Sept minutes. C'est la durée moyenne d'une consultation dermato. Découvrez la COLLECTION SECRETS DE DERMATOLOGUES
Chaque livre de la collection Secrets de dermatologue, c'est l'heure de conversation qu'un dermatologue n'a jamais le temps d'avoir avec vous.
Découvrez 4 GUIDES COMPLETS pour prendre soin de votre peau sans attendre le prochain rendez-vous.

Peau de mon ado
Acné, peau grasse, mais aussi écrans, gale... : le guide complet DermAdo.

Peau Noire et Mate
Taches, cheveux crépus, cicatrices : le guide peau foncée et métissée.

Longévitalité
Le programme en 90 jours pour ralentir le vieillissement de la peau après 40 ans.

La Peau de l'Intérieur
Eczéma, acné, rosacée : soigner sa peau aussi par l'intestin, le sommeil, le stress.
Mis à jour le 25 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Un trouble mental peut naître directement d’une maladie du corps, sans lien avec un problème psychiatrique primaire. Confusion brutale, catatonie, changement profond de caractère : ces tableaux imposent de chercher une cause organique avant d’évoquer une origine purement psychiatrique. Plusieurs maladies suivies par le dermatologue, en particulier le lupus, les maladies bulleuses auto-immunes et leurs traitements par corticoïdes, peuvent en être à l’origine.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Besoin de l'avis d'un dermatologue rapidement ? Les délais en cabinet sont trop longs ?
Téléconsultation dermatologue : une réponse généralement en - de 24h, pas dans 3 mois.
Avis patients vérifiés : 5,0★ (28 avis)

Trouble catatonique dû à une affection médicale générale
La catatonie associe, à des degrés divers, un mutisme, une immobilité motrice, un maintien anormal de postures imposées (catalepsie), un négativisme ou au contraire une agitation sans but. On la range trop souvent parmi les seuls troubles psychiatriques primaires. Or, chez un patient sans antécédent psychiatrique connu, elle doit avant tout faire rechercher une cause médicale sous-jacente : infection, trouble métabolique, cause neurologique ou maladie auto-immune.
Le lupus systémique, une cause à ne pas manquer
Le lupus érythémateux systémique s’accompagne parfois d’une atteinte neuropsychiatrique (NPSLE), dont le spectre est large : état confusionnel aigu, vascularite cérébrale, et plus rarement catatonie. Une série de cas publiée en 2025 décrit ainsi trois présentations très différentes de lupus neuropsychiatrique chez des patientes suivies en rhumatologie, dont l’une évoluant vers un tableau catatonique ayant nécessité une corticothérapie à forte dose associée à un immunosuppresseur (PMID 41556021). Chez un patient lupique connu du dermatologue pour une atteinte cutanée (rash malaire, photosensibilité, lupus discoïde), l’apparition d’un mutisme ou d’une immobilité inhabituelle constitue un signal d’alerte à transmettre sans délai au médecin traitant ou au service d’urgences.
Autres causes organiques à évoquer
D’autres causes médicales générales peuvent se présenter sous forme de catatonie ou de syndrome apparenté : troubles métaboliques (hyponatrémie, hypercalcémie, acidocétose), causes infectieuses (encéphalite, sepsis sévère), troubles endocriniens (dysthyroïdie sévère), et certains traitements ou leur sevrage brutal (benzodiazépines, corticoïdes). Un cas pédiatrique récent illustre bien cette complexité diagnostique : une adolescente ayant développé un tableau de manie délirante avec catatonie récurrente, initialement rattaché à tort à une consommation de cannabis, s’est finalement révélé lié à une antibiothérapie (amoxicilline et clarithromycine) prescrite pour une infection à Helicobacter pylori (PMID 42572682). Cet exemple rappelle qu’un bilan médical complet doit précéder toute conclusion psychiatrique définitive.
Modification de la personnalité due à une affection médicale générale
Un changement durable et net de la personnalité (irritabilité inhabituelle, désinhibition, apathie, méfiance excessive) peut être le symptôme direct d’une maladie organique ou d’un traitement, bien avant tout diagnostic psychiatrique. En dermatologie, la cause la plus fréquente à connaître est iatrogène : les corticoïdes systémiques.
Corticoïdes systémiques : un effet indésirable psychiatrique sous-estimé
Les corticoïdes par voie générale sont un pilier du traitement des maladies dermatologiques sévères : pemphigus, pemphigoïde bulleuse, dermatomyosite, lupus systémique, vascularites. Une revue de 2026 rappelle que leurs effets indésirables neuropsychiatriques touchent 5 à 20 % des patients traités, allant de troubles de l’humeur légers jusqu’à des tableaux maniaques ou psychotiques francs, en particulier lors de fortes doses, de traitements prolongés, ou chez les patients déjà vulnérables sur le plan psychiatrique (PMID 42132956). Un cas bien documenté illustre ce risque : une patiente ayant développé un épisode maniaque avec idées délirantes trois jours après le début d’une corticothérapie intraveineuse à forte dose, dans un contexte médical par ailleurs complexe. Les symptômes ont entièrement régressé après la baisse progressive puis l’arrêt des corticoïdes (PMID 41556014).
Tout patient sous corticothérapie systémique prolongée pour une maladie de peau doit être informé, ainsi que son entourage, du risque de trouble de l’humeur ou du comportement dans les premiers jours à premières semaines de traitement. Un changement net et rapide de caractère sous corticoïdes doit être signalé au prescripteur : il conduit le plus souvent à revoir la posologie, pas à interrompre brutalement le traitement de la maladie de peau sous-jacente.
Besoin de l'avis d'un dermatologue rapidement ? Les délais en cabinet sont trop longs ?
Téléconsultation dermatologue : une réponse généralement en - de 24h, pas dans 3 mois.
Avis patients vérifiés : 5,0★ (28 avis)

La pellagre, la triade cutanéo-digestivo-cérébrale
La pellagre, due à une carence en vitamine B3 (niacine), reste l’exemple le plus classique de maladie organique dermatologique et psychiatrique à la fois. Elle associe la triade historique : dermatite photosensible, diarrhée et démence, parfois résumée par l’expression « des 3 D » (dermatite, diarrhée, démence), une quatrième « D » pour décès venant clore le tableau en l’absence de traitement.
Reconnaître l’atteinte cutanée
Sur la peau, la pellagre se manifeste par des plaques érythémateuses puis desquamatives, strictement limitées aux zones photo-exposées (visage, cou, dos des mains, décolleté en « collier »), associées souvent à une chéilite et une glossite. Un cas récent décrit une atteinte cutanée photosensible desquamative associée à une confusion et une atteinte du corps calleux chez un patient présentant un alcoolisme chronique, tableau qui s’est nettement amélioré après supplémentation vitaminique (PMID 41732620). Les facteurs de risque principaux sont l’alcoolisme chronique, la dénutrition, les suites de chirurgie bariatrique ou digestive lourde (Whipple), et certains syndromes de malabsorption : un autre cas publié en 2025 décrit une évolution fatale par sepsis chez une patiente aux antécédents de bypass gastrique et de chirurgie de Whipple, faute de diagnostic assez précoce (PMID 40862035).
Pourquoi le dermatologue a un rôle clé
Face à une dermatite photosensible inexpliquée associée à des troubles digestifs ou à une confusion, même discrète, le dermatologue doit évoquer la pellagre et faire doser la niacine. Le traitement par supplémentation vitaminique est simple, peu coûteux, et permet une amélioration souvent spectaculaire des trois atteintes en quelques semaines, à condition d’être institué tôt.
- Le patient devient mutique, immobile ou reste figé dans des postures anormales (catatonie).
- Un changement brutal et important du comportement survient dans les jours suivant le début ou l’augmentation d’une corticothérapie.
- Une confusion s’associe à une fièvre, une éruption cutanée nouvelle ou une maladie auto-immune connue (lupus, dermatomyosite, vascularite).
- Une dermatite photosensible s’accompagne de diarrhée et de troubles de la mémoire ou du comportement.
Ces situations relèvent d’une évaluation médicale urgente, en général aux urgences ou avec le médecin traitant le jour même : elles ne doivent pas être attribuées d’emblée à un trouble psychiatrique isolé.
Autres maladies dermatologiques pouvant s’accompagner de troubles mentaux organiques
D’autres maladies suivies en dermatologie peuvent, plus rarement, s’accompagner de manifestations psychiatriques d’origine organique : la porphyrie aiguë intermittente associe des crises douloureuses abdominales, une photosensibilité cutanée (pour les porphyries mixtes) et des troubles psychiatriques épisodiques (anxiété, confusion, parfois psychose) déclenchés par certains médicaments ou le jeûne. La neurosyphilis tertiaire, devenue rare mais en recrudescence, peut se traduire par des troubles cognitifs et du comportement des années après une syphilis cutanéo-muqueuse non traitée. Dans tous les cas, le principe reste le même : une modification récente et nette du comportement chez un patient porteur d’une maladie de peau chronique justifie un avis médical avant toute étiquette psychiatrique définitive.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un trouble mental dû à une affection médicale générale ?
C’est un trouble psychiatrique (catatonie, changement de personnalité, confusion…) directement causé par une maladie ou un traitement, et non par un trouble psychiatrique primaire. Le diagnostic impose d’écarter d’abord une cause organique : infection, maladie auto-immune, trouble métabolique ou médicament, avant d’évoquer une origine psychiatrique isolée.
Le lupus peut-il provoquer des troubles psychiatriques ?
Oui. Le lupus systémique neuropsychiatrique (NPSLE) peut se traduire par une confusion aiguë, une vascularite cérébrale ou, plus rarement, une catatonie. Chez un patient lupique connu du dermatologue pour son atteinte cutanée, tout changement brutal de comportement doit être signalé rapidement au médecin traitant.
Les corticoïdes peuvent-ils changer le caractère d’un patient ?
Oui, c’est un effet indésirable connu mais sous-estimé : 5 à 20 % des patients sous corticothérapie systémique développent des troubles de l’humeur ou du comportement, pouvant aller jusqu’à un épisode maniaque ou psychotique, surtout à forte dose. Ces troubles régressent en général avec l’adaptation du traitement.
Faut-il arrêter les corticoïdes en cas de trouble du comportement ?
Non, jamais brutalement et jamais seul. Un arrêt trop rapide expose à une insuffisance surrénalienne et peut aggraver la maladie de peau sous-jacente. C’est le prescripteur qui doit réévaluer la dose et le rythme de décroissance, en lien si besoin avec un psychiatre.
Qu’est-ce que la pellagre et pourquoi concerne-t-elle le dermatologue ?
La pellagre est une carence en vitamine B3 (niacine) qui associe une dermatite photosensible, une diarrhée et des troubles cognitifs pouvant aller jusqu’à la démence. Elle touche surtout les personnes alcooliques, dénutries ou opérées d’une chirurgie digestive lourde. Le traitement par vitamine B3 permet une amélioration rapide si le diagnostic est posé tôt.
Comment distinguer une catatonie d’origine organique d’une catatonie psychiatrique ?
Aucun signe clinique ne permet de trancher formellement au premier examen : c’est pourquoi tout épisode de catatonie impose un bilan médical complet (biologie, imagerie cérébrale, recherche d’une maladie auto-immune ou infectieuse) avant de conclure à une origine psychiatrique primaire, en particulier en l’absence d’antécédent psychiatrique connu.
Quand consulter en urgence devant un trouble du comportement inexpliqué ?
Sans attendre en cas de mutisme ou d’immobilité inhabituelle, de changement brutal de comportement sous corticoïdes, de confusion associée à une fièvre ou une éruption cutanée nouvelle, ou de troubles cognitifs associés à une dermatite photosensible et une diarrhée. Ces situations relèvent d’une évaluation médicale urgente.
À lire aussi sur peau et santé mentale
- Stress et peau : un stress peut-il causer des problèmes de peau ?
- Delirium et démence : escarres, toxidermies et prurit
- Troubles somatoformes : quand le corps exprime la détresse psychique
- Troubles dissociatifs et peau
- Dépression et déprime : symptômes, causes et traitements
Besoin de l'avis d'un dermatologue rapidement ? Les délais en cabinet sont trop longs ?
Téléconsultation dermatologue : une réponse généralement en - de 24h, pas dans 3 mois.
Avis patients vérifiés : 5,0★ (28 avis)

Références
- Garcia-Smester MA, Patnaik A. Neuropsychiatric Systemic Lupus Erythematosus: A Case Series. Cureus. 2025. PMID 41556021
- Husain A, Ahmad F. Corticosteroid-Induced neuropsychiatric manifestations: From pathophysiology to management. Psychopharmacology (Berl). 2026. PMID 42132956
- El Kodsi S, et al. Severe Corticosteroid-Induced Mania With Psychotic Features in an HIV-Positive Patient. Cureus. 2025. PMID 41556014
- Ramos D, et al. Marchiafava-Bignami Disease and Pellagra in a Chronic Alcohol User. Cureus. 2026. PMID 41732620
- Haute Autorité de Santé. Lupus systémique de l’adulte et de l’enfant, PNDS. has-sante.fr
Sept minutes. C'est la durée moyenne d'une consultation dermato. Découvrez la COLLECTION SECRETS DE DERMATOLOGUES
Chaque livre de la collection Secrets de dermatologue, c'est l'heure de conversation qu'un dermatologue n'a jamais le temps d'avoir avec vous.
Découvrez 4 GUIDES COMPLETS pour prendre soin de votre peau sans attendre le prochain rendez-vous.

Peau de mon ado
Acné, peau grasse, mais aussi écrans, gale... : le guide complet DermAdo.

Peau Noire et Mate
Taches, cheveux crépus, cicatrices : le guide peau foncée et métissée.

Longévitalité
Le programme en 90 jours pour ralentir le vieillissement de la peau après 40 ans.

La Peau de l'Intérieur
Eczéma, acné, rosacée : soigner sa peau aussi par l'intestin, le sommeil, le stress.


