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Les démangeaisons de la vulve (prurit vulvaire) constituent l’un des motifs les plus fréquents de consultation gynécologique et dermatologique. Elles peuvent avoir des origines très variées – infectieuses, dermatologiques, hormonales ou irritatives – et nécessitent un diagnostic précis pour un traitement adapté. Ce guide fait le point sur les principales causes, le bilan à réaliser et les traitements disponibles.

Le prurit vulvaire n’est jamais à banaliser. Même en l’absence de lésion visible, une dermatose sous-jacente (lichen scléreux, psoriasis) peut évoluer silencieusement. Un avis dermatologique permet d’éviter les complications à long terme.
Les principales causes de démangeaisons vulvaires
1. La candidose vulvo-vaginale (mycose)
C’est la cause la plus fréquente, touchant 75 % des femmes au moins une fois dans leur vie. Elle est due au champignon Candida albicans, favorisé par les antibiotiques, le diabète, la grossesse ou l’immunodépression. Les symptômes caractéristiques sont :
- Démangeaisons intenses, surtout nocturnes
- Pertes vaginales blanches, épaisses, grumeleuses (aspect « lait caillé »), sans odeur
- Rougeur et gonflement de la vulve
- Brûlures lors des rapports sexuels ou à la miction
Traitement : antifongique local (éconazole, clotrimazole) ou oral (fluconazole 150 mg en dose unique). En cas de récidives fréquentes (> 4 par an), un traitement d’entretien est discuté.
2. Le lichen scléreux de la vulve
Cette dermatose inflammatoire chronique auto-immune touche préférentiellement les femmes ménopausées, mais peut survenir à tout âge. Elle se manifeste par des plaques blanchâtres et atrophiques sur la vulve et le périnée, responsables de prurit intense et de douleurs lors des rapports (dyspareunie).

Le lichen scléreux non traité peut entraîner une fusion des petites lèvres et un rétrécissement de l’orifice vaginal. Il est associé à un risque légèrement augmenté de carcinome épidermoïde vulvaire (~5 %). Un suivi annuel par dermatologue est indispensable.
Traitement de référence : propionate de clobétasol 0,05 % (dermocorticoïde très fort) en application locale, selon un schéma dégressif sur 3 mois, puis traitement d’entretien.
3. L’eczéma de contact et la dermite irritative
La peau vulvaire est particulièrement sensible aux irritants et allergènes. Les principales substances en cause sont :
- Produits d’hygiène intime parfumés (savons, gels douche, lingettes)
- Protège-slips, serviettes hygiéniques avec parfums ou plastifiants
- Latex des préservatifs
- Crèmes, lubrifiants, spermicides
Le diagnostic repose sur l’interrogatoire et peut être confirmé par des patch-tests. Le traitement consiste à supprimer l’agent causal et à appliquer un dermocorticoïde modéré.
4. Les infections sexuellement transmissibles (IST)
| IST | Symptômes vulvaires | Diagnostic | Traitement |
|---|---|---|---|
| Herpès génital (HSV-2) | Vésicules douloureuses, ulcérations, prurit | PCR herpès sur prélèvement | Valacyclovir, aciclovir |
| Trichomonase | Prurit, pertes jaune-verdâtres mousseuses | Prélèvement vaginal | Métronidazole 2 g dose unique |
| Condylomes (HPV) | Végétations verruqueuses, prurit modéré | Examen clinique ± biopsie | Imiquimod, cryothérapie, laser |
| Vaginose bactérienne | Prurit léger, pertes grisâtres, odeur de poisson | pH vaginal > 4,5, test à l’amine | Métronidazole local ou oral |
5. Le psoriasis vulvaire
Le psoriasis peut atteindre les zones génitales dans 30 à 60 % des cas. Il se présente sous forme de plaques rouges bien délimitées, souvent sans squames typiques dans les plis. Il est fréquemment sous-diagnostiqué. Le traitement repose sur des dermocorticoïdes modérés, des inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus) ou des traitements systémiques en cas de forme étendue.
6. Causes hormonales : la vulvite atrophique
Après la ménopause, la carence en œstrogènes entraîne une atrophie de la muqueuse vulvo-vaginale (syndrome génito-urinaire de la ménopause). Les démangeaisons sont associées à une sécheresse vaginale, des brûlures et des dyspareunies. Le traitement repose sur les œstrogènes locaux (crème, ovule, anneau) ou l’ospémifène par voie orale.
Ne pas confondre les démangeaisons vulvaires liées à la ménopause avec une mycose : l’autotraitement antifongique répété sans diagnostic peut retarder la prise en charge du lichen scléreux ou d’une dermatose inflammatoire.
Comment le dermatologue pose-t-il le diagnostic ?
Le bilan diagnostique comprend :
- Un interrogatoire détaillé (ancienneté, facteurs déclenchants, produits utilisés, contexte hormonal)
- Un examen clinique vulvaire sous bonne lumière, parfois à la loupe dermoscopique
- Un prélèvement vaginal avec culture fongique et bactériologique, mesure du pH
- Des patch-tests en cas de suspicion d’allergie de contact
- Une biopsie vulvaire si une lésion suspecte est présente (lichen, carcinome)
Conseils d’hygiène pour réduire le prurit vulvaire
Utilisez uniquement de l’eau tiède ou un syndet sans parfum pour la toilette intime (une fois par jour maximum). Portez des sous-vêtements en coton, évitez les collants serrés et les protège-slips quotidiens. Ne pas utiliser de déodorant intime ni de douche vaginale.
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Références scientifiques
- Wollenberg A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2022. PMID 35582793
- Silverberg JI et al., JAMA Dermatol, 2021. PMID 33656519
- Bieber T et al., N Engl J Med, 2021. PMID 34496175
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- Ulcération ou lésion blanche épaissie (lichen scléreux, leuco plaquée)
- Démangeaisons persistant après traitement antifongique
- Saignements, douleurs ou dyspareunie associées
- Adénopathies inguinales palpables
- Lésions vésiculeuses douloureuses (évoquer herpès génital)
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FAQ – Questions fréquentes sur les démangeaisons de la vulve
Quelle est la cause la plus fréquente des démangeaisons de la vulve ?
La candidose vulvo-vaginale (mycose) est la première cause, responsable d’environ 75 % des épisodes. Elle se manifeste par des démangeaisons intenses associées à des pertes blanches épaisses, grumeleuses et sans odeur. Le traitement repose sur un antifongique local ou oral (fluconazole).
Le lichen scléreux de la vulve est-il grave ?
Le lichen scléreux est une dermatose inflammatoire chronique qui peut entraîner une atrophie progressive des lèvres et un rétrécissement de l’orifice vaginal. Un suivi dermatologique régulier est indispensable car le risque de carcinome épidermoïde est légèrement augmenté (environ 5 %). Le traitement de référence est le propionate de clobétasol 0,05 %.
Comment distinguer une mycose d’une vaginose bactérienne ?
La mycose se présente avec des démangeaisons intenses, des pertes blanches grumeleuses et un pH vaginal normal (< 4,5). La vaginose bactérienne se caractérise par des pertes grisâtres avec une odeur de poisson, sans démangeaison majeure et avec un pH élevé (> 4,5). Un prélèvement vaginal permet de confirmer le diagnostic.
Quand consulter un dermatologue pour des démangeaisons vulvaires ?
Une consultation est recommandée si les démangeaisons persistent plus de 2 semaines malgré un traitement antifongique, si elles récidivent fréquemment, si des lésions cutanées sont visibles (plaques blanches, érosions, épaississement), ou si elles s’accompagnent de douleurs. Un dermatologue peut réaliser un prélèvement, une biopsie ou un patch-test selon le contexte.
Références scientifiques
- Goldstein AT et al. « Guidelines for the treatment of vulvar lichen sclerosus. » J Low Genit Tract Dis. 2021. PMID : 33165201
- Farage MA et al. « Clinical implications of aging on the vulva. » Clin Obstet Gynecol. 2007. PMID : 17304026
- Bornstein J et al. « Consensus terminology and classification of persistent vulvar pain and vulvodynia. » J Low Genit Tract Dis. 2016. PMID : 26953682
- Haute Autorité de Santé (HAS). Prise en charge des infections génitales basses chez la femme. 2021. has-sante.fr
Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Références
- Fischer G, Vulval disease: difficult to diagnose, difficult to manage, Aust Fam Physician, 2012. PMID 22969705
- Haute Autorité de Santé – has-sante.fr
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Le vitiligo de la vulve provoque-t-il des démangeaisons? Merci
Théoriquement non, mais le lichen vulvaire plus souvent