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Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
Des guides pratiques, directs, et accessibles — pour reprendre le contrôle sur votre problème dermatologique
Dernière mise à jour : 26 mars 2026
Durillon, cor au pied, callosité : reconnaître, traiter et prévenir l’hyperkératose plantaire
Les cors, durillons et callosités sont parmi les motifs de consultation podologique et dermatologique les plus fréquents — et pourtant parmi les plus mal soignés, faute d’un traitement de la cause. La peau des pieds est soumise à rude épreuve, qu’elle soit enfermée dans des chaussures ou nue : les pressions chroniques et les frottements répétés stimulent la prolifération de l’épiderme, provoquant un épaississement de la couche cornée — l’hyperkératose. Résultat : callosités, cors et durillons, véritables défenses mécaniques de la peau, qui deviennent douloureux et invalidants lorsque le phénomène s’emballe. Savoir les distinguer — les uns des autres et des verrues plantaires — change radicalement la prise en charge. Et traiter l’hyperkératose sans corriger la cause mécanique conduit systématiquement à la récidive.
Cet article en vidéo :
Cor douloureux, durillon récidivant ou callosité qui fissure ?
Un diagnostic précis et un bilan podologique changent tout — surtout en cas de diabète. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
Sommaire
- Mécanisme de formation — pourquoi la peau s’épaissit
- Callosité, durillon, cor : comment les distinguer
- Les distinguer de la verrue plantaire et du mélanome
- Causes et facteurs de risque
- Complications
- Traitement — ce qui marche vraiment
- Ce qu’on peut faire soi-même (et ce qu’on ne doit pas faire)
- Prévention
- Pour aller plus loin
- Questions fréquentes
1. Mécanisme de formation — pourquoi la peau s’épaissit

La peau réagit aux pressions et frottements répétés par un mécanisme de défense parfaitement logique : elle s’épaissit pour protéger les tissus sous-jacents. Ce processus — l’hyperkératose — est une réponse physiologique normale de la couche cornée (stratum corneum) à un stress mécanique chronique. Les kératinocytes prolifèrent et accumulent de la kératine plus vite qu’ils ne l’éliminent. Le résultat est un épaississement localisé (cor, durillon) ou diffus (callosité) de l’épiderme.
Ce mécanisme est documenté depuis les premières descriptions cliniques et a été formalisé dans une revue de référence publiée dans l’American Family Physician : les cors et callosités sont la conséquence directe d’une hyperkératose physiologique déclenchée par des forces mécaniques excessives ou répétées — Freeman, Am Fam Physician 2002 (PMID 12074526).
La clé du traitement : supprimer la cause mécanique
Un cor ou une callosité décapé sans correction de la cause qui l’a produit — chaussure inadaptée, anomalie posturale, déformation du pied — se reformera inévitablement. C’est la règle absolue de la podologie. Toutes les études randomisées confirment que les traitements locaux seuls (acide salicylique, curretage) ne sont efficaces à long terme que lorsqu’ils s’accompagnent d’une correction de la cause mécanique sous-jacente.
2. Callosité, durillon, cor : comment les distinguer
Callosité

Les callosités sont des épaississements diffus de la peau, formant de larges plaques de corne sous les pieds, au niveau des zones d’appui des plantes et des zones de frottement : partie médiane de l’avant-pied (par effondrement de la voûte transverse antérieure), base du gros orteil par aplatissement ou hallux valgus. Leur consistance est dure, de couleur blanc-jaunâtre. Elles sont généralement indolores, juste gênantes, sauf lorsqu’elles provoquent des fissures ou se compliquent de durillons en leur sein.
Durillon

Les durillons surviennent souvent au sein des callosités. Ce sont des zones de corne très dure, ponctuelles et enchâssées dans la peau, formant de véritables clous de kératine. Ils sont très douloureux — les patients décrivent souvent la sensation d’avoir un clou dans la plante. La douleur s’explique par la compression des terminaisons nerveuses dermiques par le cône kératinique central.
Cor au pied (clavus)
Les cors aux pieds sont des épaississements localisés au niveau des zones de frottement des orteils ou des zones d’appui des plantes. Ils se présentent comme une petite callosité avec une zone centrale cornée en forme de cône inversé, parfois cratériforme, qui pénètre dans les couches cutanées profondes et provoque la douleur. On distingue deux parties : un pourtour arrondi, dense et blanc-translucide, et ce cône central qui comprime les nerfs sous-jacents.
| Type | Localisation typique | Consistance | Douleur |
|---|---|---|---|
| Cor dur | Dessus des orteils (articulations), face latérale du 5e orteil, pulpe du 3e orteil | Dure, kératinique | Douloureux à la marche, surtout en chaussures |
| Cor mou (œil-de-perdrix) | 4e espace interorteil entre 4e et 5e orteils, souvent par paires en vis-à-vis | Blanchâtre, molle et spongieuse (macération) | Douloureux, parfois inflammatoire avec bordure rouge et point central noir |
| Cors milium | Plante du pied, parfois dans une plaque de callosité | Petits cors groupés | Variable selon la profondeur |
| Callosité | Zones d’appui de la plante (avant-pied, talon), base du gros orteil | Dure, diffuse, blanc-jaunâtre | Généralement indolore sauf si fissurée ou avec durillon |
| Durillon | Au sein des callosités plantaires | Très dure, punctiforme, enchâssée | Très douloureux (« clou dans le pied ») |
3. Les distinguer de la verrue plantaire et du mélanome achromique
Le diagnostic différentiel le plus important — et potentiellement le plus grave — est la distinction avec la verrue plantaire et le redoutable mélanome achromique. Seul le médecin peut les distinguer — et il dispose de deux outils décisifs :
La pression digitale latérale vs perpendiculaire :
- Le cor est douloureux à la pression perpendiculaire (compression du cône sur l’os sous-jacent)
- La verrue est douloureuse à la pression latérale (pincement des bords) — signe de Rémy caractéristique
Le dermoscope :
- Le cor, la callosité et le durillon conservent les dermatoglyphes (lignes cutanées, empreintes digitales) à leur surface et en périphérie — architecture cutanée normale maintenue
- La verrue plantaire se caractérise par l’absence de ces lignes cutanées et la présence de points noirs correspondant à des capillaires thrombosés (signe pathognomonique)

Ne jamais négliger une lésion plantaire pigmentée
Le mélanome achromique plantaire (mélanome sans couleur) peut ressembler cliniquement à un durillon ou une callosité chez un patient âgé. Il est rare mais grave — et son pronostic dépend de la précocité du diagnostic. Toute lésion plantaire qui change, saigne spontanément, présente une irrégularité de couleur ou résiste à tout traitement doit être montrée à un dermatologue sans délai pour dermoscopie et éventuelle biopsie.
4. Causes et facteurs de risque
Anomalies biomécaniques et chaussures inadaptées
La cause fondamentale est toujours un frottement ou une pression chronique anormale, souvent combinés :
- Port de chaussures inadaptées : talons hauts, chaussures à bout pointu, chaussures trop étroites ou trop larges
- Anomalie posturale à la marche : appui excessif sur l’avant-pied, sur la partie externe de la plante
- Déformations du pied : hallux valgus (oignon du gros orteil), orteils en griffe ou en marteau, pieds plats ou creux
- Marche pieds nus sur surfaces dures
Personnes à risque
- Femmes portant des talons hauts ou chaussures étroites à bout pointu
- Sportifs : randonneurs, joggeurs, joueurs de tennis — frottements répétés à haute intensité
- Personnes ayant des orteils de grande taille ou des déformations podales
- Personnes âgées : amincissement physiologique du coussinet graisseux plantaire avec l’âge
- Patients diabétiques — situation à part entière, voir encart ci-dessous
⚠️ Diabète : jamais d’automédication des cors et callosités
Le pied diabétique est une urgence dermatologique silencieuse. La neuropathie périphérique diminue la perception de la douleur — le patient diabétique peut développer un ulcère sous une callosité sans s’en apercevoir. Les concentrations élevées d’acide salicylique (40 %) peuvent provoquer une macération sévère et des ulcérations cutanées chez le diabétique. Tout cor, durillon ou callosité chez un patient diabétique doit être pris en charge exclusivement par un pédicure-podologue ou un médecin — jamais traité en automédication.
5. Complications
Rarement anodines lorsqu’elles sont négligées, ces lésions peuvent engendrer des complications en cascade :
- Claudication et report de charge : la douleur provoquée par un cor ou durillon modifie la marche, ce qui peut engendrer de nouvelles callosités à d’autres endroits, mais aussi des troubles ostéo-musculaires à distance (douleurs au genou, à la hanche, au dos)
- Inflammation locale : rougeur, chaleur, douleur spontanée — signe de surinfection bactérienne débutante
- Infection : abcès sous-callosité, surtout chez le diabétique ou l’immunodéprimé
- Fissuration — voir l’article sur les crevasses des talons
- Retentissement osseux et articulaire : bursite sous-jacente, ostéite dans les cas extrêmes chez le diabétique
Toutes ces situations nécessitent une consultation médicale rapide.
6. Traitement — ce qui marche vraiment
Principe fondamental : traiter la cause avant la lésion
Tout traitement local d’un cor ou d’une callosité sans correction de la cause mécanique est voué à la récidive. C’est le consensus de toutes les études publiées.
Traitements kératolytiques topiques
L’acide salicylique est le kératolytique de référence. Il agit en dissolvant les liaisons entre les kératinocytes, facilitant l’élimination de la couche cornée hyperkératosique. Disponible sous forme de pansements adhésifs (40 %), de solutions (12,6 à 17 %) ou de crèmes (5 à 10 %).
Un essai contrôlé randomisé de référence (202 patients, suivi 12 mois) a comparé les pansements à l’acide salicylique 40 % vs le curetage au scalpel par un podologue : à 3 mois, 34 % de résolution complète dans le groupe acide salicylique vs 21 % dans le groupe scalpel (p = 0,044). Le temps de récidive était également prolongé dans le groupe acide salicylique, avec une meilleure efficacité coût — Farndon et al., J Foot Ankle Res 2013 (PMID 24063387).
Un essai espagnol randomisé (EMEDESCA, 62 patients) confirme une réduction significative de la douleur immédiatement après le curetage au scalpel, mais des résultats comparables à 6 semaines — Gijón-Noguerón et al., J Foot Ankle Res 2017 (PMID 28012190).
| Traitement | Mécanisme | Indication | À savoir |
|---|---|---|---|
| Acide salicylique 40 % (pansement) | Kératolytique — dissout les ponts entre kératinocytes | Cors et callosités modérés à épais | Laisser en place 24-48h. Jamais chez le diabétique à cette concentration. |
| Acide salicylique 12-17 % (solution/crème) | Kératolytique progressif | Entretien, callosités légères | Application quotidienne sur zone sèche, protéger la peau saine environnante |
| Urée 20-40 % (crème) | Kératolytique, hydratant — ramollit et élimine la couche cornée | Callosités diffuses, pieds très secs | Excellente tolérance, utilisable chez le diabétique à faible concentration |
| Curetage au scalpel (podologue) | Résection mécanique du noyau kératinique | Cors durs, durillons douloureux | Soulagement immédiat de la douleur. Récidive sans correction posturale. |
| Orthèses interdigitales (silicone) | Redistribution des pressions et protection mécanique | Cors mous (œil-de-perdrix), cors durs interdigitaux | Efficacité préventive et curative sur les cors de frottement interorteil |
| Semelles orthopédiques | Correction de la répartition des pressions plantaires | Tout cor ou callosité d’origine posturale | Traitement de la cause — essentiel pour éviter les récidives |
Cor récidivant, bilan podologique indiqué ?
Un cor qui revient toujours au même endroit après traitement local mérite un bilan statique du pied chez le pédicure-podologue et éventuellement la réalisation de semelles orthopédiques. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
7. Ce qu’on peut faire soi-même — et ce qu’on ne doit pas faire
En cas de cor bénin ou de callosité légère, en attendant le rendez-vous médical :
1. Supprimer la source de friction
- Changer de chaussures : porter des modèles souples, amples, sans talon haut (3-4 cm maximum), à bout arrondi
- Ne pas marcher pieds nus : la marche pieds nus sur surfaces dures favorise les callosités plantaires, mais aussi les verrues plantaires et les mycoses des pieds
- Protéger le cor avec un pansement protecteur ou un anneau de mousse podologique
2. Ramollir et décaper avec précaution
- Faire tremper le pied dans de l’eau tiède pendant 10 à 15 minutes pour ramollir la corne
- Frotter doucement avec une pierre ponce humide, sans forcer — l’objectif est d’éliminer les couches superficielles mortes, pas de creuser
Ce qu’il ne faut jamais faire
— Ne jamais couper soi-même un cor ou un durillon avec des ciseaux ou un coupe-ongles — risque de plaie, d’infection et de saignement
— Ne jamais appliquer d’acide salicylique 40 % sans avis médical, surtout en cas de diabète ou d’artériopathie
— Ne jamais décaper agressivement : enlever trop de peau expose les couches sensibles du derme, favorisant l’inflammation et l’infection
— Éviter de limer à sec : toujours ramollir le pied d’abord dans l’eau chaude
— Toute automédication est formellement contre-indiquée chez le diabétique
8. Prévention des cors, durillons et callosités
- Porter des chaussures larges mais pas trop grandes, confortables et souples (toile ou cuir souple), éviter les talons hauts et les bouts pointus
- Éviter si possible les chaussures ne tenant pas le talon (sandales, tongs) qui accentuent les défauts à la marche
- Laver les pieds quotidiennement au savon et bien sécher entre les orteils — l’humidité résiduelle favorise la macération, les mycoses des pieds et les surinfections
- Hydrater la peau des pieds avec une crème kératolytique douce (urée 10-15 %) après la toilette, particulièrement en hiver
- Décaper légèrement et avec prudence les callosités naissantes à la pierre ponce après ramollissement, mais consulter dès la récidive
- En cas de défaut postural ou d’anomalie à la marche : bilan chez un pédicure-podologue et réalisation de semelles orthopédiques
Les semelles orthopédiques : souvent plus fines qu’on ne le croit
Beaucoup de patients redoutent les semelles orthopédiques, imaginant des dispositifs encombrants. En réalité, les orthèses plantaires réalisées par un pédicure-podologue sont souvent très fines et conçues pour s’adapter à la plupart des chaussures de ville. Elles constituent le traitement de fond le plus efficace pour corriger les défauts d’appui responsables des cors et callosités récidivants.
Pour aller plus loin
Pathologies du pied
Traitements et outils
Questions fréquentes
J’ai de la corne sous les pieds mais j’ai peur de la gratter et d’en avoir de plus en plus.
Vous avez tout à fait raison d’être prudent. Si vous avez des callosités sous les pieds, elles sont réactionnelles à des frottements répétés liés à la façon dont vous marchez, à la forme de vos pieds et au type de chaussures que vous portez. Les décaper sans corriger ces facteurs ne changera rien — les frottements continueront à produire de nouvelles callosités. Consultez un médecin qui évaluera la nécessité d’un bilan podologique, et éventuellement d’une réalisation de semelles orthopédiques. Celles-ci sont souvent très fines et s’adaptent à la plupart des chaussures du quotidien.
Comment savoir si j’ai un cor ou une verrue plantaire ?
La distinction n’est pas toujours facile à l’œil nu. Le cor est douloureux à la pression perpendiculaire (compression sur l’os), conserve les lignes cutanées en surface et est soulagé par le décapage. La verrue est douloureuse à la pression latérale (pincement), détruit les dermatoglyphes et présente des petits points noirs (capillaires thrombosés) visibles au dermoscope. En cas de doute — et le doute est fréquent — seul un médecin peut trancher, avec la dermoscopie si nécessaire. Un cor traité comme une verrue (ou l’inverse) ne guérira pas et sera inutilement douloureux.
Quel est le traitement le plus efficace pour un cor récidivant ?
Selon les essais randomisés disponibles, les pansements à l’acide salicylique 40 % obtiennent des taux de résolution complète à 3 mois supérieurs au curetage seul (34 % vs 21 %), avec un délai de récidive prolongé. Mais l’efficacité à long terme de tout traitement local dépend de la correction de la cause mécanique sous-jacente. Un cor qui revient toujours au même endroit après traitement local indique systématiquement un défaut postural ou une anomalie du pied nécessitant un bilan podologique et éventuellement des semelles orthopédiques.
Peut-on utiliser de l’acide salicylique pour un cor si on est diabétique ?
Non — c’est formellement contre-indiqué sans avis médical. Les concentrations élevées d’acide salicylique (40 %) peuvent provoquer une macération sévère et des ulcérations cutanées chez le patient diabétique, surtout en cas de neuropathie périphérique associée. Tout cor, durillon ou callosité chez un diabétique doit être pris en charge exclusivement par un professionnel de santé — pédicure-podologue ou médecin — car les complications infectieuses peuvent être graves et engager le pronostic du membre.
Peut-on confondre un cor au pied avec un mélanome ?
Le mélanome achromique (sans couleur apparente) plantaire est rare mais grave — il peut parfois ressembler cliniquement à un durillon ou une callosité. Quelques signaux d’alerte justifient une consultation en urgence : lésion qui saigne spontanément, qui change rapidement d’aspect, qui est irrégulière en relief ou en couleur, ou qui résiste à tout traitement local habituellement efficace. La dermoscopie et la biopsie font le diagnostic. Il vaut toujours mieux montrer une lésion plantaire atypique à un dermatologue — un mélanome diagnostiqué tôt est guérissable.
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Voir aussi :
Verrue plantaire —
Crevasses des talons —
Mycose des pieds —
Pied diabétique —
Traitement des verrues —
Dermoscopie —
Mélanome —
À propos du Dr Rousseau
Mis à jour le 25 mars 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Durillon, cor au pied, corne sous les pieds…
Cet article en vidéo :
Les pieds sont soumis à rude épreuve, qu’ils soient enfermés dans les chaussures ou nus. Il est donc fréquent de voir apparaitre des crevasses des talons, des fissures ou des zones de corne sous les pieds (callosités, cor au pied, durillon…). En effet, les pressions chroniques et les frottements répétés stimulent la prolifération de l’épiderme, provoquant un épaississement de la couche superficielle de la peau (couche cornée) appelé hyperkératose. Pour les soigner il faut donc souvent limiter les frottements et pressions sur la peau.

Symptomes
Pas toujours facile de donner un nom à une petite corne du pied qui fait mal. Avant toute chose, il faut consulter un médecin qui fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, douleur provoquée par les callosités, les cors, les durillons)
Il tentera aussi de distinguer le cor au pied des callosités et durillons de la verrue plantaire et du redoutable mélanome achromique.
Comment va-t-il les reconnaitre et les distinguer?
Callosité

Les callosités sont des épaississements de la peau (larges plaques de cornes sous les pieds) au niveau des zones d »appui des plantes et les zones de frottement : partie médiane de l’avant pied (par effondrement
de la voûte transverse antérieure), base du gros orteil par applatissement ou sur son rebord interne par hallux valgus…
Leur consistance est dure et de couleur blanc jaunâtre, différent de la couleur normale du reste du pied.
Elles sont généralement indolores, juste gênantes, sauf lorsqu’elles
- provoquent des fissures (crevasses des talons) ou des plicatures à la facce interne de l’avant pied
- se compliquent de durillons au sein de la plaque
Durillon

Les durillons surviennent souvent sur les callosités. Ce sont des zones de corne très dure, ponctuelles, comme enchassées dans la peau formant de véritables clous de kératine très douloureux. Les patients ont d’ailleurs souvent l’impression d’avoir un clou dans la peau.
Cor au pied
Les cors aux pieds sont des épaississements de la peau au niveau des zones de frottements des orteils ou des zones d’appui des plantes. Ils sont douloureux et se présentent comme une petite callosité avec une zone centrale cornée, parfois cratériforme. Ils comprennent donc 2 parties :
– Un pourtour arrondi, dense et blanc-translucide
– Une zone centrale en forme de cône inversé, parfois cratériforme, qui pénètre dans les couches cutanées profondes et provoque la douleur.
Trois types de cors son rencontrés :
Cor au pied dur
Ce sont les cors les plus répandus, ils peuvent entrainer des douleurs gênantes pendant la marche et apparaissent :
- sur le dessus des orteils (principalement sur les 4 derniers orteils) au niveau des articulations et entre les phalanges, par frottement sur les chaussures.
- sur la face latérale du dernier orteil qui est la zone la plus souvent soumise aux frictions dans les chaussures.
- sur la pulpe du 3ème orteil
Cor au pied mou ou oeil-de-perdrix
L’oeil de perdrix est presque exclusivement localisé au niveau du quatrième espace interorteil entre les 4ème et 5ème orteils et ils sont souvent par paire, c’est-à-dire deux yeux de perdrix situés sur les deux orteils se faisant face. Ils ont une couleur blanchâtre et une consistance molle et spongieuse due à la transpiration et la macération entre les orteils.Parfois ils ont une bordure rouge, enflammée et leur centre comporte un point noir d’ou le nom d’œil de perdrix.
Cors milium
Il s’agit d’un groupement de petits cors disposés sur la plante, parfois dans une plaque de callosité, parfois sans callosité.
Les distinguer d’une verrue plantaire
ceci ne peut être fait que par un médecin, qui s’attachera aussi à éliminer un mélanome achromique
Il pourra regarder avec un dermatoscope et verra que
- le durillon, le cor au pied, la callosité… se présente sous une forme arrondie, translucide et qu’il conserve à sa surface notamment en périphérie l’architecture habituelle des lignes cutanées, (plis et empreintes digitales ou dermatoglyphes)
- la verrue plantaire se caractérise par l’absence de ces lignes cutanées et elle comporte souvent des points noirs (vaisseaux).

Causes
Les pressions chroniques et les frottements répétés stimulent la prolifération de l’épiderme, provoquant un épaississement de la couche superficielle de la peau (couche cornée) appelé hyperkératose. Les cors sont des bosses dures qui se développent donc en réponse à la pression et au frottement. La peau se durcit pour se protéger des frottements liés aux chaussures mal ajustées, à la marche pieds nus…
Des frottements et traumatismes des pieds
Les callosités, cors et durillon sont une sorte de défense de la peau qui s’épaissit pour protéger les tissus sous jacents et les aider à supporter les micro-traumatismes répétés et les frottements.
Ces frottements et traumatismes répétés sont souvent le résultat d »une anomalie posturale lors de la marche (appui trop important sur l »avant-pied ou sur la partie extérieure de la plante par exemple ) et/ou du port de chaussures mal adaptées à une marche intensive (haut-talons et chaussures à bout pointu notamment).
Les personnes à risques
Les cors, callosités et durillons ne se rencontrent que très rarement chez les enfants et les adolescents mais plutot chez les adultes et leur fréquence croit avec l’age
Chez les adultes, certaines personnes sont plus à risque :
- Les femmes qui ont des talons hauts et les homme set femmes qui ont des chaussures étroites et effilée
- Les sportifs (randonnée, jogging, tennis…)
- Les personnes ayant des orteils de grande taille
- Les personnes ayant des déformations des pieds (hallux valgus, désaxation du gros orteil, pieds plats ou creux…)
- Une mention particulière aux personnes diabétiques (voir pied diabetique) dont les complications peuvent etre graves
Complications
La douleur que les cors et durillons provoquent tend à entrainer une claudication ou un report de charge qui peuvent engendrer d’autres callosités… mais aussi des troubles ostéomusculaires (douleurs au genou, à la hanche, au dos…)
Le durillon ou le cor peut aussi devenir
- inflammatoire (rouge et chaud) voire infecté
- fendillé voir fissuré (voir fissures des talons)
- retentir sur l’articulation ou l’os sous jacents
Toutes es situations nécessitent une consultation médicale rapide
Traitement
Le traitement des durillons, cors, callosités… nécessite
- d’adapter ses chaussures à ses pieds (chaussures souples, amples, sans talons hauts…) et à ses habitudes (éviter de marcher en escarpins, talons aiguilles…)
- des soins dermatologiques par préparation kératolytique, comme dans le traitement des verrues, et de plaie
- des soins de podologie : bilan statique et à la marche et réalisation d’orthèses et/ou de semelles orthopédiques. Le pédicure-podologue peut conseiller aussi :
- L’utilisation d’un coussin de rembourrage en silicone (coussinet plantaire) qui se place sous l’avant du pied.
- L’utilisation d’un pansement circulaire (manchon, parfois troué autour du cor) placé autour des orteils
- L’ablation des cors et callosités au cabinet du pédicure podologue avec des instruments stériles type scalpel, meuleuse, fraise… Ce traitement permet de réduire le volume du cor ou de la callosité et contribue à diminuer les douleurs de la marche en réduisant la pression sur les tissus du pied mais il est toujours associé aux soins précédents, sinon le cor, la callosité ou le durillon se reforment.
Soigner un cor au pied par soi meme
En cas de cor bénin, de callosité, que peut-on faire pour améliorer les choses en attendant le rendez-vous du médecin ou du podologue?
1/ Supprimer la source de friction
1.1/ Changer de chaussures
Éliminer la source de friction est le moyen le plus important (et le plus simple) de se débarrasser d’un cor au pied. Si, par exemple, le frottement d’une paire de chaussures cause des cors, il peut être suffisant de passer à des chaussures qui ne causent pas ce frottement, et de ne plus les porter. Il faut alors porter des chaussures souples et amples
1.2/ Ne pas marcher pieds nus
La marche pieds nus favorise les callosités sur les zones d’appui des plantes, ainsi que les plaies des pieds, les verrues plantaires, les mycoses des pieds…
1.3/ Mettre des pansements
Il suffit bien souvent de mettre un pansement sur le cor au pied pour le voir s’éliminer doucement
2/ Décaper doucement
Les cors sont des couches de peau morte. Par conséquent, limer doucement les couches de peau morte peut aider à éliminer la callosité.
Les soins consistant à se limer ou raper doucement avec une pierre ponce, une lime ou une râpe apres bain de pied dans de l’eau chaude pendant 20 minutes au préalable pour ramollir ne servent pas à grand chose tant qu’on n’a pas éliminé la cause qui est le frottement pathologique. Ils peuvent même constituer un facteur d’inflammation voire d’infection. Mieux vaut donc éviter d’essayer de prendre en charge soit meme ce type de pathologie, et cela est totalement prohibé si l’on est diabétique!
2.1/ Ramollir le cor
D’abord, on peut faire tremper le pied dans de l’eau tiède pendant environ 10 à 15 minutes. Cela aide à ramollir la peau.
2.2/ Décaper doucement le cor
Deuxièmement, on peut gratter les couches de peau morte du cor avec une pierre ponce, une brosse à pieds, des plaques d’émeri, qui sont le matériau rugueux des limes à ongles…
Mais attention de ne pas trop décaper : enlever trop de peau peut mettre à nu les couches sensibles de la peau en dessous, ce qui pourrait causer plus d’irritation, de saignement et d’infection par la suite.
Eviter les cors, durillons, callosités
La prévention des cors, callosités et durillons requiert le plus souvent de :
- Porter des chaussures larges mais pas trop grandes, confortables et souples (en toile ou en cuir souple… ) et d’éviter les haut talons (3-4 cms maximum) et les chaussures à bout pointu. Eviter si possible les chaussures ne tenant pas le talon (sandales, tongs…) car elles accentuent les défauts à la marche.
- Laver ses pieds quotidiennement au savon et à l’eau et surtout bien les sécher particulièrement entre les orteils pour éviter la macération.
En effet l’humidité résiduelle est un facteur de surinfection et de mycose des pieds - Décaper légèrement et avec prudence au moyen d’une pierre ponce humide les callosités naissantes et les cors débutants lors du bain mais de consulter dès que ceux ci réapparaissent
- Hydrater la peau des pieds avec une crème hydratante après la toilette
- Porter des pansements médicaux protecteurs et cicatrisants
et s »il existe un défaut d »appui lors de la marche ou une anomalie posturale, le port de semelles orthopédiques ou d’orthèses (sortes de petits embouts de mousse permettant de rééquilibrer les positions des orteils notamment) réalisés par un pédicure podologue
Questions fréquentes
J’ai de la corne sous les pieds mais j’ai peur de la gratter et d’en avoir de plus en plus
Vous avez raison : si vous avez des callosités sous les pieds, celles-ci sont réactionnelles à des frottements répétés (vous appuyez plus sur ces zones), dépendant de la façon dont vous marchez, de la forme de vos pieds, du type de chaussures que vous portez (haut talons notamment)… Si vous les décapez, vous n’arrangerez pas grand-chose car les frottements continueront à produire de nouvelles callosités. Je vous conseille donc de consulter un médecin, qui évaluera le traitement adéquat à apporter à vos callosités, et notamment la nécessité ou non de vous faire réaliser un bilan podologique chez un podologue, qui pourra alors vous fabriquer des semelles orthopédiques à glisser dans les chaussures, afin de rééquilibrer les pressions sur les plantes de vos pieds. Sachez que les semelles orthopédiques sont souvent très fines et aisées à glisser dans les chaussures de tous les jours.
Ce que les dermatologues vous disent rarement (faute de temps). Un dermatologue ayant +25 ans d'expérience vous livre ses secrets
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un dermatologue peut il traiter un durillon merci
Il va surtout le diagnostiquer (pour éliminer une verrue notamment). Il peut le décaper mais il passe généralement ensuite la main au podologue pour limiter les facteurs favorisants de récidive
Bonjour. Le medecin me parle d’un cor cicatriciel tout pres de lhallus valgus. Que faire? Qui aller voir? Merci
Un dermatologue devrait pouvoir vous aider, en attendant lavez le bien une fois par jour à l’eau et au savon et appliquez un pansement la journée