Chute de cheveux à la rentrée : plan d’action et signes qui doivent alerter

Chute de cheveux à la rentrée, effluvium télogène saisonnier

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En bref : une chute de cheveux plus importante en septembre-octobre touche la majorité des gens et correspond le plus souvent à un effluvium télogène saisonnier, déclenché par l’exposition solaire de l’été trois mois plus tôt. Elle est diffuse, s’arrête seule en 4 à 8 semaines et ne justifie pas de bilan sanguin. Trois signes doivent au contraire faire consulter : une chute qui dépasse 100 à 150 cheveux par jour au-delà de trois mois, des zones dégarnies localisées, ou une fatigue associée. Un auto-test simple, décrit plus bas, permet de faire la part des choses en quelques minutes.

Pour vous orienter tout de suite :

Un doute sur votre chute de cheveux ?

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Pourquoi la rentrée est une période à risque pour les cheveux

Le mécanisme de fond est déjà bien documenté sur ce site : la croissance capillaire s’accélère l’été, une proportion plus élevée de follicules entre en phase télogène sous l’effet des UV, et comme un cheveu télogène reste accroché environ trois mois avant de tomber, la chute se manifeste précisément en septembre-octobre (pour le détail du cycle pilaire et les chiffres, voir notre guide peau et cheveux en automne et le dossier complet sur l’alopécie).

Ce que ce mécanisme saisonnier n’explique pas à lui seul, c’est pourquoi certaines personnes vivent une rentrée particulièrement difficile pour leurs cheveux. En pratique, plusieurs facteurs propres à cette période se cumulent souvent avec le décalage télogène estival :

Facteur de rentrée Pourquoi il aggrave la chute
Stress du retour au travail ou à l’école (le vôtre ou celui de vos enfants) Le stress psychologique est un déclencheur classique d’effluvium télogène, qui s’ajoute alors au décalage saisonnier plutôt que de le remplacer
Arrêt ou reprise de la pilule contraceptive pendant les vacances La chute des œstrogènes qui suit un changement de contraception peut déclencher son propre effluvium, 6 à 12 semaines après le changement
Reprise du brushing, du lissage ou du sèche-cheveux quotidien après un été « cheveux au naturel » N’augmente pas le nombre de cheveux qui tombent, mais casse les cheveux fragilisés par le soleil et le sel, ce qui donne une impression de chute plus importante
Retour du chauffage et de l’air intérieur sec Fragilise la fibre capillaire et le cuir chevelu, sans provoquer d’effluvium en soi mais en aggravant l’aspect visuel

C’est la combinaison de ces facteurs, plus que la saison seule, qui explique pourquoi la chute de rentrée est parfois vécue comme plus intense qu’un simple effluvium saisonnier « classique ».

L’auto-diagnostic en 3 étapes, à faire chez vous

Avant de vous inquiéter ou, à l’inverse, de laisser traîner une chute qui mériterait un avis médical, trois vérifications simples permettent d’objectiver ce qui se passe.

Étape 1 : le test de traction

Prenez une mèche d’une cinquantaine de cheveux entre le pouce et l’index, à la racine, sur une zone non lavée depuis 24 heures. Tirez doucement, sans forcer, en glissant les doigts le long de la mèche. Comptez les cheveux qui se détachent.

  • 0 à 5 cheveux : test négatif, chute physiologique
  • 6 cheveux ou plus : test positif, effluvium actif : cela confirme une chute excessive mais n’en dit pas la cause

C’est le test le plus simple utilisé en consultation dermatologique pour objectiver un effluvium, avant même de recourir à l’examen microscopique des cheveux prélevés1.

Étape 2 : le comptage sur une période donnée

Comptez les cheveux qui restent dans la brosse et sur l’oreiller pendant 2 à 3 jours, ou prenez une photo de la raie et du haut du crâne sous le même éclairage, à renouveler dans un mois. Une perte de 100 à 150 cheveux par jour reste dans la fourchette de la chute saisonnière renforcée ; au-delà, et si cela dure, l’hypothèse d’un effluvium plus marqué ou d’une cause associée (carence en fer, thyroïde) devient plus probable.

Étape 3 : regarder la répartition, pas seulement la quantité

Une chute de rentrée physiologique est diffuse : elle touche l’ensemble du cuir chevelu de façon à peu près homogène, sans zone plus dégarnie qu’une autre. Si vous repérez une raie qui s’élargit, un vertex qui se dégarnit ou des golfes qui reculent, ce n’est probablement plus le sujet de cet article : voir calvitie et alopécie androgénétique. Si vous trouvez une ou plusieurs plaques rondes, bien limitées, avec un cuir chevelu lisse en dessous, voir pelade.

Résultat de l’auto-test Interprétation Que faire
Test de traction négatif, chute diffuse, < 100 cheveux/j Chute physiologique de rentrée Rien de particulier, routine douce (voir plus bas)
Test positif, chute diffuse, 100 à 200 cheveux/j depuis moins de 6 semaines Effluvium télogène saisonnier probable Routine adaptée, réévaluer dans 4 à 6 semaines
Chute diffuse persistant au-delà de 3 mois, ou > 150-200 cheveux/j Effluvium télogène à explorer Bilan sanguin (NFS, ferritine, TSH, zinc), consultation
Chute localisée (plaques ou raie qui s’élargit) Pelade ou alopécie androgénétique possible Consultation dermatologique, pas d’attente

Besoin d’un avis rapide sur votre test de traction ou votre bilan ?

Une téléconsultation avec photo suffit souvent à orienter le diagnostic et à décider si un bilan sanguin est nécessaire.

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Le plan d’action semaine par semaine

Semaines 1 et 2 : ne rien casser de plus

Espacer les lissages et brushings à chaud, ou protéger avec un thermoprotecteur. Démêler des pointes vers la racine, jamais l’inverse. Éviter les coiffures tirées (chignon serré, couette haute) qui ajoutent une traction sur des cheveux déjà fragilisés. Reprendre un shampoing doux, sans chercher à espacer les lavages : un cheveu télogène tombe de toute façon, le shampoing ne fait qu’accélérer de quelques heures une chute qui aurait eu lieu.

Semaines 3 et 4 : soutenir sans se précipiter sur les compléments

Une alimentation suffisante en protéines, fer et zinc soutient la repousse, mais un complément alimentaire ne remplace pas la correction d’une carence documentée par une prise de sang. Les compléments à base de biotine, zinc et acides aminés soufrés sont utiles surtout en cas de carence prouvée (voir notre guide sur les vitamines et compléments contre la chute de cheveux). En l’absence de carence connue, ils ne raccourcissent pas un effluvium saisonnier physiologique.

Après 6 à 8 semaines sans amélioration : c’est le moment de sortir de l’attente. Un bilan sanguin simple (NFS, ferritine, TSH, zinc) permet d’éliminer une carence en fer (la cause la plus fréquente de chute prolongée chez la femme, souvent avec des règles pourtant jugées normales) ou un trouble thyroïdien. Voir que faire en cas de chute de cheveux : bilan et examens.

Enfants et rentrée scolaire : un cas particulier

Chez l’enfant, une chute de cheveux qui débute avec la rentrée a rarement la même origine que chez l’adulte. Le premier réflexe est de regarder le cuir chevelu de près : des plaques avec des squames et des cheveux cassés courts évoquent une teigne, fréquente en collectivité à cette période, et qui nécessite un traitement antifongique. Une perte localisée aux tempes ou sur le pourtour du crâne, sans squames, chez une petite fille qui vient de reprendre des couettes ou des tresses serrées pour l’école, oriente plutôt vers une alopécie de traction, réversible si la coiffure est desserrée à temps. Dans le doute chez un enfant, mieux vaut consulter plutôt qu’attendre : le diagnostic différentiel n’est pas toujours évident à l’œil nu.

Consultez sans attendre si :

  • La chute dépasse 150 à 200 cheveux par jour depuis plus de 3 mois
  • Des zones sans cheveux apparaissent, en plaques ou de façon progressive et localisée
  • La chute s’accompagne de fatigue intense, de fièvre, de sueurs nocturnes ou d’une perte de poids
  • Chez l’enfant : plaques avec squames, cheveux cassés courts, ou lésions du cuir chevelu

Questions fréquentes

Le test de traction, comment le faire correctement à la maison ?

Attendez 24 heures sans lavage, prenez une mèche d’une cinquantaine de cheveux à la racine entre le pouce et l’index, et tirez doucement en glissant vers les pointes, sans à-coup. Répétez sur 3 à 4 zones différentes du cuir chevelu (sommet, tempes, arrière). Moins de 5 à 6 cheveux détachés par traction est considéré comme normal.

J’ai arrêté ma pilule pendant les vacances : est-ce lié à ma chute de cheveux de rentrée ?

C’est possible. L’arrêt d’une contraception hormonale entraîne une baisse d’œstrogènes qui peut déclencher un effluvium télogène, généralement 6 à 12 semaines après le changement, un délai qui correspond souvent, par coïncidence de calendrier, à la rentrée si l’arrêt a eu lieu en juillet. Ce mécanisme peut se superposer à l’effluvium saisonnier lié aux UV de l’été.

Le brushing et le lissage aggravent-ils vraiment la chute de rentrée ?

Ils n’augmentent pas le nombre de cheveux qui entrent en phase de chute, mais la chaleur répétée sur des cheveux déjà fragilisés par le soleil et le sel de l’été peut les casser en cours de tige, ce qui donne une impression de chute plus massive qu’elle ne l’est réellement. Espacer les usages à chaud et utiliser un thermoprotecteur limite ce phénomène.

Faut-il prendre des compléments alimentaires dès que la chute commence en septembre ?

Pas systématiquement. Les compléments (biotine, zinc, acides aminés soufrés) sont surtout utiles en cas de carence documentée par une prise de sang. Pris en l’absence de carence, ils n’accélèrent pas la résolution d’un effluvium saisonnier physiologique, qui s’arrête de toute façon spontanément en 4 à 8 semaines.

Combien de temps attendre avant de consulter un dermatologue ?

Si la chute reste diffuse, inférieure à 150 cheveux par jour, et s’atténue progressivement, il est raisonnable d’attendre 6 à 8 semaines. Au-delà, ou plus tôt si des zones dégarnies apparaissent ou si vous avez des signes généraux associés (fatigue, fièvre), une consultation permet un bilan sanguin ciblé.

Le stress de la reprise du travail peut-il vraiment faire tomber les cheveux ?

Oui. Un stress psychologique intense et prolongé fait partie des déclencheurs reconnus d’effluvium télogène, au même titre qu’un accouchement ou une maladie fébrile. Le mécanisme est le même : un grand nombre de follicules basculent prématurément en phase de repos, puis tombent 2 à 3 mois plus tard.

Mon enfant perd aussi ses cheveux à la rentrée : est-ce la même chose que chez l’adulte ?

Pas forcément. Chez l’enfant, il faut d’abord éliminer une teigne du cuir chevelu (fréquente en collectivité, avec squames et cheveux cassés courts) ou une alopécie de traction liée à des coiffures serrées reprises pour l’école. Ces deux causes se traitent différemment d’un simple effluvium saisonnier et méritent un avis dermatologique si le doute persiste.

Voir aussi : Alopécie, Effluvium télogène post-partum, Peau et cheveux en automne, Cheveux cassants

Chute persistante au-delà de 2 mois ?

Ne laissez pas traîner une chute qui dure : un avis dermatologique rapide en téléconsultation permet de savoir si un bilan sanguin est nécessaire.

Prendre rendez-vous

Mis à jour le 22 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Références :
1. Malkud S. Telogen Effluvium: A Review. J Clin Diagn Res. 2015. PMID 26500992
2. Whiting DA. Chronic telogen effluvium: increased scalp hair shedding in middle-aged women. J Am Acad Dermatol. 1996. PMID 8959948
3. Harrison S, Sinclair R. Telogen effluvium, shedding: how to manage a common cause of hair loss. Clin Exp Dermatol. 2002. PMID 11263854
4. Société Française de Dermatologie, fiche d’information patients : Effluvium télogène.

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Une grande partie de cette expérience s'est construite lors de remplacements réguliers dans les DOM-TOM (Martinique, Guadeloupe, Polynésie française, entre autres), au contact quotidien de milliers de patients à peau noire, mate ou asiatique. Cette pratique de terrain l'a convaincu d'une chose simple : la peau mate reste le parent pauvre de la dermatologie, une discipline dont l'iconographie et les études cliniques restent encore trop souvent construites sur peau blanche. Il consacre depuis une partie de son activité à combler cet écart, sur Dermatonet comme en consultation. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.