Sillons de gale : photos et diagnostic

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Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

En bref : La gale (scabiose, parfois écrit galle) est une ectoparasitose causée par Sarcoptes scabiei hominis. Elle provoque un prurit intense, typiquement nocturne, avec un aspect cutané caractéristique : les sillons scabieux (galeries creusées dans l’épiderme par la femelle de l’acarien), les vésicules perlées à l’extrémité des sillons, et des papules excoriées. Avec 200 à 300 millions de cas estimés par an dans le monde (dont 3 à 5 millions en France), la gale représente un problème de santé publique majeur.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue


Boutons et sillons de la gale : reconnaître chaque lésion pour un diagnostic fiable

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La gale est une dermatose parasitaire dont les lésions cutanées sont souvent mal interprétées, y compris par des professionnels de santé. Pourtant, chaque type de lésion – sillon, vésicule, nodule scabieux, lésion de grattage – raconte une étape précise de la biologie du sarcopte et a une valeur diagnostique propre. Cette page se concentre exclusivement sur la sémiologie des lésions de la gale : comment les reconnaître, où les chercher, comment les distinguer d’autres affections et pourquoi certains tableaux trompent le médecin lui-même. Pour le traitement, consultez notre article dédié : soigner et guérir la gale.

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Sommaire

Le sarcopte, acteur de toutes les lésions

La gale est une infestation cutanée par l’acarien Sarcoptes scabiei var. hominis. Comprendre le cycle biologique du sarcopte permet de comprendre pourquoi chaque lésion apparaît là où elle se trouve et prend l’aspect qu’elle a. La femelle sarcopte, après fécondation à la surface de la peau, creuse un sillon dans la couche cornée de l’épiderme (la zone la plus superficielle de la peau) à la vitesse d’environ 2 mm par jour, y pond 2 à 3 œufs par jour, puis meurt en 4 à 6 semaines. Les larves éclosent, migrent vers la surface et se transforment en adultes en 10 à 14 jours.

Les lésions cutanées de la gale résultent de deux mécanismes distincts :

  • L’action mécanique directe du sarcopte qui creuse le sillon et y pond ses œufs ;
  • La réaction immunologique de l’hôte contre les antigènes du parasite (salive, déjections, fragments de cuticule) – responsable du prurit intense, des nodules scabieux et des lésions eczémateuses.

Cette dualité explique un fait clinique souvent mal compris : les nodules scabieux peuvent persister des semaines à des mois après la guérison parasitologique, car ils sont une réponse immunitaire à des antigènes résiduels et non à des sarcoptes vivants.

Où chercher les lésions ? La topographie de la gale

Les lésions de la gale prédominent dans les zones chaudes, humides et à peau fine, où le sarcopte creuse plus facilement. La topographie est caractéristique et doit être systématiquement connue pour ne pas manquer le diagnostic.

Boutons de la gale
Répartition des boutons de la gale
Zone corporelle Type de lésion préférentielle Remarques
Espaces interdigitaux des mains Sillons, vésicules Zone à chercher en priorité – très évocatrice
Poignets (face antérieure) Sillons, papules Siège classique des sillons visibles
Organes génitaux masculins (verge, scrotum) Nodules scabieux, papules Nodule pénien = quasi pathognomonique de gale
Seins / aréoles (femme) Nodules, papules Localisation fréquente et insuffisamment cherchée
Abdomen, bas-ventre, ombilic Papules de grattage, lésions eczématisées Souvent pris pour un eczéma ou une urticaire
Plis axillaires, inguinaux, interfessiers Nodules, sillons, lésions secondaires Macération facilitant la prolifération
Faces internes des bras et cuisses Papules de grattage Lésions moins spécifiques
Dos, visage, cuir chevelu Épargnés chez l’adulte immunocompétent Atteints dans la gale du nourrisson et de l’immunodéprimé

Le sillon scabieux – la lésion pathognomonique

Le sillon scabieux est la lésion la plus spécifique de la gale. C’est une traînée légèrement surélevée, sinueuse, de couleur beige-grisâtre, mesurant quelques millimètres à 1 centimètre de long. Il correspond au tunnel creusé par la femelle sarcopte dans la couche cornée. À son extrémité distale – le « bout du sillon » – on peut parfois apercevoir à l’œil nu une minuscule élévure translucide nacrée correspondant à l’acarien lui-même, que les anglophones nomment joliment vesicule en bouton de manchette.

Les sillons siègent de façon élective :

  • Dans les espaces interdigitaux des mains – leur localisation la plus caractéristique ;
  • Sur la face antérieure des poignets ;
  • Sur le pénis, notamment le fourreau ;
  • Parfois sur les pieds chez l’enfant.

En pratique clinique, le sillon peut être difficile à visualiser à l’œil nu, notamment chez les personnes qui se lavent fréquemment. Le médecin peut s’aider de deux techniques simples :

📌 Le signe de l’encre (test de Müller)
On badigeonne la zone suspectée avec de l’encre de stylo ou du bleu de méthylène dilué, puis on essuie la surface. L’encre reste emprisonnée dans le sillon, le révélant par contraste. C’est une technique d’appoint utile dans les formes pauci-lésionnelles et chez les patients à peau foncée.

sillon de la gale
Sillon de la gale vu de près, avec le sarcopte au bout (en haut à droite)
galle
Sillon de la gale vu de plus loin
Le médecin peut s'aider d'encre pour mettre en évidence les sillons
Le médecin peut s’aider d’encre pour mettre en évidence les sillons
Sillons de grande taille entre les doigts
Sillons de grande taille entre les doigts

Les vésicules perlées des doigts

Les vésicules de la gale sont de petites élevures translucides, de 1 à 3 mm, à contenu clair, siégeant préférentiellement sur les faces latérales et le dos des doigts, ainsi qu’en bordure de la paume. Elles correspondent à la réaction inflammatoire de l’épiderme autour des œufs ou larves du sarcopte. Leur aspect « perlé », translucide, les distingue des pustules (contenu purulent) et des vésicules de l’eczéma dyshidrosique, bien que la confusion soit fréquente.

Ces vésicules sont très prurigineuses. Elles se rompent spontanément en quelques jours, laissant de petites érosions recouvertes de croûtelles. Leur présence sur les doigts chez un patient qui se gratte intensément la nuit doit immédiatement orienter vers la gale.

galle des doigts
Vésicules sur les doigts en cas de gale
Cloque d'eau (vésicule) du doigt évocatrice de gale
Cloque d’eau (vésicule) du doigt évocatrice de gale

Les nodules scabieux – une lésion souvent mal comprise

Les nodules scabieux sont des élévures fermes, rouge-rosées à cuivrées, de 5 à 10 mm de diamètre, très prurigineuses, siégeant de façon élective sur les parties génitales masculines (verge, scrotum), les seins et l’aréole, les plis inguinaux et axillaires. Un nodule sur la verge ou le gland est quasi pathognomonique de gale chez l’homme adulte immunocompétent – il faut y penser systématiquement.

Ces nodules résultent d’une réaction d’hypersensibilité retardée aux antigènes du sarcopte (fragments de cuticule, salive, fèces). Leur nature immunologique explique un fait clinique capital : les nodules scabieux peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois après un traitement antiparasitaire efficace, alors que le parasite est éradiqué. Cette persistance est souvent interprétée à tort comme un échec thérapeutique ou une recontamination, conduisant à des traitements répétés injustifiés. La disparition progressive des nodules sous dermocorticoïdes locaux, sans récidive du prurit nocturne et sans nouveaux sillons, confirme la guérison.

bouton sur la verge en cas de gale
Nodules scabieux
Nodules scabieux profus
Nodules scabieux profus
Un bouton sur le gland peut être un nodule scabieux
Un bouton sur le gland peut être un nodule scabieux

⚠ Nodules persistants après traitement : ne pas refaire le traitement à l’aveugle
Des nodules scabieux persistant après un traitement bien conduit ne signifient pas que la gale est revenue. Il faut vérifier l’absence de nouveaux sillons, l’absence de prurit nocturne actif, et s’assurer que l’entourage a bien été traité. Le traitement des nodules résiduels repose sur les dermocorticoïdes appliqués localement, sous contrôle médical.

Lésions de grattage et placards eczémateux

En dehors des lésions spécifiques que sont les sillons, vésicules et nodules, la gale provoque une réaction cutanée diffuse liée au grattage intensif et à la sensibilisation immunologique. On observe alors :

  • Des excoriations (érosions linéaires par grattage) sur le ventre, le bas-ventre, les cuisses et la face interne des bras ;
  • Des placards eczémateux ou papulo-vésiculeux diffus, parfois suintants, pouvant ressembler à un eczéma ou une urticaire ;
  • Des croûtes liées à la surinfection des lésions de grattage ;
  • Une dermographisme ou une peau globalement réactive, érythémateuse.

Ces lésions de grattage prédominent sur le ventre, le pubis, les cuisses et les bras, et épargnent généralement le dos et le visage chez l’adulte immunocompétent – un signe topographique très évocateur.

Atteinte du ventre et du pubis par la gale
Atteinte du ventre et du pubis par la gale

La dermatoscopie dans la gale : voir le sarcopte en temps réel

La dermatoscopie est devenue un outil précieux dans le diagnostic de la gale, notamment dans les formes pauci-lésionnelles ou atypiques. Elle permet de visualiser directement :

  • Le triangle ou « delta wing jet » : structure triangulaire brunâtre correspondant à la tête et aux deux premières paires de pattes du sarcopte, visible à l’extrémité du sillon ;
  • Le sillon lui-même, représenté par une traînée opaque brunâtre ou blanchâtre sinueuse ;
  • Les œufs (ovales, jaunâtres) et les déjections (points brunâtres) pouvant être vus à l’intérieur du sillon.

L’image dermatoscopique caractéristique d’un sarcopte – la « signature en avion de chasse » (jet with contrail) – est un signe pathognomonique qui, lorsqu’il est retrouvé, permet d’affirmer le diagnostic sans examen complémentaire. Cette technique est particulièrement utile pour les formes à lésions rares, où le grattage a effacé les sillons visibles à l’œil nu.

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La gale au début : quand les lésions sont absentes ou très discrètes

Une difficulté clinique majeure est la gale au début de son évolution. Les lésions cutanées sont absentes ou très discrètes pendant la période d’incubation, qui dure en moyenne 3 à 6 semaines lors d’un premier contact avec le parasite. Pendant cette période, le patient se gratte, souvent la nuit, mais l’examen cutané peut être quasi normal. Le prurit sans lésion visible, surtout nocturne, surtout si l’entourage présente les mêmes symptômes, doit alerter.

Lors d’une recontamination chez une personne déjà immunisée, la période d’incubation est beaucoup plus courte (24 à 48 heures), avec un prurit d’emblée intense. Ces personnes consultent plus tôt, mais paradoxalement, le nombre de sarcoptes est alors plus faible et les lésions encore plus discrètes.

⚠ Gale des gens propres
Chez les personnes qui se lavent fréquemment (plusieurs douches par jour), les sillons et vésicules peuvent être effacés mécaniquement. Il n’y a alors pratiquement que des lésions de grattage et quelques nodules. C’est la « gale des gens propres », ou gale pauci-lésionnelle, souvent diagnostiquée tardivement car elle ne ressemble pas à l’image classique de la gale. C’est le tableau le plus souvent mal diagnostiqué, avec traitement retardé de plusieurs semaines à mois.

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec l’eczéma, le prurigo ou la folliculite

La gale est surnommée « la grande simulatrice » en dermatologie, car ses lésions de grattage et ses placards eczémateux peuvent mimer de nombreuses autres dermatoses. Voici les confusions les plus fréquentes :

Diagnostic confondu Ressemblance avec la gale Éléments qui orientent vers la gale
Eczéma atopique Prurit nocturne, placards eczémateux Sillons interdigitaux, nodule pénien, entourage atteint
Prurigo Papules excoriées prurigineuses Topographie (mains, poignets, organes génitaux), prurit nocturne
Dyshidrose / eczéma dyshidrosique Vésicules des doigts prurigineuses Sillons interdigitaux, contexte de contagion
Urticaire Papules prurigineuses fugaces Sillons persistants, prurit nocturne prédominant
Folliculite Papulo-pustules prurigineuses Absence de sillons, pas d’atteinte de l’entourage
Piqûres d’insectes Papules érythémateuses multiples Sillons, topographie génitale, prurit nocturne en collectivité

La clé diagnostique reste toujours la même : chercher un sillon interdigital, examiner les organes génitaux, questionner sur le prurit nocturne et sur l’entourage. La présence d’un nodule pénien chez un homme adulte non immunodéprimé doit être considérée comme une gale jusqu’à preuve du contraire.

Formes particulières : gale de l’enfant, du sujet âgé, de l’immunodéprimé

Gale du nourrisson et de l’enfant

Chez le nourrisson et le jeune enfant, la topographie diffère de celle de l’adulte : le visage, le cuir chevelu, les paumes et les plantes peuvent être atteints. Les lésions sont souvent vésiculeuses ou bulleuses, parfois pustuleuses. La paume et la plante parsemées de vésicules chez un nourrisson irritable, insomniaque, dont la mère se gratte, sont très évocatrices. Pour la prise en charge spécifique, voir notre article sur la gale de l’enfant et du bébé.

Gale du sujet âgé

Chez la personne âgée, le prurit est souvent intense mais les lésions spécifiques (sillons) peuvent être rares ou masquées par une xérose cutanée. Les nodules scabieux sont fréquents. Le risque d’évoluer vers une gale profuse ou croûteuse est plus élevé, surtout en institution, en raison d’une immunosénescence. La gale du sujet âgé est souvent responsable d’épidémies en EHPAD, difficiles à contrôler.

Gale croûteuse (norvégienne) de l’immunodéprimé

La gale croûteuse, anciennement dite norvégienne, survient chez les sujets immunodéprimés (VIH, transplantation, corticothérapie prolongée). Le tableau est radicalement différent : des croûtes épaisses, kératosiques, généralisées, contenant des millions de sarcoptes (contre quelques dizaines dans la gale commune). Le prurit peut paradoxalement être absent ou modéré. Cette forme est extrêmement contagieuse et nécessite une prise en charge hospitalière.

Suite : Traitement de la gale

FAQ – Questions fréquentes sur les boutons et sillons de la gale

Les sillons de la gale sont-ils toujours visibles à l’œil nu ?

Non. Dans la gale des gens propres ou en début d’évolution, les sillons peuvent être effacés par le lavage ou inexistants. Le dermatologue peut s’aider du signe de l’encre (badigeonnage puis essuyage) ou de la dermatoscopie pour les visualiser. L’absence de sillon visible n’écarte pas le diagnostic si les autres critères (prurit nocturne, topographie, entourage atteint) sont présents.

Des boutons sur le pénis signifient-ils forcément la gale ?

Pas « forcément », mais un nodule ferme, rouge-cuivré, prurigineux sur le pénis ou le scrotum chez un homme adulte est quasi pathognomonique de gale jusqu’à preuve du contraire. D’autres diagnostics (condylome, molluscum, syphilis) doivent être évoqués, mais la gale doit être éliminée en priorité, surtout si l’entourage se gratte.

J’ai été traité pour la gale mais j’ai encore des boutons : est-ce une rechute ?

Pas nécessairement. Les nodules scabieux peuvent persister 2 à 3 mois après un traitement efficace car ils sont d’origine immunitaire (réaction aux antigènes résiduels du sarcopte). Si le prurit nocturne a disparu et qu’il n’y a pas de nouveaux sillons, la guérison est probable. Consultez un dermatologue avant de refaire un traitement antiparasitaire.

Comment différencier les vésicules de la gale d’une dyshidrose ?

Les deux peuvent être très semblables. L’orientation vers la gale repose sur : l’apparition chez un adulte sans antécédent d’eczéma, la présence de sillons interdigitaux, le prurit nocturne intense, et surtout l’atteinte de l’entourage. La dyshidrose est bilatérale, symétrique, récidivante et souvent associée à une atopie connue.

Un enfant peut-il avoir la gale sur le visage ?

Oui. Contrairement à l’adulte immunocompétent chez qui le visage est épargné, le nourrisson et le jeune enfant peuvent présenter des lésions sur le visage, le cuir chevelu, les paumes et les plantes. Cette topographie étendue est un piège diagnostique fréquent, confondant la gale infantile avec un eczéma atopique ou une impétiginisation.

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Comment reconnaître un sillon scabieux de la gale ?

Le sillon scabieux est une galerie sinueuse de 5 à 15 mm de long, grisâtre ou couleur chair, légèrement surélevée, avec une petite vésicule perlée à son extrémité (contenant l’acarien femelle). Il se localise dans les zones de peau fine : espaces interdigitaux, face interne des poignets, coude, ombilic, pénis et scrotum chez l’homme, aréoles chez la femme. La dermoscopie montre un « signe du delta-wing » (acarien avec ses 8 pattes à l’extrémité). Les sillons sont pathognomoniques de la gale.

Le prurit de la gale est-il vraiment plus intense la nuit ?

Oui, c’est une caractéristique cardinale. La femelle de Sarcoptes est plus active la nuit (elle creuse ses galeries préférentiellement de nuit) et la chaleur du lit augmente la température cutanée, activant les récepteurs nerveux du prurit. De plus, le cortisol (anti-inflammatoire naturel) atteint son niveau le plus bas la nuit, levant le frein sur l’inflammation prurigineuse. Le prurit nocturne de la gale est souvent si intense qu’il réveille le patient (contrairement à d’autres prurits).

Tous les membres de la famille doivent-ils être traités en même temps ?

Oui, sans exception. Le traitement doit être simultané pour toute la maisonnée le même jour, qu’ils aient des symptômes ou non (incubation 3 à 6 semaines sans symptôme). Si un seul membre est traité, les autres le recontaminent immédiatement. En pratique : appliquer la perméthrine 5 % crème ou l’ivermectine orale (200 µg/kg) le même soir pour tous, laver le linge et la literie à 60 °C ou mettre en sac hermétique 72 h. Traiter aussi les partenaires sexuels récents.

La gale peut-elle être contractée sans contact direct avec une personne infestée ?

Dans la gale classique : non. Sarcoptes scabiei survit 48 à 72 heures hors de l’hôte humain – le contact cutané prolongé (> 10 minutes) est nécessaire pour la contamination. En revanche, la gale norvégienne (croûteuse) est très contagieuse même par contact indirect (literie, vêtements, siège) car elle produit des millions d’acariens versus 10 à 15 dans la gale commune. La gale se contracte le plus souvent au sein du foyer familial, lors de contacts sexuels ou en institution.

Le traitement à la perméthrine est-il efficace en une seule application ?

La perméthrine 5 % (Topiscab, Nix) appliquée sur tout le corps (sauf muqueuses) pendant 8 à 12 heures puis rincée est efficace dans 85 à 90 % des cas. Une deuxième application à J7 est recommandée pour éliminer les œufs non tués par la première application. L’ivermectine orale (Stromectol 200 µg/kg) est une alternative efficace, avec également 2 prises à J1 et J14. La démangeaison peut persister 2 à 4 semaines après traitement réussi (réaction allergique aux acariens morts) – ne pas retraiter d’emblée.

Comment distinguer la gale de la dermite atopique ?

Deux distinctions clés : (1) La gale épargne presque toujours le visage chez l’adulte (caractéristique) alors que l’eczéma atopique adulte peut toucher le cou et le visage. (2) La gale se transmet à l’entourage (prurit chez le conjoint ou la famille) contrairement à l’eczéma. La présence de sillons scabieux interdigitaux, de papules du pénis (chez l’homme), et du prurit nocturne prédominant signent la gale. La dermoscopie du sillon (10x) confirme le diagnostic en cabinet en quelques secondes.

Combien de temps dure la gale sans traitement ?

Sans traitement, la gale ne guérit pas spontanément et peut durer des années. Le nombre d’acariens s’autorégule (10 à 15 chez un sujet immunocompétent), mais le prurit et le risque de transmission persistent indéfiniment. Chez les personnes âgées en institution ou les immunodéprimés, la gale peut évoluer vers la forme croûteuse (gale norvégienne) avec des millions d’acariens, très difficile à traiter. Plus le traitement est retardé, plus le risque de complications (infection, forme croûteuse) augmente.

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🔍 Comprendre et traiter la gale

📌 Médicaments antiparasitaires

⚠️ Quand consulter en urgence :

  • Gale croûteuse (norvégienne) chez un immunodéprimé ou une personne âgée – très contagieuse, hospitalisation possible
  • Prurit intense réfractaire 4 semaines après traitement bien conduit (rechute ou recontamination)
  • Surinfection bactérienne extensive (impétigo) sur les lésions de gale

Références scientifiques (PubMed)

  • Engelman D, Yoshizumi J, Hay RJ, et al. The 2020 International Alliance for the Control of Scabies Consensus Criteria for the Diagnosis of Scabies. Br J Dermatol. 2020;183(5):808-820. PMID 32034956
  • Micali G, Lacarrubba F, Verzì AE, et al. Scabies: Advances in Noninvasive Diagnosis. PLoS Negl Trop Dis. 2016;10(6):e0004691. PMID 27311065
  • Cinotti E, Labeille B, Cambazard F, et al. Videodermoscopy compared to reflectance confocal microscopy for the diagnosis of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2016;30(9):1573-1577. PMID 27168425
  • Chosidow O. Clinical practices. Scabies. N Engl J Med. 2006. PMID 16625010
  • Salavastru CM, Chosidow O, Boffa MJ, et al. European guideline for the management of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017. PMID 28639722

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.

4 réflexions sur « Sillons de gale : photos et diagnostic »

  1. Quelle est le médicament pour travailler la galle en une prise unique de quatre comprimé

  2. Il y a 2 ans j ai eu la gale et stromectol n a pas ete efficace . Cela arrive t il.a dautres et quelle en est la raison ? Ascabiol.non olus!Aubout de +de 6 mois c est Sraygal qui a fonctionne.
    Merci pr votre reponse.

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