Dernière mise à jour : 11 juin 2026
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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- Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
- Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
- Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
- Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte
Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie
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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Le syndrome de Gianotti-Crosti (ou acrodermatite papuleuse infantile) est une éruption cutanée bénigne d’origine virale qui touche principalement les enfants âgés de 6 mois à 12 ans. Elle se manifeste par des papules rougeâtres symétriques sur le visage, les membres et les fesses, et disparaît spontanément en quelques semaines sans aucun traitement. Décrit pour la première fois par les dermatologues italiens Gianotti (1955) et Crosti (1956), ce syndrome est aujourd’hui reconnu comme une réaction immune non spécifique à diverses infections virales.

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Présentation clinique
L’éruption de Gianotti-Crosti est très caractéristique dans sa distribution et son aspect :
Aspect des lésions
- Papules érythémateuses (rouge rosé à rouge vif), monomorphes, à surface lisse ou légèrement kératosique ;
- Taille habituelle : 2 à 5 mm de diamètre ;
- Lésions bien délimitées, non confluentes (elles ne se rejoignent pas pour former des plaques) ;
- Parfois légèrement vésiculaires (aspect lipoïde) ou papulo-vésiculeuses.
Distribution acrale et symétrique
La distribution est l’une des clés diagnostiques : les papules s’étendent de façon symétrique sur :
- le visage (joues surtout) ;
- les membres (faces d’extension : coudes, avant-bras, tibias, genoux, dos des mains et des pieds) ;
- les fesses.
Le tronc est épargné, ce qui aide à différencier le syndrome de Gianotti-Crosti d’autres éruptions virales comme le pityriasis rosé de Gibert ou la roséole.
Symptômes associés
- Prurit absent ou modéré : contrairement à une allergie, les papules de Gianotti-Crosti démangent peu ;
- Parfois une légère fièvre et une adénopathie (ganglions palpables) en début d’éruption ;
- En cas d’hépatite B associée : ictère, hépatomégalie (dans la forme virale originelle décrite par Gianotti).
Évolution
L’éruption dure en moyenne 3 à 8 semaines, parfois jusqu’à 4 mois. Elle régresse spontanément sans laisser de cicatrices. Des récidives sont exceptionnelles.
Causes : quels virus peuvent déclencher un Gianotti-Crosti ?
Le syndrome de Gianotti-Crosti est une réaction immunitaire cutanée déclenchée par de nombreux virus ou vaccinations :
| Cause | Fréquence | Particularité |
|---|---|---|
| Virus Epstein-Barr (EBV) – Mononucléose infectieuse | Très fréquent (cause principale en France) | Rechercher une angine, adénopathies cervicales |
| Virus de l’hépatite B (VHB) | Forme classique historique (Gianotti 1955) | Plus rare aujourd’hui grâce à la vaccination ; sérologie HBs obligatoire |
| Parvovirus B19 | Fréquent | Souvent associé à érythème des joues « giflées » |
| Cytomégalovirus (CMV) | Peu fréquent | Sérologie CMV si EBV et VHB négatifs |
| Virus coxsackie (A16, B4…) | Peu fréquent | Contexte épidémique ; parfois associé à syndrome pieds-mains-bouche |
| VHA, VHC, VRS, parainfluenza | Cas rapportés | Bilan orienté selon le contexte |
| Vaccinations (DTP, hépatite B, ROR…) | Cas bien documentés | Éruption 1 à 4 semaines après le vaccin ; évolution bénigne identique |
Dans environ 30 à 40 % des cas, aucun agent déclenchant n’est identifié malgré un bilan complet. Cela ne change pas la prise en charge ni le pronostic, qui reste excellent.
Diagnostic
Diagnostic clinique
Le diagnostic est avant tout clinique, basé sur l’aspect typique des papules et leur distribution acrale symétrique chez un enfant. Il n’est généralement pas nécessaire de faire une biopsie cutanée.
Bilan complémentaire recommandé
Un bilan sanguin simple est réalisé pour rechercher le virus déclenchant et écarter une hépatite :
| Examen | Pourquoi |
|---|---|
| Antigène HBs + anticorps anti-HBc | Éliminer une hépatite B aiguë (obligatoire) |
| Transaminases (ASAT, ALAT) | Dépister une atteinte hépatique associée |
| NFS | Syndrome mononucléosique en faveur d’EBV ou CMV |
| Sérologie EBV (IgM VCA) | Mononucléose infectieuse |
| Sérologie parvovirus B19 | Si contexte évocateur (érythème facial) |
Diagnostics différentiels
Le dermatologue devra notamment écarter :
- la gale (prurit intense, sillons acariens, atteinte familiale) ;
- le lichen plan (papules violacées, adulte, prurit) ;
- l’eczéma atopique (distribution différente, terrain atopique) ;
- la dermite de contact (notion d’exposition à un allergène).
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Traitement
Traitement symptomatique si nécessaire
- Prurit modéré → antihistaminique oral (cétirizine, loratadine) pendant quelques jours si l’enfant gratte ;
- Surinfection bactérienne (rare) → antiseptique local ou antibiotique selon l’étendue ;
- Hépatite B associée → prise en charge hépatologique spécialisée si transaminases élevées.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne pas prescrire de corticoïdes locaux en première intention : ils n’accélèrent pas la guérison et peuvent modifier l’aspect clinique ;
- Ne pas prescrire d’antibiotiques (éruption d’origine virale) ;
- Ne pas rassurer trop vite sans bilan : l’antigène HBs doit être recherché systématiquement.
Pronostic et évolution
Le pronostic du syndrome de Gianotti-Crosti est excellent dans la grande majorité des cas :
- Guérison spontanée complète en 3 à 8 semaines, parfois jusqu’à 12 semaines ;
- Pas de cicatrices, pas de séquelles cutanées ;
- Récidives exceptionnelles ;
- Le pronostic dépend principalement de l’étiologie virale sous-jacente (notamment l’hépatite B si elle est identifiée).
Questions fréquentes sur le syndrome de Gianotti-Crosti
Le syndrome de Gianotti-Crosti est-il contagieux ?
L’éruption cutanée elle-même n’est pas contagieuse. En revanche, le virus qui la déclenche peut se transmettre (notamment l’EBV via la salive). Cependant, la contagiosité du virus ne signifie pas que les contacts développeront à leur tour un Gianotti-Crosti : la réaction cutanée dépend de la réponse immunitaire individuelle de l’enfant.
Doit-on garder l’enfant à la maison ou peut-il aller à l’école ?
L’enfant peut en général continuer à aller à l’école, car l’éruption elle-même n’est pas contagieuse. Si le virus déclenchant est l’hépatite B, une information peut être transmise au médecin scolaire, mais l’éviction n’est pas systématique. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin.
Combien de temps dure l’éruption ?
L’éruption dure en moyenne 3 à 8 semaines, mais peut persister jusqu’à 3 ou 4 mois dans certains cas, notamment lorsque l’EBV est en cause. La disparition est progressive et spontanée. Pendant cette période, l’état général de l’enfant est habituellement peu affecté.
Faut-il faire une biopsie cutanée ?
Non, dans la grande majorité des cas. Le diagnostic est clinique. Une biopsie n’est envisagée qu’en cas de doute diagnostique persistant, par exemple si la présentation est atypique ou si le bilan ne retrouve pas d’agent viral et que le tableau ne régresse pas spontanément.
Le vaccin contre l’hépatite B peut-il déclencher un Gianotti-Crosti ?
Oui, des cas bien documentés de syndrome de Gianotti-Crosti post-vaccinal ont été rapportés après plusieurs vaccins (hépatite B, DTP, ROR). L’évolution reste identique à la forme infectieuse : bénigne et spontanément résolutive. Cette réaction, bien que rare, ne contre-indique pas les rappels vaccinaux.
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Références scientifiques
- Brandt O, Abeck D, Gianotti R, Burgdorf W. Gianotti-Crosti syndrome. J Am Acad Dermatol. 2006 Jan;54(1):136-45. PMID 16384766
- Taieb A, Plantin P, Du Pasquier P, Guillet G, Maleville J. Gianotti-Crosti syndrome: a study of 26 cases. Br J Dermatol. 1986 May;114(5):567-73. PMID 3718845
- Chuh AA, Chan HH, Chiu SS, Lim WL, Lam SK. A prospective case series study of Gianotti-Crosti syndrome. Acta Derm Venereol. 2004;84(3):205-8. PMID 15202839
- Orphanet. Acrodermatite de Gianotti-Crosti (ORPHA:324). orpha.net
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