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Dernière mise à jour : 14 avril 2026
Baisse du désir sexuel et aversion sexuelle : diagnostic, causes et lien avec la peau

Article rédigé d’après les critères du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux).
Les troubles du désir sexuel recouvrent deux tableaux distincts : la baisse du désir sexuel (déficience persistante de fantaisies et de motivation sexuelle) et l’aversion sexuelle (répugnance active et évitement des contacts génitaux). Ces troubles, fréquents et souvent sous-diagnostiqués, génèrent une souffrance significative et altèrent profondément la qualité relationnelle.
Psycho-dermatologie : désir sexuel et peau
La psycho-dermatologie étudie les interactions entre la psyché et la peau. Les troubles du désir sexuel et les maladies cutanées entretiennent des relations étroites et bidirectionnelles que le dermatologue rencontre régulièrement en consultation.
- Image corporelle et maladies cutanées visibles : le psoriasis étendu, le vitiligo, l’acné sévère cicatricielle, la rosacée ou l’alopécie androgénétique altèrent profondément l’image corporelle. La honte du corps — le fait de « ne pas vouloir être vu nu » — est l’une des causes les plus fréquentes et les moins diagnostiquées de baisse du désir sexuel situationnelle ou généralisée. Des études montrent que 40 à 70 % des patients atteints de psoriasis étendu rapportent une diminution du désir ou de l’activité sexuelle.
- Dermatoses génitales et aversion sexuelle : le lichen scléreux vulvaire, la vulvodynie, le lichen plan génital érosif ou les condylomes génitaux répétés peuvent générer une véritable aversion sexuelle par douleur anticipée, dégoût de soi ou honte corporelle. Ces tableaux relèvent d’une prise en charge conjointe dermatologique et sexologique.
- Herpès génital récidivant : la récurrence des poussées, la honte de la contamination potentielle du partenaire et la stigmatisation sociale génèrent souvent une baisse du désir durable, voire une aversion situationnelle spécifique aux périodes de doute sur l’activité virale.
- Maladies cutanées et dépression : la dépression — complication fréquente du psoriasis, de l’eczéma atopique sévère et de la pelade — est elle-même l’une des premières causes de baisse du désir sexuel. Ce triangle (dermatose → dépression → baisse du désir) est fréquemment rencontré et justifie l’évaluation systématique du retentissement psychosexuel lors des consultations pour maladies cutanées chroniques.
- Médicaments dermatologiques et désir sexuel : plusieurs traitements dermatologiques influencent la sexualité — les antidépresseurs ISRS (prescrits dans la dermatillomanie, le prurit psychogène) réduisent le désir sexuel ; l’isotrétinoïne (Roaccutane®) a été associée à une baisse de la libido dans certaines études ; les corticoïdes systémiques au long cours peuvent altérer l’axe gonadotrope. À l’inverse, un traitement efficace de la dermatose améliore souvent spontanément le désir en restaurant l’image corporelle.
- Aversion sexuelle et dysmorphophobie cutanée : les patients souffrant de dysmorphophobie (préoccupation excessive pour une imperfection cutanée mineure) développent parfois une aversion des contacts intimes par crainte que le partenaire remarque et juge la « déficience » perçue.
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1/ Baisse du désir sexuel
Définition et caractéristiques
La caractéristique essentielle du trouble est une déficience ou une absence persistante ou répétée de fantaisies imaginatives d’ordre sexuel et de désir d’activité sexuelle (Critère A), à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés relationnelles (Critère B).
Le sujet est peu motivé dans la recherche de stimuli sexuels et éprouve peu de frustration en leur absence. Il ne prend habituellement pas l’initiative d’une activité sexuelle, ou ne s’y livre qu’avec réticence à la demande de son partenaire. La fréquence des rapports peut néanmoins être maintenue sous la pression du partenaire ou pour des besoins non sexuels (bien-être physique, sentiment d’intimité).
La baisse du désir peut être globale (concernant toutes formes d’expression sexuelle) ou situationnelle (limitée à un partenaire ou à une activité spécifique, par exemple les rapports mais pas la masturbation).
Sous-types
| Dimension | Sous-type | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Mode de début | De tout temps | Présent depuis la puberté, jamais de période de désir adéquat |
| Acquis | Développé après une période d’intérêt sexuel adéquat | |
| Contexte | Généralisé | Toutes situations, tous partenaires |
| Situationnel | Limité à certains contextes ou partenaires — souvent d’origine relationnelle ou psychologique | |
| Étiologie | Facteurs psychologiques | Anxiété, dépression, trauma, image corporelle |
| Combinaison de facteurs | Psychologique + organique (hormonal, médicamenteux, dermatologique) |
Évolution
Dans la forme de tout temps, l’absence de désir est présente depuis la puberté. Dans la majorité des cas, le trouble apparaît à l’âge adulte, après une période d’intérêt sexuel adéquat, souvent en lien avec un désarroi psychologique, des événements stressants ou des difficultés relationnelles. La perte du désir peut être continue ou épisodique, selon les facteurs psychosociaux ou relationnels en jeu.
Les troubles dépressifs sont fréquemment associés à une diminution du désir — la dépression peut précéder, accompagner ou résulter de la baisse du désir sexuel, créant parfois un cercle vicieux.
Diagnostic différentiel
La baisse du désir doit être distinguée d’une dysfonction sexuelle due à une affection médicale générale — notamment les anomalies hormonales (hypogonadisme, hyperprolactinémie, hypothyroïdie) qui altèrent spécifiquement le substrat physiologique du désir. Un dosage de testostérone totale, testostérone libre et prolactine est indiqué en cas de suspicion.
Lorsqu’une substance ou un médicament est en cause (antihypertenseurs, ISRS, corticoïdes systémiques, anti-androgènes utilisés en dermatologie contre l’acné ou l’hirsutisme), on parle de dysfonction sexuelle induite par une substance.
Critères diagnostiques DSM
A. Déficience (ou absence) persistante ou répétée de fantaisies imaginatives d’ordre sexuel et de désir d’activité sexuelle. Le clinicien tient compte de l’âge et du contexte existentiel du sujet.
B. La perturbation est à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles.
C. La dysfonction sexuelle n’est pas mieux expliquée par un autre trouble et n’est pas due exclusivement aux effets physiologiques directs d’une substance ou d’une affection médicale générale.
Spécifier : Type de tout temps / Type acquis — Type généralisé / Type situationnel — Facteurs psychologiques / Combinaison de facteurs.
2/ Aversion sexuelle
Définition et critères
La caractéristique essentielle de l’aversion sexuelle est une aversion extrême, persistante ou répétée, et un évitement actif de tout contact génital avec un partenaire (Critère A), à l’origine d’une souffrance marquée ou de difficultés interpersonnelles (Critère B), non mieux expliquée par un autre trouble (Critère C).
Le sujet fait part d’une réaction d’anxiété, d’appréhension ou de dégoût quand il est confronté à une occasion de relation sexuelle. L’aversion peut se focaliser sur un aspect particulier (sécrétions génitales, pénétration vaginale) ou concerner l’ensemble des stimuli sexuels, y compris les baisers et les caresses.
L’intensité de la réaction va d’une anxiété modérée et d’une absence de plaisir à une détresse psychologique extrême.
A. Aversion extrême, persistante ou répétée, et évitement de tout (ou presque tout) contact génital avec un partenaire sexuel.
B. Souffrance marquée ou difficultés interpersonnelles.
C. Non mieux expliquée par un autre trouble de l’Axe I (sauf une autre dysfonction sexuelle).
Caractéristiques associées
Confrontés à une situation sexuelle, certains patients présentent des attaques de panique : anxiété extrême, sentiment de terreur, nausées, palpitations, vertiges, difficultés respiratoires.
Les patients développent souvent des stratégies d’évitement indirectes : aller se coucher plus tôt, voyager fréquemment, négliger délibérément leur apparence extérieure, surinvestir les activités professionnelles, sociales ou familiales, ou consommer des substances.
Le Dr Rousseau évalue le retentissement psychologique et sexuel de votre maladie cutanée et coordonne la prise en charge.
Questions fréquentes
Une maladie de peau peut-elle provoquer une baisse du désir sexuel ?
Oui. Les maladies cutanées chroniques visibles (psoriasis, vitiligo, acné sévère, alopécie) altèrent l’image corporelle et génèrent une honte du corps qui est l’une des causes les plus fréquentes de baisse du désir situationnelle. Des études montrent que 40 à 70 % des patients atteints de psoriasis étendu signalent une diminution de l’activité sexuelle. Le traitement efficace de la dermatose améliore souvent le désir en restaurant l’image corporelle.
Le lichen scléreux ou le lichen plan génital peuvent-ils provoquer une aversion sexuelle ?
Oui. Ces dermatoses génitales, souvent douloureuses et défigurantes localement, génèrent fréquemment une aversion sexuelle par douleur anticipée lors des rapports (dyspareunie), honte de l’aspect génital modifié et anxiété de contamination. La prise en charge dermatologique précoce et efficace est essentielle pour prévenir l’installation de ce tableau.
L’isotrétinoïne (Roaccutane®) réduit-elle le désir sexuel ?
Certaines études rapportent une baisse de la libido chez des patients traités par isotrétinoïne, mais le lien causal direct n’est pas établi avec certitude. À l’inverse, en traitant efficacement une acné sévère source de honte corporelle, l’isotrétinoïne peut améliorer l’image corporelle et restaurer le désir. L’évaluation est à individualiser avec le médecin prescripteur.
Comment le dermatologue évalue-t-il le retentissement sexuel d’une maladie de peau ?
Le DLQI (Dermatology Life Quality Index) est l’outil validé le plus utilisé en dermatologie. Il comprend une question directe sur les relations intimes. Un score élevé sur cette dimension oriente vers une évaluation approfondie et une éventuelle orientation sexologique. L’entretien clinique reste indispensable — le dermatologue peut aborder la question de façon naturelle dans le bilan de retentissement global de la maladie.
Quelle est la différence entre baisse du désir et aversion sexuelle ?
La baisse du désir est une diminution ou absence de motivation et de fantaisies sexuelles — le patient ne cherche pas le contact mais ne le redoute pas non plus. L’aversion sexuelle est une réaction active de dégoût, d’anxiété ou d’évitement face aux contacts génitaux, pouvant aller jusqu’à l’attaque de panique. L’aversion est donc plus intense et plus invalidante, et requiert généralement une prise en charge spécialisée en sexologie ou psychothérapie.
Maladie cutanée avec retentissement sur l’image corporelle et la vie intime : le Dr Rousseau intègre cette dimension dans sa prise en charge.
Mis à jour le 15 janvier 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.
Ce que les dermatologues vous disent rarement (faute de temps). Un dermatologue ayant +25 ans d'expérience vous livre ses secrets
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