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Pour chaque pathologie vous découvrirez :
Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
Les routines recommandées par les spécialistes
Les facteurs de vie quotidienne à améliorer (alimentation, stress, sommeil, soleil…)
Les mécanismes, les causes, les traitements, et j'espère les réponses à toutes les questions que vous vous posez et que parfois vous n'osez pas poser au médecin
Des guides pratiques, directs, et accessibles — pour reprendre le contrôle sur votre problème dermatologique
Dernière mise à jour : 22 avril 2026
Médecine fonctionnelle et micronutrition en dermatologie : chercher la cause plutôt que traiter les symptômes
L’acné, le psoriasis, l’eczéma ou la rosacée ne sont pas simplement des maladies de la peau — ils reflètent souvent un état inflammatoire systémique sous-jacent, alimenté par des carences en micronutriments, une insulinorésistance silencieuse ou un déséquilibre du microbiote. La médecine fonctionnelle et micronutritionnelle propose une approche différente de la médecine conventionnelle : au lieu de traiter uniquement les symptômes cutanés, elle cherche à identifier et corriger les causes profondes. Ce n’est pas une médecine alternative — c’est une médecine fondée sur des données biologiques mesurables.

Le Dr Rousseau intègre l’approche fonctionnelle dans sa pratique dermatologique. Une téléconsultation permet d’évaluer votre bilan nutritionnel et d’adapter la prise en charge.
📅 Téléconsultation avec le Dr Rousseau
Sommaire :
Micronutrition — définition |
Inadéquation gènes/environnement |
Insulinorésistance et inflammation |
Le bilan fonctionnel |
Vitamine D et zinc |
Applications en dermatologie |
L’alimentation comme thérapeutique |
Pages liées |
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la micronutrition ?
Les micronutriments sont des nutriments nécessaires en petites quantités mais indispensables au bon fonctionnement cellulaire : vitamines, minéraux, oligoéléments, acides gras essentiels, acides aminés, antioxydants, fibres et probiotiques. À la différence des macronutriments (glucides, lipides, protéines) qui fournissent l’énergie, les micronutriments assurent l’assimilation, la transformation et l’utilisation des macronutriments. Leur carence peut engendrer, souvent à bas bruit, des altérations métaboliques importantes avant que toute pathologie d’organe ne soit détectable.
La micronutrition s’inscrit dans le Programme National Nutrition Santé (PNNS) 2019–2023 et vise à identifier ces carences individuelles pour les corriger de façon ciblée.
Pourquoi sommes-nous de plus en plus carencés ?
Plusieurs facteurs expliquent l’appauvrissement progressif de notre alimentation en micronutriments :
- Les cultures intensives et les pesticides appauvrissent les sols en minéraux
- La sélection génétique des végétaux privilégie le rendement au détriment de la qualité nutritive
- Le raffinage des céréales supprime vitamines, minéraux et fibres de l’enveloppe externe
- Les produits ultra-transformés sont riches en calories et en index glycémique, pauvres en micronutriments
- La conservation sous plastique et la maturation précoce des fruits et légumes entraînent des pertes vitaminiques
- Les huiles bon marché (tournesol, palme) apportent trop d’acides gras oméga-6 pro-inflammatoires et pas assez d’oméga-3 anti-inflammatoires
Maladies de civilisation : l’inadéquation gènes/environnement
Nos gènes n’ont évolué que de 0,5 % depuis le Paléolithique, alors que notre alimentation et nos modes de vie ont été radicalement transformés en quelques décennies. Il y a une inadéquation croissante entre notre patrimoine génétique et notre nouvel environnement — favorable au développement de maladies inflammatoires que l’on observe peu ou pas dans les populations au mode de vie non industrialisé.
Nos ancêtres marchaient plus de 20 km par jour, consommaient abondamment des antioxydants issus de fruits et baies colorés, et avaient un régime frugal. Notre organisme est biologiquement programmé pour stocker dès que possible — l’insuline, conçue pour protéger l’espèce en période de disette, devient un facteur de risque dans un environnement de surabondance calorique.
Insulinorésistance et inflammation de bas grade : le maillon central
La médecine conventionnelle détecte le diabète lorsqu’il est établi (glycémie à jeun élevée). La médecine fonctionnelle cherche les indices précoces d’insulinorésistance — des années avant l’apparition du diabète — permettant une intervention préventive réelle.
Comment se développe l’insulinorésistance ?
L’insuline est sécrétée par le pancréas pour faire baisser la glycémie après un repas. Lorsque les cellules deviennent progressivement résistantes à l’insuline, le pancréas doit en sécréter des quantités croissantes pour obtenir le même effet — c’est l’hyperinsulinisme compensatoire. Ce mécanisme active indirectement la voie de l’inflammation, entretenant une inflammation chronique de bas grade, souvent invisible sur un bilan standard.
La fonctionnalité du récepteur à l’insuline dépend notamment de la fluidité membranaire des cellules — elle-même conditionnée par la teneur en oméga-3 de la bicouche phospholipidique. Un rapport oméga-6/oméga-3 trop élevé (alimentation occidentale) rigidifie les membranes et aggrave l’insulinorésistance. Par ailleurs, le chrome, le magnésium et la vitamine D sont des cofacteurs indispensables à l’efficacité de l’insuline.
Le syndrome métabolique : 5 critères à connaître
| Critère | Seuil pathologique |
|---|---|
| Tour de taille | > 94 cm chez l’homme — > 80 cm chez la femme |
| Tension artérielle | > 130/85 mmHg |
| Glycémie à jeun | > 1,10 g/L (prédiabète) |
| Triglycérides | > 1,5 g/L |
| HDL-cholestérol | < 0,40 g/L chez l’homme — < 0,60 g/L chez la femme |
La présence de 3 critères signe le syndrome métabolique — terrain inflammatoire qui aggrave nombre de dermatoses chroniques.
L’inflammation de bas grade est aggravée par de nombreux facteurs environnementaux : tabagisme, alcool, excès de graisses saturées et de sucres (« Western diet »), manque de sommeil, stress chronique et sédentarité.
Le bilan fonctionnel : ce que la médecine conventionnelle ne cherche pas
En médecine fonctionnelle, on cherche non seulement la glycémie à jeun standard, mais aussi des marqueurs d’insulinorésistance précoce :
L’index HOMA-IR
Le HOMA-IR (Homeostasis Model Assessment of Insulin Resistance) est calculé à partir de la glycémie et de l’insulinémie à jeun. Il permet le dépistage précoce d’une insulinorésistance avant que la glycémie ne soit pathologique. Il est pris en charge par la Sécurité sociale.
| Valeur HOMA-IR | Interprétation |
|---|---|
| < 1,6 | Normal |
| 1,7 – 2,3 | Début d’insulinorésistance — intervention préventive recommandée |
| > 2,4 | Insulinorésistance importante — risque métabolique et inflammatoire élevé |
Les autres marqueurs fonctionnels clés
- CRP ultrasensible — marqueur de l’inflammation de bas grade (pathologique au-dessus de 1 mg/L)
- Profil des acides gras érythrocytaires — évalue le rapport oméga-6/oméga-3 dans les membranes cellulaires, reflet de l’état pro- ou anti-inflammatoire
- 25-OH-vitamine D — prévalence élevée d’hypovitaminose D dans les populations occidentales
- Zincémie — souvent basse, à rechercher valeurs hautes
Vitamine D et zinc : deux micronutriments incontournables en dermatologie
Vitamine D
Le récepteur à la vitamine D est exprimé par les cellules β du pancréas, les kératinocytes et les cellules immunitaires. La déficience en vitamine D peut compromettre la sécrétion d’insuline et l’immunité cutanée. Chez les obèses, la vitamine D est séquestrée dans le tissu adipeux — les besoins de supplémentation sont donc plus élevés. Plusieurs études ont montré l’effet positif d’une supplémentation à 5 000 UI/j pendant au moins 6 mois chez les patients insulinorésistants. Voir notre article dédié : vitamine D.
Zinc
Les cellules β du pancréas sont riches en zinc. Ce minéral favorise le stockage, la stabilisation et la sécrétion de l’insuline, et optimise la fonctionnalité de son récepteur. Il est aussi indispensable à la trophicité cutanée et au fonctionnement optimal de l’immunité. Sa carence est fréquente et souvent méconnue. La dose recommandée en supplémentation est de 5 à 15 mg/j, de préférence sous forme de bisglycinate, gluconate, lactate ou citrate de zinc (mieux tolérés). Voir nos articles : zinc et la peau et gluconate de zinc dans l’acné.
📚 Pittas AG et al. — Vitamin D Supplementation and Prevention of Type 2 Diabetes — N Engl J Med 2019
Applications en dermatologie fonctionnelle
La médecine fonctionnelle cherche les causes internes des maladies de la peau — non pour remplacer les traitements dermatologiques conventionnels, mais pour les compléter en agissant sur le terrain inflammatoire sous-jacent.
Acné
L’acné est une maladie inflammatoire dans laquelle l’insulinorésistance joue un rôle central : l’hyperinsulinisme stimule la production d’IGF-1, qui augmente la production de sébum et favorise la prolifération des kératinocytes folliculaires. Les régimes à index glycémique élevé et riches en produits laitiers aggravent l’acné en stimulant cette voie. Une supplémentation en oméga-3 (2 000 mg/j d’EPA + DHA) a démontré une réduction significative des lésions inflammatoires en 10 semaines dans un essai randomisé contrôlé. Voir régime anti-acné.
📚 Jung JY et al. — Oméga-3 et acné : essai randomisé contrôlé — Acta Derm Venereol 2014
Psoriasis
Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique dont la sévérité est corrélée au syndrome métabolique — obésité, dyslipidémie, insulinorésistance. L’augmentation de la consommation de fruits, légumes et poissons gras riches en oméga-3 peut réduire l’inflammation systémique sous-jacente. La supplémentation en vitamine D a montré un effet anti-inflammatoire sur les kératinocytes psoriasiques dans plusieurs études. Voir régime psoriasis.
Eczéma et dermatite atopique
Les allergies alimentaires peuvent jouer un rôle dans le déclenchement de poussées d’eczéma. L’axe intestin-peau (gut-skin axis) est de mieux en mieux documenté : la perméabilité intestinale et les dysbioses du microbiote intestinal influencent l’immunité cutanée. Les probiotiques et les oméga-3 peuvent modifier favorablement ce terrain. Voir traitement naturel de l’eczéma et microbiote et peau.
📚 Salem I et al. — The gut microbiome as a major regulator of the gut-skin axis — Front Microbiol 2018
Vieillissement cutané
Les antioxydants (vitamines A, C, E, polyphénols) protègent les kératinocytes contre le stress oxydatif lié à l’exposition aux UV et à l’inflammation chronique. Voir garder une peau saine et compléments anti-âge.
L’alimentation méditerranéenne comme base thérapeutique
La médecine fonctionnelle s’appuie sur le régime méditerranéen comme support alimentaire de référence — non comme mode, mais comme alimentation correspondant à notre programmation génétique : riche en fibres, en antioxydants, en oméga-3 et pauvre en sucres raffinés et en graisses saturées.
| À privilégier | À limiter |
|---|---|
| Pains et céréales complètes (index glycémique bas) | Sucres raffinés, produits ultra-transformés |
| Fruits et légumes colorés en abondance (antioxydants) | Graisses saturées (viandes grasses, charcuteries) |
| Huiles de colza, de noix, d’olive (oméga-3 et 9) | Huiles de tournesol, de palme (oméga-6 pro-inflammatoires) |
| Poissons gras 2 à 3 fois/semaine (anchois, sardines, maquereau, saumon) | Excès de produits laitiers (acné, inflammation) |
| Légumineuses et oléagineux | Alcool, tabac |
À ces mesures diététiques s’ajoute la lutte contre la sédentarité — l’exercice physique régulier améliore la sensibilité à l’insuline, réduit l’inflammation et favorise un microbiote diversifié.
📅 Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation
Pages liées
→ Régime anti-acné
→ Régime psoriasis
→ Traitement naturel de l’eczéma
→ Allergies alimentaires et peau
→ Garder une peau saine
→ Vieillissement cutané
→ Vitamine D
→ Zinc et peau
→ Gluconate de zinc — acné
→ Antioxydants
→ Compléments anti-âge
→ Microbiote et peau
Questions fréquentes
La médecine fonctionnelle peut-elle remplacer les traitements dermatologiques classiques ?
Non — et ce n’est pas son objectif. La médecine fonctionnelle et micronutritionnelle est un complément aux traitements conventionnels, non un substitut. Un psoriasis sévère nécessite un traitement médical spécifique (dermocorticoïdes, biothérapies). Ce que l’approche fonctionnelle apporte en plus, c’est la correction du terrain inflammatoire sous-jacent — ce qui peut réduire la fréquence des poussées, améliorer la réponse aux traitements et diminuer les doses nécessaires sur le long terme.
Comment savoir si j’ai une insulinorésistance ?
L’insulinorésistance peut être silencieuse pendant des années avec une glycémie à jeun normale. Le bilan fonctionnel inclut : insulinémie à jeun + glycémie à jeun → calcul de l’index HOMA-IR (pathologique au-dessus de 2,4), CRP ultrasensible (inflammation de bas grade), et mesure du tour de taille. Ces examens sont simples, peu coûteux et partiellement remboursés par la Sécurité sociale.
Les oméga-3 peuvent-ils vraiment améliorer l’acné ?
L’étude de Jung et al. (Acta Derm Venereol, 2014), essai randomisé contrôlé en double aveugle sur 45 patients, a montré une réduction significative des lésions inflammatoires et non inflammatoires après 10 semaines de supplémentation à 2 000 mg/j d’EPA + DHA. Le mécanisme implique la réduction de l’IGF-1 (stimulant de la séborrhée) et la diminution de l’inflammation folliculaire. Les oméga-3 ne remplacent pas un traitement médical de l’acné sévère, mais constituent un complément utile, surtout dans les formes légères à modérées.
Le régime méditerranéen améliore-t-il vraiment les maladies de peau ?
Les données épidémiologiques sont cohérentes : les populations du pourtour méditerranéen présentent une prévalence plus faible de psoriasis sévère, d’eczéma atopique et d’acné conglobata. Les mécanismes sont bien identifiés : réduction de l’insulinorésistance, amélioration du rapport oméga-6/oméga-3, apport accru en antioxydants et en polyphénols anti-inflammatoires. C’est une intervention sans effet secondaire, accessible à tous, et dont les bénéfices vont bien au-delà de la peau.
Voir aussi :
Régime acné |
Vitamine D |
Zinc et peau |
Microbiote |
Antioxydants
📅 Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation
Références scientifiques
- Jung JY et al. — Oméga-3 et acné : essai randomisé contrôlé, 45 patients, 10 semaines — Acta Derm Venereol 2014
- Salem I et al. — The gut microbiome as a major regulator of the gut-skin axis — Front Microbiol 2018
- Pittas AG et al. — Vitamine D et prévention du diabète de type 2 — N Engl J Med 2019
- Lee J et al. — Probiotiques et dermatite atopique — Ann Dermatol 2015
- Pullar JM et al. — The roles of vitamin C in skin health — Nutrients 2017
Mis à jour le 4 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.
Ce que les dermatologues vous disent rarement (faute de temps). Un dermatologue ayant +25 ans d'expérience vous livre ses secrets
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Les erreurs du quotidien qui aggravent les symptômes sans qu'on le sache
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