Dernière mise à jour : 27 juin 2026
Dernière mise à jour : 4 mai 2026
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Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
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Acné de la femme adulte : causes hormonales, traitements et spironolactone

L’acné de la femme adulte touche environ 30% des femmes après 25 ans. Elle se distingue de l’acné de l’adolescent par sa localisation préférentielle sur le bas du visage (menton, mandibules, autour de la bouche), son lien fréquent avec les hormones et sa résistance parfois plus marquée aux traitements classiques. Les microkystes sont fréquents
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Pourquoi les boutons sont-ils sur le bas du visage chez la femme ?
La localisation mandibulaire et mentonnière de l’acné de la femme adulte s’explique par la forte imprégnation hormonale (androgénique) de cette zone – c’est la même zone que la barbe chez l’homme. Les androgènes stimulent les glandes sébacées, entraînant un excès de sébum et la formation de comédons et de boutons inflammatoires.
Causes de l’acné de la femme adulte
| Cause | Mécanisme | Signes associés |
| Hormones / hyperandrogénie | Excès d’androgènes → séborrhée → acné | Poils menton, règles irrégulières, prise de poids |
| Changement de contraception | Progestatifs acnéigènes | Acné apparue dans l’année suivant le changement |
| Stress chronique | Cortisol → immunosuppression → surinfection des boutons | Poussées en période de stress professionnel ou personnel |
| Cosmétiques comédogènes | Obstruction mécanique des glandes sébacées | Acné localisée aux zones de maquillage |
| Alimentation | Sucres rapides → pic insuline → androgènes | Alimentation riche en sucres et acides gras saturés |
| Antécédents familiaux | Prédisposition génétique | Mère ou sœur acnéique |
Bilan hormonal – quand et comment ?
Un bilan hormonal est indiqué si le médecin suspecte une hyperandrogénie – c’est-à-dire si l’acné s’accompagne de : poils au menton ou à la lèvre supérieure, règles irrégulières ou absentes, prise de poids, perte de cheveux en zones masculines.
| Examen | Ce qu’il recherche |
| Testostérone + Delta 4 androstènedione | Hyperandrogénie ovarienne |
| 17-OH-progestérone + S-DHA | Hyperandrogénie surrénalienne |
| Prolactinémie | Si aménorrhée ou galactorrhée |
| Cortisol libre urinaire 24h | Si suspicion syndrome de Cushing |
| Échographie ovarienne | Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) |
💡 Conditions de réalisation : le matin à 8h, en première partie de cycle (entre J2 et J5), après arrêt de la contraception hormonale depuis au moins 2 mois. Dans la majorité des cas, le bilan hormonal revient normal – l’acné de la femme adulte n’a alors pas d’explication hormonale identifiable.
Contraception et acné de la femme
Un changement de contraception dans l’année précédant l’apparition de l’acné est souvent en cause. Les contraceptifs les plus fréquemment impliqués :
- Stérilet hormonal contenant des progestatifs
- Implant sous-cutané
- Patch au norelgestromine
- Anneau vaginal à l’étonogestrel
- Pilules contenant : gestodène, désogestrel, norgestrel, lévonorgestrel, norgestrienone, norethisterone, lynestrenol
Voir le tableau complet contraception/acné dans notre article principal sur l’acné.
Traitements de l’acné de la femme adulte
1. Limiter les facteurs favorisants
- Cosmétiques – utiliser uniquement des produits non comédogènes. Les fonds de teint en poudre ou texture non grasse permettent de maquiller l’acné sans l’aggraver
- Stress – techniques de relaxation, cohérence cardiaque, méditation. Le lien stress-acné est bien documenté même si difficile à quantifier
- Alimentation – limiter les sucres à index glycémique élevé. Voir l’article régime contre l’acné
- Ne pas toucher ses boutons – risque de surinfection et de cicatrices. En cas de manipulation compulsive, voir notre article sur la dermatillomanie
- Soleil : c’est un faux-ami qui aggrave l’acné en fin d’été (acné de l’été au soleil)
2. Traitements médicaux classiques
Les mêmes traitements que pour l’acné de l’adolescent s’appliquent, avec une attention particulière à la tolérance cutanée – la peau des femmes adultes est souvent plus réactive aux rétinoïdes topiques. Voir l’article traitement de l’acné. L’isotrétinoine a faible dose prolongée peut être intéressante.
3. Traitement hormonal
Si une anomalie hormonale est identifiée ou si l’acné répond mal aux traitements classiques, le médecin peut prescrire :
| Molécule | Mécanisme | Remarque |
| Norgestimate (Triafemi, Tricilest) | Pilule avec AMM acné | 2e intention HAS |
| Drospérinone (Jasmine, Yaz) | Anti-androgénique faible | Bien tolérée sur l’acné |
| Dienogest (Qlaira) | Anti-androgénique | – |
| Acétate de cyprotérone (Diane, Holgyeme) | Anti-androgène puissant | ⚠️ Quasiment abandonné – risque de méningiome |
| Acétate de chlormadinone (Belara) | Anti-androgène | ⚠️ Quasiment abandonné – risque de méningiome |
4. Spironolactone – traitement de fond de l’acné hormonale
La spironolactone est un diurétique aux propriétés anti-androgènes par inhibition compétitive avec la dihydrotestostérone. Elle est utilisée hors AMM dans l’acné de la femme adulte, notamment en cas d’échec aux traitements classiques ou à l’isotrétinoïne, surtout quand les lésions inflammatoires prédominent.
Posologie : 100 à 150 mg/j (2 comprimés de 50 ou 75 mg), pendant au moins 15 jours par mois.
💡 Étude de référence (BMJ 2023) : un essai randomisé multicentrique portant sur 410 femmes a comparé 50 mg/j de spironolactone (puis 100 mg/j à 6 semaines si bonne tolérance) contre placebo pendant 24 semaines. L’amélioration de l’acné est significativement supérieure dans le groupe spironolactone à 24 semaines, avec une excellente tolérance chez plus de 95% des participantes.
Effets secondaires principaux : troubles des règles, crampes, hypotension, légères sensations vertigineuses, perte de poids.
Voir l’article sur la spironolactone
⚠️ Une contraception est recommandée pendant le traitement par spironolactone par précaution. Usage hors AMM – non remboursé.
5. Laser anti-acné
Pour les femmes dont la peau tolère mal les traitements topiques classiques, le traitement de l’acné au laser représente une alternative intéressante pour les lésions inflammatoires superficielles.
Questions fréquentes
Pourquoi les femmes ont-elles de l’acné après 25 ans ?
L’acné tardive féminine est multifactorielle : androgènes surrénaliens et ovariens qui stimulent le sébum (testostérone, DHEA-S) ; stress chronique (cortisol → androgènes surrénaliens) ; résidus d’endocrine-disrupteurs (cosmétiques, plastiques) ; arrêt de la pilule (rebond androgénique). Le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) est présent dans 10 à 15 % des cas d’acné féminine après 25 ans et doit être systématiquement éliminé par bilan hormonal et échographie pelvienne.
Quelle pilule choisir pour traiter l’acné chez la femme ?
Les pilules estroprogestatives à effet anti-androgénique sont préférées : pilule Diane 35 (éthinylestradiol + acétate de cyprotérone), Jasmine ou Jasminelle (drospirénone), ou Belara (chlormadinone). Elles réduisent l’acné de 50 à 70 % en 3 à 6 mois. Contre-indication chez les fumeuses de plus de 35 ans et en cas de risque thrombo-embolique. Toujours prescrites par le gynécologue ou le médecin traitant en accord avec le dermatologue.
La spironolactone est-elle efficace contre l’acné hormonale chez la femme ?
La spironolactone (diurétique anti-aldostéronique à effet anti-androgénique) est un traitement très efficace de l’acné hormonale chez la femme (hors-AMM en France, mais largement utilisée). À 50–100 mg/j, elle réduit l’acné de 60 à 80 % en 3 mois. Effets secondaires : irrégularités menstruelles (corriger par pilule associée), légère polyurie. Contre-indiquée pendant la grossesse (féminisation d’un fœtus mâle). Prescription débutée par le dermatologue ou le gynécologue.
Comment distinguer une acné hormonale d’une acné cosmétique chez la femme ?
L’acné hormonale : localisation mâchoire–cou–décolleté, nodules profonds, aggravation prémenstruelle, peaux pas forcément grasses. L’acné cosmétique (pompade acnea) : petits comédons fermés sur les zones d’application des produits (crème, fond de teint, blush), sans aggravation cyclique, peau qui graisses superficiellement. Test diagnostic : arrêter tous les cosmétiques pendant 4 semaines. Si amélioration → acné cosmétique. Si pas de changement → acné hormonale à explorer biologiquement.
La grossesse améliore-t-elle ou aggrave-t-elle l’acné ?
La grossesse a des effets variables et imprévisibles : 30 % des femmes s’améliorent (oestrogènes dominants au 1er trimestre), 30 % s’aggravent (progestérone androgénique au 2e et 3e trimestre) et 40 % ne changent pas. Les traitements interdits pendant la grossesse : rétinoïdes topiques et oraux, tétracyclines (dents du fœtus). Autorisés : peroxyde de benzoyle, érythromycine topique, acide azélaïque. L’acné post-partum est très fréquente (rebond androgénique à l’arrêt de la grossesse).
Comment adapter sa routine beauté quand on a de l’acné sur le visage ?
Règles essentielles : démaquillant micellaire non comédogène + gel nettoyant pH 5,5 (2 fois/j max) + sérum niacinamide 10 % matin + crème légère non comédogène + FPS 30 minéral. Soir : acide azélaïque 15 % ou trétinoïne 0,025 % (1 nuit sur 2 les 2 premières semaines). Fondation « non comédogène » si maquillage. Bannir les huiles végétales sur peau acnéique (très occlusivantes). Changer de taie d’oreiller 2 fois/semaine. Ne jamais dormir avec le maquillage.
L’acné du visage peut-elle laisser des taches brunes définitives chez la femme ?
Oui : les macules post-inflammatoires hyperpigmentées (MPH) sont très fréquentes sur les phototypes IV à VI (peaux noires et méditerranéennes). Elles persistent 6 à 18 mois et s’aggravent avec le soleil sans protection. Prévention : FPS 50+ quotidien (minéral de préférence), ne jamais percer les boutons. Traitement actif : acide azélaïque 20 %, niacinamide 10 %, acide glycolique 5–10 %, vitamine C stable 15 %. En cas de MPH sévères résistantes : peeling TCA léger par le dermatologue.
Sources
- HAS – Acné : prise en charge
- Spironolactone for adult female acne – BMJ 2023
- Spironolactone in female acne – étude française PubMed
- Société Française de Dermatologie
Questions fréquentes sur l’acné de la femme
Pourquoi ai-je des boutons uniquement sur le bas du visage ?
La localisation mandibulaire et mentonnière est caractéristique de l’acné hormonale de la femme adulte. Cette zone est sous forte dépendance androgénique – c’est l’équivalent de la zone de barbe chez l’homme. Les fluctuations hormonales (cycle, contraception, stress) stimulent les glandes sébacées dans cette région. D’autres causes sont possibles : dermite péri-orale (autour de la bouche), rosacée (menton), dermite séborrhéique… Une consultation médicale permet d’établir le diagnostic exact.
Mon acné est apparue après la pose d’un stérilet hormonal – est-ce lié ?
Oui, très probablement. Le stérilet hormonal (DIU au lévonorgestrel) libère un progestatif androgénique qui peut déclencher ou aggraver une acné, notamment sur le bas du visage. Si l’acné est apparue dans les 6 à 12 mois suivant la pose, parlez-en à votre gynécologue. Un changement de contraception peut suffire à résoudre le problème.
La spironolactone est-elle efficace contre l’acné ?
Oui, des études sérieuses le confirment, dont un essai randomisé multicentrique publié dans le BMJ en 2023 sur 410 femmes. La spironolactone à 100 mg/j pendant 24 semaines améliore significativement l’acné avec une bonne tolérance dans plus de 95% des cas. Elle est particulièrement efficace pour les formes inflammatoires et chez les femmes en échec aux traitements classiques. Son usage est hors AMM et nécessite une prescription médicale.
Faut-il faire un bilan hormonal pour une acné de femme adulte ?
Pas systématiquement. Un bilan hormonal est justifié si l’acné s’accompagne de signes d’hyperandrogénie : poils au menton ou à la lèvre supérieure, règles irrégulières ou absentes, prise de poids, chute de cheveux en zones masculines. En l’absence de ces signes, le bilan revient normal dans la majorité des cas et le traitement repose sur les traitements dermatologiques classiques.
L’acné de la femme adulte peut-elle guérir définitivement ?
Oui, dans de nombreux cas. Avec un traitement adapté (traitement local, antibiotiques, isotrétinoïne, spironolactone selon les cas), la majorité des femmes obtiennent une rémission durable. La récidive est possible en cas de nouveau changement hormonal (grossesse, ménopause, changement de contraception) ou de stress prolongé. Un suivi dermatologique régulier permet d’adapter le traitement.
Télécharger un guide complet au format PDF :
Dréno B et al. J Eur Acad Dermatol Venereol, 2018, PMID 29894575 – Tan J et al. J Cutan Med Surg, 2021, PMID 33688239 – Barbieri JS et al. JAMA Dermatol, 2021, PMID 33042936
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Dans cet article on ne parle pas du lait / produits laitiers comme cause de l’acné. Pourtant dans mon cas en remplaçant le chocolat au lait quotidien par du thé (expérience faite par hasard), eh bien au bout de quelques semaines l’acné avait bien régressé et aujourd’hui je n’ai quasiment plus d’acné : je ne bois plus de lait mais mange encore du fromage.
Dommage que les dermatologues ne parlent pas de ça avec leurs patients … pour ma part cela m’aurait évité bon nombre de consultations chez le dermato et des crèmes et médicaments inutiles.
Le sujet est abordé dans cet article sur l’alimentation et l’acné