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Dernière mise à jour : 5 juin 2026
Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
La chique (ou « chigo », « nigua » en Amérique latine) est le nom populaire de la tungiase — infestation par la puce Tunga penetrans ou Tunga trimamillata. La femelle fécondée s’enfonce dans la couche cornée de la peau pour y pondre ses œufs, se nourrissant du sang de l’hôte. Elle représente un problème de santé publique dans les zones tropicales pauvres.
Aux Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique), en Guyane, en Haïti et dans les communautés afro-caribéennes, la chique est bien connue et redoutée. Elle sévit dans les sols sableux ou terreux (plages, jardins, sols en terre battue). Les enfants qui marchent pieds nus et les personnes âgées sont les plus touchés.
| Stade de la tungiase | Aspect | Action |
|---|---|---|
| Stade 1 — Pénétration | Point noir minuscule, légère démangeaison | Extraction immédiate possible |
| Stade 2 — Croissance (J2–J7) | Papule blanche nacrée, halo rouge | Extraction par professionnel |
| Stade 3 — Maturité (J8–J21) | Nodule 4–8 mm, point noir central (orifice) | Extraction chirurgicale + antisepsie |
| Stade 4 — Involution | Croûte noire, puce morte | Curetage + cicatrisation |
Consultez rapidement si : plusieurs chiques simultanément sur les mêmes pieds (surinfection bactérienne probable), pied gonflé et douloureux autour d’une chique (cellulite), fièvre, ou si la lésion ne guérit pas après extraction (risque de tétanos dans les zones non vaccinées — vérifier la vaccination antitétanique). Ne jamais tenter d’extraire une chique soi-même sans stérilisation : risque d’infection grave.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une chique et comment reconnaît-on une tungiase ?
La chique est la puce femelle Tunga penetrans après qu’elle s’est enfoncée dans la peau. Elle se reconnaît à une petite papule blanchâtre de 3 à 8 mm, avec un point noir central (orifice par lequel elle respire et expulse ses œufs), entourée d’un halo rouge. Elle siège presque toujours sous les orteils (espace sous-unguéal, bord latéral), sur la plante des pieds ou entre les orteils. La douleur pulsatile est caractéristique.
Comment enlever une chique correctement ?
L’extraction doit être réalisée par un professionnel de santé avec une aiguille ou un vaccinostyle stérilisé, sous bonne lumière. La technique : agrandir l’orifice cutané, extraire la puce entière sans la rompre (rupture = libération des œufs dans la lésion = aggravation), nettoyer la cavité au sérum physiologique, appliquer un antiseptique (Bétadine) et couvrir avec un pansement. Une injection antitétanique doit être vérifiée. Ne jamais extraire avec une épingle non stérilisée.
La chique peut-elle provoquer des complications graves ?
Oui. Les complications les plus fréquentes sont la surinfection bactérienne secondaire (cellulite, abcès, ostéite chez les patients diabétiques), la perte d’ongle, et dans les infestations massives des personnes vulnérables, des difficultés à marcher. Le tétanos est une complication historiquement documentée dans les zones non vaccinées. Des cas de déformation permanente des orteils ont été décrits chez des enfants avec infestations répétées et non traitées.
Peut-on attraper une chique à la plage aux Antilles ?
Oui, les plages sableuses, les sols en terre battue, les jardins et les étables sont les zones à risque. La puce vit dans le sol et saute sur son hôte (homme ou animal) à hauteur de quelques centimètres. Marcher pieds nus sur des plages sauvages ou dans les jardins non entretenus est le principal mode de contamination. Les touristes non avertis sont particulièrement vulnérables car ils ne reconnaissent pas les premiers signes.
Comment prévenir la tungiase en zone tropicale ?
Mesures préventives : toujours porter des chaussures fermées dans les zones à risque (plages sauvages, jardins en terre) ; inspecter les pieds chaque soir après une journée en milieu naturel ; appliquer un répulsif à base de DEET sur les pieds et chevilles ; traiter les sols des habitations (insecticide) ; traiter les animaux domestiques (chiens, porcs) qui sont des réservoirs. Le port de chaussures est la mesure la plus efficace avec une réduction du risque de 90 %.
Y a-t-il un traitement médicamenteux contre la tungiase ?
Outre l’extraction mécanique, des études récentes montrent l’efficacité de l’ivermectine topique à 1 % (dimethicone) appliquée localement, qui tue la puce in situ et permet son expulsion naturelle sans extraction chirurgicale. Cette approche est particulièrement utile pour les infestations multiples ou dans les zones sans accès aux soins. Le thiabendazole topique est une alternative ancienne. Aucun traitement oral n’a démontré d’efficacité significative contre Tunga penetrans.
Les chiques peuvent-elles toucher d’autres parties du corps que les pieds ?
Oui, bien que les pieds (80 % des cas) soient la localisation de prédilection, des tungiases ont été décrites sur les mains, les genoux, le siège et même le cuir chevelu chez des enfants qui jouent à même le sol. Les personnes qui dorment sur des nattes en terre battue peuvent développer des lésions sur tout le corps. Les nourrissons couchés à même le sol dans des conditions précaires sont particulièrement vulnérables aux infestations multiples.
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Sources et références médicales
- Feldmeier H et al., Lancet Infect Dis, 2014. PMID 24332895
- Heukelbach J et al., Mem Inst Oswaldo Cruz, 2004. PMID 15319791
- Schwalfenberg S et al., Am J Trop Med Hyg, 2004. PMID 15100437
- Haute Autorité de Santé (HAS) — Recommandations HAS, HAS 2024.
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