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INCENDIE GIRONDE : UN DRAME AU PIRE MOMENT DE LA SAISON ESTIVALE

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Mais la fermeture administrative de 12 jours, imposée en pleine saison de pêche du thon, a stoppé net leur production. Résultat : 3 semaines de retard sur une campagne qui ne dure que 3 mois, au moment précis où l'activité touristique estivale devait financer leur stock pour toute l'année.

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Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : 2191 – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

L’incontinentia pigmenti (IP) – ou syndrome de Bloch-Sulzberger – est une génodermatose rare liée au chromosome X, causée par des mutations du gène IKBKG (Inhibitor of kappa B Kinase subunit Gamma, anciennement NEMO). Elle affecte principalement les structures dérivées de l’ectoderme : peau, dents, yeux et système nerveux central. L’IP touche quasi exclusivement les filles, la mutation étant létale in utero pour la grande majorité des garçons atteints. Sa reconnaissance précoce est essentielle pour initier un suivi multidisciplinaire et prévenir les complications oculaires et neurologiques.

⚠️ Alerte – L’incontinentia pigmenti est une maladie multisystémique. Les lésions cutanées vésiculaires du nouveau-né peuvent passer pour une infection (herpès, varicelle) et retarder le diagnostic. Toute éruption vésiculaire néonatale suivant les lignes de Blaschko chez une fille doit faire évoquer l’IP en priorité.

Épidémiologie et génétique

La prévalence de l’incontinentia pigmenti est estimée à environ 1 pour 40 000 à 50 000 naissances vivantes. Plus de 95 % des cas surviennent chez des filles. La transmission est liée à l’X, dominante : les garçons hemizygotes porteurs de la mutation complète meurent généralement in utero (avortements spontanés répétés dans les familles atteintes) ; quelques garçons survivent grâce à une mosaïque somatique ou à un caryotype XXY.

Le gène IKBKG code pour une sous-unité régulatrice du complexe IKK, indispensable à l’activation de NF-κB. Sa perte de fonction entraîne une hypersensibilité à l’apoptose induite par TNF-α dans les cellules ne portant pas le gène normal (inactivation de l’X au désavantage). La délétion des exons 4-10 représente ~80 % des mutations causales.

Les quatre stades cutanés

La peau évolue de façon caractéristique en quatre stades successifs, qui peuvent se chevaucher et coexister chez la même enfant :

Stade I – Vésiculaire (naissance à 4 mois)

Apparition dès la naissance ou dans les premières semaines de vie de vésicules et bulles inflammatoires disposées en lignes sinueuses suivant les lignes de Blaschko sur les membres, le tronc et le cuir chevelu. L’éosinophilie sanguine est quasi constante à ce stade. Les lésions évoluent spontanément en quelques semaines. Ce stade peut récidiver lors d’infections fébriles dans la petite enfance.

Stade II – Verruqueux (2 semaines à 6 mois)

Apparition de plaques hyperkératosiques et verruqueuses sur les mêmes trajectoires linéaires, préférentiellement aux extrémités (doigts, orteils, face dorsale des mains et pieds). Ces lésions régressent spontanément en quelques mois, sans traitement.

Stade III – Pigmenté (3 mois à l’adolescence)

C’est le stade le plus caractéristique et le plus long : apparition de macules hyperpigmentées brun-grisâtres en « éclaboussures » ou « tourbillons » suivant les lignes de Blaschko sur le tronc, les membres et le cou. Ces taches, souvent localisées différemment des stades précédents, disparaissent progressivement à l’adolescence. Elles résultent de la chute des mélanosomes dans le derme (d’où le nom « incontinentia pigmenti »).

Stade IV – Atrophique (adulte)

Persistance dans l’âge adulte de stries atrophiques dépigmentées linéaires, parfois associées à une absence localisée de follicules pileux et de glandes sudoripares. Ces séquelles sont souvent subtiles et peuvent passer inaperçues.

ℹ️ Clé diagnostique – La disposition linéaire des lésions suivant les lignes de Blaschko (qui correspondent aux trajectoires des clones cellulaires issus de la migration embryonnaire) est pathognomonique de l’IP. Elle diffère du dermatome (zona) ou des stries de croissance.

Atteintes extra-cutanées

Atteintes dentaires (70–80 %)

Les anomalies dentaires sont très fréquentes : retard d’éruption des dents de lait et définitives, oligodontie (dents manquantes), dents conoïdes ou en pointe, anomalies de l’émail. Elles constituent souvent le motif de consultation chez le grand enfant, lorsque les lésions cutanées ont déjà évolué.

Atteintes ophtalmologiques (25–35 %)

Les complications oculaires sont les plus redoutées car potentiellement graves et silencieuses. Elles comprennent : rétinopathie proliférante (similaire à la rétinopathie du prématuré), décollement de rétine exsudatif, microphtalmie, strabisme, nystagmus et atrophie optique. Un dépistage ophtalmologique systématique dès la naissance et une surveillance rapprochée sont indispensables, avec photocoagulation laser préventive si des lésions proliférantes sont détectées.

Atteintes neurologiques (10–30 %)

Les manifestations neurologiques sont variables en nature et en sévérité : convulsions néonatales ou infantiles, hémiplégie, retard du développement psychomoteur, déficience intellectuelle, spasticité. Elles résultent d’infarctus cérébraux du nouveau-né liés à l’occlusion microvasculaire cérébrale. L’IRM cérébrale en période néonatale peut montrer des lésions d’ischémie ou de leuco-encéphalopathie.

Autres atteintes

Alopécie cicatricielle du cuir chevelu (en regard des lésions vésiculaires ou verruqueuses), anomalies unguéales (dystrophies, koïlonychie), malformations musculo-squelettiques, anomalies mammaires et mamelonnaires supernuméraires (plus rares).

Diagnostic

Examen Apport diagnostique
Analyse génétique moléculaire (gène IKBKG) Confirmation diagnostique – délétion ex.4-10 dans 80 % des cas
Biopsie cutanée au stade I Spongiose éosinophilique, vésicules intra-épidermiques, infiltrat à éosinophiles
Biopsie au stade III Incontinence pigmentaire : mélanosomes libres dans le derme, phagocytés par des macrophages
NFS (stade I) Éosinophilie sanguine (30–60 % d’éosinophiles) – très évocatrice
IRM cérébrale Lésions ischémiques néonatales, anomalies de la myélinisation
Examen ophtalmologique (rétinographie, angio-OCT) Dépistage de la rétinopathie proliférante – urgence chez le nouveau-né

Diagnostic différentiel

Au stade vésiculaire néonatal : herpès néonatal (PCR HSV), varicelle congénitale, syndrome de Grover, mastocytose bullleuse. La distribution suivant les lignes de Blaschko et l’éosinophilie sanguine sont les éléments les plus discriminants. La biopsie cutanée et la génétique tranchent les cas difficiles.

Prise en charge et suivi multidisciplinaire

Il n’existe pas de traitement curatif de l’incontinentia pigmenti. La prise en charge est symptomatique et préventive, coordonnée par une équipe multidisciplinaire :

  • Dermatologie – soins locaux des lésions vésiculaires (antisepsie), surveillance des récidives lors des épisodes fébriles, conseil génétique familial.
  • Ophtalmologie – examen du fond d’œil dès la naissance, puis tous les 3 mois pendant les 4 premières années, puis annuellement. Photocoagulation laser ou cryothérapie si rétinopathie proliférante débutante.
  • Neurologie pédiatrique – EEG si convulsions, IRM cérébrale, kinésithérapie et orthophonie selon les déficits.
  • Odontologie pédiatrique – suivi dentaire dès l’éruption des premières dents, prothèses si oligodontie sévère.
  • Génétique – conseil génétique aux parents, dépistage des apparentées féminines, diagnostic prénatal ou préimplantatoire si souhaité.
⚠️ Attention – Les vaccins vivants atténués (ROR, varicelle, fièvre jaune) peuvent déclencher une récidive des lésions cutanées vésiculaires et, dans de rares cas, des poussées neurologiques. Leur utilisation doit être discutée avec les spécialistes référents avant administration.

Conseil génétique et vie quotidienne

Le risque de transmission est de 50 % pour les filles nées d’une mère atteinte (50 % des garçons conçus sont perdus in utero). Le diagnostic prénatal moléculaire sur villosités choriales ou liquide amniotique est possible. Le diagnostic préimplantatoire (DPI) peut être proposé aux couples en demande de procréation médicalement assistée.

La qualité de vie des femmes atteintes d’IP sans complications neurologiques ou ophtalmologiques majeures est généralement bonne. Les séquelles cutanées de l’âge adulte (stries atrophiques) sont souvent peu visibles. Un accompagnement psychologique et le contact avec les associations de patients (ex. AIPF – Association Incontinentia Pigmenti France) peuvent être précieux.

Pour approfondir ce sujet, consultez également nos articles sur quand consulter dermatologue urgence, problemes peau, fiche dermatonet eczema, peau comment reconnaitre.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

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Questions fréquentes

L’incontinentia pigmenti peut-elle affecter un garçon ?

Rarement. La mutation IKBKG est létale in utero pour la plupart des garçons hemizygotes. Quelques garçons survivent grâce à une mosaïque somatique (mutation présente seulement dans certaines cellules) ou à un caryotype XXY (syndrome de Klinefelter). Ces cas sont très rares et généralement moins sévères sur le plan cutané, mais peuvent présenter des atteintes systémiques importantes.

Les taches pigmentées de l’IP disparaissent-elles ?

Oui, dans la très grande majorité des cas. Les taches brun-grisâtres du stade III s’estompent progressivement à partir de la puberté et disparaissent souvent complètement à l’âge adulte, laissant parfois de discrètes stries atrophiques dépigmentées (stade IV). Le pronostic esthétique cutané est donc généralement très bon.

Y a-t-il un traitement pour les lésions cutanées de l’IP ?

Les lésions cutanées de l’IP ne nécessitent généralement pas de traitement spécifique, car elles régressent spontanément. Au stade vésiculaire, une antisepsie soigneuse prévient la surinfection. Des dermocorticoïdes de courte durée peuvent être utilisés en cas d’inflammation importante. Il n’existe pas de traitement préventif des récidives vésiculaires liées aux infections fébriles.

Références scientifiques

  • Smahi A, et al. Genomic rearrangement in NEMO impairs NF-κB activation and is a cause of incontinentia pigmenti. Nature. 2000;405(6785):466-472. PMID: 10839543.
  • Bodak N, et al. Incontinentia pigmenti : revue de 40 cas et mise au point diagnostique. Ann Dermatol Venereol. 2003;130(12):1207-1215. PMID: 14699312.
  • Fraitag S, et al. Incontinentia pigmenti : diagnostic clinique, histologique et génétique. Ann Dermatol Venereol. 2018;145(6-7):441-451. PMID: 29866476.
  • Centre de Référence des Maladies Rares de la Peau – Filière FIMARAD. Protocole National de Diagnostic et de Soins – Incontinentia pigmenti. Haute Autorité de Santé (HAS), 2021. Disponible sur has-sante.fr
  • Rosser T et al., Semin Pediatr Neurol, 2024, PMID 39389657
  • Sashikumar P et al., BMJ Case Rep, 2012, PMID 22791484
  • Kawai M et al., BMC Pediatr, 2022, PMID 35768795

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.