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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Brevoxyl® : qu’est-ce que c’est ?
Brevoxyl® est une crème dermatologique contenant du peroxyde de benzoyle à 4%, indiquée dans le traitement de l’acné vulgaire légère à modérée. Ce médicament appartient à la famille des antiseptiques et kératolytiques topiques, largement utilisés en dermatologie depuis plusieurs décennies.
ℹ️ Information clé
Brevoxyl® est disponible sur prescription médicale. Sa concentration à 4% en fait une alternative bien tolérée pour les peaux sensibles, par rapport aux formulations à 5% ou 10% disponibles en officine sans ordonnance.
Mécanisme d’action du peroxyde de benzoyle
Le peroxyde de benzoyle exerce son action anti-acnéique par plusieurs mécanismes complémentaires :
Effet bactéricide : il détruit Cutibacterium acnes, la bactérie impliquée dans l’inflammation acnéique, sans induire de résistances.
Effet kératolytique : il favorise le renouvellement cellulaire et libère les pores obstrués.
Effet séborrhéique modéré : il contribue à réduire l’excès de sébum en surface.
Indications et mode d’emploi
Brevoxyl® est indiqué dans l’acné vulgaire légère à modérée, inflammatoire (papules, pustules) ou rétentionnelle (points noirs, microkystes). Il s’applique une fois par jour le soir sur peau propre et sèche.
🟠 Conseil pratique
Commencez par une application tous les deux jours pendant les deux premières semaines. Augmentez progressivement à une application quotidienne si la tolérance cutanée est bonne.
Mode d’emploi — tableau récapitulatif
Étape
Consigne
1. Nettoyage
Nettoyer le visage avec un gel doux non comédogène
2. Séchage
Laisser la peau sécher complètement (10-15 min)
3. Application
Appliquer une fine couche sur les zones acnéiques
4. Durée
Traitement continu de 3 à 6 mois minimum
Effets secondaires de Brevoxyl®
Les effets secondaires de Brevoxyl® sont généralement bénins et s’atténuent après les premières semaines. Les plus fréquents sont la sécheresse et les tiraillements cutanés, les rougeurs et irritations locales, une desquamation légère, et la décoloration possible des vêtements ou draps.
🔴 Alerte
En cas de réaction allergique sévère (gonflement, urticaire), arrêtez immédiatement le traitement et consultez un médecin. L’allergie au peroxyde de benzoyle est rare mais possible.
Précautions d’emploi
Évitez le contact avec les yeux et les muqueuses. Une photoprotection solaire est recommandée pendant la durée du traitement. Brevoxyl® est déconseillé pendant la grossesse ; consultez votre dermatologue pour une alternative adaptée.
À quoi sert Brevoxyl® ?
Brevoxyl® est une crème au peroxyde de benzoyle 4% indiquée contre l’acné vulgaire légère à modérée. Elle détruit Cutibacterium acnes sans induire de résistance bactérienne.
Comment utiliser Brevoxyl® crème ?
Appliquez Brevoxyl® une fois par jour le soir sur peau propre et sèche. Commencez par une application tous les 2 jours les premières semaines, puis quotidiennement si la tolérance est bonne.
Quels sont les effets secondaires de Brevoxyl® ?
Les principaux effets secondaires sont la sécheresse, les rougeurs et les desquamations. Ces effets s’atténuent généralement après 2 à 3 semaines. Le produit peut décolorer les vêtements et la literie.
Peut-on utiliser Brevoxyl® avec d’autres traitements de l’acné ?
Oui, l’association avec un rétinoïde topique ou une antibiothérapie orale est fréquente sur prescription dermatologique. C’est une option efficace pour les acnés mixtes ou modérées.
Références
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016;74(5):945-973. PMID: 26897386
Thiboutot D et al. New insights into the management of acne. J Am Acad Dermatol. 2009;60(5 Suppl):S1-50. PMID: 19389524
Dréno B et al. European recommendations on the use of oral antibiotics for acne. Eur J Dermatol. 2004;14(6):391-9. PMID: 15564203
ANSM — Résumé des caractéristiques du produit Brevoxyl® 4% crème. Agence nationale de sécurité du médicament.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Procuta® (isotrétinoïne) : indications, contre-indications et conseils pratiques
Procuta® est un médicament contenant de l’isotrétinoïne, dérivé de synthèse de la vitamine A (rétinoïde oral). C’est l’une des spécialités françaises à base d’isotrétinoïne disponibles depuis le retrait du Roaccutane® en 2013, avec Curacné® et Contracné®. Il est prescrit dans le traitement de l’acné sévère — formes nodulo-kystiques, acné cicatrisante ou résistante aux antibiotiques après 3 mois de traitement bien conduit. Sa prescription initiale est réservée au dermatologue ou au spécialiste.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Procuta® est indiqué dans le traitement de l’acné sévère résistante, nodulo-kystique ou à risque cicatriciel élevé. C’est le seul traitement anti-acné potentiellement curatif — il réduit durablement la taille et l’activité des glandes sébacées, la production de sébum de 70 à 90 %, et l’inflammation folliculaire. La dose habituelle est de 0,5 à 1 mg/kg/jour jusqu’à une dose cumulée de 120 à 150 mg/kg.
Pour le détail complet des indications par grade, du mécanisme d’action, de la posologie et du Programme de Prévention de la Grossesse : voir notre guide complet de l’isotrétinoïne.
Contre-indications de Procuta®
Contre-indication
Raison
Grossesse et allaitement ⚠️
Tératogénicité majeure — malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️
Contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et 2 mois après le traitement
L’isotrétinoïne élève les triglycérides — risque de pancréatite aiguë
Hypervitaminose A ou suppléments vitamine A
Risque d’effets toxiques cumulatifs
Conseils pratiques pour le traitement par Procuta®
Lèvres et peau sèche — appliquer un baume labial dès le début du traitement (Homéoplasmine®, Bepanthen®) et un émollient riche non comédogène matin et soir. La chéilite est quasi constante et témoigne de l’efficacité du traitement.
Soleil et UV — protection solaire indice 50 obligatoire pendant toute la durée du traitement, même par temps nuageux. UV artificiels contre-indiqués.
Crèmes irritantes — interrompre rétinoïdes topiques, acides (AHA, BHA), exfoliants et peroxyde de benzoyle pendant Procuta® — inutiles et irritants sur peau fragilisée.
Épilations à la cire — formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt (risque de décollement épidermique). Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire uniquement.
Lentilles de contact — la sécheresse oculaire induite par Procuta® rend le port de lentilles inconfortable. Préférer les lunettes pendant toute la durée du traitement.
Sport intensif — à éviter (myalgies dose-dépendantes fréquentes).
Alcool — à éviter (interaction avec le bilan hépatique et lipidique).
Aggravation initiale — une exacerbation des lésions dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et attendue. Ne pas interrompre sans avis médical.
💡 Surveillance biologique obligatoire — bilan lipidique et transaminases avant le traitement puis toutes les 4 à 6 semaines. Chez la femme, test de grossesse négatif obligatoire avant chaque renouvellement mensuel.
Procuta® et risque psychiatrique
La controverse sur un lien entre isotrétinoïne et dépression existe depuis 1982. La conclusion des autorités sanitaires françaises (ANSM) est que ce lien n’est pas établi au niveau d’une population de patients. Pour une analyse complète et actualisée — données neurobiologiques, études épidémiologiques, deux périodes cliniquement à risque et conduite pratique — voir notre article dédié : Isotrétinoïne et dépression — ce que dit la science en 2025.
Voici l’exemple d’une jeune femme qui avait une acné sévère depuis plusieurs années, vous n’aurez pas de mal à croire qu’elle a une meilleure humeur pendant qu’avant le traitement…
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– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Quels sont les dosages de Procuta® (isotrétinoïne) disponibles ? Procuta® est disponible en capsules molles à 5, 10, 20 et 40 mg, inscrit sur la liste 1 et remboursé à 65 % sur prescription d’un dermatologue.
Peut-on tomber enceinte sous Procuta® ? Non. Procuta® est tératogène. Une contraception efficace est obligatoire pendant tout le traitement et 1 mois après l’arrêt.
Combien de temps dure un traitement par Procuta® ? Généralement 4 à 6 mois, jusqu’à une dose cumulative de 120 à 150 mg/kg, ajustée par le dermatologue selon la réponse et la tolérance.
Quels examens sont nécessaires pendant Procuta® ? Bilan biologique (NFS, foie, triglycérides, cholestérol) avant et pendant le traitement. Test de grossesse mensuel obligatoire pour les femmes en âge de procréer.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Clindamycine dans l’acné : principe actif et mécanisme
La clindamycine est un antibiotique de la famille des lincosamides, disponible en application topique pour traiter l’acné inflammatoire. Elle est commercialisée sous forme de solution, gel ou lotion (Dalacine T Topic®, Zindaclin®) à la concentration de 1%. Son mécanisme principal repose sur l’inhibition de la synthèse protéique bactérienne de Cutibacterium acnes, réduisant ainsi l’inflammation acnéique.
ℹ️ Information clé
La clindamycine topique est prescrite en association avec le peroxyde de benzoyle pour limiter le risque de résistances bactériennes. La monothérapie antibiotique prolongée est aujourd’hui déconseillée par les recommandations dermatologiques.
Indications de la clindamycine topique
La clindamycine topique est indiquée dans l’acné légère à modérée, principalement inflammatoire (papules et pustules). Elle est généralement prescrite en association avec :
Le peroxyde de benzoyle : pour prévenir les résistances (ex. : Duac® = clindamycine 1% + BPO 5%)
Un rétinoïde topique (trétinoïne ou adapalène) : pour agir simultanément sur les comédons
Mode d’emploi
Aspect
Recommandation
Fréquence
1 à 2 applications par jour selon la formulation
Moment
Sur peau propre et sèche, matin et/ou soir
Durée
3 mois maximum en traitement d’attaque
Zone
Zones acnéiques du visage, du dos ou du torse
Effets secondaires et précautions
Les effets indésirables locaux de la clindamycine topique sont habituellement bénins : sécheresse cutanée, rougeurs légères, sensation de brûlure passagère. Le principal risque est le développement de résistances bactériennes à Cutibacterium acnes en cas de monothérapie prolongée.
⚠️ Attention
La clindamycine ne doit pas être utilisée seule pendant plus de 3 mois. Son association systématique avec le peroxyde de benzoyle est recommandée par la Société Française de Dermatologie pour limiter les résistances bactériennes.
Résistances bactériennes : un enjeu majeur
La résistance de Cutibacterium acnes aux antibiotiques, dont la clindamycine, est un phénomène croissant en dermatologie. Pour la prévenir, les recommandations actuelles préconisent :
L’association systématique à un bactéricide non antibiotique (peroxyde de benzoyle)
La limitation de la durée de traitement à 3 mois
L’évitement des associations avec d’autres antibiotiques topiques ou oraux sans supervision médicale
À quoi sert la clindamycine dans l’acné ?
La clindamycine est un antibiotique topique actif contre Cutibacterium acnes. Elle réduit l’inflammation acnéique et les lésions papulo-pustuleuses dans l’acné légère à modérée.
La clindamycine topique est-elle efficace seule contre l’acné ?
Son efficacité en monothérapie est inférieure à celle d’une association avec le peroxyde de benzoyle. Elle doit être utilisée avec un bactéricide pour limiter les résistances bactériennes.
Quels sont les effets secondaires de la clindamycine topique ?
Les effets secondaires locaux sont la sécheresse, les rougeurs et une légère irritation. Le risque principal est le développement de résistances bactériennes en cas d’utilisation prolongée isolée.
Combien de temps faut-il utiliser la clindamycine pour l’acné ?
Le traitement est limité à 3 mois maximum pour limiter les résistances. Une réévaluation dermatologique est indispensable au terme de cette période pour adapter le traitement.
Références
Dreno B et al. European recommendations on the use of oral antibiotics for acne. Eur J Dermatol. 2004;14(6):391-9. PMID: 15564203
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016;74(5):945-973. PMID: 26897386
Nast A et al. European evidence-based guidelines for the treatment of acne. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2012;26(Suppl 1):1-29. PMID: 22256616
ANSM — Résumé des caractéristiques du produit Dalacine T Topic®. Agence nationale de sécurité du médicament.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Erythrogel® : définition et place dans l’arsenal thérapeutique
Erythrogel® est un gel cutané à base d’érythromycine à 4%, antibiotique de la famille des macrolides, indiqué dans le traitement de l’acné vulgaire légère à modérée avec prédominance de lésions inflammatoires. Il s’agit d’un bioéquivalent d’Eryacne® 4% gel, les deux spécialités contenant le même principe actif à la même concentration.
ℹ️ Information clé
En raison de la progression des résistances de Cutibacterium acnes à l’érythromycine, Erythrogel® doit toujours être associé au peroxyde de benzoyle. La prescription en monothérapie prolongée est à éviter pour préserver l’efficacité collective des antibiotiques anti-acnéiques.
Mode d’emploi
Paramètre
Recommandation
Fréquence
2 applications par jour (matin et soir)
Application
Sur peau propre et sèche, couche fine
Zone
Visage, dos ou torse selon les lésions
Durée maximale
3 mois en traitement d’attaque
Résistances bactériennes
La résistance de Cutibacterium acnes à l’érythromycine est significativement plus élevée qu’à la clindamycine. Pour cette raison, les recommandations dermatologiques européennes préconisent :
L’association systématique à un bactéricide (peroxyde de benzoyle)
La limitation du traitement à 3 mois
L’évitement des associations avec d’autres antibiotiques sans supervision médicale
⚠️ Attention résistances
La résistance à l’érythromycine est plus fréquente qu’à la clindamycine. Si votre acné ne répond plus à Erythrogel®, consultez votre dermatologue pour une réévaluation thérapeutique et un éventuel changement d’antibiotique topique.
Effets secondaires
Les effets indésirables d’Erythrogel® sont locaux et bénins : légère sécheresse cutanée, rougeurs transitoires, légère irritation en début de traitement, qui s’atténuent habituellement après les premières semaines d’application régulière.
À quoi sert Erythrogel® ?
Erythrogel® est un gel à l’érythromycine 4% indiqué contre l’acné légère à modérée avec lésions inflammatoires. Il inhibe Cutibacterium acnes.
Erythrogel® est-il différent d’Eryacne® ?
Non, ces deux spécialités sont bioéquivalentes et contiennent toutes deux de l’érythromycine 4% gel. Elles sont interchangeables sur prescription médicale.
Faut-il associer Erythrogel® à un autre traitement ?
Oui, l’association au peroxyde de benzoyle est indispensable pour limiter les résistances bactériennes et améliorer l’efficacité globale du traitement anti-acnéique.
Combien de temps peut-on utiliser Erythrogel® ?
Le traitement est limité à 3 mois maximum. Une réévaluation dermatologique est indispensable pour adapter la stratégie thérapeutique au terme de cette période.
Références
Ross JI et al. Antibiotic-resistant acne: lessons from Europe. Br J Dermatol. 2003;148(3):467-78. PMID: 12653738
Dreno B et al. European recommendations on the use of oral antibiotics for acne. Eur J Dermatol. 2004;14(6):391-9. PMID: 15564203
Nast A et al. European evidence-based guidelines for acne treatment. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2012;26 Suppl 1:1-29. PMID: 22256616
ANSM — Résumé des caractéristiques du produit Erythrogel® 40 mg/g gel pour application cutanée.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Qu’est-ce que Retacnyl® ?
Retacnyl® est un médicament topique à base de trétinoïne (acide rétinoïque), disponible en crème à 0,025 % et 0,05 %. Il appartient à la famille des rétinoïdes et est indiqué dans le traitement de l’acné comédonienne et inflammatoire légère à modérée. Il s’agit d’un médicament sur ordonnance, liste 1, non remboursé.
ℹ️ Spécialités disponibles (Vidal 2026) Retacnyl® est disponible en deux concentrations : crème à 0,025 % (débutants et peaux sensibles) et 0,05 % (dose standard). Ces deux formes sont inscrites sur la liste 1 et non remboursées.
Mécanisme d’action
La trétinoïne accélère le renouvellement cellulaire de l’épiderme, ce qui permet de :
Désobstruer les comédons (points noirs, microkystes)
Réduire la formation de nouvelles lésions acnéiques
Diminuer l’inflammation folliculaire
Mode d’emploi
Appliquez Retacnyl® le soir, sur une peau propre et sèche (attendre 20 à 30 minutes après le nettoyage). Utilisez une noisette de crème pour l’ensemble du visage ou une couche fine sur les zones ciblées. Évitez les yeux, le contour de la bouche et les muqueuses.
⚠️ Progression recommandée Débutez avec une application tous les 2-3 soirs avec le 0,025 %, puis augmentez progressivement la fréquence. Passez au 0,05 % seulement si le 0,025 % est bien toléré après 4 à 6 semaines.
Précautions et contre-indications
Situation
Recommandation
Grossesse
Déconseillé — rétinoïdes topiques à éviter
Soleil
SPF 50+ obligatoire le matin
Peau irritée ou abîmée
Ne pas appliquer — interrompre temporairement
Exfoliants / AHA-BHA
Ne pas associer simultanément
💡 Conseil du Dr Rousseau Un hydratant non comédogène appliqué matin et soir (et même 30 min avant Retacnyl® en cas de peau très sensible) améliore nettement la tolérance et la régularité du traitement.
Comment utiliser Retacnyl® pour l’acné ? Le soir sur peau propre et sèche, en couche fine. Commencez par 0,025 %, puis progressez vers 0,05 % si bien toléré.
Retacnyl® est-il photosensibilisant ? Oui. Appliquez-le uniquement le soir et utilisez un SPF 50+ chaque matin pendant toute la durée du traitement.
Quelle est la différence entre Retacnyl® 0,025 % et 0,05 % ? Le 0,025 % est recommandé pour débuter (peau sensible). Le 0,05 % est plus efficace mais plus irritant. La progression se fait selon la tolérance de votre peau.
Quels sont les effets secondaires de Retacnyl® ? Rougeurs, sécheresse et desquamation en début de traitement. Ces effets s’atténuent après quelques semaines. Un bon hydratant aide à les réduire.
Références
Leyden JJ et al. Why topical retinoids are mainstay of therapy for acne. Dermatol Ther. 2017. PMID 28585191
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016. PMID 26897386
Thiboutot D et al. New insights into the management of acne. J Am Acad Dermatol. 2009. PMID 19376456
HAS. Acné : recommandations de bonnes pratiques. has-santé.fr, 2015.
Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : L’acné de la femme adulte (après 25 ans) est en augmentation : elle touche aujourd’hui 45 % des femmes entre 25 et 40 ans, contre 26 % dans les années 1990. Ses spécificités : localisation prédominante sur le bas du visage (mâchoire, menton, cou), lésions nodulaires profondes plutôt que superficielles, fluctuation prémenstruelle marquée (70 % des cas s’aggravent dans les 7 jours précédant les règles) et résistance aux traitements locaux classiques de l’adolescence. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Acné de la femme adulte : causes hormonales, traitements et spironolactone
Acné de la femme adulte — image générée par IA
L’acné de la femme adulte touche environ 30% des femmes après 25 ans. Elle se distingue de l’acné de l’adolescent par sa localisation préférentielle sur le bas du visage (menton, mandibules, autour de la bouche), son lien fréquent avec les hormones et sa résistance parfois plus marquée aux traitements classiques. Les microkystes sont fréquents
Acné persistante malgré les traitements ? Délais de rdv trop longs ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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ACNE DE LA FEMME
« Secrets de dermatologue » :
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– Les causes
– Les traitements…
Pourquoi les boutons sont-ils sur le bas du visage chez la femme ?
La localisation mandibulaire et mentonnière de l’acné de la femme adulte s’explique par la forte imprégnation hormonale (androgénique) de cette zone — c’est la même zone que la barbe chez l’homme. Les androgènes stimulent les glandes sébacées, entraînant un excès de sébum et la formation de comédons et de boutons inflammatoires.
Causes de l’acné de la femme adulte
Cause
Mécanisme
Signes associés
Hormones / hyperandrogénie
Excès d’androgènes → séborrhée → acné
Poils menton, règles irrégulières, prise de poids
Changement de contraception
Progestatifs acnéigènes
Acné apparue dans l’année suivant le changement
Stress chronique
Cortisol → immunosuppression → surinfection des boutons
Poussées en période de stress professionnel ou personnel
Cosmétiques comédogènes
Obstruction mécanique des glandes sébacées
Acné localisée aux zones de maquillage
Alimentation
Sucres rapides → pic insuline → androgènes
Alimentation riche en sucres et acides gras saturés
Antécédents familiaux
Prédisposition génétique
Mère ou sœur acnéique
Bilan hormonal — quand et comment ?
Un bilan hormonal est indiqué si le médecin suspecte une hyperandrogénie — c’est-à-dire si l’acné s’accompagne de : poils au menton ou à la lèvre supérieure, règles irrégulières ou absentes, prise de poids, perte de cheveux en zones masculines.
Examen
Ce qu’il recherche
Testostérone + Delta 4 androstènedione
Hyperandrogénie ovarienne
17-OH-progestérone + S-DHA
Hyperandrogénie surrénalienne
Prolactinémie
Si aménorrhée ou galactorrhée
Cortisol libre urinaire 24h
Si suspicion syndrome de Cushing
Échographie ovarienne
Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
💡 Conditions de réalisation : le matin à 8h, en première partie de cycle (entre J2 et J5), après arrêt de la contraception hormonale depuis au moins 2 mois. Dans la majorité des cas, le bilan hormonal revient normal — l’acné de la femme adulte n’a alors pas d’explication hormonale identifiable.
Contraception et acné de la femme
Un changement de contraception dans l’année précédant l’apparition de l’acné est souvent en cause. Les contraceptifs les plus fréquemment impliqués :
Cosmétiques — utiliser uniquement des produits non comédogènes. Les fonds de teint en poudre ou texture non grasse permettent de maquiller l’acné sans l’aggraver
Stress — techniques de relaxation, cohérence cardiaque, méditation. Le lien stress-acné est bien documenté même si difficile à quantifier
Alimentation — limiter les sucres à index glycémique élevé. Voir l’article régime contre l’acné
Ne pas toucher ses boutons — risque de surinfection et de cicatrices. En cas de manipulation compulsive, voir notre article sur la dermatillomanie
2. Traitements médicaux classiques
Les mêmes traitements que pour l’acné de l’adolescent s’appliquent, avec une attention particulière à la tolérance cutanée — la peau des femmes adultes est souvent plus réactive aux rétinoïdes topiques. Voir l’article traitement de l’acné. L’isotrétinoine a faible dose prolongée peut être intéressante.
3. Traitement hormonal
Si une anomalie hormonale est identifiée ou si l’acné répond mal aux traitements classiques, le médecin peut prescrire :
Molécule
Mécanisme
Remarque
Norgestimate (Triafemi, Tricilest)
Pilule avec AMM acné
2e intention HAS
Drospérinone (Jasmine, Yaz)
Anti-androgénique faible
Bien tolérée sur l’acné
Dienogest (Qlaira)
Anti-androgénique
—
Acétate de cyprotérone (Diane, Holgyeme)
Anti-androgène puissant
⚠️ Quasiment abandonné — risque de méningiome
Acétate de chlormadinone (Belara)
Anti-androgène
⚠️ Quasiment abandonné — risque de méningiome
4. Spironolactone — traitement de fond de l’acné hormonale
La spironolactone est un diurétique aux propriétés anti-androgènes par inhibition compétitive avec la dihydrotestostérone. Elle est utilisée hors AMM dans l’acné de la femme adulte, notamment en cas d’échec aux traitements classiques ou à l’isotrétinoïne, surtout quand les lésions inflammatoires prédominent.
Posologie : 100 à 150 mg/j (2 comprimés de 50 ou 75 mg), pendant au moins 15 jours par mois.
💡 Étude de référence (BMJ 2023) : un essai randomisé multicentrique portant sur 410 femmes a comparé 50 mg/j de spironolactone (puis 100 mg/j à 6 semaines si bonne tolérance) contre placebo pendant 24 semaines. L’amélioration de l’acné est significativement supérieure dans le groupe spironolactone à 24 semaines, avec une excellente tolérance chez plus de 95% des participantes.
Effets secondaires principaux : troubles des règles, crampes, hypotension, légères sensations vertigineuses, perte de poids.
⚠️ Une contraception est recommandée pendant le traitement par spironolactone par précaution. Usage hors AMM — non remboursé.
5. Laser anti-acné
Pour les femmes dont la peau tolère mal les traitements topiques classiques, le traitement de l’acné au laser représente une alternative intéressante pour les lésions inflammatoires superficielles.
Questions fréquentes
Pourquoi les femmes ont-elles de l’acné après 25 ans ?
L’acné tardive féminine est multifactorielle : androgènes surrénaliens et ovariens qui stimulent le sébum (testostérone, DHEA-S) ; stress chronique (cortisol → androgènes surrénaliens) ; résidus d’endocrine-disrupteurs (cosmétiques, plastiques) ; arrêt de la pilule (rebond androgénique). Le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) est présent dans 10 à 15 % des cas d’acné féminine après 25 ans et doit être systématiquement éliminé par bilan hormonal et échographie pelvienne.
Quelle pilule choisir pour traiter l’acné chez la femme ?
Les pilules estroprogestatives à effet anti-androgénique sont préférées : pilule Diane 35 (éthinylestradiol + acétate de cyprotérone), Jasmine ou Jasminelle (drospirénone), ou Belara (chlormadinone). Elles réduisent l’acné de 50 à 70 % en 3 à 6 mois. Contre-indication chez les fumeuses de plus de 35 ans et en cas de risque thrombo-embolique. Toujours prescrites par le gynécologue ou le médecin traitant en accord avec le dermatologue.
La spironolactone est-elle efficace contre l’acné hormonale chez la femme ?
La spironolactone (diurétique anti-aldostéronique à effet anti-androgénique) est un traitement très efficace de l’acné hormonale chez la femme (hors-AMM en France, mais largement utilisée). À 50–100 mg/j, elle réduit l’acné de 60 à 80 % en 3 mois. Effets secondaires : irrégularités menstruelles (corriger par pilule associée), légère polyurie. Contre-indiquée pendant la grossesse (féminisation d’un fœtus mâle). Prescription débutée par le dermatologue ou le gynécologue.
Comment distinguer une acné hormonale d’une acné cosmétique chez la femme ?
L’acné hormonale : localisation mâchoire–cou–décolleté, nodules profonds, aggravation prémenstruelle, peaux pas forcément grasses. L’acné cosmétique (pompade acnea) : petits comédons fermés sur les zones d’application des produits (crème, fond de teint, blush), sans aggravation cyclique, peau qui graisses superficiellement. Test diagnostic : arrêter tous les cosmétiques pendant 4 semaines. Si amélioration → acné cosmétique. Si pas de changement → acné hormonale à explorer biologiquement.
La grossesse améliore-t-elle ou aggrave-t-elle l’acné ?
La grossesse a des effets variables et imprévisibles : 30 % des femmes s’améliorent (oestrogènes dominants au 1er trimestre), 30 % s’aggravent (progestérone androgénique au 2e et 3e trimestre) et 40 % ne changent pas. Les traitements interdits pendant la grossesse : rétinoïdes topiques et oraux, tétracyclines (dents du fœtus). Autorisés : peroxyde de benzoyle, érythromycine topique, acide azélaïque. L’acné post-partum est très fréquente (rebond androgénique à l’arrêt de la grossesse).
Comment adapter sa routine beauté quand on a de l’acné sur le visage ?
Règles essentielles : démaquillant micellaire non comédogène + gel nettoyant pH 5,5 (2 fois/j max) + sérum niacinamide 10 % matin + crème légère non comédogène + FPS 30 minéral. Soir : acide azélaïque 15 % ou trétinoïne 0,025 % (1 nuit sur 2 les 2 premières semaines). Fondation « non comédogène » si maquillage. Bannir les huiles végétales sur peau acnéique (très occlusivantes). Changer de taie d’oreiller 2 fois/semaine. Ne jamais dormir avec le maquillage.
L’acné du visage peut-elle laisser des taches brunes définitives chez la femme ?
Oui : les macules post-inflammatoires hyperpigmentées (MPH) sont très fréquentes sur les phototypes IV à VI (peaux noires et méditerranéennes). Elles persistent 6 à 18 mois et s’aggravent avec le soleil sans protection. Prévention : FPS 50+ quotidien (minéral de préférence), ne jamais percer les boutons. Traitement actif : acide azélaïque 20 %, niacinamide 10 %, acide glycolique 5–10 %, vitamine C stable 15 %. En cas de MPH sévères résistantes : peeling TCA léger par le dermatologue.
Acné sévère avec masculinisation (hirsutisme, voix grave, clitoromégalie) — SOPK sévère ou tumeur androgéno-sécrétante
Apparition brutale d’une acné sévère sous corticoïdes ou lithium
Acné nodulo-kystique extensive laissant des cicatrices — indication d’isotrétinoïne urgente
Questions fréquentes sur l’acné de la femme
Pourquoi ai-je des boutons uniquement sur le bas du visage ?
La localisation mandibulaire et mentonnière est caractéristique de l’acné hormonale de la femme adulte. Cette zone est sous forte dépendance androgénique — c’est l’équivalent de la zone de barbe chez l’homme. Les fluctuations hormonales (cycle, contraception, stress) stimulent les glandes sébacées dans cette région. D’autres causes sont possibles : dermite péri-orale (autour de la bouche), rosacée (menton), dermite séborrhéique… Une consultation médicale permet d’établir le diagnostic exact.
Mon acné est apparue après la pose d’un stérilet hormonal — est-ce lié ?
Oui, très probablement. Le stérilet hormonal (DIU au lévonorgestrel) libère un progestatif androgénique qui peut déclencher ou aggraver une acné, notamment sur le bas du visage. Si l’acné est apparue dans les 6 à 12 mois suivant la pose, parlez-en à votre gynécologue. Un changement de contraception peut suffire à résoudre le problème.
La spironolactone est-elle efficace contre l’acné ?
Oui, des études sérieuses le confirment, dont un essai randomisé multicentrique publié dans le BMJ en 2023 sur 410 femmes. La spironolactone à 100 mg/j pendant 24 semaines améliore significativement l’acné avec une bonne tolérance dans plus de 95% des cas. Elle est particulièrement efficace pour les formes inflammatoires et chez les femmes en échec aux traitements classiques. Son usage est hors AMM et nécessite une prescription médicale.
Faut-il faire un bilan hormonal pour une acné de femme adulte ?
Pas systématiquement. Un bilan hormonal est justifié si l’acné s’accompagne de signes d’hyperandrogénie : poils au menton ou à la lèvre supérieure, règles irrégulières ou absentes, prise de poids, chute de cheveux en zones masculines. En l’absence de ces signes, le bilan revient normal dans la majorité des cas et le traitement repose sur les traitements dermatologiques classiques.
L’acné de la femme adulte peut-elle guérir définitivement ?
Oui, dans de nombreux cas. Avec un traitement adapté (traitement local, antibiotiques, isotrétinoïne, spironolactone selon les cas), la majorité des femmes obtiennent une rémission durable. La récidive est possible en cas de nouveau changement hormonal (grossesse, ménopause, changement de contraception) ou de stress prolongé. Un suivi dermatologique régulier permet d’adapter le traitement.
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ACNE DE LA FEMME
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Érythromycine Bailleul® : présentation
Érythromycine Bailleul® est une solution cutanée contenant de l’érythromycine à 4%, antibiotique de la famille des macrolides, indiquée dans le traitement de l’acné vulgaire légère à modérée. Il s’agit d’un bioéquivalent d’Eryacne® 4% gel et d’Erythrogel® 4%, partageant le même principe actif et la même concentration.
ℹ️ Information clé
La résistance de Cutibacterium acnes à l’érythromycine est supérieure à celle observée avec la clindamycine. Érythromycine Bailleul® doit systématiquement être associé au peroxyde de benzoyle pour limiter le développement des résistances bactériennes.
Mode d’emploi
Paramètre
Recommandation
Fréquence
2 applications par jour (matin et soir)
Application
Sur peau propre et sèche, couche fine
Zone
Visage, dos ou torse selon localisation
Durée maximale
3 mois en traitement d’attaque
Résistances bactériennes et associations
La résistance de Cutibacterium acnes à l’érythromycine est un problème croissant. Pour préserver l’efficacité du traitement, l’érythromycine topique doit être associée à un bactéricide non antibiotique, notamment le peroxyde de benzoyle. Ne pas utiliser deux antibiotiques topiques simultanément.
⚠️ Attention
Si votre acné ne répond plus à Érythromycine Bailleul®, ne prolongez pas le traitement sans avis médical. Une résistance bactérienne acquise est possible. Consultez votre dermatologue pour réévaluer la stratégie thérapeutique.
Effets secondaires
Les effets indésirables sont locaux et bénins : légère sécheresse cutanée, rougeurs transitoires, légère irritation en début de traitement. Ces effets s’atténuent après les premières semaines d’utilisation régulière.
À quoi sert Érythromycine Bailleul® ?
C’est un antibiotique topique (érythromycine 4%) indiqué dans l’acné légère à modérée, bioéquivalent d’Eryacne® et Erythrogel®.
Faut-il associer Érythromycine Bailleul® à un autre traitement ?
Oui, l’association au peroxyde de benzoyle est indispensable pour prévenir les résistances bactériennes et améliorer l’efficacité.
Quelle est la durée de traitement recommandée pour Érythromycine Bailleul® ?
3 mois maximum en traitement d’attaque. Une réévaluation dermatologique est indispensable au terme de cette période.
Érythromycine Bailleul® est-il différent d’Eryacne® ?
Non, ces spécialités sont bioéquivalentes. Elles contiennent toutes érythromycine 4% et sont interchangeables sur prescription médicale.
Références
Ross JI et al. Antibiotic-resistant acne: lessons from Europe. Br J Dermatol. 2003;148(3):467-78. PMID: 12653738
Dreno B et al. European recommendations on the use of oral antibiotics for acne. Eur J Dermatol. 2004;14(6):391-9. PMID: 15564203
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016;74(5):945-973. PMID: 26897386
ANSM — Résumé des caractéristiques du produit Érythromycine Bailleul® 40 mg/g solution pour application cutanée.
En bref : Les points noirs (comédons ouverts) ne sont pas noirs à cause de la saleté mais de l’oxydation de la mélanine au contact de l’air. Les extraire avec les ongles aggrave les pores et favorise la cicatrice. Le traitement de fond repose sur les rétinoïdes topiques (adapalène sur ordonnance) ou l’acide salicylique (sans ordonnance) — résultats après 8 à 12 semaines de régularité. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue
Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
🔍 Vous cherchez des informations sur les points de beauté ou grains de beauté ?
Cette page concerne les points noirs (comédons), une forme d’acné rétentionnelle. Les points de beauté (ou grains de beauté) sont des lésions pigmentées très différentes, appelées nævus mélanocytaires — sans rapport avec les pores ou le sébum. → Consulter notre fiche complète sur les grains de beauté (nævus) : aspect, surveillance et quand consulter
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— Les erreurs à éviter
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— Les causes et les traitements…
Les points noirs — appelés médicalement comédons ouverts — sont une forme d’acné rétentionnelle très fréquente, surtout sur le nez, le front et le menton. Ils résultent de l’accumulation de sébum oxydé et de cellules mortes dans le follicule pilo-sébacé. Ils ne sont pas dangereux, mais peuvent évoluer vers des boutons inflammatoires en cas de manipulation. Il existe des traitements efficaces, des produits en vente libre jusqu’aux rétinoïdes prescrits par le dermatologue.
⚠️ Ce que vous ne devez pas faire avec vos points noirs Ne jamais presser à la main avec les ongles. Cette technique provoque des micro-déchirures du follicule, stimule l’inflammation, agrandit les pores de façon durable et risque de transformer un comédon bénin en acné inflammatoire (papule, pustule, kyste) ou en cicatrice déprimée. Si extraction il y a, elle doit être réalisée avec un extracteur de comédons stérile ou par un professionnel.
Un point noir est un follicule pilo-sébacé obstrué par un bouchon de sébum et de cellules mortes (kératine). Contrairement au microkyste (comédon fermé, blanc), le point noir est ouvert à la surface de la peau : le sébum au contact de l’air s’oxyde et se pigmente en noir ou brun foncé — c’est cette oxydation, et non la saleté, qui lui donne sa couleur caractéristique.
Lorsqu’on presse un point noir, le sébum sort sous la forme d’un filament blanc — d’où le surnom populaire de « ver de peau ». Cette manipulation est fortement déconseillée : elle traumatise le follicule, favorise l’infection bactérienne et peut transformer un simple comédon en bouton inflammatoire, kyste ou cicatrice.
⚠️ Ne jamais presser ses points noirs. La manipulation expose à : infection à staphylocoque, kyste épidermoïde, cicatrice déprimée, hyperpigmentation post-inflammatoire. Le traitement médical est bien plus efficace et sans risque.
Pourquoi a-t-on des points noirs ?
La cause principale est une production excessive de sébum (séborrhée) stimulée par les androgènes — ce qui explique leur apparition surtout à l’adolescence et chez les personnes à peau grasse. Le sébum en excès obstrue progressivement le follicule avec les cellules mortes de l’épiderme (hyperkératose folliculaire).
Les zones les plus touchées sont les plus riches en glandes sébacées : nez, front, menton (la zone T) et dos. Plusieurs facteurs aggravent les points noirs :
Facteur aggravant
Mécanisme
Ce qu’on peut faire
Cosmétiques comédogènes
Huiles minérales, corps gras occlusifs bouchent mécaniquement les pores
Choisir des produits étiquetés « non comédogène » ou « oil-free »
Variations hormonales
Androgènes → stimulation des glandes sébacées → hyperséborrhée
Traitement hormonal (pilule combinée, spironolactone) sur avis médical
Alimentation à IG élevé
Pics d’insuline/IGF-1 → stimulation indirecte de la sébogenèse
Accumulation de résidus dans les pores (sport, port de casque)
Nettoyer le visage après transpiration intense
Certains médicaments
Corticoïdes, lithium, progestatifs androgéniques, certains antidépresseurs
Signaler à votre médecin si l’acné apparaît après introduction d’un traitement
💡 Points noirs ≠ saleté. La couleur noire est due à l’oxydation du sébum au contact de l’air. Se laver le visage trop souvent n’élimine pas les points noirs — cela irrite la peau et stimule davantage la production de sébum.
Pourquoi les comédons sont-ils noirs — et pas blancs ?
La question revient constamment : pourquoi certains comédons sont-ils noirs (ouverts) et d’autres blancs (fermés) ?
Le comédon ouvert (point noir) est un follicule dont l’orifice est large et visible. Le bouchon est en contact avec l’air : l’oxygène oxyde la mélanine présente dans le sébum et les cellules mortes → la lésion devient brune puis noire.
Le comédon fermé (point blanc / microkyste) est un follicule dont l’orifice est imperceptible. Le bouchon est hermétiquement protégé de l’oxygène → il reste blanc ou jaunâtre, sous la surface de la peau. C’est le comédon fermé qui risque davantage d’évoluer vers une papule inflammatoire en cas de prolifération bactérienne.
Les deux répondent aux mêmes traitements de fond : rétinoïdes topiques, acide salicylique. Le nettoyage de peau dermatologique traite les deux types simultanément.
Les « faux points noirs » du nez : sébacés filaments vs vrais comédons
Ce que beaucoup prennent pour des points noirs sur le nez sont souvent des sébacés filaments — des bouchons de sébum normaux présents dans les follicules naturellement larges de cette zone. Ils sont présents chez tout le monde, reviennent systématiquement après extraction, et ne sont pas pathologiques.
Sébacé filament
Vrai comédon ouvert
Aspect
Petits points grisâtres, réguliers, symétriques sur tout le nez
Point brun-noir plus marqué, souvent saillant
Après extraction
Revient en quelques jours systématiquement
Peut rester absent si traitement de fond bien conduit
Pathologique ?
Non — présent chez toutes les personnes à pores visibles
⚠️ Les traquer avec des patchs arrachants est vain et contre-productif : les pore strips retirent le sébacé filament visible mais abîment la barrière cutanée, élargissent les pores et stimulent une production compensatoire de sébum. Le cycle empire.
Comment se débarrasser des points noirs ? Traitements efficaces prouvés
Produits en vente libre
Les actifs à rechercher : acide salicylique (kératolytique liposoluble, pénètre dans le follicule et dissout le sébum), acide glycolique ou lactique (exfoliants de surface), zinc (sébOrégulateur), niacinamide (réduit la production de sébum, resserre les pores) et rétinol (forme douce des rétinoïdes sans ordonnance). Utiliser exclusivement des produits de soin « non comédogènes » — crèmes de jour, crèmes solaires, fonds de teint.
Traitements prescrits par le dermatologue
Les traitements les plus efficaces sont les rétinoïdes topiques (trétinoïne, adapalène, tazarotène) — disponibles uniquement sur ordonnance. Ils normalisent le renouvellement cellulaire folliculaire et réduisent la production de sébum. Résultats visibles après 8 à 12 semaines. Ils nécessitent une photoprotection rigoureuse.
Le nettoyage de peau dermatologique (extraction des comédons après vapeur, par le dermatologue) est bien plus complet qu’un nettoyage en institut. Dans les formes étendues, le peeling chimique (acide glycolique ou salicylique) et la photothérapie lumière bleue peuvent être proposés en complément.
Actif
Mécanisme
Disponibilité
Efficacité
Adapalène 0,1 %
Rétinoïde : normalise la kératinisation folliculaire
💡 Conseil pratique du Dr Rousseau
Pour débuter, l’association acide salicylique le matin + adapalène le soir est généralement bien tolérée et très efficace sur les comédons nombreux. Commencez l’adapalène 3 nuits sur 7 les premières semaines pour éviter l’irritation initiale. Résultats visibles après 6 à 8 semaines de traitement régulier.
L’extraction reste parfois utile pour les comédons très larges ou inesthétiques, à condition de respecter le protocole suivant :
✅ Protocole d’extraction correcte — étape par étape
Ouvrir les pores — appliquer une compresse chaude ou se pencher sur un bol d’eau chaude (vapeur) pendant 5–10 minutes.
Utiliser un extracteur de comédons (boucle métallique stérile) — jamais les doigts ou les ongles. Positionner la boucle autour du comédon, appuyer doucement.
Ne jamais forcer — si le comédon ne sort pas facilement, il n’est pas prêt. Forcer provoque des cicatrices.
Désinfecter après — lotion à l’acide salicylique ou sérum niacinamide sur les pores traités.
Refermer les pores — compresse froide pendant 2 minutes ou soin hydratant.
Ce qu’il ne faut pas faire
Presser les points noirs traumatise le follicule et introduit des bactéries en profondeur — transformant un comédon bénin en kyste ou en cicatrice. Les bandelettes adhésives (« pore strips ») n’agissent qu’en surface et les points noirs réapparaissent en quelques jours. Les nettoyants abrasifs trop fréquents irritent la barrière cutanée et stimulent en réponse la production de sébum. Les cosmétiques comédogènes (huiles végétales riches, corps gras occlusifs) alimentent directement l’obstruction folliculaire.
Idée reçue
La réalité
« Laver le visage plusieurs fois par jour élimine les points noirs »
Non — le nettoyage n’agit pas sur les bouchons formés dans les follicules. Trop laver stimule la sébogenèse par effet rebond.
« Les pore strips éliminent les comédons »
Elles arrachent uniquement la pointe visible — le comédon se reforme en 3 à 5 jours. Fragilisent les pores à long terme.
« Le citron, le bicarbonate ou le vinaigre nettoient les pores »
Ces produits déséquilibrent le microbiote cutané, irritent et peuvent aggraver l’acné. Aucune preuve d’efficacité.
« Il faut extraire ses points noirs régulièrement »
L’extraction répétée et incorrecte agrandit définitivement les pores. Le traitement de fond est toujours préférable.
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Faut-il presser les points noirs pour s’en débarrasser ?
Non. Presser les points noirs traumatise le follicule, introduit des bactéries en profondeur et peut transformer un comédon bénin en bouton inflammatoire, kyste ou cicatrice déprimée. Si extraction il y a, elle doit être réalisée avec un extracteur de comédons stérile après ouverture des pores à la vapeur — jamais à mains nues avec les ongles.
Pourquoi les points noirs sont-ils noirs ?
Les points noirs sont noirs à cause de l’oxydation de la mélanine contenue dans le bouchon de sébum, au contact de l’air — pas à cause de la saleté. Le pore étant ouvert (comédon ouvert), le sébum s’oxyde et noircit progressivement. Un lavage plus fréquent du visage n’enlève pas les points noirs déjà formés et peut aggraver la situation en stimulant la production de sébum.
Combien de temps faut-il pour voir les résultats d’un traitement ?
Les rétinoïdes topiques (adapalène, trétinoïne) nécessitent 8 à 12 semaines avant une amélioration significative. Les produits en vente libre (acide salicylique, niacinamide) peuvent montrer des résultats partiels en 4 à 6 semaines. La patience est indispensable — arrêter trop tôt est la première cause d’échec.
Quelle est la différence entre un point noir et un point blanc ?
Le point noir (comédon ouvert) est exposé à l’air — le sébum s’oxyde et noircit. Le point blanc (comédon fermé, microkyste) est recouvert d’une fine couche de peau — il reste blanc ou chair. C’est le comédon fermé qui risque davantage d’évoluer vers un bouton inflammatoire. Les deux répondent aux mêmes traitements : rétinoïdes topiques, acide salicylique.
Les pore strips (bandelettes adhésives) sont-elles efficaces ?
Elles donnent une satisfaction visuelle immédiate en retirant le contenu superficiel des pores, mais n’agissent pas sur la cause — les points noirs réapparaissent en 3 à 5 jours. Utilisées trop souvent, elles peuvent fragiliser et élargir les pores de façon durable. Elles ne remplacent pas un traitement de fond.
Les points noirs sont-ils liés à l’alimentation ?
Partiellement. Les données scientifiques suggèrent que les aliments à index glycémique élevé (sucres rapides, pain blanc, sodas) et la consommation de lait écrémé peuvent aggraver l’acné en stimulant la production de sébum via l’insuline et l’IGF-1. L’effet est modeste et variable selon les individus — une alimentation équilibrée est recommandée mais ne remplace pas le traitement.
Les points noirs sur le nez sont-ils tous des comédons ?
Pas toujours. Les petits points sombres visibles sur le nez de nombreuses personnes sont souvent des sébacés filaments — des bouchons de sébum normaux dans les follicules larges, qui reviennent systématiquement même après extraction et ne sont pas pathologiques. Les vrais comédons ouverts existent sur le nez mais sont moins fréquents que les patients le pensent. Un dermatologue fait la différence en 30 secondes.
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016;74(5):945-973. PMID 26897386
Thiboutot D et al. New insights into the management of acne — Global Alliance to Improve Outcomes in Acne group. J Am Acad Dermatol. 2009;60(5 Suppl):S1-50. PMID 19376456
Tan AU, Schlosser BJ, Paller AS. A review of diagnosis and treatment of acne in adult female patients. Int J Womens Dermatol. 2018;4(2):56–71. PMID 29872679
Rétinoïdes topiques dans l’acné rétentionnelle : efficacité et tolérance. PMID 31474074
Haute Autorité de Santé — Acné : stratégie de prise en charge. Recommandations de bonne pratique. HAS, 2015. has-sante.fr
Hormone de croissance : effets secondaires cutanés et généraux
L’hormone de croissance (GH ou somatropine) est une hormone peptidique sécrétée par l’hypophyse, indispensable au développement de l’enfant comme au maintien des tissus adultes. Ses effets sur la peau sont bien documentés : à dose physiologique, elle entretient l’épaisseur du derme et stimule la production de collagène. En revanche, tout excès — qu’il soit pathologique (acromégalie), iatrogène ou lié au dopage — génère un spectre caractéristique de manifestations cutanées que tout dermatologue doit savoir reconnaître. Cet article fait le point sur ces effets secondaires, du plus bénin au plus préoccupant.
Consultez le Dr Ludovic Rousseau en téléconsultation Vous présentez des modifications cutanées inexpliquées ? Un dermatologue peut évaluer votre situation rapidement.
La somatropine (GH) est un polypeptide de 191 acides aminés sécrété de façon pulsatile par les cellules somatotropes de l’antéhypophyse. Sa sécrétion est maximale pendant le sommeil lent profond et augmentée par le stress, l’exercice intense et l’hypoglycémie. À l’état basal, elle agit en stimulant le foie à produire l’IGF-1 (Insulin-like Growth Factor-1), son principal médiateur périphérique.
Au niveau cutané, la GH et l’IGF-1 exercent plusieurs effets physiologiques essentiels :
Maintien de l’épaisseur dermique : la GH stimule la synthèse de collagène et d’élastine, garantissant la fermeté et la tonicité de la peau adulte.
Prolifération des kératinocytes : les récepteurs à la GH sont exprimés dans le stratum basale et spinosum de l’épiderme humain, permettant une action directe sur le renouvellement cellulaire.
Régulation des glandes annexes : la GH influence indirectement l’activité des glandes sébacées et sudoripares via l’IGF-1 et l’interaction avec les voies androgéniques.
Action lipolytique : en mobilisant les acides gras, la GH contribue à moduler la composition en lipides du sébum.
À retenir : La GH est indispensable à la qualité cutanée adulte. Un déficit en GH s’accompagne d’une peau fine, sèche, au capital collagénique appauvri — à l’inverse, tout excès pathologique génère une hyperstimulation tissulaire source de manifestations dermatologiques caractéristiques.
Acromégalie : le tableau cutané de l’hypersécrétion chronique
L’acromégalie est causée dans 95 % des cas par un adénome hypophysaire sécrétant de la GH en excès, entraînant une élévation chronique de la GH et de l’IGF-1. L’évolution est lente et insidieuse — le délai diagnostique moyen dépasse 4 à 10 ans — et les modifications cutanées font partie des premiers signes visibles.
Pachydermie et épaississement cutané
La manifestation cutanée la plus caractéristique est la pachydermie : épaississement progressif de l’ensemble du tégument. La peau du visage devient plus épaisse, les traits grossissent, le nez s’élargit à sa base, les lèvres s’épaississent. Les arcades sourcilières et les pommettes deviennent saillantes. Aux membres, les tissus mous s’infiltrent : les mains et les pieds augmentent de volume (impossibilité de retirer ses bagues, changement de pointure). Cette infiltration des tissus mous est directement liée à l’effet anabolique de la GH et de l’IGF-1 sur les fibroblastes dermiques et le tissu conjonctif.
Hyperhidrose et odeur corporelle
L’excès de GH provoque une hyperhidrose marquée, souvent gênante au quotidien. Les glandes sudoripares eccrines et apocrines sont hypertrophiées par la stimulation hormonale. La transpiration devient plus abondante et l’odeur corporelle plus prononcée, en lien avec l’hypertrophie des glandes apocrines. Ce signe, volontiers signalé par l’entourage avant le patient, doit alerter le clinicien.
Séborrhée et peau huileuse
Les glandes sébacées sont hypertrophiées sous l’influence de la GH et de l’IGF-1. Il en résulte une séborrhée franche : la peau prend un aspect huileux, les pores se dilatent. La séborrhée est particulièrement visible sur le visage (front, nez, menton). Elle peut favoriser l’apparition d’acné, surtout chez les patients jeunes ou présentant une prédisposition androgénique associée.
Hypertrichose
Une hypertrichose diffuse est fréquente dans l’acromégalie : la pilosité augmente et devient typiquement plus foncée. Elle touche aussi bien les hommes que les femmes, et résulte de la stimulation directe des follicules pileux par l’IGF-1. Ce signe, discret au début, peut être le motif d’une consultation dermatologique isolée avant que le diagnostic d’acromégalie ne soit posé.
Modifications muqueuses
La langue peut s’hypertrophier (macroglossie) et présenter un aspect plissé ou festonné. L’hypertrophie gingivale et l’écartement des dents complètent le tableau des modifications des muqueuses oropharyngées. Ces signes, visibles à l’examen clinique, font partie intégrante du tableau acromégalique.
⚠ Signe d’alerte : Toute hyperhidrose inexpliquée associée à un épaississement progressif des traits du visage ou des extrémités, même discret, doit faire évoquer une acromégalie et motivera un dosage de l’IGF-1 sérique.
Acanthosis nigricans : marqueur cutané clé de l’insulinorésistance induite
L’acanthosis nigricans est une dermatose hyperkératosique et hyperpigmentée, siégeant de façon symétrique dans les grands plis (aisselles, nuque, aine). Sa présence dans le contexte d’une hypersécrétion de GH ou d’un traitement par IGF-1 mérite une attention particulière du dermatologue.
Mécanisme physiopathologique
Deux voies expliquent son apparition en cas d’excès de GH :
Action directe de l’IGF-1 : les kératinocytes de l’épiderme portent des récepteurs à l’IGF-1. En situation de surcharge en GH/IGF-1, ces récepteurs sont suractivés, entraînant une prolifération anormale des kératinocytes et des fibroblastes dermiques responsable de l’hyperkératose et de l’hyperpigmentation caractéristiques.
Insulinorésistance induite : la GH est une hormone hyperglycémiante et diabétogène. Un excès chronique induit une insulinorésistance périphérique. L’hyperinsulinisme compensatoire active à son tour les récepteurs à l’IGF-1 des kératinocytes (molécules structurellement proches de l’insuline), amplifiant la prolifération épidermique.
Dans les formes sévères d’insulinorésistance associées à une hypersécrétion de GH, l’acanthosis nigricans peut être remplacé ou complété par des molluscum pendulum des plis (acrochordons), dont la signification sémiologique est identique. Des signes acromégaloïdes (faciès, hypertrophie musculaire) peuvent coexister du fait des effets anaboliques de l’hyperinsulinisme majeur.
Cas particulier : Un traitement prolongé par hormone de croissance exogène ou par IGF-1 recombinant (Increlex®) peut induire un acanthosis nigricans et, plus rarement, des lésions psoriasiformes, en particulier en présence d’une insulinorésistance sous-jacente.
Vous observez des taches sombres dans les plis ? L’acanthosis nigricans peut révéler un trouble hormonal sous-jacent. Une consultation dermatologique permettra d’orienter le bilan.
La somatropine est prescrite à des doses thérapeutiques précises dans des indications reconnues : retard de croissance par déficit en GH chez l’enfant, syndrome de Turner, insuffisance rénale chronique de l’enfant, et certaines indications adultes (déficit sévère en GH, cachexie liée au VIH). À ces doses, les effets cutanés sont généralement minimes mais méritent d’être connus.
Effets attendus et bénéfiques
À doses physiologiques de substitution, la GH restaure l’épaisseur dermique et améliore la qualité de la peau chez les patients déficitaires. La peau reprend fermeté et tonicité, la cicatrisation peut s’améliorer, et le capital collagénique se reconstitue progressivement. Ces effets expliquent l’intérêt (controversé et non médical) de la GH dans le domaine de la médecine anti-âge.
Effets indésirables cutanés et péri-cutanés
Effet indésirable
Mécanisme
Fréquence
Rétention hydrosodée / œdèmes
Effet antinatriurétique de la GH
Fréquent (adulte)
Séborrhée / peau grasse
Hypertrophie des glandes sébacées
Occasionnel
Gynécomastie
Stimulation du tissu mammaire (homme)
Rare
Acanthosis nigricans
IGF-1 + insulinorésistance
Rare (dose-dépendant)
Lésions psoriasiformes
Surexpression du récepteur IGF-1 dans l’épiderme psoriasique
Très rare
Réactions au site d’injection
Lipodystrophie locale, érythème
Occasionnel
⛔ Contre-indications absolues : Le traitement par GH est contre-indiqué en cas de néoplasie active ou d’antécédent de tumeur intracrânienne maligne. La GH stimulant la prolifération cellulaire via IGF-1, tout cancer ou précancéreux cutané connu doit être signalé à l’endocrinologue avant d’initier un traitement.
Dopage à la GH : signes cutanés d’alerte pour le dermatologue
Depuis les années 1990, la GH recombinante est interdite par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) en et hors compétition. Pourtant, son usage détourné reste répandu dans les milieux de musculation, de sports de force et parmi les personnes recherchant un effet anti-âge. La détection est difficile en raison de la courte demi-vie plasmatique de l’hormone (20 à 30 minutes). Le dermatologue peut être la première porte d’entrée de suspicion.
Tableau clinique cutané du dopage à la GH
À doses supra-physiologiques, les effets cutanés suivants peuvent attirer l’attention :
Séborrhée importante et acné : l’hyperstimulation des glandes sébacées génère une peau franchement grasse. L’acné qui en résulte peut être sévère, à tendance kystique ou nodulaire, notamment dans les zones androgéno-sensibles (dos, épaules, nuque). Elle peut résister aux traitements topiques habituels.
Œdèmes des tissus mous : le visage, le cou et les doigts peuvent prendre un aspect gonflé, « bouffi », en lien avec l’effet antinatriurétique de la GH. Ces œdèmes sont dose-dépendants et régressent à l’arrêt.
Hypertrichose modérée : une pilosité plus fournie et plus foncée peut apparaître.
Modifications progressives des traits : en cas d’usage prolongé, les traits du visage s’épaississent, les mains et les pieds augmentent de volume — tableau acromégaloïde iatrogène.
Association avec les anabolisants stéroïdiens
Le dopage à la GH est souvent combiné à des stéroïdes anabolisants androgènes (SAA). L’association amplifie considérablement les effets cutanés : l’acné devient alors fulminante, potentiellement kystique, nécessitant parfois une isotrétinoïne. Attention : l’association isotrétinoïne + anabolisants hépatotoxiques majore le risque d’hépatotoxicité — cette situation impose un suivi biologique rigoureux.
Signes cutanés devant alerter sur un possible dopage : acné sévère dorsale chez un adulte sans antécédent, associée à une masse musculaire disproportionnée, des œdèmes faciaux ou des mains, et une peau grasse d’installation récente.
Prise en charge dermatologique des manifestations cutanées
Face à une suspicion d’acromégalie
Le dermatologue qui constate un épaississement cutané progressif, une hyperhidrose persistante ou un acanthosis nigricans inexpliqué doit adresser le patient à un endocrinologue. Le bilan de première intention comprend un dosage de l’IGF-1 sérique (test de dépistage) et, en cas d’élévation, un test de freinage par hyperglycémie provoquée. L’IRM hypophysaire précisera la présence et la taille d’un éventuel adénome.
Traitement des manifestations cutanées spécifiques
La prise en charge de l’affection causale est toujours prioritaire (chirurgie transphénoïdale, analogues de la somatostatine, antagoniste du récepteur GH — pegvisomant). Sur le plan dermatologique :
Séborrhée et acné : nettoyants non comédogènes, peroxyde de benzoyle, rétinoïdes topiques. En cas d’acné sévère, l’isotrétinoïne orale peut être envisagée après contrôle du bilan hépatique et en dehors de tout dopage associé.
Acanthosis nigricans : le traitement de la cause (correction de l’insulinorésistance, prise en charge de l’obésité associée) entraîne une régression partielle ou totale des lésions. Localement, des kératolytiques (acide salicylique, urée) peuvent améliorer l’aspect.
Hyperhidrose : antiperspirants à base de sels d’aluminium en première intention ; injections de toxine botulinique pour les cas réfractaires axillaires ou palmaires.
Hypertrichose : épilation laser ou lumière pulsée après stabilisation hormonale, les repousses restant fréquentes en phase active.
✓ Bonne pratique : Lors de l’initiation d’un traitement par GH (enfant ou adulte), un examen cutané de référence est recommandé, incluant la recherche d’un acanthosis nigricans des plis et l’évaluation de la séborrhée, afin de documenter toute évolution sous traitement.
Une question sur votre peau en lien avec un traitement hormonal ? Le Dr Rousseau, dermatologue à Bordeaux, répond à vos questions en téléconsultation. Accès rapide, sans déplacement.
Quels sont les principaux effets cutanés d’un excès d’hormone de croissance ?
Un excès de GH provoque un épaississement de la peau (pachydermie), une hyperhidrose marquée, une séborrhée accrue pouvant évoluer vers l’acné, et une hypertrichose. Via l’insulinorésistance et la suractivation de l’IGF-1, il peut également induire un acanthosis nigricans dans les plis corporels.
L’acanthosis nigricans peut-il être causé par l’hormone de croissance ?
Oui. La GH stimule la production d’IGF-1 qui active directement les récepteurs des kératinocytes et provoque leur prolifération anormale. De plus, la GH induit une insulinorésistance, facteur déclenchant classique de l’acanthosis nigricans.
Le traitement par hormone de croissance chez l’enfant donne-t-il des effets cutanés ?
À doses thérapeutiques, les effets cutanés sont rares chez l’enfant. En revanche, à doses supra-physiologiques ou lors d’un dopage, séborrhée, acné, hypertrichose et œdèmes des tissus mous peuvent apparaître.
Quelle est la différence entre les manifestations cutanées de l’acromégalie et celles du dopage à la GH ?
Dans l’acromégalie, les modifications cutanées sont progressives sur des années (pachydermie sévère, traits grossiers, hypertrichose marquée). Dans le dopage, les signes sont dose-dépendants et réversibles à l’arrêt : séborrhée, acné, rétention hydrique et léger gonflement des tissus mous.
Quand consulter un dermatologue face à des signes cutanés évocateurs d’un excès de GH ?
Une consultation s’impose devant l’apparition d’un acanthosis nigricans dans les plis, un épaississement progressif de la peau du visage ou des extrémités, une hyperhidrose inexpliquée, ou une acné sévère résistante aux traitements habituels, surtout si elle s’accompagne de modifications morphologiques.
Lobie PE, Garcia-Aragon J, Lincoln DT, et al. Localization of the growth hormone receptor/binding protein in skin. J Endocrinol. 1990;126(3):467-472. [PubMed]
Chanson P, Salenave S. Acromégalie. Presse Med. 2009;38(1):92-102. [PubMed]
Melnik BC. Linking diet to acne metabolomics, inflammation, and comedogenesis: an update. Clin Cosmet Investig Dermatol. 2015;8:371-388. [PubMed]
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Contracné® (isotrétinoïne) : indications, contre-indications et conseils pratiques
Contracné® est un médicament contenant de l’isotrétinoïne, dérivé de synthèse de la vitamine A (rétinoïde oral). Son nom — Contracné® — rappelle directement l’une des obligations fondamentales du traitement : la contraception obligatoire chez la femme en âge de procréer, en raison de la tératogénicité majeure de la molécule. C’est l’une des spécialités françaises à base d’isotrétinoïne disponibles depuis le retrait du Roaccutane® en 2013, avec Curacné® et Procuta®. Il est prescrit dans le traitement de l’acné sévère. Sa prescription initiale est réservée au dermatologue ou au spécialiste.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Contracné® est indiqué dans le traitement de l’acné sévère nodulo-kystique, de l’acné à risque cicatriciel élevé et de l’acné résistante après 3 mois d’antibiothérapie orale bien conduite associée à un traitement topique. La dose habituelle est de 0,5 à 1 mg/kg/jour jusqu’à une dose cumulée de 120 à 150 mg/kg — objectif indispensable pour éviter les rechutes.
Pour le détail complet des indications par grade HAS, du mécanisme d’action, de la posologie et du Programme de Prévention de la Grossesse (PPG) : voir notre guide complet de l’isotrétinoïne.
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ACNE
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Le nom Contracné® rappelle l’obligation absolue de contraception chez toute femme en âge de procréer traitée par isotrétinoïne. L’isotrétinoïne est un tératogène majeur — elle provoque des malformations fœtales graves (cardiaques, crânio-faciales, neurologiques) dans environ 25 % des grossesses exposées.
Le Programme de Prévention de la Grossesse (PPG) impose une contraception efficace débutée 1 mois avant le traitement, poursuivie pendant toute sa durée et jusqu’à 2 mois après l’arrêt. Un test de grossesse négatif est obligatoire dans les 3 jours précédant chaque prescription mensuelle. En cas de grossesse sous Contracné®, arrêter immédiatement et contacter le médecin en urgence pour un avis de tératologie médicale.
⚠️ Certains contraceptifs peuvent aggraver l’acné — notamment ceux contenant du lévonorgestrel ou du désogestrel. Votre dermatologue peut vous orienter vers un contraceptif compatible voire bénéfique pour l’acné (acétate de cyprotérone, drospérinone, norgestimate). Voir notre article sur le traitement de l’acné chez la femme.
Contre-indications de Contracné®
Contre-indication
Raison
Grossesse et allaitement ⚠️
Tératogénicité majeure — malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️
Contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et 2 mois après
L’isotrétinoïne élève les triglycérides — risque de pancréatite aiguë
Hypervitaminose A ou suppléments vitamine A
Risque d’effets toxiques cumulatifs
Conseils pratiques pour le traitement par Contracné®
Lèvres et peau sèche — appliquer un baume labial dès le début du traitement (Homéoplasmine®, Bepanthen®) et un émollient riche non comédogène matin et soir. La chéilite est quasi constante et témoigne de l’efficacité du traitement.
Soleil et UV — protection solaire indice 50 obligatoire toute la durée du traitement. UV artificiels contre-indiqués.
Crèmes irritantes — interrompre rétinoïdes topiques, acides (AHA, BHA), exfoliants et peroxyde de benzoyle — inutiles et irritants sur peau fragilisée par Contracné®.
Épilations à la cire — formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt (risque de décollement épidermique). Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire uniquement.
Lentilles de contact — la sécheresse oculaire sous Contracné® impose de préférer les lunettes pendant toute la durée du traitement.
Sport intensif et alcool — à éviter (myalgies dose-dépendantes et interaction avec le bilan hépatique et lipidique).
Aggravation initiale — une exacerbation des lésions dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et attendue. Ne pas interrompre sans avis médical.
💡 Surveillance biologique obligatoire — bilan lipidique (triglycérides, cholestérol) et transaminases avant le traitement puis toutes les 4 à 6 semaines. Chez la femme, test de grossesse négatif obligatoire avant chaque prescription mensuelle.
Contracné® et risque psychiatrique
La controverse sur un lien entre isotrétinoïne et dépression existe depuis 1982. La conclusion des autorités sanitaires françaises (ANSM) est que ce lien n’est pas établi au niveau d’une population de patients. Pour une analyse complète et actualisée : Isotrétinoïne et dépression — ce que dit la science en 2025.
Voici l’exemple d’une jeune femme qui avait une acné sévère depuis plusieurs années, vous n’aurez pas de mal à croire qu’elle a une meilleure humeur pendant qu’avant le traitement…
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Qu’est-ce que le Contracné® ?
Contracné® est un médicament à base d’isotrétinoïne, rétinoïde oral puissant indiqué dans les formes sévères d’acné résistantes aux traitements topiques et aux antibiotiques oraux.
Quels sont les effets secondaires du Contracné® ?
Les effets secondaires les plus fréquents sont la sécheresse cutanée et des lèvres (chéilite), la photosensibilité et l’élévation des triglycérides. Un suivi biologique mensuel est indispensable pendant toute la durée du traitement.
Le Contracné® est-il dangereux pour la grossesse ?
Oui, le Contracné® est strictement contre-indiqué pendant la grossesse en raison de son effet tératogène majeur. Une contraception efficace est obligatoire pendant et un mois après la fin du traitement.
Combien de temps dure un traitement par Contracné® ?
Un traitement par Contracné® dure généralement 4 à 6 mois. La posologie est adaptée au poids du patient. Une seule cure est souvent suffisante pour obtenir une rémission prolongée de l’acné sévère.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Érythromycine topique : principes et spécialités
L’érythromycine est un antibiotique de la famille des macrolides utilisé en dermatologie sous forme de gel ou solution à 4% pour traiter l’acné vulgaire légère à modérée. Les principales spécialités disponibles en France sont Eryacne® 4% gel, Erythrogel® 4% gel et Érythromycine Bailleul® solution, toutes bioéquivalentes.
ℹ️ Information clé
La résistance de Cutibacterium acnes à l’érythromycine est supérieure à celle observée avec la clindamycine. Pour cette raison, les recommandations actuelles préconisent l’association systématique au peroxyde de benzoyle et limitent la durée de traitement à 3 mois.
Mécanisme d’action
L’érythromycine inhibe la synthèse protéique bactérienne en se fixant sur la sous-unité 50S ribosomale. Elle est bactériostatique vis-à-vis de Cutibacterium acnes, ce qui réduit l’inflammation acnéique. Son spectre d’action couvre les bactéries gram-positives, dont C. acnes.
Résistances bactériennes : un enjeu majeur
La résistance de Cutibacterium acnes à l’érythromycine est en augmentation constante en Europe. En France, les taux de résistance à l’érythromycine sont plus élevés qu’à la clindamycine, ce qui incite à préférer cette dernière en première intention selon les recommandations dermatologiques actuelles.
Antibiotique topique
Résistance relative de C. acnes
Préférence clinique
Érythromycine 4%
Élevée (en augmentation)
Deuxième intention
Clindamycine 1%
Modérée
Première intention
⚠️ Attention résistances
N’utilisez pas l’érythromycine topique en monothérapie au-delà de 3 mois. Associez-la systématiquement au peroxyde de benzoyle et réévaluez l’efficacité avec votre dermatologue au terme du traitement d’attaque.
L’érythromycine est-elle efficace contre l’acné ?
Oui, à 4% en topique, elle est active sur Cutibacterium acnes. La résistance est toutefois plus fréquente qu’à la clindamycine, ce qui peut limiter son efficacité en cas de souches résistantes.
Quelles spécialités contiennent de l’érythromycine pour l’acné ?
Eryacne® 4%, Erythrogel® 4% et Érythromycine Bailleul® sont les principales spécialités bioéquivalentes disponibles sur prescription en France.
Pourquoi l’érythromycine doit-elle être associée au peroxyde de benzoyle ?
Pour prévenir les résistances bactériennes et améliorer l’efficacité par des mécanismes d’action complémentaires. La monothérapie antibiotique prolongée est fortement déconseillée.
Peut-on utiliser l’érythromycine topique pendant la grossesse ?
Généralement acceptable en raison de la faible absorption systémique, mais un avis médical reste indispensable avant toute prescription ou modification de traitement pendant la grossesse.
Références
Ross JI et al. Antibiotic-resistant acne: lessons from Europe. Br J Dermatol. 2003;148(3):467-78. PMID: 12653738
Dreno B et al. European recommendations on the use of oral antibiotics for acne. Eur J Dermatol. 2004;14(6):391-9. PMID: 15564203
Nast A et al. European evidence-based guidelines for acne treatment. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2012;26 Suppl 1:1-29. PMID: 22256616
ANSM — Résumé des caractéristiques du produit Eryacne® 40 mg/g gel pour application cutanée.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Qu’est-ce que Roaccutane gel® ?
Roaccutane gel® est une formulation topique à base d’isotrétinoïne 0,05 % en gel pour application locale. À ne pas confondre avec Roaccutane® oral (isotrétinoïne en capsules), il est indiqué dans l’acné légère à modérée et nécessite une ordonnance (liste 1). Il n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.
ℹ️ Différence avec Roaccutane® oral Roaccutane gel® est une forme locale réservée aux acnés légères à modérées. Roaccutane® oral (capsules de 10 à 40 mg) est réservé aux acnés sévères et impose un protocole de surveillance strict (Programme de Prévention des Grossesses).
Mécanisme d’action
L’isotrétinoïne topique agit localement en normalisant la différenciation épidermique et en réduisant la production de sébum folliculaire. Elle exerce également une action anti-inflammatoire et comédolytique.
Mode d’emploi
Appliquez Roaccutane gel® une fois par jour, le soir, sur peau propre et sèche, en couche fine sur les zones acnéiques. Évitez le contour des yeux, la bouche et les muqueuses. Attendez 20-30 minutes après le nettoyage avant l’application pour réduire l’irritation.
⚠️ Photosensibilité L’isotrétinoïne topique est photosensibilisante. Appliquez un écran solaire SPF 50+ chaque matin et évitez les expositions prolongées au soleil pendant le traitement.
Précautions et contre-indications
Situation
Conduite à tenir
Grossesse
Contre-indiqué — rétinoïdes tératogènes
Soleil
SPF 50+ obligatoire le matin
Association avec exfoliants
À éviter (risque d’irritation cumulative)
Peau irritée
Interrompre temporairement
💡 Conseil du Dr Rousseau Utilisez un émollient non comédogène matin et soir pour améliorer la tolérance. En cas d’acné modérée à sévère, l’isotrétinoïne topique sera insuffisante : une prise en charge par voie orale sera nécessaire.
Roaccutane gel® et Roaccutane® oral sont-ils la même chose ? Non. Le gel est une forme topique pour acné légère à modérée. L’oral est réservé aux acnés sévères avec surveillance stricte.
Comment utiliser Roaccutane gel® ? Une fois par jour le soir sur peau propre et sèche. SPF 50+ obligatoire le matin. Évitez les yeux et les muqueuses.
Roaccutane gel® est-il remboursé ? Non. Il est inscrit sur la liste 1 mais non remboursé par la Sécurité sociale.
Quels sont les effets secondaires de Roaccutane gel® ? Sécheresse, rougeurs, desquamation et brûlures légères en début de traitement, qui s’atténuent progressivement.
Références
Leyden JJ et al. Why topical retinoids are mainstay of therapy for acne. Dermatol Ther. 2017. PMID 28585191
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016. PMID 26897386
Thiboutot D et al. New insights into the management of acne. J Am Acad Dermatol. 2009. PMID 19376456
HAS. Acné : recommandations de bonnes pratiques. has-santé.fr, 2015.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Curacné® (isotrétinoïne) : indications, contre-indications et conseils d’utilisation
Curacné® est un médicament contenant de l’isotrétinoïne, un dérivé de synthèse de la vitamine A (rétinoïde). C’est l’un des noms commerciaux de l’isotrétinoïne disponibles en France, avec Contracné®, Procuta® et les génériques. Il est prescrit dans le traitement de l’acné sévère — formes nodulo-kystiques, acné cicatrisante ou résistante aux antibiotiques. Sa prescription initiale est réservée au dermatologue ou au spécialiste.
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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Curacné® est indiqué dans le traitement de l’acné sévère (nodulo-kystique, acné à risque cicatriciel élevé, acné résistante après 3 mois d’antibiothérapie orale bien conduite associée à un traitement topique). La dose habituelle est de 0,5 à 1 mg/kg/jour, jusqu’à une dose cumulée totale de 120 à 150 mg/kg. C’est le seul traitement anti-acné potentiellement curatif — il réduit durablement la taille et l’activité des glandes sébacées.
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Tératogénicité majeure — malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️
Contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et 2 mois après le traitement
Association aux cyclines
Risque d’hypertension intracrânienne bénigne
Insuffisance hépatique ou rénale sévère
Risque d’accumulation du médicament
Hyperlipidémie non contrôlée
L’isotrétinoïne élève les triglycérides — risque de pancréatite
Hypervitaminose A ou supplémentation en vitamine A
Risque d’effets toxiques cumulatifs
Conseils pratiques pour le traitement par Curacné®
Lèvres et peau sèche — la chéilite (lèvres sèches et gercées) et la sécheresse cutanée sont quasi constantes sous Curacné® et témoignent de l’efficacité du traitement. Appliquer un baume labial dès le début du traitement (Homéoplasmine®, Bepanthen®) et un émollient riche non comédogène matin et soir.
Soleil et UV — protection solaire indice 50 obligatoire pendant toute la durée du traitement. Les UV sont contre-indiqués (photosensibilité augmentée sous isotrétinoïne).
Crèmes irritantes — interrompre les rétinoïdes topiques, acides (AHA, BHA), exfoliants et peroxyde de benzoyle pendant le traitement — inutiles et irritants sur peau déjà fragilisée par Curacné®.
Épilations à la cire — formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt (risque de décollement épidermique). Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire.
Lentilles de contact — la sécheresse oculaire induite par Curacné® rend le port de lentilles inconfortable voire douloureux. Préférer les lunettes pendant toute la durée du traitement.
Sport de haut niveau — à éviter pendant le traitement (risque de myalgies et de rhabdomyolyse à l’effort intense sous isotrétinoïne).
Alcool — à éviter pendant le traitement (interaction avec le bilan hépatique et élévation des triglycérides).
Aggravation initiale — une exacerbation des boutons dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et fait partie du mécanisme d’action de l’isotrétinoïne. Ne pas interrompre le traitement sans en parler au médecin.
💡 Surveillance biologique — avant traitement puis toutes les 4 à 6 semaines : transaminases (ASAT, ALAT) et bilan lipidique complet (triglycérides, cholestérol). Une élévation des triglycérides impose de réduire les graisses alimentaires et l’alcool. Taux très élevé = réduction de dose ou arrêt.
Curacné® et risque psychiatrique — dépression, suicide
Une controverse existe depuis la commercialisation de l’isotrétinoïne en 1982 sur un possible lien avec la dépression et les idées suicidaires. La conclusion des autorités sanitaires françaises (ANSM) après révision complète des données disponibles est que « le lien entre la prise d’isotrétinoïne et la survenue de troubles psychiatriques n’est pas établi au niveau d’une population de patients. »
Pour une analyse complète et actualisée de cette question — données neurobiologiques, études épidémiologiques, biais de confusion avec l’acné sévère elle-même, et périodes cliniquement à risque — voir notre article dédié : Isotrétinoïne (Roaccutane®) et dépression — ce que dit la science.
En pratique : évaluer le terrain psychologique avant de débuter Curacné®, informer le patient des deux périodes de vulnérabilité clinique, et signaler sans délai tout changement d’humeur au médecin prescripteur pendant le traitement.
Voici l’exemple d’une jeune femme qui avait une acné sévère depuis plusieurs années, vous n’aurez pas de mal à croire qu’elle a une meilleure humeur pendant qu’avant le traitement…
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Qu’est-ce que Curacné® ?
Curacné® est un médicament à base d’isotrétinoïne indiqué dans les formes sévères d’acné résistantes aux antibiotiques et aux traitements topiques. C’est un rétinoïde oral très efficace mais nécessitant une surveillance médicale stricte.
Quels sont les effets secondaires de Curacné® ?
Les effets secondaires les plus fréquents incluent la sécheresse cutanée et des lèvres, la photosensibilité, des douleurs musculaires et une élévation des triglycérides. Un suivi biologique mensuel est obligatoire.
Curacné® est-il compatible avec la grossesse ?
Non, Curacné® est absolument contre-indiqué pendant la grossesse en raison de son tératogénicité majeure. Une contraception efficace est obligatoire pendant toute la durée du traitement et un mois après son arrêt.
Quelle est la durée d’un traitement par Curacné® ?
Un traitement par Curacné® dure habituellement 4 à 6 mois. La dose est calculée en fonction du poids corporel. Une seule cure suffit généralement à obtenir une rémission prolongée ou définitive de l’acné sévère.
Soigner l’acné au laser : quels lasers, quelle efficacité, quel déroulement ?
Le laser représente une alternative ou un complément aux traitements médicamenteux de l’acné — en particulier quand les traitements oraux sont contre-indiqués, refusés ou insuffisants. 6 millions de personnes souffrent d’acné en France, générant 5,4 millions de prescriptions médicales annuelles, et plus de 30 % des femmes adultes présentent une acné tardive supportant mal les traitements locaux agressifs. Plusieurs technologies laser ciblent l’acné par des mécanismes différents — avec des niveaux d’efficacité et de durabilité très variables selon la longueur d’onde utilisée.
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Un laser est une source de lumière composée de photons d’une seule longueur d’onde (lumière cohérente et monochromatique). Selon cette longueur d’onde, la lumière laser est absorbée de façon sélective par différentes cibles dans la peau — c’est le principe de la photothermolyse sélective.
L’acné résulte de trois mécanismes principaux que les lasers peuvent cibler différemment : l’hypersécrétion et hypertrophie des glandes sébacées (excès de sébum), la prolifération bactérienne de Cutibacterium acnes dans le follicule, et l’inflammation péri-folliculaire. Les lasers agissent sur l’un ou plusieurs de ces mécanismes selon leur longueur d’onde.
On distingue deux grandes stratégies d’action :
Action anti-bactérienne et anti-inflammatoire — les lumières bleues (415 nm) activent les porphyrines produites par C. acnes et le détruisent par photo-activation. Les lumières rouges (630-700 nm) ont un effet anti-inflammatoire. Les lumières pulsées intenses (IPL) et les lasers vasculaires ciblent les vaisseaux péri-lésionnels. Ces approches réduisent les lésions inflammatoires rapidement mais avec un taux élevé de récidives à l’arrêt — elles ne s’attaquent pas à la cause sébacée.
Action sur la glande sébacée — les lasers infrarouge (1450 nm, 1540 nm, et surtout 1726 nm) pénètrent jusqu’au derme profond où siègent les glandes sébacées et réduisent leur volume et leur activité sécrétoire. C’est cette approche qui offre les résultats les plus durables.
Ces lasers infrarouge pénètrent jusqu’aux glandes sébacées du derme moyen et induisent une réduction de leur taille et de leur activité. Les publications sur le laser diode 1450 nm sont prometteuses, notamment dans l’acné de la femme microkystique. Un protocole standard de 4 séances espacées de 3-4 semaines réduit significativement les lésions rétentionnelles (microkystes, points noirs) et diminue le sébum. Les récidives à l’arrêt existent mais sont moins fréquentes qu’avec les lumières bleues/rouges.
Photothérapie dynamique (PDT)
La photothérapie dynamique consiste à appliquer un agent photosensibilisant (acide aminolévulinique — ALA) sur la peau acnéique pendant 30 minutes à 3 heures, puis à irradier la zone avec une lumière rouge ou bleue. L’ALA est capté préférentiellement par les glandes sébacées hyperactives et les follicules colonisés par C. acnes — la photo-activation détruit sélectivement ces structures. Utilisée hors AMM en France pour l’acné, elle donne des résultats significatifs mais est limitée par une réaction post-traitement (rougeur, desquamation) plus marquée.
Lumière pulsée intense (IPL) et laser vasculaire à colorant pulsé
Ces technologies ciblent l’hémoglobine des vaisseaux péri-lésionnels et réduisent l’érythème et l’inflammation des boutons rouges. Elles sont efficaces sur la composante vasculaire et inflammatoire de l’acné mais sans effet direct sur les glandes sébacées — les récidives à l’arrêt sont la règle. Utiles en complément d’un traitement médical ou pour les rougeurs post-acné résiduelles.
Laser 1726 nm — la technologie la plus prometteuse
Le laser à 1726 nm représente l’avancée la plus significative dans le laser acné des dernières années. Sa particularité est d’être absorbé de façon très sélective par le sébum, avec une absorption très faible par les autres chromophores cutanés (eau, mélanine, hémoglobine, protéines). Cette sélectivité permet une photothermolyse quasi exclusive des glandes sébacées — le mécanisme est analogue à celui du laser vasculaire sur les vaisseaux ou du laser épilation sur le bulbe pilaire pigmenté.
Les premières études remontent à 2006, et les publications récentes confirment un résultat remarquable : une étude américaine montre qu’à 12 mois après la dernière séance, on observe 80 % de réduction des lésions d’acné en monothérapie laser. L’atrophie secondaire des glandes sébacées, obtenue par apoptose progressive sur plusieurs semaines, explique la durabilité des résultats — contrairement aux lumières bleues/rouges qui n’agissent que sur l’inflammation.
💡 Indication principale du laser 1726 nm : les cas où l’isotrétinoïne est indiquée mais non réalisable — contre-indication médicale, refus de contraception obligatoire, intolérance aux effets secondaires. C’est une alternative crédible à l’isotrétinoïne dans ces situations, sans les risques systémiques associés.
L’amélioration est progressive — l’atrophie des glandes sébacées se fait par apoptose sur plusieurs semaines, et la résorption des lésions déjà présentes prend 2 à 3 mois. La survenue de nouvelles lésions diminue généralement à partir de la deuxième séance, permettant souvent aux patients de réduire voire arrêter leur traitement anti-acné concomitant.
Une longueur d’onde légèrement supérieure à 1708 nm est également à l’étude — elle pénètre plus profondément et pourrait détruire encore plus sélectivement les glandes sébacées profondes, notamment dans l’acné nodulo-kystique.
Lumières bleues et rouges en vente sur Internet — que valent-elles ?
Les dispositifs LED à domicile émettant des lumières bleues (415 nm, anti-bactérienne) et rouges (630 nm, anti-inflammatoire) sont de plus en plus accessibles sur Internet et en pharmacie. Leur puissance est nettement inférieure aux appareils médicaux utilisés par le dermatologue. Néanmoins, une méta-analyse publiée en 2025 confirme une efficacité réelle de ces dispositifs sur les lésions inflammatoires légères à modérées d’acné.
Points à retenir sur ces appareils : ils sont sans danger sur la peau (pas d’UV, pas de chaleur excessive), peuvent être utilisés en complément d’un traitement topique pour en potentialiser les effets, et sont particulièrement utiles pour l’entretien entre les séances en cabinet. En revanche, ils n’ont aucun effet sur les glandes sébacées ni sur les lésions rétentionnelles (points noirs, microkystes) et ne remplacent pas une prise en charge médicale pour les formes modérées à sévères.
Comment se déroule une séance de laser acné ?
La séance se réalise sur peau propre et démaquillée, sans crème ni maquillage. Des lunettes ou coques de protection oculaire sont obligatoires pour le patient et le praticien pendant toute la durée de l’irradiation. Une crème anesthésiante (EMLA®) peut être appliquée 1 heure avant la séance pour les zones sensibles.
L’impact laser provoque une sensation de picotement et de chaleur à chaque tir. La peau est rouge pendant quelques heures après la séance — cette réaction érythémateuse est normale et attendue. Pour le laser 1726 nm, une légère desquamation les jours suivants est possible.
Il est possible d’observer une aggravation transitoire de l’acné dans les premières semaines, notamment si aucun traitement anti-acné n’avait été initié avant les séances — cette purge initiale est liée à la destruction des glandes sébacées et des follicules colonisés. Elle est passagère et ne doit pas faire interrompre le traitement.
Le laser acné est réalisé à distance de toute exposition solaire importante et est évité pendant la grossesse. L’espacement habituel entre les séances est de 3 à 4 semaines, avec un protocole de 3 à 6 séances selon la technologie et la sévérité de l’acné.
Il existe également des lasers spécifiques pour traiter les cicatrices d’acné — lasers fractionnels CO2 et Erbium — qui sont différents des lasers anti-acné et utilisés après extinction complète de l’acné.
Tableau comparatif des technologies laser et lumière pour l’acné
Technologie
Cible
Efficacité
Durabilité
Indication principale
Lumière bleue (415 nm)
C. acnes
Modérée
Faible — récidives fréquentes
Acné légère inflammatoire
Lumière rouge (630 nm)
Inflammation
Modérée
Faible
Complément anti-inflammatoire
IPL / Laser vasculaire
Vaisseaux, érythème
Bonne sur rougeurs
Faible sur acné active
Rougeurs post-acné
PDT (photothérapie dynamique)
Glande sébacée + C. acnes
Bonne
Intermédiaire
Acné modérée à sévère (hors AMM)
Laser diode 1450 nm
Glande sébacée
Bonne
Intermédiaire
Acné femme, microkystes
Laser 1726 nm
Sébum / glande sébacée
Très bonne (−80% à 12 mois)
Longue durée
Isotrétinoïne refusée ou CI
Questions fréquentes sur le laser acné
Le laser acné est-il remboursé par la Sécurité Sociale ?
Non. Aucune des techniques laser pour l’acné n’est remboursée par l’Assurance Maladie en France — elles sont réalisées dans le cadre de soins esthétiques ou hors AMM. Le coût d’une séance varie selon la technologie et la surface traitée, de 150 à 400 € environ. Un devis préalable est obligatoire.
Le laser acné est-il efficace sur les points noirs et microkystes ?
Oui, mais uniquement avec les lasers infrarouge (1450 nm, 1726 nm) qui réduisent la sécrétion de sébum et la taille des glandes sébacées, et resserrent les pores dilatés. Les lumières bleues et rouges n’ont aucun effet sur les lésions rétentionnelles — elles n’agissent que sur la composante inflammatoire et bactérienne.
Combien de séances de laser faut-il pour soigner l’acné ?
Le nombre de séances dépend de la technologie et de la sévérité de l’acné. Pour le laser 1450 nm, un protocole standard est de 4 séances espacées de 3-4 semaines. Pour le laser 1726 nm, 3 à 4 séances suffisent dans les études publiées. Les lumières bleues/rouges nécessitent souvent des séances plus fréquentes (2 fois/semaine) avec des résultats plus variables.
Peut-on faire du laser acné pendant un traitement à l’isotrétinoïne ?
Non — l’isotrétinoïne est une contre-indication formelle aux actes laser et peeling pendant le traitement et pendant les 6 à 12 mois suivant son arrêt. Elle fragilise la peau et altère la cicatrisation, exposant à des cicatrices paradoxales. Le laser 1726 nm est précisément indiqué quand l’isotrétinoïne est refusée ou contre-indiquée — c’est une alternative, pas un complément.
Le laser acné est-il douloureux ?
La sensation ressentie est un picotement vif et une chaleur locale à chaque tir laser — comparable à un élastique qui claque sur la peau. Une crème anesthésiante (EMLA®) appliquée 1 heure avant réduit significativement l’inconfort. La rougeur post-séance dure quelques heures. La reprise des activités est immédiate.
Les appareils LED à domicile peuvent-ils remplacer le laser en cabinet ?
Non. La puissance des appareils grand public est nettement inférieure aux appareils médicaux. Ils peuvent avoir un effet d’appoint sur les lésions légères et servir d’entretien entre les séances en cabinet, mais ne remplacent pas une prise en charge dermatologique pour une acné modérée à sévère. Ils sont sans danger utilisés selon les instructions.
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ACNE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Effizinc® : qu’est-ce que c’est ?
Effizinc® est un médicament à base de zinc gluconate (15 mg de zinc élément par comprimé), disponible sur prescription pour le traitement de l’acné vulgaire légère à modérée. Le zinc est un oligo-élément essentiel qui joue un rôle important dans la régulation de la fonction sébacée et dans la réponse inflammatoire cutanée.
ℹ️ Information clé
Effizinc® est l’un des rares traitements anti-acnéiques systémiques ne nécessitant pas de contraception particulière et pouvant être utilisé sur une longue durée. Il ne présente pas de risque de résistances bactériennes, contrairement aux antibiotiques.
Mécanisme d’action du zinc dans l’acné
Le zinc exerce plusieurs effets bénéfiques sur l’acné :
Effet anti-inflammatoire : il inhibe les médiateurs de l’inflammation cutanée
Effet antibactérien indirect : il réduit la colonisation par Cutibacterium acnes
Régulation sébacée : il module la production de sébum par les glandes sébacées
Effet antioxydant : il protège la peau du stress oxydatif
Efficacité clinique d’Effizinc®
Des études cliniques ont démontré l’efficacité du zinc gluconate dans l’acné modérée. Son efficacité est comparable à celle de la tétracycline orale 250 mg, avec un profil de tolérance nettement supérieur et sans risque de résistances bactériennes. Il est particulièrement indiqué chez les patients présentant une contre-indication aux antibiotiques oraux.
Mode d’emploi
Paramètre
Recommandation
Posologie
2 comprimés par jour (30 mg de zinc élément)
Moment de prise
Au moment des repas pour éviter les nausées
Durée
3 à 6 mois en traitement d’attaque
Premiers résultats
Visibles après 4 à 8 semaines
Effets secondaires et précautions
Effizinc® présente un excellent profil de tolérance. Les effets secondaires sont rares et bénins : nausées légères en cas de prise à jeun, inconfort gastrique transitoire. Une prise systématique avec un repas léger améliore la tolérance.
⚠️ Attention
Le zinc peut interagir avec certains médicaments (antibiotiques cyclines, bisphosphonates). Un intervalle de 2 heures minimum entre la prise de zinc et ces médicaments est recommandé.
Zinc et acné : place dans la stratégie thérapeutique
Selon la Haute Autorité de Santé, le zinc gluconate peut être utilisé dans l’acné légère à modérée, en monothérapie ou en association avec un traitement topique (rétinoïde ou peroxyde de benzoyle). Il constitue une alternative utile aux antibiotiques oraux dans une stratégie de limitation des résistances bactériennes.
Comment le zinc agit-il contre l’acné ?
Le zinc exerce un effet anti-inflammatoire, antioxydant et régulateur du sébum. Il inhibe la croissance de Cutibacterium acnes et module la réponse immunitaire cutanée, réduisant l’inflammation acnéique.
Effizinc® est-il efficace contre l’acné ?
Effizinc® a montré une efficacité comparable à celle de la tétracycline 250 mg dans des études cliniques pour l’acné modérée. Il n’induit pas de résistances bactériennes, ce qui constitue un avantage important.
Quels sont les effets secondaires d’Effizinc® ?
Les effets secondaires sont rares et bénins : nausées légères si pris à jeun. Une prise avec un repas léger améliore la tolérance digestive.
Combien de temps faut-il prendre Effizinc® pour l’acné ?
Le traitement dure généralement 3 à 6 mois. Les premiers résultats apparaissent après 4 à 8 semaines. Le dermatologue peut l’associer à un traitement topique en cas d’amélioration insuffisante.
Références
Dreno B et al. Zinc salts effects on granulocyte zinc concentration and chemotaxis in acne patients. Acta Derm Venereol. 1992;72(4):250-2. PMID: 1357886
Michaelsson G et al. A double blind study of the effect of zinc and oxytetracycline in acne vulgaris. Br J Dermatol. 1977;97(5):561-6. PMID: 145237
Verma KC et al. Oral zinc sulphate therapy in acne vulgaris. Indian J Dermatol Venereol Leprol. 1980;46(2):91-4. PMID: 12168522
Haute Autorité de Santé — Acné : prise en charge. Recommandations professionnelles. HAS, 2015.
Isotrétinoïne : mécanisme, contre-indications, effets secondaires et conseils pratiques
L’isotrétinoïne est un dérivé de la vitamine A (rétinoïde de synthèse) utilisé par voie orale dans le traitement de l’acné sévère. C’est le seul traitement anti-acné potentiellement curatif — il réduit durablement la taille et l’activité des glandes sébacées, la production de sébum, la colonisation par Cutibacterium acnes et l’inflammation folliculaire. Commercialisé depuis 1982, il reste après 40 ans le traitement de référence des acnés sévères nodulo-kystiques et des acnés résistantes aux antibiotiques. Sa prescription exige cependant des précautions strictes, notamment chez la femme en âge de procréer.
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ISOTRETINOINE « ROACCUTANE® »
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L’isotrétinoïne est disponible en France sous plusieurs noms commerciaux contenant la même molécule à des dosages différents (5 mg, 10 mg, 20 mg, 40 mg) : Contracné®, Curacné®, Procuta® et Roaccutane®. Des génériques sont également disponibles. La prescription initiale est réservée au dermatologue ou au médecin spécialiste, avec une ordonnance sécurisée renouvelable par le médecin traitant.
Indications de l’isotrétinoïne
L’isotrétinoïne est indiquée dans les situations suivantes selon les recommandations HAS/SFD :
En première intention : acné nodulo-kystique sévère (grade 5) avec risque cicatriciel élevé — dans ces formes, attendre l’échec des antibiotiques exposerait à des cicatrices définitives irréversibles.
En deuxième intention : acné résistante après 3 mois d’antibiothérapie orale bien conduite associée à un traitement topique (grades 3 et 4), acné récidivant rapidement à l’arrêt des traitements, acné sévère de la femme adulte résistante aux traitements conventionnels et hormonaux.
Situations alternatives à l’isotrétinoïne : en cas de contre-indication ou de refus, le laser 1726 nm et la photothérapie dynamique constituent des alternatives à discuter avec le dermatologue.
Mécanisme d’action
L’isotrétinoïne agit sur les quatre mécanismes pathogéniques de l’acné simultanément — c’est ce qui explique son efficacité supérieure à tout autre traitement. Elle réduit la taille des glandes sébacées de 35 à 58 % et la production de sébum de 70 à 90 % dès les premières semaines de traitement. Elle normalise la kératinisation folliculaire (disparition des comédons), réduit la colonisation par Cutibacterium acnes secondairement à l’assèchement du follicule, et exerce un puissant effet anti-inflammatoire direct.
L’atrophie des glandes sébacées persiste plusieurs mois après l’arrêt — c’est ce qui explique l’effet prolongé ou curatif chez environ 70-80 % des patients après un cycle complet à dose cumulée suffisante (120-150 mg/kg).
Contre-indications
Contre-indication
Raison
Grossesse et allaitement ⚠️
Tératogénicité majeure — risques de malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️
Même risque — contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et 2 mois après
Métabolisme hépatique de l’isotrétinoïne — risque d’accumulation
Insuffisance rénale sévère
Élimination rénale des métabolites
Hyperlipidémie non contrôlée
L’isotrétinoïne élève les triglycérides — risque de pancréatite aiguë
Hypervitaminose A
Risque d’effets toxiques cumulatifs (ne pas associer aux vitamines A)
Effets secondaires fréquents
Effets cutanéo-muqueux (très fréquents, attendus) — la sécheresse cutanée, la chéilite (lèvres sèches et gercées) et la sécheresse des muqueuses nasales sont quasi constantes et témoignent de l’efficacité du traitement. Elles se traitent par émollients riches, baume labial à appliquer plusieurs fois par jour, et solution saline nasale. La sécheresse oculaire impose de préférer les lunettes aux lentilles de contact pendant toute la durée du traitement.
Bilan biologique de surveillance — avant traitement puis tous les 1 à 3 mois : transaminases (ASAT, ALAT), bilan lipidique complet (triglycérides, cholestérol). Une élévation modérée des triglycérides est fréquente et nécessite une réduction des graisses alimentaires et de l’alcool. Une élévation majeure peut imposer la réduction de la dose ou l’arrêt.
Photosensibilité — l’exposition solaire est déconseillée pendant le traitement. La peau est plus fine et plus sensible aux UV. Protection solaire indice 50 obligatoire.
Douleurs musculaires et articulaires — myalgies et arthralgies peuvent survenir, notamment à l’effort. Le sport de haut niveau est à éviter pendant le traitement. En cas de douleurs importantes, consulter le médecin.
Acné fulminans (rare mais grave) — une aggravation brutale et sévère de l’acné peut survenir en début de traitement, particulièrement dans les formes à forte composante rétentionnelle. Elle est prévenue par un démarrage à faible dose (0,2-0,3 mg/kg/j) dans ces formes, éventuellement précédé d’un nettoyage de peau.
Épilations à la cire — formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt : risque de décollement épidermique. Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire.
Programme de prévention de la grossesse (PPG)
L’isotrétinoïne est tératogène majeur — elle provoque des malformations fœtales graves (cardiaques, crânio-faciales, neurologiques) dans environ 25 % des grossesses exposées. Un Programme de Prévention de la Grossesse (PPG) strict est obligatoire pour toute femme en âge de procréer.
Le PPG impose : un test de grossesse négatif dans les 3 jours précédant la prescription, une contraception efficace débutée 1 mois avant le traitement, des tests de grossesse mensuels pendant le traitement, la poursuite de la contraception jusqu’à 2 mois après l’arrêt, la signature d’un formulaire d’accord de soins, et l’interdiction de don du sang pendant le traitement et 1 mois après l’arrêt (le sang pourrait être transfusé à une femme enceinte).
⚠️ En cas de grossesse sous isotrétinoïne : arrêter immédiatement le traitement et contacter en urgence le médecin prescripteur. Un avis de tératologie médicale est indispensable.
Conseils pratiques pour bien vivre le traitement
Lèvres et peau sèche — appliquer un baume labial (Homéoplasmine®, Bepanthen®, vaseline) dès le début du traitement, avant que la chéilite ne s’installe. Pour la peau, utiliser un émollient riche non comédogène matin et soir. Les soins visage habituels peuvent être trop agressifs — simplifié la routine pendant le traitement.
Soleil — protection solaire indice 50 obligatoire toute l’année, même par temps nuageux. Les UV accélèrent le vieillissement cutané sur peau sous isotrétinoïne et augmentent le risque d’érythème sévère.
Aggravation initiale — une exacerbation des lésions dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et fait partie du mécanisme d’action. Elle ne signifie pas que le traitement est inefficace. Ne pas interrompre sans en parler au médecin.
Alcool — à éviter pendant le traitement (interaction avec le bilan hépatique et lipidique, risque d’élévation des triglycérides).
Crèmes irritantes — interrompre les rétinoïdes topiques, les acides (AHA, BHA, glycolique), les exfoliants et le peroxyde de benzoyle pendant l’isotrétinoïne orale — la peau est déjà fragilisée et l’association est inutile et irritante.
Effets psychiatriques — point sur la controverse
Depuis la commercialisation de l’isotrétinoïne en 1982, une controverse existe concernant les liens entre sa prescription et la survenue de troubles dépressifs, voire d’idées suicidaires. En 2004, la FDA américaine a alerté sur un risque de dépression, de troubles bipolaires, d’agressivité et de psychose. En 2005, l’isotrétinoïne est apparue dans la liste des médicaments dépressogènes en Europe.
Que sait-on aujourd’hui ? Les grandes études épidémiologiques récentes ne confirment pas de lien causal entre isotrétinoïne et dépression — les méta-analyses les plus récentes suggèrent même que l’amélioration de l’acné sous isotrétinoïne s’accompagne d’une amélioration de la qualité de vie et de l’état psychologique pour la grande majorité des patients. Le biais de confusion est important : l’acné sévère elle-même est un facteur de risque de dépression indépendant. Pour une analyse complète et actualisée de cette question, voir notre article Roaccutane et suicide — ce que dit la science.
En pratique : l’évaluation du risque dépressif avant prescription (score ADRS) est recommandée. Tout changement d’humeur, irritabilité inhabituelle, ou symptôme dépressif survenant sous traitement doit être signalé immédiatement au médecin prescripteur.
Voici l’exemple d’une jeune femme qui avait une acné sévère depuis plusieurs années, vous n’aurez pas de mal à croire qu’elle a une meilleure humeur pendant qu’avant le traitement…
Avant traitement
1 mois après le début (purge)
2 mois après le début…
Questions fréquentes sur l’isotrétinoïne
Combien de temps dure un traitement par isotrétinoïne ?
La durée dépend du poids et de la dose quotidienne — l’objectif est d’atteindre une dose cumulée totale de 120 à 150 mg/kg. À 0,5 mg/kg/j, cela représente environ 6 à 8 mois de traitement pour un patient de 70 kg. Des doses plus faibles (0,2-0,3 mg/kg/j) sont utilisées en cas de forme rétentionnelle prédominante ou pour prévenir l’acné fulminans — elles allongent la durée mais améliorent la tolérance.
L’acné revient-elle toujours après l’isotrétinoïne ?
Non — 70 à 80 % des patients ne nécessitent pas de nouveau traitement après un premier cycle à dose cumulée suffisante. Les rechutes surviennent préférentiellement chez les patients traités à faible dose cumulée, les formes très séborrhéiques, l’acné de la femme adulte avec composante hormonale marquée, et les patients traités avant la fin de la puberté. En cas de rechute, un deuxième cycle est généralement aussi efficace.
Peut-on prendre de la vitamine A en même temps que l’isotrétinoïne ?
Non — formellement contre-indiqué. L’association de suppléments en vitamine A à l’isotrétinoïne expose à une hypervitaminose A avec risque de toxicité hépatique et d’hypertension intracrânienne. Vérifier la composition de tous les compléments alimentaires et multivitamines pris en parallèle.
L’isotrétinoïne affecte-t-elle la fertilité future ?
Non — l’isotrétinoïne n’affecte pas la fertilité féminine ni masculine. L’effet tératogène est lié à la présence du médicament dans l’organisme pendant la grossesse, pas à un effet durable sur les ovules ou les spermatozoïdes. Deux mois après l’arrêt du traitement, le médicament est éliminé et une grossesse peut être envisagée sans risque lié à l’isotrétinoïne.
Comment gérer les douleurs musculaires sous isotrétinoïne ?
Les myalgies sous isotrétinoïne sont dose-dépendantes et s’aggravent avec l’effort physique intense. En cas de douleurs modérées, réduire l’intensité du sport et utiliser du paracétamol. Éviter les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène) qui peuvent masquer une rhabdomyolyse. En cas de douleurs importantes ou de crampes sévères, consulter le médecin — une réduction de dose est parfois nécessaire.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
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Qu’est-ce que Rubozinc® ?
Rubozinc® est un médicament à base de gluconate de zinc (15 mg), disponible en gélules. Il est indiqué dans le traitement de l’acné légère à modérée et est remboursé à 30 % par la Sécurité sociale. Le zinc exerce une action antibactérienne et anti-inflammatoire sur les lésions d’acné.
ℹ️ Remboursement (Vidal 2026) Rubozinc® (gluconate de zinc 15 mg gélules) est inscrit au remboursement à 30 % par la Sécurité sociale dans l’indication acné, sur prescription médicale.
Mécanisme d’action du zinc dans l’acné
Le zinc agit dans l’acné selon plusieurs mécanismes :
Antibactérien : inhibe la prolifération de Cutibacterium acnes
Anti-inflammatoire : réduit la production de cytokines pro-inflammatoires
Séborrhéique : module légèrement la production de sébum
Antioxydant : protège les follicules sébacés du stress oxydatif
Posologie
Paramètre
Recommandation
Dose
2 gélules/jour (30 mg zinc élémentaire)
Prise
À distance des repas (2h avant ou après)
Durée
3 mois minimum, prolongeable
Association
Possible avec un traitement topique
⚠️ Attention Évitez de prendre Rubozinc® en même temps que des produits laitiers, du café, du thé ou du pain complet : ces aliments réduisent l’absorption du zinc. Respectez un intervalle de 2 heures.
Place de Rubozinc® dans la stratégie thérapeutique
Rubozinc® est une alternative aux antibiotiques oraux, particulièrement utile chez :
La femme enceinte (les cyclines sont contre-indiquées)
Les patients intolérants aux antibiotiques
En traitement d’entretien après un traitement antibiotique
💡 Conseil du Dr Rousseau Le zinc seul est moins efficace que les cyclines dans l’acné modérée. Pour une meilleure réponse, combinez-le avec un rétinoïde topique (trétinoïne) ou un gel de peroxyde de benzoyle.
Quelle est la posologie de Rubozinc® dans l’acné ? 2 gélules par jour (30 mg de zinc élémentaire), à distance des repas, pendant au minimum 3 mois.
Rubozinc® est-il remboursé par la Sécurité sociale ? Oui, à 30 % dans l’indication acné sur prescription médicale.
Quels sont les effets secondaires de Rubozinc® ? Principalement des troubles digestifs : nausées, douleurs abdominales. Réduits en prenant les gélules à distance des repas.
Rubozinc® est-il aussi efficace que les antibiotiques dans l’acné ? Non, il est moins efficace que les cyclines dans l’acné modérée à sévère, mais représente une alternative utile chez la femme enceinte ou en cas d’intolérance aux antibiotiques.
Références
Dreno B et al. Multicenter randomized comparative double-blind controlled clinical trial of the safety and efficacy of zinc gluconate versus minocycline hydrochloride in the treatment of inflammatory acne vulgaris. Dermatology. 2001. PMID 11701990
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016. PMID 26897386
Cunliffe WJ et al. A double-blind trial of a zinc sulphate/citrate complex and tetracycline in the treatment of acne vulgaris. Br J Dermatol. 1979. PMID 454541
HAS. Acné : recommandations de bonnes pratiques. has-santé.fr, 2015.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Cutacnyl® (peroxyde de benzoyle) : utilisation dans l’acné Cutacnyl® est un gel anti-acné à base de peroxyde de benzoyle, disponible en pharmacie sans ordonnance en France. Il existe en deux concentrations : 2,5%,5 % et 10 %.
Votre acné ne répond pas au traitement local ? Besoin d’adapter votre ordonnance ?
Le Dr Rousseau, dermatologue depuis plus de 25 ans, est disponible souvent dès le lendemain.📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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💡 Commencer par la concentration à 2,5% voire 5 % — aussi efficace que le 10 % avec moins d’irritation. Passer au 10 % uniquement si la peau tolère bien après 4 semaines.
Utilisation pratique
Point clé
Recommandation
Moment d’application
Le soir, sur peau propre et sèche
Quantité
Petite noisette en couche fine sur les zones concernées
Début de traitement
2–3 applications par semaine les 2 premières semaines, puis quotidien si bonne tolérance
Soleil et UV
Éviter l’exposition solaire — appliquer SPF 30+ le matin
Textiles et cheveux
Décolore draps, taies, vêtements et cheveux de façon irréversible — protéger systématiquement
En cas d’irritation
Espacer les applications ou réduire la concentration — consulter si persistance
Contre-indications
Allergie au peroxyde de benzoyle ou à l’un des excipients du gel. En cas de doute, un patch-test peut être réalisé par un dermatologue (allergie de contact possible chez environ 1 % des patients).
Pour aller plus loin
Cette page présente la spécialité Cutacnyl®. Pour le guide complet sur le peroxyde de benzoyle — mécanisme d’action, tableau de toutes les spécialités disponibles, protocole détaillé, effets secondaires et associations — voir :
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À quoi sert Cutacnyl® ?
Cutacnyl® est une crème au peroxyde de benzoyle indiquée contre l’acné légère à modérée. Elle exerce un effet bactéricide sur Cutibacterium acnes sans induire de résistances bactériennes.
Comment utiliser Cutacnyl® ?
Appliquez Cutacnyl® une fois par jour sur peau propre et sèche. Commencez par une application 3 fois par semaine les deux premières semaines, puis augmentez progressivement selon la tolérance cutanée.
Quels sont les effets secondaires de Cutacnyl® ?
Les effets secondaires courants sont la sécheresse, les rougeurs et les desquamations. Le produit peut décolorer les vêtements et la literie. Ces effets s’atténuent après les premières semaines d’utilisation.
Cutacnyl® peut-il être utilisé avec d’autres traitements ?
Oui, Cutacnyl® peut être associé à un rétinoïde topique ou à une antibiothérapie orale. Son association à la clindamycine topique est efficace et limite le risque de résistances bactériennes.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Qu’est-ce que Ketrel® ?
Ketrel® est un médicament à base de trétinoïne (acide rétinoïque), un rétinoïde topique dérivé de la vitamine A. Il est présenté en gél ou en crème et est prescrit dans le traitement de l’acné inflammatoire et comdéonnienne.
ℹ️ À savoir Ketrel® est un médicament sur ordonnance. Il ne doit pas être confondu avec les rétinoïdes oraux comme l’isotrétinoïne (Curacné®, Roaccutane®).
Indications de Ketrel® dans l’acné
Ketrel® est indiqué dans :
L’acné comdéonnienne (points noirs et microkystes)
L’acné inflammatoire légère à modérée
L’entretien après traitement antibiotique
Mode d’emploi
Appliquez Ketrel® le soir, sur peau propre et sèche, en couche très fine sur l’ensemble des zones concernées. Attendez 20 à 30 minutes après le nettoyage avant d’appliquer le produit pour réduire l’irritation.
⚠️ Attention Commencez par une application tous les 2 ou 3 soirs, puis augmentez progressivement la fréquence selon la tolérance de votre peau.
Précautions et contre-indications
Point
Détail
Grossesse
Contre-indiqué — les rétinoïdes topiques sont déconseillés
Soleil
Photosensibilisant : SPF 50 obligatoire le matin
Peau irritée
Interrompre temporairement si brûlures intenses
Associations
Éviter les exfoliants, AHA/BHA, benzoyle de peroxyde en même temps
💡 Conseil du Dr Rousseau Hydratez bien votre peau matin et soir. Un bon hydratant non comédogène réduit l’irritation de début de traitement et améliore la tolérance à la trétinoïne.
Efficacité et résultats attendus
Les premiers effets sur l’acné sont visibles après 6 à 8 semaines. Une amélioration significative est attendue à 3 mois. Un traitement d’entretien peut être poursuivi plusieurs mois pour maintenir les résultats et prévenir les rechutes.
Comment appliquer Ketrel® ? Appliquez-le le soir sur peau propre et sèche, en couche fine sur les zones acnéiques, en évitant le contour des yeux et les muqueuses.
Combien de temps faut-il utiliser Ketrel® ? Les premiers résultats apparaissent après 6 à 8 semaines. Un traitement de 3 à 6 mois est généralement nécessaire pour une efficacité optimale.
Ketrel® est-il compatible avec le soleil ? Non, la trétinoïne photosensibilise la peau. Appliquez-la uniquement le soir et utilisez une crème solaire SPF 50 le matin.
Quels sont les effets secondaires de Ketrel® ? Les effets les plus fréquents sont : rougeur, sécheresse, désquamation et sensations de brûlure au début du traitement. Ils s’atténuent en quelques semaines.
Références
Thiboutot D et al. New insights into the management of acne. J Am Acad Dermatol. 2009. PMID 19376456
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016. PMID 26897386
Leyden JJ et al. Why topical retinoids are mainstay of therapy for acne. Dermatol Ther. 2017. PMID 28585191
HAS. Acné : recommandations de bonnes pratiques. has-santé.fr, 2015.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Qu’est-ce que Spanor® ?
Spanor® est un antibiotique à base de doxycycline 100 mg, disponible en comprimé pelliculé sécable. Appartenant à la famille des cyclines (tétracyclines de 2e génération), il est utilisé en dermatologie dans le traitement de l’acné inflammatoire modérée à sévère. Spanor® est en liste 1, non remboursé (hors AMM spécifique).
ℹ️ À savoir (Vidal 2026) Spanor® 100 mg est inscrit en liste 1, non remboursé. D’autres spécialités à la doxycycline existent en France (Vibramycine® N, doxycycline gé.), avec des statuts de remboursement variables selon l’indication.
Mécanisme d’action
La doxycycline inhibe la synthèse protéique de Cutibacterium acnes et exerce une puissante action anti-inflammatoire. Sa lipophilie lui confère une bonne pénétration dans la peau et les unités pilosébacées.
Posologie dans l’acné
Paramètre
Recommandation
Dose
100 mg/jour (1 comprimé sécable)
Prise
Au repas avec un grand verre d’eau (en position assise)
Durée
3 à 6 mois
Association
Combinée à un rétinoïde topique ou BPO
🚨 Risque d’œsophagite La doxycycline peut irriter l’œsophage. Prenez toujours Spanor® au repas, avec un grand verre d’eau, en position assise ou debout. Ne vous allongez pas dans l’heure suivant la prise.
Précautions importantes
Photosensibilité forte : SPF 50+ obligatoire, éviter l’exposition solaire
Ne pas associer à un autre antibiotique oral pour l’acné
💡 Conseil du Dr Rousseau Associez Spanor® à un traitement local (trétinoïne ou peroxyde de benzoyle) pour optimiser l’efficacité et limiter les résistances. Protégez-vous impérativement du soleil — la doxycycline est l’une des cyclines les plus photosensibilisantes.
Quelle est la posologie de Spanor® dans l’acné ? 100 mg par jour (1 comprimé sécable) au repas avec un grand verre d’eau, pendant 3 à 6 mois.
Spanor® est-il remboursé par la Sécurité sociale ? Non. Spanor® est en liste 1 mais non remboursé. La doxycycline générique peut être remboursée selon la prescription.
Peut-on s’exposer au soleil sous Spanor® ? Non. La doxycycline est fortement photosensibilisante. SPF 50+ chaque matin et évitez les expositions prolongées.
Quels sont les effets secondaires de Spanor® ? Photosensibilité, troubles digestifs, risque d’œsophagite si pris sans eau en position couchée. Toujours prendre au repas avec un grand verre d’eau.
Références
Garner SE et al. Doxycycline and erythromycin for acne. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22895916
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016. PMID 26897386
Skidmore R et al. Effects of subantimicrobial-dose doxycycline in the treatment of moderate acne. Arch Dermatol. 2003. PMID 12873885
HAS. Acné : recommandations de bonnes pratiques. has-santé.fr, 2015.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Qu’est-ce que Locacid® ?
Locacid® est un médicament topique à base de trétinoïne (acide rétinoïque à 0,05 %), appartenant à la famille des rétinoïdes. Il est disponible en crème et utilisé en dermatologie pour traiter l’acné comédonienne et inflammatoire légère à modérée.
ℹ️ À savoir Locacid® est disponible sur ordonnance uniquement. Il ne doit pas être utilisé sans avis médical, notamment en raison de son effet photosensibilisant.
Indications et mécanisme d’action
La trétinoïne agit en accélérant le renouvellement cellulaire épidermique, ce qui :
Désobstrue les comédons (points noirs et microkystes)
Réduit l’inflammation acnéique
Prévient la formation de nouvelles lésions
Mode d’emploi
Appliquez Locacid® le soir, sur une peau propre et sèche (attendre 20-30 min après le nettoyage). Utilisez une quantité minimale — une couche fine suffit sur les zones atteintes.
⚠️ Attention Commencez par une application tous les 2-3 soirs pour habituer la peau, puis augmentez progressivement selon votre tolérance.
Précautions et contre-indications
Situation
Recommandation
Grossesse
Contre-indiqué — consulter un médecin
Exposition solaire
SPF 50+ chaque matin indispensable
Peau sensible ou irritée
Réduire la fréquence d’application
Benzoyle de peroxyde
Ne pas associer simultanément
💡 Conseil du Dr Rousseau Un bon hydratant non comédogène appliqué matin et soir réduit nettement l’irritation induite par la trétinoïne et favorise la tolérance au traitement.
Comment utiliser Locacid® ? Appliquez-le le soir sur peau propre et sèche, en couche fine, en évitant le contour des yeux et les muqueuses.
Locacid® et soleil : quelles précautions ? La trétinoïne est photosensibilisante. Utilisez Locacid® uniquement le soir et appliquez un écran solaire SPF 50+ chaque matin.
Combien de temps dure le traitement par Locacid® ? Les résultats apparaissent après 6 à 8 semaines. Un traitement de 3 à 6 mois est souvent nécessaire pour une amélioration durable.
Quels sont les effets secondaires de Locacid® ? Rougeurs, sécheresse, desquamation et picotements en début de traitement. Ces effets s’atténuent généralement après quelques semaines.
Références
Leyden JJ et al. Why topical retinoids are mainstay of therapy for acne. Dermatol Ther. 2017. PMID 28585191
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016. PMID 26897386
Thiboutot D et al. New insights into the management of acne. J Am Acad Dermatol. 2009. PMID 19376456
HAS. Acné : recommandations de bonnes pratiques. has-santé.fr, 2015.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Le Tétralysal® est un antibiotique de la famille des cyclines, dont la substance active est la lymécycline. Il est prescrit en dermatologie pour traiter l’acné inflammatoire modérée à sévère. Disponible en gélules à 150 mg et 300 mg, il est remboursé à 65 % par l’Assurance maladie.
Qu’est-ce que Tétralysal® (lymécycline) ?
La lymécycline est une tétracycline de 2ᵉ génération, dérivée de la tétracycline naturelle. Elle agit en inhibant la synthèse des protéines bactériennes, réduisant ainsi la prolifération de Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes), la bactérie impliquée dans l’acné inflammatoire. Elle possède également des propriétés anti-inflammatoires propres.
Par rapport à la doxycycline, la lymécycline est réputée mieux tolérée sur le plan digestif et provoquer moins de photosensibilité, ce qui en fait une option de premier choix chez de nombreux patients.
Formes disponibles et remboursement
Spécialité
Dosage
Présentation
Remboursement
Tétralysal®
150 mg
50 gélules — Liste 1
65 % Sécu
Tétralysal®
300 mg
50 gélules — Liste 1
65 % Sécu
Posologie dans l’acné
La dose recommandée est de 300 mg de lymécycline par jour, soit :
1 gélule de 300 mg en une prise unique (de préférence le matin)
ou 2 gélules de 150 mg, matin et soir
La durée du traitement est généralement de 3 à 6 mois. Les premières améliorations sont visibles après 4 à 8 semaines. Ne pas interrompre prématurément le traitement, même si la peau semble s’améliorer.
⚠️ Mode de prise important Prendre les gélules avec un grand verre d’eau, en position assise ou debout. Éviter de prendre Tétralysal® avec du lait, des produits laitiers, des antiacides, du fer ou du magnésium : ces substances chélatent la lymécycline et réduisent son efficacité. Respecter un intervalle d’au moins 2 heures.
Effets indésirables
Les effets indésirables les plus fréquents de Tétralysal® sont :
Photosensibilité : sensibilité accrue au soleil, nécessitant une photoprotection SPF 50+ quotidienne
Troubles digestifs : nausées, douleurs abdominales, diarrhées (en général modérés)
Candidose : surinfection vaginale possible chez la femme, à signaler au médecin
Coloration des dents : uniquement si pris avant l’âge de 8 ans (d’où la contre-indication pédiatrique)
☀️ Conseil du Dr Rousseau Appliquez une crème solaire SPF 50+ chaque matin pendant tout le traitement par Tétralysal®, même en hiver. La photosensibilité peut survenir même par temps nuageux ou en altitude.
Contre-indications
Tétralysal® est contre-indiqué dans les situations suivantes :
Grossesse (quel que soit le trimestre) : risque d’hypertension intracrânienne fœtale et de coloration des dents du fœtus
Allaitement
Enfants de moins de 8 ans : risque de coloration permanente des dents
Hypersensibilité aux cyclines
🚨 Grossesse Tétralysal® est formellement contre-indiqué pendant la grossesse. Une contraception efficace est recommandée pendant toute la durée du traitement.
Interactions médicamenteuses
Certaines associations réduisent l’absorption de la lymécycline et doivent être évitées :
Rétinoïdes oraux (isotrétinoïne) : association déconseillée (risque d’hypertension intracrânienne)
Questions fréquentes
Quelle est la posologie de Tétralysal® dans l’acné ? La posologie habituelle est de 300 mg de lymécycline par jour, en une seule prise (1 gélule 300 mg) ou en deux prises (2 gélules 150 mg). La durée du traitement est de 3 à 6 mois.
Peut-on prendre Tétralysal® avec du lait ou des produits laitiers ? Non, les produits laitiers chélatent la lymécycline et réduisent son absorption intestinale. Il faut respecter un délai d’au moins 2 heures entre la prise et la consommation de lait ou d’antiacides.
Tétralysal® provoque-t-il de la photosensibilité ? Oui, comme toutes les cyclines. Il est impératif d’utiliser un écran solaire SPF 50+ quotidiennement pendant le traitement et d’éviter les expositions prolongées au soleil ou aux UV artificiels.
Tétralysal® est-il remboursé par la Sécurité sociale ? Oui, les deux dosages (150 mg et 300 mg) sont remboursés à 65 % sur prescription médicale.
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Qu’est-ce que la lymécycline ?
La lymécycline est un antibiotique de la famille des cyclines (tétracyclines), commercialisé sous le nom Tetralysal® 300. Elle est indiquée dans le traitement de l’acné inflammatoire modérée à sévère, notamment quand les traitements topiques seuls sont insuffisants.
ℹ️ À savoir Tetralysal® 300 est le seul médicament à base de lymécycline disponible en France. Il est prescrit sur ordonnance.
Mécanisme d’action
La lymécycline agit en inhibant la synthèse protéique bactérienne de Cutibacterium acnes, la bactérie impliquée dans l’acné inflammatoire. Elle possède également des propriétés anti-inflammatoires qui contribuent à réduire les lésions.
Posologie et durée du traitement
Paramètre
Recommandation
Dose
300 mg/jour (1 gélule)
Moment de prise
Le matin au repas avec un grand verre d’eau
Durée
3 à 6 mois selon la réponse clinique
Association
Souvent combinée à un rétinoïde topique (trétinoïne)
⚠️ Attention Ne jamais associer deux antibiotiques pour l’acné ni interrompre le traitement prématurément pour éviter les résistances bactériennes.
Précautions importantes
Photosensibilité : protégez-vous du soleil (SPF 50+)
Grossesse et allaitement : contre-indiqué absolument
Enfants de moins de 8 ans : contre-indiqué (risque de dyschromie dentaire)
Prise avec les laitages : éviter car le calcium réduit l’absorption
💡 Conseil du Dr Rousseau Associez la lymécycline à un traitement topique (gel de peroxyde de benzoyle ou trétinoïne) pour une efficacité optimale et pour limiter le risque de résistance bactérienne.
Quelle est la posologie de la lymécycline dans l’acné ? La dose habituelle est de 300 mg/jour (1 gélule de Tetralysal® 300) le matin au repas, pendant 3 à 6 mois.
Peut-on s’exposer au soleil sous lymécycline ? Non, la lymécycline est photosensibilisante. Utilisez un écran solaire SPF 50 pendant toute la durée du traitement.
Quels sont les effets secondaires de la lymécycline ? Troubles digestifs (nausées, douleurs abdominales), photosensibilité et plus rarement candidoses. Signalez tout effet inhabituel à votre médecin.
Peut-on prendre la lymécycline pendant la grossesse ? Non. La lymécycline est contre-indiquée durant la grossesse et l’allaitement car les cyclines peuvent nuire au développement du fœtus.
Références
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016. PMID 26897386
Skidmore R et al. Effects of subantimicrobial-dose doxycycline in the treatment of moderate acne. Arch Dermatol. 2003. PMID 12873885
Haider A, Shaw JC. Treatment of acne vulgaris. JAMA. 2004. PMID 15249572
HAS. Acné : recommandations de bonnes pratiques. has-santé.fr, 2015.