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Mis à jour le 27 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Médicament photosensibilisant

Un médicament photosensibilisant rend la peau plus sensible au soleil, provoquant sur la peau exposée au soleil des rougeurs, boutons, démangeaisons… : l’éruption apparaît après les expositions solaires et les boutons tendent à disparaître en hiver. Ainsi, habituellement, seuls le visage, le décolleté, la nuque, le dos des mains et les avant-bras sont atteints, sauf en cas d’exposition à la plage par exemple.
Antibiotiques
Les cyclines et les fluoroquinolones sont les antibiotiques les plus souvent responsables de réactions phototoxiques, qui apparaissent en général quelques heures à quelques jours après une exposition solaire pendant le traitement.
Acide pipémidique (Pipram®)
Azithromycine (Zithromax®)
Ciprofloxacine (Ciflox®)
Clofazimine (Lamprène®)
Dapsone (Disulone®)
Doxycycline (Vibramycine®)
Énoxacine (Enoxor®)
Fluméquine (Apurone®)
Isoniazide (Rifater®)
Lévofloxacine (Tavanic®)
Loméfloxacine (Logiflox®)
Lymécycline (Tétralysal®)
Méthylènecycline (Lysocline®)
Minocycline (Mynocine®)
Norfloxacine (Noroxine®)
Ofloxacine (Oflocet®)
Péfloxacine (Péflacine®)
Pyrazinamide (Pirilène®)
Sulfafurazol (Pédiazole®)
Sulfaméthoxazole (Bactrim®)
Antifongiques
Certains antifongiques pris par voie orale, notamment lors de traitements prolongés de mycoses profondes, peuvent sensibiliser la peau aux rayons UV.
Griséofulvine (Griséfuline®)
Itraconazole (Sporanox®)
Voriconazole (Vfend®)
Antipaludéens de synthèse
Utilisés aussi dans le lupus et la polyarthrite rhumatoïde, la chloroquine et l’hydroxychloroquine exposent à un risque de photosensibilisation cutanée, parfois associé à une toxicité oculaire à surveiller.
Chloroquine (Nivaquine®)
Hydroxychloroquine (Plaquenil®)
Antidiabétiques oraux et édulcorant
Certains sulfamides hypoglycémiants ainsi que le cyclamate, édulcorant de synthèse, comptent parmi les photosensibilisants les moins connus du grand public.
Carbutamide (Glucidoral®)
Cyclamate (édulcorant de synthèse)
Glibenclamide (Daonil®)
Glimépiride (Amarel®)
Glipizide (Glibénèse®)
Antihistaminiques
Paradoxalement, certains antihistaminiques sédatifs plus anciens peuvent eux-mêmes favoriser une réaction cutanée lors d’une exposition au soleil.
Diphénhydramine (Nautamine®)
Méquitazine (Primalan®)
Oxomémazine (Toplexil®)
Prométhazine (Phénergan®)
Anti-inflammatoires non stéroidiens
Le kétoprofène, qu’il soit pris par voie orale ou appliqué en gel sur la peau, est le photosensibilisant le plus fréquemment en cause selon les études de pharmacovigilance.
Acide méfénamique (Ponstyl®)
Acide niflumique (Nifluril®)
Acide tiaprofénique (Surgam®)
Célécoxib (Celebrex®)
Diclofénac (Voltarène®)
Ibuprofène (Advil®)
Indométhacine (Indocid®)
Kétoprofène (Profénid®)
Nabumétone (Nabucox®)
Naproxène (Apranax®)
Olsalazine (Dipentum®)
Phénylbutazone (Butazolidine®)
Piroxicam (Feldène®)
Sulfasalazine (Salazopyrine®)
Anticancéreux
Plusieurs chimiothérapies et thérapies ciblées augmentent la sensibilité de la peau aux UV, un effet qui peut persister quelque temps après l’arrêt du traitement.
Dacarbazine (Déticène®)
Fluorouracil (Fluoro-uracile®)
Flutamide (Eulexine®)
Imatinib (Glivec®)
Méthotrexate (Novatrex®)
Paclitaxel (Taxol®)
Antisécrétaoires gastriques
Les inhibiteurs de la pompe à protons, très largement prescrits au long cours, figurent parmi les photosensibilisants habituellement modérés mais à connaître.
Esoméprazole (Inexium®)
Omeprazole (Mopral®)
Pantoprazole (Inipomp®)
Ranitidine (Azantac®)
Cardiotropes
L’amiodarone est l’un des photosensibilisants les mieux documentés, avec un risque de coloration grisâtre de la peau (photosensibilisation de type pseudo-porphyrie) en cas d’exposition prolongée et répétée.
Amiodarone (Cordarone®)
Captopril (Lopril®)
Diltiazem (Tildiem®)
Enalapril (Enalapril®)
Félodipine (Flodil®)
Hydroquinidine (Sérécor®)
Lisinopril (Lisinopril®)
Nifédipine (Adalate®)
Quinapril (Acuitel®)
Quinidine (Quinimax®)
Quinine (Hexaquine®)
Ramipril (Triatec®)
Rilmenidine (Hyperium®)
Diurétiques
Les diurétiques thiazidiques sont associés à un risque de photosensibilisation cutanée et, à plus long terme, à une majoration du risque de cancer cutané en cas d’expositions solaires répétées sans protection.
Altizide (Aldactazine®)
Bendroflumethiazide (Tensionorme®)
Bumétanide (Burinex®)
Chlortalidone (Logroton®)
Furosémide (Lasilix®)
Hydrochlorothiazide (Esidrex®)
Méthylclothiazide (Isobar®)
Triamtérène (Prestole®)
Hypolipémiants
Les statines et les fibrates peuvent occasionnellement provoquer des réactions cutanées photo-induites, le plus souvent modérées.
Bézafibrate (Béfizal®)
Fénofibrate (Lipanthyl®)
Pravastatine (Elisor®)
Rosuvastatine (Crestor®)
Simvastatine (Zocor®)
Immunomodulateurs
Certains traitements immunomodulateurs fragilisent la peau face aux UV, ce qui justifie une photoprotection renforcée pendant toute la durée du traitement.
Interféron alfa (Introna®)
Lénalidomide (Revlimid®)
Tacrolimus (Prograf®)
Psychotropes
Les phénothiazines, en particulier la chlorpromazine, comptent parmi les photosensibilisants psychotropes les plus anciens et les mieux caractérisés dans la littérature médicale.
Acépromazine (Noctran®)
Alprazolam (Xanax®)
Alimémazine (Théralène®)
Amitriptyline (Laroxyl®)
Amoxapine (Défanyl®)
Carbamazépine (Tégrétol®)
Chlorpromazine (Largactil®)
Clomipramine (Anafranil®)
Cyamémazine (Tercian®)
Dosulépine (Prothiaden®)
Fluoxétine (Prozac®)
Flupentixol (Fluanxol®)
Fluphénazine (Moditen®)
Fluvoxamine (Floxyfral®)
Haloperidol (Haldol®)
Imipramine (Tofranil®)
Lévomépromazine (Nozinan®)
Loxapine (Loxapac®)
Paroxétine (Deroxat®)
Propériciazine (Neuleptil®)
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Médicaments locaux photosensibilisants
Le photosensibilisant de contact externe provoque une éruption là où il est appliqué et si cette zone est exposée au soleil. Ainsi, une photosensibilisation à une crème de jour va se manifester uniquement par des lésions du visage, une photosensibilisation à une crème anti-inflammatoire va entraîner des boutons au niveau de l’articulation traitée puis exposée au soleil, etc.
Les médicaments topiques les plus fréquemment en cause sont exposés dans notre article dédié aux produits photosensibilisants appliqués sur la peau
Il faut noter qu’en cas d’allergie à la creme solaire (filtres Eusolex 232 (acide phénylbenzimidazole sulfonique) Eusolex 6300 3 (4-méthylbenzidylène camphre), Parsol MCX (octylméthoxycinnamate), Eusolex 4360 (oxybenzone), Parsol 1789 (butylméthoxydibenzoylméthane)), la photosensibilisation peut mimer une photosensibilisation interne si la creme a été mise sur toutes les zones photoexposées
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Questions fréquentes
Une réaction photosensible médicamenteuse touche surtout les zones exposées au soleil (visage, décolleté, avant-bras, dos des mains) et apparaît quelques heures à quelques jours après le début d’un traitement récent. Si les boutons disparaissent en hiver et reviennent chaque été avec le même médicament, la piste médicamenteuse est probable.
Non, jamais sans avis médical. Parlez-en à votre médecin ou pharmacien : dans la majorité des cas, une photoprotection stricte suffit à poursuivre le traitement sans risque, sauf si le médecin juge une alternative nécessaire.
Oui : le kétoprofène en gel est l’un des photosensibilisants les mieux documentés, avec un risque de réactions cutanées parfois sévères en cas d’exposition solaire pendant ou après son application. L’ANSM recommande de couvrir la zone traitée et d’éviter toute exposition solaire pendant le traitement et deux semaines après son arrêt.
Oui, une photoprotection SPF 50+ à large spectre (UVA/UVB), renouvelée régulièrement, associée à des vêtements couvrants aux heures de forte exposition, réduit nettement le risque de réaction chez la plupart des patients sous traitement photosensibilisant.
Certains médicaments, comme l’amiodarone, peuvent laisser une coloration grisâtre ou bleutée de la peau après une exposition solaire répétée sur plusieurs mois. D’autres réactions phototoxiques peuvent laisser une hyperpigmentation résiduelle transitoire.
La phototoxicité est une réaction directe, dose-dépendante, pouvant survenir dès la première prise du médicament associée au soleil (comme une brûlure exagérée). La photoallergie nécessite une sensibilisation préalable du système immunitaire et touche une minorité de patients exposés au même médicament ; elle peut s’étendre au-delà des seules zones exposées.
Oui : certains filtres UV chimiques peuvent eux-mêmes être photoallergisants, comme détaillé dans notre article sur l’eczéma au soleil (photoallergie de contact). C’est une cause distincte des photosensibilisations médicamenteuses mais tout aussi fréquente en pratique.
À lire aussi sur le soleil et les médicaments
- Médicaments et produits photosensibilisants appliqués sur la peau
- Photosensibilisation : allergie solaire causée par un médicament
- Eczéma au soleil : photoallergie de contact
- Quelle crème solaire choisir ?
- Lucite estivale bénigne : allergie au soleil sans médicament
Références scientifiques
- Hofmann GA, Weber B. Drug-induced photosensitivity: culprit drugs, potential mechanisms and clinical consequences. J Dtsch Dermatol Ges. 2021;19(1):19-29. PMID 33491908
- Korzeniowska K, Cieślewicz A, Chmara E, et al. Photosensitivity reactions in the elderly population: questionnaire-based survey and literature review. Ther Clin Risk Manag. 2019;15:1111-1119. PMID 31571889
- Lugović-Mihić L, Duvančić T, Ferček I, et al. Drug-Induced Photosensitivity – a Continuing Diagnostic Challenge. Acta Clin Croat. 2017;56(2):277-283. PMID 29485795
- ANSM – Kétoprofène gel : risques de réactions cutanées graves en cas d’exposition solaire. ansm.sante.fr
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