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Maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) : causes, symptômes, traitements et vie avec la maladie
Mis à jour le 27 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue, Bordeaux
L’hidradénite suppurée (HS), aussi connue sous le nom de maladie de Verneuil ou acné inversée, est une maladie inflammatoire chronique de la peau touchant environ 1 % de la population – soit plus de 600 000 personnes en France. Elle se manifeste par des nodules douloureux, des abcès récidivants, des fistules et des cicatrices dans les zones de plis cutanés : aisselles, aines, plis fessiers, périnée, sous les seins. Son retentissement sur la qualité de vie est considérable, souvent supérieur à celui du psoriasis ou de la dermatite atopique. Elle est pourtant diagnostiquée avec un retard moyen de 7 à 10 ans, tant elle est méconnue des patients et parfois des soignants.
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Sommaire :
Causes et mécanismes |
Facteurs aggravants |
Symptômes |
Diagnostic et classification |
Maladies associées |
Traitement |
Maladie de Verneuil et femme |
Impact psychologique |
Signaux d’alarme |
Questions fréquentes
Causes et mécanismes de l’hidradénite suppurée
La cause exacte de la maladie de Verneuil reste incomplètement élucidée. Il s’agit d’une maladie complexe, multifactorielle, impliquant des mécanismes génétiques, immunitaires, hormonaux et bactériens – dont aucun ne suffit à lui seul à expliquer l’ensemble du tableau clinique.
Une maladie du follicule, pas des glandes apocrines
Longtemps considérée comme une maladie des glandes sudoripares apocrines, l’hidradénite suppurée est aujourd’hui clairement comprise comme une maladie du follicule pilo-sébacé. Une obstruction folliculaire entraîne une rupture, une réaction inflammatoire locale intense, puis la formation de nodules, d’abcès et de fistules qui s’étendent progressivement sous la peau. Ce changement de paradigme a des implications directes sur les traitements.
Composante génétique
Des antécédents familiaux sont retrouvés dans 30 à 40 % des cas, avec une transmission possiblement autosomique dominante dans certaines familles. L’héritabilité de la maladie serait de l’ordre de 80 %. Des mutations ont été identifiées dans les gènes codant pour les sous-unités du complexe de la gamma-sécrétase (PSEN1, PSENEN, APH1B, NCSTN), impliquées dans la signalisation folliculaire et la différenciation kératinocytaire.
Composante immunitaire et inflammatoire
L’hidradénite suppurée est une maladie inflammatoire chronique avec dysrégulation de l’immunité innée. Les cytokines pro-inflammatoires – TNF-α, IL-1β, IL-17, IL-23 – jouent un rôle central dans l’entretien de l’inflammation folliculaire. C’est précisément ce mécanisme qui explique l’efficacité des biothérapies ciblant ces voies. Son association à la maladie de Crohn et aux spondylarthropathies témoigne d’un terrain inflammatoire systémique partagé.
Composante bactérienne
Une flore bactérienne polymicrobienne est régulièrement retrouvée dans les abcès (staphylocoques, prevotella, porphyromonas, streptocoques), mais les bactéries ne constituent pas le facteur causal initial : les prélèvements superficiels sont souvent stériles et aucune bactérie spécifique n’est systématiquement retrouvée. L’antibiothérapie vise à contrôler la surinfection et l’inflammation locale, et non à éradiquer un germe particulier.
Composante hormonale
La maladie touche plus fréquemment les femmes, débute après la puberté, s’aggrave en période prémenstruelle et s’améliore souvent pendant la grossesse et après la ménopause. Le surpoids favorise une hyperandrogénie relative par métabolisation des hormones dans le tissu adipeux. Aucune anomalie hormonale spécifique n’a cependant été formellement identifiée comme cause directe.
Facteurs aggravants
| Facteur | Impact démontré | Action recommandée |
|---|---|---|
| Tabac | Facteur aggravant le plus clairement démontré – corrélation inverse avec la rémission prolongée | Arrêt du tabac : priorité absolue dans la prise en charge |
| Surpoids / obésité | Syndrome métabolique, hyperandrogénie relative, entretien de l’inflammation | Réduction du poids : améliore significativement l’évolution à long terme |
| Frottements / vêtements serrés | Déclenchement mécanique de poussées – macération aggravante | Porter des vêtements amples en coton, éviter les matières synthétiques |
| Déodorants, rasage, talcs | Aucune preuve scientifique d’un lien causal | Ne pas culpabiliser le patient sur ces pratiques d’hygiène courantes |
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Symptômes de la maladie de Verneuil
La maladie débute après la puberté, entre 20 et 40 ans, dans les zones de plis cutanés riches en follicules pilo-sébacés : aisselles, aines, région périnéale et périanale, fesses, plis sous-mammaires et sillon inter-mammaire.
Signes prémonitoires d’une poussée
Dans les 12 à 48 heures précédant la poussée, des sensations de brûlure, picotements, douleur localisée, chaleur ou hyperhidrose annoncent souvent l’inflammation imminente. Reconnaître ces prodromes permet d’agir tôt avec une antibiothérapie courte et de limiter l’évolution vers l’abcès.
Lésions élémentaires
| Lésion | Description | Signification |
|---|---|---|
| Nodules douloureux | Profonds, persistants, très douloureux lors des poussées – boules sous la peau | Premiers signes – peuvent persister plusieurs semaines à mois |
| Abcès récidivants | Évolution des nodules vers la suppuration – douleur intense | Voir abcès cutanés |
| Fistules | Trajets creusés sous la peau reliant les abcès entre eux | Signe d’évolution chronique – grade II/III |
| Cicatrices en corde ou en pont | Pathognomoniques – non observées dans d’autres dermatoses des plis | Séquelles définitives des poussées répétées |
| Comédons ouverts multiples | Points noirs groupés dans les zones atteintes | Reflet de l’atteinte folliculaire diffuse |
| Kyste pilonidal associé | Présent dans 30 % des cas – plus fréquent chez l’homme | Voir kyste pilonidal |
Diagnostic et classification de sévérité
Le diagnostic de la maladie de Verneuil est purement clinique, fondé sur trois critères :
- Nodules et abcès douloureux évoluant vers la suppuration, la fistulisation et/ou les cicatrices
- Localisations typiques : aisselles, plis inguinaux, région périanale et/ou périnéale, seins, plis sous-mammaires, pli inter-fessier, pubis
- Caractère chronique et récidivant : au moins 2 poussées en 6 mois
Aucun prélèvement microbiologique n’est nécessaire au diagnostic, sauf en cas de fièvre ou de suspicion de surinfection atypique. Les cultures révèlent une flore polymicrobienne non spécifique qui ne guide pas le diagnostic.
Classification de Hurley (sévérité par zone anatomique)
| Grade | Fréquence | Critères cliniques | Traitement de référence |
|---|---|---|---|
| Grade I | 45–70 % des patients | Abcès unique ou multiples, sans fistules ni cicatrices fibreuses | Antiseptiques, antibiothérapie courte lors des poussées |
| Grade II | ~30 % des patients | Abcès récidivants avec fistules et cicatrices, lésions séparées | Clindamycine + rifampicine, chirurgie d’excision locale |
| Grade III | < 5 % des patients | Atteinte diffuse avec fistules interconnectées et abcès sur toute la zone | Biothérapie + exérèse radicale précédée d’une IRM |
Maladies associées
L’hidradénite suppurée s’inscrit dans un contexte inflammatoire systémique et s’associe à diverses maladies qu’il est indispensable de rechercher systématiquement :
| Association | Fréquence / Particularité |
|---|---|
| Tétrade d’occlusion folliculaire | Acné conglobata + cellulite disséquante du cuir chevelu + sinus pilonidal + HS |
| Maladie de Crohn | 2 % des patients – terrain inflammatoire partagé – à rechercher en cas de symptômes digestifs |
| Spondylarthropathies / Rhumatisme psoriasique | À évoquer en cas de douleurs articulaires, surtout lombaires matinales |
| Syndromes PASH / PASS / PAPASH / PsAPASH | Associations rares mais importantes : pyoderma gangrenosum, acné, spondylarthrite, arthrite pyogénique, rhumatisme psoriasique |
| Dépression et anxiété | Présentes chez 21 % (dépression) et 12 % (anxiété) des patients – dépistage systématique indispensable |
| Syndrome métabolique / Diabète de type 2 | Associés au surpoids – comorbidités à prendre en charge conjointement |
| Carcinome épidermoïde | Complication rare et grave sur cicatrices chroniques – surveillance des zones cicatricielles anciennes obligatoire |
Traitement de la maladie de Verneuil
La prise en charge est médicale et chirurgicale, adaptée au grade de Hurley et à l’évolution de la maladie. Elle repose toujours sur des mesures hygiéno-diététiques incontournables, associées à un traitement pharmacologique, parfois chirurgical, et dans les formes sévères à des biothérapies.
Mesures hygiéno-diététiques – toujours indispensables
- Arrêt du tabac : priorité absolue, facteur aggravant le mieux démontré – orientation vers un sevrage si nécessaire
- Réduction du surpoids : améliore significativement l’évolution à long terme – prise en charge nutritionnelle si IMC élevé
- Port de vêtements amples en coton, éviter les frottements
- Nettoyage antiseptique quotidien des zones atteintes (chlorhexidine diluée, sans friction)
Traitement médical selon la forme clinique
| Situation | Traitement | Modalités |
|---|---|---|
| Poussée aiguë – Hurley I/II | Antibiothérapie courte dès les prodromes ± corticothérapie courte | Augmentin 50 mg/kg/j ou pristinamycine 3 g/j – 5 à 10 jours – débutée au stade prémonitoire |
| Prophylaxie secondaire (≥ 4 poussées/an) | Doxycycline ou cotrimoxazole au long cours | Doxycycline 100–200 mg/j ou cotrimoxazole 400/80 mg/j – réévaluation à 3–6 mois |
| Forme chronique continue bénigne | Clindamycine + rifampicine | 600 mg/j chacune – 10 semaines – puis prophylaxie secondaire |
| Forme sévère – Hurley II/III | Antibiothérapie d’attaque puis biothérapie ± chirurgie | Ceftriaxone + métronidazole ou lévofloxacine + clindamycine – 15 à 21 jours maximum |
Biothérapies – trois options remboursées en France (2026)
Les biothérapies représentent une avancée thérapeutique majeure pour les formes modérées à sévères en échec des traitements conventionnels. Trois molécules sont désormais remboursées en France pour l’hidradénite suppurée active modérée à sévère de l’adulte, toutes en 2e intention après réponse insuffisante aux antibiotiques.
| Molécule | Cible / AMM | Données d’efficacité |
|---|---|---|
| Adalimumab (Humira®) | Anti-TNF-α – remboursé depuis mars 2021 | Études PIONEER I et II : réponse clinique à 12 semaines chez 41,8 % (PIONEER I) et 58,9 % (PIONEER II) vs 26–28 % sous placebo |
| Sécukinumab (Cosentyx®) | Anti-IL-17A – AMM et remboursement 2023 – 1re biothérapie anti-IL-17 dans l’HS | 2e intention après réponse insuffisante aux antibiotiques – utilisable en relais ou en association |
| Bimékizumab (Bimzelx®) | Anti-IL-17A/F – AMM et remboursement 2024 | 2e intention – place par rapport à l’adalimumab et au sécukinumab non encore précisée en l’absence d’études comparatives directes |
| Infliximab | Anti-TNF – hors AMM – formes résistantes | Données de cas et séries – 2e ligne anti-TNF |
| Isotrétinoïne | Inefficace dans l’HS – ne pas utiliser | L’acitrétine peut être essayée hors AMM dans certaines formes – voir isotrétinoïne |
Traitement chirurgical
| Geste | Indication | Commentaire |
|---|---|---|
| Incision-drainage | Soulagement immédiat d’un abcès fluctuant en poussée | Aucune valeur curative – récidive quasi constante |
| Excision limitée | Lésions récidivant toujours au même endroit – Hurley I–II localisé | Curatif dans la zone opérée si exérèse complète |
| Exérèse radicale + cicatrisation dirigée ou greffe | Grades II et III étendus | Précédée d’une IRM pour cartographier l’ensemble des fistules – seul geste potentiellement curatif |
Épilation laser et photobiomodulation
L’épilation au laser (Nd:YAG, alexandrite) réduit la densité folliculaire dans les zones atteintes et peut diminuer la fréquence et l’intensité des poussées dans les formes légères à modérées. Elle constitue un complément utile aux traitements médicaux et chirurgicaux – à débuter tôt, avant l’apparition de fibrose, pour un meilleur résultat. Voir notre article sur l’épilation laser.
La photobiomodulation (laser de faible énergie) représente une approche adjuvante intéressante dans certaines situations complexes, notamment pour contrôler la douleur et réduire l’activité inflammatoire en préparation d’une chirurgie, ou chez des patients dont le terrain général limite les options conventionnelles. Son mécanisme repose sur des effets anti-inflammatoires et antalgiques via la modulation des médiateurs de l’inflammation et la stimulation de la microcirculation. Son rôle dans l’HS reste peu documenté mais les données de cas publiées montrent des résultats encourageants.
Maladie de Verneuil et femme : cycles, hormones, grossesse
La maladie de Verneuil touche les femmes deux à trois fois plus souvent que les hommes et présente chez elles des particularités importantes qui méritent une attention spécifique.
Poussées péri-menstruelles
Environ 62 % des femmes atteintes de maladie de Verneuil signalent une aggravation de leurs lésions en période péri-menstruelle, le plus souvent dans la semaine précédant les règles (78,9 % des cas). Ces poussées sont plus fréquentes chez les stades Hurley III et chez les patientes ayant des antécédents familiaux. Les variations hormonales du cycle – notamment la chute de la progestérone et les fluctuations des androgènes – semblent jouer un rôle déclenchant via la stimulation des androgènes sur les follicules pilo-sébacés.
Grossesse et allaitement
La grossesse entraîne des modifications hormonales complexes dont l’effet sur l’HS est variable selon les patientes : une amélioration est possible, mais des poussées peuvent également survenir. La prise en charge doit être adaptée en raison des restrictions médicamenteuses pendant la grossesse et l’allaitement – certains antibiotiques et les biothérapies nécessitent une évaluation bénéfice-risque rigoureuse en concertation avec le médecin.
Ménopause
La ménopause s’accompagne souvent d’une amélioration ou d’une rémission de la maladie, ce qui confirme indirectement l’influence des hormones sexuelles dans sa physiopathologie. Cependant, certaines patientes décrivent une persistance des lésions au-delà de la ménopause, en particulier en cas de surpoids ou de syndrome métabolique.
Impact psychologique et qualité de vie
La maladie de Verneuil génère une souffrance psychologique considérable, qui est trop souvent minimisée. La douleur chronique, les écoulements purulents, les cicatrices visibles dans des zones intimes, l’impact sur la sexualité, les relations sociales et la vie professionnelle contribuent à un score d’altération de la qualité de vie (DLQI) parmi les plus élevés de toutes les dermatoses chroniques – supérieur à celui du psoriasis et de la dermatite atopique dans de nombreuses études.
La stigmatisation sociale joue un rôle majeur : les patients qui se sentent stigmatisés présentent des niveaux de dépression et d’anxiété sociale plus élevés. La dépression touche environ 21 % des patients atteints de maladie de Verneuil, l’anxiété 12 %. Le dépistage systématique de ces comorbidités psychiatriques et leur prise en charge font partie intégrante du traitement global de la maladie. Une prise en charge psychologique spécialisée peut être proposée en complément du traitement dermatologique.
Consultez rapidement si :
- Fièvre élevée (> 38,5 °C) associée à un abcès des plis – risque d’infection profonde ou de sepsis
- Augmentation rapide de la taille d’une lésion en quelques jours avec douleur intense – abcès nécessitant un drainage
- Lésion chronique qui change d’aspect, saigne spontanément ou ne cicatrise pas malgré le traitement – à écarter : carcinome épidermoïde sur cicatrice ancienne (complication rare mais grave)
- Atteinte périnéale ou périanale extensive avec douleurs à la défécation – risque de fistule profonde
- Détresse psychologique importante, idées noires – la souffrance psychologique liée à la maladie doit être prise en charge
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Questions fréquentes sur la maladie de Verneuil
La maladie de Verneuil est-elle causée par un manque d’hygiène ?
Non – c’est l’une des idées reçues les plus douloureuses pour les patients. La maladie de Verneuil est une maladie inflammatoire chronique d’origine génétique et immunitaire. Elle n’est pas causée par un défaut d’hygiène, ni par les déodorants, le rasage ou les antitranspirants. Ces facteurs n’ont aucun lien démontré avec la maladie. Seuls le tabagisme actif et le surpoids sont des facteurs aggravants clairement établis.
Peut-on guérir de l’hidradénite suppurée ?
La maladie de Verneuil est une maladie chronique – la guérison complète et définitive est rare. En revanche, un traitement bien conduit (antibiotiques, biothérapie, chirurgie) permet d’obtenir des rémissions prolongées et d’améliorer considérablement la qualité de vie. L’arrêt du tabac et la perte de poids sont les deux leviers les plus puissants sur l’évolution à long terme.
La maladie de Verneuil s’aggrave-t-elle avec les règles ?
Oui, chez environ 62 % des femmes atteintes selon les études. Les poussées surviennent le plus souvent dans la semaine précédant les règles, sous l’effet des variations hormonales du cycle. Ce pattern péri-menstruel est plus fréquent dans les formes sévères (Hurley III). Les contraceptifs estroprogestatifs peuvent dans certains cas réduire la fréquence de ces épisodes.
Quelles biothérapies sont disponibles et remboursées pour la maladie de Verneuil ?
Trois biothérapies sont remboursées en France en 2026 pour les formes modérées à sévères en échec des antibiotiques : l’adalimumab (Humira®, anti-TNF, depuis 2021), le sécukinumab (Cosentyx®, anti-IL-17A, depuis 2023) et le bimékizumab (Bimzelx®, anti-IL-17A/F, depuis 2024). Toutes trois sont des traitements de 2e intention. L’adalimumab reste la référence avec le plus de recul clinique grâce aux essais PIONEER I et II.
Quand l’adalimumab est-il indiqué ?
L’adalimumab (Humira®) est indiqué dans les formes modérées à sévères (Hurley II/III) après échec d’au moins un traitement antibiotique systémique bien conduit. Remboursé en France depuis mars 2021. Les études PIONEER I et II ont démontré son efficacité avec une réponse clinique chez 42 à 59 % des patients sous adalimumab hebdomadaire, contre 26–28 % sous placebo.
La chirurgie peut-elle guérir la maladie de Verneuil ?
La chirurgie est le seul traitement potentiellement curatif dans une zone donnée, à condition que l’exérèse soit complète et radicale, précédée d’une IRM pour cartographier toutes les fistules. Une excision insuffisante entraîne une récidive quasi constante. L’incision-drainage d’un abcès en poussée soulage immédiatement mais n’a aucune valeur curative sur la maladie.
La maladie de Verneuil est-elle héréditaire ?
En partie. Des antécédents familiaux sont retrouvés dans 30 à 40 % des cas, et l’héritabilité estimée est d’environ 80 %. Des mutations dans les gènes du complexe gamma-sécrétase ont été identifiées dans certaines familles. Cela ne signifie pas que tous les enfants d’un parent atteint développeront la maladie, mais une vigilance est justifiée en cas d’antécédents familiaux.
La photobiomodulation peut-elle aider dans la maladie de Verneuil ?
La photobiomodulation est une technique adjuvante utilisant des lasers de faible énergie, aux propriétés anti-inflammatoires et antalgiques. Elle est décrite comme potentiellement utile dans certaines formes complexes ou en préparation à une chirurgie, notamment pour réduire la douleur et l’inflammation avant une exérèse. Elle ne se substitue pas aux traitements conventionnels mais peut représenter un outil complémentaire dans les situations d’impasse thérapeutique relative.
Voir aussi :
Abcès cutané |
Furoncle |
Folliculite |
Biothérapies en dermatologie |
Kyste pilonidal
Références scientifiques
- Kimball AB et al. Two Phase 3 Trials of Adalimumab for Hidradenitis Suppurativa (PIONEER I & II). N Engl J Med. 2016;375(5):422-434. PMID 27518661
- Jemec GBE et al. Adalimumab medium-term dosing strategy in moderate-to-severe hidradenitis suppurativa : integrated PIONEER results. Br J Dermatol. 2019;181(5):986-998. PMID 30916379
- Collier EK et al. Characterizing perimenstrual flares of hidradenitis suppurativa. Int J Womens Dermatol. 2020;6(5):372-376. PMID 33898701
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