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Le Locoid fait partie des dermocorticoïdes les plus prescrits en France, en particulier chez l’enfant, en raison de son profil de tolérance jugé favorable.
Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Sommaire
- Qu’est-ce que le Locoid ?
- Les 5 formes de Locoid : laquelle choisir ?
- Dans quelles maladies de peau l’utilise-t-on ?
- Posologie et mode d’emploi
- Locoid chez l’enfant, la femme enceinte et allaitante
- Locoid sur le visage : précautions
- Contre-indications
- Effets secondaires
- Locoid et autres dermocorticoïdes
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Qu’est-ce que le Locoid ?
Le Locoid est un médicament dont la substance active est le 17-butyrate d’hydrocortisone, un corticoïde de synthèse non fluoré destiné à un usage exclusivement cutané. Contrairement à l’hydrocortisone simple, la butyration de la molécule augmente sa pénétration dans la peau et son efficacité anti-inflammatoire, tout en conservant une bonne tolérance locale. C’est un des dermocorticoïdes les plus anciens et les plus étudiés du marché français, prescrit aussi bien chez l’adulte que chez l’enfant dès 3 mois.
Comme tous les dermocorticoïdes, le Locoid agit en freinant la production locale de substances inflammatoires. Il soulage rapidement les démangeaisons et les rougeurs, mais ne traite pas la cause sous-jacente de la maladie de peau : c’est un traitement des poussées, pas un traitement curatif définitif de l’eczéma ou du psoriasis.
Les 5 formes de Locoid : laquelle choisir selon la dermatose ?
Le laboratoire propose plusieurs formes galéniques du même principe actif, chacune pensée pour un type de lésion. Le choix n’est pas anodin : une pommade trop grasse sur une lésion suintante peut l’aggraver, de même qu’une crème trop fluide sur une peau très sèche et épaissie sera insuffisante.
| Forme | Texture | Indication privilégiée |
|---|---|---|
| Crème | Fluide, non grasse | Dermatoses aiguës et suintantes (poussée d’eczéma) |
| Crème épaisse | Onctueuse | Dermatoses chroniques sèches et squameuses |
| Pommade | Grasse, occlusive | Plaques chroniques épaissies, lichénifiées |
| Émulsion fluide (lait) | Très fluide | Grandes surfaces, plis, peau sensible |
| Lotion | Liquide alcoolique | Cuir chevelu |
C’est le médecin, en examinant la lésion, qui détermine la forme la plus adaptée. Il n’est pas rare qu’une ordonnance associe deux formes différentes : une crème pour le corps et une lotion pour le cuir chevelu, par exemple.
Dans quelles maladies de peau utilise-t-on le Locoid ?
Le Locoid est indiqué dans les dermatoses inflammatoires, allergiques et prurigineuses non liées à une infection. En pratique, il est le plus souvent prescrit dans :
- l’eczéma atopique (dermatite atopique) de l’enfant et de l’adulte
- l’eczéma de contact
- certaines formes de psoriasis, en particulier sur des zones sensibles
- la dermite séborrhéique du visage ou du cuir chevelu
- le lichen plan et certaines neurodermatites localisées
Il n’est en revanche pas indiqué dans les dermatoses infectieuses (mycose, impétigo, herpès, gale), sauf association thérapeutique décidée par le médecin, ni dans l’acné ou la rosacée, qu’il peut au contraire aggraver.
Posologie et mode d’emploi
La dose habituelle est de 1 à 2 applications par jour, en couche mince, sur les zones atteintes uniquement. Il n’est pas utile ni souhaitable d’augmenter le nombre d’applications quotidiennes : cela n’améliore pas l’efficacité mais augmente le risque d’effets indésirables. Les mains sont lavées après chaque application, sauf lorsque ce sont elles qui sont traitées.
La durée du traitement dépend de la sévérité et de la localisation de la dermatose, mais elle est le plus souvent limitée à 2 à 4 semaines chez l’adulte et à une semaine chez le nourrisson. Pour les affections qui rendent souhaitable un arrêt progressif, comme le psoriasis ou la dermatite atopique, le médecin propose généralement une décroissance par espacement des applications plutôt qu’un arrêt brutal.
Locoid chez l’enfant, la femme enceinte et allaitante
Le Locoid est autorisé chez l’adulte, l’enfant et le nourrisson de plus de 3 mois. Sa sécurité et son efficacité en dessous de cet âge n’ont pas été établies. Chez l’enfant, en particulier le jeune enfant, la peau plus immature et le rapport surface corporelle/poids plus élevé que chez l’adulte augmentent le risque de passage du produit dans le sang : les grandes quantités, les zones sous couche et les pansements occlusifs sont donc évités, et le traitement du nourrisson dépasse rarement 7 jours.
Pendant la grossesse, le Locoid peut être utilisé si le médecin estime que le bénéfice attendu justifie le risque potentiel, en privilégiant de petites surfaces et une durée courte. En cas d’allaitement, il peut également être prescrit, à condition de ne pas l’appliquer sur les seins afin d’éviter tout contact direct avec le nourrisson.
Locoid sur le visage : précautions particulières
La peau du visage, plus fine, absorbe davantage les corticoïdes que le reste du corps. Le Locoid peut y être prescrit, notamment dans certaines dermites du visage, mais avec prudence et sur une durée limitée. Il ne doit pas être appliqué sur les paupières, en raison d’un risque de glaucome ou de cataracte, ni sur les muqueuses du nez, de la bouche ou des oreilles.
Une utilisation prolongée sur le visage expose à une dermite cortico-induite, une inflammation paradoxale qui rechute à chaque tentative d’arrêt et nécessite un sevrage progressif, souvent difficile. C’est une des raisons pour lesquelles l’automédication prolongée avec un reste de tube de Locoid est déconseillée.
Contre-indications
Le Locoid ne doit pas être utilisé en cas d’allergie connue au 17-butyrate d’hydrocortisone ou à l’un des excipients, ni sur une peau infectée par un virus (bouton de fièvre, zona, varicelle), une bactérie (impétigo), un champignon (mycose, pied d’athlète, teigne) ou un parasite (gale), sauf traitement associé prescrit par le médecin. Il est également déconseillé sur des plaies ouvertes et sur une rosacée du visage, qu’il risquerait d’aggraver.
Effets secondaires du Locoid
Utilisé selon la prescription, le Locoid est habituellement bien toléré. Les effets indésirables les plus fréquents restent locaux et transitoires : sensation de picotement, sécheresse ou légère irritation au moment de l’application. Un usage prolongé, sur de grandes surfaces ou sous occlusion (plis, couches, pansement), peut favoriser une atrophie cutanée, des vergetures, une dilatation des petits vaisseaux ou une pilosité accrue localement.
Les effets généraux, comme un ralentissement de la sécrétion naturelle de cortisol par les glandes surrénales, sont rares aux doses et durées usuelles. Ils concernent surtout les traitements prolongés, sur de grandes surfaces, chez le nourrisson ou en cas d’application sous occlusion. Ces effets sont réversibles à l’arrêt du traitement, mais justifient un arrêt progressif plutôt que brutal dans ces situations.
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Locoid et autres dermocorticoïdes : où se situe-t-il ?
En France, les dermocorticoïdes sont classés en 4 niveaux d’activité, du plus faible au plus fort. Le Locoid se situe dans la classe des corticoïdes d’activité forte, aux côtés de produits comme le Betneval ou la Diprosone, un cran en dessous des corticoïdes très forts comme le Dermoval. Sa particularité, par rapport à d’autres molécules de la même classe, tient à son profil de tolérance jugé favorable en pédiatrie, ce qui explique sa large utilisation chez l’enfant depuis plusieurs décennies.
Le choix entre le Locoid et un autre dermocorticoïde dépend de la sévérité de la dermatose, de sa localisation et de l’âge du patient : il revient toujours au médecin prescripteur, et ne doit pas reposer sur une substitution spontanée en pharmacie ou sur les conseils d’un tiers.
Téléchargez un guide complet au format PDF :
Questions fréquentes sur le Locoid
Qu’est-ce que le Locoid exactement ?
Le Locoid est le nom commercial du 17-butyrate d’hydrocortisone, un dermocorticoïde commercialisé depuis les années 1980. Il réduit l’inflammation, les rougeurs et les démangeaisons de la peau en agissant sur les récepteurs aux glucocorticoïdes des cellules cutanées. Il existe en crème, crème épaisse, pommade, émulsion fluide et lotion capillaire, chaque forme étant adaptée à un type de peau ou de lésion précis.
Le Locoid est-il un corticoïde fort ?
Le Locoid appartient à la classe des corticoïdes d’activité forte selon la classification française, entre l’hydrocortisone simple, faible, et les corticoïdes très forts comme le Dermoval. Sa forme d’hydrocortisone butyrate, non fluorée, lui confère une efficacité supérieure à l’hydrocortisone classique tout en gardant un profil de tolérance jugé favorable, y compris chez l’enfant à partir de 3 mois.
Combien de temps peut-on utiliser le Locoid sans risque ?
En général, un traitement par Locoid dure de quelques jours à 2 à 4 semaines selon la sévérité de la dermatose, sur prescription médicale. Chez le nourrisson, la durée ne dépasse habituellement pas 7 jours. Au-delà de 2 à 4 semaines, le médecin réévalue le diagnostic et envisage une décroissance progressive plutôt qu’un arrêt brutal, pour limiter le risque de rebond.
Peut-on appliquer le Locoid sur le visage ?
Le Locoid peut être appliqué sur le visage sur prescription médicale, mais avec prudence, car la peau du visage est plus sensible aux corticoïdes que le reste du corps. Il est déconseillé de l’appliquer sur les paupières, en raison d’un risque de glaucome ou de cataracte, ni sur les muqueuses. Une utilisation prolongée du visage expose le plus souvent à une dermite cortico-induite.
Le Locoid est-il autorisé chez le nourrisson ?
Oui, le Locoid est autorisé chez le nourrisson à partir de 3 mois, dans le cadre d’une prescription médicale. La peau du bébé étant plus fine et le rapport surface corporelle/poids plus important que chez l’adulte, le risque de passage dans le sang est accru. Le traitement chez le nourrisson dépasse rarement 7 jours et les grandes quantités ou pansements occlusifs sont évités.
Peut-on utiliser le Locoid pendant la grossesse ou l’allaitement ?
Le Locoid peut être utilisé pendant la grossesse si le médecin juge le bénéfice supérieur au risque, en privilégiant de petites surfaces et une durée courte. Pendant l’allaitement, il peut également être prescrit, à condition de ne pas l’appliquer sur les seins pour éviter tout contact avec le nourrisson au moment de la tétée. L’avis du médecin reste indispensable avant toute application.
Locoid crème, pommade ou émulsion : quelle différence ?
La crème convient surtout aux lésions aiguës et suintantes, la crème épaisse aux dermatoses sèches et squameuses, la pommade, plus grasse et occlusive, aux plaques chroniques épaissies, l’émulsion fluide aux grandes surfaces ou aux plis, et la lotion au cuir chevelu. Le choix de la forme galénique dépend donc de l’aspect de la lésion, pas seulement de sa localisation.
Le Locoid a-t-il des effets secondaires graves ?
Utilisé selon la prescription, le Locoid expose surtout à des effets locaux : sécheresse, picotements ou irritation passagers, et plus rarement une fragilisation de la peau en cas d’usage prolongé ou sous occlusion. Les effets généraux, comme un ralentissement de la production de cortisol par les glandes surrénales, restent rares et concernent surtout les traitements prolongés sur de grandes surfaces ou chez le nourrisson.
Que faire si les démangeaisons persistent malgré le Locoid ?
Si les démangeaisons ou les lésions persistent après 2 semaines de traitement bien conduit, il est recommandé de reconsulter plutôt que de renouveler seul l’ordonnance. Le médecin pourra vérifier le diagnostic, écarter une surinfection ou une allergie de contact au produit, et adapter le traitement selon la cause identifiée.
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Références scientifiques
- Veien NK, Hattel T, Justesen O, Nørholm A, Verjans HL. Hydrocortisone 17-butyrate (Locoid) 0,1% cream versus hydrocortisone (Uniderm) 1% cream in the treatment of children suffering from atopic dermatitis. J Int Med Res. 1984;12(5):310-3. PMID 6389217
- Abramovits W, Oquendo M. Hydrocortisone butyrate 0.1% cream does not significantly suppress hypothalamic-pituitary-adrenal axis and is effective in pediatric patients 3 months and older with extensive atopic dermatitis. Skinmed. 2010;8(3):150-4. PMID 21137620
- Reitamo S, Rustin M, Ruzicka T, et al. Efficacy and safety of tacrolimus ointment compared with that of hydrocortisone butyrate ointment in adult patients with atopic dermatitis. J Allergy Clin Immunol. 2002;109(3):547-55. PMID 11898005
Source : HAS — Dermatite atopique de l’enfant
Pour aller plus loin, consultez nos fiches sur l’eczéma, sur les démangeaisons ou sur l’ensemble des dermocorticoïdes et leurs classes d’activité.
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