Dernière mise à jour : 21 juin 2026
Varicosités et télangiectasies des jambes : petites veines rouges ou bleues, normal ou inquiétant ?
Mis à jour le 11 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Varicosités, télangiectasies, veinectasies : de quoi parle-t-on exactement ?
Quand on découvre de petits filaments rouges ou violacés sur les cuisses ou les mollets, le premier réflexe est souvent de penser aux varices. C’est compréhensible – mais dans la plupart des cas, il s’agit de varicosités ou de télangiectasies, des entités bien distinctes, moins sévères et plus superficielles.
Le vocabulaire peut sembler complexe, mais il recouvre des réalités cliniques précises :
- Télangiectasies (ou varicosités rouges) : vaisseaux de 0,1 à 1 mm de diamètre, rouges ou rosés, formant des réseaux en étoile, en bouquet ou en nappe. Ils correspondent aux capillaires et vénules les plus superficiels.
- Veinectasies (ou varicosités bleutées) : un peu plus larges, de 1 à 2 mm, bleutées à violacées, légèrement saillantes. Ce sont les veinules sous-cutanées superficielles.
- Varices réticulaires : vaisseaux bleu-vert sous-cutanés entre 2 et 3 mm, non saillants mais bien visibles. Elles servent souvent de vaisseaux nourriciers aux télangiectasies.
- Vraies varices : veines saphènes ou leurs collatérales dilatées au-delà de 3 mm, souvent saillantes, sinueuses, liées à une insuffisance veineuse chronique avérée.
Cette distinction n’est pas qu’académique : elle conditionne la prise en charge thérapeutique. Traiter des télangiectasies sans avoir écarté un reflux veineux sous-jacent, c’est prendre le risque d’un résultat décevant – voire d’une aggravation.
Téléconsulter le Dr Rousseau, dermatologue
Consulter rapidement un dermatologue en visio
Besoin de l'avis d'un dermatologue en visio ? Délais de RDV trop longs en cabinet?
À quoi correspondent les varicosités dans la classification médicale ?
La médecine vasculaire utilise la classification CEAP (Clinique, Étiologique, Anatomique, Physiopathologique) pour graduer la maladie veineuse chronique. C’est la référence internationale, adoptée par la HAS dans ses recommandations sur la compression médicale.
| Stade CEAP | Description clinique | Exemples |
|---|---|---|
| C0 | Aucun signe visible ou palpable | Jambes normales |
| C1 | Télangiectasies ou varices réticulaires (< 3 mm) | Varicosités rouges, bleutées |
| C2 | Varices ≥ 3 mm | Varices saphènes |
| C3 | Œdème veineux | Chevilles gonflées en fin de journée |
| C4 | Troubles trophiques cutanés | Dermite ocre, eczéma variqueux |
| C5–C6 | Ulcère veineux cicatrisé ou actif | Plaie chronique de jambe |
Les varicosités correspondent donc au stade C1, le moins sévère de la classification. Selon les données épidémiologiques françaises citées dans le rapport HAS sur la compression médicale, environ 16,5 % de la population présente des télangiectasies ou des varices réticulaires. Chez les femmes, ce chiffre est nettement plus élevé.
Quelles sont les causes des varicosités sur les jambes ?
Les varicosités résultent d’une fragilité de la paroi des petits vaisseaux, qui cède sous la pression hydrostatique. Plusieurs facteurs favorisent leur apparition, et ils se cumulent souvent :
Facteurs de risque principaux :
- Hérédité : c’est le facteur le plus constant. Avoir un ou deux parents atteints multiplie significativement le risque.
- Sexe féminin : les œstrogènes et la progestérone fragilisent la paroi veineuse. Les variations hormonales (grossesse, contraception hormonale, ménopause) amplifient ce phénomène.
- Grossesse : l’augmentation du volume sanguin, la compression pelvienne et les modifications hormonales expliquent la fréquente apparition de varicosités dès le premier trimestre.
- Station debout ou assise prolongée : les professions impliquant une orthostatisme prolongé (coiffeurs, vendeurs, soignants, enseignants) favorisent la stase veineuse.
- Surpoids : il augmente la pression dans les veines des membres inférieurs.
- Exposition solaire répétée : fragilise le derme et les parois vasculaires superficielles.
- Traumatismes locaux : un choc ou une intervention chirurgicale peut créer localement des conditions favorables à la dilatation capillaire (phénomène de matting post-sclérose).
Il est important de distinguer les varicosités primitives (isolées, sans reflux sous-jacent) des varicosités secondaires, conséquences d’une hyperpression liée à des varices plus profondes. Dans ce second cas, traiter les varicosités sans traiter la cause donne des résultats décevants et favorise les récidives rapides – c’est l’erreur à éviter.
Comment distinguer varicosités et vraies varices ?
Une confusion fréquente conduit les patients à confondre ces deux entités. Voici les éléments cliniques qui permettent de les différencier :
| Caractéristique | Varicosités / télangiectasies | Vraies varices |
|---|---|---|
| Diamètre | < 2 mm | ≥ 3 mm |
| Couleur | Rouge vif à bleu-violet | Bleu foncé à vert |
| Aspect | Filaments, étoiles, nappes | Cordons sinueux, saillants |
| Saillance | Non ou peu saillantes | Saillantes, palpables |
| Symptômes douloureux | Rares, souvent absents | Lourdeurs, douleurs fréquentes |
| Risque thrombotique | Très faible si isolées | Possible (phlébite superficielle) |
| Bilan écho-doppler | Souvent normal | Reflux saphène visible |
Dans le doute, surtout si les varicosités sont étendues, apparaissent rapidement ou s’accompagnent de jambes lourdes, un écho-doppler veineux réalisé par un angiologue permet de préciser s’il existe un reflux profond. Cette étape peut conditionner la stratégie thérapeutique.
Quels traitements pour effacer les varicosités des jambes ?
Aucune crème, aucun veinotonique ne fait disparaître les varicosités déjà constituées. Les traitements médicaux peuvent atténuer les symptômes fonctionnels mais n’ont pas d’effet sur les vaisseaux visibles. Pour les effacer, deux approches ont fait leurs preuves.
La sclérothérapie : le traitement de référence
La sclérothérapie consiste à injecter, à l’aide d’une aiguille très fine, un produit sclérosant directement dans le vaisseau à traiter. Ce produit (polidocanol – Aetoxysclérol®, ou glycérine chromée – Sclérémo®) irrite la paroi endothéliale, provoque sa thrombose puis sa fibrose progressive. Le vaisseau disparaît en quelques semaines.
La consultation dure en général 20 à 40 minutes. Plusieurs dizaines d’injections peuvent être réalisées lors d’une même séance. Un port de bas de contention (classe 2) est recommandé dans les jours suivants pour améliorer les résultats et limiter les pigmentations résiduelles. 2 à 4 séances sont souvent nécessaires, espacées de 4 à 8 semaines. Le résultat final s’apprécie 3 mois après la dernière séance.
Une étude randomisée portant sur 90 patientes présentant des télangiectasies isolées a montré que la sclérothérapie améliore significativement la satisfaction esthétique par rapport à la compression seule ou aux traitements médicaux (Aydın et al., Phlebology 2022 – PMID 34229502).
La concentration du sclérosant est adaptée au calibre du vaisseau : on dilue l’Aetoxysclérol de 0,25 % à 1 % selon la taille des télangiectasies. Pour les veinectasies plus larges, une mousse sclérosante peut être utilisée pour un meilleur contact pariétal. L’article dédié aux traitements des varicosités et des varices décrit en détail les différents agents sclérosants disponibles.
Le laser vasculaire : une alternative pour les très fins vaisseaux
Le laser Nd:YAG 1064 nm est indiqué en première intention pour les télangiectasies rouges très fines (moins de 0,5 mm), difficiles à ponctionner, et pour certaines zones anatomiques délicates (face interne de la cheville, pli du genou). Il agit par photothermie sélective : la lumière est absorbée par l’oxyhémoglobine, ce qui coagule le vaisseau sans toucher les tissus environnants.
Pour les veinectasies bleutées plus larges (1 à 2 mm), la sclérothérapie reste en général préférée en raison de son efficacité et de son coût. Les autres lasers (KTP, colorant pulsé, IPL) ont une efficacité limitée sur les varicosités des jambes et ne constituent pas des alternatives validées en première intention.
La contention veineuse : rôle préventif et symptomatique
Les bas ou collants de contention médicale (classe 2 en général) ne font pas disparaître les varicosités mais peuvent limiter leur progression, réduire les symptômes fonctionnels (lourdeurs, fourmillements, crampes) et optimiser les résultats des traitements sclérosants. Ils sont recommandés après chaque séance et en prévention chez les patients à risque (station debout prolongée, grossesse, prédisposition familiale).
Téléconsulter le Dr Rousseau, dermatologue
Consulter rapidement un dermatologue en visio
Besoin de l'avis d'un dermatologue en visio ? Délais de RDV trop longs en cabinet?
Varicosités pendant la grossesse : que faire ?
La grossesse est une période à haut risque d’apparition ou d’aggravation des varicosités. L’augmentation du volume sanguin circulant, la compression mécanique des veines iliaques par l’utérus gravide et les modifications hormonales (progestérone notamment) contribuent à dilater les petits vaisseaux.
L’article sur les varices et jambes lourdes aborde en détail les mesures hygiéno-diététiques applicables en dehors de la grossesse.
Quelles sont les complications possibles de la sclérothérapie des varicosités ?
La sclérothérapie des varicosités est une technique sûre, réalisée en consultation externe, sans anesthésie. Ses effets secondaires sont le plus souvent bénins et transitoires :
- Pigmentation brunâtre (hémosidérine) : la complication esthétique la plus fréquente. Elle survient quand des globules rouges s’infiltrent hors du vaisseau après injection. Elle régresse spontanément en quelques mois dans la majorité des cas.
- Télangiectasies de novo (matting) : apparition de nouveaux petits vaisseaux autour de la zone traitée, liée à une hyperpression résiduelle. Elle signe souvent l’existence d’un reflux sous-jacent non traité.
- Petites ulcérations cutanées : rares, liées à une injection extravasculaire du produit sclérosant. Elles cicatrisent en quelques semaines.
- Réaction allergique : exceptionnelle avec les produits modernes (polidocanol, glycérine chromée).
Les complications sévères (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire) sont exceptionnelles pour les varicosités de petit calibre. Elles peuvent être observées lors de scléroses de varices volumineuses avec mousse, surtout en l’absence de bilan préalable.
En cas de pigmentation persistante ou de mauvais résultat esthétique, une consultation de suivi chez le dermatologue ou l’angiologue permet d’adapter la stratégie. Les patients présentant des lésions cutanées associées à une insuffisance veineuse plus avancée peuvent être concernés par l’eczéma variqueux, qui fait l’objet d’un article dédié sur ce site.
Quand consulter un dermatologue pour les varicosités des jambes ?
Une consultation est utile – voire recommandée – dans les situations suivantes :
- Varicosités nombreuses, étendues ou évolutives
- Apparition rapide après une grossesse ou un traumatisme
- Association à des jambes lourdes, des œdèmes en fin de journée, des crampes nocturnes
- Volonté de traitement esthétique (sclérothérapie, laser)
- Antécédents familiaux de varices importantes ou de thrombose veineuse
Le dermatologue peut effectuer lui-même la sclérothérapie des varicosités et des varices réticulaires, et orienter vers un angiologue si un bilan écho-doppler est nécessaire avant de traiter. Pour les télangiectasies du visage (couperose), voir l’article sur la rosacée et la couperose, qui relèvent d’une prise en charge distincte.
Téléconsulter le Dr Rousseau, dermatologue
Consulter rapidement un dermatologue en visio
Besoin de l'avis d'un dermatologue en visio ? Délais de RDV trop longs en cabinet?
Consultez en urgence si :
- Une zone de varicosités devient soudainement douloureuse, rouge, chaude et ferme au toucher (possible thrombose veineuse superficielle)
- Un gonflement important et rapide d’un mollet ou d’une cheville apparaît (à évoquer une phlébite profonde)
- Une plaie ou une ulcération s’ouvre spontanément sur une zone variqueuse
- Vous observez un saignement en jet depuis une varicosité (urgence vasculaire rare mais réelle – allongez-vous, surélever la jambe et appuyer fermement en attendant les secours)
Ces situations nécessitent une consultation médicale urgente et non différée.
Téléchargez un guide complet au format PDF :
Questions fréquentes sur les varicosités et télangiectasies des jambes
Quelle est la différence entre varicosités et varices ?
Les varicosités (télangiectasies) sont de très petits vaisseaux dilatés de moins de 2 mm, visibles en surface sous forme de filaments rouges ou bleuâtres. Les varices sont des veines profondes dilatées de plus de 3 mm, souvent saillantes et sinueuses. Les varicosités peuvent exister sans varices, mais elles peuvent aussi en être un signe indirect, d’où l’intérêt d’un bilan veineux si elles sont étendues ou associées à des symptômes.
Les varicosités des jambes sont-elles dangereuses ?
Dans la grande majorité des cas, les varicosités isolées (stade C1 CEAP) sont bénignes et ne présentent pas de risque thrombotique direct. Elles sont surtout d’ordre esthétique et peuvent s’accompagner d’une légère sensation de jambes lourdes. Une consultation permet néanmoins d’écarter une insuffisance veineuse sous-jacente, surtout si les lésions sont nombreuses ou évolutives.
Peut-on traiter les varicosités des jambes sans ordonnance ?
Il n’existe pas de traitement topique (crème, gel) capable de faire disparaître les varicosités déjà constituées. Les veinotoniques peuvent atténuer les symptômes fonctionnels (lourdeurs, fourmillements) mais n’effacent pas les vaisseaux visibles. La sclérothérapie, réalisée par un dermatologue ou un angiologue, est le traitement de référence pour les effacer. Elle ne nécessite pas d’hospitalisation.
Combien de séances de sclérothérapie faut-il pour les varicosités ?
Le nombre de séances dépend de l’étendue des lésions. En moyenne, 2 à 4 séances espacées de 4 à 8 semaines sont nécessaires pour obtenir un résultat satisfaisant. Chaque séance traite une zone délimitée. Le résultat final s’apprécie environ 3 mois après la dernière injection, le temps que les vaisseaux se réabsorbent progressivement.
Les varicosités des jambes peuvent-elles réapparaître après traitement ?
Les varicosités traitées disparaissent en général de façon durable, mais de nouvelles peuvent apparaître dans d’autres zones, surtout si les facteurs favorisants persistent (station debout prolongée, surpoids, grossesse, prédisposition familiale). Des séances d’entretien peuvent être proposées tous les 1 à 3 ans selon l’évolution individuelle.
Le laser est-il efficace sur les varicosités des jambes ?
Le laser Nd:YAG 1064 nm est une alternative à la sclérothérapie, particulièrement utile pour les vaisseaux très fins (moins de 0,5 mm) difficiles à ponctionner à l’aiguille. Son efficacité est comparable pour les petites télangiectasies rouges. Pour les veinectasies bleutées plus larges (1 à 2 mm), la sclérothérapie reste généralement préférée car plus accessible et souvent moins coûteuse.
Les varicosités des jambes sont-elles plus fréquentes chez les femmes ?
Oui, les femmes sont environ 3 fois plus souvent touchées que les hommes. Les variations hormonales (grossesse, pilule contraceptive, ménopause) fragilisent la paroi veineuse et favorisent la dilatation des petits vaisseaux. Une prédisposition génétique joue également un rôle important : avoir un parent atteint augmente sensiblement le risque personnel.
Faut-il porter des bas de contention après une sclérothérapie pour varicosités ?
Oui, le port de bas ou collants de contention (classe 2) est recommandé pendant 3 à 10 jours après chaque séance. Cette compression améliore les résultats en maintenant les parois vasculaires en contact et en limitant la formation de micro-caillots pigmentés (hémosidérine), une complication esthétique fréquente mais sans gravité médicale.
Références scientifiques
- Aydın U, Engin M, Türk T, Ata Y. The effectiveness of different treatment methods in isolated telangiectasia and reticular vein treatment: A single-center prospective randomized study. Phlebology. 2022 Feb;37(1):26-32. PMID 34229502
- Sadick NS. Sclerotherapy for leg telangiectasia – a blinded comparative trial of polidocanol and hypertonic saline. Dermatol Surg. 1999;25(5):381-385. PMID 10469077
- American Academy of Dermatology. Guidelines of care for sclerotherapy treatment of varicose and telangiectatic leg veins. J Am Acad Dermatol. 1996;34(3):523-528. PMID 8609276
Pages du cluster veineux – pour aller plus loin
Sur le même thème :
Livre "Longévitalité, la peau ne ment pas"
Votre programme de longévité et vitalité sur 90j par un dermatologue
Votre peau révèle votre âge biologique avant tous vos autres organes.
Découvrez le programme d'un dermatologue pour ralentir votre vieillissement après 40 ans :
- nutrition,
- sommeil,
- hormones,
- mouvement
- soins anti-âge...
Basé sur la science de la longévité (Sinclair, Attia, Longo).


