Traitement de l’urticaire : antihistaminiques, éviction et biothérapies

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Traitement de l’urticaire : comment soigner l’urticaire

Mis à jour le 9 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Nous avons vu dans l’article consacré à l’urticaire qu’il existait de nombreux facteurs favorisants ou aggravants. La prise en charge thérapeutique repose sur trois piliers : l’éviction des facteurs déclenchants, le traitement pharmacologique adapté à la forme clinique (aiguë ou chronique), et la mise en place d’un plan d’urgence chez les patients à risque d’anaphylaxie. Cette page fait le point sur toutes les options disponibles, des antihistaminiques classiques aux biothérapies modernes et aux nouvelles thérapies orales ciblées, conformément aux recommandations EAACI/SFD actualisées en 2026.

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En bref : Le traitement de l’urticaire suit un schéma par paliers : antihistaminiques H1 non sédatifs en première intention (cétirizine, loratadine, bilastine), puis dose quadruplée en cas d’échec, puis omalizumab (Xolair®) pour les formes chroniques résistantes – efficace dans 65 à 75 % des cas et remboursé en France. En 2025, le remibrutinib (Rhapsido®), premier traitement oral ciblé inhibiteur de BTK, a obtenu l’approbation de la FDA et est en cours d’évaluation par l’EMA. La cortisone au long cours est à éviter.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Éviter les facteurs favorisants

Quelle que soit la forme d’urticaire, l’identification et l’éviction des facteurs aggravants constituent le premier temps de la prise en charge. Cette démarche peut permettre, à elle seule, de réduire la fréquence et l’intensité des crises.

Aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs

En cas de suspicion d’urticaire alimentaire, une éviction d’essai de 3 semaines des aliments suivants est recommandée en première intention – avant tout bilan allergologique :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, œufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés.
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie emballée, gibier.
  • Blanc d’œuf.
  • Fromages affinés : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère, cheddar.
  • Légumes : épinards, tomate, choux, choucroute, concombre.
  • Fruits : fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette.
  • Boissons alcoolisées : bière, vin.
  • Chocolat et cacao.
Point important : Les recommandations européennes indiquent que l’éviction systématique de ce régime n’est pas recommandée de façon universelle dans l’urticaire chronique spontanée – elle n’est utile qu’en cas de suspicion documentée de composante alimentaire. En l’absence d’amélioration après 3 semaines, le régime peut être abandonné et un bilan allergologique complet (IgE spécifiques, prick-tests) envisagé.

Médicaments aggravants à éviter

Aspirine et AINS – un tiers à la moitié des urticaires seraient aggravés voire déclenchés par l’aspirine ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, naproxène, kétoprofène…). Leur éviction doit être proposée à tout patient urticarien, et une alternative antalgique (paracétamol) privilégiée.

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) – cette classe d’antihypertenseurs peut provoquer des angio-œdèmes du visage et du cou, parfois sévères. Tout antécédent d’angio-œdème constitue une contre-indication absolue aux IEC. En cas d’angio-œdème chez un patient sous IEC, un changement de classe antihypertensive doit être discuté avec le médecin traitant ou le cardiologue.

Bêtabloquants – sans déclencher l’urticaire, ils peuvent rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie en bloquant l’effet de l’adrénaline. Leur utilisation doit être signalée à tout médecin prescrivant un kit d’urgence.

Pourquoi éviter la cortisone en dehors des urgences ?

Les corticoïdes par voie générale (prednisone, prednisolone) ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire chronique, ni dans l’urticaire aiguë non compliquée. Plusieurs raisons expliquent cette position des sociétés savantes :

  • Risque de rebond à l’arrêt : la cortisone masque les symptômes sans traiter la cause. À l’arrêt, l’urticaire réapparaît souvent plus intensément.
  • Absence de preuve d’efficacité sur la durée dans l’urticaire chronique spontanée.
  • Effets secondaires nombreux en cas d’utilisation prolongée (diabète, ostéoporose, hypertension, infections).
⛔ Exception : Les corticoïdes restent indiqués en urgence, en complément de l’adrénaline, lors d’une réaction anaphylactique sévère – mais leur délai d’action est de 2 heures, ce qui en fait un traitement de protection secondaire, non de première intention.

Traitement de l’urticaire aiguë (moins de 6 semaines)

L’urticaire aiguë est le plus souvent d’origine infectieuse (virose), médicamenteuse ou alimentaire. Elle régresse spontanément en quelques jours à quelques semaines. Le traitement repose sur les antihistaminiques anti-H1, prescrits pendant au moins 15 jours pour éviter les rechutes lors d’un arrêt prématuré.

On privilégie les antihistaminiques de 2e génération, non sédatifs, en une prise par jour. Attention : certains antihistaminiques de 1re génération (Polaramine®, Primalan®, Atarax®) entraînent une somnolence pouvant rendre la conduite automobile dangereuse – le patient doit en être averti.

Exemples d’antihistaminiques disponibles et référencés sur Dermatonet :

Aerius® ·
Atarax® ·
Clarityne® ·
Kestin® ·
Polaramine® ·
Primalan® ·
Telfast® ·
Tinset® ·
Virlix® ·
Xyzall® ·
Zyrtec®

Traitement de l’urticaire chronique (plus de 6 semaines)

L’urticaire est dite chronique lorsqu’elle dure plus de 6 semaines. Elle touche 0,5 à 1 % de la population générale et son retentissement sur la qualité de vie est majeur : troubles du sommeil, anxiété, isolement social sont fréquemment décrits. Sa prise en charge suit un algorithme par paliers, conformément aux recommandations internationales EAACI réactualisées en 2026.

Palier Traitement Délai avant passage au palier suivant
1 Anti-H1 de 2e génération à dose standard 2 à 4 semaines sans contrôle
2 Anti-H1 jusqu’à 4× dose standard 4 à 8 semaines sans contrôle
3a Omalizumab (Xolair®) 300 mg/4 sem. SC Évaluation à 3 mois (3 injections)
3b Ciclosporine (en cas d’échec/CI omalizumab) 6 mois max, surveillance rénale
Nouveauté 2025 Remibrutinib (Rhapsido®) – inhibiteur BTK oral FDA approuvé sept. 2025 – EMA en cours

1/ Recherche et éviction de la cause

Un bilan étiologique orienté est indispensable (voir l’article urticaire). Les principales pistes à explorer selon le tableau clinique :

  • Angio-œdème récidivant : dosage de l’inhibiteur de la C1-estérase (déficit héréditaire). Bilan dentaire et ORL si angio-œdème facial localisé (foyer infectieux dentaire ou sinusien). Chez l’enfant : prick-tests et éviction de l’aliment suspect pendant 3 semaines, suivie d’un test de provocation orale.
  • Thyroïdite auto-immune : la fréquence des thyroïdites auto-immunes est augmentée dans l’urticaire chronique. Bilan thyroïdien (TSH, T4), anticorps anti-thyroglobuline et anti-thyroperoxydase.
  • Helicobacter pylori : en cas de suspicion d’ulcère gastroduodénal, fibroscopie avec recherche de H. pylori. Si positif : traitement d’éradication par IPP + antibiothérapie. Certaines séries rapportent une amélioration de l’urticaire chronique après éradication.
  • Vascularite urticarienne : à évoquer devant des lésions fixes, peu prurigineuses, parfois associées à un purpura ou un livedo. Biopsie cutanée et bilan immunologique.

2/ Soutien psychologique

L’urticaire chronique a souvent un substrat psychologique (stress, anxiété) et un fort retentissement sur la qualité de vie. Plus de la moitié des patients présenteront au moins une récidive après rémission – cette imprévisibilité pèse lourdement sur le quotidien. Une prise en charge psychologique peut être proposée en parallèle : relaxation, thérapies cognitivo-comportementales, gestion du stress.

3/ Stratégie médicamenteuse par paliers

Palier 1 – Antihistaminiques anti-H1 de 2e génération à dose standard

Les anti-H1 de 2e génération (non sédatifs) sont le traitement de référence de 1re ligne. Ils sont prescrits à dose conventionnelle, en une prise quotidienne. En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif peut être proposé. En cas d’insuffisance de contrôle après 2 à 4 semaines :

Palier 2 – Augmentation de dose jusqu’à 4 fois la dose standard

En cas de réponse insuffisante aux anti-H1 à dose normale, les recommandations autorisent une montée de dose progressive jusqu’à 4 fois la posologie de l’AMM, sous contrôle médical et en l’absence de contre-indication. Cette stratégie doit être mise en place rapidement pour ne pas retarder l’accès aux traitements de 2e intention. L’association d’un anti-H1 de 2e génération le matin et d’un anti-H1 de 1re génération sédatif le soir peut être proposée pour améliorer le sommeil perturbé par le prurit nocturne.

Palier 3 – Omalizumab (Xolair®) ou ciclosporine

En cas d’échec de la quadruple dose d’anti-H1, le traitement de 3e ligne repose sur l’omalizumab (Xolair®) ou la ciclosporine, en adjonction aux anti-H1 (voir section dédiée ci-dessous). L’arrivée du remibrutinib (Rhapsido®), premier traitement oral ciblé, élargit le paysage thérapeutique pour les patients réfractaires.

⚠ Ce qui n’est plus recommandé : L’ajout d’antihistaminiques anti-H2 (ranitidine), de montélukast, de méthotrexate ou de corticoïdes systémiques en traitement de fond n’est pas recommandé dans l’urticaire chronique spontanée, en raison d’un niveau de preuve insuffisant et d’un rapport bénéfice/risque défavorable.

Urticaires physiques : prise en charge spécifique

Urticaire à la pression

Éviter les facteurs déclenchants (port de charges lourdes, agenouillement prolongé, vêtements serrés). Anti-H1 de 2e génération en prévention des activités à risque.

Urticaire cholinergique

Éviter l’augmentation de la température centrale du corps (exercice physique intense, bain chaud, stress). Un antihistaminique peut être pris en prévention avant la pratique sportive.

Urticaire au froid

Bilan préalable (cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse des protéines). Protection vestimentaire contre le froid. Information impérative du patient sur les risques d’immersion en eau froide (anaphylaxie) et de consommation d’aliments glacés (œdème laryngé). Anti-H1 en traitement de fond. En cas d’échec : omalizumab 150 à 300 mg/4 semaines.

Une désensibilisation au froid peut être tentée : exposition quotidienne d’une surface cutanée croissante pendant 5 minutes à une eau entre 8 et 15 °C. La désensibilisation est obtenue lorsqu’on tolère une exposition jusqu’aux épaules à 15 °C sans réaction. L’entretien nécessite deux douches froides quotidiennes de 5 minutes à 15 °C.

Urticaire solaire

Voir l’article allergie au soleil.

Urticaire aquagénique

Diagnostic par test d’application d’une compresse humide, parfois par immersion en milieu hospitalier. Douches brèves, pas de bain sans surveillance. Anti-H1 et crème hydratante avant les bains. Une pincée de bicarbonate dans l’eau du bain peut atténuer les symptômes.

Urticaire de contact

Prick-tests et éviction stricte de l’allergène identifié. Antihistaminique en traitement de fond.

Omalizumab (Xolair®) : les injections contre l’urticaire réfractaire

L’omalizumab (Xolair®) est un anticorps monoclonal anti-IgE. Il agit en se liant aux immunoglobulines E libres dans le sang, interrompant la cascade inflammatoire qui déclenche la dégranulation des mastocytes et la libération d’histamine.

Depuis son autorisation dans l’urticaire chronique spontanée (AMM 2014, remboursement en France depuis 2015), il représente le traitement biologique de référence dans cette indication, avec un haut niveau de preuve.

Indications et conditions de prescription

Omalizumab est indiqué chez l’adulte et l’adolescent à partir de 12 ans, en traitement additionnel aux anti-H1, en cas de réponse insuffisante à ces derniers malgré une prise en charge optimisée (quadruple dose). Sa prescription initiale est hospitalière et annuelle, réservée aux spécialistes en dermatologie, allergologie, médecine interne ou pneumologie.

Posologie et modalités d’administration

La dose recommandée est de 300 mg en injection sous-cutanée toutes les 4 semaines. Les 3 premières injections sont réalisées au cabinet médical avec une surveillance de 30 minutes. Les injections suivantes peuvent être auto-administrées à domicile. En cas de réponse partielle, une dose initiale de 150 mg/4 semaines peut être proposée, augmentée à 300 mg en l’absence d’amélioration à 12 semaines. L’efficacité est évaluable après 3 injections minimum.

Efficacité et tolérance

De nombreux patients constatent une amélioration dès la première injection. Chez les patients auto-réactifs (test au sérum autologue positif), la réponse peut nécessiter plusieurs semaines. Après arrêt, les symptômes réapparaissent progressivement (effet suspensif). Les effets indésirables les plus fréquents sont des réactions locales au site d’injection.

L’omalizumab est déconseillé pendant la grossesse (demi-vie longue de 26 jours, stopper avant la conception). Absence de données suffisantes pendant l’allaitement.

Alternative : ciclosporine

En l’absence de contre-indication et en cas d’impossibilité ou d’échec de l’omalizumab, la ciclosporine (4 à 5 mg/kg/jour) peut être prescrite en adjonction aux anti-H1, pour des périodes de 6 mois maximum avec surveillance rénale et tensionnelle.

Pour en savoir plus : les injections contre l’urticaire Xolair®.

Remibrutinib (Rhapsido®) : la nouvelle thérapie orale ciblée

Une avancée majeure marque le traitement de l’urticaire chronique spontanée réfractaire depuis 2025 : l’approbation par la FDA américaine (30 septembre 2025) du remibrutinib (Rhapsido®), premier inhibiteur oral de la tyrosine kinase de Bruton (BTK) dans cette indication. Une demande d’autorisation est actuellement examinée par l’Agence européenne du médicament (EMA).

Mécanisme d’action

Le remibrutinib bloque la cascade BTK dans les mastocytes et les basophiles, interrompant à la source la libération d’histamine et d’autres médiateurs inflammatoires responsables des placards urticariens. Ce mécanisme est distinct de celui de l’omalizumab (anti-IgE) et explique son efficacité chez certains patients réfractaires aux biothérapies existantes.

Données cliniques

Dans les études de phase 3 (REMIX-1 et REMIX-2), le remibrutinib 25 mg deux fois par jour a montré une réduction significative de l’activité urticarienne dès la 2e semaine de traitement, avec un effet soutenu à 52 semaines. À 52 semaines, 55,8 % des patients atteignaient un score UAS7 à zéro (rémission complète), contre des taux nettement inférieurs sous placebo. Le profil de tolérance était favorable, avec des effets indésirables majoritairement légers à modérés.

Avantage clé : Le remibrutinib est un traitement oral – contrairement à l’omalizumab qui nécessite des injections sous-cutanées mensuelles. Pour les patients souffrant d’urticaire réfractaire depuis des années, cette option représente un changement de paradigme significatif en termes de qualité de vie et d’observance.

Disponibilité en France

À la date de mise à jour de cet article (juin 2026), le remibrutinib n’est pas encore disponible en France : l’EMA n’a pas encore rendu son avis. Son accès passera par une autorisation de mise sur le marché européenne, puis une négociation du remboursement avec la HAS/CEPS. Les patients intéressés peuvent se renseigner auprès de leur dermatologue ou allergologue sur les éventuels essais cliniques en cours.

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Traitement d’urgence : anaphylaxie et formes graves

⛔ Signes d’alarme nécessitant d’appeler le 15 immédiatement : détresse respiratoire (voix nasonnée, gêne à la déglutition, sifflement laryngé), malaise avec tachycardie et hypotension, nausées et douleurs abdominales, sensation d’oppression thoracique, perte de connaissance.

La prise en charge d’une anaphylaxie sévère repose sur l’adrénaline administrée en intramusculaire (0,3 à 0,5 mg), associée dès que possible à une oxygénothérapie, des corticoïdes IV et un remplissage vasculaire en milieu hospitalier.

Conduite à tenir avec un kit d’adrénaline auto-injectable

Le médecin prescrit aux patients à risque (allergie aux hyménoptères, antécédent d’anaphylaxie sévère) un kit d’adrénaline auto-injectable (EpiPen®, Jext®) avec la conduite à tenir suivante :

Étape 1 – Dès les premiers signes (démangeaisons, urticaire) : prendre immédiatement 2 comprimés d’antihistaminique (desloratadine type Aerius®) et tenir l’auto-injecteur prêt.

Étape 2 – En cas de symptômes sévères (gêne respiratoire importante, troubles digestifs, transpiration, vertiges, serrement thoracique, malaise, perte de connaissance) : injecter l’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé jambes surélevées, appeler le 15 immédiatement. Ne jamais rester seul.

Étape 3 – En lieu isolé : prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent prednisolone – ex. : 3 comprimés de Solupred® 20 orodispersible pour 60 kg). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ mais protège d’une récidive sur 24 heures.

Conservation de l’adrénaline auto-injectable : ne pas mettre au réfrigérateur, ne pas congeler. Vérifier périodiquement que la solution est limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle. Jeter et remplacer si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Conseils du dermatologue

  • En cas de démangeaisons intenses localisées, l’application de talc officinal sur les lésions peut apporter un soulagement transitoire du prurit – sans réduire l’urticaire elle-même.
  • En cas d’inefficacité d’un antihistaminique après quelques jours, ne pas hésiter à reconsulter : un simple changement de molécule peut se révéler efficace là où la précédente ne l’était pas.
  • Ne jamais arrêter le traitement de la première crise avant 15 jours minimum : le risque de rechute à l’arrêt prématuré est élevé.
  • En cas d’allergie aux piqûres d’hyménoptères (abeilles, guêpes) ou d’antécédent d’anaphylaxie, porter son kit d’adrénaline auto-injectable sur soi en permanence.
  • L’urticaire chronique évolue favorablement dans près de 50 % des cas en moins de 5 ans : ne pas se décourager, un suivi régulier avec tentative d’arrêt progressif du traitement est toujours possible.

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id="urgence-traitement-urticaire" style="background: #fff8f0; border-left: 4px solid #cc4400; padding: 16px 20px; margin: 28px 0; border-radius: 0 6px 6px 0;">Urgence vitale – anaphylaxie : Gonflement de la gorge, difficulté à respirer, chute de tension associés à une urticaire = anaphylaxie → appeler le 15 immédiatement. Le traitement est l’adrénaline intramusculaire 0,3 mg. Les patients à risque doivent disposer d’un auto-injecteur (EpiPen®, Jext®) et savoir l’utiliser.

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes sur le traitement de l’urticaire

Quel médicament prendre en première intention contre l’urticaire ?

Les antihistaminiques anti-H1 de 2e génération (cétirizine, lévocétirizine, desloratadine, loratadine) à dose standard, en une prise quotidienne, pendant au moins 15 jours. En cas de résistance après 2 à 4 semaines, la dose peut être augmentée jusqu’à 4 fois selon prescription médicale, avant d’envisager un traitement de 2e ligne.

La cortisone est-elle indiquée dans le traitement de l’urticaire ?

En règle générale non, sauf en cas d’anaphylaxie sévère. Les corticoïdes ne sont pas recommandés dans l’urticaire chronique en raison du risque de rebond à l’arrêt, de l’absence de preuve d’efficacité sur la durée, et d’effets secondaires significatifs en cas de prise prolongée.

Qu’est-ce que Xolair® et quand est-il prescrit ?

L’omalizumab (Xolair®) est un anticorps monoclonal anti-IgE administré en injection sous-cutanée toutes les 4 semaines (300 mg). Il est prescrit après échec des antihistaminiques H1 à quadruple dose, chez l’adulte et l’adolescent à partir de 12 ans. Remboursé en France depuis 2015, il est efficace dans 65 à 75 % des cas. Sa prescription initiale est hospitalière et annuelle.

Qu’est-ce que le remibrutinib et est-il disponible en France ?

Le remibrutinib (Rhapsido®) est le premier traitement oral ciblé (inhibiteur de BTK) approuvé par la FDA américaine en septembre 2025 pour l’urticaire chronique spontanée résistante aux antihistaminiques. Il atteint une rémission complète (UAS7 = 0) chez 55 % des patients à 52 semaines dans les essais de phase 3. Il est en cours d’évaluation par l’EMA mais n’est pas encore disponible en France à ce jour.

Quels aliments faut-il éviter en cas d’urticaire ?

En cas de suspicion de composante alimentaire, une éviction de 3 semaines des aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs est proposée en premier lieu : poissons gras, crustacés, fromages affinés, tomate, fraise, chocolat, alcool. En l’absence d’amélioration, un bilan allergologique (IgE spécifiques, prick-tests) est nécessaire.

Que faire en cas de réaction allergique grave ?

Appeler le 15 immédiatement. Si un auto-injecteur d’adrénaline a été prescrit (EpiPen®, Jext®), l’injecter sans attendre en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé jambes surélevées et attendre les secours. Ne pas rester seul. L’adrénaline est le seul traitement de première intention en cas d’anaphylaxie.

Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour une urticaire ?

Oui, pour une urticaire non compliquée. Une téléconsultation permet d’évaluer les lésions, d’orienter le bilan étiologique et de prescrire les antihistaminiques adaptés. En cas de gêne respiratoire ou de malaise, appeler le 15 sans délai. Le Dr Ludovic Rousseau est disponible via Consulib.

L’urticaire chronique peut-elle guérir spontanément ?

Dans environ 50 % des cas, l’urticaire chronique spontanée disparaît en moins de 5 ans, même sans traitement étiologique identifié. La rémission est plus probable chez les patients sans autoanticorps anti-récepteur IgE et chez ceux dont les symptômes sont bien contrôlés par les antihistaminiques. Un suivi régulier permet de tenter un arrêt progressif du traitement.

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Références scientifiques

  1. Zuberbier T, et al. The EAACI/GA²LEN/EuroGuiDerm/APAAACI guideline for the definition, classification, diagnosis and management of urticaria. Allergy. 2022;77(3):734-766.
    PMID 34536230
  2. Maurer M, et al. Omalizumab for the treatment of chronic idiopathic or spontaneous urticaria. N Engl J Med. 2013;368(10):924-935.
    PMID 23432142
  3. Jain V, Giménez-Arnau A, Hayama K, et al. Remibrutinib demonstrates favorable safety profile and sustained efficacy in chronic spontaneous urticaria over 52 weeks. J Allergy Clin Immunol. 2024;153(2):479-486.
    PMID 37866460

Source : HAS – Xolair (omalizumab) – Avis Commission de transparence, urticaire chronique spontanée, mai 2024

Article rédigé par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue – Dernière mise à jour : juin 2026.

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Auteur/autrice : Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Dr Ludovic Rousseau — Dermatologue & Vénérologue Docteur en médecine depuis 1999, le Dr Ludovic Rousseau est spécialiste en Dermatologie et Vénéréologie (Diplôme d'État de Spécialiste, thèse soutenue avec la mention Très Honorable). Depuis plus de 25 ans, il exerce avec la conviction que chaque patient mérite une prise en charge claire, bienveillante et fondée sur les données actuelles de la science. Auteur et fondateur de Dermatonet.com depuis 2000, il met son expertise au service du grand public à travers des articles médicaux rigoureux sur les maladies de peau, les traitements et les avancées en dermatologie. Il intervient régulièrement lors de congrès et journées de formation médicale, et a publié dans des revues scientifiques spécialisées dont les Annales de Dermatologie et Vénéréologie. Convaincu que l'accès aux soins dermatologiques doit être simplifié, le Dr Rousseau propose des consultations en cabinet lors de ses remplacements ainsi que des téléconsultations, permettant à chacun d'obtenir un avis médical spécialisé rapidement, où qu'il se trouve.