Odeurs et transpiration des plis : soins et solution contre


Plis qui sentent mauvais : transpiration, macération et traitements

Les mauvaises odeurs dans les plis cutanés — aisselles, plis inguinaux, sous-mammaires, interfessiers, inter-orteils — sont une plainte fréquente en consultation de dermatologie. Elles résultent d’un mécanisme bien précis : la macération de la sueur dans les zones de contact cutané favorise la prolifération de bactéries et de champignons microscopiques qui transforment les composants de la transpiration en molécules odorantes. Ce phénomène est accentué par la chaleur, l’obésité, le port de vêtements serrés ou synthétiques et certaines maladies de peau.

Au-delà des odeurs, la macération dans les plis peut provoquer des rougeurs, des démangeaisons, des macérations douloureuses et des infections cutanées qu’il convient de traiter spécifiquement. Comprendre les mécanismes en jeu permet de choisir les bons traitements et d’adopter les mesures d’hygiène adaptées.

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En bref : La macération dans les plis cutanés (aine, sous-sein, cou, abdomen) favorise les mauvaises odeurs, les mycoses et les intertrigos bactériens. Une hygiène adaptée, des antitranspirants locaux et, si nécessaire, la toxine botulique ou l’ionophorèse permettent de contrôler l’hyperhidrose des plis. Toute lésion persistante nécessite un avis dermatologique.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 19 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Pourquoi transpire-t-on dans les plis ?

La transpiration est l’excrétion de sueur par les glandes sudoripares. Il en existe deux types, dont la répartition cutanée est inégale :

Type de glande Localisation Sécrétion Rôle dans les odeurs
Glandes eccrines Toute la surface corporelle, en particulier les paumes, plantes et front Sueur aqueuse, inodore à la production — eau, électrolytes, urée Indirect : la macération de la sueur eccrine dans les plis nourrit les bactéries
Glandes apocrines Aisselles, aine, région péri-anale, aréoles mammaires, conduit auditif Sécrétion lipidique plus épaisse, riche en protéines et lipides Direct : les bactéries dégradent les sécrétions apocrines en acides gras et stéroïdes odorants

Les plis cutanés concentrent ces deux types de glandes dans des zones où la ventilation est nulle et le contact cutané permanent. La sueur y stagne, la chaleur y est élevée et l’humidité favorise la macération de la couche cornée — créant un environnement idéal pour le développement microbien.

D’où viennent les mauvaises odeurs ?

La sueur fraîchement sécrétée est pratiquement inodore. Ce sont les micro-organismes résidents de la peau qui sont responsables des odeurs : en dégradant les composants de la transpiration, ils produisent des molécules volatiles malodorantes.

Dans les aisselles, les principales bactéries impliquées dans la production des odeurs sont les Corynebacterium spp., les Staphylococcus hominis et les Cutibacterium (anciennement Propionibacterium). Ces bactéries transforment les précurseurs inodores de la sueur apocrine en thiols, acides gras à chaîne courte et dérivés stéroïdiens — les molécules responsables de l’odeur corporelle caractéristique. La présence de champignons (mycoses), en particulier Candida albicans et les dermatophytes, aggrave les odeurs en perturbant la flore bactérienne normale.

À retenir : Les bactéries et les mycoses sont les deux sources principales des mauvaises odeurs corporelles dans les plis. Ils peuvent également provoquer des rougeurs et des irritations — l’intertrigo. Un traitement spécifique est alors nécessaire.

Maladies favorisées par la macération dans les plis

La macération prolongée dans les plis prédispose à plusieurs affections dermatologiques qui peuvent elles-mêmes aggraver les odeurs et l’inconfort :

Affection Germe responsable Aspect clinique Localisation fréquente
Intertrigo candidosique Candida albicans Rougeur érythémateuse avec enduit blanchâtre, fissures, pustules satellites Sous-mammaires, inguinaux, inter-orteils (pieds d’athlète)
Dermatophytose des plis (tinea cruris) Dermatophytes (Trichophyton) Plaque érythémato-squameuse à bordure active, prurit Inguinaux, interfessiers
Érythrasma Corynebacterium minutissimum Plaques brunâtres, finement squameuses, fluorescence rose corail en lampe de Wood Inguinaux, aisselles, inter-orteils
Maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) Obstruction folliculaire avec surinfection Nodules et abcès récidivants, fistules, cicatrices Aisselles, aines, fesses
Eczéma de contact Allergie (déodorants, parfums, textiles) Érythème, vésicules, suintement, prurit Aisselles, cou, zones de contact avec les vêtements
Psoriasis inversé Maladie inflammatoire chronique Plaques érythémateuses luisantes, lisses, sans squames (car macération), bien limitées Inguinaux, sous-mammaires, plis interfessiers, ombilic
Ne pas confondre : une rougeur dans les plis ne signifie pas toujours une infection. Un psoriasis inversé, un eczéma de contact aux déodorants ou une dermatite de contact au textile se présentent également comme un intertrigo. Le traitement est radicalement différent selon la cause — un antifongique seul sur un psoriasis risque d’aggraver la situation. Un avis dermatologique est indispensable en cas de doute.

Mesures d’hygiène essentielles

La prévention de la macération et des odeurs dans les plis repose avant tout sur des mesures d’hygiène rigoureuses et quotidiennes :

  • Lavage quotidien des plis à l’eau tiède avec un savon surgras doux ou un pain dermatologique — un lavage excessif ou trop agressif détruit le film hydrolipidique et fragilise la barrière cutanée
  • Séchage soigneux après la toilette : tamponner doucement sans frotter, en insistant sur les plis et les espaces inter-orteils — l’humidité résiduelle est le principal facteur de macération
  • Vêtements amples et respirants : privilégier le coton et les fibres naturelles, éviter les matières synthétiques qui piègent la chaleur et l’humidité
  • Changer de sous-vêtements quotidiennement ; changer de chaussettes si les pieds transpirent
  • Poudres absorbantes (talc, poudre de fécule de maïs) dans les plis profonds chez les personnes en surpoids : absorbent l’excès d’humidité entre les soins
  • Éviter les vêtements trop serrés qui accentuent le contact cutané et la friction

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Traitements des mauvaises odeurs dans les plis

Les traitements luttant contre les mauvaises odeurs des plis visent à réduire la prolifération bactérienne et/ou fongique responsable de la dégradation olfactive de la sueur.

Agents antibactériens topiques

Présents dans de nombreux savons spéciaux et produits d’hygiène corporelle contre la transpiration, les principaux agents antibactériens sont :

  • Triclosan et triclocarban : agents antiseptiques à large spectre, actifs contre les bactéries responsables des odeurs. Présents dans certains savons antibactériens. Leur usage intensif est limité depuis les recommandations sur la résistance aux antimicrobiens.
  • Chlorhexidine : antiseptique cutané à large spectre, disponible sous forme de gels, solutions lavantes et lingettes — efficace sur les bactéries Gram+ et Gram− impliquées dans les odeurs axillaires
  • Zinc ricinoleate : agent présent dans certains déodorants naturels — piège les molécules odorantes par adsorption sans effet antibactérien direct

Déodorants et antiperspirants

Les déodorants masquent ou neutralisent les odeurs sans agir sur la quantité de sueur. Les antitranspirants (antisudoraux) contenant des sels d’aluminium bloquent partiellement les canaux excréteurs des glandes eccrines, réduisant le volume de sueur produit. Ils sont plus efficaces que les déodorants simples sur la moiteur des plis.

Antifongiques topiques

Lorsqu’une mycose est identifiée dans les plis (candidose, dermatophytose), le médecin prescrit des antifongiques locaux (éconazole, miconazole, kétoconazole en crème ou poudre). Ces molécules ont souvent une activité antibactérienne complémentaire sur certains germes cutanés, contribuant ainsi à réduire simultanément odeurs et inflammation. Ils ne sont pas indiqués en l’absence d’infection mycosique documentée ou cliniquement évidente.

Traitements contre la transpiration excessive dans les plis

Lorsque la transpiration excessive (hyperhidrose) est à l’origine des problèmes de plis, des traitements spécifiques peuvent être proposés :

  • Antitranspirants à base de sels d’aluminium : traitement de première ligne de l’hyperhidrose axillaire légère à modérée. À appliquer le soir sur peau sèche. Les formulations à haute concentration (chlorure d’aluminium hexahydraté 20 %) sont disponibles sur prescription.
  • Ionophorèse : technique utilisant un courant électrique de faible intensité pour bloquer temporairement les glandes sudoripares. Particulièrement indiquée pour les mains moites et les pieds, plus difficile à mettre en œuvre dans les autres plis.
  • Injections de toxine botulique (Botox®) : la toxine botulique bloque la libération d’acétylcholine au niveau de la jonction neuro-glandulaire, supprimant la stimulation des glandes sudoripares. Efficacité de 80 à 95 % avec une durée d’action de 6 à 9 mois. Partiellement remboursée par l’Assurance Maladie en cas d’hyperhidrose axillaire primaire sévère résistante aux antitranspirants.
Traitement chirurgical de l’hyperhidrose : Dans les formes sévères résistantes à tous les traitements précédents, des techniques chirurgicales peuvent être discutées : lipoaspiration axillaire avec curetage des glandes sudoripares, ou sympathectomie thoracique vidéoscopique (section du nerf sympathique thoracique T2-T3 pour les mains). Ces interventions sont irréversibles et réservées à des centres spécialisés.

Traitement des infections dans les plis

Signes d’alarme : Une rougeur douloureuse, gonflée, chaude dans un pli, avec ou sans fièvre, peut indiquer un érysipèle ou une fasciite — consultez en urgence. Une odeur putride ou des lésions qui s’étendent rapidement nécessitent une prise en charge hospitalière.

Le traitement des infections avérées dans les plis est toujours étiologique — adapté au germe en cause :

  • Candidose des plis : antifongique topique azolé (éconazole, miconazole) ou polyène (nystatine) 2 à 3 semaines. Séchage rigoureux des plis. En cas d’échec ou de formes extensives : fluconazole per os.
  • Dermatophytose inguinale (tinea cruris) : antifongique topique azolé 3 à 4 semaines. Traitement des ongles si source mycosique (onychomycose). Éviter les macérations et le contact de linge humide.
  • Érythrasma : érythromycine topique ou per os (500 mg 2 fois/j pendant 14 jours). L’éconazole topique est également efficace. Diagnostic facile sous lampe de Wood (fluorescence rose corail caractéristique).
  • Intertrigo bactérien simple : antiseptiques locaux (chlorhexidine), antibiotiques topiques (acide fusidique) si surinfection à staphylocoque.
  • Maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) : prise en charge spécialisée — antibiotiques per os, rétinoïdes, immunosuppresseurs, anti-TNF (adalimumab — seul traitement biologique ayant l’AMM dans cette indication), chirurgie.

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Questions fréquentes

Les mauvaises odeurs corporelles sont-elles toujours liées à une infection ?

Non. Les odeurs dans les plis sont d’abord liées à la dégradation de la sueur par les bactéries commensales normales de la peau, qui font partie de la flore cutanée physiologique. Ce n’est que lorsque cette flore normale se déséquilibre — avec prolifération excessive de certaines bactéries ou développement d’une mycose — qu’apparaît une véritable infection (intertrigo). Les odeurs sans rougeur ni irritation ne nécessitent généralement pas d’antibiotique ou d’antifongique, mais des mesures d’hygiène et des produits cosmétiques adaptés.

Comment savoir si la rougeur dans les plis est une mycose ou autre chose ?

Cliniquement, la mycose candidosique présente un aspect rouge vif avec enduit blanchâtre et pustules satellites ; la dermatophytose montre une bordure active nette et squameuse. L’érythrasma se distingue par sa teinte brunâtre et sa fluorescence rose corail sous lampe de Wood. Mais le psoriasis inversé, un eczéma de contact ou une dermite irritative peuvent mimer exactement ces tableaux. Seul un examen dermatologique — avec éventuellement un prélèvement mycologique — permet de distinguer ces causes et de prescrire le traitement adapté.

Peut-on utiliser du talc dans les plis pour éviter la macération ?

Le talc et les poudres absorbantes peuvent être utilisés ponctuellement pour absorber l’humidité dans les grands plis (sous-mammaires, inguinaux) et limiter la macération. Cependant, en cas d’infection mycosique avérée, le talc favorise parfois la dispersion des spores fongiques. Il ne remplace pas le traitement antifongique et ne doit pas être utilisé en prévention chez les patients ayant des mycoses récidivantes.

Les injections de Botox sont-elles efficaces pour les aisselles qui sentent mauvais ?

Les injections de toxine botulique agissent en bloquant la production de sueur par les glandes sudoripares, réduisant ainsi le substrat disponible pour les bactéries. Elles sont très efficaces sur la transpiration excessive (80 à 95 % de réduction) et améliorent donc indirectement les odeurs liées à l’hyperhidrose. En revanche, elles n’agissent pas sur les odeurs dues aux glandes apocrines, qui produisent peu de volume mais une sécrétion très riche en substrats odorants. L’effet dure 6 à 9 mois.

L’hyperhidrose des plis est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Le remboursement dépend du traitement. Les antitranspirants en vente libre ne sont pas remboursés. Les injections de toxine botulique pour l’hyperhidrose axillaire primaire sévère résistante aux antitranspirants sont partiellement prises en charge par l’Assurance Maladie sous conditions. L’ionophorèse peut être pratiquée à domicile avec des appareils disponibles en pharmacie, non remboursés. La sympathectomie est prise en charge comme tout acte chirurgical.

Voir aussi : Mycoses cutanéesAntitranspirantsBotox et transpiration

Références scientifiques

  1. Callewaert C, Ravard Helffer K, Lebaron P. Skin microbiome and its interplay with the environment. Am J Clin Dermatol. 2020;21(Suppl 1):4-11. PubMed 32594395
  2. Fredrich E, Barzantny H, Brune I, Tauch A. Daily battle against body odour: towards the metabolic basis of axillary malodour. Trends Microbiol. 2013;21(6):305-312. PubMed 23618458
  3. Naumann M, Lowe NJ. Botulinum toxin type A in treatment of bilateral primary axillary hyperhidrosis. BMJ. 2001;323(7313):596-599. PubMed 11557700
  4. Jemec GBE, Kimball AB. Hidradenitis suppurativa: epidemiology and scope of the problem. J Am Acad Dermatol. 2015;73(5 Suppl 1):S4-7. PubMed 26470607
  5. HAS. Hyperhidrose — fiches de bon usage. Haute Autorité de Santé. has-sante.fr

Mis à jour le 24 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

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Peeling : indications, effets secondaires et conseils dermatologue

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.


Peeling chimique : types, effets, contre-indications et résultats
Le peeling chimique consiste à appliquer une substance acide sur la peau afin d’en exfolier les couches superficielles et stimuler la régénération cutanée. Utilisés depuis l’Antiquité sous forme d’acides de fruits, les peelings ont été développés de façon scientifique depuis une trentaine d’années. Leur profondeur varie des peelings superficiels (rougeur passagère, reprise sociale immédiate) aux peelings profonds (équivalent d’une brûlure chimique contrôlée, nécessitant une prise en charge clinique).

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Peeling chimique du visage — dermatologue

Sommaire :
Comment ça marche |
Produits utilisés |
Peeling superficiel |
Acide glycolique (AHA) |
TCA |
Peeling moyen |
Peeling profond |
Contre-indications |
Effets secondaires |
Points clés |
Questions fréquentes

Comment fonctionne un peeling chimique ?

Peeling du visage en cours — application d'acide

Le peeling provoque une destruction limitée et contrôlée de l’épiderme, voire du derme selon la profondeur choisie. Cette « brûlure chimique domestiquée » agit en deux temps :

  • Temps exfoliatoire : élimination des cellules cornées superficielles (taches brunes, surcharges pigmentaires, kératoses, ridules de surface) et destruction des fractures de la jonction dermo-épidermique pour les peelings plus profonds
  • Temps régénérateur : le choc chimique stimule les cellules basales de l’épiderme et les fibroblastes du derme, qui produisent de jeunes fibres de collagène, d’élastine et de l’acide hyaluronique. La néocollagénogenèse apparaît en 2 à 3 mois et rend la peau plus élastique, plus épaisse et plus lisse.

Les indications principales sont : taches brunes et solaires, masque de grossesse (mélasma), acné et cicatrices d’acné, rides, teint terne, pores dilatés et vieillissement cutané.

📚 Peelings chimiques : mécanismes, indications et résultats — PubMed

Produits utilisés pour les peelings

  • Acide glycolique et AHA (alpha-hydroxy acides) : peelings superficiels — acides de fruits, non toxiques, peu allergisants
  • Acide salicylique (BHA) : peeling superficiel, particulièrement indiqué dans l’acné et les peaux grasses
  • TCA (acide trichloroacétique) : utilisable à tous les niveaux selon la concentration (10–25% = superficiel ; 30–50% = moyen)
  • Résorcine : peeling moyen
  • Phénol (acide phénique) : peeling profond uniquement, sous surveillance cardiovasculaire

Peelings superficiels

Les peelings superficiels exfolient la couche cornée de l’épiderme. Ce sont les peelings les plus couramment pratiqués en dermatologie. Après la séance, la peau est rosée et peut desquamer légèrement pendant une semaine. La reprise sociale est rapide.

Les effets sur l’épiderme et le derme superficiel sont les suivants : accélération du renouvellement cellulaire, augmentation de l’épaisseur épidermique, élimination des dépôts de pigments, augmentation de l’acide hyaluronique épidermique, restauration des ondulations de la membrane basale, réorganisation des fibres de collagène.

Effets visibles (macroscopiques) : « coup d’éclat », affinement du grain de peau, diminution des fines ridules, des pores dilatés, de la séborrhée, des taches de rousseur, des taches brunes et du masque de grossesse superficiel.

Peeling à l’acide glycolique (AHA)

L’acide glycolique, extrait de la canne à sucre, est le chef de file des AHA. C’est un acide faible, non toxique, non allergisant, qui pénètre efficacement dans la peau grâce à sa petite taille moléculaire. Il exerce un effet kératorégulateur en diminuant la cohésion des cornéocytes.

Préparation (1 mois avant) : le dermatologue prescrit un nettoyant acide, une crème à la vitamine C le matin, une crème aux AHA le soir et une photoprotection SPF50. Cette étape est essentielle pour détecter une éventuelle intolérance, abaisser le pH cutané, homogénéiser la pénétration et accélérer la cicatrisation.

Déroulement : le dermatologue protège les zones à risque avec de la vaseline, applique un prépeel pour nettoyer et acidifier la peau, puis applique l’acide glycolique (compresse, pinceau ou coton) du front vers le menton. Temps de pose : 2 à 5 minutes, surveillant l’apparition du rosissement. Neutralisation obligatoire avec un produit alcalin bicarbonaté (non par de l’eau seule). Rinçage à l’eau thermale puis crème apaisante.

Protocole : 3 à 10 séances espacées de 1 à 4 semaines, associées à des applications vespérales domiciliaires de crème à l’acide glycolique.

Suites : peau desquamative et rosée pendant une semaine. Protection solaire SPF50 obligatoire pendant au moins 15 jours pour éviter les taches solaires.

Peeling superficiel au TCA

Le TCA (acide trichloroacétique), dérivé de l’acide acétique, provoque un blanchiment de l’épiderme par coagulation des protéines. À 10–25%, il est utilisé en peeling superficiel. C’est le peeling le plus utilisé actuellement. Contrairement aux AHA, son intensité dépend non pas du temps de pose mais de la concentration et du nombre de couches appliquées. Il s’auto-neutralise au contact du sérum des vaisseaux épidermiques.

La profondeur est évaluée selon le givrage obtenu :

  • D°0 — pas de givrage, peau brillante → peeling superficiel léger (couche cornée uniquement)
  • D°1 — givrage floconneux irrégulier sur érythème léger → peeling intra-épidermique
  • D°2 — givrage rose-blanc → peeling superficiel moyen (toute épaisseur épiderme)
  • D°3 — givrage blanc uniforme → peeling moyen-profond (épiderme + derme papillaire)
  • D°4 — blanc grisâtre → atteinte du derme réticulaire

⚠️ La crème anesthésiante type EMLA® est contre-indiquée avant un peeling au TCA : elle provoque une vasoconstriction qui perturbe l’auto-neutralisation du produit. L’anesthésie locale à la lidocaïne peut être utilisée pour les peelings moyens et profonds.

Préparation (1 mois avant) : crème aux AHA ou au rétinol le soir + photoprotection SPF50 (parfois associée à une crème antipigmentante avec inhibiteur de la tyrosinase pour les peaux mates).

Déroulement : dégraissage de la peau, protection des yeux, application du TCA au coton-tige ou compresse sans frotter, dépôt de couches successives en attendant 2–3 minutes entre chaque passage jusqu’au givrage souhaité, compresses humides pour stopper l’action, crème post-peeling à conserver au moins 8h.

Suites : gonflement quelques heures, peau brunâtre et desquamative pendant une semaine, rosissement persistant. Crème réparatrice plusieurs fois par jour, compresses d’eau thermale, photoprotection SPF50 pendant 3 mois minimum. Ne pas arracher les squames.

Peelings moyens

Les peelings moyens atteignent les couches situées sous la couche cornée, jusqu’au derme papillaire. Ils sont indiqués pour les taches solaires résistantes aux peelings superficiels, le masque de grossesse modéré, l’acné et les petites rides. On utilise le TCA à 30–50%. On compare souvent leurs suites à celles d’un coup de soleil important.

Le dermatologue ajuste la profondeur selon le type de peau (peau fine et sèche → moins de pression ; peau grasse et épaisse → plus de couches) et la zone (paupières épargnées, front traité plus intensément). Les suites sont similaires au TCA superficiel mais plus marquées : gonfl ement, croûtes brunâtres, desquamation plus importante, rougeur pouvant persister plusieurs mois. Toute exposition solaire est formellement contre-indiquée tant que la peau est rosée.

Peelings profonds

Le peeling profond est une véritable brûlure chimique contrôlée, réservée aux cicatrices profondes (acné, varicelle) et aux rides marquées. Le produit utilisé est le phénol (acide phénique), dérivé du benzène, qui détruit l’épiderme en totalité et le derme papillaire par coagulation des protéines.

⚠️ Le peeling au phénol nécessite une surveillance cardiovasculaire (le phénol est potentiellement cardiotoxique, notamment en cas d’application trop rapide sur de grandes surfaces). Il est réalisé le plus souvent sous anesthésie locale ou générale, en structure adaptée. Contre-indiqué en cas de troubles du rythme, de diabète ou d’insuffisance rénale.

Suites : gonflement important, suintement et saignements, puis croûtes s’éliminant en 1 à 2 semaines sous pansements cicatrisants réalisés par une infirmière. Rougeur pouvant persister plusieurs mois. Photoprotection SPF50 obligatoire pendant 6 mois minimum.

Les résultats sont remarquables sur les rides profondes et les cicatrices — l’effet définitif s’apprécie entre le 3e et le 6e mois. Ils peuvent se maintenir 7 ans ou plus avec une bonne photoprotection et l’arrêt du tabac.

Avant peeling profond au phénol
Avant le peeling profond

6 mois après peeling profond anti-rides
6 mois après le peeling profond

📚 Peeling au phénol : efficacité et sécurité dans le traitement des rides — PubMed

Contre-indications communes aux peelings

  • Herpès évolutif — un traitement antiviral oral préventif est prescrit en cas d’antécédents d’herpès fréquents
  • Grossesse
  • Traitement récent par isotrétinoïne (Roaccutane®, Curacne®…) — attendre 6 mois à 1 an après l’arrêt
  • Maladies de peau évolutives (psoriasis, eczéma…) ou infection cutanée bactérienne active
  • Phototypes foncés (peaux asiatiques, métissées, noires) — risque élevé de troubles pigmentaires post-inflammatoires
  • Photoprotection insuffisante ou attentes irréalistes
  • Pour le peeling profond : troubles du rythme cardiaque, diabète, insuffisance rénale

Effets secondaires

Selon la profondeur du peeling, les effets secondaires possibles sont :

  • Poussée d’herpès
  • Réactivation de l’acné
  • Rougeur persistante
  • Hyperpigmentation post-inflammatoire (taches brunes), particulièrement chez les phototypes foncés — principale complication des peelings moyens et profonds
  • Épidermolyse ponctuelle (peelings aux AHA : pénétration excessive avec blanchiment ou rougeur intense puis croûtelles)
  • Infection bactérienne de la zone traitée (peelings moyens et profonds)
  • Cicatrices en creux ou blanches (rares)
  • Eczéma de contact à la crème réparatrice

📚 Complications des peelings chimiques : prévention et prise en charge — PubMed

Points clés

  • Le peeling est une exfoliation chimique contrôlée stimulant la régénération cutanée par néocollagénogenèse
  • Trois niveaux : superficiel (rosissement passager), moyen (équivalent coup de soleil), profond (brûlure chimique en structure adaptée)
  • Photoprotection SPF50 obligatoire avant et après tout peeling, tant que la peau est rosée (15 jours à 6 mois selon la profondeur)
  • L’herpès évolutif est une contre-indication absolue — un traitement antiviral préventif est prescrit en cas d’antécédents
  • Les peaux foncées sont à risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire — prise en charge spécialisée indispensable

Questions fréquentes sur les peelings

J’ai des antécédents d’herpès labial. Puis-je faire un peeling ?
Oui, mais avec précaution. L’herpès en poussée est une contre-indication absolue. En cas d’antécédents d’herpès fréquents, le dermatologue prescrit un traitement antiviral oral préventif (valaciclovir) à débuter avant la séance et à poursuivre pendant toute la phase de cicatrisation. Sans ce traitement préventif, le peeling peut déclencher une poussée qui peut se disséminer sur tout le visage.

Combien de séances de peeling faut-il ?
Cela dépend de la profondeur et de l’indication : 3 à 10 séances espacées de 1 à 4 semaines pour un peeling superficiel à l’acide glycolique ; 3 à 4 séances pour un peeling au TCA superficiel (Easy Peel® type) ; 1 séance unique pour un peeling profond au phénol. Les peelings superficiels peuvent être répétés régulièrement.

Quel peeling pour quel problème ?
Teint terne, pores dilatés, acné légère → peeling superficiel (AHA, TCA 15%). Taches solaires résistantes, mélasma (masque de grossesse), petites rides, acné modérée → peeling moyen (TCA 30–50%). Rides profondes, cicatrices profondes d’acné ou de varicelle → peeling profond (phénol). Le dermatologue adapte la stratégie à la peau du patient.

Le peeling est-il douloureux ?
Les peelings superficiels provoquent une légère sensation de chaleur ou de picotements, supportable sans anesthésie. Le TCA moyen provoque une sensation de cuisson plus marquée — une anesthésie locale peut être utilisée. Le peeling profond au phénol est douloureux et nécessite souvent une anesthésie locale ou générale.

Peut-on faire un peeling sur peau noire ou métissée ?
Les peaux foncées (phototypes IV à VI) sont à risque élevé d’hyperpigmentation post-inflammatoire après un peeling. Une consultation dermatologique spécialisée est indispensable. Les peelings superficiels doux (AHA faible concentration, TCA 15%) peuvent être réalisés avec précaution sous préparation antipigmentante et photoprotection stricte. Les peelings moyens et profonds sont généralement contre-indiqués sur peaux très foncées.

Combien coûte un peeling ?
Les peelings ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie (acte esthétique). Les tarifs varient selon la profondeur et le praticien : environ 100–200 € pour un peeling superficiel par séance, jusqu’à plusieurs milliers d’euros pour un peeling profond en clinique (incluant l’anesthésie et les soins post-opératoires).

Références scientifiques

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Effacer la cellulite : supprimer la cellulite

Traitements de la cellulite : guide comparatif complet par le dermatologue

Il existe aujourd’hui une dizaine de techniques médicales pour traiter la lipodystrophie gynoïde — du palper-rouler à la chirurgie. Aucune n’est universellement supérieure aux autres : chacune cible une composante spécifique de la cellulite (graisse, circulation, collagène, brides fibreuses) et convient à un profil particulier. Cette page propose un panorama comparatif objectif pour vous aider à vous orienter avant une consultation.

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Le rêve…

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Sommaire :
Les composantes à traiter |
Les deux piliers incontournables |
Tableau comparatif des techniques |
Traitement par stade |
Choisir selon son profil |
Associations de techniques |
Pages du cluster |
Questions fréquentes

La cellulite : trois composantes, trois cibles thérapeutiques

Comprendre pourquoi aucun traitement n’est universel commence par comprendre que la lipodystrophie gynoïde résulte de la conjonction de trois composantes distinctes — dont les proportions varient d’une femme à l’autre. Pour le détail des mécanismes, voir le hub cellulite.

Composante Ce qui se passe Ce qu’il faut cibler
Adipeuse Hypertrophie des adipocytes — lobes graisseux qui bombent sous le derme Réduire le volume des adipocytes ou les détruire
Vasculo-lymphatique Stase veino-lymphatique → œdème interstitiel → cercle vicieux hypoxique Améliorer le drainage et la microcirculation
Fibreuse Brides conjonctives rigides qui tirent le derme vers le bas → capitons et dépressions Assouplir ou sectionner les brides fibreuses

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Les deux piliers incontournables

Pilier Pourquoi c’est indispensable Page dédiée
Activité physique régulière Sollicite les muscles des zones de stockage — améliore la microcirculation — réduit la masse graisseuse globale et locale → Exercices anti-cellulite
Alimentation adaptée Limite l’hypertrophie des adipocytes — hydratation correcte (min. 1,5 L/j) — réduction graisses animales, sucres, alcool — lutte contre la rétention d’eau → Régime anti-cellulite

Tableau comparatif de tous les traitements médicaux

Traitement Invasivité Composante(s) ciblée(s) Résultat visible Durabilité Page dédiée
Palper-rouler / Endermologie® Non invasif Vasculo-lymphatique + fibreuse 4–6 séances 🟡 Entretien nécessaire → Palper-rouler
Drainage lymphatique Non invasif Vasculo-lymphatique Dès les premières séances 🟡 Court terme sans entretien → Drainage lymphatique
Cryolipolyse Non invasif Adipeuse 2–4 mois 🟢 Bonne si poids stable → Cryolipolyse
Ultrasons Non invasif Adipeuse + collagène (partiel) 2–3 mois 🟢 Bonne si poids stable → Ultrasons
Infrarouges / Radiofréquence Non invasif Collagène + microcirculation 3–6 mois 🟡 Entretien recommandé → Infrarouges
Laser (exo-lipolyse) Non invasif Collagène + adipeuse (modéré) 3–6 mois 🟡 Entretien recommandé → Laser cellulite
Laser (endo-lipolyse) Mini-invasif (canule) Adipeuse + collagène 2–4 mois 🟢 Bonne si poids stable → Laser cellulite
Mésothérapie Mini-invasif (microinjections) Adipeuse + vasculo-lymphatique 4–6 séances 🟡 Séances d’entretien nécessaires → Mésothérapie
Cellulo-lipolyse Mini-invasif (aiguilles) Adipeuse + vasculo-lymphatique 4–5 séances 🟡 Entretien recommandé → Cellulo-lipolyse
Crèmes anti-cellulite Non invasif Vasculo-lymphatique (modéré) Transitoire 🔴 Très limité sans hygiène de vie → Crèmes anti-cellulite
Chirurgie (liposuccion, plasties) Invasif Adipeuse + fibreuse (subcision) Immédiat à 3–6 mois 🟢 La plus durable si poids stable → Chirurgie cellulite

Quel traitement selon le stade de la cellulite ?

La progression de la lipodystrophie gynoïde suit quatre stades décrits en détail dans le hub cellulite. Le stade conditionne directement les techniques appropriées.

Stade Aspect Techniques recommandées en première intention
I — Latente Peau d’orange uniquement à la compression Sport + régime + crèmes + endermologie® préventive
II — Naissante Visible debout Endermologie® + drainage ± mésothérapie ou cellulo-lipolyse
III — Critique Nodules visibles, brides fibreuses, signes vasculaires Cryolipolyse ou ultrasons + laser + drainage — association fréquente
IV — Fibro-lipodystrophique Lymphœdème, insuffisance veineuse majeure Traitement médical de l’insuffisance veineuse en priorité + chirurgie pour la composante graisseuse réfractaire

Choisir selon son profil

Profil Technique(s) à privilégier
Femme mince avec cellulite pure, composante vasculaire prédominante Endermologie® + drainage lymphatique + traitement des varices si présentes
Graisse localisée résistante (culotte de cheval, cuisses) sans excès cutané Cryolipolyse ou ultrasons + hygiène de vie
Capitons profonds avec brides fibreuses marquées Endo-lipolyse laser ou subcision (Cellfina®) selon le volume graisseux associé
Relâchement cutané modéré, peau peu tonique Infrarouges + radiofréquence — remodelage collagène sans chirurgie
Post-grossesse ou post-amaigrissement avec laxité cutanée importante Bilan chirurgical — liposuccion ± plastie reconstructrice
Souhait de traitement non invasif uniquement Cryolipolyse / ultrasons / IR+RF / endermologie — selon la composante prédominante

Associations de techniques : les combinaisons les plus utilisées

Association Composantes traitées Intérêt
Cryolipolyse + drainage lymphatique Adipeuse + vasculaire Le drainage accélère l’élimination des adipocytes détruits par le froid
Endermologie® + mésothérapie Vasculaire + adipeuse Potentialise le drainage et l’action lipolytique des actifs injectés
Endo-lipolyse laser + drainage post-op Adipeuse + collagène + vasculaire Le drainage réduit l’œdème post-procédure et améliore le résultat final
IR/RF + ultrasons Collagène + adipeuse Traitement complet non invasif : remodelage cutané (IR/RF) + réduction graisseuse profonde (ultrasons)
Chirurgie + endermologie® post-op Adipeuse + vasculaire Maintien du résultat chirurgical et traitement de la composante vasculaire résiduelle

Pages du cluster cellulite

Questions fréquentes

Quelle est la technique anti-cellulite la plus efficace ?

Il n’existe pas d’étude comparative de grande envergure qui désigne une technique supérieure aux autres. L’efficacité dépend du type de cellulite, du stade, de la composante prédominante (graisseuse, vasculaire ou fibreuse) et de l’observance des mesures hygiéno-diététiques. En pratique : l’endermologie® et le drainage lymphatique sont les mieux documentés pour la composante vasculaire ; la cryolipolyse et la liposuccion pour la composante graisseuse.

Les traitements anti-cellulite sont-ils définitifs ?

Non — tous les traitements médicaux (y compris la chirurgie) ont des effets temporaires si le poids fluctue ou si l’hygiène de vie n’est pas maintenue. Les adipocytes détruits par la cryolipolyse ou aspirés par la liposuccion ne se reconstituent pas, mais les adipocytes restants peuvent s’hypertrophier en cas de prise de poids. Les effets sur le collagène et la circulation nécessitent un entretien régulier. Les deux piliers — sport et alimentation — conditionnent la durabilité de tous les traitements.

Peut-on traiter la cellulite sans recourir à la médecine ?

Les mesures hygiéno-diététiques (sport, alimentation, hydratation) et les crèmes anti-cellulite permettent d’améliorer les stades I et II, surtout si la composante vasculaire est prédominante. Aux stades III et IV, ou en cas de graisse localisée résistante, les techniques médicales sont nécessaires pour obtenir un résultat significatif. Un avis médical permet d’éviter de multiplier des soins inadaptés.

La cryolipolyse ou les ultrasons : comment choisir ?

Les deux sont non invasifs et ciblent principalement les adipocytes. La cryolipolyse détruit les adipocytes par le froid (apoptose progressive) — résultats visibles à 2–4 mois. Les ultrasons agissent par cavitation mécanique — résultats visibles à 2–3 mois, avec un effet partiel sur le collagène. Le choix dépend de la zone à traiter, de l’épaisseur du capiton et des préférences du médecin.

Comment savoir quel traitement est adapté à ma cellulite ?

L’identification du type (ferme, flasque, œdémateuse) et du stade (I à IV) de la lipodystrophie gynoïde, détaillés dans le hub cellulite, est indispensable avant de choisir un traitement. Cette évaluation nécessite un examen clinique. En téléconsultation, le dermatologue peut déjà orienter l’évaluation et recommander les techniques les plus adaptées avant une prise en charge en cabinet.

Voir aussi :
Cellulite — hub |
Palper-rouler |
Cryolipolyse |
Drainage lymphatique |
Chirurgie cellulite |
Exercices |
Régime

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Soins des pieds : crevasses, mycoses et cors — guide du dermatologue

Soins des pieds : comment avoir de jolis pieds

Les pieds sont soumis à rude épreuve, qu’ils soient enfermés dans les chaussures ou nus. Il est donc fréquent de voir apparaître des crevasses, des fissures ou des cornes sur les pieds. Les pieds supportent en moyenne entre 7 000 et 10 000 pas par jour et sont pourtant souvent négligés dans la routine de soins quotidienne — jusqu’à l’apparition de problèmes douloureux ou inesthétiques. Comment prendre soin de ses pieds pour avoir de jolis pieds ?

Pieds

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Sommaire

Être doux avec ses pieds

Il faut respecter ses pieds en évitant de les traumatiser. On recommande donc de :

  • Porter des chaussures larges mais pas trop grandes, confortables et souples (en toile ou en cuir souple…) et d’éviter les hauts talons (3–4 cm maximum) et les chaussures à bout pointu. Éviter si possible les chaussures ne tenant pas le talon (sandales, tongs…) car elles accentuent les défauts à la marche.
  • Éviter les sports traumatisants (tennis, jogging, randonnées…) sans équipement adapté à la morphologie de son pied.
  • Laver ses pieds quotidiennement au savon et à l’eau et surtout bien les sécher particulièrement entre les orteils pour éviter la macération. En effet l’humidité résiduelle est un facteur de surinfection et de mycose des pieds.
  • Utiliser des chaussettes fines en coton (type fil d’Écosse) et bien adaptées ; éviter les chaussettes synthétiques.
  • Décaper légèrement et avec prudence au moyen d’une pierre ponce humide les callosités naissantes et les cors débutants lors du bain, mais de consulter dès que ceux-ci réapparaissent.
  • Hydrater la peau des pieds avec une crème hydratante après la toilette — sur les talons et la plante, mais pas entre les orteils.
  • Porter des pansements médicaux protecteurs et cicatrisants. Et s’il existe un défaut d’appui lors de la marche ou une anomalie posturale, le port de semelles orthopédiques ou d’orthèses (sortes de petits embouts de mousse permettant de rééquilibrer les positions des orteils notamment) réalisées par un pédicure-podologue.
À privilégier À éviter Pourquoi
Chaussures larges, confortables, souples (toile, cuir souple) Bout pointu, talon supérieur à 4 cm La compression des orteils provoque cors, hallux valgus et ongles incarnés ; les hauts talons concentrent le poids sur l’avant-pied
Chaussures tenant bien le talon Sandales ouvertes et tongs portées quotidiennement L’absence de maintien accentue les défauts à la marche et génère des callosités asymétriques
Matières respirantes (cuir, toile) Chaussures entièrement synthétiques Les matières imperméables augmentent la transpiration et la macération, favorisant mycoses et mauvaises odeurs
Chaussettes fines en coton (fil d’Écosse) Chaussettes synthétiques ou nylon Le synthétique n’absorbe pas la transpiration et aggrave la macération interdigitale
Crème hydratante pour les pieds : laquelle choisir ?
Les crèmes formulées avec de l’urée à 10–20 % sont la référence dermatologique pour les pieds secs et les callosités débutantes. L’urée est un facteur naturel d’hydratation qui, à cette concentration, ramollit doucement la kératine épaissie. On l’applique sur les talons et les zones calleuses — jamais entre les orteils où l’humidité doit être maintenue au minimum.

Soigner les infections

Les pieds sont en contact avec le sol et donc susceptibles de s’infecter. Toute plaie doit être soignée immédiatement pour éviter sa surinfection : nettoyage à l’eau et au savon, antiseptique doux, pansement protecteur.

L’infection la plus fréquente n’est cependant pas bactérienne mais fongique : il faut donc connaître et traiter la mycose des pieds ainsi que la mycose des ongles, qui constitue souvent une source de contamination des pieds. La tinea pedis touche 15 à 25 % de la population générale à un moment ou un autre, et sa présence triple le risque de cellulite bactérienne des membres inférieurs.

Forme clinique Aspect Traitement de référence
Mycose interdigitale (la plus fréquente) Macération blanchâtre, fissures prurigineuses entre les orteils (surtout 4e–5e) Antifongique topique 2 à 4 semaines (terbinafine, clotrimazole)
Mycose hyperkératosique (type mocassin) Desquamation fine diffuse sur la plante — souvent confondue avec peau sèche Antifongique topique 4–6 semaines ou oral si résistance
Mycose vésiculeuse Vésicules tendues prurigineuses sur la voûte plantaire Antifongique oral souvent nécessaire (terbinafine 250 mg/j, 2 semaines)

Limiter la transpiration

Il faut connaître les moyens de lutter contre la transpiration des pieds, source de macération et de mauvaises odeurs. Une transpiration excessive génère un microenvironnement chaud et humide qui favorise directement la prolifération fongique et bactérienne.

Les mesures pratiques de première intention : séchage soigneux après chaque lavage, poudres de talc dans les chaussures, chaussettes absorbantes en coton, alternance des chaussures, et antiperspirant à base de sels d’aluminium le soir sur peau sèche. En cas d’hyperhidrose plantaire sévère résistante, le dermatologue peut proposer une iontophorèse ou des injections de toxine botulique (effets de 6 à 9 mois).

Limiter les frottements pathologiques

Les pieds mal chaussés ou déformés tendent à former des cors et des durillons. Ces épaississements kératosiques sont des réponses mécaniques de protection — la cause est toujours mécanique. Les traiter sans corriger la cause (chaussure inadaptée, déformation osseuse, anomalie posturale) conduit inévitablement à la récidive. Les semelles orthopédiques et orthèses jouent ici un rôle central.

De même, il faut savoir soigner une ampoule : ne pas la percer si elle est intacte, la protéger avec un pansement hydrocolloïde, et n’intervenir qu’en cas de rupture spontanée avec nettoyage antiseptique.

Ne jamais utiliser une lame de rasoir sur un cor
Les coupe-cors, lames et instruments tranchants utilisés en automédication exposent à un risque de plaie sérieux, particulièrement chez les personnes âgées ou diabétiques. En cas de cor douloureux ou résistant, consulter un médecin ou un pédicure-podologue. Au cabinet de dermatologie, l’acide salicylique contrôlé et la cryothérapie à l’azote liquide sont des alternatives efficaces et sûres.

Lutter contre les pieds secs

La sécheresse de la peau est comme si la peau était fissurée et perméable aux germes mais aussi aux allergènes, ce qui constitue souvent une source d’eczéma des pieds. Les fissures de talons profondes peuvent saigner, être douloureuses, et constituent une porte d’entrée directe pour bactéries et champignons. Voir comment lutter contre les pieds secs.

La prise en charge repose sur l’hydratation quotidienne intensive avec une crème à l’urée 20–40 % ou à l’acide lactique, le ramollissement des callosités à la pierre ponce sur peau humide, et éventuellement des chaussettes hydratantes portées la nuit sous occlusion. En cas de fissures profondes persistantes, consulter pour éliminer une cause systémique (hypothyroïdie, diabète, psoriasis plantaire).

Cas particulier : les pieds diabétiques

Chez le diabétique, la neuropathie diminue la sensibilité douloureuse et l’artériopathie ralentit la cicatrisation. Une simple plaie, mycose ou fissure peut évoluer vers une infection profonde menaçant le membre. Les règles impératives : inspecter les pieds visuellement chaque jour, ne jamais marcher pieds nus, ne jamais utiliser de coupe-cors en automédication, traiter immédiatement toute lésion, et consulter un pédicure-podologue spécialisé régulièrement.

Questions fréquentes sur les soins des pieds

Faut-il hydrater entre les orteils ?

Non. L’application de crème entre les orteils augmente l’humidité locale dans une zone déjà sujette à la macération, favorisant la mycose. L’hydratation s’applique sur la plante, les talons et le dos du pied — les espaces interdigitaux doivent être soigneusement séchés après chaque lavage.

Peut-on traiter soi-même une mycose des pieds ?

Une mycose interdigitale simple peut être traitée par antifongique topique en vente libre (terbinafine, clotrimazole) pendant 2 à 4 semaines. En cas de doute, résistance, atteinte des ongles associée ou terrain diabétique, une consultation dermatologique s’impose. La mycose des ongles non traitée entretient en permanence la contamination des pieds.

Les semelles orthopédiques sont-elles vraiment utiles ?

Oui, lorsqu’une anomalie posturale ou un défaut d’appui est à l’origine de lésions récidivantes (cors, durillons, fasciite plantaire). Une semelle sur mesure réalisée après analyse de la marche rééquilibre les pressions et réduit significativement le risque de récidive. Elle n’est pas utile en l’absence d’anomalie mécanique identifiée.

La transpiration excessive des pieds peut-elle être traitée ?

Oui. L’iontophorèse et les injections de toxine botulique dans la plante des pieds sont des traitements efficaces pour l’hyperhidrose plantaire significative, réalisés en cabinet de dermatologie. Les effets de la toxine botulique durent en moyenne 6 à 9 mois.

À quelle fréquence consulter un pédicure-podologue ?

Pour un pied sans problème particulier : tous les 2 à 3 mois. Pour les personnes âgées, diabétiques ou présentant des déformations importantes : un suivi mensuel est conseillé et peut être prescrit médicalement.

Voir aussi :
Mycose des pieds
Cors et durillons
Transpiration des pieds
Pieds secs
Eczéma des pieds

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Références scientifiques

  • Leung AK, Barankin B, Lam JM, Leong KF, Hon KL. Tinea pedis: an updated review. Drugs Context. 2023;12:2023-5-1. PMC 10321471
  • Ogawa T, Matsuda A, Ogawa Y, Tanaka R. Risk factors for the development of tinea pedis and onychomycosis. J Dermatol. 2024;51(1):30-39. PubMed 37800326
  • Aksoy H, Gurel MS, Sarmış A, Aslan M. Effect of finger socks on clinical cure in interdigital tinea pedis. J Am Acad Dermatol. 2025;92(5):1032-1038. PubMed 39756656
  • Gupta AK, Shemer A, Economopoulos V, Talukder M. Diabetic foot and fungal infections. J Fungi (Basel). 2024;10(8):577. PubMed 39194903
  • Bell-Syer SE, Khan SM, Torgerson DJ. Oral treatments for fungal infections of the skin of the foot. Cochrane Database Syst Rev. 2012;10:CD003584. PubMed 23076898
  • Schlereth T, Birklein F. Hyperhidrose. J Dtsch Dermatol Ges. 2009;7(6):501-507. PubMed 19171011

Mis à jour le 25 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau


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Ultrasons et ondes acoustiques contre la cellulite : efficacité et protocoles

Ultrasons contre la cellulite : cavitation, lipotomie et ondes acoustiques

Les ultrasons constituent une approche mécanique non invasive du traitement de la lipodystrophie gynoïde : des ondes acoustiques à haute fréquence, inaudibles pour l’oreille humaine, pénètrent jusqu’à l’hypoderme et y exercent une action à la fois mécanique (cavitation) et thermique sur les adipocytes. Leur sélectivité sur les cellules graisseuses, sans endommager les structures vasculaires ou nerveuses environnantes, est leur principal atout.

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Le rêve…

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Sommaire :
Physique des ultrasons |
Modes continu et pulsé |
Mécanismes d’action |
Techniques d’application |
Lipotomie : ultrasons + sérum + palper-rouler |
Déroulement et protocole |
Indications et contre-indications |
Comparatif ultrasons / cryolipolyse / laser |
Pages du cluster |
Questions fréquentes

Que sont les ultrasons ? Physique et propriétés

Les ultrasons sont des ondes acoustiques à fréquence supérieure à 20 kHz — au-delà du seuil de perception de l’oreille humaine. Ils sont produits par la déformation d’un matériau piézoélectrique (céramique) soumis à un champ électrique alternatif à haute fréquence : l’énergie électrique est ainsi convertie en énergie mécanique qui se propage sous forme d’ondes longitudinales dans les tissus.

Paramètre Valeur / Description Intérêt en médecine esthétique
Fréquence utilisée (standard) 0,7 à 3 MHz (basses fréquences thérapeutiques) Pénétration profonde dans l’hypoderme — action sur les adipocytes
Fréquence HIFU 4 à 7 MHz focalisés Destruction sélective d’un plan adipeux ciblé sans toucher la peau sus-jacente
Mécanisme principal Cavitation (mécanique) + effet thermique secondaire Destruction des adipocytes par implosion des microbulles de cavitation
Analogie médicale Lithotritie des calculs rénaux (destruction par ondes de choc) Même principe de destruction sélective par ondes acoustiques

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Mode continu et mode pulsé : deux profils d’action

Mode Principe Effet dominant Indication
Continu Ondes soniques émises en flux ininterrompu 🔴 Thermique fort — réchauffement intense des tissus graisseux Cellulite ferme avec composante fibreuse — à utiliser avec précaution (risque de brûlure si tête immobile)
Pulsé Émission en rafales courtes avec intervalles de repos 🟢 Mécanique dominant — variation de pression élevée → massage en profondeur — effet thermique modéré Cellulite flasque ou œdémateuse — meilleure tolérance — profil de sécurité supérieur

Mécanismes d’action des ultrasons sur la cellulite

Mécanisme Ce qui se passe dans les tissus Bénéfice clinique
Cavitation Formation et implosion de microbulles au sein des adipocytes — destruction mécanique sélective sans rupture de membrane cellulaire (évidement des cellules graisseuses) Réduction du volume adipeux localisé — effet lipolytique principal
Effet thermique La vibration des particules génère de la chaleur par friction — réchauffement des tissus graisseux Lipolyse thermique complémentaire + amélioration de la tonicité cutanée
Stimulation métabolique cellulaire Les oscillations mécaniques accélèrent les échanges transmembranaires et le métabolisme des adipocytes Amélioration de la lipolyse locale — favorise l’élimination des triglycérides libérés
Augmentation de la perméabilité vasculaire Les variations de pression améliorent les échanges entre capillaires et tissu interstitiel Réduction de l’œdème — amélioration du drainage local
Diminution de la sclérose tissulaire L’action mécanique répétée assouplit les fibres conjonctives et réduit la rigidité des septums fibreux Atténuation des brides et de l’aspect capitonné

Techniques d’application : standard et HIFU

Technique Principe Application pratique
Application directe sur peau sèche Tête de l’appareil posée perpendiculairement à la peau — convient aux surfaces planes et régulières Cuisses, ventre — mouvement lent continu obligatoire
Application avec gel hydrosoluble Gel de couplage appliqué pour assurer le contact acoustique — indispensable sur les surfaces irrégulières ou bombées Fesses, hanches, face interne des cuisses
HIFU (ultrasons focalisés haute intensité) Énergie focalisée à une profondeur précise — destruction sélective d’un plan adipeux sans toucher la peau ni les structures sus et sous-jacentes Technique de référence actuelle — résultats les plus ciblés — appareils type Liposonix®, Ulthera®

La lipotomie : ultrasons + sérum physiologique + palper-rouler

La lipotomie est une technique combinée qui potentialise l’action des ultrasons en préparant mécaniquement les adipocytes avant leur traitement sonique.

Étape Geste Objectif
1. Injection Injection de sérum physiologique dans les tissus sous-cutanés de la zone à traiter Gonflement mécanique des adipocytes — fragilisation de leur membrane — augmentation de la surface de contact pour les ultrasons
2. Ultrasons Application des ultrasons sur la zone gonflée au sérum Cavitation facilitée sur les adipocytes distendus — effet lipolytique amplifié
3. Palper-rouler Massage palper-rouler immédiatement après les ultrasons Favorise l’élimination des lipides libérés — stimule le drainage lymphatique local
4. Contention post-séance Port d’une contention compressive après la séance Réduit le risque d’œdème, d’hématomes et d’ecchymoses post-procédure

Déroulement d’une séance et protocole

Étape Description
Préparation Application du gel de couplage sur la zone — vérification de l’absence de contre-indications (implants, grossesse…)
Application Passage de la tête perpendiculairement à la peau — mouvement lent et continu — contrôle régulier de la fréquence de sortie par le médecin
Durée 20 à 40 minutes par zone selon la surface traitée
Ressenti Légère chaleur locale — légères vibrations — tolérance généralement bonne — signaler tout pincement ou brûlure
Après la séance Légère rougeur ou sensibilité transitoire — reprise immédiate des activités — hydratation recommandée — contention si lipotomie
Paramètre Valeur habituelle
Nombre de séances 6 à 10 séances pour un résultat significatif
Fréquence 1 à 2 séances par semaine
Résultats visibles À partir de 2–3 mois — réduction centimétrique, amélioration de la peau d’orange
Durabilité Bonne si poids stable — entretien semestriel recommandé

Indications et contre-indications

Profil Intérêt des ultrasons
Cellulite stade II–III avec composante adipeuse prédominante Bonne indication — cavitation sélective sur les adipocytes
Cellulite ferme avec sclérose tissulaire Mode continu — ramollissement de la fibrose — à combiner avec drainage
Souhait de traitement non invasif avec résultats proches des techniques lipolytiques invasives Alternative à la cryolipolyse — profil de tolérance similaire
Zones difficiles d’accès à la cryolipolyse (genoux, cheville, face interne des bras) La sonde ultrasonore s’adapte à toutes les morphologies
Contre-indication Motif
Grossesse Contre-indication absolue — effets des ultrasons sur le fœtus non évalués en médecine esthétique
Implants ou prothèses dans la zone Risque d’échauffement ou de déstabilisation de l’implant
Pacemaker ou implants électroniques Perturbation possible du dispositif par les ondes
Troubles de la coagulation Risque hémorragique accru (notamment pour la lipotomie avec injection)
Thrombose ou phlébite évolutive Risque de déplacement du thrombus par les ondes de pression

Ultrasons, cryolipolyse et laser : comment choisir ?

Ces trois techniques non ou mini-invasives ciblent toutes principalement la composante adipeuse mais avec des mécanismes et des profils d’action distincts. Pour le comparatif complet de toutes les techniques, voir traitements médicaux de la cellulite.

Critère Ultrasons Cryolipolyse Laser (endo-lipolyse)
Mécanisme Cavitation mécanique + thermique Apoptose par le froid Fonte thermique (≈ 55 °C)
Invasivité Non invasif Non invasif Mini-invasif (canule)
Destin des adipocytes Évidement progressif sans rupture membranaire Apoptose complète et définitive Lyse thermique — élimination progressive
Action sur le collagène 🟡 Partielle (diminution sclérose) 🔴 Non 🟢 Oui — rétraction simultanée
Résultats visibles 2–3 mois 2–4 mois 2–4 mois
Zones traitables Toutes morphologies — sonde adaptable Zones à relief suffisant (applicateur de succion) Zones accessibles à la canule
Point fort Sélectivité sur adipocytes — adaptabilité anatomique — lipotomie possible Destruction adipocytaire la plus définitive Lipolyse + rétraction cutanée simultanée

Pages du cluster cellulite

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre cavitation et effet thermique des ultrasons ?

La cavitation est l’effet mécanique principal des ultrasons à basse fréquence : des microbulles se forment et implossent au contact des adipocytes, les détruisant sélectivement sans toucher les vaisseaux ou les nerfs environnants. L’effet thermique est secondaire : la vibration des particules génère de la chaleur par friction, contribuant à la lipolyse et au remodelage du tissu conjonctif. Le mode pulsé favorise la cavitation mécanique ; le mode continu amplifie l’effet thermique.

Les ultrasons sont-ils aussi efficaces que la cryolipolyse ?

Les deux techniques ciblent principalement les adipocytes, mais par des mécanismes différents. La cryolipolyse provoque l’apoptose complète et définitive des adipocytes traités — résultat potentiellement plus durable sur les zones ciblées. Les ultrasons évident progressivement les adipocytes sans les détruire entièrement — résultats comparables sur plusieurs séances. Les ultrasons ont l’avantage de s’adapter à toutes les morphologies là où la cryolipolyse nécessite un volume de plis suffisant pour l’applicateur.

Qu’est-ce que la lipotomie et en quoi est-elle différente d’une séance d’ultrasons classique ?

La lipotomie est une technique combinée en trois temps : injection de sérum physiologique pour distendre les adipocytes, application d’ultrasons pour les vider par cavitation, puis palper-rouler pour favoriser l’élimination lymphatique des lipides libérés. Elle potentialise l’effet des ultrasons en préparant mécaniquement les cellules cibles. Une contention post-séance est portée pour limiter l’œdème. C’est une technique plus complexe qu’une séance d’ultrasons simple, réservée aux praticiens formés.

Faut-il plusieurs séances d’ultrasons pour voir un résultat ?

Oui — les résultats sont progressifs car l’élimination des lipides libérés passe par le système lymphatique, ce qui prend plusieurs semaines après chaque séance. Un protocole de 6 à 10 séances, à raison d’1 à 2 par semaine, est généralement nécessaire pour observer une amélioration visible de la peau d’orange et une réduction centimétrique mesurable. Les résultats s’évaluent à 2–3 mois après la fin du protocole.

Les ultrasons peuvent-ils brûler les tissus ?

Oui, si la tête de l’appareil est maintenue immobile sur la même zone pendant trop longtemps — en particulier en mode continu à puissance élevée. C’est pourquoi le mouvement continu de la tête est une règle absolue de sécurité. La patiente doit signaler immédiatement tout échauffement excessif ou pincement au médecin. Les appareils HIFU modernes intègrent des systèmes de ciblage précis qui réduisent ce risque en concentrant l’énergie sur un plan profond sans chauffer la peau sus-jacente.

Voir aussi :
Cellulite — hub |
Cryolipolyse |
Laser cellulite |
Palper-rouler |
Traitements médicaux |
Infrarouges

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Transpiration et odeurs des pieds : causes et solutions efficaces

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En bref : La transpiration des pieds (hyperhidrose plantaire) et les mauvaises odeurs résultent de la dégradation des sécrétions sudoripares par les bactéries. Antitranspirants à l’aluminium, poudres absorbantes, ionophorèse et botox constituent les traitements les plus efficaces. Une mycose associée doit être traitée séparément.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Mis à jour le 19 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Pourquoi les pieds transpirent-ils et sentent-ils mauvais ?

La transpiration des pieds est un phénomène physiologique normal : les plantes sont particulièrement riches en glandes sudoripares eccrines (environ 620 par cm²). Cependant, lorsque la sueur est abondante et confinée dans des chaussures fermées, des bactéries de la flore cutanée la décomposent en acides gras volatils malodorants — un phénomène appelé bromhidrose plantaire.

ℹ️ Information
Les bactéries principalement responsables des odeurs de pieds sont Brevibacterium linens (responsable de l’odeur de fromage), Staphylococcus epidermidis et diverses espèces corynébactériennes. Elles prolifèrent dans les environnements chauds et humides.

Facteurs aggravants

Certaines situations favorisent la transpiration et les odeurs des pieds :

  • Port prolongé de chaussures fermées en matières synthétiques non respirantes
  • Chaussettes synthétiques retenant l’humidité
  • Hyperhidrose plantaire primaire (transpiration excessive constitutionnelle)
  • Stress, activité physique intense, chaleur
  • Mauvais séchage entre les orteils après la douche
  • Port de chaussures sans chaussettes

Traitements de la transpiration excessive des pieds

Traitement Mécanisme Efficacité
Antitranspirant chlorure d’aluminium 20–30 % Obstruction temporaire des pores Bonne (1re ligne)
Ionophorèse Courant galvanique inhibant les glandes sudoripares Très bonne
Toxine botulique (botox) Blocage des terminaisons cholinergiques Excellente (4–6 mois)
Antibactériens topiques Réduction de la flore bactérienne Partielle (odeurs)

Conseils pratiques au quotidien

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Quand consulter ? Une transpiration plantaire abondante malgré les antitranspirants classiques, des odeurs persistantes évoquant une infection, ou l’apparition de vésicules ou de fissures peuvent indiquer une hyperhidrose sévère ou une mycose — consultez un dermatologue.

Une bonne hygiène des pieds est la base de la prévention :

  • Lavage quotidien à l’eau et au savon surgras, en insistant entre les orteils
  • Séchage soigneux entre tous les espaces interdigitaux
  • Chaussettes en coton, laine mérinos ou bambou — à changer chaque jour
  • Alternance des chaussures (laisser sécher 48h entre deux ports)
  • Semelles en cuir ou en liège, ou semelles antibactériennes
  • Talc absorbant ou poudre de bicarbonate dans les chaussures
💡 Conseil
Placez vos chaussures au congélateur une nuit dans un sac hermétique : le froid détruit une partie des bactéries responsables des odeurs. Aérez-les ensuite à l’air libre pendant quelques heures.
🚨 Alerte
Une transpiration abondante des pieds associée à des démangeaisons, une desquamation ou des vésicules entre les orteils doit faire évoquer une mycose (pied d’athlète). Consultez un dermatologue pour un diagnostic précis avant tout traitement antifongique.

FAQ — Questions fréquentes

Pourquoi mes pieds sentent-ils mauvais malgré une bonne hygiène ?
Les odeurs sont dues à la dégradation de la sueur par les bactéries cutanées. Le port de chaussures fermées, les matières synthétiques et l’hyperhidrose plantaire aggravent le phénomène, même avec une hygiène soigneuse.

Quel traitement utiliser contre la transpiration excessive des pieds ?
Les antitranspirants à base de chlorure d’aluminium (20–30 %) sont la première étape. L’ionophorèse et les injections de botox sont proposées en cas de résistance, sur prescription dermatologique.

Comment prévenir les odeurs de pieds au quotidien ?
Lavez et séchez soigneusement les pieds chaque jour, alternez les chaussures, portez des chaussettes en fibres naturelles et utilisez un talc absorbant ou des semelles antibactériennes.

La transpiration des pieds peut-elle provoquer une mycose ?
Oui. L’humidité favorise le développement de dermatophytes responsables du pied d’athlète (tinea pedis). Une hygiène rigoureuse et des chaussettes sèches sont essentielles à la prévention.

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Transpiration des pieds résistante aux traitements habituels, odeurs persistantes ou suspicion de mycose ? Le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, vous reçoit en téléconsultation.

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Références scientifiques

  • Ara K, et al. Foot odour due to microbial metabolism and its control. Can J Microbiol. 2006;52(4):357-64. PMID: 16699586
  • Callewaert C, et al. Microbiology of the axilla and foot odour. J Invest Dermatol. 2014;134(2):547-50. PMID: 23903364
  • Naumann M, et al. Botulinum toxin in the treatment of hyperhidrosis. Br J Dermatol. 2013;168(3):501-7. PMID: 23013260
  • HAS. Hyperhidrose primitive focale. Haute Autorité de Santé, 2019.
  • Ara K, et al. Foot odour due to microbial metabolism. Can J Microbiol. 2006;52(4):357-64 — PMID 16699586
  • Haute Autorité de Santé — Recommandations dermatologie (HAS)

Liposuccion de la cellulite : la lipo-succion contre la

Liposuccion de la cellulite : technique, bilan pré-opératoire et résultats

La liposuccion (ou lipoaspiration) est la technique chirurgicale de référence pour traiter la composante graisseuse de la lipodystrophie gynoïde. Elle consiste à introduire sous la peau une fine canule reliée à une pompe à dépression pour aspirer mécaniquement les amas adipeux. C’est l’une des interventions de chirurgie esthétique les plus pratiquées — non cantonnée à la cellulite, mais particulièrement pertinente pour les stades III et IV réfractaires aux traitements médicaux.

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Sommaire :
Principe de la liposuccion |
Zones traitables |
Bilan pré-opératoire |
Technique chirurgicale |
Risques et complications |
Résultats et durabilité |
Limites spécifiques à la cellulite |
Liposuccion vs techniques non invasives |
Pages du cluster |
Questions fréquentes

Principe de la liposuccion

La liposuccion est un acte de chirurgie esthétique réalisé en bloc opératoire par un chirurgien qualifié. Elle consiste à introduire sous la peau une canule métallique (tube creux de 3 à 6 mm de diamètre) par de petites incisions de 1 à 2 cm, souvent dissimulées dans les plis naturels, et à aspirer mécaniquement la graisse par mouvements de va-et-vient.

Paramètre Description
Nature de l’acte Chirurgie esthétique invasive — bloc opératoire — réalisée par un chirurgien
Objectif Remodelage de la silhouette par réduction des amas graisseux — pas un traitement de l’obésité
Cible tissulaire Hypoderme (tissu adipeux sous-cutané) — composante graisseuse de la lipodystrophie gynoïde
Ce qu’elle ne traite pas Composante vasculo-lymphatique et brides fibreuses — nécessitent un suivi médical complémentaire

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Zones traitables par liposuccion

La liposuccion n’est pas une technique réservée à la cellulite — elle s’applique à toutes les zones présentant un excès de graisse sous-cutanée.

Zone Indication fréquente Précaution spécifique
Cuisses (face externe et interne) Cellulite stade III–IV, culotte de cheval Risque de laxité cutanée si la peau est peu élastique
Fesses Cellulite stade III–IV avec capitons profonds À combiner avec subcision si brides fibreuses marquées
Hanches et flancs Excès latéral résistant aux traitements médicaux Évaluation de la symétrie en pré-opératoire
Abdomen Graisse abdominale sous-cutanée (pas la graisse viscérale) Abdominoplastie associée si relâchement cutané important
Face interne des genoux Boule graisseuse interne résistante Zone délicate — risque d’irrégularité de surface
Repli sous-mentonnier (double menton) Amas graisseux cervical Lifting cervico-facial à envisager si laxité cutanée associée

Bilan pré-opératoire : ce que le chirurgien évalue

La consultation pré-opératoire avec le chirurgien est une étape incontournable. Elle conditionne l’indication, la technique et la sécurité de l’intervention.

Critère évalué Pourquoi c’est important
Antécédents médicaux Troubles de la coagulation, tabagisme, obésité morbide, pathologies cardiovasculaires — certains constituent des contre-indications formelles
Médicaments en cours Anticoagulants, antiagrégants, contraceptifs oraux — à déclarer systématiquement (risque thromboembolique)
Type et localisation des amas graisseux Épaisseur et distribution de la graisse — volume estimé à aspirer — faisabilité en une ou plusieurs séances
Qualité et élasticité cutanée Une peau peu élastique ou très flasque risque de prendre un aspect drapé inesthétique après aspiration — peut nécessiter une plastie reconstructrice associée (voir chirurgie de la cellulite)
Attentes et motivations Ajustement des attentes aux résultats réalistes — risque de déception en cas d’attentes irréalistes — point clé de toute chirurgie esthétique

Technique chirurgicale de la liposuccion

Étape Description
Anesthésie Générale pour les volumes importants ou zones multiples — locale possible pour une petite zone isolée (ex. : double menton)
Infiltration tumescente Injection de sérum physiologique + adrénaline + anesthésique local dans le tissu adipeux cible — gonfle les adipocytes, réduit les saignements, facilite l’aspiration
Incisions 1 à 2 cm — positionnées dans les plis naturels ou zones discrètes — généralement résorbables
Aspiration Introduction de la canule — mouvements de va-et-vient en éventail — aspiration homogène de la couche adipeuse — contrôle visuel et manuel continu
Fermeture et compression Points cutanés — pansement compressif immédiat sur la zone aspirée pour réduire œdème et hématomes — puis vêtement compressif porté plusieurs semaines

Risques et complications de la liposuccion

Catégorie Complications possibles
Hémorragiques Hématome sous-cutané, ecchymoses étendues, saignement per-opératoire — limités par l’infiltration tumescente et le pansement compressif
Infectieux Infection de la zone aspirée — prévenue par l’asepsie chirurgicale stricte et l’antibioprophylaxie
Thromboemboliques Phlébite, embolie pulmonaire — risque majoré par l’immobilisation post-opératoire — prévenu par anticoagulants et contention veineuse
Cutanés et esthétiques Cicatrices visibles, irrégularités de surface, creux sous-cutanés, aspect drapé de la peau si élasticité insuffisante, asymétrie, troubles sensitifs transitoires
Liés à l’anesthésie Nausées, allergie, complications respiratoires — évalués lors de la consultation anesthésique pré-opératoire
Esthétiques (déception) Résultat différent des attentes — risque inhérent à tout acte de chirurgie esthétique — à prévenir par un dialogue préopératoire approfondi

Résultats attendus et durabilité

Période Ce qui se passe
J0 à J15 Œdème important, ecchymoses étendues, douleurs modérées — port du vêtement compressif 24h/24 — séances de drainage lymphatique recommandées
1 à 3 mois Résorption progressive de l’œdème — amélioration visible du contour — résultats partiellement appréciables
3 à 6 mois Résultat définitif évaluable — maturation cicatricielle — rétraction cutanée maximale atteinte
Long terme Les adipocytes aspirés ne se reconstituent pas — résultat stable si poids constant — prise de poids possible sur les zones non traitées ou sur les adipocytes résiduels

Limites spécifiques de la liposuccion dans la cellulite

La liposuccion est la technique la plus efficace sur la composante graisseuse — mais elle ne résout pas tout dans la lipodystrophie gynoïde.

Composante Action de la liposuccion Complément nécessaire
Adipeuse 🟢 Très efficace — réduction permanente du volume graisseux aspiré Poids stable post-opératoire
Vasculo-lymphatique 🔴 Non traitée — la liposuccion n’améliore pas la stase veino-lymphatique Endermologie® + drainage lymphatique
Fibreuse (capitons / brides) 🟡 Partielle — la liposuccion peut réduire l’aspect capitonné mais ne sectionne pas les brides Subcision ou Cellfina® (voir chirurgie de la cellulite)
Laxité cutanée 🔴 Non corrigée — risque aggravé si peau peu élastique Plastie reconstructrice associée si nécessaire

Liposuccion vs techniques non invasives : comment choisir ?

Critère Liposuccion Cryolipolyse Ultrasons
Invasivité Chirurgicale (anesthésie, incisions) Non invasive Non invasive
Volume traitable 🟢 Grand volume en une session 🟡 Volume limité par applicateur 🟡 Modéré — plusieurs séances
Résultat visible Immédiat à 3 mois (après résorption œdème) 2–4 mois 2–3 mois
Durabilité 🟢 La plus longue si poids stable 🟢 Bonne si poids stable 🟡 Bonne avec entretien
Récupération 7–15 jours d’arrêt — reprise sport à 4–6 semaines Aucune Aucune
Risques Chirurgicaux (hématome, phlébite, cicatrice…) Très limités Brûlure si mal réalisé
Indication privilégiée Stades III–IV réfractaires, grands volumes Stades II–III, volumes modérés Stades II–III, toutes morphologies

Pages du cluster cellulite

Questions fréquentes

La liposuccion supprime-t-elle définitivement la cellulite ?

La liposuccion supprime définitivement les adipocytes aspirés — ils ne se reconstituent pas. Cependant, elle n’agit pas sur la composante vasculo-lymphatique de la lipodystrophie gynoïde, ni sur les brides fibreuses responsables des capitons profonds. La peau d’orange peut donc persister ou réapparaître si ces composantes ne sont pas traitées. Un suivi par endermologie® et une hygiène de vie stable sont indispensables pour pérenniser le résultat.

Quelle est la différence entre liposuccion et lipoaspiration ?

Les deux termes désignent la même technique : l’aspiration mécanique de la graisse sous-cutanée par canule. Le terme « lipoaspiration » est parfois préféré pour insister sur la nature aspiratoire de l’acte. En pratique courante, ils sont interchangeables. La liposuccion assistée par laser (LAL) est une variante qui associe une fibre laser à la canule pour liquéfier la graisse avant aspiration.

Peut-on faire une liposuccion sous anesthésie locale ?

Oui, pour des petites zones isolées (double menton, face interne des genoux par exemple) et des volumes modérés. L’anesthésie locale avec infiltration tumescente permet de traiter ces zones en consultation spécialisée, sans hospitalisation. Pour les zones multiples ou les volumes importants, l’anesthésie générale est préférable pour la sécurité et le confort de la patiente.

Pourquoi faut-il du drainage lymphatique après une liposuccion ?

La liposuccion provoque un œdème post-opératoire important lié à l’infiltration tumescente résiduelle et à la réaction inflammatoire chirurgicale. Le drainage lymphatique manuel post-opératoire accélère la résorption de cet œdème, réduit l’inconfort et améliore l’uniformité du résultat final. 5 à 10 séances dans les semaines suivant l’intervention sont généralement recommandées.

La liposuccion est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Non — la liposuccion est un acte de chirurgie esthétique non remboursé par l’Assurance maladie, sauf dans de très rares cas de pathologie fonctionnelle documentée. Un devis chirurgical détaillé est obligatoire avant toute intervention de chirurgie esthétique, avec un délai de réflexion légal de 15 jours minimum entre la remise du devis et l’acte.

Voir aussi :
Cellulite — hub |
Chirurgie de la cellulite |
Drainage lymphatique |
Endermologie® |
Cryolipolyse |
Traitements médicaux |
Chirurgie esthétique

 

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Injections anti-rides : résultats, risques et conseils dermatologue

Injections dans les rides : conseils pratiques et interview d’un dermatologue

Les injections de comblement et les traitements injectables des rides sont des actes médicaux qui ne doivent pas être pris à la légère. Au-delà de la technique — détaillée dans la page injections anti-rides — les conseils avant et après séance, le choix du produit et la vision globale du visage sont déterminants pour un résultat satisfaisant et sûr.

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Sommaire :
Règles essentielles |
Soleil et injections |
Choix des produits |
Interview Dr Paul Touron |
Pages associées |
Questions fréquentes

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Règles essentielles avant de se lancer

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Règle Explication
Éviter le soleil avant et après les séances Et se protéger régulièrement au long cours — les UV accélèrent la dégradation des produits injectés et le vieillissement cutané
Ne pas injecter un produit résorbable sur une zone déjà traitée par un produit non-résorbable Risque de réaction inflammatoire, de granulome ou de résultat imprévisible — toujours signaler les traitements antérieurs
Éviter les séances de laser pénétrant (Yag, diode) après injection Ces lasers détruisent très rapidement le produit injecté — prévoir un délai suffisant entre injection et laser
Avoir une vision globale du visage Corriger un défaut isolé peut révéler d’autres imperfections jusque-là ignorées — le médecin doit évaluer l’ensemble avant de traiter une zone

Choix des produits : résorbables vs non-résorbables

Produits résorbables Produits non-résorbables
Exemples Acide hyaluronique — acide poly-L-lactique Silicone — certains produits anciens
Durée 6 à 18 mois selon le produit Permanents
Réversibilité Oui — possibilité de dissolution (hyaluronidase pour l’AH) Non — complications difficiles à corriger
Recommandation ✅ Préférés en pratique courante : rides, Ozempic face ⚠️ À éviter — complications long terme documentées

Interview du Dr Paul Touron, dermatologue

Dr Paul Touron — 47 allée du Rouergue, 31770 Colomiers — Tél : +33 5 61 30 20 33 — paultouron@free.fr

Paul Touron r

Question : Quels conseils pourriez-vous donner à une personne souhaitant bénéficier de cette technique ? (contre-indications, conseils avant et après les injections…)

Dr Paul Touron :

Je crois avoir été explicite, je déconseille les produits non totalement résorbables, et je redoute les produits trop récents.

Bien comprendre ce que désire la patiente. Ce n’est pas toujours évident, et il est bon de faire préciser plusieurs fois le problème à corriger.

Maîtriser plusieurs techniques est intéressant, pour pouvoir s’adapter à chaque cas particulier : un plissé de la lèvre sera parfois plus amélioré par un peeling ou un relissage que par un comblement.

Éviter les séances de laser « pénétrant » type Yag ou diode dans les suites d’injection — ils détruisent en un clin d’œil le produit injecté.

Attention aussi au syndrome de la pièce repeinte. On va repeindre les murs qui sont sales, en négligeant le plafond qui paraît propre — et quand on a fini, on ne voit plus que les taches du plafond. En esthétique également, il faut avoir une vision globale du visage sous peine de ne plus voir que ce qui n’avait paru qu’un défaut insignifiant avant d’avoir corrigé le principal.

Pages associées

Questions fréquentes

Pourquoi faut-il éviter le soleil après une injection ?

Les UV accélèrent la dégradation des produits résorbables (acide hyaluronique notamment) et augmentent le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire sur les zones injectées. Une protection SPF 50+ est recommandée dès le lendemain de la séance et maintenue au long cours — elle prolonge aussi la durée d’effet du traitement.

Qu’est-ce qu’un produit non-résorbable et pourquoi l’éviter ?

Un produit non-résorbable (silicone, certains polymères anciens) reste définitivement dans les tissus. En cas de complication (inflammation, granulome, déplacement), il est très difficile — parfois impossible — de le retirer. Les produits résorbables comme l’acide hyaluronique sont au contraire dissolvables par injection d’hyaluronidase, ce qui permet de corriger un résultat insatisfaisant ou une complication. La sécurité à long terme est nettement supérieure.

Peut-on faire un laser après des injections de comblement ?

Pas immédiatement — certains lasers pénétrants (Nd:Yag, diode) peuvent détruire très rapidement le produit injecté. Il faut respecter un délai de plusieurs semaines à quelques mois entre une injection et une séance laser. Le dermatologue adapte le calendrier de traitement en fonction des techniques utilisées.

Qu’est-ce que le « syndrome de la pièce repeinte » ?

C’est une métaphore du Dr Touron désignant l’effet indésirable qui survient quand on corrige un défaut dominant sans évaluer le visage dans sa globalité : une fois ce défaut corrigé, le regard se porte sur des imperfections secondaires qui passaient jusque-là inaperçues. C’est pourquoi un bon praticien évalue toujours l’ensemble du visage avant de traiter une zone isolée — et informe le patient de ce que la correction principale pourrait révéler.

Voir aussi :
Injections anti-rides |
Botox® |
Soins anti-rides |
Peelings |
Téléconsultation

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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Crevasses et fissures des pieds : causes, soins et traitement

Crevasses des pieds
Les pieds sont soumis à rude épreuve, notamment l’été. On marche plus souvent pieds nus ou en sandales et autres tongs. Il est donc fréquent de voir apparaitre des crevasses, des fissures ou des cornes sur les pieds. Comment prendre de soin de ses pieds pour éviter les fissures et crevasses ? que faire lorsqu’elles sont apparues pour les soulager et les faire cicatriser?

Pieds

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Causes

Il est fréquent d’avoir les talons fissurés ou crevassés en été notamment pour deux raisons :

  • on marche plus souvent pieds nus ou avec des chaussures sans maintien du talon (tongs, sandales…), ce qui sollicite plus le talon
  • les pieds sont plus secs car plus souvent à l’air et non protégés par les chaussures, aux prises avec les agressions extérieures (eau de mer, poussière…)

La peau du talon devient donc sèche et elle s’épaissit car elle est plus sollicité. Il en résulte une peau qui finit par se fendiller puis se fissurer voire former des crevasses.

On peut aussi observer ces crevasses sur des callosités de l’avant pied, mais cela est plus rare

Symptomes

La peau du talon est plus sèche, plus blanche et plus épaisse que le reste de la peau du pied.

Au sein de cette hyperkératose apparaissent des fendillements et fissures qui petit à petit deviennent de véritables crevasses pouvant mesurer presque un centimètre de profondeur parfois!

Elles sont très douloureuses

Ces fissures et crevasses finissent par s’infecter et la douleur augmente

Parfois les crevasses du talon s’inscrivent dans le cadre d’un psoriasis des pieds

 

Eviter les crevasses et fissures

Pour limiter le risque de crevasses et de fissures il faut limiter les deux causes :

  • La marche pieds nus ou avec des chaussures sans maintien du talon (tongs, sandales…), ce qui sollicite plus le talon
  • Lutter contre les pieds secs en les protégeant et en les hydratant

Rappelons qu’il faut toujours respecter ses pieds, en évitant de les traumatiser. On recommande donc comme soins de pieds :

  • Porter des chaussures larges mais pas trop grandes, confortables et souples (en toile ou en cuir souple… ) et d’éviter les haut talons (3-4 cms maximum) et les chaussures à bout pointu. Eviter si possible les chaussures ne tenant pas le talon (sandales, tongs…) et trop plates car elles accentuent les défauts à la marche.
  • Eviter les sports traumatisants (tennis, jogging, randonnées…)
  • Laver ses pieds quotidiennement au savon et à l’eau et surtout bien les sécher particulièrement entre les orteils pour éviter la macération.
    En effet l’humidité résiduelle est un facteur de surinfection et de mycose des pieds
  • Utiliser des chaussettes fines en coton (type fil d’écosse) et bien adaptées, éviter les chaussettes synthétiques
  • Décaper légèrement et avec prudence au moyen d’une pierre ponce humide les callosités naissantes et les cors débutants lors du bain mais de consulter dès que ceux ci réapparaissent
  • Hydrater la peau des pieds avec une crème hydratante après la toilette
  • Porter des pansements médicaux protecteurs et cicatrisants
    et s’il existe un défaut d’appui lors de la marche ou une anomalie posturale, le port de semelles orthopédiques ou d’orthèses (sortes de petits embouts de mousse permettant de rééquilibrer les positions des orteils notamment) réalisés par un pédicure podologue

Soigner les crevasses des pieds

Si vous marchiez pieds nus ou en chaussures plates ne tenant pas les talons (tongs, sandales…) il faut remettre des chaussures maintenant le talon

Râper avec prudence des crevasses peu profondes

Si les crevasses ne sont pas trop profondes, et en l’absence de diabète,on peut utiliser une râpe ou une pierre ponce pour décaper doucement l’hyperkératose après un bain de 20 minutes dans l’eau chaude. Il faut toujours que ce geste soit doux, réservé à des fissures peu profondes et sans douleur ni irritation de la peau.

En cas de crevasses profondes

Si les crevasses sont douloureuses ou profondes alors il faut consulter un médecin pour avoir des soins appropriés

Soigner les plaies

Toute crevasse ou fissure doit être considérée comme une plaie susceptible de s’infecter. Voir comment soigner une plaie

Favoriser la cicatrisation

Il existe de nombreuses crèmes pour les talons crevassés ou fissurés, la plupart à l’urée (5%), de karité, d’huile d’olive, de glycérine végétale…

Le médecin pourra prescrire des pansements spécifiques des talons, ayant souvent un effet remarquable sur la cicatrisation des fissures et talons

Soigner les infections

Les pieds sont en contact avec le sol et donc susceptibles de s’infecter. Toute plaie doit être soignée pour éviter sa surinfection

L’infection la plus fréquente n’est cependant pas bactérienne mais par champignon : il faut donc connaitre et traiter la mycose des pieds  ainsi que la mycose des ongles qui constitue souvent une source de contamination des pieds. La mycose des pieds tend en effet à assécher les pieds en leur donnant un aspect sec et farineux

Lutter contre les pieds secs

La sécheresse de la peau constitue un facteur favorisant de crevasses car elle est propice à l’apparition de fissures. Même avec des crevasses avérées, il faut continuer à s’hydrater les pieds pour éviter de nouvelles fissures. Voir comment lutter contre les pieds secs 

Cas particulier du psoriasis des pieds

Si le médecin diagnostique un psoriasis des pieds à type de kératodermie fissuraire des talons, il prescrira des cremes pour le traitement du psoriasis et des pansements spécifiques du talon

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Gommage du visage : soins de beauté du visage par gommage

Gommage du visage : guide dermatologique complet selon le type de peau

    Sommaire :
    Mécanismes biologiques de l’exfoliation |
    Gommage mécanique vs exfoliation chimique |
    Choisir selon son type de peau |
    Contre-indications dermatologiques |
    Protocole et fréquence |
    Erreurs fréquentes |
    Pages associées |
    Questions fréquentes |
    Références

    Le gommage du visage est un soin d’exfoliation visant à éliminer les cellules mortes de la couche cornée (stratum corneum) afin d’affiner le grain de peau, d’éclaircir le teint et d’améliorer la pénétration des actifs cosmétiques. Pourtant, tous les gommages ne conviennent pas à toutes les peaux — et certaines pathologies dermatologiques constituent des contre-indications formelles. Ce guide, rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, vous explique comment choisir et utiliser votre gommage en toute sécurité selon votre type de peau et votre état cutané.

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    Mécanismes biologiques de l’exfoliation cutanée

    La peau se renouvelle en permanence par un processus appelé desquamation physiologique. Les kératinocytes formés dans les couches profondes de l’épiderme migrent vers la surface en 15 à 25 jours, où ils meurent et constituent les cornéocytes de la couche cornée (stratum corneum). Ce processus naturel peut se ralentir avec l’âge, sous l’effet de la sécheresse cutanée ou de certaines dermatoses — entraînant un épaississement de la couche cornée, un teint terne et une texture rugueuse.

    La couche cornée est composée d’environ 15 à 20 assises de cornéocytes reliés entre eux par des structures protéiques (cornéodesmosomes) et une matrice lipidique intercellulaire. Cette organisation confère à la peau son rôle de barrière : elle régule la perte insensible en eau (PIE) et limite la pénétration d’agents extérieurs. L’exfoliation — qu’elle soit mécanique ou chimique — agit sur la couche la plus superficielle de cette couche cornée (le stratum disjunctum) pour en accélérer la desquamation sans compromettre la barrière cutanée profonde, à condition d’être réalisée correctement.

    ℹ️ Information clinique : Des études histologiques ont montré qu’à faible concentration (4 %), l’acide glycolique cible sélectivement les desmosomes du stratum disjunctum sans altérer les desmosomes du stratum compactum sous-jacent, ni modifier la perte transépidermique en eau. La barrière cutanée profonde reste ainsi intacte lors d’une exfoliation chimique bien conduite.

    Gommage mécanique versus exfoliation chimique : quelles différences ?

    Il existe deux grandes familles de gommages du visage, aux mécanismes d’action distincts, dont les indications et les risques diffèrent selon le type de peau.

    Le gommage mécanique (scrub)

    Le gommage mécanique (ou « scrub ») élimine les cellules mortes par friction physique. Il contient des particules abrasives naturelles (poudre de noyaux d’abricot ou d’olive, sucre, sel, microbilles de cire) ou synthétiques. Il est appliqué sur peau humide, en mouvements circulaires doux, puis rincé. Son efficacité est immédiate et son résultat visible dès la première utilisation (peau plus lisse au toucher). Son principal défaut est la difficulté à doser l’intensité de la friction : une pression excessive ou un grain trop grossier peuvent provoquer des microtraumatismes épidermiques, en particulier sur les peaux fines ou réactives.

    L’exfoliation chimique (peeling cosmétique)

    L’exfoliation chimique repose sur des acides ou des enzymes qui dissolvent les liaisons entre les cornéocytes sans friction. On distingue :

    • Les AHA (acides alpha-hydroxylés) — acide glycolique, acide lactique, acide mandélique : ils agissent en surface, dissolvent les desmosomes de la couche cornée et favorisent un renouvellement cellulaire homogène. Indiqués pour les teints ternes, l’hyperpigmentation et le vieillissement léger.
    • Les BHA (acides bêta-hydroxylés) — principalement l’acide salicylique : liposoluble, il pénètre à travers le sébum et débouche les pores. Indiqué pour les peaux grasses, acnéiques et les comédons.
    • Les PHA (acides polyhydroxylés) — gluconolactone, acide lactobionique : molécules plus larges, pénétration plus superficielle, très bien tolérées par les peaux sensibles.
    • Les enzymes exfoliantes — papaïne (papaye), bromélaïne (ananas) : action enzymatique douce, adaptée aux peaux très réactives.

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    ✅ Avantage de l’exfoliation chimique : Elle peut cibler des problèmes cutanés spécifiques (acné comédogène, taches brunes, relâchement cutané) de façon plus précise qu’un gommage mécanique. Elle est généralement mieux tolérée par les peaux sensibles lorsqu’elle est formulée à faible concentration.

    Choisir son gommage selon son type de peau

    Le choix du gommage est l’étape la plus importante pour éviter les irritations et obtenir les résultats souhaités. Le tableau suivant résume les options recommandées par type cutané.

    Type de peau Gommage recommandé Actifs privilégiés Fréquence
    Peau normale Mécanique doux ou chimique AHA (glycolique, lactique) 1 à 2 fois/semaine
    Peau grasse / comédons Chimique (BHA) en priorité Acide salicylique 0,5–2 % 2 fois/semaine
    Peau sèche Chimique très doux Acide lactique, PHA, enzyme 1 fois/semaine max.
    Peau sensible / réactive PHA ou enzymes uniquement Gluconolactone, bromélaïne 1 fois/semaine ou tous les 15 jours
    Peau mature (>50 ans) Chimique doux AHA (glycolique, mandélique) 1 fois/semaine
    Peau mixte Chimique, application ciblée BHA en zone T, AHA sur joues 1 à 2 fois/semaine

    Phototype et gommage : une précaution souvent oubliée

    Les patients à peau foncée (phototypes IV à VI) doivent faire preuve de prudence avec les exfoliants chimiques. Tout traumatisme de la peau — y compris un gommage trop agressif — peut déclencher une hyperpigmentation post-inflammatoire qui laisse des taches brunes durables. Pour ces phototypes, les PHA, l’acide mandélique et l’acide kojique sont préférés. Les AHA à forte concentration (acide glycolique > 20 %) sont à éviter sans avis dermatologique.

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    Contre-indications dermatologiques au gommage du visage

    C’est la section la plus importante de ce guide. Plusieurs pathologies dermatologiques fréquentes contre-indiquent formellement le gommage — particulièrement le gommage mécanique — et méritent d’être connues.

    ⛔ Contre-indications absolues au gommage mécanique :

    • Acné inflammatoire (boutons rouges, pustules, nodules) : la friction d’un gommage mécanique sur les lésions acnéiques peut éclater les papulopustules et disséminer les bactéries (Cutibacterium acnes) vers les zones environnantes, aggravant l’inflammation et favorisant les cicatrices.
    • Rosacée active : la rosacée est une dermatose vasculaire chronique du visage caractérisée par des rougeurs, des télangiectasies et parfois des papulopustules. Tout frottement mécanique exacerbe la réactivité vasculaire et déclenche une poussée. Les exfoliants chimiques classiques (AHA, BHA) sont également souvent mal tolérés — seuls les PHA peuvent être utilisés avec prudence.
    • Eczéma en poussée (dermatite atopique, eczéma de contact) : la barrière cutanée est déjà compromise lors d’une poussée. Un gommage — qu’il soit mécanique ou chimique — aggraverait la rupture de barrière et favoriserait la pénétration des allergènes ou irritants.
    • Dermite séborrhéique : les plaques squameuses du visage liées à la levure Malassezia ne doivent pas être mécaniquement exfoliées — cela irrite les zones inflammatoires sans traiter la cause. Le traitement repose sur des antifongiques topiques.
    • Vitiligo : le phénomène de Koebner peut être déclenché par tout traumatisme cutané, y compris un gommage. Des plaques de dépigmentation peuvent apparaître sur les zones frottées. Le gommage est formellement contre-indiqué chez les patients vitiligineux.
    • Psoriasis en poussée : même phénomène de Koebner que pour le vitiligo — les plaques psoriasiques peuvent être déclenchées par la friction.
    • Peau lésée, brûlée ou fraîchement épilée : tout soin abrasif est interdit sur une peau dont la continuité est rompue.
    ⚠️ Précautions sous traitements dermatologiques :
    Les patients traités par isotrétinoïne orale (Roaccutane® et génériques) doivent éviter tout gommage — mécanique ou chimique — pendant toute la durée du traitement et au minimum 6 mois après son arrêt. La peau est considérablement amincie et fragilisée par l’isotrétinoïne. De même, les rétinoïdes topiques (trétinoïne, adapalène), les peelings chimiques récents et les lasers ablatifs constituent des contre-indications temporaires au gommage.

    Protocole d’utilisation : comment faire un gommage du visage correctement

    Un gommage mal réalisé peut faire plus de tort que de bien. Voici le protocole recommandé en consultation :

    1. Démaquillage préalable : Le gommage ne remplace pas le nettoyage — il s’effectue sur une peau déjà nettoyée avec un produit doux (pain dermatologique surgras ou gel moussant sans sulfate). Le maquillage et les impuretés doivent être éliminés avant d’appliquer le gommage.
    2. Application sur peau humide : La peau doit être légèrement humide pour les gommages mécaniques — cela réduit la friction et évite les microtraumatismes.
    3. Mouvements circulaires très doux : La règle essentielle est la douceur. Le produit fait le travail — la friction doit être quasi absente. On masse en petits cercles pendant 30 à 60 secondes, en évitant le contour des yeux, les ailes du nez et toute zone lésée ou irritée.
    4. Rinçage à l’eau tiède : L’eau froide n’est pas nécessaire. L’eau chaude est à proscrire (vasodilatation). Rincer abondamment.
    5. Application d’une crème hydratante : L’exfoliation augmente transitoirement la perméabilité cutanée — une crème hydratante non comédogène est systématiquement appliquée dans les minutes suivant le gommage pour compenser la perte en eau. C’est aussi le moment optimal pour appliquer des sérums actifs (vitamine C, niacinamide), dont la pénétration est améliorée après exfoliation.
    6. Protection solaire obligatoire : La peau exfoliée est plus photosensible. Un écran solaire SPF 50 est indispensable le matin après un gommage réalisé la veille au soir, a fortiori si vous utilisez des AHA.
    ⚠️ Attention à la fréquence : Un gommage du visage ne doit pas être réalisé plus de 1 à 2 fois par semaine pour une peau normale. La sur-exfoliation (plus de 3 fois par semaine) fragilise la barrière cutanée, génère des rougeurs chroniques et une sensibilisation réactionnelle de la peau — un phénomène parfois appelé « skin cycling burn ». Si votre peau tiraille, rougit ou brûle après le gommage, espacez les séances et consultez un dermatologue.

    Erreurs fréquentes et comment les éviter

    En consultation, plusieurs erreurs reviennent régulièrement chez les patients adeptes des gommages :

    • Utiliser un gommage mécanique à grains grossiers sur une peau réactive : les noyaux d’abricot broyés, au bord anguleux et irrégulier, peuvent provoquer des microcoupures épidermiques. Préférer des formules à microbilles sphériques ou passer directement à l’exfoliation chimique.
    • Gommer les boutons d’acné : c’est la principale cause d’aggravation et de cicatrices chez les patients acnéiques. Sur une peau acnéique, l’acide salicylique en lotion ou en masque (sans friction) est bien plus adapté.
    • Utiliser un gommage corps sur le visage : la peau du visage est structurellement plus fine et plus innervée que la peau du corps. Les gommages corporels ont souvent des grains trop grossiers et une formulation inadaptée.
    • Oublier la photoprotection après exfoliation : les AHA rendent la peau photosensible pendant 48 à 72 heures. Un coup de soleil après un gommage à l’acide glycolique peut laisser des taches durables.
    • Gommer une peau desséchée par l’hiver ou une crème irritante : toute peau en état de sécheresse ou d’irritation doit être d’abord restaurée (crème barrière) avant d’envisager une exfoliation.

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    Pages associées : soins du visage et dermatologie esthétique

    Questions fréquentes sur le gommage du visage

    Le gommage du visage peut-il aggraver l’acné ?

    Oui, si le gommage est mécanique et appliqué sur des lésions inflammatoires actives (boutons rouges, pustules). La friction dissémine les bactéries responsables de l’acné (Cutibacterium acnes) et peut provoquer des cicatrices. Sur une peau acnéique, seule l’exfoliation chimique à l’acide salicylique, appliquée sans friction (lotion, masque), est adaptée — et uniquement sur les zones non inflammées.

    Peut-on faire un gommage du visage quand on a de la rosacée ?

    Non. Le gommage mécanique est formellement contre-indiqué dans la rosacée — même en phase calme. La peau rosacéique est hyperréactive aux stimuli physiques, et tout frottement peut déclencher une poussée de rougeurs ou aggraver les télangiectasies. Les exfoliants chimiques classiques (AHA, BHA) sont également souvent mal tolérés. Seuls les PHA (acides polyhydroxylés) à très faible concentration peuvent être envisagés, sur avis dermatologique.

    À quelle fréquence faire un gommage du visage ?

    Pour une peau normale à mixte, une fréquence de 1 à 2 fois par semaine est raisonnable. Pour une peau sèche ou sensible, une fois par semaine est un maximum. La sur-exfoliation (plus de 3 fois par semaine) fragilise la barrière cutanée et entraîne une sensibilisation réactionnelle. Si la peau tire, rougit ou brûle après chaque gommage, il convient d’espacer les séances et de consulter un dermatologue.

    Quelle est la différence entre un gommage du visage et un peeling dermatologue ?

    Le gommage cosmétique agit uniquement sur la couche cornée superficielle (stratum disjunctum). Un peeling chimique médical (réalisé en cabinet dermatologique) utilise des concentrations d’acides plus élevées et peut atteindre les couches plus profondes de l’épiderme, voire le derme superficiel (peeling moyen à TCA). Les indications et les risques sont différents : cicatrices d’acné, taches brunes profondes, rides marquées relèvent du peeling médical. Le gommage cosmétique est un soin d’entretien courant.

    Peut-on faire un gommage du visage en cas de vitiligo ?

    Non. Le vitiligo est une contre-indication formelle au gommage du visage — et à tout traumatisme cutané du visage en général. Le phénomène de Koebner peut déclencher l’apparition de nouvelles plaques de dépigmentation au niveau des zones frottées. Il convient même d’éviter de frotter le visage avec une serviette de toilette (tamponner plutôt que frotter) et de ne pas manipuler ses boutons.

    La téléconsultation dermatologique est-elle utile pour des questions de soins cosmétiques ?

    Oui. Le Dr Rousseau réalise des téléconsultations pour toute question dermatologique, y compris les réactions aux soins cosmétiques, les routines de soins du visage adaptées à une pathologie cutanée, le choix des actifs selon le phototype ou le conseil en matière d’exfoliation. La prise de rendez-vous est rapide et se fait en ligne sur Consulib.

    Références scientifiques

    1. Berardesca E, et al. Mode of action of glycolic acid on human stratum corneum: ultrastructural and functional evaluation of the epidermal barrier. Br J Dermatol. 1997;137(6):879-84. PubMed
    2. Ishida K, et al. Enhancement of Exfoliating Effects through the Novel Cosmetic Ingredient Mandelic acid_Carnitine Ion-Pairing Complex. Skin Pharmacol Physiol. 2024. PubMed Central
    3. Rawlings AV, et al. Dislodgeable stratum corneum exfoliation: role in percutaneous penetration? Skin Pharmacol Physiol. 2011;24(2):59-68. PubMed
    4. Soga H, et al. Influence of exfoliating facial cleanser on the bio-tribological properties of human skin. Wear. 2013;301(1-2):434-441. ScienceDirect

    Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue. Dernière mise à jour : [DATE À METTRE À JOUR]. Informations à titre éducatif — ne remplace pas une consultation médicale.


    Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Oeil rouge : causes, symptômes et conseils dermatologue

Oeil rouge : que faire?

Un oeil rouge
Un oeil rouge

La survenue d’un oeil rouge est fréquente mais elle peut être grave. Il ne faut donc pas méconnaitre certains diagnostics et ne pas hésiter à consulter son médecin et si possible un ophtalmologiste.

Quelles questions se poser devant un oeil rouge ?

Tout d’abord y a-t-il eu un traumatisme?

En cas de traumatisme, il faut consulter en urgence un médecin pour déterminer s’il peut y avoir des dégâts causés à l’oeil

L’oeil est-il douloureux?

Dans ce cas il s’agit d’une urgence : voir l’article oeil rouge et douloureux

Ai-je une sensation de grains de sables dans l’oeil? les yeux collés au réveil : conjonctivite

 

La cause de la conjonctivite peut être infectieuse (bactérienne, virale notamment en période hivernale) ou allergique (prédominance saisonnière, association à une rhinite… ).

Quelques autres causes d’oeil rouge

Saignement dans le blanc de l’oeil : hémorragie sous conjonctivale

On se réveille le matin avec une nappe rouge dans le blanc de l’oeil, sans douleur. Cette hémorragie est le plus souvent liée à une hypertension artérielle déséquilibrée ou un traitement anticoagulant (Kardégic*, Préviscan*…).

L’hémorragie disparait le plus souvent spontanément en quelques jours.

Irritations de l’oeil

Ces causes d’oeil rouge durent alors seulement quelques heures et guérissent spontanément :

  • Irritations par le soleil, l’eau de mer, de piscine, le shampooing, le savon, le sable, les poussières ou tout autre petit corps étranger, les lentilles…
  • rhume et rhinite virale
  • fatigue, sortie de visionnage de film, travail prolongé devant un écran
  • sécheresse oculaire…

Ces irritations de courte durée peuvent être améliorées par l’utilisation de produits disponibles en pharmacie sans ordonnance : BORAX/ACIDE BORIQUE collyre

Conjonctivites allergiques

Il s’agit le plus souvent d’une allergie immédiate, souvent accompagnée d’éternuements, de rhinite, pouvant être traitée sans ordonnance pendant 48h (ensuite il faut consulter un médecin en l’absence d’amélioration car on entre dans la conjonctivite allergique chronique) : Cromoglicate de sodium SANDOZ, OPHTACALMFREE 2%…

Rougeur du bord de la paupière : blépharite

Elle donne une rougeur prédominant sur le bord libre de la paupière, là où se trouvent les cils. Elle peut s’étendre au reste de l’oeil, donnant conjonctivite, kératite… et faire tomber les cils

Les quatres causes principales de blépharites sont

1/ Le Staphylocoque, une blépharite aigue

La blépharite liée au staphylocoque est

  • soit d’apparition récente et brutale (blépharite aigue),
  • soit il s’agit de l’acutisation d’une blépharite d’autre cause par contamination manuelle, en se frottant les yeux.

Le bord libre de la paupière est très rouge, souvent accompagnée d’érosions, de croûtes dures puis de chute de cils

Elle nécessite des traitements antibiotiques locaux par collyres et pommades pour ramollir les croutes (Gentalline® collyre ou pommade, Tobrex® collyre ou pommade… ).

 

2/ Rosacée : une blépharite touchant la muqueuse de la paupière(blépharite postérieure

Voir l’article rosacée oculaire

3/Dermite séborrhéique, une blépharite touchant le versant cutané de la paupière (blépharite antérieure)

Le dermite séborrhéique ou dermite du visage peut s’accompagner d’une blépharite avec atteinte de la paupière par de la dermite (paupiere rouge et squames grasses)

On peut appliquer sur les paupières des antifongiques doux pour traiter le versant cutané et nettoyer les paupieres avec des produits spécifiques (Blephagel®, Lid-Care®… ) pour éliminer les croûtes et squames grasses qui constituent un risque de complication staphylococcique .

4/ Demodex folliculorum

Demodex folliculorum est un parasite cutané vivant dans les follicules pileux du visage donnant la démodécidose.
Il pourrait donner des blépharites liée la prolifération du parasite dans les cils en plus du visage. Le dermatologue ou l’ophtalmologue arrive à voir les demodex à la loupe, formant des manchons clairs tubulaires autour de la base des cils.

Le traitement de la blépharite à demodex comporte l’application d’une pommade à l’oxyde de mercure ( Ophtergine®) et des lavages avec des solutions d’acide borique (Dacryosérum®, Dacudoses®) ainsi que l’élimination des manchons periciliaires à la pince.

 

Injections d’acide hyaluronique : combler les rides, résultats et effets indésirables

Injections de comblement des rides : acide hyaluronique et produits de remplissage

Les injections de comblement constituent l’un des actes d’esthétique médicale les plus pratiqués en dermatologie, permettant de corriger les rides, restaurer les volumes du visage et traiter les cicatrices déprimées sans chirurgie, avec des résultats immédiats et une récupération rapide. L’acide hyaluronique est aujourd’hui le produit de référence, remplaçant définitivement le collagène animal des années 1990.

Injection de comblement des rides à l'acide hyaluronique
Injection de comblement des rides. Image reproduite avec l’aimable autorisation du Dr Véronique Bavoux-Beau, Arcachon

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Sommaire :
Produits de comblement |
Acide hyaluronique — référence |
Autres produits résorbables |
Produits non résorbables |
Contre-indications |
Effets indésirables |
Réversibilité — hyaluronidase |
Déroulement d’une séance |
Injectable vs crème |
Pages associées |
Questions fréquentes

Les produits de comblement : deux grandes catégories

Catégorie Produits Caractéristique clé
Résorbables Acide hyaluronique, acide L-polylactique (Sculptra®), hydroxyapatite de calcium (Radiesse®) Progressivement éliminés — reversibles — profil de sécurité favorable
Non résorbables / semi-résorbables Lipofilling, polyméthylmétacrylate — silicone interdit en France Permanents — complications potentiellement définitives — réservés aux praticiens expérimentés

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Acide hyaluronique — le produit de référence

L’acide hyaluronique (AH) est un polysaccharide naturellement présent dans les tissus conjonctifs, la peau et le liquide synovial. En cosmétique médicale, il est produit par biotechnologie bactérienne (fermentation de Streptococcus), éliminant tout risque lié aux produits d’origine animale.

Degrés de réticulation et indications

L’acide hyaluronique naturel est rapidement dégradé (demi-vie de quelques heures). La réticulation par agents chimiques (BDDE) crée un gel viscoélastique stable dont le degré conditionne les indications :

Degré de réticulation Consistance Indications
Faible / non réticulé Fluide Hydratation profonde (mésothérapie), rides fines, cernes
Moyen Gel souple Rides moyennes, sillons naso-géniens, lèvres
Élevé / haute densité Gel ferme Volumes (pommettes, mâchoire, menton), dépressions profondes

Zones traitables et durée d’effet

Zone Durée d’effet estimée
Sillons naso-géniens, plis d’amertume, rides péri-orales 9 à 12 mois
Lèvres (volume et contour) 6 à 9 mois — zones très mobiles dégradent plus vite l’AH
Volumes (pommettes, menton, mâchoire, tempes) 12 à 18 mois
Cernes creux 12 à 18 mois
Cicatrices déprimées (acné, varicelle) Variable selon la profondeur
Rhinoplastie médicale 12 à 18 mois

Marques disponibles : Restylane®, Teosyal®, Juvederm®, Hyaluderm®…

Autres produits résorbables

Produit Mécanisme Indication principale Durée
Acide L-polylactique
(Sculptra®, New Fill®)
Stimulation de la néosynthèse de collagène — pas un combleur direct Joues creuses, lipoatrophies faciales (VIH sous antirétroviraux) 2 à 3 ans
Hydroxyapatite de calcium
(Radiesse®)
Comblement volumateur + stimulation collagène Dépressions profondes, fontes graisseuses sévères — injection profonde obligatoire ~18 mois

Produits non résorbables — précautions

Produit Statut Commentaire
Lipofilling (graisse autologue) Autorisé — conditions chirurgicales Résultats inconstants, technique lourde, résorption partielle imprévisible
Polyméthylmétacrylate Autorisé (praticiens expérimentés) Complications potentiellement définitives — réservé aux cas sélectionnés
Silicone INTERDIT en France pour les injections faciales

Contre-indications aux injections de comblement

Type Contre-indication
Absolues Maladies auto-immunes évolutives
Allergies sévères, antécédents anaphylactiques
Allergie connue au produit ou à l’anesthésique local
Antécédents d’injections de produits non résorbables dans la zone (risque granulome)
Grossesse et allaitement
Infection cutanée active dans la zone (herpès en poussée, impétigo) — troubles sévères de la coagulation
Relatives Antécédents d’herpès labial récidivant → prophylaxie antivirale (valaciclovir) avant injection péri-buccale
Antiagrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel) → risque d’hématome majoré
Tendance aux cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes
Attentes irréalistes ou troubles dysmorphiques

Effets indésirables des injections d’acide hyaluronique

Délai Effet Conduite à tenir
Immédiats
(≤ 2 semaines)
Rougeur, œdème, hématome, ecchymoses Fréquents — transitoires — régression spontanée en 48–72 h
Douleur modérée au site d’injection Lidocaïne dans les formulations modernes — crème EMLA® en prémédication
Asymétrie transitoire Liée à l’œdème réactionnel — réévaluer à 15 jours
Semi-retardés
(2 sem. – 2 mois)
Infection locale Rare — antibiothérapie rapide
Nécrose cutanée 🔴 — pâleur brutale puis décoloration violacée Urgence — injection immédiate de hyaluronidase — contact immédiat avec le praticien
Retardés
(> 2 mois)
Effet Tyndall — coloration bleutée (injection trop superficielle péri-oculaire) Injection de hyaluronidase
Nodules — masses palpables indolentes Massage — hyaluronidase
Granulomes à corps étranger — nodules rouges/violacés apparaissant 6 mois à 2 ans post-injection Corticoïdes intralésionnels — laser Nd:YAG faible puissance — hyaluronidase — résolution spontanée possible en quelques années
Hyperpigmentation post-inflammatoire Surtout phototypes IV–VI — protection solaire stricte

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Réversibilité — la hyaluronidase

L’un des avantages majeurs de l’acide hyaluronique est sa réversibilité complète par la hyaluronidase (Liporase®, Hylase®) — enzyme qui dégrade spécifiquement l’AH injecté en quelques heures.

Indication de la hyaluronidase
🔴 Urgence — nécrose ou occlusion vasculaire
Résultat insatisfaisant (excès de volume, asymétrie)
Nodule résistant au massage
Effet Tyndall

Comment se déroule une injection de comblement ?

Consultation préalable obligatoire

  • Analyse des volumes faciaux et des zones à traiter
  • Discussion des attentes et du résultat réaliste attendu
  • Remise d’un devis écrit mentionnant le produit (nom commercial, fabricant, numéro de lot, date de péremption), le coût, les effets secondaires et le nombre de séances
  • Information sur la traçabilité du produit (obligation réglementaire depuis 1998)

Déroulement de la séance

Étape Détail
Anesthésie Crème EMLA® 30–60 min avant ou anesthésie locale selon la zone
Désinfection cutanée Antisepsie de la zone
Injection Aiguille fine ou canule (moins traumatique pour les vaisseaux)
Massage post-injection Homogénéisation de la répartition du produit
Durée 20 à 45 minutes selon les zones traitées

Suites immédiates

  • Éviter le sport intense, sauna, hammam, chaleur pendant 24 à 48 heures
  • Ne pas masser vigoureusement les zones injectées pendant 48 heures
  • Appliquer de la glace enveloppée dans un tissu sur les zones œdématiées
  • Hématome éventuel : régresse en 5 à 10 jours

Voir l’article détaillé : comment se déroule la séance d’injection à l’acide hyaluronique.

Acide hyaluronique injectable vs crèmes à l’acide hyaluronique

Injectable Crème cosmétique
Profondeur d’action Derme ou hypoderme Couches superficielles de l’épiderme uniquement
Effet Volumateur — comblement des rides — durable Hydratation de surface — éclat temporaire
Durée 6 à 18 mois Quelques heures
Comblement des rides Oui Non

Pages associées

Questions fréquentes

Les injections d’acide hyaluronique sont-elles remboursées ?

Non — les injections à visée esthétique ne sont pas remboursées par l’Assurance Maladie. Un devis écrit est obligatoire avant toute injection.

À quel âge peut-on commencer les injections ?

Il n’existe pas d’âge minimum légal chez l’adulte, mais la grande majorité des praticiens réservent ces actes aux patients de plus de 25 ans, âge à partir duquel le visage a terminé sa maturation. Une consultation approfondie explorant les motivations est indispensable chez les jeunes patients.

Peut-on continuer le sport après une injection ?

Il est recommandé d’éviter les activités sportives intenses, le sauna et les expositions à la chaleur dans les 24 à 48 heures suivant l’injection pour limiter l’œdème et le risque de migration du produit.

L’injection d’acide hyaluronique est-elle douloureuse ?

La plupart des acides hyaluroniques modernes contiennent de la lidocaïne dans leur formulation, réduisant significativement la douleur. Une crème anesthésiante peut être appliquée 30 à 60 minutes avant la séance pour les patients sensibles.

Voir aussi :
Déroulement d’une séance d’injection |
Cernes et poches |
Lasers en dermatologie |
Soins anti-rides |
Téléconsultation

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