PLAQUE QUI GRATTE : les plaques rouges qui demangent sur la peau

Plaque qui gratte : toutes les causes selon la localisation et l’aspect

Il est fréquent de voir apparaître des plaques rouges qui grattent sur la peau. Leur cause varie considérablement selon leur aspect (rouge, épaisse, squameuse, vésiculeuse, violacée…), leur localisation (bras, jambes, visage, ventre, plis…) et leur contexte (âge, terrain atopique, médicaments…). Ce guide présente les principales causes, les signes permettant de les distinguer et les traitements disponibles.

Plaques résistantes aux traitements locaux ? Diagnostic incertain ? Le Dr Rousseau, dermatologue depuis plus de 25 ans, peut analyser vos photos et poser un diagnostic en téléconsultation — souvent disponible dès le lendemain.

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Sommaire :
Par localisation |
Par aspect |
Causes détaillées |
Signaux d’alarme |
Traitements |
Pages associées |
Questions fréquentes

Orientation diagnostique par localisation

Le médecin s’oriente en fonction d’éléments cliniques (papules, nodules, plaques, vésicules, bulles…) et topographiques : la localisation des plaques qui grattent est le premier élément d’orientation — avant même l’aspect.

Localisation Causes les plus probables Page dédiée
Plis des coudes, derrière les genoux Dermatite atopique (1re cause chez l’enfant et le jeune adulte) Plaques pli du coudederrière les genoux
Coudes, genoux, bas du dos Psoriasis — plaques épaisses squameuses bien délimitées Plaques coudes
Bras (faces d’extension) Psoriasis, eczéma, prurigo, kératose pilaire Plaques rouges bras
Jambes Eczéma variqueux (sujet âgé), psoriasis, prurigo, mycose, lichen plan Plaques jambes
Ventre, tronc, dos Urticaire, pityriasis rosé de Gibert, pemphigoïde bulleuse (sujet âgé), eczéma Plaques ventredos
Visage Dermatite atopique (enfant), dermite séborrhéique, rosacée, eczéma de contact (cosmétiques) Plaques visagerougeurs visage
Cuir chevelu Psoriasis du cuir chevelu, dermite séborrhéique, teigne Plaques cuir chevelu
Mains, espaces interdigitaux, poignets Gale (sillons scabieux), dysidrose, eczéma de contact Eczéma des mains
Diffus, tout le corps Urticaire, gale, toxidermie médicamenteuse, dermatite atopique sévère, cause systémique Démangeaisons — toutes causes

Orientation diagnostique par aspect de la plaque

Aspect de la plaque Diagnostic à évoquer en priorité
Plaque rouge, suintante, mal délimitée, avec vésicules Eczéma (atopique ou de contact)
Plaque rouge épaisse, bien délimitée, squames blanches nacrées sèches Psoriasis
Plaque rouge arrondie qui s’étend progressivement avec collerette desquamante et centre qui s’éclaircit Mycose cutanée (dermatophytie, herpès circiné)
Papules violacées, brillantes, polygonales, très prurigineuses Lichen plan
Plaques rouges migratrices, fugaces (<24h au même endroit), aspect « piqûres d’ortie » Urticaire
Petits boutons, sillons interdigitaux, prurit nocturne intense, foyer familial touché Gale
Grande plaque initiale (« médaillon ») puis efflorescence de petites plaques ovales sur le tronc Pityriasis rosé de Gibert
Gros boutons excoriés, croûteux, très prurigineux sur les membres et le dos Prurigo
Plaques prurigineuses puis bulles chez sujet âgé > 70 ans Pemphigoïde bulleuse
Prurit sans lésion cutanée primaire persistant > 6 semaines Cause systémique à rechercher (rénal, hépatique, thyroïdien, hématologique)

Voir aussi : Lésions élémentaires de la peau — macule, papule, plaque, bulle

Exemples de plaques qui grattent

Causes détaillées des plaques qui grattent

Dermatite atopique

Dermatite atopique des coudes — plaque rouge qui gratte
Eczéma atopique des coudes

La dermatite atopique touche surtout les enfants et les jeunes adultes. La barrière cutanée est constitutionnellement fragilisée (mutation du gène de la filaggrine), entraînant une sécheresse chronique et une inflammation récidivante. Les plaques sont rouges, mal délimitées, suintantes en phase aiguë, squameuses en phase chronique, localisées aux plis des coudes, derrière les genoux, au cou et au visage de l’enfant. Le prurit est souvent nocturne et intense, altérant le sommeil. Terrain allergique associé (asthme, rhinite). Traitement de fond : émollients quotidiens + dermocorticoïdes sur les poussées. Formes sévères : dupilumab (Dupixent®), tralokinumab (Adtralza®), inhibiteurs JAK.

Eczéma

Plaque d'eczéma qui gratte
Plaque d’eczéma

L’eczéma peut donner des plaques qui grattent sur tout le corps — mains, visage, jambes, dos, plis. L’eczéma de contact (allergique ou irritatif) est localisé à la zone de contact avec l’allergène (nickel, parfum, latex, conservateur) ou l’irritant (détergent, ciment). L’eczéma variqueux touche les jambes des sujets avec insuffisance veineuse chronique. L’eczéma de stress peut se décompenser sans facteur de contact identifiable.

Psoriasis

Plaque de psoriasis — squames blanches nacrées
Plaque de psoriasis

Le psoriasis peut démanger et donne des plaques épaisses, très bien délimitées, rouge vif, recouvertes de squames blanches nacrées. Localisations typiques : coudes, genoux, cuir chevelu, bas du dos. Prurit variable — modéré à intense. Maladie chronique à fort retentissement sur la qualité de vie. Traitement : dermocorticoïdes + analogues vitamine D (Daivobet®), puis biothérapies pour les formes modérées à sévères.

Mycose de la peau

Mycose cutanée — dermatophytie herpès circiné
Mycose de la peau à type de dermatophytie (herpès circiné)

La mycose de la peau s’étend souvent progressivement avec une collerette de peau qui desquame en bordure et un centre qui s’éclaircit. Elle peut ressembler à l’eczéma — le diagnostic différentiel est crucial car appliquer un dermocorticoïde sur une mycose non diagnostiquée l’aggrave et la rend difficile à reconnaître (tinea incognita). Traitement : antifongiques topiques ou oraux selon l’étendue.

Lichen plan

Lichen plan — papules violacées prurigineuses
Lichen plan

Le lichen plan prend la forme de papules violacées, brillantes, polygonales, le plus souvent sur les poignets, les chevilles ou les jambes. Très prurigineux. Des lésions buccales et génitales sont souvent associées. Traitement : dermocorticoïdes de classe forte.

Urticaire

Urticaire — plaques en piqûres d'ortie
Urticaire

L’urticaire a la forme de piqûres d’ortie et démange beaucoup — plaques rouges en relief, migratrices, fugaces (disparaissant en moins de 24h au même endroit). L’urticaire au stress est fréquente. L’urticaire chronique spontanée (plus de 6 semaines) peut être invalidante et nécessite un bilan allergologique.

Psoriasis — rappel

Déjà décrit ci-dessus. À noter que le psoriasis peut aussi toucher le cuir chevelu de façon isolée, avec des squames épaisses parfois confondues avec une dermite séborrhéique.

Gale

Boutons de gale — sillons scabieux
Boutons de gale

La gale des gens propres peut ne donner que quelques boutons discrets, le plus souvent sur les mains, les poignets, le sexe et les seins. Le signe pathognomonique est le sillon scabieux (petit trajet sinueux entre les doigts). Prurit nocturne intense, épargnant le visage, touchant quasi toujours plusieurs membres du même foyer. Très sous-diagnostiquée. Traitement simultané de tout le foyer obligatoire.

Prurigo

Le prurigo donne de gros boutons excoriés, croûteux, très prurigineux, pouvant toucher les jambes, le dos et le haut des bras. Il peut être secondaire à une cause systémique, allergique ou psychogène. Les lésions de grattage chronique créent un cercle vicieux difficile à rompre.

Pemphigoïde bulleuse

La pemphigoïde bulleuse touche plutôt le sujet âgé et donne des bulles après un épisode plus ou moins long de plaques qui grattent. Maladie auto-immune grave nécessitant une hospitalisation pour confirmation histologique et traitement.

Pityriasis rosé de Gibert

Pityriasis rosé de Gibert — médaillon initial
Pityriasis rosé : le médaillon initial

Le pityriasis rosé de Gibert est caractérisé par une grande plaque initiale (« médaillon ») sur le tronc, suivie d’une efflorescence de petites plaques ovales qui peuvent démanger. Évolution spontanément favorable en 6–8 semaines. Origine virale présumée (HHV-6/7).

Cette liste n’est pas exhaustive — de nombreuses autres dermatoses peuvent se présenter sous forme de plaques qui grattent. La consultation d’un dermatologue reste indispensable pour obtenir un diagnostic précis.

Signaux d’alarme — quand consulter rapidement

⚠️ Consultez rapidement un médecin si les plaques qui grattent s’accompagnent de :
Signal d’alarme Cause à éliminer
Prurit nocturne intense touchant plusieurs membres du foyer simultanément Gale — traitement simultané de tout le foyer obligatoire
Plaques + fièvre, altération de l’état général Infection bactérienne (impétigo, érysipèle) ou toxidermie médicamenteuse grave
Plaques qui s’étendent rapidement sur tout le corps (érythrodermie) Urgence dermatologique — appeler le 15
Plaques prurigineuses puis bulles chez sujet âgé Pemphigoïde bulleuse — hospitalisation nécessaire
Prurit sans lésion cutanée primaire persistant > 6 semaines Cause systémique — bilan médical obligatoire (NFS, ferritine, TSH, créatinine, bilan hépatique)
Plaques résistantes au traitement bien conduit > 4 semaines Diagnostic à reconsidérer — consultation dermatologique
Diagnostic incertain ou plaques résistantes ? Le Dr Rousseau peut analyser vos photos et établir un diagnostic en téléconsultation — souvent disponible dès le lendemain.

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Traitements des plaques qui grattent — selon la cause

Cause Traitement de 1re ligne Options si résistance
Dermatite atopique Émollients quotidiens + dermocorticoïdes sur les poussées Tacrolimus (Protopic®), dupilumab, tralokinumab, inhibiteurs JAK
Psoriasis Dermocorticoïdes + analogues vitamine D (Daivobet®) Méthotrexate, biothérapies anti-IL17/IL23
Eczéma de contact Éviction de l’allergène + dermocorticoïdes Patch-tests pour identifier l’allergène causal
Mycose Antifongiques topiques (éconazole, terbinafine) Antifongiques oraux si étendue ou résistance
Urticaire Antihistaminiques H1 (cétirizine, loratadine) Anti-IgE (omalizumab/Xolair®) si urticaire chronique réfractaire
Gale Ivermectine orale (Stromectol®) ou benzoate de benzyle (Ascabiol®) Traitement simultané de tout le foyer + désinfection linge obligatoires
Lichen plan Dermocorticoïdes classe forte Rétinoïdes, photothérapie UVB
Pityriasis rosé de Gibert Abstention thérapeutique (guérison spontanée 6–8 semaines) Antihistaminiques si prurit gênant, photothérapie UVB

Pages associées

Questions fréquentes

Comment distinguer eczéma et psoriasis ?

Les deux donnent des plaques qui grattent, mais leurs aspects diffèrent nettement. L’eczéma : plaques mal délimitées, rouges, suintantes en phase aiguë, sèches et fissurées en phase chronique, localisées aux plis (coudes, genoux, cou). Le psoriasis : plaques très bien délimitées, épaisses, rouge vif avec squames blanches nacrées sèches, sur les faces d’extension (coudes, genoux, cuir chevelu). En cas de doute, seul l’examen clinique par un dermatologue permet de trancher.

Une plaque rouge ronde qui s’étend — est-ce une mycose ou de l’eczéma ?

Une plaque arrondie qui s’agrandit progressivement avec une bordure active desquamante et un centre qui s’éclaircit évoque fortement une mycose cutanée (dermatophytie). Attention : appliquer un dermocorticoïde sur une mycose non diagnostiquée l’aggrave et la rend difficile à reconnaître (tinea incognita). Si un traitement à la cortisone n’améliore pas une plaque ronde en 1 semaine, il faut consulter avant de continuer.

Plaques qui grattent la nuit — doit-on penser à la gale ?

Le prurit nocturne intense est le symptôme cardinal de la gale, mais il s’observe aussi dans l’eczéma atopique et les prurits systémiques. Pour la gale, le signe clé est que le prurit touche presque toujours plusieurs personnes du même foyer simultanément. Les localisations typiques sont les espaces interdigitaux, les poignets, le sexe et les seins. Si plusieurs membres de la famille grattent : consultez en urgence pour traitement simultané de tout le foyer.

Peut-on traiter soi-même une plaque qui gratte ?

Une plaque récente, peu symptomatique, localisée, sans signe d’alarme peut justifier un essai thérapeutique d’une semaine avec un émollient ou un dermocorticoïde faible. Un traitement empirique prolongé est risqué : les dermocorticoïdes aggravent les mycoses et les infections cutanées. Si la plaque persiste plus de 2 semaines, s’étend ou s’accompagne d’autres signes, une consultation s’impose.


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CALMER LES DEMANGEAISONS SANS ORDONNANCE : soigner sans ordonnance

Calmer les démangeaisons de la peau par soi-même

Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année. Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin — consultez votre médecin traitant avant toute chose.

En attendant votre rendez-vous et le diagnostic de la cause de vos démangeaisons de peau, vous pouvez tenter de les soulager avec des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien.

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…
⚠️ Attention : avant d’utiliser tout produit ou médicament sans ordonnance, demandez conseil à votre pharmacien — risque d’allergie de peau, d’aggravation de la dermatose, interactions médicamenteuses, contre-indications en cas de grossesse ou d’allaitement.
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Sommaire :
Soins doux sans médicament |
Crèmes sans ordonnance |
Hydrocortisone sans ordonnance |
Antihistaminiques sans ordonnance |
Pages associées |
Questions fréquentes

Soins doux pour calmer les démangeaisons

Soin Exemples de produits Mécanisme
Bains avec amidon ou huile de bain Avène TRIXERA Bain, Mustela STELATOPIA Huile de Bain, OILATUM Huile de bain, Eucerin ATOPICONTROL, La Roche-Posay LIPIKAR Huile lavante… Effet émollient — restaure le film hydrolipidique, réduit la sécheresse prurigineuse
Crème hydratante À appliquer après la douche sur peau encore légèrement humide Restaure la barrière cutanée — la sécheresse amplifie le signal prurigineux
Talc officinal Talc en poudre — disponible en pharmacie sans ordonnance Assèche les zones de macération, réduit le frottement et l’irritation locale

Crèmes antiprurigineuses sans ordonnance

Les produits suivants sont autorisés en accès direct par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) :

Médicament Principe actif Indication principale Précautions
APAISYL GEL 0,75%
SEDERMYL 0,75%
Chlorhydrate d’isothipendyl Piqûres d’insectes, prurit localisé Risque d’allergie de peau — ne pas appliquer sur muqueuses
BEPANTHEN 5% pommade
DEXPANTHENOL 5%
Dexpanthénol Peau irritée, légères brûlures, érythèmes Risque d’allergie de peau rare
MITOSYL IRRITATIONS pommade Huile de foie de poisson + Oxyde de Zinc Érythèmes fessiers, irritations de plis Risque d’allergie et de macération sous occlusion
PO12 2%, crème Enoxolone Prurit, irritations cutanées légères Risque d’allergie de peau

Crèmes à l’hydrocortisone sans ordonnance

Les crèmes à la cortisone à faible concentration (0,5 % d’hydrocortisone) sont disponibles sans ordonnance. Elles nécessitent des précautions d’usage importantes :

Médicaments concernés : APHILAN DÉMANGEAISONS 0,5% — CALMICORT 0,5% — CORTAPAISYL 0,5% — CORTISEDERMYL 0,5% — DERMOFENAC DÉMANGEAISONS 0,5%

Contre-indications des crèmes à la cortisone

Contre-indication
Allergie à l’un des constituants
Lésions de peau ulcérées, plaies ouvertes
Acné
Rosacée
Infections cutanées bactériennes, virales, fongiques ou parasitaires

Précautions d’emploi

Précaution
Éviter d’appliquer sur le visage sans avis médical
Ne pas traiter de grandes surfaces cutanées
Ne pas appliquer sous pansement occlusif
Ne pas appliquer d’autres crèmes sur la surface traitée
Ne pas augmenter la fréquence des applications par rapport à la prescription
En cas de persistance des démangeaisons, d’intolérance locale ou de signes d’infection : arrêter et reconsulter

Effets secondaires des crèmes à la cortisone

Effet secondaire Contexte
Atrophie cutanée, télangiectasies, vergetures, purpura, fragilité cutanée Utilisation prolongée
Dermite péri-orale, aggravation d’une rosacée Application sur le visage
Retard de cicatrisation des plaies, escarres, ulcères de jambe Application sur lésions ouvertes
Éruptions acnéiformes, folliculite pustuleuse, hypertrichose, dépigmentation Usage prolongé ou zones pileuses
Infections secondaires Sous pansement occlusif ou dans les plis
Dermatose allergique de contact Allergie aux excipients

Antihistaminiques sans ordonnance contre les démangeaisons

Il s’agit d’antihistaminiques autorisés en accès direct par l’ANSM. Demandez toujours conseil à votre pharmacien avant utilisation (interactions médicamenteuses, grossesse, allaitement…)

Médicament Principe actif Contre-indications Précautions
CETIRIZINE comprimé
ZYRTECSET 10 mg

→ voir aussi Zyrtec®
Cétirizine Allergie au produit ou à l’un des composants — Insuffisance rénale — Enfant < 2 ans Risque de somnolence — éviter l’alcool — déconseillé en cas d’allaitement — consulter le médecin en cas de grossesse
LORATADINE comprimé
→ voir aussi Clarityne®
Loratadine Allergie au produit ou à l’un des composants Non recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — somnolence possible
⚠️ En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, vertiges, nausées, palpitations…), arrêter le médicament et consulter un médecin.

Pages associées

Questions fréquentes

Peut-on utiliser une crème à la cortisone sans ordonnance longtemps ?

Non. Les crèmes à l’hydrocortisone 0,5% sans ordonnance sont réservées à un usage court (5 à 7 jours maximum). Un usage prolongé expose aux effets secondaires : atrophie cutanée, télangiectasies, vergetures. Si les démangeaisons persistent au-delà d’une semaine, consultez un médecin pour un diagnostic précis et un traitement adapté.

La cétirizine et la loratadine sont-elles équivalentes ?

Les deux sont des antihistaminiques de 2e génération non sédatifs, efficaces sur les démangeaisons d’origine allergique. La cétirizine peut provoquer une légère somnolence à dose élevée chez certaines personnes — la loratadine est légèrement moins sédative. Les deux sont disponibles sans ordonnance et ont une durée d’action de 24 heures.

Pourquoi les crèmes à la cortisone sont-elles déconseillées sur le visage ?

La peau du visage est plus fine et plus absorbante — les dermocorticoïdes y pénètrent davantage, augmentant le risque d’atrophie, de télangiectasies et de dermite péri-orale. Sur le visage, seuls les dermocorticoïdes de faible puissance peuvent être utilisés, sous surveillance médicale et pour une durée très courte.

Quand faut-il absolument consulter un médecin pour des démangeaisons ?

Consultez sans attendre si les démangeaisons durent plus de 2 semaines sans cause évidente, s’accompagnent de lésions cutanées étendues, de fièvre, d’amaigrissement, ou surviennent la nuit de façon intense. Un prurit sans lésion cutanée visible chez un adulte de plus de 50 ans nécessite toujours un bilan médical complet.

Voir aussi :
Démangeaisons de la peau |
Calmer les démangeaisons |
Antihistaminiques |
Dermocorticoïdes |
Téléconsultation dermatologue

Traitement de l’eczema du bebe et du nourrisson (eczema atopique)

Soins de l’eczéma du bébé et du nourrisson : guide pratique

L’eczéma atopique du nourrisson nécessite des soins quotidiens rigoureux, même en dehors des poussées. La peau du bébé atopique est sèche, fragilisée et laisse pénétrer les allergènes — bien la soigner réduit la fréquence et la sévérité des crises. Voici le guide complet des soins au quotidien.

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« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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Voir aussi les articles associés : reconnaître l’eczéma de l’enfantcauses de l’eczéma du nourrissontraitement médical de l’eczéma

Pourquoi les soins quotidiens sont indispensables

La peau du bébé atopique présente un défaut de barrière cutanée lié à une mutation du gène de la filaggrine — une protéine essentielle à l’imperméabilité de la peau. Résultat : la peau perd de l’eau plus vite (sécheresse), et laisse pénétrer les allergènes et les irritants plus facilement (sensibilisation).

Soigner la peau sèche tous les jours — même quand il n’y a pas de plaques visibles — est la mesure la plus efficace pour espacer les poussées et réduire le recours aux dermocorticoïdes.

Le bain du bébé atopique

✅ À faire ❌ À éviter
Eau tiède (34–36°C) Eau chaude — dilate les vaisseaux et aggrave les démangeaisons
Durée courte : 5–10 minutes Bain prolongé — macère et fragilise la peau
Huile de bain ou syndet surgras sans parfum Savon ordinaire, gel douche parfumé — décapants
Sécher en tamponnant doucement avec une serviette douce Frotter — crée des micro-lésions et stimule le grattage
Appliquer l’émollient immédiatement après, sur peau encore légèrement humide Attendre que la peau soit sèche pour appliquer la crème

Les émollients — pilier du traitement de fond

L’émollient est la crème hydratante spécifiquement formulée pour la peau atopique. Il reconstitue la barrière cutanée, réduit la perte en eau et assouplit la peau. Son application quotidienne, même en l’absence de plaques, est indispensable.

Comment choisir l’émollient de son bébé ?

Type Texture Quand l’utiliser Exemples
Crème émolliente légère Fluide, non grasse Été, peau peu sèche, visage Cetaphil, Dexeryl, Atoderm
Crème émolliente riche Épaisse, occlusive Hiver, peau très sèche, corps Lipikar Baume, Aveeno, Excipial
Huile corps Liquide Après le bain, peau modérément sèche Huile de bain Mustela, Balneum

💡 Règle pratique : l’émollient doit être appliqué au minimum 1 fois par jour — idéalement après chaque bain. En hiver ou en cas de peau très sèche, 2 applications par jour sont recommandées. La quantité ne doit pas être avare : on parle d’une noisette par membre, une noisette pour le ventre et le dos.


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Traitement des poussées d’eczéma

Les dermocorticoïdes (crèmes à la cortisone)

Ce sont les médicaments de référence des poussées. Les parents craignent souvent leur utilisation — cette crainte est compréhensible mais ne doit pas conduire à sous-traiter. Un nourrisson qui se gratte la nuit souffre, et les lésions de grattage favorisent les surinfections.

Mode d’emploi chez le bébé :

  • Appliquer uniquement sur les zones rouges, jamais sur peau saine
  • Utiliser la force adaptée à l’âge et à la localisation — dermocorticoïde faible sur visage et plis, modéré sur le corps
  • Durée : 4 à 7 jours par poussée maximum
  • Application 1 fois par jour suffit dans la plupart des cas
  • Continuer l’émollient en parallèle sur les zones saines
  • Ne jamais arrêter brutalement — décroître progressivement

Voir l’article détaillé : crèmes à la cortisone en dermatologie

Les antihistaminiques

Les antihistaminiques réduisent les démangeaisons et améliorent le sommeil pendant les poussées. Ils ne traitent pas les plaques mais améliorent grandement le confort de l’enfant. Prescription médicale recommandée pour les nourrissons.

En cas de surinfection

Si les plaques se recouvrent de croûtes dorées ou de pus (impétigo), une antibiothérapie locale voire orale est nécessaire — consultez rapidement.

Autres traitements selon l’âge et la sévérité

  • Tacrolimus (Protopic® 0,03%) — dès 2 ans, alternative aux dermocorticoïdes sur visage et plis
  • Photothérapie UVB — à partir de 8 ans, pour les formes modérées résistantes
  • Probiotiques (Bifidobacterium lactis, Lactobacillus casei) — peuvent réduire la sévérité chez les enfants de plus d’un an
  • Dupilumab (Dupixent®) — biothérapie autorisée dès 6 mois pour les formes sévères résistant aux traitements locaux

Voir l’article complet : traitement médical de l’eczéma atopique

Vêtements et environnement

  • Habiller le bébé en coton uniquement — éviter laine, polyester et fibres synthétiques
  • Laver les vêtements neufs avant la première utilisation
  • Utiliser une lessive sans parfum ni adoucissant
  • Maintenir une température modérée dans la chambre (18–20°C) — la chaleur aggrave les démangeaisons
  • Garder les ongles coupés courts pour limiter les lésions de grattage
  • Éviter les peluches, moquettes et rideaux dans la chambre (réservoirs d’acariens)
  • Pas d’animal domestique à poils dans la maison si possible

Alimentation et eczéma du nourrisson

Une allergie alimentaire peut aggraver ou déclencher des poussées chez certains nourrissons — mais ce n’est pas systématique. Les aliments les plus fréquemment en cause : lait de vache, œuf, arachide, blé, soja.

⚠️ Ne jamais supprimer un aliment sans bilan allergologique ni avis médical préalable — une éviction non justifiée peut entraîner des carences et paradoxalement augmenter le risque d’allergie alimentaire vraie. Consultez un allergologue avant toute éviction.

Voir l’article : allergies et eczéma de l’enfant

Sources

Questions fréquentes sur les soins de l’eczéma du bébé

Faut-il donner le bain tous les jours à un bébé atopique ?

Oui, contrairement aux idées reçues, le bain quotidien est recommandé pour les bébés atopiques — à condition de respecter les règles : eau tiède, courte durée, produit lavant doux sans parfum, et application immédiate de l’émollient après séchage. C’est cette routine post-bain qui hydrate efficacement la peau. Mais parfois le dermatologue recommande moins de bains par semaine.

Quelle crème hydratante choisir pour un bébé atopique ?

Il faut choisir un émollient spécifiquement formulé pour peau atopique — sans parfum, sans conservateurs agressifs, testé dermatologiquement. Les gammes Cetaphil, Lipikar (La Roche-Posay), Atoderm (Bioderma), Mustela Stelatopia ou Aveeno sont les plus connues. La texture doit être adaptée à la saison : plus légère en été, plus riche en hiver. Évitez les crèmes « bébé » classiques du commerce qui peuvent contenir des parfums irritants.

Mon bébé se gratte la nuit — que faire ?

Les démangeaisons nocturnes sont très fréquentes et épuisantes pour toute la famille. En plus du traitement de la poussée (dermocorticoïde si plaques actives), plusieurs mesures aident : chambre fraîche (18-20°C), pyjama en coton léger, ongles coupés courts, antihistaminique sédatif sur avis médical. Si les nuits sont systématiquement perturbées, c’est un signe que l’eczéma n’est pas bien contrôlé — consultez. Il peut aussi avoir la gale.

Peut-on utiliser la même crème émolliente sur le visage et le corps ?

Pas forcément. La peau du visage est plus fine et réactive — une texture plus légère est souvent préférable. Sur le corps, notamment en hiver, une crème plus riche ou un baume est plus efficace. Certaines familles utilisent un émollient léger pour le visage et un baume pour le corps — c’est tout à fait approprié.

L’eczéma du bébé est-il lié à l’allaitement ?

L’allaitement maternel exclusif pendant les 4 à 6 premiers mois est recommandé et semble avoir un effet protecteur modéré contre le développement de l’eczéma atopique. Cependant, l’eczéma peut apparaître chez des bébés allaités comme chez des bébés nourris au lait artificiel. L’allaitement ne suffit pas à prévenir la maladie chez les enfants à fort terrain atopique.


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PLAQUES DERRIERE LES GENOUX CHEZ L’ENFANT : plaques rouges qui grattent aux genoux

Plaques rouges qui grattent derrière les genoux chez l’enfant

Il est fréquent de voir apparaitre des plaques rouges qui grattent sur la peau.

Lorsque cela apparait chez l’enfant, les parents sont toujours inquiets.

En cas de plaques qui démangent derrière les genoux : consultez un médecin!

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.

Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).

Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )

Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions.

Dermatoscope

Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques qui démangent derrière les genoux

On peut citer parmi ceux-ci :

L’eczema atopique

dans lequel on trouve souvent des plaques d’eczema derriere les genoux

eczema atopique
Plaques d’eczema atopique derrière les genoux d’un enfant

Voir l’article consacré à l’eczema atopique

Les molluscums contagiosum

De petites tuméfactions d’origine virale, souvent posées sur les plaques rouges d’eczema

Molluscum
Mollusca contagiosa : les molluscum contagiosum se présentent comme de petites tuméfactions ombiliquées

Voir l’article consacré aux molluscums contagiosums

L’impetigo

Une infection à streptocoque ou staphylocoque sur la peau, fréquente chez l’enfant

Impetigo
Impetigo croûteux à type de pyodermite

Voir l’article consacré à l’impetigo

Lorsque le diagnostic sera posé, le médecin vous proposera un traitement adapté à suivre attentivement.

 

Zyrtec

Zyrtec ®:

  • Qu’est-ce que c’est ?

Zyrtec ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications  ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Insuffisance rénale
    • Enfant de moins de 2 ans
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Zyrtec ® expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • En cas de grossesse, consulter le médecin. Il est déconseillé en cas d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Virlix

 

Virlix ®:

  • Virlix ®, qu’est-ce que c’est ?

Virlix ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

  • Quelles sont les contre indications  ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Insuffisance rénale
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Il expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • En cas de grossesse, consulter le médecin. Virlix ® n’est pas recommandé en cas d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

 

Xyzall

 

Xyzall ®:

  • Xyzall ®, qu’est-ce que c’est ?

Xyzall ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Insuffisance rénale
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Xyzall ® expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • En cas de grossesse ou d’allaitement, consulter le médecin.
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Tinset

 

Tinset ®:

  • Qu’est-ce que c’est ?

Tinset ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Insuffisance hépatique sévère

 

  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • Il est déconseillé en cas de grossesse ou d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Telfast

 

Telfast ®:

  • Qu’est-ce que c’est ?

Telfast ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications  ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Enfant de moins de 12 ans

 

  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Telfast ® est déconseillé en cas de grossesse ou d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

 

Primalan

Primalan® (méquitazine) : antihistaminique — guide pratique

Primalan® est un antihistaminique de 1re génération (méquitazine) utilisé en dermatologie dans le traitement de l’urticaire et des démangeaisons allergiques. Comme tous les antihistaminiques anticholinergiques, il expose au risque de somnolence et nécessite des précautions spécifiques — notamment une contre-indication absolue en cas d’antécédent d’agranulocytose sous phénothiazines.

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Sommaire :
Présentation |
Indications |
Contre-indications |
Effets secondaires |
Conseils pratiques |
Pages associées

Primalan® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Primalan®
Principe actif Méquitazine
Classe Antihistaminique H1 de 1re génération — phénothiazine
Délivrance Sur ordonnance
Spécificité vs Atarax® Sédation modérée (moins marquée qu’Atarax®) — mais risque cardiaque spécifique (allongement QT) lié à la classe phénothiazine
💡 Pour une comparaison complète des antihistaminiques de 1re et 2e génération, leurs indications et leurs différences, voir la page guide des antihistaminiques.

Indications dermatologiques

Primalan® est indiqué dans l’urticaire et les manifestations allergiques cutanées prurigineuses. Son effet sédatif modéré (inférieur à celui d’Atarax®) peut être utile pour les démangeaisons nocturnes sans nécessiter une sédation trop marquée.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à la méquitazine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — allergie croisée possible avec les autres phénothiazines
Antécédent d’agranulocytose sous phénothiazines ⚠️ Contre-indication spécifique à Primalan® — absente des autres antihistaminiques. Toujours signaler cet antécédent au médecin prescripteur.
Glaucome à angle fermé Effet anticholinergique → risque d’élévation de la pression intraoculaire
Rétention urinaire / hypertrophie bénigne de la prostate Effet anticholinergique → aggravation du trouble mictionnel
Alcool Potentialise la sédation — association contre-indiquée
Traitement par antiarythmiques ou médicaments allongeant le QT Risque de torsade de pointe — lié à la classe phénothiazine

Effets secondaires principaux

Effet secondaire Conduite à tenir
Somnolence, fatigue Ne pas conduire ni utiliser de machines après la prise
Sécheresse buccale, constipation Effets anticholinergiques — hydratation suffisante
Maux de tête, confusion Consulter si persistants — risque majoré chez le sujet âgé
Malaises, palpitations Arrêter et consulter un médecin — risque cardiaque (QT)
Aggravation de l’éruption Réaction paradoxale possible — arrêter et reconsulter

Conseils pratiques d’utilisation

  • Primalan® expose au risque de somnolence — ne pas conduire de véhicule après la prise.
  • Ne pas consommer d’alcool pendant le traitement.
  • Respecter scrupuleusement la prescription du médecin.
  • En cas de grossesse ou d’allaitement, consulter le médecin avant toute prise.
  • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence excessive, sécheresse buccale, confusion…), consulter un médecin.
  • Signaler tout antécédent d’agranulocytose sous phénothiazines — c’est la contre-indication spécifique à Primalan® absente des autres antihistaminiques.

Pages associées

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Atarax® |
Urticaire |
Téléconsultation dermatologue

Kestin

 

Kestin ®:

  • Kestin ®, qu’est-ce que c’est ?

Kestin ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Enfant de moins de 12 ans
    • Insuffisance hépatique sévère
  • Conseils d’utilisation

    • Respecter la prescription du médecin
    • Il est déconseillé en cas de grossesse ou d’allaitement
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Polaramine

 

Polaramine ®:

  • Polaramine ®, qu’est-ce que c’est ?

Polaramine ® est un médicament utilisé dans le traitement de l’allergie (antihistaminique). Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’urticaire

 

  • Quelles sont les contre indications ?

    • Allergie au produit ou à l’un des composants
    • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
    • Risque de glaucome
    • Risque de rétention aigue d’urine (ex : antécédent d’hypertrophie bénigne de la prostate)
  • Conseils d’utilisation

    • Elle expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise d’Polaramine ®
    • Respecter la prescription du médecin
    • En cas de grossesse ou d’allaitement, consulter le médecin
    • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, maux de tete, sécheresse de la bouche, confusion… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

Atarax® (hydroxyzine) : antihistaminique

Atarax® (hydroxyzine) : antihistaminique sédatif — guide complet

Atarax® est un médicament antihistaminique de 1re génération (hydroxyzine) utilisé en dermatologie pour traiter les démangeaisons intenses, l’urticaire et l’eczéma atopique prurigineux. Son effet sédatif marqué en fait un choix particulièrement adapté aux démangeaisons nocturnes.

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Sommaire :
Présentation |
Indications |
Posologie |
Contre-indications |
Effets secondaires |
Conseils pratiques |
Populations particulières |
Pages associées |
Questions fréquentes

Atarax® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Atarax®
Principe actif Hydroxyzine dichlorhydrate
Classe Antihistaminique H1 de 1re génération — pipérazine
Formes disponibles Comprimés pelliculés 25 mg — sirop 2 mg/ml (pédiatrique)
Délivrance Sur ordonnance
Spécificité Effet sédatif et anxiolytique marqué en plus de l’action antihistaminique — antihistaminique anticholinergique

L’hydroxyzine passe la barrière hémato-encéphalique, ce qui explique son effet sédatif — à la différence des antihistaminiques de 2e génération (cétirizine, fexofénadine, bilastine) qui ne la franchissent pas ou peu.

Indications dermatologiques

Indication Intérêt de l’Atarax® vs 2e génération
Urticaire avec prurit nocturne intense L’effet sédatif aide à dormir malgré les démangeaisons — prise le soir préférable
Eczéma atopique — poussées prurigineuses nocturnes Casse le cycle grattage-lésion nocturne. Souvent prescrit chez l’enfant en sirop.
Prurit chronique invalidant Soulagement rapide, utile en attente d’un traitement de fond
Anxiété associée à une dermatose Double action anxiolytique + antihistaminique — prescription hors AMM dermatologique mais fréquente
Prémédication (actes dermatologiques ou chirurgicaux) Utilisé en prémédication anxiolytique et sédative avant gestes invasifs
💡 Anti-duplication : pour les démangeaisons diurnes sans composante anxieuse ni besoin de sédation, les antihistaminiques de 2e génération (cétirizine, fexofénadine, bilastine) sont préférables car non sédatifs. Voir la liste complète des antihistaminiques.

Posologie habituelle

Population Posologie usuelle Remarque
Adulte 25 à 100 mg/j en 1 à 3 prises — souvent 25 mg le soir au coucher Ne pas dépasser 100 mg/j (restriction ANSM 2015)
Enfant > 3 ans 1 mg/kg/j en sirop — prise le soir Ne pas dépasser 2 mg/kg/j
Sujet âgé > 65 ans Éviter si possible — si nécessaire : dose minimale efficace (12,5 mg) Risque de confusion, chutes, rétention urinaire majoré
⚠️ Restriction ANSM (2015) : suite à une réévaluation du rapport bénéfice/risque, la dose maximale chez l’adulte a été abaissée à 100 mg/j et à 2 mg/kg/j chez l’enfant, en raison d’un risque d’allongement de l’intervalle QT à fortes doses.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à l’hydroxyzine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — également contre-indiqué en cas d’allergie à la cétirizine (métabolite) ou à la pipérazine
Glaucome à angle fermé Effet anticholinergique → risque d’élévation aiguë de la pression intraoculaire
Rétention urinaire / hypertrophie bénigne de la prostate Effet anticholinergique → aggravation du trouble mictionnel
Allongement de l’intervalle QT ou traitement par antiarythmiques Risque de torsade de pointe — ECG recommandé en cas de doute
Porphyrie Contre-indication absolue
Grossesse (1er trimestre) Déconseillé — consulter le médecin (voir section populations particulières)
Alcool Potentialise fortement la sédation — association contre-indiquée pendant le traitement

Effets secondaires

Effet secondaire Fréquence Conduite à tenir
Somnolence, sédation Très fréquent Prévoir la prise le soir — ne pas conduire ni utiliser de machines
Sécheresse buccale Fréquent Boire régulièrement — hygiène dentaire renforcée si traitement prolongé
Maux de tête, fatigue Fréquent Généralement transitoires — consulter si persistants
Confusion, désorientation Peu fréquent (plus fréquent chez le sujet âgé) Arrêter le traitement et consulter — risque de chute chez le sujet âgé
Rétention urinaire Peu fréquent Arrêter et consulter — facteur de risque : adénome prostatique
Constipation Peu fréquent Effet anticholinergique — apport hydrique et fibres suffisent souvent
Tachycardie, allongement QT Rare (dose-dépendant) Respecter les doses maximales — signaler tout malaise cardiaque
Aggravation de l’éruption Rare Réaction paradoxale possible — consulter le médecin

Conseils pratiques d’utilisation

  • Prendre le soir au coucher de préférence, en raison du risque de somnolence — ne pas conduire après la prise.
  • Ne pas consommer d’alcool pendant le traitement — la sédation est fortement potentialisée.
  • Respecter scrupuleusement la prescription du médecin et ne pas dépasser 100 mg/j chez l’adulte.
  • En cas d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence excessive, fatigue, maux de tête, sécheresse de la bouche, confusion…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.
  • En cas de grossesse ou d’allaitement, consulter le médecin avant toute prise.

Populations particulières

Population Recommandation
Grossesse Déconseillé au 1er trimestre. Peut être utilisé ponctuellement aux 2e et 3e trimestres sur avis médical. À éviter en fin de grossesse (risque de dépression néonatale). La loratadine ou la cétirizine sont préférées si un antihistaminique est indispensable.
Allaitement Passage dans le lait maternel possible — éviter ou surveiller le nourrisson (sédation, difficultés à téter). Consulter le médecin.
Enfant < 3 ans Non recommandé — utiliser sous stricte surveillance médicale si nécessaire.
Sujet âgé > 65 ans Figurant sur la liste de Beers (médicaments potentiellement inappropriés chez le sujet âgé). Risque de confusion, chutes, rétention urinaire. Préférer un antihistaminique de 2e génération si possible.
Insuffisance rénale ou hépatique Élimination ralentie — réduire la dose et espacer les prises. Avis médical indispensable.

Pages associées

Questions fréquentes

Peut-on prendre Atarax® tous les soirs sur le long terme ?

L’Atarax® peut être utilisé sur plusieurs semaines dans les démangeaisons chroniques, sous surveillance médicale. Il ne crée pas de dépendance physique mais une tolérance à l’effet sédatif peut s’installer avec le temps. Pour un usage prolongé, le médecin évaluera régulièrement le rapport bénéfice/risque — notamment chez le sujet âgé où l’utilisation au long cours est déconseillée.

Atarax® est-il un somnifère ?

Non, Atarax® n’est pas un somnifère au sens strict. Son effet sédatif est un effet secondaire de son action anticholinergique et antihistaminique centrale. Il peut cependant être prescrit hors AMM pour faciliter l’endormissement, notamment chez l’enfant atopique dont les démangeaisons perturbent le sommeil. Il n’induit pas la dépendance des benzodiazépines.

Quelle différence entre Atarax® et Zyrtec® ?

L’hydroxyzine (Atarax®) est métabolisée partiellement en cétirizine (Zyrtec®) dans l’organisme. Atarax® est sédatif, passe dans le cerveau et a des effets anticholinergiques — il est prescrit pour les démangeaisons nocturnes intenses. Zyrtec® (cétirizine) est non sédatif, ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique et peut être pris le matin sans risque de somnolence.

Faut-il arrêter Atarax® avant une prise de sang ou une intervention ?

Signalez toujours la prise d’Atarax® à votre médecin ou chirurgien avant toute intervention. L’hydroxyzine peut interagir avec les anesthésiques et potentialiser leurs effets. En cas de bilan allergologique (tests cutanés), l’Atarax® doit être arrêté au moins 5 jours avant les tests car il masque les réactions cutanées.

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Urticaire |
Œdème de Quincke |
Calmer les démangeaisons |
Téléconsultation dermatologue

Clarityne

Clarityne® (loratadine) : antihistaminique non sédatif — guide pratique

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

Clarityne® est un antihistaminique de 2e génération (loratadine) indiqué dans le traitement de l’urticaire et des manifestations allergiques cutanées. Non sédatif, il est disponible sans ordonnance en pharmacie — c’est l’une des molécules antihistaminiques les mieux documentées, notamment durant la grossesse. Sa molécule fille, la desloratadine (Aerius®), en est le métabolite actif.

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Sommaire :
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Indications |
Contre-indications |
Conseils pratiques |
Pages associées

Clarityne® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Clarityne®
Principe actif Loratadine — molécule mère de la desloratadine (Aerius®)
Classe Antihistaminique H1 de 2e génération — non anticholinergique
Délivrance Sans ordonnance — disponible directement en pharmacie
Posologie habituelle 1 comprimé de 10 mg par jour — indépendamment des repas
Spécificité Non sédatif — conduite automobile autorisée — l’une des molécules les mieux documentées en termes de sécurité durant la grossesse parmi les antihistaminiques
💡 Pour une comparaison complète des antihistaminiques et le choix selon la situation clinique, voir la page guide des antihistaminiques.

Indications dermatologiques

Clarityne® est indiqué dans l’urticaire aiguë et chronique, et dans les manifestations allergiques cutanées prurigineuses. Sa disponibilité sans ordonnance en fait un traitement de première intention accessible pour les épisodes d’urticaire aiguë ou de démangeaisons allergiques légères à modérées.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à la loratadine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — allergie croisée possible avec la desloratadine (Aerius®)
Insuffisance hépatique sévère Métabolisme hépatique de la loratadine — adapter la posologie sur avis médical

Conseils pratiques d’utilisation

  • Respecter la prescription du médecin — 1 comprimé par jour.
  • Clarityne® est non sédatif : prise possible le matin, conduite automobile autorisée.
  • Clarityne® n’est pas recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — cependant, parmi les antihistaminiques, la loratadine est l’une des molécules les mieux documentées et peut être envisagée sur avis médical si le bénéfice justifie la prise.
  • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tête, nausées, vomissements, palpitations…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.

Pages associées

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Aerius® |
Urticaire |
Téléconsultation dermatologue

Aerius

Aerius® (desloratadine) : antihistaminique non sédatif — guide pratique

Aerius® est un antihistaminique de 2e génération (desloratadine) utilisé en dermatologie dans le traitement de l’urticaire et des démangeaisons allergiques. Sa principale caractéristique est d’être non sédatif — il ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique et est compatible avec la conduite automobile, à la différence des antihistaminiques de 1re génération.

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Contre-indications |
Conseils pratiques |
Pages associées

Aerius® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Aerius®
Principe actif Desloratadine — métabolite actif de la loratadine (Clarityne®)
Classe Antihistaminique H1 de 2e génération — non anticholinergique
Délivrance Sur ordonnance
Posologie habituelle 1 comprimé de 5 mg par jour — indépendamment des repas
Spécificité vs 1re génération Non sédatif — pas d’effet anticholinergique — conduite automobile autorisée
💡 Pour une comparaison complète des antihistaminiques (sédatifs vs non sédatifs, 1re vs 2e génération), voir la page guide des antihistaminiques.

Indications dermatologiques

Aerius® est indiqué dans l’urticaire aiguë et chronique, et plus largement dans les manifestations allergiques cutanées prurigineuses. Son absence de sédation en fait le choix préférentiel pour les patients actifs devant conduire ou travailler, et pour les prises diurnes. Il peut être utilisé en traitement de fond de l’urticaire chronique sur une période prolongée.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à la desloratadine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — allergie croisée possible avec la loratadine (Clarityne®)
Insuffisance rénale sévère Élimination ralentie — adapter la posologie sur avis médical

Conseils pratiques d’utilisation

  • Respecter la prescription du médecin — 1 comprimé par jour, de préférence à heure fixe.
  • Aerius® est non sédatif : il peut être pris le matin sans risque de somnolence — la conduite automobile est autorisée.
  • Aerius® n’est pas recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin si besoin d’un antihistaminique dans ce contexte.
  • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tête, nausées, vomissements, palpitations…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.

Pages associées

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Clarityne® |
Urticaire |
Téléconsultation dermatologue

Traitement de l’allergie par anti histaminique : allergies de peau

Antihistaminiques : médicaments contre l’allergie et les démangeaisons

Un antihistaminique est un médicament qui bloque les récepteurs H1 à l’histamine, limitant ainsi les effets de la dégranulation des mastocytes : démangeaisons, rougeurs, gonflements et urticaire. Ils constituent le traitement de première intention de la plupart des réactions allergiques cutanées.

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Sommaire :
Mécanisme d’action |
1re et 2e génération |
Liste des antihistaminiques |
Indications dermatologiques |
Précautions |
Pages associées |
Questions fréquentes

Comment agissent les antihistaminiques ?

L’histamine est libérée par les mastocytes lors d’une réaction allergique ou inflammatoire. Elle se fixe sur les récepteurs H1 de la peau et des muqueuses, provoquant vasodilatation, œdème, prurit et érythème. Les antihistaminiques agissent en bloquant ces récepteurs H1 avant que l’histamine ne puisse s’y fixer — ils ne la détruisent pas, ils en neutralisent les effets.

💡 Limites : les antihistaminiques sont efficaces sur les démangeaisons d’origine histaminique (urticaire, piqûres d’insectes, réactions allergiques). Ils sont en revanche peu ou pas efficaces sur les démangeaisons du psoriasis, du lichen plan, du prurit cholestatique ou neuropathique — qui nécessitent des traitements spécifiques.

Antihistaminiques de 1re et 2e génération

1re génération (anticholinergiques) 2e génération (non anticholinergiques)
Passage cérébral Oui — traversent la barrière hémato-encéphalique Non ou très peu
Somnolence Fréquente — parfois utilisée à visée sédative (Atarax®, Polaramine®) Rare ou absente
Effets anticholinergiques Sécheresse buccale, rétention urinaire, constipation, tachycardie Absents
Conduite automobile ⚠️ Déconseillée Généralement autorisée
Durée d’action 4 à 6 heures — plusieurs prises par jour 12 à 24 heures — 1 prise par jour
Exemples Atarax®, Polaramine®, Primalan® Aerius®, Clarityne®, Kestin®, Telfast®, Virlix®, Xyzall®, Zyrtec®

Liste des antihistaminiques disponibles

Antihistaminiques anticholinergiques (1re génération)

Nom commercial Principe actif Particularités
Atarax® Hydroxyzine Effet sédatif marqué — utilisé aussi dans l’anxiété et comme prémédication. Déconseillé chez le sujet âgé (risque de confusion).
Polaramine® Dexchlorphéniramine Sédatif — disponible aussi en sirop pédiatrique. Conduite automobile déconseillée.
Primalan® Méquitazine Sédatif modéré — précautions cardiaques (allongement QT). Déconseillé en cas de traitement par antiarythmiques.

Antihistaminiques non anticholinergiques (2e génération)

Nom commercial Principe actif Particularités
Aerius® (desloratadine) Desloratadine Métabolite actif de la loratadine. Non sédatif. 1 comprimé/j.
Bilaska® Bilastine Non sédatif. Ne passe pas la barrière hémato-encéphalique. 1 comprimé/j à jeun. Bonne tolérance cardiaque.
Clarityne® (loratadine) Loratadine Non sédatif. Disponible sans ordonnance. 1 comprimé/j.
Kestin® Ébastine Non sédatif. 1 comprimé/j. Précautions cardiaques à fortes doses.
Mizollen® Mizolastine Non sédatif. 1 comprimé/j. Contre-indiqué en cas de trouble du rythme cardiaque ou de traitement par antiarythmiques (allongement QT).
Rupafin® Rupatadine Non sédatif. Activité anti-PAF (facteur d’activation plaquettaire) en plus de l’action anti-H1. 1 comprimé/j.
Telfast® Fexofénadine Non sédatif. 1 comprimé/j. Excellente tolérance cardiaque.
Tinset® Oxatomide Légèrement sédatif. Également utilisé dans la rhinite allergique.
Virlix® (cétirizine) Cétirizine Légèrement sédatif à forte dose. Disponible sans ordonnance. 1 comprimé/j.
Xyzall® Lévocétirizine Énantiomère actif de la cétirizine. Légèrement sédatif possible. 1 comprimé/j.
Zyrtec® (cétirizine) Cétirizine Même molécule que Virlix®. Disponible sans ordonnance. 1 comprimé/j.

Indications dermatologiques principales

Indication Antihistaminique recommandé
Urticaire aiguë 2e génération en 1re intention (cétirizine, loratadine, desloratadine). 1re génération si prurit nocturne intense.
Œdème de Quincke — relais post-urgence 2e génération per os — en relais de la corticothérapie IV hospitalière
Piqûres d’insectes avec réaction marquée 2e génération — cétirizine ou loratadine
Prurit nocturne intense (eczéma atopique, prurigo) 1re génération sédative (Atarax®, Polaramine®) pour l’effet somnifère
Rhinite et conjonctivite allergiques 2e génération non sédative

Précautions d’emploi

Situation Précaution
Conduite automobile et travail en hauteur Antihistaminiques 1re génération déconseillés. Les 2e génération sont généralement compatibles mais vérifier la notice individuelle.
Grossesse La loratadine et la cétirizine sont les antihistaminiques les mieux documentés durant la grossesse — à prendre sur avis médical.
Sujet âgé Éviter les antihistaminiques 1re génération (risque de confusion, rétention urinaire, chutes). Préférer 2e génération à faible dose.
Alcool Potentialise fortement l’effet sédatif des 1re génération — association déconseillée.
Glaucome, adénome prostatique Contre-indication relative aux 1re génération (effets anticholinergiques).

Pages associées

Questions fréquentes

Quelle différence entre Zyrtec® et Atarax® ?

Zyrtec® (cétirizine) est un antihistaminique de 2e génération : peu ou pas sédatif, 1 prise par jour, compatible avec la conduite automobile. Atarax® (hydroxyzine) est de 1re génération : sédatif marqué, déconseillé à la conduite, mais utile lorsqu’on souhaite un effet calmant en plus de l’effet antiallergique — notamment pour les démangeaisons nocturnes intenses.

Peut-on prendre un antihistaminique sans ordonnance ?

Certains antihistaminiques de 2e génération sont disponibles sans ordonnance en pharmacie (loratadine, cétirizine). Demandez conseil au pharmacien pour le choix et la posologie adaptés à votre situation. En cas de doute sur la cause des démangeaisons, une consultation médicale reste préférable.

Les antihistaminiques peuvent-ils être pris sur le long terme ?

Les antihistaminiques de 2e génération sont bien tolérés sur le long terme dans des indications comme l’urticaire chronique. Ils ne créent pas de dépendance. En revanche, les antihistaminiques de 1re génération ne sont pas recommandés au long cours chez le sujet âgé en raison de leurs effets anticholinergiques cumulatifs.

Pourquoi les antihistaminiques ne suffisent-ils pas toujours ?

Les antihistaminiques bloquent uniquement les récepteurs H1. Or, le prurit peut être médié par d’autres voies que l’histamine : substance P, cytokines IL-31 (eczéma atopique sévère), acides biliaires (prurit cholestatique), ou mécanismes neuropathiques. Ces prurits nécessitent des traitements ciblés spécifiques — inhibiteurs JAK, biologiques, opioïdes kappa, etc.

Voir aussi :
Urticaire |
Œdème de Quincke |
Calmer les démangeaisons |
Piqûres de moustiques |
Téléconsultation dermatologue

ECZEMA ENFANT : l’eczéma de l’enfant ou dermatite atopique

Eczéma de l’enfant (dermatite atopique) : symptômes, causes et traitement

Votre enfant a des plaques rouges et sèches qui le démangent, survenant par poussées notamment en hiver : c’est peut-être de l’eczéma atopique. Première maladie de peau de l’enfant, elle touche 15 à 20 % des nourrissons en France. Voici comment la reconnaître, la traiter et éviter les rechutes.

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Plaques rouges et sèches qui grattent chez l’enfant : eczéma atopique

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Qu’est-ce que l’eczéma atopique de l’enfant ?

La dermatite atopique (ou eczéma atopique) est une maladie inflammatoire chronique de la peau, évoluant par poussées. Elle débute le plus souvent avant l’âge de 1 an et fait partie du groupe des maladies allergiques — comme l’asthme, la rhinite allergique et l’urticaire. On parle d’atopie pour désigner cette prédisposition familiale aux allergies.

L’eczéma du nourrisson commence le plus souvent vers 3 mois. Les plaques prédominent sur les joues chez le jeune enfant, puis touchent préférentiellement les plis du coude, la zone derrière les genoux et derrière les oreilles (eczéma des oreilles).

Symptômes selon l’âge

Âge Localisation des plaques Aspect Évolution
0–2 ans Joues, front, cuir chevelu, convexités des membres Rougeur, suintement, croûtes 50% guérissent vers 2 ans
2–12 ans Plis des coudes et genoux, poignets, cou, derrière les oreilles Plaques sèches, lichenifiées, démangeaisons intenses Disparition possible vers 5–8 ans
Adolescent / adulte Mains, visage, cou, plis Peau épaissie, très sèche, démangeaisons chroniques Peut persister ou réapparaître à l’âge adulte

Causes de l’eczéma atopique

Ce que l’on sait avec certitude

  • Facteurs génétiques — 60% des parents d’un enfant atopique ont ou ont eu un signe d’atopie. On retrouve fréquemment des antécédents d’allergies dans la famille
  • Défaut de barrière cutanée — la peau des enfants atopiques est plus sèche et « fissurée », laissant pénétrer les allergènes et les irritants. C’est pourquoi l’hydratation régulière est un pilier du traitement
  • Hyperréactivité immunitaire — les enfants atopiques réagissent plus facilement aux substances de leur environnement (acariens, poils d’animaux, pollens…)
  • Rôle du Staphylocoque doré — la colonisation par Staphylococcus aureus sur la peau atopique aggrave l’inflammation et favorise les poussées
  • Augmentation de la prévalence — la dermatite atopique touche 15 à 20% des enfants en France contre 5% il y a 30 ans — rôle probable de l’environnement, de l’hygiène excessive et de la réduction de l’exposition aux agents infectieux

Pour en savoir plus : causes de l’eczéma de l’enfant


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Évolution par poussées

L’eczéma atopique évolue par poussées entrecoupées de phases de rémission. Pendant les poussées :

  • Les plaques rouges se couvrent parfois de minuscules cloques qui suintent
  • Les démangeaisons provoquent un grattage intense, des excoriations, parfois des insomnies
  • Les plaques peuvent se surinfecteur et se recouvrir de croûtes et de pus (impétigo)
  • Après la poussée, la peau reste sèche et rugueuse aux endroits touchés

Traitement de l’eczéma atopique

Le traitement repose sur 3 piliers indissociables :

Pilier En dehors des poussées Pendant les poussées
Hydratation Émollient quotidien sur tout le corps après le bain Continuer l’émollient en dehors des zones enflammées
Dermocorticoïdes Non utilisés en dehors des poussées Application 1x/jour sur les plaques jusqu’à disparition
Éviction des facteurs déclenchants Acariens, textiles irritants, savons agressifs, stress Idem + identifier le facteur déclenchant de la poussée

Voir l’article détaillé : traitement de l’eczéma de l’enfant

Traitements de fond pour les formes sévères (2024-2025)

Pour les formes modérées à sévères résistant aux dermocorticoïdes, de nouvelles biothérapies sont disponibles :

  • Dupilumab (Dupixent®) — anticorps monoclonal anti-IL-4/IL-13, autorisé dès 6 mois en France depuis 2023. Réduit significativement les poussées et le prurit
  • Tralokinumab (Adtralza®) — anti-IL-13, autorisé chez l’adulte et l’adolescent dès 12 ans
  • Inhibiteurs de JAK (abrocitinib, upadacitinib) — pour les adultes et adolescents en échec des biothérapies

Voir l’article sur les soins de l’eczéma de l’enfant

Quand consulter en urgence ?

⚠️ Consultez immédiatement si votre enfant présente :

  • Syndrome de Kaposi-Juliusberg — petites vésicules (cloques) qui se propagent rapidement sur tout le corps chez un enfant atopique. Urgence dermatologique. Si vous avez un bouton de fièvre (herpès labial), n’embrassez pas un enfant atopique
  • Surinfection bactérienne (impétigo) — plaques recouvertes de pus jaune, croûtes dorées, fièvre
  • Œdème du visage — gonflement rapide, possible réaction allergique sévère
syndrome Kaposi Juliusberg eczéma atopique enfant herpès photo
Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique — urgence dermatologique

⚠️ Consultez rapidement si :
les plaques ne disparaissent pas après une semaine de traitement bien conduit, ou si l’eczéma retentit sur le sommeil, l’humeur ou la croissance de l’enfant.

Avis du Pr Alain Taïeb — Chef du service de Dermatologie, Hôpital Saint-André, Bordeaux

Qu’a-t-on appris de nouveau sur la dermatite atopique ?

  • L’incidence de la dermatite atopique a augmenté ces 20 dernières années avec un gradient Nord-Sud : de 5% en Espagne à 20% en Grande-Bretagne. L’environnement joue un rôle majeur — la dureté de l’eau augmente la prévalence chez le nourrisson ; la meilleure hygiène et la réduction de la taille des familles diminuent l’exposition aux agents infectieux, ce qui pourrait favoriser une dysmaturation du système immunitaire
  • Le bilan allergologique n’est pas toujours indispensable dans les formes peu sévères. Des précautions simples suffisent : éviter la diversification alimentaire trop précoce (œuf, arachide), mesures anti-acariens (pas de peluches, moquettes, aspiration régulière), éviter les moisissures et les animaux domestiques
  • En revanche, dans les formes graves (SCORAD élevé), résistantes aux traitements ou associées à des manifestations systémiques, un bilan allergologique complet est indiqué

Vidéo de la Société Française de Dermatologie :

Sources

Questions fréquentes sur l’eczéma de l’enfant

L’eczéma de l’enfant guérit-il définitivement ?

Dans environ 50% des cas, l’eczéma atopique du nourrisson disparaît vers 2 ans. Chez la majorité des enfants, les poussées s’espacent et diminuent vers 5-8 ans. Cependant, 30 à 40% des enfants atopiques gardent une peau sensible à l’âge adulte, avec des rechutes possibles en cas de stress, de changement de saison ou d’exposition à des irritants.

Peut-on utiliser la cortisone sur la peau d’un bébé ?

Oui, les dermocorticoïdes sont le traitement de référence des poussées d’eczéma, y compris chez le nourrisson. Utilisés correctement — en cure courte, sur les zones enflammées, à la bonne concentration selon l’âge et la localisation — ils sont sûrs et efficaces. Le risque d’effets secondaires est très faible avec une utilisation bien encadrée par un médecin. Ne pas traiter une poussée est souvent plus risqué que de traiter.

Faut-il faire un bilan allergologique pour un enfant avec de l’eczéma ?

Pas systématiquement. Dans les formes légères à modérées, des mesures d’éviction simples (acariens, animaux, savons agressifs) suffisent souvent. Un bilan allergologique est recommandé en cas d’eczéma sévère résistant aux traitements, de suspicion d’allergie alimentaire associée, ou de retentissement sur la croissance. C’est le dermatologue ou l’allergologue qui décide selon la sévérité.

L’alimentation influence-t-elle l’eczéma de l’enfant ?

Chez les nourrissons, une allergie alimentaire (lait de vache, œuf, arachide) peut aggraver ou déclencher des poussées d’eczéma — mais ce n’est pas systématique. Éviter une diversification trop précoce (avant 4 mois) est recommandé. Une éviction alimentaire ne doit jamais être faite sans bilan allergologique préalable — elle peut entraîner des carences et n’est efficace que si une allergie est prouvée.

L’eczéma est-il contagieux ?

Non. L’eczéma atopique n’est pas contagieux — ni par contact direct, ni par les vêtements. En revanche, une surinfection bactérienne (impétigo) ou virale (herpès) sur des plaques d’eczéma peut être transmise à l’entourage. C’est pourquoi il faut éviter d’embrasser un enfant atopique si l’on a un bouton de fièvre (herpès labial).


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ECZEMA MAIN : soigner l’eczéma des mains, causes et traitements

Eczéma des mains : causes, formes cliniques, traitements et conseils pratiques

La main est en première ligne face aux agressions du quotidien et du travail : eau, détergents, solvants, allergènes professionnels, produits cosmétiques. Pas étonnant que l’eczéma des mains soit la première cause de consultation en dermato-allergologie, avec une prévalence estimée à 10 % de la population générale et jusqu’à 30 % dans certaines professions exposées.

Sa chronicité, ses multiples formes cliniques et l’intrication fréquente entre allergie, irritation et terrain atopique en font l’une des dermatoses les plus complexes à prendre en charge — et l’une de celles qui altèrent le plus profondément la qualité de vie professionnelle et personnelle.

Mains abîmées : eczéma ?
Mains abîmées : eczéma ? La palpation oriente souvent vers le diagnostic avant la vue.

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Causes de l’eczéma des mains

L’eczéma des mains résulte le plus souvent de l’intrication de plusieurs mécanismes — allergie de contact, irritation chronique, terrain atopique — qui se potentialisent mutuellement. Identifier et hiérarchiser ces facteurs est l’enjeu clé de la consultation.

Allergie de contact :
Mécanisme d’hypersensibilité retardée de type IV : après une phase de sensibilisation silencieuse, tout nouveau contact avec l’allergène déclenche l’eczéma en 24 à 72 heures. La sensibilisation peut survenir après des années d’utilisation sans problème — ce qui déroute souvent les patients.

Irritation chronique :
L’eau, les détergents, les solvants, le froid et l’air sec altèrent la barrière cutanée et aggravent toute tendance à la peau sèche, facilitant la pénétration des allergènes. Un lavage des mains excessif peut, à lui seul, entretenir un eczéma chronique sans allergie documentée.

Terrain atopique :
Les personnes ayant un antécédent d’eczéma atopique, d’asthme ou de rhinite ont une barrière cutanée structurellement fragilisée, les rendant plus vulnérables aux irritants et aux sensibilisants — notamment sur des mains sèches.

Allergènes les plus fréquents

Caoutchoucs :
Les agents de vulcanisation (thiuram-mix, mercapto-mix, carbamates, mercaptobenzothiazole) touchent les professionnels utilisant des gants en caoutchouc (soignants, restauration, industrie agroalimentaire).

Métaux :
Le nickel est le chef de file (allergie au nickel — métallurgie, pièces de monnaie). Le chrome et le cobalt sont fréquents dans la métallurgie, le ciment (eczéma au ciment), les colorants textiles et le tannage des cuirs.

Biocides :
Isothiazolinones et dérivés dans les produits ménagers et hospitaliers (peintres, agents de nettoyage, soignants). Formaldéhyde, quaternium, glutaraldéhyde dans les antiseptiques hospitaliers — fréquence accrue lors des épidémies nécessitant une hygiène des mains renforcée, comme lors du coronavirus.

Produits de coiffure :
La paraphénylènediamine (PPD) des teintures reste l’une des grandes causes d’eczéma professionnel des mains chez les coiffeurs. S’y ajoutent les thioglycolates (permanentes), le persulfate d’ammonium (décoloration) et les acrylates (onglerie). Ces eczémas bruyants aboutissent dans la grande majorité des cas à un reclassement professionnel.

Végétaux :
Colophane, lactones sesquiterpéniques, baume du Pérou — fréquents chez les fleuristes, jardiniers, horticulteurs, agriculteurs et travailleurs du bois, mais aussi des bricoleurs amateurs.

Cosmétiques :
Parfums (fragrance mix), conservateurs (isothiazolinones, chlorphénésine, phénoxyéthanol, triclosan), tensioactifs (cocamidopropylbétaïne, lauryl et décylglucoside).

Protéines :
Initialement décrits chez les professionnels de l’alimentation, les eczémas aux protéines se caractérisent par une rougeur et un gonflement immédiat de type urticaire, suivi 24 à 48 heures plus tard d’un eczéma vésiculeux évoluant vers un eczéma chronique du dos des mains et des doigts. Allergènes en cause : fruits et légumes, poissons, laitages, viandes.

Allergènes les plus fréquents selon la profession

Coiffeur / coiffeuse : PPD et dérivés (teintures), thioglycolates (permanentes), persulfate (décoloration), nickel des instruments, acrylates (onglerie),
Soignant (infirmier, aide-soignant, médecin) : caoutchoucs des gants, biocides (isothiazolinone, glutaraldéhyde, formaldéhyde), médicaments,
Dentiste / assistante dentaire : caoutchoucs des gants, acrylates (HEMA, EGDMA), antiseptiques,
BTP (maçon, carreleur, peintre) : chrome du ciment (gale du ciment), isothiazolinones des peintures, résines époxy, caoutchoucs,
Vétérinaire / éleveur : caoutchoucs (gants, bottes), médicaments vétérinaires, antiseptiques, pesticides, olaquindox (aliments animaux),
Fleuriste / jardinier / horticulteur : lactones sesquiterpéniques, colophane, baume du Pérou, pesticides,
Professionnel de l’alimentation : protéines alimentaires (poissons, fruits, légumes, viandes), caoutchoucs des gants, désinfectants.

Formes cliniques de l’eczéma des mains

La dyshidrose (dishidrose)

Vésicules profondes « en grain de sagou », translucides, extrêmement prurigineuses, siégeant sur les bords des doigts, les paumes et les plantes. Elles évoluent par poussées, laissant une desquamation caractéristique.

Allergènes orienteurs : baume du Pérou, PPD, nickel et autres métaux (cobalt, chrome) — parfois même pris par voie orale.

Voir l’article détaillé sur les cloques d’eau des mains et des pieds.

Dyshidrose profuse des mains
Dyshidrose profuse : vésicules en grain de sagou sur les bords des doigts

Le pompholyx

Éruption vésiculeuse et/ou bulleuse d’apparition rapide, sans érythème de fond, suivie d’une desquamation durant 2 à 3 semaines. Le pompholyx survient par poussées distinctes et peut être déclenché par la chaleur, le stress ou l’ingestion d’allergènes (nickel alimentaire).

L’eczéma vésiculo-bulleux chronique

Forme de dyshidrose ne guérissant pas, évoluant souvent vers des fissures douloureuses et un épaississement progressif de la peau des mains.

La dermatose hyperkératosique des paumes

Plaques rouges épaisses et fissurées au centre des paumes, touchant surtout les hommes de 40 à 60 ans. Souvent multifactorielle : allergie de contact + irritation chronique + traumatismes répétés (bricolage). Diagnostic différentiel difficile avec un psoriasis des mains — la biopsie et la dermoscopie aident à trancher.

En dermoscopie, la plaque d’eczéma chronique lichénifié des mains montre des vaisseaux en points regroupés en amas sur fond rouge, et des squames jaunâtres.

Dermoscopie : vaisseaux en points et squames jaunes — eczéma chronique lichénifié

La pulpite fissuraire

Fissures douloureuses de la pulpe des doigts, extrêmement invalidantes. Deux orientations diagnostiques importantes :
– Pulpite de la main controlatérale chez un droitier → évoquer un eczéma à l’ail (manipulation d’ail cru avec la main non dominante),
– Pulpite de la main directrice → orienter vers la manipulation d’un objet allergisant ou une allergie au nickel.

Pulpite fissuraire des doigts
Pulpite fissuraire : fissures douloureuses de la pulpe des doigts

Voir l’article : fissures des mains et des doigts.

L’eczéma profus aigu

Éruption vésiculeuse explosive, comme lors d’un eczéma au ciment ou d’une allergie brutale à un antiseptique appliqué sur une plaie.

Eczéma aigu de la main
Eczéma aigu de la main
Eczéma aigu vésiculeux de la main autour d'une plaie
Eczéma aigu vésiculeux de la main autour d’une plaie : allergie de contact à un antiseptique ou un pansement ?

Diagnostic : interrogatoire, patch tests et dermoscopie

Il n’y a pas toujours d’allergie documentée dans l’eczéma des mains — c’est souvent la conjonction d’une peau sèche et de contacts répétés avec des irritants qui explique la situation. La consultation dermatologique est indispensable pour hiérarchiser les facteurs.

L’interrogatoire : les indices clés

– Date de début et évolution : un changement de poste ou de métier coïncidant avec le début de l’eczéma est très orienteur,
amélioration pendant les vacances : argument le plus fort en faveur d’une origine professionnelle,
– localisation précise : dos des mains (gants), paumes (irritation ou psoriasis), pulpe des doigts (manipulation d’objets),
– loisirs, bricolage, jardinage, traitements topiques appliqués sur les mains,
– antécédent d’allergie aux bijoux (nickel), aux teintures capillaires (PPD),
– atteinte conjointe des paupières → évoquer des allergènes aéroportés.

Les patch tests (tests épicutanés)

En cas de poussées répétées sans cause évidente, le dermatologue propose des tests allergologiques épicutanés (patch tests) : application dans le dos de sparadraps contenant différents allergènes standardisés, retirés à 48 heures. Lecture à 48 h puis à 72-96 h — certains allergènes (corticoïdes, néomycine) ne positivent qu’à 7 jours : une relecture tardive peut être nécessaire.

La batterie standard européenne explore les allergènes les plus fréquents. Des batteries complémentaires (coiffure, acrylates, cosmétiques, végétaux) sont ajoutées selon le contexte professionnel.

Eczéma chronique des mains : reconnaître et prendre en charge

On définit l’eczéma chronique des mains comme une dermatose évoluant depuis plus de 3 mois consécutifs ou récidivant à raison d’au moins 2 épisodes par an, avec plusieurs facteurs intriqués :
– allergie de contact,
– irritation chronique,
atopie,
– barrière cutanée fragilisée.

En phase aiguë, l’eczéma est souvent vésiculeux, suintant, prurigineux. En dehors des poussées, la peau est épaissie, fissurée, et les douleurs nocturnes peuvent altérer le sommeil.

Dermite irritative des mains

Peau sèche, squameuse, épaissie et fissurée, prédominant sur le dos des mains et les doigts. Fréquente en cas de manipulation de substances chimiques irritantes, de produits ménagers, de substances animales ou végétales.

Dyshidrose chronique

Voir l’article : cloques sur les mains.

Eczéma chronique hyperkératosique et fissuré des paumes

Paume épaisse et fissurée, souvent confondue avec un psoriasis des mains. Biopsie ou dermoscopie pour trancher.

Eczéma lichénifié

Épaississement du dos des mains et des doigts, peau grisâtre et quadrillée par le grattage chronique.

Pulpite fissuraire chronique

Voir l’article : fissures sur les mains et les doigts.

Nouveaux traitements de l’eczéma chronique sévère des mains

Deux options thérapeutiques importantes ont enrichi l’arsenal depuis 2021-2023 :

Alitrétinoïne (Toctino®) : rétinoïde systémique disposant d’une AMM spécifique dans l’eczéma chronique sévère des mains résistant aux dermocorticoïdes chez l’adulte. Posologie habituelle : 30 mg/j pendant 12 à 24 semaines. Contraception obligatoire chez la femme en âge de procréer (tératogène). Surveillance lipidique et hépatique.

Delgocitinib topique (Anzupgo®) : premier inhibiteur pan-JAK topique disponible en accès direct en pharmacie hospitalière pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère, chez les adultes pour lesquels les dermocorticoïdes sont inadéquats ou inappropriés. 2 applications par jour. Éviter sur peau infectée.

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Soigner l’eczéma des mains

Le traitement repose sur quatre axes complémentaires, à adapter selon la forme clinique et la sévérité.

Éviction de l’allergène ou de l’irritant :
Mesure la plus efficace et incontournable. Port de gants en coton sous les gants de protection. Substitution professionnelle si nécessaire. Sans éviction, aucun traitement ne permet une guérison durable.

Dermocorticoïdes :
Classe I (propionate de clobétasol) sur les paumes et les plantes. Classe II-III sur le dos des mains. En cure courte sur poussée aiguë. Sous occlusion nocturne (film plastique alimentaire) pour les formes hyperkératosiques très épaisses. Ne pas utiliser sur les zones infectées.

Antihistaminiques :
Cétirizine ou loratadine pour le prurit diurne. Hydroxyzine (Atarax®) le soir pour les formes très prurigineuses nocturnes. Ils ne traitent pas l’inflammation mais soulagent les démangeaisons.

Émollients :
Plusieurs applications quotidiennes, notamment après chaque lavage des mains sur peau encore légèrement humide. Crèmes sans parfum ni conservateurs allergisants. Réduisent l’irritation et restaurent la barrière cutanée. Une simple crème hydratante, bien choisie et appliquée régulièrement, peut transformer l’évolution d’un eczéma irritatif.

Conseils pratiques quotidiens :
Limiter les lavages des mains au strict nécessaire. Un rinçage à l’eau claire suffit dans de nombreux cas. Utiliser un savon surgras sans parfum. Sécher par tamponnement, jamais par friction. Éviter les gants en latex (caoutchouc allergisant) — préférer les gants en nitrile ou vinyl avec sous-gant en coton.

Questions fréquentes

J’ai de l’eczéma sur le dos des mains et les jointures, pas du tout sur la paume. Je me lave souvent les mains pour mon travail. Que faire ?

Ce tableau oriente fortement vers une dermite irritative par lavages excessifs plutôt qu’une allergie vraie — le dos des mains étant plus exposé que les paumes. La piste à explorer : réduire les lavages au strict nécessaire (un rinçage à l’eau claire suffit souvent), utiliser un savon surgras sans parfum, appliquer un émollient après chaque lavage. Si pas d’amélioration après 3 à 4 semaines malgré ces mesures, des patch tests s’imposent pour exclure une allergie surajoutée.

Mon eczéma des mains disparaît pendant les vacances mais revient dès la reprise du travail. Est-ce forcément une allergie professionnelle ?

L’amélioration systématique pendant les congés est l’argument le plus fort en faveur d’une origine professionnelle — allergie ou irritation chronique liée aux conditions de travail. Ce constat justifie une consultation dermatologique avec patch tests incluant les produits manipulés au travail. Un eczéma professionnel reconnu peut être déclaré en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général) avec prise en charge spécifique.

Quelle différence entre eczéma et psoriasis des mains ?

La distinction peut être difficile cliniquement. L’eczéma est plus prurigineux, vésiculeux en phase aiguë, avec desquamation fine. Le psoriasis des mains donne des plaques bien délimitées avec squames blanches sèches, souvent associées à des ongles ponctués ou déformés et à d’autres localisations psoriasiques. La dermoscopie et la biopsie cutanée tranchent en cas de doute persistant.

L’alitrétinoïne est-elle réservée aux cas très graves ?

L’alitrétinoïne (Toctino®) est indiquée dans les eczémas chroniques sévères des mains résistant aux dermocorticoïdes et ayant un retentissement significatif sur la vie quotidienne ou professionnelle. Elle n’est pas réservée aux cas extrêmes mais nécessite une contraception obligatoire chez la femme, une surveillance biologique régulière (bilan lipidique, hépatique) et une information sur les effets secondaires habituels des rétinoïdes.

En savoir plus sur l’eczéma,
la dyshidrose,
les fissures des doigts,
l’eczéma allergique de contact,
le psoriasis des mains,
les dermocorticoïdes,
les antihistaminiques
et l’eczéma au ciment.

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ALLERGIE DE PEAU : les allergies de la peau

Allergie de peau : types, causes et traitements

L’allergie de peau est une réaction anormale et excessive du système immunitaire au contact d’une substance étrangère — l’allergène. Elle peut prendre des formes très diverses selon le mécanisme impliqué et l’allergène en cause : urticaire, eczéma, œdème de Quincke… Elle nécessite toujours un avis médical et un traitement adapté.

Réaction allergique cutanée ? Délais de rendez-vous trop longs ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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allergie de peau réaction cutanée allergène
Allergie de peau

Qu’est-ce qu’une allergie de peau ?

Une allergie est une réaction anormale, inadaptée et excessive du système immunitaire lors du contact avec une substance étrangère appelée allergène. La personne est dite « sensibilisée » à cet allergène — on parle d’hypersensibilité cutanée.

La peau est particulièrement exposée aux allergies pour deux raisons : c’est un organe barrière en contact direct avec l’environnement, et elle est très riche en terminaisons nerveuses et en cellules immunitaires.

Les traitements visant à rendre l’organisme tolérant à l’allergène sont appelés désensibilisations (ou immunothérapies allergéniques).

Les deux types d’allergies cutanées

1. L’allergie immédiate (type I)

Réaction survenant dans les premières minutes à premières heures après le contact avec l’allergène. Elle est médiée par des anticorps (IgE). La principale manifestation est l’urticaire, pouvant s’accompagner d’un angiœdème (œdème de Quincke) ou, dans les formes sévères, d’une anaphylaxie.

2. L’allergie retardée (type IV)

Réaction survenant un ou plusieurs jours après le contact avec l’allergène. Elle est médiée par les lymphocytes T (immunité cellulaire). La principale manifestation est l’eczéma de contact allergique.

Les principaux allergènes responsables d’allergies cutanées

Les allergènes aériens (aéroallergènes)

Substances présentes dans l’air intérieur ou extérieur : acariens, pollens, moisissures, poils d’animaux. Ils provoquent surtout des signes ORL ou de l’asthme, mais peuvent aussi déclencher une urticaire de contact ou un eczéma des paupières.

Les allergènes alimentaires

Contenus dans l’alimentation, ils peuvent provoquer des réactions cutanées immédiates (urticaire, angiœdème) ou retardées. Voir l’article consacré à l’allergie alimentaire.

Les allergènes de contact

Produits chimiques entrant en contact direct avec la peau : parfums, conservateurs, métaux (nickel, chrome), extraits végétaux, cosmétiques. Ils peuvent provoquer :

Les médicaments

Les molécules actives et leurs excipients peuvent être perçus comme des allergènes par le système immunitaire. Voir l’article consacré à l’allergie médicamenteuse.

Le soleil

Le soleil peut agir comme cofacteur ou déclencher directement une allergie cutanée. Voir l’article consacré à l’allergie au soleil.

Comment identifier l’allergène responsable ?

L’identification de l’allergène est indispensable pour éviter les récidives. Selon le type d’allergie suspecté, le médecin peut proposer :

  • Patch tests (tests épicutanés) — pour l’eczéma de contact allergique : des allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h, la lecture se fait à 48h et parfois à 72-96h (voire 7 jours pour certains allergènes)
  • Prick tests — pour les allergies immédiates (urticaire, alimentaire) : piqûres superficielles avec les allergènes suspects
  • Dosage des IgE spécifiques dans le sang

Traitement des allergies cutanées

Le traitement repose sur deux axes complémentaires :

  • Éviction de l’allergène — mesure la plus importante, seule capable de prévenir les récidives
  • Traitement des symptômes :
    • Antihistaminiques — pour l’urticaire et les allergies immédiates
    • Dermocorticoïdes — pour l’eczéma de contact
    • Adrénaline auto-injectable (EpiPen*) — en cas d’antécédent d’anaphylaxie
  • Désensibilisation — immunothérapie allergénique pour rendre l’organisme tolérant, notamment pour les aéroallergènes

Articles détaillés sur les allergies de peau

Sources

Questions fréquentes sur les allergies de peau

Comment savoir si j’ai une allergie de peau ou une autre maladie cutanée ?

L’allergie de peau se caractérise par une réaction déclenchée par un allergène identifiable (cosmétique, aliment, médicament…). L’urticaire apparaît rapidement après le contact, l’eczéma de contact après 24-48h. Un dermatologue peut réaliser des tests pour identifier l’allergène et confirmer le diagnostic.

Peut-on devenir allergique à quelque chose qu’on utilisait sans problème depuis des années ?

Oui, c’est même très fréquent. La sensibilisation allergique peut prendre des années à se développer lors d’expositions répétées à un allergène. C’est pourquoi une allergie peut apparaître soudainement à un produit utilisé depuis longtemps — un cosmétique, un métal, un médicament.

L’allergie de peau peut-elle guérir ?

L’allergie de contact guérit si l’allergène est définitivement évité. L’urticaire chronique peut régresser spontanément après plusieurs années. La désensibilisation (immunothérapie) permet dans certains cas de rendre l’organisme tolérant à l’allergène, notamment pour les aéroallergènes.

Quelle est la différence entre allergie et intolérance cutanée ?

L’allergie implique une réaction du système immunitaire avec sensibilisation préalable — elle ne survient pas dès la première exposition. L’intolérance (ou irritation) est une réaction directe de la peau à une substance agressive, sans mécanisme immunologique — elle peut survenir chez n’importe qui dès le premier contact.


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Causes de l’eczema de l’enfant et du bébé ou eczema atopique

Causes de l’eczema de l’enfant et du nourrisson ou eczema atopique

Quelles sont les causes de l’eczema de l’enfant et du nourrisson ?


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– Les causes
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A/ Les certitudes dans l’eczema de l’enfant

A-1/ Les facteurs génétiques dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson

Deux éléments plaident en faveur du rôle génétique dans le déclenchement de l’eczema atopique de l’enfant :
– 50 à 70% des parents d’enfants atopiques ont un signe d’atopie (eczéma dans l’enfance par exemple)

  • 72% des vrais jumeaux font tous les deux de l’eczéma atopique

A-2/ Immunologie : hyper réactivité à l’environnement des enfants ayant de l’eczema

Les enfants atopiques sont hyper réactifs à leur environnement et font donc plus facilement des manifestations allergiques face aux allergènes qu’ils rencontrent (acariens, poussières… )

A-3/ Diminution du rôle barrière de la peau chez les enfants ayant de l’eczema atopique/ Mutation de la filaggrine

La barrière cutanée est une barrière étanche qui protège la peau contre la perte  en eau et contre la pénétration de micro-organismes ou d’antigènes de l’environnement.

La filaggrine est une protéine impliquée dans le façonnement de la couche cornée et donc de la barrière cutanée. Le gène codant de la filaggrine (appelé FLG) se situe sur le chromosome 1q21. Il est le siège de nombreuses mutations associées de manière significative avec un risque augmenté de Dermatite Atopique. Parmi ces mutations, R501X et 2282del4 sont les plus importantes en Europe et elles provoquent une perte complète de l’expression de la filaggrine.

Les enfants ayant de l’eczema atopique ont une peau sèche qui laisse plus facilement pénétrer les allergènes et les micro organismes. Le gène de la filaggrine  est muté chez 20 à 50% des patients atteints de Dermatite Atopique

Il faut donc lutter contre cette sécheresse de la peau en appliquant des crèmes hydratantes, en évitant les bains trop chauds et prolongés et en utilisant des savons doux (de type surgras par exemple)


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A-4/ La fréquence de l’eczéma atopique augmente depuis plusieurs décennies chez l’enfant.

L’eczema atopique touche actuellement 8 à 10% des enfants français.

A-5/ Le Staphylocoque doré joue un rôle…

La colonisation par Staphylococcus aureus (le « redoutable » staphylocoque doré , un germe pathogène dit opportuniste, qui est naturellement présent dans le microbiote humain) chez les enfants atopiques, semble important dans la génèse de la maladie, et semble être en relation avec les mutations de la filaggrine (voir A-3). La colonisation par staphylocoque précède l’apparition des poussées, avec un profil de germes différent selon qu’il y ait ou  non des mutations de la filaggrine. Il semble aussi  que les atopiques portent des staphylocoques différents des autres enfants et ces staphylocoques particuliers pourraient leurs avoir été transmis par l’entourage (notamment les parents)! Ceci expliquerait en plus de la génétique (voir A-1) les fréquents antécédents familiaux de dermatite atopique

B/ Les théories et les hypothèses dans l’eczema atopique de l’enfant et du nourrisson

B-1/ L’allaitement maternel (allaitement au sein) protège-t-il les enfants de l’eczema atopique?

Il est difficile de déterminer si l’allaitement maternel protège de l’eczema de l’enfant et du nourrisson. De nombreuses études sont en faveur de cette hypothèse mais d’autres la démentent. Il est probable en tout cas que si l’allaitement maternel protège de l’eczema de l’enfant et du nourrisson, cette protection soit de toutes façon temporaire.

B-2/ Faut-il changer de lait lorsqu’un bébé fait de l’eczema ?

Le changement de lait ne doit être décidé que par le médecin qui suit l’enfant, si ce dernier a un doute quant à une allergie au lait, ce qui reste assez rare.

B-3/ Il y a plus d’eczema de l’enfant dans les pays du Nord de l’Europe que dans les pays du Sud de l’Europe

On peut donc se demander s’il n’existe pas des facteurs pouvant entraîner un eczéma de l’enfant dans les pays du Nord : – l’hygiène méticuleuse des enfants en bas âge dans les pays du Nord est-elle responsable de l’augmentation de l’eczema de l’enfant dans ces pays? – les enfants des pays du Nord sont-ils plus soumis aux allergènes que dans le Sud? – le climat plus froid peut-il expliquer la plus grande fréquence d’eczema de l’enfant dans les pays du Nord

Il en découle l’hypothèse que la dermatite atopique est plus fréquente dans les classes sociales favorisées ou ayant un niveau socio-économique élevé. Une revue de la littérature a passé en revue les 88 publications  et il a été trouvé que seulement 42 % des publications montraient une association positive entre un niveau socio-économique élevé et une dermatite atopique. La majorité des publications ne trouvait donc pas d’association.

B-4/ Rôle de la dureté de l’eau?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une eau est dure lorsque la concentration de CaCO3 (carbonate de calcium) est supérieure à 200 mg/L, ce qui oblige à utiliser un excès de savon pour obtenir de la mousse et entraîne la formation d’un film de savon (stéarate de calcium) sur la peau et les vêtements. Le dépôt de détergents tels que le sodium lauryl sulfate (SLS) provoque une irritation de la peau et une altération de la barrière cutanée, dont l’importance est proportionnelle à la dureté de l’eau de lavage. Tout ceci abime la fonction de barrière cutanée, ce qui favorise une pénétration accrue des allergènes et une colonisation bactérienne de la peau, facteurs de risque d’apparition et de progression de l’eczéma.

Beaucoup d’études ont montré que l’existence d’une eau fortement minéralisée est un facteur de risque pour la dermatite atopique de l’enfant.

Ceci est vrai aussi dans une moindre mesure pour l’adulte

B-5/ Role de la pollution?

Les particules fines générées par la pollution atmosphérique pénètrent profondément dans le système respiratoire, et passent dans le sang, le système nerveux central et la peau.

Les polluants de l’air intérieur et extérieur sont considérés comme des facteurs de risque potentiels de dermatite atopoque, notamment les particules fines inférieures à 10 microns.

Il semblerait que l’exposition à long terme aux polluants atmosphériques a été significativement associée à un risque accru de développer une dermatite atopique dans la population générale et qu’ une exposition plus élevée à la pollution de l’air ambiant était associée à un risque accru d’eczéma chez les hommes plus que chez les femmes? Y aurait-il un rôle protecteur des cosmétiques que les femmes appliquent plus souvent que les hommes sur leur peau?


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DEMANGEAISON DE LA PEAU : la peau qui gratte (gratelle) ou démangeaisons

Peau qui gratte : causes et traitements des démangeaisons (prurit)

Les démangeaisons de la peau (prurit) constituent un symptôme pénible pouvant survenir avec ou sans éruption cutanée. Leur diagnostic est souvent difficile et nécessite un interrogatoire précis et un examen attentif de la peau. Les causes les plus fréquentes de démangeaisons avec boutons sont la gale (démangeaisons nocturnes et dans l’entourage), l’eczéma, l’urticaire et les réactions médicamenteuses. On peut calmer les démangeaisons grâce à des crèmes et traitements médicaux, mais l’idéal reste d’en comprendre la cause pour la traiter.

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Vidéo : démangeaisons de la peau expliquées par le dermatologue

Sommaire :
Définition |
Questions à se poser |
Démangeaisons localisées |
Démangeaisons généralisées |
Prurit sans boutons |
Facteurs aggravants |
Calmer les démangeaisons |
Points clés |
Questions fréquentes

Démangeaison de la peau — prurit
Démangeaison cutanée — un symptôme très pénible

Définition des démangeaisons (prurit)

Les démangeaisons de la peau sont médicalement appelées « prurit » (aux Antilles, on parle volontiers de gratelle ou gratel). Il s’agit d’une sensation particulière qui engendre le besoin de se gratter ou de se frotter la peau.

À ne pas confondre avec la dermatillomanie : envie compulsive de gratter sa peau et ses boutons jusqu’à se faire des plaies.

💡 Le saviez-vous ? Les démangeaisons ne sont ressenties qu’à la peau et aux semi-muqueuses (lèvres, sexe…), pas aux muqueuses (gencives…) ni aux viscères.

La perception du prurit est très variable d’une personne à l’autre, modulée par des facteurs psychologiques (anxiété, excitation, distraction…). Les démangeaisons intenses peuvent retentir sur les capacités intellectuelles, le sommeil (prurit insomniant) et devenir insupportables.

Peau qui gratte — symptôme pénible
La peau qui gratte, un symptôme très pénible

Pour mieux comprendre les mécanismes : voir notre article pourquoi la peau gratte.

Les questions à se poser en cas de démangeaisons

L’origine des démangeaisons varie selon plusieurs facteurs :

L’heure de survenue

Les facteurs déclencheurs ou aggravants

La présence ou non de plaques et boutons

Voir notre article sur les plaques qui grattent.

1. Démangeaisons localisées

1.1 Sans plaques ni boutons

L’origine des démangeaisons localisées sans lésion visible dépend beaucoup de leur localisation :

1.2 Avec plaques rouges ou boutons

Les démangeaisons localisées siègent le plus souvent sur des plaques rouges qui grattent, selon leur localisation : bras, coudes, plis des coudes, jambes, derrière les genoux, ventre, dos, visage, cuir chevelu, sexe, anus.

Voir aussi nos articles sur les boutons rouges qui grattent selon leur localisation : bras, jambes, ventre, dos, visage, cuir chevelu, anus, pubis, sexe.

2. Démangeaisons sur tout le corps

Les démangeaisons généralisées peuvent avoir un retentissement intense sur la qualité de vie, perturber le sommeil et devenir insupportables. On distingue deux cas : avec ou sans lésions cutanées visibles.

2.1 Avec boutons ou plaques : les dermatoses diffuses prurigineuses

  • Eczéma : la dermatite atopique peut donner des plaques très diffuses sur tout le corps
    Eczéma diffus prurigineux
    Eczéma profus
  • Lichen plan : papules violacées prédominant sur les poignets ou les jambes → voir lichen plan
    Lichen plan — papules violacées
    Lichen plan
  • Urticaire : aspect de piqûres d’orties, très prurigineux → voir urticaire
    Urticaire — plaques qui démangent
    Urticaire
  • Gale : démangeaisons nocturnes, boutons sur les mains, poignets, sexe, seins → voir gale
    Boutons de gale
    Boutons de gale
  • Prurigo : gros boutons prédominant sur les bras et le haut du dos → voir prurigo
  • Pemphigoïde bulleuse : peut débuter par des plaques rouges non bulleuses → voir pemphigoïde bulleuse
  • Pityriasis rosé de Gibert : éruption faisant suite à une plaque initiale → voir pityriasis rosé de Gibert
    Pityriasis rosé de Gibert — efflorescence autour du médaillon initial
    Efflorescence de plaques autour du médaillon initial
  • Parasitoses : dermite des nageurs (étang ou mer), onchocercose, trypanosomiase, bilharziose, distomatose… De nombreuses parasitoses s’attrapent dans le sable et l’eau stagnante
  • Grossesse : pemphigoïde gravidique, prurigo gravidique ou PUPP

📚 Référence scientifique : Prurit chronique : physiopathologie, diagnostic et traitement — PubMed

2.2 Peau qui gratte sans boutons : prurit sine materia

Quand surviennent des démangeaisons sans aucun bouton visible, on parle de prurit sine materia. Ce type de prurit doit faire rechercher une cause interne :

  • Insuffisance rénale chronique : mécanisme mal connu (rôle de l’hémodialyse, peau sèche, anomalies phosphocalciques…). Traitement difficile : cholestyramine, photothérapie UVB📚 Prurit urémique : revue et nouvelles thérapies — PubMed
  • Rétention biliaire (cholestase) : cirrhose biliaire primitive, hépatite, médicament, cancer des voies biliaires ou du pancréas. Traitement : cholestyramine, phénobarbital
  • Causes hématologiques :
    • Maladie de Vaquez → prurit aquagénique (démangeaisons au contact de l’eau chaude)
    • Maladie de Hodgkin et autres lymphomes → les démangeaisons peuvent précéder les ganglions
    • Dysglobulinémies monoclonales (myélome, Waldenström)
    • Carence martiale (manque de fer)

    📚 Prurit et cancers : ne pas oublier les causes malignes — PubMed

  • Parasitoses : notamment la ciguatera
  • Grossesse : prurit gravidique sine materia lié à une cholestase, surtout au 3e trimestre, prédominant aux paumes et plantes. Traitement : cholestyramine ou acide ursodéoxycholique
  • Causes endocrinologiques :
    • Hyperthyroïdie (maladie de Basedow) ou hypothyroïdie
    • Dermatite auto-immune à la progestérone ou aux œstrogènes
    • Syndrome carcinoïde (tumeur digestive libérant de l’histamine)
  • Cancers : côlon, estomac, prostate, poumon…
  • Médicaments : amiodarone, aspirine, antibiotiques (pénicillines, vancomycine, rifampicine…), captopril, chloroquine, isotrétinoïne (Roaccutane®, Curacne®…), phénothiazines, morphiniques…
  • Prurit sénile (sujet âgé) : diagnostic d’élimination, souvent dans un contexte de peau sèche

⚠️ Le bilan classique d’un prurit sine materia comprend : biopsie cutanée avec immunofluorescence directe (sujet âgé), NFS, VS, CRP, urée, créatinine, bilan hépatique, LDH, glycémie, ferritine, TSH, électrophorèse des protéines, sérologies VIH/VHA/VHB/VHC, examen parasitologique des selles, radiographie thoracique et échographie abdominale.

Voir l’article consacré aux démangeaisons sans boutons

Facteurs aggravant les démangeaisons

Certains facteurs aggravent les démangeaisons et doivent être évités :

  • Agents irritants : savon, eau chaude, toilette trop fréquente, vêtements en laine
  • Chauffage excessif et air sec

Calmer les démangeaisons

Voir notre article complet : calmer les démangeaisons et soigner la peau qui gratte.

Points clés

  • Les démangeaisons localisées peuvent être dues à des plaques qui grattent ou survenir sans lésion visible
  • Les démangeaisons diffuses peuvent être liées à des dermatoses (urticaire, eczéma…) ou être sans signe cutané (prurit sine materia)
  • Un prurit sine materia doit faire rechercher une cause interne, notamment un cancer ou une hémopathie
  • La détermination de la cause est souvent longue et difficile
  • Il est important d’éviter les facteurs aggravants et de suivre les prescriptions médicales

Questions fréquentes sur les démangeaisons

Pourquoi les démangeaisons sont-elles souvent plus intenses la nuit ?

La nuit, la température corporelle augmente légèrement et les distractions de la journée disparaissent, ce qui amplifie la perception du prurit. Des démangeaisons à prédominance nocturne sont un signe évocateur de gale.

Peut-on avoir des démangeaisons sans boutons ?

Oui, c’est le prurit sine materia. Il peut révéler une maladie interne (insuffisance rénale, cholestase, hémopathie, cancer, hypothyroïdie…) et nécessite un bilan médical complet.

Les démangeaisons peuvent-elles être liées à un cancer ?

Oui. Un prurit sine materia persistant doit faire évoquer un cancer du côlon, de l’estomac, de la prostate, du poumon, ou une hémopathie maligne (lymphome de Hodgkin, myélome…). Un bilan médical est indispensable. Voir la référence : PubMed — Prurit et cancers.

Comment calmer rapidement des démangeaisons ?

En attendant une consultation médicale : évitez l’eau chaude, les savons irritants et les vêtements en laine. Appliquez une crème hydratante apaisante. Les antihistaminiques peuvent soulager temporairement. Voir l’article calmer les démangeaisons.

Les démangeaisons sont-elles contagieuses ?

Les démangeaisons en elles-mêmes ne sont pas contagieuses. Mais leur cause peut l’être : la gale est hautement contagieuse, contrairement à l’eczéma .

Que faire si la peau gratte pendant la grossesse ?

Le prurit gravidique peut être lié à une cholestase hépatique gravidique (surtout au 3e trimestre, aux paumes et plantes) ou à des dermatoses spécifiques (pemphigoïde gravidique, PUPP). Consultez votre médecin sans tarder car certaines formes nécessitent une prise en charge urgente.


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SOINS ECZEMA ATOPIQUE (ECZEMA BEBE) : les soins du dermatologue

Les soins de l’ eczema atopique : conseils


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L’important est de diminuer ce qui peut être contrôlé : la sécheresse de la peau et les allergènes


Diminuer la sécheresse de la peau :

 

Utiliser des savons doux type savon surgras sans parfum. On peut rajouter dans le bain des huiles ou des poudres (amidon, avoine…)

Eviter les bains ou douches trop chaudes (sup. à environ 37°C) et trop longs (sup. à 5-10 minutes)

Se sécher en tamponnant, sans frotter Et appliquer sur peau encore légèrement humide, juste après le séchage, une crème hydratante dermatologique, si possible sans parfums ni conservateurs


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Diminuer les contacts avec les allergènes et les irritants :

Le cadre de vie :

Suppression du tabagisme dans les pièces fréquentée par l’enfant et dans la voiture. La maison et a fortiori la chambre doivent être saines :

Réduire au maximum la présence de moquettes, tentures, peluches (et laver souvent ces dernières)

Eviter les animaux de compagnie ne pas surchauffer les pièces (max. 19°C) aérer et aspirer fréquemment

Eviter les pièces humides avec des moisissures

Les vêtements :

Les laver avec une lessive sans assouplissants ni phosphates.

Bien rincer le linge

Préférer le coton à la laine et aux synthétiques

Les aliments :

Il vaut mieux commencer la diversification tard (vers 5-6 mois) et nintroduire quun aliment par semaine si possible. Il est préférable d’éviter les œoeufs et l’arachide avant un an


Vaccination de l’enfant atopique

Les vaccinations ne sont pas contre-indiquées. On évite juste de les pratiquer durant une poussée.

Pour les jeunes enfants en poussée, il faut éviter le contact avec les personnes ayant un  » bouton de fièvre «  (Herpès labial) car ils risquent de faire une crise d’herpes profus appelé syndrome de Kaposi Juliusberg

Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique

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TRAITEMENT ECZEMA : calmer les démangeaisons et guérir l’eczéma

Traitement de l’eczéma : dermocorticoïdes, immunosuppresseurs et biothérapies

Crème dermocorticoïde pour le traitement de l'eczéma

Le traitement de l’eczéma — et notamment de la dermatite atopique — repose sur une stratégie en escalade thérapeutique : des soins de base quotidiens aux biothérapies les plus récentes, selon la sévérité et l’âge du patient. L’objectif est de contrôler les poussées, réduire leur fréquence et restaurer la qualité de vie. Pour comprendre les formes et causes d’eczéma, voir : eczéma — symptômes, formes et causes.

Eczéma résistant aux traitements habituels ? Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation rapidement, souvent le jour même ou le lendemain.
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Sommaire :
Soins de base |
Dermocorticoïdes |
Inhibiteurs calcineurine |
Traitements systémiques |
Biothérapies et JAK |
Selon l’âge |
Traitements naturels |
Cluster eczéma |
Questions fréquentes

Soins de base quotidiens — la base indispensable

Quel que soit le stade, les soins de base sont non négociables. Ils reconstituent la barrière cutanée défaillante (déficit en filaggrine, céramides réduites) et réduisent la fréquence et l’intensité des poussées même sans traitement médicamenteux associé.

Soin Recommandation Pourquoi
Émollients 1 à 2 applications/j sur tout le corps, toute l’année — même en période calme Restaurent les lipides intercornéocytaires, réduisent la perte hydrique (TEWL)
Douche tiède courte ≤ 5 minutes, eau à 34–36°C, savon surgras ou pain dermatologique L’eau chaude et les savons détergents aggravent la sécheresse cutanée
Application post-douche Dans les 3 minutes après la douche, sur peau encore légèrement humide Occlusion de l’eau résiduelle — efficacité maximale
Vêtements Coton ou soie — éviter laine et synthétiques au contact direct Réduction des frottements irritants et de la macération
Température ambiante 19–20°C, humidificateur si air sec La chaleur et la transpiration déclenchent le prurit
💡 Règle des 3 minutes : appliquer l’émollient dans les 3 minutes suivant la douche multiplie son efficacité. Cette règle simple, souvent méconnue, améliore significativement le contrôle de la sécheresse cutanée.

Dermocorticoïdes — traitement de référence des poussées

Les dermocorticoïdes (DC) restent le traitement de première ligne des poussées à tout âge. Leur mauvaise réputation est souvent injustifiée — correctement utilisés, ils sont sûrs et efficaces. La classe est choisie selon la localisation et l’âge.

Classe Puissance Exemples Indications principales
Classe I Faible Hydrocortisone 1 % (Dermacort®) Visage, plis, nourrisson — usage prolongé possible
Classe II Modérée Locapred®, Tridésonit® Visage enfant, plis adulte
Classe III Forte Betnéval®, Diprosone®, Efficort® Corps adulte — référence pour les poussées
Classe IV Très forte Dermoval®, Clarelux® mousse Paumes, plantes, cuir chevelu, formes lichénifiées
💡 Thérapie proactive : après contrôle de la poussée, poursuivre le DC 2 fois par semaine sur les zones habituellement atteintes réduit de 50 % la fréquence des rechutes — recommandé par les guidelines EADV 2023.

Inhibiteurs de calcineurine topiques

Alternative aux DC pour les zones sensibles (visage, paupières, plis) où les DC sont contre-indiqués au long cours. Ils n’entraînent pas d’atrophie cutanée. Principal inconvénient : sensation de brûlure initiale les premiers jours.

Molécule Spécialité Âge minimum Indication
Tacrolimus 0,03 % Protopic® 0,03 % 2 ans Eczéma modéré à sévère — visage, plis, paupières
Tacrolimus 0,1 % Protopic® 0,1 % 16 ans Adulte — poussées modérées à sévères zones sensibles
Pimécrolimus 1 % Elidel® 2 ans Eczéma léger à modéré — entretien zones sensibles

→ Voir : Tacrolimus (Protopic®) — mode d’emploi, effets secondaires, précautions

Traitements systémiques classiques

Réservés aux formes sévères résistantes aux traitements locaux bien conduits. De moins en moins prescrits depuis l’arrivée des biothérapies, mais utiles dans certaines situations.

Molécule Posologie Surveillance Limites
Ciclosporine (Néoral®) 2,5 à 5 mg/kg/j en 2 prises PA, créatinine tous les 15 j puis mensuels Max 2 ans continus. Rechute à l’arrêt fréquente.
Méthotrexate (Imeth®) 10 à 25 mg/semaine SC ou PO NFS, transaminases mensuels. Acide folique obligatoire. Efficacité modeste dans l’eczéma vs ciclosporine.
Azathioprine (Imurel®) 1 à 3 mg/kg/j NFS mensuels. Dosage TPMT avant prescription. Hors AMM eczéma. Option si CI ciclosporine.
Corticothérapie orale 0,5 mg/kg/j prednisone — cure courte uniquement Glycémie, PA Sauvetage uniquement — rebond fréquent. Jamais au long cours.
Corticoïdes oraux au long cours — formellement contre-indiqués dans l’eczéma : rebond sévère à l’arrêt et effets secondaires systémiques graves. Depuis l’arrivée des biothérapies, il n’existe aucune justification à leur utilisation prolongée dans la dermatite atopique.

Biothérapies et inhibiteurs JAK

Depuis 2017, les biothérapies ciblant l’axe IL-4/IL-13 et les inhibiteurs JAK ont transformé la prise en charge des formes sévères. En 2026, le dupilumab (Dupixent®) reste la référence — efficacité et tolérance confirmées sur plus de 7 ans de recul.

Molécule Cible Spécialité Âge / rythme
Dupilumab ⭐ référence Anti-IL-4Rα (bloque IL-4 + IL-13) Dupixent® Dès 6 mois. Injection SC toutes les 2 semaines.
Tralokinumab Anti-IL-13 Adtralza® Adulte. Toutes les 2 sem. puis toutes les 4 sem.
Lebrikizumab Anti-IL-13 Ebglyss® (AMM 2023) Adulte. Toutes les 2 sem. puis 4 sem.
Abrocitinib Inhibiteur JAK1 Cibinqo® ≥ 12 ans. Comprimé oral 1×/j. Réponse rapide.
Upadacitinib Inhibiteur JAK1 Rinvoq® ≥ 12 ans. Comprimé oral 1×/j. Efficacité supérieure.
Baricitinib Inhibiteur JAK1/2 Olumiant® Adulte. Comprimé oral 1×/j. Aussi indiqué pelade.
💡 JAK inhibiteurs vs biothérapies : les JAK ont une action plus rapide (prurit soulagé en 24–48 h) mais nécessitent une surveillance plus étroite (NFS, lipides, créatinine). Les biothérapies injectables ont un profil de tolérance à long terme mieux documenté. → Inhibiteurs JAK en dermatologie — baricitinib, upadacitinib, abrocitinib.

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DUPILUMAB ET BIOTHERAPIES
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Stratégie thérapeutique selon l’âge

Âge Traitement de base Escalade si insuffisant
Nourrisson (0–2 ans) Émollients intensifs, DC classe I-II Tacrolimus 0,03 % dès 2 ans. Pas de systémique.
Enfant (2–12 ans) Émollients, DC classe II-III, tacrolimus 0,03 % Dupilumab dès 6 mois (AMM), ciclosporine si nécessaire
Adolescent (12–18 ans) DC classe III, tacrolimus 0,1 %, émollients Dupilumab, abrocitinib, upadacitinib (AMM ≥ 12 ans)
Adulte DC classe III-IV selon localisation, TCI zones sensibles Dupilumab en 1re intention systémique. JAK si réponse rapide souhaitée.
Personne âgée Émollients ++, DC avec prudence (peau fragile) Dupilumab bien toléré. Prudence JAK (interactions médicamenteuses).

Traitements naturels et complémentaires

En complément du traitement médical, certaines approches peuvent aider à réduire la fréquence des poussées : émollients à base d’huile de tournesol ou de beurre de karité, probiotiques (en prévention chez le nourrisson atopique), eau thermale, gestion du stress. Ces approches ne remplacent pas les traitements médicaux validés mais peuvent améliorer le confort au quotidien.

Traitements naturels de l’eczéma — ce qui marche, ce qui ne marche pas

Cluster eczéma — toutes les pages

Questions fréquentes sur le traitement de l’eczéma

Les dermocorticoïdes sont-ils dangereux pour les enfants ?

Non, utilisés correctement selon la classe et la localisation. La corticiphobie — peur irrationnelle des DC — conduit à des eczémas mal contrôlés, eux-mêmes délétères pour le développement cutané de l’enfant.

Le Dupixent® est-il remboursé en France ?

Oui, à 100 % dans le cadre d’une ALD pour les formes modérées à sévères chez l’adulte et l’enfant dès 6 mois, en échec des traitements conventionnels. La prescription initiale est hospitalière (dermatologue ou pédiatre).

Peut-on guérir définitivement de l’eczéma ?

L’eczéma de l’enfant s’améliore spontanément dans 60 à 70 % des cas à l’adolescence. Chez l’adulte, les traitements permettent un contrôle excellent voire une rémission prolongée, mais pas une guérison définitive au sens strict.

Les aliments déclenchent-ils des poussées d’eczéma ?

Chez le nourrisson, les allergies alimentaires (lait, œuf, arachide) peuvent aggraver l’eczéma dans 30 à 40 % des cas sévères. Chez l’adulte, le rôle de l’alimentation est beaucoup plus limité. Un régime d’éviction ne doit jamais être entrepris sans bilan allergologique préalable.

Faut-il éviter la natation en cas d’eczéma ?

Non, mais avec précautions. Douche douce et émollient immédiatement après la baignade en piscine chlorée. La natation en eau de mer est souvent bénéfique (effet anti-inflammatoire du sel). L’activité physique ne doit pas être sacrifiée à cause de l’eczéma.

Quelle est la différence entre les JAK inhibiteurs et le Dupixent® ?

Les JAK inhibiteurs (abrocitinib, upadacitinib, baricitinib) sont des comprimés oraux avec une action plus rapide sur le prurit (24–48 h) mais nécessitent une surveillance biologique. Le dupilumab (Dupixent®) est une injection sous-cutanée bimensuelle avec un profil de sécurité mieux documenté sur le long terme. Le choix dépend du profil du patient et des comorbidités.

Références scientifiques

Voir aussi :
Eczéma — symptômes et causes |
Protopic® (tacrolimus) |
Inhibiteurs JAK |
Stress et eczéma |
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ECZEMA : solution contre les eczemas (ou exema)

Eczéma : symptômes, formes et causes — guide complet

Eczéma — différentes formes et localisations
Eczéma — image générée par IA

L’eczéma (parfois écrit « exéma ») est une maladie de peau très fréquente, caractérisée par des plaques vésiculeuses qui démangent, pouvant survenir sur le corps, le visage, les mains, les jambes… Il touche 15 à 20 % des enfants et 5 à 10 % des adultes en France. Il ne désigne pas une seule maladie mais un syndrome : il existe plusieurs formes d’eczéma, chacune avec ses causes et sa prise en charge spécifique.

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Eczéma — aspect clinique typique
Eczéma — aspect clinique typique

Cet article en vidéo


Vidéo : l'eczéma expliqué par le dermatologue

Sommaire :
Symptômes |
Formes d’eczéma |
Causes |
Localisations |
Eczéma de l’enfant |
Points clés |
Toutes les pages du cluster |
Questions fréquentes

Symptômes de l’eczéma

Il n’y a pas un mais des eczémas : l’eczéma est un syndrome, un signe cutané pouvant avoir plusieurs causes. Le mot « eczéma » vient d’un verbe grec signifiant « sortir en bouillonnant ».

Phase aiguë

L’eczéma est le plus souvent marqué par une éruption rouge et parfois gonflée qui provoque des démangeaisons, puis apparaissent des vésicules qui se rompent, donnant un aspect suintant puis croûteux.

Eczéma vésiculeux aigu typique du dos de la main
Eczéma vésiculeux aigu typique du dos de la main

Eczéma aigu vésiculeux de la main
Eczéma aigu vésiculeux de la main — allergie de contact possible

Chronicisation

L’eczéma tend à desquamer, voire à se chroniciser en s’épaississant : c’est la lichénification. Il est fréquent de voir plusieurs plaques évoluant chacune à des stades différents.


Vidéo : eczéma chronique et lichénification

Les différentes formes d’eczéma

Eczéma aigu

L’eczéma aigu est d’apparition soudaine, marqué par des plaques rouges et gonflées qui démangent, à bords émiettés et mal délimités. Puis apparaissent de petites vésicules millimétriques pouvant confluer en bulles (eczéma bulleux).

Eczéma bulleux
Eczéma bulleux

Ces vésicules suintent souvent au début — ce qui inquiète parfois les patients qui craignent une infection.

Eczéma suintant du visage
Eczéma suintant du visage

Eczéma chronique

L’eczéma chronique est un eczéma sec, formé de placards rouges et squameux à bordures mal délimitées, qui démangent habituellement. Il peut se fissurer.

Eczéma chronique fissuré
Eczéma chronique fissuré

Eczéma lichénifié

L’eczéma lichénifié est un eczéma chronique qui s’épaissit au fil du temps : les démangeaisons provoquent un grattage chronique, qui entraîne une lichénification — plaques roses à violacées, indurées et sillonnées de stries blanches.

Eczéma des mains lichénifié — peau épaissie
Eczéma des mains lichénifié (peau épaissie)

En dermatoscopie, la plaque d’eczéma chronique présente des vaisseaux en points regroupés sur fond rouge et des squames jaunes.

Dermatoscopie d'une plaque d'eczéma : vaisseaux en points et squames jaunes
Plaque d’eczéma en dermatoscopie : vaisseaux en points et squames jaunes

Eczéma infecté (impétiginisé)

L’eczéma peut s’infecter, notamment à cause d’un staphylocoque : le suintement devient jaune et purulent, évoluant en croûtes jaunâtres ressemblant à du miel cristallisé (croûtes mélicériques).

Eczéma surinfecté du visage
Eczéma surinfecté du visage

⚠️ Toute modification du suintement, rougeur sensible autour des lésions, apparition de ganglions ou de fièvre impose de consulter rapidement.

Eczéma sec ou craquelé (astéatotique)

L’eczéma craquelé (winter eczema) s’observe surtout en hiver chez les personnes à peau sèche — personnes âgées notamment. La peau fissurée ressemble à un dallage irrégulier, surtout sur les membres.

Un eczéma craquelé atypique (atteinte diffuse, résistance aux dermocorticoïdes) peut être associé à une tumeur maligne ou une hémopathie. Causes courantes : savons détergents, solutions alcoolisées, air sec, isotrétinoïne, statines, hypothyroïdie.

Eczéma variqueux

Forme particulière survenant sur les jambes en cas d’insuffisance veineuse chronique — rougeur et démangeaisons autour des varices ou des œdèmes. Voir : eczéma variqueux — causes et traitement.

Eczéma de contact (allergique)

Allergie cutanée de type IV à une substance précise (nickel, parfums, conservateurs, caoutchouc, cosmétiques). Nécessite des patch tests pour identifier l’allergène.

Eczéma et stress

Le stress est un facteur déclenchant reconnu des poussées d’eczéma via l’axe neuro-immun. Voir : eczéma et stress — mécanismes et gestion.

Les causes de l’eczéma

Type d’eczéma Mécanisme principal Facteurs déclenchants
Dermatite atopique Anomalie barrière cutanée (filaggrine) + dérégulation immunitaire Th2 Acariens, poils d’animaux, pollens, stress, infections
Eczéma de contact allergique Allergie type IV (retardée) à un allergène de contact Nickel, parfums, conservateurs, latex, cosmétiques
Eczéma de contact irritatif Agression directe de la barrière (non allergique) Savons, détergents, eau, frottements répétés
Eczéma variqueux Stase veineuse chronique → inflammation Insuffisance veineuse, œdème des membres inférieurs
Eczéma astéatotique Sécheresse cutanée extrême Âge, hiver, médicaments (isotrétinoïne, diurétiques)
Eczéma nummulaire Mécanisme mixte (atopique + irritatif) Stress, sécheresse, alcool

Formes selon leur localisation

Localisation Caractéristiques Page dédiée
Mains Vésicules palmaires (dyshidrose), fissures, contact professionnel Eczéma des mains
Visage Atopique (enfant), cosmétiques (adulte), paupières Eczéma du visage
Jambes Variqueux, contact (bas, médicaments topiques) Eczéma des jambes

Eczéma de l’enfant — dermatite atopique

La dermatite atopique est la forme la plus fréquente chez l’enfant. Elle débute souvent avant 2 ans et peut s’améliorer spontanément à l’adolescence dans 60 à 70 % des cas.

💡 Triade atopique : eczéma, asthme et rhinite allergique sont liés par le même terrain immunitaire Th2. Un enfant atopique peut présenter les trois à des degrés variables.

Points clés

  • Il n’y a pas un mais des eczémas, ayant chacun des causes différentes
  • La cause la plus fréquente est la dermatite allergique de contact, détectée grâce aux patch tests
  • Lorsqu’une allergie est identifiée, l’éviction de l’allergène est primordiale
  • Certains eczémas ne se déclenchent qu’avec le soleil : c’est le photoeczéma
  • Le traitement de l’eczéma repose sur des dermocorticoïdes et, pour les formes sévères, des biothérapies comme le dupilumab (Dupixent®)

>>> Suite : Traitement de l’eczéma — dermocorticoïdes, immunosuppresseurs, biothérapies

Toutes les pages du cluster eczéma

Localisations spécifiques
Eczéma des mains
Eczéma du visage
Eczéma des jambes

Pour aller plus loin


Vidéo eczéma — Dermatoinfo

Questions fréquentes sur l’eczéma

Mon enfant a de l’eczéma, qu’en penser ?

Il s’agit probablement d’une dermatite atopique. Cette forme constitutionnelle s’améliore spontanément dans 60 à 70 % des cas à l’adolescence. Un suivi dermatologique permet d’adapter le traitement à chaque poussée.

J’ai de l’eczéma quand je travaille — allergie professionnelle ?

Probablement. Des patch tests chez un dermatologue ou allergologue permettent d’identifier l’allergène. En cas d’allergie professionnelle confirmée, le médecin du travail doit être associé.

Quelle différence entre eczéma atopique et eczéma de contact ?

L’eczéma atopique est constitutionnel, lié à une anomalie de la barrière cutanée et une dérégulation immunitaire Th2. L’eczéma de contact est une allergie de type IV à une substance précise — nickel, parfums, conservateurs — détectable par patch tests.

L’eczéma est-il lié à l’asthme ?

Oui. Le lien est le terrain allergique — un système immunitaire qui réagit de façon exagérée aux allergènes. Quand ce sont les bronches qui réagissent, cela donne de l’asthme ; quand c’est la peau, de l’eczéma. C’est la triade atopique.

Comment traiter un eczéma qui apparaît quand les jambes enflent ?

Il s’agit probablement d’un eczéma variqueux. Si l’œdème est important, les varices sous-jacentes doivent être traitées. Si les deux jambes sont touchées sans varices, il faut éliminer une cause cardiaque ou rénale.

Existe-t-il un traitement naturel de l’eczéma ?

Certaines approches complémentaires (émollients naturels, probiotiques, gestion du stress) peuvent aider en complément du traitement médical. Voir : traitements naturels de l’eczéma.

Voir aussi :
Traitement de l’eczéma |
Eczéma de contact |
Dermatite atopique |
Eczéma et stress |
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TRAITEMENT URTICAIRE : comment soigner et guérir l’urticaire

Traitement de l’urticaire : comment soigner l’urticaire


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Nous avons vu dans l’article consacré à l’urticaire, qu’il existait des facteurs aggravants ou favorisants

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Soigner l’urticaire aigue (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

Traitement de l’urticaire chronique (urticaire durant plus de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire chronique nécessite souvent un traitement de l’allergie par antihistaminiques au long cours, de plusieurs mois.

1/Recherche et éviction de la cause de l’urticaire chronique

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’urticaire :

  • Angio-œoedème :

dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase. Administration d’inhibiteur de la C1 esterase en voie veineuse, acide transexamique…

En cas d’angio-œoedème facial, localisé et inexpliqué :

bilan dentaire et ORL à la recherche d’un foyer infectieux => traitement du foyer infectieux

En cas d’angio-œdème du visage récidivant chez l’enfant :

pricktests cutanés à la recherche d’une allergie alimentaire vraie et éviction de l’aliment suspect pendant 3 semaines.

En cas d’amélioration : réalisation d’un test de provocation orale, qui s’il est positif entraine une éviction de l’aliment et de ceux contenant le même allergène ou suspects d’allergies croisées.

  • Urticaires physiques :

éviction de certaines situations déclenchantes associée à un traitement antihistaminique non anticholinergique

Urticaire à la pression

Eviter les facteurs déclenchants (port de charges, agenouillement prolongé… ). Anti histaminiques

Urticaire cholinergique

Eviter l’augmentation de la température centrale du corps (après un exercice physique ou bain chaud par exemple).

Un antihistaminique peut être proposée avant la pratique du sport.

Bêta-bloquants ?

Urticaire au froid

Rechercher cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse et immunoélectrophorèse des protéines.

Prévenir les patients du risque qu’ils courent lors d’une immersion en eau froide (anaphylaxie) ou de la consommation d’aliments glacés (oedeme laryngé).

Protection vestimentaire contre le froid

Antihistaminiques
Désensibilisation au froid? : exposer jour après jour une surface cutanée croissante pendant 5 minutes par jour à une eau de 8 à 15 °C. La désensibilisation est obtenue lorsqu’on supporte l’exposition jusqu’aux épaules à une eau à 15 °C sans urticaire. L’entretien de la désensibilisation se fait en prenant deux douches par jour à 15 °C, de 5 minutes chacune.

Urticaire solaire

Voir l’allergie au soleil

Urticaire aquagénique

Son diagnostic repose sur la positivité du test réalisé avec une compresse humide mais parfois il faut, sous stricte surveillance hospitalière, immerger un membre ou d’une partie plus importante du corps durant plus de 15 minutes.

Prendre des douches de durée brève, de ne jamais se baigner sans surveillance.

Anti histaminiques et creme hydratante avant les bains et douches

Une pincée de bicarbonate dans l’eau du bain

  • Urticaire de contact :

pricktests et éviction de l’allergène. Antihistaminique

  • Urticaire alimentaire :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Il s’agit en effet le plus souvent de fausse allergie alimentaire par consommation d’aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs (fraises, crustacés… ), ainsi, on recommande dans un premier temps l’éviction des aliments riches en amines biogènes :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

En l’absence d’amélioration de ce régime, ou en cas de doute d’une allergie alimentaire vraie (l’urticaire alimentaire est alors parfois précédée par des démangeaisons ou des picotements voire un gonflement des lèvres et de la muqueuse dans la bouche rapidement après la prise alimentaire (poissons et les crustacés, l’arachide, le soja, les céréales, l’oeuf, le lait de vache, des fruits exotiques… ) et elle peut être associée à des douleurs digestives. On peut alors doser les IgE spécifiques alimentaires dans le sang, voire réaliser prudemment des prick tests

  • Urticaire médicamenteuse :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

En fait un tiers à la moitié environ des urticaires de tous types seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les Anti inflammatoires non stéroidiens. De même, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angioœdèmes de la face et du coup, tout antécédent d’angio-œdème est une contre-indication aux Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion.

  • Signes évocateurs de vascularite urticarienne

fixité des lésions, absence ou faible démangeaison, purpura, nodules, livedo suspendu… :

bilan de vascularite et biopsie de peau

  • Doutes sur la fonction thyroidienne :

la fréquence des thyroïdites auto-immunes est augmentée chez les sujets présentant une Urticaire chronique : bilan thyroidien et recherche d’Anticorps anti thyroglobuline et thyroperoxydase.

  • Doute d’ulcere gastroduodenal :

réalisation d’une fibroscopie avec recherche d’Helicobacter pylori. Le cas échéant, traitement par inhibiteurs de pompe à proton + antibiothérapie

2/Psychologie

L’urticaire chronique ayant souvent un substrat psychologique (stress… ) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie… ), une prise en charge psychologique peut être proposée (relaxation, thérapies cognitivo-comportementales… ).

3/ les médicaments contre l’urticaire chronique

3.1/ Anti histaminiques

Traitement de 1ère ligne

On privilégie l’utilisation d’anti-Histaminiques non anticholinergiques (dits de 2e génération), qui entraînent moins d’effets secondaires (somnolence, glaucome, troubles urinaires en cas d’hypertrophie de la prostate.

En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif du traitement est proposé, sinon, on utilise alors une association d’un anti-H1 non anticholinergique (dit de 2e génération) le matin et un anti-H1 anticholinergique (dit de 1re génération) sédatif le soir.

En l’absence d’amélioration avec les antihistaminiques à dose normale, le médecin peut choisir de passer à la

Seconde ligne thérapeutique

Le médecin peut décider de monter les doses des antihistaminiques jusqu’à 4 fois la dose normale pour voir si cela permet une rémission, sous controle médical et en l’absence de contre indication

3.2/ Des piqures contre l’urticaire chronique : XOLAIR*

Voir l’article sur les piqures contre l’urticaire

Traitement de l’urticaire avec signes de gravité

En cas de détresse respiratoire, de malaise avec tachycardie
et hypotension… il repose sur l’adrénaline administrée
par voie intramusculaire à une dose de 0,3 à 0,5 mg, associée
dès que possible à une oxygénothérapie, à de la cortisone et la pose d’une voie veineuse pour remplissage vasculaire.

Ces formes graves d’urticaire sont parfois précédées de signes prémonitoires : une voix nasonnée, gêne à la déglutition, sensation d’oppression thoracique voire une difficulté à respirer, des
nausées et des douleurs abdominales, une diarrhée. Ces signes
nécessitent un traitement immédiat par un antihistaminique et cortisone, une hospitalisation en urgence et une surveillance de
24 heures.

Le médecin délivrera une trousse d’urgence contenant un kit d’adrénaline auto-injectable aux personnes à risque de réaction anaphylactique grave et une conduite à tenir en cas de survenue de crise évocatrice :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Les conseils du dermatologue en cas d’urticaire

  • En plus du traitement par voie orale, il peut être utile en cas de démangeaisons importantes de s’appliquer du talc officinal sur les lésions. Ceci ne diminue cependant pas l’urticaire.
  • En cas d’inefficacité du traitement antihistaminique, il ne faut pas hésiter à reconsulter car un simple changement de médicament antihistaminique peut parfois se révéler utile.
  • Le traitement d’une première crise doit être effectué durant 15 j au moins car il existe un risque de récidive lors d’un arrêt trop précoce.
  • En cas d’allergie aux piqûres d’hymenoptères (abeilles, guêpes…) ou de risque d’anaphylaxie, il est souvent utile d’avoir sur soi un kit dadrénaline auto-injectable prescrit par le médecin (voir plus haut).

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URTICAIRE : symptomes et comment calmer les boutons d’urticaire

Urticaire : causes, symptômes et traitement

L’urticaire provoque des plaques gonflées et très prurigineuses sur la peau, ressemblant à des piqûres d’ortie. C’est l’une des maladies dermatologiques les plus fréquentes : elle touche 1 personne sur 5 au moins une fois dans sa vie. Sa cause est parfois évidente (médicament, aliment, infection) mais reste introuvable dans 70 à 80 % des formes chroniques.

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urticaire plaques gonflées piqûres ortie
Urticaire — plaques gonflées qui démangent

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– Les routines quotidiennes
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Sommaire :
Qu’est-ce que l’urticaire |
Symptômes |
Aiguë vs chronique |
Formes particulières |
Causes |
Bilan |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’urticaire ?

L’urticaire est une réaction déclenchée par la libération d’histamine par les mastocytes de la peau. Cette histamine provoque une dilatation aiguë des vaisseaux cutanés, d’où l’aspect gonflé et rouge des plaques. C’est une forme d’allergie de la peau. Elle représente 1 à 2 % des consultations en dermatologie et allergologie.

Symptômes : comment reconnaître une urticaire ?

Les plaques d’urticaire ont 4 caractéristiques typiques :

Caractéristique Description
Monomorphes Toutes les lésions ont le même aspect — papules œdémateuses roses ou rouges, comme des piqûres d’ortie
Prurigineuses Démangeaisons intenses, parfois féroces
Fugaces Chaque plaque disparaît en quelques minutes à quelques heures sans laisser de trace
Évolutives Des lésions disparaissent pendant que d’autres apparaissent ailleurs — aspect de mobilité

À la vitropression (pression du doigt), les plaques blanchissent. Leur bordure est surélevée et bien délimitée par rapport à la peau saine.

papules urticaire piqûres ortie boutons
Papules d’urticaire
plaque urticaire bordure surélevée
Plaque d’urticaire à bordure surélevée
urticaire annulaire anneaux ronds peau
Urticaire en anneaux
urticaire rouge plaques
Urticaire rouge

Urticaire aiguë vs urticaire chronique

Urticaire aiguë Urticaire chronique
Durée Moins de 6 semaines Plus de 6 semaines
Cause retrouvée Souvent identifiable (médicament, aliment, piqûre) Introuvable dans 70–80 % des cas
Évolution Régression spontanée en jours à semaines Durée moyenne 3 à 5 ans. Si > 6 mois : 40 % persistent encore 10 ans plus tard
Bilan sanguin Non nécessaire sauf forme grave Indispensable — bilan complet orienté
Traitement de base Antihistaminiques au moins 15 jours Antihistaminiques ± doses augmentées ± omalizumab

Les formes particulières d’urticaire

Forme Caractéristiques Page dédiée
Urticaire géante Grande surface corporelle atteinte. Risque accru d’œdème de Quincke et d’anaphylaxie. → Urticaire géante
Œdème de Quincke Gonflement profond du visage, lèvres, langue ou larynx. Urgence médicale si atteinte laryngée — appeler le 15. → Œdème de Quincke
Anaphylaxie Urticaire + troubles hémodynamiques (hypotension, choc), respiratoires ou digestifs. Débute classiquement par le cuir chevelu, les paumes ou les plantes. Appeler le 15 immédiatement
Urticaire cholinergique Petites papules punctiformes déclenchées par la chaleur, l’effort ou le stress. Mécanisme neurologique. → Urticaire cholinergique
Dermographisme Plaques sur les zones de grattage ou frottement. Forme d’urticaire physique.
Urticaire au froid Contact avec surface froide ou eau froide.
Urticaire solaire Exposition aux UV. → Urticaire solaire
Urticaire de pression Pression prolongée (bretelles, ceinture).
Urticaire aquagénique Contact avec l’eau quelle que soit sa température.
Vascularite urticarienne Origine auto-immune. Lésions relativement fixes, aspect purpurique, peu prurigineuses. Fièvre et douleurs articulaires possibles. Nécessite biopsie et bilan de vascularite.
Urticaire pigmentaire (mastocytose) Lésions brun-rouges fixes. Frottement → gonflement local (signe de Darier). Dosage tryptase sanguine : < 5 ng/ml normal, 5–20 mastocytose cutanée, > 20 mastocytose systémique.

⚠️ Signes d’anaphylaxie — appeler le 15 immédiatement : urticaire + difficultés à respirer, sifflements, gonflement de la gorge, hypotension, malaise. Ne pas attendre.

Causes de l’urticaire

Les causes sont très nombreuses. Voir l’article détaillé : causes de l’urticaire.

Catégorie Exemples
Médicaments Antibiotiques (pénicillines), AINS, aspirine, IEC, opiacés
Aliments Arachides, fruits de mer, œufs, lait, fruits rouges, additifs alimentaires
Infections Virales (hépatites, EBV), parasitaires (toxocarose)
Maladies auto-immunes Thyroïdite auto-immune, lupus
Piqûres d’hyménoptères Abeilles, guêpes
Stress Facteur déclenchant ou aggravant — voir urticaire et stress
Idiopathique Sans cause retrouvée dans 70–80 % des formes chroniques

Bilan de l’urticaire chronique

Recommandé par la conférence de consensus :

Bilan Examens
Standard (systématique) NFS-plaquettes, VS, CRP, transaminases, gamma-GT, anticorps anti-TPO, TSH, anticorps antinucléaires, complément (C3, C4, CH50), sérologie toxocarose
Symptômes digestifs hauts Fibroscopie gastrique
Urticaire au froid Cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse des protéines
Suspicion de vascularite Bilan de vascularite + biopsie cutanée
Urticaire de contact Prick tests, éviction de l’allergène
Urticaire solaire Phototests
prick tests urticaire allergène avant-bras
Prick tests pour identifier l’allergène

Traitement de l’urticaire

Voir l’article complet : traitement de l’urticaire.

Traitement Indication / utilisation
Antihistaminiques H1 2e génération
(cétirizine, loratadine, bilastine)
1re ligne — à poursuivre au moins 15 jours pour éviter les récidives
Antihistaminiques à doses augmentées Jusqu’à 4× la dose standard en cas d’inefficacité, avant de changer de molécule
Omalizumab (Xolair®) Biothérapie anti-IgE — urticaire chronique spontanée résistante aux antihistaminiques. Remboursé en France depuis 2015 dans cette indication.
Adrénaline auto-injectable (EpiPen®) À avoir sur soi en cas d’antécédent d’anaphylaxie ou d’allergie aux hyménoptères
Talc officinal Sur les lésions en cas de démangeaisons intenses — soulagement local, ne diminue pas l’éruption

Urticaire qui résiste aux antihistaminiques ?
L’omalizumab (Xolair®) est remboursé et très efficace dans les formes chroniques résistantes. Une téléconsultation permet d’évaluer rapidement l’indication.
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Formes particulières
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Sources

Questions fréquentes sur l’urticaire

Quelle est la différence entre urticaire aiguë et urticaire chronique ?

L’urticaire aiguë dure moins de 6 semaines et régresse souvent spontanément — elle est fréquemment liée à un facteur déclencheur identifiable. L’urticaire chronique dure plus de 6 semaines, peut persister plusieurs années et reste sans cause retrouvée dans 70 à 80 % des cas malgré un bilan complet.

L’urticaire est-elle dangereuse ?

L’urticaire simple est bénigne. Certaines formes peuvent se compliquer d’un œdème de Quincke (gonflement du larynx) ou d’une anaphylaxie — urgences nécessitant d’appeler le 15 immédiatement. Consultez dès la première crise pour évaluer ce risque.

Mon traitement antihistaminique ne marche pas — que faire ?

Reconsultez sans attendre. Un changement de molécule ou l’augmentation jusqu’à 4× la dose standard peut suffire. En cas d’échec, l’omalizumab (Xolair®), biothérapie remboursée, est très efficace dans l’urticaire chronique résistante.

L’urticaire peut-elle être liée au stress ?

Oui — le stress peut déclencher ou aggraver une urticaire, notamment l’urticaire cholinergique et l’urticaire chronique idiopathique. Il agit comme facteur favorisant sur un terrain prédisposé. Voir notre article urticaire et stress.

Peut-on avoir de l’urticaire tous les jours pendant des années ?

Oui. Si l’urticaire chronique dure plus de 6 mois, 40 % des patients en souffrent encore 10 ans plus tard. Les biothérapies comme l’omalizumab ont transformé la prise en charge de ces formes sévères et permettent une rémission prolongée dans la majorité des cas.

Voir aussi :
Traitement urticaire |
Causes de l’urticaire |
Urticaire cholinergique |
Urticaire et stress |
Œdème de Quincke |
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ECZEMA DE STRESS : un stress peut-il causer de l’eczema?

Eczéma et stress : poussées, démangeaisons et cercle vicieux

Peau eczémateuse qui gratte — démangeaisons

L’eczéma s’aggrave sous l’effet du stress — c’est une observation clinique constante et désormais biologiquement expliquée. Mais la relation est à double sens : l’eczéma chronique génère lui-même anxiété, dépression et perturbation du sommeil, qui à leur tour alimentent les poussées. Comprendre ce cercle vicieux est indispensable pour le rompre.

Eczéma résistant, poussées fréquentes ou retentissement important sur la qualité de vie ?
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Sommaire :
Les différents types d’eczéma |
Le stress déclenche-t-il les poussées ? |
Mécanismes biologiques |
Stress et démangeaisons |
L’eczéma stresse-t-il ? |
Le cercle vicieux |
Quoi faire ? |
Questions fréquentes

L’eczéma : un syndrome, pas une maladie unique

Le mot eczéma vient du grec ekzein — « sortir en bouillonnant » — et décrit une réaction cutanée commune à plusieurs maladies distinctes. Il n’existe pas un eczéma mais plusieurs, avec des mécanismes, des déclencheurs et des traitements différents :

Type d’eczéma Mécanisme principal Lien avec le stress
Eczéma atopique (dermatite atopique) Génétique (filaggrine), déséquilibre Th2, barrière déficiente Fort — stress amplifie la voie Th2 et dégrade la barrière
Eczéma de contact allergique Allergie retardée (lymphocytes T) à un allergène spécifique Modéré — le stress abaisse le seuil de réaction
Eczéma de contact irritatif Agression chimique directe (savon, eau chaude, béton…) Indirect — stress → grattage → irritation accrue
Eczéma variqueux Insuffisance veineuse chronique des membres inférieurs Faible lien direct

C’est principalement dans la dermatite atopique (DA) que le lien stress-poussées est le mieux documenté — et c’est cette forme qui est développée dans la suite de cet article. L’eczéma n’est donc pas « psychosomatique » au sens d’une maladie sans substrat biologique : il a des causes multifactorielles bien réelles, et le stress est l’un de ces facteurs parmi d’autres.

Le stress déclenche-t-il les poussées de dermatite atopique ?

Oui — plusieurs lignes de preuves convergent :

Données épidémiologiques

L’étude du tremblement de terre au Japon est l’une des plus frappantes : 35 à 40 % des patients atteints de dermatite atopique ayant subi des dommages matériels ont vu leur eczéma s’aggraver après la catastrophe, contre seulement 5 % de ceux qui avaient vécu l’événement sans subir de destruction. La différence — le stress prolongé lié aux pertes matérielles — est le facteur discriminant.

Des études prospectives sur le stress académique (examens) montrent une augmentation significative du SCORAD (score de sévérité de la DA) dans les semaines précédant et suivant les périodes d’examen, avec retour au niveau de base après la période de stress.

Stress prénatal et risque d’eczéma atopique

Le stress maternel pendant la grossesse — documenté par des questionnaires validés ou des événements de vie — est associé à une augmentation du risque de DA chez l’enfant dans plusieurs études. Le mécanisme proposé implique une reprogrammation épigénétique de la réponse immune fœtale via le cortisol maternel, avec une déviation Th2 qui persiste après la naissance. Ces données restent préliminaires mais biologiquement cohérentes.

Mécanismes biologiques — pourquoi le stress aggrave la DA

Les mécanismes détaillés de l’axe cerveau-peau (substance P, mastocytes, axe HPA, CRH cutané) sont développés dans la page stress et peau : l’axe neuro-immun cutané. Les voies spécifiques à la dermatite atopique sont :

Amplification de la voie Th2 : le stress augmente la production d’IL-4, IL-13 et TSLP (Thymic Stromal Lymphopoietin) — les cytokines centrales de la DA. La substance P libérée par les fibres nerveuses C stimule les kératinocytes à produire de la TSLP, qui active les cellules dendritiques et oriente la réponse immunitaire vers Th2. C’est la même voie que cible le dupilumab (anti-IL-4Rα) — le stress l’active par voie neurologique.

Dégradation de la barrière cutanée : le cortisol chronique réduit la synthèse de filaggrine, de loricrine et des lipides lamellaires (céramides). Or la filaggrine est déjà réduite génétiquement dans la DA — le stress aggrave un déficit barrière existant. Une barrière plus perméable laisse entrer plus d’allergènes et d’irritants, abaissant le seuil de déclenchement des poussées.

Sensibilisation des fibres nerveuses prurigènes : le NGF (Nerve Growth Factor) — augmenté par le stress — favorise la survie et la sensibilisation des fibres C nociceptives cutanées. La peau d’un patient stressé est neurологiquement « plus réactive » à des stimuli prurigènes qui ne déclencheraient pas de grattage en l’absence de stress.

Perturbation du microbiome cutané : le stress modifie le pH cutané et la composition du sébum, favorisant la dysbiose cutanée. Dans la DA, la colonisation par Staphylococcus aureus — bactérie pro-inflammatoire qui libère des toxines activant les mastocytes et les cellules Th2 — est amplifiée en période de stress.

Stress et démangeaisons — la perception modifiée

Le stress ne provoque pas seulement plus d’inflammation — il modifie la façon dont le cerveau perçoit et traite les démangeaisons.

Le prurit est traité dans le cortex cingulaire antérieur et le système limbique — les mêmes régions impliquées dans la réponse au stress et l’anxiété. En état de stress, le seuil de tolérance au prurit s’abaisse : un niveau de démangeaison qui serait supportable en état calme devient insupportable en situation de stress ou d’anxiété. C’est un phénomène de sensibilisation centrale — le cerveau amplifie le signal prurit.

Conséquence pratique : plus on est stressé, moins on supporte les démangeaisons, et plus on gratte — ce qui aggrave les lésions, libère plus de médiateurs inflammatoires et entretient la poussée. C’est la boucle prurit-grattage amplifiée par le stress.

Cette sensibilisation centrale explique aussi pourquoi certains traitements anti-stress (ISRS, hydroxyzine, doxépine) ont un effet antiprurigineux indépendant de leur action sur l’anxiété — en agissant directement sur les voies centrales du prurit. Voir démangeaisons et grattage.

L’eczéma génère-t-il du stress ?

Oui — et c’est souvent la direction la moins reconnue du cercle vicieux. L’eczéma chronique est une maladie à fort retentissement psychologique :

Retentissement de l’eczéma Impact documenté
Perturbation du sommeil 60–70 % des patients atteints de DA sévère — réveils nocturnes liés au prurit, dette de sommeil chronique
Impact sur l’image corporelle Lésions visibles → honte, évitement social, impact professionnel
Symptômes anxieux Prévalence 2× supérieure dans la DA sévère par rapport à la population générale
Dépression Risque multiplié par 1,5 à 2 chez les adultes atteints de DA sévère non contrôlée
Retentissement familial (enfant) Mesuré par le CDLQI® (Children’s DLQI) et l’IDQoL® (Infants’ DA QoL) — retentissement parental majeur dans les formes sévères du nourrisson
Absentéisme et productivité Coût indirect de la DA sévère comparable à celui d’une maladie chronique systémique

L’évaluation du retentissement sur la qualité de vie fait partie de l’évaluation standard de la sévérité de la DA — au même titre que le SCORAD ou l’EASI. Un score DLQI ≥ 10 est un critère d’accès aux biothérapies (dupilumab, inhibiteurs de JAK) en France.

Le cercle vicieux eczéma-stress

Stress → poussée d’eczéma → prurit → grattage → lésions → anxiété → perturbation du sommeil → stress → poussée

Ce cercle vicieux est le principal obstacle au contrôle de la DA chez l’adulte jeune — période de vie la plus stressante (études, travail, relations). Il explique pourquoi des patients bien traités sur le plan dermatologique restent en poussée chronique si le stress n’est pas pris en charge.

Trois points d’entrée pour rompre le cercle :

1. Contrôler l’inflammation — dermocorticoïdes, inhibiteurs de calcineurine, dupilumab, JAK inhibiteurs selon la sévérité. Un eczéma contrôlé génère moins de stress. Voir traitement de l’eczéma.

2. Restaurer le sommeil — le déficit de sommeil est à la fois une conséquence (prurit nocturne) et une cause aggravante (↑ IL-6, ↑ TNF-α, ↑ substance P). Un antihistaminique sédatif (hydroxyzine) ou un traitement de fond efficace qui réduit le prurit nocturne peut suffire à restaurer le sommeil et améliorer la tolérance au stress.

3. Agir sur le stress — thérapies cognitivo-comportementales (TCC), MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction), gestion du cycle prurit-grattage par des techniques comportementales (HRT — Habit Reversal Training). Plusieurs essais randomisés montrent une réduction du SCORAD de 20 à 35 % avec ces approches, en plus des traitements dermatologiques standards.

Que faire concrètement ?

Pour les poussées liées au stress identifié : appliquer les traitements topiques dès les premiers signes (anticipation plutôt que réaction), augmenter temporairement la fréquence des émollients pendant les périodes de stress prévisibles (examens, conflits…), prévenir le grattage nocturne (mitaines chez l’enfant, vêtements couvrants, ongles courts).

Pour la gestion du stress : les techniques de pleine conscience (MBSR) et les TCC axées sur le prurit sont les mieux évaluées dans la DA. Le Habit Reversal Training est une technique comportementale spécifiquement développée pour interrompre le cycle grattage-récompense — elle peut être apprise avec un psychologue formé.

Si le retentissement psychologique est majeur : un score DLQI ≥ 10 associé à des symptômes anxieux ou dépressifs justifie une orientation vers une prise en charge spécialisée (psychiatre ou psychologue), en parallèle avec le traitement dermatologique — pas à la place.

Les mécanismes biologiques détaillés du lien stress-inflammation cutanée (axe HPA, substance P, mastocytes, microbiome) sont développés dans la page stress et peau : l’axe neuro-immun cutané.

Questions fréquentes

Mon eczéma est-il psychosomatique ?

Non — l’eczéma atopique a une base biologique réelle : anomalie génétique de la filaggrine, déficit de barrière cutanée, déséquilibre immunitaire Th2. Ce n’est pas « dans la tête ». Mais comme pour beaucoup de maladies inflammatoires chroniques, le stress est un facteur aggravant documenté — reconnaître ce lien n’invalide pas la réalité de la maladie, il ouvre simplement une voie de prise en charge complémentaire.

Mon enfant fait des poussées à chaque rentrée scolaire — est-ce le stress ?

C’est très probable — la rentrée scolaire combine plusieurs facteurs : stress émotionnel, changement de routine (sommeil, alimentation), exposition aux virus (rhumes qui provoquent des poussées), et parfois augmentation de l’exposition aux allergènes (acariens des vêtements d’hiver). Le stress de la rentrée amplifie la réactivité cutanée par les mécanismes décrits ci-dessus. Anticiper par une reprise des émollients quotidiens et, si besoin, un traitement pro-actif (application 2 fois par semaine de dermocorticoïdes sur les zones habituellement atteintes) peut limiter la poussée.

Le dupilumab ou les inhibiteurs de JAK agissent-ils aussi sur le lien stress-eczéma ?

Oui — indirectement mais significativement. En contrôlant l’inflammation Th2 de fond, ces traitements réduisent la réactivité de base de la peau au stress. Les études sur le dupilumab montrent une amélioration nette des scores d’anxiété et de qualité de vie, proportionnelle au contrôle de l’eczéma. Un eczéma bien contrôlé génère moins de stress — ce qui réduit à son tour la fréquence des poussées. Les inhibiteurs de JAK (baricitinib, upadacitinib) ont en plus un effet direct sur le prurit dès J2–J3, ce qui restaure le sommeil rapidement et rompt plus vite le cercle vicieux.

Voir aussi :
Eczéma — causes et types /
Traitement de l’eczéma /
Stress et peau : l’axe neuro-immun /
Dupilumab (Dupixent®) /
Inhibiteurs de JAK /
Démangeaisons


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TRAITEMENT NATUREL ECZEMA : traitements naturels de l’eczema

Traitement naturel de l’eczema

Le médecin utilise des cremes à la cortisone dans le traitement de l’eczema. Ces crèmes ont des effets secondaires en cas d’utilisation prolongée. Il faut donc toujours les utiliser sous contrôle médical et respecter scrupuleusement des prescriptions du médecin. Elles exposent en effet en cas d’utilisation non contrôlée par le médecin au risque d’atrophie cutanée, de télangiectasies ( apparition de petits vaisseaux, surtout sur le visage), de vergetures (surtout chez les adolescents), une fragilité cutanée, de retard de cicatrisation, d’infections, de dépigmentations… Sur le visage, les cremes à la cortisone peuvent créer une dermite péri-orale, ou aggraver une rosacée.


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Comment soigner un eczema avec des produits naturels et sans cortisone?

Consulter un médecin avant tout

La consultation du médecin pour diagnostiquer l’eczema et déterminer la cause de l’eczema. En fonction de cette cause (eczema allergique de contact, eczema de stase, dermatite atopique, eczema microbien…), le médecin vous aidera à lutter efficacement contre l’étiologie : par exemple éviter l’allergène en cas d’allergie de contact, lutter contre la peau sèche en cas d’eczema sec ou de dermatite atopique, traiter l’insuffisance veineuse en cas d’eczema variqueux…)

RDV RAPIDE EN VISIO AVEC LE DERMATOLOGUE : prenez rdv de téléconsultation avec le dermatologue

Lutter contre la cause

Eczema allergique de contact

Eviter le contact avec la substance allergène en cause déterminée par le médecin le plus souvent au moyen de tests cutanés.

Eczema atopique

Voir la fiche consacrée au soin de l’eczema atopique de l’enfant

Il existe souvent un déséquilibre du microbiote

Par ailleurs il faut lutter contre la peau sèche

Eczéma nummulaire

S’il existe un foyer infectieux dentaire, sinusien… on le traite par antibiotiques le plus souvent

Eczéma « microbien »

Lutte contre la macération (assécher les zones atteintes avec des pates a l’eau, des lotions asséchantes…) et lutte contre le staphylocoque doré

Eczéma variqueux

Traitement des varices (port d’une contention) et éviction des allergenes détectés par les patch tests.


Eczéma craquelé (astéatotique)

Lutte contre la peau sèche (produits de toilette doux, émollients, éviction des vêtements en laine et préférence au coton).

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Soins naturels de l’eczema

Produits cosmétiques

On trouve dans la plupart des emollients référencés au Vidal, des produits « naturels »

Avoine

L’avoine est utilisée en poudre dans les bains ou dans de nombreux cosmétiques pour limiter l’inflammation de la peau et pour son effet émollien

Souci et Centella

Le calendula officinal (Souci) ou la centella asiatica sont présents dans de nombreuses crèmes et préparations pour traiter l’eczema en raison de leurs propriétés dermoréparatrices et apaisantes, restaurant le film hydrolipidique cutané, anti inflammatoire et cicatrisant.

Acides gras essentiels

Les acides gras essentiels de type oméga-6  (issus de l’huile d’onagre par exemple) et les acides gras oméga-3 (issus des huiles de poissons par exemple) sont essentiels à l’entretien de la barrière cutanée et ont un rôle anti-inflammatoire. On en trouve aussi dans les huiles de Tournesol par exemple

VitamineS

Les vitamine A, PP, la provitamine B5… sont présentes dans des cosmétiques protecteurs, pour leur effet émollient et anti inflammatoire.

Cuivre et Zinc

On trouve aussi dans de nombreuses préparations du zinc et du cuivre, pour leur effet antibactérien.

Gel d’aloes

L’aloe vera donne un gel ayant des propriétés émollientes et cicatrisantes pouvant soulager l’eczema. On applique directement le gel translucide d’aloès issu des feuilles grasses sur les plaques d’eczema. Une manière simple de l’extraire consiste à congeler une feuille d’aloès : il suffit alors d’ôter la partie verte externe pour ne garder que le cœur transparent qui sera frotté doucement sur la plaque d’eczema

Aromathérapie

L’aromathérapie utilise quant à elle le plus souvent aux huiles essentielles de camomille allemande ou romaine, de géranium, de palmarosa, de lavande, de calandula, de rose musquée, d’onagre… Il faut toujours diluer les huiles essentielles avant de les appliquer sur la peau !


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