Traitement de l’eczéma : dermocorticoïdes, émollients et biothérapiques


Traitement de l’eczéma : dermocorticoïdes, immunosuppresseurs et biothérapies
Crème dermocorticoïde pour le traitement de l'eczéma

Le traitement de l’eczéma — et notamment de la dermatite atopique — repose sur une stratégie en escalade thérapeutique : des soins de base quotidiens aux biothérapies les plus récentes, selon la sévérité et l’âge du patient. L’objectif est de contrôler les poussées, réduire leur fréquence et restaurer la qualité de vie. Pour comprendre les formes et causes d’eczéma, voir : eczéma — symptômes, formes et causes.

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Sommaire :
Soins de base |
Dermocorticoïdes |
Inhibiteurs calcineurine |
Traitements systémiques |
Biothérapies et JAK |
Selon l’âge |
Traitements naturels |
Cluster eczéma |
Questions fréquentes

Soins de base quotidiens — la base indispensable

Quel que soit le stade, les soins de base sont non négociables. Ils reconstituent la barrière cutanée défaillante (déficit en filaggrine, céramides réduites) et réduisent la fréquence et l’intensité des poussées même sans traitement médicamenteux associé.

Soin Recommandation Pourquoi
Émollients 1 à 2 applications/j sur tout le corps, toute l’année — même en période calme Restaurent les lipides intercornéocytaires, réduisent la perte hydrique (TEWL)
Douche tiède courte ≤ 5 minutes, eau à 34–36°C, savon surgras ou pain dermatologique L’eau chaude et les savons détergents aggravent la sécheresse cutanée
Application post-douche Dans les 3 minutes après la douche, sur peau encore légèrement humide Occlusion de l’eau résiduelle — efficacité maximale
Vêtements Coton ou soie — éviter laine et synthétiques au contact direct Réduction des frottements irritants et de la macération
Température ambiante 19–20°C, humidificateur si air sec La chaleur et la transpiration déclenchent le prurit
💡 Règle des 3 minutes : appliquer l’émollient dans les 3 minutes suivant la douche multiplie son efficacité. Cette règle simple, souvent méconnue, améliore significativement le contrôle de la sécheresse cutanée.

Dermocorticoïdes — traitement de référence des poussées

Les dermocorticoïdes (DC) restent le traitement de première ligne des poussées à tout âge. Leur mauvaise réputation est souvent injustifiée — correctement utilisés, ils sont sûrs et efficaces. La classe est choisie selon la localisation et l’âge.

Classe Puissance Exemples Indications principales
Classe I Faible Hydrocortisone 1 % (Dermacort®) Visage, plis, nourrisson — usage prolongé possible
Classe II Modérée Locapred®, Tridésonit® Visage enfant, plis adulte
Classe III Forte Betnéval®, Diprosone®, Efficort® Corps adulte — référence pour les poussées
Classe IV Très forte Dermoval®, Clarelux® mousse Paumes, plantes, cuir chevelu, formes lichénifiées
💡 Thérapie proactive : après contrôle de la poussée, poursuivre le DC 2 fois par semaine sur les zones habituellement atteintes réduit de 50 % la fréquence des rechutes — recommandé par les guidelines EADV 2023.

Inhibiteurs de calcineurine topiques

Alternative aux DC pour les zones sensibles (visage, paupières, plis) où les DC sont contre-indiqués au long cours. Ils n’entraînent pas d’atrophie cutanée. Principal inconvénient : sensation de brûlure initiale les premiers jours.

Molécule Spécialité Âge minimum Indication
Tacrolimus 0,03 % Protopic® 0,03 % 2 ans Eczéma modéré à sévère — visage, plis, paupières
Tacrolimus 0,1 % Protopic® 0,1 % 16 ans Adulte — poussées modérées à sévères zones sensibles
Pimécrolimus 1 % Elidel® 2 ans Eczéma léger à modéré — entretien zones sensibles

→ Voir : Tacrolimus (Protopic®) — mode d’emploi, effets secondaires, précautions

Traitements systémiques classiques

Réservés aux formes sévères résistantes aux traitements locaux bien conduits. De moins en moins prescrits depuis l’arrivée des biothérapies, mais utiles dans certaines situations.

Molécule Posologie Surveillance Limites
Ciclosporine (Néoral®) 2,5 à 5 mg/kg/j en 2 prises PA, créatinine tous les 15 j puis mensuels Max 2 ans continus. Rechute à l’arrêt fréquente.
Méthotrexate (Imeth®) 10 à 25 mg/semaine SC ou PO NFS, transaminases mensuels. Acide folique obligatoire. Efficacité modeste dans l’eczéma vs ciclosporine.
Azathioprine (Imurel®) 1 à 3 mg/kg/j NFS mensuels. Dosage TPMT avant prescription. Hors AMM eczéma. Option si CI ciclosporine.
Corticothérapie orale 0,5 mg/kg/j prednisone — cure courte uniquement Glycémie, PA Sauvetage uniquement — rebond fréquent. Jamais au long cours.
Corticoïdes oraux au long cours — formellement contre-indiqués dans l’eczéma : rebond sévère à l’arrêt et effets secondaires systémiques graves. Depuis l’arrivée des biothérapies, il n’existe aucune justification à leur utilisation prolongée dans la dermatite atopique.

Biothérapies et inhibiteurs JAK

Depuis 2017, les biothérapies ciblant l’axe IL-4/IL-13 et les inhibiteurs JAK ont transformé la prise en charge des formes sévères. En 2026, le dupilumab (Dupixent®) reste la référence — efficacité et tolérance confirmées sur plus de 7 ans de recul.

Molécule Cible Spécialité Âge / rythme
Dupilumab ⭐ référence Anti-IL-4Rα (bloque IL-4 + IL-13) Dupixent® Dès 6 mois. Injection SC toutes les 2 semaines.
Tralokinumab Anti-IL-13 Adtralza® Adulte. Toutes les 2 sem. puis toutes les 4 sem.
Lebrikizumab Anti-IL-13 Ebglyss® (AMM 2023) Adulte. Toutes les 2 sem. puis 4 sem.
Abrocitinib Inhibiteur JAK1 Cibinqo® ≥ 12 ans. Comprimé oral 1×/j. Réponse rapide.
Upadacitinib Inhibiteur JAK1 Rinvoq® ≥ 12 ans. Comprimé oral 1×/j. Efficacité supérieure.
Baricitinib Inhibiteur JAK1/2 Olumiant® Adulte. Comprimé oral 1×/j. Aussi indiqué pelade.
💡 JAK inhibiteurs vs biothérapies : les JAK ont une action plus rapide (prurit soulagé en 24–48 h) mais nécessitent une surveillance plus étroite (NFS, lipides, créatinine). Les biothérapies injectables ont un profil de tolérance à long terme mieux documenté. → Inhibiteurs JAK en dermatologie — baricitinib, upadacitinib, abrocitinib.

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Stratégie thérapeutique selon l’âge

Âge Traitement de base Escalade si insuffisant
Nourrisson (0–2 ans) Émollients intensifs, DC classe I-II Tacrolimus 0,03 % dès 2 ans. Pas de systémique.
Enfant (2–12 ans) Émollients, DC classe II-III, tacrolimus 0,03 % Dupilumab dès 6 mois (AMM), ciclosporine si nécessaire
Adolescent (12–18 ans) DC classe III, tacrolimus 0,1 %, émollients Dupilumab, abrocitinib, upadacitinib (AMM ≥ 12 ans)
Adulte DC classe III-IV selon localisation, TCI zones sensibles Dupilumab en 1re intention systémique. JAK si réponse rapide souhaitée.
Personne âgée Émollients ++, DC avec prudence (peau fragile) Dupilumab bien toléré. Prudence JAK (interactions médicamenteuses).

Traitements naturels et complémentaires

En complément du traitement médical, certaines approches peuvent aider à réduire la fréquence des poussées : émollients à base d’huile de tournesol ou de beurre de karité, probiotiques (en prévention chez le nourrisson atopique), eau thermale, gestion du stress. Ces approches ne remplacent pas les traitements médicaux validés mais peuvent améliorer le confort au quotidien.

Traitements naturels de l’eczéma — ce qui marche, ce qui ne marche pas

Cluster eczéma — toutes les pages

Questions fréquentes sur le traitement de l’eczéma

Les dermocorticoïdes sont-ils dangereux pour les enfants ?

Non, utilisés correctement selon la classe et la localisation. La corticiphobie — peur irrationnelle des DC — conduit à des eczémas mal contrôlés, eux-mêmes délétères pour le développement cutané de l’enfant.

Le Dupixent® est-il remboursé en France ?

Oui, à 100 % dans le cadre d’une ALD pour les formes modérées à sévères chez l’adulte et l’enfant dès 6 mois, en échec des traitements conventionnels. La prescription initiale est hospitalière (dermatologue ou pédiatre).

Peut-on guérir définitivement de l’eczéma ?

L’eczéma de l’enfant s’améliore spontanément dans 60 à 70 % des cas à l’adolescence. Chez l’adulte, les traitements permettent un contrôle excellent voire une rémission prolongée, mais pas une guérison définitive au sens strict.

Les aliments déclenchent-ils des poussées d’eczéma ?

Chez le nourrisson, les allergies alimentaires (lait, œuf, arachide) peuvent aggraver l’eczéma dans 30 à 40 % des cas sévères. Chez l’adulte, le rôle de l’alimentation est beaucoup plus limité. Un régime d’éviction ne doit jamais être entrepris sans bilan allergologique préalable.

Faut-il éviter la natation en cas d’eczéma ?

Non, mais avec précautions. Douche douce et émollient immédiatement après la baignade en piscine chlorée. La natation en eau de mer est souvent bénéfique (effet anti-inflammatoire du sel). L’activité physique ne doit pas être sacrifiée à cause de l’eczéma.

Quelle est la différence entre les JAK inhibiteurs et le Dupixent® ?

Les JAK inhibiteurs (abrocitinib, upadacitinib, baricitinib) sont des comprimés oraux avec une action plus rapide sur le prurit (24–48 h) mais nécessitent une surveillance biologique. Le dupilumab (Dupixent®) est une injection sous-cutanée bimensuelle avec un profil de sécurité mieux documenté sur le long terme. Le choix dépend du profil du patient et des comorbidités.

Références scientifiques

Voir aussi :
Eczéma — symptômes et causes |
Protopic® (tacrolimus) |
Inhibiteurs JAK |
Stress et eczéma |
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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.


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Eczema visage : soigner l’exema du visage : causes

Eczéma du visage : causes, symptômes et traitement

eczéma du visage plaques rouges adulte
Eczéma du visage — plaques rouges qui démangent

L’eczéma du visage est une inflammation cutanée qui provoque des plaques rouges qui grattent et des boutons qui démangent sur le visage. Il peut toucher l’adulte comme l’enfant et prend plusieurs formes selon sa cause. Un diagnostic précis est indispensable car le traitement diffère selon le type d’eczéma.

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L’eczéma du visage est fréquent chez l’enfant — voir notre article dédié : eczéma du visage de l’enfant.

Les différentes formes d’eczéma du visage

1. L’eczéma atopique du visage

La dermatite atopique est la forme la plus fréquente d’eczéma du visage chez l’enfant, mais elle peut persister ou apparaître à l’âge adulte. Elle se manifeste par des plaques rouges sèches, squameuses et très prurigineuses, souvent localisées sur les joues, le front et le contour des yeux. Elle s’inscrit dans un terrain atopique (asthme, rhinite allergique, allergie alimentaire).

Voir notre article complet sur la dermatite atopique.

2. L’eczéma allergique de contact du visage

Cet eczéma résulte d’un contact avec un allergène appliqué sur le visage. Il touche préférentiellement la zone de contact :

  • Eczéma des paupières — allergie à un maquillage, mascara ou fard à paupières
  • Eczéma des lèvres — allergie à un rouge à lèvres ou baume
  • Eczéma des joues — allergie à une crème, un sérum ou un masque
eczéma suintant allergique du visage
Eczéma suintant allergique du visage

Les allergènes les plus fréquents dans l’eczéma du visage :

  • Cosmétiques : crèmes, masques, sérums, parfums appliqués depuis quelques jours
  • Allergènes aéroportés : substances en suspension dans l’air (pollens, poussières)
  • Photoallergènes : substances provoquant un eczéma uniquement au soleil
  • Allergènes d’origine conjugale : lors d’un baiser, le partenaire dépose un cosmétique sur la joue d’une personne qui y est allergique

Comment identifier l’allergène responsable ? Le médecin utilise les patch tests (tests épicutanés) : des sparadraps contenant différents allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h. Une positivation tardive est possible jusqu’à 7 jours après la pose.

patch tests eczéma allergique visage
Patch tests pour identifier l’allergène

Voir l’article sur l’eczéma allergique de contact.

3. La dermite séborrhéique du visage

Souvent appelée « eczéma séborrhéique », la dermite séborrhéique provoque des plaques rouges squameuses caractéristiquement localisées sur les ailes du nez, les sourcils, les plis naso-géniens et la lisière du cuir chevelu. Elle est liée à une prolifération d’une levure (Malassezia) et se traite différemment de l’eczéma classique.

dermite séborrhéique visage ailes du nez
Dermite séborrhéique des côtés du nez et de la bouche

Voir l’article sur la dermite séborrhéique du visage.

4. L’eczéma de contact irritatif du visage

Provoqué non par une allergie mais par une irritation directe de la peau : lavages trop fréquents, produits agressifs, eau calcaire, frottements répétés. La peau devient rouge, sèche et réactive sans mécanisme allergique identifiable.

Symptômes de l’eczéma du visage

Selon la forme et le stade, l’eczéma du visage peut se présenter comme :

  • Des plaques rouges sèches et squameuses qui démangent
  • Des vésicules (petites cloques) qui peuvent suinter
  • Une peau épaissie et lichénifiée en cas d’eczéma chronique gratté
  • Des croûtes après suintement
  • Un gonflement des paupières en cas d’eczéma périoculaire

⚠️ L’eczéma du visage peut ressembler à d’autres affections : rougeurs du visage, rosacée, plaques rouges du visage. Un dermatologue peut faire le diagnostic précis.

Traitement de l’eczéma du visage

Les mesures générales

  • Ne pas gratter — le grattage intensifie et lichénifie l’eczéma, le rendant chronique
  • Se laver le visage à l’eau froide ou tiède sans savon le matin
  • Le soir, utiliser un savon surgras ou un démaquillant doux sans parfum
  • Appliquer une crème hydratante adaptée aux peaux atopiques après le nettoyage
  • Éviter les cosmétiques contenant des parfums, conservateurs ou colorants

Les traitements médicaux

  • Dermocorticoïdes (crèmes cortisonées) — traitement de référence de l’eczéma, à utiliser sous contrôle médical sur le visage car la peau y est fine
  • Inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) — alternative aux corticoïdes sur le visage et les paupières
  • Antihistaminiques — pour soulager les démangeaisons, voir traitement antihistaminique
  • Éviction de l’allergène en cas d’eczéma de contact allergique
  • Antifongiques s’il s’agit d’un « eczema séborrhéique« 

⚠️ Les dermocorticoïdes doivent être utilisés avec précaution sur le visage — leur application prolongée peut provoquer une dermite péri-orale ou une rosacée cortisonique. Consultez toujours un médecin avant de les utiliser sur cette zone.

Sources

Questions fréquentes sur l’eczéma du visage

Comment savoir si j’ai de l’eczéma ou autre chose sur le visage ?

L’eczéma du visage se manifeste par des plaques rouges squameuses qui démangent, parfois accompagnées de vésicules. Il peut ressembler à une rosacée, une dermite séborrhéique ou une allergie de contact. Seul un dermatologue peut poser le diagnostic précis et prescrire le traitement adapté.

Quelle crème utiliser pour l’eczéma du visage ?

Le traitement repose sur des dermocorticoïdes prescrits par un médecin, à utiliser avec précaution sur le visage. En complément, une crème hydratante adaptée aux peaux atopiques (sans parfum ni conservateur) est indispensable. N’appliquez pas de corticoïdes sur le visage sans avis médical.

L’eczéma du visage est-il contagieux ?

Non, l’eczéma n’est pas contagieux. Il s’agit d’une réaction inflammatoire de la peau, d’origine allergique ou atopique, qui ne se transmet pas d’une personne à l’autre.

L’eczéma du visage peut-il guérir définitivement ?

L’eczéma atopique peut s’améliorer spontanément avec l’âge, notamment chez l’enfant. L’eczéma allergique de contact guérit si l’allergène est définitivement évité. La dermite séborrhéique est chronique mais contrôlable avec un traitement d’entretien.

Peut-on se maquiller avec de l’eczéma sur le visage ?

Oui, mais avec précaution. Privilégiez des produits hypoallergéniques, sans parfum ni conservateur, testés sous contrôle dermatologique. Évitez tout produit nouveau en période de poussée. En cas de suspicion d’allergie à un cosmétique, consultez pour réaliser des patch tests.


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Allergies et eczéma de l’enfant : causes et prise en charge

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

En bref : La dermatite atopique touche 15 à 20 % des enfants en France. Chez les nourrissons, des allergies alimentaires (lait, œuf, arachide) coexistent dans 30 à 40 % des eczémas sévères. La prise en charge combine émollients quotidiens, dermocorticoïdes en poussée et éviction des allergènes identifiés. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

L’eczéma atopique est la dermatose la plus fréquente de l’enfant, touchant 15 à 20 % des enfants dans les pays industrialisés. Souvent associé à d’autres manifestations allergiques (rhinite, asthme, allergie alimentaire), il constitue la première étape de la « marche atopique ». Comprendre ses mécanismes, identifier les facteurs aggravants et mettre en place un traitement adapté permet de réduire considérablement l’impact sur la qualité de vie de l’enfant et de sa famille.

ℹ️ La triade atopique
L’atopie est une prédisposition génétique à produire des anticorps IgE en réponse à des allergènes environnementaux. La triade atopique associe eczéma atopique, rhinite allergique et asthme. Environ 30 % des enfants atteints d’eczéma sévère développeront un asthme — c’est la « marche atopique ».

Mécanismes de l’eczéma atopique chez l’enfant

L’eczéma atopique résulte de l’interaction entre trois facteurs :

  • Anomalie de la barrière cutanée : mutations du gène de la filaggrine (protéine structurale de l’épiderme) provoquant une peau sèche, perméable aux allergènes et aux irritants
  • Dérégulation immunitaire : réponse Th2 exacerbée avec production d’IgE et d’interleukines pro-inflammatoires (IL-4, IL-13)
  • Facteurs environnementaux : acariens, pollens, poils d’animaux, aliments, infections cutanées à Staphylococcus aureus

Les allergènes impliqués dans l’eczéma de l’enfant

Allergènes alimentaires

Les allergies alimentaires sont retrouvées chez 30 à 40 % des enfants avec un eczéma sévère. Les principaux allergènes en cause chez l’enfant :

Allergène Fréquence Âge de tolérance habituel
Lait de vache Très fréquent (nourrisson) Souvent acquise avant 5 ans
Œuf Très fréquent Souvent acquise avant 5–7 ans
Arachide Fréquent Souvent persistante
Blé/gluten Modéré Variable
Noix et fruits à coque Modéré Souvent persistante
Poisson, crustacés Moins fréquent avant 3 ans Souvent persistante
⚠️ Attention aux évictions alimentaires non justifiées
Une éviction alimentaire sans bilan allergologique rigoureux peut conduire à des carences nutritionnelles et à la perte de la tolérance naturelle. Toute éviction alimentaire chez l’enfant doit être prescrite et suivie par un médecin allergologue.

Allergènes respiratoires (pneumallergènes)

Chez le nourrisson, les pneumallergènes jouent un rôle moins important que les allergènes alimentaires. Leur impact augmente avec l’âge :

  • Acariens (Dermatophagoides pteronyssinus) : les plus fréquents, présents dans la literie, moquettes, peluches
  • Poils et squames d’animaux (chat, chien, lapin)
  • Moisissures (Alternaria, Cladosporium)
  • Pollens (graminées, bouleau) : impact sur l’eczéma surtout saisonnier

Bilan allergologique chez l’enfant eczémateux

Un bilan allergologique est indiqué en cas d’eczéma modéré à sévère, d’eczéma résistant aux traitements habituels, ou de suspicion d’allergie alimentaire (réaction après ingestion d’un aliment). Il comprend :

  • Tests cutanés (prick-tests) aux pneumallergènes et aliments courants
  • Dosage des IgE spécifiques (RAST) en cas de prick-tests impossibles
  • Test de provocation orale (TPO) sous contrôle médical pour confirmer ou infirmer une allergie alimentaire

Traitement de l’eczéma atopique de l’enfant

Traitement de fond : l’émollience quotidienne

L’application quotidienne d’un émollient (crème hydratante riche, baume, lait) est le pilier du traitement de fond, y compris en dehors des poussées. Elle restaure la barrière cutanée, réduit la fréquence et la sévérité des poussées et permet de diminuer la quantité de dermocorticoïdes utilisée. La règle : appliquer l’émollient dans les 3 minutes après le bain.

Traitement des poussées : dermocorticoïdes

Les dermocorticoïdes restent le traitement de référence des poussées. Leur utilisation correcte est sans danger :

  • Appliquer une fois par jour (pas deux) sur les zones lésées uniquement
  • Choisir le niveau de puissance adapté à la zone : fort sur le tronc et les membres, modéré sur le visage
  • Stopper progressivement (ne pas arrêter brutalement)
  • Ne pas craindre les dermocorticoïdes prescrits à dose adaptée — la crainte exagérée (corticiphobie) est un facteur majeur d’échec thérapeutique

Inhibiteurs de la calcineurine (ICN)

Le tacrolimus (Protopic®) et le pimécrolimus (Elidel®) sont des alternatives aux dermocorticoïdes pour les zones sensibles (visage, paupières, plis) et pour le traitement d’entretien intermittent (2 fois par semaine sur les zones habituellement touchées).

Biothérapies : dupilumab (Dupixent®)

Le dupilumab, anticorps monoclonal ciblant l’IL-4 et l’IL-13, est autorisé en France dès 6 mois pour les eczémas atopiques sévères réfractaires. Il représente une avancée majeure pour les enfants les plus sévèrement atteints.

💡 Conseils pratiques pour l’environnement
Couvrez le matelas et les oreillers avec des housses anti-acariens. Lavez la literie à 60°C toutes les 2 semaines. Évitez les moquettes et les peluches dans la chambre. Maintenez la chambre fraîche (18–19°C) et aérée. Préférez les vêtements en coton (pas de laine directement sur la peau).

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⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez rapidement si : eczéma surinfecté (croûtes jaunes, suintement, fièvre), œdème du visage après un aliment, difficultés respiratoires, eczéma généralisé envahissant plus de 50 % du corps chez un nourrisson. Ces situations nécessitent une évaluation médicale urgente.

FAQ — Questions fréquentes sur les allergies et l’eczéma de l’enfant

L’eczéma de l’enfant est-il toujours lié à une allergie alimentaire ?

Non. L’eczéma atopique résulte principalement d’une anomalie de la barrière cutanée et d’une dérégulation immunitaire. Les allergies alimentaires peuvent l’aggraver dans 30 à 40 % des formes sévères, mais elles en sont rarement la cause unique.

Quels sont les traitements de fond de l’eczéma atopique chez l’enfant ?

Les trois piliers sont : l’émollience quotidienne (crème hydratante après le bain, même en dehors des poussées), les dermocorticoïdes pour les poussées, et les inhibiteurs de la calcineurine pour les zones sensibles. Pour les formes sévères réfractaires, le dupilumab est autorisé dès 6 mois.

Comment éviter les crises d’eczéma chez l’enfant ?

Hydrater quotidiennement, utiliser un syndet doux, habiller en coton, réduire les acariens (housses anti-acariens, lavage à 60°C), éviter les allergènes identifiés et maintenir la chambre fraîche et aérée.

L’eczéma de l’enfant disparaît-il en grandissant ?

Dans 60 à 70 % des cas, l’eczéma s’améliore significativement ou disparaît à l’adolescence. Certains enfants gardent cependant une peau sensible toute leur vie. La marche atopique (eczéma → rhinite → asthme) touche environ 30 % des enfants atopiques sévères.

Questions fréquentes

Comment savoir si l’eczéma de mon bébé est d’origine allergique ?

L’eczéma allergique est évoqué quand la dermatite atopique est sévère (SCORAD > 40), résistante aux soins habituels, ou associée à d’autres signes d’allergie (urticaire, vomissements après repas). Un bilan allergologique (prick-tests alimentaires, IgE spécifiques) est recommandé par la HAS chez tout nourrisson avec eczéma modéré à sévère dès 4 à 6 mois.

Le lait de vache peut-il aggraver l’eczéma de mon bébé ?

Oui, l’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est la cause alimentaire la plus fréquente d’aggravation de l’eczéma du nourrisson. Elle touche 2 à 3 % des bébés. En cas de suspicion, un régime d’exclusion du lait de vache (hydrolysat poussé ou lait à base de riz) peut améliorer l’eczéma en 4 à 6 semaines. Cette décision doit être prise avec un allergologue ou un pédiatre.

Peut-on utiliser des dermocorticoïdes sur un bébé avec eczéma ?

Oui, les dermocorticoïdes de classe II à III (hydrocortisone 1 %, désonide) sont le traitement de référence des poussées d’eczéma chez le nourrisson. Ils sont sûrs si utilisés correctement : application courte (5 à 10 jours), en couche fine sur les zones atteintes. Ils ne doivent pas être appliqués sur le visage ou les plis sans avis médical. L’Eucerin Eczema Relief ou l’Atoderm peuvent être utilisés comme base émolliente quotidienne.

À partir de quel âge peut-on faire des tests allergologiques chez un enfant ?

Les prick-tests cutanés peuvent être réalisés dès l’âge de 3 à 6 mois pour les allergènes alimentaires majeurs (lait, œuf, arachide). Les tests aux pneumallergènes (acariens, poils d’animaux) sont plus informatifs après 2 à 3 ans, car la sensibilisation prend du temps à se développer. Les IgE spécifiques sanguines sont réalisables à tout âge.

L’eczéma de l’enfant peut-il guérir définitivement ?

Dans 60 à 70 % des cas, la dermatite atopique s’améliore significativement ou disparaît avant l’âge de 10 ans. Les formes sévères associées à des allergies multiples tendent à persister plus longtemps. Une étude publiée dans Allergy (PMID 30397912) montre que 25 % des enfants atopiques restent symptomatiques à l’adolescence, mais avec une intensité souvent réduite.

Que faire pour l’école ou la crèche : comment expliquer l’eczéma allergique ?

Un PAI (Projet d’Accueil Individualisé) peut être mis en place avec le médecin scolaire pour adapter l’environnement (éviction d’un allergène alimentaire à la cantine, utilisation d’émollient avant la sieste). Ce document officiel protège l’enfant et informe le personnel. Il est recommandé pour tout enfant avec eczéma modéré à sévère associé à une allergie alimentaire confirmée.

Les probiotiques peuvent-ils prévenir l’eczéma chez le bébé à risque ?

Des méta-analyses suggèrent que la supplémentation en Lactobacillus rhamnosus GG pendant la grossesse et les premiers mois de vie réduit le risque de dermatite atopique de 20 à 30 % chez les enfants à risque (parents atopiques). Une revue Cochrane 2018 (PMID 30480774) conclut à un bénéfice modeste mais significatif des probiotiques en prévention primaire de l’eczéma.

Références scientifiques

  • Bieber T. « Atopic dermatitis. » N Engl J Med. 2008. PMID : 18434645
  • Flohr C, Johansson SG. « The role of food allergy in childhood eczema. » Curr Opin Allergy Clin Immunol. 2010. PMID : 20010092
  • Simpson EL et al. « Two Phase 3 Trials of Dupilumab versus Placebo in Atopic Dermatitis. » N Engl J Med. 2016. PMID : 27690741
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Dermatite atopique de l’enfant — Prise en charge. 2023. has-sante.fr

Plaques rouges qui grattent sur les bras : causes dermatologiques et traitements efficaces

Plaques rouges qui grattent sur le bras
Il est fréquent de voir apparaitre des plaques rouges qui grattent sur la peau.

Lorsque cela apparait chez l’enfant, les parents sont toujours inquiets.

En cas de plaques qui démangent sur le bras : consultez un médecin!

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.

Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).

Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )

Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions.

Dermatoscope

Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques qui démangent sur le bras

On peut citer parmi ceux-ci :

La kératose pilaire

formant de petits boutons rouges et rapeux derriere les bras

Keratose pilaire
Kératose pilaire du bras

Voir l’article consacré à la kératose pilaire

Les molluscums contagiosum

De petites tuméfactions d’origine virale, souvent posées sur les plaques rouges d’eczema

Molluscum
Mollusca contagiosa : les molluscum contagiosum se présentent comme de petites tuméfactions ombiliquées

Voir l’article consacré aux molluscums contagiosums

L’impetigo

Une infection à streptocoque ou staphylocoque sur la peau, fréquente chez l’enfant

Impetigo
Impetigo croûteux à type de pyodermite

Voir l’article consacré à l’impetigo

Lorsque le diagnostic sera posé, le médecin vous proposera un traitement adapté à suivre attentivement.

Allergie de peau : les allergies de la peau, types, causes et traitements

Allergie de peau : types, causes et traitements
L’allergie de peau est une réaction anormale et excessive du système immunitaire au contact d’une substance étrangère — l’allergène. Elle peut prendre des formes très diverses selon le mécanisme impliqué et l’allergène en cause : urticaire, eczéma, œdème de Quincke… Elle nécessite toujours un avis médical et un traitement adapté.

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allergie de peau réaction cutanée allergène
Allergie de peau

Qu’est-ce qu’une allergie de peau ?

Une allergie est une réaction anormale, inadaptée et excessive du système immunitaire lors du contact avec une substance étrangère appelée allergène. La personne est dite « sensibilisée » à cet allergène — on parle d’hypersensibilité cutanée.

La peau est particulièrement exposée aux allergies pour deux raisons : c’est un organe barrière en contact direct avec l’environnement, et elle est très riche en terminaisons nerveuses et en cellules immunitaires.

Les traitements visant à rendre l’organisme tolérant à l’allergène sont appelés désensibilisations (ou immunothérapies allergéniques).

Les deux types d’allergies cutanées

1. L’allergie immédiate (type I)

Réaction survenant dans les premières minutes à premières heures après le contact avec l’allergène. Elle est médiée par des anticorps (IgE). La principale manifestation est l’urticaire, pouvant s’accompagner d’un angiœdème (œdème de Quincke) ou, dans les formes sévères, d’une anaphylaxie.

2. L’allergie retardée (type IV)

Réaction survenant un ou plusieurs jours après le contact avec l’allergène. Elle est médiée par les lymphocytes T (immunité cellulaire). La principale manifestation est l’eczéma de contact allergique.

Les principaux allergènes responsables d’allergies cutanées

Les allergènes aériens (aéroallergènes)

Substances présentes dans l’air intérieur ou extérieur : acariens, pollens, moisissures, poils d’animaux. Ils provoquent surtout des signes ORL ou de l’asthme, mais peuvent aussi déclencher une urticaire de contact ou un eczéma des paupières.

Les allergènes alimentaires

Contenus dans l’alimentation, ils peuvent provoquer des réactions cutanées immédiates (urticaire, angiœdème) ou retardées. Voir l’article consacré à l’allergie alimentaire.

Les allergènes de contact

Produits chimiques entrant en contact direct avec la peau : parfums, conservateurs, métaux (nickel, chrome), extraits végétaux, cosmétiques. Ils peuvent provoquer :

Les médicaments

Les molécules actives et leurs excipients peuvent être perçus comme des allergènes par le système immunitaire. Voir l’article consacré à l’allergie médicamenteuse.

Le soleil

Le soleil peut agir comme cofacteur ou déclencher directement une allergie cutanée. Voir l’article consacré à l’allergie au soleil.

Comment identifier l’allergène responsable ?

L’identification de l’allergène est indispensable pour éviter les récidives. Selon le type d’allergie suspecté, le médecin peut proposer :

  • Patch tests (tests épicutanés) — pour l’eczéma de contact allergique : des allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h, la lecture se fait à 48h et parfois à 72-96h (voire 7 jours pour certains allergènes)
  • Prick tests — pour les allergies immédiates (urticaire, alimentaire) : piqûres superficielles avec les allergènes suspects
  • Dosage des IgE spécifiques dans le sang

Traitement des allergies cutanées

Le traitement repose sur deux axes complémentaires :

  • Éviction de l’allergène — mesure la plus importante, seule capable de prévenir les récidives
  • Traitement des symptômes :
    • Antihistaminiques — pour l’urticaire et les allergies immédiates
    • Dermocorticoïdes — pour l’eczéma de contact
    • Adrénaline auto-injectable (EpiPen*) — en cas d’antécédent d’anaphylaxie
  • Désensibilisation — immunothérapie allergénique pour rendre l’organisme tolérant, notamment pour les aéroallergènes

Articles détaillés sur les allergies de peau

Sources

Questions fréquentes sur les allergies de peau

Comment savoir si j’ai une allergie de peau ou une autre maladie cutanée ?

L’allergie de peau se caractérise par une réaction déclenchée par un allergène identifiable (cosmétique, aliment, médicament…). L’urticaire apparaît rapidement après le contact, l’eczéma de contact après 24-48h. Un dermatologue peut réaliser des tests pour identifier l’allergène et confirmer le diagnostic.

Peut-on devenir allergique à quelque chose qu’on utilisait sans problème depuis des années ?

Oui, c’est même très fréquent. La sensibilisation allergique peut prendre des années à se développer lors d’expositions répétées à un allergène. C’est pourquoi une allergie peut apparaître soudainement à un produit utilisé depuis longtemps — un cosmétique, un métal, un médicament.

L’allergie de peau peut-elle guérir ?

L’allergie de contact guérit si l’allergène est définitivement évité. L’urticaire chronique peut régresser spontanément après plusieurs années. La désensibilisation (immunothérapie) permet dans certains cas de rendre l’organisme tolérant à l’allergène, notamment pour les aéroallergènes.

Quelle est la différence entre allergie et intolérance cutanée ?

L’allergie implique une réaction du système immunitaire avec sensibilisation préalable — elle ne survient pas dès la première exposition. L’intolérance (ou irritation) est une réaction directe de la peau à une substance agressive, sans mécanisme immunologique — elle peut survenir chez n’importe qui dès le premier contact.


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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Eczéma atopique du bébé et de l’enfant : causes et traitement

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

L’eczéma atopique (ou dermatite atopique) est la dermatose la plus fréquente chez le nourrisson et l’enfant, touchant 15 à 20 % des enfants dans les pays occidentaux. Il débute souvent dans les premiers mois de vie et peut évoluer par poussées pendant plusieurs années. Bien que bénin, il retentit considérablement sur la qualité de vie de l’enfant et de sa famille. Des traitements efficaces existent et permettent, s’ils sont bien conduits, un contrôle optimal de la maladie.

ℹ️ Définition
L’eczéma atopique est une dermatose inflammatoire chronique prurigineuse liée à une anomalie génétique de la barrière cutanée (déficit en filaggrine) et à une dérégulation immunitaire de type Th2. Il est souvent associé à d’autres manifestations atopiques (allergie alimentaire, rhinite, asthme).

Comment l’eczéma atopique évolue-t-il selon l’âge ?

Les localisations et l’aspect des lésions changent avec l’âge de l’enfant :

Âge Localisation préférentielle Aspect des lésions
Nourrisson (0–2 ans) Visage (joues), cuir chevelu, zones convexes des membres Érythème, suintement, croûtes — siège épargné
Enfant (2–12 ans) Plis de flexion (coudes, genoux, cou, poignets) Plaques lichenifiées, sèches, prurigineuses
Adolescent/adulte Plis, mains, visage, décolleté Lichénification, excoriations, xérose diffuse

Candidose du siège de bébé

⚠️ Diagnostic différentiel chez le nourrisson
Chez le nourrisson, la dermatite du siège (érythème fessier) peut ressembler à l’eczéma mais touche au contraire les zones convexes du siège. La dermite séborrhéique du nourrisson (croûtes de lait) touche le cuir chevelu et est non prurigineuse. L’eczéma atopique épargne classiquement le siège.

Facteurs déclenchants des poussées

Plusieurs facteurs peuvent déclencher ou aggraver les poussées d’eczéma :

  • Infection cutanée : Staphylococcus aureus colonise la peau de 90 % des enfants atopiques et amplifie l’inflammation — une surinfection (impétiginisation) se manifeste par des croûtes mélicériques et nécessite un traitement antibiotique
  • Allergènes : acariens, poils d’animaux, pollens, certains aliments (surtout dans les formes sévères du nourrisson)
  • Irritants : savons, détergents, tissus synthétiques ou en laine
  • Facteurs émotionnels : stress, fatigue, émotions intenses
  • Facteurs climatiques : air sec, froid, transpiration excessive

Traitement de l’eczéma atopique de l’enfant

1. L’émollient quotidien : la base incontournable

L’émollient est le traitement de fond de l’eczéma atopique, à appliquer tous les jours, y compris en dehors des poussées. Il compense le déficit de la barrière cutanée en filaggrine, retient l’eau dans l’épiderme et réduit la sensibilité aux irritants et allergènes.

  • Appliquer après le bain tiède (5 à 10 minutes maximum), dans les 3 minutes après séchage par tamponnement doux
  • Choisir un émollient riche, sans parfum, sans conservateur potentiellement allergisant
  • Quantité suffisante : environ 150 à 200 g par semaine pour un enfant en bas âge

2. Les dermocorticoïdes pour traiter les poussées

Les dermocorticoïdes sont les médicaments de référence pour traiter les poussées. Ils sont efficaces et sûrs à condition d’être utilisés correctement :

  • Appliquer une fois par jour sur les plaques d’eczéma (pas sur la peau saine)
  • Choisir le niveau de puissance adapté : dermocorticoïdes forts ou modérément forts sur le corps, faibles sur le visage
  • Durée d’application : jusqu’à disparition des plaques, puis arrêt progressif
  • Ne pas craindre les dermocorticoïdes : la corticiphobie conduit au sous-traitement et au retentissement sur la qualité de vie

3. Les inhibiteurs de la calcineurine (ICN)

Tacrolimus (Protopic®) et pimécrolimus (Elidel®) sont des alternatives pour les zones sensibles (visage, paupières, plis) et pour le traitement d’entretien proactif (2 applications par semaine sur les zones habituellement touchées pour prévenir les récidives).

4. Le dupilumab pour les formes sévères

Le dupilumab (Dupixent®), anticorps monoclonal anti-IL-4/IL-13, est désormais disponible dès l’âge de 6 mois pour les eczémas sévères réfractaires aux traitements conventionnels. Administré par injection sous-cutanée, il représente une avancée thérapeutique majeure pour les formes les plus difficiles à contrôler.

💡 Règle du doigt (Fingertip Unit)
Une unité doigt (FTU) = la quantité de crème entre le bout du doigt et la première phalange = environ 0,5 g. Pour un enfant de 1–2 ans : visage + cou = 1 FTU, un bras entier = 1 FTU, tronc (face) = 2 FTU. Cette règle pratique aide à appliquer la bonne quantité de dermocorticoïde.

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FAQ — Questions fréquentes sur l’eczéma atopique du bébé

Comment reconnaître l’eczéma atopique chez le nourrisson ?

Des plaques rouges, suintantes et croûteuses sur le visage (joues, front) et les zones convexes des membres, avec un prurit intense provoquant irritabilité et troubles du sommeil. Le siège est classiquement épargné. Le diagnostic est clinique.

Les émollients sont-ils vraiment nécessaires même hors des poussées ?

Oui, c’est le pilier du traitement de fond. L’émollient quotidien restaure la barrière cutanée, réduit la fréquence des poussées et permet de moins utiliser les dermocorticoïdes.

Les dermocorticoïdes sont-ils dangereux pour le bébé ?

Non, utilisés correctement selon les recommandations médicales. La corticiphobie conduit au sous-traitement et nuit à la qualité de vie de l’enfant. Appliqués à dose adaptée, une fois par jour sur les zones lésées, ils sont sûrs et efficaces.

Quand utiliser le dupilumab chez l’enfant atopique ?

Dès 6 mois pour les eczémas sévères réfractaires aux traitements conventionnels (dermocorticoïdes, ICN). Il est administré par injection sous-cutanée toutes les 2 à 4 semaines avec un excellent profil d’efficacité et de sécurité chez l’enfant.

Références scientifiques

  • Weidinger S, Novak N. « Atopic dermatitis. » Lancet. 2016. PMID : 26377142
  • Cork MJ et al. « Epidermal barrier dysfunction in atopic dermatitis. » J Invest Dermatol. 2009. PMID : 19177141
  • Paller AS et al. « Dupilumab in children 6 months to younger than 6 years. » NEJM Evid. 2022. PMID : 36321545
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Dermatite atopique de l’enfant — Guide de parcours de soins. 2023. has-sante.fr

Eczema main : soigner l’eczéma des mains, causes et traitements

Eczéma des mains : causes, formes cliniques, traitements — du patch test aux nouvelles thérapies

La main est en première ligne face aux agressions du quotidien et du travail : eau, détergents, solvants, allergènes professionnels, cosmétiques. L’eczéma des mains est la première cause de consultation en dermato-allergologie, avec une prévalence estimée à 10 % de la population générale et jusqu’à 30 % dans certaines professions exposées. Sa chronicité, ses multiples formes cliniques et l’intrication fréquente entre allergie, irritation et terrain atopique en font l’une des dermatoses les plus complexes à prendre en charge — et l’une de celles qui altèrent le plus profondément la qualité de vie professionnelle et personnelle.

Mains abîmées : eczéma ?
Mains abîmées : eczéma ? La palpation oriente souvent vers le diagnostic avant la vue.
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Sommaire :
Causes et mécanismes |
Allergènes fréquents |
Par profession |
Formes cliniques |
Diagnostic et patch tests |
Eczéma chronique et nouveaux traitements |
Traitement |
Pages liées |
Questions fréquentes

Causes de l’eczéma des mains

L’eczéma des mains résulte le plus souvent de l’intrication de plusieurs mécanismes — allergie de contact, irritation chronique, terrain atopique — qui se potentialisent mutuellement. Identifier et hiérarchiser ces facteurs est l’enjeu clé de la consultation.

Mécanisme Caractéristiques Facteurs aggravants
Allergie de contact Hypersensibilité retardée de type IV — réaction en 24 à 72 h après contact avec l’allergène Sensibilisation silencieuse pouvant survenir après des années d’utilisation sans problème
Irritation chronique Eau, détergents, solvants, froid, air sec — altèrent la barrière cutanée sans mécanisme immunitaire Lavage des mains excessif peut seul entretenir un eczéma chronique
Terrain atopique Barrière cutanée structurellement fragilisée chez les personnes ayant un antécédent d’eczéma atopique, d’asthme ou de rhinite Vulnérabilité accrue aux irritants et aux sensibilisants — mains sèches

Allergènes les plus fréquents

Famille d’allergènes Molécules / Sources Professions / Contextes à risque
Caoutchoucs Thiuram-mix, mercapto-mix, carbamates, mercaptobenzothiazole — agents de vulcanisation Soignants, restauration, industrie agroalimentaire (gants en caoutchouc)
Métaux Nickel (allergie au nickel), chrome, cobalt Métallurgie, ciment (eczéma au ciment), colorants textiles, tannage des cuirs
Biocides Isothiazolinones, formaldéhyde, quaternium, glutaraldéhyde — antiseptiques et conservateurs Peintres, agents de nettoyage, soignants — risque accru lors du coronavirus
Produits de coiffure PPD (teintures), thioglycolates (permanentes), persulfate d’ammonium (décoloration), acrylates (onglerie) Coiffeurs — aboutit souvent à un reclassement professionnel
Végétaux Colophane, lactones sesquiterpéniques, baume du Pérou Fleuristes, jardiniers, horticulteurs, agriculteurs, travailleurs du bois
Cosmétiques Parfums (fragrance mix), conservateurs (isothiazolinones, phénoxyéthanol), tensioactifs Usage grand public et professionnel
Protéines alimentaires Fruits, légumes, poissons, laitages, viandes Professionnels de l’alimentation — réaction immédiate urticariforme puis eczéma 24-48 h

Allergènes les plus fréquents selon la profession

Profession Allergènes principaux
Coiffeur / coiffeuse PPD et dérivés (teintures), thioglycolates (permanentes), persulfate (décoloration), nickel des instruments, acrylates (onglerie)
Soignant (infirmier, médecin, aide-soignant) Caoutchoucs des gants, biocides (isothiazolinone, glutaraldéhyde, formaldéhyde), médicaments
Dentiste / assistante dentaire Caoutchoucs des gants, acrylates (HEMA, EGDMA), antiseptiques
BTP (maçon, carreleur, peintre) Chrome du ciment (gale du ciment), isothiazolinones des peintures, résines époxy, caoutchoucs
Vétérinaire / éleveur Caoutchoucs (gants, bottes), médicaments vétérinaires, antiseptiques, pesticides, olaquindox
Fleuriste / jardinier / horticulteur Lactones sesquiterpéniques, colophane, baume du Pérou, pesticides
Professionnel de l’alimentation Protéines alimentaires (poissons, fruits, légumes, viandes), caoutchoucs des gants, désinfectants
💡 Eczéma professionnel et maladie professionnelle : un eczéma des mains dont l’origine professionnelle est documentée (patch tests + contexte de travail) peut être déclaré en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général), avec prise en charge spécifique et, le cas échéant, reclassement. Votre dermatologue vous accompagne dans cette démarche.

Formes cliniques de l’eczéma des mains

La dyshidrose (dishidrose)

Vésicules profondes « en grain de sagou », translucides, extrêmement prurigineuses, siégeant sur les bords des doigts, les paumes et les plantes. Elles évoluent par poussées, laissant une desquamation caractéristique. Allergènes orienteurs : baume du Pérou, PPD, nickel et autres métaux (cobalt, chrome) — parfois même pris par voie orale. Voir l’article détaillé sur les cloques d’eau des mains et des pieds.

Dyshidrose profuse des mains
Dyshidrose profuse : vésicules en grain de sagou sur les bords des doigts

Le pompholyx

Éruption vésiculeuse et/ou bulleuse d’apparition rapide, sans érythème de fond, suivie d’une desquamation durant 2 à 3 semaines. Survient par poussées distinctes, déclenché par la chaleur, le stress ou l’ingestion d’allergènes (nickel alimentaire).

La dermatose hyperkératosique des paumes

Plaques rouges épaisses et fissurées au centre des paumes, touchant surtout les hommes de 40 à 60 ans. Souvent multifactorielle : allergie de contact + irritation chronique + traumatismes répétés. Diagnostic différentiel difficile avec un psoriasis des mains. En dermoscopie, la plaque d’eczéma chronique lichénifié montre des vaisseaux en points regroupés en amas sur fond rouge et des squames jaunâtres.

Dermoscopie eczéma mains
Dermoscopie : vaisseaux en points et squames jaunes — eczéma chronique lichénifié

La pulpite fissuraire

Fissures douloureuses de la pulpe des doigts, extrêmement invalidantes. Deux orientations diagnostiques importantes :

  • Pulpite de la main controlatérale chez un droitier → évoquer un eczéma à l’ail (manipulation avec la main non dominante)
  • Pulpite de la main directrice → orienter vers la manipulation d’un objet allergisant ou une allergie au nickel
Pulpite fissuraire des doigts
Pulpite fissuraire : fissures douloureuses de la pulpe des doigts

Voir l’article : fissures des mains et des doigts.

L’eczéma profus aigu

Éruption vésiculeuse explosive, comme lors d’un eczéma au ciment ou d’une allergie brutale à un antiseptique appliqué sur une plaie.

Eczéma aigu de la main
Eczéma aigu de la main
Eczéma aigu vésiculeux de la main autour d'une plaie
Eczéma aigu vésiculeux de la main autour d’une plaie : allergie de contact à un antiseptique ou un pansement ?

Diagnostic : interrogatoire, patch tests et dermoscopie

Il n’y a pas toujours d’allergie documentée dans l’eczéma des mains — c’est souvent la conjonction d’une peau sèche et de contacts répétés avec des irritants qui explique la situation. La consultation dermatologique est indispensable pour hiérarchiser les facteurs.

L’interrogatoire : les indices clés

  • Date de début et évolution — un changement de poste ou de métier coïncidant avec le début est très orienteur
  • Amélioration pendant les vacances : argument le plus fort en faveur d’une origine professionnelle
  • Localisation précise : dos des mains (gants), paumes (irritation ou psoriasis), pulpe des doigts (manipulation d’objets)
  • Loisirs, bricolage, jardinage, traitements topiques appliqués sur les mains
  • Antécédent d’allergie aux bijoux (nickel), aux teintures capillaires (PPD)
  • Atteinte conjointe des paupières → évoquer des allergènes aéroportés

Les patch tests (tests épicutanés)

En cas de poussées répétées sans cause évidente, le dermatologue propose des tests épicutanés (patch tests) : application dans le dos de sparadraps contenant différents allergènes standardisés, retirés à 48 heures. Lecture à 48 h puis à 72–96 h — certains allergènes (corticoïdes, néomycine) ne positivent qu’à 7 jours : une relecture tardive peut être nécessaire. La batterie standard européenne explore les allergènes les plus fréquents. Des batteries complémentaires (coiffure, acrylates, cosmétiques, végétaux) sont ajoutées selon le contexte professionnel.

Eczéma chronique des mains : formes et nouveaux traitements

On définit l’eczéma chronique des mains comme une dermatose évoluant depuis plus de 3 mois consécutifs ou récidivant à raison d’au moins 2 épisodes par an. En phase aiguë, l’eczéma est souvent vésiculeux, suintant, prurigineux. En dehors des poussées, la peau est épaissie, fissurée — les douleurs nocturnes peuvent altérer le sommeil.

Formes chroniques

  • Dermite irritative des mains : peau sèche, squameuse, épaissie et fissurée, prédominant sur le dos des mains
  • Dyshidrose chronique : voir cloques sur les mains
  • Eczéma hyperkératosique et fissuré des paumes : souvent confondu avec un psoriasis des mains
  • Eczéma lichénifié : épaississement du dos des mains et des doigts, peau grisâtre quadrillée par le grattage chronique
  • Pulpite fissuraire chronique : voir fissures des doigts

Nouveaux traitements de l’eczéma chronique sévère

Deux avancées thérapeutiques majeures ont enrichi l’arsenal depuis 2022 :

📌 Delgocitinib topique (Anzupgo®) — premier inhibiteur pan-JAK topique, disponible depuis 2024 pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère chez l’adulte pour lequel les dermocorticoïdes sont inadéquats. 2 applications par jour. Efficacité supérieure à l’alitrétinoïne orale dans l’essai clinique de phase 3 DELTA FORCE (513 patients, 102 centres, 10 pays) : réduction du score HECSI significativement supérieure à 12 semaines (-67,6 vs -51,5 points, p<0,0001). Profil de tolérance favorable (céphalées : 4 % vs 32 % pour l’alitrétinoïne).

Alitrétinoïne (Toctino®) : rétinoïde systémique disposant d’une AMM spécifique dans l’eczéma chronique sévère des mains résistant aux dermocorticoïdes chez l’adulte. Posologie habituelle : 30 mg/j pendant 12 à 24 semaines. Contraception obligatoire chez la femme en âge de procréer (tératogène). Surveillance lipidique et hépatique. Reste utile lorsque le delgocitinib n’est pas disponible ou contre-indiqué.

📚 Giménez-Arnau AM et al. — DELTA FORCE : delgocitinib vs alitrétinoïne, phase 3, 513 patients — Lancet 2025

📚 Bissonnette R et al. — DELTA 1 & DELTA 2 : delgocitinib vs véhicule, phase 3 — Lancet 2024


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Soigner l’eczéma des mains

Le traitement repose sur quatre axes complémentaires, à adapter selon la forme clinique et la sévérité.

Axe thérapeutique Modalités pratiques
Éviction de l’allergène ou de l’irritant Mesure la plus efficace et incontournable. Port de gants en coton sous les gants de protection. Substitution professionnelle si nécessaire. Sans éviction, aucun traitement ne permet une guérison durable.
Dermocorticoïdes Classe I (propionate de clobétasol) sur les paumes et les plantes. Classe II-III sur le dos des mains. Cure courte sur poussée aiguë. Sous occlusion nocturne pour les formes hyperkératosiques très épaisses.
Antihistaminiques Cétirizine ou loratadine pour le prurit diurne. Hydroxyzine (Atarax®) le soir pour les formes prurigineuses nocturnes. Soulagent les démangeaisons sans traiter l’inflammation.
Émollients Plusieurs applications quotidiennes, notamment après chaque lavage sur peau encore légèrement humide. Crèmes sans parfum ni conservateurs allergisants. Restaurent la barrière cutanée.

Conseils pratiques quotidiens

  • Limiter les lavages des mains au strict nécessaire — un rinçage à l’eau claire suffit dans de nombreux cas
  • Utiliser un savon surgras sans parfum
  • Sécher par tamponnement, jamais par friction
  • Éviter les gants en latex (caoutchouc allergisant) — préférer les gants en nitrile ou vinyl avec sous-gant en coton
  • Appliquer un émollient immédiatement après le lavage, sur peau encore légèrement humide
⚠️ En cas d’eczéma résistant : un eczéma des mains qui ne répond pas aux dermocorticoïdes bien conduits justifie toujours une consultation dermatologique avec patch tests, et une réévaluation du diagnostic — une dyshidrose, une mycose des mains ou un psoriasis peuvent mimer un eczéma. Les nouvelles thérapies (delgocitinib, alitrétinoïne) sont accessibles sur prescription spécialisée.

Pages liées

Questions fréquentes

J’ai de l’eczéma sur le dos des mains et les jointures, pas du tout sur la paume — que faire ?

Ce tableau oriente fortement vers une dermite irritative par lavages excessifs plutôt qu’une allergie vraie — le dos des mains étant plus exposé que les paumes. La piste à explorer : réduire les lavages au strict nécessaire, utiliser un savon surgras sans parfum, appliquer un émollient après chaque lavage. Si pas d’amélioration après 3 à 4 semaines malgré ces mesures, des patch tests s’imposent pour exclure une allergie surajoutée.

Mon eczéma des mains disparaît pendant les vacances mais revient dès la reprise du travail — est-ce forcément une allergie professionnelle ?

L’amélioration systématique pendant les congés est l’argument le plus fort en faveur d’une origine professionnelle — allergie ou irritation chronique liée aux conditions de travail. Ce constat justifie une consultation dermatologique avec patch tests incluant les produits manipulés au travail. Un eczéma professionnel reconnu peut être déclaré en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général) avec prise en charge spécifique.

Quelle différence entre eczéma et psoriasis des mains ?

La distinction peut être difficile cliniquement. L’eczéma est plus prurigineux, vésiculeux en phase aiguë, avec desquamation fine. Le psoriasis des mains donne des plaques bien délimitées avec squames blanches sèches, souvent associées à des ongles ponctués ou déformés et à d’autres localisations psoriasiques. La dermoscopie et la biopsie cutanée tranchent en cas de doute persistant.

Qu’est-ce que le delgocitinib (Anzupgo®) et pour qui est-il indiqué ?

Le delgocitinib (Anzupgo®) est le premier inhibiteur pan-JAK topique disponible pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère chez l’adulte, pour lequel les dermocorticoïdes sont inadéquats ou inappropriés. Il s’applique 2 fois par jour en crème. L’essai de phase 3 DELTA FORCE (2025, 513 patients, Lancet) a montré une efficacité supérieure à l’alitrétinoïne orale avec un profil de tolérance nettement meilleur (céphalées : 4 % vs 32 %). Il représente une alternative non stéroïdienne importante pour les formes chroniques résistantes aux corticoïdes.

L’alitrétinoïne est-elle réservée aux cas très graves ?

L’alitrétinoïne (Toctino®) est indiquée dans les eczémas chroniques sévères des mains résistant aux dermocorticoïdes avec retentissement significatif sur la vie quotidienne ou professionnelle. Elle n’est pas réservée aux cas extrêmes mais nécessite une contraception obligatoire chez la femme (tératogène), une surveillance biologique régulière et une information sur les effets secondaires habituels des rétinoïdes. Depuis l’arrivée du delgocitinib topique, le choix entre les deux options est à discuter avec votre dermatologue.

Voir aussi :
Eczéma |
Dyshidrose |
Fissures des doigts |
Eczéma allergique de contact |
Psoriasis des mains |
Dermocorticoïdes |
Eczéma au ciment

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Sources scientifiques

Mis à jour le 12 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

Allergie alimentaire : les allergies de peau aux aliments

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les allergies alimentaires provoquent des manifestations cutanées dans 80 % des cas : urticaire aiguë (la plus fréquente), angioedème ou poussée d’eczéma. En France, 3 à 5 % des adultes et 6 à 8 % des enfants sont touchés. Les aliments le plus souvent en cause sont les arachides, crustacés, lait, œuf et blé. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Allergie alimentaire

Allergie de peau
Allergies de peau aux aliments

L’allergie est une réaction anormale de l’organisme à des substances de l’environnement, appelée allergènes

Presque 5% de la population pédiatrique et 2% de la population générale présente des allergies alimentaires

On note de plus en plus d’allergies alimentaires depuis quelques années, peut-être en raison


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ALLERGIE CUTANEE
« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes des problèmes
– Les traitements…


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  • de l’internationalisation des aliments qui sont mangés sur toute la planète alors qu’ils étaient réservés à quelques pays il y a quelques décennies (kiwis, sésame…)
  • de l’alimentation à base d’aliments préparés par l’industrie agro alimentaire : contamination des alliments par des allergènes lors du stockage ou de la préparation des aliments / présence de conservateurs et de nombreux additifs / présence de nombreux ingrédients alors qu’une préparation à la maison utilise moins d’ingrédients
  • Haute Autorité de Santé (HAS) — Recommandations HAS.

En fait la plupart des allergies alimentaires n’en sont pas! Il s’agit en fait de fausses allergies ou intolérances alimentaires

Symptomes

L’allergie alimentaire peut s’exprimer sur la peau, mais aussi dans le tube digestif, les voies respiratoires…

Allergie de peau

Le symptome le plus fréquent est l’urticaire alimentaire, mais aussi l’oedeme de Quincke. Parfois on note l’exacerbation d’une dermatite atopique

Allergie du tube digestif

L’allergie alimentaire prend alors la forme de nausées, de vomissements, de maux de ventre, de diarrhée, voire de constipation

Allergie respiratoire

On note une rhinite, des crises d’asthme…

Causes

Dans le cas de l’allergie alimentaire, l’allergène peut être transmis

  • le plus fréquemment en l’ingérant+++
  • en l’inspirant (par exemple, allergie aux crevettes, la fumée de cuisson des crevettes peut déclencher une toux, rhinite, asthme…)
  • par contact cutané avec l’aliment ou un objet souillé par l’aliment

Allergie alimentaire de l’enfant

Les allergènes les plus fréquents sont

  • le lait de vache (10% des cas)
  • oeuf 10% des cas
  • kiwi 10% des cas
  • arachide (8%)
  • poisson (8%)
  • fruits à coque : noisette++ (8%)
  • crevettes…

Allergie alimentaire de l’adulte

On regroupe généralement les allergènes en 5 groupes :

  • groupe « latex » (14% des cas) : avocat, kiwi, banane, châtaigne
  • groupe « rosacées » (13% des cas) :abricot, pêche, framboise, cerise, pomme, poire, prune..
  • groupe « noix » (10% des cas) :amande, noisette, noix, noix de pécan et de cajou, pignon, pistache…
  • groupe « ombellifères » (10% des cas) :aneth, carotte, céleri, coriandre, fenouil, anis, persil…
  • Blanc d’oeuf et arachide, sésame, lupin, lait de brebis…

Allergies croisées

Entre aliment et autre allergène

Lorsqu’on est allergique à un aliment, on peut être allergique à des substances non alimentaires (pollens…) : on peut être allergique au pollen de bouleau et faire une allergie alimentaire à la pomme, car els deux ont en commun une molécule (la profiline)

Entre aliments

D’une même famille

En cas d’allergie à

  • Cacahuete, on peut être allergique aux aliments de la même famille : pois, soja, fèves, haricots, lentilles, lupin, pois chiche
  • Ail, on peut être allergique aux aliments de la même famille :oignon, ciboulette, poireau, asperge…
  • Tomate, on peut être allergique aux aliments de la même famille : pomme de terre, poivron, piments, paprika, aubergine…
  • Orange, on peut être allergique aux aliments de la même famille :agrumes
  • Moutarde, on peut être allergique aux aliments de la même famille : choux, radis, navet, raifort, colza, rutabaga…
  • Noix, on peut être allergique aux aliments de la même famille : noisettes, noix du brésil, de cajou…
  • Blé, on peut être allergique aux aliments de la même famille : orge, seigle…
  • Crevettes, on peut être allergique aux aliments de la même famille : crabe, homard…
De familles différentes

Les allergies croisées entre aliments de familles différentes sont fréquentes. En cas d’allergie :

  • au lait de vache, on peut être allergique à la viande de boeuf, au lait de chèvre, de brebis…
  • au pollen (bouleau, ambroisie…), on peut être allergique à des fruits et légumes (pomme, pêche, melon…)
  • à la pêche, on peut être allergique aux autres rosacées : abricot, framboise, cerise, pomme, poire, prune..
  • au latex : on peut être allergique à des fruits : kiwi, banane, avocat…

Allergies alimentaires sur la peau

La réaction alimentaire la plus fréquente est :

L’urticaire alimentaire (urticaire à un aliment).

Le diagnostic d’urticaire alimentaire peut etre difficile et necessite donc une consultation medicale.

Il existe en effet de nombreux cas de figure:

Après un aliment dont on n’a pas l’habitude

Elle peut survenir notamment lors de l’ingestion d’aliments dont on n’a pas l’habitude (dîner au restaurant chinois… )

Il suffit alors d’éviter l’aliment en cause et de traiter par antihistaminiques

Urticaire alimentaire à un aliment courant

Plus rarement, l’urticaire peut être liée à une véritable allergie alimentaire, souvent chez des personnes atopiques.
L’urticaire alimentaire est alors parfois précédée par des démangeaisons ou des picotements voire un gonflement des lèvres et de la muqueuse dans la bouche rapidement après la prise alimentaire et elle peut être associée
à des douleurs digestives. Les aliments habituellement responsables d’allergie alimentaire sont les poissons et les crustacés, l’arachide, le soja, les céréales, l’oeuf, le lait de vache, des fruits exotiques…

Le médecin pourra recourrir à des prick tests prudents ou une prise de sang à la recherche d’IgE spécifiques de certains aliments

Le traitement passe par l’éviction de l’aliment ou du groupe d’aliments en cause et les antihistaminiques

Anaphylaxie alimentaire d’effort

L’anaphylaxie alimentaire à l’effort est une rareté mais elle peut être grave. Il s’agit d’une réaction anaphylactique déclenchée par un effort prolongée comme la course à pied et induite par un aliment consommé 2 à 5 heures avant (céréales, fruits, arachide… ).
L’effort sans prise alimentaire, ou la prise alimentaire sans effort
n’entraînent habituellement aucun probleme

Fausses allergies alimentaire

Cependant, la fausse allergie alimentaire par surconsommation d’aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs est la cause la plus fréquente d’urticaire alimentaire : poissons, les crustacés, la charcuterie,
les fromages fermentés, les boissons alcoolisées, le chocolat,
des fruits et légumes

L’éviction des aliments riches en amines biogènes est recommandée :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

Un cas particulier :

Scombrotoxisme

Il s’agit d’une réaction d’anaphylaxie avec hypotension artérielle après ingestion de poisson « à chair bleue » : thon, bonite, maquereau et sardine, anchois, marlin… avec rupture de la chaine du froid (tout poisson ayant un goût métallique, poivré ou piquant est à éviter). d’où

  • la présence de bactéries (Achromobacter histamineum, Proteus morganii, Proteus vulgaris) dans le tube digestif de l’animal
  • un taux élevé d’histamine dans la chair du poisson

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une urticaire ni d’une allergie alimentaire vraie (le poisson sans rupture de la chaine du froid peut être mangé à nouveau), mais plutot d’une réaction d’anaphylaxie avec maux de tete, hypotension…

Suspicion d’allergie alimentaire, que faire?

Consulter un médecin

Il faut consulter un médecin qui par le biais de l’interrogatoire otamment pourra souvent distinguer une vraie allergie d’une fausse allergie alimentaire

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

Il pourra demander des tests sanguins, voire réaliser de façon prudente des tests épicutanés appelés prick tests: il s’agit de piqures dans l’avant bras après y avoir disposé des gouttes de différents allergenes afin de les faire pénétrer dans la couche superficielle de la peau et déclencher une papule urticarienne en cas d’allergie

prick tests
Piqures dans l’avant bras en cas d’urticaire : prick tests

Le plus souvent en milieu hospitalier, il peut aussi faire des tests de provocation labiale ou orale avec l’aliment.

Eviter l’allergène

Le médecin prescrit un régime d’éviction de l’allergène et de sa famille et allergènes croisés. A l’école, on peut mettre en place un Projet d’Accueil Individualisé.

Il faut souvent guêter les emballages à la recherche des allergènes…

Avoir un traitement « au cas où »

Le médecin prescrit des antihistaminiques, voire de l’adrénaline en cas de risque d’anaphylaxie alimentaire :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.


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Questions fréquentes

Quels aliments provoquent le plus souvent des réactions cutanées allergiques ?

Chez l’adulte, les principaux allergènes alimentaires cutanés sont les crustacés, les arachides, les noix, le poisson et le céleri. Chez l’enfant, les œufs, le lait de vache, les arachides et le blé dominent. Ces 8 allergènes majeurs représentent plus de 90 % des réactions allergiques alimentaires sévères selon l’ANSES.

Comment distinguer une urticaire allergique d’une urticaire non allergique ?

L’urticaire allergique post-alimentaire survient dans les minutes à 2 heures suivant l’ingestion, avec apparition soudaine de plaques rouges et gonflées, très prurigineuses. L’urticaire chronique idiopathique est quotidienne, sans lien avec un aliment précis. Un bilan allergologique (prick-tests, IgE spécifiques) permet de confirmer ou exclure l’origine alimentaire.

L’allergie alimentaire peut-elle aggraver un eczéma existant ?

Oui, chez l’enfant de moins de 2 ans, les allergies alimentaires (lait, œuf, arachide) aggravent la dermatite atopique dans 30 à 40 % des cas sévères. Chez l’adulte, ce lien est moins fréquent. Un régime d’éviction guidé par le résultat des tests allergologiques (et non empirique) peut améliorer significativement l’eczéma de l’enfant atopique.

C’est quoi l’angioedème et est-ce dangereux ?

L’angioedème (ou œdème de Quincke) est un gonflement profond de la peau et des muqueuses, le plus souvent du visage, des lèvres, de la langue et du larynx. Il survient dans 50 % des cas d’anaphylaxie alimentaire sévère. Un angioedème laryngé est une urgence vitale qui impose l’injection d’adrénaline et l’appel du 15 sans délai.

Les tests cutanés (prick-tests) sont-ils fiables pour l’allergie alimentaire ?

Les prick-tests ont une sensibilité de 70 à 90 % pour les allergènes alimentaires classiques. Leur valeur prédictive négative est excellente (95 %) — un prick-test négatif exclut très probablement l’allergie. Ils sont complétés par le dosage des IgE spécifiques (RAST) et, si nécessaire, un test de provocation orale réalisé en milieu hospitalier.

Peut-on guérir d’une allergie alimentaire ?

L’allergie au lait et à l’œuf guérit spontanément dans 80 % des cas avant 5 ans chez l’enfant. L’allergie à l’arachide est plus persistante (60 % restent allergiques à l’âge adulte). L’immunothérapie orale (désensibilisation) a montré une efficacité dans 60 à 80 % des cas d’allergie à l’arachide dans des études récentes (PMID 30840791).

Peut-on avoir une allergie alimentaire sans symptômes digestifs ?

Oui, les manifestations cutanées (urticaire, angioedème) peuvent être les seuls signes d’une allergie alimentaire, sans diarrhée, vomissements ou douleurs abdominales. Environ 30 % des réactions anaphylactiques alimentaires se présentent exclusivement par des symptômes cutanés et respiratoires, sans atteinte digestive.

Prurigo : causes, symptômes et conseils dermatologue

Dernière mise à jour : 6 mai 2026

Mis à jour le 4 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le prurigo est une dermatose prurigineuse caractérisée par des papules rouges qui démangent intensément, évoluant selon un cercle vicieux neuro-immun : plus on gratte, plus la peau s’épaissit et démange. Le prurigo nodulaire chronique touche près des deux tiers des patients après 50 ans. Depuis 2023, le dupilumab (AMM) et le némolizumab (AMM EMA 2024) ont transformé sa prise en charge, avec 44,9 % de réponse complète à 16 semaines pour le némolizumab.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Le prurigo est une dermatose prurigineuse caractérisée par des papules rouges qui démangent intensément. Il fonctionne selon un cercle vicieux : plus on gratte, plus la peau s’épaissit et démange. Il existe trois formes selon l’évolution — aiguë, subaiguë et chronique — avec des causes et des traitements différents. Depuis 2023, de nouvelles biothérapies ont transformé la prise en charge des formes sévères.

Prurigo résistant aux traitements locaux ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Cet article en vidéo

prurigo papules rouges démangeaisons
Prurigo — papules rouges infiltrées

Symptômes du prurigo

Le prurigo se manifeste par des papules infiltrées (zones épaissies et surélevées), rouges à violacées sur les jambes, de quelques millimètres, caractérisées par des démangeaisons intenses. Les lésions peuvent être vésiculeuses ou suintantes à leur sommet.

papules prurigo nodulaire
Papules de prurigo

À force de grattage, les lésions deviennent croûteuses avec des excoriations. Elles peuvent se surinfecter au Staphylocoque doré, prenant un aspect de croûtes mellicériques ou pustuleux.

prurigo surinfecté staphylocoque croûtes
Prurigo surinfecté

Les 3 formes de prurigo

1. Prurigo aigu

Forme d’apparition rapide, souvent spontanément régressive sous traitement.

Prurigo strophulus (forme la plus fréquente)

Survient principalement chez l’enfant de maternelle ou de début de primaire ayant des antécédents d’eczéma atopique. Les lésions siègent sur les jambes et les zones de frottement sous les vêtements. Causé par une hypersensibilité aux :

  • Piqûres d’insectes : puces de chats et chiens, aoûtats en été
  • Acariens des poussières de maison
prurigo aigu allergie médicamenteuse
Prurigo aigu lié à une allergie médicamenteuse

Autres prurigos aigus

Peuvent être liés à des allergies médicamenteuses, des lymphomes ou une infection VIH.

2. Prurigo subaigu

prurigo subaigu dos excoriations
Prurigo subaigu

Les boutons sont petits et vésiculeux mais si prurigineux qu’ils sont rapidement excoriés et se transforment en croûtes. Il touche les régions accessibles au grattage : haut du dos, cou, cuir chevelu, bas du dos, fesses. Il survient plus souvent chez la femme de la cinquantaine en contexte de stress ou de difficultés émotionnelles, sans être considéré comme une pathologie purement psychosomatique.

3. Prurigo nodulaire chronique

prurigo nodulaire chronique nodules épaissis jambes
Prurigo nodulaire chronique

Forme chronique évoluant pendant des années, dans laquelle les papules prennent un aspect nodulaire épaissi (lichénifié) de 1 à 3 cm de diamètre, laissant des cicatrices pigmentées et dépigmentées. Il prédomine sur les avant-bras, bras, haut du dos, fesses et jambes.

Il se manifeste dans près des deux tiers des cas après 50 ans. Seuls 20% des patients sont de terrain atopique.

Le mécanisme repose sur un cercle vicieux neuro-immun : les cytokines de la voie Th2 (interleukines 4, 13 et 31) propagent l’inflammation et activent les prurirécepteurs indépendamment de l’histamine. La démangeaison s’autonomise progressivement et finit par altérer fortement la qualité de vie.

Critères diagnostiques du prurigo nodulaire :

  • Multiples lésions nodulaires
  • Signes de grattage répété : excoriations, croûtes, cicatrices
  • Évolution depuis au moins 6 semaines

💡 Signe du papillon : dans le dos, une zone en forme de papillon est souvent épargnée car elle est difficile d’accès au grattage — signe évocateur du diagnostic.

prurigo vésicules bulles
Prurigo avec vésicules

Bilan complémentaire

En l’absence de prurigo strophulus évident, un bilan est nécessaire pour rechercher une cause :

  • NFS, plaquettes
  • Bilan hépatique et rénal
  • IgE spécifiques
  • Glycémie à jeun
  • Sérologies VIH, hépatite B et C
  • Radiographie pulmonaire et échographie abdominale
  • Scanner thoraco-abdomino-pelvien en cas de suspicion de néoplasie ou lymphome

Traitement du prurigo

Traitements locaux

  • Émollients — hydratation de base indispensable
  • Dermocorticoïdes puissants sous pansements occlusifs — pour rompre le cercle vicieux
  • Préparations à la capsaïcine, vitamine D topique, tacrolimus, Daivobet* — pour les formes subaiguës et chroniques
  • Pansements cicatrisants — limitent le grattage et favorisent la cicatrisation

Traitements généraux

  • Antihistaminiques
  • Injections de corticoïdes intralésionnels
  • Cryothérapie
  • Photothérapie (UVB)
  • Méthotrexate hors AMM 10-20 mg/semaine — efficacité documentée (étude 2018)
  • Ciclosporine, naltrexone, prégabaline, gabapentine selon les cas
⚠️ Plus de la moitié des patients (57 %) ne sont pas améliorés par les traitements conventionnels, selon une étude européenne sur 396 patients (EADV). L’émergence des biothérapies a changé la donne.

Biothérapies — nouvelles options depuis 2023

Dupilumab (Dupixent*)

En 2023, le dupilumab a obtenu l’AMM et un avis favorable au remboursement pour le prurigo nodulaire modéré à sévère résistant à un traitement local bien conduit. Posologie : 600 mg en dose initiale puis 300 mg toutes les 2 semaines. L’amélioration du prurit débute dès la 3e-4e semaine, est franche à 3 mois et continue de progresser jusqu’à 6 mois.

Némolizumab (Nemluvio®) — AMM EMA septembre 2024

Le némolizumab (Nemluvio®) est un anticorps monoclonal humanisé ciblant le récepteur α de l’IL-31 (IL-31Rα), cytokine centrale du prurit neuronal dans le prurigo nodulaire. Il a obtenu son AMM européenne en septembre 2024 et l’approbation FDA en août 2024, pour le prurigo nodulaire modéré à sévère de l’adulte (≥ 18 ans).

Résultats des essais OLYMPIA 1 & 2 (Ständer S et al., N Engl J Med 2023 ; PMID : 36882091) :

  • IGA 0/1 (réponse complète ou quasi-complète) à 16 semaines : 44,9 % vs 8,4 % sous placebo
  • Réduction du prurit ≥ 4 points (PP-NRS) : 56,2 % vs 20,8 % sous placebo
  • Amélioration significative du prurit dès la 1re semaine de traitement
  • Amélioration de la qualité de vie (DLQI) maintenue à 24 semaines

Posologie : 30 mg en injection sous-cutanée toutes les 4 semaines. Aucune dose de charge requise. Disponible en stylo auto-injecteur.

ℹ️ Remboursement en France
Le némolizumab (Nemluvio®) est disponible en Europe depuis fin 2024. Consultez votre dermatologue ou la HAS pour les conditions de remboursement en vigueur.

Biothérapies en cours d’étude

Vixarelimab (anti-OSMRβ), nalbuphine (agoniste kappa opioïde, composante neurogène), serlopitant (antagoniste NK1R à la substance P).

Quand s’inquiéter et consulter rapidement ?

  • Prurigo résistant à tous les traitements locaux bien conduits depuis plus de 6 semaines
  • Présence de ganglions augmentés de volume — évoquer un lymphome de Hodgkin
  • Symptômes généraux associés : fatigue intense, fièvre, sueurs nocturnes, perte de poids
  • Prurigo survenant après une introduction médicamenteuse récente (lymphome drug-induced)
  • Prurigo chez un patient dialysé ou ayant une maladie hépatique connue
  • Extension rapide à tout le corps avec altération de l’état général

Sources

  • Ständer S, et al. Trial of Nemolizumab in Moderate-to-Severe Prurigo Nodularis. N Engl J Med. 2023;388(17):1579-1589. PMID : 36882091
  • Yosipovitch G, et al. Dupilumab in Patients with Prurigo Nodularis. N Engl J Med. 2023;389(16):1483-1492. PMID : 37851870
  • Zeidler C, et al. Prurigo nodularis: A guide to diagnosis and management. J Allergy Clin Immunol Pract. 2022;10(8):1957-1967. PMID : 35472524
  • HAS — Avis de la commission de transparence Dupixent® (dupilumab) — prurigo nodulaire, 2023. www.has-sante.fr

Questions fréquentes sur le prurigo

Quelle est la différence entre prurigo et eczéma ?

L’eczéma est souvent une cause du prurigo — le grattage répété des plaques d’eczéma peut faire évoluer les lésions vers un prurigo. Le prurigo se distingue par des papules nodulaires bien individualisées, épaisses, résultant du cercle vicieux grattage-épaississement. Il peut aussi survenir sans eczéma sous-jacent.

Le prurigo nodulaire chronique peut-il guérir ?

La guérison complète est difficile à obtenir avec les traitements conventionnels. Depuis 2023, le dupilumab et le némolizumab ont transformé la prise en charge des formes modérées à sévères — 44,9 % de réponse complète sous némolizumab à 16 semaines. Une rémission prolongée est possible sous biothérapie.

Comment rompre le cercle vicieux du prurigo ?

L’application de dermocorticoïdes puissants sous pansements occlusifs bloque le cycle grattage-inflammation. Les pansements empêchent mécaniquement le grattage nocturne. Le traitement de la cause sous-jacente (eczéma, allergie, cause interne) est indispensable pour éviter les rechutes.

Le prurigo est-il contagieux ?

Non, le prurigo n’est pas contagieux. Cependant, si sa cause est une gale ou des piqûres de puces, ces parasites peuvent se transmettre à l’entourage. La cause doit toujours être identifiée et traitée.

Quels sont les premiers signes du prurigo nodulaire chronique ?

Le prurigo nodulaire débute par des papules prurigineuses qui s’épaississent progressivement sous l’effet du grattage répété, devenant des nodules de 1 à 3 cm. Le signe du papillon — zone épargnée en forme de papillon dans le milieu du dos, inaccessible au grattage — est évocateur du diagnostic. Les lésions prédominent sur les avant-bras, les jambes et le haut du dos.

Combien de temps dure un prurigo nodulaire chronique sans traitement ?

Sans traitement, le prurigo nodulaire chronique évolue pendant des années, voire des décennies, avec des poussées et des rémissions. Plus de 57 % des patients ne sont pas améliorés par les traitements conventionnels. Les biothérapies (dupilumab remboursé depuis 2023, némolizumab AMM 2024) sont désormais recommandées pour les formes modérées à sévères résistantes.

Le prurigo peut-il être le signe d’une maladie grave comme un lymphome ?

Oui. Un prurigo persistant résistant aux traitements habituels doit faire rechercher une hémopathie (lymphome de Hodgkin, leucémie lymphoïde chronique) ou une cause interne (insuffisance rénale, hépatique, thyroïdienne). Un bilan incluant NFS, bilan hépatique et rénal, sérologies et imagerie est indispensable devant tout prurigo chronique inexpliqué.

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Mis à jour le 4 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux.

Traitement de l’urticaire : antihistaminiques, éviction et biothérapies

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Traitement de l’urticaire : comment soigner l’urticaire

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Nous avons vu dans l’article consacré à l’urticaire qu’il existait de nombreux facteurs favorisants ou aggravants. La prise en charge thérapeutique repose sur trois piliers : l’éviction des facteurs déclenchants, le traitement pharmacologique adapté à la forme clinique (aiguë ou chronique), et la mise en place d’un plan d’urgence chez les patients à risque d’anaphylaxie. Cette page fait le point sur toutes les options disponibles, des antihistaminiques classiques aux biothérapies modernes, conformément aux recommandations SFD/HAS 2024.

Urticaire persistante ou récidivante ?
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Éviter les facteurs favorisants

Quelle que soit la forme d’urticaire, l’identification et l’éviction des facteurs aggravants constituent le premier temps de la prise en charge. Cette démarche peut permettre, à elle seule, de réduire la fréquence et l’intensité des crises.

Aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs

En cas de suspicion d’urticaire alimentaire, une éviction d’essai de 3 semaines des aliments suivants est recommandée en première intention — avant tout bilan allergologique :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, œufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés.
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie emballée, gibier.
  • Blanc d’œuf.
  • Fromages affinés : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère, cheddar.
  • Légumes : épinards, tomate, choux, choucroute, concombre.
  • Fruits : fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette.
  • Boissons alcoolisées : bière, vin.
  • Chocolat et cacao.
Point important : Les recommandations SFD 2024 indiquent que l’éviction systématique de ce régime n’est pas recommandée de façon universelle dans l’urticaire chronique spontanée — elle n’est utile qu’en cas de suspicion documentée de composante alimentaire. En l’absence d’amélioration après 3 semaines, le régime peut être abandonné et un bilan allergologique complet (IgE spécifiques, prick-tests) envisagé.

Médicaments aggravants à éviter

Aspirine et AINS — un tiers à la moitié des urticaires seraient aggravés voire déclenchés par l’aspirine ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, naproxène, kétoprofène…). Leur éviction doit être proposée à tout patient urticarien, et une alternative antalgique (paracétamol) privilégiée.

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) — cette classe d’antihypertenseurs peut provoquer des angio-œdèmes du visage et du cou, parfois sévères. Tout antécédent d’angio-œdème constitue une contre-indication absolue aux IEC. En cas d’angio-œdème chez un patient sous IEC, un changement de classe antihypertensive doit être discuté avec le médecin traitant ou le cardiologue.

Bêtabloquants — sans déclencher l’urticaire, ils peuvent rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie en bloquant l’effet de l’adrénaline. Leur utilisation doit être signalée à tout médecin prescrivant un kit d’urgence.

Pourquoi éviter la cortisone en dehors des urgences ?

Les corticoïdes par voie générale (prednisone, prednisolone) ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire chronique, ni dans l’urticaire aiguë non compliquée. Plusieurs raisons expliquent cette position des sociétés savantes :

  • Risque de rebond à l’arrêt : la cortisone masque les symptômes sans traiter la cause. À l’arrêt, l’urticaire réapparaît souvent plus intensément.
  • Absence de preuve d’efficacité sur la durée dans l’urticaire chronique spontanée.
  • Effets secondaires nombreux en cas d’utilisation prolongée (diabète, ostéoporose, hypertension, infections).
⛔ Exception : Les corticoïdes restent indiqués en urgence, en complément de l’adrénaline, lors d’une réaction anaphylactique sévère — mais leur délai d’action est de 2 heures, ce qui en fait un traitement de protection secondaire, non de première intention.

Traitement de l’urticaire aiguë (moins de 6 semaines)

L’urticaire aiguë est le plus souvent d’origine infectieuse (virose), médicamenteuse ou alimentaire. Elle régresse spontanément en quelques jours à quelques semaines. Le traitement repose sur les antihistaminiques anti-H1, prescrits pendant au moins 15 jours pour éviter les rechutes lors d’un arrêt prématuré.

On privilégie les antihistaminiques de 2e génération, non sédatifs, en une prise par jour. Attention : certains antihistaminiques de 1re génération (Polaramine®, Primalan®, Atarax®) entraînent une somnolence pouvant rendre la conduite automobile dangereuse — le patient doit en être averti.

Exemples d’antihistaminiques disponibles et référencés sur Dermatonet :

Aerius® ·
Atarax® ·
Clarityne® ·
Kestin® ·
Polaramine® ·
Primalan® ·
Telfast® ·
Tinset® ·
Virlix® ·
Xyzall® ·
Zyrtec®

Traitement de l’urticaire chronique (plus de 6 semaines)

L’urticaire est dite chronique lorsqu’elle dure plus de 6 semaines. Sa prise en charge suit un algorithme par paliers, conformément aux recommandations SFD/HAS 2024 :

1/ Recherche et éviction de la cause

Un bilan étiologique orienté est indispensable (voir l’article urticaire). Les principales pistes à explorer selon le tableau clinique :

  • Angio-œdème récidivant : dosage de l’inhibiteur de la C1-estérase (déficit héréditaire). Bilan dentaire et ORL si angio-œdème facial localisé (foyer infectieux dentaire ou sinusien). Chez l’enfant : prick-tests et éviction de l’aliment suspect pendant 3 semaines, suivie d’un test de provocation orale.
  • Thyroïdite auto-immune : la fréquence des thyroïdites auto-immunes est augmentée dans l’urticaire chronique. Bilan thyroïdien (TSH, T4), anticorps anti-thyroglobuline et anti-thyroperoxydase.
  • Helicobacter pylori : en cas de suspicion d’ulcère gastroduodénal, fibroscopie avec recherche de H. pylori. Si positif : traitement d’éradication par IPP + antibiothérapie. Certaines séries rapportent une amélioration de l’urticaire chronique après éradication.
  • Vascularite urticarienne : à évoquer devant des lésions fixes, peu prurigineuses, parfois associées à un purpura ou un livedo. Biopsie cutanée et bilan immunologique.

2/ Soutien psychologique

L’urticaire chronique a souvent un substrat psychologique (stress, anxiété) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie, gêne professionnelle et sociale). Une prise en charge psychologique peut être proposée en parallèle : relaxation, thérapies cognitivo-comportementales (TCC), gestion du stress. Cette approche ne remplace pas le traitement médical mais en améliore l’efficacité.

3/ Stratégie médicamenteuse par paliers

Palier 1 — Antihistaminiques anti-H1 de 2e génération à dose standard

Les anti-H1 de 2e génération (non sédatifs) sont le traitement de référence de 1re ligne. Ils sont prescrits à dose conventionnelle, en une prise quotidienne. En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif peut être proposé. En cas d’insuffisance de contrôle :

Palier 2 — Augmentation de dose jusqu’à 4 fois la dose standard

En cas de réponse insuffisante aux anti-H1 à dose normale, les recommandations SFD/HAS autorisent une montée de dose progressive jusqu’à 4 fois la posologie de l’AMM, sous contrôle médical et en l’absence de contre-indication. Cette stratégie doit être mise en place rapidement (moins de 2 mois) pour ne pas retarder l’accès aux traitements de 2e intention. L’association d’un anti-H1 de 2e génération le matin et d’un anti-H1 de 1re génération sédatif le soir peut être proposée pour améliorer le sommeil perturbé par le prurit nocturne.

Palier 3 — Omalizumab (Xolair®) ou ciclosporine

En cas d’échec de la quadruple dose d’anti-H1, le traitement de 3e ligne repose sur l’omalizumab (Xolair®) ou la ciclosporine, en adjonction aux anti-H1 (voir section dédiée ci-dessous).

⚠ Ce qui n’est plus recommandé : L’ajout d’antihistaminiques anti-H2 (ranitidine), de montélukast, de méthotrexate ou de corticoïdes systémiques en traitement de fond n’est pas recommandé dans l’urticaire chronique spontanée, en raison d’un niveau de preuve insuffisant et d’un rapport bénéfice/risque défavorable.

Urticaires physiques : prise en charge spécifique

Urticaire à la pression

Éviter les facteurs déclenchants (port de charges lourdes, agenouillement prolongé, vêtements serrés). Anti-H1 de 2e génération en prévention des activités à risque.

Urticaire cholinergique

Éviter l’augmentation de la température centrale du corps (exercice physique intense, bain chaud, stress). Un antihistaminique peut être pris en prévention avant la pratique sportive.

Urticaire au froid

Bilan préalable (cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse des protéines). Protection vestimentaire contre le froid. Information impérative du patient sur les risques d’immersion en eau froide (anaphylaxie) et de consommation d’aliments glacés (œdème laryngé). Anti-H1 en traitement de fond. En cas d’échec : omalizumab 150 à 300 mg/4 semaines (hors AMM, mais recommandé par la SFD).

Une désensibilisation au froid peut être tentée : exposition quotidienne d’une surface cutanée croissante pendant 5 minutes à une eau entre 8 et 15 °C. La désensibilisation est obtenue lorsqu’on tolère une exposition jusqu’aux épaules à 15 °C sans réaction. L’entretien nécessite deux douches froides quotidiennes de 5 minutes à 15 °C.

Urticaire solaire

Voir l’article allergie au soleil.

Urticaire aquagénique

Diagnostic par test d’application d’une compresse humide, parfois par immersion en milieu hospitalier. Douches brèves, pas de bain sans surveillance. Anti-H1 et crème hydratante avant les bains. Une pincée de bicarbonate dans l’eau du bain peut atténuer les symptômes.

Urticaire de contact

Prick-tests et éviction stricte de l’allergène identifié. Antihistaminique en traitement de fond.

Omalizumab (Xolair®) : les injections contre l’urticaire réfractaire

L’omalizumab (Xolair®) est un anticorps monoclonal anti-IgE. Il agit en se liant aux immunoglobulines E libres dans le sang, interrompant la cascade inflammatoire qui déclenche la dégranulation des mastocytes et la libération d’histamine.

Depuis son autorisation dans l’urticaire chronique spontanée (AMM 2014, remboursement 2015-2024), il représente le seul traitement de 2e intention disposant d’un haut niveau de preuve dans cette indication en France.

Indications et conditions de prescription

Omalizumab est indiqué chez l’adulte et l’adolescent à partir de 12 ans, en traitement additionnel aux anti-H1, en cas de réponse insuffisante à ces derniers malgré une prise en charge optimisée (quadruple dose). Sa prescription initiale est hospitalière et annuelle, réservée aux spécialistes en dermatologie, allergologie, médecine interne ou pneumologie.

Posologie et modalités d’administration

La dose recommandée est de 300 mg en injection sous-cutanée toutes les 4 semaines. Les 3 premières injections sont réalisées au cabinet médical avec une surveillance de 30 minutes. Les injections suivantes peuvent être auto-administrées à domicile. En cas de réponse partielle, une dose initiale de 150 mg/4 semaines peut être proposée, augmentée à 300 mg en l’absence d’amélioration à 12 semaines. L’efficacité est évaluable après 3 injections minimum.

Efficacité et tolérance

De nombreux patients constatent une amélioration dès la première injection. Chez les patients auto-réactifs (test au sérum autologue positif), la réponse peut nécessiter plusieurs semaines. Après arrêt, les symptômes réapparaissent progressivement (effet suspensif). Les effets indésirables les plus fréquents sont des réactions locales au site d’injection.

L’omalizumab est déconseillé pendant la grossesse (demi-vie longue de 26 jours, stopper avant la conception). Absence de données suffisantes pendant l’allaitement.

Alternative : ciclosporine

En l’absence de contre-indication et en cas d’impossibilité ou d’échec de l’omalizumab, la ciclosporine (4 à 5 mg/kg/jour) peut être prescrite en adjonction aux anti-H1, pour des périodes de 6 mois maximum avec surveillance rénale et tensionnelle.

Pour en savoir plus : les injections contre l’urticaire Xolair®.

Urticaire résistante aux antihistaminiques ?
Le Dr Rousseau peut évaluer votre situation et, si nécessaire, vous adresser pour la mise en place d’un traitement par omalizumab dans le cadre d’une prise en charge hospitalière.


Consulter en télémédecine

Traitement d’urgence : anaphylaxie et formes graves

⛔ Signes d’alarme nécessitant d’appeler le 15 immédiatement : détresse respiratoire (voix nasonnée, gêne à la déglutition, sifflement laryngé), malaise avec tachycardie et hypotension, nausées et douleurs abdominales, sensation d’oppression thoracique, perte de connaissance.

La prise en charge d’une anaphylaxie sévère repose sur l’adrénaline administrée en intramusculaire (0,3 à 0,5 mg), associée dès que possible à une oxygénothérapie, des corticoïdes IV et un remplissage vasculaire en milieu hospitalier.

Conduite à tenir avec un kit d’adrénaline auto-injectable

Le médecin prescrit aux patients à risque (allergie aux hyménoptères, antécédent d’anaphylaxie sévère) un kit d’adrénaline auto-injectable (EpiPen®, Jext®) avec la conduite à tenir suivante :

Étape 1 — Dès les premiers signes (démangeaisons, urticaire) : prendre immédiatement 2 comprimés d’antihistaminique (desloratadine type Aerius®) et tenir l’auto-injecteur prêt.

Étape 2 — En cas de symptômes sévères (gêne respiratoire importante, troubles digestifs, transpiration, vertiges, serrement thoracique, malaise, perte de connaissance) : injecter l’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé jambes surélevées, appeler le 15 immédiatement. Ne jamais rester seul.

Étape 3 — En lieu isolé : prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent prednisolone — ex. : 3 comprimés de Solupred® 20 orodispersible pour 60 kg). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ mais protège d’une récidive sur 24 heures.

Conservation de l’adrénaline auto-injectable : ne pas mettre au réfrigérateur, ne pas congeler. Vérifier périodiquement que la solution est limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle. Jeter et remplacer si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Conseils du dermatologue

  • En cas de démangeaisons intenses localisées, l’application de talc officinal sur les lésions peut apporter un soulagement transitoire du prurit — sans réduire l’urticaire elle-même.
  • En cas d’inefficacité d’un antihistaminique après quelques jours, ne pas hésiter à reconsulter : un simple changement de molécule peut se révéler efficace là où la précédente ne l’était pas.
  • Ne jamais arrêter le traitement de la première crise avant 15 jours minimum : le risque de rechute à l’arrêt prématuré est élevé.
  • En cas d’allergie aux piqûres d’hyménoptères (abeilles, guêpes) ou d’antécédent d’anaphylaxie, porter toujours son kit d’adrénaline auto-injectable sur soi.

Questions fréquentes

Quel médicament prendre en première intention contre l’urticaire ?

Les antihistaminiques anti-H1 de 2e génération (cétirizine, lévocétirizine, desloratadine, loratadine) à dose standard, en une prise quotidienne, pendant au moins 15 jours. En cas de résistance, la dose peut être augmentée jusqu’à 4 fois selon prescription médicale.

La cortisone est-elle indiquée dans le traitement de l’urticaire ?

Non, sauf en cas d’anaphylaxie sévère. Les corticoïdes ne sont pas recommandés dans l’urticaire chronique en raison du risque de rebond à l’arrêt et de l’absence de preuve d’efficacité sur la durée.

Qu’est-ce que Xolair® et quand est-il prescrit ?

Omalizumab (Xolair®) est un anticorps monoclonal anti-IgE en injection sous-cutanée toutes les 4 semaines (300 mg). Il est prescrit en 2e intention pour l’urticaire chronique spontanée réfractaire aux anti-H1 à quadruple dose, chez l’adulte et l’adolescent à partir de 12 ans. Prescription initiale hospitalière et annuelle.

Quels aliments faut-il éviter en cas d’urticaire ?

En cas de suspicion de composante alimentaire, une éviction de 3 semaines des aliments riches en histamine (poissons, crustacés, fromages affinés, tomate, fraise, chocolat, alcool) est proposée en premier. En l’absence d’amélioration, un bilan allergologique est nécessaire.

Que faire en cas de réaction allergique grave ?

Appeler le 15 immédiatement. Si un auto-injecteur d’adrénaline a été prescrit, l’injecter sans attendre en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé jambes surélevées. Ne pas rester seul.

Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour une urticaire ?

Oui pour une urticaire non compliquée. En cas de gêne respiratoire ou de malaise, appeler le 15 sans délai. Le Dr Ludovic Rousseau est disponible via Consulib.

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Références scientifiques

  1. Société Française de Dermatologie. Recommandations pour la prise en charge de l’urticaire chronique spontanée. Centre de Preuves en Dermatologie, 2024.
    [SFD]
  2. Zuberbier T, et al. The EAACI/GA²LEN/EDF/WAO guideline for the definition, classification, diagnosis and management of urticaria. Allergy. 2022;77(3):734-766.
    [PubMed]
  3. Maurer M, et al. Omalizumab for the treatment of chronic idiopathic or spontaneous urticaria. N Engl J Med. 2013;368(10):924-935.
    [PubMed]
  4. Haute Autorité de Santé (HAS). Xolair (omalizumab) — Avis de la Commission de transparence, urticaire chronique spontanée. Mise à jour mai 2024.
    [HAS]

Article rédigé par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux — Dernière mise à jour : avril 2025.

Urticaire solaire : causes, symptômes et conseils dermatologue

Urticaire solaire
L’urticaire solaire provoque une éruption de boutons gonflés rosés qui démangent (urticaire) dès les premières minutes (dans la demi heure) qui suit une exposition au soleil, contrairement à la lucite qui survient généralement dans les 12 à 78 heures après le soleil


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Urticaire au soleil
Urticaire au soleil

L’urticaire est donc une allergie de la peau : l’aspect gonflé des papules d’urticaire (enflures de la peau) est due à une dilatation aiguë des vaisseaux de la peau, secondaire à la libération d’histamine par les mastocytes.


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Causes

La cause de l’urticaire au soleil est mal connue.

Elle touche 3 femmes pour un homme avec un pic entre 30 et 50 ans
On note parfois des antécédents d’eczema atopique personnel ou dans la famille, voire de lupus, lucite… certains médicaments dont les cyclines, antibiotiques utilisés dans l’acné, peuvent avoir été pris avant l’éruption

Symptomes

L’éruption débute dans les 30 minutes qui suivent l’exposition au soleil. Elle dure entre 1 heure et une journée.

Boutons d’urticaire

Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

L’urticaire a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Monomorphes, l’urticaire a pour lésion élémentaire une papule oedémateuse (gonflée) rouge ou rosée (comme des piqures d’orties), isolée ou confluant en des plaques bien délimitées.

Démangeaisons : l’urticaire démange constamment sauf en cas d’urticaire systémique ou profonde, parfois féroce. L’urticaire donne donc des plaques qui grattent.

Fugaces, les lésions d’urticaire persistent quelques minutes ou quelques heures avant de disparaître sans laisser de traces.

Sur une zone exposée au soleil

L’urticaire solaire apparaît le plus souvent quelques minutes apres une exposition au soleil, notamment sur les zones qui etaient protegees du soleil et ont ete recemment exposees.

Urticaire sur une zone exposée au soleil

Il peut s’étendre ensuite sur les zones couvertes

 

L’urticaire au soleil est habituellement suivie d’une période réfractaire de 24 à 48 h succédant à une poussée d’urticaire solaire au cours de laquelle une nouvelle exposition ne déclenche pas de lésion

Le diagnostic de l’urticaire au soleil passe le plus souvent par la réalisation de phototests.

Formes atypiques

L’éruption urticariforme typique peut manquer et on peut observer des formes tronquées d’urticaire solaire telles que :

  • Simple rougeur qui démange dans les 30 minutes après exposition solaire
  • Eruption localisée sur quelques zones exposées seulement (« fixed solar urticaria »)
  • Importance des manifestations générales associées : maux de tête, malaise, palpitations (risque de choc anaphylactique)…

Soigner l’urticaire solaire

Le traitement de l’urticaire solaire est souvent difficile et requiert notamment une

  • protection solaire stricte par vetements, recherche de l’ombre et écrans solaires chimiques à large spectre + gélules solaires
  • l’utilisation d’antihistaminiques à forte dose et de plusieurs types avant les expositions
  • une UVA-thérapie et/ou UVB TL01
  • Voire des Gamma globulines IV, de la Ciclosporine, une Plasmaphérèse…

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Eczema enfant : chez l’enfant : reconnaître et traiter

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Eczéma de l’enfant (dermatite atopique) : symptômes, causes et traitement
Votre enfant a des plaques rouges et sèches qui le démangent, survenant par poussées notamment en hiver : c’est peut-être de l’eczéma atopique. Première maladie de peau de l’enfant, elle touche 15 à 20 % des nourrissons en France. Voici comment la reconnaître, la traiter et éviter les rechutes.

Poussée d’eczéma résistante ou doute sur le diagnostic ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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eczéma atopique enfant nourrisson plaques rouges photo
Plaques rouges et sèches qui grattent chez l’enfant : eczéma atopique

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Cet article en vidéo

Qu’est-ce que l’eczéma atopique de l’enfant ?

La dermatite atopique (ou eczéma atopique) est une maladie inflammatoire chronique de la peau, évoluant par poussées. Elle débute le plus souvent avant l’âge de 1 an et fait partie du groupe des maladies allergiques — comme l’asthme, la rhinite allergique et l’urticaire. On parle d’atopie pour désigner cette prédisposition familiale aux allergies.

L’eczéma du nourrisson commence le plus souvent vers 3 mois. Les plaques prédominent sur les joues chez le jeune enfant, puis touchent préférentiellement les plis du coude, la zone derrière les genoux et derrière les oreilles (eczéma des oreilles).

Symptômes selon l’âge

Âge Localisation des plaques Aspect Évolution
0–2 ans Joues, front, cuir chevelu, convexités des membres Rougeur, suintement, croûtes 50% guérissent vers 2 ans
2–12 ans Plis des coudes et genoux, poignets, cou, derrière les oreilles Plaques sèches, lichenifiées, démangeaisons intenses Disparition possible vers 5–8 ans
Adolescent / adulte Mains, visage, cou, plis Peau épaissie, très sèche, démangeaisons chroniques Peut persister ou réapparaître à l’âge adulte

Causes de l’eczéma atopique

Ce que l’on sait avec certitude

  • Facteurs génétiques — 60% des parents d’un enfant atopique ont ou ont eu un signe d’atopie. On retrouve fréquemment des antécédents d’allergies dans la famille
  • Défaut de barrière cutanée — la peau des enfants atopiques est plus sèche et « fissurée », laissant pénétrer les allergènes et les irritants. C’est pourquoi l’hydratation régulière est un pilier du traitement
  • Hyperréactivité immunitaire — les enfants atopiques réagissent plus facilement aux substances de leur environnement (acariens, poils d’animaux, pollens…)
  • Rôle du Staphylocoque doré — la colonisation par Staphylococcus aureus sur la peau atopique aggrave l’inflammation et favorise les poussées
  • Augmentation de la prévalence — la dermatite atopique touche 15 à 20% des enfants en France contre 5% il y a 30 ans — rôle probable de l’environnement, de l’hygiène excessive et de la réduction de l’exposition aux agents infectieux

Pour en savoir plus : causes de l’eczéma de l’enfant


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Évolution par poussées

L’eczéma atopique évolue par poussées entrecoupées de phases de rémission. Pendant les poussées :

  • Les plaques rouges se couvrent parfois de minuscules cloques qui suintent
  • Les démangeaisons provoquent un grattage intense, des excoriations, parfois des insomnies
  • Les plaques peuvent se surinfecteur et se recouvrir de croûtes et de pus (impétigo)
  • Après la poussée, la peau reste sèche et rugueuse aux endroits touchés

Traitement de l’eczéma atopique

Le traitement repose sur 3 piliers indissociables :

Pilier En dehors des poussées Pendant les poussées
Hydratation Émollient quotidien sur tout le corps après le bain Continuer l’émollient en dehors des zones enflammées
Dermocorticoïdes Non utilisés en dehors des poussées Application 1x/jour sur les plaques jusqu’à disparition
Éviction des facteurs déclenchants Acariens, textiles irritants, savons agressifs, stress Idem + identifier le facteur déclenchant de la poussée

Voir l’article détaillé : traitement de l’eczéma de l’enfant

Traitements de fond pour les formes sévères (2024-2025)

Pour les formes modérées à sévères résistant aux dermocorticoïdes, de nouvelles biothérapies sont disponibles :

  • Dupilumab (Dupixent®) — anticorps monoclonal anti-IL-4/IL-13, autorisé dès 6 mois en France depuis 2023. Réduit significativement les poussées et le prurit
  • Tralokinumab (Adtralza®) — anti-IL-13, autorisé chez l’adulte et l’adolescent dès 12 ans
  • Inhibiteurs de JAK (abrocitinib, upadacitinib) — pour les adultes et adolescents en échec des biothérapies

Voir l’article sur les soins de l’eczéma de l’enfant

Quand consulter en urgence ?

⚠️ Consultez immédiatement si votre enfant présente :

  • Syndrome de Kaposi-Juliusberg — petites vésicules (cloques) qui se propagent rapidement sur tout le corps chez un enfant atopique. Urgence dermatologique. Si vous avez un bouton de fièvre (herpès labial), n’embrassez pas un enfant atopique
  • Surinfection bactérienne (impétigo) — plaques recouvertes de pus jaune, croûtes dorées, fièvre
  • Œdème du visage — gonflement rapide, possible réaction allergique sévère
syndrome Kaposi Juliusberg eczéma atopique enfant herpès photo
Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique — urgence dermatologique

⚠️ Consultez rapidement si :
les plaques ne disparaissent pas après une semaine de traitement bien conduit, ou si l’eczéma retentit sur le sommeil, l’humeur ou la croissance de l’enfant.

Avis du Pr Alain Taïeb — Chef du service de Dermatologie, Hôpital Saint-André, Bordeaux

Qu’a-t-on appris de nouveau sur la dermatite atopique ?

  • L’incidence de la dermatite atopique a augmenté ces 20 dernières années avec un gradient Nord-Sud : de 5% en Espagne à 20% en Grande-Bretagne. L’environnement joue un rôle majeur — la dureté de l’eau augmente la prévalence chez le nourrisson ; la meilleure hygiène et la réduction de la taille des familles diminuent l’exposition aux agents infectieux, ce qui pourrait favoriser une dysmaturation du système immunitaire
  • Le bilan allergologique n’est pas toujours indispensable dans les formes peu sévères. Des précautions simples suffisent : éviter la diversification alimentaire trop précoce (œuf, arachide), mesures anti-acariens (pas de peluches, moquettes, aspiration régulière), éviter les moisissures et les animaux domestiques
  • En revanche, dans les formes graves (SCORAD élevé), résistantes aux traitements ou associées à des manifestations systémiques, un bilan allergologique complet est indiqué

Vidéo de la Société Française de Dermatologie :

Sources

Questions fréquentes sur l’eczéma de l’enfant

L’eczéma de l’enfant guérit-il définitivement ?

Dans environ 50% des cas, l’eczéma atopique du nourrisson disparaît vers 2 ans. Chez la majorité des enfants, les poussées s’espacent et diminuent vers 5-8 ans. Cependant, 30 à 40% des enfants atopiques gardent une peau sensible à l’âge adulte, avec des rechutes possibles en cas de stress, de changement de saison ou d’exposition à des irritants.

Peut-on utiliser la cortisone sur la peau d’un bébé ?

Oui, les dermocorticoïdes sont le traitement de référence des poussées d’eczéma, y compris chez le nourrisson. Utilisés correctement — en cure courte, sur les zones enflammées, à la bonne concentration selon l’âge et la localisation — ils sont sûrs et efficaces. Le risque d’effets secondaires est très faible avec une utilisation bien encadrée par un médecin. Ne pas traiter une poussée est souvent plus risqué que de traiter.

Faut-il faire un bilan allergologique pour un enfant avec de l’eczéma ?

Pas systématiquement. Dans les formes légères à modérées, des mesures d’éviction simples (acariens, animaux, savons agressifs) suffisent souvent. Un bilan allergologique est recommandé en cas d’eczéma sévère résistant aux traitements, de suspicion d’allergie alimentaire associée, ou de retentissement sur la croissance. C’est le dermatologue ou l’allergologue qui décide selon la sévérité.

L’alimentation influence-t-elle l’eczéma de l’enfant ?

Chez les nourrissons, une allergie alimentaire (lait de vache, œuf, arachide) peut aggraver ou déclencher des poussées d’eczéma — mais ce n’est pas systématique. Éviter une diversification trop précoce (avant 4 mois) est recommandé. Une éviction alimentaire ne doit jamais être faite sans bilan allergologique préalable — elle peut entraîner des carences et n’est efficace que si une allergie est prouvée.

L’eczéma est-il contagieux ?

Non. L’eczéma atopique n’est pas contagieux — ni par contact direct, ni par les vêtements. En revanche, une surinfection bactérienne (impétigo) ou virale (herpès) sur des plaques d’eczéma peut être transmise à l’entourage. C’est pourquoi il faut éviter d’embrasser un enfant atopique si l’on a un bouton de fièvre (herpès labial).


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Eczema allergique de contact : l’exema ou dermite allergique

Eczéma allergique de contact : causes, allergènes, patch tests et traitements

L’eczéma allergique de contact est une réaction inflammatoire cutanée à médiation immunitaire cellulaire, déclenchée par le contact répété avec une substance devenue allergène pour l’organisme.
Contrairement à l’eczéma atopique lié à un terrain génétique, l’eczéma de contact est une allergie acquise : on peut devenir allergique à une substance que l’on utilisait sans problème depuis des années.
Il s’agit d’une allergie retardée (type IV de la classification de Gell et Coombs), survenant 24 à 72 heures après le contact avec l’allergène — ce délai est une caractéristique clé qui aide au diagnostic.
L’identification précise de l’allergène responsable, grâce aux patch tests (tests épicutanés), est indispensable : sans éviction de la substance en cause, aucun traitement ne permet la guérison durable.

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Mécanisme de l’eczéma de contact : pourquoi devient-on allergique ?

L’eczéma de contact se développe en deux phases distinctes :

Phase de sensibilisation (silencieuse) :
Lors d’un premier contact avec la substance, les cellules de Langerhans épidermiques captent la molécule (souvent trop petite pour être immunogène seule : on parle alors d’haptène), la transportent vers les ganglions lymphatiques drainants et la présentent aux lymphocytes T.
Ces lymphocytes T spécifiques se multiplient et restent en mémoire immunologique : c’est la sensibilisation. Elle est silencieuse — aucune lésion cutanée n’apparaît à ce stade.
Cette phase peut durer de quelques semaines à plusieurs années.

Phase de révélation (éruption) :
Lors d’un nouveau contact avec la même substance, les lymphocytes T mémoires sont activés rapidement, libèrent des cytokines pro-inflammatoires (IFN-γ, TNF-α, IL-1β) et déclenchent la cascade inflammatoire cutanée caractéristique de l’eczéma.
L’éruption apparaît 24 à 72 heures après le contact, parfois jusqu’à 7 jours plus tard pour certains allergènes.

Pourquoi devient-on allergique ?
La cause de la sensibilisation initiale reste souvent inconnue. Certains facteurs favorisants sont identifiés :
– altération préexistante de la barrière cutanée (eczéma atopique, dermite irritative chronique),
– exposition prolongée ou répétée à la substance (exposition professionnelle),
– application sur peau lésée ou en occlusion (pansement, gant),
– facteurs génétiques de susceptibilité immunologique.

Les principaux allergènes responsables d’eczéma de contact

De nombreuses substances peuvent devenir des allergènes. Les plus fréquemment en cause sont :

Nickel :
L’allergène de contact le plus fréquent en Europe, touchant principalement les femmes. Présent dans les bijoux (boucles d’oreilles, bracelets, montres), les fermetures éclair, les boutons de jean, certains appareils électroniques. Voir l’article sur l’allergie au nickel.

Paraphénylènediamine (PPD) :
Présente dans les teintures capillaires oxydatives et les tatouages temporaires au henné noir. L’allergie au PPD peut provoquer des réactions sévères, parfois œdémateuses et bulleuses. La sensibilisation lors d’un tatouage au henné noir expose à des réactions graves lors de toute teinture capillaire ultérieure.

Parfums :
Les mélanges de parfums (Fragrance Mix I et II) et le baume du Pérou constituent les allergènes parfumés les plus testés. L’allergie aux parfums oblige à éviter tous les produits parfumés (cosmétiques, produits ménagers, certains aliments : agrumes, vanille, clous de girofle, curry).

Baume du Pérou (Myroxylon pereirae) :
Substance extraite d’un arbre d’Amérique du Sud, présente dans certains produits d’entretien, cosmétiques et médicaments. En cas d’allergie, des réactions croisées sont fréquentes avec les agrumes (pelures d’orange, citron), la vanille, les clous de girofle, le curry — provoquant une dyshidrose des mains lors de leur consommation orale.

Caoutchouc (Thiuram Mix, Carba Mix, MBT) :
Les accélérateurs de vulcanisation du caoutchouc (thiurams, carbamates, mercaptobenzothiazole) sont responsables d’eczéma aux gants en latex, chaussures, élastiques et préservatifs.

Chrome (ciment, cuir) :
Le dichromate de potassium est l’allergène principal de la « gale du ciment », touchant les professionnels du bâtiment. Présent également dans le cuir tanné.

Lanoline :
Graisse de laine de mouton présente dans de nombreuses crèmes cosmétiques et pharmaceutiques (crèmes pour bébé, crèmes hydratantes, crèmes pour mamelons allaitants). Allergie à évoquer devant un eczéma aux produits de soin.

Résines époxy :
Utilisées dans les peintures, vernis, colles bi-composants et plastiques. Allergie professionnelle fréquente chez les peintres, carrossiers et électriciens.

Conservateurs cosmétiques :
Isothiazolinones (méthylisothiazolinone, méthylchloroisothiazolinone) : conservateurs très allergisants, présents dans les cosmétiques rince-off (shampooings, gels douche), les peintures et les lingettes humides. Allergie en forte augmentation depuis 2010.
Parabens : conservateurs présents dans de nombreux produits de beauté et pharmaceutiques. Allergie moins fréquente que les isothiazolinones.
Formaldéhyde et libérateurs de formaldéhyde (DMDM hydantoïne, quaternium-15) : conservateurs allergisants, présents dans certains cosmétiques et produits d’entretien.

Plantes et extraits végétaux :
Lactones sesquiterpéniques (Compositae Mix) dans les plantes ornementales (chrysanthèmes, arnica, calendula). À évoquer devant un eczéma des mains chez les jardiniers.

Pansements et sparadraps :
Voir l’article sur l’allergie aux pansements. Allergènes en cause : résines acryliques des adhésifs, conservateurs.

Médicaments topiques :
Néomycine (antibiotique topique), budesonide, tixocortol-21-pivalate (marqueurs d’allergie aux corticoïdes), benzocaïne (anesthésiques locaux), antihistaminiques topiques.

Eczéma de contact photoallergique

Une forme particulière d’eczéma de contact implique l’activation de l’allergène par les rayonnements UV : c’est l’eczéma de contact photoallergique.
Les photoallergènes les plus fréquents sont les filtres UV des crèmes solaires (benzophénone-3, octocrylène), certains médicaments topiques (kétoprofène) et les parfums.
Les lésions sont limitées aux zones exposées au soleil et respectent les zones couvertes.
Voir l’article sur l’allergie au soleil.

Diagnostic : les patch tests (tests épicutanés)

Le diagnostic étiologique de l’eczéma de contact repose sur les patch tests (tests allergologiques épicutanés), réalisés par le dermatologue.

Principe :
Des sparadraps contenant des petites quantités standardisées d’allergènes sont appliqués dans le dos du patient. Les tests sont retirés à 48 heures et les résultats sont lus à 48 heures puis à 72 à 96 heures.
Certains allergènes (corticoïdes, néomycine) peuvent donner des positivations tardives jusqu’à 7 jours après la pose : une relecture tardive est nécessaire en cas de suspicion clinique forte et de test initialement négatif.

Patch tests pour le diagnostic de l'eczéma de contact
Patch tests : application dans le dos des sparadraps contenant les allergènes

Lecture des résultats :
– Réaction négative : pas d’eczéma,
– réaction douteuse (+/-) : érythème sans infiltration,
– réaction positive faible (+) : érythème et papules,
– réaction positive modérée (++) : érythème, papules et vésicules,
– réaction positive forte (+++) : vésicules confluentes et bulles.

Photo-patch tests :
Pour suspecter une photoallergie, on irradie avec des UV la zone des tests après 24 à 48 heures d’application. Une réaction sur la zone irradiée uniquement confirme la photoallergie.

Quand réaliser les patch tests ?
Les tests doivent être réalisés à distance de la poussée (au moins 4 semaines après la résolution des lésions) et en dehors de tout traitement immunosuppresseur systémique ou dermocorticoïde en application dans le dos.

Formes cliniques selon la localisation

La localisation des lésions oriente souvent vers les allergènes en cause :

Cuir chevelu et oreilles :
Produits capillaires (teintures, permanentes, shampooings), parfums. Voir l’eczéma du cuir chevelu et l’eczéma des oreilles. Pour les oreilles, évoquer l’allergie aux boucles d’oreilles (nickel) et les prothèses auditives.

Visage :
Cosmétiques, crèmes, masques, parfums, allergènes aéroportés (plantes, colles), photoallergènes. Voir l’eczéma du visage, l’eczéma des paupières (collyres, vernis à ongles par transfert) et l’eczéma des lèvres (lipstick, dentifrice, instruments de musique).

Cou :
Parfums, produits capillaires, nickel (bijoux), textiles, allergènes aéroportés. Voir l’eczéma du cou.

Mains :
Allergènes professionnels (caoutchouc des gants, ciment, résines, désinfectants, métaux), cosmétiques, vernis à ongles et ongles artificiels. Voir l’eczéma des mains. Peut se présenter sous forme de dyshidrose (vésicules des paumes et bords des doigts).

Tronc :
Textiles (élastiques, teintures), déodorants (isothiazolinones), bijoux (nickel des fermetures). Voir l’eczéma du ventre et l’eczéma des aisselles.

Organes génitaux :
Caoutchouc (préservatifs, sous-vêtements élastiques), antifongiques et médicaments topiques, conservateurs des crèmes. Voir l’eczéma génital et l’eczéma anal.

Jambes et pieds :
Médicaments topiques des ulcères de jambe (néomycine, lanoline, antiseptiques), caoutchouc des chaussures. Voir l’eczéma allergique de jambe, l’eczéma variqueux et l’eczéma des pieds.

Traitement de l’eczéma de contact

Étape indispensable : l’éviction de l’allergène

L’éviction de la substance allergisante est le seul traitement curatif de l’eczéma de contact.
Sans éviction, les traitements symptomatiques soulagent mais ne guérissent pas : l’eczéma récidive à chaque nouveau contact.
Selon l’allergène identifié, l’éviction peut nécessiter :
– un changement de produits cosmétiques et d’hygiène,
– le port de gants de protection (nitrile plutôt que latex en cas d’allergie au caoutchouc),
– un changement de bijoux (bijoux en or 18 carats, titane ou acier chirurgical pour l’allergie au nickel),
– un reclassement professionnel dans les cas sévères (eczéma professionnel au ciment, aux résines époxy).

Dermocorticoïdes

Les dermocorticoïdes sont le traitement anti-inflammatoire de référence de la poussée d’eczéma de contact. La puissance est choisie selon la zone et la sévérité :

Classe I (très puissants) : propionate de clobétasol (Dermoval®, Diprolène®) — pour les paumes, plantes, cuir chevelu.
Classe II (puissants) : bétaméthasone (Betneval®, Diprosone®), difluprednate (Nerisone®) — pour le tronc et les membres.
Classe III (modérément puissants) : désonide (Tridesonit®), prédnicarbate (Locapred®) — pour le visage et les plis.
Classe IV (faibles) : hydrocortisone 1 % (Hydracort®) — pour les nourrissons et les zones très sensibles.

Précautions d’emploi des dermocorticoïdes :
– Ne pas appliquer sur le visage sans avis médical,
– ne pas traiter de grandes surfaces cutanées,
– ne pas appliquer sous pansement occlusif (augmente l’absorption),
– ne pas prolonger sans réévaluation médicale.

Effets indésirables d’un usage prolongé :
atrophie cutanée, télangiectasies, vergetures, dermite péri-orale, aggravation d’une rosacée, infections secondaires.

Antihistaminiques oraux

Les antihistaminiques sont utiles pour réduire le prurit, notamment nocturne, mais n’agissent pas directement sur l’inflammation cellulaire de l’eczéma de contact (mécanisme non histaminique).

Antihistaminiques non sédatifs (préférés en journée) :
Cétirizine (Zyrtec®) : 10 mg/j — contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale et chez l’enfant < 2 ans. Risque de somnolence résiduelle. – Loratadine (Clarityne®) : 10 mg/j — bonne tolérance, déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement.
– Desloratadine (Aerius®), fexofénadine (Telfast®), ébastine (Kestin®), lévocétirizine (Xyzall®).

Antihistaminiques sédatifs (utiles la nuit pour le prurit intense) :
– Hydroxyzine (Atarax®) : sédatif, utilisé en cure courte pour les poussées très prurigineuses.
– Dexchlorphéniramine (Polaramine®), méquitazine (Primalan®).

Soins locaux et mesures de soulagement sans ordonnance

En attendant la consultation médicale, en cas de poussée d’eczéma de contact déjà diagnostiqué :

Calmer les démangeaisons :
– Bains tièdes courts avec huile de bain apaisante (Avène Trixera®, Mustela Stelatopia®, Lipikar La Roche-Posay®),
– application d’une crème hydratante émolliente sur les zones non suintantes,
– talc officinal sur les zones suintantes pour absorber l’exsudat.

Crèmes à l’hydrocortisone 0,5 % (accès direct en pharmacie) :
Aphilan Démangeaisons®, Calmicort®, Cortapaisyl®, Cortisedermyl®, Dermofénac Démangeaisons®.
Ces produits sont en accès direct mais nécessitent une vigilance particulière :
– ne pas utiliser sans diagnostic médical préalable,
– ne pas appliquer sur le visage, les zones infectées, les plaies ni en cas d’acné ou de rosacée,
– demander conseil au pharmacien avant utilisation.

Eczéma de contact professionnel : une réalité médicale et sociale

L’eczéma de contact professionnel représente l’une des maladies professionnelles les plus fréquentes, principalement dans les métiers exposés aux allergènes cutanés : coiffeurs (PPD, persulfates), professionnels de santé (latex, antiseptiques, médicaments), travailleurs du bâtiment (ciment, résines époxy), métallurgistes (nickel, cobalt, chrome), personnels de nettoyage (isothiazolinones, désinfectants).

La reconnaissance en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général) ouvre droit à une prise en charge spécifique et, si nécessaire, à un reclassement professionnel.

Questions fréquentes sur l’eczéma de contact

Peut-on guérir définitivement d’un eczéma de contact ?

L’allergie de contact est en principe définitive : une fois sensibilisé à un allergène, on le reste toute sa vie. Cependant, l’éviction stricte et prolongée de l’allergène peut conduire à une tolérance relative permettant de supporter des expositions minimes. La guérison clinique complète est possible si l’éviction est totale et maintenue.

Peut-on être allergique à sa propre crème hydratante ?

Oui. Les crèmes hydratantes et émollientes contiennent de nombreux excipients potentiellement allergisants : conservateurs (isothiazolinones, parabens), parfums, lanoline, propylène glycol. En cas d’eczéma récidivant dans les zones d’application d’une crème, un patch test est indiqué pour identifier un éventuel allergène dans le produit.

Comment distinguer eczéma atopique et eczéma de contact ?

Les deux formes peuvent coexister (terrain atopique facilitant la sensibilisation de contact). Quelques éléments d’orientation : l’eczéma atopique débute généralement dans l’enfance, suit une distribution caractéristique (plis, visage de l’enfant) et est lié à un terrain allergique (rhinite, asthme). L’eczéma de contact peut débuter à tout âge, sa localisation correspond aux zones de contact avec l’allergène et les patch tests permettent d’identifier la substance responsable.

Quel médecin consulter pour des patch tests ?

Les patch tests sont réalisés par le dermatologue, parfois en collaboration avec un allergologue. Certains centres hospitaliers disposent d’unités spécialisées en dermato-allergologie proposant des batteries de tests étendues (batteries professionnelles, cosmétiques, médicaments).

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rendez-vous trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue.

En savoir plus sur l’eczéma atopique,
l’allergie au nickel,
l’eczéma des mains,
la dyshidrose,
les dermocorticoïdes,
les antihistaminiques
et l’eczéma au ciment.


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– Les routines quotidiennes
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– Les causes
– Les traitements…


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Eczema des levres : causes, symptômes et conseils dermatologue

Eczema des lèvres

L’eczema des lèvres est une des causes de lèvres sèches et irritées

En cas d’eczema des lèvres, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Les levres sont tres particulieres puisque le tissu qui compose le vermillon (la partie rouge des levres) a une texture mixte situee entre celle de la peau et celle d’une muqueuse. Les levres sont la seule zone du visage ayant cette caractéristique, ce qui rend les levres plus sensible aux agressions.

lèvres sèches
Eczema des lèvres

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Pourquoi a-t-on de l’eczema des lèvres?

Il y a plusieurs formes d’eczema des lèvres :

Eczema allergique des lèvres

Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.

Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema des lèvres sont :

les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur les levres

cremes, maquillage (lipstick ou baume à lèvre)…

les allergènes alimentaires,

aliments et boissons et indirectement tabac

dentifrice,

lorsqu’on se frotte les yeux

Instruments de musique…

Comment savoir à quoi je suis allergique sur les levres

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

patch tests
Patch tests en cas d’exema

Voir l’article consacré à l’eczema allergique de contact

Eczema atopique des lèvres

Voir l’article consacré à l’eczema atopique

Soigner l’eczema des lèvres

Tout d’abord il faut s’assurer de ne pas souffrir d’herpes labial (contre indication à la cortisone) et consulter un médecin

Ensuite il faut

lutter contre la sécheresse des lèvres:

Si l’on veut avoir de jolies levres durant l’hiver et éviter les levres seches, il est important

D’hydrater et nourrir régulierement les levres au moyen d’un stick a levres par exemple, avant meme que la secheresse des levres ne se manifeste. On preserve ainsi leur role barriere. On peut aussi appliquer de la vaseline le soir au coucher

De plus, il est tres important des que l’on sent que les levres sont seches, d’eviter de les lecher car ceci aggrave les choses : le tic de lechage des levres rend les levres encore plus seches.

Eviter l’allergène en cause

On évitera les allergènes mis en évidence par le médecin : lipstick, cremes, aliments et boissons, tabac, dentifrices, instruments de musique

Traitement du médecin

Il est le plus souvent à base de cortisone

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Aerius : causes, symptômes et traitement : allergie

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Aerius® (desloratadine) : antihistaminique non sédatif — guide pratique

Aerius® est un antihistaminique de 2e génération (desloratadine) utilisé en dermatologie dans le traitement de l’urticaire et des démangeaisons allergiques. Sa principale caractéristique est d’être non sédatif — il ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique et est compatible avec la conduite automobile, à la différence des antihistaminiques de 1re génération.

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Sommaire :
Présentation |
Indications |
Contre-indications |
Conseils pratiques |
Pages associées

Aerius® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Aerius®
Principe actif Desloratadine — métabolite actif de la loratadine (Clarityne®)
Classe Antihistaminique H1 de 2e génération — non anticholinergique
Délivrance Sur ordonnance
Posologie habituelle 1 comprimé de 5 mg par jour — indépendamment des repas
Spécificité vs 1re génération Non sédatif — pas d’effet anticholinergique — conduite automobile autorisée
💡 Pour une comparaison complète des antihistaminiques (sédatifs vs non sédatifs, 1re vs 2e génération), voir la page guide des antihistaminiques.

Indications dermatologiques

Aerius® est indiqué dans l’urticaire aiguë et chronique, et plus largement dans les manifestations allergiques cutanées prurigineuses. Son absence de sédation en fait le choix préférentiel pour les patients actifs devant conduire ou travailler, et pour les prises diurnes. Il peut être utilisé en traitement de fond de l’urticaire chronique sur une période prolongée.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à la desloratadine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — allergie croisée possible avec la loratadine (Clarityne®)
Insuffisance rénale sévère Élimination ralentie — adapter la posologie sur avis médical

Conseils pratiques d’utilisation

  • Respecter la prescription du médecin — 1 comprimé par jour, de préférence à heure fixe.
  • Aerius® est non sédatif : il peut être pris le matin sans risque de somnolence — la conduite automobile est autorisée.
  • Aerius® n’est pas recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin si besoin d’un antihistaminique dans ce contexte.
  • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tête, nausées, vomissements, palpitations…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.

Pages associées

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Clarityne® |
Urticaire |
Téléconsultation dermatologue

Questions fréquentes

Aerius® (desloratadine) est-il efficace contre l’urticaire et les démangeaisons ?
Oui, Aerius® est un antihistaminique H1 de 2e génération non sédatif, indiqué dans l’urticaire chronique, la rhinite allergique et les démangeaisons. Son effet dure 24 heures, permettant une prise unique quotidienne.

Quelle est la posologie d’Aerius® chez l’adulte ?
La dose recommandée est de 5 mg par jour (1 comprimé pelliculé) en une seule prise, avec ou sans aliment. La solution buvable (0,5 mg/ml) est utilisée chez l’enfant selon son poids.

Aerius® provoque-t-il de la somnolence ?
Non, Aerius® (desloratadine) est un antihistaminique de 2e génération non sédatif. Contrairement aux antihistaminiques de 1re génération (Polaramine®, Théralène®), il ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique et ne provoque pas de somnolence aux doses thérapeutiques.

Aerius® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui, Aerius® 5 mg comprimés est remboursé à 65 % sur prescription médicale. La solution buvable est également remboursée. Il est disponible sur ordonnance.

Eczéma au ciment (gale du béton) : symptômes et traitement

Eczema au ciment

eczema mains
Eczema des mains


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Qu’est-ce que l’eczema au ciment?

Il s’agit d’une allergie de la peau appelée eczema de contact

La personne qui présente un eczema au ciment réagit donc de façon allergique au ciment quelle pouvait  » supporter  » correctement auparavant. On peut donc devenir allergique au ciment dans sa vie alors qu’on ne l’était pas auparavant

Le ciment devient donc pour la peau un allergène.

Pourquoi on devient allergique au ciment?

On ne connait pas précisément la cause du déclenchement d’une allergie de contact au ciment mais on en connait bien le mécanisme

Une allergie de contact retardée

Contrairement aux allergies immédiates (survenant dans les minutes ou heures suivant le contact, telles que l’urticaire), l’eczema de contact au ciment est une allergie retardée, (type IV de la classification de Gell et combs, à médiation immunitaire cellulaire) survenant un ou plusieurs jours après le contact avec le ciment

La sensibilisation :

Pour une raison souvent inconnue, l’organisme se sensibilise au ciment avec lequel il est mis en contact. Le ciment devient un allergène pour l’organisme

L’éruption de l’eczema au ciment

En cas de nouveau contact avec le ciment, on déclenche de l’exema de contact sur la peau
Avant de développer un eczema de contact, il existe donc un contact de la peau avec cet allergène (ou haptène) en général quelques jours avant le début de l’éruption.

Comment on reconnait l’eczema au ciment ou gale du ciment?

L’allergie au ciment donne un eczema souvent chronique appele eczema au ciment ou encore « gale du ciment » predominant sur les mains puisqu’elles sont en contact avec le ciment.

Le médecin pratique des tests allergologiques mettant en évidence l’allergie au béton :

A quoi je suis allergique?

L’allergene responsable de l’eczema au ciment ou « gale du ciment » est le bichromate de potassium.

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation de ciment), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Patch tests
Patch tests
Test allergique positif au ciment
Test allergique positif au ciment

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

Ces tests confirment l’allergie au bichromate de potassium

Soigner l’exema au ciment (gale du ciment)

Le traitement de l’eczéma des mains au ciment requiert généralement des crèmes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de sen protéger (port de gants)
Enfin, on recommande souvent l’application d’une creme hydratante plusieurs fois par jours sur les mains pour limiter la peau sèche

Je travaille dans le BTP, que dois-je faire?

Il faut consulter le médecin du travail après avoir fait les tests pour prouver l’allergie au ciment, afin de voir si une solution peut vous être proposée (gants, reclassement… )

Est-ce qu’on peut faire de l’eczema à d’autres substances que le ciment?

On trouve aussi le bichromate de potassium dans les cuirs tannés. Evitez les gants en cuir et portez des chaussettes dans les chaussures en cuir


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Urticaire : causes, formes cliniques et conseils dermatologiques

Causes de l’urticaire
Les causes de l’urticaire sont très nombreuses, on distingue les urticaires liées à des agents physiques (froid, pression du la peau… ), des médicaments, une allergie alimentaire, une infection, le contact de la peau avec une substance urticante ou allergisante…


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Urticaire physique

L’urticaire physique est lié à une action physique sur la peau engendrant une hyperréactivité de celle-ci (voir le mécanisme de l’urticaire)

  • Dermographisme

Le dermographisme est généralement caractérisé par l’apparition d’une urticaire sur une zone de la peau qui a ete légèrement traumatisée (tenue du volant sur les mains, grattage de la peau, meme le frottement minime d’un vetement parfois!). Ainsi, l’eruption peut prend la forme du tracé effectué par l’objet ou l’ongle sur la peau en cas de grattage.

dermographisme
Le dermographisme : on peut écrire ou dessiner sur la peau, provoquant une urticaire figurée
  • Urticaire retardée à la pression

Il s’agit d’une forme souvent sensible ou douloureuse qui apparait apres une pression forte et prolongée (épaules apres le port d’un sac à dos… ). L’urticaire retardee a la pression peut etre accompagnee d’autres signes : maux de tete, douleurs articulaires, malaises, fatigue,…

Urticaire retardé à la pression
Urticaire retardé à la pression
  • Urticaire vibratoire

Urticaire puis oedème après une stimulation vibratoire (rasoir, perceuse, sport sur terrain irrégulier… )

  • Urticaire cholinergique

Voir urticaire cholinergique

  • Urticaire de contact au froid

L’urticaire de contact au froid apparaît sur les zones de la peau ayant ete mises en contact avec le froid, que ce soit un objet froid, l’air froid, l’eau froide… ). Elle doit amener a consulter un medecin car elle peut etre associee a des anomalies sanguines (cryoglobulines, maladie des agglutinines froides, présence d’anticorps antinucleaires dans le sang… )

On prouve l’urticaire eu froid par un test au glaçon

Test au glaçon dans l'urticaire au froid
Test au glaçon dans l’urticaire au froid
  • Urticaire aquagénique (urticaire à l’eau)

L’urticaire aquagénique (urticaire a l’eau) apparait apres un contact avec l’eau (douche, bain ou meme eau de mer… ). Il est tres important de consulter en cas d’urticaire aquagenique car l’urticaire a l’eau peut se compliquer d’un choc anaphylactique.

Elle necessite donc imperativement la consultation d’un medecin.

On recommande generalement l’application de cremes hydratantes avant les bains voire l’ajout de bicarbonate de sodium dans l’eau du bain dans l’urticaire a l’eau.

  • Urticaire solaire (urticaire au soleil)

Urticaire solaire
Urticaire solaire

Voir l’article consacré à l’urticaire au soleil

Urticaire médicamenteuse

Allergie au médicament ou à un excipient

Quasiment tous les médicaments sont susceptibles d’etre impliques dans la crise d’urticaire (allergie au médicament). Les médicaments les plus incrimines dans l’urticaire sont les antibiotiques (penicilline… ) les produits de contraste iodés hyperosmolaires, les anesthésiques généraux, les antipyrétiques, les sérums, les vaccins et les antalgiques (aspirine… )

Parfois l’urticaire medicamenteuse n’est pas due a la molécule de medicament mais a un conservateur (sulfites) ou a un excipient.

Dans tous les cas une consultation chez un medecin est indispensable afin d’etre sur qu’une urticaire est liee a un medicament (ce qui permettra son eviction ulterieure) et d’obtenir un traitement adequat.

Le médecin se basera sur le délai de survenue de l’urticaire pour établir s’il s’agit d’une allergie immédiate vraie :

  • en faveur d’une hypersensibilité immédiate à IgE : rapidité de survenue de l’urticaire, dans les minutes qui suivent la prise du médicament, et association à d’autres manifestations d’anaphylaxie en plus de l’urticaire
  • dans une urticaire médicamenteuse sans allergie immédiate à IgE, délai de survenue plus long de quelques heures à 10 jours après la prise médicamenteuse

Aggravation de l’urticaire par un médicament

25 à 55 % des urticaires chroniques seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les anti inflammatoires par un mécanisme pharmacologique non allergique.

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angio­œdèmes de la face, sans lésion urticarienne.

Tout antécédent d’angio­œdème est une contre ­indication aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs).

Urticaire alimentaire

Voir l’allergie alimentaire

Urticaire infectieuse

Urticaire virale

Voir urticaire viral

Parasites

De nombreuses infections parasitaires ont une phase d’invasion

dans les tissus cutanéomuqueux, provoquant une urticaire souvent associée à une éosinophilie sanguine.

  • En cas de voyage tropical, on recherche une infestation de type anguillulose, ankylostomiase, filariose, bilharziose…
  • Si la personne n’a pas quitté la Metropole, on recherche plutot une ascaridiose, une toxocarose (toxocara canis), une distomatose ou une trichinose.

Bactérie

Helicobacter pylori, bactérie infestant l’estomac et incriminée dans le déclenchement d’ulcère gastrique, pourrait jouer un role dans certains urticaires chroniques.

Un simple infection urinaire basse (cystite) peut aussi être à l’origine d’urticaire aigue

Urticaire de contact

  • Il s’agit d’une urticaire localisée à une zone de contact avec une substance, survenant rapidement après le contact. Les lésions d’urticaire peuvent rester localisées à la zone de contact, ou s’étendre à distance et se généraliser. Elles sont parfois associées à des manifestations d’anaphylaxie.

Ces urticaires sont regroupées en deux catégories, en

fonction de leur mécanisme :

Les urticaires de contact immunologiques :

Elles semblent plus fréquentes chez les atopiques car ces personnes ont une peau sèche et préalablement irritée qui facilite la pénétration des allergènes et sont souvent professionnelles : personnel

de santé, professions de l’agroalimentaire… par allergie (elles requièrent une sensibilisation préalable (1er contact avec l’allergène sans réaction urticarienne)) à

  • latex: concernerait 1 à 2% de la population / plutot atopiques, les professionnels de santé et les sujets multiopérés(spina bifida) / Gants, matériel médical, préservatif, bonnet de bain… /L’utilisation de gants en latex poudrés, souventd’amidon de maïs, augmente le risque car l’amidon favorise ladispersion aérienne des protéines allergisantes du latex / + possibilité d’allergie croisée avec kiwi, banane, avocat, mangue, fruit de la passion, châtaigne…
  • fruits et légumes
  • Poissons et crustacés
  • Produits capillaires : persulfate d’ammonium, para-phénylènediamine
  • Cosmétiques : hydrolysats de protéines de blé, amidon de blé, sésame,menthol, parabens, benzophénones…
  • Médicaments : chlorhexidine, polyvidone iodée (Betadine*), antibiotiques (pénicillines, céphalosporines, aminosides, etc.), lidocaïne…
  • Animaux : chats, rongeurs (souris, rats), asticots…
  • Viandes

    Les urticaires de contact non immunologiques

Elles peuvent se produire chez la plupart des sujets exposés, sans sensibilisation préalable car elles sont le fait de substances urticantes auxquelles la plupart des gens réagissent :

  • végétaux (orties),
  • animaux (fourmis, coraux, méduses, chenilles processionnaires, papillons exotiques… )
  • substances chimiques (formaldéhyde, acide sorbique,acide benzoïque, baume du Pérou, alcool, aldéhyde et acide cinnamique, benzaldéhyde, eugénol et géraniol).

En l’absence de cause d’urticaire chronique retrouvée (70% des cas)

On parle alors d’urticaire chronique spontanée

L’urticaire chronique est une urticaire durant depuis plus de 6 semaines.

Le médecin effectue alors des recherches (examen clinique, bilans sanguins… ) à la recherche d’une cause mais n’en trouve pas dans 70 à 80% des cas.

Il traite son patient par antihistaminiques dont il peut augmenter les doses mais cela peut ne pas aboutir à une rémission

En cas de résistance aux anti histaminiques à forte dose (traitement de seconde ligne) et n’ayant pas trouvé de cause traitable à l’urticaire, le médecin diagnostiquera alors peut être cette urticaire sous l’item « urticaire chronique spontanée » et il peut demander l’avis d’un confrère hospitalier. Ce dernier pourra s’il ne juge utile prescrire des piqures contre l’urticaire en plus des anti histaminiques


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Eczema sur le ventre: soigner l’exema du ventre

Eczema du ventre
L’eczema du ventre est une des causes de plaques rouges qui grattent et de boutons qui démangent sur le ventre

Allergie au nickel du bouton de jean's


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En cas d’eczema du ventre, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema du ventre :

Eczema allergique du ventre

Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.

Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema du ventre sont :

les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le ventre

cremes, parfums…

le Nickel : eczema à l’endroit du bouton de jean’s voir allergie au nickel

les photoallergènes,

substances provoquant un eczema avec le soleil en cas d’exposition solaire

textiles en contact avec le ventre

Allergènes d’origine conjugale, par frottement lors des rapports sexuels notamment

Comment savoir à quoi je suis allergique sur le ventre

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

patch tests
Patch tests en cas d’exema

Voir l’article consacré à l’eczema allergique de contact

Soigner l’eczema du ventre

Tout d’abord il faut éviter de gratter car ceci intensifie et lichénifie (épaissit) l’eczema, le rendant chronique

On peut se laver le ventre avec un savon sans savon, un savon surgras…

Le traitement de l’eczéma du ventre requiert généralement des cremes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (produits cosmétiques, bouton de jean’s… )


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Antihistaminiques : quels médicaments contre les allergies cutanées ?

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Antihistaminiques : médicaments contre l’allergie et les démangeaisons

Un antihistaminique est un médicament qui bloque les récepteurs H1 à l’histamine, limitant ainsi les effets de la dégranulation des mastocytes : démangeaisons, rougeurs, gonflements et urticaire. Ils constituent le traitement de première intention de la plupart des réactions allergiques cutanées.

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Sommaire :
Mécanisme d’action |
1re et 2e génération |
Liste des antihistaminiques |
Indications dermatologiques |
Précautions |
Pages associées |
Questions fréquentes

Comment agissent les antihistaminiques ?

L’histamine est libérée par les mastocytes lors d’une réaction allergique ou inflammatoire. Elle se fixe sur les récepteurs H1 de la peau et des muqueuses, provoquant vasodilatation, œdème, prurit et érythème. Les antihistaminiques agissent en bloquant ces récepteurs H1 avant que l’histamine ne puisse s’y fixer — ils ne la détruisent pas, ils en neutralisent les effets.

💡 Limites : les antihistaminiques sont efficaces sur les démangeaisons d’origine histaminique (urticaire, piqûres d’insectes, réactions allergiques). Ils sont en revanche peu ou pas efficaces sur les démangeaisons du psoriasis, du lichen plan, du prurit cholestatique ou neuropathique — qui nécessitent des traitements spécifiques.

Antihistaminiques de 1re et 2e génération

1re génération (anticholinergiques) 2e génération (non anticholinergiques)
Passage cérébral Oui — traversent la barrière hémato-encéphalique Non ou très peu
Somnolence Fréquente — parfois utilisée à visée sédative (Atarax®, Polaramine®) Rare ou absente
Effets anticholinergiques Sécheresse buccale, rétention urinaire, constipation, tachycardie Absents
Conduite automobile ⚠️ Déconseillée Généralement autorisée
Durée d’action 4 à 6 heures — plusieurs prises par jour 12 à 24 heures — 1 prise par jour
Exemples Atarax®, Polaramine®, Primalan® Aerius®, Clarityne®, Kestin®, Telfast®, Virlix®, Xyzall®, Zyrtec®

Liste des antihistaminiques disponibles

Antihistaminiques anticholinergiques (1re génération)

Nom commercial Principe actif Particularités
Atarax® Hydroxyzine Effet sédatif marqué — utilisé aussi dans l’anxiété et comme prémédication. Déconseillé chez le sujet âgé (risque de confusion).
Polaramine® Dexchlorphéniramine Sédatif — disponible aussi en sirop pédiatrique. Conduite automobile déconseillée.
Primalan® Méquitazine Sédatif modéré — précautions cardiaques (allongement QT). Déconseillé en cas de traitement par antiarythmiques.

Antihistaminiques non anticholinergiques (2e génération)

Nom commercial Principe actif Particularités
Aerius® (desloratadine) Desloratadine Métabolite actif de la loratadine. Non sédatif. 1 comprimé/j.
Bilaska® Bilastine Non sédatif. Ne passe pas la barrière hémato-encéphalique. 1 comprimé/j à jeun. Bonne tolérance cardiaque.
Clarityne® (loratadine) Loratadine Non sédatif. Disponible sans ordonnance. 1 comprimé/j.
Kestin® Ébastine Non sédatif. 1 comprimé/j. Précautions cardiaques à fortes doses.
Mizollen® Mizolastine Non sédatif. 1 comprimé/j. Contre-indiqué en cas de trouble du rythme cardiaque ou de traitement par antiarythmiques (allongement QT).
Rupafin® Rupatadine Non sédatif. Activité anti-PAF (facteur d’activation plaquettaire) en plus de l’action anti-H1. 1 comprimé/j.
Telfast® Fexofénadine Non sédatif. 1 comprimé/j. Excellente tolérance cardiaque.
Tinset® Oxatomide Légèrement sédatif. Également utilisé dans la rhinite allergique.
Virlix® (cétirizine) Cétirizine Légèrement sédatif à forte dose. Disponible sans ordonnance. 1 comprimé/j.
Xyzall® Lévocétirizine Énantiomère actif de la cétirizine. Légèrement sédatif possible. 1 comprimé/j.
Zyrtec® (cétirizine) Cétirizine Même molécule que Virlix®. Disponible sans ordonnance. 1 comprimé/j.

Indications dermatologiques principales

Indication Antihistaminique recommandé
Urticaire aiguë 2e génération en 1re intention (cétirizine, loratadine, desloratadine). 1re génération si prurit nocturne intense.
Œdème de Quincke — relais post-urgence 2e génération per os — en relais de la corticothérapie IV hospitalière
Piqûres d’insectes avec réaction marquée 2e génération — cétirizine ou loratadine
Prurit nocturne intense (eczéma atopique, prurigo) 1re génération sédative (Atarax®, Polaramine®) pour l’effet somnifère
Rhinite et conjonctivite allergiques 2e génération non sédative

Précautions d’emploi

Situation Précaution
Conduite automobile et travail en hauteur Antihistaminiques 1re génération déconseillés. Les 2e génération sont généralement compatibles mais vérifier la notice individuelle.
Grossesse La loratadine et la cétirizine sont les antihistaminiques les mieux documentés durant la grossesse — à prendre sur avis médical.
Sujet âgé Éviter les antihistaminiques 1re génération (risque de confusion, rétention urinaire, chutes). Préférer 2e génération à faible dose.
Alcool Potentialise fortement l’effet sédatif des 1re génération — association déconseillée.
Glaucome, adénome prostatique Contre-indication relative aux 1re génération (effets anticholinergiques).

Pages associées

Questions fréquentes

Quelle différence entre Zyrtec® et Atarax® ?

Zyrtec® (cétirizine) est un antihistaminique de 2e génération : peu ou pas sédatif, 1 prise par jour, compatible avec la conduite automobile. Atarax® (hydroxyzine) est de 1re génération : sédatif marqué, déconseillé à la conduite, mais utile lorsqu’on souhaite un effet calmant en plus de l’effet antiallergique — notamment pour les démangeaisons nocturnes intenses.

Peut-on prendre un antihistaminique sans ordonnance ?

Certains antihistaminiques de 2e génération sont disponibles sans ordonnance en pharmacie (loratadine, cétirizine). Demandez conseil au pharmacien pour le choix et la posologie adaptés à votre situation. En cas de doute sur la cause des démangeaisons, une consultation médicale reste préférable.

Les antihistaminiques peuvent-ils être pris sur le long terme ?

Les antihistaminiques de 2e génération sont bien tolérés sur le long terme dans des indications comme l’urticaire chronique. Ils ne créent pas de dépendance. En revanche, les antihistaminiques de 1re génération ne sont pas recommandés au long cours chez le sujet âgé en raison de leurs effets anticholinergiques cumulatifs.

Pourquoi les antihistaminiques ne suffisent-ils pas toujours ?

Les antihistaminiques bloquent uniquement les récepteurs H1. Or, le prurit peut être médié par d’autres voies que l’histamine : substance P, cytokines IL-31 (eczéma atopique sévère), acides biliaires (prurit cholestatique), ou mécanismes neuropathiques. Ces prurits nécessitent des traitements ciblés spécifiques — inhibiteurs JAK, biologiques, opioïdes kappa, etc.

Voir aussi :
Urticaire |
Œdème de Quincke |
Calmer les démangeaisons |
Piqûres de moustiques |
Téléconsultation dermatologue


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Allergie aux pansements : l’eczema au pansement (ou plasta)

Dernière mise à jour : 6 mai 2026

En bref : L’eczéma de contact au pansement touche 5 à 10 % des patients porteurs de pansements adhésifs. Il se manifeste par des rougeurs reproduisant la forme exacte du pansement, 24 à 72 heures après l’application. Les trois allergènes principaux sont l’acrylate (colle), la colophane (résine) et le latex. Le seul diagnostic fiable est le patch-test. Des alternatives sans allergènes existent : silicone médical, non-tissé latex-free, filets tubulaires.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

L’allergie à un pansement est un eczéma allergique de contact : une réaction immunitaire retardée (type IV) déclenchée par un composant du pansement. Elle implique une sensibilisation préalable — raison pour laquelle elle peut apparaître après des mois ou des années de tolérance parfaite.

Mis à jour le 6 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Le terme « plasta » (Antilles, Guyane, Afrique francophone) désigne le même phénomène. On parle aussi d’eczéma de contact allergique aux adhésifs médicaux.

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Pourquoi devient-on allergique au pansement ?

La sensibilisation se développe par expositions répétées. À chaque application, de petites quantités d’allergène traversent la barrière cutanée et activent des lymphocytes T spécifiques. Après la phase silencieuse de sensibilisation, toute nouvelle exposition déclenche la réaction en 24 à 72 heures.

Les patients les plus exposés sont les porteurs de plaies chroniques (ulcères veineux, escarres, plaies post-opératoires), qui changent de pansements quotidiennement pendant des mois. Leur risque d’allergie de contact est 3 fois supérieur à la population générale.

Les 5 allergènes principaux dans les pansements

Allergène Présent dans Fréquence Alternative
Acrylate Colle adhésive Très fréquent Silicone médical
Colophane Adhésifs naturels Fréquent Synthétique pur
Caoutchouc / latex Bandes élastiques Modéré Matériaux latex-free
Conservateurs (MCI/MI) Pansements humides Croissant Sans conservateur
Gélatine bovine Hydrocolloïdes Rare Non-gélatine

Comment reconnaît-on l’eczéma au pansement ?

Le signe le plus caractéristique est la topographie en négatif du pansement : la rougeur et les petites vésicules reproduisent fidèlement le contour du pansement, parfois avec une légère extension au-delà du bord.

Les symptômes apparaissent 24 à 72 heures après l’application (parfois jusqu’à 5 jours). Ils s’aggravent si le pansement reste en place. Après retrait, ils mettent 7 à 14 jours à disparaître.

⚠️ Quand consulter en urgence ?
Appelez le 15 (SAMU) si survient : gonflement des lèvres ou de la gorge, difficultés respiratoires, malaise général après application d’un pansement. Ces signes évoquent un choc anaphylactique, rare mais grave.
Consultez votre dermatologue sous 48 h si : réaction qui s’étend rapidement, signes d’infection sur la plaie (rougeur chaude, pus, fièvre).

Soigner l’eczéma au pansement — 4 étapes

1. Retirer le pansement et nettoyer la zone à l’eau tiède. Sécher sans frotter.

2. Dermocorticoïde classe II ou III (bétaméthasone, hydrocortisone 17-butyrate) en fine couche, 1 à 2 fois/jour, 5 à 7 jours. Sur ordonnance.

3. Éviter l’allergène suspecté pendant la guérison. Utiliser une alternative (silicone médical, filet tubulaire).

4. Patch-test dermatologue pour identifier précisément l’allergène et éviter toute récidive.

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J’ai des plaies chroniques — que faire ?

Les porteurs de plaies chroniques constituent la population la plus à risque. Le changement quotidien pendant des mois crée les conditions d’une sensibilisation progressive. La démarche recommandée :

  • Bilan allergologique complet avec batterie élargie « plaies chroniques » (acrylate, lanoline, parabènes, colophane, MCI/MI)
  • Liste des pansements sans les allergènes identifiés, fournie par le dermatologue
  • Traitement de la plaie sous-jacente (compression veineuse, décharge) pour réduire la durée de portage

À quoi d’autre peut-on être allergique ?

Une allergie à la colophane du pansement peut entraîner une réactivité croisée avec certains vernis à ongles, adhésifs de chaussures ou résines végétales. L’allergologue explorera ces croisements lors du bilan patch-test.

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Questions fréquentes — Allergie aux pansements

Comment savoir si je suis allergique à mon pansement ?

L’allergie se manifeste par des rougeurs et petites vésicules reproduisant la forme exacte du pansement, 24 à 72 heures après l’application. La lésion peut s’étendre légèrement hors du bord — contrairement à une irritation immédiate strictement délimitée. Seul le patch-test chez un dermatologue confirme le diagnostic.

À quoi suis-je allergique dans un pansement ?

Les allergènes les plus fréquents sont l’acrylate (colle), la colophane (résine végétale), le caoutchouc (latex) et les conservateurs (MCI/MI). Le patch-test identifie précisément lequel vous sensibilise — essentiel pour éviter toute récidive.

Quelle différence entre irritation et allergie au pansement ?

L’irritation apparaît dans les premières heures, reste strictement sous le pansement et disparaît vite. L’allergie survient après 24 à 72 h, peut s’étendre hors du pansement et récidive à chaque réexposition, même avec un autre pansement contenant le même allergène.

Quel pansement utiliser quand on est allergique ?

Pansements en silicone médical (sans acrylate), non-tissé sans latex, filets tubulaires, bandes latex-free. Après identification de l’allergène par patch-test, votre dermatologue indique la marque précise tolérée.

Peut-on devenir allergique en vieillissant sans jamais en avoir fait ?

Oui. L’allergie de contact se développe à tout âge après une exposition répétée (plaies chroniques, post-opératoire). La sensibilisation peut prendre 6 mois à plusieurs années avant d’apparaître — d’où la surprise fréquente des patients.

Comment soigner l’eczéma causé par un pansement ?

Retirer le pansement, nettoyer à l’eau, appliquer un dermocorticoïde classe II-III pendant 5 à 7 jours (ordonnance). Éviter l’allergène suspecté. Consulter pour patch-test afin d’identifier précisément l’allergène et éviter les récidives.

J’ai des plaies chroniques et je suis allergique — que faire ?

Risque 3× supérieur à la population générale. Solution : batterie patch-test élargie « plaies chroniques », puis liste des pansements certifiés sans vos allergènes. Un suivi dermatologue ou infirmière spécialisée plaies est indispensable pour les soins au long cours.

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Références scientifiques

Mis à jour le 6 mai 2026 — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue, +25 ans d’expérience

Allergie au pansement

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Atarax® (hydroxyzine) : posologie, allergie et effets secondaires

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Atarax® (hydroxyzine) : antihistaminique sédatif — guide complet

Atarax® est un médicament antihistaminique de 1re génération (hydroxyzine) utilisé en dermatologie pour traiter les démangeaisons intenses, l’urticaire et l’eczéma atopique prurigineux. Son effet sédatif marqué en fait un choix particulièrement adapté aux démangeaisons nocturnes.

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Sommaire :
Présentation |
Indications |
Posologie |
Contre-indications |
Effets secondaires |
Conseils pratiques |
Populations particulières |
Pages associées |
Questions fréquentes

Atarax® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Atarax®
Principe actif Hydroxyzine dichlorhydrate
Classe Antihistaminique H1 de 1re génération — pipérazine
Formes disponibles Comprimés pelliculés 25 mg — sirop 2 mg/ml (pédiatrique)
Délivrance Sur ordonnance
Spécificité Effet sédatif et anxiolytique marqué en plus de l’action antihistaminique — antihistaminique anticholinergique

L’hydroxyzine passe la barrière hémato-encéphalique, ce qui explique son effet sédatif — à la différence des antihistaminiques de 2e génération (cétirizine, fexofénadine, bilastine) qui ne la franchissent pas ou peu.

Indications dermatologiques

Indication Intérêt de l’Atarax® vs 2e génération
Urticaire avec prurit nocturne intense L’effet sédatif aide à dormir malgré les démangeaisons — prise le soir préférable
Eczéma atopique — poussées prurigineuses nocturnes Casse le cycle grattage-lésion nocturne. Souvent prescrit chez l’enfant en sirop.
Prurit chronique invalidant Soulagement rapide, utile en attente d’un traitement de fond
Anxiété associée à une dermatose Double action anxiolytique + antihistaminique — prescription hors AMM dermatologique mais fréquente
Prémédication (actes dermatologiques ou chirurgicaux) Utilisé en prémédication anxiolytique et sédative avant gestes invasifs
💡 Anti-duplication : pour les démangeaisons diurnes sans composante anxieuse ni besoin de sédation, les antihistaminiques de 2e génération (cétirizine, fexofénadine, bilastine) sont préférables car non sédatifs. Voir la liste complète des antihistaminiques.

Posologie habituelle

Population Posologie usuelle Remarque
Adulte 25 à 100 mg/j en 1 à 3 prises — souvent 25 mg le soir au coucher Ne pas dépasser 100 mg/j (restriction ANSM 2015)
Enfant > 3 ans 1 mg/kg/j en sirop — prise le soir Ne pas dépasser 2 mg/kg/j
Sujet âgé > 65 ans Éviter si possible — si nécessaire : dose minimale efficace (12,5 mg) Risque de confusion, chutes, rétention urinaire majoré
⚠️ Restriction ANSM (2015) : suite à une réévaluation du rapport bénéfice/risque, la dose maximale chez l’adulte a été abaissée à 100 mg/j et à 2 mg/kg/j chez l’enfant, en raison d’un risque d’allongement de l’intervalle QT à fortes doses.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à l’hydroxyzine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — également contre-indiqué en cas d’allergie à la cétirizine (métabolite) ou à la pipérazine
Glaucome à angle fermé Effet anticholinergique → risque d’élévation aiguë de la pression intraoculaire
Rétention urinaire / hypertrophie bénigne de la prostate Effet anticholinergique → aggravation du trouble mictionnel
Allongement de l’intervalle QT ou traitement par antiarythmiques Risque de torsade de pointe — ECG recommandé en cas de doute
Porphyrie Contre-indication absolue
Grossesse (1er trimestre) Déconseillé — consulter le médecin (voir section populations particulières)
Alcool Potentialise fortement la sédation — association contre-indiquée pendant le traitement

Effets secondaires

Effet secondaire Fréquence Conduite à tenir
Somnolence, sédation Très fréquent Prévoir la prise le soir — ne pas conduire ni utiliser de machines
Sécheresse buccale Fréquent Boire régulièrement — hygiène dentaire renforcée si traitement prolongé
Maux de tête, fatigue Fréquent Généralement transitoires — consulter si persistants
Confusion, désorientation Peu fréquent (plus fréquent chez le sujet âgé) Arrêter le traitement et consulter — risque de chute chez le sujet âgé
Rétention urinaire Peu fréquent Arrêter et consulter — facteur de risque : adénome prostatique
Constipation Peu fréquent Effet anticholinergique — apport hydrique et fibres suffisent souvent
Tachycardie, allongement QT Rare (dose-dépendant) Respecter les doses maximales — signaler tout malaise cardiaque
Aggravation de l’éruption Rare Réaction paradoxale possible — consulter le médecin

Conseils pratiques d’utilisation

  • Prendre le soir au coucher de préférence, en raison du risque de somnolence — ne pas conduire après la prise.
  • Ne pas consommer d’alcool pendant le traitement — la sédation est fortement potentialisée.
  • Respecter scrupuleusement la prescription du médecin et ne pas dépasser 100 mg/j chez l’adulte.
  • En cas d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence excessive, fatigue, maux de tête, sécheresse de la bouche, confusion…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.
  • En cas de grossesse ou d’allaitement, consulter le médecin avant toute prise.

Populations particulières

Population Recommandation
Grossesse Déconseillé au 1er trimestre. Peut être utilisé ponctuellement aux 2e et 3e trimestres sur avis médical. À éviter en fin de grossesse (risque de dépression néonatale). La loratadine ou la cétirizine sont préférées si un antihistaminique est indispensable.
Allaitement Passage dans le lait maternel possible — éviter ou surveiller le nourrisson (sédation, difficultés à téter). Consulter le médecin.
Enfant < 3 ans Non recommandé — utiliser sous stricte surveillance médicale si nécessaire.
Sujet âgé > 65 ans Figurant sur la liste de Beers (médicaments potentiellement inappropriés chez le sujet âgé). Risque de confusion, chutes, rétention urinaire. Préférer un antihistaminique de 2e génération si possible.
Insuffisance rénale ou hépatique Élimination ralentie — réduire la dose et espacer les prises. Avis médical indispensable.

Pages associées

Questions fréquentes

Peut-on prendre Atarax® tous les soirs sur le long terme ?

L’Atarax® peut être utilisé sur plusieurs semaines dans les démangeaisons chroniques, sous surveillance médicale. Il ne crée pas de dépendance physique mais une tolérance à l’effet sédatif peut s’installer avec le temps. Pour un usage prolongé, le médecin évaluera régulièrement le rapport bénéfice/risque — notamment chez le sujet âgé où l’utilisation au long cours est déconseillée.

Atarax® est-il un somnifère ?

Non, Atarax® n’est pas un somnifère au sens strict. Son effet sédatif est un effet secondaire de son action anticholinergique et antihistaminique centrale. Il peut cependant être prescrit hors AMM pour faciliter l’endormissement, notamment chez l’enfant atopique dont les démangeaisons perturbent le sommeil. Il n’induit pas la dépendance des benzodiazépines.

Quelle différence entre Atarax® et Zyrtec® ?

L’hydroxyzine (Atarax®) est métabolisée partiellement en cétirizine (Zyrtec®) dans l’organisme. Atarax® est sédatif, passe dans le cerveau et a des effets anticholinergiques — il est prescrit pour les démangeaisons nocturnes intenses. Zyrtec® (cétirizine) est non sédatif, ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique et peut être pris le matin sans risque de somnolence.

Faut-il arrêter Atarax® avant une prise de sang ou une intervention ?

Signalez toujours la prise d’Atarax® à votre médecin ou chirurgien avant toute intervention. L’hydroxyzine peut interagir avec les anesthésiques et potentialiser leurs effets. En cas de bilan allergologique (tests cutanés), l’Atarax® doit être arrêté au moins 5 jours avant les tests car il masque les réactions cutanées.

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Clarityne : causes, symptômes et traitement : allergie

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Clarityne® (loratadine) : antihistaminique non sédatif — guide pratique

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

Clarityne® est un antihistaminique de 2e génération (loratadine) indiqué dans le traitement de l’urticaire et des manifestations allergiques cutanées. Non sédatif, il est disponible sans ordonnance en pharmacie — c’est l’une des molécules antihistaminiques les mieux documentées, notamment durant la grossesse. Sa molécule fille, la desloratadine (Aerius®), en est le métabolite actif.

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Sommaire :
Présentation |
Indications |
Contre-indications |
Conseils pratiques |
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Clarityne® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Clarityne®
Principe actif Loratadine — molécule mère de la desloratadine (Aerius®)
Classe Antihistaminique H1 de 2e génération — non anticholinergique
Délivrance Sans ordonnance — disponible directement en pharmacie
Posologie habituelle 1 comprimé de 10 mg par jour — indépendamment des repas
Spécificité Non sédatif — conduite automobile autorisée — l’une des molécules les mieux documentées en termes de sécurité durant la grossesse parmi les antihistaminiques
💡 Pour une comparaison complète des antihistaminiques et le choix selon la situation clinique, voir la page guide des antihistaminiques.

Indications dermatologiques

Clarityne® est indiqué dans l’urticaire aiguë et chronique, et dans les manifestations allergiques cutanées prurigineuses. Sa disponibilité sans ordonnance en fait un traitement de première intention accessible pour les épisodes d’urticaire aiguë ou de démangeaisons allergiques légères à modérées.

Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à la loratadine ou à l’un des composants Contre-indication absolue — allergie croisée possible avec la desloratadine (Aerius®)
Insuffisance hépatique sévère Métabolisme hépatique de la loratadine — adapter la posologie sur avis médical

Conseils pratiques d’utilisation

  • Respecter la prescription du médecin — 1 comprimé par jour.
  • Clarityne® est non sédatif : prise possible le matin, conduite automobile autorisée.
  • Clarityne® n’est pas recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — cependant, parmi les antihistaminiques, la loratadine est l’une des molécules les mieux documentées et peut être envisagée sur avis médical si le bénéfice justifie la prise.
  • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tête, nausées, vomissements, palpitations…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.

Pages associées

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Antihistaminiques |
Aerius® |
Urticaire |
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Questions fréquentes

Clarityne® (loratadine) est-il efficace contre l’urticaire ?
Oui, Clarityne® est un antihistaminique H1 de 2e génération non sédatif, indiqué dans l’urticaire aiguë et chronique ainsi que dans la rhinite allergique. Il agit en 1 à 3 heures et son effet dure 24 heures.

Quelle est la posologie de Clarityne® chez l’adulte ?
1 comprimé de 10 mg par jour, en une seule prise, avec ou sans aliment. Pas d’adaptation posologique nécessaire sauf en cas d’insuffisance rénale sévère.

Clarityne® provoque-t-il de la somnolence ?
Non, la loratadine (Clarityne®) est un antihistaminique de 2e génération non sédatif. Elle ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique aux doses thérapeutiques et ne cause pas de somnolence.

Clarityne® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Non, Clarityne® 10 mg comprimés n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. Il est disponible sans ordonnance en pharmacie. Des génériques à base de loratadine sont également disponibles.

Desloratadine : le médicament desloratidine en comprimés

Desloratadine : principe actif antihistaminique non sédatif

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

La desloratadine est la molécule active (principe actif) de l’Aerius®. C’est un antihistaminique de 2e génération non sédatif indiqué dans le traitement de l’allergie de peau, des démangeaisons de la peau et de l’urticaire. Elle est le métabolite actif de la loratadine (Clarityne®).

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Mode d’action — ce qui différencie la desloratadine

La desloratadine possède un double mécanisme d’action qui la distingue des antihistaminiques plus anciens :

Mécanisme Conséquence clinique
Antagoniste sélectif des récepteurs H1 périphériques — ne diffuse pas dans le système nerveux central Pas de sédation, pas d’effet anticholinergique — conduite automobile autorisée
Inhibition des cytokines pro-inflammatoires (IL-4, IL-6, IL-8, IL-13) par les mastocytes et basophiles Action anti-inflammatoire au-delà du simple blocage H1 — utile dans l’urticaire chronique
💡 Cette inhibition des cytokines est un avantage pharmacologique de la desloratadine par rapport à la loratadine (molécule mère) — elle explique son efficacité dans l’urticaire chronique au-delà du simple prurit aigu. Pour les informations pratiques (posologie, conseils d’utilisation, contre-indications), voir la page Aerius®.

Contre-indications et conseils d’utilisation

La contre-indication principale est l’allergie à la desloratadine ou à l’un des composants. Desloratadine n’est pas recommandée en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin. En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, nausées, palpitations…), consulter un médecin.

→ Pour le détail complet : posologie, précautions, interactions, populations particulières : voir Aerius® (desloratadine) — guide pratique complet.

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Eczema de l’anus : soigner l’exema entre les fesses

Eczema de l’anus
L’eczema de l’anus est une des causes de plaques rouges qui grattent sur l’anus

Rougeur de l’anus qui gratte

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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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En cas d’eczema de l’anus, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema de l’anus :

Eczema allergique de l’anus

Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.

Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema de l’anus sont :

les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe

cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums, lingettes…

préservatifs et lubrifiants

Comment savoir à quoi je suis allergique sur l’anus

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

patch tests
Patch tests en cas d’exema

Voir l’article consacré à l’eczema allergique de contact

Soigner l’eczema sur l’anus

Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)

Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette

En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (creme, lingette, lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme


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