Stromectol® (ivermectine) contre la gale : posologie, mode d’emploi et effets secondaires

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Stromectol® est un antiparasitaire oral à base d’ivermectine (3 mg par comprimé), remboursé à 65 % sur prescription médicale. Il est utilisé dans le traitement de la gale, y compris les formes profuses et les situations épidémiques.

Posologie de Stromectol® selon le poids

Stromectol® est pris à la dose de 200 µg/kg de poids corporel en prise unique orale, à jeun (au moins 2 heures avant ou après un repas). La dose varie selon le poids :

Poids Nombre de comprimés
15 – 24 kg 1 comprimé
25 – 35 kg 2 comprimés
36 – 50 kg 3 comprimés
51 – 65 kg 4 comprimés
66 – 79 kg 5 comprimés

Une seconde dose est nécessaire 8 à 14 jours après la première pour couvrir les œufs non détruits par la première prise. En cas de gale profuse ou croûteuse, une association avec un traitement local (Ascabiol®, Topiscab®) peut être prescrite.

Contre-indications

⚠️ Stromectol® est contre-indiqué chez :
les enfants de moins de 15 kg, les femmes enceintes et allaitantes, et les personnes allergiques à l’ivermectine ou à l’un des excipients.

Questions fréquentes sur Stromectol®

Stromectol® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Oui, Stromectol® (ivermectine 3 mg) est remboursé à 65 % par l’Assurance maladie en France sur prescription médicale pour le traitement de la gale.

Peut-on prendre Stromectol® pendant la grossesse ?

Non, Stromectol® est contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement. En cas de gale chez une femme enceinte, le médecin privilégie un traitement local comme l’Ascabiol® (benzoate de benzyle).

Faut-il traiter tout l’entourage en même temps que Stromectol® ?

Oui, tout le foyer et les contacts proches doivent être traités simultanément, même en l’absence de symptômes. Le linge et la literie doivent être lavés à 60°C ou isolés en sac pendant 72 heures.

Quels sont les effets secondaires de Stromectol® ?

Les effets indésirables les plus fréquents sont : nausées, vomissements, diarrhées, vertiges et réactions cutanées légères. Ces effets sont généralement transitoires. En cas de symptômes neurologiques, consultez rapidement un médecin.

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Antibiotique peau : traitement de la peau avec des antibiotiques

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Antibiotiques utilisés en dermatologie

Les antibiotiques en dermatologie se divisent en deux grandes catégories : les antibiotiques locaux, appliqués directement sur la peau sous forme de crèmes ou de gels, et les antibiotiques généraux, administrés par voie orale pour traiter les infections étendues ou les dermatoses inflammatoires comme l’acné. Leur prescription doit être médicalement encadrée pour éviter l’émergence de résistances bactériennes et les réactions allergiques.

Vous avez besoin d’un avis dermatologique sur un traitement antibiotique cutané ?

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Principes généraux de l’antibiothérapie cutanée

En dermatologie, les antibiotiques sont indiqués pour traiter des infections bactériennes cutanées (impétigo, folliculites, surinfections de plaies) ou des dermatoses inflammatoires à composante bactérienne comme l’acné ou la rosacée. Le choix entre voie locale et voie générale dépend de l’étendue des lésions, de leur profondeur et de leur sévérité.

ℹ️ Principe fondamental : Tout antibiotique, local ou général, doit être prescrit par un médecin. L’automédication favorise l’émergence de résistances bactériennes et peut masquer un diagnostic plus grave (herpès, eczéma de contact, mycose).
Critère Antibiotique local Antibiotique général
Étendue Lésions localisées Lésions étendues ou multiples
Profondeur Superficielle (épiderme) Profonde (derme, hypoderme)
Effets secondaires Allergie de contact possible Effets digestifs, photosensibilité
Durée habituelle 7 à 14 jours maximum 3 semaines à 3 mois selon indication

Antibiotiques locaux en dermatologie

Les antibiotiques locaux sont disponibles sous forme de crèmes, gels, pommades ou solutions. Ils agissent directement au niveau cutané sans diffusion systémique significative, ce qui limite les effets indésirables généraux. En revanche, ils peuvent provoquer des allergies de contact et favoriser les résistances locales en cas d’usage prolongé.

Acide fusidique

L’acide fusidique est un antibiotique naturel actif principalement sur Staphylococcus aureus, y compris les souches résistantes à la méticilline (SARM) dans certains cas. Il est particulièrement indiqué dans l’impétigo et les surinfections staphylococciques superficielles.

  • Fucidine® — crème et pommade à 2 % d’acide fusidique

Clindamycine

La clindamycine est une lincosamide active sur Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes), la bactérie impliquée dans l’acné. Elle est principalement prescrite dans le traitement local de l’acné inflammatoire légère à modérée, souvent associée à du peroxyde de benzoyle pour limiter les résistances.

Cyclines locales

La chlortétracycline est l’une des rares cyclines disponibles en usage local. Elle présente une activité antibactérienne à large spectre et une légère action anti-inflammatoire.

Érythromycine

L’érythromycine est un macrolide actif sur C. acnes et couramment utilisé dans le traitement local de l’acné. Son usage prolongé en monothérapie est de moins en moins recommandé en raison de l’augmentation des résistances bactériennes observées ces dernières décennies.

Mupirocine

La mupirocine est un antibiotique topique d’origine naturelle, très efficace contre Staphylococcus aureus et Streptococcus pyogenes. Elle est considérée comme le traitement local de référence de l’impétigo et est également utilisée en décolonisation nasale des porteurs de SARM.

Néomycine

La néomycine est un aminoglycoside à large spectre utilisé dans les infections cutanées superficielles. Elle est connue pour son fort potentiel allergisant : c’est l’un des allergènes de contact les plus fréquents testés en patch-test. Son usage doit être limité dans la durée.

⚠️ Rappel clinique : Les antibiotiques locaux ne doivent pas être utilisés sur de grandes surfaces cutanées, sous pansement occlusif prolongé ou en automédication. En cas de rougeurs, démangeaisons ou aggravation sous traitement, arrêtez l’application et consultez.

Acné résistante aux antibiotiques locaux ? Un bilan dermatologique s’impose.

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Antibiotiques généraux en dermatologie

Les antibiotiques généraux (per os) sont indiqués lorsque les lésions sont trop étendues pour un traitement local, lorsqu’une composante inflammatoire profonde est présente, ou lorsque le traitement topique seul est insuffisant. En dermatologie, les cyclines représentent la classe la plus prescrite, notamment dans l’acné et la rosacée.

Cyclines

Les cyclines sont des antibiotiques bactériostatiques à large spectre, actifs sur C. acnes et dotés d’un effet anti-inflammatoire propre (inhibition des métalloprotéases et des cytokines pro-inflammatoires). Elles constituent le traitement de référence de l’acné modérée à sévère par voie orale, en cure de 3 mois maximum.

☀️ Photosensibilité : Toutes les cyclines augmentent la sensibilité au soleil. Une protection solaire rigoureuse est indispensable tout au long du traitement, notamment pour les doxycyclines.

Doxycycline

La doxycycline est la cycline la plus prescrite en dermatologie française. Elle est indiquée dans l’acné, la rosacée, et certaines infections cutanées (maladie de Lyme, rickettsioses). Elle se prend de préférence pendant le repas pour limiter les troubles digestifs.

Lymécycline

La lymécycline est une prodrogue de la tétracycline, bien tolérée sur le plan digestif et souvent préférée chez les patients présentant une sensibilité gastrique aux autres cyclines. Elle est indiquée dans l’acné per os.

Minocycline

La minocycline possède une bonne pénétration tissulaire et une activité anti-inflammatoire marquée. Elle est efficace dans l’acné mais présente des effets secondaires spécifiques à surveiller : pigmentation cutanée ou muqueuse, lupus médicamenteux (rare), vertiges. Elle nécessite une surveillance médicale régulière.

Résistances bactériennes : un enjeu majeur

L’augmentation des résistances de Cutibacterium acnes aux antibiotiques — notamment à l’érythromycine et à la clindamycine — est documentée depuis les années 1990 et constitue un problème de santé publique en dermatologie. Les recommandations actuelles préconisent :

  • Ne jamais utiliser un antibiotique local en monothérapie prolongée : toujours l’associer à du peroxyde de benzoyle ou à un rétinoïde local
  • Limiter la durée des traitements antibiotiques à 3 mois maximum pour les formes per os
  • Éviter l’association simultanée d’un antibiotique local et d’un antibiotique général de la même classe
  • Ne pas utiliser les antibiotiques comme traitement d’entretien de l’acné
🚨 Automédication déconseillée : L’utilisation d’antibiotiques (locaux ou généraux) sans prescription médicale est non seulement inefficace si le diagnostic est erroné, mais contribue activement à l’émergence de résistances qui rendent les traitements futurs moins efficaces pour l’ensemble de la population.

Questions fréquentes sur les antibiotiques en dermatologie

Quels antibiotiques locaux sont utilisés en dermatologie ?

Les principaux antibiotiques locaux utilisés en dermatologie sont l’acide fusidique (Fucidine®), la clindamycine (Dalacine T Topic®, Zindacline®), l’érythromycine (Eryacne®, Eryfluid®), la mupirocine (Mupiderm®) et la néomycine (Bacteomycine®). Ils sont indiqués dans les infections cutanées superficielles et l’acné.

Quand prescrit-on des antibiotiques généraux en dermatologie ?

Les antibiotiques généraux sont prescrits lorsque l’infection est étendue, profonde ou ne répond pas aux traitements locaux. En dermatologie, les cyclines (doxycycline, lymécycline, minocycline) sont fréquemment utilisées dans l’acné modérée à sévère et dans la rosacée.

Quelle est la différence entre un antibiotique local et un antibiotique général en dermatologie ?

Un antibiotique local (crème, gel, pommade) agit directement sur la zone cutanée traitée sans passer dans la circulation générale, ce qui limite les effets secondaires systémiques. Un antibiotique général (comprimé, gélule) diffuse dans tout l’organisme et est réservé aux infections étendues ou profondes.

Les antibiotiques locaux peuvent-ils provoquer des résistances ?

Oui. L’utilisation prolongée ou inappropriée d’antibiotiques locaux favorise l’émergence de bactéries résistantes, notamment Staphylococcus aureus résistant à la mupirocine ou Cutibacterium acnes résistant à l’érythromycine. C’est pourquoi leur prescription doit être limitée dans le temps et encadrée médicalement.

La doxycycline est-elle efficace contre l’acné ?

Oui. La doxycycline est l’une des cyclines les plus prescrites dans l’acné modérée à sévère. Elle agit à la fois sur Cutibacterium acnes et par un effet anti-inflammatoire. Elle est utilisée en cure de 3 mois maximum, souvent associée à un traitement local.

Références scientifiques

  1. Dréno B, et al. « European recommendations on the use of oral antibiotics for acne. » Eur J Dermatol. 2004;14(6):391-399. PubMed
  2. Coates P, et al. « Resistance of Propionibacterium acnes to antibiotics. » Br J Dermatol. 2002;146(5):840-848. PubMed
  3. Williamson DA, et al. « Resistance to topical antibiotics in skin infections. » Lancet Infect Dis. 2014;14(6):529-535. PubMed
  4. Thiboutot D, et al. « New insights into the management of acne. » J Am Acad Dermatol. 2009;60(5 Suppl):S1-50. PubMed

Pour toute question sur un antibiotique prescrit en dermatologie, consultez votre dermatologue.

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Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux. Dernière mise à jour : avril 2025.

Zona : traitement antiviral précoce, soulagement et vaccination

Zona : causes, symptômes, traitement et vaccin

Le zona est une maladie de peau très fréquente, touchant 20 % de la population. Il est dû à la réactivation du virus varicelle-zona (VZV), qui reste latent dans les ganglions nerveux après la varicelle. L’éruption est caractérisée par des vésicules douloureuses suivant le trajet d’un nerf, sur une seule moitié du corps. Le traitement antiviral doit être institué dans les 72 premières heures pour réduire le risque de douleurs post-zostériennes.

Zona en cours ou douleurs persistantes après un zona ?
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Zona — éruption vésiculeuse unilatérale suivant un trajet nerveux

Sommaire :
Causes |
Facteurs déclenchants |
Symptômes |
Évolution |
Complications |
Vaccin |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes du zona

Le zona est la manifestation clinique de la réactivation du VZV (Varicella zoster virus). Environ 90 % des adultes ont fait la varicelle dans l’enfance et sont porteurs du VZV à l’état latent. Environ 20 % d’entre eux feront un zona au cours de leur vie ; 1 % en fera plusieurs épisodes.

Après la varicelle, le virus reste latent dans les ganglions sensitifs des racines dorsales. Des années plus tard, il peut migrer le long du nerf jusqu’à la peau — d’où un zona toujours unilatéral et limité à un dermatome. Il existe au moins 4 génotypes de VZV, ce qui explique les possibilités de récidive.

→ Voir : causes du zona | contagion du zona

📚 Biologie du virus varicelle-zona et réactivation — PubMed

Facteurs déclenchants

Facteur Détail
Âge avancé Incidence annuelle : 2/1 000 entre 20–50 ans → 5/1 000 entre 51–79 ans → 10/1 000 après 80 ans. Diminution physiologique de l’immunité cellulaire anti-VZV avec l’âge.
Immunodépression VIH, hémopathies malignes, traitement immunosuppresseur, corticothérapie prolongée, chimiothérapie, stress intense, fatigue sévère, maladie intercurrente grave.

⚠️ Un zona récidivant ou survenant chez un adulte jeune sans facteur déclenchant identifié doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente — notamment une infection VIH ou une hémopathie.

Symptômes du zona

Le zona évolue en deux phases caractéristiques :

Phase Durée Manifestations
Phase prodromique 2 à 4 jours avant l’éruption Douleurs unilatérales dans la zone qui sera atteinte : brûlures, décharges électriques, hyperesthésie cutanée. Pour le zona intercostal : douleurs en hémiceinture pouvant mimer une pathologie cardiaque, pleurale ou abdominale.
Phase éruptive 2 à 4 semaines Plaques érythémateuses → vésicules claires groupées en bouquets → troubles en 3–4 jours → croûtes s’éliminant en 2–3 semaines. Éruption strictement unilatérale suivant le trajet d’un nerf sensitif (dermatome).

Zona de la nuque et du cou — éruption vésiculeuse unilatérale
Zona de la nuque et du cou

→ Voir l’article détaillé : symptômes du zona

Évolution

L’éruption dure en moyenne 2 à 4 semaines. Les douleurs de la phase éruptive s’atténuent généralement avec la cicatrisation, mais peuvent persister plusieurs mois à plusieurs années sous forme de douleurs post-zostériennes — principale complication du zona. Il est rare de refaire un zona dans les années qui suivent, sauf en cas d’immunodépression sévère.

Complications du zona

Complication Fréquence / gravité Page dédiée
Douleurs post-zostériennes 10–20 % des patients, surtout après 60 ans. Brûlures continues, allodynie, hyperalgésie. Peuvent durer des années. → Douleurs post-zostériennes
Zona ophtalmique Atteinte branche V1 du trijumeau. Urgence médicale — kératite, uvéite, séquelles visuelles définitives possibles. → Zona ophtalmique
Surinfection bactérienne Staphylococcus aureus ou Streptococcus pyogenes. Cicatrices pigmentées ou dépigmentées possibles.
Complications neurologiques Paralysie radiculaire, troubles urinaires (zona sacré), ophtalmoplégie, paralysie faciale, méningite lymphocytaire. Encéphalite et myélite exceptionnelles.
Formes graves (immunodéprimé) Zona hémorragique, étendu, avec complications viscérales (pulmonaires, hépatiques) potentiellement mortelles.

Cicatrices pigmentées après zona
Cicatrices pigmentées après zona

Zona hémorragique — forme grave chez l'immunodéprimé
Zona hémorragique

⚠️ Zona ophtalmique — urgence absolue : tout zona touchant le front, le nez ou la paupière doit être consulté en urgence. Le risque de séquelles visuelles définitives justifie un traitement hospitalier sans délai.

📚 Complications du zona et facteurs de risque — PubMed

Vaccin contre le zona

Zostavax® (vivant atténué) Shingrix® (recombinant adjuvanté) ⭐
Âge recommandé ≥ 65 ans ≥ 50 ans
Schéma 1 injection 2 injections espacées de 2 à 6 mois
Efficacité Réduction du risque de zona de 50 %. Réduction des douleurs post-zostériennes de 66 %. Réduction du risque de zona de 97 % pendant au moins 3 ans, y compris après 70 ans.
Remboursement France 30 % En cours d’évaluation
Tolérance Bonne Plus d’effets locaux et généraux — surtout après la 2e injection
Co-administration grippe Possible Possible

Contre-indications communes : hypersensibilité aux composants (dont néomycine), immunodéficience primaire ou acquise, traitement immunosuppresseur incluant fortes doses de corticoïdes, tuberculose active non traitée, grossesse.

📚 Efficacité du vaccin Shingrix chez les plus de 70 ans — NEJM/PubMed

Traitement du zona

Le zona typique guérit spontanément, mais le traitement vise à accélérer la cicatrisation, limiter les douleurs et prévenir les douleurs post-zostériennes.

Traitement Modalités / indication
Antiviraux oraux
(valaciclovir, aciclovir, famciclovir)
Dans les 72 premières heures idéalement. Indiqués chez les > 50 ans, en cas de zona ophtalmique ou de facteurs de risque de complications. Efficacité réduite au-delà de 72 h.
Soins locaux Antisepsie douce des lésions, pansements non occlusifs, prévention de la surinfection bactérienne.
Antalgiques Paracétamol en 1re intention. Opioïdes si douleurs sévères. Antiépileptiques (gabapentine, prégabaline) ou antidépresseurs tricycliques pour les douleurs neuropathiques post-zostériennes.

💡 Les « coupeurs de feu » sont parfois consultés pour soulager les douleurs du zona. À ce jour, aucune étude scientifique rigoureuse n’étaye leur efficacité comparée à un traitement médical ou à un placebo. Cependant, en pratique, cela semble fonctionner.

→ Voir l’article complet : traitement du zona

72 heures — c’est la fenêtre thérapeutique du zona.
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Pages spécialisées du cluster zona

Symptômes, causes et contagion
Symptômes du zona — éruption, prodromes, localisation
Causes du zona — VZV, réactivation, immunité
Contagion du zona — varicelle, précautions
Zona intercostal — douleurs thoraciques et abdominales

Complications et traitement
Traitement du zona — antiviraux, antalgiques, soins locaux
Douleurs post-zostériennes — prévention et prise en charge
Zona ophtalmique — urgence, risque visuel

Points clés

À retenir
Le zona est la réactivation du VZV, latent depuis la varicelle dans les ganglions nerveux sensitifs
Il touche 20 % de la population — incidence croissante avec l’âge et l’immunodépression
L’éruption est toujours unilatérale, précédée de prodromes douloureux, suivant un dermatome précis
Le traitement antiviral doit être débuté dans les 72 premières heures pour prévenir les douleurs post-zostériennes
Le zona ophtalmique est une urgence médicale — consulter immédiatement
Le vaccin Shingrix® offre une protection de 97 % chez les plus de 50 ans

Références scientifiques

Questions fréquentes sur le zona

Comment éviter les douleurs post-zostériennes ?

Le meilleur moyen est de prendre le traitement antiviral dans les 72 premières heures suivant l’éruption. Au-delà, l’efficacité diminue significativement. La vaccination préventive (Shingrix®) réduit également le risque de douleurs séquellaires de deux tiers. Voir : douleurs post-zostériennes.

Quand consulter en urgence pour un zona ?

En urgence si : zona touchant le front, le nez ou la paupière (zona ophtalmique — risque de cécité) ; zona chez un immunodéprimé ; fièvre élevée ou altération de l’état général ; lésions hémorragiques ou nécrotiques ; suspicion d’atteinte neurologique.

Le zona est-il contagieux ?

Le zona lui-même ne se transmet pas d’une personne à l’autre. En revanche, les vésicules contiennent du VZV vivant qui peut transmettre la varicelle (et non le zona) à une personne non immunisée — notamment les femmes enceintes et les immunodéprimés. Voir : contagion du zona.

Peut-on avoir le zona plusieurs fois ?

Oui, mais c’est peu fréquent (environ 1 % de la population). Le risque de récidive est nettement plus élevé en cas d’immunodépression. Un zona récidivant doit faire rechercher une pathologie sous-jacente.

Que révèle un zona sur l’état de santé général ?

Un premier zona après 50 ans est souvent simplement lié au vieillissement physiologique de l’immunité. Un zona survenant avant 50 ans, récidivant ou particulièrement sévère doit faire rechercher une immunodépression (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est recommandé.

Le zona peut-il toucher les enfants ?

Oui, bien que rare. Il peut survenir chez un enfant ayant fait la varicelle, surtout si celle-ci a eu lieu in utero ou dans les premiers mois de vie. La vaccination contre la varicelle, recommandée dans le calendrier vaccinal français, devrait réduire à terme l’incidence du zona chez les jeunes adultes.

Voir aussi :
Symptômes du zona |
Traitement du zona |
Douleurs post-zostériennes |
Zona ophtalmique |
Zona intercostal |
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Traitement de la gale : protocole complet en 4 étapes

Traitement de la gale : le protocole complet en 4 étapes pour guérir sans rechute

La gale ne guérit jamais spontanément. Derrière cette réalité simple se cache pourtant l’une des pathologies infectieuses les plus mal traitées en médecine de ville : des milliers de patients recommencent un traitement incomplet, oublient de traiter leur entourage, ou négligent la désinfection des textiles — et rechutent dans les semaines suivantes. En vingt-cinq ans de consultations dermatologiques, j’ai rarement vu d’échec lié au médicament lui-même. L’échec vient presque toujours du protocole : incomplet, partiel, ou mal compris.

Ce guide détaille les 4 piliers indissociables du traitement de la gale : consultation médicale confirmant le diagnostic, traitement simultané de tout l’entourage, désinfection rigoureuse des textiles et de l’environnement, et traitement antiparasitaire à renouveler obligatoirement entre J8 et J14. Chaque pilier est aussi indispensable que les autres.

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Ne tardez pas : la gale est contagieuse dès avant l’apparition des symptômes. Une téléconsultation permet de confirmer le diagnostic et de lancer le protocole sans délai.
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– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…

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Cet article en vidéo


Vidéo traitement de la gale


Vidéo protocole complet traitement gale

Sommaire :
1. Consulter un médecin |
2. Traiter l’entourage |
3. Désinfecter les textiles |
4. Traitements antiparasitaires |
Comparatif des traitements |
Efficacité et taux d’échec |
Critères de guérison |
Gale persistante |
À lire aussi |
Questions fréquentes

Étape 1 — Consulter un médecin : ne jamais improviser

N’improvisez pas de traitement par vous-même. Le diagnostic de gale doit être confirmé par un médecin ou un dermatologue. Plusieurs affections donnent des démangeaisons nocturnes qui ressemblent à la gale — urticaire, eczéma, lichen plan, piqûres d’insectes — et un traitement acaricide appliqué à tort est inutile, irritant, et retarde le bon diagnostic.

La consultation permet également de :

  • Confirmer le diagnostic cliniquement (présence de sillons et boutons caractéristiques) ou par dermoscopie
  • Évaluer la forme de gale (commune, profuse, croûteuse) qui conditionne le protocole
  • Prescrire un bilan sérologique d’IST (syphilis, VIH, hépatites B et C) si une transmission sexuelle est possible
  • Rédiger les ordonnances pour l’ensemble du foyer — et pas seulement pour le patient symptomatique

Pour comprendre comment la gale se manifeste et comment le diagnostic est posé, consultez notre article détaillé sur le diagnostic de la gale.

Étape 2 — Traiter l’entourage simultanément : la règle d’or

C’est l’étape la plus souvent négligée et la première cause d’échec. Traiter un seul membre du foyer est un travail à moitié fait : si l’entourage n’est pas traité en même temps, la recontamination est quasi inévitable dans les jours suivants.

Le médecin définit les personnes à inclure dans le traitement :

  • Le ou les partenaires sexuels des deux derniers mois (la période d’incubation peut atteindre 6 semaines)
  • Tous les membres de la famille vivant sous le même toit, qu’ils aient des démangeaisons ou non
  • Toute personne présentant des démangeaisons dans l’entourage proche (amis, famille élargie ayant eu des contacts cutanés prolongés)
  • En cas de gale en collectivité (crèche, maison de retraite, internat) : les professionnels en contact rapproché avec le patient

⚠️ Toutes les personnes concernées doivent être traitées le même jour, au même moment. C’est la condition sine qua non pour rompre le cycle de recontamination. Une personne traitée deux jours après une autre peut réinfecter celle qui avait déjà appliqué son traitement.

Les personnes identifiées comme contacts devront être traitées même en l’absence de symptômes : la période d’incubation silencieuse dure de 3 à 6 semaines lors d’une primo-infestation.

Étape 3 — Désinfecter les textiles et l’environnement

sarcopte gale microscope photo

Sarcoptes scabiei vu au microscope — l’acarien peut survivre jusqu’à une semaine hors de son hôte dans les textiles

Le sarcopte peut survivre jusqu’à 5 à 7 jours dans les textiles à température ambiante. Cette survie est suffisante pour contaminer une personne qui enfilerait un vêtement ou se glisserait dans des draps infestés quelques jours après le patient. La désinfection de l’environnement est donc un pilier thérapeutique à part entière, non une mesure accessoire.

Sont à traiter tous les textiles en contact avec la peau du malade au cours de la semaine précédente :

  • Vêtements, draps, serviettes, taies d’oreiller → lavage en machine à 60 °C minimum
  • Textiles ne supportant pas le 60 °C (laine, cachemire, tissus fragiles) → poudre ou spray acaricide dans un sac plastique hermétiquement fermé pendant 48 à 72 heures
  • Matelas, canapés, fauteuils, sièges auto non déhoussables → aspersion d’un produit acaricide spécifique (A-PAR®, Sprégal® aérosol d’environnement), laisser agir au moins 24 heures, puis aspirer soigneusement
  • Objets en contact avec le corps (brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, coussins de siège auto) → traitement acaricide ou mise en quarantaine en sac fermé 72 h
  • Tapis et coussins → aspiration vigoureuse, puis évacuation du sac aspirateur immédiatement

💡 Conseil pratique : dans l’idéal, changez de vêtements, de draps et de serviettes chaque jour et lavez-les à 60 °C pendant les 14 premiers jours suivant le début du traitement. C’est contraignant, mais c’est le meilleur filet de sécurité contre toute recontamination environnementale résiduelle.

La désinfection de l’environnement est à renouveler à J9 (en parallèle de la deuxième application du traitement antiparasitaire), pour traiter les œufs éventuellement déposés entre les deux applications.

Étape 4 — Traitements antiparasitaires : le protocole en détail

🔴 Règle absolue : quel que soit le traitement choisi, il doit être renouvelé une deuxième fois entre J8 et J14. Aucun traitement antiparasitaire actuellement disponible ne détruit les œufs de sarcopte. La première application élimine les adultes et les larves présents au moment du traitement. La deuxième application, une semaine plus tard, élimine les nouveaux sarcoptes éclos depuis lors. Sans ce renouvellement, la guérison est rarement obtenue.

Les traitements locaux s’appliquent sur peau propre et sèche, de la tête aux pieds (cuir chevelu inclus chez l’adulte et les personnes âgées), en insistant particulièrement sur les espaces interdigitaux des mains et des pieds, les plis inguinaux, le nombril, les organes génitaux, les pieds et sous les ongles. Le temps de contact minimal est de 8 à 12 heures. Après application, porter des vêtements propres.

4.1 Traitements locaux (topiques)

Perméthrine 5 % — Topiscab® crème

La perméthrine 5 % est le traitement topique de référence internationale, plébiscitée par les guidelines européens (JEADV 2017) et la Cochrane. Elle agit en perturbant les canaux sodiques de l’acarien, entraînant sa paralysie et sa mort.

Indications préférentielles : nourrisson de plus de 2 mois et de moins de 15 kg, femme enceinte ou allaitante (ne pas allaiter pendant les 8 heures d’application). Surveillance étroite recommandée chez les enfants entre 2 mois et 2 ans.

⚠️ En cas d’allergie aux chrysanthèmes, cosmos, dahlias, tournesols ou autres astéracées, la perméthrine est déconseillée — demandez l’avis de votre médecin avant utilisation.

Mode d’application :

  • Appliquer en fine couche uniforme sur l’ensemble du corps : cou, nuque, paumes, plantes, espaces interdigitaux, aisselles, organes génitaux, fesses
  • Visage, oreilles et cuir chevelu non traités en règle générale — sauf si boutons de gale présents à ces endroits, ou chez les patients de plus de 65 ans (éviter contact avec muqueuses et yeux)
  • Ne pas appliquer autour de la bouche chez le nourrisson et le jeune enfant (risque d’ingestion par léchage)
  • Laisser agir au moins 8 heures — appliquer le soir, ne pas se laver pendant ce temps
  • Si lavage accidentel des mains ou des fesses pendant les 8 heures, réappliquer immédiatement sur ces zones

Posologie selon le poids :

Tranche d’âge / poids Quantité à appliquer
Adulte et adolescent > 12 ans 30 g (tube entier)
Enfant 6–12 ans 15 g (demi-tube)
Enfant 1–5 ans 7,5 g (environ 2 noisettes)
Nourrisson 2 mois–1 an 3,75 g (environ 1 noisette)

Benzoate de benzyle — Ascabiol® lotion

Traitement classique, utilisé depuis plusieurs décennies, utilisable dès l’âge d’1 mois de vie. Peut être irritant, notamment en cas de peau lésée — une crème cortisonée légère peut être prescrite après le traitement pour calmer la réaction. Application au pinceau ou à la compresse sur tout le corps sauf visage et muqueuses génitales.

Protocole jour par jour :

J0 — 1re application

  • Douche le soir, se sécher avec une serviette propre, mettre des vêtements propres, changer les draps
  • Appliquer Ascabiol® à la compresse (pas de coton ni de lingette qui absorberaient le produit) en 2 couches successives à 10–15 minutes d’intervalle sur tout le corps : plis cutanés, espaces interdigitaux, sous les seins, nombril, parties génitales, sous les ongles, cuir chevelu — en évitant visage et muqueuses
  • Une seule couche chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 2 mois
  • Temps de contact : 24 heures chez l’adulte6 à 12 heures chez l’enfant de moins de 2 ans, puis renouveler l’application le lendemain soir
  • Rincer abondamment, serviette propre, vêtements propres, draps changés

J1 — Traitement de l’environnement

  • Désinfection de la literie (matelas, sommier), moquettes et mobiliers absorbants avec un acaricide d’environnement
  • Lessive à 60 °C de tout le linge — ou acaricide en sac plastique fermé 3 heures minimum — ou quarantaine 5 jours en sac fermé à température supérieure à 20 °C
  • Traitement des objets en contact avec la peau (chaussures, peluches, brassard de tension…)
  • Aspiration énergique des tapis et coussins

J8 — 2e application selon les mêmes modalités qu’à J0

J9 — 2e traitement de l’environnement selon les mêmes modalités qu’à J1

Pyréthrine — Spregal® spray

Application en une seule pulvérisation dans une pièce bien aérée, à distance du visage. Rinçage à l’eau 12 heures après. Formellement contre-indiqué chez les asthmatiques et en cas d’antécédent de bronchiolite chez l’enfant (risque de bronchospasme). Ce traitement tend à être moins utilisé en première intention du fait de contraintes d’utilisation plus importantes.

Soufre — le traitement le plus ancien

Le soufre concentré (6 à 33 %) en crème, pommade ou lotion est le plus ancien traitement antiparasitaire connu. Il reste utilisé dans certains pays et constitue une alternative licite pendant la grossesse. Son efficacité repose sur une application 3 jours consécutifs. Principal inconvénient : son odeur forte et son potentiel irritant. Il reste pertinent en cas de contre-indication ou d’indisponibilité des autres traitements.

4.2 Traitement oral — Ivermectine (Stromectol® 3 mg)

L’ivermectine orale est un traitement antiparasitaire à spectre large, actif sur les adultes et les larves du sarcopte mais — comme tous les autres traitements — inactif sur les œufs. Elle est prescrite en deux prises espacées de 8 à 14 jours.

Indications : à partir de 15 kg, hors grossesse et allaitement. Elle est particulièrement adaptée dans les situations où l’application d’un topique sur l’ensemble du corps est difficile (personnes âgées dépendantes, patients avec troubles cognitifs, gale en collectivité).

Posologie selon le poids (200 µg/kg) :

Poids du patient Nombre de comprimés (3 mg)
15–24 kg 1 comprimé
25–35 kg 2 comprimés
36–50 kg 3 comprimés
51–65 kg 4 comprimés
66–79 kg 5 comprimés
≥ 80 kg 6 comprimés

Modalités : prise unique à jeun (2 heures avant ou 2 heures après un repas). Porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des draps propres immédiatement après la prise. Renouveler la même dose à J8–J14, avec nouveau traitement de l’environnement le lendemain.

💡 Données récentes : une méta-analyse publiée dans le British Journal of Dermatology (2023, 147 études incluses) montre que le taux d’échec global du traitement de la gale est de 15,2 %, toutes molécules confondues. Avec deux doses d’ivermectine, ce taux tombe à 7,1 % contre 15,2 % avec une dose unique — confirmant l’impérieuse nécessité du double traitement (PMID : 37625798).

Comparatif des traitements de la gale

Traitement Voie Âge / poids minimum Grossesse Particularités
Ivermectine (Stromectol®) Oral ≥ 15 kg Contre-indiqué 2 prises à J0 et J8–J14, à jeun. Pratique en collectivité
Perméthrine 5 % (Topiscab®) Local ≥ 2 mois Autorisé Référence nourrisson et femme enceinte. Taux d’échec faible (~10 %)
Benzoate de benzyle (Ascabiol®) Local ≥ 1 mois 1 couche seulement Peut être irritant. Protocole J0/J1/J8/J9
Soufre (6–33 %) Local Tous âges Autorisé 3 applications consécutives. Odeur forte. Alternative utile
Pyréthrine (Spregal®) Local spray Tous âges Possible Contre-indiqué asthmatiques et ATCD bronchiolite
Ivermectine + Perméthrine (combinaison) Oral + local ≥ 15 kg Contre-indiqué Réservé gale profuse/croûteuse ou épidémies en collectivité. Taux de guérison > 80 % à J28

Ce que la science dit sur l’efficacité des traitements

Le débat entre ivermectine orale et perméthrine topique est tranché depuis plusieurs méta-analyses. La perméthrine 5 % présente un taux de guérison légèrement supérieur à court terme (1–2 semaines), tandis que l’ivermectine rejoint ses performances à 3–6 semaines. Les deux molécules ont des taux d’échec comparables et sont bien tolérées.

Une méta-analyse du Journal of the American Academy of Dermatology (PMID : 29241784) conclut que la perméthrine orale est légèrement supérieure à l’ivermectine orale en monothérapie, mais que leur association pourrait améliorer encore les résultats, notamment dans les formes sévères.

Pour la gale profuse (croûteuse ou norvégienne), un essai contrôlé randomisé multicentrique français (23 centres, 2017–2022) a montré que l’association ivermectine (3 prises) + perméthrine 5 % + émollients permet d’obtenir des taux de guérison supérieurs à 80 % à J28 — avec une tolérance comparable entre les posologies de 200 et 400 µg/kg.

🔶 Point clinique important : le taux d’échec global toutes molécules confondues est de 15,2 % dans la littérature mondiale — ce qui signifie que même un protocole bien conduit peut nécessiter un troisième traitement. Ce n’est pas un échec thérapeutique : c’est une réalité parasitologique à intégrer dans le suivi. En cas de persistance des symptômes au-delà de 4 semaines, une reconsultation s’impose.

Comment savoir si je suis guéri de la gale ?

L’infestation est considérée comme guérie s’il n’y a plus de boutons de gale actifs ni de démangeaisons nocturnes une semaine après l’arrêt complet du traitement (c’est-à-dire après la 2e application).

💡 À ne pas confondre avec un échec : des démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace. Il s’agit d’une réaction inflammatoire résiduelle liée aux débris du sarcopte dans la peau, et non d’une persistance parasitaire. Des dermocorticoïdes peuvent être prescrits pour accélérer ce soulagement. Au-delà de 4 semaines de persistance ou en cas d’aggravation, il faut envisager une réinfestation ou une résistance et reconsulter.

Les nodules scabieux — petites boules rouges indurées dans les plis inguinaux et sur les organes génitaux — peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois après guérison complète. Ils ne signifient pas que la gale est toujours active : ce sont des réactions immunologiques résiduelles.

Gale qui ne guérit pas — que faire ?

Démangeaisons persistantes après traitement : les causes à explorer

La première cause de persistance est un traitement effectué en une seule application au lieu de deux. Si cette erreur est identifiée, il suffit de reprendre le protocole correctement. Les autres causes possibles :

  • Irritation cutanée due au traitement local — fréquente avec l’Ascabiol®, elle peut entretenir un prurit pendant 2 à 3 semaines sans lien avec une persistance parasitaire
  • Nodules scabieux résiduels — boutons indurés dans les plis et organes génitaux, pouvant persister plusieurs semaines après guérison confirmée
  • Recontamination par un proche non traité — vérifiez que tout l’entourage a bien été traité le même jour
  • Mauvaise désinfection du linge — tout a-t-il été lavé à 60 °C ou traité en sac plastique avec acaricide pendant 48 h ?
  • Application incomplète — le traitement local doit couvrir la totalité du corps, y compris les zones difficiles d’accès (dos, pieds, espace sous les ongles)

En cas de doute, reconsultez votre médecin ou dermatologue pour réévaluer le diagnostic et l’observance du protocole, et décider si un nouveau cycle de traitement est nécessaire.

Gale profuse et gale en collectivité

La gale profuse (croûteuse ou norvégienne) et les épidémies en collectivité (maisons de retraite, crèches, casernes, prisons…) nécessitent une prise en charge spécifique. L’association ivermectine orale + traitement local (perméthrine ou benzoate de benzyle) est recommandée, avec souvent 3 cycles de traitement rapprochés. Un protocole de traitement collectif simultané de tous les résidents et soignants est requis. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur la gale profuse.

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Comment diagnostiquer la gale ? Quels sont les signes caractéristiques, les sillons, les boutons typiques ? La dermoscopie change-t-elle le diagnostic ?

→ Diagnostic de la gale
→ Boutons et sillons de gale

Formes sévères et cas particuliers
La gale croûteuse, la gale profuse, la gale en collectivité : ces formes nécessitent des protocoles renforcés avec une prise en charge spécialisée.

→ Gale profuse et croûteuse
→ Démangeaisons persistantes

Questions fréquentes sur le traitement de la gale

Pourquoi faut-il absolument renouveler le traitement une deuxième fois ?

Aucun traitement antiparasitaire actuellement disponible ne détruit les œufs de sarcopte. La première application élimine les adultes et les larves présents le jour J. Une semaine plus tard, les œufs déposés avant le traitement ont éclos et de nouveaux sarcoptes sont apparus : la deuxième application, à J8–J14, les élimine avant qu’ils n’aient eu le temps de pondre de nouveaux œufs. Sans ce renouvellement, la gale récidive quasi systématiquement dans les 10 à 15 jours suivants.

Peut-on utiliser le Stromectol® pendant la grossesse ?

Non. L’ivermectine est contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement, et chez l’enfant pesant moins de 15 kg. Le traitement de référence dans ces situations est la perméthrine 5 % (Topiscab®) — autorisée dès 2 mois de vie — ou le soufre en crème pour les très jeunes nourrissons. Le benzoate de benzyle (Ascabiol®) est utilisable chez la femme enceinte en une seule couche.

Faut-il traiter les animaux de compagnie en même temps que la famille ?

Non. La gale humaine est due à Sarcoptes scabiei var. hominis, une variété strictement adaptée à l’homme. Les animaux domestiques ne sont pas vecteurs de la gale humaine et n’ont pas besoin d’être traités dans ce contexte. En revanche, certains animaux peuvent héberger d’autres variétés de sarcoptes responsables de démangeaisons passagères chez l’homme — mais ces manifestations disparaissent spontanément.

Combien de temps reste-t-on contagieux avec la gale ?

On est contagieux dès l’infestation, bien avant l’apparition des premiers symptômes (la période d’incubation peut durer 3 à 6 semaines lors d’une primo-infection). La contagiosité persiste jusqu’à la fin du protocole complet (incluant la 2e application). Après la première application et le changement des vêtements, le retour au travail ou à l’école est généralement possible dès le lendemain pour la plupart des patients. En collectivité (crèche, établissement médicalisé), des mesures spécifiques s’appliquent — à discuter avec le médecin et le médecin du travail.

Les démangeaisons qui persistent 3 semaines après le traitement sont-elles normales ?

Oui, tout à fait. Une réaction inflammatoire cutanée aux débris du sarcopte peut maintenir des démangeaisons jusqu’à 4 semaines après un traitement parfaitement efficace. Des dermocorticoïdes peuvent être prescrits pour accélérer le soulagement. Au-delà de 4 semaines, ou en cas d’aggravation des lésions, une réinfestation doit être envisagée — consultez votre médecin. À ne pas confondre avec les nodules scabieux résiduels, qui peuvent persister plusieurs mois sans signifier une gale active.

Peut-on combiner ivermectine orale et traitement local ?

Oui, dans certaines indications précises. La combinaison ivermectine orale + perméthrine 5 % (ou benzoate de benzyle) est recommandée pour les gales profuses, les gales croûteuses (norvégiennes) et les épidémies en collectivité. Un essai randomisé multicentrique français (2017–2022) a montré des taux de guérison dépassant 80 % à J28 avec cette combinaison renforcée. Cette association n’est pas indiquée en première ligne pour une gale commune : elle est décidée par le médecin en fonction du tableau clinique.

Références scientifiques

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Voir aussi :
Diagnostic de la gale
Boutons et sillons caractéristiques
Gale profuse et croûteuse
Comprendre les démangeaisons

Mis à jour le 28 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux.

Verrue du visage : traitement adapté selon la localisation et la zone


Verrue sur le visage : types, photos et traitements
Une verrue sur le visage — sur le nez, le menton, le front, la paupière ou dans la barbe — est fréquente et bénigne. Elle est due au papillomavirus humain (HPV) et peut être traitée de plusieurs façons selon son type et sa localisation. Voici comment la reconnaître et s’en débarrasser efficacement.

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Cet article en vidéo

Qu’est-ce qu’une verrue du visage ?

Les verrues sont dues à une infection de la peau par les papillomavirus humains (HPV). Le virus pénètre par de petites lésions cutanées et provoque une prolifération locale des cellules de la peau. Le visage est une zone fréquemment touchée car le grattage, le rasage et le contact main-visage favorisent la contamination.

Les verrues du visage sont bénignes et non dangereuses. La majorité régressent spontanément en 2 à 4 ans, mais un traitement est recommandé pour éviter leur multiplication et leur transmission à l’entourage.

Les 3 types de verrues du visage

1. Les papillomes verruqueux — verrues en tétine

Ce sont les verrues les plus reconnaissables sur le visage : elles se présentent comme de petites excroissances en relief, en forme de « tétine » ou de chou-fleur. Elles siègent le plus souvent sur le nez et les paupières.

verrue nez papillome verruqueux visage photo
Papillomes verruqueux du nez
verrue paupière papillome verruqueux photo
Papillome verruqueux de la paupière

💡 Verrue sur la paupière : la proximité de l’œil contre-indique les traitements chimiques agressifs (acide, azote liquide à fort dosage). Seule une prise en charge par le dermatologue est recommandée pour cette localisation.

2. Les verrues planes

Les verrues planes sont superficielles, souvent de couleur chair ou légèrement rosée, à peine surélevées. Elles peuvent être nombreuses et difficiles à voir à l’œil nu. Elles prédominent sur le front et le menton et se disséminent facilement par le grattage.

verrues planes menton visage photo
Verrues planes du menton
verrues planes front visage photo
Verrues planes du front
verrues planes visage multiples photo
Verrues planes multiples du visage

3. Les verrues de la barbe chez l’homme

Chez l’homme, les verrues peuvent se disséminer dans la zone de rasage (joues, cou, menton) en raison du microcoupures créées par le rasoir qui propagent le HPV d’une zone à l’autre. Elles sont particulièrement difficiles à traiter car très nombreuses. Il est recommandé d’arrêter temporairement le rasage mécanique et de passer à un rasoir électrique ou à la dépilatory le temps du traitement.

Comment distinguer une verrue d’autre chose sur le visage ?

Certaines lésions peuvent ressembler à une verrue du visage sans en être une :

Lésion Aspect Différence clé
Verrue Excroissance rugueuse ou plaque plane Surface irrégulière, points noirs visibles
Molluscum contagiosum Petite papule nacrée ombiliquée Centre creux caractéristique, souple
Kératose séborrhéique Plaque marron-beige collée Aspect « posé sur la peau », non virale
Grain de milium Petit kyste blanc dur Sous la paupière, blanc nacré
Carcinome basocellulaire Papule perlée ou ulcérée Ne régresse pas, bord perlé — consultez

⚠️ Toute lésion qui saigne, s’ulcère ou ne régresse pas en plusieurs mois doit être montrée à un dermatologue pour éliminer une lésion précancéreuse ou cancéreuse.

Traitements des verrues du visage

Le traitement dépend du type de verrue et de sa localisation. Sur le visage, les zones à risque cicatriciel (nez, paupières) imposent une prudence particulière. Tous les traitements sont réalisés ou prescrits par un médecin ou dermatologue.

Azote liquide (cryothérapie)

Le traitement de référence pour les papillomes verruqueux. Le dermatologue applique de l’azote liquide (-196°C) sur la verrue, provoquant sa nécrose. Plusieurs séances sont souvent nécessaires (toutes les 2 à 3 semaines). Sur le visage, les dosages sont adaptés pour limiter le risque de cicatrice hypopigmentée.

Trétinoïne locale (pour les verrues planes)

La crème à la trétinoïne (rétinoïde) est le traitement de choix pour les verrues planes du visage. Elle exerce une action kératolytique progressive et est bien tolérée sur peau du visage. Le traitement dure plusieurs semaines à plusieurs mois.

Laser CO₂ ou Er:YAG

Le laser est indiqué pour les verrues résistantes ou multiples, notamment dans la zone de la barbe. Il permet une destruction précise avec un risque cicatriciel maîtrisé entre les mains d’un dermatologue expérimenté.

Électrocoagulation

Utilisée pour les papillomes verruqueux isolés. Le dermatologue détruit la verrue par courant électrique sous anesthésie locale. Résultats rapides mais risque de petite cicatrice.

Imiquimod (Aldara*)

Crème immunomodulatrice qui stimule les défenses locales contre le HPV. Utilisée principalement pour les verrues planes résistantes. Peut provoquer une réaction inflammatoire locale (rougeur, croûtes) qui fait partie du mécanisme d’action.

Comment éviter de propager les verrues sur le visage ?

  • Éviter de toucher ou de gratter les verrues (les points noirs sont du virus)
  • Ne pas se mettre les doigts dans le nez ni manipuler les boutons du visage
  • Chez l’homme : passer au rasoir électrique pendant la durée du traitement pour éviter la dissémination
  • Ne pas partager les serviettes, rasoirs ou pinceaux de maquillage
  • Se laver les mains après avoir touché une verrue

Sources

Questions fréquentes sur les verrues du visage

Comment enlever une verrue sur le visage soi-même ?

Les traitements en vente libre (acide salicylique, stylos à l’azote) ne sont pas recommandés sur le visage en raison du risque de cicatrice, surtout près des yeux et du nez. Seul un dermatologue peut choisir le traitement adapté (azote liquide dosé précisément, trétinoïne, laser) à la localisation et au type de verrue.

Combien de temps faut-il pour qu’une verrue du visage disparaisse ?

Sans traitement, la majorité des verrues régressent spontanément en 2 à 4 ans. Avec un traitement bien conduit (azote liquide, trétinoïne), la guérison peut intervenir en quelques semaines à quelques mois selon le type et le nombre de verrues. Les verrues de la barbe chez l’homme sont les plus longues à traiter.

Les verrues planes du visage sont-elles contagieuses ?

Oui, toutes les verrues sont contagieuses car dues au HPV. Les verrues planes sont particulièrement faciles à disséminer par le grattage. Évitez de les toucher et ne partagez pas serviettes ou rasoirs. Le risque de transmission à l’entourage est réel mais limité si les mesures d’hygiène sont respectées.

Peut-on se faire rembourser le traitement d’une verrue du visage ?

La cryothérapie réalisée en cabinet par le dermatologue est remboursée par l’Assurance Maladie. La consultation elle-même est prise en charge selon le tarif conventionné. Les crèmes comme la trétinoïne et l’imiquimod sont prescrites sur ordonnance mais leur remboursement varie selon l’indication.

Une verrue sur le visage peut-elle être un signe de cancer ?

Les verrues communes dues au HPV sont bénignes. Cependant, toute lésion du visage qui ne régresse pas, qui saigne spontanément, qui s’ulcère ou qui a un bord perlé doit être montrée à un dermatologue — il peut s’agir d’un carcinome basocellulaire ou d’une autre lésion précancéreuse qui n’a rien à voir avec une verrue virale.


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Faut-il laver un vêtement neuf avant de le porter ?

Peut-on porter un vêtement neuf sans le laver?
Vous venez d’acheter un t-shirt, une robe, une chemise? Faut-il le laver avant de le porter? Quels sont les risques si vous le portez sans le laver?

En voyant les vêtements pliés, emballés, neufs, vous pensez qu’il n’y a pas de risque à les porter. Mais est-ce bien le cas?

 

sarcopte de la gale
Sarcopte vu au microscope

Produits toxiques dans les vetements neufs

Si l’Union Européenne interdit l’usage de beaucoup de produits toxiques ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres pays et le T shirt made in Portugal peut juste avoir été fini au Portugal mais provenir de tissus chinois ou coloré dans d’autres pays…

Ainsi on peut trouver du plomb, du chrome, du nickel, des colorants azoïques, des résines formaldéhyde, des teintures toxiques interdites en Europe

Les points les plus sensibles du corps sont là où le vêtement est en contact et frotte contre la peau ainsi que dans les zones de transpiration : le ventre, le cou, les cuisses, les aisselles.

Ce risque concerne aussi les vêtements bio : la mention « bio » signifie simplement que les fibres utilisées sont biologiques. Cela ne garantit pas l’absence de traitement par des produits « chimiques » sur les fibres ensuite.

Deux types de manifestations peuvent se produire :

Allergie à un produit

Deux allergènes responsables d’allergie au contact des vêtements neufs sont les teintures et la résine formaldéhyde (qui empêche notamment le coton de plisser).

On peut alors avoir un aspect d’ eczema voire d’ urticaire

Eruption du tronc

Pénétration transcutanée

Elle est probablement très faible, mais la pénétration du plomb ou du chrome, notamment en cas de transpiration est un risque potentiel

Les agents biologiques : gale, poux, moisissures, virus…

Au-delà des produits chimiques, un produit textile peut avoir été essayé plusieurs fois, même s’il est emballé et plié, notamment en cas de vente par Internet. De même, un vêtement peut avoir été replié sur les présentoirs dans un magasin mais avoir été essayé peu de temps avant. Les vêtements empilés peuvent se contaminer entre eux…

On peut donc craindre une contamination par la gale, les poux (de cheveux ou de corps parfois)…

Par ailleurs, en cas d’humidité ambiante, des moisissures peuvent persister au sein des fibres textiles

Enfin, si un vêtement vient d’être essayé, il peut encore porter des virus et transmettre un rhume, une grippe…

Alors comment laver les vêtements?

Idéalement il faut les laver deux fois pour limiter le portage de substances chimiques notamment.

La gale et les poux quant à eux ne résistent pas au delà de 60°C

Enfin, pour éviter que le textile ne se décolore ou ternisse, il est possible de faire tremper le vêtement dans de l’eau froide avant la machine à laver.

Lepre : causes, symptômes et traitement : causes

Interview du Dr Pierre BOBIN

1/ Quelle est l’épidémiologie de la lèpre dans le monde ?

Dr Pierre Bobin :

– Au début de l’an 2 000, la situation était la suivante :

Le nombre de cas en traitement spécifique par polychimiothérapie (PCT) enregistrés était de 753 263 ( taux de prévalence: 1.25 pour 10 000 habitants).

Le nombre de nouveaux cas détectés au cours de l’année 1999 a été de 738 284 (taux de détection : 12.3 pour 100 000 habitants).

Le nombre cumulé de malades guéris grâce à la PCT est de 10 759 213. Parmi ces malades « guéris », le nombre de porteurs d’ infirmités liées à la lèpre est de 2 à 3 millions.

L’ OMS estime à 2 500 000 le nombre de cas qui devront être dépistés et soignés entre 2 000 et 2 005

En ce qui concerne la répartition géographique, il faut noter que dans 24 pays la lèpre demeure un problème de Santé publique. Il s’agit de pays ayant plus d’1million d’habitants, plus de 100 cas de lèpre par an et un taux de prévalence lèpre supérieur à 1 pour 10 000 habitants.

Parmi eux, 11 pays ont 89 % de la prévalence mondiale et 92% des nouveaux cas dépistés par an dans le monde

Le taux de prévalence moyenne dans ces 11 pays est de 4.1 pour 10 000 habitants

L’ Inde, à elle seule, représente 67 % de la prévalence mondiale et 73 % des nouveaux cas /an du monde

– Evolution de la situation entre 1985 et 1999.

Prévalence :

La prévalence mondiale a chuté de 86 %

Sur 122 pays d’endémie en 1985, 98 ont atteint l’objectif d' »élimination comme problème de santé publique » selon les critères de l’ OMS c’est-à-dire ayant un taux de prévalence inférieur à 1/10 000

Les raisons de cette diminution sont à mettre au compte de plusieurs facteurs : « nettoyage » des dossiers, durée plus courte de la PCT, taux élevé de guérison, faible taux de rechutes, pas de résistance à la rifampicine, amélioration de la prise en charge des cas

Détection des nouveaux cas : Elle est stable depuis ces 5 dernières années : entre 700 000 et 800 000 nouveaux cas par an

– Commentaires :

Ces chiffres objectivent incontestablement une réussite de la lutte contre la lèpre depuis ces 10 dernières années

Mais leur analyse amène à se poser des questions :

Concernant la Prévalence :

Sa diminution est certes due, en partie, à l’efficacité de la PCT, mais également : au « nettoyage » des registres, au raccourcissement de la durée de la PCT qui fait que les malades ne sont enregistrés comme « cas de lèpre » (définition OMS) que pendant une durée de 6 mois (PB) à 1 an (MB)

Dans certains pays, même avec une prévalence inférieure à 1 / 10 000, la lèpre reste un problème soit au niveau national (sous-dépistage), soit dans les provinces ou états, à l’intérieur d’un pays

Concernant la Détection :

C’est l’inquiétude car la tendance de la détection des nouveaux cas reste stable depuis 6 ans. Certes, cela est du à l’augmentation de la couverture géographique et des activités de programme

Mais, quelles que soient les explications, cela montre l’importance du « réservoir » infectieux

Donc le déclin annoncé de la lèpre n’apparaît pas encore

Le taux de détection, et surtout la tendance de la détection des cas, serait pour beaucoup d’auteurs un meilleur indicateur que celui de la prévalence pour surveiller l’évolution de l’endémie lépreuse. Car, bien qu’il soit influencé par les activités opérationnelles, il permet d’ évaluer l’ incidence et d’ apprécier le niveau de la transmission de la maladie, à partir de l’importance du « réservoir » infectieux (se traduisant par le nombre annuel de nouveaux cas).

Concernant le nombre de malades, ayant déjà des invalidités, lors du dépistage :

la proportion de ces malades permet d’apprécier combien la détection diffère de l’ incidence actuelle

elle permet de juger de la qualité de la lutte contre la lèpre dans un pays et d’apprécier la précocité du diagnostic

Le succès de la lutte contre la lèpre viendra, non seulement de la diminution du nombre de nouveaux cas, mais également, parmi eux, du nombre de ceux ne présentant pas d’atteinte neurologique

Et il faut donc répéter sans cesse que la lèpre est une neuropathie dont le diagnostic précoce est dermatologique

2/ Qu’a-t-on appris de nouveau sur la lèpre durant les dernières années (en dehors des traitements) ?
Dr Pierre Bobin :

Au plan de la recherche, quelques progrès ont été récemment accomplis et d’autres sont attendus dans un avenir proche, pour générer de nouveaux outils nécessaires à l’ amélioration des moyens prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques actuels

Pour mieux connaître Mycobacterium leprae et répondre aux questions concernant la pathogénie de la maladie et les modalités de réponse immunologique de l’ hôte :

le séquençage du génome de M. leprae qui vient d’être terminé grâce aux travaux de Stewart Cole, de l’ Institut Pasteur de Paris, a été une étape essentielle qui permettra d’ identifier de nouvelles cibles antibiotiques, des molécules immunologiquement importantes, des séquences de base utiles pour le typage de souches de M. leprae

l’ étude de la réponse immune à M. leprae permet d’identifier le rôle des cytokines ( TNFa…..) dans les réactions lépreuses, le mécanisme immunopathologique des lésions nerveuses, l’interaction au niveau moléculaire de M. leprae avec le nerf

Pour envisager une prévention de la lèpre et de ses complications, dans le cadre de l’immuno-prophylaxie, différents vaccins ( BCG seul, BCG+ M.leprae tués …..) sont en cours d’ expérimentation ou d’ évaluation ainsi que la corticothérapie systématique en début de PCT pour prévenir les neuropathies

Pour améliorer le diagnostic, de nouveaux outils devraient permettre prochainement la détection de la « lèpre infection » dans une population, par des tests cutanés ( AG de 2ème génération) et le diagnostic précoce de la lèpre, notamment multibacillaire (MB), des réactions et des neuropathies. En ce qui concerne la détection de résistance médicamenteuse, on dispose déjà de tests rapides pour évaluer la résistance à la rifampicine ( énorme progrès par rapport à la technique d’ inoculation à la souris )

3/ Quelles sont les grandes avancées thérapeutiques de ces dernières années et les perspectives d’avenir ?
Dr Pierre Bobin :

La polychimiothérapie anti-lépreuse utilisée depuis 1981 et associant Rifampicine-Dapsone et Clofazimine pendant 2 ans dans les formes multibacillaires (MB) et Rifampicine- Dapsone pendant 6 mois dans les formes paucibacillaires (PB) a fait la preuve de son efficacité car les rechutes sont considérées comme très rares (environ 1 %) et que l’ on n’ a pas noté de cas de résistance à la Rifampicine .

Mais ce traitement est encore trop long et son utilisation dans la plupart des pays en voie de développement pose beaucoup de problèmes au plan logistique .

L’OMS a récemment préconisé de ramener à 12 mois la durée de la PCT de 24 mois dans les formes MB. Cette décision n’a pas fait l’unanimité dans le monde de la léprologie, certains auteurs avançant qu’ il n ‘existe pas de preuve scientifique concernant son efficacité par rapport au schéma classique et que l’on risque de constater dans les 10 ans à venir une augmentation du nombre des rechutes .

Pour raccourcir la durée de la PCT et donc en améliorer la faisabilité, sont actuellement en cours d’évaluation :

de nouveaux antibiotiques à activité bactéricide plus puissante (rifapentine, moxifloxacine…)

de nouveaux protocoles, comme, par exemple, celui associant Rifampicine-Ofloxacine-Minocycline (ROM) ou plus récemment celui associant Rifapentine-Moxifloxacine-Minocycline dont les essais sur la souris se sont montrés particulièrement prometteurs et qui va maintenant être expérimenté chez l’ homme

de nouvelles stratégies opérationnelles pour le traitement de la maladie elle-même et des réactions

En conclusion, on peut noter des progrès depuis ces dernières années dans la lutte contre la lèpre si l’on se base sur le taux de prévalence globale de la maladie et sur les dernières avancées au plan de la recherche et des nouvelles stratégies opérationnelles

Mais l’ optimisme affiché par l’ OMS, qui annonce que l ‘ »élimination de la lèpre comme problème de santé publique » sera réalisée au niveau mondial en 2005, semble à beaucoup d’observateurs totalement injustifié car le taux de nouveaux cas annuels reste inchangé depuis ces 5 dernières années signant ainsi l’importance du « réservoir » infectieux

Le risque d’un tel optimisme est la démobilisation des chercheurs, des personnels de santé et des bailleurs de fond. Il ne faut pas qu’il y ait confusion dans les esprits entre « élimination » selon les critères de l’ OMS et l’éradication, pour le moment encore totalement utopique. La plus grande vigilance reste donc de rigueur

Gale profuse : causes, symptômes et conseils dermatologue

Gale profuse
La gale est une maladie parasitaire due à un acarien


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Parfois elle peut prendre des formes très profuses, notamment chez les sujets agés et/ou immunodéprimés (SIDA… ) : on peut y observer une atteinte du dos et du cuir chevelu chez l’adulte (zones généralement non atteintes en cas de gale commune), voire des croutes profuses, très contagieuses.

Gale profuse typique

Elle est souvent difficile à diagnostiquer car on pense plus volontiers à un eczema, une allergie médicamenteuse

Gale profuse chez un sujet agé
Gale profuse chez un sujet agé

Les gales profuses sont caractérisées par un nombre important
de parasites, elles sont donc très contagieuses (voir contagion de la gale).

Une corticothérapie locale (creme a la cortisone) ou générale est souvent en cause chez le sujet non immunodéprimé.

Une gale traitée à la cortisone : éruption profuse
Une gale traitée à la cortisone : éruption profuse

Gale crouteuse

Une forme particulière de gale profuse est la gale hyperkératosique ou crouteuse, fréquente chez le sujet agé. Elles est très contagieuse et responsable d’épidémies dans les hôpitaux ou les collectivités de personnes âgées.

De plus les démangeaisons peuvent être absentes dans cette forme crouteuse.

Atteinte hyperkératosique et profuse des mains
Atteinte hyperkératosique et profuse des mains

Traitement de la gale profuse

Le traitement est souvent problématique, nécessitant de traiter toutes les personnes entrées en contact avec le malade…

Voir le traitement de la gale

La gale profuse typique

Le malade ayant une gale profuse doit être hospitalisé et traité en chambre individuelle, par le traitement à prise orale et le médecin définira un nombre de sujets à traiter plus large que dans la gale commune (personnel soignant… )

La gale en collectivité (crèches, maisons de retraite… ) :

On définit alors une stratégie thérapeutique qui implique à la fois le médecin, mais aussi le responsable de létablissement et les autorités sanitaires, qui préviennent les familles et définissent, en fonction du nombre de personnes atteintes, les personnes à traiter dans l’entourage ( il s’agit au minimum du traitement simultané de toutes les personnes vivant en contact intime avec les malades, comme dans la gale commune mais cela peut s’étendre à toutes les personnes visitant la collectivité, que ce soit pour y voir des personnes, y travailler… et parfois meme le propre entourage de toutes ces personnes… notamment en cas de gale profuse chez plusieurs personnes dans une collectivité). Il est aussi possible de définir une stratégie de désinfection de l’établissement par acaricides.

Conduite a tenir devant un ou plusieurs cas de gale, par le Haut Comité de Santé Publique


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Staphylocoque doré cutané : symptômes, contagion et traitements — dermatologue

Staphylocoque doré
Le staphylocoque doré est une bactérie.

Une bactérie

Une bactérie est un organisme vivant unicellulaire qui existait sur terre bien avant l’apparition de l’Homme.

Stérile à la naissance, la peau se recouvre ensuite de bactéries  » normales  » dites saprophytes (jusqu’à un million de germes par cm², beaucoup moins cependant que la bouche, le tube digestif ou le vagin).

Comme la Terre, la peau est recouverte de niches écologiques très diverses (type et nombre de bactéries très divers), avec des régions comparables à des forêts tropicales (orifices, aisselles) et d’autres à des déserts (avant-bras, dos).

Cette flore appelée microbiote cutané se modifie tout au long de l’existence, sous l’influence du lieu de vie (Tropiques, montagne, mer… ), de la prise de médicaments (immunosuppresseurs, antibiotiques… ) ou de l’utilisation de cremes cortisonées, antibiotiques… , de changements
hormonaux (puberté, grossesse… ) ou de maladies (diabète, insuffisance
rénale, SIDA… ).

Certaines de ces bactéries peuvent se reproduire en trop grand nombre et donner une infection.

D’autres ne sont pas  » normalement  » présentes sur la peau sauf en certains endroits (autour du nez ou périnée) et peuvent la coloniser pour diverses raison, provoquant des infections :

présence d’une plaie rompant la barrière cutanée

ce qui permet à la bactérie de rentrer dans la peau.

Cette plaie peut être

une blessure,

Infection de plaie

un simple grattage de la peau

Manuportage de l’impetigo, folliculite

une intervention chirurgicale…

la bactérie peut provenir de la propre flore du patient ou plus rarement de l’environnement hospitalier. Elle est amenée par le bistouri dans des organes auquels elle n’a normalement pas accès et elle va y développer son pouvoir pathogène (ostéomyélite pour les os, endocardite dans le coeur, pneumopathie dans les poumons, pyélonéphrite dans les reins…

Baisse des défenses immunitaires

diabète, intervention traumatisante, VIH, traitements immunosuppresseurs, radiothérapie, chimiothérapie, nouveau né…

C’est le cas par exemple du staphylocoque doré ou de certains streptocoques qui sont la cause de la majorité des infections cutanées bactériennes.

Une forme de staphylocoque

Les staphylocoques sont un des premiers agents responsables d’infections, qu’elles soient nosocomiales (infections contractées à l’hopital où ils peuvent être résistants des antibiotiques dans 20 à 50% des cas) ou communautaires (en dehors de l’hopital).

Les Staphylocoques sont classés en fonction de leur capacité à provoquer la coagulation du sang (coagulase-positif ou négatif). Les coagulases positifs dont fait partie le staphylocoque doré sont fréquemment impliqués dans les infections. Les coagulase-négatifs (staphylocoque Epidermidis notamment) sont des pathogènes dits opportunistes qui devront bénéficier à la fois d’un point d’entrée dans l’organisme, généralement au cours d’une intervention profonde (prothèses osseuses ou cardiaques, sondes, cathéters profonds… ) et d’une diminution des défenses immunitaires pour provoquer une infection.

Nous avons vu que les staphylocoques étaient présents à l’état normal sur la peau au sein de la flore saprophyte (30 à 50% de la population est porteur sain du Staphylocoque) et que le staphylocoque doré pouvait être retrouvé à l’état normal autour des orifices de la peau (nez, bouche, oreilles, organes génitaux… ). Les staphylocoques sont aussi présents dans l’environnement (eaux non-traitées, sols, objets sales).

Le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) est la souche de staphylocoque la plus fréquemment en cause dans les infections de la peau. Accessoirement il est aussi le plus fréquemment responsable d’intoxications alimentaires, le plus souvent par contamination de l’alimentation par des doigts souillés (panaris du doigt par exemple).

Soigner et se débarrasser du staphylocoque doré

Voir soigner le staphylocoque doré

Zona : symptômes, contagion, durée et traitements antiviraux — guide du dermatologue

Symptomes du zona

Symptomes du zona

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Le zona évolue généralement en deux phases : la douleur puis l’éruption secondaire à l’apparition de la douleur. Ce signe est très important pour diagnostiquer le zona. Son diagnostic et son traitement nécessitent un avis médical

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Autre signe très important, ces douleurs et éruptions sont cantonnées à un territoire bien précis de la peau, correspondant à l’innervation du nerf concerné (voir l’article sur le zona)

Deux phases caractéristiques du zona

On observe donc deux phases :

La phase douloureuse du zona

Il s’agit de douleurs voire de brûlures localisées dans une région du corps. Elle correspond à la zone innervée par le nerfs dans lequel les virus de zona migrent vers la peau. Cette phase des prodromes est associée en général à une hypoesthésie (baisse de la sensibilité) ou une anesthésie dans la zone atteinte.

La phase éruptive du zona

Apparaissent après quelques jours dans la zone douloureuse des rougeurs voire des plaques surélevées rouges qui se couvrent au bout de 24h de vésicules (comme des gouttelettes d’eau dans la peau), groupées en
bouquet, confluant parfois en bulles.

Vésicules en bouquet
Vésicules en bouquet
Zona
Zona

Ces vésicules vont se troubler vers le 5e jour puis former des croûtes brunâtres vers le 7e jour. Ces croûtes tomberont vers le 10e jour et laisseront place à des cicatrices dépigmentées le plus souvent indélébiles.

Cicatrices pigmentées après zona
Cicatrices pigmentées après zona

L’élément caractéristique de cette éruption est sa topographie unilatérale et sa localisation à une zone d’innervation nerveuse, pouvant déborder sur les nerfs contigus. Cet élément topographique permet de poser le diagnostic vers le zona dès le début de la maladie meme avec une éruption discrète ou absente

Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona
Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona

Le zona typique est donc une maladie de peau éruptive marquée par des éruptions localisées le plus souvent à une zone du corps et à un coté du corps ;

On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique
On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique

L’éruption est douloureuse avec des poussées accompagnées de troubles de la sensibilité.

Il n’y a généralement pas de fièvre et d’altération de l’état général. Il arrive qu’il y ait un ganglion dans la zone de drainage.

Un second épisode de zona est rare, il concerne environ 1% des cas. En effet, on acquiert une immunité à médiation cellulaire persistant plusieurs années.

Formes typiques de zona

Les formes typiques de zona sont :

– le zona intercostal

en hémi-ceinture thoracique. Voir l’article sur le zona intercostal

– le zona ophtalmique

touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face. Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Voir l’article sur le zona ophtalmique

Autres formes de zona

Il existe beaucoup de formes de zona et de complications ; les plus fréquentes sont :

Le zona trigéminé

il s’agit d’un zona touchant le nerf VII bis. L’éruption du zona touche l’ oreille et peut être associée à une atteinte de la langue du même côté, voire d’une paralysie faciale (généralement régressive)

Zona trigeminé de l'oreille
Zona trigeminé de l’oreille

Formes graves de zona

On peut observer des formes graves de zona, notamment chez les personnes immunodéprimées :

zona généralisé

c’est à dire touchant de nombreux nerfs. Il s’agit alors le plus souvent d’une éruption de zona très profuse, hémorragique et nécrotique. Le zona généralisé encore appelé zona-varicelle est donc caractérisé par :

  1. la présence de plus de 20 vésicules à distance de l’éruption linéaire de zona
  2. une atteinte des organes profonds (poumons, foie, cerveau) avec de possibles complications
  3. un terrain fragile : le zona varicelle survient le plus souvent sur un terrain immunodéprimé, un cancer sous jacent…

    zona viscéral

dans lequel il existe une atteinte d’organes profonds tels que les poumons, le foie, le cerveau…

Les douleurs post zostériennes (douleurs persistantes après zona)

Il s’agit de douleurs persistant un mois apres le zona

Voir l’article sur les douleurs post zona

>>Suite : le traitement du zona

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Mycose de la peau : roue de sainte-catherine et autres


Mycose cutanée (champignon de la peau) : photos, symptômes et traitements
La mycose cutanée, ou champignon de la peau, est une infection fongique très fréquente qui peut toucher toutes les zones du corps : peau glabre, plis, pieds, ongles, cheveux. Elle se manifeste différemment selon l’agent responsable. Voici comment la reconnaître, la distinguer d’autres affections et la traiter efficacement.

Plaque suspecte ou mycose qui revient ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Cet article en vidéo

mycose de la peau vésiculeuse champignon cutané photo
Mycose de la peau vésiculeuse

Les 3 types de champignons responsables de mycoses cutanées

Les mycoses de la peau sont causées par trois grandes familles de champignons :

  • Dermatophytes — les plus fréquents sur la peau. Ils n’attaquent que la peau, les poils et les ongles (jamais les muqueuses). Certains sont transmis par l’homme (anthropophiles : vêtements, sols contaminés dans les collectivités), d’autres par les animaux (zoophiles : chat, chien, hamster, cheval). Il existe 4 genres : Trichophyton, Epidermophyton, Microsporum et Nannizzia.
  • Levures du genre Candida — responsables des candidoses, surtout dans les plis et sur les muqueuses
  • Malassezia — levure responsable du pityriasis versicolor et de certaines folliculites du cuir chevelu

Mycose sur peau glabre — l’herpès circiné (roue de Sainte-Catherine)

La mycose à dermatophyte sur peau glabre se présente sous forme de plaque ronde ou ovale bien limitée, avec :

  • Une bordure active légèrement surélevée, squameuse et parfois vésiculeuse
  • Un centre qui se normalise progressivement
  • Une extension centrifuge progressive donnant l’aspect en « roue de Sainte-Catherine »
  • Des démangeaisons variables
mycose de la peau herpès circiné anneau squames dermatophyte photo
Plaque de mycose sur la peau : herpès circiné
mycose jambe anneau dermatophyte photo
Mycose de la peau — atteinte de la jambe
anneau mycose peau roue de sainte catherine photo
Anneau de mycose — roue de Sainte-Catherine
roue de sainte catherine mycose annulaire photo
Roue de Sainte-Catherine — mycose annulaire
roue de sainte catherine mycose cutanée forme typique photo
Roue de Sainte-Catherine — forme typique

Il existe aussi des formes profuses plus difficiles à diagnostiquer, donnant des plaques rouges diffuses qui grattent sur le tronc :

mycose profuse plaques rouges tronc grattent photo
Mycose profuse sur le tronc — plaques rouges qui grattent

Mycose du visage (noter la bordure active et la dépilation du sourcil) :

mycose visage bordure dépilation sourcil dermatophyte photo
Mycose du visage

Forme inflammatoire — le kérion :

kérion forme inflammatoire mycose peau photo
Kérion — forme inflammatoire de mycose

Mycose des mains :

mycose mains dermatophytie cutanée photo
Mycose des mains

Mycose dans les plis

Mycose à dermatophytes dans les plis

La dermatophytie des plis donne des rougeurs sèches et squameuses à centre rosé, le plus souvent bilatérales et symétriques, qui démangent. L’extension est centrifuge, avec une bordure nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse. Principales localisations :

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Mycose entre les fesses
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Mycose entre les orteils — pied d’athlète

Candidose dans les plis

La candidose des plis se distingue par un aspect rouge vernissé et luisant, humide, parfois fissuré dans le fond du pli. Les limites sont émiettées avec une collerette blanchâtre et des pustules blanches satellites caractéristiques. Elle est favorisée par la macération, l’obésité, le diabète et l’immunodépression.

candidose pli pustules blanches fond rouge luisant mycose candida photo
Candidose du pli — fond rouge luisant avec pustules blanches satellites

Voir aussi : rougeurs entre les cuisses et la candidose.


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INTERTRIGO – ROUGEURS DES PLIS
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Autres localisations

Teigne du cuir chevelu

Les teignes sont des mycoses du cuir chevelu à dermatophytes, surtout chez l’enfant, donnant des plaques alopéciques avec brisure des cheveux.

teigne cuir chevelu mycose cheveux enfant photo
Teigne du cuir chevelu

Mycose des ongles (onychomycose)

Les onychomycoses donnent des ongles épaissis, jaunâtres, friables et décollés du lit unguéal. Elles nécessitent souvent un traitement antifongique oral prolongé.

mycose ongles onychomycose ongles épaissis jaunâtres photo
Mycose des ongles — onychomycose

Tableau comparatif — dermatophyte vs Candida

Dermatophyte Candida (pli)
Aspect Anneau squameux, bordure active, centre normal Rouge luisant et humide, fond blanc crémeux
Signe clé Extension centrifuge (roue de Sainte-Catherine) Pustules blanches satellites en périphérie
Localisation typique Peau glabre, plis secs, pieds, cuir chevelu Grands plis humides, muqueuses
Facteurs favorisants Contact avec personne/animal infecté, collectivités Macération, diabète, immunodépression, antibiotiques

Diagnostic

Toute suspicion de mycose cutanée nécessite une consultation médicale. Un prélèvement mycologique (examen direct + cultures) est recommandé avant tout traitement, sauf pour l’intertrigo inter-orteils typique. Le traitement peut être prescrit dans la foulée.

Le prélèvement est positif si l’examen direct est positif, que les cultures soient positives ou négatives. Si l’examen direct est négatif et que des moisissures se développent en culture, un 2e prélèvement est nécessaire.

💡 Important : une atteinte cutanée impose aussi de rechercher une autre localisation (ongles, plis, cuir chevelu) pour éviter les réinfections croisées. Ne pas confondre avec une plaque rouge de la peau, un psoriasis ou un eczéma.

Traitement de la mycose cutanée

Dermatophytes — traitement local (1re intention)

Antifongiques en crème, spray, lait ou poudre (éconazole, miconazole, ciclopirox, bifonazole), 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance. En cas de résistance ou de formes étendues : antifongiques oraux (terbinafine ou itraconazole). Le kétoconazole est évité en raison de sa toxicité hépatique.

Sans ordonnance — uniquement pour la mycose inter-orteils et la plante des pieds

LAMISILATE 1% crème — couche mince le soir après lavage et séchage, pendant 1 semaine (adulte et enfant >12 ans). Si pas d’amélioration après 1 semaine, consultez. Demandez conseil à votre pharmacien avant utilisation (risque d’allergie, contre-indications grossesse).

Candidose cutanée — traitement en 3 axes

1/ Facteurs favorisants : sécher soigneusement les plis, éviter les vêtements synthétiques, équilibrer un diabète, traiter une candidose digestive ou génitale associée.

2/ Traitement local : antifongiques en lait, poudre, gel ou lotion (formes non grasses). Savon surgras ou alcalin (Hydralin*) pour la toilette. En cas de suintement ou surinfection : chlorhexidine aqueuse (Diaseptyl*) ou Bétadine* solution dermique avant l’antifongique.

3/ Traitement oral si nécessaire : kétoconazole (Nizoral* — avec surveillance hépatique avant traitement, à J15 puis toutes les 4 semaines jusqu’à fin du traitement) ou fluconazole.

Conseils pour éviter les récidives

  • Se laver quotidiennement et bien sécher les plis et les espaces interorteils
  • Changer de sous-vêtements et de chaussettes tous les jours
  • Ne pas marcher pieds nus dans les vestiaires, piscines et douches collectives
  • Si un animal domestique perd ses poils, le faire examiner par un vétérinaire
  • Traiter simultanément toutes les localisations pour éviter les réinfections croisées

Sources

Questions fréquentes sur la mycose cutanée

Comment reconnaître une mycose de la peau ?

La mycose à dermatophyte sur peau glabre se présente comme un anneau rouge squameux qui s’agrandit progressivement (roue de Sainte-Catherine), avec une bordure active et un centre qui se normalise. Dans les plis, la candidose donne une rougeur luisante avec des pustules blanches en périphérie. Le prélèvement mycologique confirme le diagnostic.

La mycose de la peau est-elle contagieuse ?

Oui, les dermatophytes sont contagieux par contact direct avec une personne ou un animal infecté, ou par le sol (vestiaires, piscines). La candidose des plis est moins contagieuse car elle résulte surtout d’une prolifération de levures déjà présentes sur la peau, favorisée par la macération et certains terrains fragilisants.

Combien de temps faut-il pour guérir une mycose cutanée ?

Avec un traitement local bien conduit, une mycose de la peau glabre guérit en 3 à 4 semaines. La mycose des ongles nécessite plusieurs mois de traitement oral (3 mois pour les mains, 6 mois pour les pieds). Il est essentiel de ne pas arrêter le traitement trop tôt pour éviter les récidives.

Peut-on soigner une mycose de la peau sans ordonnance ?

Uniquement pour la mycose inter-orteils et la plante des pieds : la crème Lamisilate 1% est disponible sans ordonnance. Pour toute autre localisation, une consultation est nécessaire — une plaque rouge peut avoir de nombreuses autres causes, et un mauvais traitement peut aggraver la situation.

Pourquoi ma mycose revient-elle toujours ?

Les récidives s’expliquent souvent par un traitement trop court, une réinfection depuis une autre localisation non traitée (ongles contaminant les pieds), un contact avec un animal ou une personne infectée, ou des facteurs favorisants persistants (macération, diabète non équilibré). Un avis dermatologique permet d’établir un plan de traitement complet.


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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Vaccin ARN et peau : effets cutanés, risques et avis du dermatologue

Vaccin ARNm et peau : éruption cutanée après vaccin Pfizer*, Moderna*…

Purpura

Le coronavirus SARS Cov2 responsable de la covid19 est apparu en Chine en 2019. Il a provoqué une pandémie mondiale et la covid19  a une forme grave dans 15% des cas. La mortalité peut atteindre 10-15% notamment chez les plus de 70 ans. Il existe de nombreux signes cutanés de la COVID19 mais le vaccin à ARNm peut aussi donner des éruptions cutanées

Les vaccins à ARNm sont utilisés depuis quelques années pour traiter certains cancers par vaccinothérapie. Leur usage a été récemment étendu à la lutte contre la COVID à grande échelle. Ils peuvent engendrer des réactions immunitaires de plusieurs types.

Types de réactions immunitaires aux vaccins anti COVID :

Réactions d’hypersensibilité de type I  dites immédiates  car elles surviennent dans les heures qui suivent l’injection

Elles provoquent des manifestations de type urticaire, angio- œdème et anaphylaxie, probablement dus à une allergie aux ingrédients. Elles sont rares mais peuvent être graves.

Hypersensibilité de type IV, dite retardée

Elles apparaissent plus tardivement car elles proviennent de l’activation de cellules immunitaires (monocytes, macrophages, lymphocytes…) et sont responsables de lésions cutanées locales étendues retardées (« bras COVID »), des réactions inflammatoires dans le derme des sites d’irradiation antérieurs, de cicatrices de BCG, et d’éruptions le plus souvent morbilliformes (ressemblant à la rougeole) voire érythème polymorphe.

Réactions auto immunes

Le système immunitaire a pour fonction de protéger l’organisme des agents extérieurs (le « non-soi »). Une maladie auto-immune se caractérise par l’attaque de l’organisme (le « soi ») par le système immunitaire sensé le protéger. On peut rarement observer des réactions auto immunes après la vaccination contre le COVID-19 provoquant vascularite leucocytoclasique,  lupus et thrombocytopénie immunitaire.

Autres types de réactions

Des angiopathies fonctionnelles (lésions ressemblant à des engelures, voire érythromélalgie) peuvent être observées, ainsi que des éruptions cutanées de type pityriasis rosé et une réactivation du zona ont également été signalées après la vaccination contre le COVID-19

Voici les types de réactions possibles, tirées d’un article de septembre 2021

reaction-peau-vaccin-covid
Proposition d’explication des possibles réactions immunitaires au vaccin anti COVID tiré d’un article de septembre 2021

Types d’éruptions les plus fréquemment observées

Voici un résumé des rares effets secondaires que les vaccins anti COVID peuvent produire sur la peau :

Grosse plaque rouge au niveau du site d’injection par vaccin ARNm : « bras COVID ».

Ceci se voit surtout avec le vaccin Moderna* semble-t-il, vers le 2ème ou 3ème jour après l’éruption.

Il est recommandé aux personnes ayant eu ce type de réaction de recevoir la deuxième dose.

Il ne s’agit pas d’une infection mais peut être d’une réaction au polyéthylène glycol ?

Anaphylaxie après un vaccin à ARNm

Il s’agit d’une réaction généralisée rare appelée choc anaphylactique. Elle se manifeste le plus souvent par une crise d’urticaire géant (sorte d’allergie de peau) associée à des troubles hémodynamiques (tachycardie et hypotension jusqu’au choc), respiratoires (toux, difficulté à respirer et sifflements) ou digestifs (douleurs abdominales, nausées et vomissements, diarrhée). Elle peut engendrer une défaillance des organes et la mort. Elle survient le plus souvent quelques minutes ou heures après le contact avec l’allergène en cause (piqure d’hyménoptère, médicament, aliments…) ou dans le cas présent le vaccin à ARNm

Réaction inflammatoire différée aux agents de comblement dermique (acide hyaluronique)

Elle peut se produire entre 18 heures et 10 jours après la 1ère ou la 2ème dose de vaccin ARN avec une disparition le plus souvent 24 heures à 1 semaine plus tard. En cas de persistance, le médecin peut prescrire des corticoïdes voire de la hyaluronidase et du lisinopril.

Eruptions

  • Eruptions maculopapuleuses, notamment du tronc chez l’adulte, pouvant ressembler à un pityriasis rosé, ou surtout à une rougeole 
pityriasis rose de gibert
Pityriasis rosé

 

L’éruption morbiliforme (ressemblant à la rougeole, est caractérisée par un début derrière les oreilles, puis qui descend sur le corps.

Urticaire, dont le mot a la même origine que « ortie »

 

Nous n’avons vu ici que les réactions cutanées aux vaccins à ARNm mais il existe d’autres réactions telles que  :

maux de tête,

douleurs musculaires,

fatigue

myocardites et péricardites…

Si vous ne savez pas quoi penser des vaccins contre la COVID, je vous recommande la synthèse réalisée par mon confrère (sans liens d’intérêts), le Dr Dominique Dupagne :

Zona ophtalmique : urgence oculaire — symptômes, complications et traitement

Zona ophtalmique
Il s’agit d’un zona touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face.


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Zona ophtalmique crouteux
Zona ophtalmique crouteux

Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Tout zona ophtalmique nécessite donc une consultation médicale urgente et la mise en place d’un traitement par voie orale sans tarder.

Avis ophtalmologique

Le médecin pourra demander une consultation ophtalmologique en urgence s’il existe des signes ou des doutes d’atteinte ophtalmologique :

  • si le zona intéresse l’aile du nez,
Atteinte de l'aile du nez : attention au zona ophtalmique
Zona ophtalmique
  • en cas d’œoedème des paupières gênant l’ouverture de l’oeil,
  • en cas de baisse de l’acuité visuelle,
  • en cas d’oeil rouge
  • et systématiquement chez l’immunodéprimé (en Intra veineuse)

    Les complications ophtalmologiques du zona ophtalmique:

Le zona ophtalmique expose à des risques d’atteinte de l’oeil (sclérite, kératite, rétinite… ) ou de la paupière pouvant donner des séquelles telles que des des rétractions ou une paralysie de la paupière supérieure (appelée « ptosis »). Tout zona ophtalmique, notamment s’il est accompagné d’atteinte de l’aile du nez et de la narine nécessite un avis ophtalmologique urgent.

Traitement du zona ophtalmique

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une toilette quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux, en évitant d’en mettre dans les yeux
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona ophtalmique

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué dans le zona ophtalmologique, quel que soit l’âge :

– soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
– soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours


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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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Soigner un furoncle : causes, symptômes et conseils dermatologue

Furoncle, quoi faire?

Cet article en vidéo :


Le furoncle est une infection profonde et nécrosante du follicule pilo-sébacé due à Staphylococcus aureus (Staphylocoque doré). Il se caractérise par une lésion papulo-nodulaire très inflammatoire évoluant en 5 à 10 jours vers la nécrose folliculaire avec l’élimination du follicule pileux (bourbillon).

En cas de

  • Furoncle isolé : on ne fait  pas de prélèvement bactériologique ni de traitement antibiotique local ou général, juste des soins locaux.
  • Furoncle compliqué : prélèvement bactériologique du pus avant antibiothérapie.

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

Furoncles au début (folliculite)

Qu’est-ce qu’un furoncle?

Le furoncle est une folliculite profonde s’’accompagnant d’’une destruction du poil.

Il commence soit par une folliculite soit par une boule rouge, chaude et douloureuse de 1 à 2 cm de diamètre

Il évolue généralement en donnant une lesion  » à tête blanche  » en quelques jours, qui résulte de la destruction du poil, c’’est le bourbillon, qu’’il faut éliminer ou qui peut se résorber spontanément sans émission de pus.

Furoncle

Consultez un médecin

La consultation du médecin est indispensable pour limiter le risque d’évolution grave du furoncle (anthrax, abcès, septicémie… )

Ce dernier va vous prescrire des antibiotiques par voie orale et/ou en crème le plus souvent au vu de l’antibiogramme réalisé au laboratoire afin de l’adapter aux résistances éventuelles du germe (souvent un Staphylocoque doré)

Le médecin réalise un prélèvement bactériologique en cas de furoncle compliqué ou nombreux à la recherche notamment de staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM, qui sécrètent pour la plupart une toxine appelée leucocidine de Panton et Valentine et sont principalement responsables d’infections cutanées à type de furoncles nécrosants : ils débutent par une boule rouge, chaude et douloureuse, aboutissant en quelques jours à une suppuration éliminant le follicule nécrotique sous forme d’un gros bourbillon jaune et laissant place à une cicatrice déprimée définitive.

Leur prise en charge a fait l’objet de recommandations en 2019

Formes particulières de furoncles

Le furoncle du visage

doivent faire l’’objet d’’une attention toute particulière et ne pas être  » tripotés  » car leur manipulation peut entraîner une staphylococcie maligne de la face.

L’anthrax

c’est un agglomérat de furoncles, réalisant une boule rouge profonde, volumineuse, inflammatoire d’aspect cratériforme, parfois fébrile et pouvant s’accompagner de fusées purulentes qui les rejoignent sous la peau.

La furonculose

C’est la répétition des furoncles, qui doit faire chercher

une immunodépression

diabète, maladies, déficit immunitaire, carence en fer..

un réservoir cutané de staphylocoque doré

chez le patient ou dans son entourage.

Ces furoncles répétées peuvent laisser des cicatrices importantes et avoir un retentissement psychologique important, d’autant qu’ils touchent principalement des adolescents. Dans la majorité des cas, les récurrences cessent après 2 ans

Soigner un furoncle

Furoncle non compliqué, isolé : soins locaux.

● pas de manipulation du furoncle (limite le risque de complications) ;
● soins de toilette quotidiens (lavage à l’eau et au savon) ;
● incision de l’extrémité pour évacuer le bourbillon (furoncle volumineux) ;
● protection de la lésion avec un pansement ;
● pas d’antibiothérapie (locale ou générale).

Furoncle compliqué ou furonculose : antibiotiques oraux pendant 5 jours

Outre le traitement prescrit par le médecin (antibiotiques par voie orale pendant 5 jours : Clindamycine : 1,8 g/jour en 3 prises et jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg ou Pristinamycine : 1 g x 3 /jour ), celui-ci peut procéder à :

  • L’application de compresses humides et tièdes ou de pansements gras pour faire mûrir le furoncle
  • Une fois que le furoncle est mûr, l’incision sur quelques milimètres et le drainage ou l’ablation du bourbillon à la pince sauf au niveau médio-facial en raison des risques de dissémination (staphylococcie maligne de la face, thrombophlébite cérébrale… )

Il ne faut jamais appuyer ou cureter le furoncle après l’ouverture par risque de dissémination de l’infection

Furonculose

Il s’agit de la répétition de furoncles pendant plusieurs mois, voire des années.

Le staphylocoque doré colonise la peau le plus souvent par l’intermédiaire des doigts et des vêtements, à partir d’un gîte souvent périorificiel (narines+++, anus, oreilles… ). Un portage chronique staphylococcique au niveau de ces gîtes est souvent en cause dans les formes récidivantes de pathologies cutanées à staphylocoque. En réduisant le portage chronique narinaire de staphylocoque doré, on dimine le portage chronique sur la peau et donc le nombre d’infections à staphylocoque doré.

La prévention des récurrences nécessite donc un traitement efficace des gîtes.

1/ Prélèvement bactériologique d’un furoncle avant traitement.

2/ Traitement des gites de portage du staphylocoque doré

Le traitement local narines (premier centimètre) réduit le portage nasal du staphylocoque doré le plus souvent par application intranasale de mupirocine (Mupiderm*) 4 fois par j pendant 5 jours (ceci supprime le portage nasal chez 70% des gens pour une durée de 3 mois environ). Ainsi le médecin tend à prescrire la mupirocine 5 jours par mois pendant 1 an, mais pas plus par crainte de l’apparition de résistances.

Le protocole de désinfection est le suivant :

  • Application nasale de pommade de mupirocine deux fois par jour pendant 7 jours.
  • Utilisation une fois par jour pendant 7 jours d’une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing tels Cyteal®, Septivon®, Plurexid®… en insistant sur les gîtes de portage (aisselles, périnée, pubis, cicatrices de furoncles) et en rinçant abondamment après la toilette car ces produits peuvent etre irritants. Le protocole est généralement des douches antiseptiques avec une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing (une fois par jour pendant 7 jours).
  • Mesures d’hygiène corporelle, porter des vêtements propres, changer fréquemment le linge de toilette.
  • Mesures d’hygiène de l’environnement (linge, vaisselle, entretien des locaux).
  • Bains de bouche biquotidiens à la chlorhexidine (adulte et enfant à partir de 6 ans).

3/ Antibiotiques par voie orale pendant 7 jours

Le médecin prescrit souvent les mêmes antibiotiques que dans le furoncle mais pendant 7 jours au lieu de 5 :

Clindamycine : 1,8 g/jour en 3 prises et jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg ou Pristinamycine : 1 g x 3 /jour .

4/ Éviction des facteurs favorisants

Règles d’hygiène :

  • lavage fréquent des mains

afin de prévenir la diffusion et la récidive des lésions, les zones atteintes et les mains seront lavées avec une solution antiseptique moussante (Septivon®, Plurexid®, Cyteal®) et rincées abondamment.

  • Eviter le port de vêtements trop serrés et synthétiques, en particulier sur les zones d’appui (fesses, dos)
  • Eviter la macération (défaut d’hygiène, obésité, plis) et l’hypersudation
  • la coupe des ongles ras
  • lavage fréquent à haute température des vêtements, sous-vêtements (en coton de préférence) et linges de toilette
  • utilisation de linge de toilette personnel
  • Contre indication des cremes a la cortisone

Essayer de limiter les facteurs favorisants généraux (obésité, diabète, déficit immunitaire (corticothérapie générale, traitement immunosuppresseur, infection par le VIH)…

Ne pas manipuler les furoncles

Les recouvrir d’un pansement

5/ Après guérison de la poussée

Il faut alors procéder à décolonisation des gîtes bactériens du patient et de son entourage (personnes vivant sous le même toit, et personnes en contact proche).

Les conseils du dermatologue :

  • Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’’aggraver en l’’absence de traitement adéquat (lymphangite,  » ganglions « , voire septicémie…). Lors de la survenue d’une lésion inflammatoire, il faut donc consulter et ne pas toucher ses lésions : la majorité de ces complications surviennent en effet à cause d’une consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions.
  • Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (cortisone ou non stéroidiens) pour les infections cutanées car ceux-ci laissent les infections s’’aggraver sans que l’on puisse s’en rendre compte.
  • Il ne faut pas oublier d’être à jour pour le vaccin antitétanique car une plaie cutanée peut être la porte d’’entrée du tetanos

Herpès labial (bouton de fièvre) : traitement et prévention

Bouton de fièvre (herpès labial) : symptômes, contagion et traitement

herpès labial enfant lèvre bouton de fièvre photo
Herpès de la lèvre chez l’enfant

Le bouton de fièvre est une récurrence de l’herpès labial, due au virus Herpes Simplex de type 1 (HSV-1). Très fréquent — environ 70 % des adultes français sont porteurs du virus — il se manifeste par des vésicules douloureuses sur le bord des lèvres, évoluant en croûtes en 8 à 10 jours. Il ne guérit pas définitivement mais se traite efficacement par antiviraux.

Récurrences fréquentes ou herpès atypique ?
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Sommaire :
Vidéo |
Qu’est-ce que le bouton de fièvre |
Transmission |
Primo-infection |
Stades d’évolution |
Facteurs déclenchants |
Quand consulter |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Cet article en vidéo

Qu’est-ce que le bouton de fièvre ?

Le bouton de fièvre est dû au virus HSV-1 (Herpes Simplex Virus type 1). En France, environ 70 % des adultes ont été en contact avec HSV-1 — mais seulement 30 % développent des symptômes (poussées). Une fois contracté dans l’enfance, le virus reste à vie dans les ganglions nerveux et peut se réactiver à tout moment.

Transmission — ce qu’il faut savoir

Mode de transmission Détail
Pendant les poussées Risque maximal tant que les lésions sont humides et suintantes (vésicules). Transmission par baiser, couverts partagés, serviettes.
Sans symptôme visible Le portage asymptomatique permet la transmission par la salive (baiser, pratiques oro-génitales). HSV-1 est responsable d’environ 20 % des cas d’herpès génital.
Auto-contamination Se lécher les doigts ou gratter les lésions peut provoquer un herpès cutané (narine, pourtour du nez), une conjonctivite herpétique ou d’autres localisations.

⚠️ Enfants atopiques : ne jamais embrasser un enfant atteint d’eczéma atopique si vous avez un bouton de fièvre — risque de syndrome de Kaposi-Juliusberg, urgence dermatologique pédiatrique.

Primo-infection herpétique

La primo-infection (premier contact avec HSV-1) est asymptomatique dans 90 % des cas et survient habituellement dans l’enfance. Quand elle est symptomatique, elle provoque une gingivostomatite herpétique :

Caractéristique Détail
Symptômes Inflammation diffuse de la bouche — rougeurs, érosions, parfois hémorragies. Fièvre à 39°C, ganglions cervicaux.
Incubation 2 à 12 jours
Évolution Guérison en 10 à 15 jours
Risque chez le nourrisson Refus d’alimentation → déshydratation pouvant nécessiter une hospitalisation
primo-infection herpétique enfant gingivostomatite photo
Primo-infection herpétique chez l’enfant
lésions gencives lèvres primo-infection herpès photo
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection

Évolution du bouton de fièvre — stades

Stade Durée Aspect Contagiosité
Prodrome 12–24 h avant Picotements, brûlures, démangeaisons sur le bord de la lèvre Déjà contagieux
Vésicules J1–J3 Rougeur gonflée puis vésicules groupées en bouquet remplies de liquide clair Maximum — éviter tout contact
Érosion J3–J5 Vésicules qui se rompent, plaie à vif douloureuse Élevée
Croûtes J5–J10 Croûtes jaunâtres sur le bord de la lèvre Faible mais possible
Cicatrisation J8–J10 Guérison sans cicatrice Nulle
Herpès labial — stade vésiculaire
herpès labial lèvre photo bouton fièvre
Herpès labial
herpès labial stade crouteux lèvre photo
Herpès labial au stade crouteux

Facteurs déclenchants des récurrences

Catégorie Facteurs
Immunodépression Fatigue, maladie infectieuse, fièvre, prise de cortisone, immunosuppresseurs, VIH
Facteurs physiques Exposition solaire, froid intense, traumatisme local (chirurgie, acte esthétique, laser, dermabrasion, injections)
Facteurs hormonaux Règles, grossesse
Facteurs psychologiques Stress, anxiété, dépression, chocs émotionnels
Autres Rapports sexuels, alimentation déséquilibrée

Quand consulter un médecin ?

⚠️ Consultez en urgence ophtalmologique si vous suspectez une conjonctivite herpétique — œil rouge, douloureux, sensible à la lumière après un bouton de fièvre. Le virus herpès peut provoquer une kératite pouvant menacer la vision.

Situation Conduite à tenir
Bouton de fièvre ne guérissant pas en 1 à 2 semaines Consultation médicale
Fièvre ou symptômes très intenses Consultation médicale
Récurrences fréquentes (> 6 par an) Consultation — traitement préventif à discuter
Déficit immunitaire connu ou immunosuppresseurs Consultation — traitement antiviral oral indiqué
Herpès chez un nourrisson ou un enfant atopique Consultation urgente — risque de Kaposi-Juliusberg
Œil rouge, douloureux, photophobie Urgence ophtalmologique

Traitement du bouton de fièvre

Traitements locaux (sans ordonnance)

Les crèmes antivirales à base d’aciclovir 5 % sont disponibles sans ordonnance. Efficaces si appliquées dès les premiers symptômes (stade prodromique — picotements), avant l’apparition des vésicules.

Information Détail
Noms commerciaux Aciclovir 5 % crème, Herpesedermyl 5 %, Herpevir 5 %, Kendix 5 %, Remex 5 %
Posologie 4 à 6 applications par jour pendant 5 jours
Contre-indications Hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol — ne pas appliquer sur les yeux, dans la bouche ou sur les muqueuses génitales
Effets secondaires Picotements transitoires, sécheresse cutanée, prurit — rarement érythème ou eczéma de contact

💡 Conseil : demandez toujours conseil au pharmacien avant utilisation — risque d’allergie, contre-indications pendant la grossesse ou l’allaitement.

Traitements oraux (sur ordonnance)

Médicament Indication Remarque
Aciclovir comprimés Poussées importantes ou immunodépression 5 prises/j pendant 5 jours
Valaciclovir (Zelitrex®) Poussées importantes — meilleure biodisponibilité 2 prises/j — plus pratique

Traitement préventif

En cas de récurrences fréquentes (> 6 poussées par an), un traitement préventif continu par aciclovir ou valaciclovir peut être proposé (une seule prise par jour). Réévaluation à 6 mois.

Plus de 6 boutons de fièvre par an ?
Un traitement préventif continu existe et est très efficace. Une téléconsultation suffit pour obtenir une ordonnance et un suivi adapté.
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Pages spécialisées du cluster herpès

Herpès — formes et localisations
Herpès — page générale HSV-1 et HSV-2
Herpès génital (HSV-2) — symptômes, traitement, prévention
Aciclovir — crème et comprimés, mode d’emploi
Valaciclovir (Zelitrex®) — guide d’utilisation

Maladies virales cutanées associées
Zona — réactivation VZV, traitement, vaccin
Verrues — HPV, traitements
Eczéma atopique de l’enfant
Téléconsultation dermatologue

Sources

Questions fréquentes sur le bouton de fièvre

Le bouton de fièvre est-il contagieux même sans lésion visible ?

Oui. Le virus HSV-1 peut être transmis par la salive même en l’absence de bouton visible — c’est le portage asymptomatique. Le risque est cependant nettement plus élevé pendant les poussées, notamment au stade vésiculaire. Évitez les baisers et le partage de couverts pendant toute la durée de la poussée.

Comment stopper un bouton de fièvre au stade des picotements ?

C’est le moment le plus efficace pour agir. Dès les premiers picotements ou brûlures sur le bord de la lèvre, appliquez immédiatement une crème antivirale à l’aciclovir 5 % (disponible sans ordonnance). Appliquée à ce stade prodromique, elle peut réduire significativement la durée et l’intensité de la poussée, voire l’empêcher de se développer complètement. Évitez de toucher la zone et de vous frotter les yeux.

Combien de temps dure un bouton de fièvre ?

Sans traitement, 8 à 10 jours : 1 à 3 jours de vésicules, puis érosion, puis croûtes, puis guérison sans cicatrice. Avec un traitement antiviral débuté précocement (dès les picotements), la durée peut être réduite à 5 à 7 jours.

Peut-on prévenir les récurrences de boutons de fièvre ?

Partiellement. Il est recommandé d’identifier et de limiter ses facteurs déclenchants personnels (soleil, stress, fatigue). Une crème solaire sur les lèvres en cas d’exposition est utile. En cas de récurrences très fréquentes (> 6 par an), un traitement antiviral préventif continu par valaciclovir peut être discuté avec un médecin.

Le bouton de fièvre peut-il se propager aux yeux ?

Oui — c’est une complication sérieuse mais évitable. En se touchant le bouton puis en se frottant les yeux (auto-contamination), le virus peut provoquer une kératite ou conjonctivite herpétique pouvant menacer la vision. Symptômes : œil rouge, douloureux, larmoiement, sensibilité à la lumière. Consultez en urgence ophtalmologique si ces symptômes apparaissent pendant ou après une poussée.

Voir aussi :
Herpès HSV-1/HSV-2 |
Herpès génital |
Aciclovir |
Valaciclovir (Zelitrex®) |
Zona |
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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.


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Actinomycose : causes, symptômes et traitement

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Actinomycose : une infection bactérienne confondue avec une mycose

L’actinomycose n’est pas, malgré son nom trompeur, une mycose mais une infection bactérienne chronique rare. On devrait d’ailleurs parler d’actinobactériose. La confusion vient du fait qu’Actinomyces israelii, son agent causal, était autrefois classé parmi les champignons en raison de son aspect filamenteux branchu. Il s’agit en réalité d’un bacille à Gram positif anaérobie, saprophyte habituel de la cavité buccale et du tractus gastro-intestinal, qui devient pathogène dès lors que la barrière muqueuse est rompue.

Un nodule facial indolore ou une fistule cutanée inexpliquée ?
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Agent causal : Actinomyces israelii

Actinomyces israelii est l’espèce responsable de la grande majorité des actinomycoses humaines (avec A. gerencseriae dans environ 70 % des cas). C’est un bacille filamenteux ramifié, à Gram positif, anaérobie strict à microaérophile, qui ne forme pas de spores. Il était autrefois classé parmi les champignons en raison de son aspect mycélien, d’où le suffixe trompeur « -mycose ».

Cette bactérie vit normalement en commensal des muqueuses humaines, principalement le tartre et les caries dentaires, les cryptes amygdaliennes, ainsi que le tractus digestif et génital. Elle ne devient pathogène qu’en cas d’effraction de la barrière muqueuse, souvent dans un contexte polymicrobien : d’autres bactéries anaérobies (streptocoques, staphylocoques, Aggregatibacter actinomycetemcomitans, Enterobacteriaceae) créent les conditions d’anaérobiose et d’immunosuppression locale nécessaires à l’inoculation profonde des Actinomyces.

Point microbiologique clé : Le laboratoire doit impérativement être informé de la suspicion d’actinomycose avant l’envoi du prélèvement. Des milieux anaérobies spécifiques et une incubation prolongée (jusqu’à 14 jours) sont nécessaires — un ensemencement standard laissera la culture négative dans la plupart des cas.

Facteurs favorisants et porte d’entrée

L’actinomycose est une infection endogène : le germe est déjà présent chez l’hôte, mais il lui faut une porte d’entrée pour franchir les barrières muqueuses. On distingue des facteurs locaux et généraux :

  • Facteurs locaux : mauvaise hygiène bucco-dentaire, caries, avulsion dentaire, traumatisme facial, fractures, corps étrangers (prothèse de hanche, stérilet intra-utérin pour les formes pelviennes), soin dentaire invasif, chirurgie ORL.
  • Facteurs généraux : immunosuppression (VIH, corticothérapie, chimiothérapie), diabète, cancer, alcoolo-tabagisme, malnutrition.

L’infection touche préférentiellement les hommes entre 20 et 60 ans, avec un sex-ratio de 3 pour 1, probablement en lien avec une moins bonne hygiène bucco-dentaire. Elle est présente dans le monde entier mais plus fréquente dans les contextes socio-économiques défavorisés.

Formes cliniques

L’actinomycose peut toucher tous les organes. La répartition anatomique est relativement stable dans les séries publiées :

Forme clinique Fréquence Porte d’entrée principale
Cervicofaciale 50 – 60 % Caries, avulsion dentaire, traumatisme
Abdominale 20 – 25 % Appendicite, chirurgie digestive
Thoracique 15 – 20 % Inhalation de sécrétions buccales
Pelvienne Rare Stérilet intra-utérin (port prolongé)
Cutanée primitive Exceptionnelle Inoculation directe sur peau lésée
SNC < 3 % Dissémination hématogène (thoracique ou cervicofaciale)

Les formes disséminées par voie hématogène sont rares et surviennent quasi exclusivement chez les patients immunodéprimés.

Signes de la maladie : tableau cervicofacial typique

La forme cervicofaciale, la plus fréquente et la plus accessible au dermatologue, évolue classiquement en plusieurs stades :

Stade initial : nodule induré et indolore

La présentation initiale est celle d’une tuméfaction sous-cutanée progressive, indurée, de consistance ligneuse — d’où le terme historique de mâchoire de bois. Cette lésion est le plus souvent située dans la région sous-mandibulaire, à l’angle de la mandibule ou en région cervicale antérieure. Elle est initialement peu ou pas douloureuse, ce qui contraste avec son volume et peut orienter à tort vers une pathologie tumorale ou ganglionnaire. Les adénopathies satellites sont rares.

Cette phase peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois. L’évolution est lente et insidieuse, rendant le diagnostic souvent tardif — le délai moyen entre apparition des symptômes et diagnostic dépasse parfois plusieurs mois.

Stade évolutif : placards fistulisés et grains jaunes

Sans traitement, la lésion s’étend aux tissus adjacents sans respecter les plans anatomiques, caractéristique fondamentale de l’actinomycose. Plusieurs nodules peuvent confluer en placards sous-cutanés adhérents au plan profond osseux de la face. La peau sus-jacente prend progressivement une teinte violacée ou brunâtre avec ramollissement central.

L’évolution aboutit à la fistulisation spontanée à la peau, drainant un pus séreux ou purulent contenant les grains jaunes caractéristiques (appelés grains de soufre, bien qu’ils ne contiennent pas de soufre). Ces grains, de 1 à 3 mm de diamètre, correspondent à des micro-colonies d’Actinomyces présentant un aspect en rayon de roue à l’examen microscopique. Leur découverte dans le pus est pathognomonique.

Complications locorégionales

L’infection peut s’étendre au périoste et à la mandibule, entraînant une ostéite. La langue peut être infiltrée. L’extension aux glandes salivaires, à l’orbite ou aux méninges est possible en l’absence de traitement.

⛔ Signe d’alarme : Toute tuméfaction cervicofaciale de consistance ligneuse, peu inflammatoire, évoluant depuis plusieurs semaines, doit faire évoquer l’actinomycose — surtout en contexte de mauvaise hygiène bucco-dentaire. Ne pas attendre la fistulisation pour initier le bilan.

Examens diagnostiques

Le diagnostic de l’actinomycose est souvent difficile et posé en retard. Les examens à réaliser sont les suivants :

Prélèvement microbiologique : le prélèvement du pus (par ponction ou lors d’un geste chirurgical) est le premier temps diagnostique. Il doit être acheminé rapidement en anaérobiose stricte. Le laboratoire doit être averti de la suspicion clinique : les milieux standard sont insuffisants. La culture peut nécessiter jusqu’à 14 jours d’incubation. La recherche des grains jaunes à l’œil nu dans le pus, puis leur examen microscopique (filaments Gram + en rayon de roue) est très utile.

Examen anatomopathologique : une biopsie des lésions indurées permet de retrouver les granules actinomycosiques entourés de leur réaction granulomateuse et suppurative caractéristique. L’examen histologique est souvent plus rentable que la culture.

Imagerie : l’échographie des parties molles peut orienter vers un abcès profond. Le scanner (TDM) est indiqué pour évaluer l’extension osseuse (ostéolyse mandibulaire), médiastinale ou abdominale. L’IRM est utile en cas de suspicion d’atteinte du SNC (aspect d’abcès en anneau).

Diagnostics différentiels

L’actinomycose est une grande simulatrice. Elle peut mimer de nombreuses pathologies selon sa localisation :

  • Au niveau cervicofacial : adénopathie tumorale ou lymphomateuse, adénite tuberculeuse (scrofuloderme), kyste épidermoïde surinfecté, abcès dentaire banal.
  • Au niveau thoracique : cancer broncho-pulmonaire, tuberculose, abcès pulmonaire banal.
  • Au niveau abdominal : cancer du côlon, maladie de Crohn, appendicite compliquée.
  • Au niveau pelvien : cancer gynécologique, endométriose.
  • Pour les lésions cutanées fistulisées : mycétome, nocardiose, botryomycose, streptomycose.
⚠ À retenir : La découverte de grains jaunes dans le pus d’une fistule cutanée est le signe le plus orienteur. En l’absence de grains visibles, l’examen histologique d’une biopsie reste l’examen de référence pour ne pas méconnaître le diagnostic.
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Traitement

Antibiothérapie : pénicilline G en première intention

La pénicilline G est le traitement de référence. Les Actinomyces y sont très sensibles. Le schéma recommandé comporte deux phases :

  1. Phase initiale par voie intraveineuse : pénicilline G à fortes doses, 10 à 20 millions d’unités par 24 heures, pendant 4 à 6 semaines. Cette phase hospitalière est indispensable pour pénétrer efficacement les tissus fibreux et indurés caractéristiques de la maladie.
  2. Relais oral : pénicilline V 2 à 4 g par jour pendant 3 à 12 mois selon l’étendue des lésions. La durée prolongée est indispensable pour éviter les rechutes, fréquentes en cas d’arrêt prématuré.

En cas d’allergie aux pénicillines, les alternatives incluent les tétracyclines (doxycycline 100 mg × 2/jour), les macrolides ou l’ampicilline. Les céphalosporines orales sont généralement peu efficaces sur les Actinomyces.

✓ Durée de traitement selon la localisation :
— Forme cervicofaciale non compliquée : 6 à 12 semaines au total.
— Formes thoraciques ou abdominales : jusqu’à 12 à 18 mois.
— Formes du SNC : traitement maximal, souvent combiné à la chirurgie.

Chirurgie

Le traitement chirurgical est associé à l’antibiothérapie dans les situations suivantes : abcès fluctuant nécessitant un drainage, volumineuses lésions fibreuses où la pénétrance antibiotique est médiocre, excision des trajets fistuleux, et prélèvement biopsique pour confirmation histologique. En cas d’atteinte osseuse mandibulaire, un curetage des zones ostéolytiques peut être nécessaire.

Traitement bucco-dentaire

L’assainissement bucco-dentaire est un volet thérapeutique indissociable : extraction des dents causales, détartrage, et traitement des foyers infectieux résiduels. Sans ce traitement stomatologique, le risque de rechute est élevé, quel que soit le schéma antibiotique employé.

Pronostic et prévention

Diagnostiquée et traitée correctement, la forme cervicofaciale guérit dans plus de 90 % des cas. Le pronostic se dégrade avec les formes thoraciques (guérison dans 70 à 80 % des cas sous traitement) et les formes disséminées ou du SNC. La lenteur de la réponse clinique est attendue compte tenu de l’importance de l’induration tissulaire et du caractère relativement avasculaire des lésions chroniques : la régression des placards fibreux peut prendre plusieurs mois.

La prévention repose entièrement sur l’hygiène bucco-dentaire : brossage régulier, détartrage annuel, traitement précoce des caries et prise en charge des foyers infectieux dentaires. Ces mesures simples constituent le meilleur rempart contre l’actinomycose cervicofaciale.

Questions fréquentes

L’actinomycose est-elle une mycose ?

Non. Malgré son nom trompeur, l’actinomycose est une infection bactérienne causée par Actinomyces israelii, un bacille à Gram positif anaérobie. L’aspect filamenteux ramifié de cette bactérie a longtemps entretenu la confusion avec les champignons.

Quels sont les signes cutanés typiques de l’actinomycose ?

Un nodule sous-cutané induré, indolore, de consistance ligneuse (« mâchoire de bois »), le plus souvent mandibulaire. Sans traitement, la peau sus-jacente se violace et se fistulise, drainant un pus contenant des grains jaunes pathognomoniques.

Comment confirme-t-on le diagnostic d’actinomycose ?

Par la mise en culture du pus en milieu anaérobie (le laboratoire doit être prévenu) ou par l’examen anatomopathologique d’une biopsie, qui révèle les granules actinomycosiques. La découverte de grains jaunes à l’œil nu dans le pus est très évocatrice.

Quel est le traitement de l’actinomycose cervicofaciale ?

La pénicilline G à forte dose par voie intraveineuse pendant 4 à 6 semaines, relayée par la pénicilline V orale pendant 3 à 6 mois. Un assainissement dentaire et parfois un drainage chirurgical sont associés.

L’actinomycose peut-elle toucher d’autres sites que le visage ?

Oui : poumons (15 à 20 % des cas), abdomen (20 à 25 %), pelvis (souvent lié au port prolongé d’un stérilet), et plus rarement le système nerveux central. Les formes disséminées surviennent surtout chez les immunodéprimés.

Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour une lésion cervicofaciale suspecte ?

Oui. Une téléconsultation dermatologique permet d’orienter rapidement vers les examens complémentaires adaptés. Le Dr Ludovic Rousseau est disponible sur Consulib pour ce type de consultation.

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Références scientifiques

  1. Valour F, Sénéchal A, Dupieux C, et al. Actinomycosis: etiology, clinical features, diagnosis, treatment, and management. Infect Drug Resist. 2014;7:183-197.
    [PubMed]
  2. Könönen E, Wade WG. Actinomyces and related organisms in human infections. Clin Microbiol Rev. 2015;28(2):419-442.
    [PubMed]
  3. Moghimi M, Salentijn E, Debets-Ossenkop Y, et al. Treatment of cervicofacial actinomycosis: a report of 19 cases and review of literature. BMC Infect Dis. 2013;13:435.
    [PubMed]
  4. Sharma S, Hashmi MF. Actinomycosis. StatPearls. Updated 2023.
    [PubMed]

Article rédigé par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux — Dernière mise à jour : avril 2025.

Herpes genital : l’herpès génitale de l’homme et de la femme

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.


Herpès génital : symptômes, contagion, traitement et grossesse

herpès génital homme lésions vésicules photo dermatologue
Herpès génital de l’homme

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) due au virus Herpes Simplex, le plus souvent de type 2 (HSV-2). Il touche environ 20% de la population sexuellement active — et 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont, ce qui en fait l’une des IST les plus méconnues. Il ne guérit pas définitivement mais se contrôle efficacement par antiviraux.

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Causes et épidémiologie

L’herpès génital est causé par HSV-2 dans 60 à 80% des cas, et par HSV-1 dans 20 à 40% des cas — ce dernier transmis par voie oro-génitale (pratiques bucco-génitales). En France :

  • À 50 ans, 60% de la population est séropositive pour HSV-1 et 15% pour HSV-2
  • 20% des personnes sexuellement actives sont infectées par HSV génital
  • 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont — et peuvent transmettre le virus

💡 Point important : l’apparition d’un herpès génital au sein d’un couple n’est pas forcément le signe d’une infidélité récente — le virus peut rester en sommeil pendant des années avant de se réactiver.

Comment se transmet l’herpès génital ?

  • Par contact direct peau à peau ou muqueuse à muqueuse lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oro-génitaux
  • Le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque — des particules virales présentes sur le pubis ou les muqueuses adjacentes peuvent être transmises
  • La transmission est possible sans lésion visible — par excrétion virale asymptomatique, qui représente en réalité la majorité des transmissions
  • Le virus est fragile hors du corps humain — le risque de contamination via une cuvette de toilettes ou un linge est quasi nul

Les 3 phases de l’infection herpétique

Phase Description Contagiosité
Primo-infection Premier contact avec HSV — asymptomatique dans 90% des cas. Quand symptomatique : vésicules douloureuses, ganglions de l’aine, fièvre possible. Incubation 2 à 12 jours Élevée
Infection initiale Premier contact avec HSV-1 ou HSV-2 chez une personne déjà infectée par l’autre type. Symptômes souvent moins sévères Élevée
Réactivation (récurrence) Le virus se « réveille » dans le ganglion sacré et migre vers la peau. Lésions souvent moins intenses que la primo-infection. Peut être asymptomatique (excrétion virale silencieuse) Possible même sans lésion

Symptômes de l’herpès génital

herpès génital femme lésions vésicules vulve photo
Herpès génital de la femme
herpès génital vésicules érosions photo
Herpès génital — vésicules

Les symptômes de la primo-infection (quand elle est symptomatique) :

  • Vésicules sensibles ou douloureuses sur fond rouge gonflé, apparaissant 5 à 10 jours après le rapport contaminant
  • Les vésicules se rompent et forment des érosions (exulcérations) très douloureuses — guérison en environ une semaine
  • Ganglions de l’aine
  • Chez la femme : gonflement vulvaire important, brûlures lors de la miction

Les récurrences sont généralement moins intenses — précédées de prodromes (picotements, brûlures) puis vésicules groupées en bouquet dans la même zone que la primo-infection.

Facteurs déclenchants des récurrences : stress psychologique ou physique, fatigue, infection (grippe), règles, chirurgie, immunodépression.

Diagnostic de l’herpès génital

En cas de doute diagnostique, le médecin peut :

  • Prélèvement de cellules au niveau des lésions — mise en culture ou PCR (recherche de l’ADN viral) — résultat en 48h
  • Sérologie herpétique (prise de sang) — confirme le contact avec HSV mais ne localise pas les lésions. Peu utilisée seule car le taux de positivité est très élevé dans la population générale
  • Bilan IST complet systématiquement recommandé — sérologie VIH, syphilis, recherche de Chlamydia trachomatis

Traitement de l’herpès génital

Situation Traitement Durée
Primo-infection Valaciclovir 500 mg × 2/j ou Aciclovir 200 mg × 5/j 10 jours
Récurrences Valaciclovir 500 mg × 2/j ou 1 g × 1/j 5 jours
Prévention (> 6 récurrences/an) Valaciclovir 500 mg × 1/j Continu — réévalué à 6 mois
Crème locale (récurrences légères) Aciclovir 5% crème — 4 à 6 applications/j 5 jours — ⚠️ ne pas appliquer sur muqueuses

Soins locaux : nettoyer la zone génitale une fois par jour avec un produit doux, sans frotter, bien sécher.

⚠️ Herpès génital et grossesse — risque néonatal

⚠️ Mentionnez toujours vos antécédents d’herpès génital à votre obstétricien. Si le virus est actif sur les muqueuses vaginales lors de l’accouchement, il peut être transmis au nouveau-né et provoquer une encéphalopathie herpétique néonatale — risque de cécité, retard psychomoteur, voire décès.

  • Contamination avant la grossesse : risque faible — la mère transmet ses anticorps au fœtus
  • Contamination pendant la grossesse (notamment en fin de grossesse) : risque élevé — pas encore d’anticorps protecteurs, virus potentiellement actif à l’accouchement
  • Mesures préventives : traitement antiviral en fin de grossesse (valaciclovir), voire césarienne en cas de primo-infection en fin de grossesse ou de récurrence lors de l’accouchement

Précautions à prendre

  • Informer ses partenaires — l’herpès est contagieux même sans symptômes
  • Utiliser un préservatif — réduit le risque sans l’éliminer totalement
  • En cas d’herpès génital après un rapport non protégé : bilan IST complet chez le médecin
  • Éviter tout rapport sexuel pendant les poussées et jusqu’à cicatrisation complète

Sources

Questions fréquentes sur l’herpès génital

Peut-on transmettre l’herpès génital sans avoir de lésions visibles ?

Oui — c’est même la principale voie de transmission. L’excrétion virale asymptomatique est possible à tout moment, même en l’absence de vésicules ou de lésions. On estime que la majorité des contaminations se font ainsi, par des personnes qui ne savent pas qu’elles sont infectées. C’est pourquoi 80% des personnes porteuses du virus HSV-2 l’ignorent.

L’herpès génital dans un couple signifie-t-il une infidélité ?

Pas nécessairement. Le virus HSV peut rester en sommeil dans les ganglions nerveux pendant des années, voire des décennies, avant de se réactiver. Une première poussée d’herpès génital peut survenir longtemps après la contamination initiale. Ce n’est donc pas automatiquement le signe d’une contamination récente — sauf en cas de primo-infection symptomatique clairement identifiable.

Le préservatif protège-t-il contre l’herpès génital ?

Le préservatif réduit significativement le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement. Des particules virales peuvent être présentes sur des zones non couvertes (pubis, lèvres, peau environnante) et se transmettre par contact peau à peau. La transmission est possible même sans pénétration.

Herpès génital et grossesse — que faire ?

Informez systématiquement votre gynécologue ou obstétricien de tout antécédent d’herpès génital. Si vous avez contracté l’herpès avant la grossesse, le risque pour le bébé est faible (anticorps protecteurs transmis). Si la contamination survient en cours de grossesse — surtout en fin — le risque est plus élevé et nécessite une prise en charge spécifique : traitement antiviral préventif et surveillance obstétricale renforcée.

Comment savoir si on a de l’herpès génital sans symptômes ?

Un test sérologique dans le sang peut détecter les anticorps anti-HSV-1 et HSV-2 — confirmant un contact passé avec le virus. Cependant ce test est peu prescrit en routine car sa positivité est très répandue dans la population et ne prédit pas l’apparition de symptômes. En cas de doute ou de comportement à risque, parlez-en à votre médecin qui pourra décider d’un bilan IST adapté.


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Folliculite : soigner et se débarrasser de la folliculite

Folliculite : causes, formes cliniques, traitement et prévention des récidives
Une folliculite est une inflammation du follicule pileux — la structure cutanée qui produit le poil. Le plus souvent infectieuse (bactéries ou champignons), elle se manifeste par des petites pustules centrées sur un poil, parfois douloureuses. Elle peut toucher toutes les zones poilues du corps : visage (barbe), cou, cuisses, cuir chevelu, dos, fesses. Elle a tendance à récidiver en cas de facteurs favorisants non corrigés (rasage, épilation, macération, frottement).

Folliculite récidivante ou qui s’aggrave ?
Un avis dermatologique permet d’identifier la cause exacte, de prescrire un prélèvement bactériologique ou mycologique et d’adapter le traitement.
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Vidéo : folliculite — causes, symptômes et traitement

Folliculite — pustules centrées sur les poils

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Sommaire :
Symptômes |
Formes particulières |
Causes |
Traitement |
Prévention |
Pages liées |
Questions fréquentes

Symptômes de la folliculite

La folliculite typique se manifeste par des pustules centrées sur un poil, entourées d’un halo rouge inflammatoire. Elles peuvent être isolées ou multiples, regroupées sur une zone ou dispersées.

Boutons de folliculite — pustules inflammatoires centrées sur les poils

Stade Aspect Évolution
Folliculite superficielle Pustule centrée sur un poil — halo rouge — parfois douloureuse Guérison en 5 à 7 jours avec croûte — sans cicatrice si non manipulée
Folliculite profonde Nodule rouge douloureux — le follicule est atteint en profondeur Risque de furoncle, abcès, lymphangite — consultation urgente
⚠️ Ne jamais manipuler ni percer les lésions de folliculite. La majorité des complications graves (furoncle, abcès, lymphangite) surviennent après manipulation. En cas de lésion douloureuse, chaude, qui grossit, ou de fièvre associée, consultez sans délai.

Formes particulières de folliculite

Folliculite du cuir chevelu

Folliculite du cuir chevelu — boutons et pustules

Pustules et croûtes douloureuses sur le cuir chevelu, provoquant des boutons dans le cuir chevelu. En cas de folliculite profonde (folliculite décalvante), une alopécie cicatricielle définitive peut survenir — une prise en charge dermatologique rapide est indispensable.

Folliculite de la barbe (sycosis)

Folliculite de la barbe (sycosis) — pustules et inflammation

Forme très fréquente, favorisée et aggravée par le rasage mécanique répété. Les pustules se regroupent en plaques dans la zone de barbe. Il est recommandé de passer à la tondeuse électrique (sans raser à ras) et d’utiliser des mousses à raser antiseptiques. Voir nos articles sur les rougeurs de la barbe et les boutons après rasage.

Folliculite des fesses

Forme fréquente siégeant sur la convexité des fesses, sous les sous-vêtements, favorisée par la macération et les frottements. Voir notre article dédié aux boutons et folliculites des fesses.

Folliculite du jacuzzi (Pseudomonas aeruginosa)

Caractéristique Détail
Source de contamination Jacuzzis, piscines contaminées, combinaisons de surf/plongée mal entretenues
Délai d’apparition 8 à 48 heures après exposition
Aspect typique Grosses pustules disséminées sur le dos et le tronc — forme épidémique (plusieurs personnes simultanément)
Évolution Formes légères : régression spontanée — formes étendues : antibiotiques actifs contre Pseudomonas (ciprofloxacine)

Causes de la folliculite

Type Agent(s) Forme clinique typique
Bactérienne Staphylococcus aureus (cause principale) Pustules centrées sur les poils — toutes zones — souvent associée à impétigo, panaris
Bactérienne Pseudomonas aeruginosa Folliculite du jacuzzi — dos et tronc — épidémique
Mycosique Dermatophytes Folliculite de la barbe en plaques — contact avec bovins — traitement oral indispensable
Mycosique Malassezia (Pityrosporon) Folliculites prurigineuses du dos (hommes jeunes) ou des jambes après épilation — voir boutons après épilation
Mycosique Candida Folliculites douloureuses du cuir chevelu — immunodéprimés — voir candidoses
Aseptique Folliculite à éosinophiles (maladie d’Ofuji) Papulopustules chroniques du visage et du tronc — immunodéprimés (VIH) — prise en charge spécialisée

📚 Folliculites bactériennes et mycosiques : diagnostic différentiel et traitement — PubMed

Traitement de la folliculite

Le traitement dépend de la cause identifiée par le dermatologue après examen clinique, et si nécessaire après prélèvement bactériologique ou mycologique.

Folliculite bactérienne à staphylocoque

Forme Traitement Durée
Peu étendue Antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 2 à 4 applications quotidiennes 10 jours
Étendue ou récidivante Antibiotiques oraux (pristinamycine, clindamycine selon antibiogramme) Selon prescription médicale
Portage nasal Décontamination des gîtes de portage : crème antibiotique dans le nez + lavage antiseptique du corps À discuter avec le médecin

Pour les porteurs chroniques, voir comment soigner le staphylocoque doré.

Folliculite mycosique

Antifongiques locaux (kétoconazole, ciclopirox) ou oraux (itraconazole, terbinafine) selon l’agent et l’étendue. Un prélèvement mycologique préalable est recommandé pour confirmer le diagnostic et guider le traitement — voir notre article sur les mycoses cutanées.

⚠️ Ne jamais appliquer de cortisone ni d’anti-inflammatoires non stéroïdiens sur une folliculite infectieuse. Ces médicaments masquent les signes d’aggravation et permettent à l’infection de s’étendre en profondeur silencieusement.

📚 Prise en charge des infections cutanées bactériennes : recommandations — PubMed


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Prévention des folliculites récidivantes

📌 Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que le traitement médicamenteux lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables.
Domaine Mesures préventives
Macération Sous-vêtements en coton — éviter les textiles synthétiques serrés — sécher soigneusement les plis après la douche
Rasage Raser dans le sens du poil — éviter de raser trop ras — mousses à raser antiseptiques — tondeuse électrique si folliculite récidivante — voir boutons après rasage
Épilation Exfolier avant l’épilation — nettoyer et désinfecter les instruments — voir poils incarnés
Jacuzzi / piscine Vérifier régulièrement le taux de chlore et le pH pour prévenir la contamination à Pseudomonas
Portage staphylococcique En cas de folliculite récidivante à staphylocoque : prélèvements nasaux et décontamination des gîtes de portage sur prescription médicale
Manipulation des lésions Ne jamais percer ni exprimer — voir aussi infections des poils
Vaccination Vérifier que la vaccination antitétanique est à jour — toute plaie cutanée peut être une porte d’entrée

📚 Folliculite récidivante : facteurs de risque et stratégies préventives — PubMed

Pages liées

Questions fréquentes

Comment distinguer une folliculite d’un bouton d’acné ?

Les deux donnent des pustules, mais la folliculite est centrée sur un poil visible et survient sur des zones poilues après rasage, épilation ou macération. L’acné touche préférentiellement le visage, le décolleté et le dos, comprend des comédons (points noirs et blancs) absents dans la folliculite, et survient indépendamment du rasage. Un dermatologue confirme le diagnostic en cas de doute.

La folliculite est-elle contagieuse ?

La folliculite à staphylocoque peut se transmettre par contact direct avec les lésions ou par des objets contaminés (serviettes, rasoirs partagés). Les folliculites mycosiques sont moins contagieuses. La folliculite du jacuzzi se transmet par l’eau contaminée à Pseudomonas — tout le groupe exposé peut être atteint simultanément.

Quand faut-il consulter un médecin ?

En cas de lésion douloureuse, chaude et qui grossit (furoncle en formation), de fièvre, de traînée rouge remontant depuis la lésion (lymphangite), de lésions multiples qui s’étendent rapidement, ou d’absence d’amélioration après 10 jours d’antiseptiques locaux. Une folliculite du visage, du cou ou du cuir chevelu justifie toujours une consultation rapide.

Peut-on soigner une folliculite sans antibiotiques ?

Oui, dans la majorité des cas. Les folliculites superficielles peu étendues guérissent avec des antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 7 à 10 jours, sans antibiotiques. Ces derniers sont réservés aux formes étendues, profondes, récidivantes ou survenant chez les immunodéprimés.

Pourquoi ma folliculite récidive-t-elle ?

Les récidives sont souvent dues à des facteurs favorisants non corrigés (rasage traumatique, macération, textiles synthétiques), à un portage chronique de staphylocoque au niveau du nez, de la gorge ou de l’aine, ou à un terrain favorisant (diabète, immunodépression). Un bilan médical permettra d’identifier la cause. La recherche d’un portage nasal de Staphylococcus aureus et une décontamination ciblée sont parfois nécessaires.

La folliculite peut-elle laisser des cicatrices ?

La folliculite superficielle non manipulée guérit sans séquelles. En revanche, les folliculites profondes (furoncle, folliculite décalvante) peuvent laisser des cicatrices déprimées, voire une alopécie cicatricielle définitive au niveau du cuir chevelu. C’est pourquoi il ne faut jamais manipuler les lésions — et consulter rapidement en cas de folliculite du cuir chevelu récidivante.

Voir aussi :
Furoncle |
Staphylocoque doré |
Acné |
Boutons après rasage |
Poils incarnés


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Mis à jour le 1er avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

Boutons cuir chevelu : folliculite dans les cheveux

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

En bref : Les boutons sur le cuir chevelu sont extrêmement fréquents et souvent mal gérés. Le cuir chevelu a une densité folliculaire unique (100 000 follicules pileux) et une séborrhée intense, créant les conditions idéales pour les folliculites et la dermite séborrhéique. Les 5 causes principales par fréquence : folliculite superficielle du cuir chevelu (S. aureus), dermite séborrhéique (Malassezia), psoriasis du cuir chevelu, kyste épidermoïde et acné chéloïdienne de la nuque. Un cuir chevelu irrité chronique peut évoluer vers une alopécie cicatricielle si non traité.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Boutons sur le cuir chevelu : causes, diagnostic et traitement par un dermatologue

Un bouton sur le cuir chevelu est une plainte fréquente en consultation dermatologique, et pourtant les causes sont multiples, parfois intriquées, souvent mal identifiées. Selon leur nature, ces lésions peuvent être bénignes et rapidement résolutives — ou au contraire menacer le capital pileux de façon définitive. La distinction entre folliculite cicatricielle et non cicatricielle est l’enjeu diagnostique central : en l’absence de traitement adapté, certaines formes détruisent progressivement les follicules pileux et entraînent une alopécie irréversible. Ce guide vous aide à comprendre les différentes formes, leur prise en charge, et les signes qui imposent une consultation rapide.

Boutons qui persistent, qui récidivent, ou chute de cheveux associée ?
Un prélèvement mycologique ou bactériologique et une biopsie guidée permettent d’identifier précisément la cause et d’adapter le traitement avant que des lésions irréversibles ne s’installent.
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boutons cuir chevelu folliculite du cuir chevelu
Folliculite du cuir chevelu

Sommaire :
Clé du diagnostic |
Formes non cicatricielles |
Formes cicatricielles |
Autres causes |
Quand consulter ? |
Pages liées |
Questions fréquentes

La clé du diagnostic : cicatriciel ou non cicatriciel ?

Face à des boutons sur le cuir chevelu, la première question à se poser est : y a-t-il une perte de cheveux associée ? Et si oui, est-elle réversible ou définitive ? C’est autour de cette distinction que s’organise tout le raisonnement diagnostique du dermatologue.

Type Caractéristiques Pronostic pileux Urgence
Non cicatriciel Follicules pileux préservés — cheveux repoussent après traitement — le plus fréquent Favorable si traité Consultation dans les semaines
Cicatriciel Destruction progressive des follicules — zones lisses sans repousse — alopécie définitive Irréversible sans prise en charge Consultation rapide impérative
⚠️ Un cuir chevelu présentant des plaques lisses, brillantes, sans follicules visibles entre les lésions actives doit être exploré en urgence dermatologique. L’absence de prise en charge précoce condamne définitivement les follicules dans la zone atteinte.

Boutons du cuir chevelu sans cicatrice (folliculites non cicatricielles)

Ce sont les formes les plus fréquentes. Les follicules pileux sont enflammés mais structurellement préservés — les cheveux peuvent repousser après traitement bien conduit. Ces folliculites récidivent souvent pendant des mois, parfois des années, avant que la cause ne soit identifiée avec précision.

Folliculite à Malassezia (anciennement Pityrosporum)

Malassezia est une levure lipophile qui colonise normalement la peau de la quasi-totalité des adultes. Dans certaines conditions — immunodépression, chaleur, humidité, antibiothérapie prolongée — cette levure prolifère au sein des follicules et déclenche une réaction inflammatoire. Au niveau du cuir chevelu, elle se manifeste par des pustules prurigineuses souvent associées à des pellicules grasses et une dermite séborrhéique.

Une étude rétrospective (2024) portant sur 26 patients atteints de folliculite non cicatricielle du cuir chevelu a retrouvé des spores de Malassezia dans 96 % des cas à l’examen cytologique — soulignant le rôle central de cette levure, longtemps sous-estimé dans cette localisation.

📚 Malassezia dans les folliculites non cicatricielles du cuir chevelu — PubMed 2024

📚 Malassezia folliculitis : mimétisme acnéique et traitement — PubMed 2025

Traitement : shampooing antifongique au kétoconazole 2 % (ou ciclopirox) en traitement d’attaque, puis en entretien. En cas de forme étendue ou résistante, itraconazole oral. Un traitement d’entretien est souvent nécessaire pour prévenir les rechutes.

Folliculite à Cutibacterium acnes

folliculite cuir chevelu Cutibacterium acnes boutons
Folliculite du cuir chevelu assimilée à de l’acné

Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes) est la bactérie responsable de l’acné. Cette forme touche surtout des patients acnéiques traités au long cours par cyclines, chez qui des pustules récidivantes du cuir chevelu s’installent et réapparaissent rapidement à l’arrêt des antibiotiques. Le diagnostic est clinique et évolutif.

Traitement : peroxyde de benzoyle, antibiotiques locaux et oraux adaptés. En cas de formes résistantes, l’isotrétinoïne à faible dose (5 à 10 mg/j, hors AMM dans cette indication) offre une amélioration plus durable — voir isotrétinoïne.

Folliculite à Demodex

Demodex folliculorum est un acarien microscopique naturellement présent dans les follicules pileux. Sa prolifération, qui augmente avec l’âge et certaines immunodépressions, peut provoquer des boutons inflammatoires du cuir chevelu. La prise en charge est identique à celle de la démodécidose — ivermectine orale ou topique, métronidazole.

Folliculite à bactéries Gram négatives

Forme moins fréquente, caractérisée par des pustules récidivantes du cuir chevelu sans atteinte faciale associée. La bactérie la plus souvent impliquée est Citrobacter koseri. Le diagnostic repose obligatoirement sur un prélèvement bactériologique — sans lui, le traitement reste empirique et inefficace.

💡 Démarche diagnostique : face à des boutons persistants du cuir chevelu, le dermatologue réalise un prélèvement mycologique (examen direct + culture) et bactériologique, voire une biopsie du cuir chevelu avec étude histologique. Ce bilan oriente vers la forme cicatricielle ou non et guide le traitement. L’autotraitement prolongé sans identification de la cause est la principale cause de retard diagnostique.

Boutons du cuir chevelu avec alopécie définitive (folliculites cicatricielles)

Ces formes sont moins fréquentes mais infiniment plus sérieuses. Elles partagent le même mécanisme : une inflammation profonde qui détruit progressivement les follicules pileux, laissant des plaques d’alopécie définitive. Un diagnostic et une mise en route du traitement précoces sont les seuls moyens de limiter l’étendue des dégâts. La folliculite décalvante est la plus fréquente des alopecias cicatricielles neutrophiliques primaires, représentant environ 2,8 % de l’ensemble des consultations pour alopécie.

Folliculite décalvante de Quinquaud

Folliculite chronique progressive caractérisée par des pustules folliculaires récidivantes évoluant vers des croûtes, puis une alopécie cicatricielle au vertex. Elle touche principalement les hommes (environ 60–70 % des cas), souvent de phototype foncé, débutant entre 20 et 40 ans. Un signe clinique très évocateur : la folliculite en touffes (polytrichie) — plusieurs poils émergent du même follicule dilaté, signe visible à la dermatoscopie. La bordure des zones alopéciques est blanc nacré, avec des pustules lors des poussées.

Ligne Traitement Commentaire
1re intention Doxycycline 100–200 mg/j + antiseptiques locaux Traitement prolongé 6–12 mois minimum — effet suspensif, non curatif
2e intention Rifampicine + clindamycine (ou acide fusidique) — 10 semaines Rémission dans ~55 % des cas selon Powell et al. — association synergique
Alternatives Isotrétinoïne orale, gluconate de zinc, dapsone, anti-TNFα Formes résistantes — recommandations EADV 2025

📚 Folliculitis decalvans : revue multicentrique de 82 patients — PubMed 2015

📚 Folliculite décalvante : efficacité des traitements, 60 patients — PubMed 2018

Cellulite disséquante du cuir chevelu

Pathologie touchant surtout les hommes de 20 à 40 ans, à prédominance de phototype foncé. Elle débute par des nodules sous-cutanés fermes qui évoluent vers des abcès intercommunicants douloureux, donnant au cuir chevelu un aspect cérébriforme caractéristique. Elle peut s’associer à une acné conglobata et une hidrosadénite suppurative (triade acnéique).

Traitement : incision et drainage des abcès fluctuants, antibiotiques antistaphylococciques, isotrétinoïne 0,5 à 1 mg/kg/j. Infiltrations de corticoïdes intralésionnels, laser Nd:YAG et anti-TNFα dans les formes sévères.

Folliculite fibrosante de la nuque (acné chéloïdienne)

Se développe principalement chez les hommes jeunes de phototype foncé. Des papules et pustules folliculaires de la nuque évoluent vers des cicatrices chéloïdiennes hypertrophiques. Pour une description complète, voir l’article dédié : acné chéloïdienne de la nuque.

Pustulose érosive du cuir chevelu

Forme rare touchant surtout les femmes âgées, souvent déclenchée par un traumatisme local (traitement de kératoses actiniques par cryothérapie ou laser). Des pustules superficielles apparaissent au vertex, évoluant vers des plaques érosives et croûteuses puis une alopécie cicatricielle.

Traitement : dermocorticoïdes de classe I (propionate de clobétasol) en 1re intention. Isotrétinoïne, dapsone ou gluconate de zinc en 2e intention.

📌 Signes dermatoscopiques à rechercher dans la folliculite décalvante : touffes de poils émergeant d’un même ostium (polytrichie), squames tubulaires jaunâtres en manchon, pustules périfolliuclaires, vaisseaux concentriques autour de la tige pilaire, zones blanc nacré dans les zones alopéciques évoluées.

Autres causes de boutons sur le cuir chevelu

Les folliculites ne sont pas les seules affections responsables de boutons sur le cuir chevelu. Voici les diagnostics différentiels les plus importants à ne pas méconnaître :

Affection Aspect typique Particularités
Psoriasis du cuir chevelu Plaques rouges épaisses, squames blanches très adhérentes Souvent associé à des plaques sur le corps — non infectieux
Dermite séborrhéique Pellicules grasses, rougeurs, démangeaisons diffuses Souvent associée à une dermite du visage — rôle de Malassezia
Teigne (tinea capitis) Plaques alopéciques avec brisure des cheveux, squames grises Surtout chez l’enfant — contagieuse — traitement oral indispensable
Zona du cuir chevelu Vésicules douloureuses unilatérales suivant un dermatome Douleurs souvent intenses — antiviraux précoces
Molluscum contagiosum Petites papules ombiliquées, perlées Surtout chez l’enfant — virus — contagieux
Kyste épidermoïde (loupe) Bosse ferme sous-cutanée mobile, non inflammatoire Peut s’infecter et devenir douloureux — voir loupe du cuir chevelu
Alopécie de traction Petites papules périfolliculaires en bordure du cuir chevelu Favorisée par coiffures tendues (tresses, chignons serrés)

Quand consulter rapidement un dermatologue ?

🚨 Consultez rapidement si :

— Les boutons persistent malgré un traitement bien conduit depuis plus de 4 semaines
— Vous constatez une perte de cheveux dans la zone des lésions
— Les zones sans repousse s’étendent progressivement
— Les abcès sont douloureux, fluctuants ou accompagnés de fièvre
— Les lésions évoluent vers des cicatrices lisses et brillantes sans repousse possible
— Le cuir chevelu présente un aspect cérébriforme ou des nodules intercommunicants


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Pages liées

Questions fréquentes sur les boutons du cuir chevelu

Pourquoi ai-je des boutons qui grattent sur le cuir chevelu ?

Les causes les plus fréquentes de boutons prurigineux du cuir chevelu sont la folliculite à Malassezia (souvent associée à des pellicules grasses), la dermite séborrhéique, la folliculite bactérienne à staphylocoque, ou encore le psoriasis. Ces affections peuvent se ressembler cliniquement mais ne se traitent pas de la même façon. Si les boutons récidivent régulièrement ou si un shampooing antifongique d’essai reste sans effet après deux semaines, un avis dermatologique est indispensable.

Les boutons du cuir chevelu peuvent-ils faire tomber les cheveux définitivement ?

Oui, dans certaines formes. Les folliculites cicatricielles — folliculite décalvante de Quinquaud, cellulite disséquante, pustulose érosive — détruisent progressivement les follicules pileux et provoquent une alopécie définitive dans les zones atteintes si elles ne sont pas traitées à temps. À l’inverse, les folliculites non cicatricielles à Malassezia ou C. acnes n’entraînent pas de chute irréversible une fois correctement prises en charge.

Comment traiter des boutons sur le cuir chevelu sans consulter ?

Un shampooing au kétoconazole 2 % (disponible sans ordonnance en pharmacie) peut aider en cas de folliculite à Malassezia suspectée — pellicules associées, prurit, terrain immunodéprimé ou prise récente d’antibiotiques. Évitez absolument de percer les boutons. Si les lésions ne s’améliorent pas après 2 à 3 semaines, ou si elles s’accompagnent d’une chute de cheveux, consultez un dermatologue.

Quelle est la différence entre folliculite décalvante et cellulite disséquante ?

La folliculite décalvante de Quinquaud se manifeste par des pustules folliculaires récidivantes avec cheveux en touffes (polytrichie) et alopécie cicatricielle progressive. La cellulite disséquante donne plutôt des nodules profonds et abcès intercommunicants douloureux, créant un aspect bosselé du cuir chevelu. Les deux touchent préférentiellement les hommes jeunes à phototype foncé et nécessitent un traitement prolongé.

Les boutons du cuir chevelu sont-ils contagieux ?

Cela dépend de la cause. La teigne (tinea capitis) est hautement contagieuse. Les folliculites à staphylocoque peuvent se transmettre via le matériel de coiffure partagé (tondeuse, ciseaux). Les folliculites à Malassezia et à Demodex ne sont pas considérées comme contagieuses au sens strict, mais une hygiène rigoureuse du matériel de coiffure reste toujours recommandée.

Voir aussi :
Folliculite |
Staphylocoque doré |
Acné |
Dermite séborrhéique |
Alopécie


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⚠️ Quand consulter en urgence :

  • Boutons douloureux avec plaques d’alopécie progressive sur le cuir chevelu (folliculite décalvante)
  • Kyste fluctuant sur le cuir chevelu avec rougeur extensive et fièvre (abcès kystique du scalp)
  • Boutons sur le cuir chevelu associés à une chute de cheveux extensive (alopécie cicatricielle)

Questions fréquentes

Pourquoi des boutons apparaissent-ils sous les cheveux ?

Le cuir chevelu combine une séborrhée intense (jusqu’à 100 mg de sébum/10 cm² vs 30 mg sur le visage), une chaleur élevée (35–37 °C) et une humidité favorisant la prolifération de Malassezia furfur et S. aureus. L’occlusion par les cheveux réduit l’évaporation et crée un micro-environnement propice aux folliculites. Les produits coiffants (cires, gels, laques) obstruent les follicules. Le stress, la transpiration intense et les shampoings peu fréquents amplifient ces facteurs.

Comment distinguer une folliculite d’une dermite séborrhéique du cuir chevelu ?

La folliculite donne des papules-pustules isolées, douloureuses, centrées sur un follicule pileux, avec un poil au centre. La dermite séborrhéique donne des plaques diffuses rosées-rouges avec squames grasses jaunâtres, non douloureuses, sans follicule identifiable. Les deux peuvent coexister. La dermite séborrhéique se traite par shampoings au kétoconazole 2 % ou au sulfure de sélénium 2,5 %, 2 fois/semaine. La folliculite nécessite un antibiotique topique ou oral selon la sévérité.

Le psoriasis du cuir chevelu ressemble-t-il à des boutons ?

Le psoriasis du cuir chevelu peut donner des papules et plaques bien délimitées, épaisses, avec un halo rosé à la lisière capillaire — parfois confondues avec des boutons. La squame argentée (caractéristique) et le signe d’Auspitz (saignement punctiforme lors du retrait de la squame) sont pathognomoniques. Traitement : calcipotriol + dipropionate de bétaméthasone gel (Xamiol) appliqué sur le cuir chevelu le soir pendant 4 semaines, ou shampoing à la liqueur de Fowler (acide salicylique + goudron) pour décaper les squames.

Un kyste du cuir chevelu est-il bénin ?

Le kyste épidermoïde du cuir chevelu (souvent appelé kyste sébacé) est bénin dans > 99 % des cas. Il est mou, mobile, non douloureux, avec parfois un punctum visible. Il peut atteindre plusieurs centimètres. Risque principal : infection (abcès kystique) en cas de traumatisme. Traitement : exérèse chirurgicale simple sous anesthésie locale si gênant. À distinguer du kyste trichilémmal (plus fréquent sur le cuir chevelu, à paroi différente histologiquement) et du pilomatricome (calcifié, dur, enfant et jeune adulte).

La folliculite décalvante est-elle grave pour les cheveux ?

La folliculite décalvante (ou folliculite du cuir chevelu de type ‘tufted folliculitis’) est une folliculite chronique bactérienne grave qui détruit progressivement les follicules pileux, laissant des cicatrices alopéciques définitives en touffes. Elle touche surtout les hommes adultes (vertex). Sans traitement, l’alopécie s’étend progressivement et devient irréversible. Traitement : association rifampicine 300 mg + clindamycine 300 mg × 2/j pendant 3 mois, avec relais par des antibiotiques topiques. Bilan bactériologique (culture de pus) oriente le traitement.

Un shampoing médical améliore-t-il les boutons du cuir chevelu ?

Oui, selon la cause : kétoconazole 2 % (Kétoderm) ou ciclopirox olamine 1,5 % (Mycoapaisyl) — 2 fois/semaine pendant 4 semaines — pour la dermite séborrhéique et les folliculites à Malassezia. Sulfure de sélénium 2,5 % (Stieprox) — hebdomadaire — contre Malassezia et S. aureus. Acide salicylique 3 % (kératolytique) + goudron de houille (Polytar) — pour le psoriasis squameux du cuir chevelu. Laisser le shampoing en place 5 minutes avant le rinçage. Éviter les shampoings parfumés ou moussants agressifs qui irritent le cuir chevelu.

Peut-on avoir de l’acné sur le cuir chevelu ?

L’acné du cuir chevelu (scalp acne ou helminth folliculitis) existe mais est rare. Elle donne des comédons, papules et pustules sur le cuir chevelu, souvent favorisés par les produits coiffants occlusifs (brillantines, huiles, cires). Plus fréquente à la lisière capillaire frontale (en contact avec les cosmétiques qui ruissellent). Traitement : retrait de tous les produits coiffants gras, shampoing à l’acide salicylique 2 %, lotion à la clindamycine 1 % en cas de composante inflammatoire. Rarement nécessaire de recourir aux rétinoïdes.

Sources scientifiques

Mis à jour le 1er avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.

Zona : comment se transmet-il et quelles précautions prendre ?

Contagion et transmission du zona

Vous présentez un zona ou avez été en contact avec une personne atteinte ? Le Dr Rousseau vous reçoit à Bordeaux pour un diagnostic et une prise en charge rapide.


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Zona et VZV : mécanisme de la récurrence

Le zona n’est pas à proprement parler une maladie contagieuse. Il s’agit de la manifestation clinique de la récurrence du virus de la varicelle, le Virus Varicelle-Zona (VZV), qui appartient à la famille des herpèsvirus.

Après une primo-infection par la varicelle (en général dans l’enfance), le VZV ne disparaît pas de l’organisme : il se réfugie dans les ganglions nerveux sensitifs (ganglions rachidiens ou crâniens) où il reste en état de latence pendant des années, voire des décennies. Lorsque les défenses immunitaires s’affaiblissent — avec l’âge, un stress, une maladie ou un traitement immunosuppresseur — le virus peut se réactiver et migrer le long d’un nerf sensitif jusqu’à la peau, provoquant le zona.

Environ 90 % des adultes dans le monde ont fait la varicelle et portent donc le VZV en latence. Parmi eux, environ 20 % développeront un zona au cours de leur vie.

💡 À retenir
On ne « contracte » pas le zona : on le développe à partir du virus que l’on porte déjà en soi depuis la varicelle. C’est pourquoi le zona ne se transmet pas d’une personne ayant un zona à une autre personne déjà immunisée contre la varicelle.

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Peut-on attraper le zona par contagion ?

On n’attrape pas le zona au contact d’une personne qui a un zona. Cependant, il existe une situation particulière : une personne n’ayant jamais fait la varicelle peut, en contact avec les lésions vésiculeuses d’un patient ayant un zona, être contaminée par le VZV et développer… une varicelle (primo-infection), et non un zona.

De même, une nouvelle exposition exogène au VZV — en côtoyant une personne faisant la varicelle ou le zona — peut théoriquement contribuer à une réactivation chez une personne déjà porteuse du virus en latence, bien que ce mécanisme soit considéré comme marginal.

📋 Schéma de transmission simplifié
Contact avec zona ou varicelle → si jamais vacciné ni immunisé → risque de varicelle (pas de zona direct)
Contact avec zona ou varicelle → si déjà immunisé → aucun risque de zona par contagion

Le zona est-il contagieux pour l’entourage ?

Oui, dans une mesure limitée. Un patient présentant un zona peut transmettre le VZV à une personne non immunisée contre la varicelle (environ 10 % des adultes n’ont pas d’immunité contre la varicelle). Cette transmission provoque alors une varicelle chez le contact, et non un zona.

La contagiosité du zona est nettement inférieure à celle de la varicelle :

Caractéristique Varicelle Zona
Mode de transmission Aérienne + contact direct Contact direct avec lésions vésiculeuses uniquement
Période de contagiosité 2 jours avant l’éruption jusqu’à croûtes complètes Environ 2 jours (phase vésiculeuse active)
Ce que le contact risque Varicelle (si non immunisé) Varicelle (si non immunisé) — jamais de zona direct
Contagiosité relative Très élevée Faible (lésions localisées, pas de transmission aérienne)

La contagiosité cesse dès que toutes les vésicules sont croûtées. Un zona couvert par un pansement occlusif est peu contagieux.

Précautions pratiques

Si vous n’avez pas eu la varicelle (ou si vous n’êtes pas certain de votre statut immunitaire) et que vous êtes en contact avec une personne ayant un zona :

  • Lavez-vous soigneusement les mains après tout contact avec la personne malade ou son environnement
  • Évitez le contact direct avec les lésions vésiculeuses (ne pas toucher les plaques de zona)
  • Consultez votre médecin si vous pensez ne pas être immunisé : une sérologie VZV peut confirmer votre statut
  • En cas de doute après exposition, une prophylaxie post-exposition (immunoglobulines spécifiques ou antiviraux) peut être envisagée chez les sujets immunodéprimés ou les femmes enceintes non immunisées
⚠ Personnes à risque particulier
Les nourrissons de moins de 1 mois, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes non immunisées sont les populations les plus vulnérables en cas d’exposition au VZV. Une consultation médicale urgente s’impose dans ces situations.

Zona et grossesse

Si vous êtes enceinte et non immunisée contre la varicelle, évitez tout contact avec une personne présentant un zona ou une varicelle. La varicelle contractée pendant la grossesse peut entraîner des complications sévères : pneumonie varicelleuse maternelle, varicelle congénitale (avant 20 semaines d’aménorrhée) ou varicelle néonatale (en fin de grossesse). Ces situations nécessitent une prise en charge spécialisée en urgence.

Si vous avez déjà eu la varicelle, vous êtes immunisée : le contact avec un patient ayant un zona ne présente aucun risque pour votre grossesse.

Vous êtes enceinte, immunodéprimé(e) ou incertain(e) de votre immunité contre la varicelle ? Consultez rapidement le Dr Rousseau à Bordeaux.


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Vaccination : prévenir le zona

Le vaccin Shingrix® (vaccin recombinant sous-unitaire adjuvanté) est recommandé en France depuis 2023 pour les personnes de 65 ans et plus, et dès 50 ans pour les patients immunodéprimés. Administré en deux doses, il réduit le risque de zona d’environ 90 % et diminue significativement le risque de névralgie post-zostérienne, la complication la plus invalidante du zona.

La vaccination contre la varicelle (Varivax®, Varilrix®) est quant à elle recommandée chez les adultes séronégatifs non immunisés, notamment avant une grossesse ou une immunosuppression programmée.

Questions fréquentes (FAQ)

Mon enfant peut-il attraper la varicelle en côtoyant une personne qui a le zona ?

Oui, si votre enfant n’a pas encore eu la varicelle et n’est pas vacciné. Le contact direct avec les lésions vésiculeuses d’un zona peut transmettre le VZV et provoquer une varicelle. Évitez ce contact et consultez un médecin si une exposition a eu lieu.

Combien de temps le zona est-il contagieux ?

La période de contagiosité est courte, d’environ 2 jours, correspondant à la phase de vésicules actives. Dès que toutes les lésions sont croûtées, le risque de transmission disparaît.

Peut-on faire deux fois le zona ?

Oui, bien que moins fréquent qu’un premier épisode. Les récidives touchent surtout les personnes immunodéprimées. La vaccination par Shingrix® réduit également le risque de récidive chez les personnes ayant déjà eu un zona.

Si j’ai eu la varicelle, puis-je attraper le zona de quelqu’un d’autre ?

Non, pas par contagion directe. Si vous portez déjà le VZV en latence, le contact avec un zona ne vous fera pas développer un nouveau zona. Votre propre zona, si vous en faites un, sera une réactivation du virus que vous portez en vous depuis votre varicelle.

Le zona se transmet-il par la salive ou l’air ?

Non. Contrairement à la varicelle, le zona ne se transmet pas par voie aérienne. La transmission nécessite un contact direct avec le liquide des vésicules. Un zona bien couvert (pansement occlusif) est pratiquement non contagieux.

Que faire si je suis immunodéprimé et exposé au zona ?

Consultez votre médecin en urgence. Une prophylaxie post-exposition par immunoglobulines anti-VZV ou par antiviraux (aciclovir, valaciclovir) peut être envisagée pour prévenir une infection grave.

»»» Suite : le traitement du zona

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Voir aussi : Le zona est une maladie de la réactivation, pas de la contagion. La meilleure protection reste la vaccination : Shingrix® dès 65 ans (ou 50 ans en cas d’immunodépression) réduit d’environ 90 % le risque de zona et de ses complications douloureuses (névralgie post-zostérienne). N’attendez pas un premier épisode pour vous renseigner auprès de votre médecin.

Références scientifiques

  • Gnann JW Jr, Whitley RJ. Herpes zoster. N Engl J Med. 2002;347(5):340-346. PMID 12151472
  • Oxman MN, Levin MJ, Johnson GR, et al. A vaccine to prevent herpes zoster and postherpetic neuralgia in older adults. N Engl J Med. 2005;352(22):2271-2284. PMID 15930418
  • Lal H, Cunningham AL, Godeaux O, et al. Efficacy of an adjuvanted herpes zoster subunit vaccine in older adults. N Engl J Med. 2015;372(22):2087-2096. PMID 25916341
  • Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP). Recommandations vaccinales contre le zona — mise à jour 2023. hcsp.fr

Questions sur la contagion du zona, votre immunité ou la vaccination Shingrix® ? Le Dr Rousseau répond à vos questions en consultation à Bordeaux.


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Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.


Herpes : l’herpès, cause, symptomes, contamination


Herpès : causes, contamination, types et traitement — guide complet
Herpès - lésions cutanées herpétiques

L’herpès est une infection virale par le virus Herpes Simplex (HSV) qui touche la peau et les muqueuses. C’est l’une des infections virales humaines les plus fréquentes au monde — en France, environ 70 % de la population est porteuse de HSV1 à l’âge adulte. Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais : il reste latent dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement, provoquant des poussées récurrentes. Des traitements efficaces permettent de réduire la durée et la fréquence des crises, et de prévenir les récidives.

Poussée d’herpès, questions sur la contagiosité, traitement préventif ?
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HERPES
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– Les routines quotidiennes
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Sommaire :
Les virus HSV1 et HSV2 |
Contamination et latence |
Types d’infections |
Les différentes formes d’herpès |
Formes graves et urgences |
Traitement |
Qualité de vie |
Questions fréquentes

Les virus HSV1 et HSV2 — épidémiologie

Herpès labial - bouton de fièvre sur la lèvre

L’herpès est causé par deux virus de la famille Herpesviridae : HSV1 (Herpes Simplex Virus de type 1) et HSV2. Ces virus sont strictement humains — non transmissibles à l’animal.

HSV1 est le virus le plus répandu : il infecte environ 70 % de la population française et est responsable de la grande majorité des herpès labiaux (boutons de fièvre). HSV2 est classiquement associé à l’herpès génital et concerne environ 20 % de la population. À l’âge de 50 ans, environ 60 % de la population est séropositive pour HSV1 et 15 % pour HSV2.

La distinction HSV1/HSV2 n’est toutefois pas absolue : 20 à 40 % des herpès génitaux sont dus à HSV1 par transmission oro-génitale (pratiques bucco-génitales). Et HSV1 peut provoquer un herpès génital cliniquement identique à un herpès à HSV2.

Contamination, latence et réactivation

Les virus HSV se transmettent par contact direct avec la peau ou les muqueuses infectées — même en l’absence de lésion visible. C’est le point le plus important à comprendre sur la contagiosité de l’herpès : une personne peut transmettre le virus sans avoir de bouton apparent, par excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales.

L’incubation dure entre 2 et 12 jours après la contamination. Lors de la primo-infection, le virus pénètre dans la peau ou la muqueuse et « remonte » le long des nerfs sensitifs pour se réfugier dans les ganglions sensitifs — le ganglion trigéminé pour l’herpès labial, le ganglion sacré pour l’herpès génital. Une fois dans les ganglions, le virus est hors d’atteinte du système immunitaire et des antiviraux.

La réactivation survient lors de situations favorisantes : fatigue, fièvre, stress, règles, exposition solaire, immunodépression, prise de cortisone, rapport sexuel, chirurgie, actes dermo-esthétiques (injections de filler, laser cutané, dermabrasion). Les particules virales « descendent » alors le long des nerfs et se répliquent sur la peau, toujours au même endroit d’une poussée à l’autre.

Les trois types d’infections herpétiques

Primo-infection : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2. Elle peut être totalement asymptomatique (60 à 70 % des cas) ou, au contraire, très sévère — gingivostomatite herpétique fébrile avec lésions buccales douloureuses chez l’enfant, vulvovaginite herpétique chez la femme.

Primo-infection herpétique chez l'enfant - gingivostomatite
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection herpétique

Infection initiale : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2 chez une personne déjà infectée par l’autre sérotype. Les symptômes sont souvent moins sévères que lors d’une primo-infection vraie, car l’immunité croisée partielle entre les deux types modère la réponse.

Réactivation (récurrence) : réplication virale après latence. Elle peut être clinique (éruption visible) ou asymptomatique (excrétion virale sans lésion — la personne est contagieuse sans le savoir). C’est pourquoi chacune des phases peut n’avoir aucun signe clinique apparent.

Les différentes formes d’herpès

Herpès labial — bouton de fièvre

Herpès labial bouton de fièvre - vésicules groupées sur la lèvre
Herpès labial au stade croûteux
Herpès de la lèvre chez l'enfant

L’herpès labial est dû à HSV1 dans la grande majorité des cas. La primo-infection survient souvent dans l’enfance (baiser d’un proche porteur). Les récurrences se manifestent par des vésicules groupées en bouquet, précédées de picotements ou de brûlures caractéristiques, toujours au même endroit (coin de la lèvre, vermillon). Évolution en 5 à 7 jours : vésicules → pustules → croûtes → cicatrisation. Déclencheurs classiques : soleil, fièvre, fatigue, stress.

Herpès génital

Herpès génital de l'homme - ulcérations herpétiques
Herpès génital de la femme

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) — un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic. Il est dû à HSV2 dans 60-80 % des cas, mais HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux par transmission oro-génitale. La primo-infection génitale peut être très sévère (ulcérations douloureuses, fièvre, adénopathies inguinales). Les récurrences sont souvent moins sévères. La transmission est possible même sans lésion visible — le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque.

Herpès cutané — vésicules en bouquet

Vésicules en bouquet évocatrices d'herpès de la fesse

L’herpès peut surgir sur d’autres zones cutanées initialement contaminées — fesses, dos, cuisses — sous forme de vésicules groupées en bouquet érythémateux, récurrentes toujours au même endroit. À distinguer du zona qui est strictement unilatéral et ne récidive quasiment jamais.

Panaris herpétique

Herpès du doigt - panaris herpétique

Le panaris herpétique est une infection herpétique du doigt — souvent une primo-contamination par contact avec une lésion herpétique active (professionnel de santé, enfant se suçant le pouce porteur d’herpès buccal). Vésicules douloureuses péri-unguéales, pouvant mimer un panaris bactérien. Ne jamais inciser — la lésion est virale et non bactérienne.

Formes graves et situations d’urgence

Herpès oculaire — urgence ophtalmologique

Herpès oculaire - œil rouge et douloureux

L’herpès oculaire (kératite herpétique) donne un œil rouge, douloureux et flouurgence ophtalmologique. Non traité, il peut provoquer des séquelles cornéennes irréversibles. Le traitement repose sur les antiviraux locaux : ganciclovir gel ophtalmique 0,15 % (Virgan®), idoxuridine (Iduviran® collyre), trifluridine 1 % (Triherpine®, Virophta® collyre), en association ou non avec l’aciclovir oral. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné seul sur un œil rouge sans diagnostic ophtalmologique.

Syndrome de Kaposi-Juliusberg — urgence pédiatrique

Syndrome de Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique - herpès disséminé

Chez les enfants atteints d’eczéma atopique, le contact avec le virus herpétique peut déclencher une poussée herpétique disséminée — le syndrome de Kaposi-Juliusberg (ou eczéma herpéticum). Vésicules et érosions disséminées sur tout le corps, fièvre élevée, altération de l’état général. C’est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Les parents d’enfants atopiques doivent être informés de ne pas embrasser leur enfant lors d’une poussée d’herpès labial actif.

Herpès et grossesse

L’herpès néonatal — contamination du nouveau-né lors de l’accouchement par une mère excrétant le virus — est une urgence médicale grave (mortalité élevée sans traitement, séquelles neurologiques). Une femme enceinte avec antécédent d’herpès génital doit en informer son obstétricien. Un traitement suppressif par valaciclovir est souvent prescrit à partir de 36 semaines d’aménorrhée pour prévenir une récurrence à l’accouchement. Une lésion herpétique génitale active au moment du travail peut conduire à une césarienne.

Traitement de l’herpès

Il n’existe pas de traitement éradicateur — le virus reste à vie dans les ganglions. Les antiviraux disponibles réduisent la durée et la sévérité des poussées et peuvent prévenir les récidives.

Traitement de la crise (curatif) : aciclovir topique (crème 5 %) appliqué dès les premiers picotements — raccourcit la durée si débuté précocement. Pour les formes modérées à sévères ou l’herpès génital : valaciclovir oral (500 mg × 2/j pendant 5 jours pour l’herpès labial, 1 g × 2/j pour l’herpès génital). L’efficacité est maximale si le traitement est débuté dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes — idéalement dès les prodromes (picotements).

Traitement suppressif (préventif) : pour les patients avec récurrences fréquentes (plus de 6 épisodes par an) ou herpès génital avec retentissement important — valaciclovir 500 mg/j en continu pendant 6 à 12 mois. Réduit la fréquence des poussées de 70 à 80 % et diminue (sans éliminer) le risque de transmission au partenaire. À discuter avec le médecin.

Voir l’article complet : Traitement de l’herpès — aciclovir, valaciclovir, prophylaxie.

Retentissement sur la qualité de vie

L’herpès a un impact psychologique souvent sous-estimé. L’herpès labial affecte l’image de soi et les interactions sociales lors des poussées. L’herpès génital perturbe plus profondément la sexualité et les relations intimes — la crainte de la transmission au partenaire, la stigmatisation associée aux IST et l’annonce au partenaire sont des sources d’anxiété importantes. Le traitement suppressif, en réduisant la fréquence des poussées, améliore significativement la qualité de vie et diminue l’anxiété liée à la transmission.

Questions fréquentes

J’ai un bouton de fièvre dès que je suis fatigué — est-ce normal ?
Oui, c’est le mécanisme classique de l’herpès labial. Le virus HSV1 reste latent dans le ganglion trigéminé et se réactive lors de situations qui fragilisent l’immunité locale — fatigue, stress, fièvre, exposition solaire, règles. Il n’est pas possible d’éradiquer le virus. En revanche, appliquer de l’aciclovir crème dès les premiers picotements raccourcit la durée de la poussée. En cas de poussées fréquentes (plus de 6/an), un traitement préventif oral par valaciclovir peut être prescrit par le médecin.

Peut-on transmettre l’herpès sans avoir de bouton visible ?
Oui — c’est le point le plus important sur la contagiosité de l’herpès. L’excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales est responsable de la majorité des transmissions. Une personne porteuse d’HSV1 peut contaminer un partenaire par un baiser même en l’absence total de lésion visible. Pour l’herpès génital, le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque de transmission asymptomatique.

L’herpès génital et l’herpès labial sont-ils le même virus ?
Non exactement — HSV1 cause classiquement l’herpès labial et HSV2 l’herpès génital, mais cette distinction n’est pas absolue. HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux, transmis par voie oro-génitale. Un herpès génital à HSV1 récidive généralement moins fréquemment qu’un herpès génital à HSV2.

L’herpès peut-il affecter les yeux ?
Oui — l’herpès oculaire (kératite herpétique) est une urgence ophtalmologique. Tout œil rouge et douloureux chez un porteur d’herpès doit être examiné en urgence par un ophtalmologue. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné sans diagnostic précis — les corticoïdes aggravent massivement l’herpès oculaire.

Mon enfant a de l’eczéma — quel risque avec l’herpès ?
Risque important : les enfants atopiques peuvent développer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg) — herpès disséminé grave nécessitant une hospitalisation. Ne jamais embrasser un enfant atopique lors d’une poussée d’herpès labial actif. Informer tous les proches porteurs d’herpès labial de cette précaution.

Recherche bibliographique : PubMed — Herpes simplex | Articles : Herpès labial | Herpès génital | Traitement de l’herpès


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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.


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Erythrasma : l’erythrasma : causes, symptômes et traitement

Érythrasma : taches brunes des plis et traitement antibiotique

Des taches brunes ou chamois dans les aisselles, à l’aine ou entre les orteils — persistantes, peu prurigineuses, résistant aux antifongiques — peuvent faire penser à un champignon mais sont parfois d’origine bactérienne. L’érythrasma est une infection superficielle chronique de la peau causée par une bactérie gram-positive, Corynebacterium minutissimum, qui prolifère dans les zones de plis où chaleur, humidité et frottement créent un environnement favorable. Fréquemment confondu avec une mycose cutanée ou un pityriasis versicolor, il répond à un traitement spécifique et bénigne dans son évolution locale — mais sa récidive est fréquente tant que les facteurs favorisants persistent.

Son diagnostic — longtemps difficile et souvent retardé — est aujourd’hui grandement facilité par un outil simple, disponible au cabinet du dermatologue : la lampe de Wood, qui révèle une fluorescence rose corail caractéristique de la bactérie et permet d’établir le diagnostic sans biopsie dans la grande majorité des cas.

Taches brunes dans les plis qui ne répondent pas aux antifongiques ?
L’érythrasma est fréquemment diagnostiqué et traité à tort comme une mycose. Un examen à la lampe de Wood permet au dermatologue de confirmer le diagnostic en quelques secondes. Le Dr Ludovic Rousseau reçoit en consultation à Bordeaux pour ce type d’évaluation.

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Sommaire

Qu’est-ce que l’érythrasma ?

L’érythrasma est une infection bactérienne superficielle chronique de la peau, causée par Corynebacterium minutissimum — un bacille gram-positif, non sporulant, aérobie facultatif, qui fait partie de la flore commensale cutanée habituelle. Dans les conditions normales, cette bactérie colonise le stratum corneum sans provoquer de pathologie. Mais lorsque les conditions locales deviennent favorables — chaleur, humidité, macération, occlusion cutanée — elle prolifère et produit des enzymes kératolytiques qui dégradent les couches superficielles de l’épiderme, provoquant les lésions caractéristiques.

La bactérie produit également de la coproporphyrine III — un pigment porphyrique qui absorbe la lumière ultraviolette à 360 nm et réémet une fluorescence rose corail vive à la lampe de Wood. C’est ce phénomène physique, propre à C. minutissimum, qui constitue le meilleur outil diagnostique disponible au cabinet du dermatologue.

Pourquoi dit-on « érythrasma » ?
Le terme vient du grec erythros (rouge) et asma (éruption). Le nom est un peu trompeur car les lésions ne sont pas rouges mais plutôt brunes ou chamois — la rougeur initiale s’estompe rapidement au profit d’une pigmentation brunâtre. C. minutissimum fut décrit comme agent étiologique en 1961 par Sarkany, Taplin et Blank, mettant fin à des décennies de confusion avec les dermatophytes.

Épidémiologie et facteurs de risque

Facteur de risque Mécanisme / données
Climat chaud et humide Favorise la transpiration et la macération des plis ; plus fréquent en été et dans les régions tropicales
Diabète sucré (type 1 et 2) Représente 44 % des infections interdigitales du pied chez les diabétiques ; immunité locale altérée, glycémie élevée favorisant la prolifération bactérienne
Obésité Augmentation des plis cutanés, macération, frottements ; 17,6 % des infections bactériennes cutanées du sujet obèse
Hyperhidrose Excès de transpiration créant un microenvironnement humide favorable
Immunodépression VIH, corticothérapie prolongée, chimiothérapie
Mauvaise hygiène locale Défaut de séchage après lavage, port de vêtements synthétiques occlus
Sportifs, personnes en collectivité Douches collectives, contacts cutanés répétés, vêtements occlusifs ; prévalence accrue chez les athlètes et footballeurs
Âge avancé Prévalence accrue chez les sujets âgés : 17,6 % des infections bactériennes cutanées de cette tranche d’âge

Signes cliniques et localisations

L’érythrasma se présente comme des plaques bien délimitées, à bords nets, de couleur chamois, brun rosé ou brun-rougeâtre, à surface légèrement squameuse ou finement ridée. Les lésions sont habituellement asymptomatiques ou discrètement prurigineuses — c’est souvent leur persistance malgré les traitements antifongiques habituels, ou leur découverte fortuite lors d’un examen de la peau, qui conduit le patient à consulter.

Érythrasma de l’aisselle
Érythrasma de l’aine : taches brunes de l’aine

Localisations préférentielles

Localisation Aspect clinique Population préférentiellement concernée
Aisselles (axillaire) Plaques chamois à brunes, bords nets, peu squameuses Adulte, tous âges ; hommes et femmes
Aine et plis inguinaux Plaques brunes souvent bilatérales, parfois avec légère desquamation périphérique Hommes surtout ; diabétiques, obèses
Espaces interdigitaux des pieds Macération blanchâtre, fissures, odeur fétide ; première cause d’infection interdigitale bactérienne Diabétiques, sportifs, personnes en collectivité
Pli sous-mammaire Plaques brunâtres, parfois prurigineuses ; souvent coinfection avec Candida Femmes avec forte poitrine, obèses, ménopausées
Pli interfessier et périnée Lésions brunâtres parfois étendues Sujets obèses, grabataires
Formes disséminées Plaques multiples sur tronc et membres Patients immunodéprimés ; formes rares

Diagnostic : la lampe de Wood, examen clé

Le diagnostic d’érythrasma est clinique, confirmé par la lampe de Wood — une lampe émettant des ultraviolets à 360 nm. Lorsqu’on expose une plaque d’érythrasma à cette lampe dans l’obscurité, Corynebacterium minutissimum émet une fluorescence rose corail vive, caractéristique et quasi pathognomonique. Ce phénomène est dû à la coproporphyrine III produite par la bactérie.

Attention : la fluorescence peut être absente si le patient s’est lavé récemment
La coproporphyrine III responsable de la fluorescence est hydrosoluble et est éliminée par le savon et l’eau. Si le patient s’est douché dans les heures précédant la consultation, la lampe de Wood peut être faussement négative. Pour maximiser la sensibilité de l’examen, il convient d’idéalement ne pas se laver la zone à examiner dans les 24 à 48 heures avant la consultation. En cas de doute malgré un lavage récent, un prélèvement bactériologique ou une biopsie cutanée avec coloration de Gram peuvent être réalisés.

La dermoscopie sous lumière ultraviolette (dermoscopie fluorescente UV) constitue un apport diagnostique récent, permettant d’objectiver la fluorescence à plus fort grossissement et de mieux délimiter les lésions — elle est notamment utile pour distinguer l’érythrasma d’un pityriasis versicolor ou d’une dermite séborrhéique.

Histologie

La biopsie cutanée n’est pas nécessaire dans les cas typiques, où la clinique et la lampe de Wood suffisent au diagnostic. Elle est réservée aux formes atypiques ou résistantes. Lorsqu’elle est réalisée, le dermatologue prélève sous anesthésie locale un fragment de peau adressé à un anatomopathologiste.

À l’histologie, l’érythrasma montre une hyperkératose compacte du stratum corneum, sans inflammation dermique significative — signe de la nature purement superficielle de l’infection. Les bactéries gram-positives filamenteuses peuvent être identifiées dans les couches cornées par la coloration de Gram ou par la coloration au PAS. L’épiderme sous-jacent et le derme sont normaux.

Diagnostics différentiels

Affection Points communs Éléments distinctifs
Mycose à dermatophytes (tinea cruris) Plaques des plis inguinaux, squameuses Bord actif vésiculeux ou squameux plus marqué en périphérie ; fluorescence Wood négative ; prélèvement mycologique positif ; répond aux antifongiques
Candidose des plis (intertrigo candidosique) Rougeur des plis, prurit Fond rouge vif, satellites périphériques (pustules), fissures ; fluorescence Wood négative ; prélèvement mycologique positif (Candida)
Pityriasis versicolor Macules brunâtres squameuses Distribution plus étendue (tronc) ; fluorescence jaune-verdâtre ou cuivrée à la Wood (pas corail) ; Malassezia au prélèvement
Psoriasis inversé des plis Plaques des plis Fond rouge lisse brillant sans squames (plis occlusis) ; antécédents de psoriasis ; Wood négatif ; répond aux dermocorticoïdes
Intertrigo non spécifique Rougeur des plis, macération Erythème diffus sans plaque délimitée, pas de fluorescence ; lié à la friction seule
Acanthosis nigricans Plaques sombres des plis Texture veloutée hyperkératosique ; couleur brun-noir ; associé à une insulinorésistance ; Wood négatif
Coinfection érythrasma + dermatophyte ou Candida : une réalité fréquente
C. minutissimum peut coexister avec des dermatophytes (Epidermophyton, Trichophyton) ou avec Candida albicans sur les mêmes zones. Cette coinfection complique le diagnostic et explique certaines résistances aux traitements antifongiques seuls ou antibiotiques seuls. En cas de doute, la réalisation simultanée d’un prélèvement mycologique et d’un prélèvement bactériologique, couplée à la lampe de Wood, permet d’identifier le ou les agents en cause.

Traitement antibiotique et mesures associées

Traitement antibiotique de référence

L’érythromycine orale, 250 mg quatre fois par jour pendant 14 jours, constitue le traitement systémique de référence, dont l’efficacité est documentée depuis les années 1960 et confirmée par les revues récentes. Elle atteint des concentrations cutanées élevées et présente une excellente activité sur C. minutissimum.

En France, l’érythromycine peut être associée à une application topique de clindamycine gel à 1 %, trois fois par jour, à poursuivre 14 jours après la fin du traitement oral, pour réduire le risque de récidive et éliminer la colonisation résiduelle. Un nettoyage quotidien de la zone avec un savon antiseptique (Septivon, Cyteal) suivi d’un séchage minutieux est indispensable pendant toute la durée du traitement.

Traitement Posologie / modalités Commentaire
Érythromycine orale (référence) 250 mg × 4/jour, 14 jours Traitement systémique de référence ; bonne tolérance digestive en prenant avec les repas
Clindamycine orale (alternative) 1 gramme en dose unique Alternative pratique ; bonne compliance ; résistances décrites
Tétracycline orale 250 mg × 4/jour, 5 à 14 jours Alternative efficace ; contre-indiquée chez l’enfant <8 ans et la femme enceinte
Clindamycine topique (gel 1 %) 3 fois/jour ; à poursuivre 14 jours après la fin du traitement oral Complément du traitement oral ; réduit le risque de récidive
Acide fusidique topique 2 à 3 fois/jour, 14 jours Alternative topique efficace ; risque de résistance si utilisé seul répétitivement
Mupirocine topique 2 % 2 fois/jour, 4 à 6 semaines Efficacité documentée dans des cas publiés (Forouzan & Cohen, 2020)
Savon antiseptique (Septivon, Cyteal) Nettoyage quotidien de la zone, séchage minutieux Indispensable pendant toute la durée du traitement et en prévention des récidives
Résistances à l’érythromycine : une réalité croissante
Des souches de C. minutissimum résistantes à l’érythromycine (via les gènes ermX et mefA) sont de plus en plus rapportées dans la littérature. En cas d’échec clinique après un traitement bien conduit par érythromycine, un antibiogramme sur culture bactériologique est indiqué. Les tétracyclines, la clindamycine, les céphalosporines de première génération et les fluoroquinolones restent généralement actifs sur les souches résistantes à l’érythromycine.

Mesures hygiéno-diététiques associées

Le traitement antibiotique, aussi efficace soit-il, sera suivi de récidives si les conditions favorisantes ne sont pas corrigées :

  • Porter des vêtements larges, en coton, laissant respirer la peau des zones à risque ;
  • Sécher soigneusement les plis après chaque douche, à l’air libre ou avec un sèche-cheveux à faible température ;
  • Traiter le diabète si présent — l’équilibre glycémique est un facteur majeur de contrôle de la récidive ;
  • Lutter contre le surpoids — la réduction des plis cutanés est un facteur préventif important ;
  • Éviter les antiseptiques agressifs en usage prolongé qui peuvent déséquilibrer le microbiote cutané et favoriser la prolifération de germes résistants ;
  • Utiliser des poudres de talc ou des produits astringents dans les plis pour réduire l’humidité résiduelle.

Prévention des récidives

L’érythrasma est une maladie à forte tendance récidivante, particulièrement chez les sujets diabétiques, obèses ou présentant une hyperhidrose. La prévention repose sur la correction durable des facteurs de risque et sur des mesures d’hygiène rigoureuses maintenues à long terme.

En cas de récidives fréquentes malgré les mesures hygiéno-diététiques, une prophylaxie par application hebdomadaire d’un savon antiseptique sur les zones à risque peut être envisagée. Chez les patients diabétiques, l’optimisation du contrôle glycémique est le levier préventif le plus efficace à long terme.

Questions fréquentes sur l’érythrasma

L’érythrasma est-il contagieux ?

La contagiosité de l’érythrasma est faible. Corynebacterium minutissimum fait partie de la flore cutanée normale et ne se transmet pas facilement d’une personne à l’autre dans des conditions d’hygiène standard. En revanche, chez les sportifs ou en milieu de collectivité avec partage de vestiaires et douches, une transmission par contact cutané direct est possible. Les facteurs favorisants personnels (diabète, obésité, hyperhidrose) jouent un rôle bien plus déterminant que la contagion.

Comment expliquer que mon médecin m’ait prescrit des antifongiques sans succès ?

C’est l’erreur diagnostique la plus fréquente avec l’érythrasma. L’aspect des lésions — plaques brunes dans les plis — est très proche d’une mycose cutanée (tinea cruris) ou d’un pityriasis versicolor. Sans lampe de Wood, le diagnostic clinique seul est difficile. L’échec d’un traitement antifongique bien conduit doit systématiquement faire évoquer un érythrasma et conduire à une consultation dermatologique.

La lampe de Wood est-elle toujours disponible chez le dermatologue ?

Oui, la lampe de Wood est un équipement standard du cabinet de dermatologie. L’examen est indolore, dure quelques secondes, et ne nécessite aucune préparation particulière — si ce n’est de ne pas s’être lavé la zone suspecte dans les 24 à 48 heures précédant la consultation pour maximiser la fluorescence. C’est l’un des rares examens qui permet un diagnostic « en temps réel » sans attendre de résultats de laboratoire.

L’érythrasma peut-il revenir après un traitement bien conduit ?

Oui, les récidives sont fréquentes si les facteurs favorisants persistent. Un diabète mal équilibré, une obésité avec plis cutanés profonds, ou une hyperhidrose non traitée favorisent la réinstallation de la bactérie après le traitement. C’est pourquoi le traitement antibiotique doit toujours être accompagné de mesures hygiéno-diététiques durables, et les maladies sous-jacentes traitées.

Peut-on avoir une érythrasma et une mycose en même temps au même endroit ?

Oui, c’est possible et décrit dans la littérature. Corynebacterium minutissimum peut coexister avec des dermatophytes ou avec Candida albicans dans les mêmes zones de plis. Cette coinfection rend le diagnostic et le traitement plus complexes. Un prélèvement mycologique et bactériologique simultané, couplé à la lampe de Wood, permet d’identifier chaque agent et d’adapter le traitement en conséquence.

Voir aussi :
Champignons de la peau : mycoses et candidoses
Microbiote cutané
Abcès cutané

Références scientifiques

  • Forouzan P, Cohen PR. Erythrasma revisited: diagnosis, differential diagnoses, and comprehensive review of treatment. Cureus. 2020;12(9):e10733. doi:10.7759/cureus.10733. PubMed 33145138
  • Pan S, Ryan MP, Rapini RP. Erythrasma. JAMA Dermatol. 2024;160(3):352-353. doi:10.1001/jamadermatol.2023.4897. PubMed 38231505
  • Holdiness MR. Management of cutaneous erythrasma. Drugs. 2002;62(8):1131-1141. doi:10.2165/00003495-200262080-00002. PubMed 12010076
  • Masood M, Usatine RP, Heath CR. Erythrasma. Cutis. 2022;110(6):338-339. doi:10.12788/cutis.0656. PubMed 36735984
  • Radhakrishnan S, Logamoorthy R, Karthikeyan K, Mohan R, Mary JJF. Erythrasma: a systematic review of interventions. Clin Exp Dermatol. 2025;50(11):2139-2146. doi:10.1093/ced/llaf297. PubMed 40635638
  • Janeczek M, Kozel Z, Bhasin R, et al. High prevalence of erythrasma in patients with inverse psoriasis: a cross-sectional study. J Clin Aesthet Dermatol. 2020;13(3):12-14. PubMed 32308762
  • Zisova L, Valchev V, Kasabov G. Erythrasma in athletes and football players. Wien Med Wochenschr. 2021;171(1-2):24-28. doi:10.1007/s10354-020-00753-2. PubMed 32350711
  • Ankad BS, Dhananjaya S. Erythrasma mimicking tinea versicolor: the diagnostic utility of ultraviolet-induced fluorescence dermoscopy and successful combination therapy. Cureus. 2025;17(11):e96970. doi:10.7759/cureus.96970. PMC 12707171

Mis à jour le 24 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau

Lamisil : causes, symptomes et traitement dermatologue

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Lamisil® est un antifongique à base de terbinafine disponible en trois formes : crème 1%, solution pour pulvérisation cutanée 1% et comprimés sécables 250 mg. Classé liste 2, il est remboursé à 30% (formes topiques) et 65% (comprimés) sur prescription médicale.

Formes disponibles et indications

Forme Indication principale Durée Remboursement
Crème 1% Pied d’athlète, intertrigo, dermatophytose 1 à 2 semaines 30%
Spray 1% Pied d’athlète, pityriasis versicolor 1 semaine 30%
Comprimés 250 mg Onychomycose, teigne, dermatophytose sévère 6 sem. (mains) / 12 sem. (pieds) 65%

Questions fréquentes sur Lamisil® (terbinafine)

Lamisil® crème est-il remboursé sans ordonnance ?

Non, Lamisil® est classé liste 2 et nécessite une prescription médicale pour être remboursé. Il peut être acheté sans ordonnance en pharmacie mais ne sera pas remboursé dans ce cas. Pour bénéficier du remboursement à 30%, une ordonnance est indispensable.

Combien de temps faut-il prendre Lamisil® comprimés pour guérir un ongle mycosé ?

Le traitement par comprimés est de 6 semaines pour les ongles des mains et de 12 semaines pour les ongles des pieds. La disparition clinique de la mycose est visible plusieurs mois après la fin du traitement, lors de la repousse de l’ongle sain.

Quelle est la différence entre Lamisil® et Fungster® ?

Lamisil® et Fungster® contiennent tous deux de la terbinafine 250 mg et ont la même efficacité. Lamisil® est la marque d’origine ; Fungster® est un générique. Lamisil® propose en plus des formes topiques (crème et spray) que Fungster® ne propose pas.

Quels sont les effets secondaires de Lamisil® ?

Les effets les plus fréquents sont : troubles digestifs (nausées, diarrhées), perturbations du goût et éruptions cutanées. Des atteintes hépatiques rares mais sévères ont été rapportées avec la forme orale, nécessitant une surveillance hépatique.

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