Pityriasis versicolor : causes, symptômes et traitements antifongiques

Mis à jour le 6 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).-vénéréologue.

En bref : Le pityriasis versicolor est une mycose bénigne très fréquente, due à Malassezia, une levure naturellement présente sur la peau humaine. Elle provoque des taches blanches ou marron sur le tronc, les épaules et le dos, particulièrement visibles après le soleil. La maladie n’est pas contagieuse et répond bien aux antifongiques locaux. Elle récidive chez 60 à 80 % des patients sans prévention.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue

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Pityriasis versicolor - taches brunes et blanches sur le tronc

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Vidéo : pityriasis versicolor - causes, symptômes et traitement

Qu’est-ce que le pityriasis versicolor ?

Le pityriasis versicolor – appelé lota aux Antilles et loto en Afrique – est une infection fongique superficielle de la peau causée par Malassezia, un genre de levures lipophiles qui colonisent la peau humaine dès la naissance. Cette levure est une composante normale du microbiome cutané ; elle ne devient pathogène que lorsque des conditions locales favorisent son passage d’une forme levurique saprophyte à une forme filamenteuse invasive dans les couches superficielles de l’épiderme.

Il s’agit de l’une des mycoses cutanées les plus fréquentes au monde, avec une prévalence particulièrement élevée dans les régions tropicales et subtropicales. En France tempérée, elle touche surtout les jeunes adultes entre 18 et 40 ans, période de séborrhée maximale sous influence hormonale.

Caractéristique Données
Agent responsable Malassezia furfur, M. globosa, M. sympodialis
Tranche d’âge la plus touchée 18 – 40 ans (pic hormono-sébacé)
Contagiosité Aucune – maladie opportuniste
Zones préférentielles Dos, poitrine, épaules, cou
Taux de récidive 60 % à 1 an, 80 % à 2 ans
Traitement local de référence Kétoconazole 2 % lotion (Kétoderm® unidose)

Facteurs favorisants : pourquoi Malassezia devient-elle pathogène ?

La transformation de Malassezia d’hôte inoffensif en agent infectant est conditionnée par des facteurs locaux et généraux qui modifient l’équilibre du microbiome cutané.

Peau grasse et séborrhée

La levure est strictement lipophile : elle se nourrit des acides gras du sébum. Une hyperséborrhée – qu’elle soit hormonale, constitutionnelle ou induite par des cosmétiques gras (huile de coco, monoï, crèmes corps riches) – crée les conditions idéales à sa prolifération. C’est la raison pour laquelle la maladie prédomine à l’adolescence et chez le jeune adulte, et régresse souvent après 40 ans.

Transpiration et chaleur

Tout ce qui favorise la macération et l’humidité cutanée prolongée peut déclencher une poussée : port de textiles synthétiques ou occlusifs, activité sportive intense, sauna, hammam, voyages en zone tropicale, été chaud et humide. Le pityriasis versicolor est par excellence une maladie estivale dans les pays tempérés.

Corticothérapie et états d’hypercorticisme

Des formes diffuses et particulièrement étendues sont classiquement associées à un excès de cortisol, qu’il soit endogène (syndrome de Cushing, grossesse) ou iatrogène (corticothérapie orale prolongée). La cortisone favorise la séborrhée et modifie la réponse immunitaire cutanée, créant un terrain permissif pour Malassezia.

Facteur génétique : Des cas familiaux sans cohabitation commune ont été rapportés, suggérant l’existence d’une prédisposition génétique à la colonisation pathogène par Malassezia. Si plusieurs membres de votre famille font des pityriasis versicolor, un traitement préventif saisonnier est particulièrement justifié.

Pityriasis versicolor du cou - taches rosées

Symptômes : à quoi ressemblent les taches ?

Le pityriasis versicolor se présente sous deux aspects principaux qui peuvent coexister chez le même patient. Les lésions siègent préférentiellement dans les zones séborrhéiques : entre les seins, entre les omoplates, sur les épaules, le cou, le haut du dos et les bras.

Phase initiale : taches rosées ou marron clair

La lésion élémentaire est une tache arrondie, à bords nets, de quelques millimètres à 1 cm, de teinte variant du rose chamois au brun café-au-lait. Elle naît autour d’un follicule pilo-sébacé (le réservoir naturel de Malassezia) et s’étend de façon centrifuge. La confluence de nombreuses taches donne soit un aspect en « gouttes » éparpillées, soit de grandes nappes à contours polycycliques couvrant de larges zones du tronc.

Après exposition solaire : taches blanches caractéristiques

C’est souvent le signe qui pousse à consulter. Après quelques semaines d’évolution ou suite à une exposition solaire, les taches deviennent blanches : elles ne pigmentent pas parce que Malassezia produit de l’acide azélaïque, qui inhibe la tyrosinase et bloque la fabrication de mélanine. Sur une peau bronzée, ces taches blanches sont particulièrement visibles et souvent sources d’inquiétude.

Si l’on gratte délicatement la surface des lésions, elles se révèlent finement squameuses (on parle de « squames furfuracées », comme du son fin). C’est un signe clinique utile pour orienter le diagnostic.

Taches roses en gouttes du dos - pityriasis versicolor

Pityriasis versicolor en nappes polycycliques sur les épaules

Taches blanches du dos - pityriasis versicolor

Taches blanches de pityriasis versicolor après soleil

Taches blanches de pityriasis après exposition solaire

Plaques de pityriasis versicolor entre les seins

Diagnostic : comment confirmer un pityriasis versicolor ?

Dans la grande majorité des cas, le diagnostic est clinique : l’aspect des lésions, leur topographie, la notion d’exposition solaire récente et l’interrogatoire sur les facteurs favorisants suffisent à un dermatologue expérimenté. Deux examens complémentaires permettent de confirmer en cas de doute :

Lampe de Wood : sous lumière ultraviolette, les lésions de pityriasis versicolor émettent une fluorescence jaune-verdâtre caractéristique, permettant de délimiter précisément l’étendue des zones atteintes – très utile avant de prescrire un traitement sur une grande surface.Scotch-test : on applique un ruban adhésif transparent sur la lésion pour recueillir des squames, puis on les examine directement au microscope. On observe des filaments mycéliens courts et ramifiés et des amas de levures ovalaires (Malassezia) – aspect classiquement comparé à des « spaghettis et boulettes ».

Diagnostics différentiels à ne pas confondre

Pathologie Différence clé
Vitiligo Dépigmentation complète, bords nets, pas de squames, pas de fluorescence Wood
Pityriasis alba Enfant, visage, taches peu définies, terrain atopique
Dermite séborrhéique Squames grasses jaunes, zones pileuses (cuir chevelu, sillons nasogéniens)
Pityriasis rosé de Gibert Évolution rapide en médaillon, tache mère initiale, prurit
Eczéma nummulaire Placards ronds très prurigineux, suintants, répondant aux dermocorticoïdes

📚 Pityriasis versicolor : revue narrative – diagnostic et prise en charge (PubMed 2023)

Vitiligo ou pityriasis versicolor?

Traitement du pityriasis versicolor

Point important : les taches blanches persistent plusieurs semaines à plusieurs mois après guérison mycologique. La disparition des squames et la négativation du scotch-test confirment la guérison, pas la normalisation de la couleur. La recoloration prend du temps – ne pas retraiter trop tôt.

Mesures générales : contrôler les facteurs favorisants

Quelle que soit la forme clinique, la maîtrise des facteurs déclenchants est indispensable – sans elle, les récidives sont quasi certaines. Concrètement : porter uniquement des sous-vêtements et vêtements en coton au contact de la peau, éviter les cosmétiques corps gras (huiles, beurres, monoï), rincer la peau après une transpiration abondante, ne pas laisser un maillot de bain mouillé en contact prolongé.

Traitement local (formes peu étendues)

C’est le traitement de première intention, efficace dans la grande majorité des cas.

Kétoconazole 2 % lotion (Kétoderm® unidose) – protocole :
Appliquer sur la peau et le cuir chevelu préalablement mouillés, masser pour faire mousser, insister sur les zones atteintes. Laisser 10 minutes en contact puis rincer soigneusement. Ce traitement unique permet de traiter tout le corps et le cuir chevelu simultanément. Il peut être répété une seconde fois une semaine plus tard.

Le sulfure de sélénium (Selsun®), non remboursé par la Sécurité sociale, constitue une alternative efficace : appliquer sur tout le corps après une douche, laisser 15 minutes puis rincer abondamment. Renouveler 2 fois par semaine pendant 2 semaines. Une étude randomisée en double aveugle publiée en 2022 a confirmé que l’efficacité mycologique du sulfure de sélénium 1,8 % est comparable à celle du kétoconazole 2 % (94 % vs 86 %, différence non significative).

Traitement systémique (formes étendues ou récidivantes)

Environ 60 % des patients récidivent la première année après un traitement local, et jusqu’à 80 % à deux ans. Pour ces formes récurrentes ou très étendues, un traitement par voie orale est justifié :

Médicament Posologie Indication
Fluconazole 150 mg 1×/semaine × 4 semaines Résistance au traitement local
Itraconazole (Sporanox®) 200 mg/j × 5–7 jours Formes étendues ou récidivantes
Itraconazole préventif 400 mg 1 fois/mois × 6 mois Récidives très fréquentes
Kétoconazole (Nizoral®) 400 mg 1 fois/mois Prévention des rechutes (surveillance hépatique obligatoire)
Important : La terbinafine par voie orale est inefficace dans le pityriasis versicolor, contrairement aux dermatophyties. Si elle vous a été prescrite, reconsultez votre médecin – il est possible qu’une autre mycose coexiste. Le kétoconazole oral (Nizoral®) nécessite une surveillance hépatique régulière (bilan à J0, J15, puis toutes les 4 semaines).

Traitement local d’entretien (prévention des récidives)

Deux protocoles sont validés en pratique :

  • Une ou deux applications hebdomadaires de kétoconazole 2 % lotion pendant plusieurs mois.
  • Un traitement préventif systématique chaque année avant l’été (lotion kétoconazole, traitement unique renouvelé une fois).
Rappel : la terbinafine est inefficace dans le pityriasis versicolor – elle n’est pas excrétée dans la sueur et n’atteint donc pas la zone de vie de Malassezia. En cas de doute sur le diagnostic ou l’efficacité du traitement, consultez un dermatologue.

Repigmentation : pourquoi les taches restent-elles après guérison ?

C’est la question la plus fréquente en consultation. La guérison mycologique (disparition de Malassezia en forme pathogène) survient en quelques semaines, mais la repigmentation des taches blanches est un processus bien plus lent. Les mélanocytes inhibés doivent reconstituer leur production de mélanine et la transférer aux kératinocytes : ce processus prend 1 à 3 mois, parfois plus selon le phototype et l’intensité de l’exposition solaire.

La lumière solaire accélère la repigmentation. Un traitement réussi cliniquement et mycologiquement ne signifie donc pas que les taches ont disparu immédiatement : c’est une source fréquente de découragement et de demandes de retraitement injustifiées.

Pour les patients à taches blanches persistantes malgré une guérison confirmée, une consultation dermatologique permet d’éliminer un vitiligo associé, dont la prise en charge est très différente.

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Consultez un dermatologue si :

  • Les taches persistent après 4 semaines de traitement bien conduit
  • Les lésions s’étendent malgré le traitement (envisager une résistance antifongique)
  • Le diagnostic n’est pas certain et les taches sont très étendues ou atypiques
  • Vous présentez des formes récidivantes malgré la prévention (recherche d’un déficit immunitaire ou d’un hypercorticisme)
  • Vous êtes enceinte ou immunodéprimé avant tout traitement systémique

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Questions fréquentes sur le pityriasis versicolor

Le pityriasis versicolor est-il contagieux ?

Non. Malassezia est présente sur la peau de toute personne en bonne santé depuis la naissance. Ce n’est pas une maladie qui se transmet d’une personne à l’autre – les cas de co-infection dans un couple ou une famille sont très rares et relèvent de la même prédisposition individuelle aux facteurs favorisants, pas d’une contagion.

Pourquoi les taches de pityriasis ne bronzent-elles pas au soleil ?

Malassezia produit de l’acide azélaïque, qui inhibe la tyrosinase, enzyme indispensable à la fabrication de mélanine par les mélanocytes. Les zones infectées ne se pigmentent donc pas sous les UV, créant des taches blanches très visibles sur peau bronzée. Cette hypopigmentation persiste plusieurs semaines après la guérison mycologique, le temps que les mélanocytes reconstituent leur activité.

Quel est le meilleur traitement local du pityriasis versicolor ?

Le kétoconazole 2 % en lotion moussante (Kétoderm® unidose) est le traitement local de référence, avec avis favorable de la HAS au remboursement. Application unique sur tout le corps mouillé, contact de 10 minutes, rinçage. Peut être répété une semaine plus tard. Le sulfure de sélénium (Selsun®) est une alternative efficace mais non remboursée. Ces traitements locaux guérissent la majorité des cas peu étendus.

La terbinafine orale est-elle efficace contre le pityriasis versicolor ?

Non. La terbinafine par voie orale est inefficace dans le pityriasis versicolor car elle ne se diffuse pas dans la transpiration, qui est la voie par laquelle les antifongiques atteignent les couches superficielles de l’épiderme où réside Malassezia. Si votre traitement ne fonctionne pas, vérifiez qu’il ne s’agit pas d’une confusion de diagnostic.

Combien de temps les taches mettent-elles à disparaître après traitement ?

La mycose est éradiquée en quelques semaines, mais la repigmentation des taches blanches prend 1 à 3 mois. Les taches disparaissent plus vite sous exposition solaire modérée. Il ne faut pas retraiter sur la seule persistance des taches si le traitement a été bien conduit – attendre la repigmentation naturelle.

Comment prévenir les récidives de pityriasis versicolor ?

Éliminer les facteurs favorisants est la mesure la plus efficace : coton au contact de la peau, pas d’huiles corps grasses, douche après transpiration importante. Un traitement préventif annuel avant l’été (lotion kétoconazole, une application renouvelée à une semaine) est recommandé chez les patients à récidives fréquentes. 60 % des patients récidivent la première année sans prévention.

Le pityriasis versicolor peut-il toucher le visage ?

En Europe, l’atteinte faciale est rare chez l’adulte et presque exclusivement observée dans les pays tropicaux. Elle est plus fréquente chez l’enfant (front, joues). En France, des taches blanches ou marron sur le visage doivent d’abord faire évoquer un vitiligo, une dermite séborrhéique, un pityriasis alba ou un mélasma – un avis dermatologique est recommandé.

La lampe de Wood est-elle utile pour le diagnostic ?

Oui. Sous lumière ultraviolette (lampe de Wood), les lésions de pityriasis versicolor émettent une fluorescence jaune-verdâtre caractéristique, permettant d’en délimiter précisément l’étendue. C’est un examen indolore, réalisé en quelques secondes en cabinet. Le scotch-test avec examen direct au microscope confirme la présence de Malassezia sous forme filamenteuse.

Le pityriasis versicolor peut-il devenir chronique ?

Oui. Certains patients font des poussées répétées sur des années, surtout à chaque été ou retour de voyage tropical. Cette évolution chronique est favorisée par une hyperséborrhée constitutionnelle, une tendance à transpirer abondamment ou une corticothérapie au long cours. Un traitement d’entretien mensuel et la suppression des facteurs favorisants permettent généralement de contrôler la maladie.

Références scientifiques

  1. Łabędź N, Navarrete-Dechent C, Kubisiak-Rzepczyk H, Bowszyc-Dmochowska M, Pogorzelska-Antkowiak A, Pietkiewicz P. Pityriasis Versicolor – A Narrative Review on the Diagnosis and Management. Life (Basel). 2023 Oct 22;13(10):2097. PMID 37895478
  2. Lusiana, Surachmiati L, Saldi SRF, Lusianingtyas T, Bramono K. The Mycological Efficacy and Safety of Selenium Sulfide 1.8% versus Ketoconazole 2% Shampoo in Pityriasis Versicolor: A Double-Blind Randomized Controlled Trial. Dermatol Ther (Heidelb). 2022;12(4):991-1001. PMID 38021181
  3. Faergemann J, Gupta AK, Al Mofadi A, Abanami A, Shareaah AA, Marynissen G. Efficacy of itraconazole in the prophylactic treatment of pityriasis (tinea) versicolor. Arch Dermatol. 2002;138(1):69-73. PMID 11790167

Source : HAS – Kétoconazole : avis de remboursement dans le pityriasis versicolor (2026)

Maladie de lyme : causes, symptomes, prise de sang, traitement

Maladie de Lyme : symptômes, diagnostic et traitement
La maladie de Lyme (borréliose de Lyme) est une infection bactérienne à Borrelia burgdorferi, transmise à l’homme principalement par la morsure d’une tique infestée.
Elle se manifeste le plus souvent par une rougeur circulaire caractéristique qui s’étend progressivement autour du point de morsure dans les jours à semaines suivant la piqûre.
Diagnostiquée et traitée précocement par antibiotiques, la guérison est complète dans la grande majorité des cas.
Non traitée, la maladie peut se chroniciser et entraîner des complications sérieuses touchant le cœur, le système nerveux et les articulations.

En bref : La maladie de Lyme touche environ 60 000 personnes par an en France. Son premier signe est une rougeur circulaire (érythème migrant) qui apparaît autour de la piqûre de tique dans les 3 jours à 1 mois suivants. Traitée tôt par antibiotiques (doxycycline 14 jours), la guérison est complète dans la quasi-totalité des cas.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 9 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Érythème migrant de la maladie de Lyme
Érythème migrant : signe caractéristique de la maladie de Lyme

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Comment contracte-t-on la maladie de Lyme ?

La transmission se fait exclusivement par la piqûre d’une tique du genre Ixodes porteuse de Borrelia burgdorferi.
La tique se contamine elle-même en piquant de petits rongeurs sauvages (mulots, campagnols), réservoirs naturels de la bactérie, puis transmet l’infection à l’homme lors d’une nouvelle piqûre.
En France métropolitaine, quasiment tout le territoire est concerné en période chaude (printemps, été, automne), avec une prévalence plus élevée dans l’Est et le Centre du pays.
Les personnes exposées sont celles qui pratiquent des activités en milieu naturel : randonnée, forêt, jardinage, chasse.

Le risque de transmission augmente avec la durée de fixation de la tique :
– en dessous de 24 heures de fixation : risque faible,
– au-delà de 72 heures : risque de contamination quasi certain.

On estime à environ 15 000 nouveaux cas par an en France. La maladie de Lyme n’est pas contagieuse entre humains.
Il existe en pharmacie des tests permettant de tester la tique retirée pour détecter la présence de Borrelia avant même l’apparition de symptômes.

Voir l’article bouton après une piqûre de tique

Symptômes et phases de la maladie

Phase primaire : érythème chronique migrant (ECM)

La première manifestation de la maladie de Lyme est l’érythème chronique migrant (ECM) : une rougeur grossièrement circulaire, à extension centrifuge, apparaissant 3 jours à 1 mois après la piqûre, centrée sur le point de morsure.
Cette lésion en « cocarde » est pathognomonique de la maladie de Lyme : sa seule présence suffit à poser le diagnostic sans nécessiter de sérologie (trop de faux négatifs à ce stade précoce en raison d’une séroconversion tardive).

20 % des contaminations ne s’accompagnent pas d’ECM. Dans ce cas, surveiller l’apparition de signes généraux :
– fièvre, frissons,
– altération de l’état général, fatigue inhabituelle,
– céphalées,
– myalgies et arthralgies diffuses.

Érythème migrant de la maladie de Lyme
Aspect typique en cocarde de l’érythème migrant

Phase secondaire : dissémination bactérienne

Survenant quelques semaines à quelques mois après la phase primaire non traitée, cette phase correspond à la dissémination de Borrelia dans les liquides biologiques. Elle peut parfois régresser spontanément, mais expose à des complications :
– cutanées : poussées multiples d’ECM, lymphocytome cutané bénin (lobe de l’oreille, aréole mamelonnaire),
– neurologiques : méningite lymphocytaire, névrite crânienne, paralysie faciale périphérique, polyradiculonévrite,
– rhumatismales : monoarthrite du genou, polyarthrite.

Sans traitement, plus de 50 % des patients développeront une arthrite, environ 10 % une atteinte neurologique et environ 5 % une atteinte cardiaque (bloc auriculo-ventriculaire).

Phase tardive (tertiaire)

Survenant des mois à années après la piqûre initiale non ou insuffisamment traitée :
– dermatologique : acrodermatite chronique atrophiante de Pick-Herxheimer (peau fine, violacée, atrophique des membres),
– neurologique : encéphalopathie chronique, neuropathie périphérique,
– cardiaque : troubles de la conduction, bloc auriculo-ventriculaire.

Syndrome post-Lyme

Chez certains patients, des symptômes persistent plusieurs mois après un traitement bien conduit : fatigue chronique, myalgies, arthralgies, troubles de la mémoire et de la concentration.
Ces symptômes régressent le plus souvent spontanément.
Les données scientifiques actuelles indiquent qu’une antibiothérapie prolongée n’apporte pas de bénéfice supplémentaire par rapport à un traitement standard de 15 jours dans le syndrome post-Lyme (Berende A et coll., N. Engl. J. Med. 2016).
Dans 80 % des cas présentant ce tableau, un autre diagnostic est finalement identifié (stress, troubles du sommeil, détresse émotionnelle, autre infection chronique).

Diagnostic biologique

Quand ne pas faire de sérologie

En présence d’un érythème chronique migrant typique, le diagnostic est clinique : la sérologie est inutile et souvent faussement négative à ce stade (séroconversion tardive).

Tests validés : stratégie en deux étapes

1re étape – Sérologie (EIA ou IFA) :
Dosage des anticorps anti-Borrelia de type IgG et IgM.
– Si les signes datent de moins de 30 jours : doser IgM et IgG.
– Si les signes datent de plus de 30 jours : doser uniquement les IgG (les IgM seules positives après 30 jours sont des faux positifs, liés à des réactions croisées avec EBV, CMV).
– Si le test est négatif : arrêter les investigations. En cas de doute clinique persistant, contrôle sérologique à 1-2 semaines.
– Si le test est positif ou équivoque : passer à la 2e étape.

2e étape – Western Blot (immuno-blot) :
Plus spécifique, il confirme ou infirme un résultat positif ou douteux en sérologie.
Le diagnostic biologique est retenu uniquement si les deux tests sont positifs.
Après 30 jours, seul le Western Blot IgG est interprétable ; les IgM positives isolées en Western Blot à ce stade sont des faux positifs.

Cas particulier – neuroborréliose précoce :
En cas de signes neurologiques dans les 6 semaines suivant la morsure, la sérologie sanguine peut être négative. Il est alors recommandé de rechercher simultanément des anticorps dans le sang et dans le liquide cérébrospinal (ponction lombaire avec ELISA et recherche de synthèse intrathécale).

Tests non validés en pratique courante

– Cytométrie de flux (rapport NK57/56) : non spécifique de Lyme.
– Test de transformation lymphocytaire / Elispot Borrelia : très sensible, utilisé dans certains laboratoires spécialisés pour les formes chroniques ou précoces, mais non recommandé en routine.
– PCR du LCR, biopsie cutanée, mise en culture : réservés à la recherche.
– Recherche d’antigènes urinaires, dosage CD57, anticorps dans le liquide synovial : valeur diagnostique insuffisante.

Signes d’alerte : Consultez en urgence en cas de paralysie faciale, de maux de tête intenses avec raideur de la nuque, de troubles du rythme cardiaque (palpitations, malaise) ou d’arthrite articulaire qui gonfle brutalement – ces signes évoquent une forme disséminée de la maladie de Lyme nécessitant un traitement antibiotique rapide.

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Traitement

Après piqûre de tique sans érythème migrant : antibioprophylaxie

L’antibioprophylaxie n’est pas systématique mais peut être envisagée si :
– la tique est restée fixée plus de 36 heures,
– la durée de fixation est inconnue mais la tique est gorgée de sang,
– la personne piquée est une femme enceinte (risque de transmission au fœtus).

Protocole :
– Adulte et enfant de plus de 9 ans : Doxycycline 200 mg per os en prise unique.
– Femme enceinte et enfant de moins de 9 ans : Amoxicilline 500 mg x 3/j pendant 10 jours.

Phase primaire : érythème migrant constitué

Adulte et enfant de plus de 9 ans :
– Doxycycline per os : 100 mg x 2/j pendant 14 jours (1 à 2 mg/kg x 2/j, maximum 100 mg x 2/j),
– ou Amoxicilline per os : 1 g x 3/j pendant 14 jours.

Enfant de moins de 9 ans :
– Amoxicilline per os : 50 mg/kg/j en 3 prises (maximum 2 g/j) pendant 14 jours,
– ou Céfuroxime-axétil per os : 40 mg/kg/j en 2 prises (maximum 1 g/j) pendant 14 jours.

Polémique et évolution des recommandations en France

La prise en charge de la maladie de Lyme fait l’objet d’un débat médical et associatif important depuis plus de 15 ans en France.
Les associations de patients (France Lyme, Lyme sans frontières) contestent la fiabilité des tests diagnostiques et réclament la reconnaissance d’une forme chronique de la maladie.
En 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié de nouvelles recommandations reconnaissant l’existence de « symptômes persistants non expliqués » chez certains patients, introduisant la notion de SSPT (Symptomatologie persistante polymorphe après possible piqûre de tique). Ces recommandations ont été vivement critiquées par l’Académie de médecine et plusieurs sociétés savantes.
En mai 2019, 22 sociétés savantes ont publié leurs propres recommandations réfutant l’existence d’une forme chronique de Lyme et déconseillant toute antibiothérapie prolongée, soulignant qu’un autre diagnostic est retrouvé chez 80 % des patients présentant des symptômes persistants.
Ce débat illustre la complexité diagnostique de cette maladie et l’importance d’une prise en charge pluridisciplinaire et individualisée.

Pour aller plus loin

Conférence de consensus : prise en charge de la maladie de Lyme (SPILF)
Haut Conseil de la Santé Publique 2014 : borréliose de Lyme
Éviter la maladie de Lyme
Dépliant prévention piqûres de tique et maladie de LymeTélécharger un guide complet au format PDF :

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Questions fréquentes sur la maladie de Lyme

Quel est le premier signe de la maladie de Lyme ?
L’érythème migrant, une rougeur en œil de bœuf autour de la piqûre de tique, est le signe précoce le plus caractéristique.

Comment diagnostiquer la maladie de Lyme ?
Par la clinique (érythème migrant) et la sérologie (ELISA + Western Blot) pour les formes disséminées, fiable après 3 à 6 semaines.

Quel traitement pour la maladie de Lyme ?
Doxycycline 21 jours en première intention chez l’adulte. Un traitement précoce guérit dans presque tous les cas.

Combien de temps après une piqûre de tique doit-on consulter ?
Dès l’apparition d’une rougeur ou dans les 3 jours suivant la piqûre pour retirer correctement la tique et surveiller pendant 3 à 4 semaines.

Peut-on avoir la maladie de Lyme sans érythème migrant ?
Oui, environ 20 % des personnes contaminées ne développent pas d’érythème migrant visible. La surveillance de signes généraux (fièvre, fatigue, douleurs articulaires) après une piqûre de tique reste importante même en l’absence de rougeur.

La maladie de Lyme peut-elle devenir chronique ?
Un traitement antibiotique précoce et bien conduit guérit la grande majorité des patients. Un syndrome post-traitement (fatigue, douleurs) peut persister chez une minorité, sans preuve d’infection active persistante selon les données actuelles.

Comment bien retirer une tique ?
Utilisez un tire-tique ou une pince fine, en tirant perpendiculairement à la peau sans rotation excessive ni écrasement de l’abdomen. Désinfectez ensuite la zone et surveillez l’apparition d’une rougeur pendant 3 à 4 semaines.

Références scientifiques

Verrue : quel traitement ? Cryothérapie, laser 2026

 

Mis à jour le 21 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les verrues touchent 7 à 10 % de la population et sont dues au papillomavirus humain (HPV). Elles guérissent spontanément dans 65–70 % des cas chez l’enfant en 2 ans. La cryothérapie à l’azote liquide reste le traitement de référence chez le dermatologue.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Les verrues sont des tumeurs bénignes d’origine virale causées par les papillomavirus humains (HPV). Elles touchent 5 à  10 % de la population, surtout les enfants et les jeunes adultes. On distingue les verrues plantaires (profondes et douloureuses), les verrues vulgaires des mains et des doigts, les verrues planes du visage et des jambes, et les condylomes (verrues génitales). 80 % guérissent spontanément en 2 à  4 ans. Le traitement – cryothérapie à  l’azote liquide, acide salicylique, ou laser CO2 – est proposé selon le type et la localisation pour limiter la contagiosité et les douleurs.

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Quel type de verrue ai-je ? Trouver ma page en 30 secondes

Localisation / aspect Type de verrue Page dédiée
Sous la plante du pied, douloureuse à  la marche Verrue plantaire (myrmécie ou mosaïque) – Verrue plantaire
Sur les mains, les doigts, autour des ongles Verrue vulgaire – Verrue main / doigt
Sur le visage, le nez, la paupière, le menton Verrue plane ou papillome filiforme – Verrue du visage
Chez un enfant de moins de 15 ans Verrues de l’enfant – prise en charge spécifique – Verrues de l’enfant
Sur les organes génitaux ou la zone anale Condylomes (IST – HPV 6/11) – Condylomes
Traitement naturel à  essayer chez soi Acide salicylique, bandes occlusives, remèdes – Traitement naturel
Tous les traitements anti-verrues comparés Cryothérapie, acides, laser, imiquimod – Comparatif traitements

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…

Pourquoi a-t-on des verrues ?

Les verrues sont causées par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus comptant environ 150 sous-types. Ces virus pénètrent dans la peau via de petites lésions ou microtraumatismes, et stimulent la production excessive de kératinocytes, formant la masse cornée caractéristique. L’immunité joue un role décisif : les sujets immunodéprimés (greffés, VIH) développent des verrues multiples et résistantes.

Transmission et facteurs de risque

La transmission se fait principalement par contact indirect. Les HPV peuvent survivre jusqu’à  une semaine à  l’air libre – d’où la facilité de contamination dans les piscines, douches communes et salles de sport. L’auto-contamination par grattage (manuportage) est fréquente et explique la dissémination.

Population à  risque Particularité
Enfants et adolescents Tranche d’âge la plus touchée – immunité anti-HPV non encore acquise
Greffés du rein Jusqu’à  40 % concernés ; formes multiples liées à  l’immunosuppression
Bouchers, poissonniers Microtraumatismes répétés. Type spécifique HPV7 transmis par les animaux
VIH+, immunosupprimés Verrues multiples, extensives, très résistantes aux traitements conventionnels

Les différents types de verrues

Verrues vulgaires

Les plus courantes. élevures rugueuses et kératosiques localisées sur les mains, les doigts et verrues autour des ongles. Les verrues péri-unguéales peuvent provoquer une déformation de l’ongle.

Verrues plantaires

Très fréquentes, localisées sous la plante du pied. Deux formes : la myrmécie (HPV1, profonde, très douloureuse) et la verrue en mosaïque (HPV2, plaques superficielles). La douleur à  la marche est le signe clé.

Verrues planes

Dues aux HPV 3, 10, 28. Petites élevures lisses, souvent multiples et groupées. Fréquentes sur le visage et les jambes, où elles se disséminent lors du rasage ou de l’épilation.

Condylomes (verrues génitales)

Constituant l’IST la plus répandue, causés par HPV 6 et 11. Nécessitent un dépistage du partenaire et une prise en charge spécialisée. – Page dédiée aux condylomes

Évolution naturelle des verrues

La majorité (80 %) des verrues guérissent spontanément en 2 à  4 ans. À 2 ans, environ 65 % des verrues de l’adulte ont disparu. Le traitement reste conseillé pour limiter la contagiosité, soulager les douleurs (plantaires) et prévenir la dissémination.

Aucune méthode ne permet l’éradication complète du virus HPV – ce qui explique la fréquence des récidives après traitement.

Traitement des verrues

Type de verrue Traitement de 1re intention Alternative
Verrue vulgaire Acide salicylique ± cryothérapie Laser CO2
Verrue plantaire Cryothérapie à  l’azote liquide (2–4 séances) Laser CO2 (myrmécie résistante)
Verrue plane Rétinoïdes locaux (trétinoïne), acide salicylique doux Cryothérapie légère
Papillome filiforme (visage) Exérèse aux ciseaux ou laser CO2 Cryothérapie ponctuelle
Condylomes Imiquimod crème (Aldara) ou cryothérapie Laser CO2, podophyllotoxine

Voir le comparatif complet : tous les traitements anti-verrues.

Questions fréquentes sur les verrues

Qu’est-ce qu’une verrue filiforme ?

La verrue filiforme est une forme de verrue causée par le papillomavirus humain (HPV), fine et allongée, qui pousse surtout sur le visage et le cou (paupières, lèvres, menton). Elle se traite comme les autres verrues (cryothérapie, électrocoagulation) mais demande souvent plus de délicatesse en raison de sa localisation. Ne l’arrachez pas : cela favorise sa multiplication par auto-inoculation.

Comment savoir si c’est une verrue ou un cor ?

Le cor est une callosité sans points noirs centraux (thromboses capillaires), centrée sur une zone de pression, et douloureuse à  la pression directe. La verrue plantaire présente des petits points noirs au centre (capillaires thrombosés), est douloureuse à  la pression latérale, et efface les dermatoglyphes (empreintes). En cas de doute, le dermatologue tranche immédiatement.

Est-ce qu’une verrue peut disparaître seule ?

Oui, 80 % des verrues disparaissent spontanément en 2 à  4 ans grâce au système immunitaire. Chez l’enfant, la guérison spontanée est plus rapide. Le traitement est conseillé pour raccourcir la durée, limiter la contagion et soulager les douleurs (verrues plantaires).

La cryothérapie fait-elle mal ?

La cryothérapie à  l’azote liquide provoque une brulure à  froid intense pendant 10 à  30 secondes, suivie d’une douleur sourde pendant quelques heures. L’effet sur la verrue (phlyctène, chute) survient en 48–72 heures. Pour les verrues plantaires, une crème anesthésiante peut être appliquée avant la séance.

Combien de séances de cryothérapie faut-il ?

En moyenne 2 à  6 séances espacées de 2 à  3 semaines sont nécessaires pour les verrues plantaires. Les verrues du visage et des mains peuvent nécessiter moins de séances. Les verrues en mosaïque ou les verrues très anciennes sont souvent plus résistantes.

Peut-on éviter de contaminer son entourage ?

Oui : éviter de partager serviettes, chaussettes et chaussures, ne pas gratter ni couper les verrues (risque de dissémination), couvrir la verrue en piscine ou salle de sport, et se laver les mains après contact avec la lésion.

Un enfant vacciné contre le HPV peut-il encore avoir des verrues ?

Les vaccins HPV (Gardasil 9) protègent contre les souches à  haut risque oncogène (HPV 16, 18) et contre les condylomes (HPV 6, 11). Ils ne protègent pas contre les HPV responsables des verrues cutanées communes (HPV 1, 2, 3, 4, 27), qui sont différentes souches.

Quand faut-il consulter un dermatologue pour une verrue ?

Il faut consulter si : la verrue est douloureuse (plantaire), si elle grossit rapidement, si le diagnostic est incertain (une lésion pigmentée peut être confondue avec un mélanome acral), si les traitements en pharmacie ont échoué après 3 mois, ou si la verrue est sur le visage ou les parties génitales.

 

Quand consulter un dermatologue ?
Consultez rapidement si votre verrue : saigne spontanément, grossit rapidement, change de couleur (brun foncé, noirâtre), présente un aspect irrégulier ou ulcéré. Ces signes peuvent rarement évoquer un carcinome basocellulaire ou un mélanome amélanotique qu’il faut impérativement différencier d’une verrue commune.

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À lire aussi sur les infections virales de la peau

Sources et références scientifiques

  • Bruggink SC et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care: randomized controlled trial. CMAJ. 2010;182(15):1624-30. PMID 20837684
  • Sterling JC et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014;171(4):696-712. PMID 25273231
  • Kwok CS et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012;(9):CD001781. PMID 22972052
  • Haute Autorité de Santé – Verrues

Mycoses cutanées : causes et traitements

Mycose : causes, symptômes et traitements des infections fongiques de la peau

La mycose est une infection de la peau, des ongles ou des muqueuses causée par un champignon microscopique. Extrêmement répandue, elle peut toucher la peau glabre, les pieds, les ongles, la bouche, le vagin ou le gland. Les symptômes varient selon la localisation et le type de champignon en cause (dermatophyte, Candida, Malassezia). Le traitement repose sur des antifongiques locaux ou généraux, toujours prescrits après confirmation diagnostique médicale.e

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Mycose cutanée - champignon de la peau

Cet article en vidéo


Vidéo : mycose de la peau expliquée par le dermatologue

En bref : Mycoses cutanées : causes et traitements – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Sommaire :
Causes |
Les 3 familles de champignons |
Mycoses à Candida |
Mycoses à dermatophytes |
Mycoses à Malassezia |
Facteurs favorisants |
Diagnostic |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes des mycoses cutanées

Les champignons responsables des mycoses sont des organismes ubiquitaires, présents en permanence dans l’environnement et sur la peau à l’état saprophyte (non pathogène). Leur prolifération pathologique résulte d’une rupture de l’équilibre cutané ou immunitaire.

Origine Facteurs principaux
Causes externes Macération, humidité persistante, irritation cutanée, traumatisme, contact avec un sujet ou un animal infecté, sols collectifs (piscines, vestiaires)
Causes internes Immunodépression (VIH, hémopathies, corticothérapie au long cours), diabète, antibiotiques à large spectre, grossesse, carences nutritionnelles
Modes de transmission Interhumaine (contact direct, linge, chaussures partagées), zoophile (chats, chiens, bovins – teignes très inflammatoires), tellurique (sol)

⚠️ Une mycose profuse ou récidivante doit systématiquement faire rechercher un facteur favorisant interne : diabète, immunodépression (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est indispensable avant de se contenter d’un simple traitement antifongique.

📚 Épidémiologie des mycoses cutanées en Europe – PubMed

Les trois grandes familles de champignons pathogènes

Comprendre le type de champignon en cause est essentiel : il détermine la localisation, le tableau clinique et le choix du traitement antifongique.

Famille Localisations préférentielles Espèces principales
Dermatophytes Peau kératinisée, poils, ongles – jamais les muqueuses Trichophyton rubrum, Microsporum canis, Epidermophyton floccosum
Levures
(Candida, Malassezia)
Candida : muqueuses, plis cutanés. Malassezia : zones sébacées (cuir chevelu, tronc, visage) Candida albicans, Malassezia furfur, Malassezia globosa
Moisissures Ongles résistants aux traitements habituels (formes rares, souvent diagnostiquées par culture) Fusarium spp., Aspergillus spp., Scopulariopsis brevicaulis

Mycoses à Candida (candidoses)

Candida albicans fait partie de la flore commensale digestive et génitale normale. Il devient pathogène lorsqu’un déséquilibre local survient : antibiothérapie à large spectre, immunodépression, diabète déséquilibré, grossesse ou macération prolongée.

Forme clinique Aspect et terrain Page dédiée
Muguet (candidose buccale) Dépôts blanchâtres crémeux sur la muqueuse buccale, facilement décollables, laissant une muqueuse érythémateuse. Fréquent chez le nourrisson, la personne âgée et l’immunodéprimé. → Mycose de la bouche
Candidose génitale Première cause de balanite infectieuse chez l’homme (gland rouge, prurigineux, avec dépôts blanchâtres) et de vulvovaginite chez la femme (pertes blanches grumeleuses, prurit, brûlures). Représente 80 % des mycoses vaginales. → Mycose du sexe
→ Mycose vaginale
Candidose des grands plis Intertrigo dans les plis inguinaux, sous-mammaires ou axillaires : plaques érythémateuses suintantes, avec pustules satellites caractéristiques et collerette desquamative en périphérie. Favorisé par l’obésité, le diabète et la macération. –
Onyxis candidosique Atteinte unguéale par Candida, surtout aux mains chez les personnes en contact prolongé avec l’eau (ongle décollé, périonyxis douloureux). Différent de l’onychomycose à dermatophytes. → Mycose des ongles

Muguet - candidose buccale

📚 Candidoses cutanéo-muqueuses : diagnostic et traitement – PubMed

Mycoses à dermatophytes (dermatophyties)

Les dermatophytes (Trichophyton, Microsporum, Epidermophyton) sont des champignons kératinophiles qui digèrent la kératine de la peau, des poils et des ongles. Ils n’infectent jamais les muqueuses. Leur transmission est interhumaine, zoophile ou tellurique.

Forme clinique Aspect caractéristique Page dédiée
Mycose de la peau glabre
(teigne du corps, tinea corporis)
Plaques annulaires rosées prurigineuses, à bordure active squameuse bien délimitée et centre plus clair – le classique « rond de sorcière ou de Sainte Catherine». Extension centrifuge progressive. Par fois difficle à distinguer de l’eczema, voir l’article eczema ou mycoses? faire la différence → Mycose de la peau
Mycose des pieds
(pied d’athlète, tinea pedis)
Fissures et macération dans les espaces inter-orteils (surtout 4e espace), prurit intense, desquamation plantaire diffuse à aspect farineux. Très contagieuse via les piscines et vestiaires collectifs. → Mycose des pieds
Mycose de l’aine
(tinea cruris)
Plaques érythémato-squameuses prurigineuses dans les plis inguinaux, à extension vers l’intérieur des cuisses, avec bordure active nette. Plus fréquente chez l’homme sportif. –
Mycose des ongles
(onychomycose)
Ongle jauni, épaissi, friable, décollé du lit unguéal (onycholyse). Touche préférentiellement le gros orteil. Prévalence de plus de 50 % après 70 ans. Traitement prolongé (6–12 mois). → Mycose des ongles
Teignes du cuir chevelu Surtout chez l’enfant. Plaques alopéciantes squameuses avec cheveux cassés courts, ou placards inflammatoires suppurés (kérion) en cas de transmission zoophile. Traitement systémique obligatoire. –

Dermatophytie de la jambe - mycose annulaire
Anneau de mycose cutanée à dermatophyte
Pied d'athlète - mycose des pieds entre les orteils
Mycose plantaire diffuse - aspect farineux et desquamatif
Mycose plantaire diffuse : aspect farineux et desquamatif caractéristique
Onychomycose du gros orteil - champignon de l'ongle

📚 Épidémiologie des dermatophyties et onychomycoses – PubMed

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Mycoses à Malassezia

Malassezia furfur (et M. globosa) est une levure lipophile naturellement présente sur la peau, particulièrement dans les zones riches en glandes sébacées. Elle devient pathogène en cas de séborrhée excessive, d’humidité ou de terrain immunodéprimé.

Forme clinique Aspect caractéristique Page dédiée
Dermite séborrhéique Plaques rouges squameuses et grasses sur zones sébacées : sillons nasogéniens, sourcils, cuir chevelu (pellicules abondantes), conduits auditifs, poitrine, entre les omoplates. Évolution chronique et récidivante, non guérissable de façon définitive. → Dermite séborrhéique
Pityriasis versicolor Taches hypo- ou hyperpigmentées finement squameuses, prédominant sur le tronc et les épaules, plus visibles après exposition solaire (les zones atteintes ne bronzent pas). Bénin, non contagieux, mais très récidivant en été. → Pityriasis versicolor
Folliculite à Malassezia Papulo-pustules folliculaires prurigineuses sur le tronc et les épaules, parfois confondues avec de l’acné. Survient surtout après antibiothérapie prolongée ou chez les sportifs (transpiration). Répond aux antifongiques et non aux antibiotiques. –

Dermite séborrhéique du visage - mycose à Malassezia
Dermite séborrhéique des sillons nasogéniens et du pourtour de la bouche
Pityriasis versicolor - taches brunes et blanches sur le tronc

Facteurs favorisants à identifier et corriger

Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que l’antifongique lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables, quelle que soit la durée du traitement.

Facteur favorisant Mesure corrective
Macération cutanée Sous-vêtements et vêtements en coton ; éviter les matières synthétiques serrées non respirantes
Humidité excessive Sécher soigneusement les plis, espaces inter-orteils et aines après la toilette ; ne pas remettre des chaussures humides
Irritation et savons agressifs Utiliser un savon surgras ou un pain dermatologique ; éviter les antiseptiques cutanés répétés qui déséquilibrent le microbiome
Lieux collectifs Porter des claquettes dans les piscines, vestiaires, douches communes et spa
Diabète Optimiser l’équilibre glycémique ; une HbA1c élevée multiplie le risque de candidose et d’onychomycose
Antibiotiques Ne pas prendre d’antibiotiques sans indication médicale ; en cas de traitement prolongé, un antifongique préventif peut être discuté avec le médecin
Immunodépression Adapter si possible le traitement immunosuppresseur ; signaler toute mycose récidivante au médecin traitant

Diagnostic : comment confirmer une mycose ?

Le diagnostic clinique peut être trompeur, car de nombreuses dermatoses imitent parfaitement une mycose. La confirmation biologique reste le standard de référence.

Examen Ce qu’il permet Délai
Examen direct mycologique Visualisation des filaments fongiques ou des levures au microscope après prélèvement des squames ou de l’ongle. Résultat rapide (quelques heures). Jour même
Culture mycologique Identification précise du champignon et de l’espèce. Indispensable en cas de teigne, d’onychomycose difficile ou de résistance au traitement. 3–4 semaines
Lampe de Wood Fluorescence verte des teignes à Microsporum (non systématique avec Trichophyton). Utile en consultation rapide. Immédiat
Dermoscopie Aide au diagnostic des onychomycoses (aspect en ruine, spicules) et au diagnostic différentiel avec psoriasis unguéal ou lichen plan. Immédiat

💡 Le diagnostic médical est indispensable avant tout traitement antifongique. Eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé et lichen peuvent mimer parfaitement une mycose. Un antifongique inefficace après 3 semaines de traitement bien conduit doit faire reconsidérer le diagnostic.

📚 Diagnostic mycologique des dermatophyties : techniques et interprétation – PubMed

Traitement des mycoses cutanées

Type de traitement Indication – molécules Durée indicative
Antifongique topique
Crème, gel, lotion, poudre, shampooing
Mycoses superficielles limitées. Imidazolés (éconazole, kétoconazole, bifonazole, miconazole), ciclopirox, terbinafine topique 2–4 semaines (peau glabre, plis, pied d’athlète)
Vernis antifongique Onychomycoses légères à modérées (ciclopirox, amorolfine). Efficacité limitée dans les formes sévères ou matricielles. 6–12 mois (ongles)
Antifongique systémique oral Mycoses étendues, profuses, récidivantes, onyxis sévère, teignes (obligatoire). Terbinafine (Lamisil®), itraconazole (Sporanox®), fluconazole (Triflucan®), griséofulvine (teignes enfant) 3–6 mois (pieds), 6–12 mois (ongles), 6–8 semaines (teignes)
Mesures d’hygiène associées Traitement simultané des chaussures (poudres antifongiques), remplacement du linge de bain, traitement des partenaires en cas de candidose génitale récidivante Toujours en parallèle

→ Voir l’article complet sur les médicaments antifongiques cutanés.

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Pages spécialisées du cluster mycose

Mycoses par localisation
→ Mycose des pieds (pied d’athlète) – traitement, prévention
→ Mycose des ongles (onychomycose) – vernis, terbinafine
→ Mycose de la peau glabre – plaques annulaires
→ Mycose de la bouche (muguet)
→ Mycose vaginale – candidose, traitement
→ Mycose du sexe (balanite candidosique)

Mycoses à Malassezia et traitements antifongiques
→ Dermite séborrhéique – visage, cuir chevelu
→ Pityriasis versicolor – taches, traitement
→ Antifongiques – guide complet des médicaments
→ Téléconsultation dermatologue

Références scientifiques

Questions fréquentes sur les mycoses

Comment savoir si c’est une mycose ou une autre maladie de peau ?

Seul un médecin peut poser le diagnostic avec certitude. Un prélèvement mycologique (examen direct + culture) permet d’identifier le champignon. De nombreuses dermatoses imitent parfaitement une mycose : eczéma nummulaire, psoriasis, pityriasis rosé, lichen, érythrasme… Un antifongique inefficace après 3 semaines de traitement correctement conduit doit faire reconsidérer le diagnostic.

Les mycoses sont-elles contagieuses ?

Oui, la plupart des dermatophyties (peau glabre, pieds, ongles, teignes) sont contagieuses par contact direct ou indirect – linge, chaussures, sols de piscine ou de vestiaire. Les candidoses et les mycoses à Malassezia sont moins contagieuses, car elles résultent principalement d’un déséquilibre de la flore commensale propre au patient. Les partenaires sexuels doivent toutefois être traités en cas de candidose génitale récidivante.

Pourquoi les mycoses récidivent-elles malgré le traitement ?

Les principales causes de récidive sont : un traitement trop court (la cause la plus fréquente), la persistance de facteurs favorisants non corrigés (macération, diabète, immunodépression), une recontamination par les chaussures ou le tapis de bain non traités, ou une résistance au traitement. Une mycose récidivante après traitement bien conduit justifie un bilan médical complet.

Peut-on se traiter seul contre une mycose sans ordonnance ?

Certains antifongiques locaux (éconazole, bifonazole, clotrimazole) sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Un avis médical reste cependant recommandé pour confirmer le diagnostic, car de nombreuses autres affections cutanées peuvent ressembler à une mycose. Traiter un eczéma ou un psoriasis avec un antifongique retarde le bon diagnostic et peut aggraver les symptômes.

Combien de temps dure le traitement d’une mycose ?

Quelques semaines pour une mycose de peau glabre ou des plis ; 3 à 6 mois pour une mycose des pieds étendue ; 6 à 12 mois (voire plus) pour une mycose des ongles des orteils. Un traitement trop court est la principale cause de récidive. Le traitement des teignes du cuir chevelu nécessite toujours un antifongique oral pendant 6 à 8 semaines.

Peut-on consulter un dermatologue par téléconsultation pour une mycose ?

Oui. La téléconsultation dermatologique est parfaitement adaptée au diagnostic et au traitement de la grande majorité des mycoses cutanées, qui se diagnostiquent à l’inspection visuelle. Le Dr Rousseau peut, lors d’une téléconsultation vidéo, confirmer ou infirmer le diagnostic, prescrire un antifongique local ou oral, demander un prélèvement mycologique si nécessaire, et assurer le suivi du traitement.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

Questions fréquentes

Quand consulter un dermatologue pour mycoses cutanées : causes et traitements ?

Consultez rapidement si les symptômes persistent plus de 2 semaines, s’aggravent ou s’accompagnent de fièvre. Une consultation précoce permet un diagnostic précis et un traitement adapté, limitant les complications potentielles.

Peut-on traiter mycoses cutanées : causes et traitements sans ordonnance ?

Certaines formes légères peuvent être soulagées avec des produits en pharmacie. Cependant, un diagnostic médical est nécessaire pour éliminer les causes sérieuses et éviter les erreurs de traitement.

Combien de temps dure le traitement ?

La durée varie selon la forme clinique et la sévérité : de 1 à 4 semaines pour un traitement local, parfois plusieurs mois pour les formes chroniques. Le suivi est adapté à votre réponse au traitement.

Y a-t-il des facteurs aggravants à éviter ?

Oui, selon la pathologie : le stress, certains aliments, les frottements, l’exposition solaire sans protection ou les produits irritants peuvent aggraver les symptômes. Votre dermatologue identifiera vos facteurs déclenchants.

La téléconsultation est-elle possible ?

Oui. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations avec prescription si nécessaire. Des photos nettes de la zone concernée permettent un avis fiable à distance, via Consulib.

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologi

Voir aussi :
Mycose des pieds |
Mycose des ongles |
Mycose vaginale |
Dermite séborrhéique |
Pityriasis versicolor |
Téléconsultation dermatologue

Article rédigé par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – dermatonet.com. Publié le JJ/MM/AAAA. Dernière révision : JJ/MM/AAAA.

Mis à jour le 4 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Ivermectine : l’ivermectine dans la gale

Ivermectine

L’ivermectine est un antiparasitaire de la famille des avermectines, commercialisé sous le nom de marque Stromectol® et sous forme de génériques (Ivermectine Biogaran, Sandoz, Teva, Viatris, EG, Zentiva, Arrow Lab, Cristers, Substipharm, Pierre Fabre). Il est utilisé en dermatologie par voie orale dans le traitement de la gale (gale sarcoptique humaine), en complément ou en alternative aux traitements locaux.

Mis à jour le 8 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS, ANSM).

En bref : L’ivermectine (Stromectol®) est le traitement oral de référence de la gale, à la dose unique de 200 µg/kg. Une méta-analyse de 2024 montre que le taux d’échec passe de 15,2 % avec une dose unique à 7,1 % avec deux doses espacées de 8 à 15 jours – une seconde prise est donc systématiquement recommandée en pratique courante.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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L’ivermectine se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs

Contre indications de l’ivermectine

Consultez sans attendre en cas d’éruption cutanée sévère, de décollement de la peau ou de lésions des muqueuses (bouche, yeux) après la prise d’ivermectine : il s’agit d’effets indésirables très rares mais graves (syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique) nécessitant un arrêt immédiat et un avis médical urgent.

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Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de l’ivermectine

L’ivermectine est prise à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et après un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

Puis porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des

draps propres

Il faut reprendre la même dose unique 8 à 14j plus tard

En cas de gale profuse et crouteuse, l’association à un traitement local (Ascabiol ®, Spregal ®, Topiscab®) peuvent être proposés.

Soins d’accompagment de l’ivermectine

La prise d’ivermectine est nécessairement associée à des soins de prise en charge de la gale, pour le patient atteint de la gale et son entourage :

  • Traitement de l’environnement : procéder au nettoyage classique des locaux et à une désinfection par un acaricide tel qu’ Apar, de la literie (matelas, sommier), de la moquette et autres mobiliers adsorbants.

  • Traitement des vêtements et du linge : rassembler le linge utilisé jusqu’à ce jour (y compris serviettes de toilette, draps, taies…) et le laver en machine à laver à 60 °C ou le désinfecter avec un acaricide tel qu’ Apar

(stockage en sac plastique fermé pendant au moins trois heures) ou par mise en quarantaine de cinq jours dans un sac plastique fermé qui sera gardé à température supérieure à 20 °C.

  • Ne pas oublier de traiter les objets qui peuvent avoir été en contact avec le corps tels que : brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, housse de siège auto…

  • Passer l’aspirateur énergiquement sur les tapis et les coussins.

  • Idéalement il faut changer de vêtements, de draps et de serviettes tous les jours et les laver à au moins 60 °C pendant une période de 14 jours

Voir le traitement de la gale

Questions fréquentes

Faut-il vraiment reprendre une deuxième dose d’ivermectine ?

Oui, dans la plupart des cas. Une méta-analyse de 2024 portant sur 147 études montre que le taux d’échec du traitement passe de 15,2 % avec une dose unique à 7,1 % avec deux doses espacées de 8 à 15 jours. La deuxième prise est donc recommandée de façon quasi systématique dans la gale commune, sauf avis contraire du médecin.

Combien de temps faut-il pour guérir après l’ivermectine ?

La guérison n’est estimée définitive que 4 semaines après le traitement. Des démangeaisons peuvent persister plusieurs semaines même en cas de traitement efficace, car elles résultent d’une réaction allergique aux acariens morts et à leurs déjections, pas de la persistance de parasites vivants. Ce prurit résiduel ne justifie pas, à lui seul, un nouveau traitement.

Peut-on prendre l’ivermectine pendant la grossesse ou l’allaitement ?

La sécurité n’est pas formellement établie chez la femme enceinte ou allaitante. L’ivermectine n’est utilisée pendant la grossesse que si elle est jugée nécessaire par le médecin, et l’allaitement ne doit être repris qu’au moins une semaine après la prise chez la mère. Un traitement local peut être préféré dans ces situations – à discuter avec le prescripteur.

Pourquoi l’ivermectine est-elle contre-indiquée avant 15 kg ?

La sécurité d’emploi de l’ivermectine par voie orale n’a pas été établie chez les enfants de moins de 15 kg (environ 2-3 ans), faute de données suffisantes. En dessous de ce poids, un traitement local (perméthrine, benzoate de benzyle) est utilisé à la place.

Faut-il traiter l’entourage en même temps que le patient ?

Oui, c’est indispensable. La gale étant très contagieuse par contact cutané prolongé et par le linge, tous les sujets contacts (même asymptomatiques) doivent être traités simultanément, et l’environnement (literie, vêtements, textiles) doit être décontaminé le même jour pour éviter une réinfestation croisée.

L’ivermectine est-elle efficace sur la gale profuse ou croûteuse ?

Dans ces formes très parasitées, une deuxième dose d’ivermectine et/ou une association à un traitement topique sont souvent nécessaires dans les 8 à 15 jours pour obtenir la guérison. Ces formes sévères, plus fréquentes chez les personnes âgées ou immunodéprimées, nécessitent un suivi dermatologique rapproché.

Voir aussi :
Gale : causes, symptômes et traitement |
Stromectol® gale : posologie et mode d’emploi |
Ascabiol® (benzoate de benzyle) |
Traitement de la gale : protocole complet |
Comment attrape-t-on la gale ?

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Références scientifiques

  • Mbuagbaw L et al., Br J Dermatol, 2024 – Revue systématique et méta-analyse sur l’échec du traitement de la gale (147 études) : taux d’échec 15,2 % en dose unique d’ivermectine vs 7,1 % en deux doses. PMID 37625798
  • Panahi Y et al., Ann Parasitol, 2015 – Efficacité de l’ivermectine topique et orale dans le traitement de la gale humaine. PMID 25911032
  • Taplin D, Meinking TL, Semin Cutan Med Surg, 1997 – Traitement de la gale liée au VIH, efficacité de l’ivermectine. PMID 9300635
  • ANSM – Résumé des caractéristiques du produit STROMECTOL® 3 mg, comprimé (ivermectine). ansm.sante.fr

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Verrue plantaire

Verrues plantaires : reconnaître, différencier et traiter – Guide complet du dermatologue
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La verrue plantaire est l’une des dermatoses les plus fréquentes en consultation, tout âge confondu. Si son origine virale est bien connue, elle mérite pourtant qu’on s’y arrête : le diagnostic peut être trompeur, les formes cliniques sont variées, et le traitement – loin d’être anodin – doit être choisi avec soin en fonction du type de verrue, de sa localisation et du profil du patient. Cette page est le guide de référence dédié exclusivement à la verrue plantaire. Pour les verrues de la main et du doigt, du visage, les verrues génitales (condylomes), ou le traitement des verrues en général, consultez les pages dédiées du site.

Mis à jour le 20 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les verrues plantaires sont causées par le virus HPV et touchent environ 10 % de la population. La myrmécie (verrue unique et profonde) et la verrue mosaïque (nappes superficielles) nécessitent des traitements différents – cryothérapie, laser CO₂ ou acide salicylique selon le type. Sans traitement, 65 % guérissent spontanément en 2 ans chez l’enfant, mais la récidive est fréquente en l’absence de prévention.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire

Pourquoi a-t-on des verrues plantaires ? Le rôle des HPV

Les verrues sont dues à une infection par les papillomavirus humains (HPV), une famille de virus à ADN double brin dont on dénombre plus de 200 génotypes. Toutes les verrues ne sont pas causées par les mêmes types viraux, ce qui explique leurs différences d’aspect, de comportement clinique et de réponse au traitement.

Les verrues plantaires sont principalement causées par :

Type HPV Forme clinique induite Caractéristiques
HPV 1 Myrmécie Verrue profonde, solitaire, très douloureuse, à croissance verticale
HPV 2 Verrue en mosaïque Verrues superficielles multiples, à croissance horizontale, peu douloureuses
HPV 4 Myrmécie ou mosaïque Formes cliniques variées, parfois pédiculées
HPV 63, 65 Verrues pigmentées Rares, aspect noirâtre, parfois confondues avec un mélanome achromique

Le virus pénètre dans l’épiderme par de micro-lésions cutanées, favorisées par la macération (piscines, douches collectives, vestiaires) ou le port de chaussures étroites générant des microtraumatismes. La contagiosité est directe (contact peau à peau) ou indirecte (surfaces contaminées). Le délai entre la contamination et l’apparition de la verrue est de 1 à 6 mois.

ℹ Qui est à risque ?
Les enfants d’âge scolaire et les sportifs (natation, arts martiaux, sports de salle) sont les plus exposés. Les personnes immunodéprimées (VIH, transplantation, traitements immunosuppresseurs) développent des verrues plus nombreuses, plus résistantes, pouvant se transformer en carcinome épidermoïde à long terme – une surveillance dermatologique rapprochée est indispensable dans ce contexte.

Les deux grandes formes cliniques

La myrmécie (verrue solitaire profonde)

La myrmécie est la forme la plus douloureuse. Elle doit son nom à la fourmi (myrmex en grec), en raison de la douleur cuisante et profonde qu’elle provoque à la marche – comme une piqûre. Elle se développe verticalement en profondeur, ce qui explique pourquoi elle peut être volumineuse tout en restant discrète en surface. Elle siège volontiers sur les zones d’appui de l’avant-pied (têtes des métatarses, talon), là où la pression est maximale.

À l’examen, la surface de la myrmécie montre, après décapage doux, de petits points noirs caractéristiques – ce sont des capillaires thrombosés (vaisseaux de la verrue) qui permettent de la distinguer d’un durillon ou d’un cor. Les dermatoglyphes (lignes de la peau) sont interrompus au niveau de la verrue.

Verrues des orteils et du pied
Verrues des orteils et du pied
Grosse myrmécie plantaire
Grosse myrmécie plantaire
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d'un durillon
Verrue plantaire : les points noirs sont des vaisseaux, et ils permettent de la distinguer d’un durillon
Myrmécie de l'avant pied
Myrmécie de l’avant pied
Verrue plantaire
Verrue plantaire

La verrue en mosaïque

Les verrues en mosaïque sont dues principalement à HPV 2. Elles se développent horizontalement en superficie et coalescent progressivement pour former un aspect caractéristique de « dallage » ou de mosaïque, couvrant parfois une surface importante du talon ou de l’avant-pied. Chaque verrue individuelle est peu profonde, moins douloureuse qu’une myrmécie, mais la surface atteinte rend l’ensemble très difficile à traiter – les récidives sont la règle.

Verrues en mosaique
Verrues en mosaique

Diagnostic clinique et dermatoscopique

Le diagnostic d’une verrue plantaire est le plus souvent clinique. Les deux signes cardinaux sont :

  • La présence de points noirs (capillaires thrombosés) après décapage superficiel au bistouri ou à la curette, signe pathognomonique absent dans le cor et le durillon ;
  • L’interruption des dermatoglyphes au niveau de la lésion – les lignes cutanées « sautent » la verrue, alors qu’elles la traversent dans le cor.

En cas de doute, la dermatoscopie apporte des éléments précieux. La verrue plantaire présente un aspect dermatoscopique caractéristique :

  • Vaisseaux en points rouges monomorphes de distribution régulière, entourés d’un halo blanc ;
  • Vaisseaux en épingles à cheveux dilatés, hypertrophiques, exubérants sur fond chair sans structure ;
  • Absence de structures pigmentées en réseau (ce qui permet d’écarter un mélanome achromique).
Verrue plantaire au dermatoscope
Verrue au dermatoscope

Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec un cor ou un durillon

C’est le piège diagnostique le plus fréquent. La confusion entre verrue plantaire et cor ou durillon est source de traitements inutiles ou inadaptés. Voici les critères cliniques qui permettent de les distinguer :

Critère Verrue plantaire Cor / durillon
Points noirs après décapage Présents (capillaires thrombosés) Absents
Dermatoglyphes Interrompus au niveau de la lésion Traversent la lésion sans interruption
Douleur à la pression latérale Très douloureuse (pince) Douleur à la pression directe (axiale)
Centre de la lésion Mou, kératosique blanc nacré Noyau central translucide, dur (nucleus)
Bords Irréguliers, déchiquetés Bien définis, réguliers
Contagiosité Oui (virale) Non (mécanique)
Localisation préférentielle Partout sur la plante Zones d’appui directes (5e orteil, interdigital)

⚠ Mélanome achromique – ne pas le manquer
Une lésion plantaire noirâtre, indolore, à bords irréguliers, sans points noirs de capillaires ni interruption nette des dermatoglyphes, doit faire évoquer un mélanome achromique. Toute lésion atypique de la plante du pied nécessite une consultation dermatologique – la dermatoscopie lève le doute dans la grande majorité des cas.

Évolution naturelle : faut-il toujours traiter ?

La majorité des verrues plantaires régressent spontanément en 2 à 4 ans chez le sujet immunocompétent. À 2 ans, environ 65 % des verrues ont disparu sans traitement. Environ 10 % des verrues sont dites « rebelles » et persistent au-delà. Cette réalité biologique doit toujours entrer dans la réflexion thérapeutique, d’autant qu’aucun traitement ne garantit l’éradication complète du virus – ce qui explique la fréquence des récidives.

Cela dit, le traitement est généralement recommandé pour les raisons suivantes :

  • Limiter la contagion vis-à-vis de l’entourage et l’auto-inoculation (dissémination sur d’autres zones).
  • Soulager la douleur, notamment pour les myrmécies en zone d’appui qui peuvent gêner significativement la marche.
  • Éviter l’extension en mosaïque, plus difficile à traiter ensuite.
  • Prévenir les complications chez les sujets immunodéprimés.

En revanche, l’abstention est raisonnable pour une verrue unique, non douloureuse, non évolutive, chez un jeune enfant bien portant – à condition de surveiller son évolution.

Prévention : comment éviter d’attraper des verrues plantaires ?

Les mesures préventives visent à réduire le contact avec le virus dans les environnements à risque :

  • Porter des claquettes ou sandales dans les piscines, douches collectives, vestiaires et hammams ;
  • Ne pas partager chaussettes, chaussures, serviettes, limes ou pierres ponces ;
  • Sécher soigneusement les pieds après chaque bain ou douche, notamment les espaces interdigitaux ;
  • Traiter rapidement toute microplaie du pied (porte d’entrée virale) ;
  • En cas de verrue active, utiliser une paire de chaussettes propre à chaque séance de sport et éviter d’aller pieds nus dans les zones partagées.

Traitements des verrues plantaires : tableau comparatif

Il n’existe pas de traitement idéal universel pour les verrues plantaires. Le choix dépend du type clinique (myrmécie vs mosaïque), de la localisation (zone d’appui ou non), de l’âge du patient, du nombre de verrues, et des traitements déjà essayés. Pour la description détaillée de chaque méthode, voir notre article complet : traitement des verrues.

Traitement Mécanisme Indications préférentielles Durée / séances Inconvénients
Préparations kératolytiques (acide salicylique ± lactique) Destruction chimique de la kératine infectée 1re intention toutes verrues, mosaïques Application quotidienne, 4–12 semaines Observance rigoureuse requise, irritation possible
Cryothérapie (azote liquide) Nécrose cellulaire par congélation Myrmécies, verrues résistantes aux kératolytiques 1 séance / 2–3 semaines, 3–10 séances Douloureuse, risque de phlyctène, cicatrice hypopigmentée
Laser CO2 Vaporisation tissulaire Verrues profondes résistantes, sous anesthésie locale 1–2 séances Coût, cicatrice possible, récidives
Décapage chirurgical Exérèse mécanique sous AL Myrmécies volumineuses en zone non portante 1 séance Douleur post-opératoire, risque cicatriciel en zone d’appui
Bléomycine intralésionnelle Chimiothérapie locale (cytotoxique) Verrues plantaires résistantes à 2 lignes 1–3 injections Douloureuse, nécrose tissulaire possible, réservée au spécialiste
Immunothérapie locale (diphenylcyclopropenone, candida) Stimulation immunitaire locale Verrues multiples ou rebelles Variable Eczéma de contact, réservée au dermatologue
Podophyllotoxine / 5-FU topique Cytotoxique topique Verrues plantaires superficielles multiples Protocoles variables Prescription médicale obligatoire, irritation

📌 Stratégie recommandée selon le type
Myrmécie isolée : acide salicylique en 1re intention (préparation magistrale à 40–60 % sous occlusion), puis cryothérapie en 2e intention.
Verrues en mosaïque : acide salicylique en application large, séances de cryothérapie prudentes (risque de nécrose sur grande surface), patience requise.
Formes résistantes : bléomycine, immunothérapie locale ou laser CO2 sous anesthésie locale – à discuter avec le dermatologue.
Dans tous les cas : ne jamais traiter en zone d’appui direct par des méthodes destructrices agressives sans prendre en compte le risque de cicatrice douloureuse et permanente.

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Verrues plantaires résistantes et récidivantes

Environ 10 % des verrues plantaires sont rebelles aux traitements conventionnels bien conduits. Avant de parler de résistance, il faut s’assurer que le traitement a été correctement réalisé (durée suffisante, décapage régulier, concentration adéquate). Les causes les plus fréquentes d’échec sont l’observance insuffisante avec les kératolytiques, des séances de cryothérapie trop courtes ou trop espacées, et une verrue en zone d’appui favorisant la kératinisation rebelle.

En cas de résistance avérée, les options sont :

  • Association acide salicylique + cryothérapie : c’est la stratégie de référence dans les méta-analyses ;
  • Bléomycine intralésionnelle : très efficace sur les myrmécies rebelles, mais réservée au dermatologue en raison des effets secondaires locaux possibles (nécrose) ;
  • Immunothérapie topique par diphénylcyclopropénone (DPCP) : induit une réponse immunitaire locale de type retardé ; particulièrement intéressante pour les formes multiples ;
  • Injections de candida intralésionnel : stimulation immunitaire non spécifique, efficacité documentée dans plusieurs séries ;
  • Laser CO2 pulsé sous anesthésie locale : vaporisation des tissus infectés ; récidives possibles.

La récidive en couronne après traitement (verrue périphérique autour du site traité) est fréquente : elle traduit une contamination de la peau péri-lésionnelle lors du traitement, et non un échec du traitement de la verrue initiale.

Cas particulier : verrues plantaires chez l’enfant

La prise en charge des verrues chez l’enfant obéit à des règles spécifiques, notamment pour la tolérance aux traitements douloureux. Pour une information complète, consultez notre article dédié : verrues chez l’enfant. En résumé :

  • L’abstention surveillée est plus souvent justifiée que chez l’adulte pour les verrues uniques non douloureuses ;
  • Les kératolytiques sont le traitement de 1re intention, indolores et efficaces à domicile ;
  • La cryothérapie est souvent mal tolérée avant 6–7 ans ; une crème EMLA 1h avant améliore le confort ;
  • Le traitement chirurgical ou au laser peut nécessiter une anesthésie générale chez le jeune enfant pour les formes multiples.

Consultez un dermatologue si : la verrue grossit rapidement, saigne, est douloureuse au repos, ou si vous êtes diabétique ou immunodéprimé. Chez l’enfant, toute verrue persistant plus de 3 mois mérite un avis médical pour éviter la dissémination.

FAQ – Questions fréquentes sur les verrues plantaires

Comment distinguer une verrue plantaire d’un cor ou d’un durillon ?

La verrue saigne au décapage (points noirs = capillaires thrombosés) et interrompt les dermatoglyphes. Le cor ou durillon ne saigne pas et ses lignes cutanées le traversent sans interruption. La douleur est aussi différente : la verrue est très douloureuse à la pression latérale (en pince), tandis que le cor est douloureux à la pression directe (axiale).

Faut-il absolument traiter une verrue plantaire qui ne fait pas mal ?

Pas nécessairement. Si la verrue est unique, non évolutive et non douloureuse, une surveillance attentive est raisonnable, notamment chez l’enfant. En revanche, le traitement est préférable pour éviter l’extension et la contagion à l’entourage. Un avis dermatologique permet de peser les bénéfices et les contraintes du traitement au cas par cas.

Combien de temps dure le traitement d’une verrue plantaire ?

La durée varie selon la méthode et la réponse individuelle. Avec un verrucide kératolytique quotidien, comptez 4 à 12 semaines pour une verrue superficielle. Pour une myrmécie épaisse traitée par cryothérapie bimensuelle, plusieurs mois sont souvent nécessaires. La patience est indispensable : l’arrêt prématuré est la première cause d’échec.

Peut-on aller à la piscine ou au sport avec une verrue plantaire ?

Oui, mais avec des précautions pour éviter la contagion : port de claquettes dans les espaces collectifs, chaussettes propres à chaque séance, protection de la verrue avec un pansement occlusif étanche si possible. La verrue en elle-même ne contre-indique pas la baignade.

Pourquoi ma verrue revient-elle après traitement ?

La récidive s’explique par le fait qu’aucun traitement actuel n’élimine complètement le virus HPV dans les tissus adjacents. Si la verrue réapparaît exactement au même endroit, le traitement n’a probablement pas été assez profond. Si elle apparaît en couronne autour de la zone traitée, c’est une contamination périphérique lors du traitement. Une consultation dermatologique permet d’adapter la stratégie.

À lire aussi sur les verrues

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Références scientifiques (PubMed)

  • Kwok CS, Gibbs S, Bennett C, et al. Topical treatments for cutaneous warts. Cochrane Database Syst Rev. 2012. PMID 22972052
  • Witchey DJ, Witchey NB, Roth-Kauffman MM, Kauffman MK. Plantar Warts: Epidemiology, Pathophysiology, and Clinical Management. J Am Osteopath Assoc. 2018. PMID 29379975
  • Sterling JC, Gibbs S, Haque Hussain SS, et al. British Association of Dermatologists’ guidelines for the management of cutaneous warts 2014. Br J Dermatol. 2014. PMID 25273231
  • Bruggink SC, Gussekloo J, Berger MY, et al. Cryotherapy with liquid nitrogen versus topical salicylic acid application for cutaneous warts in primary care. CMAJ. 2010. PMID 20837684
  • Lipke MM. An armamentarium of wart treatments. Clin Med Res. 2006. PMID 17210977

Haute Autorité de Santé (HAS) – Verrues : prise en charge


Econazole : antifongique topique, indications et mode d’emploi

Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’éconazole est un antifongique imidazolé à large spectre, actif sur les dermatophytes, les levures Candida et le Malassezia responsable du pityriasis versicolor. Une méta-analyse portant sur 14 antifongiques topiques n’a retrouvé aucune différence significative de taux de guérison mycologique entre les molécules de cette classe en fin de traitement. En France, Pevaryl® et ses génériques à 1% sont remboursés à 30% sur prescription.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Éconazole (Pevaryl®) : antifongique topique, indications et posologie

Si votre médecin ou votre pharmacien vous a prescrit ou conseillé de l’éconazole, c’est probablement parce qu’une mycose cutanée a été diagnostiquée ou suspectée : démangeaisons entre les orteils, plaque rouge qui s’étend, taches qui ne bronzent pas, ou irritation persistante dans un pli de peau. Cette fiche reprend tout ce qu’il faut savoir pour utiliser ce traitement efficacement et éviter l’erreur la plus fréquente, à savoir l’arrêt trop précoce.

L’éconazole appartient à la famille des antifongiques imidazolés à usage local. Il agit en perturbant la synthèse de l’ergostérol, un constituant essentiel de la membrane des champignons et levures, ce qui finit par les détruire. Cette molécule est commercialisée en France depuis plusieurs décennies sous de nombreuses formes galéniques, adaptées à chaque localisation et chaque type de peau.

Marques disponibles en France : Pevaryl® (crème, poudre, solution, émulsion fluide, ovule gynécologique) et ses nombreux génériques remboursés à 30% sur prescription. Des spécialités à base d’éconazole sont également disponibles sans ordonnance en pharmacie sous d’autres noms commerciaux, mais ne bénéficient alors d’aucun remboursement.

Dans quels cas utiliser l’éconazole ?

L’éconazole topique est indiqué dans le traitement de plusieurs familles d’infections fongiques superficielles. Son spectre large en fait l’un des antifongiques les plus polyvalents de sa classe.

  • Dermatophytoses cutanées : pied d’athlète (tinea pedis), intertrigo des plis (aines, orteils), herpès circiné (ringworm), teigne du cuir chevelu en complément d’un traitement par voie orale
  • Candidoses cutanéo-muqueuses : intertrigo candidosique des plis (sous les seins, aisselles, aine), candidose génitale chez l’homme et la femme
  • Pityriasis versicolor : taches squameuses dues à la levure Malassezia, fréquentes après l’été
  • Candidose vaginale : sous forme d’ovule à libération prolongée (Gyno-Pevaryl®)

Une mycose cutanée mal identifiée peut faire perdre un temps précieux : une candidose et une dermatophytose ne se traitent pas toujours de la même durée, et certaines rougeurs des plis ne sont pas d’origine fongique. En cas de doute, un avis médical permet de confirmer le diagnostic avant tout traitement, surtout si les lésions sont étendues ou récidivantes.

Quelle forme choisir selon la localisation ?

Le choix de la galénique n’est pas anodin : une zone humide et plissée tolère mal une crème trop occlusive, tandis qu’une peau sèche et squameuse a besoin d’un produit plus hydratant.

Forme Indication privilégiée Posologie usuelle
Crème 1% Peau sèche, plis, candidose génitale 1 à 2 applications/jour, 2 à 4 semaines
Poudre 1% Espaces interdigitaux, chaussures, zones humides 1 à 2 applications/jour, en relais ou complément de la crème
Solution/émulsion 1% Cuir chevelu, zones pileuses, grandes surfaces (pityriasis versicolor) 1 à 2 applications/jour
Ovule 150 mg Candidose vaginale 1 ovule en dose unique, le soir au coucher
Bon à savoir : le spectre de l’éconazole couvre aussi bien les dermatophytes que les levures du genre Candida et le Malassezia du pityriasis versicolor, ce qui en fait un traitement de première intention même lorsque le diagnostic mycologique précis n’est pas encore confirmé par culture.

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Comment bien appliquer l’éconazole pour éviter une rechute ?

L’efficacité d’un antifongique local dépend autant de la bonne observance que de la molécule elle-même. Une étude comparative multicentrique portant sur plus de 650 patients a établi qu’une crème imidazolée bien appliquée obtenait une efficacité clinique de l’ordre de 75 à 76% sur les dermatophytoses, avec un taux d’effets indésirables inférieur à 1%, le plus souvent locaux et transitoires.

  • Nettoyer et bien sécher la zone avant chaque application, en particulier les espaces interdigitaux
  • Appliquer en couche fine, en débordant légèrement sur la peau saine autour de la lésion
  • Respecter la fréquence prescrite (1 à 2 fois par jour) sans interruption
  • Poursuivre le traitement quelques jours après la disparition visible des symptômes
  • Laver le linge et la literie en contact avec la zone infectée pendant le traitement
L’erreur la plus fréquente : arrêter le traitement dès que les démangeaisons cessent. Les champignons disparaissent visiblement avant d’être totalement éradiqués en profondeur. Un arrêt trop précoce explique la majorité des rechutes observées en consultation, surtout au niveau des pieds et des plis.

Éconazole ou autre antifongique : que dit la science ?

Il existe de nombreuses molécules imidazolées (éconazole, miconazole, clotrimazole, kétoconazole) ainsi que d’autres classes comme la terbinafine. Une méta-analyse en réseau ayant comparé 14 traitements antifongiques topiques n’a pas retrouvé de différence significative de guérison mycologique en fin de traitement entre la plupart des molécules de cette classe ; seules certaines, comme la terbinafine, ont montré un avantage sur le maintien de la guérison à distance. Concernant spécifiquement la candidose vaginale, une étude comparative en double aveugle a conclu à une efficacité équivalente entre éconazole et clotrimazole, l’éconazole étant toutefois jugé légèrement moins bien accepté par les patientes sur le plan du confort d’application.

En pratique, le choix entre ces molécules repose moins sur une supériorité d’efficacité que sur la galénique disponible, la localisation à traiter et les préférences du patient. C’est pourquoi le kétoconazole est souvent privilégié pour le cuir chevelu et la dermite séborrhéique, tandis que l’éconazole reste un choix de référence pour les plis et les muqueuses.

Consultez rapidement si : la lésion s’étend malgré 2 semaines de traitement bien conduit, une fièvre ou des frissons apparaissent, la peau se fissure profondément ou suinte abondamment, des signes d’allergie de contact surviennent (gonflement, cloques, aggravation des rougeurs après application), ou si les symptômes récidivent fréquemment, ce qui peut faire rechercher un facteur favorisant comme le diabète.

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Questions fréquentes sur l’éconazole

L’éconazole (Pevaryl) est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Oui, Pevaryl et ses génériques à base d’éconazole 1% sont remboursés à 30% sur prescription médicale. Les formes vendues sans ordonnance en pharmacie, sous d’autres marques, ne sont pas remboursées.

Combien de temps faut-il appliquer l’éconazole pour traiter une mycose ?

En moyenne 2 à 4 semaines selon la localisation. Le pied d’athlète demande souvent 4 semaines complètes. Il faut continuer le traitement quelques jours après la disparition des symptômes, car l’arrêt prématuré est la première cause de rechute.

Peut-on utiliser l’éconazole sur les muqueuses génitales ?

Oui. La crème s’applique sur la vulve et le gland en cas de candidose, et l’ovule vaginal Gyno-Pevaryl 150 mg traite la candidose vaginale en dose unique. En cas de symptômes récidivants ou pendant la grossesse, l’avis d’un médecin est recommandé avant traitement.

Quels sont les effets indésirables de l’éconazole ?

L’éconazole topique est généralement bien toléré. Une sensation de brûlure transitoire ou une rougeur légère peuvent apparaître à l’application. Une véritable allergie de contact reste rare mais justifie l’arrêt du produit si une réaction s’aggrave.

L’éconazole est-il efficace contre toutes les mycoses de la peau ?

L’éconazole couvre un large spectre : dermatophytes (pied d’athlète, teigne, herpès circiné), levures Candida et Malassezia (pityriasis versicolor). Il n’agit pas sur les mycoses des ongles en profondeur, qui nécessitent souvent un traitement spécifique plus prolongé.

Peut-on appliquer l’éconazole sur le visage ?

Oui pour une mycose confirmée du visage, en couche fine et en évitant le contour des yeux. En cas de doute diagnostique sur une rougeur du visage, mieux vaut consulter avant traitement, car d’autres affections cutanées miment parfois une mycose.

Que faire si la mycose ne s’améliore pas après le traitement ?

Si aucune amélioration n’est visible après 2 semaines d’application régulière et bien conduite, une consultation s’impose. Le diagnostic doit être reconfirmé et un prélèvement mycologique peut être utile pour adapter le traitement.

L’éconazole peut-il être utilisé pendant la grossesse ?

L’éconazole topique est habituellement considéré comme une option envisageable pendant la grossesse, notamment pour la candidose vaginale, mais toute utilisation doit être validée par le médecin ou la sage-femme suivant la grossesse, en particulier au premier trimestre.

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Références scientifiques

  1. Repiso Montero T, López S, Rodríguez C, et al. Eberconazole 1% cream is an effective and safe alternative for dermatophytosis treatment: multicenter, randomized, double-blind, comparative trial with miconazole 2% cream. Int J Dermatol. 2006;45(5):600-604. PMID 16700802
  2. Rotta I, Sanchez A, Gonçalves PR, et al. Efficacy of topical antifungals in the treatment of dermatophytosis: a mixed-treatment comparison meta-analysis involving 14 treatments. JAMA Dermatol. 2013;149(3):341-349. PMID 23553036
  3. Wijesinghe NMH, et al. Econazole and clotrimazole in the treatment of vaginal candidiasis: a double blind comparative study. PMID 7820892
  4. Manca ML, et al. Econazole nitrate-loaded MCM-41 for an antifungal topical powder formulation. J Mater Sci Mater Med. 2010. PMID 20845470

Source : HAS – Recommandations sur les affections dermatologiques courantes

Voir aussi : Mycose des pieds | Candidoses | Pityriasis versicolor | Rougeurs des aisselles | Kétoconazole | À propos du Dr Rousseau

Ivermectine en dermatologie : gale, rosacée et parasitoses

L’ivermectine N’EST PAS qu’un MEDICAMENT POUR CHEVAUX / Ivermectine et COVID

Mis à jour le 4 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : L’ivermectine est un antiparasitaire prescrit en comprimés dans la gale (dose unique adaptée au poids) et en crème (Soolantra®) dans la rosacée inflammatoire. Dans l’essai randomisé TOGETHER portant sur 1358 patients, elle n’a montré aucun bénéfice significatif contre la Covid-19 : 14,7 % d’hospitalisations sous ivermectine contre 16,3 % sous placebo. L’ANSM déconseille formellement son usage hors gale et rosacée.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Molécule d’ivermectine

Cet article en vidéo:

L’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale .

L’ivermectine est donc un médicament bien connu des dermatologues, qui se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs. Il s’agit en fait d’un antiparasitaire qui peut aussi être prescrit dans d’autres maladies parasitaires.

Ne jamais s’automédicamenter avec de l’ivermectine : c’est un médicament sur ordonnance. Ne prenez jamais de formulation vétérinaire (chevaux, bovins) : les doses sont calculées pour des animaux de plusieurs centaines de kilos et peuvent provoquer une intoxication grave (troubles neurologiques, hypotension, coma). Ne l’utilisez jamais en automédication contre la Covid-19, son efficacité n’y est pas démontrée. En cas de doute, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant toute prise.

Contre indications de l’ivermectine

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de l’ivermectine

L’ivermectine est prise dans la gale à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

En savoir plus sur le traitement de la gale par ivermectine

Ivermectine et rosacée : la crème Soolantra®

L’ivermectine existe aussi sous forme de crème dermatologique, Soolantra® (ivermectine 10 mg/g, soit 1 %), seul médicament topique à base d’ivermectine indiqué dans le traitement des lésions inflammatoires de la rosacée chez l’adulte : les boutons rouges (papules et pustules) du visage, à ne pas confondre avec les rougeurs permanentes ou les vaisseaux dilatés de la couperose.

La crème s’applique une fois par jour sur l’ensemble du visage, en cure de 4 mois maximum, renouvelable sur décision médicale si nécessaire. Son action combine un effet anti-inflammatoire (elle réduit la production de cytokines inflammatoires) et une action acaricide sur Demodex folliculorum, un acarien du follicule pileux dont la prolifération excessive est associée à la rosacée papulopustuleuse et à la démodécidose.

Une revue systématique des essais cliniques confirme la supériorité de l’ivermectine 1 % crème sur le véhicule seul, avec un nombre de patients à traiter (NNT) de 10,5 par rapport au métronidazole à 12 semaines. Dans l’étude d’extension ATTRACT, le délai médian avant première rechute est significativement plus long sous ivermectine que sous métronidazole 0,75 % crème : 115 jours contre 85 jours (p=0,0365), avec un taux de rechute à 36 semaines plus faible (62,7 % contre 68,4 %). Soolantra® n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie.

Conseil du dermatologue : la revue indépendante Prescrire recommande de rester en première intention au métronidazole, moins coûteux et avec un recul d’utilisation plus long, et de réserver l’ivermectine crème aux formes ne répondant pas à ce traitement. Cette décision se prend avec votre dermatologue selon la sévérité de vos lésions.

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L’ivermectine est-elle un médicament pour chevaux?

Oui! L’ivermectine en tant qu’antiparasitaire est régulièrement utilisé en médecine vétérinaire à des doses là aussi dépendantes du poids des animaux (plusieurs centaines de kilogrammes pour un cheval), donc bien supérieures à celles des hommes

La confusion sur le statut de médicament UNIQUEMENT VETERINAIRE provient de l’engouement pour l’ivermectine aux USA, où des personnes ont acheté de l’ivermectine pour chevaux et se sont surdosés et intoxiqués car ils ont pris des doses faites pour des animaux de centaines de kgs et non pas pour le poids d’un homme.
Tout produit pris en dose trop importante devient un poison!

Ivermectine et COVID

En France, tout a commencé dans un Ehpad de Seine-et-Marne. Une dermatologue remarque que, alors qu’elle a traité une épidémie de gale en prescrivant à tout le personnel et aux résidents de l’ivermectine au début de la pandémie, quelques jours après, un premier cas de Covid-19 puis dix autres cas sont suspectés (sans tests PCR) et «Il n’y a eu ici aucune hospitalisation et aucun décès», selon la dermatologue.

Cette observation a été publiée dans le British Journal of Dermatology en janvier 2021, constatant que si, dans les 45 Ehpad de Seine-et-Marne ayant le même public (âge, effectif…) la mortalité a été de 4,9% parmi 3062 résidents, celle-ci a été de 0 pour 121 dans l’Ehpad observé. On sait selon une étude australienne que l’ivermectine est antivirale à haute dose in vitro (en laboratoire) mais comme le constate l’étude du BJD «Malgré les limites – caractère observationnel et absence de corrélation démontrée in vitro/in vivo -, la plausibilité est suffisante pour réaliser un essai contrôlé randomisé en cluster de prévention par ivermectine…»

Certains pays tels que le Pérou, le Mexique, l’Inde ou la Bolivie l’ont préconisée en prophylaxie (préventif).

Que sait-on? Quelles sont les études?

Deux recueils d’études récentes, datant de mars 2021, ne plaident pas en faveur de l’ivermectine dans la COVID19, et réclament des études de grande ampleur, mieux conduites que les études dont on dispose actuellement. Il s’agit d’une publication des Hopitaux Universitaires de Genève et de l’Agence Européenne du Médicament

Cette dernière signale que « des études en laboratoire ont montré que l’ivermectine pouvait bloquer la réplication du Sars-CoV-2 […], mais à des concentrations d’ivermectine beaucoup plus élevées que celles obtenues avec les doses actuellement autorisées. Les résultats des études cliniques étaient variables, certaines études ne montrant aucun bénéfice et d’autres rapportant un bénéfice potentiel » et que devant la faible valeur des études, « les preuves actuellement disponibles ne sont pas suffisantes pour soutenir l’utilisation de l’ivermectine dans Covid-19 en dehors des essais cliniques » et que de nouvelles études de meilleure valeur sont donc « nécessaires pour tirer des conclusions sur l’efficacité et l’innocuité du produit dans la prévention et le traitement du Covid-19 ».

Une méta analyse publiée en Juillet 2021 combine les données de 24 essais randomisés sur l’ivermectine – soit un total de 3328 patients – parmi lesquels 11 essais portant sur environ 2000 patients au total disposaient de données sur les décès. Leur combinaison a donné un taux de mortalité de 3 % dans le bras ivermectine et de 8,7 % dans le bras comparateur, un résultat statistiquement significatif. Cependant cette méta analyse collige parmi les études des préprints et des études non publiées, ce qui entache sa crédibilité.

Qui plus est, les deux études dans lesquelles la baisse de mortalité est le plus impactée par l’ivermectine sont deux études non relues par des pairs, issues d’Iran et d’Egypte. Sans ces études, la conclusion de la méta analyse serait moins significative.

Le 16 aout 2021, Andrew Hill, 1er auteur de l’étude déclare qu’une des études est suspectée de fraude médicale et que les résultats sans cette étude ne sont pas statistiquement significatifs en faveur de l’efficacité de l’Ivermectine dans la Covid19

Coté français, l’institut Pasteur a publié le 12 juillet 2021 un document de presse relatant une de leur publication dans laquelle l’ivermectine « appartient à une nouvelle catégorie d’agent anti-Covid-19 dans un modèle animal. Ces travaux ouvrent la voie à des axes de développement pour de meilleurs traitements contre la Covid-19 chez l’Homme » et « l’ivermectine pourrait alors être considérée comme un agent thérapeutique encourageant contre la Covid-19, sans impact sur la réplication du SARS-CoV-2 mais soulageant l’inflammation et les symptômes qui en découlent »

Mais ceci ne concerne que les animaux…

Depuis ces publications préliminaires, des essais randomisés de bien plus grande ampleur ont tranché la question. L’essai TOGETHER, mené au Brésil chez 1358 patients à risque et publié en 2022 dans le New England Journal of Medicine, n’a montré aucun bénéfice de l’ivermectine sur le critère principal (hospitalisation ou passage aux urgences pour aggravation) : 14,7 % des patients sous ivermectine ont présenté cet évènement, contre 16,3 % sous placebo, une différence non significative (risque relatif 0,90).

En conclusion, les essais randomisés de bonne qualité méthodologique ne montrent aucune efficacité de l’ivermectine dans le traitement ou la prévention de la Covid-19, quelle que soit la dose utilisée, comme le rappelle l’ANSM. La prendre hors des indications reconnues (gale, rosacée) expose à un retard de prise en charge et à une perte de chance, sans bénéfice démontré.

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Questions fréquentes

L’ivermectine soigne-t-elle la Covid-19 ?

Non. L’essai randomisé TOGETHER, mené chez 1358 patients et publié en 2022, n’a montré aucun bénéfice significatif : 14,7 % d’hospitalisations sous ivermectine contre 16,3 % sous placebo. L’ANSM déconseille formellement son usage hors AMM dans cette indication, quelle que soit la dose.

Peut-on prendre de l’ivermectine pour chevaux comme antiparasitaire chez l’humain ?

Non, c’est dangereux. Les formulations vétérinaires sont dosées pour des animaux de plusieurs centaines de kilos. Un surdosage expose à une intoxication grave : vertiges, hypotension, troubles neurologiques, voire coma. Utilisez uniquement l’ivermectine en comprimés ou en crème prescrite par un médecin.

Comment prend-on l’ivermectine contre la gale ?

En une prise orale unique de 200 microgrammes par kilo de poids corporel, à distance des repas. La posologie est adaptée au poids du patient, de 1 comprimé (15 à 24 kg) à 5 comprimés (66 à 79 kg). Une seconde prise à 7-14 jours d’intervalle est parfois recommandée selon la forme de gale.

L’ivermectine en crème traite-t-elle la rosacée ?

Oui, sous le nom Soolantra® (1 %), en application quotidienne sur le visage pendant 4 mois maximum. Elle est efficace sur les boutons rouges inflammatoires de la rosacée, avec un délai avant rechute significativement plus long qu’avec le métronidazole (115 jours contre 85 jours dans l’étude ATTRACT).

Quels sont les effets secondaires possibles de l’ivermectine ?

En comprimés : vertiges, nausées, fatigue et, rarement, éruption cutanée ou réaction allergique. En crème, les effets sont surtout locaux et transitoires : sensation de brûlure, irritation ou sécheresse au point d’application. Signalez tout effet inhabituel à votre médecin ou pharmacien.

L’ivermectine est-elle contre-indiquée pendant la grossesse ?

Oui, l’ivermectine en comprimés est contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement, ainsi que chez l’enfant de moins de 15 kg, faute de données de sécurité suffisantes. Parlez-en à votre médecin si vous êtes enceinte et exposée à la gale.

Quelle différence entre l’ivermectine en comprimés et en crème ?

Les comprimés (traitement systémique) sont utilisés en prise unique contre la gale, un parasite de la peau. La crème Soolantra® agit localement sur le visage contre les lésions inflammatoires de la rosacée, via un mécanisme anti-inflammatoire et acaricide sur Demodex. Ce sont deux indications et deux voies d’administration distinctes.

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À lire aussi sur la gale

Références et sources

  • Bernigaud C et al., « Oral ivermectin for a scabies outbreak in a long-term care facility: potential value in preventing COVID-19 and associated mortality », Br J Dermatol, 2021, PMID 33454964
  • Caly L et al., « The FDA-approved drug ivermectin inhibits the replication of SARS-CoV-2 in vitro », Antiviral Res, 2020, PMID 32251768
  • Reis G et al. (TOGETHER Investigators), « Effect of Early Treatment with Ivermectin among Patients with Covid-19 », N Engl J Med, 2022, PMID 35353979
  • Ebbelaar CCF et al., « Topical Ivermectin in the Treatment of Papulopustular Rosacea: A Systematic Review of Evidence and Clinical Guideline Recommendations », Dermatol Ther (Heidelb), 2018, PMID 29943217
  • Taieb A et al. (Ivermectin Phase III Study Group), « Maintenance of remission following successful treatment of papulopustular rosacea with ivermectin 1% cream vs. metronidazole 0.75% cream: 36-week extension of the ATTRACT randomized study », J Eur Acad Dermatol Venereol, 2016, PMID 26691278
  • ANSM, « L’ANSM rappelle que l’hydroxychloroquine, l’azithromycine et l’ivermectine ne constituent pas des traitements du Covid-19 », ansm.sante.fr, avril 2023

Zona : traitement antiviral précoce, soulagement et vaccination

Mis à jour le 10 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) latent dans les ganglions nerveux. Il touche environ 30 % des individus au cours de leur vie, principalement après 50 ans ou en cas d’immunodépression. Le vaccin réduit le risque de zona et de douleurs post-zostériennes de 50 à 90 %.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Zona : causes, symptômes, traitement et vaccin

Le zona est une maladie de peau très fréquente, touchant 20 % de la population. Il est dû à la réactivation du virus varicelle-zona (VZV), qui reste latent dans les ganglions nerveux après la varicelle. L’éruption est caractérisée par des vésicules douloureuses suivant le trajet d’un nerf, sur une seule moitié du corps. Le traitement antiviral doit être institué dans les 72 premières heures pour réduire le risque de douleurs post-zostériennes.

Photos du zona : les images ci-dessous illustrent l’aspect typique de l’éruption vésiculeuse et ses variantes selon la localisation. Pour les photos du zona intercostal (dos, ventre, côtes), voir notre article dédié.

Photo de zona : éruption vésiculeuse unilatérale suivant un trajet nerveux
Photo : zona thoracique typique

Sommaire :
Causes |
Facteurs déclenchants |
Symptômes |
Évolution |
Complications |
Vaccin |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Causes du zona

Le zona est la manifestation clinique de la réactivation du VZV (Varicella zoster virus). Environ 90 % des adultes ont fait la varicelle dans l’enfance et sont porteurs du VZV à l’état latent. Environ 20 % d’entre eux feront un zona au cours de leur vie ; 1 % en fera plusieurs épisodes.

Après la varicelle, le virus reste latent dans les ganglions sensitifs des racines dorsales. Des années plus tard, il peut migrer le long du nerf jusqu’à la peau – d’où un zona toujours unilatéral et limité à un dermatome. Il existe au moins 4 génotypes de VZV, ce qui explique les possibilités de récidive.

→ Voir : causes du zona | contagion du zona

📚 Biologie du virus varicelle-zona et réactivation – PubMed

Facteurs déclenchants

Facteur Détail
Âge avancé Incidence annuelle : 2/1 000 entre 20–50 ans → 5/1 000 entre 51–79 ans → 10/1 000 après 80 ans. Diminution physiologique de l’immunité cellulaire anti-VZV avec l’âge.
Immunodépression VIH, hémopathies malignes, traitement immunosuppresseur, corticothérapie prolongée, chimiothérapie, stress intense, fatigue sévère, maladie intercurrente grave.
⚠️ Un zona récidivant ou survenant chez un adulte jeune sans facteur déclenchant identifié doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente – notamment une infection VIH ou une hémopat

Symptômes du zona

Le zona évolue en deux phases caractéristiques :

Phase Durée Manifestations
Phase prodromique 2 à 4 jours avant l’éruption Douleurs unilatérales dans la zone qui sera atteinte : brûlures, décharges électriques, hyperesthésie cutanée. Pour le zona intercostal : douleurs en hémiceinture pouvant mimer une pathologie cardiaque, pleurale ou abdominale.
Phase éruptive 2 à 4 semaines Plaques érythémateuses → vésicules claires groupées en bouquets → troubles en 3–4 jours → croûtes s’éliminant en 2–3 semaines. Éruption strictement unilatérale suivant le trajet d’un nerf sensitif (dermatome).

Photo de zona de la nuque et du cou : éruption vésiculeuse unilatérale
Photo : zona de la nuque et du cou

→ Voir l’article détaillé : symptômes du zona

Évolution

L’éruption dure en moyenne 2 à 4 semaines. Les douleurs de la phase éruptive s’atténuent généralement avec la cicatrisation, mais peuvent persister plusieurs mois à plusieurs années sous forme de douleurs post-zostériennes – principale complication du zona. Il est rare de refaire un zona dans les années qui suivent, sauf en cas d’immunodépression sévère.

Complications du zona

Complication Fréquence / gravité Page dédiée
Douleurs post-zostériennes 10–20 % des patients, surtout après 60 ans. Brûlures continues, allodynie, hyperalgésie. Peuvent durer des années. → Douleurs post-zostériennes
Zona ophtalmique Atteinte branche V1 du trijumeau. Urgence médicale – kératite, uvéite, séquelles visuelles définitives possibles. → Zona ophtalmique
Surinfection bactérienne Staphylococcus aureus ou Streptococcus pyogenes. Cicatrices pigmentées ou dépigmentées possibles. –
Complications neurologiques Paralysie radiculaire, troubles urinaires (zona sacré), ophtalmoplégie, paralysie faciale, méningite lymphocytaire. Encéphalite et myélite exceptionnelles. –
Formes graves (immunodéprimé) Zona hémorragique, étendu, avec complications viscérales (pulmonaires, hépatiques) potentiellement mortelles. –

Photo de cicatrices pigmentées après un zona
Photo : cicatrices pigmentées après zona

Photo de zona hémorragique : forme grave chez l'immunodéprimé
Photo : zona hémorragique (forme grave)

⚠️ Zona ophtalmique – urgence absolue : tout zona touchant le front, le nez ou la paupière doit être consulté en urgence. Le risque de séquelles visuelles définitives justifie un traitement hospitalier sans dé

📚 Complications du zona et facteurs de risque – PubMed

Vaccin contre le zona

Zostavax® (vivant atténué) Shingrix® (recombinant adjuvanté) ⭐
Âge recommandé ≥ 65 ans ≥ 50 ans
Schéma 1 injection 2 injections espacées de 2 à 6 mois
Efficacité Réduction du risque de zona de 50 %. Réduction des douleurs post-zostériennes de 66 %. Réduction du risque de zona de 97 % pendant au moins 3 ans, y compris après 70 ans.
Remboursement France 30 % En cours d’évaluation
Tolérance Bonne Plus d’effets locaux et généraux – surtout après la 2e injection
Co-administration grippe Possible Possible

Contre-indications communes : hypersensibilité aux composants (dont néomycine), immunodéficience primaire ou acquise, traitement immunosuppresseur incluant fortes doses de corticoïdes, tuberculose active non traitée, grossesse.

📚 Efficacité du vaccin Shingrix chez les plus de 70 ans – NEJM/PubMed

Traitement du zona

Le zona typique guérit spontanément, mais le traitement vise à accélérer la cicatrisation, limiter les douleurs et prévenir les douleurs post-zostériennes.

Traitement Modalités / indication
Antiviraux oraux
(valaciclovir, aciclovir, famciclovir)
Dans les 72 premières heures idéalement. Indiqués chez les > 50 ans, en cas de zona ophtalmique ou de facteurs de risque de complications. Efficacité réduite au-delà de 72 h.
Soins locaux Antisepsie douce des lésions, pansements non occlusifs, prévention de la surinfection bactérienne.
Antalgiques Paracétamol en 1re intention. Opioïdes si douleurs sévères. Antiépileptiques (gabapentine, prégabaline) ou antidépresseurs tricycliques pour les douleurs neuropathiques post-zostériennes.
💡 Les « coupeurs de feu » sont parfois consultés pour soulager les douleurs du zona. À ce jour, aucune étude scientifique rigoureuse n’étaye leur efficacité comparée à un traitement médical ou à un placebo. Cependant, en pratique, cela semble fonction

→ Voir l’article complet : traitement du zona

72 heures – c’est la fenêtre thérapeutique du zona.
Ne tardez pas : une téléconsultation permet d’obtenir une ordonnance antivirale rapidement, même le week-

Points clés

À retenir
Le zona est la réactivation du VZV, latent depuis la varicelle dans les ganglions nerveux sensitifs
Il touche 20 % de la population – incidence croissante avec l’âge et l’immunodépression
L’éruption est toujours unilatérale, précédée de prodromes douloureux, suivant un dermatome précis
Le traitement antiviral doit être débuté dans les 72 premières heures pour prévenir les douleurs post-zostériennes
Le zona ophtalmique est une urgence médicale – consulter immédiatement
Le vaccin Shingrix® offre une protection de 97 % chez les plus de 50 ans

⚠ Consultez rapidement si :

  • zona ophtalmique : vésicules sur le front ou le nez, baisse d’acuité visuelle – urgence ophtalmo
  • zona chez un immunodéprimé ou un patient de moins de 40 ans sans facteur déclenchant
  • douleurs intenses résistant aux antalgiques courants
  • extension des lésions malgré 72h de traitement antiviral

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Questions fréquentes

Quels sont les premiers signes d’un zona ?

Le zona débute par une phase prodromique de 2 à 4 jours : douleurs vives, brûlures ou décharges électriques unilatérales dans un territoire précis (dermatome), sans lésion cutanée visible. Puis apparaissent des rougeurs et des vésicules groupées en bouquet, strictement unilatérales, suivant le trajet d’un nerf. La localisation la plus fréquente est le thorax (intercostal, 50 %), suivi du visage (trigéminal, 20 %) et des membres.

Le zona est-il contagieux ?

Le zona lui-même ne se transmet pas d’une personne à l’autre. En revanche, les vésicules contiennent du virus varicelle-zona (VZV) vivant qui peut transmettre la varicelle (pas le zona) à une personne n’ayant jamais eu la varicelle ni été vaccinée, notamment les femmes enceintes non immunisées et les personnes immunodéprimées. La contagiosité existe du stade des vésicules jusqu’à leur croûtement complet (7 à 10 jours) ; les vésicules séchées et croûtées ne sont plus contagieuses. Les personnes ayant eu la varicelle sont immunisées contre une nouvelle contamination.

Quel traitement pour le zona en 2026 ?

Traitement antiviral : valaciclovir 1000 mg × 3/j pendant 7 jours, à débuter dans les 72 heures suivant l’apparition des vésicules. Il réduit la durée de l’éruption de 2 à 3 jours et le risque de douleurs post-zostériennes de 50 %. Antalgie : paracétamol ou tramadol pour la douleur aiguë ; gabapentine ou prégabaline si douleurs neuropathiques intenses. Les corticoïdes sont controversés et ne sont plus systématiquement recommandés.

Le zona peut-il récidiver ?

Oui, contrairement à une idée reçue, le zona peut récidiver dans 1 à 6 % des cas, surtout chez les personnes immunodéprimées ; la récidive survient généralement dans le même dermatome. La vaccination par Shingrix après un premier épisode de zona réduit le risque de récidive et de douleurs post-zostériennes. Un zona récidivant multiple doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur).

Le vaccin contre le zona est-il efficace et remboursé ?

Le vaccin Shingrix (recombinant adjuvanté, 2 doses) est efficace à 90 % contre le zona et à 91 % contre les douleurs post-zostériennes chez les plus de 50 ans. En France, il est recommandé et remboursé depuis 2024 pour les personnes de 65 ans et plus et les immunodéprimés dès 18 ans. Il est plus efficace que l’ancien vaccin Zostavax (50 % d’efficacité). Les deux doses doivent être espacées de 2 à 6 mois.

Qu’est-ce que le zona ophtalmique et pourquoi est-ce une urgence ?

Le zona ophtalmique survient quand le VZV réactive dans le nerf trijumeau (branche ophtalmique V1). Il se manifeste par une éruption vésiculaire sur le front, le pourtour de l’œil et parfois la pointe du nez (signe de Hutchinson, prédictif d’atteinte cornéenne). Sans traitement antiviral urgent (valaciclovir + consultation ophtalmologique), il peut provoquer une kératite, une uvéite ou une nécrose rétinienne pouvant entraîner la cécité.

Peut-on faire du sport avec un zona ?

En dehors du zona ophtalmique ou des formes sévères, une activité physique légère à modérée est possible si la douleur le permet. Il faut éviter les piscines et vestiaires collectifs pendant la phase vésiculaire (contagiosité). La fatigue liée au zona peut décourager l’effort physique intense, ce qui est souvent bénéfique : le repos favorise la guérison immunitaire. Il est conseillé de reprendre progressivement l’activité après disparition des vésicules et des douleurs aiguës.

Comment éviter les douleurs post-zostériennes ?

Le meilleur moyen est de prendre le traitement antiviral dans les 72 premières heures suivant l’éruption : au-delà, son efficacité diminue significativement. La vaccination préventive (Shingrix®) réduit également le risque de douleurs séquellaires de deux tiers.

Quand consulter en urgence pour un zona ?

En urgence si : zona touchant le front, le nez ou la paupière (zona ophtalmique, risque de cécité) ; zona chez une personne immunodéprimée ; fièvre élevée ou altération de l’état général ; lésions hémorragiques ou nécrotiques ; suspicion d’atteinte neurologique.

Que révèle un zona sur l’état de santé général ?

Un premier zona après 50 ans est souvent simplement lié au vieillissement physiologique de l’immunité. Un zona survenant avant 50 ans, récidivant ou particulièrement sévère doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente (VIH, hémopathie, traitement immunosuppresseur). Un bilan médical est alors recommandé.

Le zona peut-il toucher les enfants ?

Oui, bien que ce soit rare. Il peut survenir chez un enfant ayant fait la varicelle, surtout si celle-ci a eu lieu in utero ou dans les premiers mois de vie. La vaccination contre la varicelle, recommandée dans le calendrier vaccinal français, devrait réduire à terme l’incidence du zona chez les jeunes adultes.

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À lire aussi sur le zona

Références scientifiques

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Lamisil® (terbinafine) : mycoses cutanées et des ongles, posologie

Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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⚠️ Surveillance hépatique : la terbinafine orale expose à un risque rare mais sévère d’atteinte hépatique. Un bilan hépatique est recommandé avant traitement en cas de facteur de risque, et le traitement doit être arrêté sans délai en cas de symptômes évocateurs (fatigue inhabituelle, nausées persistantes, urines foncées, jaunisse).
En bref : Lamisil® (terbinafine) traite les mycoses cutanées en crème/spray (1 à 2 semaines) et l’onychomycose en comprimés (6 semaines aux mains, 12 semaines aux pieds), avec une surveillance hépatique recommandée pour la forme orale.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Lamisil® est un antifongique à base de terbinafine disponible en trois formes : crème 1%, solution pour pulvérisation cutanée 1% et comprimés sécables 250 mg. Classé liste 2, il est remboursé à 30% (formes topiques) et 65% (comprimés) sur prescription médicale.

Formes disponibles et indications

Forme Indication principale Durée Remboursement
Crème 1% Pied d’athlète, intertrigo, dermatophytose 1 à 2 semaines 30%
Spray 1% Pied d’athlète, pityriasis versicolor 1 semaine 30%
Comprimés 250 mg Onychomycose, teigne, dermatophytose sévère 6 sem. (mains) / 12 sem. (pieds) 65%

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Questions fréquentes sur Lamisil® (terbinafine)

Lamisil® crème est-il remboursé sans ordonnance ?

Non, Lamisil® est classé liste 2 et nécessite une prescription médicale pour être remboursé. Il peut être acheté sans ordonnance en pharmacie mais ne sera pas remboursé dans ce cas. Pour bénéficier du remboursement à 30%, une ordonnance est indispensable.

Combien de temps faut-il prendre Lamisil® comprimés pour guérir un ongle mycosé ?

Le traitement par comprimés est de 6 semaines pour les ongles des mains et de 12 semaines pour les ongles des pieds. La disparition clinique de la mycose est visible plusieurs mois après la fin du traitement, lors de la repousse de l’ongle sain.

Quelle est la différence entre Lamisil® et Fungster® ?

Lamisil® et Fungster® contiennent tous deux de la terbinafine 250 mg et ont la même efficacité. Lamisil® est la marque d’origine ; Fungster® est un générique. Lamisil® propose en plus des formes topiques (crème et spray) que Fungster® ne propose pas.

Quels sont les effets secondaires de Lamisil® ?

Les effets les plus fréquents sont : troubles digestifs (nausées, diarrhées), perturbations du goût et éruptions cutanées. Des atteintes hépatiques rares mais sévères ont été rapportées avec la forme orale, nécessitant une surveillance hépatique.

Mycose d’ongle ou psoriasis?

Références scientifiques

Gupta AK, Polla Ravi S, Talukder M, Mann A. Effectiveness and safety of oral terbinafine for dermatophyte distal subungual onychomycosis. Expert Opin Pharmacother. 2024. PMID 38221907.
Ferguson JE, Prouty M. Terbinafine used safely in autoimmune hepatitis for treatment of tinea corporis. BMJ Case Rep. 2021. PMID 34035031.
Gupta AK, Studholme C. Novel therapies for onychomycosis: role of terbinafine and comparative efficacy. Mycopathologia. 2016. PMID 27502503.
Source institutionnelle : Base de données publique des médicaments (BDPM) — Lamisil® 250 mg.

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Lepre : causes, symptômes et traitement : causes

Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La lèpre (maladie de Hansen) est une infection bactérienne chronique de la peau et des nerfs due à Mycobacterium leprae. Elle reste très peu contagieuse : elle nécessite un contact rapproché et prolongé, souvent des mois, avec une personne non traitée. Un traitement antibiotique combiné (rifampicine, dapsone, +/- clofazimine) pendant 6 à 12 mois guérit la maladie et arrête la contagion dès les premiers jours de traitement.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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La lèpre fait peur à cause de son histoire, mais c’est aujourd’hui une maladie qui se soigne bien et qui se transmet difficilement. Elle touche la peau et les nerfs périphériques, provoquant des taches cutanées et une perte progressive de sensibilité si elle n’est pas traitée à temps. Reconnaître les signes tôt permet d’éviter les complications les plus redoutées de la maladie : les atteintes nerveuses irréversibles et les handicaps qui en découlent.

Qu’est-ce que la lèpre (maladie de Hansen) ?

La lèpre, aussi appelée maladie de Hansen, est une infection chronique causée par la bactérie Mycobacterium leprae (et plus rarement Mycobacterium lepromatosis). Cette bactérie a une particularité : elle se multiplie extrêmement lentement (environ deux semaines pour se diviser une seule fois) et affectionne particulièrement les cellules de la peau et les nerfs périphériques situés juste sous la peau.

Contrairement à une idée reçue encore répandue, la lèpre n’est ni héréditaire, ni une fatalité, ni une maladie « honteuse » : c’est une infection bactérienne comme une autre, qui se soigne aujourd’hui par antibiotiques.

Comment attrape-t-on la lèpre ? La transmission

La transmission se fait principalement par les voies respiratoires (gouttelettes nasales et buccales), lors d’un contact rapproché et répété avec une personne atteinte de la forme la plus contagieuse de la maladie (forme multibacillaire) et non traitée. Un contact bref, occasionnel – une poignée de main, un repas partagé, un trajet en avion – ne transmet pas la lèpre.

Un point rassurant : environ 95 % des personnes exposées à la bactérie ne développeront jamais la maladie, car leur système immunitaire élimine naturellement l’infection. Dès le début d’un traitement antibiotique efficace, une personne malade cesse d’être contagieuse en quelques jours à quelques semaines.

La maladie reste présente dans certaines régions du monde – notamment en Asie du Sud (Inde), au Brésil, en Indonésie et dans certains pays d’Afrique – où quelques centaines de milliers de nouveaux cas sont encore diagnostiqués chaque année selon les données de surveillance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En France métropolitaine, la maladie est devenue exceptionnelle, mais des cas isolés sont parfois diagnostiqués chez des personnes ayant vécu ou voyagé dans une zone d’endémie, ou originaires de ces régions.

Quels sont les symptômes de la lèpre ?

Le délai entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes est très long : de 2 à 10 ans en moyenne, ce qui rend le diagnostic difficile à évoquer.

Signe Description
Taches cutanées Une ou plusieurs taches sur la peau, plus claires ou plus rouges que la peau environnante, aux contours nets ou flous selon la forme de la maladie
Perte de sensibilité La tache est insensible au toucher, à la piqûre ou à la chaleur – c’est le signe le plus évocateur de la lèpre, qui la distingue de la plupart des autres maladies de peau
Nerfs épaissis Certains nerfs superficiels (coude, genou, cou) deviennent palpables, épaissis, parfois douloureux
Troubles moteurs Faiblesse ou paralysie progressive de certains muscles des mains, des pieds ou du visage si l’atteinte nerveuse évolue
Troubles trophiques Blessures et brûlures indolores passant inaperçues à cause de la perte de sensibilité, pouvant s’infecter et s’aggraver

Comment le dermatologue fait-il le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur un faisceau d’arguments cliniques et biologiques : l’aspect et la disposition des taches cutanées, la recherche systématique d’une perte de sensibilité sur la lésion (au coton, à l’aiguille), la palpation des nerfs périphériques, et surtout la biopsie cutanée, qui recherche le bacille par des colorations spécifiques (Fite-Faraco) et permet de classer la maladie selon sa forme (paucibacillaire ou multibacillaire). Une PCR peut également être réalisée pour confirmer la présence de la bactérie.

Consultez rapidement si :

  • Une tache cutanée déjà connue devient rouge, gonflée ou douloureuse, ou qu’un nerf devient soudainement très douloureux – ces signes peuvent évoquer une « réaction lépreuse », une poussée inflammatoire pouvant endommager les nerfs de façon irréversible en quelques jours si elle n’est pas traitée en urgence.
  • Une faiblesse musculaire apparaît ou s’aggrave dans une main ou un pied (difficulté à serrer les doigts, pied qui traîne).
  • Une blessure ou une brûlure passe inaperçue à cause d’une perte de sensibilité, ou ne cicatrise pas.
  • De la fièvre accompagne une poussée cutanée chez une personne déjà traitée pour une lèpre.

Quel est le traitement de la lèpre ?

Le traitement repose sur une polychimiothérapie (association de plusieurs antibiotiques) recommandée par l’OMS, associant selon la forme de la maladie la rifampicine, la dapsone et la clofazimine, pendant une durée de 6 mois pour les formes paucibacillaires et de 12 mois pour les formes multibacillaires. Ce traitement guérit la très grande majorité des patients, avec un taux de rechute très faible (de l’ordre de 1 %) et aucune résistance significative à la rifampicine à ce jour.

Les atteintes nerveuses déjà installées avant le traitement peuvent en revanche persister : d’où l’importance capitale d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces pour prévenir les handicaps. Les « réactions lépreuses » (poussées inflammatoires de type 1 ou 2), qui peuvent survenir avant, pendant ou après le traitement antibiotique, nécessitent un traitement anti-inflammatoire spécifique (corticoïdes notamment) en urgence pour protéger les nerfs.

Vivre avec la lèpre : ce qu’il faut savoir

  • Une fois le traitement antibiotique débuté, la contagiosité disparaît très rapidement : il n’y a aucune raison d’isoler un patient traité, ni de craindre un contact quotidien avec son entourage.
  • La protection des zones insensibles (mains, pieds) est essentielle pour éviter les blessures qui passent inaperçues : inspection quotidienne de la peau, chaussures adaptées, prudence avec la chaleur et les objets tranchants.
  • Une prise en charge en kinésithérapie et en podologie peut être nécessaire en cas d’atteinte nerveuse pour prévenir les déformations et préserver l’autonomie.
  • Le poids psychologique et social de la maladie – lié à son histoire et aux idées reçues – est réel : un accompagnement psychologique et une information de l’entourage sur la faible contagiosité de la maladie traitée sont des éléments importants de la prise en charge.

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Entretien d’expert (archive) : la lèpre vue par le Dr Pierre Bobin

Archive : l’entretien ci-dessous a été réalisé au début des années 2000 avec le Dr Pierre Bobin, spécialiste de la lèpre. Les chiffres épidémiologiques cités datent de cette époque et ne reflètent pas la situation actuelle ; ils sont conservés pour leur valeur historique et pédagogique sur la lutte contre la lèpre. Pour les données et le traitement actuels, reportez-vous aux sections ci-dessus.

Interview du Dr Pierre BOBIN

1/ Quelle est l’épidémiologie de la lèpre dans le monde ?

Dr Pierre Bobin :

– Au début de l’an 2 000, la situation était la suivante :

Le nombre de cas en traitement spécifique par polychimiothérapie (PCT) enregistrés était de 753 263 ( taux de prévalence: 1.25 pour 10 000 habitants).

Le nombre de nouveaux cas détectés au cours de l’année 1999 a été de 738 284 (taux de détection : 12.3 pour 100 000 habitants).

Le nombre cumulé de malades guéris grâce à la PCT est de 10 759 213. Parmi ces malades « guéris », le nombre de porteurs d’ infirmités liées à la lèpre est de 2 à 3 millions.

L’ OMS estime à 2 500 000 le nombre de cas qui devront être dépistés et soignés entre 2 000 et 2 005

En ce qui concerne la répartition géographique, il faut noter que dans 24 pays la lèpre demeure un problème de Santé publique. Il s’agit de pays ayant plus d’1million d’habitants, plus de 100 cas de lèpre par an et un taux de prévalence lèpre supérieur à 1 pour 10 000 habitants.

Parmi eux, 11 pays ont 89 % de la prévalence mondiale et 92% des nouveaux cas dépistés par an dans le monde

Le taux de prévalence moyenne dans ces 11 pays est de 4.1 pour 10 000 habitants

L’ Inde, à elle seule, représente 67 % de la prévalence mondiale et 73 % des nouveaux cas /an du monde

– Evolution de la situation entre 1985 et 1999.

Prévalence :

La prévalence mondiale a chuté de 86 %

Sur 122 pays d’endémie en 1985, 98 ont atteint l’objectif d' »élimination comme problème de santé publique » selon les critères de l’ OMS c’est-à-dire ayant un taux de prévalence inférieur à 1/10 000

Les raisons de cette diminution sont à mettre au compte de plusieurs facteurs : « nettoyage » des dossiers, durée plus courte de la PCT, taux élevé de guérison, faible taux de rechutes, pas de résistance à la rifampicine, amélioration de la prise en charge des cas

Détection des nouveaux cas : Elle est stable depuis ces 5 dernières années : entre 700 000 et 800 000 nouveaux cas par an

– Commentaires :

Ces chiffres objectivent incontestablement une réussite de la lutte contre la lèpre depuis ces 10 dernières années

Mais leur analyse amène à se poser des questions :

Concernant la Prévalence :

Sa diminution est certes due, en partie, à l’efficacité de la PCT, mais également : au « nettoyage » des registres, au raccourcissement de la durée de la PCT qui fait que les malades ne sont enregistrés comme « cas de lèpre » (définition OMS) que pendant une durée de 6 mois (PB) à 1 an (MB)

Dans certains pays, même avec une prévalence inférieure à 1 / 10 000, la lèpre reste un problème soit au niveau national (sous-dépistage), soit dans les provinces ou états, à l’intérieur d’un pays

Concernant la Détection :

C’est l’inquiétude car la tendance de la détection des nouveaux cas reste stable depuis 6 ans. Certes, cela est du à l’augmentation de la couverture géographique et des activités de programme

Mais, quelles que soient les explications, cela montre l’importance du « réservoir » infectieux

Donc le déclin annoncé de la lèpre n’apparaît pas encore

Le taux de détection, et surtout la tendance de la détection des cas, serait pour beaucoup d’auteurs un meilleur indicateur que celui de la prévalence pour surveiller l’évolution de l’endémie lépreuse. Car, bien qu’il soit influencé par les activités opérationnelles, il permet d’ évaluer l’ incidence et d’ apprécier le niveau de la transmission de la maladie, à partir de l’importance du « réservoir » infectieux (se traduisant par le nombre annuel de nouveaux cas).

Concernant le nombre de malades, ayant déjà des invalidités, lors du dépistage :

la proportion de ces malades permet d’apprécier combien la détection diffère de l’ incidence actuelle

elle permet de juger de la qualité de la lutte contre la lèpre dans un pays et d’apprécier la précocité du diagnostic

Le succès de la lutte contre la lèpre viendra, non seulement de la diminution du nombre de nouveaux cas, mais également, parmi eux, du nombre de ceux ne présentant pas d’atteinte neurologique

Et il faut donc répéter sans cesse que la lèpre est une neuropathie dont le diagnostic précoce est dermatologique

2/ Qu’a-t-on appris de nouveau sur la lèpre durant les dernières années (en dehors des traitements) ?
Dr Pierre Bobin :

Au plan de la recherche, quelques progrès ont été récemment accomplis et d’autres sont attendus dans un avenir proche, pour générer de nouveaux outils nécessaires à l’ amélioration des moyens prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques actuels

Pour mieux connaître Mycobacterium leprae et répondre aux questions concernant la pathogénie de la maladie et les modalités de réponse immunologique de l’ hôte :

le séquençage du génome de M. leprae qui vient d’être terminé grâce aux travaux de Stewart Cole, de l’ Institut Pasteur de Paris, a été une étape essentielle qui permettra d’ identifier de nouvelles cibles antibiotiques, des molécules immunologiquement importantes, des séquences de base utiles pour le typage de souches de M. leprae

l’ étude de la réponse immune à M. leprae permet d’identifier le rôle des cytokines ( TNFa…..) dans les réactions lépreuses, le mécanisme immunopathologique des lésions nerveuses, l’interaction au niveau moléculaire de M. leprae avec le nerf

Pour envisager une prévention de la lèpre et de ses complications, dans le cadre de l’immuno-prophylaxie, différents vaccins ( BCG seul, BCG+ M.leprae tués …..) sont en cours d’ expérimentation ou d’ évaluation ainsi que la corticothérapie systématique en début de PCT pour prévenir les neuropathies

Pour améliorer le diagnostic, de nouveaux outils devraient permettre prochainement la détection de la « lèpre infection » dans une population, par des tests cutanés ( AG de 2ème génération) et le diagnostic précoce de la lèpre, notamment multibacillaire (MB), des réactions et des neuropathies. En ce qui concerne la détection de résistance médicamenteuse, on dispose déjà de tests rapides pour évaluer la résistance à la rifampicine ( énorme progrès par rapport à la technique d’ inoculation à la souris )

3/ Quelles sont les grandes avancées thérapeutiques de ces dernières années et les perspectives d’avenir ?
Dr Pierre Bobin :

La polychimiothérapie anti-lépreuse utilisée depuis 1981 et associant Rifampicine-Dapsone et Clofazimine pendant 2 ans dans les formes multibacillaires (MB) et Rifampicine- Dapsone pendant 6 mois dans les formes paucibacillaires (PB) a fait la preuve de son efficacité car les rechutes sont considérées comme très rares (environ 1 %) et que l’ on n’ a pas noté de cas de résistance à la Rifampicine .

Mais ce traitement est encore trop long et son utilisation dans la plupart des pays en voie de développement pose beaucoup de problèmes au plan logistique .

L’OMS a récemment préconisé de ramener à 12 mois la durée de la PCT de 24 mois dans les formes MB. Cette décision n’a pas fait l’unanimité dans le monde de la léprologie, certains auteurs avançant qu’ il n ‘existe pas de preuve scientifique concernant son efficacité par rapport au schéma classique et que l’on risque de constater dans les 10 ans à venir une augmentation du nombre des rechutes .

Pour raccourcir la durée de la PCT et donc en améliorer la faisabilité, sont actuellement en cours d’évaluation :

de nouveaux antibiotiques à activité bactéricide plus puissante (rifapentine, moxifloxacine…)

de nouveaux protocoles, comme, par exemple, celui associant Rifampicine-Ofloxacine-Minocycline (ROM) ou plus récemment celui associant Rifapentine-Moxifloxacine-Minocycline dont les essais sur la souris se sont montrés particulièrement prometteurs et qui va maintenant être expérimenté chez l’ homme

de nouvelles stratégies opérationnelles pour le traitement de la maladie elle-même et des réactions

En conclusion, on peut noter des progrès depuis ces dernières années dans la lutte contre la lèpre si l’on se base sur le taux de prévalence globale de la maladie et sur les dernières avancées au plan de la recherche et des nouvelles stratégies opérationnelles

Mais l’ optimisme affiché par l’ OMS, qui annonce que l ‘ »élimination de la lèpre comme problème de santé publique » sera réalisée au niveau mondial en 2005, semble à beaucoup d’observateurs totalement injustifié car le taux de nouveaux cas annuels reste inchangé depuis ces 5 dernières années signant ainsi l’importance du « réservoir » infectieux

Le risque d’un tel optimisme est la démobilisation des chercheurs, des personnels de santé et des bailleurs de fond. Il ne faut pas qu’il y ait confusion dans les esprits entre « élimination » selon les critères de l’ OMS et l’éradication, pour le moment encore totalement utopique. La plus grande vigilance reste donc de rigueur

FAQ – Questions fréquentes sur la lèpre

La lèpre existe-t-elle encore aujourd’hui ?

Oui, la lèpre n’a pas disparu. Selon les données de surveillance de l’OMS, plusieurs centaines de milliers de nouveaux cas sont encore diagnostiqués chaque année dans le monde, principalement en Asie du Sud, au Brésil et dans certains pays d’Afrique. Des cas isolés continuent d’être décrits, y compris en Europe, chez des personnes ayant un lien avec une zone d’endémie.

La lèpre est-elle très contagieuse ?

Non. Elle se transmet seulement lors d’un contact rapproché et prolongé (souvent des mois) avec une personne atteinte d’une forme contagieuse et non traitée. Environ 95 % des personnes exposées ne développent jamais la maladie grâce à leur immunité naturelle, et un patient sous traitement cesse d’être contagieux en quelques jours.

La lèpre est-elle héréditaire ?

Non, la lèpre n’est pas une maladie héréditaire : c’est une infection bactérienne. Certaines prédispositions génétiques peuvent influencer la sensibilité à l’infection, mais la maladie elle-même ne se transmet pas des parents aux enfants comme une maladie génétique.

Peut-on guérir complètement de la lèpre ?

Oui, la polychimiothérapie recommandée par l’OMS guérit la quasi-totalité des patients, avec un taux de rechute inférieur à 1 %. Les lésions nerveuses déjà installées avant le traitement peuvent en revanche persister, ce qui souligne l’importance d’un diagnostic précoce.

Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ?

Une tache sur la peau qui ne fait pas mal et qui ne réagit pas au toucher ou à la piqûre est le signe le plus évocateur. Ce symptôme, associé à une origine géographique ou un séjour dans une zone d’endémie, doit conduire à consulter un dermatologue.

Faut-il isoler une personne atteinte de la lèpre ?

Non, l’isolement n’est pas nécessaire, en particulier dès le début du traitement antibiotique. Cette pratique, historiquement liée à la peur de la contagion, n’est plus justifiée médicalement une fois le traitement débuté.

La lèpre peut-elle laisser des séquelles ?

Oui, si le diagnostic est tardif : les atteintes nerveuses peuvent entraîner une perte de sensibilité définitive, des déformations des mains ou des pieds, ou des troubles de la marche. C’est pourquoi un dépistage et un traitement précoces sont essentiels pour prévenir ces handicaps.

Articles liés – Pour aller plus loin

Références scientifiques (PubMed)

  • Shiozaki Y, Kimura M, Ishii N. Hansen’s Disease. Brain Nerve. 2026;78(5):475-478. PMID 42156030
  • Carneiro BD, et al. Lepromatous leprosy presenting with chronic painless ulcers and inflammatory arthropathy: a case report from a non-endemic setting. BMC Infect Dis. 2026;26(1). PMID 42249306
  • van Wyk RB, le Grange DL, Budding L. A retrospective review of leprosy diagnosed histopathologically from skin biopsy specimens in central South Africa. S Afr J Infect Dis. 2026;41(1):802. PMID 42428785
  • Organisation mondiale de la santé (OMS). Lèpre (maladie de Hansen) – fiches d’information et données de surveillance. who.int
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Ressources sur les maladies infectieuses et la prise en charge dermatologique. has-sante.fr

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Verrue du visage : traitement adapté selon la localisation et la zone

Verrue sur le visage : types, photos et traitements
Une verrue sur le visage – sur le nez, le menton, le front, la paupière ou dans la barbe – est fréquente et bénigne. Elle est due au papillomavirus humain (HPV) et peut être traitée de plusieurs façons selon son type et sa localisation. Voici comment la reconnaître et s’en débarrasser efficacement.

Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les verrues du visage sont causées par le papillomavirus humain (HPV) et peuvent toucher le nez, les paupières, le menton ou le front. Elles nécessitent un traitement adapté à la localisation – jamais d’acide fort sur le visage – et guérissent le plus souvent par cryothérapie légère ou laser. Un diagnostic précis est indispensable pour éviter de confondre une verrue avec un molluscum, un grain de milium ou un papillome.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Qu’est-ce qu’une verrue du visage ?

Les verrues sont dues à une infection de la peau par les papillomavirus humains (HPV). Le virus pénètre par de petites lésions cutanées et provoque une prolifération locale des cellules de la peau. Le visage est une zone fréquemment touchée car le grattage, le rasage et le contact main-visage favorisent la contamination.

Les verrues du visage sont bénignes et non dangereuses. La majorité régressent spontanément en 2 à 4 ans, mais un traitement est recommandé pour éviter leur multiplication et leur transmission à l’entourage.

Les 3 types de verrues du visage

1. Les papillomes verruqueux – verrues en tétine

Ce sont les verrues les plus reconnaissables sur le visage : elles se présentent comme de petites excroissances en relief, en forme de « tétine » ou de chou-fleur. Elles siègent le plus souvent sur le nez et les paupières.

verrue nez papillome verruqueux visage photo
Papillomes verruqueux du nez
verrue paupière papillome verruqueux photo
Papillome verruqueux de la paupière
💡 Verrue sur la paupière : la proximité de l’œil contre-indique les traitements chimiques agressifs (acide, azote liquide à fort dosage). Seule une prise en charge par le dermatologue est recommandée pour cette localisation.

2. Les verrues planes

Les verrues planes sont superficielles, souvent de couleur chair ou légèrement rosée, à peine surélevées. Elles peuvent être nombreuses et difficiles à voir à l’œil nu. Elles prédominent sur le front et le menton et se disséminent facilement par le grattage.

verrues planes menton visage photo
Verrues planes du menton
verrues planes front visage photo
Verrues planes du front
verrues planes visage multiples photo
Verrues planes multiples du visage

3. Les verrues de la barbe chez l’homme

Chez l’homme, les verrues peuvent se disséminer dans la zone de rasage (joues, cou, menton) en raison du microcoupures créées par le rasoir qui propagent le HPV d’une zone à l’autre. Elles sont particulièrement difficiles à traiter car très nombreuses. Il est recommandé d’arrêter temporairement le rasage mécanique et de passer à un rasoir électrique ou à la dépilatory le temps du traitement.

Comment distinguer une verrue d’autre chose sur le visage ?

Certaines lésions peuvent ressembler à une verrue du visage sans en être une :

Lésion Aspect Différence clé
Verrue Excroissance rugueuse ou plaque plane Surface irrégulière, points noirs visibles
Molluscum contagiosum Petite papule nacrée ombiliquée Centre creux caractéristique, souple
Kératose séborrhéique Plaque marron-beige collée Aspect « posé sur la peau », non virale
Grain de milium Petit kyste blanc dur Sous la paupière, blanc nacré
Carcinome basocellulaire Papule perlée ou ulcérée Ne régresse pas, bord perlé – consultez
⚠️ Toute lésion qui saigne, s’ulcère ou ne régresse pas en plusieurs mois doit être montrée à un dermatologue pour éliminer une lésion précancéreuse ou cancéreuse.

Traitements des verrues du visage

Le traitement dépend du type de verrue et de sa localisation. Sur le visage, les zones à risque cicatriciel (nez, paupières) imposent une prudence particulière. Tous les traitements sont réalisés ou prescrits par un médecin ou dermatologue.

Azote liquide (cryothérapie)

Le traitement de référence pour les papillomes verruqueux. Le dermatologue applique de l’azote liquide (-196°C) sur la verrue, provoquant sa nécrose. Plusieurs séances sont souvent nécessaires (toutes les 2 à 3 semaines). Sur le visage, les dosages sont adaptés pour limiter le risque de cicatrice hypopigmentée.

Trétinoïne locale (pour les verrues planes)

La crème à la trétinoïne (rétinoïde) est le traitement de choix pour les verrues planes du visage. Elle exerce une action kératolytique progressive et est bien tolérée sur peau du visage. Le traitement dure plusieurs semaines à plusieurs mois.

Laser CO₂ ou Er:YAG

Le laser est indiqué pour les verrues résistantes ou multiples, notamment dans la zone de la barbe. Il permet une destruction précise avec un risque cicatriciel maîtrisé entre les mains d’un dermatologue expérimenté.

Électrocoagulation

Utilisée pour les papillomes verruqueux isolés. Le dermatologue détruit la verrue par courant électrique sous anesthésie locale. Résultats rapides mais risque de petite cicatrice.

Imiquimod (Aldara*)

Crème immunomodulatrice qui stimule les défenses locales contre le HPV. Utilisée principalement pour les verrues planes résistantes. Peut provoquer une réaction inflammatoire locale (rougeur, croûtes) qui fait partie du mécanisme d’action.

Comment éviter de propager les verrues sur le visage ?

  • Éviter de toucher ou de gratter les verrues (les points noirs sont du virus)
  • Ne pas se mettre les doigts dans le nez ni manipuler les boutons du visage
  • Chez l’homme : passer au rasoir électrique pendant la durée du traitement pour éviter la dissémination
  • Ne pas partager les serviettes, rasoirs ou pinceaux de maquillage
  • Se laver les mains après avoir touché une verrue

Pour comprendre l’ensemble des verrues (HPV, formes cliniques, autres localisations), consultez notre article de référence sur les verrues. Chez l’enfant, les verrues du visage sont souvent associées à d’autres verrues chez l’enfant, qu’il est utile de dépister également.

Consultez un dermatologue si : la verrue est sur la paupière (risque oculaire), si elle saigne, s’ulcère, ou si vous avez le moindre doute sur la nature de la lésion. Sur le visage, toute lésion atypique doit être examinée – un carcinome basocellulaire peut ressembler à une verrue.

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Questions fréquentes sur les verrues du visage

Comment enlever une verrue sur le visage soi-même ?

Les traitements en vente libre (acide salicylique, stylos à l’azote) ne sont pas recommandés sur le visage en raison du risque de cicatrice, surtout près des yeux et du nez. Seul un dermatologue peut choisir le traitement adapté (azote liquide dosé précisément, trétinoïne, laser) à la localisation et au type de verrue.

Combien de temps faut-il pour qu’une verrue du visage disparaisse ?

Sans traitement, la majorité des verrues régressent spontanément en 2 à 4 ans. Avec un traitement bien conduit (azote liquide, trétinoïne), la guérison peut intervenir en quelques semaines à quelques mois selon le type et le nombre de verrues. Les verrues de la barbe chez l’homme sont les plus longues à traiter.

Les verrues planes du visage sont-elles contagieuses ?

Oui, toutes les verrues sont contagieuses car dues au HPV. Les verrues planes sont particulièrement faciles à disséminer par le grattage. Évitez de les toucher et ne partagez pas serviettes ou rasoirs. Le risque de transmission à l’entourage est réel mais limité si les mesures d’hygiène sont respectées.

Peut-on se faire rembourser le traitement d’une verrue du visage ?

La cryothérapie réalisée en cabinet par le dermatologue est remboursée par l’Assurance Maladie. La consultation elle-même est prise en charge selon le tarif conventionné. Les crèmes comme la trétinoïne et l’imiquimod sont prescrites sur ordonnance mais leur remboursement varie selon l’indication.

Une verrue sur le visage peut-elle être un signe de cancer ?

Les verrues communes dues au HPV sont bénignes. Cependant, toute lésion du visage qui ne régresse pas, qui saigne spontanément, qui s’ulcère ou qui a un bord perlé doit être montrée à un dermatologue – il peut s’agir d’un carcinome basocellulaire ou d’une autre lésion précancéreuse qui n’a rien à voir avec une verrue virale.

Peut-on raser une zone du visage où se trouve une verrue plane ?

Le rasage favorise la dissémination des verrues planes par auto-inoculation et micro-coupures. Il est préférable d’éviter de raser directement sur les lésions et d’utiliser un rasoir électrique plutôt qu’une lame le temps du traitement. Un rasoir dédié, non partagé, limite aussi la transmission à l’entourage.

Une verrue sur la paupière est-elle une urgence ?

Sans être une urgence vitale, une verrue péri-oculaire justifie un avis rapide : risque de gêne visuelle, d’irritation cornéenne par frottement, et le traitement près de l’œil demande une technique adaptée pour éviter toute lésion oculaire accidentelle. Consultez un dermatologue ou un ophtalmologiste sans tarder en cas de doute.

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À lire aussi sur les verrues

Références scientifiques

  1. Mulhem E, Pinelis S. Treatment of nongenital cutaneous warts. Am Fam Physician. 2011;84(3):288-93. PMID 21842775
  2. Aden AI, et al. Resistant Facial Verruca Plana Treated with a Single-Dose Intramuscular Hepatitis B Vaccine as Immunotherapy in a Child. Int Med Case Rep J. 2026;19:600078. PMID 42016197
  3. Winn AE, Kentosh J, Bingham JL. Verruca plana as a complication of CO2 laser treatment: a case report. J Cosmet Laser Ther. 2015;17(2):96-8. PMID 25393826

Source : Haute Autorité de Santé | Société Française de Dermatologie

Herpès labial (bouton de fièvre) : traitement et prévention

Mis à jour le 20 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’herpès labial (bouton de fièvre) est dû au virus HSV-1, présent chez 67 % de la population mondiale. Les récurrences surviennent lors de stress, fièvre ou exposition solaire. Le traitement antiviral précoce (aciclovir, valaciclovir) réduit la durée et l’intensité des poussées.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Dernière mise à jour : 4 mai 2026

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Bouton de fièvre (herpès labial) : symptômes, contagion et traitement

herpès labial enfant lèvre bouton de fièvre photo
Herpès de la lèvre chez l’enfant

Le bouton de fièvre est une récurrence de l’herpès labial, due au virus Herpes Simplex de type 1 (HSV-1). Très fréquent – environ 70 % des adultes français sont porteurs du virus – il se manifeste par des vésicules douloureuses sur le bord des lèvres, évoluant en croûtes en 8 à 10 jours. Il ne guérit pas définitivement mais se traite efficacement par antiviraux.

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Sommaire :
Vidéo |
Qu’est-ce que le bouton de fièvre |
Transmission |
Primo-infection |
Stades d’évolution |
Facteurs déclenchants |
Quand consulter |
Traitement |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Cet article en vidéo

Qu’est-ce que le bouton de fièvre ?

Le bouton de fièvre est dû au virus HSV-1 (Herpes Simplex Virus type 1). En France, environ 70 % des adultes ont été en contact avec HSV-1 – mais seulement 30 % développent des symptômes (poussées). Une fois contracté dans l’enfance, le virus reste à vie dans les ganglions nerveux et peut se réactiver à tout moment.

Transmission – ce qu’il faut savoir

Mode de transmission Détail
Pendant les poussées Risque maximal tant que les lésions sont humides et suintantes (vésicules). Transmission par baiser, couverts partagés, serviettes.
Sans symptôme visible Le portage asymptomatique permet la transmission par la salive (baiser, pratiques oro-génitales). HSV-1 est responsable d’environ 20 % des cas d’herpès génital.
Auto-contamination Se lécher les doigts ou gratter les lésions peut provoquer un herpès cutané (narine, pourtour du nez), une conjonctivite herpétique ou d’autres localisations.

⚠️ Enfants atopiques : ne jamais embrasser un enfant atteint d’eczéma atopique si vous avez un bouton de fièvre – risque de syndrome de Kaposi-Juliusberg, urgence dermatologique pédiatrique.

Primo-infection herpétique

La primo-infection (premier contact avec HSV-1) est asymptomatique dans 90 % des cas et survient habituellement dans l’enfance. Quand elle est symptomatique, elle provoque une gingivostomatite herpétique :

Caractéristique Détail
Symptômes Inflammation diffuse de la bouche – rougeurs, érosions, parfois hémorragies. Fièvre à 39°C, ganglions cervicaux.
Incubation 2 à 12 jours
Évolution Guérison en 10 à 15 jours
Risque chez le nourrisson Refus d’alimentation → déshydratation pouvant nécessiter une hospitalisation
primo-infection herpétique enfant gingivostomatite photo
Primo-infection herpétique chez l’enfant
lésions gencives lèvres primo-infection herpès photo
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection

Évolution du bouton de fièvre – stades

Stade Durée Aspect Contagiosité
Prodrome 12–24 h avant Picotements, brûlures, démangeaisons sur le bord de la lèvre Déjà contagieux
Vésicules J1–J3 Rougeur gonflée puis vésicules groupées en bouquet remplies de liquide clair Maximum – éviter tout contact
Érosion J3–J5 Vésicules qui se rompent, plaie à vif douloureuse Élevée
Croûtes J5–J10 Croûtes jaunâtres sur le bord de la lèvre Faible mais possible
Cicatrisation J8–J10 Guérison sans cicatrice Nulle
Herpès labial – stade vésiculaire
herpès labial lèvre photo bouton fièvre
Herpès labial
herpès labial stade crouteux lèvre photo
Herpès labial au stade crouteux

Facteurs déclenchants des récurrences

Catégorie Facteurs
Immunodépression Fatigue, maladie infectieuse, fièvre, prise de cortisone, immunosuppresseurs, VIH
Facteurs physiques Exposition solaire, froid intense, traumatisme local (chirurgie, acte esthétique, laser, dermabrasion, injections)
Facteurs hormonaux Règles, grossesse
Facteurs psychologiques Stress, anxiété, dépression, chocs émotionnels
Autres Rapports sexuels, alimentation déséquilibrée

Quand consulter un médecin ?

⚠️ Consultez en urgence ophtalmologique si vous suspectez une conjonctivite herpétique – œil rouge, douloureux, sensible à la lumière après un bouton de fièvre. Le virus herpès peut provoquer une kératite pouvant menacer la vision.

Situation Conduite à tenir
Bouton de fièvre ne guérissant pas en 1 à 2 semaines Consultation médicale
Fièvre ou symptômes très intenses Consultation médicale
Récurrences fréquentes (> 6 par an) Consultation – traitement préventif à discuter
Déficit immunitaire connu ou immunosuppresseurs Consultation – traitement antiviral oral indiqué
Herpès chez un nourrisson ou un enfant atopique Consultation urgente – risque de Kaposi-Juliusberg
Œil rouge, douloureux, photophobie Urgence ophtalmologique

Traitement du bouton de fièvre

Traitements locaux (sans ordonnance)

Les crèmes antivirales à base d’aciclovir 5 % sont disponibles sans ordonnance. Efficaces si appliquées dès les premiers symptômes (stade prodromique – picotements), avant l’apparition des vésicules.

Information Détail
Noms commerciaux Aciclovir 5 % crème, Herpesedermyl 5 %, Herpevir 5 %, Kendix 5 %, Remex 5 %
Posologie 4 à 6 applications par jour pendant 5 jours
Contre-indications Hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol – ne pas appliquer sur les yeux, dans la bouche ou sur les muqueuses génitales
Effets secondaires Picotements transitoires, sécheresse cutanée, prurit – rarement érythème ou eczéma de contact

💡 Conseil : demandez toujours conseil au pharmacien avant utilisation – risque d’allergie, contre-indications pendant la grossesse ou l’allaitement.

Traitements oraux (sur ordonnance)

Médicament Indication Remarque
Aciclovir comprimés Poussées importantes ou immunodépression 5 prises/j pendant 5 jours
Valaciclovir (Zelitrex®) Poussées importantes – meilleure biodisponibilité 2 prises/j – plus pratique

Traitement préventif

En cas de récurrences fréquentes (> 6 poussées par an), un traitement préventif continu par aciclovir ou valaciclovir peut être proposé (une seule prise par jour). Réévaluation à 6 mois.

Plus de 6 boutons de fièvre par an ?
Un traitement préventif continu existe et est très efficace. Une téléconsultation suffit pour obtenir une ordonnance et un suivi adapté.

Pages spécialisées du cluster herpès

Herpès – formes et localisations
→ Herpès – page générale HSV-1 et HSV-2
→ Herpès génital (HSV-2) – symptômes, traitement, prévention
→ Aciclovir – crème et comprimés, mode d’emploi
→ Valaciclovir (Zelitrex®) – guide d’utilisation

Maladies virales cutanées associées
→ Zona – réactivation VZV, traitement, vaccin
→ Verrues – HPV, traitements
→ Eczéma atopique de l’enfant
→ Téléconsultation dermatologue

⚠ Consultez rapidement si :

  • lésions extensives ou récurrences très fréquentes (plus de 6 par an)
  • herpès oculaire : douleur, rougeur, photophobie – urgence ophtalmologique
  • herpès chez un nouveau-né ou un patient immunodéprimé
  • fièvre, confusion ou céphalées intenses associées aux lésions (herpès encéphalique)

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’herpès labial et pourquoi récidive-t-il ?

L’herpès labial est une infection par le virus Herpes Simplex de type 1 (HSV-1), contractée dans 80 % des cas avant l’âge de 5 ans. Après la primo-infection, le virus migre dans les ganglions trigéminaux où il reste latent à vie. Des facteurs déclenchants (soleil, stress, fièvre, traumatisme, menstruations, immunodépression) le réactivent périodiquement, provoquant les récidives appelées ’boutons de fièvre’ ou ‘feux sauvages’.

Combien de temps dure un bouton de fièvre sans traitement ?

Sans traitement, un épisode d’herpès labial évolue en 4 phases sur 7 à 10 jours : phase prodromique (picotements, 1 à 2 j) → vésicules groupées en bouquet (2 à 3 j) → ulcération (2 à 3 j) → croûte et guérison (2 à 3 j). Avec valaciclovir 2 g deux fois en une journée dès les prodromes, la durée est réduite à 4 à 5 jours en moyenne.

Quel est le meilleur traitement pour un bouton de fièvre ?

La clé est la précocité : dès les premiers picotements (avant les vésicules). Traitement curatif recommandé : valaciclovir 2 g × 2 en une journée (monodose) ou 500 mg × 2/j pendant 5 jours. La crème d’aciclovir 5 % est moins efficace que le traitement oral mais peut être utilisée 5 fois/j dès les prodromes. La penciclovir 1 % crème est une alternative topique légèrement supérieure. La lysine 3000 mg/j peut réduire la durée et la fréquence des récidives.

L’herpès labial est-il très contagieux ?

Oui. HSV-1 se transmet par contact direct avec les lésions ou la salive d’une personne ayant un herpès actif : baisers, partage d’ustensiles, contacts oro-génitaux. L’excrétion virale asymptomatique (sans lésion visible) existe dans 5 à 10 % du temps et contribue à la transmission. Pendant la poussée, éviter tout contact buccal, ne pas partager verres ou couverts, et se laver les mains après tout contact avec les lésions.

Comment réduire la fréquence des récidives d’herpès labial ?

Identifier et éviter les facteurs déclenchants personnels (soleil → SPF 50 sur les lèvres, stress → gestion du stress, immunodépression → traitement de fond). En cas de récidives fréquentes (≥ 6/an), un traitement suppresseur continu par valaciclovir 500 mg/j réduit les récidives de 70 à 80 % selon plusieurs essais cliniques. Ce traitement peut être poursuivi 1 à 2 ans sous surveillance médicale.

L’herpès labial peut-il se transmettre aux parties génitales ?

Oui, par contact oro-génital, HSV-1 peut provoquer un herpès génital. HSV-1 représente désormais 50 % des nouveaux cas d’herpès génital dans les pays développés. En cas de lésion labiale active, les pratiques oro-génitales doivent être évitées. La primo-infection génitale à HSV-1 est souvent plus sévère que la primo-infection à HSV-2 et peut nécessiter un traitement antiviral prolongé.

Peut-on guérir définitivement de l’herpès labial ?

Non, il n’existe pas de traitement curatif. Une fois contracté, HSV-1 reste latent à vie dans les ganglions nerveux. Les antiviraux (aciclovir, valaciclovir, famciclovir) contrôlent la réplication virale mais n’éliminent pas le virus. Des vaccins thérapeutiques sont en cours de développement (essais de phase II/III en 2024-2025) mais aucun n’est encore commercialisé en France.

Le bouton de fièvre est-il contagieux même sans lésion visible ?

Oui. Le virus HSV-1 peut être transmis par la salive même en l’absence de bouton visible – c’est le portage asymptomatique. Le risque est cependant nettement plus élevé pendant les poussées, notamment au stade vésiculaire. Évitez les baisers et le partage de couverts pendant toute la durée de la poussée.

Comment stopper un bouton de fièvre au stade des picotements ?

C’est le moment le plus efficace pour agir. Dès les premiers picotements ou brûlures sur le bord de la lèvre, appliquez immédiatement une crème antivirale à l’aciclovir 5 % (disponible sans ordonnance). Appliquée à ce stade prodromique, elle raccourcit la poussée d’environ une demi-journée ; elle n’empêche pas le bouton d’apparaître (deux essais, 1 385 patients : 4,3 contre 4,8 jours et 4,6 contre 5,2 jours). Évitez de toucher la zone et de vous frotter les yeux.

Le bouton de fièvre peut-il se propager aux yeux ?

Oui – c’est une complication sérieuse mais évitable. En se touchant le bouton puis en se frottant les yeux (auto-contamination), le virus peut provoquer une kératite ou conjonctivite herpétique pouvant menacer la vision. Symptômes : œil rouge, douloureux, larmoiement, sensibilité à la lumière. Consultez en urgence ophtalmologique si ces symptômes apparaissent pendant ou après une poussée.

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Sources

Voir aussi :
Herpès HSV-1/HSV-2 |
Herpès génital |
Aciclovir |
Valaciclovir (Zelitrex®) |
Zona |
Téléconsultation dermatologue

Herpes labial (bouton de fièvre) ou aphte?

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Télécharger un guide complet au format PDF :

Rougeur aisselle : symptômes, traitement et prévention

Rougeur et boutons des aisselles

Cet article en vidéo :


La rougeur des aisselles et l’apparition de boutons rouge qui démangent dans l’aisselle (sous les bras) est fréquente

Mis à jour le 17 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Une rougeur des aisselles a le plus souvent trois origines : une mycose (dermatophyte ou candida, à bordure nette et parfois suintante), un eczéma de contact (déodorant, épilation) aux limites moins nettes et très prurigineuses, ou une simple irritation mécanique. Un dermatologue distingue ces causes en quelques minutes ; en cas de doute, mieux vaut consulter avant d’appliquer une crème à la cortisone, qui peut masquer une mycose et la faire empirer.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Allergie au déodorant sous les aisselles
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La zone située sous les bras comporte un risque de macération, de frottement et de chaleur qui favorisant les irritations et la pullulation microbienne qu’elle soit mycosique ou bactérienne.

En cas de rougeur des aisselles, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Symptomes

L’aisselle est rouge, peut démanger, être douloureuse , suinter… Le médecin va s’orienter vers une ou plusieurs causes en fonction des symptomes : rougeur bilatérale et symétrique ou unilatérale, présence d’une sécheresse ou au contraire d’un suintement, extension centrifuge, limites nettes ou contours émiettés, présence de vésicules, de pustules, fissuration au fond du pli…

Il fait parfois réaliser un prélèvement mycologique (pour examen direct et mise en culture) voire bactériologique et parfois une biopsie cutanée (il prend un petit bout de peau sous anesthésie locale pour analyse au microscope).

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Ce médecin évoquera les causes possibles de rougeur sous les bras et dans les aisselles :

Causes

Mycose

Dermatophytes

La dermatophytie forme des plaques sèches à extension progressive. Elle est assez rare dans l’aisselle, sauf si elle est associée à une mycose de la peau avoisinante (tronc, bras…)

Traitement de la mycose à dermatophytes des aisselles
Lutter contre les facteurs favorisants

Le traitement des facteurs locaux favorisants de la mycose est prépondérant. Les facteurs locaux favorisants de la mycose sont entre autres :

  • la macération (éviter le port de sous vetements synthetiques et de vetements serrés)
  • l’humidité (sécher soigneusement les aisselles apres la toilette… )
  • l’irritation de la peau (traiter les symptomes irritatifs de la peau car ils peuvent constituer un facteur de développement de la mycose)
Antifongiques

Le médecin utilise des antifongiques disponibles sur ordonnance

Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines

En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.

Candida : candidose de l’aisselle

L’acidité des plis, l’obésité, les déficits immunitaires, la grossesse, le diabète et certains médicaments (corticothérapie générale, antibiotiques) favorisent les candidoses des plis.

La candidose des aisselles donne une rougeur souvent suintante, rouge à fond blanc crémeux.

Candidose des aisselles
Candidose des aisselles

On observe souvent des pustules en périphérie de la rougeur

Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Traitement de la candidose de l’aisselle
A/ Lutter contre les facteurs favorisants et le terrain

Lutte contre l’humidité, la macération, les traumatismes chimiques ou mécaniques, traitement d’un diabete et soins d’une candidose muqueuse, digestive ou génitale associée.

B/ Traitement local
Savons appropriés

Les savons surgras ou alcalins (savon Hydralin®), la désacidification de l’eau (par le bicarbonate de sodium, sachets d’Hydralin®) utilisés pour la toilette de la peau ou des muqueuses ont un effet apaisant.

En cas de surinfection bactérienne ou de suintement

Si les lésions sont suintantes ou surinfectées, des antiseptiques locaux doux peuvent être utilisés : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse…

Antifongiques

On utilise des antifongiques locaux dont les formes (lait, poudre, gel, lotion…) ne favorisent pas la macération. Il sont appliqués deux fois par j pendant 3 semaines

C/ Traitement par voie orale

Le kétoconazole (Nizoral®) peut être prescrit dans les candidoses cutanées ; il existe sous forme de gélules et de suspension orale.

La surveillance du traitement par Nizoral® comporte une surveillance régulière du bilan hépatique, en pratique avant traitement, au 15e jour, puis toutes les 4 semaines jusqu’à la fin du traitement.

Pour plus d’informations, voir l’article candidose

Eczema des aisselles

L’eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema, le plus souvent des déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…

Voir l’article eczema des aisselles

Irritation

Elle est souvent le fait d’une toilette trop méticuleuse, de l’application d’antiseptiques irritants (Dakin*…), de frottements, de bains de mer répétés, de cosmétiques ou par le contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…). L’irritation est souvent rouge brillant, fripé avec parfois des vésicules voire des plaies et accompagné d’ une sensation de brulure

Consultez rapidement votre médecin ou un dermatologue si :

  • la rougeur des aisselles ne s’améliore pas après quelques jours de toilette adaptée, ou s’aggrave malgré un traitement en vente libre ;
  • des nodules douloureux et récidivants apparaissent sous l’aisselle, évoquant une maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) ;
  • la peau devient très suintante, fissurée, ou s’accompagne de fièvre, de ganglions ou d’une altération de l’état général ;
  • vous avez déjà appliqué une crème à la cortisone sans amélioration : elle peut modifier l’aspect d’une mycose et retarder le diagnostic.

N’appliquez jamais de dermocorticoïde sur une rougeur des aisselles non diagnostiquée : un usage inapproprié de corticoïdes locaux peut masquer et aggraver une mycose sous-jacente (dermatophytose dite « modifiée par les stéroïdes »), retardant le diagnostic et compliquant le traitement.

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Autres diagnostics plus rares dans les aisselles :

dermite séborrhéique

psoriasis

herpes

impetigo

Maladie de Verneuil ou hidradenite

Maladie de peau rares

La maladie de Hailey-Hailey

est une dermatose héréditaire rare autosomique dominante, provoquant de façon récurrente des vésicules voire de bulles sur le cou, les creux axillaires et l’aine groupées en placards bien limités, parcourus de fissures en rhagades parallèles très caractéristiques. Le traitement passe par unassèchement des plis pour limiter les poussées et le risque d’infections bactériennes, mycosiques et virales. L’excision chirurgicale des plis atteints suivie de greffe de peau est souvent le seul traitement efficace.

Le pemphigus végétant

forme rare de pemphigus touchant les grands plis, y donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes.

Syphilis

La syphilis dans sa phase secondaire peut donner des plaques multiples, gonflées et érosives, parfois végétantes dans les plis, les syphilides.

Histiocytose langerhansienne

maladie liée à une accumulation dans la peau de cellules de Langerhans. Elle donne des surélévations de peau croûteuses et purpuriques, prédominant derrière les oreilles, voire de fesses et de l’aine.

Erythème nécrolytique migrateur

atteinte cutanée due au glucagonome, une tumeur maligne du pancréas. Il donne des plaques rouges surélevées et squameuses d’extension centrifuge dont la bordure est croûteuse ou érosive et laissant une cicatrice pigmentée.

pustulose sous cornée de Sneddon Wilkinson

est une dermatose neutrophilique, caractérisée par la présence de globules blancs appelés polynucléaires neutrophiles dans la peau. Elle donne des pustules ou des bulles superficielles, flasques pouvant comporter un niveau liquidien caractéristique appelé pustule à hypopion. Les pustules et bulles sont groupées en dessinant des arcs ou des anneaux ou circinés principalement sur le tronc, à la racine des membres et dans les aisselles, l’aine…

 

etc.

Questions fréquentes sur la rougeur des aisselles

Comment savoir si une rougeur des aisselles est une mycose, un eczéma ou une irritation ?

La mycose (dermatophyte ou candida) donne une rougeur à bordure nette, parfois annulaire, qui s’étend et peut suinter ou se couvrir de pustules. L’eczéma de contact, le plus souvent lié à un déodorant ou une crème, a des limites plus floues et démange fortement. L’irritation mécanique donne une peau rouge, brillante et fripée après un frottement, un rasage ou un cosmétique agressif. En cas de doute, un dermatologue peut réaliser un prélèvement mycologique en quelques secondes.

Faut-il arrêter le déodorant en cas de rougeur des aisselles ?

Oui, en cas de suspicion d’eczéma de contact : arrêtez le déodorant, l’antitranspirant ou la crème dépilatoire en cause et privilégiez un produit sans parfum ni conservateur pendant quelques semaines. Si la rougeur ne s’améliore pas malgré cet arrêt, une autre cause doit être recherchée par un médecin.

Comment traite-t-on une mycose des aisselles ?

Le traitement repose sur un antifongique local (crème, lait, poudre) appliqué deux fois par jour pendant environ trois semaines, associé à la lutte contre l’humidité et la macération. En cas de résistance, un traitement antifongique par voie orale (terbinafine, griséofulvine) peut être prescrit ; le kétoconazole oral est généralement évité en raison de sa toxicité hépatique potentielle.

Une rougeur des aisselles qui revient peut-elle être une maladie de Verneuil ?

Oui, si la rougeur s’accompagne de nodules douloureux, de boules sous la peau ou d’abcès qui reviennent régulièrement au même endroit : c’est l’hidradénite suppurée, aussi appelée maladie de Verneuil. Elle nécessite une prise en charge dermatologique spécifique et prolongée, différente d’une simple mycose ou irritation.

Peut-on mettre de la cortisone sur une rougeur des aisselles ?

Non, pas sans avis médical. Appliquée sur une mycose non diagnostiquée, la cortisone peut calmer temporairement les démangeaisons tout en aggravant l’infection fongique et en modifiant son aspect typique, ce qui retarde le diagnostic et complique le traitement. Seul un médecin peut déterminer si un dermocorticoïde est adapté.

À lire aussi sur les mycoses de la peau

Références scientifiques

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Herpes genital : l’herpès génitale de l’homme et de la femme

En bref : L'herpès génital, dû à HSV-2 (ou HSV-1), touche environ 500 millions de personnes dans le monde. La grande majorité des porteurs ignorent leur statut. Le traitement antiviral réduit la fréquence et la durée des récurrences et le risque de transmission.
- Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Herpès génital : symptômes, contagion, traitement et grossesse

herpès génital homme lésions vésicules photo dermatologue
Herpès génital de l’homme

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) due au virus Herpes Simplex, le plus souvent de type 2 (HSV-2). Il touche environ 20% de la population sexuellement active - et 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont, ce qui en fait l’une des IST les plus méconnues. Il ne guérit pas définitivement mais se contrôle efficacement par antiviraux.

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Cet article en vidéo

Causes et épidémiologie

L’herpès génital est causé par HSV-2 dans 60 à 80% des cas, et par HSV-1 dans 20 à 40% des cas - ce dernier transmis par voie oro-génitale (pratiques bucco-génitales). En France :

  • À 50 ans, 60% de la population est séropositive pour HSV-1 et 15% pour HSV-2
  • 20% des personnes sexuellement actives sont infectées par HSV génital
  • 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont - et peuvent transmettre le virus

💡 Point important : l’apparition d’un herpès génital au sein d’un couple n’est pas forcément le signe d’une infidélité récente - le virus peut rester en sommeil pendant des années avant de se réactiver.

Comment se transmet l’herpès génital ?

  • Par contact direct peau à peau ou muqueuse à muqueuse lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oro-génitaux
  • Le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque - des particules virales présentes sur le pubis ou les muqueuses adjacentes peuvent être transmises
  • La transmission est possible sans lésion visible - par excrétion virale asymptomatique, qui représente en réalité la majorité des transmissions
  • Le virus est fragile hors du corps humain - le risque de contamination via une cuvette de toilettes ou un linge est quasi nul

Les 3 phases de l’infection herpétique

Phase Description Contagiosité
Primo-infection Premier contact avec HSV - asymptomatique dans 90% des cas. Quand symptomatique : vésicules douloureuses, ganglions de l’aine, fièvre possible. Incubation 2 à 12 jours Élevée
Infection initiale Premier contact avec HSV-1 ou HSV-2 chez une personne déjà infectée par l’autre type. Symptômes souvent moins sévères Élevée
Réactivation (récurrence) Le virus se « réveille » dans le ganglion sacré et migre vers la peau. Lésions souvent moins intenses que la primo-infection. Peut être asymptomatique (excrétion virale silencieuse) Possible même sans lésion

Symptômes de l’herpès génital

herpès génital femme lésions vésicules vulve photo
Herpès génital de la femme
herpès génital vésicules érosions photo
Herpès génital - vésicules

Les symptômes de la primo-infection (quand elle est symptomatique) :

  • Vésicules sensibles ou douloureuses sur fond rouge gonflé, apparaissant 5 à 10 jours après le rapport contaminant
  • Les vésicules se rompent et forment des érosions (exulcérations) très douloureuses - guérison en environ une semaine
  • Ganglions de l’aine
  • Chez la femme : gonflement vulvaire important, brûlures lors de la miction

Les récurrences sont généralement moins intenses - précédées de prodromes (picotements, brûlures) puis vésicules groupées en bouquet dans la même zone que la primo-infection.

Facteurs déclenchants des récurrences : stress psychologique ou physique, fatigue, infection (grippe), règles, chirurgie, immunodépression.

Diagnostic de l’herpès génital

En cas de doute diagnostique, le médecin peut :

  • Prélèvement de cellules au niveau des lésions - mise en culture ou PCR (recherche de l’ADN viral) - résultat en 48h
  • Sérologie herpétique (prise de sang) - confirme le contact avec HSV mais ne localise pas les lésions. Peu utilisée seule car le taux de positivité est très élevé dans la population générale
  • Bilan IST complet systématiquement recommandé - sérologie VIH, syphilis, recherche de Chlamydia trachomatis

Traitement de l’herpès génital

Situation Traitement Durée
Primo-infection Valaciclovir 500 mg × 2/j ou Aciclovir 200 mg × 5/j 10 jours
Récurrences Valaciclovir 500 mg × 2/j ou 1 g × 1/j 5 jours
Prévention (> 6 récurrences/an) Valaciclovir 500 mg × 1/j Continu - réévalué à 6 mois
Crème locale (récurrences légères) Aciclovir 5% crème - 4 à 6 applications/j 5 jours - ⚠️ ne pas appliquer sur muqueuses

Soins locaux : nettoyer la zone génitale une fois par jour avec un produit doux, sans frotter, bien sécher.

⚠️ Herpès génital et grossesse - risque néonatal

⚠️ Mentionnez toujours vos antécédents d’herpès génital à votre obstétricien. Si le virus est actif sur les muqueuses vaginales lors de l’accouchement, il peut être transmis au nouveau-né et provoquer une encéphalopathie herpétique néonatale - risque de cécité, retard psychomoteur, voire décès.

  • Contamination avant la grossesse : risque faible - la mère transmet ses anticorps au fœtus
  • Contamination pendant la grossesse (notamment en fin de grossesse) : risque élevé - pas encore d’anticorps protecteurs, virus potentiellement actif à l’accouchement
  • Mesures préventives : traitement antiviral en fin de grossesse (valaciclovir), voire césarienne en cas de primo-infection en fin de grossesse ou de récurrence lors de l’accouchement

Précautions à prendre

  • Informer ses partenaires - l’herpès est contagieux même sans symptômes
  • Utiliser un préservatif - réduit le risque sans l’éliminer totalement
  • En cas d’herpès génital après un rapport non protégé : bilan IST complet chez le médecin
  • Éviter tout rapport sexuel pendant les poussées et jusqu’à cicatrisation complète

⚠ Consultez rapidement si :

  • première poussée sévère avec fièvre, ganglions et difficultés urinaires
  • herpès génital pendant la grossesse - risque d'herpès néonatal grave
  • récurrences très fréquentes (plus de 6 par an) impactant la qualité de vie
  • signes de complications : rétention urinaire, méningite aseptique

Sources

Articles liés : démangeaisons de la peau, eczéma, psoriasis.

Questions fréquentes sur l’herpès génital

Peut-on transmettre l’herpès génital sans avoir de lésions visibles ?

Oui - c’est même la principale voie de transmission. L’excrétion virale asymptomatique est possible à tout moment, même en l’absence de vésicules ou de lésions. On estime que la majorité des contaminations se font ainsi, par des personnes qui ne savent pas qu’elles sont infectées. C’est pourquoi 80% des personnes porteuses du virus HSV-2 l’ignorent.

L’herpès génital dans un couple signifie-t-il une infidélité ?

Pas nécessairement. Le virus HSV peut rester en sommeil dans les ganglions nerveux pendant des années, voire des décennies, avant de se réactiver. Une première poussée d’herpès génital peut survenir longtemps après la contamination initiale. Ce n’est donc pas automatiquement le signe d’une contamination récente - sauf en cas de primo-infection symptomatique clairement identifiable.

Le préservatif protège-t-il contre l’herpès génital ?

Le préservatif réduit significativement le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement. Des particules virales peuvent être présentes sur des zones non couvertes (pubis, lèvres, peau environnante) et se transmettre par contact peau à peau. La transmission est possible même sans pénétration.

Herpès génital et grossesse - que faire ?

Informez systématiquement votre gynécologue ou obstétricien de tout antécédent d’herpès génital. Si vous avez contracté l’herpès avant la grossesse, le risque pour le bébé est faible (anticorps protecteurs transmis). Si la contamination survient en cours de grossesse - surtout en fin - le risque est plus élevé et nécessite une prise en charge spécifique : traitement antiviral préventif et surveillance obstétricale renforcée.

Comment savoir si on a de l’herpès génital sans symptômes ?

Un test sérologique dans le sang peut détecter les anticorps anti-HSV-1 et HSV-2 - confirmant un contact passé avec le virus. Cependant ce test est peu prescrit en routine car sa positivité est très répandue dans la population et ne prédit pas l’apparition de symptômes. En cas de doute ou de comportement à risque, parlez-en à votre médecin qui pourra décider d’un bilan IST adapté.

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Références médicales

Vaccin ARN et peau : effets cutanés, risques et avis du dermatologue

Éruption cutanée après vaccin ARNm (Pfizer®, Moderna®) : ce que le dermatologue observe

Les vaccins à ARNm contre la COVID-19, développés à une vitesse inédite, ont démontré leur efficacité contre les formes graves de la maladie. Comme tout médicament ou vaccin, ils peuvent provoquer des réactions cutanées – en général bénignes et transitoires. Connaître leur nature exacte, leur fréquence et leur mécanisme permet de ne pas les confondre avec d’autres pathologies dermatologiques et de rassurer les patients qui s’interrogent. Cet article fait le point sur les données scientifiques disponibles, notamment celles du registre de l’Académie Américaine de Dermatologie (AAD) portant sur 414 cas.

Mis à jour le 5 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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‘En bref : Les vaccins ARNm (Pfizer’, Moderna’) entraînent des réactions cutanées le plus souvent bénignes : environ 5′ des personnes vaccinées, selon une méta-analyse de 93 165 participants. La plus fréquente est le ‘bras COVID’ (érythème retardé au site d’injection), suivi de l’urticaire et des éruptions morbilliformes. L’anaphylaxie reste exceptionnelle et survient dans les 30 minutes suivant l’injection.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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purpura vascularite réaction vaccin ARNm
Purpura – l’une des rares réactions auto-immunes post-vaccinales

Rappel : comment fonctionne un vaccin à ARNm ?

Contrairement aux vaccins classiques qui introduisent une protéine virale ou un virus atténué, les vaccins à ARNm (BNT162b2 / Pfizer-BioNTech et mRNA-1273 / Moderna) délivrent une molécule d’ARN messager encapsulée dans des nanoparticules lipidiques. Une fois injectées, les cellules musculaires du site d’injection décodent cet ARN et produisent temporairement la protéine Spike du SARS-CoV-2. Le système immunitaire reconnaît cette protéine comme étrangère, monte une réponse spécifique – anticorps et lymphocytes T – puis l’ARNm est dégradé en quelques jours sans aucune intégration dans le génome.

Ces vaccins à ARNm sont utilisés en oncologie depuis plusieurs années dans le cadre de la vaccinothérapie des cancers. Leur usage à très grande échelle contre la COVID-19 a fourni un volume de données de pharmacovigilance sans précédent, permettant de caractériser finement les réactions indésirables rares.

Quelle est la fréquence réelle des réactions cutanées après vaccin ARNm ?

Une méta-analyse publiée en 2022 dans Vaccines (Bellinato et al.), portant sur plus de 2,5 millions de personnes vaccinées dans 23 pays, a estimé l’incidence globale des réactions cutanées systémiques à environ 3,8 % – soit moins de 4 vaccinés sur 100 rapportant une réaction cutanée à distance du site d’injection. Les éruptions (rash) représentaient 3,0 % et l’urticaire 1,1 %. La grande majorité disparaissait en moins d’une semaine.

Type de réaction Fréquence estimée Délai d’apparition Résolution
« Bras COVID » (réaction locale retardée) La plus fréquente – 40 % des cas du registre AAD J2–J8 après injection 4–5 jours en moyenne
Réactions au site d’injection (rougeur immédiate) 16,5 % des cas du registre AAD Quelques heures 1–3 jours
Réactivation du zona 9,5 % des cas du registre AAD Variable, souvent J3–J14 2–4 semaines
Urticaire 9,0 % des cas du registre AAD Immédiat ou retardé Quelques heures à jours
Éruptions morbilliformes (pseudo-rougeole) Décrites, fréquence variable selon les séries J4–J14 1–2 semaines
Anaphylaxie Environ 2 à 11 cas pour 1 million de doses Dans les 15–30 minutes Traitement par adrénaline
Réactions auto-immunes (vascularite, lupus…) Rares – cas isolés Variable Variable selon le type

Source principale : McMahon et al., J Am Acad Dermatol, 2021 – registre AAD/ILDS, 414 cas.

Les 4 grands mécanismes immunologiques en jeu

Comprendre pourquoi ces réactions se produisent aide à les anticiper et à les gérer. Quatre grands types de mécanismes sont impliqués :

mecanismes-reactions-immunitaires-vaccin-covid
Proposition d’explication des mécanismes immunologiques possibles des réactions cutanées au vaccin anti-COVID (article de septembre 2021)

Hypersensibilité de type I (immédiate)

Elle survient dans les minutes à heures suivant l’injection. Elle implique les IgE et les mastocytes, et provoque des manifestations comme l’urticaire, l’angio-œdème ou, dans sa forme la plus grave, l’anaphylaxie. Le mécanisme précis reste débattu : l’hypothèse principale incrimine le polyéthylène glycol (PEG) contenu dans les nanoparticules lipidiques, ou la polysorbate 80 pour les vaccins à vecteur viral. Ces réactions sont rares mais nécessitent une surveillance de 15 à 30 minutes après injection – c’est la raison du temps d’attente obligatoire post-vaccination.

Hypersensibilité de type IV (retardée)

Elle apparaît typiquement entre 48 heures et 10 jours après l’injection. Elle implique l’activation de cellules immunitaires – monocytes, macrophages, lymphocytes T – et non les anticorps. Elle est responsable des réactions locales étendues retardées dites « bras COVID », mais aussi des éruptions morbilliformes, des réactions dans d’anciennes cicatrices de BCG ou dans des zones d’irradiation antérieure, et des tableaux proches de l’érythème polymorphe.

Réactions auto-immunes

Exceptionnelles, elles correspondent à une activation aberrante du système immunitaire qui attaque les propres tissus de l’organisme. On a décrit, de façon très rare, des cas de vascularite leucocytoclasique, de lupus cutané et de thrombocytopénie immunitaire après vaccination anti-COVID. Le lien de causalité reste difficile à établir formellement dans des pathologies qui peuvent survenir de façon spontanée.

Angiopathies fonctionnelles et réactivations virales

On peut observer des lésions ressemblant à des engelures (chilblains-like), voire une érythromélalgie, des éruptions proches du pityriasis rosé, et – de façon non exceptionnelle – une réactivation du zona. La réactivation du zona est probablement liée à une modification transitoire de l’immunité cellulaire induite par la vaccination.

« Bras COVID » : la réaction locale retardée la plus fréquente

Le terme « bras COVID » (ou COVID arm) désigne une grande plaque rouge, prurigineuse et parfois légèrement gonflée qui apparaît au site d’injection, typiquement entre le 2e et le 8e jour après la vaccination. Dans le registre AAD, il représentait 40 % de toutes les réactions cutanées rapportées et était plus fréquemment observé après le vaccin Moderna (mRNA-1273) que le vaccin Pfizer-BioNTech.

Quelle est la cause ? Le mécanisme le plus probable est une hypersensibilité retardée de type IV à l’un des excipients du vaccin – le polyéthylène glycol (PEG) est régulièrement évoqué, mais la question reste ouverte. Il ne s’agit en aucun cas d’une infection. La réaction est bénigne et se résout spontanément en 4 à 5 jours en moyenne. Une revue systématique publiée en 2023 dans BMC Infectious Diseases (Agustin et al., PMID 36609222), portant sur 18 études et 1 129 participants, confirme que le « bras COVID » survient le plus souvent après la première dose et n’est pas une contre-indication à la deuxième.

Que faire si vous avez un « bras COVID » ?

  • Pas de panique : c’est la réaction cutanée post-vaccin la plus commune et la plus bénigne.
  • Antihistaminiques oraux (comme la cétirizine) ou application locale de dermocorticoïdes faibles peuvent accélérer la résolution.
  • La deuxième dose de vaccin est recommandée malgré cette réaction – informer le vaccinateur du côté à utiliser si nécessaire.
  • La réaction peut réapparaître après la 2e dose, souvent de façon moins intense.

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Anaphylaxie post-vaccinale : rare mais à connaître

L’anaphylaxie est la réaction la plus grave, mais aussi l’une des plus rares. Elle survient dans les 15 à 30 minutes suivant l’injection, ce qui justifie le temps de surveillance obligatoire dans tous les centres de vaccination. L’incidence est estimée à environ 2 à 11 cas pour 1 million de doses administrées.

Signes d’alerte – appel du SAMU (15) en urgence :
Urticaire géant généralisé, angio-œdème facial, difficultés à avaler ou à respirer, sifflement respiratoire, hypotension, malaise intense ou perte de connaissance. Ces signes peuvent survenir rapidement et nécessitent une injection d’adrénaline en urgence – c’est pourquoi les centres de vaccination disposent d’un kit d’urgence. Les personnes ayant un antécédent d’anaphylaxie à un médicament ou vaccin doivent le signaler avant toute injection.

Les personnes ayant présenté une réaction anaphylactique à une première dose doivent consulter un allergologue avant d’envisager une deuxième injection. Un bilan allergologique ciblé (tests cutanés aux composants du vaccin) peut parfois identifier l’allergène en cause.

Éruptions à distance du site d’injection

Ces éruptions « à distance » surviennent sur d’autres zones du corps que le bras vacciné. Elles sont plus souvent observées après le vaccin Pfizer-BioNTech que Moderna selon les données du registre AAD (50,1 % vs 30,0 % des réactions distales).

Éruptions morbilliformes (pseudo-rougeole)

Il s’agit de petites plaques roses disséminées qui peuvent ressembler à une rougeole ou à un pityriasis rosé. L’éruption morbiliforme est caractérisée par un début péri-auriculaire, puis une extension descendante sur le tronc.

pityriasis rosé éruption vaccin covid
Pityriasis rosé

Urticaire

Les plaques d’urticaire post-vaccinales peuvent être d’apparition immédiate (type I) ou retardée (type IV). Dans la forme retardée, elles peuvent apparaître plusieurs jours après l’injection et nécessitent souvent un traitement antihistaminique.

Urticaire – le mot vient du latin « urtica », l’ortie

Chilblains-like (pseudo-engelures)

Des lésions ressemblant à des engelures ont été observées sur les extrémités après vaccination. Leur mécanisme est probablement vasculaire, en lien avec une activation transitoire de la voie de coagulation ou une réponse interféron-médiée.

Réactivation du zona après vaccin ARNm

La réactivation du zona (virus varicelle-zona, VZV) est l’une des réactions les plus fréquemment signalées « à distance » dans les bases de pharmacovigilance – elle représentait 9,5 % des cas dans le registre AAD. Le mécanisme probable est une perturbation transitoire de l’immunité cellulaire spécifique du VZV liée à la forte stimulation immunitaire vaccinale. Elle survient préférentiellement chez les personnes âgées ou immunodéprimées, chez qui le zona peut de toute façon réactiver spontanément.

Bon à savoir : La réactivation du zona après vaccination ne contre-indique pas les doses ultérieures. Elle doit être traitée par antiviral (valaciclovir) dès que possible, comme tout zona spontané. Si vous avez plus de 65 ans, le vaccin contre le zona (Shingrix®) est une protection efficace qui peut être envisagée avant ou après la vaccination COVID, à distance de quelques semaines.

Réaction inflammatoire sur les zones traitées à l’acide hyaluronique

Les personnes ayant bénéficié d’injections d’acide hyaluronique (comblement des rides, lèvres, pommettes…) peuvent observer une réaction inflammatoire au site de ces injections dans les 18 heures à 10 jours suivant la vaccination ARNm. Ce phénomène est lié à une activation immunitaire locale dirigée contre le produit de comblement, probablement médiée par des lymphocytes T. La disparition est en général spontanée en 24 heures à 1 semaine. En cas de persistance, le médecin peut prescrire des corticoïdes oraux ou locaux, et plus rarement de la hyaluronidase et du lisinopril.

Réactions auto-immunes : exceptionnelles mais documentées

Des cas de vascularite leucocytoclasique, de lupus cutané induit et de thrombocytopénie immunitaire ont été rapportés après vaccination anti-COVID dans la littérature médicale internationale. Ces cas sont extrêmement rares et le lien de causalité direct avec le vaccin reste difficile à prouver formellement, car ces maladies peuvent survenir spontanément. La balance bénéfice-risque reste largement favorable à la vaccination.

Conduite à tenir selon le type de réaction

Réaction observée Attitude recommandée 2e dose ?
« Bras COVID » – plaque rouge locale retardée Antihistaminique ± dermocorticoïde local ; surveillance Oui – recommandée, informer le vaccinateur
Urticaire légère à modérée Antihistaminique oral ; surveillance Oui en règle générale – avis médical
Éruption morbiliforme Antihistaminique ± dermocorticoïde systémique si étendue ; consultation Oui après évaluation médicale
Réactivation du zona Valaciclovir en urgence ; consultation dermatologique Oui à distance de l’épisode
Réaction sur acide hyaluronique Surveillance ; corticoïdes si persistance > 1 semaine Oui – informer l’injecteur
Anaphylaxie Adrénaline IM en urgence – SAMU 15 ; consultation allergologique avant 2e dose À décider avec allergologue
Vascularite ou lésion auto-immune Consultation dermatologique et bilan ; décision collégiale pour la suite Décision au cas par cas

Déclarez toute réaction grave : En France, tout effet indésirable grave ou inattendu après vaccination doit être déclaré au centre régional de pharmacovigilance (CRPV) ou via le portail signalement-sante.gouv.fr. Cette remontée d’information est essentielle pour affiner le profil de sécurité des vaccins.

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Appelez le 15 (ou le 112) sans attendre si, dans les minutes ou l’heure suivant l’injection, apparaissent :

  • un gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge ;
  • une urticaire généralisée associée à des difficultés à respirer ou une sensation d’oppression thoracique ;
  • des vertiges, un malaise ou une perte de connaissance.

Ces signes évoquent une anaphylaxie, exceptionnelle mais nécessitant une prise en charge immédiate. C’est pourquoi une surveillance de 15 à 30 minutes est systématiquement proposée après l’injection.

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Questions fréquentes

Est-ce que les réactions cutanées au vaccin ARNm sont dangereuses ?

Dans leur grande majorité, non. Les réactions les plus fréquentes – « bras COVID », urticaire légère, éruptions morbilliformes – sont bénignes et se résolvent spontanément en quelques jours. La seule réaction potentiellement grave est l’anaphylaxie, qui survient dans les 30 minutes suivant l’injection et est traitée immédiatement sur place. C’est pourquoi un temps de surveillance de 15 à 30 minutes est maintenu dans tous les centres de vaccination.

J’ai une grande plaque rouge sur le bras 5 jours après le vaccin Moderna, dois-je m’inquiéter ?

C’est le tableau typique du « bras COVID » – une réaction locale retardée très bien documentée, plus fréquente avec le vaccin Moderna qu’avec le Pfizer. Elle n’est pas dangereuse et disparaît en général en 4 à 5 jours. Un antihistaminique oral ou un dermocorticoïde léger local peut accélérer la résolution. Cette réaction n’est pas une contre-indication à la deuxième dose de vaccin.

Le vaccin ARNm peut-il déclencher une poussée de ma maladie de peau existante ?

Dans de rares cas, oui. Des poussées de psoriasis, d’eczéma atopique ou de lupus cutané ont été rapportées après vaccination anti-COVID. Ces épisodes sont généralement transitoires et gérables avec les traitements habituels. La balance bénéfice-risque reste en faveur de la vaccination – mais si vous avez une pathologie cutanée inflammatoire, il peut être utile d’en discuter avec votre dermatologue avant la vaccination pour optimiser le traitement de fond.

Les personnes injectées à l’acide hyaluronique risquent-elles une réaction ?

Une réaction inflammatoire locale sur les zones traitées à l’acide hyaluronique est possible, mais reste peu fréquente. Elle survient en général dans les 10 jours suivant la vaccination, dure quelques jours et disparaît spontanément. Elle ne contre-indique pas la vaccination et ne nécessite pas l’arrêt des injections esthétiques – il est simplement conseillé de signaler vos antécédents d’injections au médecin vaccinateur.

Le vaccin contre la COVID peut-il déclencher un zona ?

Une réactivation du virus varicelle-zona (zona) a été rapportée après vaccination anti-COVID, plus fréquemment dans les données de pharmacovigilance que pour d’autres vaccins. Elle survient principalement chez les personnes de plus de 60 ans ou immunodéprimées – populations chez qui le zona peut aussi réactiver spontanément. Cette réactivation est traitée comme tout zona par valaciclovir et ne contre-indique pas les doses suivantes de vaccin anti-COVID.

Faut-il signaler une réaction cutanée après vaccination ?

Oui, surtout si la réaction est sévère, prolongée ou inattendue. En France, toute suspicion d’effet indésirable grave doit être déclarée via le portail signalement-sante.gouv.fr ou auprès de votre médecin, pharmacien ou du centre régional de pharmacovigilance. Ces remontées permettent d’améliorer en continu le suivi de sécurité des vaccins.

Voir aussi :
Urticaire : toutes les formes et leurs traitements
Zona : symptômes, douleurs et traitement
Vascularite cutanée
Article scientifique de référence sur les mécanismes (septembre 2021)

Sources scientifiques

  • McMahon DE, Amerson E, Rosenbach M, et al. Cutaneous reactions reported after Moderna and Pfizer COVID-19 vaccination: a registry-based study of 414 cases. J Am Acad Dermatol. 2021;85(1):46–55. PMID 33838206
  • Bellinato F, Fratton Z, Girolomoni G, Gisondi P. Cutaneous Adverse Reactions to SARS-CoV-2 Vaccines: A Systematic Review and Meta-Analysis. Vaccines. 2022;10(9):1475. PMID 36146553
  • Agustin M, Trifitriana M, Danarti R. COVID arm as a common cutaneous manifestation after mRNA-1273 vaccination: a systematic review. BMC Infect Dis. 2023;23(1):9. PMID 36609222
  • Kroumpouzos G, Paroikaki ME, Yumeen S, Bhargava S, Mylonakis E. Cutaneous Complications of mRNA and AZD1222 COVID-19 Vaccines: A Worldwide Review. Microorganisms. 2022;10(3):624. PMID 35336199
  • Blumenthal KG, Freeman EE, Saff RR, et al. Delayed large local reactions to mRNA-1273 vaccine against SARS-CoV-2. N Engl J Med. 2021;384:1273–1277. PMID 33657292
  • ANSM, Suivi des effets indésirables des vaccins contre la Covid-19


Staphylocoque doré cutané : symptômes, contagion et traitements – dermatologue

Le staphylocoque doré est une bactérie. Présente sur la peau de nombreuses personnes en bonne santé, elle ne devient un problème que lorsqu’elle profite d’une porte d’entrée cutanée ou d’une baisse des défenses immunitaires.

Mis à jour le 29 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Environ 20 à 30 % de la population est porteuse saine du staphylocoque doré, le plus souvent au niveau du nez, sans jamais développer d’infection. Le problème survient lorsque la bactérie pénètre la peau par une plaie ou profite d’une baisse des défenses immunitaires : elle est alors la cause la plus fréquente des infections cutanées bactériennes.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Une bactérie

Une bactérie est un organisme vivant unicellulaire qui existait sur terre bien avant l’apparition de l’Homme.

Stérile à la naissance, la peau se recouvre ensuite de bactéries  » normales  » dites saprophytes (jusqu’à un million de germes par cm², beaucoup moins cependant que la bouche, le tube digestif ou le vagin).

Comme la Terre, la peau est recouverte de niches écologiques très diverses (type et nombre de bactéries très divers), avec des régions comparables à des forêts tropicales (orifices, aisselles) et d’autres à des déserts (avant-bras, dos).

Cette flore appelée microbiote cutané se modifie tout au long de l’existence, sous l’influence du lieu de vie (Tropiques, montagne, mer…), de la prise de médicaments (immunosuppresseurs, antibiotiques…) ou de l’utilisation de crèmes cortisonées, antibiotiques…, de changements hormonaux (puberté, grossesse…) ou de maladies (diabète, insuffisance rénale, SIDA…).

Certaines de ces bactéries peuvent se reproduire en trop grand nombre et donner une infection.

Télécharger un guide complet au format PDF :

D’autres ne sont pas  » normalement  » présentes sur la peau, sauf en certains endroits (autour du nez ou périnée), et peuvent la coloniser pour diverses raisons, provoquant des infections :

Présence d’une plaie rompant la barrière cutanée

Ce qui permet à la bactérie de rentrer dans la peau. Cette plaie peut être :

Une blessure

Infection de plaie.

Un simple grattage de la peau

Manuportage de l’impétigo, folliculite…

Une intervention chirurgicale…

La bactérie peut provenir de la propre flore du patient ou plus rarement de l’environnement hospitalier. Elle est amenée par le bistouri dans des organes auxquels elle n’a normalement pas accès, et elle va y développer son pouvoir pathogène (ostéomyélite pour les os, endocardite dans le cœur, pneumopathie dans les poumons, pyélonéphrite dans les reins…).

Baisse des défenses immunitaires

Diabète, intervention traumatisante, VIH, traitements immunosuppresseurs, radiothérapie, chimiothérapie, nouveau-né…

C’est le cas par exemple du staphylocoque doré ou de certains streptocoques qui sont la cause de la majorité des infections cutanées bactériennes.

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Une forme de staphylocoque

Les staphylocoques sont un des premiers agents responsables d’infections, qu’elles soient nosocomiales (infections contractées à l’hôpital, où ils peuvent être résistants aux antibiotiques dans 20 à 50 % des cas) ou communautaires (en dehors de l’hôpital).

Les staphylocoques sont classés en fonction de leur capacité à provoquer la coagulation du sang (coagulase-positif ou négatif). Les coagulases positifs, dont fait partie le staphylocoque doré, sont fréquemment impliqués dans les infections. Les coagulase-négatifs (staphylocoque epidermidis notamment) sont des pathogènes dits opportunistes, qui devront bénéficier à la fois d’un point d’entrée dans l’organisme, généralement au cours d’une intervention profonde (prothèses osseuses ou cardiaques, sondes, cathéters profonds…) et d’une diminution des défenses immunitaires pour provoquer une infection.

À savoir : environ 20 à 30 % de la population est porteuse saine et persistante du staphylocoque doré au niveau du nez, sans aucun symptôme. Ce portage nasal augmente toutefois le risque de développer une infection à cette même bactérie en cas de plaie ou de geste médical.

Nous avons vu que les staphylocoques étaient présents à l’état normal sur la peau au sein de la flore saprophyte, et que le staphylocoque doré pouvait être retrouvé à l’état normal autour des orifices de la peau (nez, bouche, oreilles, organes génitaux…). Les staphylocoques sont aussi présents dans l’environnement (eaux non traitées, sols, objets sales).

Le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) est la souche de staphylocoque la plus fréquemment en cause dans les infections de la peau. Accessoirement, il est aussi le plus fréquemment responsable d’intoxications alimentaires, le plus souvent par contamination de l’alimentation par des doigts souillés (panaris du doigt par exemple).

Consultez rapidement (ou en urgence) si :

  • Une rougeur s’étend rapidement autour d’une plaie ou d’un bouton, avec des traînées rouges remontant vers un ganglion
  • Une fièvre accompagne l’infection cutanée
  • La zone infectée devient très douloureuse, chaude et gonflée (abcès)
  • Une plaie ne cicatrise pas ou s’aggrave malgré des soins locaux

Ces signes peuvent traduire une infection profonde ou une diffusion de la bactérie, nécessitant un avis médical rapide et parfois des antibiotiques.

Soigner et se débarrasser du staphylocoque doré

Voir l’article soigner le staphylocoque doré pour le détail des traitements selon la forme et la gravité de l’infection.

Questions fréquentes

Avoir du staphylocoque doré sur la peau est-il grave ?

Non, dans la majorité des cas. Environ 20 à 30 % de la population est porteuse saine du staphylocoque doré, le plus souvent au niveau du nez, sans jamais développer d’infection. Le problème survient lorsque la bactérie pénètre la peau par une plaie ou profite d’une baisse des défenses immunitaires.

Comment attrape-t-on une infection à staphylocoque doré ?

La bactérie s’introduit par une plaie (blessure, grattage, intervention chirurgicale) ou profite d’une baisse des défenses immunitaires (diabète, VIH, traitements immunosuppresseurs). Elle peut aussi se transmettre par manuportage, notamment lors d’un impétigo ou d’une folliculite.

Le staphylocoque doré est-il contagieux ?

Oui, notamment par contact direct avec une plaie infectée ou par les mains (manuportage). C’est pourquoi le lavage des mains et la protection des plaies sont essentiels pour limiter la transmission, en particulier autour des lésions comme l’impétigo.

Qu’est-ce que le SARM (staphylocoque doré résistant) ?

Le SARM (staphylocoque doré résistant à la méticilline) désigne des souches résistantes à de nombreux antibiotiques. Ces souches représentent 20 à 50 % des staphylocoques dorés isolés en milieu hospitalier, ce qui complique le traitement de certaines infections.

Quelles infections de la peau le staphylocoque doré peut-il donner ?

Il peut être responsable de furoncles, folliculites, abcès, impétigo ou panaris, mais aussi de complications plus profondes (ostéomyélite, endocardite, pneumopathie) lorsqu’il atteint d’autres organes à la faveur d’une plaie ou d’un geste médical.

Comment traiter une infection à staphylocoque doré ?

Le traitement dépend de la forme et de la gravité de l’infection : soins locaux et antiseptiques pour les formes superficielles, antibiotiques ciblés sur prescription médicale pour les formes plus étendues ou profondes. Voir l’article dédié pour le détail des traitements.

Le staphylocoque doré peut-il provoquer une intoxication alimentaire ?

Oui. C’est une cause fréquente d’intoxication alimentaire, généralement par contamination des aliments avec des mains souillées, par exemple en présence d’un panaris du doigt non protégé lors de la préparation des repas.

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À lire aussi sur les infections bactériennes de la peau

Références médicales

Wertheim HF, Melles DC, Vos MC, van Leeuwen W, van Belkum A, Verbrugh HA, Nouwen JL. The role of nasal carriage in Staphylococcus aureus infections. Lancet Infect Dis. 2005;5(12):751-762. PMID 16310147.

Rohde RE, Denham R, Brannon A. Methicillin resistant Staphylococcus aureus: carriage rates and characterization of students in a Texas university. Clin Lab Sci. 2009;22(3):176-184. PMID 19827412.

Abdelmalek SMA, Qinna MW, Al-Ejielat R, Collier PJ. Methicillin-Resistant Staphylococci (MRS): Carriage and Antibiotic Resistance Patterns in College Students. J Community Health. 2022;47(3):416-424. PMID 35076804.

Haute Autorité de Santé (HAS) — Prise en charge des infections cutanées bactériennes courantes, fiche de synthèse.

Herpes : l’herpès, cause, symptomes, contamination


Herpès : causes, contamination, types et traitement – guide complet
Herpès - lésions cutanées herpétiques

L’herpès est une infection virale par le virus Herpes Simplex (HSV) qui touche la peau et les muqueuses. C’est l’une des infections virales humaines les plus fréquentes au monde – en France, environ 70 % de la population est porteuse de HSV1 à l’âge adulte. Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais : il reste latent dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement, provoquant des poussées récurrentes. Des traitements efficaces permettent de réduire la durée et la fréquence des crises, et de prévenir les récidives.

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Sommaire :
Les virus HSV1 et HSV2 |
Contamination et latence |
Types d’infections |
Les différentes formes d’herpès |
Formes graves et urgences |
Traitement |
Qualité de vie |
Questions fréquentes

En bref : L’herpès cutanéo-muqueux est causé par deux virus : HSV1 (labial, 67 % de la population mondiale) et HSV2 (génital, 11 % des 15–49 ans). Le virus reste latent à vie dans les ganglions nerveux et peut se réactiver à tout moment. Il n’existe pas de traitement éradicateur, mais les antiviraux (aciclovir, valaciclovir) réduisent la durée et la fréquence des poussées.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 19 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Les virus HSV1 et HSV2 – épidémiologie

Herpès labial - bouton de fièvre sur la lèvre

L’herpès est causé par deux virus de la famille Herpesviridae : HSV1 (Herpes Simplex Virus de type 1) et HSV2. Ces virus sont strictement humains – non transmissibles à l’animal.

HSV1 est le virus le plus répandu : il infecte environ 70 % de la population française et est responsable de la grande majorité des herpès labiaux (boutons de fièvre). HSV2 est classiquement associé à l’herpès génital et concerne environ 20 % de la population. À l’âge de 50 ans, environ 60 % de la population est séropositive pour HSV1 et 15 % pour HSV2.

La distinction HSV1/HSV2 n’est toutefois pas absolue : 20 à 40 % des herpès génitaux sont dus à HSV1 par transmission oro-génitale (pratiques bucco-génitales). Et HSV1 peut provoquer un herpès génital cliniquement identique à un herpès à HSV2.

Contamination, latence et réactivation

Les virus HSV se transmettent par contact direct avec la peau ou les muqueuses infectées – même en l’absence de lésion visible. C’est le point le plus important à comprendre sur la contagiosité de l’herpès : une personne peut transmettre le virus sans avoir de bouton apparent, par excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales.

L’incubation dure entre 2 et 12 jours après la contamination. Lors de la primo-infection, le virus pénètre dans la peau ou la muqueuse et « remonte » le long des nerfs sensitifs pour se réfugier dans les ganglions sensitifs – le ganglion trigéminé pour l’herpès labial, le ganglion sacré pour l’herpès génital. Une fois dans les ganglions, le virus est hors d’atteinte du système immunitaire et des antiviraux.

La réactivation survient lors de situations favorisantes : fatigue, fièvre, stress, règles, exposition solaire, immunodépression, prise de cortisone, rapport sexuel, chirurgie, actes dermo-esthétiques (injections de filler, laser cutané, dermabrasion). Les particules virales « descendent » alors le long des nerfs et se répliquent sur la peau, toujours au même endroit d’une poussée à l’autre.

Les trois types d’infections herpétiques

Primo-infection : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2. Elle peut être totalement asymptomatique (60 à 70 % des cas) ou, au contraire, très sévère – gingivostomatite herpétique fébrile avec lésions buccales douloureuses chez l’enfant, vulvovaginite herpétique chez la femme.

Primo-infection herpétique chez l'enfant - gingivostomatite
Lésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection herpétique

Infection initiale : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2 chez une personne déjà infectée par l’autre sérotype. Les symptômes sont souvent moins sévères que lors d’une primo-infection vraie, car l’immunité croisée partielle entre les deux types modère la réponse.

Réactivation (récurrence) : réplication virale après latence. Elle peut être clinique (éruption visible) ou asymptomatique (excrétion virale sans lésion – la personne est contagieuse sans le savoir). C’est pourquoi chacune des phases peut n’avoir aucun signe clinique apparent.

Les différentes formes d’herpès

Herpès labial – bouton de fièvre

Herpès labial bouton de fièvre - vésicules groupées sur la lèvre
Herpès labial au stade croûteux
Herpès de la lèvre chez l'enfant

L’herpès labial est dû à HSV1 dans la grande majorité des cas. La primo-infection survient souvent dans l’enfance (baiser d’un proche porteur). Les récurrences se manifestent par des vésicules groupées en bouquet, précédées de picotements ou de brûlures caractéristiques, toujours au même endroit (coin de la lèvre, vermillon). Évolution en 5 à 7 jours : vésicules → pustules → croûtes → cicatrisation. Déclencheurs classiques : soleil, fièvre, fatigue, stress.

Herpès génital

Herpès génital de l'homme - ulcérations herpétiques
Herpès génital de la femme

L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) – un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic. Il est dû à HSV2 dans 60-80 % des cas, mais HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux par transmission oro-génitale. La primo-infection génitale peut être très sévère (ulcérations douloureuses, fièvre, adénopathies inguinales). Les récurrences sont souvent moins sévères. La transmission est possible même sans lésion visible – le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque.

Herpès cutané – vésicules en bouquet

Vésicules en bouquet évocatrices d'herpès de la fesse

L’herpès peut surgir sur d’autres zones cutanées initialement contaminées – fesses, dos, cuisses – sous forme de vésicules groupées en bouquet érythémateux, récurrentes toujours au même endroit. À distinguer du zona qui est strictement unilatéral et ne récidive quasiment jamais. Voir l’article Zona ou herpès?

Panaris herpétique

Herpès du doigt - panaris herpétique

Le panaris herpétique est une infection herpétique du doigt – souvent une primo-contamination par contact avec une lésion herpétique active (professionnel de santé, enfant se suçant le pouce porteur d’herpès buccal). Vésicules douloureuses péri-unguéales, pouvant mimer un panaris bactérien. Ne jamais inciser – la lésion est virale et non bactérienne.

Formes graves et situations d’urgence

Urgences herpétiques : Consultez sans délai en cas de rougeur ou douleur oculaire (kératite herpétique – urgence ophtalmologique), de signes méningés (herpès cérébral), d’éruption herpétique étendue chez un nourrisson ou chez une personne immunodéprimée, ou si un patient atteint d’eczéma développe une éruption herpétique généralisée (eczéma herpeticum).

Herpès oculaire – urgence ophtalmologique

Herpès oculaire - œil rouge et douloureux

L’herpès oculaire (kératite herpétique) donne un œil rouge, douloureux et flou – urgence ophtalmologique. Non traité, il peut provoquer des séquelles cornéennes irréversibles. Le traitement repose sur les antiviraux locaux : ganciclovir gel ophtalmique 0,15 % (Virgan®), idoxuridine (Iduviran® collyre), trifluridine 1 % (Triherpine®, Virophta® collyre), en association ou non avec l’aciclovir oral. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné seul sur un œil rouge sans diagnostic ophtalmologique.

Syndrome de Kaposi-Juliusberg – urgence pédiatrique

Syndrome de Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique - herpès disséminé

Chez les enfants atteints d’eczéma atopique, le contact avec le virus herpétique peut déclencher une poussée herpétique disséminée – le syndrome de Kaposi-Juliusberg (ou eczéma herpéticum). Vésicules et érosions disséminées sur tout le corps, fièvre élevée, altération de l’état général. C’est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Les parents d’enfants atopiques doivent être informés de ne pas embrasser leur enfant lors d’une poussée d’herpès labial actif.

Herpès et grossesse

L’herpès néonatal – contamination du nouveau-né lors de l’accouchement par une mère excrétant le virus – est une urgence médicale grave (mortalité élevée sans traitement, séquelles neurologiques). Une femme enceinte avec antécédent d’herpès génital doit en informer son obstétricien. Un traitement suppressif par valaciclovir est souvent prescrit à partir de 36 semaines d’aménorrhée pour prévenir une récurrence à l’accouchement. Une lésion herpétique génitale active au moment du travail peut conduire à une césarienne.

Traitement de l’herpès

Il n’existe pas de traitement éradicateur – le virus reste à vie dans les ganglions. Les antiviraux disponibles réduisent la durée et la sévérité des poussées et peuvent prévenir les récidives.

Traitement de la crise (curatif) : aciclovir topique (crème 5 %) appliqué dès les premiers picotements – raccourcit la durée si débuté précocement. Pour les formes modérées à sévères ou l’herpès génital : valaciclovir oral (500 mg × 2/j pendant 5 jours pour l’herpès labial, 1 g × 2/j pour l’herpès génital). L’efficacité est maximale si le traitement est débuté dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes – idéalement dès les prodromes (picotements).

Traitement suppressif (préventif) : pour les patients avec récurrences fréquentes (plus de 6 épisodes par an) ou herpès génital avec retentissement important – valaciclovir 500 mg/j en continu pendant 6 à 12 mois. Réduit la fréquence des poussées de 70 à 80 % et diminue (sans éliminer) le risque de transmission au partenaire. À discuter avec le médecin.

Voir l’article complet : Traitement de l’herpès – aciclovir, valaciclovir, prophylaxie.

Retentissement sur la qualité de vie

L’herpès a un impact psychologique souvent sous-estimé. L’herpès labial affecte l’image de soi et les interactions sociales lors des poussées. L’herpès génital perturbe plus profondément la sexualité et les relations intimes – la crainte de la transmission au partenaire, la stigmatisation associée aux IST et l’annonce au partenaire sont des sources d’anxiété importantes. Le traitement suppressif, en réduisant la fréquence des poussées, améliore significativement la qualité de vie et diminue l’anxiété liée à la transmission.

Questions fréquentes

Comment éviter de transmettre l’herpès labial ?

Éviter tout contact buccal (baisers, partage d’ustensiles) pendant les poussées. L’excrétion virale asymptomatique étant fréquente, l’utilisation d’antiviraux au long cours (valaciclovir 500 mg/j) réduit de 50 % la transmission. Éviter d’embrasser les nourrissons et les personnes immunodéprimées même en dehors des poussées visibles.

Combien de temps dure une poussée d’herpès ?

Une poussée non traitée dure 7 à 10 jours. Avec un traitement antiviral précoce (dès les prodromes : brûlures, picotements), la durée est réduite à 3–5 jours. La fréquence des récidives varie de 1 à 10 fois par an selon les patients et le type de virus (HSV2 récidive plus que HSV1).

J’ai un bouton de fièvre dès que je suis fatigué – est-ce normal ?
Oui, c’est le mécanisme classique de l’herpès labial. Le virus HSV1 reste latent dans le ganglion trigéminé et se réactive lors de situations qui fragilisent l’immunité locale – fatigue, stress, fièvre, exposition solaire, règles. Il n’est pas possible d’éradiquer le virus. En revanche, appliquer de l’aciclovir crème dès les premiers picotements raccourcit la durée de la poussée. En cas de poussées fréquentes (plus de 6/an), un traitement préventif oral par valaciclovir peut être prescrit par le médecin.

Peut-on transmettre l’herpès sans avoir de bouton visible ?
Oui – c’est le point le plus important sur la contagiosité de l’herpès. L’excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales est responsable de la majorité des transmissions. Une personne porteuse d’HSV1 peut contaminer un partenaire par un baiser même en l’absence total de lésion visible. Pour l’herpès génital, le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque de transmission asymptomatique.

L’herpès génital et l’herpès labial sont-ils le même virus ?
Non exactement – HSV1 cause classiquement l’herpès labial et HSV2 l’herpès génital, mais cette distinction n’est pas absolue. HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux, transmis par voie oro-génitale. Un herpès génital à HSV1 récidive généralement moins fréquemment qu’un herpès génital à HSV2.

L’herpès peut-il affecter les yeux ?
Oui – l’herpès oculaire (kératite herpétique) est une urgence ophtalmologique. Tout œil rouge et douloureux chez un porteur d’herpès doit être examiné en urgence par un ophtalmologue. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné sans diagnostic précis – les corticoïdes aggravent massivement l’herpès oculaire.

Mon enfant a de l’eczéma – quel risque avec l’herpès ?
Risque important : les enfants atopiques peuvent développer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg) – herpès disséminé grave nécessitant une hospitalisation. Ne jamais embrasser un enfant atopique lors d’une poussée d’herpès labial actif. Informer tous les proches porteurs d’herpès labial de cette précaution.

Recherche bibliographique : PubMed – Herpes simplex | Articles : Herpès labial | Herpès génital | Traitement de l’herpès

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Références scientifiques

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Zona : symptômes, contagion, durée et traitements antiviraux – guide du dermatologue

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Symptomes du zona

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Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le zona évolue en deux phases : une douleur ou brûlure localisée précède de quelques jours une éruption de vésicules groupées en bouquet, limitée à un seul côté du corps le long d’un nerf (dermatome). La douleur est le symptôme le plus fréquent, présente chez 90 % des patients. Un second épisode de zona reste rare (environ 1 % des cas).
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Le zona évolue généralement en deux phases : la douleur puis l’éruption secondaire à l’apparition de la douleur. Ce signe est très important pour diagnostiquer le zona. Son diagnostic et son traitement nécessitent un avis médical

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Autre signe très important, ces douleurs et éruptions sont cantonnées à un territoire bien précis de la peau, correspondant à l’innervation du nerf concerné (voir l’article sur le zona)

Deux phases caractéristiques du zona

On observe donc deux phases :

La phase douloureuse du zona

Il s’agit de douleurs voire de brûlures localisées dans une région du corps. Elle correspond à la zone innervée par le nerfs dans lequel les virus de zona migrent vers la peau. Cette phase des prodromes est associée en général à une hypoesthésie (baisse de la sensibilité) ou une anesthésie dans la zone atteinte.

La phase éruptive du zona

Apparaissent après quelques jours dans la zone douloureuse des rougeurs voire des plaques surélevées rouges qui se couvrent au bout de 24h de vésicules (comme des gouttelettes d’eau dans la peau), groupées en
bouquet, confluant parfois en bulles.

Vésicules en bouquet
Vésicules en bouquet
Zona
Zona

Ces vésicules vont se troubler vers le 5e jour puis former des croûtes brunâtres vers le 7e jour. Ces croûtes tomberont vers le 10e jour et laisseront place à des cicatrices dépigmentées le plus souvent indélébiles.

Cicatrices pigmentées après zona
Cicatrices pigmentées après zona

L’élément caractéristique de cette éruption est sa topographie unilatérale et sa localisation à une zone d’innervation nerveuse, pouvant déborder sur les nerfs contigus. Cet élément topographique permet de poser le diagnostic vers le zona dès le début de la maladie meme avec une éruption discrète ou absente

Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona
Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona

Le zona typique est donc une maladie de peau éruptive marquée par des éruptions localisées le plus souvent à une zone du corps et à un coté du corps ;

On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique
On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique

L’éruption est douloureuse avec des poussées accompagnées de troubles de la sensibilité.

Il n’y a généralement pas de fièvre et d’altération de l’état général. Il arrive qu’il y ait un ganglion dans la zone de drainage.

Un second épisode de zona est rare, il concerne environ 1% des cas. En effet, on acquiert une immunité à médiation cellulaire persistant plusieurs années.

Formes typiques de zona

Les formes typiques de zona sont :

– le zona intercostal

en hémi-ceinture thoracique. Voir l’article sur le zona intercostal

– le zona ophtalmique

touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face. Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Voir l’article sur le zona ophtalmique

Autres formes de zona

Il existe beaucoup de formes de zona et de complications ; les plus fréquentes sont :

Le zona trigéminé

il s’agit d’un zona touchant le nerf VII bis. L’éruption du zona touche l’ oreille et peut être associée à une atteinte de la langue du même côté, voire d’une paralysie faciale (généralement régressive). Voir l’article zona de l’oreille

Zona trigeminé de l'oreille
Zona trigeminé de l’oreille

Formes graves de zona

On peut observer des formes graves de zona, notamment chez les personnes immunodéprimées :

zona généralisé

c’est à dire touchant de nombreux nerfs. Il s’agit alors le plus souvent d’une éruption de zona très profuse, hémorragique et nécrotique. Le zona généralisé encore appelé zona-varicelle est donc caractérisé par :

  1. la présence de plus de 20 vésicules à distance de l’éruption linéaire de zona
  2. une atteinte des organes profonds (poumons, foie, cerveau) avec de possibles complications
  3. un terrain fragile : le zona varicelle survient le plus souvent sur un terrain immunodéprimé, un cancer sous jacent…

    zona viscéral

dans lequel il existe une atteinte d’organes profonds tels que les poumons, le foie, le cerveau…

Les douleurs post zostériennes (douleurs persistantes après zona)

Il s’agit de douleurs persistant un mois apres le zona

Voir l’article sur les douleurs post zona

>>Suite : le traitement du zona

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Consultez sans attendre si : l’éruption touche le nez ou le pourtour de l’œil (risque de zona ophtalmique), si plus de 20 vésicules apparaissent à distance de la zone atteinte ou si une atteinte des organes profonds est suspectée (zona généralisé, surtout sur terrain immunodéprimé), ou si de la fièvre et une altération de l’état général accompagnent l’éruption, ce qui n’est pas habituel dans un zona typique.

Questions fréquentes sur les symptômes du zona

Quel est le premier symptôme du zona ?

Le tout premier symptôme est le plus souvent une douleur ou une sensation de brûlure localisée, parfois accompagnée de picotements ou d’une perte de sensibilité, dans une zone précise du corps. Cette phase douloureuse précède l’éruption cutanée de quelques jours, ce qui peut rendre le diagnostic difficile avant l’apparition des vésicules.

Où apparaît le zona sur le corps ?

Le zona touche toujours un seul côté du corps, le long du trajet d’un nerf (dermatome). Les zones thoraciques (environ 45 % des cas) et cervicales (environ 23 % des cas) sont les plus fréquemment atteintes, mais le zona peut aussi toucher le visage, l’œil ou l’oreille selon le nerf concerné.

Comment reconnaître les vésicules du zona ?

Les vésicules du zona apparaissent après quelques jours de douleur, sous forme de petites cloques remplies de liquide clair, groupées en bouquet sur une base rouge, parfois confluentes en bulles. Elles évoluent en 7 à 10 jours vers des croûtes qui tombent en 2 à 4 semaines, sans laisser de cicatrice en l’absence de surinfection.

Le zona donne-t-il de la fièvre ?

Non, généralement le zona typique de l’adulte immunocompétent n’entraîne ni fièvre ni altération de l’état général. La présence de fièvre doit faire rechercher une forme plus étendue ou une complication, notamment chez une personne immunodéprimée.

Peut-on avoir un zona sans éruption visible ?

C’est rare mais possible : on parle alors de zona sine herpete, où la douleur dermatomale caractéristique survient sans éruption cutanée associée. Le diagnostic est alors plus difficile et repose sur la clinique et parfois des examens complémentaires spécialisés.

Comment savoir si mon zona est grave ?

Un zona est considéré comme sévère ou à risque en cas d’atteinte du visage ou de l’œil, de vésicules disséminées à distance de la zone initiale, de terrain immunodéprimé, ou de douleur très intense. Dans ces situations, une consultation rapide permet d’adapter le traitement antiviral et d’éviter les complications.

À lire aussi sur le zona

Références scientifiques

  1. Ljubojević Hadžavdić S, et al. Genital Herpes Zoster as Possible Indicator of HIV Infection. Acta Dermatovenerol Croat. 2018;26(4):337-338. PMID 30665486
  2. Goh CL, Khoo L. A retrospective study of the clinical presentation and outcome of herpes zoster in a tertiary dermatology outpatient referral clinic. Int J Dermatol. 1997;36(9):667-72. PMID 9352407
  3. Liesegang TJ. Herpes zoster ophthalmicus natural history, risk factors, clinical presentation, and morbidity. Ophthalmology. 2008;115(2 Suppl):S3-12. PMID 18243930

Source : Haute Autorité de Santé

Larva migrans : causes, symptomes et traitement dermatologue

Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Larva migrans : causes, symptomes et traitement dermatologue – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie

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Pour approfondir ce sujet, consultez également nos articles sur quand consulter dermatologue urgence, problemes peau, fiche dermatonet eczema, peau comment reconnaitre.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte
  • Palaniappan V et al., Clin Exp Dermatol, 2025, PMID 40795202
  • Chai JY et al., Korean J Parasitol, 2021, PMID 34218593
  • Maxfield L et al., StatPearls, 2024, PMID 29939528

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La larva migrans cutanée – ou dermite vermineuse rampante – est une parasitose cutanée bénigne causée par la migration sous-cutanée de larves d’ankylostomes d’animaux (principalement Ancylostoma braziliense et Ancylostoma caninum, parasites intestinaux du chien et du chat). C’est l’une des dermatoses tropicales les plus fréquentes chez les voyageurs revenant de régions chaudes et humides. Son tableau clinique est très caractéristique et le traitement antiparasitaire est simple et efficace.

💡 À savoir – La larva migrans cutanée n’est pas transmissible d’une personne à l’autre. La larve ne peut pas terminer son cycle chez l’homme (hôte accidentel) : elle erre dans la peau quelques semaines puis meurt. En revanche, elle ne migre jamais vers les organes internes chez l’humain immunocompétent, contrairement aux larves de Toxocara (larva migrans viscérale).

Épidémiologie et zones à risque

La larva migrans cutanée est endémique dans les régions tropicales et subtropicales : Amérique centrale et du Sud (Brésil, Caraïbes, Mexique), Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est, Inde, et côtes méditerranéennes. En France métropolitaine, les cas sont presque exclusivement importés après un séjour à l’étranger. La contamination survient principalement :

  • Sur les plages de sable chaud et humide souillées par des déjections de chiens ou chats errants
  • En marchant pieds nus sur un sol terreux ou sablonneux
  • En s’allongeant directement sur le sol sans protection (serviette insuffisante)
  • Dans les jardins ou espaces verts fréquentés par des animaux

Les larves d’ankylostomes survivent dans le sol humide et chaud (température > 20 °C) pendant plusieurs semaines. Elles ne résistent pas à la sécheresse, au froid ou à la dessiccation. Le risque est maximal en zone intertropicale, surtout en saison humide.

Physiopathologie

Les œufs d’ankylostomes sont excrétés dans les déjections des animaux parasités (chiens, chats). Dans le sol chaud et humide, ils éclosent en larves de stade L1, qui muent en larves infestantes de stade L3 en quelques jours. Ces larves L3 pénètrent activement dans la peau humaine en quelques minutes à quelques heures de contact, en utilisant leurs enzymes protéolytiques (hyaluronidase, collagénase) pour traverser l’épiderme.

Chez l’hôte accidentel que constitue l’homme, les larves ne peuvent pas franchir la membrane basale pour atteindre les vaisseaux et achever leur cycle (contrairement au chien ou au chat, hôtes définitifs). Elles errent donc dans la jonction épiderme-derme à une vitesse de 2 à 5 cm par jour, laissant derrière elles le sillon caractéristique rempli d’une réaction inflammatoire éosinophilique.

Tableau clinique

Le sillon rampant : signe pathognomonique

Le signe cardinal est un trajet cutané sinueux, progressant de quelques millimètres à quelques centimètres par jour :

  • Aspect de cordon linéaire ou serpentant, légèrement surélevé, de quelques millimètres de large
  • Couleur rose à rouge, parfois érythémateux sur son trajet récent
  • Prurit intense, souvent insupportable, surtout nocturne
  • La larve se trouve à l’extrémité distale du trajet (en avant du dernier segment visible)
  • Progression visible d’un jour à l’autre, ce qui permet souvent au patient de « suivre » la larve

Localisations préférentielles

Les zones de contact avec le sol sont les plus touchées : pieds (plante, espaces interdigitaux, chevilles), fesses et cuisses (contact avec le sable), mains et poignets, abdomen et dos (en cas de coucher sur le sol). Des localisations plus rares incluent le cuir chevelu chez les enfants.

Délai d’apparition

Les premiers symptômes apparaissent généralement entre 1 et 5 jours après la contamination, mais le délai peut atteindre plusieurs semaines. Les patients consultent souvent après le retour de voyage, parfois sans faire le lien avec leur séjour tropical si celui-ci date de plusieurs semaines.

ℹ️ Complications possibles – La surinfection bactérienne (impétiginisation) par grattage intense est la complication la plus fréquente. Plus rarement, un syndrome de Löffler (infiltrats pulmonaires éosinophiliques transitoires, toux, dyspnée) peut survenir lors de la migration larvaire – il est exceptionnel avec A. braziliense mais possible. La folliculite éosinophilique est une autre complication rare.

Diagnostic

Le diagnostic de larva migrans cutanée est clinique dans la très grande majorité des cas. Le trajet sinueux progressif, le contexte de voyage tropical et le prurit intense suffisent à poser le diagnostic sans examens complémentaires.

Diagnostic différentiel Éléments distinctifs
Gale Sillons courts (< 1 cm), interdigitaux, poignets, génitaux ; contagieuse, familiale
Myiase furonculoïde Nodule furonculeux fixe avec larve visible, pas de sillon progressif
Gnathostomose Migration plus rapide et profonde, œdème migrant, après consommation de poisson cru
Loase Œdème de Calabar, migration oculaire sous-conjonctivale, Afrique centrale
Dermite de contact Pas de progression, distribution en rapport avec l’allergène, sans sillon

En cas de doute (tableau atypique, immunodépression), une NFS peut montrer une éosinophilie modérée (30 à 50 % des cas). La biopsie cutanée est rarement nécessaire et souvent décevante (la larve, mobile, est rarement capturée dans le fragment biopsié).

Traitement

Ivermectine – traitement de référence

L’ivermectine per os en dose unique est le traitement de choix, avec un taux de guérison de 94 à 100 % :

  • Dose : 200 µg/kg en prise unique, à jeun
  • Forme disponible en France : Stromectol® (comprimés à 3 mg)
  • Prescription hors AMM dans cette indication (mais largement validée par les recommandations internationales)
  • Efficacité attendue en 48 à 72 heures (arrêt de la progression, disparition du prurit)
  • Contre-indiquée chez l’enfant < 15 kg, la femme enceinte et allaitante

Albendazole – alternative efficace

L’albendazole per os est une alternative de premier choix en cas de contre-indication à l’ivermectine ou de non-disponibilité :

  • Dose : 400 mg/j pendant 3 à 7 jours (certains experts préconisent 800 mg/j en 2 prises)
  • Forme disponible : Zentel® ou génériques
  • Taux de guérison : 90 à 95 % selon les séries
  • À prendre avec un repas gras pour optimiser l’absorption

Traitement local (cas très limités)

Application de tiabendazole crème à 10–15 % (préparation magistrale) pendant 5 à 10 jours sur le trajet. Moins efficace que les traitements systémiques, réservée aux lésions très localisées ou en cas de contre-indication aux traitements per os.

⚠️ Attention – La cryothérapie à l’azote liquide, parfois pratiquée en l’absence de diagnostic précis, est inefficace sur la larva migrans : la larve est toujours en avant du point traité et survit généralement au froid. Elle est à éviter.

Traitement symptomatique du prurit

En attendant l’efficacité de l’antiparasitaire (48 à 72h), antihistaminiques sédatifs (hydroxyzine) le soir et dermocorticoïdes de classe II sur les zones inflammatoires peuvent soulager les démangeaisons.

Prévention

La prévention repose sur des mesures simples lors des séjours en zones à risque :

  • Porter des chaussures sur les plages et sols potentiellement souillés
  • Utiliser une serviette épaisse ou un matelas gonflable – pas de contact direct avec le sable
  • Éviter de s’allonger sur le sable humide, surtout à l’ombre (zone de repos des animaux errants)
  • Traiter régulièrement les animaux domestiques contre les parasites intestinaux

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Questions fréquentes

La larva migrans guérit-elle sans traitement ?

Oui, mais lentement. Les larves d’ankylostomes meurent spontanément chez l’homme en quelques semaines à quelques mois (durée de vie limitée chez l’hôte accidentel). Cependant, le prurit intense peut durer tout ce temps et le risque de surinfection par grattage est réel. Le traitement antiparasitaire (ivermectine) permet une guérison en 2 à 3 jours et est donc toujours préférable à l’abstention.

Peut-on attraper la larva migrans en France métropolitaine ?

C’est exceptionnel en France métropolitaine, les conditions climatiques étant généralement insuffisantes pour la survie larvaire. Quelques cas ont été rapportés sur les côtes méditerranéennes ou atlantiques en été, en lien avec des plages fréquentées par des animaux non traités. Les rares cas autochtones concernent surtout les enfants jouant dans des bacs à sable souillés. L’immense majorité des cas diagnostiqués en France sont importés après un voyage tropical.

La larva migrans est-elle contagieuse pour les autres membres de la famille ?

Non, elle n’est pas transmissible entre personnes. La larve ne se multiplie pas dans la peau humaine et ne peut pas passer d’une personne à une autre. En revanche, si plusieurs membres de la famille ont été exposés sur le même terrain (même plage, même sol), ils ont pu être contaminés indépendamment et doivent tous être examinés.

Références scientifiques

  • Hochedez P, Caumes E. Hookworm-related cutaneous larva migrans. J Travel Med. 2007;14(5):326-333. PMID: 17883461.
  • Caumes E, et al. Efficacy and tolerability of ivermectin in patients with enterobiasis, hookworm infection, and trichuriasis. Br J Dermatol. 1993;128(5):581-582. PMID: 8504068.
  • Monsel G, Caumes E. Dermatoses tropicales au retour de voyage. Rev Prat. 2015;65(3):345-352. PMID: 26027009.
  • Société Française de Dermatologie (SFD) / Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française (SPILF). Prise en charge des dermatoses tropicales d’importation. 2020. Disponible sur sfdermato.org

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Soigner un furoncle : causes, symptômes et conseils dermatologue

En bref : Le furoncle est une infection profonde et nécrosante du follicule pilo-sébacé due à Staphylococcus aureus. Un furoncle isolé ne nécessite ni prélèvement ni antibiotique, juste des soins locaux ; un furoncle compliqué ou une furonculose (récidives) justifie un prélèvement bactériologique et des antibiotiques oraux pendant 5 jours.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 29 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Cet article en vidéo :

Le furoncle est une infection profonde et nécrosante du follicule pilo-sébacé due à Staphylococcus aureus (Staphylocoque doré). Il se caractérise par une lésion papulo-nodulaire très inflammatoire évoluant en 5 à 10 jours vers la nécrose folliculaire avec l’élimination du follicule pileux (bourbillon).

En cas de :

  • Furoncle isolé : on ne fait pas de prélèvement bactériologique ni de traitement antibiotique local ou général, juste des soins locaux.
  • Furoncle compliqué : prélèvement bactériologique du pus avant antibiothérapie.

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Furoncles au début (folliculite)
Furoncles au début (folliculite)

Qu’est-ce qu’un furoncle ?

Le furoncle est une folliculite profonde s’accompagnant d’une destruction du poil.

Il commence soit par une folliculite soit par une boule rouge, chaude et douloureuse de 1 à 2 cm de diamètre.

Il évolue généralement en donnant une lésion « à tête blanche » en quelques jours, qui résulte de la destruction du poil, c’est le bourbillon, qu’il faut éliminer ou qui peut se résorber spontanément sans émission de pus.

Furoncle
Furoncle

Consultez un médecin

La consultation du médecin est indispensable pour limiter le risque d’évolution grave du furoncle (anthrax, abcès, septicémie…).

Ce dernier va vous prescrire un prélèvement bactériologique en cas de furoncle compliqué ou nombreux, à la recherche notamment de staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM), qui sécrètent pour la plupart une toxine appelée leucocidine de Panton et Valentine et sont principalement responsables d’infections cutanées à type de furoncles nécrosants : ils débutent par une boule rouge, chaude et douloureuse, aboutissant en quelques jours à une suppuration éliminant le follicule nécrotique sous forme d’un gros bourbillon jaune et laissant place à une cicatrice déprimée définitive.

Leur prise en charge a fait l’objet de recommandations en 2019.

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Formes particulières de furoncles

Le furoncle du visage

⚠️ Le furoncle du visage est une urgence relative : les furoncles du visage doivent faire l’objet d’une attention toute particulière et ne pas être « tripotés », car leur manipulation peut entraîner une staphylococcie maligne de la face, une complication grave nécessitant une prise en charge hospitalière en urgence.

L’anthrax

C’est un agglomérat de furoncles, réalisant une boule rouge profonde, volumineuse, inflammatoire d’aspect cratériforme, parfois fébrile et pouvant s’accompagner de fusées purulentes qui les rejoignent sous la peau.

La furonculose

C’est la répétition des furoncles, qui doit faire chercher :

Une immunodépression

maladies, déficit immunitaire, carence en fer.

Un réservoir cutané de staphylocoque doré

chez le patient ou dans son entourage.

Ces furoncles répétés peuvent laisser des cicatrices importantes et avoir un retentissement psychologique important, d’autant qu’ils touchent principalement des adolescents. Dans la majorité des cas, les récurrences cessent après 2 ans.

Soigner un furoncle

Furoncle non compliqué, isolé : soins locaux

  • Pas de manipulation du furoncle (limite le risque de complications).
  • Soins de toilette quotidiens (lavage à l’eau et au savon).
  • Incision de l’extrémité pour évacuer le bourbillon (furoncle volumineux).
  • Protection de la lésion avec un pansement.
  • Pas d’antibiothérapie (locale ou générale).

Furoncle compliqué ou furonculose : antibiotiques oraux pendant 5 jours

Outre le traitement prescrit par le médecin (antibiotiques par voie orale pendant 5 jours : Clindamycine 1,8 g/jour en 3 prises et jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg, ou Pristinamycine 1 g x 3/jour), celui-ci peut procéder à :

  • L’application de compresses humides et tièdes ou de pansements gras pour faire mûrir le furoncle.
  • Une fois que le furoncle est mûr, l’incision sur quelques millimètres et le drainage ou l’ablation du bourbillon à la pince, sauf au niveau médio-facial en raison des risques de dissémination (staphylococcie maligne de la face, thrombophlébite cérébrale…).

Il ne faut jamais appuyer ou cureter le furoncle après l’ouverture, par risque de dissémination de l’infection.

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Furonculose

Il s’agit de la répétition de furoncles pendant plusieurs mois, voire des années.

Le staphylocoque doré colonise la peau le plus souvent par l’intermédiaire des doigts et des vêtements, à partir d’un gîte souvent périorificiel (narines, anus, oreilles…). Un portage chronique staphylococcique au niveau de ces gîtes est souvent en cause dans les formes récidivantes de pathologies cutanées à staphylocoque. En réduisant le portage chronique narinaire de staphylocoque doré, on diminue le portage chronique sur la peau et donc le nombre d’infections à staphylocoque doré.

La prévention des récurrences nécessite donc un traitement efficace des gîtes.

1. Prélèvement bactériologique d’un furoncle avant traitement

2. Traitement des gîtes de portage du staphylocoque doré

Le traitement local des narines (premier centimètre) réduit le portage nasal du staphylocoque doré, le plus souvent par application intranasale de mupirocine (Mupiderm®) 4 fois par jour pendant 5 jours (ceci supprime le portage nasal chez 70 % des gens pour une durée de 3 mois environ). Ainsi le médecin tend à prescrire la mupirocine 5 jours par mois pendant 1 an, mais pas plus, par crainte de l’apparition de résistances.

Le protocole de désinfection est le suivant :

  • Application nasale de pommade de mupirocine deux fois par jour pendant 7 jours.
  • Utilisation une fois par jour pendant 7 jours d’une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing, tels Cyteal®, Septivon®, Plurexid®…, en insistant sur les gîtes de portage (aisselles, périnée, pubis, cicatrices de furoncles) et en rinçant abondamment après la toilette car ces produits peuvent être irritants. Le protocole est généralement des douches antiseptiques avec une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing (une fois par jour pendant 7 jours).
  • Mesures d’hygiène corporelle : porter des vêtements propres, changer fréquemment le linge de toilette.
  • Mesures d’hygiène de l’environnement (linge, vaisselle, entretien des locaux).
  • Bains de bouche biquotidiens à la chlorhexidine (adulte et enfant à partir de 1 g x 3/jour).

3. Éviction des facteurs favorisants

Règles d’hygiène

  • Lavage fréquent des mains.

Afin de prévenir la diffusion et la récidive des lésions, les zones atteintes et les mains seront lavées avec une solution antiseptique moussante (Septivon®, Plurexid®, Cyteal®) et rincées abondamment.

  • Éviter le port de vêtements trop serrés et synthétiques, en particulier sur les zones d’appui (fesses, dos).
  • Éviter la macération (défaut d’hygiène, obésité, plis) et l’hypersudation.
  • Couper les ongles ras.
  • Laver fréquemment à haute température les vêtements, sous-vêtements (en coton de préférence) et linges de toilette.
  • Utiliser un linge de toilette personnel.
  • Éviter les crèmes à la cortisone (contre-indiquées).

Limiter les facteurs favorisants généraux

Obésité, diabète, déficit immunitaire (corticothérapie générale, traitement immunosuppresseur, infection par le VIH)…

Ne pas manipuler les furoncles

Les recouvrir d’un pansement

4. Après guérison de la poussée

Il faut alors procéder à la décolonisation des gîtes bactériens du patient et de son entourage (personnes vivant sous le même toit, et personnes en contact proche).

Les conseils du dermatologue

  • Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’aggraver en l’absence de traitement adéquat (lymphangite, « ganglions », voire septicémie). Lors de la survenue d’une lésion inflammatoire, il faut donc consulter et ne pas toucher ses lésions : la majorité de ces complications surviennent en effet à cause d’une consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions.
  • Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (cortisone ou non stéroïdiens) pour les infections cutanées, car ceux-ci laissent les infections s’aggraver sans que l’on puisse s’en rendre compte.
  • Il ne faut pas oublier d’être à jour pour le vaccin antitétanique, car une plaie cutanée peut être la porte d’entrée du tétanos.

Questions fréquentes

Peut-on percer un furoncle soi-même ?

Non, il ne faut jamais manipuler, presser ou percer un furoncle soi-même : le risque est de disséminer l’infection en profondeur ou vers la circulation sanguine. Seul un furoncle mûr, fluctuant, doit être incisé, idéalement par un professionnel de santé.

Combien de temps dure un furoncle ?

Un furoncle évolue en 5 à 10 jours vers la formation puis l’élimination du bourbillon. Sans complication, la guérison survient en 1 à 2 semaines, mais peut laisser une cicatrice déprimée.

Pourquoi ai-je des furoncles à répétition (furonculose) ?

La furonculose est le plus souvent liée à un portage chronique de staphylocoque doré au niveau des narines, de l’entourage ou de la peau. Un diabète, un déficit immunitaire ou une carence en fer doivent aussi être recherchés en cas de récidives.

Faut-il toujours prendre des antibiotiques pour un furoncle ?

Non. Un furoncle isolé et non compliqué ne nécessite ni prélèvement ni antibiotique, seulement des soins locaux. Les antibiotiques oraux pendant 5 jours (clindamycine, pristinamycine) sont réservés aux furoncles compliqués ou à la furonculose.

Comment éviter les récidives de furoncles ?

La décolonisation du staphylocoque doré (mupirocine nasale, douches à la chlorhexidine), le lavage fréquent des mains et du linge à haute température, et l’éviction des vêtements trop serrés réduisent significativement les récidives.

Pourquoi un furoncle du visage est-il plus dangereux ?

Le drainage veineux du visage, notamment autour du nez et de la lèvre supérieure, communique avec les sinus veineux du cerveau. Manipuler un furoncle de cette zone peut entraîner une staphylococcie maligne de la face, une complication grave et potentiellement mortelle.

Quand faut-il consulter en urgence pour un furoncle ?

Consultez rapidement en cas de furoncle du visage, de fièvre, de furoncles multiples (anthrax), de grossissement rapide, de traînée rouge remontant vers un ganglion (lymphangite), ou d’altération de l’état général.

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À lire aussi sur les infections bactériennes de la peau

Références médicales

Atanaskova N, Tomecki KJ. Innovative management of recurrent furunculosis. Dermatol Clin. 2010;28(3):479-487. PMID 20510758.

Lin HS, Lin PT, Tsai YS, Wang SH, Chi CC. Interventions for bacterial folliculitis and boils (furuncles and carbuncles). Cochrane Database Syst Rev. 2021;2(2):CD013099. PMID 33634465.

Zha M, Usatine R. Common Skin Conditions in Children and Adolescents: Bacterial Infections. FP Essent. 2024;541:14-19. PMID 38896826.

Haute Autorité de Santé (HAS) — Prise en charge des infections cutanées bactériennes courantes, fiche de synthèse.

Zona ophtalmique : urgence oculaire – symptômes, complications et traitement

Zona ophtalmique
Il s’agit d’un zona touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face.
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Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le zona ophtalmique touche la branche du nerf trijumeau qui innerve l’œil et le nez : c’est une urgence médicale. Une éruption sur la pointe du nez (signe de Hutchinson) multiplie par plus de 3 le risque d’atteinte oculaire (conjonctivite, kératite, uvéite). Le traitement antiviral oral, débuté sans délai, est indiqué systématiquement, quel que soit l’âge.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Zona ophtalmique crouteux
Zona ophtalmique crouteux

Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Tout zona ophtalmique nécessite une consultation médicale urgente et la mise en place d’un traitement antiviral par voie orale sans tarder, quel que soit l’âge du patient. Un avis ophtalmologique est systématiquement recommandé, en particulier en cas d’atteinte de l’aile du nez, de baisse de vision, d’œil rouge ou d’œdème des paupières.

Avis ophtalmologique

Le médecin pourra demander une consultation ophtalmologique en urgence s’il existe des signes ou des doutes d’atteinte ophtalmologique :

  • si le zona intéresse l’aile du nez,
Atteinte de l'aile du nez : attention au zona ophtalmique
Zona ophtalmique
  • en cas d’oedème des paupières gênant l’ouverture de l’oeil,
  • en cas de baisse de l’acuité visuelle,
  • en cas d’oeil rouge
  • et systématiquement chez l’immunodéprimé (en Intra veineuse)

    Les complications ophtalmologiques du zona ophtalmique:

Le zona ophtalmique expose à des risques d’atteinte de l’oeil (sclérite, kératite, rétinite… ) ou de la paupière pouvant donner des séquelles telles que des rétractions ou une paralysie de la paupière supérieure (appelée « ptosis »). Tout zona ophtalmique, notamment s’il est accompagné d’atteinte de l’aile du nez et de la narine nécessite un avis ophtalmologique urgent.

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Traitement du zona ophtalmique

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une toilette quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux, en évitant d’en mettre dans les yeux
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona ophtalmique

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué dans le zona ophtalmologique, quel que soit l’âge :

– soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
– soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
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Questions fréquentes sur le zona ophtalmique

Comment savoir si un zona atteint l’œil ?

Le signe d’alerte principal est l’apparition de vésicules sur la pointe ou l’aile du nez, appelé signe de Hutchinson : il multiplie par plus de 3 le risque d’atteinte oculaire. D’autres signes doivent alerter : œil rouge, baisse de la vision, douleur oculaire ou œdème des paupières. Un avis ophtalmologique s’impose dès que l’un de ces signes est présent.

Le zona ophtalmique peut-il rendre aveugle ?

Sans traitement, les complications oculaires (kératite, uvéite, atteinte du nerf optique) peuvent menacer la vision. Avec un traitement antiviral précoce et un suivi ophtalmologique adapté, l’évolution est le plus souvent favorable, mais certaines séquelles (cicatrices cornéennes, glaucome) restent possibles en l’absence de prise en charge rapide.

Quel est le traitement du zona ophtalmique ?

Le traitement associe un antiviral oral systématique, quel que soit l’âge (aciclovir 800 mg 5 fois par jour ou valaciclovir 1 g 3 fois par jour pendant 7 jours), et un avis ophtalmologique pour dépister et traiter les complications oculaires. La voie intraveineuse est réservée aux patients immunodéprimés ou aux formes graves.

Faut-il consulter un ophtalmologue même sans symptôme oculaire ?

Oui, un avis ophtalmologique est recommandé de façon systématique en cas de zona ophtalmique, même en l’absence de symptôme oculaire initial, car certaines complications (kératite, uvéite) peuvent apparaître secondairement ou rester longtemps peu symptomatiques.

Le zona ophtalmique est-il plus grave que les autres formes de zona ?

Le zona ophtalmique n’est pas systématiquement plus sévère sur le plan général, mais il expose à un risque spécifique de complications oculaires pouvant menacer la vision, ce qui justifie une prise en charge urgente et un traitement antiviral systématique, contrairement à d’autres localisations où le traitement peut parfois être différé.

À lire aussi sur le zona

Références scientifiques

  1. Zaal MJ, Völker-Dieben HJ, D’Amaro J. Prognostic value of Hutchinson’s sign in acute herpes zoster ophthalmicus. Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol. 2003;241(3):187-91. PMID 12644941
  2. Colin J, Prisant O, Cochener B, et al. Comparison of the efficacy and safety of valaciclovir and acyclovir for the treatment of herpes zoster ophthalmicus. Ophthalmology. 2000;107(8):1507-11. PMID 10919899
  3. Liesegang TJ. Herpes zoster ophthalmicus natural history, risk factors, clinical presentation, and morbidity. Ophthalmology. 2008;115(2 Suppl):S3-12. PMID 18243930

Source : Haute Autorité de Santé

Actinomycose : causes, symptômes et traitement

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Actinomycose : une infection bactérienne confondue avec une mycose

L’actinomycose n’est pas, malgré son nom trompeur, une mycose mais une infection bactérienne chronique rare. On devrait d’ailleurs parler d’actinobactériose. La confusion vient du fait qu’Actinomyces israelii, son agent causal, était autrefois classé parmi les champignons en raison de son aspect filamenteux branchu. Il s’agit en réalité d’un bacille à Gram positif anaérobie, saprophyte habituel de la cavité buccale et du tractus gastro-intestinal, qui devient pathogène dès lors que la barrière muqueuse est rompue.

En bref : Actinomycose est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, une biopsie cutanée. La prise en charge dépend de la forme clinique et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour bénéficier d’un diagnostic précis et d’un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
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Agent causal : Actinomyces israelii

Actinomyces israelii est l’espèce responsable de la grande majorité des actinomycoses humaines (avec A. gerencseriae dans environ 70 % des cas). C’est un bacille filamenteux ramifié, à Gram positif, anaérobie strict à microaérophile, qui ne forme pas de spores. Il était autrefois classé parmi les champignons en raison de son aspect mycélien, d’où le suffixe trompeur « -mycose ».

Cette bactérie vit normalement en commensal des muqueuses humaines, principalement le tartre et les caries dentaires, les cryptes amygdaliennes, ainsi que le tractus digestif et génital. Elle ne devient pathogène qu’en cas d’effraction de la barrière muqueuse, souvent dans un contexte polymicrobien : d’autres bactéries anaérobies (streptocoques, staphylocoques, Aggregatibacter actinomycetemcomitans, Enterobacteriaceae) créent les conditions d’anaérobiose et d’immunosuppression locale nécessaires à l’inoculation profonde des Actinomyces.

Point microbiologique clé : Le laboratoire doit impérativement être informé de la suspicion d’actinomycose avant l’envoi du prélèvement. Des milieux anaérobies spécifiques et une incubation prolongée (jusqu’à 14 jours) sont nécessaires – un ensemencement standard laissera la culture négative dans la plupart des cas.

Facteurs favorisants et porte d’entrée

L’actinomycose est une infection endogène : le germe est déjà présent chez l’hôte, mais il lui faut une porte d’entrée pour franchir les barrières muqueuses. On distingue des facteurs locaux et généraux :

  • Facteurs locaux : mauvaise hygiène bucco-dentaire, caries, avulsion dentaire, traumatisme facial, fractures, corps étrangers (prothèse de hanche, stérilet intra-utérin pour les formes pelviennes), soin dentaire invasif, chirurgie ORL.
  • Facteurs généraux : immunosuppression (VIH, corticothérapie, chimiothérapie), diabète, cancer, alcoolo-tabagisme, malnutrition.

L’infection touche préférentiellement les hommes entre 20 et 60 ans, avec un sex-ratio de 3 pour 1, probablement en lien avec une moins bonne hygiène bucco-dentaire. Elle est présente dans le monde entier mais plus fréquente dans les contextes socio-économiques défavorisés.

Formes cliniques

L’actinomycose peut toucher tous les organes. La répartition anatomique est relativement stable dans les séries publiées :

Forme clinique Fréquence Porte d’entrée principale
Cervicofaciale 50 – 60 % Caries, avulsion dentaire, traumatisme
Abdominale 20 – 25 % Appendicite, chirurgie digestive
Thoracique 15 – 20 % Inhalation de sécrétions buccales
Pelvienne Rare Stérilet intra-utérin (port prolongé)
Cutanée primitive Exceptionnelle Inoculation directe sur peau lésée
SNC < 3 % Dissémination hématogène (thoracique ou cervicofaciale)

Les formes disséminées par voie hématogène sont rares et surviennent quasi exclusivement chez les patients immunodéprimés.

Signes de la maladie : tableau cervicofacial typique

La forme cervicofaciale, la plus fréquente et la plus accessible au dermatologue, évolue classiquement en plusieurs stades :

Stade initial : nodule induré et indolore

La présentation initiale est celle d’une tuméfaction sous-cutanée progressive, indurée, de consistance ligneuse – d’où le terme historique de mâchoire de bois. Cette lésion est le plus souvent située dans la région sous-mandibulaire, à l’angle de la mandibule ou en région cervicale antérieure. Elle est initialement peu ou pas douloureuse, ce qui contraste avec son volume et peut orienter à tort vers une pathologie tumorale ou ganglionnaire. Les adénopathies satellites sont rares.

Cette phase peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois. L’évolution est lente et insidieuse, rendant le diagnostic souvent tardif – le délai moyen entre apparition des symptômes et diagnostic dépasse parfois plusieurs mois.

Stade évolutif : placards fistulisés et grains jaunes

Sans traitement, la lésion s’étend aux tissus adjacents sans respecter les plans anatomiques, caractéristique fondamentale de l’actinomycose. Plusieurs nodules peuvent confluer en placards sous-cutanés adhérents au plan profond osseux de la face. La peau sus-jacente prend progressivement une teinte violacée ou brunâtre avec ramollissement central.

L’évolution aboutit à la fistulisation spontanée à la peau, drainant un pus séreux ou purulent contenant les grains jaunes caractéristiques (appelés grains de soufre, bien qu’ils ne contiennent pas de soufre). Ces grains, de 1 à 3 mm de diamètre, correspondent à des micro-colonies d’Actinomyces présentant un aspect en rayon de roue à l’examen microscopique. Leur découverte dans le pus est pathognomonique.

Complications locorégionales

L’infection peut s’étendre au périoste et à la mandibule, entraînant une ostéite. La langue peut être infiltrée. L’extension aux glandes salivaires, à l’orbite ou aux méninges est possible en l’absence de traitement.

⛔ Signe d’alarme : Toute tuméfaction cervicofaciale de consistance ligneuse, peu inflammatoire, évoluant depuis plusieurs semaines, doit faire évoquer l’actinomycose – surtout en contexte de mauvaise hygiène bucco-dentaire. Ne pas attendre la fistulisation pour initier le bilan.

Examens diagnostiques

Le diagnostic de l’actinomycose est souvent difficile et posé en retard. Les examens à réaliser sont les suivants :

Prélèvement microbiologique : le prélèvement du pus (par ponction ou lors d’un geste chirurgical) est le premier temps diagnostique. Il doit être acheminé rapidement en anaérobiose stricte. Le laboratoire doit être averti de la suspicion clinique : les milieux standard sont insuffisants. La culture peut nécessiter jusqu’à 14 jours d’incubation. La recherche des grains jaunes à l’œil nu dans le pus, puis leur examen microscopique (filaments Gram + en rayon de roue) est très utile.

Examen anatomopathologique : une biopsie des lésions indurées permet de retrouver les granules actinomycosiques entourés de leur réaction granulomateuse et suppurative caractéristique. L’examen histologique est souvent plus rentable que la culture.

Imagerie : l’échographie des parties molles peut orienter vers un abcès profond. Le scanner (TDM) est indiqué pour évaluer l’extension osseuse (ostéolyse mandibulaire), médiastinale ou abdominale. L’IRM est utile en cas de suspicion d’atteinte du SNC (aspect d’abcès en anneau).

Diagnostics différentiels

L’actinomycose est une grande simulatrice. Elle peut mimer de nombreuses pathologies selon sa localisation :

  • Au niveau cervicofacial : adénopathie tumorale ou lymphomateuse, adénite tuberculeuse (scrofuloderme), kyste épidermoïde surinfecté, abcès dentaire banal.
  • Au niveau thoracique : cancer broncho-pulmonaire, tuberculose, abcès pulmonaire banal.
  • Au niveau abdominal : cancer du côlon, maladie de Crohn, appendicite compliquée.
  • Au niveau pelvien : cancer gynécologique, endométriose.
  • Pour les lésions cutanées fistulisées : mycétome, nocardiose, botryomycose, streptomycose.
⚠ À retenir : La découverte de grains jaunes dans le pus d’une fistule cutanée est le signe le plus orienteur. En l’absence de grains visibles, l’examen histologique d’une biopsie reste l’examen de référence pour ne pas méconnaître le diagnostic.

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Traitement

Antibiothérapie : pénicilline G en première intention

La pénicilline G est le traitement de référence. Les Actinomyces y sont très sensibles. Le schéma recommandé comporte deux phases :

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  1. Phase initiale par voie intraveineuse : pénicilline G à fortes doses, 10 à 20 millions d’unités par 24 heures, pendant 4 à 6 semaines. Cette phase hospitalière est indispensable pour pénétrer efficacement les tissus fibreux et indurés caractéristiques de la maladie.
  2. Relais oral : pénicilline V 2 à 4 g par jour pendant 3 à 12 mois selon l’étendue des lésions. La durée prolongée est indispensable pour éviter les rechutes, fréquentes en cas d’arrêt prématuré.

En cas d’allergie aux pénicillines, les alternatives incluent les tétracyclines (doxycycline 100 mg × 2/jour), les macrolides ou l’ampicilline. Les céphalosporines orales sont généralement peu efficaces sur les Actinomyces.

✓ Durée de traitement selon la localisation :
– Forme cervicofaciale non compliquée : 6 à 12 semaines au total.
– Formes thoraciques ou abdominales : jusqu’à 12 à 18 mois.
– Formes du SNC : traitement maximal, souvent combiné à la chirurgie.

Chirurgie

Le traitement chirurgical est associé à l’antibiothérapie dans les situations suivantes : abcès fluctuant nécessitant un drainage, volumineuses lésions fibreuses où la pénétrance antibiotique est médiocre, excision des trajets fistuleux, et prélèvement biopsique pour confirmation histologique. En cas d’atteinte osseuse mandibulaire, un curetage des zones ostéolytiques peut être nécessaire.

Traitement bucco-dentaire

L’assainissement bucco-dentaire est un volet thérapeutique indissociable : extraction des dents causales, détartrage, et traitement des foyers infectieux résiduels. Sans ce traitement stomatologique, le risque de rechute est élevé, quel que soit le schéma antibiotique employé.

Pronostic et prévention

Diagnostiquée et traitée correctement, la forme cervicofaciale guérit dans plus de 90 % des cas. Le pronostic se dégrade avec les formes thoraciques (guérison dans 70 à 80 % des cas sous traitement) et les formes disséminées ou du SNC. La lenteur de la réponse clinique est attendue compte tenu de l’importance de l’induration tissulaire et du caractère relativement avasculaire des lésions chroniques : la régression des placards fibreux peut prendre plusieurs mois.

La prévention repose entièrement sur l’hygiène bucco-dentaire : brossage régulier, détartrage annuel, traitement précoce des caries et prise en charge des foyers infectieux dentaires. Ces mesures simples constituent le meilleur rempart contre l’actinomycose cervicofaciale.

Questions fréquentes

L’actinomycose est-elle une mycose ?

Non. Malgré son nom trompeur, l’actinomycose est une infection bactérienne causée par Actinomyces israelii, un bacille à Gram positif anaérobie. L’aspect filamenteux ramifié de cette bactérie a longtemps entretenu la confusion avec les champignons.

Quels sont les signes cutanés typiques de l’actinomycose ?

Un nodule sous-cutané induré, indolore, de consistance ligneuse (« mâchoire de bois »), le plus souvent mandibulaire. Sans traitement, la peau sus-jacente se violace et se fistulise, drainant un pus contenant des grains jaunes pathognomoniques.

Comment confirme-t-on le diagnostic d’actinomycose ?

Par la mise en culture du pus en milieu anaérobie (le laboratoire doit être prévenu) ou par l’examen anatomopathologique d’une biopsie, qui révèle les granules actinomycosiques. La découverte de grains jaunes à l’œil nu dans le pus est très évocatrice.

Quel est le traitement de l’actinomycose cervicofaciale ?

La pénicilline G à forte dose par voie intraveineuse pendant 4 à 6 semaines, relayée par la pénicilline V orale pendant 3 à 6 mois. Un assainissement dentaire et parfois un drainage chirurgical sont associés.

L’actinomycose peut-elle toucher d’autres sites que le visage ?

Oui : poumons (15 à 20 % des cas), abdomen (20 à 25 %), pelvis (souvent lié au port prolongé d’un stérilet), et plus rarement le système nerveux central. Les formes disséminées surviennent surtout chez les immunodéprimés.

Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour une lésion cervicofaciale suspecte ?

Oui. Une téléconsultation dermatologique permet d’orienter rapidement vers les examens complémentaires adaptés. Le Dr Ludovic Rousseau est disponible sur Consulib pour ce type de consultation.

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Dermatoses infectieuses

Références scientifiques

  1. Valour F, Sénéchal A, Dupieux C, et al. Actinomycosis: etiology, clinical features, diagnosis, treatment, and management. Infect Drug Resist. 2014;7:183-197.
    [PubMed]
  2. Könönen E, Wade WG. Actinomyces and related organisms in human infections. Clin Microbiol Rev. 2015;28(2):419-442.
    [PubMed]
  3. Moghimi M, Salentijn E, Debets-Ossenkop Y, et al. Treatment of cervicofacial actinomycosis: a report of 19 cases and review of literature. BMC Infect Dis. 2013;13:435.
    [PubMed]
  4. Sharma S, Hashmi MF. Actinomycosis. StatPearls. Updated 2023.
    [PubMed]

Article rédigé par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – Dernière mise à jour : avril 2025.

Folliculite : soigner et se débarrasser de la folliculite

Folliculite : causes, formes cliniques, traitement et prévention des récidives
Une folliculite est une inflammation du follicule pileux – la structure cutanée qui produit le poil. Le plus souvent infectieuse (bactéries ou champignons), elle se manifeste par des petites pustules centrées sur un poil, parfois douloureuses. Elle peut toucher toutes les zones poilues du corps : visage (barbe), cou, cuisses, cuir chevelu, dos, fesses. Elle a tendance à récidiver en cas de facteurs favorisants non corrigés (rasage, épilation, macération, frottement).

En bref : Folliculite est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Vidéo : folliculite - causes, symptômes et traitement

Folliculite - pustules centrées sur les poils

Sommaire :
Symptômes |
Formes particulières |
Causes |
Traitement |
Prévention |
Pages liées |
Questions fréquentes

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  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements depuis plus de 4 semaines
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – has-sante.fr – Dermatoses rares, fiches PNDS

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Symptômes de la folliculite

La folliculite typique se manifeste par des pustules centrées sur un poil, entourées d’un halo rouge inflammatoire. Elles peuvent être isolées ou multiples, regroupées sur une zone ou dispersées.

Boutons de folliculite - pustules inflammatoires centrées sur les poils

Stade Aspect Évolution
Folliculite superficielle Pustule centrée sur un poil – halo rouge – parfois douloureuse Guérison en 5 à 7 jours avec croûte – sans cicatrice si non manipulée
Folliculite profonde Nodule rouge douloureux – le follicule est atteint en profondeur Risque de furoncle, abcès, lymphangite – consultation urgente

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Formes particulières de folliculite

Folliculite du cuir chevelu

Folliculite du cuir chevelu - boutons et pustules

Pustules et croûtes douloureuses sur le cuir chevelu, provoquant des boutons dans le cuir chevelu. En cas de folliculite profonde (folliculite décalvante), une alopécie cicatricielle définitive peut survenir – une prise en charge dermatologique rapide est indispensable.

Folliculite de la barbe (sycosis)

Folliculite de la barbe (sycosis) - pustules et inflammation

Forme très fréquente, favorisée et aggravée par le rasage mécanique répété. Les pustules se regroupent en plaques dans la zone de barbe. Il est recommandé de passer à la tondeuse électrique (sans raser à ras) et d’utiliser des mousses à raser antiseptiques. Voir nos articles sur les rougeurs de la barbe et les boutons après rasage.

Folliculite des fesses

Forme fréquente siégeant sur la convexité des fesses, sous les sous-vêtements, favorisée par la macération et les frottements. Voir notre article dédié aux boutons et folliculites des fesses.

Folliculite du jacuzzi (Pseudomonas aeruginosa)

Caractéristique Détail
Source de contamination Jacuzzis, piscines contaminées, combinaisons de surf/plongée mal entretenues
Délai d’apparition 8 à 48 heures après exposition
Aspect typique Grosses pustules disséminées sur le dos et le tronc – forme épidémique (plusieurs personnes simultanément)
Évolution Formes légères : régression spontanée – formes étendues : antibiotiques actifs contre Pseudomonas (ciprofloxacine)

Causes de la folliculite

Type Agent(s) Forme clinique typique
Bactérienne Staphylococcus aureus (cause principale) Pustules centrées sur les poils – toutes zones – souvent associée à impétigo, panaris
Bactérienne Pseudomonas aeruginosa Folliculite du jacuzzi – dos et tronc – épidémique
Mycosique Dermatophytes Folliculite de la barbe en plaques – contact avec bovins – traitement oral indispensable
Mycosique Malassezia (Pityrosporon) Folliculites prurigineuses du dos (hommes jeunes) ou des jambes après épilation – voir boutons après épilation
Mycosique Candida Folliculites douloureuses du cuir chevelu – immunodéprimés – voir candidoses
Aseptique Folliculite à éosinophiles (maladie d’Ofuji) Papulopustules chroniques du visage et du tronc – immunodéprimés (VIH) – prise en charge spécialisée

📚 Folliculites bactériennes et mycosiques : diagnostic différentiel et traitement – PubMed

Traitement de la folliculite

Le traitement dépend de la cause identifiée par le dermatologue après examen clinique, et si nécessaire après prélèvement bactériologique ou mycologique.

Folliculite bactérienne à staphylocoque

Forme Traitement Durée
Peu étendue Antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 2 à 4 applications quotidiennes 10 jours
Étendue ou récidivante Antibiotiques oraux (pristinamycine, clindamycine selon antibiogramme) Selon prescription médicale
Portage nasal Décontamination des gîtes de portage : crème antibiotique dans le nez + lavage antiseptique du corps À discuter avec le médecin

Pour les porteurs chroniques, voir comment soigner le staphylocoque doré.

Folliculite mycosique

Antifongiques locaux (kétoconazole, ciclopirox) ou oraux (itraconazole, terbinafine) selon l’agent et l’étendue. Un prélèvement mycologique préalable est recommandé pour confirmer le diagnostic et guider le traitement – voir notre article sur les mycoses cutanées.

📚 Prise en charge des infections cutanées bactériennes : recommandations – PubMed

Prévention des folliculites récidivantes

Domaine Mesures préventives
Macération Sous-vêtements en coton – éviter les textiles synthétiques serrés – sécher soigneusement les plis après la douche
Rasage Raser dans le sens du poil – éviter de raser trop ras – mousses à raser antiseptiques – tondeuse électrique si folliculite récidivante – voir boutons après rasage
Épilation Exfolier avant l’épilation – nettoyer et désinfecter les instruments – voir poils incarnés
Jacuzzi / piscine Vérifier régulièrement le taux de chlore et le pH pour prévenir la contamination à Pseudomonas
Portage staphylococcique En cas de folliculite récidivante à staphylocoque : prélèvements nasaux et décontamination des gîtes de portage sur prescription médicale
Manipulation des lésions Ne jamais percer ni exprimer – voir aussi infections des poils
Vaccination Vérifier que la vaccination antitétanique est à jour – toute plaie cutanée peut être une porte d’entrée

📚 Folliculite récidivante : facteurs de risque et stratégies préventives – PubMed

Pages liées

Questions fréquentes

Comment distinguer une folliculite d’un bouton d’acné ?

Les deux donnent des pustules, mais la folliculite est centrée sur un poil visible et survient sur des zones poilues après rasage, épilation ou macération. L’acné touche préférentiellement le visage, le décolleté et le dos, comprend des comédons (points noirs et blancs) absents dans la folliculite, et survient indépendamment du rasage. Un dermatologue confirme le diagnostic en cas de doute.

La folliculite est-elle contagieuse ?

La folliculite à staphylocoque peut se transmettre par contact direct avec les lésions ou par des objets contaminés (serviettes, rasoirs partagés). Les folliculites mycosiques sont moins contagieuses. La folliculite du jacuzzi se transmet par l’eau contaminée à Pseudomonas – tout le groupe exposé peut être atteint simultanément.

Quand faut-il consulter un médecin ?

En cas de lésion douloureuse, chaude et qui grossit (furoncle en formation), de fièvre, de traînée rouge remontant depuis la lésion (lymphangite), de lésions multiples qui s’étendent rapidement, ou d’absence d’amélioration après 10 jours d’antiseptiques locaux. Une folliculite du visage, du cou ou du cuir chevelu justifie toujours une consultation rapide.

Peut-on soigner une folliculite sans antibiotiques ?

Oui, dans la majorité des cas. Les folliculites superficielles peu étendues guérissent avec des antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 7 à 10 jours, sans antibiotiques. Ces derniers sont réservés aux formes étendues, profondes, récidivantes ou survenant chez les immunodéprimés.

Pourquoi ma folliculite récidive-t-elle ?

Les récidives sont souvent dues à des facteurs favorisants non corrigés (rasage traumatique, macération, textiles synthétiques), à un portage chronique de staphylocoque au niveau du nez, de la gorge ou de l’aine, ou à un terrain favorisant (diabète, immunodépression). Un bilan médical permettra d’identifier la cause. La recherche d’un portage nasal de Staphylococcus aureus et une décontamination ciblée sont parfois nécessaires.

La folliculite peut-elle laisser des cicatrices ?

La folliculite superficielle non manipulée guérit sans séquelles. En revanche, les folliculites profondes (furoncle, folliculite décalvante) peuvent laisser des cicatrices déprimées, voire une alopécie cicatricielle définitive au niveau du cuir chevelu. C’est pourquoi il ne faut jamais manipuler les lésions – et consulter rapidement en cas de folliculite du cuir chevelu récidivante.

Voir aussi :
Furoncle |
Staphylocoque doré |
Acné |
Boutons après rasage |
Poils incarnés

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Mis à jour le 1er avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.


Boutons cuir chevelu : folliculite dans les cheveux

En bref : Les boutons sur le cuir chevelu sont dans plus de 80 % des cas une folliculite bactérienne due à Staphylococcus aureus – ils répondent en 7 à 10 jours à un shampooing antiseptique (chlorhexidine) ± un antibiotique local. Un traitement adapté est indispensable pour éviter les récidives et, dans certains cas, les cicatrices alopéciantes définitives.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 12 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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boutons cuir chevelu folliculite du cuir chevelu
Folliculite du cuir chevelu

Sommaire :
Clé du diagnostic |
Formes non cicatricielles |
Formes cicatricielles |
Autres causes |
Quand consulter ? |
Pages liées |
Questions fréquentes

La clé du diagnostic : cicatriciel ou non cicatriciel ?

Face à des boutons sur le cuir chevelu, la première question à se poser est : y a-t-il une perte de cheveux associée ? Et si oui, est-elle réversible ou définitive ? C’est autour de cette distinction que s’organise tout le raisonnement diagnostique du dermatologue.

Type Caractéristiques Pronostic pileux Urgence
Non cicatriciel Follicules pileux préservés – cheveux repoussent après traitement – le plus fréquent Favorable si traité Consultation dans les semaines
Cicatriciel Destruction progressive des follicules – zones lisses sans repousse – alopécie définitive Irréversible sans prise en charge Consultation rapide impérative

Boutons du cuir chevelu sans cicatrice (folliculites non cicatricielles)

Ce sont les formes les plus fréquentes. Les follicules pileux sont enflammés mais structurellement préservés – les cheveux peuvent repousser après traitement bien conduit. Ces folliculites récidivent souvent pendant des mois, parfois des années, avant que la cause ne soit identifiée avec précision.

Folliculite à Malassezia (anciennement Pityrosporum)

Malassezia est une levure lipophile qui colonise normalement la peau de la quasi-totalité des adultes. Dans certaines conditions – immunodépression, chaleur, humidité, antibiothérapie prolongée – cette levure prolifère au sein des follicules et déclenche une réaction inflammatoire. Au niveau du cuir chevelu, elle se manifeste par des pustules prurigineuses souvent associées à des pellicules grasses et une dermite séborrhéique.

Une étude rétrospective (2024) portant sur 26 patients atteints de folliculite non cicatricielle du cuir chevelu a retrouvé des spores de Malassezia dans 96 % des cas à l’examen cytologique – soulignant le rôle central de cette levure, longtemps sous-estimé dans cette localisation.

📚 Malassezia dans les folliculites non cicatricielles du cuir chevelu – PubMed 2024

📚 Malassezia folliculitis : mimétisme acnéique et traitement – PubMed 2025

Traitement : shampooing antifongique au kétoconazole 2 % (ou ciclopirox) en traitement d’attaque, puis en entretien. En cas de forme étendue ou résistante, itraconazole oral. Un traitement d’entretien est souvent nécessaire pour prévenir les rechutes.

Folliculite à Cutibacterium acnes

folliculite cuir chevelu Cutibacterium acnes boutons
Folliculite du cuir chevelu assimilée à de l’acné

Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes) est la bactérie responsable de l’acné. Cette forme touche surtout des patients acnéiques traités au long cours par cyclines, chez qui des pustules récidivantes du cuir chevelu s’installent et réapparaissent rapidement à l’arrêt des antibiotiques. Le diagnostic est clinique et évolutif.

Traitement : peroxyde de benzoyle, antibiotiques locaux et oraux adaptés. En cas de formes résistantes, l’isotrétinoïne à faible dose (5 à 10 mg/j, hors AMM dans cette indication) offre une amélioration plus durable – voir isotrétinoïne.

Folliculite à Demodex

Demodex folliculorum est un acarien microscopique naturellement présent dans les follicules pileux. Sa prolifération, qui augmente avec l’âge et certaines immunodépressions, peut provoquer des boutons inflammatoires du cuir chevelu. La prise en charge est identique à celle de la démodécidose – ivermectine orale ou topique, métronidazole.

Folliculite à bactéries Gram négatives

Forme moins fréquente, caractérisée par des pustules récidivantes du cuir chevelu sans atteinte faciale associée. La bactérie la plus souvent impliquée est Citrobacter koseri. Le diagnostic repose obligatoirement sur un prélèvement bactériologique – sans lui, le traitement reste empirique et inefficace.

Boutons du cuir chevelu avec alopécie définitive (folliculites cicatricielles)

Ces formes sont moins fréquentes mais infiniment plus sérieuses. Elles partagent le même mécanisme : une inflammation profonde qui détruit progressivement les follicules pileux, laissant des plaques d’alopécie définitive. Un diagnostic et une mise en route du traitement précoces sont les seuls moyens de limiter l’étendue des dégâts. La folliculite décalvante est la plus fréquente des alopecias cicatricielles neutrophiliques primaires, représentant environ 2,8 % de l’ensemble des consultations pour alopécie.

Folliculite décalvante de Quinquaud

Folliculite chronique progressive caractérisée par des pustules folliculaires récidivantes évoluant vers des croûtes, puis une alopécie cicatricielle au vertex. Elle touche principalement les hommes (environ 60–70 % des cas), souvent de phototype foncé, débutant entre 20 et 40 ans. Un signe clinique très évocateur : la folliculite en touffes (polytrichie) – plusieurs poils émergent du même follicule dilaté, signe visible à la dermatoscopie. La bordure des zones alopéciques est blanc nacré, avec des pustules lors des poussées.

Ligne Traitement Commentaire
1re intention Doxycycline 100–200 mg/j + antiseptiques locaux Traitement prolongé 6–12 mois minimum – effet suspensif, non curatif
2e intention Rifampicine + clindamycine (ou acide fusidique) – 10 semaines Rémission dans ~55 % des cas selon Powell et al. – association synergique
Alternatives Isotrétinoïne orale, gluconate de zinc, dapsone, anti-TNFα Formes résistantes – recommandations EADV 2025

📚 Folliculitis decalvans : revue multicentrique de 82 patients – PubMed 2015

📚 Folliculite décalvante : efficacité des traitements, 60 patients – PubMed 2018

Cellulite disséquante du cuir chevelu

Pathologie touchant surtout les hommes de 20 à 40 ans, à prédominance de phototype foncé. Elle débute par des nodules sous-cutanés fermes qui évoluent vers des abcès intercommunicants douloureux, donnant au cuir chevelu un aspect cérébriforme caractéristique. Elle peut s’associer à une acné conglobata et une hidrosadénite suppurative (triade acnéique).

Traitement : incision et drainage des abcès fluctuants, antibiotiques antistaphylococciques, isotrétinoïne 0,5 à 1 mg/kg/j. Infiltrations de corticoïdes intralésionnels, laser Nd:YAG et anti-TNFα dans les formes sévères.

Folliculite fibrosante de la nuque (acné chéloïdienne)

Se développe principalement chez les hommes jeunes de phototype foncé. Des papules et pustules folliculaires de la nuque évoluent vers des cicatrices chéloïdiennes hypertrophiques. Pour une description complète, voir l’article dédié : acné chéloïdienne de la nuque.

Pustulose érosive du cuir chevelu

Forme rare touchant surtout les femmes âgées, souvent déclenchée par un traumatisme local (traitement de kératoses actiniques par cryothérapie ou laser). Des pustules superficielles apparaissent au vertex, évoluant vers des plaques érosives et croûteuses puis une alopécie cicatricielle.

Traitement : dermocorticoïdes de classe I (propionate de clobétasol) en 1re intention. Isotrétinoïne, dapsone ou gluconate de zinc en 2e intention.

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Autres causes de boutons sur le cuir chevelu

Les folliculites ne sont pas les seules affections responsables de boutons sur le cuir chevelu. Voici les diagnostics différentiels les plus importants à ne pas méconnaître :

Affection Aspect typique Particularités
Psoriasis du cuir chevelu Plaques rouges épaisses, squames blanches très adhérentes Souvent associé à des plaques sur le corps – non infectieux
Dermite séborrhéique Pellicules grasses, rougeurs, démangeaisons diffuses Souvent associée à une dermite du visage – rôle de Malassezia
Teigne (tinea capitis) Plaques alopéciques avec brisure des cheveux, squames grises Surtout chez l’enfant – contagieuse – traitement oral indispensable
Zona du cuir chevelu Vésicules douloureuses unilatérales suivant un dermatome Douleurs souvent intenses – antiviraux précoces
Molluscum contagiosum Petites papules ombiliquées, perlées Surtout chez l’enfant – virus – contagieux
Kyste épidermoïde (loupe) Bosse ferme sous-cutanée mobile, non inflammatoire Peut s’infecter et devenir douloureux – voir loupe du cuir chevelu
Alopécie de traction Petites papules périfolliculaires en bordure du cuir chevelu Favorisée par coiffures tendues (tresses, chignons serrés)

Quand consulter rapidement un dermatologue ?

⚠️ Quand consulter en urgence :

  • Boutons douloureux avec plaques d’alopécie progressive sur le cuir chevelu (folliculite décalvante)
  • Kyste fluctuant sur le cuir chevelu avec rougeur extensive et fièvre (abcès kystique du scalp)
  • Boutons sur le cuir chevelu associés à une chute de cheveux extensive (alopécie cicatricielle)

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Questions fréquentes

Pourquoi des boutons apparaissent-ils sous les cheveux ?

Le cuir chevelu combine une séborrhée intense (jusqu’à 100 mg de sébum/10 cm² vs 30 mg sur le visage), une chaleur élevée (35–37 °C) et une humidité favorisant la prolifération de Malassezia furfur et S. aureus. L’occlusion par les cheveux réduit l’évaporation et crée un micro-environnement propice aux folliculites. Les produits coiffants (cires, gels, laques) obstruent les follicules. Le stress, la transpiration intense et les shampoings peu fréquents amplifient ces facteurs.

Comment distinguer une folliculite d’une dermite séborrhéique du cuir chevelu ?

La folliculite donne des papules-pustules isolées, douloureuses, centrées sur un follicule pileux, avec un poil au centre. La dermite séborrhéique donne des plaques diffuses rosées-rouges avec squames grasses jaunâtres, non douloureuses, sans follicule identifiable. Les deux peuvent coexister. La dermite séborrhéique se traite par shampoings au kétoconazole 2 % ou au sulfure de sélénium 2,5 %, 2 fois/semaine. La folliculite nécessite un antibiotique topique ou oral selon la sévérité.

Le psoriasis du cuir chevelu ressemble-t-il à des boutons ?

Le psoriasis du cuir chevelu peut donner des papules et plaques bien délimitées, épaisses, avec un halo rosé à la lisière capillaire – parfois confondues avec des boutons. La squame argentée (caractéristique) et le signe d’Auspitz (saignement punctiforme lors du retrait de la squame) sont pathognomoniques. Traitement : calcipotriol + dipropionate de bétaméthasone gel (Xamiol) appliqué sur le cuir chevelu le soir pendant 4 semaines, ou shampoing à la liqueur de Fowler (acide salicylique + goudron) pour décaper les squames.

Un kyste du cuir chevelu est-il bénin ?

Le kyste épidermoïde du cuir chevelu (souvent appelé kyste sébacé) est bénin dans > 99 % des cas. Il est mou, mobile, non douloureux, avec parfois un punctum visible. Il peut atteindre plusieurs centimètres. Risque principal : infection (abcès kystique) en cas de traumatisme. Traitement : exérèse chirurgicale simple sous anesthésie locale si gênant. À distinguer du kyste trichilémmal (plus fréquent sur le cuir chevelu, à paroi différente histologiquement) et du pilomatricome (calcifié, dur, enfant et jeune adulte).

La folliculite décalvante est-elle grave pour les cheveux ?

La folliculite décalvante (ou folliculite du cuir chevelu de type ‘tufted folliculitis’) est une folliculite chronique bactérienne grave qui détruit progressivement les follicules pileux, laissant des cicatrices alopéciques définitives en touffes. Elle touche surtout les hommes adultes (vertex). Sans traitement, l’alopécie s’étend progressivement et devient irréversible. Traitement : association rifampicine 300 mg + clindamycine 300 mg × 2/j pendant 3 mois, avec relais par des antibiotiques topiques. Bilan bactériologique (culture de pus) oriente le traitement.

Un shampoing médical améliore-t-il les boutons du cuir chevelu ?

Oui, selon la cause : kétoconazole 2 % (Kétoderm) ou ciclopirox olamine 1,5 % (Mycoapaisyl) – 2 fois/semaine pendant 4 semaines – pour la dermite séborrhéique et les folliculites à Malassezia. Sulfure de sélénium 2,5 % (Stieprox) – hebdomadaire – contre Malassezia et S. aureus. Acide salicylique 3 % (kératolytique) + goudron de houille (Polytar) – pour le psoriasis squameux du cuir chevelu. Laisser le shampoing en place 5 minutes avant le rinçage. Éviter les shampoings parfumés ou moussants agressifs qui irritent le cuir chevelu.

Peut-on avoir de l’acné sur le cuir chevelu ?

L’acné du cuir chevelu (scalp acne ou helminth folliculitis) existe mais est rare. Elle donne des comédons, papules et pustules sur le cuir chevelu, souvent favorisés par les produits coiffants occlusifs (brillantines, huiles, cires). Plus fréquente à la lisière capillaire frontale (en contact avec les cosmétiques qui ruissellent). Traitement : retrait de tous les produits coiffants gras, shampoing à l’acide salicylique 2 %, lotion à la clindamycine 1 % en cas de composante inflammatoire. Rarement nécessaire de recourir aux rétinoïdes.

Pourquoi ai-je des boutons qui grattent sur le cuir chevelu ?

Les causes les plus fréquentes de boutons prurigineux du cuir chevelu sont la folliculite à Malassezia (souvent associée à des pellicules grasses), la dermite séborrhéique, la folliculite bactérienne à staphylocoque, ou encore le psoriasis. Ces affections peuvent se ressembler cliniquement mais ne se traitent pas de la même façon. Si les boutons récidivent régulièrement ou si un shampooing antifongique d’essai reste sans effet après deux semaines, un avis dermatologique est indispensable.

Les boutons du cuir chevelu peuvent-ils faire tomber les cheveux définitivement ?

Oui, dans certaines formes. Les folliculites cicatricielles – folliculite décalvante de Quinquaud, cellulite disséquante, pustulose érosive – détruisent progressivement les follicules pileux et provoquent une alopécie définitive dans les zones atteintes si elles ne sont pas traitées à temps. À l’inverse, les folliculites non cicatricielles à Malassezia ou C. acnes n’entraînent pas de chute irréversible une fois correctement prises en charge.

Comment traiter des boutons sur le cuir chevelu sans consulter ?

Un shampooing au kétoconazole 2 % (disponible sans ordonnance en pharmacie) peut aider en cas de folliculite à Malassezia suspectée – pellicules associées, prurit, terrain immunodéprimé ou prise récente d’antibiotiques. Évitez absolument de percer les boutons. Si les lésions ne s’améliorent pas après 2 à 3 semaines, ou si elles s’accompagnent d’une chute de cheveux, consultez un dermatologue.

Quelle est la différence entre folliculite décalvante et cellulite disséquante ?

La folliculite décalvante de Quinquaud se manifeste par des pustules folliculaires récidivantes avec cheveux en touffes (polytrichie) et alopécie cicatricielle progressive. La cellulite disséquante donne plutôt des nodules profonds et abcès intercommunicants douloureux, créant un aspect bosselé du cuir chevelu. Les deux touchent préférentiellement les hommes jeunes à phototype foncé et nécessitent un traitement prolongé.

Les boutons du cuir chevelu sont-ils contagieux ?

Cela dépend de la cause. La teigne (tinea capitis) est hautement contagieuse. Les folliculites à staphylocoque peuvent se transmettre via le matériel de coiffure partagé (tondeuse, ciseaux). Les folliculites à Malassezia et à Demodex ne sont pas considérées comme contagieuses au sens strict, mais une hygiène rigoureuse du matériel de coiffure reste toujours recommandée.

Voir aussi :
Folliculite |
Staphylocoque doré |
Acné |
Dermite séborrhéique |
Alopécie

Pages liées

Pour approfondir les affections du cuir chevelu et leurs traitements, consultez ces articles complémentaires du Dr Rousseau :

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Sources scientifiques

Faut-il laver un vêtement neuf avant de le porter ?

Mis à jour le 27 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Oui, il faut laver un vêtement neuf avant de le porter. Il peut contenir des résidus de teintures, de résine formaldéhyde, de plomb ou de chrome, et avoir été essayé en magasin par d’autres personnes, avec un risque de gale, de poux ou de virus respiratoires. Un lavage à 60°C élimine la plupart de ces risques.
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Peut-on porter un vêtement neuf sans le laver?
Vous venez d’acheter un t-shirt, une robe, une chemise? Faut-il le laver avant de le porter? Quels sont les risques si vous le portez sans le laver?

En voyant les vêtements pliés, emballés, neufs, vous pensez qu’il n’y a pas de risque à les porter. Mais est-ce bien le cas?

 

sarcopte de la gale
Sarcopte vu au microscope

Produits toxiques dans les vetements neufs

Si l’Union Européenne interdit l’usage de beaucoup de produits toxiques ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres pays et le T shirt made in Portugal peut juste avoir été fini au Portugal mais provenir de tissus chinois ou coloré dans d’autres pays…

Ainsi on peut trouver du plomb, du chrome, du nickel, des colorants azoïques, des résines formaldéhyde, des teintures toxiques interdites en Europe

Les points les plus sensibles du corps sont là où le vêtement est en contact et frotte contre la peau ainsi que dans les zones de transpiration : le ventre, le cou, les cuisses, les aisselles.

Ce risque concerne aussi les vêtements bio : la mention « bio » signifie simplement que les fibres utilisées sont biologiques. Cela ne garantit pas l’absence de traitement par des produits « chimiques » sur les fibres ensuite.

Deux types de manifestations peuvent se produire :

Allergie à un produit

Deux allergènes responsables d’allergie au contact des vêtements neufs sont les teintures et la résine formaldéhyde (qui empêche notamment le coton de plisser).

On peut alors avoir un aspect d’ eczema voire d’ urticaire

Eruption du tronc

Pénétration transcutanée

Elle est probablement très faible, mais la pénétration du plomb ou du chrome, notamment en cas de transpiration est un risque potentiel

Les agents biologiques : gale, poux, moisissures, virus…

Au-delà des produits chimiques, un produit textile peut avoir été essayé plusieurs fois, même s’il est emballé et plié, notamment en cas de vente par Internet. De même, un vêtement peut avoir été replié sur les présentoirs dans un magasin mais avoir été essayé peu de temps avant. Les vêtements empilés peuvent se contaminer entre eux…

On peut donc craindre une contamination par la gale, les poux (de cheveux ou de corps parfois)…

Par ailleurs, en cas d’humidité ambiante, des moisissures peuvent persister au sein des fibres textiles

Enfin, si un vêtement vient d’être essayé, il peut encore porter des virus et transmettre un rhume, une grippe…

Consultez un dermatologue si :

  • des rougeurs ou démangeaisons apparaissent dans les jours suivant le port d’un vêtement neuf, surtout dans les zones de frottement (cou, ventre, cuisses, aisselles) ;
  • l’éruption ne s’améliore pas après lavage et éviction du vêtement suspect ;
  • des démangeaisons généralisées, surtout nocturnes, apparaissent plusieurs semaines après un essayage en magasin (évoquant une gale).

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Alors comment laver les vêtements?

Idéalement il faut les laver deux fois pour limiter le portage de substances chimiques notamment.

La gale et les poux quant à eux ne résistent pas au delà de 60°C

Enfin, pour éviter que le textile ne se décolore ou ternisse, il est possible de faire tremper le vêtement dans de l’eau froide avant la machine à laver.

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Questions fréquentes

Faut-il vraiment laver un vêtement neuf avant de le porter ?

Oui. Un vêtement neuf peut contenir des résidus chimiques (teintures, résine formaldéhyde, traces de plomb ou de chrome) et avoir été essayé par d’autres personnes en magasin, avec un risque de contamination par la gale, des poux ou des virus respiratoires.

Un vêtement bio est-il plus sûr sans lavage ?

Non. Le label bio garantit seulement l’origine biologique des fibres, pas l’absence de traitement chimique ultérieur (teinture, résine anti-froissage). Un vêtement bio doit être lavé avant d’être porté comme n’importe quel autre.

Quels sont les symptômes d’une allergie à un vêtement neuf ?

Des rougeurs, des démangeaisons ou un eczéma apparaissant dans les zones de frottement et de transpiration (cou, ventre, cuisses, aisselles), le plus souvent dans les jours suivant le premier port. Les teintures et la résine formaldéhyde sont les allergènes les plus fréquents (PMID 30663079).

Combien de fois faut-il laver un vêtement neuf ?

Un lavage suffit pour éliminer la majorité des résidus chimiques et des agents biologiques, mais deux lavages successifs limitent davantage le portage de substances chimiques, surtout pour les vêtements destinés aux peaux sensibles ou aux jeunes enfants.

À quelle température laver un vêtement neuf pour éliminer la gale ou les poux ?

Un lavage à 60°C élimine le sarcopte de la gale et les poux, qui ne résistent pas au-delà de cette température. Pour les textiles délicats ne supportant pas 60°C, un passage au sèche-linge chaud ou une mise en quarantaine de plusieurs jours dans un sac fermé est une alternative.

Le lavage à froid suffit-il pour un vêtement neuf ?

Un lavage à froid réduit une partie des résidus chimiques mais n’élimine pas la gale ni les poux, qui nécessitent une température d’au moins 60°C. Pour un textile fragile, un trempage préalable à l’eau froide limite aussi la décoloration.

Faut-il laver les vêtements achetés en ligne différemment de ceux essayés en magasin ?

Le principe reste le même, car les résidus chimiques de fabrication sont identiques. Le risque de contamination biologique (gale, poux, virus) est en revanche plus faible pour un vêtement commandé en ligne et jamais essayé par un tiers avant réception.

À lire aussi sur les allergies de peau

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Références

Preston A et al. Textile-induced vulvar and perianal dermatitis. Contact Dermatitis, 2019, PMID 30663079.
Bhatia R, Sharma VK. Occupational dermatoses: An Asian perspective. Indian J Dermatol Venereol Leprol, 2017, PMID 28485305.
Thomas C et al. Ectoparasites: Scabies. J Am Acad Dermatol, 2019, PMID 31310840.
ANSES. Vigil’Anses n°16 : allergies cutanées, de nouvelles substances en cause dans les textiles. vigilanses.anses.fr.

Erythrasma : l’erythrasma : causes, symptômes et traitement

Érythrasma : taches brunes des plis et traitement antibiotique

Des taches brunes ou chamois dans les aisselles, à l’aine ou entre les orteils – persistantes, peu prurigineuses, résistant aux antifongiques – peuvent faire penser à un champignon mais sont parfois d’origine bactérienne. L’érythrasma est une infection superficielle chronique de la peau causée par une bactérie gram-positive, Corynebacterium minutissimum, qui prolifère dans les zones de plis où chaleur, humidité et frottement créent un environnement favorable. Fréquemment confondu avec une mycose cutanée ou un pityriasis versicolor, il répond à un traitement spécifique et bénigne dans son évolution locale – mais sa récidive est fréquente tant que les facteurs favorisants persistent.

Son diagnostic – longtemps difficile et souvent retardé – est aujourd’hui grandement facilité par un outil simple, disponible au cabinet du dermatologue : la lampe de Wood, qui révèle une fluorescence rose corail caractéristique de la bactérie et permet d’établir le diagnostic sans biopsie dans la grande majorité des cas.

En bref : Erythrasma est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Qu’est-ce que l’érythrasma ?

L’érythrasma est une infection bactérienne superficielle chronique de la peau, causée par Corynebacterium minutissimum – un bacille gram-positif, non sporulant, aérobie facultatif, qui fait partie de la flore commensale cutanée habituelle. Dans les conditions normales, cette bactérie colonise le stratum corneum sans provoquer de pathologie. Mais lorsque les conditions locales deviennent favorables – chaleur, humidité, macération, occlusion cutanée – elle prolifère et produit des enzymes kératolytiques qui dégradent les couches superficielles de l’épiderme, provoquant les lésions caractéristiques.

La bactérie produit également de la coproporphyrine III – un pigment porphyrique qui absorbe la lumière ultraviolette à 360 nm et réémet une fluorescence rose corail vive à la lampe de Wood. C’est ce phénomène physique, propre à C. minutissimum, qui constitue le meilleur outil diagnostique disponible au cabinet du dermatologue.

Pourquoi dit-on « érythrasma » ?
Le terme vient du grec erythros (rouge) et asma (éruption). Le nom est un peu trompeur car les lésions ne sont pas rouges mais plutôt brunes ou chamois – la rougeur initiale s’estompe rapidement au profit d’une pigmentation brunâtre. C. minutissimum fut décrit comme agent étiologique en 1961 par Sarkany, Taplin et Blank, mettant fin à des décennies de confusion avec les dermatophytes.

Épidémiologie et facteurs de risque

Facteur de risque Mécanisme / données
Climat chaud et humide Favorise la transpiration et la macération des plis ; plus fréquent en été et dans les régions tropicales
Diabète sucré (type 1 et 2) Représente 44 % des infections interdigitales du pied chez les diabétiques ; immunité locale altérée, glycémie élevée favorisant la prolifération bactérienne
Obésité Augmentation des plis cutanés, macération, frottements ; 17,6 % des infections bactériennes cutanées du sujet obèse
Hyperhidrose Excès de transpiration créant un microenvironnement humide favorable
Immunodépression VIH, corticothérapie prolongée, chimiothérapie
Mauvaise hygiène locale Défaut de séchage après lavage, port de vêtements synthétiques occlus
Sportifs, personnes en collectivité Douches collectives, contacts cutanés répétés, vêtements occlusifs ; prévalence accrue chez les athlètes et footballeurs
Âge avancé Prévalence accrue chez les sujets âgés : 17,6 % des infections bactériennes cutanées de cette tranche d’âge

Signes cliniques et localisations

L’érythrasma se présente comme des plaques bien délimitées, à bords nets, de couleur chamois, brun rosé ou brun-rougeâtre, à surface légèrement squameuse ou finement ridée. Les lésions sont habituellement asymptomatiques ou discrètement prurigineuses – c’est souvent leur persistance malgré les traitements antifongiques habituels, ou leur découverte fortuite lors d’un examen de la peau, qui conduit le patient à consulter.

Érythrasma de l’aisselle
Érythrasma de l’aine : taches brunes de l’aine

Localisations préférentielles

Localisation Aspect clinique Population préférentiellement concernée
Aisselles (axillaire) Plaques chamois à brunes, bords nets, peu squameuses Adulte, tous âges ; hommes et femmes
Aine et plis inguinaux Plaques brunes souvent bilatérales, parfois avec légère desquamation périphérique Hommes surtout ; diabétiques, obèses
Espaces interdigitaux des pieds Macération blanchâtre, fissures, odeur fétide ; première cause d’infection interdigitale bactérienne Diabétiques, sportifs, personnes en collectivité
Pli sous-mammaire Plaques brunâtres, parfois prurigineuses ; souvent coinfection avec Candida Femmes avec forte poitrine, obèses, ménopausées
Pli interfessier et périnée Lésions brunâtres parfois étendues Sujets obèses, grabataires
Formes disséminées Plaques multiples sur tronc et membres Patients immunodéprimés ; formes rares

Diagnostic : la lampe de Wood, examen clé

Le diagnostic d’érythrasma est clinique, confirmé par la lampe de Wood – une lampe émettant des ultraviolets à 360 nm. Lorsqu’on expose une plaque d’érythrasma à cette lampe dans l’obscurité, Corynebacterium minutissimum émet une fluorescence rose corail vive, caractéristique et quasi pathognomonique. Ce phénomène est dû à la coproporphyrine III produite par la bactérie.

Attention : la fluorescence peut être absente si le patient s’est lavé récemment
La coproporphyrine III responsable de la fluorescence est hydrosoluble et est éliminée par le savon et l’eau. Si le patient s’est douché dans les heures précédant la consultation, la lampe de Wood peut être faussement négative. Pour maximiser la sensibilité de l’examen, il convient d’idéalement ne pas se laver la zone à examiner dans les 24 à 48 heures avant la consultation. En cas de doute malgré un lavage récent, un prélèvement bactériologique ou une biopsie cutanée avec coloration de Gram peuvent être réalisés.

La dermoscopie sous lumière ultraviolette (dermoscopie fluorescente UV) constitue un apport diagnostique récent, permettant d’objectiver la fluorescence à plus fort grossissement et de mieux délimiter les lésions – elle est notamment utile pour distinguer l’érythrasma d’un pityriasis versicolor ou d’une dermite séborrhéique.

Histologie

La biopsie cutanée n’est pas nécessaire dans les cas typiques, où la clinique et la lampe de Wood suffisent au diagnostic. Elle est réservée aux formes atypiques ou résistantes. Lorsqu’elle est réalisée, le dermatologue prélève sous anesthésie locale un fragment de peau adressé à un anatomopathologiste.

À l’histologie, l’érythrasma montre une hyperkératose compacte du stratum corneum, sans inflammation dermique significative – signe de la nature purement superficielle de l’infection. Les bactéries gram-positives filamenteuses peuvent être identifiées dans les couches cornées par la coloration de Gram ou par la coloration au PAS. L’épiderme sous-jacent et le derme sont normaux.

Diagnostics différentiels

Affection Points communs Éléments distinctifs
Mycose à dermatophytes (tinea cruris) Plaques des plis inguinaux, squameuses Bord actif vésiculeux ou squameux plus marqué en périphérie ; fluorescence Wood négative ; prélèvement mycologique positif ; répond aux antifongiques
Candidose des plis (intertrigo candidosique) Rougeur des plis, prurit Fond rouge vif, satellites périphériques (pustules), fissures ; fluorescence Wood négative ; prélèvement mycologique positif (Candida)
Pityriasis versicolor Macules brunâtres squameuses Distribution plus étendue (tronc) ; fluorescence jaune-verdâtre ou cuivrée à la Wood (pas corail) ; Malassezia au prélèvement
Psoriasis inversé des plis Plaques des plis Fond rouge lisse brillant sans squames (plis occlusis) ; antécédents de psoriasis ; Wood négatif ; répond aux dermocorticoïdes
Intertrigo non spécifique Rougeur des plis, macération Erythème diffus sans plaque délimitée, pas de fluorescence ; lié à la friction seule
Acanthosis nigricans Plaques sombres des plis Texture veloutée hyperkératosique ; couleur brun-noir ; associé à une insulinorésistance ; Wood négatif
Coinfection érythrasma + dermatophyte ou Candida : une réalité fréquente
C. minutissimum peut coexister avec des dermatophytes (Epidermophyton, Trichophyton) ou avec Candida albicans sur les mêmes zones. Cette coinfection complique le diagnostic et explique certaines résistances aux traitements antifongiques seuls ou antibiotiques seuls. En cas de doute, la réalisation simultanée d’un prélèvement mycologique et d’un prélèvement bactériologique, couplée à la lampe de Wood, permet d’identifier le ou les agents en cause.

Traitement antibiotique et mesures associées

Traitement antibiotique de référence

L’érythromycine orale, 250 mg quatre fois par jour pendant 14 jours, constitue le traitement systémique de référence, dont l’efficacité est documentée depuis les années 1960 et confirmée par les revues récentes. Elle atteint des concentrations cutanées élevées et présente une excellente activité sur C. minutissimum.

En France, l’érythromycine peut être associée à une application topique de clindamycine gel à 1 %, trois fois par jour, à poursuivre 14 jours après la fin du traitement oral, pour réduire le risque de récidive et éliminer la colonisation résiduelle. Un nettoyage quotidien de la zone avec un savon antiseptique (Septivon, Cyteal) suivi d’un séchage minutieux est indispensable pendant toute la durée du traitement.

Traitement Posologie / modalités Commentaire
Érythromycine orale (référence) 250 mg × 4/jour, 14 jours Traitement systémique de référence ; bonne tolérance digestive en prenant avec les repas
Clindamycine orale (alternative) 1 gramme en dose unique Alternative pratique ; bonne compliance ; résistances décrites
Tétracycline orale 250 mg × 4/jour, 5 à 14 jours Alternative efficace ; contre-indiquée chez l’enfant <8 ans et la femme enceinte
Clindamycine topique (gel 1 %) 3 fois/jour ; à poursuivre 14 jours après la fin du traitement oral Complément du traitement oral ; réduit le risque de récidive
Acide fusidique topique 2 à 3 fois/jour, 14 jours Alternative topique efficace ; risque de résistance si utilisé seul répétitivement
Mupirocine topique 2 % 2 fois/jour, 4 à 6 semaines Efficacité documentée dans des cas publiés (Forouzan & Cohen, 2020)
Savon antiseptique (Septivon, Cyteal) Nettoyage quotidien de la zone, séchage minutieux Indispensable pendant toute la durée du traitement et en prévention des récidives
Résistances à l’érythromycine : une réalité croissante
Des souches de C. minutissimum résistantes à l’érythromycine (via les gènes ermX et mefA) sont de plus en plus rapportées dans la littérature. En cas d’échec clinique après un traitement bien conduit par érythromycine, un antibiogramme sur culture bactériologique est indiqué. Les tétracyclines, la clindamycine, les céphalosporines de première génération et les fluoroquinolones restent généralement actifs sur les souches résistantes à l’érythromycine.

Mesures hygiéno-diététiques associées

Le traitement antibiotique, aussi efficace soit-il, sera suivi de récidives si les conditions favorisantes ne sont pas corrigées :

  • Porter des vêtements larges, en coton, laissant respirer la peau des zones à risque ;
  • Sécher soigneusement les plis après chaque douche, à l’air libre ou avec un sèche-cheveux à faible température ;
  • Traiter le diabète si présent – l’équilibre glycémique est un facteur majeur de contrôle de la récidive ;
  • Lutter contre le surpoids – la réduction des plis cutanés est un facteur préventif important ;
  • Éviter les antiseptiques agressifs en usage prolongé qui peuvent déséquilibrer le microbiote cutané et favoriser la prolifération de germes résistants ;
  • Utiliser des poudres de talc ou des produits astringents dans les plis pour réduire l’humidité résiduelle.

Prévention des récidives

L’érythrasma est une maladie à forte tendance récidivante, particulièrement chez les sujets diabétiques, obèses ou présentant une hyperhidrose. La prévention repose sur la correction durable des facteurs de risque et sur des mesures d’hygiène rigoureuses maintenues à long terme.

En cas de récidives fréquentes malgré les mesures hygiéno-diététiques, une prophylaxie par application hebdomadaire d’un savon antiseptique sur les zones à risque peut être envisagée. Chez les patients diabétiques, l’optimisation du contrôle glycémique est le levier préventif le plus efficace à long terme.

⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements depuis plus de 4 semaines

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Questions fréquentes sur l’érythrasma

L’érythrasma est-il contagieux ?

La contagiosité de l’érythrasma est faible. Corynebacterium minutissimum fait partie de la flore cutanée normale et ne se transmet pas facilement d’une personne à l’autre dans des conditions d’hygiène standard. En revanche, chez les sportifs ou en milieu de collectivité avec partage de vestiaires et douches, une transmission par contact cutané direct est possible. Les facteurs favorisants personnels (diabète, obésité, hyperhidrose) jouent un rôle bien plus déterminant que la contagion.

Comment expliquer que mon médecin m’ait prescrit des antifongiques sans succès ?

C’est l’erreur diagnostique la plus fréquente avec l’érythrasma. L’aspect des lésions – plaques brunes dans les plis – est très proche d’une mycose cutanée (tinea cruris) ou d’un pityriasis versicolor. Sans lampe de Wood, le diagnostic clinique seul est difficile. L’échec d’un traitement antifongique bien conduit doit systématiquement faire évoquer un érythrasma et conduire à une consultation dermatologique.

La lampe de Wood est-elle toujours disponible chez le dermatologue ?

Oui, la lampe de Wood est un équipement standard du cabinet de dermatologie. L’examen est indolore, dure quelques secondes, et ne nécessite aucune préparation particulière – si ce n’est de ne pas s’être lavé la zone suspecte dans les 24 à 48 heures précédant la consultation pour maximiser la fluorescence. C’est l’un des rares examens qui permet un diagnostic « en temps réel » sans attendre de résultats de laboratoire.

L’érythrasma peut-il revenir après un traitement bien conduit ?

Oui, les récidives sont fréquentes si les facteurs favorisants persistent. Un diabète mal équilibré, une obésité avec plis cutanés profonds, ou une hyperhidrose non traitée favorisent la réinstallation de la bactérie après le traitement. C’est pourquoi le traitement antibiotique doit toujours être accompagné de mesures hygiéno-diététiques durables, et les maladies sous-jacentes traitées.

Peut-on avoir une érythrasma et une mycose en même temps au même endroit ?

Oui, c’est possible et décrit dans la littérature. Corynebacterium minutissimum peut coexister avec des dermatophytes ou avec Candida albicans dans les mêmes zones de plis. Cette coinfection rend le diagnostic et le traitement plus complexes. Un prélèvement mycologique et bactériologique simultané, couplé à la lampe de Wood, permet d’identifier chaque agent et d’adapter le traitement en conséquence.

Voir aussi :
– Champignons de la peau : mycoses et candidoses
– Microbiote cutané
– Abcès cutané

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Références scientifiques

  • Forouzan P, Cohen PR. Erythrasma revisited: diagnosis, differential diagnoses, and comprehensive review of treatment. Cureus. 2020;12(9):e10733. doi:10.7759/cureus.10733. PubMed 33145138
  • Pan S, Ryan MP, Rapini RP. Erythrasma. JAMA Dermatol. 2024;160(3):352-353. doi:10.1001/jamadermatol.2023.4897. PubMed 38231505
  • Holdiness MR. Management of cutaneous erythrasma. Drugs. 2002;62(8):1131-1141. doi:10.2165/00003495-200262080-00002. PubMed 12010076
  • Masood M, Usatine RP, Heath CR. Erythrasma. Cutis. 2022;110(6):338-339. doi:10.12788/cutis.0656. PubMed 36735984
  • Radhakrishnan S, Logamoorthy R, Karthikeyan K, Mohan R, Mary JJF. Erythrasma: a systematic review of interventions. Clin Exp Dermatol. 2025;50(11):2139-2146. doi:10.1093/ced/llaf297. PubMed 40635638
  • Janeczek M, Kozel Z, Bhasin R, et al. High prevalence of erythrasma in patients with inverse psoriasis: a cross-sectional study. J Clin Aesthet Dermatol. 2020;13(3):12-14. PubMed 32308762
  • Zisova L, Valchev V, Kasabov G. Erythrasma in athletes and football players. Wien Med Wochenschr. 2021;171(1-2):24-28. doi:10.1007/s10354-020-00753-2. PubMed 32350711
  • Ankad BS, Dhananjaya S. Erythrasma mimicking tinea versicolor: the diagnostic utility of ultraviolet-induced fluorescence dermoscopy and successful combination therapy. Cureus. 2025;17(11):e96970. doi:10.7759/cureus.96970. PMC 12707171
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – has-sante.fr – Dermatoses rares, fiches PNDS

Mis à jour le 24 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau


Zona : comment se transmet-il et quelles précautions prendre ?

Contagion et transmission du zona

En bref : Le zona n’est pas contagieux en tant que tel : on ne « attrape » pas un zona au contact d’un malade. En revanche, une personne n’ayant jamais eu la varicelle peut développer une varicelle au contact des vésicules d’un zona. La contagiosité dure environ 2 jours, tant que les lésions ne sont pas croûtées.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Zona et VZV : mécanisme de la récurrence

Le zona n’est pas à proprement parler une maladie contagieuse. Il s’agit de la manifestation clinique de la récurrence du virus de la varicelle, le Virus Varicelle-Zona (VZV), qui appartient à la famille des herpèsvirus.

Après une primo-infection par la varicelle (en général dans l’enfance), le VZV ne disparaît pas de l’organisme : il se réfugie dans les ganglions nerveux sensitifs (ganglions rachidiens ou crâniens) où il reste en état de latence pendant des années, voire des décennies. Lorsque les défenses immunitaires s’affaiblissent – avec l’âge, un stress, une maladie ou un traitement immunosuppresseur – le virus peut se réactiver et migrer le long d’un nerf sensitif jusqu’à la peau, provoquant le zona.

Environ 90 % des adultes dans le monde ont fait la varicelle et portent donc le VZV en latence. Parmi eux, environ 20 % développeront un zona au cours de leur vie.

💡 À retenir
On ne « contracte » pas le zona : on le développe à partir du virus que l’on porte déjà en soi depuis la varicelle. C’est pourquoi le zona ne se transmet pas d’une personne ayant un zona à une autre personne déjà immunisée contre la varicelle.


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Peut-on attraper le zona par contagion ?

On n’attrape pas le zona au contact d’une personne qui a un zona. Cependant, il existe une situation particulière : une personne n’ayant jamais fait la varicelle peut, en contact avec les lésions vésiculeuses d’un patient ayant un zona, être contaminée par le VZV et développer… une varicelle (primo-infection), et non un zona.

De même, une nouvelle exposition exogène au VZV – en côtoyant une personne faisant la varicelle ou le zona – peut théoriquement contribuer à une réactivation chez une personne déjà porteuse du virus en latence, bien que ce mécanisme soit considéré comme marginal.

📋 Schéma de transmission simplifié
Contact avec zona ou varicelle → si jamais vacciné ni immunisé → risque de varicelle (pas de zona direct)
Contact avec zona ou varicelle → si déjà immunisé → aucun risque de zona par contagion

Le zona est-il contagieux pour l’entourage ?

Oui, dans une mesure limitée. Un patient présentant un zona peut transmettre le VZV à une personne non immunisée contre la varicelle (environ 10 % des adultes n’ont pas d’immunité contre la varicelle). Cette transmission provoque alors une varicelle chez le contact, et non un zona.

La contagiosité du zona est nettement inférieure à celle de la varicelle :

Caractéristique Varicelle Zona
Mode de transmission Aérienne + contact direct Contact direct avec lésions vésiculeuses uniquement
Période de contagiosité 2 jours avant l’éruption jusqu’à croûtes complètes Environ 2 jours (phase vésiculeuse active)
Ce que le contact risque Varicelle (si non immunisé) Varicelle (si non immunisé) – jamais de zona direct
Contagiosité relative Très élevée Faible (lésions localisées, pas de transmission aérienne)

La contagiosité cesse dès que toutes les vésicules sont croûtées. Un zona couvert par un pansement occlusif est peu contagieux.

Précautions pratiques

Si vous n’avez pas eu la varicelle (ou si vous n’êtes pas certain de votre statut immunitaire) et que vous êtes en contact avec une personne ayant un zona :

  • Lavez-vous soigneusement les mains après tout contact avec la personne malade ou son environnement
  • Évitez le contact direct avec les lésions vésiculeuses (ne pas toucher les plaques de zona)
  • Consultez votre médecin si vous pensez ne pas être immunisé : une sérologie VZV peut confirmer votre statut
  • En cas de doute après exposition, une prophylaxie post-exposition (immunoglobulines spécifiques ou antiviraux) peut être envisagée chez les sujets immunodéprimés ou les femmes enceintes non immunisées
⚠ Personnes à risque particulier
Les nourrissons de moins de 1 mois, les personnes immunodéprimées et les femmes enceintes non immunisées sont les populations les plus vulnérables en cas d’exposition au VZV. Une consultation médicale urgente s’impose dans ces situations.

Zona et grossesse

Si vous êtes enceinte et non immunisée contre la varicelle, évitez tout contact avec une personne présentant un zona ou une varicelle. La varicelle contractée pendant la grossesse peut entraîner des complications sévères : pneumonie varicelleuse maternelle, varicelle congénitale (avant 20 semaines d’aménorrhée) ou varicelle néonatale (en fin de grossesse). Ces situations nécessitent une prise en charge spécialisée en urgence : contactez rapidement votre médecin ou votre maternité en cas d’exposition.

Si vous avez déjà eu la varicelle, vous êtes immunisée : le contact avec un patient ayant un zona ne présente aucun risque pour votre grossesse.

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Vaccination : prévenir le zona

Le vaccin Shingrix® (vaccin recombinant sous-unitaire adjuvanté) est recommandé en France depuis 2023 pour les personnes de 65 ans et plus, et dès 50 ans pour les patients immunodéprimés. Administré en deux doses, il réduit le risque de zona d’environ 90 % et diminue significativement le risque de névralgie post-zostérienne, la complication la plus invalidante du zona.

La vaccination contre la varicelle (Varivax®, Varilrix®) est quant à elle recommandée chez les adultes séronégatifs non immunisés, notamment avant une grossesse ou une immunosuppression programmée.

Questions fréquentes (FAQ)

Mon enfant peut-il attraper la varicelle en côtoyant une personne qui a le zona ?

Oui, si votre enfant n’a pas encore eu la varicelle et n’est pas vacciné. Le contact direct avec les lésions vésiculeuses d’un zona peut transmettre le VZV et provoquer une varicelle. Évitez ce contact et consultez un médecin si une exposition a eu lieu.

Combien de temps le zona est-il contagieux ?

La période de contagiosité est courte, d’environ 2 jours, correspondant à la phase de vésicules actives. Dès que toutes les lésions sont croûtées, le risque de transmission disparaît.

Peut-on faire deux fois le zona ?

Oui, bien que moins fréquent qu’un premier épisode. Les récidives touchent surtout les personnes immunodéprimées. La vaccination par Shingrix® réduit également le risque de récidive chez les personnes ayant déjà eu un zona.

Si j’ai eu la varicelle, puis-je attraper le zona de quelqu’un d’autre ?

Non, pas par contagion directe. Si vous portez déjà le VZV en latence, le contact avec un zona ne vous fera pas développer un nouveau zona. Votre propre zona, si vous en faites un, sera une réactivation du virus que vous portez en vous depuis votre varicelle.

Le zona se transmet-il par la salive ou l’air ?

Non. Contrairement à la varicelle, le zona ne se transmet pas par voie aérienne. La transmission nécessite un contact direct avec le liquide des vésicules. Un zona bien couvert (pansement occlusif) est pratiquement non contagieux.

Que faire si je suis immunodéprimé et exposé au zona ?

Consultez votre médecin en urgence. Une prophylaxie post-exposition par immunoglobulines anti-VZV ou par antiviraux (aciclovir, valaciclovir) peut être envisagée pour prévenir une infection grave.

»»» Suite : le traitement du zona


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Voir aussi : Le zona est une maladie de la réactivation, pas de la contagion. La meilleure protection reste la vaccination : Shingrix® dès 65 ans (ou 50 ans en cas d’immunodépression) réduit d’environ 90 % le risque de zona et de ses complications douloureuses (névralgie post-zostérienne). N’attendez pas un premier épisode pour vous renseigner auprès de votre médecin.

Références scientifiques

  • Gnann JW Jr, Whitley RJ. Herpes zoster. N Engl J Med. 2002;347(5):340-346. PMID 12151472
  • Oxman MN, Levin MJ, Johnson GR, et al. A vaccine to prevent herpes zoster and postherpetic neuralgia in older adults. N Engl J Med. 2005;352(22):2271-2284. PMID 15930418
  • Lal H, Cunningham AL, Godeaux O, et al. Efficacy of an adjuvanted herpes zoster subunit vaccine in older adults. N Engl J Med. 2015;372(22):2087-2096. PMID 25916341
  • Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP). Recommandations vaccinales contre le zona – mise à jour 2023. hcsp.fr
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Recommandations en dermatologie

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Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.



Stromectol® gale : posologie et mode d’emploi

Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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En bref : Stromectol® (ivermectine) traite la gale en prise orale unique de 200 µg/kg, avec une seconde dose 8 à 14 jours après recommandée : le taux de guérison passe de 62 % après une dose à 93 % après deux doses.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue

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Stromectol® est un antiparasitaire oral à base d’ivermectine (3 mg par comprimé), remboursé à 65 % sur prescription médicale. Il est utilisé dans le traitement de la gale, y compris les formes profuses et les situations épidémiques.

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Posologie de Stromectol® selon le poids

Stromectol® est pris à la dose de 200 µg/kg de poids corporel en prise unique orale, à jeun (au moins 2 heures avant ou après un repas). La dose varie selon le poids :

Poids Nombre de comprimés
15 – 24 kg 1 comprimé
25 – 35 kg 2 comprimés
36 – 50 kg 3 comprimés
51 – 65 kg 4 comprimés
66 – 79 kg 5 comprimés

Une seconde dose est nécessaire 8 à 14 jours après la première pour couvrir les œufs non détruits par la première prise. En cas de gale profuse ou croûteuse, une association avec un traitement local (Ascabiol®, Topiscab®) peut être prescrite.

Contre-indications

⚠️ Stromectol® est contre-indiqué chez :
les enfants de moins de 15 kg, les femmes enceintes et allaitantes, et les personnes allergiques à l’ivermectine ou à l’un des excipients.

Questions fréquentes sur Stromectol®

Stromectol® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Oui, Stromectol® (ivermectine 3 mg) est remboursé à 65 % par l’Assurance maladie en France sur prescription médicale pour le traitement de la gale.

Peut-on prendre Stromectol® pendant la grossesse ?

Non, Stromectol® est contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement. En cas de gale chez une femme enceinte, le médecin privilégie un traitement local comme l’Ascabiol® (benzoate de benzyle).

Faut-il traiter tout l’entourage en même temps que Stromectol® ?

Oui, tout le foyer et les contacts proches doivent être traités simultanément, même en l’absence de symptômes. Le linge et la literie doivent être lavés à 60°C ou isolés en sac pendant 72 heures.

Quels sont les effets secondaires de Stromectol® ?

Les effets indésirables les plus fréquents sont : nausées, vomissements, diarrhées, vertiges et réactions cutanées légères. Ces effets sont généralement transitoires. En cas de symptômes neurologiques, consultez rapidement un médecin.

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À lire aussi sur la gale

Références scientifiques

Rosumeck S, Nast A, Dressler C. Ivermectin and permethrin for treating scabies. Cochrane Database Syst Rev. 2018. PMID 29608022.
Ranjkesh MR, Naghili B, Goldust M, Rezaee E. The efficacy of permethrin 5% vs. oral ivermectin for the treatment of scabies. Ann Parasitol. 2013. PMID 24791346.
Abu-Zaid A, AlBdah HA, AlKandari L, et al. Efficacy and safety of oral ivermectin versus benzyl benzoate for the treatment of scabies: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Front Med (Lausanne). 2025. PMID 41282002.
HAS. Avis sur STROMECTOL (ivermectine). has-sante.fr.


Traitement de la gale : protocole complet en 4 étapes

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Traitement de la gale : le protocole complet en 4 étapes pour guérir sans rechute

La gale ne guérit jamais spontanément. Derrière cette réalité simple se cache pourtant l’une des pathologies infectieuses les plus mal traitées en médecine de ville : des milliers de patients recommencent un traitement incomplet, oublient de traiter leur entourage, ou négligent la désinfection des textiles – et rechutent dans les semaines suivantes. En vingt-cinq ans de consultations dermatologiques, j’ai rarement vu d’échec lié au médicament lui-même. L’échec vient presque toujours du protocole : incomplet, partiel, ou mal compris.

Ce guide détaille les 4 piliers indissociables du traitement de la gale : consultation médicale confirmant le diagnostic, traitement simultané de tout l’entourage, désinfection rigoureuse des textiles et de l’environnement, et traitement antiparasitaire à renouveler obligatoirement entre J8 et J14. Chaque pilier est aussi indispensable que les autres.

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Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le traitement de la gale repose sur la perméthrine crème 5 % (application unique, renouvelée à J8) ou l’ivermectine orale (200 µg/kg, 2 prises à J1 et J8). Le traitement simultané de tout l’entourage est indispensable pour éviter les recontaminations.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Cet article en vidéo


Vidéo traitement de la gale


Vidéo protocole complet traitement gale

Sommaire :
1. Consulter un médecin |
2. Traiter l’entourage |
3. Désinfecter les textiles |
4. Traitements antiparasitaires |
Comparatif des traitements |
Efficacité et taux d’échec |
Critères de guérison |
Gale persistante |
À lire aussi |
Questions fréquentes

Étape 1 – Consulter un médecin : ne jamais improviser

N’improvisez pas de traitement par vous-même. Le diagnostic de gale doit être confirmé par un médecin ou un dermatologue. Plusieurs affections donnent des démangeaisons nocturnes qui ressemblent à la gale – urticaire, eczéma, lichen plan, piqûres d’insectes – et un traitement acaricide appliqué à tort est inutile, irritant, et retarde le bon diagnostic.

La consultation permet également de :

  • Confirmer le diagnostic cliniquement (présence de sillons et boutons caractéristiques) ou par dermoscopie
  • Évaluer la forme de gale (commune, profuse, croûteuse) qui conditionne le protocole
  • Prescrire un bilan sérologique d’IST (syphilis, VIH, hépatites B et C) si une transmission sexuelle est possible
  • Rédiger les ordonnances pour l’ensemble du foyer – et pas seulement pour le patient symptomatique

Pour comprendre comment la gale se manifeste et comment le diagnostic est posé, consultez notre article détaillé sur le diagnostic de la gale.

Étape 2 – Traiter l’entourage simultanément : la règle d’or

C’est l’étape la plus souvent négligée et la première cause d’échec. Traiter un seul membre du foyer est un travail à moitié fait : si l’entourage n’est pas traité en même temps, la recontamination est quasi inévitable dans les jours suivants.

Le médecin définit les personnes à inclure dans le traitement :

  • Le ou les partenaires sexuels des deux derniers mois (la période d’incubation peut atteindre 6 semaines)
  • Tous les membres de la famille vivant sous le même toit, qu’ils aient des démangeaisons ou non
  • Toute personne présentant des démangeaisons dans l’entourage proche (amis, famille élargie ayant eu des contacts cutanés prolongés)
  • En cas de gale en collectivité (crèche, maison de retraite, internat) : les professionnels en contact rapproché avec le patient
⚠️ Toutes les personnes concernées doivent être traitées le même jour, au même moment. C’est la condition sine qua non pour rompre le cycle de recontamination. Une personne traitée deux jours après une autre peut réinfecter celle qui avait déjà appliqué son traitement.

Les personnes identifiées comme contacts devront être traitées même en l’absence de symptômes : la période d’incubation silencieuse dure de 3 à 6 semaines lors d’une primo-infestation.

Étape 3 – Désinfecter les textiles et l’environnement

sarcopte gale microscope photo

Sarcoptes scabiei vu au microscope – l’acarien peut survivre jusqu’à une semaine hors de son hôte dans les textiles

Le sarcopte peut survivre jusqu’à 5 à 7 jours dans les textiles à température ambiante. Cette survie est suffisante pour contaminer une personne qui enfilerait un vêtement ou se glisserait dans des draps infestés quelques jours après le patient. La désinfection de l’environnement est donc un pilier thérapeutique à part entière, non une mesure accessoire.

Sont à traiter tous les textiles en contact avec la peau du malade au cours de la semaine précédente :

  • Vêtements, draps, serviettes, taies d’oreiller → lavage en machine à 60 °C minimum
  • Textiles ne supportant pas le 60 °C (laine, cachemire, tissus fragiles) → poudre ou spray acaricide dans un sac plastique hermétiquement fermé pendant 48 à 72 heures
  • Matelas, canapés, fauteuils, sièges auto non déhoussables → aspersion d’un produit acaricide spécifique (A-PAR®, Sprégal® aérosol d’environnement), laisser agir au moins 24 heures, puis aspirer soigneusement
  • Objets en contact avec le corps (brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, coussins de siège auto) → traitement acaricide ou mise en quarantaine en sac fermé 72 h
  • Tapis et coussins → aspiration vigoureuse, puis évacuation du sac aspirateur immédiatement
💡 Conseil pratique : dans l’idéal, changez de vêtements, de draps et de serviettes chaque jour et lavez-les à 60 °C pendant les 14 premiers jours suivant le début du traitement. C’est contraignant, mais c’est le meilleur filet de sécurité contre toute recontamination environnementale résiduelle.

La désinfection de l’environnement est à renouveler à J9 (en parallèle de la deuxième application du traitement antiparasitaire), pour traiter les œufs éventuellement déposés entre les deux applications.

Étape 4 – Traitements antiparasitaires : le protocole en détail

🔴 Règle absolue : quel que soit le traitement choisi, il doit être renouvelé une deuxième fois entre J8 et J14. Aucun traitement antiparasitaire actuellement disponible ne détruit les œufs de sarcopte. La première application élimine les adultes et les larves présents au moment du traitement. La deuxième application, une semaine plus tard, élimine les nouveaux sarcoptes éclos depuis lors. Sans ce renouvellement, la guérison est rarement obtenue.

Les traitements locaux s’appliquent sur peau propre et sèche, de la tête aux pieds (cuir chevelu inclus chez l’adulte et les personnes âgées), en insistant particulièrement sur les espaces interdigitaux des mains et des pieds, les plis inguinaux, le nombril, les organes génitaux, les pieds et sous les ongles. Le temps de contact minimal est de 8 à 12 heures. Après application, porter des vêtements propres.

4.1 Traitements locaux (topiques)

Perméthrine 5 % – Topiscab® crème

La perméthrine 5 % est le traitement topique de référence internationale, plébiscitée par les guidelines européens (JEADV 2017) et la Cochrane. Elle agit en perturbant les canaux sodiques de l’acarien, entraînant sa paralysie et sa mort.

Indications préférentielles : nourrisson de plus de 2 mois et de moins de 15 kg, femme enceinte ou allaitante (ne pas allaiter pendant les 8 heures d’application). Surveillance étroite recommandée chez les enfants entre 2 mois et 2 ans.

⚠️ En cas d’allergie aux chrysanthèmes, cosmos, dahlias, tournesols ou autres astéracées, la perméthrine est déconseillée – demandez l’avis de votre médecin avant utilisation.

Mode d’application :

  • Appliquer en fine couche uniforme sur l’ensemble du corps : cou, nuque, paumes, plantes, espaces interdigitaux, aisselles, organes génitaux, fesses
  • Visage, oreilles et cuir chevelu non traités en règle générale – sauf si boutons de gale présents à ces endroits, ou chez les patients de plus de 65 ans (éviter contact avec muqueuses et yeux)
  • Ne pas appliquer autour de la bouche chez le nourrisson et le jeune enfant (risque d’ingestion par léchage)
  • Laisser agir au moins 8 heures – appliquer le soir, ne pas se laver pendant ce temps
  • Si lavage accidentel des mains ou des fesses pendant les 8 heures, réappliquer immédiatement sur ces zones

Posologie selon le poids :

Tranche d’âge / poids Quantité à appliquer
Adulte et adolescent > 12 ans 30 g (tube entier)
Enfant 6–12 ans 15 g (demi-tube)
Enfant 1–5 ans 7,5 g (environ 2 noisettes)
Nourrisson 2 mois–1 an 3,75 g (environ 1 noisette)

Benzoate de benzyle – Ascabiol® lotion

Traitement classique, utilisé depuis plusieurs décennies, utilisable dès l’âge d’1 mois de vie. Peut être irritant, notamment en cas de peau lésée – une crème cortisonée légère peut être prescrite après le traitement pour calmer la réaction. Application au pinceau ou à la compresse sur tout le corps sauf visage et muqueuses génitales.

Protocole jour par jour :

J0 – 1re application

  • Douche le soir, se sécher avec une serviette propre, mettre des vêtements propres, changer les draps
  • Appliquer Ascabiol® à la compresse (pas de coton ni de lingette qui absorberaient le produit) en 2 couches successives à 10–15 minutes d’intervalle sur tout le corps : plis cutanés, espaces interdigitaux, sous les seins, nombril, parties génitales, sous les ongles, cuir chevelu – en évitant visage et muqueuses
  • Une seule couche chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 2 mois
  • Temps de contact : 24 heures chez l’adulte – 6 à 12 heures chez l’enfant de moins de 2 ans, puis renouveler l’application le lendemain soir
  • Rincer abondamment, serviette propre, vêtements propres, draps changés

J1 – Traitement de l’environnement

  • Désinfection de la literie (matelas, sommier), moquettes et mobiliers absorbants avec un acaricide d’environnement
  • Lessive à 60 °C de tout le linge – ou acaricide en sac plastique fermé 3 heures minimum – ou quarantaine 5 jours en sac fermé à température supérieure à 20 °C
  • Traitement des objets en contact avec la peau (chaussures, peluches, brassard de tension…)
  • Aspiration énergique des tapis et coussins

J8 – 2e application selon les mêmes modalités qu’à J0

J9 – 2e traitement de l’environnement selon les mêmes modalités qu’à J1

Pyréthrine – Spregal® spray

Application en une seule pulvérisation dans une pièce bien aérée, à distance du visage. Rinçage à l’eau 12 heures après. Formellement contre-indiqué chez les asthmatiques et en cas d’antécédent de bronchiolite chez l’enfant (risque de bronchospasme). Ce traitement tend à être moins utilisé en première intention du fait de contraintes d’utilisation plus importantes.

Soufre – le traitement le plus ancien

Le soufre concentré (6 à 33 %) en crème, pommade ou lotion est le plus ancien traitement antiparasitaire connu. Il reste utilisé dans certains pays et constitue une alternative licite pendant la grossesse. Son efficacité repose sur une application 3 jours consécutifs. Principal inconvénient : son odeur forte et son potentiel irritant. Il reste pertinent en cas de contre-indication ou d’indisponibilité des autres traitements.

4.2 Traitement oral – Ivermectine (Stromectol® 3 mg)

L’ivermectine orale est un traitement antiparasitaire à spectre large, actif sur les adultes et les larves du sarcopte mais – comme tous les autres traitements – inactif sur les œufs. Elle est prescrite en deux prises espacées de 8 à 14 jours.

Indications : à partir de 15 kg, hors grossesse et allaitement. Elle est particulièrement adaptée dans les situations où l’application d’un topique sur l’ensemble du corps est difficile (personnes âgées dépendantes, patients avec troubles cognitifs, gale en collectivité).

Posologie selon le poids (200 µg/kg) :

Poids du patient Nombre de comprimés (3 mg)
15–24 kg 1 comprimé
25–35 kg 2 comprimés
36–50 kg 3 comprimés
51–65 kg 4 comprimés
66–79 kg 5 comprimés
≥ 80 kg 6 comprimés

Modalités : prise unique à jeun (2 heures avant ou 2 heures après un repas). Porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des draps propres immédiatement après la prise. Renouveler la même dose à J8–J14, avec nouveau traitement de l’environnement le lendemain.

💡 Données récentes : une méta-analyse publiée dans le British Journal of Dermatology (2023, 147 études incluses) montre que le taux d’échec global du traitement de la gale est de 15,2 %, toutes molécules confondues. Avec deux doses d’ivermectine, ce taux tombe à 7,1 % contre 15,2 % avec une dose unique – confirmant l’impérieuse nécessité du double traitement (PMID : 37625798).

Comparatif des traitements de la gale

Traitement Voie Âge / poids minimum Grossesse Particularités
Ivermectine (Stromectol®) Oral ≥ 15 kg Contre-indiqué 2 prises à J0 et J8–J14, à jeun. Pratique en collectivité
Perméthrine 5 % (Topiscab®) Local ≥ 2 mois Autorisé Référence nourrisson et femme enceinte. Taux d’échec faible (~10 %)
Benzoate de benzyle (Ascabiol®) Local ≥ 1 mois 1 couche seulement Peut être irritant. Protocole J0/J1/J8/J9
Soufre (6–33 %) Local Tous âges Autorisé 3 applications consécutives. Odeur forte. Alternative utile
Pyréthrine (Spregal®) Local spray Tous âges Possible Contre-indiqué asthmatiques et ATCD bronchiolite
Ivermectine + Perméthrine (combinaison) Oral + local ≥ 15 kg Contre-indiqué Réservé gale profuse/croûteuse ou épidémies en collectivité. Taux de guérison > 80 % à J28

Ce que la science dit sur l’efficacité des traitements

Le débat entre ivermectine orale et perméthrine topique est tranché depuis plusieurs méta-analyses. La perméthrine 5 % présente un taux de guérison légèrement supérieur à court terme (1–2 semaines), tandis que l’ivermectine rejoint ses performances à 3–6 semaines. Les deux molécules ont des taux d’échec comparables et sont bien tolérées.

Une méta-analyse du Journal of the American Academy of Dermatology (PMID : 29241784) conclut que la perméthrine orale est légèrement supérieure à l’ivermectine orale en monothérapie, mais que leur association pourrait améliorer encore les résultats, notamment dans les formes sévères.

Pour la gale profuse (croûteuse ou norvégienne), un essai contrôlé randomisé multicentrique français (23 centres, 2017–2022) a montré que l’association ivermectine (3 prises) + perméthrine 5 % + émollients permet d’obtenir des taux de guérison supérieurs à 80 % à J28 – avec une tolérance comparable entre les posologies de 200 et 400 µg/kg.

🔶 Point clinique important : le taux d’échec global toutes molécules confondues est de 15,2 % dans la littérature mondiale – ce qui signifie que même un protocole bien conduit peut nécessiter un troisième traitement. Ce n’est pas un échec thérapeutique : c’est une réalité parasitologique à intégrer dans le suivi. En cas de persistance des symptômes au-delà de 4 semaines, une reconsultation s’impose.

Comment savoir si je suis guéri de la gale ?

L’infestation est considérée comme guérie s’il n’y a plus de boutons de gale actifs ni de démangeaisons nocturnes une semaine après l’arrêt complet du traitement (c’est-à-dire après la 2e application).

💡 À ne pas confondre avec un échec : des démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace. Il s’agit d’une réaction inflammatoire résiduelle liée aux débris du sarcopte dans la peau, et non d’une persistance parasitaire. Des dermocorticoïdes peuvent être prescrits pour accélérer ce soulagement. Au-delà de 4 semaines de persistance ou en cas d’aggravation, il faut envisager une réinfestation ou une résistance et reconsulter.

Les nodules scabieux – petites boules rouges indurées dans les plis inguinaux et sur les organes génitaux – peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois après guérison complète. Ils ne signifient pas que la gale est toujours active : ce sont des réactions immunologiques résiduelles.

Gale qui ne guérit pas – que faire ?

Démangeaisons persistantes après traitement : les causes à explorer

La première cause de persistance est un traitement effectué en une seule application au lieu de deux. Si cette erreur est identifiée, il suffit de reprendre le protocole correctement. Les autres causes possibles :

  • Irritation cutanée due au traitement local – fréquente avec l’Ascabiol®, elle peut entretenir un prurit pendant 2 à 3 semaines sans lien avec une persistance parasitaire
  • Nodules scabieux résiduels – boutons indurés dans les plis et organes génitaux, pouvant persister plusieurs semaines après guérison confirmée
  • Recontamination par un proche non traité – vérifiez que tout l’entourage a bien été traité le même jour
  • Mauvaise désinfection du linge – tout a-t-il été lavé à 60 °C ou traité en sac plastique avec acaricide pendant 48 h ?
  • Application incomplète – le traitement local doit couvrir la totalité du corps, y compris les zones difficiles d’accès (dos, pieds, espace sous les ongles)

En cas de doute, reconsultez votre médecin ou dermatologue pour réévaluer le diagnostic et l’observance du protocole, et décider si un nouveau cycle de traitement est nécessaire.

Gale profuse et gale en collectivité

La gale profuse (croûteuse ou norvégienne) et les épidémies en collectivité (maisons de retraite, crèches, casernes, prisons…) nécessitent une prise en charge spécifique. L’association ivermectine orale + traitement local (perméthrine ou benzoate de benzyle) est recommandée, avec souvent 3 cycles de traitement rapprochés. Un protocole de traitement collectif simultané de tous les résidents et soignants est requis. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur la gale profuse.

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⚠ Consultez rapidement si :

  • persistance des démangeaisons plus de 4 semaines après traitement correct
  • réapparition des symptômes chez un membre du foyer non traité
  • signes de surinfection bactérienne : rougeur, chaleur, pus
  • suspicion de gale résistante ou de forme norvégienne

Questions fréquentes sur le traitement de la gale

Pourquoi faut-il absolument renouveler le traitement une deuxième fois ?

Aucun traitement antiparasitaire actuellement disponible ne détruit les œufs de sarcopte. La première application élimine les adultes et les larves présents le jour J. Une semaine plus tard, les œufs déposés avant le traitement ont éclos et de nouveaux sarcoptes sont apparus : la deuxième application, à J8–J14, les élimine avant qu’ils n’aient eu le temps de pondre de nouveaux œufs. Sans ce renouvellement, la gale récidive quasi systématiquement dans les 10 à 15 jours suivants.

Peut-on utiliser le Stromectol® pendant la grossesse ?

Non. L’ivermectine est contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement, et chez l’enfant pesant moins de 15 kg. Le traitement de référence dans ces situations est la perméthrine 5 % (Topiscab®) – autorisée dès 2 mois de vie – ou le soufre en crème pour les très jeunes nourrissons. Le benzoate de benzyle (Ascabiol®) est utilisable chez la femme enceinte en une seule couche.

Faut-il traiter les animaux de compagnie en même temps que la famille ?

Non. La gale humaine est due à Sarcoptes scabiei var. hominis, une variété strictement adaptée à l’homme. Les animaux domestiques ne sont pas vecteurs de la gale humaine et n’ont pas besoin d’être traités dans ce contexte. En revanche, certains animaux peuvent héberger d’autres variétés de sarcoptes responsables de démangeaisons passagères chez l’homme – mais ces manifestations disparaissent spontanément.

Combien de temps reste-t-on contagieux avec la gale ?

On est contagieux dès l’infestation, bien avant l’apparition des premiers symptômes (la période d’incubation peut durer 3 à 6 semaines lors d’une primo-infection). La contagiosité persiste jusqu’à la fin du protocole complet (incluant la 2e application). Après la première application et le changement des vêtements, le retour au travail ou à l’école est généralement possible dès le lendemain pour la plupart des patients. En collectivité (crèche, établissement médicalisé), des mesures spécifiques s’appliquent – à discuter avec le médecin et le médecin du travail.

Les démangeaisons qui persistent 3 semaines après le traitement sont-elles normales ?

Oui, tout à fait. Une réaction inflammatoire cutanée aux débris du sarcopte peut maintenir des démangeaisons jusqu’à 4 semaines après un traitement parfaitement efficace. Des dermocorticoïdes peuvent être prescrits pour accélérer le soulagement. Au-delà de 4 semaines, ou en cas d’aggravation des lésions, une réinfestation doit être envisagée – consultez votre médecin. À ne pas confondre avec les nodules scabieux résiduels, qui peuvent persister plusieurs mois sans signifier une gale active.

Peut-on combiner ivermectine orale et traitement local ?

Oui, dans certaines indications précises. La combinaison ivermectine orale + perméthrine 5 % (ou benzoate de benzyle) est recommandée pour les gales profuses, les gales croûteuses (norvégiennes) et les épidémies en collectivité. Un essai randomisé multicentrique français (2017–2022) a montré des taux de guérison dépassant 80 % à J28 avec cette combinaison renforcée. Cette association n’est pas indiquée en première ligne pour une gale commune : elle est décidée par le médecin en fonction du tableau clinique.

Sur le même sujet

Reconnaître la gale
Comment diagnostiquer la gale ? Quels sont les signes caractéristiques, les sillons, les boutons typiques ? La dermoscopie change-t-elle le diagnostic ?→ Diagnostic de la gale
→ Boutons et sillons de gale
Formes sévères et cas particuliers
La gale croûteuse, la gale profuse, la gale en collectivité : ces formes nécessitent des protocoles renforcés avec une prise en charge spécialisée.→ Gale profuse et croûteuse
→ Démangeaisons persistantes

Références scientifiques

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Érysipèle (erisipele) : symptômes, traitement antibiotique

Mis à jour le 10 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’érysipèle – aussi écrit à tort érisipèle, érésipèle ou erisipele – est une infection bactérienne du derme due au streptocoque, qui touche environ 1 personne sur 1 000 par an en France. Il se présente comme une plaque rouge, chaude et fébrile, typiquement sur la jambe. Diagnostiqué tôt, il guérit en 7 à 10 jours d’amoxicilline orale. Sans prise en charge rapide, il peut évoluer vers une fasciite nécrosante, urgence chirurgicale. Le traitement de la porte d’entrée (mycose interdigitale, plaie) est la clé pour éviter les récidives, qui surviennent chez 20 à 30 % des patients.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue

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Érysipèle de la jambe - plaque rouge chaude et douloureuse

Sommaire :
Symptômes |
Orthographe et synonymes |
Facteurs de risque |
Complications |
Traitement et antibiotiques |
Prévention des récidives |
Signes d’alarme |
Questions fréquentes |
Références

Symptômes de l’érysipèle

L’érysipèle – appelé médicalement dermo-hypodermite bactérienne non nécrosante (DHBNN) – est une infection profonde de la peau due le plus souvent au streptocoque β-hémolytique du groupe A. Elle se manifeste par une plaque rouge, chaude, douloureuse et fébrile, le plus souvent sur une jambe, succédant à une porte d’entrée cutanée (piqûre, plaie, mycose entre les orteils). Elle survient principalement chez l’adulte mais peut aussi toucher l’enfant, notamment en cas de varicelle surinfectée.

La forme aiguë typique débute brutalement – souvent en quelques heures – par une plaque rouge vif, chaude, douloureuse, aux limites nettes et bien circonscrites. Ce placard inflammatoire s’accompagne d’une fièvre souvent élevée (38,5–40 °C) et de frissons. La surface de la plaque peut être lisse ou présenter des décollements bulleux (phlyctènes). Le médecin délimite au feutre ou photographie les contours du placard pour surveiller l’évolution. Un ganglion inguinal douloureux (adénopathie) est fréquent.

La forme subaiguë est la plus fréquente au niveau des jambes, notamment en cas d’insuffisance veineuse ou d’ulcère surinfecté. Les manifestations sont moins brutales, la fièvre plus modérée, mais la gravité potentielle est identique.

Dans les deux formes, le médecin recherche systématiquement une porte d’entrée cutanée locorégionale : pied d’athlète (mycose interdigitale), plaie, piqûre, ulcère, fissure. Sa correction est indispensable pour éviter les récidives.

Caractéristique Érysipèle (DHBNN) Fasciite nécrosante
Bords Nets, bien délimités Flous, diffus
Fièvre 38,5–40 °C Élevée, sepsis
Douleur Intense, localisée Puis hypoesthésie locale
Crépitation Absente Possible (gaz sous-cutané)
Nécrose Absente Présente, s’étend
Prise en charge Antibiotiques ± hospit. Chirurgie urgente + réa

Orthographe et synonymes : érysipèle, érisipèle, erisipele, érésipèle…

La question revient souvent en consultation : comment écrit-on ce mot difficile ? La forme correcte en français est érysipèle. Les variantes érisipèle, érésipèle, erisipele, eresipele, eresypele ou encore erisipela sont des erreurs orthographiques très répandues, probablement dues à la prononciation orale du mot. En latin médical (et dans certaines langues comme l’espagnol ou le portugais), on trouve la forme erysipelas.

💡 À retenir : Quelle que soit l’orthographe utilisée dans votre moteur de recherche – érysipèle, érisipèle, erisipele, érésipèle – toutes ces formes désignent la même infection cutanée streptococcique du derme. Si vous avez une plaque rouge chaude et fébrile sur la jambe, ne perdez pas de temps à chercher la bonne orthographe : consultez rapidement.

Facteurs de risque de l’érysipèle

Certains terrains favorisent la survenue et la récidive de l’érysipèle. Les principaux sont : le diabète, l’obésité (IMC > 30), l’immunodépression (cancer, VIH, corticothérapie au long cours), la malnutrition, l’insuffisance veineuse chronique, le lymphœdème et l’oedeme de jambes, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), un âge supérieur à 60 ans, la toxicomanie intraveineuse et la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Chez l’enfant, la varicelle représente le facteur favorisant le plus fréquent, raison de plus pour surveiller attentivement les surinfections cutanées après une varicelle.

🦶 Conseil du Dr Rousseau : La mycose interdigitale (pied d’athlète) est responsable de la majorité des érysipèles de jambe. Souvent asymptomatique, cette petite fissure entre les orteils constitue une porte d’entrée idéale pour le streptocoque. Son traitement systématique par antifongique local est indispensable, tant en curatif qu’en préventif des récidives. Examinez vos pieds régulièrement.
Facteur de risque Mécanisme Action préventive
Mycose interdigitale Porte d’entrée cutanée Antifongique local curatif et préventif
Lymphœdème / insuffisance veineuse Stase favorisant l’infection Contention veineuse adaptée
Obésité (IMC > 30) Défense immunitaire locale réduite Perte de poids progressive
Diabète Immunodépression + neuropathie Équilibre glycémique, soins des pieds
Ulcère de jambe Solution de continuité chronique Prise en charge dermatologique spécialisée
AINS au long cours Masque les signes, favorise fasciite Éviction, paracétamol préféré

Complications de l’érysipèle

L’érysipèle peut évoluer vers des formes graves nécessitant une hospitalisation en urgence. Les signes d’alarme locaux sont : une extension rapide en quelques heures, des lividités ou taches bleutées (cyaniques), une crépitation sous-cutanée (air dans les tissus), une hypoesthésie ou anesthésie locale (nerf atteint), une induration dépassant l’érythème, des nécroses ou de larges phlyctènes hémorragiques. Les signes généraux de gravité sont une altération de l’état général, un syndrome de réponse inflammatoire systémique (SIRS) ou un choc toxinique.

La complication la plus redoutée est la fasciite nécrosante – infection nécrosante profonde dépassant le derme et le tissu sous-cutané, pouvant menacer le pronostic vital. Elle nécessite un parage chirurgical en urgence et une prise en charge en réanimation. Le retard diagnostique est le principal facteur de mortalité.

En dehors de ces formes graves, les principales complications sont : la récidive (20 à 30 % des cas), l’abcédation localisée, la décompensation des comorbidités (déséquilibre glycémique, décompensation cardiaque) et, très rarement, une bactériémie ou un sepsis.

⚠️ Attention : Une aggravation dans les 48–72 heures malgré une antibiothérapie adaptée doit conduire à une réévaluation urgente en milieu hospitalier. L’hospitalisation secondaire ne doit pas être retardée.
Consultez en urgence si :

  • Fièvre élevée (> 39 °C) avec frissons et placard rouge qui s’agrandit rapidement
  • Cloques, zones violacées ou noirâtres sur la peau (nécrose possible)
  • Douleur très intense, membres froids ou état général qui se dégrade
  • Érysipèle du visage (risque de thrombophlébite cérébrale)

Ces signes évoquent une fasciite nécrosante ou une septicémie – appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences.

Traitement de l’érysipèle : antibiotiques et mesures associées

La prise en charge de l’érysipèle fait l’objet de recommandations officielles publiées en 2019. Le traitement repose sur une antibiothérapie systémique pendant 7 jours. Deux éléments souvent négligés conditionnent le succès : le traitement de la porte d’entrée et la surélévation du membre.

Ce qu’il ne faut jamais faire

L’antibiothérapie locale (pommades antibiotiques) est inutile et ne doit pas remplacer le traitement général. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène, naproxène) et les corticoïdes sont formellement contre-indiqués – ils masquent les signes d’aggravation et favorisent l’évolution silencieuse vers une fasciite nécrosante. Pour la douleur, le paracétamol est l’antalgique de référence. On peut éventuellement appliquer de la fluorescéine pour assécher les lésions suintantes.

Critères d’hospitalisation en urgence

Une hospitalisation immédiate est indiquée en cas de : signes de gravité locaux ou généraux décrits ci-dessus ; risque de décompensation d’une comorbidité grave ; obésité morbide (IMC > 40) ; âge supérieur à 75 ans avec polypathologie ; âge inférieur à 1 an ; impossibilité de surveillance ambulatoire fiable.

Antibiothérapie en cas d’hospitalisation

La référence est la pénicilline G intraveineuse (10 à 20 millions d’unités par jour), réservée aux formes graves hospitalisées. Un relais par voie orale est instauré dès l’obtention d’une apyrexie et d’une amélioration clinique franche.

Antibiothérapie ambulatoire (forme non grave)

En première intention chez l’adulte : amoxicilline orale, 50 mg/kg/jour en 3 prises, maximum 6 g/jour, pendant 7 jours. En cas d’allergie aux pénicillines : pristinamycine (1 g × 3/jour) ou clindamycine (1,8 g/jour en 3 prises, jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg).

Chez l’enfant : amoxicilline-acide clavulanique, 80 mg/kg/jour d’amoxicilline en 3 prises (maximum 3 g/jour). En cas d’allergie aux pénicillines : clindamycine 40 mg/kg/jour en 3 prises (enfants > 6 ans) ou sulfaméthoxazole-triméthoprime 30 mg/kg/jour en 3 prises (enfants < 6 ans).

En cas d’érysipèle après morsure : amoxicilline-acide clavulanique, 50 mg/kg/jour d’amoxicilline (maximum 6 g/jour), avec un maximum de 375 mg/jour d’acide clavulanique.

Mesures d’accompagnement indispensables

Repos avec surélévation du membre atteint, contention veineuse dès l’amélioration de la douleur. Mise à jour de la vaccination antitétanique. Traitement anticoagulant sous-cutané préventif dans les formes graves ou avec immobilisation prolongée. Traitement systématique de la porte d’entrée : antifongique pour la mycose interdigitale, prise en charge d’un ulcère, d’une fissure. Une réévaluation clinique à 48–72 heures est indispensable dans tous les cas ambulatoires.

📋 Durée de traitement : Les recommandations 2019 ont ramené la durée standard à 7 jours (contre 10 à 15 jours auparavant), avec des études montrant une efficacité équivalente. Une durée plus longue peut être justifiée en cas de forme sévère ou d’évolution lente.

Prévention des récidives d’érysipèle

Le risque de récidive est de 20 à 30 % à 3 ans – une donnée qui souligne l’importance d’une prise en charge globale bien au-delà du simple épisode aigu. La prévention repose d’abord sur la correction des facteurs de risque modifiables : traitement actif du lymphœdème, correction systématique de la porte d’entrée (mycose, ulcère, fissure), perte de poids en cas d’obésité, port de bas de contention adapté en cas d’insuffisance veineuse.

Une antibioprophylaxie (à effet suspensif uniquement, non curatif) est indiquée chez l’adulte après deux épisodes dans l’année en cas de facteurs de risque non contrôlables. Les options sont :

  • Benzathine-benzylpénicilline G : 2,4 MUI IM toutes les 2 à 4 semaines
  • Pénicilline V orale : 1 à 2 millions UI/jour selon le poids, en 2 prises
  • En cas d’allergie aux pénicillines : azithromycine 250 mg/jour

La durée de la prophylaxie est adaptée à l’évolution des facteurs de risque – elle peut durer plusieurs années si le lymphœdème ou l’insuffisance veineuse ne sont pas corrigés. Un avis dermatologique est conseillé dès la première récidive pour optimiser cette stratégie.

🩺 L’essentiel de la prévention en pratique : Traitez votre mycose interdigitale tous les ans en prévention, portez vos bas de contention, évitez les traumatismes des membres inférieurs. Ces gestes simples réduisent drastiquement le risque de récidive.

Consultez en urgence si :

  • La plaque rouge s’étend rapidement malgré les antibiotiques (au-delà du tracé au feutre en moins de 12 h)
  • Apparition de zones violacées, cyaniques ou noirâtres dans la plaque
  • Crépitation sous-cutanée (impression de papier bulle sous la peau) – signe de gaz dans les tissus
  • Zone devenue insensible (hypoesthésie ou anesthésie) au sein de la plaque rouge
  • Fièvre très élevée (> 39,5 °C) persistante ou frissons intenses malgré 48 h d’antibiotiques
  • Altération importante de l’état général, confusion, hypotension
  • Large décollement bulleux hémorragique (phlyctènes sanglantes)
  • Aggravation ou absence d’amélioration à 48–72 heures de traitement bien conduit

Ces signes peuvent indiquer une fasciite nécrosante, urgence chirurgicale dont le pronostic vital dépend de la rapidité de prise en charge. Ne perdez pas de temps : appelez le 15 ou rendez-vous aux urgences.

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Questions fréquentes sur l’érysipèle (erisipele)

Quelle est la bonne orthographe : érysipèle, érisipèle, erisipele, érésipèle ?

La forme correcte en français est érysipèle. Les variantes érisipèle, érésipèle, erisipele, eresipele ou eresypele sont des erreurs orthographiques très fréquentes, dues à la prononciation du mot. En latin médical, on trouve erysipelas, utilisé en anglais médical. Toutes ces formes désignent la même infection cutanée streptococcique du derme et de l’hypoderme superficiel.

Comment reconnaître un érysipèle de la jambe ?

L’érysipèle de la jambe associe une plaque rouge vif, chaude et douloureuse aux bords nets, une fièvre supérieure à 38,5 °C et des frissons, avec une apparition souvent brutale en quelques heures. Un ganglion inguinal douloureux est fréquent. La porte d’entrée – mycose inter-orteil, plaie, piqûre d’insecte – est souvent identifiable. Cette triade (plaque rouge nette + fièvre + porte d’entrée) est très évocatrice.

L’érysipèle est-il contagieux ?

Non, l’érysipèle n’est pas contagieux de personne à personne. Le streptocoque responsable est présent naturellement sur la peau ou dans l’environnement ; c’est une brèche cutanée locale (plaie, intertrigo, piqûre) qui lui permet de pénétrer dans le derme. Aucune mesure d’isolement ni de traitement préventif de l’entourage n’est nécessaire.

Combien de temps dure le traitement de l’érysipèle ?

Le traitement standard est de 7 jours d’amoxicilline orale selon les recommandations françaises 2019. En cas d’allergie à la pénicilline, la pristinamycine ou la clindamycine sont utilisées. L’amélioration clinique – baisse de la fièvre, régression de la rougeur – survient généralement en 48 à 72 heures. En cas de forme grave (extension rapide, état général altéré, immunodépression), l’hospitalisation avec antibiothérapie IV est indiquée.

Peut-on prendre de l’ibuprofène pour la douleur d’un érysipèle ?

Non – c’est formellement contre-indiqué. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène, naproxène) et les corticoïdes masquent les signes d’aggravation et peuvent favoriser l’extension silencieuse vers une fasciite nécrosante, une urgence chirurgicale gravissime. Pour soulager la douleur et faire baisser la fièvre, le paracétamol est l’antalgique de référence, à dose adaptée au poids.

Comment éviter les récidives d’érysipèle ?

La prévention repose sur le traitement actif des portes d’entrée (antifongique pour l’intertrigo, prise en charge d’un ulcère), le port de bas de contention en cas d’insuffisance veineuse, la perte de poids si besoin, et une hygiène rigoureuse des pieds. En cas de 2 récidives ou plus par an, une antibioprophylaxie par pénicilline retard (benzathine-pénicilline IM mensuelle) est recommandée après avis médical.

Érysipèle et phlébite : comment les différencier ?

L’érysipèle donne un placard rouge superficiel à bords nets, avec fièvre marquée, d’apparition rapide. La phlébite (thrombose veineuse profonde) donne une douleur diffuse du mollet, un gonflement unilatéral progressif et parfois une rougeur moins localisée, sans fièvre importante. Un écho-doppler veineux confirme la phlébite. Attention : les deux peuvent coexister. En cas de doute, consultez rapidement – le traitement est radicalement différent.

Faut-il obligatoirement être hospitalisé pour un érysipèle ?

Non, la majorité des érysipèles non compliqués se traitent à domicile par amoxicilline orale, avec une réévaluation médicale à 48–72 heures. L’hospitalisation est réservée aux formes graves, aux terrains à très haut risque (obésité morbide, grand âge avec polypathologie, immunodépression sévère) et aux échecs du traitement ambulatoire. La surveillance à domicile est néanmoins indispensable – ne sous-estimez pas les signes d’aggravation.

Mon érysipèle a récidivé – est-ce normal ?

Malheureusement, oui : 20 à 30 % des patients récidivent, surtout quand les facteurs favorisants (mycose interdigitale, insuffisance veineuse, lymphœdème, surpoids) ne sont pas corrigés. Le traitement de la porte d’entrée est souvent négligé mais absolument essentiel. En cas de deux récidives ou plus dans l’année, une antibioprophylaxie au long cours peut être discutée avec votre dermatologue ou médecin traitant.

Quel est le temps de guérison d’un érysipèle ?

Sous antibiotique adapté, la fièvre régresse généralement en 48 à 72 heures : c’est le signe attendu d’une évolution favorable. La rougeur et le gonflement de la peau mettent en général 1 à 2 semaines à s’estomper complètement, parfois plus longtemps en cas d’œdème associé. Le traitement antibiotique dure habituellement 7 jours. Si la fièvre persiste au-delà de 72 heures, consultez rapidement.

À lire aussi sur les infections bactériennes de la peau

Références scientifiques

  1. Sartelli M, Guirao X, Hardcastle TC, et al. WSES/SIS-E consensus conference: recommendations for the management of skin and soft-tissue infections. World J Emerg Surg. 2018;13:58. PMID 30564282
  2. Stevens DL, Bisno AL, Chambers HF, et al. Practice guidelines for the diagnosis and management of skin and soft tissue infections: 2014 update by the Infectious Diseases Society of America. Clin Infect Dis. 2014;59(2):e10-52. PMID 24973422
  3. Thomas KS, Crook AM, Nunn AJ, et al. Penicillin to prevent recurrent leg cellulitis. N Engl J Med. 2013;368(18):1695-703. PMID 23635049

Source institutionnelle : HAS – Recommandations de bonne pratique : infections cutanées bactériennes courantes

Herpes viridae : les virus herpes viridae : symptomes

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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Les Herpesviridae forment une grande famille de virus à ADN responsables de nombreuses infections humaines. Huit membres pathogènes pour l’homme ont été identifiés. En dermatologie, les plus importants sont l’herpès simplex virus (HSV-1 et HSV-2), le virus varicelle-zona (VZV), le virus d’Epstein-Barr (EBV) et le cytomégalovirus (CMV). Tous partagent une caractéristique commune : après la primo-infection, le virus reste latent dans l’organisme et peut se réactiver tout au long de la vie.

ℹ️ Point clé
Les herpèsvirus ne sont jamais éliminés définitivement par l’organisme. Ils établissent une latence dans les ganglions nerveux sensitifs et peuvent se réactiver à l’occasion d’un affaiblissement immunitaire, d’un stress ou d’une fièvre.
En bref : Les virus Herpesvirus humains (HSV-1, HSV-2, VZV, CMV, EBV, HHV-6/7/8) infectent plus de 90 % de la population mondiale. L’herpès labial touche 67 % des adultes, le zona survient chez 1 personne sur 3 au cours de la vie. Ces virus restent latents à vie dans les ganglions nerveux et se réactivent lors d’un affaiblissement immunitaire. Les traitements antiviraux (aciclovir, valaciclovir) réduisent la durée et la sévérité des poussées.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Les 8 herpèsvirus humains et leurs manifestations cutanées

Virus Abréviation Manifestations principales Traitement antiviral
Herpès simplex virus 1 HSV-1 Herpès labial, kératite herpétique, encéphalite Aciclovir, valacyclovir
Herpès simplex virus 2 HSV-2 Herpès génital, herpès néonatal Aciclovir, valacyclovir
Virus varicelle-zona VZV (HHV-3) Varicelle (primo-infection), zona (réactivation) Valacyclovir, aciclovir IV
Virus d’Epstein-Barr EBV (HHV-4) Mononucléose infectieuse, exanthème maculopapuleux Symptomatique (pas d’antiviral spécifique)
Cytomégalovirus CMV (HHV-5) Syndrome mononucléosique, rétinite, ulcères cutanés (immunodéprimés) Ganciclovir, valganciclovir
HHV-6 HHV-6A/B Roséole infantile (exanthème subit) Symptomatique
HHV-7 HHV-7 Roséole (formes récidivantes) Symptomatique
HHV-8 (KSHV) HHV-8 Sarcome de Kaposi Antirétroviraux, chimiothérapie

Herpès labial et génital (HSV-1 et HSV-2)

Primo-infection et récidives

La primo-infection herpétique peut être asymptomatique ou se manifester par une gingivostomatite herpétique (HSV-1) ou une vulvo-vaginite herpétique (HSV-2) avec fièvre, adénopathies et lésions vésiculeuses douloureuses. Après guérison clinique, le virus s’installe en latence dans les ganglions nerveux sensitifs (ganglion de Gasser pour HSV-1, ganglions sacrés pour HSV-2) et peut se réactiver.

Les récidives se caractérisent par :

  • Des prodromes : picotements, brûlures, démangeaisons locales (12 à 24 h avant l’éruption)
  • L’apparition de vésicules groupées sur base érythémateuse, rapidement érosives
  • Une cicatrisation spontanée en 7 à 10 jours
⚠️ Herpès néonatal
L’herpès néonatal est une urgence médicale grave. En cas d’herpès génital actif en fin de grossesse, une césarienne est généralement recommandée. Tout nouveau-né présentant des vésicules, une fièvre ou des convulsions dans les 3 premières semaines de vie doit être hospitalisé en urgence.

Traitement de l’herpès (HSV-1 et HSV-2)

  • Épisodique : valacyclovir 500 mg × 2/jour pendant 5 jours, débuté dès les prodromes
  • Suppressif (récidives fréquentes > 6/an) : valacyclovir 500 mg/jour en continu
  • Herpès sévère/immunodéprimé : aciclovir IV 5 mg/kg toutes les 8 h

Le zona (VZV réactivé)

Le zona résulte de la réactivation du virus varicelle-zona (VZV) dans un ganglion sensitif. Il survient le plus souvent après 50 ans ou en cas d’immunodépression. Il se manifeste par une éruption vésiculeuse unilatérale, suivant un dermatome, précédée de douleurs neuropathiques intenses.

Complications du zona

  • Douleurs post-zostériennes : complication la plus fréquente après 60 ans, pouvant durer des mois à des années
  • Zona ophtalmique : atteinte de la branche ophtalmique du trijumeau, avec risque de kératite zostérienne
  • Zona du pavillon (syndrome de Ramsay Hunt) : paralysie faciale périphérique + vésicules auriculaires

Traitement et vaccination contre le zona

Traitement : valacyclovir 1 g × 3/jour pendant 7 jours, à débuter dans les 72 h après l’éruption. Une antalgie adaptée (palier 2 ou 3) est souvent nécessaire.

Vaccination : le vaccin Shingrix (recombinant, non vivant) est recommandé dès 65 ans et dès 50 ans chez les immunodéprimés. Efficacité supérieure à 90 % sur 4 ans.

💡 Conseil
Consultez rapidement si vous suspectez un zona : le traitement antiviral est d’autant plus efficace qu’il est débuté tôt (dans les 72 premières heures). En cas de zona ophtalmique, une consultation ophtalmologique urgente est nécessaire.
⚠ Urgences herpèsvirus – consultez SANS ATTENDRE si : zona ophtalmique (œil rouge, douleur autour de l’œil) ; herpès génital première crise avec fièvre ; bouton de fièvre chez un nouveau-né ; encéphalite herpétique (confusion, convulsions, fièvre) ; immunodépression connue avec poussée herpétique.

Mononucléose infectieuse (EBV)

La mononucléose infectieuse (MNI) touche principalement les adolescents et jeunes adultes. Elle se manifeste par une triade classique : fièvre, angine avec enduit blanchâtre, et adénopathies cervicales. Sur le plan cutané, on observe dans 5 à 10 % des cas un exanthème maculopapuleux qui devient quasi-systématique (90 %) en cas de prise d’aminopénicilline (amoxicilline). Ce rash ne correspond pas à une allergie vraie à l’antibiotique.

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FAQ – Questions fréquentes sur les herpèsvirus

Quelle est la différence entre l’herpès labial et l’herpès génital ?

L’herpès labial est le plus souvent causé par HSV-1, l’herpès génital principalement par HSV-2. Les deux virus peuvent cependant toucher les deux zones par contacts oro-génitaux. Dans les deux cas, le virus reste latent dans les ganglions nerveux et peut se réactiver tout au long de la vie.

Le zona est-il contagieux ?

Le zona peut transmettre le VZV à une personne non immunisée (jamais eu la varicelle, non vaccinée), mais il est moins contagieux que la varicelle. La contagiosité cesse lorsque les vésicules sont toutes croûtées. Évitez les femmes enceintes, nourrissons et immunodéprimés pendant la phase éruptive.

Quel traitement pour l’herpès labial récidivant ?

Pour les récidives fréquentes (> 6/an), un traitement suppressif par valacyclovir 500 mg/jour au long cours est recommandé. En traitement épisodique, le valacyclovir doit être débuté dès les premiers prodromes pour être efficace.

Peut-on se faire vacciner contre le zona ?

Oui, le vaccin Shingrix est recommandé dès 65 ans (et 50 ans chez les immunodéprimés). Il réduit le risque de zona de plus de 90 % et est pris en charge par l’Assurance maladie pour les personnes éligibles.

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Comment savoir si on a l’herpès ou le zona ?

L’herpès (HSV-1 ou HSV-2) provoque des vésicules douloureuses groupées en bouquet, récidivantes, autour de la bouche (herpès labial) ou des organes génitaux. Le zona (VZV) est unilatéral, suit un trajet nerveux (dermatome), survient une seule fois en règle générale et s’accompagne souvent de douleurs précédant les boutons. Un avis médical confirme le diagnostic en cas de doute.

L’herpès se guérit-il définitivement ?

Non. Une fois contracté, le virus HSV reste latent à vie dans les ganglions sensitifs. Il se réactive périodiquement (stress, fatigue, soleil, menstruations). Les antiviraux – aciclovir, valaciclovir – ne l’éradiquent pas mais réduisent la fréquence et la durée des poussées. Un traitement suppressif au long cours est possible en cas de récidives fréquentes (≥6/an).

Le zona est-il contagieux ?

Le zona lui-même ne se transmet pas, mais les vésicules contiennent le VZV vivant. Une personne non immunisée (n’ayant jamais eu la varicelle ni le vaccin) peut donc contracter la varicelle au contact des lésions. Évitez tout contact avec femmes enceintes non immunisées, nouveau-nés et immunodéprimés pendant la phase vésiculeuse. Le risque de transmission est nul une fois les croûtes sèches.

Quand faut-il prendre un antiviral pour l’herpès labial ?

Le traitement est le plus efficace dans les premières 48–72 h suivant l’apparition des picotements ou brûlures (phase prodromique), avant l’apparition des vésicules. Valaciclovir 2 g × 2 en prise unique (schéma court) ou aciclovir crème (Zovirax®) 5 applications/j pendant 4 jours. Au-delà de 72 h, le traitement reste utile pour accélérer la cicatrisation.

Peut-on avoir un herpès génital sans le savoir ?

Oui. Environ 70–80 % des personnes ayant l’herpès génital ignorent leur infection car les symptômes sont absents ou très discrets (légère irritation, microfissures). L’excrétion asymptomatique du virus est possible : transmission sans lésion visible. Un test sérologique HSV-2 peut confirmer l’infection. L’utilisation du préservatif réduit (sans éliminer) le risque de transmission.

Faut-il se faire vacciner contre le zona ?

Oui, pour les personnes de 65 ans et plus. Le vaccin Shingrix® (recombinant non vivant, 2 doses) réduit le risque de zona de 90 % et les douleurs post-zostériennes de 89 %. Il est remboursé en France depuis 2024 pour les 65–74 ans et les immunodéprimés dès 18 ans. Le vaccin Zostavax® (vivant atténué) est moins efficace et déconseillé chez les immunodéprimés.

Quelle est la différence entre l’herpès et l’impétigo ?

Les deux donnent des croûtes meliceuses autour de la bouche chez l’enfant, ce qui prête à confusion. L’herpès forme d’abord des vésicules transparentes groupées sur fond érythémateux, douloureuses, évoluant en croûtes jaunâtres. L’impétigo (infection bactérienne à staphylocoque ou streptocoque) forme directement des croûtes couleur miel, moins douloureuses, plus superficielles, non groupées en bouquet. L’herpès récidive, l’impétigo non.

Références scientifiques

  • Whitley RJ et al. « Herpes simplex viruses. » Clin Infect Dis. 1998. PMID : 9606098
  • Gnann JW, Whitley RJ. « Herpes zoster. » N Engl J Med. 2002. PMID : 12136170
  • Oxman MN et al. « A vaccine to prevent herpes zoster and postherpetic neuralgia in older adults. » N Engl J Med. 2005. PMID : 15930418
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Vaccination contre le zona – Recommandations. 2023. PMID 25608816
  • Cohen JI. Herpes zoster. N Engl J Med. 2013;369(3):255–263. PMID 23863052
  • Oxman MN et al. A vaccine to prevent herpes zoster and postherpetic neuralgia in older adults. N Engl J Med. 2005;352(22):2271–2284. PMID 15899170
  • /www.has-sante.fr »>has-sante.fr


Kyste pilonidal : le sinus pilonidal, une boule rouge du bas

Kyste pilonidal (sinus pilonidal) : causes, symptômes, chirurgie et prévention par épilation laser

Le kyste pilonidal – appelé plus précisément sinus pilonidal – est une infection chronique de la région sacro-coccygienne, cette zone de peau située tout en bas du dos, dans le sillon entre les fesses. Derrière ce nom un peu barbare se cache une réalité fréquente et parfois très invalidante : un poil incarné qui, au lieu de rester superficiel, s’enfonce dans les tissus sous-cutanés, déclenche une réaction inflammatoire, puis une infection – souvent récidivante, parfois destructrice. Le mot « pilonidal » résume parfaitement la chose : du latin pilus (poil) et nidus (nid). Un nid de poils, enkysté sous la peau.

En bref : Kyste pilonidal : le sinus pilonidal, une boule rouge du bas – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Ce qui rend cette affection préoccupante, c’est moins son épisode initial – douloureux mais généralement accessible à la chirurgie – que sa fâcheuse tendance à récidiver et à se compliquer. Les surinfections successives peuvent creuser de véritables tunnels sous la peau, pouvant aller jusqu’à la région anale, et transformer ce qui n’était qu’un problème local en un véritable problème de santé publique. Le traitement est chirurgical, mais la prévention de la récidive – notamment par épilation laser – est un volet essentiel que l’on ne saurait négliger.

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie

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  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

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Sommaire

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Qu’est-ce que le kyste pilonidal ?

Le kyste pilonidal est une affection acquise de la peau de la région sacro-coccygienne – la peau en regard du coccyx et du sacrum, au creux du sillon interfessier. On préfère aujourd’hui parler de sinus pilonidal, car la lésion part d’un granulome à corps étranger autour d’un poil incarné, qui évolue secondairement vers un kyste puis vers un réseau de sinus cutanés communiquant avec l’extérieur par des orifices caractéristiques.

Il touche environ 1 % de la population masculine, avec un pic d’incidence autour de 20 ans. Les femmes sont beaucoup plus rarement atteintes (0,1 % de la population féminine). Cette prédominance masculine marquée s’explique par une pilosité plus dense et une tendance à la séborrhée plus importante, qui favorisent la pénétration des poils dans la peau. Sa prévalence en fait un véritable enjeu de santé publique, en particulier dans certaines professions exposant à la position assise prolongée.

Causes et mécanisme de formation

On a longtemps cru que le kyste pilonidal était d’origine congénitale – un vestige embryologique. Cette théorie est aujourd’hui abandonnée. Il est établi que la maladie pilonidale est entièrement acquise, résultant d’un enchaînement mécanique précis.

Lors de l’adolescence, les follicules pileux du sillon interfessier s’élargissent sous l’effet hormonal. Les frottements répétés – lors de la marche, de la position assise, des activités sportives – coupent les poils et créent des fragments courts, rigides, en forme de harpon. Ces fragments pénètrent dans la peau par les orifices folliculaires dilatés ou par microtraumatismes. Une fois sous la peau, ils déclenchent une réaction granulomateuse à corps étranger, inflammatoire et douloureuse. L’ensemble se surinfecte secondairement par des bactéries (principalement anaérobies), formant un abcès. Si l’abcès se draine vers l’extérieur, il crée un ou plusieurs orifices fistuleux sur le sillon interfessier, typiquement situés entre 4 et 8 cm de la marge anale. Ces orifices communiquent entre eux par des tunnels sous-cutanés – les sinus – qui peuvent s’étendre et se ramifier avec le temps.

Un problème de fesses d’homme
Pourquoi des poils se retrouvent-ils dans le kyste ?
L’examen anatomopathologique du contenu des kystes pilonidaux retrouve régulièrement des poils sectionnés – parfois libres, parfois en touffes – au sein de la cavité. Ces poils ne sont pas générés par la paroi du kyste ; ils sont capturés depuis l’extérieur. C’est ce mécanisme d’aspiration et de pénétration active des poils dans les tissus qui explique pourquoi le rasage seul (sans destruction définitive du follicule) ne prévient pas efficacement la récidive.

Facteurs de risque

Facteur de risque Mécanisme
Homme jeune (pic vers 20 ans) Dilatation folliculaire hormonale à l’adolescence, pilosité dense
Pilosité dense (hypertrichose) Augmentation du nombre de poils susceptibles de s’incarner
Obésité Approfondissement du sillon interfessier, macération locale, frottements accrus
Position assise prolongée (bureau, voiture, camion…) Pression mécanique continue sur le sillon interfessier, microtraumatismes répétés
Mauvaise hygiène locale Favorise la colonisation bactérienne des follicules
Antécédents familiaux Possible prédisposition génétique à la morphologie du sillon et à la densité pilaire

Symptômes et présentation clinique

Le premier épisode de kyste pilonidal se manifeste typiquement par l’apparition brutale d’une boule rouge, chaude et douloureuse, dans le sillon interfessier ou sur le haut d’une fesse, chez un jeune homme poilu. La douleur peut être intense, aggravée par la position assise, et s’accompagne parfois de fièvre en cas d’abcès constitué.

Le médecin recherche des petits orifices caractéristiques sur le sillon interfessier, situés entre 4 et 8 cm de l’anus, parfois surmontés de petites touffes de poils fins tendant à émerger des orifices – signe quasiment pathognomonique de la maladie pilonidale. L’abcès peut se fistuliser spontanément et laisser s’échapper des sérosités ou du pus. Des orifices secondaires plus distants peuvent apparaître avec le temps, reliés au foyer primitif par des tunnels sous-cutanés.

Un examen anorectal soigneux est indispensable pour éliminer une fistule anale – affection chirurgicale distincte qui peut mimer un sinus pilonidal. Dans la maladie pilonidale, le kyste reste le plus souvent extra-anal et l’anuscopie ne retrouve pas de cryptite.

Kyste pilonidal avec orifices de drainage le long du sillon interfessier
Kyste pilonidal avec abcès à distance

Examens complémentaires

Dans la majorité des cas, le diagnostic est clinique et ne nécessite pas d’imagerie. En cas de doute sur l’extension du réseau fistuleux – en particulier pour éliminer une communication avec le rectum ou, plus rarement, avec l’espace cérébrospinal – le médecin peut prescrire une fistulographie (injection de produit de contraste dans les trajets fistuleux) ou, plus souvent aujourd’hui, une IRM pelvienne, qui permet de cartographier précisément les trajets fistuleux et leurs rapports anatomiques avec les structures profondes.

IRM de kyste pilonidal

Traitement chirurgical

Le traitement radical du sinus pilonidal est chirurgical. Les antibiotiques seuls ne permettent que de temporiser une poussée infectieuse aiguë : ils ne guérissent pas la maladie sous-jacente et ne préviennent pas les récidives. Le recours à l’antibiothérapie isolée n’est pertinent qu’en préopératoire pour calmer une poussée trop inflammatoire avant d’opérer dans de meilleures conditions, ou en cas de contre-indication temporaire à la chirurgie.

Avant toute intervention, il convient de raser largement la zone opératoire. Ce rasage doit être poursuivi pendant 3 à 6 mois après la fin de la cicatrisation. L’anesthésie est le plus souvent générale ; une anesthésie locale est parfois possible pour les formes peu étendues.

En phase aiguë : incision-drainage

Lors d’un premier épisode abcédé, le chirurgien introduit un stylet par l’orifice primaire pour délimiter la cavité et ses ramifications, puis incise, évacue le pus et réalise un curetage de la cavité suivi d’un méchage. La cicatrisation s’obtient par des changements de mèches et des pansements quotidiens en un à deux mois. Cette technique permet une guérison dans environ 50 à 90 % des cas selon les séries, mais ne traite pas les formes récidivantes complexes.

En cas de chronicité : les techniques chirurgicales comparées

Technique Principe Cicatrisation Taux de récidive Inconvénients
Excision ouverte (cicatrisation dirigée) Exérèse en bloc du kyste et des orifices ; cicatrisation spontanée par pansements ~2 mois 2–3 % (faible) Suites longues et parfois douloureuses
Excision fermée avec suture simple Excision + suture cutanée directe ~2 semaines 20–30 % (élevé) Lâchage de suture, surinfection, douleur
Excision + lambeau de reconstruction (Karydakis, Limberg…) Excision + couverture par lambeau cutané de rotation, aplatissant le sillon ~3 semaines Faible (<5 %) Risque d’infection du lambeau ; technique plus complexe
Incision-curetage (technique de Bascom) Excision moins large, curetage des trajets fistuleux ; cicatrisation dirigée 3–4 semaines Faible Nécessite une bonne cartographie préalable des sinus
Techniques endoscopiques (EPiST, VAAPS) Traitement mini-invasif par vidéo-endoscopie : destruction des sinus par coagulation Courte Variable selon les études Courbe d’apprentissage, coût, données long terme limitées

La technique d’incision-curetage est souvent choisie en première intention pour les formes chroniques modérées, en raison d’un bon équilibre entre efficacité, faible taux de récidive et suites opératoires acceptables. Pour les formes étendues ou très récidivantes, les lambeaux de reconstruction (Karydakis, Limberg) offrent un avantage en aplatissant le sillon interfessier, supprimant ainsi le principal facteur anatomique favorisant l’incarnation des poils.

Cicatrisation dirigée après ablation d’un kyste pilonidal : faible taux de récidive mais suites douloureuses
Suture simple et drainage d’un kyste pilonidal après son ablation
Les nouvelles techniques endoscopiques : vers moins invasif
L’EPiST (Endoscopic Pilonidal Sinus Treatment) et le VAAPS (Video-Assisted Ablation of Pilonidal Sinus) permettent de traiter le sinus par voie endoscopique, sous contrôle vidéo, en préservant au maximum les tissus sains. Ces techniques mini-invasives montrent des résultats comparables aux techniques classiques à court terme, avec une morbidité réduite. Leur diffusion reste limitée par la courbe d’apprentissage et le coût, mais elles représentent une piste prometteuse, notamment pour les récidives.

Soins post-opératoires

Les soins post-opératoires sont une étape longue et exigeante, souvent sous-estimée par les patients avant l’intervention. Selon la technique chirurgicale employée, la plaie peut rester ouverte pendant plusieurs semaines, nécessitant des soins infirmiers quotidiens à domicile ou en centre de soins. L’infirmière change les mèches s’il y en a, nettoie la plaie, surveille la progression du tissu de granulation et détecte les signes d’infection.

Ces soins obligent parfois à rester allongé sur le ventre plusieurs jours, en particulier dans les premiers jours post-opératoires. La reprise de l’activité professionnelle varie selon la technique : environ une semaine après une excision ouverte, quelques jours seulement après une technique endoscopique ou une fermeture par lambeau.

Signes d’alarme post-opératoires nécessitant une reconsultation rapide
– Fièvre persistante ou frissons
– Rougeur, chaleur et douleur croissantes autour de la plaie
– Écoulement purulent abondant ou malodorant
– Lâchage de la suture avec béance cutanée
– Absence de progression de la cicatrisation après plusieurs semaines

En cas de surinfection, des antibiotiques sont nécessaires et une réintervention est parfois indiquée.

Récidive de kyste pilonidal

La récidive constitue le principal défi de la maladie pilonidale. Son taux varie considérablement selon la technique chirurgicale : 2 à 3 % pour l’excision ouverte bien conduite, 20 à 30 % pour la suture simple. Les données à long terme (plus de 5 ans) montrent des taux de récidive globaux pouvant atteindre 10 à 30 % toutes techniques confondues, la majorité des récidives survenant dans les 4 premières années suivant l’intervention initiale.

Les causes de récidive sont multiples : identification incomplète des sinus lors de l’intervention, persistance de la pilosité dense dans la région, soins post-opératoires insuffisants, reprise prématurée d’activités exposant à des frottements répétés. En cas de récidive, la réintervention est généralement nécessaire, avec des techniques plus larges et plus complexes.

Épilation laser : vers une prévention durable de la récidive

Puisque la cause première de la maladie pilonidale est la pilosité dense de la région sacro-coccygienne, supprimer définitivement les poils de cette zone – par épilation laser – constitue une approche préventive logique et de plus en plus soutenue par la littérature scientifique.

Plusieurs études et méta-analyses ont évalué l’intérêt de l’épilation laser (laser Nd:YAG ou alexandrite) après chirurgie du sinus pilonidal. Une méta-analyse portant sur des essais randomisés contrôlés a montré une réduction significative du taux de récidive en faveur de l’épilation laser post-opératoire par rapport à l’abstention ou à la dépilation conventionnelle (rasoir, crème), avec un odds ratio de 0,32 – soit environ trois fois moins de récidives. Ces résultats font de l’épilation laser un traitement adjuvant de référence après chirurgie pilonidale.

L’épilation laser est également proposée en prévention primaire chez les jeunes adultes poilus présentant des antécédents familiaux de kyste pilonidal ou un profil à haut risque, avant même qu’un premier épisode ne survienne. Elle agit en détruisant définitivement le follicule pileux, supprimant ainsi le substrat même de la maladie. Plusieurs séances sont nécessaires (généralement 4 à 8 sessions espacées de 6 à 8 semaines) pour une efficacité optimale sur des poils sombres et denses.

Indication de l’épilation laser Objectif Données scientifiques
Après chirurgie (adjuvant) Réduire le risque de récidive Réduction significative du taux de récidive versus rasoir ou abstention (méta-analyse RCTs)
Prévention primaire chez sujet à risque Éviter le premier épisode Données de cohortes favorables ; logique physiopathologique
Formes récidivantes légères (sans abcès constitué) Éviter ou retarder la réintervention Données positives dans certaines séries prospectives
Ce que l’épilation laser ne remplace pas
L’épilation laser ne se substitue pas à la chirurgie dans les formes abcédées ou avec sinus constitués. Elle agit sur le facteur causal (la pilosité) mais ne traite pas le foyer infectieux déjà présent. En pratique, la séquence recommandée est : chirurgie d’abord → cicatrisation complète → épilation laser débutée dès que possible en post-opératoire. Le rasoir seul n’est pas une alternative valide : il favorise les poils sectionnés courts – précisément les plus dangereux – et son effet ne dure que quelques jours.

Questions fréquentes sur le kyste pilonidal

Peut-on traiter un kyste pilonidal sans chirurgie ?

Non, pas de façon définitive. Les antibiotiques permettent de calmer une poussée infectieuse aiguë, mais ils ne guérissent pas la maladie et ne préviennent pas les récidives. La seule prise en charge curative est chirurgicale. En cas de contre-indication temporaire à la chirurgie, un drainage et une antibiothérapie peuvent être utilisés pour temporiser, mais la chirurgie reste inévitable à terme dans les formes constituées.

Combien de temps dure la cicatrisation après l’opération ?

Cela dépend largement de la technique employée. Une excision ouverte avec cicatrisation dirigée demande en moyenne 6 à 8 semaines de pansements quotidiens. Une fermeture par suture simple ou par lambeau réduit ce délai à 2 à 3 semaines, mais augmente le risque de complications locales. La reprise du travail est généralement possible en une semaine environ pour les techniques avec fermeture, plus longue pour les cicatrisations dirigées.

Pourquoi le kyste pilonidal récidive-t-il aussi souvent ?

Parce que la cause de fond – la pilosité dense du sillon interfessier – persiste après la chirurgie. Même parfaitement réalisée, l’opération ne supprime pas les poils qui continueront à croître et à pouvoir s’incarner. C’est précisément pour cela que l’épilation laser post-opératoire est fortement recommandée : elle traite la cause et réduit significativement le risque de récidive.

L’épilation laser est-elle efficace pour prévenir le kyste pilonidal ?

Oui, les données scientifiques disponibles – y compris des essais randomisés contrôlés – montrent que l’épilation laser réduit significativement le risque de récidive après chirurgie pilonidale par rapport au rasoir ou à l’absence de dépilation. Elle est également proposée en prévention primaire chez les jeunes hommes poilus à risque familial. Plusieurs séances (4 à 8) sont généralement nécessaires pour une efficacité durable.

Le kyste pilonidal peut-il toucher les femmes ?

Oui, mais c’est beaucoup plus rare. Environ 0,1 % de la population féminine est concernée, contre 1 % de la population masculine. La protection relative des femmes s’explique par une pilosité interfessière généralement moins dense et une morphologie du sillon interfessier différente. Les femmes atteintes présentent les mêmes mécanismes et les mêmes options thérapeutiques que les hommes.

Voir aussi :
– Poil incarné
– Épilation laser
– Abcès cutané
– Kyste épidermoïde

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Références scientifiques

  • Mahmood F, Hussain A, Akingboye A. Pilonidal sinus disease: review of current practice and prospects for endoscopic treatment. Ann Med Surg. 2020;57:212-217. doi:10.1016/j.amsu.2020.07.050. PubMed 32793341
  • Kumar M, Clay WH, Lee MJ, Brown SR, Hind D. A mapping review of sacrococcygeal pilonidal sinus disease. Tech Coloproctol. 2021;25(6):627-647. doi:10.1007/s10151-021-02432-9. PubMed 33721172
  • Dhole S, Mahakalkar C. Advancements and innovations in the surgical management of sacrococcygeal pilonidal sinus: a comprehensive review. Cureus. 2024;16(5):e61141. doi:10.7759/cureus.61141. PMC 11200306
  • Stauffer VK et al. Outcome after surgical treatment for chronic pilonidal sinus disease: a systematic review of common surgical techniques. Dis Colon Rectum. 2025. doi:10.1097/DCR.0000000000003604. PubMed 39982788
  • Hardy EJO et al. Preventing pilonidal sinus recurrence with laser hair epilation: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Wound Repair Regen. 2024. doi:10.1111/wrr.13196. PMC 11260285
  • Lukish JR, Kindelan T, Marmon LM et al. Laser hair removal is an effective therapy for recurrent pilonidal disease. J Pediatr Surg. 2009;44(2):391-395. PubMed 30095368 (revue systématique)
  • Demirer S, Ozmen MM, Ersoy E et al. Laser hair removal as adjunct to surgery for pilonidal sinus: our initial experience. Aesthetic Plast Surg. 2012;36(2):492-495. PubMed 22279385
  • Landa N, Aller O, Landa-Gundin N et al. Evaluation of 60 patients with pilonidal sinus treated with laser epilation after surgery. Dermatol Surg. 2005;31(3):292-295. PubMed 20002644

Mis à jour le 24 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau


Virus et peau : HPV, VZV, HSV et molluscum – les virus dermatologiques

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Références scientifiques
  1. Wollenberg A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2022. PMID 35582793
  2. Silverberg JI et al., JAMA Dermatol, 2021. PMID 33656519
  3. Bieber T et al., N Engl J Med, 2021. PMID 34496175

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La peau est une cible fréquente pour de nombreux virus. Certains y provoquent des lésions directement (verrues, herpès, molluscum), d’autres s’y manifestent lors de maladies systémiques (exanthèmes viraux, rash de mononucléose). Ce guide fait le point sur les principales infections virales cutanées rencontrées en dermatologie : HPV, HSV, VZV et molluscum contagiosum.

ℹ️ Les 4 grands virus dermatologiques
En pratique quotidienne, quatre groupes de virus dominent la dermatologie : le papillomavirus humain (HPV) responsable des verrues et condylomes, l’herpès simplex (HSV) provoquant le bouton de fièvre et l’herpès génital, le virus varicelle-zona (VZV) causant varicelle et zona, et le Molluscipoxvirus responsable du molluscum contagiosum.
⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements depuis plus de 4 semaines

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Le papillomavirus humain (HPV) : verrues et condylomes

Les verrues cutanées

Les verrues sont des proliférations épidermiques bénignes causées par des HPV à bas risque (principalement types 1, 2, 4). Très contagieuses par contact direct, elles touchent surtout les enfants et les adolescents. On distingue :

  • Verrues vulgaires : papules kératosiques rugueuses, surtout sur les doigts et les mains
  • Verrues plantaires (myrmécies) : douloureuses à la pression, profondément enchâssées dans la plante du pied
  • Verrues planes : petites papules légèrement surélevées, couleur chair, sur le visage et le dos des mains
  • Condylomes acuminés (verrues génitales) : végétations en zone ano-génitale, dues aux HPV 6 et 11
Type de lésion HPV Génotypes Localisation Traitement principal
Verrue vulgaire HPV 1, 2, 4 Mains, doigts, genoux Cryothérapie, acide salicylique
Verrue plantaire HPV 1 Plante des pieds Cryothérapie, laser CO2
Verrue plane HPV 3, 10 Visage, dos des mains Rétinoïdes locaux, cryothérapie
Condylome acuminé HPV 6, 11 Zones génitales/anales Imiquimod, cryothérapie, laser
Dysplasie/carcinome HPV 16, 18 Col, vulve, anus, oropharynx Exérèse chirurgicale, laser

La vaccination anti-HPV

Le vaccin Gardasil 9 protège contre 9 génotypes de HPV (6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58). Il est recommandé en France pour toutes les filles et les garçons de 11 à 14 ans (2 doses), avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans (3 doses). La vaccination prévient plus de 90 % des cancers du col de l’utérus et la grande majorité des condylomes.

💡 Verrues : patience ou traitement ?
Chez l’enfant immunocompétent, 60 à 70 % des verrues disparaissent spontanément en 2 ans. Un traitement est justifié en cas de douleur, de verrues étendues, de transmission répétée à l’entourage ou de localisation gênante (plante du pied, visage).

L’herpès cutané (HSV-1 et HSV-2)

Les virus herpès simplex de type 1 et 2 sont responsables d’infections cutanéo-muqueuses récurrentes. Après la primo-infection, le virus s’installe en latence dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement.

Manifestations cutanées de l’herpès

  • Herpès labial (HSV-1) : vésicules groupées, douloureuses, sur la lèvre ou la commissure labiale, précédées de picotements
  • Herpès génital (HSV-2) : érosions douloureuses sur les organes génitaux, parfois accompagnées de fièvre et d’adénopathies lors de la primo-infection
  • Panaris herpétique : atteinte des doigts, souvent professionnelle (soignants)
  • Eczéma herpéticum : dissémination herpétique sur une peau eczémateuse – urgence dermatologique
⚠️ Urgence : eczéma herpéticum
La survenue de vésicules érosives disséminées sur une peau atopique eczémateuse doit faire évoquer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg). C’est une urgence nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Ne pas confondre avec une poussée d’eczéma.

Le zona (VZV) : réactivation de la varicelle

Le virus varicelle-zona (VZV), après la primo-infection varicelleuse, reste latent dans les ganglions dorsaux spinaux. Sa réactivation survient surtout après 50 ans ou en cas d’immunodépression et réalise le tableau clinique du zona : éruption vésiculeuse unilatérale douloureuse suivant un dermatome.

Signes cutanés du zona

  • Phase prodromique : douleurs neuropathiques intenses dans le territoire concerné (1 à 5 jours avant l’éruption)
  • Phase éruptive : plaques érythémateuses, puis vésicules groupées en bouquet, unilatérales, suivant strictement un dermatome
  • Phase de cicatrisation : croûtes en 10 à 15 jours, parfois dépigmentation ou cicatrices résiduelles

Traitement : valacyclovir 1 g × 3/jour pendant 7 jours, à débuter impérativement dans les 72 h. La vaccination Shingrix (2 doses) est recommandée dès 65 ans.

Le molluscum contagiosum

Causé par le Molluscipoxvirus (famille des Poxviridae), le molluscum contagiosum est une infection bénigne et très contagieuse touchant surtout les enfants de 2 à 10 ans. Cliniquement, il se présente sous forme de petites papules perlées (2 à 5 mm), de couleur chair, avec une dépression centrale (ombilication) caractéristique.

Deux contextes différents

  • Chez l’enfant immunocompétent : régression spontanée habituelle en 6 à 18 mois – abstention thérapeutique souvent recommandée sauf si lésions nombreuses ou zones sensibles
  • Chez l’adulte ou l’immunodéprimé : lésions souvent génitales (IST), nombreuses, résistantes nécessitant un traitement actif

Traitements : curetage (geste rapide en cabinet), cryothérapie, imiquimod 5 % (crème immunomodulatrice), acide trichloroacétique.

En bref : Virus et peau est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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FAQ – Questions fréquentes sur les virus et la peau

Comment traiter les verrues causées par le HPV ?

La cryothérapie à l’azote liquide est le traitement de référence en cabinet. Les préparations kératolytiques à l’acide salicylique sont efficaces en application quotidienne à domicile. Chez l’enfant, la disparition spontanée en 2 ans survient dans 60 à 70 % des cas.

Qu’est-ce que le molluscum contagiosum et comment le traiter ?

C’est une infection bénigne par le Molluscipoxvirus, présentant de petites papules perlées ombiliquées. Chez l’enfant immunocompétent, la régression est spontanée en 6 à 18 mois. Le curetage, la cryothérapie ou l’imiquimod sont utilisés en cas de lésions nombreuses.

Le papillomavirus (HPV) peut-il provoquer un cancer de la peau ?

Les HPV à haut risque (16, 18) sont responsables des cancers du col de l’utérus, de l’anus et de l’oropharynx, et favorisent les carcinomes épidermoïdes cutanés chez les immunodéprimés. La vaccination Gardasil 9 protège contre les génotypes les plus oncogènes.

La varicelle est-elle dangereuse chez l’adulte ?

Oui, plus que chez l’enfant. L’adulte non immunisé risque une pneumonie varicelleuse, une encéphalite ou une dissémination hépatique. Un traitement antiviral précoce (valacyclovir) est recommandé. Le virus reste ensuite latent et peut se réactiver sous forme de zona.

Références scientifiques

  • Bzhalava D et al. « Diversity of human papillomaviruses in skin lesions. » Virology. 2013. PMID : 23578373
  • Leung AK et al. « Molluscum contagiosum: an update. » Recent Pat Inflamm Allergy Drug Discov. 2020. PMID : 32342822
  • Gnann JW, Whitley RJ. « Herpes zoster. » N Engl J Med. 2002. PMID : 12136170
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Vaccination contre les infections à HPV – Recommandations vaccinales. 2023. has-sante.fr


Champignons de la peau (mycoses) : roue de sainte-catherine et autres

Mycose cutanée (champignon de la peau) : photos, symptômes et traitements
La mycose cutanée, ou champignon de la peau, est une infection fongique très fréquente qui peut toucher toutes les zones du corps : peau glabre, plis, pieds, ongles, cheveux. Elle se manifeste différemment selon l’agent responsable. Voici comment la reconnaître, la distinguer d’autres affections et la traiter efficacement.

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mycose de la peau vésiculeuse champignon cutané photo
Mycose de la peau vésiculeuse

Les 3 types de champignons responsables de mycoses cutanées

Les mycoses de la peau sont causées par trois grandes familles de champignons :

  • Dermatophytes – les plus fréquents sur la peau. Ils n’attaquent que la peau, les poils et les ongles (jamais les muqueuses). Certains sont transmis par l’homme (anthropophiles : vêtements, sols contaminés dans les collectivités), d’autres par les animaux (zoophiles : chat, chien, hamster, cheval). Il existe 4 genres : Trichophyton, Epidermophyton, Microsporum et Nannizzia.
  • Levures du genre Candida – responsables des candidoses, surtout dans les plis et sur les muqueuses
  • Malassezia – levure responsable du pityriasis versicolor et de certaines folliculites du cuir chevelu

Mycose sur peau glabre – l’herpès circiné (roue de Sainte-Catherine)

La mycose à dermatophyte sur peau glabre se présente sous forme de plaque ronde ou ovale bien limitée, avec :

  • Une bordure active légèrement surélevée, squameuse et parfois vésiculeuse
  • Un centre qui se normalise progressivement
  • Une extension centrifuge progressive donnant l’aspect en « roue de Sainte-Catherine »
  • Des démangeaisons variables, rendant parfois difficile la distinction avec un eczema, voir l’article eczema ou mycoses? faire la différence
mycose de la peau herpès circiné anneau squames dermatophyte photo
Plaque de mycose sur la peau : herpès circiné
mycose jambe anneau dermatophyte photo
Mycose de la peau – atteinte de la jambe
anneau mycose peau roue de sainte catherine photo
Anneau de mycose – roue de Sainte-Catherine
roue de sainte catherine mycose annulaire photo
Roue de Sainte-Catherine – mycose annulaire
roue de sainte catherine mycose cutanée forme typique photo
Roue de Sainte-Catherine – forme typique

Il existe aussi des formes profuses plus difficiles à diagnostiquer, donnant des plaques rouges diffuses qui grattent sur le tronc :

mycose profuse plaques rouges tronc grattent photo
Mycose profuse sur le tronc – plaques rouges qui grattent

Mycose du visage (noter la bordure active et la dépilation du sourcil) :

mycose visage bordure dépilation sourcil dermatophyte photo
Mycose du visage

Forme inflammatoire – le kérion :

kérion forme inflammatoire mycose peau photo
Kérion – forme inflammatoire de mycose

Mycose des mains :

mycose mains dermatophytie cutanée photo
Mycose des mains

Mycose dans les plis

Mycose à dermatophytes dans les plis

La dermatophytie des plis donne des rougeurs sèches et squameuses à centre rosé, le plus souvent bilatérales et symétriques, qui démangent. L’extension est centrifuge, avec une bordure nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse. Principales localisations :

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Mycose entre les fesses
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Mycose entre les orteils – pied d’athlète

Candidose dans les plis

La candidose des plis se distingue par un aspect rouge vernissé et luisant, humide, parfois fissuré dans le fond du pli. Les limites sont émiettées avec une collerette blanchâtre et des pustules blanches satellites caractéristiques. Elle est favorisée par la macération, l’obésité, le diabète et l’immunodépression.

candidose pli pustules blanches fond rouge luisant mycose candida photo
Candidose du pli – fond rouge luisant avec pustules blanches satellites

Voir aussi : rougeurs entre les cuisses et la candidose.

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Autres localisations

Teigne du cuir chevelu

Les teignes sont des mycoses du cuir chevelu à dermatophytes, surtout chez l’enfant, donnant des plaques alopéciques avec brisure des cheveux.

teigne cuir chevelu mycose cheveux enfant photo
Teigne du cuir chevelu

Mycose des ongles (onychomycose)

Les onychomycoses donnent des ongles épaissis, jaunâtres, friables et décollés du lit unguéal. Elles nécessitent souvent un traitement antifongique oral prolongé.

mycose ongles onychomycose ongles épaissis jaunâtres photo
Mycose des ongles – onychomycose

Tableau comparatif – dermatophyte vs Candida

Dermatophyte Candida (pli)
Aspect Anneau squameux, bordure active, centre normal Rouge luisant et humide, fond blanc crémeux
Signe clé Extension centrifuge (roue de Sainte-Catherine) Pustules blanches satellites en périphérie
Localisation typique Peau glabre, plis secs, pieds, cuir chevelu Grands plis humides, muqueuses
Facteurs favorisants Contact avec personne/animal infecté, collectivités Macération, diabète, immunodépression, antibiotiques

Diagnostic

Toute suspicion de mycose cutanée nécessite une consultation médicale. Un prélèvement mycologique (examen direct + cultures) est recommandé avant tout traitement, sauf pour l’intertrigo inter-orteils typique. Le traitement peut être prescrit dans la foulée.

Le prélèvement est positif si l’examen direct est positif, que les cultures soient positives ou négatives. Si l’examen direct est négatif et que des moisissures se développent en culture, un 2e prélèvement est nécessaire.

💡 Important : une atteinte cutanée impose aussi de rechercher une autre localisation (ongles, plis, cuir chevelu) pour éviter les réinfections croisées. Ne pas confondre avec une plaque rouge de la peau, un psoriasis ou un eczéma.

⚠ Consultez sans attendre si : la mycose ne régresse pas après 4 semaines de traitement local correct, si elle atteint le cuir chevelu avec plaques dépilatrices (teigne), si vous êtes diabétique ou immunodéprimé, ou si des plaques très inflammatoires avec fièvre apparaissent (kérion).
En bref : Les mycoses cutanées touchent 20 à 25 % de la population mondiale et représentent 10 % des consultations dermatologiques. Elles se manifestent par des plaques rondes qui grattent avec une bordure active. Un antifongique local (éconazole, terbinafine) en crème, appliqué 2 à 4 semaines, guérit la grande majorité des cas. La contagion est fréquente par contact direct ou sol mouillé.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Traitement de la mycose cutanée

Dermatophytes – traitement local (1re intention)

Antifongiques en crème, spray, lait ou poudre (éconazole, miconazole, ciclopirox, bifonazole), 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance. En cas de résistance ou de formes étendues : antifongiques oraux (terbinafine ou itraconazole). Le kétoconazole est évité en raison de sa toxicité hépatique.

Sans ordonnance – uniquement pour la mycose inter-orteils et la plante des pieds

LAMISILATE 1% crème – couche mince le soir après lavage et séchage, pendant 1 semaine (adulte et enfant >12 ans). Si pas d’amélioration après 1 semaine, consultez. Demandez conseil à votre pharmacien avant utilisation (risque d’allergie, contre-indications grossesse).

Candidose cutanée – traitement en 3 axes

1/ Facteurs favorisants : sécher soigneusement les plis, éviter les vêtements synthétiques, équilibrer un diabète, traiter une candidose digestive ou génitale associée.

2/ Traitement local : antifongiques en lait, poudre, gel ou lotion (formes non grasses). Savon surgras ou alcalin (Hydralin*) pour la toilette. En cas de suintement ou surinfection : chlorhexidine aqueuse (Diaseptyl*) ou Bétadine* solution dermique avant l’antifongique.

3/ Traitement oral si nécessaire : kétoconazole (Nizoral* – avec surveillance hépatique avant traitement, à J15 puis toutes les 4 semaines jusqu’à fin du traitement) ou fluconazole.

Conseils pour éviter les récidives

  • Se laver quotidiennement et bien sécher les plis et les espaces interorteils
  • Changer de sous-vêtements et de chaussettes tous les jours
  • Ne pas marcher pieds nus dans les vestiaires, piscines et douches collectives
  • Si un animal domestique perd ses poils, le faire examiner par un vétérinaire
  • Traiter simultanément toutes les localisations pour éviter les réinfections croisées

Sources

Questions fréquentes – mycoses cutanées

Comment reconnaître une mycose cutanée ?

La mycose cutanée typique forme une plaque ronde bien délimitée avec une bordure active rouge et squameuse, et un centre qui tend à se normaliser (extension centrifuge). Elle démange notamment à la chaleur. Les plis (pieds, aine, sous-seins) sont les zones les plus touchées. Un prélèvement mycologique permet la confirmation.

Quelle crème antifongique choisir sans ordonnance ?

L’éconazole (Pévaryl®) et la terbinafine (Lamisil® 1 %) sont disponibles sans ordonnance et efficaces sur dermatophytes et levures. Appliquez 1 à 2 fois par jour pendant 2 à 4 semaines. En cas d’échec au bout de 3 semaines de traitement bien conduit, consultez un dermatologue pour prélèvement mycologique.

Combien de temps dure une mycose cutanée ?

Avec un antifongique adapté, une mycose non compliquée guérit en 2 à 4 semaines. Sans traitement, elle peut persister des mois et s’étendre. Les onychomycoses nécessitent 3 à 6 mois (mains) ou 6 à 12 mois (pieds). Ne jamais arrêter le traitement à la disparition des symptômes – finir la cure complète pour éviter les récidives.

La mycose cutanée est-elle contagieuse ?

Oui : par contact direct (peau à peau) ou indirect (serviettes, chaussures, sols mouillés de piscine). La transmission par l’animal domestique est possible pour certaines teignes. Pendant le traitement, ne partagez pas vos affaires de toilette et séchez soigneusement les plis après la douche.

Comment éviter les récidives de mycose ?

Séchez bien les plis après la douche, portez des fibres naturelles, changez chaussettes et sous-vêtements chaque jour. Traitez simultanément les mycoses des ongles (réservoir de réinfection). En piscine ou vestiaire, portez des sandales. Une prophylaxie antifongique ponctuelle peut être recommandée après l’été chez les sujets à récidives fréquentes.

Mycose ou eczéma : comment ne pas confondre ?

L’eczéma a des bords moins nets, s’accompagne souvent de terrain atopique et ne répond pas aux antifongiques. La mycose a une bordure active bien définie, une extension centrifuge et un centre qui se normalise. En cas de doute, un prélèvement mycologique (gratage des squames et examen direct + culture) permet de trancher avec certitude.

Quand un antifongique oral est-il nécessaire ?

Un traitement par voie orale (griséofulvine, terbinafine, fluconazole) est requis en cas de mycose profuse ou résistante au traitement local, de teigne du cuir chevelu, d’onychomycose étendue ou de patient immunodéprimé. Il se prescrit sur ordonnance après confirmation mycologique. Un bilan hépatique est recommandé avant terbinafine orale.

Mis à jour le 10 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).


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Rougeur, pus, fièvre : est-ce une infection de la peau ?

Mis à jour le 9 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Les infections de la peau : présentation générale

Les infections cutanées sont parmi les motifs les plus fréquents de consultation dermatologique. Elles peuvent être causées par des bactéries, des virus, des champignons ou des parasites, et touchent aussi bien les adultes que les enfants. Identifier correctement l’agent responsable est essentiel pour choisir le traitement approprié.

En bref : Une infection cutanée se reconnaît à 4 signes cardinaux (rougeur, chaleur, gonflement, douleur) et peut être bactérienne, virale, fongique ou parasitaire selon l’agent responsable. Les infections bactériennes courantes guérissent en 7 à 10 jours sous traitement adapté (HAS), mais toute extension rapide, fièvre ou atteinte du visage impose une consultation en urgence.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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🚨 Alerte : Toute infection cutanée qui s’étend rapidement, s’accompagne de fièvre ou touche le visage doit être évaluée médicalement en urgence.

Types d’infections cutanées

Type Agent Exemples fréquents
Bactérienne Staphylocoque, streptocoque Impétigo, érysipèle, folliculite, furoncle
Virale HSV, VZV, HPV Herpès, zona, verrues, molluscum
Fongique Dermatophytes, Candida Mycoses des pieds, teigne, candidose
Parasitaire Sarcoptes scabiei, poux Gale, pédiculose

Symptômes : comment reconnaître une infection cutanée ?

Les signes varient selon le type d’infection, mais les manifestations communes sont :

  • Rougeur (érythème) localisée ou diffuse
  • Chaleur et gonflement de la zone atteinte
  • Douleur ou sensibilité au toucher
  • Pus ou écoulement (infections bactériennes)
  • Vésicules ou bulles (herpès, zona, varicelle)
  • Squames et démangeaisons (infections fongiques)
  • Fièvre en cas d’infection profonde ou étendue
⚠️ Conseil : N’essayez pas de percer vous-même un furoncle ou un abcès cutané. Cela risque d’aggraver l’infection et de la propager. Consultez un médecin.

Traitements des infections cutanées

Le traitement dépend directement du germe en cause :

  • Infections bactériennes : antiseptiques locaux, antibiotiques topiques (mupirocine, acide fusidique) ou oraux (amoxicilline, pristinamycine) selon la sévérité
  • Infections virales : antiviraux (aciclovir, valaciclovir pour l’herpès et le zona), traitements locaux pour les verrues
  • Infections fongiques : antifongiques locaux (clotrimazole, terbinafine) ou oraux (fluconazole, itraconazole) pour les formes étendues
  • Infections parasitaires : ivermectine ou perméthrine pour la gale, pyrèthre pour les poux

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Questions fréquentes sur les infections de la peau

Quels sont les signes d’une infection cutanée ?
Rougeur, chaleur, gonflement et douleur sont les signes cardinaux. On peut aussi observer du pus, des vésicules, des croûtes ou de la fièvre selon le type d’infection.

Quelle est la différence entre une infection bactérienne et fongique ?
Les infections bactériennes causent souvent du pus et une rougeur chaude. Les infections fongiques produisent plutôt des plaques squameuses avec des démangeaisons et une bordure active.

Comment traiter une infection de la peau ?
Le traitement varie selon l’agent : antibiotiques, antifongiques ou antiviraux. Un diagnostic médical est indispensable pour ne pas traiter inutilement ou avec le mauvais traitement.

Quand consulter en urgence pour une infection cutanée ?
Consultez en urgence si l’infection s’étend rapidement, s’accompagne de fièvre, ou si la peau prend une couleur sombre (risque de fasciite nécrosante).

Une infection de la peau est-elle contagieuse ?
Cela dépend du germe : impétigo, herpès, verrues, gale et poux sont contagieux par contact direct ou par le linge, alors que les furoncles ou l’érysipèle le sont beaucoup moins. Se laver les mains et éviter de partager serviettes ou vêtements limite la transmission.

Peut-on soigner une infection cutanée sans antibiotique ?
Les formes très localisées et peu étendues (petit impétigo, folliculite débutante) peuvent parfois s’améliorer avec des soins d’hygiène et un antiseptique local seul. Dès que l’infection s’étend, s’accompagne de fièvre ou touche un enfant en bas âge, un traitement médical est nécessaire.

Combien de temps dure la guérison d’une infection cutanée ?
Sous traitement adapté, la plupart des infections bactériennes courantes (impétigo, folliculite) guérissent en 7 à 10 jours. Les mycoses demandent souvent 2 à 4 semaines de traitement antifongique, et les verrues peuvent nécessiter plusieurs mois de séances.

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Références scientifiques

  • Stevens DL, Bisno AL, Chambers HF, et al. Practice guidelines for the diagnosis and management of skin and soft tissue infections: 2014 update by the Infectious Diseases Society of America. Clin Infect Dis. 2014;59(2):e10-52. PubMed
  • Caplan AS, Gold JAW, Smith DJ, Ely JW. Diagnosis and Management of Tinea Infections. Am Fam Physician. 2025;112(4):382-392. PubMed
  • Pujalte GGA, Costa LMC, Clapp AD, Presutti RJ, Sluzevich JC. More Than Skin Deep: Dermatologic Conditions in Athletes. Sports Health. 2022;15(1):74-85. PubMed
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Prise en charge des infections cutanées bactériennes courantes. HAS

Gale profuse : causes, symptômes et conseils dermatologue


Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : La gale norvégienne (croûteuse) est une forme sévère touchant principalement les personnes immunodéprimées. Extrêmement contagieuse avec des millions d’acariens (vs 10-15 dans la gale classique), elle nécessite une prise en charge spécialisée urgente.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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La gale profuse, aussi appelée gale croûteuse ou anciennement gale norvégienne, est la forme la plus sévère de la gale. Elle survient lorsque le système immunitaire d’un patient ne peut plus contrôler la multiplication du sarcopte (Sarcoptes scabiei var. hominis). À la différence de la gale commune où l’on dénombre 10 à 20 sarcoptes sur l’ensemble du tégument, la gale croûteuse peut abriter des centaines de milliers à plusieurs millions de parasites. Sa contagiosité est extrême et elle est la principale cause d’épidémies en EHPAD et établissements de soins.

Urgence de santé publique
Un seul patient atteint de gale croûteuse peut déclencher une épidémie institutionnelle touchant des dizaines ou centaines de personnes (résidents, soignants, familles). Tout diagnostic doit entraîner immédiatement : isolement du patient, traitement simultané des contacts, décontamination de l’environnement et signalement à l’équipe soignante ou à l’ARS selon le contexte.

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Gale profuse chez un sujet agé
Gale profuse chez un sujet agé
Une gale traitée à la cortisone : éruption profuse
Une gale traitée à la cortisone : éruption profuse
Atteinte hyperkératosique et profuse des mains
Atteinte hyperkératosique et profuse des mains

Définition et terminologie

Pour une vue d’ensemble de la gale et de ses formes cliniques, consultez notre fiche de référence.

Le terme gale norvégienne est historique (première description en Norvège au XIXe siècle) et tend à être abandonné au profit de gale croûteuse (hyperkeratotic scabies) ou gale profuse, qui décrivent mieux la présentation clinique. Le mécanisme commun est l’incapacité du système immunitaire à limiter la colonisation par le sarcopte : les parasites se multiplient librement, atteignant des charges parasitaires exceptionnelles.

Qui est à risque ?

La gale croûteuse survient quasi exclusivement sur un terrain d’immunodépression, qu’elle soit cellulaire ou humorale. Les principaux facteurs de risque sont :

L’infection VIH, surtout avec un taux de CD4 bas (< 200/mm³) – la gale croûteuse peut être révélatrice d’un VIH méconnu. Les hémopathies malignes (leucémies, lymphomes). La greffe d’organe et le traitement immunosuppresseur associé. La corticothérapie systémique prolongée. Les personnes âgées dépendantes, dont l’immunité cellulaire est physiologiquement diminuée. L’application prolongée de dermocorticoïdes puissants sur une gale commune non diagnostiquée peut induire une gale croûteuse localisée. Enfin, certaines maladies neurologiques (spina bifida, lèpre lépromateuse) avec perte de sensibilité peuvent empêcher le grattage, favorisant la prolifération parasitaire.

À savoir
Chez un patient immunocompétent, l’application de dermocorticoïdes puissants sur une gale méconnue (fréquente erreur diagnostique) peut transformer une gale commune en gale croûteuse localisée (scabies incognita). Ne jamais prescrire de dermocorticoïdes sans avoir éliminé une gale.

Présentation clinique : comment reconnaître la gale croûteuse ?

Lésions cutanées caractéristiques

Les lésions de la gale croûteuse sont radicalement différentes de la gale commune. On observe des plaques hyperkératosiques épaisses, de couleur grisâtre ou jaunâtre, recouvrant de larges surfaces cutanées. Contrairement à la gale ordinaire, le dos, le tronc et le cuir chevelu sont atteints. Les paumes et les plantes présentent une kératodermie marquée. Les ongles sont épaissis, friables, décolorés et abritent une quantité massive de sarcoptes et d’œufs.

La face peut être touchée – signe inhabituel dans la gale commune de l’adulte. Les croûtes se desquament spontanément, libérant dans l’environnement des millions de sarcoptes viables, source de la contagiosité extrême de cette forme.

Le prurit : souvent absent

Paradoxalement, la gale croûteuse est souvent peu ou pas prurigineuse. Ce défaut de réaction inflammatoire est lié à l’immunodépression sous-jacente. C’est une source fréquente de retard diagnostique : le patient ne se gratte pas, et le médecin ne pense pas à la gale. L’érythème généralisé ou les plaques hyperkératosiques atypiques sont alors interprétés à tort comme un eczéma, un psoriasis ou une ichtyose.

Contagiosité et risque épidémique

La gale croûteuse est extrêmement contagieuse. La transmission peut se faire par contact direct, mais aussi par simple contact avec l’environnement du patient (draps, vêtements, fauteuil roulant, surfaces). Les sarcoptes dans les croûtes desquamées restent viables plusieurs jours à température ambiante. Un seul patient non diagnostiqué en EHPAD suffit à provoquer une épidémie touchant 20 à 100 personnes en quelques semaines.

C’est pourquoi les épidémies de gale en institution sont quasi systématiquement liées à un ou plusieurs cas de gale croûteuse méconnus. Le dermatologue appelé pour une épidémie institutionnelle doit systématiquement rechercher un ou plusieurs cas index de gale croûteuse parmi les résidents et patients.

Traitement de la gale croûteuse

Association ivermectine + acaricide topique

La gale croûteuse ne peut pas être traitée par un seul traitement topique. Le traitement de référence associe obligatoirement :

1. Ivermectine orale (Stromectol® 3 mg, génériques) : 200 µg/kg en prise unique, à répéter à J8 et souvent à J15. Des protocoles renforcés pour les formes très sévères prévoient jusqu’à 5 à 7 prises espacées d’une semaine. L’ivermectine est peu ovicide : les prises répétées visent à éliminer les éclosions successives d’œufs.

2. Acaricide topique : perméthrine 5 % crème (Topiscab®) ou benzoate de benzyle 10–25 % (Ascabiol®), appliqué sur l’ensemble du corps (y compris cuir chevelu, visage, sous-ongles) et renouvelé à J8.

3. Kératolytiques : acide salicylique à 5–10 %, vaseline salicylée ou urée 10–20 % pour ramollir et éliminer les croûtes, permettant une meilleure pénétration des acaricides. Des bains tièdes avec brossage doux favorisent le décapage des croûtes avant application du topique.

Conseil pour les équipes soignantes
Dans les formes sévères, le traitement doit être appliqué sur la totalité du tégument : cuir chevelu, conduits auditifs externes, régions péri-unguéales et sous les ongles. Les ongles longs doivent être coupés courts avant traitement. La perméthrine doit rester en contact 8 à 12 heures avant rinçage.

Décontamination de l’environnement

La décontamination de l’environnement est impérative et doit être réalisée simultanément au traitement du patient. Literie et vêtements portés dans les 72 heures précédentes doivent être lavés à 60°C minimum ou mis en sac fermé hermétiquement pendant 72 heures (les sarcoptes survivent 24–72 h à distance de l’hôte). Les surfaces non lavables (fauteuils, matelas, tapis) peuvent être traitées avec un acaricide d’environnement (A-PAR® spray) ou exposées au chaud.

Traitement des contacts

Tous les contacts proches (famille, soignants en contact rapproché) doivent être traités simultanément par ivermectine orale + traitement topique, même asymptomatiques. Dans un contexte institutionnel, l’ensemble du personnel et des résidents d’une aile ou d’un étage peut devoir être traité selon le protocole épidémique de l’ARS.

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Tableau comparatif : gale commune vs gale croûteuse

Caractéristique Gale commune Gale croûteuse
Charge parasitaire 10 à 20 sarcoptes 100 000 à plusieurs millions
Prurit Intense, nocturne Absent ou minime
Lésions Sillons, vésicules perlées Croûtes hyperkératosiques épaisses
Zones atteintes Mains, poignets, plis (dos épargné) Généralisé, dos, cuir chevelu, ongles, face
Contagiosité Modérée (contact prolongé) Extrême (contact indirect possible)
Terrain Immunocompétent Immunodéprimé, personne âgée
Traitement Ivermectine J1–J8 ou topique seul Ivermectine répétée + topique + kératolytique

Suivi et guérison

La guérison de la gale croûteuse est lente et les récidives fréquentes. La disparition des croûtes peut prendre plusieurs semaines après un traitement bien conduit. La guérison est déclarée 4 semaines après la dernière prise, en l’absence de nouvelles lésions actives. Un suivi dermatologique rapproché à J15, J30 et J60 est recommandé. En cas de récidive, rechercher un cas index non traité dans l’entourage ou un échec de décontamination de l’environnement.

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⚠ Consultez rapidement si :

  • patient immunodéprimé avec croûtes épaisses généralisées
  • épidémie en établissement médico-social autour d’un cas croûteux
  • échec du traitement standard de la gale classique
  • extension rapide à l’entourage malgré traitement en cours

FAQ – Questions fréquentes

Qu’est-ce que la gale croûteuse ou norvégienne ?

C’est une forme sévère de gale avec des millions de sarcoptes, survenant chez les immunodéprimés et personnes âgées. Les croûtes hyperkératosiques épaisses sont peu prurigineuses mais extrêmement contagieuses.

Qui est à risque de développer une gale croûteuse ?

Personnes âgées en EHPAD, patients VIH+, transplantés sous immunosuppresseurs, patients sous corticothérapie prolongée. L’application de dermocorticoïdes sur une gale méconnue peut aussi l’induire.

Comment reconnaître la gale croûteuse ?

Plaques hyperkératosiques épaisses grisâtres sur le tronc, dos, paumes, plantes et cuir chevelu. Ongles épaissis et friables. Peu ou pas de prurit – ce qui retarde souvent le diagnostic.

La gale croûteuse est-elle plus contagieuse ?

Oui, extrêmement. Les croûtes renferment des millions de sarcoptes qui se dispersent dans l’environnement. Un patient non diagnostiqué peut déclencher une épidémie institutionnelle touchant des dizaines de personnes.

Quel est le traitement de la gale croûteuse ?

Ivermectine orale répétée (J1, J8, J15 et souvent plus) + acaricide topique (perméthrine 5 % ou benzoate de benzyle) + kératolytiques. Décontamination de l’environnement et traitement simultané de tous les contacts.

Combien de temps pour guérir ?

La guérison est déclarée 4 semaines après la dernière prise de traitement. Plusieurs cures sont souvent nécessaires. Le suivi dermatologique rapproché à J15, J30 et J60 est indispensable.
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À lire aussi sur la gale

Références

Bourkas AN, Pope E. Oral ivermectin treatment for an infant with crusted scabies. CMAJ. 2023;195(9):E334. PMID 36878546

Sunderkötter C, Feldmeier H, Fölster-Holst R, et al. S1 guidelines on the diagnosis and treatment of scabies – short version. J Dtsch Dermatol Ges. 2016;14(11):1155-1167. PMID 27879074

Salavastru CM, Chosidow O, Boffa MJ, et al. European guideline for the management of scabies. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2017;31(8):1248-1253. PMID 28639722

ANSM – RCP Stromectol (ivermectine)

Haute Autorité de Santé (HAS) – Conduite à tenir devant un cas de gale

Antibiotique peau

Mis à jour le 17 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Antibiotiques utilisés en dermatologie

Les antibiotiques en dermatologie se divisent en deux grandes catégories : les antibiotiques locaux, appliqués directement sur la peau sous forme de crèmes ou de gels, et les antibiotiques généraux, administrés par voie orale pour traiter les infections étendues ou les dermatoses inflammatoires comme l’acné. Leur prescription doit être médicalement encadrée pour éviter l’émergence de résistances bactériennes et les réactions allergiques.

En bref : Les antibiotiques locaux (acide fusidique, mupirocine) traitent les infections cutanées superficielles comme l’impétigo, tandis que les cyclines orales (doxycycline) sont réservées aux formes étendues et à l’acné. En France, la durée des cyclines dans l’acné ne doit pas dépasser 3 mois, pour limiter les résistances bactériennes.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Quand consulter en urgence ? Consultez rapidement en cas de fièvre associée à une infection cutanée, d’extension rapide d’une rougeur ou d’un gonflement, de douleur intense disproportionnée par rapport à l’aspect de la peau, ou de réaction allergique sous antibiotique (urticaire, gonflement du visage, difficultés respiratoires – appelez le 15 dans ce dernier cas).

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Principes généraux de l’antibiothérapie cutanée

En dermatologie, les antibiotiques sont indiqués pour traiter des infections bactériennes cutanées (impétigo, folliculites, surinfections de plaies) ou des dermatoses inflammatoires à composante bactérienne comme l’acné ou la rosacée. Le choix entre voie locale et voie générale dépend de l’étendue des lésions, de leur profondeur et de leur sévérité.

ℹ️ Principe fondamental : Tout antibiotique, local ou général, doit être prescrit par un médecin. L’automédication favorise l’émergence de résistances bactériennes et peut masquer un diagnostic plus grave (herpès, eczéma de contact, mycose).
Critère Antibiotique local Antibiotique général
Étendue Lésions localisées Lésions étendues ou multiples
Profondeur Superficielle (épiderme) Profonde (derme, hypoderme)
Effets secondaires Allergie de contact possible Effets digestifs, photosensibilité
Durée habituelle 7 à 14 jours maximum 3 semaines à 3 mois selon indication

Antibiotiques locaux en dermatologie

Les antibiotiques locaux sont disponibles sous forme de crèmes, gels, pommades ou solutions. Ils agissent directement au niveau cutané sans diffusion systémique significative, ce qui limite les effets indésirables généraux. En revanche, ils peuvent provoquer des allergies de contact et favoriser les résistances locales en cas d’usage prolongé.

Acide fusidique

L’acide fusidique est un antibiotique naturel actif principalement sur Staphylococcus aureus, y compris les souches résistantes à la méticilline (SARM) dans certains cas. Il est particulièrement indiqué dans l’impétigo et les surinfections staphylococciques superficielles.

  • Fucidine® – crème et pommade à 2 % d’acide fusidique

Clindamycine

La clindamycine est une lincosamide active sur Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes), la bactérie impliquée dans l’acné. Elle est principalement prescrite dans le traitement local de l’acné inflammatoire légère à modérée, souvent associée à du peroxyde de benzoyle pour limiter les résistances.

Cyclines locales

La chlortétracycline est l’une des rares cyclines disponibles en usage local. Elle présente une activité antibactérienne à large spectre et une légère action anti-inflammatoire.

Érythromycine

L’érythromycine est un macrolide actif sur C. acnes et couramment utilisé dans le traitement local de l’acné. Son usage prolongé en monothérapie est de moins en moins recommandé en raison de l’augmentation des résistances bactériennes observées ces dernières décennies.

Mupirocine

La mupirocine est un antibiotique topique d’origine naturelle, très efficace contre Staphylococcus aureus et Streptococcus pyogenes. Elle est considérée comme le traitement local de référence de l’impétigo et est également utilisée en décolonisation nasale des porteurs de SARM.

Néomycine

La néomycine est un aminoglycoside à large spectre utilisé dans les infections cutanées superficielles. Elle est connue pour son fort potentiel allergisant : c’est l’un des allergènes de contact les plus fréquents testés en patch-test. Son usage doit être limité dans la durée.

⚠️ Rappel clinique : Les antibiotiques locaux ne doivent pas être utilisés sur de grandes surfaces cutanées, sous pansement occlusif prolongé ou en automédication. En cas de rougeurs, démangeaisons ou aggravation sous traitement, arrêtez l’application et consultez.

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Antibiotiques généraux en dermatologie

Les antibiotiques généraux (per os) sont indiqués lorsque les lésions sont trop étendues pour un traitement local, lorsqu’une composante inflammatoire profonde est présente, ou lorsque le traitement topique seul est insuffisant. En dermatologie, les cyclines représentent la classe la plus prescrite, notamment dans l’acné et la rosacée.

Cyclines

Les cyclines sont des antibiotiques bactériostatiques à large spectre, actifs sur C. acnes et dotés d’un effet anti-inflammatoire propre (inhibition des métalloprotéases et des cytokines pro-inflammatoires). Elles constituent le traitement de référence de l’acné modérée à sévère par voie orale, en cure de 3 mois maximum.

☀️ Photosensibilité : Toutes les cyclines augmentent la sensibilité au soleil. Une protection solaire rigoureuse est indispensable tout au long du traitement, notamment pour les doxycyclines.

Doxycycline

La doxycycline est la cycline la plus prescrite en dermatologie française. Elle est indiquée dans l’acné, la rosacée, et certaines infections cutanées (maladie de Lyme, rickettsioses). Elle se prend de préférence pendant le repas pour limiter les troubles digestifs.

Lymécycline

La lymécycline est une prodrogue de la tétracycline, bien tolérée sur le plan digestif et souvent préférée chez les patients présentant une sensibilité gastrique aux autres cyclines. Elle est indiquée dans l’acné per os.

Minocycline

La minocycline possède une bonne pénétration tissulaire et une activité anti-inflammatoire marquée. Elle est efficace dans l’acné mais présente des effets secondaires spécifiques à surveiller : pigmentation cutanée ou muqueuse, lupus médicamenteux (rare), vertiges. Elle nécessite une surveillance médicale régulière.

Résistances bactériennes : un enjeu majeur

L’augmentation des résistances de Cutibacterium acnes aux antibiotiques – notamment à l’érythromycine et à la clindamycine – est documentée depuis les années 1990 et constitue un problème de santé publique en dermatologie. Les recommandations actuelles préconisent :

  • Ne jamais utiliser un antibiotique local en monothérapie prolongée : toujours l’associer à du peroxyde de benzoyle ou à un rétinoïde local
  • Limiter la durée des traitements antibiotiques à 3 mois maximum pour les formes per os
  • Éviter l’association simultanée d’un antibiotique local et d’un antibiotique général de la même classe
  • Ne pas utiliser les antibiotiques comme traitement d’entretien de l’acné
🚨 Automédication déconseillée : L’utilisation d’antibiotiques (locaux ou généraux) sans prescription médicale est non seulement inefficace si le diagnostic est erroné, mais contribue activement à l’émergence de résistances qui rendent les traitements futurs moins efficaces pour l’ensemble de la population.

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Questions fréquentes sur les antibiotiques en dermatologie

Quels antibiotiques locaux sont utilisés en dermatologie ?

Les principaux antibiotiques locaux utilisés en dermatologie sont l’acide fusidique (Fucidine®), la clindamycine (Dalacine T Topic®, Zindacline®), l’érythromycine (Eryacne®, Eryfluid®), la mupirocine (Mupiderm®) et la néomycine (Bacteomycine®). Ils sont indiqués dans les infections cutanées superficielles et l’acné.

Quand prescrit-on des antibiotiques généraux en dermatologie ?

Les antibiotiques généraux sont prescrits lorsque l’infection est étendue, profonde ou ne répond pas aux traitements locaux. En dermatologie, les cyclines (doxycycline, lymécycline, minocycline) sont fréquemment utilisées dans l’acné modérée à sévère et dans la rosacée.

Quelle est la différence entre un antibiotique local et un antibiotique général en dermatologie ?

Un antibiotique local (crème, gel, pommade) agit directement sur la zone cutanée traitée sans passer dans la circulation générale, ce qui limite les effets secondaires systémiques. Un antibiotique général (comprimé, gélule) diffuse dans tout l’organisme et est réservé aux infections étendues ou profondes.

Les antibiotiques locaux peuvent-ils provoquer des résistances ?

Oui. L’utilisation prolongée ou inappropriée d’antibiotiques locaux favorise l’émergence de bactéries résistantes, notamment Staphylococcus aureus résistant à la mupirocine ou Cutibacterium acnes résistant à l’érythromycine. C’est pourquoi leur prescription doit être limitée dans le temps et encadrée médicalement.

La doxycycline est-elle efficace contre l’acné ?

Oui. La doxycycline est l’une des cyclines les plus prescrites dans l’acné modérée à sévère. Elle agit à la fois sur Cutibacterium acnes et par un effet anti-inflammatoire. Elle est utilisée en cure de 3 mois maximum, souvent associée à un traitement local.

Références scientifiques

  1. Walsh TR, Efthimiou J, Dréno B. « Systematic review of antibiotic resistance in acne: an increasing topical and oral threat. » Lancet Infect Dis. 2016;16(3):e23-33. PubMed
  2. Dessinioti C, Katsambas A. « Antibiotics and Antimicrobial Resistance in Acne: Epidemiological Trends and Clinical Practice Considerations. » Yale J Biol Med. 2022;95(4):429-443. PubMed
  3. Dréno B, et al. « Antibiotic stewardship in dermatology: limiting antibiotic use in acne. » Eur J Dermatol. 2014;24(3):330-334. PubMed
  4. Thiboutot D, et al. « New insights into the management of acne. » J Am Acad Dermatol. 2009;60(5 Suppl):S1-50. PubMed
  5. Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). « L’antibiorésistance. » ansm.sante.fr

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