NOUVEAU! 🩺 Mon livre "La peau de l'intérieur" : règles d'or pour une approche médicale et naturelle / soigner sa peau de l'intérieur (intestin-peau, cerveau-peau...)
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La maladie de Paget est une forme de cancer (adénocarcinome) in situ (cantonné à l’épiderme), caractérisé par la prolifération de cellules différentes de kératinocytes épidermiques, les cellules de Paget
On distingue la forme touchant le sein et la forme extra-mammaire
Maladie de Paget mammaire, sur le sein
Femmes entre 50 et 70 ans.
Signes cliniques : un eczema unilatéral du mamelon, extensif et résistant aux crèmes
Au début, lésion croûteuse chronique du mamelon, parfois légèrement suintante.
Un eczema unilatéral du mamelon : attention c’est peut etre une maladie de Paget
Extension progressive, prenant l’aspect d’un eczema du mamelon mais dont les bords sont bien limités : le mamelon et l’aréole sont rouges et squameux, surmontant parfois une zone suintante ou discrètement végétante
Puis évolution vers l’ulcération, la rétraction du mamelon…
Examens complémentaires
Histologie par biopsie devant tout eczema unilatéral du mamelon résistant au traitement (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Recherche par mammographie d’un cancer du sein, de type galactophorique invasif ou in situ, présent dans la quasi totalité des cas.
Traitement
Chirurgical : c’est celui du cancer sous-jacent : mastectomie totale
Maladie de Paget extramammaire (sexe, anus… )
Dans sa localisation extramammaire, la maladie de Paget est moins fréquemment associée à un cancer viscéral sous jacent et sans continuité anatomique (urinaire, prostate… ) puisqu’il n’est présent que dans 1/4 à 1/3 des cas
Le carcinome in situ, cantonné initialement à l’épiderme, peut envahir le derme et de donner des métastases à distance.
La biopsie est indispensable devant toute plaque rouge du sexe résistant aux crèmes
Rechercher des cancers des voies urinaires, de l’utérus et des ovaires et cancer du sein
Maladie de Paget de l’anus
Plaque rouge de l’anus ou de la marge anale, plus ou moins suintante, bien limitée, résistant aux crèmes prescrites par le médecin
Rechercher des cancers du tube digestif dans près de 30 % des cas (carcinome épidermoïde anal, adénocarcinome rectal ou colique) et plus rarement de la prostate.
Rechercher des cancers urinaires ou de la prostate.
Traitement de la maladie de Paget du sexe et de l’anus
Outre le traitement du cancer sous jacent
Exérèse chirugicale souvent difficile car les lésions sont souvent histologiquement multifocales (exérèse incomplète) -> Chirurgie de Mohs si possible.
Maladie de Paget non invasive
Exérèse avec marge saine en profondeur et latéralement Maladie de Paget invasive ou associée à un cancer sous-jacent
Exérèse avec marge de peau saine de 2 cm, associée à un curage des aires ganglionnaires de drainage. Radiothérapie complémentaire en cas de présence de métastases ganglionnaires.
Surveillance de la maladie de Paget du sexe et de l’anus
Surveillance régulière de la peau et des organes de voisinage est indispensable à la recherche de récidives et d’apparition de cancers viscéraux du voisinage :
Maladie de Paget non invasive
Surveillance clinique, tous les 6 mois les trois premières années puis annuelle toute la vie. Recherche régulière de cancer sous-jacent par examens cliniques, biologiques et radiologiques Maladie de Paget invasive ou associée à un cancer sous-jacent
C’est le stade évolutif du cancer invasif et/ou du cancer sous jacent qui dicte la surveillance
Une cicatrice est la résultante d’un acte traumatique touchant la profondeur de la peau.
Certaines cicatrices sont pathologiques, on peut citer parmi celles-ci les cicatrices en creux (cicatrices d’acné par exemple) et les cicatrices en relief (cicatrices hypertrophiques ou chéloides)
Acné cheloidienne de la nuque
Soigner les cheloides
Les cicatrices hypertrophiques ou chéloides sont généralement traitées au moyen de divers traitements combinés entre eux :
cryothérapie
congélation à l’azote liquide,
pressothérapie
compression à l’aide de pansements, souvent après applications sur la cicatrice de crèmes à la cortisone
injections dans la cicatrice de produits à la cortisone,
voire traitements par laser
En savoir plus
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Traitement de la gale : protocole complet pour guérir et éviter les rechutes
On ne guérit pas spontanément de la gale. Le traitement doit être particulièrement soigneux pour éviter toute recontamination. Il repose sur 4 piliers indissociables : consultation médicale, traitement simultané de l’entourage, désinfection des textiles, et traitement antiparasitaire à renouveler obligatoirement.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
N’improvisez pas de traitement par vous-même. Le diagnostic de gale doit être confirmé par un médecin. En cas de possibilité de transmission sexuelle, il prescrira également un bilan sérologique d’IST (syphilis, VIH, hépatites…).
C’est une étape indispensable et souvent négligée, principale cause d’échec du traitement. Le médecin définit les personnes à traiter :
Le ou les partenaires sexuels des derniers mois
Les membres de la famille vivant sous le même toit
Toute personne présentant des démangeaisons dans l’entourage (amis, famille élargie…)
⚠️ Toutes les personnes concernées doivent être traitées le même jour. C’est le seul moyen de rompre le cycle de recontamination.
Étape 3 — Désinfecter les textiles et l’environnement
Sarcopte vu au microscope — survit jusqu’à une semaine hors de son hôte
Le sarcopte survit jusqu’à une semaine dans les textiles. Il faut désinfecter tous les textiles en contact avec la peau du malade depuis une semaine :
Vêtements, draps, serviettes, taies d’oreiller → lavage en machine à 60°C minimum
Textiles ne supportant pas les 60°C → poudre acaricide dans un sac plastique fermé 48h
Matelas, canapés, fauteuils, sièges auto non déhoussables → aspersion de poudre insecticide, laisser agir 24h puis aspirer
Objets en contact avec le corps (brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, housse de siège auto) → traitement acaricide
Tapis et coussins → passer l’aspirateur énergiquement
Idéalement : changer de vêtements, draps et serviettes chaque jour et les laver à 60°C pendant 14 jours.
Étape 4 — Traitements antiparasitaires
💡 Règle absolue : quel que soit le traitement choisi, il doit être renouvelé une deuxième fois entre J8 et J14. Aucun traitement ne détruit les œufs — le traitement tue seulement les adultes et les larves.
Les traitements locaux sont appliqués sur peau sèche, de la tête aux pieds (cuir chevelu inclus), en insistant sur les espaces interdigitaux, les plis inguinaux, le nombril, les organes génitaux, les mains, les pieds et sous les ongles. Temps de contact : 8 à 12 heures. Après application, porter des vêtements propres.
4.1 Traitements locaux (topiques)
Perméthrine 5% — Topiscab® crème
Indications : nourrisson de plus de 2 mois et moins de 15 kg, femme enceinte ou allaitante (ne pas allaiter pendant le traitement). Surveillance étroite recommandée chez les enfants entre 2 mois et 2 ans.
⚠️ En cas d’hypersensibilité aux chrysanthèmes ou autres astéracées (cosmos, dahlia, tournesol…), demander l’avis du médecin.
Mode d’application :
Appliquer en fine couche uniforme sur l’ensemble du corps : cou, nuque, paumes, plantes, espaces interdigitaux, aisselles, organes génitaux, fesses
Visage, oreilles et cuir chevelu non traités — sauf si boutons de gale présents ou patient de plus de 65 ans (éviter contact avec muqueuses et yeux)
Ne pas appliquer autour de la bouche chez l’enfant (risque d’ingestion par léchage)
Laisser agir au moins 8 heures — appliquer le soir, ne pas se laver pendant ce temps
Si lavage accidentel des mains ou des fesses pendant les 8h, réappliquer immédiatement sur ces zones
Posologie selon le poids :
Adulte et adolescent > 12 ans : 30 g (tube entier)
Enfant 6–12 ans : 15 g (demi-tube)
Enfant 1–5 ans : 7,5 g (environ 2 noisettes)
Nourrisson 2 mois–1 an : 3,75 g (environ 1 noisette)
Benzoate de benzyle — Ascabiol® lotion
Traitement classique utilisable dès 1 mois de vie. Peut être irritant — une crème cortisonée peut être prescrite après le traitement. Application au pinceau sur tout le corps sauf visage et muqueuses génitales.
Protocole jour par jour :
J0 — 1re application
Douche le soir, se sécher avec une serviette propre, mettre des vêtements propres, changer les draps
Appliquer Ascabiol à la compresse (pas de coton ni de lingette) en 2 couches successives à 10–15 min d’intervalle sur tout le corps : plis cutanés, espaces interdigitaux, sous les seins, nombril, parties génitales, sous les ongles, cuir chevelu — éviter visage et muqueuses
Une seule couche chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 2 mois
Temps de contact : 24h chez l’adulte — 6 à 12h chez l’enfant de moins de 2 ans (renouveler l’application le lendemain soir)
Désinfection de la literie (matelas, sommier), moquettes et mobiliers absorbants avec un acaricide
Lessive à 60°C de tout le linge — ou acaricide en sac plastique fermé 3h minimum — ou quarantaine 5 jours en sac fermé à > 20°C
Traitement des objets en contact avec la peau (chaussures, peluches, brassard de tension…)
Aspiration énergique des tapis et coussins
J8 — 2e application selon les mêmes modalités qu’à J0
J9 — 2e traitement de l’environnement selon les mêmes modalités qu’à J1
Pyréthrine — Spregal® spray
Appliqué en une seule pulvérisation dans une pièce bien aérée, en évitant le visage. Rinçage à l’eau 12h après. Contre-indiqué chez les asthmatiques et en cas d’antécédent de bronchiolite chez l’enfant.
Soufre — traitement naturel
Le soufre concentré (6 à 33%) en crème, pommade ou lotion est le plus ancien traitement antiparasitaire. Autorisé pendant la grossesse. Efficace s’il est appliqué 3 jours consécutifs.
Indications : à partir de 15 kg, hors grossesse et allaitement. Le Stromectol ne tue que les adultes et les larves — pas les œufs. Il est prescrit en deux prises espacées de 8 à 14 jours.
Posologie selon le poids :
15–24 kg → 1 comprimé
25–35 kg → 2 comprimés
36–50 kg → 3 comprimés
51–65 kg → 4 comprimés
66–79 kg → 5 comprimés
Modalités : prise unique à jeun (2h avant ou 2h après un repas). Porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des draps propres après la prise. Renouveler la même dose à J8 avec nouveau traitement de l’environnement.
Comparatif des traitements de la gale
Traitement
Voie
Dès quel âge / poids
Grossesse
Particularités
Ivermectine (Stromectol®)
Oral
≥ 15 kg
Contre-indiqué
2 prises à J0 et J8–J14, à jeun
Perméthrine 5% (Topiscab®)
Local
≥ 2 mois
Autorisé
Référence nourrisson et femme enceinte
Benzoate de benzyle (Ascabiol®)
Local
≥ 1 mois
1 couche seulement
Peut être irritant, protocole J0/J1/J8/J9
Soufre
Local
Tous âges
Autorisé
3 applications consécutives, odeur forte
Pyréthrine (Spregal®)
Local (spray)
Tous âges
Possible
Contre-indiqué asthmatiques et ATCD bronchiolite
Comment savoir si je suis guéri de la gale ?
L’infestation est considérée comme guérie s’il n’y a plus de boutons de gale ni de démangeaisons nocturnes une semaine après l’arrêt du traitement.
💡 Des démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement efficace — il s’agit d’une réaction inflammatoire résiduelle, pas d’un échec. Au-delà de 4 semaines, envisager une réinfestation.
Gale qui ne guérit pas — que faire ?
Démangeaisons persistantes après traitement
La première cause de persistance est un traitement effectué en une seule fois au lieu de deux. Autres causes possibles :
Irritation cutanée due au traitement local (fréquent avec l’Ascabiol)
Persistance de nodules scabieux (boules rouges dans les plis et organes génitaux, pouvant persister plusieurs semaines même après guérison)
Recontamination par un proche non traité — tout votre entourage a-t-il été traité simultanément ?
Mauvaise désinfection du linge — tout a-t-il été lavé à 60°C ou traité en sac plastique avec acaricide 48h ?
En cas de doute, reconsultez votre médecin pour vérifier si le traitement a été bien conduit et décider s’il doit être renouvelé.
Gale profuse et gale en collectivité
La gale profuse (croûteuse ou norvégienne) et les épidémies en collectivité (maisons de retraite, crèches, casernes…) nécessitent une prise en charge spécifique avec souvent une combinaison ivermectine + traitement local. Voir notre article sur la gale profuse.
Questions fréquentes sur le traitement de la gale
Pourquoi faut-il renouveler le traitement ?
Aucun traitement ne détruit les œufs de sarcopte. La première application élimine les adultes et larves présents. La deuxième, à J8–J14, élimine les sarcoptes éclos après la première application. Sans ce renouvellement, la gale récidive quasi systématiquement.
Peut-on utiliser le Stromectol pendant la grossesse ?
Non. L’ivermectine est contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement, et chez l’enfant de moins de 15 kg. Le traitement de référence dans ces situations est la perméthrine (Topiscab®) ou le soufre.
Faut-il traiter les animaux de compagnie ?
Non. La gale humaine est due à Sarcoptes scabiei var. hominis, une espèce strictement humaine. Les animaux domestiques ne transmettent pas la gale humaine et n’ont pas besoin d’être traités dans ce contexte.
Combien de temps est-on contagieux avec la gale ?
On est contagieux dès l’infestation, avant même l’apparition des symptômes, et jusqu’à la fin du traitement complet (incluant la 2e application). Il est conseillé d’éviter les contacts cutanés prolongés avec l’entourage non traité jusqu’à la fin du protocole.
Peut-on aller travailler ou à l’école pendant le traitement ?
Après la première application du traitement et le changement des vêtements, le retour au travail ou à l’école est possible dès le lendemain dans la plupart des cas. En collectivité (crèche, maison de retraite), des mesures spécifiques sont requises — à discuter avec le médecin.
Les démangeaisons persistent 3 semaines après traitement, est-ce normal ?
Oui, c’est possible. Une réaction inflammatoire peut maintenir des démangeaisons jusqu’à 4 semaines après un traitement efficace. Des dermocorticoïdes peuvent être prescrits pour soulager. Au-delà de 4 semaines ou en cas d’aggravation, une réinfestation doit être envisagée — consultez votre médecin.
Peut-on combiner ivermectine et traitement local ?
Oui, dans certains cas. La combinaison ivermectine orale + perméthrine ou benzoate de benzyle local est recommandée pour les gales profuses (croûteuses), les épidémies en collectivité, et les cas résistants. Cette association améliore les taux de guérison par rapport à chaque traitement seul. Elle est décidée par le médecin selon le contexte clinique.
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Acné du nourrisson et du bébé : pustulose céphalique ou acné infantile ?
L' »acné du nourrisson » est un terme souvent utilisé à tort pour désigner deux entités très différentes qui n’ont en commun que leur localisation sur le visage du bébé. La distinction est essentielle car le pronostic, le mécanisme et la prise en charge sont radicalement différents. Cette confusion est à l’origine de nombreuses consultations inutilement anxieuses — et parfois de traitements inadaptés.
La pustulose céphalique néonatale — entre 2 et 6 semaines de vie
La pustulose céphalique néonatale apparaît classiquement entre 2 et 6 semaines de vie. Elle est improprement appelée « acné du nourrisson » car elle n’a pas le même mécanisme que l’acné vraie.
Mécanisme : elle est due à la levure Malassezia (et non à des hormones comme l’acné). Ce champignon fait partie de la flore cutanée normale mais provoque une réaction inflammatoire folliculaire chez certains nouveau-nés.
Aspect clinique : petites papules et pustules rouges sur les joues, le front et le menton — sans comédons (pas de points noirs ni de microkystes). L’absence de comédons est le signe distinctif par rapport à l’acné infantile vraie.
Évolution : bénigne et spontanément résolutive en quelques semaines à mois dans la majorité des cas, sans traitement. En cas de lésions importantes, des topiques antifongiques (kétoconazole crème) peuvent accélérer la guérison.
💡 Rassurant pour les parents : la pustulose céphalique néonatale n’a aucun lien avec le risque de faire de l’acné à l’adolescence. Ce n’est pas une « vraie » acné hormonale.
L’acné infantile — entre 6 mois et 2 ans
L’acné infantile est une acné vraie survenant entre 6 mois et 2 ans, beaucoup plus rare que la pustulose céphalique. Elle touche principalement les garçons et survient souvent dans un contexte d’antécédents familiaux d’acné sévère.
Mécanisme : contrairement à la pustulose céphalique, l’acné infantile est bien une acné hormonale — liée à une hyperstimulation transitoire des glandes sébacées par les androgènes surrénaliens produits en quantité significative dans la première année de vie.
Aspect clinique : présence de comédons (points noirs et microkystes), papules et pustules inflammatoires — parfois nodules. La présence de comédons est le critère diagnostique qui distingue l’acné infantile de la pustulose céphalique. Localisation : visage principalement.
Bilan hormonal : si l’examen clinique de l’enfant est normal (pas de signes d’hyperandrogénie — pilosité excessive, virilisation, avance staturale), il n’est généralement pas utile de réaliser un bilan sanguin hormonal. Ce bilan est en revanche indispensable si l’acné est sévère, précoce (avant 6 mois) ou associée à des signes cliniques évocateurs d’hyperandrogénie.
Traitement : l’acné infantile se traite comme une acné vraie, en adaptant les molécules à l’âge :
Le peroxyde de benzoyle en faible concentration est utilisable en topique. Les rétinoïdes topiques (trétinoïne, adapalène) peuvent être prescrits par le dermatologue. Le zinc oral peut être utile dans les formes modérées. Les cyclines sont formellement contre-indiquées avant 8 ans — elles provoquent une coloration grisâtre permanente des dents en développement (chélation du calcium osseux et dentaire). L’érythromycine orale est l’alternative antibiotique en cas de besoin.
Une question non résolue : le rôle favorisant du fluor (supplémentation en prévention des caries) dans l’acné infantile est évoqué dans la littérature mais non formellement établi. En cas d’acné infantile résistante, certains auteurs recommandent d’interrompre temporairement la supplémentation fluorée pour évaluer un éventuel lien.
Tableau comparatif — pustulose céphalique vs acné infantile
Pustulose céphalique néonatale
Acné infantile vraie
Âge d’apparition
2 à 6 semaines de vie
6 mois à 2 ans
Mécanisme
Levure Malassezia
Hormonal — androgènes surrénaliens
Comédons
Absents
Présents (points noirs, microkystes)
Sexe prédominant
Indifférent
Garçons ++
Évolution spontanée
Guérison spontanée en semaines
Persistance — traitement nécessaire
Traitement
Antifongique topique si besoin
Rétinoïdes topiques, PBO, zinc (cyclines CI)
Lien avec acné adulte
Aucun
Possible — risque d’acné sévère à l’adolescence
Questions fréquentes
Mon bébé de 3 semaines a des boutons sur les joues — est-ce de l’acné ?
Non — avant 6 semaines, il s’agit de pustulose céphalique néonatale, due à la levure Malassezia et non à des hormones. Ce n’est pas une vraie acné. Elle régresse spontanément en quelques semaines sans traitement dans la grande majorité des cas. Aucun lien avec l’acné future.
Comment savoir si mon bébé a une acné infantile vraie ou une pustulose ?
Le signe distinctif est la présence de comédons (points noirs et microkystes) : l’acné infantile en a, la pustulose céphalique n’en a pas. L’âge oriente aussi : avant 6 semaines = pustulose ; après 6 mois = acné infantile possible. En cas de doute, une consultation dermatologique permet de trancher facilement à l’examen clinique.
L’acné infantile nécessite-t-elle un bilan hormonal ?
Très rarement. Si l’enfant est cliniquement normal (pas de signe d’hyperandrogénie : pilosité excessive, avance de croissance, virilisation), un bilan hormonal n’est pas nécessaire. Il est indiqué en cas d’acné très sévère, apparue très tôt (avant 6 mois), ou associée à des signes cliniques évocateurs d’une pathologie surrénalienne ou gonadique.
Pourquoi les cyclines sont-elles interdites chez le nourrisson ?
Les cyclines (doxycycline, tétracycline) se fixent sur le calcium en formation — elles provoquent une coloration grisâtre permanente des dents définitives et une perturbation de la minéralisation osseuse chez l’enfant de moins de 8 ans. Cette contre-indication est absolue avant 8 ans. L’érythromycine orale est l’alternative antibiotique utilisable chez le nourrisson.
L’acné infantile prédit-elle une acné sévère à l’adolescence ?
Un antécédent d’acné infantile vraie est associé à un risque accru d’acné plus sévère à la puberté, particulièrement lorsqu’il existe des antécédents familiaux d’acné sévère. Ce n’est pas systématique, mais le suivi dermatologique dès le début de l’adolescence est recommandé chez ces enfants.
Le visage, constamment en contact avec nos interlocuteurs, est un peu notre reflet… avoir des plaques rouges sur le nez, le menton, les joues, le front n’est jamais agréable
Rosacée, une cause de plaques rouges du visage
En cas de plaques rouges sur le visage, il faut consulter :
La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques rouges sur le visage
Le médecin va s’orienter en fonction d’éléments anamnestiques (est-ce que ce sont des plaques rouges qui grattent, qui brulent… ), topographiques (plaques rouges sur les joues uniquement… ) et cliniques (pustules, folliculite, points noirs, fièvre… )
Il évoquera plusieurs diagnostics, on peut citer parmi ceux-ci :
La dermatite atopique touche surtout les enfants ou les jeunes adultes, sous la forme de plaques du visage, des plis des coudes, derrière les genoux… et la dermatite atopique peut donner des plaques seches et rugueuses du dos, souvent un peu plus claires que la peau saine (dartres)
Plaques rouges qui grattent sur le ventre : causes, diagnostic et quand consulter
Vous avez des plaques sur le ventre qui démangent et vous ne savez pas d’où elles viennent ?
Des plaques rouges prurigineuses sur l’abdomen peuvent avoir de nombreuses origines : dermatite atopique, psoriasis péri-ombilical, eczéma de contact, mycose, gale… Seul un dermatologue peut poser un diagnostic précis et vous proposer le traitement adapté.
Les plaques qui démangent sur le ventre sont l’un des motifs les plus fréquents de consultation dermatologique. Contrairement aux boutons isolés (voir notre page dédiée aux boutons qui grattent sur le ventre), une plaque désigne ici une zone érythémateuse étendue, souvent confluente, aux contours plus ou moins bien définis. La peau abdominale est naturellement sèche et soumise aux frottements vestimentaires, deux facteurs qui aggravent les démangeaisons et peuvent entretenir un cycle grattage-inflammation.
Dans cet article, je passe en revue les principales causes de plaques prurigineuses abdominales, les indices diagnostiques qui permettent de les distinguer et les principes généraux de prise en charge.
Une plaque cutanée est, en dermatologie, une lésion surélevée ou non, d’au moins 1 cm de diamètre, présentant une modification de couleur et/ou de texture par rapport à la peau saine environnante. Sur le ventre, la surface cutanée est large et les vêtements créent des frottements permanents ; la transpiration dans les plis abdominaux peut en outre macérer la peau et favoriser l’apparition de certaines dermatoses (mycoses, intertrigo). La peau abdominale est également moins exposée au soleil que les membres, ce qui peut modifier l’aspect clinique de certaines affections.
Plusieurs éléments orientent le diagnostic dès la première observation :
Élément clinique
Ce qu’il évoque
Plaque rouge squameuse, bords nets, centre plus pâle
Psoriasis ou mycose (dermatophytie)
Plaque sèche, rugueuse, légèrement plus claire que la peau saine
Dermatite atopique
Plaque rouge vésiculeuse ou suintante, localisée au nombril
Eczéma de contact (allergie au nickel du bouton de jean’s)
Grande plaque ovale initiale puis floraison de petites plaques
Pityriasis rosé de Gibert
Plaques fugaces, œdémateuses, ressemblant à des piqûres d’ortie
Urticaire
Démangeaisons nocturnes intenses, boutons sur les poignets et le sexe
Gale
Plaques squameuses s’étendant progressivement en anneau
Petites tuméfactions ombiliquées sur fond eczémateux
Présentes si fond atopique
Oui (virus)
Impétigo
Placards croûteux jaunâtres (croûtes « miel »)
Modérées
Oui (bactéries)
ℹ Boutons ou plaques ?
Cette page traite spécifiquement des plaques (lésions étendues, confluentes). Si vous constatez plutôt des boutons isolés, consultez notre article dédié : boutons qui grattent sur le ventre.
Dermatite atopique
La dermatite atopique est la première cause de plaques prurigineuses chez l’enfant et le jeune adulte. C’est une maladie inflammatoire chronique liée à une dysfonction de la barrière cutanée, entretenue par une réponse immunitaire de type Th2. Sur le ventre, les lésions se présentent typiquement comme des plaques sèches et rugueuses, parfois légèrement hypopigmentées par rapport à la peau saine — un signe évocateur souvent négligé. Les grands plis (coudes, derrière les genoux) sont les sites de prédilection classiques, mais le tronc abdominal peut être touché, notamment chez l’enfant en bas âge où la distribution est volontiers diffuse.
Le prurit est intense, volontiers nocturne, et son retentissement sur la qualité de vie peut être considérable. Les poussées sont favorisées par la chaleur, la sudation, certains tissus synthétiques et le stress. La prise en charge repose sur l’émollientation quotidienne de la peau, les dermocorticoïdes en poussée, et pour les formes sévères les immunomodulateurs topiques ou les biothérapies (dupilumab).
Eczema atopique des coudes
Psoriasis
Le psoriasis est une dermatose inflammatoire chronique touchant environ 2 à 3 % de la population. Sur le ventre, il réalise des plaques érythémato-squameuses bien délimitées, recouvertes de squames blanchâtres, localisées de façon caractéristique autour de l’ombilic (nombril). Cette localisation péri-ombilicale est l’une des plus fréquentes sur le tronc et doit être systématiquement recherchée lors de l’examen dermatologique. Une étude publiée dans Pubmed a montré que le psoriasis ombilical était associé à un indice de masse corporelle plus élevé, le frottement des vêtements sur cette zone jouant probablement un rôle de facteur de Koebner local.
Les démangeaisons sont variables : souvent modérées en phase stable, elles peuvent devenir intenses lors des poussées. Le psoriasis en gouttes (guttate psoriasis), secondaire à une infection streptococcique, peut se manifester par une floraison de petites plaques sur le tronc, parfois difficile à distinguer d’un pityriasis rosé. Voir aussi notre article sur les biothérapies du psoriasis.
Plaque de psoriasis
Eczéma de contact — l’allergie au nickel du bouton de jean’s
L’eczéma de contact du ventre est souvent la conséquence d’une allergie au nickel du bouton métallique des jeans. La plaque eczémateuse siège alors exactement sous le bouton, dans la région péri-ombilicale basse, avec des vésicules, un suintement et des croûtes lors des poussées. L’éviction de l’allergène est indispensable : certains boutons de jean peuvent être recouverts d’un vernis protecteur ou remplacés par des boutons plastique. Le diagnostic est confirmé par les patch-tests épicutanés. Pour en savoir plus, consultez notre article dédié à l’eczéma du ventre.
Plaque d’eczema
Pityriasis rosé de Gibert
Le pityriasis rosé de Gibert est une éruption cutanée bénigne d’origine virale présumée (herpèsvirus humain 6 et 7 souvent impliqués), typique de l’adulte jeune. L’éruption débute par un médaillon initial — une grande plaque ovalaire rose saumoné, souvent sur le tronc ou le ventre — puis, quelques jours à deux semaines plus tard, apparaît une efflorescence de petites plaques ovales dont l’orientation suit les lignes de tension cutanée, réalisant un aspect caractéristique « en sapin de Noël » dans le dos. Les démangeaisons sont modérées, parfois absentes. La guérison est spontanée en 6 à 8 semaines sans traitement spécifique.
Pityriasis rosé : le médaillon initial
Mycose cutanée (dermatophytie)
La mycose de la peau du tronc (souvent due à Trichophyton rubrum ou Trichophyton tonsurans) se présente sous la forme d’une plaque rouge annulaire, à extension centrifuge progressive, avec une bordure active légèrement squameuse et un centre qui tend à s’éclaircir. C’est l’aspect dit « herpès circiné » ou teigne du corps. Les plaques peuvent se multiplier et confluer, réalisant des formes profuses difficiles à rattacher au diagnostic fongique sans examen mycologique. Le traitement repose sur les antifongiques topiques (éconazole, bifonazole) en première intention, ou oraux pour les formes étendues.
Mycose de la peau à type de dermatophytie (herpes circine)Plaque de boutons rouges qui grattent sur le tronc : dermatophytie (mycose) profuse
Gale
La gale est causée par l’acarien Sarcoptes scabiei var. hominis, transmis par contact cutané direct prolongé. Le ventre est l’une des localisations électives des sillons scabieux et des papules ; les démangeaisons sont caractéristiquement nocturnes, souvent intolérables, et l’atteinte de l’entourage est très évocatrice. Chez l’adulte, les espaces interdigitaux, les poignets, la région ombilicale, les organes génitaux et les fesses sont les sites préférentiels. Un traitement antiparasitaire (perméthrine topique ou ivermectine orale) doit être institué simultanément pour tous les sujets contacts.
Boutons de gale
Urticaire
L’urticaire réalise des plaques œdémateuses rosées, ressemblant à des piqûres d’ortie, extrêmement prurigineuses. La caractéristique essentielle est la fugacité des lésions : chaque plaque disparaît en moins de 24 heures mais de nouvelles apparaissent sur d’autres zones. L’urticaire peut toucher tout le corps, dont l’abdomen. Les causes sont multiples : médicament, aliment, infection, effort physique, ou idiopathique. Un bilan allergologique est indiqué en cas d’urticaire récidivante ou chronique.
Urticaire
Molluscums contagiosum
Les molluscums contagiosum sont des petites tuméfactions ombiliquées d’origine virale (poxvirus), fréquentes chez l’enfant atopique. Ils siègent souvent sur les plaques d’eczéma, dont ils exploitent la rupture de barrière cutanée pour se propager. Sur le ventre, ils peuvent être nombreux et disséminés. Le traitement, lorsqu’il est nécessaire, peut faire appel à la cryothérapie, l’hydroxyde de potassium topique ou le curetage.
Mollusca contagiosa : les molluscum contagiosum se présentent comme de petites tuméfactions ombiliquées
Impétigo
L’impétigo est une infection bactérienne superficielle de la peau, due à Staphylococcus aureus et/ou Streptococcus pyogenes, fréquente chez l’enfant. Les lésions se présentent comme des placards érythémateux recouverts de croûtes jaunâtres caractéristiques dites « en miel ». L’impétigo est très contagieux par contact direct et se propage facilement dans la fratrie ou en collectivité. Le traitement repose sur les antibiotiques locaux (acide fusidique, mupirocine) ou oraux selon l’étendue.
Impetigo croûteux à type de pyodermite
Quand et comment consulter ?
La consultation médicale est indispensable dès lors qu’une plaque persiste plus de quelques jours, s’étend, suinte, ou que les démangeaisons altèrent le sommeil ou la qualité de vie. Avant la consultation, le médecin recueillera vos antécédents personnels et familiaux (atopie, psoriasis), vos traitements en cours, la notion d’un contage (entourage grattant), les circonstances d’apparition et l’évolution dans le temps. L’examen clinique permet souvent de poser le diagnostic. En cas de doute, des examens complémentaires peuvent être demandés : prélèvement mycologique, patch-tests, biopsie cutanée.
Délais de rendez-vous trop longs ?
Besoin de l’avis d’un spécialiste rapidement ? Le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, propose des téléconsultations par vidéo avec des rendez-vous disponibles souvent rapidement.
Zona intercostal — une cause moins fréquente mais à ne pas manquer
FAQ — Questions fréquentes sur les plaques qui grattent sur le ventre
Peut-on mettre une crème cortisone sur une plaque rouge du ventre sans consulter ?
Il est déconseillé d’appliquer une crème cortisonée sans diagnostic préalable. Certaines causes (gale, mycose) peuvent être aggravées par les corticoïdes topiques. Si les lésions s’étendent malgré le traitement, cela doit alerter. Une consultation — y compris en téléconsultation — permet de sécuriser la prise en charge.
Comment différencier une mycose d’un psoriasis sur le ventre ?
Le psoriasis forme des plaques stables, épaisses, recouvertes de squames argentées, souvent symétriques et volontiers péri-ombilicales. La mycose, elle, s’étend progressivement en anneau avec une bordure active et un centre qui s’améliore. Un prélèvement mycologique (scotch-test ou grattage) peut confirmer le diagnostic fongique en cas de doute.
Une plaque rouge sur le ventre peut-elle être liée à un problème interne grave ?
Dans la grande majorité des cas, les plaques prurigineuses de l’abdomen sont bénignes. Toutefois, une plaque ombilicale nodulaire, saignante ou indurée doit toujours faire évoquer un diagnostic plus sérieux (endométriose cutanée, nodule de sœur Marie-Joseph dans un contexte de cancer viscéral). Une consultation dermatologique est indispensable en cas de plaque atypique résistant aux traitements usuels.
Les plaques sur le ventre en fin de grossesse sont-elles normales ?
Une éruption prurigineuse spécifique de la grossesse, la PUPPP (pruritic urticarial papules and plaques of pregnancy), peut provoquer des plaques démangeantes sur l’abdomen à partir du troisième trimestre. Elle est bénigne mais nécessite une prise en charge médicale pour soulager les symptômes.
Quel est le lien entre sécheresse cutanée et plaques qui grattent sur le ventre ?
La xérose cutanée (peau sèche) est un facteur aggravant majeur du prurit, quel que soit le diagnostic sous-jacent. Sur l’abdomen, la peau est naturellement plus fine et moins sébacée que sur les membres ; les frottements vestimentaires accentuent la déshydratation cutanée. L’émollientation quotidienne (crèmes nourrissantes, huiles de soin) constitue la base de tout traitement dermatologique du ventre, en complément du traitement spécifique.
Besoin d’un avis dermatologique ?
Le Dr Rousseau reçoit en téléconsultation, sans délai d’attente excessif. Diagnostic précis et ordonnance si nécessaire dès la première consultation.
Heidenreich R, Röcken M, Ghoreschi K. Pruritus and atopic dermatitis. J Dtsch Dermatol Ges. 2006;4(8):642–648. PMID 21207193
Daye M, Cihan FG, Durduran Y. Evaluation of skin problems and dermatology referrals in nursing home patients. Skin Pharmacol Physiol. 2019. Atopic dermatitis review : PMID 39659858
Zenke Y et al. Umbilical psoriasis is not relevant to psoriatic arthritis. J Dermatol. 2024. PMID 38444095
Elmets CA et al. Psoriasis: Recognition and Management Strategies. Am Fam Physician. 2024. PMID 38215417
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue
Plaques rouges qui grattent sur les jambes : comment les reconnaître et les distinguer
Les plaques rouges qui démangent sur les jambes sont l’un des symptômes dermatologiques les plus fréquents en consultation. Une plaque — lésion étendue, confluente, couvrant plusieurs centimètres carrés — n’est pas la même chose qu’un bouton isolé. Sa reconnaissance précise change radicalement le diagnostic et le traitement. Or, plusieurs maladies de peau d’aspect très similaire — psoriasis, eczéma, mycose, lichen plan — ont des traitements opposés : appliquer une crème antifongique sur un psoriasis aggrave les lésions, un dermocorticoïde sur une mycose la fait proliférer. La peau des jambes est anatomiquement particulière : sèche, exposée aux traumatismes, dépendante d’une circulation veineuse de retour parfois défaillante. Ces caractéristiques expliquent pourquoi certaines dermatoses y siègent préférentiellement et pourquoi un diagnostic précis, posé par un médecin, est toujours indispensable avant tout traitement.
→ Vous cherchez plutôt des petits boutons (lésions punctiformes) sur la jambe ? Voir l’article dédié : bouton qui gratte sur la jambe.
Cet article en vidéo :
Plaque rouge persistante, qui s’étend ou résiste aux traitements habituels ?
Un diagnostic précis est la condition d’un traitement efficace. Consulter le Dr Rousseau en téléconsultation →
1. La démarche du médecin face à une plaque rouge des jambes
Le médecin commence par un interrogatoire structuré : date de début, évolution (progression, stabilité, régression spontanée), caractère bilatéral ou unilatéral, horaire des démangeaisons (nocturnes ou continues), antécédents personnels ou familiaux de psoriasis ou d’atopie, traitements en cours, contact avec des animaux ou des voyages récents.
L’examen clinique s’appuie sur :
La topographie des lésions : face d’extension des genoux (psoriasis), chevilles et face interne (eczéma variqueux), poignets et jambes (lichen plan), cuisses (kératose pilaire)
Les caractéristiques de la plaque : bords nets ou flous, squames sèches ou suintement, couleur (rouge vif, violacée, rosée, brune)
La dermoscopie — loupe posée à même la peau — qui permet de distinguer les vaisseaux en points rouges (psoriasis), les vaisseaux en glomérules (eczéma nummulaire), le réseau blanc (lichen plan)
Dermatoscope
La dermoscopie : indispensable pour distinguer les plaques
Le dermoscope permet au dermatologue de voir ce que l’œil nu ne perçoit pas. Dans les plaques des jambes, il distingue les vaisseaux en points rouges réguliers du psoriasis, les squames blanches périfolliculo-kératinisées de la kératose pilaire, le réseau blanc brillant du lichen plan, ou la trame vasculaire désorganisée d’un eczéma nummulaire. Il peut aussi orienter vers une mycose (présence de filaments hyperkératosiques en bordure) ou vers une néoplasie (eczéma psoriasiforme résistant à biopsier). Ce geste indolore, réalisé en quelques secondes, change souvent radicalement l’orientation diagnostique.
2. Tableau d’orientation : les grandes plaques prurigineuses des jambes
Diagnostic
Aspect de la plaque
Localisation préférentielle
Signe distinctif
Psoriasis
Rouge vif, squames argentées épaisses, bords très nets
Genoux, tibias, faces d’extension
Signe d’Auspitz (saignement en rosée au grattage), plaque symétrique
Eczéma nummulaire
Plaque ronde ou ovale, suintante, mal délimitée, très prurigineuse
Jambes, avant-bras
Vésicules en périphérie, croûtes melicériques, souvent associé à la sécheresse cutanée
Eczéma variqueux
Rouge à brun, squameux, avec pigmentation séquellaire
Plaque arrondie à bordure active squameuse, guérison centrale
Jambes, tronc
Aspect en anneau (herpès circiné), prélèvement positif en mycologie
Lichen plan
Papules violacées polygonales confluant en plaques
Poignets, chevilles, jambes
Stries de Wickham blanches, très prurigineux
Dermatite atopique
Plaques sèches, lichénifiées, à bords flous
Plis du genou, jambes chez l’adulte
Antécédents atopiques personnels ou familiaux, début dans l’enfance
Kératose pilaire
Micropapules folliculaires sur fond érythémateux, aspect « râpe à fromage »
Cuisses, bras (face externe)
Très fréquente chez les sujets jeunes, aggravée en hiver, bénigne
Urticaire
Plaques roses fugaces, migratrices, disparaissant en < 24 h
N’importe où, dont les jambes
Caractère transitoire et migratoire, œdème associé possible
3. Dermatoses inflammatoires chroniques
Kératose pilaire
La kératose pilaire forme de petits boutons rouges et râpeux surtout sur les cuisses et le haut des bras, parfois confluant en plaques érythémateuses diffuses.
La dermatite atopique touche surtout les enfants et les jeunes adultes. Elle donne des plaques sèches et rugueuses des jambes, des plis et derrière les genoux.
Le psoriasis en plaques siège élecitement sur les genoux et les tibias : plaques bien délimitées, rouge vif, recouvertes de squames argentées épaisses. Il touche 2 à 3 % de la population mondiale. Le prurit est présent dans 60 à 90 % des cas. Son impact sur la qualité de vie est majeur — les jambes constituent l’une des localisations les plus invalidantes, notamment dans la vie sociale. La prévalence mondiale est estimée à 2 % soit 60 millions de personnes — Griffiths et al., Clin Exp Dermatol 2021 (PMID 34001566).
L’eczéma peut donner des plaques très prurigineuses sur les jambes. Ses causes sont multiples : eczéma variqueux lié à l’insuffisance veineuse, eczéma nummulaire (plaques rondes en « pièces de monnaie »), eczéma de contact allergique, ou dermatite atopique. Voir l’article détaillé sur l’eczéma des jambes.
Plaque d’eczema
Lichen plan
Le lichen plan prend la forme de papules violacées polygonales très prurigineuses, siégeant sur les poignets et les jambes. Les stries de Wickham — lignes blanches visibles à la dermoscopie — sont caractéristiques.
Lichen plan
Urticaire
L’urticaire a la forme de piqûres d’orties, démange beaucoup, mais chaque plaque disparaît en moins de 24 heures et migre — c’est ce caractère fugace et migratoire qui distingue l’urticaire de toutes les autres plaques.
Urticaire
4. Causes infectieuses
Mycose de la peau (dermatophytie)
La mycose cutanée se présente comme une plaque arrondie à bordure active squameuse et érythémateuse, s’agrandissant progressivement par la périphérie, avec parfois une guérison centrale — donnant l’aspect caractéristique en anneau (herpès circiné). Elle peut être prurigineuse.
Mycose de la peau à type de dermatophytie (herpes circine)Mycose de la jambe
Molluscum contagiosum
De petites tuméfactions nacrées ombiliquées d’origine virale, parfois posées sur des plaques d’eczéma chez l’enfant atopique. Voir l’article consacré aux molluscums contagiosums.
Mollusca contagiosa : les molluscum contagiosum se présentent comme de petites tuméfactions ombiliquées
Impétigo
L’impétigo peut donner des plaques croûteuses jaunâtres melicériques sur fond rouge, fréquentes chez l’enfant, très contagieuses.
L’insuffisance veineuse chronique est une cause très fréquente et souvent méconnue de plaques rouges et prurigineuses des jambes, particulièrement après 50 ans. La stase veineuse génère une inflammation locale qui se traduit par un eczéma variqueux : plaques rouges squameuses prurigineuses, siégeant autour des chevilles et sur la face interne des jambes, souvent accompagnées d’une dermite ocre (coloration brun-ocre liée aux dépôts d’hémosidérine) et d’un œdème vespéral.
Eczéma variqueux : le traitement de la cause veineuse est indispensable
Traiter l’eczéma variqueux uniquement par des crèmes sans corriger l’insuffisance veineuse sous-jacente est voué à l’échec. La contention veineuse adaptée (bas de compression classe II ou III), associée à un éventuel bilan doppler veineux, est le pilier de la prise en charge. L’eczéma de contact aux crèmes appliquées sur les jambes (lanoline, néomycine, parfums) est une cause fréquente d’aggravation — des patch-tests sont parfois nécessaires. Sans traitement de la cause, l’eczéma variqueux peut évoluer vers un ulcère de jambe veineux.
Plaque rouge autour des chevilles, jambes gonflées le soir ?
L’eczéma variqueux est souvent confondu avec d’autres dermatoses. Un bilan vasculaire et un avis dermatologique permettent d’orienter vers la bonne prise en charge. Prendre rendez-vous en téléconsultation →
6. Psoriasis eczématisé : le piège diagnostique
Il existe une forme souvent méconnue qui concerne 5 à 10 % des patients atteints de psoriasis : le psoriasis eczématisé. Ces patients présentent des plaques qui ressemblent cliniquement à un eczéma — vésicules, suintement, prurit intense — mais sur un fond de psoriasis sous-jacent. La biopsie révèle alors des signes mixtes : spongiose (eczéma) et acanthose avec parakératose (psoriasis). Ce tableau trompeur conduit fréquemment à des traitements inadaptés, puisque les dermocorticoïdes seuls ne suffisent pas — une approche combinée est nécessaire — Feldmeyer et al., J Eur Acad Dermatol Venereol 2023 (PMID 36772926).
Quand suspecter un psoriasis eczématisé ?
Y penser devant : une plaque des jambes résistant aux dermocorticoïdes bien conduits, un psoriasis connu qui devient suintant et très prurigineux, ou des antécédents familiaux de psoriasis chez un patient qui semble avoir de l’eczéma. La biopsie cutanée est alors souvent décisive. Les guidelines AAD-NPF 2020 recommandent que tout psoriasis résistant aux topiques bien conduits après 3 mois fasse l’objet d’une réévaluation spécialisée — Elmets et al., J Am Acad Dermatol 2021 (PMID 32738429).
7. Quand consulter en urgence ?
⚠️ Signes nécessitant une consultation rapide
— Plaque rouge chaude et douloureuse s’étendant rapidement avec fièvre : suspicion d’érysipèle — urgence antibiotique
— Plaque fixe résistant à tout traitement après 6 à 8 semaines chez un sujet de plus de 50 ans : biopsie pour éliminer un mycosis fongoïde (lymphome cutané T), une maladie de Bowen ou un autre carcinome in situ
— Plaque pigmentée qui change de taille, de couleur ou de relief : éliminer un mélanome
— Plaques généralisées avec fièvre : formes érythrodermiques de psoriasis ou d’eczéma — prise en charge hospitalière
— Ulcération dans une plaque persistant plus de 2 à 3 semaines
Lorsque le diagnostic sera posé, le médecin vous proposera un traitement adapté à suivre attentivement.
Comment distinguer une plaque de psoriasis d’une plaque d’eczéma sur les jambes ?
Le psoriasis se présente typiquement par des plaques bien délimitées, rouge vif, avec des squames épaisses argentées et sèches, siégeant sur les faces d’extension (genoux, tibias). L’eczéma est plus suintant, moins bien délimité, avec des vésicules en périphérie, et prédomine dans les plis (derrière les genoux) ou autour des chevilles (forme variqueuse). En pratique, la distinction peut être difficile — surtout dans les formes de psoriasis eczématisé qui touchent 5 à 10 % des psoriasiques. La dermoscopie et la biopsie tranchent dans les cas douteux.
Une plaque ronde sur la jambe est-elle forcément une mycose ?
Pas du tout. L’eczéma nummulaire (en pièce de monnaie), le psoriasis guttata et même certains carcinomes basocellulaires superficiels peuvent donner des plaques arrondies. La mycose (herpès circiné) se reconnaît à sa bordure active qui s’agrandit en périphérie avec une légère guérison centrale. Un prélèvement mycologique (grattage indolore à la bordure de la plaque, analyse en laboratoire) est indispensable pour confirmer ou infirmer un champignon avant de débuter un antifongique.
Mes plaques rouges sur les jambes reviennent toujours au même endroit — est-ce normal ?
Oui, c’est caractéristique de plusieurs maladies chroniques. Le psoriasis revient typiquement aux mêmes localisations (genoux, tibias) même après traitement local efficace — c’est sa nature récidivante. L’eczéma variqueux récidive tant que l’insuffisance veineuse sous-jacente n’est pas traitée. Si vos plaques réapparaissent toujours au même endroit après chaque traitement, c’est le signal d’une maladie chronique nécessitant une prise en charge de fond — biothérapies pour le psoriasis sévère, traitement veineux pour l’eczéma variqueux.
La peau sèche des jambes peut-elle expliquer les démangeaisons sans plaque visible ?
Oui. La xérose cutanée (peau très sèche) est une cause fréquente de démangeaisons des jambes sans lésion visible, surtout en hiver sous l’effet du chauffage et du froid. Elle se traite par une hydratation quotidienne avec un émollient riche (crème à base de céramides, urée ou beurre de karité) appliqué après la douche sur peau encore légèrement humide. Si les démangeaisons persistent plus de 6 semaines sans amélioration sous émollient, un bilan médical est recommandé pour éliminer une cause systémique.
Peut-on confondre un psoriasis des jambes avec un cancer de la peau ?
Certains cancers cutanés rares — notamment le mycosis fongoïde (lymphome cutané T épidermotrope) et la maladie de Bowen (carcinome épidermoïde in situ) — peuvent se présenter sous forme de plaques rouges squameuses ressemblant à un psoriasis ou un eczéma chronique. Ce sont des maladies rares, mais c’est précisément pourquoi toute plaque fixe résistant à un traitement bien conduit pendant 6 à 8 semaines chez un adulte de plus de 50 ans mérite une biopsie. Le dermatologue est formé à reconnaître ces présentations atypiques.
Il est fréquent de voir apparaitre des plaques sèches dans le pli du coude
Lorsque cela apparait chez l’enfant, les parents sont toujours inquiets.
En cas de plaques qui démangent dans le coude : consultez un médecin!
La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )
Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions.
Dermatoscope
Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques qui démangent sur le coude
On peut citer parmi ceux-ci :
Les molluscums contagiosum
De petites tuméfactions d’origine virale, souvent posées sur les plaques rouges d’eczema
Mollusca contagiosa : les molluscum contagiosum se présentent comme de petites tuméfactions ombiliquées
Il est fréquent de voir apparaitre des plaques sèches sur le coude
Lorsque cela apparait chez l’enfant, les parents sont toujours inquiets.
En cas de plaques qui démangent sur le coude : consultez un médecin!
La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )
Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions.
Dermatoscope
Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques qui démangent sur le coude
On peut citer parmi ceux-ci :
La kératose pilaire
formant de petits boutons rouges et rapeux derriere les bras et pouvant descendre sur le coude
La dermatite atopique touche surtout les enfants ou les jeunes adultes, sous la forme de plaques du visage, des plis des coudes, derrière les genoux… et la dermatite atopique peut donner des plaques seches et rugueuses des coudes
Le mécanisme physique et chimique des démangeaisons
Stimulus physiques
Tout le monde sait que le contact doux d’une plume ou le fait d’avoir sur la peau des particules de fibre de verre engendre des démangeaisons
Stimulus chimiques
Histamine
L’histamine est une substance contenue dans les mastocytes, des globules blancs, responsable d’une réaction inflammatoire et de sensations de démangeaisons. L’histamine joue un role important dans l’urticaire. Certaines substances favorisent la libération d’histamine par les mastocytes : morphine, atropine… ou encore la substance P, une protéine présente dans les nerfs. D’autres substances diminuent la libération d’histamine par les mastocytes : théophylline…
Que se passe-t-il dans le système nerveux en cas de démangeaisons
Il existe de nombreuses terminaisons nerveuses libres, fines, situées dans le derme juste sous l’épiderme. Ce sont ces fibres qui sont responsables de la sensation de démangeaison. La sensation est alors véhiculée par les fibres nerveuses au cerveau qui interprète les démangeaisons dans certaines zones. Ainsi, une tumeur ou un abcès cérébraux, des lésions vasculaires (AVC, anévrysme… ) peuvent provoquer une démangeaison par stimulation des aires cérébrales concernées.
La perception des démangeaisons par le cerveau peut être modifiée par des influences psychologiques telles que l’anxiété
Maladie de peau et démangeaison
Nous avons vu qu’il existait des fibres nerveuses dans le derme, responsables de la sensation de démangeaison. Les maladies de peau donnant des démangeaisons comportent souvent des altérations dermiques, comme c’est le cas pour le lichen plan, la gale, la dermatite herpétiforme, des lymphomes…
Causes de démangeaisons de la peau
Elles sont nombreuses et diffèrent selon le type de démangeaisons
Eczéma allergique de contact : causes, allergènes, patch tests et traitements
L’eczéma allergique de contact est une réaction inflammatoire cutanée à médiation immunitaire cellulaire, déclenchée par le contact répété avec une substance devenue allergène pour l’organisme.
Contrairement à l’eczéma atopique lié à un terrain génétique, l’eczéma de contact est une allergie acquise : on peut devenir allergique à une substance que l’on utilisait sans problème depuis des années.
Il s’agit d’une allergie retardée (type IV de la classification de Gell et Coombs), survenant 24 à 72 heures après le contact avec l’allergène — ce délai est une caractéristique clé qui aide au diagnostic.
L’identification précise de l’allergène responsable, grâce aux patch tests (tests épicutanés), est indispensable : sans éviction de la substance en cause, aucun traitement ne permet la guérison durable.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Mécanisme de l’eczéma de contact : pourquoi devient-on allergique ?
L’eczéma de contact se développe en deux phases distinctes :
Phase de sensibilisation (silencieuse) :
Lors d’un premier contact avec la substance, les cellules de Langerhans épidermiques captent la molécule (souvent trop petite pour être immunogène seule : on parle alors d’haptène), la transportent vers les ganglions lymphatiques drainants et la présentent aux lymphocytes T.
Ces lymphocytes T spécifiques se multiplient et restent en mémoire immunologique : c’est la sensibilisation. Elle est silencieuse — aucune lésion cutanée n’apparaît à ce stade.
Cette phase peut durer de quelques semaines à plusieurs années.
Phase de révélation (éruption) :
Lors d’un nouveau contact avec la même substance, les lymphocytes T mémoires sont activés rapidement, libèrent des cytokines pro-inflammatoires (IFN-γ, TNF-α, IL-1β) et déclenchent la cascade inflammatoire cutanée caractéristique de l’eczéma.
L’éruption apparaît 24 à 72 heures après le contact, parfois jusqu’à 7 jours plus tard pour certains allergènes.
Pourquoi devient-on allergique ?
La cause de la sensibilisation initiale reste souvent inconnue. Certains facteurs favorisants sont identifiés :
– altération préexistante de la barrière cutanée (eczéma atopique, dermite irritative chronique),
– exposition prolongée ou répétée à la substance (exposition professionnelle),
– application sur peau lésée ou en occlusion (pansement, gant),
– facteurs génétiques de susceptibilité immunologique.
Les principaux allergènes responsables d’eczéma de contact
De nombreuses substances peuvent devenir des allergènes. Les plus fréquemment en cause sont :
Nickel :
L’allergène de contact le plus fréquent en Europe, touchant principalement les femmes. Présent dans les bijoux (boucles d’oreilles, bracelets, montres), les fermetures éclair, les boutons de jean, certains appareils électroniques. Voir l’article sur l’allergie au nickel.
Paraphénylènediamine (PPD) :
Présente dans les teintures capillaires oxydatives et les tatouages temporaires au henné noir. L’allergie au PPD peut provoquer des réactions sévères, parfois œdémateuses et bulleuses. La sensibilisation lors d’un tatouage au henné noir expose à des réactions graves lors de toute teinture capillaire ultérieure.
Parfums :
Les mélanges de parfums (Fragrance Mix I et II) et le baume du Pérou constituent les allergènes parfumés les plus testés. L’allergie aux parfums oblige à éviter tous les produits parfumés (cosmétiques, produits ménagers, certains aliments : agrumes, vanille, clous de girofle, curry).
Baume du Pérou (Myroxylon pereirae) :
Substance extraite d’un arbre d’Amérique du Sud, présente dans certains produits d’entretien, cosmétiques et médicaments. En cas d’allergie, des réactions croisées sont fréquentes avec les agrumes (pelures d’orange, citron), la vanille, les clous de girofle, le curry — provoquant une dyshidrose des mains lors de leur consommation orale.
Caoutchouc (Thiuram Mix, Carba Mix, MBT) :
Les accélérateurs de vulcanisation du caoutchouc (thiurams, carbamates, mercaptobenzothiazole) sont responsables d’eczéma aux gants en latex, chaussures, élastiques et préservatifs.
Chrome (ciment, cuir) :
Le dichromate de potassium est l’allergène principal de la « gale du ciment », touchant les professionnels du bâtiment. Présent également dans le cuir tanné.
Lanoline :
Graisse de laine de mouton présente dans de nombreuses crèmes cosmétiques et pharmaceutiques (crèmes pour bébé, crèmes hydratantes, crèmes pour mamelons allaitants). Allergie à évoquer devant un eczéma aux produits de soin.
Résines époxy :
Utilisées dans les peintures, vernis, colles bi-composants et plastiques. Allergie professionnelle fréquente chez les peintres, carrossiers et électriciens.
Conservateurs cosmétiques :
– Isothiazolinones (méthylisothiazolinone, méthylchloroisothiazolinone) : conservateurs très allergisants, présents dans les cosmétiques rince-off (shampooings, gels douche), les peintures et les lingettes humides. Allergie en forte augmentation depuis 2010.
– Parabens : conservateurs présents dans de nombreux produits de beauté et pharmaceutiques. Allergie moins fréquente que les isothiazolinones.
– Formaldéhyde et libérateurs de formaldéhyde (DMDM hydantoïne, quaternium-15) : conservateurs allergisants, présents dans certains cosmétiques et produits d’entretien.
Plantes et extraits végétaux :
Lactones sesquiterpéniques (Compositae Mix) dans les plantes ornementales (chrysanthèmes, arnica, calendula). À évoquer devant un eczéma des mains chez les jardiniers.
Pansements et sparadraps :
Voir l’article sur l’allergie aux pansements. Allergènes en cause : résines acryliques des adhésifs, conservateurs.
Une forme particulière d’eczéma de contact implique l’activation de l’allergène par les rayonnements UV : c’est l’eczéma de contact photoallergique.
Les photoallergènes les plus fréquents sont les filtres UV des crèmes solaires (benzophénone-3, octocrylène), certains médicaments topiques (kétoprofène) et les parfums.
Les lésions sont limitées aux zones exposées au soleil et respectent les zones couvertes.
Voir l’article sur l’allergie au soleil.
Diagnostic : les patch tests (tests épicutanés)
Le diagnostic étiologique de l’eczéma de contact repose sur les patch tests (tests allergologiques épicutanés), réalisés par le dermatologue.
Principe :
Des sparadraps contenant des petites quantités standardisées d’allergènes sont appliqués dans le dos du patient. Les tests sont retirés à 48 heures et les résultats sont lus à 48 heures puis à 72 à 96 heures.
Certains allergènes (corticoïdes, néomycine) peuvent donner des positivations tardives jusqu’à 7 jours après la pose : une relecture tardive est nécessaire en cas de suspicion clinique forte et de test initialement négatif.
Patch tests : application dans le dos des sparadraps contenant les allergènes
Lecture des résultats :
– Réaction négative : pas d’eczéma,
– réaction douteuse (+/-) : érythème sans infiltration,
– réaction positive faible (+) : érythème et papules,
– réaction positive modérée (++) : érythème, papules et vésicules,
– réaction positive forte (+++) : vésicules confluentes et bulles.
Photo-patch tests :
Pour suspecter une photoallergie, on irradie avec des UV la zone des tests après 24 à 48 heures d’application. Une réaction sur la zone irradiée uniquement confirme la photoallergie.
Quand réaliser les patch tests ?
Les tests doivent être réalisés à distance de la poussée (au moins 4 semaines après la résolution des lésions) et en dehors de tout traitement immunosuppresseur systémique ou dermocorticoïde en application dans le dos.
Formes cliniques selon la localisation
La localisation des lésions oriente souvent vers les allergènes en cause :
Visage :
Cosmétiques, crèmes, masques, parfums, allergènes aéroportés (plantes, colles), photoallergènes. Voir l’eczéma du visage, l’eczéma des paupières (collyres, vernis à ongles par transfert) et l’eczéma des lèvres (lipstick, dentifrice, instruments de musique).
Mains :
Allergènes professionnels (caoutchouc des gants, ciment, résines, désinfectants, métaux), cosmétiques, vernis à ongles et ongles artificiels. Voir l’eczéma des mains. Peut se présenter sous forme de dyshidrose (vésicules des paumes et bords des doigts).
Tronc :
Textiles (élastiques, teintures), déodorants (isothiazolinones), bijoux (nickel des fermetures). Voir l’eczéma du ventre et l’eczéma des aisselles.
Organes génitaux :
Caoutchouc (préservatifs, sous-vêtements élastiques), antifongiques et médicaments topiques, conservateurs des crèmes. Voir l’eczéma génital et l’eczéma anal.
L’éviction de la substance allergisante est le seul traitement curatif de l’eczéma de contact.
Sans éviction, les traitements symptomatiques soulagent mais ne guérissent pas : l’eczéma récidive à chaque nouveau contact.
Selon l’allergène identifié, l’éviction peut nécessiter :
– un changement de produits cosmétiques et d’hygiène,
– le port de gants de protection (nitrile plutôt que latex en cas d’allergie au caoutchouc),
– un changement de bijoux (bijoux en or 18 carats, titane ou acier chirurgical pour l’allergie au nickel),
– un reclassement professionnel dans les cas sévères (eczéma professionnel au ciment, aux résines époxy).
Dermocorticoïdes
Les dermocorticoïdes sont le traitement anti-inflammatoire de référence de la poussée d’eczéma de contact. La puissance est choisie selon la zone et la sévérité :
Classe I (très puissants) : propionate de clobétasol (Dermoval®, Diprolène®) — pour les paumes, plantes, cuir chevelu. Classe II (puissants) : bétaméthasone (Betneval®, Diprosone®), difluprednate (Nerisone®) — pour le tronc et les membres. Classe III (modérément puissants) : désonide (Tridesonit®), prédnicarbate (Locapred®) — pour le visage et les plis. Classe IV (faibles) : hydrocortisone 1 % (Hydracort®) — pour les nourrissons et les zones très sensibles.
Précautions d’emploi des dermocorticoïdes :
– Ne pas appliquer sur le visage sans avis médical,
– ne pas traiter de grandes surfaces cutanées,
– ne pas appliquer sous pansement occlusif (augmente l’absorption),
– ne pas prolonger sans réévaluation médicale.
Effets indésirables d’un usage prolongé :
atrophie cutanée, télangiectasies, vergetures, dermite péri-orale, aggravation d’une rosacée, infections secondaires.
Antihistaminiques oraux
Les antihistaminiques sont utiles pour réduire le prurit, notamment nocturne, mais n’agissent pas directement sur l’inflammation cellulaire de l’eczéma de contact (mécanisme non histaminique).
Antihistaminiques non sédatifs (préférés en journée) :
– Cétirizine (Zyrtec®) : 10 mg/j — contre-indiqué en cas d’insuffisance rénale et chez l’enfant < 2 ans. Risque de somnolence résiduelle.
– Loratadine (Clarityne®) : 10 mg/j — bonne tolérance, déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement.
– Desloratadine (Aerius®), fexofénadine (Telfast®), ébastine (Kestin®), lévocétirizine (Xyzall®).
Antihistaminiques sédatifs (utiles la nuit pour le prurit intense) :
– Hydroxyzine (Atarax®) : sédatif, utilisé en cure courte pour les poussées très prurigineuses.
– Dexchlorphéniramine (Polaramine®), méquitazine (Primalan®).
Soins locaux et mesures de soulagement sans ordonnance
En attendant la consultation médicale, en cas de poussée d’eczéma de contact déjà diagnostiqué :
Calmer les démangeaisons :
– Bains tièdes courts avec huile de bain apaisante (Avène Trixera®, Mustela Stelatopia®, Lipikar La Roche-Posay®),
– application d’une crème hydratante émolliente sur les zones non suintantes,
– talc officinal sur les zones suintantes pour absorber l’exsudat.
Crèmes à l’hydrocortisone 0,5 % (accès direct en pharmacie) :
Aphilan Démangeaisons®, Calmicort®, Cortapaisyl®, Cortisedermyl®, Dermofénac Démangeaisons®.
Ces produits sont en accès direct mais nécessitent une vigilance particulière :
– ne pas utiliser sans diagnostic médical préalable,
– ne pas appliquer sur le visage, les zones infectées, les plaies ni en cas d’acné ou de rosacée,
– demander conseil au pharmacien avant utilisation.
Eczéma de contact professionnel : une réalité médicale et sociale
L’eczéma de contact professionnel représente l’une des maladies professionnelles les plus fréquentes, principalement dans les métiers exposés aux allergènes cutanés : coiffeurs (PPD, persulfates), professionnels de santé (latex, antiseptiques, médicaments), travailleurs du bâtiment (ciment, résines époxy), métallurgistes (nickel, cobalt, chrome), personnels de nettoyage (isothiazolinones, désinfectants).
La reconnaissance en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général) ouvre droit à une prise en charge spécifique et, si nécessaire, à un reclassement professionnel.
Questions fréquentes sur l’eczéma de contact
Peut-on guérir définitivement d’un eczéma de contact ?
L’allergie de contact est en principe définitive : une fois sensibilisé à un allergène, on le reste toute sa vie. Cependant, l’éviction stricte et prolongée de l’allergène peut conduire à une tolérance relative permettant de supporter des expositions minimes. La guérison clinique complète est possible si l’éviction est totale et maintenue.
Peut-on être allergique à sa propre crème hydratante ?
Oui. Les crèmes hydratantes et émollientes contiennent de nombreux excipients potentiellement allergisants : conservateurs (isothiazolinones, parabens), parfums, lanoline, propylène glycol. En cas d’eczéma récidivant dans les zones d’application d’une crème, un patch test est indiqué pour identifier un éventuel allergène dans le produit.
Comment distinguer eczéma atopique et eczéma de contact ?
Les deux formes peuvent coexister (terrain atopique facilitant la sensibilisation de contact). Quelques éléments d’orientation : l’eczéma atopique débute généralement dans l’enfance, suit une distribution caractéristique (plis, visage de l’enfant) et est lié à un terrain allergique (rhinite, asthme). L’eczéma de contact peut débuter à tout âge, sa localisation correspond aux zones de contact avec l’allergène et les patch tests permettent d’identifier la substance responsable.
Quel médecin consulter pour des patch tests ?
Les patch tests sont réalisés par le dermatologue, parfois en collaboration avec un allergologue. Certains centres hospitaliers disposent d’unités spécialisées en dermato-allergologie proposant des batteries de tests étendues (batteries professionnelles, cosmétiques, médicaments).
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Eczéma de jambe : formes cliniques, causes, diagnostic et traitement
L’eczéma de jambe est l’une des causes les plus fréquentes de plaques rouges qui grattent sur les jambes et de boutons qui démangent sur les jambes. Mais sous cette appellation simple se cachent des pathologies très différentes — eczéma variqueux lié à l’insuffisance veineuse, eczéma allergique de contact, eczéma nummulaire, eczéma sec et fissuraire — dont les causes, les traitements et les prises en charge diffèrent radicalement. Les confondre expose à des mois de traitement inefficace : une crème dermocorticoïde sur un eczéma variqueux non traité sur le plan veineux récidivera inexorablement ; un eczéma allergique persistera tant que l’allergène n’est pas identifié et évicté. En cas d’eczéma de jambe, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue.
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Plaques qui grattent sur la jambe, résistantes aux traitements habituels ?
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Émollients riches, hydratation, éviter les douches chaudes prolongées
Eczéma de jambe ≠ eczéma atopique
La dermatite atopique peut toucher les jambes (plis du genou, tibias) mais elle a ses propres caractéristiques et sa propre prise en charge. Les formes d’eczéma de jambe décrites dans cet article concernent principalement les adultes et les personnes âgées. Pour l’eczéma atopique, voir l’article dédié sur la dermatite atopique.
2. Eczéma variqueux (de stase) — la forme la plus fréquente après 50 ans
L’eczéma variqueux — aussi appelé eczéma de stase, dermite ocre ou dermite veineuse — est la manifestation cutanée de l’insuffisance veineuse chronique. Il résulte d’une hypertension veineuse chronique qui provoque une inflammation locale : extravasation de globules rouges, dépôt d’hémosidérine (responsable de la pigmentation brune caractéristique), activation des cellules inflammatoires cutanées et rupture de la barrière cutanée.
Il représente une cause majeure d’eczéma de jambe après 50 ans, avec une prévalence liée à celle de l’insuffisance veineuse chronique — touchant 20 à 30 % des adultes dans les pays occidentaux. Pour en savoir plus : eczéma variqueux.
Présentation clinique
Plaques rouges squameuses et prurigineuses sur la face interne des chevilles et le tiers inférieur des jambes
Pigmentation brun-ocre (dermite ocre) par dépôts d’hémosidérine
Œdème vespéral associé (jambes qui gonflent en fin de journée)
Varicosités visibles ou palpables
Évolution possible vers la lipodermatosclérose (induration cutanée) et l’ulcère de jambe veineux
Complication majeure : l’eczéma de contact surajouté
L’eczéma variqueux est une cause fréquente de sensibilisation allergénique : la barrière cutanée altérée favorise la pénétration des allergènes contenus dans les crèmes, pansements et topiques appliqués sur les jambes pour traiter l’eczéma lui-même. Une étude rétrospective de référence sur 46 patients atteints d’eczéma de stase a retrouvé 60,9 % de patch-tests positifs, avec comme allergènes les plus fréquents la néomycine et la résine époxy — Fraki et al., Arch Dermatol 1979 (PMID 3229144). Cela signifie que le traitement de l’eczéma variqueux lui-même peut provoquer un eczéma de contact surajouté, aggravant le tableau clinique et justifiant des patch-tests.
Traitement — la contention est indispensable
Contention veineuse (bas de compression classe II-III) — traitement de fond indispensable : sans correction de l’insuffisance veineuse, l’eczéma variqueux récidivera quel que soit le traitement local
Dermocorticoïdes de faible à moyenne puissance en cure courte pour les poussées inflammatoires
Émollients pour restaurer la barrière cutanée entre les poussées
Bilan doppler veineux et avis vasculaire ou phlébologue selon la sévérité
Éviction des allergènes identifiés aux patch-tests
Une revue systématique de 2023 confirme que la compression veineuse reste le pilier du traitement, associée aux corticoïdes topiques pour les poussées et aux émollients en entretien — Yosipovitch et al., Am J Clin Dermatol 2023 (PMID 36800152).
3. Eczéma allergique de contact de la jambe — identifier l’allergène
L’eczéma allergique de contact résulte d’une sensibilisation à un allergène appliqué sur la jambe. C’est une réaction d’hypersensibilité retardée de type IV — la réaction cutanée apparaît 12 à 72 heures après le contact avec l’allergène, parfois de façon décalée et trompeuse.
Les allergènes les plus fréquemment en cause sur la jambe
Crèmes, parfums, cosmétiques appliqués sur la jambe — conservateurs (parabènes, méthylisothiazolinone), parfums, excipients
Crèmes et pansements appliqués sur les plaies de jambe — néomycine (antibiotique topique très allergénique), lanoline, résine époxy des pansements, balsam of Peru
Photoallergènes — substances déclenchant un eczéma uniquement en cas d’exposition solaire concomitante (certains filtres solaires, médicaments topiques)
Textiles, bottes, protège-tibias — caoutchouc, colorants textiles (paraphénylènediamine), métaux (nickel des agrafes ou fermetures)
Comment identifier l’allergène : les patch-tests
Patch tests en cas d’eczéma
Le médecin met en évidence l’allergène soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczéma après introduction d’un nouveau cosmétique ou d’un nouveau pansement), soit par des tests allergologiques épicutanés — appelés patch-tests ou épi-tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des patchs contenant différents allergènes standardisés et à les enlever au bout de 48 heures : on examine alors si des réactions eczémateuses se sont déclenchées sur certaines zones, ce qui permet d’identifier l’allergène en cause.
Attention aux positivations tardives des patch-tests
La lecture des patch-tests se fait à 48h, mais des réactions positives plus tardives (jusqu’à 7 jours) après leur pose sont possibles pour certains allergènes (corticoïdes topiques notamment). Il faut alors re-consulter le médecin pour une lecture différée — sous peine de passer à côté d’une allergie cliniquement significative.
L’eczéma nummulaire (du latin nummulus, petite pièce de monnaie) est caractérisé par des plaques rondes ou ovalaires bien délimitées, de 1 à 5 cm de diamètre, suintantes en phase aiguë, croûteuses en phase de régression, très prurigineuses. Il débute souvent aux jambes, puis peut s’étendre aux membres supérieurs et au tronc. Il touche préférentiellement l’adulte et la personne âgée, surtout en hiver lors de la sécheresse cutanée exacerbée par le chauffage. Sa confusion avec une mycose (dermatophytie) est fréquente — un prélèvement mycologique tranche le diagnostic.
Facteurs déclenchants
Sécheresse cutanée intense (xérose) — principal facteur
Foyer infectieux à distance (staphylocoque, streptocoque) — parfois associé et entretenant les lésions
5. Eczéma fissuraire et sec (xérotique) — les jambes craquelées
L’eczéma fissuraire — aussi appelé eczéma xérotique, eczéma craquelé ou asteatotic eczema — est une forme d’eczéma liée à une sécheresse cutanée extrême. Il se manifeste par un quadrillage caractéristique de la peau en fines fissures sur fond rouge, comparable à de la terre sèche qui se fissure. Il commence souvent aux jambes — face antérieure des tibias — chez les personnes âgées, notamment en hiver.
Causes et facteurs favorisants
Âge avancé — amincissement physiologique du manteau lipidique cutané
Chauffage en hiver — assèchement de l’air intérieur
Bains chauds prolongés ou savons détergents agressifs
Hypothyroïdie — peau très sèche, prise de poids, fatigue associées
Médicaments diurétiques, rétinoïdes oraux
Déshydratation générale
Traitement
Le traitement repose avant tout sur l’hydratation cutanée intensive : émollients riches (urée 10-15 %, céramides, glycérine) appliqués quotidiennement sur peau légèrement humide après la douche. La douche doit être courte, tiède (pas chaude) et avec un nettoyant surgras. En cas d’eczéma fissuraire inflammatoire, un dermocorticoïde peut être associé en cure courte.
6. Principes généraux de traitement de l’eczéma de jambe
Forme d’eczéma
Traitement de la cause (indispensable)
Traitement local
Eczéma variqueux
Contention veineuse classe II-III, doppler veineux, patch-tests si résistance
Dermocorticoïde faible à moyen en cure courte + émollient en entretien
Eczéma allergique de contact
Patch-tests, identification et éviction de l’allergène en cause
Dermocorticoïde pendant la poussée — inefficace sans éviction de l’allergène
Eczéma nummulaire
Émollients, recherche et traitement d’un foyer infectieux à distance
Dermocorticoïde de moyenne puissance sur les plaques actives
Eczéma fissuraire / xérotique
Émollients riches quotidiens, douche tiède courte, hypothyroïdie à corriger
Dermocorticoïde en cure courte si inflammation marquée
⚠️ Ne pas confondre avec un érysipèle ou une cellulite infectieuse
Une plaie ou une fissure sur un eczéma variqueux peut se surinfecteravec un érythème rouge chaud et douloureux s’étendant rapidement, parfois avec fièvre. C’est l’érysipèle — urgence antibiotique. L’eczéma variqueux est souvent bilatéral et non fébrile, l’érysipèle est unilatéral et fébrile. Dans le doute : consultez en urgence. À noter que dans les services hospitaliers, jusqu’à 30,7% des patients hospitalisés pour « cellulite présumée » sont en réalité atteints d’eczéma de stase mal diagnostiqué.
Eczéma de jambe chronique, récidivant ou résistant aux traitements habituels ?
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Comment savoir si j’ai un eczéma variqueux ou un autre type d’eczéma ?
L’eczéma variqueux survient sur les chevilles et la face interne des jambes, dans un contexte d’insuffisance veineuse chronique : jambes qui gonflent en fin de journée, varices visibles, pigmentation brun-ocre autour des chevilles. Les autres formes d’eczéma (nummulaire, allergique) peuvent siéger n’importe où sur les jambes, sans ce contexte veineux. Le doppler veineux confirmera ou infirmera l’insuffisance veineuse sous-jacente — indispensable avant de décider d’une contention.
Pourquoi mon eczéma de jambe revient-il malgré les dermocorticoïdes ?
Les dermocorticoïdes traitent l’inflammation mais pas la cause. Un eczéma variqueux récidivera tant que la contention veineuse n’est pas portée régulièrement. Un eczéma allergique de contact persistera tant que l’allergène (crème, pansement, textile) n’est pas identifié par patch-tests et supprimé. Un eczéma nummulaire peut récidiver en hiver si les émollients ne sont pas utilisés quotidiennement. Le traitement de la cause est aussi important que le traitement local.
Les patch-tests sont-ils douloureux et combien de temps durent-ils ?
Les patch-tests sont totalement indolores. Ils consistent à coller dans le dos des patchs standardisés contenant les allergènes à tester, qui restent en place 48 heures. Le médecin lit les résultats à 48h — et parfois à 72h ou 96h pour les réactions tardives. La zone du dos ne doit pas être lavée pendant les 48 premières heures. Les résultats positifs se manifestent par de petites réactions eczémateuses locales au niveau du patch contenant l’allergène incriminé.
L’eczéma de jambe peut-il évoluer vers un ulcère ?
Dans le cas spécifique de l’eczéma variqueux oui — c’est l’une de ses complications les plus redoutées. La progression de l’insuffisance veineuse non traitée peut aboutir à une lipodermatosclérose (induration et fibrose de la peau), puis à un ulcère de jambe veineux. C’est pourquoi le traitement précoce et régulier par contention veineuse est fondamental pour prévenir cette évolution. Les autres formes d’eczéma de jambe ne comportent pas ce risque d’ulcération.
L’eczema variqueux est une des causes de plaques rouges qui grattent et de boutons qui démangent sur les jambes
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Le sang veineux remonte des extrémités vers le coeur.
Les veines sont les tuyaux qui permettent de faire remonter le sang veineux contre la gravité car elles sont pourvues de valvules sur leurs parois qui agissent comme des clapets anti retour.
Si les valvules sont abimées, le sang veineux tend à stagner dans les jambes, c’est la stase veineuse. Il en résulte
une dilatation des veines sous la pression, un peu comme un ballon de baudruche qu’on remplit d’eau, ce sont les varices
une « asphyxie » de la peau par l’oedeme et la stase.
Ainsi les varices se compliquent souvent
d’ulcères de jambes, redoutables plaies chroniques souvent difficiles à traiter
d’un eczema des jambes
En cas de plaques rouges des jambes, évocateur d’eczema de jambe, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Il existe en effet deux grands types d’eczemas en cas de varices
Eczema de stase ou eczema variqueux
L’eczéma variqueux est une complication de l’insuffisance veineuse (varices) et prédominent donc sur les jambes, sous forme de grandes plaques d’eczema à bord net, le plus souvent sur les trajets variqueux
L’eczema de stase se complique souvent d’un eczema allergique de contact, la réalisation de tests épicutanés est donc importante.
Eczema allergique de jambe
Il existe notamment des allergies aux crèmes et pansements appliquées autour des plaies de jambes liées au varices
Voir l’article consacré à l’eczema de jambe pour mieux comprendre l’eczema allergique et les examens médicaux qu’il faut effectuer pour en déterminer la cause
Il n’est donc pas rare que l’eczema allergique de jambe complique l’eczema variqueux, notamment en cas de plaies ou d’ulcères variqueux
Soigner l’eczema variqueux
Soins de l’eczema
Le médecin utilise pour cela des crèmes à la cortisone et il faut éviter les allergènes susceptibles de jouer un rôle allergique détectés par les patch tests, notamment les pansements adhésifs s’il y a des plaies ou des ulcères
Soins des varices
Aidez le retour veineux :
L’eczema variqueux est lié au fait que les veines, qui doivent faire remonter le sang veineux au coeur, sont déficientes. Ainsi, il existe une stase veineuse qui à la longue « asphyxie » la peau et déclenche de l’eczema.
Dormez avec les jambes discrètement surélevées (5 à 6 cm suffisent)
Vous pouvez utiliser une cale sous les pieds du lit ou sous le matelas, ou un dispositif d’allongement des pieds du lit.
Ayez les jambes allongées le plus souvent possible (lorsque vous regardez la TV, lisez … )
Faites des sports doux : marche, natation, vélo
A la plage, marchez dans l’eau
Portez des collants ou bas de contention médicaux
le plus souvent possible la journée (ils ne doivent pas être portés lors du repos allongé). Il existe des bas et collants tout à fait esthétiques, ressemblant à des bas-nylon classiques et pouvant être portés avec une jupe.
Evitez d’aggraver la stase et l’oedeme
Evitez les bains trop chaud, les positions debout prolongée, le chauffage par le sol notamment sans inertie, les expositions des jambes au soleil, les sports violents ou augmentant la stase (tennis, equitation, athlétisme … )
Faites soigner vos varices
Les varices en cause dans l’exema variqueux peuvent être traitées par
scléroses
piqures dans les varices par un médecin
laser contre les varices
chirurgie
stripping
on incise le haut et le bas de la veine, on y insère une sorte de cable et on sort la veine
phlébectomie ambulatoire
on fait des micro incisions le long de la veine et on la sort par petit bouts à l’aide de crochets
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En cas d’eczema de l’anus, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema de l’anus :
Eczema allergique de l’anus
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema de l’anus sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe
cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums, lingettes…
préservatifs et lubrifiants
Comment savoir à quoi je suis allergique sur l’anus
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (creme, lingette, lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
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En cas d’eczema du sexe, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema du sexe :
Eczema allergique du sexe
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema du sexe sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe
cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…
préservatifs et lubrifiants
Comment savoir à quoi je suis allergique sur le sexe
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
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L’eczema des aisselles est une des causes de rougeur des aisselles et de boutons qui démangent sous les aisselles
Allergie au déodorant sous les aisselles
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Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema des aisselles :
Eczema allergique des aisselles
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema des aisselles sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur les aisselles
déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…
textiles en contact avec les aissselles
Comment savoir à quoi je suis allergique sur les aisselles
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose de la peau contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (déodorant… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
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L’eczema du ventre est une des causes de plaques rouges qui grattent et de boutons qui démangent sur le ventre
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En cas d’eczema du ventre, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Nous n’envisagerons ici qu’une forme d’eczema du ventre :
Eczema allergique du ventre
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema du ventre sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le ventre
cremes, parfums…
le Nickel : eczema à l’endroit du bouton de jean’s voir allergie au nickel
les photoallergènes,
substances provoquant un eczema avec le soleil en cas d’exposition solaire
textiles en contact avec le ventre
Allergènes d’origine conjugale, par frottement lors des rapports sexuels notamment
Comment savoir à quoi je suis allergique sur le ventre
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (produits cosmétiques, bouton de jean’s… )
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L’eczéma du cou provoque des plaques rouges qui grattent et des boutons qui démangent dans une zone particulièrement sensible. La peau du cou est fine, très réactive, et peut gonfler rapidement en cas de poussée. Plusieurs causes sont possibles — identifier la bonne est indispensable car les traitements diffèrent.
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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La dermatite atopique touche fréquemment le cou, notamment chez l’adolescent et l’adulte jeune. Elle se manifeste par des plaques rouges sèches, squameuses et très prurigineuses, souvent associées à d’autres localisations (plis du coude, derrière les genoux, visage). Elle s’inscrit dans un terrain atopique (asthme, rhinite allergique). Le cou est particulièrement atteint dans les formes sévères.
2. L’eczéma allergique de contact du cou
C’est la forme la plus fréquente d’eczéma du cou chez l’adulte. Il résulte d’un contact avec un allergène appliqué directement ou indirectement sur le cou. Les allergènes les plus fréquemment en cause :
Cosmétiques et parfums appliqués sur le cou ou les cheveux depuis quelques jours (crèmes, eaux de toilette, déodorants, produits capillaires)
Vernis à ongles — par contact indirect lors qu’on se frotte le cou
Nickel — colliers, pendentifs, fermoirs de soutien-gorge (voir allergie au nickel)
Textiles — écharpes, cols de vêtements (colorants, apprêts, fibres synthétiques)
Allergènes aéroportés — substances en suspension dans l’air (pollens, poussières)
Photoallergènes — substances provoquant un eczéma uniquement en association avec le soleil
Comment identifier l’allergène responsable ? Le médecin utilise les patch tests (tests épicutanés) : des sparadraps contenant différents allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h. La lecture se fait à 48h — mais une positivation tardive est possible jusqu’à 7 jours, nécessitant une deuxième consultation.
Patch tests pour identifier l’allergène responsable
La dermite séborrhéique peut s’étendre depuis la lisière du cuir chevelu jusqu’au cou, provoquant des plaques rouges squameuses dans ce territoire. Elle est liée à la prolifération d’une levure (Malassezia) et se traite différemment de l’eczéma classique — les antifongiques sont ici indispensables, pas les corticoïdes.
Provoqué par une irritation directe sans mécanisme allergique : frottement d’un col, d’une écharpe (en laine notamment), transpiration, produits nettoyants agressifs, eau calcaire. La peau devient rouge, sèche et réactive. Fréquent chez les personnes portant des cols roulés ou des écharpes synthétiques.
5. Le lichen simplex chronique du cou
Forme particulière d’eczéma chronique du cou liée au grattage répété : la peau s’épaissit progressivement (lichénification) formant une plaque bien délimitée, grisâtre ou brunâtre. Très fréquent à la nuque, il est entretenu par le cercle vicieux grattage-démangeaison. Traitement : dermocorticoïdes puissants sous occlusion.
Symptômes de l’eczéma du cou
Selon la cause et le stade, l’eczéma du cou se présente comme :
Des plaques rouges sèches et squameuses prurigineuses
Des vésicules (petites cloques) pouvant suinter
Un gonflement du cou — la peau du cou est fine et réagit vite à l’inflammation
Une peau épaissie et lichénifiée en cas d’eczéma chronique gratté
Des croûtes après suintement
⚠️ L’eczéma du cou peut ressembler à d’autres pathologies : dermite séborrhéique, psoriasis du cou, dermatophytose (teigne). Un dermatologue peut poser le diagnostic précis.
Traitement de l’eczéma du cou
Les mesures générales
Ne pas gratter — le grattage épaissit et lichénifie l’eczéma, le rendant chronique
Toilette à l’eau froide ou tiède sans savon le matin
Le soir : savon surgras ou démaquillant doux sans parfum
Éviter les parfums et cosmétiques dans la zone concernée le temps du bilan
Préférer des vêtements en coton au contact du cou
Les traitements médicaux
Dermocorticoïdes (crèmes cortisonées) — traitement de référence, à utiliser avec précaution sur le cou car la peau y est fine
Inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) — alternative aux corticoïdes sur le cou
Pourquoi l’eczéma du cou gonfle-t-il plus que sur d’autres zones ?
La peau du cou est particulièrement fine et lâche, avec un réseau lymphatique dense. En cas d’inflammation, le liquide s’accumule facilement dans les tissus sous-cutanés, provoquant un gonflement (œdème) plus visible qu’ailleurs. C’est une réaction normale mais qui nécessite un traitement rapide pour éviter l’aggravation.
Mon eczéma du cou peut-il être causé par mon parfum ?
Oui, c’est une cause très fréquente. Les parfums contiennent des dizaines de molécules potentiellement allergisantes (notamment les muscs, les aldéhydes et certains extraits végétaux). La sensibilisation peut apparaître après des années d’utilisation sans problème. Des patch tests permettent de confirmer ou d’infirmer cette hypothèse.
Eczéma du cou ou psoriasis : comment faire la différence ?
L’eczéma du cou donne des plaques rouges mal délimitées, suintantes ou squameuses fines, souvent associées à d’autres zones atopiques. Le psoriasis du cou est plus rare, souvent cantonné à la nuque, démange peu et donne des plaques bien délimitées, épaisses, avec des squames blanches nacrées. Les deux peuvent coexister. Seul un dermatologue peut trancher, parfois avec une biopsie.
Le nickel peut-il provoquer un eczéma du cou ?
Oui — c’est même une cause classique. Les boucles d’oreille type « créoles », les colliers et pendentifs contenant du nickel peuvent provoquer un eczéma de contact allergique exactement à l’endroit de contact avec la peau. L’allergie au nickel est l’une des allergies de contact les plus fréquentes, surtout chez la femme. Les patch tests confirment le diagnostic.
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L’eczema des lèvres est une des causes de lèvres sèches et irritées
En cas d’eczema des lèvres, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Les levres sont tres particulieres puisque le tissu qui compose le vermillon (la partie rouge des levres) a une texture mixte situee entre celle de la peau et celle d’une muqueuse. Les levres sont la seule zone du visage ayant cette caractéristique, ce qui rend les levres plus sensible aux agressions.
Eczema des lèvres
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Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema des lèvres sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur les levres
cremes, maquillage (lipstick ou baume à lèvre)…
les allergènes alimentaires,
aliments et boissons et indirectement tabac
dentifrice,
lorsqu’on se frotte les yeux
Instruments de musique…
Comment savoir à quoi je suis allergique sur les levres
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut s’assurer de ne pas souffrir d’herpes labial (contre indication à la cortisone) et consulter un médecin
Ensuite il faut
lutter contre la sécheresse des lèvres:
Si l’on veut avoir de jolies levres durant l’hiver et éviter les levres seches, il est important
D’hydrater et nourrir régulierement les levres au moyen d’un stick a levres par exemple, avant meme que la secheresse des levres ne se manifeste. On preserve ainsi leur role barriere. On peut aussi appliquer de la vaseline le soir au coucher
De plus, il est tres important des que l’on sent que les levres sont seches, d’eviter de les lecher car ceci aggrave les choses : le tic de lechage des levres rend les levres encore plus seches.
Eviter l’allergène en cause
On évitera les allergènes mis en évidence par le médecin : lipstick, cremes, aliments et boissons, tabac, dentifrices, instruments de musique
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Eczéma des paupières : causes, photos et traitement
L’eczéma des paupières est une affection fréquente qui provoque rougeurs, démangeaisons et gonflement sur une peau particulièrement fine et fragile. Identifier la cause — allergique, séborrhéique ou atopique — est essentiel pour choisir le bon traitement et éviter les récidives.
Paupières qui gonflent et grattent depuis plus de 2 semaines ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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Pourquoi les paupières sont-elles si vulnérables ?
La peau des paupières est la plus fine du corps (0,5 mm d’épaisseur). Elle réagit donc de façon amplifiée au moindre contact irritant ou allergique — avec un gonflement souvent impressionnant même pour une réaction modérée. C’est aussi une zone très exposée aux allergènes : cosmétiques, air ambiant, gestes inconscients (se frotter les yeux avec les mains).
Eczéma des paupières — rougeur et gonflementEczéma aigu de la paupière
Les 3 formes d’eczéma des paupières
1. Eczéma de contact allergique — la cause la plus fréquente
Eczéma aigu du visage avec atteinte des paupières
L’eczéma allergique de contact résulte d’une sensibilisation à un allergène qui, lors d’un contact ultérieur, déclenche une réaction inflammatoire. La particularité des paupières est que l’allergène n’est pas forcément appliqué directement sur les paupières — il peut y être transporté par les mains ou l’air.
Principaux allergènes en cause :
Cosmétiques appliqués sur les paupières — crèmes, fards à paupières, mascara, eye-liner, démaquillants. Le conservateur thimérosal et les parfums sont souvent en cause
Vernis à ongles — les résines époxy et formaldéhyde du vernis se transfèrent aux paupières quand on se frotte les yeux
Collyres et solutions pour lentilles — certains conservateurs (benzalkonium chloride) sont allergisants
Allergènes aéroportés — poussières, pollens, vapeurs de parfum en suspension dans l’air
Nickel — via les lunettes ou bijoux portés à proximité
Produits capillaires — teintures, shampooings qui ruissellent sur le visage
💡 À noter : un eczéma allergique peut apparaître après des années d’utilisation d’un produit sans problème. La sensibilisation peut survenir à tout moment.
Comment identifier l’allergène responsable ?
Le dermatologue utilise les patch-tests (tests épicutanés) : des sparadraps contenant différents allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h, puis retirés et lus. Une réaction positive (rougeur, vésicules) indique la sensibilisation à l’allergène concerné. Une positivation tardive jusqu’à 7 jours après la pose est possible — une 2e lecture peut être nécessaire.
Patch-tests — identification de l’allergène responsable
2. Dermite séborrhéique des paupières
Dermite séborrhéique du visage — atteinte fréquente des paupières
La dermite séborrhéique (appelée parfois « eczéma séborrhéique ») est une affection chronique due à la levure Malassezia. Elle touche les zones riches en glandes sébacées : ailes du naz, sourcils, lisière du cuir chevelu — et fréquemment les paupières. Elle se présente par des plaques rouges légèrement squameuses, moins prurigineuses que l’eczéma allergique.
Elle se distingue de l’eczéma allergique par son caractère chronique et récidivant, et par les autres localisations associées (sourcils, ailes du nez, cuir chevelu avec pellicules).
Traitement : différent de l’eczéma allergique — antifongiques locaux (kétoconazole) et dermocorticoïdes doux en alternance. Voir dermite séborrhéique du visage.
3. Dermatite atopique des paupières
Chez les personnes atopiques (terrain allergique), les paupières sont une localisation fréquente des poussées d’eczéma. La peau est sèche, avec des rougeurs récidivantes, souvent associées à d’autres manifestations atopiques (eczéma des plis, asthme, rhinite allergique). Le grattage chronique peut entraîner un épaississement de la peau (lichénification).
Tableau récapitulatif — distinguer les 3 formes
Eczéma de contact
Dermite séborrhéique
Dermatite atopique
Aspect
Rougeur vive, vésicules, gonflement
Plaques rouges squameuses discrètes
Peau sèche, rougeur diffuse
Prurit
Intense
Modéré
Intense, chronique
Localisation associée
Isolée aux paupières
Nez, sourcils, cuir chevelu
Plis du coude, derrière genoux
Cause
Allergène identifiable
Levure Malassezia
Terrain atopique
Traitement spécifique
Éviction allergène + dermocorticoïdes
Antifongiques + dermocorticoïdes doux
Émollients + dermocorticoïdes
Traitement de l’eczéma des paupières
Règles générales — valables pour toutes les formes
Ne pas se gratter — le grattage aggrave l’eczéma et peut le chroniciser (lichénification). Les paupières sont si fragiles que le moindre frottement les irrite et les fait gonfler davantage
Toilette douce — eau froide sans savon le matin, savon surgras ou démaquillant doux sans parfum le soir / Idéalement soins spécifiques des paupières (Ilast*…)
Éviter les cosmétiques suspects pendant la poussée, et ne les réintroduire qu’un par un après guérison
Traitements médicamenteux
Dermocorticoïdes doux (hydrocortisone 1%, désonide) — traitement de 1re intention. La peau des paupières étant très fine, les corticoïdes forts sont contre-indiqués. Les applications se font sur courte durée (7 à 14 jours maximum) pour éviter l’atrophie cutanée et les effets oculaires (glaucome, cataracte avec usage prolongé).
Il n’est pas rare que le dermatologue prescrive aussi un antifongique car il existe souvent une dermite séborrhéique intriquée à l’eczema des paupières
Inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus Protopic* 0,03%) — alternative aux dermocorticoïdes pour les traitements prolongés. Ils n’entraînent pas d’atrophie cutanée et sont particulièrement adaptés aux paupières.
Antihistaminiques oraux (cétirizine, loratadine) — pour calmer les démangeaisons, surtout en cas de prurit intense nocturne.
Éviction de l’allergène — indispensable en cas d’eczéma de contact. Sans éviction, aucun traitement ne sera durablement efficace.
Quand consulter en urgence ?
🚨 Consultez rapidement si :
— Le gonflement des paupières est très important et s’étend rapidement (risque d’œdème de Quincke)
— La vision est floue ou douloureuse — atteinte oculaire possible
— Les paupières présentent des vésicules douloureuses unilatérales — évoquer un zona ophtalmique
— Malgré un traitement bien conduit, aucune amélioration après 3 semaines
Les causes les plus fréquentes sont un eczéma de contact allergique (cosmétiques, vernis à ongles, collyres), une dermite séborrhéique ou une poussée de dermatite atopique. Chez la femme, le maquillage des yeux et le mascara sont les premiers allergènes à suspecter. Le dermatologue peut identifier l’allergène précis par patch-tests.
Comment soigner rapidement l’eczéma des paupières ?
Arrêtez tous les cosmétiques sur les paupières, lavez le visage à l’eau froide, et appliquez une crème dermocorticoïde douce (hydrocortisone 1%) pendant 7 à 10 jours sur avis médical. Évitez les corticoïdes forts sur les paupières. En cas de démangeaisons intenses, un antihistaminique oral peut aider. Si les symptômes persistent, consultez pour identifier un allergène par patch-tests.
Peut-on utiliser des corticoïdes sur les paupières ?
Oui, mais uniquement des dermocorticoïdes de faible puissance (classe I ou II : hydrocortisone 1%, désonide) et sur une courte durée. Les corticoïdes forts sur les paupières peuvent provoquer une atrophie cutanée, et leur absorption oculaire répétée peut favoriser glaucome et cataracte. Pour les traitements prolongés, le dermatologue peut parfois proposer les inhibiteurs de la calcineurine (Protopic* …).
L’eczéma des paupières est-il contagieux ?
Non. L’eczéma, quelle que soit sa forme, n’est pas contagieux. C’est une réaction inflammatoire de la peau qui ne peut pas se transmettre d’une personne à une autre.
Comment différencier un eczéma des paupières d’une conjonctivite ou d’un orgelet ?
L’eczéma des paupières touche la peau des paupières (rougeur, squames, vésicules) sans atteinte de l’œil lui-même. La conjonctivite donne un œil rouge avec larmoiement et sécrétions. L’orgelet est un bouton douloureux sur le bord de la paupière (infection d’une glande). En cas de doute avec une atteinte oculaire, consultez rapidement un ophtalmologue.
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Il existe des facteurs génétiques dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson puisque 60% des parents ayant un enfant atopique, ont ou ont eu un signe d’atopie (un eczema atopique par exemple).
On retrouve souvent des antécédents d’allergies dans la famille.
Une hyper réactivité de la peau
Les enfants atopiques sont hyper réactifs à leur environnement
C’est-à-dire que les enfants et les nourrissons ayant de l’eczema réagissent plus facilement de manière allergique aux substances qu’ils rencontrent dans leur vie courante (poussières, poils d’animaux…)
Les enfants et les nourrissons ayant de l’eczema ont une peau plus sèche et » fissurée « , laissant pénétrer les allergènes dans la peau. La peau de l’enfant ou du nourrisson ayant de l’eczema « laisse donc pénétrer » les substances et leur permet de rentrer en contact avec les cellules immunitaires de la peau C’est pourquoi la lutte contre la peau sèche par l’hydratation et le respect de l’équilibre de la peau sont donc prépondérant et font partie intégrante du traitement de l’eczema de l’enfant et du nourrisson
Ce n’est pas rare et de plus en plus fréquent
L’eczema atopique concerne environ 10% des enfants
Il y a de plus en plus d’enfants et de nourrisson ayant de l’eczema depuis plusieurs décennies
Le traitement des poussées d’eczema atopique peut faire intervenir principalement des médicaments diminuant le grattage (antihistaminiques), et des produits locaux intensifiant l’hydratation de la peau ainsi que des crèmes à la cortisone.
Les crèmes cortisonées peuvent être utilisées chez l’enfant. Il faut simplement les utiliser uniquement apres diagnostic par le médecin de l’eczema et veiller à les appliquer correctement selon les indications du médecin.
Les parents ont souvent peur dutiliser les crèmes cortisonées. Il faut savoir que ce sont les principales crèmes efficaces contre la poussée d’eczéma. Il vaut mieux un enfant qui s’épanouit avec une peau saine qu’un enfant qui dort mal et se gratte. Il suffit de bien utiliser les crèmes cortisonées (sous prescription médicale)
utiliser plutôt des crèmes à la cortisone de force moyenne,
en appliquer uniquement sur les zones d’eczéma fraîchement nettoyées, jusquà efficacité (environ 4 à 7 j)
et décroître progressivement les applications ensuite.
On considère que les crèmes à la cortisone peuvent être utilisés pour chaque poussée jusqu’à une quantité approximative de 1 tube pour un enfant de 4-5 ans.
Au-delà, il faut savoir reconsulter pour réévaluer le traitement et le bilan allergologique.
Les autres traitements de l’eczema de l’enfant et du bébé
On peut citer parmi les autres traitements les macrolides immunosuppresseurs, la photothérapie après 8 ans, les anti histaminiques, les probiotiques etc.
Comment éviter l’exema des joues du bébé ou de l’enfant?
Les enfants ayant de l’eczema atopique ont une peau sèche qui laisse plus facilement pénétrer les allergènes.
Il faut donc lutter contre cette sécheresse de la peau en appliquant des crèmes hydratantes, en évitant les bains trop chauds et prolongés et en utilisant des savons doux (de type surgras par exemple)
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Plaques rouges sur le visage (joues) de l’enfant ou du bébé
Cet article en vidéo :
Le visage, constamment en contact avec nos interlocuteurs, est un peu le reflet de notre enfant… avoir des plaques rouges sur le nez, le menton, les joues, le front n’est jamais agréable pour l’enfant et les parents
Les joues constituent une zone développée chez l’enfant, très convexe et donc très sujette aux frottements et en contact avec le milieu extérieur. Il est donc fréquent d’observer des plaques rouges des joues du bébé et de l’enfant
En cas de plaques rouges sur le visage (notamment les joues) chez votre enfant ou votre bébé, il faut consulter :
La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques rouges sur le visage (les joues notamment)
Le médecin va s’orienter en fonction d’éléments anamnestiques (est-ce que ce sont des plaques rouges qui grattent, qui brulent… ), topographiques (plaques rouges sur les joues uniquement… ) et cliniques (pustules, folliculite, points noirs, fièvre… )
Il évoquera plusieurs diagnostics, on peut citer parmi ceux-ci :
une infection à streptocoque ou staphylocoque du visage, donnant des croutes comme du miel cristallisé (attention, de nombreuses autres dermatoses peuvent avoir cet aspect en se surinfectant)
Eczéma du visage : causes, symptômes et traitement
Eczéma du visage — plaques rouges qui démangent
L’eczéma du visage est une inflammation cutanée qui provoque des plaques rouges qui grattent et des boutons qui démangent sur le visage. Il peut toucher l’adulte comme l’enfant et prend plusieurs formes selon sa cause. Un diagnostic précis est indispensable car le traitement diffère selon le type d’eczéma.
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La dermatite atopique est la forme la plus fréquente d’eczéma du visage chez l’enfant, mais elle peut persister ou apparaître à l’âge adulte. Elle se manifeste par des plaques rouges sèches, squameuses et très prurigineuses, souvent localisées sur les joues, le front et le contour des yeux. Elle s’inscrit dans un terrain atopique (asthme, rhinite allergique, allergie alimentaire).
Eczéma des joues — allergie à une crème, un sérum ou un masque
Eczéma suintant allergique du visage
Les allergènes les plus fréquents dans l’eczéma du visage :
Cosmétiques : crèmes, masques, sérums, parfums appliqués depuis quelques jours
Allergènes aéroportés : substances en suspension dans l’air (pollens, poussières)
Photoallergènes : substances provoquant un eczéma uniquement au soleil
Allergènes d’origine conjugale : lors d’un baiser, le partenaire dépose un cosmétique sur la joue d’une personne qui y est allergique
Comment identifier l’allergène responsable ? Le médecin utilise les patch tests (tests épicutanés) : des sparadraps contenant différents allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h. Une positivation tardive est possible jusqu’à 7 jours après la pose.
Souvent appelée « eczéma séborrhéique », la dermite séborrhéique provoque des plaques rouges squameuses caractéristiquement localisées sur les ailes du nez, les sourcils, les plis naso-géniens et la lisière du cuir chevelu. Elle est liée à une prolifération d’une levure (Malassezia) et se traite différemment de l’eczéma classique.
Dermite séborrhéique des côtés du nez et de la bouche
Provoqué non par une allergie mais par une irritation directe de la peau : lavages trop fréquents, produits agressifs, eau calcaire, frottements répétés. La peau devient rouge, sèche et réactive sans mécanisme allergique identifiable.
Symptômes de l’eczéma du visage
Selon la forme et le stade, l’eczéma du visage peut se présenter comme :
Des plaques rouges sèches et squameuses qui démangent
Des vésicules (petites cloques) qui peuvent suinter
Une peau épaissie et lichénifiée en cas d’eczéma chronique gratté
Des croûtes après suintement
Un gonflement des paupières en cas d’eczéma périoculaire
⚠️ Les dermocorticoïdes doivent être utilisés avec précaution sur le visage — leur application prolongée peut provoquer une dermite péri-orale ou une rosacée cortisonique. Consultez toujours un médecin avant de les utiliser sur cette zone.
Comment savoir si j’ai de l’eczéma ou autre chose sur le visage ?
L’eczéma du visage se manifeste par des plaques rouges squameuses qui démangent, parfois accompagnées de vésicules. Il peut ressembler à une rosacée, une dermite séborrhéique ou une allergie de contact. Seul un dermatologue peut poser le diagnostic précis et prescrire le traitement adapté.
Quelle crème utiliser pour l’eczéma du visage ?
Le traitement repose sur des dermocorticoïdes prescrits par un médecin, à utiliser avec précaution sur le visage. En complément, une crème hydratante adaptée aux peaux atopiques (sans parfum ni conservateur) est indispensable. N’appliquez pas de corticoïdes sur le visage sans avis médical.
L’eczéma du visage est-il contagieux ?
Non, l’eczéma n’est pas contagieux. Il s’agit d’une réaction inflammatoire de la peau, d’origine allergique ou atopique, qui ne se transmet pas d’une personne à l’autre.
L’eczéma du visage peut-il guérir définitivement ?
L’eczéma atopique peut s’améliorer spontanément avec l’âge, notamment chez l’enfant. L’eczéma allergique de contact guérit si l’allergène est définitivement évité. La dermite séborrhéique est chronique mais contrôlable avec un traitement d’entretien.
Peut-on se maquiller avec de l’eczéma sur le visage ?
Oui, mais avec précaution. Privilégiez des produits hypoallergéniques, sans parfum ni conservateur, testés sous contrôle dermatologique. Évitez tout produit nouveau en période de poussée. En cas de suspicion d’allergie à un cosmétique, consultez pour réaliser des patch tests.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Il est fréquent de voir apparaitre des plaques rouges qui grattent sur la peau.
Lorsque cela apparait chez l’enfant, les parents sont toujours inquiets.
En cas de plaques qui démangent sur le bras : consultez un médecin!
La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons… )
Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions.
Dermatoscope
Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques qui démangent sur le bras
On peut citer parmi ceux-ci :
La kératose pilaire
formant de petits boutons rouges et rapeux derriere les bras
Boutons sur les joues : causes, photos et diagnostic
Les boutons sur les joues peuvent avoir des origines très différentes selon leur aspect, leur évolution et les symptômes associés. Certains sont bénins et très fréquents (acné, rosacée, dermite séborrhéique), d’autres méritent une attention particulière (lupus, kératose actinique, cancer de la peau). Voici le guide complet pour orienter le diagnostic.
Le lupus érythémateux se manifeste sur les joues par un érythème en « ailes de papillon » — plaques rouges symétriques sur les deux joues débordant sur le nez, mais le respectant généralement, aggravées par l’exposition solaire. Il touche préférentiellement les femmes jeunes. Le lupus est une maladie systémique qui nécessite un bilan biologique complet — consultez rapidement si ce tableau vous évoque.
Rosacée des joues
La rosacée est caractérisée par une rougeur diffuse et persistante des joues et du nez, des bouffées de chaleur et des pustules sans points noirs. Elle est aggravée par l’alcool, les épices, le soleil et la chaleur. Elle se traite efficacement par métronidazole, acide azélaïque ou ivermectine topique (Soolantra®).
Rosacée des joues et du nez
Acné des joues
L’acné peut toucher les joues, notamment chez l’adolescent. Chez la femme adulte, l’acné prédomine plutôt sur le bas du visage (menton, mandibules). La présence de points noirs est le signe distinctif de l’acné par rapport à la rosacée.
Points noirs — signe distinctif de l’acné
Kératose actinique — lésion précancéreuse
La kératose actinique est une lésion précancéreuse liée à l’exposition solaire chronique, fréquente sur les joues après 50 ans. Elle se présente comme une tache rugueuse, jaunâtre ou rosée, légèrement surélevée, qui gratte parfois. Sans traitement, une minorité peut évoluer vers un carcinome spinocellulaire. Elle se traite par cryothérapie, crème à l’imiquimod ou fluorouracile.
Kératose actinique de la joue — lésion précancéreuse
Kératoacanthome
Le kératoacanthome est un nodule à croissance rapide, avec un cratère central rempli de kératine. Il peut régresser spontanément en quelques mois mais une biopsie est indispensable pour le distinguer d’un carcinome spinocellulaire qui peut lui ressembler.
Kératoacanthome — biopsie indispensable
Folliculite et poils incarnés (homme)
Chez l’homme, des boutons rouges centrés par un poil sur les joues après le rasage évoquent une folliculite de rasage ou des poils incarnés. Le passage au rasoir électrique, l’exfoliation régulière et les crèmes à l’acide glycolique réduisent les récidives.
⚠️ Consultez rapidement si un bouton sur la joue : ne guérit pas depuis plusieurs semaines, saigne facilement, grossit progressivement ou présente un aspect nacré ou ulcéré — signes évocateurs d’un cancer de la peau.
Comment distinguer la rosacée de l’acné sur les joues ?
La distinction est essentielle car les traitements sont différents. L’acné se reconnaît à la présence de points noirs (comédons) — absents dans la rosacée. La rosacée se manifeste par une rougeur diffuse persistante avec bouffées de chaleur, des pustules sans comédons, et une aggravation par l’alcool, la chaleur et le soleil. En cas de doute, un dermatologue tranchera en quelques secondes.
J’ai des plaques rouges sur les deux joues symétriques après le soleil — qu’est-ce que c’est ?
Des plaques rouges symétriques sur les deux joues, aggravées par l’exposition solaire, évoquent en premier lieu un lupus érythémateux — notamment si elles s’étendent sur le nez en formant des « ailes de papillon ». Consultez rapidement un médecin qui prescrira un bilan biologique (anticorps antinucléaires, NFS). Le lupus est une maladie sérieuse mais traitable diagnostiquée tôt.
Qu’est-ce que la kératose actinique et faut-il la traiter ?
La kératose actinique est une lésion précancéreuse due au soleil, très fréquente après 50 ans sur les joues, le front et les mains. Elle ressemble à une tache rugueuse légèrement surélevée. Elle doit être traitée car une minorité peut évoluer en carcinome spinocellulaire. Le traitement est simple et efficace : cryothérapie (azote liquide en 30 secondes) ou crème spécifique.
Des boutons sur les joues après le rasage — comment les éviter ?
La folliculite de rasage et les poils incarnés sur les joues se préviennent en : rasant dans le sens du poil, changeant souvent la lame, adoucissant la barbe avec eau chaude avant de raser, évitant les rasages trop rapprochés de la peau, et en appliquant un soin à l’acide glycolique ou salicylique après rasage. Le passage au rasoir électrique résout souvent le problème.
Boutons sur le front : causes, diagnostic et traitements
Les boutons sur le front sont parmi les plus fréquents — le front est une zone riche en glandes sébacées, souvent irritée par les cheveux, le maquillage, les casques ou les bandeaux. Selon leur aspect et leurs symptômes associés, les causes sont très variées. Voici comment les identifier.
Toute lésion qui ne guérit pas — consulter rapidement
Causes spécifiques au front
Acné du front — le rôle des cheveux et du casque
Le front est une zone de prédilection de l’acné, notamment à l’adolescence. Plusieurs facteurs spécifiques au front aggravent les boutons :
Mèche de cheveux sur le front — les cheveux gras transfèrent sébum et bactéries. Coiffer les cheveux en arrière améliore souvent l’acné du front
Casque de moto ou vélo, bandeau de sport — la friction et l’occlusion favorisent une acné mécanique (acné cosmetica) sur le front et les tempes
Crèmes ou fonds de teint comédogènes — obstruent les pores, aggravant l’acné
Frange — même effet que la mèche, zone constamment en contact avec les cheveux
Acné du front
Dermite séborrhéique de la lisière
La dermite séborrhéique touche préférentiellement la lisière du cuir chevelu — la bande de peau entre le front et les cheveux. Elle se manifeste par des plaques rouges légèrement squameuses, parfois associées à des pellicules. Elle déborde parfois sur le front, les sourcils et les ailes du nez.
Eczéma de contact du front
Le front est fréquemment le siège d’un eczéma de contact lié à des produits capillaires (shampoing, après-shampoing, laque, gel) ou à des accessoires (casque, bandeau en latex ou caoutchouc). Les plaques apparaissent dans les heures suivant le contact et s’accompagnent de démangeaisons. La disparition des symptômes à l’arrêt du produit suspect confirme le diagnostic.
Milium du front
Les grains de milium sont de petits kystes sébacés blancs, fermes, indolores, de 1 à 2 mm. Ils apparaissent souvent après l’utilisation de crèmes trop grasses ou occlusives sur le front. Ils ne se traitent pas avec des produits topiques — ils sont retirés par un dermatologue avec une aiguille fine.
Kératose actinique du front
Le front est l’une des zones les plus exposées au soleil — la kératose actinique y est donc fréquente après 50 ans. Tache rugueuse jaunâtre ou rosée, légèrement surélevée. Lésion précancéreuse à traiter par cryothérapie.
Cancers du front
Le front est l’une des zones les plus exposées au soleil, il n’est donc pas rare d’y constater l’apparition d’un cancer de la peau
Kératoacanthome — biopsie nécessaire pour exclure un cancer
⚠️ Consultez rapidement si un bouton sur le front ne guérit pas depuis plusieurs semaines, saigne facilement ou grossit progressivement — signes évocateurs d’un cancer de la peau.
Pourquoi ai-je des boutons sur le front et pas sur les joues ?
Le front fait partie de la « zone T » (front, nez, menton) — la zone du visage la plus riche en glandes sébacées. Elle produit davantage de sébum que les joues, favorisant l’acné et les points noirs. Si vos boutons sont localisés uniquement sur le front, vérifiez aussi l’influence des cheveux (mèche, frange) et des produits capillaires qui peuvent être comédogènes.
Mon acné sur le front empire depuis que je porte un casque — que faire ?
C’est une acné mécanique (ou acné cosmetica) bien connue. La friction et l’occlusion sous le casque obstruent les pores et favorisent la prolifération bactérienne. Portez un bandeau ou une coiffe en coton sous le casque, nettoyez la zone après chaque port, utilisez un produit non comédogène. Si l’acné persiste, un traitement local (peroxyde de benzoyle, rétinoïde) prescrit par un dermatologue sera nécessaire. Autre facteur aggravant, le contact permanent des cheveux sur le front
J’ai des petits boutons blancs sur le front qui ne partent pas — c’est quoi ?
Des petits boutons blancs fermes, indolores, de 1 à 2 mm, qui ne disparaissent pas avec les produits anti-acné sont probablement des grains de milium — de petits kystes sébacés. Ils ne répondent pas aux traitements topiques. Un dermatologue peut les retirer facilement en quelques minutes avec une aiguille fine. Évitez les crèmes trop grasses ou occlusives pour prévenir leur réapparition.
Des plaques rouges qui grattent sont apparues sur mon front après avoir changé de shampoing — est-ce grave ?
Non, c’est probablement un eczéma de contact lié au nouveau shampoing. Les produits capillaires ruissellent sur le front lors du rinçage et peuvent provoquer une réaction allergique ou irritante. Reprenez votre ancien shampoing — les plaques devraient disparaître en quelques jours. Si elles persistent, un patch test chez le dermatologue identifiera l’allergène précis.
Boutons sur le nez : causes, diagnostic et traitements
Le nez est l’une des zones du visage les plus exposées aux boutons, rougeurs et lésions cutanées. Certaines sont bénignes et très fréquentes (points noirs, rosacée, dermite séborrhéique), d’autres nécessitent une prise en charge rapide — notamment le zona ophtalmique si la pointe ou la narine est touchée. Voici le guide complet du diagnostic.
Si les vésicules du zona touchent la pointe du nez ou la narine (signe de Hutchinson), il existe un risque élevé d’atteinte de la cornée et du nerf ophtalmique. C’est une urgence dermatologique et ophtalmologique — consultez dans les 24 heures. Un traitement antiviral précoce (valaciclovir) réduit significativement le risque de séquelles oculaires.
Les pathologies les plus fréquentes du nez
Points noirs sur le nez
Les points noirs (comédons ouverts) sur le nez sont très fréquents, même sans acné caractérisée. Ils résultent de l’obstruction des glandes sébacées par du sébum oxydé. Le nez est la zone la plus riche en glandes sébacées du visage. Voir notre article complet : points noirs — comment s’en débarrasser.
Points noirs du nez — comédons ouverts
Rosacée et rhinophyma
La rosacée est caractérisée par une rougeur persistante du nez et des joues, des bouffées de chaleur et parfois des pustules. Sa forme la plus avancée sur le nez est le rhinophyma — un épaississement progressif et nodulaire de la peau du nez donnant un aspect bulbeux. Le rhinophyma touche presque exclusivement les hommes après 50 ans et nécessite un traitement chirurgical ou laser.
Rosacée du nez et des joues
Impétigo du nez
L’impétigo se manifeste par des croûtes couleur miel, très évocatrices, autour et sous les narines. Très contagieux, il touche surtout les enfants. Traitement antibiotique local (voire oral si étendu).
Impétigo du nez — croûtes couleur miel
Carcinome basocellulaire du nez
Le nez est la localisation la plus fréquente du carcinome basocellulaire, premier cancer de la peau. Il se présente comme une lésion perléacée (aspect nacré), qui saigne facilement au moindre contact et ne guérit pas. Sujet âgé avec antécédent d’exposition solaire importante. Consultez rapidement — plus tôt il est traité, moins la chirurgie est étendue.
Carcinome basocellulaire du nez — consulter rapidement
Comment se débarrasser des points noirs sur le nez ?
Les points noirs du nez se traitent par des produits kératolytiques (rétinoïdes topiques, peroxyde de benzoyle, acide salicylique) qui désobstruent les pores en douceur. Les patchs pore strips arrachent les bouchons mais ne traitent pas la cause et peuvent aggraver la dilatation des pores. L’extraction manuelle par un professionnel reste la méthode la plus efficace. Voir notre article : points noirs — traitements.
J’ai un bouton sur le nez qui ne guérit pas depuis plusieurs semaines — que faire ?
Un bouton persistant depuis plus de 3-4 semaines sans cicatrisation doit être montré à un dermatologue. Cela peut indiquer un carcinome basocellulaire (cancer le plus fréquent du nez), une infection chronique, ou une dermatose non traitée. N’attendez pas — un carcinome diagnostiqué tôt se traite en quelques minutes, diagnostiqué tardivement il peut nécessiter une chirurgie reconstructrice du nez.
Mon nez est rouge en permanence — est-ce de la rosacée ?
La rougeur permanente du nez et des joues, associée à des bouffées de chaleur déclenchées par l’alcool, le soleil, la chaleur ou les épices, est très évocatrice de rosacée. Si des pustules (boutons purulents sans points noirs) sont présentes, le diagnostic est quasi certain. La rosacée se traite efficacement par des crèmes spécifiques (métronidazole, acide azélaïque, ivermectine) et parfois du laser vasculaire.
Qu’est-ce que la démodécidose ?
La démodécidose est une prolifération excessive d’acariens microscopiques (Demodex folliculorum) naturellement présents dans les follicules pileux du nez et des joues. Elle provoque des démangeaisons, des brûlures et une rougeur persistante souvent confondue avec la rosacée ou la dermite séborrhéique. Elle se traite par l’ivermectine topique (Soolantra®) ou l’ivermectine orale.
Boutons et plaques autour de la bouche chez l’enfant ou le bébé : causes et traitements
Les boutons et plaques autour de la bouche chez l’enfant ou le bébé inquiètent souvent les parents — et les causes sont nombreuses. Le pourtour de la bouche est une zone particulièrement exposée chez le jeune enfant : contact avec la sucette, tic de léchage des lèvres, bave, frottements — autant de facteurs qui fragilisent la barrière cutanée et favorisent les dermatoses péri-orales. Le diagnostic précis est indispensable car les traitements sont très différents selon la cause.
Face à des boutons ou plaques péri-oraux chez l’enfant, le médecin s’appuie sur trois éléments : l’âge de l’enfant (dermite péri-orale très fréquente avant 6 ans, acné à partir de la puberté), les symptômes fonctionnels (prurit = eczéma ou dermite, brûlures = herpès ou dermite péri-orale, indolore = impétigo ou molluscum) et l’aspect clinique (croûtes couleur miel = impétigo, vésicules groupées = herpès, plaques sèches rouges = dermite péri-orale ou eczéma, pustules sans points noirs = dermite péri-orale évolée). L’interrogatoire précise aussi l’utilisation d’une sucette, le tic de léchage, l’application de crèmes à la cortisone — facteurs déclenchants classiques.
Boutons autour de la bouche qui grattent ou démangent
Dermite péri-orale — la cause la plus fréquente chez l’enfant
La dermite péri-orale est la première cause de plaques rouges et sèches autour de la bouche chez le jeune enfant. Elle peut débuter dès 6 mois et survient surtout avant 5-6 ans, plus fréquemment chez les petites filles à peau claire. Elle se manifeste par des plaques rouges, sèches, légèrement squameuses formant un halo autour de la bouche — prurigineuses ou légèrement brûlantes, souvent aggravées en hiver.
Les deux facteurs aggravants principaux sont la sucette (tétine) — le contact répété fragilise la barrière cutanée péri-orale — et le tic de léchage des lèvres sèches — la salive acide macère la peau et entretient la dermite. L’utilisation de crèmes à la cortisone sur ces lésions aggrave paradoxalement le tableau et peut faire évoluer la dermite vers une forme pustuleuse.
Traitement : le médecin prescrit des crèmes antibiotiques (métronidazole, érythromycine topique) ou antifongiques selon l’aspect. La clé du traitement est l’éviction de la sucette et la correction du tic de léchage — souvent difficile à obtenir chez le jeune enfant. L’application d’une crème à l’oxyde de zinc la nuit crée une barrière physique contre le contact avec la sucette. La réponse au traitement est bonne mais nécessite de la patience : 3 à 4 mois. Les formes pustuleuses nécessitent des antibiotiques par voie orale (érythromycine ou métronidazole oral) pendant 3 à 4 mois. Voir l’article de référence sur la dermite péri-orale de l’enfant (PubMed 2015).
Eczéma du visage
L’eczéma péri-oral donne des plaques rouges, suintantes, très prurigineuses, souvent dans le cadre d’un eczéma atopique plus diffus. Il touche fréquemment les joues et le pourtour de la bouche chez le nourrisson. Les antécédents familiaux d’allergie, d’asthme ou d’eczéma orientent le diagnostic. Traitement : émollients quotidiens et dermocorticoïdes en poussée.
Urticaire péri-orale
L’urticaire péri-orale chez l’enfant est souvent d’origine alimentaire — elle apparaît rapidement (minutes) après le contact avec un aliment allergisant (arachide, lait, œuf, fruits à coque…) et ressemble à des plaques de piqûres d’ortie, fugaces et mobiles. Elle est distincte des autres causes par sa rapidité d’apparition et sa résolution spontanée en quelques heures. En cas d’urticaire étendue ou accompagnée de symptômes digestifs ou respiratoires, consulter en urgence — risque d’anaphylaxie.
Dermite séborrhéique
La dermite séborrhéique peut donner des plaques rouges et grasses autour de la bouche, des ailes du nez et des sourcils. Chez le nourrisson, elle se confond parfois avec la croûte de lait. Légèrement prurigineuse. Traitement : antifongiques topiques (kétoconazole) et émollients doux.
Boutons autour de la bouche qui brûlent
Herpès labial — bouton de fièvre
L’herpès labial (HSV-1) donne des vésicules groupées « en bouquet » sur fond érythémateux, précédées de brûlures ou picotements caractéristiques quelques heures avant l’éruption. La primo-infection herpétique chez l’enfant peut être sévère (gingivostomatite herpétique avec fièvre élevée, lésions buccales douloureuses, refus d’alimentation) et nécessite un traitement antiviral rapide (aciclovir). Les récurrences sont ensuite plus localisées et limitées. Attention : ne jamais appliquer de dermocorticoïdes sur une lésion herpétique — aggravation sévère garantie.
Rosacée de l’enfant
La rosacée est rare chez l’enfant mais possible — rougeurs persistantes des joues et du nez, télangiectasies, sensation de chaleur et brûlure. Voir la page sur les boutons du visage de l’enfant pour le diagnostic différentiel complet.
Autres causes fréquentes de boutons péri-oraux chez l’enfant
Impétigo péri-oral — croûtes couleur miel
L’impétigo péri-oral est une infection bactérienne (streptocoque ou staphylocoque) très contagieuse donnant des croûtes jaunâtres couleur miel, classiquement autour de la bouche et du nez. Peu douloureux, il se propage par contact direct et est fréquent en collectivité. Il nécessite un traitement antibiotique (local ou général selon l’étendue) et l’enfant ne peut retourner en collectivité qu’après 48h de traitement. Ne pas confondre avec la dermite péri-orale — l’impétigo donne des croûtes épaisses jaunâtres, la dermite des plaques sèches rouges sans croûtes.
Acné juvénile péri-orale
L’acné peut toucher le pourtour de la bouche à partir de la puberté — papulo-pustules avec comédons (microkystes et points noirs) caractéristiques. L’absence de points noirs oriente plutôt vers une dermite péri-orale. Voir le guide du traitement de l’acné.
Tableau récapitulatif — boutons péri-oraux chez l’enfant
Diagnostic
Âge typique
Aspect / symptôme clé
Traitement principal
Dermite péri-orale
6 mois – 6 ans
Plaques rouges sèches, tic de léchage, sucette
Arrêt sucette + antibiotiques topiques 3-4 mois
Eczéma atopique
1 mois – 5 ans
Plaques rouges suintantes, très prurigineuses
Émollients + dermocorticoïdes
Herpès labial
Tout âge
Vésicules groupées, brûlures précédant l’éruption
Aciclovir (primo-infection surtout)
Impétigo
2-10 ans
Croûtes jaunâtres couleur miel, contagieux
Antibiotiques (local ou oral)
Urticaire alimentaire
Tout âge
Plaques ortie fugaces, après contact alimentaire
Antihistaminiques — urgence si anaphylaxie
Dermite séborrhéique
0-3 mois / adulte
Plaques rouges grasses, ailes du nez + sourcils
Antifongiques topiques
Acné juvénile
12-15 ans
Papulo-pustules + comédons (points noirs)
Traitements topiques anti-acné
Questions fréquentes
Comment savoir si c’est une dermite péri-orale ou de l’eczéma autour de la bouche ?
La dermite péri-orale forme un halo rouge et sec strictement autour de la bouche, souvent aggravé par la sucette ou le léchage des lèvres. L’eczéma atopique est plus diffus, touche aussi les joues et les plis, et est extrêmement prurigineux. La dermite péri-orale s’améliore avec les antibiotiques topiques, l’eczéma avec les dermocorticoïdes. Appliquer des dermocorticoïdes sur une dermite péri-orale l’aggrave — c’est pourquoi le diagnostic précis est indispensable avant tout traitement.
La dermite péri-orale disparaît-elle avec l’arrêt de la sucette ?
L’arrêt de la sucette est la mesure la plus importante mais ne suffit pas toujours seul. Il faut l’associer à un traitement topique antibiotique ou antifongique et corriger le tic de léchage des lèvres. La guérison prend 3 à 4 mois même avec un traitement bien conduit. La patience est indispensable — rechutes fréquentes si la sucette est reprise ou si le tic de léchage persiste.
L’herpès labial de l’enfant nécessite-t-il toujours un traitement ?
La primo-infection herpétique (première fois) chez le jeune enfant peut être sévère — gingivostomatite fébrile avec refus d’alimentation et lésions buccales douloureuses — et nécessite un traitement antiviral rapide (aciclovir oral) et parfois une hospitalisation pour hydratation. Les récurrences ultérieures (bouton de fièvre simple) sont souvent moins sévères et peuvent être traitées localement par aciclovir topique dès les premiers picotements. Ne jamais appliquer de cortisone sur une lésion herpétique.
Les plaques rouges autour de la bouche sont-elles contagieuses à l’école ?
Cela dépend de la cause. L’impétigo est contagieux et impose l’éviction scolaire jusqu’à 48h de traitement antibiotique. L’herpès est contagieux lors des poussées (contact direct avec les lésions). La dermite péri-orale, l’eczéma et l’urticaire ne sont pas contagieux. En cas de doute sur le diagnostic, consulter avant de ramener l’enfant en collectivité.
Doit-on s’inquiéter d’une urticaire localisée autour de la bouche après un repas ?
Une urticaire péri-orale isolée après contact alimentaire (plaques rouge, gonflées, qui disparaissent en quelques heures) est souvent bénigne mais mérite une consultation pour identifier l’aliment responsable et prescrire un antihistaminique. Si l’urticaire s’étend, s’accompagne de gonflement des lèvres ou de la gorge (œdème de Quincke), de difficultés respiratoires ou de malaise, appeler le 15 immédiatement — c’est une urgence anaphylactique.
Boutons autour de la bouche : causes, diagnostic et traitements chez l’adulte
Les boutons autour de la bouche chez l’adulte peuvent avoir des origines très différentes — et les traitements sont parfois opposés selon le diagnostic. Appliquer des dermocorticoïdes sur une dermite péri-orale l’aggrave ; ne pas traiter un herpès labial en phase de primo-infection expose à des complications. Un diagnostic précis par le médecin ou le dermatologue est indispensable avant tout traitement. Cet article passe en revue les causes les plus fréquentes, classées par symptôme dominant.
Pourquoi les boutons se localisent-ils sur le bas du visage ?
La zone péri-orale, le menton et la région mandibulaire constituent une zone à forte dépendance hormonale — équivalente à la zone de la barbe chez l’homme. C’est pourquoi l’acné de la femme adulte, souvent à composante hormonale, prédomine précisément dans cette zone (menton, lèvre supérieure, mâchoire). C’est aussi une zone de friction (rasage chez l’homme, maquillage), d’humidité (salive, lèchage), et de contact avec des produits potentiellement irritants (dentifrices, baumes lèvres). Ces facteurs expliquent la concentration de plusieurs dermatoses dans cette zone anatomique spécifique.
Boutons autour de la bouche qui grattent ou démangent
Dermite péri-orale — première cause chez la femme adulte
La dermite péri-orale est la cause la plus fréquente de boutons péri-oraux chez la femme adulte — pustules et papules sans points noirs formant un halo autour de la bouche, parfois prurigineuses ou légèrement brûlantes. Elle est souvent déclenchée ou aggravée par l’utilisation de dermocorticoïdes sur le visage (y compris les crèmes grasses riches, certains fonds de teint, et les dentifrices fluorés selon certains auteurs). Paradoxalement, elle s’aggrave si on applique de la cortisone pour la traiter. Le traitement repose sur les antibiotiques topiques (métronidazole, érythromycine) et oraux (doxycycline, érythromycine, métronidazole per os) pendant 3 mois. L’arrêt de tous les corticoïdes topiques est indispensable, même si une aggravation transitoire suit cet arrêt.
Eczéma de contact du visage
L’eczéma du visage péri-oral est souvent une dermite de contact allergique — déclenché par un cosmétique (rouge à lèvres, baume lèvres, dentifrice), un médicament topique ou un produit alimentaire. Il donne des plaques rouges squameuses très prurigineuses, souvent après un changement récent de produit. Le patch-test (tests épicutanés) chez le dermatologue permet d’identifier l’allergène responsable. Traitement : éviction de l’allergène + dermocorticoïdes de courte durée.
Dermite séborrhéique péri-orale
La dermite séborrhéique donne des plaques rouges légèrement grasses et squameuses aux ailes du nez, plis nasogéniens et pourtour de la bouche. Liée à une réaction aux levures Malassezia, elle est souvent associée à des pellicules du cuir chevelu. Prurit modéré. Traitement : antifongiques topiques (kétoconazole, ciclopirox) en cures répétées.
Urticaire péri-orale
L’urticaire péri-orale apparaît rapidement après contact alimentaire (arachide, fruits à coque, crustacés…) ou après application d’un produit topique — plaques ressemblant à des piqûres d’ortie, fugaces, disparaissant en quelques heures. Si l’urticaire s’accompagne d’un gonflement des lèvres ou de la gorge (œdème de Quincke), d’une gêne respiratoire ou d’un malaise : appeler le 15 — urgence anaphylactique.
Démodécidose
La démodécidose est une dermatose liée à la prolifération du parasite Demodex folliculorum dans les follicules pileux du visage. Elle donne des papulo-pustules péri-orales et péri-nasales, prurigineuses, souvent associées à une sensation de reptation cutanée. Souvent confondue avec la rosacée ou la dermite péri-orale. Traitement : ivermectine topique ou orale, métronidazole local.
Boutons autour de la bouche qui brûlent
Herpès labial — bouton de fièvre
L’herpès labial (HSV-1) est caractérisé par des vésicules groupées en bouquet sur fond érythémateux, précédées de brûlures, picotements ou démangeaisons caractéristiques quelques heures avant l’éruption. Les récurrences sont déclenchées par le soleil, la fièvre, la fatigue ou le stress. Le traitement par aciclovir topique dès les premiers picotements raccourcit la durée de l’épisode. En cas de récurrences fréquentes (plus de 6/an), un traitement prophylactique oral par valaciclovir peut être discuté avec le médecin. Ne jamais appliquer de dermocorticoïdes sur une lésion herpétique.
Zona du visage
Le zona du visage donne des vésicules douloureuses strictement unilatérales suivant un trajet nerveux (branche du trijumeau le plus souvent) — douleurs intenses et brûlantes précédant ou accompagnant l’éruption. Contrairement à l’herpès labial, le zona ne récidive quasiment jamais et touche plutôt les personnes âgées ou immunodéprimées. Il nécessite un traitement antiviral oral rapidement (valaciclovir, famciclovir) pour prévenir les douleurs post-zostériennes. Urgence ophtalmologique si atteinte de la branche ophtalmique (zona ophtalmique).
Rosacée péri-orale
La rosacée peut donner des papulo-pustules sur le menton et le pourtour de la bouche, accompagnées de rougeurs diffuses du visage et d’une sensation de chaleur et de brûlure. Elle est aggravée par la chaleur, l’alcool, les épices et le soleil. Traitement : métronidazole topique, ivermectine crème (Soolantra®), doxycycline orale pour les formes papulo-pustuleuses, et protection solaire stricte.
Peau sensible ou réactive
La peau sensible péri-orale se manifeste par des brûlures, picotements et rougeurs sans lésion visible objectivable, déclenchés par des stimuli variés (froid, chaleur, cosmétiques). Ce diagnostic d’élimination est posé après avoir écarté les autres causes. Traitement : simplification de la routine cosmétique, émollients doux, protection physique.
Autres causes fréquentes
Acné de la femme adulte — localisation mandibulaire et mentonnière
L’acné de la femme adulte se localise classiquement sur le bas du visage — menton, lèvre supérieure, mâchoire — car cette zone est sous forte dépendance androgénique. La présence de comédons (points noirs et microkystes) est le signe distinctif permettant de la différencier de la dermite péri-orale (pas de comédons). Elle fluctue souvent avec le cycle menstruel et peut nécessiter un traitement hormonal (contraceptif anti-androgénique, spironolactone) en complément des traitements locaux. Voir le guide du traitement de l’acné.
Impétigo péri-oral
L’impétigo donne des croûtes jaunâtres couleur miel autour de la bouche — moins fréquent chez l’adulte que chez l’enfant, mais possible notamment sur terrain fragilisé ou après micro-traumatisme. Traitement antibiotique local ou général selon l’étendue.
Tableau récapitulatif — boutons péri-oraux chez l’adulte
Diagnostic
Symptôme dominant
Signe distinctif
Traitement principal
Dermite péri-orale
Prurit / brûlure légère
Pustules sans points noirs, halo bouche
Antibiotiques topiques + oraux 3 mois — arrêt cortisone
Eczéma de contact
Prurit intense
Lien avec cosmétique récent
Éviction allergène + dermocorticoïdes
Herpès labial
Brûlures / picotements
Vésicules groupées, récurrences
Aciclovir topique dès picotements
Zona du visage
Douleurs intenses
Unilatéral strict, trajet nerveux
Antiviral oral urgent (valaciclovir)
Rosacée
Chaleur / brûlure
Rougeurs diffuses, aggravation chaleur/alcool
Métronidazole / ivermectine topique
Acné femme adulte
Souvent indolore
Points noirs, fluctuation cycle
Traitements topiques + hormonal si besoin
Démodécidose
Prurit / reptation
Péri-nasal + péri-oral, dermoscopie
Ivermectine topique ou orale
Impétigo
Peu douloureux
Croûtes couleur miel
Antibiotiques local ou oral
Questions fréquentes
J’ai des boutons uniquement sur le bas du visage — pourquoi cette zone ?
Le bas du visage (menton, lèvre supérieure, mâchoire) est une zone sous forte dépendance hormonale androgénique. C’est pourquoi l’acné de la femme adulte y prédomine — les androgènes stimulent les glandes sébacées de cette zone spécifiquement. La dermite péri-orale y est également caractéristique, par définition centrée sur le pourtour de la bouche. La rosacée peut aussi toucher le menton. Un examen clinique permet de différencier ces trois causes qui peuvent coexister.
Comment distinguer une dermite péri-orale de l’acné autour de la bouche ?
Le signe distinctif le plus fiable est la présence ou l’absence de comédons (points noirs et microkystes) : l’acné en a, la dermite péri-orale n’en a pas. La dermite péri-orale donne des pustules et papules roses sans comédons, strictement autour de la bouche. L’acné de la femme adulte a souvent des comédons associés et touche aussi la mâchoire. La réponse au traitement confirme le diagnostic : la dermite répond aux antibiotiques, l’acné aux rétinoïdes et au peroxyde de benzoyle.
Le dentifrice peut-il provoquer des boutons autour de la bouche ?
Oui — certains auteurs ont décrit un déclenchement de dermite péri-orale par les dentifrices fluorés. L’allergie de contact aux conservateurs et arômes du dentifrice (menthol, cinnamate, propylène glycol) peut aussi provoquer un eczéma péri-oral. En cas de boutons chroniques autour de la bouche sans cause identifiée, changer temporairement de dentifrice (vers un dentifrice sans fluor et sans arôme) peut être un test diagnostique utile.
Quelle différence entre herpès labial et zona du visage ?
L’herpès labial est récurrent, bilatéral potentiel, localisé aux lèvres, avec des vésicules groupées après picotements. Le zona du visage est strictement unilatéral, suit un trajet nerveux (joue, front ou œil selon la branche touchée), est extrêmement douloureux, et ne récidive quasiment jamais. Le zona nécessite un antiviral oral en urgence (valaciclovir) — surtout si la branche ophtalmique est touchée (zona ophtalmique, urgence ophtalmologique).
Peut-on appliquer de la cortisone sur des boutons autour de la bouche ?
Non, pas sans diagnostic précis. Les dermocorticoïdes aggravent la dermite péri-orale, peuvent disséminer un herpès ou une démodécidose, et masquent temporairement une rosacée avant de la faire rebondir à l’arrêt. Seul l’eczéma de contact allergique bénéficie des dermocorticoïdes. L’automédication avec de la cortisone sur des boutons péri-oraux est l’erreur la plus fréquente — et souvent à l’origine de formes compliquées et difficiles à traiter.
Il est fréquent d’avoir de l’eczema des oreilles. Essayons d’y voir plus clair…
Eczema de l’oreille
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
On appelle eczema une dermatite allergique de contact.
La dénomination ‘eczema des oreilles’ peut correspondre à cet eczema de contact mais aussi à d’autres dermatoses des oreilles souvent prises pour de l’eczema :
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Soigner l’eczema des oreilles
Tout d’abord il faut éviter de gratter car ceci intensifie et lichénifie (épaissit) l’eczema, le rendant chronique
On peut se laver les cheveux et les pavillons des oreilles régulièrement avec un shampoing doux pour lavage fréquent
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (produits capillaires et parfums, sonotone, allergie aux boucles d’oreilles… )
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Il est fréquent d’avoir de l’eczema du cuir chevelu. Essayons d’y voir plus clair…
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On appelle eczema une dermatite allergique de contact.
La dénomination ‘eczema du cuir chevelu’ peut correspondre à cet eczema de contact mais aussi à d’autres dermatoses du cuir chevelu souvent prises pour de l’eczema :
Il faut donc consulter un médecin et si possible un dermatologue pour déterminer la cause de ces éruptions du cuir chevelu
Nous ne nous attarderons ici que sur le véritable eczema du cuir chevelu
Eczema de contact allergique du cuir chevelu
L’eczema de contact du cuir chevelu est le plus souvent lié à une allergie aux
produits capillaires
et parfums appliqués sur le cou et la nuque
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Soigner l’eczema du cuir chevelu
Tout d’abord il faut éviter de gratter car ceci intensifie et lichénifie (épaissit) l’eczema, le rendant chronique
On peut se laver les cheveux régulièrement avec un shampoing doux pour lavage fréquent
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (produits capillaires et parfums)
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Allergie au nickel : eczéma de contact, sources, patch tests et traitement
L’allergie au nickel est la cause la plus fréquente d’eczéma de contact en Europe. Elle touche environ 10 à 20% de la population féminine — la perforation des oreilles étant le principal mode de sensibilisation. Une fois établie, l’allergie est définitive : tout contact avec le nickel peut déclencher un eczéma, même des années après la sensibilisation initiale.
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Mécanisme — pourquoi devient-on allergique au nickel ?
L’allergie au nickel est une hypersensibilité retardée de type IV (classification de Gell et Coombs), à médiation cellulaire — par opposition aux allergies immédiates comme l’urticaire qui surviennent en quelques minutes. Elle se développe en deux phases :
Phase de sensibilisation — lors d’un premier contact prolongé avec le nickel (port de boucles d’oreilles, perçage, bracelet de montre), les ions nickel pénètrent la peau, se lient à des protéines porteuses et sont présentés au système immunitaire. Des lymphocytes T spécifiques du nickel sont générés et mémorisés — sans symptômes apparents
Phase de déclenchement — lors d’un contact ultérieur avec le nickel, même en petite quantité, les lymphocytes T sensibilisés s’activent et déclenchent une réaction inflammatoire locale — l’eczéma de contact. Cette réaction apparaît 24 à 72 heures après le contact, parfois jusqu’à 7 jours
💡 On peut devenir allergique au nickel à tout âge, même après des années de port sans réaction. La sensibilisation peut prendre des mois ou des années à s’établir — puis l’allergie devient définitive et s’aggrave souvent avec le temps.
Comment reconnaître l’eczéma au nickel ?
L’eczéma au nickel est caractéristique : il siège exactement sous la zone de contact avec l’objet contenant du nickel.
Allergie au nickel d’une boucle d’oreille — eczéma du lobeAllergie au nickel du bouton de jean — eczéma péri-ombilical
Les signes : peau rouge, suintante, vésiculeuse en phase aiguë, puis squameuse et épaissie en phase chronique. Le prurit est souvent intense.
Certains smartphones contiennent du nickel dans leurs composants extérieurs
Joues, oreilles (zone de contact lors des appels)
Pièces de monnaie
Pièces d’euro (notamment 1€ et 2€), autres monnaies
Mains — contact prolongé
Milieu professionnel
Outils métalliques, caisses enregistreuses, instruments de coiffure, certains matériaux de construction
Mains, avant-bras
⚠️ L’or blanc peut contenir du nickel. L’or jaune pur (18 carats) ne contient généralement pas de nickel, mais l’or blanc est souvent allié avec du nickel pour obtenir sa couleur — y compris dans la bijouterie de qualité. En cas d’allergie au nickel documentée, préférer les bijoux en or jaune 18 carats, en titane, en acier chirurgical (316L) ou en platine.
Diagnostic — le patch test (test épicutané)
Le patch test (ou test allergologique épicutané) est l’examen de référence pour confirmer l’allergie au nickel et identifier d’éventuels autres allergènes associés. Il est réalisé par un dermatologue allergologue.
Étape
Description
Application
Des sparadraps contenant différents allergènes (batterie standard européenne de 28 à 80 allergènes selon le contexte) sont appliqués dans le dos
Lecture à J2
Les patchs sont retirés à 48 heures — première lecture des réactions cutanées
Lecture à J4
Deuxième lecture à 96 heures — certaines réactions sont retardées
Lecture tardive possible
Des positivations jusqu’à 7 jours après la pose sont possibles — reconsulter si une zone devient rouge après la lecture initiale
Interprétation
Une réaction positive (érythème, vésicules sous le patch) confirme l’allergie à l’allergène concerné
Précautions avant le patch test : ne pas appliquer de dermocorticoïdes sur le dos dans les 7 à 10 jours précédents, éviter l’exposition solaire du dos, ne pas prendre de corticoïdes oraux.
Nickel systémique et alimentation
Chez certains patients très sensibilisés, l’ingestion d’aliments riches en nickel peut déclencher une dermatite systémique au nickel — eczéma diffus des mains, vespertilio facial. Les aliments les plus riches en nickel sont :
Chocolat et cacao, noix et oléagineux (noix de cajou, noix, amandes)
Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs)
Céréales complètes (surtout son d’avoine, blé complet)
Fruits de mer (huîtres, moules)
Épinards, tomates, asperges
Un régime pauvre en nickel peut être proposé aux patients présentant des formes sévères résistantes — toujours sous supervision médicale.
Traitement
Traitement de la crise
Dermocorticoïdes — en application sur les zones eczémateuses, classe adaptée à la zone (classe I sur le visage, classe II-III sur le corps), durée limitée
Crème émolliente — plusieurs fois par jour pour restaurer la barrière cutanée et limiter la sécheresse
Traitement de fond — éviction
L’éviction du nickel est le seul traitement de fond efficace. Aucune désensibilisation n’est validée pour l’allergie de contact au nickel.
Situation
Alternative recommandée
Bijoux
Titane, acier chirurgical 316L, or jaune 18 carats, platine, or 24 carats, résine
Piercings
Titane grade 23 (ASTM F136) ou acier chirurgical implanté — jamais de bijoux fantaisie pour la cicatrisation initiale
Bouton de jean
Interposer un adhésif, choisir des jeans avec bouton recouvert de tissu ou en plastique, ou couvrir avec un sparadrap
Monture de lunettes
Montures en titane, acétate, plastique ou résine
Test d’un bijou suspect
Kit de détection du nickel (diméthylglyoxime) — coloration rose en présence de nickel. Disponible en pharmacie.
Réglementation européenne sur le nickel
La directive européenne 94/27/CE, renforcée par le règlement REACH, limite la teneur en nickel des bijoux en contact avec la peau à 0,5 µg/cm²/semaine pour les bijoux portés en permanence (piercings) et à 0,2 µg/cm²/semaine pour les autres bijoux. Ces seuils réduisent mais n’éliminent pas le risque chez les personnes déjà sensibilisées.
Non — l’allergie au nickel est définitive une fois établie. Il n’existe pas de désensibilisation validée pour l’allergie de contact au nickel. Le seul « traitement » est l’éviction stricte du nickel. Cependant, avec une éviction rigoureuse prolongée, certains patients voient leur seuil de réactivité augmenter — ils supportent de très faibles doses sans réaction. Mais la sensibilisation ne disparaît jamais complètement.
L’or est-il sans risque pour les personnes allergiques au nickel ?
Pas toujours. L’or jaune 18 carats (750‰) est généralement sans nickel et bien toléré. En revanche, l’or blanc est presque toujours allié avec du nickel pour obtenir sa couleur — même dans la bijouterie de qualité. Le placage or (doublé or, gold-filled) sur métal de base contient du nickel dans la couche sous-jacente qui s’expose à l’usure. Le titane et le platine sont les métaux les plus sûrs pour les personnes allergiques.
Comment savoir si un bijou contient du nickel avant de le porter ?
Le kit de détection à la diméthylglyoxime (DMG) est une solution pratique : deux gouttes de réactif sur le bijou — une coloration rose ou rouge indique la présence de nickel libérable. Ces kits sont disponibles en pharmacie ou sur internet. Pour les bijoux professionnels, demander un certificat de conformité REACH attestant la conformité aux seuils européens de libération de nickel.
L’allergie au nickel peut-elle déclencher un eczéma des mains sans contact direct ?
Oui — c’est la dermatite systémique au nickel. Chez les patients très sensibilisés, l’ingestion de nickel via l’alimentation (chocolat, légumineuses, céréales complètes) peut déclencher un eczéma des mains, des paupières ou un tableau d’eczéma diffus sans contact cutané direct avec du nickel. Ce mécanisme concerne une minorité de patients très sensibilisés — un régime pauvre en nickel peut être proposé dans ces cas par un dermatologue.
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La personne qui présente un eczema au pansement réagit donc de façon allergique au pansement quelle pouvait » supporter » correctement auparavant. On peut donc devenir allergique au pansement dans sa vie alors qu’on ne l’était pas auparavant
Le pansement devient donc pour la peau un allergène.
Pourquoi on devient allergique au pansement?
On ne connait pas précisément la cause du déclenchement d’une allergie de contact au pansement mais on en connait bien le mécanisme
Une allergie de contact retardée
Contrairement aux allergies immédiates (survenant dans les minutes ou heures suivant le contact, telles que l’urticaire), l’eczema de contact au pansement est une allergie retardée, (type IV de la classification de Gell et combs, à médiation immunitaire cellulaire) survenant un ou plusieurs jours après le contact avec le pansement
La sensibilisation :
Pour une raison souvent inconnue, l’organisme se sensibilise au pansement avec lequel il est mis en contact. Le pansement devient un allergène pour l’organisme
L’éruption de l’eczema au pansement
En cas de nouveau contact avec le pansement, on déclenche de l’exema de contact sur la peau
Avant de développer un eczema de contact, il existe donc un contact de la peau avec cet allergène (ou haptène) en général quelques jours avant le début de l’éruption.
Comment on reconnait l’eczema au pansement ?
L’allergie au pansement donne un eczema souvent situé très exactement sous les zones adhésives du pansement : la peau est rouge et suintante sous le pansement. La forme de l’eczema est donc celle du pansement, du moins au début car l’exema tend à s’étendre ensuite.
A quoi je suis allergique?
L’allergene responsable de l’eczema au pansement est une substance appelee Colophane contenue dans la résine naturelle du pin..
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après application de pansement), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Ces tests confirment l’allergie au collophane
Soigner l’exema au pansement
Le traitement de l’eczéma au pansement requiert généralement des crèmes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (arret des pansements adhésifs ou utilisation de bande collante ne contenant pas de colophane ; demandez conseil à votre pharmacien)
Enfin, on recommande souvent l’application d’une creme hydratante plusieurs fois par jours sur la peau pour limiter la peau sèche
J’ai des plaies chroniques, que dois-je faire?
Il faut consulter le médecin et voir avec lui si des pansements non adhésifs sont envisageables
Est-ce qu’on peut faire de l’eczema à d’autres substances que le pansement?
On trouve la colophane dans des produits d’entretien menager, les bottes en caoutchouc, certaines colles de timbres-poste…
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– Les causes
– Les traitements…
La personne qui présente un eczema au ciment réagit donc de façon allergique au ciment quelle pouvait » supporter » correctement auparavant. On peut donc devenir allergique au ciment dans sa vie alors qu’on ne l’était pas auparavant
Le ciment devient donc pour la peau un allergène.
Pourquoi on devient allergique au ciment?
On ne connait pas précisément la cause du déclenchement d’une allergie de contact au ciment mais on en connait bien le mécanisme
Une allergie de contact retardée
Contrairement aux allergies immédiates (survenant dans les minutes ou heures suivant le contact, telles que l’urticaire), l’eczema de contact au ciment est une allergie retardée, (type IV de la classification de Gell et combs, à médiation immunitaire cellulaire) survenant un ou plusieurs jours après le contact avec le ciment
La sensibilisation :
Pour une raison souvent inconnue, l’organisme se sensibilise au ciment avec lequel il est mis en contact. Le ciment devient un allergène pour l’organisme
L’éruption de l’eczema au ciment
En cas de nouveau contact avec le ciment, on déclenche de l’exema de contact sur la peau
Avant de développer un eczema de contact, il existe donc un contact de la peau avec cet allergène (ou haptène) en général quelques jours avant le début de l’éruption.
Comment on reconnait l’eczema au ciment ou gale du ciment?
L’allergie au ciment donne un eczema souvent chronique appele eczema au ciment ou encore « gale du ciment » predominant sur les mains puisqu’elles sont en contact avec le ciment.
Le médecin pratique des tests allergologiques mettant en évidence l’allergie au béton :
A quoi je suis allergique?
L’allergene responsable de l’eczema au ciment ou « gale du ciment » est le bichromate de potassium.
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation de ciment), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Patch testsTest allergique positif au ciment
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Ces tests confirment l’allergie au bichromate de potassium
Soigner l’exema au ciment (gale du ciment)
Le traitement de l’eczéma des mains au ciment requiert généralement des crèmes cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).
Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de sen protéger (port de gants)
Enfin, on recommande souvent l’application d’une creme hydratante plusieurs fois par jours sur les mains pour limiter la peau sèche
Je travaille dans le BTP, que dois-je faire?
Il faut consulter le médecin du travail après avoir fait les tests pour prouver l’allergie au ciment, afin de voir si une solution peut vous être proposée (gants, reclassement… )
Est-ce qu’on peut faire de l’eczema à d’autres substances que le ciment?
On trouve aussi le bichromate de potassium dans les cuirs tannés. Evitez les gants en cuir et portez des chaussettes dans les chaussures en cuir
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Boutons sur le visage de l’enfant et du bébé : causes, diagnostic et traitement
Les boutons sur le visage d’un enfant ou d’un bébé inquiètent souvent les parents — et à juste titre, car les causes sont nombreuses et les traitements très différents selon le diagnostic. Les joues du bébé, très convexes et constamment en contact avec le milieu extérieur (frottements, bave, chaleur), sont la zone la plus souvent touchée. Un bouton sur la joue d’un nourrisson de 3 semaines n’a pas la même signification qu’un bouton croûteux apparu brutalement chez un enfant de 5 ans après une coupure.
Quand consulter en urgence vs en consultation habituelle
La consultation médicale est indispensable pour tout bouton du visage de l’enfant ou du bébé dont la cause n’est pas évidente. Un diagnostic précis est nécessaire avant tout traitement — certaines causes sont bénignes et évolutives spontanément, d’autres nécessitent un traitement antibiotique urgent.
Consulter rapidement (dans les 24-48h) si les boutons s’accompagnent de fièvre, si des croûtes jaunâtres comme du miel apparaissent (impétigo possible — contagieux), si un bouton rouge grossit rapidement et devient chaud et douloureux (furoncle ou abcès), ou si l’enfant se gratte intensément et semble souffrir.
Consultation habituelle pour des boutons indolores sans fièvre, évoluant lentement, sans modification rapide d’aspect.
Comment le médecin établit le diagnostic
Le médecin oriente son diagnostic selon trois axes complémentaires. L’interrogatoire précise l’âge de l’enfant (élément clé — les causes varient radicalement entre nouveau-né et enfant de 8 ans), la date d’apparition et l’évolution, la notion de fièvre ou de contage (camarades atteints), les antécédents d’allergie ou d’eczéma familiaux, et le caractère prurigineux (qui gratte) ou non. La topographie des lésions — joues uniquement, tout le visage, autour de la bouche, sur le cuir chevelu — oriente fortement le diagnostic. L’aspect clinique — pustules, vésicules, papules, croûtes, ombilication — permet souvent de conclure à lui seul.
Causes de boutons du visage chez le nourrisson (0-12 mois)
La pustulose céphalique néonatale apparaît entre 2 et 6 semaines de vie — petites pustules et papules rouges sur les joues, le front et le menton du nouveau-né. Elle est souvent confondue avec l’acné juvénile mais n’en est pas une — elle est liée à la colonisation par des levures Malassezia et non à un dérèglement hormonal. Elle régresse spontanément en quelques semaines à mois, sans traitement dans la majorité des cas. Aucun lien prouvé avec le risque de faire de l’acné à l’adolescence.
Eczéma atopique — début vers 1 à 3 mois
L’eczéma atopique débute classiquement vers 1 à 3 mois sur les joues du nourrisson — plaques rouges, suintantes, croûteuses, très prurigineuses. Il touche 15 à 20 % des nourrissons dans les pays industrialisés. Le caractère prurigineux intense (le bébé se frotte le visage) et les antécédents familiaux d’allergie, d’asthme ou d’eczéma orientent fortement le diagnostic. Le traitement repose sur les émollients quotidiens et les dermocorticoïdes lors des poussées.
Angiomes — « fraises » du visage
Les angiomes (hémangiomes infantiles) apparaissent dans les premières semaines de vie comme une tache rouge plate, puis gonflent progressivement en « fraise » rouge vif. Ils touchent 5 à 10 % des nourrissons, avec une prédominance féminine. La grande majorité régresse spontanément entre 5 et 10 ans. Cependant, les angiomes du visage — surtout périorbitaires ou de grande taille — nécessitent un suivi dermatologique pour surveiller une éventuelle complication (ulcération, gêne visuelle) et discuter un traitement par propranolol si nécessaire.
Causes de boutons du visage chez l’enfant (1-15 ans)
Impétigo — croûtes couleur miel
L’impétigo est une infection bactérienne superficielle de la peau due au streptocoque ou au staphylocoque. Il se caractérise par des vésico-pustules évoluant rapidement vers des croûtes jaunâtres à l’aspect de miel cristallisé. C’est l’infection cutanée bactérienne la plus fréquente chez l’enfant — très contagieux, il se transmet par contact direct et est souvent épidémique en collectivité. Le traitement antibiotique (local ou général selon l’étendue) est indispensable et efficace. L’enfant ne peut retourner en collectivité qu’après 48h de traitement.
Le molluscum contagiosum est une infection virale bénigne donnant de petites papules rondes, blanc nacré, avec une dépression centrale caractéristique (ombilication). Indolores, ils n’inquiètent pas l’enfant mais peuvent être nombreux et s’étendre. Très fréquents entre 2 et 10 ans, transmis par contact direct. La grande majorité régresse spontanément en 6 à 18 mois. Le traitement (curetage, cryothérapie, imiquimod) est discuté selon le nombre, la localisation et la gêne.
Verrues du visage
Les verrues du visage peuvent prendre deux formes : les papillomes verruqueux (excroissances filiformes ou en chou-fleur, fréquents sur les paupières, le cou, le pourtour des lèvres) et les verrues planes (petites papules de quelques millimètres, couleur chamois-brun, souvent groupées en plaques). Les verrues planes du visage sont fréquemment méconnues car très discrètes. Elles régressent spontanément dans 65 % des cas en 1 à 4 ans chez l’enfant. Le traitement (cryothérapie, acide salicylique, laser) est discuté selon l’évolution et la demande.
Rosacée de l’enfant
La rosacée chez l’enfant est rare mais possible. Elle se manifeste par des rougeurs persistantes des joues et du nez, des télangiectasies (petits vaisseaux visibles) et des papulo-pustules. Elle est souvent confondue avec l’eczéma atopique ou l’acné. Le diagnostic est clinique et le traitement similaire à celui de l’adulte (métronidazole topique, protection solaire stricte).
Acné juvénile
L’acné proprement dite (comédons, papulo-pustules liés à l’hyperséborrhée hormonale) démarre généralement à la puberté — entre 12 et 15 ans. Une acné avant 8 ans doit faire rechercher une cause endocrinienne (hyperandrogénie, tumeur surrénalienne). Voir le guide complet du traitement de l’acné.
Tableau récapitulatif — boutons du visage chez l’enfant
Diagnostic
Âge typique
Aspect caractéristique
Évolution sans traitement
Pustulose céphalique
2-6 semaines
Pustules joues/front, non prurigineuses
Régression spontanée en semaines
Eczéma atopique
1-3 mois
Plaques rouges suintantes, très prurigineuses
Poussées chroniques — traitement nécessaire
Angiome « fraise »
0-3 mois
Tache rouge gonflée, souple
Régression spontanée 5-10 ans
Impétigo
2-10 ans
Croûtes couleur miel, contagieux
Antibiotiques obligatoires
Molluscum contagiosum
2-10 ans
Perles blanc nacré ombiliquées
Régression 6-18 mois
Verrues planes
5-12 ans
Petites plaques chamois-brun discrètes
65 % régression spontanée 1-4 ans
Acné juvénile
12-15 ans
Comédons, papulo-pustules
Traitement dermatologique recommandé
Questions fréquentes
Mon bébé de 3 semaines a des boutons sur les joues — est-ce grave ?
Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une pustulose céphalique néonatale (improprement appelée « acné du nourrisson ») — bénigne, très fréquente entre 2 et 6 semaines, liée à des levures Malassezia et non à des hormones. Elle régresse spontanément en quelques semaines sans traitement. Si les boutons s’accompagnent de fièvre, de suintement, ou s’ils ressemblent à des croûtes de miel, consulter rapidement pour éliminer un impétigo.
Comment distinguer l’eczéma de l’impétigo sur le visage d’un enfant ?
L’eczéma donne des plaques rouges, plutot symétriques, très prurigineuses, souvent sur fond de peau sèche — il évolue par poussées et s’améliore avec les dermocorticoïdes. L’impétigo donne des lésions asymétriques, s’étendant rapidement, avec des croûtes jaunâtres caractéristiques couleur miel, peu douloureuses mais contagieuses — il nécessite des antibiotiques. En cas de doute, le médecin tranche facilement à l’examen clinique.
Les molluscum contagiosum doivent-ils être traités chez l’enfant ?
Pas systématiquement. La majorité régresse spontanément en 6 à 18 mois. Le traitement (curetage, cryothérapie) est douloureux et traumatisant pour le jeune enfant. Il est discuté en cas de lésions très nombreuses, de localisation gênante (paupières), d’extension rapide ou de lésions chez un enfant immunodéprimé. En collectivité, l’éviction n’est pas recommandée mais les contacts directs avec la peau sont à éviter.
Un angiome « fraise » sur le visage d’un bébé doit-il être opéré ?
La majorité des angiomes régresse spontanément et ne nécessite pas de traitement. Cependant, les angiomes du visage méritent un suivi dermatologique — en particulier s’ils sont périorbitaires (risque d’amblyopie), de grande taille, s’ils ulcèrent ou grossissent rapidement. Le propranolol oral est le traitement de référence des angiomes nécessitant une intervention — il est très efficace et bien toléré s’il est initié précocement (avant 5 mois de vie idéalement).
À quel âge l’acné peut-elle commencer chez l’enfant ?
L’acné vraie (liée à l’hyperséborrhée hormonale pubertaire) débute généralement entre 12 et 15 ans. Une acné avant 8 ans est anormale et doit faire rechercher une cause endocrinienne — hyperandrogénie, hyperplasie congénitale des surrénales, tumeur surrénalienne. Consulter le dermatologue et un endocrinologue pédiatrique dans ce cas.
Traitement de l’angiome au laser : tout ce qu’il faut savoir
L’angiome plan (tache de vin) peut être traité efficacement au laser vasculaire. C’est le traitement de référence, recommandé le plus tôt possible — idéalement avant l’âge d’un an chez l’enfant. Voici tout ce que vous devez savoir avant de vous lancer.
Plusieurs types de lasers vasculaires peuvent être utilisés, tous ciblant l’hémoglobine contenue dans les globules rouges des vaisseaux de l’angiome :
Laser à colorant pulsé — traitement de référence pour les angiomes plans, recommandé en première intention
Laser KTP
Laser Nd:YAG
Lampes pulsées filtrées
La longueur d’onde de ces lasers vasculaires varie de 530 à 1000 nm. Le choix du laser dépend du type et de la localisation de l’angiome.
Combien de séances de laser faut-il ?
Il est impossible de prévoir à l’avance le nombre exact de séances nécessaires. En pratique :
Un intervalle minimal de 3 mois est respecté entre chaque séance (sauf chez le nourrisson de moins d’un an : toutes les 2 mois)
Certains angiomes peuvent nécessiter plus de 10 séances
L’éclaircissement est progressif et aboutit rarement à une disparition totale, surtout chez l’adulte ou si l’angiome est épais
À quel âge commencer le traitement ?
Il vaut mieux traiter le plus précocement possible, avant l’âge d’un an si possible. Les raisons :
L’angiome s’épaissit avec le temps et répond moins bien au laser
La peau du nourrisson est plus fine, les vaisseaux plus accessibles
Un traitement précoce réduit l’impact psychologique pendant l’enfance
Est-ce que le laser fonctionne bien sur les angiomes ?
Les résultats varient selon les patients. On distingue schématiquement trois groupes :
✅ 1/3 de bons répondeurs : effacement quasi-total de l’angiome
⚠️ 1/3 de répondeurs moyens : effacement variable
❌ 1/3 de non-répondeurs : notamment les angiomes de la lèvre supérieure et du menton
Facteurs de résistance au laser :
Âge avancé (l’angiome s’épaissit)
Angiome pâle (paradoxalement plus difficile à effacer)
Localisation aux membres
Douleur et anesthésie
Les impacts laser sont désagréables (sensation de coup d’élastique), généralement supportables chez l’adulte. Chez l’enfant :
Crème anesthésiante EMLA sous pansement occlusif 2 heures avant la séance
Anesthésie locale injectable si nécessaire
Anesthésie générale pour les angiomes très étendus ou en région médiofaciale — risque anesthésique évalué à 1/12 000
Pour le traitement des paupières, des coques protectrices sont posées au contact de l’œil.
Suites immédiates après la séance laser
Dans les jours qui suivent la séance, la zone traitée présente :
Une trace gris-noir le jour J, puis rouge bordeaux ou marron foncé (purpura) les jours suivants — difficile à camoufler pendant 1 à 2 semaines
Un œdème (gonflement) pendant 2 à 3 jours, plus marqué autour des yeux
Des croûtes possibles, surtout sur les zones mobiles
Soins post-séance : pulvérisations d’eau thermale et crème apaisante pendant 5 jours. Maquillage-camouflage autorisé. Protection solaire totale indispensable dans les suites du traitement.
Risques et effets secondaires du laser
Les effets secondaires à distance sont rares mais possibles, surtout après de nombreuses séances :
Hypopigmentation (taches blanches) — s’atténue spontanément avec le temps
Hyperpigmentation (taches brunes) — plus fréquente sur peaux foncées, favorisée par le soleil, disparaît en quelques mois
Le traitement laser de l’angiome est-il remboursé ?
Oui, le traitement laser de l’angiome plan est pris en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’il est réalisé dans un centre agréé, notamment pour les formes du visage chez l’enfant. Renseignez-vous auprès de votre dermatologue ou centre laser.
Le laser fait-il mal sur un angiome ?
Chez l’adulte, la sensation est comparable à un coup d’élastique — généralement supportable. Chez l’enfant, une crème anesthésiante est appliquée avant la séance. Pour les angiomes étendus, une anesthésie générale peut être proposée.
Combien de temps dure le purpura après une séance laser ?
Le purpura (bleu-rouge foncé) dure en général 1 à 2 semaines. Avec les lasers de nouvelle génération à impulsion longue, sa durée est réduite. Un maquillage-camouflage peut être appliqué dès le lendemain de la séance.
Peut-on s’exposer au soleil après un traitement laser d’angiome ?
Non. Une protection solaire totale est indispensable pendant au moins 4 semaines après chaque séance. L’exposition solaire favorise les hyperpigmentations post-inflammatoires, particulièrement sur les peaux foncées.
Angiome plan (tache de vin) : causes, symptômes et traitement laser
L’angiome plan, communément appelé tache de vin, est une malformation vasculaire cutanée présente dès la naissance. C’est la forme la plus fréquente de malformation capillaire. Contrairement à d’autres taches de naissance, il ne régresse jamais spontanément — sauf dans certaines formes particulières — et nécessite un traitement laser pour disparaître.
Vous avez un angiome plan et souhaitez un avis spécialisé ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Qu’est-ce qu’un angiome plan ?
L’angiome plan est une tache rouge pâle à violet foncé, froide au toucher, siégeant fréquemment sur le visage. Il résulte d’une dilatation permanente des capillaires superficiels de la peau, présente dès la naissance.
Quelques chiffres clés :
Touche 0,5% des nouveau-nés
Affecte autant les filles que les garçons
S’étend progressivement avec la croissance de l’enfant
Ne régresse jamais spontanément, sauf dans les formes médio-frontales (baiser de l’ange) et cervicales (morsure de cigogne)
Les deux types d’angiome plan
On distingue classiquement deux formes :
Angiome plan en nappe : couleur rose-rouge pâle, bords irréguliers et émiettés
Angiome plan géographique (tache de vin) : bien délimité, couleur bordeaux-violacée plus sombre, en forme de continent — c’est la forme classique de la « tache de vin »
Angiome plan du front à type de tache de vin — Mikhaïl Gorbatchev
Diagnostic de l’angiome plan chez le nouveau-né
Bien que présent dès la naissance, le diagnostic n’est pas toujours évident dans les premiers jours de vie :
La peau du nouveau-né est naturellement rouge-violacée, ce qui peut masquer une tache rosée mal délimitée
Les taches pigmentées (nævus congénital, tache café au lait) peuvent être très claires voire rosées à la naissance, difficiles à distinguer d’un angiome plan
En cas de doute, le pédiatre ou dermatologue revoit le bébé à 2-3 mois de vie — les taches se sont alors constituées et individualisées, rendant le diagnostic plus facile.
Quand s’inquiéter d’un angiome plan ?
La majorité des angiomes plans se limitent à l’atteinte cutanée et sont bénins. Mais certains signes doivent alerter et nécessitent des examens complémentaires :
Angiome chaud au toucher → échodoppler à la recherche d’une anomalie vasculaire
Angiome dans le territoire du nerf trijumeau ou dorsal médian → IRM cérébrale
Angiome s’étendant à un membre entier → radiographie et doppler
Atteinte périoculaire → bilan ophtalmologique (risque de glaucome)
Ces formes particulières peuvent s’associer à des syndromes complexes :
Syndrome de Sturge-Weber (syndrome neuro-oculo-cutané) : angiome plan facial + angiome leptoméningé + glaucome
Syndrome de Klippel-Trenaunay : angiome plan d’un membre associé à un gigantisme progressif du membre atteint
Syndrome de Parkes-Weber : association de malformations vasculaires à flux lent et rapide
Syndrome de Servelle-Martorell : malformation veineuse, angiome plan et hypotrophie osseuse
Traitement de l’angiome plan
Le traitement de référence de l’angiome plan est le laser vasculaire, notamment le laser à colorant pulsé (PDL). Il cible spécifiquement les vaisseaux dilatés sans abîmer la peau environnante.
Non, l’angiome plan ne régresse jamais spontanément, sauf dans deux formes particulières : le « baiser de l’ange » (tache médio-frontale) et la « morsure de cigogne » (tache cervicale), qui disparaissent généralement dans les premières années de vie. Toutes les autres formes persistent et s’étendent avec la croissance.
À quel âge traiter un angiome plan au laser ?
Le plus tôt possible — idéalement dès les premiers mois de vie. La peau du nourrisson est plus fine et les vaisseaux moins profonds, ce qui améliore la réponse au laser. Un traitement précoce réduit également l’impact psychologique de la tache pendant l’enfance.
L’angiome plan est-il dangereux ?
Dans la grande majorité des cas, l’angiome plan est une lésion bénigne sans conséquence sur la santé. Cependant, certaines localisations (autour de l’œil, sur le front, sur un membre entier) nécessitent des examens complémentaires pour éliminer des syndromes associés comme le syndrome de Sturge-Weber.
Combien de séances laser faut-il pour traiter un angiome plan ?
En moyenne 5 à 15 séances selon l’étendue, la localisation et la couleur de l’angiome. Les formes roses et peu épaisses répondent mieux. Un intervalle de 2 à 3 mois est généralement respecté entre chaque séance. Voir notre article sur le traitement au laser.
L’angiome plan est-il pris en charge par l’Assurance Maladie ?
Oui, le traitement laser de l’angiome plan est pris en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’il est réalisé dans un centre agréé, notamment pour les formes du visage chez l’enfant. Renseignez-vous auprès de votre dermatologue ou centre laser.
Fraise du bébé (hémangiome) : causes, évolution et traitement
L’hémangiome infantile, communément appelé « fraise », est la tumeur vasculaire bénigne la plus fréquente de la petite enfance. Il fait partie des angiomes du bébé et touche 5 à 10% des nourrissons. Dans la grande majorité des cas, il régresse spontanément sans traitement.
Votre bébé a une fraise et vous souhaitez un avis spécialisé ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Hémangiome du cuir chevelu
Pourquoi mon bébé a-t-il une fraise ?
L’hémangiome infantile est aussi appelé hémangiome immature ou caverneux. Il est plus fréquent dans les populations d’origine européenne (20 fois moins fréquent sur peau noire) et touche davantage les filles que les garçons (2,5 à 4 filles pour 1 garçon).
Il est généralement sporadique, mais certains facteurs de risque ont été identifiés :
Antécédent familial d’hémangiome
Âge maternel élevé
Prématurité ou petit poids de naissance
Grossesse gémellaire
Anomalies placentaires
Hypertension artérielle gravidique ou pré-éclampsie
« Fraise » sur le visage d’un bébé
La fraise de mon bébé est-elle dangereuse ?
L’hémangiome est une tumeur rouge ou de couleur peau normale, ferme et élastique, légèrement chaude à la palpation, mais qui ne bat pas. Il mesure généralement quelques centimètres (80% font moins de 3 cm) et siège le plus souvent sur la tête et le cou (60% des cas), notamment sur les proéminences (nez, pommettes) et le centre du visage.
⚠️ Hémangiomes segmentaires faciaux : vigilance accrue
Les hémangiomes segmentaires du visage (répartis sur un segment entier) font 10 fois plus de complications que les formes localisées. Ils sont associés à des malformations sous-jacentes et s’ulcèrent souvent.
Parmi les malformations redoutées figure le syndrome PHACES :
Anomalies de la fosse Postérieure
Hémangiome facial
Anomalies Artérielles intra et extra-crâniennes
Anomalies Cardiaques congénitales et Coarctation aortique
Anomalies oculaires (Eye)
Anomalies Sternales et ventrales
Tout nouveau-né porteur d’un hémangiome facial étendu et segmentaire de plus de 5 cm², notamment en zone frontopalpébrale, doit bénéficier de :
Une IRM cérébrale
Un examen ophtalmologique
Une échographie cardiaque et des gros vaisseaux
Les 3 formes de fraise (hémangiome)
1. Superficiel (tubéreux)
Rouge vif, à bords nets, en relief, « posé sur la peau », à surface mamelonnée irrégulière. C’est la classique « fraise ».
Hémangiome superficiel en « fraise »
2. Profond
Tuméfaction arrondie et chaude sous une peau normale ou bleutée — moins visible mais souvent plus volumineuse.
3. Mixte
Association d’une composante superficielle tubéreuse (apparaissant souvent en premier) et d’une composante profonde qui lui donne un contour bleuté.
Comment évolue la fraise de mon bébé ?
L’hémangiome infantile n’est pas présent à la naissance — c’est ce qui le distingue de l’hémangiome congénital. Il peut exister des taches prémonitoires chez le nouveau-né : une tache blanche (hamartome anémique) ou une tache rouge avec télangiectasies.
L’hémangiome évolue en 3 phases :
Phase de prolifération (3 à 8 mois) : l’angiome pousse et augmente de volume
Phase de latence (vers la fin de la 1re année)
Phase de régression spontanée jusqu’à 5-7 ans — régression complète dans 90% des cas à 4 ans
Cependant, dans 70% des cas il persiste des séquelles variables : résidu fibro-graisseux, peau plus lâche et fine, télangiectasies résiduelles (traitables par laser).
Comment traiter la fraise de mon bébé ?
Compte tenu de la régression spontanée, la règle est l’abstention thérapeutique et la surveillance chez plus de 80% des bébés. Cependant un traitement s’impose en cas de signes alarmants :
Mise en jeu du pronostic vital (hémangiome près de la gorge)
Menace sur une fonction (près du nez, de la bouche, de l’œil)
Ulcération : plaie au pôle supérieur de l’angiome
Risque de préjudice esthétique majeur
Hémangiome avec risque fonctionnel et esthétique
Le propranolol — traitement de première ligne
Le propranolol (bêtabloquant), dont l’efficacité a été découverte par l’équipe bordelaise de dermatologie pédiatrique, est devenu le traitement médical de référence des hémangiomes compliqués. Dans plus de 80% des cas, on observe dès les premières heures un affaissement et un changement de couleur, puis une régression en quelques mois.
Plus le traitement est donné tôt, plus on stoppe efficacement la phase de croissance (6 à 9 mois).
Posologie progressive sous surveillance médicale :
1 mg/kg/jour pendant 1 semaine
2 mg/kg/jour pendant 1 semaine
3 mg/kg/jour en dose d’entretien (matin et fin d’après-midi, au cours du repas)
Principaux effets secondaires à surveiller : hypoglycémies, bronchospasme lors des bronchiolites, malaises, hypotension. Le traitement est initié en milieu hospitalier puis poursuivi à domicile.
Autres traitements
Corticothérapie générale — en seconde intention
Corticothérapie intra-lésionnelle (injections dans l’hémangiome)
Laser — pour les télangiectasies résiduelles après régression
Interféron, vincristine, chirurgie, embolisation dans les cas complexes
La fraise de mon bébé va-t-elle disparaître toute seule ?
Oui, dans la grande majorité des cas. La régression spontanée est complète dans 90% des cas à 4 ans. Cependant 70% des hémangiomes laissent des séquelles mineures (peau lâche, télangiectasies). Un suivi dermatologique régulier est recommandé.
À quel âge faut-il commencer le traitement d’un hémangiome ?
Le plus tôt possible en cas d’indication — idéalement avant 3 mois pour bloquer la phase de croissance. Le propranolol est d’autant plus efficace qu’il est débuté précocement, durant la phase de prolifération active.
La fraise de mon bébé est-elle contagieuse ?
Non, l’hémangiome n’est absolument pas contagieux. C’est une tumeur vasculaire bénigne d’origine développementale, sans aucun risque de transmission.
Faut-il opérer un hémangiome ?
Rarement. La chirurgie n’est envisagée que dans des cas particuliers : hémangiome résistant aux traitements médicaux, séquelles importantes après régression, ou urgence fonctionnelle. Le propranolol a considérablement réduit les indications chirurgicales.
Mon bébé a une fraise près de l’œil — faut-il s’inquiéter ?
Un hémangiome près de l’œil doit être suivi de près par un ophtalmologue et un dermatologue pédiatrique. Il peut comprimer l’axe visuel et entraîner une amblyopie (œil paresseux). Un traitement précoce par propranolol est souvent indiqué dans ce cas.
Plaque qui gratte : toutes les causes selon la localisation et l’aspect
Il est fréquent de voir apparaître des plaques rouges qui grattent sur la peau. Leur cause varie considérablement selon leur aspect (rouge, épaisse, squameuse, vésiculeuse, violacée…), leur localisation (bras, jambes, visage, ventre, plis…) et leur contexte (âge, terrain atopique, médicaments…). Ce guide présente les principales causes, les signes permettant de les distinguer et les traitements disponibles.
Plaques résistantes aux traitements locaux ? Diagnostic incertain ? Le Dr Rousseau, dermatologue depuis plus de 25 ans, peut analyser vos photos et poser un diagnostic en téléconsultation — souvent disponible dès le lendemain.
Le médecin s’oriente en fonction d’éléments cliniques (papules, nodules, plaques, vésicules, bulles…) et topographiques : la localisation des plaques qui grattent est le premier élément d’orientation — avant même l’aspect.
Localisation
Causes les plus probables
Page dédiée
Plis des coudes, derrière les genoux
Dermatite atopique (1re cause chez l’enfant et le jeune adulte)
La dermatite atopique touche surtout les enfants et les jeunes adultes. La barrière cutanée est constitutionnellement fragilisée (mutation du gène de la filaggrine), entraînant une sécheresse chronique et une inflammation récidivante. Les plaques sont rouges, mal délimitées, suintantes en phase aiguë, squameuses en phase chronique, localisées aux plis des coudes, derrière les genoux, au cou et au visage de l’enfant. Le prurit est souvent nocturne et intense, altérant le sommeil. Terrain allergique associé (asthme, rhinite). Traitement de fond : émollients quotidiens + dermocorticoïdes sur les poussées. Formes sévères : dupilumab (Dupixent®), tralokinumab (Adtralza®), inhibiteurs JAK.
Eczéma
Plaque d’eczéma
L’eczéma peut donner des plaques qui grattent sur tout le corps — mains, visage, jambes, dos, plis. L’eczéma de contact (allergique ou irritatif) est localisé à la zone de contact avec l’allergène (nickel, parfum, latex, conservateur) ou l’irritant (détergent, ciment). L’eczéma variqueux touche les jambes des sujets avec insuffisance veineuse chronique. L’eczéma de stress peut se décompenser sans facteur de contact identifiable.
Psoriasis
Plaque de psoriasis
Le psoriasis peut démanger et donne des plaques épaisses, très bien délimitées, rouge vif, recouvertes de squames blanches nacrées. Localisations typiques : coudes, genoux, cuir chevelu, bas du dos. Prurit variable — modéré à intense. Maladie chronique à fort retentissement sur la qualité de vie. Traitement : dermocorticoïdes + analogues vitamine D (Daivobet®), puis biothérapies pour les formes modérées à sévères.
Mycose de la peau
Mycose de la peau à type de dermatophytie (herpès circiné)
La mycose de la peau s’étend souvent progressivement avec une collerette de peau qui desquame en bordure et un centre qui s’éclaircit. Elle peut ressembler à l’eczéma — le diagnostic différentiel est crucial car appliquer un dermocorticoïde sur une mycose non diagnostiquée l’aggrave et la rend difficile à reconnaître (tinea incognita). Traitement : antifongiques topiques ou oraux selon l’étendue.
Lichen plan
Lichen plan
Le lichen plan prend la forme de papules violacées, brillantes, polygonales, le plus souvent sur les poignets, les chevilles ou les jambes. Très prurigineux. Des lésions buccales et génitales sont souvent associées. Traitement : dermocorticoïdes de classe forte.
Urticaire
Urticaire
L’urticaire a la forme de piqûres d’ortie et démange beaucoup — plaques rouges en relief, migratrices, fugaces (disparaissant en moins de 24h au même endroit). L’urticaire au stress est fréquente. L’urticaire chronique spontanée (plus de 6 semaines) peut être invalidante et nécessite un bilan allergologique.
Psoriasis — rappel
Déjà décrit ci-dessus. À noter que le psoriasis peut aussi toucher le cuir chevelu de façon isolée, avec des squames épaisses parfois confondues avec une dermite séborrhéique.
Gale
Boutons de gale
La gale des gens propres peut ne donner que quelques boutons discrets, le plus souvent sur les mains, les poignets, le sexe et les seins. Le signe pathognomonique est le sillon scabieux (petit trajet sinueux entre les doigts). Prurit nocturne intense, épargnant le visage, touchant quasi toujours plusieurs membres du même foyer. Très sous-diagnostiquée. Traitement simultané de tout le foyer obligatoire.
Prurigo
Le prurigo donne de gros boutons excoriés, croûteux, très prurigineux, pouvant toucher les jambes, le dos et le haut des bras. Il peut être secondaire à une cause systémique, allergique ou psychogène. Les lésions de grattage chronique créent un cercle vicieux difficile à rompre.
Pemphigoïde bulleuse
La pemphigoïde bulleuse touche plutôt le sujet âgé et donne des bulles après un épisode plus ou moins long de plaques qui grattent. Maladie auto-immune grave nécessitant une hospitalisation pour confirmation histologique et traitement.
Pityriasis rosé de Gibert
Pityriasis rosé : le médaillon initial
Le pityriasis rosé de Gibert est caractérisé par une grande plaque initiale (« médaillon ») sur le tronc, suivie d’une efflorescence de petites plaques ovales qui peuvent démanger. Évolution spontanément favorable en 6–8 semaines. Origine virale présumée (HHV-6/7).
Cette liste n’est pas exhaustive — de nombreuses autres dermatoses peuvent se présenter sous forme de plaques qui grattent. La consultation d’un dermatologue reste indispensable pour obtenir un diagnostic précis.
Signaux d’alarme — quand consulter rapidement
⚠️ Consultez rapidement un médecin si les plaques qui grattent s’accompagnent de :
Signal d’alarme
Cause à éliminer
Prurit nocturne intense touchant plusieurs membres du foyer simultanément
Gale — traitement simultané de tout le foyer obligatoire
Plaques + fièvre, altération de l’état général
Infection bactérienne (impétigo, érysipèle) ou toxidermie médicamenteuse grave
Plaques qui s’étendent rapidement sur tout le corps (érythrodermie)
Urgence dermatologique — appeler le 15
Plaques prurigineuses puis bulles chez sujet âgé
Pemphigoïde bulleuse — hospitalisation nécessaire
Prurit sans lésion cutanée primaire persistant > 6 semaines
Cause systémique — bilan médical obligatoire (NFS, ferritine, TSH, créatinine, bilan hépatique)
Plaques résistantes au traitement bien conduit > 4 semaines
Diagnostic à reconsidérer — consultation dermatologique
Diagnostic incertain ou plaques résistantes ? Le Dr Rousseau peut analyser vos photos et établir un diagnostic en téléconsultation — souvent disponible dès le lendemain.
Les deux donnent des plaques qui grattent, mais leurs aspects diffèrent nettement. L’eczéma : plaques mal délimitées, rouges, suintantes en phase aiguë, sèches et fissurées en phase chronique, localisées aux plis (coudes, genoux, cou). Le psoriasis : plaques très bien délimitées, épaisses, rouge vif avec squames blanches nacrées sèches, sur les faces d’extension (coudes, genoux, cuir chevelu). En cas de doute, seul l’examen clinique par un dermatologue permet de trancher.
Une plaque rouge ronde qui s’étend — est-ce une mycose ou de l’eczéma ?
Une plaque arrondie qui s’agrandit progressivement avec une bordure active desquamante et un centre qui s’éclaircit évoque fortement une mycose cutanée (dermatophytie). Attention : appliquer un dermocorticoïde sur une mycose non diagnostiquée l’aggrave et la rend difficile à reconnaître (tinea incognita). Si un traitement à la cortisone n’améliore pas une plaque ronde en 1 semaine, il faut consulter avant de continuer.
Plaques qui grattent la nuit — doit-on penser à la gale ?
Le prurit nocturne intense est le symptôme cardinal de la gale, mais il s’observe aussi dans l’eczéma atopique et les prurits systémiques. Pour la gale, le signe clé est que le prurit touche presque toujours plusieurs personnes du même foyer simultanément. Les localisations typiques sont les espaces interdigitaux, les poignets, le sexe et les seins. Si plusieurs membres de la famille grattent : consultez en urgence pour traitement simultané de tout le foyer.
Peut-on traiter soi-même une plaque qui gratte ?
Une plaque récente, peu symptomatique, localisée, sans signe d’alarme peut justifier un essai thérapeutique d’une semaine avec un émollient ou un dermocorticoïde faible. Un traitement empirique prolongé est risqué : les dermocorticoïdes aggravent les mycoses et les infections cutanées. Si la plaque persiste plus de 2 semaines, s’étend ou s’accompagne d’autres signes, une consultation s’impose.
Les délais de rendez-vous chez les dermatologues s’allongent d’année en année. Cependant, ne vous improvisez surtout pas médecin — consultez votre médecin traitant avant toute chose.
En attendant votre rendez-vous et le diagnostic de la cause de vos démangeaisons de peau, vous pouvez tenter de les soulager avec des produits disponibles sans ordonnance chez votre pharmacien.
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…
⚠️ Attention : avant d’utiliser tout produit ou médicament sans ordonnance, demandez conseil à votre pharmacien — risque d’allergie de peau, d’aggravation de la dermatose, interactions médicamenteuses, contre-indications en cas de grossesse ou d’allaitement.
Les crèmes à la cortisone à faible concentration (0,5 % d’hydrocortisone) sont disponibles sans ordonnance. Elles nécessitent des précautions d’usage importantes :
Antihistaminiques sans ordonnance contre les démangeaisons
Il s’agit d’antihistaminiques autorisés en accès direct par l’ANSM. Demandez toujours conseil à votre pharmacien avant utilisation (interactions médicamenteuses, grossesse, allaitement…)
Médicament
Principe actif
Contre-indications
Précautions
CETIRIZINE comprimé ZYRTECSET 10 mg → voir aussi Zyrtec®
Cétirizine
Allergie au produit ou à l’un des composants — Insuffisance rénale — Enfant < 2 ans
Risque de somnolence — éviter l’alcool — déconseillé en cas d’allaitement — consulter le médecin en cas de grossesse
Non recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement — somnolence possible
⚠️ En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, vertiges, nausées, palpitations…), arrêter le médicament et consulter un médecin.
Peut-on utiliser une crème à la cortisone sans ordonnance longtemps ?
Non. Les crèmes à l’hydrocortisone 0,5% sans ordonnance sont réservées à un usage court (5 à 7 jours maximum). Un usage prolongé expose aux effets secondaires : atrophie cutanée, télangiectasies, vergetures. Si les démangeaisons persistent au-delà d’une semaine, consultez un médecin pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
La cétirizine et la loratadine sont-elles équivalentes ?
Les deux sont des antihistaminiques de 2e génération non sédatifs, efficaces sur les démangeaisons d’origine allergique. La cétirizine peut provoquer une légère somnolence à dose élevée chez certaines personnes — la loratadine est légèrement moins sédative. Les deux sont disponibles sans ordonnance et ont une durée d’action de 24 heures.
Pourquoi les crèmes à la cortisone sont-elles déconseillées sur le visage ?
La peau du visage est plus fine et plus absorbante — les dermocorticoïdes y pénètrent davantage, augmentant le risque d’atrophie, de télangiectasies et de dermite péri-orale. Sur le visage, seuls les dermocorticoïdes de faible puissance peuvent être utilisés, sous surveillance médicale et pour une durée très courte.
Quand faut-il absolument consulter un médecin pour des démangeaisons ?
Consultez sans attendre si les démangeaisons durent plus de 2 semaines sans cause évidente, s’accompagnent de lésions cutanées étendues, de fièvre, d’amaigrissement, ou surviennent la nuit de façon intense. Un prurit sans lésion cutanée visible chez un adulte de plus de 50 ans nécessite toujours un bilan médical complet.
Il existe des phospholipides dans les plaquettes et l’endothélium d’où possibilité de thromboses veineuses, artérielles, de syndrome de Raynaud et de livedo par agression due aux Anticorps anti-phospholipides .
Ces anticorps sont des Ig G , A , M tournées contre les phospholipides et/ou d’autres molécules, certains ont pour cible la cardiolipine , d’autres la prothrombine.
En fait les choses ne sont pas aussi simples et il semble que nombre de ces
anticorps seraient tournés contre des cofacteurs ( B2GP 1 , Facteurs de la coagulation, complexe prothrombinase… ) servant en fait de lien avec les phospholipides, la prothrombine…
DIAGNOSTIC
Manifestations possibles du syndrome des antiphospholipides :
Pour la plupart, il s’agit de thromboses artérielles et veineuses
Neurologiques
–AIT/AVC évoluant lorsqu’ils sont répétés vers la démence vasculaire
-Atteinte dégénérative de la syringomyeline, chorée
ORL
perforation de la cloison nasale
Ophtalmologique
Thrombose artérielle et veineuse de la rétine
Cardio-pulmonaire
–Infarctus du sujet jeune
-Valvulopathies mitrales et aortiques
-HT A/HT AP post Embolie Pulmonaire
-Phlébites / Embolies Pulmonaires
Abdominale
-Syndrome de Budd-Chiari
-Microangiopathie thrombotique rénalel / Thrombose de l’artère rénale
-Insuffisance surrénale
Cutanée
– Livedo Reticularis (non infiltré , suspendu )
–Maladie de Degos
–Nécroses cutanées
– Ulcère de jambe
–Hémorragies sous unguéales
-Syndrome de Raynaud
Gynécologique
Au moins deux avortements
CRITERES DIAGNOSTIQUES DU SYNDROME DES
ANTIPHOSPHOLIPIDES SELON
ALARCON ET SEGOVIA (1989)
1. Thrombose artérielle
2 . Thrombophlébite et/ou Embolie Pulmouaire
3 . Livedo Reticularis
4 . Ulcère de jambe
5. plaquettes inf à 100000
6 . Au moins 2 avortements
1 critère clinique. + Ac anti phospholipides à taux élevés -+: Sd Antiphospholipides certain
2 critères c1iniqnes + Ac anti phospholipides à taux faible ou moyen » Sd Anti phospholipides probable
BIOLOGIE
Thrombopénie ( surtout dans le Lupus Erythemateux Systémique : PT AI)
•• Anticoagulant de type lupique (ancien Ac antiprothrombinase) : tourné
contre le comphospholipidesexe phospholipides-prothrombine ou phospholipides- facteur de coagulation
•• Allongement du TCA
+ non correction de l’allongement par l’addition de phospholipidesasma témoin
+ Rech antiprothrombinase par ELISA ( technique de la thrombophospholipidesastine
diluée)
+ Test de Triplett : test de neutralisation plaquettaire : correction de
l’allongement du TCA par l’addition de phospholipidesaquettes
•• Antiphospholipide necessitantle cofacteur phospholipides (ancien anticardiolipine) :
tourné contre le comphospholipidesexe phospholipides(= le plus souvent la cardiolipine)-B20phospholipides
•• Fausse sérologie syphillitique
•• Recherche d’anticardiolipine en ELISA
•• Autres antiphospholipides:recherchés par un test ELISA avec panel de
Phospholipides
.• Pas de manifestation clinique:surveillance
.• Manifestation mineure ou antécédent de thrombose
banale:
Aspirine au long cours
.• Thrombose évolutive:
•• AVK avec INR sup à 2-3
« Corticothérapie: si syndrome inflammatoire
fait disparaître Ac lupique alors què Ac anticardiolipine reste
+/- antiaggrégants phospholipidesaquettaires
•• Immunosuppresseurs pour arrêter la corticothérapie
•• Ig Polyvalentes
1/ Quelle est l’épidémiologie de la lèpre dans le monde ?
Dr Pierre Bobin :
– Au début de l’an 2 000, la situation était la suivante :
Le nombre de cas en traitement spécifique par polychimiothérapie (PCT) enregistrés était de 753 263 ( taux de prévalence: 1.25 pour 10 000 habitants).
Le nombre de nouveaux cas détectés au cours de l’année 1999 a été de 738 284 (taux de détection : 12.3 pour 100 000 habitants).
Le nombre cumulé de malades guéris grâce à la PCT est de 10 759 213. Parmi ces malades « guéris », le nombre de porteurs d’ infirmités liées à la lèpre est de 2 à 3 millions.
L’ OMS estime à 2 500 000 le nombre de cas qui devront être dépistés et soignés entre 2 000 et 2 005
En ce qui concerne la répartition géographique, il faut noter que dans 24 pays la lèpre demeure un problème de Santé publique. Il s’agit de pays ayant plus d’1million d’habitants, plus de 100 cas de lèpre par an et un taux de prévalence lèpre supérieur à 1 pour 10 000 habitants.
Parmi eux, 11 pays ont 89 % de la prévalence mondiale et 92% des nouveaux cas dépistés par an dans le monde
Le taux de prévalence moyenne dans ces 11 pays est de 4.1 pour 10 000 habitants
L’ Inde, à elle seule, représente 67 % de la prévalence mondiale et 73 % des nouveaux cas /an du monde
– Evolution de la situation entre 1985 et 1999.
Prévalence :
La prévalence mondiale a chuté de 86 %
Sur 122 pays d’endémie en 1985, 98 ont atteint l’objectif d' »élimination comme problème de santé publique » selon les critères de l’ OMS c’est-à-dire ayant un taux de prévalence inférieur à 1/10 000
Les raisons de cette diminution sont à mettre au compte de plusieurs facteurs : « nettoyage » des dossiers, durée plus courte de la PCT, taux élevé de guérison, faible taux de rechutes, pas de résistance à la rifampicine, amélioration de la prise en charge des cas
Détection des nouveaux cas : Elle est stable depuis ces 5 dernières années : entre 700 000 et 800 000 nouveaux cas par an
– Commentaires :
Ces chiffres objectivent incontestablement une réussite de la lutte contre la lèpre depuis ces 10 dernières années
Mais leur analyse amène à se poser des questions :
Concernant la Prévalence :
Sa diminution est certes due, en partie, à l’efficacité de la PCT, mais également : au « nettoyage » des registres, au raccourcissement de la durée de la PCT qui fait que les malades ne sont enregistrés comme « cas de lèpre » (définition OMS) que pendant une durée de 6 mois (PB) à 1 an (MB)
Dans certains pays, même avec une prévalence inférieure à 1 / 10 000, la lèpre reste un problème soit au niveau national (sous-dépistage), soit dans les provinces ou états, à l’intérieur d’un pays
Concernant la Détection :
C’est l’inquiétude car la tendance de la détection des nouveaux cas reste stable depuis 6 ans. Certes, cela est du à l’augmentation de la couverture géographique et des activités de programme
Mais, quelles que soient les explications, cela montre l’importance du « réservoir » infectieux
Donc le déclin annoncé de la lèpre n’apparaît pas encore
Le taux de détection, et surtout la tendance de la détection des cas, serait pour beaucoup d’auteurs un meilleur indicateur que celui de la prévalence pour surveiller l’évolution de l’endémie lépreuse. Car, bien qu’il soit influencé par les activités opérationnelles, il permet d’ évaluer l’ incidence et d’ apprécier le niveau de la transmission de la maladie, à partir de l’importance du « réservoir » infectieux (se traduisant par le nombre annuel de nouveaux cas).
Concernant le nombre de malades, ayant déjà des invalidités, lors du dépistage :
la proportion de ces malades permet d’apprécier combien la détection diffère de l’ incidence actuelle
elle permet de juger de la qualité de la lutte contre la lèpre dans un pays et d’apprécier la précocité du diagnostic
Le succès de la lutte contre la lèpre viendra, non seulement de la diminution du nombre de nouveaux cas, mais également, parmi eux, du nombre de ceux ne présentant pas d’atteinte neurologique
Et il faut donc répéter sans cesse que la lèpre est une neuropathie dont le diagnostic précoce est dermatologique
2/ Qu’a-t-on appris de nouveau sur la lèpre durant les dernières années (en dehors des traitements) ?
Dr Pierre Bobin :
Au plan de la recherche, quelques progrès ont été récemment accomplis et d’autres sont attendus dans un avenir proche, pour générer de nouveaux outils nécessaires à l’ amélioration des moyens prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques actuels
Pour mieux connaître Mycobacterium leprae et répondre aux questions concernant la pathogénie de la maladie et les modalités de réponse immunologique de l’ hôte :
le séquençage du génome de M. leprae qui vient d’être terminé grâce aux travaux de Stewart Cole, de l’ Institut Pasteur de Paris, a été une étape essentielle qui permettra d’ identifier de nouvelles cibles antibiotiques, des molécules immunologiquement importantes, des séquences de base utiles pour le typage de souches de M. leprae
l’ étude de la réponse immune à M. leprae permet d’identifier le rôle des cytokines ( TNFa…..) dans les réactions lépreuses, le mécanisme immunopathologique des lésions nerveuses, l’interaction au niveau moléculaire de M. leprae avec le nerf
Pour envisager une prévention de la lèpre et de ses complications, dans le cadre de l’immuno-prophylaxie, différents vaccins ( BCG seul, BCG+ M.leprae tués …..) sont en cours d’ expérimentation ou d’ évaluation ainsi que la corticothérapie systématique en début de PCT pour prévenir les neuropathies
Pour améliorer le diagnostic, de nouveaux outils devraient permettre prochainement la détection de la « lèpre infection » dans une population, par des tests cutanés ( AG de 2ème génération) et le diagnostic précoce de la lèpre, notamment multibacillaire (MB), des réactions et des neuropathies. En ce qui concerne la détection de résistance médicamenteuse, on dispose déjà de tests rapides pour évaluer la résistance à la rifampicine ( énorme progrès par rapport à la technique d’ inoculation à la souris )
3/ Quelles sont les grandes avancées thérapeutiques de ces dernières années et les perspectives d’avenir ?
Dr Pierre Bobin :
La polychimiothérapie anti-lépreuse utilisée depuis 1981 et associant Rifampicine-Dapsone et Clofazimine pendant 2 ans dans les formes multibacillaires (MB) et Rifampicine- Dapsone pendant 6 mois dans les formes paucibacillaires (PB) a fait la preuve de son efficacité car les rechutes sont considérées comme très rares (environ 1 %) et que l’ on n’ a pas noté de cas de résistance à la Rifampicine .
Mais ce traitement est encore trop long et son utilisation dans la plupart des pays en voie de développement pose beaucoup de problèmes au plan logistique .
L’OMS a récemment préconisé de ramener à 12 mois la durée de la PCT de 24 mois dans les formes MB. Cette décision n’a pas fait l’unanimité dans le monde de la léprologie, certains auteurs avançant qu’ il n ‘existe pas de preuve scientifique concernant son efficacité par rapport au schéma classique et que l’on risque de constater dans les 10 ans à venir une augmentation du nombre des rechutes .
Pour raccourcir la durée de la PCT et donc en améliorer la faisabilité, sont actuellement en cours d’évaluation :
de nouveaux antibiotiques à activité bactéricide plus puissante (rifapentine, moxifloxacine…)
de nouveaux protocoles, comme, par exemple, celui associant Rifampicine-Ofloxacine-Minocycline (ROM) ou plus récemment celui associant Rifapentine-Moxifloxacine-Minocycline dont les essais sur la souris se sont montrés particulièrement prometteurs et qui va maintenant être expérimenté chez l’ homme
de nouvelles stratégies opérationnelles pour le traitement de la maladie elle-même et des réactions
En conclusion, on peut noter des progrès depuis ces dernières années dans la lutte contre la lèpre si l’on se base sur le taux de prévalence globale de la maladie et sur les dernières avancées au plan de la recherche et des nouvelles stratégies opérationnelles
Mais l’ optimisme affiché par l’ OMS, qui annonce que l ‘ »élimination de la lèpre comme problème de santé publique » sera réalisée au niveau mondial en 2005, semble à beaucoup d’observateurs totalement injustifié car le taux de nouveaux cas annuels reste inchangé depuis ces 5 dernières années signant ainsi l’importance du « réservoir » infectieux
Le risque d’un tel optimisme est la démobilisation des chercheurs, des personnels de santé et des bailleurs de fond. Il ne faut pas qu’il y ait confusion dans les esprits entre « élimination » selon les critères de l’ OMS et l’éradication, pour le moment encore totalement utopique. La plus grande vigilance reste donc de rigueur
Effacer les taches brunes : crèmes, peelings, laser et cryothérapie — guide complet des traitements
Les taches brunes du visage sont l’une des premières préoccupations cosmétiques en dermatologie. Lentigos solaires, mélasma, hyperpigmentation post-inflammatoire après acné — les causes sont diverses et les traitements ne sont pas interchangeables. Un traitement laser adapté au lentigo solaire peut aggraver un mélasma. Un dépigmentant efficace sur une tache post-acné sera insuffisant sur un lentigo dermique. Le diagnostic précis par le dermatologue conditionne le choix du traitement optimal.
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TACHES BRUNES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Protection solaire — le prérequis absolu de tout traitement
Aucun traitement dépigmentant ne donne de résultats durables sans protection solaire stricte. Les UV stimulent les mélanocytes et entretiennent ou aggravent toutes les formes d’hyperpigmentation — une seule journée d’exposition sans protection peut annuler semaines de traitement. La protection solaire s’applique toute l’année, même en hiver et par temps nuageux, car la lumière du jour (UVA + lumière visible) suffit à activer les mélanocytes. Indice SPF 50+, filtres minéraux de préférence (oxyde de zinc, dioxyde de titane) qui bloquent aussi la lumière visible. Voir comment bien se protéger du soleil.
Crèmes et actifs dépigmentants — comment ils fonctionnent
Les crèmes dépigmentantes agissent selon deux mécanismes distincts : certaines inhibent la synthèse de mélanine (action préventive sur les nouvelles taches) ; d’autres éliminent la mélanine déjà déposée par exfoliation ou destruction des mélanocytes (action curative sur les taches existantes). Les plus efficaces combinent les deux mécanismes.
Règle d’application commune à tous les dépigmentants topiques : appliquer uniquement sur les zones pigmentées, jamais sur la peau saine autour — sous peine d’éclaircir la peau normale et de créer un contraste inversé. Commencer par une application tous les deux jours pour tester la tolérance avant de passer quotidiennement.
Hydroquinone — la référence mondiale
L’hydroquinone (1,4-dihydroxybenzène) est le dépigmentant le plus étudié et le plus utilisé au monde depuis 50 ans. Elle inhibe la tyrosinase (enzyme clé de la mélanogenèse), endommage les mélanosomes et réduit durablement la production de mélanine. Utilisée à des concentrations de 2 à 5 %. En France, elle est interdite dans les cosmétiques grand public depuis 2001 — elle n’est disponible que sur prescription médicale, en préparation magistrale. Résultats visibles après 3 mois d’application biquotidienne.
Ses effets indésirables sont l’irritation locale, les réactions allergiques, et surtout l’ocronose exogène — pigmentation paradoxale bleu-grisâtre irréversible survenant en cas d’utilisation prolongée à forte concentration sans suivi médical. Durée maximale recommandée : 4 à 6 mois en continu. La préparation magistrale doit être conservée au frais et à l’abri de la lumière — l’apparition d’une couleur brune signale l’oxydation.
La formule de Kligman (triple association magistrale) est la préparation de référence pour le mélasma et les lentigos résistants : hydroquinone 2-5 % + acide rétinoïque 0,05-0,10 % + acétate de dexaméthasone 0,10 %. Synergique et plus efficace que chaque composant seul — amélioration notable en 8 semaines dans les formes épidermiques. Traitement d’attaque 3-6 mois, puis entretien 2-3 fois par semaine.
Méquinol (monométhyléther d’hydroquinone)
Le méquinol est un ester de l’hydroquinone dont le mécanisme d’action est double : oxydé en radicaux libres qui endommagent sélectivement les membranes des mélanocytes, et inhibition directe de la tyrosinase. Disponible en préparations commerciales à 5 et 10 % (Leucodinine B®, Any®, Crème des trois fleurs d’Orient®, Clairodermyl®). Application biquotidienne initiale sur les zones pigmentées uniquement, puis espacement progressif à mesure de l’amélioration. Durée maximale : 4 mois — ne pas traiter plus de 10 % de la surface corporelle. Contre-indiqué avant 12 ans et pendant la grossesse/allaitement. Peut provoquer des dépigmentations en confettis en cas de surdosage.
Trétinoïne (acide rétinoïque)
La trétinoïne inhibe la mélanogenèse, accélère le renouvellement cellulaire (kératolytique) et augmente la pénétration des autres actifs dépigmentants — c’est pourquoi elle est systématiquement associée à l’hydroquinone dans la formule de Kligman. Utilisée hors AMM dans les taches brunes (son AMM est dans l’acné). Irritante en début de traitement (rougeurs, desquamation) — commencer 1 soir/2 puis quotidiennement si bien tolérée. Contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement. Premier éclaircissement visible à 3 mois, traitement d’attaque 6 mois puis entretien 3 applications/semaine. Disponible à 0,025 %, 0,05 % et 0,10 % (Effederm®, Ketrel®, Locacid®, Retacnyl®, Retin-A®).
Acide azélaïque
L’acide azélaïque inhibe de façon réversible la tyrosinase et réduit la prolifération des mélanocytes hyperactifs. Antibactérien, il a une AMM dans l’acné (Skinoren® 20 %) et est utilisé hors AMM dans les hyperpigmentations post-inflammatoires. Avantage majeur : excellente tolérance sur les peaux sensibles et les phototypes foncés, utilisable pendant la grossesse (innocuité démontrée). Utile comme alternative à l’hydroquinone chez les femmes enceintes présentant un mélasma.
Acide kojique
L’acide kojique est produit par le champignon Aspergillus flavus. Il inhibe la tyrosinase par chélation du cuivre (cofacteur enzymatique). Efficacité modérée en monothérapie, potentialisée en association avec l’acide glycolique et l’hydroquinone. Disponible en cosmétiques sans ordonnance à des concentrations de 1 à 4 %.
Autres actifs — cosmétiques sans ordonnance
Plusieurs actifs sont disponibles en cosmétiques de grande diffusion avec une efficacité modeste mais réelle sur les formes légères : vitamine C (ascorbyl glucoside, acide ascorbique à 10-20 %) — inhibe la tyrosinase et neutralise les radicaux libres ; niacinamide à 5-10 % — réduit le transfert des mélanosomes vers les kératinocytes ; arbutine et bêta-arbutine — précurseurs naturels de l’hydroquinone ; glucosamine — inhibe la glycosylation de la tyrosinase ; AHA (acides de fruits) — exfoliants qui éliminent les kératinocytes chargés en mélanine. Ces actifs sont utiles en traitement d’entretien ou pour les formes légères, insuffisants seuls pour les formes modérées à sévères.
Ces traitements sont réalisés en cabinet dermatologique, de préférence en automne-hiver, à distance de l’exposition solaire. Tous s’accompagnent d’une période de récupération (croûtes, rougeurs, peau à vif) de 5 à 10 jours, pendant laquelle la protection solaire stricte est impérative pour éviter une hyperpigmentation post-inflammatoire.
Cryothérapie à l’azote liquide
La cryothérapie détruit les mélanocytes par congélation brève (azote liquide à -196°C) — les mélanocytes sont particulièrement sensibles au froid. Technique rapide, efficace sur les lentigos actiniques (taches solaires) isolés et bien délimités. Risque de séquelles dyschromiques (taches blanches ou taches brunes résiduelles) en cas de dosage incorrect — nécessite une expérience de l’opérateur. Déconseillée sur les phototypes foncés (risque de dépigmentation permanente). Contre-indiquée sur le mélasma.
Peelings chimiques
Les peelings exfolient les couches superficielles de l’épiderme et éliminent les kératinocytes chargés en mélanine. Les formulations utilisées contre les taches brunes associent souvent acide glycolique (20-70 %), acide kojique, acide trichloroacétique et parfois hydroquinone 4 % (peeling de Jessner modifié). Le peeling Dermamelan® est une procédure de cabinets dermatologiques spécifiquement formulée pour le mélasma (acide kojique, phytic acid, vitamine C, rétinol) — efficace sur les formes épidermiques modérées à sévères avec un bon profil de sécurité sur les phototypes intermédiaires. Les peelings sont efficaces sur les taches brunes solaires du visage et des mains, et sur les taches noires post-acné — y compris sur peau noire si réalisés par un opérateur expérimenté avec des produits adaptés.
Laser contre les taches brunes
Le laser pigmentaire est le traitement de référence des lentigos solaires bien délimités. Les lasers Q-switched (Nd:YAG, rubis, alexandrite) ciblent sélectivement la mélanine par photothermolyse sélective — destruction des mélanosomes sans dommage aux tissus environnants. Résultats excellents sur les lentigos superficiels en 1 à 2 séances. Le laser fractionné non ablatif (1550 nm, 1927 nm) est utilisé pour les formes diffuses ou les mélasmas épidermiques — en basse énergie pour limiter le risque d’HPi. La combinaison laser pigmentaire + laser ablatif fractionné est souvent utilisée pour un résultat optimal sur les taches mixtes. Précaution impérative : ne pas utiliser les lasers ablatifs sur un mélasma actif — risque d’aggravation significatif.
IPL — lampe flash (lumière intense pulsée)
La lumière intense pulsée (IPL) est particulièrement adaptée au traitement de grandes zones : visage entier, dos des mains, décolleté. Elle cible la mélanine sur un spectre large de longueurs d’onde, efficace sur les lentigos multiples diffus. Moins précise que le laser Q-switched sur les taches isolées, mais pratique pour les « mains tachées » ou le photovieillissement diffus. Séance mensuelle × 3 à 5 séances. Contre-indiquée sur les peaux bronzées ou les phototypes VI.
Quel traitement selon le type de tache ?
Type de tache
1ère intention
2ème intention
À éviter
Mélasma épidermique
Triple association magistrale + SPF 50+
Peeling Dermamelan® / acide tranexamique
Laser ablatif agressif
Lentigo solaire isolé
Laser Q-switched ou cryothérapie
IPL / trétinoïne + méquinol
Crèmes seules insuffisantes
Lentigos multiples diffus
IPL visage/mains
Laser fractionné + topiques
Cryothérapie sur peau foncée
Taches post-acné (HPi)
Acide azélaïque / trétinoïne / SPF 50+
Peeling glycolique / hydroquinone
Laser agressif sur peau foncée
Mélasma dermique
SPF 50+ strict + acide tranexamique
Laser Nd:YAG low fluence
Crèmes topiques seules (peu efficaces)
Grossesse (mélasma actif)
SPF 50+ + acide azélaïque
Attendre l’accouchement pour traitement actif
Hydroquinone, trétinoïne, laser
Questions fréquentes
Quelle est la crème la plus efficace contre les taches brunes sans ordonnance ?
Pour les taches légères, les crèmes contenant de la vitamine C à 15-20 % stabilisée, de la niacinamide à 10 % ou de l’acide kojique associé à l’acide glycolique donnent les meilleurs résultats sans ordonnance — avec une amélioration visible après 2 à 3 mois d’utilisation régulière associée à un SPF 50+. Pour les taches modérées à sévères (mélasma, lentigos bien établis), ces crèmes sont insuffisantes et une consultation dermatologique pour obtenir une préparation magistrale à l’hydroquinone est nécessaire.
Combien de séances de laser faut-il pour effacer les taches brunes ?
Pour les lentigos solaires isolés : 1 à 2 séances de laser Q-switched suffisent généralement. Pour les lentigos diffus traités à l’IPL : 3 à 5 séances mensuelles. Pour le mélasma traité au laser fractionné : 4 à 6 séances espacées de 4 semaines, avec résultats variables. Dans tous les cas, la récidive est possible à la réexposition solaire — la protection SPF 50+ est impérative après chaque séance et en entretien.
L’hydroquinone est-elle dangereuse ?
L’hydroquinone est sûre utilisée correctement, sous surveillance médicale, en cure de 4 à 6 mois maximum. Le risque principal est l’ocronose exogène (taches bleu-grisâtres paradoxales) — elle survient uniquement en cas d’utilisation prolongée à forte concentration sans suivi médical, surtout sur peaux foncées et avec des produits non conformes. Les préparations magistrales françaises prescrites par les dermatologues respectent des concentrations et durées sécurisées. La délivrance sans contrôle médical est interdite en France depuis 2001.
Les taches brunes reviennent-elles après un traitement ?
Oui, sans protection solaire quotidienne les taches reviennent invariablement — parfois plus rapidement que leur traitement. C’est particulièrement vrai pour le mélasma. La protection SPF 50+ n’est pas optionnelle mais constitutive du traitement. Après obtention d’un bon résultat, un traitement d’entretien (préparation magistrale 2-3 fois/semaine) et une protection solaire permanente permettent de stabiliser le résultat sur le long terme.
Peut-on traiter les taches brunes pendant la grossesse ?
Les options sont limitées pendant la grossesse — hydroquinone, trétinoïne et laser sont contre-indiqués. L’acide azélaïque (Skinoren®) a une innocuité démontrée et peut être utilisé. La protection solaire SPF 50+ est la mesure la plus importante. Pour les traitements actifs (préparations magistrales, peelings, laser), attendre l’accouchement et la fin de l’allaitement.
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– Les causes
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L’angiome rubis est une petite tache rouge vif, bombée et bien délimitée, qui apparaît progressivement sur la peau à partir de la cinquantaine. Bénin et sans danger, il est extrêmement fréquent et constitue l’une des lésions cutanées les plus courantes chez l’adulte vieillissant.
L’angiome rubis — aussi appelé angiome sénile, hémangiome de Campbell De Morgan ou angiome cerise — est une petite dilatation de capillaires superficiels de la peau. Il se présente comme une papule rouge vif à rouge foncé, ronde, lisse, légèrement saillante, mesurant de 1 à 5 mm. Il est mou, indolore, disparaît partiellement à la pression et ne saigne pas spontanément — sauf en cas de traumatisme.
Il siège préférentiellement sur :
Le tronc (thorax, abdomen, dos) — localisation la plus fréquente
Les épaules et bras
Plus rarement le visage et les jambes
Causes et facteurs de risque
L’angiome rubis est lié au vieillissement cutané — c’est sa principale cause. Presque tout le monde en développe à partir d’un certain âge :
Rare avant 30 ans
Fréquent après 50 ans (80% des adultes de plus de 70 ans en ont)
Leur nombre augmente progressivement avec l’âge
D’autres facteurs favorisants ont été identifiés :
Prédisposition génétique — ils sont souvent familiaux
Exposition solaire chronique
Grossesse et variations hormonales
Certains médicaments (immunosuppresseurs, inhibiteurs des tyrosines kinases)
Est-ce dangereux ?
Non. L’angiome rubis est une lésion strictement bénigne, sans aucun risque de dégénérescence maligne. Il ne nécessite aucun traitement médical — uniquement esthétique si le patient le souhaite.
Cependant, il est important de ne pas le confondre avec d’autres lésions qui peuvent lui ressembler et qui, elles, nécessitent une consultation :
Mélanome amélanotique (mélanome sans pigment) — rare mais important à éliminer
Carcinome de Merkel — tumeur cutanée rare
Granulome pyogénique — saigne facilement au contact, croissance rapide
Angiome stellaire — aspect en étoile avec vaisseaux rayonnants, lié aux œstrogènes ou à une maladie du foie (voir angiome stellaire)
⚠️ Consultez si une lésion rouge saigne spontanément, grossit rapidement ou change d’aspect.
Diagnostic
Le diagnostic est le plus souvent clinique — le dermatologue reconnaît l’angiome rubis à l’œil nu. En cas de doute, deux examens peuvent être réalisés :
Dermatoscopie — examen non invasif à la loupe grossissante qui permet de visualiser les structures vasculaires caractéristiques
Histologie — biopsie cutanée sous anesthésie locale, envoyée en analyse à un anatomopathologiste, réservée aux cas atypiques
Traitement de l’angiome rubis
L’angiome rubis ne nécessite aucun traitement médical obligatoire. Le traitement est purement esthétique, à la demande du patient. Plusieurs techniques sont disponibles :
Abstention et surveillance — option valable pour les angiomes asymptomatiques
Électrocoagulation au bistouri électrique — rapide, efficace, léger risque de petite cicatrice
Laser vasculaire (laser à colorant pulsé ou KTP) — traitement de choix pour les angiomes du visage et les zones esthétiquement sensibles, sans cicatrice
Cryothérapie (azote liquide) — alternative simple pour les petits angiomes
⚠️ Le traitement des angiomes rubis n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie car il s’agit d’un acte esthétique.
Pourquoi ai-je de plus en plus d’angiomes rubis avec l’âge ?
L’angiome rubis est directement lié au vieillissement cutané. Presque tous les adultes en développent avec l’âge — leur nombre augmente naturellement après 50 ans. C’est un phénomène normal qui ne nécessite aucun bilan médical particulier.
Comment distinguer un angiome rubis d’un mélanome ?
L’angiome rubis est rouge vif, rond, lisse et ne change pas d’aspect. Le mélanome est typiquement brun-noir, asymétrique, à bords irréguliers. Mais un mélanome amélanotique (sans pigment) peut être rouge et ressembler à un angiome — d’où l’intérêt d’une consultation en cas de doute ou de lésion qui saigne ou grossit rapidement.
Peut-on enlever un angiome rubis soi-même ?
Non. Il ne faut jamais tenter d’enlever un angiome rubis soi-même — risque d’infection, de cicatrice et surtout de méconnaître une lésion plus sérieuse. Le traitement doit toujours être réalisé par un médecin ou dermatologue.
L’électrocoagulation d’un angiome rubis laisse-t-elle une cicatrice ?
Une légère croûte se forme dans les jours suivant l’électrocoagulation, puis disparaît en 1 à 2 semaines. Le risque de cicatrice est faible mais existe, notamment sur les peaux foncées. Le laser vasculaire est généralement préféré pour les zones esthétiquement importantes.
Depots extracellulaires irreversibles et inertes (aucune réaction de défense de l’organisme en vue de leur destruction) de substance amyloide
A/ AMYLOSES DIFFUSES
Causes
Secondaires à une inflammation chronique (AA),
Hereditaires (Muckle-Wells… ),
Primitive (AL),
Myelome,
Hemodyalisés (Beta2microglobuline)
Diagnostic des amyloses diffuses :
Fragilite vasculaire > purpura des paupieres (post endoscopique par exemple), visage, cou, aisselles…
papules couleur peau normale ou jaunes
vesicules, bulles
Macroglossie
B/ AMYLOSES LOCALISEES
B.1/ Amyloses cutanées
B.1.A/ primaires :
– Amylose papuleuse :
lichen amyloïde / Asiatiques++/ papules roses, jaunâtres ou brunes souvent hyperkératosiques
– Amylose maculeuse :
amylose pigmentaire / Femme entre 30 et 60 ans, phototype foncé / zone interscapulaire, omoplates, zones de frottement des membres. Proche de la notalgie paresthesique
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Les aphtes sont des ulcérations de la muqueuse, le plus souvent buccale, plus rarement génitale.
Les aphtes peuvent être seuls (isolés) ou s’inscrire dans le cadre d’une aphtose atteignant d’autres organes comme dans la maladie de Behcet.
L’aphte est une ulcération ronde ou ovalaire, douloureuse survenant le plus souvent dans la bouche à tout endroit muqueux (langue, lèvres, gencives… ), par poussées (ils disparaissent le plus souvent en 1 à 2 semaines).
Le diagnostic est porté devant:
le fond déprimé et nécrotique ayant du coup une jaunâtre (« beurre frais« ) ou grisâtre,
la base infiltrée (on peut prendre l’aphte entre les doigts et on sent que toute la zone est discrètement indurée),
les bords nets et entourés d’un halo rouge vif.
Formes cliniques
A communs ou ‘vulgaires’ :
2 à 10 mms de diamètre, en cupule, petite aréole rouge, guérison en 1 à 3 semaines
A géants :
plus de 1 à 2 cm, inflammatoires et très douloureux pouvant guérir avec une bride cicatricielle. Ils sont souvent assez indurés et creusants
A miliaires :
quelques millimètres, plutôt des érosions, parfois nombreux et confluents, avec peu d’induration, guérissant sans cicatrice en 1 à 2 semaines
Causes possibles
On observe souvent une hyperréactivité non spécifique de la muqueuse (par exemple, après une morsure accidentelle, une anesthésie locale par injection chez le dentiste… ).
Par ailleurs, certains aliments (noix, noisettes, gruyère… ) sont reconnus comme déclencheurs d’aphtes.
Il est possible qu’il existe un substrat génétique aux aphtes puisque 90 % des enfants de parents ayant tous deux des aphtes, ont des aphtes.
Les aphtes récidivants peuvent s’inscrire dans le cadre d’une maladie de Behçet qui comporte aussi d’autres signes (ophtlamologiques, cutanés… ).
Par ailleurs on peut observer des ulcérations d’allure aphtoide dans
des entérocolopathies (maladie cœliaque, maladie de Crohn, colite ulcéreuse… ),comportant des signes digestifs
le syndrome PFAPA (Periodic Fever, Aphthous stomatitis, Pharyngitis and cervical Adenitis), comportant une fièvre périodique avec ganglions
les carences en folates, en vitamine B 12, en fer, en zinc,
et dans les neutropénies
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Conduite a tenir devant un aphte de la bouche (aphte buccal) :
HLA B5
Bilan des autres atteintes
Recherche de thrombocytose
Soigner les aphtes
Contre la douleur :
Lidocaine en gel, gels à base de clou de girofle (Pansoral), APHTORAL, comprimé à sucer (Chlorhexidine / Tétracaïne / Acide ascorbique) voire antalgiques par voie orale
Pour essayer de diminuer la durée des poussées :
Dermocorticoïdes puissants, voire injections intra-lésionnelles de corticoïdes à la base des ulcérations.
Bains de bouche de sucralfate (KEAL * susp buvable)
Dangers et risques des crèmes solaires : ce que dit vraiment la science en 2026
Les crèmes solaires font régulièrement l’objet de polémiques : elles provoqueraient des allergies, agiraient comme perturbateurs endocriniens, feraient pénétrer des substances nocives dans l’organisme, bloqueraient la synthèse de vitamine D, voire favoriseraient le cancer de la peau en incitant à s’exposer davantage. Ces accusations se multiplient sur les réseaux sociaux, souvent sans distinction entre données de laboratoire, études animales et preuves cliniques chez l’homme.
En face, un fait demeure solide : il est prouvé que l’utilisation régulière de crème solaire réduit le risque de cancers cutanés, notamment de mélanomes et de carcinomes épidermoïdes, ainsi que le risque de vieillissement cutané accéléré. L’enjeu de cet article est de démêler le vrai du faux, avec les données scientifiques actualisées, pour vous aider à faire des choix éclairés — sans renoncer à la protection solaire.
Y a-t-il un danger réel à utiliser les crèmes solaires ? La science répond.
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PROTECTION SOLAIRE / SPF
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1. Filtres chimiques et filtres minéraux : deux mécanismes, deux profils de risque
Toute crème solaire contient un ou plusieurs filtres UV, qui peuvent être de deux natures :
Les filtres chimiques (organiques) sont des molécules carbonées qui absorbent les rayons UV et les convertissent en chaleur par des réactions moléculaires. Les plus courants en France et en Europe sont l’avobenzone, l’octocrylène, l’oxybenzone (benzophénone-3), l’octinoxate (méthoxycinnamate), le Mexoryl® SX et XL, les Tinosorb® S et M. Ces filtres sont généralement bien tolérés cosmétiquement (texture légère, pas d’effet blanchissant) mais soulèvent des questions de sécurité.
Les filtres minéraux (physiques) sont des poudres micronisées de dioxyde de titane (TiO₂) et d’oxyde de zinc (ZnO) qui réfléchissent et diffusent les UV. La FDA américaine les classe depuis 2019 comme les deux seuls filtres considérés comme sûrs et efficaces (GRASE — Generally Recognized As Safe and Effective) parmi les 16 filtres évalués. Leur principal inconvénient historique était l’effet blanchissant, largement atténué par les formulations modernes.
Critère
Filtres chimiques
Filtres minéraux (TiO₂, ZnO)
Mécanisme d’action
Absorption des UV → chaleur
Réflexion et diffusion des UV
Texture / cosmétique
Légère, transparente, agréable
Souvent blanchissante (améliorée en nano)
Absorption cutanée
Variable selon le filtre (oxybenzone +++)
Très faible (agrégats trop gros)
Statut FDA 2021
Non-GRASE (données insuffisantes) pour 10 filtres
GRASE (seuls considérés sûrs)
Allergie de contact
Possible (octocrylène +++, oxybenzone)
Très rare
Perturbateur endocrinien suspecté
Oui (oxybenzone, homosolate, en études)
Non documenté
Impact environnemental
Oxybenzone et octinoxate toxiques pour les coraux
Minimal à ce jour
Recommandation pédiatrique
À éviter avant 2 ans
Préférés chez l’enfant et nourrisson
2. Allergies aux filtres chimiques des crèmes solaires
Les allergies aux filtres chimiques existent et sont cliniquement documentées. Elles prennent trois formes principales :
L’eczéma de contact allergique
Il s’agit d’une allergie de contact classique de type hypersensibilité retardée (type IV), survenant 24 à 72 heures après l’application d’un filtre chimique sur les zones traitées. L’octocrylène est le principal filtre incriminé, suivi de la benzophénone-3 (oxybenzone) et de quelques cinnamamtes. Le diagnostic est confirmé par des patch-tests en milieu spécialisé.
L’eczéma photoallergique et photoaggravé
Certains filtres nécessitent l’exposition solaire pour déclencher la réaction allergique (photoallergie). La lésion apparaît sur les zones photo-exposées enduites de crème solaire, parfois en quelques heures. L’octocrylène et la benzophénone-3 sont les principaux responsables. L’arrêt du filtre en cause est indispensable — la photoallergie peut persister longtemps après l’éviction car les photoproduits de dégradation du filtre persistent dans la peau.
Les réactions croisées octocrylène / kétoprofène
La réaction croisée entre l’octocrylène (filtre photostable présent dans de nombreuses crèmes solaires et cosmétiques anti-âge) et le kétoprofène (Ketum® gel anti-inflammatoire) est une des associations les plus documentées en dermato-allergologie. Les patients qui se sont sensibilisés au kétoprofène cutané développent fréquemment une photoallergie à l’octocrylène — et vice versa. Cette sensibilisation croisée peut également concerner d’autres substances comme la benzophénone.
En pratique : tout patient ayant déjà eu une réaction cutanée au kétoprofène gel doit éviter les crèmes solaires contenant de l’octocrylène, et inversement.
Il est également recommandé d’éviter autant que possible les filtres chimiques chez les jeunes enfants, dont la peau plus fine et plus perméable augmente les risques d’absorption et de sensibilisation.
Référence PubMed : Uter W et al. Contact sensitization to common sunscreen agents: a multicentre study of the IVDK. Contact Dermatitis. 2014;71(3):162-169. Lire sur PubMed →
3. Absorption systémique des filtres chimiques : ce que les études FDA ont montré
C’est sur ce point que la science a le plus avancé depuis 2019, et que la polémique est la plus vive. Les faits sont les suivants.
Les études MUsT de la FDA (2019-2020)
La FDA a mené deux essais cliniques randomisés dits Maximum Usage Trials (MUsT), en conditions d’utilisation maximale (2 mg/cm² appliqués 4 fois par jour sur 75 % de la surface corporelle pendant 4 jours) :
Étude 2019 (JAMA) : 4 filtres testés (avobenzone, oxybenzone, octocrylène, écamsule) — les 4 ont atteint des concentrations plasmatiques supérieures à 0,5 ng/mL dès le premier jour, seuil au-dessus duquel la FDA exige des études toxicologiques complémentaires.
Étude 2020 (JAMA) : 6 filtres testés (avobenzone, oxybenzone, octocrylène, homosolate, octisalate, octinoxate) — les 6 ont dépassé le seuil. L’oxybenzone atteignait des concentrations plasmatiques de 85 à 94 ng/mL, soit plus de 40 fois le seuil. Certains filtres étaient encore détectables dans le sang 21 jours après la dernière application.
Filtre chimique
Absorption plasmatique maximale mesurée
Statut FDA 2021
Remarques
Oxybenzone (benzophénone-3)
85-94 ng/mL (170× le seuil)
Non-GRASE (données insuffisantes)
Détecté dans lait maternel, urine, sang de cordon ombilical, liquide amniotique
Homosolate
Supérieure au seuil, persistante à 21j
Non-GRASE
SCCS européen : non sûr aux concentrations actuelles (max recommandé 0,5 %)
Avobenzone
4,3 ng/mL après une seule application
Non-GRASE
Instable sans photostabilisateur ; se dégrade en radicaux libres
Octocrylène
~14× le seuil en usage maximal
Non-GRASE
Se dégrade en benzophénone (cancérogène suspecté) avec le temps
Octinoxate
Supérieure au seuil
Non-GRASE
Banni à Hawaï et Key West pour toxicité corallienne
Octisalate
Supérieure au seuil
Non-GRASE
Parmi les filtres les mieux tolérés
TiO₂ (titane) et ZnO (zinc)
Absorption cutanée négligeable
GRASE (sûrs et efficaces)
Seuls filtres approuvés sans réserve par la FDA
Mais que signifie concrètement dépasser le seuil de 0,5 ng/mL ?
Ce seuil ne signifie pas que le filtre est dangereux — il signifie que la FDA considère que ce niveau d’absorption nécessite des études toxicologiques complémentaires pour évaluer les risques éventuels à long terme. Comme le précise Harvard Health : aucun effet indésirable grave lié à l’absorption systémique des filtres chimiques n’a été rapporté en pratique clinique. La FDA n’a pas demandé aux consommateurs d’arrêter leur crème solaire.
Il faut également souligner que ces études ont été conduites en conditions d’utilisation maximale (4 applications sur 75 % du corps par jour), bien au-delà de ce que la plupart des gens appliquent réellement. Les résultats ne reflètent pas directement le risque d’une utilisation quotidienne normale.
Référence PubMed : Matta MK et al. Effect of Sunscreen Application on Plasma Concentration of Sunscreen Active Ingredients: A Randomized Clinical Trial. JAMA. 2020;323(3):256-267. Lire sur PubMed →
La dégradation de l’octocrylène en benzophénone
Un signal de pharmacovigilance supplémentaire a été décrit en 2021 : l’octocrylène se dégrade au fil du temps (dans le tube de crème solaire) en benzophénone, substance classée cancérogène suspecté par l’Agence californienne de protection de l’environnement. Des études ont retrouvé de la benzophénone dans 9 produits européens et 8 produits américains contenant de l’octocrylène — et sa concentration augmente avec le vieillissement du produit. Ce phénomène plaide pour respecter les dates de péremption et ne pas conserver les crèmes solaires d’une année sur l’autre.
4. Filtres chimiques et perturbateurs endocriniens : où en est la science ?
Le sujet du perturbateur endocrinien est celui qui génère le plus d’inquiétude, parfois hors de proportion avec les preuves disponibles chez l’homme.
Ce qui est établi chez l’animal
Des effets œstrogéniques ont été démontrés chez la souris, notamment avec le 4-méthylbenzylidène camphre (4-MBC) et le 3-benzylidène camphre (3-BC) — deux filtres peu utilisés en Europe — administrés par voie orale à fortes doses pendant des périodes prolongées (gestation, lactation). Ces effets comprennent une augmentation du poids utérin et des modifications du comportement sexuel. Ces résultats ne correspondent pas à la réalité d’une application cutanée quotidienne, compte tenu des taux d’absorption très inférieurs.
Ce qui est suspecté chez l’homme
En 2021, le Comité scientifique européen sur la sécurité des consommateurs (SCCS) a conclu que l’oxybenzone et l’homosolate ne sont pas sûrs aux concentrations actuellement utilisées en Europe et a abaissé leurs limites autorisées (oxybenzone : max 2,2 % vs 6 % aux USA ; homosolate : max 0,5 % vs 15 % aux USA). L’avobenzone est soupçonnée de bloquer les effets de la testostérone à faibles doses dans des études cellulaires.
L’oxybenzone a été retrouvée dans des échantillons de lait maternel, d’urine, de sang de cordon ombilical et de liquide amniotique — ce qui justifie la recommandation de prudence particulière pendant la grossesse et l’allaitement, et de préférence pour les filtres minéraux dans ces situations.
Ce que l’on sait sur l’absorption et les doses
Entre 0,1 % et 5 % des filtres chimiques sont absorbés à travers la peau — taux qui augmente en cas de peau lésée (coup de soleil, eczéma) et chez l’enfant (× 1,7) et le nourrisson (× 2,7). Cependant, les filtres chimiques ont un pouvoir œstrogénique très inférieur à celui des phyto-œstrogènes naturels (soja), et les doses systémiques résultant d’une utilisation cutanée normale restent très inférieures aux doses actives observées dans les études animales.
Des filtres chimiques — principalement le 4-MBC — ont été retrouvés dans 75 % des échantillons de lait maternel testés dans une étude suisse (20 % de 4-MBC). Fait notable : ces taux étaient identiques été comme hiver, suggérant que leur source principale est moins les crèmes solaires que les cosmétiques courants (crèmes anti-âge, lotions, laques, shampoings contenant des filtres UV comme conservateurs ou anti-photodégradation).
Le bilan actuel : un rôle perturbateur endocrinien cliniquement significatif des crèmes solaires chez l’homme n’est pas établi à ce jour dans les conditions normales d’utilisation. Mais l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence — des études de long terme manquent encore. La prudence est recommandée, notamment pour l’oxybenzone, chez la femme enceinte et l’enfant.
Référence PubMed : Ghazipura M et al. Exposure to benzophenone-3 and reproductive toxicity: a systematic review of human and animal studies. Reprod Toxicol. 2017;73:175-183. Lire sur PubMed →
5. Nanoparticules de filtres minéraux : danger ou fantasme ?
Les filtres minéraux modernes sont souvent formulés sous forme de nanoparticules pour améliorer leur texture et réduire l’effet blanchissant. Cette micro-division soulève une question légitime : des particules aussi petites peuvent-elles traverser la peau et atteindre des cellules vivantes ?
Les données actuelles sur la pénétration cutanée
Les études disponibles convergent vers une réponse rassurante sur ce point : les nanoparticules de ZnO et TiO₂ ne pénètrent pas la peau intacte. Elles forment des agrégats dans les plis cutanés et à la surface de l’épiderme, mais aucune pénétration ni toxicité cellulaire n’a été détectée dans les couches vivantes. Seule une légère augmentation de la concentration en ions zinc a été observée dans l’épiderme dans certaines études — sans toxicité démontrée.
Le risque des sprays et poudres à base de TiO₂
En revanche, deux situations méritent une vigilance réelle :
Les sprays et poudres contenant du dioxyde de titane : l’IARC (Centre international de recherche sur le cancer) classe le TiO₂ comme peut-être cancérogène pour l’homme par inhalation (groupe 2B). L’inhalation de nanoparticules de TiO₂ peut provoquer des lésions inflammatoires chroniques pulmonaires. Les sprays solaires ne doivent pas être inhalés et ne doivent pas être vaporisés sur le visage des enfants.
L’application sur peau lésée : le dioxyde de titane peut induire des dommages photo-oxydatifs à l’ADN via la production de radicaux libres (peroxyde d’hydrogène) sur une peau dont la barrière est altérée. Il est donc déconseillé d’appliquer une crème solaire contenant du TiO₂ sur un coup de soleil.
Référence PubMed : Lewicka ZA et al. Toxicity of nanosized and bulk ZnO, CuO and TiO₂ to human keratinocytes. Nanotoxicology. 2013;7(8):1178-1187. Lire sur PubMed →
6. Crèmes solaires et vitamine D : y a-t-il un vrai risque de carence ?
L’argument est fréquemment avancé : les crèmes solaires bloqueraient la synthèse de vitamine D en empêchant les UV d’atteindre la peau. La réalité est plus nuancée.
La synthèse cutanée de vitamine D3 est déclenchée par les UVB (290-315 nm). Une exposition des mains et du visage de 30 minutes à 2 heures par semaine (selon la latitude, la saison et le phototype) suffit pour une synthèse normale de vitamine D. Cette exposition minimale se produit naturellement au quotidien — en marchant, en ouvrant une fenêtre, en sortant du bureau — sans application de crème solaire.
Par ailleurs, les études cliniques mesurant les taux de 25-OH-vitamine D chez des utilisateurs réguliers de crème solaire versus non-utilisateurs ne montrent pas de différence significative. Deux raisons expliquent ce résultat : d’abord, la plupart des gens n’appliquent pas leur crème solaire de façon assez uniforme et épaisse pour bloquer tous les UVB ; ensuite, les expositions non protégées du quotidien suffisent à maintenir des niveaux adéquats dans la population générale.
L’usage des crèmes solaires ne diminue probablement pas les taux de vitamine D dans la population générale. Les personnes à risque de carence (personnes âgées, à peau foncée, peu exposées) relèvent d’une supplémentation médicalement guidée, indépendamment de la crème solaire.
7. La crème solaire : source d’un faux sentiment de sécurité ?
Ce reproche-là est en revanche bien fondé. L’usage de la crème solaire a souvent pour objectif de bronzer plus longtemps sans coup de soleil. Ce comportement est trompeur pour deux raisons :
D’abord, les filtres solaires réduisent les UVB responsables des coups de soleil beaucoup plus efficacement que les UVA responsables du vieillissement et impliqués dans le risque de mélanome. Une personne qui ne ressent pas de coup de soleil reste exposée aux UVA pénétrants.
Ensuite, la crème solaire est souvent mal appliquée : quantité insuffisante (le SPF affiché suppose 2 mg/cm², soit une couche épaisse), zones oubliées (oreilles, nuque, pieds, lèvres), et non-renouvelée toutes les 2 heures et après chaque baignade.
Les crèmes solaires ont pour but de réduire le risque de cancer de la peau et de vieillissement cutané accéléré — pas de permettre de s’exposer plus longtemps.
Dans la stratégie globale de protection solaire, les crèmes solaires arrivent en dernière position, après : la recherche de l’ombre, l’évitement de l’exposition entre 11h et 16h en été, et le port de vêtements couvrants et d’un chapeau à larges bords. Elles ne protègent efficacement que les zones non couvertes par les vêtements.
8. Impact environnemental des filtres chimiques
L’oxybenzone et l’octinoxate ont des effets toxiques documentés sur les coraux et les écosystèmes marins, notamment en induisant une perturbation hormonale chez les larves de corail et en facilitant le blanchissement corallien. Ces deux filtres ont été interdits à Hawaï et Key West (Floride) depuis 2021.
L’octocrylène est également associé à une toxicité marine et à une perturbation potentielle de la santé des récifs. Les filtres minéraux (TiO₂ et ZnO) ont un impact environnemental beaucoup plus limité selon les données disponibles.
Pour les activités nautiques (plongée, snorkeling, baignade en récif), les filtres minéraux sont donc préférables aux filtres chimiques, indépendamment des questions de sécurité humaine.
9. Conclusion : que faut-il utiliser en 2026 ?
La crème solaire, même invisible, rend la peau opaque aux UV — son efficacité est prouvée
Le tableau ci-dessous résume les recommandations pratiques issues de l’état des connaissances en 2026 :
Situation
Recommandation
Filtre préféré
Adulte en bonne santé, usage quotidien
SPF 30 (hiver, peau mate) à 50+ large spectre, renouvellement /2h
Minéral ou mixte selon tolérance
Femme enceinte ou allaitante
Éviter oxybenzone et filtres à fort potentiel d’absorption
Filtres minéraux (TiO₂ + ZnO) recommandés
Enfant de moins de 2 ans
Éviction solaire prioritaire ; si nécessaire, filtre minéral uniquement
Minéral exclusivement
Enfant de 2 à 12 ans
SPF 50+ large spectre ; limiter les filtres chimiques
Minéral de préférence
Peau lésée (coup de soleil, eczéma)
Augmentation de l’absorption ; éviter TiO₂ sur zones lésées
ZnO seul sur peau altérée
Allergie à l’octocrylène ou kétoprofène
Éviction stricte de l’octocrylène et de la benzophénone-3
Filtres minéraux uniquement
Activités nautiques (récif, plongée)
Filtres chimiques à éviter pour l’environnement marin
Minéral exclusivement
Application en spray
Ne pas inhaler ; éviter les sprays à base de TiO₂
Lotion ou crème préférées
La conclusion essentielle : les doutes sur l’innocuité de certains filtres chimiques sont réels et scientifiquement documentés — mais ils ne remettent pas en question l’intérêt de la protection solaire, dont les bénéfices (réduction du risque de cancers cutanés, de mélanome, de photovieillissement) sont prouvés et considérables. Il est en revanche raisonnable de privilégier les filtres minéraux, en particulier pour les populations vulnérables.
FAQ — Questions fréquentes sur les dangers des crèmes solaires
La crème solaire est-elle vraiment dangereuse ?
Certains filtres chimiques soulèvent des questions légitimes — absorption systémique documentée par la FDA, suspicion de perturbation endocrinienne, allergie possible. Ces données justifient la prudence, notamment chez les femmes enceintes et les enfants. Mais aucun effet indésirable grave lié à l’absorption systémique n’a été rapporté en pratique clinique, et les bénéfices de la protection solaire (réduction des cancers cutanés, du mélanome, du photovieillissement) restent prouvés et très supérieurs aux risques hypothétiques pour la population générale adulte.
Quelle est la différence entre filtre chimique et filtre minéral ?
Les filtres chimiques absorbent les UV et les convertissent en chaleur. Les filtres minéraux (dioxyde de titane TiO₂ et oxyde de zinc ZnO) réfléchissent et diffusent les UV. La FDA considère les filtres minéraux comme les seuls filtres sûrs et efficaces sans réserve (GRASE) parmi les 16 évalués. Les filtres minéraux sont donc à privilégier en cas de doute, chez les enfants, les femmes enceintes et lors des activités nautiques.
C’est le filtre chimique qui fait l’objet du plus grand nombre d’alertes. Il est absorbé en grande quantité dans le sang, retrouvé dans le lait maternel, l’urine et le liquide amniotique. Le SCCS européen l’a jugé non sûr aux concentrations utilisées en Europe en 2021. Il est banni dans certaines zones maritimes pour toxicité corallienne. La prudence s’impose, notamment pendant la grossesse et l’allaitement, et chez l’enfant : préférer les filtres minéraux dans ces situations. Chez l’adulte en bonne santé, l’usage occasionnel ne constitue pas un risque établi.
Les crèmes solaires empêchent-elles la synthèse de vitamine D ?
En pratique, non. Les études cliniques ne montrent pas de différence significative des taux de vitamine D entre les utilisateurs réguliers et les non-utilisateurs de crème solaire. Les expositions quotidiennes non protégées (quelques minutes par jour sur le visage et les mains) suffisent à maintenir des niveaux adéquats. Les personnes réellement à risque de carence relèvent d’une supplémentation médicamenteuse, indépendamment de la crème solaire.
Que doit-on mettre sur la peau d’un enfant en bas âge au soleil ?
Avant 6 mois, toute exposition directe au soleil est déconseillée (protection par vêtements, chapeau, ombre). Entre 6 mois et 2 ans, si exposition inévitable, seuls les filtres minéraux (TiO₂ + ZnO) sont recommandés — les filtres chimiques sont à éviter en raison de la perméabilité cutanée accrue et du risque d’absorption majorée. À partir de 2 ans, les crèmes solaires SPF 50+ à base de filtres minéraux restent la référence. En toutes circonstances : pas de spray inhalable sur un enfant.
Mis à jour le 25 mars 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
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PROTECTION SOLAIRE / SPF
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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
EMLA® (lidocaïne + prilocaïne) : la crème anesthésiante historique, AMM pédiatrique et remboursement
Geste dermatologique douloureux prévu ? Vous préparez votre enfant à une ponction veineuse ?
Le Dr Rousseau vous conseille sur l’utilisation optimale de la crème anesthésiante selon le geste et l’âge.
EMLA® est la spécialité de référence des crèmes anesthésiantes à base de lidocaïne et de prilocaïne. Elle a été la première formulation à recevoir l’AMM pour cette association sous forme de crème topique — en 1988 en Scandinavie, d’où elle est originaire (son acronyme signifie Eutectic Mixture of Local Anesthetics). C’est aujourd’hui la crème anesthésiante la plus prescrite en pédiatrie dans le monde, et elle reste la référence à laquelle sont comparés tous ses génériques, dont Anesderm Gé®.
Cette page se concentre sur ce qui distingue EMLA® de son générique : son histoire, son statut réglementaire, ses indications officiellement remboursées — notamment en pédiatrie — et les études cliniques menées spécifiquement sur cette spécialité. Pour le mécanisme d’action, les durées d’application, les contre-indications et la toxicité systémique (communs à toutes les formulations), consultez notre page centrale : crème anesthésiante à la lidocaïne et la prilocaïne.
EMLA® : l’histoire d’une révolution en anesthésie pédiatrique
C’est en 1978 que les chercheurs suédois Nils Gunnar Broberg et ses collègues de l’Université d’Uppsala mettent au point le concept du mélange eutectique lidocaïne-prilocaïne. La publication fondatrice de Juhlin et Evers en 1980 dans la revue Acta Dermato-Venereologica démontre pour la première fois l’analgésie cutanée obtenue avec cette formulation sur peau intacte — une performance que l’on croyait impossible jusqu’alors avec des anesthésiques topiques conventionnels.
La spécialité EMLA® est commercialisée en Suède en 1980, puis obtient progressivement des AMM en Europe et dans le monde au cours des années 1980 et 1990. Son impact sur la médecine pédiatrique a été considérable : avant EMLA®, les ponctions veineuses, les vaccinations et les petits gestes chez l’enfant étaient systématiquement sources d’anxiété et de douleur. EMLA® a permis de rendre ces gestes tolérables, réduisant l’anxiété de l’enfant et des parents, et contribuant à une prise en charge de la douleur procédurale pédiatrique qui est aujourd’hui reconnue comme un droit fondamental.
Aujourd’hui, EMLA® est commercialisée dans plus de 80 pays et reste la référence mondiale de l’anesthésie cutanée topique. Son dossier clinique comporte plusieurs centaines d’études publiées dans des revues à comité de lecture.
Composition et conditionnements
EMLA® contient, comme son générique Anesderm Gé®, un mélange eutectique de lidocaïne 2,5 % et de prilocaïne 2,5 % en émulsion eau-dans-huile stabilisée par des carbomères. La composition est identique à celle du générique — c’est le dossier clinique et réglementaire qui différencie les deux spécialités, pas la formule.
Conditionnements disponibles en France :
Conditionnement
Contenu
Usage préférentiel
Tube 5 g + 5 pansements Tegaderm®
5 applications unitaires de 1 g (environ 10 cm²)
Gestes ponctuels, usage pédiatrique à domicile, ponction veineuse
Tube 30 g
Applications sur grandes surfaces, usage professionnel
Laser CO2 fractionné, épilation laser sur grande surface, PDT
AMM et indications officielles
L’AMM d’EMLA® en France couvre les indications suivantes :
Indication
Population
Statut AMM
Anesthésie cutanée avant ponction veineuse, pose de cathéter IV, injection sous-cutanée
Adulte et enfant dès la naissance (avec restrictions de dose)
AMM
Anesthésie cutanée avant gestes de chirurgie superficielle (biopsie, exérèse, curetage)
Adulte et enfant
AMM
Anesthésie avant prélèvement cutané pour greffe en lame mince
Adulte
AMM
Anesthésie des muqueuses génitales avant chirurgie superficielle (condylomes, circoncision)
Adulte
AMM
Dépistage néonatal (prélèvement au talon, ponction artérielle néonatale)
Nourrisson (prématuré et à terme)
AMM spécifique — doses strictement encadrées
Laser cutané, cryothérapie, épilation, tatouage
Adulte
Hors AMM — usage courant documenté
EMLA® en pédiatrie : l’indication clé qui distingue EMLA® du générique
C’est en pédiatrie que l’AMM d’EMLA® est la plus complète et la plus documentée — et c’est l’un des rares domaines où EMLA® se distingue concrètement d’Anesderm Gé® sur le plan réglementaire. EMLA® dispose d’une AMM officielle pour les prématurés et les nouveau-nés dans des indications spécifiques (prélèvement néonatal, vaccinations), avec des doses strictement encadrées selon le poids et l’âge gestationnel.
📋 Doses maximales EMLA® selon l’âge chez l’enfant
Âge
Dose maximale
Surface maximale
Durée max sous occlusion
0–3 mois
1 g
10 cm²
1 heure
3–12 mois
2 g
20 cm²
4 heures
1–6 ans
10 g
100 cm²
5 heures
7–12 ans
20 g
200 cm²
5 heures
Adulte
60 g
600 cm²
5 heures
⚠ Nourrissons de moins de 3 mois : précautions absolues
L’utilisation d’EMLA® chez les nourrissons de moins de 3 mois ne doit se faire que sous stricte surveillance médicale. La prilocaïne peut induire une méthémoglobinémie chez ces nourrissons en raison de l’immaturité de leur système enzymatique (méthémoglobine réductase). La dose et la surface d’application doivent être scrupuleusement respectées. Ne pas utiliser en automédication chez le nourrisson.
L’efficacité d’EMLA® pour réduire la douleur des gestes pédiatriques est l’une des mieux documentées en médecine pédiatrique. Une méta-analyse regroupant plus de 1 800 enfants a montré que la crème réduit significativement les pleurs, la durée des pleurs et les scores de douleur comportementaux lors des ponctions veineuses par rapport au placebo.
Remboursement par l’Assurance maladie
EMLA® est remboursée par l’Assurance maladie dans les indications suivantes :
Ponctions veineuses et autres gestes chez l’enfant — remboursement à 65 % sur prescription médicale ;
Prélèvements néonatals (dépistage au talon, bilan de la naissance) — remboursement en milieu hospitalier ;
Certains actes chirurgicaux ambulatoires superficiels chez l’adulte selon le contexte.
Pour les usages hors AMM courants chez l’adulte (cryothérapie, laser, épilation), EMLA® n’est généralement pas remboursée. Son prix en officine est légèrement supérieur à celui d’Anesderm Gé®, son générique.
Conseils d’utilisation pratiques
Les règles d’application d’EMLA® sont identiques à celles de tout mélange eutectique lidocaïne-prilocaïne :
Appliquer en couche épaisse sur la zone — la crème doit former un monticule visible, pas une fine pellicule ;
Recouvrir immédiatement avec le pansement Tegaderm® fourni dans la boîte, ou avec du film alimentaire pour les grandes surfaces ;
Laisser 1 heure minimum sur la peau intacte, 15 minutes sur la muqueuse génitale ;
Retirer la crème avec une compresse propre juste avant le geste ;
La peau peut blanchir — c’est normal (vasoconstriction transitoire) ;
Ne pas appliquer sur l’œil, dans le conduit auditif, ou sur la peau lésée/eczémateuse sans avis médical ;
Ne pas appliquer avant un peeling au TCA — risque de brûlure profonde par perturbation de l’auto-neutralisation. Voir notre article sur le peeling chimique.
EMLA® vs Anesderm Gé® : différences
Critère
EMLA®
Anesderm Gé®
Composition
Lidocaïne 2,5 % + Prilocaïne 2,5 %
Lidocaïne 2,5 % + Prilocaïne 2,5 %
Efficacité anesthésiante
Identique
Identique
AMM pédiatrique (nourrisson, prématuré)
Oui — complète avec doses selon l’âge
Plus limitée
Remboursement SS chez l’enfant
Oui — sur prescription
Selon pharmacie et contexte
Prix indicatif (tube 5 g)
Légèrement plus élevé
Moins cher
Dossier clinique publié
Très étendu (500+ études)
Bioéquivalence prouvée avec EMLA®
Usage adulte courant
Interchangeable avec Anesderm Gé®
Interchangeable avec EMLA®
📌 En pratique
Pour un adulte en bonne santé ayant un geste dermatologique prévu, EMLA® et Anesderm Gé® sont parfaitement interchangeables — choisissez selon le prix et la disponibilité en pharmacie. Pour un enfant, notamment en bas âge ou dans le cadre d’un geste remboursé, préférez EMLA® qui dispose de l’AMM pédiatrique la plus complète et est remboursée sur prescription.
À partir de quel âge peut-on utiliser EMLA® chez un enfant ?
EMLA® peut être utilisée dès la naissance, y compris chez les prématurés, dans les conditions strictement définies par l’AMM pédiatrique (dose maximale selon le poids et l’âge, surface limitée, durée d’occlusion contrôlée). Elle est contre-indiquée chez les nourrissons de moins de 3 mois ayant un déficit en G6PD ou recevant des médicaments méthémoglobinisants. La décision et la dose doivent toujours être discutées avec un médecin pour les bébés de moins de 3 mois.
EMLA® est-elle remboursée pour la cryothérapie des verrues chez l’adulte ?
Non, en règle générale. Le remboursement d’EMLA® chez l’adulte est limité à certains actes chirurgicaux bien définis. Pour la cryothérapie des verrues, la crème n’est pas remboursée — mais son coût en officine reste faible (environ 3 à 5 € pour un tube de 5 g). Le générique Anesderm Gé® est souvent moins cher.
EMLA® est-elle efficace pour l’épilation laser ?
Oui, EMLA® réduit significativement la douleur de l’épilation laser. Elle doit être appliquée 1 heure avant la séance sous occlusion sur toute la zone à traiter. Pour les grandes surfaces (jambes, dos), le tube 30 g est plus adapté. Notez que cette indication est hors AMM — EMLA® est utilisée dans ce contexte sur la base d’un usage courant bien documenté, mais elle n’est pas remboursée pour l’épilation laser.
Peut-on appliquer EMLA® sur le visage avant un geste esthétique (injection de botox, filler) ?
EMLA® est utilisée hors AMM avant les injections de toxine botulique ou d’acide hyaluronique, mais avec quelques nuances. L’application sur le visage peut provoquer un érythème réactionnel après retrait qui peut temporairement gêner la localisation des points d’injection. La vasoconstriction induite peut aussi légèrement modifier la vascularisation locale. Certains médecins préfèrent l’anesthésie topique à base de lidocaïne pure (sans prilocaïne) ou l’anesthésie injectable pour les injections esthétiques du visage. Discutez-en avec votre praticien.
Juhlin L, Evers H, Broberg F. A lidocaine-prilocaine cream for superficial skin surgery and painful lesions. Acta Derm Venereol. 1980;60(6):544–546. PMID 6162112 — article fondateur
Wahlgren CF, Quiding H. Depth of cutaneous analgesia after application of a eutectic mixture of local anesthetics. J Am Acad Dermatol. 2000;42(4):584–588. PMID 10727302
Taddio A, Ohlsson A, Einarson TR, et al. A systematic review of lidocaine-prilocaine cream (EMLA) in the treatment of acute pain in neonates. Pediatrics. 1998;101(2):E1. PMID 9445519
Lander JA, Weltman BJ, So SS. EMLA and amethocaine for reduction of children’s pain associated with needle insertion. Cochrane Database Syst Rev. 2006;(3):CD004236. PMID 16856044
Tran AN, Koo JY. Risk of systemic toxicity with topical lidocaine/prilocaine. J Drugs Dermatol. 2014;13(9):1118–1122. PMID 25226014
Mis à jour le 26 mars 2026 par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue
La crème Anesderm Gé® est un anesthésique local topique contenant un mélange eutectique de lidocaïne 2,5 % et de prilocaïne 2,5 %. Équivalent générique de l’EMLA® (Eutectic Mixture of Local Anesthetics), elle est utilisée en dermatologie et en pratique courante pour obtenir une anesthésie de surface avant un geste cutané ou muqueux — cryothérapie, laser, ponction veineuse, exérèse de molluscum ou de verrue, biopsie cutanée, pose de piercing… Son principe actif repose sur un mécanisme physico-chimique original : la formation d’un mélange eutectique qui abaisse le point de fusion des deux anesthésiques et permet à l’association de pénétrer efficacement la barrière cutanée intacte — ce que ni la lidocaïne ni la prilocaïne seules ne peuvent faire à ces concentrations.
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La lidocaïne et la prilocaïne sont deux anesthésiques locaux de type amide dont le point de fusion individuel est supérieur à 37 °C. Mélangés dans les proportions du mélange eutectique (1:1), ils forment un état liquide à température ambiante, ce qui leur confère une capacité de pénétration cutanée bien supérieure à chacun des composés seuls. Cette propriété physico-chimique est la clé de l’efficacité sur la peau intacte — barrière cornée normalement imperméable aux anesthésiques conventionnels appliqués sans occlusion.
Une fois absorbés dans le derme, la lidocaïne et la prilocaïne bloquent les canaux sodiques voltage-dépendants des neurones sensitifs, inhibant la propagation du potentiel d’action et donc la conduction de la douleur vers les centres supérieurs. L’analgésie cutanée ainsi obtenue atteint des profondeurs de 3 à 5 mm selon la durée d’application — suffisante pour les gestes superficiels courants — Wahlgren & Quiding, J Am Acad Dermatol 2000 (PMID 10727302).
Une anesthésie efficace à condition de respecter le temps d’application
L’efficacité analgésique d’Anesderm Gé® dépend directement de la durée d’application sous occlusion. Une application de moins de 45 minutes donne une analgésie incomplète. Une heure est le standard validé cliniquement pour les gestes cutanés. Tout raccourcissement du temps d’application expose à un geste douloureux malgré la crème — une des causes les plus fréquentes de sentiment d’inefficacité chez les patients.
2. Indications en dermatologie
La lidocaïne et la prilocaïne (Anesderm Gé®) sont utilisées en applications locales afin d’obtenir une anesthésie de la peau ou de la muqueuse avant un acte de chirurgie ou de laser. Les indications dermatologiques les plus courantes sont :
Laser cutané (vasculaire, pigmentaire, CO2 fractionné)
Peau intacte
1 heure sous pansement occlusif
Biopsie cutanée ou exérèse superficielle
Peau intacte
1 à 2 heures selon la profondeur
Ponction veineuse, pose de cathéter IV
Peau du dos de la main ou du pli du coude
1 heure minimum (45 min en urgence)
Chirurgie superficielle des muqueuses génitales (condylomes)
Muqueuse génitale
15 à 20 minutes
Épilation laser ou électrique
Peau intacte
1 heure sous pansement occlusif
Prélèvement de greffe cutanée en lame mince
Grande surface cutanée
2 heures minimum
3. Conseils d’utilisation pratiques
Anesderm Gé® : qu’est-ce que c’est ?
Anesderm Gé® contient de la lidocaïne 2,5 % et de la prilocaïne 2,5 % en émulsion. La lidocaïne et la prilocaïne contenues dans Anesderm Gé® sont des anesthésiques locaux utilisés en dermatologie, notamment en applications locales afin d’obtenir une anesthésie de la peau ou de la muqueuse avant un acte de chirurgie ou de laser.
Mode d’application
Appliquer la crème anesthésiante en couche épaisse sur la zone à anesthésier (environ 1 à 2 g pour 10 cm²) — une application trop fine réduit significativement l’efficacité
Pour l’anesthésie de la peau, recouvrir immédiatement la crème avec le pansement plastifié occlusif fourni dans la boîte. Si le pansement est trop petit, utiliser du cellophane alimentaire (film plastique transparent) pour recouvrir la zone
L’occlusion est indispensable — sans elle, la crème s’évapore et perd son efficacité
Laisser en place le temps recommandé selon la localisation (voir tableau ci-dessus)
Retirer la crème avec une compresse juste avant le geste
Ne pas frotter vigoureusement — la peau peut être légèrement blanche ou rosée à la dépose, c’est normal
Ne pas appliquer Anesderm Gé® sur l’œil ou à proximité des yeux
Non recommandé en dehors d’un cadre médical encadré
Absorption systémique très augmentée — risque de toxicité
Durée maximale à ne pas dépasser sur la peau intacte de l’adulte
L’application sur une grande surface (> 600 cm²) ou pendant une durée prolongée (> 5 heures) augmente l’absorption systémique de lidocaïne et de prilocaïne. Sur la peau intacte d’un adulte de poids normal, les applications standards (2–10 g sur 20–100 cm² pendant 1 à 2 heures) restent en dessous des seuils de toxicité systémique dans toutes les études cliniques disponibles.
5. Effets secondaires locaux
La crème Anesderm Gé® est généralement très bien tolérée localement. Les effets indésirables cutanés les plus fréquents sont transitoires et régressent spontanément après l’ablation de la crème :
Blanchiment de la peau (vasoconstriction locale) — très fréquent, sans conséquence, disparaît en 1 à 2 heures
Rougeur (érythème réactionnel) — survient parfois dans l’heure suivant le retrait, liée à la vasodilatation compensatrice
Œdème localisé léger — surtout sur les muqueuses, transitoire
Prurit ou légère brûlure — surtout en cas de peau lésée ou d’application prolongée
Effets locaux moins fréquents
Réaction bulleuse ou pseudo-bulleuse en cas d’application prolongée (artefact histologique pouvant mimer une dermatose bulleuse si biopsie prélevée trop tôt)
Dermite irritative de contact sur muqueuse vulvaire en cas d’application prolongée ou répétée
⚠️ Toxicité systémique — rare mais documentée
Une revue de l’ensemble des essais cliniques disponibles (12 études, populations pédiatrique et adulte) identifie 9 cas pédiatriques et 3 cas adultes de toxicité systémique liée à l’EMLA/Anesderm Gé® — Tran & Koo, J Drugs Dermatol 2014 (PMID 25226014). Les manifestations sont : méthémoglobinémie (oxydation de l’hémoglobine par la prilocaïne, réduisant son affinité pour l’oxygène), convulsions, cardiotoxicité. Ces complications surviennent principalement en cas de surdosage (grande surface, durée excessive, peau lésée) ou de terrain à risque (nourrisson de moins de 3 mois, déficit en G6PD, dermite atopique étendue avec application sous occlusion). Dans les conditions d’utilisation standard sur adulte, les taux plasmatiques restent cliniquement insignifiants.
6. Contre-indications et précautions
Contre-indications d’Anesderm Gé®
Allergie à la lidocaïne, à la prilocaïne ou à l’un des excipients (hypersensibilité aux anesthésiques locaux de type amide)
Porphyrie (maladie du métabolisme de l’hème — risque d’aggravation)
Méthémoglobinémie congénitale ou déficit enzymatique en méthémoglobine réductase
Déficit en G6PD (glucose-6-phosphate déshydrogénase) — risque de méthémoglobinémie accru avec la prilocaïne
Nourrissons de moins de 3 mois — risque de méthémoglobinémie lié à l’immaturité enzymatique
Ne pas appliquer dans le conduit auditif (risque de toxicité si perforation tympanique)
Ne pas appliquer sur l’œil ou à proximité des yeux
Grossesse
On évite la crème anesthésiante Anesderm Gé® en cas de grossesse, sauf nécessité médicale validée par un médecin. La lidocaïne traverse le placenta et la barrière hémato-encéphalique fœtale. Son utilisation ponctuelle en application locale limitée est généralement considérée sans risque significatif au cours de la grossesse, mais doit rester sous surveillance médicale — particulièrement au troisième trimestre. L’allaitement est possible avec des précautions d’usage (délai entre l’application et la tétée).
7. Précautions dans les populations particulières
Nourrisson et enfant
L’Anesderm Gé® est utilisable chez l’enfant et le nourrisson à partir de certains âges selon les indications, mais des cas graves de méthémoglobinémie et de convulsions ont été rapportés chez des enfants en bas âge, notamment en cas de dermatose étendue avec application large sous occlusion prolongée. Un cas de convulsions généralisées et de méthémoglobinémie a été rapporté après application sur un enfant de 3,5 ans porteur d’une dermatite atopique étendue — Kang et al., Ann Dermatol 2016 (PMID 27397059).
Règles strictes chez l’enfant
— Ne jamais dépasser les doses recommandées selon le poids et l’âge
— Ne pas appliquer sur une peau lésée ou eczémateuse étendue chez l’enfant
— Limiter la surface d’application et la durée d’occlusion
— Nourrissons de moins de 3 mois : contre-indication absolue
— Utiliser exclusivement sous supervision médicale chez l’enfant de moins de 1 an
Personnes âgées
Chez les personnes âgées, la peau est plus fine et la barrière cutanée plus perméable. L’absorption systémique peut être augmentée — respecter les doses minimales efficaces.
Ulcères et peau lésée
L’utilisation sur des ulcères ou des surfaces cutanées lésées augmente significativement l’absorption systémique. Des cas de toxicité systémique sévère ont été rapportés après application sur un ulcère de jambe étendu. Ce type d’utilisation doit être encadré médicalement.
Combien de temps avant le geste dois-je appliquer Anesderm Gé® ?
Sur la peau intacte, 1 heure minimum sous pansement occlusif est la durée de référence validée cliniquement. En dessous de 45 minutes, l’analgésie est souvent incomplète. Pour les muqueuses génitales (prépuce, petites lèvres), 15 minutes suffisent car les muqueuses sont bien plus perméables que la peau. Pour des gestes profonds (greffe cutanée), 2 heures sont recommandées. Si vous arrivez à votre rendez-vous sans avoir appliqué la crème, le médecin ne pourra généralement pas réaliser le geste dans les mêmes conditions — prenez le temps de bien vous préparer.
Pourquoi dois-je recouvrir la crème avec un pansement ?
L’occlusion est indispensable pour deux raisons : elle maintient la crème en contact étroit avec la peau (sans quoi elle s’étale ou s’évapore) et elle crée un effet de serre qui augmente significativement la pénétration cutanée de la lidocaïne et de la prilocaïne. Sans occlusion, l’efficacité anesthésiante est très réduite sur la peau intacte. Le pansement plastifié fourni dans la boîte est conçu pour cet usage. Le film alimentaire (cellophane) constitue une alternative pratique et efficace pour les grandes surfaces.
La peau blanchi après l’application d’Anesderm Gé® — est-ce normal ?
Oui, c’est un effet attendu et bénin. La lidocaïne et la prilocaïne provoquent une vasoconstriction locale (rétrécissement des petits vaisseaux cutanés) qui blanchit transitoirement la peau. Ce blanchiment disparaît en 1 à 2 heures et peut même être suivi d’une rougeur réactionnelle (vasodilatation compensatrice). Ces deux effets sont normaux et ne signifient pas que la peau est abîmée.
Peut-on utiliser Anesderm Gé® sur un eczéma ou une peau lésée ?
Non — sauf dans un cadre médical strictement encadré. Sur une peau lésée, la barrière cutanée est altérée et l’absorption systémique de lidocaïne et de prilocaïne augmente considérablement. Des cas de toxicité systémique sévère (méthémoglobinémie, convulsions) ont été rapportés après application sur eczéma étendu, notamment chez l’enfant. Cette utilisation est formellement déconseillée en automédication.
Anesderm Gé® est-il compatible avec la grossesse ?
On évite cette crème pendant la grossesse sauf nécessité médicale clairement établie. La lidocaïne traverse le placenta. Son utilisation ponctuelle et limitée est généralement considérée comme sans risque significatif en application locale, mais la décision doit appartenir au médecin qui évaluera le rapport bénéfice/risque dans votre situation. Parlez-en toujours à votre dermatologue ou médecin traitant avant toute utilisation pendant la grossesse.