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Méthotrexate en dermatologie : psoriasis et rhumatisme psoriasique
Le méthotrexate (MTX) est un antimétabolite antifolique utilisé en dermatologie depuis plus de 50 ans dans le traitement du psoriasis sévère résistant aux traitements conventionnels et du rhumatisme psoriasique.
Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : Le méthotrexate est un traitement systémique du psoriasis modéré à sévère, utilisé en dermatologie depuis plus de 50 ans. Il se prend en une seule fois par semaine – jamais quotidiennement, sous peine de toxicité grave – et nécessite une surveillance biologique régulière ainsi qu’une contraception efficace. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Il agit en inhibant la dihydrofolate réductase, enzyme indispensable à la synthèse des bases puriques et donc à la prolifération cellulaire, réduisant ainsi l’hyperprolifération des kératinocytes caractéristique du psoriasis et modulant la réponse immunitaire inflammatoire.
Contrairement aux traitements quotidiens, le méthotrexate est administré une seule fois par semaine, ce qui le distingue de la plupart des médicaments et impose une vigilance particulière pour éviter les erreurs de prise.
Il est disponible par voie orale (comprimés à 2,5 mg) ou par injection sous-cutanée ou intramusculaire, cette dernière voie étant préférée en cas de nausées importantes ou de doses élevées pour une meilleure biodisponibilité.
Le méthotrexate est un traitement de référence dans les traitements systémiques du psoriasis, avant le recours aux biothérapies.
Indications en dermatologie
– Psoriasis en plaques modéré à sévère résistant aux traitements topiques et à la photothérapie.
– Rhumatisme psoriasique : le méthotrexate est un traitement de fond de référence, notamment pour les atteintes articulaires périphériques.
– Psoriasis érythrodermique et pustuleux généralisé : en urgence dermatologique, en association.
– Dermatite atopique sévère de l’adulte et de l’enfant : hors AMM mais largement utilisé en pratique avant les biothérapies.
– Lymphomes cutanés T (mycosis fongoïde) à faibles doses.
– Morphée et sclérodermie localisée : hors AMM, pour les formes étendues ou en progression.
Bilan avant instauration du traitement
Un examen clinique complet est indispensable pour s’assurer de l’absence de foyer infectieux chronique, de maladie hépatique ou hématologique sous-jacente, avant toute prescription.
Bilan biologique initial obligatoire :
– NFS-plaquettes (recherche d’anomalie hématologique préexistante),
– créatininémie et clairance de la créatinine (fonction rénale),
– bilan hépatique complet : ASAT, ALAT, GGT, phosphatases alcalines, bilirubine,
– sérologies hépatites B et C (le méthotrexate est formellement contre-indiqué en cas d’hépatite active),
– sérologie VIH si contexte à risque,
– bêta-hCG chez toute femme en âge de procréer (tératogénicité majeure).
Bilan morphologique hépatique :
– Fibroscan (élastométrie hépatique) avant initiation : évalue la fibrose hépatique basale, particulièrement importante chez les patients psoriasiques présentant des comorbidités métaboliques (obésité, diabète, stéatose hépatique non alcoolique),
– Fibrotest en complément selon le profil du patient.
Bilan pulmonaire :
– Radiographie thoracique de référence avant traitement (dépistage d’une pathologie pulmonaire préexistante pouvant favoriser la pneumopathie immuno-allergique).
Modalités d’administration et initiation du traitement
Principe fondamental : une prise par semaine, jamais quotidienne.
Les erreurs de prise quotidienne du méthotrexate sont une cause de toxicité grave et parfois mortelle. Il est recommandé de noter le jour de prise sur le calendrier et d’en informer tous les professionnels de santé impliqués.
Voie orale : comprimés à 2,5 mg, de préférence fractionnés en trois prises à 12 heures d’intervalle le même jour hebdomadaire pour améliorer la tolérance digestive.
Voie injectable (sous-cutanée ou intramusculaire) : préférée en cas de nausées importantes sous forme orale, de doses supérieures à 15 mg/semaine, ou pour améliorer la biodisponibilité.
Schéma d’initiation progressif :
– dose initiale : 5 à 7,5 mg/semaine,
– augmentation progressive de 5 mg toutes les 4 semaines selon la tolérance clinique et biologique,
– dose efficace habituelle : 15 à 20 mg/semaine,
– dose maximale rarement dépassée : 25 mg/semaine en dermatologie.
Acide folique obligatoire : prescrire systématiquement de l’acide folique 5 mg/semaine, à prendre le lendemain de la prise de méthotrexate (jamais le même jour, sous peine d’en annuler l’effet thérapeutique). L’acide folique réduit significativement les nausées, la stomatite et la toxicité hématologique sans diminuer l’efficacité anti-psoriasique.
Surveillance sous traitement
Surveillance hématologique et hépatique :
– NFS-plaquettes : toutes les semaines pendant les 2 premiers mois, puis tous les mois,
– ASAT, ALAT (transaminases) : tous les mois,
– créatininémie : tous les 3 mois.
Surveillance hépatique morphologique :
– Fibroscan (et si possible Fibrotest) après chaque dose cumulative de 3 g de méthotrexate : seuil à partir duquel le risque de fibrose hépatique augmente significativement,
– à noter : chez les patients psoriasiques, la fibrose hépatique est avant tout liée aux comorbidités métaboliques (obésité, diabète, stéatose, alcool) plutôt qu’au méthotrexate lui-même. L’évaluation du risque doit tenir compte de l’ensemble de ces facteurs.
Surveillance pulmonaire :
– En cas d’apparition d’une toux sèche, d’une dyspnée ou d’une fièvre inexpliquée : arrêt immédiat du méthotrexate et consultation en urgence (suspicion de pneumopathie immuno-allergique).
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Contre-indications
Contre-indications absolues :
– Grossesse et allaitement (tératogène majeur de catégorie X),
– maladies hépatiques évolutives et cirrhoses,
– consommation excessive d’alcool,
– infection sévère évolutive (tuberculose, sepsis, infection opportuniste),
– maladie hématologique préexistante ou macrocytose inexpliquée,
– insuffisance rénale sévère (clairance < 30 mL/min),
– patient incapable d’assumer le suivi clinique et biologique régulier,
– prescription concomitante de médicaments antifoliques, notamment le triméthoprime-sulfaméthoxazole (Bactrim®) : risque de toxicité hématologique majeure par addition des effets antifoliques.
Contre-indications relatives (nécessitant une évaluation bénéfice/risque) :
– Fonction rénale modérément diminuée : le méthotrexate est éliminé par voie rénale ; toute réduction de la clairance augmente le risque de toxicité systémique,
– déficit immunitaire,
– prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou d’aspirine à fortes doses : risque de déplacement du méthotrexate de sa liaison à l’albumine, augmentant la fraction libre pharmacologiquement active et donc la toxicité (les faibles doses d’aspirine à visée antiagrégante restent compatibles),
– médicaments modifiant l’absorption digestive, la liaison à l’albumine ou l’excrétion rénale du méthotrexate,
– médicaments à activité antifolique légère (certains antibiotiques, antiépileptiques).
Effets indésirables
Toxicité hématologique :
– Anémie macrocytaire, leucopénie, thrombopénie : liées à l’effet antifolique du méthotrexate, prévenues en grande partie par l’acide folique hebdomadaire.
– En cas de chute brutale des globules blancs ou des plaquettes : arrêt immédiat et consultation en urgence.
Toxicité hépatique :
– Cytolyse hépatique (élévation des transaminases) : fréquente, justifiant la surveillance mensuelle,
– fibrose hépatique : risque cumulatif augmentant avec la dose totale, surtout en cas de comorbidités métaboliques associées.
Toxicité digestive :
– Nausées, vomissements, stomatite aphtiforme : effets les plus fréquents, réduits par le fractionnement des doses, la voie injectable et l’acide folique.
Toxicité pulmonaire :
– Pneumopathie immuno-allergique : rare mais grave, pouvant survenir à tout moment du traitement, indépendamment de la dose. Se manifeste par une toux sèche, une dyspnée et une fièvre. Impose l’arrêt immédiat du traitement.
– Fibrose pulmonaire : exceptionnelle aux doses utilisées en dermatologie.
Autres effets :
– Chute de cheveux (effluvium télogène), le plus souvent transitoire et modérée,
– photosensibilisation : éviter l’exposition solaire intense et les séances de bronzage artificiel pendant le traitement,
– ulcérations cutanées en cas de surdosage ou d’interactions médicamenteuses.
Méthotrexate et grossesse : point de vigilance majeur
Le méthotrexate est un tératogène majeur de catégorie X : il est formellement contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement.
Chez la femme en âge de procréer, une contraception efficace est obligatoire pendant toute la durée du traitement et pendant les 3 mois suivant l’arrêt (délai nécessaire à l’élimination complète du méthotrexate et à la restauration d’une gamétogenèse normale).
Chez l’homme, une contraception est également recommandée pendant le traitement et durant les 3 mois suivant l’arrêt, en raison d’un effet potentiel sur la spermatogenèse.
Toute grossesse survenant sous méthotrexate doit être signalée immédiatement au médecin prescripteur.
Place du méthotrexate dans la stratégie thérapeutique
Le méthotrexate s’inscrit dans la séquence thérapeutique du psoriasis modéré à sévère après échec des traitements topiques et de la photothérapie UVB, avant le recours aux biothérapies (anti-TNF, anti-IL-17, anti-IL-23).
Ses atouts par rapport aux biothérapies restent son coût très faible, sa longue expérience d’utilisation, son efficacité sur le rhumatisme psoriasique articulaire, et la possibilité de l’utiliser en association avec certaines biothérapies pour en améliorer l’efficacité et réduire l’immunogénicité.
Ses limites sont la nécessité d’une surveillance biologique régulière, les interactions médicamenteuses nombreuses, la contre-indication en cas de projet de grossesse et le risque d’hépatotoxicité cumulative.
Pourquoi le méthotrexate se prend-il une seule fois par semaine ?
Parce que le méthotrexate oral est dosé pour un usage hebdomadaire : le prendre tous les jours par erreur peut provoquer une toxicité grave, parfois mortelle. L’ANSM recommande de noter le jour de prise sur un calendrier et d’en informer tous les professionnels de santé impliqués.
Le méthotrexate est-il compatible avec une grossesse ?
Non, le méthotrexate est formellement contre-indiqué en cas de grossesse ou de désir de grossesse en raison de son effet tératogène. Une contraception efficace est nécessaire chez la femme comme chez l’homme, et un délai après l’arrêt du traitement doit être respecté avant toute conception.
Quelle surveillance biologique sous méthotrexate ?
Un bilan hépatique, rénal et une numération formule sanguine sont réalisés avant traitement puis régulièrement pendant le suivi, en raison du risque d’hépatotoxicité cumulative et de toxicité hématologique du méthotrexate.
Faut-il prendre de l’acide folique avec le méthotrexate ?
Oui, une supplémentation en acide folique est généralement prescrite en dehors du jour de prise du méthotrexate, pour réduire certains effets indésirables digestifs et biologiques sans diminuer l’efficacité du traitement.
Tache blanche sur la peau : causes, diagnostic et prise en charge
Une tache blanche sur la peau est un motif de consultation fréquent – et souvent source d’inquiétude, notamment quand le patient pense immédiatement au vitiligo. La réalité est plus nuancée : une dépigmentation ou une hypopigmentation cutanée peut avoir des dizaines de causes différentes, congénitales ou acquises, bénignes ou plus rarement associées à une maladie systémique.
La première question à se poser est simple mais fondamentale : la tache était-elle présente à la naissance ou est-elle apparue après ? Cette distinction oriente d’emblée vers deux grandes familles de diagnostic – et conditionne la démarche thérapeutique.
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En bref : Les taches blanches sur la peau peuvent avoir des causes très variées : vitiligo (auto-immun, touche 0,5 à 1 % de la population mondiale), pityriasis versicolor (fongique, très fréquent en été), pityriasis alba, halo naevus ou séquelles post-inflammatoires. Un diagnostic dermatologue précis est indispensable avant tout traitement. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 4 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
1. Taches blanches congénitales (présentes à la naissance)
Une tache blanche présente dès la naissance résulte d’une anomalie du développement mélanocytaire – soit un défaut de migration des mélanocytes depuis la crête neurale, soit une anomalie fonctionnelle des mélanocytes en place. Ces affections sont le plus souvent stables et bénignes, mais certaines formes multiples peuvent révéler une maladie génétique systémique.
1.1 Petite tache blanche unique : hamartomes achromique et anémique
L’hamartome achromique (naevus dépigmenté) est présent chez environ 1 % des nouveau-nés. Il correspond à une hypopigmentation par dysfonction mélanocytaire locale – les mélanocytes sont présents mais synthétisent insuffisamment de mélanine. L’aspect clinique est celui d’une macule hypopigmentée à bords irréguliers dits « en arbre élagué », de quelques centimètres, siégeant préférentiellement sur le tronc. La lampe de Wood en accentue le contraste. Il est stable et sans implication systémique.
L’hamartome anémique est plus rare. Il ne résulte pas d’une anomalie pigmentaire mais d’une insensibilité vasculaire locale aux agents vasodilatateurs – les capillaires de la zone restent constrictés et la peau paraît plus claire. Un signe clinique simple le distingue de l’hamartome achromique : la friction simultanée de la tache et de la peau adjacente entraîne une rougeur de la peau normale mais pas de la tache – le contraste s’accentue. Sous lampe de Wood, la lésion s’estompe ou reste non accentuée. Il peut s’associer à des angiomes plans (tache de vin).
1.2 Grande tache claire de naissance
Une tache claire de grande taille présente dès la naissance correspond le plus souvent à un hamartome achromique étendu. La démarche est identique : lampe de Wood, recherche d’autres taches associées, examen neurologique si nécessaire. Une tache unique, stable, sans autre signe clinique, reste sans conséquence.
1.3 Taches claires multiples (au moins 3) : sclérose tubéreuse de Bourneville
La présence d’au moins trois taches hypopigmentées congénitales doit faire évoquer de principe la sclérose tubéreuse de Bourneville (STB), maladie génétique autosomique dominante (mutations TSC1 ou TSC2) touchant peau, cerveau, rein, cœur et poumon.
Les taches cutanées constituent le premier signe clinique dans 95 % des cas de STB. Leur forme classique en feuille de sorbier (lancéolée, une extrémité renflée et l’autre effilée) est évocatrice mais non constante – elles sont souvent ovalaires, mesurent 1 à 10 cm, siègent sur le tronc et la racine des membres, et sont mieux visualisées sous lampe de Wood. Trois taches constituent un critère majeur diagnostique.
Les autres signes cutanés majeurs à rechercher sont :
Angiofibromes du visage (érythème papuleux symétrique des joues – rare avant 5 ans, fréquent à la puberté)
Plaque fibreuse et pigmentée du front ou du visage (critère majeur, 3 à 5 ans)
Tumeurs de Koenen (angiofibromes unguéaux, 30-50 ans)
Poliose, acrochordons, macroglossie, hyperplasie des gencives
⚠️ Au moins 3 taches blanches congénitales = avis neuropédiatrique
Les manifestations neurologiques (épilepsie, retard psychomoteur, tubers corticaux) et viscérales (angiomyolipomes rénaux, rhabdomyomes cardiaques) de la STB justifient une prise en charge spécialisée précoce. Un bilan cardiaque, rénal et neurologique (IRM cérébrale, EEG) est indispensable dès la suspicion diagnostique.
1.4 Taches claires selon les lignes de Blaschko : mosaïcisme pigmentaire et hypomélanose de Ito
Le mosaïcisme pigmentaire résulte d’une mutation somatique survenant au stade embryonnaire précoce dans les cellules de la crête neurale, avant la migration des mélanoblastes. Deux clones cellulaires coexistent – l’un normal, l’autre porteur de l’anomalie. Leur migration dessine des taches hypopigmentées linéaires suivant les lignes de Blaschko, invisibles en dehors de la maladie.
La forme dite hypomélanose de Ito en est la présentation la plus connue : alternance de bandes dépigmentées et de peau normale, uni- ou bilatérales, s’étendant souvent durant les premiers mois de vie. Elle peut s’accompagner d’anomalies neurologiques (épilepsie, retard psychomoteur, autisme), oculaires (strabisme, nystagmus) et squelettiques (scoliose).
💡 Règle pratique
Un mosaïcisme modéré, unilatéral, peu étendu, chez un enfant de plus de 3 ans sans signe neurologique présente peu de risque évolutif. Un mosaïcisme bilatéral et/ou étendu impose en revanche un suivi neurologique régulier pour surveiller l’apparition d’une épilepsie. L’IRM cérébrale est généralement normale dans cette situation.
1.5 Taches blanches avec mèche blanche frontale : piébaldisme et syndrome de Waardenburg
L’association d’une mèche blanche frontale et de taches blanches congénitales bien délimitées oriente vers deux maladies génétiques autosomiques dominantes impliquant un défaut de migration mélanocytaire depuis la crête neurale.
Le piébaldisme associe une mèche blanche frontale à des plaques achromiques symétriques du front, du cou et de l’abdomen (souvent losangiques), avec parfois des îlots hyperpigmentés au sein des zones dépigmentées. Il n’existe aucune anomalie viscérale ou neurologique associée – mais la recherche d’une surdité est systématique pour éliminer un syndrome de Waardenburg.
Le syndrome de Waardenburg partage les mêmes caractéristiques pigmentaires mais s’accompagne d’une surdité neurosensorielle, d’une hétérochromie irienne et d’une fusion médiane des sourcils. Deux types principaux :
Type I : tableau complet avec dystopie des canthus internes et dysmorphie faciale
Type II : même tableau sans dystopie des canthus
Un audiogramme est indispensable devant tout piébaldisme congénital.
2. Taches blanches acquises (apparues après la naissance)
Le vitiligo est la cause de dépigmentation acquise la plus fréquente. Des lymphocytes T cytotoxiques dirigés contre les mélanocytes épidermiques provoquent leur destruction progressive. Les taches sont d’un blanc pur (achromique), à bords nets, fortement accentuées sous lampe de Wood. Leur distribution est caractéristique : zones photoexposées (face dorsale des mains, visage, cou), zones soumises à des microtraumatismes (phénomène de Koebner – élastiques, bretelles, ceinture), saillies osseuses, aisselles, organes génitaux et régions périorificielles (péribuccal, périoculaire, ombilic). L’atteinte du cuir chevelu donne une poliose (mèche blanche).
L’évolution est imprévisible. Les traitements ont récemment progressé : photothérapie UVB à spectre étroit, dermocorticoïdes, inhibiteurs de calcineurine, et désormais la crème au ruxolitinib (inhibiteur JAK – Opzelura®), premier traitement topique à avoir démontré une repigmentation significative dans des essais randomisés.
Les dartres sont des macules hypopigmentées bénignes, fréquentes chez l’enfant entre 3 et 16 ans, à contours flous, de surface légèrement squameuse et sèche, siégeant sur le visage et le haut des bras. Elles sont plus visibles après bronzage et disparaissent spontanément à l’adolescence. Leur mécanisme est lié à une barrière cutanée légèrement défaillante – souvent sur terrain atopique. Le traitement repose sur les émollients.
Le halo naevus est un grain de beauté autour duquel se développe progressivement un anneau de dépigmentation, par réaction lymphocytaire dirigée contre les mélanocytes du naevus. La lésion disparaît en laissant une macule blanche qui se repigmente spontanément en 1 à 2 ans. Ce phénomène est bénin dans la grande majorité des cas, survient surtout chez l’adolescent, et mérite une vérification dermoscopique du naevus central. Sa multiplicité chez un adulte, en contexte de mélanome ou de vitiligo étendu, impose un examen cutané complet.
Dyschromie créole (hypomélanose maculeuse confluente et progressive)
Entité souvent méconnue, touchant préférentiellement les personnes métisses ou à peau mate entre 15 et 25 ans. Elle se manifeste par des macules hypopigmentées arrondies de 1 à 3 cm, planes, non squameuses, non fluorescentes sous lampe de Wood (ce qui la distingue du pityriasis versicolor), qui confluent progressivement en larges nappes symétriques sur l’abdomen, le dos et le sacrum – épargnant la gouttière dorsale médiane. Son évolution peut se prolonger sur cinq ans ou plus.
Le rôle de Cutibacterium acnes a été évoqué – cette bactérie du follicule sébacé sécréterait une molécule interférant avec la mélanogenèse locale. Le traitement fait appel à l’héliothérapie modérée, à la photothérapie (PUVAthérapie, UVB) ou à des antibactériens topiques (peroxyde de benzoyle) et oraux (cyclines), avec récidives fréquentes à l’arrêt.
Pityriasis versicolor
Taches blanches de pityriasis versicolor
Mycose superficielle due à Malassezia furfur, donnant des taches hypo- ou hyperpigmentées finement squameuses sur le tronc et les épaules. La forme hypopigmentée est classiquement révélée par le bronzage. La fluorescence jaune-verdâtre sous lampe de Wood est un signe diagnostique très utile. Le signe de Besnier (grattage révélant de fines squames) confirme le diagnostic. Le traitement antifongique topique (kétoconazole 2 % shampoing ou crème, éconazole) est efficace – les récidives sont fréquentes car la levure est commensale.
Le lichen scléreux donne des plaques blanches ivoire, atrophiques, à surface fripée, sur les zones génitales et périanales principalement. Son risque – faible mais réel – de transformation en carcinome épidermoïde sur les lésions vulvaires justifie un suivi dermatologique régulier.
Lèpre
La lèpre doit rester dans le diagnostic différentiel chez un patient originaire ou revenant d’une zone endémique. Les macules lépreuses sont hypopigmentées, à hypoesthésie caractéristique (relative insensibilité à la douleur, au chaud, au froid). La confirmation repose sur la biopsie et la recherche de Mycobacterium leprae.
Hypomélanose en goutte idiopathique
Affection bénigne très fréquente après 50 ans, se manifestant par de multiples petites macules blanc porcelaine de 2 à 8 mm sur les jambes et avant-bras – zones les plus photoexposées. Elle résulte d’une perte progressive des mélanocytes actifs sous l’effet du photovieillissement. La photoprotection ralentit son extension. Voir l’article dédié.
3. Tableau récapitulatif et conduite à tenir
Situation
Urgence
Examens orientés
Tache congénitale unique, stable, asymptomatique
Non urgente
Lampe de Wood – signe de friction
Taches congénitales multiples (≥ 3)
Rapide
Lampe de Wood, IRM cérébrale, bilan cardiaque et rénal (STB)
Taches selon lignes de Blaschko bilatérales + signes neurologiques
Rapide
EEG, IRM, caryotype
Mèche blanche frontale + taches congénitales
Programmée
Audiogramme, examen ophtalmologique
Vitiligo extensif acquis
Programmée
TSH, NFS, bilan thyroïdien (auto-immunité associée)
Taches hypopigmentées + hypoesthésie – zone endémique
Rapide
Biopsie cutanée, bacilloscopie
Halo naevi multiples – contexte mélanome ou vitiligo
Rapide
Dermoscopie + examen cutané complet
Plaques blanches génitales prurigineuses ou douloureuses
Programmée
Biopsie si résistance au traitement (dégénérescence)
💡 La lampe de Wood – un outil diagnostique simple et souvent décisif
Cet éclairage UV à 365 nm accentue le contraste des taches achromiques (vitiligo, hamartome achromique), révèle la fluorescence jaune-verdâtre du pityriasis versicolor, et aide à délimiter des lésions peu visibles à la lumière du jour. Non invasif, indolore, il est réalisé en consultation – et souvent suffisant pour orienter fermement le diagnostic avant tout examen complémentaire.
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Quand consulter en urgence ?
Une tache blanche qui s’étend rapidement, s’accompagne de symptômes généraux ou apparaît chez un enfant de moins de 2 ans doit être évaluée rapidement. Certaines taches blanches (sclérose tubéreuse, névus dépigmenté extensif) nécessitent un bilan neurologique associé.
Non. Le vitiligo est achromique, à bords nets, accentué sous lampe de Wood, avec une distribution péri-orifielle. De nombreuses autres causes existent : dartres, pityriasis versicolor, hypopigmentations post-inflammatoires, hypomélanose en goutte. Les traitements sont radicalement différents selon la cause.
Trois taches blanches à la naissance – faut-il s’inquiéter ?
Oui. La présence d’au moins trois macules hypopigmentées congénitales est un critère majeur de sclérose tubéreuse de Bourneville, pouvant comporter une épilepsie et des anomalies viscérales. Un avis neuropédiatrique et un bilan d’imagerie s’imposent.
Comment distinguer vitiligo et pityriasis versicolor ?
Le vitiligo est achromique, non squameux, accentué sans fluorescence sous lampe de Wood. Le pityriasis versicolor présente de fines squames, une fluorescence jaune-verdâtre sous lampe de Wood, et siège sur le tronc et les épaules.
Un halo naevus est-il dangereux ?
Dans l’immense majorité des cas, non – phénomène immunitaire bénin aboutissant à la disparition spontanée du naevus en 1 à 2 ans. Une vérification dermoscopique est recommandée. Des halos multiples chez un adulte avec antécédent de mélanome méritent un examen complet.
La dyschromie créole est-elle contagieuse ?
Non. Bien qu’une bactérie folliculaire soit suspectée dans son mécanisme, la dyschromie créole n’est pas transmissible. Son traitement vise à réduire la colonisation bactérienne et à stimuler la repigmentation par photothérapie.
Scarlatine : causes, symptômes cutanés et traitement chez l’enfant
Mis à jour le 29 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La scarlatine est une infection à streptocoque du groupe A qui associe une angine fébrile à une éruption cutanée rouge et granuleuse. Un traitement antibiotique précoce (amoxicilline, 6 jours) permet de guérir rapidement et de prévenir les complications, notamment le rhumatisme articulaire aigu. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
⚠️ Consultez sans attendre en cas de forte fièvre persistante, de douleurs articulaires, de difficultés à respirer ou à avaler, ou si l’état de l’enfant se dégrade malgré le traitement : ces signes peuvent annoncer une complication (rhumatisme articulaire aigu, glomérulonéphrite, atteinte cardiaque).
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Qu’est-ce que la scarlatine ?
La scarlatine est une pharyngite (angine) à streptocoque du groupe A (Streptococcus pyogenes), dont certaines souches produisent des toxines qui diffusent dans l’organisme et provoquent une éruption cutanée caractéristique. Elle touche surtout les enfants de 5 à 10 ans, mais peut survenir à tout âge.
La scarlatine se transmet comme une angine classique : par contact direct avec les gouttelettes de salive d’une personne infectée, ou avec un porteur du streptocoque ne présentant aucun symptôme.
Après des décennies de déclin, plusieurs pays européens ont observé depuis 2014 une recrudescence marquée des cas de scarlatine, sans qu’une cause unique n’ait été clairement identifiée.
Symptômes de la scarlatine
Les premiers signes sont ceux d’une angine sévère : fièvre élevée (39-40 °C), maux de gorge, vomissements, fatigue et douleurs abdominales. La langue prend souvent un aspect caractéristique, dit « langue framboisée » (rouge et granuleuse).
L’éruption cutanée apparaît généralement 24 à 48 heures après le début des signes, sous la forme de petits boutons rouges, rugueux au toucher (aspect « papier de verre »), débutant le plus souvent au cou et au tronc puis s’étendant rapidement aux membres.
Signe
Caractéristique
Fièvre
Élevée (39-40 °C), d’apparition brutale
Gorge
Angine rouge, douloureuse, parfois avec dépôts blanchâtres
Langue
« Framboisée » : rouge et granuleuse
Éruption cutanée
Petits boutons rouges au toucher rugueux (papier de verre), cou puis tronc et membres
Évolution de la peau
Desquamation (peau qui pèle) après quelques jours, sans séquelle
Après quelques jours, la peau touchée desquame (elle pèle), en particulier au niveau des mains et des pieds, avant de disparaître sans laisser de séquelle cutanée.
Traitement de la scarlatine
Le traitement repose sur une antibiothérapie, le plus souvent par amoxicilline pendant 6 jours chez l’enfant comme chez l’adulte. En cas d’allergie à la pénicilline, un macrolide peut être prescrit en remplacement.
Conseil du Dr Rousseau : le traitement antibiotique doit être pris jusqu’au bout, même si les symptômes s’améliorent rapidement. Un arrêt prématuré expose au risque de complications et de rechute.
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Le traitement antibiotique est important, car la scarlatine non traitée peut se compliquer d’atteintes profondes : rhumatisme articulaire aigu (atteinte cardiaque et articulaire), glomérulonéphrite (atteinte rénale), ou plus rarement d’infections invasives à streptocoque. Un enfant traité peut généralement retourner à l’école 24 heures après le début des antibiotiques, une fois la fièvre tombée.
Questions fréquentes
La scarlatine est-elle contagieuse ?
Oui, très contagieuse par les gouttelettes de salive. La contagiosité disparaît généralement 24 heures après le début d’un traitement antibiotique efficace.
Combien de temps dure la scarlatine ?
Sous traitement antibiotique, la fièvre et l’angine s’améliorent en 24 à 48 heures. L’éruption cutanée régresse en une semaine environ, suivie d’une desquamation qui peut durer 2 à 3 semaines, notamment aux mains et aux pieds.
Peut-on avoir la scarlatine plusieurs fois ?
Oui. Il existe plusieurs souches de streptocoque du groupe A produisant des toxines différentes, l’immunité acquise après un épisode n’est donc pas toujours protectrice contre les autres souches.
Quand un enfant peut-il retourner à l’école après une scarlatine ?
En général 24 heures après le début d’un traitement antibiotique efficace et la disparition de la fièvre, conformément aux recommandations de santé scolaire.
Quelles sont les complications possibles de la scarlatine ?
Non traitée, la scarlatine peut se compliquer d’un rhumatisme articulaire aigu (atteinte cardiaque et articulaire) ou d’une glomérulonéphrite (atteinte rénale). Ces complications sont devenues rares grâce à l’antibiothérapie précoce, mais restent la raison principale du traitement systématique.
La scarlatine touche-t-elle aussi les adultes ?
Oui, bien que ce soit moins fréquent. L’âge médian des cas se situe autour de 4 ans, mais des épidémies chez l’adulte sont possibles, en particulier en collectivité.
Matsubara VH, Christoforou J, Samaranayake L. Recrudescence of Scarlet Fever and Its Implications for Dental Professionals. Int Dent J. 2023;73(3):331-336. PMID 37062653.
Lamagni T, Guy R, Chand M, et al. Resurgence of scarlet fever in England, 2014-16: a population-based surveillance study. Lancet Infect Dis. 2018;18(2):180-187. PMID 29191628.
Spinks A, Glasziou PP, Del Mar CB. Antibiotics for treatment of sore throat in children and adults. Cochrane Database Syst Rev. 2021;12(12):CD000023. PMID 34881426.
L’eczema des aisselles est une des causes de rougeur des aisselles et de boutons qui démangent sous les aisselles
Allergie au déodorant sous les aisselles
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En cas d’eczema des aisselles, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : L’eczéma des aisselles donne des plaques rouges qui grattent sous les bras, le plus souvent par allergie de contact au déodorant, au parfum ou au rasage. Il faut le distinguer d’une candidose des plis (mycose), qui se traite différemment et ne doit surtout pas recevoir de corticoïde seul. Un avis dermatologique permet d’identifier la cause exacte par patch tests si besoin. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Plusieurs formes d’eczéma peuvent toucher les aisselles, chacune avec des causes et une prise en charge différentes :
Les différentes formes d’eczéma des aisselles
1. L’eczéma allergique de contact des aisselles
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema des aisselles sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur les aisselles
déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…
textiles en contact avec les aisselles
Certains tissus synthétiques, colorants ou apprêts textiles présents sur les vêtements peuvent déclencher un eczéma de contact au niveau des aisselles.
2. L’eczéma atopique des aisselles
Chez les personnes ayant un terrain atopique (asthme, rhinite allergique, autres localisations d’eczéma), les aisselles peuvent être touchées par des plaques sèches, squameuses et prurigineuses, sans lien avec un contact allergénique précis.
3. L’eczéma de contact irritatif des aisselles
Provoqué par une irritation directe : rasage fréquent, transpiration excessive (voir transpiration des aisselles), frottement des vêtements synthétiques. La peau devient rouge et sensible sans allergène spécifique identifiable par patch tests.
Comment savoir à quoi je suis allergique sur les aisselles
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose de la peau contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (déodorant… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
⚠ Consultez sans attendre si :
Les lésions se surinfectent : croûtes jaunes, pus, douleur intense, fièvre
Les plaques sont associées à une odeur particulière ou un aspect blanchâtre suintant (évoquer une candidose plutôt qu’un eczéma, voir rougeurs des plis)
Les dermocorticoïdes restent sans effet après 10 jours, ou aggravent les lésions (signe possible de mycose non traitée)
L’eczéma s’étend rapidement à d’autres zones du corps
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Questions fréquentes sur l’eczéma des aisselles
Comment savoir si c’est un eczéma ou une mycose sous les bras ?
L’eczéma donne des plaques rouges sèches et prurigineuses, souvent bien expliquées par un contact récent (déodorant, rasage). La candidose (mycose) donne des plaques rouges vernissées, parfois suintantes, avec une bordure squameuse. Seul un dermatologue peut trancher avec certitude, car un corticoïde appliqué sur une mycose l’aggrave.
Mon déodorant peut-il provoquer un eczéma des aisselles ?
Oui, c’est une cause très fréquente. Le parfum et certains conservateurs présents dans les déodorants et antitranspirants sont des allergènes de contact classiques. Les patch tests permettent d’identifier précisément le produit ou l’ingrédient responsable.
Faut-il arrêter tout déodorant en cas d’eczéma des aisselles ?
Le temps du diagnostic, il est préférable d’arrêter les cosmétiques parfumés et de privilégier un produit sans parfum et sans conservateur allergisant. Après identification de l’allergène par patch tests, seuls les produits contenant cet allergène doivent être évités durablement.
Le rasage peut-il causer un eczéma sous les bras ?
Oui, le rasage répété peut irriter la peau des aisselles sans mécanisme allergique (eczéma de contact irritatif), ou favoriser la pénétration d’allergènes appliqués juste après (déodorant sur peau lésée par le rasoir).
Quand consulter un dermatologue pour un eczéma des aisselles ?
Dès que les plaques persistent plus de quelques jours malgré l’arrêt des cosmétiques suspects, en cas de doute avec une mycose, ou si les lésions se surinfectent (pus, croûtes jaunes, fièvre).
Comment traiter un eczéma des aisselles ?
Après confirmation du diagnostic par un médecin, le traitement repose sur l’éviction de l’allergène et l’application d’un dermocorticoïde adapté aux zones fines. Une toilette douce quotidienne et un séchage soigneux des plis complètent la prise en charge.
L’eczéma des aisselles est-il lié à la transpiration ?
La transpiration excessive n’est pas une cause directe d’eczéma mais peut aggraver une irritation existante et favoriser la macération, propice aux mycoses. Voir transpiration des aisselles pour une prise en charge adaptée.
En bref : Le bronzage est une réponse de défense de la peau contre les UV : les mélanocytes synthétisent la mélanine qui protège les kératinocytes. Cette protection est réelle mais limitée – équivalente à SPF 3 – insuffisante contre les cancers cutanés. Une crème solaire SPF 50+ reste indispensable. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 25 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
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Qu’est ce que le bronzage?
Le bronzage est une réaction de défense de la peau
Nous avons dans la peau des cellules pigmentaires appelées mélanocytes, chargées de déposer de la mélanine dans la peau pour la protéger, explications :
Lorsque vous regardez un objet noir, il vous apparait noir car il absorbe la lumière alors que l’objet blanc la reflète dans votre oeil
Le noir absorbe donc la lumière et c’est pour cela qu’il chauffe au soleil plus que le blanc car il absorbe les infrarouges
La peau mate ou noire comporte à sa superficie une fine couche de pigment plus ou moins foncée qui absorbe les UV et protège les couches profondes de la peau
Au début de l’évolution de l’espèce humaine, tous les hominidés étaient noirs et venaient d’Afrique. Lors des migrations dans l’hémisphère Nord, les hominidés à peau plus claire se sont retrouvés favorisés car ils avaient notamment besoin de moins de soleil pour synthétiser la vitamine D (voir l’article Soleil et peau). Les premiers hommes à peau noire ont donc progressivement disparu de l’hémisphère Nord au fil de l’évolution, plus sujets notamment au rachitisme (carence en vitamine D).
Les peaux mates ou noires ayant la couche de pigment qui empêche la pénétration des UV, ils ont très rarement des coups de soleil (brulures de la peau) contrairement aux peaux claires qui brulent car elles laissent passer les UV dans la peau.
Ainsi, la peau tend à se pigmenter lorsqu’elle est confrontée aux rayons du soleil pour tenter d’absorber le plus de rayons en superficie et les empêcher de faire des dégâts dans les couches profondes
Est-ce que tout le monde peut bronzer?
Plus la peau est riche en mélanocytes, plus elle va pouvoir se pigmenter au soleil
Ainsi, les peaux mates, riches en mélanocytes, bronzent vite et beaucoup, alors qu’à l’autre extrême les peaux claires (roux ou blonds aux yeux clairs), ayant moins de mélanocytes, ne sont pas équipés pour affronter le soleil et bronzer. Ils obtiendront péniblement un petit hâle au prix de rougeurs voire de coups de soleil
Si vous avez la peau claire donc, fuyez le soleil et ne tentez pas de bronzer, vous bruleriez
Comment préparer sa peau au bronzage ?
Il est donc important pour permettre à la peau d’être plus à même de se protéger du soleil par un bronzage doux, sans coups de soleil :
avoir une peau bien hydratée
avant le début des expositions solaires, car la barrière cutanée protège un peu du soleil et une peau sèche ou lésée y est plus sensible
mettre des crèmes solaires efficaces (minimum indice 30 contre les UVB, et protégeant aussi contre les UVA)
20 minutes avant le début de l’exposition puis toutes les deux heures et après les bains, sur tout le corps.
les UV en cabine ne sont pas recommandés
pour préparer la peau car ils ne font qu’ajouter des UV artificiels aux UV naturels que l’ont prendra après.
Un cancer sur trois dans le monde est un cancer de la peau et le nombre de cancers de la peau est en augmentation depuis 30 ans, à tel point que l’Organisation Mondiale de la Santé a recommandé récemment d’éviter les UV artificiels, arguant que « l’utilisation croissante des lits de bronzage associée au désir d’être bronzé parce que c’est à la mode seraient les principales raisons de cette augmentation rapide du nombre de cancers cutanés ». De plus, deux études récentes ont mis en évidence une augmentation de 25 à 30% du risque de mélanome chez les personnes ayant reçu des UV en cabine !
les photoprotecteurs internes (carotène… )
sont quant à eux assez peu protecteurs et ils tendent généralement à s’exposer plus car on se croit protégé. Les dermatologues ne les recommandent donc généralement pas à cause de ce mésusage.
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s’exposer progressivement et peu
il faut surtout éviter le coup de soleil et s’exposer très progressivement. Il convient aussi d’éviter le soleil entre 11 et 16h, de favoriser une protection vestimentaire et de chercher l’ombre (en savoir plus sur la protection solaire)
Il faut donc savoir modérer ses expositions solaires et savoir que la vie courante (travailler, faire des courses…) dans un pays ensoleillé est déjà considérée comme une forte exposition.
Il ne faut en effet jamais oublier que la lumière voyage à 300 000 kms/seconde : le fait de bouger, faire du vélo, des courses… ne nous protège donc pas du tout même si la sensation de chaleur n’est pas présente
Peut-on bronzer avec une crème solaire?
Tout dépend de votre type de peau: les peaux mates, riches en mélanocytes, bronzent vite et beaucoup, alors qu’à l’autre extrême les peaux claires (roux ou blonds aux yeux clairs), ayant moins de mélanocytes, ne sont pas équipés pour affronter le soleil et bronzer. Ils obtiendront péniblement un petit hâle au prix de rougeurs voire de coups de soleil
Mais ceci dépend peu de la présence ou non de crème solaire : les peaux mates bronzeront vite même avec une creme solaire et les peaux claires bronzeront de toute façon lentement ou très peu mais la crème évitera surtout les coups de soleil
Il faut donc mettre des crèmes solaires efficaces (minimum indice 30 contre les UVB, et protégeant aussi contre les UVA)
20 minutes avant le début de l’exposition puis toutes les deux heures et après les bains, sur tout le corps.
Peut-on bronzer sous un parasol?
Absolument ! Le parasol filtre une partie seulement des rayons ultra-violets (UV) émis par le soleil. De plus, vous recevez sous le parasol une quantité non négligeable d’UV réfléchis par l’eau ou le sable. On estime en effet que l’eau réfléchit 5 % des UV et le sable 20 % !
Vous bronzerez donc sous le parasol, et vous obtiendrez même un bronzage progressif sans subir de coup de soleil, que l’on redoute tant pour la peau.
Faire tenir le bronzage : comment garder son bronzage?
Quelques mesures permettent de tenir un meilleur bronzage
Ne pas vouloir bronzer trop vite
Il faut avoir à tout prix éviter les coups de soleil et avoir suivi les conseils de protection solaire :
Un bronzage acquis trop brutalement ou rapidement est souvent de mauvaise qualité car associé à des dégats cutanés responsables de desquamation qui le font partir
Les dermatologues ne le répèteront jamais assez : il faut se protéger du soleil en évitant les expositions entre 11 et 17 h, les expositions longues du type « bain de soleil » et les UV en cabine. N’hésitez pas à prendre l’habitude de porter une protection vestimentaire : T-Shirt à ou chemise légère à manches longues, chapeau avec bords larges, pantalon léger… et appliquez des crèmes solaires efficaces (minimum indice 30 contre les UVB, et protégeant aussi contre les UVA), toutes les deux heures et après les bains.
Un bronzage progressif et lent respectera plus votre peau et tiendra plus longtemps.
Prendre soin de sa peau pour tenir son bronzage
La peau se renouvelle et les couches superficielles de la peau sont progressivement éliminées par le phénomène de desquamation.
Plusieurs facteurs peuvent donc ralentir la disparition du bronzage.
Après l’été, évitez les activités qui vont accélérer l’élimination des cellules superficielles
utilisation d’un gant de crin, de produits de gommage…
Hydratez régulièrement votre peau
au moyen d’un crème hydratante, car ceci renforcera l’adhésion des cellules superficielles.
Une conclusion sur le désir d’être bronzé
Quoi de plus agréable que de rentrer de vacances en ayant bonne mine? N’oubliez cependant jamais que le bronzage n’est qu’une réaction de défense de votre peau et que le soleil est un pourvoyeur de cancers et un accélérateur du vieillissement cutané… Il suffit de comparer la peau de lait d’une sœur qui sort rarement de son couvent et la peau flétrie et ridée d’une personne du même âge qui s’expose pour s’en convaincre… : la protection solaire est la meilleure prévention du vieillissement cutané.
Consultez rapidement si :
Un coup de soleil provoque des cloques, de la fièvre ou un coup de chaleur
Un grain de beauté change de taille, de couleur ou saigne après des expositions répétées
Une tache ou plaie sur une zone exposée ne cicatrise pas en 3 semaines
Questions fréquentes
Je pars quinze jours en vacances et je voudrais savoir combien de temps mon bronzage perdurera ensuite ?
Le bronzage est un mécanisme de défense de la peau, qui se charge de pigment (la mélanine) en particulier dans les couches superficielles afin d’absorber les rayons du soleil qui lui sont nocifs, et de les empêcher autant que faire ce peut, de pénétrer au sein des cellules des couches profondes. Lorsque vous bronzez, il s’agit donc de la partie la plus superficielle de votre peau qui se colore. Or, la peau se renouvelle et les couches superficielles de la peau sont progressivement éliminées par le phénomène de desquamation. Plusieurs facteurs peuvent donc ralentir la disparition du bronzage. Tout d’abord, il ne faut pas chercher à bronzer trop rapidement car ceci engendrerait de dégâts importants dans les couches de la peau (irritation des cellules cutanées, voir coup de soleil qui correspond à une véritable brûlure de la peau) et un renouvellement plus important (on se met à « peler »), donc un « débronzage » plus rapide. Il est donc très important, et pas seulement pour protéger sa peau, de respecter les mesures de photo-protection : éviter les expositions entre 11h et 16h, porter des vêtements couvrants et appliquer une crème solaire de protection forte. Un bronzage progressif et lent respectera plus votre peau et tiendra plus longtemps. Après l’été, évitez les activités qui vont accélérer l’élimination des cellules superficielles : utilisation d’un gant de crin, de produits de gommage… Enfin, hydratez régulièrement votre peau au moyen d’un crème hydratante, car ceci renforcera l’adhésion des cellules superficielles. Mais n’oubliez jamais que le bronzage n’est qu’une réaction de défense de votre peau et que le soleil est un pourvoyeur de cancers et un accélérateur du vieillissement cutané… Il suffit de comparer la peau de lait d’une sœur qui sort rarement de son couvent et la peau flétrie et ridée d’une personne du même âge qui s’expose pour s’en convaincre… : la protection solaire est la meilleure prévention du vieillissement cutané.
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Références
Brenner M, Hearing VJ. Protective role of melanin. Photochem Photobiol. 2008;84:539. PMID 18489330
D’Orazio J et al. UV radiation and the skin. Int J Mol Sci. 2013;14:12222. PMID 23749111
Narayanan DL et al. Ultraviolet radiation and skin cancer. Int J Dermatol. 2010;49:978. PMID 20883261
Traitement de l’angiome au laser : tout ce qu’il faut savoir
L’angiome plan (tache de vin) peut être traité efficacement au laser vasculaire. C’est le traitement de référence, recommandé le plus tôt possible – idéalement avant l’âge d’un an chez l’enfant. Voici tout ce que vous devez savoir avant de vous lancer.
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En bref : Le laser à colorant pulsé (PDL, 585-595 nm) est le traitement de référence des angiomes vasculaires (angiome plan, angiome rubis, angiome stellaire). Il cible sélectivement l’oxyhémoglobine sans endommager la peau environnante. Les résultats sont nets dès la 1re séance : 20 à 30 % de blanchiment complet, 70 à 80 % de réduction significative. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Quel laser pour traiter un angiome ?
Plusieurs types de lasers vasculaires peuvent être utilisés, tous ciblant l’hémoglobine contenue dans les globules rouges des vaisseaux de l’angiome :
Laser à colorant pulsé – traitement de référence pour les angiomes plans, recommandé en première intention
Laser KTP
Laser Nd:YAG
Lampes pulsées filtrées
La longueur d’onde de ces lasers vasculaires varie de 530 à 1000 nm. Le choix du laser dépend du type et de la localisation de l’angiome.
Combien de séances de laser faut-il ?
Il est impossible de prévoir à l’avance le nombre exact de séances nécessaires. En pratique :
Un intervalle minimal de 3 mois est respecté entre chaque séance (sauf chez le nourrisson de moins d’un an : toutes les 2 mois)
Certains angiomes peuvent nécessiter plus de 10 séances
L’éclaircissement est progressif et aboutit rarement à une disparition totale, surtout chez l’adulte ou si l’angiome est épais
À quel âge commencer le traitement ?
Il vaut mieux traiter le plus précocement possible, avant l’âge d’un an si possible. Les raisons :
L’angiome s’épaissit avec le temps et répond moins bien au laser
La peau du nourrisson est plus fine, les vaisseaux plus accessibles
Un traitement précoce réduit l’impact psychologique pendant l’enfance
Est-ce que le laser fonctionne bien sur les angiomes ?
Les résultats varient selon les patients. On distingue schématiquement trois groupes :
✅ 1/3 de bons répondeurs : effacement quasi-total de l’angiome
⚠️ 1/3 de répondeurs moyens : effacement variable
❌ 1/3 de non-répondeurs : notamment les angiomes de la lèvre supérieure et du menton
Facteurs de résistance au laser :
Âge avancé (l’angiome s’épaissit)
Angiome pâle (paradoxalement plus difficile à effacer)
Localisation aux membres
Douleur et anesthésie
Les impacts laser sont désagréables (sensation de coup d’élastique), généralement supportables chez l’adulte. Chez l’enfant :
Crème anesthésiante EMLA sous pansement occlusif 2 heures avant la séance
Anesthésie locale injectable si nécessaire
Anesthésie générale pour les angiomes très étendus ou en région médiofaciale – risque anesthésique évalué à 1/12 000
Pour le traitement des paupières, des coques protectrices sont posées au contact de l’œil.
Suites immédiates après la séance laser
Dans les jours qui suivent la séance, la zone traitée présente :
Une trace gris-noir le jour J, puis rouge bordeaux ou marron foncé (purpura) les jours suivants – difficile à camoufler pendant 1 à 2 semaines
Un œdème (gonflement) pendant 2 à 3 jours, plus marqué autour des yeux
Des croûtes possibles, surtout sur les zones mobiles
Soins post-séance : pulvérisations d’eau thermale et crème apaisante pendant 5 jours. Maquillage-camouflage autorisé. Protection solaire totale indispensable dans les suites du traitement.
Risques et effets secondaires du laser
Les effets secondaires à distance sont rares mais possibles, surtout après de nombreuses séances :
Hypopigmentation (taches blanches) – s’atténue spontanément avec le temps
Hyperpigmentation (taches brunes) – plus fréquente sur peaux foncées, favorisée par le soleil, disparaît en quelques mois
Cicatrices en cas de puissance excessive
Précautions post-laser : En cas de surinfection de la zone traitée (rougeur, chaleur, pus), de saignement ou d’apparition de croûtes épaisses après une séance, consultez rapidement votre dermatologue. Une antibiothérapie topique peut être nécessaire pour prévenir une cicatrice définitive.
Questions fréquentes sur le laser angiome
Le traitement laser de l’angiome est-il remboursé ?
Oui, le traitement laser de l’angiome plan est pris en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’il est réalisé dans un centre agréé, notamment pour les formes du visage chez l’enfant. Renseignez-vous auprès de votre dermatologue ou centre laser.
Le laser fait-il mal sur un angiome ?
Chez l’adulte, la sensation est comparable à un coup d’élastique – généralement supportable. Chez l’enfant, une crème anesthésiante est appliquée avant la séance. Pour les angiomes étendus, une anesthésie générale peut être proposée.
Combien de temps dure le purpura après une séance laser ?
Le purpura (bleu-rouge foncé) dure en général 1 à 2 semaines. Avec les lasers de nouvelle génération à impulsion longue, sa durée est réduite. Un maquillage-camouflage peut être appliqué dès le lendemain de la séance.
Peut-on s’exposer au soleil après un traitement laser d’angiome ?
Non. Une protection solaire totale est indispensable pendant au moins 4 semaines après chaque séance. L’exposition solaire favorise les hyperpigmentations post-inflammatoires, particulièrement sur les peaux foncées.
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À lire aussi sur les angiomes et la dermatologie pédiatrique
En bref : L’anthrène (Anthrenus sp.) est un coléoptère domestique dont les larves poilues, présentes dans les tapis et textiles naturels, provoquent des boutons et démangeaisons. Ces larves ne piquent pas – ce sont leurs soies (poils rigides) qui s’incrustent dans la peau et déclenchent une réaction irritative. Le traitement cutané est simple (antihistaminique + dermocorticoïde), mais l’essentiel est d’éliminer l’infestation du domicile : aspiration, lavage à 60 °C ou passage au congélateur (-18 °C, 72 h). – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 7 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
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L’anthrène : un insecte ménager méconnu
Les anthrènes sont de petits coléoptères de la famille des Dermestidae. Plusieurs espèces fréquentent les habitations françaises, dont Anthrenus scrophulariae (anthrène des tapis), Anthrenus verbasci (anthrène des musées) et Attagenus pellio. L’adulte – un insecte arrondi de 2 à 4 mm, aux élytres ornés d’écailles colorées – vit dans les fleurs à l’extérieur et n’est pas lui-même responsable des nuisances cutanées. C’est la larve, brun-roux, couverte de soies (poils durs et rigides), qui cause à la fois les dommages sur les textiles et les réactions cutanées.
Les anthrènes sont présents dans le monde entier et constituent un problème fréquent dans les musées (dommages sur les collections), mais aussi dans les habitations ordinaires, surtout lorsque des tapis en laine, des fourrures, des vêtements en fibres naturelles ou des aliments secs (épices, farine) sont stockés sans précaution.
Symptômes cutanés : comment reconnaître les lésions dues aux anthrènes
Les larves d’anthrènes ne mordent pas et ne piquent pas au sens médical. Leurs soies cassantes se détachent facilement et peuvent s’incruster dans la peau ou les voies respiratoires supérieures lors de contacts avec des zones infestées (tapis, draps, canapé).
Les manifestations cutanées typiques comprennent :
Papules rouges prurigineuses – localisées sur les zones exposées (bras, avant-bras, cou, jambes) ou ayant été en contact avec un textile infesté
Prurit souvent disproportionné par rapport à l’aspect des lésions
Lésions non linéaires, contrairement aux punaises de lit qui laissent des traces alignées
Occasionnellement, urticaire localisée chez les sujets atopiques
⚠️ Attention : Les lésions d’anthrène ressemblent à d’autres problèmes cutanés courants : punaises de lit, gale, prurigo strophulus, dermatite de contact. Si les lésions persistent malgré un traitement local et l’absence d’insectes identifiés, consultez un dermatologue pour un diagnostic différentiel.
Tableau comparatif : anthrène, punaises de lit, gale
Critère
Anthrène
Punaises de lit
Gale
Lésions
Papules éparses, non linéaires
Alignées en ligne, triangle
Sillons entre doigts, zones chaudes
Localisation
Zones exposées au textile
Zones découvertes (visage, bras)
Interdigital, poignets, aisselles
Prurit nocturne
Variable
Oui (piqûres pendant le sommeil)
Intense, caractéristique
Contagiosité
Non
Indirecte (hôtel, meubles)
Très contagieuse (contact direct)
Signe environnemental
Tapis pelés, larves dans textiles
Taches brun-rouge sur matelas
Aucun (parasite invisible)
Traitement des symptômes cutanés
La prise en charge cutanée des réactions aux soies d’anthrènes est simple et efficace :
💡 Conseils du dermatologue :
Antihistaminique oral : cétirizine 10 mg/jour ou loratadine 10 mg/jour pendant 5 à 7 jours – réduit le prurit et les papules
Dermocorticoïde local (classe modérée : désonide, bétaméthasone à faible dose) appliqué 2 fois/jour pendant 3 à 5 jours sur les zones lésées
Éviter de se gratter – le grattage prolonge l’inflammation et risque de surinfection
Douche fraîche immédiatement après tout contact avec les zones infestées
En cas de reaction allergique sévère (urticaire étendue, gonflement) : consulter en urgence
Les lésions guérissent spontanément en 5 à 10 jours une fois le contact avec les larves supprimé. L’essentiel du traitement est donc environnemental.
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Comment identifier et éliminer les anthrènes du domicile
Signes d’une infestation
Avant tout traitement, il faut confirmer la présence d’anthrènes :
Zones pelées circulaires ou irrégulières dans les tapis en laine, les moquettes ou les fauteuils
Présence d’adultes ronds de 2–4 mm sur les rebords de fenêtres au printemps (les adultes entrent pour se reproduire)
Larves brun-roux allongées avec une touffe de soies à l’arrière
Mues (exuvies translucides) dans les coins, derrière les meubles, sous les plinthes
Dommages sur lainages, pulls, fourrures, collections naturelles (herbiers, insectes épinglés)
Traitement de l’environnement – protocole en 4 étapes
Étape
Action
Détail pratique
1 – Aspiration
Aspirer en profondeur
Tapis, moquettes, angles, fissures, sous les meubles – vider et nettoyer l’aspirateur aussitôt après
2 – Chaleur
Laver à 60 °C
Vêtements, linge de maison. 60 °C tue larves, adultes et œufs. Sèche-linge à haute température si le tissu le tolère
3 – Froid
Congélateur à −18 °C
Textiles délicats ne supportant pas la chaleur (fourrures, cachemire, tapis précieux) – maintenir 72 heures minimum à −18 °C
4 – Insecticide
Pyrethrinoïdes en aérosol
Traiter les zones infestées (bords de tapis, sous meubles, plinthes). Produits à base de perméthrine ou cyperméthrine en vente en pharmacie/jardinerie
ℹ️ À savoir : Le cycle complet de développement de l’anthrène dure 1 à 3 ans selon les conditions (température, humidité, disponibilité alimentaire). Une infestation non traitée peut donc persister plusieurs années. Ventiler régulièrement et maintenir une faible humidité (< 50 %) défavorise la reproduction.
Prévention des récidives
Stocker les textiles naturels (laine, fourrure, cachemire) dans des sacs hermétiques ou des boîtes fermées
Aérer régulièrement les placards et dresser-rooms
Utiliser des sachets répulsifs à base de lavande, cèdre ou camphre (efficacité modérée)
Poser des pièges à phéromones spécifiques aux dermestides (identifient l’infestation mais n’éliminent pas les larves)
Inspecter les articles achetés d’occasion (vêtements de seconde main, tapis, meubles rembourrés)
🚨 Quand consulter un dermatologue :
Lésions persistant plus de 2 à 3 semaines malgré le traitement et l’élimination des anthrènes
Surinfection des lésions (rougeur chaude, gonflement, écoulement, fièvre)
Réaction allergique généralisée (urticaire étendue, gonflement du visage ou des lèvres)
Doute diagnostique avec punaises de lit, gale ou autre dermatose – un dermatologue peut identifier les larves ou soies au dermoscope
Symptômes respiratoires (rhinite, toux) associés aux démangeaisons – les soies peuvent également atteindre les voies aériennes
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Questions fréquentes
Qu’est-ce que l’anthrène et comment reconnaître ses larves ?
L’anthrène (Anthrenus sp.) est un petit coléoptère de 2 à 4 mm, aux élytres couverts d’écailles colorées. Ses larves – brun-roux, allongées, hérissées de soies rigides – sont les véritables responsables des nuisances. On les trouve dans les tapis en laine, les fourrures, les pulls en fibres naturelles et parfois les aliments secs. Elles se distinguent facilement à la loupe par leur touffe de poils à l’arrière. En cas de doute, un dermatologue peut utiliser un dermoscope pour les identifier sur les textiles.
Les larves d’anthrène piquent-elles vraiment ?
Non, pas au sens strict. Les larves d’anthrène ne mordent pas et n’injectent pas de venin. Ce sont leurs soies (poils chitineux rigides) qui se détachent et s’incrustent dans la peau lors du contact, provoquant une réaction irritative locale : papules rouges prurigineuses, parfois légèrement oedématiées. La réaction peut mimer une « piqûre » d’insecte, mais le mécanisme est mécanique et irritatif, non venimeux.
Comment distinguer les boutons d’anthrène de punaises de lit ou de gale ?
Trois critères orientent le diagnostic : la disposition des lésions (anthrène = éparses, punaises = alignées), la localisation (anthrène = zones exposées au textile, gale = espaces interdigitaux, poignets) et les signes environnementaux (tapis pelés pour l’anthrène, taches brun-rouge sur le matelas pour les punaises). En cas de doute, consulter un dermatologue qui examinera les lésions et pourra prescrire un test épicutané si une allergie de contact est suspectée.
Comment traiter les démangeaisons dues aux anthrènes ?
Le traitement cutané associe un antihistaminique oral (cétirizine 10 mg/jour) pour réduire le prurit et un dermocorticoïde local de classe modérée (désonide, bétaméthasone faible) appliqué 2 fois/jour pendant 3 à 5 jours. Les lésions guérissent spontanément en quelques jours si le contact avec les larves est supprimé. Aucun traitement antibiotique n’est nécessaire en l’absence de surinfection. Voir notre guide sur calmer les démangeaisons.
Comment éliminer les anthrènes de son domicile ?
Le traitement en 4 étapes : aspiration minutieuse (tapis, angles, sous les meubles) ; lavage à 60 °C des textiles infestés ; congélateur à −18 °C pendant 72 heures pour les textiles délicats ; insecticide pyrethrinoïde (perméthrine) sur les zones infestées. La lutte contre l’anthrène demande de la rigueur car le cycle biologique peut durer 1 à 3 ans – un traitement unique est souvent insuffisant.
Comment savoir si j’ai des anthrènes chez moi ?
Les signes d’alerte : zones pelées circulaires dans les tapis en laine ; présence d’adultes ronds de 2–4 mm sur les rebords de fenêtres au printemps ; larves brun-roux avec soies visibles à la loupe derrière les meubles ou sous les plinthes ; exuvies (mues) translucides ; pulls ou vêtements en laine trouées sans cause apparente. Les pièges à phéromones spécifiques aux dermestides permettent de confirmer la présence de l’insecte.
Les anthrènes sont-ils dangereux pour la santé ?
Les anthrènes ne transmettent aucune maladie infectieuse. Le risque pour la santé est limité aux réactions cutanées irritatives et, rarement, à des réactions allergiques IgE-médiées chez les sujets atopiques. Des symptômes respiratoires (rhinite allergique) peuvent survenir si les soies sont inhalées dans un environnement fortement infesté. Aucun traitement antibiotique préventif n’est nécessaire.
Ongles striés avec petites hémorragies sous-unguéales (taches noires)
Les ongles striés sont une plainte fréquente en consultation dermatologique. Dans la majorité des cas, il s’agit d’une accentuation bénigne des stries longitudinales normales de l’ongle liée à l’âge. Mais les stries peuvent aussi révéler une maladie de peau (psoriasis, lichen plan, pelade) ou un trouble vasculaire – d’où l’intérêt d’un avis médical.
Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Les stries longitudinales des ongles sont le plus souvent liées à l’âge et sans gravité. Le lichen plan unguéal, qui touche 10 % des patients atteints de lichen plan, se manifeste lui par des stries rouges et peut détruire l’ongle de façon irréversible s’il n’est pas traité à temps – un avis dermatologique rapide est alors essentiel. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
⚠️ Consultez rapidement si : une strie rouge longitudinale apparaît sur un seul ongle, un sillon s’élargit progressivement, ou l’ongle se fragilise et se détruit – ce sont les signes possibles d’un lichen plan unguéal, urgence dermatologique relative car l’atteinte de la matrice peut devenir irréversible.
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Stries longitudinales vs stries transversales – quelle différence ?
Stries longitudinales
Stries transversales (lignes de Beau)
Direction
Dans le sens de la longueur de l’ongle
Perpendiculaire à la croissance de l’ongle
Cause la plus fréquente
Vieillissement normal, troubles vasculaires
Choc physique ou maladie systémique sévère
Signification
Souvent bénin – parfois psoriasis, lichen, pelade
Marque un épisode de stress cutané ou systémique daté
Évolution
Persistantes, s’accentuent avec l’âge
Migrent vers le bord libre au fil de la repousse
Urgence médicale
Rarement
Si toutes les ongles simultanément – bilan systémique
Causes des ongles striés
Cause
Type de strie
Signes associés
Vieillissement physiologique
Longitudinales
Accentuation progressive après 50 ans – bénin
Troubles vasculaires des doigts
Longitudinales
Hémorragies sous-unguéales (taches noires en flammèches), syndrome de Raynaud
Le lichen plan unguéal est un diagnostic à ne pas manquer car il peut, s’il n’est pas traité à temps, conduire à une destruction irréversible de la matrice de l’ongle et à une perte définitive de l’ongle. Il se manifeste par :
Des stries longitudinales rouges (érythronychie linéaire)
Un pterygium unguéal – une cicatrice en V qui envahit la tablette depuis la lunule
Un amincissement et une fragilité croissante de l’ongle
Parfois des lésions de lichen cutané ou buccal associées – plaques violacées qui démangent, réseau de Wickham sur les muqueuses
⚠️ Consultez rapidement si vous observez une strie rouge longitudinale sur un seul ongle, un sillon qui s’élargit ou une perte progressive de substance de l’ongle – le lichen plan unguéal nécessite un traitement précoce (dermocorticoïdes, rétinoïdes) pour éviter les séquelles définitives.
Hémorragies sous-unguéales en flammèches
Les petites taches noires longitudinales visibles dans l’épaisseur de l’ongle (comme sur la photo ci-dessus) sont des hémorragies sous-unguéales en flammèches. Elles correspondent à de minuscules saignements des capillaires du lit unguéal. Causes principales :
Traumatisme local répété (sport, chaussures serrées) – cause la plus fréquente
Psoriasis unguéal
Troubles vasculaires (vascularite, endocardite infectieuse si multiple et bilatérale)
💡 Hémorragies sous-unguéales multiples et bilatérales sans traumatisme évident – évoquer une endocardite infectieuse ou une vascularite systémique. Bilan cardiologique et immunologique recommandé.
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Traitements des ongles striés
Le traitement dépend entièrement de la cause :
Stries liées à l’âge – aucun traitement médical nécessaire. Soins cosmétiques : vernis de soin, polissage doux à l’éponge émery (pas de lime abrasive), huile de soin pour les cuticules
Psoriasis unguéal – dermocorticoïdes sous occlusion, calcipotriol, et dans les formes sévères : biothérapies (dont certaines ont une AMM pour l’atteinte unguéale)
Lichen plan unguéal – dermocorticoïdes locaux ou injectés en péri-unguéal, rétinoïdes oraux. À débuter rapidement
Pelade unguéale – traitement de la pelade en priorité
Carences – correction par supplémentation (fer, zinc, biotine, protéines)
Lignes de Beau – disparition spontanée avec la repousse une fois la cause résolue
Questions fréquentes sur les ongles striés
Les stries sur les ongles sont-elles graves ?
Dans la grande majorité des cas, les stries longitudinales sont bénignes – simple accentuation liée à l’âge ou aux microtraumatismes quotidiens. Elles deviennent préoccupantes si elles s’accompagnent d’une strie rouge (lichen plan), de déformations progressives (psoriasis), ou de destruction de l’ongle. Un avis dermatologique permet de différencier une strie banale d’une pathologie nécessitant un traitement.
Quelle est la différence entre stries longitudinales et lignes de Beau ?
Les stries longitudinales vont dans le sens de la longueur de l’ongle – elles sont persistantes et s’accentuent avec l’âge. Les lignes de Beau sont des sillons transversaux, perpendiculaires à la croissance, qui marquent un épisode de stress de la matrice unguéale (maladie grave, fièvre élevée, chimiothérapie, traumatisme). Elles « voyagent » vers le bord libre au fil de la repousse et disparaissent spontanément – on peut même dater approximativement l’épisode déclenchant en mesurant leur position.
Le psoriasis peut-il toucher uniquement les ongles ?
Oui – le psoriasis unguéal isolé (sans plaques cutanées) est possible et souvent méconnu. Il se manifeste par des ponctuations en « dés à coudre », une onycholyse (décollement), une tache huile (zone jaunâtre sous l’ongle) ou des stries longitudinales. Il est important de le diagnostiquer car il est associé à un risque plus élevé de rhumatisme psoriasique – une atteinte articulaire qui peut être grave.
Comment soigner des ongles striés naturellement ?
Pour les stries bénignes liées à l’âge, quelques soins simples peuvent améliorer l’aspect : huiler les cuticules quotidiennement (huile de ricin, vitamine E), éviter les vernis abrasifs et la lime trop agressive, protéger les mains avec des gants lors des travaux ménagers, corriger les éventuelles carences en fer et zinc. En revanche, aucun soin « naturel » ne traite les stries causées par le psoriasis ou le lichen plan – ces formes nécessitent un traitement médical.
Nakamura R et al. Dermatoscopy of nail lichen planus. Int J Dermatol. 2013. Le lichen plan unguéal touche 10 % des patients atteints de lichen plan. PMID 23432149
Harford RR et al. Unilateral Beau’s lines associated with a fractured and immobilized wrist. Cutis. 1995. PMID 8565610
Damevska K et al. Onychomadesis Following Cutaneous Vasculitis. Acta Dermatovenerol Croat. 2017. PMID 28511755
On sait depuis longtemps que la stimulation superficielle de la peau favorise la redensification et la réparation des couches profondes – là où siègent les cicatrices, les rides, la cellulite et les vergetures. Les dermatologues exploitent ce principe depuis de nombreuses années via les peelings doux, les rétinoïdes et le laser. Le micro-needling (technique des micro-aiguilles) est une approche plus récente qui s’inscrit dans cette même logique de stimulation contrôlée.
Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Le micro-needling stimule la production de collagène par de fines perforations contrôlées de la peau, réalisées au roller ou au stylo médical (1 à 2,5 mm). Une méta-analyse de 2024 portant sur 1546 patients confirme son efficacité sur les cicatrices d’acné, avec un profil de sécurité favorable même sur peaux mates et foncées. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Principe et mécanisme d’action
Le micro-needling repose sur un principe bien établi : créer des microtraumatismes contrôlés dans les couches superficielles de la peau déclenche une cascade de réparation tissulaire naturelle. En réponse aux microperforation, les fibroblastes du derme sont activés et synthétisent de nouvelles fibres de collagène et d’élastine, responsables de la fermeté et de l’élasticité cutanée.
Les microtrous se referment en moins d’une heure après la séance. Pendant cette fenêtre de perméabilité, les soins actifs appliqués immédiatement après pénètrent jusqu’aux couches profondes du derme, décuplant leur efficacité.
Mécanisme en résumé : Microperforation → activation des fibroblastes → synthèse de collagène/élastine → remodelage cutané profond, sur les cicatrices, rides et vergetures.
Qu’est-ce que le micro-needling (roller) ?
Le micro-needling consiste à passer sur la peau sèche un rouleau (roller) garni de centaines de micro-aiguilles chirurgicales en acier inoxydable, qui perforent les couches les plus superficielles sans créer de plaie véritable.
Les micro-aiguilles des rollers à usage médical existent en plusieurs longueurs : 1 mm, 1,5 mm, 2 mm et 2,5 mm selon le modèle, la profondeur ciblée et l’indication traitée. Plus les aiguilles sont longues, plus la stimulation est profonde – et plus l’anesthésie locale préalable est indispensable.
Important : Le rouleau est à usage unique et doit être jeté après chaque séance. Les aiguilles s’émoussent à l’utilisation et un rouleau réutilisé serait inefficace et potentiellement contaminant.
Indications du micro-needling
Le micro-needling est un traitement sûr, sans risque de cicatrice ni de pigmentation résiduelle, y compris sur les peaux mates, avec un risque de taches pigmentées nettement inférieur à celui des lasers ablatifs (PMID 41821146), ce qui en fait une option intéressante sur les phototypes foncés.
Avantage sur les peaux foncées : Contrairement aux lasers ablatifs, le micro-needling ne provoque pas de dépigmentation post-inflammatoire. Il constitue une option de choix pour les phototypes IV à VI (peaux mates et foncées) selon les données de la littérature dermatologique.
Déroulement d’une séance de micro-needling
Le médecin procède aux étapes suivantes :
Étape 1 – Anesthésie locale à la crème
Une couche généreuse de crème anesthésiante (EMLA® ou Anesderm®) est appliquée sur la zone à traiter et laissée en occlusion 40 à 60 minutes. Elle est ensuite retirée soigneusement avec une compresse et un antiseptique doux avant le passage du roller.
Étape 2 – Passage du roller
Le rouleau est appliqué dans quatre directions (horizontale, verticale, diagonale droite-gauche, diagonale gauche-droite), répétées 3 à 4 fois sur chaque zone, jusqu’à l’apparition d’une légère rosée sanglante (micropetits saignements en surface témoignant d’une stimulation optimale).
Micro-aiguilles (micro-needling) appliquées à l’aide d’un roller sur le front d’une patiente
Étape 3 – Application d’un cosmétique actif (optionnel)
Immédiatement après la séance, les microtrous restent ouverts pendant environ une heure. C’est la fenêtre idéale pour appliquer un soin actif (acide hyaluronique, facteurs de croissance, vitamine C, PRP…) dont la pénétration sera décuplée jusqu’aux couches profondes du derme.
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Fréquence des séances
La fréquence dépend de la longueur des aiguilles utilisées et de l’indication traitée :
Aiguilles courtes (0,5 – 1 mm) : séances possibles toutes les 1 à 2 semaines – stimulation légère, récupération rapide.
Aiguilles moyennes (1,5 – 2 mm) : séances espacées de 3 à 4 semaines – temps de cicatrisation et de remodelage collagénique nécessaire.
Aiguilles longues (2,5 mm) : séances mensuelles au minimum – stimulation profonde avec récupération plus longue.
En pratique, un protocole de 3 à 6 séances est souvent proposé pour les cicatrices et vergetures, avec une évaluation du résultat à 3 mois.
⚠️ Consultez rapidement si :
– Rougeur intense, chaleur et douleur persistant plus de 48 heures (signe possible d’infection)
– Écoulement purulent ou fièvre après une séance
– Réaction allergique marquée (gonflement important, urticaire généralisée)
– Cicatrices ou taches pigmentées apparaissant dans les semaines suivant la séance
Questions fréquentes sur le micro-needling
Le micro-needling est-il douloureux ?
La séance est précédée d’une anesthésie topique (crème EMLA® ou Anesderm®) appliquée 40 à 60 minutes avant le passage du roller. La procédure est ainsi bien tolérée. Une sensation de chaleur ou de légère brûlure peut persister quelques heures après la séance. La rougeur disparaît généralement en 24 à 48 heures.
Combien de séances sont nécessaires pour voir des résultats ?
Les premiers effets (teint plus lumineux, texture affinée) sont perceptibles dès la 2e ou 3e séance. Pour les cicatrices et les vergetures, un protocole de 4 à 6 séances espacées d’un mois est généralement recommandé. Le résultat final s’apprécie à 3 mois après la dernière séance, le temps que la néosynthèse de collagène soit complète.
Le micro-needling est-il compatible avec toutes les peaux ?
Oui, y compris les peaux mates et foncées (phototypes IV à VI), contrairement aux lasers ablatifs qui exposent ces phototypes à un risque de taches post-inflammatoires. Le micro-needling est déconseillé en cas de peau active (acné inflammatoire sévère, eczéma en poussée), de traitement anticoagulant, de grossesse ou d’infection cutanée active dans la zone à traiter.
Peut-on pratiquer le micro-needling à domicile avec un roller en vente libre ?
Les rollers disponibles en vente libre ont des aiguilles très courtes (0,2 à 0,5 mm) et une action principalement superficielle. Ils ne permettent pas d’atteindre les couches où siègent cicatrices et vergetures. Les rollers médicaux (1 à 2,5 mm) utilisés en cabinet permettent seuls une stimulation dermique efficace, dans des conditions d’hygiène et d’anesthésie adaptées.
Quelles sont les suites immédiates après une séance ?
Après la séance, la peau est rouge, légèrement gonflée et sensible, comme après un coup de soleil. Ces signes disparaissent en 24 à 48 heures. Il est conseillé d’éviter le maquillage, l’exposition solaire et les produits irritants (rétinoïdes, acides) pendant 48 heures. L’application d’un écran solaire SPF 50+ est indispensable dans les jours suivant la séance.
Peut-on combiner le micro-needling avec d’autres traitements ?
Oui. Le micro-needling se combine volontiers avec l’injection de PRP (plasma riche en plaquettes) appliqué immédiatement après la séance pendant la fenêtre de perméabilité, ou avec des séances de peeling doux à distance. Le médecin définit le protocole combiné lors de la consultation initiale.
Sur le même sujet – Techniques de rajeunissement cutané :
Li H, Jia B, Zhang X. Comparing the efficacy and safety of microneedling and its combination with other treatments in patients with acne scars: a network meta-analysis of randomized controlled trials. Arch Dermatol Res. 2024;316(8):505. PMID 39110247
Argobi Y, Tobeigei F, Alasiri FI. Fractional CO2 Laser Versus Micro Needling Radiofrequency for Post Acne Scarring: A Meta-Analysis of RCTs. J Cosmet Dermatol. 2026;25(3):e70765. PMID 41821146
Kumar N, Lin S, Luthra A, Patel T, Bhatia AC. The Efficacy and Safety of Radiofrequency Microneedling for Melasma: A Systematic Review and Qualitative Evidence Synthesis. Aesthet Surg J Open Forum. 2026;8:ojag075. PMID 42253423
Mis à jour le 28 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Une boule rouge sur la peau inquiète souvent mais est dans la grande majorité des cas bénigne. L’angiome rubis (ou angiome stellaire – vasodilatation bénigne) est la cause la plus fréquente après 30 ans (90 % des adultes en ont plusieurs). Un kyste épidermoïde infecté (abcès kystique), un furoncle ou un nœud lymphatique réactionnel peuvent aussi se présenter comme une boule rouge. Les boules rouges rapidement évolutives, dures, indolores ou saignantes méritent toujours une évaluation dermatologique. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Consultez rapidement si la boule rouge :
grossit vite en quelques jours à semaines ;
saigne facilement au moindre contact ou spontanément ;
s’accompagne de fièvre, de rougeur chaude et extensive, ou d’une zone qui devient fluctuante (abcès) ;
est dure, fixe et ne bouge pas sous la peau ;
apparaît après 40 ans sans traumatisme évident et ne régresse pas.
En dehors de ces situations, la plupart des boules rouges (angiomes rubis notamment) sont bénignes et ne nécessitent pas de prise en charge urgente.
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En cas de boule rouge qui fait mal sous la peau : consultez un médecin
La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.
Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de boules sous la peau
Le médecin va s’orienter en fonction d’éléments anamnestiques (est-ce qu’il y avait une boule avant, de la fièvre..), topographique (boule dans le dos, la nuque, le visage, la main… ) et cliniques (rougeur, douleur… )
On peut citer parmi ceux-ci : abcès, kyste inflammatoire, cancer, ganglion, angiome…
Elements topographiques :
Les éléments topographiques orientent le médecin mais il y a toujours beaucoup d’autres diagnostics possibles
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un angiome rubis et est-il grave ?
L’angiome rubis (ou angiome sénile, hémangiome cerise) est une petite papule rouge vif à bordeaux, de 1 à 5 mm, parfaitement ronde, présente chez 90 % des adultes après 30 ans. Il est formé de vaisseaux dilatés bénins dans le derme superficiel. Il blanchit à la vitropression (reflux vasculaire). Totalement bénin, non contagieux, non cancéreux. Tendance à multiplier avec l’âge. Traitement cosmétique si gênant : électrocoagulation (quelques secondes, résultat immédiat), laser vasculaire (Nd:YAG 1064 nm, Dye laser) – non remboursé.
Comment distinguer une boule rouge d’un kyste infecté ?
Le kyste épidermoïde infecté est rouge, chaud, douloureux à la palpation, avec un punctum central parfois visible. Il grossit en 24 à 48 heures. La fluctuation à la palpation (sensation de liquide sous pression) confirme l’abcès. L’angiome rubis est rouge mais non douloureux, non fluctuant, blanchit à la vitropression et ne grossit pas rapidement. Un furoncle est centré sur un follicule pileux (poil visible au centre), rouge douloureux, sans fluctuation en phase précoce.
Un granulome pyogénique est-il dangereux ?
Le granulome pyogénique (hemangiome lobulaire acquis) est une boule rouge vif, molle, saignant facilement, à croissance rapide (quelques semaines), souvent après un traumatisme mineur ou une grossesse. Il peut faire peur par son aspect hémorragique et sa croissance. Il est bénin mais récidive après simple cautérisation. Traitement : exérèse chirurgicale complète avec marge + analyse histologique (pour éliminer un mélanome achromique). Régression post-partum possible mais inconstante.
Un kyste sébacé infecté peut-il régresser sans drainage ?
Les petits kystes épidermoïdes infectés (< 2 cm, sans fièvre) peuvent parfois régresser sans drainage avec des compresses chaudes humides 3 fois/jour × 5 jours. Cependant, la paroi kystique reste en place et le kyste récidivera inévitablement. Pour les abcès kystiques constitués (> 2 cm, fluctuants, douloureux) : incision-drainage par le médecin est nécessaire pour une résolution rapide. L’exérèse chirurgicale de la totalité de la paroi kystique en période froide (hors infection) est le seul traitement définitif.
Une boule rouge sur la joue peut-elle être un angiofibrome ?
Oui. L’angiofibrome (ou fibrome mou angiomateux) est une petite papule rosée ou rouge, molle, pédiculée ou sessile, bénigne, fréquente sur le visage et le cou chez l’adulte. Elle résulte d’une prolifération fibro-vasculaire bénigne. À distinguer du molluscum contagiosum (ombiliqué, contagieux), du condylome plan (HPV) et, rarement, de l’adénome sébacé (jaunâtre, dans la sclérose tubéreuse de Bourneville). Traitement : simple exérèse à la cisaille sous anesthésie locale ou électrocoagulation.
Pourquoi les angiomes rubis augmentent-ils avec l’âge ?
Les angiomes rubis (hémangiomes séniles) se multiplient avec l’âge car les vaisseaux cutanés perdent leur tonus avec le vieillissement (réduction de la production de matrice extracellulaire). Certains facteurs accélèrent leur apparition : exposition UV chronique, corticoïdes au long cours, immunosuppression, cirrhose (via l’augmentation du VEGF). La grossesse peut aussi les multiplier temporairement. Après 50 ans, presque tous les adultes en ont plusieurs. Aucune signification pathologique dans la grande majorité des cas.
Un nœud lymphatique rouge dans le cou ou l’aine peut-il être confondu avec un bouton ?
Oui, surtout si l’adénopathie est superficielle et réactive. Un ganglion infecté (adénite) est rouge, chaud, douloureux, mobile, de 1 à 3 cm, apparaissant après une infection de la zone de drainage (dental, ORL, cutanée). Il régresse en 4 à 6 semaines avec antibiothérapie. Un ganglion de lymphome est indolore, dur, persistant, augmentant progressivement. Toute adénopathie persistant > 6 semaines sans infection évidente doit déclencher une écho+biopsie.
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Betz-Stablein B et al., Anatomic Distribution of Cherry Angiomas in the General Population, Dermatology, 2021;238(1):18-26, PMID 34293748
Cheung I, Cheung D, Postoperative Eyelid Pyogenic Granuloma: A Systematic Review of Clinical Features, Surgical Associations, and Management, Cureus, 2026;18(5):e108239, PMID 42245883
Surber ML, Sweeney R, Using the Loop Drainage Procedure to Manage Cutaneous Abscesses, Adv Emerg Nurs J, 2026;48(2):90-94, PMID 42066221
Haute Autorité de Santé (HAS), Adénopathies superficielles de l’adulte
Acné chéloïdienne de la nuque Acné chéloïdienne de la nuque
L’acné chéloïdienne de la nuque est une pathologie spécifique de la peau noire et du cheveu crépu. Elle touche principalement les hommes d’origine africaine et se manifeste par des boutons infectés de la nuque et du bas du crâne, au ras des cheveux, pouvant évoluer vers des cicatrices chéloïdes.
Mis à jour le 2 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : L’acné chéloïdienne de la nuque (folliculite kéloïdienne) touche surtout les hommes à peau noire ou métissée. Arrêt du rasage à ras, rétinoïdes et corticoïdes intralésionnels : la prise en charge précoce est essentielle pour éviter les kéloïdes. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Tondre la nuque avec une tondeuse à environ 1 mm de la peau est la mesure d’hygiène indispensable pour éviter les récidives. Le rasoir coupe les poils sous la peau et crée une porte d’entrée pour les germes – la tondeuse évite ce mécanisme.
2 – En cas de nécessité de maintenir le rasage (militaires…)
Si le rasage ne peut pas être évité, préférer le rasoir électrique. En cas d’obligation de rasoir à lame :
Règle
Pourquoi
Utiliser un rasoir à une seule lame
Les multi-lames coupent les poils sous la peau – favorisent l’incarnation
Mouiller la peau à l’eau chaude – utiliser un gel de rasage (pas de mousse)
Ramollit et décolle les poils de la peau avant de les couper
Raser dans le sens de la pousse des poils
Raser à contre-sens aggrave l’incarnation
Le moins de passages possible – ne pas raser trop ras
Un rasage trop près coupe les poils sous la peau et lèse l’abouchement folliculaire – croûte et cicatrice qui gênent la repousse
Rincer le rasoir à l’eau chaude après chaque passage
Évite les dépôts et maintient l’efficacité de la lame
3 – Soigner les chéloïdes constituées
Chéloïdes de petite taille
Traitement
Modalité
Cryothérapie
Congélation à l’azote liquide – séances répétées espacées de 3 à 4 semaines
Injections directement dans la chéloïde – acte médical – efficacité supérieure aux applications topiques
Chéloïdes de grande taille
Elles requièrent le plus souvent un traitement chirurgical (exérèse des lésions), généralement associé à une radiothérapie adjuvante ou à des injections de corticoïdes en postopératoire pour prévenir la récidive. Pour le détail des options thérapeutiques : voir chéloïdes – soigner et atténuer.
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Quand consulter rapidement ? Consultez un dermatologue sans attendre si vous observez des boutons douloureux et persistants sur la nuque, des plaques épaissies, des cicatrices post-boutons, ou si les poils incarnés récidivent après le rasage. Plus la prise en charge est précoce, plus les kéloïdes sont évitables.
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Questions fréquentes
L’acné chéloïdienne de la nuque est-elle contagieuse ?
Non – ce n’est pas une maladie infectieuse contagieuse. C’est une réaction inflammatoire et cicatricielle spécifique au terrain (peau noire, cheveu crépu) déclenchée par le rasage. La prédisposition à former des chéloïdes est constitutionnelle et génétique.
Peut-on guérir définitivement de l’acné chéloïdienne de la nuque ?
La guérison complète est difficile car la prédisposition chéloïdienne persiste. L’arrêt du rasage et le passage à la tondeuse permettent de stopper les nouvelles poussées dans la grande majorité des cas. Les chéloïdes déjà constituées peuvent être traitées (cryothérapie, injections de corticoïdes, chirurgie) mais le risque de récidive reste présent si le facteur déclenchant n’est pas éliminé.
Pourquoi cette pathologie touche-t-elle surtout les hommes d’origine africaine ?
Le cheveu crépu pousse en spirale – après rasage, la pointe du poil coupé courbe et repénètre la peau au lieu de sortir normalement, provoquant une réaction inflammatoire. La peau noire a également une prédisposition plus marquée à former des chéloïdes en réponse à toute inflammation cutanée. Ces deux caractéristiques combinées expliquent la quasi-exclusivité de cette pathologie dans cette population.
La cryothérapie est-elle douloureuse pour les chéloïdes de la nuque ?
La cryothérapie à l’azote liquide provoque une sensation de brûlure froide pendant l’application, suivie d’une rougeur et d’une phlyctène (cloque) les jours suivants. La douleur est modérée et transitoire. Plusieurs séances sont généralement nécessaires. Le médecin peut proposer une anesthésie locale avant l’application si les lésions sont nombreuses ou étendues.
Protopic® (tacrolimus) : indications, mode d’emploi et effets – Dr Rousseau 2026
Protopic® (tacrolimus) : indications, mode d’emploi et effets secondaires – Dr Rousseau, dermatologue
Le Protopic® (tacrolimus 0,03 % ou 0,1 %) est un immunomodulateur topique indiqué en deuxième intention dans la dermatite atopique modérée à sévère de l’adulte et de l’enfant à partir de 2 ans. Son avantage décisif sur les corticoïdes topiques : il n’entraîne pas d’atrophie cutanée, ce qui le rend particulièrement adapté au visage, aux paupières, au cou et aux plis. Il est également utilisé dans le vitiligo, le lichen plan et plusieurs autres dermatoses inflammatoires.
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Le tacrolimus est une molécule macrolide extraite de la bactérie Streptomyces tsukubaensis. Il appartient à la classe des inhibiteurs de la calcineurine topiques (ICT), aux côtés du pimécrolimus (Elidel®).
Son mécanisme d’action en trois étapes :
Étape
Ce qui se passe
1. Liaison à FKBP-12
Le tacrolimus se fixe à la protéine cytoplasmique FKBP-12 dans les lymphocytes T
2. Inhibition de la calcineurine
Le complexe formé bloque la calcineurine, phosphatase nécessaire à l’activation du facteur NFAT
3. Blocage des cytokines pro-inflammatoires
La transcription des gènes codant pour IL-2, IL-4, IL-5, TNF-α, IFN-γ est bloquée – la cascade inflammatoire s’interrompt
Le tacrolimus agit également sur les mastocytes, les éosinophiles et les cellules dendritiques, réduisant la libération d’histamine et d’autres médiateurs.
Avantage clé vs corticoïdes : le tacrolimus n’agit pas sur les fibroblastes cutanés. Il ne provoque donc ni atrophie cutanée, ni télangiectasies, ni vergetures – même utilisé au long cours sur le visage.
Protopic® 0,03 % vs 0,1 % : quelle concentration choisir ?
Protopic® 0,03 %
Protopic® 0,1 %
Population
Enfant dès 2 ans ; adulte en 2e intention
Adulte uniquement
Indication principale
DA modérée à sévère – 1re concentration pédiatrique
DA modérée à sévère de l’adulte – plus efficace
Efficacité relative
Bonne sur peau pédiatrique, légèrement inférieure à 0,1 %
Supérieure pour les formes sévères de l’adulte
Profil de sécurité
Adapté à l’enfant ; absorption systémique plus limitée
Usage adulte exclusif – même profil de tolérance locale
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Indications du Protopic® : AMM et hors AMM
Indication principale avec AMM
Dermatite atopique modérée à sévère de l’adulte et de l’enfant à partir de 2 ans, en deuxième intention, lorsque les traitements conventionnels (dermocorticoïdes) sont insuffisants, mal tolérés ou contre-indiqués.
Traitement proactif : 2 applications par semaine sur les zones habituellement atteintes pour prévenir les rechutes chez les patients ayant au moins 4 poussées par an. Cette stratégie est validée par les recommandations européennes et réduit significativement la fréquence et la sévérité des poussées.
Indications hors AMM reconnues en pratique dermatologique
Monothérapie ou association aux UVB à spectre étroit. Efficacité comparable aux corticoïdes locaux, sans risque d’atrophie – traitement topique de choix pour le vitiligo facial et péri-orificiel
Dermatite séborrhéique résistante
Notamment les formes faciales réfractaires aux antifongiques
Formes buccales et génitales, notamment quand les corticoïdes sont contre-indiqués au long cours
Psoriasis inversé
Localisé aux plis (aisselles, aine, sous-mammaire) – pas d’atrophie ni de risque d’absorption accrue dans les zones occlusives
Rosacée granulomateuse / dermatite péri-orale
Formes réfractaires aux traitements habituels
Pemphigoïde et dermatoses bulleuses localisées
En appoint du traitement de fond
Alopécie areata
Données encore limitées ; utilisation en association
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Protopic® chez l’enfant : ce qu’il faut savoir
Le Protopic® 0,03 % est autorisé chez l’enfant à partir de 2 ans dans la dermatite atopique modérée à sévère résistante aux dermocorticoïdes. Son intérêt en pédiatrie est majeur : il évite les effets secondaires des corticoïdes sur une peau en développement (atrophie, vergetures, retard de croissance en cas d’utilisation prolongée sur de grandes surfaces).
Point clé
Détail
Âge minimum
2 ans (contre-indiqué avant 2 ans : immaturité immunitaire, absorption systémique accrue)
Concentration
0,03 % uniquement chez l’enfant
Posologie des poussées
2 applications par jour jusqu’à disparition des lésions
Durée maximale sans réévaluation
3 semaines consécutives chez l’enfant de 2 à 15 ans
Sensation de brûlure
Possible en début de traitement, comme chez l’adulte – transitoire
Note pour les parents : la sensation de chaleur ou de brûlure à l’application est fréquente et ne doit pas conduire à arrêter le traitement. Elle disparaît en général en quelques jours, parallèlement à l’amélioration des lésions d’eczéma.
Mode d’emploi du Protopic® : conseils pratiques
Schéma de traitement selon la phase
Phase
Schéma d’application
Poussée active
2 applications par jour sur les zones atteintes, jusqu’à disparition des lésions
Amélioration clinique
Réduire à 1 application par jour
Traitement proactif (si ≥ 4 poussées/an)
2 applications par semaine sur les zones habituellement atteintes, même en l’absence de lésions
Règles d’application essentielles
Appliquer en couche mince sur les zones atteintes uniquement – ne pas étaler sur toute la surface corporelle.
Ne pas appliquer sous pansement occlusif – cela augmente l’absorption systémique.
Éviter le contact avec les yeux et les muqueuses.
Se laver les mains après chaque application, sauf si les mains sont la zone traitée.
Soleil et Protopic® : éviter les expositions solaires intenses, les cabines UV et les séances de photothérapie non prescrites pendant le traitement. En cas d’exposition inévitable, appliquer une protection solaire adaptée sur les zones traitées. Cette précaution vise à limiter l’exposition cumulée des zones traitées aux UV – potentiellement promotrices de carcinogenèse à très long terme.
Alcool et Protopic® : ne pas consommer d’alcool immédiatement après une application sur le visage. L’association peut provoquer un flush facial transitoire (rougeur et chaleur intense), sans gravité mais désagréable.
Conservation : à température ambiante, ne pas dépasser 25 °C, à l’abri de l’humidité.
Traitement immunosuppresseur au long cours, déficit immunitaire, VIH évolué
Syndrome de Netherton et génodermatoses altérant la barrière cutanée
Risque d’absorption systémique majeure
Lésions potentiellement malignes ou prémalignes
Risque de promotion tumorale théorique
Grossesse et allaitement
Déconseillé par précaution ; le tacrolimus passe dans le lait maternel
Bilan avant utilisation : vérifier l’absence d’infection cutanée active, rechercher un antécédent d’herpès récidivant (une poussée peut être déclenchée sous Protopic®), évaluer le statut immunitaire, informer le patient sur la question du risque carcinogène à très long terme et sur la nécessité de photoprotection.
Effets secondaires du Protopic®
Effet indésirable
Fréquence et caractéristiques
Sensation de chaleur, brûlure, prurit, picotements
Très fréquent en début de traitement – transitoire, régresse en quelques jours
Intolérance à l’alcool (flush facial)
Après consommation d’alcool suivant une application sur le visage – sans gravité
Le Protopic® est principalement indiqué dans la dermatite atopique modérée à sévère chez l’adulte et l’enfant à partir de 2 ans, en deuxième intention, après échec ou intolérance aux dermocorticoïdes. Il est également utilisé hors AMM dans le vitiligo, le lichen plan, le psoriasis des plis et la dermatite séborrhéique résistante.
Quelle est la différence entre Protopic® 0,03 % et 0,1 % ?
Le 0,03 % est indiqué chez l’enfant dès 2 ans et peut être utilisé chez l’adulte en deuxième intention. Le 0,1 % est réservé à l’adulte et offre une efficacité supérieure dans les formes modérées à sévères. Les deux concentrations ont un profil de tolérance locale similaire.
Le Protopic® peut-il remplacer la cortisone ?
Le Protopic® n’est pas un corticoïde. Son avantage majeur est de ne pas provoquer d’atrophie cutanée, ce qui le rend particulièrement utile sur le visage, les paupières, le cou et les plis où l’usage prolongé de corticoïdes est déconseillé. Il est complémentaire des dermocorticoïdes, pas systématiquement substituable.
Le Protopic® brûle : est-ce normal ?
Oui. Une sensation de chaleur, brûlure, prurit ou picotements est très fréquente en début de traitement. Cet effet est transitoire et régresse spontanément en quelques jours, parallèlement à l’amélioration des lésions. Il est conseillé de ne pas arrêter le traitement pour cette raison seule.
Peut-on utiliser le Protopic® sur le visage ?
Oui, c’est même l’une de ses principales indications. Contrairement aux dermocorticoïdes, il ne provoque pas d’atrophie cutanée ni de télangiectasies sur le visage. Il est recommandé dans la dermatite atopique faciale et dans le vitiligo facial, en particulier autour des orifices.
Le Protopic® augmente-t-il le risque de cancer ?
Un signal de pharmacovigilance a été émis en 2006 concernant un risque théorique de lymphome et de carcinome cutané au très long cours. Ce risque n’a pas été confirmé par les études épidémiologiques réalisées depuis. Par précaution, il est recommandé de protéger les zones traitées du soleil et d’éviter les cabines UV.
Peut-on utiliser le Protopic® pendant la grossesse ?
Le Protopic® est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement par précaution, car le tacrolimus passe dans le lait maternel. La décision doit être prise en concertation avec un dermatologue, en évaluant le rapport bénéfice/risque selon la surface à traiter et la sévérité de la dermatose.
Qu’est-ce que le traitement proactif par Protopic® ?
Le traitement proactif consiste à appliquer le Protopic® 2 fois par semaine sur les zones habituellement atteintes, même en l’absence de lésions actives, pour prévenir les rechutes. Cette stratégie est recommandée chez les patients ayant au moins 4 poussées par an et permet de réduire la fréquence et la sévérité des poussées d’eczéma.
Le Protopic® est-il efficace dans le vitiligo ?
En pratique dermatologique, le tacrolimus topique est utilisé en monothérapie ou associé aux UVB à spectre étroit pour repigmenter les lésions de vitiligo, notamment sur le visage et les zones péri-orificelles. Son efficacité est comparable aux corticoïdes locaux, sans risque d’atrophie – ce qui en fait le traitement topique de choix dans ces localisations.
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Mis à jour mai 2026 – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, Bordeaux.
Les infections des poils sont très fréquentes. Elles regroupent des atteintes bactériennes (folliculite, furoncle, abcès) et des atteintes fongiques (dermatophytes, Malassezia, candidose), dont la prise en charge diffère.
Mis à jour le 29 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Le staphylocoque doré est responsable de la majorité des infections bactériennes du poil (folliculite, furoncle, abcès), favorisé par l’environnement riche en sébum et pauvre en oxygène du follicule pileux. Les poils peuvent aussi être infectés par des champignons (dermatophytes, Malassezia) souvent confondus avec de l’acné. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Les poils constituent un micro-environnement cutané spécifique, car ils sont riches en sébum (huileux) mais pauvres en oxygène. Ils sont très favorables au développement du staphylocoque doré, qui est responsable de la majorité des infections bactériennes du poil.
Mais les poils peuvent être infectés par d’autres micro-organismes, qu’ils soient bactériens ou non (mycoses…).
Infections bactériennes des poils
Infection superficielle du poil : folliculite
La folliculite est le plus souvent une pustule centrée par un poil.
Le furoncle est une folliculite s’accompagnant d’une destruction du poil. Il évolue généralement en donnant une lésion « à tête blanche » en quelques jours, qui résulte de la destruction du poil : c’est le bourbillon, qu’il faut éliminer.
⚠️ Ne jamais manipuler un furoncle du visage : les furoncles du visage doivent faire l’objet d’une attention toute particulière et ne pas être « tripotés », car leur manipulation peut entraîner une staphylococcie maligne de la face, une complication grave nécessitant une prise en charge hospitalière en urgence.
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Abcès
Un abcès est une infection plus profonde et plus volumineuse que les précédentes. Il résulte parfois de l’évolution de celles-ci (lorsqu’on les manipule notamment) ou de l’inflammation d’un kyste préexistant.
Folliculite dermatophytique : en macarons ou en plaques mal limitées de la barbe (sycosis dermatophytique), notamment en cas de contact avec les bovins.
Folliculites torpides à pityrosporon (Malassezia) : sur le dos des hommes, ou sur les jambes des femmes qui s’épilent. Voir bouton après l’épilation.
Folliculites candidosiques douloureuses, en grain de plomb, notamment du cuir chevelu, par exemple chez des personnes immunodéprimées.
Questions fréquentes
Quelle est la cause la plus fréquente d’infection des poils ?
Le staphylocoque doré est responsable de la majorité des infections bactériennes du poil (folliculite, furoncle, anthrax). Les poils, riches en sébum et pauvres en oxygène, constituent un environnement favorable à cette bactérie.
Quelle différence entre folliculite, furoncle et abcès ?
La folliculite est une infection superficielle limitée au poil (simple pustule). Le furoncle est une folliculite plus profonde qui détruit le poil, avec formation d’un bourbillon. L’abcès est une collection encore plus volumineuse et profonde, résultant parfois de la manipulation d’un furoncle ou de l’infection d’un kyste.
Pourquoi ne faut-il pas manipuler un furoncle du visage ?
Un furoncle du visage, notamment autour du nez et de la lèvre supérieure, peut se compliquer d’une staphylococcie maligne de la face en cas de manipulation. Cette complication grave est liée à la richesse du drainage veineux de cette zone vers les sinus caverneux.
Les infections des poils peuvent-elles être dues à un champignon ?
Oui. Les dermatophytes peuvent provoquer une folliculite de la barbe (sycosis), notamment après contact avec des bovins. Le Malassezia (pityrosporum) donne des folliculites torpides du dos ou des jambes, en particulier après épilation, souvent confondues à tort avec de l’acné.
Comment savoir si mes boutons sont une folliculite à Malassezia ou de l’acné ?
La folliculite à Malassezia forme des papules et pustules monomorphes très prurigineuses, résistantes aux traitements habituels de l’acné. Le diagnostic repose sur l’aspect clinique et peut être confirmé par un prélèvement mycologique ; le traitement antifongique améliore rapidement les lésions, contrairement à l’acné.
Quand faut-il consulter pour une infection des poils ?
Consultez rapidement en cas de furoncle du visage, de fièvre, de plusieurs furoncles rapprochés (anthrax), de grossissement rapide d’une lésion, ou si les lésions ne s’améliorent pas après quelques jours de soins locaux.
Comment prévenir les infections des poils ?
Évitez de manipuler ou de percer les boutons, changez régulièrement les rasoirs, désinfectez la peau après épilation ou rasage, et consultez en cas de lésions récidivantes qui peuvent traduire un portage chronique de staphylocoque doré à décoloniser.
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À lire aussi sur les infections de la peau et des poils
Brook I. Microbiology and management of soft tissue and muscle infections. Int J Surg. 2007;6(4):328-338. PMID 17720643.
Chalupczak NV, Lipner SR. Folliculitis: An Underdiagnosed Mimicker of Acneiform Eruptions. J Fungi (Basel). 2025;11(9):662. PMID 41003208.
Wall D, Fraher M, O’Connell B, Watson R, Timon C, Stassen LFA, Barnes L. Infection of the Beard area. Kerion: a review of 2 cases. Ir Med J. 2014;107(7):219-221. PMID 25226722.
Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Telfast® (fexofénadine) : antihistaminique de 2e génération – guide du dermatologue
Le Telfast®, dont le principe actif est la fexofénadine, est un antihistaminique H1 de deuxième génération utilisé en dermatologie dans le traitement de l’urticaire chronique et de la rhinite allergique saisonnière. Sa principale caractéristique est d’être non sédatif : il ne franchit pas la barrière hémato-encéphalique, ce qui le rend compatible avec la conduite automobile et les activités quotidiennes.
Ce guide vous présente ses indications, sa posologie, ses contre-indications et les précautions d’emploi à connaître.
En bref : Le Telfast® (fexofénadine) est un antihistaminique H1 de 2e génération, non sédatif et compatible avec la conduite, utilisé contre l’urticaire chronique et la rhinite allergique. Son absorption chute jusqu’à 36 % en cas de prise avec un jus de fruits (orange, pamplemousse, pomme) : à prendre uniquement avec de l’eau. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Mécanisme d’action et avantages des H1 de 2e génération
La fexofénadine est un antagoniste sélectif des récepteurs H1 à l’histamine. Elle bloque ces récepteurs présents dans la peau, les muqueuses nasales et les conjonctives, prévenant ainsi la cascade allergique déclenchée par la libération d’histamine par les mastocytes.
Contrairement aux antihistaminiques de première génération (comme la dexchlorphéniramine du Polaramine®), la fexofénadine présente deux avantages pharmacologiques majeurs :
Absence de passage dans le système nerveux central : pas de somnolence, pas d’altération des réflexes ni de la concentration.
Absence d’effets anticholinergiques : pas de sécheresse buccale, pas de rétention urinaire, utilisable chez les patients ayant un glaucome ou un adénome de la prostate.
ℹ️ Point clinique
La fexofénadine est un métabolite actif de la terfénadine (antihistaminique retiré du marché en raison d’arythmies cardiaques). La fexofénadine ne présente pas ce risque cardiaque et constitue un profil de sécurité nettement amélioré.
Indications en dermatologie
Le Telfast® possède une AMM dans deux grandes indications :
Réduction des plaques, du prurit et de la qualité de vie altérée
Rhinite allergique saisonnière
Adulte et adolescent ≥ 12 ans
Contrôle des symptômes nasaux et oculaires sans sédation
En dehors de ces indications officielles, le Telfast® est également prescrit en pratique courante pour les prurits allergiques d’origine cutanée (réactions à des piqûres d’insectes, dermite de contact allergique, éruptions médicamenteuses légères) en raison de son excellent profil de tolérance.
💡 Conseil du dermatologue
Dans l’urticaire chronique, les antihistaminiques H1 de 2e génération comme le Telfast® sont le traitement de première intention recommandé par les guidelines EAACI. Si la posologie standard (180 mg/j) est insuffisante, les recommandations autorisent d’augmenter jusqu’à 4 fois la dose avant d’envisager une autre classe thérapeutique (omalizumab).
Posologie et formes disponibles
Indication / Population
Posologie
Prise
Rhinite allergique – Adulte/Ado ≥ 12 ans
120 mg/j
1 cp à 120 mg le matin
Urticaire chronique – Adulte
180 mg/j
1 cp à 180 mg le matin
Urticaire chronique – Enfant 6-11 ans
30 mg × 2/j
2 prises (sirop ou cp 30 mg)
Insuffisance rénale sévère
120 mg/j (dose réduite)
1 prise/j – adaptation selon DFG
Le Telfast® se prend de préférence à distance des repas et des jus de fruits (pamplemousse, orange, pomme) qui peuvent réduire son absorption intestinale jusqu’à 36 %.
Contre-indications et précautions d’emploi
Le Telfast® présente peu de contre-indications absolues, ce qui contribue à sa bonne tolérance générale :
Allergie connue à la fexofénadine ou aux excipients
Enfant de moins de 6 ans (pour l’urticaire) ou moins de 12 ans (pour la rhinite)
Utilisation à éviter pendant la grossesse (données insuffisantes) et l’allaitement
⚠️ Interactions alimentaires importantes
Ne prenez pas Telfast® avec du jus de pamplemousse, d’orange ou de pomme : ces jus inhibent le transporteur OATP1A2 intestinal, réduisant significativement la biodisponibilité de la fexofénadine. Prenez-le avec de l’eau, 30 à 60 minutes avant ou 2 heures après les repas.
⚠️ Attention : Ne prenez jamais le Telfast® avec un jus de fruit (orange, pamplemousse, pomme) ni avec des antiacides à base d’aluminium ou de magnésium : ces associations réduisent fortement l’absorption de la fexofénadine et son efficacité. Respectez un délai de 2 heures avec ces produits et prenez toujours votre comprimé avec de l’eau.
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Effets indésirables
Le Telfast® est globalement très bien toléré. Les effets indésirables signalés restent rares et modérés :
Effet indésirable
Fréquence
Remarque
Céphalées
Peu fréquent
Généralement transitoires
Nausées, vertiges
Peu fréquent
Disparaissent à la poursuite du traitement
Somnolence légère
Rare
Bien moindre que les H1 de 1ère génération
Palpitations
Très rare
Signaler au médecin si persistantes
Réactions d’hypersensibilité
Exceptionnel
Arrêter immédiatement et consulter
Conseils pratiques du dermatologue
ℹ️ Recommandations essentielles
Prendre à jeun ou à distance des repas : les jus de fruits (pamplemousse, orange, pomme) réduisent l’absorption – prenez avec de l’eau uniquement.
Prise unique le matin : la durée d’action de 12 à 24 heures permet une seule prise quotidienne, ce qui favorise l’observance.
Conduite compatible : contrairement aux antihistaminiques de 1ère génération, le Telfast® n’altère pas les réflexes ni la vigilance dans les conditions normales d’utilisation.
Grossesse : éviter en l’absence de données suffisantes sur la sécurité fœtale. Consultez votre médecin.
Insuffisance rénale : la fexofénadine étant majoritairement excrétée par voie rénale, une adaptation de dose est nécessaire en cas d’insuffisance rénale sévère.
Telfast® vs autres antihistaminiques H1 de 2e génération
Le marché des antihistaminiques de 2e génération comprend plusieurs molécules. Voici comment le Telfast® se situe :
Molécule
Telfast® (fexofénadine)
Zyrtec® (cétirizine)
Aerius® (desloratadine)
Somnolence
Minime
Possible chez ~10 %
Très faible
Durée d’action
12–24 h
24 h
24 h
Grossesse
Éviter
À utiliser avec précaution
Éviter
Interaction jus de fruits
Oui (absorption réduite)
Non significative
Non
Dossier urticaire chronique
++
++
++
Questions fréquentes sur le Telfast®
Le Telfast® est-il disponible sans ordonnance ?
Oui, le Telfast® 120 mg et 180 mg est disponible sans ordonnance en pharmacie pour l’adulte. Des génériques (fexofénadine 120 mg ou 180 mg) sont également disponibles à moindre coût. Un avis médical reste utile pour confirmer le diagnostic et s’assurer que l’urticaire n’a pas de cause traitée spécifiquement.
Peut-on conduire en prenant du Telfast® ?
Oui. La fexofénadine ne franchit pas la barrière hémato-encéphalique dans les conditions normales d’utilisation, ce qui en fait l’un des antihistaminiques les plus sûrs pour la conduite. Cependant, comme pour tout médicament, restez attentif à votre état lors des premières prises.
Pourquoi ne pas prendre Telfast® avec du jus d’orange ?
Les jus de pamplemousse, d’orange et de pomme inhibent un transporteur intestinal (OATP1A2) qui intervient dans l’absorption de la fexofénadine. Cette interaction peut réduire la concentration plasmatique de fexofénadine jusqu’à 36 %, diminuant ainsi l’efficacité du médicament. Prenez-le toujours avec de l’eau.
Le Telfast® est-il efficace pour l’urticaire chronique ?
Oui. La fexofénadine est l’un des antihistaminiques H1 de 2e génération recommandés en première intention dans l’urticaire chronique idiopathique par les guidelines EAACI. Si la dose standard (180 mg/j) est insuffisante, le dermatologue peut proposer d’augmenter jusqu’à 4× la dose avant d’envisager l’omalizumab (Xolair®).
Peut-on prendre Telfast® pendant la grossesse ?
Le Telfast® est déconseillé pendant la grossesse en l’absence de données suffisantes sur la sécurité fœtale chez l’humain. En cas de besoin d’un antihistaminique pendant la grossesse, votre médecin vous orientera vers la molécule ayant le meilleur dossier de sécurité obstétricale. Consultez votre médecin ou votre dermatologue avant toute automédication.
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Références scientifiques
Simons FER. Advances in H1-antihistamines. N Engl J Med. 2004;351(21):2203-2217. PMID 15548781
Zuberbier T, Abdul Latiff AH, Abuzakouk M, et al. The international EAACI/GA²LEN/EuroGuiDerm/APAAACI guideline for the definition, classification, diagnosis, and management of urticaria. Allergy. 2022;77(3):734-766. PMID 34536239
Bachert C. A review of the efficacy of desloratadine, fexofenadine, and levocetirizine in the treatment of nasal congestion in patients with allergic rhinitis. Clin Ther. 2009;31(5):921-944. PMID 19539095
Source institutionnelle :ANSM – Résumé des caractéristiques du produit Telfast® (fexofénadine 120 mg et 180 mg). Voir aussi has-sante.fr pour les recommandations générales sur la prise en charge de l’urticaire et des allergies cutanées.
Eczéma des paupières : causes, photos et traitement
L’eczéma des paupières est une affection fréquente qui provoque rougeurs, démangeaisons et gonflement sur une peau particulièrement fine et fragile. Identifier la cause – allergique, séborrhéique ou atopique – est essentiel pour choisir le bon traitement et éviter les récidives.
En bref : L’eczéma des paupières touche surtout les femmes adultes et provoque rougeurs, gonflement et démangeaisons sur une peau extrêmement fine. Dans 70 à 80 % des cas, la cause est allergique de contact – vernis à ongles, mascara, conservateurs de collyres. Supprimer l’allergène suffit à guérir dans la grande majorité des cas, avec une crème cortisonée douce en traitement court. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Pourquoi les paupières sont-elles si vulnérables ?
La peau des paupières est la plus fine du corps (0,5 mm d’épaisseur). Elle réagit donc de façon amplifiée au moindre contact irritant ou allergique – avec un gonflement souvent impressionnant même pour une réaction modérée. C’est aussi une zone très exposée aux allergènes : cosmétiques, air ambiant, gestes inconscients (se frotter les yeux avec les mains).
Eczéma des paupières – rougeur et gonflementEczéma aigu de la paupière
Les 3 formes d’eczéma des paupières
1. Eczéma de contact allergique – la cause la plus fréquente
Eczéma aigu du visage avec atteinte des paupières
L’eczéma allergique de contact résulte d’une sensibilisation à un allergène qui, lors d’un contact ultérieur, déclenche une réaction inflammatoire. La particularité des paupières est que l’allergène n’est pas forcément appliqué directement sur les paupières – il peut y être transporté par les mains ou l’air.
Principaux allergènes en cause :
Cosmétiques appliqués sur les paupières – crèmes, fards à paupières, mascara, eye-liner, démaquillants. Le conservateur thimérosal et les parfums sont souvent en cause
Vernis à ongles – les résines époxy et formaldéhyde du vernis se transfèrent aux paupières quand on se frotte les yeux
Collyres et solutions pour lentilles – certains conservateurs (benzalkonium chloride) sont allergisants
Allergènes aéroportés – poussières, pollens, vapeurs de parfum en suspension dans l’air
Nickel – via les lunettes ou bijoux portés à proximité
Produits capillaires – teintures, shampooings qui ruissellent sur le visage
💡 À noter : un eczéma allergique peut apparaître après des années d’utilisation d’un produit sans problème. La sensibilisation peut survenir à tout moment.
Comment identifier l’allergène responsable ?
Le dermatologue utilise les patch-tests (tests épicutanés) : des sparadraps contenant différents allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h, puis retirés et lus. Une réaction positive (rougeur, vésicules) indique la sensibilisation à l’allergène concerné. Une positivation tardive jusqu’à 7 jours après la pose est possible – une 2e lecture peut être nécessaire.
Patch-tests – identification de l’allergène responsable
2. Dermite séborrhéique des paupières
Dermite séborrhéique du visage – atteinte fréquente des paupières
La dermite séborrhéique (appelée parfois « eczéma séborrhéique ») est une affection chronique due à la levure Malassezia. Elle touche les zones riches en glandes sébacées : ailes du nez, sourcils, lisière du cuir chevelu – et fréquemment les paupières. Elle se présente par des plaques rouges légèrement squameuses, moins prurigineuses que l’eczéma allergique.
Elle se distingue de l’eczéma allergique par son caractère chronique et récidivant, et par les autres localisations associées (sourcils, ailes du nez, cuir chevelu avec pellicules).
Traitement : différent de l’eczéma allergique – antifongiques locaux (kétoconazole) et dermocorticoïdes doux en alternance. Voir dermite séborrhéique du visage.
3. Dermatite atopique des paupières
Chez les personnes atopiques (terrain allergique), les paupières sont une localisation fréquente des poussées d’eczéma. La peau est sèche, avec des rougeurs récidivantes, souvent associées à d’autres manifestations atopiques (eczéma des plis, asthme, rhinite allergique). Le grattage chronique peut entraîner un épaississement de la peau (lichénification).
Tableau récapitulatif – distinguer les 3 formes
Eczéma de contact
Dermite séborrhéique
Dermatite atopique
Aspect
Rougeur vive, vésicules, gonflement
Plaques rouges squameuses discrètes
Peau sèche, rougeur diffuse
Prurit
Intense
Modéré
Intense, chronique
Localisation associée
Isolée aux paupières
Nez, sourcils, cuir chevelu
Plis du coude, derrière genoux
Cause
Allergène identifiable
Levure Malassezia
Terrain atopique
Traitement spécifique
Éviction allergène + dermocorticoïdes
Antifongiques + dermocorticoïdes doux
Émollients + dermocorticoïdes
Traitement de l’eczéma des paupières
Règles générales – valables pour toutes les formes
Ne pas se gratter – le grattage aggrave l’eczéma et peut le chroniciser (lichénification). Les paupières sont si fragiles que le moindre frottement les irrite et les fait gonfler davantage
Toilette douce – eau froide sans savon le matin, savon surgras ou démaquillant doux sans parfum le soir / Idéalement soins spécifiques des paupières (Ilast*…)
Éviter les cosmétiques suspects pendant la poussée, et ne les réintroduire qu’un par un après guérison
Traitements médicamenteux
Dermocorticoïdes doux (hydrocortisone 1%, désonide) – traitement de 1re intention. La peau des paupières étant très fine, les corticoïdes forts sont contre-indiqués. Les applications se font sur courte durée (7 à 14 jours maximum) pour éviter l’atrophie cutanée et les effets oculaires (glaucome, cataracte avec usage prolongé).
Il n’est pas rare que le dermatologue prescrive aussi un antifongique car il existe souvent une dermite séborrhéique intriquée à l’eczema des paupières
Inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus Protopic* 0,03%) – alternative aux dermocorticoïdes pour les traitements prolongés. Ils n’entraînent pas d’atrophie cutanée et sont particulièrement adaptés aux paupières.
Antihistaminiques oraux (cétirizine, loratadine) – pour calmer les démangeaisons, surtout en cas de prurit intense nocturne.
Éviction de l’allergène – indispensable en cas d’eczéma de contact. Sans éviction, aucun traitement ne sera durablement efficace.
Quand consulter en urgence ?
Consultez sans attendre si :
Le gonflement des paupières est très important et s’étend rapidement (risque d’œdème de Quincke)
La paupière est très gonflée, rouge, chaude et douloureuse (risque de cellulite orbitaire)
Votre vision est floue, vous percevez des halos lumineux ou ressentez une douleur oculaire
L’œil lui-même est rouge, avec larmoiement ou douleur
Les paupières présentent des vésicules douloureuses unilatérales (évoquer un zona ophtalmique)
Aucune amélioration après 10 jours de traitement local bien conduit
Dans ces situations, consultez un ophtalmologue rapidement – certaines complications touchent la cornée ou le segment antérieur de l’œil.
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Questions fréquentes sur l’eczéma des paupières
Pourquoi ai-je de l’eczéma sur les paupières ?
Les causes les plus fréquentes sont un eczéma de contact allergique (cosmétiques, vernis à ongles, collyres), une dermite séborrhéique ou une poussée de dermatite atopique. Chez la femme, le maquillage des yeux et le mascara sont les premiers allergènes à suspecter. Le dermatologue peut identifier l’allergène précis par patch-tests.
Comment soigner rapidement l’eczéma des paupières ?
Arrêtez tous les cosmétiques sur les paupières, lavez le visage à l’eau froide, et appliquez une crème dermocorticoïde douce (hydrocortisone 1%) pendant 7 à 10 jours sur avis médical. Évitez les corticoïdes forts sur les paupières. En cas de démangeaisons intenses, un antihistaminique oral peut aider. Si les symptômes persistent, consultez pour identifier un allergène par patch-tests.
Peut-on utiliser des corticoïdes sur les paupières ?
Oui, mais uniquement des dermocorticoïdes de faible puissance (classe I ou II : hydrocortisone 1%, désonide) et sur une courte durée. Les corticoïdes forts sur les paupières peuvent provoquer une atrophie cutanée, et leur absorption oculaire répétée peut favoriser glaucome et cataracte. Pour les traitements prolongés, le dermatologue peut parfois proposer les inhibiteurs de la calcineurine (Protopic* …).
L’eczéma des paupières est-il contagieux ?
Non. L’eczéma, quelle que soit sa forme, n’est pas contagieux. C’est une réaction inflammatoire de la peau qui ne peut pas se transmettre d’une personne à une autre.
Comment différencier un eczéma des paupières d’une conjonctivite ou d’un orgelet ?
L’eczéma des paupières touche la peau des paupières (rougeur, squames, vésicules) sans atteinte de l’œil lui-même. La conjonctivite donne un œil rouge avec larmoiement et sécrétions. L’orgelet est un bouton douloureux sur le bord de la paupière (infection d’une glande). En cas de doute avec une atteinte oculaire, consultez rapidement un ophtalmologue.
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Red Skin Syndrome
Le syndrome de la peau rouge est une dermatose dont l’entité est controversée, lié à une utilisation anormale des cremes à la cortisone de façon abusive ou inappropriée. On l’appelle aussi « syndrome de la peau brûlante » ou de la « peau en feu » et de « dermatite due à la cortisone ». Il touche surtout les femmes et il est observé à l’arrêt des dermocorticoïdes appliqués sur une très longue période (plusieurs mois d’utilisation quotidienne).
Mis à jour le 5 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Le red skin syndrome (syndrome de dermocorticoïdes-dépendance ou de sevrage) correspond aux rougeurs, brûlures et démangeaisons qui apparaissent à l’arrêt d’une utilisation prolongée et inappropriée de crèmes à la cortisone puissantes. Une revue systématique portant sur 34 études retrouve ce tableau surtout sur le visage ou les zones génitales (99,3 % des cas) et chez la femme (81 % des cas), avec des brûlures dans 65,5 % des cas et une rougeur (érythème) dans 92,3 % des cas. Il n’existe pas de traitement miracle : la prise en charge repose sur un sevrage progressif encadré par un dermatologue.
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Symptômes du red skin syndrome
Les symptômes les plus fréquents du syndrome de la peau rouge sont :
Comme son nom l’indique, une rougeur…
des papules dans cette nappe rouge (« boutons dans la plaque rouge»)
sensations de brûlures, de picotements, de démangeaisons voire de douleurs…
La peau devient suintante, se couvre de croûtes jaunâtres ou de pus, évoquant une surinfection bactérienne
Une fièvre accompagne les rougeurs cutanées
Les brûlures et démangeaisons empêchent de dormir ou de fonctionner au quotidien
Vous envisagez d’arrêter brutalement des dermocorticoïdes utilisés depuis plusieurs mois sur le visage : un arrêt encadré et progressif est préférable à un arrêt brutal
Un syndrome controversé
Le syndrome de la peau rouge ressemble à l’eczéma craquelé et fissuraire. On l’observe surtout chez les femmes (jusqu’à 80% des cas décrits sont des femmes). Sur un fond rouge, la peau est fissurée.
Il ressemble aussi sur le visage à la rosacée, dont la peau est irritable et brûle. Or la rosacée est parfois aggravée par l’application de dermocorticoides, le Red Skin Syndrome est donc controversé, certains pensent qu’il s’agit d’une forme proche de la rosacée sur le visage
Par ailleurs on connait la propension des dermocorticoides à créer des rougeurs au long cours et on connait depuis longtemps leur effet rebond à l’arrêt.
Ainsi, ce syndrome d’arrêt des dermocorticoïdes après application abusive et inappropriée ne fait pas encore consensus dans la communauté scientifique. S’agit-il d’une entité à part entiere ou d’une forme de rosacée agravée par les dermocorticoides? D’un rebond ou de rougeurs secondaires à une utilisation trop prolongée de dermocorticoides?
Les causes
Si son individualité est contestée (s’agit-il de rougeurs post corticoides, d’une forme de rosacée, d’eczema sec, de rebond à l’arret…), on connait bien sa cause. Il résulte d’une utilisation anormale des dermocorticoides :
Abusive : trop de dermocorticoides et/ ou trop souvent
Inappropriée : utilisation trop longue (plusieurs mois quotidiennement) et/ou sur d’autres dermatoses inflammatoires comme l’acné ou la rosacée
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Que faire?
Il faut consulter un dermatologue, qui tentera un sevrage progressif des dermocorticoides et utilisera des traitements spécifiques des pathologies associées (tacrolimus en cas d’eczema, metronidazole en cas de rosacée…)
En pratique, la prise en charge associe plusieurs mesures :
Sevrage progressif plutôt que brutal : espacement des applications, passage à un dermocorticoïde de classe plus faible, puis arrêt complet sur plusieurs semaines à plusieurs mois selon la durée d’utilisation antérieure
Émollients plusieurs fois par jour pour restaurer la barrière cutanée pendant le sevrage
Traitement de la pathologie sous-jacente : tacrolimus topique en cas d’eczéma associé, métronidazole ou ivermectine en cas de composante rosacée
Éviction des irritants (parfums, gommages, eau très chaude) le temps de la cicatrisation
Soutien psychologique : la phase de sevrage peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois et être éprouvante, un accompagnement régulier par le dermatologue aide à tenir le cap sans reprendre les dermocorticoïdes trop tôt
Questions fréquentes sur le red skin syndrome
Le red skin syndrome est-il reconnu par tous les dermatologues ?
Non, son individualité en tant que maladie distincte reste débattue dans la communauté scientifique. Certains y voient une forme de rosacée aggravée par les corticoïdes, d’autres un simple rebond inflammatoire à l’arrêt. Ce qui fait consensus, en revanche, c’est le lien entre utilisation abusive et prolongée de dermocorticoïdes puissants et l’apparition de ces rougeurs au sevrage.
Combien de temps dure le sevrage des dermocorticoïdes ?
La durée varie selon la durée et l’intensité de l’utilisation antérieure : de quelques semaines à plusieurs mois. Un sevrage progressif, encadré par un dermatologue, est généralement plus court et mieux toléré qu’un arrêt brutal.
Faut-il arrêter la cortisone brutalement en cas de rougeurs ?
Non, un arrêt brutal après une utilisation prolongée peut aggraver transitoirement les rougeurs et les brûlures. Un sevrage progressif, avec espacement des applications et passage à une classe de dermocorticoïde plus faible, est recommandé sous supervision médicale.
Le red skin syndrome touche-t-il surtout les femmes ?
Oui. Selon une revue systématique de 34 études, 81 % des cas rapportés concernent des femmes, avec une atteinte préférentielle du visage ou de la zone génitale dans 99,3 % des cas.
Comment différencier le red skin syndrome de la rosacée ?
La distinction est parfois difficile car les deux tableaux se ressemblent (peau rouge, sensible, qui brûle). L’élément d’orientation principal est l’historique : une utilisation prolongée et abusive de dermocorticoïdes puissants avant l’apparition des symptômes oriente vers un syndrome de sevrage plutôt que vers une rosacée primitive.
Les enfants peuvent-ils être concernés ?
Oui, une série de cas publiée chez 10 enfants ayant arrêté un dermocorticoïde utilisé au long cours a documenté des symptômes similaires à ceux décrits chez l’adulte, avec une amélioration progressive chez tous les enfants suivis sur 18 mois à 4 ans.
Une téléconsultation permet-elle de faire le point sur un sevrage de cortisone ?
Oui, une téléconsultation dermatologique permet d’évaluer les lésions sur photographies, de discuter du rythme de sevrage adapté à votre situation et d’orienter vers une consultation en cabinet si un examen direct est nécessaire.
À lire aussi sur les dermocorticoïdes et la rosacée
PMID 25592622 – Hajar T et al. A systematic review of topical corticosteroid withdrawal (« steroid addiction ») in patients with atopic dermatitis and other dermatoses. J Am Acad Dermatol. 2015.
PMID 30734047 – Sheary B. Topical Steroid Withdrawal: A Case Series of 10 Children. Acta Derm Venereol. 2019.
PMID 36730502 – Finnegan P et al. #corticophobia: a review on online misinformation related to topical steroids. Clin Exp Dermatol. 2023.
ANSM. Dermocorticoïdes : bon usage et rappel des règles de prescription. ansm.sante.fr
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Mpox (variole du singe) : symptômes cutanés, contagion, traitement et vaccination (2026)
En bref : Le mpox (anciennement variole du singe) est une infection virale due au virus Monkeypox, un orthopoxvirus. Il provoque de la fièvre, des ganglions et une éruption cutanée caractéristique évoluant par stades uniformes – tache, papule, vésicule, pustule, croûte – touchant souvent le visage, les paumes et la région génitale. En France, le clade IIb circule à bas bruit depuis 2022 (215 cas en 2024) et le clade Ib, plus récent et potentiellement plus sévère, a été détecté pour la première fois en janvier 2025 ; une résurgence est notée début 2026. La prise en charge est principalement symptomatique avec isolement à domicile ; la vaccination par IMVANEX® est recommandée pour les contacts à risque. Dr Rousseau, dermatologue – mis à jour mai 2026.
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📄 Pages associées – éruptions vésiculeuses et maladies infectieuses
Situation épidémique actuelle en France et en Europe (2026)
Le mpox existe sous deux clades (lignées virales) aux comportements épidémiologiques distincts :
Clade
Situation en France
Niveau de risque (ECDC)
Clade IIb
Circulation à bas bruit depuis 2022 – 215 cas déclarés en 2024 (∼3/semaine fin 2024)
Faible pour la population générale
Clade Ib
Premier cas autochtone détecté en Bretagne (janvier 2025) ; résurgence début 2026 en France métropolitaine et à La Réunion
Modéré pour les HSH* ; faible pour la population générale
*HSH : hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes
ℹ️ Clade Ib : nouveau mode de transmission en Europe
Depuis l’automne 2025, plusieurs pays européens (Suède, Allemagne, Belgique, Royaume-Uni, France, Espagne, Italie…) ont rapporté des cas de clade Ib chez des personnes sans antécédent de voyage récent, principalement parmi des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Des transmissions intrafamiliales secondaires restent possibles mais ont été peu nombreuses à ce jour.
Symptômes du mpox : de la fièvre à l’éruption cutanée
La période d’incubation dure en moyenne une à deux semaines, avec des extrêmes de 5 à 21 jours selon les données épidémiologiques disponibles.
La maladie débute par une phase prodromique de 1 à 5 jours associant :
Fièvre – souvent élevée (38,5–40°C)
Céphalées et douleurs musculaires (myalgies)
Fatigue intense
Adénopathies (ganglions) – notamment cervicales, axillaires ou inguinales, souvent volumineuses ; c’est un signe distinctif par rapport à la varicelle et à la variole classique
Le patient est contagieux dès l’apparition des premiers symptômes et cesse de l’être lorsque toutes les croûtes sont tombées et que les lésions sont entièrement cicatrisées.
Dans les premiers jours suivant la fièvre apparaît l’éruption cutanée, qui débute fréquemment sur le visage avant de s’étendre à d’autres zones, dont les paumes des mains, les plantes des pieds et la région génitale. Les muqueuses (buccale, oculaire, génitale) peuvent également être atteintes. La maladie dure généralement 2 à 4 semaines au total.
Les stades successifs de l’éruption : une évolution uniforme
C’est l’une des caractéristiques cliniques les plus utiles pour le diagnostic : les lésions du mpox évoluent de façon synchrone et uniforme – toutes les lésions d’une même zone sont au même stade au même moment, contrairement à la varicelle où différents stades coexistent simultanément.
Stade
Aspect
Durée approximative
Macule
Tache rouge plane
1–2 jours
Papule
Relief ferme, non liquide
1–2 jours
Vésicule
Cloque translucide remplie de liquide clair
1–2 jours
Pustule
Liquide trouble ou purulent, ombilication centrale fréquente
5–7 jours
Croûte puis cicatrice
Dessèchement, chute de la croûte, parfois cicatrice déprimée résiduelle
7–14 jours
Vésicule (« cloque d’eau ») caractéristique du mpoxTableau des phases de l’éruption du mpox (source COREB)
✅ Signe distinctif clé : prurit faible et évolution uniforme
Les lésions de mpox démangent peu (contrairement à la varicelle qui est très prurigineuse) et évoluent de façon synchrone. Ce double critère est un élément d’orientation diagnostique utile en consultation.
Diagnostic différentiel : ne pas confondre avec…
Plusieurs éruptions cutanées peuvent ressembler au mpox, notamment avant l’apparition des vésicules caractéristiques :
Vésicule de varicelle, comme « une goutte de rosée sur peau rouge »
La varicelle est l’éruption vésiculeuse la plus fréquente en France. Elle se distingue du mpox par plusieurs critères : elle touche rarement les paumes et les plantes, évolue en plusieurs poussées successives (lésions à stades différents coexistant), démange intensément et ne s’accompagne pas d’adénopathies volumineuses.
Érythème souffleté des joues du mégalérythème épidémique
Chez l’enfant, l’érythème souffleté des joues (aspect de « gifle ») du mégalérythème épidémique (parvovirus B19) peut ressembler à la phase initiale du mpox, mais il n’est pas accompagné de vésicules ni de ganglions importants.
Urticaire – plaques gonflées fugaces sans vésicules
L’urticaire, notamment des membres inférieurs, peut être évoquée avant l’apparition des vésicules, mais ses plaques sont fugaces (disparaissant en moins de 24h), sans fièvre ni ganglions.
Autres diagnostics à évoquer
Rougeole – éruption débutant derrière les oreilles et dans le cou, sans vésicules
Variole vraie – éradiquée par la vaccination depuis 1979 et ne comportant pas d’adénopathies
Impétigo bulleux – lésions bactériennes sans fièvre d’emblée ni ganglions diffus
Gale de l’enfant avec vésicules des mains et des pieds – mais sans fièvre ni adénopathies
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Comment se contamine-t-on au virus mpox ?
La transmission du virus mpox emprunte plusieurs voies :
Transmission animal → humain (zoonose)
En Afrique, les réservoirs animaux sont des rongeurs (écureuils, rats, loirs) et certaines espèces de singes. La contamination se fait par morsure, griffure, contact avec des fluides biologiques animaux ou préparation de viande de brousse. En Europe, il n’existe pas de réservoir animal autochtone connu.
Transmission interhumaine
Contact cutané direct avec les lésions ou les fluides biologiques d’une personne infectée – principal mode lors des épidémies récentes en Europe, incluant les rapports sexuels
Gouttelettes respiratoires – nécessite un contact prolongé face à face (à moins de quelques mètres) ; moins efficace que pour la Covid-19 ou la rougeole
Contact indirect avec du linge, des vêtements ou de la literie contaminés par les lésions
Transmission mère-enfant pendant la grossesse (voie transplacentaire possible) ou au moment de l’accouchement
⚠️ Maladie à déclaration obligatoire
Le mpox est une maladie à déclaration obligatoire en France. Tout cas suspect doit être signalé sans délai à l’Agence régionale de santé (ARS). Les cas confirmés et probables font l’objet d’une déclaration obligatoire via le formulaire dédié.
Formes graves et populations à risque
Dans la majorité des cas, le mpox est une maladie résolutive en 2 à 4 semaines sans séquelle. Cependant, certaines populations présentent un risque de forme sévère :
🚨 Populations nécessitant une vigilance particulière
Personnes immunodéprimées (VIH non contrôlé, traitements immunosuppresseurs, hémopathies)
Femmes enceintes – risque de transmission fœtale et de formes graves
Nourrissons et très jeunes enfants
Patients présentant une éruption majeure (plus de 100 vésicules)
Les complications possibles incluent la surinfection bactérienne des lésions cutanées, les atteintes respiratoires, digestives, ophtalmologiques (kératite) et neurologiques (encéphalite – rare). Le taux de mortalité est inférieur à 0,5 % pour le clade Ib dans les données disponibles hors Afrique ; il est plus élevé pour le clade Ia dans les contextes à ressources limitées.
Hormis ces populations vulnérables, les cas de mpox ne nécessitent généralement pas d’hospitalisation et font l’objet d’une recommandation d’isolement à domicile. Un arrêt de travail ou une mise en télétravail peuvent être délivrés pour respecter cet isolement pendant 3 semaines à compter du début des signes.
Que faire en cas de suspicion de mpox ?
✅ Conduite à tenir pratique
Appeler le SAMU – Centre 15 pour être orienté vers la filière adaptée
Éviter les transports en commun ; préférer un véhicule personnel ou une ambulance pour se rendre au lieu de prélèvement
Si les transports en commun sont inévitables : porter un masque, couvrir les lésions, friction régulière avec solution hydroalcoolique
Le diagnostic est confirmé par prélèvement d’une vésicule pour PCR, réalisé idéalement dans un établissement de santé de référence (ESR) ou en ville si l’ESR est éloigné
S’isoler à domicile en attendant les résultats et pendant toute la durée de contagiosité
Traitement du mpox
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique validé en traitement systématique de première ligne. La prise en charge repose principalement sur un traitement symptomatique :
Antalgiques/antipyrétiques (paracétamol) pour la fièvre et la douleur
Antihistaminiques si prurit marqué
Désinfection locale des lésions pour prévenir la surinfection bactérienne
Dans les formes sévères ou chez les patients à risque, un traitement spécifique peut être discuté au cas par cas en milieu spécialisé :
Tecovirimat (SIGA) – antiviral spécifique des orthopoxvirus, disponible en ATU en France pour les formes graves
Brincidofovir ou cidofovir – alternatives antivirales à envisager selon l’expertise infectiologique
Immunoglobulines antivarioliques – en cas d’immunodépression sévère
Vaccination contre le mpox
Les personnes nées avant 1977 ont été vaccinées contre la variole et bénéficient d’une protection croisée partielle contre le mpox, dont le niveau exact reste difficile à quantifier à cette distance temporelle.
Le vaccin disponible en France est IMVANEX® (vaccin antivariolique de 3e génération, non réplicatif), recommandé dans les situations suivantes :
Population
Indication
Délai optimal
Contacts à risque d’un cas confirmé
Vaccination réactive post-exposition
Préférentiellement dans les 4 jours (jusqu’à 14 jours max)
HSH à partenaires multiples
Vaccination préventive recommandée
Dès que possible
Travailleurs du sexe
Vaccination préventive recommandée
Dès que possible
Professionnels de santé exposés sans protection
Vaccination réactive post-exposition
Dans les 4 jours suivant l’exposition
L’orientation vers la vaccination se fait via l’ARS, après une consultation ou téléconsultation avec un infectiologue permettant d’évaluer la balance bénéfice-risque individuelle et de recueillir le consentement. La vaccination est gratuite pour les publics cibles.
Téléchargez un guide complet au format PDF :
Questions fréquentes sur le mpox
Comment distinguer le mpox de la varicelle ?
Plusieurs critères orientent vers le mpox plutôt que la varicelle : les lésions évoluent de façon uniforme (même stade au même moment), touchent les paumes et les plantes, s’accompagnent d’adénopathies volumineuses et démangent peu. La varicelle présente des lésions à stades multiples coexistants, épargne généralement les paumes et les plantes, et provoque un prurit intense. La confirmation est virologique dans les deux cas si nécessaire.
Le mpox est-il une infection sexuellement transmissible ?
Le contact sexuel (incluant les contacts cutanéo-muqueux étroits) est le principal mode de transmission lors des épidémies récentes en Europe, notamment parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Il ne s’agit cependant pas d’une IST au sens strict : le virus peut se transmettre par tout contact peau à peau avec une lésion active, quelle que soit la nature du contact. Des transmissions intrafamiliales non sexuelles ont été documentées.
Le mpox est-il dangereux pour les enfants ?
Les très jeunes enfants et les nourrissons font partie des populations à surveiller de plus près en raison d’un risque de forme sévère plus élevé. Des cas de transmission intrafamiliale avec atteinte pédiatrique ont été rapportés en Europe (notamment en Allemagne). En pratique, tout enfant présentant une éruption vésiculeuse avec fièvre et ganglions doit être évalué médicalement rapidement.
Quelle est la différence entre le clade Ib et le clade IIb ?
Le clade IIb est à l’origine de l’épidémie mondiale de 2022 et continue de circuler à bas bruit en France. Le clade Ib, plus récent en Europe, provient d’Afrique centrale ; il présente potentiellement des caractéristiques de transmission légèrement différentes et concerne des publics plus larges incluant des cas sans voyage récent. Les deux clades se préviennent et se traitent de la même façon.
Peut-on se faire vacciner si on n’a pas été en contact avec un cas ?
La vaccination préventive (avant exposition) est recommandée pour certains groupes à risque élevé : hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes à partenaires multiples et travailleurs du sexe. Pour la population générale sans facteur de risque identifié, la vaccination n’est pas recommandée en routine à ce stade. Contactez votre médecin ou l’ARS pour évaluer votre situation personnelle.
Peut-on consulter un dermatologue par téléconsultation pour une suspicion de mpox ?
Une téléconsultation permet d’évaluer rapidement l’éruption sur photographies et d’orienter vers la filière adaptée (SAMU, ESR, PCR). Elle ne se substitue pas au prélèvement virologique nécessaire pour confirmer le diagnostic, mais constitue un premier triage utile, en particulier pour éviter des déplacements inutiles en transports en commun.
PMID 35866746 – Thornhill JP et al. Monkeypox virus infection in humans across 16 countries. N Engl J Med. 2022.
PMID 36828001 – Mitjà O et al. Mpox in people with advanced HIV infection: a global case series. Lancet. 2023.
PMID 38871006 – Vakaniaki EH et al. Sustained human outbreak of a new MPXV clade I lineage in eastern Democratic Republic of the Congo. Nat Med. 2024.
PMID 35904001 – Siegrist EA, Sassine J. Antivirals with activity against mpox: a clinically oriented review. Clin Infect Dis. 2023.
Haute Autorité de Santé – Mpox (MPXV) : la HAS actualise ses recommandations vaccinales pour mieux lutter contre la circulation du virus. 2024.
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Mis à jour le 5 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS)., fondateur de Dermatonet.com. Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.
Mis à jour le 29 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Un abcès cutané est une collection purulente localisée dans le derme ou le tissu sous-cutané, causée dans 80 % des cas par Staphylococcus aureus. Il se manifeste par une tuméfaction douloureuse, chaude, rouge, fluctuante. La plupart nécessitent un drainage chirurgical – les antibiotiques seuls sont insuffisants. En France, environ 2 % des consultations aux urgences dermatologiques concernent des abcès cutanés. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Abcès cutané : causes, traitement et conseils du dermatologue
L’abcès cutané est un nodule inflammatoire douloureux, de consistance liquidienne (pus), de taille variable, siégeant parfois au sein d’un placard inflammatoire (dermohypodermite) et parfois associé à une fièvre. Son traitement est mixte, médical et chirurgical.
En résumé :
Traitement chirurgical : incision-drainage et prélèvement bactériologique du pus.
Traitement médical : antibiothérapie pendant 5 jours.
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Qu’est-ce qu’un abcès ?
L’abcès est une complication de l’infection bactérienne d’un poil (folliculite) ou d’un kyste épidermoïde. Une infection cutanée se caractérise par des signes inflammatoires locaux : chaleur, rougeur, douleur – et parfois des signes généraux comme la fièvre.
L’abcès se présente sous la forme d’une grosse boule rouge et douloureuse, souvent centrée par un point blanc (collection purulente affleurant sous la peau).
Cette prise en charge doit être réalisée par un médecin : une infection cutanée non traitée peut se diffuser rapidement (lymphangite, adénopathies, voire septicémie). Le médecin proposera l’un des deux traitements suivants selon l’état de maturation de l’abcès.
État de l’abcès
Aspect clinique
Traitement
Non mûr (non collecté)
Boule rouge et dure, sans tête blanche
Antibiotiques oraux ± pommade
Mûr (collecté)
Tête blanche, fluctuant à la palpation
Incision-drainage ± antibiotiques
Abcès non mûr : antibiotiques
Il y a une boule rouge et douloureuse mais l’abcès n’est pas collecté : pas de tête blanche visible. Le médecin tente de calmer l’infection ou de faire mûrir l’abcès avec des antibiotiques par voie orale et en pommade, sous pansements.
Antibiotiques recommandés (durée : 5 jours) :
Pristinamycine per os : 1 g × 3/jour
Oxacilline ou cloxacilline
Amoxicilline-acide clavulanique…
Important : Ne jamais utiliser d’anti-inflammatoires (corticoïdes ou AINS) en cas d’infection cutanée. Ces médicaments masquent les signes d’aggravation et favorisent la diffusion bactérienne en profondeur.
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Abcès mûr : incision-drainage
L’abcès est devenu plus mou et présente une tête blanche de pus affleurant sous la peau. Il est accessible à un traitement chirurgical.
Ce traitement consiste en :
une incision de l’abcès, le plus souvent sans anesthésie ou avec une simple anesthésie du pourtour ;
un lavage au sérum physiologique de la cavité ;
un méchage à la mèche iodoformée (en l’absence d’allergie à l’iode), à changer toutes les 24 à 48 heures par une infirmière jusqu’à détersion complète ;
un pansement avec antiseptique ou antibiotique en pommade pour favoriser le comblement de la cavité par bourgeonnement des tissus sous-cutanés.
Le médecin peut également décider d’associer une antibiothérapie orale de 5 jours, comme dans la forme non collectée.
Bonne pratique : Un prélèvement bactériologique du pus est systématiquement réalisé lors de l’incision. Il permet d’identifier le germe responsable (souvent Staphylococcus aureus) et d’adapter l’antibiothérapie en cas de résistance (SARM).
Conseils du dermatologue
Ne pas négliger une infection cutanée : Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’aggraver en l’absence de traitement adéquat : lymphangite, adénopathies, voire septicémie. La majorité des complications surviennent en raison d’une consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions. Ne touchez pas votre abcès.
Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (corticoïdes ou AINS) pour les infections cutanées : ils laissent l’infection s’aggraver sans que les signes d’alerte soient perçus.
Vérifier la vaccination antitétanique : une plaie cutanée peut être la porte d’entrée du tétanos. Assurez-vous d’être à jour.
Consulter rapidement en cas de fièvre, de trainée rouge remontant vers le ganglion (lymphangite) ou d’aggravation sous traitement.
⚠️ Quand consulter en urgence :
Consultez en urgence si : abcès du visage (triangle dangereux nez-lèvres – risque de thrombophlébite caverneuse), abcès avec traînée rouge remontant vers le ganglion (lymphangite), abcès accompagné de fièvre > 38,5°C, chez un diabétique ou un immunodéprimé, abcès très douloureux et tendu qui ne se draine pas seul. Ces formes nécessitent un drainage chirurgical urgent et parfois une antibiothérapie IV.
Questions fréquentes sur l’abcès cutané
Comment reconnaître un abcès cutané ?
Un abcès cutané est reconnaissable à 5 signes : (1) tuméfaction localisée, arrondie ; (2) rougeur intense autour ; (3) chaleur au toucher ; (4) douleur pulsatile spontanée et à la palpation ; (5) fluctuation (sensation de liquide sous tension à la pression douce). Au stade initial, l’abcès est dur (phlegmon) ; il devient fluctuant quand il est « mûr » et prêt à être drainé. La peau en regard peut paraître amincie et jaunâtre.
Quelle est la différence entre un abcès et un furoncle ?
Le furoncle est une infection profonde d’un seul follicule pilo-sébacé par Staphylococcus aureus, centrée sur un poil avec un bourbillon central. Il évolue en nodule douloureux avec bourbillon central (point blanc-jaune), plus petit qu’un abcès, et se draine souvent spontanément. L’anthrax est la confluence de plusieurs furoncles. L’abcès cutané est une collection purulente plus large, non centrée sur un follicule, souvent plus profonde et volumineuse, pouvant résulter d’un furoncle compliqué ou de l’infection d’un kyste. Les deux sont causés par S. aureus, mais l’abcès nécessite plus souvent une incision-drainage chirurgicale.
Peut-on percer soi-même un abcès ?
Non, il ne faut jamais percer un abcès soi-même avec une épingle ou un couteau. Le risque est double : un drainage insuffisant, car la collection est souvent profonde et cloisonnée, et une surinfection avec dissémination bactérienne. Un abcès fluctuant doit être drainé par un médecin ou un chirurgien, avec une incision adaptée, un lavage de la cavité et, si nécessaire, un méchage.
Combien de temps faut-il pour qu’un abcès guérisse ?
Après incision-drainage, le comblement de la cavité par bourgeonnement prend en général 1 à 3 semaines selon la taille de l’abcès. Les soins infirmiers quotidiens (changement de mèche) sont essentiels à la bonne cicatrisation, qui est rapide après un drainage correct.
Doit-on toujours prendre des antibiotiques pour un abcès cutané ?
Non. Pour un abcès simple sans cellulite extensive, le drainage chirurgical seul suffit dans 80 à 90 % des cas. Les antibiotiques sont indiqués en complément si : cellulite périphérique supérieure à 2 cm autour de l’abcès, fièvre ou signes systémiques, abcès chez un immunodéprimé ou un diabétique, abcès récidivant, ou localisation à risque (visage, mains). L’amoxicilline-clavulanate ou la clindamycine sont les choix de première ligne en ambulatoire.
Pourquoi ai-je des abcès à répétition ?
Les abcès récidivants au même endroit (souvent les plis axillaires, inguinaux, inter-fessiers) évoquent une hidradénite suppurée (maladie de Verneuil), une maladie chronique sous-diagnostiquée touchant 1 à 4 % de la population. Les abcès récidivants à S. aureus sont aussi favorisés par un portage nasal chronique du germe, justifiant une décolonisation par mupirocine nasale et chlorhexidine en douche, associée à des mesures d’hygiène renforcées. Un bilan (diabète, immunodépression) est également indiqué.
Quand faut-il aller aux urgences pour un abcès ?
Consultez en urgence si vous présentez : une fièvre élevée (supérieure à 38,5 °C), une traînée rouge remontant vers un ganglion (lymphangite), un abcès du visage (surtout lèvre supérieure et nez, zone dangereuse pour la thrombophlébite du sinus caverneux), ou un état général altéré.
Comment prévenir la récidive des abcès cutanés ?
Mesures préventives validées : décolonisation nasale de S. aureus par mupirocine 2 % en pommade nasale 2 fois par jour pendant 5 jours par mois sur 6 mois ; douche quotidienne à la chlorhexidine 4 % pendant 5 jours lors d’une cure ; lavage du linge de lit et des vêtements à 60 °C ; ne pas partager rasoirs et effets personnels ; contrôle du diabète. Ces mesures réduisent les récidives de 40 à 60 % selon les études.
Un abcès peut-il se résorber seul sans drainage ?
Rarement. Les petits abcès (moins de 1 cm) sans fluctuation peuvent parfois régresser avec de la chaleur locale (compresses chaudes 3 fois par jour), qui favorise la maturation et le drainage spontané. Mais la majorité des abcès fluctuants (plus de 1 cm) nécessitent un drainage médical. Sans drainage, un abcès peut se fistuliser spontanément, avec un risque de cicatrisation incomplète et de récidive plus élevé.
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Références médicales
Pulia MS, Schwei RJ, Patterson BW, Repplinger MD, Smith MA, Shah MN. Effectiveness of Outpatient Antibiotics After Surgical Drainage of Abscesses in Reducing Treatment Failure. J Emerg Med. 2018;55(4):512-521. PMID 30149998.
Holmes L, Ma C, Qiao H, Drabik C, Hurley C, Jones D, Judkiewicz S, Faden H. Trimethoprim-Sulfamethoxazole Therapy Reduces Failure and Recurrence in Methicillin-Resistant Staphylococcus aureus Skin Abscesses after Surgical Drainage. J Pediatr. 2015;169:128-134. PMID 26578074.
Özturan İU, Doğan NÖ, Karakayalı O, Özbek AE, Yılmaz S, Pekdemir M, Suner S. Comparison of loop and primary incision & drainage techniques in adult patients with cutaneous abscess: A preliminary, randomized clinical trial. Am J Emerg Med. 2017;35(6):830-834. PMID 28162873.
Mis à jour le 7 septembre 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
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En bref : Un bouton blanc sur la peau peut correspondre à une quinzaine de causes différentes. Les deux grandes familles sont les boutons blancs durs (grain de milium, microkyste d’acné, kyste sébacé…) et les boutons blancs avec du pus (pustule de folliculite, d’acné inflammatoire…). Le grain de milium est le plus fréquent des boutons blancs durs chez l’adulte : bénin, il touche surtout les paupières et les joues. Une pustule entourée de rougeur et douloureuse au toucher signale une infection du follicule pileux. En cas de doute ou de persistance au-delà de 3 semaines, une consultation dermatologique permet un diagnostic précis et un traitement ciblé. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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La première question à se poser face à un bouton blanc est simple : est-il dur ou contient-il du pus ? Cette distinction oriente immédiatement vers les bons diagnostics et les bons traitements.
Un bouton blanc dur, sans pus ni rougeur franche, peut correspondre à de nombreuses affections cutanées, la plupart bénignes. La clé du diagnostic repose sur la localisation, la taille, le contexte (âge, antécédents) et l’aspect précis de la lésion.
1.0/ Grain de milium vs microkyste d’acné : le différentiel essentiel
C’est la confusion la plus fréquente en consultation, et elle a des conséquences directes sur le traitement. Ces deux lésions se ressemblent au premier coup d’œil – petite papule blanche dure, indolore – mais leur origine est radicalement différente.
Grain de milium : kyste kératinique superficiel, situé juste sous l’épiderme, sans relation avec un follicule pilo-sébacé. Il se forme à partir de cellules épidermiques qui n’ont pas pu s’exfolier normalement et se retrouvent piégées sous la peau. Il est indépendant de la production de sébum.
Microkyste d’acné (comédon fermé) : bouchon de kératine et de sébum dans le canal folliculaire d’une unité pilo-sébacée. Il est directement lié à la production excessive de sébum et à l’hyperkératinisation folliculaire. Sans traitement, il peut évoluer vers une papule ou une pustule inflammatoire.
Critère
Grain de milium
Microkyste d’acné
Origine
Kyste épidermique kératinique
Bouchon folliculaire sébacé
Localisation
Paupières, joues, nez, contour des yeux
Visage (front, menton), dos, épaules
Taille
1–2 mm, très superficiel
1–4 mm, légèrement en relief
Consistance
Ferme, nacré, blanc-ivoire
Légèrement mou, blanc-jaunâtre
Poil central
Absent
Parfois visible sous loupe
Réponse aux rétinoïdes
Modeste, lente
Bonne (adapalène, trétinoïne)
Traitement de référence
Extraction à l’aiguille par le dermatologue
Rétinoïdes topiques ± extraction
Risque d’évolution inflammatoire
Quasi nul
Oui, possible
En consultation, la dermoscopie aide à visualiser l’absence d’ostium folliculaire dans le milium (contrairement au comédon fermé) et confirme le diagnostic en quelques secondes. Voir l’article microkyste (point blanc) et l’article milium
1.1/ Acné – comédon fermé (microkyste)
L’acné sous sa forme rétentionnelle produit des microkystes et des comédons fermés : ce sont les fameuses « têtes blanches » de l’acné. Ces lésions résultent d’une hyperkératinisation folliculaire et d’une sécrétion sébacée excessive, avec colonisation du follicule par Cutibacterium acnes. Les recherches récentes montrent qu’une inflammation subclinique précède même la formation du microcomédon, ce qui explique que l’acné est aujourd’hui considéré comme une maladie inflammatoire dès ses premières lésions.
Les comédons fermés peuvent évoluer vers des papules ou des pustules inflammatoires, d’où l’importance d’un traitement précoce. Voir notre dossier complet sur l’acné.
1.2/ Adénome sébacé
Adénome sébacé
Petite formation blanche ou jaunâtre, fréquente sur le front et les tempes après 40–50 ans. Son aspect caractéristique est une papule arrondie avec une dépression centrale (ombilic), souvent légèrement translucide. Bénigne, l’hyperplasie sébacée résulte d’une glande sébacée hypertrophiée. Elle peut ressembler à un carcinome basocellulaire – raison pour laquelle un avis dermatologique est recommandé si le diagnostic est incertain. Voir notre article sur l’adénome sébacé.
1.3/ Cor ou durillon
Durillon
Fréquent sur les mains et surtout les pieds, le cor est une hyperkératose localisée avec un noyau central douloureux. Le durillon est une hyperkératose diffuse sans noyau. Voir notre article sur le cor au pied et le durillon. Attention : des boutons blancs sur les pieds qui démangent peuvent aussi correspondre à des cloques d’eau (dyshidrose), une forme d’eczéma palmo-plantaire.
1.4/ Grain de milium
Grain de milium
Petit bouton blanc dur, nacré, de 1 à 2 mm, très fréquent sur les paupières supérieures, les joues et le contour des yeux. Le grain de milium est un kyste kératinique épidermique superficiel, sans rapport avec une glande sébacée. Il survient de façon primaire (spontanée) ou secondaire, après un traumatisme cutané, une brûlure, une dermatose bulleuse ou une utilisation prolongée de dermocorticoïdes.
Les principales formes cliniques du milium :
Milium néonatal : très fréquent (environ 40–50 % des nouveau-nés), disparaît spontanément en 4 à 6 semaines sans traitement.
Milium primaire de l’adulte : apparition spontanée, persiste sans traitement, prédilection pour les paupières et les joues.
Milium secondaire : survient après traumatisme, brûlure, dermatose bulleuse (porphyrie cutanée tardive, pemphigoïde bulleuse, lichen plan bulleux) ou corticothérapie locale prolongée.
Milia en plaque : forme rare, plaque érythémateuse portant de nombreux miliums, souvent périorbitaire, parfois associée à une discoid lupus ou à un lichen plan.
Miliums éruptifs multiples : apparition rapide de très nombreuses lésions, peut signaler une génodermatose ou une réaction médicamenteuse.
Le kyste épidermique (communément appelé kyste sébacé) forme une boule blanche ou chair sous la peau, mobile et indolore à l’état quiescent. On reconnaît souvent un petit point noir à sa surface (le punctum), qui correspond à l’ostium folliculaire obstrué. Il peut grossir progressivement sur plusieurs années et s’infecter, devenant alors douloureux, rouge et fluctuant.
Attention : Un kyste sébacé infecté ne doit pas être percé à domicile. Une incision-drainage et parfois une antibiothérapie par un médecin sont nécessaires. L’exérèse chirurgicale complète est le seul traitement définitif pour éviter les récidives.
Petits boutons blancs ou rosés, rugueux au toucher, très caractéristiques sur la face externe des bras, des cuisses et des fesses. La kératose pilaire (ou « peau de poulet ») est une affection bénigne extrêmement fréquente, souvent héréditaire, liée à une hyperkératinisation du follicule pileux. Elle tend à s’améliorer spontanément à l’âge adulte et lors des saisons chaudes. Les crèmes à base d’urée (10–20 %) ou d’acide lactique améliorent l’aspect. Voir notre article sur la kératose pilaire.
1.7/ Lichen nitidus
Petits boutons blancs ou chair brillants (nitidus signifie « brillant » en latin), de 1 à 2 mm, groupés en dizaines d’éléments en têtes d’épingle. Maladie assez rare, touchant préférentiellement les enfants, adolescents et jeunes adultes, habituellement sur le tronc, les membres et les organes génitaux. Le phénomène de Koebner (apparition de lésions sur les zones de frottement) est souvent présent. La maladie régresse spontanément en 1 à 2 ans dans la majorité des cas, sans traitement nécessaire.
1.8/ Molluscum contagiosum
Molluscum contagiosum
Petites tuméfactions blanches ou rosées, ombiliquées (dépression centrale caractéristique), très fréquentes chez l’enfant entre 2 et 10 ans. Causées par un poxvirus, elles sont contagieuses par contact direct. Elles régressent spontanément en 6 à 18 mois, mais peuvent être traitées (curetage, cryothérapie) si elles sont nombreuses, gênantes ou situées dans des zones à risque de transmission. Voir notre article sur le molluscum contagiosum.
1.9/ Tophus goutteux
Localisation cutanée de la goutte donnant des tuméfactions blanches, dures, parfois craquelées, s’ouvrant parfois spontanément et laissant sourdre un matériel crayeux blanchâtre riche en cristaux d’urate de sodium. Souvent situés au niveau des articulations (coudes, orteils, pavillon des oreilles). Le traitement repose avant tout sur la prise en charge de l’hyperuricémie.
1.10/ Verrue
Une verrue peut prendre un aspect blanchâtre ou kératosique, surtout sur les zones de pression (plante des pieds) ou de frottement. Elle est causée par le virus HPV. Voir notre dossier sur la verrue.
1.11/ Cancer de la peau – quand le bouton blanc doit alerter
Cancer de la peau
⚠️ Tout bouton blanc qui grossit progressivement, saigne spontanément ou au moindre contact, ne cicatrise pas ou présente un bord perlé doit faire évoquer un carcinome basocellulaire – la forme la plus fréquente de cancer cutané. Ce type de tumeur apparaît préférentiellement sur les zones photo-exposées (visage, oreilles, cou, décolleté). Consultez rapidement un dermatologue dans ce cas. Voir notre article sur les cancers de la peau.
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2/ Bouton blanc avec du pus (pustule)
Un bouton blanc mou contenant du pus est appelé pustule. Il est entouré d’une rougeur et peut être douloureux au toucher. La distinction essentielle : est-il centré par un poil ?
2.1/ Centré par un poil : pustule folliculaire
La folliculite est une inflammation du follicule pileux donnant un bouton blanc centré par un poil, entouré d’une couronne érythémateuse. Elle est le plus souvent d’origine bactérienne (Staphylococcus aureus dans la majorité des cas), mais peut aussi être fongique (Malassezia folliculitis, souvent méconnu) ou parasitaire.
Folliculite
Les principaux types de pustules folliculaires :
Folliculite bactérienne superficielle : la plus fréquente, due à S. aureus. Survient après épilation, rasage ou macération. Traitement : antiseptiques locaux, parfois antibiotique topique (acide fusidique).
Folliculite de Pityrosporum (Malassezia) : souvent confondue avec l’acné. Pustules monomorphes sur le tronc (dos, poitrine), aggravées par la chaleur et les dermocorticoïdes. Traitement : antifongiques topiques ou oraux (kétoconazole, itraconazole).
Folliculite du bain à remous (hot tub folliculitis) : due à Pseudomonas aeruginosa, 1 à 3 jours après bain en eau chaude contaminée.
Furoncle : folliculite profonde et nécrotique, très douloureuse, avec un placard inflammatoire rouge. Voir notre article sur la folliculite et le furoncle.
Certaines pustules ne sont pas centrées par un poil et répondent à des mécanismes distincts :
Acné pustuleuse : le microcomédon d’acné peut évoluer en pustule inflammatoire par activation immunitaire contre Cutibacterium acnes. La pustule d’acné est entourée d’une papule rouge et siège aux zones séborrhéiques (visage, dos, épaules). Voir notre dossier acné.
Pustulose à éosinophiles (maladie d’Ofuji) : papulo-pustules folliculaires récidivantes, prurigineuses, souvent sur le visage. Maladie rare, plus fréquente au Japon et chez les sujets immunodéprimés (VIH). Traitement par indométacine ou corticoïdes topiques.
Psoriasis pustuleux : pustules stériles sur fond érythémateux, pouvant être localisées (paumes, plantes) ou généralisées. Forme particulièrement grave nécessitant une prise en charge spécialisée urgente.
Impétigo bulleux : bulles et pustules croûteuses, contagieuses, dues le plus souvent à S. aureus, fréquentes chez l’enfant. Voir notre article sur l’impétigo.
3/ Options thérapeutiques selon le type de bouton blanc
Traitement du grain de milium :
Extraction à l’aiguille : geste de référence réalisé par le dermatologue après légère désinfection. Une micro-incision de l’épiderme libère le contenu kératinique. Rapide, peu douloureux, sans cicatrice si bien réalisé.
Laser CO2 fractionné : traitement de choix pour les miliums multiples (paupières, joues), détruisant le kyste couche par couche sans incision.
Rétinoïdes topiques : trétinoïne 0,025–0,05 % ou adapalène 0,1 % accélèrent le renouvellement épidermique et facilitent l’élimination des kystes en 8 à 12 semaines. Utile pour la prévention des récidives.
AHA / BHA : acide glycolique (8–12 %) ou acide salicylique (2 %) en application régulière – alternative douce, sans ordonnance, efficace surtout en prévention.
Traitement du microkyste d’acné :
Rétinoïdes topiques : adapalène 0,1 % gel (disponible sans ordonnance) ou trétinoïne sur prescription – traitement de première ligne, normalise le renouvellement kératinocytaire folliculaire.
Peroxyde de benzoyle : efficace si composante inflammatoire associée, action antibactérienne sur C. acnes.
Extraction par le dermatologue : extraction des comédons fermés après ramollissement, évitant l’évolution vers des lésions inflammatoires.
Isotrétinoïne orale : réservée aux acnés sévères ou résistantes, prescrite et surveillée par le dermatologue. Voir notre article sur l’isotrétinoïne.
Traitement des pustules (folliculite, acné inflammatoire) :
Antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) : en première intention pour les folliculites superficielles bactériennes.
Antibiotiques topiques (acide fusidique, clindamycine) : si folliculite bactérienne confirmée ou suspectée.
Antifongiques topiques ou oraux si folliculite à Malassezia (kétoconazole shampooing ou gel, itraconazole per os).
Antibiothérapie systémique : réservée aux folliculites profondes, furoncles ou folliculites récidivantes.
Ne jamais percer soi-même une pustule : risque de surinfection, de cicatrice et de dissémination bactérienne.
Quand faut-il consulter un dermatologue pour un bouton blanc ?
La majorité des boutons blancs sont bénins. Cependant, certains signes justifient une consultation rapide ou semi-urgente :
Le bouton grossit progressivement sans raison apparente depuis plusieurs semaines
Il saigne spontanément ou au moindre contact
Il est présent depuis plus de 3 semaines sans évoluer ni disparaître
Il s’accompagne de douleur, rougeur extensive ou fièvre
Il réapparaît systématiquement au même endroit
De nombreux miliums apparaissent soudainement (peut indiquer une dermatose bulleuse sous-jacente)
Un bouton blanc sur les muqueuses (intérieur des lèvres, gencives) persiste plus de 2–3 semaines
Grossit rapidement, saigne ou ne cicatrise pas – évoquer un carcinome basocellulaire
S’accompagne de fièvre, de frissons ou d’une rougeur qui s’étend – évoquer une cellulite infectieuse
Apparaît en grand nombre subitement (miliums éruptifs, dermatose bulleuse)
Siège sur une muqueuse et ne disparaît pas en 2–3 semaines
Est douloureux, très gonflé avec une chaleur locale intense (abcès à drainer)
Téléchargez un guide complet au format PDF :
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Questions fréquentes sur les boutons blancs
Quelle est la différence entre un grain de milium et un microkyste d’acné ?
Le grain de milium est un kyste kératinique superficiel, sans lien avec la glande sébacée, qui se forme autour des yeux, sur les paupières et les joues. Il ne répond pas aux traitements habituels de l’acné. Le microkyste d’acné (comédon fermé) est un bouchon de kératine et de sébum dans un follicule pilo-sébacé, qui peut évoluer vers une pustule inflammatoire. Les rétinoïdes topiques traitent efficacement le microkyste, mais le milium nécessite une extraction manuelle par le dermatologue.
Comment distinguer un bouton blanc avec pus d’un grain de milium ?
Le grain de milium est dur, ferme, nacré, sans rougeur autour et impossible à percer aisément : il contient de la kératine, pas du pus. La pustule est molle, fluctuante, entourée d’une auréole érythémateuse, sensible au toucher et contient du pus blanchâtre ou jaunâtre. Elle disparaît généralement en 5 à 10 jours alors que le milium persiste des semaines à des mois. En cas de doute, le dermatologue tranche le diagnostic en moins d’une minute.
Le grain de milium disparaît-il spontanément ?
Chez le nouveau-né, les miliums régressent spontanément en 4 à 6 semaines sans aucun traitement. Chez l’adulte, ils tendent à persister indéfiniment sans intervention. Les rétinoïdes topiques (adapalène 0,1 %) peuvent accélérer la résolution en 8 à 12 semaines. L’extraction à l’aiguille par un dermatologue reste la méthode la plus rapide et efficace pour un résultat immédiat sans cicatrice.
Un bouton blanc sur les paupières ou autour des yeux est-il grave ?
Non, dans la quasi-totalité des cas, un bouton blanc perlé sur les paupières est un grain de milium : bénin, indolore, sans danger. Il se traite facilement par extraction à l’aiguille ou au laser CO2 en consultation de dermatologie. Cependant, l’apparition soudaine de nombreux miliums autour des yeux peut, plus rarement, signaler une porphyrie cutanée tardive ou une dermatose bulleuse – une consultation s’impose dans ce cas.
Boutons blancs sur le visage : acné, milium ou autre chose ?
Sur le visage, les boutons blancs durs sans inflammation correspondent le plus souvent à des microkystes d’acné (visage entier, surtout front et menton) ou des grains de milium (autour des yeux et des joues). Après 40–50 ans, les adénomes sébacés donnent des petits boutons blancs ombiliqués sur le front. Chez l’enfant, le molluscum contagiosum produit des petites perles ombiliquées. Un dermatologue pose le diagnostic précis en quelques minutes.
Faut-il percer soi-même un bouton blanc ?
Non, il est fortement déconseillé de percer soi-même un bouton blanc, quelle que soit sa nature. Pour un grain de milium, percer à domicile laisse le contenu kératinique en place, risque de provoquer une cicatrice ou une infection locale. Pour une pustule d’acné, l’extraction manuelle maison favorise la surinfection bactérienne et les cicatrices post-acné, parfois définitives. Le dermatologue dispose des instruments et des conditions stériles pour réaliser ces gestes sans complications.
Quelle crème est efficace contre les boutons blancs ?
La réponse dépend du type de bouton blanc. Pour les microkystes d’acné : l’adapalène 0,1 % gel (Différine, sans ordonnance) est le traitement de première ligne, efficace en 8 à 12 semaines. L’acide salicylique à 2 % et la niacinamide à 5–10 % améliorent la texture et réduisent la taille des pores. Pour les grains de milium vrais, les crèmes ont un effet limité : l’extraction manuelle par le dermatologue reste la méthode de référence.
Un bouton blanc dur sous la peau est-il dangereux ?
Dans la grande majorité des cas, non : kyste sébacé, grain de milium, molluscum ou kératose pilaire sont des lésions bénignes. Cependant, tout bouton blanc dur qui grossit progressivement, saigne au contact ou ne cicatrise pas doit être examiné par un dermatologue afin d’éliminer un carcinome basocellulaire, tumeur cutanée maligne mais de très bon pronostic si prise en charge précocement. Après 50 ans ou en cas de forte exposition solaire ancienne, la vigilance est renforcée.
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Berk DR, Bayliss SJ. Milia: a review and classification. J Am Acad Dermatol. 2008 Dec;59(6):1050–63. PMID 18819726
Del Rosso JQ, Kircik LH. The sequence of inflammation, relevant biomarkers, and the pathogenesis of acne vulgaris: what does recent research show and what does it mean to the clinician? J Drugs Dermatol. 2013 Aug;12(8 Suppl):s109–15. PMID 23986176
Tanghetti EA. The role of inflammation in the pathology of acne. J Clin Aesthet Dermatol. 2013;6(9):27–35. PMID 26741394
Cutis laxa : peau relâchée et élasticité perdue – causes, formes et prise en charge dermatologique
Mis à jour le 29 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Le cutis laxa est une maladie rare caractérisée par une perte profonde de l’élasticité cutanée : la peau pend en larges plis lâches, donnant un aspect prématurément vieilli. Il peut être présent dès la naissance (formes génétiques) ou survenir à l’âge adulte (formes acquises). Derrière cette présentation distinctive se cachent des atteintes systémiques parfois sévères qui nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire.
En bref : Cutis laxa est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Le cutis laxa (du latin « peau lâche ») est un groupe hétérogène de maladies caractérisées par une altération structurelle ou quantitative des fibres élastiques du derme et des tissus conjonctifs. Les fibres élastiques, composées principalement d’élastine (protéine codée par le gène ELN) et d’une armature de microfibrilles (fibrillines, fibulines), confèrent à la peau sa capacité à reprendre sa forme après étirement.
Lorsque ces fibres sont absentes, fragmentées ou non fonctionnelles, la peau perd toute résilience : elle pend en plis mous, principalement au niveau du visage, du cou, de l’abdomen et des membres. Contrairement à un simple relâchement cutané lié à l’âge, le cutis laxa est diffus, précoce, et souvent associé à des atteintes viscérales.
Caractéristique
Cutis laxa
Relâchement cutané lié à l’âge
Âge de début
Naissance ou jeune adulte
À partir de 40–50 ans
Distribution
Diffuse, généralisée
Gravitationnelle (visage, cou)
Rebond élastique
Absent
Diminué mais présent
Atteintes systémiques
Fréquentes (poumon, cœur, vaisseaux)
Absentes
Histologie
Fibres élastiques rares, fragmentées
Fibres élastiques diminuées
Formes génétiques
Les formes héréditaires du cutis laxa sont classées selon le mode de transmission et le gène impliqué. On distingue :
Cutis laxa autosomique dominant (ADCL)
Principalement lié à des mutations hétérozygotes du gène ELN (élastine, chromosome 7q11). La présentation est généralement modérée : relâchement cutané facial prédominant, emphysème pulmonaire léger à modéré. Le pronostic est globalement favorable, sans atteinte viscérale sévère.
Cutis laxa autosomique récessif (ARCL)
Groupe plus sévère comprenant plusieurs sous-types :
ARCL type 1A/1B : mutations de FBLN4 ou FBLN5 (fibuline-4 et 5). Atteintes pulmonaires (emphysème), vasculaires (anévrysmes aortiques), hernies et diverticules viscéraux. Pronostic sombre dans les formes néonatales sévères.
ARCL type 2A : mutations de ATP6AP1 – forme avec retard intellectuel, dysmorphie faciale et atteinte hépatique (glycosylation déficiente des protéines).
ARCL type 2B : mutations de PYCR1 – cutis laxa avec progeroid features, retard de croissance et anomalies squelettiques.
Syndrome d’Occipital Horn : lié à des mutations d’ATP7A (transport du cuivre), allélique avec la maladie de Menkes – forme avec excroissances osseuses occipitales et atteinte vasculaire.
ℹ️ Le rôle du cuivre dans l’élastine
La maturation de l’élastine nécessite la lysyl-oxydase, une enzyme cuivre-dépendante. Un déficit en cuivre (comme dans les mutations ATP7A) perturbe la réticulation des fibres élastiques et collagènes – d’où le chevauchement clinique entre cutis laxa, syndrome d’Occipital Horn et maladie de Menkes.
Formes acquises
Le cutis laxa acquis survient sur une peau initialement normale, sans anomalie génétique identifiée. Plusieurs mécanismes sont en cause :
Type
Mécanisme
Contexte clinique
Post-inflammatoire
Destruction des fibres élastiques par protéases inflammatoires
Après urticaire sévère, érythème polymorphe, dermatite atopique intense
Médicamenteux
Inhibition de la synthèse d’élastine
D-pénicillamine (traitement de la polyarthrite rhumatoïde), isoniazide
Paranéoplasique
Anticorps anti-fibroblastes ou anti-fibres élastiques
Hémopathies malignes (lymphomes, myélomes)
Idiopathique
Non élucidé
Adulte jeune, sans facteur déclenchant retrouvé
⚠️ D-pénicillamine et peau
La D-pénicillamine, utilisée dans la polyarthrite rhumatoïde et la maladie de Wilson, est l’un des médicaments les plus documentés comme cause de cutis laxa acquis. L’arrêt du traitement peut stabiliser l’évolution mais ne restaure pas l’élasticité.
Manifestations cliniques
Atteinte cutanée
La peau pend en plis lâches, sans tonus, principalement au niveau :
Du visage : joues tombantes, paupières lourdes, aspect de faciès vieilli
Du cou : plis cervicaux pendants
De l’abdomen et des fesses : plis importants
Des membres : peau pendante aux bras et aux cuisses
La peau n’est pas hyperextensible (contrairement au syndrome d’Ehlers-Danlos) et ne revient pas à sa position après traction. Elle est souvent fine, de consistance normale, sans fragilité particulière.
Atteintes systémiques
Dans les formes génétiques sévères, l’atteinte viscérale peut engager le pronostic vital :
Cœur et vaisseaux : dilatation aortique, anévrysmes, sténoses artérielles
Tube digestif : hernies inguinales, diverticules du côlon ou de la vessie
Système nerveux : retard intellectuel dans certaines formes récessives
Diagnostic
Le diagnostic de cutis laxa est avant tout clinique, puis confirmé par :
Biopsie cutanée
L’examen histologique avec colorations spécifiques des fibres élastiques (orcéine, Weigert, Verhoeff-Van Gieson) montre une raréfaction, une fragmentation ou une absence des fibres élastiques dans le derme. L’immunofluorescence directe est généralement négative dans les formes génétiques.
Bilan génétique
Le séquençage des gènes impliqués (ELN, FBLN4, FBLN5, ATP6AP1, PYCR1, ATP7A) est indiqué dans les formes pédiatriques ou familiales. Le conseil génétique est systématiquement proposé.
Bilan d’extension viscérale
Scanner thoracique (emphysème), échocardiographie (aorte, valves), scanner abdominal (anévrysmes, hernies) selon la forme clinique et l’âge du patient.
Diagnostic différentiel
Différence clé
Syndrome d’Ehlers-Danlos
Peau hyperextensible ET rebond présent ; hypermobilité articulaire
Syndrome de Marfan
Peau non relâchée ; grande taille, ectopie du cristallin
Pseudoxanthome élastique
Peau granuleuse (aspect « peau de poulet »), lésions oculaires
Relâchement cutané sénile
Survient après 50 ans, sans atteinte systémique
Traitement et prise en charge
Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif du cutis laxa génétique. La prise en charge est symptomatique et préventive des complications.
Chirurgie esthétique et reconstructive
La chirurgie plastique (rhytidectomie, blépharoplastie, plastie abdominale) peut améliorer l’aspect clinique et la qualité de vie. Elle est indiquée chez les patients ayant un retentissement fonctionnel (vision gênée par les paupières, difficultés respiratoires liées aux plis cervicaux importants). La récidive est possible à long terme.
Prise en charge des atteintes systémiques
Le suivi pulmonaire, cardiologique et chirurgical (hernie, anévrysme) est organisé en centre de référence maladies rares. En France, le réseau FIMARAD coordonne la prise en charge des génodermatoses rares.
Formes acquises
L’éviction du médicament causal (D-pénicillamine) ou le traitement de la cause sous-jacente (hémopathie, inflammation) doit être entrepris en premier. La peau ne récupère généralement pas une élasticité normale, mais la progression peut être stoppée.
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Non, le cutis laxa n’est généralement pas douloureux en lui-même. C’est une maladie du relâchement cutané, sans inflammation ni atteinte nerveuse. Cependant, certaines complications (hernies, atteintes vasculaires) peuvent générer des douleurs nécessitant une prise en charge spécifique.
Peut-on confondre cutis laxa et syndrome d’Ehlers-Danlos ?
Ces deux maladies touchent le tissu conjonctif mais se distinguent nettement : dans le syndrome d’Ehlers-Danlos, la peau est hyperextensible et revient à sa place (rebond élastique conservé), et il existe une hypermobilité articulaire. Dans le cutis laxa, la peau ne revient pas en place et pend, sans laxité articulaire au premier plan. La biopsie et le bilan génétique permettent de trancher.
Le cutis laxa peut-il être traité sans chirurgie ?
Dans les formes génétiques, il n’existe pas de traitement médical permettant de restaurer les fibres élastiques. Des recherches sur les thérapies géniques et les inhibiteurs de protéases sont en cours. La chirurgie plastique reste le seul moyen d’améliorer l’aspect cutané. Dans les formes acquises, traiter la cause peut stabiliser l’évolution.
Le cutis laxa est-il transmissible aux enfants ?
Oui, dans les formes génétiques. Le risque de transmission dépend du mode d’hérédité : 50 % pour les formes autosomiques dominantes, 25 % pour les formes autosomiques récessives (si les deux parents sont porteurs). Un conseil génétique est recommandé avant tout projet de grossesse.
Existe-t-il une association de patients pour le cutis laxa ?
En France, les patients peuvent s’adresser à Maladies Rares Info Services (0 800 004 372) et aux centres de référence FIMARAD. Le site Orphanet (orphanet.net) recense les équipes spécialisées et les protocoles de recherche ouverts.
Berk DR, Bentley DD, Bayliss SJ, Lind A, Urban Z. Cutis laxa: a review. J Am Acad Dermatol. 2012 Nov;67(5):842.e1-17. PMID 22177497
Callewaert B, Renard M, Hucthagowder V, et al. New insights into the pathogenesis of autosomal-dominant cutis laxa with report of five ELN mutations. Hum Mutat. 2011 Apr;32(4):445-55. PMID 21309039
Fischer J, Kobelt T, Wititsuwannakul J, et al. Cutis laxa caused by mutations in ATP6AP1 is associated with lysosomal and autophagic dysfunction. Eur J Hum Genet. 2012;20(10):1024-31. PMID 22434069
La dermite du siège ou érythème fessier est un problème fréquent du bébé et du jeune enfant. Les fesses de bébé peuvent être rouges pour de multiples raisons, mais dans la majorité des cas, il convient de lutter contre la macération (milieu humide des couches) provoquant une irritation de la peau par le biais des urines et des selles. La plupart du temps, la rougeur correspond à une irritation au niveau du contact avec les couches. Dans ce cas, l’érythème fessier est bénin et disparaît généralement dès qu’on assèche la peau des fesses de bébé. Cependant, les dermites du siège peuvent correspondre à une localisation de dermatose plus rare, notamment d’origine inflammatoire, ou à une mycose profuse (candidose).
En bref : L’érythème fessier touche la plupart des nourrissons avant l’acquisition de la propreté, avec un pic de fréquence entre 9 et 12 mois. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’une simple irritation liée à l’humidité de la couche, qui s’améliore en 48 heures avec un séchage soigneux et une pâte protectrice. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Consulter un médecin
La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis. Le médecin va faire le point sur les problèmes que présente votre enfant (date de début, durée de l’éruption, démangeaisons…). Il vérifiera s’il n’y a pas d’infection cutanée (mycose notamment).
À noter : Face à une dermite du siège résistante ou récidivante, le médecin orientera vers un dermatologue pour éliminer un psoriasis des langes, une dermite séborrhéique ou une dermatose plus rare.
Diagnostic
On distingue plusieurs cas de figure selon la topographie des lésions :
1/ Dermite en W
Ce sont les fesses rouges les plus fréquentes, liées à des facteurs mécaniques et à l’occlusion ; la macération joue un rôle initiateur. La dermite des convexités ou « en W » survient surtout entre 6 et 12 mois. Elle est dite « en W » car elle respecte les plis, qui restent clairs.
Dermite en W
La dermite des convexités est d’origine multifactorielle : l’incontinence du nourrisson en fait une zone constamment agressée par les urines et les selles (plus ou moins acides et riches en bactéries), aggravée par le port de couches induisant occlusion, macération et frottement. L’érythème fessier peut se développer très rapidement, notamment en cas de diarrhée. Au maximum, on observe des papules érosives (papulose érosive ou dermite syphiloïde de Sevestre et Jacquet).
Attention : En cas de diarrhée, les selles plus acides et irritantes peuvent provoquer ou aggraver rapidement l’érythème fessier. Changez les couches très fréquemment et consultez si les lésions s’aggravent en 48 heures.
2/ Dermite des plis
Selon leur point de départ, deux types de dermite des plis sont distingués : les dermites périorificielles (en O) et les intertrigos des plis (en Y).
2.1/ Dermite en O
Il s’agit le plus souvent d’une atteinte péri-anale, souvent érosive, survenant au cours d’une diarrhée par irritation chimique des selles, avec possible surinfection par l’agent responsable (staphylocoque doré, entérobactéries) ou par Candida albicans. Dans ce cas, le médecin peut demander un prélèvement bactériologique et mycologique.
Parfois l’atteinte peut être vulvaire, accompagnant une infection urinaire. Un examen cytobactériologique des urines (ECBU) peut alors être proposé.
2.2/ Dermite en Y
Il s’agit d’une dermite des grands plis de l’aine et de la région interfessière, appelés intertrigos, qui peuvent être d’origine microbienne ou candidosique.
Les intertrigos streptococciques (anites streptococciques) peuvent présenter un aspect de décollement périphérique et sont plus rares que les intertrigos candidosiques, dans lesquels on observe une desquamation et des papulo-pustules en périphérie de la rougeur du fond du pli, dessinant un Y (dermite « en Y »).
3/ Dermites diffuses
La dermite peut être profuse, notamment en cas de :
Dermite du siège résistante au traitement – doit faire reconsidérer le diagnostic.
Psoriasis des langes (napkin psoriasis) – survient chez le nourrisson, rarement avant 6 mois ; l’allure est d’emblée diffuse, à limite nette, avec parfois quelques plaques de psoriasis sur le ventre.
Dermite séborrhéique – souvent bipolaire avec atteinte du visage et du cuir chevelu concomitante. Elle survient surtout dans les 3 premiers mois.
Dermatoses plus rares : histiocytose langerhansienne (lésions papuleuses, infiltrées, parfois érosives, purpuriques voire nécrotiques, touchant le fond du pli), acrodermatite entéropathique (érosions péri-orificielles liées à une carence en zinc), eczéma de contact…
Forme clinique
Topographie
Âge typique
Cause principale
Dermite en W
Convexités, plis respectés
6–12 mois
Macération, friction
Dermite en O
Péri-anale / vulvaire
Tout âge
Diarrhée, infection urinaire
Dermite en Y
Plis inguinaux, interfessier
Tout âge
Candidose, streptocoque
Psoriasis des langes
Diffuse, limite nette
> 6 mois
Psoriasis inflammatoire
Dermite séborrhéique
Siège + visage + cuir chevelu
0–3 mois
Sebum, levures
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Traitement
Dans la majorité des cas, il convient de bien sécher les lésions car l’érythème fessier est aggravé par la macération sous les couches de bébé. Pour cela :
Laver avec un savon doux ou effectuer le change avec une lotion hypoallergénique spéciale « change » ou à l’eau tiède sans savon.
Bien sécher sans frotter (tamponnez doucement).
Appliquer des lotions asséchantes voire la pâte de zinc prescrites par le médecin.
Éviter les crèmes grasses en couche épaisse, qui entretiennent la macération.
Bonne pratique : Changez les couches fréquemment, laissez les fesses à l’air quelques minutes après chaque change et évitez les lingettes parfumées qui peuvent irriter davantage la peau fragile du nourrisson.
En cas de candidose
Le médecin prescrira des antifongiques en lait, lotion voire poudre adaptés aux bébés. Le traitement doit être appliqué sur toute la zone atteinte, y compris les plis, pendant la durée prescrite – même si les lésions paraissent guéries avant la fin.
Quand reconsulter ?
Reconsultez rapidement si :
La rougeur persiste malgré un traitement bien conduit depuis plus de 2 jours, ou s’aggrave / s’étend au-delà des couches.
Des croûtes ou des cloques se développent.
Le bébé a un retentissement sur son état général (grognon, dort mal, fièvre…).
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Questions fréquentes sur l’érythème fessier
Quelle est la différence entre un érythème fessier simple et une candidose du siège ?
L’érythème fessier simple (dermite en W) respecte les plis et répond bien aux mesures d’assèchement et à la pâte de zinc. La candidose du siège, elle, touche les plis, présente souvent de petites pustules ou papules en périphérie (lésions satellites) et ne s’améliore pas sans antifongique. C’est le médecin ou le dermatologue qui établit le diagnostic.
Faut-il utiliser de la poudre de talc sur les fesses de bébé ?
Le talc n’est plus recommandé en raison du risque d’inhalation et d’irritation pulmonaire chez le nourrisson. Préférez les pâtes à l’eau ou à l’oxyde de zinc prescrites par votre médecin.
Le psoriasis des langes est-il grave ?
Le psoriasis des langes est une forme particulière de psoriasis du nourrisson, généralement d’évolution favorable. Il nécessite une prise en charge spécialisée par un dermatologue, avec des traitements adaptés (dermocorticoïdes doux). Il n’implique pas nécessairement que l’enfant développera un psoriasis chronique à l’âge adulte.
Peut-on utiliser des dermocorticoïdes sur les fesses de bébé ?
Oui, mais uniquement sous prescription médicale et sur une courte durée. La zone du siège est occlusive, ce qui augmente l’absorption des corticoïdes. Le médecin choisira le niveau de puissance adapté à l’âge du nourrisson et à la nature des lésions.
À quel âge les érythèmes fessiers disparaissent-ils spontanément ?
Ils tendent à s’estomper avec l’acquisition de la propreté, généralement entre 2 et 3 ans. Avant cela, des épisodes récurrents sont fréquents, surtout lors des diarrhées ou des poussées dentaires (qui modifient le pH des selles).
Voir aussi : Notre guide complet sur les candidoses cutanées et les conseils de soins pour la peau du nourrisson.
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Références
Cet article a été rédigé et vérifié à partir des données actuelles de la science :
Blume-Peytavi U, Hauser M, Lünnemann L, Stamatas GN, Kottner J, Garcia Bartels N. Prevention of diaper dermatitis in infants–a literature review. Pediatr Dermatol. 2014;31(4):413-29. PMID 24890321
Reick S, Hubenthal N, Zimmermann M, Hering T. Crèmes protectrices locales pour les soins de la peau des nouveau-nés, nourrissons et jeunes enfants avec dermite associée à l’incontinence : revue narrative. Pflege. 2017;30(3):117-128. PMID 28071289
Glashan C. Designing and Implementing a Skin Care Protocol for Infants With Neonatal Abstinence Syndrome to Decrease Rates of Diaper Dermatitis. Adv Neonatal Care. 2022;22(1):35-41. PMID 34054014
Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.
Mis à jour le 4 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : La dermatose en terre sèche (ou maladie de Duncan) provoque une tache brune indolore qui résiste au lavage, le plus souvent chez l’enfant. Dans la plus grande série publiée (31 patients), seuls 2 avaient plus de 17 ans. Un simple coton imbibé d’alcool à 70° fait disparaître la tache et confirme le diagnostic. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Qu’est-ce que la dermatose en terre sèche ?
La dermatose « en terre sèche » (terra firma-forme dermatosis en anglais, aussi appelée maladie de Duncan ou « dirty skin disease ») provoque une tache brune acquise et qui ne démange pas, touchant préférentiellement les enfants et les adolescents.
La ou les taches brunes siègent le plus souvent à la base du cou, au-dessus du décolleté, sur le visage, voire sur les chevilles.
La tache brune est due à un dépôt superficiel anormal de kératine et de cellules mortes à la surface de la peau – il ne s’agit ni d’un manque d’hygiène, ni d’un grain de beauté, ni d’un champignon.
Le test diagnostique : le coton à l’alcool
Il suffit de nettoyer doucement la tache brune avec un coton imbibé d’alcool médical à 70° (ou de l’éther, mais il n’est plus en vente libre en France) pour que la tache brune disparaisse, laissant le coton un peu sali.
Ce contraste – résistance totale au savon et à l’eau, disparition immédiate à l’alcool – est la signature de la dermatose en terre sèche et permet d’éviter des examens ou traitements inutiles.
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⚠ Consultez un dermatologue si :
La tache ne part pas complètement après un frottement doux à l’alcool à 70°
La tache change de forme, de couleur ou de relief avec le temps
Elle démange, saigne ou devient douloureuse
Vous avez un doute sur la nature de la tache (grain de beauté, mycose, autre lésion)
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la dermatose en terre sèche ?
C’est une accumulation bénigne de kératine et de débris cutanés à la surface de la peau, formant une tache brune ou grise ressemblant à de la saleté. Elle touche surtout les enfants et jeunes adultes, sur le cou, les chevilles ou le visage, et ne démange pas.
Pourquoi le savon ne fait-il pas disparaître la tache ?
Le lavage habituel à l’eau et au savon est inefficace car les cellules cornées sont agglutinées entre elles de façon anormale. Cette résistance au lavage classique, contrastant avec une disparition immédiate à l’alcool, est justement le signe qui permet le diagnostic.
Comment enlever une dermatose en terre sèche à la maison ?
Frotter doucement la tache avec un coton imbibé d’alcool à 70° pendant quelques secondes. La tache brune part alors en laissant le coton sali, ce qui confirme le diagnostic. Si la tache résiste ou reste après ce test, consultez un dermatologue pour écarter une autre cause.
La dermatose en terre sèche est-elle liée à un manque d’hygiène ?
Non. C’est une idée reçue fréquente qui inquiète les parents à tort. Dans une série de 31 patients, la durée moyenne d’évolution avant consultation était de 4 mois malgré une hygiène normale – ce n’est pas un défaut de lavage mais une anomalie locale de la kératinisation.
À quel âge apparaît-elle le plus souvent ?
Elle touche très majoritairement l’enfant et l’adolescent : dans la plus grande série publiée, seuls 2 patients sur 31 avaient plus de 17 ans. Les localisations les plus fréquentes sont le cou, la région derrière les chevilles et le visage.
Faut-il faire des examens complémentaires ?
Non, sauf en cas de doute diagnostique. Le test au coton alcoolisé suffit à confirmer le diagnostic. Des patients ont parfois subi à tort des bilans hormonaux ou reçu des corticoïdes locaux inutiles avant qu’un dermatologue ne pose le bon diagnostic.
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Références scientifiques
Berk DR. Terra firma-forme dermatosis: a retrospective review of 31 patients, Pediatr Dermatol, 2012;29(3):297-300. PMID 21967469
Stiube A et al., Terra Firma-Forme Dermatosis Diagnostic Sign and Treatment: A Case Report, Case Rep Dermatol, 2019;11(1):108-112. PMID 31123454
Łabędź N et al., Terra Firma-Forme Dermatosis: Clinical Insights, Dermoscopic and Ultraviolet-Induced Fluorescence Dermoscopy Findings, Case Rep Pediatr, 2025;2025:9349324. PMID 40703495
En cas d’eczema du sexe, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : L’eczéma génital donne des plaques rouges qui grattent, le plus souvent par allergie de contact (préservatifs, lubrifiants, cosmétiques) plutôt que par une infection. Les allergies dans la zone génitale restent largement sous-diagnostiquées, les patients osant peu en parler. Un dermatologue peut identifier la cause précise par patch tests et écarter une mycose, qui nécessite un traitement différent. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Plusieurs formes d’eczéma peuvent toucher la zone génitale, chacune avec des causes et une prise en charge différentes :
Les différentes formes d’eczéma du sexe
1. L’eczéma allergique de contact du sexe
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema du sexe sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur le sexe
cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…
préservatifs et lubrifiants
2. L’eczéma atopique génital
Chez les personnes ayant un terrain atopique (asthme, rhinite allergique, autres localisations d’eczéma), la zone génitale peut être touchée par des plaques sèches, squameuses et prurigineuses, sans lien avec un contact allergénique précis.
3. L’eczéma de contact irritatif du sexe
Provoqué par une irritation directe sans mécanisme allergique : toilette trop fréquente ou trop agressive, savons décapants, transpiration, frottement. La peau devient rouge et sensible, sans les allergènes spécifiques identifiés par les patch tests.
Comment savoir à quoi je suis allergique sur le sexe
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose du sexe contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
⚠ Consultez sans attendre si :
Les lésions se surinfectent : croûtes jaunes, pus, douleur intense, fièvre
Une plaie ou une plaque rouge ne guérit pas malgré un traitement bien conduit pendant plusieurs semaines (à distinguer d’une cause plus rare comme la maladie de Paget extramammaire)
Des vésicules douloureuses groupées apparaissent (évoquer un herpès génital)
Un doute persiste avec une infection sexuellement transmissible
Les dermocorticoïdes restent sans effet après 10 jours d’application correcte
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Questions fréquentes sur l’eczéma du sexe
Comment savoir si c’est un eczéma ou une mycose génitale ?
L’eczéma donne des plaques rouges sèches et prurigineuses, souvent expliquées par un contact récent (préservatif, lubrifiant, savon). La mycose donne des plaques rouges vernissées, parfois avec un enduit blanchâtre. Un corticoïde appliqué sur une mycose peut l’aggraver, d’où l’importance de consulter avant tout traitement.
Le préservatif peut-il provoquer un eczéma génital ?
Oui. Le latex, mais aussi les lubrifiants et spermicides qu’il contient, sont des causes classiques de dermatite de contact génitale. Les préservatifs sans latex (polyuréthane, polyisoprène) sont une alternative en cas d’allergie confirmée.
Les lubrifiants sont-ils souvent en cause ?
Oui, de nombreux ingrédients de lubrifiants et de cosmétiques intimes (conservateurs comme la méthylisothiazolinone, parfums) peuvent déclencher un eczéma allergique de contact génital. Les patch tests permettent d’identifier précisément l’allergène.
Faut-il consulter un dermatologue ou un autre spécialiste ?
Un dermatologue est bien placé pour diagnostiquer un eczéma génital et proposer des patch tests si besoin. Une collaboration avec le gynécologue ou l’urologue peut être utile selon les cas.
Comment traiter un eczéma du sexe ?
Après confirmation du diagnostic, le traitement repose sur l’éviction de l’allergène et un dermocorticoïde adapté à cette zone fine, en cure courte pour limiter les effets sur la peau.
Est-ce fréquent de consulter pour ce motif ?
Les allergies de la zone génitale restent largement sous-diagnostiquées : par pudeur, de nombreux patients tardent à en parler à un médecin, alors qu’un diagnostic précis évite des récidives inutiles.
Quand consulter en urgence pour un eczéma génital ?
En cas de surinfection (pus, fièvre), de vésicules douloureuses groupées, ou si une plaque ne guérit pas malgré plusieurs semaines de traitement bien conduit.
En bref : Certains parfums contenant de l’huile de bergamote (riche en bergaptène, un furocoumarine photosensibilisant) peuvent provoquer une dermite pigmentogène (ou « berloque dermatitis ») : de vastes taches brunes apparaissent en quelques jours sur les zones où le parfum a été appliqué puis exposées au soleil. Ces taches peuvent persister plusieurs mois. Évitez de parfumer le cou, le décolleté et les poignets avant une exposition solaire. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 27 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
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Il s’agit d’une réaction phototoxique, et non allergique au sens strict, entre certains composants du parfum et les rayons ultraviolets (UVA). Les parfums et eaux de toilette contiennent souvent de l’huile essentielle de bergamote, riche en bergaptène (5-méthoxypsoralène), une molécule de la famille des furocoumarines. Au contact des UVA, le bergaptène forme des liaisons covalentes avec l’ADN des cellules cutanées, stimule la production de mélanine et endommage localement la peau.
Cette réaction provoque, après exposition, l’apparition de vastes nappes brunes sur toute la surface d’application du parfum sur la peau — typiquement en traînées ou en coulures, là où le parfum a été vaporisé ou où il a coulé.
Un chiffre à retenir : selon les études de cas publiées, la pigmentation apparaît généralement en 24 à 72 heures après l’exposition combinée parfum + soleil, et peut persister plusieurs semaines à plusieurs mois avant de s’estomper spontanément.
Ces nappes brunes peuvent être difficiles à faire disparaître et rester longtemps sur la peau, sans réel traitement accéléré autre que la protection solaire stricte de la zone et la patience.
Quelles zones sont les plus à risque ?
Il est donc préférable d’éviter d’appliquer votre parfum sur les zones exposées au soleil (cou, décolleté, poignets, derrière les oreilles) au risque de voir apparaître de vastes plages brunes. Les zones les plus fréquemment touchées sont celles où le parfum est vaporisé directement puis exposées sans protection : cou, décolleté, avant-bras, mains.
Cette dermite pigmentogène n’est pas l’apanage du parfum ou de l’eau de toilette, mais elle peut aussi se voir avec les cosmétiques parfumés, notamment certaines crèmes solaires parfumées ou huiles de bronzage contenant des extraits d’agrumes.
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💡 Conseil pratique du Dr Rousseau
Parfumez-vous le soir, sur des zones couvertes par les vêtements, ou attendez d’être rentré du soleil pour appliquer votre parfum. Si vous tenez à vous parfumer avant de sortir, privilégiez le cuir chevelu, les cheveux ou les vêtements plutôt que la peau exposée.
Comment prévenir la dermite pigmentogène ?
Il est donc recommandé d’éviter d’appliquer des cosmétiques parfumés sur les zones exposées au soleil et d’éviter les crèmes solaires parfumées, même si elles sont agréables. Quelques gestes simples permettent de limiter le risque :
Appliquer le parfum sur les vêtements ou les zones couvertes plutôt que sur la peau nue ;
Attendre que le parfum ait totalement séché avant toute exposition solaire ;
Choisir des parfums « sans bergamote » ou photostables si une exposition solaire est prévue dans les heures qui suivent ;
Protéger systématiquement les zones parfumées avec un vêtement ou une crème solaire non parfumée en cas d’exposition.
Quand consulter un dermatologue ?
Consultez si la zone pigmentée s’accompagne de rougeur intense, de cloques, de douleur importante, ou si la tache brune ne s’atténue pas après plusieurs mois. Un dermatologue confirmera le diagnostic et écartera d’autres causes de tache pigmentée (mélasma, tache post-inflammatoire, plus rarement une lésion à surveiller).
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Questions fréquentes
J’aime être parfumée même sous le soleil. Qu’est-ce que je risque ?
Le parfum peut provoquer une dermite pigmentogène lors de son exposition au soleil : une réaction phototoxique entre certains composants (huile de bergamote) et les UVA, qui provoque l’apparition de vastes nappes brunes sur toute la surface d’application. Ces taches peuvent persister plusieurs semaines à plusieurs mois. Mieux vaut parfumer les zones couvertes par les vêtements ou attendre d’être rentré du soleil.
Combien de temps mettent les taches à disparaître ?
La pigmentation apparaît en 24 à 72 heures après l’exposition et met généralement plusieurs semaines à plusieurs mois à s’estomper spontanément. Une protection solaire stricte de la zone (vêtement, écran total non parfumé) accélère l’atténuation en évitant que le bronzage environnant ne masque davantage le contraste.
Tous les parfums sont-ils concernés ?
Non. Le risque concerne principalement les parfums contenant de l’huile essentielle de bergamote ou d’autres agrumes riches en furocoumarines (bergaptène). De nombreux parfums modernes utilisent de la bergamote « déterpénée » ou furocoumarine-free, spécifiquement pour supprimer ce risque phototoxique. En cas de doute, mieux vaut éviter d’exposer la zone parfumée au soleil dans les heures qui suivent.
Est-ce une allergie ou une brûlure ?
Ni tout à fait l’une ni l’autre : il s’agit d’une réaction phototoxique, un mécanisme chimique direct entre la molécule photosensibilisante et les UVA, qui touche potentiellement tout le monde (contrairement à une allergie qui ne concerne que les personnes sensibilisées) et qui peut ressembler à un coup de soleil localisé suivi d’une pigmentation brune.
Peut-on prévenir les taches une fois le parfum appliqué ?
Oui : couvrir la zone parfumée avec un vêtement ou appliquer une protection solaire non parfumée avant toute exposition. Si l’exposition a déjà eu lieu et que la peau rougit, rincer abondamment la zone à l’eau claire et appliquer un apaisant type panthénol, puis surveiller l’apparition éventuelle d’une pigmentation dans les jours suivants.
Références
Wang L, Sterling B, Don P. Berloque dermatitis induced by « Florida water ». Cutis. 2002;70(1):29-30. PMID 12184670
Kung AC, Stephens MB, Darling T. Phytophotodermatitis: bulla formation and hyperpigmentation during spring break. Mil Med. 2009;174(6):657-661. PMID 19585784
Grosu Dumitrescu C et al. New Insights Concerning Phytophotodermatitis Induced by Phototoxic Plants. Life (Basel). 2024;14(8). PMID 39202761
ANSM – Recommandations de bon usage des produits cosmétiques. ansm.sante.fr
À lire aussi sur le soleil et les réactions cutanées
Le kyste épidermoïde ou sébacé est une tumeur bénigne très fréquente de la peau, constituée d’une poche ou enveloppe, souvent très bien délimitée, tapissée sur sa face interne d’un épithélium, et contenant du sébum (une substance blanche à l’odeur caractéristique). Le laser CO2 est l’une des techniques permettant de l’enlever avec une cicatrice discrète.
Mis à jour le 29 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Le laser CO2 permet de retirer un kyste épidermoïde superficiel et de diagnostic certain, sous anesthésie locale. Une étude portant sur 47 patients rapporte un taux de récidive de 8,5 % et une absence de cicatrice visible chez 46,8 % des patients après cette technique. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Évolution du kyste
Le kyste cutané de petite taille peut parfois régresser spontanément. Cependant, lorsque le kyste atteint environ un centimètre de diamètre, la régression spontanée devient rare. Il est donc souvent décidé de l’enlever, d’autant que le kyste peut devenir gênant sur les zones d’appui, ou douloureux lors d’épisodes inflammatoires (par fissuration de la poche, ou surinfection). Ces épisodes inflammatoires peuvent donner un abcès.
Se débarrasser d’un kyste : quelle technique selon son état ?
Tout dépend de l’état du kyste :
S’il est inflammatoire (rouge et douloureux)
Le kyste est inflammatoire, souvent surinfecté et abcédé. Le laser n’est pas la bonne option dans ce cas : direction l’article soigner un kyste infecté ou enflammé pour connaître la marche à suivre (drainage, antibiotiques si besoin, puis exérèse à froid).
S’il est indolore et non inflammatoire
Kyste de grande taille
Pour un kyste volumineux, la chirurgie classique reste la référence. Voir l’article enlever un kyste pour le déroulement complet de l’exérèse chirurgicale.
Kyste de petite taille, de diagnostic certain
On peut alors envisager le laser CO2.
Le laser CO2 permet une vaporisation des tissus. Cette technique peut être envisagée lorsqu’il existe des kystes superficiels, de diagnostic certain (il n’y aura pas d’analyse au laboratoire), sous anesthésie locale.
Le médecin incise la peau au laser CO2 en mode focalisé, puis le contenu du kyste est vidé.
Ensuite, le médecin vaporise la paroi du kyste en mode défocalisé.
La cicatrice obtenue est souvent de petite taille, mais parfois légèrement en creux.
À savoir : une étude française portant sur des kystes du scrotum traités au laser CO2 en mode superpulsé (10 à 10,8 W) n’a rapporté aucune récidive ni complication après 1 à 2 séances de 10 minutes, avec des résultats esthétiques jugés excellents par tous les patients.
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Laser CO2 ou chirurgie classique : que dit la science ?
Plusieurs études comparent aujourd’hui le laser aux techniques chirurgicales classiques pour le traitement des kystes épidermoïdes :
Critère
Laser CO2 / mini-invasif
Chirurgie classique (exérèse)
Durée de l’intervention
Environ 15 minutes en moyenne
Environ 27 minutes en moyenne
Taille de cicatrice à 12 mois
Environ 0,5 cm en moyenne
Environ 1,8 cm en moyenne
Taux de récidive
Autour de 8,5 %
Faible, comparable selon les séries
Analyse anatomopathologique
Impossible (tissu vaporisé)
Possible (pièce opératoire analysée)
Anesthésie
Locale
Locale, parfois générale si volumineux
Ces chiffres proviennent d’études portant sur des kystes du visage et du tronc traités par voie mini-invasive assistée par laser, comparés à l’exérèse chirurgicale classique. L’absence d’analyse anatomopathologique après vaporisation laser est la limite principale de cette technique : elle n’est proposée que lorsque le diagnostic de kyste bénin est certain cliniquement.
Conseil du dermatologue : ne faites jamais retirer vous-même un kyste, y compris en le perçant ou en le vidant à la maison. Un geste mal maîtrisé favorise la surinfection et la récidive, car la poche du kyste doit être intégralement retirée ou détruite pour éviter que le kyste ne se reforme.
Consultez rapidement si :
Le kyste devient rouge, chaud et douloureux (signe d’inflammation ou de surinfection)
Du pus ou un liquide malodorant s’en écoule spontanément
Une fièvre accompagne l’apparition d’une boule cutanée
Le kyste grossit rapidement ou change d’aspect en quelques semaines
Dans ces situations, le laser n’est pas indiqué en première intention : une prise en charge médicale (parfois un drainage) est nécessaire avant d’envisager une exérèse définitive.
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Questions fréquentes
Le laser CO2 peut-il traiter tous les types de kystes ?
Non. Le laser CO2 est réservé aux kystes épidermoïdes superficiels, non inflammatoires et de diagnostic clinique certain. Les kystes volumineux, inflammatoires ou dont le diagnostic est incertain relèvent d’une exérèse chirurgicale classique avec analyse au laboratoire.
Le laser laisse-t-il moins de cicatrice que la chirurgie ?
Les études disponibles montrent une cicatrice moyenne plus petite avec les techniques laser (environ 0,5 cm) qu’après exérèse chirurgicale classique (environ 1,8 cm) sur des kystes du visage, avec un taux de satisfaction esthétique élevé chez les patients traités.
La séance au laser CO2 est-elle douloureuse ?
La zone est anesthésiée localement avant le geste, la séance elle-même est donc peu douloureuse. Une sensation de tiraillement ou de chaleur légère peut être ressentie. Une gêne modérée peut persister quelques jours après le geste, comme après toute petite intervention cutanée.
Le kyste peut-il repousser après un traitement au laser ?
Oui, c’est possible. Une étude portant sur 47 patients rapporte un taux de récidive de 8,5 % après vaporisation laser, non significativement lié à la taille ou à la localisation du kyste. Ce risque existe aussi après chirurgie classique si la paroi du kyste n’est pas totalement retirée.
Combien de séances sont nécessaires ?
Le plus souvent, une seule séance suffit pour un kyste de petite taille. Certains kystes plus complexes (notamment au niveau génital) peuvent nécessiter 1 à 2 séances de laser en mode superpulsé pour un résultat optimal, selon les données publiées.
Peut-on traiter un kyste enflammé ou infecté avec le laser ?
Non, pas directement. Un kyste rouge, chaud et douloureux doit d’abord être pris en charge médicalement (drainage, parfois antibiotiques), puis retiré à froid une fois l’inflammation calmée, par laser ou par chirurgie selon les cas.
Le laser CO2 pour un kyste est-il remboursé ?
La prise en charge dépend de l’acte codé par le médecin dans la classification commune des actes médicaux (CCAM) et du caractère médical (et non esthétique) de l’indication. Demandez à votre dermatologue les modalités de remboursement avant le geste.
Existe-t-il un risque de cicatrice en creux après laser ?
Oui, c’est une des limites de la technique : la cicatrice obtenue est souvent discrète mais peut rester légèrement déprimée (en creux), en particulier sur les kystes plus volumineux ou anciens.
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À lire aussi sur les kystes et le laser en dermatologie
Liu D, Zhou EY, Chen D, Tuan H, Zhao Y. Epidermoid cyst removal with CO2 laser fenestration: A retrospective cohort study. J Cosmet Dermatol. 2021;20(6):1709-1713. PMID 33079478.
Bahloul E, Mseddi M, Hammemi F, Souid K, Amouri M, Turki H. Management of scrotal cysts using CO2 laser: Two cases and a literature review. Ann Dermatol Venereol. 2019;146(3):175-180. PMID 30691877.
Fu H, Luo F, Zhao H. A pilot study of minimal invasion combined PDL/Nd:YAG laser in treating facial epidermoid cyst. J Cosmet Dermatol. 2021;20(9):2805-2809. PMID 33569899.
En bref : Démodécidose (démodécie) est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, une biopsie ou des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté à votre situation. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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⚠️ Quand consulter sans attendre ?
Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
Échec des traitements déjà essayés depuis plus de 4 semaines
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Qu’est-ce que la démodécidose ?
Demodex, l’ectoparasite responsable de la démodécidose
La démodécidose (ou démodécie) est une rougeur du visage provoquée par la prolifération pathologique d’un ectoparasite microscopique : le démodex. Elle est fréquemment sous-diagnostiquée, car elle imite d’autres dermatoses faciales communes.
L’adage dermatologique résume bien le piège diagnostique : « une rosacée qui ne guérit pas sous cyclines doit faire évoquer une démodécidose ». Par rapport à la rosacée, elle se distingue par son caractère asymétrique, sa topographie péri-orificielle (pourtour des yeux, de la bouche, des oreilles), son peu d’inconfort (flushes, brûlures, démangeaisons rares) et l’absence ou quasi-absence d’érythrocouperose.
⚠ Piège diagnostique fréquent
La démodécidose peut se surajouter à une rosacée, une dermatite séborrhéique ou une dermatite péri-orale préexistante – et non simplement les mimer. Dans ces cas, la dermatose sous-jacente ne guérit pas complètement tant que l’infestation à démodex n’est pas traitée.
Cause : le démodex
Les follicules pilo-sébacés sont infestés par le démodex, le seul ectoparasite présent à l’état normal sur la peau humaine. Il vit dans les follicules pilo-sébacés, principalement au niveau de la tête, ainsi que dans les glandes de Meibomius à la base des cils. Le portage cutané en démodex augmente avec l’âge, atteignant près de 100 % des individus après 70 ans.
Il existe deux espèces :
Demodex folliculorum : localisé dans l’infundibulum folliculaire (« dans le poil »)
Demodex brevis : vit dans les glandes sébacées et les glandes de Meibomius (cils)
Le démodex devient pathogène lorsqu’il prolifère au-delà d’un certain seuil (> 5 démodex/cm²) et pénètre dans le derme, déclenchant une réaction inflammatoire. Normalement, le système immunitaire contient cette prolifération. C’est pourquoi la démodécidose est nettement plus fréquente chez les patients immunodéprimés (infection VIH, leucémie, corticothérapie prolongée, immunosuppresseurs).
💡 Confusions diagnostiques à connaître
La démodécidose est souvent confondue avec : rosacée, dermatite séborrhéique, dermatite péri-orale, folliculite. Elle peut aussi parasiter ces dermatoses et s’y surajouter, rendant leur traitement habituel insuffisant.
Symptômes et critères diagnostiques
Les critères diagnostiques de la démodécidose primaire isolée sont au nombre de quatre :
Absence certaine de dermatose préexistante (rosacée, dermatite péri-orale, folliculite)
Densité accrue de démodex dans les lésions (> 5 démodex/cm²)
Guérison uniquement sous traitement acaricide (local ou systémique)
Résistance aux cyclines et aux macrolides – clé du diagnostic en pratique courante
La démodécidose touche principalement le visage, avec prédilection pour les zones péri-orificielles :
Péri-auriculaire (peut concerner le conduit auditif externe)
Rarement : zones de calvitie du cuir chevelu
Les lésions sont mal limitées, irrégulières et de distribution asymétrique. L’inconfort subjectif (brûlures, démangeaisons, flushes) est peu marqué, ce qui contraste avec la rosacée.
Classification des démodécidoses
Pityriasis folliculorum
Il touche principalement les femmes utilisant régulièrement des crèmes grasses et des fonds de teint occlusifs.
Il se présente sous forme de rougeurs folliculaires centrées par des squames folliculaires fines, donnant un aspect de papier de verre ou givré, notamment sur les joues. Une légère sensation de brûlure peut être présente.
Démodécidose rosacée-like
Rougeur faciale avec papulo-pustules superficielles évoquant une rosacée, mais sans antécédent familial, sans flushes ni érythrocouperose. Les lésions sont plus superficielles que dans la rosacée, avec une desquamation folliculaire superficielle et des papulo-vésicules caractéristiques.
À la biopsie : infiltrat inflammatoire mononucléé périfolliculaire et périvasculaire avec de nombreux démodex visibles. Elle peut évoluer – ou se présenter d’emblée – sous forme de démodécidose gravis (rosacée granulomateuse-like) avec lésions papulo-pustuleuses plus profondes et douloureuses, ou de démodécidose nodulo-kystique (abcès à démodex), conséquence d’une réaction inflammatoire intense.
Démodécidose croûteuse
Forme rare, observée principalement chez l’immunodéprimé (VIH, hémopathies) et parfois chez l’enfant immunocompétent. Elle se présente sous forme de croûtes jaunâtres sèches et chroniques, notamment du nez et de son pourtour, évocatrices d’impétigo par la couleur mais s’en distinguant par leur caractère chronique et non résolutif sous antiseptiques.
🚨 Démodécidose et immunodépression
Une démodécidose sévère, extensive ou croûteuse doit faire rechercher une immunodépression sous-jacente (VIH, hémopathie, corticothérapie prolongée). Un bilan immunologique est recommandé dans ces formes atypiques.
Examens complémentaires
Dermoscopie
La dermoscopie est l’examen clé en pratique courante. Elle montre deux signes caractéristiques :
Fil gélatineux blanchâtre au niveau de l’infundibulum, de 1 à 3 mm de long : signe spécifique révélant la présence du parasite dans l’ostium folliculaire (surtout dans le pityriasis folliculorum)
Orifices folliculaires rouges et dilatés avec bouchons grisâtres
Microscopie confocale
Technique non invasive de haute résolution : les démodex apparaissent sous la forme de structures lumineuses arrondies avec un aspect en cône, localisées dans les follicules.
Histologie
La biopsie cutanée (prélèvement sous anesthésie locale, analyse anatomopathologique) permet de visualiser directement Demodex folliculorum dans les poils et les glandes sébacées, associé à un infiltrat inflammatoire périfolliculaire. Elle est réservée aux formes atypiques ou aux doutes diagnostiques avec une sarcoïdose, un lupus tuberculeux ou une histiocytose.
Traitement
Le traitement repose sur des agents acaricides – seuls efficaces contre le démodex, confirmant a posteriori le diagnostic si la réponse est favorable.
Traitement
Modalités
Indications préférentielles
Crotamiton (Eurax®)
Crème locale, 2 applications/j, pendant 4 mois
Formes légères à modérées, pityriasis folliculorum
Ivermectine crème (Soolantra®)
1 application/j le soir, en cure
Démodécidose rosacée-like, formes papulo-pustuleuses
Ivermectine orale
Prise unique (dose selon poids)
Formes sévères, immunodéprimés, formes croûteuses
Des mesures complémentaires sont recommandées : éviter les crèmes occlusives grasses, nettoyer soigneusement le bord des paupières en cas d’atteinte ciliaire, et adapter les cosmétiques.
💡 Critère diagnostique thérapeutique
La guérison sous traitement acaricide seul confirme le diagnostic de démodécidose primaire. En cas de réponse partielle, une dermatose associée (rosacée, dermatite séborrhéique) doit être recherchée et traitée en parallèle.
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Questions fréquentes (FAQ)
Comment distinguer démodécidose et rosacée ?
Plusieurs indices orientent vers la démodécidose : rougeurs asymétriques, localisation préférentielle autour des yeux, de la bouche et des oreilles, peu ou pas de flushes, absence d’érythrocouperose, et surtout résistance aux cyclines après plusieurs semaines de traitement bien conduit. Seul un dermatologue peut affirmer le diagnostic, notamment par dermoscopie.
Le démodex est-il contagieux ?
Le démodex est un parasite normal de la peau humaine présent chez pratiquement tout le monde. Sa transmission interhumaine par contact direct existe mais est limitée : ce n’est pas sa présence qui est pathologique, c’est sa prolifération excessive. Une décontamination de l’entourage n’est généralement pas nécessaire.
Les crèmes grasses et le maquillage favorisent-ils la démodécidose ?
Oui, notamment dans le pityriasis folliculorum. Les fonds de teint occlusifs et les crèmes riches créent un environnement favorable à la prolifération du démodex dans les follicules. En cas de démodécidose, simplifier les soins cosmétiques et éviter les produits gras sur le visage fait partie des recommandations.
Combien de temps dure le traitement de la démodécidose ?
Le traitement par crotamiton local dure typiquement 4 mois. L’ivermectine crème peut être utilisée en cures répétées selon l’évolution. L’ivermectine orale est réservée aux formes sévères en prise unique. Un suivi dermatologique est nécessaire pour évaluer la réponse.
La démodécidose peut-elle toucher les yeux ?
Oui. Demodex brevis infeste les glandes de Meibomius à la base des cils et peut provoquer une blépharite chronique et des chalazions récidivants. En cas de paupières inflammatoires chroniques résistant aux traitements habituels, une démodécidose ciliaire doit être évoquée et traitée par nettoyage soigneux des bords ciliaires et ivermectine.
La démodécidose guérit-elle définitivement ?
Un traitement acaricide bien conduit permet d’obtenir la guérison ou une rémission prolongée. Des rechutes sont possibles, surtout en cas de facteur favorisant persistant (immunodépression, cosmétiques occlusifs). Une surveillance dermatologique est conseillée chez les patients à terrain prédisposant.
Sur dermatonet.com – Rougeurs du visage : diagnostic différentiel
Voir aussi : La démodécidose illustre l’importance d’un examen dermatologique spécialisé face à toute rougeur faciale chronique résistant aux traitements habituels. La dermoscopie permet souvent de visualiser directement le parasite sans recourir à la biopsie. Ne concluez pas à une simple rosacée sans avoir éliminé une démodécidose – les traitements sont radicalement différents.
Références scientifiques
Lacey N, Kavanagh K, Tseng SC. Under the lash: Demodex mites in human diseases. Biochem (Lond). 2009;31(4):2-6. PMID 20664819
Forton FM. Papulopustular rosacea, skin immunity and Demodex: pityriasis folliculorum as a missing link. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2012;26(1):19-28. PMID 21388456
Sattler EC, Maier T, Hoffmann VS, et al. Noninvasive in vivo detection and quantification of Demodex mites by confocal laser scanning microscopy. Br J Dermatol. 2012;167(5):1042-1047. PMID 22725701
Tatu AL, Ionescu MA, Clatici VG, Cristea VC. Bacillus oleronius strain isolated from Demodex folliculorum and facial erythema of rosacea and demodicosis patients. An Bras Dermatol. 2016;91(4):546-548. PMID 27579759
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Mis à jour le 11 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.
Mis à jour le 7 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : La teigne du cuir chevelu (tinea capitis) est une mycose causée par des champignons dermatophytes qui touche principalement les enfants de 3 à 10 ans – elle représente 90 % des cas de mycoses du cuir chevelu chez l’enfant en France. Elle se manifeste par des plaques d’alopécie avec cheveux cassés et squames. Contrairement aux idées reçues, les traitements locaux sont insuffisants : un antifongique oral pendant 4 à 6 semaines est indispensable pour guérir. Diagnostiquée et traitée tôt, la repousse est complète dans la quasi-totalité des cas. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénéréologue
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La teigne (appelée couramment ‘courap‘ en créole) est une mycose du cuir chevelu causée par des champignons filamenteux appelés dermatophytes. Elle touche principalement les enfants et se manifeste par des plaques de cheveux cassés avec des squames. Contagieuse, elle nécessite un traitement antifongique par voie orale pendant plusieurs semaines. Voici tout ce qu’il faut savoir pour la reconnaître, comprendre sa transmission et obtenir le bon traitement.
Teigne trichophytique – plaque de cheveux cassés
Qu’est-ce que la teigne du cuir chevelu ?
La teigne est une mycose du cuir chevelu due à des champignons filamenteux appelés dermatophytes. Ces microorganismes envahissent la tige pilaire et le follicule, provoquant la cassure des cheveux et une réaction inflammatoire locale plus ou moins marquée selon l’espèce en cause. Elle est hautement contagieuse – par contact direct avec une personne ou un animal infecté, ou indirect via des objets du quotidien (chapeaux, bonnets, brosses, oreillers).
Ce qui trompe souvent les familles et même certains praticiens, c’est que la teigne débute fréquemment comme une simple rougeur qui gratte, apparemment banale. La résistance aux crèmes antifongiques locales prescrites en première intention est précisément le signal qui doit alerter et motiver une consultation dermatologique avec prélèvement mycologique.
Symptômes – comment reconnaître une teigne ?
La teigne se manifeste par un ensemble de signes assez caractéristiques une fois qu’on sait les reconnaître :
Une ou plusieurs plaques d’alopécie (zones sans cheveux ou à cheveux très clairsemés) sur le cuir chevelu
Des cheveux cassés à ras (à 1-2 mm) ou à environ 1 cm du cuir chevelu selon le type de teigne
Des squames (petites pellicules grises ou blanches) engluant les cheveux cassés et la peau
Des démangeaisons du cuir chevelu, parfois intenses
Des adénopathies (ganglions gonflés) cervicales ou occipitales dans les formes plus évoluées
Parfois une inflammation locale marquée avec rougeur et gonflement, pouvant évoluer vers le kérion
À savoir : La teigne est fréquemment diagnostiquée tardivement parce qu’elle est confondue avec une dermite séborrhéique (pellicules) ou un eczéma du cuir chevelu résistant aux traitements habituels. Si les pellicules ou la rougeur du cuir chevelu d’un enfant ne répondent pas aux soins classiques après 2 à 3 semaines, un avis dermatologique avec prélèvement mycologique s’impose.
Teigne avec squames et cheveux cassésPustules inflammatoires sur teigne
Les types de teigne – photos et caractéristiques cliniques
Teigne trichophytique
La teigne trichophytique est la plus fréquente en France métropolitaine, notamment dans les grandes villes. Elle est causée par des dermatophytes anthropophiles (transmis d’humain à humain) comme Trichophyton soudanense, T. violaceum ou M. langeronii. Elle se présente sous forme de nombreuses petites plaques de quelques millimètres à 1-2 centimètres de diamètre, avec des cheveux cassés à ras. La peau est souvent peu inflammatoire, ce qui peut rendre le diagnostic moins évident.
La teigne microsporique est causée par Microsporum canis, transmis principalement par le chat (plus rarement le chien). Contrairement à la forme trichophytique, elle présente 1 à 2 grandes plaques avec des cheveux cassés à environ 1 cm du cuir chevelu. Deux signes cliniques sont très évocateurs : les plaques sont fluorescentes en vert sous lampe de Wood (lumière ultraviolette) et, en dermatoscopie, on observe des motifs caractéristiques en code-barres et zigzags au niveau des tiges pilaires. Cette forme nécessite des durées de traitement plus longues que la forme trichophytique.
Teigne microsporique – grande plaque uniqueTeigne à Microsporum canis (transmise par le chat)
Le kérion – forme inflammatoire sévère
Le kérion est une forme inflammatoire grave de teigne, constituant une plaque rouge, gonflée, douloureuse et suppurante sur le cuir chevelu. Il peut facilement être confondu avec un abcès bactérien – erreur qui retarderait dangereusement le bon traitement. Un antifongique oral doit être instauré en urgence : sans traitement rapide, le kérion peut laisser des cicatrices d’alopécie définitive irréversibles.
Kérion – forme inflammatoire suppurante
Teigne favique
Devenue rare en France, la teigne favique (Trichophyton schoenleinii) est caractérisée par des godets faviques – croûtes jaunâtres concaves en forme de soucoupe – et peut laisser une alopécie cicatricielle définitive si elle n’est pas traitée à temps. Elle reste endémique dans certaines régions du Maghreb et du Moyen-Orient.
Teigne favique
Causes et modes de transmission
Type de dermatophyte
Source de contamination
Champignons principaux
Type de teigne
Zoophile
Chat (+++), chien, hamster, cobaye
Microsporum canis
Microsporique
Anthropophile
Humain (direct ou indirect : chapeau, bonnet, oreiller, brosse)
T. soudanense, T. violaceum, M. langeronii
Trichophytique
Géophile
Sol (très rare en France)
Microsporum gypseum
Exceptionnel
Attention : La teigne anthropophile touche particulièrement les communautés où le partage de couvre-chefs, brosses ou oreillers est fréquent. Dans les familles avec plusieurs enfants, un seul cas diagnostiqué doit conduire à examiner tous les membres du foyer, même sans signe visible.
Diagnostic : comment confirmer une teigne ?
Le diagnostic repose sur plusieurs examens complémentaires que le dermatologue réalise lors de la consultation :
Examen clinique – aspect des plaques, type de cassure des cheveux, présence d’adénopathies
Lampe de Wood – fluorescence vert-jaune caractéristique des teignes microsporiques à M. canis (les teignes trichophytiques ne fluorescent pas)
Dermatoscopie – motifs en code-barres et zigzags au niveau des tiges, très évocateurs de teigne microsporique
Examen mycologique (indispensable) – prélèvement indolore de squames et de cheveux pour examen direct au microscope et mise en culture. Permet d’identifier précisément le champignon et d’adapter le traitement. La culture prend 2 à 3 semaines
Conseil pratique : Ne lavez pas les cheveux la veille du prélèvement mycologique – les squames et les débris fongiques sont ainsi mieux préservés et le résultat de l’examen direct est plus fiable. Le traitement peut être débuté dès le prélèvement effectué, sans attendre le résultat de culture.
Teigne de diagnostic difficile
Traitement de la teigne du cuir chevelu
La teigne ne peut pas être guérie par des antifongiques locaux seuls – un traitement antifongique par voie orale est indispensable car les champignons se nichent à l’intérieur du follicule pilaire, hors de portée des crèmes et shampoings. La griséofulvine, utilisée pendant des décennies, n’est plus disponible en France depuis 2021.
Traitement chez l’enfant de plus de 10 kg
Le choix de l’antifongique dépend du type de dermatophyte (ou, en attendant les résultats, de la probabilité clinique) :
En cas de teigne trichophytique (documentée, probable ou en attente des résultats mycologiques) :
Terbinafine per os – 4 semaines (1 prise par jour, pendant le repas)
10 à 20 kg : 62,5 mg/jour
21 à 40 kg : 125 mg/jour
Supérieur à 40 kg : 250 mg/jour
En cas de teigne microsporique (contact avec chat/chien, fluorescence positive en lampe de Wood) :
Itraconazole per os – 6 semaines (solution orale ou gélule, 1 prise par jour, en dehors des repas)
10 à 20 kg : 50 mg/jour
20 kg et plus : 100 mg/jour
Dans les deux cas, un traitement local antifongique (ciclopiroxolamine) 2 fois par jour est associé en complément pour réduire la contagiosité.
Important – Enfant de moins de 10 kg : la terbinafine est contre-indiquée chez le nourrisson de moins de 10 kg. L’enfant doit être adressé en milieu hospitalier pédiatrique pour une prise en charge adaptée par un spécialiste.
Contrôle mycologique à 4 semaines
Une réévaluation clinique est recommandée à 4 semaines, idéalement avec le résultat de la culture mycologique :
Si Trichophyton confirmé → arrêt de la terbinafine à 4 semaines
Si Microsporum confirmé → poursuite de l’itraconazole jusqu’à 6 semaines au total, ou ajustement selon l’évolution clinique
Si persistance des signes cliniques malgré un traitement bien conduit → réévaluation du type de champignon et de l’observance
Éviction scolaire : les règles actualisées
Bonne nouvelle pour les familles : il n’y a plus d’éviction scolaire obligatoire pour la teigne depuis la mise à jour des recommandations. L’enfant peut reprendre l’école dès le premier jour du traitement antifongique oral, à condition de présenter un certificat médical attestant qu’il est sous traitement. Ce certificat est délivré par le médecin prescripteur.
Mesures associées indispensables
Le traitement médicamenteux seul ne suffit pas si les sources de contamination ne sont pas gérées :
Ne pas partager brosses, peignes, chapeaux, bonnets, serviettes ou oreillers
Laver draps, taies d’oreiller et couvre-chefs à 60°C
En cas de teigne anthropophile, examiner et traiter si nécessaire tous les membres de la famille symptomatiques
En cas de teigne à M. canis, faire examiner et traiter l’animal (chat ou chien) par un vétérinaire – sans cette étape, les récidives sont presque inévitables
id= »urgence-teigne-cuir-chevelu » style= »background:#fff8f0; border-left:4px solid #cc4400; padding:16px 20px; margin:28px 0; border-radius:0 6px 6px 0; »> Consultez en urgence si : la plaque du cuir chevelu devient rouge, gonflée, douloureuse et commence à suinter du pus (kérion) – c’est une urgence dermatologique qui peut laisser des cicatrices d’alopécie définitive si elle n’est pas traitée dans les 48 heures. Consultez également en urgence si votre enfant développe une fièvre supérieure à 38,5°C avec une éruption cutanée étendue, ou si des ganglions du cou grossissent rapidement et deviennent douloureux.
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Références scientifiques
Chen X, Jiang X, Yang M, González U, Lin X, Hua X, Xue S, Zhang M, Bennett C. Systemic antifungal therapy for tinea capitis in children: An abridged Cochrane Review. J Am Acad Dermatol. 2016;73(3):368-374. PMID 27816294
Kakourou T, Uksal U; European Society for Pediatric Dermatology. Guidelines for the management of tinea capitis in children. Pediatr Dermatol. 2010;27(3):226-228. PMID 20609140
Gonzalez U, Seaton T, Bergus G, Jacobson J, Martínez-Monzón C. Systemic antifungal therapy for tinea capitis in children. Cochrane Database Syst Rev. 2007;(4):CD004685. PMID 17943825
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Questions fréquentes sur la teigne du cuir chevelu
Comment reconnaître une teigne du cuir chevelu ?
La teigne se manifeste par des plaques rondes où les cheveux sont cassés à ras ou à 1 cm du cuir chevelu, accompagnées de squames grises et parfois de démangeaisons. Des ganglions dans le cou ou derrière la tête peuvent apparaître. Un signe important : la résistance aux crèmes antifongiques locales classiques. Seul le prélèvement mycologique confirme le diagnostic avec certitude – cet examen est indolore et réalisé en consultation.
Quel est le traitement de la teigne chez l’enfant ?
Le traitement repose obligatoirement sur un antifongique oral : terbinafine pendant 4 semaines pour les teignes à Trichophyton, ou itraconazole pendant 6 semaines pour les teignes à Microsporum canis. Un antifongique local (ciclopiroxolamine) complète le traitement pour réduire la contagiosité. La griséofulvine n’est plus disponible en France depuis 2021. Les doses sont adaptées au poids de l’enfant.
La teigne est-elle contagieuse à l’école ?
Oui, la teigne est contagieuse par contact direct ou via des objets partagés comme les bonnets, brosses ou oreillers. Cependant, l’éviction scolaire n’est plus obligatoire depuis la mise à jour des recommandations : l’enfant peut retourner à l’école dès le début du traitement antifongique oral, avec un certificat médical attestant qu’il est sous traitement. Les camarades proches n’ont pas besoin d’être traités préventivement, seulement examinés.
Peut-on confondre la teigne avec de l’eczéma ou des pellicules ?
C’est l’erreur la plus fréquente, retardant parfois le traitement de plusieurs semaines. L’eczéma et la dermite séborrhéique ne provoquent pas de cassure des cheveux dans la plaque – c’est la clé de différenciation. Si le cuir chevelu d’un enfant ne répond pas aux traitements locaux habituels au bout de 2 à 3 semaines, une consultation dermatologique avec prélèvement mycologique est indispensable pour trancher.
Les cheveux repoussent-ils normalement après une teigne ?
Dans la grande majorité des cas traités correctement, les cheveux repoussent entièrement après guérison mycologique confirmée. La repousse devient visible généralement entre 4 et 6 semaines de traitement. Le seul risque d’alopécie définitive concerne le kérion (forme inflammatoire sévère) non traité rapidement, qui peut cicatriser. C’est pourquoi une consultation dès les premiers signes est si importante.
Faut-il traiter le chat ou le chien si mon enfant a une teigne ?
Oui, absolument, si la teigne est due à Microsporum canis (teigne microsporique). Le chat est le réservoir principal, mais le chien peut aussi être impliqué. Sans traitement vétérinaire de l’animal, les récidives sont quasi inévitables. L’animal peut être porteur sans présenter de lésions visibles. Tous les membres du foyer en contact régulier avec l’animal doivent également être examinés médicalement.
Combien de temps dure le traitement de la teigne ?
Le traitement dure 4 semaines pour une teigne trichophytique (terbinafine) et 6 semaines pour une teigne microsporique (itraconazole). Un contrôle clinique et mycologique à 4 semaines permet d’ajuster la durée selon les résultats. Il est crucial de ne pas arrêter prématurément, même si les cheveux semblent repousser normalement – le champignon peut persister sans signes visibles et provoquer une rechute.
La teigne peut-elle toucher les adultes ?
La teigne atteint surtout les enfants de 3 à 10 ans, mais les adultes peuvent aussi être concernés, notamment après contact avec un animal infecté, dans un contexte d’immunodépression, ou lors d’une épidémie familiale. Chez l’adulte, le tableau est souvent atypique – prurit diffus, squames sans alopécie franche – ce qui retarde le diagnostic. Le traitement repose sur les mêmes antifongiques oraux, avec des posologies adultes.
Mis à jour le 17 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
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Para® est une gamme d’antipoux disponible en pharmacie, conçue pour éliminer les poux de tête (Pediculus humanus capitis) et leurs œufs (lentes). Les formulations Para® (spray, lotion) agissent soit par action insecticide, soit par action physique selon les versions commercialisées. Consultez notre guide complet sur les poux et notre protocole de traitement des poux et de la gale.
ℹ️ Para® en bref
Gamme : pédiculicides (spray, lotion) | Disponible sans ordonnance | Non remboursé par la SS | À renouveler à J7-J10 pour éliminer les œufs résiduels
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En bref : Para® regroupe plusieurs formulations antipoux (insecticide ou physique selon la version) contre les poux de tête et leurs lentes. Une revue de référence souligne la résistance croissante des poux aux insecticides classiques, ce qui justifie de bien respecter le protocole en 2 applications à 7-10 jours d’intervalle et le peignage systématique. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
À savoir : Ne pas utiliser les formulations insecticides sur un nourrisson sans avis médical, éviter tout contact avec les yeux, et préférer les formulations à base de diméticone en cas de grossesse. Consultez un médecin si l’infestation persiste après 2 traitements complets ou en cas de surinfection du cuir chevelu (rougeurs, croûtes, pus). En cas de démangeaisons tenaces, voir aussi notre article sur les démangeaisons des cheveux.
Mode d’emploi
Appliquer le produit sur les cheveux secs et le cuir chevelu
Couvrir l’ensemble de la chevelure, en insistant sur la nuque et les tempes
Laisser agir selon le temps indiqué sur la notice (généralement 10 à 30 minutes pour les formulations insecticides)
Rincer abondamment, puis peigner avec un peigne antipoux à dents fines
Renouveler obligatoirement le traitement après 7 à 10 jours
💡 Conseil
Le peigne à dents fines est indispensable pour éliminer mécaniquement les lentes mortes après le traitement. Traiter simultanément tous les membres du foyer ayant eu un contact proche avec la personne infestée.
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Précautions d’emploi
Ne pas utiliser sur les nourrissons sans avis médical. Éviter le contact avec les yeux. En cas de grossesse, préférer les pédiculicides à base de diméticone (action physique) plutôt que les formulations insecticides.
FAQ – Questions fréquentes sur Para® antipoux
Comment utiliser Para® antipoux ?
Appliquer sur cheveux secs en couvrant tout le cuir chevelu, laisser poser le temps indiqué sur la notice, rincer et peigner avec un peigne à dents fines. Renouveler le traitement 7 à 10 jours après la première application.
Para® antipoux est-il efficace contre les lentes ?
Les formulations antipoux agissent principalement sur les poux adultes et les nymphes. Les lentes (œufs) sont plus résistantes : c’est pourquoi le renouvellement du traitement à J7-J10 est indispensable pour éliminer les poux issus des œufs ayant survécu à la première application.
Para® antipoux est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Non, les pédiculicides Para® sont des produits vendus sans ordonnance, non remboursés par la Sécurité sociale. Ils sont disponibles en pharmacie et en grande surface.
Peut-on utiliser Para® sur un enfant en bas âge ?
Selon les formulations, l’âge minimal d’utilisation varie (souvent dès 2 ans, parfois dès 6 mois pour les formulations à base de diméticone). Consultez toujours la notice ou demandez conseil à votre pharmacien ou dermatologue.
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Références
Burgess IF. Current treatments for pediculosis capitis. Curr Opin Infect Dis. 2009;22(2):131-6. PMID 19283911
Chosidow O. Clinical practices. Scabies. N Engl J Med. 2006;354(16):1718-27. PMID 16625010
Kassiri H, Fahdani AE, Cheraghian B. Comparative efficacy of permethrin 1%, lindane 1%, and dimeticone 4% for the treatment of head louse infestation in Iran. Environ Sci Pollut Res Int. 2020;28(3):3506-3514. PMID 32918266
HAS. Pédiculoses : recommandations de traitement. has-sante.fr
Pemphigoïde bulleuse : symptômes, diagnostic et traitement chez le sujet âgé
La pemphigoïde bulleuse est la dermatose bulleuse auto-immune la plus fréquente. Elle touche quasi exclusivement le sujet âgé de plus de 70 ans et se manifeste par des bulles tendues sur fond érythémateux ou urticarien, presque toujours précédées de semaines à mois par un prurit intense qui fait souvent errer le diagnostic. Son mécanisme est auto-immun : le système immunitaire produit des autoanticorps pathogènes ciblant deux protéines d’ancrage de la jonction dermo-épidermique – BP180 et BP230. Sans traitement, la maladie évolue de façon chronique et peut engager le pronostic vital chez les sujets très âgés ou fragilisés. Le traitement de référence repose sur les dermocorticoïdes de classe I (propionate de clobétasol), dont l’efficacité supérieure à la corticothérapie orale dans les formes étendues a été démontrée par un essai randomisé dans le New England Journal of Medicine en 2002.
Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : La pemphigoïde bulleuse touche presque exclusivement les personnes de plus de 70 ans, avec environ 400 nouveaux cas par an en France. Elle se manifeste par des bulles tendues précédées de plusieurs semaines de démangeaisons intenses. Un traitement par dermocorticoïdes puissants, associé à une meilleure survie que la cortisone en comprimés selon l’essai de référence Joly (New England Journal of Medicine, 2002), permet de contrôler la maladie chez la grande majorité des patients. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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La pemphigoïde bulleuse est la dermatose bulleuse auto-immune la plus fréquente de l’adulte. Son incidence est en forte augmentation depuis 20 ans en Europe, avec une prévalence estimée à 1/4 000 en Europe et une incidence entre 2 et 22 nouveaux cas par million et par an à travers le monde. En France, elle représente environ 400 nouveaux cas par an dans les formes étendues.
Paramètre
Donnée
Âge moyen au diagnostic
75 à 80 ans – incidence qui augmente exponentiellement après 70 ans
Maladies neurologiques associées
Démence, maladie de Parkinson, AVC, sclérose en plaques – multiplient le risque par 5 à 10 (altération de la régulation immunitaire)
Psoriasis traité par photothérapie, terrain atopique
Mécanisme auto-immun : BP180 et BP230
La pemphigoïde bulleuse est une maladie auto-immune. Le système immunitaire produit des autoanticorps – principalement IgG et IgE – ciblant deux protéines de la jonction dermo-épidermique (complexe hémidesmosomal). Sa survenue est liée à la présence d’autoanticorps pathogènes dirigés contre des protéines de structure (BP180 et BP230) du complexe protéique d’adhésion de la jonction dermo-épidermique : l’hémidesmosome.
Fragilisation majeure de la jonction → décollement bulleux sous-épidermique. Le titre des anti-BP180 corrèle avec l’activité clinique.
BP230
BPAG1
Protéine intracytoplasmique de la plaque des hémidesmosomes – cohésion cellulaire
Aggravation de la perte d’adhésion épidermique
La fixation des autoanticorps active le complément, recrute des éosinophiles et des neutrophiles qui libèrent des protéases digérant les protéines de la membrane basale – d’où le décollement bulleux sous-épidermique (les bulles sont tendues car le toit, constitué de l’épiderme intact, reste résistant) et l’éosinophilie sanguine souvent marquée.
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Médicaments inducteurs : le rôle des gliptines
Classe médicamenteuse
Exemples
Niveau d’association
Gliptines (inhibiteurs DPP-4)
Vildagliptine, sitagliptine, saxagliptine
Association très bien documentée – en forte augmentation avec la prévalence du diabète de type 2 chez le sujet âgé – mécanisme probablement lié à la modification de l’immunité cutanée locale
Diurétiques
Furosémide, spironolactone
Association documentée
Antipsychotiques / neuroleptiques
Selon prescription
Association documentée
Pénicillamine
D-pénicillamine
Association documentée
Immunothérapies anti-checkpoint
Inhibiteurs anti-PD1, anti-CTLA4
À évoquer systématiquement chez les patients en oncologie sous immunothérapie
Phase pré-bulleuse (urticarienne) – le principal piège diagnostique
La pemphigoïde bulleuse débute fréquemment par une phase précédant l’apparition des bulles de plusieurs semaines à plusieurs mois, souvent méconnue et source de retard diagnostique. Les formes atypiques eczématiformes ou urticariennes chroniques sont fréquentes et doivent faire chercher le diagnostic après 70 ans.
Symptôme pré-bulleux
Caractéristique
Diagnostic erroné fréquent
Prurit intense isolé
Parfois sans aucune lésion visible – peut précéder les bulles de plusieurs mois
Après la phase pré-bulleuse, des bulles tendues apparaissent, sur peau saine ou sur les plaques érythémateuses et urticariennes déjà présentes :
Caractéristique
Description
Aspect des bulles
Tendues, à contenu clair, de grande taille (1 à plusieurs cm), sur fond de peau normale, érythémateuse ou urticarienne
Localisations préférentielles
Racine des membres (face interne des cuisses, aisselles), abdomen, plis inguinaux et axillaires – symétrique
Atteinte muqueuse (buccale)
Possible dans 10 à 20 % des cas – moins fréquente et moins sévère que dans le pemphigus
Signe de Nikolsky
Négatif – la peau péri-lésionnelle saine ne se décolle pas à la pression tangentielle (à l’inverse du pemphigus)
Guérison
Sans cicatrice atrophique dans la grande majorité des cas
Consultez sans tarder si :
Des démangeaisons intenses et inexpliquées persistent depuis plusieurs semaines chez une personne de plus de 70 ans, même sans bulle visible – c’est souvent le tout premier signe, parfois des mois avant l’éruption.
Des bulles tendues apparaissent sur la peau, surtout si elles s’étendent rapidement ou touchent une grande surface corporelle.
Une fièvre, des rougeurs chaudes et douloureuses ou une aggravation brutale surviennent sous traitement dermocorticoïde : elles peuvent signaler une surinfection cutanée grave, dont la fasciite nécrosante est une complication rare mais documentée des dermocorticoïdes à fortes doses.
Le patient est âgé, fragile ou dénutri : la pemphigoïde bulleuse peut engager le pronostic vital dans cette population, et une prise en charge rapide améliore nettement le pronostic.
En cas de doute, une consultation dermatologique rapide permet de poser le diagnostic par biopsie cutanée avant que la maladie ne s’étende.
Diagnostic : biopsie et sérologie
Bilan biologique
Examen
Résultat attendu / utilité clinique
Anticorps anti-BP180 (ELISA)
Examen de référence – sensibilité et spécificité > 90 % – le titre corrèle avec l’activité de la maladie et guide l’adaptation thérapeutique lors de la décroissance
Anticorps anti-BP230 (ELISA)
Complète le bilan – moins corrélé à l’activité clinique mais utile en cas de négativité des anti-BP180
NFS
Éosinophilie sanguine souvent marquée – signe d’orientation important dans la phase pré-bulleuse
Bilan pré-thérapeutique
Glycémie à jeun, bilan hépatique, créatininémie, ionogramme – avant initiation des dermocorticoïdes
Biopsie cutanée – obligatoire pour le diagnostic de certitude
Type de biopsie
Site de prélèvement
Résultat attendu
Biopsie standard (histologie)
Peau lésionnelle – bulle récente
Décollement sous-épidermique avec infiltrat éosinophilique – confirme la nature bulleuse sous-épidermique
Biopsie en immunofluorescence directe (IFD)
Peau péri-lésionnelle saine (pas sur la bulle)
Dépôts linéaires d’IgG et C3 le long de la membrane basale – examen le plus spécifique, indispensable au diagnostic de certitude
Diagnostics différentiels
Diagnostic différentiel
Élément distinctif clé
Pemphigus vulgaire
Bulles flasques (décollement intra-épidermique) – muqueuses très atteintes – signe de Nikolsky positif – anticorps anti-desmogléines
Dermatose à IgA linéaire
IFD : dépôts d’IgA (non IgG) linéaires sur la membrane basale
Épidermolyse bulleuse acquise
IFD similaire – différenciation par IFI sur peau clivée au NaCl (dépôts côté dermique)
Pas de bulles – anti-BP180 négatifs – lésions fugaces
Traitement
Traitement de première intention : dermocorticoïdes de classe I (propionate de clobétasol)
Le propionate de clobétasol en crème (Dermoval®, Clarelux®) constitue le traitement de référence de la pemphigoïde bulleuse. En 2002, il est démontré par une étude randomisée que le traitement des formes étendues de PB par propionate de clobétasol est plus efficace qu’une corticothérapie générale – avec une meilleure survie et moins de complications chez le sujet âgé, notamment infectieuses et métaboliques. Cette étude publiée dans le New England Journal of Medicine par Joly et collaborateurs a définitivement modifié les pratiques.
Jusqu’à 4 tubes de 30 g par semaine sur l’ensemble du corps (sauf visage) – jusqu’à 15 jours après disparition complète des bulles
Variable (semaines à mois)
Décroissance 1
2 tubes par semaine
1 mois
Décroissance 2
1 tube par semaine
2 mois
Décroissance 3
1 tube un jour sur deux
4 mois
Décroissance 4
1 tube deux fois par semaine
4 mois
Arrêt progressif
Guidé par l’évolution clinique et le titre des anti-BP180
Individualisé
Mesures associées indispensables
Mesure
Détail pratique
Soins locaux des bulles
Ne pas percer les grandes bulles spontanément – si tension douloureuse : ponction à l’aiguille stérile en conservant le toit de la bulle comme protection naturelle de l’érosion sous-jacente
Antisepsie locale
Soins des érosions secondaires à la rupture des bulles – prévention de la surinfection cutanée (risque de fasciite nécrosante documenté sous dermocorticoïdes)
Calcium + vitamine D
Supplémentation systématique dès l’initiation – prévention de l’ostéoporose cortico-induite
Protection gastrique (IPP)
Si corticothérapie systémique associée
Kinésithérapie / prévention des chutes
Le prurit nocturne et les lésions des membres inférieurs augmentent le risque de chute chez le sujet âgé – à anticiper dès le début
Réévaluation médicamenteuse
Arrêt des gliptines (et autres suspects) si cause médicamenteuse vraisemblable – peut faciliter le contrôle de la maladie
Pourquoi les bulles de la pemphigoïde bulleuse sont-elles « tendues » ?
Dans la pemphigoïde bulleuse, le décollement se produit sous l’épiderme – l’épiderme entier forme le toit de la bulle et reste intact, épais, résistant : la bulle est donc tendue et difficile à crever. Dans le pemphigus au contraire, le décollement est intra-épidermique : le toit de la bulle est constitué d’une mince couche cellulaire qui cède au moindre contact, donnant des bulles flasques. C’est pourquoi le signe de Nikolsky est positif dans le pemphigus (la peau se décolle à la pression tangentielle) et négatif dans la pemphigoïde bulleuse.
Les gliptines (médicaments du diabète) peuvent-elles vraiment déclencher une pemphigoïde bulleuse ?
Oui – l’association entre les inhibiteurs de la DPP-4 (vildagliptine, sitagliptine, saxagliptine) et la pemphigoïde bulleuse est l’une des mieux documentées. Ces médicaments, très prescrits dans le diabète de type 2 du sujet âgé, modifieraient l’immunité cutanée locale et favoriseraient la production d’autoanticorps anti-BP180. En cas de pemphigoïde bulleuse déclenchée sous gliptines, l’arrêt du médicament est recommandé – il peut permettre un meilleur contrôle de la maladie, voire une rémission partielle, même si un traitement dermocorticoïde reste généralement nécessaire.
Combien de temps dure le traitement par dermocorticoïdes ?
La durée totale de traitement selon le schéma de référence est d’environ 12 à 15 mois en moyenne. La phase d’attaque dure jusqu’au contrôle complet des bulles, puis la décroissance est très progressive sur plusieurs mois. Une décroissance trop rapide est la première cause de rechute. Le titre des anticorps anti-BP180 guide l’adaptation : une remontée précède souvent la rechute clinique de quelques semaines, ce qui permet d’anticiper et de ralentir la décroissance avant la réapparition des bulles.
La pemphigoïde bulleuse peut-elle guérir définitivement ?
La rémission complète est obtenue dans un nombre significatif de cas – plus souvent que dans le pemphigus, généralement après 1 à 3 ans de traitement bien conduit. Cependant, des rechutes surviennent dans 30 à 50 % des cas lors de la phase de décroissance ou après l’arrêt. La surveillance biologique par le dosage des anti-BP180 permet souvent de détecter une réactivation avant même l’apparition de nouvelles bulles et d’adapter le traitement en conséquence.
Faut-il hospitaliser un patient atteint de pemphigoïde bulleuse ?
Pas systématiquement – les formes modérées peuvent être prises en charge en ambulatoire, avec un suivi rapproché par le dermatologue. Une hospitalisation est cependant nécessaire en cas de forme étendue (nombreuses bulles, érosions étendues), de suspicion de surinfection cutanée grave (risque documenté de fasciite nécrosante sous dermocorticoïdes à doses élevées), de terrain très fragile (dénutrition, démence sévère) ou de difficultés à réaliser les soins locaux à domicile. Le contexte social et l’état général du patient sont aussi importants que la sévérité de la maladie dans cette décision.
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Références
Joly P, Roujeau JC, Benichou J, et al. A comparison of oral and topical corticosteroids in patients with bullous pemphigoid. N Engl J Med. 2002;346(5):321-327. PMID 11821508.
Hébert V, Joly P. La pemphigoïde bulleuse, une dermatose du sujet âgé. Rev Prat. 2017;67(10):1080-1083. PMID 30512605.
Tasanen K, Varpuluoma O, Nishie W. Dipeptidyl Peptidase-4 Inhibitor-Associated Bullous Pemphigoid. Front Immunol. 2019;10:1238. PMID 31275298.
Haute Autorité de Santé (HAS) – Pemphigoïde bulleuse : has-sante.fr.
Mis à jour le 5 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : L’eczéma au soleil (photoallergie de contact) apparaît quand un produit sensibilisant, comme un filtre UV de crème solaire ou un gel au kétoprofène, se combine aux rayons UV sur la peau. Une étude nord-américaine de 2024 a retrouvé les filtres UV responsables de 88 % des photopatch tests positifs. L’éviction de l’allergène identifié par photopatch test reste le seul traitement durablement efficace. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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L’eczéma au soleil – ou photoallergie de contact – est une réaction cutanée eczémateuse déclenchée par la combinaison d’un allergène appliqué sur la peau et d’une exposition aux rayons ultraviolets. Contrairement à un simple coup de soleil ou à la lucite, elle nécessite la présence d’une substance chimique sensibilisante : les filtres UV des crèmes solaires, certains médicaments en gel (kétoprofène), ou des parfums en sont les causes les plus fréquentes.
Si les rougeurs ou boutons apparaissent aussi après un simple bain de mer, sans application préalable d’un produit particulier, il peut plutôt s’agir d’une lucite estivale bénigne ou d’une urticaire solaire — présentées en détail dans notre article général sur l’allergie au soleil.
ℹ️ À retenir
Un eczéma au soleil persistant ou récidivant doit faire rechercher un allergène photosensibilisant par des photopatch tests. Il ne suffit pas d’éviter le soleil : il faut aussi identifier et éviter l’allergène responsable. La cause est souvent dans la crème solaire utilisée pour se protéger, ou dans un gel anti-inflammatoire appliqué avant de s’exposer.
Eczema au soleil
Qu’est-ce que la photoallergie de contact ?
La photoallergie de contact est une réaction immunitaire de type IV (hypersensibilité retardée) déclenchée par un haptène photoactivé : une molécule chimique qui, sous l’effet des UVA, se transforme en allergène capable de sensibiliser les lymphocytes T cutanés. Contrairement à :
La phototoxicité (ou photosensibilisation non allergique) : réaction directe dose-dépendante, survenant dès la première exposition, sans sensibilisation préalable – comme une brûlure chimique augmentée par le soleil.
La lucite estivale bénigne : photodermatose idiopathique sans allergène impliqué, touchant les zones habituellement peu exposées.
La photoallergie de contact nécessite une sensibilisation préalable (première exposition sans réaction visible), puis lors d’une exposition ultérieure au même allergène en présence d’UV, la réaction eczémateuse survient – en général dans les 24 à 72 heures.
Les allergènes photosensibilisants les plus fréquents
Filtres UV des crèmes solaires
Ce sont aujourd’hui les premiers responsables des photoallergies de contact, représentant 88 % des photopatch tests positifs dans une grande étude nord-américaine 2024 (PMID 39169428). Les filtres les plus impliqués sont :
Benzophénone-3 (oxybenzone) : filtre UVA très répandu, principal photoallergène mondial.
Octocrylène : filtre UVB largement utilisé, émergent comme photoallergène majeur – souvent en réaction croisée avec le kétoprofène et la benzophénone-3 (PMID 20644036).
⚠️ Paradoxe fréquent
Le patient utilise sa crème solaire pour se protéger et développe un eczéma… précisément à cause de sa crème solaire. C’est une situation classique en consultation : la photoallergie à un filtre UV est souvent la dernière chose à laquelle on pense, alors que c’est la plus fréquente.
Anti-inflammatoires topiques (AINS)
Le kétoprofène en gel (Ketum®, Fastum gel®, Bi-Profénid gel® et génériques) est l’un des photoallergènes les mieux documentés en France et en Europe. Il est utilisé pour les douleurs articulaires et musculaires, appliqué sur la peau avant une activité en plein air. L’eczéma survient sur la zone d’application exposée au soleil, avec parfois une extension par voie systémique (photoallergie généralisée). Des réactions croisées avec l’octocrylène et la benzophénone-3 sont fréquentes.
Parfums et produits cosmétiques
Le musc ambrette, certains aldéhydes cinnamiques et d’autres composants parfumants peuvent être photoallergisants. Les baumes labiaux et les aftershaves exposés au soleil sont des sources possibles.
Médicaments systémiques
Certains médicaments pris par voie orale peuvent induire des réactions de photosensibilisation systémique : phénothiazines, quinolones, tétracyclines, diurétiques thiazidiques, amiodarone. Ces réactions sont plus souvent phototoxiques qu’allergiques au sens strict.
Symptômes de l’eczéma au soleil
Le tableau clinique de la photoallergie de contact associe :
Lésions eczématiformes (rougeur, vésicules, suintement, prurit intense) sur les zones cutanées exposées au soleil ET en contact avec l’allergène.
Délai caractéristique de 24 à 72 heures après l’exposition combinée (allergène + UV).
Atteinte préférentielle des zones photoexposées : visage, nuque, décolleté, avant-bras, dos des mains.
Possible extension aux zones non exposées en cas de sensibilisation sévère ou de contact indirect avec l’allergène.
En cas d’exposition répétée : évolution vers une photoallergie chronique persistant même en l’absence d’UV (dermatite photosensible chronique).
⚠️ Signe d’alarme
Un eczéma persistant sur les zones exposées, réapparaissant chaque été ou à chaque application d’un même produit, doit conduire à une consultation dermatologique avec bilan allergologique (photopatch tests). Sans éviction de l’allergène, aucun traitement ne sera durablement efficace.
Consultez rapidement si : des cloques étendues apparaissent, le visage ou les yeux gonflent, une fièvre accompagne l’éruption, ou des signes d’infection (pus, traînée rouge, douleur croissante) se manifestent. Une photoallergie très étendue ou surinfectée nécessite un avis médical sans délai.
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Diagnostic : les photopatch tests
Le photopatch test (ou test épicutané photoallergologique) est le seul examen permettant de confirmer la photoallergie de contact et d’identifier l’allergène responsable. Il se distingue du patch test classique par une étape d’irradiation UVA :
Application en double de batterie de photoallergènes sur le dos (séries standardisées européenne ou nord-américaine).
Occlusion pendant 48 heures.
Irradiation UVA d’un côté à J2 (5 J/cm²).
Lecture à 48h, 72h et 96h des deux séries (irradiée et non irradiée).
Une réaction positive uniquement du côté irradié confirme la photoallergie ; une réaction des deux côtés indique une allergie de contact simple associée.
Cet examen est réalisé dans les services de dermatologie-allergologie spécialisés. Les données regroupées de 2009 à 2020 (PMID 39169428) et les études européennes (PMID 36638383) confirment que les filtres UV dominent largement les séries positives.
Traitement de la photoallergie de contact
Le traitement repose sur deux piliers indissociables :
Pilier
Mesures concrètes
Éviction de l’allergène
Arrêt définitif du produit responsable (changer de crème solaire, arrêter le kétoprofène gel). Lire les listes INCI. Éviter les réactions croisées.
Photoprotection
SPF 50+ large spectre (filtres minéraux si allergie aux filtres chimiques), vêtements couvrants, éviter les heures de forte UV.
Pour les lésions constituées :
Dermocorticoïdes d’activité modérée à forte sur les lésions eczémateuses aiguës (7 à 14 jours).
Antihistaminiques pour le prurit.
Émollients en phase de décroissance.
En cas de photoallergie chronique sévère et résistante : photothérapie PUVA, azathioprine ou ciclosporine sous supervision spécialisée.
💡 Conseil du Dr Rousseau
En cas d’allergie à un filtre UV chimique, tournez-vous vers les crèmes solaires minérales (oxyde de zinc, dioxyde de titane) – elles ne contiennent pas de filtres organiques photoallergisants. Vérifiez également que vos soins hydratants et maquillages ne contiennent pas d’octocrylène, souvent présent y compris dans des produits non solaires.
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Questions fréquentes
Comment savoir si c’est une photoallergie ou une simple allergie au soleil ?
La photoallergie de contact nécessite la présence d’un allergène (crème solaire, gel AINS, parfum) EN PLUS du soleil. Si vous réagissez au soleil même sans aucun produit sur la peau, il s’agit plutôt d’une lucite estivale bénigne ou d’une urticaire solaire. Pour distinguer les deux, les photopatch tests sont indispensables.
Ma crème solaire peut-elle provoquer un eczéma au soleil ?
Oui, et c’est la cause la plus fréquente. Les filtres UV chimiques – notamment la benzophénone-3 et l’octocrylène – sont les premiers photoallergènes identifiés dans les grandes études. Le paradoxe est réel : la crème censée protéger peut déclencher la réaction. En cas de doute, optez pour une crème solaire minérale (oxyde de zinc, dioxyde de titane) et consultez pour des photopatch tests.
Le kétoprofène en gel peut-il provoquer un eczéma au soleil ?
Oui, c’est l’un des photoallergènes les mieux documentés. Appliquer du kétoprofène gel (Fastum gel, Ketum) sur une zone exposée au soleil peut déclencher un eczéma photoallergique sévère. L’ANSM a renforcé les mises en garde sur ce médicament. Il faut impérativement couvrir la zone traitée et éviter toute exposition solaire pendant le traitement et plusieurs jours après.
Les photopatch tests font-ils mal ? Comment se déroulent-ils ?
Les photopatch tests sont indolores. Des séries d’allergènes sont appliquées en double sur le dos, sous occlusion pendant 48 heures. L’un des deux côtés est ensuite irradié aux UVA. La lecture est faite à 48h, 72h et 96h. La consultation dure environ une heure, et les résultats permettent d’identifier précisément l’allergène responsable pour une éviction ciblée.
Peut-on guérir définitivement d’une photoallergie de contact ?
Oui, dans la majorité des cas, si l’allergène est identifié et évité de façon rigoureuse. L’eczéma disparaît et ne récidive plus en l’absence d’exposition à l’allergène. En cas de photoallergie chronique sévère (persistant même sans UV), une prise en charge spécialisée avec photothérapie ou immunosuppresseurs est parfois nécessaire.
Combien de temps dure une photoallergie de contact avant de guérir ?
Une fois l’allergène évincé et un traitement local par dermocorticoïde débuté, les lésions s’atténuent en général en une à deux semaines, mais une sensibilité résiduelle au soleil sur la zone touchée peut persister plusieurs mois.
Faut-il éviter totalement le soleil après une photoallergie de contact ?
Non, il suffit d’éviter l’allergène responsable et de protéger la zone concernée (vêtements, écran minéral) le temps de la cicatrisation ; une éviction solaire totale et prolongée n’est pas nécessaire une fois l’allergène identifié et supprimé.
DeLeo VA, Adler BL, Belsito DV, et al. Photopatch testing: clinical characteristics, test results, and final diagnoses from the North American Contact Dermatitis Group, 2009-2020. Contact Dermatitis. 2024;91(6):465-473. PMID 39169428
Guenther J, Johnson H, Yu J, Adler BL. Photoallergic contact dermatitis: no fun in the sun. Cutis. 2022;110(5):241-243. PMID 36638383
Avenel-Audran M, Dutartre H, Goossens A, et al. Octocrylene, an emerging photoallergen. Arch Dermatol. 2010;146(7):753-757. PMID 20644036
ANSM – Kétoprofène gel : risques de réactions cutanées graves en cas d’exposition solaire. ansm.sante.fr
Mis à jour le 10 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : Curacné® (isotrétinoïne) est réservé aux acnés sévères résistantes aux traitements classiques. Il contient la même molécule que Roaccutane® (retiré en 2013). Son risque majeur est tératogène : environ 25 % des grossesses exposées présentent des malformations fœtales, d’où une contraception obligatoire un mois avant, pendant et un à deux mois après le traitement. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Curacné® (isotrétinoïne) : indications, contre-indications et conseils d’utilisation
Curacné® est un médicament contenant de l’isotrétinoïne, un dérivé de synthèse de la vitamine A (rétinoïde). C’est l’un des noms commerciaux de l’isotrétinoïne disponibles en France, avec Contracné®, Procuta® et les génériques. Il est prescrit dans le traitement de l’acné sévère – formes nodulo-kystiques, acné cicatrisante ou résistante aux antibiotiques. Sa prescription initiale est réservée au dermatologue ou au spécialiste.
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Indication de Curacné®
Curacné® est indiqué dans le traitement de l’acné sévère (nodulo-kystique, acné à risque cicatriciel élevé, acné résistante après 3 mois d’antibiothérapie orale bien conduite associée à un traitement topique). La dose habituelle est de 0,5 à 1 mg/kg/jour, jusqu’à une dose cumulée totale de 120 à 150 mg/kg. C’est le seul traitement anti-acné potentiellement curatif – il réduit durablement la taille et l’activité des glandes sébacées.
Tératogénicité majeure – malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️
Contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et 2 mois après le traitement
Association aux cyclines
Risque d’hypertension intracrânienne bénigne
Insuffisance hépatique ou rénale sévère
Risque d’accumulation du médicament
Hyperlipidémie non contrôlée
L’isotrétinoïne élève les triglycérides – risque de pancréatite
Hypervitaminose A ou supplémentation en vitamine A
Risque d’effets toxiques cumulatifs
⚠ Contre-indications absolues : Curacné® est formellement contre-indiqué pendant la grossesse (tératogène majeur, environ 25 % des grossesses exposées présentent des malformations fœtales). Contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et 1 à 2 mois après le traitement. Test de grossesse mensuel. Consultez immédiatement en cas de symptômes dépressifs, de douleurs abdominales intenses ou de troubles visuels.
Conseils pratiques pour le traitement par Curacné®
Lèvres et peau sèche – la chéilite (lèvres sèches et gercées) et la sécheresse cutanée sont quasi constantes sous Curacné® et témoignent de l’efficacité du traitement. Appliquer un baume labial dès le début du traitement (Homéoplasmine®, Bepanthen®) et un émollient riche non comédogène matin et soir.
Soleil et UV – protection solaire indice 50 obligatoire pendant toute la durée du traitement. Les UV sont contre-indiqués (photosensibilité augmentée sous isotrétinoïne).
Crèmes irritantes – interrompre les rétinoïdes topiques, acides (AHA, BHA), exfoliants et peroxyde de benzoyle pendant le traitement – inutiles et irritants sur peau déjà fragilisée par Curacné®.
Épilations à la cire – formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt (risque de décollement épidermique). Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire.
Lentilles de contact – la sécheresse oculaire induite par Curacné® rend le port de lentilles inconfortable voire douloureux. Préférer les lunettes pendant toute la durée du traitement.
Sport de haut niveau – à éviter pendant le traitement (risque de myalgies et de rhabdomyolyse à l’effort intense sous isotrétinoïne).
Alcool – à éviter pendant le traitement (interaction avec le bilan hépatique et élévation des triglycérides).
Aggravation initiale – une exacerbation des boutons dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et fait partie du mécanisme d’action de l’isotrétinoïne. Ne pas interrompre le traitement sans en parler au médecin.
💡 Surveillance biologique – avant traitement puis toutes les 4 à 6 semaines : transaminases (ASAT, ALAT) et bilan lipidique complet (triglycérides, cholestérol). Une élévation des triglycérides impose de réduire les graisses alimentaires et l’alcool. Taux très élevé = réduction de dose ou arrêt.
Curacné® et risque psychiatrique – dépression, suicide
Une controverse existe depuis la commercialisation de l’isotrétinoïne en 1982 sur un possible lien avec la dépression et les idées suicidaires. La conclusion des autorités sanitaires françaises (ANSM) après révision complète des données disponibles est que « le lien entre la prise d’isotrétinoïne et la survenue de troubles psychiatriques n’est pas établi au niveau d’une population de patients. »
Pour une analyse complète et actualisée de cette question – données neurobiologiques, études épidémiologiques, biais de confusion avec l’acné sévère elle-même, et périodes cliniquement à risque – voir notre article dédié : Isotrétinoïne (Roaccutane®) et dépression – ce que dit la science.
En pratique : évaluer le terrain psychologique avant de débuter Curacné®, informer le patient des deux périodes de vulnérabilité clinique, et signaler sans délai tout changement d’humeur au médecin prescripteur pendant le traitement.
Voici l’exemple d’une jeune femme qui avait une acné sévère depuis plusieurs années, vous n’aurez pas de mal à croire qu’elle a une meilleure humeur pendant qu’avant le traitement…
Avant traitement
1 mois après le début (purge)
2 mois après le début…
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Foire aux questions sur Curacné®
Curacné® et Roaccutane® sont-ils la même chose ?
Oui, Curacné® et Roaccutane® contiennent la même molécule active, l’isotrétinoïne. Roaccutane® (nom historique du princeps) a été retiré du marché français en 2013, remplacé par plusieurs génériques dont Curacné®, Contracné® et Procuta®. Le dosage, l’efficacité et les précautions d’emploi sont identiques d’une marque à l’autre.
Qu’est-ce que Curacné® et comment agit-il sur l’acné ?
Curacné® est un médicament à base d’isotrétinoïne, rétinoïde oral indiqué dans les formes sévères d’acné résistantes aux antibiotiques et aux traitements topiques bien conduits pendant au moins 3 mois. Il réduit durablement la production de sébum et l’inflammation, avec une rémission prolongée chez la majorité des patients après une cure complète.
Quels sont les effets secondaires de Curacné® ?
Les effets secondaires les plus fréquents incluent la sécheresse cutanée et labiale, la photosensibilité, des douleurs musculaires et une élévation des triglycérides. Un suivi biologique (transaminases, bilan lipidique) est obligatoire avant le traitement puis toutes les 4 à 6 semaines.
Curacné® est-il compatible avec la grossesse ?
Non, Curacné® est absolument contre-indiqué pendant la grossesse en raison de sa tératogénicité majeure : environ 25 % des grossesses exposées présentent des malformations fœtales. Une contraception efficace est obligatoire un mois avant, pendant et un à deux mois après le traitement. Selon une étude coréenne portant sur plus de 22 000 femmes, 78,9 % des grossesses sous isotrétinoïne survenaient dans les 30 jours suivant l’arrêt du traitement ou pendant la prise (Kim et al., 2018).
Quelle est la durée d’un traitement par Curacné® ?
La durée habituelle varie de 4 à 6 mois selon la dose cumulée atteinte (120 à 150 mg/kg au total) et la réponse cutanée. Certains patients nécessitent une cure prolongée ou un second cycle en cas de rechute. Le dermatologue adapte la durée lors des consultations mensuelles de suivi.
Comment gérer la sécheresse sous Curacné® ?
La sécheresse cutanée et labiale (chéilite) est quasi constante sous isotrétinoïne et témoigne de son efficacité. Un baume labial dès le début du traitement et un émollient non comédogène matin et soir limitent l’inconfort. Les lentilles de contact sont à éviter au profit des lunettes en cas de sécheresse oculaire.
Curacné® provoque-t-il de la dépression ?
Le lien entre isotrétinoïne et trouble psychiatrique est débattu depuis 1982. Une cohorte taïwanaise de près de 30 000 patients suivis pendant 16 ans n’a pas retrouvé de risque significativement augmenté de troubles psychiatriques sous isotrétinoïne (Chen et al., 2021). L’ANSM recommande néanmoins une vigilance particulière : toute tristesse inhabituelle ou idée noire doit être signalée sans délai au médecin.
Références
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016;74(5):945-973. PMID 26897386.
Kim NR et al. Isotretinoin exposure in pregnant women in Korea. Obstet Gynecol Sci. 2018;61(6):649-654. PMID 30474010.
Chen YH et al. Risk of psychiatric disorders in patients taking isotretinoin: a nationwide, population-based, cohort study in Taiwan. J Affect Disord. 2021;296:277-282. PMID 34628248.
Haute Autorité de Santé. Curacné (isotrétinoïne). has-sante.fr. Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Isotrétinoïne orale : programme de prévention des grossesses. ansm.sante.fr.
Soigner l’acné au laser : quels lasers, quelle efficacité, quel déroulement ?
Le laser représente une alternative ou un complément aux traitements médicamenteux de l’acné – en particulier quand les traitements oraux sont contre-indiqués, refusés ou insuffisants. 6 millions de personnes souffrent d’acné en France, générant 5,4 millions de prescriptions médicales annuelles, et plus de 30 % des femmes adultes présentent une acné tardive supportant mal les traitements locaux agressifs. Plusieurs technologies laser ciblent l’acné par des mécanismes différents – avec des niveaux d’efficacité et de durabilité très variables selon la longueur d’onde utilisée.
En bref : Le laser est une alternative ou un complément aux traitements médicamenteux de l’acné, surtout quand l’isotrétinoïne est contre-indiquée ou refusée. Le laser 1726 nm, spécifiquement absorbé par les glandes sébacées, montre des résultats durables à 2 ans dans une étude de vie réelle récente. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Mis à jour le 4 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
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Un laser est une source de lumière composée de photons d’une seule longueur d’onde (lumière cohérente et monochromatique). Selon cette longueur d’onde, la lumière laser est absorbée de façon sélective par différentes cibles dans la peau – c’est le principe de la photothermolyse sélective.
L’acné résulte de trois mécanismes principaux que les lasers peuvent cibler différemment : l’hypersécrétion et hypertrophie des glandes sébacées (excès de sébum), la prolifération bactérienne de Cutibacterium acnes dans le follicule, et l’inflammation péri-folliculaire. Les lasers agissent sur l’un ou plusieurs de ces mécanismes selon leur longueur d’onde.
On distingue deux grandes stratégies d’action :
Action anti-bactérienne et anti-inflammatoire – les lumières bleues (415 nm) activent les porphyrines produites par C. acnes et le détruisent par photo-activation. Les lumières rouges (630-700 nm) ont un effet anti-inflammatoire. Les lumières pulsées intenses (IPL) et les lasers vasculaires ciblent les vaisseaux péri-lésionnels. Ces approches réduisent les lésions inflammatoires rapidement mais avec un taux élevé de récidives à l’arrêt – elles ne s’attaquent pas à la cause sébacée.
Action sur la glande sébacée – les lasers infrarouge (1450 nm, 1540 nm, et surtout 1726 nm) pénètrent jusqu’au derme profond où siègent les glandes sébacées et réduisent leur volume et leur activité sécrétoire. C’est cette approche qui offre les résultats les plus durables.
Ces lasers infrarouge pénètrent jusqu’aux glandes sébacées du derme moyen et induisent une réduction de leur taille et de leur activité. Les publications sur le laser diode 1450 nm sont prometteuses, notamment dans l’acné de la femme microkystique. Un protocole standard de 4 séances espacées de 3-4 semaines réduit significativement les lésions rétentionnelles (microkystes, points noirs) et diminue le sébum. Les récidives à l’arrêt existent mais sont moins fréquentes qu’avec les lumières bleues/rouges.
Photothérapie dynamique (PDT)
La photothérapie dynamique consiste à appliquer un agent photosensibilisant (acide aminolévulinique – ALA) sur la peau acnéique pendant 30 minutes à 3 heures, puis à irradier la zone avec une lumière rouge ou bleue. L’ALA est capté préférentiellement par les glandes sébacées hyperactives et les follicules colonisés par C. acnes – la photo-activation détruit sélectivement ces structures. Utilisée hors AMM en France pour l’acné, elle donne des résultats significatifs mais est limitée par une réaction post-traitement (rougeur, desquamation) plus marquée.
Lumière pulsée intense (IPL) et laser vasculaire à colorant pulsé
Ces technologies ciblent l’hémoglobine des vaisseaux péri-lésionnels et réduisent l’érythème et l’inflammation des boutons rouges. Elles sont efficaces sur la composante vasculaire et inflammatoire de l’acné mais sans effet direct sur les glandes sébacées – les récidives à l’arrêt sont la règle. Utiles en complément d’un traitement médical ou pour les rougeurs post-acné résiduelles.
Laser 1726 nm – la technologie la plus prometteuse
Le laser à 1726 nm représente l’avancée la plus significative dans le laser acné des dernières années. Sa particularité est d’être absorbé de façon très sélective par le sébum, avec une absorption très faible par les autres chromophores cutanés (eau, mélanine, hémoglobine, protéines). Cette sélectivité permet une photothermolyse quasi exclusive des glandes sébacées – le mécanisme est analogue à celui du laser vasculaire sur les vaisseaux ou du laser épilation sur le bulbe pilaire pigmenté.
Les premières études remontent à 2006, et les publications récentes confirment un résultat remarquable : une étude américaine montre qu’à 12 mois après la dernière séance, on observe 80 % de réduction des lésions d’acné en monothérapie laser. L’atrophie secondaire des glandes sébacées, obtenue par apoptose progressive sur plusieurs semaines, explique la durabilité des résultats – contrairement aux lumières bleues/rouges qui n’agissent que sur l’inflammation.
💡 Indication principale du laser 1726 nm : les cas où l’isotrétinoïne est indiquée mais non réalisable – contre-indication médicale, refus de contraception obligatoire, intolérance aux effets secondaires. C’est une alternative crédible à l’isotrétinoïne dans ces situations, sans les risques systémiques associés.
L’amélioration est progressive – l’atrophie des glandes sébacées se fait par apoptose sur plusieurs semaines, et la résorption des lésions déjà présentes prend 2 à 3 mois. La survenue de nouvelles lésions diminue généralement à partir de la deuxième séance, permettant souvent aux patients de réduire voire arrêter leur traitement anti-acné concomitant.
Une longueur d’onde légèrement supérieure à 1708 nm est également à l’étude – elle pénètre plus profondément et pourrait détruire encore plus sélectivement les glandes sébacées profondes, notamment dans l’acné nodulo-kystique.
Une étude récente sur le laser 1726 nm (JAAD 2026, Goldberg et al.) montre 91,5% de répondeurs à 52 semaines et un profil tolérance favorable sur phototypes IV–VI.
Lumières bleues et rouges en vente sur Internet – que valent-elles ?
Les dispositifs LED à domicile émettant des lumières bleues (415 nm, anti-bactérienne) et rouges (630 nm, anti-inflammatoire) sont de plus en plus accessibles sur Internet et en pharmacie. Leur puissance est nettement inférieure aux appareils médicaux utilisés par le dermatologue. Néanmoins, une méta-analyse publiée en 2025 confirme une efficacité réelle de ces dispositifs sur les lésions inflammatoires légères à modérées d’acné.
Points à retenir sur ces appareils : ils sont sans danger sur la peau (pas d’UV, pas de chaleur excessive), peuvent être utilisés en complément d’un traitement topique pour en potentialiser les effets, et sont particulièrement utiles pour l’entretien entre les séances en cabinet. En revanche, ils n’ont aucun effet sur les glandes sébacées ni sur les lésions rétentionnelles (points noirs, microkystes) et ne remplacent pas une prise en charge médicale pour les formes modérées à sévères.
Comment se déroule une séance de laser acné ?
La séance se réalise sur peau propre et démaquillée, sans crème ni maquillage. Des lunettes ou coques de protection oculaire sont obligatoires pour le patient et le praticien pendant toute la durée de l’irradiation. Une crème anesthésiante (EMLA®) peut être appliquée 1 heure avant la séance pour les zones sensibles.
L’impact laser provoque une sensation de picotement et de chaleur à chaque tir. La peau est rouge pendant quelques heures après la séance – cette réaction érythémateuse est normale et attendue. Pour le laser 1726 nm, une légère desquamation les jours suivants est possible.
Il est possible d’observer une aggravation transitoire de l’acné dans les premières semaines, notamment si aucun traitement anti-acné n’avait été initié avant les séances – cette purge initiale est liée à la destruction des glandes sébacées et des follicules colonisés. Elle est passagère et ne doit pas faire interrompre le traitement.
Le laser acné est réalisé à distance de toute exposition solaire importante et est évité pendant la grossesse. L’espacement habituel entre les séances est de 3 à 4 semaines, avec un protocole de 3 à 6 séances selon la technologie et la sévérité de l’acné.
Il existe également des lasers spécifiques pour traiter les cicatrices d’acné – lasers fractionnels CO2 et Erbium – qui sont différents des lasers anti-acné et utilisés après extinction complète de l’acné.
⚠ Consultez rapidement si :
Douleur intense, cloques ou peau blanchie/carbonisée après la séance (suspicion de brûlure)
Rougeur qui s’aggrave, chaleur locale et fièvre dans les jours suivants (suspicion d’infection)
Zone qui ne cicatrise pas normalement ou début de cicatrice épaisse (hypertrophique/chéloïde)
Taches claires ou foncées qui persistent au-delà de quelques semaines (trouble pigmentaire)
Tableau comparatif des technologies laser et lumière pour l’acné
Technologie
Cible
Efficacité
Durabilité
Indication principale
Lumière bleue (415 nm)
C. acnes
Modérée
Faible – récidives fréquentes
Acné légère inflammatoire
Lumière rouge (630 nm)
Inflammation
Modérée
Faible
Complément anti-inflammatoire
IPL / Laser vasculaire
Vaisseaux, érythème
Bonne sur rougeurs
Faible sur acné active
Rougeurs post-acné
PDT (photothérapie dynamique)
Glande sébacée + C. acnes
Bonne
Intermédiaire
Acné modérée à sévère (hors AMM)
Laser diode 1450 nm
Glande sébacée
Bonne
Intermédiaire
Acné femme, microkystes
Laser 1726 nm
Sébum / glande sébacée
Très bonne (−80% à 12 mois)
Longue durée
Isotrétinoïne refusée ou CI
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Questions fréquentes sur le laser acné
Le laser acné est-il remboursé par la Sécurité Sociale ?
Non. Aucune des techniques laser pour l’acné n’est remboursée par l’Assurance Maladie en France – elles sont réalisées dans le cadre de soins esthétiques ou hors AMM. Le coût d’une séance varie selon la technologie et la surface traitée, de 150 à 400 € environ. Un devis préalable est obligatoire.
Le laser acné est-il efficace sur les points noirs et microkystes ?
Oui, mais uniquement avec les lasers infrarouge (1450 nm, 1726 nm) qui réduisent la sécrétion de sébum et la taille des glandes sébacées, et resserrent les pores dilatés. Les lumières bleues et rouges n’ont aucun effet sur les lésions rétentionnelles – elles n’agissent que sur la composante inflammatoire et bactérienne.
Combien de séances de laser faut-il pour soigner l’acné ?
Le nombre de séances dépend de la technologie et de la sévérité de l’acné. Pour le laser 1450 nm, un protocole standard est de 4 séances espacées de 3-4 semaines. Pour le laser 1726 nm, 3 à 4 séances suffisent dans les études publiées. Les lumières bleues/rouges nécessitent souvent des séances plus fréquentes (2 fois/semaine) avec des résultats plus variables.
Peut-on faire du laser acné pendant un traitement à l’isotrétinoïne ?
Non – l’isotrétinoïne est une contre-indication formelle aux actes laser et peeling pendant le traitement et pendant les 6 à 12 mois suivant son arrêt. Elle fragilise la peau et altère la cicatrisation, exposant à des cicatrices paradoxales. Le laser 1726 nm est précisément indiqué quand l’isotrétinoïne est refusée ou contre-indiquée – c’est une alternative, pas un complément.
Le laser acné est-il douloureux ?
La sensation ressentie est un picotement vif et une chaleur locale à chaque tir laser – comparable à un élastique qui claque sur la peau. Une crème anesthésiante (EMLA®) appliquée 1 heure avant réduit significativement l’inconfort. La rougeur post-séance dure quelques heures. La reprise des activités est immédiate.
Les appareils LED à domicile peuvent-ils remplacer le laser en cabinet ?
Non. La puissance des appareils grand public est nettement inférieure aux appareils médicaux. Ils peuvent avoir un effet d’appoint sur les lésions légères et servir d’entretien entre les séances en cabinet, mais ne remplacent pas une prise en charge dermatologique pour une acné modérée à sévère. Ils sont sans danger utilisés selon les instructions.
Li MK et al., The Use of Lasers and Light Devices in Acne Management: An Update, Am J Clin Dermatol, 2021;22(6):785-800. PMID 34287769
Haddad N. Acne Laser Devices in Dermatology, Dermatol Clin, 2026;44(3):495-506. PMID 42303359
Ly K et al., Two-Year Real-World Outcomes of a 1726 nm Laser for the Treatment of Acne, J Am Acad Dermatol, 2026. PMID 42501798
Haute Autorite de Sante. Acne – Strategie de prise en charge. has-sante.fr
Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
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Références scientifiques
Wollenberg A et al., J Eur Acad Dermatol Venereol, 2022. PMID 35582793
Silverberg JI et al., JAMA Dermatol, 2021. PMID 33656519
L’eczéma atopique (ou dermatite atopique) est la dermatose la plus fréquente chez le nourrisson et l’enfant, touchant 15 à 20 % des enfants dans les pays occidentaux. Il débute souvent dans les premiers mois de vie et peut évoluer par poussées pendant plusieurs années. Bien que bénin, il retentit considérablement sur la qualité de vie de l’enfant et de sa famille. Des traitements efficaces existent et permettent, s’ils sont bien conduits, un contrôle optimal de la maladie.
ℹ️ Définition
L’eczéma atopique est une dermatose inflammatoire chronique prurigineuse liée à une anomalie génétique de la barrière cutanée (déficit en filaggrine) et à une dérégulation immunitaire de type Th2. Il est souvent associé à d’autres manifestations atopiques (allergie alimentaire, rhinite, asthme).
⚠️ Quand consulter sans attendre ?
Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
Échec des traitements depuis plus de 4 semaines
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Comment l’eczéma atopique évolue-t-il selon l’âge ?
Les localisations et l’aspect des lésions changent avec l’âge de l’enfant :
Âge
Localisation préférentielle
Aspect des lésions
Nourrisson (0–2 ans)
Visage (joues), cuir chevelu, zones convexes des membres
Érythème, suintement, croûtes – siège épargné
Enfant (2–12 ans)
Plis de flexion (coudes, genoux, cou, poignets)
Plaques lichenifiées, sèches, prurigineuses
Adolescent/adulte
Plis, mains, visage, décolleté
Lichénification, excoriations, xérose diffuse
⚠️ Diagnostic différentiel chez le nourrisson
Chez le nourrisson, la dermatite du siège (érythème fessier) peut ressembler à l’eczéma mais touche au contraire les zones convexes du siège. La dermite séborrhéique du nourrisson (croûtes de lait) touche le cuir chevelu et est non prurigineuse. L’eczéma atopique épargne classiquement le siège.
Facteurs déclenchants des poussées
Plusieurs facteurs peuvent déclencher ou aggraver les poussées d’eczéma :
Infection cutanée :Staphylococcus aureus colonise la peau de 90 % des enfants atopiques et amplifie l’inflammation – une surinfection (impétiginisation) se manifeste par des croûtes mélicériques et nécessite un traitement antibiotique
Allergènes : acariens, poils d’animaux, pollens, certains aliments (surtout dans les formes sévères du nourrisson)
Irritants : savons, détergents, tissus synthétiques ou en laine
Facteurs climatiques : air sec, froid, transpiration excessive
Traitement de l’eczéma atopique de l’enfant
1. L’émollient quotidien : la base incontournable
L’émollient est le traitement de fond de l’eczéma atopique, à appliquer tous les jours, y compris en dehors des poussées. Il compense le déficit de la barrière cutanée en filaggrine, retient l’eau dans l’épiderme et réduit la sensibilité aux irritants et allergènes.
Appliquer après le bain tiède (5 à 10 minutes maximum), dans les 3 minutes après séchage par tamponnement doux
Choisir un émollient riche, sans parfum, sans conservateur potentiellement allergisant
Quantité suffisante : environ 150 à 200 g par semaine pour un enfant en bas âge
2. Les dermocorticoïdes pour traiter les poussées
Les dermocorticoïdes sont les médicaments de référence pour traiter les poussées. Ils sont efficaces et sûrs à condition d’être utilisés correctement :
Appliquer une fois par jour sur les plaques d’eczéma (pas sur la peau saine)
Choisir le niveau de puissance adapté : dermocorticoïdes forts ou modérément forts sur le corps, faibles sur le visage
Durée d’application : jusqu’à disparition des plaques, puis arrêt progressif
Ne pas craindre les dermocorticoïdes : la corticiphobie conduit au sous-traitement et au retentissement sur la qualité de vie
3. Les inhibiteurs de la calcineurine (ICN)
Tacrolimus (Protopic®) et pimécrolimus (Elidel®) sont des alternatives pour les zones sensibles (visage, paupières, plis) et pour le traitement d’entretien proactif (2 applications par semaine sur les zones habituellement touchées pour prévenir les récidives).
4. Le dupilumab pour les formes sévères
Le dupilumab (Dupixent®), anticorps monoclonal anti-IL-4/IL-13, est désormais disponible dès l’âge de 6 mois pour les eczémas sévères réfractaires aux traitements conventionnels. Administré par injection sous-cutanée, il représente une avancée thérapeutique majeure pour les formes les plus difficiles à contrôler.
💡 Règle du doigt (Fingertip Unit)
Une unité doigt (FTU) = la quantité de crème entre le bout du doigt et la première phalange = environ 0,5 g. Pour un enfant de 1–2 ans : visage + cou = 1 FTU, un bras entier = 1 FTU, tronc (face) = 2 FTU. Cette règle pratique aide à appliquer la bonne quantité de dermocorticoïde.
En bref : Eczéma atopique du bébé et de l’enfant est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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FAQ – Questions fréquentes sur l’eczéma atopique du bébé
Comment reconnaître l’eczéma atopique chez le nourrisson ?
Des plaques rouges, suintantes et croûteuses sur le visage (joues, front) et les zones convexes des membres, avec un prurit intense provoquant irritabilité et troubles du sommeil. Le siège est classiquement épargné. Le diagnostic est clinique.
Les émollients sont-ils vraiment nécessaires même hors des poussées ?
Oui, c’est le pilier du traitement de fond. L’émollient quotidien restaure la barrière cutanée, réduit la fréquence des poussées et permet de moins utiliser les dermocorticoïdes.
Les dermocorticoïdes sont-ils dangereux pour le bébé ?
Non, utilisés correctement selon les recommandations médicales. La corticiphobie conduit au sous-traitement et nuit à la qualité de vie de l’enfant. Appliqués à dose adaptée, une fois par jour sur les zones lésées, ils sont sûrs et efficaces.
Quand utiliser le dupilumab chez l’enfant atopique ?
Dès 6 mois pour les eczémas sévères réfractaires aux traitements conventionnels (dermocorticoïdes, ICN). Il est administré par injection sous-cutanée toutes les 2 à 4 semaines avec un excellent profil d’efficacité et de sécurité chez l’enfant.
Comment reconnaitre un eczema surinfecté d’un impetigo
La différence réside le plus souvent dans la présence de plaques d’eczema antérieures qui changent d’aspect (croute jaunes) alors que l’impetigo survient souvent sur peau antérieurement saine mais la distinction est parfois difficile, on parle d’ailleurs d’impétiginisation d’eczema
En bref : Le furoncle est une infection profonde et nécrosante du follicule pilo-sébacé due à Staphylococcus aureus. Un furoncle isolé ne nécessite ni prélèvement ni antibiotique, juste des soins locaux ; un furoncle compliqué ou une furonculose (récidives) justifie un prélèvement bactériologique et des antibiotiques oraux pendant 5 jours. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Mis à jour le 29 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
Cet article en vidéo :
Le furoncle est une infection profonde et nécrosante du follicule pilo-sébacé due à Staphylococcus aureus (Staphylocoque doré). Il se caractérise par une lésion papulo-nodulaire très inflammatoire évoluant en 5 à 10 jours vers la nécrose folliculaire avec l’élimination du follicule pileux (bourbillon).
En cas de :
Furoncle isolé : on ne fait pas de prélèvement bactériologique ni de traitement antibiotique local ou général, juste des soins locaux.
Furoncle compliqué : prélèvement bactériologique du pus avant antibiothérapie.
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Furoncles au début (folliculite)
Qu’est-ce qu’un furoncle ?
Le furoncle est une folliculite profonde s’accompagnant d’une destruction du poil.
Il commence soit par une folliculite soit par une boule rouge, chaude et douloureuse de 1 à 2 cm de diamètre.
Il évolue généralement en donnant une lésion « à tête blanche » en quelques jours, qui résulte de la destruction du poil, c’est le bourbillon, qu’il faut éliminer ou qui peut se résorber spontanément sans émission de pus.
Furoncle
Consultez un médecin
La consultation du médecin est indispensable pour limiter le risque d’évolution grave du furoncle (anthrax, abcès, septicémie…).
Ce dernier va vous prescrire un prélèvement bactériologique en cas de furoncle compliqué ou nombreux, à la recherche notamment de staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM), qui sécrètent pour la plupart une toxine appelée leucocidine de Panton et Valentine et sont principalement responsables d’infections cutanées à type de furoncles nécrosants : ils débutent par une boule rouge, chaude et douloureuse, aboutissant en quelques jours à une suppuration éliminant le follicule nécrotique sous forme d’un gros bourbillon jaune et laissant place à une cicatrice déprimée définitive.
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Formes particulières de furoncles
Le furoncle du visage
⚠️ Le furoncle du visage est une urgence relative : les furoncles du visage doivent faire l’objet d’une attention toute particulière et ne pas être « tripotés », car leur manipulation peut entraîner une staphylococcie maligne de la face, une complication grave nécessitant une prise en charge hospitalière en urgence.
L’anthrax
C’est un agglomérat de furoncles, réalisant une boule rouge profonde, volumineuse, inflammatoire d’aspect cratériforme, parfois fébrile et pouvant s’accompagner de fusées purulentes qui les rejoignent sous la peau.
La furonculose
C’est la répétition des furoncles, qui doit faire chercher :
Ces furoncles répétés peuvent laisser des cicatrices importantes et avoir un retentissement psychologique important, d’autant qu’ils touchent principalement des adolescents. Dans la majorité des cas, les récurrences cessent après 2 ans.
Soigner un furoncle
Furoncle non compliqué, isolé : soins locaux
Pas de manipulation du furoncle (limite le risque de complications).
Soins de toilette quotidiens (lavage à l’eau et au savon).
Incision de l’extrémité pour évacuer le bourbillon (furoncle volumineux).
Protection de la lésion avec un pansement.
Pas d’antibiothérapie (locale ou générale).
Furoncle compliqué ou furonculose : antibiotiques oraux pendant 5 jours
Outre le traitement prescrit par le médecin (antibiotiques par voie orale pendant 5 jours : Clindamycine 1,8 g/jour en 3 prises et jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg, ou Pristinamycine 1 g x 3/jour), celui-ci peut procéder à :
L’application de compresses humides et tièdes ou de pansements gras pour faire mûrir le furoncle.
Une fois que le furoncle est mûr, l’incision sur quelques millimètres et le drainage ou l’ablation du bourbillon à la pince, sauf au niveau médio-facial en raison des risques de dissémination (staphylococcie maligne de la face, thrombophlébite cérébrale…).
Il ne faut jamais appuyer ou cureter le furoncle après l’ouverture, par risque de dissémination de l’infection.
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Furonculose
Il s’agit de la répétition de furoncles pendant plusieurs mois, voire des années.
Le staphylocoque doré colonise la peau le plus souvent par l’intermédiaire des doigts et des vêtements, à partir d’un gîte souvent périorificiel (narines, anus, oreilles…). Un portage chronique staphylococcique au niveau de ces gîtes est souvent en cause dans les formes récidivantes de pathologies cutanées à staphylocoque. En réduisant le portage chronique narinaire de staphylocoque doré, on diminue le portage chronique sur la peau et donc le nombre d’infections à staphylocoque doré.
La prévention des récurrences nécessite donc un traitement efficace des gîtes.
1. Prélèvement bactériologique d’un furoncle avant traitement
2. Traitement des gîtes de portage du staphylocoque doré
Le traitement local des narines (premier centimètre) réduit le portage nasal du staphylocoque doré, le plus souvent par application intranasale de mupirocine (Mupiderm®) 4 fois par jour pendant 5 jours (ceci supprime le portage nasal chez 70 % des gens pour une durée de 3 mois environ). Ainsi le médecin tend à prescrire la mupirocine 5 jours par mois pendant 1 an, mais pas plus, par crainte de l’apparition de résistances.
Le protocole de désinfection est le suivant :
Application nasale de pommade de mupirocine deux fois par jour pendant 7 jours.
Utilisation une fois par jour pendant 7 jours d’une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing, tels Cyteal®, Septivon®, Plurexid®…, en insistant sur les gîtes de portage (aisselles, périnée, pubis, cicatrices de furoncles) et en rinçant abondamment après la toilette car ces produits peuvent être irritants. Le protocole est généralement des douches antiseptiques avec une solution moussante de chlorhexidine comme savon et comme shampoing (une fois par jour pendant 7 jours).
Mesures d’hygiène corporelle : porter des vêtements propres, changer fréquemment le linge de toilette.
Mesures d’hygiène de l’environnement (linge, vaisselle, entretien des locaux).
Bains de bouche biquotidiens à la chlorhexidine (adulte et enfant à partir de 1 g x 3/jour).
3. Éviction des facteurs favorisants
Règles d’hygiène
Lavage fréquent des mains.
Afin de prévenir la diffusion et la récidive des lésions, les zones atteintes et les mains seront lavées avec une solution antiseptique moussante (Septivon®, Plurexid®, Cyteal®) et rincées abondamment.
Éviter le port de vêtements trop serrés et synthétiques, en particulier sur les zones d’appui (fesses, dos).
Éviter la macération (défaut d’hygiène, obésité, plis) et l’hypersudation.
Couper les ongles ras.
Laver fréquemment à haute température les vêtements, sous-vêtements (en coton de préférence) et linges de toilette.
Obésité, diabète, déficit immunitaire (corticothérapie générale, traitement immunosuppresseur, infection par le VIH)…
Ne pas manipuler les furoncles
Les recouvrir d’un pansement
4. Après guérison de la poussée
Il faut alors procéder à la décolonisation des gîtes bactériens du patient et de son entourage (personnes vivant sous le même toit, et personnes en contact proche).
Les conseils du dermatologue
Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’aggraver en l’absence de traitement adéquat (lymphangite, « ganglions », voire septicémie). Lors de la survenue d’une lésion inflammatoire, il faut donc consulter et ne pas toucher ses lésions : la majorité de ces complications surviennent en effet à cause d’une consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions.
Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (cortisone ou non stéroïdiens) pour les infections cutanées, car ceux-ci laissent les infections s’aggraver sans que l’on puisse s’en rendre compte.
Il ne faut pas oublier d’être à jour pour le vaccin antitétanique, car une plaie cutanée peut être la porte d’entrée du tétanos.
Questions fréquentes
Peut-on percer un furoncle soi-même ?
Non, il ne faut jamais manipuler, presser ou percer un furoncle soi-même : le risque est de disséminer l’infection en profondeur ou vers la circulation sanguine. Seul un furoncle mûr, fluctuant, doit être incisé, idéalement par un professionnel de santé.
Combien de temps dure un furoncle ?
Un furoncle évolue en 5 à 10 jours vers la formation puis l’élimination du bourbillon. Sans complication, la guérison survient en 1 à 2 semaines, mais peut laisser une cicatrice déprimée.
Pourquoi ai-je des furoncles à répétition (furonculose) ?
La furonculose est le plus souvent liée à un portage chronique de staphylocoque doré au niveau des narines, de l’entourage ou de la peau. Un diabète, un déficit immunitaire ou une carence en fer doivent aussi être recherchés en cas de récidives.
Faut-il toujours prendre des antibiotiques pour un furoncle ?
Non. Un furoncle isolé et non compliqué ne nécessite ni prélèvement ni antibiotique, seulement des soins locaux. Les antibiotiques oraux pendant 5 jours (clindamycine, pristinamycine) sont réservés aux furoncles compliqués ou à la furonculose.
Comment éviter les récidives de furoncles ?
La décolonisation du staphylocoque doré (mupirocine nasale, douches à la chlorhexidine), le lavage fréquent des mains et du linge à haute température, et l’éviction des vêtements trop serrés réduisent significativement les récidives.
Pourquoi un furoncle du visage est-il plus dangereux ?
Le drainage veineux du visage, notamment autour du nez et de la lèvre supérieure, communique avec les sinus veineux du cerveau. Manipuler un furoncle de cette zone peut entraîner une staphylococcie maligne de la face, une complication grave et potentiellement mortelle.
Quand faut-il consulter en urgence pour un furoncle ?
Consultez rapidement en cas de furoncle du visage, de fièvre, de furoncles multiples (anthrax), de grossissement rapide, de traînée rouge remontant vers un ganglion (lymphangite), ou d’altération de l’état général.
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À lire aussi sur les infections bactériennes de la peau
Atanaskova N, Tomecki KJ. Innovative management of recurrent furunculosis. Dermatol Clin. 2010;28(3):479-487. PMID 20510758.
Lin HS, Lin PT, Tsai YS, Wang SH, Chi CC. Interventions for bacterial folliculitis and boils (furuncles and carbuncles). Cochrane Database Syst Rev. 2021;2(2):CD013099. PMID 33634465.
Zha M, Usatine R. Common Skin Conditions in Children and Adolescents: Bacterial Infections. FP Essent. 2024;541:14-19. PMID 38896826.
Zona ophtalmique
Il s’agit d’un zona touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face. Télécharger un guide complet au format PDF :
Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Le zona ophtalmique touche la branche du nerf trijumeau qui innerve l’œil et le nez : c’est une urgence médicale. Une éruption sur la pointe du nez (signe de Hutchinson) multiplie par plus de 3 le risque d’atteinte oculaire (conjonctivite, kératite, uvéite). Le traitement antiviral oral, débuté sans délai, est indiqué systématiquement, quel que soit l’âge. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Zona ophtalmique crouteux
Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.
Tout zona ophtalmique nécessite une consultation médicale urgente et la mise en place d’un traitement antiviral par voie orale sans tarder, quel que soit l’âge du patient. Un avis ophtalmologique est systématiquement recommandé, en particulier en cas d’atteinte de l’aile du nez, de baisse de vision, d’œil rouge ou d’œdème des paupières.
Avis ophtalmologique
Le médecin pourra demander une consultation ophtalmologique en urgence s’il existe des signes ou des doutes d’atteinte ophtalmologique :
si le zona intéresse l’aile du nez,
Zona ophtalmique
en cas d’oedème des paupières gênant l’ouverture de l’oeil,
en cas de baisse de l’acuité visuelle,
en cas d’oeil rouge
et systématiquement chez l’immunodéprimé (en Intra veineuse)
Les complications ophtalmologiques du zona ophtalmique:
Le zona ophtalmique expose à des risques d’atteinte de l’oeil (sclérite, kératite, rétinite… ) ou de la paupière pouvant donner des séquelles telles que des rétractions ou une paralysie de la paupière supérieure (appelée « ptosis »). Tout zona ophtalmique, notamment s’il est accompagné d’atteinte de l’aile du nez et de la narine nécessite un avis ophtalmologique urgent.
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Traitement du zona ophtalmique
Les soins locaux du zona
ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.
On recommande généralement
une toilette quotidienne avec savon dermatologique,
l’application d’antiseptiques locaux doux, en évitant d’en mettre dans les yeux
voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)
Les soins généraux du zona ophtalmique
Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale
Traitements antiviraux :
on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.
Le traitement zona par voie orale est indiqué dans lezona ophtalmologique, quel que soit l’âge :
– soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
– soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours Télécharger un guide complet au format PDF :
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Questions fréquentes sur le zona ophtalmique
Comment savoir si un zona atteint l’œil ?
Le signe d’alerte principal est l’apparition de vésicules sur la pointe ou l’aile du nez, appelé signe de Hutchinson : il multiplie par plus de 3 le risque d’atteinte oculaire. D’autres signes doivent alerter : œil rouge, baisse de la vision, douleur oculaire ou œdème des paupières. Un avis ophtalmologique s’impose dès que l’un de ces signes est présent.
Le zona ophtalmique peut-il rendre aveugle ?
Sans traitement, les complications oculaires (kératite, uvéite, atteinte du nerf optique) peuvent menacer la vision. Avec un traitement antiviral précoce et un suivi ophtalmologique adapté, l’évolution est le plus souvent favorable, mais certaines séquelles (cicatrices cornéennes, glaucome) restent possibles en l’absence de prise en charge rapide.
Quel est le traitement du zona ophtalmique ?
Le traitement associe un antiviral oral systématique, quel que soit l’âge (aciclovir 800 mg 5 fois par jour ou valaciclovir 1 g 3 fois par jour pendant 7 jours), et un avis ophtalmologique pour dépister et traiter les complications oculaires. La voie intraveineuse est réservée aux patients immunodéprimés ou aux formes graves.
Faut-il consulter un ophtalmologue même sans symptôme oculaire ?
Oui, un avis ophtalmologique est recommandé de façon systématique en cas de zona ophtalmique, même en l’absence de symptôme oculaire initial, car certaines complications (kératite, uvéite) peuvent apparaître secondairement ou rester longtemps peu symptomatiques.
Le zona ophtalmique est-il plus grave que les autres formes de zona ?
Le zona ophtalmique n’est pas systématiquement plus sévère sur le plan général, mais il expose à un risque spécifique de complications oculaires pouvant menacer la vision, ce qui justifie une prise en charge urgente et un traitement antiviral systématique, contrairement à d’autres localisations où le traitement peut parfois être différé.
Zaal MJ, Völker-Dieben HJ, D’Amaro J. Prognostic value of Hutchinson’s sign in acute herpes zoster ophthalmicus. Graefes Arch Clin Exp Ophthalmol. 2003;241(3):187-91. PMID 12644941
Colin J, Prisant O, Cochener B, et al. Comparison of the efficacy and safety of valaciclovir and acyclovir for the treatment of herpes zoster ophthalmicus. Ophthalmology. 2000;107(8):1507-11. PMID 10919899
Liesegang TJ. Herpes zoster ophthalmicus natural history, risk factors, clinical presentation, and morbidity. Ophthalmology. 2008;115(2 Suppl):S3-12. PMID 18243930
Mis à jour le 27 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).-vénérologue.
Choisir sa crème solaire en 2026 : le guide complet du dermatologue
Comment choisir sa crème solaire
En bref : Chaque année en France, plus de 100 000 nouveaux cas de cancers cutanés sont diagnostiqués, dont environ 15 000 mélanomes. Une crème solaire bien choisie – SPF 50+ à large spectre UVA/UVB, appliquée en quantité suffisante (2 mg/cm²) et renouvelée toutes les deux heures – est l’un des outils de prévention les plus accessibles. Elle ne remplace ni les vêtements protecteurs ni l’éviction des heures les plus chaudes, mais elle complète efficacement une stratégie globale. Pour le Dr Rousseau, il n’existe pas de bonne crème mal appliquée : la méthode d’application compte autant que le produit lui-même.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Sur cette page : Comprendre le SPF · Filtres minéraux vs chimiques · Texture selon le type de peau · Quantité et fréquence d’application · Cas particuliers (enfants, peaux sensibles, sport) · Ce que dit la science · FAQ
Pourquoi le SPF affiché ne suffit pas à tout dire
L’indice de protection solaire (IP ou SPF, pour Sun Protection Factor) est la première information que l’on cherche sur un tube de crème solaire. Pourtant, il est souvent mal interprété.
La valeur SPF est déterminée en laboratoire avec une dose de produit de 2 mg/cm² de peau – une quantité bien supérieure à ce que la plupart des gens s’appliquent réellement en pratique. Des études publiées dans le British Journal of Dermatology ont montré que les utilisateurs appliquent en moyenne 0,5 mg/cm², soit le quart de la dose test. Conséquence directe : un SPF 30 appliqué trop finement peut ne protéger que comme un SPF 7 ou 8 en conditions réelles.
⚠ À retenir : En usage courant, on peut diviser l’indice de protection réel par 3 à 4 lorsque la quantité appliquée est insuffisante. C’est la raison principale pour laquelle le Dr Rousseau recommande systématiquement un SPF 50 ou 50+ – la marge de sécurité est plus grande.
SPF 30, 50 ou 50+ : lequel choisir ?
Un SPF 30 filtre environ 97 % des UVB, un SPF 50 en filtre 98 %, et un SPF 50+ atteint 98,5 à 99 %. La différence en pourcentage semble faible, mais en termes de rayonnement UV effectivement transmis à la peau, elle est loin d’être négligeable – surtout pour les personnes à peau claire, les enfants ou ceux qui sont exposés pendant plusieurs heures.
Indice SPF
% UVB filtrés
À utiliser pour
SPF 15
93 %
Phototypes foncés, exposition quotidienne courte
SPF 30
97 %
Protection moyenne, usage quotidien sur peaux intermédiaires
SPF 50
98 %
Exposition prolongée, peaux claires, sports en extérieur
SPF 50+
≥ 98,5 %
Enfants, peaux à risque, montagne, mer, antécédents de cancer cutané
La protection UVA : le critère souvent oublié
Le SPF ne concerne que les UVB, responsables des coups de soleil. Or les UVA – qui pénètrent bien plus profondément dans le derme – jouent un rôle central dans le vieillissement cutané accéléré et dans l’apparition de certains cancers de la peau. Les UVA longs seraient impliqués dans environ un tiers des cancers cutanés liés aux UV.
Un produit vraiment protecteur doit afficher le logo UVA entouré d’un cercle – ce sigle garantit que la protection UVA est conforme aux normes européennes, c’est-à-dire au moins égale à un tiers de la protection UVB.
Logo UVA conforme aux normes européennes
Conseil pratique : Vérifiez systématiquement la présence du logo UVA entouré sur votre crème solaire. Sans lui, vous êtes protégé contre les coups de soleil, mais exposé aux effets à long terme des UVA sur votre peau.
Protection UVA des crèmes solaires : normes actuelles et évolutions
Situation actuelle
La réglementation en vigueur repose sur la recommandation européenne de 2006, qui impose que la protection UVA d’un produit corresponde au moins à 1/3 de son SPF (ex. : SPF 50 → FPUVA ≥ 17). Les produits conformes arborent un logo UVA spécifique sur l’étiquetage, bien que celui-ci ne soit pas obligatoire.
Ce qui est en train de changer (révision 2024–2026)
En juin 2024, la Commission européenne a lancé une révision de cette recommandation de 2006. Dans ce cadre, l’ANSES a produit un avis d’experts pour orienter les évolutions à intégrer, l’enjeu étant de donner aux fabricants un cadre plus clair et plus contraignant.
Le débat central : le ratio UVA/SPF
Un gros débat porte sur le niveau de protection UVA. Certains États membres, comme les Pays-Bas, estiment que le ratio actuel (UVA = 1/3 du SPF) est insuffisant, allant jusqu’à plaider pour une protection UVA équivalente au SPF. Ce serait un changement très significatif pour les fabricants.
Position de l’ANSES : simplification de l’étiquetage
L’ANSES préconise de supprimer des étiquettes le FPS et le logo UVA, et de garder uniquement les catégories de protection faible, moyenne ou forte, qui intègrent déjà la protection pour les deux types d’UV.
Actuellement, trois indications coexistent sur un flacon : le SPF, le logo UVA, et la catégorie de protection – un trop-plein d’informations selon l’ANSES.
Nouvelles normes ISO de test
ISO 24442:2022 (révisée en 2024)
Cette norme spécifie la méthode de détermination in vivo du facteur de protection UVA (FPUVA) des produits solaires.
ISO 23698:2024 (nouvelle norme, décembre 2024)
Cette norme publiée en décembre 2024 permet de mesurer le FPS, le FPUVA et la longueur d’onde critique sans nécessiter de réponse biologique, par spectroscopie de réflectance diffuse. C’est une avancée majeure : fini les tests in vivo qui imposaient d’exposer des humains aux UV jusqu’à provoquer des coups de soleil ; les méthodes HDRS représentent l’avenir, permettant des évaluations précises sans aucun test biologique.
Points clés à retenir en pratique clinique
Le SPF ne mesure que la protection UVB – il ne dit rien directement sur les UVA.
Le logo UVA sur l’emballage reste le critère de conformité actuel (ratio ≥ 1/3 du SPF).
Les UVA représentent environ 95 % de l’énergie UV atteignant la surface de la Terre et pénètrent profondément dans le derme, alors qu’autrefois ils étaient considérés comme relativement inoffensifs.
La révision européenne n’est pas encore finalisée : les nouvelles règles d’étiquetage et les seuils UVA révisés ne sont pas encore en vigueur.
En attendant la finalisation de la révision européenne, vérifier la présence du logo UVA et privilégier des produits SPF 50+ avec mention explicite de protection large spectre reste la recommandation de bon sens.
Et PA++++ c’est quoi?
Le PA++++ est un système de notation UVA d’origine japonaise, distinct du logo européen.
Le système PA (Protection UVA) est un système de notation japonais largement utilisé en Europe et en Asie, qui mesure le niveau de protection UVA offert par un produit.
Chaque « + » signifie un niveau de protection UVA plus élevé, le PA++++ offrant le niveau le plus élevé. En pratique :
PA+ faible
PA++ modérée
PA+++ haute
PA++++ très haute (maximale)
L’indice PA est déterminé par le test PPD (Persistent Pigment Darkening), qui mesure la quantité d’exposition aux UVA nécessaire pour provoquer un assombrissement temporaire de la peau – plus la valeur PPD est élevée, plus la protection est forte.
PA vs logo UVA européen – quelle différence ?
Ce sont deux systèmes parallèles. Le logo UVA européen garantit simplement que le FPUVA est ≥ 1/3 du SPF (seuil minimal). Le PA++++ est plus informatif et plus exigeant : des tests ont démontré que les produits certifiés PA++++ filtrent environ 98 % des rayons UVA, une protection équivalente à un SPF 50+.
En résumé, quand vous voyez SPF 50+ PA++++ sur un flacon (en général sur Internet pour des produits extraeuropéens), vous avez la confirmation d’une protection maximale contre les deux types de rayonnements – ce qui reste le meilleur repère pratique pour vos patients, en attendant la simplification de l’étiquetage européen.
Filtres minéraux ou filtres chimiques : que choisir ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes en consultation. La réponse n’est pas universelle : les deux types de filtres ont leurs avantages et s’adressent à des profils différents.
Les filtres minéraux (ou écrans physiques)
L’oxyde de zinc et le dioxyde de titane sont des minéraux inertes qui forment une barrière physique à la surface de la peau et réfléchissent les UV comme de petits miroirs. Leur tolérance cutanée est excellente : ils ne pénètrent pas la peau (tant qu’ils ne sont pas trop micronisés) et n’induisent pas de sensibilisation. Ils protègent naturellement contre les UVA et les UVB.
Leur inconvénient historique – l’effet « masque blanc » – tend à s’estomper avec les nouvelles formulations, même si certaines textures restent plus couvranres que les filtres chimiques.
Les filtres chimiques (ou filtres organiques)
Les filtres chimiques absorbent les UV et les convertissent en chaleur. Ils offrent des textures très légères, transparentes, appréciées pour un usage quotidien ou sous le maquillage. Pour couvrir tout le spectre UV, ils sont souvent associés en plusieurs molécules dans une même formule.
Des interrogations existent sur certains d’entre eux – notamment la benzophénone-3 (oxybenzône), retrouvée dans les urines après application sur de grandes surfaces corporelles. La revue de consensus de 2023 publiée dans Environment International conclut que ces benzophénones présentent des propriétés perturbant le système endocrinien, sans pour autant recommander d’arrêter les crèmes solaires. Le consensus médical international reste que le bénéfice de la photoprotection dépasse largement le risque potentiel.
Critère
Filtres minéraux
Filtres chimiques
Mécanisme
Réflexion physique des UV
Absorption et conversion en chaleur
Tolérance
Excellente, même chez le nourrisson
Bonne, quelques rares allergies possibles
Texture
Plus épaisse, effet blanc possible
Légère, transparente, agréable
Spectre
Large spectre naturel
Association de molécules nécessaire
Pénétration cutanée
Minime si non micronisé
Variable selon la molécule
Conseillé pour
Enfants, peaux sensibles, rosacée
Usage quotidien adulte, sport, peau normale
Choisir la bonne texture selon son type de peau
Au-delà du SPF et du type de filtre, la galénique – c’est-à-dire la forme du produit – est un facteur déterminant de l’observance. La meilleure crème solaire est celle qu’on accepte d’appliquer chaque jour.
Pour le visage
Les peaux acnéiques : préférez les fluides légers ou les gels non comédogènes, avec mention « testé sous contrôle dermatologique ». Les peaux sèches ou matures : optez pour des textures crème enrichies, avec des actifs hydratants ou antioxydants. Pour les peaux à tendance mélasma ou taches pigmentaires, certaines formules incluent des agents dépigmentants légers ou sont teintées pour mieux couvrir l’exposition à la lumière visible.
Pour le corps et le sport
Les sprays et brumes sèches permettent une application rapide et pratique, y compris sur les zones pileuses. Les laits sont adaptés à une exposition prolongée sur de grandes surfaces. En mer ou à la piscine, choisissez impérativement un produit avec la mention « résistant à l’eau » (water resistant) – et réappliquez-en systématiquement à chaque sortie de l’eau.
🌊 Conseil sport et baignade : Un produit « résistant à l’eau » conserve son SPF après 40 à 80 minutes d’immersion selon les normes. Ce n’est pas une protection définitive : réappliquez dès la sortie de l’eau, après chaque essuyage ou au bout de deux heures, le premier délai atteint étant le déclencheur.
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Quantité et méthode d’application : l’erreur la plus fréquente
La dose recommandée pour les tests SPF en laboratoire est de 2 mg/cm² – ce qui représente, pour un adulte moyen, environ 2 cuillères à soupe (30 ml) pour le corps entier et 1/4 de cuillère à café pour le visage. En pratique, la plupart des utilisateurs n’atteignent pas le quart de cette quantité. C’est la principale raison pour laquelle le SPF réel obtenu est très inférieur au SPF affiché.
La règle des deux cuillères à café :
Visage + cou : 1/4 de cuillère à café (environ 1 ml)
Chaque bras : 1/4 de cuillère à café
Torse et dos (face avant + face arrière) : 1 cuillère à café chacun
Chaque jambe : 1 cuillère à café
Total corps entier : environ 30 ml à chaque application
Appliquez la crème solaire 20 à 30 minutes avant l’exposition, afin que les filtres chimiques aient le temps d’agir. Les filtres minéraux sont actifs dès l’application.
Une crème solaire d’apparence transparente en lumière visible (photo gauche) peut être parfaitement opaque aux UV (photo droite, en lumière ultraviolette)
Crème solaire pour les enfants : des règles spécifiques
La protection solaire des enfants ne peut pas se résumer à la seule crème solaire. La règle de base reste l’éviction totale du soleil direct avant 3 ans, les vêtements anti-UV, le chapeau à larges bords et la recherche de l’ombre entre 11 h et 16 h.
Pour les zones exposées non protégées par les vêtements, les crèmes solaires spécifiquement formulées pour les enfants sont préférables : elles contiennent généralement davantage de filtres minéraux, moins de filtres chimiques et sont souvent exemptes de parfums potentiellement allergisants.
Des controverses existent quant à la micronisation des filtres minéraux (oxyde de zinc nanométrique). Les données actuelles suggèrent que les nanoparticules ne pénètrent pas la peau saine de façon significative, mais par précaution, certains fabricants proposent désormais des formules « nano-free » spécifiquement pour les jeunes enfants.
Les crèmes solaires bio : efficaces ?
Les crèmes solaires certifiées biologiques reposent exclusivement sur des filtres minéraux. Leur tolérance est généralement bonne, mais leur formulation est souvent plus difficile à optimiser pour couvrir l’ensemble du spectre UVA/UVB. Avant d’acheter, vérifiez toujours que le produit affiche :
Un SPF validé par test en laboratoire accrédité
Le logo UVA entouré d’un cercle
Une mention sur la résistance à l’eau si vous comptez vous baigner
Une formule « bio » revendiquant un SPF 50+ uniquement à base d’algues ou d’huiles végétales sans filtre minéral testé est à considérer avec scepticisme.
Ce que dit la science sur crème solaire et mélanome
La relation entre usage de crème solaire et prévention du mélanome est plus nuancée que ce que l’on présente parfois. Plusieurs essais randomisés ont montré une réduction significative des kératoses actiniques et des carcinomes épidermoïdes avec l’usage régulier de crème solaire. Le lien direct avec la prévention du mélanome est plus difficile à isoler, notamment parce que le comportement d’exposition joue un rôle prépondérant.
Un point souvent souligné par les experts : la crème solaire peut donner un faux sentiment de sécurité et encourager à rester plus longtemps au soleil. C’est pourquoi le message de santé publique insiste sur la photoprotection globale – vêtements, ombre, crème solaire – et non sur la seule crème.
Rappel du Dr Rousseau : Les produits solaires ne doivent apparaître qu’en troisième position dans les conseils de photoprotection, après l’évitement de l’exposition entre 11 h et 16 h, et après la photoprotection vestimentaire (vêtements amples et couvrants, chapeau, lunettes de soleil). La crème solaire complète mais ne remplace pas ces mesures essentielles.
On ne le répétera jamais assez : les produits solaires ne doivent apparaître qu’en troisième position dans les conseils de photoprotection, après l’absence d’exposition entre 11 h et 16 h et la photoprotection externe (vêtements amples et couvrants). Quels conseils donner pour le choix d’un produit solaire ?
J’aurais tendance à dire qu’il faut simplifier cette question des indices, afin que la photoprotection soit mieux respectée par tous. Pour simplifier, et compte tenu de la quantité réellement appliquée par les patients (nettement inférieure à celle utilisée pour calculer les indices), ainsi que de leur rythme d’application (rarement renouvelé), je préfère toujours recommander un indice maximal (SPF 50) pour tout le monde, en dehors des phototypes foncés qui peuvent se contenter de faibles indices de protection. Le but du dermatologue n’est pas d’aider le public à se constituer un beau bronzage, mais à limiter au maximum l’irradiation solaire. Il n’y a jamais aucun inconvénient à appliquer un indice trop fort.
Pour les expositions extrêmes (marins, séjours en bateau, sports nautiques), et surtout chez les hommes, une photoprotection par voie interne peut être associée. La seule association de vitamines qui a fait la preuve d’une efficacité modérée dans une étude publiée dans une revue scientifique est l’Oenobiol solaire. Chez les femmes, il est préférable de déconseiller cette supplémentation orale de manière prolongée en raison d’un risque augmenté de développer un mélanome.
On recommande le plus souvent l’utilisation de filtres minéraux chez les enfants. Pourquoi ? À partir de quel âge peut-on utiliser des filtres chimiques ?
Ces « filtres » minéraux sont de manière plus précise appelés « écrans minéraux » : ils ne transforment pas le rayonnement, mais se contentent de le réfléchir, à la manière de petits miroirs microscopiques. Ils sont totalement inertes (du titane, du zinc), ce qui explique leur excellente tolérance et leur utilisation chez les enfants, en évitant de les sensibiliser à une molécule chimique potentiellement allergisante.
Contrairement à ces écrans physiques qui protègent aussi bien des UVA que des UVB et ne pénètrent pas dans la peau (tant qu’ils ne sont pas trop micronisés), les filtres chimiques absorbent spécifiquement dans une longueur d’onde donnée et doivent être associés pour couvrir l’intégralité du spectre. Les filtres chimiques sont des cosmétiques, utilisables à tout âge et même chez la femme enceinte. Toutefois, des questionnements se sont fait jour concernant leur passage transcutané : la benzophénone-3 notamment a pu être retrouvée dans les urines. L’absorption dépend du vecteur utilisé et du site d’application (plus importante sur le visage).
La relation mélanome-crème solaire a fait l’objet de publications diverses. Que sait-on aujourd’hui ?
La suppression, par l’usage de crèmes solaires, du coup de soleil comme « sonnette d’alarme » d’une exposition excessive, a pu être considérée comme une mauvaise chose. D’où les nouvelles normes imposant un ratio entre les protections UVA et UVB : si on protège beaucoup des UVB, il est indispensable de protéger aussi puissamment contre les UVA. Bien que l’on n’ait pas réussi à démontrer formellement que l’usage de crèmes solaires protège du mélanome, il serait irresponsable de ne pas encourager leur utilisation, associée au reste de l’arsenal de photoprotection.
De plus en plus de patients recourent aux produits solaires bio. Leur efficacité est-elle prouvée ?
Il y a un vrai problème là-dessus, car elles n’ont pas fait la preuve de leur efficacité comparée. Fabriquer une crème solaire est complexe : il faut trouver des filtres couvrant l’ensemble du spectre incluant les UVA les plus longs, qu’ils soient photostables, rémanents, résistants à l’eau, compatibles ensemble. Quand on voit une crème solaire bio se revendiquant « très haute protection » en se vantant de ne contenir que des algues, de la myrtille et de l’huile de riz sans filtre testé, il y a de quoi s’interroger sérieusement sur sa réelle protection.
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Consultez en urgence ou rapidement si :
Coup de soleil étendu avec fièvre, frissons ou signes de déshydratation (urgence médicale)
Réaction allergique à une crème solaire : rougeur, œdème, vésicules après application – évoquez une allergie de contact à un filtre UV ou au parfum
Apparition d’une lésion cutanée nouvelle ou changeante après exposition répétée : toute tache asymétrique, à bord irrégulier, de plusieurs couleurs ou qui évolue mérite un avis dermatologique sans tarder
Coup de soleil grave chez un enfant de moins de 3 ans : consultation médicale immédiate
Questions fréquentes sur le choix d’une crème solaire
Quelle est la différence entre SPF 30 et SPF 50 ?
Le SPF 30 filtre environ 97 % des UVB, le SPF 50 en filtre 98 %. En laboratoire, la différence paraît minime. Mais en conditions réelles – où la plupart des gens appliquent deux à quatre fois moins que la dose test -, le SPF 50 ou 50+ offre une marge de sécurité bien supérieure. Pour les peaux claires, les enfants, les personnes à peau à risque ou en montagne et en mer, le SPF 50+ est systématiquement recommandé.
Vaut-il mieux un filtre minéral ou chimique dans une crème solaire ?
Les filtres minéraux (oxyde de zinc, dioxyde de titane) réfléchissent les UV et tolèrent très bien les peaux sensibles et les enfants. Les filtres chimiques absorbent les UV et offrent des textures plus légères, idéales pour un usage quotidien. Les deux sont efficaces quand ils portent le logo UVA entouré ; le choix dépend du type de peau, de l’âge et des préférences cosmétiques. Pour les peaux réactives ou la rosacée, les filtres minéraux sont généralement préférables.
À quelle fréquence faut-il renouveler la crème solaire ?
Toutes les deux heures en exposition continue, et immédiatement après chaque bain, transpiration intense ou essuyage à la serviette – même si le produit est « résistant à l’eau ». Des études montrent que la réapplication, même si elle n’atteint pas toujours la dose optimale, augmente significativement la quantité de produit sur la peau et améliore la protection réelle obtenue.
Quelle crème solaire choisir pour le visage ?
Un SPF 50+ en texture légère (fluide, gel-crème ou sérum) avec le logo UVA entouré. Non comédogène pour les peaux à tendance acnéique. Pour les peaux sensibles, rosacée ou présentant des taches pigmentaires, un filtre minéral pur est souvent mieux toléré. Certaines formules teintées offrent une protection supplémentaire contre la lumière visible, utile en cas de mélasma.
Les crèmes solaires sont-elles dangereuses pour la santé ?
Les filtres solaires autorisés en Europe sont évalués par le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS). Des questions existent sur certaines molécules comme la benzophénone-3, qui peut passer en faible quantité dans la circulation sanguine. Le consensus scientifique international est clair : le risque des cancers cutanés liés au soleil dépasse largement le risque résiduel lié aux filtres, et l’utilisation des crèmes solaires reste fortement recommandée.
Les crèmes solaires bio sont-elles aussi efficaces ?
Les formules bio utilisent des filtres minéraux, généralement bien tolérés. Leur efficacité sur la totalité du spectre UVA/UVB dépend entièrement de la formulation. Vérifiez toujours la présence du logo UVA entouré et un SPF validé par test laboratoire accrédité. Sans ces deux éléments, la mention « bio » et « très haute protection » ne garantit rien sur l’efficacité réelle du produit.
Comment protéger un enfant du soleil ?
Avant 3 ans : éviction stricte du soleil direct, point final. Pour les enfants plus grands, la priorité reste les vêtements anti-UV, le chapeau à larges bords et l’ombre entre 11 h et 16 h. La crème solaire SPF 50+ à filtres minéraux s’applique sur les zones découvertes, toutes les deux heures et après chaque bain. Les formules sans parfum réduisent le risque de sensibilisation allergique.
Une crème solaire peut-elle prévenir le mélanome ?
Les études confirment que la photoprotection régulière réduit significativement le risque de kératoses actiniques et de carcinomes épidermoïdes. Le lien direct avec la prévention du mélanome est plus difficile à isoler scientifiquement, mais les experts s’accordent : combinée à l’évitement des expositions excessives et aux vêtements protecteurs, la crème solaire fait partie intégrante d’une stratégie de prévention cohérente face à l’augmentation de l’incidence du mélanome en France.
Références scientifiques
Faurschou A, Wulf HC. The relation between sun protection factor and amount of sunscreen applied in vivo. Br J Dermatol. 2007;156(4):716-9. PMID 17493070
Auclair M, Pradal M, Meynadier J. Reapplication improves the amount of sunscreen, not its regularity, under real life conditions. Br J Dermatol. 2011;163(3):664-6. PMID 21143606
Raymond-Lezman JR, Riskin SI. Sunscreen Safety and Efficacy for the Prevention of Cutaneous Neoplasm. Cureus. 2024;16(3):e56369. PMID 38633930
Aloe vera : bienfaits, utilisations et limites – avis d’un dermatologue
Mis à jour le 10 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : L’aloe vera (Aloe barbadensis) est l’une des plantes médicinales les plus étudiées en dermatologie. Son gel cicatrise les brûlures superficielles en réduisant le temps de guérison d’environ 9 jours selon une méta-analyse portant sur 371 patients. Elle apaise l’érythème solaire, hydrate, réduit l’inflammation et stimule le collagène – avec des preuves scientifiques solides pour ces indications précises, et des limites bien réelles à connaître avant de l’utiliser. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
L’aloe vera, parfois surnommée « plante du dermatologue », est utilisée depuis des millénaires pour soigner la peau. Son usage est encore pleinement d’actualité aujourd’hui – à condition de savoir précisément ce qu’elle peut faire, et ce qu’elle ne peut pas faire.
Il existe plus de 300 espèces d’aloès dont la plus utilisée est l’aloe vera, aussi appelée Aloe barbadensis, originaire d’Afrique du Sud. La feuille contient plus de 75 éléments nutritifs et 200 composants, parmi lesquels des polysaccharides (acemannane), des enzymes anti-inflammatoires, des acides aminés, des vitamines C et E, et des minéraux.
L’aloe vera est cultivée principalement en Espagne pour ce qui est de l’Europe, mais on peut facilement en avoir en pot à la maison, à condition de la rentrer l’hiver sous notre climat. Au bout de quatre à cinq ans, la plante atteint environ un mètre et l’on peut alors commencer à prélever ses feuilles sans l’abimer.
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Composition et mécanismes d’action sur la peau
Ce qui distingue l’aloe vera des autres plantes utilisées en cosmétique, c’est la richesse et la diversité de ses principes actifs. Le gel constitue environ 96 % d’eau ; les 4 % restants concentrent les molécules biologiquement actives.
Composant
Rôle dermatologique principal
Acemannane (polysaccharide)
Stimulation de la cicatrisation, immunomodulation
Enzymes bradykinase
Réduction de l’inflammation locale
Vitamines C et E
Antioxydants, protection contre le stress oxydatif
Acide salicylique
Action kératolytique, anti-acné légère
Glycosamino-glycanes
Hydratation, soutien de la matrice extracellulaire
Inhibiteur de MMP-1
Protection du collagène, effet anti-âge modéré
À savoir : L’acemannane, principal polysaccharide de l’aloe vera, stimule les macrophages cutanés et accélère la formation du tissu de granulation lors de la cicatrisation. C’est lui qui est responsable d’une grande partie de l’activité cicatrisante documentée dans les études cliniques.
Comment utiliser l’aloe vera sur la peau
Le gel contenu dans les feuilles possède des propriétés cicatrisantes et adoucissantes : il forme un film occlusif léger sur la peau tout en lui apportant les acides aminés et enzymes nécessaires à la régénération cellulaire.
Deux méthodes d’extraction à la maison :
Il suffit de couper une feuille dans le sens de la longueur, de prélever son gel et de l’appliquer directement sur la peau abîmée. Laissez sécher quelques minutes avant de vous habiller.
Une méthode encore plus simple consiste à congeler une feuille d’aloès : ôtez la partie verte externe pour ne garder que le coeur transparent, que vous frottez doucement sur la peau. L’effet fraîcheur est particulièrement appréciable sur un coup de soleil.
Pour les produits du commerce, choisissez un gel titrant au minimum 95 % d’aloe vera pure, sans alcool ni parfum, pour éviter les réactions irritatives.
Un usage millénaire, des preuves modernes
L’aloe vera est peut-être la plante la plus utilisée pour la peau à travers le monde et ce depuis des millénaires. De la Grèce antique à Rome, en passant par la Babylonie et la Chine, son usage est attesté dans les textes médicaux les plus anciens.
Plusieurs écrits historiques témoignent que les feuilles et la pulpe étaient utilisées fréquemment pour traiter de nombreuses maladies de peau :
Dans l’Égypte ancienne, Cléopâtre et Néfertiti utilisaient quotidiennement l’aloe vera pour leurs soins de beauté.
En sanskrit, l’aloe vera est plus connue sous le nom de Ghrita-Kumari – Kumar signifie fille, car la plante avait pour vertu de maintenir une perpétuelle jeunesse.
Alexandre le Grand aurait conquis l’île de Socotra pour s’en approvisionner et traiter les blessures de ses soldats.
Pendant le règne de Néron, le médecin grec Dioscoride citait déjà l’aloe vera dans son traité De materia medica pour soulager les irritations, les coups de soleil et l’acné.
Ce qui était intuitif hier est aujourd’hui confirmé par la science – avec néanmoins des nuances importantes.
Effets prouvés sur la peau : ce que disent les études
Les données scientifiques disponibles permettent de distinguer les indications bien étayées des usages encore insuffisamment documentés.
Cicatrisation des brûlures superficielles
C’est l’indication la plus robuste. Une méta-analyse incluant 371 patients a montré que le gel d’aloe vera réduit le temps de cicatrisation des brûlures du premier et second degré d’environ 8,79 jours par rapport aux pansements conventionnels. La plante stimule la synthèse des glycosaminoglycanes et inhibe la thromboxane A2, qui ralentit normalement la guérison.
Action anti-inflammatoire et apaisante
Un essai clinique contrôlé en double aveugle sur 40 volontaires a montré que le gel d’aloe vera à 97,5 % réduit significativement l’érythème induit par les UVB après 48 heures, avec une efficacité supérieure à l’hydrocortisone à 1 % en gel placebo. Cette propriété explique son intérêt sur les coups de soleil, les démangeaisons légères et les piqûres de moustiques.
Vieillissement cutané et collagène
Des études in vivo montrent que l’aloe vera :
améliore les rides et l’élasticité cutanée après administration orale ou topique prolongée ;
inhibe l’expression du gène MMP-1, qui contrôle la synthèse des métalloprotéases matricielles capables de dégrader le collagène – freinant ainsi le vieillissement cutané.
Autres indications documentées
La revue de Feily et Namazi (2009) portant sur 40 études identifie un bénéfice potentiel de l’aloe vera dans : l’eczéma léger (voir aussi le traitement naturel de l’eczéma), la dermite séborrhéique, l’herpès génital, le lichen plan, les petites plaies cutanées et les cicatrices récentes. Pour les verrues de petite taille, son effet reste modeste et variable.
Attention : L’aloe vera n’est pas un écran solaire. Malgré son action apaisante post-exposition, elle ne protège pas des UV et ne peut pas remplacer une crème solaire adaptée. Aucune étude n’a démontré d’effet préventif sur les coups de soleil ni sur le développement des cancers cutanés liés au soleil.
Psoriasis : résultats décevants
Contrairement à ce qui est souvent affirmé sur internet, les études récentes ne confirment pas l’efficacité de l’aloe vera dans le psoriasis. Les données disponibles sont trop hétérogènes pour conclure à un bénéfice cliniquement significatif. Cette maladie nécessite une prise en charge dermatologique adaptée.
Précautions et contre-indications à connaître
L’aloe vera est généralement bien tolérée en application topique, mais quelques précautions s’imposent.
Conseil pratique : Avant toute application étendue, réalisez un test cutané sur une petite zone du pli du coude pendant 24 heures. Des réactions allergiques de contact sont possibles, liées notamment à l’aloïne présente dans l’écorce verte de la feuille. Pour les produits en gel, vérifiez que l’aloïne a bien été éliminée lors de la fabrication (mention « décoloré » ou « aloe vera purifié »).
Voie orale : prudence absolue
L’ingestion de produits à base d’aloe vera, notamment ceux contenant du latex d’aloès (aloïne), est associée à des douleurs abdominales, des diarrhées et, en usage chronique, à un risque d’hépatotoxicité. La prise orale est déconseillée pendant la grossesse (risque d’effet utérotonique) et chez l’enfant. Si vous souhaitez prendre de l’aloe vera en complément alimentaire, demandez l’avis d’un médecin.
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Consultez en urgence si :
La brûlure couvre une surface importante, est profonde ou localisée sur le visage, les mains, les pieds ou les organes génitaux – l’aloe vera ne suffit pas dans ce cas.
La plaie ou la brûlure montre des signes d’infection : rougeur croissante, chaleur, pus, fièvre.
Une réaction allergique survient après application (urticaire, gonflement, difficultés à respirer).
L’enfant a ingéré du latex d’aloès (aloïne) ou du gel en grande quantité.
Ces situations nécessitent une consultation médicale ou un passage aux urgences – les propriétés de l’aloe vera ne sont pas adaptées à leur prise en charge.
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Questions fréquentes sur l’aloe vera et la peau
L’aloe vera cicatrise-t-elle vraiment les plaies ?
Oui, plusieurs essais cliniques montrent que le gel d’aloe vera accélère la cicatrisation des brûlures du premier et second degré d’environ 9 jours par rapport à d’autres pansements. Son action passe par la stimulation des fibroblastes, la synthèse de collagène et un effet anti-inflammatoire documenté. Ces résultats concernent les plaies superficielles ; les plaies profondes ou infectées nécessitent une prise en charge médicale spécialisée.
L’aloe vera est-elle efficace contre l’eczéma ?
Le gel d’aloe vera peut apporter un soulagement symptomatique dans l’eczéma léger à modéré grâce à ses propriétés hydratantes et anti-inflammatoires. Des études montrent une réduction des démangeaisons et de l’érythème. Il ne remplace pas les dermocorticoïdes prescrits pour les poussées sévères, mais peut être utilisé en complément sur les zones de peau sèche entre les crises sous contrôle médical.
Comment appliquer le gel d’aloe vera sur la peau ?
Coupez une feuille dans le sens de la longueur, prélevez le gel transparent et appliquez-le directement sur la zone concernée. Autre méthode : congelez la feuille, ôtez la partie verte externe et frottez doucement le cœur translucide sur la peau. Pour les produits du commerce, privilégiez un gel titrant au moins 95 % d’aloe vera, sans alcool ni parfum ajouté pour éviter tout effet irritant.
L’aloe vera peut-elle provoquer des allergies ?
Oui, des réactions allergiques de contact sont possibles, notamment avec l’aloïne présente dans l’écorce de la feuille. Avant toute application étendue, testez le gel sur une petite zone du poignet pendant 24 heures. En cas de rougeur, démangeaison ou urticaire, cessez immédiatement l’utilisation et consultez un dermatologue. L’allergie à l’aloe vera reste peu fréquente mais doit être connue.
L’aloe vera est-elle utile contre les coups de soleil ?
C’est l’une des utilisations les mieux documentées. Un essai clinique contrôlé a montré que le gel d’aloe vera à 97,5 % réduit significativement l’érythème induit par les UVB après 48 heures, avec une efficacité supérieure à l’hydrocortisone à 1 % en gel. Elle soulage la douleur et favorise la réépithélialisation. Elle ne protège pas du soleil et ne remplace aucunement la crème solaire.
Peut-on utiliser l’aloe vera sur le visage tous les jours ?
Le gel pur d’aloe vera peut être appliqué quotidiennement sur le visage en soin hydratant et apaisant, y compris sur les peaux acnéiques ou réactives. Évitez les formulations commerciales contenant de l’alcool, des conservateurs irritants ou des parfums. Sur les peaux très sèches, l’aloe vera seule peut être insuffisante et doit être associée à un émollient gras.
L’aloe vera améliore-t-elle les rides et le vieillissement cutané ?
Des études préliminaires suggèrent qu’une supplémentation orale en gel d’aloe vera améliore l’élasticité cutanée et stimule la synthèse de collagène chez les femmes de plus de 45 ans après 90 jours. En application topique, l’aloe vera inhibe l’enzyme MMP-1 qui dégrade le collagène, contribuant à un effet anti-âge modéré. Les données restent insuffisantes pour la substituer aux soins anti-âge validés tels que le rétinol ou la vitamine C.
L’aloe vera est-elle sans risque pendant la grossesse ?
En application topique sur la peau saine et en petite quantité, le gel d’aloe vera est généralement considéré comme bien toléré pendant la grossesse. En revanche, la voie orale (latex d’aloès, compléments alimentaires à base d’aloe vera) est déconseillée en raison d’un risque potentiel d’effet utérotonique. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin ou de votre sage-femme avant tout usage pendant la grossesse.
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Références scientifiques
Maenthaisong R, Chaiyakunapruk N, Niruntraporn S, Kongkaew C. The efficacy of aloe vera used for burn wound healing: a systematic review. Burns. 2007;33(6):713-718. PMID 17499928
Feily A, Namazi MR. Aloe vera in dermatology: a brief review. G Ital Dermatol Venereol. 2009;144(1):85-91. PMID 19218914
Reuter J, Jocher A, Stump J, Grossjohann B, Franke G, Schempp CM. Investigation of the anti-inflammatory potential of Aloe vera gel (97.5%) in the ultraviolet erythema test. Skin Pharmacol Physiol. 2008;21(2):106-110. PMID 18253066
Cytostéatonécrose : panniculite du nouveau-né et plaque indurée de l’adulte après compression
La cytostéatonécrose – ou nécrose graisseuse sous-cutanée – est une panniculite lobulaire rare qui désigne une nécrose du tissu adipeux sous-cutané survenant dans deux contextes très différents : d’une part chez le nouveau-né, dans les premiers jours ou semaines de vie, et d’autre part chez l’adulte – le plus souvent la femme – après une compression traumatisante localisée. Ces deux formes partagent le même substrat histologique, la même bénignité locale et la même résolution spontanée habituelle, mais leurs contextes cliniques, leurs complications et leur prise en charge diffèrent suffisamment pour mériter une description distincte.
La forme néonatale, en particulier, est un sujet d’attention croissante dans la littérature médicale depuis le développement de l’hypothermie thérapeutique chez les nouveau-nés en souffrance neurologique – ce traitement de réanimation, sauveur sur le plan neurologique, étant le principal facteur déclenchant identifié des formes sévères actuelles de cytostéatonécrose néonatale, avec leur complication redoutée : l’hypercalcémie.
En bref : Cytosteatonecrose est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Mécanisme commun : pourquoi le tissu adipeux se nécrose-t-il ?
Le tissu adipeux sous-cutané est composé d’acides gras dont le point de fusion – la température à laquelle ils passent de l’état solide à l’état liquide – est plus élevé que dans le tissu adipeux adulte. Chez le nouveau-né, cet écart est particulièrement marqué : la graisse sous-cutanée néonatale, riche en acide palmitique et en acide stéarique (acides gras saturés à point de fusion élevé), est naturellement plus solide à basse température.
Lorsqu’un refroidissement localisé ou général – hypothermie thérapeutique, exposition au froid, compression ischémiante – abaisse la température locale en dessous du seuil de fusion de ces acides gras, ils cristallisent dans les adipocytes. Cette cristallisation déclenche une réaction inflammatoire granulomateuse à corps étrangers : les cristaux de triglycérides endommagent la membrane des adipocytes, libèrent des acides gras qui attirent des macrophages, des cellules géantes et des lymphocytes, formant des granulomes qui constituent le substrat histologique de la maladie.
Chez l’adulte, le mécanisme est analogue mais déclenché par une ischémie et une compression mécanique localisée plutôt que par le froid : la pression prolongée compromet la vascularisation locale et provoque une nécrose ischémique des lobules graisseux, avec la même réponse granulomateuse secondaire.
Cytostéatonécrose du nouveau-né
La cytostéatonécrose néonatale (subcutaneous fat necrosis of the newborn, SCFN) est une hypodermatite aiguë apparaissant dans les premières semaines de vie – le plus souvent dans les 4 premières semaines, parfois jusqu’au 3e mois. Elle survient quasi exclusivement chez des nourrissons nés à terme ou post-terme, à la suite d’un accouchement difficile ou d’une réanimation néonatale.
Facteurs déclenchants
Facteur déclenchant
Mécanisme
Hypothermie thérapeutique (refroidissement à 33–34°C pendant 72h)
Cause principale actuellement ; cristallisation des acides gras sous-cutanés, surtout dans les zones riches en graisse brune (dos, joues, épaules, fesses)
Composition lipidique du tissu adipeux fœtal modifiée ; plus vulnérable au refroidissement
Exposition au froid ambiant (maternité, transport)
Facteur aggravant ; les nouveau-nés régulent mal leur température
Signes cliniques du nouveau-né
Les lésions de cytostéatonécrose néonatale apparaissent typiquement dans les premiers jours à premières semaines de vie. Elles se présentent comme des nodules ou placards sous-cutanés indurés, fermes à la palpation, de taille variable (de quelques mm à plusieurs cm), érythémateux ou violacés sur peau claire, hyperchromes sur peau foncée. Leur siège préférentiel correspond aux zones richement dotées en graisse brune néonatale :
Dos et épaules (zones les plus fréquemment atteintes) ;
Joues et tempes ;
Fesses et cuisses ;
Membres.
Les lésions sont le plus souvent indolores sauf à la palpation ferme, et l’enfant ne présente habituellement pas de perturbation de son état général liée aux lésions cutanées elles-mêmes. Dans la majorité des cas, les nodules régressent spontanément en 1 à 4 mois, sans séquelle cutanée. Une liquéfaction et une fluctuation centrales peuvent précéder la résolution, avec parfois un drainage spontané de la lésion.
Cytostéatonécrose et hypothermie thérapeutique : une association désormais majeure
L’hypothermie thérapeutique – refroidissement contrôlé du nouveau-né à 33–34°C pendant 72 heures – est devenue le traitement standard de l’encéphalopathie hypoxique-ischémique néonatale depuis les années 2000. Son bénéfice neurologique est établi. Mais ce traitement expose à un risque significatif de cytostéatonécrose, dont la prévalence est estimée à environ 3–5 % des nourrissons traités selon les séries. Les formes associées à l’hypothermie thérapeutique sont souvent plus étendues et ont un risque d’hypercalcémie plus élevé que les formes liées à un accouchement difficile seul.
La complication redoutée : l’hypercalcémie
La complication principale et potentiellement grave de la cytostéatonécrose néonatale est l’hypercalcémie. Elle survient dans environ 50 % des formes importantes et peut apparaître tardivement – jusqu’à 6 mois après la naissance, parfois même après la résolution des lésions cutanées. Son mécanisme est lié à la production de 1,25-dihydroxyvitamine D (calcitriol) par les macrophages activés au sein des granulomes, entraînant une hyperabsorption intestinale et une hypercalciurie.
Complication
Fréquence approximative
Conséquences potentielles
Hypercalcémie
~50 % des formes significatives
Irritabilité, vomissements, constipation, polyurie, léthargie, arythmie cardiaque ; potentiellement fatale si non traitée
Nephrocalcinose / lithiase rénale
Rare, secondaire à l’hypercalciurie prolongée
Altération rénale chronique
Hypoglycémie
Possible, dans le contexte de la souffrance néonatale associée
Risque neurologique
Hypertriglycéridémie
Décrite dans certaines séries
Généralement transitoire
Thrombocytopénie
Occasional
Risque hémorragique ; souvent associée à la pathologie néonatale sous-jacente
Surveillance calcique obligatoire jusqu’à 6 mois
Tout nourrisson présentant une cytostéatonécrose – même une forme cliniquement limitée – doit bénéficier d’une surveillance régulière de la calcémie jusqu’à l’âge de 6 mois. L’hypercalcémie peut en effet apparaître plusieurs semaines après la résolution apparente des lésions cutanées. Cette surveillance est indispensable même chez les enfants asymptomatiques, car l’hypercalcémie peut être silencieuse jusqu’à atteindre des valeurs dangereuses pour le rythme cardiaque et la fonction rénale.
Traitement et surveillance du nouveau-né
Dans les formes sans complication, le traitement est conservateur et symptomatique : les lésions régressent spontanément sans intervention. Les mesures principales sont :
Surveillance régulière de la calcémie (dosage toutes les 2 à 4 semaines jusqu’à 6 mois) ;
En cas d’hypercalcémie : hydratation intensive (augmentation des apports liquidiens), restriction en vitamine D et en calcium alimentaire (lait maternel pauvre en vitamine D préféré, éviction des suppléments) ;
En cas d’hypercalcémie sévère ou réfractaire : furosémide (pour accélérer l’excrétion calcique), corticoïdes systémiques (qui inhibent la production de calcitriol par les macrophages), voire bisphosphonates (pamidronate) dans les formes les plus sévères ;
Pour les lésions kystiques fluctuantes, une aspiration percutanée peut être envisagée pour soulager la douleur – rarement une excision chirurgicale.
Cytostéatonécrose de l’adulte après compression
La cytostéatonécrose post-traumatique de l’adulte est une entité bien distincte de la forme néonatale, même si son substrat histologique est identique. Elle survient le plus souvent chez la femme jeune ou d’âge moyen, après une compression mécanique prolongée ou traumatisante d’une zone du corps. Les circonstances classiques incluent :
Port d’un corset, bandage compressif, plâtre, ou ceinture de sécurité lors d’un choc ;
Traumatisme direct contondant sur une zone graisseuse ;
Compression prolongée lors d’une position immobile (coma, chirurgie longue sous anesthésie générale) ;
Après un délai de quelques jours à quelques semaines, apparaissent des placards indurés, assez bien délimités, fermes à la palpation, parfois légèrement douloureux, reproduisant plus ou moins fidèlement la trace de l’agent compressif. La peau en regard peut être normale, érythémateuse, ou légèrement hyperpigmentée. Les lésions siègent dans les zones richement dotées en tissu adipeux sous-cutané : sein, flancs, fesses, cuisses, abdomen.
Cytostéatonécrose mammaire : un piège diagnostique important
La cytostéatonécrose du sein mérite une mention spéciale. Elle peut survenir après un traumatisme mammaire (choc, chirurgie, radiothérapie, injection) et se présenter comme un nodule ou une masse indurée mammaire, parfois accompagnée de rétraction cutanée. Son aspect à l’imagerie (mammographie, échographie, IRM) peut mimer un carcinome mammaire, créant une anxiété majeure. La biopsie percutanée ou chirurgicale est souvent nécessaire pour confirmer la nature bénigne de la lésion et rassurer la patiente. Tout nodule mammaire induré après un traumatisme doit être exploré et ne peut pas être attribué à la cytostéatonécrose sans preuve histologique.
L’évolution de la cytostéatonécrose de l’adulte est bénigne et le plus souvent spontanément résolutive en quelques semaines à quelques mois. Contrairement à la forme néonatale, elle n’est pas associée à des complications métaboliques (pas d’hypercalcémie). Dans les formes persistantes ou douloureuses, une infiltration locale de corticoïdes (triamcinolone) peut accélérer la résolution. La chirurgie d’exérèse est exceptionnellement nécessaire.
Histologie : le diagnostic par la biopsie
Le diagnostic de certitude de la cytostéatonécrose repose sur la biopsie cutanée avec analyse histologique. Le dermatologue prélève sous anesthésie locale un fragment de tissu comprenant la peau et le tissu sous-cutané, adressé à un anatomopathologiste pour examen microscopique.
Le tableau histologique est celui d’une panniculite lobulaire granulomateuse, caractérisé par :
Niveau anatomique
Anomalies histologiques
Lobules graisseux
Nécrose des adipocytes avec cristaux de triglycérides intracellulaires en forme d’aiguilles (en « toile de tartan » ou en « fentes en radeau » caractéristiques sur coupes histologiques)
Infiltrat inflammatoire
Granulomes à corps étrangers constitués de macrophages, de cellules géantes multinucléées et de lymphocytes autour des cristaux lipidiques
Septa inter-lobulaires
Peu ou pas atteints (panniculite lobulaire, non septale)
Vascularisation
Nécrose vasculaire variable selon l’étiologie ; fibrose résiduelle dans les formes évoluées
Épiderme et derme
Habituellement normaux sauf réaction inflammatoire superficielle non spécifique
Ces cristaux en forme d’aiguilles – artefacts de la congélation des acides gras – sont pathognomoniques de la cytostéatonécrose et permettent de la distinguer des autres panniculites lobulaires. La biopsie doit être suffisamment profonde (biopsie-exérèse fusiforme plutôt que simple biopsie-punch) pour ramener du tissu sous-cutané en quantité suffisante.
Diagnostics différentiels
Affection
Points communs
Éléments distinctifs
Sclérome du nouveau-né (scleroedème néonatal)
Induration cutanée diffuse du nourrisson
Diffus, non nodulaire ; pronostic très réservé ; pas de granulomes histologiques
Érythème noueux
Nodules sous-cutanés indurés
Panniculite septale (non lobulaire) ; siège préférentiel aux jambes ; très douloureuse ; souvent fébrile et associée à une cause générale
Panniculite lupique
Nodules/placards indurés sous-cutanés
Contexte de lupus érythémateux systémique ou cutané ; localisation préférentielle aux bras et visage ; histologie distincte
Liposarcome
Masse profonde sous-cutanée indurée
Croissance progressive, ferme, parfois douloureuse ; imagerie et histologie distinctives (cellules liposarcomateuses atypiques)
Carcinome mammaire (forme sclérosante)
Nodule induré mammaire avec possible rétraction cutanée
Cytostéatonécrose mammaire à différencier impérativement par biopsie ; l’imagerie seule est insuffisante
Sepsis néonatal
Nouveau-né avec lésions cutanées, fièvre, altération de l’état général
Hémocultures positives ; tableau infectieux franc ; pas de nodules indurés caractéristiques ; l’hypercalcémie de la SCFN peut mimer une infection
Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
Échec des traitements depuis plus de 4 semaines
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Questions fréquentes sur la cytostéatonécrose
La cytostéatonécrose du nouveau-né est-elle grave ?
Localement, les lésions cutanées sont bénignes et régressent spontanément en 1 à 4 mois sans séquelle. La gravité potentielle vient de la complication systémique : l’hypercalcémie, qui touche environ la moitié des formes significatives et peut survenir tardivement – jusqu’à 6 mois après la naissance. Une hypercalcémie non traitée peut provoquer des arythmies cardiaques, une atteinte rénale et d’autres complications sérieuses. C’est pourquoi une surveillance régulière de la calcémie est indispensable pendant les 6 premiers mois.
Pourquoi la cytostéatonécrose survient-elle chez le nouveau-né traité par hypothermie thérapeutique ?
L’hypothermie thérapeutique abaisse la température corporelle du nourrisson à 33–34°C pendant 72 heures pour protéger le cerveau en souffrance. Cette baisse de température fait cristalliser les acides gras saturés du tissu adipeux sous-cutané, particulièrement abondants chez le nouveau-né. Ces cristaux déclenchent une réaction inflammatoire granulomateuse locale. L’hypothermie thérapeutique est un traitement sauveur sur le plan neurologique, mais ses équipes de réanimation néonatale sont aujourd’hui bien formées à surveiller la cytostéatonécrose et l’hypercalcémie qui peut en résulter.
La cytostéatonécrose de l’adulte peut-elle être confondue avec un cancer du sein ?
Oui, c’est un piège diagnostique réel. La cytostéatonécrose mammaire après traumatisme ou chirurgie peut se présenter comme un nodule induré avec rétraction cutanée, mimant un carcinome à l’examen clinique et à l’imagerie. Une biopsie percutanée ou chirurgicale est indispensable pour affirmer la nature bénigne de la lésion. Ne jamais rassurer une patiente sur la base du seul contexte traumatique sans preuve histologique.
Faut-il opérer une cytostéatonécrose ?
Non, dans la grande majorité des cas. La résolution spontanée est la règle, aussi bien dans la forme néonatale (en 1 à 4 mois) que dans la forme adulte (en quelques semaines à mois). La chirurgie d’exérèse est exceptionnellement indiquée, réservée aux formes très volumineuses, persistantes ou douloureuses malgré les traitements médicaux. Dans la forme néonatale, une aspiration percutanée peut être proposée pour les lésions kystiques fluctuantes douloureuses.
La cytostéatonécrose peut-elle récidiver ?
La récidive est rare dans la forme néonatale – une fois la période néonatale passée et la graisse sous-cutanée remplacée par de la graisse adulte, la vulnérabilité disparaît. Dans la forme adulte post-traumatique, une nouvelle compression du même site peut théoriquement induire une nouvelle poussée chez un patient susceptible. L’éviction du facteur compressif est donc le premier geste préventif.
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Références scientifiques
Mahé E, Descamps V, Belaïch S, Crickx B. La cytostéatonécrose néonatale. Presse Med. 2002;31(14):641-643. PubMed 11984985
Frank L, Brandt S, Wabitsch M. Subcutaneous fat necrosis in newborns: a systematic literature review of case reports and model of pathophysiology. Mol Cell Pediatr. 2022;9(1):17. doi:10.1186/s40348-022-00151-1. PubMed 36427118
Chrysaidou K, Sargiotis G, Karava V, et al. Subcutaneous fat necrosis and hypercalcemia with nephrocalcinosis in infancy: case report and review of the literature. Children (Basel). 2021;8(5):374. doi:10.3390/children8050374. PMC 8151818
Bao E, Villavisanis DF, Ibelli TJ, Levy L, Taub PJ. Subcutaneous fat necrosis of the newborn: a systematic review of surgical management and outcomes. J Plast Reconstr Aesthet Surg. 2024;91:293-301. doi:10.1016/j.bjps.2024.02.027. PubMed 38442509
Burden AD, Krafchik BR. Subcutaneous fat necrosis of the newborn: a review of 11 cases. Pediatr Dermatol. 1999;16(5):384-387. PubMed 10540645
Mahé E, Girszyn N, Hadj-Rabia S, Bodemer C, Hamel-Teillac D, De Prost Y. Subcutaneous fat necrosis of the newborn: a systematic evaluation of risk factors, clinical manifestations, complications and outcome of 16 children. Br J Dermatol. 2007;156(4):709-715. PubMed 17493069
Requena L, Yus ES. Panniculitis. Part II: mostly lobular panniculitis. J Am Acad Dermatol. 2001;45(3):325-361. doi:10.1067/mjd.2001.114735. PubMed 11511831
Gale de l’enfant et du bébé : symptômes, photos et traitement
La gale du bébé et du nourrisson est une situation particulièrement délicate : le diagnostic est souvent tardif car les signes diffèrent de ceux de l’adulte, les traitements sont limités par des contre-indications liées au poids, et le risque de contamination en crèche ou maternelle est élevé. Voici le guide complet pour reconnaître et traiter la gale chez l’enfant.
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Mis à jour le 2026-08-07 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Chez le nourrisson et le jeune enfant, la gale se présente différemment : les lésions touchent le visage, le cuir chevelu, la paume des mains et la plante des pieds. Elle se manifeste souvent par des nodules eczématiformes très prurigineux. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Pourquoi le diagnostic est souvent tardif chez l’enfant
Le diagnostic classique de la gale repose sur trois éléments chez l’adulte : démangeaisons nocturnes intenses, cas contact dans l’entourage, et localisation des lésions épargnant le visage et le dos.
Or chez l’enfant, ces règles ne s’appliquent pas – ce qui retarde souvent le diagnostic :
Signe
Adulte
Enfant / Bébé
Visage atteint
Exceptionnel
✅ Fréquent – peut mimer un eczéma
Dos atteint
Généralement épargné
✅ Possible – atteinte profuse du tronc
Mains et pieds
Sillons entre les doigts
✅ Cloques (vésicules) des paumes et plantes – pathognomonique du nourrisson
Aspect des lésions
Sillons, vésicules perlées
Souvent surinfecté – ressemble à un impétigo ou prurigo
Chez le nourrisson, les signes spécifiques à rechercher sont :
Cloques (vésicules) sur les paumes des mains et les plantes des pieds – signe quasi pathognomonique, souvent diagnostiqué à tort comme acropustulose infantile
Démangeaisons intenses, agitation, pleurs inexpliqués notamment la nuit
Cloques qui démangent sur les pieds d’un bébé – évoquer la gale
Cloques sur les mains d’un bébé – signe évocateur de gale
Atteinte du poignet chez un bébé
Fesses rouges persistantes chez un bébé – penser à la gale
Symptômes chez l’enfant (2–12 ans)
Chez l’enfant plus grand, la gale est souvent surinfectée au moment du diagnostic – ce qui retarde encore sa reconnaissance :
Lésions profuses du tronc ressemblant à un prurigo ou un impétigo
Atteinte du visage possible, mimant un eczéma infecté
Démangeaisons nocturnes intenses – l’enfant se gratte jusqu’au sang
Cas contact dans la famille ou à la crèche souvent retrouvé à l’interrogatoire
Atteinte du visage fréquente chez l’enfant – rare chez l’adulte, souvent confondue avec de l’eczéma
Atteinte profuse du tronc chez un enfant – le dos est généralement épargné chez l’adulte
Gale surinfectée ressemblant à un impétigo ou prurigo
Traitement de la gale selon l’âge et le poids
⚠️ L’ivermectine orale (Stromectol®) est contre-indiquée en dessous de 15 kg. Le traitement du nourrisson repose obligatoirement sur les traitements locaux.
Application locale sur tout le corps y compris visage et cuir chevelu – rincer après le temps de pose
Enfant ≥ 15 kg
Stromectol® (ivermectine) oral + traitement local en option
200 µg/kg en 1 prise à jeun – 2e prise à J8-J14
💡 Points importants : chez le nourrisson, l’application doit couvrir tout le corps y compris le visage, le cuir chevelu et les oreilles – zones épargnées chez l’adulte. Traiter simultanément tous les membres du foyer le même jour. Voir le protocole complet de traitement de la gale.
Gale en crèche ou à la maternelle
Les enfants dormant en crèche ou en maternelle créent des conditions idéales de transmission : contact prolongé, partage de lits et de vêtements. En cas de gale confirmée chez votre enfant :
Prévenir immédiatement la direction de la crèche ou de l’école pour permettre le traitement collectif
Le médecin ou la PMI peut déclencher un protocole de traitement collectif si plusieurs cas sont identifiés
Éviction scolaire : non obligatoire après traitement correctement réalisé – votre médecin vous fournira un certificat
Laver draps, vêtements et peluches à 60°C le jour du traitement
Les objets non lavables (poussettes, jouets) peuvent être placés en sac fermé pendant 3 jours
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⚠ Consultez rapidement si :
nourrisson avec démangeaisons intenses nocturnes et lésions inhabituelles
lésions sur le visage ou la paume chez un enfant de moins de 2 ans
cas de gale dans la famille ou la crèche
enfant très agité la nuit sans autre cause identifiée
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Questions fréquentes sur la gale de l’enfant
Comment distinguer la gale d’un eczéma chez un bébé ?
C’est souvent difficile – c’est d’ailleurs la principale cause de retard diagnostique. Quelques éléments orientent vers la gale : apparition brutale des démangeaisons chez un bébé qui n’avait pas de terrain atopique, atteinte des paumes et plantes avec cloques, cas contact dans la famille ou la crèche, résistance au traitement de l’eczéma. En cas de doute, consultez un dermatologue – un traitement d’épreuve anti-gale peut être justifié.
Peut-on traiter un bébé de moins de 1 mois contre la gale ?
Les données sont très limitées pour les nourrissons de moins d’un mois. L’Ascabiol® est autorisé dès 1 mois, le Topiscab® dès 2 mois. En dessous de ces âges, la prise en charge doit être hospitalière. Consultez en urgence un dermatologue ou un pédiatre spécialisé.
Faut-il exclure l’enfant de la crèche en cas de gale ?
L’éviction n’est pas obligatoire si le traitement a été correctement réalisé. En pratique, il est recommandé d’éviter la crèche le jour du traitement et le lendemain, puis de reprendre normalement si cela est permis par le certificat médical. La direction de la crèche doit être informée pour surveiller l’apparition de nouveaux cas, prévenir les parents et traiter les matelas de sieste avec un acaricide s’ils ne sont pas attribués nominément à chaque enfant.
Toute la famille doit-elle être traitée ?
Oui, systématiquement. Tous les membres du foyer vivant sous le même toit doivent être traités le même jour, même s’ils n’ont pas de symptômes – la période d’incubation peut atteindre 4 à 6 semaines. Ne traiter que l’enfant malade conduit inévitablement à une recontamination.
Les démangeaisons persistent après le traitement – est-ce normal ?
Oui, tout à fait. Les démangeaisons peuvent persister 2 à 4 semaines après un traitement correctement réalisé – elles sont dues à la réaction allergique aux acariens morts et non à un échec thérapeutique. Un antihistaminique et un émollient aident à soulager l’inconfort. Si de nouvelles lésions apparaissent après 4 semaines, consultez pour évaluer la nécessité d’un second traitement.
Cet article s’appuie sur les publications scientifiques et institutionnelles suivantes :
Hill TA, Cohen B. Scabies in babies. Pediatr Dermatol. 2017;34(6):690-694. PMID 28833468
Fölster-Holst R, Sunderkötter C. Scabies in childhood and adolescence. Hautarzt. 2016;67(12):1007-1020. PMID 27826663
Thean LJ, et al. Hospital admissions for skin and soft tissue infections in a population with endemic scabies. PLoS Negl Trop Dis. 2020;14(12):e0008887. PMID 33296378
Rougeur de l’anus qui gratte Télécharger un guide complet au format PDF :
En cas d’eczema de l’anus, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue
Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : L’eczéma de l’anus donne des plaques rouges qui grattent entre les fesses, le plus souvent par allergie de contact (lingettes, crèmes, lubrifiants) plutôt que par une infection. Les lingettes contenant certains conservateurs (méthylisothiazolinone) sont une cause reconnue et croissante de dermatite périanale. Un avis dermatologique permet d’écarter une mycose, qui nécessite un traitement différent. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Plusieurs formes d’eczéma peuvent toucher la région anale, chacune avec des causes et une prise en charge différentes :
Les différentes formes d’eczéma de l’anus
1. L’eczéma allergique de contact de l’anus
Cet eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema.
Les allergènes les plus fréquemment mis en cause dans l’eczema de l’anus sont :
les cosmétiques appliqués depuis quelques jours sur cette zone
cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums, lingettes…
préservatifs et lubrifiants
Utilisés lors de rapports sexuels anaux, ils peuvent provoquer une réaction allergique de contact au niveau de l’anus.
2. L’eczéma atopique périanal
Chez les personnes ayant un terrain atopique (asthme, rhinite allergique, autres localisations d’eczéma), la région anale peut être touchée par des plaques sèches, squameuses et prurigineuses, sans lien avec un contact allergénique précis.
3. L’eczéma de contact irritatif de l’anus
Provoqué par une irritation directe sans mécanisme allergique : toilette trop fréquente ou trop agressive, essuyage répété, diarrhée, transpiration. La peau devient rouge et sensible, sans allergène spécifique identifiable par patch tests. C’est la cause la plus fréquente de démangeaisons anales.
Comment savoir à quoi je suis allergique sur l’anus
Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.
Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.
Tout d’abord il faut consulter un médecin pour déterminer la cause de l’éczema et vérifier qu’il s’agit bien d’un eczema (exemple il peut d’agir d’une mycose (candidose) contre indiquant tout corticoide)
Il faut se laver une fois par jour avec un produit doux et bien sécher apres la toilette
En cas d’eczema confirmé par le médecin, il faut éviter l’allergène en cause (creme, lingette, lubrifiant, preservatif… ) et le médecin prescrit souvent de la cortisone en creme
⚠ Consultez sans attendre si :
Les lésions se surinfectent : croûtes jaunes, pus, douleur intense, fièvre
Des saignements ou une plaie qui ne cicatrise pas apparaissent (une consultation proctologique complémentaire peut être nécessaire)
Les démangeaisons persistent malgré l’arrêt des lingettes et cosmétiques, et un traitement bien conduit de plus de 10 jours
Un doute existe avec une infection (oxyures chez l’enfant, mycose, infection sexuellement transmissible)
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Questions fréquentes sur l’eczéma de l’anus
Comment savoir si c’est un eczéma ou une mycose de l’anus ?
L’eczéma donne des plaques rouges sèches et prurigineuses, souvent expliquées par un contact récent (lingette, crème). La mycose (candidose) donne des plaques rouges vernissées, parfois suintantes. Un corticoïde appliqué sur une mycose peut l’aggraver, d’où l’importance de consulter avant traitement.
Les lingettes peuvent-elles provoquer un eczéma de l’anus ?
Oui. Certains conservateurs présents dans les lingettes, notamment la méthylisothiazolinone, sont des allergènes de contact reconnus et de plus en plus fréquents, en particulier chez l’enfant.
Faut-il arrêter les lingettes en cas de démangeaisons anales ?
Le temps du diagnostic, il est préférable de remplacer les lingettes par une toilette à l’eau tiède avec un savon doux, et de bien sécher la zone après. Les patch tests permettent ensuite d’identifier l’allergène en cause si besoin.
Quelle est la cause la plus fréquente de démangeaisons anales ?
L’irritation par toilette excessive, essuyage répété ou humidité locale est la cause la plus fréquente, bien avant l’allergie de contact. Voir démangeaisons anales pour une prise en charge complète.
Comment traiter un eczéma de l’anus ?
Après confirmation du diagnostic, le traitement repose sur l’éviction de l’allergène et un dermocorticoïde adapté à cette zone fine, associé à une toilette douce et un séchage soigneux.
Faut-il consulter un dermatologue ou un proctologue ?
Un dermatologue est bien placé pour diagnostiquer un eczéma de l’anus et proposer des patch tests. Un avis proctologique complémentaire est utile en cas de saignement, de plaie ou de doute sur une autre pathologie anorectale.
Chez l’enfant, faut-il penser à autre chose que l’eczéma ?
Oui, chez l’enfant, des démangeaisons anales nocturnes doivent faire rechercher une oxyurose (vers intestinaux), une cause fréquente et facilement traitée après confirmation par le médecin.
En bref : L'herpès génital, dû à HSV-2 (ou HSV-1), touche environ 500 millions de personnes dans le monde. La grande majorité des porteurs ignorent leur statut. Le traitement antiviral réduit la fréquence et la durée des récurrences et le risque de transmission. - Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
Herpès génital : symptômes, contagion, traitement et grossesse
Herpès génital de l’homme
L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) due au virus Herpes Simplex, le plus souvent de type 2 (HSV-2). Il touche environ 20% de la population sexuellement active - et 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont, ce qui en fait l’une des IST les plus méconnues. Il ne guérit pas définitivement mais se contrôle efficacement par antiviraux.
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Causes et épidémiologie
L’herpès génital est causé par HSV-2 dans 60 à 80% des cas, et par HSV-1 dans 20 à 40% des cas - ce dernier transmis par voie oro-génitale (pratiques bucco-génitales). En France :
À 50 ans, 60% de la population est séropositive pour HSV-1 et 15% pour HSV-2
20% des personnes sexuellement actives sont infectées par HSV génital
80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont - et peuvent transmettre le virus
💡 Point important : l’apparition d’un herpès génital au sein d’un couple n’est pas forcément le signe d’une infidélité récente - le virus peut rester en sommeil pendant des années avant de se réactiver.
Comment se transmet l’herpès génital ?
Par contact direct peau à peau ou muqueuse à muqueuse lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oro-génitaux
Le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque - des particules virales présentes sur le pubis ou les muqueuses adjacentes peuvent être transmises
La transmission est possible sans lésion visible - par excrétion virale asymptomatique, qui représente en réalité la majorité des transmissions
Le virus est fragile hors du corps humain - le risque de contamination via une cuvette de toilettes ou un linge est quasi nul
Les 3 phases de l’infection herpétique
Phase
Description
Contagiosité
Primo-infection
Premier contact avec HSV - asymptomatique dans 90% des cas. Quand symptomatique : vésicules douloureuses, ganglions de l’aine, fièvre possible. Incubation 2 à 12 jours
Élevée
Infection initiale
Premier contact avec HSV-1 ou HSV-2 chez une personne déjà infectée par l’autre type. Symptômes souvent moins sévères
Élevée
Réactivation (récurrence)
Le virus se « réveille » dans le ganglion sacré et migre vers la peau. Lésions souvent moins intenses que la primo-infection. Peut être asymptomatique (excrétion virale silencieuse)
Possible même sans lésion
Symptômes de l’herpès génital
Herpès génital de la femmeHerpès génital - vésicules
Les symptômes de la primo-infection (quand elle est symptomatique) :
Vésicules sensibles ou douloureuses sur fond rouge gonflé, apparaissant 5 à 10 jours après le rapport contaminant
Les vésicules se rompent et forment des érosions (exulcérations) très douloureuses - guérison en environ une semaine
Ganglions de l’aine
Chez la femme : gonflement vulvaire important, brûlures lors de la miction
Les récurrences sont généralement moins intenses - précédées de prodromes (picotements, brûlures) puis vésicules groupées en bouquet dans la même zone que la primo-infection.
Facteurs déclenchants des récurrences : stress psychologique ou physique, fatigue, infection (grippe), règles, chirurgie, immunodépression.
Diagnostic de l’herpès génital
En cas de doute diagnostique, le médecin peut :
Prélèvement de cellules au niveau des lésions - mise en culture ou PCR (recherche de l’ADN viral) - résultat en 48h
Sérologie herpétique (prise de sang) - confirme le contact avec HSV mais ne localise pas les lésions. Peu utilisée seule car le taux de positivité est très élevé dans la population générale
Bilan IST complet systématiquement recommandé - sérologie VIH, syphilis, recherche de Chlamydia trachomatis
Soins locaux : nettoyer la zone génitale une fois par jour avec un produit doux, sans frotter, bien sécher.
⚠️ Herpès génital et grossesse - risque néonatal
⚠️ Mentionnez toujours vos antécédents d’herpès génital à votre obstétricien. Si le virus est actif sur les muqueuses vaginales lors de l’accouchement, il peut être transmis au nouveau-né et provoquer une encéphalopathie herpétique néonatale - risque de cécité, retard psychomoteur, voire décès.
Contamination avant la grossesse : risque faible - la mère transmet ses anticorps au fœtus
Contamination pendant la grossesse (notamment en fin de grossesse) : risque élevé - pas encore d’anticorps protecteurs, virus potentiellement actif à l’accouchement
Mesures préventives : traitement antiviral en fin de grossesse (valaciclovir), voire césarienne en cas de primo-infection en fin de grossesse ou de récurrence lors de l’accouchement
Précautions à prendre
Informer ses partenaires - l’herpès est contagieux même sans symptômes
Utiliser un préservatif - réduit le risque sans l’éliminer totalement
En cas d’herpès génital après un rapport non protégé : bilan IST complet chez le médecin
Éviter tout rapport sexuel pendant les poussées et jusqu’à cicatrisation complète
⚠ Consultez rapidement si :
première poussée sévère avec fièvre, ganglions et difficultés urinaires
herpès génital pendant la grossesse - risque d'herpès néonatal grave
récurrences très fréquentes (plus de 6 par an) impactant la qualité de vie
signes de complications : rétention urinaire, méningite aseptique
Peut-on transmettre l’herpès génital sans avoir de lésions visibles ?
Oui - c’est même la principale voie de transmission. L’excrétion virale asymptomatique est possible à tout moment, même en l’absence de vésicules ou de lésions. On estime que la majorité des contaminations se font ainsi, par des personnes qui ne savent pas qu’elles sont infectées. C’est pourquoi 80% des personnes porteuses du virus HSV-2 l’ignorent.
L’herpès génital dans un couple signifie-t-il une infidélité ?
Pas nécessairement. Le virus HSV peut rester en sommeil dans les ganglions nerveux pendant des années, voire des décennies, avant de se réactiver. Une première poussée d’herpès génital peut survenir longtemps après la contamination initiale. Ce n’est donc pas automatiquement le signe d’une contamination récente - sauf en cas de primo-infection symptomatique clairement identifiable.
Le préservatif protège-t-il contre l’herpès génital ?
Le préservatif réduit significativement le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement. Des particules virales peuvent être présentes sur des zones non couvertes (pubis, lèvres, peau environnante) et se transmettre par contact peau à peau. La transmission est possible même sans pénétration.
Herpès génital et grossesse - que faire ?
Informez systématiquement votre gynécologue ou obstétricien de tout antécédent d’herpès génital. Si vous avez contracté l’herpès avant la grossesse, le risque pour le bébé est faible (anticorps protecteurs transmis). Si la contamination survient en cours de grossesse - surtout en fin - le risque est plus élevé et nécessite une prise en charge spécifique : traitement antiviral préventif et surveillance obstétricale renforcée.
Comment savoir si on a de l’herpès génital sans symptômes ?
Un test sérologique dans le sang peut détecter les anticorps anti-HSV-1 et HSV-2 - confirmant un contact passé avec le virus. Cependant ce test est peu prescrit en routine car sa positivité est très répandue dans la population et ne prédit pas l’apparition de symptômes. En cas de doute ou de comportement à risque, parlez-en à votre médecin qui pourra décider d’un bilan IST adapté.
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Cicatrice chéloïde : causes, diagnostic et traitements combinés pour l’atténuer
Une cicatrice est la résultante d’un acte traumatique touchant la profondeur de la peau. Certaines cicatrices sont pathologiques : parmi celles-ci, les cicatrices en creux (cicatrices d’acné par exemple) et les cicatrices en relief – hypertrophiques ou chéloïdes. La chéloïde est une cicatrice inflammatoire chronique résultant d’une surproduction de collagène par des fibroblastes hyperactifs qui débordent au-delà des limites de la plaie originelle. Elle ne régresse pas spontanément, peut être douloureuse, prurigineuse, et constitue un vrai défi thérapeutique : aucun traitement ne garantit l’absence de récidive.
Mis à jour le 22 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : Une cicatrice qui déborde de la plaie initiale et continue de grossir au-delà de 18 mois est probablement une chéloïde, et non une simple cicatrice hypertrophique qui peut régresser spontanément. Le traitement de référence associe injections de corticoïdes et compression par silicone : utilisée seule, la cryothérapie expose à un taux de récidive de 52 à 75 %. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Mécanisme : pourquoi une cicatrice devient-elle chéloïde ?
La chéloïde résulte d’une réponse fibro-proliférative anormale et excessive lors de la cicatrisation. Lorsqu’une plaie se ferme, les fibroblastes du derme synthétisent du collagène pour réparer le tissu lésé. Dans la chéloïde, ce processus est dérégulé : les fibroblastes restent hyperactifs bien au-delà de la cicatrisation normale, produisant du collagène en excès dans le derme réticulaire – essentiellement du collagène de type I avec un rapport type I / type III augmenté – et envahissant les tissus sains adjacents.
Facteur moléculaire
Rôle dans la chéloïde
TGF-β (Transforming Growth Factor β)
Cytokine pro-fibrotique – surexprimée dans les chéloïdes – stimule la production de collagène et inhibe sa dégradation
IL-6, IL-8
Cytokines pro-inflammatoires augmentées – entretiennent l’inflammation chronique du derme réticulaire
Tension mécanique
La tension sur les bords de la plaie est un facteur majeur de déclenchement et d’entretien de l’hyperprolifération fibroblastique
Prédisposition génétique
Des mutations et polymorphismes nucléotidiques spécifiques ont été identifiés – caractère familial fréquent
Cicatrice chéloïde vs cicatrice hypertrophique : une distinction fondamentale
Ces deux types de cicatrices pathologiques en relief sont souvent confondus – leur distinction est pourtant essentielle car le pronostic et la stratégie thérapeutique diffèrent.
Critère
Cicatrice hypertrophique
Cicatrice chéloïde
Extension par rapport à la plaie
Reste dans les limites de la plaie originelle
Dépasse les limites de la plaie – envahit les tissus sains adjacents
Évolution spontanée
Régression possible avec le temps (amorce un aplanissement après plusieurs mois)
Pas de régression spontanée – s’étend progressivement sur des mois à des années
Durée pour établir le diagnostic
On parle de cicatrice hypertrophique entre 12 et 18 mois
Au-delà de 18 mois, une cicatrice épaissie est considérée comme chéloïde
Récidive après traitement
Moins fréquente
Élevée – la récidive est le problème majeur de la prise en charge
Terrain à risque et facteurs favorisants
Facteur de risque
Détail
Phototype
Les personnes à peau noire, asiatique, métissée ou mate sont les plus concernées – les personnes à peau blanche peuvent développer des chéloïdes mais c’est plus rare
Prédisposition génétique et familiale
Les antécédents familiaux de chéloïdes multiplient le risque – caractère héréditaire documenté
Âge
Plus fréquentes chez l’adolescent et l’adulte jeune – rare avant 10 ans et après 60 ans
Localisations à haut risque
Lobe de l’oreille (piercing), épaules, région pré-sternale (thorax), deltoïde, nuque – zones sous haute tension mécanique ou soumises aux frottements
Deux localisations méritent une attention particulière sur peau noire : l’acné chéloïdienne de la nuque, qui touche surtout les hommes à cheveux crépus, et les poils incarnés de la pseudofolliculite de la barbe : deux causes fréquentes de chéloïdes que l’on peut prévenir par une prise en charge précoce.
Symptômes et aspect clinique
La chéloïde se présente comme une lésion épaisse, surélevée, boursoufflée, de couleur variable (rouge, rose, blanche ou brun foncé selon l’ancienneté et le phototype), débordant largement de la plaie initiale. Sa taille peut aller de quelques millimètres à plusieurs centimètres. Elle peut évoluer et s’étendre pendant des mois, voire des années.
Symptôme fonctionnel
Fréquence / caractéristique
Prurit (démangeaisons)
Très fréquent – souvent le symptôme le plus gênant – peut être intense et permanent
Douleur
Fréquente – surtout lors des frottements ou traumatismes sur la zone
Sensation de brûlure ou tiraillement
Possible, notamment en phase active d’extension
Retentissement psychologique
Significatif – surtout sur les zones exposées (cou, oreilles, visage) – impact sur la qualité de vie documenté
Quand consulter un dermatologue ?
Consultez sans tarder si la cicatrice continue de grossir au-delà de 18 mois, déborde largement de la plaie initiale, ou se situe sur une zone à haut risque (lobe de l’oreille après piercing, épaule, thorax, nuque). Un avis dermatologique est aussi recommandé en cas de démangeaisons intenses, de douleur, ou de retentissement psychologique important. N’essayez pas de traiter ou de retirer vous-même une chéloïde : la prise en charge combine plusieurs techniques (corticoïdes, silicone, cryothérapie, laser) et une chirurgie isolée expose à un risque élevé de récidive, parfois avec une cicatrice plus volumineuse qu’au départ.
Soigner les chéloïdes : les traitements combinés
La règle d’or du traitement des chéloïdes est la combinaison de plusieurs approches – aucun traitement isolé n’offre des résultats durables. La récidive est fréquente (52 à 75 % avec cryothérapie seule, taux élevés avec chirurgie seule), ce qui impose une surveillance à long terme après tout traitement.
Injections intra-lésionnelles de corticoïdes – traitement de référence
Les injections de corticoïdes à retard (triamcinolone acétonide, Kenacort®) directement dans la chéloïde constituent le traitement de première intention, selon la revue systématique basée sur les preuves la plus récente. Une crème anesthésiante est appliquée avant la séance car l’injection est douloureuse. Les séances sont espacées d’environ 4 à 6 semaines.
Paramètre
Détail
Mécanisme
Réduction de l’inflammation chronique – inhibition de la prolifération des fibroblastes – diminution de la production de collagène
Résultat attendu
Aplatissement progressif – réduction du volume – amélioration du prurit et des douleurs
Nombre de séances
Plusieurs séances nécessaires, espacées d’environ 4 à 6 semaines
Limite
Inefficace sur les chéloïdes très volumineuses – risque d’atrophie cutanée et de télangiectasies si dose excessive
La compression permanente de la cicatrice réduit l’apport en oxygène aux fibroblastes hyperactifs, diminue leur prolifération et exerce une régularisation vasculaire. Les feuilles ou gels de silicone sont validés comme traitement de première ligne par la littérature internationale.
Support de compression
Indication / Détail
Feuilles de gel de silicone
Traitement de 1re ligne – occlusif et auto-adhésif – à porter en continu – action anti-inflammatoire et hydratante – 6 mois minimum
Vêtements compressifs élastiques
Pour les grandes surfaces (épaules, thorax) – port continu pendant 6 mois environ
Clips et pansements silicone sur les lobes d’oreilles
Spécifiques pour les chéloïdes de l’oreille (après piercing) – port 24h/24 difficile socialement
Cryothérapie
La cryothérapie consiste à injecter de l’azote liquide dans la chéloïde via une aiguille (cryothérapie intra-chéloïdienne), pour détruire les cellules de collagène excédentaires par le froid. Une seule séance peut réduire le volume de plus de 50 %, avec des effets bénéfiques sur la souplesse, la couleur, la douleur et les démangeaisons. Elle est surtout indiquée pour les petites chéloïdes. Utilisée seule, le taux de récidive reste élevé (52 à 75 %) – son association aux injections de corticoïdes est préférable.
Traitements laser
Plusieurs types de laser sont utilisés selon l’objectif :
Type de laser
Mécanisme
Indication préférentielle
Laser à colorant pulsé (LCP)
Cible la composante vasculaire – réduit la rougeur et l’érythème
Remodelage du collagène – aplanissement de la surface – création de micro-canaux permettant la pénétration des dermocorticoïdes (DALC)
Chéloïdes de volume modéré – combiné aux injections de corticoïdes
Laser Erbium:YAG
Améliore la souplesse – réorganisation des fibres de collagène en parallèle (bénéfice histologique démontré)
Phototypes II-V – alternative au CO2
Traitements injectables alternatifs
Agent
Mécanisme
Remarque
5-fluorouracile (5-FU)
Antimitotique – inhibe la prolifération des fibroblastes
Souvent associé à la triamcinolone (dilution 9:1) pour une efficacité synergique – résultats variables
Bléomycine
Cytotoxique – inhibe la prolifération cellulaire
Résultats documentés mais effets indésirables possibles
Vérapamil
Inhibiteur calcique – réduit la synthèse de collagène
Option alternative – résultats mixtes dans la littérature
Traitement chirurgical
La chirurgie seule est déconseillée pour les chéloïdes – le risque de récidive est très élevé et la nouvelle cicatrice peut être plus importante que la chéloïde initiale. Elle est réservée aux cicatrices volumineuses, et toujours associée à un traitement adjuvant pour prévenir la récidive.
Technique
Principe
Traitement adjuvant indispensable
Exérèse chirurgicale partielle
Ablation de la partie centrale sans toucher aux tissus sains périphériques – minimise l’extension
Injections de corticoïdes pré et post-opératoires + compression silicone
Chirurgie + radiothérapie
Option pour les chéloïdes réfractaires – irradiation immédiate en post-opératoire
Option efficace pour les lésions résistantes – résultats documentés dans la littérature
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Prévention chez les personnes à risque
Pour les personnes à antécédent de chéloïde ou à phototype à risque, la prévention est aussi importante que le traitement. Elle doit commencer dès la fermeture de la plaie.
Mesure préventive
Détail pratique
Feuilles de silicone dès la cicatrisation
Application dès que la plaie est fermée – port continu pendant 6 mois minimum – réduit le risque de formation chéloïde et de récidive après traitement
Protection solaire stricte
Éviter l’exposition solaire de la cicatrice pendant 1 an minimum – le soleil aggrave la dyschromie et peut stimuler l’activité fibroblastique
Réduction de la tension mécanique
Pansements de décharge, sutures éversantes, lignes d’incision parallèles aux lignes de tension cutanée – surtout pour les cicatrices chirurgicales
Massage de cicatrice
Massage quotidien de la cicatrice (dès la cicatrisation complète) pour assouplir les fibres de collagène
Éviter les piercings et tatouages
En cas d’antécédent de chéloïde – surtout sur les lobes d’oreille et la région sternale
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une cicatrice chéloïde et une cicatrice hypertrophique ?
Les deux sont des cicatrices en relief résultant d’une surproduction de collagène, mais elles se distinguent par leur comportement. La cicatrice hypertrophique reste dans les limites de la plaie et peut régresser spontanément après plusieurs mois. La chéloïde déborde largement au-delà de la plaie originelle, ne régresse jamais spontanément et continue de s’étendre. En pratique, une cicatrice épaissie qui persiste au-delà de 18 mois est considérée comme chéloïde.
Peut-on opérer une chéloïde ?
Oui, mais jamais seule. L’exérèse chirurgicale isolée d’une chéloïde est déconseillée car le taux de récidive est très élevé – la nouvelle cicatrice peut même être plus volumineuse que la chéloïde initiale. La chirurgie est réservée aux lésions volumineuses et doit toujours être associée à un traitement adjuvant pour prévenir la récidive : injections de corticoïdes en pré et post-opératoire, compression par silicone, et parfois radiothérapie immédiate en post-opératoire pour les formes réfractaires.
Combien de séances d’injections de cortisone sont-elles nécessaires ?
La prise en charge est longue et prend du temps. En général, plusieurs séances d’injections intra-lésionnelles de triamcinolone (Kenacort®) sont nécessaires, espacées de 4 à 6 semaines. Le nombre varie selon la taille et l’ancienneté de la chéloïde, et selon la réponse individuelle. L’amélioration est progressive – aplatissement, réduction du prurit et des douleurs. Sur les chéloïdes très volumineuses, les injections seules risquent d’être insuffisantes et une combinaison avec cryothérapie, laser ou chirurgie est souvent nécessaire.
Les personnes à peau noire peuvent-elles bénéficier d’un traitement laser ?
Avec précautions. Les lasers ablatifs (CO2, Erbium) présentent un risque élevé de dyschromie (dépigmentation ou hyperpigmentation) sur les phototypes V et VI (peaux noires et très mates) – leur utilisation est généralement contre-indiquée ou nécessite une extrême prudence dans ces cas. Les lasers vasculaires (laser à colorant pulsé) sont mieux tolérés sur les phototypes clairs à intermédiaires. Pour les phototypes foncés, les injections intra-lésionnelles de corticoïdes et la cryothérapie restent les options les plus sûres, à discuter avec le dermatologue.
Peut-on prévenir une chéloïde après une chirurgie ?
Oui, surtout chez les personnes à risque (antécédent de chéloïde, phototype foncé). La prévention doit commencer dès la fermeture de la plaie : application de feuilles de gel de silicone en continu pendant au moins 6 mois, protection solaire stricte de la cicatrice pendant 1 an, et massage quotidien dès cicatrisation complète. L’anticipation de la tension mécanique lors de la fermeture chirurgicale (sutures éversantes, orientation des incisions) réduit également le risque.
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Références scientifiques
Ogawa R. The Most Current Algorithms for the Treatment and Prevention of Hypertrophic Scars and Keloids: A 2020 Update. Plast Reconstr Surg. 2022;149(1):79e-94e. PMID 34813576.
Walsh LA et al. Keloid treatments: an evidence-based systematic review of recent advances. Syst Rev. 2023;12(1):42. PMID 36918908.
Worley B et al. Treatment of traumatic hypertrophic scars and keloids: a systematic review of randomized control trials. Arch Dermatol Res. 2023;315(7):1887-1896. PMID 36781457.
Haute Autorité de Santé (HAS) – has-sante.fr.
La dermatomyosite est une maladie auto-immune rare qui associe une atteinte cutanée caractéristique et une faiblesse musculaire progressive. Elle appartient au groupe des myopathies inflammatoires idiopathiques (myosites) et touche préférentiellement les femmes (sex-ratio 2:1). Son caractère paranéoplasique – associée à un cancer dans 18 à 32 % des cas chez l’adulte – impose un bilan oncologique systématique au moment du diagnostic. Sa prise en charge relève d’une collaboration entre dermatologie, médecine interne et rhumatologie.
En bref : Dermatomyosite est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
Échec des traitements depuis plus de 4 semaines
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Définition et épidémiologie
La dermatomyosite est définie par la coexistence de lésions cutanées caractéristiques et d’une myopathie inflammatoire. Elle peut survenir à tout âge : chez l’enfant (forme juvénile, avant 16 ans) comme chez l’adulte, avec un pic de fréquence entre 45 et 65 ans. L’incidence annuelle est estimée entre 1,9 et 7,7 cas par million d’habitants. L’évolution est chronique, par poussées, sans amélioration spontanée.
À retenir : La dermatomyosite est une maladie auto-immune rare (myopathie inflammatoire idiopathique) avec une prédominance féminine marquée (2 femmes pour 1 homme). Elle n’est pas héréditaire.
Physiopathologie et auto-anticorps spécifiques de myosite
La dermatomyosite résulte d’un dérèglement de l’immunité humorale et cellulaire, avec une atteinte primitive périvasculaire médiée par les lymphocytes B. Une signature interféron de type I élevée est caractéristique. Des auto-anticorps spécifiques de myosite (ASM) sont détectés dans environ 60 % des cas et permettent de définir des sous-groupes homogènes aux phénotypes et pronostics distincts.
On distingue cinq anticorps spécifiques de la dermatomyosite :
Auto-anticorps
Fréquence
Phénotype clinique associé
Anti-Mi2
5–20 %
Forme cutanée classique, atteinte musculaire sévère, bonne réponse au traitement
Anti-TIF1-γ
15–25 %
Formes récidivantes cutanées, forte association aux cancers chez l’adulte
Anti-NXP2
15–25 %
Œdème, calcinose sous-cutanée, association aux cancers chez l’adulte
Anti-MDA5
5–20 %
Forme amyopathique, pneumopathie interstitielle rapidement progressive (pronostic grave)
Point clé : Le dosage des anticorps spécifiques de myosite est désormais intégré aux critères diagnostiques révisés (EULAR/ACR 2017) et doit être systématiquement demandé devant toute suspicion de dermatomyosite. Il modifie la stratification du risque et la prise en charge thérapeutique.
Atteinte cutanée
Les lésions cutanées de la dermatomyosite sont souvent le premier signe clinique. Elles guident le diagnostic et précèdent parfois de plusieurs mois l’atteinte musculaire.
Lésions pathognomoniques
Érythème héliotrope : érythème rose-lilas œdémateux des paupières supérieures, souvent bilatéral, parfois étendu à l’ensemble du visage (aspect « en lunettes »). Très évocateur de la maladie.
Papules de Gottron : papules kératosiques violines sur les faces d’extension des articulations des doigts (IPP, IPD), des coudes, des genoux et des chevilles. Pathognomoniques.
Signe de Gottron : érythème sans relief en regard des mêmes articulations.
Autres lésions cutanées fréquentes
Érythème en châle : érythème violacé du décolleté, des épaules et du dos (zones photo-exposées)
Mains de mécanicien : hyperkératose fissuraire des faces latérales et palmaires des doigts, notamment dans les formes anti-MDA5
Télangiectasies péri-unguéales : visibles à la capillaroscopie, avec mégacapillaires et zones avasculaires
Poïkilodermie : association d’érythème, atrophie, télangiectasies et hypo/hyperpigmentation
Calcinose cutanée : dépôts calcaires sous-cutanés, surtout dans la forme juvénile et les formes anti-NXP2
Photoprotection : Les patients atteints de dermatomyosite doivent éviter l’exposition directe aux UV et utiliser une photoprotection d’indice élevé (SPF 50+). L’exposition solaire peut aggraver les lésions cutanées et déclencher des poussées.
Atteinte musculaire
La faiblesse musculaire est le signe d’appel musculaire habituel. Elle est proximale et symétrique, touchant en premier lieu la ceinture pelvienne (difficulté à se relever d’une chaise, à monter les escaliers) puis la ceinture scapulaire (difficulté à lever les bras). Elle s’installe progressivement sur plusieurs semaines. Les muscles du cou (flexion) peuvent être atteints. Dans les formes sévères, une dysphagie (atteinte des muscles pharyngés) peut survenir, constituant un risque de pneumopathie d’inhalation.
Il existe des formes amyopathiques (Clinically Amyopathic Dermatomyositis, CADM), où les manifestations cutanées sont présentes sans faiblesse musculaire significative – particulièrement fréquentes dans les formes anti-MDA5.
Atteintes systémiques
Au-delà de la peau et des muscles, la dermatomyosite peut toucher plusieurs organes :
Poumons : la pneumopathie interstitielle diffuse (PID) est la complication extra-musculaire la plus grave. Elle est présente dans 20 à 40 % des cas selon les séries et est particulièrement redoutée dans les formes anti-MDA5, où elle peut être rapidement progressive et mettre en jeu le pronostic vital. Le bilan pulmonaire (TDM thoracique, épreuves fonctionnelles respiratoires) est systématique.
Articulations : arthralgies et arthrites sont fréquentes
Cœur : myocardite, troubles du rythme et de la conduction – recherche recommandée par ECG et échocardiographie
Tube digestif : dysphagie, troubles de la motilité œsophagienne
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Forme paranéoplasique
L’association entre dermatomyosite et cancer est bien établie : 18 à 32 % des dermatomyosites de l’adulte sont paranéoplasiques. Le cancer peut précéder, être contemporain ou suivre le diagnostic de dermatomyosite. Les localisations les plus fréquentes sont le sein, l’ovaire, les bronches (poumon), l’estomac, le côlon et le nasopharynx (notamment dans les populations d’Asie du Sud-Est).
Alerte – bilan oncologique obligatoire : Toute dermatomyosite de l’adulte justifie un bilan systématique à la recherche d’un cancer sous-jacent au moment du diagnostic et lors du suivi. Ce bilan comprend au minimum : scanner thoraco-abdomino-pelvien, mammographie ou échographie mammaire, marqueurs tumoraux, et tout examen orienté par la clinique. Les formes anti-TIF1-γ et anti-NXP2 sont les plus fortement associées aux cancers.
Bilan diagnostique
Le diagnostic repose sur l’association d’arguments cliniques, biologiques, immunologiques et histologiques. Les critères de Bohan et Peter (1975), longtemps utilisés, ont été complétés par les nouveaux critères EULAR/ACR (2017) qui intègrent les anticorps spécifiques de myosite.
Examens biologiques
Enzymes musculaires : élévation des CPK (créatine phosphokinase), LDH (lactate déshydrogénase) et aldolase, signe de la lyse musculaire. Les CPK peuvent être normales dans les formes amyopathiques.
Auto-anticorps spécifiques de myosite (ASM) : anti-Mi2, anti-TIF1-γ, anti-NXP2, anti-MDA5, anti-SAE – à rechercher systématiquement
Auto-anticorps associés à la myosite (AAM) : anti-Jo1 (syndrome des anti-synthétases), anti-PM/Scl, AAN
NFS, CRP, VS : syndrome inflammatoire souvent présent
Examens morphologiques et fonctionnels
IRM musculaire : méthode d’imagerie de référence pour identifier les muscles atteints et guider la biopsie – hypersignal T2/STIR en cas d’inflammation active
Électromyogramme (EMG) : tracé myogène avec potentiels polyphasiques de faible amplitude
Biopsie musculaire : confirme la myosite inflammatoire ; montre un infiltrat lymphocytaire périvasculaire, une atrophie périfasciculaire et des lésions vasculaires caractéristiques de la dermatomyosite
Biopsie cutanée : utile dans les formes sans atteinte musculaire clinique ; montre un infiltrat lymphocytaire à l’interface dermo-épidermique
TDM thoracique et EFR : dépistage de la pneumopathie interstitielle
Capillaroscopie péri-unguéale : visualisation des anomalies microvasculaires (mégacapillaires, zones avasculaires)
Traitement
Le traitement vise à réduire l’inflammation, restaurer la force musculaire et prévenir les complications systémiques. Il est adapté à la sévérité du tableau et au profil auto-anticorps.
Corticothérapie générale
La corticothérapie à forte dose (prednisone 1 mg/kg/j) reste le traitement de première ligne, chez l’adulte comme chez l’enfant. La décroissance est progressive sur plusieurs mois en fonction de la réponse clinique et biologique. Dans les formes sévères, des bolus de méthylprednisolone IV peuvent être utilisés d’emblée.
Immunosuppresseurs
Ils sont souvent associés d’emblée pour leur effet d’épargne cortisonique et pour les formes résistantes ou sévères :
Méthotrexate : traitement de référence, efficace sur les atteintes cutanées et musculaires
Azathioprine : alternative fréquente, bonne tolérance au long cours
Mycophénolate mofétil : indiqué notamment en cas d’atteinte pulmonaire interstitielle
Cyclophosphamide : réservé aux pneumopathies interstitielles à progression rapide
Inhibiteurs de calcineurine (ciclosporine, tacrolimus) : dans certaines formes réfractaires, notamment les PID
Immunoglobulines intraveineuses (IgIV)
Les IgIV à haute dose sont utilisées dans les formes sévères, corticorésistantes ou en cas de contre-indication aux immunosuppresseurs. Elles ont montré leur efficacité dans la dermatomyosite dans des essais randomisés.
Mesures complémentaires
Photoprotection stricte (SPF 50+) et éviction solaire
Kinésithérapie douce en dehors des poussées inflammatoires actives pour lutter contre l’amyotrophie
Traitement de l’éventuel cancer sous-jacent (forme paranéoplasique)
Supplémentation calcique et vitaminique D, protection gastrique sous corticoïdes
Suivi : Le suivi régulier inclut la surveillance des enzymes musculaires, la force musculaire (testing musculaire), le contrôle des effets secondaires des traitements, le dépistage répété d’un cancer sous-jacent (au moins 3 à 5 ans) et l’évaluation pulmonaire annuelle par EFR.
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Questions fréquentes sur la dermatomyosite
La dermatomyosite est-elle héréditaire ?
Non. La dermatomyosite n’est pas une maladie génétique transmissible à la descendance. Il s’agit d’une maladie auto-immune survenant de façon sporadique, sans transmission familiale directe.
Quels sont les premiers signes à ne pas ignorer ?
L’œdème et l’érythème violacé des paupières supérieures (érythème héliotrope), les papules violines sur les articulations des doigts (papules de Gottron) et une faiblesse musculaire progressive des membres doivent conduire à une consultation spécialisée rapide. Ces signes peuvent précéder la découverte d’un cancer sous-jacent.
Combien de temps dure le traitement ?
La corticothérapie est maintenue en général pendant 1 à 2 ans avec décroissance progressive. Les immunosuppresseurs sont souvent poursuivis plusieurs années. La durée dépend de la réponse au traitement, de l’évolution des poussées et du profil auto-anticorps. Certaines formes nécessitent un traitement au long cours.
Peut-on pratiquer une activité physique avec une dermatomyosite ?
En phase aiguë inflammatoire, le repos relatif est recommandé pour éviter d’aggraver les lésions musculaires. En dehors des poussées, une kinésithérapie douce et une activité physique adaptée sont bénéfiques pour lutter contre la perte musculaire et les effets secondaires de la corticothérapie.
La dermatomyosite est-elle toujours associée à un cancer ?
Non. Chez l’adulte, une association à un cancer est retrouvée dans environ 18 à 32 % des cas. Chez l’enfant, cette association est exceptionnelle. Un bilan oncologique approfondi est systématique chez tout adulte au moment du diagnostic et lors du suivi, en particulier pour les profils anti-TIF1-γ et anti-NXP2 qui présentent le risque le plus élevé.
Bohan A, Peter JB. Polymyositis and dermatomyositis (first of two parts). N Engl J Med. 1975;292(7):344-347. PubMed 1090839
Lundberg IE, Tjärnlund A, Bottai M, et al. 2017 European League Against Rheumatism/American College of Rheumatology classification criteria for adult and juvenile idiopathic inflammatory myopathies. Ann Rheum Dis. 2017;76(12):1955-1964. PubMed 28866812
Allenbach Y, Benveniste O, Stenzel W, Boyer O. Dermatomyosites – nouveaux anticorps, nouvelle classification. Med Sci (Paris). 2019;35(12):1059-1067. PubMed 31859626
Nombel A, Fabien N, Coutant F. Dermatomyositis with anti-MDA5 antibodies: bioclinical features, pathogenesis and emerging therapies. Front Immunol. 2021;12:773352. PubMed 34777392
HAS. Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) – Dermatomyosite de l’enfant et de l’adulte. Haute Autorité de Santé, 2021. has-sante.fr
Mis à jour le 24 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.
Kératose séborrhéique : plaques brunes bénignes – diagnostic et traitement
Les kératoses séborrhéiques (verrues séborrhéiques) sont parmi les tumeurs cutanées bénignes les plus fréquentes, notamment après 40 ans. Leur aspect caractéristique – plaque brune « posée sur la peau » – et leur nature bénigne les distinguent des lésions mélanocytaires. Elles ne dégénèrent pas, mais certaines formes d’apparition rapide peuvent être le signe d’une maladie interne grave.
En bref : La kératose séborrhéique est une tumeur cutanée bénigne extrêmement fréquente après 40 ans, touchant plus de 80 % des personnes de plus de 60 ans. Elle se présente comme une plaque ou papule brunâtre à surface granuleuse, « collée » sur la peau. Malgré son apparence parfois inquiétante, elle n’est jamais cancéreuse. Le traitement, uniquement esthétique, repose sur la cryothérapie, la photothérapie ou l’application de peroxyde d’hydrogène (Eskata). – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Mis à jour le 15 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
La kératose séborrhéique se présente comme une plaque surélevée, à bords nets et abrupts, d’aspect « collé » ou « posé » sur la peau – comme si on pouvait la décoller avec un ongle. Initialement plane et beige, elle évolue vers une surface verruqueuse, squamo-kératosique et grasse, de couleur marron à noire. La taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres.
Localisations préférentielles : zones grasses du corps – visage, cuir chevelu, décolleté, dos (parfois disposées en « sapin de Noël »), poitrine. Respecte les paumes, les plantes et les muqueuses.
Apparition : le plus souvent à partir de 30–40 ans, en nombre croissant avec l’âge.
Variante sur peau noire et mate – dermatosis papulosa nigra : petites kératoses séborrhéiques multiples siégeant principalement sur le visage, très fréquentes chez les personnes à phototype foncé. Bénignes, souvent nombreuses dès le jeune âge adulte.
Kératoses inflammatoires : certaines kératoses situées dans des zones de frottement (sous les seins, plis du tronc) peuvent devenir inflammatoires et provoquer des rougeurs et plaques sous les seins.
Signe de Leser-Trélat – quand consulter en urgence
⚠️ Apparition soudaine et rapide de nombreuses kératoses séborrhéiques en quelques semaines à mois, prurigineuses, en disposition « sapin de Noël » dans le dos : c’est le signe de Leser-Trélat, un marqueur paranéoplasique associé à un cancer viscéral sous-jacent. Cancers principalement concernés : adénocarcinome gastrique, adénocarcinome colique, lymphome, cancer du sein. Consultation urgente et bilan digestif requis.
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La kératose séborrhéique isolée et progressive ne fait pas partie de ce tableau – le signe de Leser-Trélat se caractérise par son apparition rapide, son caractère éruptif et le prurit associé.
Diagnostic – dermoscopie
Le diagnostic est clinique dans la grande majorité des cas. La dermoscopie apporte une confirmation non invasive et permet d’éliminer formellement un mélanome.
Critères dermoscopiques caractéristiques :
Signe dermoscopique
Description
Signification
Pseudokystes cornés (clods blancs)
Structures rondes blanches ou jaunâtres
Invaginations kératosiques – signe spécifique
Pseudo-comédons (clods marron-orange)
Bouchons brun-jaune à brun-noir dans les orifices folliculaires
Kératine dans les follicules dilatés – signe spécifique
Courbes cérébriformes
Lignes épaisses en réseau sinueux
Surface verruqueuse kératosique
Bordure abrupte
Délimitation nette sur toute la périphérie
Typique – contraste avec les bords flous du mélanome
Vaisseaux en épingles à cheveu
Vaisseaux homogènes en U
Vascularisation superficielle bénigne
Absence de réseau mélanocytaire
Pas de réseau pigmenté, pas de clods bleu-gris
Élimine le mélanome
Biopsie : indiquée uniquement en cas de doute diagnostique persistant après dermoscopie, de croissance rapide, d’aspect atypique ou de lésion pigmentée non concluante.
Bords perlés, vaisseaux arborescents à la dermoscopie, ne se détache pas
Lentigo solaire
Macule plane, pas de relief, bords moins nets, pas de surface kératosique
Traitement
La kératose séborrhéique ne nécessite aucun traitement obligatoire – elle est bénigne et ne dégénère pas. Le traitement est proposé pour des raisons esthétiques ou en cas d’inflammation par frottement.
Abstention surveillée : option valide pour les lésions stables, asymptomatiques et au diagnostic certain.
Cryothérapie à l’azote liquide : traitement de choix en cabinet – application de quelques secondes, chute de la lésion en 2–3 semaines. Risque de dépigmentation séquellaire sur peau foncée.
Curetage : ablation mécanique rapide sous anesthésie locale ou sans, pour les lésions épaisses et bien délimitées.
Exérèse chirurgicale : indiquée en cas de doute diagnostique avec un mélanome, de croissance rapide, d’aspect atypique ou de lésion non concluante en dermoscopie – avec envoi de la pièce en anatomopathologie.
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Signe de Leser-Trélat – urgence à ne pas manquer
L’apparition soudaine de nombreuses kératoses séborrhéiques peut révéler un cancer interne. Consultez rapidement si de nouvelles lésions apparaissent en grand nombre en quelques semaines, surtout avec amaigrissement ou fatigue inexpliquée.
Questions fréquentes
La kératose séborrhéique peut-elle devenir un mélanome ?
Non – la kératose séborrhéique est une lésion épidermique sans mélanocytes et sans potentiel de transformation maligne documenté. Elle ne dégénère pas. En revanche, un mélanome peut avoir un aspect clinique proche et tromper un œil non entraîné – d’où l’importance de la dermoscopie pour toute lésion pigmentée atypique.
Pourquoi autant de kératoses séborrhéiques apparaissent-elles avec l’âge ?
Leur multiplication avec l’âge est liée au vieillissement cutané et à l’accumulation des expositions solaires. Elles peuvent apparaître en dizaines voire en centaines chez les personnes âgées – c’est normal et sans signification pathologique tant que l’apparition reste progressive et non éruptive.
Peut-on enlever une kératose séborrhéique soi-même ?
Non recommandé. Les tentatives de grattage ou d’ablation domestique exposent à un saignement, une infection et surtout au risque de méconnaître une lésion mélanocytaire sous-jacente. La cryothérapie ou le curetage en cabinet prennent 30 secondes et sont sans danger. La règle de base : toute lésion pigmentée enlevée sans examen préalable est une lésion non diagnostiquée.
Faut-il s’inquiéter si les kératoses démangent ?
Une kératose isolée qui se gratte légèrement à cause d’un frottement vestimentaire n’est pas inquiétante. En revanche, l’apparition rapide de nombreuses kératoses prurigineuses en quelques semaines constitue le signe de Leser-Trélat – un signal d’alarme paranéoplasique qui nécessite une consultation urgente et un bilan digestif.
Votre enfant a des poux et vous vous demandez si Pouxit® est efficace ? Cette page répond à vos questions sur cette lotion sans insecticide, son mode d’emploi et ses résultats.
Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Pouxit® est une lotion anti-poux à base de diméticone (silicone), sans insecticide. Le diméticone tue les poux par asphyxie mécanique, un mode d’action physique qui ne provoque pas de résistance. Les études cliniques rapportent une efficacité de 70 % à plus de 95 % après une à deux applications espacées d’une semaine. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Pouxit®, qu’est-ce que c’est ?
Pouxit® contient des dérivés de la silicone, le diméticone. Contrairement aux insecticides classiques (pyréthrines, malathion), le diméticone n’agit pas chimiquement sur le système nerveux du pou. Il forme un film autour de l’insecte qui l’empêche de respirer et le tue par asphyxie en quelques heures. Ce mode d’action physique explique pourquoi aucune résistance au diméticone n’a été rapportée à ce jour, contrairement aux insecticides. Pouxit® est utilisé en application locale dans le traitement des poux du cuir chevelu. Il se présente sous la forme d’une lotion à appliquer sur cheveux secs. D’autres lotions à base de diméticone existent, comme Itax® ou Para®, avec un mode d’action similaire.
Comment utiliser Pouxit® ? Mode d’emploi
Pour une efficacité optimale, respectez ces étapes :
Appliquer la lotion sur le cuir chevelu et les cheveux secs, en massant bien pour une imprégnation complète.
Laisser sécher les cheveux à l’air libre, sans sèche-cheveux.
Laisser le produit agir au moins une heure (il peut être laissé toute la nuit).
Laver et rincer les cheveux avec un shampoing doux, puis peigner mèche par mèche avec un peigne à lentes.
Renouveler l’application une semaine après, pour éliminer les poux nés de lentes ayant survécu au premier traitement.
À savoir : Consultez votre médecin ou votre pharmacien si des poux ou lentes vivantes sont encore visibles après deux applications bien conduites à une semaine d’intervalle. Un traitement mal appliqué est la cause la plus fréquente d’échec, bien avant une éventuelle résistance. Consultez aussi si le cuir chevelu se surinfecte (croûtes jaunâtres, gonflement, ganglions).
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Quelles sont les contre-indications de Pouxit® ?
Pouxit® ne doit pas être utilisé en cas d’allergie connue au produit ou à l’un de ses composants. Demandez conseil à votre pharmacien avant utilisation chez le nourrisson ou en cas de doute. Par précaution, comme pour toute lotion capillaire, évitez d’exposer les cheveux traités à une flamme ou une source de chaleur intense pendant le temps de pose.
Pouxit® tue-t-il aussi les lentes, ou seulement les poux adultes ?
Le diméticone de Pouxit® agit à la fois sur les poux adultes et sur une partie des lentes (œufs), mais son efficacité sur les lentes est moins constante que sur les poux vivants. C’est pourquoi une deuxième application une semaine après la première est systématiquement recommandée, pour traiter les lentes ayant éclos dans l’intervalle.
Combien de temps faut-il laisser poser Pouxit® ?
Le temps de pose minimum est d’une heure, mais le produit peut rester en place toute la nuit sans risque, ce qui améliore souvent son efficacité sur les lentes. Il n’y a pas de bénéfice à dépasser ce temps au-delà d’une nuit complète.
Des études cliniques comparatives montrent une efficacité du diméticone égale, voire supérieure, à celle des insecticides classiques, avec l’avantage majeur de ne provoquer aucune résistance chez les poux, un phénomène de plus en plus fréquent avec les pyréthrines.
Peut-on utiliser Pouxit® chez la femme enceinte ou le jeune enfant ?
Le diméticone étant un produit à action physique et non un insecticide chimique absorbé par la peau, il est généralement considéré comme une option de choix pendant la grossesse et chez le jeune enfant. Demandez toutefois l’avis de votre médecin ou pharmacien en cas de doute, notamment avant 2 ans.
Faut-il traiter toute la famille en même temps ?
Non, seules les personnes chez qui la présence de poux vivants a été confirmée doivent être traitées. Un traitement systématique de toute la famille sans poux confirmés favorise les résistances et n’est pas recommandé par les autorités sanitaires.
Pouxit® est-il remboursé par l’Assurance Maladie ?
Non, les lotions anti-poux comme Pouxit® sont vendues sans ordonnance en pharmacie et ne sont pas remboursées par l’Assurance Maladie, qu’elles soient à base de diméticone ou d’insecticide.
Comment éviter que les poux reviennent après un traitement par Pouxit® ?
Lavez à 60°C le linge de lit et les vêtements portés récemment, examinez le cuir chevelu de tout l’entourage proche, et informez l’école ou la crèche par courtoisie. L’éviction scolaire n’est pas obligatoire en France.
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Références
Cet article a été rédigé et vérifié par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, à partir des données actuelles de la science.
ANSM — Arrêt de commercialisation de la lotion anti-poux Prioderm : les alternatives à action mécanique (diméticone) sont recommandées en première intention.
Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : La dermite des prés (phytophotodermatite) n’est pas une allergie mais une brûlure chimique : elle touche toute personne dont la peau, au contact de plantes riches en furocoumarines (berce du Caucase, céleri, figuier, agrumes), est ensuite exposée aux UV. Les lésions apparaissent 24 à 72 heures après le contact et les taches brunes résiduelles peuvent persister plusieurs semaines à mois. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Qu’est-ce que la dermite des prés ?
La dermite des prés (ou phytophotodermatite) est une réaction cutanée de type brûlure chimique, provoquée par le contact avec certaines plantes contenant des furocoumarines (voir la liste des substances photosensibilisantes), combiné à une exposition aux rayonnements ultraviolets (UVA). Elle n’est pas une allergie ni une photosensibilisation médicamenteuse : tout individu exposé peut être atteint.
ℹ️ À savoir La phytophotodermatite est à distinguer de la dermatite de contact allergique aux plantes (lierre, primevère), qui implique un mécanisme immunologique et n’est pas liée au soleil.
⚠️ Attention La dermite des prés survient souvent après des activités en plein air (jardinage, promenades) sans protection. Les enfants y sont particulièrement exposés lors de jeux dans la végétation.
Quelles plantes sont responsables ?
De nombreuses plantes contiennent des furocoumarines capables de provoquer cette réaction, à distinguer d’une lucite estivale ou d’une lucite polymorphe :
Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) – la plus agressive
Rue officinale (Ruta graveolens)
Persil, céleri, fenouil et autres apiacées
Figuier (sève et feuilles)
Agrumes (citron, bergamote) – notamment lors de l’application de jus sur la peau
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Symptômes et évolution
La réaction apparaît généralement 24 à 72 heures après l’exposition. Elle se manifeste par :
Qu’est-ce que la dermite des prés ? C’est une brûlure cutanée chimique provoquée par le contact avec des plantes (furocoumarines) combiné à une exposition aux UV. Elle n’est pas une allergie mais peut toucher tout le monde.
Quelles plantes provoquent la dermite des prés ? Principalement la berce du Caucase, la rue officinale, le persil, le céleri, le figuier et les agrumes. Toutes contiennent des furocoumarines photosensibilisantes.
Comment traiter la dermite des prés ? Corticoïdes topiques, émollients, pansements humides et protection solaire stricte. Les taches brunes résiduelles s’atténuent en quelques semaines.
Comment prévenir la dermite des prés ? Porter des gants et des vêtements couvrants lors du jardinage, se laver les mains après contact avec des plantes à risque, et éviter de s’exposer au soleil juste après.
La dermite des prés est-elle contagieuse ? Non. Ce n’est ni une infection ni une allergie : c’est une réaction phototoxique directe entre les furocoumarines de la plante et les UV. Elle ne se transmet pas d’une personne à l’autre.
Combien de temps durent les taches brunes après une dermite des prés ? L’hyperpigmentation résiduelle met généralement plusieurs semaines à plusieurs mois à s’estomper, parfois jusqu’à un an sur peau mate ou en cas d’exposition solaire répétée pendant la cicatrisation.
Faut-il consulter un dermatologue pour une dermite des prés ? Une consultation est recommandée si les lésions sont étendues, si le diagnostic est incertain, ou si les taches brunes résiduelles persistent et gênent au quotidien.
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Références
Grosu Dumitrescu C, Jîjie AR, Manea HC, et al. New Insights Concerning Phytophotodermatitis Induced by Phototoxic Plants. Life (Basel). 2024;14(8):1019. PMID 39202761.
Pointes sèches et fourchues des cheveux : causes et solutions
Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.
En bref : Les pointes sèches et fourchues résultent d’une usure de la fibre capillaire par les traitements chimiques (décoloration, coloration) et la chaleur, qui provoquent une perte de protéines de la cuticule pouvant atteindre plusieurs dizaines de pour cent selon le traitement subi. Une fois la pointe fendue, elle ne se répare pas : seule la coupe régulière élimine le problème, les soins permettant surtout de prévenir son aggravation. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Les pointes sèches sont le plus souvent un problème de tige pilaire sèche
Pourquoi les pointes des cheveux s’abîment-elles ?
La pointe du cheveu est la partie la plus ancienne de la fibre capillaire : c’est aussi celle qui a subi le plus grand nombre de lavages, brossages, expositions au soleil et, souvent, de traitements chimiques ou de coiffage à la chaleur
Ces agressions répétées usent progressivement la cuticule (l’enveloppe protectrice du cheveu), qui finit par se fissurer puis se dédoubler : c’est la fourche, ou trichoptilose
Bon à savoir : une fois la pointe fendue en deux, il est physiquement impossible de la « réparer » : les soins et masques capillaires lissent temporairement la surface du cheveu et limitent la casse, mais seule la coupe permet de faire disparaître la fourche.
Les principales causes des pointes abîmées
La chaleur : sèche-cheveux, lisseur et fer à boucler utilisés trop près ou trop chauds fragilisent la fibre, surtout sur cheveu mouillé
Les traitements chimiques : décoloration, coloration et défrisage abîment la cuticule et font perdre au cheveu une partie de ses protéines de structure
Le soleil et l’eau de mer ou de piscine : ils dessèchent et fragilisent la tige pilaire, en particulier sur cheveux déjà colorés
Le brossage agressif ou l’usage d’élastiques trop serrés, qui créent des microtraumatismes répétés sur la fibre
Que faire contre les pointes sèches ?
Ce problème est proche de celui des cheveux cassants, avec lesquels il partage souvent les mêmes causes.
Pour tenter de regainer et nourrir les cheveux secs, on peut utiliser
Des compléments alimentaires
Des compléments alimentaires (acides aminés soufrés le plus souvent, comme la L-cystine) pendant quelques mois, sur avis de votre médecin ou pharmacien
Attention : les compléments alimentaires ne sont ni des aliments ni des médicaments. Respectez toujours les doses indiquées, évitez les prises prolongées sans avis professionnel, et signalez tout effet indésirable à votre médecin ou pharmacien – certains compléments capillaires vendus sur internet ont été associés à des effets secondaires sévères.
Des soins capillaires adaptés
Des shampoings adaptés pour cheveux secs, qui aident les cheveux à prendre du volume et contiennent généralement un baume protecteur
Un séchage en douceur
Le séchage doux à l’aide d’un sèche-cheveux réglé sur une température moyenne, en passant la main doigts écartés dans les cheveux. Mieux vaut éviter d’appliquer une source de chaleur directement sur cheveu mouillé, ce qui accentue les dommages structurels de la fibre.
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La coupe régulière
C’est la seule solution qui élimine réellement une pointe déjà fourchue : une coupe d’entretien tous les deux à trois mois, même de quelques millimètres, empêche la fourche de remonter le long de la tige.
Prévenir l’apparition de nouvelles pointes fourchues
Retrouvez l’ensemble de nos conseils dans notre article sur les soins des cheveux.
Espacer les colorations et décolorations, ou les confier à un professionnel qui adapte le protocole au cheveu
Utiliser un protecteur thermique avant tout usage de sèche-cheveux, lisseur ou fer à friser
Protéger les cheveux du soleil et de l’eau chlorée ou salée (foulard, chapeau, rinçage après la baignade)
Privilégier une brosse souple et démêler délicatement, en partant des pointes vers les racines
Télécharger un guide complet au format PDF :
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Questions fréquentes
Une pointe fourchue peut-elle se ressouder ?
Non. Une fois la cuticule fendue, la fibre capillaire, qui est un tissu mort non vascularisé, ne peut pas se régénérer. Les soins « anti-pointes fourchues » lissent temporairement l’aspect du cheveu en comblant la fissure, mais l’effet disparaît au lavage suivant. Seule la coupe élimine définitivement la fourche.
À quelle fréquence faut-il couper les pointes ?
En moyenne toutes les 8 à 12 semaines, même en laissant pousser les cheveux : couper 0,5 à 1 cm suffit à retirer la partie abîmée avant qu’elle ne remonte le long de la fibre et fragilise davantage le cheveu.
Les compléments alimentaires sont-ils efficaces contre les pointes sèches ?
Une étude clinique portant sur des compléments à base d’acides aminés soufrés (L-cystine, méthionine) a montré une amélioration de la qualité du cheveu chez la majorité des patientes traitées après 3 à 6 mois. Ils agissent sur la qualité globale de la fibre en croissance, mais ne réparent pas les pointes déjà fourchues.
La chaleur du sèche-cheveux abîme-t-elle vraiment les pointes ?
Oui, particulièrement sur cheveu mouillé : des études montrent que le traitement thermique sur cheveu humide cause davantage de dommages structurels à la fibre que sur cheveu sec, en raison de l’évaporation rapide de l’eau contenue dans le cheveu.
Les cheveux frisés ou afro sont-ils plus sujets aux pointes fourchues ?
Oui. Les cheveux crépus et bouclés ont une cuticule naturellement plus fine et une structure plus fragile aux points de torsion, ce qui les rend plus sensibles à l’usure par le brossage, la décoloration ou les rayonnements UV que les cheveux raides.
Références scientifiques
Bloch LD et al. Chemical and physical treatments damage Caucasian and Afro-ethnic hair fibre: analytical and image assays. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2019. PMID 31237371
Christian P et al. The effects of water on heat-styling damage. J Cosmet Sci. 2011. PMID 21443842
Starace M et al. Oral supplementation in female telogen effluvium: a clinical and instrumental objective evidence of efficacy and tolerability of new oral cosmetic treatment. Ital J Dermatol Venerol. 2023. PMID 36645365
Effacer les taches brunes : crèmes, peelings, laser et cryothérapie – guide complet des traitements
Les taches brunes du visage sont l’une des premières préoccupations cosmétiques en dermatologie. Lentigos solaires, mélasma, hyperpigmentation post-inflammatoire après acné – les causes sont diverses et les traitements ne sont pas interchangeables. Un traitement laser adapté au lentigo solaire peut aggraver un mélasma. Un dépigmentant efficace sur une tache post-acné sera insuffisant sur un lentigo dermique. Le diagnostic précis par le dermatologue conditionne le choix du traitement optimal. Distinguer une tache brune (lentigo bénin) d’un mélanome.
En bref : Les taches brunes solaires (lentigos actiniques) touchent plus de 90 % des personnes à peau claire après 50 ans. Bénignes, elles doivent être distinguées d’une kératose actinique ou d’un mélanome par un dermatologue. Les traitements les plus efficaces associent dépigmentants topiques (acide azélaïque, trétinoïne) et gestes physiques (cryothérapie, laser IPL). La protection solaire SPF 50 quotidienne est le seul moyen de prévenir leur récidive. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Protection solaire – le prérequis absolu de tout traitement
Aucun traitement dépigmentant ne donne de résultats durables sans protection solaire stricte. Les UV stimulent les mélanocytes et entretiennent ou aggravent toutes les formes d’hyperpigmentation – une seule journée d’exposition sans protection peut annuler semaines de traitement. La protection solaire s’applique toute l’année, même en hiver et par temps nuageux, car la lumière du jour (UVA + lumière visible) suffit à activer les mélanocytes. Indice SPF 50+, filtres minéraux de préférence (oxyde de zinc, dioxyde de titane) qui bloquent aussi la lumière visible. Voir comment bien se protéger du soleil.
Crèmes et actifs dépigmentants – comment ils fonctionnent
Les crèmes dépigmentantes agissent selon deux mécanismes distincts : certaines inhibent la synthèse de mélanine (action préventive sur les nouvelles taches) ; d’autres éliminent la mélanine déjà déposée par exfoliation ou destruction des mélanocytes (action curative sur les taches existantes). Les plus efficaces combinent les deux mécanismes.
Règle d’application commune à tous les dépigmentants topiques : appliquer uniquement sur les zones pigmentées, jamais sur la peau saine autour – sous peine d’éclaircir la peau normale et de créer un contraste inversé. Commencer par une application tous les deux jours pour tester la tolérance avant de passer quotidiennement.
Hydroquinone – la référence mondiale
L’hydroquinone (1,4-dihydroxybenzène) est le dépigmentant le plus étudié et le plus utilisé au monde depuis 50 ans. Elle inhibe la tyrosinase (enzyme clé de la mélanogenèse), endommage les mélanosomes et réduit durablement la production de mélanine. Utilisée à des concentrations de 2 à 5 %. En France, elle est interdite dans les cosmétiques grand public depuis 2001 – elle n’est disponible que sur prescription médicale, en préparation magistrale. Résultats visibles après 3 mois d’application biquotidienne.
Ses effets indésirables sont l’irritation locale, les réactions allergiques, et surtout l’ocronose exogène – pigmentation paradoxale bleu-grisâtre irréversible survenant en cas d’utilisation prolongée à forte concentration sans suivi médical. Durée maximale recommandée : 4 à 6 mois en continu. La préparation magistrale doit être conservée au frais et à l’abri de la lumière – l’apparition d’une couleur brune signale l’oxydation.
La formule de Kligman (triple association magistrale) est la préparation de référence pour le mélasma et les lentigos résistants : hydroquinone 2-5 % + acide rétinoïque 0,05-0,10 % + acétate de dexaméthasone 0,10 %. Synergique et plus efficace que chaque composant seul – amélioration notable en 8 semaines dans les formes épidermiques. Traitement d’attaque 3-6 mois, puis entretien 2-3 fois par semaine.
Méquinol (monométhyléther d’hydroquinone)
Le méquinol est un ester de l’hydroquinone dont le mécanisme d’action est double : oxydé en radicaux libres qui endommagent sélectivement les membranes des mélanocytes, et inhibition directe de la tyrosinase. Disponible en préparations commerciales à 5 et 10 % (Leucodinine B®, Any®, Crème des trois fleurs d’Orient®, Clairodermyl®). Application biquotidienne initiale sur les zones pigmentées uniquement, puis espacement progressif à mesure de l’amélioration. Durée maximale : 4 mois – ne pas traiter plus de 10 % de la surface corporelle. Contre-indiqué avant 12 ans et pendant la grossesse/allaitement. Peut provoquer des dépigmentations en confettis en cas de surdosage.
Trétinoïne (acide rétinoïque)
La trétinoïne inhibe la mélanogenèse, accélère le renouvellement cellulaire (kératolytique) et augmente la pénétration des autres actifs dépigmentants – c’est pourquoi elle est systématiquement associée à l’hydroquinone dans la formule de Kligman. Utilisée hors AMM dans les taches brunes (son AMM est dans l’acné). Irritante en début de traitement (rougeurs, desquamation) – commencer 1 soir/2 puis quotidiennement si bien tolérée. Contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement. Premier éclaircissement visible à 3 mois, traitement d’attaque 6 mois puis entretien 3 applications/semaine. Disponible à 0,025 %, 0,05 % et 0,10 % (Effederm®, Ketrel®, Locacid®, Retacnyl®, Retin-A®).
Acide azélaïque
L’acide azélaïque inhibe de façon réversible la tyrosinase et réduit la prolifération des mélanocytes hyperactifs. Antibactérien, il a une AMM dans l’acné (Skinoren® 20 %) et est utilisé hors AMM dans les hyperpigmentations post-inflammatoires. Avantage majeur : excellente tolérance sur les peaux sensibles et les phototypes foncés, utilisable pendant la grossesse (innocuité démontrée). Utile comme alternative à l’hydroquinone chez les femmes enceintes présentant un mélasma.
Acide kojique
L’acide kojique est produit par le champignon Aspergillus flavus. Il inhibe la tyrosinase par chélation du cuivre (cofacteur enzymatique). Efficacité modérée en monothérapie, potentialisée en association avec l’acide glycolique et l’hydroquinone. Disponible en cosmétiques sans ordonnance à des concentrations de 1 à 4 %.
Autres actifs – cosmétiques sans ordonnance
Plusieurs actifs sont disponibles en cosmétiques de grande diffusion avec une efficacité modeste mais réelle sur les formes légères : vitamine C (ascorbyl glucoside, acide ascorbique à 10-20 %) – inhibe la tyrosinase et neutralise les radicaux libres ; niacinamide à 5-10 % – réduit le transfert des mélanosomes vers les kératinocytes ; arbutine et bêta-arbutine – précurseurs naturels de l’hydroquinone ; glucosamine – inhibe la glycosylation de la tyrosinase ; AHA (acides de fruits) – exfoliants qui éliminent les kératinocytes chargés en mélanine. Ces actifs sont utiles en traitement d’entretien ou pour les formes légères, insuffisants seuls pour les formes modérées à sévères.
Ces traitements sont réalisés en cabinet dermatologique, de préférence en automne-hiver, à distance de l’exposition solaire. Tous s’accompagnent d’une période de récupération (croûtes, rougeurs, peau à vif) de 5 à 10 jours, pendant laquelle la protection solaire stricte est impérative pour éviter une hyperpigmentation post-inflammatoire.
Cryothérapie à l’azote liquide
La cryothérapie détruit les mélanocytes par congélation brève (azote liquide à -196°C) – les mélanocytes sont particulièrement sensibles au froid. Technique rapide, efficace sur les lentigos actiniques (taches solaires) isolés et bien délimités. Risque de séquelles dyschromiques (taches blanches ou taches brunes résiduelles) en cas de dosage incorrect – nécessite une expérience de l’opérateur. Déconseillée sur les phototypes foncés (risque de dépigmentation permanente). Contre-indiquée sur le mélasma.
Peelings chimiques
Les peelings exfolient les couches superficielles de l’épiderme et éliminent les kératinocytes chargés en mélanine. Les formulations utilisées contre les taches brunes associent souvent acide glycolique (20-70 %), acide kojique, acide trichloroacétique et parfois hydroquinone 4 % (peeling de Jessner modifié). Le peeling Dermamelan® est une procédure de cabinets dermatologiques spécifiquement formulée pour le mélasma (acide kojique, phytic acid, vitamine C, rétinol) – efficace sur les formes épidermiques modérées à sévères avec un bon profil de sécurité sur les phototypes intermédiaires. Les peelings sont efficaces sur les taches brunes solaires du visage et des mains, et sur les taches noires post-acné – y compris sur peau noire si réalisés par un opérateur expérimenté avec des produits adaptés.
Laser contre les taches brunes
Le laser pigmentaire est le traitement de référence des lentigos solaires bien délimités. Les lasers Q-switched (Nd:YAG, rubis, alexandrite) ciblent sélectivement la mélanine par photothermolyse sélective – destruction des mélanosomes sans dommage aux tissus environnants. Résultats excellents sur les lentigos superficiels en 1 à 2 séances. Le laser fractionné non ablatif (1550 nm, 1927 nm) est utilisé pour les formes diffuses ou les mélasmas épidermiques – en basse énergie pour limiter le risque d’HPi. La combinaison laser pigmentaire + laser ablatif fractionné est souvent utilisée pour un résultat optimal sur les taches mixtes. Précaution impérative : ne pas utiliser les lasers ablatifs sur un mélasma actif – risque d’aggravation significatif.
IPL – lampe flash (lumière intense pulsée)
La lumière intense pulsée (IPL) est particulièrement adaptée au traitement de grandes zones : visage entier, dos des mains, décolleté. Elle cible la mélanine sur un spectre large de longueurs d’onde, efficace sur les lentigos multiples diffus. Moins précise que le laser Q-switched sur les taches isolées, mais pratique pour les « mains tachées » ou le photovieillissement diffus. Séance mensuelle × 3 à 5 séances. Contre-indiquée sur les peaux bronzées ou les phototypes VI.
Quel traitement selon le type de tache ?
Type de tache
1ère intention
2ème intention
À éviter
Mélasma épidermique
Triple association magistrale + SPF 50+
Peeling Dermamelan® / acide tranexamique
Laser ablatif agressif
Lentigo solaire isolé
Laser Q-switched ou cryothérapie
IPL / trétinoïne + méquinol
Crèmes seules insuffisantes
Lentigos multiples diffus
IPL visage/mains
Laser fractionné + topiques
Cryothérapie sur peau foncée
Taches post-acné (HPi)
Acide azélaïque / trétinoïne / SPF 50+
Peeling glycolique / hydroquinone
Laser agressif sur peau foncée
Mélasma dermique
SPF 50+ strict + acide tranexamique
Laser Nd:YAG low fluence
Crèmes topiques seules (peu efficaces)
Grossesse (mélasma actif)
SPF 50+ + acide azélaïque
Attendre l’accouchement pour traitement actif
Hydroquinone, trétinoïne, laser
⚠️ Consultez SANS ATTENDRE si la tache :
Change de couleur, de forme ou grossit rapidement
Présente des bords irréguliers ou plusieurs teintes
Saigne, suinte ou ne cicatrise pas
Apparaît après 40 ans sur une zone non exposée au soleil
Ressemble à un grain de beauté qui évolue (règle ABCDE)
Ces signes peuvent indiquer un mélanome ou un carcinome – un avis dermatologique urgent est indispensable.
Questions fréquentes
Quelle est la crème la plus efficace contre les taches brunes sans ordonnance ?
Pour les taches légères, les crèmes contenant de la vitamine C à 15-20 % stabilisée, de la niacinamide à 10 % ou de l’acide kojique associé à l’acide glycolique donnent les meilleurs résultats sans ordonnance – avec une amélioration visible après 2 à 3 mois d’utilisation régulière associée à un SPF 50+. Pour les taches modérées à sévères (mélasma, lentigos bien établis), ces crèmes sont insuffisantes et une consultation dermatologique pour obtenir une préparation magistrale à l’hydroquinone est nécessaire.
Combien de séances de laser faut-il pour effacer les taches brunes ?
Pour les lentigos solaires isolés : 1 à 2 séances de laser Q-switched suffisent généralement. Pour les lentigos diffus traités à l’IPL : 3 à 5 séances mensuelles. Pour le mélasma traité au laser fractionné : 4 à 6 séances espacées de 4 semaines, avec résultats variables. Dans tous les cas, la récidive est possible à la réexposition solaire – la protection SPF 50+ est impérative après chaque séance et en entretien.
L’hydroquinone est-elle dangereuse ?
L’hydroquinone est sûre utilisée correctement, sous surveillance médicale, en cure de 4 à 6 mois maximum. Le risque principal est l’ocronose exogène (taches bleu-grisâtres paradoxales) – elle survient uniquement en cas d’utilisation prolongée à forte concentration sans suivi médical, surtout sur peaux foncées et avec des produits non conformes. Les préparations magistrales françaises prescrites par les dermatologues respectent des concentrations et durées sécurisées. La délivrance sans contrôle médical est interdite en France depuis 2001.
Les taches brunes reviennent-elles après un traitement ?
Oui, sans protection solaire quotidienne les taches reviennent invariablement – parfois plus rapidement que leur traitement. C’est particulièrement vrai pour le mélasma. La protection SPF 50+ n’est pas optionnelle mais constitutive du traitement. Après obtention d’un bon résultat, un traitement d’entretien (préparation magistrale 2-3 fois/semaine) et une protection solaire permanente permettent de stabiliser le résultat sur le long terme.
Peut-on traiter les taches brunes pendant la grossesse ?
Les options sont limitées pendant la grossesse – hydroquinone, trétinoïne et laser sont contre-indiqués. L’acide azélaïque (Skinoren®) a une innocuité démontrée et peut être utilisé. La protection solaire SPF 50+ est la mesure la plus importante. Pour les traitements actifs (préparations magistrales, peelings, laser), attendre l’accouchement et la fin de l’allaitement.
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Références scientifiques
Farris PK. Combination therapy for solar lentigines. J Drugs Dermatol. 2004;3(5 Suppl):S23-6. PMID 15552596
Jarratt M. Mequinol 2%/tretinoin 0.01% solution: an effective and safe alternative to hydroquinone 3% in the treatment of solar lentigines. Cutis. 2004 Nov;74(5):319-22. PMID 15605971
Dreher F et al. Efficacy of hydroquinone-free skin-lightening cream for photoaging. J Cosmet Dermatol. 2013 Mar;12(1):12-7. PMID 23438137
Haute Autorité de Santé. has-sante.fr – recommandations sur les lésions cutanées.
Mis à jour le 10 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : Effizinc® (zinc gluconate 15 mg) traite l’acné inflammatoire légère à modérée, avec une efficacité comparable à la tétracycline mais sans risque de résistance bactérienne. Contrairement à une idée reçue, il doit être pris à distance des repas pour une absorption optimale. — Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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Effizinc® : qu’est-ce que c’est ?
Effizinc® est un médicament à base de zinc gluconate (15 mg de zinc élément par gélule), disponible sur prescription pour le traitement de l’acné vulgaire légère à modérée. Le zinc est un oligo-élément essentiel qui joue un rôle important dans la régulation de la fonction sébacée et dans la réponse inflammatoire cutanée.
ℹ️ Information clé
Effizinc® est l’un des rares traitements anti-acnéiques systémiques ne nécessitant pas de contraception particulière et pouvant être utilisé sur une longue durée. Il ne présente pas de risque de résistances bactériennes, contrairement aux antibiotiques.
Mécanisme d’action du zinc dans l’acné
Le zinc exerce plusieurs effets bénéfiques sur l’acné :
Effet anti-inflammatoire : il inhibe les médiateurs de l’inflammation cutanée
Effet antibactérien indirect : il réduit la colonisation par Cutibacterium acnes
Régulation sébacée : il module la production de sébum par les glandes sébacées
Effet antioxydant : il protège la peau du stress oxydatif
Efficacité clinique d’Effizinc®
Des études cliniques ont démontré l’efficacité du zinc gluconate dans l’acné modérée. Son efficacité est comparable à celle de la tétracycline orale 250 mg, avec un profil de tolérance nettement supérieur et sans risque de résistances bactériennes. Il est particulièrement indiqué chez les patients présentant une contre-indication aux antibiotiques oraux. D’autres marques de zinc existent, comme Rubozinc®.
Mode d’emploi
Paramètre
Recommandation
Posologie
2 gélules par jour (30 mg de zinc élément)
Moment de prise
À distance des repas (plus de 2h si possible), grand verre d’eau, position assise
Durée
3 à 6 mois en traitement d’attaque
Premiers résultats
Visibles après 4 à 8 semaines
Effets secondaires et précautions
Effizinc® présente un excellent profil de tolérance. Les effets secondaires sont rares et bénins : nausées ou inconfort gastrique transitoire, surtout si la gélule n’est pas prise avec un grand verre d’eau en position assise. Contrairement à une idée reçue, il ne faut pas la prendre avec un repas, qui réduit l’absorption du zinc.
⚠️ Attention
Le zinc peut interagir avec certains médicaments (antibiotiques cyclines, bisphosphonates). Un intervalle de 2 heures minimum entre la prise de zinc et ces médicaments est recommandé.
⚠ Précautions particulières : par mesure de précaution, évitez Effizinc® au 1er trimestre de grossesse (données encore limitées). La gélule n’est pas recommandée chez l’enfant de moins de 6 ans (risque de fausse-route). Consultez rapidement en cas de troubles digestifs hauts marqués ou de signes évocateurs d’anémie (fatigue inhabituelle, pâleur) lors d’un traitement prolongé.
Zinc et acné : place dans la stratégie thérapeutique
Selon la Haute Autorité de Santé, le zinc gluconate peut être utilisé dans l’acné légère à modérée, en monothérapie ou en association avec un traitement topique (rétinoïde ou peroxyde de benzoyle). Il constitue une alternative utile aux antibiotiques oraux dans une stratégie de limitation des résistances bactériennes.
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Foire aux questions
Comment le zinc agit-il contre l’acné ?
Le zinc exerce un effet anti-inflammatoire, antioxydant et régulateur du sébum. Il inhibe la croissance de Cutibacterium acnes et module la réponse immunitaire cutanée, ce qui réduit l’inflammation acnéique.
Effizinc® est-il efficace contre l’acné ?
Effizinc® a montré une efficacité comparable à celle de la tétracycline 250 mg dans des études cliniques pour l’acné modérée. Il n’induit pas de résistances bactériennes, ce qui constitue un avantage important, en particulier chez les patients ayant une contre-indication aux antibiotiques oraux.
Quels sont les effets secondaires d’Effizinc® ?
Les effets secondaires sont rares et bénins : nausées ou inconfort gastrique transitoire, surtout en cas de prise à jeun sans respecter les précautions d’usage. Une atteinte digestive haute est possible si la gélule n’est pas prise avec un grand verre d’eau en position assise.
Combien de temps faut-il prendre Effizinc® pour l’acné ?
Le traitement dure généralement 3 à 6 mois en traitement d’attaque. Les premiers résultats apparaissent après 4 à 8 semaines. Le dermatologue peut l’associer à un traitement topique en cas d’amélioration insuffisante.
Faut-il prendre Effizinc® pendant ou en dehors des repas ?
Contrairement à une idée reçue, Effizinc® doit être pris à distance des repas, si possible plus de 2 heures avant ou après, car les aliments réduisent l’absorption intestinale du zinc. Prendre la gélule avec un grand verre d’eau, en position assise, et éviter de s’allonger dans les 30 minutes suivant la prise.
Peut-on prendre Effizinc® pendant la grossesse ?
Par mesure de précaution, il est préférable d’éviter Effizinc® au 1er trimestre de la grossesse pour l’indication acné : les données cliniques sont rassurantes mais encore limitées. Aux 2e et 3e trimestres, son utilisation est envisageable en tenant compte des autres apports en zinc. Demandez toujours l’avis de votre médecin. Voir aussi notre article sur la peau et les médicaments pendant la grossesse.
Effizinc® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui, Effizinc® est remboursé à 30 % par l’Assurance Maladie. La Haute Autorité de Santé a toutefois jugé son service médical rendu (SMR) faible dans l’indication acné inflammatoire de sévérité mineure et moyenne (avis du 1er avril 2015).
Références
Dreno B et al. Zinc salts effects on granulocyte zinc concentration and chemotaxis in acne patients. Acta Derm Venereol. 1992;72(4):250-2. PMID 1357876.
Michaelsson G et al. A double-blind study of the effect of zinc and oxytetracycline in acne vulgaris. Br J Dermatol. 1977;97(5):561-6. PMID 145237.
Verma KC et al. Oral zinc sulphate therapy in acne vulgaris: a double-blind trial. Acta Derm Venereol. 1980;60(4):337-40. PMID 6163281.
Haute Autorité de Santé. Avis de la Commission de la Transparence – EFFIZINC, 1er avril 2015. has-sante.fr.
Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Résumé des caractéristiques du produit – EFFIZINC 15 mg, gélule. ansm.sante.fr.
Isotrétinoïne : mécanisme, contre-indications, effets secondaires et conseils pratiques
L’isotrétinoïne est un dérivé de la vitamine A (rétinoïde de synthèse) utilisé par voie orale dans le traitement de l’acné sévère. C’est le seul traitement anti-acné potentiellement curatif – il réduit durablement la taille et l’activité des glandes sébacées, la production de sébum, la colonisation par Cutibacterium acnes et l’inflammation folliculaire. Commercialisé depuis 1982, il reste après 40 ans le traitement de référence des acnés sévères nodulo-kystiques et des acnés résistantes aux antibiotiques. Sa prescription exige cependant des précautions strictes, notamment chez la femme en âge de procréer.
Mis à jour le 12 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).
En bref : L’isotrétinoïne orale (Curacné®, Contracné®, Roaccutane®) est le seul traitement anti-acné potentiellement curatif, réservé aux acnés sévères nodulo-kystiques résistantes aux antibiotiques. Sa prescription impose un bilan sanguin, un programme strict de prévention de la grossesse chez la femme en âge de procréer (risque de malformation dans jusqu’à 25 % des grossesses exposées) et une surveillance psychologique régulière ; les grandes études épidémiologiques récentes ne confirment pas de lien de causalité avec la dépression. – Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
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L’isotrétinoïne est disponible en France sous plusieurs noms commerciaux contenant la même molécule à des dosages différents (5 mg, 10 mg, 20 mg, 40 mg) : Contracné®, Curacné®, Procuta® et Roaccutane®. Des génériques sont également disponibles. La prescription initiale est réservée au dermatologue ou au médecin spécialiste, avec une ordonnance sécurisée renouvelable par le médecin traitant.
Indications de l’isotrétinoïne
L’isotrétinoïne est indiquée dans les situations suivantes selon les recommandations HAS/SFD :
En première intention : acné nodulo-kystique sévère (grade 5) avec risque cicatriciel élevé – dans ces formes, attendre l’échec des antibiotiques exposerait à des cicatrices définitives irréversibles.
En deuxième intention : acné résistante après 3 mois d’antibiothérapie orale bien conduite associée à un traitement topique (grades 3 et 4), acné récidivant rapidement à l’arrêt des traitements, acné sévère de la femme adulte résistante aux traitements conventionnels et hormonaux.
Situations alternatives à l’isotrétinoïne : en cas de contre-indication ou de refus, le laser 1726 nm et la photothérapie dynamique constituent des alternatives à discuter avec le dermatologue.
Mécanisme d’action
L’isotrétinoïne agit sur les quatre mécanismes pathogéniques de l’acné simultanément – c’est ce qui explique son efficacité supérieure à tout autre traitement. Elle réduit la taille des glandes sébacées de 35 à 58 % et la production de sébum de 70 à 90 % dès les premières semaines de traitement. Elle normalise la kératinisation folliculaire (disparition des comédons), réduit la colonisation par Cutibacterium acnes secondairement à l’assèchement du follicule, et exerce un puissant effet anti-inflammatoire direct.
L’atrophie des glandes sébacées persiste plusieurs mois après l’arrêt – c’est ce qui explique l’effet prolongé ou curatif chez environ 70-80 % des patients après un cycle complet à dose cumulée suffisante (120-150 mg/kg).
Contre-indications
Contre-indication
Raison
Grossesse et allaitement ⚠️
Tératogénicité majeure – risques de malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️
Même risque – contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et au moins 1 mois après
Métabolisme hépatique de l’isotrétinoïne – risque d’accumulation
Insuffisance rénale sévère
Élimination rénale des métabolites
Hyperlipidémie non contrôlée
L’isotrétinoïne élève les triglycérides – risque de pancréatite aiguë
Hypervitaminose A
Risque d’effets toxiques cumulatifs (ne pas associer aux vitamines A)
Effets secondaires fréquents
Effets cutanéo-muqueux (très fréquents, attendus) – la sécheresse cutanée, la chéilite (lèvres sèches et gercées) et la sécheresse des muqueuses nasales sont quasi constantes et témoignent de l’efficacité du traitement. Elles se traitent par émollients riches, baume labial à appliquer plusieurs fois par jour, et solution saline nasale. La sécheresse oculaire impose de préférer les lunettes aux lentilles de contact pendant toute la durée du traitement.
Bilan biologique de surveillance – avant traitement puis tous les 1 à 3 mois : transaminases (ASAT, ALAT), bilan lipidique complet (triglycérides, cholestérol). Une élévation modérée des triglycérides est fréquente et nécessite une réduction des graisses alimentaires et de l’alcool. Une élévation majeure peut imposer la réduction de la dose ou l’arrêt.
Photosensibilité – l’exposition solaire est déconseillée pendant le traitement. La peau est plus fine et plus sensible aux UV. Protection solaire indice 50 obligatoire.
Douleurs musculaires et articulaires – myalgies et arthralgies peuvent survenir, notamment à l’effort. Le sport de haut niveau est à éviter pendant le traitement. En cas de douleurs importantes, consulter le médecin.
Acné fulminans (rare mais grave) – une aggravation brutale et sévère de l’acné peut survenir en début de traitement, particulièrement dans les formes à forte composante rétentionnelle. Elle est prévenue par un démarrage à faible dose (0,2-0,3 mg/kg/j) dans ces formes, éventuellement précédé d’un nettoyage de peau.
Épilations à la cire – formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt : risque de décollement épidermique. Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire.
Programme de prévention de la grossesse (PPG)
L’isotrétinoïne est tératogène majeur – elle provoque des malformations fœtales graves (cardiaques, crânio-faciales, neurologiques) dans environ 25 % des grossesses exposées. Un Programme de Prévention de la Grossesse (PPG) strict est obligatoire pour toute femme en âge de procréer.
Le PPG impose : un test de grossesse négatif dans les 3 jours précédant la prescription, une contraception efficace débutée 1 mois avant le traitement, des tests de grossesse mensuels pendant le traitement, la poursuite de la contraception pendant au moins 1 mois après l’arrêt du traitement, la signature d’un formulaire d’accord de soins, et l’interdiction de don du sang pendant le traitement et 1 mois après l’arrêt (le sang pourrait être transfusé à une femme enceinte).
⚠️ Consultez sans attendre si :
– Vous êtes enceinte ou pensez l’être sous isotrétinoïne : arrêtez immédiatement le traitement et contactez en urgence votre médecin prescripteur, un avis de tératologie médicale est indispensable ;
– Vous ressentez des idées noires, une tristesse inhabituelle ou un changement brutal de comportement ;
– Vous avez des céphalées intenses, des troubles visuels ou des vomissements (signes possibles d’hypertension intracrânienne) ;
– Vous avez des douleurs abdominales violentes, avec ou sans diarrhée sanglante (risque de maladie inflammatoire digestive ou de pancréatite).
Conseils pratiques pour bien vivre le traitement
Lèvres et peau sèche – appliquer un baume labial (Homéoplasmine®, Bepanthen®, vaseline) dès le début du traitement, avant que la chéilite ne s’installe. Pour la peau, utiliser un émollient riche non comédogène matin et soir. Les soins visage habituels peuvent être trop agressifs – simplifié la routine pendant le traitement.
Soleil – protection solaire indice 50 obligatoire toute l’année, même par temps nuageux. Les UV accélèrent le vieillissement cutané sur peau sous isotrétinoïne et augmentent le risque d’érythème sévère.
Aggravation initiale – une exacerbation des lésions dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et fait partie du mécanisme d’action. Elle ne signifie pas que le traitement est inefficace. Ne pas interrompre sans en parler au médecin.
Alcool – à éviter pendant le traitement (interaction avec le bilan hépatique et lipidique, risque d’élévation des triglycérides).
Crèmes irritantes – interrompre les rétinoïdes topiques, les acides (AHA, BHA, glycolique), les exfoliants et le peroxyde de benzoyle pendant l’isotrétinoïne orale – la peau est déjà fragilisée et l’association est inutile et irritante.
Effets psychiatriques – point sur la controverse
Depuis la commercialisation de l’isotrétinoïne en 1982, une controverse existe concernant les liens entre sa prescription et la survenue de troubles dépressifs, voire d’idées suicidaires. En 2004, la FDA américaine a alerté sur un risque de dépression, de troubles bipolaires, d’agressivité et de psychose. En 2005, l’isotrétinoïne est apparue dans la liste des médicaments dépressogènes en Europe.
Que sait-on aujourd’hui ? Les grandes études épidémiologiques récentes ne confirment pas de lien causal entre isotrétinoïne et dépression – les méta-analyses les plus récentes suggèrent même que l’amélioration de l’acné sous isotrétinoïne s’accompagne d’une amélioration de la qualité de vie et de l’état psychologique pour la grande majorité des patients. Le biais de confusion est important : l’acné sévère elle-même est un facteur de risque de dépression indépendant. Pour une analyse complète et actualisée de cette question, voir notre article Roaccutane et suicide – ce que dit la science.
En pratique : l’évaluation du risque dépressif avant prescription (score ADRS) est recommandée. Tout changement d’humeur, irritabilité inhabituelle, ou symptôme dépressif survenant sous traitement doit être signalé immédiatement au médecin prescripteur.
Voici l’exemple d’une jeune femme qui avait une acné sévère depuis plusieurs années, vous n’aurez pas de mal à croire qu’elle a une meilleure humeur pendant qu’avant le traitement…
Avant traitement
1 mois après le début (purge)
2 mois après le début…
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Questions fréquentes sur l’isotrétinoïne
Combien de temps dure un traitement par isotrétinoïne ?
La durée dépend du poids et de la dose quotidienne – l’objectif est d’atteindre une dose cumulée totale de 120 à 150 mg/kg. À 0,5 mg/kg/j, cela représente environ 6 à 8 mois de traitement pour un patient de 70 kg. Des doses plus faibles (0,2-0,3 mg/kg/j) sont utilisées en cas de forme rétentionnelle prédominante ou pour prévenir l’acné fulminans – elles allongent la durée mais améliorent la tolérance.
L’acné revient-elle toujours après l’isotrétinoïne ?
Non – 70 à 80 % des patients ne nécessitent pas de nouveau traitement après un premier cycle à dose cumulée suffisante. Les rechutes surviennent préférentiellement chez les patients traités à faible dose cumulée, les formes très séborrhéiques, l’acné de la femme adulte avec composante hormonale marquée, et les patients traités avant la fin de la puberté. En cas de rechute, un deuxième cycle est généralement aussi efficace.
Peut-on prendre de la vitamine A en même temps que l’isotrétinoïne ?
Non – formellement contre-indiqué. L’association de suppléments en vitamine A à l’isotrétinoïne expose à une hypervitaminose A avec risque de toxicité hépatique et d’hypertension intracrânienne. Vérifier la composition de tous les compléments alimentaires et multivitamines pris en parallèle.
L’isotrétinoïne affecte-t-elle la fertilité future ?
Non – l’isotrétinoïne n’affecte pas la fertilité féminine ni masculine. L’effet tératogène est lié à la présence du médicament dans l’organisme pendant la grossesse, pas à un effet durable sur les ovules ou les spermatozoïdes. Un mois après l’arrêt du traitement, le médicament est totalement éliminé de l’organisme et une grossesse peut être envisagée sans risque lié à l’isotrétinoïne, à condition d’avoir respecté la poursuite de la contraception pendant ce mois.
Comment gérer les douleurs musculaires sous isotrétinoïne ?
Les myalgies sous isotrétinoïne sont dose-dépendantes et s’aggravent avec l’effort physique intense. En cas de douleurs modérées, réduire l’intensité du sport et utiliser du paracétamol. Éviter les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène) qui peuvent masquer une rhabdomyolyse. En cas de douleurs importantes ou de crampes sévères, consulter le médecin – une réduction de dose est parfois nécessaire.
L’isotrétinoïne provoque-t-elle une dépression ou des idées suicidaires ?
Une controverse existe depuis les années 2000, mais les grandes études épidémiologiques les plus solides (cohortes de plusieurs milliers de patients) ne confirment pas de lien de causalité direct : l’acné sévère elle-même est un facteur de risque dépressif connu, et la plupart des patients voient leur qualité de vie s’améliorer sous traitement. Une évaluation du risque dépressif (score ADRS) est recommandée avant la prescription, et tout changement d’humeur doit être signalé immédiatement au médecin.
Pourquoi une contraception est-elle obligatoire chez la femme sous isotrétinoïne ?
Parce que l’isotrétinoïne est un tératogène majeur : elle provoque des malformations fœtales graves (cardiaques, crânio-faciales, neurologiques) chez une proportion importante des grossesses exposées, y compris avec une seule prise. Le programme de prévention de la grossesse impose donc une contraception efficace démarrée 1 mois avant le traitement, poursuivie pendant toute sa durée et au moins 1 mois après son arrêt, avec des tests de grossesse mensuels.
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Références
Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016;74(5):945-973. PMID 26897386
Lammer EJ et al. Retinoic acid embryopathy. N Engl J Med. 1985;313(14):837-841. PMID 3162101
Jick SS, Kremers HM, Vasilakis-Scaramozza C. Isotretinoin use and risk of depression, psychotic symptoms, suicide, and attempted suicide. Arch Dermatol. 2000;136(10):1231-1236. PMID 11030769
Eichenfield DZ, Sprague J, Eichenfield LF. Management of Acne Vulgaris: A Review. JAMA. 2021;326(20):2055-2067. PMID 34812859