NOUVEAU! 🩺 Téléchargez le livre "La peau de l'intérieur" : règles d'or pour une approche médicale et naturelle / soigner sa peau de l'intérieur (intestin-peau, cerveau-peau...)
Téléchargez →
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’important est de diminuer ce qui peut être contrôlé : la sécheresse de la peau et les allergènes
Diminuer la sécheresse de la peau :
Utiliser des savons doux type savon surgras sans parfum. On peut rajouter dans le bain des huiles ou des poudres (amidon, avoine )
Eviter les bains ou douches trop chaudes (sup. à environ 37°C) et trop longs (sup. à 5-10 minutes)
Se sécher en tamponnant, sans frotterEt appliquer sur peau encore légèrement humide, juste après le séchage, une crème hydratante dermatologique, si possible sans parfums ni conservateurs
Téléchargez le guide complet
PEAU SECHE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Diminuer les contacts avec les allergènes et les irritants :
Le cadre de vie :
Suppression du tabagisme dans les pièces fréquentée par l’enfant et dans la voiture. La maison et a fortiori la chambre doivent être saines :
Réduire au maximum la présence de moquettes, tentures, peluches (et laver souvent ces dernières)
Eviter les animaux de compagnie ne pas surchauffer les pièces (max. 19°C) aérer et aspirer fréquemment
Eviter les pièces humides avec des moisissures
Les vêtements :
Les laver avec une lessive sans assouplissants ni phosphates.
Bien rincer le linge
Préférer le coton à la laine et aux synthétiques
Les aliments :
Il vaut mieux commencer la diversification tard (vers 5-6 mois) et nintroduire quun aliment par semaine si possible. Il est préférable d’éviter les oeufs et l’arachide avant un an
Vaccination de l’enfant atopique
Les vaccinations ne sont pas contre-indiquées. On évite juste de les pratiquer durant une poussée.
Pour les jeunes enfants en poussée, il faut éviter le contact avec les personnes ayant un » bouton de fièvre « (Herpès labial) car ils risquent de faire une crise d’herpes profus appelé syndrome de Kaposi Juliusberg
Kaposi Juliusberg chez un enfant atopique
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Carcinome basocellulaire : diagnostic, formes et traitement
Le carcinome basocellulaire (ou « baso ») est le cancer humain le plus fréquent — 70 nouveaux cas pour 100 000 habitants en France chaque année. Sa mortalité est très faible car il ne donne presque jamais de métastases. Son risque évolutif est principalement local : augmentation de taille (il double environ tous les ans), ulcération, destruction des tissus environnants. Plus il est pris en charge tôt, plus le traitement est simple.
Lésion suspecte, plaie qui ne cicatrise pas ou bouton translucide sur le visage ?
Ne tardez pas — le diagnostic précoce change radicalement la prise en charge. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Téléchargez le guide complet
CARCINOMES CUTANES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
80 % des basocellulaires surviennent sur les zones exposées au soleil (tête, cou). Plus fréquent sur les peaux claires et dans les régions très ensoleillées (400 cas/100 000 en Australie). Les expositions intermittentes semblent plus impliquées que l’exposition chronique.
Naevus de Jadassohn
Hamartome véruco-sébacé pouvant évoluer en basocellulaire.
Xeroderma pigmentosum
Déficit autosomique récessif de la réparation de l’ADN — prédisposition majeure.
Syndrome de Gorlin (naevomatose basocellulaire)
Mutations de la voie de signalisation Sonic Hedgehog — basocellulaires multiples dès le jeune âge.
Radiothérapie ancienne
Concentration de basocellulaires sur d’anciennes zones de radiodermite.
Le basocellulaire survient en général sur peau saine, le plus souvent sur le visage et le cou. Il peut être difficile à diagnostiquer en début d’évolution.
Basocellulaire débutantBasocellulaire débutant : petite plaie du nez qui ne cicatrise pasBasocellulaire débutant : petit bouton translucide
Forme
Aspect clinique
Localisation typique
Nodulaire
Perle translucide et rougeâtre posée sur la peau, vaisseaux arborescents
Visage, nez
Plan cicatriciel
Groupement de petites perles autour d’une zone centrale blanchâtre atrophique avec télangiectasies
Visage
Ulcéreux (ulcus rodens)
Ulcération chronique ne cicatrisant pas, entourée d’un bourrelet de perles
Visage, nez
Pigmenté (« tatoué »)
Contient du pigment mélanique — aspect brun ou noir pouvant ressembler au mélanome
Visage, cou
Sclérodermiforme
Plaque indurée, parfois peu visible — forme infiltrante à risque élevé de récidive
Visage
Superficiel
Plaque rougeâtre progressivement extensive
Tronc surtout
Baso nodulaire du nezBasocellulaire nodulaire typiqueCarcinome basocellulaire ulcéreux térébrant du nezBaso ulcéré — ulcus rodensBaso pigmenté ou tatouéBasocellulaire pigmentéBasocellulaire sclérodermiformeBaso superficielBasocellulaire superficielBaso superficiel au stade de l’exulcération
⚠️ Consultez devant l’apparition de toute tache ou bouton sur la peau, a fortiori s’ils se modifient. Une petite plaie du visage qui ne cicatrise pas en 3 semaines doit être montrée à un médecin.
Diagnostic du carcinome basocellulaire
Le diagnostic est un acte médical nécessitant une consultation. Le dermatologue utilisera la dermatoscopie pour objectiver son impression clinique, puis pratiquera une biopsie sous anesthésie locale.
Forme
Critères dermatoscopiques
Nodulaire / sclérodermiforme
Vaisseaux arborescents — très évocateurs de basocellulaire
Superficiel
Micro-vaisseaux arborescents dans un « désert » rouge-blanc brillant, multiples petites érosions
Pigmenté
Absence de signes de mélanocytes. Présence de : clods bleus, nids ovoïdes, structures en feuilles d’érable, vaisseaux arborescents
DermatoscopeVaisseaux arborescents — basocellulaireStructures bleues dans un basocellulaire pigmentéClods bleus — basocellulaire
La biopsie est essentielle : elle prouve qu’il s’agit bien d’un basocellulaire (et non d’un trichoblastome bénin, d’une maladie de Bowen ou d’un spinocellulaire) et détermine le type histologique — ce qui oriente directement le traitement.
Un bouton translucide, une perle sur la peau, une plaie qui ne guérit pas ?
La biopsie se réalise facilement en consultation — la téléconsultation permet une première évaluation et l’orientation vers le bon niveau de prise en charge. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Traitement du carcinome basocellulaire
Il est important de traiter rapidement — un basocellulaire évolué devient térébrant et destructeur.
Carcinome basocellulaire évolué du nezDestruction du nez par un basocellulaire — forme négligée
Traitement
Indication principale
Chirurgie d’exérèse
Traitement de référence pour la majorité des formes — marges adaptées au type histologique
Chirurgie de Mohs
Formes sclérodermiformes, récidivantes ou localisations à risque (nez, oreilles, paupières)
Questions fréquentes sur le carcinome basocellulaire
Le carcinome basocellulaire est-il mortel ?
La mortalité du basocellulaire est très faible — il ne donne quasiment jamais de métastases. Son danger est local : augmentation de taille, ulcération, destruction des structures anatomiques adjacentes (nez, paupière, oreille). Diagnostiqué tôt, il se traite simplement par chirurgie.
Comment reconnaître un basocellulaire ?
Les signes d’alerte : un bouton translucide ou nacré sur le visage, une petite plaie qui ne cicatrise pas en 3 semaines, une plaque rougeâtre qui s’étend lentement. Aucun signe n’est spécifique — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent le diagnostic certain.
Le basocellulaire peut-il récidiver après traitement ?
Oui, surtout les formes sclérodermiformes et les basocellulaires récidivants. Une surveillance dermatologique annuelle est recommandée après traitement. La chirurgie de Mohs offre les meilleurs taux de guérison pour les formes à risque.
Faut-il arrêter le soleil après un basocellulaire ?
Il n’est pas nécessaire d’arrêter toute exposition, mais une photoprotection rigoureuse (SPF 50+, vêtements couvrants, éviction des heures chaudes) est indispensable à vie pour prévenir les récidives et l’apparition de nouveaux cancers cutanés. Les patients ayant eu un basocellulaire ont un risque accru d’en développer d’autres.
Quelle est la différence entre basocellulaire et mélanome ?
Le basocellulaire est le plus fréquent et le moins dangereux — il ne métastase quasiment jamais. Le mélanome est plus rare mais nettement plus grave car il peut métastaser. Certains basocellulaires pigmentés peuvent ressembler à un mélanome — seule la dermatoscopie et la biopsie permettent de trancher.
Téléchargez le guide complet
CARCINOMES CUTANES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Cancer de la peau : types, symptômes, photos et traitement
Le cancer de la peau est le cancer humain le plus fréquent. Il en existe plusieurs types — les carcinomes (issus des kératinocytes) et les mélanomes (issus des mélanocytes) — dont la gravité, les symptômes et les traitements diffèrent. Détecté tôt, le cancer de la peau est dans la grande majorité des cas guérissable. La prévention solaire reste le meilleur moyen de s’en protéger.
La peau est constituée de cellules — kératinocytes, mélanocytes, cellules de Merkel — qui se renouvellent en permanence. Ce renouvellement les expose à des mutations de l’ADN, provoquées notamment par les rayons ultraviolets. Habituellement, l’organisme répare ces mutations. Lorsqu’une cellule devient cancéreuse, elle perd cette capacité de réparation et se multiplie de façon anarchique, formant une tumeur maligne.
Les principaux types de cancer de la peau
Type
Cellule d’origine
Fréquence
Agressivité
Carcinome basocellulaire
Kératinocytes basaux
50 000 cas/an en France
Locale — métastases exceptionnelles
Carcinome spinocellulaire
Kératinocytes supérieurs
Fréquent
Peut métastaser — risque ganglionnaire
Mélanome
Mélanocytes
10 000 cas/an en France
Élevée — métastases possibles
Le carcinome basocellulaire — le plus fréquent
Carcinome basocellulaire du nez
Le carcinome basocellulaire est le cancer le plus fréquent chez l’homme, tous cancers et tous organes confondus — environ 50 000 nouveaux cas par an en France. Il est issu des kératinocytes de la base de l’épiderme. Sa malignité est essentiellement locale : il ne donne quasiment jamais de métastases. Il se présente souvent comme une petite papule perlée à bord en bourrelet, qui grossit lentement, parfois ulcérée au centre.
Les zones à risque de récidive après traitement sont les zones periorificielles (nez, oreilles, lèvres, yeux).
Kératoacanthome — forme de carcinome spinocellulaire bien différencié
Le carcinome spinocellulaire est issu des couches superficielles de l’épiderme. Il est plus agressif que le basocellulaire — il peut envahir les ganglions régionaux et métastaser à distance. Il peut avoir pour précurseur la kératose actinique, considérée comme un pré-cancer cutané. Une induration (infiltration) de la base d’une kératose actinique, ou une érosion, sont des signes d’évolution vers un carcinome invasif — une biopsie s’impose alors.
Il touche surtout les personnes exposées chroniquement au soleil (travailleurs en extérieur, agriculteurs, marins).
Le mélanome — le plus grave
Le mélanome est issu des mélanocytes. Bien que moins fréquent que les carcinomes (10 000 cas/an), c’est le plus dangereux car il peut métastaser rapidement. Il ressemble souvent à un grain de beauté et se repère grâce à la règle ABCDE (Asymétrie, Bords irréguliers, Couleurs multiples, Diamètre > 6 mm, Évolution). 20 000 personnes meurent chaque année d’un mélanome en Europe.
Il existe d’autres cancers de la peau (carcinome neuro-endocrine, sarcome, lymphome cutané…) que nous n’abordons pas ici
Causes et facteurs de risque du cancer de la peau
Le soleil — cause principale
La majorité des cancers de la peau surviennent sur les zones exposées au soleil (visage, cou, mains, avant-bras). Les UV provoquent des mutations de l’ADN dans les cellules cutanées. Chaque type de cancer a une relation différente avec l’exposition solaire :
Carcinome spinocellulaire — lié à une exposition chronique et prolongée tout au long de la vie (travailleurs en extérieur)
Carcinome basocellulaire — lié plutôt aux expositions intermittentes et brutales, notamment dans l’enfance (coups de soleil, voyages en pays chauds)
Mélanome — lié aux expositions intermittentes et coups de soleil, surtout avant 20 ans
⚠️ Cabines de bronzage : l’OMS recommande d’éviter les UV artificiels. Ils augmentent le risque de mélanome de 25 à 30% et ne font que s’ajouter aux UV naturels déjà reçus.
Autres facteurs de risque
Phototype clair — peau claire, yeux clairs, cheveux roux ou blonds, tendance aux coups de soleil : risque nettement augmenté. Le risque de mélanome est 10 fois moins élevé chez les personnes à peau noire que chez les personnes à peau claire
Grains de beauté nombreux — plus de 50 nævus augmente significativement le risque de mélanome
Antécédents personnels ou familiaux de cancer de la peau — environ 10 % des mélanomes sont liés à une prédisposition génétique
Immunodépression — les patients transplantés ou sous immunosuppresseurs ont un risque accru de carcinomes
Pronostic selon le type de cancer
La gravité d’un cancer de la peau dépend de trois éléments principaux :
La nature — le carcinome basocellulaire est le moins agressif (malignité locale uniquement). Le mélanome est le plus pourvoyeur de métastases
Le stade au diagnostic — plus le cancer est diagnostiqué tôt, meilleur est le pronostic. Le mélanome détecté à moins de 1 mm d’épaisseur a un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. En cas de métastases, ce taux tombe à 20 %
La localisation — certaines zones sont plus difficiles à opérer et plus à risque de récidive : nez, oreilles, zones periorificielles
Traitement du cancer de la peau
Le traitement de référence est l’ablation chirurgicale, réalisée sous anesthésie locale avec des marges de sécurité adaptées au type et à l’épaisseur de la tumeur. Selon le stade et le type, des traitements complémentaires peuvent être proposés :
Cryothérapie, laser ou photothérapie dynamique — pour les kératoses actiniques et carcinomes basocellulaires superficiels
Imiquimod, 5-fluoro-uracile — traitements topiques pour certains carcinomes superficiels
Radiothérapie — pour les carcinomes inopérables ou en complément
Immunothérapie (anti-PD1) et thérapies ciblées (anti-BRAF) — pour les mélanomes avancés ou métastatiques
Prévention du cancer de la peau
La protection solaire est le seul moyen préventif efficace contre la majorité des cancers cutanés :
Appliquer une crème solaire SPF 30 minimum sur les zones exposées, 30 minutes avant l’exposition, puis toutes les 2 heures et après chaque bain
Éviter l’exposition entre 12h et 16h en été
Porter chapeau à larges bords, vêtements couvrants et lunettes UV
Ne jamais utiliser de cabines de bronzage
Protéger particulièrement les enfants — la peau « garde en mémoire » les coups de soleil reçus dans l’enfance. Un T-shirt mouillé ne protège quasiment plus du soleil
Pratiquer l’auto-examen cutané tous les 3 mois
💡 Vitamine D et soleil : 5 à 10 minutes d’ensoleillement en milieu de journée suffisent à synthétiser le stock quotidien de vitamine D. Les enfants n’ont pas besoin de s’exposer au soleil pour leurs apports en vitamine D — l’alimentation et la supplémentation médicale suffisent.
Quand consulter un dermatologue ?
🚨 Consultez sans attendre si :
— Une lésion cutanée apparaît et grossit progressivement : tout bouton qui ne guérit pas et ne part pas spontanément doit être montré au médecin
— Un grain de beauté change de taille, de forme ou de couleur
— Une lésion saigne, croûte ou s’ulcère sans traumatisme
— Vous avez un antécédent personnel ou familial de cancer de la peau
— Vous appartenez à un groupe à risque (phototype clair, nombreux grains de beauté)
Quels sont les premiers signes d’un cancer de la peau ?
Les signes d’alerte varient selon le type. Le carcinome basocellulaire se présente souvent comme une petite papule perlée qui grossit lentement, parfois ulcérée au centre. Le mélanome ressemble à un grain de beauté irrégulier qui change (règle ABCDE). Le carcinome spinocellulaire apparaît souvent comme une plaque épaisse, rouge, croûteuse qui ne guérit pas. La règle générale : toute lésion qui apparaît, grossit ou évolue doit être montrée à un dermatologue.
Le cancer de la peau se guérit-il ?
Oui, dans la grande majorité des cas quand il est détecté tôt. Le carcinome basocellulaire est guérissable dans plus de 95 % des cas par chirurgie. Le mélanome de stade I a un taux de survie à 5 ans supérieur à 90 %. C’est pourquoi le dépistage précoce est l’enjeu essentiel — un cancer de la peau détecté à un stade avancé est beaucoup plus difficile à traiter.
Le soleil provoque-t-il vraiment le cancer de la peau ?
Oui, c’est la cause principale de la majorité des cancers cutanés. Les UV du soleil provoquent des mutations de l’ADN dans les cellules de la peau. Ces mutations s’accumulent tout au long de la vie — c’est pourquoi les cancers de la peau apparaissent souvent après 50 ans, mais résultent d’expositions accumulées depuis l’enfance. Un seul coup de soleil sévère dans l’enfance double le risque de mélanome à l’âge adulte.
Comment protéger les enfants du soleil ?
Évitez toute exposition directe entre 11h et 16h. Privilégiez l’ombre (un mur ombragé protège mieux qu’un parasol). Utilisez des vêtements anti-UV, un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil adaptées. Appliquez une crème SPF 50+ sur les zones découvertes. Un T-shirt classique mouillé perd la majorité de sa protection solaire. Les enfants n’ont pas besoin du soleil pour synthétiser leur vitamine D — l’alimentation et la supplémentation suffisent.
Quelle est la différence entre un grain de beauté et un mélanome ?
Un grain de beauté bénin est symétrique, à bords réguliers, d’une couleur homogène et stable dans le temps. Un mélanome est asymétrique, à bords irréguliers, de plusieurs couleurs, et évolue en taille ou en forme. La règle ABCDE aide à s’orienter, mais seul un dermatologue avec dermatoscope peut établir un diagnostic certain. En cas de doute, consultez sans attendre.
Faut-il éviter totalement le soleil pour prévenir le cancer de la peau ?
Non — une exposition raisonnable et protégée est possible. Il suffit d’éviter les coups de soleil et les expositions prolongées sans protection, surtout entre 12h et 16h. Une crème SPF 30 (en hiver), 50+ en été en Métropole, appliquée correctement (toutes les 2 heures, après chaque bain) protège efficacement. L’objectif n’est pas d’éviter le soleil mais de l’exposer intelligemment — en préservant son « capital soleil ».
Les candidoses sont le plus souvent dues à Candida Albicans, levure vivant » normalement » en bon équilibre avec l’organisme dans le tube digestif et les muqueuses génitales.
La mycose de la bouche prend généralement deux formes : une forme de mycose située à l’extérieur de la bouche, au coin des lèvres (la perlèche) et une forme de mycose située dans la bouche, le muguet
Formes de candidoses de la bouche
Le muguet
Le muguet est une mycose de l’interieur de la bouche caractérisée par une rougeur de la muqueuse de la bouche, recouverte de lésions blanchâtres dans la bouche, semblables a du lait caillé. Le muguet peut s’accompagner de brulures, de perte de gout, d’un gout de fer dans la bouche
Lutte contre la sécheresse buccale, une dyskinésie œsophagienne, une inflammation chronique des muqueuses, une colopathie, un diabète, un traitement par anti-acides
Bains de bouche avec une demi cuilleree a cafe de bicarbonate de sodium dans un petit verre d’eau pour désacidifier la bouche
Traitement chez l’adulte immunocompétent
Antifongiques locaux durant 1 à 3 semaines :
nystatine (Mycostatine®) comprimés gynécologiques à 100 000 UI à sucer, 4 à 6 cp/j ; ne pas avaler
amphotéricine B (Fungizone®) suspension orale, quatre cuillères à café en 2 à 3 prises (1,5 à 2 g/j) ; ne pas avaler
miconazole (Daktarin®), gel buccal, deux cuillères-mesure quatre fois par jour. Ne pas avaler
Dans tous les cas, les antifongiques doivent être pris à distance des repas et des boissons et maintenus le plus longtemps possible en contact avec la muqueuse (quelques minutes au moins) avant d’être avalés.
La prise simultanée de laxatifs, d’huile de paraffine ou d’accélérateurs du transit est contre-indiquée.
Leur tolérance est bonne à part quelques troubles digestifs (1% des cas) et sensation de brûlure ou de troubles du gout avec le miconazole (Daktarin®). La prise d’anticoagulants anti-vitamine K ou de sulfamides hypoglycémiants est déconseillée avec le Daktarin® qui peut en potentialiser les effets.
Leur principal inconvénient est leur mauvais goût…
Traitement oral
Il a pour but de désinfecter le tube digestif :
Mycostatine® (8 à 12 cp/j en 3 à 4 prises),
Fungizone® (6 à 8 capsules en 3 à 4 prises),
Daktarin® (8 cp/j en 3 à 4 prises).
Traitement de l’adulte immunodéprimé
On associe alors un traitement par comprimés au traitement local et il est souvent nécessaire d’effectuer des traitements préventifs des récidives, au moyen de médicaments tels que Nizoral®, Triflucan® ou Sporanox®
Traitement du bébé et de l’enfant (muguet)
Chez l’enfant et le bébé, le traitement peut être :
Mycostatine® suspension buvable, 5 à 30 doses par jour pour les bébés et 10 à 40 doses par jour pour les enfants, réparties en quatre prises par jour ;
Fungizone® suspension, 1 cuillère à café/10 kg/24 h en 2 à 3 prises (50 mg/kg/j) ;
Daktarin® gel buccal, 1 cuillère mesure (2,5 ml) quatre fois par jour.
Autres candidoses distinctes de la candidose de la bouche :
Les atteintes génitales, chez l’homme comme la femme sur les muqueuses, elles sont généralement rouges et avec un enduit blanc et brûlent ou démangent. Leur découverte nécessite un traitement du (des) partenaire(s). Voir mycose du sexe et mycose vaginale
Traitement de l’eczéma : dermocorticoïdes, immunosuppresseurs et biothérapies
Le traitement de l’eczéma — et notamment de la dermatite atopique — repose sur une stratégie en escalade thérapeutique : des soins de base quotidiens aux biothérapies les plus récentes, selon la sévérité et l’âge du patient. L’objectif est de contrôler les poussées, réduire leur fréquence et restaurer la qualité de vie. Pour comprendre les formes et causes d’eczéma, voir : eczéma — symptômes, formes et causes.
Eczéma résistant aux traitements habituels ? Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation rapidement, souvent le jour même ou le lendemain. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Quel que soit le stade, les soins de base sont non négociables. Ils reconstituent la barrière cutanée défaillante (déficit en filaggrine, céramides réduites) et réduisent la fréquence et l’intensité des poussées même sans traitement médicamenteux associé.
Soin
Recommandation
Pourquoi
Émollients
1 à 2 applications/j sur tout le corps, toute l’année — même en période calme
Restaurent les lipides intercornéocytaires, réduisent la perte hydrique (TEWL)
Douche tiède courte
≤ 5 minutes, eau à 34–36°C, savon surgras ou pain dermatologique
L’eau chaude et les savons détergents aggravent la sécheresse cutanée
Application post-douche
Dans les 3 minutes après la douche, sur peau encore légèrement humide
Occlusion de l’eau résiduelle — efficacité maximale
Vêtements
Coton ou soie — éviter laine et synthétiques au contact direct
Réduction des frottements irritants et de la macération
Température ambiante
19–20°C, humidificateur si air sec
La chaleur et la transpiration déclenchent le prurit
💡 Règle des 3 minutes : appliquer l’émollient dans les 3 minutes suivant la douche multiplie son efficacité. Cette règle simple, souvent méconnue, améliore significativement le contrôle de la sécheresse cutanée.
Dermocorticoïdes — traitement de référence des poussées
Les dermocorticoïdes (DC) restent le traitement de première ligne des poussées à tout âge. Leur mauvaise réputation est souvent injustifiée — correctement utilisés, ils sont sûrs et efficaces. La classe est choisie selon la localisation et l’âge.
Classe
Puissance
Exemples
Indications principales
Classe I
Faible
Hydrocortisone 1 % (Dermacort®)
Visage, plis, nourrisson — usage prolongé possible
Classe II
Modérée
Locapred®, Tridésonit®
Visage enfant, plis adulte
Classe III
Forte
Betnéval®, Diprosone®, Efficort®
Corps adulte — référence pour les poussées
Classe IV
Très forte
Dermoval®, Clarelux® mousse
Paumes, plantes, cuir chevelu, formes lichénifiées
💡 Thérapie proactive : après contrôle de la poussée, poursuivre le DC 2 fois par semaine sur les zones habituellement atteintes réduit de 50 % la fréquence des rechutes — recommandé par les guidelines EADV 2023.
Inhibiteurs de calcineurine topiques
Alternative aux DC pour les zones sensibles (visage, paupières, plis) où les DC sont contre-indiqués au long cours. Ils n’entraînent pas d’atrophie cutanée. Principal inconvénient : sensation de brûlure initiale les premiers jours.
Molécule
Spécialité
Âge minimum
Indication
Tacrolimus 0,03 %
Protopic® 0,03 %
2 ans
Eczéma modéré à sévère — visage, plis, paupières
Tacrolimus 0,1 %
Protopic® 0,1 %
16 ans
Adulte — poussées modérées à sévères zones sensibles
Réservés aux formes sévères résistantes aux traitements locaux bien conduits. De moins en moins prescrits depuis l’arrivée des biothérapies, mais utiles dans certaines situations.
Sauvetage uniquement — rebond fréquent. Jamais au long cours.
⛔ Corticoïdes oraux au long cours — formellement contre-indiqués dans l’eczéma : rebond sévère à l’arrêt et effets secondaires systémiques graves. Depuis l’arrivée des biothérapies, il n’existe aucune justification à leur utilisation prolongée dans la dermatite atopique.
Biothérapies et inhibiteurs JAK
Depuis 2017, les biothérapies ciblant l’axe IL-4/IL-13 et les inhibiteurs JAK ont transformé la prise en charge des formes sévères. En 2026, le dupilumab (Dupixent®) reste la référence — efficacité et tolérance confirmées sur plus de 7 ans de recul.
≥ 12 ans. Comprimé oral 1×/j. Efficacité supérieure.
Baricitinib
Inhibiteur JAK1/2
Olumiant®
Adulte. Comprimé oral 1×/j. Aussi indiqué pelade.
💡 JAK inhibiteurs vs biothérapies : les JAK ont une action plus rapide (prurit soulagé en 24–48 h) mais nécessitent une surveillance plus étroite (NFS, lipides, créatinine). Les biothérapies injectables ont un profil de tolérance à long terme mieux documenté. → Inhibiteurs JAK en dermatologie — baricitinib, upadacitinib, abrocitinib.
Téléchargez le guide complet
DUPILUMAB ET BIOTHERAPIES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
DC classe III-IV selon localisation, TCI zones sensibles
Dupilumab en 1re intention systémique. JAK si réponse rapide souhaitée.
Personne âgée
Émollients ++, DC avec prudence (peau fragile)
Dupilumab bien toléré. Prudence JAK (interactions médicamenteuses).
Traitements naturels et complémentaires
En complément du traitement médical, certaines approches peuvent aider à réduire la fréquence des poussées : émollients à base d’huile de tournesol ou de beurre de karité, probiotiques (en prévention chez le nourrisson atopique), eau thermale, gestion du stress. Ces approches ne remplacent pas les traitements médicaux validés mais peuvent améliorer le confort au quotidien.
Questions fréquentes sur le traitement de l’eczéma
Les dermocorticoïdes sont-ils dangereux pour les enfants ?
Non, utilisés correctement selon la classe et la localisation. La corticiphobie — peur irrationnelle des DC — conduit à des eczémas mal contrôlés, eux-mêmes délétères pour le développement cutané de l’enfant.
Le Dupixent® est-il remboursé en France ?
Oui, à 100 % dans le cadre d’une ALD pour les formes modérées à sévères chez l’adulte et l’enfant dès 6 mois, en échec des traitements conventionnels. La prescription initiale est hospitalière (dermatologue ou pédiatre).
Peut-on guérir définitivement de l’eczéma ?
L’eczéma de l’enfant s’améliore spontanément dans 60 à 70 % des cas à l’adolescence. Chez l’adulte, les traitements permettent un contrôle excellent voire une rémission prolongée, mais pas une guérison définitive au sens strict.
Les aliments déclenchent-ils des poussées d’eczéma ?
Chez le nourrisson, les allergies alimentaires (lait, œuf, arachide) peuvent aggraver l’eczéma dans 30 à 40 % des cas sévères. Chez l’adulte, le rôle de l’alimentation est beaucoup plus limité. Un régime d’éviction ne doit jamais être entrepris sans bilan allergologique préalable.
Faut-il éviter la natation en cas d’eczéma ?
Non, mais avec précautions. Douche douce et émollient immédiatement après la baignade en piscine chlorée. La natation en eau de mer est souvent bénéfique (effet anti-inflammatoire du sel). L’activité physique ne doit pas être sacrifiée à cause de l’eczéma.
Quelle est la différence entre les JAK inhibiteurs et le Dupixent® ?
Les JAK inhibiteurs (abrocitinib, upadacitinib, baricitinib) sont des comprimés oraux avec une action plus rapide sur le prurit (24–48 h) mais nécessitent une surveillance biologique. Le dupilumab (Dupixent®) est une injection sous-cutanée bimensuelle avec un profil de sécurité mieux documenté sur le long terme. Le choix dépend du profil du patient et des comorbidités.
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Eczéma : symptômes, formes et causes — guide complet
Eczéma — image générée par IA
L’eczéma (parfois écrit « exéma ») est une maladie de peau très fréquente, caractérisée par des plaques vésiculeuses qui démangent, pouvant survenir sur le corps, le visage, les mains, les jambes… Il touche 15 à 20 % des enfants et 5 à 10 % des adultes en France. Il ne désigne pas une seule maladie mais un syndrome : il existe plusieurs formes d’eczéma, chacune avec ses causes et sa prise en charge spécifique.
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Il n’y a pas un mais des eczémas : l’eczéma est un syndrome, un signe cutané pouvant avoir plusieurs causes. Le mot « eczéma » vient d’un verbe grec signifiant « sortir en bouillonnant ».
Phase aiguë
L’eczéma est le plus souvent marqué par une éruption rouge et parfois gonflée qui provoque des démangeaisons, puis apparaissent des vésicules qui se rompent, donnant un aspect suintant puis croûteux.
Eczéma vésiculeux aigu typique du dos de la main
Eczéma aigu vésiculeux de la main — allergie de contact possible
Chronicisation
L’eczéma tend à desquamer, voire à se chroniciser en s’épaississant : c’est la lichénification. Il est fréquent de voir plusieurs plaques évoluant chacune à des stades différents.
Les différentes formes d’eczéma
Eczéma aigu
L’eczéma aigu est d’apparition soudaine, marqué par des plaques rouges et gonflées qui démangent, à bords émiettés et mal délimités. Puis apparaissent de petites vésicules millimétriques pouvant confluer en bulles (eczéma bulleux).
Eczéma bulleux
Ces vésicules suintent souvent au début — ce qui inquiète parfois les patients qui craignent une infection.
Eczéma suintant du visage
Eczéma chronique
L’eczéma chronique est un eczéma sec, formé de placards rouges et squameux à bordures mal délimitées, qui démangent habituellement. Il peut se fissurer.
Eczéma chronique fissuré
Eczéma lichénifié
L’eczéma lichénifié est un eczéma chronique qui s’épaissit au fil du temps : les démangeaisons provoquent un grattage chronique, qui entraîne une lichénification — plaques roses à violacées, indurées et sillonnées de stries blanches.
Eczéma des mains lichénifié (peau épaissie)
En dermatoscopie, la plaque d’eczéma chronique présente des vaisseaux en points regroupés sur fond rouge et des squames jaunes.
Plaque d’eczéma en dermatoscopie : vaisseaux en points et squames jaunes
Eczéma infecté (impétiginisé)
L’eczéma peut s’infecter, notamment à cause d’un staphylocoque : le suintement devient jaune et purulent, évoluant en croûtes jaunâtres ressemblant à du miel cristallisé (croûtes mélicériques).
Eczéma surinfecté du visage
⚠️ Toute modification du suintement, rougeur sensible autour des lésions, apparition de ganglions ou de fièvre impose de consulter rapidement.
Eczéma sec ou craquelé (astéatotique)
L’eczéma craquelé (winter eczema) s’observe surtout en hiver chez les personnes à peau sèche — personnes âgées notamment. La peau fissurée ressemble à un dallage irrégulier, surtout sur les membres.
Un eczéma craquelé atypique (atteinte diffuse, résistance aux dermocorticoïdes) peut être associé à une tumeur maligne ou une hémopathie. Causes courantes : savons détergents, solutions alcoolisées, air sec, isotrétinoïne, statines, hypothyroïdie.
Eczéma variqueux
Forme particulière survenant sur les jambes en cas d’insuffisance veineuse chronique — rougeur et démangeaisons autour des varices ou des œdèmes. Voir : eczéma variqueux — causes et traitement.
Eczéma de contact (allergique)
Allergie cutanée de type IV à une substance précise (nickel, parfums, conservateurs, caoutchouc, cosmétiques). Nécessite des patch tests pour identifier l’allergène.
La dermatite atopique est la forme la plus fréquente chez l’enfant. Elle débute souvent avant 2 ans et peut s’améliorer spontanément à l’adolescence dans 60 à 70 % des cas.
💡 Triade atopique : eczéma, asthme et rhinite allergique sont liés par le même terrain immunitaire Th2. Un enfant atopique peut présenter les trois à des degrés variables.
Il s’agit probablement d’une dermatite atopique. Cette forme constitutionnelle s’améliore spontanément dans 60 à 70 % des cas à l’adolescence. Un suivi dermatologique permet d’adapter le traitement à chaque poussée.
J’ai de l’eczéma quand je travaille — allergie professionnelle ?
Probablement. Des patch tests chez un dermatologue ou allergologue permettent d’identifier l’allergène. En cas d’allergie professionnelle confirmée, le médecin du travail doit être associé.
Quelle différence entre eczéma atopique et eczéma de contact ?
L’eczéma atopique est constitutionnel, lié à une anomalie de la barrière cutanée et une dérégulation immunitaire Th2. L’eczéma de contact est une allergie de type IV à une substance précise — nickel, parfums, conservateurs — détectable par patch tests.
L’eczéma est-il lié à l’asthme ?
Oui. Le lien est le terrain allergique — un système immunitaire qui réagit de façon exagérée aux allergènes. Quand ce sont les bronches qui réagissent, cela donne de l’asthme ; quand c’est la peau, de l’eczéma. C’est la triade atopique.
Comment traiter un eczéma qui apparaît quand les jambes enflent ?
Il s’agit probablement d’un eczéma variqueux. Si l’œdème est important, les varices sous-jacentes doivent être traitées. Si les deux jambes sont touchées sans varices, il faut éliminer une cause cardiaque ou rénale.
Existe-t-il un traitement naturel de l’eczéma ?
Certaines approches complémentaires (émollients naturels, probiotiques, gestion du stress) peuvent aider en complément du traitement médical. Voir : traitements naturels de l’eczéma.
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’épilation laser consiste à détruire définitivement les poils au moyen d’un laser, appareil délivrant un faisceau monochromatique de photons dont la longueur d’onde est absorbée par la mélanine du poil (son pigment noir), l’échauffant et le détruisant. Il s’agit donc d’une technique d’épilation définitive qui ne fonctionne donc que sur les poils noirs ou foncés. Elle expose aussi au risque d’absorption du faisceau laser par les mélanocytes de la peau en cas de peau mate ou bronzée notamment, il ne faut donc pas aller au soleil avant une séance afin de ne jamais faire de séance sur peau bronzée. Les séances ont donc généralement lieu l’hiver en Métropole. L’épilation laser ne peut être effectuée que par un docteur en médecine en France. Epilation laser
L’épilation laser a eu 20 ans en 2016. C’est une technique qui est bien connue des dermatologues. Il faut noter que l’épilation au laser se démocratise et prend une place de plus en plus importante parmi les soins d’épilation.
En effet, la technique d’épilation au laser est moins douloureuse que l’épilation électrique et contrairement à cette dernière, l’épilation au laser permet de traiter de grandes surfaces (torse, dos, jambes… ).
Epilation laser des jambes
Qu’est-ce qu’un laser?
Le mot LASER est l’acronyme de Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation, qu’on peut traduire par amplification lumineuse par émission stimulée de radiations.
Le laser émet un faisceau de photons de meme longueur d’onde.
Comment fonctionne l’épilation laser?
Le faisceau émis par le laser épilation se situe dans le proche infrarouge, entre 700 et 1200 nm. Cette longueur d’onde est absorbée plus particulièrement par la couleur noire ce qui produit un échauffement sélectif de la zone colorée en noir
Ainsi au niveau de la peau, les photons sont absorbées par la mélanine (le pigment des poils et de la peau) et la detruisent en la chauffant. On appelle cela la photothermolyse selective.
Les lasers epilation delivrent des photons ayant une longueur d’onde repondant a ces criteres.
On dispose de plusieurs types de lasers. Le laser Alexandrite (755nm) peut traiter des poils moyennement pigmentés mais pénetre peu profondément.
Le laser Yag (1064nm) pénetre plus profondément, ce qui protège un peu les peaux mates, mais il ne détruit que des poils fortement pigmentés.
Entre ces deux extrêmes, on peut citer le laser diode (810nm) qui est un peu un compromis
Pour les poils difficiles à traiter comme par exemple des poils profonds et fins, il peut être intéressant d’utiliser successivement 2 longueurs d’ondes différentes par exemple un laser Yag (effet profondeur) suivi d’un laser Alexandrite (effet absorption).
Le fonctionnement du laser epilation repose sur la destruction du pigment des poils (la mélanine).
L’épilation au laser est donc efficace surtout sur les poils foncés et les poils en phase de pousse, car ces derniers produisent beaucoup de mélanine.
L’epilation laser detruisant en priorite les poils qui sont en phase de pousse et ceux-ci ne representant qu’en moyenne 15-20% des poils, on considere que seuls environ 15 a 20% des poils sont detruits apres une seance d’epilation laser
Il faut donc realiser plusieurs seances (en moyenne entre 4 et 8 seances) pour espérer epiler toute la zone et il faut espacer les seances de 2 a 4 semaines en moyenne pour obtenir un nouveau contingent de poils en phase de pousse.
De plus, l’épilation au laser doit être utilisée avec prudence sur les peaux pigmentées car elles contiennent beaucoup de mélanine. Il y a alors un risque de destruction de la mélanine de la peau et de création de taches blanches parfois irréversible par le laser épilation
Donc l’idéal pour l’épilation laser est une peau claire avec des poils noirs
L’epilation laser est-elle définitive?
On considère que l’épilation laser est une technique d’ epilation definitivepuisque le laser détruit définitivement le poil.
Cependant, au terme d’epilation definitive, on prefere celui d’epilation de longue duree : en effet, il est toujours possible que sous l’influence de facteurs divers (hormonaux notamment), des duvets adjacents aux poils détruits, se mettent a devenir plus epais et fonces. On considere donc que l’epilation laser est definitive mais que le resultat sur la zone de poils est plutot de longue duree : il peut toujours exister une resurgence de poils noirs dans la zone epilee.
Pourquoi l’épilation laser doit-elle etre realisee par un medecin ?
Le maniement du laser en France doit etre effectue par un docteur en medecine, formé pour ce type de geste.
Dermatologue effectuant une épilation laser
Il s’agit en effet d’un acte non dénué de risques qui doit etre realise par un operateur entraine. Il existe effectivement des risques de brulure (voir les effets secondaires de l’epilation laser).
De plus, il est important de ne pas passer a cote d’une pathologie hormonale par exemple, provoquant une pousse des poils et seul un medecin peut realiser ce bilan.
Dans quels cas est-ce que l’épilation laser ne fonctionne pas?
Les poils blonds ou blancs et les duvets
car ils ne contiennent pas ou peu de mélanine, qui est la cible du laser
Certaines zones du corps
Dans l’article « trop de poils » sont détaillés les deux facteurs majeurs de développement des poils, la génétique et les hormones
Les zones sous dépendance génétique
avant-bras ou les cuisses car ils ont une composante génétique
Les zones soumises à la pousse de nouveaux poils
se regarnissent en poils après l’épilation laser.
Il peut s’agir :
de zones dans lesquelles de nouveaux poils apparaissent spontanément (comme par exemple le dos chez l’homme, sur lequel apparaissent de nouveaux poils jusqu’à la cinquantaine)
de zones soumises à une stimulation hormonale comme la barbe chez la femme. Si la stimulation hormonale n’est pas traitée, il est possible de voir apparaitre de nouveaux poils apres l’épilation laser. Il s’agit en fait de duvets qui n’ont pas été détruits par le laser épilation et qui sous la stimulation hormonale vont devenir de véritables poils noirs.
Dans ces zones, il est alors souvent utile de réaliser des séances d’épilation laser d’entretien tous les 6 mois – 1 an.
La stimulation paradoxale
On peut observer des phénomènes de « repousse paradoxale » des poils, notamment du duvet après une épilation au laser ou à la lampe à lumière intense pulsée, notamment en périphérie de la zone épilée. Cette repousse paradoxale se verrait plus dans les populations fortement poilues comme celles du pourtour méditerranéen par exemple
C’est le développement de la pilosité après épilation laser.
On parle aussi de stimulation paradoxale quand on développe le duvet d’une zone en voulant traiter quelques poils foncés inesthétiques par exemple au niveau du dos.
D’une façon générale, ces stimulations paradoxales sont souvent situées sur des zones hormono-dépendantes, sur des zones de pilosité mixte, poils terminaux et duvet : les pommettes, la face antérieure du cou, le bas des pattes de cheveux, les mamelons, les seins ou les épaules.
Au total, on estime que le pourcentage de personnes résistant à l’épilation laser est d’environ 5%.
epilation à la cire, pince ou crème dépilatoire dans les 2 semaines qui précèdent (l’épilation laser serait alors moins efficace).
décoloration pour la meme raison
maquillage permanent (risque de faire virer la couleur des pigments lors de l’impact laser : le rouge vire au noir… / risque de bruler un maquillage noir) . Il vaut mieux éviter les impacts laser dans cette zone
trouble hormonal
peaux bronzées naturellement ou artificiellement : il est recommandé d’éviter toute exposition solaire 2 à 3 mois avant la séance pour un traitement par laser alexandrite, 1 mois pour un traitement par laser Yag. Il ne faut pas traiter non plus les personnes ayant appliquées un bronzage artificiel ou ayant pris des activateurs de bronzage
l’epilation au laser est contre-indiquée chez l’enfant
l’épilation par laser est contre-indiquée dans certaines maladies de la peau sensibles aux ultra-violets et à la lumière du soleil, appelées photo-dermatoses (allergie au soleil). L’épilation laser est aussi contre-indiquée en cas de prise de médicaments photosensibilisants.
par principe on ne pratique pas l’épilation laser chez la femme enceinte, notamment en raison de l’afflux hormonal qui pourrait contrecarrer l’effet du laser sur les poils. Il n’y a donc à priori pas d’ effet néfaste du laser sur le foetus pendant la grossesse : aucune malformation ou anomalie du foetus ou du bébé n’a été rapportée dans la littérature médicale. Si vous vous découvrez enceinte en cours d’épilation laser, il n’y a donc pas de danger pour le bébé, mais on arretera les séances par principe. Le fait d’arrêter temporairement ne semble pas faire perdre le bénéfice des traitements antérieurs.
l’épilation au laser utilise parfois une technique de refroidissement de la zone traitée afin notamment de diminuer la douleur des impacts. Les maladies de peau déclenchées par le froid comme l'<a » href= »https://www.dermatonet.com/fiche-dermatonet-urticaire.htm » target= »_blank »>urticaire au froid par exemple, constituent donc une contre-indication à l’épilation laser.
Faut-il un traitement d’entretien après plusieurs séances d’épilation laser?
Après une épilation laser, peuvent persister quelques duvets voire quelques poils fins.
Ces duvets ne sont pas toujours stables et peuvent redevenir de gros poils noirs surtout s’il y a une stimulation hormonale ou une reprise des épilations à la cire, la pince…
Pour les finitions du traitement, il est donc parfois nécessaire de réaliser :
– soit 2 à 4 séances d’épilation électrique à 3 mois d’intervalle sur les petites zones faciles à anesthésier (menton, levre… );
– soit des séances d’épilation laser « d’entretien », 1 à 2 fois par an
Points clés :
On parle plus volontiers d’épilation de longue durée que d’épilation définitive car même si le poil est définitivement détruit, d’autres poils peuvent apparaitre
L’epilation laser fonctionne mieux sur les poils foncés
Il faut compter en moyenne 4 à 8 séances pour obtenir une épilation de la majorité des poils de la zone concernée
Le soleil est une contre-indication avant (peau bronzée) et après l’épilation laser (risque de taches)
Certains lasers permettent d’épiler les peaux noires
Questions fréquentes
Pourquoi ne doit-on pas être bronzé pour se faire épiler au laser ?
Le laser vise et détruit la mélanine des poils. Lorsque la peau est bronzée, elle se charge en mélanine. Du coup, le laser est absorbé par la peau et cela peut engendrer des brulures
– Les esthéticiennes font-elles du laser ?
Le laser est un instrument médical réservé aux médecins. Les esthéticiennes n’ont donc pas le droit de pratiquer du laser
– les peaux noires peuvent elles etre épilées au laser?
Quelles sont les précautions à prendre avant la séance d’épilation laser ?
Il ne faut pas être bronzé(e)
Arrêter toute épilation à la cire, la crème, la pince à épiler dans les 2 à 3 mois qui précèdent l’épilation laser
Raser la zone à traiter au laser environ 24 à 48h avant la séance.
Si vous avez de l’herpes (herpes génital pour l’épilation du maillot, bouton de fièvre pour l’épilation de la lèvre supérieure), il faut traiter l’éruption au moins deux semaines avant la séance d’épilation laser. Sinon, il convient de reporter la séance.
Sur certaines zones sensibles, il est possible d’appliquer une crème anésthésiante environ 1h avant la séance.
– Je suis mineure. Puis je faire du laser ?
Il est tout fait possible de faire du laser lorsqu’on est mineur si l’on a une autorisation parentale. Cependant, le laser epilation est réservé aux personnes qui ont passé l’adolescence, car à cette période, les changements hormonaux peuvent contrecarrer l’effet du laser.
Il est aussi logique, pour une épilation définitive, d’attendre que la pilosité ait fini de se développer et soit stable, soit chez la jeune femme entre 20 à 25 ans.
-Est ce que l’épilation laser peut etre un échec?
10% des patients ne répondent pas au laser et dans certains cas, rares, l’épilation n’est pas définitive. Certaines zones sont plus à risque d’échec : dos chez l’homme, avant bras…
– Dois-je passer par mon généraliste pour me faire épiler au laser par le dermatologue?
L’acte laser étant un acte esthétique non pris en charge par la Sécurité Sociale, il n’est pas nécessaire de respecter le parcours de soins qui permet d’être mieux remboursé
– Pourquoi doit on se raser avant une séance laser ?
Si le poil est rasé, alors la seule cible accessible au laser est la partie du poil à détruire, celle du bulbe. Toute l’énergie est donc concentrée sur la zone à détruire. La séance est plus efficace. De même, le laser ne va pas bruler de poil à l’extérieur de la peau et risquer de chauffer la peau sous le poil par la brulure.
– Puis je m’épiler à la cire alors que je me fais épiler au laser?
L’épilation à la cire n’est pas indiquée pendant un traitement laser (il faut couper ou raser les poils entre les séances). De même, il faut respecter un arret de l’épilation à la cire depuis au moins 1 mois et demi avant la première séance laser.
– Peut on décolorer ses poils avant le laser ?
Si vous craignez de couper ou de raser les poils, par exemple sur la levre supérieure, vous pouvez les décolorer au moins 1 mois avant la première séance laser.
– Peut on épiler la barbe chez l’homme ?
Il est possible chez l’homme d’épiler la barbe au laser, notamment en cas de folliculites de la base du cou.
– Ado et épilation laser
La puberté est une période de modifications hormonales importantes pouvant annuler l’effet de l’épilation laser (repousse sous l’effet des hormones). On préfère donc attendre que l’adolescence soit finie avant d’envisager une épilation laser
– Epilation des sourcils au laser
On peut épiler les sourcils au laser, meme si ce soin est un peu difficile (les sourcils sortent très en biais de la peau et il faut donc etre prudent de ne pas les épiler trop). Les yeux sont protégés par des coquilles en métal et non des lunettes.
– Le laser traverse-t-il la peau ?
Le faisceau laser ne traverse pas la peau et l’effet laser n’existe plus après 1 millimètre traversé dans la peau.
– Peut on se faire épiler au laser durant l’allaitement ?
On peut faire de l’épilation laser pendant l’allaitement; Par principe cependant, on évite juste d’ épiler les aréoles des seins pour éviter tout risque infectieux.
– Les poils roux peuvent être traités au laser ?
La mélanine des poils roux répond généralement moins bien au laser, on pratique donc sur les poils roux, un ou deux impacts de test afin de voir si le laser fonctionne avant de se lancer dans une épilation laser de grandes étendues. NB: le laser va atténuer aussi les taches de rousseur
– Puis-je me faire épiler la lèvre supérieure à 19 ans?
Concernant lâge de réalisation de l’épilation au laser, seul l’enfance est une période de contre-indication. Le médecin déterminera cependant avec vous si vous pouvez réaliser ou non les séances d’épilation à vôtre âge ou s’il convient d’attendre encore un peu. Il vous proposera peut être aussi de réaliser un bilan hormonal s’il juge que votre pilosité peut avoir pour origine un désordre hormonal. En effet, s’il existe un désordre hormonal à l’origine de votre pilosité de la lèvre, il est probable que l’épilation laser soit un échec. Il déterminera aussi les autres contre-indications à l’epilation au laser (prise de certains médicaments, maladies de peau ).
S’il juge que lépilation au laser peut vous apporter un bénéfice, il vous expliquera le déroulement des séances. Sachez d’ores et déjà que l’épilation au laser nécessite de raser la zone à traiter avant les séances, quelle peut être douloureuse et requérir lutilisation de crème anesthésiante, quelle laisse généralement des traces rouges s’estompant en quelques jours et quune seule séance nest pas suffisante pour obtenir un résultat sur lensemble des poils de la zone traitée : il faut compter en général entre 5 et 8 séances espacées de 2 à 4 semaines pour que la majorité des poils soient épilés. Enfin, le médecin vous établira un devis pour lensemble des séances prévues.
– L’epilation laser est-elle douloureuse?
Lors des impacts laser, on ressent une sensation de picotement et de brûlure légère (un peu comme des coups d’élastique). Pour les zones les plus sensibles on peut utiliser une crème anesthésiante avant la séance.
De plus, la plupart des lasers ont des systèmes diminuant la sensation de douleur, par le froid, l’aspiration de la peau
Dans les minutes qui suivent les impacts laser, on a un peu l’impression d’avoir un coup de soleil pendant une ou deux journées (la peau est un peu rouge et gonflée).
– L’epilation laser est-elle vraiment definitive?
A ce terme on prefere celui d’epilation de longue duree car s’il apparait que le poil touche par le laser est detruit, il est toujours possible que d’autres poils non touches (duvet, poils clairs… ) se mettent a devenir fonces (sous le coup d’une stimulation hormonale par exemple).
– Quelles sont les solutions proposées pour l’épilation définitive ?
Plusieurs techniques permettent de detruire le poil de facon durable. Parmi celles-ci, les plus connues et les plus pratiquées aujourd’hui sont le laser et la lumiere pulsee.
Le laser est un faisceau de photons de meme longueur d’onde. Certaines longueurs d’onde sont absorbées par la mélanine (le pigment des poils et de la peau) et la detruisent en la chauffant. On appelle cela la « photothermolyse selective ». Les lasers utilises pour detruire le poil delivrent des photons ayant une longueur d’onde repondant a ces criteres et les lampes à lumière intense pulsée diffusent des photons de differentes longueurs d’onde, dont certains ont ces proprietes.
– Par qui se faire épiler au laser ? Tous les dermatologues la pratiquent-ils ?
L’epilation au laser est un acte médical qui doit être pratiqué par un médecin. Si tous les dermatologues ne la pratiquent pas, de nombreux dermatologues, en tant que spécialistes de la peau et des phanères (ongles, cheveux et poils), pratiquent cette technique.
-Combien coûte une séance d’épilation laser ?
Les tarifs des séances sont fixés librement par les praticiens. Ils sont donc variables d’un cabinet à l’autre et d’une ville à l’autre. Ils sont aussi calculés en fonction de la surface de la zone à traiter et il est donc impossible de donner le prix indicatif d’une séance. Les praticiens réalisent en général des devis estimatifs qu’ils remettent à leurs patients pour que ces derniers puissent
– Faut-il faire des examens avant une épilation laser?
Le médecin décidera de réaliser un bilan hormonal devant un tableau d’hirsutisme (trop de poils) chez une femme, en particulier s’il existe dautres signes en faveur d’une anomalie hormonale (troubles des règles, perte des cheveux, voix rauque, acné… ). Ce bilan (prise de sang et échographie des ovaires) devra être envisagé avant de recourir aux techniques d’épilation, de type epilation laser ou epilation a la lampe à lumière intense pulsée
– Tout le monde peut-il se faire épiler au laser ? Y-a-t-il des recommandations particulières ?
Le laser épilation ayant pour propriété de détruire la mélanine, il est existe donc des cas où l’épilation au laser n’est pas dénuée de risques : les peaux mates et les peaux noires, ou les zones de peau pigmentée ( c’est le cas de la peau du sexe pour l’épilation du maillot par exemple). Dans ces situations, le laser épilation risque de créer des taches claires. Pour la même raison (risque de survenue de taches claires après l’épilation laser), on évite de pratiquer une épilation laser sur une peau bronzée. De plus, on recommande d’éviter toute exposition solaire de la zone traitée par épilation laser pendant au moins deux semaines afin d’éviter la survenue de taches foncées. Enfin, on évite généralement de pratiquer une épilation au laser sur une zone de peau présentant une anomalie, ou un grain de beauté par exemple. La décision de pratiquer l’épilation laser sur ce type de lésion est prise par le médecin.
– L’épilation laser est-elle recommandée ou déconseillée sur certaines parties du corps ?
Les zones pigmentées sont plus à risque que les autres pour les raisons précédemment exposées. Il existe des zones où l’épilation laser donne généralement de meilleurs résultats que d’autres, notamment les aisselles ou les jambes. A l’inverse, il existe des cas de résistance à l’épilation laser : les poils blonds ou blancs et les duvets sont résistants à l’épilation laser, ainsi que certaines zones comme les avant-bras ou les cuisses peuvent être plus difficiles à épiler, et enfin, les zones soumises à la pousse de nouveaux poils se regarnissent en poils après l’épilation laser, il s’agit notamment du dos chez l’homme ou de la barbe chez la femme s’il existe un problème hormonal sous jacent non résolu, qui stimule la repousse des poils.
– Pourquoi faut-il éviter le soleil?
L’épilation au laser est le plus souvent réalisée en hiver car la peau ne doit pas être bronzée ni voir le soleil pendant plusieurs semaines pour éviter les cicatrices. L’épilation au laser nécessite de raser la zone à traiter avant la séance. Afin de diminuer la douleur des impacts du laser, on utilise généralement une technique de refroidissement, voire l’application d’une crème anesthésiante sur la zone à traiter avant la séance.
-Quelle est la différence avec l’épilation à la lumière pulsée ?
L’épilation à la lumière pulsée est réalisée au moyen d’une lampe flash qui dispense de la lumière intense pulsée (en anglais Intense Pulsed Light :IPL). La « lampe flash » nest donc pas à proprement parler un laser. Le principe de destruction du poil par la lampe flash est cependant comparable à celui de l’épilation laser : le fonctionnement de la lumière pulsée repose sur la destruction du pigment des poils (la mélanine). L’épilation à la lampe à lumière intense pulsée est donc elle aussi efficace surtout sur les poils foncés et les poils en phase de pousse, car ces derniers produisent beaucoup de mélanine. L’épilation à la lampe à lumière intense pulsée doit donc elle aussi être utilisée avec prudence sur les peaux pigmentées car elles contiennent beaucoup de mélanine. De même, elle est contre-indiquée sur les peaux bronzées. Les lampes flash ont donc sensiblement les mêmes contre-indications que les lasers.
Cependant, le laser produit une lumière monochromatique plus puissante tandis que les lampes flashes pulsées produisent une lumière blanche filtrée souvent entre 550 et 950 nm, un peu moins puissante et performante.
– Que penser des « épilateurs laser » ou lampes flash en vente sur internet?
Alexandrite 755 nm
Diode 800nm
Nd yag Qswitched 1064nm
lampes pulsées filtrées : emission entre 550 et 1000nm
-Quelle est la cible de ce type de laser ?
La cible du laser épilation est la mélanine située dans la tige pilaire et le bulbe du poil.
– Quels sont les effets tissulaires du laser épilation ?
Ils agissent par destruction du poil : ils ont un effet sur le poil en phase anagène (phase de croissance du poil) en raison de la forte production de mélanine par ce dernier.
Conséquences : les poils , au fil des séances, repoussent plus lentement , plus fins , et leur nombre se réduit. La peau retrouve un toucher lisse tout particulièrement visible sur des zones avec poils denses, épais et folliculites à répétition .
-Le laser épilation permet-il de traiter toutes les zones pileuses ?
On peut traiter toutes les zones pileuses avec des résultats plus lents et parfois décevants sur les avant bras et les cuisses . On peut observer une repousse paradoxale chez la femme de type méditeranéen qui présente un duvet long et fin au niveau des joues necessitant des fluences fortes .
– Quels sont les effets secondaires ?
Il existe trois types d’effets secondaires du laser épilation :
immédiats : érythème et œdème peri pilaires
retardés : éjection des poils « brûlés ».
tardifs : hyperchromie et achromie habituellement reversibles .On note une douleur lors du traitement et un érythème (rougeur).
-Combien de séances d’épilation faut-il prévoir ?
la séance s’effectue sur un poil rasé et sur une peau non bronzée. 5 à 7 séances sont nécessaires en moyenne pour obtenir une épilation longue durée voire définitive . Au début elles sont espacées de 4 à 8 semaines selon la localisation puis elles suivent le rythme de la repousse avec un délai croissant entre les séances .
– Quelles sont les contre indications du laser épilation ?
l’enfant
la peau pigmentée noire et bronzée en raison de la compétition entre la mélanine du poil et celle de l’épiderme
les poils blancs et blonds
la prise de médicaments photosensibilisants et les maladies photosensibles
-Quelles sont les précautions à prendre en cas d’épilation au laser ?
Il est impératif de ne pas s’exposer au soleil les 2 semaines suivant la séance.
– Une remarque ? une conclusion ?
Le duvet reste difficile à traiter
On relève environ 5% de non répondeurs pouvant nécessiter un changement de laser .
En conclusion : le laser épilation est une technique très satisfaisante , un peu douloureuse malgré le refroidissement des lasers, et d’autant plus efficace que le poil est noir et la peau blanche .
Et pour aller plus loin…
Vidéo de dermatoinfo :
Fiche d’information de la Société Française de Dermatologique sur l’épilation au laser
Poux : symptômes, traitement et comment s’en débarrasser
Les poux de tête (Pediculus humanus capitis) sont des insectes parasites hématophages qui se nourrissent de sang toutes les six heures environ. Ils touchent principalement les enfants scolarisés en raison de la transmission directe par contact entre têtes. Contrairement aux idées reçues, il n’existe pas de « têtes à poux » — n’importe qui peut en attraper, quelle que soit son hygiène. Le traitement est efficace mais doit être rigoureux et répété pour éliminer à la fois les poux adultes et les lentes. La résistance croissante aux insecticides rend les traitements asphyxiants de plus en plus incontournables.
Téléchargez le guide complet
POUX
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Parmi les 4 000 espèces de poux recensées dans le monde, seules trois parasitent exclusivement l’être humain, chacune sur une zone corporelle différente. Les poux de tête (Pediculus humanus capitis) vivent et pondent sur le cuir chevelu — c’est la forme la plus fréquente, très répandue chez les enfants scolarisés. Les poux de corps (Pediculus humanus corporis) vivent dans les vêtements et se nourrissent sur la peau du tronc — ils touchent principalement les personnes en situation de grande précarité. Les poux du pubis (Phthirus pubis), communément appelés morpions, se transmettent essentiellement par voie sexuelle et sont considérés comme une infection sexuellement transmissible.
Symptômes des poux de tête
Le signe principal est un prurit (démangeaison) du cuir chevelu, souvent intense, prédominant sur la nuque et derrière les oreilles — zones où les poux pondent préférentiellement. Des boutons dans la nuque ou derrière les oreilles chez un enfant doivent toujours faire rechercher des poux. Les démangeaisons peuvent conduire à un grattage intense, favorisant une surinfection bactérienne du cuir chevelu par staphylocoque — un impétigo du cuir chevelu doit systématiquement faire rechercher des poux.
💡 Tout impétigo du cuir chevelu doit faire rechercher des poux. La surinfection staphylococcique est fréquente en cas d’infestation prolongée non traitée. Si l’impétigo est présent, l’éviction scolaire est nécessaire — pas en cas de poux seuls.
Poux adultes et lentes : comment les identifier
Les poux adultes mesurent environ 2 mm. Ils sont très mobiles et difficiles à observer directement dans les cheveux. La femelle vit environ un mois et pond une centaine de lentes (œufs) au cours de sa vie.
On distingue deux types de lentes. Les lentes vivantes sont blanchâtres, gonflées, fermement adhérentes à la tige du cheveu — elles ne se déplacent pas quand on tire dessus (contrairement aux pellicules). Elles sont situées à moins d’1,5 cm du cuir chevelu et éclosent en environ 8 jours. Les lentes mortes (déjà écloses) sont grisâtres, plus plates et aplaties, situées à plus d’1,5 cm du cuir chevelu — leur présence indique une infestation ancienne mais ne signifie pas forcément qu’elle est encore active.
💡 Lentes vivantes ou mortes ? Seules les lentes vivantes (à moins d’1,5 cm du cuir chevelu, gonflées, blanchâtres) indiquent une infestation active nécessitant un traitement. La présence de lentes mortes seules, éloignées du cuir chevelu, ne justifie pas un nouveau traitement — mais un peignage régulier au peigne fin reste utile.
Traitement des poux : mode d’emploi
Deux grandes familles de traitement
Il existe deux types de traitements anti-poux. Les insecticides (pyréthrinoïdes comme la perméthrine, malathion) tuent les poux par action neurotoxique. Leur efficacité est de plus en plus limitée par la résistance croissante des poux — phénomène bien documenté en France. Les traitements asphyxiants (diméticone, huile de coco, dimeticone) agissent en enduisant le corps des poux d’une substance grasse qui obstrue leurs spiracles respiratoires — sans mécanisme de résistance possible. Ils sont aujourd’hui recommandés en première intention.
Type
Mécanisme
Avantages / Limites
Asphyxiants (diméticone, huile de coco)
Obstruction mécanique des voies respiratoires
Pas de résistance possible — recommandés en 1ère intention
Pyréthrinoïdes (perméthrine)
Insecticide neurotoxique
Résistance fréquente en France — efficacité variable
Malathion
Insecticide organophosphoré
Moins de résistance que les pyréthrinoïdes — retiré du marché en France (classé liste I)
Protocole de traitement étape par étape
Le traitement s’applique raie de cheveux par raie sur cheveux secs, en saturant bien l’ensemble du cuir chevelu et des cheveux jusqu’aux pointes. Le produit doit rester en place 8 à 12 heures (une nuit) pour les lotions et crèmes — les shampoings sont moins efficaces. Rincer ensuite avec un shampoing doux, puis réaliser un peignage méticuleux au peigne à dents fines (peigne anti-poux) pour éliminer les lentes. Répéter le traitement tous les 8 jours jusqu’à disparition complète des poux et des lentes vivantes — délai correspondant à l’éclosion des œufs survivants. Le rinçage à l’eau vinaigrée facilite le décollage des lentes en dissolvant le cément qui les fixe au cheveu.
⚠️ Si des poux vivants sont encore présents 24h après le traitement insecticide, il faut suspecter une résistance et passer à un traitement asphyxiant (diméticone). Ne pas augmenter la dose d’insecticide — cela n’améliore pas l’efficacité et augmente la toxicité.
Traitement de l’entourage et mesures environnementales
Traiter toutes les personnes infestées du foyer simultanément — ne traiter qu’un seul enfant sur trois expose à une réinfestation immédiate. Examiner soigneusement chaque personne de l’entourage : démangeaisons du cuir chevelu, boutons dans la nuque, lentes visibles dans les cheveux. Traiter uniquement les personnes présentant des signes d’infestation active — pas de traitement préventif systématique.
Concernant l’environnement : laver à 60°C les vêtements, taies d’oreiller, bonnets, casquettes, écharpes, housses de siège auto ayant été en contact avec la tête de la personne infestée dans les 3 jours précédant le traitement. Les textiles non lavables à 60°C doivent être isolés dans un sac plastique hermétique pendant au moins 3 jours. Désinfecter les brosses, peignes et tondeuses en les faisant tremper dans de l’eau à plus de 65°C pendant 10 minutes. La désinfection des locaux et des animaux de compagnie est inutile — les poux de tête ne survivent pas sur les surfaces ni sur les animaux.
Concernant l’école : prévenir l’école afin que les parents des autres enfants soient informés et puissent examiner leurs propres enfants. L’éviction scolaire n’est pas nécessaire en cas de poux seuls — elle est requise uniquement en cas d’impétigo associé.
Pourquoi le traitement anti-poux ne fonctionne-t-il pas ?
Les causes d’échec sont multiples. La résistance aux insecticides est la première cause d’échec des traitements à base de pyréthrinoïdes — dans ce cas, utiliser un traitement asphyxiant. Un traitement mal appliqué (quantité insuffisante, durée trop courte, cheveux mouillés au lieu de secs, shampoing au lieu de lotion) est très fréquent. La réinfestation par un membre du foyer ou un camarade de classe non traité explique de nombreuses récidives apparentes. Le coût des produits, non remboursés par l’Assurance Maladie, peut conduire à des traitements incomplets.
En cas d’échec persistant après deux traitements bien conduits, une consultation médicale est recommandée. Le dermatologue peut vérifier la technique d’application, confirmer l’infestation active (lentes vivantes vs mortes), et discuter d’un traitement par ivermectine orale (Stromectol®) — efficace mais sans AMM dans cette indication en France, utilisé en dernier recours.
Poux de corps
Les poux de corps touchent principalement les personnes en situation de grande précarité (SDF). Ils vivent dans les vêtements et se nourrissent sur la peau du tronc et des membres. Le traitement repose sur une douche avec du savon et la désinfestation des vêtements par lavage à 60°C ou isolement en sac plastique 3 jours. Les poux de corps sont vecteurs de maladies graves (typhus, fièvre des tranchées, fièvre récurrente à Borrelia) — leur traitement est une priorité de santé publique chez les personnes en précarité.
Infestations récidivantes ou traitement inefficace ? Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation souvent dès le lendemain. 📅 Prendre rendez-vous en téléconsultation
Questions fréquentes sur les poux
Les poux peuvent-ils sauter d’une tête à l’autre ?
Non — les poux ne sautent pas et ne volent pas. Ils se déplacent uniquement en marchant. La transmission se fait presque exclusivement par contact direct tête à tête, même bref. La transmission indirecte (bonnets, brosses, casquettes) est possible mais nettement moins fréquente. Contrairement à une idée reçue, il n’y a pas de « têtes à poux » — la propreté des cheveux ne protège pas.
Comment distinguer des lentes de poux de simples pellicules ?
La distinction est simple : les pellicules se déplacent librement le long du cheveu quand on les pousse avec les doigts. Les lentes de poux sont solidement fixées à la tige du cheveu par un cément — elles ne bougent pas quand on tire dessus. De plus, les lentes sont localisées à moins d’1,5 cm du cuir chevelu (pour les vivantes), alors que les pellicules peuvent être sur toute la longueur.
Faut-il traiter toute la famille si un seul enfant a des poux ?
Il faut examiner soigneusement tous les membres du foyer et traiter uniquement ceux qui présentent des signes d’infestation active (démangeaisons, lentes vivantes). Un traitement préventif systématique de toute la famille n’est pas recommandé — mais un examen attentif de chacun est indispensable, car les poux peuvent être peu symptomatiques chez l’adulte.
Un enfant avec des poux doit-il rester à la maison ?
L’éviction scolaire n’est pas obligatoire pour les poux seuls en France. L’enfant peut retourner à l’école après le premier traitement. L’éviction est uniquement requise en cas d’impétigo associé (surinfection bactérienne). En revanche, il est important de prévenir l’école pour que les autres familles puissent examiner leurs enfants.
Pourquoi les traitements anti-poux deviennent-ils de moins en moins efficaces ?
Les poux développent des résistances aux insecticides (pyréthrinoïdes, perméthrine) par mutations génétiques qui se transmettent aux générations suivantes — phénomène bien documenté en France depuis les années 2000. Les traitements asphyxiants (diméticone, huile de coco) ne sont pas concernés par ce phénomène car ils agissent mécaniquement, pas chimiquement. En cas d’échec d’un insecticide, il faut passer à un traitement asphyxiant — pas augmenter la dose d’insecticide.
L’ivermectine orale fonctionne-t-elle contre les poux ?
L’ivermectine orale (Stromectol®) est efficace contre les poux de tête mais n’a pas l’AMM dans cette indication en France. Elle peut être utilisée en dernier recours par le médecin dans les formes résistantes à tous les traitements locaux bien conduits. Elle est en revanche utilisée et approuvée pour le traitement de la gale.
Téléchargez le guide complet
POUX
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Téléchargez le guide complet
MELANOME
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Tout d’abord, il faut savoir que l’augmentation du nombre de mélanomes malins a été spectaculaire durant ces 30 dernières années dans les populations blanches.
Ceci s’explique au moins en partie lorsqu’on connaît les facteurs augmentant le risque de mélanome malin:
Attention en cas d’antécédents familiaux
Les antécédents personnels ou familiaux de mélanome malin (un antécédent chez un parent au 1er degré augmente le risque de 2 à 3)
Un antécédent de mélanome malin dans une famille doit amener l’ensemble des membres de la famille à se faire surveiller
Attention en cas de grains de beauté
Le fait d’avoir des grains de beauté, a fortiori sils sont nombreux augmente le risque de melanome malin
Les expositions solaires (et aux UV en général) en particulier dans l’enfance et les antécédents de coup de soleil constituent un facteur de mélanome malin
Autant dire que le risque de melanome malin touche une très grande partie de la population, puisque les habitudes solaires ont été beaucoup plus importantes (vacances ou enfance au soleil, mode du bronzage ) quelles ne létaient auparavant.
IL FAUT DONC CONSULTER DEVANT L’APPARITION DE TOUTE TACHE MARRON OU TOUT BOUTON QUI GROSSIT
Changement de grain de beauté : danger de mélanome!
Les personnes ayant des grains de beauté doivent les montrer et les faire surveiller régulièrement.
Se protéger du soleil
La meilleure prévention consiste à diminuer lexposition aux UV de trois manières, dans lordre d’efficacité :
Ne pas aller au soleil entre 11 et 17 h. Effectuez une exposition progressive les premiers jours de soleil. Evitez les expositions longues type » bain de soleil « . Les UV en cabine ne sont pas recommandés.
Porter des protections vestimentaires : T-Shirt à manches longues, chapeau avec bords larges, pantalon
Mettre des crèmes solaires efficaces (minimum indice 20 contre les UVB, et protégeant aussi contre les UVA), toutes les deux heures et après les bains, sur tout le corps.
Il est entendu quil ne faut pas » vivre dans une cave » et que le soleil est agréable et utile. Cest son abus et l’absence de respect des règles énoncées ci-dessus qui est mauvais.
En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau
Téléchargez le guide complet
MELANOME
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Traitements pour atténuer les vergetures : guide complet par stade
Les vergetures résultent d’une rupture des fibres collagènes et élastiques du derme profond provoquée par un étirement cutané trop rapide. Assimilables à des cicatrices dermiques, elles ne disparaissent pas complètement : l’objectif des traitements est leur atténuation significative. Le mieux reste de les prévenir en amont lorsque cela est possible.
Téléchargez le guide complet
VERGETURES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Sur quelles vergetures les traitements sont-ils les plus efficaces ?
La couleur des vergetures reflète leur stade évolutif et conditionne directement la réponse aux traitements :
Vergetures violacées à rouge rosées (stade récent, inflammatoire) : le derme est encore actif, la néovascularisation est présente — c’est le stade le plus favorable à tous les traitements. Les résultats sont significativement meilleurs qu’à un stade tardif.
Vergetures blanc nacrées (stade séquellaire, cicatriciel) : le tissu est avasculaire et fibrotique. Les traitements restent possibles mais les résultats sont plus modestes et nécessitent des techniques plus intensives.
La règle d’or : traiter tôt, dès l’apparition des premières stries rouges.
Principe commun à tous les traitements
Quelle que soit la technique employée, le mécanisme d’action repose sur deux effets complémentaires :
Exfoliation ou abrasion des couches superficielles de la peau, pour lisser la surface et améliorer l’aspect visuel de la strie ;
Stimulation de la néocollagénèse dans le derme profond, afin de reconstituer partiellement les fibres rompues.
Le second mécanisme — la régénération dermique — est celui qui produit les résultats les plus durables.
Traitements légers (ambulatoires)
Trétinoine (vitamine A acide)
La trétinoine est prescrite par le médecin hors AMM dans cette indication. Elle agit en accélérant le renouvellement cellulaire épidermique et en stimulant la synthèse de collagène dermique, homogénéisant progressivement la texture de la peau après plusieurs semaines d’application.
Modalités d’utilisation :
Application en période hivernale uniquement (photosensibilisation et risque de taches en cas d’exposition solaire) ;
Appliquer en très petite quantité — une noisette suffit pour une grande surface ; réduire la quantité n’altère pas l’efficacité ;
Espacer les applications (tous les deux ou trois jours au début) en cas d’irritation cutanée ;
Contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement — une contraception efficace est indispensable chez les femmes en âge de procréer.
La trétinoine est plus efficace sur les vergetures récentes que sur les stries anciennes nacrées.
Autres crèmes anti-vergetures
Le marché propose de nombreuses crèmes anti-vergetures enrichies en vitamine E, silicium, acide hyaluronique ou extraits végétaux. Leur bénéfice repose principalement sur l’hydratation cutanée et l’effet mécanique du massage lors de leur application plutôt que sur leurs actifs spécifiques.
Microneedling (rouleau micro-aiguilles)
Le microneedling est réalisé au cabinet par le dermatologue à l’aide d’un rouleau ou d’un stylo (dermapen) équipé de micro-aiguilles calibrées (0,5 à 2,5 mm). Le passage répété sur les vergetures crée des micro-traumatismes contrôlés dans le derme, déclenchant la cascade naturelle de cicatrisation et une production accrue de collagène et d’élastine. Plusieurs séances sont nécessaires.
Le PRP (Platelet-Rich Plasma) est une technique autologue — préparée exclusivement à partir du sang du patient — dont les propriétés régénératrices sont exploitées depuis plusieurs années en orthopédie (tendinopathies, arthrose) et de plus en plus en dermatologie. Les facteurs de croissance libérés par les plaquettes stimulent la synthèse de collagène, d’élastine et accélèrent la réparation tissulaire.
Protocole en 4 étapes :
Prélèvement d’un petit volume de sang veineux du patient ;
Centrifugation pour séparer le plasma concentré en plaquettes des autres composants sanguins ;
Récupération du PRP dans une seringue ;
Injection du PRP sous et dans les vergetures à traiter.
Le caractère autologue du PRP élimine les risques de rejet immunologique et de transmission infectieuse.
Contre-indications principales :
Thrombocytopénie ou autre maladie hématologique ;
Maladie auto-immune évolutive ;
Prise d’antiagrégants plaquettaires (aspirine), de bêta-carotène, de certains antibiotiques ou antidépresseurs ;
Grossesse et allaitement.
Une étude publiée sur PubMed suggère une efficacité supérieure du PRP par rapport à la trétinoine dans le traitement des vergetures.
Traitements plus intensifs
Peelings chimiques
Les peelings à l’acide glycolique (AHA) ou à l’acide trichloroacétique (TCA) provoquent une exfoliation contrôlée des couches superficielles du derme et stimulent la synthèse de collagène en profondeur. Ils sont efficaces aussi bien sur les vergetures rouges que sur les vergetures blanches.
Un protocole de 6 séances en moyenne est nécessaire pour obtenir un résultat visible. Les séances sont espacées de 3 à 4 semaines et réalisées en dehors des périodes d’exposition solaire.
La microdermabrasion consiste à projeter sous pression des micro-cristaux d’oxyde d’aluminium sur la surface cutanée, abradant mécaniquement les couches superficielles de la peau au niveau de la strie. Le geste est réalisé sous anesthésie locale par crème anesthésiante (EMLA). Son efficacité est comparable à celle des peelings moyens mais elle permet un traitement ciblé, lésion par lésion.
Attention : le terme « microdermabrasion » est souvent repris par l’industrie cosmétique pour des kits grand public de micro-exfoliation, dont l’action est sans commune mesure avec la technique médicale.
Laser anti-vergetures
Le laser représente aujourd’hui l’option thérapeutique offrant les meilleurs résultats, notamment sur les vergetures récentes.
L’abdominoplastie est une intervention chirurgicale indiquée lorsqu’il existe un excès cutané abdominal associé aux vergetures (post-grossesse, post-amaigrissement important). Elle consiste à réséquer la zone de peau vergeturée localisée sous l’ombilic et à redraper le tissu restant. C’est la seule technique permettant une suppression physique des vergetures concernées — au prix d’une cicatrice horizontale basse.
Questions fréquentes sur le traitement des vergetures
Peut-on combiner plusieurs traitements ?
Oui, et c’est souvent recommandé. Les associations les plus courantes sont le microneedling couplé au PRP (injections au décours immédiat de la séance pour potentialiser la pénétration des facteurs de croissance), ou la trétinoine en entretien entre des séances de laser ou de peeling.
Combien de séances sont nécessaires en moyenne ?
Cela dépend de la technique et du stade des vergetures : de 3 à 4 séances pour le microneedling ou le PRP sur des vergetures récentes, à 6 séances ou plus de peeling pour des vergetures blanches établies. Les lasers fractionnés nécessitent en général 3 à 5 séances.
Ces traitements sont-ils remboursés ?
Non. Les traitements des vergetures sont considérés comme relevant de la dermatologie esthétique et ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie, à l’exception de l’abdominoplastie dans certains cas très spécifiques (séquelles de chirurgie bariatrique avec excès cutané fonctionnel gênant).
La trétinoine peut-elle être utilisée pendant la grossesse ?
Non, formellement. La trétinoine est tératogène (potentiellement nocive pour le fœtus) et contre-indiquée pendant toute la grossesse et l’allaitement. C’est paradoxal car la grossesse est précisément une période à risque de vergetures — les massages hydratants restent dans ce contexte la seule option recommandée.
Téléchargez le guide complet
VERGETURES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Traitement du vitiligo : repigmentation, photothérapie, ruxolitinib et nouvelles options
Le vitiligo reste une maladie difficile à contrôler dans son évolution — l’apparition de nouvelles plaques peut survenir malgré le traitement — mais la repigmentation d’une grande partie des lésions existantes est aujourd’hui possible grâce à un arsenal thérapeutique en pleine expansion. La clé réside dans la persistance des cellules souches mélanocytaires dans les follicules pileux, qui peuvent être stimulées pour reconstituer le pigment. Deux impératifs à retenir : la patience — il faut souvent 6 mois à 2 ans pour des résultats satisfaisants — et la précocité — traiter tôt, avant que les lésions ne s’installent durablement.
Vitiligo qui s’étend, plaques résistantes au traitement local ? Un bilan dermatologique permet d’adapter la stratégie thérapeutique. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Téléchargez le guide complet
VITILIGO
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Toutes les zones ne répondent pas de la même façon
Avant d’initier un traitement, il est important de connaître les zones qui répondent bien — et celles qui résistent :
Visage — zone de meilleure réponse au traitement, repigmentation souvent satisfaisante
Tronc et membres proximaux — réponse intermédiaire
Mains et pieds — zones les plus résistantes, repigmentation souvent partielle ou absente
Vitiligo segmentaire (un seul côté du corps) — bonne indication pour la greffe de mélanocytes, notamment sur le visage
Vitiligo avec cheveux blancs dans la plaque — signe de destruction des follicules, pronostic de repigmentation plus réservé
💡 Pourquoi la repigmentation est-elle possible ? Même si les mélanocytes de la surface cutanée sont détruits, des cellules souches mélanocytaires persistent dans les follicules pileux. Ce sont elles qui, stimulées par les UV ou les traitements locaux, migrent vers la surface et reconstituent le pigment — d’où l’aspect caractéristique en petits points autour des follicules au début de la repigmentation.
Traitements locaux — crèmes et topiques
Dermocorticoïdes
Les crèmes à la cortisone appliquées sur le pourtour des plaques peuvent freiner l’extension du vitiligo et favoriser la repigmentation. Elles restent un traitement de première intention, notamment en association avec la photothérapie. Leur utilisation prolongée sur le visage est limitée par le risque d’atrophie cutanée.
Tacrolimus topique (hors AMM)
Le tacrolimus en crème (Protopic®) est utilisé hors AMM dans le vitiligo, à raison de 2 applications par jour jusqu’à obtention d’une repigmentation (minimum 6 mois). Son avantage majeur est de pouvoir être utilisé sur le visage et le cou sans risque d’atrophie cutanée — contrairement aux dermocorticoïdes. Une application deux fois par semaine peut ensuite limiter le risque de récidive.
Vitamine D topique (hors AMM)
Les analogues de la vitamine D (Daivonex®, calcipotriol) peuvent être utilisés en association, notamment avec la photothérapie UVB, pour potentialiser la repigmentation.
⚠️ Tous ces traitements locaux nécessitent une prescription médicale. L’application sur les lésions actives en bordure de plaque — plutôt que sur les zones déjà totalement dépigmentées — optimise les résultats.
Photothérapie UVB — traitement de référence
Un traitement par UV repigmente environ 60 % des personnes atteintes de vitiligo. La photothérapie est aujourd’hui le traitement systémique de référence, en association avec les traitements locaux.
UVB à spectre étroit (TL01) — traitement de choix
Les UVB à spectre étroit sont désormais préférés aux UVA (PUVAthérapie) en raison d’un meilleur profil de sécurité. Le traitement est réalisé en cabine chez le dermatologue, 2 à 3 séances par semaine. Les résultats sont évalués après 3 à 4 mois — le traitement est arrêté en cas d’inefficacité à ce stade.
UVB à domicile
Une étude a montré que les UV à domicile peuvent être aussi efficaces que les UVB à spectre étroit réalisés chez le dermatologue 3 fois par semaine — une option pratique pour les patients éloignés des centres ou dont les contraintes d’agenda limitent les séances en cabinet.
PUVAthérapie (UVA + psoralènes)
La PUVAthérapie (psoralènes pris 2 heures avant l’exposition aux UVA) est moins utilisée aujourd’hui. Si votre médecin vous a prescrit un psoralène, des lunettes noires couvrant les côtés des yeux sont obligatoires pendant les 8 heures suivant la prise, et toute exposition solaire doit être évitée pendant cette période.
Limites et précautions de la photothérapie
Les UV jouant un rôle important dans le déclenchement des cancers cutanés, des limites strictes sont recommandées :
Maximum 30 séances par an
Maximum 150 à 200 séances au total dans une vie
Le mélanome contre-indique définitivement les UV
Signaler tout antécédent de cancer cutané, grain de beauté atypique, maladie liée au soleil, ou traitement photosensibilisant
Lunettes protectrices obligatoires pendant les séances
Les hommes doivent garder leur slip pendant les séances
Photothérapie insuffisante, vitiligo qui s’étend malgré le traitement ? De nouvelles options thérapeutiques existent : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Lasers dans le vitiligo
Laser excimer et laser Hélium-Néon
Le laser excimer (308 nm) délivre des UVB monochromatiques à haute intensité directement sur les plaques de vitiligo, en épargnant la peau saine environnante. Il est particulièrement efficace sur le visage et peut remplacer ou compléter la photothérapie en cabine pour les lésions localisées.
Laser CO2 ablatif fractionné
Les lasers fractionnés présentent un intérêt dans le vitiligo non-segmentaire stable, pour lequel les traitements conventionnels sont parfois insuffisants. Le laser CO2 ablatif est particulièrement étudié, surtout en association avec un dermocorticoïde en crème et/ou des UVB.
Laser picoseconde
Une étude pilote publiée dans JAMA Dermatology (Lee, 2017) est en faveur de l’efficacité du laser picoseconde Sapphire titanium 311 nm, avec des résultats prometteurs à confirmer sur de plus larges cohortes.
Dépigmentation laser pour vitiligos quasi-généralisés
Pour les vitiligos touchant plus de 50 à 80 % de la surface corporelle, une approche inverse peut être discutée : dépigmenter la peau saine restante par laser dépigmentant pour homogénéiser le teint. Cette décision, lourde de conséquences définitives, nécessite une concertation approfondie.
Ruxolitinib (Opzelura®) — la nouveauté majeure
Le ruxolitinib crème (Opzelura®) représente l’avancée thérapeutique la plus significative de ces dernières années dans le vitiligo. C’est un inhibiteur de JAK (Janus Kinase) topique qui agit en bloquant la voie de signalisation JAK-STAT, impliquée dans la destruction des mélanocytes par les lymphocytes T cytotoxiques.
Preuves cliniques
Les études pivots TRuE-V1 et TRuE-V2, menées versus placebo sur 24 semaines chez des patients de 12 ans et plus atteints de vitiligo non-segmentaire avec atteinte faciale, ont montré qu’une repigmentation faciale d’au moins 75 % de la surface du visage était obtenue avec le ruxolitinib topique seul — résultat encore amélioré en association avec les UVB à spectre étroit.
Disponibilité en France
Opzelura® est disponible en pharmacie de ville en France depuis juillet 2024 — jusqu’alors il fallait se le procurer en pharmacie hospitalière, ce qui en limitait l’accès. Cette disponibilité élargie constitue un changement majeur dans la prise en charge pratique du vitiligo.
Utilisation
Crème à 1,5 % — 2 applications par jour sur les plaques
Indiqué dans le vitiligo non-segmentaire avec atteinte faciale chez les patients de 12 ans et plus
Peut être associé à la photothérapie UVB pour potentialiser l’effet
Prescription dermatologique initiale requise
Greffe de mélanocytes
La greffe de mélanocytes est une option chirurgicale pour les formes sélectionnées de vitiligo stable. Elle consiste à prélever des mélanocytes sur une zone saine, les mettre en suspension, abraser les plaques de vitiligo, puis appliquer la suspension sur les zones traitées.
Indications strictes
Cette technique est réservée aux vitiligos présentant toutes ces caractéristiques :
Petite taille des lésions
Stable depuis au moins un an (pas d’extension récente)
Bien délimité et bien blanc
Non soumis aux microtraumatismes répétés
Le vitiligo segmentaire (unilatéral) est une excellente indication, notamment au niveau du visage
Résultats
La repigmentation est progressive, maximale après 3 à 6 mois. Des études montrent des résultats durables avec un suivi de plus de 72 mois, avec une amélioration significative et stable de la pigmentation.
Micro-aiguilles (needling)
Le needling consiste à passer un rouleau de micro-aiguilles chirurgicales en acier inoxydable (1 à 2,5 mm) sur la peau, créant des microcanaux qui stimulent le collagène et améliorent la pénétration des actifs topiques.
Dans le vitiligo, une étude publiée dans le JAAD (2017) a montré son efficacité en faisant pénétrer un dermocorticoïde (triamcinolone) par micro-aiguilles dans les plaques de vitiligo, en association avec les UVB à spectre étroit, chez 60 patients — avec des résultats supérieurs à la photothérapie seule.
La technique est sûre, sans risque de cicatrices, utilisable sur les peaux mates selon une revue de littérature de 2016, et peut être combinée avec le tacrolimus topique.
Maquillage et camouflage
En attendant l’effet des traitements — ou pour les zones résistantes — plusieurs solutions de camouflage permettent de masquer les plaques au quotidien :
Maquillage correcteur couvrant (fond de teint haute couvrance, maquillage médical type Dermablend®) — solution immédiate, efficace, sans risque
Autobronzant — application sur les plaques pour rapprocher leur teint de la peau environnante. Résultat temporaire (3 à 5 jours), à renouveler.
Ces solutions ne traitent pas le vitiligo mais améliorent significativement la qualité de vie et l’impact psychologique, notamment pendant les mois d’attente des résultats thérapeutiques.
Consensus européen et japonais — stratégie de traitement
En 2016, l’European Dermatology Forum et le Vitiligo Japanese Task Force ont établi un consensus international recommandant d’associer en première intention la photothérapie UVB à un traitement local :
UVB (TL01 à spectre étroit) associés à :
Pour l’EDF : dermocorticoïdes +/- laser excimer ou tacrolimus en crème
Pour le Task Force japonais : dermocorticoïdes ou vitamine D topique
Depuis ce consensus, le ruxolitinib topique (Opzelura®) est venu enrichir l’arsenal de première intention, avec un niveau de preuve désormais le plus élevé de la classe pour le vitiligo facial actif.
Tableau récapitulatif — traitements du vitiligo
Traitement
Indication préférentielle
Délai de résultats
Points clés
Dermocorticoïdes
Plaques localisées — corps
3 à 6 mois
Éviter visage — risque atrophie
Tacrolimus crème
Visage et cou
6 mois minimum
Hors AMM — pas d’atrophie
Ruxolitinib (Opzelura®)
Vitiligo non-segmentaire avec atteinte faciale
16 à 24 semaines
Disponible en pharmacie depuis juillet 2024
UVB TL01
Vitiligo étendu — toutes zones
3 à 4 mois (évaluation)
Max 30 séances/an — 200/vie
Laser excimer
Lésions localisées — visage
3 à 6 mois
Alternative à la photothérapie en cabine
Greffe de mélanocytes
Vitiligo stable, segmentaire, visage
3 à 6 mois
Résultats durables > 6 ans
Maquillage / autobronzant
Toutes zones — résistantes ou en attente
Immédiat
Solution de camouflage — ne traite pas
Questions fréquentes
Le vitiligo peut-il guérir complètement ?
Une repigmentation complète et durable est possible — notamment sur le visage — mais reste l’exception plutôt que la règle. La grande majorité des patients obtient une repigmentation partielle significative avec les traitements actuels. Le vitiligo reste une maladie chronique qui peut récidiver même après une bonne réponse thérapeutique. L’objectif réaliste est une repigmentation satisfaisante des zones à fort impact esthétique et une stabilisation de la maladie.
Qu’est-ce que le ruxolitinib (Opzelura®) et en quoi est-il différent des autres crèmes ?
Le ruxolitinib est le premier inhibiteur de JAK topique approuvé dans le vitiligo. Contrairement aux dermocorticoïdes (qui agissent sur l’inflammation de façon non spécifique) ou au tacrolimus (immunosuppresseur local), le ruxolitinib bloque précisément la voie JAK-STAT impliquée dans la destruction des mélanocytes par le système immunitaire. Les études TRuE-V ont montré des taux de repigmentation faciale significativement supérieurs au placebo dès 24 semaines. Il est disponible en pharmacie de ville depuis juillet 2024.
Combien de temps faut-il traiter avant d’évaluer l’efficacité ?
La patience est indispensable dans le traitement du vitiligo. Les premiers signes de repigmentation — petits points pigmentés autour des follicules — apparaissent rarement avant 3 à 4 mois. Un traitement complet demande souvent 6 mois à 2 ans pour des résultats satisfaisants. La photothérapie est évaluée après 3 à 4 mois d’essai — elle est arrêtée en cas d’inefficacité à ce stade.
La photothérapie est-elle sans danger pour la peau ?
Les UV à long terme augmentent le risque de cancers cutanés. C’est pourquoi des limites strictes sont recommandées : 30 séances maximum par an et 150 à 200 séances au total dans une vie. Le mélanome contre-indique définitivement les UV. Il est impératif d’informer son dermatologue de tout antécédent de cancer cutané, de prise de médicaments photosensibilisants, ou d’exposition UV antérieure pour adapter le traitement.
La greffe de mélanocytes est-elle douloureuse et quels sont les résultats attendus ?
La greffe est réalisée sous anesthésie locale — elle est peu douloureuse. Un prélèvement de peau saine est effectué (petite zone, généralement sur la cuisse) et les mélanocytes sont appliqués sur les plaques préalablement abrasées. La repigmentation est progressive sur 3 à 6 mois. Les résultats sont durables — des études montrent une efficacité maintenue plus de 6 ans après la greffe. Elle est réservée aux vitiligos stables depuis au moins un an, ce qui exclut les formes actives en cours d’extension.
Téléchargez le guide complet
VITILIGO
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le soleil et la peau : effets des UV, risques et protection
Peau abîmée par le soleil — taches et vieillissement
Le soleil est indispensable à la vie — mais ses rayons ultraviolets (UV) sont aussi la première cause de cancer de la peau et de vieillissement cutané prématuré. Comprendre leur mécanisme d’action permet d’adopter une protection efficace sans se priver des bénéfices d’une exposition raisonnée.
Grain de beauté suspect après exposition solaire ? Taches apparues ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Les rayons du soleil : UV, lumière visible, infrarouge
Le soleil émet un spectre de rayonnements. Seule une partie est visible — la lumière. Les autres sont invisibles : les ultraviolets (UV) et les infrarouges. Ce sont les UV qui ont le plus d’impact sur la peau.
💡 Un voile nuageux d’altitude ne bloque que 10% des UV. On peut prendre des coups de soleil par temps couvert. De même, faire du vélo ou marcher ne réduit pas l’exposition aux UV — la lumière voyage à 300 000 km/s.
UVA vs UVB — quelles différences ?
UVA (320–400 nm)
UVB (280–320 nm)
UVC (< 280 nm)
Filtrage atmosphérique
Non filtré — arrive en totalité
Partiellement filtré
✅ Totalement filtré par l’ozone
Pénétration dans la peau
Profonde — atteint le derme
Superficielle — épiderme
Stoppé avant la peau (sauf sous le trou de la couche d’ozone…)
Coup de soleil
Non (pas de rougeur immédiate)
Oui — responsable du coup de soleil
—
Bronzage
Bronzage immédiat (fugace)
Bronzage retardé (durable)
—
Cancer de la peau
Oui — mutations ADN profondes
Oui — mutations ADN épidermiques
—
Vieillissement cutané
Principal responsable (rides, relâchement)
Rôle secondaire
—
Vitamine D
Non
Oui — synthèse via UVB
—
Traversent les vitres ?
Oui — attention en voiture
Non — bloqués par le verre ordinaire
—
Effets positifs du soleil sur la peau
Vitamine D — quelle dose d’exposition suffit ?
Les UVB permettent la synthèse cutanée de vitamine D — indispensable à la santé osseuse et immunitaire. Quelques minutes d’exposition suffisent : exposer les avant-bras nus pendant 10 à 15 minutes en milieu de journée en été couvre le stock quotidien. Au-delà, l’exposition supplémentaire ne produit pas davantage de vitamine D mais accumule des dommages sur l’ADN cutané.
Effet bénéfique sur certaines maladies de peau
Une exposition modérée améliore le psoriasis, certains eczémas et le vitiligo — c’est le principe de la photothérapie médicale (UVB à spectre étroit). Quelques minutes d’exposition quotidienne à 17h en été suffisent pour observer un bénéfice en quelques semaines.
Effet antidépresseur
L’effet bénéfique du soleil sur l’humeur est plus lié à la lumière visible qu’aux UV — c’est pourquoi les lampes de luminothérapie sans UV sont efficaces contre la dépression saisonnière.
Effets négatifs des UV — les dommages sur la peau
Les UV pénètrent dans les cellules de la peau et créent des mutations génétiques sur l’ADN. Nos mécanismes de réparation sont efficaces à faible dose mais débordés par une exposition intense ou répétée. Les conséquences à long terme :
⚠️ Phototypes V et VI : un risque faible n’est pas un risque nul. Les mélanomes sur peaux noires sont souvent diagnostiqués plus tardivement car moins recherchés — avec un pronostic plus sévère. La surveillance des grains de beauté est recommandée pour tous les phototypes.
Les UVA (320–400 nm) pénètrent profondément dans le derme, sont responsables du vieillissement cutané prématuré (rides, taches) et traversent les vitres. Ils arrivent en totalité sans être filtrés par l’atmosphère. Les UVB (280–320 nm) n’atteignent que l’épiderme, provoquent les coups de soleil et la synthèse de vitamine D, mais sont partiellement filtrés par l’atmosphère et bloqués par le verre ordinaire. Les deux types contribuent au risque de cancer de la peau.
Peut-on prendre des UV à travers une vitre ?
Les UVB sont bloqués par le verre ordinaire — vous ne bronzez pas et ne prenez pas de coups de soleil derrière une vitre. En revanche, les UVA traversent le verre sans difficulté. Conduire régulièrement sans protection peut donc provoquer un vieillissement asymétrique du visage du côté de la vitre conducteur — un phénomène bien documenté en dermatologie.
Combien de temps d’exposition solaire faut-il pour synthétiser la vitamine D ?
10 à 15 minutes d’exposition des avant-bras nus en milieu de journée en été suffisent pour couvrir le stock quotidien de vitamine D. Au-delà de cette durée, l’exposition n’augmente pas la production de vitamine D mais accumule des dommages sur l’ADN. En hiver, aux latitudes françaises, les UVB sont insuffisants pour permettre cette synthèse — une supplémentation orale peut être nécessaire.
Les coups de soleil dans l’enfance augmentent-ils le risque de mélanome ?
Oui — c’est l’un des facteurs de risque les mieux établis du mélanome. Un seul coup de soleil bulleux dans l’enfance double le risque de développer un mélanome à l’âge adulte. La protection solaire des enfants (phototypes I et II en particulier) est une priorité de santé publique, bien plus importante que chez l’adulte.
Traitement de l’urticaire : comment soigner l’urticaire
Téléchargez le guide complet
URTICAIRE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Traitement de l’urticaire chronique (urticaire durant plus de 6 semaines)
Le traitement de l’urticaire chronique nécessite souvent un traitement de l’allergie par antihistaminiques au long cours, de plusieurs mois.
1/Recherche et éviction de la cause de l’urticaire chronique
Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’urticaire :
Angio-oedème :
dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase. Administration d’inhibiteur de la C1 esterase en voie veineuse, acide transexamique…
En cas d’angio-oedème facial, localisé et inexpliqué :
bilan dentaire et ORL à la recherche d’un foyer infectieux => traitement du foyer infectieux
En cas d’angio-dème du visage récidivant chez l’enfant :
pricktests cutanés à la recherche d’une allergie alimentaire vraie et éviction de l’aliment suspect pendant 3 semaines.
En cas d’amélioration : réalisation d’un test de provocation orale, qui s’il est positif entraine une éviction de l’aliment et de ceux contenant le même allergène ou suspects d’allergies croisées.
Urticaires physiques :
éviction de certaines situations déclenchantes associée à un traitement antihistaminique non anticholinergique
Urticaire à la pression
Eviter les facteurs déclenchants (port de charges, agenouillement prolongé… ). Anti histaminiques
Urticaire cholinergique
Eviter l’augmentation de la température centrale du corps (après un exercice physique ou bain chaud par exemple).
Un antihistaminique peut être proposée avant la pratique du sport.
Bêta-bloquants ?
Urticaire au froid
Rechercher cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse et immunoélectrophorèse des protéines.
Prévenir les patients du risque qu’ils courent lors d’une immersion en eau froide (anaphylaxie) ou de la consommation d’aliments glacés (oedeme laryngé).
Protection vestimentaire contre le froid
Antihistaminiques
Désensibilisation au froid? : exposer jour après jour une surface cutanée croissante pendant 5 minutes par jour à une eau de 8 à 15 °C. La désensibilisation est obtenue lorsqu’on supporte l’exposition jusqu’aux épaules à une eau à 15 °C sans urticaire. L’entretien de la désensibilisation se fait en prenant deux douches par jour à 15 °C, de 5 minutes chacune.
Son diagnostic repose sur la positivité du test réalisé avec une compresse humide mais parfois il faut, sous stricte surveillance hospitalière, immerger un membre ou d’une partie plus importante du corps durant plus de 15 minutes.
Prendre des douches de durée brève, de ne jamais se baigner sans surveillance.
Anti histaminiques et creme hydratante avant les bains et douches
Une pincée de bicarbonate dans l’eau du bain
Urticaire de contact :
pricktests et éviction de l’allergène. Antihistaminique
Il s’agit en effet le plus souvent de fausse allergie alimentaire par consommation d’aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs (fraises, crustacés… ), ainsi, on recommande dans un premier temps l’éviction des aliments riches en amines biogènes :
Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
Boissons alcoolisées : bière, vin
Chocolat et cacao
En l’absence d’amélioration de ce régime, ou en cas de doute d’une allergie alimentaire vraie (l’urticaire alimentaire est alors parfois précédée par des démangeaisons ou des picotements voire un gonflement des lèvres et de la muqueuse dans la bouche rapidement après la prise alimentaire (poissons et les crustacés, l’arachide, le soja, les céréales, l’oeuf, le lait de vache, des fruits exotiques… ) et elle peut être associée à des douleurs digestives. On peut alors doser les IgE spécifiques alimentaires dans le sang, voire réaliser prudemment des prick tests
En fait un tiers à la moitié environ des urticaires de tous types seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les Anti inflammatoires non stéroidiens. De même, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angiodèmes de la face et du coup, tout antécédent d’angio-dème est une contre-indication aux Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion.
Signes évocateurs de vascularite urticarienne
fixité des lésions, absence ou faible démangeaison, purpura, nodules, livedo suspendu… :
bilan de vascularite et biopsie de peau
Doutes sur la fonction thyroidienne :
la fréquence des thyroïdites auto-immunes est augmentée chez les sujets présentant une Urticaire chronique : bilan thyroidien et recherche d’Anticorps anti thyroglobuline et thyroperoxydase.
Doute d’ulcere gastroduodenal :
réalisation d’une fibroscopie avec recherche d’Helicobacter pylori. Le cas échéant, traitement par inhibiteurs de pompe à proton + antibiothérapie
2/Psychologie
L’urticaire chronique ayant souvent un substrat psychologique (stress… ) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie… ), une prise en charge psychologique peut être proposée (relaxation, thérapies cognitivo-comportementales… ).
3/ les médicaments contre l’urticaire chronique
3.1/ Anti histaminiques
Traitement de 1ère ligne
On privilégie l’utilisation d’anti-Histaminiques non anticholinergiques (dits de 2e génération), qui entraînent moins d’effets secondaires (somnolence, glaucome, troubles urinaires en cas d’hypertrophie de la prostate.
En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif du traitement est proposé, sinon, on utilise alors une association d’un anti-H1 non anticholinergique (dit de 2e génération) le matin et un anti-H1 anticholinergique (dit de 1re génération) sédatif le soir.
En l’absence d’amélioration avec les antihistaminiques à dose normale, le médecin peut choisir de passer à la
Seconde ligne thérapeutique
Le médecin peut décider de monter les doses des antihistaminiques jusqu’à 4 fois la dose normale pour voir si cela permet une rémission, sous controle médical et en l’absence de contre indication
3.2/ Des piqures contre l’urticaire chronique : XOLAIR*
En cas de détresse respiratoire, de malaise avec tachycardie
et hypotension… il repose sur l’adrénaline administrée
par voie intramusculaire à une dose de 0,3 à 0,5 mg, associée
dès que possible à une oxygénothérapie, à de la cortisone et la pose d’une voie veineuse pour remplissage vasculaire.
Ces formes graves d’urticaire sont parfois précédées de signes prémonitoires : une voix nasonnée, gêne à la déglutition, sensation d’oppression thoracique voire une difficulté à respirer, des
nausées et des douleurs abdominales, une diarrhée. Ces signes
nécessitent un traitement immédiat par un antihistaminique et cortisone, une hospitalisation en urgence et une surveillance de
24 heures.
Le médecin délivrera une trousse d’urgence contenant un kit d’adrénaline auto-injectable aux personnes à risque de réaction anaphylactique grave et une conduite à tenir en cas de survenue de crise évocatrice :
1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)
et
tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur
2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).
3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.
NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :
Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.
Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’autoinjecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.
Les conseils du dermatologue en cas d’urticaire
En plus du traitement par voie orale, il peut être utile en cas de démangeaisons importantes de s’appliquer du talc officinal sur les lésions. Ceci ne diminue cependant pas l’urticaire.
En cas d’inefficacité du traitement antihistaminique, il ne faut pas hésiter à reconsulter car un simple changement de médicament antihistaminique peut parfois se révéler utile.
Le traitement d’une première crise doit être effectué durant 15 j au moins car il existe un risque de récidive lors d’un arrêt trop précoce.
En cas d’allergie aux piqûres d’hymenoptères (abeilles, guêpes ) ou de risque d’anaphylaxie, il est souvent utile d’avoir sur soi un kit dadrénaline auto-injectable prescrit par le médecin (voir plus haut).
Téléchargez le guide complet
URTICAIRE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’urticaire provoque des plaques gonflées et très prurigineuses sur la peau, ressemblant à des piqûres d’ortie. C’est l’une des maladies dermatologiques les plus fréquentes : elle touche 1 personne sur 5 au moins une fois dans sa vie. Sa cause est parfois évidente (médicament, aliment, infection) mais reste introuvable dans 70 à 80 % des formes chroniques.
Crise d’urticaire, urticaire chronique ou doute sur la cause ?
Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation rapidement, souvent le jour même ou le lendemain. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Urticaire — plaques gonflées qui démangent
Téléchargez le guide complet
URTICAIRE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’urticaire est une réaction déclenchée par la libération d’histamine par les mastocytes de la peau. Cette histamine provoque une dilatation aiguë des vaisseaux cutanés, d’où l’aspect gonflé et rouge des plaques. C’est une forme d’allergie de la peau. Elle représente 1 à 2 % des consultations en dermatologie et allergologie.
Symptômes : comment reconnaître une urticaire ?
Les plaques d’urticaire ont 4 caractéristiques typiques :
Caractéristique
Description
Monomorphes
Toutes les lésions ont le même aspect — papules œdémateuses roses ou rouges, comme des piqûres d’ortie
Prurigineuses
Démangeaisons intenses, parfois féroces
Fugaces
Chaque plaque disparaît en quelques minutes à quelques heures sans laisser de trace
Évolutives
Des lésions disparaissent pendant que d’autres apparaissent ailleurs — aspect de mobilité
À la vitropression (pression du doigt), les plaques blanchissent. Leur bordure est surélevée et bien délimitée par rapport à la peau saine.
Papules d’urticairePlaque d’urticaire à bordure surélevéeUrticaire en anneauxUrticaire rouge
Urticaire aiguë vs urticaire chronique
Urticaire aiguë
Urticaire chronique
Durée
Moins de 6 semaines
Plus de 6 semaines
Cause retrouvée
Souvent identifiable (médicament, aliment, piqûre)
Introuvable dans 70–80 % des cas
Évolution
Régression spontanée en jours à semaines
Durée moyenne 3 à 5 ans. Si > 6 mois : 40 % persistent encore 10 ans plus tard
Urticaire + troubles hémodynamiques (hypotension, choc), respiratoires ou digestifs. Débute classiquement par le cuir chevelu, les paumes ou les plantes.
Appeler le 15 immédiatement
Urticaire cholinergique
Petites papules punctiformes déclenchées par la chaleur, l’effort ou le stress. Mécanisme neurologique.
Contact avec l’eau quelle que soit sa température.
—
Vascularite urticarienne
Origine auto-immune. Lésions relativement fixes, aspect purpurique, peu prurigineuses. Fièvre et douleurs articulaires possibles. Nécessite biopsie et bilan de vascularite.
⚠️ Signes d’anaphylaxie — appeler le 15 immédiatement : urticaire + difficultés à respirer, sifflements, gonflement de la gorge, hypotension, malaise. Ne pas attendre.
Antihistaminiques H1 2e génération (cétirizine, loratadine, bilastine)
1re ligne — à poursuivre au moins 15 jours pour éviter les récidives
Antihistaminiques à doses augmentées
Jusqu’à 4× la dose standard en cas d’inefficacité, avant de changer de molécule
Omalizumab (Xolair®)
Biothérapie anti-IgE — urticaire chronique spontanée résistante aux antihistaminiques. Remboursé en France depuis 2015 dans cette indication.
Adrénaline auto-injectable (EpiPen®)
À avoir sur soi en cas d’antécédent d’anaphylaxie ou d’allergie aux hyménoptères
Talc officinal
Sur les lésions en cas de démangeaisons intenses — soulagement local, ne diminue pas l’éruption
Urticaire qui résiste aux antihistaminiques ?
L’omalizumab (Xolair®) est remboursé et très efficace dans les formes chroniques résistantes. Une téléconsultation permet d’évaluer rapidement l’indication. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Quelle est la différence entre urticaire aiguë et urticaire chronique ?
L’urticaire aiguë dure moins de 6 semaines et régresse souvent spontanément — elle est fréquemment liée à un facteur déclencheur identifiable. L’urticaire chronique dure plus de 6 semaines, peut persister plusieurs années et reste sans cause retrouvée dans 70 à 80 % des cas malgré un bilan complet.
L’urticaire est-elle dangereuse ?
L’urticaire simple est bénigne. Certaines formes peuvent se compliquer d’un œdème de Quincke (gonflement du larynx) ou d’une anaphylaxie — urgences nécessitant d’appeler le 15 immédiatement. Consultez dès la première crise pour évaluer ce risque.
Mon traitement antihistaminique ne marche pas — que faire ?
Reconsultez sans attendre. Un changement de molécule ou l’augmentation jusqu’à 4× la dose standard peut suffire. En cas d’échec, l’omalizumab (Xolair®), biothérapie remboursée, est très efficace dans l’urticaire chronique résistante.
L’urticaire peut-elle être liée au stress ?
Oui — le stress peut déclencher ou aggraver une urticaire, notamment l’urticaire cholinergique et l’urticaire chronique idiopathique. Il agit comme facteur favorisant sur un terrain prédisposé. Voir notre article urticaire et stress.
Peut-on avoir de l’urticaire tous les jours pendant des années ?
Oui. Si l’urticaire chronique dure plus de 6 mois, 40 % des patients en souffrent encore 10 ans plus tard. Les biothérapies comme l’omalizumab ont transformé la prise en charge de ces formes sévères et permettent une rémission prolongée dans la majorité des cas.
Téléchargez le guide complet
URTICAIRE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Les vergetures (ou stries atrophicantes en terminologie dermatologique) sont des lésions cutanées linéaires résultant d’une rupture des fibres de collagène et d’élastine dans le derme profond. Elles surviennent lorsque la peau subit un étirement trop rapide dépassant sa capacité d’adaptation, souvent dans un contexte d’élévation du cortisol. Bien que bénignes, elles représentent une préoccupation esthétique majeure pour de nombreux patients, femmes comme hommes.
Téléchargez le guide complet
VERGETURES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le derme contient un réseau dense de fibres collagènes et de fibres élastiques qui confèrent à la peau son élasticité et sa résistance mécanique aux étirements. Lorsque cet étirement dépasse les capacités de réorganisation du tissu conjonctif, les fibres se rompent et laissent des stries permanentes.
Deux mécanismes principaux favorisent cette rupture :
1. Un étirement cutané excessif et rapide
La vitesse de distension est aussi déterminante que son amplitude. Une prise de volume progressive donne le temps aux fibres de se réorganiser ; une expansion rapide ne le permet pas.
Les situations les plus à risque sont :
La grossesse (distension de l’abdomen et des seins, aggravée par une prise de poids rapide) ;
L’adolescence (poussée de croissance en hauteur, développement pubertaire) ;
Une prise de poids rapide quelle qu’en soit la cause ;
La musculation intensive, notamment au niveau des épaules, biceps et cuisses.
Les hommes sont également concernés — ici liées à la musculation
2. Un taux de cortisol élevé
Le cortisol inhibe la synthèse des fibres collagènes et fragilise le derme, rendant la peau plus vulnérable à la rupture même pour des étirements modérés. Ce mécanisme est en jeu dans plusieurs contextes :
Excès de cortisol systémique : syndrome de Cushing (hypercortisolisme endogène), corticothérapie orale prolongée ;
Excès de cortisol cutané local : application prolongée et répétée de crèmes à la cortisone, surtout sous occlusion ou sur des zones de plis.
En cas d’apparition de vergetures en dehors des périodes classiques (grossesse, adolescence, sport), il est recommandé de consulter un médecin pour éliminer une cause hormonale ou iatrogène.
Comment reconnaître les vergetures ?
Vergetures récentes au stade rouge rosé — stade le plus favorable au traitement Vergetures anciennes nacrées sur peau pigmentée
Les vergetures se présentent comme des dépressions linéaires ou en zébrures, à surface lisse ou plissée, d’aspect atrophique (la peau paraît plus fine et légèrement enfoncée) et de consistance molle. Elles sont généralement orientées perpendiculairement aux lignes de tension cutanée.
Leur évolution suit trois stades colorimétiques :
Stade inflammatoire (vergetures récentes) : couleur violacée à rouge rosée, légèrement surélevée, parfois prurigineuse. C’est le stade le plus favorable à la prise en charge thérapeutique.
Stade intermédiaire : la couleur s’atténue et vire au rose pâle, la lésion s’aplatit.
Stade séquellaire (vergetures anciennes) : aspect blanc nacré ou argenté, déprimé, atrophique. À ce stade, les traitements sont moins efficaces.
Localisations préférentielles : les zones soumises à la plus forte distension — abdomen, hanches, fesses, seins, cuisses internes, flancs et épaules (chez les sportifs).
Peut-on prévenir les vergetures ?
La prévention repose sur la limitation des facteurs de tension cutanée et l’entretien de l’élasticité de la peau :
Éviter les prises ou pertes de poids trop rapides ;
Contrôler la progression de l’entraînement musculaire ;
Maintenir une bonne hydratation cutanée, surtout pendant la grossesse et l’adolescence ;
Éviter l’application de dermocorticoïdes sur les zones à risque sans avis médical.
Les vergetures sont assimilables à des cicatrices dermiques : leur disparition complète est très difficile, voire impossible. L’objectif réaliste est leur atténuation significative. Les résultats sont toujours meilleurs lorsque la prise en charge est précoce, au stade rouge rosé.
Crèmes et massages
De nombreuses crèmes anti-vergetures existent sur le marché, enrichies en vitamine A, vitamine E, silicium, acide hyaluronique ou extraits végétaux. Leurs bénéfices tiennent davantage à leur pouvoir émollient et hydratant qu’à une action spécifique sur les fibres dermiques.
Le massage quotidien — 5 à 10 minutes par jour en pétrissant doucement la peau sans douleur — est aussi efficace qu’une crème anti-vergetures coûteuse. Il stimule la microcirculation locale et favorise la synthèse et l’organisation des fibres de collagène. Une simple crème hydratante suffit comme support de massage.
Exfoliation, microdermabrasion et microaiguilles (roller)
Ces techniques agissent selon deux mécanismes complémentaires :
Exfoliation des couches superficielles de la peau (peelings chimiques, microdermabrasion) pour lisser la surface et améliorer l’aspect visuel ;
Stimulation de la néocollagénèse par micro-traumatismes contrôlés (roller à microaiguilles ou dermapen) déclenchant la cascade de réparation tissulaire.
Ces traitements nécessitent plusieurs séances et sont plus efficaces sur les vergetures récentes.
Lasers anti-vergetures
Plusieurs types de lasers anti-vergetures permettent d’obtenir une atténuation notable :
Laser vasculaire (colorant pulsé, KTP) : agit sur la composante rouge des vergetures récentes en ciblant l’hémoglobine ;
Laser fractionné ablatif (CO₂ ou Erbium) : vaporise des micro-colonnes de tissu pour stimuler une réparation dermique en profondeur ;
Laser fractionné non ablatif (1540 nm, 1550 nm) : chauffe le derme sans détruire l’épiderme, avec une récupération plus rapide.
Plusieurs séances sont nécessaires. Le résultat est d’autant meilleur que les vergetures sont récentes et sur phototype clair.
Chirurgie
L’abdominoplastie (plastie abdominale) est une option chirurgicale permettant d’exciser la zone de peau vergeturée lorsqu’elle est localisée sous l’ombilic, en retendant le tissu restant. Elle s’adresse aux patientes présentant un excès cutané associé (post-grossesse, post-amaigrissement) et ne visant pas uniquement la correction des vergetures.
Les vergetures disparaissent-elles après la grossesse ?
Elles ne disparaissent pas spontanément après l’accouchement mais s’atténuent naturellement : les vergetures rouges évoluent vers le blanc nacré en quelques mois. Une prise en charge précoce pendant la grossesse (massages, hydratation) et juste après l’accouchement (laser, microaiguilles) améliore significativement les résultats.
Les hommes peuvent-ils avoir des vergetures ?
Oui. Les hommes développent fréquemment des vergetures dans le contexte de la musculation intensive (épaules, pectoraux, biceps) ou lors d’une prise de poids rapide. Les mécanismes et traitements sont identiques à ceux de la femme.
À quel stade faut-il traiter les vergetures ?
Le plus tôt possible. Le stade rouge rosé (vergetures récentes, inflammatoires) répond bien aux lasers vasculaires, aux microaiguilles et aux peelings. Les vergetures nacrées anciennes sont beaucoup plus résistantes aux traitements et nécessitent des techniques plus agressives pour un résultat partiel.
Les crèmes anti-vergetures sont-elles efficaces ?
Leur efficacité spécifique n’est pas démontrée à ce jour par des études cliniques de haut niveau. Leur bénéfice est principalement lié à l’hydratation cutanée et au massage qu’elles accompagnent, plutôt qu’à leurs ingrédients actifs propres. Une crème hydratante classique, correctement appliquée en massage, donne des résultats comparables.
Téléchargez le guide complet
VERGETURES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Vitiligo : taches blanches, causes, diagnostic et traitements
Le vitiligo est une maladie auto-immune fréquente touchant environ 1 % de la population, caractérisée par la destruction des mélanocytes (cellules pigmentaires de la peau). Il en résulte des taches blanches de dépigmentation, touchant préférentiellement les mains, le visage et les zones de frottement. Il concerne autant les hommes que les femmes, apparaît souvent avant 30 ans et peut survenir dès l’enfance. Ce n’est pas une maladie contagieuse. Il nécessite une prise en charge dermatologique spécialisée.
Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de RDV trop longs ?
Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation rapidement, souvent le jour même ou le lendemain. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Cet article en vidéo
Téléchargez le guide complet
VITILIGO
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le vitiligo est une maladie des mélanocytes — les cellules de l’épiderme responsables de la production de mélanine. Dans le vitiligo, ces cellules sont détruites par le système immunitaire, laissant des zones de peau totalement dépourvues de pigment : les taches blanches.
Ces taches siègent préférentiellement sur les zones de frottement chronique (mains, articulations, coudes, genoux), le visage, les organes génitaux. Les poils et cheveux dans la zone atteinte peuvent également blanchir.
Vitiligo de la main
Causes du vitiligo
Mécanisme
Détail
Facteur génétique
Antécédent familial dans environ 1/3 des cas. Gènes de susceptibilité identifiés : NLRP1, PTPN22, CTLA4. Maladie polygénique — la génétique prédispose sans déterminer à elle seule l’apparition.
Mécanisme auto-immun
Attaque des mélanocytes par des lymphocytes T CD8+ activés. Voie : IFN-gamma → JAK1/JAK2 → CXCL10 → recrutement de lymphocytes cytotoxiques. Cette cascade est la cible des inhibiteurs de JAK (ruxolitinib, baricitinib).
Phénomène de Koebner
La dépigmentation apparaît ou s’aggrave sur les zones soumises à des micro-traumatismes répétés (frottement, pression). Une tache blanche peut apparaître à la suite d’un traumatisme unique.
Vitiligo non segmentaire
(forme la plus fréquente)
Atteinte bilatérale et souvent symétrique. Débute aux mains ou au visage, peut s’étendre par poussées. Sous-types : vulgaire, moucheté, ponctué, acrofacial, universel (dépigmentation quasi-totale).
Bonne — dermocorticoïdes, UVB, inhibiteurs JAK
Vitiligo segmentaire
Atteinte unilatérale suivant le territoire d’un nerf sensitif. Plus fréquent sur le visage. Apparaît plus jeune, progresse rapidement puis se stabilise. Mécanisme distinct — possiblement lié à une dysfonction nerveuse.
Moins bonne aux traitements conventionnels — greffe de mélanocytes souvent proposée
Symptômes et diagnostic
Les taches de vitiligo sont des macules blanc ivoire ou blanc laiteux, à bords nets, parfois légèrement hyperpigmentés en périphérie. Elles deviennent facilement rosées au soleil et brûlent facilement car la peau dépigmentée ne se protège plus naturellement contre les UV.
Le diagnostic est clinique. En cas de doute, deux examens complémentaires sont utiles : la lampe de Wood et la dermoscopie.
Lampe de Wood et dermoscopie
Signe
Signification
Aspect brillant blanc-bleuté de la plaque
Vitiligo actif et évolutif
Dépigmentation en bordure, hyperpigmentation périlésionnelle, pigmentation en confettis
Signes d’activité
Poils noirs au sein des plaques blanches
Réservoir de mélanocytes bulbaires — indicateur pronostique favorable pour la repigmentation sous traitement
Dépigmentation périfolliculaire
Vitiligo plutôt stable
Maladies auto-immunes associées
Maladie associée
Fréquence / remarque
Thyroïdite auto-immune (Hashimoto) / Basedow
Plus d’un quart des patients avec vitiligo développeront une thyroïdite auto-immune au cours de leur vie
MICI (maladies inflammatoires chroniques intestinales)
Association auto-immune
💡 Le dermatologue prescrira selon les cas un bilan thyroïdien (TSH, anticorps anti-TPO) et une NFS pour rechercher une association auto-immune. Une dysthyroïdie non traitée peut aggraver le vitiligo.
Le vitiligo a souvent un retentissement psychologique et social important, notamment lorsqu’il touche des zones visibles (visage, mains, cou). La stigmatisation, la gêne esthétique et l’anxiété liée à l’évolution imprévisible peuvent affecter significativement la qualité de vie, l’estime de soi et les relations sociales. Cet impact justifie une prise en charge globale incluant un soutien psychologique si nécessaire.
Traitements du vitiligo
Traitement
Indication / remarque
Dermocorticoïdes et inhibiteurs de calcineurine topiques
(tacrolimus, pimécrolimus)
1re intention pour les formes localisées
Photothérapie UVB à spectre étroit (nb-UVB)
Traitement de référence pour les formes étendues — séances 2 à 3 fois/semaine
Ruxolitinib topique (Opzelura®)
Inhibiteur de JAK
1re molécule approuvée spécifiquement pour le vitiligo (FDA 2022, EMA 2023). Cible la voie IFN-gamma/JAK/CXCL10. Résultats remarquables sur la repigmentation du visage.
Inhibiteurs de JAK oraux
(baricitinib, ritlecitinib)
En évaluation pour les formes étendues résistantes
Greffe de mélanocytes
Vitiligos stables et segmentaires résistants aux autres traitements
Photoprotection SPF 50+
Obligatoire sur les zones dépigmentées — prévention des coups de soleil et des hyperpigmentations périlésionnelles aggravant le contraste
Ruxolitinib, UVB, greffe de mélanocytes — quelle option vous convient ?
Le choix du traitement dépend du type de vitiligo, de son étendue et de son activité. Une téléconsultation permet d’orienter rapidement la prise en charge. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Non. Le vitiligo est une maladie auto-immune, pas une infection. Il ne se transmet pas par contact cutané, par les vêtements ni par aucun autre mode de transmission. Cette idée reçue, fréquente dans certaines cultures, est totalement erronée.
Le vitiligo peut-il guérir spontanément ?
Des repigmentations spontanées partielles sont possibles, notamment chez l’enfant, souvent autour des follicules pileux. Une guérison complète spontanée est cependant exceptionnelle. Le traitement précoce améliore significativement les chances de repigmentation durable.
Peut-on s’exposer au soleil avec un vitiligo ?
Avec précaution. Les taches dépigmentées ne se protègent plus naturellement des UV et brûlent très facilement. Une photoprotection SPF 50+ est indispensable sur les zones atteintes. À l’inverse, une exposition contrôlée aux UV (photothérapie nb-UVB) est l’un des meilleurs traitements — mais doit être réalisée sous supervision médicale.
Le vitiligo est-il héréditaire ?
Il existe une prédisposition génétique — un antécédent familial est retrouvé dans 1/3 des cas. Cela ne signifie pas que les enfants d’une personne atteinte développeront forcément un vitiligo : des facteurs environnementaux et immunologiques sont nécessaires pour déclencher la maladie.
Quand consulter en urgence pour un vitiligo ?
Le vitiligo lui-même n’est pas une urgence. Consultez rapidement si : le vitiligo progresse très vite (plusieurs nouvelles taches par semaine), si vous présentez des signes de dysthyroïdie (fatigue, prise/perte de poids, palpitations), ou si vous constatez une pelade associée. Un bilan auto-immun sera prescrit.
Le ruxolitinib (Opzelura®) est-il disponible en France ?
Le ruxolitinib topique a obtenu l’AMM européenne en 2023 pour le vitiligo non segmentaire chez l’adulte. Sa disponibilité effective et ses conditions de remboursement en France sont à vérifier avec votre dermatologue, les modalités d’accès pouvant évoluer.
Téléchargez le guide complet
VITILIGO
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Eruption située essentiellement sur la poitrine
Notion d’exposition au soleil précessive
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : acantholyse
Eruption de papules rouges
Généralement pas de prurit
Examens complémentaires diagnostiques
Recherche Hepatite B, mais aussi peut etre du a EBV, coxsackie, vaccination…
L’histiocytofibrome ou fibrome de la peau est une tumeur bénigne
Eléments arrondis, durs, parfois saillants, parfois pigmentés.
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Abstention ou exerese
L’hypomelanose en goutte est caractéristique par ses petites taches blanches des jambes voire des avant bras
Symptomes
Il est fréquent de voir apparaitre vers 40 ans de petites taches blanches de quelques millimètres sur les jambes voire les avant bras. Elles sont rondes ou ovalaires et claires. Il s’agit de l’hypomélanose en goutte, une réaction de la peau à des expositions solaires trop importantes et prolongées.
Il s’agit donc du signe d’une imprégnation solaire trop importante
Examens
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
L’impetigo est une infection à bactéries de type streptocoque ou staphylocoque au niveau de la peau. Cette bactérie s’introduit dans la peau grâce à « une porte d’entrée » : piqûre d’insecte, eczéma, égratignure… Elle donne une éruption de croutes jaunes un peu comme du miel cristallisé, plus rarement de bulles à contenu jaune purulent, souvent autour de la bouche des enfants car les narines sont une zone de portage du staphylocoque. Lorsque l’enfant se gratte, de nouveaux boutons apparaissent ailleurs : l’impétigo est très contagieux. Il évolue souvent rapidement, donnant de nouvelles lésions chaque jour et dépassant rapidement sa zone de départ. Il est important de traiter l’impetigo non seulement en raison de son caractère évolutif et contagieux pour les autres, mais aussi en raison des complications infectieuses locales et générales. Son traitement requiert l’emploi d’antibiotiques.
Téléchargez le guide complet
IMPETIGO
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’impetigo est l’ infection bactérienne de la peau la plus fréquente chez l’enfant. L’impetigo est du au Streptocoque pyogenes ou au Staphylocoque doré et il est très contagieux pour soi même (auto inoculation de lésions ailleurs sur le visage et le corps en les grattant) et les autres. Il est caractérisé par l’apparition généralement rapide sur le visage et/ou le corps de vésicules puis de croûtes jaunâtres, voire de bulles. Il peut survenir sous forme épidémique dans les écoles ou les collectivités d’enfants, notamment en période chaude.
Impetigo autour de la bouche chez l’enfant : début de l’éruption
Symptomes
L’ impetigo est caractérisé par deux formes cliniques :
– l’impetigo croûteux à type de pyodermite
Impetigo croûteux à type de pyodermite
Très fréquent chez l’enfant de moins de 10 ans, c’est la forme la plus fréquente (70% des impetigos). Sa lésion initiale est une vésicule souvent entourée dune auréole rouge. La vésicule se rompt ensuite rapidement, suinte et se forme alors une croûte jaunatre dite mélicérique car elle ressemble à du miel cristallisé. Il est fréquent d’observer des ganglions dans la zone de drainage de l’impetigo. L’impetigo peut démanger. L’affection est habituellement apyrétique.
Il est fréquent sur le visage
Impetigo du visage
– l’impetigo bulleux
Plus rare, l’impetigo bulleux est du principalement au staphylocoque doré. Il est caractérisé par l’apparition de bulles à contenu trouble de 1 à 2 cm de diametre qui vont se rompre et laisser des érosions cutanées extensives
Impetigo bulleux
Il existe une forme rare bulleuse extensive dimpétigo provoquant de vastes décollements de peau en draps avec signe de Nikoslky positif (décollement de la peau avec un simple frottement), nommé épidermolyse staphylococcique aiguë.
Evolution, autres types d’ impetigo et complications :
L’impetigo guérit le plus souvent spontanément sans traitement. Cependant il n’est pas recommandé de s’abstenir de traitement car il existe des complications :
Locales : abces, lymphangite, ostéite…
Générales : pneumonie, septicémie, glomérulonéphrite post streptococcique…
L’impetigo peut aussi évoluer sous la forme
d’echtyma, notamment au niveau des membres inférieurs chez les adultes fragilisés (alcooliques, diabetiques, immunodéprimés… ) : la croute devient noiratre et s’étend
de pyodermite végétante en cas de macération : les lésions s’infiltrent et deviennent papillomateuses
Les formes graves d’impetigo sont donc :
Ecthyma (forme nécrotique creusante).
Impétigo avec une surface cutanée atteinte > 2 %
de la surface corporelle totale
Impétigo ayant plus de 6 lésions.
Extension rapide des lésions
Ces formes graves d’impétigo requierent un prélèvement bactériologique des lésions d’impétigo actives (pus, liquide de bulle).
Traitement
A/ Soins d’hygiènes et recommandations :
A.1/ Eviction scolaire :
Si lésions non protégeables par pansement : 3 jours d’éviction après le début du traitement
A.2/ Vérifier le statut vaccinal antitétanique
A.3/ Soins d’hygiène :
Lavage quotidien au savon des lésions
Couper les ongles et laver les mains fréquemment
Percer les bulles avec une aiguille stérile
B/ Traitement :
B.1/ IMETIGO SIMPLE : Traitement local
Pas d’antiseptiques locaux
Application deux à trois fois par jour sur les lésions de crèmes antibiotiques telles que Fucidine ®, ou plutot Mupiderm ®… 2 à 3 fois par jour durant 5 jours.
B.2/ IMPETIGO GRAVE : Traitement général
Une antibiothérapie par voie orale, le plus souvent à base de pénicillines, céphalosporines, macrolides… est indiquée notamment en cas d’impetigo extensif, étendu ou sévère, de localisations difficiles à traiter (zones péri orificielles, sous les couches… ), chez les personnes fragiles ou non compliantes, en cas de signes généraux (fièvre… )…
Amoxicilline/acide clavulanique : 80 mg/kg/ jour
Céfadroxil : 100 mg/kg/ jour
À réévaluer en fonction des résultats des prélèvements bactériologiques
En cas d’allergie à la pénicilline : Josamycine : 50 mg/kg/ jour 7 jours
● applications biquotidiennes de vaseline (après les soins de toilette) ;
● pas d’antibiothérapie locale ;
● pas de nécessité de prendre en compte le SARM pour le traitement probabiliste de première intention d’un impétigo (en France, 5 à 10 % de SARM parmi la population de SA communautaires)
Les infections de la peau et les infections des poils peuvent s’aggraver en l’absence de traitement adéquat (lymphangite, » ganglions « , voire septicémie ). Lors de la survenue dune lésion inflammatoire, il faut donc consulter et ne pas toucher ses lésions : la majorité de ces complications surviennent en effet à cause dune consultation trop tardive ou de la manipulation des lésions.
Ne pas utiliser les anti-inflammatoires (cortisone ou non stéroidiens) pour les infections cutanées car ceux-ci laissent les infections s’aggraver sans que lon puisse sen rendre compte.
Il ne faut pas oublier dêtre à jour pour le vaccin antitétanique car une plaie cutanée peut être la porte d’entrée du tetanos
Quand l’enfant peut-il retourner à la crèche ou à l’école?
Il peut retourner à l’école après 48h de traitement antibiotique par voie orale.
Dans quels cas faut-il reconsulter?
Il faut revoir le médecin immédiatement si :
la peau autour des boutons d’impetigo devient rouge, enflée et douloureuse
On voit apparaître des bulles de plus de 2cms de diamètre
les urines deviennent rouges ou foncées
Il faut revoir le médecin rapidement en l’absence d’amélioration après 48h de traitement bien conduit.
Points clés :
L’impetigo est l’infection cutanée bactérienne la plus fréquente
L’impetigo peut se compliquer (abces, lymphangite, ostéo arthrite, pneumonie, septicémie… ) et son traitement est à base d’antibiotiques par voie locale et/ou générale
L’impetigo nécessite donc une consultation médicale
Questions fréquentes :
– A partir de quel âge en moyenne un bébé peut-il « attraper » un impetigo ? Theoriquement, l’impetigo peut se voir a tout age, mais il est plus fréquent à partir de l’entrée en collectivité (crèche, école… ) car il résulte d’une contamination se produisant le plus souvent par le biais d’autres enfants, et sa fréquence diminue à partir de l’adolescence car le système immunitaire devient alors plus mature, et les adolescents acquièrent des réflexes hygiéniques dont les enfants sont encore peu conscients. L’éviction de la collectivité est importante pour éviter la transmission.
Téléchargez le guide complet
IMPETIGO
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
phase papulokératosique lichénoide parfois verruqueuse (2-5mois) sur le site de l’éruption néonatale
Phase pigmentée (3-6 mois) : macules ardoisées « en éclaboussures » ou « en jet d’eau » sur le thorax et les membres.
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Effacer les cicatrices du visage : types, traitements et résultats
Les cicatrices du visage résultent d’un acte traumatique atteignant le derme profond — couche de la peau contenant le collagène et les fibroblastes. Contrairement aux simples rougeurs post-inflammatoires qui s’estompent seules en 1 à 2 ans, les cicatrices vraies correspondent à une destruction tissulaire irréversible sans traitement. On distingue deux grandes familles : les cicatrices en creux (hypotrophiques, dont les cicatrices d’acné) et les cicatrices en relief (hypertrophiques et chéloïdes). Chaque type répond à des traitements différents — un bilan dermatologique préalable est indispensable pour choisir la bonne approche.
Les cicatrices en creux résultent d’une destruction du tissu conjonctif dermique lors d’une inflammation profonde. La peau, incapable de reconstituer le collagène détruit, forme une dépression permanente. Les cicatrices d’acné en sont l’exemple le plus fréquent — elles concernent environ 95 % des patients ayant eu une acné sévère non traitée précocement. Les autres causes sont les varicelles, les traumatismes, les chirurgies et certaines infections cutanées profondes.
💡 Rougeur post-acné ≠ cicatrice — Les taches rouges ou violacées planes après un bouton (macules érythémateuses post-inflammatoires) ne sont pas des cicatrices : elles disparaissent spontanément en 1 à 2 ans. Seules les dépressions ou reliefs persistants après 12-18 mois sont de vraies cicatrices nécessitant un traitement. Inutile de traiter avant — et les lasers sont contre-indiqués sur des lésions encore évolutives.
Les différents types de cicatrices d’acné
Un même visage présente souvent plusieurs types de cicatrices d’acné simultanément, ce qui impose une stratégie thérapeutique combinée. La classification en 3 types principaux guide le choix du traitement.
Cicatrices en cratère (boxcar scars)
Larges et rondes, avec une dépression à fond plat et bords verticaux nets. Elles mesurent généralement 1,5 à 4 mm de diamètre. Ce sont les cicatrices qui répondent le mieux aux traitements car leur fond est accessible — subcision, acide hyaluronique, laser fractionné et peeling donnent de bons résultats sur ce type.
Cicatrices en pic à glace (icepick scars)
Petites (moins d’1 mm de diamètre), profondes, donnant l’impression que la peau a été piquée par un instrument pointu. Ce sont les plus difficiles à traiter car elles s’étendent jusqu’au derme profond voire à l’hypoderme. Le traitement de référence est l’excision à l’emporte-pièce (punch excision) suivie d’une suture ou d’une greffe, complétée par un laser fractionnel secondairement.
Cicatrices en pente douce (rolling scars)
Dépressions larges à bords évasés, donnant un aspect ondulé à la peau. Elles résultent d’adhérences fibreuses entre le derme superficiel et l’hypoderme. Ce sont les cicatrices qui répondent le mieux à la subcision — section des adhérences sous-cutanées — associée à l’injection d’acide hyaluronique ou de plasma riche en plaquettes (PRP).
Traitement des cicatrices d’acné
Deux conditions préalables indispensables
Avant d’envisager tout traitement des cicatrices d’acné, deux conditions doivent être réunies sans exception :
1. L’acné doit être complètement éteinte — traiter des cicatrices sur une acné encore active est inutile (de nouvelles cicatrices se formeront) et contre-indiqué (risque d’infection et d’aggravation). Attendre l’absence totale de lésions inflammatoires pendant au moins 3 mois.
2. L’isotrétinoïne doit être arrêtée depuis 6 à 12 mois minimum — les traitements par isotrétinoïne (Contracné®, Curacné®, Procuta®, Roaccutane®) altèrent la cicatrisation cutanée pendant plusieurs mois après l’arrêt. Tout acte laser ou peeling profond pendant cette période expose à des cicatrices paradoxales.
⚠️ Ne jamais triturer ses boutons — chaque manipulation d’un bouton d’acné multiplie par 3 à 5 le risque de cicatrice définitive en approfondissant l’inflammation et en diffusant les bactéries dans le derme.
Traitement en deux temps
Le protocole standard des cicatrices d’acné se déroule en deux phases complémentaires, généralement réalisées en hiver, à distance de toute exposition solaire, pour éviter les hyperpigmentations post-opératoires.
Temps 1 — Correction des dépressions : relever chaque cicatrice individuellement selon son type. La subcision (passage d’une aiguille en biais sous la cicatrice pour couper les adhérences fibreuses) traite les cicatrices en pente douce et les cratères adhérents. L’excision à l’emporte-pièce traite les pics à glace. L’acide trichloracétique (TCA) à 100% appliqué au pic en bois traite les petites cicatrices punctiformes profondes (technique CROSS). L’acide hyaluronique en injection comble les cratères en pente douce peu profonds.
Temps 2 — Homogénéisation de la surface : une fois les dépressions corrigées, une abrasion de la surface cutanée uniformise le grain de peau. Les options disponibles sont le peeling chimique de moyenne profondeur (TCA 15-30%), le laser ablatif fractionné CO2 ou Erbium (meilleure efficacité, cicatrisation 7-10 jours), la dermabrasion mécanique (opérateur-dépendante, résultats excellents dans les mains expertes) et la microdermabrasion (moins agressive, indiquée sur les cicatrices superficielles). Voir notre article sur le traitement des cicatrices par laser.
Téléchargez le guide complet
ACNE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Cicatrices en relief : hypertrophiques et chéloïdes
Les cicatrices en relief résultent d’une surproduction de collagène lors de la cicatrisation. On distingue deux types de gravité différente. La cicatrice hypertrophique reste limitée à la zone de la plaie initiale, est souvent prurigineuse et rouge, et peut s’atténuer spontanément en 1 à 3 ans. La cicatrice chéloïde dépasse les bords de la plaie, envahit la peau saine adjacente, ne régresse pas spontanément et récidive après exérèse simple. Elle est beaucoup plus fréquente sur les peaux noires et foncées, sur certaines zones anatomiques (sternum, épaules, lobes d’oreilles, nuque) et sur terrain génétique prédisposé.
Le traitement des chéloïdes est spécifique et différent de celui des cicatrices en creux. Voir notre article complet sur les cicatrices chéloïdes.
Tableau comparatif — types de cicatrices et traitements
Type
Aspect
Traitement de référence
Résultat attendu
Cratère (boxcar)
Large, fond plat, bords nets
Subcision + laser fractionné CO2
Amélioration 50-70%
Pic à glace (icepick)
Étroite, profonde, < 1mm
TCA CROSS + punch excision
Amélioration 40-60%
Pente douce (rolling)
Large, bords évasés, ondulée
Subcision + AH + PRP
Amélioration 60-80%
Macule érythémateuse
Tache rouge/violacée plane
Abstention ou laser vasculaire
Disparition spontanée 1-2 ans
Hypertrophique
Relief dans la zone de la plaie
Dermocorticoïdes + silicone
Régression possible 1-3 ans
Chéloïde
Relief débordant la plaie, dur
Infiltrations corticoïdes + laser
Contrôle difficile, récidives
Questions fréquentes sur les cicatrices du visage
À quel âge peut-on traiter les cicatrices d’acné ?
Il n’y a pas d’âge minimum — la condition n’est pas l’âge mais l’extinction complète de l’acné depuis au moins 3 mois et l’arrêt de l’isotrétinoïne depuis 6 à 12 mois. Certains jeunes adultes de 18-20 ans sont éligibles dès la fin de leur acné. À l’inverse, des patients de 50 ans consultent pour des cicatrices anciennes accentuées par les rides — ces cicatrices « reparaissent » car les rides d’involution accusent les dépressions préexistantes.
Combien de séances faut-il pour effacer des cicatrices d’acné ?
Un traitement complet nécessite en général 2 à 4 séances espacées de 2 à 3 mois, selon la profondeur et le nombre de cicatrices. Les cicatrices en pic à glace (les plus profondes) nécessitent souvent le plus grand nombre de séances. Aucun traitement ne donne un résultat parfait en une seule fois — l’amélioration est progressive et cumulée. L’objectif réaliste est une amélioration de 50 à 80%, pas une disparition totale.
Le laser fractionné est-il le meilleur traitement pour les cicatrices d’acné ?
Le laser fractionné CO2 ou Erbium est l’un des traitements les plus efficaces pour homogénéiser la surface cutanée après correction des dépressions. Mais il n’est pas adapté à tous les types : sur les cicatrices en pic à glace profondes, il est insuffisant seul. La meilleure approche combine souvent la subcision ou l’excision pour corriger d’abord la dépression, puis le laser pour lisser la surface. Un traitement au laser sans subcision préalable améliore la texture mais pas la profondeur des dépressions.
Les cicatrices d’acné peuvent-elles s’aggraver avec l’âge ?
Oui — certains patients ayant peu de cicatrices à 30 ans consultent à 45-50 ans car les rides d’involution naturelle « révèlent » des cicatrices peu visibles auparavant. Les dépressions préexistantes sont accentuées par la perte de volume facial liée à l’âge. Dans ce cas, les injections d’acide hyaluronique volumateur peuvent compléter utilement le traitement.
Peut-on traiter les cicatrices d’acné sur peaux noires et métissées ?
Oui, mais avec des précautions supplémentaires. Les peaux foncées (phototypes IV à VI) sont plus à risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire après laser ou peeling. Le dermatologue adapte les paramètres et prescrit souvent une préparation à l’acide azélaïque ou à la vitamine C avant le traitement. Les peaux noires sont également plus à risque de cicatrices chéloïdes — un test préalable sur une zone cachée est recommandé avant tout traitement abrasif.
Est-ce que les crèmes anti-cicatrices vendues en pharmacie sont efficaces ?
Pour les vraies cicatrices en creux, non — aucune crème ne peut « combler » une dépression dermique. Les crèmes à base de silicone, vitamine C ou rétinol peuvent améliorer la texture et l’aspect des cicatrices récentes superficielles et des macules rouges post-inflammatoires, mais n’ont pas d’effet sur les dépressions constituées. Elles restent utiles en complément d’un traitement dermatologique ou en prévention (après un bouton profond) mais ne remplacent pas les procédures médicales.
La dermatomyosite est une maladie de peau et des muscles
Paranéoplasique dans 2O % des cas (sein, ovaire, bronches, estomac… ).
ATTEINTE CUTANEE
Erythème rose lilacé et dème des zones découvertes : visage (erythème lilacé en lunettes), décolleté, faces d’extention des mains (erythème papuleux en bandes et pourtour unguéal
L’erytheme noueux se caractérise par l’éruption de nouures (sortes de « boules » sous la peau) douloureuses (notamment en position debout) des jambes, durant 3 à 6 semaines. Au début, les nouures sont rouges puis elles deviennent vert-jaunâtre.
Examens en cas d’érytheme noueux
Histologie le plus souvent inutile (seule hypodermite septale sans vascularite)
Streptocoque (recherche d’ASLO dans le sang, prelevement de gorge),
Sarcoidose (radiographie des poumons à la recherche de ganglions hilaires s’intégrant dans un syndrome de Lofgren / Dosage Enzyme de Conversion),
Tuberculose, tests tuberculiniques
Yersinioses,sérologie et coproculture
hepatites,VIH, CMV,sérologies
Maladies Inflammatoires Chroniques Intestinales
Leucémie, cancer viscéral, lymphome
Médicament (sulfamides, IPP… ) et vaccin Hep B…
Aucune cause n’est trouvée dans 30% des cas Traitement
– Repos allongé 2 semaines+++
– Antalgiques, Anti Inflammatoires Non Stéroidiens
– corticoides, voire colchicine 1 à 2 mg/j
Érysipèle : symptômes, traitement et antibiotiques
L’érysipèle — aussi orthographié érésipèle et appelé médicalement dermo-hypodermite bactérienne non nécrosante (DHBNN) — est une infection profonde de la peau due le plus souvent au streptocoque β-hémolytique du groupe A. Elle se manifeste par une plaque rouge, chaude, douloureuse et fébrile, le plus souvent sur une jambe, succédant à une porte d’entrée cutanée (piqûre, plaie, mycose entre les orteils). Elle survient principalement chez l’adulte mais peut aussi toucher l’enfant, notamment en cas de varicelle surinfectée.
⚠️ L’érysipèle est une urgence médicale. Ne pas prendre d’anti-inflammatoires (ibuprofène, aspirine, cortisone) — ils masquent les signes d’aggravation et favorisent l’évolution vers la fasciite nécrosante. Consultez sans délai.
L’érysipèle se présente sous deux formes classiques.
La forme aiguë typique débute brutalement par une plaque rouge, chaude, douloureuse, à limites nettes et bien circonscrites. Ce placard inflammatoire est associé à une fièvre souvent élevée (38,5–40°C) et à des frissons. La surface de la plaque peut être lisse ou présenter des décollements bulleux (phlyctènes). Le médecin délimite au feutre ou photographie les contours du placard pour surveiller l’évolution.
La forme subaiguë est la plus fréquente au niveau des jambes, notamment en cas d’insuffisance veineuse ou d’ulcère de jambe surinfecté. Les manifestations sont moins brutales, la fièvre plus modérée, mais la gravité potentielle est identique.
Dans les deux formes, le médecin recherche systématiquement une porte d’entrée cutanée locorégionale : pied d’athlète (mycose interdigitale), plaie, piqûre, ulcère, fissure.
Certains terrains favorisent la survenue et la récidive de l’érysipèle. Les principaux sont le diabète, l’obésité (IMC > 30), l’immunodépression, la malnutrition, l’insuffisance veineuse chronique, l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI), un âge supérieur à 60 ans, la toxicomanie intraveineuse et la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Chez l’enfant, la varicelle représente le facteur favorisant le plus fréquent.
💡 Porte d’entrée la plus fréquente : la mycose interdigitale (pied d’athlète) est responsable de la majorité des érysipèles de jambe. Son traitement systématique est indispensable pour éviter les récidives.
Complications de l’érysipèle
L’érysipèle peut évoluer vers des formes graves nécessitant une hospitalisation en urgence. Les signes d’alarme locaux comprennent une extension rapide en quelques heures, des lividités, des taches cyaniques (bleutées), une crépitation sous-cutanée, une hypo- ou anesthésie locale, une induration dépassant l’érythème, des nécroses ou de larges phlyctènes (érysipèle phlycténulaire). Les signes généraux de gravité sont une altération de l’état général, un sepsis ou un choc toxinique.
La complication la plus redoutée est la fasciite nécrosante — infection nécrosante profonde dépassant le plan de la peau, se manifestant par une plaque inflammatoire grave accompagnée de zones de nécrose et d’hypoesthésie. Elle nécessite un parage chirurgical en urgence et une prise en charge en réanimation.
En dehors de ces formes graves, les principales complications sont la récidive (20 à 30 % des cas), l’abcédation, la décompensation des comorbidités (diabète notamment) et, très rarement, un sepsis ou une bactériémie.
Une hospitalisation secondaire s’impose en cas d’évolution défavorable dans les 24 à 48 heures malgré une antibiothérapie adaptée.
Traitement de l’érysipèle : antibiotiques et mesures associées
L’antibiothérapie locale (pommades antibiotiques) est inutile et ne doit pas remplacer le traitement général. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les corticoïdes sont formellement contre-indiqués — ils masquent les signes d’aggravation et favorisent l’évolution silencieuse vers une fasciite nécrosante. Au mieux, on peut appliquer de la fluorescéine pour assécher les lésions suintantes.
Critères d’hospitalisation en urgence
Une hospitalisation immédiate est indiquée en cas de signes de gravité locaux ou généraux (décrits ci-dessus), de risque de décompensation d’une comorbidité, d’obésité morbide (IMC > 40), d’âge supérieur à 75 ans avec polypathologie, ou d’âge inférieur à 1 an.
Antibiothérapie en cas d’hospitalisation
La référence est la pénicilline G intraveineuse (10 à 20 millions d’unités par jour), réservée aux formes graves hospitalisées. Un relais par voie orale est instauré dès l’obtention d’une apyrexie et d’une amélioration clinique.
Antibiothérapie ambulatoire (forme non grave, sans hospitalisation)
En première intention : amoxicilline orale, 50 mg/kg/jour en 3 prises, maximum 6 g/jour. En cas d’allergie aux pénicillines, on utilise la pristinamycine (1 g × 3/jour) ou la clindamycine (1,8 g/jour en 3 prises, jusqu’à 2,4 g/jour si poids > 100 kg).
Chez l’enfant : amoxicilline-acide clavulanique, 80 mg/kg/jour d’amoxicilline en 3 prises (maximum 3 g/jour). En cas d’allergie aux pénicillines : clindamycine 40 mg/kg/jour en 3 prises (enfants > 6 ans) ou sulfaméthoxazole-triméthoprime 30 mg/kg/jour en 3 prises (enfants < 6 ans, forme suspension buvable).
En cas d’érysipèle après morsure : amoxicilline-acide clavulanique, 50 mg/kg/jour d’amoxicilline (maximum 6 g/jour) et maximum 375 mg/jour d’acide clavulanique.
Mesures d’accompagnement
En cas d’atteinte d’un membre : repos avec surélévation du membre atteint, contention veineuse dès l’amélioration de la douleur. La mise à jour de la vaccination antitétanique est vérifiée. Un traitement anticoagulant sous-cutané peut être prescrit dans les formes graves ou avec immobilisation prolongée. Le traitement de la porte d’entrée est indispensable et souvent négligé : mycose interdigitale, ulcère, fissure.
Le risque de récidive est de 20 à 30 %. La prévention repose d’abord sur la prise en charge des facteurs de risque : traitement du lymphœdème, correction de la porte d’entrée (mycose, ulcère), perte de poids en cas d’obésité.
Une antibioprophylaxie (effet suspensif uniquement, chez l’adulte) est indiquée après deux épisodes dans l’année en cas de facteurs de risque non contrôlables. Les options sont la benzathine-benzylpénicilline G (2,4 MUI IM toutes les 2 à 4 semaines), la pénicilline V (1 à 2 millions UI/jour selon le poids en 2 prises), ou en cas d’allergie aux pénicillines : l’azithromycine (250 mg/jour). La durée est adaptée à l’évolution des facteurs de risque.
Comment reconnaître un érysipèle d’une simple rougeur ?
L’érysipèle se distingue par la triade : plaque rouge à bords nets et élevés, chaleur locale intense, et fièvre. Une simple rougeur sans fièvre ni chaleur locale évoque plutôt une dermite de contact, une phlébite superficielle ou une lipodermato-sclérose. L’apparition brutale en quelques heures est caractéristique. En cas de doute, consultez sans attendre — le diagnostic précoce est capital.
Peut-on prendre de l’ibuprofène pour la douleur d’un érysipèle ?
Non — c’est formellement contre-indiqué. Les AINS (ibuprofène, kétoprofène, naproxène) et l’aspirine à dose anti-inflammatoire masquent les signes d’aggravation et peuvent favoriser l’extension silencieuse vers une fasciite nécrosante. Pour la douleur, le paracétamol est l’antalgique de référence.
Faut-il obligatoirement être hospitalisé pour un érysipèle ?
Non, la majorité des érysipèles non compliqués peuvent être traités à domicile par antibiotiques oraux (amoxicilline). L’hospitalisation est réservée aux formes graves, aux terrains à risque (obésité morbide, grand âge, immunodépression) et aux échecs du traitement ambulatoire. Une réévaluation médicale à 48–72 heures est indispensable dans tous les cas.
Combien de temps dure la guérison d’un érysipèle ?
Sous antibiothérapie adaptée, la fièvre cède généralement en 48–72 heures. La rougeur et le gonflement s’améliorent progressivement en 1 à 2 semaines. La durée totale de l’antibiothérapie est de 7 jours selon les recommandations 2019. La persistance ou l’aggravation à 48 heures malgré le traitement impose une réévaluation urgente.
Mon érysipèle a récidivé — est-ce normal ?
Oui, les récidives concernent 20 à 30 % des patients, surtout quand les facteurs favorisants (mycose interdigitale, insuffisance veineuse, lymphœdème, obésité) ne sont pas corrigés. Le traitement de la porte d’entrée est souvent négligé mais essentiel. En cas de deux récidives ou plus dans l’année, une antibioprophylaxie au long cours peut être discutée avec votre médecin.
L’érysipèle est-il contagieux ?
Non. L’érysipèle est une infection de la peau par des bactéries du patient lui-même (notamment le streptocoque présent sur la peau ou les muqueuses) à travers une porte d’entrée. Il ne se transmet pas d’une personne à l’autre par contact direct.
Lichen plan : symptômes, formes cliniques et traitements
Le lichen plan est une dermatose inflammatoire chronique d’origine auto-immune, touchant la peau, les muqueuses buccales et génitales, les ongles et le cuir chevelu.
Il se manifeste typiquement par des papules violines prurigineuses à la surface desquelles on observe un réseau blanchâtre caractéristique appelé stries de Wickham.
Sa cause précise reste inconnue dans la plupart des cas, mais son mécanisme repose sur une réaction immunitaire à médiation cellulaire dirigée contre les kératinocytes de la couche basale de l’épiderme, qui sont détruits par les lymphocytes T cytotoxiques CD8+.
Le lichen plan touche préférentiellement l’adulte entre 30 et 60 ans, sans prédominance de sexe pour la forme cutanée, mais avec une nette prédominance féminine pour les formes buccales et génitales érosives.
La guérison spontanée survient dans la majorité des cas en 12 à 18 mois, mais des récidives sont observées chez environ la moitié des patients.
Lichen plan : papules violines caractéristiques
Téléchargez le guide complet
LICHEN PLAN
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La forme cutanée classique associe quatre caractéristiques désignées par la règle des « 4 P » en sémiologie anglo-saxonne :
– Papules : éléments surélevés, bien limités,
– Planes : sommet aplati caractéristique,
– Polygonales : contours anguleux irréguliers,
– Pourpres (violines) : teinte rouge-violacée caractéristique.
À la surface de ces papules, on observe les stries de Wickham : un fin réseau blanchâtre à reflet nacré, pathognomonique du lichen plan, mieux visible après application d’huile ou à l’examen en dermatoscopie.
Lichen plan des jambes
Les localisations préférentielles sont la face antérieure des poignets et des chevilles, les avant-bras, le bas du dos et les chevilles.
Le prurit (démangeaisons) est constant et souvent intense, constituant la principale gêne fonctionnelle.
En dermatoscopie, les éléments évocateurs sont :
– des vaisseaux en points disposés régulièrement,
– les stries de Wickham sous forme de stries blanches réticulées.
Dermatoscopie d’une plaque de lichen plan : vaisseaux en points et stries blanches de Wickham
Diagnostic
Le diagnostic est souvent clinique devant un tableau typique.
En cas de doute, le dermatologue réalise une biopsie cutanée (prélèvement d’un petit fragment de peau sous anesthésie locale) envoyée à l’anatomopathologiste pour examen histologique. L’histologie montre une infiltration lymphocytaire en bande le long de la jonction dermo-épidermique avec destruction des kératinocytes basaux (corps de Civatte) et une hyperkératose orthokératosique.
Diagnostics différentiels à éliminer :
– Toxidermie lichénoïde : réaction médicamenteuse mimant le lichen plan, à évoquer systématiquement en cas de tableau atypique. Médicaments incriminés : captopril et autres IEC, bêtabloquants, diurétiques thiazidiques, antipaludéens, sels d’or, D-pénicillamine. La régression à l’arrêt du médicament suspect confirme le diagnostic.
– Psoriasis, eczéma de contact, pityriasis rosé de Gibert dans les formes annulaires.
Recherche systématique d’une hépatite C :
En cas de lichen plan buccal ou génital érosif, une sérologie hépatite C est recommandée : l’association lichen plan érosif — hépatite C chronique est bien documentée et justifie un traitement antiviral spécifique qui peut améliorer les lésions cutanées.
Maladies auto-immunes associées :
Le lichen plan est statistiquement associé à d’autres maladies auto-immunes : lupus, syndrome de Gougerot-Sjögren, dermatomyosite, vitiligo, pelade. Un bilan auto-immun exhaustif n’est cependant pas nécessaire en l’absence de signe clinique d’appel.
Formes cliniques du lichen plan
Lichen plan buccal
L’atteinte buccale est présente dans 30 à 70 % des cas de lichen plan cutané, et peut exister de façon isolée.
Elle se manifeste par un réseau blanchâtre en feuille de fougère sur la muqueuse jugale, la langue ou les gencives, habituellement peu symptomatique dans les formes réticulées.
La forme érosive buccale est douloureuse, gênante pour l’alimentation et peut évoluer vers des ulcérations chroniques.
Lichen plan buccal : réseau blanchâtre en feuille de fougère
Point de vigilance : le lichen plan buccal érosif chronique expose à un risque de transformation maligne en carcinome épidermoïde (< 1 % des cas) : une surveillance annuelle par le dermatologue et le stomatologue est recommandée.
Lichen plan génital
Le lichen plan génital touche les hommes (gland, prépuce) comme les femmes (grandes et petites lèvres, vagin, gencives).
Chez la femme, il peut s’intégrer dans le syndrome vulvo-vagino-gingival associant :
– vulvite érosive,
– vaginite érosive (pouvant entraîner des synéchies vaginales),
– gingivite érosive.
Ces formes sont particulièrement douloureuses, retentissent sur la vie sexuelle et nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire (dermatologue, gynécologue, stomatologue).
Une sérologie hépatite C est recommandée comme pour le lichen buccal érosif.
Lichen plan pilaire : atteinte du cuir chevelu
Voir l’article dédié : lichen plan pilaire.
Il s’agit d’une alopécie cicatricielle progressive pouvant entraîner une destruction définitive des follicules pileux en l’absence de traitement précoce.
Lichen plan unguéal
L’atteinte unguéale touche 1 à 10 % des patients. Elle se manifeste par :
– un amincissement et une fragilité de la tablette unguéale,
– des stries longitudinales (ongles « grésés »),
– un ptérygion unguéal (adhérence de l’éponychium à la tablette),
– dans les formes sévères non traitées : destruction irréversible de la tablette.
Une prise en charge précoce est indispensable pour préserver les ongles.
Lichen spinulosique
Variante atteignant les follicules pileux, se présentant en nappes de petites papules kératosiques centrées sur un poil. Aspect proche de la kératose pilaire.
Traitements du lichen plan
Lichen plan cutané
– Dermocorticoïdes de classe I ou II : traitement de première intention, appliqués une à deux fois par jour sur les lésions actives. Efficaces sur le prurit et l’inflammation.
– Inhibiteurs de la calcineurine topiques (Protopic®, Elidel®) : alternative aux dermocorticoïdes, particulièrement pour les zones où l’utilisation prolongée des corticoïdes est déconseillée (visage, plis génitaux).
– PUVAthérapie : photothérapie combinant UVA et psoralène, indiquée dans les formes étendues résistantes aux traitements locaux.
– Acitrétine (Soriatane®) : rétinoïde systémique, utilisé dans les formes diffuses ou résistantes.
– Corticothérapie systémique courte : dans les formes très étendues ou inflammatoires en poussée.
Lichen plan buccal érosif
– Éviter tout irritant : tabac, alcool, aliments acides ou épicés, prothèses dentaires mal adaptées.
– Corticoïdes locaux (Buccobet® en bains de bouche ou comprimés à sucer) : traitement de première intention.
– Trétinoïne topique (Ketrel®, Locacid®, Effederm®) en application locale hors AMM : kératolytique utile dans les formes réticulées hyperkératosiques.
– Corticothérapie systémique par voie orale en cas de forme sévère d’emblée ou résistante aux traitements locaux.
– Protopic® (tacrolimus) topique hors AMM : efficace dans les formes réfractaires buccales avec un bon profil de tolérance muqueux.
Lichen plan génital érosif
– Dermocorticoïdes de classe I (propionate de clobétasol) en application quotidienne sur les lésions érosives.
– Suivi gynécologique régulier pour les femmes présentant un syndrome vulvo-vagino-gingival.
– Protopic® hors AMM en alternative ou en relais des corticoïdes.
Lichen plan unguéal
– Dermocorticoïdes très puissants en application biquotidienne sur la matrice unguéale.
– Injections intralésionnelles de corticoïdes dans la matrice (si moins de 3 ongles atteints).
– Corticothérapie intramusculaire 1 mg/kg/mois pendant 3 à 6 mois si plus de 3 ongles atteints.
– Acitrétine à faible dose en cas d’atteinte unguéale profuse et résistante.
Évolution et surveillance
La forme cutanée guérit spontanément en 12 à 18 mois dans la majorité des cas, mais des récidives surviennent chez environ 50 % des patients.
Les formes muqueuses (buccale, génitale) sont plus chroniques, récidivantes et résistantes aux traitements.
Les séquelles possibles incluent des taches brunes post-inflammatoires sur les zones anciennement atteintes (particulièrement sur les peaux foncées) et, pour les formes pilaires et unguéales non traitées, des cicatrices définitives (alopécie cicatricielle, destruction unguéale).
Téléchargez le guide complet
LICHEN PLAN
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Masque de grossesse (mélasma) : causes, traitements et protection solaire
Le masque de grossesse, appelé mélasma ou chloasma en termes médicaux, est une hyperpigmentation acquise du visage touchant les zones exposées au soleil — joues, front, tempes, lèvre supérieure. Il concerne 90 % des femmes, principalement pendant la grossesse ou sous contraception hormonale, mais aussi chez l’homme dans 10 % des cas. Bénin mais souvent mal vécu, il est l’une des premières causes de consultation dermatologique pour taches brunes du visage.
Sa prise en charge est longue et exige de la rigueur — les résultats des traitements sont rapidement perdus sans protection solaire quotidienne stricte.
Téléchargez le guide complet
TACHES BRUNES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le mélasma résulte d’une stimulation excessive des mélanocytes — les cellules productrices de mélanine dans l’épiderme. Trois facteurs interagissent :
Les hormones féminines — œstrogènes et progestérone stimulent directement les mélanocytes. C’est pourquoi le mélasma apparaît lors de la grossesse (dès le 2e trimestre dans 50 à 70 % des grossesses), sous pilule contraceptive (œstroprogestatifs surtout), sous traitement hormonal de la ménopause, et plus rarement sous stérilet hormonal. Il peut régresser à l’arrêt de la contraception ou après l’accouchement — mais la pigmentation persiste souvent plusieurs années.
Le soleil — facteur aggravant indispensable : les UV stimulent les mélanocytes et aggravent dramatiquement le mélasma. Sans exposition solaire, le mélasma ne se développe quasiment pas. C’est pourquoi la protection solaire est le seul traitement véritablement indispensable — elle conditionne l’efficacité de tous les autres.
La prédisposition génétique : le mélasma est beaucoup plus fréquent chez les phototypes intermédiaires (peaux méditerranéennes, nord-africaines, asiatiques, latino-américaines) que chez les peaux très claires ou très foncées. Les antécédents familiaux de mélasma constituent un facteur de risque significatif.
Les trois types de mélasma — et pourquoi cela change le pronostic
L’examen à la lampe de Wood (lumière ultraviolette) permet de distinguer trois types de mélasma, de pronostic très différent :
Mélasma épidermique (70 % des cas) : la pigmentation est superficielle dans l’épiderme. Elle se renforce nettement à la lampe de Wood — signe d’un bon pronostic thérapeutique. Les crèmes dépigmentantes et les peelings donnent les meilleurs résultats sur cette forme. C’est la forme la plus accessible aux traitements topiques.
Mélasma dermique (10 % des cas) : la mélanine est déposée dans le derme profond. Elle s’atténue à la lampe de Wood. Cette forme est de pronostic plus réservé — les crèmes topiques ont peu d’effet sur une pigmentation dermique. Les traitements par laser fractionné ou peeling profond peuvent être discutés, mais avec prudence (risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire).
Mélasma mixte (20 % des cas) : atteinte épidermique et dermique combinées. Réponse partielle aux traitements topiques, nécessitant une stratégie multimodale.
💡 La lampe de Wood est utilisée en consultation dermatologique — cet examen simple et indolore guide le choix du traitement et permet d’évaluer le pronostic dès la première consultation.
Diagnostic différentiel — ne pas confondre avec
Toutes les taches brunes du visage ne sont pas un mélasma. Avant de traiter, le dermatologue élimine :
Le lentigo solaire (« tache de vieillesse ») : taches brun-beige bien délimitées, arrondies, sur les zones exposées chez les adultes de plus de 40 ans. Pas de lien hormonal. Répondent bien au laser Q-switched ou à la cryothérapie.
L’hyperpigmentation post-inflammatoire (HPi) : taches brunes apparaissant après une inflammation cutanée (acné, eczéma, frottement). Localisées sur les zones de l’inflammation antérieure. Régressent spontanément en plusieurs mois si on évite les récidives inflammatoires.
Le lentigo actinique évolué : chez les sujets à haut risque (phototype clair, exposition solaire chronique importante), certaines taches doivent faire l’objet d’un examen dermoscopique pour éliminer une lésion pré-cancéreuse (kératose séborrhéique, lentigo malin).
Les éphélides (taches de rousseur) : petites taches brun clair symétriques, présentes dès l’enfance, qui s’accentuent au soleil et s’atténuent en hiver. Liées au phototype clair, sans mécanisme hormonal.
Traitements du masque de grossesse
Aucun traitement n’est curatif sans protection solaire stricte — c’est le prérequis absolu. L’Association américaine de Dermatologie (AAD) reconnaît trois traitements de première intention, utilisables seuls ou en combinaison.
Crèmes et préparations dépigmentantes
Les crèmes en vente libre contenant de la vitamine C, de l’acide kojique, de la niacinamide ou de l’arbutine ont une efficacité modeste sur les formes légères. Elles représentent un bon traitement d’entretien mais sont insuffisantes seules pour les formes modérées à sévères.
Les dermatologues utilisent des préparations magistrales — formulations sur mesure combinant plusieurs principes actifs :
La triple association (hydroquinone 4 % + trétinoïne 0,05 % + fluocinolone acétonide 0,01 %) est la référence mondiale avec les meilleures preuves d’efficacité — amélioration notable en 8 semaines dans la majorité des études. L’hydroquinone inhibe directement la tyrosinase (enzyme clé de la mélanogenèse), la trétinoïne accélère le renouvellement cellulaire et potentialise la dépigmentation, la faible dose de corticoïde réduit l’inflammation induite. Elle est prescrite en cure de 3 à 6 mois maximum, avec surveillance médicale, en raison du risque d’ocronose (tache bleue-grise paradoxale) en cas d’utilisation prolongée sans suivi.
Peelings dépigmentants
Les peelings chimiques superficiels à moyens (acide glycolique, acide trichloroacétique, acide mandélique) améliorent le mélasma épidermique en accélérant le renouvellement cellulaire et en diminuant la charge en mélanine. Le peeling Dermamelan® (acide kojique, phytic acid, acide ascorbique, rétinol) est une procédure de cabinets dermatologiques avec un protocole d’entretien à domicile — efficace sur les formes modérées à sévères avec un profil de sécurité satisfaisant sur les phototypes intermédiaires.
Précaution importante : tout peeling sur un mélasma actif doit être suivi d’une protection solaire SPF 50 rigoureuse — l’inflammation post-peeling peut paradoxalement aggraver la pigmentation si la peau est exposée au soleil.
Traitements laser
Le laser est l’option la plus discutée et la plus délicate dans le mélasma. Contrairement aux lentigos solaires, le mélasma répond mal et de façon imprévisible aux lasers — le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire est élevé, particulièrement sur les phototypes foncés.
Les lasers les moins agressifs sont préférés : laser Q-switched Nd:YAG en mode low fluence (toning laser), laser fractionné non ablatif (1550 nm, 1927 nm) à basse énergie. Ces approches donnent des résultats variables — amélioration partielle dans 50 à 70 % des cas, rechute fréquente à l’exposition solaire. Le laser n’est jamais proposé seul mais en complément d’un traitement topique et d’une protection solaire.
Acide tranexamique — la nouveauté thérapeutique
L’acide tranexamique est un médicament antifibrinolytique utilisé historiquement dans les syndromes hémorragiques. Son utilisation dans le mélasma est hors AMM mais repose sur des données croissantes et convaincantes.
Son mécanisme dans le mélasma : il inhibe l’interaction entre les kératinocytes et les mélanocytes via la voie des plasminogènes, et réduit la production de prostaglandines (PGE2) qui stimulent la mélanogenèse. Il agit donc sur le mélasma par un mécanisme radicalement différent de l’hydroquinone.
Par voie orale (250 mg × 2/j pendant 3 mois) : une revue de la littérature (PubMed 2018) est en faveur de son efficacité, notamment en cas d’échec ou d’intolérance à l’hydroquinone. Il est généralement bien toléré. Contre-indications à respecter : antécédents de thrombose, troubles de la coagulation.
Par voie topique (solution à 5 %) : une étude de 2019 montre une efficacité comparable à l’hydroquinone à 3 % — avec un profil de tolérance supérieur et sans risque d’ocronose. Des formulations topiques à l’acide tranexamique sont désormais disponibles en pharmacie et constituent une alternative intéressante pour les patientes ne souhaitant pas recourir à l’hydroquinone.
Protection solaire — la clé de tout traitement
La protection solaire n’est pas un traitement d’appoint — c’est la condition sine qua non de l’efficacité de tous les autres traitements. Sans elle, le bénéfice de n’importe quelle crème dépigmentante, peeling ou laser est perdu en quelques jours d’exposition.
Les recommandations pratiques : crème solaire SPF 50+ à filtre minéral (oxyde de zinc, dioxyde de titane) appliquée toutes les 2 heures lors des expositions, même par temps nuageux. Les filtres minéraux sont préférés aux filtres chimiques car ils bloquent aussi les infrarouges et la lumière visible — qui activent également les mélanocytes. Port d’un chapeau à larges bords en été. Éviter l’exposition entre 11h et 16h.
La protection solaire doit être maintenue toute l’année, même en hiver — la lumière du jour suffit à entretenir le mélasma chez les sujets prédisposés. Le traitement d’entretien par préparations magistrales 2 à 3 fois par semaine sous surveillance médicale est recommandé après la phase de traitement initial.
Questions fréquentes
Le masque de grossesse disparaît-il après l’accouchement ?
Partiellement et progressivement — chez environ 50 % des femmes, le mélasma s’améliore spontanément dans les mois suivant l’accouchement avec une protection solaire stricte. Chez l’autre moitié, les taches persistent et nécessitent un traitement actif. L’allaitement retarde la régression car il maintient un certain niveau d’hormones. La pilule contraceptive après l’accouchement peut entretenir ou aggraver le mélasma — discuter avec le médecin d’une contraception non hormonale ou d’un progestatif seul.
Les crèmes anti-taches du commerce sont-elles efficaces sur le masque de grossesse ?
Sur les formes légères, certaines crèmes contenant de la vitamine C (ascorbyl glucoside, acide ascorbique à 10-15 %), de la niacinamide à 5-10 % ou de l’acide kojique donnent une amélioration modeste après 3 à 6 mois. Pour les formes modérées à sévères — qui représentent la majorité des consultations — les crèmes de grande distribution sont insuffisantes. Les préparations magistrales avec hydroquinone et trétinoïne prescrites par le dermatologue sont 3 à 5 fois plus efficaces.
La pilule contraceptive aggrave-t-elle toujours le masque de grossesse ?
Non — le risque est variable selon le type de contraceptif. Les pilules œstroprogestatives combinées (contenant des œstrogènes) sont les plus à risque. Les pilules microprogestatives (progestatif seul, sans œstrogène) et le stérilet hormonal sont moins impliqués mais peuvent malgré tout parfois aggraver le mélasma. Les méthodes non hormonales (stérilet cuivre, préservatif) n’ont pas d’effet sur le mélasma.
Le laser est-il le meilleur traitement du mélasma ?
Non — contrairement aux idées reçues et à la publicité des cliniques esthétiques, le laser n’est pas le traitement de première intention du mélasma. Le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire après laser est élevé sur les phototypes intermédiaires et foncés, et les rechutes sont fréquentes. Les traitements topiques (préparations magistrales, acide tranexamique) associés à une protection solaire stricte sont plus sûrs et souvent aussi efficaces sur les formes épidermiques.
Le mélasma peut-il toucher les hommes ?
Oui — 10 % des mélasmas touchent des hommes. Chez l’homme, il n’y a pas de facteur hormonal évident mais le soleil et la prédisposition génétique (phototype intermédiaire, antécédents familiaux) sont les facteurs principaux. Le traitement est identique à celui de la femme. L’hydroquinone et la trétinoïne peuvent être utilisées sans restriction.
Téléchargez le guide complet
TACHES BRUNES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Pityriasis rosé de Gibert : symptômes, durée et traitement
Le pityriasis rosé de Gibert (PRG), décrit par le dermatologue français Camille Melchior (!) Gibert au XIXe siècle, est une dermatose fréquente, bénigne et guérissant spontanément en 6 à 8 semaines. Une fois guéri, il ne récidive qu’exceptionnellement. Il nécessite néanmoins une consultation médicale pour confirmer le diagnostic — ses diagnostics différentiels peuvent être graves (syphilis secondaire, primo-infection VIH).
Le pityriasis rosé touche surtout les adultes jeunes de moins de 35 ans, avec un pic durant l’adolescence. Des cas peuvent survenir au sein d’une même famille ou en collectivité (école, armée), et il semble plus fréquent au printemps et à l’automne — deux arguments en faveur d’une origine infectieuse.
Cependant, à ce jour, aucun agent infectieux n’a été identifié avec certitude. De nombreux agents ont été successivement incriminés puis innocentés : mycoplasmes, Chlamydiae, adénovirus, virus influenza A et B, para-influenza, VRS, CMV, parvovirus B19, virus varicelle-zona…
La piste la plus probable implique les human herpesvirus 6 et 7 (HHV-6 et HHV-7), qui seraient réactivés lors de l’infection par l’agent causal encore inconnu. Une réaction immunologique à une infection ORL virale est également évoquée.
Concernant les antibiotiques : si une étude indienne avait suggéré qu’un traitement par érythromycine raccourcissait l’éruption, des études ultérieures (2006, 2008) n’ont pas confirmé l’efficacité des antibiotiques — ce qui plaide contre une origine bactérienne.
Dans 60% des cas, l’éruption est précédée de prodromes : fièvre modérée (38,5°C), malaise général, céphalées, nausées, douleurs articulaires, mal de gorge…
1. Le médaillon initial
Présent chez environ 60% des patients, le médaillon initial est une plaque annulaire rosée de 2 à 10 cm de diamètre, d’extension progressive, finement squameuse, siégeant préférentiellement sur le tronc (thorax, dos, ventre) ou la racine d’un membre.
Il précède l’éruption généralisée de 1 semaine en moyenne, parfois jusqu’à 3 semaines. Isolé, il est souvent confondu avec une mycose cutanée.
Médaillon initial du pityriasis rosé de Gibert
2. L’efflorescence secondaire
L’éruption secondaire apparaît quelques jours à 3 semaines après le médaillon initial. Elle est constituée de deux types de lésions :
Les médaillons : anneaux rosés ovalaires ou arrondis de 1 à 6 cm, parfois légèrement surélevés, avec une fine collerette desquamative sur leur versant interne. Leur centre beige présente de fins plis parallèles visibles en pinçant légèrement la lésion.
Les petites lésions : rosées, parfois légèrement squameuses, inférieures à 1 cm, mal limitées, rarement en anneau.
Les plaques deviennent rapidement de plus en plus nombreuses (efflorescence) et se disposent sur le tronc et les racines des membres de façon grossièrement symétrique. Sur le dos, leur grand axe suit les côtes et forme classiquement un aspect en « sapin de Noël ».
💡 Caractéristiques rassurantes : l’éruption s’arrête généralement au cou, aux coudes et aux genoux. Le visage et les extrémités ne sont touchés que dans 10% des cas. Elle démange peu ou pas, et ne s’accompagne d’aucun signe général.
Les lésions disparaissent sans séquelles. Des taches blanches (hypopigmentation post-inflammatoire) ou brunes transitoires peuvent persister quelques semaines, particulièrement sur les peaux foncées.
Efflorescence de plaques autour du médaillon initial (thorax gauche)
3. Durée du pityriasis rosé de Gibert
L’efflorescence dure 10 jours à quelques semaines
Les lésions disparaissent spontanément en moyenne en 6 à 8 semaines après le début de l’éruption
Des poussées peuvent survenir jusqu’à 3 à 5 mois dans les formes prolongées
Les récidives après guérison sont exceptionnelles
Formes atypiques
Médaillon initial isolé sans éruption secondaire — souvent confondu avec une mycose
Éruption sans médaillon initial
Forme infiltrée (indurée)
Forme eczématisée — secondaire à un assèchement caustique (savons antiseptiques, alcool, eau de Javel) ou à une allergie de contact aux crèmes appliquées
Forme monomorphe — uniquement des petites lésions ou uniquement des médaillons
Forme micropapuleuse — micro-lésions folliculaires de quelques mm, plus fréquentes sur peaux noires
Forme inversée — rare, lésions aux extrémités et sur le visage plutôt que sur le tronc
Diagnostic
En cas d’éruption typique, le diagnostic repose sur l’association : jeune âge, médaillon initial précédant l’éruption, prodromes modérés, efflorescence symétrique sur le tronc sans fièvre ni fatigue.
En dermatoscopie, les plaques montrent des éléments évocateurs : vaisseaux en points et squames blanches sur fond jaunâtre.
Dermatoscopie : vaisseaux en points et squames blanches sur fond jaunâtre
⚠️ Diagnostics différentiels importants à éliminer : la syphilis secondaire (roséole + syphilides papuleuses aux paumes et aux plantes), la primo-infection VIH (fièvre, adénopathies, érosions buccales), une allergie médicamenteuse, un psoriasis en gouttes, un eczéma ou un pityriasis lichénoïde. La présence de fièvre, fatigue ou courbatures doit faire reconsidérer le diagnostic.
En cas de doute, le médecin peut réaliser une biopsie cutanée sous anesthésie locale pour analyse anatomopathologique, et des sérologies (TPHA-VDRL pour la syphilis, sérologie VIH).
Traitement du pityriasis rosé
Le pityriasis rosé typique guérissant spontanément, aucun traitement spécifique n’est généralement nécessaire. Le patient doit être rassuré sur la bénignité et la contagiosité quasi nulle de l’affection.
En cas de démangeaisons :
Dermocorticoïdes en application locale — voir notre article sur les crèmes cortisonées
Antihistaminiques par voie orale — voir notre article sur les antihistaminiques
Certains auteurs recommandent une exposition solaire modérée pour accélérer la disparition des plaques. À l’inverse, il faut éviter les savons antiseptiques, l’alcool et tous les produits irritants qui peuvent aggraver l’éruption et provoquer une eczématisation.
Le pityriasis rosé est-il contagieux ?
La contagiosité est considérée comme quasi nulle dans l’état actuel des connaissances. Des cas familiaux existent mais restent rares. Il n’est pas nécessaire d’isoler le patient ni d’éviter les contacts.
Comment distinguer le pityriasis rosé d’une mycose ?
Le médaillon initial isolé ressemble à une mycose (teigne). Les éléments orientant vers le pityriasis : présence de prodromes, localisation sur le tronc, collerette desquamative interne (et non externe comme dans la mycose), apparition rapide d’autres lésions similaires. Un antifongique inefficace après 2 semaines doit faire reconsidérer le diagnostic.
Peut-on attraper le pityriasis rosé plusieurs fois ?
Les récidives sont exceptionnelles (moins de 2% des cas). La guérison confère une immunité durable dans la grande majorité des cas.
Le pityriasis rosé est-il dangereux pendant la grossesse ?
Des données limitées suggèrent que le PRG survenant en début de grossesse pourrait être associé à un risque accru de fausse couche ou d’accouchement prématuré, possiblement lié à la réactivation des HHV-6/HHV-7. Une consultation médicale rapide est recommandée en cas d’éruption suspecte chez la femme enceinte.
Faut-il éviter le soleil avec le pityriasis rosé ?
Non — à l’inverse, une exposition solaire modérée et prudente est parfois recommandée pour accélérer la disparition des plaques. En revanche, les fortes expositions et les coups de soleil sont à éviter car ils peuvent aggraver les lésions.
Les taches laissées après le pityriasis rosé disparaissent-elles ?
Oui. Les taches blanches (hypopigmentation) ou brunes (hyperpigmentation post-inflammatoire) qui peuvent persister après la disparition des plaques — surtout sur les peaux foncées — s’estompent spontanément en quelques semaines à quelques mois.
Kératose séborrhéique : plaques brunes bénignes — diagnostic et traitement
Les kératoses séborrhéiques (verrues séborrhéiques) sont parmi les tumeurs cutanées bénignes les plus fréquentes, notamment après 40 ans. Leur aspect caractéristique — plaque brune « posée sur la peau » — et leur nature bénigne les distinguent des lésions mélanocytaires. Elles ne dégénèrent pas, mais certaines formes d’apparition rapide peuvent être le signe d’une maladie interne grave.
La kératose séborrhéique se présente comme une plaque surélevée, à bords nets et abrupts, d’aspect « collé » ou « posé » sur la peau — comme si on pouvait la décoller avec un ongle. Initialement plane et beige, elle évolue vers une surface verruqueuse, squamo-kératosique et grasse, de couleur marron à noire. La taille varie de quelques millimètres à plusieurs centimètres.
Localisations préférentielles : zones grasses du corps — visage, cuir chevelu, décolleté, dos (parfois disposées en « sapin de Noël »), poitrine. Respecte les paumes, les plantes et les muqueuses.
Apparition : le plus souvent à partir de 30–40 ans, en nombre croissant avec l’âge.
Variante sur peau noire et mate — dermatosis papulosa nigra : petites kératoses séborrhéiques multiples siégeant principalement sur le visage, très fréquentes chez les personnes à phototype foncé. Bénignes, souvent nombreuses dès le jeune âge adulte.
Kératoses inflammatoires : certaines kératoses situées dans des zones de frottement (sous les seins, plis du tronc) peuvent devenir inflammatoires et provoquer des rougeurs et plaques sous les seins.
Signe de Leser-Trélat — quand consulter en urgence
⚠️ Apparition soudaine et rapide de nombreuses kératoses séborrhéiques en quelques semaines à mois, prurigineuses, en disposition « sapin de Noël » dans le dos : c’est le signe de Leser-Trélat, un marqueur paranéoplasique associé à un cancer viscéral sous-jacent. Cancers principalement concernés : adénocarcinome gastrique, adénocarcinome colique, lymphome, cancer du sein. Consultation urgente et bilan digestif requis.
La kératose séborrhéique isolée et progressive ne fait pas partie de ce tableau — le signe de Leser-Trélat se caractérise par son apparition rapide, son caractère éruptif et le prurit associé.
Diagnostic — dermoscopie
Le diagnostic est clinique dans la grande majorité des cas. La dermoscopie apporte une confirmation non invasive et permet d’éliminer formellement un mélanome.
Critères dermoscopiques caractéristiques :
Signe dermoscopique
Description
Signification
Pseudokystes cornés (clods blancs)
Structures rondes blanches ou jaunâtres
Invaginations kératosiques — signe spécifique
Pseudo-comédons (clods marron-orange)
Bouchons brun-jaune à brun-noir dans les orifices folliculaires
Kératine dans les follicules dilatés — signe spécifique
Courbes cérébriformes
Lignes épaisses en réseau sinueux
Surface verruqueuse kératosique
Bordure abrupte
Délimitation nette sur toute la périphérie
Typique — contraste avec les bords flous du mélanome
Vaisseaux en épingles à cheveu
Vaisseaux homogènes en U
Vascularisation superficielle bénigne
Absence de réseau mélanocytaire
Pas de réseau pigmenté, pas de clods bleu-gris
Élimine le mélanome
Biopsie : indiquée uniquement en cas de doute diagnostique persistant après dermoscopie, de croissance rapide, d’aspect atypique ou de lésion pigmentée non concluante.
Bords perlés, vaisseaux arborescents à la dermoscopie, ne se détache pas
Lentigo solaire
Macule plane, pas de relief, bords moins nets, pas de surface kératosique
Traitement
La kératose séborrhéique ne nécessite aucun traitement obligatoire — elle est bénigne et ne dégénère pas. Le traitement est proposé pour des raisons esthétiques ou en cas d’inflammation par frottement.
Abstention surveillée : option valide pour les lésions stables, asymptomatiques et au diagnostic certain.
Cryothérapie à l’azote liquide : traitement de choix en cabinet — application de quelques secondes, chute de la lésion en 2–3 semaines. Risque de dépigmentation séquellaire sur peau foncée.
Curetage : ablation mécanique rapide sous anesthésie locale ou sans, pour les lésions épaisses et bien délimitées.
Exérèse chirurgicale : indiquée en cas de doute diagnostique avec un mélanome, de croissance rapide, d’aspect atypique ou de lésion non concluante en dermoscopie — avec envoi de la pièce en anatomopathologie.
Questions fréquentes
La kératose séborrhéique peut-elle devenir un mélanome ?
Non — la kératose séborrhéique est une lésion épidermique sans mélanocytes et sans potentiel de transformation maligne documenté. Elle ne dégénère pas. En revanche, un mélanome peut avoir un aspect clinique proche et tromper un œil non entraîné — d’où l’importance de la dermoscopie pour toute lésion pigmentée atypique.
Pourquoi autant de kératoses séborrhéiques apparaissent-elles avec l’âge ?
Leur multiplication avec l’âge est liée au vieillissement cutané et à l’accumulation des expositions solaires. Elles peuvent apparaître en dizaines voire en centaines chez les personnes âgées — c’est normal et sans signification pathologique tant que l’apparition reste progressive et non éruptive.
Peut-on enlever une kératose séborrhéique soi-même ?
Non recommandé. Les tentatives de grattage ou d’ablation domestique exposent à un saignement, une infection et surtout au risque de méconnaître une lésion mélanocytaire sous-jacente. La cryothérapie ou le curetage en cabinet prennent 30 secondes et sont sans danger. La règle de base : toute lésion pigmentée enlevée sans examen préalable est une lésion non diagnostiquée.
Faut-il s’inquiéter si les kératoses démangent ?
Une kératose isolée qui se gratte légèrement à cause d’un frottement vestimentaire n’est pas inquiétante. En revanche, l’apparition rapide de nombreuses kératoses prurigineuses en quelques semaines constitue le signe de Leser-Trélat — un signal d’alarme paranéoplasique qui nécessite une consultation urgente et un bilan digestif.
Le kyste pilonidal est une infection causée par un poil incarné de la région sacro-coccygienne (comprenant la peau en regard du coccyx et du sacrum, soit la zone située tout en bas du dos et entre les fesses). On remplace souvent le terme kyste par sinus pilonidal car l’infection du kyste part d’un granulome à corps étranger sur le poil, qui dégénère en kyste secondairement. Le terme « pilonidal » vient du latin pilus, poil et nidus, nid. Le kyste pilonidal touche surtout des hommes jeunes et poilus, le plus souvent blancs. Il atteint 1% de la population masculine et peut concerner beaucoup plus rarement les femmes puisqu’il ne touche que 0,1% de la population féminine. Il est un véritable problème de santé publique car l’épisode inflammatoire et infecté du début tend à évoluer en surinfections successives responsables de fistules pouvant atteindre le rectum. Le traitement est chirurgical.
Un problème de fesses d’homme
Causes
On a longtemps cru à une origine congénitale mais il est maintenant admis que le kyste pilonidal est lié à la pénétration de poils courts et durs dans les tissus sous-cutanés, entraînant la formation d’un granulome à corps étranger. On retrouve en effet au sein du kyste des poils sectionnés.
Le mécanisme de la formation des kystes pilonidaux provient de l’élargissement des follicules pileux du sillon interfessier lors de l’adolescence et des frottements sectionnant le poil et provoquant sa pénétration dans la peau (poil incarné) qui dégénère en kyste et un granulome à corps étranger. L’ensemble se contamine par des bactéries et un abcès se forme, avec un ou plusieurs orifices de drainage étagés dans le sillon interfessier entre 4 et 8 cm de la marge anale puis d’autres orifices de drainage plus distants peuvent apparaître. Ils forment alors des sortes de tunnels sous la peau
Kyste pilonidal avec orifices de drainage le long du sillon interfessier
Les facteurs de risques sont
homme jeune (pic vers 20 ans)
poilu
obésité
position assise régulière (travail de bureau, voiture…)
Symptomes
Les symptomes commencent par une infection : apparition d’une boule rouge sous la peau située sur le haut d’une fesse ou entre les fesses dans le bas du dos chez un homme jeune et poilu avec sensation d’inconfort voire de douleur.
En cas de survenue d’une boule rouge entre les fesses ou sur le haut d’une fesse, il faut toujours consulter sans tarder son médecin : ce dernier envisagera les différents diagnostics possibles.
Il va examiner votre anus et parfois y introduire un instrument pour réaliser une anuscopie.
Cette boule rouge peut en effet évoluer en abces, pouvant couler et laisser s’échapper des sérosités ou plus souvent du pus.
Le médecin cherche des petits orifices sur le sillon interfessier entre 4 et 8 cms de l’anus avec parfois des petites touffes de poils fins ayant tendance à sortir des orifices, qui sont caractéristiques de la maladie pilonidale.
Le médecin va s’attacher à éliminer une fistule anale : le kyste reste le plus souvent extra anal et il n’y a pas de cryptite en anuscopie.
Kyste pilonidal avec abcès à distance
Examens complémentaires
En cas de doute de fistule rectale voire cérébrospinale, le médecin peut demander la réalisation d’une fistulographie ou plus souvent d’une IRM
IRM de kyste pilonidal
Traitement
Le traitement radical est une exérèse chirurgicale ; en effet les traitements antibiotiques ne font que temporiser l’évolution de la maladie.
L’anesthésie est le plus souvent générale, plus rarement locale.
Avant l’intervention, il faut raser la zone (et le rasage doit être poursuivi pendant une période de 3 à 6 mois après la fin de la cicatrisation).
Lors de l’infection aigue
Le chirurgien introduit un stylet par l’orifice primaire au sein de la cavité pour en délimiter les contours et les ramifications. Il incise et évacue le pus. Il pratique ensuite un curetage de la cavité, puis un méchage. La cicatrisation est généralement obtenue par des changements de mèches et des pansements quotidiens en un à deux mois. Cette technique permet une guérison dans environ la moitié à 90% des cas selon les études.
En cas d’infections répétées (chronicité)
Plusieurs techniques sont alors possibles :
Excision (technique ouverte)
Le chirurgien réalise une excision en bloc du kyste et des orifices primaires et secondaires en respectant l’aponévrose sacrée puis il laisse cicatriser la perte de substance par des pansements réguliers (douloureux les premiers jours), en 2 mois environ, mais permettant généralement une reprise de l’activité professionnelle après une semaine environ. Le taux de récidive est faible avec cette méthode (seulement 2 à 3%)
Cicatrisation dirigée après ablation d’un kyste pilonidal : faible taux de récidive mais suites douloureuses
Excision (technique fermée) avec suture simple
Après l’excision, le chirurgien réalise une suture permettant une cicatrisation en 2 semaines, mais le taux de récidive est 10 fois supérieur, de 20 à 30% des cas et de nombreuses complications peuvent survenir : lâchage des sutures, surinfection sous la fermeture, douleur…
Suture simple et drainage d’un kyste pilonidal après son ablation
Excision (technique fermée) avec reconstruction
Après excision, le chirugien recouvre la perte de substance par un lambeau de peau qui rend la suture moins tendue donc moins douloureuse, cependant le lambeau peut s’infecter ce qui rend les choses alors très compliquées
Incision-curetage
Le chirurgien repère les orifices fistuleux primaires et secondaires grâce à un stylet. Il réalise une excision moins large que dans l’excision ouverte, emportant quand même l’ensemble des trajets fistuleux et il procède à un curetage des tissus granulomateux. On obtient une cicatrisation en 3 ou 4 semaines et le taux de récidive est faible. C’est donc la technique le plus souvent utilisée en première intention
Les soins post-opératoires
Ils sont le plus souvent réalisée par une infirmière (soins infirmiers) à domicile ou à l’hôpital
La chair reste à vif pendant plusieurs semaines (plus ou moins longtemps en fonction de la technique employée) et elle doit se reconstituer. L’infirmière change les mèches s’il y en a, elle applique des pansements et attend l’obtention d’un tissus de granulation
En cas d’infection lors de la phase de cicatrisation, il faut alors reconsulter le médecin pour recevoir des antibiotiques et parfois être réopéré.
Ces soins sont longs et contraignants, obligeant parfois à rester allongé sur le ventre pendant plusieurs jours
Récidive de kyste pilonidal
Nous avons vu que le kyste pilonidal pouvait récidiver dans 2 à 20% des cas selon la technique employée
Il faut alors souvent réopérer avec des techniques plus aggressives…
L’epilation laser : une panacée?
Le problème de départ étant la pilosité, une épilation laser de la zone interfessière permet de prévenir l’apparition d’un kyste pilonidal chez de jeunes adultes ayant des antécédents familiaux et présentant un profil à risque (poilus) et surtout une récidive chez les personnes ayant déja eu un kyste pilonidal
Le lichen striatus est encore appelé “Blaschkite” ou “BLAISE” pour “Blaschko linear acquired inflammatory skin eruption”.
Symptomes
Maladie de l’enfant.
Apparition brutale, eczematiforme, en bande suivant l’axe d’un membre. Possibilité d’atteinte du thorax, du visage…
Guerison habituelle en 3 à 12 mois (possibilité de sequelle hypochromique : tache blanches, transitoire notamment l’été)
Examens complementaires
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
L’adenome sebace est une tumeur benigne de la peau
Adénome sébacé
Signes de la maladie
Fréquent sur le visage séborrhéique du sujet agé.
Petite tumeur jaunâtre plus ou moins bombée avec ombilication centrale.
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
L’actinomycose n’est pas comme son nom ne l’indique pas une mycose mais une pathologie infectieuse de la bouche. On devrait d’ailleurs parler d’actinobactériose
La confusion vient du fait que l’actinomycose est due à des bactéries saprophytes de la cavité buccale et du tractus gastro-intestinal appelées Actinomycesqui deviennent pathogènes sous l’influence de plusieurs facteurs tels que la mauvaise hygiène bucco-dentaire, l’ immunosuppression, le cancer,le diabète, l’alcoolo-tabagisme…
Signes de la maladie
Nodule sous-cutané indolore, fluctuant, le plus souvent mandibulaire. Les adénopathies satellites sont rares. En l’absence de traitement, l’évolution peut se faire vers plusieurs nodules voire des placards sous-cutanés collés au plan profond osseux de la face, puis fistulisation à la peau, écoulement sanglant et purulent contenant souvent des grains jaunes caractéristiques. Possibilité d’ extension au périoste et à la mandibule.
L’acro keratose verruciforme est caractérisée par des lésions comme des verrues sur la face dorsale des mains et des doigts.
L’acrokératose verruciforme de Hopf a été décrite en 1931 comme une maladie de transmission autosomique dominante, cependant, des lésions verruqueuses pratiquement identiques peuvent se voir chez 70% des patients atteints de maladie de Darier et pour certains, elle constituerait constitue une forme de la maladie de Darier.
Signes de la maladie
Petites plaques planes, à surface verruqueuse, de couleur chair ou discrètement marron, parfois difficiles à voir, mieux perceptibles au toucher, comme des verrues planes sur la face dorsale des mains, des doigts et des pieds, plus rarement les avant-bras, les jambes, les coudes et les genoux.
Traitement
Abstention
Pas de traitement de référence : cryothérapie à l’azote liquide, excision superficielle, electrocoagulation, laser CO2
L’acrokeratoelastoidose est une maladie rare de la peau
Signes de la maladie
Petites papules palmo-plantaires kératosiques translucides plates.
Débordent souvent sur le dos des doigts et les bords latéraux des pieds.
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
L’acrodermatite enteropathique est une maladie rare
Signes de la maladie
Nourrisson et enfant :déficit génétique de l’absorption du zinc.
Adulte : carence acquise en zinc par régime carencé ou alimentation parentérale (réanimation).
Alopécie, diarrhée, déficit mental et staturo-pondéral.
Lésions érythémateuses et érosives voire vésiculobulleuses périorificielles (péri anales, bouche, narines), sur le dos des phalanges et en périunguéal.
Parfois présence de pustules (svt surinfectées à Candida) aux orifices et aux extrémités
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
L’acro cyanose est un trouble vasculaire des extrémités, bénin.
C’est un des acrosyndromes vasculaires les plus fréquents.
Diagostic
Concerne la femme ++ surtout, classiquement maigre
Cyanose (aspect froid et bleu violacé) des extrémités (mains et pieds), plus rarement du nez et des oreilles. Elle est indolore, majorée au froid et sans variation positionnelle. La peau est froide et bleue violacée de manière homogène, et parfois moite (mains moites) un aspect infiltré, oedemateux et « élastique » (aspect « matelassé en coton »), particulièrement à la racine des doigts. Elle peut parfois remonter jusqu’au poignet, où sa limitation est souvent nette. Le temps de recoloration après compression pulpaire est très lent.
En cas de doute : début à un âge tardif, unilatéral, chez un homme, une évolution par poussée ou encore des signes de sclérodermie, de vascularite… il faut faire un bilan à la recherche d’un cause
Traitement
Se protéger contre le froid
Eviter tant le froid ambiant que le contact direct avec le froid (gants, vêtements chauds).
Eviter l’amaigrissement
Un amagrissement récent est souvent un facteur déclencheur
Eviter le tabac
Eviter les traumatismes des doigts
Eviter les médicaments aggravants
Il s’agit notamment des vasoconstricteurs généraux (bêtabloquants, dérivés de l’ergot de seigle), ou locaux (vasoconstricteurs nasaux).
Jambes++
Aspect de dôme aplati erythemateux souvent recouvert de fines squames, parfois suintant légèrement.
Dermoscopie : vaisseaux en point comme des perles enfilées sur un collier
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : epaississement de la couche spineuse de Malpighi
Schwannome à cellules granuleuses.
Petite tumeur bénigne, dure, ressemblant à un histiocytofibrome, pouvant siéger sur l’ensemble du tégument
Fréquente sur la langue (1/3 cas)
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie par biopsie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : cellules avec cytoplasme granuleux
Eczéma et stress : poussées, démangeaisons et cercle vicieux
L’eczéma s’aggrave sous l’effet du stress — c’est une observation clinique constante et désormais biologiquement expliquée. Mais la relation est à double sens : l’eczéma chronique génère lui-même anxiété, dépression et perturbation du sommeil, qui à leur tour alimentent les poussées. Comprendre ce cercle vicieux est indispensable pour le rompre.
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le mot eczéma vient du grec ekzein — « sortir en bouillonnant » — et décrit une réaction cutanée commune à plusieurs maladies distinctes. Il n’existe pas un eczéma mais plusieurs, avec des mécanismes, des déclencheurs et des traitements différents :
Insuffisance veineuse chronique des membres inférieurs
Faible lien direct
C’est principalement dans la dermatite atopique (DA) que le lien stress-poussées est le mieux documenté — et c’est cette forme qui est développée dans la suite de cet article. L’eczéma n’est donc pas « psychosomatique » au sens d’une maladie sans substrat biologique : il a des causes multifactorielles bien réelles, et le stress est l’un de ces facteurs parmi d’autres.
Le stress déclenche-t-il les poussées de dermatite atopique ?
Oui — plusieurs lignes de preuves convergent :
Données épidémiologiques
L’étude du tremblement de terre au Japon est l’une des plus frappantes : 35 à 40 % des patients atteints de dermatite atopique ayant subi des dommages matériels ont vu leur eczéma s’aggraver après la catastrophe, contre seulement 5 % de ceux qui avaient vécu l’événement sans subir de destruction. La différence — le stress prolongé lié aux pertes matérielles — est le facteur discriminant.
Des études prospectives sur le stress académique (examens) montrent une augmentation significative du SCORAD (score de sévérité de la DA) dans les semaines précédant et suivant les périodes d’examen, avec retour au niveau de base après la période de stress.
Stress prénatal et risque d’eczéma atopique
Le stress maternel pendant la grossesse — documenté par des questionnaires validés ou des événements de vie — est associé à une augmentation du risque de DA chez l’enfant dans plusieurs études. Le mécanisme proposé implique une reprogrammation épigénétique de la réponse immune fœtale via le cortisol maternel, avec une déviation Th2 qui persiste après la naissance. Ces données restent préliminaires mais biologiquement cohérentes.
Mécanismes biologiques — pourquoi le stress aggrave la DA
Les mécanismes détaillés de l’axe cerveau-peau (substance P, mastocytes, axe HPA, CRH cutané) sont développés dans la page stress et peau : l’axe neuro-immun cutané. Les voies spécifiques à la dermatite atopique sont :
Amplification de la voie Th2 : le stress augmente la production d’IL-4, IL-13 et TSLP (Thymic Stromal Lymphopoietin) — les cytokines centrales de la DA. La substance P libérée par les fibres nerveuses C stimule les kératinocytes à produire de la TSLP, qui active les cellules dendritiques et oriente la réponse immunitaire vers Th2. C’est la même voie que cible le dupilumab (anti-IL-4Rα) — le stress l’active par voie neurologique.
Dégradation de la barrière cutanée : le cortisol chronique réduit la synthèse de filaggrine, de loricrine et des lipides lamellaires (céramides). Or la filaggrine est déjà réduite génétiquement dans la DA — le stress aggrave un déficit barrière existant. Une barrière plus perméable laisse entrer plus d’allergènes et d’irritants, abaissant le seuil de déclenchement des poussées.
Sensibilisation des fibres nerveuses prurigènes : le NGF (Nerve Growth Factor) — augmenté par le stress — favorise la survie et la sensibilisation des fibres C nociceptives cutanées. La peau d’un patient stressé est neurологiquement « plus réactive » à des stimuli prurigènes qui ne déclencheraient pas de grattage en l’absence de stress.
Perturbation du microbiome cutané : le stress modifie le pH cutané et la composition du sébum, favorisant la dysbiose cutanée. Dans la DA, la colonisation par Staphylococcus aureus — bactérie pro-inflammatoire qui libère des toxines activant les mastocytes et les cellules Th2 — est amplifiée en période de stress.
Stress et démangeaisons — la perception modifiée
Le stress ne provoque pas seulement plus d’inflammation — il modifie la façon dont le cerveau perçoit et traite les démangeaisons.
Le prurit est traité dans le cortex cingulaire antérieur et le système limbique — les mêmes régions impliquées dans la réponse au stress et l’anxiété. En état de stress, le seuil de tolérance au prurit s’abaisse : un niveau de démangeaison qui serait supportable en état calme devient insupportable en situation de stress ou d’anxiété. C’est un phénomène de sensibilisation centrale — le cerveau amplifie le signal prurit.
Conséquence pratique : plus on est stressé, moins on supporte les démangeaisons, et plus on gratte — ce qui aggrave les lésions, libère plus de médiateurs inflammatoires et entretient la poussée. C’est la boucle prurit-grattage amplifiée par le stress.
Cette sensibilisation centrale explique aussi pourquoi certains traitements anti-stress (ISRS, hydroxyzine, doxépine) ont un effet antiprurigineux indépendant de leur action sur l’anxiété — en agissant directement sur les voies centrales du prurit. Voir démangeaisons et grattage.
L’eczéma génère-t-il du stress ?
Oui — et c’est souvent la direction la moins reconnue du cercle vicieux. L’eczéma chronique est une maladie à fort retentissement psychologique :
Retentissement de l’eczéma
Impact documenté
Perturbation du sommeil
60–70 % des patients atteints de DA sévère — réveils nocturnes liés au prurit, dette de sommeil chronique
Prévalence 2× supérieure dans la DA sévère par rapport à la population générale
Dépression
Risque multiplié par 1,5 à 2 chez les adultes atteints de DA sévère non contrôlée
Retentissement familial (enfant)
Mesuré par le CDLQI® (Children’s DLQI) et l’IDQoL® (Infants’ DA QoL) — retentissement parental majeur dans les formes sévères du nourrisson
Absentéisme et productivité
Coût indirect de la DA sévère comparable à celui d’une maladie chronique systémique
L’évaluation du retentissement sur la qualité de vie fait partie de l’évaluation standard de la sévérité de la DA — au même titre que le SCORAD ou l’EASI. Un score DLQI ≥ 10 est un critère d’accès aux biothérapies (dupilumab, inhibiteurs de JAK) en France.
Ce cercle vicieux est le principal obstacle au contrôle de la DA chez l’adulte jeune — période de vie la plus stressante (études, travail, relations). Il explique pourquoi des patients bien traités sur le plan dermatologique restent en poussée chronique si le stress n’est pas pris en charge.
Trois points d’entrée pour rompre le cercle :
1. Contrôler l’inflammation — dermocorticoïdes, inhibiteurs de calcineurine, dupilumab, JAK inhibiteurs selon la sévérité. Un eczéma contrôlé génère moins de stress. Voir traitement de l’eczéma.
2. Restaurer le sommeil — le déficit de sommeil est à la fois une conséquence (prurit nocturne) et une cause aggravante (↑ IL-6, ↑ TNF-α, ↑ substance P). Un antihistaminique sédatif (hydroxyzine) ou un traitement de fond efficace qui réduit le prurit nocturne peut suffire à restaurer le sommeil et améliorer la tolérance au stress.
3. Agir sur le stress — thérapies cognitivo-comportementales (TCC), MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction), gestion du cycle prurit-grattage par des techniques comportementales (HRT — Habit Reversal Training). Plusieurs essais randomisés montrent une réduction du SCORAD de 20 à 35 % avec ces approches, en plus des traitements dermatologiques standards.
Que faire concrètement ?
Pour les poussées liées au stress identifié : appliquer les traitements topiques dès les premiers signes (anticipation plutôt que réaction), augmenter temporairement la fréquence des émollients pendant les périodes de stress prévisibles (examens, conflits…), prévenir le grattage nocturne (mitaines chez l’enfant, vêtements couvrants, ongles courts).
Pour la gestion du stress : les techniques de pleine conscience (MBSR) et les TCC axées sur le prurit sont les mieux évaluées dans la DA. Le Habit Reversal Training est une technique comportementale spécifiquement développée pour interrompre le cycle grattage-récompense — elle peut être apprise avec un psychologue formé.
Si le retentissement psychologique est majeur : un score DLQI ≥ 10 associé à des symptômes anxieux ou dépressifs justifie une orientation vers une prise en charge spécialisée (psychiatre ou psychologue), en parallèle avec le traitement dermatologique — pas à la place.
Les mécanismes biologiques détaillés du lien stress-inflammation cutanée (axe HPA, substance P, mastocytes, microbiome) sont développés dans la page stress et peau : l’axe neuro-immun cutané.
Questions fréquentes
Mon eczéma est-il psychosomatique ?
Non — l’eczéma atopique a une base biologique réelle : anomalie génétique de la filaggrine, déficit de barrière cutanée, déséquilibre immunitaire Th2. Ce n’est pas « dans la tête ». Mais comme pour beaucoup de maladies inflammatoires chroniques, le stress est un facteur aggravant documenté — reconnaître ce lien n’invalide pas la réalité de la maladie, il ouvre simplement une voie de prise en charge complémentaire.
Mon enfant fait des poussées à chaque rentrée scolaire — est-ce le stress ?
C’est très probable — la rentrée scolaire combine plusieurs facteurs : stress émotionnel, changement de routine (sommeil, alimentation), exposition aux virus (rhumes qui provoquent des poussées), et parfois augmentation de l’exposition aux allergènes (acariens des vêtements d’hiver). Le stress de la rentrée amplifie la réactivité cutanée par les mécanismes décrits ci-dessus. Anticiper par une reprise des émollients quotidiens et, si besoin, un traitement pro-actif (application 2 fois par semaine de dermocorticoïdes sur les zones habituellement atteintes) peut limiter la poussée.
Le dupilumab ou les inhibiteurs de JAK agissent-ils aussi sur le lien stress-eczéma ?
Oui — indirectement mais significativement. En contrôlant l’inflammation Th2 de fond, ces traitements réduisent la réactivité de base de la peau au stress. Les études sur le dupilumab montrent une amélioration nette des scores d’anxiété et de qualité de vie, proportionnelle au contrôle de l’eczéma. Un eczéma bien contrôlé génère moins de stress — ce qui réduit à son tour la fréquence des poussées. Les inhibiteurs de JAK (baricitinib, upadacitinib) ont en plus un effet direct sur le prurit dès J2–J3, ce qui restaure le sommeil rapidement et rompt plus vite le cercle vicieux.
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le médecin utilise des cremes à la cortisone dans le traitement de l’eczema. Ces crèmes ont des effets secondaires en cas d’utilisation prolongée. Il faut donc toujours les utiliser sous contrôle médical et respecter scrupuleusement des prescriptions du médecin. Elles exposent en effet en cas d’utilisation non contrôlée par le médecin au risque d’atrophie cutanée, de télangiectasies ( apparition de petits vaisseaux, surtout sur le visage), de vergetures (surtout chez les adolescents), une fragilité cutanée, de retard de cicatrisation, d’infections, de dépigmentations… Sur le visage, les cremes à la cortisone peuvent créer une dermite péri-orale, ou aggraver une rosacée.
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
On trouve dans la plupart des emollients référencés au Vidal, des produits « naturels »
Avoine
L’avoine est utilisée en poudre dans les bains ou dans de nombreux cosmétiques pour limiter l’inflammation de la peau et pour son effet émollien
Souci et Centella
Le calendula officinal (Souci) ou la centella asiatica sont présents dans de nombreuses crèmes et préparations pour traiter l’eczema en raison de leurs propriétés dermoréparatrices et apaisantes, restaurant le film hydrolipidique cutané, anti inflammatoire et cicatrisant.
Acides gras essentiels
Les acides gras essentiels de type oméga-6 (issus de l’huile d’onagre par exemple) et les acides gras oméga-3 (issus des huiles de poissons par exemple) sont essentiels à l’entretien de la barrière cutanée et ont un rôle anti-inflammatoire. On en trouve aussi dans les huiles de Tournesol par exemple
VitamineS
Les vitamine A, PP, la provitamine B5… sont présentes dans des cosmétiques protecteurs, pour leur effet émollient et anti inflammatoire.
Cuivre et Zinc
On trouve aussi dans de nombreuses préparations du zinc et du cuivre, pour leur effet antibactérien.
Gel d’aloes
L’aloe vera donne un gel ayant des propriétés émollientes et cicatrisantes pouvant soulager l’eczema. On applique directement le gel translucide d’aloès issu des feuilles grasses sur les plaques d’eczema. Une manière simple de l’extraire consiste à congeler une feuille d’aloès : il suffit alors d’ôter la partie verte externe pour ne garder que le cœur transparent qui sera frotté doucement sur la plaque d’eczema
Aromathérapie
L’aromathérapie utilise quant à elle le plus souvent aux huiles essentielles de camomille allemande ou romaine, de géranium, de palmarosa, de lavande, de calandula, de rose musquée, d’onagre… Il faut toujours diluer les huiles essentielles avant de les appliquer sur la peau !
Téléchargez le guide complet
ECZEMA
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Dès la naissance on peut facilement diagnostiquer un albinos : sa peau est blanc rosée, ses cheveux et les poils blancs comme la neige voire blonds.
Ses iris sont gris bleuté, translucides, voire jaunes dans certaines formes, donc on a l’impression que leurs yeux sont rouges (on voit la rétine au travers). Les bébés ne supportent pas le lumière et présentent souvent un strabisme.
Pourquoi est-on albinos?
L’albinos est atteint d’une dépigmentation de la peau, des cheveux et des yeux (il y a en effet présence de pigment mélanique dans l’iris et la rétine), on parle donc d’albinisme oculo-cutané
Cette absence de pigment est dûe à un défaut de production du pigment mélanique par les mélanocytes, à cause d’une mutation génétique.
L’albinos est donc porteur d’une mutation de gène codant pour la production ou la délivrance du pigment de la peau par les mélanocytes : la peau et les cheveux ainsi que l’iris n’ont donc pas la possibilité de se pigmenter correctement.
Le mode de transmission de cette mutation d’un parent à l’enfant est dans la majorité des cas autosomique récessif. Il n’y a donc habituellement pas d’autres cas dans le reste de la famille.
Cette maladie est plus fréquente en Afrique sur les peaux noires.
Les différents types de mutations génétiques chez les albinos
1/ Type 1
Mutations du gène de l’enzyme tyrosinase (qui aide à produire le pigment par les mélanocytes)
1/A/ Type 1A (« Tyrosinase négatif»)
Aucune activité enzymatique tyrosinase donc les patients n’ont aucun pigment dans la peau, les cheveux et les yeux dès la naissance. Ils sont donc blancs à cheveux blancs avec yeux rouges (le défaut de pigment dans l’iris fait qu’on voit la rétine rouge au travers)
1/B/ TYPE 1B à iris jaune
Diminution de l’activité de la tyrosinase donc les patients n’ont aucun pigment dans la peau et les yeux à la naissance (ils sont blancs avec yeux rouges comme le type 1A) mais, dès les premiers mois de la vie, des signes de production pigmentaire apparaissent sur la peau et l’iris (qui varie du bleu au jaune orangé). On parle d’albinos « yellow mutant ».
2/ Type 2 (« Tyrosinase positif» ou « blond »)
C’est le plus fréquent des cas en Afrique. Mutation du gène P du chromosome 15 jouant un rôle dans le transport de la tyrosine.
À la naissance, peau blanche mais cheveux blond. En grandissant, les cheveux deviennent couleur paille et la peau acquiert quelques taches de rousseurs, taches brunes voire grains de beauté. Les iris sont bleus ou jaune à brun clair.
3/ Type 3 (« roux »)
Très rare et présent seulement dans la peau noire. Il est lié à des mutations du gène codant TRP-I : la peau est blanche, les iris vert-marron clair et les cheveux roux.
4/ Autres formes rares
4/1/ SYNDROME DE HERMANSKY-PUDLAK
Mutation d’un gène du chromosome 10 : albinos ayant des troubles de la coagulation, une fibrose pulmonaire, une colite granulomateuse, une insuffisance rénale et une cardiomyopathie.
4/2/ SYNDROME DE CHEDIAK-HIGASHI
Mutation d’un gène du chromosome 1 : albinos à cheveux « argentés » ayant un risque très accru de lymphome dès l’adolescence.
4/3/ SYNDROME DE GRISCELLI-PRUNIÉRAS
Mutation d’un gène du chromosome 15 : albinos à cheveux argentés et des infections cutanées, ORL et respiratoires fréquentes ainsi qu’un risque de syndrome d’activation macrophagique ou lymphocytique mortel.
Quels sont les risques d’être albinos?
L’absence de pigment chez les albinos rend leur peau des patients « transparente » aux UV, provoquant un risque de cancer de la peau.
L’acuité visuelle des albinos est diminuée, nécessitant le port de verres correcteurs le plus souvent teintés pour protéger les yeux du soleil car eux aussi sont dépourvus de pigment.
Ils ont cependant un développement intellectuel parfaitement normal et peuvent faire des études si l’on adapte l’environnement scolaire à leur déficit visuel
Une surveillance régulière par un dermatologue et un ophtalmologue est souhaitable toute la vie.