Risques des cremes solaires : danger à utiliser une crème

En bref : Les crèmes solaires sont des médicaments dont le rapport bénéfice/risque est clairement favorable : elles réduisent de 50 % le risque de carcinome épidermoïde et de 73 % le risque de mélanome selon les études à long terme. Les controverses sur les perturbateurs endocriniens ou la vitamine D ne remettent pas en cause leur utilisation – le risque cancérogène des UV est documenté, celui des filtres chimiques reste hypothétique à doses normales.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 11 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.


Dangers et risques des crèmes solaires : ce que dit vraiment la science en 2026
Les crèmes solaires font régulièrement l’objet de polémiques : elles provoqueraient des allergies, agiraient comme perturbateurs endocriniens, feraient pénétrer des substances nocives dans l’organisme, bloqueraient la synthèse de vitamine D, voire favoriseraient le cancer de la peau en incitant à s’exposer davantage. Ces accusations se multiplient sur les réseaux sociaux, souvent sans distinction entre données de laboratoire, études animales et preuves cliniques chez l’homme.

En face, un fait demeure solide : il est prouvé que l’utilisation régulière de crème solaire réduit le risque de cancers cutanés, notamment de mélanomes et de carcinomes épidermoïdes, ainsi que le risque de vieillissement cutané accéléré. L’enjeu de cet article est de démêler le vrai du faux, avec les données scientifiques actualisées, pour vous aider à faire des choix éclairés – sans renoncer à la protection solaire.

Y a-t-il un danger réel à utiliser les crèmes solaires ? La science répond.

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Sommaire

  1. Filtres chimiques et filtres minéraux : deux mécanismes différents
  2. Allergies aux filtres chimiques
  3. Absorption systémique : ce que disent les études FDA
  4. Perturbateurs endocriniens : le vrai bilan
  5. Nanoparticules de filtres minéraux
  6. Crèmes solaires et vitamine D
  7. La crème solaire : un faux sentiment de sécurité ?
  8. Impact environnemental : récifs coralliens et biosphère
  9. Conclusion : que faut-il utiliser ?
  10. Pour aller plus loin
  11. FAQ

1. Filtres chimiques et filtres minéraux : deux mécanismes, deux profils de risque

Toute crème solaire contient un ou plusieurs filtres UV, qui peuvent être de deux natures :

Les filtres chimiques (organiques) sont des molécules carbonées qui absorbent les rayons UV et les convertissent en chaleur par des réactions moléculaires. Les plus courants en France et en Europe sont l’avobenzone, l’octocrylène, l’oxybenzone (benzophénone-3), l’octinoxate (méthoxycinnamate), le Mexoryl® SX et XL, les Tinosorb® S et M. Ces filtres sont généralement bien tolérés cosmétiquement (texture légère, pas d’effet blanchissant) mais soulèvent des questions de sécurité.

Les filtres minéraux (physiques) sont des poudres micronisées de dioxyde de titane (TiO₂) et d’oxyde de zinc (ZnO) qui réfléchissent et diffusent les UV. La FDA américaine les classe depuis 2019 comme les deux seuls filtres considérés comme sûrs et efficaces (GRASE – Generally Recognized As Safe and Effective) parmi les 16 filtres évalués. Leur principal inconvénient historique était l’effet blanchissant, largement atténué par les formulations modernes.

Critère Filtres chimiques Filtres minéraux (TiO₂, ZnO)
Mécanisme d’action Absorption des UV → chaleur Réflexion et diffusion des UV
Texture / cosmétique Légère, transparente, agréable Souvent blanchissante (améliorée en nano)
Absorption cutanée Variable selon le filtre (oxybenzone +++) Très faible (agrégats trop gros)
Statut FDA 2021 Non-GRASE (données insuffisantes) pour 10 filtres GRASE (seuls considérés sûrs)
Allergie de contact Possible (octocrylène +++, oxybenzone) Très rare
Perturbateur endocrinien suspecté Oui (oxybenzone, homosolate, en études) Non documenté
Impact environnemental Oxybenzone et octinoxate toxiques pour les coraux Minimal à ce jour
Recommandation pédiatrique À éviter avant 2 ans Préférés chez l’enfant et nourrisson

2. Allergies aux filtres chimiques des crèmes solaires

Les allergies aux filtres chimiques existent et sont cliniquement documentées. Elles prennent trois formes principales :

L’eczéma de contact allergique

Il s’agit d’une allergie de contact classique de type hypersensibilité retardée (type IV), survenant 24 à 72 heures après l’application d’un filtre chimique sur les zones traitées. L’octocrylène est le principal filtre incriminé, suivi de la benzophénone-3 (oxybenzone) et de quelques cinnamamtes. Le diagnostic est confirmé par des patch-tests en milieu spécialisé.

L’eczéma photoallergique et photoaggravé

Certains filtres nécessitent l’exposition solaire pour déclencher la réaction allergique (photoallergie). La lésion apparaît sur les zones photo-exposées enduites de crème solaire, parfois en quelques heures. L’octocrylène et la benzophénone-3 sont les principaux responsables. L’arrêt du filtre en cause est indispensable – la photoallergie peut persister longtemps après l’éviction car les photoproduits de dégradation du filtre persistent dans la peau.

Les réactions croisées octocrylène / kétoprofène

La réaction croisée entre l’octocrylène (filtre photostable présent dans de nombreuses crèmes solaires et cosmétiques anti-âge) et le kétoprofène (Ketum® gel anti-inflammatoire) est une des associations les plus documentées en dermato-allergologie. Les patients qui se sont sensibilisés au kétoprofène cutané développent fréquemment une photoallergie à l’octocrylène – et vice versa. Cette sensibilisation croisée peut également concerner d’autres substances comme la benzophénone.

En pratique : tout patient ayant déjà eu une réaction cutanée au kétoprofène gel doit éviter les crèmes solaires contenant de l’octocrylène, et inversement.

Il est également recommandé d’éviter autant que possible les filtres chimiques chez les jeunes enfants, dont la peau plus fine et plus perméable augmente les risques d’absorption et de sensibilisation.

Référence PubMed : Uter W et al. Coupled exposure to ingredients of cosmetic products: III. Ultraviolet filters. Contact Dermatitis. 2014;71(3):162-169. Lire sur PubMed →

3. Absorption systémique des filtres chimiques : ce que les études FDA ont montré

C’est sur ce point que la science a le plus avancé depuis 2019, et que la polémique est la plus vive. Les faits sont les suivants.

Les études MUsT de la FDA (2019-2020)

La FDA a mené deux essais cliniques randomisés dits Maximum Usage Trials (MUsT), en conditions d’utilisation maximale (2 mg/cm² appliqués 4 fois par jour sur 75 % de la surface corporelle pendant 4 jours) :

  • Étude 2019 (JAMA) : 4 filtres testés (avobenzone, oxybenzone, octocrylène, écamsule) – les 4 ont atteint des concentrations plasmatiques supérieures à 0,5 ng/mL dès le premier jour, seuil au-dessus duquel la FDA exige des études toxicologiques complémentaires.
  • Étude 2020 (JAMA) : 6 filtres testés (avobenzone, oxybenzone, octocrylène, homosolate, octisalate, octinoxate) – les 6 ont dépassé le seuil. L’oxybenzone atteignait des concentrations plasmatiques de 85 à 94 ng/mL, soit plus de 40 fois le seuil. Certains filtres étaient encore détectables dans le sang 21 jours après la dernière application.
Filtre chimique Absorption plasmatique maximale mesurée Statut FDA 2021 Remarques
Oxybenzone (benzophénone-3) 85-94 ng/mL (170× le seuil) Non-GRASE (données insuffisantes) Détecté dans lait maternel, urine, sang de cordon ombilical, liquide amniotique
Homosolate Supérieure au seuil, persistante à 21j Non-GRASE SCCS européen : non sûr aux concentrations actuelles (max recommandé 0,5 %)
Avobenzone 4,3 ng/mL après une seule application Non-GRASE Instable sans photostabilisateur ; se dégrade en radicaux libres
Octocrylène ~14× le seuil en usage maximal Non-GRASE Se dégrade en benzophénone (cancérogène suspecté) avec le temps
Octinoxate Supérieure au seuil Non-GRASE Banni à Hawaï et Key West pour toxicité corallienne
Octisalate Supérieure au seuil Non-GRASE Parmi les filtres les mieux tolérés
TiO₂ (titane) et ZnO (zinc) Absorption cutanée négligeable GRASE (sûrs et efficaces) Seuls filtres approuvés sans réserve par la FDA

Mais que signifie concrètement dépasser le seuil de 0,5 ng/mL ?

Ce seuil ne signifie pas que le filtre est dangereux – il signifie que la FDA considère que ce niveau d’absorption nécessite des études toxicologiques complémentaires pour évaluer les risques éventuels à long terme. Comme le précise Harvard Health : aucun effet indésirable grave lié à l’absorption systémique des filtres chimiques n’a été rapporté en pratique clinique. La FDA n’a pas demandé aux consommateurs d’arrêter leur crème solaire.

Il faut également souligner que ces études ont été conduites en conditions d’utilisation maximale (4 applications sur 75 % du corps par jour), bien au-delà de ce que la plupart des gens appliquent réellement. Les résultats ne reflètent pas directement le risque d’une utilisation quotidienne normale.

Référence PubMed : Matta MK et al. Effect of Sunscreen Application on Plasma Concentration of Sunscreen Active Ingredients: A Randomized Clinical Trial. JAMA. 2020;323(3):256-267. Lire sur PubMed →

La dégradation de l’octocrylène en benzophénone

Un signal de pharmacovigilance supplémentaire a été décrit en 2021 : l’octocrylène se dégrade au fil du temps (dans le tube de crème solaire) en benzophénone, substance classée cancérogène suspecté par l’Agence californienne de protection de l’environnement. Des études ont retrouvé de la benzophénone dans 9 produits européens et 8 produits américains contenant de l’octocrylène – et sa concentration augmente avec le vieillissement du produit. Ce phénomène plaide pour respecter les dates de péremption et ne pas conserver les crèmes solaires d’une année sur l’autre.

4. Filtres chimiques et perturbateurs endocriniens : où en est la science ?

Le sujet du perturbateur endocrinien est celui qui génère le plus d’inquiétude, parfois hors de proportion avec les preuves disponibles chez l’homme.

Ce qui est établi chez l’animal

Des effets œstrogéniques ont été démontrés chez la souris, notamment avec le 4-méthylbenzylidène camphre (4-MBC) et le 3-benzylidène camphre (3-BC) – deux filtres peu utilisés en Europe – administrés par voie orale à fortes doses pendant des périodes prolongées (gestation, lactation). Ces effets comprennent une augmentation du poids utérin et des modifications du comportement sexuel. Ces résultats ne correspondent pas à la réalité d’une application cutanée quotidienne, compte tenu des taux d’absorption très inférieurs.

Ce qui est suspecté chez l’homme

En 2021, le Comité scientifique européen sur la sécurité des consommateurs (SCCS) a conclu que l’oxybenzone et l’homosolate ne sont pas sûrs aux concentrations actuellement utilisées en Europe et a abaissé leurs limites autorisées (oxybenzone : max 2,2 % vs 6 % aux USA ; homosolate : max 0,5 % vs 15 % aux USA). L’avobenzone est soupçonnée de bloquer les effets de la testostérone à faibles doses dans des études cellulaires.

L’oxybenzone a été retrouvée dans des échantillons de lait maternel, d’urine, de sang de cordon ombilical et de liquide amniotique – ce qui justifie la recommandation de prudence particulière pendant la grossesse et l’allaitement, et de préférence pour les filtres minéraux dans ces situations.

Ce que l’on sait sur l’absorption et les doses

Entre 0,1 % et 5 % des filtres chimiques sont absorbés à travers la peau – taux qui augmente en cas de peau lésée (coup de soleil, eczéma) et chez l’enfant (× 1,7) et le nourrisson (× 2,7). Cependant, les filtres chimiques ont un pouvoir œstrogénique très inférieur à celui des phyto-œstrogènes naturels (soja), et les doses systémiques résultant d’une utilisation cutanée normale restent très inférieures aux doses actives observées dans les études animales.

Des filtres chimiques – principalement le 4-MBC – ont été retrouvés dans 75 % des échantillons de lait maternel testés dans une étude suisse (20 % de 4-MBC). Fait notable : ces taux étaient identiques été comme hiver, suggérant que leur source principale est moins les crèmes solaires que les cosmétiques courants (crèmes anti-âge, lotions, laques, shampoings contenant des filtres UV comme conservateurs ou anti-photodégradation).

Le bilan actuel : un rôle perturbateur endocrinien cliniquement significatif des crèmes solaires chez l’homme n’est pas établi à ce jour dans les conditions normales d’utilisation. Mais l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence – des études de long terme manquent encore. La prudence est recommandée, notamment pour l’oxybenzone, chez la femme enceinte et l’enfant.

Référence PubMed : Ghazipura M et al. Exposure to benzophenone-3 and reproductive toxicity: a systematic review of human and animal studies. Reprod Toxicol. 2017;73:175-183. Lire sur PubMed →

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5. Nanoparticules de filtres minéraux : danger ou fantasme ?

Les filtres minéraux modernes sont souvent formulés sous forme de nanoparticules pour améliorer leur texture et réduire l’effet blanchissant. Cette micro-division soulève une question légitime : des particules aussi petites peuvent-elles traverser la peau et atteindre des cellules vivantes ?

Les données actuelles sur la pénétration cutanée

Les études disponibles convergent vers une réponse rassurante sur ce point : les nanoparticules de ZnO et TiO₂ ne pénètrent pas la peau intacte. Elles forment des agrégats dans les plis cutanés et à la surface de l’épiderme, mais aucune pénétration ni toxicité cellulaire n’a été détectée dans les couches vivantes. Seule une légère augmentation de la concentration en ions zinc a été observée dans l’épiderme dans certaines études – sans toxicité démontrée.

Le risque des sprays et poudres à base de TiO₂

En revanche, deux situations méritent une vigilance réelle :

  • Les sprays et poudres contenant du dioxyde de titane : l’IARC (Centre international de recherche sur le cancer) classe le TiO₂ comme peut-être cancérogène pour l’homme par inhalation (groupe 2B). L’inhalation de nanoparticules de TiO₂ peut provoquer des lésions inflammatoires chroniques pulmonaires. Les sprays solaires ne doivent pas être inhalés et ne doivent pas être vaporisés sur le visage des enfants.
  • L’application sur peau lésée : le dioxyde de titane peut induire des dommages photo-oxydatifs à l’ADN via la production de radicaux libres (peroxyde d’hydrogène) sur une peau dont la barrière est altérée. Il est donc déconseillé d’appliquer une crème solaire contenant du TiO₂ sur un coup de soleil.

Référence PubMed : Beani JC. Produits de protection solaire : efficacité et risques. Ann Dermatol Venereol. 2012;139(4):261-272. Lire sur PubMed →

6. Crèmes solaires et vitamine D : y a-t-il un vrai risque de carence ?

L’argument est fréquemment avancé : les crèmes solaires bloqueraient la synthèse de vitamine D en empêchant les UV d’atteindre la peau. La réalité est plus nuancée.

La synthèse cutanée de vitamine D3 est déclenchée par les UVB (290-315 nm). Une exposition des mains et du visage de 30 minutes à 2 heures par semaine (selon la latitude, la saison et le phototype) suffit pour une synthèse normale de vitamine D. Cette exposition minimale se produit naturellement au quotidien – en marchant, en ouvrant une fenêtre, en sortant du bureau – sans application de crème solaire.

Par ailleurs, les études cliniques mesurant les taux de 25-OH-vitamine D chez des utilisateurs réguliers de crème solaire versus non-utilisateurs ne montrent pas de différence significative. Deux raisons expliquent ce résultat : d’abord, la plupart des gens n’appliquent pas leur crème solaire de façon assez uniforme et épaisse pour bloquer tous les UVB ; ensuite, les expositions non protégées du quotidien suffisent à maintenir des niveaux adéquats dans la population générale.

L’usage des crèmes solaires ne diminue probablement pas les taux de vitamine D dans la population générale. Les personnes à risque de carence (personnes âgées, à peau foncée, peu exposées) relèvent d’une supplémentation médicalement guidée, indépendamment de la crème solaire.

7. La crème solaire : source d’un faux sentiment de sécurité ?

Ce reproche-là est en revanche bien fondé. L’usage de la crème solaire a souvent pour objectif de bronzer plus longtemps sans coup de soleil. Ce comportement est trompeur pour deux raisons :

D’abord, les filtres solaires réduisent les UVB responsables des coups de soleil beaucoup plus efficacement que les UVA responsables du vieillissement et impliqués dans le risque de mélanome. Une personne qui ne ressent pas de coup de soleil reste exposée aux UVA pénétrants.

Ensuite, la crème solaire est souvent mal appliquée : quantité insuffisante (le SPF affiché suppose 2 mg/cm², soit une couche épaisse), zones oubliées (oreilles, nuque, pieds, lèvres), et non-renouvelée toutes les 2 heures et après chaque baignade.

Les crèmes solaires ont pour but de réduire le risque de cancer de la peau et de vieillissement cutané accéléré – pas de permettre de s’exposer plus longtemps.

Dans la stratégie globale de protection solaire, les crèmes solaires arrivent en dernière position, après : la recherche de l’ombre, l’évitement de l’exposition entre 11h et 16h en été, et le port de vêtements couvrants et d’un chapeau à larges bords. Elles ne protègent efficacement que les zones non couvertes par les vêtements.

8. Impact environnemental des filtres chimiques

L’oxybenzone et l’octinoxate ont des effets toxiques documentés sur les coraux et les écosystèmes marins, notamment en induisant une perturbation hormonale chez les larves de corail et en facilitant le blanchissement corallien. Ces deux filtres ont été interdits à Hawaï et Key West (Floride) depuis 2021.

L’octocrylène est également associé à une toxicité marine et à une perturbation potentielle de la santé des récifs. Les filtres minéraux (TiO₂ et ZnO) ont un impact environnemental beaucoup plus limité selon les données disponibles.

Pour les activités nautiques (plongée, snorkeling, baignade en récif), les filtres minéraux sont donc préférables aux filtres chimiques, indépendamment des questions de sécurité humaine.

Voir l’article Crème solaire et mer : coraux, filtres toxiques en 2026

⚠️ Réaction cutanée à une crème solaire : si vous développez une rougeur, un œdème ou des cloques après l’application d’une crème solaire, il peut s’agir d’une allergie de contact au filtre chimique (oxybenzone, octocrylène) ou à un excipient. Consultez un dermatologue pour réaliser des patch-tests et identifier le produit responsable.

9. Conclusion : que faut-il utiliser en 2026 ?

La crème solaire, même invisible, rend la peau opaque aux UV – son efficacité est prouvée

Le tableau ci-dessous résume les recommandations pratiques issues de l’état des connaissances en 2026 :

Situation Recommandation Filtre préféré
Adulte en bonne santé, usage quotidien SPF 30 (hiver, peau mate) à 50+ large spectre, renouvellement /2h Minéral ou mixte selon tolérance
Femme enceinte ou allaitante Éviter oxybenzone et filtres à fort potentiel d’absorption Filtres minéraux (TiO₂ + ZnO) recommandés
Enfant de moins de 2 ans Éviction solaire prioritaire ; si nécessaire, filtre minéral uniquement Minéral exclusivement
Enfant de 2 à 12 ans SPF 50+ large spectre ; limiter les filtres chimiques Minéral de préférence
Peau lésée (coup de soleil, eczéma) Augmentation de l’absorption ; éviter TiO₂ sur zones lésées ZnO seul sur peau altérée
Allergie à l’octocrylène ou kétoprofène Éviction stricte de l’octocrylène et de la benzophénone-3 Filtres minéraux uniquement
Activités nautiques (récif, plongée) Filtres chimiques à éviter pour l’environnement marin Minéral exclusivement
Application en spray Ne pas inhaler ; éviter les sprays à base de TiO₂ Lotion ou crème préférées

La conclusion essentielle : les doutes sur l’innocuité de certains filtres chimiques sont réels et scientifiquement documentés – mais ils ne remettent pas en question l’intérêt de la protection solaire, dont les bénéfices (réduction du risque de cancers cutanés, de mélanome, de photovieillissement) sont prouvés et considérables. Il est en revanche raisonnable de privilégier les filtres minéraux, en particulier pour les populations vulnérables.

Voir aussi : comment choisir une crème solaire et les crèmes solaires protègent-elles vraiment du cancer de la peau ?

FAQ – Questions fréquentes sur les dangers des crèmes solaires

La crème solaire est-elle vraiment dangereuse ?

Certains filtres chimiques soulèvent des questions légitimes – absorption systémique documentée par la FDA, suspicion de perturbation endocrinienne, allergie possible. Ces données justifient la prudence, notamment chez les femmes enceintes et les enfants. Mais aucun effet indésirable grave lié à l’absorption systémique n’a été rapporté en pratique clinique, et les bénéfices de la protection solaire (réduction des cancers cutanés, du mélanome, du photovieillissement) restent prouvés et très supérieurs aux risques hypothétiques pour la population générale adulte.

Quelle est la différence entre filtre chimique et filtre minéral ?

Les filtres chimiques absorbent les UV et les convertissent en chaleur. Les filtres minéraux (dioxyde de titane TiO₂ et oxyde de zinc ZnO) réfléchissent et diffusent les UV. La FDA considère les filtres minéraux comme les seuls filtres sûrs et efficaces sans réserve (GRASE) parmi les 16 évalués. Les filtres minéraux sont donc à privilégier en cas de doute, chez les enfants, les femmes enceintes et lors des activités nautiques.

L’oxybenzone (benzophénone-3) est-elle vraiment dangereuse ?

C’est le filtre chimique qui fait l’objet du plus grand nombre d’alertes. Il est absorbé en grande quantité dans le sang, retrouvé dans le lait maternel, l’urine et le liquide amniotique. Le SCCS européen l’a jugé non sûr aux concentrations utilisées en Europe en 2021. Il est banni dans certaines zones maritimes pour toxicité corallienne. La prudence s’impose, notamment pendant la grossesse et l’allaitement, et chez l’enfant : préférer les filtres minéraux dans ces situations. Chez l’adulte en bonne santé, l’usage occasionnel ne constitue pas un risque établi.

Les crèmes solaires empêchent-elles la synthèse de vitamine D ?

En pratique, non. Les études cliniques ne montrent pas de différence significative des taux de vitamine D entre les utilisateurs réguliers et les non-utilisateurs de crème solaire. Les expositions quotidiennes non protégées (quelques minutes par jour sur le visage et les mains) suffisent à maintenir des niveaux adéquats. Les personnes réellement à risque de carence relèvent d’une supplémentation médicamenteuse, indépendamment de la crème solaire.

Que doit-on mettre sur la peau d’un enfant en bas âge au soleil ?

Avant 6 mois, toute exposition directe au soleil est déconseillée (protection par vêtements, chapeau, ombre). Entre 6 mois et 2 ans, si exposition inévitable, seuls les filtres minéraux (TiO₂ + ZnO) sont recommandés – les filtres chimiques sont à éviter en raison de la perméabilité cutanée accrue et du risque d’absorption majorée. À partir de 2 ans, les crèmes solaires SPF 50+ à base de filtres minéraux restent la référence. En toutes circonstances : pas de spray inhalable sur un enfant.

Voir aussi :
Comment choisir sa crème solaire
Crèmes solaires et cancer de la peau
Effets du soleil sur la peau
Eczéma de contact allergique
Cancers cutanés
Recherche PubMed : sunscreen safety →

  • Haute Autorité de Santé (HAS). Stratégies de prévention et dépistage des cancers de la peau. has-sante.fr

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Mis à jour le 25 mars 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

Télécharger un guide complet au format PDF :

Pour aller plus loin

Pathologies cutanées liées aux UV et aux allergies :
Cancers cutanés et mélanome
Vieillissement cutané et photovieillissement
Eczéma de contact allergique



Maladie de fabry : causes, symptomes et traitement dermatologue

En bref : La maladie de Fabry est une maladie génétique rare liée au chromosome X, causée par un déficit en alpha-galactosidase A. Elle touche environ 1 personne sur 40 000 à 100 000 et se manifeste souvent dès l’enfance par des petits points rouges sur la peau (angiokeratomes) et des douleurs des extrémités. Chez les femmes porteuses, environ 38,5 % présentent des symptômes dès le diagnostic. Un traitement par enzymothérapie substitutive existe.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Mis à jour le 9 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Qu’est-ce que la maladie de Fabry ?

La maladie de Fabry est une maladie lysosomale rare, transmise sur le mode récessif lié à l’X. Elle est causée par des mutations du gène GLA, entraînant un déficit en alpha-galactosidase A. Cette anomalie enzymatique provoque l’accumulation de glycolipides (globotriaosylcéramide, Gb3) dans les cellules de nombreux organes.

📋 À savoir : La maladie de Fabry touche environ 1 personne sur 40 000 à 117 000. Elle est souvent diagnostiquée tardivement, en raison de la méconnaissance de ses signes précoces, notamment cutanés.

Manifestations cutanées : signes dermatologiques

La peau est souvent la première touchée, ce qui confère au dermatologue un rôle clé dans le diagnostic précoce :

  • Angiokeratoma corporis diffusum : petites lésions rouges à violacées, non pulsatiles, regroupées sur le tronc, les hanches, les organes génitaux et les cuisses. C’est le signe cutané le plus caractéristique.
  • Hypohidrose ou anhidrose : réduction ou absence de sudation, entraînant une intolérance à la chaleur et à l’effort
  • Télangiectasies : petites dilatations vasculaires visibles sur la peau
  • Œdème des extrémités dans certains cas

Autres manifestations systémiques

Au-delà de la peau, la maladie de Fabry atteint progressivement plusieurs organes :

Organe Manifestation
Système nerveux Douleurs neuropathiques (acroparesthésies) aux extrémités
Reins Protéinurie, insuffisance rénale progressive
Cœur Hypertrophie cardiaque, troubles du rythme
Yeux Cornea verticillata (dépôts cornéens), tortuosités vasculaires rétiniennes
🚨 Alerte : La maladie de Fabry augmente significativement le risque d’AVC et d’insuffisance rénale. Un diagnostic précoce et une prise en charge spécialisée sont essentiels pour limiter les complications.

Diagnostic de la maladie de Fabry

Le diagnostic repose sur :

  • Dosage enzymatique : mesure de l’activité alpha-galactosidase A dans le sang (leucocytes ou plasma)
  • Analyse génétique : séquençage du gène GLA pour identifier la mutation causale
  • Biopsie cutanée : peut révéler des dépôts de Gb3 dans les cellules endothéliales et les fibres nerveuses
  • Bilan multidisciplinaire : exploration cardiaque, rénale, ophtalmologique et neurologique

Faut-il la confondre avec une autre maladie génétique rare ?

La maladie de Fabry appartient à un ensemble de maladies génétiques rares touchant la peau et les tissus conjonctifs. Le pseudo-xanthome élastique donne des dépôts cutanés jaunâtres liés à une atteinte du tissu élastique. Le syndrome d’Ehlers-Danlos se manifeste par une hyperlaxité articulaire et une peau hyperextensible. La maladie de Marfan associe une atteinte cardiovasculaire à des anomalies squelettiques et cutanées. La cutis laxa donne un relâchement cutané progressif. L’amylose peut également se manifester par des dépôts cutanés et une atteinte multiviscérale proche de celle de la maladie de Fabry. Un avis dermatologique et génétique permet de distinguer ces pathologies.

Traitement de la maladie de Fabry

Le traitement spécifique repose sur :

  • Enzymothérapie substitutive : agalsidase alfa (Replagal®) ou agalsidase bêta (Fabrazyme®), en perfusion IV toutes les 2 semaines, pour réduire l’accumulation de Gb3
  • Chaperon pharmacologique : migalastat (Galafold®), traitement oral pour les patients porteurs d’une mutation pharmacologiquement répondante
  • Traitements symptomatiques : antalgiques pour les douleurs neuropathiques, néphroprotection, cardiologie

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Questions fréquentes sur la maladie de Fabry

Qu’est-ce que la maladie de Fabry ?
Maladie génétique rare liée à l’X, causée par un déficit enzymatique en alpha-galactosidase A, entraînant l’accumulation de glycolipides dans les organes.

Quels sont les signes cutanés de la maladie de Fabry ?
L’angiokeratoma corporis diffusum (petites lésions rouges sur le tronc) et l’hypohidrose (manque de sudation) sont les signes cutanés les plus caractéristiques.

Comment diagnostique-t-on la maladie de Fabry ?
Par dosage de l’activité alpha-galactosidase A dans le sang et confirmation par analyse génétique du gène GLA.

Quel est le traitement de la maladie de Fabry ?
Enzymothérapie substitutive (agalsidase alfa ou bêta en IV) ou migalastat oral selon la mutation. La prise en charge est multidisciplinaire.

La maladie de Fabry touche-t-elle aussi les femmes ?
Oui, contrairement à une idée reçue, les femmes porteuses ne sont pas de simples vectrices asymptomatiques : environ 38,5 % d’entre elles présentent des symptômes dès le diagnostic, le plus souvent découvert lors d’un dépistage familial. Un suivi cardiaque, rénal et neurologique leur est recommandé.

À quel âge apparaissent les premiers symptômes de la maladie de Fabry ?
Les premiers signes, notamment les douleurs des extrémités (acroparesthésies) et les angiokeratomes, peuvent apparaître dès l’enfance ou l’adolescence. Le diagnostic est pourtant souvent posé bien plus tard, faute de reconnaissance de ces symptômes précoces, d’où l’intérêt d’un dépistage familial.

Peut-on guérir de la maladie de Fabry ?
Il n’existe pas de guérison définitive, mais l’enzymothérapie substitutive, disponible depuis le début des années 2000, ralentit significativement la progression de la maladie. Elle ne peut cependant pas réverser les lésions d’organes déjà installées, d’où l’importance d’un diagnostic précoce.

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Références

  • Cárdenas-Aguilera JG et al. Diagnosis, treatment, and follow-up of Fabry disease in pediatrics. Mol Genet Metab, 2025. PMID 41519064
  • Tuttolomondo A et al. Females with Fabry disease: an expert opinion on diagnosis, clinical management, current challenges and unmet needs. Front Cardiovasc Med, 2025. PMID 40144933
  • Wei Z et al. Pathophysiological mechanisms of organ injury in Fabry disease: Update via multi-omics. Genes Dis, 2025. PMID 42211051
  • HAS – ALD n° 17 : Maladie de Fabry

Plaques rouges sur le visage de l’enfant : causes fréquentes et conduite à tenir

Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Des plaques rouges sur le visage ou les joues d’un enfant ou d’un bébé évoquent le plus souvent un eczéma atopique, une acné du nourrisson (pustulose céphalique), un angiome ou une rosacée de l’enfant. Un mégalérythème épidémique (5ème maladie) doit être évoqué devant des joues très rouges associées à de la fièvre. Un avis médical permet de poser le bon diagnostic et d’éviter un traitement inadapté.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Plaques rouges sur le visage (joues) de l’enfant ou du bébé

Cet article en vidéo :


Le visage, constamment en contact avec nos interlocuteurs, est un peu le reflet de notre enfant… avoir des plaques rouges sur le nez, le menton, les joues, le front n’est jamais agréable pour l’enfant et les parents
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Les joues constituent une zone développée chez l’enfant, très convexe et donc très sujette aux frottements et en contact avec le milieu extérieur. Il est donc fréquent d’observer des plaques rouges des joues du bébé et de l’enfant

En cas de plaques rouges sur le visage (notamment les joues) chez votre enfant ou votre bébé, il faut consulter :

La consultation du médecin est indispensable afin d’obtenir un diagnostic précis.

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Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas de plaques rouges sur le visage (les joues notamment)

Le médecin va s’orienter en fonction d’éléments anamnestiques (est-ce que ce sont des plaques rouges qui grattent, qui brulent… ), topographiques (plaques rouges sur les joues uniquement… ) et cliniques (pustules, folliculite, points noirs, fièvre… )

Il évoquera plusieurs diagnostics, on peut citer parmi ceux-ci :

angiomes

encore appelés « fraises » du visage

fraise bébé
« Fraise » sur le visage d’un bébé

 

impetigo

une infection à streptocoque ou staphylocoque du visage, donnant des croutes comme du miel cristallisé (attention, de nombreuses autres dermatoses peuvent avoir cet aspect en se surinfectant)

impetigo
Impetigo du visage

acné du nourrisson

terme impropre pour la pustulose céphalique du nouveau né entre 2 et 6 semaines de vie

acne nourrisson
Pustulose céphalique improprement appelée acné du nourrisson

 

eczema atopique

dans sa forme de début vers 1 à 3 mois, donnant des plaques rouges sur les joues de l’enfant ou du bébé

eczema enfant
eczema atopique du visage

la rosacée de l’enfant

rosacee de l'enfant
Rosacée de l’enfant

Megalerytheme epidemique

Joues rouges et fièvre : mégalérythème épidémique?
Joues rouges et fièvre : mégalérythème épidémique?

Voir l’article megalerytheme

etc…

En fonction du diagnostic, le médecin vous apportera un traitement approprié
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⚠ Consultez sans attendre si :

  • Les plaques rouges sur les joues s’accompagnent de fièvre élevée (suspicion de mégalérythème épidémique ou d’une autre infection)
  • Des croûtes jaunâtres type « miel cristallisé » apparaissent (impétigo, très contagieux)
  • L’enfant a moins de 3 mois et présente une éruption fébrile
  • Une lésion évocatrice d’angiome grossit rapidement ou gêne la vision, la respiration ou l’alimentation
  • Les plaques s’étendent rapidement ou l’enfant semble abattu

Questions fréquentes

Comment différencier l’acné du nourrisson de l’eczéma atopique ?

L’acné du nourrisson (pustulose céphalique) apparaît entre 2 et 6 semaines de vie sous forme de petits boutons et pustules sur les joues et le front, sans peau sèche associée. L’eczéma atopique débute plutôt vers 1 à 3 mois, avec des plaques rouges sèches et squameuses. Seul un avis médical permet de trancher avec certitude.

Les plaques rouges sur les joues de mon enfant sont-elles contagieuses ?

L’eczéma, la rosacée de l’enfant et les angiomes ne sont pas contagieux. En revanche, l’impétigo est très contagieux et nécessite un traitement antibiotique rapide, ainsi qu’une éviction de la collectivité le temps du traitement.

Faut-il s’inquiéter d’un angiome (« fraise ») sur le visage du bébé ?

La plupart des angiomes infantiles évoluent favorablement, avec une résolution complète chez environ 8 patients sur 10 sous traitement par propranolol lorsqu’un traitement est nécessaire. Une consultation est recommandée si l’angiome grossit vite ou gêne un œil, la bouche ou la respiration.

Que faire si mon enfant a les joues très rouges avec de la fièvre ?

Des joues très rouges (aspect de « joues giflées ») associées à de la fièvre évoquent un mégalérythème épidémique (5ème maladie), une infection virale généralement bénigne. Une consultation permet de confirmer le diagnostic et d’écarter d’autres causes de fièvre avec éruption.

Peut-on utiliser une crème sur les plaques rouges du visage sans avis médical ?

Non, il est préférable d’attendre un diagnostic précis avant d’appliquer une crème, y compris hydratante, car certaines dermatoses du visage de l’enfant (rosacée, acné du nourrisson) peuvent être aggravées par des produits inadaptés.

Combien de temps durent les plaques rouges sur le visage d’un bébé ?

La durée dépend de la cause : l’acné du nourrisson disparaît généralement en quelques semaines à quelques mois, l’eczéma atopique peut évoluer par poussées sur plusieurs années, et le mégalérythème épidémique guérit en 1 à 3 semaines.

Quand consulter en urgence pour des plaques rouges sur le visage de mon enfant ?

Une consultation rapide s’impose en cas de fièvre associée, de croûtes jaunâtres suintantes, d’extension rapide des lésions, ou si l’enfant a moins de 3 mois. Dans les autres cas, une consultation dans les jours suivants est suffisante.

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À lire aussi sur la peau de l’enfant

Sources

Lucite : causes, symptomes et traitement dermatologue

Mis à jour le 5 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin spécialiste exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : La lucite touche 10 à 20 % de la population française, principalement les femmes de 20 à 40 ans. Elle se manifeste par des petits boutons rouges qui démangent sur les zones exposées au soleil (décolleté, avant-bras, épaules) dans les heures suivant l’exposition. Il n’existe pas de traitement curatif, mais la prévention par exposition progressive et crème solaire anti-UVA à indice élevé est très efficace. La forme estivale bénigne (LEB) s’atténue souvent spontanément en 1 à 2 semaines.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Cette fiche est consacrée à la lucite. Pour un panorama complet des allergies au soleil (urticaire solaire, coup de soleil, photoallergie), voir notre article général sur l’allergie au soleil.

Qu’est-ce que la lucite ?

La lucite est une réaction cutanée anormale au soleil (photoallergie). Elle regroupe plusieurs entités dont les deux principales sont la lucite estivale bénigne (LEB) et la lucite polymorphe. Ces affections ne sont pas à confondre avec un simple coup de soleil – elles impliquent un mécanisme immunologique de photo-sensibilisation.

ℹ️ À savoir : La lucite estivale bénigne est la forme d’allergie solaire la plus fréquente en France, touchant jusqu’à 10-20 % des femmes jeunes. Elle survient typiquement lors des premiers jours de vacances au soleil.

Lucite estivale bénigne (LEB)

La LEB se caractérise par l’apparition de petites papules et vésicules prurigineuses 24 à 72 h après la première exposition solaire intensive de la saison, sur les zones découvertes (décolleté, bras, jambes, cou). Elle atteint préférentiellement les jeunes femmes à peau claire. Les lésions régressent spontanément en quelques jours si l’exposition cesse. Il est parfois difficile de distinguer boutons de chaleur ou lucite

Lucite polymorphe

Plus rare et plus sévère, la lucite polymorphe (ou éruption polymorphe à la lumière) présente des lésions variées (papules, vésicules, plaques eczématiformes) et peut survenir même après exposition aux UV-A seuls (vitres, néons). Elle touche hommes et femmes, toute l’année.

Autres types de lucites

  • Lucite printanière juvénile : atteinte spécifique des oreilles chez les garçons en début de printemps
  • Lucite médicamenteuse : phototoxicité induite par certains médicaments (tétracyclines, quinolones, thiazidiques, AINS)
  • Lucite idiopathique : sans cause identifiable, terrain atopique fréquent

Prévention

Mesure Détails pratiques
Photoprotection SPF 50+ Écran anti-UV-A et UV-B, application 30 min avant exposition, renouvellement toutes les 2 h
Exposition progressive Débuter par 15-20 min/j les premiers jours pour induire une tolérance
Vêtements couvrants UPF 50+ disponibles, chapeaux à larges bords, éviction 12h-16h
Antihistaminiques préventifs À débuter 48h avant la première exposition, sur prescription médicale
💡 Conseil du Dr Rousseau : Pour les lucites récidivantes sévères, la photodésensibilisation (cure de 5 séances d’UVB ou PUVA en mars-avril) permet d’induire une tolérance cutanée pour l’été. Elle est réalisée en cabinet de dermatologie ou en hôpital de jour.

Traitement de la crise

  • Antihistaminiques oraux (cétirizine 10 mg, loratadine 10 mg) pendant 5-7 jours
  • Dermocorticoïdes topiques (classe III) sur les lésions
  • Éviction solaire stricte jusqu’à disparition des lésions
  • Émollients apaisants (aloe vera, eau thermale) pour soulager les démangeaisons
Consultez rapidement si :

  • Les boutons persistent plus de 2 semaines malgré l’arrêt de l’exposition solaire
  • Vous avez de la fièvre, des courbatures ou des ganglions gonflés
  • L’éruption s’étend aux zones non exposées au soleil
  • Apparition de cloques ou de plaies ouvertes
  • Prise récente d’un médicament photosensibilisant (tétracyclines, diurétiques, AINS…)

Ces signes peuvent indiquer une lucite polymorphe sévère, une photodermatose médicamenteuse ou une autre affection nécessitant un bilan dermatologique.

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FAQ – Questions fréquentes sur la lucite

Qu’est-ce que la lucite estivale bénigne ?

La lucite estivale bénigne (LEB) est une réaction cutanée anormale aux rayons UV qui touche 10 à 20 % de la population française. Elle se manifeste par des petits boutons rouges très prurigineux sur les zones exposées (décolleté, avant-bras, épaules) dans les 30 minutes à 6 heures suivant l’exposition. Elle régresse spontanément en 1 à 2 semaines et tend à s’atténuer lors de l’accoutumance progressive au soleil.

Quelle est la différence entre lucite estivale et lucite polymorphe ?

La lucite estivale bénigne survient au printemps, s’améliore avec le bronzage et disparaît en été. La lucite polymorphe est plus sévère (morphologie variable : papules, vésicules, plaques), survient à chaque exposition, ne s’atténue pas avec la saison et touche les deux sexes. La LP nécessite souvent une photothérapie désensibilisante et touche 2 à 3 % de la population.

Comment prévenir la lucite solaire ?

La prévention repose sur : une exposition progressive au soleil dès le printemps (10 minutes par jour), une crème solaire à indice élevé (SPF 50+) anti-UVA et UVB appliquée 30 minutes avant l’exposition, des vêtements couvrants entre 12h et 16h. Pour les formes récurrentes, une cure de photothérapie désensibilisante en début de saison est efficace dans 70 à 80 % des cas.

Comment traiter une crise de lucite ?

En crise : évitez immédiatement le soleil, appliquez des compresses fraîches et un gel apaisant (aloe vera, gel au calendula). Un antihistaminique oral (cétirizine 10 mg, loratadine) soulage les démangeaisons. Si les lésions sont étendues ou douloureuses, un dermocorticoïde de classe II peut être prescrit par votre médecin pour 3 à 5 jours. Consultez si les symptômes persistent plus de 2 semaines.

La lucite peut-elle devenir permanente ?

La lucite estivale bénigne tend à s’atténuer avec l’âge et disparaît parfois spontanément. La lucite polymorphe peut persister plusieurs années. Dans les deux cas, une désensibilisation par photothérapie (UVB ou PUVA) améliore la tolérance au soleil de 70 à 80 % des patients et réduit significativement la sévérité des poussées saison après saison.

La lucite touche-t-elle aussi les enfants ?

La lucite peut toucher les enfants, notamment sous la forme estivale bénigne. Elle reste plus fréquente chez les adultes jeunes de 20 à 40 ans. Chez l’enfant, le diagnostic différentiel avec une urticaire solaire ou un eczéma de contact est essentiel. La protection solaire stricte et l’exposition progressive constituent la base de la prise en charge pédiatrique.

Peut-on guérir définitivement de la lucite ?

Il n’existe pas de traitement curatif définitif de la lucite. La LEB s’améliore souvent avec l’âge. Les cures de photothérapie désensibilisante permettent à 70-80 % des patients de profiter du soleil sans réaction cutanée. Un suivi dermatologique annuel est conseillé pour adapter la stratégie de prévention chaque printemps. En cas de doute diagnostique, consultez un dermatologue.

Références scientifiques

Gruber-Wackernagel A et al. « Polymorphous light eruption: clinics, pathogenesis and management. » Dermatol Clin. 2014;32(3):315-334. PMID 24891056

Kerr AC et al. « A practical guide to spring and summer photodermatology. » Clin Exp Dermatol. 2012;37(7):703-712. PMID 22846222

Schwarz T, Schwarz A. « Molecular mechanisms of ultraviolet radiation-induced immunosuppression. » Eur J Cell Biol. 2011;90(6-7):560-564. PMID 21145603

Haute Autorité de Santé (HAS). Photodermatoses – recommandations HAS. 2021.

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Piqûre de guêpe : symptômes, réaction allergique et que faire en urgence

En bref : Entre 1 et 3 % de la population présente une allergie au venin de guêpe pouvant déclencher une anaphylaxie (urgence vitale). Dans les autres cas, la piqûre de guêpe provoque une réaction locale bénigne – douleur immédiate, rougeur, gonflement – qui régresse spontanément en 24 à 72 heures. Contrairement à l’abeille, la guêpe ne laisse pas son dard et peut piquer plusieurs fois de suite.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 15 juin 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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La guêpe : reconnaître l’insecte

En France, deux espèces sont principalement responsables des piqûres humaines : la guêpe commune (Vespula vulgaris) et la guêpe germanique (Vespula germanica). On distingue aussi les polistes (Polistes dominula), moins agressives, et depuis quelques années le frelon asiatique (Vespa velutina), espèce invasive au comportement défensif plus marqué.

La guêpe se reconnaît à son abdomen rayé jaune vif et noir, sa taille bien marquée et son corps lisse et brillant – à l’opposé de l’abeille, qui est velue et plus terne. Différence essentielle : la guêpe possède un dard lisse, qu’elle peut utiliser plusieurs fois sans le perdre. Elle pique lorsqu’elle se sent menacée, notamment à proximité du nid.

Mécanisme de la piqûre et composition du venin

Lors de la piqûre, la guêpe injecte un venin complexe contenant des phospholipases, hyaluronidases, protéines antigène 5 et des peptides vasoactifs comme la mastoparan. Ces molécules provoquent une réaction inflammatoire locale immédiate et sont également responsables des réactions allergiques IgE-médiées. Le venin de guêpe partage des allergènes avec celui du frelon, mais pas significativement avec celui de l’abeille – ce qui explique qu’une allergie à la guêpe ne protège pas contre une réaction à l’abeille.

Symptômes et types de réactions

Type de réaction Symptômes Délai Conduite à tenir
Réaction locale normale Douleur immédiate, papule rouge <10 cm, prurit Immédiat, régresse en 24–72 h Soins locaux seuls
Grande réaction locale Gonflement >10 cm, peut s’étendre sur tout un membre Pics à 24–48 h, dure 5–7 jours Antihistaminique + dermocorticoïde oral
Réaction systémique légère Urticaire à distance, érythème généralisé 10–30 min Antihistaminique IV + surveillance médicale
Anaphylaxie (urgence) Détresse respiratoire, hypotension, perte de connaissance 10–30 min (parfois plus rapide) Adrénaline IM + appel 15
⚠️ Grande réaction locale ≠ risque accru d’anaphylaxie. Contrairement à une idée reçue, un gonflement important lors d’une première piqûre ne prédit pas une réaction systémique grave à la piqûre suivante. Le risque d’anaphylaxie chez les personnes ayant eu une grande réaction locale reste faible (<5 %). Un bilan allergologique n’est pas systématiquement nécessaire, mais peut être discuté avec votre médecin.

Allergie aux guêpes : 1 à 3 % de la population concernée

L’allergie au venin de guêpe touche 1 à 3 % de la population générale. Elle est médiée par des anticorps IgE spécifiques dirigés contre les protéines du venin, produites lors d’une première exposition. Toute piqûre ultérieure peut alors déclencher une réaction anaphylactique. Les personnes à risque particulier sont celles ayant déjà présenté une réaction systémique à une piqûre antérieure.

Le bilan allergologique comprend des tests cutanés (prick tests) et un dosage sanguin des IgE spécifiques. Il est indiqué après toute réaction systémique et doit être réalisé par un allergologue, au minimum 4 à 6 semaines après la piqûre pour éviter les faux négatifs.

Désensibilisation au venin de guêpe

L’immunothérapie spécifique (désensibilisation) au venin de guêpe est le seul traitement curatif de cette allergie. Elle consiste en des injections sous-cutanées de doses croissantes de venin purifié, sur une durée de 3 à 5 ans. Son efficacité est remarquable : elle réduit le risque d’anaphylaxie lors d’une piqûre ultérieure de 75 à 95 %. Elle est prise en charge par l’Assurance maladie et se réalise exclusivement en milieu hospitalier spécialisé.

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Traitement d’une piqûre de guêpe non compliquée

Dans la grande majorité des cas, les soins locaux suffisent :

  • S’éloigner calmement de la zone (éviter les gestes brusques qui provoquent d’autres piqûres)
  • Laver à l’eau et au savon
  • Appliquer du froid : glaçon enveloppé dans un linge, 10 minutes (jamais le glaçon à même la peau)
  • Désinfecter avec un antiseptique doux (chlorhexidine ou povidone iodée)
  • Un antihistaminique oral (cétirizine 10 mg) réduit le prurit et le gonflement
  • En cas de grande réaction locale : corticoïde oral court (prednisolone 1 mg/kg, 3–5 jours) peut être prescrit par votre médecin
💊 Personnes connues allergiques : si vous avez déjà présenté une réaction systémique, votre médecin vous a (ou devrait vous avoir) prescrit un kit d’urgence comprenant un stylo auto-injecteur d’adrénaline (Anapen® ou EpiPen®) et un antihistaminique injectable. Portez-le en permanence pendant la saison chaude. L’adrénaline est le seul traitement de l’anaphylaxie – les antihistaminiques seuls sont insuffisants.

Prévention : éviter les piqûres de guêpes

Quelques règles simples réduisent significativement le risque de piqûre :

  • Ne jamais frapper, écraser ou tenter d’agripper une guêpe
  • Rester calme et s’éloigner doucement en cas de présence d’une guêpe
  • Couvrir les boissons sucrées et les fruits à l’extérieur (les guêpes sont attirées par les sucres)
  • Porter des vêtements couvrants, de préférence clairs (les vêtements foncés et les parfums forts attirent les insectes)
  • Ne jamais s’approcher d’un nid sans protection professionnelle – signaler un nid au service de démoustication ou à la mairie
  • Les répulsifs classiques (DEET, KBR 3023) ont une efficacité limitée contre les guêpes (contrairement aux moustiques) car elles ne sont pas attirées par les odeurs corporelles mais par les mouvements et les sucres
🚨 Urgences absolues – appelez le 15 (SAMU) immédiatement si :

  • Urticaire généralisée, gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge
  • Difficultés à avaler ou à respirer, voix rauque
  • Malaise, vertiges, chute de tension, perte de connaissance
  • Piqûre dans la bouche, la gorge ou sur la langue (même sans allergie connue)
  • Piqûres multiples simultanées (risque toxique cumulatif)

En attendant les secours : allonger le patient jambes surélevées (sauf si difficultés respiratoires – assis). Si disponible, injecter l’adrénaline IM dans la face externe de la cuisse.

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Questions fréquentes sur les piqûres de guêpe

Combien de temps dure le gonflement après une piqûre de guêpe ?

Une réaction locale normale régresse en 24 à 72 heures. Une grande réaction locale (gonflement >10 cm) peut durer jusqu’à 5 à 7 jours. Si le gonflement s’étend progressivement après 48 heures ou s’accompagne de fièvre, consultez un médecin pour écarter une surinfection bactérienne.

La guêpe laisse-t-elle son dard dans la peau ?

Non. Contrairement à l’abeille ouvrière dont le dard barbelé reste fixé dans la peau (et doit être retiré rapidement en grattant avec une carte), la guêpe possède un dard lisse qu’elle peut retirer après la piqûre et réutiliser plusieurs fois. Il n’y a donc pas de dard à extraire après une piqûre de guêpe.

Que faire immédiatement après une piqûre de guêpe ?

Éloignez-vous calmement. Lavez à l’eau et au savon. Appliquez du froid 10 minutes. Désinfectez à la chlorhexidine. Ne grattez pas. Un antihistaminique oral (cétirizine 10 mg) réduit le prurit et le gonflement. En cas de signes généraux (urticaire, gêne respiratoire, malaise), appelez le 15 sans attendre.

Quels sont les signes d’allergie grave à une piqûre de guêpe ?

Les signes d’anaphylaxie apparaissent dans les 10 à 30 minutes : urticaire généralisée, gonflement de la gorge ou du visage, difficultés respiratoires, malaise intense, chute de tension ou perte de connaissance. C’est une urgence vitale – appelez le 15 immédiatement.

Peut-on être désensibilisé à l’allergie aux piqûres de guêpe ?

Oui. L’immunothérapie spécifique au venin de guêpe est efficace dans 75 à 95 % des cas pour prévenir une réaction anaphylactique lors d’une piqûre ultérieure. Elle dure 3 à 5 ans, se réalise exclusivement en milieu hospitalier spécialisé et est remboursée par l’Assurance maladie après bilan allergologique confirmant l’allergie.

Comment distinguer guêpe, abeille et frelon ?

La guêpe est lisse, brillante, avec une taille bien marquée et un abdomen rayé jaune vif et noir. L’abeille est plus velue, plus terne, plus ramassée. Le frelon européen (Vespa crabro) est beaucoup plus grand, avec des taches rousses et jaunes. Le frelon asiatique (Vespa velutina) est plus sombre avec des pattes jaunes caractéristiques. Chaque espèce possède un profil allergénique légèrement différent.

Une piqûre dans la bouche ou la gorge est-elle dangereuse sans allergie ?

Oui. Même en l’absence d’allergie connue, une piqûre dans la cavité buccale, la gorge ou sur la langue peut provoquer un œdème mécanique obstruant les voies aériennes. Appelez le 15 immédiatement. En attendant les secours : faire sucer des glaçons pour limiter l’œdème, maintenir le patient assis, ne jamais l’allonger si une gêne respiratoire est présente.

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Références médicales

  • Przybilla B, Ruëff F. Insect stings: clinical features and management. Dtsch Arztebl Int. 2012;109(13):238–248. PMID 22532821
  • Graft DF. Insect sting anaphylaxis. Immunol Allergy Clin North Am. 2007;27(2):261–272. PMID 17493502
  • Golden DBK. Update on insect sting anaphylaxis. Curr Allergy Asthma Rep. 2021;21(3):16. PMID 33666774
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Anaphylaxie – conduite à tenir après traitement d’urgence. has-sante.fr

Voir aussi

Acro keratose verruciforme : causes, symptômes et traitement


Acrokératose verruciforme de Hopf

L’acrokératose verruciforme de Hopf est une génodermatose rare caractérisée par des lésions verruqueuses sur la face dorsale des mains et des pieds. Décrite pour la première fois en 1931 par Hopf, cette maladie génétique du groupe des troubles de la kératinisation entretient des liens étroits avec la maladie de Darier, dont elle partage le gène responsable.

En bref : L’acrokératose verruciforme de Hopf est une génodermatose rare à transmission autosomique dominante (mutation du gène ATP2A2) se manifestant par de petites papules kératosiques en surface de verrues sur le dos des mains et des pieds, les avant-bras et les jambes. Elle est étroitement liée à la maladie de Darier. Il n’existe pas de traitement curatif ; les rétinoïdes topiques et systémiques peuvent améliorer l’aspect. L’évolution est bénigne mais chronique.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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⚠️ Quand consulter un dermatologue ?

  • Apparition de nouvelles papules kératosiques sur le dos des mains ou des pieds
  • Antécédents familiaux de maladie de Darier avec lésions similaires
  • Extension rapide des lésions ou doute avec une verrue virale
  • Lésions suspectes nécessitant une confirmation histologique

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Définition et épidémiologie

L’acrokératose verruciforme de Hopf (AKV) est une génodermatose autosomique dominante rare appartenant au groupe des troubles de la kératinisation. Elle se manifeste principalement dans l’enfance, parfois jusqu’à la cinquième décennie de vie. L’évolution est chronique, sans rémission spontanée. Il n’existe pas de prédominance de sexe. Des cas sporadiques (sans antécédents familiaux) sont également décrits, liés à des mutations de novo.

À retenir : L’acrokératose verruciforme de Hopf est une maladie génétique rare, à transmission autosomique dominante avec pénétrance incomplète. L’absence d’antécédents familiaux n’exclut pas le diagnostic.

Causes génétiques : le gène ATP2A2

La cause génétique de l’AKV est une mutation du gène ATP2A2, situé sur le chromosome 12q24. Ce gène code pour la pompe ATPase calcique du réticulum sarco-endoplasmique (SERCA2), essentielle au transport du calcium intracellulaire. Or, ce même gène est impliqué dans la maladie de Darier, ce qui explique les similitudes cliniques et histologiques entre les deux affections.

La mutation la mieux documentée dans l’AKV est la substitution P602L (mutation hétérozygote faux-sens dans le domaine de liaison à l’ATP de la molécule). Des études ont montré que cette mutation abolit la capacité de transport calcique de la protéine SERCA2 mutante, confirmant la perte de fonction. Des mutations distinctes dans d’autres familles, voire l’absence de mutation ATP2A2 dans certaines populations, suggèrent une hétérogénéité génétique : d’autres gènes pourraient être impliqués dans certains cas d’AKV.

Lien avec la maladie de Darier : L’AKV et la maladie de Darier sont considérées comme des maladies alléliques : elles résultent de mutations dans le même gène (ATP2A2), mais avec une expression phénotypique différente. Des lésions de type AKV sont observées chez environ 70 % des patients atteints de maladie de Darier.

Signes cliniques

Les lésions apparaissent typiquement dans l’enfance ou l’adolescence, parfois plus tardivement. Elles se présentent sous la forme de petites papules et plaques kératosiques à sommet plat, de couleur chair ou légèrement marron, à surface verruqueuse. Ces lésions sont parfois difficiles à voir mais bien perceptibles au toucher, évoquant des verrues planes.

Les localisations principales sont :

  • Face dorsale des mains et des doigts
  • Face dorsale des pieds et des orteils
  • Plus rarement : avant-bras, jambes, coudes, genoux
  • Parfois : kératoses ponctuées des paumes et des plantes

Une dystrophie unguéale peut s’observer (encoche en V du bord libre de l’ongle). Le frottement de la peau environnante peut déclencher l’apparition de vésicules. L’évolution est chronique, sans tendance à la régression spontanée.

Complication rare à surveiller : Une transformation en carcinome épidermoïde a été exceptionnellement rapportée. Un suivi dermatologique régulier est recommandé.

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Histologie

L’examen anatomopathologique est essentiel au diagnostic. Il montre classiquement une hyperkératose orthokératosique, une acanthose, une papillomatose et des élévations épidermiques caractéristiques en clocher d’église (church spire-like elevations). On ne retrouve habituellement pas d’acantholyse, ce qui distingue l’AKV de la maladie de Darier sur biopsie standard.

Cependant, des études récentes ont identifié dans certains cas des foyers de clivages suprabasaux avec des kératinocytes acantholytiques discèrement dysplasiques, caractéristiques habituellement associées à la maladie de Darier – soulignant l’existence d’un chevauchement histologique entre les deux entités. Sur le plan cytologique, des corps ronds et des grains (kératinocytes acantholytiques et dyskeratosiques) peuvent être retrouvés, notamment sur les préparations cytologiques de type split-skin smear.

Diagnostic différentiel

L’AKV peut être confondue avec plusieurs affections dermatologiques :

Diagnostic Éléments distinctifs
Verrues vulgaires Origine virale (HPV), pas de caractère génétique, disparition possible spontanée
Maladie de Darier Acantholyse franche, dyskeratose, atteinte sébacée, lésions unguéales plus marquées
Épidermodysplasie verruciforme Lésions plus étendues, HPV spécifiques, risque carcinomateux élevé
Lichen plan Papules violines, réseau de Wickham, atteinte muqueuse possible
Kératose séborrhéique Lésions plus pigmentées, aspect en pastille collée, surtout chez l’adulte âgé

En pratique, la biopsie cutanée est l’examen clé pour confirmer le diagnostic. L’analyse génétique (recherche de mutation ATP2A2) peut être proposée dans les formes atypiques ou à des fins de conseil génétique familial.

Traitement

Il n’existe pas de traitement curatif de référence pour l’acrokératose verruciforme de Hopf. La maladie étant d’origine génétique, seul un traitement symptomatique est envisageable. Dans les formes peu gênantes, une simple abstention thérapeutique est souvent justifiée.

Les options thérapeutiques disponibles, utilisées au cas par cas, sont :

  • Cryothérapie à l’azote liquide : traitement de première intention pour les lésions isolées gênantes
  • Laser CO2 ou laser Er:YAG : ablation superficielle, avec de bons résultats sur les lésions étendues
  • Électrocoagulation : vaporisation de lésions individuelles
  • Excision superficielle : pour les lésions localisées
  • Rétinoïdes oraux (acitrétine) : peuvent être discutés dans les formes étendues et résistantes – une réponse favorable en association avec la cryothérapie a été rapportée
Point pratique : Les récidives après traitement ablatatif sont fréquentes du fait du substrat génétique. Le traitement doit être adapté à la gêne fonctionnelle et esthétique du patient plutôt que systématiquement proposé.

Génodermatoses et troubles de la kératinisation :

Lésions verruqueuses et kératosiques :

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Questions fréquentes sur l’acrokératose verruciforme de Hopf

L’acrokératose verruciforme est-elle contagieuse ?

Non. Il s’agit d’une maladie génétique héréditaire, sans aucun caractère infectieux. Elle ne se transmet pas par contact avec les lésions, contrairement aux verrues virales dues au papillomavirus humain (HPV).

Comment distinguer l’acrokératose verruciforme des verrues ?

Cliniquement, les lésions peuvent être très similaires. Quelques indices orientent vers l’AKV : apparition précoce dans l’enfance, présence chez d’autres membres de la famille, localisation symétrique sur le dos des mains et des pieds, absence de réponse aux traitements antiviraux habituels. La biopsie cutanée tranche définitivement en montrant un aspect histologique caractéristique sans les signes de la verrucose virale.

La maladie peut-elle évoluer vers un cancer ?

Une transformation maligne (carcinome épidermoïde) a été rapportée de façon exceptionnelle. Ce risque, bien que très faible, justifie un suivi dermatologique régulier, en particulier pour les lésions évolutives ou atypiques.

Un test génétique est-il nécessaire pour le diagnostic ?

La biopsie cutanée est généralement suffisante pour confirmer le diagnostic en pratique courante. L’analyse moléculaire à la recherche d’une mutation ATP2A2 peut être proposée dans le cadre d’un conseil génétique familial ou lorsque le tableau clinique est atypique.

L’acrokératose verruciforme se transmet-elle aux enfants ?

La transmission est autosomique dominante : un parent porteur a statistiquement 50 % de risque de transmettre la mutation à chaque enfant. La pénétrance étant incomplète, certains porteurs de la mutation peuvent présenter peu ou pas de lésions visibles.

Voir aussi : Maladie de DarierVerruesIchtyoses

Références scientifiques

  1. Dhitavat J, Macfarlane S, Dode L, et al. Acrokeratosis verruciformis of Hopf is caused by mutation in ATP2A2: evidence that it is allelic to Darier’s disease. J Invest Dermatol. 2003;120(2):229-232. PubMed 12542527
  2. Bergman R, Sezin T, Indelman M, et al. Acrokeratosis verruciformis of Hopf showing P602L mutation in ATP2A2 and overlapping histopathological features with Darier disease. Am J Dermatopathol. 2012;34(6):597-601. PubMed 22814319
  3. Huang YH, Chuang YH, Kuo TT, et al. Genetic heterogeneity in acrokeratosis verruciformis of Hopf. Br J Dermatol. 2006;154(6):1033-1036. PubMed 16716163
  4. Williams GM, Lincoln M. Acrokeratosis verruciformis of Hopf. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023. NCBI Bookshelf NBK537250
  5. Orphanet. Acrokératose verruciforme de Hopf. Orphanet ORPHA79149

Mis à jour le 24 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.

Fasciite eosinophile : la fasceite a eosinophiles

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Fasciite à éosinophiles (syndrome de Shulman)

La fasciite à éosinophiles – également appelée syndrome de Shulman ou fasciite diffuse avec éosinophilie – est une maladie rare du tissu conjonctif, décrite pour la première fois par Shulman en 1974. Elle touche les fascias, ces membranes fibreuses qui enveloppent les muscles sous la peau, et se manifeste par un œdème induré et douloureux des membres associé à une hyperéosinophilie sanguine. Son diagnostic est histologique, sa prise en charge repose sur les corticoïdes, et son pronostic est généralement favorable – à condition que le diagnostic ne soit pas retardé.

En bref : Fasciite eosinophile est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Définition et épidémiologie

La fasciite à éosinophiles est classée parmi les maladies rares du tissu conjonctif (code Orphanet : ORPHA3165 ; CIM-10 : M35.4). Sa prévalence exacte est inconnue. Elle touche préférentiellement l’adulte entre 30 et 60 ans, avec un pic de fréquence autour de 50 ans. Le sex-ratio est globalement équilibré selon les séries, certaines rapportant une légère prédominance masculine. Elle a été rapportée chez l’enfant dans de rares cas.

Les délais diagnostiques sont souvent longs : la médiane observée dans les séries françaises dépasse 3 mois, avec des extrêmes allant jusqu’à 2 ans. Ce retard diagnostique est source de séquelles fonctionnelles (rétractions) qui auraient pu être évitées par un traitement précoce.

Physiopathologie et facteurs déclenchants

L’étiologie de la fasciite à éosinophiles reste inconnue. Il s’agit d’une maladie inflammatoire auto-immune du fascia dont les mécanismes immunitaires précis ne sont pas encore élucidés.

Plusieurs facteurs déclenchants ont été rapportés dans la littérature :

  • Effort physique intense ou inhabituel : présent dans une fraction significative des cas – la maladie peut débuter dans les jours suivant un exercice musculaire intense chez une personne non entraînée.
  • Traumatisme : choc direct, chirurgie, injection.
  • Ingestion de L-tryptophane (complément alimentaire), responsable d’un syndrome éosinophilie-myalgie ayant fait l’objet d’une épidémie dans les années 1980–1990.
  • Certains médicaments (phénytoïne, simvastatine, facteurs de croissance).
  • Dans une proportion notable de cas, aucun facteur déclenchant n’est identifié.

Signes de la maladie

Phase initiale : œdème douloureux

Le début est souvent brutal, parfois dans les jours suivant un effort physique. Il associe :

  • Un œdème symétrique, dur et douloureux des avant-bras et/ou des jambes (les quatre membres peuvent être atteints simultanément). L’œdème ne prend pas le godet, témoignant de son caractère induré dès la phase précoce.
  • Des myalgies et des arthralgies inflammatoires, parfois des synovites distales.
  • Le visage, les mains et les pieds sont typiquement épargnés – ce qui distingue la fasciite à éosinophiles de la sclérodermie systémique où les doigts sont caractéristiquement atteints.
  • Un syndrome inflammatoire biologique : élévation de la VS et de la CRP, hypergammaglobulinémie polyclonale.

Phase évolutive : induration sclérodermiforme

L’œdème se transforme progressivement en une induration cutanée et sous-cutanée sclérodermiforme : la peau devient épaissie, luisante, tiraillée, parfois d’aspect cartonné. L’aspect est comparable à une sclérodermie localisée (morphée).

Deux signes cliniques très évocateurs apparaissent à ce stade :

  • Le signe du canyon (ou signe de la veine en creux) : dépression linéaire visible le long des veines superficielles des membres, due à la fibrose profonde des fascias. Très évocateur du diagnostic, notamment aux avant-bras.
  • L’aspect en peau d’orange de la zone indurée.
  • Le signe de la prière (prayer sign) : impossibilité de joindre complètement les paumes des mains, conséquence des rétractions tendineuses.

Atteintes articulaires et tendineuses

Sans traitement, les rétractions tendineuses peuvent entraîner une limitation progressive des amplitudes articulaires, voire une impotence fonctionnelle – syndrome du canal carpien par compression locale, arthrite, limitation de l’extension des coudes et des genoux.

⚠ Délai diagnostique critique : Plus le traitement est instauré tôt, plus les chances de récupération complète sont élevées. Les rétractions articulaires constituées sont difficiles à réduire même sous corticothérapie intensive. Un diagnostic rapide conditionne le pronostic fonctionnel.

Examens complémentaires diagnostiques

Bilan biologique

L’hyperéosinophilie sanguine est l’anomalie biologique la plus fréquente et la plus caractéristique (présente dans 60 à 90 % des cas selon les séries). Elle peut être massive (jusqu’à 7 000 à 9 000 éosinophiles/mm³). Son absence n’exclut pas le diagnostic. Elle est associée à :

  • Hypergammaglobulinémie polyclonale.
  • Syndrome inflammatoire (VS accélérée, CRP élevée).
  • Absence d’élévation des CPK (créatine phosphokinase) – ce qui distingue la FE des myopathies inflammatoires.
  • Anticorps antinucléaires (AAN) généralement négatifs.

IRM musculaire

L’IRM est l’examen d’imagerie de référence pour le diagnostic de fasciite à éosinophiles. À la phase aiguë, elle montre :

  • Un épaississement du fascia superficiel péri-musculaire.
  • Un hypersignal T2 du fascia et des septum inter-musculaires adjacents.
  • Un rehaussement marqué du fascia après injection de gadolinium.

L’IRM oriente le diagnostic dans 80 % des cas lorsqu’elle est réalisée, et guide le site de biopsie. Elle est utile dans le suivi pour évaluer la réponse au traitement. L’échographie des tissus mous représente une alternative moins irradiante pour le suivi.

Biopsie profonde fascio-musculaire

La biopsie cutanée profonde – réalisée en dehors d’un simple prélèvement de peau superficiel, et devant atteindre le fascia et le muscle sous-jacent – est l’examen de certitude du diagnostic. Elle est pratiquée par le dermatologue ou le chirurgien sous anesthésie locale, en emportant un fuseau profond jusqu’au plan musculaire.

L’examen anatomopathologique révèle :

  • Un épaississement du fascia superficiel avec prolifération et hypertrophie des fibres de collagène.
  • Un infiltrat inflammatoire composé de lymphocytes, plasmocytes, histiocytes, avec regroupement périvasculaire.
  • La présence de polynucléaires éosinophiles – fréquente mais non obligatoire au diagnostic (certaines biopsies n’en contiennent pas malgré une éosinophilie sanguine).
  • Un derme fibrosé et des remaniements fibreux péri-fasciaux.

Bilan d’élimination

Un scanner thoraco-abdomino-pelvien est systématiquement proposé pour éliminer une néoplasie sous-jacente. Un myélogramme est discuté selon le contexte (suspicion d’hémopathie associée).

Diagnostics différentiels

Diagnostic différentiel Critères distinctifs
Sclérodermie systémique Atteinte des doigts (sclérodactylie), phénomène de Raynaud, anticorps anti-Scl70 ou anticentromère, atteinte viscérale (poumon, rein, cœur). Éosinophilie absente.
Syndrome éosinophilie-myalgie Lié à l’ingestion de L-tryptophane ou de certains compléments alimentaires. Myalgies intenses, atteinte pulmonaire fréquente. Contexte de prise de compléments alimentaires.
Syndrome hyperéosinophilique Éosinophilie persistante > 1 500/mm³ avec atteinte viscérale (cœur, système nerveux, poumons). Absence de signe du canyon. Histologie différente.
Granulomatose éosinophilique avec polyangéite (Churg-Strauss) Asthme, rhinosinusite, vascularite des petits vaisseaux, ANCA positifs dans 30 % des cas.
Lymphome T cutané avec éosinophilie Lésions cutanées atypiques, biopsie cutanée montrant un infiltrat lymphomateux. Bilan hématologique anormal.
Morphée profonde / linéaire Sclérose cutanée localisée sans éosinophilie systémique majeure. Distribution souvent unilatérale et linéaire. Biopsie différente.

Maladies associées à rechercher

La fasciite à éosinophiles peut constituer, dans certains cas, un syndrome paranéoplasique. Les associations suivantes doivent être recherchées systématiquement :

  • Hémopathies malignes : aplasie médullaire, lymphome T, leucémies.
  • Cancers solides : plus rares, mais documentés.
  • Maladies auto-immunes : thyroïdite auto-immune, syndrome de Gougerot-Sjögren, lupus érythémateux systémique.
⛔ Bilan oncologique systématique : Un scanner thoraco-abdomino-pelvien est recommandé à la découverte de toute fasciite à éosinophiles. Un myélogramme est discuté selon le contexte clinique et biologique (cytopénies associées). En cas d’absence d’amélioration sous corticoïdes, l’hypothèse d’une hémopathie sous-jacente doit être reconsidérée.

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Traitement

Corticothérapie systémique – traitement de première ligne

Les corticoïdes systémiques restent la pierre angulaire du traitement, avec une efficacité rapide et remarquable à la phase aiguë. La dose initiale recommandée est de 0,7 à 1 mg/kg/jour de prednisone (ou équivalent), avec une réponse attendue sur l’éosinophilie et l’œdème en quelques semaines.

Des bolus intraveineux de méthylprednisolone (1 g/jour × 3 jours) sont proposés pour obtenir un taux de rémission plus élevé et réduire le recours à un immunosuppresseur secondaire. Les données françaises montrent que les rechutes surviennent préférentiellement chez les patients traités par corticothérapie seule (sans épargne cortisonique d’emblée), notamment lors de la décroissance.

Traitements immunosuppresseurs – deuxième intention et épargne cortisonique

En cas de corticodépendance, de sclérose cutanée importante ou de réponse insuffisante aux corticoïdes seuls, un immunosuppresseur est associé. Le méthotrexate est l’agent le mieux documenté, à la dose de 10 à 20 mg par semaine par voie orale, avec supplémentation en acide folique. Il peut être introduit d’emblée comme épargne cortisonique.

D’autres traitements ont montré leur efficacité dans des cas isolés ou de petites séries :

  • Hydroxychloroquine (antipaludéen, épargne cortisonique).
  • Ciclosporine (cas résistants).
  • Infliximab et rituximab (biothérapies, formes réfractaires).
  • PUVA-thérapie (photothérapie psoralène + UVA) : alternative documentée dans quelques séries.

Kinésithérapie – indispensable dès le début

La kinésithérapie est recommandée dès l’initiation du traitement médicamenteux, quel que soit le stade. Elle vise à prévenir et traiter les rétractions articulaires et tendineuses par des mobilisations actives et passives régulières, des étirements et des techniques de drainage. Cette composante rééducative conditionne le pronostic fonctionnel à long terme.

✓ Stratégie thérapeutique résumée :
1. Corticothérapie orale 0,7–1 mg/kg/jour ± bolus IV initiaux.
2. Kinésithérapie systématique dès J1.
3. En cas de réponse insuffisante ou de corticodépendance : méthotrexate 10–20 mg/semaine.
4. Surveillance régulière de la NFS (éosinophilie comme marqueur d’activité), de la fonction hépatique (sous MTX) et de l’imagerie (IRM ou échographie pour le suivi de l’épaississement fascial).

Pronostic et évolution

L’évolution est généralement favorable sous traitement : la grande majorité des patients obtient une rémission complète ou partielle. La régression des lésions est cependant lente, sur plusieurs mois. Dans certains cas, la récupération est incomplète, avec persistance d’une sclérose cutanée résiduelle.

Des rechutes lors de la décroissance cortisonique sont fréquentes (environ un tiers des patients dans les séries), justifiant une décroissance progressive et l’introduction précoce d’un traitement d’épargne. À distance (parfois des années après la rémission), des plaques de morphée peuvent apparaître, témoignant d’une transition vers la sclérodermie localisée dans un sous-groupe de patients.

⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements depuis plus de 4 semaines

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que la fasciite à éosinophiles ?

Une maladie rare du tissu conjonctif caractérisée par une inflammation et un épaississement des fascias (membranes enveloppant les muscles), avec œdème induré douloureux des membres, épargnant le visage et les extrémités distales, associé à une hyperéosinophilie sanguine.

Comment se manifeste le signe du canyon ?

Une dépression linéaire visible le long des veines superficielles des avant-bras ou des jambes, due à la fibrose profonde des fascias qui tire la peau vers la profondeur. Signe très évocateur du diagnostic.

Quels examens confirment le diagnostic ?

L’hyperéosinophilie sanguine, l’IRM musculaire (épaississement et hypersignal T2 du fascia) et surtout la biopsie profonde fascio-musculaire montrant la fibrose et l’infiltrat inflammatoire du fascia. La biopsie est l’examen de certitude.

Quel est le traitement ?

Prednisone 0,7 à 1 mg/kg/jour ± bolus intraveineux de méthylprednisolone, avec kinésithérapie systématique. En cas de réponse insuffisante ou de rechute, méthotrexate 10 à 20 mg/semaine.

La fasciite à éosinophiles peut-elle être liée à un cancer ?

Oui, elle peut constituer un syndrome paranéoplasique (surtout hémopathies malignes : lymphome T, aplasie médullaire). Un scanner et un myélogramme sont recommandés au diagnostic.

Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour une fasciite à éosinophiles ?

Une première orientation est possible, mais la prise en charge requiert une consultation spécialisée pour la biopsie et l’IRM. Le Dr Rousseau est disponible via Consulib pour vous orienter.

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Maladies inflammatoires

Références scientifiques

  1. Lebeaux D, Francès C, Barete S, et al. Eosinophilic fasciitis (Shulman disease): new insights into the therapeutic management from a series of 34 patients. Rheumatology (Oxford). 2012;51(3):557-561.
    [PubMed]
  2. Mazé M, Bressieux JM, Gimenez I, et al. Fasciite à éosinophiles (maladie de Shulman) : mise au point diagnostique et thérapeutique. Rev Med Interne. 2016;37(2):106-111.
    [PubMed]
  3. Mertens JS, Seyger MMB, Thurlings RM, et al. Morphea and eosinophilic fasciitis: an update. Am J Clin Dermatol. 2017;18(4):491-512.
    [PubMed]
  4. Bischoff L, Derk CT. Eosinophilic fasciitis: demographics, disease pattern and response to treatment: report of 12 cases and review of the literature. Int J Dermatol. 2008;47(1):29-35.
    [PubMed]

Article rédigé par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – Dernière mise à jour : avril 2025.

Mycoster® (ciclopirox) : mycoses cutanées, mode d’emploi

Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Télécharger un guide complet au format PDF :
⚠️ Bien choisir la forme : Mycoster® existe en crème, solution filmogène et poudre selon la localisation et le type de mycose. Pour une onychomycose étendue ou avec atteinte matricielle, un traitement oral peut être nécessaire en complément de la solution filmogène.
En bref : Mycoster® (ciclopirox) traite mycoses cutanées, onychomycoses et dermite séborrhéique du cuir chevelu selon la forme choisie (crème, solution, poudre, shampooing). Application 1 à 2 fois/jour, remboursée à 30 % sur prescription.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Mycoster® est un antifongique à base de ciclopirox, disponible en plusieurs formes galéniques pour le traitement des mycoses cutanées et unguéales. Toutes les formes de Mycoster® sont remboursées à 30 % par la Sécurité sociale sur prescription médicale.

ℹ️ Mycoster® – gamme complète
Molécule : ciclopirox | Formes : crème 1%, solution 1%, solution 8%, poudre 1%, shampooing 10 mg/g | Toutes REMB 30 %

Formes disponibles et indications

FormeIndication principaleRemboursement
Crème 1%Mycoses cutanées (dermatophytoses, candidoses, pityriasis versicolor)30 %
Solution 1% (appl. cutanée)Mycoses cutanées et des plis30 %
Solution 8% (appl. cutanée)Onychomycoses30 %
Poudre 1%Mycoses des pieds et des plis (macération)30 %
Shampooing 10 mg/gDermatite séborrhéique du cuir chevelu, teigne30 %

Mode d’emploi

La durée et le rythme d’application varient selon la forme utilisée :

  • Crème, solution ou poudre 1 % : appliquer 1 à 2 fois par jour sur la zone atteinte pendant 2 à 4 semaines selon la mycose
  • Solution 8 % (ongles) : appliquer sur les ongles atteints 1 à 2 fois par jour pendant plusieurs mois
  • Shampooing 10 mg/g : appliquer sur le cuir chevelu humide, laisser poser 3 minutes, rincer ; 2 fois par semaine en traitement, 1 fois par semaine en entretien
💡 Conseil
En cas de mycose des pieds (pied d’athlète), la forme poudre est particulièrement adaptée pour les espaces interdigitaux ou les chaussures, réduisant la macération qui favorise la récidive.

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FAQ – Questions fréquentes sur Mycoster®

À quoi sert Mycoster® ?
Mycoster® (ciclopirox) est un antifongique local indiqué dans le traitement des mycoses cutanées (dermatophytoses, candidoses, pityriasis versicolor), des onychomycoses et de la dermatite séborrhéique du cuir chevelu.

Comment utiliser Mycoster® crème ?
Appliquer la crème Mycoster® 1 % en couche mince sur la zone atteinte 1 à 2 fois par jour, en massant légèrement. Poursuivre le traitement 2 à 4 semaines selon la localisation, même après disparition des symptômes.

Quelle forme de Mycoster® choisir selon la mycose ?
La crème convient aux mycoses cutanées étendues, la solution aux zones pileuses ou humides, la poudre aux pieds et aux plis, la solution 8 % aux ongles, et le shampooing au cuir chevelu. Le médecin ou le dermatologue guidera le choix.

Mycoster® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Oui, toutes les formes de Mycoster® sont remboursées à 30 % par la Sécurité sociale sur prescription médicale.

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Références

  • Ratnavel RC, Squire RA, Boorman GC. Clinical efficacies of shampoos containing ciclopirox olamine (1.5%) and ketoconazole (2.0%) in the treatment of seborrhoeic dermatitis. J Dermatolog Treat. 2007;18(2):88-96. PMID 17520465
  • Gupta AK, Liddy A, Wang T, Cooper EA. Onychomycosis in special populations. Future Microbiol. 2025;20(12):833-847. PMID 40770932
  • Seite S, Rougier A, Talarico S. Randomized study comparing the efficacy and tolerance of a lipohydroxy acid shampoo to a ciclopiroxolamine shampoo. J Cosmet Dermatol. 2009;8(4):249-53. PMID 19958427
  • Source institutionnelle : Base de données publique des médicaments (BDPM) — Mycoster® 1% crème

Grain de milium : causes, traitement et extraction – dermatologue

Milium (grain de milium)

Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le grain de milium est un petit microkyste blanc de kératine (1 à 2 mm), bénin, souvent autour des yeux. Il touche 40 à 45 % des nouveau-nés et disparaît seul en quelques semaines chez le bébé. Chez l’adulte, il persiste et se retire par une simple incision chez le dermatologue.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue


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Qu’est-ce qu’un grain de milium ?

Grain de milium

Le milium (ou grain de milium, pluriel : milia) est un microkyste épidermique superficiel du visage. Il s’agit d’une petite poche kératinisée contenant de la kératine (et non du sébum à proprement parler), logée juste sous la surface de la peau. Son aspect est blanc à blanc-jaunâtre, lisse et arrondi.

Le grain de milium est une lésion parfaitement bénigne, très fréquente, sans aucun potentiel évolutif vers une lésion maligne. Il peut survenir à tout âge, y compris chez le nouveau-né (milia néonataux, transitoires et résolutifs en quelques semaines).

💡 Milium ≠ acné, ≠ kyste sébacé
Le grain de milium est souvent confondu avec un point blanc d’acné (microcomédon fermé) ou un petit kyste sébacé. Il s’en distingue par sa très petite taille (1–2 mm), sa consistance ferme, l’absence d’inflammation et sa localisation caractéristique autour des yeux et sur les pommettes.

Symptômes et localisation

Le grain de milium se présente comme un petit grain blanc ou blanc-jaunâtre, de 1 à 2 mm de diamètre, rond, ferme, non inflammatoire et asymptomatique (il ne démange pas, ne fait pas mal). Il est saillant sous la peau mais recouvert d’un épiderme intact.

Les localisations préférentielles sont :

  • Paupières (supérieures et inférieures) et bord ciliaire
  • Pommettes et joues
  • Nez et sillon naso-génien
  • Front

Les milia peuvent être isolés (1 à 2 grains) ou multiples, regroupés en plaques sur une même zone. Ils peuvent persister des mois à des années sans évoluer.

Causes et facteurs favorisants

Les milia se forment lorsque de la kératine se retrouve piégée sous la surface de la peau, sans orifice d’évacuation. Plusieurs situations favorisent leur apparition :

  • Milia primitifs : surviennent spontanément, sans cause identifiable, souvent sur fond génétique
  • Milia secondaires : après un traumatisme cutané (abrasion, brûlure, dermabrasion, laser), une cicatrice, une dermatose bulleuse (porphyrie cutanée tardive, épidermolyse bulleuse), ou une réaction à certaines crèmes riches ou photoprotectrices occlusives
  • Milia néonataux : très fréquents (40–50 % des nouveau-nés), transitoires et résolutifs spontanément en quelques semaines

Examens complémentaires

Le diagnostic de milium est avant tout clinique : l’aspect caractéristique (petit grain blanc ferme, non inflammatoire, localisé sur le visage) suffit dans la grande majorité des cas.

La dermatoscopie peut être utilisée en cas de doute : elle montre un aspect blanc-jaunâtre homogène, sans vascularisation, confirmant la nature kystique superficielle de la lésion.

L’histologie (biopsie avec analyse anatomopathologique) est rarement nécessaire. Elle peut être réalisée en cas de doute diagnostique avec un autre type de kyste ou une lésion atypique.

Traitement

Abstention thérapeutique

Chez de nombreux patients, l’abstention est tout à fait justifiée : le grain de milium est bénin, asymptomatique, et peut disparaître spontanément en quelques mois. Aucun traitement n’est médicalement indispensable.

Exérèse par incision

Lorsque le grain de milium est gênant esthétiquement ou que le patient souhaite s’en débarrasser, le dermatologue réalise une incision latérale fine (à l’aiguille ou au bistouri) permettant d’évacuer le contenu kératinisé. Le geste est rapide, peu douloureux et ne nécessite généralement pas d’anesthésie locale.

La difficulté du geste dépend de la localisation (sur le bord de la paupière, l’accès est plus délicat) et de la taille du milium. Les suites sont simples : une légère rougeur transitoire, sans cicatrice.

📋 Autres techniques parfois utilisées
Certains dermatologues utilisent l’électrocoagulation à très faible intensité ou le laser (CO2, Er:YAG) pour les milia multiples ou difficiles d’accès. Ces techniques laissent également peu ou pas de cicatrice. Ne jamais tenter d’extraire un grain de milium soi-même : le risque de cicatrice et de surinfection est réel.

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Questions fréquentes (FAQ)

J’ai un grain de milium au coin de l’œil. Dois-je le faire enlever ?

Un grain de milium est parfaitement bénin et peut disparaître spontanément en quelques mois. Son exérèse est réalisée par le dermatologue par une simple incision fine permettant d’évacuer le contenu. Ce geste est généralement aisé, mais peut être rendu un peu plus délicat selon la localisation (bord de la paupière) et la taille. La décision de l’enlever est avant tout esthétique : montrez-le à votre dermatologue, qui vous conseillera sur l’opportunité du geste.

Peut-on faire partir un grain de milium soi-même ?

Il vaut mieux s’en abstenir. Tenter de percer ou d’extraire soi-même un grain de milium avec une aiguille ou les ongles risque de provoquer une inflammation, une infection locale ou une cicatrice. Le geste doit être réalisé par un dermatologue avec le matériel adapté dans des conditions d’asepsie.

Pourquoi ai-je plusieurs grains de milium qui apparaissent régulièrement ?

Des milia récidivants ou multiples peuvent être favorisés par l’utilisation de crèmes riches ou occlusives, une peau naturellement épaisse, ou un terrain génétique prédisposant. Si la peau paraît granuleuse de façon plus diffuse, au-delà des simples grains de milium, notre article sur la peau granuleuse au toucher détaille les autres causes possibles. Certaines dermatoses (porphyrie cutanée tardive, épidermolyse bulleuse) peuvent également en être responsables : si les milia sont très nombreux et apparus rapidement, une consultation dermatologique s’impose.

Le grain de milium peut-il devenir malin ?

Non. Le milium est une lésion bénigne sans aucun potentiel de transformation maligne. Il n’y a aucune urgence médicale à le traiter.

Combien de temps prend l’exérèse d’un grain de milium ?

L’acte est très rapide : quelques secondes par lésion. En consultation dermatologique, plusieurs grains peuvent être traités lors d’une même séance. Les suites sont simples (légère rougeur transitoire) et aucun pansement particulier n’est nécessaire.

Sur dermatonet.com – Kystes et petites tumeurs bénignes du visage

Sur dermatonet.com – Petites lésions du visage

Voir aussi : Le grain de milium est l’une des lésions cutanées bénignes les plus fréquentes et les plus facilement traitées en consultation dermatologique. Ne tentez pas de l’extraire vous-même : un geste simple réalisé dans de bonnes conditions évite tout risque de cicatrice ou d’infection.

Références médicales

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Demangeaisons du sexe

Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Des démangeaisons du sexe ont le plus souvent une cause bénigne et traitable : mycose, eczéma de contact ou irritation. Selon la présence ou non de boutons ou de rougeurs, le diagnostic oriente vers des causes différentes. Une consultation reste nécessaire pour identifier la cause exacte et éviter un traitement inadapté.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Le sexe qui gratte, démangeaisons du sexe
En cas de démangeaisons du sexe, il faut regarder s’il y a des boutons ou des rougeurs et consulter un médecin.

Ce dernier envisagera les différents diagnostics possibles. On peut citer parmi ceux-ci :

Démangeaisons du sexe sans plaques, rougeurs, ni boutons

Les démangeaisons sont souvent les prémisses de taches rouges sur le sexe, annonciatrices d’herpès génital, de mycose du sexe ou de mycose vaginale

Voir si besoin l’article consacré aux démangeaisons de la vulve

Démangeaisons avec boutons sur le sexe

Voir l’article sur les boutons qui grattent sur le sexe, qui peuvent évoquer des verrues génitales, un herpès, une folliculite ou d’autres causes selon leur aspect.

Consultez rapidement si :

  • Les démangeaisons s’accompagnent de fièvre, de douleur intense ou de ganglions dans l’aine
  • Des vésicules groupées ou des ulcérations apparaissent (possible herpès génital)
  • Un écoulement anormal ou des brûlures urinaires sont associés
  • Les symptômes persistent plus d’une semaine malgré une hygiène adaptée

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Démangeaisons du sexe avec plaques rouges

Voir l’article sur les rougeurs qui grattent sur le sexe.

Lorsque le diagnostic sera posé, le médecin vous proposera un traitement adapté à suivre attentivement.

Questions fréquentes sur les démangeaisons du sexe

Les démangeaisons du sexe sont-elles toujours une IST ?

Non. La cause la plus fréquente est une mycose (candidose) ou un eczéma de contact (savon, préservatif, lessive). Les infections sexuellement transmissibles (herpès, gale) sont possibles mais ne représentent qu’une partie des causes. Seul un examen médical permet de trancher.

Faut-il consulter même si les démangeaisons sont légères ?

Oui, surtout si elles persistent plus d’une semaine ou reviennent régulièrement. Un diagnostic précoce évite l’auto-traitement inadapté, qui peut retarder la prise en charge d’une mycose résistante, d’une IST ou d’une dermatose chronique.

Peut-on utiliser une crème en attendant la consultation ?

Il vaut mieux éviter l’automédication avant le diagnostic : une crème à la cortisone peut masquer ou aggraver une mycose, et un antifongique est inefficace sur un eczéma. Un savon doux sans parfum et l’arrêt de tout produit irritant sont les seuls gestes sûrs en attendant.

Les démangeaisons du sexe sont-elles contagieuses pour le/la partenaire ?

Cela dépend de la cause : une mycose ou une IST (herpès, gale) peuvent se transmettre, alors qu’un eczéma de contact ou une irritation ne le sont pas. Le dermatologue précisera si une abstinence ou un traitement du/de la partenaire est nécessaire.

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Références scientifiques

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Papillomavirus (HPV) : transmission, symptômes et traitement

Infection à papillomavirus

Les papillomavirus sont des virus a ADN (acide desoxyribonucléique) : ils contiennent de l’ADN qu’ils integrent au sein de l’ADN de la cellule qu’ils infectent. Le but de cette infection est de faire produire d’autres virus par la cellule infectée : cette dernière produit des cellules-filles qui « fourmillent » de virus. Ce phénomène s’appelle la réplication du virus. L’ensemble de ces cellules forme unepetite tumeur bénigne, la verrue sur le plan cutané, ou le condylome sur le plan génital.

Mis à jour le 23 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le papillomavirus humain (HPV) regroupe une centaine de virus, certains responsables de simples verrues cutanées, d’autres de condylomes génitaux ou de lésions précancéreuses. Chaque année en France, les infections à HPV entraînent environ 100 000 cas de verrues génitales, 35 000 lésions précancéreuses et 6 400 cancers, dont près de la moitié sont des cancers du col de l’utérus (HAS). La transmission se fait par contact cutané ou sexuel, souvent à l’insu du porteur. La vaccination, recommandée dès 11 ans, et le dépistage régulier restent les meilleures protections.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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verrues genitales
Verrues génitales

Cet article en vidéo:

Il existe approximativement une centaine de papilloma virus dans la nature, qu’on peut en effet classer en 2 catégories selon leur tropisme : la peau ou les muqueuses.

Les papilloma virus ayant un tropisme pour la peau :

papilloma virus 2, 4, 5, 8, 12, 14, 29, 36, 46, 47… responsables des verrues. L’infection de la peau a lieu generalement lors d’un contact entre la peau lésée (petite plaie, eczema… ) avec une autre des squames infectee par le papillomavirus.

Par exemple, la contamination par le papillomavirus sur les plantes de pieds comportant de petites plaies est fréquente dans les zones fréquentées par d’autres personnes marchant pieds nus et laissant des squames infectées (piscines, les salles de sport, vestiaires… ).

Les papillomavirus ayant un tropisme pour les muqueuses, responsables des condylomes :

On distingue parmi ceux-ci les papilloma virus à haut risque de provoquer un cancer du col de l’utérus et les condylomes à faible risque carcinologique :

papillomavirus à faible risque de cancer du col de l’utérus, de la vulve, de l’anus, du penis… :

papillomavirus 6, 11, 42, 43, 44…

papillomavirus à haut risque de provoquer un cancer du col de l’uterus, de l’anus, de la vulve, du penis… :

papillomavirus 16, 18, 31…

Atteinte du col de l’uterus par papillomavirus

Comment se contamine-t-on des papilloma virus?

L’infection de la muqueuse a généralement lieu lors d’un rapport sexuel.

La transmission de papillomavirus lors des préliminaires amoureux sans préservatif est fréquente et explique certaines contaminations. Le degré de contagiosité est élevé en casde condylomes acuminés, plus faible en cas de lésions dysplasiques ou cancéreuses.

Il existe de nombreuses formes asymptomatiques, expliquant des modes révélations retardées ou la négativité du bilan chez l’un des partenaires.

La sensibilité à ces virus varie d’un individu à l’autre et la contamination nest pas obligatoire à leur contact : on peut être en contact avec une personne infectée et ne pas être contaminé.
De même, lorsqu’il y a infection, le papillomavirus peut ne pas s’exprimer et rester à l’état latent dans la cellule. Enfin, même lorsque le virus s’exprime et donne des lésions cutanées ou génitales, une disparition spontanée est possible (on estime que 80% des verrues régressent spontanément en quelques années / il est aussi possible de voir disparaître spontanément une dysplasie cervicale du col de l’utérus d’un contrôle à l’autre). On appelle cela la clairance virale. On estime que la disparition à 1 an pur les HPV du col de l’utérus sont de  70% et de 90% à 2 ans. Malheureusement, les séroypes à risque de cancer persistent souvent plus longtemps que les autres

Les différentes formes d’atteinte par papillomavirus : verrues et condylomes

L’atteinte de la peau

peut avoir plusieurs formes. Parmi les plus fréquentes :

  • Les verrues des paumes et des plantes (Verrues plantaires ) : elles s’attrapent le plus souvent dans les collectivités ( gymnase, piscine).
  • Les papillomes verruqueux et verrues vulgaires : on les trouve principalement sur les dos des mains, le visage, le cuir chevelu, les genoux
  • Les verrues planes : comme leur nom l’indique, elles sont moins surélevées que les précédentes et réalisent de petites surélévations couleur rosé. Elles ont peuvent se trouver dans les mêmes sièges que les verrues du corps.

>>> Plus d’informations sur les verrues et le traitement des verrues

L’atteinte de la sphère génitale : les condylomes :

L’infection par condylomes est le plus souvent le fait d’une contagion sexuelle (Maladie Sexuellement Transmissible ou MST). Il faut donc devant des verrues anogénitales effectuer un bilan de MST (examen complet, sérologies).

>>> Plus d’informations sur les condylomes

L’atteinte de la sphère ORL

Le sexe oral a favorisé la dissémination du papillomavirus dans la sphere ORL. Ainsi, L’incidence du cancer de l’oropharynx est actuellement à la hausse et le risque augmente avec certaines habitudes sexuelles. Une majorité des cancers de l’amygdale et de la base de la langue est liée à l’infection à papillomavirus. Les patients concernés sont plus jeunes et souvent non fumeurs et non buveurs (alors que le tabac et l’alcool sont les facteurs « classiques » de cancers ORL).

Peut-on avoir une infection au papillomavirus sans verrues ou condylomes?

L’infection génitale par les papillomavirus est une maladie très fréquente puisqu’on estime qu’environ 30 à 50 % de la population adulte sera contaminée sur le plan génital pendant une période de leur vie par le papillomavirus Cependant, l’ensemble de la population infectée par le papilloma virus sur le plan génital n’exprime pas le virus sur le plan clinique : on estime que seuls 10 à 20% de la population adulte présente des condylomes (le pourcentage de porteurs sains varie de 20 à 30 %). Les autres personnes infectées sont appelées porteurs asymptomatiques de papillomavirus. On peut ainsi porter de façon asymptomatique le papillomavirus pendant des années et se mettre à l’exprimer sous forme de condylomes sans raison apparente ou au décours d’une fatigue, d’un stress, d’une maladie intercurrente (grippe… ). Il est important de savoir lorsqu’on consulte pour des condylomes que la contamination par le papillomavirus peut être ancienne et n’est pas nécessairement contemporaine de l’apparition des condylomes.

De même, sur le plan cutané, il est fréquent de trouver des papillomavirus sur la peau sans pour autant qu’il y ait de verrues

Consultez sans attendre si : une verrue ou un condylome saigne, grossit rapidement, s’ulcère ou devient douloureux ; vous remarquez un ganglion dur et persistant dans le cou (le HPV peut être impliqué dans certains cancers ORL) ; des saignements anormaux surviennent en dehors des règles ou après un rapport, à faire évaluer par un gynécologue ; ou une lésion cutanée résiste à plusieurs traitements bien conduits. Ces signes ne signifient pas forcément un cancer, mais justifient un avis médical rapide.

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Traitement

L’objectif d’une éradication virale étant illusoire, le traitement vise à faire disparaître les lésions visibles. Le traitement des lésions externes est le plus souvent basé sur la simple destruction locale au laser, à l’azote liquide et/ ou à l’aide d’un traitement chimique. La difficulté principale réside dansle caractère souvent multifocal des lésions et leur taux élevé de récidive. La méthode employée dépend de la localisation, du type lésionnel

Le traitement des papillomavirus dépend de leur zone d’atteinte : voir le traitement des verrues et des condylomes

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Questions fréquentes

Le papillomavirus (HPV) est-il grave ?

Dans la grande majorité des cas, non : la plupart des infections à HPV sont bénignes et guérissent spontanément en 1 à 2 ans, se traduisant tout au plus par une verrue ou un condylome. Certains types d’HPV dits « à haut risque » peuvent en revanche entraîner des lésions précancéreuses, notamment au col de l’utérus, d’où l’intérêt du dépistage régulier.

Comment savoir si j’ai un papillomavirus ?

Une verrue cutanée ou un condylome se voit à l’œil nu lors d’un examen. Sur le col de l’utérus, l’infection est le plus souvent silencieuse et se dépiste par un frottis ou un test HPV, recommandé tous les 3 à 5 ans selon l’âge. Il n’existe pas de dépistage systématique du HPV chez l’homme en dehors de lésions visibles.

Les verrues et les condylomes sont-ils la même chose ?

Non. Les verrues cutanées (mains, pieds) et les condylomes génitaux sont causés par des familles différentes de papillomavirus. Les verrues s’attrapent par contact cutané direct, par exemple dans les piscines ou les vestiaires, tandis que les condylomes se transmettent principalement lors des rapports sexuels, y compris sans pénétration.

Le HPV disparaît-il tout seul ?

Oui, dans environ 80 à 90 % des cas, le système immunitaire élimine le virus en 1 à 2 ans sans laisser de trace. Chez certaines personnes, l’infection persiste et peut alors s’exprimer sous forme de verrues, de condylomes ou, plus rarement, de lésions précancéreuses.

Le vaccin contre le papillomavirus est-il utile après le début de la vie sexuelle ?

Oui, même si son efficacité est optimale avant toute exposition au virus. La HAS recommande un rattrapage vaccinal jusqu’à 26 ans révolus, chez les femmes comme chez les hommes, car il reste protecteur contre les types de HPV non encore rencontrés.

Peut-on transmettre le HPV sans avoir de verrues ou condylomes visibles ?

Oui. De nombreuses personnes sont porteuses asymptomatiques du virus et peuvent le transmettre sans le savoir, parfois plusieurs années après la contamination initiale. C’est l’une des raisons pour lesquelles le HPV est l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente.

Le papillomavirus peut-il causer un cancer ?

Certains types d’HPV à haut risque, en premier lieu les types 16 et 18, sont impliqués dans la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus, ainsi que dans une partie des cancers de l’anus, du vagin, de la vulve, du pénis et de l’oropharynx. Cela représente environ 6 400 cancers par an en France selon la HAS.

Faut-il traiter le partenaire en cas de condylomes ?

Le partenaire n’a pas systématiquement besoin d’un traitement s’il ne présente aucune lésion visible, mais un dépistage des IST est recommandé pour les deux partenaires. La contamination pouvant être ancienne, l’apparition de condylomes chez l’un ne signifie pas nécessairement une infidélité récente.

À lire aussi sur les infections virales et les verrues

Références

Zhu P et al., Clinical guideline for the diagnosis and treatment of cutaneous warts (2022), Journal of Evidence-Based Medicine, 2022, PMID 36117295. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36117295/

Sindhuja T et al., Asian guidelines for condyloma acuminatum, Journal of Infection and Chemotherapy, 2022, PMID 35341674. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35341674/

Chromy D et al., Anogenital warts : an update, Dermatologie (Heidelberg), 2023, PMID 38108864. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38108864/

Nunes EM et al., Epidemiology and biology of cutaneous human papillomavirus, Clinics, 2018, PMID 30133564. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30133564/

Haute Autorité de Santé (HAS), Papillomavirus (HPV) : le rattrapage vaccinal recommandé chez les femmes et les hommes jusqu’à 26 ans révolus. has-sante.fr

Adapalene : l’adapalène crème pour l’acne

En bref : L’adapalène est un rétinoïde topique de 3e génération, traitement de première intention de l’acné légère à modérée. Une méta-analyse de 35 essais randomisés portant sur plus de 33 000 patients confirme son efficacité sur les comédons et les lésions inflammatoires, avec une tolérance supérieure à la trétinoïne. L’irritation initiale est fréquente mais transitoire.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

Mis à jour le 9 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Adapalène : traitement de l’acné par rétinoïde topique
L’adapalène est un rétinoïde topique de 3e génération utilisé en dermatologie pour traiter l’acné. Plus stable et mieux toléré que la trétinoïne, il est le rétinoïde de première intention dans l’acné légère à modérée – en particulier pour les comédons et les lésions inflammatoires.

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Qu’est-ce que l’adapalène ?

L’adapalène est un dérivé synthétique de la vitamine A (rétinoïde) qui agit directement sur les récepteurs nucléaires de l’acide rétinoïque dans les cellules de la peau. Il régule le renouvellement cellulaire du follicule pileux, désobstrue les pores et réduit l’inflammation.

Contrairement à la trétinoïne, l’adapalène est photostable – il ne se dégrade pas à la lumière – et mieux toléré sur les peaux sensibles. C’est pour ces raisons qu’il est souvent prescrit en première intention, notamment chez les adolescents.

Noms commerciaux

  • Differine® – gel 0,1% et 0,3% (prescription médicale en France)
  • Adapalène générique 0,1% et 0,3%
  • Epiduo® – association adapalène 0,1% + peroxyde de benzoyle 2,5% (bithérapie)

Mécanisme d’action

  • Action anti-comédonienne – régularise la desquamation du follicule pilo-sébacé et empêche la formation de nouveaux comédons
  • Action anti-inflammatoire – réduit l’inflammation folliculaire via l’inhibition des voies de l’acide arachidonique
  • Renouvellement cellulaire – accélère le turn-over des kératinocytes, libère les pores obstrués

Adapalène vs trétinoïne – comparatif

Adapalène Trétinoïne
Génération 3e génération 1ère génération
Photostabilité ✅ Stable à la lumière ❌ Se dégrade à la lumière
Tolérance cutanée ✅ Meilleure tolérance ⚠️ Plus irritante
Puissance anti-acné ⭐⭐⭐ Très bonne ⭐⭐⭐⭐ Supérieure
Effet anti-rides Faible ✅ Documenté
Première intention acné ✅ Oui – recommandé HAS/SFD 2e intention si échec adapalène
Application Soir uniquement Soir uniquement

Indications

  • Acné légère à modérée avec comédons et/ou lésions inflammatoires (papules, pustules)
  • Acné rétentionnelle (comédons prédominants)
  • Prévention des récidives après traitement curatif
  • En association avec le peroxyde de benzoyle (Epiduo®) pour les formes mixtes

Contre-indications

  • Allergie à l’adapalène ou à l’un des excipients de la préparation
  • Grossesse – l’adapalène est contre-indiqué pendant la grossesse par précaution (tératogénicité des rétinoïdes systémiques ; le risque topique est faible mais non exclu). Une contraception efficace est recommandée chez la femme en âge de procréer
  • Peau lésée – ne pas appliquer sur des plaies, zones eczémateuses, coups de soleil, ou peau irritée
  • Conjonctivite, eczéma, dermatite séborrhéique active

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Conseils d’utilisation – protocole étape par étape

Étape Consigne Pourquoi
Quand appliquer Le soir uniquement, sur peau propre et sèche Photostable mais sensibilisant – éviter exposition solaire après application
Quantité Petite quantité (noisette) en couche fine sur toutes les zones acnéiques Plus ne signifie pas mieux – augmente l’irritation sans améliorer l’efficacité
Zones à traiter Application sur l’ensemble des zones acnéiques, pas seulement sur les boutons visibles Traitement préventif – empêche la formation de nouveaux comédons
Zones à éviter Contour des yeux, lèvres, narines, muqueuses Irritation muqueuse
Nettoyage Nettoyant doux (syndet) matin et soir – pas de savon agressif L’adapalène assèche – ne pas cumuler avec un nettoyant décapant
Hydratation Appliquer une crème hydratante légère non comédogène le matin Compense la sécheresse induite par le traitement
Protection solaire SPF 50+ obligatoire tous les matins pendant le traitement Peau fragilisée – risque de taches brunes et d’irritation accrue au soleil
Durée avant résultats Ne pas arrêter avant 8 à 12 semaines Le renouvellement folliculaire est lent – arrêt prématuré = faux échec
⚠️ Quand arrêter et consulter : une irritation cutanée très importante, des démangeaisons ou un gonflement des paupières évoquant une réaction allergique doivent faire arrêter immédiatement l’adapalène et consulter un médecin. Ces réactions graves restent rares mais ne doivent jamais être minimisées.

Effets secondaires et comment les gérer

Effet secondaire Fréquence Conduite à tenir
Sécheresse, desquamation Très fréquent – surtout les 4 premières semaines Crème hydratante non comédogène le matin. Normal – ne pas arrêter
Rougeur, irritation Fréquent en début de traitement Réduire la fréquence (1 soir sur 2) puis reprendre progressivement
Aggravation initiale de l’acné (« purge ») Possible les 2-4 premières semaines Normal – le rétinoïde libère les comédons. Persévérer
Photosensibilité Fréquent SPF 50+ obligatoire – éviter exposition solaire intense
Irritation sévère, eczéma Rare Arrêter les applications et consulter le dermatologue
💡 Protocole de démarrage progressif : pour les peaux sensibles, commencer par une application 1 soir sur 2 pendant 2 à 4 semaines, puis passer à une application quotidienne. Ce protocole réduit considérablement l’irritation initiale.

⚠️ Ne pas associer avec : d’autres rétinoïdes topiques simultanés, des produits alcoolisés ou très exfoliants (acide glycolique fort, scrubs abrasifs) sur les mêmes zones – cumul d’irritation. L’association avec le peroxyde de benzoyle est en revanche validée et disponible dans Epiduo®.

Questions fréquentes sur l’adapalène

Acné résistante ou cicatrices, que faire ?

L’adapalène est efficace sur l’acné inflammatoire et les comédons. En cas d’acné résistante, une association avec le peroxyde de benzoyle peut être envisagée (Epiduo). Pour les cicatrices, une consultation dermatologique est recommandée pour évaluer les options adaptées (laser, microneedling, peeling).

Peut-on utiliser l’adapalène pendant la grossesse ?

Non – l’adapalène est contre-indiqué pendant la grossesse par précaution. Bien que le passage systémique des rétinoïdes topiques soit très faible comparé aux rétinoïdes oraux (isotrétinoïne), la classe des rétinoïdes est tératogène par voie générale et aucune étude suffisante n’existe pour garantir l’innocuité topique. En pratique, si une grossesse survient sous adapalène, le risque est probablement très faible – mais le traitement doit être arrêté immédiatement et le médecin informé.

Quelle différence entre Differine 0,1% et 0,3% ?

Le Differine® 0,3% (adapalène à 0,3%) est plus efficace que le 0,1% sur les lésions inflammatoires et les comédons, avec une efficacité comparable à la trétinoïne 0,1%. Il est logiquement un peu plus irritant. Le 0,1% est le plus prescrit en première intention – le 0,3% est réservé aux formes modérées résistantes.

L’adapalène peut-il être utilisé sur le dos pour l’acné ?

Oui, l’adapalène peut être appliqué sur le dos et le torse en cas d’acné de ces zones, en respectant les mêmes règles d’application progressive. La surface plus étendue justifie une quantité un peu plus importante, mais le protocole de tolérance (1 soir sur 2 au début) reste identique.

Combien de temps faut-il utiliser l’adapalène ?

Une amélioration est généralement constatée après 4 à 8 semaines de traitement. Le résultat devient net après 3 mois – le médecin décide ensuite si le traitement doit être poursuivi 3 mois supplémentaires. L’adapalène peut aussi être utilisé en traitement d’entretien au long cours, sans risque de résistance bactérienne contrairement aux antibiotiques.

Peut-on associer l’adapalène avec le peroxyde de benzoyle ?

Oui, cette association est validée et même recommandée dans la prise en charge de l’acné, car elle combine l’effet comédolytique de l’adapalène et l’effet antibactérien du peroxyde de benzoyle sans risque de résistance. Elle est disponible en association fixe dans une même crème (Epiduo).

Que faire en cas d’irritation trop importante avec l’adapalène ?

Une irritation légère à modérée (sécheresse, rougeur, sensation de brûlure) est fréquente et normale les premières semaines : une crème hydratante non comédogène et un espacement des applications (1 soir sur 2) suffisent généralement. En cas d’irritation cutanée très importante ou de démangeaisons évoquant une allergie, il faut arrêter les applications et consulter le dermatologue ou le médecin traitant.

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Références

  • Kakpovbia EE, et al. Efficacy of topical treatments for mild-to-moderate acne: a systematic review and meta-analysis of randomized control trials. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2024;39(4):775-784. PMID: 38943431. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38943431
  • Thielitz A, Gollnick H. Topical retinoids in acne vulgaris: update on efficacy and safety. Am J Clin Dermatol. 2008;9(6):369-381. PMID: 18973403. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18973403
  • Althwanay A, et al. Efficacy of topical treatments in the management of mild-to-moderate acne vulgaris: a systematic review. Cureus. 2024;16(4):e57909. PMID: 38725769. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38725769
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Commission de la Transparence. DIFFERINE (adapalène). has-sante.fr

Eryacne ® dans l’acne : mode d’emploi et avis dermatologue

Mis à jour le 11 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Eryacne® (érythromycine 4%) n’est plus commercialisé en France : son autorisation a été archivée par l’ANSM le 1er janvier 2018. Des alternatives existent (Erythrogel®, Zindacline®, Encallik®) : demandez conseil à votre dermatologue ou pharmacien.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Eryacne® : définition et composition

Eryacne® est une solution pour application cutanée contenant de l’érythromycine à 4%, antibiotique de la famille des macrolides, indiqué dans le traitement de l’acné vulgaire légère à modérée avec prédominance de lésions inflammatoires (papules et pustules). L’érythromycine agit en inhibant la synthèse protéique de Cutibacterium acnes.

⚠️ Eryacne® n’est plus commercialisé
Selon l’ANSM, l’autorisation de mise sur le marché d’Eryacne® 4% a été archivée le 1er janvier 2018, après l’arrêt de commercialisation de ses deux présentations (flacon de 30 ml en 2002, flacon de 100 ml en 2014). L’ANSM ne précise pas la raison de cet arrêt. Si un flacon vous a été prescrit ou si vous en avez un chez vous, il ne peut plus être délivré en pharmacie : votre médecin pourra vous proposer une alternative à l’érythromycine (Erythrogel®) ou à la clindamycine (Zindacline®, Encallik®).
ℹ️ Information clé
La résistance de Cutibacterium acnes à l’érythromycine est plus fréquente qu’à la clindamycine en France. L’association systématique au peroxyde de benzoyle et la limitation à 3 mois de traitement sont indispensables pour préserver l’efficacité d’Eryacne®.

Mode d’emploi

Paramètre Recommandation
Fréquence 2 applications par jour (matin et soir)
Application Sur peau propre et sèche, en couche fine
Zone Visage, dos ou torse selon localisation
Durée maximale 3 mois en traitement d’attaque

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Résistances bactériennes : problème croissant

La résistance de Cutibacterium acnes à l’érythromycine est en augmentation constante. En France, les taux de résistance à l’érythromycine sont supérieurs à ceux observés avec la clindamycine, ce qui tend à faire préférer cette dernière en première intention. Pour cette raison, Eryacne® doit impérativement être associé au peroxyde de benzoyle.

⚠️ Attention
N’utilisez pas Eryacne® en monothérapie prolongée. La résistance à l’érythromycine est plus fréquente qu’à la clindamycine. Associez systématiquement un bactéricide non antibiotique (peroxyde de benzoyle) pour préserver l’efficacité du traitement.

Effets secondaires

Les effets indésirables d’Eryacne® sont locaux et généralement bénins : légère sécheresse cutanée, rougeurs passagères, légère irritation en début de traitement. Ces effets s’atténuent habituellement après 1 à 2 semaines d’utilisation régulière.

Consultez sans attendre si :

  • Votre acné s’aggrave malgré le traitement : les résistances bactériennes à l’érythromycine sont fréquentes en France
  • Une réaction allergique (rougeur étendue, gonflement, démangeaisons intenses) apparaît avec un produit de remplacement
  • Vous utilisez encore un ancien flacon d’Eryacne® périmé : arrêtez et demandez une alternative à votre pharmacien

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Foire aux questions

Qu’est-ce qu’Eryacne® ?

Eryacne® était une solution pour application cutanée à l’érythromycine 4%, antibiotique topique indiqué dans l’acné vulgaire légère à modérée avec lésions inflammatoires. Il agit en inhibant la synthèse protéique de Cutibacterium acnes.

Eryacne® est-il toujours vendu en pharmacie ?

Non : l’autorisation de mise sur le marché d’Eryacne® a été archivée par l’ANSM le 1er janvier 2018, après l’arrêt de commercialisation de ses présentations (2002 pour le flacon de 30 ml, 2014 pour celui de 100 ml). Ce médicament n’est donc plus disponible.

Par quoi remplacer Eryacne® ?

Votre médecin peut prescrire une autre spécialité à l’érythromycine locale (comme Erythrogel®), un gel à la clindamycine (Zindacline®) ou une association clindamycine/peroxyde de benzoyle (Encallik®). Demandez conseil à votre dermatologue ou pharmacien.

Eryacne® doit-il être associé à un autre traitement ?

Oui, pour limiter les résistances bactériennes, Eryacne® devait être associé au peroxyde de benzoyle. La monothérapie antibiotique prolongée favorise la sélection de souches d’érythromycine résistantes, de plus en plus fréquentes en France.

Quelle est la différence entre Eryacne® et Dalacine T Topic® ?

Les deux étaient des antibiotiques topiques mais de familles différentes. Eryacne® contenait de l’érythromycine (macrolide) et Dalacine T Topic® de la clindamycine (lincosamide) ; ce dernier a également été retiré du marché en 2021.

Combien de temps peut-on utiliser un antibiotique topique comme Eryacne® ?

Le traitement par un antibiotique topique de l’acné est limité à 3 mois maximum. Une réévaluation par le dermatologue est indispensable au terme de cette période pour adapter la stratégie thérapeutique.

Que faire s’il me reste un flacon d’Eryacne® à la maison ?

Ne l’utilisez pas au-delà de la date de péremption indiquée sur l’emballage. Demandez à votre pharmacien ou votre médecin une alternative actuellement commercialisée plutôt que de poursuivre avec un produit ancien.

Références

Hormone de croissance (GH) et peau


Hormone de croissance : effets secondaires cutanés et généraux

L’hormone de croissance (GH ou somatropine) est une hormone peptidique sécrétée par l’hypophyse, indispensable au développement de l’enfant comme au maintien des tissus adultes. Ses effets sur la peau sont bien documentés : à dose physiologique, elle entretient l’épaisseur du derme et stimule la production de collagène. En revanche, tout excès – qu’il soit pathologique (acromégalie), iatrogène ou lié au dopage – génère un spectre caractéristique de manifestations cutanées que tout dermatologue doit savoir reconnaître. Cet article fait le point sur ces effets secondaires, du plus bénin au plus préoccupant.

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GH et IGF-1 : rôles physiologiques sur la peau

La somatropine (GH) est un polypeptide de 191 acides aminés sécrété de façon pulsatile par les cellules somatotropes de l’antéhypophyse. Sa sécrétion est maximale pendant le sommeil lent profond et augmentée par le stress, l’exercice intense et l’hypoglycémie. À l’état basal, elle agit en stimulant le foie à produire l’IGF-1 (Insulin-like Growth Factor-1), son principal médiateur périphérique.

Au niveau cutané, la GH et l’IGF-1 exercent plusieurs effets physiologiques essentiels :

  • Maintien de l’épaisseur dermique : la GH stimule la synthèse de collagène et d’élastine, garantissant la fermeté et la tonicité de la peau adulte.
  • Prolifération des kératinocytes : les récepteurs à la GH sont exprimés dans le stratum basale et spinosum de l’épiderme humain, permettant une action directe sur le renouvellement cellulaire.
  • Régulation des glandes annexes : la GH influence indirectement l’activité des glandes sébacées et sudoripares via l’IGF-1 et l’interaction avec les voies androgéniques.
  • Action lipolytique : en mobilisant les acides gras, la GH contribue à moduler la composition en lipides du sébum.
À retenir : La GH est indispensable à la qualité cutanée adulte. Un déficit en GH s’accompagne d’une peau fine, sèche, au capital collagénique appauvri – à l’inverse, tout excès pathologique génère une hyperstimulation tissulaire source de manifestations dermatologiques caractéristiques.

Acromégalie : le tableau cutané de l’hypersécrétion chronique

L’acromégalie est causée dans 95 % des cas par un adénome hypophysaire sécrétant de la GH en excès, entraînant une élévation chronique de la GH et de l’IGF-1. L’évolution est lente et insidieuse – le délai diagnostique moyen dépasse 4 à 10 ans – et les modifications cutanées font partie des premiers signes visibles.

Pachydermie et épaississement cutané

La manifestation cutanée la plus caractéristique est la pachydermie : épaississement progressif de l’ensemble du tégument. La peau du visage devient plus épaisse, les traits grossissent, le nez s’élargit à sa base, les lèvres s’épaississent. Les arcades sourcilières et les pommettes deviennent saillantes. Aux membres, les tissus mous s’infiltrent : les mains et les pieds augmentent de volume (impossibilité de retirer ses bagues, changement de pointure). Cette infiltration des tissus mous est directement liée à l’effet anabolique de la GH et de l’IGF-1 sur les fibroblastes dermiques et le tissu conjonctif.

Hyperhidrose et odeur corporelle

L’excès de GH provoque une hyperhidrose marquée, souvent gênante au quotidien. Les glandes sudoripares eccrines et apocrines sont hypertrophiées par la stimulation hormonale. La transpiration devient plus abondante et l’odeur corporelle plus prononcée, en lien avec l’hypertrophie des glandes apocrines. Ce signe, volontiers signalé par l’entourage avant le patient, doit alerter le clinicien.

Séborrhée et peau huileuse

Les glandes sébacées sont hypertrophiées sous l’influence de la GH et de l’IGF-1. Il en résulte une séborrhée franche : la peau prend un aspect huileux, les pores se dilatent. La séborrhée est particulièrement visible sur le visage (front, nez, menton). Elle peut favoriser l’apparition d’acné, surtout chez les patients jeunes ou présentant une prédisposition androgénique associée.

Hypertrichose

Une hypertrichose diffuse est fréquente dans l’acromégalie : la pilosité augmente et devient typiquement plus foncée. Elle touche aussi bien les hommes que les femmes, et résulte de la stimulation directe des follicules pileux par l’IGF-1. Ce signe, discret au début, peut être le motif d’une consultation dermatologique isolée avant que le diagnostic d’acromégalie ne soit posé.

Modifications muqueuses

La langue peut s’hypertrophier (macroglossie) et présenter un aspect plissé ou festonné. L’hypertrophie gingivale et l’écartement des dents complètent le tableau des modifications des muqueuses oropharyngées. Ces signes, visibles à l’examen clinique, font partie intégrante du tableau acromégalique.

⚠ Signe d’alerte : Toute hyperhidrose inexpliquée associée à un épaississement progressif des traits du visage ou des extrémités, même discret, doit faire évoquer une acromégalie et motivera un dosage de l’IGF-1 sérique.

Acanthosis nigricans : marqueur cutané clé de l’insulinorésistance induite

L’acanthosis nigricans est une dermatose hyperkératosique et hyperpigmentée, siégeant de façon symétrique dans les grands plis (aisselles, nuque, aine). Sa présence dans le contexte d’une hypersécrétion de GH ou d’un traitement par IGF-1 mérite une attention particulière du dermatologue.

Mécanisme physiopathologique

Deux voies expliquent son apparition en cas d’excès de GH :

  1. Action directe de l’IGF-1 : les kératinocytes de l’épiderme portent des récepteurs à l’IGF-1. En situation de surcharge en GH/IGF-1, ces récepteurs sont suractivés, entraînant une prolifération anormale des kératinocytes et des fibroblastes dermiques responsable de l’hyperkératose et de l’hyperpigmentation caractéristiques.
  2. Insulinorésistance induite : la GH est une hormone hyperglycémiante et diabétogène. Un excès chronique induit une insulinorésistance périphérique. L’hyperinsulinisme compensatoire active à son tour les récepteurs à l’IGF-1 des kératinocytes (molécules structurellement proches de l’insuline), amplifiant la prolifération épidermique.

Dans les formes sévères d’insulinorésistance associées à une hypersécrétion de GH, l’acanthosis nigricans peut être remplacé ou complété par des molluscum pendulum des plis (acrochordons), dont la signification sémiologique est identique. Des signes acromégaloïdes (faciès, hypertrophie musculaire) peuvent coexister du fait des effets anaboliques de l’hyperinsulinisme majeur.

Cas particulier : Un traitement prolongé par hormone de croissance exogène ou par IGF-1 recombinant (Increlex®) peut induire un acanthosis nigricans et, plus rarement, des lésions psoriasiformes, en particulier en présence d’une insulinorésistance sous-jacente.

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Effets cutanés du traitement médical par GH

La somatropine est prescrite à des doses thérapeutiques précises dans des indications reconnues : retard de croissance par déficit en GH chez l’enfant, syndrome de Turner, insuffisance rénale chronique de l’enfant, et certaines indications adultes (déficit sévère en GH, cachexie liée au VIH). À ces doses, les effets cutanés sont généralement minimes mais méritent d’être connus.

Effets attendus et bénéfiques

À doses physiologiques de substitution, la GH restaure l’épaisseur dermique et améliore la qualité de la peau chez les patients déficitaires. La peau reprend fermeté et tonicité, la cicatrisation peut s’améliorer, et le capital collagénique se reconstitue progressivement. Ces effets expliquent l’intérêt (controversé et non médical) de la GH dans le domaine de la médecine anti-âge.

Effets indésirables cutanés et péri-cutanés

Effet indésirable Mécanisme Fréquence
Rétention hydrosodée / œdèmes Effet antinatriurétique de la GH Fréquent (adulte)
Séborrhée / peau grasse Hypertrophie des glandes sébacées Occasionnel
Gynécomastie Stimulation du tissu mammaire (homme) Rare
Acanthosis nigricans IGF-1 + insulinorésistance Rare (dose-dépendant)
Lésions psoriasiformes Surexpression du récepteur IGF-1 dans l’épiderme psoriasique Très rare
Réactions au site d’injection Lipodystrophie locale, érythème Occasionnel
⛔ Contre-indications absolues : Le traitement par GH est contre-indiqué en cas de néoplasie active ou d’antécédent de tumeur intracrânienne maligne. La GH stimulant la prolifération cellulaire via IGF-1, tout cancer ou précancéreux cutané connu doit être signalé à l’endocrinologue avant d’initier un traitement.

Dopage à la GH : signes cutanés d’alerte pour le dermatologue

Depuis les années 1990, la GH recombinante est interdite par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) en et hors compétition. Pourtant, son usage détourné reste répandu dans les milieux de musculation, de sports de force et parmi les personnes recherchant un effet anti-âge. La détection est difficile en raison de la courte demi-vie plasmatique de l’hormone (20 à 30 minutes). Le dermatologue peut être la première porte d’entrée de suspicion.

Tableau clinique cutané du dopage à la GH

À doses supra-physiologiques, les effets cutanés suivants peuvent attirer l’attention :

  • Séborrhée importante et acné : l’hyperstimulation des glandes sébacées génère une peau franchement grasse. L’acné qui en résulte peut être sévère, à tendance kystique ou nodulaire, notamment dans les zones androgéno-sensibles (dos, épaules, nuque). Elle peut résister aux traitements topiques habituels.
  • Œdèmes des tissus mous : le visage, le cou et les doigts peuvent prendre un aspect gonflé, « bouffi », en lien avec l’effet antinatriurétique de la GH. Ces œdèmes sont dose-dépendants et régressent à l’arrêt.
  • Hypertrichose modérée : une pilosité plus fournie et plus foncée peut apparaître.
  • Modifications progressives des traits : en cas d’usage prolongé, les traits du visage s’épaississent, les mains et les pieds augmentent de volume – tableau acromégaloïde iatrogène.

Association avec les anabolisants stéroïdiens

Le dopage à la GH est souvent combiné à des stéroïdes anabolisants androgènes (SAA). L’association amplifie considérablement les effets cutanés : l’acné devient alors fulminante, potentiellement kystique, nécessitant parfois une isotrétinoïne. Attention : l’association isotrétinoïne + anabolisants hépatotoxiques majore le risque d’hépatotoxicité – cette situation impose un suivi biologique rigoureux.

Signes cutanés devant alerter sur un possible dopage : acné sévère dorsale chez un adulte sans antécédent, associée à une masse musculaire disproportionnée, des œdèmes faciaux ou des mains, et une peau grasse d’installation récente.

Prise en charge dermatologique des manifestations cutanées

Face à une suspicion d’acromégalie

Le dermatologue qui constate un épaississement cutané progressif, une hyperhidrose persistante ou un acanthosis nigricans inexpliqué doit adresser le patient à un endocrinologue. Le bilan de première intention comprend un dosage de l’IGF-1 sérique (test de dépistage) et, en cas d’élévation, un test de freinage par hyperglycémie provoquée. L’IRM hypophysaire précisera la présence et la taille d’un éventuel adénome.

Traitement des manifestations cutanées spécifiques

La prise en charge de l’affection causale est toujours prioritaire (chirurgie transphénoïdale, analogues de la somatostatine, antagoniste du récepteur GH – pegvisomant). Sur le plan dermatologique :

  • Séborrhée et acné : nettoyants non comédogènes, peroxyde de benzoyle, rétinoïdes topiques. En cas d’acné sévère, l’isotrétinoïne orale peut être envisagée après contrôle du bilan hépatique et en dehors de tout dopage associé.
  • Acanthosis nigricans : le traitement de la cause (correction de l’insulinorésistance, prise en charge de l’obésité associée) entraîne une régression partielle ou totale des lésions. Localement, des kératolytiques (acide salicylique, urée) peuvent améliorer l’aspect.
  • Hyperhidrose : antiperspirants à base de sels d’aluminium en première intention ; injections de toxine botulinique pour les cas réfractaires axillaires ou palmaires.
  • Hypertrichose : épilation laser ou lumière pulsée après stabilisation hormonale, les repousses restant fréquentes en phase active.
✓ Bonne pratique : Lors de l’initiation d’un traitement par GH (enfant ou adulte), un examen cutané de référence est recommandé, incluant la recherche d’un acanthosis nigricans des plis et l’évaluation de la séborrhée, afin de documenter toute évolution sous traitement.

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Questions fréquentes

Quels sont les principaux effets cutanés d’un excès d’hormone de croissance ?

Un excès de GH provoque un épaississement de la peau (pachydermie), une hyperhidrose marquée, une séborrhée accrue pouvant évoluer vers l’acné, et une hypertrichose. Via l’insulinorésistance et la suractivation de l’IGF-1, il peut également induire un acanthosis nigricans dans les plis corporels.

L’acanthosis nigricans peut-il être causé par l’hormone de croissance ?

Oui. La GH stimule la production d’IGF-1 qui active directement les récepteurs des kératinocytes et provoque leur prolifération anormale. De plus, la GH induit une insulinorésistance, facteur déclenchant classique de l’acanthosis nigricans.

Le traitement par hormone de croissance chez l’enfant donne-t-il des effets cutanés ?

À doses thérapeutiques, les effets cutanés sont rares chez l’enfant. En revanche, à doses supra-physiologiques ou lors d’un dopage, séborrhée, acné, hypertrichose et œdèmes des tissus mous peuvent apparaître.

Quelle est la différence entre les manifestations cutanées de l’acromégalie et celles du dopage à la GH ?

Dans l’acromégalie, les modifications cutanées sont progressives sur des années (pachydermie sévère, traits grossiers, hypertrichose marquée). Dans le dopage, les signes sont dose-dépendants et réversibles à l’arrêt : séborrhée, acné, rétention hydrique et léger gonflement des tissus mous.

Quand consulter un dermatologue face à des signes cutanés évocateurs d’un excès de GH ?

Une consultation s’impose devant l’apparition d’un acanthosis nigricans dans les plis, un épaississement progressif de la peau du visage ou des extrémités, une hyperhidrose inexpliquée, ou une acné sévère résistante aux traitements habituels, surtout si elle s’accompagne de modifications morphologiques.

Contenu en lien sur Dermatonet

Références scientifiques

  1. Lobie PE, Garcia-Aragon J, Lincoln DT, et al. Localization of the growth hormone receptor/binding protein in skin. J Endocrinol. 1990;126(3):467-472.
    [PubMed]
  2. Chanson P, Salenave S. Acromégalie. Presse Med. 2009;38(1):92-102.
    [PubMed]
  3. Melnik BC. Linking diet to acne metabolomics, inflammation, and comedogenesis: an update. Clin Cosmet Investig Dermatol. 2015;8:371-388.
    [PubMed]
  4. Fürstenberger G, Senn HJ. Insulin-like growth factors and cancer. Lancet Oncol. 2002;3(5):298-302.
    [PubMed]

Article rédigé par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – Dernière mise à jour : avril 2025.

Clarityne, antihistaminique

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Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Clarityne® (loratadine 10 mg) est un antihistaminique H1 non sédatif de 2e génération, disponible sans ordonnance, indiqué dans l’urticaire et la rhinite allergique. C’est l’antihistaminique le mieux documenté pendant la grossesse : une étude portant sur 161 grossesses exposées au 1er trimestre n’a pas retrouvé de sur-risque de malformation par rapport aux témoins non exposés.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Clarityne® (loratadine) : antihistaminique non sédatif – guide pratique

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

Clarityne® est un antihistaminique de 2e génération (loratadine) indiqué dans le traitement de l’urticaire et des manifestations allergiques cutanées. Non sédatif, il est disponible sans ordonnance en pharmacie – c’est l’une des molécules antihistaminiques les mieux documentées, notamment durant la grossesse. Sa molécule fille, la desloratadine (Aerius®), en est le métabolite actif.

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Sommaire :
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Conseils pratiques |
Pages associées

Clarityne® : qu’est-ce que c’est ?

Caractéristique Détail
Nom commercial Clarityne®
Principe actif Loratadine – molécule mère de la desloratadine (Aerius®)
Classe Antihistaminique H1 de 2e génération – non anticholinergique
Délivrance Sans ordonnance – disponible directement en pharmacie
Posologie habituelle 1 comprimé de 10 mg par jour – indépendamment des repas
Spécificité Non sédatif – conduite automobile autorisée – l’une des molécules les mieux documentées en termes de sécurité durant la grossesse parmi les antihistaminiques
💡 Pour une comparaison complète des antihistaminiques et le choix selon la situation clinique, voir la page guide des antihistaminiques.

Indications dermatologiques

Clarityne® est indiqué dans l’urticaire aiguë et chronique, et dans les manifestations allergiques cutanées prurigineuses. Sa disponibilité sans ordonnance en fait un traitement de première intention accessible pour les épisodes d’urticaire aiguë ou de démangeaisons allergiques légères à modérées.


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Contre-indications

Contre-indication Explication
Allergie à la loratadine ou à l’un des composants Contre-indication absolue – allergie croisée possible avec la desloratadine (Aerius®)
Insuffisance hépatique sévère Métabolisme hépatique de la loratadine – adapter la posologie sur avis médical

Conseils pratiques d’utilisation

  • Respecter la prescription du médecin – 1 comprimé par jour.
  • Clarityne® est non sédatif : prise possible le matin, conduite automobile autorisée.
  • Clarityne® n’est pas recommandé en cas de grossesse ou d’allaitement – cependant, parmi les antihistaminiques, la loratadine est l’une des molécules les mieux documentées et peut être envisagée sur avis médical si le bénéfice justifie la prise.
  • En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tête, nausées, vomissements, palpitations…), consulter un médecin pour connaître la conduite à tenir.

Pages associées

Voir aussi :
Antihistaminiques |
Aerius® |
Urticaire |
Téléconsultation dermatologue

Consultez en urgence si : gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge (œdème de Quincke), urticaire géante associée à des difficultés respiratoires ou un malaise — appelez le 15. Clarityne® ne remplace jamais l’adrénaline en cas de réaction anaphylactique sévère.

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Questions fréquentes

Clarityne® (loratadine) est-il efficace contre l’urticaire ?

Oui, Clarityne® est un antihistaminique H1 de 2e génération non sédatif, indiqué dans l’urticaire aiguë et chronique ainsi que dans la rhinite allergique. Il agit en 1 à 3 heures et son effet dure 24 heures.

Quelle est la posologie de Clarityne® chez l’adulte ?

1 comprimé de 10 mg par jour, en une seule prise, avec ou sans aliment. Pas d’adaptation posologique nécessaire sauf en cas d’insuffisance rénale sévère.

Clarityne® provoque-t-il de la somnolence ?

Non, la loratadine (Clarityne®) est un antihistaminique de 2e génération non sédatif. Elle ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique aux doses thérapeutiques et ne cause pas de somnolence.

Clarityne® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Non, Clarityne® 10 mg comprimés n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. Il est disponible sans ordonnance en pharmacie. Des génériques à base de loratadine sont également disponibles.

Références

  • Moretti ME, Caprara D, Coutinho CJ, et al. Fetal safety of loratadine use in the first trimester of pregnancy: a multicenter study. J Allergy Clin Immunol. 2003;111(3):479-483. PMID 12642825
  • Gilboa SM, Ailes EC, Rai RP, Anderson JA, Honein MA. Antihistamines and birth defects: a systematic review of the literature. Expert Opin Drug Saf. 2014;13(12):1667-1698. PMID 25307228
  • Simons FE, Simons KJ. Histamine and H1-antihistamines: celebrating a century of progress. J Allergy Clin Immunol. 2011;128(6):1139-1150. PMID 22035879

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS). Antihistaminiques H1 – recommandations. has-sante.fr


Lamisil® (terbinafine) : mycoses cutanées et des ongles, posologie

Mis à jour le 13 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Télécharger un guide complet au format PDF :

⚠️ Surveillance hépatique : la terbinafine orale expose à un risque rare mais sévère d’atteinte hépatique. Un bilan hépatique est recommandé avant traitement en cas de facteur de risque, et le traitement doit être arrêté sans délai en cas de symptômes évocateurs (fatigue inhabituelle, nausées persistantes, urines foncées, jaunisse).
En bref : Lamisil® (terbinafine) traite les mycoses cutanées en crème/spray (1 à 2 semaines) et l’onychomycose en comprimés (6 semaines aux mains, 12 semaines aux pieds), avec une surveillance hépatique recommandée pour la forme orale.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Lamisil® est un antifongique à base de terbinafine disponible en trois formes : crème 1%, solution pour pulvérisation cutanée 1% et comprimés sécables 250 mg. Classé liste 2, il est remboursé à 30% (formes topiques) et 65% (comprimés) sur prescription médicale.

Formes disponibles et indications

Forme Indication principale Durée Remboursement
Crème 1% Pied d’athlète, intertrigo, dermatophytose 1 à 2 semaines 30%
Spray 1% Pied d’athlète, pityriasis versicolor 1 semaine 30%
Comprimés 250 mg Onychomycose, teigne, dermatophytose sévère 6 sem. (mains) / 12 sem. (pieds) 65%

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Questions fréquentes sur Lamisil® (terbinafine)

Lamisil® crème est-il remboursé sans ordonnance ?

Non, Lamisil® est classé liste 2 et nécessite une prescription médicale pour être remboursé. Il peut être acheté sans ordonnance en pharmacie mais ne sera pas remboursé dans ce cas. Pour bénéficier du remboursement à 30%, une ordonnance est indispensable.

Combien de temps faut-il prendre Lamisil® comprimés pour guérir un ongle mycosé ?

Le traitement par comprimés est de 6 semaines pour les ongles des mains et de 12 semaines pour les ongles des pieds. La disparition clinique de la mycose est visible plusieurs mois après la fin du traitement, lors de la repousse de l’ongle sain.

Quelle est la différence entre Lamisil® et Fungster® ?

Lamisil® et Fungster® contiennent tous deux de la terbinafine 250 mg et ont la même efficacité. Lamisil® est la marque d’origine ; Fungster® est un générique. Lamisil® propose en plus des formes topiques (crème et spray) que Fungster® ne propose pas.

Quels sont les effets secondaires de Lamisil® ?

Les effets les plus fréquents sont : troubles digestifs (nausées, diarrhées), perturbations du goût et éruptions cutanées. Des atteintes hépatiques rares mais sévères ont été rapportées avec la forme orale, nécessitant une surveillance hépatique.

Mycose d’ongle ou psoriasis?

Références scientifiques

Gupta AK, Polla Ravi S, Talukder M, Mann A. Effectiveness and safety of oral terbinafine for dermatophyte distal subungual onychomycosis. Expert Opin Pharmacother. 2024. PMID 38221907.
Ferguson JE, Prouty M. Terbinafine used safely in autoimmune hepatitis for treatment of tinea corporis. BMJ Case Rep. 2021. PMID 34035031.
Gupta AK, Studholme C. Novel therapies for onychomycosis: role of terbinafine and comparative efficacy. Mycopathologia. 2016. PMID 27502503.
Source institutionnelle : Base de données publique des médicaments (BDPM) — Lamisil® 250 mg.

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Traitement du psoriasis : crèmes, photothérapie et biothérapies selon la sévérité

Comment soigner le psoriasis? Traitement du psoriasis, des crèmes aux biothérapies

psoriasis
Psoriasis-image générée par IA

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Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique touchant 2 à 5 % de la population française. Son traitement n’est pas curatif mais les options disponibles en 2026 permettent d’obtenir une peau quasi-nette chez la très grande majorité des patients, y compris dans les formes sévères. Le choix dépend de la sévérité, de la localisation, du retentissement sur la qualité de vie (score DLQI) et des comorbidités.

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Sommaire :
Stratégie par sévérité |
Traitements locaux |
Photothérapie |
Traitements généraux |
Biothérapies |
Selon la localisation |
Questions fréquentes

Stratégie thérapeutique par sévérité

L’évaluation repose sur deux scores complémentaires : le PASI (surface et intensité des lésions) et le DLQI (impact sur la qualité de vie). Un psoriasis peu étendu mais touchant les mains, le visage ou les ongles peut justifier un traitement systémique même si la surface atteinte est faible.

Sévérité Critères Traitement de référence
Légère PASI < 10, DLQI < 10, surface < 10 % Topiques seuls (dermocorticoïdes ± analogues vitamine D)
Modérée à sévère PASI ≥ 10 ou DLQI ≥ 10 ou surface ≥ 10 % Photothérapie, méthotrexate, ciclosporine
Sévère réfractaire Échec ou CI des traitements conventionnels Biothérapies anti-IL17, anti-IL23, anti-TNF
Localisations difficiles Mains, ongles, cuir chevelu, visage, plis Traitement spécifique selon siège (voir section 6)

Traitements locaux (topiques)

Les topiques sont la base du traitement dans les formes légères à modérées et le complément indispensable des traitements généraux. Ils agissent directement sur la plaque sans effets systémiques significatifs aux doses habituelles.

Classe Exemples Précautions
Dermocorticoïdes Betnéval®, Diprosone®, Dermoval® Éviter visage et plis en traitement prolongé. Risque d’atrophie cutanée.
Analogues vitamine D Daivonex® (calcipotriol), Silkis® (calcitriol) Irritants sur visage et plis. Ne pas dépasser 100 g/semaine.
Association DC + vit. D ⭐ Daivobet® gel, Enstilar® mousse Référence actuelle pour les plaques du corps. Gel crânien pour le cuir chevelu.
Inhibiteurs calcineurine Tacrolimus (Protopic®) – hors AMM Réservé au visage et aux plis. Voir : page Protopic.
Tazarotène Zorac® gel 0,05 % et 0,1 % Irritant fréquent. Associer un émollient. Contre-indiqué grossesse.

💡 Règle des 2 semaines (proactive therapy) : pour les dermocorticoïdes puissants, un schéma d’entretien de 2 applications par semaine sur les zones habituellement atteintes réduit significativement la fréquence des poussées sans augmenter le risque d’effets secondaires.

Photothérapie UVB et PUVA

La photothérapie reproduit l’effet bénéfique du soleil de façon contrôlée. Elle est proposée en cas de psoriasis modéré à sévère étendu, avant d’envisager un traitement systémique.

Modalité Efficacité Contraintes
UVB spectre étroit (TL01) Blanchiment chez 70–80 % après 30 séances (3×/semaine) Déplacements en centre équipé. Capital solaire limité.
PUVA thérapie Blanchiment chez 85–90 % – plus carcinogène que UVB Max 150–200 séances à vie. Protection oculaire 24 h après prise.
Balnéo-PUVA Équivalent PUVA oral, moins d’effets digestifs Indiqué notamment dans le psoriasis palmoplantaire.

Traitements généraux classiques

Indiqués en cas de PASI ≥ 10 ou DLQI ≥ 10, ou de résistance aux topiques et à la photothérapie. Ils nécessitent un bilan préthérapeutique et une surveillance biologique régulière.

Molécule Posologie habituelle Surveillance Contre-indications principales
Méthotrexate (Imeth®, Novatrex®) 5 à 25 mg/semaine PO ou SC NFS, TGO/TGP mensuels. Fibroscan à 3 g cumulés. Grossesse, alcoolisme, hépatopathie, insuffisance rénale
Ciclosporine (Néoral®) 2,5 à 5 mg/kg/j en 2 prises PA, créatinine tous les 15 j puis mensuels HTA non contrôlée, insuffisance rénale, immunodépression
Acitrétine (Soriatane®) 25 à 50 mg/j Bilan lipidique, transaminases mensuels Grossesse absolue (tératogène 3 ans après arrêt)
Aprémilast (Otezla®) 30 mg × 2/j après titration Poids (risque perte pondérale), humeur Peu de CI absolues. Option sans injection.

💡 Méthotrexate – voie SC préférable au-delà de 15 mg/semaine : meilleure biodisponibilité, moins d’effets digestifs. Supplémenter systématiquement en acide folique 5 mg/semaine (la veille ou le lendemain de la prise) pour réduire les effets secondaires hématologiques sans diminuer l’efficacité.

Biothérapies et petites molécules

Les biothérapies ciblent les cytokines clés de l’inflammation psoriasique. Réservées aux formes modérées à sévères en échec des traitements conventionnels. En 2026, les anti-IL23 représentent le standard thérapeutique dans les formes sévères – efficacité supérieure avec une injection toutes les 8 à 12 semaines après induction.

Cible DCI Spécialité Efficacité / rythme
Anti-TNF-α Étanercept, adalimumab, infliximab Enbrel®, Humira®, Remicade® Hebdomadaire à trimestriel. PASI 75 chez 50–60 %.
Anti-IL17A Sécukinumab, ixékizumab, bimékizumab Cosentyx®, Taltz®, Bimzelx® Mensuel après induction. PASI 90 chez 60–70 %.
Anti-IL23 ⭐ standard 2026 Guselkumab, risankizumab, tildrakizumab Tremfya®, Skyrizi®, Ilumetri® Toutes les 8–12 sem. PASI 90 chez 70–80 %.
Anti-IL12/23 Ustékinumab Stelara® + biosimilaires 2024 Toutes les 12 semaines.
Inhibiteur TYK2 Déucravacitinib Sotyktu® (AMM 2023) Comprimé oral 1×/j. Option sans injection.

⚠️ Rhumatisme psoriasique associé : en cas d’atteinte articulaire (présente chez 20–30 % des patients), les anti-IL17 et anti-TNF sont préférés aux anti-IL23. Décision en collaboration dermatologie-rhumatologie. Voir : inhibiteurs JAK en dermatologie.

Nouveauté 2026 : une biothérapie ciblant l’IL-23 en comprimé. L’icotrokinra, un peptide oral inhibiteur de l’IL-23, a obtenu une autorisation de la FDA aux États-Unis en 2026 pour le psoriasis en plaques modéré à sévère. Jusqu’ici, tous les anti-IL23 nécessitaient une injection : cette molécule ouvre la voie à une biothérapie efficace sans piqûre. Elle n’est pas encore disponible en France ni dans l’Union européenne : son autorisation dépendra de l’évaluation de l’Agence européenne des médicaments, puis de la Haute Autorité de Santé. Parlez-en à votre dermatologue si vous souhaitez faire le point sur les options actuellement disponibles.

Traitements selon la localisation

Localisation Traitement de choix Particularité
Cuir chevelu Daivobet® gel crânien, shampoings kératolytiques Décroûtage préalable huile salicylée si squames épaisses. Voir : croûtes cuir chevelu.
Visage DC classe I-II courte durée, tacrolimus hors AMM Éviter DC puissants. Sebopsoriasis fréquent.
Plis DC classe I-II, tacrolimus Psoriasis inversé – rouge luisant sans squames.
Paumes / plantes DC classe IV en occlusion, balnéo-PUVA, acitrétine Très invalidant, résistant aux topiques seuls.
Ongles DC en occlusion, tacrolimus, biothérapie si sévère Réponse lente (6–12 mois). Associé rhumatisme dans 80 % des cas.
Muqueuses génitales DC classe I, tacrolimus Zone très sensible – dermocorticoïdes faibles uniquement.

Pages spécialisées du cluster psoriasis

Traitements détaillés
Méthotrexate dans le psoriasis – posologie, surveillance, effets secondaires
Inhibiteurs JAK en dermatologie – baricitinib, upadacitinib, ruxolitinib
Alimentation et psoriasis – régime anti-inflammatoire, microbiome

Formes, localisations et contexte
Psoriasis du visage – traitement spécifique
Psoriasis – causes, symptômes, types (page générale)
Stress et maladies de peau – axe neuro-immun
Téléconsultation dermatologue

⚠ Consultez rapidement si :

  • Réaction cutanée sévère à un traitement (corticoïdes per os en sortie de traitement)
  • Psoriasis qui s’aggrave brutalement sous biothérapie – décision médicale urgente
  • Signes infectieux sous méthotrexate ou biothérapie : fièvre, toux, frissons

Vous verrez parfois des cosmétiques présentés comme des alternatives aux traitements du psoriasis, comme la marque Pomad, médiatisée en 2026. Un soin bien formulé peut compléter votre routine, mais ne remplace pas les traitements topiques ou systémiques validés listés ci-dessus : voir notre analyse de Pomad et du psoriasis.

Questions fréquentes

La marque Pomad est-elle efficace contre le psoriasis ?

Pomad est un cosmétique, pas un médicament : aucune étude clinique publiée ne démontre son efficacité sur le psoriasis à ce jour. Les traitements validés restent les dermocorticoïdes, les analogues de la vitamine D et, dans les formes sévères, les biothérapies. Voir notre analyse complète.

Peut-on guérir définitivement du psoriasis ?

Non, il n’existe pas de traitement curatif du psoriasis. Les traitements actuels contrôlent la maladie – parfois avec une peau totalement nette – mais le psoriasis tend à récidiver à l’arrêt. L’objectif thérapeutique est d’obtenir un PASI 90 (peau nette à 90 %) durablement.

À partir de quand faut-il envisager une biothérapie ?

En cas de PASI ≥ 10 ou DLQI ≥ 10 après échec ou contre-indication à au moins deux traitements conventionnels (méthotrexate, ciclosporine, acitrétine) ou à la photothérapie. Elle peut être proposée en première ligne si les traitements conventionnels sont contre-indiqués.

Les biothérapies contre le psoriasis sont-elles remboursées en France ?

Oui, à 100 % dans le cadre d’une ALD 30 (affection longue durée). La prescription initiale est réservée aux dermatologues. Le suivi peut ensuite être partagé avec le médecin traitant.

Quels médicaments peuvent aggraver le psoriasis ?

Les bêtabloquants, le lithium, les antipaludéens (chloroquine, hydroxychloroquine), les AINS, l’interféron et les inhibiteurs de l’ECA peuvent déclencher ou aggraver un psoriasis. Signalez toute aggravation à votre dermatologue sans jamais arrêter un traitement sans avis médical.

Le soleil améliore-t-il le psoriasis ?

Oui chez 70–80 % des patients – c’est le principe de la photothérapie UVB. Cependant, un coup de soleil peut déclencher une poussée par phénomène de Koebner. L’exposition solaire raisonnée est bénéfique sans remplacer le traitement prescrit.

Faut-il arrêter la biothérapie en cas de chirurgie ou d’infection ?

Oui en général. Les biothérapies doivent être interrompues avant une intervention chirurgicale programmée (délai variable selon la molécule) et en cas d’infection active. Votre dermatologue vous indiquera le délai précis selon la biothérapie concernée.

Références scientifiques

Voir aussi :
Psoriasis – causes et symptômes |
Alimentation et psoriasis |
Inhibiteurs JAK |
Stress et maladies de peau |
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En bref : Le traitement du psoriasis dépend de sa sévérité : pour les formes légères à modérées, les dermocorticoïdes et les analogues de la vitamine D (calcipotriol) constituent la base. Les formes modérées à sévères justifient une photothérapie UVB, du méthotrexate ou des biothérapies (anti-TNF, anti-IL-17, anti-IL-23) dont l’efficacité atteint 80 à 90 % de réduction des lésions.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Télécharger un guide complet au format PDF :

Références médicales

  • Sbidian E et al., Biologics for chronic plaque psoriasis, Cochrane Database Syst Rev, 2022. PMID 35609099
  • Haute Autorité de Santé – has-sante.fr
  • Haute Autorité de Santé – has-sante.fr

Vitiligo : risques, protection et conseils dermatologue


Vitiligo : taches blanches, causes, diagnostic et traitements

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Le vitiligo est une maladie auto-immune fréquente touchant environ 1 % de la population, caractérisée par la destruction des mélanocytes (cellules pigmentaires de la peau). Il en résulte des taches blanches de dépigmentation, touchant préférentiellement les mains, le visage et les zones de frottement. Il concerne autant les hommes que les femmes, apparaît souvent avant 30 ans et peut survenir dès l’enfance. Ce n’est pas une maladie contagieuse. Il nécessite une prise en charge dermatologique spécialisée.

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Vidéo : vitiligo - taches blanches, causes et traitements

En bref : Vitiligo : risques, protection et conseils dermatologue – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Vitiligo - taches blanches de dépigmentation sur la peau

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Sommaire :
Qu’est-ce que le vitiligo |
Causes |
Types de vitiligo |
Symptômes et diagnostic |
Lampe de Wood et dermoscopie |
Maladies associées |
Impact sur la qualité de vie |
Traitements |
Pages spécialisées |
Questions fréquentes

Qu’est-ce que le vitiligo ?

Le vitiligo est une maladie des mélanocytes – les cellules de l’épiderme responsables de la production de mélanine. Dans le vitiligo, ces cellules sont détruites par le système immunitaire, laissant des zones de peau totalement dépourvues de pigment : les taches blanches.

Ces taches siègent préférentiellement sur les zones de frottement chronique (mains, articulations, coudes, genoux), le visage, les organes génitaux. Les poils et cheveux dans la zone atteinte peuvent également blanchir.

Vitiligo de la main - dépigmentation mélanocytaire
Vitiligo de la main

Causes du vitiligo

Mécanisme Détail
Facteur génétique Antécédent familial dans environ 1/3 des cas. Gènes de susceptibilité identifiés : NLRP1, PTPN22, CTLA4. Maladie polygénique – la génétique prédispose sans déterminer à elle seule l’apparition.
Mécanisme auto-immun Attaque des mélanocytes par des lymphocytes T CD8+ activés. Voie : IFN-gamma → JAK1/JAK2 → CXCL10 → recrutement de lymphocytes cytotoxiques. Cette cascade est la cible des inhibiteurs de JAK (ruxolitinib, baricitinib).
Phénomène de Koebner La dépigmentation apparaît ou s’aggrave sur les zones soumises à des micro-traumatismes répétés (frottement, pression). Une tache blanche peut apparaître à la suite d’un traumatisme unique.

📚 Mécanismes immunologiques du vitiligo et voies thérapeutiques – PubMed

Types de vitiligo

Type Caractéristiques Réponse au traitement
Vitiligo non segmentaire
(forme la plus fréquente)
Atteinte bilatérale et souvent symétrique. Débute aux mains ou au visage, peut s’étendre par poussées. Sous-types : vulgaire, moucheté, ponctué, acrofacial, universel (dépigmentation quasi-totale). Bonne – dermocorticoïdes, UVB, inhibiteurs JAK
Vitiligo segmentaire Atteinte unilatérale suivant le territoire d’un nerf sensitif. Plus fréquent sur le visage. Apparaît plus jeune, progresse rapidement puis se stabilise. Mécanisme distinct – possiblement lié à une dysfonction nerveuse. Moins bonne aux traitements conventionnels – greffe de mélanocytes souvent proposée

Symptômes et diagnostic

Les taches de vitiligo sont des macules blanc ivoire ou blanc laiteux, à bords nets, parfois légèrement hyperpigmentés en périphérie. Elles deviennent facilement rosées au soleil et brûlent facilement car la peau dépigmentée ne se protège plus naturellement contre les UV.

Le diagnostic est clinique. En cas de doute, deux examens complémentaires sont utiles : la lampe de Wood et la dermoscopie.

Lampe de Wood et dermoscopie

Signe Signification
Aspect brillant blanc-bleuté de la plaque Vitiligo actif et évolutif
Dépigmentation en bordure, hyperpigmentation périlésionnelle, pigmentation en confettis Signes d’activité
Poils noirs au sein des plaques blanches Réservoir de mélanocytes bulbaires – indicateur pronostique favorable pour la repigmentation sous traitement
Dépigmentation périfolliculaire Vitiligo plutôt stable

Maladies auto-immunes associées

Maladie associée Fréquence / remarque
Thyroïdite auto-immune (Hashimoto) / Basedow Plus d’un quart des patients avec vitiligo développeront une thyroïdite auto-immune au cours de leur vie
Pelade (alopecia areata) Association auto-immune fréquente – même voie JAK
Diabète de type 1 Association auto-immune
Polyarthrite rhumatoïde Association auto-immune
MICI (maladies inflammatoires chroniques intestinales) Association auto-immune

💡 Le dermatologue prescrira selon les cas un bilan thyroïdien (TSH, anticorps anti-TPO) et une NFS pour rechercher une association auto-immune. Une dysthyroïdie non traitée peut aggraver le vitiligo.

📚 Impact du vitiligo sur la qualité de vie – PubMed

Impact sur la qualité de vie

Le vitiligo a souvent un retentissement psychologique et social important, notamment lorsqu’il touche des zones visibles (visage, mains, cou). La stigmatisation, la gêne esthétique et l’anxiété liée à l’évolution imprévisible peuvent affecter significativement la qualité de vie, l’estime de soi et les relations sociales. Cet impact justifie une prise en charge globale incluant un soutien psychologique si nécessaire.

Traitements du vitiligo

Traitement Indication / remarque
Dermocorticoïdes et inhibiteurs de calcineurine topiques
(tacrolimus, pimécrolimus)
1re intention pour les formes localisées
Photothérapie UVB à spectre étroit (nb-UVB) Traitement de référence pour les formes étendues – séances 2 à 3 fois/semaine
Ruxolitinib topique (Opzelura®)
Inhibiteur de JAK
1re molécule approuvée spécifiquement pour le vitiligo (FDA 2022, EMA 2023). Cible la voie IFN-gamma/JAK/CXCL10. Résultats remarquables sur la repigmentation du visage.
Inhibiteurs de JAK oraux
(baricitinib, ritlecitinib)
En évaluation pour les formes étendues résistantes
Greffe de mélanocytes Vitiligos stables et segmentaires résistants aux autres traitements
Photoprotection SPF 50+ Obligatoire sur les zones dépigmentées – prévention des coups de soleil et des hyperpigmentations périlésionnelles aggravant le contraste

📚 Ruxolitinib topique dans le vitiligo non segmentaire – essai de phase 3 – PubMed

→ Voir l’article complet sur le traitement du vitiligo et les conseils pour diminuer le vitiligo.

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Pages spécialisées du cluster vitiligo

Vitiligo – diagnostic et traitement
Taches blanches – diagnostic différentiel du vitiligo
Traitement du vitiligo – guide complet
Diminuer le vitiligo – conseils pratiques
Tacrolimus (Protopic®) – mode d’emploi

Vitiligo ou pityriasis versicolor?

Maladies auto-immunes associées et taches de peau
Pelade – alopecia areata, inhibiteurs JAK
Taches sur la peau – toutes les causes
Dermatoscopie – comment ça marche ?
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Références scientifiques

 

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie

Questions fréquentes sur le vitiligo

Quand consulter un dermatologue pour vitiligo : risques, protection et conseils dermatologue ?

Consultez rapidement si les symptômes persistent plus de 2 semaines, s’aggravent ou s’accompagnent de fièvre. Une consultation précoce permet un diagnostic précis et un traitement adapté, limitant les complications potentielles.

Peut-on traiter vitiligo : risques, protection et conseils dermatologue sans ordonnance ?

Certaines formes légères peuvent être soulagées avec des produits en pharmacie. Cependant, un diagnostic médical est nécessaire pour éliminer les causes sérieuses et éviter les erreurs de traitement.

Combien de temps dure le traitement ?

La durée varie selon la forme clinique et la sévérité : de 1 à 4 semaines pour un traitement local, parfois plusieurs mois pour les formes chroniques. Le suivi est adapté à votre réponse au traitement.

Y a-t-il des facteurs aggravants à éviter ?

Oui, selon la pathologie : le stress, certains aliments, les frottements, l’exposition solaire sans protection ou les produits irritants peuvent aggraver les symptômes. Votre dermatologue identifiera vos facteurs déclenchants.

La téléconsultation est-elle possible ?

Oui. Le Dr Rousseau propose des téléconsultations avec prescription si nécessaire. Des photos nettes de la zone concernée permettent un avis fiable à distance, via Consulib.

Le vitiligo est-il contagieux ?

Non. Le vitiligo est une maladie auto-immune, pas une infection. Il ne se transmet pas par contact cutané, par les vêtements ni par aucun autre mode de transmission. Cette idée reçue, fréquente dans certaines cultures, est totalement erronée.

Le vitiligo peut-il guérir spontanément ?

Des repigmentations spontanées partielles sont possibles, notamment chez l’enfant, souvent autour des follicules pileux. Une guérison complète spontanée est cependant exceptionnelle. Le traitement précoce améliore significativement les chances de repigmentation durable.

Peut-on s’exposer au soleil avec un vitiligo ?

Avec précaution. Les taches dépigmentées ne se protègent plus naturellement des UV et brûlent très facilement. Une photoprotection SPF 50+ est indispensable sur les zones atteintes. À l’inverse, une exposition contrôlée aux UV (photothérapie nb-UVB) est l’un des meilleurs traitements – mais doit être réalisée sous supervision médicale.

Le vitiligo est-il héréditaire ?

Il existe une prédisposition génétique – un antécédent familial est retrouvé dans 1/3 des cas. Cela ne signifie pas que les enfants d’une personne atteinte développeront forcément un vitiligo : des facteurs environnementaux et immunologiques sont nécessaires pour déclencher la maladie.

Quand consulter en urgence pour un vitiligo ?

Le vitiligo lui-même n’est pas une urgence. Consultez rapidement si : le vitiligo progresse très vite (plusieurs nouvelles taches par semaine), si vous présentez des signes de dysthyroïdie (fatigue, prise/perte de poids, palpitations), ou si vous constatez une pelade associée. Un bilan auto-immun sera prescrit.

Le ruxolitinib (Opzelura®) est-il disponible en France ?

Le ruxolitinib topique a obtenu l’AMM européenne en 2023 pour le vitiligo non segmentaire chez l’adulte. Sa disponibilité effective et ses conditions de remboursement en France sont à vérifier avec votre dermatologue, les modalités d’accès pouvant évoluer.

Voir aussi :
Taches blanches |
Traitement vitiligo |
Pelade |
Taches de peau |
Inhibiteurs JAK en dermatologie |
Téléconsultation dermatologue

 

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Maladie de marfan : causes, symptômes et conseils dermatologue

En bref : La maladie de Marfan est une maladie génétique rare du tissu conjonctif touchant 2 à 3 personnes sur 10 000, soit environ 20 000 patients en France. Elle associe grande taille, hyperlaxité et vergetures précoces (avant 20 ans) à un risque cardiovasculaire majeur, la dissection aortique. Reconnaître les signes cutanés précocement permet d’orienter vers un bilan cardiologique salvateur.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Mis à jour le 9 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

La maladie de Marfan – ou syndrome de Marfan – est une maladie génétique rare du tissu conjonctif, causée par des mutations du gène FBN1 codant pour la fibrilline-1, une glycoprotéine structurelle des fibres élastiques. Elle touche de nombreux organes et systèmes : squelette, cœur et vaisseaux, yeux, poumons, dure-mère. Si la maladie de Marfan est avant tout connue pour ses complications cardiovasculaires potentiellement graves (dissection aortique), elle comporte aussi des manifestations cutanées caractéristiques qui peuvent conduire le patient chez le dermatologue – notamment des vergetures précoces et étendues. La reconnaissance de ces signes cutanés est importante pour orienter vers un diagnostic qui, s’il est posé tôt, permet d’instaurer une surveillance et un traitement préventif.

⚠️ Urgence potentielle – La maladie de Marfan expose à un risque de dissection ou de rupture aortique, potentiellement fatale. Tout patient suspect de syndrome de Marfan (grande taille, vergetures précoces, hyperlaxité, myopie sévère) doit bénéficier d’un bilan cardiovasculaire urgent avec échocardiographie. Ne pas différer.

Épidémiologie

La prévalence du syndrome de Marfan est estimée à 2 à 3 pour 10 000 personnes, soit environ 20 000 patients en France. La transmission est autosomique dominante, à pénétrance complète mais expressivité variable : deux membres d’une même famille portant la même mutation peuvent présenter des tableaux cliniques très différents. Environ 25 % des cas résultent de mutations de novo (sans parent atteint identifiable). La maladie s’exprime dès l’enfance mais le diagnostic est souvent retardé à l’âge adulte.

Génétique et physiopathologie

Le gène FBN1 (chromosome 15q21) code pour la fibrilline-1, composante essentielle des microfibrilles du tissu conjonctif. Les mutations de FBN1 entraînent non seulement une fragilité structurelle des fibres élastiques, mais aussi une libération excessive de TGF-β (Transforming Growth Factor-β) – dont l’activité normalement réprimée par la fibrilline-1 est désinhibée. Ce mécanisme explique la dilatation aortique progressive et certaines manifestations systémiques. Plus de 3 000 mutations différentes de FBN1 ont été identifiées.

Diagnostics différentiels

D’autres maladies génétiques du tissu conjonctif peuvent présenter des similitudes cliniques et doivent être écartées : le syndrome d’Ehlers-Danlos, qui associe hyperlaxité articulaire et fragilité cutanée mais sans les proportions squelettiques typiques de Marfan ; le pseudo-xanthome élastique, qui touche préférentiellement la peau (papules jaunâtres) et la rétine ; ou la cutis laxa, caractérisée par un relâchement cutané progressif. Un généticien peut s’appuyer sur l’analyse du gène FBN1 pour confirmer le diagnostic en cas de doute clinique.

Manifestations cliniques – les critères de Gand révisés (2010)

Le diagnostic repose sur les critères de Gand révisés (2010), qui s’appuient sur un score systémique et les atteintes aortique et oculaire :

Atteintes cardiovasculaires (critère majeur)

La dilatation de l’aorte ascendante (Z-score ≥ 2) est le signe cardinal et le plus dangereux. Elle peut évoluer silencieusement vers la dissection aortique (type A). La valve mitrale peut être atteinte (prolapsus mitral dans 70 % des cas). Un suivi par échocardiographie transthoracique annuelle est indispensable.

Atteintes oculaires

La ectopie du cristallin (luxation ou subluxation du cristallin) est quasi-pathognomonique, présente dans 50 à 80 % des cas. Une myopie sévère est très fréquente (souvent diagnostiquée dans l’enfance). Le risque de décollement de rétine est augmenté.

Atteintes squelettiques

Le phénotype squelettique est évocateur mais variable : grande taille (> 2 déviations standards pour l’âge et le sexe), envergure/taille > 1,05, arachnodactylie (signe du poignet et signe du pouce positifs), pectus excavatum ou carinatum, scoliose, pieds plats, hyperlaxité articulaire.

Manifestations cutanées

Bien que non spécifiques, les signes cutanés font partie du score systémique des critères de Gand :

  • Vergetures précoces et extensives – apparaissant avant 20 ans, sans lien avec une grossesse ou une prise de poids, siégeant aux épaules, lombes, fesses, cuisses et abdomen (1 point dans le score systémique)
  • Peau fine et semi-transparente – relief veineux visible, cicatrices normales (contrairement au syndrome d’Ehlers-Danlos)
  • Élasticité cutanée modérément augmentée – moins spectaculaire que dans le SED hypermobile
  • Hernies récidivantes (inguinales, ombilicales) – liées à la fragilité du tissu conjonctif (1 point)

Autres manifestations

Pneumothorax spontané récidivant (fragilité des bulles pulmonaires), ectasie de la dure-mère lombosacrée (responsable de lombalgies chroniques et de signes neurologiques), apnées du sommeil.

Diagnostic

Critère de Gand 2010 Définition
Ectasie aortique (Z-score ≥ 2) + ectopie du cristallin Diagnostic confirmé sans génétique
Ectasie aortique + mutation FBN1 pathogène Diagnostic confirmé
Ectasie aortique + score systémique ≥ 7 Diagnostic confirmé
Ectopie du cristallin + mutation FBN1 connue pour aorte Diagnostic confirmé

Le score systémique comptabilise les signes squelettiques, cutanés et systémiques (sur 20 points ; ≥ 7 est significatif). L’analyse génétique moléculaire du gène FBN1 est demandée pour confirmer, pour le conseil génétique familial et pour le diagnostic prénatal.

Diagnostic différentiel dermatologique

Les vergetures précoces extensives évoquent aussi : le syndrome d’Ehlers-Danlos (hyperlaxité plus marquée, fragilité cutanée avec cicatrices dystrophiques), le syndrome de Loeys-Dietz (mutations TGFBR1/2, phénotype marfanoïde sans ectopie du cristallin), et le syndrome de Beals (contractures congénitales, mutation FBN2).

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Prise en charge

Traitement cardiovasculaire

Les bêtabloquants (propranolol, aténolol) ou les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (losartan, irbésartan) ralentissent la progression de la dilatation aortique en réduisant la contrainte hémodynamique et en modulant la voie TGF-β. Une chirurgie prophylactique de remplacement de l’aorte ascendante est indiquée lorsque le diamètre aortique atteint 45 à 50 mm selon le profil de risque.

Suivi multidisciplinaire

  • Cardiologie – échocardiographie annuelle, IRM aortique tous les 2 à 3 ans
  • Ophtalmologie – examen annuel (cristallin, rétine, pression intraoculaire)
  • Rhumatologie/orthopédie – scoliose, pectus, pieds plats
  • Génétique – conseil génétique familial, diagnostic prénatal si souhaité
  • Dermatologie – gestion des vergetures symptomatiques, avis sur les procédures esthétiques

Activité physique et précautions

Les sports de contact, les efforts isométriques intenses (haltérophilie), la plongée sous-marine avec bouteilles et les sports avec risque de traumatisme thoracique sont déconseillés. La natation, la marche et le vélo sont généralement bien tolérés. Une activité physique adaptée est bénéfique pour la qualité de vie.

Vergetures – prise en charge dermatologique

Les vergetures de la maladie de Marfan sont liées à la fragilité constitutionnelle du tissu conjonctif dermique et résistent davantage aux traitements conventionnels (laser, microneedling, acide rétinoïque) que les vergetures communes. Les thérapeutiques par laser fractionné ablatif ou non ablatif peuvent améliorer leur aspect mais ne les effacent pas. Une consultation dermatologique préalable avec discussion des résultats attendus est recommandée avant tout geste esthétique.

Questions fréquentes

Quels sont les signes cutanés de la maladie de Marfan ?

La maladie de Marfan peut se manifester par plusieurs signes cutanés : vergetures précoces (avant 20 ans) sans rapport avec une grossesse ou un amaigrissement, peau fine et semi-transparente, élasticité cutanée modérément augmentée (mais moins que dans le syndrome d’Ehlers-Danlos), cicatrisation normale ou légèrement retardée. Des hernies récidivantes et un pneumothorax spontané (liés à la fragilité du tissu conjonctif) font également partie du tableau.

Comment savoir si on est atteint de la maladie de Marfan ?

Si vous présentez plusieurs des signes suivants : grande taille, membres longs, arachnodactylie (doigts très longs et fins), scoliose, myopie sévère, vergetures précoces sans cause évidente, antécédents familiaux de dissection aortique ou de mort subite, consultez votre médecin pour une évaluation. Le diagnostic repose sur les critères de Gand (examen clinique, échocardiographie, examen ophtalmologique) et peut être confirmé par analyse génétique du gène FBN1, à distinguer notamment du syndrome d’Ehlers-Danlos.

La maladie de Marfan est-elle héréditaire ?

Oui. La maladie de Marfan est une maladie génétique autosomique dominante causée par des mutations du gène FBN1 (chromosome 15), codant pour la fibrilline-1. Environ 75% des cas sont héréditaires (transmission d’un parent atteint) ; 25% correspondent à des mutations de novo. Chaque enfant d’un parent atteint a 50% de risque d’être porteur.

Peut-on avoir une grossesse avec une maladie de Marfan ?

Une grossesse est possible mais à haut risque cardiovasculaire chez les femmes atteintes de syndrome de Marfan. La grossesse augmente la contrainte sur l’aorte et majore le risque de dissection, surtout en cas de diamètre aortique supérieur à 40 mm. Une évaluation cardiologique pré-conceptionnelle est indispensable. La grossesse est déconseillée si le diamètre aortique dépasse 45 mm. Un suivi obstétrical et cardiologique rapproché est nécessaire tout au long de la grossesse et du post-partum, voir aussi nos conseils sur la peau et les vergetures pendant la grossesse.

Les vergetures de la maladie de Marfan sont-elles différentes des vergetures normales ?

Sur le plan clinique, elles sont similaires aux vergetures communes (stries atrophiques rosées puis blanches nacrées). Elles s’en distinguent par leur contexte : apparition très précoce (dès l’adolescence, avant 20 ans), avant toute grossesse ou variation pondérale importante, localisation aux épaules, lombes et fesses, et étendue inhabituelle pour l’âge. Histologiquement, la fragilité des fibres élastiques dermiques est plus profonde. Elles répondent moins bien aux traitements que les vergetures de grossesse ou de croissance ; voir nos conseils pour limiter leur apparition.

Quelle est la principale complication de la maladie de Marfan ?

La complication la plus grave est cardiovasculaire : la dilatation progressive de l’aorte ascendante peut conduire à une dissection ou une rupture aortique, potentiellement fatale. C’est pourquoi un suivi cardiologique avec échographie aortique régulière est indispensable chez tout patient atteint de syndrome de Marfan. Les bêtabloquants ou les sartans sont prescrits pour ralentir la dilatation aortique.

Peut-on faire du sport avec une maladie de Marfan ?

Les sports d’endurance modérée (marche, natation, vélo à intensité légère) sont généralement autorisés après avis cardiologique. Les sports de contact, les sports isométriques intenses (musculation lourde, haltérophilie) et les sports à risque de traumatisme thoracique sont déconseillés en raison du risque de dissection aortique. L’intensité autorisée dépend du diamètre aortique mesuré en échocardiographie : toute reprise sportive doit être validée par le cardiologue référent.

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Références scientifiques

  • Loeys BL, et al. The revised Ghent nosology for the Marfan syndrome. J Med Genet. 2010;47(7):476-485. PMID: 20591885.
  • Dietz HC, et al. Marfan syndrome caused by a recurrent de novo missense mutation in the fibrillin gene. Nature. 1991;352(6333):337-339. PMID: 1852208.
  • Milewicz DM, et al. Marfan syndrome. Nat Rev Dis Primers. 2021;7(1):64. PMID: 34475413.
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Centre de Référence Maladies Rares. Protocole National de Diagnostic et de Soins – Syndrome de Marfan. 2020. Disponible sur has-sante.fr

Lucite polymorphe : causes, symptômes et conseils dermatologue

En bref : La lucite polymorphe est la plus fréquente des allergies au soleil, touchant 10 à 15 % des femmes en Europe. Elle est déclenchée par les UVA et se manifeste par des papules et des plaques rouges prurigineuses sur les zones exposées. La prévention repose sur une protection solaire SPF 50+ appliquée dès le premier rayon.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Qu’est-ce que la lucite polymorphe ?

La lucite polymorphe (ou allergie au soleil) est la photodermatose la plus fréquente en France. Elle touche principalement les femmes jeunes et se manifeste par des éruptions cutanées (boutons, vésicules, plaques rouges) apparaissant sur les zones exposées au soleil, dans les premières heures ou les premiers jours du printemps ou d’un séjour ensoleillé.

📋 À savoir : La lucite polymorphe est différente des coups de soleil. Elle est déclenchée par les UVA, qui traversent les vitres, et peut apparaître même par temps nuageux ou derrière une fenêtre.

Causes et mécanisme

La lucite polymorphe est une réaction immunitaire retardée aux rayons UVA. Elle n’est pas une allergie au sens strict mais une hypersensibilité acquise. Les facteurs favorisants incluent :

  • Exposition brutale après une longue période sans soleil (début de printemps)
  • Antécédents familiaux de lucite
  • Prise de médicaments photosensibilisants
  • Usage de certains cosmétiques (parfums, huiles essentielles)

Symptômes : reconnaître la lucite polymorphe

Les manifestations apparaissent dans les 2 à 24 heures suivant l’exposition au soleil et peuvent durer plusieurs jours :

  • Petits boutons rouges (papules) ou vésicules sur les zones exposées. Il est parfois difficile de distinguer boutons de chaleur ou lucite
  • Démangeaisons parfois intenses
  • Plaques rouges en relief sur le décolleté, les avant-bras et les épaules
  • Brûlures ou sensation de chaleur sur la peau
Caractéristique Lucite polymorphe Coup de soleil
Délai d’apparition 2–24 h après expo 4–6 h après expo
Zones touchées Zones inhabituellement exposées Toutes zones exposées
Aspect cutané Boutons, vésicules, plaques Rougeur diffuse, desquamation
Cause UVA (réaction immune) UVB (brûlure directe)
⚠️ Attention : Si vous prenez des médicaments (antibiotiques, diurétiques, AINS), signalez-le à votre dermatologue : certains augmentent la sensibilité aux UV.
⚠️ Quand consulter votre dermatologue : si les éruptions sont étendues, récidivantes malgré une crème solaire SPF 50+, ou si elles ressemblent à un lupus (plaques du visage, atteinte symétrique). Une photosensibilisation médicamenteuse doit être éliminée. En cas d’oedème du visage ou de fièvre, consultez en urgence.

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Traitement de la lucite polymorphe

En cas de crise

  • Dermocorticoïdes locaux pour calmer l’inflammation
  • Antihistaminiques oraux pour réduire les démangeaisons
  • Éviction du soleil pendant 48–72 heures
  • Compresses fraîches pour soulager

En prévention

  • Photoprotection solaire SPF 50+, à large spectre UVA/UVB, renouvelée toutes les 2 heures
  • Désensibilisation aux UV (séances en cabine UVA supervisées) en début de printemps
  • Nicotinamide oral (vitamine B3) : peut réduire la fréquence des crises
  • Privilégier les vêtements couvrants et les heures moins ensoleillées

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Questions fréquentes sur la lucite polymorphe

Qu’est-ce que la lucite polymorphe ?
La lucite polymorphe est la forme la plus courante d’allergie au soleil, causée par les UVA. Elle se manifeste par des boutons et des plaques rouges sur les zones exposées, dans les heures suivant l’exposition.

Quelles zones du corps sont touchées par la lucite polymorphe ?
Le décolleté, les avant-bras, les épaules et le dos des mains sont les zones les plus souvent atteintes. Le visage est habituellement épargné car il s’adapte progressivement au soleil.

Comment traiter la lucite polymorphe ?
En crise : dermocorticoïdes locaux et antihistaminiques. En prévention : SPF 50+ en permanence, désensibilisation aux UV en cabine et parfois nicotinamide orale.

La lucite polymorphe disparaît-elle avec les années ?
Elle peut s’atténuer avec une exposition solaire progressive et régulière. Une photoprotection adaptée et un suivi dermatologique limitent les crises.

Quelle est la différence entre lucite polymorphe et lucite estivale bénigne ?

La lucite estivale bénigne se manifeste uniquement par de petites vésicules après exposition intense, essentiellement chez la femme jeune. La lucite polymorphe est plus variable (papules, plaques, vésicules) et plus persistante. Le dermatologue peut les différencier par l’aspect clinique et parfois par des tests de provocation UV.

La lucite polymorphe nécessite-t-elle une consultation chez le dermatologue ?

Oui, en cas de première éruption, de doute diagnostique ou d’échec de la photoprotection standard. Le dermatologue peut proposer une désensibilisation aux UV supervisée (photothérapie UVA/UVB progressive en cabine au printemps) qui réduit significativement les récidives estivales.

Y a-t-il un traitement de fond pour éviter les crises ?

Oui : la désensibilisation UV réalisée en cabinet de dermatologie est le traitement préventif le plus efficace. Le nicotinamide oral (vitamine B3) à 500 mg deux fois par jour peut également réduire la fréquence des crises. Une consultation avec votre dermatologue permet d’adapter le protocole à votre phototype et à l’intensité de vos symptômes.

Références scientifiques

  • Gruber-Wackernagel A, et al. Polymorphous light eruption: pathogenesis, diagnosis, prevention. Photochem Photobiol Sci. 2015;14(2):267-271. PMID 25283481
  • Ständer H, et al. Photodermatoses. J Dtsch Dermatol Ges. 2016;14(2):137-147. PMID 26847143
  • Lehmann P, Schwarz T. Photodermatoses: diagnosis and treatment. Dtsch Arztebl Int. 2011;108(9):135-141. PMID 21436966
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Photoprotection cutanée. has-sante.fr

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Adénome sébacé et hyperplasie sébacée : causes et traitement

Adénome sébacé : une petite tumeur bénigne du visage à ne pas négliger

L’adénome sébacé est une tumeur bénigne de la peau, issue des glandes sébacées – ces glandes microscopiques logées dans les follicules pileux qui produisent le sébum et contribuent à l’imperméabilité et à la lubrification de la peau. Relativement rare dans la population générale, il se présente typiquement comme une petite papule jaunâtre, légèrement bombée, avec une dépression centrale caractéristique, siégeant sur le visage d’un patient d’âge mûr à âgé.

Sa bénignité n’est pas remise en question sur le plan du comportement tumoral local : l’adénome sébacé ne métastase pas et n’envahit pas les structures voisines. Mais il recèle un signal d’alarme que le dermatologue ne doit jamais ignorer : la présence de plusieurs adénomes sébacés, ou leur survenue en dehors de la tête et du cou, peut être le signe révélateur d’un syndrome de Muir-Torre – une maladie génétique associant tumeurs sébacées et cancers internes, en particulier colorectaux. Un adénome sébacé unique peut être anecdotique ; plusieurs, ou un seul dans un contexte familial particulier, imposent un bilan oncogénétique complet.

En bref : Adénome sébacé et hyperplasie sébacée est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, une biopsie cutanée. La prise en charge dépend de la forme clinique et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour bénéficier d’un diagnostic précis et d’un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements déjà essayés depuis plus de 4 semaines

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Sommaire

Qu’est-ce qu’un adénome sébacé ?

Les glandes sébacées sont des structures annexielles de la peau, étroitement associées aux follicules pileux. Elles produisent le sébum – un mélange complexe de lipides qui lubrifie et imperméabilise la surface cutanée. Lorsque les cellules de ces glandes prolifèrent de façon anormale tout en conservant une architecture ordonnée et une différenciation normale, on parle d’adénome sébacé.

Sur le plan histologique, l’adénome sébacé est caractérisé par des lobules sébacés bien délimités, constitués d’un mélange ordonné de cellules basaloïdes germinatives (à la périphérie) et de sébocytes matures (au centre), ces derniers présentant les vacuoles lipidiques cytoplasmiques caractéristiques des cellules sébacées. Cette architecture – périphérie immature, centre mature – est le reflet d’une différenciation sébacée préservée, qui distingue l’adénome du carcinome sébacé.

Attention à la confusion avec l’adénome sébacé de la sclérose tubéreuse de Bourneville
Il existe une source de confusion terminologique importante : l’expression « adénome sébacé » a longtemps désigné, à tort, les angiofibromes faciaux de la sclérose tubéreuse de Bourneville. Ces deux lésions n’ont rien à voir entre elles. Les angiofibromes de la sclérose tubéreuse ne sont pas des tumeurs des glandes sébacées – leur nom est un héritage historique inexact. Lorsque ce site parle d’adénome sébacé, il s’agit exclusivement de la tumeur bénigne des glandes sébacées décrite ici.

Adénome sébacé

Épidémiologie

Caractéristique Données
Fréquence Rare dans la population générale ; plus fréquent après 50 ans (âge moyen au diagnostic : 63 ans)
Localisation principale Tête et cou (visage, paupières, cuir chevelu) ; toute autre localisation doit alerter
Forme sporadique Lésion solitaire, sans contexte syndromique
Forme syndromique (Muir-Torre) Lésions multiples et/ou extra-céphaliques ; association à des cancers internes
Sexe Légère prédominance masculine dans le cadre du syndrome de Muir-Torre

Signes cliniques et dermoscopie

Aspect clinique

L’adénome sébacé se présente typiquement comme une petite papule ou nodule jaunâtre, de 3 à 10 mm de diamètre, à surface lisse ou légèrement lobulée, présentant souvent une dépression centrale (ombilication) correspondant à l’ostium folliculaire dilaté. La couleur peut varier du blanc-jaunâtre au rosé selon la vascularisation de la lésion. La tumeur est habituellement ferme, bien délimitée, et repose sur un fond de peau séborrhéique caractéristique du sujet âgé.

Dans les formes sporadiques, la lésion est solitaire et siège préférentiellement sur le visage – front, joues, paupières, nez. Dans le contexte du syndrome de Muir-Torre, les lésions sont multiples et peuvent siéger n’importe où sur le corps, y compris sur le tronc et les membres.

Dermoscopie

La dermoscopie apporte des éléments d’orientation précieux, sans pour autant permettre un diagnostic de certitude (qui reste histologique). Les critères dermoscopiques les plus évocateurs d’une lésion sébacée incluent :

Critère dermoscopique Signification
Fond jaune-orangé Correspond aux amas de sébocytes matures chargés en lipides
Globules blancs-jaunâtres (« flocons de coton ») Conglomérats de glandes sébacées dilatées dans le derme
Vaisseaux arborisants Vascularisation de la tumeur, pouvant mimer un carcinome basocellulaire
Image arc-en-ciel (« rainbow pattern ») Reflet de la composante basaloïde ; signe récemment décrit
Ombilication centrale Visible en dermoscopie, correspond à l’ostium folliculaire

Les caractéristiques dermoscopiques de l’adénome sébacé et du sébacéome se chevauchent considérablement, rendant leur distinction impossible à ce seul stade – ce qui est cependant sans conséquence clinique majeure puisque la prise en charge est identique. En revanche, la dermoscopie contribue à orienter vers une origine sébacée plutôt que mélanocytaire ou basocellulaire, guidant l’indication biopsique.

Histologie et examens complémentaires

La biopsie cutanée : indispensable au diagnostic

Le diagnostic d’adénome sébacé repose sur la biopsie cutanée avec examen anatomopathologique. Le dermatologue prélève sous anesthésie locale un fragment de la lésion (biopsie-punch ou exérèse chirurgicale), adressé à un médecin anatomopathologiste qui l’examine au microscope après coloration standard à l’hématoxyline-éosine.

Résultats histologiques

À l’examen microscopique, l’adénome sébacé est une tumeur bien circonscrite, non encapsulée, du derme supérieur, composée de lobules sébacés dont l’architecture reproduit – en plus grand et en plus désorganisé – celle des glandes sébacées normales. Les cellules basaloïdes germinatives, plus petites, siègent à la périphérie des lobules ; les sébocytes matures, vacuolisés et chargés en lipides, occupent le centre. La maturation centripète est le critère histologique fondamental qui distingue l’adénome du sébacéome (où la maturation est moins complète) et du carcinome sébacé (où elle est très altérée avec atypies cellulaires et mitoses).

Immunohistochimie : dépister le syndrome de Muir-Torre

En cas de suspicion de syndrome de Muir-Torre – lésions multiples, localisation extra-céphalique, antécédents personnels ou familiaux de cancer colorectal ou génito-urinaire – l’anatomopathologiste peut réaliser un marquage immunohistochimique des protéines de réparation de l’ADN (MLH1, MSH2, MSH6, PMS2). La perte d’expression de l’une de ces protéines sur la tumeur sébacée oriente vers une instabilité microsatellitaire et justifie un bilan oncogénétique complet.

Diagnostics différentiels

Affection Points communs Éléments distinctifs clés
Hyperplasie sébacée Papule jaunâtre ombiliquée sur visage séborrhéique du sujet âgé Histologie : glandes sébacées élargies à architecture normale, sans prolifération basaloïde ; non associée au syndrome de Muir-Torre
Sébacéome (épithélioma sébacé) Aspect clinique et dermoscopique très similaire à l’adénome Histologie : maturation sébacée moins complète, proportion de basaloïdes plus élevée ; également associé au syndrome de Muir-Torre
Carcinome sébacé Nodule facial jaunâtre, parfois ombiliqué Atypies cellulaires, mitoses, invasion ; comportement agressif potentiel, notamment péri-oculaire ; impose une exérèse avec marges saines contrôlées
Carcinome basocellulaire Vaisseaux arborisants en dermoscopie, nodule perlé facial Absence de fond jaune-orangé sébacé ; histologie distinctive ; pas d’association au syndrome de Muir-Torre
Molluscum contagiosum Papule ombiliquée de petite taille Origine virale (poxvirus), jeune patient ou immunodéprimé, corps molluscum à l’histologie
Kératoacanthome Nodule à croissance rapide avec cratère central, parfois associé au syndrome de Muir-Torre Évolution bien plus rapide, histologie distincte ; lui aussi marqueur potentiel du syndrome de Muir-Torre
Ne pas traiter sans diagnostic histologique
Toute lésion évocatrice d’adénome sébacé ne doit pas être détruite par électrocoagulation ou laser avant d’avoir obtenu un diagnostic histologique. La raison est double : d’une part, un carcinome sébacé peut mimer cliniquement un adénome et nécessite une prise en charge chirurgicale différente ; d’autre part, l’analyse immunohistochimique de la pièce d’exérèse est indispensable si le contexte évoque un syndrome de Muir-Torre. Détruire la lésion sans analyse supprime définitivement la possibilité de ce dépistage.

Syndrome de Muir-Torre : l’alerte à ne pas manquer

Le syndrome de Muir-Torre (MTS) est une maladie génétique rare, de transmission autosomique dominante, considérée comme une variante phénotypique du syndrome de Lynch (cancer colorectal héréditaire sans polypose, HNPCC). Il est causé par des mutations germinales des gènes de réparation des mésappariements de l’ADN (mismatch repair genes, MMR) – principalement MSH2 (dans environ 90 % des cas) et MLH1 (environ 10 %). Ces mutations entraînent une instabilité microsatellitaire, favorisant l’accumulation d’erreurs génétiques et le développement de tumeurs multiples.

La définition clinique du syndrome de Muir-Torre requiert la présence d’au moins un néoplasme sébacé (adénome, sébacéome ou carcinome) et d’au moins un cancer interne au cours de la vie du patient, en l’absence d’autre cause explicative (radiothérapie, immunosuppression). L’adénome sébacé est la lésion cutanée la plus fréquemment associée au MTS, retrouvée dans 80 à 99 % des cas.

Caractéristique du syndrome de Muir-Torre Données
Prévalence estimée Très rare ; environ 200 cas rapportés dans la littérature mondiale
Gènes principalement impliqués MSH2 (~90 %), MLH1 (~10 %), plus rarement MSH6, PMS2
Tumeur cutanée la plus fréquente Adénome sébacé (80–99 % des cas)
Cancers internes associés Colorectal (le plus fréquent), endomètre, voies urinaires, intestin grêle, ovaire, larynx
Les lésions cutanées peuvent précéder le cancer interne Oui – d’où l’importance du dépistage systématique
Signe d’alerte cutané pour MTS Lésions multiples, localisation extra-céphalique (tronc, membres), survenue jeune
Score de Mayo : évaluer le risque de syndrome de Muir-Torre
Le score de Mayo est un outil d’aide à la décision qui évalue le risque de MTS à partir de trois paramètres : (1) antécédents familiaux de cancers associés au syndrome de Lynch, (2) antécédents personnels de ces mêmes cancers, (3) âge au moment du diagnostic de la lésion sébacée ou du cancer viscéral. Un score élevé justifie une consultation en oncogénétique et un dépistage par coloscopie, echographie pelvienne et analyse génétique germinale. Ce score est utilisé par les équipes spécialisées en dermatologie oncologique.

Traitement

Abstention thérapeutique

Dans les formes sporadiques solitaires, chez un patient âgé sans antécédent personnel ou familial évocateur de syndrome de Muir-Torre, et après confirmation histologique du diagnostic, une simple surveillance peut être proposée. L’adénome sébacé ne présente pas de risque de dégénérescence maligne locale ni de diffusion métastatique. La décision d’abstention est prise en accord avec le patient, qui est systématiquement informé des critères justifiant une reconsultation (augmentation de taille, ulcération, apparition de nouvelles lésions).

Exérèse chirurgicale

L’exérèse chirurgicale est le traitement de référence. Elle permet à la fois l’élimination de la lésion et l’obtention d’une pièce anatomopathologique analysable, indispensable pour le diagnostic de certitude et le dépistage immunohistochimique d’un syndrome de Muir-Torre. L’exérèse est réalisée sous anesthésie locale, en ambulatoire, avec des marges saines. Elle laisse une cicatrice discrète, généralement bien acceptée sur le visage.

Électrocoagulation

L’électrocoagulation (ou curetage-électrocoagulation) représente une alternative pour les formes de petite taille lorsque le diagnostic histologique a déjà été obtenu sur une lésion antérieure chez le même patient, ou dans un contexte clinique permettant d’exclure raisonnablement une origine maligne et un syndrome de Muir-Torre. Elle est rapide, efficace sur le plan cosmétique, mais ne fournit pas de pièce histologique analysable. Son emploi en première intention, avant tout diagnostic, est donc à proscrire.

Autres techniques

Le laser CO₂ ablatif et la radiofréquence à aiguille ont été décrits dans la prise en charge des néoplasmes sébacés bénins, avec de bons résultats esthétiques. Ces techniques partagent la même limite que l’électrocoagulation : elles ne permettent pas d’analyse histologique. Elles peuvent néanmoins être envisagées dans des cas sélectionnés, après diagnostic histologique établi, notamment pour les lésions multiples chez des patients dont le statut vis-à-vis du syndrome de Muir-Torre est déjà connu et documenté.

Option thérapeutique Avantages Limites / conditions d’emploi
Abstention + surveillance Pas d’acte invasif ; acceptée si lésion sporadique solitaire confirmée Nécessite un diagnostic histologique préalable
Exérèse chirurgicale Traitement de référence ; fournit une pièce histologique ; dépistage MTS possible Cicatrice minime ; anesthésie locale ; ambulatoire
Électrocoagulation Rapide, bon résultat cosmétique Pas d’histologie ; réservée aux cas de diagnostic déjà établi
Laser CO₂ / Radiofréquence Résultat esthétique ; utile pour lésions multiples documentées Pas d’histologie ; emploi après établissement du diagnostic

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Questions fréquentes sur l’adénome sébacé

L’adénome sébacé est-il dangereux ?

Pris isolément, l’adénome sébacé est une tumeur bénigne sans potentiel métastatique ni invasif local. Il ne met pas la vie en danger par lui-même. Mais son importance tient à ce qu’il peut signaler – en particulier lorsqu’il est multiple ou localisé hors de la tête et du cou – un syndrome de Muir-Torre, maladie génétique associée à des cancers internes. C’est pourquoi tout adénome sébacé doit être pris en charge sérieusement et non banalisé.

Comment distinguer un adénome sébacé d’une simple hyperplasie sébacée ?

Cliniquement et même en dermoscopie, la distinction peut être difficile. L’hyperplasie sébacée est plus fréquente, typiquement composée de lobules jaunâtres disposés en couronne autour d’un ostium central dilaté (« vaisseaux en couronne » en dermoscopie) ; l’adénome sébacé tend à former une masse plus compacte, moins lobulée en surface. Mais seule l’histologie permet la distinction formelle – et elle est importante, car l’hyperplasie sébacée n’est pas associée au syndrome de Muir-Torre, contrairement à l’adénome.

Peut-on supprimer un adénome sébacé par électrocoagulation sans biopsie préalable ?

Non, ce n’est pas recommandé en première intention. L’électrocoagulation détruit le tissu sans laisser de pièce analysable. Si la lésion était en réalité un carcinome sébacé, le diagnostic serait manqué. Et si le contexte évoquait un syndrome de Muir-Torre, l’opportunité de réaliser un marquage immunohistochimique – potentiellement vital pour le patient et sa famille – serait définitivement perdue. La règle est : biopsie d’abord, traitement ensuite.

Qu’est-ce que le syndrome de Muir-Torre et comment est-il dépisté ?

Le syndrome de Muir-Torre est une maladie génétique rare, variante du syndrome de Lynch, qui associe des tumeurs sébacées cutanées et des cancers internes (surtout colorectaux et gynécologiques). Il est causé par des mutations des gènes de réparation de l’ADN (principalement MSH2 et MLH1). Son dépistage repose sur l’analyse immunohistochimique des protéines MMR sur la pièce d’exérèse sébacée, suivie si nécessaire d’une analyse génétique germinale. Une coloscopie de surveillance et un suivi oncologique multidisciplinaire sont alors organisés.

L’adénome sébacé peut-il récidiver après traitement ?

Après exérèse chirurgicale complète, la récidive locale est rare. En revanche, dans le cadre d’un syndrome de Muir-Torre, de nouvelles lésions sébacées peuvent apparaître à distance, indépendamment du traitement de la lésion initiale. Ces patients nécessitent une surveillance dermatologique régulière. Les rétinoïdes oraux (acitrérine) ont montré une certaine efficacité pour réduire l’apparition de nouvelles lésions chez ces patients.

Voir aussi :
Kyste épidermoïde de la peau
Maladie de Bowen
La peau : structure et fonctions

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Références scientifiques

  • Papadimitriou I, Vakirlis E, Sotiriou E, et al. Sebaceous neoplasms. Diagnostics (Basel). 2023;13(10):1676. doi:10.3390/diagnostics13101676. PubMed 37238164
  • Lowe AM, Militello M, Krishnamurthy K, Ferrer-Bruker S. Sebaceous adenoma: a dermoscopic case perspective. Cureus. 2023;15(11):e48962. doi:10.7759/cureus.48962. PubMed 38125216
  • Shaker O et al. Muir-Torre syndrome and recent updates on screening guidelines: the link between colorectal tumors and sebaceous adenomas in unusual locations. J Surg Oncol. 2023;128(7):1177-1183. doi:10.1002/jso.27440. PubMed 37555558
  • Lazar AJ, Lyle S, Calonje E. Sebaceous neoplasia and Torre-Muir syndrome. Curr Diagn Pathol. 2007;13:301-319. PMC 2128686
  • Flux K. Sebaceous neoplasms. Surg Pathol Clin. 2017;10(2):367-382. doi:10.1016/j.path.2017.01.009. PubMed 28477886
  • Takeda H, Lyle S, Lazar AJ, et al. Human sebaceous tumors harbor inactivating mutations in LEF1. Nat Med. 2006;12(4):395-397. PubMed 16550194
  • Muir-Torre Syndrome. StatPearls. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2023. NCBI Bookshelf NBK513271
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – has-sante.fr – Dermatoses rares, fiches PNDS

Mis à jour le 24 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau

Syndrome de Gianotti-Crosti

En bref : Syndrome de Gianotti-Crosti – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie

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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Le syndrome de Gianotti-Crosti (ou acrodermatite papuleuse infantile) est une éruption cutanée bénigne d’origine virale qui touche principalement les enfants âgés de 6 mois à 12 ans. Elle se manifeste par des papules rougeâtres symétriques sur le visage, les membres et les fesses, et disparaît spontanément en quelques semaines sans aucun traitement. Décrit pour la première fois par les dermatologues italiens Gianotti (1955) et Crosti (1956), ce syndrome est aujourd’hui reconnu comme une réaction immune non spécifique à diverses infections virales.

Syndrome de Gianotti-Crosti : papules érythémateuses acrales chez l'enfant
Syndrome de Gianotti-Crosti : éruption de papules érythémateuses

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Présentation clinique

L’éruption de Gianotti-Crosti est très caractéristique dans sa distribution et son aspect :

Aspect des lésions

  • Papules érythémateuses (rouge rosé à rouge vif), monomorphes, à surface lisse ou légèrement kératosique ;
  • Taille habituelle : 2 à 5 mm de diamètre ;
  • Lésions bien délimitées, non confluentes (elles ne se rejoignent pas pour former des plaques) ;
  • Parfois légèrement vésiculaires (aspect lipoïde) ou papulo-vésiculeuses.

Distribution acrale et symétrique

La distribution est l’une des clés diagnostiques : les papules s’étendent de façon symétrique sur :

  • le visage (joues surtout) ;
  • les membres (faces d’extension : coudes, avant-bras, tibias, genoux, dos des mains et des pieds) ;
  • les fesses.

Le tronc est épargné, ce qui aide à différencier le syndrome de Gianotti-Crosti d’autres éruptions virales comme le pityriasis rosé de Gibert ou la roséole.

Symptômes associés

  • Prurit absent ou modéré : contrairement à une allergie, les papules de Gianotti-Crosti démangent peu ;
  • Parfois une légère fièvre et une adénopathie (ganglions palpables) en début d’éruption ;
  • En cas d’hépatite B associée : ictère, hépatomégalie (dans la forme virale originelle décrite par Gianotti).

Évolution

L’éruption dure en moyenne 3 à 8 semaines, parfois jusqu’à 4 mois. Elle régresse spontanément sans laisser de cicatrices. Des récidives sont exceptionnelles.

Causes : quels virus peuvent déclencher un Gianotti-Crosti ?

Le syndrome de Gianotti-Crosti est une réaction immunitaire cutanée déclenchée par de nombreux virus ou vaccinations :

Cause Fréquence Particularité
Virus Epstein-Barr (EBV)Mononucléose infectieuse Très fréquent (cause principale en France) Rechercher une angine, adénopathies cervicales
Virus de l’hépatite B (VHB) Forme classique historique (Gianotti 1955) Plus rare aujourd’hui grâce à la vaccination ; sérologie HBs obligatoire
Parvovirus B19 Fréquent Souvent associé à érythème des joues « giflées »
Cytomégalovirus (CMV) Peu fréquent Sérologie CMV si EBV et VHB négatifs
Virus coxsackie (A16, B4…) Peu fréquent Contexte épidémique ; parfois associé à syndrome pieds-mains-bouche
VHA, VHC, VRS, parainfluenza Cas rapportés Bilan orienté selon le contexte
Vaccinations (DTP, hépatite B, ROR…) Cas bien documentés Éruption 1 à 4 semaines après le vaccin ; évolution bénigne identique
ℹ️ À savoir
Dans environ 30 à 40 % des cas, aucun agent déclenchant n’est identifié malgré un bilan complet. Cela ne change pas la prise en charge ni le pronostic, qui reste excellent.

Diagnostic

Diagnostic clinique

Le diagnostic est avant tout clinique, basé sur l’aspect typique des papules et leur distribution acrale symétrique chez un enfant. Il n’est généralement pas nécessaire de faire une biopsie cutanée.

Bilan complémentaire recommandé

Un bilan sanguin simple est réalisé pour rechercher le virus déclenchant et écarter une hépatite :

Examen Pourquoi
Antigène HBs + anticorps anti-HBc Éliminer une hépatite B aiguë (obligatoire)
Transaminases (ASAT, ALAT) Dépister une atteinte hépatique associée
NFS Syndrome mononucléosique en faveur d’EBV ou CMV
Sérologie EBV (IgM VCA) Mononucléose infectieuse
Sérologie parvovirus B19 Si contexte évocateur (érythème facial)

Diagnostics différentiels

Le dermatologue devra notamment écarter :

  • la gale (prurit intense, sillons acariens, atteinte familiale) ;
  • le lichen plan (papules violacées, adulte, prurit) ;
  • l’eczéma atopique (distribution différente, terrain atopique) ;
  • la dermite de contact (notion d’exposition à un allergène).

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Traitement

ℹ️ Principe fondamental : Le syndrome de Gianotti-Crosti guérit spontanément. Il n’existe pas de traitement spécifique capable d’accélérer la disparition des papules. L’abstention thérapeutique est la règle dans la très grande majorité des cas.

Traitement symptomatique si nécessaire

  • Prurit modéré → antihistaminique oral (cétirizine, loratadine) pendant quelques jours si l’enfant gratte ;
  • Surinfection bactérienne (rare) → antiseptique local ou antibiotique selon l’étendue ;
  • Hépatite B associée → prise en charge hépatologique spécialisée si transaminases élevées.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Ne pas prescrire de corticoïdes locaux en première intention : ils n’accélèrent pas la guérison et peuvent modifier l’aspect clinique ;
  • Ne pas prescrire d’antibiotiques (éruption d’origine virale) ;
  • Ne pas rassurer trop vite sans bilan : l’antigène HBs doit être recherché systématiquement.

Pronostic et évolution

Le pronostic du syndrome de Gianotti-Crosti est excellent dans la grande majorité des cas :

  • Guérison spontanée complète en 3 à 8 semaines, parfois jusqu’à 12 semaines ;
  • Pas de cicatrices, pas de séquelles cutanées ;
  • Récidives exceptionnelles ;
  • Le pronostic dépend principalement de l’étiologie virale sous-jacente (notamment l’hépatite B si elle est identifiée).

Questions fréquentes sur le syndrome de Gianotti-Crosti

Le syndrome de Gianotti-Crosti est-il contagieux ?

L’éruption cutanée elle-même n’est pas contagieuse. En revanche, le virus qui la déclenche peut se transmettre (notamment l’EBV via la salive). Cependant, la contagiosité du virus ne signifie pas que les contacts développeront à leur tour un Gianotti-Crosti : la réaction cutanée dépend de la réponse immunitaire individuelle de l’enfant.

Doit-on garder l’enfant à la maison ou peut-il aller à l’école ?

L’enfant peut en général continuer à aller à l’école, car l’éruption elle-même n’est pas contagieuse. Si le virus déclenchant est l’hépatite B, une information peut être transmise au médecin scolaire, mais l’éviction n’est pas systématique. En cas de doute, demandez l’avis de votre médecin.

Combien de temps dure l’éruption ?

L’éruption dure en moyenne 3 à 8 semaines, mais peut persister jusqu’à 3 ou 4 mois dans certains cas, notamment lorsque l’EBV est en cause. La disparition est progressive et spontanée. Pendant cette période, l’état général de l’enfant est habituellement peu affecté.

Faut-il faire une biopsie cutanée ?

Non, dans la grande majorité des cas. Le diagnostic est clinique. Une biopsie n’est envisagée qu’en cas de doute diagnostique persistant, par exemple si la présentation est atypique ou si le bilan ne retrouve pas d’agent viral et que le tableau ne régresse pas spontanément.

Le vaccin contre l’hépatite B peut-il déclencher un Gianotti-Crosti ?

Oui, des cas bien documentés de syndrome de Gianotti-Crosti post-vaccinal ont été rapportés après plusieurs vaccins (hépatite B, DTP, ROR). L’évolution reste identique à la forme infectieuse : bénigne et spontanément résolutive. Cette réaction, bien que rare, ne contre-indique pas les rappels vaccinaux.

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Références scientifiques

  • Brandt O, Abeck D, Gianotti R, Burgdorf W. Gianotti-Crosti syndrome. J Am Acad Dermatol. 2006 Jan;54(1):136-45. PMID 16384766
  • Taieb A, Plantin P, Du Pasquier P, Guillet G, Maleville J. Gianotti-Crosti syndrome: a study of 26 cases. Br J Dermatol. 1986 May;114(5):567-73. PMID 3718845
  • Chuh AA, Chan HH, Chiu SS, Lim WL, Lam SK. A prospective case series study of Gianotti-Crosti syndrome. Acta Derm Venereol. 2004;84(3):205-8. PMID 15202839
  • Orphanet. Acrodermatite de Gianotti-Crosti (ORPHA:324). orpha.net


Acrochordon (excroissance de chair), causes

Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Les acrochordons (ou molluscum pendulum) touchent 50 à 60 % des adultes au cours de leur vie. Ce sont des excroissances cutanées bénignes, sans aucun risque de dégénérescence maligne. Présents sur le cou, les aisselles, les plis inguinaux ou les paupières, ils n’imposent aucun traitement médical – leur ablation reste purement esthétique ou fonctionnelle, et se réalise en quelques minutes au cabinet dermatologique.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Qu’est-ce qu’un acrochordon ?

L’acrochordon est une tumeur conjonctive bénigne – une sorte de « hernie » du tissu sous-cutané qui se forme sous la peau et s’y accroche par une base étroite appelée pédicule. Il se présente comme une petite boule souple, de couleur chair à rosée, parfois marron, suspendue à la peau comme une petite tétine. Le terme médical molluscum pendulum décrit précisément cet aspect pendant caractéristique.

On les retrouve principalement dans les zones de frottement et les plis cutanés :

  • Cou – localisation la plus fréquente (72 % des cas selon les séries)
  • Aisselles
  • Aine et haut des cuisses
  • Sous les seins
  • Paupières
acrochordon molluscum pendulum paupière excroissance chair
Gros acrochordon de la paupière
molluscum pendulum tétines de peau acrochordons rosés
Petites tétines de peau rosées – acrochordons

Ils peuvent aussi être marrons et être confondus avec des grains de beauté – d’où l’intérêt d’une consultation pour confirmer le diagnostic.

acrochordon marron cou aisselle tétine de peau
Acrochordons marrons sur le cou

Cas particulier : la dermatosis papulosa nigra

Chez les personnes à peau noire ou mate, les acrochordons peuvent être très nombreux sur le visage – on parle alors de dermatosis papulosa nigra. Cette forme est particulièrement fréquente chez les personnes d’origine africaine ou afro-caribéenne, avec une prévalence pouvant dépasser 30 % dans certaines populations. C’est une variante bénigne, sans aucune gravité, mais qui peut représenter une gêne esthétique importante et justifie un traitement adapté aux phototypes foncés (voir notre article sur les soins des peaux noires et métisses).

dermatosis papulosa nigra peau noire acrochordons visage
Dermatosis papulosa nigra

Pourquoi apparaissent-ils ? Les causes des acrochordons

La formation des acrochordons résulte d’une combinaison de facteurs mécaniques, métaboliques et génétiques. Plusieurs éléments favorisants sont bien documentés :

Facteur Mécanisme / Précision
Âge Prévalence de 46 % après 50 ans, 59 % après 70 ans – liée au vieillissement du tissu conjonctif
Surpoids / Obésité Frottements répétés dans les plis, insulinorésistance, stimulation des fibroblastes par l’IGF-1
Diabète de type 2 Association bien établie ; des acrochordons multiples peuvent signaler une insulinorésistance sous-jacente
Grossesse Élévation de l’œstrogène et de la progestérone, prise de poids – souvent résolutifs après l’accouchement
Hérédité Prédisposition familiale reconnue – plusieurs membres de la même famille souvent touchés
Frottements répétés Cols de vêtements, bijoux (colliers), transpiration – zones de contact chronique
À noter : Le papillomavirus (HPV) a été détecté dans certains acrochordons par des techniques de biologie moléculaire. Son rôle causal reste débattu dans la communauté scientifique – il s’agit le plus souvent d’une co-présence plutôt que d’une cause directe.

Comment évoluent les acrochordons ?

Les acrochordons sont bénins et n’évoluent pas vers un cancer. Leur histoire naturelle peut prendre deux formes :

  • Thrombose spontanée : après un traumatisme (frottement d’un collier, d’un col de chemise), l’acrochordon peut devenir rouge et douloureux, puis noircir (nécrose) et tomber seul en quelques jours. Ce phénomène est sans danger.
  • Persistance indéfinie : la grande majorité des acrochordons reste stable des années, avec une augmentation progressive du nombre avec l’âge.
Attention : Consultez un dermatologue si une lésion change d’aspect rapidement, saigne spontanément, présente des bords irréguliers ou une coloration hétérogène – pour éliminer formellement un autre diagnostic (nævus atypique, mélanome de la paupière, molluscum contagiosum en cas de lésion ombiliquée).

Acrochordon ou grain de beauté : comment faire la différence ?

L’acrochordon peut être confondu avec plusieurs autres lésions cutanées. Le tableau ci-dessous résume les distinctions cliniques essentielles :

Lésion Aspect caractéristique Différence clé
Acrochordon Mou, pendant, pédiculé, chair ou marron clair Souple à la palpation, mobile sur son axe
Nævus (grain de beauté) Plat ou légèrement saillant, adhérent à la peau Pigmentation homogène, bords réguliers
Molluscum contagiosum Petite papule nacrée avec ombilic central Contagieux, fréquent chez l’enfant
Kératose séborrhéique Surface verruqueuse, rugueuse, couleur brun-jaune Aspect « collé sur » la peau, non pédiculé

En cas de doute clinique, une dermatoscopie permet de lever toute ambiguïté sans geste invasif.

Acrochordons et syndrome métabolique : un signal à ne pas ignorer

Le lien entre les acrochordons multiples et le syndrome métabolique est aujourd’hui bien documenté dans la littérature dermatologique. Des études récentes montrent que la présence de nombreux acrochordons – particulièrement dans les plis – peut constituer un signe cutané d’insulinorésistance ou de diabète de type 2 non diagnostiqué.

Le mécanisme impliqué passe par l’IGF-1 (insulin-like growth factor 1), dont les récepteurs sont surexprimés dans le tissu des acrochordons par rapport à la peau saine. L’hyperinsulinisme chronique stimulerait ainsi la prolifération des fibroblastes cutanés, favorisant la formation de ces lésions dans les zones de frottement.

Conseil pratique : Chez un patient qui développe de nombreux acrochordons sans surpoids évident, il peut être pertinent de contrôler la glycémie à jeun et l’hémoglobine glyquée (HbA1c). Ce n’est pas systématique, mais c’est une démarche raisonnable lorsque les lésions sont multiples et progressives.

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Comment traiter et éliminer les acrochordons ?

L’abstention est tout à fait légitime – les acrochordons sont bénins et ne nécessitent aucun traitement médical obligatoire. Le traitement est indiqué uniquement en cas de gêne esthétique ou fonctionnelle (frottement douloureux, accrochage vestimentaire). Plusieurs techniques sont disponibles en cabinet de dermatologie :

Cryothérapie à l’azote liquide
Application de froid intense (-196 °C) pendant 5 à 10 secondes. La lésion forme une petite cloque, noircit et tombe en 5 à 10 jours. 1 à 2 séances suffisent en général. Méthode rapide, accessible en cabinet, sans anesthésie préalable.
Électrocoagulation
Utilisation d’un courant électrique de haute fréquence pour brûler et nécroser l’acrochordon. Très précise, avec une légère croûte transitoire (5 à 7 jours). Indiquée pour les lésions pédiculées fines, notamment sur le visage ou les paupières.
Exérèse aux ciseaux chirurgicaux
Section du pédicule au ciseau fin ou au bistouri, sous anesthésie locale (crème EMLA ou injection). Résultat immédiat. Méthode de choix pour les lésions volumineuses ou à pédicule épais.
Et les kits vendus en pharmacie ? Des dispositifs de cryothérapie à usage domestique (azote à température moins extrême) et des solutions à base d’acide trichloracétique existent. Ils peuvent fonctionner sur de petites lésions, mais sont moins précis qu’un geste médical et comportent un risque de cicatrice ou de brûlure par application incorrecte. Ils ne remplacent pas une consultation pour écarter un autre diagnostic.
À ne jamais faire : Ne tentez pas de ligaturer, couper ou arracher un acrochordon vous-même avec un fil ou des ciseaux non stériles. Les risques sont réels : infection bactérienne locale, saignement difficile à contrôler si le pédicule est épais, nécrose douloureuse, et surtout erreur de diagnostic si la lésion n’est pas un acrochordon.
Consultez en urgence ou rapidement si :

  • Une lésion supposée être un acrochordon saigne spontanément ou de manière répétée
  • Elle grossit rapidement en quelques semaines
  • Elle présente des bords irréguliers, une surface ulcérée ou une pigmentation hétérogène
  • Elle est située sur la paupière et gêne la vision
  • L’acrochordon se tord sur son pédicule et provoque une douleur intense et persistante (torsion/thrombose nécessitant un geste rapide)

Ces signes peuvent indiquer une autre pathologie (nævus atypique, carcinome basocellulaire, mélanome nodulaire) et nécessitent un avis dermatologique sans délai.

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Questions fréquentes sur les acrochordons

Qu’est-ce qu’un acrochordon et est-ce dangereux ?

Un acrochordon (molluscum pendulum, grain de peau, petite excroissance molle) est une petite tumeur bénigne cutanée composée de tissu fibreux lâche recouvert d’un épiderme normal. Il ne dégénère pas en cancer et n’évolue pas vers une forme maligne. Il peut être simplement inesthétique ou gênant mécaniquement. On en compte parfois des dizaines sur une même personne sans signification pathologique grave. Environ 50 à 60 % des adultes en développent au moins un au cours de leur vie.

Pourquoi apparaissent des acrochordons ?

Les facteurs favorisants identifiés sont : l’âge (prévalence de 46 % après 50 ans, 59 % après 70 ans) ; le surpoids et l’obésité (friction dans les plis, insulinorésistance) ; le diabète de type 2 ; la grossesse (modifications hormonales) ; et la prédisposition génétique. Le papillomavirus (HPV) a été détecté dans certains acrochordons mais son rôle causal reste discuté dans la littérature médicale.

Comment traiter les acrochordons ?

Le traitement n’est nécessaire que s’ils sont gênants ou inesthétiques. Les options efficaces en cabinet sont : la cryothérapie à l’azote liquide (1 à 2 séances – méthode rapide) ; l’électrocoagulation (très précise, avec peu de cicatrice) ; l’excision au ciseau fin ou au bistouri sous anesthésie locale. Des dispositifs en vente libre (cryothérapie douce, acide trichloracétique) existent mais sont moins précis qu’un geste médical. La ligature à domicile est à proscrire (risque d’infection et de nécrose).

Peut-on enlever un acrochordon soi-même ?

Il est déconseillé de tenter l’ablation soi-même par ligature (fil) ou coupure. Les risques sont : infection bactérienne, saignement difficile à contrôler si le pédoncule est épais, nécrose douloureuse, et surtout erreur de diagnostic si la lésion n’est pas un acrochordon. Seul un médecin peut confirmer le diagnostic et réaliser le geste correctement. En cabinet, c’est une procédure rapide (quelques minutes) et quasi indolore avec anesthésie locale.

Les acrochordons sont-ils contagieux ?

Non, les acrochordons ne sont pas contagieux. Ce sont des tumeurs bénignes d’origine fibroblastique, non infectieuses, qui ne se transmettent pas par contact. La présence de HPV dans certains acrochordons est un phénomène de co-présence et non de contagiosité directe. Une personne avec de nombreux acrochordons n’est pas plus à même d’en « transmettre » à son entourage qu’une personne qui a des taches de rousseur.

Acrochordons et diabète : quel lien ?

Des études établissent une association entre les acrochordons multiples et le syndrome métabolique (insulinorésistance, diabète de type 2). Ce lien serait médié par l’IGF-1 (insulin-like growth factor 1), dont les récepteurs sont surexprimés dans le tissu des acrochordons et qui stimule la prolifération des fibroblastes cutanés en situation d’hyperinsulinisme chronique. Chez un patient présentant de très nombreux acrochordons, un dosage de glycémie à jeun peut être proposé.

Les acrochordons récidivent-ils après traitement ?

L’ablation d’un acrochordon est définitive pour la lésion traitée. Cependant, de nouveaux acrochordons peuvent apparaître à d’autres endroits si les facteurs favorisants persistent (surpoids, âge avancé). Il n’existe pas de prévention totalement efficace en dehors de la réduction des facteurs de risque modifiables (perte de poids, contrôle glycémique, limitation des frottements vestimentaires).

Le traitement des acrochordons est-il remboursé ?

L’ablation des acrochordons n’est en général pas prise en charge par l’Assurance Maladie, car il s’agit d’un acte à visée esthétique ou de confort. En revanche, si une biopsie s’avère nécessaire pour analyser une lésion atypique et écarter un diagnostic différentiel (nævus, carcinome), l’acte anatomopathologique peut être remboursé. Il est recommandé de se renseigner auprès du cabinet dermatologique avant la consultation.

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Références scientifiques

  1. Wali V, Wali VV. Assessment of Various Biochemical Parameters and BMI in Patients with Skin Tags. J Clin Diagn Res. 2016;10(1):BC09-11. PMID 26894056
  2. Fang CEH, Crowe C, Murphy A, O’Donnell M, Finucane FM. Cross-sectional study of the association between skin tags and vascular risk factors in a bariatric clinic-based cohort of Irish adults with morbid obesity. BMC Res Notes. 2020;13(1):156. PMID 32178726
  3. Köseoğlu HG, Bozca BC, Başsorgun CI, Sarı R, Akbaş SH, Karakaş AA. The role of insulin-like growth factor in acrochordon etiopathology. BMC Dermatol. 2020;20:14. PMID 33143702

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé – has-sante.fr

Ongle epais, epaissisement des ongles

Ongles épais (onychauxis) : causes et traitements

Un ongle qui s’épaissit progressivement, surtout au niveau des orteils, est le plus souvent lié à une mycose de l’ongle ou à un psoriasis unguéal, deux causes qui se ressemblent cliniquement et nécessitent des traitements très différents. Chez la personne âgée, un épaississement isolé sans autre cause identifiée est appelé onychauxis et reste le plus souvent bénin.

En bref : Un ongle épais est le plus souvent une mycose (onychomycose) ou un psoriasis de l’ongle. Chez les patients atteints de psoriasis, le risque de mycose associée de l’ongle est 1,68 fois plus élevé que dans la population générale, ce qui complique le diagnostic et impose un prélèvement mycologique avant traitement.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Causes fréquentes d’un ongle épaissi

Plusieurs causes peuvent épaissir un ongle, parfois associées entre elles :

  • La mycose de l’ongle (onychomycose) est la cause la plus fréquente, surtout aux pieds : l’ongle devient épais, jaunâtre, friable et se décolle parfois du lit unguéal.
  • Le psoriasis unguéal peut donner un tableau très proche (épaississement, effritement), avec souvent d’autres signes évocateurs (dépressions ponctuées, taches saumonées).
  • Un traumatisme répété (chaussures trop étroites, sport, microtraumatismes) épaissit progressivement l’ongle, en particulier du gros orteil.
  • Chez la personne âgée, l’onychauxis et l’onychogryphose (ongle qui s’incurve en griffe) sont liés au ralentissement de la pousse et à une mauvaise circulation locale.
  • Plus rarement, une insuffisance artérielle ou veineuse des membres inférieurs favorise l’épaississement unguéal.
À noter : Mycose et psoriasis de l’ongle se ressemblant beaucoup, un prélèvement mycologique est souvent nécessaire avant de débuter un traitement, pour ne pas traiter à tort l’un pour l’autre.

Quand consulter ?

Consultez rapidement si :

  • L’ongle épaissi devient douloureux ou gêne la marche ou le port de chaussures.
  • Vous êtes diabétique : toute atteinte de l’ongle du pied doit être surveillée de près en raison du risque infectieux.
  • La peau autour de l’ongle devient rouge, chaude ou suintante (surinfection).
  • Une coloration noire, une tache irrégulière ou une déformation asymétrique apparaît, afin d’écarter une cause plus rare.

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Le problème d’ ongle épaissi nécessite une consultation médicale

Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée, signes d’accompagnement… )

Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions. Il fera ensuite le point sur les causes possible de cet épaississement de l’ongle (hypertrophie des bourrelets… ) et les traitements possibles, au besoin après un prélèvement mycologique.

Le médecin envisagera les différents diagnostics en cas d’ongle épaissi

On peut citer parmi ceux-ci :

acne Les mycoses des ongles

Le psoriasis des ongles

Lorsque le diagnostic sera posé, le médecin vous proposera un traitement adapté à suivre attentivement : traitement antifongique local ou par voie orale pour la mycose, traitement spécifique du psoriasis unguéal si besoin, ou simple découpe régulière et soins de pédicurie pour l’onychauxis simple du sujet âgé.

Mycose d’ongle ou psoriasis?

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Questions fréquentes sur les ongles épais

Comment savoir si un ongle épais est une mycose ou un psoriasis ?

Les deux se ressemblent beaucoup à l’œil nu. La présence de dépressions ponctuées, de taches saumonées ou d’un psoriasis cutané associé oriente vers le psoriasis unguéal. Seul un prélèvement mycologique permet de confirmer ou d’écarter une mycose avec certitude.

Un ongle épais chez la personne âgée est-il forcément une maladie ?

Non. Chez le sujet âgé, un épaississement isolé sans mycose ni psoriasis associé (onychauxis) est fréquent et lié au ralentissement naturel de la pousse de l’ongle. Une découpe régulière suffit le plus souvent.

Faut-il traiter un ongle épais qui ne fait pas mal ?

Ce n’est pas systématiquement nécessaire si l’ongle n’est pas douloureux et ne gêne pas. En cas de mycose confirmée, un traitement est cependant recommandé pour éviter la contamination des autres ongles et de l’entourage.

Le vernis ou les faux ongles peuvent-ils épaissir l’ongle ?

L’usage répété et prolongé de faux ongles ou de vernis semi-permanent peut fragiliser et épaissir la structure de l’ongle naturel, en particulier si la pose et la dépose sont agressives pour la kératine.

Références

Cet article a été rédigé et vérifié à partir des données actuelles de la science :

  • Singh G, Haneef NS, Uday A. Nail changes and disorders among the elderly. Indian J Dermatol Venereol Leprol. 2005;71(6):386-92. PMID 16394478
  • Liu M, Kang Y, Zhang R. The Prevalence of Onychomycosis in Psoriasis Patients: A Systematic Review and Meta-Analysis. Mycoses. 2025;68(2):e70035. PMID 39962858
  • Fonseca GP, Werner B, Seidel G, Staub HL. Comparative microscopic analysis of nail clippings from patients with cutaneous psoriasis and psoriatic arthritis. An Bras Dermatol. 2017;92(1):21-25. PMID 28225951
  • Haute Autorité de Santé

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Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Plaques qui grattent sur le ventre : identifier les causes et traitements adaptés


Plaques rouges qui grattent sur le ventre : causes, diagnostic et quand consulter

Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les plaques qui grattent sur le ventre ont 5 causes principales : urticaire (25 % des cas aiguë), eczéma de contact (fermetures éclair, boutons métal), psoriasis (plaques épaisses squameuses), dermite séborrhéique (zone ombilicale), ou gale (avec sillons entre les doigts). L’identification de la cause oriente le traitement : antihistaminique, dermocorticoïde ou traitement antiparasitaire.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Les plaques qui démangent sur le ventre sont l’un des motifs les plus fréquents de consultation dermatologique. Contrairement aux boutons isolés (voir notre page dédiée aux boutons qui grattent sur le ventre), une plaque désigne ici une zone érythémateuse étendue, souvent confluente, aux contours plus ou moins bien définis. La peau abdominale est naturellement sèche et soumise aux frottements vestimentaires, deux facteurs qui aggravent les démangeaisons et peuvent entretenir un cycle grattage-inflammation.

Dans cet article, je passe en revue les principales causes de plaques prurigineuses abdominales, les indices diagnostiques qui permettent de les distinguer et les principes généraux de prise en charge.

Sommaire

Comprendre une plaque prurigineuse sur le ventre

Une plaque cutanée est, en dermatologie, une lésion surélevée ou non, d’au moins 1 cm de diamètre, présentant une modification de couleur et/ou de texture par rapport à la peau saine environnante. Sur le ventre, la surface cutanée est large et les vêtements créent des frottements permanents ; la transpiration dans les plis abdominaux peut en outre macérer la peau et favoriser l’apparition de certaines dermatoses (mycoses, intertrigo). La peau abdominale est également moins exposée au soleil que les membres, ce qui peut modifier l’aspect clinique de certaines affections.

Plusieurs éléments orientent le diagnostic dès la première observation :

Élément clinique Ce qu’il évoque
Plaque rouge squameuse, bords nets, centre plus pâle Psoriasis ou mycose (dermatophytie)
Plaque sèche, rugueuse, légèrement plus claire que la peau saine Dermatite atopique
Plaque rouge vésiculeuse ou suintante, localisée au nombril Eczéma de contact (allergie au nickel du bouton de jean’s)
Grande plaque ovale initiale puis floraison de petites plaques Pityriasis rosé de Gibert
Plaques fugaces, œdémateuses, ressemblant à des piqûres d’ortie Urticaire
Démangeaisons nocturnes intenses, boutons sur les poignets et le sexe Gale
Plaques squameuses s’étendant progressivement en anneau Mycose (herpes circiné)

Vue d’ensemble des causes : tableau comparatif

Diagnostic Aspect typique sur le ventre Démangeaisons Contagieux ?
Dermatite atopique Plaques sèches, rugueuses, légèrement dépigmentées Intenses, surtout la nuit Non
Psoriasis Plaques érythémato-squameuses péri-ombilicales Variables, souvent modérées Non
Eczéma de contact Plaques vésiculeuses au contact de l’allergène Vives Non
Pityriasis rosé de Gibert Médaillon + éruption en sapin de Noël Modérées Non (origine virale présumée)
Mycose (dermatophytie) Anneau rouge squameux à extension centrifuge Présentes Oui (contact)
Gale Boutons et sillons, ventre fréquemment atteint Nocturnes ++ Contagieux
Urticaire Plaques fugaces ressemblant à des piqûres d’ortie Très intenses Non
Molluscums contagiosum Petites tuméfactions ombiliquées sur fond eczémateux Présentes si fond atopique Oui (virus)
Impétigo Placards croûteux jaunâtres (croûtes « miel ») Modérées Oui (bactéries)

ℹ Boutons ou plaques ?
Cette page traite spécifiquement des plaques (lésions étendues, confluentes). Si vous constatez plutôt des boutons isolés, consultez notre article dédié : boutons qui grattent sur le ventre.

Dermatite atopique

La dermatite atopique est la première cause de plaques prurigineuses chez l’enfant et le jeune adulte. C’est une maladie inflammatoire chronique liée à une dysfonction de la barrière cutanée, entretenue par une réponse immunitaire de type Th2. Sur le ventre, les lésions se présentent typiquement comme des plaques sèches et rugueuses, parfois légèrement hypopigmentées par rapport à la peau saine – un signe évocateur souvent négligé. Les grands plis (coudes, derrière les genoux) sont les sites de prédilection classiques, mais le tronc abdominal peut être touché, notamment chez l’enfant en bas âge où la distribution est volontiers diffuse.

Le prurit est intense, volontiers nocturne, et son retentissement sur la qualité de vie peut être considérable. Les poussées sont favorisées par la chaleur, la sudation, certains tissus synthétiques et le stress. La prise en charge repose sur l’émollientation quotidienne de la peau, les dermocorticoïdes en poussée, et pour les formes sévères les immunomodulateurs topiques ou les biothérapies (dupilumab).

Dermatite atopique
Eczema atopique des coudes

Psoriasis

Le psoriasis est une dermatose inflammatoire chronique touchant environ 2 à 3 % de la population. Sur le ventre, il réalise des plaques érythémato-squameuses bien délimitées, recouvertes de squames blanchâtres, localisées de façon caractéristique autour de l’ombilic (nombril). Cette localisation péri-ombilicale est l’une des plus fréquentes sur le tronc et doit être systématiquement recherchée lors de l’examen dermatologique. Une étude publiée dans Pubmed a montré que le psoriasis ombilical était associé à un indice de masse corporelle plus élevé, le frottement des vêtements sur cette zone jouant probablement un rôle de facteur de Koebner local.

Les démangeaisons sont variables : souvent modérées en phase stable, elles peuvent devenir intenses lors des poussées. Le psoriasis en gouttes (guttate psoriasis), secondaire à une infection streptococcique, peut se manifester par une floraison de petites plaques sur le tronc, parfois difficile à distinguer d’un pityriasis rosé. Voir aussi notre article sur les biothérapies du psoriasis.

psoriasis
Plaque de psoriasis

Eczéma de contact – l’allergie au nickel du bouton de jean’s

L’eczéma de contact du ventre est souvent la conséquence d’une allergie au nickel du bouton métallique des jeans. La plaque eczémateuse siège alors exactement sous le bouton, dans la région péri-ombilicale basse, avec des vésicules, un suintement et des croûtes lors des poussées. L’éviction de l’allergène est indispensable : certains boutons de jean peuvent être recouverts d’un vernis protecteur ou remplacés par des boutons plastique. Le diagnostic est confirmé par les patch-tests épicutanés. Pour en savoir plus, consultez notre article dédié à l’eczéma du ventre.

eczema
Plaque d’eczema

Pityriasis rosé de Gibert

Le pityriasis rosé de Gibert est une éruption cutanée bénigne d’origine virale présumée (herpèsvirus humain 6 et 7 souvent impliqués), typique de l’adulte jeune. L’éruption débute par un médaillon initial – une grande plaque ovalaire rose saumoné, souvent sur le tronc ou le ventre – puis, quelques jours à deux semaines plus tard, apparaît une efflorescence de petites plaques ovales dont l’orientation suit les lignes de tension cutanée, réalisant un aspect caractéristique « en sapin de Noël » dans le dos. Les démangeaisons sont modérées, parfois absentes. La guérison est spontanée en 6 à 8 semaines sans traitement spécifique.

pityriasis rosé
Pityriasis rosé : le médaillon initial

Mycose cutanée (dermatophytie)

La mycose de la peau du tronc (souvent due à Trichophyton rubrum ou Trichophyton tonsurans) se présente sous la forme d’une plaque rouge annulaire, à extension centrifuge progressive, avec une bordure active légèrement squameuse et un centre qui tend à s’éclaircir. C’est l’aspect dit « herpès circiné » ou teigne du corps. Les plaques peuvent se multiplier et confluer, réalisant des formes profuses difficiles à rattacher au diagnostic fongique sans examen mycologique. Le traitement repose sur les antifongiques topiques (éconazole, bifonazole) en première intention, ou oraux pour les formes étendues.

mycose
Mycose de la peau à type de dermatophytie (herpes circine)

Plaque de boutons rouges qui grattent sur le tronc : dermatophytie (mycose) profuse
Plaque de boutons rouges qui grattent sur le tronc : dermatophytie (mycose) profuse

Gale

La gale est causée par l’acarien Sarcoptes scabiei var. hominis, transmis par contact cutané direct prolongé. Le ventre est l’une des localisations électives des sillons scabieux et des papules ; les démangeaisons sont caractéristiquement nocturnes, souvent intolérables, et l’atteinte de l’entourage est très évocatrice. Chez l’adulte, les espaces interdigitaux, les poignets, la région ombilicale, les organes génitaux et les fesses sont les sites préférentiels. Un traitement antiparasitaire (perméthrine topique ou ivermectine orale) doit être institué simultanément pour tous les sujets contacts.

boutons de gale
Boutons de gale

Urticaire

L’urticaire réalise des plaques œdémateuses rosées, ressemblant à des piqûres d’ortie, extrêmement prurigineuses. La caractéristique essentielle est la fugacité des lésions : chaque plaque disparaît en moins de 24 heures mais de nouvelles apparaissent sur d’autres zones. L’urticaire peut toucher tout le corps, dont l’abdomen. Les causes sont multiples : médicament, aliment, infection, effort physique, ou idiopathique. Un bilan allergologique est indiqué en cas d’urticaire récidivante ou chronique.

urticaire
Urticaire

Molluscums contagiosum

Les molluscums contagiosum sont des petites tuméfactions ombiliquées d’origine virale (poxvirus), fréquentes chez l’enfant atopique. Ils siègent souvent sur les plaques d’eczéma, dont ils exploitent la rupture de barrière cutanée pour se propager. Sur le ventre, ils peuvent être nombreux et disséminés. Le traitement, lorsqu’il est nécessaire, peut faire appel à la cryothérapie, l’hydroxyde de potassium topique ou le curetage.

Molluscum
Mollusca contagiosa : les molluscum contagiosum se présentent comme de petites tuméfactions ombiliquées

Impétigo

L’impétigo est une infection bactérienne superficielle de la peau, due à Staphylococcus aureus et/ou Streptococcus pyogenes, fréquente chez l’enfant. Les lésions se présentent comme des placards érythémateux recouverts de croûtes jaunâtres caractéristiques dites « en miel ». L’impétigo est très contagieux par contact direct et se propage facilement dans la fratrie ou en collectivité. Le traitement repose sur les antibiotiques locaux (acide fusidique, mupirocine) ou oraux selon l’étendue.

Impetigo
Impetigo croûteux à type de pyodermite

Quand et comment consulter ?

La consultation médicale est indispensable dès lors qu’une plaque persiste plus de quelques jours, s’étend, suinte, ou que les démangeaisons altèrent le sommeil ou la qualité de vie. Avant la consultation, le médecin recueillera vos antécédents personnels et familiaux (atopie, psoriasis), vos traitements en cours, la notion d’un contage (entourage grattant), les circonstances d’apparition et l’évolution dans le temps. L’examen clinique permet souvent de poser le diagnostic. En cas de doute, des examens complémentaires peuvent être demandés : prélèvement mycologique, patch-tests, biopsie cutanée.

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⚠️ Consultez rapidement si :
– Les plaques s’étendent rapidement à tout le corps (érythrodermie possible)
– L’urticaire du ventre s’accompagne d’une gêne respiratoire ou d’un gonflement de la gorge
– Les plaques s’accompagnent de fièvre ou d’un état général altéré
– Apparition de vésicules ou bulles sur les plaques (pemphigoïde bulleuse possible)

FAQ – Questions fréquentes sur les plaques qui grattent sur le ventre

Peut-on mettre une crème cortisone sur une plaque rouge du ventre sans consulter ?

Il est déconseillé d’appliquer une crème cortisonée sans diagnostic préalable. Certaines causes (gale, mycose) peuvent être aggravées par les corticoïdes topiques. Si les lésions s’étendent malgré le traitement, cela doit alerter. Une consultation – y compris en téléconsultation – permet de sécuriser la prise en charge.

Comment différencier une mycose d’un psoriasis sur le ventre ?

Le psoriasis forme des plaques stables, épaisses, recouvertes de squames argentées, souvent symétriques et volontiers péri-ombilicales. La mycose, elle, s’étend progressivement en anneau avec une bordure active et un centre qui s’améliore. Un prélèvement mycologique (scotch-test ou grattage) peut confirmer le diagnostic fongique en cas de doute.

Une plaque rouge sur le ventre peut-elle être liée à un problème interne grave ?

Dans la grande majorité des cas, les plaques prurigineuses de l’abdomen sont bénignes. Toutefois, une plaque ombilicale nodulaire, saignante ou indurée doit toujours faire évoquer un diagnostic plus sérieux (endométriose cutanée, nodule de sœur Marie-Joseph dans un contexte de cancer viscéral). Une consultation dermatologique est indispensable en cas de plaque atypique résistant aux traitements usuels.

Les plaques sur le ventre en fin de grossesse sont-elles normales ?

Une éruption prurigineuse spécifique de la grossesse, la PUPPP (pruritic urticarial papules and plaques of pregnancy), peut provoquer des plaques démangeantes sur l’abdomen à partir du troisième trimestre. Elle est bénigne mais nécessite une prise en charge médicale pour soulager les symptômes.

Quel est le lien entre sécheresse cutanée et plaques qui grattent sur le ventre ?

La xérose cutanée (peau sèche) est un facteur aggravant majeur du prurit, quel que soit le diagnostic sous-jacent. Sur l’abdomen, la peau est naturellement plus fine et moins sébacée que sur les membres ; les frottements vestimentaires accentuent la déshydratation cutanée. L’émollientation quotidienne (crèmes nourrissantes, huiles de soin) constitue la base de tout traitement dermatologique du ventre, en complément du traitement spécifique.

Voir aussi :
Dermatite atopique
Psoriasis
Eczéma
Pityriasis rosé de Gibert
Mycoses cutanées
Gale
Dr Ludovic Rousseau, dermatologue

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Références scientifiques (PubMed)

  • Byer TT, Morrell DS. Periumbilical allergic contact dermatitis: blue jeans or belt buckles? Pediatr Dermatol. 2004;21(3):223-226. PMID 15165199
  • Darsow U, Pfab F, Valet M, et al. Pruritus and atopic dermatitis. Clin Rev Allergy Immunol. 2011;41(3):237-244. PMID 21207193
  • Jeskey J, Kurien C, Blunk H, et al. Atopic Dermatitis: A Review of Diagnosis and Treatment. J Pediatr Pharmacol Ther. 2024;29(6):587-603. PMID 39659858
  • Takada M, Kikuchi N, Yamamoto T. Umbilical psoriasis is not relevant to psoriatic arthritis. J Dermatol. 2024;51(7):973-976. PMID 38444095
  • Garner KK, Hoy KDS, Carpenter AM. Psoriasis: Recognition and Management Strategies. Am Fam Physician. 2023;108(6):562-573. PMID 38215417
  • HAS. Bon usage des dermocorticoïdes dans les maladies de peau. 2014.


Téléchargez un guide complet au format PDF :

Brevoxyl ® dans l’acne : mode d’emploi et avis dermatologue

Mis à jour le 10 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Le peroxyde de benzoyle (Brevoxyl®) est un traitement de référence de l’acné légère à modérée depuis plus de 40 ans. C’est le seul antiacnéique topique contre lequel aucune résistance bactérienne n’a jamais été rapportée, ce qui en fait un pilier des recommandations internationales (American Academy of Dermatology, 2016).
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Brevoxyl® : qu’est-ce que c’est ?

Brevoxyl® est une crème dermatologique contenant du peroxyde de benzoyle à 4%, indiquée dans le traitement de l’acné vulgaire légère à modérée. Ce médicament appartient à la famille des antiseptiques et kératolytiques topiques, largement utilisés en dermatologie depuis plusieurs décennies.

ℹ️ Information clé
Brevoxyl® est disponible sur prescription médicale. Sa concentration à 4% en fait une alternative bien tolérée pour les peaux sensibles, par rapport aux formulations à 5% ou 10% disponibles en officine sans ordonnance.

D’autres spécialités à base de peroxyde de benzoyle existent en France, à des concentrations et galéniques variables : Panoxyl®, Cutacnyl®, Eclaran® ou Pannogel®. Le choix dépend de la tolérance cutanée et de la préférence du prescripteur.

Mécanisme d’action du peroxyde de benzoyle

Le peroxyde de benzoyle exerce son action anti-acnéique par plusieurs mécanismes complémentaires :

  • Effet bactéricide : il détruit Cutibacterium acnes, la bactérie impliquée dans l’inflammation acnéique, sans induire de résistances.
  • Effet kératolytique : il favorise le renouvellement cellulaire et libère les pores obstrués.
  • Effet séborrhéique modéré : il contribue à réduire l’excès de sébum en surface.

Indications et mode d’emploi

Brevoxyl® est indiqué dans l’acné vulgaire légère à modérée, inflammatoire (papules, pustules) ou rétentionnelle (points noirs, microkystes). Il s’applique une fois par jour le soir sur peau propre et sèche.

🟠 Conseil pratique
Commencez par une application tous les deux jours pendant les deux premières semaines. Augmentez progressivement à une application quotidienne si la tolérance cutanée est bonne.

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Mode d’emploi – tableau récapitulatif

Étape Consigne
1. Nettoyage Nettoyer le visage avec un gel doux non comédogène
2. Séchage Laisser la peau sécher complètement (10-15 min)
3. Application Appliquer une fine couche sur les zones acnéiques
4. Durée Traitement continu de 3 à 6 mois minimum

Effets secondaires de Brevoxyl®

Les effets secondaires de Brevoxyl® sont généralement bénins et s’atténuent après les premières semaines. Les plus fréquents sont la sécheresse et les tiraillements cutanés, les rougeurs et irritations locales, une desquamation légère, et la décoloration possible des vêtements ou draps.

🔴 Alerte
En cas de réaction allergique sévère (gonflement, urticaire), arrêtez immédiatement le traitement et consultez un médecin. L’allergie au peroxyde de benzoyle est rare mais possible.

Précautions d’emploi

Évitez le contact avec les yeux et les muqueuses. Une photoprotection solaire est recommandée pendant la durée du traitement. Brevoxyl® est déconseillé pendant la grossesse ; consultez votre dermatologue pour une alternative adaptée.

Foire aux questions

À quoi sert Brevoxyl® ?
Brevoxyl® est une crème au peroxyde de benzoyle 4% indiquée contre l’acné vulgaire légère à modérée. Elle détruit Cutibacterium acnes sans induire de résistance bactérienne.

Comment utiliser Brevoxyl® crème ?
Appliquez Brevoxyl® une fois par jour le soir sur peau propre et sèche. Commencez par une application tous les 2 jours les premières semaines, puis quotidiennement si la tolérance est bonne.

Quels sont les effets secondaires de Brevoxyl® ?
Les principaux effets secondaires sont la sécheresse, les rougeurs et les desquamations. Ces effets s’atténuent généralement après 2 à 3 semaines. Le produit peut décolorer les vêtements et la literie.

Peut-on utiliser Brevoxyl® avec d’autres traitements de l’acné ?
Oui, l’association avec un rétinoïde topique ou une antibiothérapie orale est fréquente sur prescription dermatologique. C’est une option efficace pour les acnés mixtes ou modérées.

Peut-on utiliser Brevoxyl® pendant la grossesse ?
Les données sur le peroxyde de benzoyle pendant la grossesse sont limitées. Par précaution, Brevoxyl® est généralement déconseillé et une alternative doit être discutée avec le dermatologue ou la sage-femme.

Combien de temps pour voir les premiers résultats avec Brevoxyl® ?
Une amélioration visible apparaît généralement après 4 à 6 semaines d’utilisation régulière, avec un effet maximal après 8 à 12 semaines. La régularité d’application est essentielle, y compris pour un traitement combiné type Epiduo® si prescrit.

Que faire en cas d’irritation trop importante avec Brevoxyl® ?
Espacez les applications (1 jour sur 2 ou 3), appliquez une crème hydratante apaisante non comédogène, et si l’irritation persiste au-delà de 2 semaines, consultez votre dermatologue.

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Références

  • Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016;74(5):945-973. PMID: 26897386
  • Thiboutot D et al. New insights into the management of acne: an update from the Global Alliance to Improve Outcomes in Acne group. J Am Acad Dermatol. 2009;60(5 Suppl):S1-50. PMID: 19376456
  • Dréno B et al. European recommendations on the use of oral antibiotics for acne. Eur J Dermatol. 2004;14(6):391-9. PMID: 15564203
  • ANSM – Résumé des caractéristiques du produit Brevoxyl® 4% crème. Agence nationale de sécurité du médicament.

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Procuta® (isotrétinoïne) : indications, effets secondaires et suivi dermatologique

Mis à jour le 12 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Procuta® (isotrétinoïne) est réservé à l’acné sévère résistante. Le traitement réduit la production de sébum de 70 à 90 % mais impose une contraception stricte chez la femme (tératogène) et une surveillance biologique mensuelle.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
Consultez sans attendre en cas de grossesse (même suspectée), de troubles de l’humeur ou d’idées noires, de maux de tête intenses avec troubles visuels (hypertension intracrânienne), ou de douleurs abdominales sévères (pancréatite) sous Procuta®.


Procuta® (isotrétinoïne) : indications, contre-indications et conseils pratiques
Procuta® est un médicament contenant de l’isotrétinoïne, dérivé de synthèse de la vitamine A (rétinoïde oral). C’est l’une des spécialités françaises à base d’isotrétinoïne disponibles depuis le retrait du Roaccutane® en 2013, avec Curacné® et Contracné®. Il est prescrit dans le traitement de l’acné sévère – formes nodulo-kystiques, acné cicatrisante ou résistante aux antibiotiques après 3 mois de traitement bien conduit. Sa prescription initiale est réservée au dermatologue ou au spécialiste.

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Indication de Procuta®

Procuta® est indiqué dans le traitement de l’acné sévère résistante, nodulo-kystique ou à risque cicatriciel élevé. C’est le seul traitement anti-acné potentiellement curatif – il réduit durablement la taille et l’activité des glandes sébacées, la production de sébum de 70 à 90 %, et l’inflammation folliculaire. La dose habituelle est de 0,5 à 1 mg/kg/jour jusqu’à une dose cumulée de 120 à 150 mg/kg.

Pour le détail complet des indications par grade, du mécanisme d’action, de la posologie et du Programme de Prévention de la Grossesse : voir notre guide complet de l’isotrétinoïne.

Contre-indications de Procuta®

Contre-indication Raison
Grossesse et allaitement ⚠️ Tératogénicité majeure – malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️ Contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et au moins 1 mois après le traitement
Association aux cyclines Risque d’hypertension intracrânienne bénigne
Insuffisance hépatique ou rénale sévère Risque d’accumulation du médicament
Hyperlipidémie non contrôlée L’isotrétinoïne élève les triglycérides – risque de pancréatite aiguë
Hypervitaminose A ou suppléments vitamine A Risque d’effets toxiques cumulatifs

Conseils pratiques pour le traitement par Procuta®

Lèvres et peau sèche – appliquer un baume labial dès le début du traitement (Homéoplasmine®, Bepanthen®) et un émollient riche non comédogène matin et soir. La chéilite est quasi constante et témoigne de l’efficacité du traitement.

Soleil et UV – protection solaire indice 50 obligatoire pendant toute la durée du traitement, même par temps nuageux. UV artificiels contre-indiqués.

Crèmes irritantes – interrompre rétinoïdes topiques, acides (AHA, BHA), exfoliants et peroxyde de benzoyle pendant Procuta® – inutiles et irritants sur peau fragilisée.

Épilations à la cire – formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt (risque de décollement épidermique). Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire uniquement.

Lentilles de contact – la sécheresse oculaire induite par Procuta® rend le port de lentilles inconfortable. Préférer les lunettes pendant toute la durée du traitement.

Sport intensif – à éviter (myalgies dose-dépendantes fréquentes).

Alcool – à éviter (interaction avec le bilan hépatique et lipidique).

Aggravation initiale – une exacerbation des lésions dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et attendue. Ne pas interrompre sans avis médical.

💡 Surveillance biologique obligatoire – bilan lipidique et transaminases avant le traitement puis toutes les 4 à 6 semaines. Chez la femme, test de grossesse négatif obligatoire avant chaque renouvellement mensuel.

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Procuta® et risque psychiatrique

La controverse sur un lien entre isotrétinoïne et dépression existe depuis 1982. La conclusion des autorités sanitaires françaises (ANSM) est que ce lien n’est pas établi au niveau d’une population de patients. Pour une analyse complète et actualisée – données neurobiologiques, études épidémiologiques, deux périodes cliniquement à risque et conduite pratique – voir notre article dédié : Isotrétinoïne et dépression – ce que dit la science en 2025.

Voici l’exemple d’une jeune femme qui avait une acné sévère depuis plusieurs années, vous n’aurez pas de mal à croire qu’elle a une meilleure humeur pendant qu’avant le traitement…

Avant traitement
1 mois après le début (purge)
2 mois après le début…

 

Questions fréquentes

Quels sont les dosages de Procuta® (isotrétinoïne) disponibles ?

Procuta® est disponible en capsules molles à 5 mg, 10 mg, 20 mg et 40 mg. Il est inscrit sur la liste 1 et remboursé à 65 % par la Sécurité sociale sur prescription d’un dermatologue.

Peut-on tomber enceinte sous Procuta® ?

Non. Procuta® (isotrétinoïne) est tératogène : toute grossesse est absolument contre-indiquée. Une contraception efficace est obligatoire pendant le traitement et au moins 1 mois après l’arrêt.

Combien de temps dure un traitement par Procuta® ?

La durée standard est de 4 à 6 mois, jusqu’à atteindre une dose cumulative de 120 à 150 mg/kg. Le dermatologue ajuste la durée selon la réponse clinique et la tolérance.

Quels examens sont nécessaires pendant un traitement par Procuta® ?

Un bilan biologique (NFS, bilan hépatique, triglycérides, cholestérol) est réalisé avant et pendant le traitement. Un test de grossesse mensuel est obligatoire pour les femmes en âge de procréer.

Procuta® peut-il provoquer une dépression ?

L’ANSM considère que ce lien n’est pas établi au niveau d’une population de patients, malgré une controverse existant depuis 1982. Tout changement d’humeur ou idée noire impose de consulter sans attendre.

Peut-on faire du sport pendant un traitement par Procuta® ?

Le sport intensif est déconseillé en raison de myalgies dose-dépendantes fréquentes. Une activité modérée reste possible selon la tolérance musculaire.

Procuta® est-il identique à Curacné® ou Roaccutane® ?

Oui, ce sont tous des génériques ou marques d’isotrétinoïne orale, avec le même mécanisme, les mêmes contre-indications et le même Programme de Prévention de la Grossesse.

Références

  • Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016. PMID 26897386
  • Lammer EJ et al. Retinoic acid embryopathy. N Engl J Med. 1985. PMID 3162101
  • Jick SS et al. Isotretinoin use and risk of depression, psychotic symptoms, suicide, and attempted suicide. Arch Dermatol. 2000. PMID 11030769
  • HAS. Acné : recommandations de bonnes pratiques. has-sante.fr
  • ANSM. Risques liés à la prise d’isotrétinoïne par voie orale. ansm.sante.fr

En savoir plus

Guide complet de la molécule : Isotrétinoïne – mécanisme, PPG, effets secondaires détaillés
Autres spécialités : Curacné® | Contracné® | Roaccutane®
Traitement de l’acné par grade HAS : Guide complet
Risque psychiatrique : Analyse complète

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Kestin® (ébastine) : antihistaminique, posologie et effets secondaires

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Kestin® (ébastine 10 mg) est un antihistaminique H1 non sédatif de 2e génération, disponible sans ordonnance, efficace dans l’urticaire chronique et la rhinite allergique. À la dose de 20 mg, un allongement de l’intervalle QT a été rapporté : la dose standard de 10 mg/jour reste suffisante dans la grande majorité des cas.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Kestin® est un médicament antihistaminique de la famille des antagonistes H1 de 2e génération, dont la substance active est l’ébastine (10 mg). Il est utilisé en dermatologie dans le traitement de l’urticaire chronique et de la rhinite allergique. Voir aussi notre guide comparatif des antihistaminiques.

Mécanisme d’action de l’ébastine

L’ébastine agit en bloquant de façon sélective les récepteurs histaminiques H1 périphériques, sans franchir significativement la barrière hémato-encéphalique aux doses thérapeutiques. Elle est donc classée comme antihistaminique non sédatif, contrairement aux antihistaminiques de 1re génération comme l’hydroxyzine (Atarax®).

Son métabolite actif, la carébastatine, contribue à son effet prolongé, justifiant une administration en prise unique quotidienne.

Indications

  • Urticaire chronique idiopathique
  • Rhinite allergique saisonnière et perannuelle
  • Manifestations allergiques cutanées avec démangeaisons

Posologie

Indication Dose Fréquence
Rhinite allergique / urticaire 10 mg 1 fois/jour
Urticaire sévère (avis médical) 20 mg 1 fois/jour

Kestin® peut être pris avec ou sans aliment, à n’importe quelle heure de la journée.

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Disponibilité et remboursement

ℹ️ Statut
Kestin® 10 mg est disponible sans ordonnance en pharmacie. Il n’est pas remboursé par l’Assurance maladie.

Effets indésirables

Kestin® est généralement bien toléré. Les effets indésirables les plus fréquents sont :

  • Céphalées (peu fréquentes)
  • Somnolence légère (rare aux doses thérapeutiques)
  • Sécheresse buccale, nausées (très rares)
⚠️ Précaution
À forte dose (20 mg), un allongement de l’intervalle QT peut être observé. Éviter l’association avec les médicaments allongeant le QT (antifongiques azolés, macrolides).
Consultez en urgence si : palpitations ou malaise sous Kestin® (surtout à 20 mg), ou en cas d’association avec un médicament allongeant le QT (macrolides, antifongiques azolés) — risque de trouble du rythme cardiaque. En cas de gonflement du visage ou de la gorge, ou de difficultés respiratoires (angio-œdème), appelez le 15 : voir aussi œdème de Quincke.

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Questions fréquentes

Kestin® (ébastine) est-il efficace contre l’urticaire ?

Oui, Kestin® (ébastine 10 mg) est un antihistaminique H1 de 2e génération non sédatif indiqué dans l’urticaire chronique et la rhinite allergique. Son effet dure 24 heures.

Quelle est la posologie de Kestin® chez l’adulte ?

10 mg par jour en une prise unique. En cas d’urticaire sévère, la dose peut être portée à 20 mg sur avis médical.

Kestin® provoque-t-il de la somnolence ?

Non, l’ébastine est non sédative aux doses thérapeutiques. Elle ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique de façon significative.

Kestin® est-il disponible sans ordonnance ?

Oui, il est disponible sans ordonnance mais n’est pas remboursé par l’Assurance maladie, contrairement à d’autres antihistaminiques comme Zyrtec® ou Clarityne® qui peuvent aussi être achetés sans ordonnance.

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Références

  • Simons FE. Advances in H1-antihistamines. N Engl J Med. 2004;351(21):2203-2217. PMID 15548781
  • Zuberbier T, Aberer W, Asero R, et al. The EAACI/GA²LEN/EDF/WAO guideline for the definition, classification, diagnosis and management of urticaria. Allergy. 2018;73(7):1393-1414. PMID 29336054
  • Church MK, Maurer M, Simons FE, et al. Risk of first-generation H1-antihistamines: a GA²LEN position paper. Allergy. 2010;65(4):459-466. PMID 20146728
  • Bachert C. A review of the efficacy of desloratadine, fexofenadine, and levocetirizine in the treatment of nasal congestion in patients with allergic rhinitis. Clin Ther. 2009;31(5):921-944. PMID 19539095

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS). Urticaire chronique : prise en charge. 2015. has-sante.fr

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Eczema oreille : soigner l’exema dans les oreilles et


Eczema de l’oreille
Il est fréquent d’avoir de l’eczema des oreilles. Essayons d’y voir plus clair…

Eczema de l'oreille
Eczema de l’oreille

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Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : L’eczéma de l’oreille est le plus souvent un eczéma de contact allergique, déclenché par le nickel des boucles d’oreilles, un appareil auditif, ou des gouttes auriculaires. Une étude a montré qu’un tiers des patients souffrant d’otite externe chronique souffrent en réalité d’un eczéma de contact allergique méconnu. Le patch-test confirme le diagnostic et identifie l’allergène en cause.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Est-ce bien de l’eczema des oreilles?

On appelle eczema une dermatite allergique de contact.

La dénomination ‘eczema des oreilles’ peut correspondre à cet eczema de contact mais aussi à d’autres dermatoses des oreilles souvent prises pour de l’eczema :

dermite séborrhéique des oreilles (croutes dans les oreilles)

psoriasis des oreilles

etc…

Il faut donc consulter un médecin et si possible un dermatologue pour déterminer la cause de ces éruptions des oreilles

Nous ne nous attarderons ici que sur le véritable eczema des oreilles

Consultez rapidement si : l’oreille devient chaude, gonflée et douloureuse (signe de surinfection), un écoulement purulent ou une fièvre apparaît, le conduit auditif se ferme (perte d’audition), ou l’eczéma s’étend rapidement au visage ou au cuir chevelu.

Eczema de contact allergique des oreilles

L’eczema de contact des oreilles est le plus souvent lié à une allergie aux

produits capillaires

parfums appliqués sur le cou et la nuque

allergie au nickel des boucles d’oreilles

Allergie à une boucle d'oreille
Allergie à une boucle d’oreille

allergie au sonotone

Le médecin le met en evidence soit par l’interrogatoire (déclenchement d’un eczema après manipulation d’un nouveau cosmétique), soit par tests appelés tests allergologiques épicutanés, ou epitests oupatch tests. Ils consistent à appliquer dans le dos des sparadraps contenant différents allergènes et de les enlever au bout de 48h : on regarde alors si de l’eczema s’est déclenché sur certaines zones et on en déduit l’allergene concerné.

Mais il est possible d’observer une positivation plus tardive des tests (jusqu’à 7 jours apres la pose des tests) : il faut alors re-consulter le médecin.

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Soigner l’eczema des oreilles

Tout d’abord il faut éviter de gratter car ceci intensifie et lichénifie (épaissit) l’eczema, le rendant chronique

On peut se laver les cheveux et les pavillons des oreilles régulièrement avec un shampoing doux pour lavage fréquent

Le traitement de l’eczéma des oreilles requiert généralement des cremes ou lotions cortisonées voire des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Il convient par ailleurs d’éviter le contact avec la substance allergisante en cause ou de s’en protéger (produits capillaires et parfums, sonotone, allergie aux boucles d’oreilles… )
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Questions fréquentes

Quand consulter un dermatologue pour un eczéma de l’oreille ?

Consultez si les symptômes persistent plus de 2 semaines malgré les soins locaux, s’il y a un écoulement, ou si l’eczéma s’étend au visage ou au cuir chevelu.

Les boucles d’oreilles peuvent-elles causer un eczéma du lobe ?

Oui, c’est l’une des causes les plus fréquentes : le nickel contenu dans les bijoux fantaisie ou même certains bijoux en or blanc déclenche un eczéma du lobe de l’oreille, souvent des années après le perçage. Privilégier le titane, l’acier chirurgical ou l’or 18 carats.

Un appareil auditif peut-il donner de l’eczéma ?

Oui, le plastique, le silicone ou l’embout de l’appareil auditif peuvent provoquer un eczéma de contact dans le conduit auditif. Un patch-test permet d’identifier le composant en cause et d’adapter le matériau de l’appareil.

Comment différencier un eczéma de l’oreille d’une otite externe infectieuse ?

L’otite externe infectieuse s’accompagne souvent de douleur, d’écoulement et parfois de fièvre, alors que l’eczéma de contact provoque surtout des démangeaisons, une peau sèche et squameuse. Une étude a montré qu’un tiers des otites externes chroniques sont en réalité des eczémas de contact non reconnus – d’où l’intérêt du patch-test en cas d’échec du traitement antibiotique.

Les gouttes auriculaires peuvent-elles aggraver l’eczéma de l’oreille ?

Oui. Certains antibiotiques locaux (notamment la néomycine) sont eux-mêmes des allergènes fréquents et peuvent entretenir ou aggraver l’eczéma qu’ils sont censés traiter. Si les symptômes persistent sous traitement, il faut suspecter une allergie au traitement lui-même et consulter pour un patch-test.

Peut-on guérir définitivement de l’eczéma de l’oreille ?

Oui, si l’allergène est identifié par patch-test et évité durablement (bijou, appareil auditif, produit capillaire ou goutte auriculaire). Sans éviction, l’eczéma récidive à chaque nouvelle exposition.

À lire aussi sur l’eczéma et les allergies de contact

Références médicales

Desloratadine : le médicament desloratidine en comprimés

Desloratadine : principe actif antihistaminique non sédatif

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

La desloratadine est la molécule active (principe actif) de l’Aerius®. C’est un antihistaminique de 2e génération non sédatif indiqué dans le traitement de l’allergie de peau, des démangeaisons de la peau et de l’urticaire. Elle est le métabolite actif de la loratadine (Clarityne®).

Mis à jour le 17 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La desloratadine (Aerius®) est le métabolite actif de la loratadine, un antihistaminique H1 non sédatif délivré sur ordonnance en France. Elle inhibe aussi la libération de cytokines pro-inflammatoires (IL-4, IL-6, IL-8, IL-13) par les mastocytes – un effet propre qui dépasse le simple blocage H1. Une étude de pharmacovigilance a montré une légère augmentation des crises convulsives inaugurales chez les enfants traités, à surveiller en cas d’antécédents.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Mode d’action – ce qui différencie la desloratadine

La desloratadine possède un double mécanisme d’action qui la distingue des antihistaminiques plus anciens :

Mécanisme Conséquence clinique
Antagoniste sélectif des récepteurs H1 périphériques – ne diffuse pas dans le système nerveux central Pas de sédation, pas d’effet anticholinergique – conduite automobile autorisée
Inhibition des cytokines pro-inflammatoires (IL-4, IL-6, IL-8, IL-13) par les mastocytes et basophiles Action anti-inflammatoire au-delà du simple blocage H1 – utile dans l’urticaire chronique
💡 Cette inhibition des cytokines est un avantage pharmacologique de la desloratadine par rapport à la loratadine (molécule mère) – elle explique son efficacité dans l’urticaire chronique au-delà du simple prurit aigu. Pour les informations pratiques (posologie, conseils d’utilisation, contre-indications), voir la page Aerius®.


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Contre-indications et conseils d’utilisation

La contre-indication principale est l’allergie à la desloratadine ou à l’un des composants. Desloratadine n’est pas recommandée en cas de grossesse ou d’allaitement – consulter le médecin. En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, nausées, palpitations…), consulter un médecin.

→ Pour le détail complet : posologie, précautions, interactions, populations particulières : voir Aerius® (desloratadine) – guide pratique complet.

Quand consulter : Consultez rapidement en cas de réaction allergique sévère (visage ou gorge qui gonfle, urticaire généralisée, difficultés à respirer) ou en cas de crise convulsive pendant le traitement – la desloratadine doit alors être arrêtée. Elle doit être utilisée avec prudence chez les enfants ayant des antécédents personnels ou familiaux de convulsions. Par précaution, son usage n’est pas recommandé pendant la grossesse ou l’allaitement.

Questions fréquentes

La desloratadine est-elle plus forte que la loratadine ?

Pas vraiment plus « forte » – la desloratadine est le métabolite actif de la loratadine, donc son mécanisme principal est identique. Elle possède en plus une action anti-inflammatoire propre (inhibition de cytokines) démontrée in vitro, dont la portée clinique reste à confirmer. Contrairement à la loratadine, elle est délivrée sur ordonnance en France.

La desloratadine peut-elle provoquer des convulsions chez l’enfant ?

Une étude de pharmacovigilance a montré une légère augmentation du risque de première crise convulsive chez les enfants traités par desloratadine, en particulier avant 5 ans. Ce risque reste rare mais justifie une prudence particulière chez les enfants ayant des antécédents personnels ou familiaux de convulsions – à signaler systématiquement au médecin.

Peut-on prendre de la desloratadine pendant la grossesse ?

Les données disponibles sur plus de 1000 grossesses n’ont pas montré d’effet malformatif, mais par mesure de précaution, l’utilisation de la desloratadine pendant la grossesse n’est pas recommandée. Demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Pourquoi la desloratadine est-elle sur ordonnance alors que la loratadine est en vente libre ?

C’est une différence réglementaire française plutôt que pharmacologique : les deux molécules ont un profil de sécurité comparable. La desloratadine (Aerius® et génériques) reste soumise à prescription en France, contrairement à la loratadine, disponible sans ordonnance sur les conseils du pharmacien.

Pages associées

Voir aussi :
Aerius® |
Clarityne® |
Antihistaminiques |
Urticaire

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Références

Limon L, Kockler DR. Desloratadine: a nonsedating antihistamine. Ann Pharmacother. 2003;37(2):237-246. PMID 12549956.

Berger WE. The safety and efficacy of desloratadine for the management of allergic disease. Drug Saf. 2005;28(12):1101-1118. PMID 16329713.

Traidl-Hoffmann C, Münster I, Ring J, Behrendt H. Impact of desloratadine and loratadine on the crosstalk between human keratinocytes and leukocytes. Int Arch Allergy Immunol. 2006;140(4):315-320. PMID 16741367.

ANSM. Résumé des caractéristiques du produit – Desloratadine Viatris 5 mg, comprimé pelliculé. ansm.sante.fr.

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Maladie de Paget du mamelon : diagnostic et traitement

La maladie de Paget du mamelon, comme sa forme extramammaire (sexe, anus), prend l’aspect d’un eczéma persistant qui ne guérit pas sous traitement habituel. Elle cache presque toujours un cancer sous-jacent qu’il faut rechercher sans tarder.

Mis à jour le 26 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La maladie de Paget du mamelon est un cancer rare (moins de 1 % des cancers du sein) qui se manifeste par un eczéma persistant du mamelon. Elle est liée dans 70 à 100 % des cas à un carcinome canalaire in situ sous-jacent. Tout eczéma du mamelon résistant au traitement topique après 6 semaines impose une biopsie urgente.

— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Maladie de Paget

Maladie de Paget du sein

La maladie de Paget est une forme de cancer (adénocarcinome) in situ (cantonné à l’épiderme), caractérisé par la prolifération de cellules différentes de kératinocytes épidermiques, les cellules de Paget

On distingue la forme touchant le sein et la forme extra-mammaire

Maladie de Paget mammaire, sur le sein

Femmes entre 50 et 70 ans.

Signes cliniques : un eczema unilatéral du mamelon, extensif et résistant aux crèmes

Au début, lésion croûteuse chronique du mamelon, parfois légèrement suintante.

Un eczema unilatéral du mamelon : attention c'est peut etre une maladie de Paget
Un eczema unilatéral du mamelon : attention c’est peut etre une maladie de Paget

Extension progressive, prenant l’aspect d’un eczema du mamelon mais dont les bords sont bien limités : le mamelon et l’aréole sont rouges et squameux, surmontant parfois une zone suintante ou discrètement végétante

Puis évolution vers l’ulcération, la rétraction du mamelon…

Examens complémentaires

Histologie par biopsie devant tout eczema unilatéral du mamelon résistant au traitement (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)

Recherche par mammographie d’un cancer du sein, de type galactophorique invasif ou in situ, présent dans la quasi totalité des cas.

Traitement

Chirurgical : c’est celui du cancer sous-jacent : mastectomie totale

Consultez sans attendre : éczéma unilatéral du mamelon résistant aux dermocorticoïdes, érosion ou croûte persistante, écoulement séro-sanglant. La maladie de Paget est souvent confondue avec une dermite banale. Chaque semaine compte pour le pronostic. Voir notre article sur les cancers cutanés.

Maladie de Paget extramammaire (sexe, anus… )

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Dans sa localisation extramammaire, la maladie de Paget est moins fréquemment associée à un cancer viscéral sous jacent et sans continuité anatomique (urinaire, prostate… ) puisqu’il n’est présent que dans 1/4 à 1/3 des cas

Le carcinome in situ, cantonné initialement à l’épiderme, peut envahir le derme et de donner des métastases à distance.

La biopsie est indispensable devant toute plaque rouge du sexe résistant aux crèmes

Maladie de Paget de la vulve

Plaque rouge de la vulve, plus ou moins suintante, bien limitée, résistant aux crèmes prescrites par le médecin, provoquant souvent des démangeaisons de la vulve

Rechercher des cancers des voies urinaires, de l’utérus et des ovaires et cancer du sein

Maladie de Paget de l’anus

Plaque rouge de l’anus ou de la marge anale, plus ou moins suintante, bien limitée, résistant aux crèmes prescrites par le médecin

Rechercher des cancers du tube digestif dans près de 30 % des cas (carcinome épidermoïde anal, adénocarcinome rectal ou colique) et plus rarement de la prostate.

Maladie de Paget du gland et de la verge

Plaque rouge du gland ou de la verge, plus ou moins suintante, bien limitée résistant aux traitements locaux.

Forme évoluée de Paget du sexe de l’homme

Rechercher des cancers urinaires ou de la prostate.

Traitement de la maladie de Paget du sexe et de l’anus

Outre le traitement du cancer sous jacent

Exérèse chirugicale souvent difficile car les lésions sont souvent histologiquement multifocales (exérèse incomplète) -> Chirurgie de Mohs si possible.

Maladie de Paget non invasive

Exérèse avec marge saine en profondeur et latéralement
Maladie de Paget invasive ou associée à un cancer sous-jacent

Exérèse avec marge de peau saine de 2 cm, associée à un curage des aires ganglionnaires de drainage. Radiothérapie complémentaire en cas de présence de métastases ganglionnaires.

Surveillance de la maladie de Paget du sexe et de l’anus

Surveillance régulière de la peau et des organes de voisinage est indispensable à la recherche de récidives et d’apparition de cancers viscéraux du voisinage :

Maladie de Paget non invasive

Surveillance clinique, tous les 6 mois les trois premières années puis annuelle toute la vie. Recherche régulière de cancer sous-jacent par examens cliniques, biologiques et radiologiques
Maladie de Paget invasive ou associée à un cancer sous-jacent

C’est le stade évolutif du cancer invasif et/ou du cancer sous jacent qui dicte la surveillance

 

Mammaire ou extramammaire : les différences en un coup d’œil

Critère Forme mammaire Forme extramammaire
Localisation Mamelon, aréole Vulve, verge, anus, aisselles
Âge typique 50-70 ans Après 60 ans
Cancer sous-jacent Carcinome mammaire dans 70 à 100 % des cas Adénocarcinome associé dans 1/4 à 1/3 des cas seulement
Traitement de référence Chirurgie du cancer sous-jacent (mastectomie) Exérèse large ± chirurgie de Mohs, imiquimod dans certains cas

Questions fréquentes

La maladie de Paget du sein est-elle toujours un cancer ?

Oui, dans la quasi-totalité des cas. Elle est associée à un carcinome canalaire in situ dans 70 à 100 % des cas et à un carcinome invasif dans 40 à 50 % des cas. Toute lésion eczema-like du mamelon résistante aux traitements impose une biopsie.

Comment distinguer la maladie de Paget d’un éczéma du mamelon ?

La maladie de Paget est unilatérale, érosive, progressive et résistante aux dermocorticoïdes. Un éczéma vrai est bilatéral et s’améliore sous traitement local. En cas de doute, une biopsie est indispensable. Voir notre article sur l’éczéma de contact.

Quel est le traitement de référence ?

La chirurgie est le traitement principal : mastectomie ou chirurgie conservatrice selon l’étendue du carcinome sous-jacent. La décision est prise en réunion de concertation pluridisciplinaire. La radiothérapie peut être associée en cas de chirurgie conservatrice.

La forme extramammaire existe-t-elle aussi ?

Oui. La maladie de Paget extramammaire touche la vulve, le périnée ou les aisselles. Elle est associée à un adénocarcinome sous-jacent dans 20 à 30 % des cas. Son traitement fait appel à la chirurgie ou, dans certains cas sélectionnés, à l’imiquimod.

Combien de temps s’écoule-t-il en moyenne avant le diagnostic ?

Le retard diagnostique est fréquent car les premiers signes sont souvent pris pour un eczéma banal. Un délai de plusieurs mois, parfois supérieur à un an, sépare souvent l’apparition des symptômes du diagnostic par biopsie.

La maladie de Paget peut-elle survenir sans cancer du sein sous-jacent ?

C’est rare pour la forme mammaire, associée à un carcinome sous-jacent dans la quasi-totalité des cas. La forme extramammaire est plus souvent isolée, sans cancer viscéral associé dans les deux tiers à trois quarts des cas.

Une mycose ou une dermite peuvent-elles ressembler à une maladie de Paget ?

Oui, c’est la principale source de retard diagnostique. Contrairement à une mycose ou une dermite qui répondent à un traitement antifongique ou à des dermocorticoïdes en 2 à 3 semaines, la maladie de Paget persiste et s’étend malgré le traitement.

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À lire aussi sur les cancers de la peau

Références

  • Kanitakis J. Mammary and extramammary Paget’s disease. J Eur Acad Dermatol Venereol, 2007, PMID 17447970
  • Sandoval-Leon AC et al. Paget’s disease of the nipple. Breast Cancer Res Treat, 2013, PMID 23929251
  • Lam C, Funaro D. Extramammary Paget’s disease: summary of current knowledge. Dermatol Clin, 2010, PMID 20883922
  • HAS – Dépistage et prévention du cancer du sein, 2015

Lepre : causes, symptômes et traitement : causes

Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : La lèpre (maladie de Hansen) est une infection bactérienne chronique de la peau et des nerfs due à Mycobacterium leprae. Elle reste très peu contagieuse : elle nécessite un contact rapproché et prolongé, souvent des mois, avec une personne non traitée. Un traitement antibiotique combiné (rifampicine, dapsone, +/- clofazimine) pendant 6 à 12 mois guérit la maladie et arrête la contagion dès les premiers jours de traitement.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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La lèpre fait peur à cause de son histoire, mais c’est aujourd’hui une maladie qui se soigne bien et qui se transmet difficilement. Elle touche la peau et les nerfs périphériques, provoquant des taches cutanées et une perte progressive de sensibilité si elle n’est pas traitée à temps. Reconnaître les signes tôt permet d’éviter les complications les plus redoutées de la maladie : les atteintes nerveuses irréversibles et les handicaps qui en découlent.

Qu’est-ce que la lèpre (maladie de Hansen) ?

La lèpre, aussi appelée maladie de Hansen, est une infection chronique causée par la bactérie Mycobacterium leprae (et plus rarement Mycobacterium lepromatosis). Cette bactérie a une particularité : elle se multiplie extrêmement lentement (environ deux semaines pour se diviser une seule fois) et affectionne particulièrement les cellules de la peau et les nerfs périphériques situés juste sous la peau.

Contrairement à une idée reçue encore répandue, la lèpre n’est ni héréditaire, ni une fatalité, ni une maladie « honteuse » : c’est une infection bactérienne comme une autre, qui se soigne aujourd’hui par antibiotiques.

Comment attrape-t-on la lèpre ? La transmission

La transmission se fait principalement par les voies respiratoires (gouttelettes nasales et buccales), lors d’un contact rapproché et répété avec une personne atteinte de la forme la plus contagieuse de la maladie (forme multibacillaire) et non traitée. Un contact bref, occasionnel – une poignée de main, un repas partagé, un trajet en avion – ne transmet pas la lèpre.

Un point rassurant : environ 95 % des personnes exposées à la bactérie ne développeront jamais la maladie, car leur système immunitaire élimine naturellement l’infection. Dès le début d’un traitement antibiotique efficace, une personne malade cesse d’être contagieuse en quelques jours à quelques semaines.

La maladie reste présente dans certaines régions du monde – notamment en Asie du Sud (Inde), au Brésil, en Indonésie et dans certains pays d’Afrique – où quelques centaines de milliers de nouveaux cas sont encore diagnostiqués chaque année selon les données de surveillance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). En France métropolitaine, la maladie est devenue exceptionnelle, mais des cas isolés sont parfois diagnostiqués chez des personnes ayant vécu ou voyagé dans une zone d’endémie, ou originaires de ces régions.

Quels sont les symptômes de la lèpre ?

Le délai entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes est très long : de 2 à 10 ans en moyenne, ce qui rend le diagnostic difficile à évoquer.

Signe Description
Taches cutanées Une ou plusieurs taches sur la peau, plus claires ou plus rouges que la peau environnante, aux contours nets ou flous selon la forme de la maladie
Perte de sensibilité La tache est insensible au toucher, à la piqûre ou à la chaleur – c’est le signe le plus évocateur de la lèpre, qui la distingue de la plupart des autres maladies de peau
Nerfs épaissis Certains nerfs superficiels (coude, genou, cou) deviennent palpables, épaissis, parfois douloureux
Troubles moteurs Faiblesse ou paralysie progressive de certains muscles des mains, des pieds ou du visage si l’atteinte nerveuse évolue
Troubles trophiques Blessures et brûlures indolores passant inaperçues à cause de la perte de sensibilité, pouvant s’infecter et s’aggraver

Comment le dermatologue fait-il le diagnostic ?

Le diagnostic repose sur un faisceau d’arguments cliniques et biologiques : l’aspect et la disposition des taches cutanées, la recherche systématique d’une perte de sensibilité sur la lésion (au coton, à l’aiguille), la palpation des nerfs périphériques, et surtout la biopsie cutanée, qui recherche le bacille par des colorations spécifiques (Fite-Faraco) et permet de classer la maladie selon sa forme (paucibacillaire ou multibacillaire). Une PCR peut également être réalisée pour confirmer la présence de la bactérie.

Consultez rapidement si :

  • Une tache cutanée déjà connue devient rouge, gonflée ou douloureuse, ou qu’un nerf devient soudainement très douloureux – ces signes peuvent évoquer une « réaction lépreuse », une poussée inflammatoire pouvant endommager les nerfs de façon irréversible en quelques jours si elle n’est pas traitée en urgence.
  • Une faiblesse musculaire apparaît ou s’aggrave dans une main ou un pied (difficulté à serrer les doigts, pied qui traîne).
  • Une blessure ou une brûlure passe inaperçue à cause d’une perte de sensibilité, ou ne cicatrise pas.
  • De la fièvre accompagne une poussée cutanée chez une personne déjà traitée pour une lèpre.

Quel est le traitement de la lèpre ?

Le traitement repose sur une polychimiothérapie (association de plusieurs antibiotiques) recommandée par l’OMS, associant selon la forme de la maladie la rifampicine, la dapsone et la clofazimine, pendant une durée de 6 mois pour les formes paucibacillaires et de 12 mois pour les formes multibacillaires. Ce traitement guérit la très grande majorité des patients, avec un taux de rechute très faible (de l’ordre de 1 %) et aucune résistance significative à la rifampicine à ce jour.

Les atteintes nerveuses déjà installées avant le traitement peuvent en revanche persister : d’où l’importance capitale d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces pour prévenir les handicaps. Les « réactions lépreuses » (poussées inflammatoires de type 1 ou 2), qui peuvent survenir avant, pendant ou après le traitement antibiotique, nécessitent un traitement anti-inflammatoire spécifique (corticoïdes notamment) en urgence pour protéger les nerfs.

Vivre avec la lèpre : ce qu’il faut savoir

  • Une fois le traitement antibiotique débuté, la contagiosité disparaît très rapidement : il n’y a aucune raison d’isoler un patient traité, ni de craindre un contact quotidien avec son entourage.
  • La protection des zones insensibles (mains, pieds) est essentielle pour éviter les blessures qui passent inaperçues : inspection quotidienne de la peau, chaussures adaptées, prudence avec la chaleur et les objets tranchants.
  • Une prise en charge en kinésithérapie et en podologie peut être nécessaire en cas d’atteinte nerveuse pour prévenir les déformations et préserver l’autonomie.
  • Le poids psychologique et social de la maladie – lié à son histoire et aux idées reçues – est réel : un accompagnement psychologique et une information de l’entourage sur la faible contagiosité de la maladie traitée sont des éléments importants de la prise en charge.

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Entretien d’expert (archive) : la lèpre vue par le Dr Pierre Bobin

Archive : l’entretien ci-dessous a été réalisé au début des années 2000 avec le Dr Pierre Bobin, spécialiste de la lèpre. Les chiffres épidémiologiques cités datent de cette époque et ne reflètent pas la situation actuelle ; ils sont conservés pour leur valeur historique et pédagogique sur la lutte contre la lèpre. Pour les données et le traitement actuels, reportez-vous aux sections ci-dessus.

Interview du Dr Pierre BOBIN

1/ Quelle est l’épidémiologie de la lèpre dans le monde ?

Dr Pierre Bobin :

– Au début de l’an 2 000, la situation était la suivante :

Le nombre de cas en traitement spécifique par polychimiothérapie (PCT) enregistrés était de 753 263 ( taux de prévalence: 1.25 pour 10 000 habitants).

Le nombre de nouveaux cas détectés au cours de l’année 1999 a été de 738 284 (taux de détection : 12.3 pour 100 000 habitants).

Le nombre cumulé de malades guéris grâce à la PCT est de 10 759 213. Parmi ces malades « guéris », le nombre de porteurs d’ infirmités liées à la lèpre est de 2 à 3 millions.

L’ OMS estime à 2 500 000 le nombre de cas qui devront être dépistés et soignés entre 2 000 et 2 005

En ce qui concerne la répartition géographique, il faut noter que dans 24 pays la lèpre demeure un problème de Santé publique. Il s’agit de pays ayant plus d’1million d’habitants, plus de 100 cas de lèpre par an et un taux de prévalence lèpre supérieur à 1 pour 10 000 habitants.

Parmi eux, 11 pays ont 89 % de la prévalence mondiale et 92% des nouveaux cas dépistés par an dans le monde

Le taux de prévalence moyenne dans ces 11 pays est de 4.1 pour 10 000 habitants

L’ Inde, à elle seule, représente 67 % de la prévalence mondiale et 73 % des nouveaux cas /an du monde

– Evolution de la situation entre 1985 et 1999.

Prévalence :

La prévalence mondiale a chuté de 86 %

Sur 122 pays d’endémie en 1985, 98 ont atteint l’objectif d' »élimination comme problème de santé publique » selon les critères de l’ OMS c’est-à-dire ayant un taux de prévalence inférieur à 1/10 000

Les raisons de cette diminution sont à mettre au compte de plusieurs facteurs : « nettoyage » des dossiers, durée plus courte de la PCT, taux élevé de guérison, faible taux de rechutes, pas de résistance à la rifampicine, amélioration de la prise en charge des cas

Détection des nouveaux cas : Elle est stable depuis ces 5 dernières années : entre 700 000 et 800 000 nouveaux cas par an

– Commentaires :

Ces chiffres objectivent incontestablement une réussite de la lutte contre la lèpre depuis ces 10 dernières années

Mais leur analyse amène à se poser des questions :

Concernant la Prévalence :

Sa diminution est certes due, en partie, à l’efficacité de la PCT, mais également : au « nettoyage » des registres, au raccourcissement de la durée de la PCT qui fait que les malades ne sont enregistrés comme « cas de lèpre » (définition OMS) que pendant une durée de 6 mois (PB) à 1 an (MB)

Dans certains pays, même avec une prévalence inférieure à 1 / 10 000, la lèpre reste un problème soit au niveau national (sous-dépistage), soit dans les provinces ou états, à l’intérieur d’un pays

Concernant la Détection :

C’est l’inquiétude car la tendance de la détection des nouveaux cas reste stable depuis 6 ans. Certes, cela est du à l’augmentation de la couverture géographique et des activités de programme

Mais, quelles que soient les explications, cela montre l’importance du « réservoir » infectieux

Donc le déclin annoncé de la lèpre n’apparaît pas encore

Le taux de détection, et surtout la tendance de la détection des cas, serait pour beaucoup d’auteurs un meilleur indicateur que celui de la prévalence pour surveiller l’évolution de l’endémie lépreuse. Car, bien qu’il soit influencé par les activités opérationnelles, il permet d’ évaluer l’ incidence et d’ apprécier le niveau de la transmission de la maladie, à partir de l’importance du « réservoir » infectieux (se traduisant par le nombre annuel de nouveaux cas).

Concernant le nombre de malades, ayant déjà des invalidités, lors du dépistage :

la proportion de ces malades permet d’apprécier combien la détection diffère de l’ incidence actuelle

elle permet de juger de la qualité de la lutte contre la lèpre dans un pays et d’apprécier la précocité du diagnostic

Le succès de la lutte contre la lèpre viendra, non seulement de la diminution du nombre de nouveaux cas, mais également, parmi eux, du nombre de ceux ne présentant pas d’atteinte neurologique

Et il faut donc répéter sans cesse que la lèpre est une neuropathie dont le diagnostic précoce est dermatologique

2/ Qu’a-t-on appris de nouveau sur la lèpre durant les dernières années (en dehors des traitements) ?
Dr Pierre Bobin :

Au plan de la recherche, quelques progrès ont été récemment accomplis et d’autres sont attendus dans un avenir proche, pour générer de nouveaux outils nécessaires à l’ amélioration des moyens prophylactiques, diagnostiques et thérapeutiques actuels

Pour mieux connaître Mycobacterium leprae et répondre aux questions concernant la pathogénie de la maladie et les modalités de réponse immunologique de l’ hôte :

le séquençage du génome de M. leprae qui vient d’être terminé grâce aux travaux de Stewart Cole, de l’ Institut Pasteur de Paris, a été une étape essentielle qui permettra d’ identifier de nouvelles cibles antibiotiques, des molécules immunologiquement importantes, des séquences de base utiles pour le typage de souches de M. leprae

l’ étude de la réponse immune à M. leprae permet d’identifier le rôle des cytokines ( TNFa…..) dans les réactions lépreuses, le mécanisme immunopathologique des lésions nerveuses, l’interaction au niveau moléculaire de M. leprae avec le nerf

Pour envisager une prévention de la lèpre et de ses complications, dans le cadre de l’immuno-prophylaxie, différents vaccins ( BCG seul, BCG+ M.leprae tués …..) sont en cours d’ expérimentation ou d’ évaluation ainsi que la corticothérapie systématique en début de PCT pour prévenir les neuropathies

Pour améliorer le diagnostic, de nouveaux outils devraient permettre prochainement la détection de la « lèpre infection » dans une population, par des tests cutanés ( AG de 2ème génération) et le diagnostic précoce de la lèpre, notamment multibacillaire (MB), des réactions et des neuropathies. En ce qui concerne la détection de résistance médicamenteuse, on dispose déjà de tests rapides pour évaluer la résistance à la rifampicine ( énorme progrès par rapport à la technique d’ inoculation à la souris )

3/ Quelles sont les grandes avancées thérapeutiques de ces dernières années et les perspectives d’avenir ?
Dr Pierre Bobin :

La polychimiothérapie anti-lépreuse utilisée depuis 1981 et associant Rifampicine-Dapsone et Clofazimine pendant 2 ans dans les formes multibacillaires (MB) et Rifampicine- Dapsone pendant 6 mois dans les formes paucibacillaires (PB) a fait la preuve de son efficacité car les rechutes sont considérées comme très rares (environ 1 %) et que l’ on n’ a pas noté de cas de résistance à la Rifampicine .

Mais ce traitement est encore trop long et son utilisation dans la plupart des pays en voie de développement pose beaucoup de problèmes au plan logistique .

L’OMS a récemment préconisé de ramener à 12 mois la durée de la PCT de 24 mois dans les formes MB. Cette décision n’a pas fait l’unanimité dans le monde de la léprologie, certains auteurs avançant qu’ il n ‘existe pas de preuve scientifique concernant son efficacité par rapport au schéma classique et que l’on risque de constater dans les 10 ans à venir une augmentation du nombre des rechutes .

Pour raccourcir la durée de la PCT et donc en améliorer la faisabilité, sont actuellement en cours d’évaluation :

de nouveaux antibiotiques à activité bactéricide plus puissante (rifapentine, moxifloxacine…)

de nouveaux protocoles, comme, par exemple, celui associant Rifampicine-Ofloxacine-Minocycline (ROM) ou plus récemment celui associant Rifapentine-Moxifloxacine-Minocycline dont les essais sur la souris se sont montrés particulièrement prometteurs et qui va maintenant être expérimenté chez l’ homme

de nouvelles stratégies opérationnelles pour le traitement de la maladie elle-même et des réactions

En conclusion, on peut noter des progrès depuis ces dernières années dans la lutte contre la lèpre si l’on se base sur le taux de prévalence globale de la maladie et sur les dernières avancées au plan de la recherche et des nouvelles stratégies opérationnelles

Mais l’ optimisme affiché par l’ OMS, qui annonce que l ‘ »élimination de la lèpre comme problème de santé publique » sera réalisée au niveau mondial en 2005, semble à beaucoup d’observateurs totalement injustifié car le taux de nouveaux cas annuels reste inchangé depuis ces 5 dernières années signant ainsi l’importance du « réservoir » infectieux

Le risque d’un tel optimisme est la démobilisation des chercheurs, des personnels de santé et des bailleurs de fond. Il ne faut pas qu’il y ait confusion dans les esprits entre « élimination » selon les critères de l’ OMS et l’éradication, pour le moment encore totalement utopique. La plus grande vigilance reste donc de rigueur

FAQ – Questions fréquentes sur la lèpre

La lèpre existe-t-elle encore aujourd’hui ?

Oui, la lèpre n’a pas disparu. Selon les données de surveillance de l’OMS, plusieurs centaines de milliers de nouveaux cas sont encore diagnostiqués chaque année dans le monde, principalement en Asie du Sud, au Brésil et dans certains pays d’Afrique. Des cas isolés continuent d’être décrits, y compris en Europe, chez des personnes ayant un lien avec une zone d’endémie.

La lèpre est-elle très contagieuse ?

Non. Elle se transmet seulement lors d’un contact rapproché et prolongé (souvent des mois) avec une personne atteinte d’une forme contagieuse et non traitée. Environ 95 % des personnes exposées ne développent jamais la maladie grâce à leur immunité naturelle, et un patient sous traitement cesse d’être contagieux en quelques jours.

La lèpre est-elle héréditaire ?

Non, la lèpre n’est pas une maladie héréditaire : c’est une infection bactérienne. Certaines prédispositions génétiques peuvent influencer la sensibilité à l’infection, mais la maladie elle-même ne se transmet pas des parents aux enfants comme une maladie génétique.

Peut-on guérir complètement de la lèpre ?

Oui, la polychimiothérapie recommandée par l’OMS guérit la quasi-totalité des patients, avec un taux de rechute inférieur à 1 %. Les lésions nerveuses déjà installées avant le traitement peuvent en revanche persister, ce qui souligne l’importance d’un diagnostic précoce.

Quels sont les premiers signes qui doivent alerter ?

Une tache sur la peau qui ne fait pas mal et qui ne réagit pas au toucher ou à la piqûre est le signe le plus évocateur. Ce symptôme, associé à une origine géographique ou un séjour dans une zone d’endémie, doit conduire à consulter un dermatologue.

Faut-il isoler une personne atteinte de la lèpre ?

Non, l’isolement n’est pas nécessaire, en particulier dès le début du traitement antibiotique. Cette pratique, historiquement liée à la peur de la contagion, n’est plus justifiée médicalement une fois le traitement débuté.

La lèpre peut-elle laisser des séquelles ?

Oui, si le diagnostic est tardif : les atteintes nerveuses peuvent entraîner une perte de sensibilité définitive, des déformations des mains ou des pieds, ou des troubles de la marche. C’est pourquoi un dépistage et un traitement précoces sont essentiels pour prévenir ces handicaps.

Articles liés – Pour aller plus loin

Références scientifiques (PubMed)

  • Shiozaki Y, Kimura M, Ishii N. Hansen’s Disease. Brain Nerve. 2026;78(5):475-478. PMID 42156030
  • Carneiro BD, et al. Lepromatous leprosy presenting with chronic painless ulcers and inflammatory arthropathy: a case report from a non-endemic setting. BMC Infect Dis. 2026;26(1). PMID 42249306
  • van Wyk RB, le Grange DL, Budding L. A retrospective review of leprosy diagnosed histopathologically from skin biopsy specimens in central South Africa. S Afr J Infect Dis. 2026;41(1):802. PMID 42428785
  • Organisation mondiale de la santé (OMS). Lèpre (maladie de Hansen) – fiches d’information et données de surveillance. who.int
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Ressources sur les maladies infectieuses et la prise en charge dermatologique. has-sante.fr

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Verrue du visage : traitement adapté selon la localisation et la zone

Verrue sur le visage : types, photos et traitements
Une verrue sur le visage – sur le nez, le menton, le front, la paupière ou dans la barbe – est fréquente et bénigne. Elle est due au papillomavirus humain (HPV) et peut être traitée de plusieurs façons selon son type et sa localisation. Voici comment la reconnaître et s’en débarrasser efficacement.

Mis à jour le 7 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Les verrues du visage sont causées par le papillomavirus humain (HPV) et peuvent toucher le nez, les paupières, le menton ou le front. Elles nécessitent un traitement adapté à la localisation – jamais d’acide fort sur le visage – et guérissent le plus souvent par cryothérapie légère ou laser. Un diagnostic précis est indispensable pour éviter de confondre une verrue avec un molluscum, un grain de milium ou un papillome.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Cet article en vidéo

Qu’est-ce qu’une verrue du visage ?

Les verrues sont dues à une infection de la peau par les papillomavirus humains (HPV). Le virus pénètre par de petites lésions cutanées et provoque une prolifération locale des cellules de la peau. Le visage est une zone fréquemment touchée car le grattage, le rasage et le contact main-visage favorisent la contamination.

Les verrues du visage sont bénignes et non dangereuses. La majorité régressent spontanément en 2 à 4 ans, mais un traitement est recommandé pour éviter leur multiplication et leur transmission à l’entourage.

Les 3 types de verrues du visage

1. Les papillomes verruqueux – verrues en tétine

Ce sont les verrues les plus reconnaissables sur le visage : elles se présentent comme de petites excroissances en relief, en forme de « tétine » ou de chou-fleur. Elles siègent le plus souvent sur le nez et les paupières.

verrue nez papillome verruqueux visage photo
Papillomes verruqueux du nez

verrue paupière papillome verruqueux photo
Papillome verruqueux de la paupière

💡 Verrue sur la paupière : la proximité de l’œil contre-indique les traitements chimiques agressifs (acide, azote liquide à fort dosage). Seule une prise en charge par le dermatologue est recommandée pour cette localisation.

2. Les verrues planes

Les verrues planes sont superficielles, souvent de couleur chair ou légèrement rosée, à peine surélevées. Elles peuvent être nombreuses et difficiles à voir à l’œil nu. Elles prédominent sur le front et le menton et se disséminent facilement par le grattage.

verrues planes menton visage photo
Verrues planes du menton

verrues planes front visage photo
Verrues planes du front

verrues planes visage multiples photo
Verrues planes multiples du visage

3. Les verrues de la barbe chez l’homme

Chez l’homme, les verrues peuvent se disséminer dans la zone de rasage (joues, cou, menton) en raison du microcoupures créées par le rasoir qui propagent le HPV d’une zone à l’autre. Elles sont particulièrement difficiles à traiter car très nombreuses. Il est recommandé d’arrêter temporairement le rasage mécanique et de passer à un rasoir électrique ou à la dépilatory le temps du traitement.

Comment distinguer une verrue d’autre chose sur le visage ?

Certaines lésions peuvent ressembler à une verrue du visage sans en être une :

Lésion Aspect Différence clé
Verrue Excroissance rugueuse ou plaque plane Surface irrégulière, points noirs visibles
Molluscum contagiosum Petite papule nacrée ombiliquée Centre creux caractéristique, souple
Kératose séborrhéique Plaque marron-beige collée Aspect « posé sur la peau », non virale
Grain de milium Petit kyste blanc dur Sous la paupière, blanc nacré
Carcinome basocellulaire Papule perlée ou ulcérée Ne régresse pas, bord perlé – consultez
⚠️ Toute lésion qui saigne, s’ulcère ou ne régresse pas en plusieurs mois doit être montrée à un dermatologue pour éliminer une lésion précancéreuse ou cancéreuse.

Traitements des verrues du visage

Le traitement dépend du type de verrue et de sa localisation. Sur le visage, les zones à risque cicatriciel (nez, paupières) imposent une prudence particulière. Tous les traitements sont réalisés ou prescrits par un médecin ou dermatologue.

Azote liquide (cryothérapie)

Le traitement de référence pour les papillomes verruqueux. Le dermatologue applique de l’azote liquide (-196°C) sur la verrue, provoquant sa nécrose. Plusieurs séances sont souvent nécessaires (toutes les 2 à 3 semaines). Sur le visage, les dosages sont adaptés pour limiter le risque de cicatrice hypopigmentée.

Trétinoïne locale (pour les verrues planes)

La crème à la trétinoïne (rétinoïde) est le traitement de choix pour les verrues planes du visage. Elle exerce une action kératolytique progressive et est bien tolérée sur peau du visage. Le traitement dure plusieurs semaines à plusieurs mois.

Laser CO₂ ou Er:YAG

Le laser est indiqué pour les verrues résistantes ou multiples, notamment dans la zone de la barbe. Il permet une destruction précise avec un risque cicatriciel maîtrisé entre les mains d’un dermatologue expérimenté.

Électrocoagulation

Utilisée pour les papillomes verruqueux isolés. Le dermatologue détruit la verrue par courant électrique sous anesthésie locale. Résultats rapides mais risque de petite cicatrice.

Imiquimod (Aldara*)

Crème immunomodulatrice qui stimule les défenses locales contre le HPV. Utilisée principalement pour les verrues planes résistantes. Peut provoquer une réaction inflammatoire locale (rougeur, croûtes) qui fait partie du mécanisme d’action.

Comment éviter de propager les verrues sur le visage ?

  • Éviter de toucher ou de gratter les verrues (les points noirs sont du virus)
  • Ne pas se mettre les doigts dans le nez ni manipuler les boutons du visage
  • Chez l’homme : passer au rasoir électrique pendant la durée du traitement pour éviter la dissémination
  • Ne pas partager les serviettes, rasoirs ou pinceaux de maquillage
  • Se laver les mains après avoir touché une verrue

Pour comprendre l’ensemble des verrues (HPV, formes cliniques, autres localisations), consultez notre article de référence sur les verrues. Chez l’enfant, les verrues du visage sont souvent associées à d’autres verrues chez l’enfant, qu’il est utile de dépister également.

Consultez un dermatologue si : la verrue est sur la paupière (risque oculaire), si elle saigne, s’ulcère, ou si vous avez le moindre doute sur la nature de la lésion. Sur le visage, toute lésion atypique doit être examinée – un carcinome basocellulaire peut ressembler à une verrue.

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Questions fréquentes sur les verrues du visage

Comment enlever une verrue sur le visage soi-même ?

Les traitements en vente libre (acide salicylique, stylos à l’azote) ne sont pas recommandés sur le visage en raison du risque de cicatrice, surtout près des yeux et du nez. Seul un dermatologue peut choisir le traitement adapté (azote liquide dosé précisément, trétinoïne, laser) à la localisation et au type de verrue.

Combien de temps faut-il pour qu’une verrue du visage disparaisse ?

Sans traitement, la majorité des verrues régressent spontanément en 2 à 4 ans. Avec un traitement bien conduit (azote liquide, trétinoïne), la guérison peut intervenir en quelques semaines à quelques mois selon le type et le nombre de verrues. Les verrues de la barbe chez l’homme sont les plus longues à traiter.

Les verrues planes du visage sont-elles contagieuses ?

Oui, toutes les verrues sont contagieuses car dues au HPV. Les verrues planes sont particulièrement faciles à disséminer par le grattage. Évitez de les toucher et ne partagez pas serviettes ou rasoirs. Le risque de transmission à l’entourage est réel mais limité si les mesures d’hygiène sont respectées.

Peut-on se faire rembourser le traitement d’une verrue du visage ?

La cryothérapie réalisée en cabinet par le dermatologue est remboursée par l’Assurance Maladie. La consultation elle-même est prise en charge selon le tarif conventionné. Les crèmes comme la trétinoïne et l’imiquimod sont prescrites sur ordonnance mais leur remboursement varie selon l’indication.

Une verrue sur le visage peut-elle être un signe de cancer ?

Les verrues communes dues au HPV sont bénignes. Cependant, toute lésion du visage qui ne régresse pas, qui saigne spontanément, qui s’ulcère ou qui a un bord perlé doit être montrée à un dermatologue – il peut s’agir d’un carcinome basocellulaire ou d’une autre lésion précancéreuse qui n’a rien à voir avec une verrue virale.

Peut-on raser une zone du visage où se trouve une verrue plane ?

Le rasage favorise la dissémination des verrues planes par auto-inoculation et micro-coupures. Il est préférable d’éviter de raser directement sur les lésions et d’utiliser un rasoir électrique plutôt qu’une lame le temps du traitement. Un rasoir dédié, non partagé, limite aussi la transmission à l’entourage.

Une verrue sur la paupière est-elle une urgence ?

Sans être une urgence vitale, une verrue péri-oculaire justifie un avis rapide : risque de gêne visuelle, d’irritation cornéenne par frottement, et le traitement près de l’œil demande une technique adaptée pour éviter toute lésion oculaire accidentelle. Consultez un dermatologue ou un ophtalmologiste sans tarder en cas de doute.

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À lire aussi sur les verrues

Références scientifiques

  1. Mulhem E, Pinelis S. Treatment of nongenital cutaneous warts. Am Fam Physician. 2011;84(3):288-93. PMID 21842775
  2. Aden AI, et al. Resistant Facial Verruca Plana Treated with a Single-Dose Intramuscular Hepatitis B Vaccine as Immunotherapy in a Child. Int Med Case Rep J. 2026;19:600078. PMID 42016197
  3. Winn AE, Kentosh J, Bingham JL. Verruca plana as a complication of CO2 laser treatment: a case report. J Cosmet Laser Ther. 2015;17(2):96-8. PMID 25393826

Source : Haute Autorité de Santé | Société Française de Dermatologie

Hypomélanose idiopathique en goutte : ces petites taches blanches sur les jambes

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’hypomélanose idiopathique en goutte est une dépigmentation bénigne très fréquente après 40 ans, touchant plus de 80 % des personnes à peau claire de plus de 70 ans. Elle se manifeste par de petites macules blanches porcelainées de 2 à 5 mm, surtout sur les jambes et les avant-bras, causées par une diminution progressive des mélanocytes sous l’effet du vieillissement et de l’exposition solaire chronique. Il n’existe pas de traitement curatif, mais la photoprotection précoce en réduit l’apparition.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Hypomélanose en goutte : petites taches blanches des jambes

L’hypomélanose idiopathique en goutte – également appelée leucodermie lenticulaire disséminée – se caractérise par de petites taches blanches lenticulaires des jambes et des avant-bras, qui apparaissent progressivement à partir de la quarantaine. Entièrement bénigne, elle constitue un marqueur cumulatif de l’exposition solaire chronique : chaque tache blanche témoigne d’une zone où les mélanocytes ont progressivement réduit leur production de mélanine sous l’effet des ultraviolets. Gênant surtout sur le plan esthétique en été, ce tableau dermatologique typique nécessite rarement un traitement médical.

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Définition et épidémiologie

L’hypomélanose idiopathique en goutte (idiopathic guttate hypomelanosis, IGH) est une dermatose acquise bénigne, décrite pour la première fois en 1951 par le dermatologue brésilien O. G. Costa sous le nom de leucopathie symétrique progressive. Le terme « idiopathique » souligne que sa cause n’est pas entièrement élucidée, même si le rôle de la photoexposition chronique est aujourd’hui largement admis.

C’est une affection très fréquente : elle touche environ 70 % des patients de plus de 70 ans, mais peut s’observer dès la quarantaine chez des sujets à forte exposition solaire. Elle concerne aussi bien les femmes que les hommes, est présente dans tous les phototypes, et particulièrement visible sur les peaux plus foncées en raison du contraste avec le reste du tégument bronzé.

Physiopathologie : pourquoi ces taches blanches ?

Le mécanisme précis reste partiellement incompris. Les études histologiques montrent que les lésions ne correspondent pas à une disparition des mélanocytes (contrairement au vitiligo) mais à une diminution de la teneur en mélanine des kératinocytes, sans atrophie cutanée associée.

L’hypothèse physiopathologique la plus récente implique une anomalie des e-cadhérines des kératinocytes, protéines d’adhésion cellulaire dont le dysfonctionnement induit un défaut de transfert et de captage des mélanosomes depuis les mélanocytes vers les kératinocytes. Ce défaut de captage s’accumulerait avec les années d’exposition aux ultraviolets. Une composante de vieillissement cutané intrinsèque s’y associe vraisemblablement, car la prévalence augmente régulièrement avec l’âge même chez des sujets non photoexposés.

En résumé : Dans l’hypomélanose en goutte, les mélanocytes sont présents mais dysfonctionnels : ils produisent et transfèrent moins de mélanine aux cellules épidermiques. C’est différent du vitiligo où les mélanocytes sont détruits. Cette distinction est importante pour le diagnostic différentiel.

Symptômes : à quoi ressemble l’hypomélanose en goutte ?

Les lésions sont caractéristiques et faciles à reconnaître pour un œil exercé :

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  • Aspect : macules rondes ou ovalaires, blanc porcelaine, bien délimitées, à bords relativement réguliers, de surface légèrement lisse.
  • Taille : de 2 à 6 mm de diamètre. Les lésions uniques sont rares ; elles sont le plus souvent multiples et disséminées.
  • Localisation : exclusivement sur les zones photoexposées – face antérieure des tibias en priorité, puis avant-bras, parfois cuisses et épaules. Le visage, les paumes et les plantes sont épargnés.
  • Poils épargnés : les poils sur et autour des taches restent normalement pigmentés (à la différence du vitiligo où les poils sus-lésionnels deviennent blancs).
  • Évolution : les taches sont définitives, leur taille ne change pas avec le temps, mais leur nombre peut augmenter avec l’âge et la poursuite des expositions solaires.
  • Symptômes fonctionnels : aucun. Les lésions ne démangent pas, ne font pas mal et ne saignent jamais.
  • Haute Autorité de Santé (HAS) – Actes de chirurgie dermatologique, has-sante.fr
⚠ Visible surtout en été : Les taches, blanc porcelaine permanent, deviennent particulièrement visibles lorsque le reste du tégument bronze sous l’effet du soleil. Le contraste aggrave la gêne esthétique, créant l’illusion d’une aggravation de la maladie – alors que c’est seulement la perception qui change.

Diagnostic : examen clinique, dermoscopie et histologie

Diagnostic clinique

Dans la majorité des cas, le diagnostic est purement clinique, établi en quelques secondes devant le tableau typique : multiples macules blanc porcelaine de quelques millimètres, sur les tibias ou avant-bras d’un patient de plus de 40 ans à peau photo-vieillie. Aucun examen complémentaire n’est nécessaire dans les formes typiques.

Lampe de Wood et dermoscopie

En cas de doute diagnostique, la lampe de Wood (lumière ultraviolette) accentue le contraste des taches hypopigmentées et aide à les distinguer d’autres leucodermies. La dermoscopie peut révéler des structures punctiformes ou réticulées blanchâtres et aider à exclure un mélanome achromique ou une lésion pigmentée régressive.

Histologie

La biopsie cutanée n’est réalisée qu’en cas de doute diagnostique persistant. L’examen anatomopathologique (prélèvement d’un petit fragment de peau sous anesthésie locale par le dermatologue, analysé au microscope par un anatomopathologiste) révèle une simple diminution de la teneur en mélanine des kératinocytes, sans atrophie dermique, sans disparition des mélanocytes, et sans infiltrat inflammatoire. Ce pattern histologique permet de confirmer l’hypomélanose en goutte et d’exclure les diagnostics différentiels.

Diagnostics différentiels

Plusieurs affections peuvent mimer l’hypomélanose en goutte. Le tableau suivant en présente les principales :

Affection Caractéristiques distinctives
Vitiligo Taches blanc craie (dépigmentation totale), bords découpés, extension progressive, distribution souvent symétrique, poils sus-lésionnels blancs. Peut toucher le visage et le cuir chevelu.
Pityriasis versicolor Taches hypochromiques furfuracées (squames fines en surface), touchant le tronc et les épaules, dues à Malassezia furfur (levure). Signe du copeau positif à la dermoscopie. Traitement antifongique efficace.
Lichen scléro-atrophique Taches blanc nacré atrophiques, à liseré violacé, siégeant surtout sur les organes génitaux et le haut du tronc. Peut être prurigineux. Histologie caractéristique.
Hypopigmentation post-inflammatoire Survient après une dermatose inflammatoire (eczéma, psoriasis, brûlure). Délimitation épouse le contour de la lésion antérieure. Régression spontanée possible.
Nævi dépigmentés Présents depuis l’enfance, stables, unilatéraux, parfois dermatomiques. Pas de caractère acquis.

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Traitement et prise en charge esthétique

Abstention thérapeutique

Aucun traitement n’est médicalement nécessaire. L’hypomélanose en goutte est bénigne, sans risque évolutif ni de transformation maligne. L’abstention est la règle et doit être clairement expliquée au patient pour le rassurer.

Options esthétiques pour les patients gênés

Chez les patients présentant une gêne esthétique significative, plusieurs options ont été explorées, avec des résultats variables et non codifiés :

  • Cryothérapie légère : application d’azote liquide sur chaque tache. L’objectif est de stimuler localement la repigmentation par recrutement de mélanocytes des follicules pileux adjacents. Résultats partiels et aléatoires. Risque de dépigmentation post-cryothérapie paradoxale.
  • Rétinoïdes topiques : la trétinoïne à faible concentration (0,025 à 0,05 %) appliquée localement peut améliorer la cohésion kératinocytaire et favoriser le transfert de mélanine. Efficacité modeste et inconstante.
  • Inhibiteurs de calcineurine : le pimécrolimus en crème à 1 % (Elidel®) a montré des résultats encourageants dans une étude pilote thaïlandaise sur des phototypes foncés, avec repigmentation partielle des macules.
  • Dermabrasion superficielle localisée : abrasion légère de la surface épidermique pour stimuler le renouvellement kératinocytaire et la repigmentation. Résultats variables selon les opérateurs.
  • Camouflage cosmétique : solution simple et non invasive, utilisant des autobronzants ou des fonds de teint couvrants adaptés à la teinte de la peau. Option à recommander en priorité pour les patients désireux d’améliorer l’aspect en été.
✓ Point pratique : Aucun de ces traitements n’est définitivement efficace. Les nouvelles taches continueront à apparaître si les expositions solaires se poursuivent. La meilleure approche reste la protection solaire stricte et le camouflage cosmétique pour les patients gênés en été.

Prévention : la photoprotection avant tout

L’hypomélanose en goutte est le signe d’une imprégnation solaire excessive et cumulée. Chaque macule représente une zone d’épiderme dont le capital mélanocytaire a été épuisé par les UV. Sa prévention repose sur des mesures de photoprotection rigoureuses :

  • Application d’un écran solaire à indice élevé (SPF 50+) sur les zones exposées (tibias, avant-bras) en journée ensoleillée, toute l’année.
  • Port de vêtements couvrants (pantalons, manches longues) lors des expositions prolongées.
  • Éviter les expositions solaires directes aux heures de fort ensoleillement (11 h–16 h).
  • Renoncer aux UV artificiels (cabines de bronzage).

Ces mesures ne feront pas disparaître les taches existantes – elles sont définitives – mais ralentiront l’apparition de nouvelles macules et préviendront les autres lésions actiniques (kératoses actiniques, lentigos solaires, cancers cutanés).

Quand consulter ?
Consultez si des taches blanches apparaissent soudainement, s’étendent rapidement, touchent le visage ou les muqueuses (qui orientent vers un vitiligo), ou si les lésions saignent. Un examen clinique éliminera un vitiligo, un pityriasis versicolor ou une hypopigmentation post-inflammatoire.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’hypomélanose en goutte ?

Une dermatose bénigne caractérisée par de petites taches blanches lenticulaires de 2 à 6 mm, blanc porcelaine, sur les tibias et avant-bras des adultes à partir de 40 ans, liées à la photoexposition chronique et à une diminution du transfert de mélanine vers les kératinocytes.

L’hypomélanose en goutte est-elle dangereuse ?

Non. C’est une affection entièrement bénigne, sans risque de transformation maligne, sans douleur ni démangeaison. Son impact est uniquement esthétique.

Comment distinguer l’hypomélanose en goutte du vitiligo ?

L’hypomélanose en goutte présente des taches blanc porcelaine stables, sur zones photoexposées, avec des poils normaux. Le vitiligo donne des taches blanc craie à bords découpés qui s’agrandissent, souvent symétriques, avec des poils blanchis sur les taches.

Existe-t-il un traitement ?

Aucun traitement médical n’est nécessaire. Pour des raisons esthétiques, cryothérapie légère, rétinoïdes topiques, inhibiteurs de calcineurine ou dermabrasion peuvent être discutés avec des résultats variables. Le camouflage cosmétique et la protection solaire restent les approches les plus pratiques.

Les taches vont-elles disparaître ?

Non. Les taches existantes sont définitives et leur taille reste stable. Leur nombre peut augmenter avec l’âge. Elles deviennent plus visibles en été quand le reste de la peau bronze.

Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour des taches blanches sur les jambes ?

Oui. Une téléconsultation avec photographies permet d’orienter le diagnostic et de distinguer l’hypomélanose en goutte d’un vitiligo ou d’autres leucodermies. Le Dr Ludovic Rousseau est disponible via Consulib.

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Vieillissement cutané et soleil

Références scientifiques

  1. Falabella R, Escobar C, Giraldo N. On the pathogenesis of idiopathic guttate hypomelanosis. J Am Acad Dermatol. 1987;16(1 Pt 1):35-44.
    [PubMed]
  2. Wallace ML, Grichnik JM, Prieto VG. Numbers and differentiation status of melanocytes in idiopathic guttate hypomelanosis. J Cutan Pathol. 1998;25(7):375-379.
    [PubMed]
  3. Asawanonda P, Sutthipong T, Prejawai N. Pimecrolimus for idiopathic guttate hypomelanosis. J Drugs Dermatol. 2010;9(3):238-239.
    [PubMed]
  4. Brown F, Crane JS. Idiopathic Guttate Hypomelanosis. StatPearls. Updated 2023.
    [PubMed]

Article rédigé par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – Dernière mise à jour : avril 2025.

Creme bio : les cosmétiques bio, avis de dermatologue

Mis à jour le 11 mai 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Les cosmétiques bio connaissent un succès croissant, portés par une demande de transparence sur les ingrédients et une volonté d’éviter les produits de synthèse. Mais qu’est-ce que le « bio » signifie vraiment pour un cosmétique ? Quels labels sont fiables ? Et quels sont les risques, notamment avec les huiles essentielles ?

En bref : Un label « bio » certifie l’origine des ingrédients, pas l’absence de risque allergique : une étude américaine a retrouvé au moins un allérgène potentiel (le plus souvent une fragrance ou un extrait de plante) dans 93,8 % des cosmétiques « clean » analysés. Les huiles essentielles, très présentes dans les cosmétiques bio, comptent parmi les principales sources d’allergie de contact.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
⚠️ Consultez rapidement un dermatologue si, après application d’un cosmétique bio :

  • la rougeur s’étend au-delà de la zone d’application ;
  • des cloques, des croûtes ou une desquamation apparaissent ;
  • le visage ou les paupières gonflent ;
  • les démangeaisons intenses persistent plus de 48 heures après l’arrêt du produit.

Ces signes évoquent une allergie de contact aux huiles essentielles ou aux extraits de plantes, qui nécessite un avis médical avant de réutiliser un produit similaire.

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Qu’est-ce qu’un cosmétique « bio » ?

Un produit cosmétique « bio » doit comporter une certaine proportion – variable selon le label – de composants végétaux issus de l’agriculture biologique, c’est-à-dire cultivés sans pesticides de synthèse. Les cosmétiques bio doivent par ailleurs contenir un minimum de parfums, colorants ou conservateurs artificiels, et peu ou pas de produits issus de l’industrie pétrochimique (vaseline, paraffine, silicones…).

Les différences principales avec les cosmétiques conventionnels sont :

  • Une proportion définie d’ingrédients végétaux d’origine biologique certifiée.
  • Des emballages généralement recyclables ou biodégradables.
  • L’absence de tests sur animaux pour la plupart des labels.
  • L’exclusion des dérivés du pétrole et des substances d’origine animale issues de vertébrés morts (baleine, vison…) pour les labels les plus exigeants.
  • Des prix souvent plus élevés, justifiés par les coûts de certification et de sourcing.

Il n’existe cependant pas de label unique européen pour les cosmétiques bio, contrairement à l’alimentaire. Le consommateur doit donc s’orienter parmi plusieurs certifications privées.

Les principaux labels bio cosmétiques

Le label « AB » (Agriculture Biologique)

Signifie que le produit contient au moins 95 % de substances issues de l’agriculture biologique. Il s’applique principalement aux denrées alimentaires (huiles végétales, compléments alimentaires). Son usage en cosmétique est moins courant et moins précis.

La certification Ecocert

L’organisme de contrôle et certification Ecocert délivre son label « cosmétiques écologiques et biologiques » aux produits contenant au moins 95 % de produits naturels selon ses normes, dont un minimum d’ingrédients issus de l’agriculture biologique.

Les labels Cosmébio (BIO et ECO)

Issus de l’association française des professionnels de la cosmétique écologique et biologique. Deux niveaux :

  • Label BIO Cosmébio : maximum 5 % de produits de synthèse, minimum 95 % de naturels, dont au moins 10 % bio.
  • Label ECO Cosmébio : mêmes critères, mais seulement 5 % bio minimum.

Le label « Nature et Progrès »

L’un des plus exigeants : exige l’absence totale de produits de synthèse et de dérivés pétrochimiques.

Le label BDIH (allemand)

Répond au cahier des charges très strict d’une association allemande de distributeurs de médicaments, produits de santé et cosmétiques naturels. Reconnu sur le marché européen.

⚠️ Attention
En dehors de ces labels certifiés, les mentions « produit naturel », « à base de plantes » ou « green » n’ont aucune valeur réglementaire en France. Elles ne garantissent ni l’origine biologique des ingrédients, ni leur innocuité cutanée.

Les huiles essentielles bio et la peau : précautions indispensables

Les huiles essentielles (HE) sont issues de la distillation ou de l’extraction des composés aromatiques de plantes. Très présentes dans les cosmétiques bio, elles sont aussi l’une des principales sources d’allergie de contact d’origine cosmétique.

Les données européennes (IVDK, réseau de dermato-allergologie) montrent que la sensibilisation aux huiles essentielles est en augmentation constante : limonène, linalol, géraniol, eugénol – tous d’origine naturelle – figurent parmi les allergènes cosmétiques les plus fréquents (PMID 35417610). Des cas de dermite allergique de contact à des huiles essentielles alimentaires utilisées en cosmétique ont également été rapportés (PMID 39496474).

⚠️ Précautions avec les huiles essentielles

  • Ne jamais appliquer une HE pure sur la peau sans la diluer dans une huile végétale (max 1-3 %).
  • Toujours faire un test sur le pli du coude 48 h avant utilisation.
  • Éviter pendant la grossesse et chez l’enfant de moins de 3 ans.
  • En cas d’eczéma, d’urticaire ou de peau sensible : consulter un dermatologue avant utilisation.
  • Certaines HE sont photosensibilisantes (agrumes, bergamote) : éviter toute exposition solaire après application.

Cosmétiques bio et peaux sensibles ou atopiques

Contrairement aux idées reçues, les cosmétiques bio ne sont pas nécessairement mieux tolérés par les peaux sèches ou atopiques. La présence de parfums naturels (terpènes, aldéhydes) peut déclencher des poussées d’eczéma. Une étude américaine portant sur des cosmétiques « clean » a confirmé la présence d’au moins un allergène potentiel dans 93,8 % des produits testés (PMID 35256558), montrant que l’origine naturelle ou biologique d’un composé ne préjuge pas de son profil de tolérance cutanée.

Pour les peaux sèches ou réactives, je recommande de choisir des cosmétiques bio sans parfum (conventionnel ou naturel), testés dermatologiquement, et de vérifier que les ingrédients sont adaptés à votre type de peau.

💡 Conseil du Dr Rousseau
Pour choisir un cosmétique bio adapté à votre peau : privilégiez les formules courtes (peu d’ingrédients), évitez les huiles essentielles si votre peau est sensible ou atopique, et vérifiez toujours la présence d’un label certifié (Ecocert, Cosmébio, BDIH). En cas de doute ou de réaction, consultez un dermatologue.

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Questions fréquentes sur les cosmétiques bio

Un cosmétique bio est-il meilleur pour la peau qu’un cosmétique conventionnel ?
Pas nécessairement. L’efficacité dépend des actifs présents et de leur concentration, pas de leur origine biologique. Un cosmétique bio peut être irritant ou allergisant (huiles essentielles, parfums naturels), tandis qu’un cosmétique conventionnel bien formulé peut être parfaitement toléré.
Les cosmétiques bio peuvent-ils provoquer des allergies ?
Oui. Les huiles essentielles, les extraits de plantes et les parfums naturels sont des sources fréquentes d’allergie de contact. Les études dermatologiques européennes montrent une augmentation des sensibilisations aux allergènes naturels d’origine cosmétique (limonène, linalol, géraniol). Un test épicutané (patch test) permet d’identifier l’allergène responsable.
Comment choisir un cosmétique bio fiable ?
Vérifiez la présence d’un label certifié (Ecocert, Cosmébio BIO ou ECO, BDIH, Nature et Progrès). Lisez la liste INCI des ingrédients : plus elle est courte, mieux c’est. Méfiez-vous des mentions sans label comme « naturel », « green » ou « à base de plantes » qui n’ont aucune garantie réglementaire.
Peut-on utiliser des cosmétiques bio sur un enfant ou un bébé ?
Avec précaution. Les huiles essentielles sont contre-indiquées chez l’enfant de moins de 3 ans et déconseillées jusqu’à 6-7 ans selon les molécules. Choisissez des produits spécifiquement formulés et testés pour la peau du nourrisson, avec ou sans label bio. L’avis du pédiatre ou du dermatologue pédiatrique est recommandé en cas de doute.

Voir aussi

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Références scientifiques

  • Contact sensitization to essential oils: IVDK data of the years 2010–2019. Contact Dermatitis. 2022 Jul. PMID 35417610
  • Allergic contact dermatitis to edible essential oils: A case report. Contact Dermatitis. 2025 Mar. PMID 39496474
  • Tran JM et al. Natural Is Not Always Better: The Prevalence of Allergenic Ingredients in « Clean » Beauty Products. Dermatitis. 2022 May;33(3):215-219. PMID 35256558
  • ANSM – Missions de surveillance du marché des cosmétiques. ansm.sante.fr


Eczema des levres : causes, symptômes et conseils dermatologue

Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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L’eczéma des lèvres – ou chéilite eczémateuse – est une affection fréquente caractérisée par des lèvres sèches, fissurées, squameuses et douloureuses. Souvent confondu avec de l’herpès ou une simple sécheresse labiale, il peut être d’origine atopique, allergique de contact ou irritative. Identifier la cause est indispensable pour un traitement efficace.

En bref : L’eczéma des lèvres (chéilite eczémateuse) donne des lèvres sèches, fissurées et douloureuses. Il existe 3 formes principales : allergique de contact (cosmétiques, dentifrice), irritative (léchage répété) ou atopique. Une chéilite persistante malgré les soins d’hygiène habituels doit faire consulter un dermatologue – la cause allergique nécessite des patch tests pour être identifiée.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Qu’est-ce que l’eczéma des lèvres (chéilite) ?

Le terme chéilite désigne toute inflammation des lèvres. La chéilite eczémateuse en est la forme la plus fréquente et regroupe trois sous-types principaux :

  • Chéilite de contact allergique : réaction immunitaire à un allergène (rouge à lèvres, baume labial, dentifrice, nickel des instruments à vent…).
  • Chéilite de contact irritative : liée au léchage répété des lèvres, à la salive, à certains aliments acides ou épicés, au vent ou au froid.
  • Chéilite atopique : forme de dermatite atopique localisée aux lèvres, souvent associée à d’autres manifestations atopiques (eczéma, asthme, rhinite allergique).

D’autres formes – chéilite angulaire (perlèche), chéilite actinique, chéilite granulomateuse – entrent dans le diagnostic différentiel et nécessitent une prise en charge spécifique.

Symptômes de l’eczéma des lèvres

Les signes cliniques de la chéilite eczémateuse associent, à des degrés variables :

  • Sécheresse et désquamation des lèvres, parfois avec squames épaisses.
  • Fissures douloureuses, notamment aux commissures.
  • Rougeur (érythème) et œdème labial.
  • Prurit (démangeaisons) ou sensation de brûlure.
  • Extension possible au pourtour de la bouche (péribuccal) en cas d’allergie de contact.
  • Évolution chronique avec poussées et rémissions.
⚠️ Ne pas confondre avec…
L’eczéma des lèvres n’est pas de l’herpès labial (qui se présente en vésicules groupées avec brûlure aiguë), ni une simple gerçure (transitoire, améliorée par le baume en quelques jours), ni un carcinome spinocellulaire (toute lésion kératosique unilatérale persistante de la lèvre inférieure chez un sujet exposé au soleil doit être biopsiée).

Causes et allergènes responsables

Chéilite allergique de contact

C’est la cause la plus fréquente de chéilite chronique. Les allergènes les plus impliqués sont :

  • Produits cosmétiques labiaux : baumes à lèvres (lanoline, cire d’abeille, propolis, gallates, huiles essentielles), rouges à lèvres (résines, colorants azoïques, parfums). Les gallates (octyl et dodécyl gallate) sont des conservateurs fréquents dans les baumes et saucisses – la chéilite aux gallates est en augmentation (PMID 39749762).
  • Dentifrices : menthol, fluorure de sodium, propylène glycol, colorants.
  • Aliments et aromates : propolis, cannelle, menthe, baume du Pérou.
  • Médicaments topiques : anesthésiques (benzocaïne), antibiotiques (néomycine).
  • Instruments à vent : nickel des embouchures.

Le diagnostic repose sur les tests épicutanés (patch tests), réalisés par un dermatologue-allergologue, qui permettent d’identifier l’allergène responsable et de guider l’éviction.

Chéilite irritative par léchage

Le lip-licking cheilitis est particulièrement fréquent chez l’enfant et l’adolescent. La salive, en s’évaporant, entraîne une sécheresse progressive, un érythème péribuccal caractéristique en anneau autour des lèvres, et des fissures douloureuses qui entretiennent le réflexe de léchage (PMID 23568570). Le traitement repose sur la suppression du léchage, les émollients et parfois une courte cure de dermocorticoïde faible.

Chéilite atopique

Forme localisée de dermatite atopique touchant exclusivement les lèvres, souvent associée à un terrain atopique personnel ou familial. La chéilite atopique répond bien aux inhibiteurs de la calcineurine topiques (tacrolimus 0,03 % chez l’enfant, 0,1 % chez l’adulte), permettant d’éviter les corticoïdes prolongés sur une zone aussi sensible (PMID 33340078). Les guides de bonne pratique 2024 sur la dermatite atopique recommandent les inhibiteurs de calcineurine comme traitement de deuxième intention pour les zones du visage et les muqueuses (PMID 39707640).

Traitement de l’eczéma des lèvres

Le traitement dépend de la cause identifiée. Les principes généraux sont :

Type de chéilite Traitement de première intention
Allergique de contact Éviction de l’allergène identifié par patch test + émollient
Irritative (léchage) Arrêt du léchage + émollient protecteur + dermocorticoïde faible si besoin
Atopique Émollient + inhibiteur calcineurine topique (tacrolimus) ± dermocorticoïde de classe faible
Angulaire (perlèche) Antifongique ± antibiotique topique selon la cause (Candida, staphylocoque)

Mesures générales :

  • Appliquer un émollient sans conservateur (Cicaplast, Cetaphil, vaseline pure) plusieurs fois par jour.
  • Éviter les baumes parfumés, les rouges à lèvres et les dentifrices au menthol pendant la phase aiguë.
  • Ne jamais lécher les lèvres – cela aggrave systématiquement la sécheresse.
  • Utiliser un soin solaire labial (SPF 30+) en cas d’exposition au soleil (prévention de la chéilite actinique sur terrain préexistant).
💡 Conseil du Dr Rousseau
Si votre eczéma des lèvres résiste malgré plusieurs semaines de soins avec un baume classique, changez de produit labial (choisissez une formule sans parfum, sans propolis, sans gallates) et consultez un dermatologue pour un bilan allergologique. La cause est souvent dans le baume lui-même que vous utilisez pour vous soigner.

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⚠ Consultez sans attendre si :

  • Une plaie ou une croûte sur la lèvre ne guérit pas après 3 semaines (à distinguer d’une chéilite actinique ou d’un cancer débutant, surtout après 50 ans ou en cas d’exposition solaire chronique)
  • Un gonflement important et persistant des lèvres apparaît, en dehors des repas (évoquer une chéilite granulomateuse ou un syndrome de Melkersson-Rosenthal)
  • Des signes d’infection apparaissent : pus, croûtes jaunes, douleur intense, fièvre
  • Des vésicules groupées douloureuses apparaissent (évoquer un herpès labial surinfecté)
  • Aucune amélioration après 2 à 3 semaines de traitement bien conduit et d’éviction des irritants

Questions fréquentes

Comment savoir si j’ai une allergie de contact sur les lèvres ?
Si votre chéilite est chronique, récidivante ou s’étend au pourtour de la bouche, une allergie de contact est probable. Le seul moyen de confirmer est le patch test (test épicutané), réalisé en consultation dermatologique spécialisée. Le dermatologue applique des allergènes standardisés sur le dos pendant 48 heures et lit les résultats à 48 h et 96 h.
Peut-on utiliser une cortisone sur les lèvres ?
Oui, mais de façon limitée. Un dermocorticoïde de classe faible (hydrocortisone 1 %) peut être appliqué sur les lèvres pour une courte durée (7 à 10 jours maximum). Les corticoïdes puissants sont déconseillés sur cette zone muqueuse fine. Pour un traitement prolongé de la chéilite atopique, les inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) sont préférables car ils n’entraînent pas d’atrophie cutanée.
Mon rouge à lèvres peut-il être responsable de ma chéilite ?
Oui, c’est l’une des causes les plus fréquentes. Les rouges à lèvres contiennent de nombreux allergènes potentiels : résines, colorants azoïques, parfums, conservateurs (gallates, parabènes), huiles de ricin. La chéilite allergique au rouge à lèvres touche la lèvre supérieure de façon préférentielle. Éviter le rouge à lèvres pendant 3 à 4 semaines est un test diagnostique simple avant le patch test.
L’eczéma des lèvres peut-il toucher les enfants ?
Oui, et la forme la plus fréquente chez l’enfant est la chéilite irritative par léchage des lèvres. Elle se manifeste par un érythème sec et squameux en anneau autour de la bouche. Le traitement repose sur l’arrêt du léchage (souvent difficile à obtenir), l’application régulière d’un émollient et, si besoin, un dermocorticoïde de classe faible pour quelques jours. La chéilite atopique est également fréquente chez l’enfant atopique.
Quelle est la différence entre chéilite et herpès labial ?
L’herpès labial (bouton de fièvre) se manifeste par des vésicules groupées douloureuses avec sensation de brûlure, sur une zone localisée de la lèvre, évoluant vers la croûte en 7 à 10 jours. La chéilite eczémateuse est diffuse, chronique, sans vésicules, avec sécheresse, squames et fissures. En cas de doute, un frottis pour PCR HSV peut être réalisé.

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À lire aussi sur l’eczéma des lèvres

Références scientifiques

  • Chronic Gallate Cheilitis With Drug and Dietary Involvement. Contact Dermatitis. 2025. PMID 39749762
  • Cheilitis, perioral dermatitis and contact allergy. Clin Dermatol. 2013 May-Jun. PMID 23568570
  • Isolated lip dermatitis (atopic cheilitis) treated with topical tacrolimus. Dermatol Ther. 2021 Jan. PMID 33340078
  • Clinical practice guidelines for the management of atopic dermatitis 2024. J Allergy Clin Immunol Pract. 2024 Dec. PMID 39707640
  • HAS – Dermatite atopique : prise en charge. has-sante.fr

Enlever un tatouage : détatouage au laser : resultats

Enlever un tatouage au laser : tout savoir avant de se lancer

On regrette parfois un tatouage réalisé quelques années auparavant – témoin d’une époque révolue, d’un prénom d’ex, d’un phénomène de mode. Son caractère initialement perçu comme définitif n’est plus une fatalité : les lasers Q-switched permettent aujourd’hui d’éclaircir voire d’effacer la majorité des tatouages, sans cicatrice, à condition de choisir le bon laser, le bon opérateur, et d’être patient.

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En bref : Enlever un tatouage est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. La prise en charge dépend de la forme et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour un diagnostic précis et un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Sommaire :
Comment fonctionne le laser |
Résultats selon la couleur du tatouage |
Déroulement d’une séance |
Nombre de séances nécessaires |
Risques et complications |
Prix et remboursement |
Questions fréquentes

Comment le laser détruit le pigment du tatouage

Les lasers Q-switched (ou « déclenchés ») délivrent des impulsions d’énergie extrêmement brèves (nanosecondes) à très haute puissance de crête. Cette énergie est absorbée par les particules de pigment du tatouage qui éclatent par choc thermomécanique en débris microscopiques, ensuite éliminés progressivement par les macrophages cutanés – les cellules « éboueurs » de l’organisme. La peau saine environnante est épargnée. C’est ce mécanisme qui permet le détatouage sans cicatrice, à condition de respecter les intervalles entre séances.

Le choix du laser dépend de la couleur du pigment – chaque longueur d’onde est absorbée préférentiellement par certaines couleurs :

Couleur du tatouage Laser de référence Difficulté d’effacement
Noir Nd:YAG 1064 nm QS ou rubis QS ⭐ Facile – meilleurs résultats
Bleu foncé Nd:YAG 1064 nm QS + alexandrite ⭐⭐ Modéré
Rouge / brun Nd:YAG 532 nm QS ⭐⭐ Modéré
Vert Alexandrite QS 755 nm ⭐⭐⭐ Difficile
Bleu-vert vif Alexandrite QS + picoseconde ⭐⭐⭐ Difficile
Jaune / orange Rubis QS + alexandrite ⭐⭐⭐⭐ Très difficile
Blanc / chair Zone test impérative ⭐⭐⭐⭐ Risque de virage noir
Tatouage cosmétique Zone test impérative – laser ablatif doux ⭐⭐⭐⭐ Noircissement possible

Les tatouages contenant des pigments marron ou chair (oxyde de fer, dioxyde de titane – fréquents dans les tatouages de maquillage permanent) peuvent virer au noir immédiatement après l’impact laser – phénomène de réduction du pigment. Ce noircissement n’est pas définitif mais nécessite des séances supplémentaires. Une zone test sur une surface de 1 cm² est impérative avant tout traitement de tatouage cosmétique.

Il est important de choisir un centre disposant de plusieurs technologies laser – un centre n’ayant qu’un seul laser ne pourra pas traiter efficacement tous les types de tatouages colorés.

💡 Tatouages noirs + CO2 ultrapulsé : une étude publiée sur PubMed montre que l’association Nd:YAG 1064 nm QS + CO2 ultrapulsé est supérieure au Nd:YAG seul sur les tatouages noirs saturés en pigment.

Déroulement d’une séance de détatouage

Avant la séance : les séances se programment de préférence en automne-hiver, à distance de toute exposition solaire sur la zone à traiter. La peau ne doit pas être bronzée – le bronzage augmente le risque de dépigmentation et de brûlure. La crème anesthésiante EMLA® est appliquée sur le tatouage 1h30 à 2h avant la séance sous film occlusif pour réduire la douleur. Les yeux sont protégés obligatoirement par des lunettes ou coques adaptées.

Pendant la séance : le médecin délivre les impacts laser sur la surface du tatouage. Chaque impact provoque un blanchiment immédiat de la zone traitée (frost blanc) – signe de destruction des pigments. La sensation est comparable à des claquements d’élastique sur la peau – désagréable mais brève. Un léger gonflement et parfois un saignement superficiel peuvent survenir.

Après la séance : des croûtelles apparaissent dans les 12 heures et tombent spontanément en 10 jours environ. Il faut laver et désinfecter soigneusement la zone traitée, appliquer une crème cicatrisante (Cicaplast®, Cicalfate®) jusqu’à cicatrisation complète, et protéger la zone du soleil pendant au moins 4 semaines après chaque séance – une exposition solaire prématurée provoque des taches brunes résiduelles.

Nombre de séances nécessaires

Le nombre de séances dépend de plusieurs facteurs : couleur du pigment, profondeur, taille du tatouage et réponse individuelle. Les séances sont espacées d’au minimum 2 mois – délai indispensable pour permettre l’élimination des débris de pigment par les macrophages entre deux séances. Précipiter les séances ne donne pas de meilleurs résultats et augmente le risque de cicatrices.

En pratique : 3 à 7 séances pour un tatouage professionnel noir de taille moyenne. 4 à 8 séances pour un tatouage amateur (paradoxalement plus résistant car pigment profond et en grande quantité). 8 à 15 séances ou plus pour les grands tatouages polychromes saturés. Les tatouages rituels peu profonds peuvent parfois s’effacer en 1 à 2 séances.

La technologie picoseconde (impulsions encore plus courtes que les lasers nanosecondes classiques) réduit en moyenne de 30 à 40 % le nombre de séances nécessaires par rapport aux Q-switched nanosecondes – particulièrement sur les tatouages résistants aux couleurs difficiles.

💡 Patience obligatoire : le résultat final ne peut être évalué qu’à 2-3 mois après la dernière séance. Il faut éviter à tout prix de surtraiter pour ne pas créer le « fantôme hypochromique » – contour blanc de l’ancien tatouage plus inesthétique que le tatouage initial.

Risques et complications du détatouage laser

Cicatrices : rares si le médecin est expérimenté et les énergies adaptées. Surviennent en cas de puissance trop élevée ou d’intervalle insuffisant entre séances. Une brûlure avec vésicules suivies de croûtes est possible – elle guérit sans cicatrice si bien soignée.

Hypochromie (tache blanche) : dépigmentation séquellaire du contour du tatouage – complication la plus redoutée car potentiellement irréversible. Risque plus élevé sur les peaux foncées ou bronzées. S’évite en ne traitant pas la peau bronzée et en respectant les intervalles entre séances.

Hyperpigmentation post-inflammatoire : taches brunes résiduelles apparaissant après la séance, surtout en cas d’exposition solaire prématurée. Généralement régressive en quelques mois avec protection solaire stricte.

Virage du pigment : transformation de pigments clairs (blanc, chair, marron) en pigment noir sous l’effet du laser – complication de la première séance sur certains pigments cosmétiques. Non définitive mais nécessite des séances supplémentaires.

Tatouage traumatique à la poudre d’arme : cas particulier – la poudre de pistolet contient des métaux lourds dont le résidu peut réagir différemment au laser. Résultats généralement bons mais zone test recommandée.

En cas de résistance aux lasers pigmentaires après plusieurs séances, le médecin peut proposer le laser CO2 en recours – mais avec un risque de cicatrices plus élevé. Cette option est discutée au cas par cas.

Prix du détatouage laser – non remboursé

Le détatouage laser est un acte esthétique non remboursé par l’Assurance Maladie. Les tarifs sont libres et varient selon la taille du tatouage, le nombre de couleurs et le nombre de séances estimé. Comptez généralement 100 à 400 € par séance selon la superficie traitée. Pour un grand tatouage nécessitant 10 séances, le coût total peut dépasser 3 000 €. Le dermatologue établit un devis estimatif avant de commencer – le nombre de séances réel reste aléatoire, fonction de la réponse du tatouage au laser. Exigez toujours un devis écrit avec le tarif par séance et une estimation du nombre de séances.

Sur le même sujet : Avant d’envisager un détatouage, consultez également notre guide complet sur les risques du tatouage et la prise en charge des cicatrices chéloïdes.
⚠️ Consultez un médecin sans attendre si :

  • Ampoules, suintement ou croûtes après une séance laser (risque de surinfection)
  • Hyperpigmentation ou dépigmentation persistant au-delà de 6 semaines
  • Cicatrice en relief ou chéloïde en formation visible
  • Douleur ou inflammation persistant plus de 72 h après la séance

Références scientifiques

  • Wu DC, Goldman MP, Wat H, Chan HHL. A Systematic Review of Picosecond Laser in Dermatology: Evidence and Recommendations. Lasers Surg Med. 2020;53(1):9-49. PMID 32282094
  • Dash G, Patil A, Kassir M et al. Non-laser treatment for tattoo removal. J Cosmet Dermatol. 2022;22(1):74-78. PMID 35122391
  • Burris K, Kim K. Tattoo removal. Clin Dermatol. 2007;25(4):388-92. PMID 17697922

Source institutionnelle : HAS – Actes de chirurgie et médecine esthétique

Questions fréquentes

Le détatouage laser laisse-t-il une cicatrice ?
Non, si la procédure est bien conduite – c’est l’avantage majeur du laser Q-switched par rapport aux anciennes techniques (dermabrasion, laser CO2). La condition est de respecter les intervalles de 2 mois entre séances, de ne pas surchauffer la peau, et de bien protéger la zone du soleil après chaque séance. Un opérateur peu expérimenté ou des énergies trop élevées peuvent provoquer des cicatrices blanches irréversibles.

Mon tatouage bleu-vert peut-il être complètement effacé ?
Ces couleurs sont parmi les plus difficiles à éliminer. Le laser alexandrite 755 nm et les technologies picoseconde sont les plus efficaces, mais un effacement complet n’est pas garanti – souvent une atténuation significative de 70 à 90 % est obtenue après 8 à 12 séances. Une zone test préalable permet d’évaluer la réponse du pigment avant de traiter l’ensemble du tatouage.

Puis-je faire retoucher mon tatouage si je change d’avis après quelques séances de détatouage ?
Oui – si les séances de laser n’ont fait qu’atténuer partiellement le tatouage, une retouche artistique par un tatoueur est possible sur la zone atténuée. Certaines personnes choisissent de faire atténuer un tatouage au laser uniquement pour permettre un cover-up (recouvrement par un nouveau tatouage) plus efficace – nécessite généralement 2 à 4 séances d’atténuation préalable.

Est-il possible d’effacer seulement une partie d’un tatouage – un prénom, une date ?
Oui – le laser peut cibler précisément une zone délimitée du tatouage. C’est fréquemment demandé pour effacer un prénom, une date ou un élément précis tout en conservant le reste. L’opérateur protège les zones à conserver avec un cache et traite uniquement la zone ciblée.

Le tatouage que je veux enlever a 20 ans – est-ce plus difficile ?
Pas nécessairement – un tatouage ancien peut même être plus facile à traiter car le pigment a eu le temps de se dégrader partiellement avec les années. En revanche, un tatouage ancien saturé de pigment profond reste difficile. L’âge du tatouage est un facteur secondaire par rapport à la couleur, la profondeur et la qualité du pigment utilisé.

Voir aussi : Laser contre les taches brunes | Conseils pour la réalisation d’un tatouage | Fiche SFD détatouage laser (PDF)

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Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

Piqûre de taon : symptômes douloureux, soin local et comment éviter ces insectes

En bref : Le taon ne pique pas à proprement parler – il mord et lacère la peau avec ses mandibules pour se nourrir de sang. Sa salive, riche en enzymes anticoagulantes, provoque une douleur immédiate, un gonflement inflammatoire et un prurit plus marqués qu’une piqûre de moustique classique. La réaction régresse en 24 à 72 heures avec des soins locaux simples. En France, le risque de maladie transmise est exceptionnellement faible.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 23 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

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Le taon : qui est cet insecte ?

Les taons (Tabanus spp., Haematopota spp., Chrysops spp.) appartiennent à la famille des Tabanidés. Ces grosses mouches grises ou brun foncé mesurent 1 à 3 cm. Seule la femelle se nourrit de sang, nécessaire à la maturation de ses œufs – le mâle se contente de nectar et est inoffensif. On les rencontre surtout de juin à août, dans les zones humides : prairies, bords de rivières, forêts claires.

Contrairement aux moustiques qui piquent discrètement, le taon peut se poser silencieusement sur la peau exposée et commencer à mordre avant d’être détecté. Son vol bourdonnant caractéristique le signale à distance, mais il peut approcher sans bruit depuis l’arrière.

Pourquoi la morsure de taon est-elle si douloureuse ?

Le taon ne possède pas d’aiguille injectrice comme le moustique ou la guêpe. Il utilise ses pièces buccales tranchantes (mandibules et maxilles) pour couper la peau et lacer les petits vaisseaux, puis il lèche le sang qui s’accumule dans la plaie. Cette lacération mécanique est immédiatement douloureuse, à la différence de la piqûre de moustique qui est indolore au moment de l’injection (l’anesthésique salivaire agit avant que l’insecte ne perce la peau).

La salive de taon contient des enzymes anticoagulantes, des vasodilatateurs et des histaminolibérateurs qui entretiennent l’afflux sanguin et provoquent une réaction inflammatoire locale marquée. La plaie présente souvent une légère hémorragie centrale visible – signe distinctif d’une morsure de taon.

Symptômes d’une morsure de taon

Symptôme Caractéristiques Durée habituelle
Douleur immédiate Brûlure vive, souvent le premier signe Quelques minutes à quelques heures
Rougeur et gonflement Placard inflammatoire, parfois étendu 24–72 h (pic à 2–6 h)
Prurit Démangeaisons intenses, favorisent le grattage 12–48 h
Petite plaie centrale Croûtelle rouge-brun, hémorragie punctiforme 3–7 jours
⚠️ Surveillance à 48 heures : si le gonflement s’étend progressivement après 48 heures ou s’accompagne de fièvre, rougeur chaude et douleur croissante (signes de traînée rouge vers le ganglion), consultez rapidement. Une lymphangite ou un érysipèle peut compliquer une morsure grattée et surinfectée.

Traitement d’une morsure de taon

Les soins immédiats sont simples et efficaces dans la grande majorité des cas :

  • Nettoyer la zone à l’eau et au savon pendant 2 minutes
  • Refroidir : appliquer un glaçon enveloppé dans un linge propre, 10 minutes
  • Désinfecter à la chlorhexidine aqueuse (éviter les colorants iodés qui masquent l’évolution de la rougeur)
  • Antihistaminique oral (cétirizine 10 mg ou loratadine 10 mg) pour réduire le prurit et le gonflement
  • Dermocorticoïde local (hydrocortisone 1 %, bétaméthasone en crème) : 1 à 2 applications par jour, 3 à 5 jours
  • Ne pas gratter : risque de surinfection bactérienne et de cicatrice

Pour calmer les démangeaisons d’une morsure de taon, les gels à base d’aloe vera ou les crèmes à la calamine procurent un soulagement symptomatique apprécié.

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Le taon transmet-il des maladies ?

En France métropolitaine, le risque infectieux est très faible. Des cas exceptionnels de tularémie (Francisella tularensis) ont été décrits, mais la contamination se fait surtout par contact avec des lièvres ou lapins infectés. En pratique courante, une morsure de taon en France ne nécessite pas de traitement préventif anti-infectieux.

En revanche, dans les régions tropicales et subtropicales (Afrique subsaharienne, notamment), le taon chrysops peut transmettre la loase (filariose à Loa loa). Toute personne revenant d’un séjour en zone à risque avec des symptômes cutanés persistants – prurit, passage du ver sous la conjonctive – doit consulter un médecin spécialisé en maladies tropicales. Voir notre article sur la dermatologie du voyageur.

Prévention des morsures de taon

La protection mécanique reste la plus efficace :

  • Vêtements couvrants (manches longues, pantalon) dans les zones à taons, surtout entre midi et 16 h (pic d’activité par temps chaud et ensoleillé)
  • Répulsifs cutanés contenant du DEET 30–50 %, du KBR 3023 (icaridine) ou de l’IR35/35 – efficacité partielle mais réelle
  • Éviter les zones marécageuses, les berges de rivières et les prairies humides en période estivale
  • Les taons sont attirés par la chaleur corporelle et le dioxyde de carbone – les vêtements clairs réduisent légèrement l’attraction
🚨 Quand consulter en urgence :

  • Gonflement du visage, des lèvres, de la gorge ou difficulté à avaler
  • Difficultés respiratoires, urticaire généralisée (rare avec taon, mais possible chez allergiques)
  • Fièvre >38,5 °C avec rougeur chaude et douloureuse croissante autour de la plaie (surinfection)
  • Traînée rouge remontant vers l’aine ou l’aisselle (lymphangite)

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Questions fréquentes sur les piqûres de taon

Pourquoi la morsure de taon est-elle plus douloureuse qu’une piqûre de moustique ?

Le taon lacère mécaniquement la peau avec ses mandibules tranchantes et lèche le sang, tandis que le moustique insère une fine trompe en injectant un anesthésique salivaire. La lacération mécanique du taon est immédiatement douloureuse. De plus, la salive du taon contient des enzymes fortement inflammatoires qui entretiennent la réaction locale.

Combien de temps dure le gonflement après une morsure de taon ?

La douleur et le gonflement atteignent leur maximum en 2 à 6 heures. Ils régressent généralement en 24 à 72 heures avec un traitement local adapté. Un œdème plus étendu peut persister jusqu’à 5 jours. Si le gonflement augmente encore après 48 heures avec fièvre, consultez un médecin.

Que faire immédiatement après une morsure de taon ?

Laver à l’eau et au savon. Appliquer du froid 10 minutes. Désinfecter à la chlorhexidine. Prendre un antihistaminique oral. Appliquer un dermocorticoïde si le gonflement est important. Ne pas gratter pour éviter la surinfection. Surveiller l’évolution à 48 heures.

Le taon peut-il piquer plusieurs fois ?

Oui, la femelle peut se nourrir à plusieurs reprises. Elle est aussi capable d’alterner entre différents hôtes. Son vol bourdonnant est caractéristique et permet de la repérer. Si elle n’est pas dérangée, elle peut s’alimenter pendant plusieurs minutes avant de s’envoler.

Quels répulsifs fonctionnent contre les taons ?

Le DEET 30–50 %, l’icaridine (KBR 3023) et l’IR35/35 offrent une protection partielle. Ils réduisent l’attractivité mais n’éliminent pas le risque. Les vêtements couvrants restent la protection la plus efficace. Les répulsifs doivent être réappliqués toutes les 4 à 6 heures par temps chaud ou en cas de transpiration. Voir notre guide complet sur les piqûres d’insectes.

La morsure de taon peut-elle laisser une cicatrice ?

Si elle n’est pas grattée, la morsure guérit généralement sans cicatrice. Le grattage répété sur une peau présentant déjà une réaction inflammatoire peut laisser une petite tache pigmentée transitoire (hyperpigmentation post-inflammatoire), surtout sur les peaux mates ou foncées. Celle-ci disparaît en quelques semaines à quelques mois.

Comment distinguer une morsure de taon d’une piqûre de moustique ?

Plusieurs éléments différencient les deux : la morsure de taon est immédiatement douloureuse (le moustique pique sans douleur initiale), la réaction est plus étendue et plus inflammatoire, et on note souvent une petite plaie centrale avec une micro-hémorragie. La piqûre de moustique présente une papule bien ronde centrée sur un point de ponction. Le prurit du taon peut durer plus longtemps.

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Voir aussi

Références médicales

  • Przybilla B, Ruëff F. Insect stings: clinical features and management. Dtsch Arztebl Int. 2012;109(13):238–248. PMID 22532821
  • Fradin MS, Day JF. Comparative efficacy of insect repellents against mosquito bites. N Engl J Med. 2002;347(1):13–18. PMID 12097535
  • Golden DBK. Insect sting anaphylaxis. Immunol Allergy Clin North Am. 2007;27(2):261–272. PMID 17493502
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Protection contre les maladies vectorielles transmises par les arthropodes. has-sante.fr

Anétodermie : fibres élastiques, diagnostic et traitement


Anétodermie

L’anétodermie – du grec anetos (relâché) et derma (peau) – est une dermatose rare caractérisée par une perte localisée des fibres élastiques du derme. Elle se manifeste par des zones de peau molle, flasque, parfois déprimée ou herniante à la palpation, sans lien avec les follicules pileux. Bien que bénigne dans son expression cutanée, l’anétodermie peut être le signe révélateur d’une maladie systémique sous-jacente – en particulier auto-immune – qui impose un bilan étiologique complet. Elle touche préférentiellement les femmes jeunes (15 à 25 ans) et est plus fréquemment rapportée en Europe centrale.

En bref : Anétodermie est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, une biopsie cutanée. La prise en charge dépend de la forme clinique et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour bénéficier d’un diagnostic précis et d’un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements déjà essayés depuis plus de 4 semaines

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Définition et classification

L’anétodermie est classiquement divisée en deux grandes formes dont la distinction clinique est parfois artificielle et représente en pratique un spectre continu :

Forme Ancienne dénomination Caractéristiques
Anétodermie primaire (idiopathique) Jadassohn-Pelizzari (précédée d’une phase inflammatoire) ; Schweninger-Buzzi (sur peau apparemment saine) Survient sans lésion cutanée antérieure identifiable ; peut être associée à des maladies auto-immunes ou des anomalies biologiques sans lésion cliniquement préalable
Anétodermie secondaire Se développe sur le site d’une lésion cutanée préexistante identifiée : acné, varicelle, syphilis, lèpre, mastocytose, lupus, etc. La lésion initiale s’atrophie et laisse une zone anétodermique
À retenir : La distinction primaire/secondaire est davantage historique que cliniquement décisive. Ce qui compte est d’identifier une éventuelle cause sous-jacente – qu’elle soit infectieuse, auto-immune, paranéoplasique ou médicamenteuse – car sa prise en charge peut prévenir l’apparition de nouvelles lésions.

Physiopathologie : destruction des fibres élastiques dermiques

Les fibres élastiques assurent la résilience et l’élasticité de la peau. Leur destruction localisée dans l’anétodermie peut résulter de deux mécanismes non exclusifs :

  • Diminution de la synthèse des fibres élastiques par les fibroblastes dermiques
  • Augmentation de leur destruction par des enzymes élastolytiques – en particulier les métalloprotéases matricielles (MMP), dont l’activation peut être déclenchée par une inflammation locale, une infection, une ischémie ou des auto-anticorps

Dans les formes associées au syndrome des antiphospholipides (SAPL), la thrombose des petits vaisseaux dermiques provoque une ischémie localisée qui active les métalloprotéases et aboutit à l’élastolyse. Les macrophages activés dans les lésions inflammatoires sécrètent également des élastases contribuant à la destruction tissulaire.

Dans l’anétodermie du prématuré, la minceur et l’immaturité de la peau, ainsi qu’un métabolisme de l’élastine altéré, facilitent l’activation des métalloprotéases – notamment sous l’effet des pressions exercées par les électrodes de monitoring ou les adhésifs cutanés.

Signes cliniques

Les lésions d’anétodermie sont caractéristiques et permettent souvent un diagnostic clinique :

  • Papules ou macules bien délimitées, de 1 à 2 cm de diamètre, de couleur chair, blanc-rosé ou légèrement bleutée
  • Surface ridée, plissée comme du papier froissé
  • À la palpation : signe de la boutonnière – la zone molle et flasque s’invagine sous le doigt comme si l’on enfonçait un doigt dans la peau, évoquant une hernie cutanée (pouchlike herniation). C’est le signe clinique pathognomonique.
  • Les lésions peuvent être plates, légèrement surélevées ou déprimées selon leur stade
  • Elles sont indolores et non prurigineuses
  • Distribution habituelle : thorax, dos, cou, bras – mais toute zone peut être atteinte
  • Elles ne sont pas centrées par un follicule pileux – c’est un critère diagnostique différentiel essentiel
Signe de la boutonnière : En appuyant doucement avec un doigt sur la lésion, la peau s’invagine facilement sous la pression, comme si elle était dépourvue de soutien élastique – ce qui est précisément le cas. En relâchant la pression, la peau revient lentement à sa position initiale. Ce signe à lui seul est très évocateur d’une perte du tissu élastique dermique.

Formes voisines à distinguer

Deux affections proches doivent être distinguées de l’anétodermie classique, car leur mécanisme et leur prise en charge diffèrent :

  • Atrophodermie périfolliculaire (atrophie maculeuse périfolliculaire) : si la zone d’atrophie élastique est centrée par un follicule pileux, il ne s’agit pas d’une anétodermie vraie mais d’une atrophodermie périfolliculaire – entité distincte, souvent associée à des kératoses pilaires ou à une folliculite atrophiante
  • Atrophodermie de Pasini et Pierini : atrophie cutanée en plaques, sans hernie, liée à une fibrose dermique plutôt qu’à une perte élastique isolée ; peut s’associer à une sclérodermie localisée
  • Cutis laxa : peau lâche généralisée par déficit congénital ou acquis en fibres élastiques – à distinguer des zones focales de l’anétodermie
  • Vergetures atrophiques (striae distensae) : atrophie cutanée linéaire, orientée selon les lignes de tension, sans signe de la boutonnière

Causes et maladies associées

L’anétodermie secondaire survient dans un large spectre de maladies cutanées et systémiques. Une étude de cohorte publiée en 2024 confirme que l’anétodermie doit être considérée comme un signal d’alarme d’auto-immunité : des maladies auto-immunes sous-jacentes sont retrouvées dans une proportion significative de cas.

Catégorie Causes
Maladies infectieuses Syphilis (dont co-infection VIH), lèpre lépromateuse, maladie de Lyme, varicelle, infection à SARS-CoV-2 (cas rapportés depuis 2023)
Maladies auto-immunes Syndrome des antiphospholipides (SAPL) – association la plus documentée avec anticorps anticardiolipides et anticoagulant lupique ; lupus érythémateux systémique ; syndrome de Sjögren primaire ; polyarthrite rhumatoïde
Maladies cutanées inflammatoires Acné vulgaire (anétodermie post-acnéique), urticaire pigmentaire, mastocytose cutanée, lichen plan
Hémopathies et tumeurs Lymphocytome cutané bénin, mycosis fongoïde (lymphome T cutané), leucémie cutanée
Médicaments D-pénicillamine, isoniazide, certains anticancéreux – élastolyse induite par activation métalloprotéasique
Causes néonatales / iatrogènes Anétodermie du prématuré : sous les électrodes de monitoring et les adhésifs cutanés chez les grands prématurés (< 32 SA, très faible poids de naissance)
Syndrome des antiphospholipides : ne pas méconnaître. L’association entre anétodermie et SAPL est bien établie. Le SAPL est une thrombophilie acquise responsable de thromboses artérielles et veineuses, de fausses couches à répétition et d’accidents vasculaires cérébraux. Sa présence impose un traitement anticoagulant et une surveillance spécialisée. Un bilan immunologique (anticardiolipides, anticoagulant lupique, anti-β2-glycoprotéine I) doit être réalisé systématiquement devant toute anétodermie.

Syndromes rares associés à l’anétodermie

Quelques syndromes rares combinent anétodermie et anomalies extracutanées :

  • Syndrome de Blegvad-Haxthausen : association d’anétodermie, de sclérotiques bleutées et d’ostéogenèse imparfaite. Ces trois signes traduisent un déficit commun du tissu élastique et du collagène. Les anomalies osseuses (fragilité osseuse, fractures) et ophtalmologiques (sclérotiques bleutées par transparence de la choroïde) doivent être recherchées systématiquement chez tout patient présentant une anétodermie étendue à début précoce.
  • Anétodermie et syndrome de Marfan : des lésions anétodermiques peuvent s’observer dans le contexte du syndrome de Marfan et d’autres connectivopathies héréditaires impliquant les fibres élastiques.
  • Anétodermie et amylose cutanée : quelques observations récentes (2024) rapportent une présentation anétodermique d’amylose cutanée primaire localisée de type AL dans le contexte d’un syndrome de Gougerot-Sjögren.

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Diagnostic : histologie et bilan étiologique

Histologie cutanée

Le dermatologue prélève un fragment de peau sous anesthésie locale, en s’assurant de placer la biopsie à cheval entre peau saine et peau pathologique pour montrer le contraste élastique – une biopsie centrée uniquement sur la lésion peut manquer la perte élastique si elle est focale. La pièce est adressée à un anatomopathologiste avec mention explicite de demander des colorations spéciales pour les fibres élastiques.

Les colorations indispensables sont :

  • Orcéine : colore les fibres élastiques en brun-noir – diminution franche ou absence totale dans les zones lésées
  • Verhoeff-Van Gieson (VVG) : colore les fibres élastiques en noir sur fond jaune – confirme la réduction ou disparition des fibres élastiques dans le derme moyen et supérieur

Sur la coloration standard hématoxyline-éosine, l’aspect peut être quasi normal – sans les colorations spéciales, la biopsie passe fréquemment inaperçue. L’épiderme et le collagène sont habituellement conservés. Un infiltrat inflammatoire lymphocytaire péri-vasculaire peut être présent dans les formes actives.

Bilan étiologique systématique

Examen Objectif
Anticorps anticardiolipides (IgG et IgM), anticoagulant lupique, anti-β2-glycoprotéine I Syndrome des antiphospholipides – recherche prioritaire
AAN, anti-ADN natifs, complément C3/C4, anti-Sm, anti-SSA/SSB Lupus érythémateux systémique, Sjögren
Sérologie syphilitique (TPHA/VDRL), sérologie de Lyme Causes infectieuses bactériennes
NFS avec frottis sanguin Hémopathie (lymphome T, leucémie)
Tryptase sérique Mastocytose sous-jacente
Électrophorèse des protéines sériques, immunofixation Amylose AL (gammapathie monoclonale)
Examen ophtalmologique, radiographie osseuse Recherche du syndrome de Blegvad-Haxthausen (sclérotiques bleutées, ostéogenèse imparfaite)

Prise en charge et traitement

Il n’existe aucun traitement permettant de régénérer les fibres élastiques déjà détruites dans les lésions constituées. L’anétodermie établie est irréversible. La prise en charge est donc orientée vers deux objectifs :

  • Traiter la cause sous-jacente lorsqu’elle est identifiable, pour prévenir l’apparition de nouvelles lésions. C’est l’enjeu diagnostique principal :
    • SAPL : anticoagulation (héparine, anticoagulants oraux selon le profil de risque thrombotique)
    • Lupus : antimalariques (hydroxychloroquine), immunosuppresseurs selon l’atteinte systémique
    • Syphilis : traitement antibiotique par pénicilline G selon les recommandations HAS
    • Mastocytose : traitement symptomatique antihistaminique
    • Médicament en cause : arrêt si possible
  • Abstention thérapeutique pour les lésions constituées : aucun traitement topique ni systémique n’a démontré d’efficacité pour régénérer les fibres élastiques détruites
Excision chirurgicale : Les lésions individuellement gênantes ou inesthétiques peuvent être excisées chirurgicalement – petite exérèse fusiforme sous anesthésie locale. Cette option est réservée aux lésions localisées peu nombreuses. Elle ne traite pas la cause et de nouvelles lésions peuvent apparaître ailleurs. Des techniques de comblement par acide hyaluronique ont été rapportées avec des résultats partiels dans les formes déprimées, mais sans niveau de preuve suffisant pour constituer une recommandation.

Maladies du tissu élastique et du tissu conjonctif :

Maladies auto-immunes et cutanées associées :

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Questions fréquentes sur l’anétodermie

L’anétodermie est-elle dangereuse ?

Les lésions cutanées elles-mêmes sont bénignes, indolores et non évolutives sur le plan vital. Le danger potentiel réside dans la maladie sous-jacente qu’elles peuvent révéler : un syndrome des antiphospholipides non traité expose à des thromboses graves (AVC, embolie pulmonaire), un lupus à des atteintes rénales ou cardiaques. Le bilan étiologique systématique permet d’identifier et de traiter ces maladies avant leurs complications.

Peut-on guérir de l’anétodermie ?

Les lésions constituées sont irréversibles : il n’existe aucun traitement capable de régénérer les fibres élastiques détruites. Traiter la cause empêche l’apparition de nouvelles lésions mais ne fait pas régresser les zones déjà atteintes. Pour les lésions inesthétiques isolées, une excision chirurgicale est possible.

Quelle est la différence entre anétodermie et vergetures ?

Les deux affections résultent d’une rupture des fibres élastiques dermiques, mais leur présentation est différente. Les vergetures sont des lésions linéaires orientées selon les lignes de tension cutanée, liées à un étirement rapide de la peau. L’anétodermie produit des lésions arrondies ou ovalaires avec le signe de la boutonnière caractéristique, sans orientation préférentielle. Histologiquement, les deux montrent une raréfaction des fibres élastiques, mais le mécanisme et les causes sont différents.

Pourquoi la biopsie doit-elle être faite à cheval entre peau saine et peau pathologique ?

La biopsie centrée uniquement sur la zone lésée peut manquer la perte élastique si la destruction est focale, et donne alors une image peu informative. En prélevant à la jonction entre peau saine et peau pathologique, l’anatomopathologiste peut comparer directement les fibres élastiques normales et les zones de raréfaction – ce contraste est essentiel pour conclure. C’est une information technique importante à préciser au dermatologue lors de la consultation.

L’anétodermie peut-elle récidiver après chirurgie ?

Oui. L’excision traite les lésions existantes mais pas la cause. Si la maladie sous-jacente n’est pas identifiée et traitée, de nouvelles lésions peuvent continuer à apparaître ailleurs. C’est pourquoi le traitement de la cause est prioritaire sur l’excision cosmétique.

Voir aussi : Syndrome d’Ehlers-DanlosLupus érythémateuxVergetures

Références scientifiques

  1. Afvari S, Malik R, Hijaz B, Nambudiri VE. Anetoderma may be a warning sign of autoimmunity: A cohort study. JAAD Int. 2024;15:68-70. PubMed 38524201
  2. Cook JC, Puckett Y. Anetoderma. In: StatPearls [Internet]. Treasure Island (FL): StatPearls Publishing; 2022. NCBI NBK560578
  3. Romani J, Pérez F, Llobet M, et al. Anetoderma associated with antiphospholipid antibodies: case report and review of the literature. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2001;15(2):175-178. PubMed 11495524
  4. Büyük AY, Çakmak SK, Gönül M. Iatrogenic anetoderma of prematurity: a case report and review of the literature. Ann Dermatol. 2014;26(5):641-644. PubMed 25324665
  5. Orphanet. Anétodermie primitive. Orphanet ORPHA228272

Mis à jour le 24 avril 2025 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS)., Bordeaux.

Grover : la maladie de grover : causes, symptômes et traitement

Maladie de Grover (dermatose acantholytique transitoire) : petits boutons qui grattent sur le torse

Des petits boutons rouges, prurigineux, apparus brusquement sur la poitrine ou le dos d’un homme de plus de 50 ans après une exposition solaire, une transpiration excessive ou un alitement prolongé – voilà le tableau classique de la maladie de Grover, ou dermatose acantholytique transitoire. Décrite pour la première fois en 1970 par le dermatologue américain Ralph Weir Grover, cette affection reste encore trop souvent méconnue ou confondue avec d’autres dermatoses prurigineuses du tronc – eczéma, réaction médicamenteuse, gale – entraînant parfois des errances thérapeutiques frustrantes pour le patient.

En bref : Grover : la maladie de grover : causes, symptômes et traitement – une affection cutanée fréquente. Le diagnostic repose sur l’examen clinique par un dermatologue. Une prise en charge adaptée permet dans la grande majorité des cas une amélioration significative.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Son nom porte en lui un paradoxe : bien que qualifiée de « transitoire », la maladie de Grover peut évoluer sur des mois, voire des années, avec des poussées récidivantes. Elle est en revanche toujours bénigne – elle ne dégénère pas, n’affecte pas les organes internes et ne laisse pas de cicatrice durable. Comprendre ses mécanismes, ses facteurs déclenchants et ses options thérapeutiques permet d’éviter surdiagnostics et traitements inutiles, tout en soulageant efficacement les patients les plus gênés.

⚠️ Consultez sans attendre si :

  • Les symptômes s’aggravent rapidement ou s’étendent sur une large zone
  • Apparition de fièvre, frissons ou altération de l’état général
  • Lésions très douloureuses ou qui ne cèdent pas au traitement en 48 h
  • Doute sur une cause sérieuse : infection, allergie grave, lésion suspecte

Source institutionnelle : Haute Autorité de Santé (HAS) – recommandations en dermatologie

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Sommaire

Qu’est-ce que la maladie de Grover ?

La maladie de Grover est une dermatose acquise, non immunitaire, non familiale, caractérisée histologiquement par un phénomène d’acantholyse – une perte de cohésion entre les kératinocytes de l’épiderme, qui se séparent les uns des autres comme si les « soudures » cellulaires (desmosomes) lâchaient brusquement. Ce relâchement provoque la formation de microvésicules intrakératinocytaires, qui s’extériorisent cliniquement sous forme de papules et vésicules prurigineuses.

Ce mécanisme d’acantholyse – que l’on retrouve également dans la maladie de Darier et la maladie de Hailey-Hailey, qui sont des génodermatoses – est ici acquis et non génétique. Grover disease se positionne à l’intersection de quatre patterns histologiques distincts, chacun mimant l’un de ces modèles : le type Darier, le type Hailey-Hailey, le type pemphigus vulgaris, et le type spongiotique. Cette hétérogénéité histologique rend parfois le diagnostic difficile.

Acantholyse : un mécanisme, plusieurs maladies
L’acantholyse désigne la rupture des jonctions intercellulaires (desmosomes) entre kératinocytes. Elle peut être auto-immune (pemphigus vulgaris, où des anticorps attaquent ces jonctions), génétique (maladies de Darier et Hailey-Hailey, par mutations des pompes calciques) ou réactionnelle comme dans la maladie de Grover, où des facteurs environnementaux désorganisent transitoirement l’architecture épidermique. Ces maladies partagent le même mécanisme mais des étiologies et des pronostics très différents.

Épidémiologie

Caractéristique Données
Population principalement concernée Hommes blancs de plus de 50 ans ; âge moyen au diagnostic : 59–61 ans
Sex-ratio Environ 4 hommes pour 1 femme (ratio 3,95:1 dans la revue systématique de Bellinato et al.)
Fréquence Sous-diagnostiquée ; prévalence réelle inconnue ; environ 0,8 % des consultations dermatologiques hospitalières dans une série prospective
Peau photo-endommagée Facteur de risque fréquemment associé
Contexte particulier à risque élevé Alitement prolongé, hospitalisation, fièvre, chimiothérapie, immunosuppression
Variation saisonnière Plus fréquente en hiver dans certaines études (xérose cutanée) ; poussées estivales possibles (chaleur, transpiration)

Causes et facteurs déclenchants

L’étiologie exacte de la maladie de Grover reste inconnue. Il s’agit d’une dermatose réactionnelle, probablement multifactorielle, dans laquelle divers facteurs environnementaux ou systémiques altèrent transitoirement la cohésion des kératinocytes épidermiques.

Facteurs déclenchants principaux

Facteur déclenchant Mécanisme supposé
Chaleur et transpiration excessive Dommages des canaux sudoripares eccrines ; contact toxique de la sueur avec l’épiderme
Exposition solaire aux UV Induction de mutations somatiques sur ATP2A2 (gène de la pompe calcique) dans les kératinocytes ; mutagénèse UV
Xérose cutanée (peau sèche) Altération de la barrière cutanée favorisant la dysfonction des desmosomes
Alitement prolongé / hospitalisation Friction et occlusion cutanée ; stase ; macération
Fièvre Augmentation de la chaleur corporelle et de la sudation
Chimiothérapies cytotoxiques Excrétion de métabolites toxiques dans la sueur, avec effet direct sur l’épiderme adjacent
Inhibiteurs de BRAF (vémurafénib, dabrafénib) Activation de la voie MAP-kinase dans les kératinocytes, favorisant leur prolifération anarchique
COVID-19 Cas de maladie de Grover en phase fébrile rapportés ; SARS-CoV-2 détecté dans l’épithélium des glandes sudoripares
Immunosuppresseurs (greffes) Cas rapportés après transplantation cardiaque et autres immunosuppressions
Lien avec la maladie de Darier : une piste génétique intéressante
Une étude génomique récente (Seli et al.) a identifié des variants délétères du gène ATP2A2 dans 80 % d’un groupe de patients atteints de maladie de Grover. Ce gène code pour la pompe calcique SERCA2, dont la mutation germinale cause la maladie de Darier. Dans la maladie de Grover, ces variants seraient somatiques et acquis, probablement sous l’effet mutagène des UV (substitutions C>T et G>A caractéristiques). Cela expliquerait pourquoi Grover se comporte cliniquement comme un « Darier focal acquis non héréditaire » et pourquoi les rétinoïdes – efficaces dans Darier – fonctionnent aussi dans les formes réfractaires de Grover.

Signes cliniques

La maladie de Grover débute le plus souvent brutalement, parfois après une exposition solaire, une transpiration intense, ou sans facteur déclenchant identifiable. L’éruption prédomine sur le torse : surtout la partie centrale du dos et le milieu de la poitrine, ainsi que la partie supérieure des bras. Elle épargne généralement le visage, les mains et les pieds.

Les lésions élémentaires

Les lésions typiques sont de petites papules rouge-brun, légèrement kératosiques ou croûteuses, de 2 à 5 mm, souvent surmontées d’une vésicule centrale. Elles sont discrètes, dispersées, non confluentes – ce caractère de lésions isolées, ne se rejoignant pas en plaques, est important pour le diagnostic. Le prurit est souvent intense, parfois difficile à contrôler, aggravé par la chaleur, la sueur et le frottement des vêtements.

Caractère clinique Description
Localisation principale Dos central, poitrine (milieu du sternum), partie supérieure des bras
Nature des lésions Papules et papulo-vésicules rouge-brun, kératosiques ou croûteuses, 2–5 mm
Distribution Dispersée, non confluente ; lésions isolées les unes des autres
Prurit Intense dans la majorité des cas, aggravé par la chaleur et la transpiration
Zones épargnées Visage, mains, pieds (zones non solaires ou non couvertes)
Complication Dermatite secondaire possible : plaques rondes squamo-croûteuses se développant sur le fond de l’éruption et pouvant diffuser vers les membres

Histologie : l’acantholyse au cœur du diagnostic

Le diagnostic de certitude repose sur la biopsie cutanée avec examen anatomopathologique. Le dermatologue prélève sous anesthésie locale un fragment de l’une des papules typiques, adressé à un anatomopathologiste qui l’examine au microscope après coloration à l’hématoxyline-éosine.

L’élément cardinal à l’histologie est l’acantholyse – la perte de cohésion entre kératinocytes, formant des fentes ou des bulles intrakératinocytaires – souvent associée à une dyskeratose (kératinocytes arrondis, anormaux, signe de l’apoptose cellulaire). Quatre patrons histologiques ont été décrits :

Pattern histologique Caractéristiques Fréquence
Type Darier Acantholyse suprabasale avec corps ronds et grains ; dyskératose marquée Le plus fréquent
Type Hailey-Hailey Acantholyse étendue en « mur de briques effondrées » sur toute la hauteur de l’épiderme Fréquent
Type pemphigus vulgaris Acantholyse suprabasale avec cellules en « rangées de tombeaux » ; sans dépôts d’Ig en immunofluorescence Moins fréquent
Type spongiotique Spongiose épidermique prédominante avec quelques cellules acantholytiques ; peut mimer l’eczéma Moins fréquent

La coexistence de plusieurs patterns sur une même biopsie est possible et caractéristique. L’immunofluorescence directe est négative dans la maladie de Grover – élément essentiel qui exclut le pemphigus vulgaire, dont l’acantholyse est d’origine auto-immune avec dépôts d’IgG intercellulaires.

Diagnostics différentiels

Affection Points communs Éléments distinctifs
Maladie de Darier (kératose folliculaire) Papules kératosiques du torse, histologie avec acantholyse et dyskératose Maladie génétique (mutation germinale ATP2A2), atteinte folliculaire préférentielle, début à l’adolescence, chronique, antécédents familiaux
Pemphigus vulgaire Acantholyse à l’histologie, lésions vésiculeuses Immunofluorescence directe positive (IgG intercellulaires) ; auto-immune ; atteinte des muqueuses fréquente ; grave
Eczéma du tronc / dermatite atopique Éruption prurigineuse du torse Plaques eczémateuses confluentes, pas d’acantholyse à la biopsie, contexte atopique, réponse aux dermocorticoïdes
Gale Prurit intense, lésions du tronc Sillons scabieux, atteinte interdigitale, prurit nocturne prédominant, cas dans l’entourage
Réaction médicamenteuse (toxidermie) Éruption papuleuse du tronc, contexte médicamenteux Chronologie avec introduction d’un médicament, souvent symétrique et confluente, pas d’acantholyse
Miliaire sudorale Éruption du tronc liée à la chaleur et à la transpiration Vésicules superficielles claires, contexte de chaleur intense, pas d’acantholyse, résolution très rapide
Ne pas conclure à une maladie de Grover sans biopsie devant un tableau atypique
La maladie de Grover peut être diagnostiquée cliniquement dans ses formes typiques. Mais devant un tableau atypique – lésions étendues, vésiculo-bulleuses importantes, atteinte des muqueuses, résistance au traitement, ou suspicion de pemphigus -, la biopsie avec immunofluorescence directe est indispensable. Un pemphigus vulgaire non diagnostiqué peut mettre en jeu le pronostic vital.

Traitement

Mesures générales : éviter les facteurs déclenchants

La première étape est l’identification et l’élimination des facteurs favorisants. Porter des vêtements amples en fibres naturelles (coton), éviter la surchauffe, limiter les activités sportives provoquant une transpiration excessive lors des poussées, hydrater régulièrement la peau sèche – autant de mesures simples qui peuvent réduire significativement la fréquence et l’intensité des poussées.

Traitements de première ligne

Les dermocorticoïdes de classe forte (bétaméthasone, clobétasol) appliqués sur les lésions constituent le traitement topique de référence. Ils réduisent l’inflammation locale et le prurit. Les émollients appliqués quotidiennement sur l’ensemble du torse améliorent la barrière cutanée et réduisent la xérose favorisante. Les antihistaminiques oraux (anti-H1 de deuxième génération ou hydroxyzine le soir) aident à contrôler le prurit, notamment pour améliorer le sommeil perturbé par les démangeaisons nocturnes.

Traitements des formes résistantes

Les rétinoïdes oraux – isotrétinoïne à faible dose, acitrérine – sont les traitements systémiques les mieux documentés dans les formes réfractaires ou chroniques. Plusieurs séries de cas et une revue systématique récente (Moodie et al., 2024) confirment une efficacité notable. Leur mécanisme d’action est logique au regard de la physiopathologie : en normalisant la différenciation kératinocytaire et la cohésion intercellulaire, ils s’attaquent directement au défaut sous-jacent. Leurs effets secondaires (tératogénicité, dyslipidémie, xérose, hépatotoxicité) imposent une surveillance biologique et un accord éclairé du patient.

La photothérapie (UVB à spectre étroit ou PUVA) a montré un bénéfice dans certains cas, en particulier dans les formes chroniques et étendues. Un cas de traitement efficace par dupilumab (inhibiteur d’IL-4/IL-13) a été publié (Butler et al., JAMA Dermatol 2021), ouvrant une perspective thérapeutique intéressante pour les formes réfractaires notamment dans un contexte de terrain atopique associé.

Traitement Indication Niveau de preuve
Éviction des facteurs déclenchants + émollients Toutes formes Expert / bon sens clinique
Dermocorticoïdes forts topiques Formes modérées ; première ligne Séries de cas ; consensus
Antihistaminiques oraux (anti-H1, hydroxyzine) Contrôle du prurit Consensus ; pratique courante
Rétinoïdes oraux (isotrétinoïne faible dose, acitrérine) Formes réfractaires ou chroniques Revue systématique + séries de cas (meilleur niveau de preuve disponible)
Photothérapie UVB / PUVA Formes étendues et chroniques Séries de cas ; bénéfice rapporté
Dupilumab Formes réfractaires, terrain atopique Cas isolé publié (Butler JAMA Dermatol 2021) ; piste prometteuse
Corticoïdes oraux Formes sévères à court terme Séries de cas ; rechute fréquente à l’arrêt
Cryothérapie à l’azote liquide Lésions localisées résistantes Cas isolés rapportés

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Évolution et pronostic

Malgré son qualificatif de « transitoire », la maladie de Grover suit une évolution très variable. La résolution spontanée survient typiquement en 2 à 4 semaines dans les formes vraiment aiguës et déclenchées par un facteur identifiable (hospitalisation, fièvre, chimiothérapie ponctuelle). Mais une proportion significative de patients développe une forme chronique récidivante, pouvant persister des mois à des années, avec des poussées souvent saisonnières.

Le pronostic à long terme est toujours excellent sur le plan de la santé générale : pas de dégénérescence maligne, pas d’organe interne atteint, pas de cicatrice en l’absence de grattage excessif. L’impact est avant tout sur la qualité de vie – le prurit chronique intense peut altérer le sommeil, générer une anxiété et un retentissement social non négligeables, notamment en été lors des activités exposant le tronc.

Une association avec des cancers cutanés kératinocytaires a été rapportée dans une étude de 2024 (Nedelcu et al.), mais le lien causal reste à établir et ne modifie pas la prise en charge actuelle. Une surveillance dermatologique régulière reste de toute façon justifiée chez ces patients souvent âgés et à peau photo-endommagée.

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Questions fréquentes sur la maladie de Grover

La maladie de Grover est-elle contagieuse ?

Non, absolument pas. La maladie de Grover est une réaction cutanée non infectieuse, liée à un dérèglement de la cohésion des cellules de la peau. Elle ne se transmet pas par contact, ni sexuellement, ni par voie aérienne. Elle peut ressembler à une gale par son prurit intense, mais ces deux maladies n’ont rien en commun sur le plan des mécanismes.

Pourquoi les boutons apparaissent-ils principalement sur le torse et pas sur le visage ou les bras ?

La localisation préférentielle sur le dos et la poitrine s’explique probablement par la densité particulière des glandes sudoripares eccrines dans cette région et par la nature de la peau – plus épaisse, plus seborrhéique, exposée aux frottements des vêtements. Le visage, les mains et les pieds, malgré leur exposition solaire souvent plus importante, sont typiquement épargnés – ce qui reste d’ailleurs encore partiellement inexpliqué.

L’exposition au soleil déclenche-t-elle vraiment la maladie de Grover ?

Le soleil fait partie des facteurs déclenchants identifiés, mais le mécanisme n’est pas simplement celui d’un coup de soleil. La chaleur et la transpiration induites par l’exposition solaire semblent jouer un rôle majeur. Des données génomiques récentes suggèrent en outre que les rayons UV pourraient induire des mutations somatiques dans un gène clé de la cohésion cellulaire (ATP2A2), participant au développement des lésions. Il ne faut pas pour autant fuir le soleil, mais une protection vestimentaire et une hydratation cutanée régulière en été sont des mesures de bon sens.

Les rétinoïdes oraux sont-ils dangereux pour traiter une maladie bénigne ?

La question est légitime et le rapport bénéfice/risque doit toujours être évalué individuellement. Les rétinoïdes oraux (isotrétinoïne faible dose, acitrérine) ont des effets secondaires réels – sécheresse des muqueuses, dyslipidémie, tératogénicité absolue – qui nécessitent une surveillance médicale rigoureuse. Ils sont réservés aux formes chroniques, très prurigineuses et résistantes aux traitements topiques. Chez des patients âgés non en âge de procréer, avec un prurit altérant fortement la qualité de vie, leur rapport bénéfice/risque peut être tout à fait favorable.

La maladie de Grover peut-elle devenir chronique ?

Oui. Malgré son nom de « dermatose transitoire », une proportion significative de patients développe une forme chronique persistante ou récidivante, qui peut durer plusieurs années. Ces formes justifient une prise en charge spécialisée et une adaptation thérapeutique progressive – des dermocorticoïdes aux traitements systémiques si nécessaire.

Voir aussi :
Gale
Lichen plan
Pityriasis rosé de Gibert

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Références scientifiques

  • Grover RW. Transient acantholytic dermatosis. Arch Dermatol. 1970;101(4):426-434. PubMed 5436716
  • Bellinato F, Maurelli M, Gisondi P, Girolomoni G. Clinical features and treatments of transient acantholytic dermatosis (Grover’s disease): a systematic review. J Dtsch Dermatol Ges. 2020;18(8):826-833. doi:10.1111/ddg.14245. PubMed 32767513
  • Parsons JM. Transient acantholytic dermatosis (Grover’s disease): a global perspective. J Am Acad Dermatol. 1996;35(5):653-666. PubMed 8912557
  • Moodie D, Dunn C, Fernandez C, Nathoo R. Retinoids for the treatment of refractory Grover’s disease: a case series and review of the literature. Cureus. 2024;16(2):e53510. doi:10.7759/cureus.53510. PMC 10911476
  • Butler DC, Kollhoff A, Berger T. Treatment of Grover disease with dupilumab. JAMA Dermatol. 2021;157(3):353-356. doi:10.1001/jamadermatol.2020.5392. PubMed 33471015
  • Nedelcu R, Dobre A, Turcu G, et al. Grover’s disease association with cutaneous keratinocyte cancers: more than a coincidence? Int J Mol Sci. 2024;25(17):9713. doi:10.3390/ijms25179713. PubMed 39273660
  • Beer J, Rosenbach M. Grover disease associated with chemotherapy: review of potential pathophysiology, current treatments, and future directions. J Drugs Dermatol. 2020;19(11):1056-1064. doi:10.36849/JDD.2020.5648. PubMed 33196748
  • Weaver J, Bergfeld WF. Grover disease (transient acantholytic dermatosis). Arch Pathol Lab Med. 2009;133(9):1490-1494. doi:10.5858/133.9.1490. PubMed 19722762
  • Abdel-Naser MB, Skoumas I, Zouboulis CC. Incidence of transient acantholytic dermatosis (Grover’s disease) in a hospital setting. Eur J Dermatol. 1999;9(5):384-386. PubMed 10490299

Mis à jour le 24 avril 2026 par Dr Ludovic Rousseau

Pevaryl® (éconazole) : mycoses cutanées, mode d’emploi

En bref : Pevaryl® (éconazole 1 %) est un antifongique local qui traite en 2 à 4 semaines les mycoses cutanées courantes (pied d’athlète, candidose, pityriasis versicolor) ; il faut continuer l’application 1 semaine après la disparition des symptômes pour éviter la récidive.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Mis à jour le 14 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

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Pevaryl® est un antifongique topique à base d’éconazole nitrate 1 %, disponible en plusieurs formes pour le traitement des mycoses cutanées. Toutes les formes de Pevaryl® sont remboursées à 30 % par la Sécurité sociale sur prescription médicale.

ℹ️ Pevaryl® en bref
Molécule : éconazole nitrate 1 % | Formes : crème, poudre, spray, émulsion fluide | Indication : mycoses cutanées, pityriasis versicolor, candidoses | Toutes REMB 30 %

Formes disponibles et indications

FormeIndication principale
Crème 1%Dermatophytoses, candidoses cutanées, pityriasis versicolor
Poudre 1%Mycoses des pieds et des plis (pied d’athlète)
Solution spray 1%Mycoses étendues, zones pileuses
Émulsion fluide 1%Mycoses du visage et zones délicates

Mode d’emploi

Appliquer Pevaryl® 1 à 2 fois par jour sur les zones atteintes, en couche mince, pendant 2 à 4 semaines selon la mycose traitée. Poursuivre encore 1 semaine après disparition des symptômes pour éviter les récidives.

💡 Conseil
Pour les mycoses des pieds, la forme poudre est idéale dans les chaussures ou entre les orteils. En cas de candidose vaginale, Gyno Pevaryl® 150 mg ovule (prescription médicale) est disponible.
Pevaryl® traite notamment le pied d’athlète, la candidose cutanée et le pityriasis versicolor. En cas d’atteinte des ongles, voir notre article sur la mycose des ongles ; pour une mycose intime, voir la mycose vaginale. Plus largement sur les champignons de la peau, consultez notre guide des mycoses cutanées.

À savoir : selon le résumé des caractéristiques du produit, Pevaryl® ne doit pas être utilisé au 1er trimestre de la grossesse, sauf avis contraire de votre médecin. Le passage systémique de l’éconazole à travers une peau saine reste inférieur à 10 %.

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Questions fréquentes

À quoi sert Pevaryl® ?

Pevaryl® (éconazole 1 %) est un antifongique local qui traite les mycoses cutanées : dermatophytoses (pied d’athlète, teigne), candidoses cutanées et pityriasis versicolor. Gyno Pevaryl® ovule traite les candidoses vaginales.

Comment utiliser Pevaryl® crème ?

Appliquer Pevaryl® crème 1 à 2 fois par jour en couche mince sur la zone atteinte et ses bords. Poursuivre 2 à 4 semaines selon la mycose et continuer 1 semaine après disparition des symptômes pour éviter les récidives.

Combien de temps avant d’observer une amélioration avec Pevaryl® ?

Les premiers signes d’amélioration (moins de rougeur, moins de démangeaisons) apparaissent en quelques jours, mais le traitement doit être poursuivi 2 à 4 semaines pour éradiquer le champignon en profondeur, sous peine de récidive rapide.

Pevaryl® est-il remboursé par la Sécurité sociale ?

Oui, toutes les formes cutanées de Pevaryl® sont remboursées à 30 % sur prescription médicale. Gyno Pevaryl® ovule est également remboursé à 30 %.

Quels sont les effets indésirables de Pevaryl® ?

Les effets indésirables sont rares : légère irritation locale, brûlure ou démangeaison au site d’application. Les réactions allergiques sont exceptionnelles. Pevaryl® est généralement très bien toléré.

Peut-on utiliser Pevaryl® pendant la grossesse ?

Le résumé des caractéristiques du produit déconseille Pevaryl® au premier trimestre de la grossesse, sauf avis contraire du médecin. Le passage systémique de l’éconazole à travers une peau saine reste faible (moins de 10 %), mais l’avis d’un professionnel de santé reste nécessaire.

Que faire si les symptômes ne s’améliorent pas avec Pevaryl® ?

Si aucune amélioration n’est constatée après 2 semaines de traitement bien conduit, ou en cas d’extension des lésions, consultez votre médecin ou un dermatologue : le diagnostic doit être reconsidéré et un prélèvement mycologique peut être utile.

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Références

  • Genuino RNF, Dofitas BL, Batac MCFR, Pascual MBTG, Abrilla AA. Systematic Review and Meta-analysis on Synthetic Antifungal versus Keratolytic Agents for Topical Treatment of Pityriasis Versicolor. Acta Med Philipp. 2024;58(1):64-78. PMID 38939846
  • Del Rosso JQ, Kircik LH. Optimizing topical antifungal therapy for superficial cutaneous fungal infections: focus on topical naftifine for cutaneous dermatophytosis. J Drugs Dermatol. 2013;12(11 Suppl):s165-71. PMID 24196340
  • Havlickova B, Czaika VA, Friedrich M. Epidemiological trends in skin mycoses worldwide. Mycoses. 2008;51 Suppl 4:2-15. PMID 18783559
  • ANSM – Base de données publique des médicaments. Résumé des caractéristiques du produit PEVARYL® 1 % crème. base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr

Ongles mous et cassants

Ongles mous et cassants

Des ongles mous, qui se dédoublent ou se cassent facilement sont le plus souvent liés à des agressions répétées (eau, détergents, vernis) ou à une carence, notamment en fer. La fragilité unguéale touche jusqu’à 20 % de la population, en particulier les femmes après 50 ans, et reste bénigne dans la grande majorité des cas.

En bref : Des ongles mous et cassants sont le plus souvent dus à des agressions répétées (eau, détergents) ou à une carence en fer. Un ongle en forme de cuillère (koïlonychie) doit systématiquement faire rechercher une carence en fer par une prise de sang.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Causes des ongles mous et cassants

Plusieurs facteurs peuvent fragiliser l’ongle, souvent associés entre eux :

  • Les agressions répétées : contact fréquent avec l’eau, les détergents, les solvants (vernis, dissolvant), le port prolongé de faux ongles ou de vernis semi-permanent.
  • Une carence en fer, qui peut donner un ongle fin, cassant et parfois incurvé en cuillère (koïlonychie).
  • Des troubles thyroïdiens ou d’autres troubles métaboliques, à rechercher par un bilan sanguin en cas de fragilité persistante.
  • Le vieillissement naturel de l’ongle, qui devient souvent plus fin et plus cassant avec l’âge.
  • Plus rarement, une mycose de l’ongle ou un ongle fissuré associé peuvent fragiliser la kératine.
À noter : Contrairement à une idée reçue, une carence en calcium n’est pas une cause de fragilité des ongles : c’est le fer, le zinc et les acides aminés soufrés qui sont le plus souvent en cause.

Quand consulter ?

Consultez si :

  • Les ongles se cassent très fréquemment malgré des soins adaptés depuis plusieurs semaines.
  • L’ongle prend une forme de cuillère (koïlonychie), qui doit faire rechercher une carence en fer.
  • La fragilité s’accompagne de fatigue, essoufflement ou pâleur, évocateurs d’une anémie.
  • Vous notez une coloration, un épaississement ou une odeur inhabituelle, pouvant faire évoquer une mycose associée.

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Le problème d’ ongles mous et cassants nécessite une consultation médicale

Le médecin va tout d’abord demander vos antécédents ( les maladies ou interventions chirurgicales que vous avez subies, les traitements que vous prenez).
Ensuite il fera le point avec vous sur les problèmes que vous présentez (date de début, durée, signes d’accompagnement… )

Et il vous examinera, parfois au besoin d’une lampe grossissante. Si vous voyez un dermatologue, ce dernier peut utiliser un dermoscope (sorte de loupe posée à même la peau) et il pourra vous proposer de prendre en photo vos lésions.
Et il vous proposera souvent de réaliser un bilan sanguin car les ongles mous peuvent être liés à des troubles métaboliques (fer, thyroïde notamment).

Pour tenter de renforcer et nourrir les ongles cassants, on peut utiliser

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Questions fréquentes sur les ongles mous et cassants

Quelle carence provoque des ongles cassants et une chute de cheveux en même temps ?

Quatre carences touchent à la fois la solidité des ongles et la pousse des cheveux, car elles interviennent dans la même machinerie de fabrication de la kératine : le fer (le plus fréquent chez la femme réglée), le zinc, les vitamines B9 et B12, et la biotine. Une carence en fer se traduit souvent par des ongles en cuillère (koïlonychie) associés à une chute de cheveux diffuse. Un bilan sanguin (ferritine, zinc, folates, B12) est le seul moyen fiable de confirmer une carence avant de se supplémenter au hasard. Voir aussi notre article sur la chute de cheveux chez la femme.

Les ongles mous sont-ils toujours liés à une carence ?

Non. Le plus souvent, la fragilité unguéale est simplement liée à des agressions répétées (eau, détergents, vernis). Une carence, notamment en fer, doit être recherchée si les ongles prennent une forme de cuillère ou si la fragilité persiste malgré des soins adaptés.

Le calcium renforce-t-il les ongles cassants ?

Non, c’est une idée reçue répandue. Les ongles sont composés de kératine, une protéine riche en soufre, et non de calcium. Ce sont plutôt le fer, le zinc et les acides aminés soufrés qui interviennent dans leur solidité.

Combien de temps faut-il pour renforcer des ongles cassants ?

La pousse complète d’un ongle de main prend environ 6 mois. Il faut donc être patient : les compléments alimentaires et les soins doivent être poursuivis plusieurs mois avant de juger de leur efficacité.

Le vernis semi-permanent abîme-t-il les ongles ?

Oui, s’il est posé et retiré fréquemment de façon agressive (ponçage, dissolvant fort). Espacer les poses et privilégier un retrait professionnel en douceur limite la fragilisation de l’ongle naturel.

Faut-il porter des gants pour protéger ses ongles ?

Oui. Le port de gants pour la vaisselle et le ménage limite le contact répété avec l’eau et les détergents, l’une des causes les plus fréquentes de fragilité unguéale.

Références

Cet article a été rédigé et vérifié à partir des données actuelles de la science :

  • Chessa MA, Iorizzo M, Richert B, et al. Pathogenesis, Clinical Signs and Treatment Recommendations in Brittle Nails: A Review. Dermatol Ther (Heidelb). 2019;10(1):15-27. PMID 31749091
  • Moiz B. Spoon nails: still seen in today’s world. Clin Case Rep. 2018;6(3):547-548. PMID 29531740
  • Singh G, Haneef NS, Uday A. Nail changes and disorders among the elderly. Indian J Dermatol Venereol Leprol. 2005;71(6):386-92. PMID 16394478
  • Haute Autorité de Santé

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Mis à jour le 18 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

clindamycine dans l’acne : causes, symptômes et traitement

Mis à jour le 10 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : La clindamycine topique est un antibiotique local efficace contre l’acné inflammatoire, mais elle ne doit jamais être utilisée seule plus de 3 mois : son association systématique au peroxyde de benzoyle est recommandée pour limiter le développement de résistances bactériennes, un enjeu majeur identifié par les guidelines européennes (Nast et al., 2012).
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Clindamycine dans l’acné : principe actif et mécanisme

La clindamycine est un antibiotique de la famille des lincosamides, disponible en application topique pour traiter l’acné inflammatoire. Elle est commercialisée sous forme de solution, gel ou lotion (Dalacine T Topic®, Zindaclin®) à la concentration de 1%. Son mécanisme principal repose sur l’inhibition de la synthèse protéique bactérienne de Cutibacterium acnes, réduisant ainsi l’inflammation acnéique.

ℹ️ Information clé
La clindamycine topique est prescrite en association avec le peroxyde de benzoyle pour limiter le risque de résistances bactériennes. La monothérapie antibiotique prolongée est aujourd’hui déconseillée par les recommandations dermatologiques.

Indications de la clindamycine topique

La clindamycine topique est indiquée dans l’acné légère à modérée, principalement inflammatoire (papules et pustules). Elle est généralement prescrite en association avec :

  • Le peroxyde de benzoyle : pour prévenir les résistances (ex. : Encallik®, Duac® = clindamycine 1% + BPO 5%)
  • Un rétinoïde topique (trétinoïne ou adapalène) : pour agir simultanément sur les comédons

Mode d’emploi

Aspect Recommandation
Fréquence 1 à 2 applications par jour selon la formulation
Moment Sur peau propre et sèche, matin et/ou soir
Durée 3 mois maximum en traitement d’attaque
Zone Zones acnéiques du visage, du dos ou du torse

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Effets secondaires et précautions

Les effets indésirables locaux de la clindamycine topique sont habituellement bénins : sécheresse cutanée, rougeurs légères, sensation de brûlure passagère. Le principal risque est le développement de résistances bactériennes à Cutibacterium acnes en cas de monothérapie prolongée.

⚠️ Quand consulter en urgence :
Même appliquée sur la peau, la clindamycine peut très rarement provoquer une diarrhée sévère ou une colite associée aux antibiotiques. En cas de diarrhée persistante ou de sang dans les selles, arrêtez le traitement et consultez un médecin sans attendre.
⚠️ Attention
La clindamycine ne doit pas être utilisée seule pendant plus de 3 mois. Son association systématique avec le peroxyde de benzoyle est recommandée par la Société Française de Dermatologie pour limiter les résistances bactériennes.

Résistances bactériennes : un enjeu majeur

La résistance de Cutibacterium acnes aux antibiotiques, dont la clindamycine, est un phénomène croissant en dermatologie. Pour la prévenir, les recommandations actuelles préconisent :

  • L’association systématique à un bactéricide non antibiotique (peroxyde de benzoyle)
  • La limitation de la durée de traitement à 3 mois
  • L’évitement des associations avec d’autres antibiotiques topiques ou oraux sans supervision médicale

Foire aux questions

À quoi sert la clindamycine dans l’acné ?
La clindamycine est un antibiotique topique actif contre Cutibacterium acnes. Elle réduit l’inflammation acnéique et les lésions papulo-pustuleuses dans l’acné légère à modérée.

La clindamycine topique est-elle efficace seule contre l’acné ?
Son efficacité en monothérapie est inférieure à celle d’une association avec le peroxyde de benzoyle. Elle doit être utilisée avec un bactéricide pour limiter les résistances bactériennes.

Quels sont les effets secondaires de la clindamycine topique ?
Les effets secondaires locaux sont la sécheresse, les rougeurs et une légère irritation. Le risque principal est le développement de résistances bactériennes en cas d’utilisation prolongée isolée.

Combien de temps faut-il utiliser la clindamycine pour l’acné ?
Le traitement est limité à 3 mois maximum pour limiter les résistances. Une réévaluation dermatologique est indispensable au terme de cette période pour adapter le traitement.

Peut-on utiliser la clindamycine topique pendant la grossesse ?
Les données disponibles sont rassurantes en usage topique limité, mais l’avis du dermatologue reste nécessaire. L’allaitement est généralement compatible avec ce traitement local.

Au bout de combien de temps voit-on une amélioration avec la clindamycine ?
Une amélioration progressive est habituellement visible après 4 à 6 semaines d’utilisation régulière associée au peroxyde de benzoyle ou à un rétinoïde topique.

Que faire en cas de diarrhée pendant un traitement par clindamycine topique ?
Toute diarrhée sévère ou persistante doit faire arrêter immédiatement le traitement et consulter un médecin, en raison du risque rare de colite associée aux antibiotiques.

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Références

  • Dréno B et al. European recommendations on the use of oral antibiotics for acne. Eur J Dermatol. 2004;14(6):391-9. PMID: 15564203
  • Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016;74(5):945-973. PMID: 26897386
  • Nast A et al. European evidence-based (S3) guidelines for the treatment of acne. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2012;26(Suppl 1):1-29. PMID: 22356611
  • ANSM – Résumé des caractéristiques du produit Dalacine T Topic®. Agence nationale de sécurité du médicament.

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Erythrogel ® dans l’acne : mode d’emploi et avis dermatologue

Mis à jour le 11 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Erythrogel® est un gel à l’érythromycine 4%, antibiotique topique indiqué dans l’acné inflammatoire légère à modérée. Il doit toujours être associé au peroxyde de benzoyle : utilisé seul, il expose à des taux de résistance bactérienne dépassant 50% dans plusieurs pays européens. Durée maximale recommandée : 3 mois consécutifs.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Erythrogel® : définition et place dans l’arsenal thérapeutique

Erythrogel® est un gel cutané à base d’érythromycine à 4%, antibiotique de la famille des macrolides, indiqué dans le traitement de l’acné vulgaire légère à modérée avec prédominance de lésions inflammatoires. Il était bioéquivalent d’Eryacne® 4% gel, une spécialité aujourd’hui retirée du marché (autorisation archivée depuis 2018) : Erythrogel® reste désormais l’une des rares options topiques à l’érythromycine seule encore commercialisées en France, aux côtés d’Eryfluid® (solution, dont deux présentations sur trois ont également été arrêtées début 2026).

ℹ️ Information clé
En raison de la progression des résistances de Cutibacterium acnes à l’érythromycine, Erythrogel® doit toujours être associé au peroxyde de benzoyle. La prescription en monothérapie prolongée est à éviter pour préserver l’efficacité collective des antibiotiques anti-acnéiques.

Mode d’emploi

Paramètre Recommandation
Fréquence 2 applications par jour (matin et soir)
Application Sur peau propre et sèche, couche fine
Zone Visage, dos ou torse selon les lésions
Durée maximale 3 mois en traitement d’attaque

Résistances bactériennes

La résistance de Cutibacterium acnes à l’érythromycine est significativement plus élevée qu’à la clindamycine. Pour cette raison, les recommandations dermatologiques européennes préconisent :

  • L’association systématique à un bactéricide (peroxyde de benzoyle)
  • La limitation du traitement à 3 mois
  • L’évitement des associations avec d’autres antibiotiques sans supervision médicale
⚠️ Attention résistances
La résistance à l’érythromycine est plus fréquente qu’à la clindamycine. Si votre acné ne répond plus à Erythrogel®, consultez votre dermatologue pour une réévaluation thérapeutique et un éventuel changement d’antibiotique topique.

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Effets secondaires

Les effets indésirables d’Erythrogel® sont locaux et bénins : légère sécheresse cutanée, rougeurs transitoires, légère irritation en début de traitement, qui s’atténuent habituellement après les premières semaines d’application régulière.

Erythrogel® est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité à l’érythromycine ou à un autre antibiotique de la famille des macrolides. Il ne doit pas être appliqué sur les muqueuses ni à proximité des yeux.

⚠ Consultez votre médecin ou dermatologue sans attendre si :

  • Aucune amélioration après 6 à 8 semaines de traitement bien conduit
  • Apparition de nodules ou de kystes douloureux (signe d’une acné plus sévère nécessitant un autre traitement)
  • Réaction cutanée inhabituelle : rougeur diffuse, brûlure intense, gonflement
  • Allergie connue à l’érythromycine ou à un autre macrolide (contre-indication formelle)

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Foire aux questions

À quoi sert Erythrogel® ?

Erythrogel® est un gel à l’érythromycine 4% indiqué contre l’acné légère à modérée avec lésions inflammatoires. Il inhibe Cutibacterium acnes.

Erythrogel® est-il disponible sans ordonnance ?

Non. Erythrogel® est un médicament de liste I, soumis à prescription médicale obligatoire en France, comme tous les antibiotiques topiques utilisés dans l’acné. Cette règle vise à limiter le développement de résistances bactériennes liées à un usage non contrôlé.

Erythrogel® est-il différent d’Eryacne® ?

Erythrogel® et Eryacne® étaient bioéquivalents (même principe actif, même concentration à 4%). Eryacne® n’est cependant plus commercialisé depuis l’archivage de son autorisation en 2018 : Erythrogel® reste l’alternative directe disponible sur prescription médicale.

Faut-il associer Erythrogel® à un autre traitement ?

Oui, l’association au peroxyde de benzoyle est indispensable pour limiter les résistances bactériennes et améliorer l’efficacité globale du traitement anti-acnéique.

Peut-on utiliser Erythrogel® pendant la grossesse ?

L’érythromycine topique est habituellement considérée comme compatible avec la grossesse selon les recommandations françaises, contrairement à l’isotrétinoïne ou aux rétinoïdes topiques. Demandez néanmoins l’avis de votre médecin ou dermatologue avant toute utilisation pendant la grossesse ou l’allaitement.

Combien de temps peut-on utiliser Erythrogel® ?

Le traitement est limité à 3 mois maximum. Une réévaluation dermatologique est indispensable pour adapter la stratégie thérapeutique au terme de cette période.

Que faire si Erythrogel® ne fonctionne plus sur mon acné ?

Une perte d’efficacité progressive évoque le plus souvent une résistance bactérienne à l’érythromycine, très fréquente en Europe. Ne prolongez pas le traitement seul : consultez votre dermatologue, qui pourra proposer un changement d’antibiotique topique (clindamycine), un rétinoïde, ou un traitement systémique selon la sévérité.

Pour aller plus loin

Voir aussi :
Acné – guide complet
Conseils et soins de l’acné
Eryfluid® (érythromycine solution)
Eryacne® (retiré du marché)
Peroxyde de benzoyle
À propos du Dr Rousseau

Références

  • Ross JI et al. Antibiotic-resistant acne: lessons from Europe. Br J Dermatol. 2003;148(3):467-78. PMID 12653738
  • Dreno B et al. European recommendations on the use of oral antibiotics for acne. Eur J Dermatol. 2004;14(6):391-9. PMID 15564203
  • Nast A et al. European evidence-based (S3) guidelines for the treatment of acne. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2012;26 Suppl 1:1-29. PMID 22356611
  • Haute Autorité de Santé. Acné : quand et comment la traiter ? has-sante.fr
  • ANSM – Minigraphie Erythrogel, gel pour application cutanée (érythromycine 4%) : autorisation valide, liste I.

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Retacnyl® (trétinoïne) : mode d’emploi et avis dermatologue pour l’acné

Mis à jour le 12 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée aux données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : Retacnyl® (trétinoïne) n’est plus commercialisé en France depuis 2024 (dosage 0,05 %) et 2026 (dosage 0,025 %). La trétinoïne reste disponible sous d’autres marques (Effacné®, Effederm®, Locacid®, Ketrel®) avec le même mode d’emploi.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue
⚠️ Retacnyl® retiré du marché — les deux dosages (0,025 % et 0,05 %) ont cessé d’être commercialisés (déclarations ANSM du 10/10/2024 et du 30/04/2026). Si vous utilisez encore un tube de Retacnyl®, ne vous inquiétez pas : parlez-en à votre médecin ou pharmacien, qui pourra vous prescrire une alternative équivalente (Effacné®, Effederm®, Locacid®, Ketrel®). La trétinoïne reste par ailleurs contre-indiquée en cas de grossesse ou de projet de grossesse.

Télécharger un guide complet au format PDF :

Qu’est-ce que Retacnyl® ?

Retacnyl® est un médicament topique à base de trétinoïne (acide rétinoïque), disponible en crème à 0,025 % et 0,05 %. Il appartient à la famille des rétinoïdes et est indiqué dans le traitement de l’acné comédonienne et inflammatoire légère à modérée. Il s’agit d’un médicament sur ordonnance, liste 1, non remboursé.

Depuis son retrait du marché, la trétinoïne reste disponible sous d’autres marques : Effacné®, Effederm®, Locacid® ou Ketrel® (l’ancien Retin-A® étant lui aussi retiré depuis 2011). Pour un panorama complet de la molécule, voir notre guide complet de la trétinoïne.

ℹ️ Spécialités disponibles (Vidal 2026)
Retacnyl® est disponible en deux concentrations : crème à 0,025 % (débutants et peaux sensibles) et 0,05 % (dose standard). Ces deux formes sont inscrites sur la liste 1 et non remboursées.

Mécanisme d’action

La trétinoïne accélère le renouvellement cellulaire de l’épiderme, ce qui permet de :

  • Désobstruer les comédons (points noirs, microkystes)
  • Réduire la formation de nouvelles lésions acnéiques
  • Diminuer l’inflammation folliculaire

Mode d’emploi

Appliquez Retacnyl® le soir, sur une peau propre et sèche (attendre 20 à 30 minutes après le nettoyage). Utilisez une noisette de crème pour l’ensemble du visage ou une couche fine sur les zones ciblées. Évitez les yeux, le contour de la bouche et les muqueuses.

⚠️ Progression recommandée
Débutez avec une application tous les 2-3 soirs avec le 0,025 %, puis augmentez progressivement la fréquence. Passez au 0,05 % seulement si le 0,025 % est bien toléré après 4 à 6 semaines.

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Précautions et contre-indications

Situation Recommandation
Grossesse Déconseillé – rétinoïdes topiques à éviter
Soleil SPF 50+ obligatoire le matin
Peau irritée ou abîmée Ne pas appliquer – interrompre temporairement
Exfoliants / AHA-BHA Ne pas associer simultanément
💡 Conseil du Dr Rousseau
Un hydratant non comédogène appliqué matin et soir (et même 30 min avant Retacnyl® en cas de peau très sensible) améliore nettement la tolérance et la régularité du traitement.

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Foire aux questions

Comment utiliser Retacnyl® pour l’acné ?

Le soir sur peau propre et sèche, en couche fine. Commencez par 0,025 % puis progressez vers 0,05 % si bien toléré. Ce mode d’emploi reste valable pour les alternatives à base de trétinoïne.

Retacnyl® est-il photosensibilisant ?

Oui. Appliquez-le uniquement le soir et utilisez un SPF 50+ chaque matin pendant toute la durée du traitement, comme pour toute crème à la trétinoïne.

Quelle est la différence entre Retacnyl® 0,025 % et 0,05 % ?

Le 0,025 % est recommandé pour débuter (peau sensible). Le 0,05 % est plus efficace mais plus irritant. La progression se fait selon la tolérance de votre peau.

Quels sont les effets secondaires de Retacnyl® ?

Rougeurs, sécheresse et desquamation en début de traitement. Ces effets s’atténuent après quelques semaines. Un bon hydratant non comédogène aide à les réduire.

Retacnyl® est-il encore vendu en 2026 ?

Non. Les deux dosages ont cessé d’être commercialisés (déclarations ANSM du 10/10/2024 pour le 0,05 % et du 30/04/2026 pour le 0,025 %). Demandez à votre médecin une alternative équivalente.

Par quoi remplacer Retacnyl® ?

D’autres crèmes à la trétinoïne restent disponibles sur prescription : Effacné®, Effederm®, Locacid® ou Ketrel®. Le mode d’emploi et les précautions sont identiques.

Faut-il une ordonnance pour remplacer Retacnyl® par une autre trétinoïne ?

Oui. Toutes les crèmes à la trétinoïne sont des médicaments sur liste I, disponibles uniquement sur prescription médicale.

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Références

  • Leyden JJ et al. Why topical retinoids are mainstay of therapy for acne. Dermatol Ther (Heidelb). 2017. PMID 28585191
  • Zaenglein AL et al. Guidelines of care for the management of acne vulgaris. J Am Acad Dermatol. 2016. PMID 26897386
  • Thiboutot D et al. New insights into the management of acne. J Am Acad Dermatol. 2009. PMID 19376456
  • HAS. Acné : recommandations de bonnes pratiques. has-sante.fr
  • ANSM. Notice patient RETACNYL 0,05 % crème (trétinoïne) — mise à jour 11/05/2020, retrait confirmé 2024-2026. ansm.sante.fr

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Boutons d’acné visage femme : soigner l’acné de la femme


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Mis à jour le 21 juillet 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

En bref : L’acné de la femme adulte touche la partie basse du visage (mâchoire, menton, cou), en lien avec les androgènes surrénaliens et ovariens. Un essai randomisé publié dans le BMJ en 2023 sur 410 femmes a montré que la spironolactone améliore l’acné chez 82 % des patientes à 24 semaines. Un bilan hormonal n’est utile qu’en cas de signes d’hyperandrogénie ; dans la majorité des cas, il revient normal.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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Acné de la femme adulte : causes hormonales, traitements et spironolactone

acné femme adulte menton bas visage hormones photo
Acné de la femme adulte – image générée par IA

L’acné de la femme adulte touche environ 30% des femmes après 25 ans. Elle se distingue de l’acné de l’adolescent par sa localisation préférentielle sur le bas du visage (menton, mandibules, autour de la bouche), son lien fréquent avec les hormones et sa résistance parfois plus marquée aux traitements classiques. Les microkystes sont fréquents

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acné femme autour bouche menton bas visage photo
Acné autour de la bouche chez la femme

Pourquoi les boutons sont-ils sur le bas du visage chez la femme ?

La localisation mandibulaire et mentonnière de l’acné de la femme adulte s’explique par la forte imprégnation hormonale (androgénique) de cette zone – c’est la même zone que la barbe chez l’homme. Les androgènes stimulent les glandes sébacées, entraînant un excès de sébum et la formation de comédons et de boutons inflammatoires.

Causes de l’acné de la femme adulte

Cause Mécanisme Signes associés
Hormones / hyperandrogénie Excès d’androgènes → séborrhée → acné Poils menton, règles irrégulières, prise de poids
Changement de contraception Progestatifs acnéigènes Acné apparue dans l’année suivant le changement
Stress chronique Cortisol → immunosuppression → surinfection des boutons Poussées en période de stress professionnel ou personnel
Cosmétiques comédogènes Obstruction mécanique des glandes sébacées Acné localisée aux zones de maquillage
Alimentation Sucres rapides → pic insuline → androgènes Alimentation riche en sucres et acides gras saturés
Antécédents familiaux Prédisposition génétique Mère ou sœur acnéique

Bilan hormonal – quand et comment ?

Un bilan hormonal est indiqué si le médecin suspecte une hyperandrogénie – c’est-à-dire si l’acné s’accompagne de : poils au menton ou à la lèvre supérieure, règles irrégulières ou absentes, prise de poids, perte de cheveux en zones masculines.

Examen Ce qu’il recherche
Testostérone + Delta 4 androstènedione Hyperandrogénie ovarienne
17-OH-progestérone + S-DHA Hyperandrogénie surrénalienne
Prolactinémie Si aménorrhée ou galactorrhée
Cortisol libre urinaire 24h Si suspicion syndrome de Cushing
Échographie ovarienne Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
💡 Conditions de réalisation : le matin à 8h, en première partie de cycle (entre J2 et J5), après arrêt de la contraception hormonale depuis au moins 2 mois. Dans la majorité des cas, le bilan hormonal revient normal – l’acné de la femme adulte n’a alors pas d’explication hormonale identifiable.

Contraception et acné de la femme

Un changement de contraception dans l’année précédant l’apparition de l’acné est souvent en cause. Les contraceptifs les plus fréquemment impliqués :

  • Stérilet hormonal contenant des progestatifs
  • Implant sous-cutané
  • Patch au norelgestromine
  • Anneau vaginal à l’étonogestrel
  • Pilules contenant : gestodène, désogestrel, norgestrel, lévonorgestrel, norgestrienone, norethisterone, lynestrenol

Voir le tableau complet contraception/acné dans notre article principal sur l’acné.

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Traitements de l’acné de la femme adulte

1. Limiter les facteurs favorisants

  • Cosmétiques – utiliser uniquement des produits non comédogènes. Les fonds de teint en poudre ou texture non grasse permettent de maquiller l’acné sans l’aggraver
  • Stress – techniques de relaxation, cohérence cardiaque, méditation. Le lien stress-acné est bien documenté même si difficile à quantifier
  • Alimentation – limiter les sucres à index glycémique élevé. Voir l’article régime contre l’acné
  • Ne pas toucher ses boutons – risque de surinfection et de cicatrices. En cas de manipulation compulsive, voir notre article sur la dermatillomanie
  • Soleil : c’est un faux-ami qui aggrave l’acné en fin d’été (acné de l’été au soleil)

2. Traitements médicaux classiques

Les mêmes traitements que pour l’acné de l’adolescent s’appliquent, avec une attention particulière à la tolérance cutanée – la peau des femmes adultes est souvent plus réactive aux rétinoïdes topiques. Voir l’article traitement de l’acné. L’isotrétinoine a faible dose prolongée peut être intéressante.

3. Traitement hormonal

Si une anomalie hormonale est identifiée ou si l’acné répond mal aux traitements classiques, le médecin peut prescrire :

Molécule Mécanisme Remarque
Norgestimate (Triafemi, Tricilest) Pilule avec AMM acné 2e intention HAS
Drospérinone (Jasmine, Yaz) Anti-androgénique faible Bien tolérée sur l’acné
Dienogest (Qlaira) Anti-androgénique
Acétate de cyprotérone (Diane, Holgyeme) Anti-androgène puissant ⚠️ Quasiment abandonné – risque de méningiome
Acétate de chlormadinone (Belara) Anti-androgène ⚠️ Quasiment abandonné – risque de méningiome

4. Spironolactone – traitement de fond de l’acné hormonale

La spironolactone est un diurétique aux propriétés anti-androgènes par inhibition compétitive avec la dihydrotestostérone. Elle est utilisée hors AMM dans l’acné de la femme adulte, notamment en cas d’échec aux traitements classiques ou à l’isotrétinoïne, surtout quand les lésions inflammatoires prédominent.

Posologie : 100 à 150 mg/j (2 comprimés de 50 ou 75 mg), pendant au moins 15 jours par mois.

💡 Étude de référence (SAFA, BMJ 2023) : un essai randomisé multicentrique portant sur 410 femmes a comparé 50 mg/j de spironolactone (puis 100 mg/j à partir de 6 semaines) contre placebo pendant 24 semaines. À 24 semaines, 82 % des participantes du groupe spironolactone ont rapporté une amélioration contre 63 % sous placebo. Aucun effet indésirable grave n’a été rapporté, les maux de tête étant légèrement plus fréquents sous spironolactone (20 % contre 12 %).

Effets secondaires principaux : troubles des règles, crampes, hypotension, légères sensations vertigineuses, perte de poids.

Voir l’article sur la spironolactone

⚠️ Une contraception est recommandée pendant le traitement par spironolactone par précaution. Usage hors AMM – non remboursé.

5. Laser anti-acné

Pour les femmes dont la peau tolère mal les traitements topiques classiques, le traitement de l’acné au laser représente une alternative intéressante pour les lésions inflammatoires superficielles.

⚠️ Consultez rapidement si :
– L’acné s’accompagne de signes d’hyperandrogénie marqués (pilosité excessive, voix qui mue, chute de cheveux, troubles des règles importants)
– Apparition de nodules douloureux profonds ou de kystes multiples (acné nodulo-kystique, risque de cicatrices)
– Acné très sévère d’apparition brutale, associée à une prise de poids rapide ou une fatigue inhabituelle
– Aucune amélioration après plusieurs mois de traitement bien conduit

Questions fréquentes

La pilule contraceptive peut-elle provoquer ou aggraver l’acné adulte ?

Cela dépend du type de pilule : certaines formulations progestatives peuvent favoriser l’acné, tandis que d’autres (œstroprogestatives à visée anti-androgénique) sont parfois prescrites comme traitement d’appoint. Un changement de contraception ne doit jamais se faire sans avis médical, l’acné n’étant qu’un critère parmi d’autres dans ce choix.

Pourquoi les femmes ont-elles de l’acné après 25 ans ?

L’acné tardive féminine est multifactorielle : androgènes surrénaliens et ovariens qui stimulent le sébum (testostérone, DHEA-S) ; stress chronique (cortisol → androgènes surrénaliens) ; résidus d’endocrine-disrupteurs (cosmétiques, plastiques) ; arrêt de la pilule (rebond androgénique). Le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques) est présent dans 10 à 15 % des cas d’acné féminine après 25 ans et doit être systématiquement éliminé par bilan hormonal et échographie pelvienne.

Quelle pilule choisir pour traiter l’acné chez la femme ?

Les pilules estroprogestatives à effet anti-androgénique sont préférées : pilule Diane 35 (éthinylestradiol + acétate de cyprotérone), Jasmine ou Jasminelle (drospirénone), ou Belara (chlormadinone). Elles réduisent l’acné de 50 à 70 % en 3 à 6 mois. Contre-indication chez les fumeuses de plus de 35 ans et en cas de risque thrombo-embolique. Toujours prescrites par le gynécologue ou le médecin traitant en accord avec le dermatologue.

La spironolactone est-elle efficace contre l’acné hormonale chez la femme ?

La spironolactone (diurétique anti-aldostéronique à effet anti-androgénique) est un traitement très efficace de l’acné hormonale chez la femme (hors-AMM en France, mais largement utilisée). À 50–100 mg/j, elle réduit l’acné de 60 à 80 % en 3 mois. Effets secondaires : irrégularités menstruelles (corriger par pilule associée), légère polyurie. Contre-indiquée pendant la grossesse (féminisation d’un fœtus mâle). Prescription débutée par le dermatologue ou le gynécologue.

Comment distinguer une acné hormonale d’une acné cosmétique chez la femme ?

L’acné hormonale : localisation mâchoire–cou–décolleté, nodules profonds, aggravation prémenstruelle, peaux pas forcément grasses. L’acné cosmétique (pompade acnea) : petits comédons fermés sur les zones d’application des produits (crème, fond de teint, blush), sans aggravation cyclique, peau qui graisses superficiellement. Test diagnostic : arrêter tous les cosmétiques pendant 4 semaines. Si amélioration → acné cosmétique. Si pas de changement → acné hormonale à explorer biologiquement.

La grossesse améliore-t-elle ou aggrave-t-elle l’acné ?

La grossesse a des effets variables et imprévisibles : 30 % des femmes s’améliorent (oestrogènes dominants au 1er trimestre), 30 % s’aggravent (progestérone androgénique au 2e et 3e trimestre) et 40 % ne changent pas. Les traitements interdits pendant la grossesse : rétinoïdes topiques et oraux, tétracyclines (dents du fœtus). Autorisés : peroxyde de benzoyle, érythromycine topique, acide azélaïque. L’acné post-partum est très fréquente (rebond androgénique à l’arrêt de la grossesse).

Comment adapter sa routine beauté quand on a de l’acné sur le visage ?

Règles essentielles : démaquillant micellaire non comédogène + gel nettoyant pH 5,5 (2 fois/j max) + sérum niacinamide 10 % matin + crème légère non comédogène + FPS 30 minéral. Soir : acide azélaïque 15 % ou trétinoïne 0,025 % (1 nuit sur 2 les 2 premières semaines). Fondation « non comédogène » si maquillage. Bannir les huiles végétales sur peau acnéique (très occlusivantes). Changer de taie d’oreiller 2 fois/semaine. Ne jamais dormir avec le maquillage.

L’acné du visage peut-elle laisser des taches brunes définitives chez la femme ?

Oui : les macules post-inflammatoires hyperpigmentées (MPH) sont très fréquentes sur les phototypes IV à VI (peaux noires et méditerranéennes). Elles persistent 6 à 18 mois et s’aggravent avec le soleil sans protection. Prévention : FPS 50+ quotidien (minéral de préférence), ne jamais percer les boutons. Traitement actif : acide azélaïque 20 %, niacinamide 10 %, acide glycolique 5–10 %, vitamine C stable 15 %. En cas de MPH sévères résistantes : peeling TCA léger par le dermatologue.

Pourquoi ai-je des boutons uniquement sur le bas du visage ?

La localisation mandibulaire et mentonnière est caractéristique de l’acné hormonale de la femme adulte. Cette zone est sous forte dépendance androgénique – c’est l’équivalent de la zone de barbe chez l’homme. Les fluctuations hormonales (cycle, contraception, stress) stimulent les glandes sébacées dans cette région. D’autres causes sont possibles : dermite péri-orale (autour de la bouche), rosacée (menton), dermite séborrhéique… Une consultation médicale permet d’établir le diagnostic exact.

Mon acné est apparue après la pose d’un stérilet hormonal – est-ce lié ?

Oui, très probablement. Le stérilet hormonal (DIU au lévonorgestrel) libère un progestatif androgénique qui peut déclencher ou aggraver une acné, notamment sur le bas du visage. Si l’acné est apparue dans les 6 à 12 mois suivant la pose, parlez-en à votre gynécologue. Un changement de contraception peut suffire à résoudre le problème.

Faut-il faire un bilan hormonal pour une acné de femme adulte ?

Pas systématiquement. Un bilan hormonal est justifié si l’acné s’accompagne de signes d’hyperandrogénie : poils au menton ou à la lèvre supérieure, règles irrégulières ou absentes, prise de poids, chute de cheveux en zones masculines. En l’absence de ces signes, le bilan revient normal dans la majorité des cas et le traitement repose sur les traitements dermatologiques classiques.

L’acné de la femme adulte peut-elle guérir définitivement ?

Oui, dans de nombreux cas. Avec un traitement adapté (traitement local, antibiotiques, isotrétinoïne, spironolactone selon les cas), la majorité des femmes obtiennent une rémission durable. La récidive est possible en cas de nouveau changement hormonal (grossesse, ménopause, changement de contraception) ou de stress prolongé. Un suivi dermatologique régulier permet d’adapter le traitement.

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Dréno B. J Eur Acad Dermatol Venereol, 2015, PMID 26059821 – Jusuf NK et al. Int J Gen Med, 2021, PMID 33688239 – Yang J et al. Front Public Health, 2020, PMID 33042936

À lire aussi sur l’acné

Sources

  • Dréno B. Treatment of adult female acne: a new challenge. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2015;29 Suppl 5:14-9. PMID 26059821
  • Jusuf NK, Putra IB, Sutrisno AR. Correlation Between Stress Scale and Serum Substance P Level in Acne Vulgaris. Int J Gen Med. 2021;14:681-686. PMID 33688239
  • Yang J, Yang H, Xu A, He L. A Review of Advancement on Influencing Factors of Acne: An Emphasis on Environment Characteristics. Front Public Health. 2020;8:450. PMID 33042936
  • Santer M et al. Effectiveness of spironolactone for women with acne vulgaris (SAFA) in England and Wales: pragmatic, multicentre, phase 3, double blind, randomised controlled trial. BMJ. 2023;381:e074349. PMID 37192767
  • HAS – Acné : prise en charge

Eczema visage : soigner l’exema du visage : causes

Eczéma du visage : causes, symptômes et traitement

eczéma du visage plaques rouges adulte
Eczéma du visage – plaques rouges qui démangent

L’eczéma du visage est une inflammation cutanée qui provoque des plaques rouges qui grattent et des boutons qui démangent sur le visage. Il peut toucher l’adulte comme l’enfant et prend plusieurs formes selon sa cause. Un diagnostic précis est indispensable car le traitement diffère selon le type d’eczéma.

En bref : L’eczéma du visage concerne 15 à 20 % des personnes à un moment de leur vie. Il peut prendre plusieurs formes – atopique, de contact allergique, dermite séborrhéique – dont chacune nécessite un traitement différent. Le diagnostic précis est indispensable avant tout traitement, car appliquer le mauvais produit peut aggraver la situation.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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L’eczéma du visage est fréquent chez l’enfant – voir notre article dédié : eczéma du visage de l’enfant.

Les différentes formes d’eczéma du visage

1. L’eczéma atopique du visage

La dermatite atopique est la forme la plus fréquente d’eczéma du visage chez l’enfant, mais elle peut persister ou apparaître à l’âge adulte. Elle se manifeste par des plaques rouges sèches, squameuses et très prurigineuses, souvent localisées sur les joues, le front et le contour des yeux. Elle s’inscrit dans un terrain atopique (asthme, rhinite allergique, allergie alimentaire).

Voir notre article complet sur la dermatite atopique.

2. L’eczéma allergique de contact du visage

Cet eczéma résulte d’un contact avec un allergène appliqué sur le visage. Il touche préférentiellement la zone de contact :

  • Eczéma des paupières – allergie à un maquillage, mascara ou fard à paupières
  • Eczéma des lèvres – allergie à un rouge à lèvres ou baume
  • Eczéma des joues – allergie à une crème, un sérum ou un masque

eczéma suintant allergique du visage
Eczéma suintant allergique du visage

Les allergènes les plus fréquents dans l’eczéma du visage :

  • Cosmétiques : crèmes, masques, sérums, parfums appliqués depuis quelques jours
  • Allergènes aéroportés : substances en suspension dans l’air (pollens, poussières)
  • Photoallergènes : substances provoquant un eczéma uniquement au soleil
  • Allergènes d’origine conjugale : lors d’un baiser, le partenaire dépose un cosmétique sur la joue d’une personne qui y est allergique

Comment identifier l’allergène responsable ? Le médecin utilise les patch tests (tests épicutanés) : des sparadraps contenant différents allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h. Une positivation tardive est possible jusqu’à 7 jours après la pose.

patch tests eczéma allergique visage
Patch tests pour identifier l’allergène

Voir l’article sur l’eczéma allergique de contact.

3. La dermite séborrhéique du visage

Souvent appelée « eczéma séborrhéique », la dermite séborrhéique provoque des plaques rouges squameuses caractéristiquement localisées sur les ailes du nez, les sourcils, les plis naso-géniens et la lisière du cuir chevelu. Elle est liée à une prolifération d’une levure (Malassezia) et se traite différemment de l’eczéma classique.

dermite séborrhéique visage ailes du nez
Dermite séborrhéique des côtés du nez et de la bouche

Voir l’article sur la dermite séborrhéique du visage.

4. L’eczéma de contact irritatif du visage

Provoqué non par une allergie mais par une irritation directe de la peau : lavages trop fréquents, produits agressifs, eau calcaire, frottements répétés. La peau devient rouge, sèche et réactive sans mécanisme allergique identifiable.

Symptômes de l’eczéma du visage

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Selon la forme et le stade, l’eczéma du visage peut se présenter comme :

  • Des plaques rouges sèches et squameuses qui démangent
  • Des vésicules (petites cloques) qui peuvent suinter
  • Une peau épaissie et lichénifiée en cas d’eczéma chronique gratté
  • Des croûtes après suintement
  • Un gonflement des paupières en cas d’eczéma périoculaire

⚠️ L’eczéma du visage peut ressembler à d’autres affections : rougeurs du visage, rosacée, plaques rouges du visage. Un dermatologue peut faire le diagnostic précis.

Traitement de l’eczéma du visage

Les mesures générales

  • Ne pas gratter – le grattage intensifie et lichénifie l’eczéma, le rendant chronique
  • Se laver le visage à l’eau froide ou tiède sans savon le matin
  • Le soir, utiliser un savon surgras ou un démaquillant doux sans parfum
  • Appliquer une crème hydratante adaptée aux peaux atopiques après le nettoyage
  • Éviter les cosmétiques contenant des parfums, conservateurs ou colorants

Les traitements médicaux

  • Dermocorticoïdes (crèmes cortisonées) – traitement de référence de l’eczéma, à utiliser sous contrôle médical sur le visage car la peau y est fine
  • Inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus, pimécrolimus) – alternative aux corticoïdes sur le visage et les paupières
  • Antihistaminiques – pour soulager les démangeaisons, voir traitement antihistaminique
  • Éviction de l’allergène en cas d’eczéma de contact allergique
  • Antifongiques s’il s’agit d’un « eczema séborrhéique« 

⚠️ Les dermocorticoïdes doivent être utilisés avec précaution sur le visage – leur application prolongée peut provoquer une dermite péri-orale ou une rosacée cortisonique. Consultez toujours un médecin avant de les utiliser sur cette zone.

⚠ Consultez sans attendre si :

  • L’eczéma s’étend rapidement avec gonflement des paupières ou du visage
  • Des croûtes jaunes, du pus ou de la fièvre apparaissent (signe d’infection)
  • Le traitement dermocorticoïde n’améliore pas la situation après 2 semaines
  • L’eczéma touche les paupières ou la zone autour des yeux (risque ophtalmologique)
  • Le retentissement est majeur : sommeil perturbé, impact psychologique important

Questions fréquentes sur l’eczéma du visage

Comment savoir si j’ai de l’eczéma ou autre chose sur le visage ?

L’eczéma du visage se manifeste par des plaques rouges squameuses qui démangent, parfois accompagnées de vésicules. Il peut ressembler à une rosacée, une dermite séborrhéique ou une allergie de contact. Seul un dermatologue peut poser le diagnostic précis et prescrire le traitement adapté.

Quelle crème utiliser pour l’eczéma du visage ?

Le traitement repose sur des dermocorticoïdes prescrits par un médecin, à utiliser avec précaution sur le visage. En complément, une crème hydratante adaptée aux peaux atopiques (sans parfum ni conservateur) est indispensable. N’appliquez pas de corticoïdes sur le visage sans avis médical.

L’eczéma du visage est-il contagieux ?

Non, l’eczéma n’est pas contagieux. Il s’agit d’une réaction inflammatoire de la peau, d’origine allergique ou atopique, qui ne se transmet pas d’une personne à l’autre.

L’eczéma du visage peut-il guérir définitivement ?

L’eczéma atopique peut s’améliorer spontanément avec l’âge, notamment chez l’enfant. L’eczéma allergique de contact guérit si l’allergène est définitivement évité. La dermite séborrhéique est chronique mais contrôlable avec un traitement d’entretien.

Peut-on se maquiller avec de l’eczéma sur le visage ?

Oui, mais avec précaution. Privilégiez des produits hypoallergéniques, sans parfum ni conservateur, testés sous contrôle dermatologique. Évitez tout produit nouveau en période de poussée. En cas de suspicion d’allergie à un cosmétique, consultez pour réaliser des patch tests.

Combien de temps dure une poussée d’eczéma sur le visage ?

Une poussée d’eczéma du visage dure généralement 1 à 3 semaines sous traitement adapté (dermocorticoïde de faible puissance ou tacrolimus). Sans traitement, elle peut persister plusieurs semaines et s’aggraver par le grattage. Un contrôle dermatologique est recommandé si la poussée ne s’améliore pas après 2 semaines de traitement bien conduit.

Le soleil aggrave-t-il ou améliore-t-il l’eczéma du visage ?

L’effet du soleil est variable : une exposition modérée peut temporairement améliorer certains eczémas grâce à son effet anti-inflammatoire, mais la chaleur et la transpiration aggravent souvent les démangeaisons. La photo-exposition chronique abîme aussi la barrière cutanée. Une protection solaire adaptée (écran minéral, non irritant) reste recommandée en cas d’eczéma du visage.

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À lire aussi sur l’eczéma

Sources

  • Société Française de Dermatologie
  • Haute Autorité de Santé – has-sante.fr
  • Wollenberg A et al., Consensus-based European guidelines for treatment of atopic eczema (atopic dermatitis) in adults and children: part I, J Eur Acad Dermatol Venereol, 2018;32(5):657-682. PMID 29676534
  • Abe M et al., Treatment Satisfaction, Efficacy, and Safety of Delgocitinib Ointment for Atopic Dermatitis-Induced Rash on the Face and Neck, J Dermatol, 2025;52(8):1232-1242. PMID 40566983
  • Langan SM et al., Atopic dermatitis, Lancet, 2020;396(10247):345-360. PMID 32738956

Rougeur aisselle : symptômes, traitement et prévention

Rougeur et boutons des aisselles

Cet article en vidéo :


La rougeur des aisselles et l’apparition de boutons rouge qui démangent dans l’aisselle (sous les bras) est fréquente

Mis à jour le 17 août 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Une rougeur des aisselles a le plus souvent trois origines : une mycose (dermatophyte ou candida, à bordure nette et parfois suintante), un eczéma de contact (déodorant, épilation) aux limites moins nettes et très prurigineuses, ou une simple irritation mécanique. Un dermatologue distingue ces causes en quelques minutes ; en cas de doute, mieux vaut consulter avant d’appliquer une crème à la cortisone, qui peut masquer une mycose et la faire empirer.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

Allergie au déodorant sous les aisselles
Allergie au déodorant sous les aisselles

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La zone située sous les bras comporte un risque de macération, de frottement et de chaleur qui favorisant les irritations et la pullulation microbienne qu’elle soit mycosique ou bactérienne.

En cas de rougeur des aisselles, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Symptomes

L’aisselle est rouge, peut démanger, être douloureuse , suinter… Le médecin va s’orienter vers une ou plusieurs causes en fonction des symptomes : rougeur bilatérale et symétrique ou unilatérale, présence d’une sécheresse ou au contraire d’un suintement, extension centrifuge, limites nettes ou contours émiettés, présence de vésicules, de pustules, fissuration au fond du pli…

Il fait parfois réaliser un prélèvement mycologique (pour examen direct et mise en culture) voire bactériologique et parfois une biopsie cutanée (il prend un petit bout de peau sous anesthésie locale pour analyse au microscope).

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Ce médecin évoquera les causes possibles de rougeur sous les bras et dans les aisselles :

Causes

Mycose

Dermatophytes

La dermatophytie forme des plaques sèches à extension progressive. Elle est assez rare dans l’aisselle, sauf si elle est associée à une mycose de la peau avoisinante (tronc, bras…)

Traitement de la mycose à dermatophytes des aisselles
Lutter contre les facteurs favorisants

Le traitement des facteurs locaux favorisants de la mycose est prépondérant. Les facteurs locaux favorisants de la mycose sont entre autres :

  • la macération (éviter le port de sous vetements synthetiques et de vetements serrés)
  • l’humidité (sécher soigneusement les aisselles apres la toilette… )
  • l’irritation de la peau (traiter les symptomes irritatifs de la peau car ils peuvent constituer un facteur de développement de la mycose)
Antifongiques

Le médecin utilise des antifongiques disponibles sur ordonnance

Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines

En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.

Candida : candidose de l’aisselle

L’acidité des plis, l’obésité, les déficits immunitaires, la grossesse, le diabète et certains médicaments (corticothérapie générale, antibiotiques) favorisent les candidoses des plis.

La candidose des aisselles donne une rougeur souvent suintante, rouge à fond blanc crémeux.

Candidose des aisselles
Candidose des aisselles

On observe souvent des pustules en périphérie de la rougeur

Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli

Traitement de la candidose de l’aisselle
A/ Lutter contre les facteurs favorisants et le terrain

Lutte contre l’humidité, la macération, les traumatismes chimiques ou mécaniques, traitement d’un diabete et soins d’une candidose muqueuse, digestive ou génitale associée.

B/ Traitement local
Savons appropriés

Les savons surgras ou alcalins (savon Hydralin®), la désacidification de l’eau (par le bicarbonate de sodium, sachets d’Hydralin®) utilisés pour la toilette de la peau ou des muqueuses ont un effet apaisant.

En cas de surinfection bactérienne ou de suintement

Si les lésions sont suintantes ou surinfectées, des antiseptiques locaux doux peuvent être utilisés : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse…

Antifongiques

On utilise des antifongiques locaux dont les formes (lait, poudre, gel, lotion…) ne favorisent pas la macération. Il sont appliqués deux fois par j pendant 3 semaines

C/ Traitement par voie orale

Le kétoconazole (Nizoral®) peut être prescrit dans les candidoses cutanées ; il existe sous forme de gélules et de suspension orale.

La surveillance du traitement par Nizoral® comporte une surveillance régulière du bilan hépatique, en pratique avant traitement, au 15e jour, puis toutes les 4 semaines jusqu’à la fin du traitement.

Pour plus d’informations, voir l’article candidose

Eczema des aisselles

L’eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema, le plus souvent des déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…

Voir l’article eczema des aisselles

Irritation

Elle est souvent le fait d’une toilette trop méticuleuse, de l’application d’antiseptiques irritants (Dakin*…), de frottements, de bains de mer répétés, de cosmétiques ou par le contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…). L’irritation est souvent rouge brillant, fripé avec parfois des vésicules voire des plaies et accompagné d’ une sensation de brulure

Consultez rapidement votre médecin ou un dermatologue si :

  • la rougeur des aisselles ne s’améliore pas après quelques jours de toilette adaptée, ou s’aggrave malgré un traitement en vente libre ;
  • des nodules douloureux et récidivants apparaissent sous l’aisselle, évoquant une maladie de Verneuil (hidradénite suppurée) ;
  • la peau devient très suintante, fissurée, ou s’accompagne de fièvre, de ganglions ou d’une altération de l’état général ;
  • vous avez déjà appliqué une crème à la cortisone sans amélioration : elle peut modifier l’aspect d’une mycose et retarder le diagnostic.

N’appliquez jamais de dermocorticoïde sur une rougeur des aisselles non diagnostiquée : un usage inapproprié de corticoïdes locaux peut masquer et aggraver une mycose sous-jacente (dermatophytose dite « modifiée par les stéroïdes »), retardant le diagnostic et compliquant le traitement.

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Autres diagnostics plus rares dans les aisselles :

dermite séborrhéique

psoriasis

herpes

impetigo

Maladie de Verneuil ou hidradenite

Maladie de peau rares

La maladie de Hailey-Hailey

est une dermatose héréditaire rare autosomique dominante, provoquant de façon récurrente des vésicules voire de bulles sur le cou, les creux axillaires et l’aine groupées en placards bien limités, parcourus de fissures en rhagades parallèles très caractéristiques. Le traitement passe par unassèchement des plis pour limiter les poussées et le risque d’infections bactériennes, mycosiques et virales. L’excision chirurgicale des plis atteints suivie de greffe de peau est souvent le seul traitement efficace.

Le pemphigus végétant

forme rare de pemphigus touchant les grands plis, y donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes.

Syphilis

La syphilis dans sa phase secondaire peut donner des plaques multiples, gonflées et érosives, parfois végétantes dans les plis, les syphilides.

Histiocytose langerhansienne

maladie liée à une accumulation dans la peau de cellules de Langerhans. Elle donne des surélévations de peau croûteuses et purpuriques, prédominant derrière les oreilles, voire de fesses et de l’aine.

Erythème nécrolytique migrateur

atteinte cutanée due au glucagonome, une tumeur maligne du pancréas. Il donne des plaques rouges surélevées et squameuses d’extension centrifuge dont la bordure est croûteuse ou érosive et laissant une cicatrice pigmentée.

pustulose sous cornée de Sneddon Wilkinson

est une dermatose neutrophilique, caractérisée par la présence de globules blancs appelés polynucléaires neutrophiles dans la peau. Elle donne des pustules ou des bulles superficielles, flasques pouvant comporter un niveau liquidien caractéristique appelé pustule à hypopion. Les pustules et bulles sont groupées en dessinant des arcs ou des anneaux ou circinés principalement sur le tronc, à la racine des membres et dans les aisselles, l’aine…

 

etc.

Questions fréquentes sur la rougeur des aisselles

Comment savoir si une rougeur des aisselles est une mycose, un eczéma ou une irritation ?

La mycose (dermatophyte ou candida) donne une rougeur à bordure nette, parfois annulaire, qui s’étend et peut suinter ou se couvrir de pustules. L’eczéma de contact, le plus souvent lié à un déodorant ou une crème, a des limites plus floues et démange fortement. L’irritation mécanique donne une peau rouge, brillante et fripée après un frottement, un rasage ou un cosmétique agressif. En cas de doute, un dermatologue peut réaliser un prélèvement mycologique en quelques secondes.

Faut-il arrêter le déodorant en cas de rougeur des aisselles ?

Oui, en cas de suspicion d’eczéma de contact : arrêtez le déodorant, l’antitranspirant ou la crème dépilatoire en cause et privilégiez un produit sans parfum ni conservateur pendant quelques semaines. Si la rougeur ne s’améliore pas malgré cet arrêt, une autre cause doit être recherchée par un médecin.

Comment traite-t-on une mycose des aisselles ?

Le traitement repose sur un antifongique local (crème, lait, poudre) appliqué deux fois par jour pendant environ trois semaines, associé à la lutte contre l’humidité et la macération. En cas de résistance, un traitement antifongique par voie orale (terbinafine, griséofulvine) peut être prescrit ; le kétoconazole oral est généralement évité en raison de sa toxicité hépatique potentielle.

Une rougeur des aisselles qui revient peut-elle être une maladie de Verneuil ?

Oui, si la rougeur s’accompagne de nodules douloureux, de boules sous la peau ou d’abcès qui reviennent régulièrement au même endroit : c’est l’hidradénite suppurée, aussi appelée maladie de Verneuil. Elle nécessite une prise en charge dermatologique spécifique et prolongée, différente d’une simple mycose ou irritation.

Peut-on mettre de la cortisone sur une rougeur des aisselles ?

Non, pas sans avis médical. Appliquée sur une mycose non diagnostiquée, la cortisone peut calmer temporairement les démangeaisons tout en aggravant l’infection fongique et en modifiant son aspect typique, ce qui retarde le diagnostic et complique le traitement. Seul un médecin peut déterminer si un dermocorticoïde est adapté.

À lire aussi sur les mycoses de la peau

Références scientifiques

Télécharger un guide complet au format PDF :

Topiscab® crème : mode d’emploi et protocole complet pour traiter la gale

Topiscab® crème (perméthrine 5 %) : mode d’emploi complet – Dr Rousseau, dermatologue

Mis à jour le 2026-08-07 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue.

En bref : Le Topiscab® est une crème à la perméthrine 5 %, traitement topique de référence de la gale. Il s’applique en 2 fois, à 7-14 jours d’intervalle, sur l’ensemble du corps pendant au moins 8 heures. Son avantage principal : il est autorisé dès l’âge de 2 mois et chez la femme enceinte ou allaitante, des populations pour lesquelles les traitements oraux (ivermectine) sont contre-indiqués.
— Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue


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Consultez rapidement votre médecin ou dermatologue si :

  • Les démangeaisons persistent ou s’aggravent plus de 4 semaines après les 2 applications complètes – possible échec du traitement ou réinfestation
  • Des plaques croûteuses épaisses et étendues apparaissent, surtout chez une personne âgée, immunodéprimée ou en collectivité – évocatrices d’une gale profuse ou croûteuse (norvégienne), très contagieuse
  • Une éruption sévère, un gonflement du visage ou une gêne respiratoire surviennent après l’application – signes possibles d’une réaction allergique
  • Des plaques rouges, chaudes et douloureuses avec fièvre apparaissent sur une zone traitée – possible surinfection bactérienne nécessitant des antibiotiques

Indications : qui peut utiliser le Topiscab® ?

Le Topiscab® (perméthrine 5 % crème) est un antiparasitaire topique indiqué dans le traitement de la gale. Il agit en paralysant le système nerveux du sarcopte (Sarcoptes scabiei), éliminant les parasites adultes présents dans les tunnels cutanés.

Population spéciale – Topiscab® en première intention
Le Topiscab® est le seul traitement de la gale autorisé en France dans les situations suivantes :
Nourrisson dès 2 mois pesant moins de 15 kg (les traitements oraux type ivermectine sont contre-indiqués en dessous de ce poids)
Femme enceinte (quelle que soit la trimestre)
Femme allaitante – il est cependant recommandé de ne pas allaiter pendant les 8 heures d’action du produit

Chez l’enfant entre 2 mois et 2 ans, une surveillance étroite est recommandée en raison d’une expérience clinique encore limitée dans cette tranche d’âge.

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Posologie du Topiscab® selon l’âge

Le traitement comprend 2 applications au coucher, espacées de 7 à 14 jours. La quantité de crème varie selon le poids et l’âge :

Tranche d’âge Quantité par application Repère pratique
Adulte et adolescent (> 12 ans) 30 g Le tube entier
Enfant de 6 à 12 ans 15 g La moitié du tube
Enfant de 1 à 5 ans 7,5 g L’équivalent de 2 noisettes
Nourrisson de 2 mois à 1 an 3,75 g L’équivalent d’1 noisette
Important : utiliser 1 tube par patient pour éviter tout risque de contamination croisée lors de l’application. Ne pas partager le tube entre plusieurs membres du foyer.

Comment appliquer le Topiscab® : protocole pas-à-pas

Étape 1 – Préparer l’application (le soir au coucher)

Avoir les ongles courts et bien propres avant toute application. Prendre un bain ou une douche, sécher soigneusement la peau, puis attendre que la peau soit à température ambiante avant d’appliquer la crème.

Étape 2 – Appliquer la crème sur tout le corps

Appliquer la crème en fine couche uniforme sur l’ensemble du corps, de la tête aux pieds :

Zone Consigne spécifique
Cou, nuque À inclure systématiquement
Paumes et plantes À ne pas oublier
Espaces interdigitaux mains et pieds Insister ; appliquer également sous les ongles
Poignets, coudes, aisselles Zones de prédilection du sarcopte – ne pas négliger
Organes génitaux externes, fesses À traiter, uniquement sur la peau (pas les muqueuses)
Visage et cuir chevelu Non nécessaire en général – à traiter uniquement si lésions présentes ou âge > 65 ans
Zones à protéger absolument
• Ne pas appliquer à proximité des yeux
• Éviter tout contact avec les muqueuses (lèvres, bouche, narines, zone génitale) et les plaies ouvertes
• Chez l’enfant : ne pas appliquer autour de la bouche (risque d’ingestion par léchage). Envisager le port de gants chez certains enfants

Étape 3 – Laisser agir au moins 8 heures

La crème doit rester sur la peau pendant au moins 8 heures, ce qui impose de ne pas se laver ni se doucher pendant ce délai. En pratique, l’application se fait au coucher pour profiter de la nuit.

Si des zones traitées sont lavées involontairement pendant ces 8 heures (mains lavées, change de nourrisson…), il faut réappliquer de la crème sur ces zones avant que le délai de 8 heures soit écoulé.

Étape 4 – Rincer après 8 heures

Au bout d’au moins 8 heures, éliminer les restes de crème en se douchant ou en se lavant avec de l’eau et du savon.

Étape 5 – Renouveler à J7–J14

Répéter l’intégralité du protocole entre 7 et 14 jours après la première application. Cette seconde application est indispensable : elle élimine les sarcoptes issus des œufs qui auraient résisté au premier traitement (les œufs ne sont pas détruits par la perméthrine au stade initial).

Précautions d’emploi du Topiscab®

Allergie aux plantes de la famille des astéracées

La perméthrine est structurellement proche des pyréthroïdes naturels des chrysanthèmes. En cas d’hypersensibilité connue aux chrysanthèmes ou à d’autres astéracées (Cosmos, Dahlia, Tournesol…), l’application de Topiscab® ne doit être réalisée que si elle est strictement nécessaire, sous surveillance médicale.

Enfant de 2 mois à 2 ans

Une surveillance étroite est recommandée dans cette tranche d’âge en raison d’une expérience clinique plus limitée. Le rapport bénéfice/risque reste favorable comparé à l’absence de traitement.

Femme allaitante

Le Topiscab® est utilisable pendant l’allaitement. Il est recommandé de ne pas allaiter pendant les 8 heures suivant l’application, puis de rincer soigneusement les seins avant de reprendre l’allaitement.

Mesures d’hygiène associées au traitement

Le traitement médicamenteux seul ne suffit pas. La décontamination de l’environnement et du linge est indispensable pour éviter les réinfestations :

Mesure Modalité
Vêtements, draps, serviettes Laver à 60 °C minimum chaque jour pendant 14 jours
Articles ne pouvant pas être lavés à 60 °C Placer dans un sac plastique fermé hermétiquement pendant plusieurs jours
Tapis, moquettes, coussins Passer l’aspirateur énergiquement
Ongles Garder courts et propres tout au long du traitement
Entourage du patient Traiter simultanément tous les membres du foyer ayant eu un contact proche, même sans symptômes
Pourquoi traiter tout l’entourage en même temps ? La gale peut être asymptomatique pendant 3 à 6 semaines après la contamination. Un membre du foyer non traité peut recontaminer le patient guéri. Le traitement simultané de tous les contacts proches est une condition indispensable à l’efficacité du protocole.

Pour les mesures de décontamination de l’environnement et le protocole global de traitement du foyer, voir l’article traitement de la gale.

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Questions fréquentes – Topiscab®

À partir de quel âge peut-on utiliser le Topiscab® ?

Le Topiscab® est autorisé dès l’âge de 2 mois. C’est le seul traitement topique de la gale disposant d’une autorisation officielle pour les nourrissons de moins de 15 kg et pour les femmes enceintes ou allaitantes, chez qui les traitements oraux (ivermectine) sont contre-indiqués.

Combien de temps faut-il laisser le Topiscab® sur la peau ?

La crème doit rester sur la peau au moins 8 heures, idéalement toute la nuit. Il ne faut pas se laver pendant ce délai. Si les mains ou d’autres zones traitées sont lavées (change de nourrisson…), il faut réappliquer de la crème sur ces zones avant que les 8 heures soient écoulées.

Combien d’applications de Topiscab® sont nécessaires ?

2 applications sont nécessaires, chacune au coucher, avec un intervalle de 7 à 14 jours. La première application détruit les sarcoptes adultes ; la seconde élimine ceux issus des œufs non détruits par la première application.

Quelle quantité de crème faut-il utiliser selon l’âge ?

Adulte et adolescent de plus de 12 ans : 30 g (tube entier). Enfant de 6 à 12 ans : 15 g (demi-tube). Enfant de 1 à 5 ans : 7,5 g (2 noisettes environ). Nourrisson de 2 mois à 1 an : 3,75 g (1 noisette environ).

Peut-on utiliser le Topiscab® pendant la grossesse ?

Oui, le Topiscab® est le traitement de référence de la gale pendant la grossesse et l’allaitement, périodes où l’ivermectine orale est contre-indiquée. En cas d’allaitement, il est recommandé de suspendre l’allaitement pendant les 8 heures d’action du produit, puis de rincer les seins avant de reprendre.

Où appliquer le Topiscab® sur le corps ?

Sur tout le corps de la tête aux pieds, sauf le visage et le cuir chevelu (sauf lésions présentes ou âge supérieur à 65 ans). Insister sur les espaces interdigitaux des mains et des pieds, sous les ongles, les poignets, coudes, aisselles, organes génitaux et fesses. Ne pas appliquer sur les muqueuses ni à proximité des yeux.

Le Topiscab® est-il contre-indiqué en cas d’allergie aux fleurs ?

Une précaution s’impose en cas d’hypersensibilité connue aux chrysanthèmes ou à d’autres astéracées (Cosmos, Dahlia, Tournesol…). Dans ce cas, l’application de perméthrine ne doit être réalisée que si elle est strictement nécessaire, sous surveillance médicale.

Que faire du linge et des vêtements pendant un traitement par Topiscab® ?

Laver draps, vêtements et serviettes à au moins 60 °C chaque jour pendant 14 jours. Les articles ne supportant pas cette température doivent être placés dans un sac plastique hermétiquement fermé pendant plusieurs jours. Passer l’aspirateur sur les tapis et coussins. Ces mesures sont indispensables pour éviter les réinfestations.

Peut-on utiliser plusieurs tubes de Topiscab® sur différents membres de la famille en même temps ?

Oui, et c’est même indispensable. Tous les membres du foyer ayant eu un contact proche avec le patient doivent être traités simultanément, même en l’absence de symptômes. Un tube est nécessaire par personne traitée – ils ne doivent pas être partagés.


Télécharger un guide complet au format PDF :

Références médicales

Cet article s’appuie sur les publications scientifiques et institutionnelles suivantes :

  • Pourhasan A, Goldust M, Rezaee E. Treatment of scabies, permethrin 5% cream vs. crotamiton 10% cream. Ann Parasitol. 2013. PMID 24881286
  • Rezaee E, Goldust M, Alipour H. Treatment of Scabies: Comparison of Lindane 1% vs Permethrin 5%. Skinmed. 2015. PMID 26861425
  • Goldust M, Rezaee E, Hemayat S. Treatment of scabies: Comparison of permethrin 5% versus ivermectin. J Dermatol. 2012. PMID 22385121
  • Haute Autorité de Santé (HAS). Commission de la Transparence – TOPISCAB 5% (perméthrine), synthèse d’avis. has-sante.fr

Syndrome APEC : causes, symptômes et traitement dermatologique

Mis à jour le 30 avril 2026 par le Dr Ludovic Rousseau, dermatologue, médecin exerçant en France, expert en dermatologie et vénéréologie avec plus de 25 ans d’expérience. Rédigé et validé scientifiquement afin de délivrer une information de santé rigoureuse, indépendante et adossée au données acquises de la science (Pubmed, HAS).

APEC : exanthème périflexural asymétrique de l’enfant

APEC
APEC

L’APEC (Asymmetric Periflexural Exanthem of Childhood, ou exanthème latérothoracique unilatéral) est un exanthème bénin et auto-limité, d’étiologie virale probable, touchant préférentiellement l’enfant entre 1 et 5 ans. Il débute de façon caractéristique dans la région axillaire ou au flanc d’un seul côté du corps, puis s’étend progressivement de façon centrifuge sur l’hémicorps. Il peut également se voir chez l’adulte, plus rarement. Son diagnostic est clinique, aucune biologie ni biopsie n’est nécessaire dans les formes typiques, et sa guérison est toujours spontanée.

En bref : Syndrome APEC est une affection cutanée dont le diagnostic repose sur l’examen clinique et, si nécessaire, une biopsie cutanée. La prise en charge dépend de la forme clinique et de la sévérité. Consultez votre dermatologue pour bénéficier d’un diagnostic précis et d’un traitement adapté.
– Dr Ludovic Rousseau, dermatologue-vénérologue

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⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Lésions qui s’étendent rapidement ou changent d’aspect
  • Douleur intense, fièvre ou signes d’infection cutanée
  • Impact sévère sur la qualité de vie ou le sommeil
  • Échec des traitements déjà essayés depuis plus de 4 semaines

Téléchargez un guide complet au format PDF :

Définition et historique

L’APEC a été décrit pour la première fois en 1962 par Brunner, Rubin et Dunlap sous le terme de « new papular erythema of childhood ». C’est Taïeb et al., à Bordeaux, qui en ont précisé les caractéristiques cliniques et proposé le nom d’Asymmetric Periflexural Exanthem of Childhood (APEC) en 1993, terme désormais universellement adopté. Il est également appelé exanthème latérothoracique unilatéral ou encore superimposed lateralised exanthem of childhood (SLEC), dénomination proposée en 2014 mais moins utilisée.

Il s’agit d’une dermatose bénigne auto-limitée, dont le diagnostic est clinique et dont la résolution est toujours spontanée.

Épidémiologie

L’APEC est une affection rare, probablement sous-diagnostiquée. L’âge moyen de survenue est de 27,5 mois, avec la majorité des cas survenant entre 1 et 5 ans. L’affection touche deux fois plus de filles que de garçons.

Elle survient principalement en hiver et au printemps, comme la plupart des infections virales. Des cas sont rapportés en France (notamment dans la région de Bordeaux, où la série de Taïeb a été réalisée), en Italie et en Europe du Nord. De petites épidémies familiales ont été rapportées. L’APEC peut se voir chez l’adulte, de façon exceptionnelle.

Étiologie : une maladie virale probable

L’étiologie précise de l’APEC reste inconnue, mais l’hypothèse d’une cause virale semble plausible – sans avoir été formellement confirmée. Plusieurs arguments plaident en faveur d’une origine infectieuse ou parainfectieuse :

  • Prédominance hivernale et printanière.
  • Précédée fréquemment d’un épisode fébrile ou de symptômes respiratoires ou digestifs discrets.
  • Associations rapportées avec plusieurs virus : parvovirus B19, influenza A, parainfluenza 2 et 3, adénovirus, herpèsvirus humain 6 et 7, virus Epstein-Barr (EBV), poxvirus, rougeole, et Campylobacter jejuni. Plus récemment, des cas associés au SARS-CoV-2 ont été publiés.
  • Cas post-vaccinaux rapportés (notamment vaccin COVID-19).

Malgré ces associations, la plupart des cas surviennent sans agent étiologique identifiable, et aucun virus n’a pu être mis en cause de façon constante. Une hypothèse alternative évoque une mutation post-zygotique précoce rendant la peau d’un hémicorps plus réactive à un agent infectieux.

Point pratique : Aucun facteur déclenchant n’est formellement identifié, et la transmission interhumaine directe n’est pas documentée. Il n’y a donc pas lieu d’isoler l’enfant de la collectivité sur ce seul motif.

Signes cliniques

Début unilatéral et axillaire

Le tableau clinique est stéréotypé et caractéristique. Les premières lésions cutanées apparaissent sur le tronc ou dans les grands plis des membres. Le début est quasi exclusivement unilatéral, axillaire (aisselle) ou au flanc – plus rarement dans le pli inguinal, le creux poplité ou le creux du coude.

Les lésions sont des macules et micropapules érythémateuses, parfois légèrement squameuses, pouvant être rosées, rouge vif ou violacées selon l’évolution. Elles peuvent prendre un aspect eczématiforme ou morbiliforme.

Extension centrifuge hémicorporelle

Les lésions s’étendent de façon centrifuge depuis le foyer initial axillaire, gagnant progressivement l’hémithorax, l’abdomen latéral, le membre supérieur et inférieur homolatéraux. Le visage, les paumes et les plantes sont généralement épargnés. Dans environ 50 % des cas, une extension controlatérale partielle finit par se produire, mais toujours de façon asymétrique.

Le prurit est variable – absent, modéré ou parfois gênant – et ne signe pas un diagnostic particulier. Des signes généraux discrets peuvent précéder ou accompagner l’éruption : légère fièvre, rhinopharyngite, diarrhée passagère, adénopathies satellites superficielles.

Atteinte d'un adulte
Atteinte d’un adulte

Examens complémentaires diagnostiques

Le diagnostic de l’APEC est purement clinique dans les formes typiques. Aucun bilan complémentaire n’est nécessaire en routine :

  • Biologie : généralement normale. Pas d’hyperleucocytose, pas de syndrome inflammatoire. Une légère éosinophilie peut être présente mais n’est pas spécifique.
  • Bilan viral : les sérologies virales (parvovirus B19, EBV, CMV, HHV-6, parainfluenza) sont optionnelles et réservées aux formes atypiques ou aux contextes cliniques particuliers. Elles ne modifient pas la prise en charge.
  • Biopsie cutanée : non indiquée dans les formes typiques. Si réalisée pour une forme atypique, elle montre un aspect non spécifique : infiltrat périvasculaire lymphocytaire superficiel, spongiose épidermique variable.
✓ À retenir : Les examens biologiques et la biopsie sont généralement inutiles pour cette affection, en raison de son excellent pronostic et de son caractère auto-limité en quelques semaines. Éviter les examens inutiles et rassurer les parents est l’essentiel de la prise en charge.

Diagnostics différentiels

Diagnostic différentiel Critère distinctif
Eczéma de contact Distribution localisée à la zone de contact de l’allergène. Prurit souvent plus intense. Pas d’extension centrifuge hémicorporelle. Récidive au contact de l’allergène.
Gale Sillons scabieux inter-digitaux, prurit nocturne intense, atteinte de l’entourage. Distribution non hémicorporelle.
Pityriasis rosé de Gibert Médaillon initial unique, distribution en sapin sur le tronc, bilatérale et symétrique, lésions ovales à axe long parallèle aux lignes de Blaschko.
Syndrome de Gianotti-Crosti Papules acrales bilatérales symétriques (visage, membres, fesses), d’aspect lenticulaire, durée plus longue (4 à 8 semaines).
Miliaire (sudamina) Contexte de forte chaleur ou de fièvre. Vésicules superficielles diffuses aux zones de friction. Bilatérale.
Teigne ou tinea corporis Plaque arrondie à bord actif squameux. Examen mycologique positif. Pas de début axillaire ni d’extension hémicorporelle.
Scarlatine Érythème bilatéral en papier de verre, angine érythémateuse, langue framboisée. Test streptococcique positif.

Traitement et évolution

Abstention thérapeutique dans la grande majorité des cas

L’APEC est une maladie bénigne et auto-limitée qui ne nécessite aucun traitement spécifique. La résolution est spontanée en 4 à 6 semaines sans séquelles. L’essentiel de la prise en charge est de rassurer les parents et d’expliquer l’évolution naturelle favorable.

Antihistaminiques anti-H1 en cas de prurit

Lorsque le prurit est gênant et perturbe le sommeil de l’enfant, un antihistaminique anti-H1 peut être prescrit à titre symptomatique :

  • Cétirizine (Zyrtec®) ou loratadine (Clarityne®) – molécules non sédatives, en une prise par jour.
  • En cas de prurit nocturne : hydroxyzine (Atarax®) sédative peut être utile.

Dermocorticoïdes de faible puissance appliqués localement pendant quelques jours peuvent également soulager le prurit, sans modifier l’évolution de la maladie.

⚠ Ce qui est inutile : antibiotiques (la cause n’est pas bactérienne), antiviraux, corticoïdes systémiques. Ces traitements ne sont pas indiqués et ne modifient pas l’évolution de l’APEC.

Évolution

L’évolution est toujours favorable. Les lésions régressent spontanément en 4 à 6 semaines sans laisser de séquelles (pas de cicatrice, pas de dyschromie persistante). Les rechutes sont exceptionnelles. Il n’existe pas de complication connue de l’APEC. L’extension bilatérale partielle, quand elle survient, n’aggrave pas le pronostic.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’APEC ?

Un exanthème bénin et auto-limité d’étiologie virale probable, touchant l’enfant entre 1 et 5 ans. Il débute unilatéralement à l’aisselle ou au flanc, puis s’étend sur l’hémicorps. Guérison spontanée en 4 à 6 semaines.

L’APEC est-il contagieux ?

Présumé d’origine virale, mais la contagiosité interhumaine directe n’est pas clairement démontrée. Il n’y a pas lieu d’isoler l’enfant de la collectivité.

Faut-il faire des examens complémentaires ?

Non, dans les formes typiques. La biologie est normale et ne modifie pas la prise en charge. La biopsie est inutile.

Quel est le traitement ?

Abstention dans la plupart des cas. En cas de prurit gênant : antihistaminique anti-H1 (cétirizine, loratadine) et/ou dermocorticoïde local de faible puissance. Les antibiotiques et antiviraux sont inutiles.

Comment distinguer l’APEC d’une gale ou d’un eczéma de contact ?

L’APEC se distingue par son début unilatéral axillaire avec extension centrifuge hémicorporelle, sa survenue chez le jeune enfant et son caractère auto-limité. La gale présente des sillons interdigitaux et un prurit nocturne intense avec atteinte de l’entourage. L’eczéma de contact est localisé à la zone de contact de l’allergène.

Peut-on consulter un dermatologue en téléconsultation pour un APEC ?

Oui. Des photographies des lésions permettent d’orienter le diagnostic et de rassurer les parents. Le Dr Rousseau est disponible via Consulib.

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Dermatoses prurigineuses

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Références scientifiques

  1. Taïeb A, Mégraud F, Legrain V, et al. Asymmetric periflexural exanthem of childhood. J Am Acad Dermatol. 1993;29(3):391-393.
    [PubMed]
  2. McCuaig C, et al. Unilateral laterothoracic exanthem: a clinicopathologic study of 48 patients. J Am Acad Dermatol. 1996;34(6):979-984.
    [PubMed]
  3. Chuh A, Zawar V, Sciallis GF, et al. Pityriasis rosea, Gianotti-Crosti syndrome, asymmetric periflexural exanthem, papular-purpuric gloves and socks syndrome, eruptive pseudoangiomatosis, and eruptive hypomelanosis. Infect Dis Rep. 2016;8(1):6418.
    [PubMed]
  4. Valencia-Herrera A, et al. Asymmetrical periflexural exanthema associated with SARS-CoV-2 infection in a paediatric patient. Acta Derm Venereol. 2023;103:adv00839.
    [PubMed]

Article rédigé par Dr Ludovic Rousseau, dermatologue à Bordeaux – Dernière mise à jour : avril 2025.