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Eclaran ® contient du peroxyde de benzoyle. Le peroxyde de benzoyle est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications
Allergie au produit ou à l’un des composants
Conseils d’utilisation
Le peroxyde de benzoyle est appliqué le soir en petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de la peau, de rougeurs…, arreter les applications et consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV
L’ Eclaran ® peut décolorer les cheveux et les textiles. Il est donc recommandé d’éviter d’en appliquer sur la lisière du cuir chevelu et de protéger ses draps, taies d’oreiller, vêtements…
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La doxycycline est un antibiotique. Elle est utilisée en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Allergie au produit et aux antibiotiques de la famille des cyclines
Association aux retinoides
Enfant de moins de 8 ans
Femme enceinte et qui allaite
Conseils d’utilisation
Il est recommandé de ne pas s’exposer au soleil sous cyclines
Arreter le traitement en cas d’apparition de rougeurs sur la peau et consulter un médecin
Prendre les cyclines avec un grand verre d’eau, en mangeant afin de diminuer le risque de troubles digestifs
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Doxy ® contient de la doxycycline. La doxycycline est un antibiotique. Elle est utilisée en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit et aux antibiotiques de la famille des cyclines
Association aux retinoides
Enfant de moins de 8 ans
Femme enceinte et qui allaite
Conseils d’utilisation
Il est recommandé de ne pas s’exposer au soleil sous cyclines
Arreter le traitement en cas d’apparition de rougeurs sur la peau et consulter un médecin
Prendre les cyclines avec un grand verre d’eau, en mangeant afin de diminuer le risque de troubles digestifs
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Différine® est un médicament contenant de l’adapalène, un rétinoïde topique de 3e génération dérivé de la vitamine A. Il est prescrit pour traiter l’acné — en particulier les comédons et les lésions inflammatoires (papules, pustules). Differine® est la référence de l’adapalène en France depuis son autorisation de mise sur le marché.
Acné qui ne répond pas à Differine® ou effets secondaires ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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L’adapalène contenu dans Differine® agit sur les récepteurs nucléaires RAR-β et RAR-γ des kératinocytes folliculaires. Il régule la différenciation cellulaire, empêche l’obstruction du follicule pileux (formation des comédons) et réduit l’inflammation locale. Il est photostable — contrairement à la trétinoïne — ce qui signifie qu’il conserve son efficacité même s’il est exposé à la lumière.
Contre-indications
Allergie à l’adapalène ou à l’un des excipients (méthylparabène, propylparabène notamment)
Grossesse — Differine® est contre-indiqué par précaution pendant la grossesse. Utiliser une contraception efficace pendant le traitement
Application sur peau lésée, eczémateuse, coups de soleil, ou zones irritées
Contour des yeux, lèvres, narines et muqueuses
Comment utiliser Differine® — guide pratique
Quand : le soir uniquement, sur peau propre et bien sèche après nettoyage doux
Quantité : une noisette de gel en couche fine sur l’ensemble des zones acnéiques (pas seulement sur les boutons visibles)
Attendre 20 à 30 minutes après le nettoyage avant d’appliquer — la peau doit être parfaitement sèche pour éviter l’irritation
Le matin : appliquer une crème hydratante légère non comédogène + SPF 50+ obligatoire
Durée : ne pas juger l’efficacité avant 8 à 12 semaines — les rétinoïdes agissent lentement
💡 Astuce pour les peaux sensibles : commencer par une application 1 soir sur 2 pendant 2 à 4 semaines, puis passer à une application quotidienne. Ce protocole progressif réduit fortement la sécheresse et les rougeurs initiales.
Effets secondaires de Differine® et conduite à tenir
Effet secondaire
Fréquence
Que faire
Sécheresse, desquamation
Très fréquent (surtout semaines 1 à 4)
Crème hydratante non comédogène le matin — ne pas arrêter Differine®
Epiduo® est une association fixe dans le même gel de deux actifs complémentaires :
Adapalène 0,1% (le même principe actif que Differine® 0,1%)
Peroxyde de benzoyle 2,5% — antibactérien puissant contre C. acnes
Epiduo® est indiqué pour les acnés avec une composante inflammatoire (papules, pustules) plus marquée. Il est en général mieux toléré que l’association séparée des deux molécules. Le choix entre Differine® seul et Epiduo® dépend du profil de l’acné — votre dermatologue adapte la prescription.
Differine® est-il remboursé par la Sécurité Sociale ?
Oui — Differine® 0,1% et 0,3% sont remboursés à 65% sur ordonnance médicale. Les génériques adapalène 0,1% et 0,3% sont également remboursés et strictement équivalents. La substitution par le pharmacien est possible sauf si le médecin a mentionné « non substituable » sur l’ordonnance.
Peut-on utiliser Differine® sans ordonnance ?
Non — Differine® est un médicament sur ordonnance en France (liste I). Il nécessite une consultation médicale préalable. Certains pays autorisent la vente libre de l’adapalène 0,1% (États-Unis notamment), mais ce n’est pas le cas en France. Une téléconsultation avec le Dr Rousseau permet d’obtenir une ordonnance rapidement si vous présentez une acné.
Differine® et crème hydratante — dans quel ordre appliquer ?
Le soir : nettoyage doux → attendre 20 minutes que la peau soit bien sèche → Differine® en couche fine → rien par-dessus (ne pas appliquer de crème hydratante le soir sur Differine®, cela dilue le produit). Le matin : crème hydratante légère non comédogène → SPF 50+. Cette séparation matin/soir optimise l’efficacité et réduit l’irritation.
Combien de tubes de Differine® faut-il pour un traitement complet ?
Pour un traitement de 3 mois du visage uniquement, un tube de 30 g est généralement suffisant avec une application quotidienne en couche fine. Si le traitement concerne aussi le dos ou la poitrine, prévoir 2 tubes. Le médecin prescrit généralement la quantité adaptée sur l’ordonnance.
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Dalacine T Topic ® contient de la clindamycine. La clindamycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit et à la lincomycine
Conseils d’utilisation
La clindamycine peut être appliquée le matin sur les zones à traiter et/ou de façon ponctuelle sur les boutons rouges
Cyclines dans l’acné : doxycycline, lymécycline, minocycline
Les cyclines sont des antibiotiques à large spectre utilisés par voie orale dans le traitement de l’acné inflammatoire modérée à sévère. Elles agissent à la fois par leur action antibactérienne contre Cutibacterium acnes et par leur puissant effet anti-inflammatoire. Leur utilisation est encadrée par des règles strictes pour limiter le risque de résistance bactérienne.
Acné inflammatoire résistante aux traitements locaux ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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Les cyclines agissent sur l’acné par deux mécanismes complémentaires :
Action antibactérienne — inhibition de la synthèse protéique de Cutibacterium acnes, la bactérie impliquée dans l’inflammation folliculaire
Action anti-inflammatoire — indépendante de l’effet antibiotique, les cyclines inhibent directement les cytokines pro-inflammatoires (IL-1β, TNF-α) et les métalloprotéinases. C’est cette double action qui explique leur efficacité supérieure aux antibiotiques purement antibactériens
Moins photosensibilisante. Risque rare mais spécifique de pigmentation cutanée bleue et d’hépatite auto-immune — surveillance nécessaire
Règles d’utilisation essentielles
Durée maximale — 3 mois
⚠️ Les cyclines ne doivent pas être utilisées plus de 3 mois consécutifs dans l’acné. Au-delà, le risque de sélection de souches résistantes de C. acnes — mais aussi d’autres bactéries — augmente significativement. Si l’acné nécessite un traitement plus long, une réévaluation thérapeutique s’impose (passage à l’isotrétinoïne notamment).
Association obligatoire avec le peroxyde de benzoyle
Les recommandations de la SFD et de la HAS imposent d’associer systématiquement les cyclines à un peroxyde de benzoyle topique (2,5% à 5%) pendant toute la durée du traitement. Le peroxyde de benzoyle réduit fortement le risque de résistance bactérienne, car il agit par un mécanisme physico-chimique (oxydation) qui ne génère pas de résistance. Cette association ne doit pas être négociable.
💡 À savoir : les cyclines ne doivent jamais être associées à une trétinoïne ou rétinoïde oral — risque d’hypertension intracrânienne bénigne. Elles ne doivent pas non plus être associées à un autre antibiotique par voie générale.
Conseils d’utilisation pratiques
Règle
Pourquoi c’est important
Éviter le soleil et les UV — SPF 50+ obligatoire
Les cyclines sont photosensibilisantes — exposition solaire peut provoquer des coups de soleil sévères et des taches brunes persistantes, surtout avec la doxycycline
Prendre avec un grand verre d’eau, en position debout (doxycycline)
Risque d’ulcération oesophagienne si le comprimé reste en contact avec la muqueuse. Ne pas prendre allongé ni juste avant de se coucher
Ne pas prendre avec des produits laitiers, antiacides ou fer
Le calcium, le magnésium et le fer chélatent les cyclines et réduisent fortement leur absorption. Espacer d’au moins 2 heures
Contraception efficace chez la femme
Les cyclines peuvent réduire l’efficacité des pilules contraceptives — utiliser une contraception supplémentaire pendant le traitement
Arrêter et consulter en cas de rougeurs cutanées, fièvre, ictère
Peuvent signaler une réaction allergique ou, pour la minocycline, une hépatite auto-immune ou un lupus médicamenteux
Continuer le traitement local en parallèle
La cycline orale traite l’inflammation — elle ne remplace pas le rétinoïde topique (adapalène) qui traite les comédons
Contre-indications
Grossesse et allaitement — contre-indiquées formellement (effets sur la calcification osseuse et dentaire du fœtus)
Enfant de moins de 8 ans — risque de coloration permanente des dents
Allergie aux cyclines ou tétracyclines
Insuffisance hépatique sévère
Association avec l’isotrétinoïne orale — contre-indiquée (risque d’hypertension intracrânienne)
Pourquoi les cyclines ne peuvent-elles pas être prises plus de 3 mois ?
L’utilisation prolongée d’antibiotiques dans l’acné sélectionne des souches résistantes de Cutibacterium acnes, mais aussi d’autres bactéries commensales (staphylocoques, entérocoques). Ces résistances peuvent ensuite poser problème pour traiter d’autres infections — c’est un enjeu de santé publique. En pratique, si l’acné ne répond pas suffisamment après 3 mois de cyclines bien conduit, l’isotrétinoïne orale est l’alternative logique.
Doxycycline ou lymécycline — laquelle choisir ?
Les deux ont une efficacité comparable dans l’acné. La lymécycline (Tetralysal®) est souvent mieux tolérée sur le plan digestif et moins photosensibilisante — avantage appréciable en été ou pour les patients qui travaillent en extérieur. La doxycycline est moins coûteuse et disponible en générique. Le choix se fait en fonction de la tolérance individuelle et du mode de vie du patient.
Peut-on prendre des cyclines pendant les vacances à la mer ?
C’est fortement déconseillé avec la doxycycline — le risque de coup de soleil sévère et de photodermatose est très élevé en exposition solaire intense. Si le traitement est indispensable en été, la lymécycline ou la minocycline sont mieux adaptées, avec une protection solaire SPF 50+ rigoureuse. Dans tous les cas, éviter l’exposition entre 11h et 16h et porter un chapeau et des vêtements couvrants.
Les cyclines peuvent-elles interagir avec la pilule contraceptive ?
Théoriquement oui — les cyclines modifient le microbiome intestinal impliqué dans le cycle entéro-hépatique des œstrogènes de synthèse, ce qui pourrait réduire légèrement l’efficacité contraceptive. Ce risque est jugé faible mais non nul. Par prudence, il est recommandé d’utiliser une contraception mécanique supplémentaire (préservatif) pendant la durée du traitement, en particulier durant les premiers mois.
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Cutacnyl® (peroxyde de benzoyle) : utilisation dans l’acné
Cutacnyl® est un gel anti-acné à base de peroxyde de benzoyle, disponible en pharmacie sans ordonnance en France. Il existe en deux concentrations : 2,5%,5 % et 10 %.
Votre acné ne répond pas au traitement local ? Besoin d’adapter votre ordonnance ?
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💡 Commencer par la concentration à 2,5% voire 5 % — aussi efficace que le 10 % avec moins d’irritation. Passer au 10 % uniquement si la peau tolère bien après 4 semaines.
Utilisation pratique
Point clé
Recommandation
Moment d’application
Le soir, sur peau propre et sèche
Quantité
Petite noisette en couche fine sur les zones concernées
Début de traitement
2–3 applications par semaine les 2 premières semaines, puis quotidien si bonne tolérance
Soleil et UV
Éviter l’exposition solaire — appliquer SPF 30+ le matin
Textiles et cheveux
Décolore draps, taies, vêtements et cheveux de façon irréversible — protéger systématiquement
En cas d’irritation
Espacer les applications ou réduire la concentration — consulter si persistance
Contre-indications
Allergie au peroxyde de benzoyle ou à l’un des excipients du gel. En cas de doute, un patch-test peut être réalisé par un dermatologue (allergie de contact possible chez environ 1 % des patients).
Pour aller plus loin
Cette page présente la spécialité Cutacnyl®. Pour le guide complet sur le peroxyde de benzoyle — mécanisme d’action, tableau de toutes les spécialités disponibles, protocole détaillé, effets secondaires et associations — voir :
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ACNE
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Contracné® (isotrétinoïne) : indications, contre-indications et conseils pratiques
Contracné® est un médicament contenant de l’isotrétinoïne, dérivé de synthèse de la vitamine A (rétinoïde oral). Son nom — Contracné® — rappelle directement l’une des obligations fondamentales du traitement : la contraception obligatoire chez la femme en âge de procréer, en raison de la tératogénicité majeure de la molécule. C’est l’une des spécialités françaises à base d’isotrétinoïne disponibles depuis le retrait du Roaccutane® en 2013, avec Curacné® et Procuta®. Il est prescrit dans le traitement de l’acné sévère. Sa prescription initiale est réservée au dermatologue ou au spécialiste.
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ISOTRETINOINE « ROACCUTANE® »
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Contracné® est indiqué dans le traitement de l’acné sévère nodulo-kystique, de l’acné à risque cicatriciel élevé et de l’acné résistante après 3 mois d’antibiothérapie orale bien conduite associée à un traitement topique. La dose habituelle est de 0,5 à 1 mg/kg/jour jusqu’à une dose cumulée de 120 à 150 mg/kg — objectif indispensable pour éviter les rechutes.
Pour le détail complet des indications par grade HAS, du mécanisme d’action, de la posologie et du Programme de Prévention de la Grossesse (PPG) : voir notre guide complet de l’isotrétinoïne.
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Le nom Contracné® rappelle l’obligation absolue de contraception chez toute femme en âge de procréer traitée par isotrétinoïne. L’isotrétinoïne est un tératogène majeur — elle provoque des malformations fœtales graves (cardiaques, crânio-faciales, neurologiques) dans environ 25 % des grossesses exposées.
Le Programme de Prévention de la Grossesse (PPG) impose une contraception efficace débutée 1 mois avant le traitement, poursuivie pendant toute sa durée et jusqu’à 2 mois après l’arrêt. Un test de grossesse négatif est obligatoire dans les 3 jours précédant chaque prescription mensuelle. En cas de grossesse sous Contracné®, arrêter immédiatement et contacter le médecin en urgence pour un avis de tératologie médicale.
⚠️ Certains contraceptifs peuvent aggraver l’acné — notamment ceux contenant du lévonorgestrel ou du désogestrel. Votre dermatologue peut vous orienter vers un contraceptif compatible voire bénéfique pour l’acné (acétate de cyprotérone, drospérinone, norgestimate). Voir notre article sur le traitement de l’acné chez la femme.
Contre-indications de Contracné®
Contre-indication
Raison
Grossesse et allaitement ⚠️
Tératogénicité majeure — malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️
Contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et 2 mois après
L’isotrétinoïne élève les triglycérides — risque de pancréatite aiguë
Hypervitaminose A ou suppléments vitamine A
Risque d’effets toxiques cumulatifs
Conseils pratiques pour le traitement par Contracné®
Lèvres et peau sèche — appliquer un baume labial dès le début du traitement (Homéoplasmine®, Bepanthen®) et un émollient riche non comédogène matin et soir. La chéilite est quasi constante et témoigne de l’efficacité du traitement.
Soleil et UV — protection solaire indice 50 obligatoire toute la durée du traitement. UV artificiels contre-indiqués.
Crèmes irritantes — interrompre rétinoïdes topiques, acides (AHA, BHA), exfoliants et peroxyde de benzoyle — inutiles et irritants sur peau fragilisée par Contracné®.
Épilations à la cire — formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt (risque de décollement épidermique). Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire uniquement.
Lentilles de contact — la sécheresse oculaire sous Contracné® impose de préférer les lunettes pendant toute la durée du traitement.
Sport intensif et alcool — à éviter (myalgies dose-dépendantes et interaction avec le bilan hépatique et lipidique).
Aggravation initiale — une exacerbation des lésions dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et attendue. Ne pas interrompre sans avis médical.
💡 Surveillance biologique obligatoire — bilan lipidique (triglycérides, cholestérol) et transaminases avant le traitement puis toutes les 4 à 6 semaines. Chez la femme, test de grossesse négatif obligatoire avant chaque prescription mensuelle.
Contracné® et risque psychiatrique
La controverse sur un lien entre isotrétinoïne et dépression existe depuis 1982. La conclusion des autorités sanitaires françaises (ANSM) est que ce lien n’est pas établi au niveau d’une population de patients. Pour une analyse complète et actualisée : Isotrétinoïne et dépression — ce que dit la science en 2025.
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Clindamycine Stragen ® contient de la clindamycine. La clindamycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit et à la lincomycine
Conseils d’utilisation
La clindamycine peut être appliquée le matin sur les zones à traiter et/ou de façon ponctuelle sur les boutons rouges
La clindamycine est un antibiotique. Il est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le traitement de l’acné inflammatoire (boutons rouges)
Brevoxyl ® contient du peroxyde de
benzoyle. Le peroxyde de benzoyle est utilisé en dermatologie, notamment en applications locales dans le
traitement de l’acné
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des
composants
Conseils d’utilisation
Le peroxyde de benzoyle est appliqué le soir en
petite quantité sur les zones à traiter
Respecter la prescription du médecin
En cas d’irritation, de sécheresse de
la peau, de rougeurs, arreter les applications et consulter un médecin
pour connaitre la conduite à tenir
Eviter le soleil et les UV
Le produit peut décolorer les cheveux
et les textiles. Il est donc recommandé d’éviter d’en appliquer sur la
lisière du cuir chevelu et de protéger ses draps, taies d’oreiller,
vêtements…
Adapalène : traitement de l’acné par rétinoïde topique
L’adapalène est un rétinoïde topique de 3e génération utilisé en dermatologie pour traiter l’acné. Plus stable et mieux toléré que la trétinoïne, il est le rétinoïde de première intention dans l’acné légère à modérée — en particulier pour les comédons et les lésions inflammatoires.
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L’adapalène est un dérivé synthétique de la vitamine A (rétinoïde) qui agit directement sur les récepteurs nucléaires de l’acide rétinoïque dans les cellules de la peau. Il régule le renouvellement cellulaire du follicule pileux, désobstrue les pores et réduit l’inflammation.
Contrairement à la trétinoïne, l’adapalène est photostable — il ne se dégrade pas à la lumière — et mieux toléré sur les peaux sensibles. C’est pour ces raisons qu’il est souvent prescrit en première intention, notamment chez les adolescents.
Noms commerciaux
Differine® — gel 0,1% et 0,3% (prescription médicale en France)
Adapalène générique 0,1% et 0,3%
Epiduo® — association adapalène 0,1% + peroxyde de benzoyle 2,5% (bithérapie)
Mécanisme d’action
Action anti-comédonienne — régularise la desquamation du follicule pilo-sébacé et empêche la formation de nouveaux comédons
Action anti-inflammatoire — réduit l’inflammation folliculaire via l’inhibition des voies de l’acide arachidonique
Renouvellement cellulaire — accélère le turn-over des kératinocytes, libère les pores obstrués
Adapalène vs trétinoïne — comparatif
Adapalène
Trétinoïne
Génération
3e génération
1ère génération
Photostabilité
✅ Stable à la lumière
❌ Se dégrade à la lumière
Tolérance cutanée
✅ Meilleure tolérance
⚠️ Plus irritante
Puissance anti-acné
⭐⭐⭐ Très bonne
⭐⭐⭐⭐ Supérieure
Effet anti-rides
Faible
✅ Documenté
Première intention acné
✅ Oui — recommandé HAS/SFD
2e intention si échec adapalène
Application
Soir uniquement
Soir uniquement
Indications
Acné légère à modérée avec comédons et/ou lésions inflammatoires (papules, pustules)
Acné rétentionnelle (comédons prédominants)
Prévention des récidives après traitement curatif
En association avec le peroxyde de benzoyle (Epiduo®) pour les formes mixtes
Contre-indications
Allergie à l’adapalène ou à l’un des excipients de la préparation
Grossesse — l’adapalène est contre-indiqué pendant la grossesse par précaution (tératogénicité des rétinoïdes systémiques ; le risque topique est faible mais non exclu). Une contraception efficace est recommandée chez la femme en âge de procréer
Peau lésée — ne pas appliquer sur des plaies, zones eczémateuses, coups de soleil, ou peau irritée
Conjonctivite, eczéma, dermatite séborrhéique active
Conseils d’utilisation — protocole étape par étape
Étape
Consigne
Pourquoi
Quand appliquer
Le soir uniquement, sur peau propre et sèche
Photostable mais sensibilisant — éviter exposition solaire après application
Quantité
Petite quantité (noisette) en couche fine sur toutes les zones acnéiques
Plus ne signifie pas mieux — augmente l’irritation sans améliorer l’efficacité
Zones à traiter
Application sur l’ensemble des zones acnéiques, pas seulement sur les boutons visibles
Traitement préventif — empêche la formation de nouveaux comédons
Zones à éviter
Contour des yeux, lèvres, narines, muqueuses
Irritation muqueuse
Nettoyage
Nettoyant doux (syndet) matin et soir — pas de savon agressif
L’adapalène assèche — ne pas cumuler avec un nettoyant décapant
Hydratation
Appliquer une crème hydratante légère non comédogène le matin
Compense la sécheresse induite par le traitement
Protection solaire
SPF 50+ obligatoire tous les matins pendant le traitement
Peau fragilisée — risque de taches brunes et d’irritation accrue au soleil
Durée avant résultats
Ne pas arrêter avant 8 à 12 semaines
Le renouvellement folliculaire est lent — arrêt prématuré = faux échec
Effets secondaires et comment les gérer
Effet secondaire
Fréquence
Conduite à tenir
Sécheresse, desquamation
Très fréquent — surtout les 4 premières semaines
Crème hydratante non comédogène le matin. Normal — ne pas arrêter
Rougeur, irritation
Fréquent en début de traitement
Réduire la fréquence (1 soir sur 2) puis reprendre progressivement
Aggravation initiale de l’acné (« purge »)
Possible les 2-4 premières semaines
Normal — le rétinoïde libère les comédons. Persévérer
Arrêter les applications et consulter le dermatologue
💡 Protocole de démarrage progressif : pour les peaux sensibles, commencer par une application 1 soir sur 2 pendant 2 à 4 semaines, puis passer à une application quotidienne. Ce protocole réduit considérablement l’irritation initiale.
⚠️ Ne pas associer avec : d’autres rétinoïdes topiques simultanés, des produits alcoolisés ou très exfoliants (acide glycolique fort, scrubs abrasifs) sur les mêmes zones — cumul d’irritation. L’association avec le peroxyde de benzoyle est en revanche validée et disponible dans Epiduo®.
Peut-on utiliser l’adapalène pendant la grossesse ?
Non — l’adapalène est contre-indiqué pendant la grossesse par précaution. Bien que le passage systémique des rétinoïdes topiques soit très faible comparé aux rétinoïdes oraux (isotrétinoïne), la classe des rétinoïdes est tératogène par voie générale et aucune étude suffisante n’existe pour garantir l’innocuité topique. En pratique, si une grossesse survient sous adapalène, le risque est probablement très faible — mais le traitement doit être arrêté immédiatement et le médecin informé.
Quelle différence entre Differine 0,1% et 0,3% ?
Le Differine® 0,3% (adapalène à 0,3%) est plus efficace que le 0,1% sur les lésions inflammatoires et les comédons, avec une efficacité comparable à la trétinoïne 0,1%. Il est logiquement un peu plus irritant. Le 0,1% est le plus prescrit en première intention — le 0,3% est réservé aux formes modérées à sévères ou en cas de réponse insuffisante au 0,1%.
L’adapalène peut-il être utilisé sur le dos pour l’acné ?
Oui — l’adapalène est efficace sur toutes les zones acnéiques : visage, dos, épaules, poitrine. La peau du dos est généralement moins sensible que celle du visage et tolère souvent mieux le traitement. La technique d’application est identique — couche fine le soir sur l’ensemble des zones acnéiques, protection solaire sur les zones exposées.
Combien de temps faut-il utiliser l’adapalène ?
La phase de traitement actif dure généralement 3 à 6 mois. Après contrôle de l’acné, l’adapalène peut être poursuivi en traitement d’entretien (2 à 3 fois par semaine) pour prévenir les récidives, notamment chez les patients jeunes à forte composante comédonienne. L’arrêt brutal après la phase curative expose à une rechute rapide chez les personnes prédisposées.
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Effizinc ® contient du zinc. Le zinc est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans la prise en charge de l’acné
Quelles sont les contre indications ?
Allergie au produit ou à l’un des composants
Intolerance au gluten
Conseils d’utilisation
Respecter la prescription du médecin
Le zinc se prend plutôt à distance des repas (par exemple le soir au coucher avec un grand verre d’eau)
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– Les causes
– Les traitements…
Hypermélaninose basale avec incontinence du pigment sur les muqueuses buccale et génitale.
Lentigines de la lèvre inférieure, du palais osseux, parfois des doigts et des ongles
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Maladie et Fabry est transmise par la femme et n’atteignant que l’homme.
oedème dur des mains et de la face,
+ atteintes progressivement rénale (+++), cardiaque, neurologiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
1/Que retenir de la nouvelle classification des lymphomes cutanés ?
Pr Marie Beylot-Barry :
Ces dernières années ont été marquées par le travail du groupe des lymphomes cutanés de lEORTC qui a permis de mettre au point la classification des lymphomes cutanés primitifs dont loriginalité est de prendre en compte non seulement leurs particularités anatomo-cliniques mais aussi leur évolutivité et donc leur pronostic. Ainsi, cette classification a un intérêt depuis 2005 intégrée dans la classification internationale de lOMS (Blood 2005).
A côté du groupe bien connu des lymphomes cutanés T épidermotropes (mycosis fongoïde et syndrome de Sézary) qui représente plus de la moitié des lymphomes cutanés, plusieurs entités ont été individualisées parmi les lymphomes non épidermotropes. Ainsi, les lymphoproliférations cutanées TCD30+ constituent, après le mycosis fongoïde, le groupe de plus important (20% des lymphomes cutanés primitifs). Ce spectre comprend les lymphomes cutanés à grandes cellules T CD30+, les papuloses lymphomatoïdes et des formes intermédiaires entre les deux (formes frontières et formes de passage). Les séries publiées depuis leur individualisation ont permis d’établir le bon pronostic des lymphomes cutanés primitifs CD30+ (que les cellules soient anaplasiques, pléomorphes ou immunoblastiques) avec une survie à 5 ans > 90%, les opposant au pronostic défavorable des localisations cutanées secondaires de lymphomes systémiques CD30+ (survie à 5 ans = 24%). Ceci justifie donc, une fois le diagnostic établi, une prise en charge thérapeutique particulière adaptée à leur bon pronostic et à leur évolutivité (régression spontanée possible notamment) et les chimiothérapies agressives n’ont en particulier plus leur place sauf en cas d’ extension extra-cutanée secondaire qui est exceptionnelle.
Devant unelymphoprolifération cutanée CD30+, il faut d’abord s’assurer de son caractère primitif avec un bilan d’extension complet (scanner, biopsie médullaire -sauf pour les papuloses lymphomatoïdes typiques, où elle nest pas systématique) pour éliminer un lymphome systémique CD30+ concomitant où les lésions cutanées ne seraient qu’une manifestation secondaire. Lhistoire clinique permettra aussi déliminer un mycosis fongoïde secondairement transformé en lymphome à grandes cellules CD30+, cette transformation signant un tournant évolutif dans l’histoire du mycosis fongoïde. Enfin, il faut éliminer une immunodépression sous-jacente (VIH, iatrogène) qui aurait pu favoriser l’apparition de cette lymphoprolifération CD30+ et qui pourrait impliquer une prise en charge particulière. Une fois le caractère primitivement cutané et primitivement CD30+ établi et en l’absence d’immunodépression, trois cas de figures sont possibles : il s’agit soit d’un lymphome cutané CD30+ typique (nodules et/ou tumeurs uniques ou multiples), soit d’une papulose lymphomatoïde typique (papules et nodules évoluant par poussées spontanément régressives), soit de formes intermédiaires associant les caractères cliniques et histologiques des deux entités.
Devant un lymphome cutané primitif CD30+ typique, labstention thérapeutique est possible si lon observe une régression spontanée complète, possible dans ce type de lymphome dans 20% des cas. En labsence de régression, la lésion peut être enlevée chirurgicalement si sa taille et sa localisation le permettent être traitée par radiothérapie. Plus rarement, il s’agit de lésions disséminées, pour lesquelles on peut proposer un traitement par METHOTREXATE (15 à 20 mg IM/ semaine) qui peut obtenir une rémission complète prolongée, voire de lINTERFERON ou du BEXAROTENE. Des irradiations de différentes localisations ont aussi été proposées. Parfois, malgré le traitement entrepris, des récidives cutanées sont observées qui ne sont pas forcément associées à un mauvais pronostic mais qui retentissent sur la qualité de vie.
Devant une papulose lymphomatoïde typique, un bilan d’extension n’est pas indispensable. Si les lésions sont discrètes et peu symptomatiques, aucun traitement n’est nécessaire, même si les dermocorticoïdes peuvent être ponctuellement utilisés. En cas de lésions plus diffuses et gênantes avec un risque cicatriciel, une photothérapie (PUVAthérapie, UVB) peut être proposée afin d’accélérer la disparition des lésions. Une autre alternative est la CARYOLYSINE en badigeons. Dans des cas résistants, le METHOTREXATE à faibles doses peut être proposé avec un effet durable. L’INTEFERON-alpha a été utilisé très ponctuellement dans cette indication avec un bon résultat immédiat.
Dans certains cas, le malade peut avoir soit des lésions évoquant cliniquement une papulose lymphomatoïde mais avec une histologie de lymphome CD30+, soit une clinique de lymphome et une histologie de papulose, ce dernier cas étant particulièrement fréquent chez l’ enfant . Dans ces cas frontières, après un bilan d’extension, c’est la clinique qui guide le choix thérapeutique, en tenant compte de l’évolution spontanément régressive de certaines lésions.
Ainsi, la reconnaissance du spectre des lymphoproliférations cutanées CD30+ a été un pas essentiel ces dernières années car elle a permis de définir une attitude peu agressive adaptée à leur bon pronostic. Toutefois, le suivi prolongé de ces malades est nécessaire du fait de la possible association à un lymphome cutané ou systémique pour les papuloses lymphomatoïdes et de l’apparition tardive d’une extension extra-cutanée pour les lymphomes cutanés CD30+ sans que lon ait identifié de marqueur prédictif d’une telle évolution. Ces lymphoproliférations, originales par leur clinique et leur histologie inquiétante, leurs épisodes de régression spontanée et leur bon pronostic offrent un champ de recherche passionnant pour identifier les mécanismes moléculaires intervenant dans leur histoire si particulière.
Dautres entités ont plus récemment été identifiées et doivent être connues, même si elles sont rares, telles que les lymphomes CD8+ agressifs, les lymphomes T à type de panniculites ou encore les proliférations cutanées CD4+/CD56+.
Une revue de ces entités et de leur pronostic est disponible dans le numéro spécial « lymphomes cutanés » des Annales de Dermatologie publié en 2005.
2/ Quelle est la stratégie thérapeutique actuelle pour le mycosis fongoïde et le syndrome de Sézary ?
Pr Marie Beylot-Barry :
Il nexiste quasiment aucune étude prospective randomisée dans ce domaine mais soit des études rétrospectives, soit de petites séries. Le choix thérapeutique sera surtout orienté par le degré de latteinte cutanée (extension et infiltration des lésions).
Lévolution du mycosis fongoïde est lente avec au stade de début une médiane de survie de plus de 25 ans, voire une survie identique à celle de la population normale pour les stades les plus, précoces. La plupart des malades sont vus au stade débutant de plaques peu infiltrées où le traitement doit être peu agressif, avec comme principal objectif la qualité de vie. En effet, des traitements plus lourds (chimiothérapie ou électronthérapie) napportent aucun gain en terme de survie ou de durée de rémission.
· Lorsque les lésions sont peu étendues (< 1O% de la surface corporelle : stade Ia) les dermocorticoïdes de niveau I et les chimiothérapies locales (CARYOLYSINE mais aussi CARMUSTINE, intéressant en cas dintolérance à la CARYOLYSINE), seront utilisées en première intention. En cas de plaques étendues (stade Ib), la CARYOLYSINE et la CARMUSTINE peuvent être utilisées en badigeons corps entier ainsi que la PUVAthérapie qui peut être associée au SORIATANE. Ces traitements permettent dobtenir aux stades de début des taux de réponse comparables de lordre de 80% avec toutefois un taux de récidive important dans les 5 ans ce qui amène à proposer un traitement minimal dentretien.
· Au stades plus avancés (plaques diffuses résistantes aux traitements pré-cités, érythrodermie, tumeurs), il faut alors avoir recours à des traitements généraux : ré-PUVA, électronthérapie corporelle totale pour des plaques infiltrées diffuses sans adénopathies, radiothérapie localisée sur les tumeurs, Interféron alphe (5 et 10 millions d’unités 3 fois/semaine), Méthotrexate (15-25 mg/semaine) ou encore Bexarotène.
Pour le syndrome de Sézary, les traitements permettent le plus souvent des réponses partielles et transitoires. Les principaux traitements sont lassociation CHLORAMINOPHENE-Prednisone ou le METHOTREXATE à faibles doses qui sont en général bien supportés chez les sujets âgés. Lorsquelle est disponible, la photochimiothérapie extra-corporelle (photopherèse) est une alternative intéressante qui est même le traitement de première intention en cas de syndrome de Sézary récent chez un patient non préalablement traité par chimiothérapie. Toutefois, son effet sur la survie na pas été validé par des études prospectives. Elle peut être associée à un traitement par INTERFERON ou par BEXAROTENE. A ce stade, comme pour les mycosis fongoïdes avec tumeurs ou avec une atteinte viscérale, les polychimiothérapies peuvent être essayées en cas déchec mais leur effet est transitoire avec chez ces patients déjà immunodéprimés des complications infectieuses pouvant être à lorigine du décès. A lheure actuelle, des approches thérapeutiques se tournent vers limmunothérapie plus spécifiques (anticorps monoclonaux, protéines de fusion couplant la toxine diphtérique et linterleukine 2 ) mais leur place nest pas encore clairement déterminée.
Une revue des traitements disponibles dans les lymphomes cutanés T et une proposition de « guidelines » (validée par les membres du Groupe Français d’Etude des Lymphomes Cutanés) sont disponibles dans le numéro spécial « lymphomes cutanés » des Annales de Dermatologie publié en 2005.
3/ Pourquoi un registre des lymphomes cutanés en Aquitaine ?
Pr Marie Beylot-Barry :
L’incidence des lymphomes cutanés est mal connue en labsence détudes épidémiologiques systématiques et exhaustives mais elle semble augmenter. Ce recueil a pour but de mieux connaître lincidence des lymphomes cutanés en Aquitaine et la répartition entre les différents types. Les principales caractéristiques des lymphomes sont enregistrées et les diagnostics validés au cours de réunions multidisciplinaires trimestrielles. Dautre part, un questionnaire est rempli par le malade concernant les facteurs environnementaux qui pourraient avoir favorisé lapparition du lymphome. La standardisation du recueil des données cliniques parallèlement à celui des prélèvements biologiques, permet une expertise diagnostique et la constitution dune tumorothèque annotée dynamique puisquelle comprend non seulement des données initiales mais aussi évolutives ce qui constitue une source dinformation essentielle pour des études spécifiques de tel ou tel type de lymphomes cutanés.
Maladie de Lyme : symptômes, diagnostic et traitement
La maladie de Lyme (borréliose de Lyme) est une infection bactérienne à Borrelia burgdorferi, transmise à l’homme principalement par la morsure d’une tique infestée.
Elle se manifeste le plus souvent par une rougeur circulaire caractéristique qui s’étend progressivement autour du point de morsure dans les jours à semaines suivant la piqûre.
Diagnostiquée et traitée précocement par antibiotiques, la guérison est complète dans la grande majorité des cas.
Non traitée, la maladie peut se chroniciser et entraîner des complications sérieuses touchant le cœur, le système nerveux et les articulations.
Érythème migrant : signe caractéristique de la maladie de Lyme
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« Secrets de dermatologue » :
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– Les traitements…
La transmission se fait exclusivement par la piqûre d’une tique du genre Ixodes porteuse de Borrelia burgdorferi.
La tique se contamine elle-même en piquant de petits rongeurs sauvages (mulots, campagnols), réservoirs naturels de la bactérie, puis transmet l’infection à l’homme lors d’une nouvelle piqûre.
En France métropolitaine, quasiment tout le territoire est concerné en période chaude (printemps, été, automne), avec une prévalence plus élevée dans l’Est et le Centre du pays.
Les personnes exposées sont celles qui pratiquent des activités en milieu naturel : randonnée, forêt, jardinage, chasse.
Le risque de transmission augmente avec la durée de fixation de la tique :
– en dessous de 24 heures de fixation : risque faible,
– au-delà de 72 heures : risque de contamination quasi certain.
On estime à environ 15 000 nouveaux cas par an en France. La maladie de Lyme n’est pas contagieuse entre humains.
Il existe en pharmacie des tests permettant de tester la tique retirée pour détecter la présence de Borrelia avant même l’apparition de symptômes.
Symptômes et phases de la maladie
Phase primaire : érythème chronique migrant (ECM)
La première manifestation de la maladie de Lyme est l’érythème chronique migrant (ECM) : une rougeur grossièrement circulaire, à extension centrifuge, apparaissant 3 jours à 1 mois après la piqûre, centrée sur le point de morsure.
Cette lésion en « cocarde » est pathognomonique de la maladie de Lyme : sa seule présence suffit à poser le diagnostic sans nécessiter de sérologie (trop de faux négatifs à ce stade précoce en raison d’une séroconversion tardive).
20 % des contaminations ne s’accompagnent pas d’ECM. Dans ce cas, surveiller l’apparition de signes généraux :
– fièvre, frissons,
– altération de l’état général, fatigue inhabituelle,
– céphalées,
– myalgies et arthralgies diffuses.
Aspect typique en cocarde de l’érythème migrant
Phase secondaire : dissémination bactérienne
Survenant quelques semaines à quelques mois après la phase primaire non traitée, cette phase correspond à la dissémination de Borrelia dans les liquides biologiques. Elle peut parfois régresser spontanément, mais expose à des complications :
– cutanées : poussées multiples d’ECM, lymphocytome cutané bénin (lobe de l’oreille, aréole mamelonnaire),
– neurologiques : méningite lymphocytaire, névrite crânienne, paralysie faciale périphérique, polyradiculonévrite,
– rhumatismales : monoarthrite du genou, polyarthrite.
Sans traitement, plus de 50 % des patients développeront une arthrite, environ 10 % une atteinte neurologique et environ 5 % une atteinte cardiaque (bloc auriculo-ventriculaire).
Phase tardive (tertiaire)
Survenant des mois à années après la piqûre initiale non ou insuffisamment traitée :
– dermatologique : acrodermatite chronique atrophiante de Pick-Herxheimer (peau fine, violacée, atrophique des membres),
– neurologique : encéphalopathie chronique, neuropathie périphérique,
– cardiaque : troubles de la conduction, bloc auriculo-ventriculaire.
Syndrome post-Lyme
Chez certains patients, des symptômes persistent plusieurs mois après un traitement bien conduit : fatigue chronique, myalgies, arthralgies, troubles de la mémoire et de la concentration.
Ces symptômes régressent le plus souvent spontanément.
Les données scientifiques actuelles indiquent qu’une antibiothérapie prolongée n’apporte pas de bénéfice supplémentaire par rapport à un traitement standard de 15 jours dans le syndrome post-Lyme (Berende A et coll., N. Engl. J. Med. 2016).
Dans 80 % des cas présentant ce tableau, un autre diagnostic est finalement identifié (stress, troubles du sommeil, détresse émotionnelle, autre infection chronique).
Diagnostic biologique
Quand ne pas faire de sérologie
En présence d’un érythème chronique migrant typique, le diagnostic est clinique : la sérologie est inutile et souvent faussement négative à ce stade (séroconversion tardive).
Tests validés : stratégie en deux étapes
1re étape — Sérologie (EIA ou IFA) :
Dosage des anticorps anti-Borrelia de type IgG et IgM.
– Si les signes datent de moins de 30 jours : doser IgM et IgG.
– Si les signes datent de plus de 30 jours : doser uniquement les IgG (les IgM seules positives après 30 jours sont des faux positifs, liés à des réactions croisées avec EBV, CMV).
– Si le test est négatif : arrêter les investigations. En cas de doute clinique persistant, contrôle sérologique à 1-2 semaines.
– Si le test est positif ou équivoque : passer à la 2e étape.
2e étape — Western Blot (immuno-blot) :
Plus spécifique, il confirme ou infirme un résultat positif ou douteux en sérologie.
Le diagnostic biologique est retenu uniquement si les deux tests sont positifs.
Après 30 jours, seul le Western Blot IgG est interprétable ; les IgM positives isolées en Western Blot à ce stade sont des faux positifs.
Cas particulier — neuroborréliose précoce :
En cas de signes neurologiques dans les 6 semaines suivant la morsure, la sérologie sanguine peut être négative. Il est alors recommandé de rechercher simultanément des anticorps dans le sang et dans le liquide cérébrospinal (ponction lombaire avec ELISA et recherche de synthèse intrathécale).
Tests non validés en pratique courante
– Cytométrie de flux (rapport NK57/56) : non spécifique de Lyme.
– Test de transformation lymphocytaire / Elispot Borrelia : très sensible, utilisé dans certains laboratoires spécialisés pour les formes chroniques ou précoces, mais non recommandé en routine.
– PCR du LCR, biopsie cutanée, mise en culture : réservés à la recherche.
– Recherche d’antigènes urinaires, dosage CD57, anticorps dans le liquide synovial : valeur diagnostique insuffisante.
Traitement
Après piqûre de tique sans érythème migrant : antibioprophylaxie
L’antibioprophylaxie n’est pas systématique mais peut être envisagée si :
– la tique est restée fixée plus de 36 heures,
– la durée de fixation est inconnue mais la tique est gorgée de sang,
– la personne piquée est une femme enceinte (risque de transmission au fœtus).
Protocole :
– Adulte et enfant de plus de 9 ans : Doxycycline 200 mg per os en prise unique.
– Femme enceinte et enfant de moins de 9 ans : Amoxicilline 500 mg x 3/j pendant 10 jours.
Phase primaire : érythème migrant constitué
Adulte et enfant de plus de 9 ans :
– Doxycycline per os : 100 mg x 2/j pendant 14 jours (1 à 2 mg/kg x 2/j, maximum 100 mg x 2/j),
– ou Amoxicilline per os : 1 g x 3/j pendant 14 jours.
Enfant de moins de 9 ans :
– Amoxicilline per os : 50 mg/kg/j en 3 prises (maximum 2 g/j) pendant 14 jours,
– ou Céfuroxime-axétil per os : 40 mg/kg/j en 2 prises (maximum 1 g/j) pendant 14 jours.
Polémique et évolution des recommandations en France
La prise en charge de la maladie de Lyme fait l’objet d’un débat médical et associatif important depuis plus de 15 ans en France.
Les associations de patients (France Lyme, Lyme sans frontières) contestent la fiabilité des tests diagnostiques et réclament la reconnaissance d’une forme chronique de la maladie.
En 2018, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié de nouvelles recommandations reconnaissant l’existence de « symptômes persistants non expliqués » chez certains patients, introduisant la notion de SSPT (Symptomatologie persistante polymorphe après possible piqûre de tique). Ces recommandations ont été vivement critiquées par l’Académie de médecine et plusieurs sociétés savantes.
En mai 2019, 22 sociétés savantes ont publié leurs propres recommandations réfutant l’existence d’une forme chronique de Lyme et déconseillant toute antibiothérapie prolongée, soulignant qu’un autre diagnostic est retrouvé chez 80 % des patients présentant des symptômes persistants.
Ce débat illustre la complexité diagnostique de cette maladie et l’importance d’une prise en charge pluridisciplinaire et individualisée.
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Eczéma de l’enfant (dermatite atopique) : symptômes, causes et traitement
Votre enfant a des plaques rouges et sèches qui le démangent, survenant par poussées notamment en hiver : c’est peut-être de l’eczéma atopique. Première maladie de peau de l’enfant, elle touche 15 à 20 % des nourrissons en France. Voici comment la reconnaître, la traiter et éviter les rechutes.
Poussée d’eczéma résistante ou doute sur le diagnostic ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Plaques rouges et sèches qui grattent chez l’enfant : eczéma atopique
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ECZEMA
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La dermatite atopique (ou eczéma atopique) est une maladie inflammatoire chronique de la peau, évoluant par poussées. Elle débute le plus souvent avant l’âge de 1 an et fait partie du groupe des maladies allergiques — comme l’asthme, la rhinite allergique et l’urticaire. On parle d’atopie pour désigner cette prédisposition familiale aux allergies.
L’eczéma du nourrisson commence le plus souvent vers 3 mois. Les plaques prédominent sur les joues chez le jeune enfant, puis touchent préférentiellement les plis du coude, la zone derrière les genoux et derrière les oreilles (eczéma des oreilles).
Symptômes selon l’âge
Âge
Localisation des plaques
Aspect
Évolution
0–2 ans
Joues, front, cuir chevelu, convexités des membres
Rougeur, suintement, croûtes
50% guérissent vers 2 ans
2–12 ans
Plis des coudes et genoux, poignets, cou, derrière les oreilles
Peau épaissie, très sèche, démangeaisons chroniques
Peut persister ou réapparaître à l’âge adulte
Causes de l’eczéma atopique
Ce que l’on sait avec certitude
Facteurs génétiques — 60% des parents d’un enfant atopique ont ou ont eu un signe d’atopie. On retrouve fréquemment des antécédents d’allergies dans la famille
Défaut de barrière cutanée — la peau des enfants atopiques est plus sèche et « fissurée », laissant pénétrer les allergènes et les irritants. C’est pourquoi l’hydratation régulière est un pilier du traitement
Hyperréactivité immunitaire — les enfants atopiques réagissent plus facilement aux substances de leur environnement (acariens, poils d’animaux, pollens…)
Rôle du Staphylocoque doré — la colonisation par Staphylococcus aureus sur la peau atopique aggrave l’inflammation et favorise les poussées
Augmentation de la prévalence — la dermatite atopique touche 15 à 20% des enfants en France contre 5% il y a 30 ans — rôle probable de l’environnement, de l’hygiène excessive et de la réduction de l’exposition aux agents infectieux
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PEAU SECHE
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Traitements de fond pour les formes sévères (2024-2025)
Pour les formes modérées à sévères résistant aux dermocorticoïdes, de nouvelles biothérapies sont disponibles :
Dupilumab (Dupixent®) — anticorps monoclonal anti-IL-4/IL-13, autorisé dès 6 mois en France depuis 2023. Réduit significativement les poussées et le prurit
Tralokinumab (Adtralza®) — anti-IL-13, autorisé chez l’adulte et l’adolescent dès 12 ans
Inhibiteurs de JAK (abrocitinib, upadacitinib) — pour les adultes et adolescents en échec des biothérapies
⚠️ Consultez immédiatement si votre enfant présente :
Syndrome de Kaposi-Juliusberg — petites vésicules (cloques) qui se propagent rapidement sur tout le corps chez un enfant atopique. Urgence dermatologique. Si vous avez un bouton de fièvre (herpès labial), n’embrassez pas un enfant atopique
Surinfection bactérienne (impétigo) — plaques recouvertes de pus jaune, croûtes dorées, fièvre
Œdème du visage — gonflement rapide, possible réaction allergique sévère
Kaposi-Juliusberg chez un enfant atopique — urgence dermatologique
⚠️ Consultez rapidement si :
les plaques ne disparaissent pas après une semaine de traitement bien conduit, ou si l’eczéma retentit sur le sommeil, l’humeur ou la croissance de l’enfant.
Avis du Pr Alain Taïeb — Chef du service de Dermatologie, Hôpital Saint-André, Bordeaux
Qu’a-t-on appris de nouveau sur la dermatite atopique ?
L’incidence de la dermatite atopique a augmenté ces 20 dernières années avec un gradient Nord-Sud : de 5% en Espagne à 20% en Grande-Bretagne. L’environnement joue un rôle majeur — la dureté de l’eau augmente la prévalence chez le nourrisson ; la meilleure hygiène et la réduction de la taille des familles diminuent l’exposition aux agents infectieux, ce qui pourrait favoriser une dysmaturation du système immunitaire
Le bilan allergologique n’est pas toujours indispensable dans les formes peu sévères. Des précautions simples suffisent : éviter la diversification alimentaire trop précoce (œuf, arachide), mesures anti-acariens (pas de peluches, moquettes, aspiration régulière), éviter les moisissures et les animaux domestiques
En revanche, dans les formes graves (SCORAD élevé), résistantes aux traitements ou associées à des manifestations systémiques, un bilan allergologique complet est indiqué
Dans environ 50% des cas, l’eczéma atopique du nourrisson disparaît vers 2 ans. Chez la majorité des enfants, les poussées s’espacent et diminuent vers 5-8 ans. Cependant, 30 à 40% des enfants atopiques gardent une peau sensible à l’âge adulte, avec des rechutes possibles en cas de stress, de changement de saison ou d’exposition à des irritants.
Peut-on utiliser la cortisone sur la peau d’un bébé ?
Oui, les dermocorticoïdes sont le traitement de référence des poussées d’eczéma, y compris chez le nourrisson. Utilisés correctement — en cure courte, sur les zones enflammées, à la bonne concentration selon l’âge et la localisation — ils sont sûrs et efficaces. Le risque d’effets secondaires est très faible avec une utilisation bien encadrée par un médecin. Ne pas traiter une poussée est souvent plus risqué que de traiter.
Faut-il faire un bilan allergologique pour un enfant avec de l’eczéma ?
Pas systématiquement. Dans les formes légères à modérées, des mesures d’éviction simples (acariens, animaux, savons agressifs) suffisent souvent. Un bilan allergologique est recommandé en cas d’eczéma sévère résistant aux traitements, de suspicion d’allergie alimentaire associée, ou de retentissement sur la croissance. C’est le dermatologue ou l’allergologue qui décide selon la sévérité.
L’alimentation influence-t-elle l’eczéma de l’enfant ?
Chez les nourrissons, une allergie alimentaire (lait de vache, œuf, arachide) peut aggraver ou déclencher des poussées d’eczéma — mais ce n’est pas systématique. Éviter une diversification trop précoce (avant 4 mois) est recommandé. Une éviction alimentaire ne doit jamais être faite sans bilan allergologique préalable — elle peut entraîner des carences et n’est efficace que si une allergie est prouvée.
L’eczéma est-il contagieux ?
Non. L’eczéma atopique n’est pas contagieux — ni par contact direct, ni par les vêtements. En revanche, une surinfection bactérienne (impétigo) ou virale (herpès) sur des plaques d’eczéma peut être transmise à l’entourage. C’est pourquoi il faut éviter d’embrasser un enfant atopique si l’on a un bouton de fièvre (herpès labial).
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ECZEMA
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Conseils en cas de vitiligo : comment limiter son extension au quotidien
Le vitiligo évolue en partie sous l’influence de facteurs du quotidien que l’on peut contrôler. Si les traitements médicaux permettent de repigmenter les lésions existantes, adopter les bons gestes au quotidien ralentit l’extension du vitiligo et améliore l’efficacité des traitements. Ces conseils sont simples, sans risque et font partie intégrante de la prise en charge — au même titre que la crème ou la photothérapie.
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VITILIGO
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Éviter les microtraumatismes — le phénomène de Koebner
Le vitiligo est une maladie qui peut être déclenchée ou aggravée par les traumatismes cutanés — c’est ce qu’on appelle le phénomène de Koebner : une friction répétée, un appui chronique ou une irritation de la peau peuvent provoquer l’apparition de nouvelles plaques de vitiligo précisément à l’endroit du traumatisme.
Ce phénomène est bien documenté et explique pourquoi certaines zones sont plus touchées chez des personnes ayant des activités ou des habitudes spécifiques — coudes et genoux chez les personnes qui s’appuient fréquemment, visage chez les personnes qui manipulent leurs lésions.
💡 Ce que dit le Dr Yvon Gauthier, spécialiste du vitiligo : « Il convient dans la mesure du possible de diminuer l’intensité et la fréquence des frictions sur la peau. Grâce à l’éviction des frictions, l’extension du vitiligo se ralentit et s’atténue, et les traitements médicaux sont plus efficaces. »
En pratique, diminuer les microtraumatismes a un double bénéfice : ralentir l’extension du vitiligo et rendre les traitements médicaux (photothérapie, crèmes, ruxolitinib) plus efficaces sur les lésions existantes.
Conseils pour la toilette quotidienne
La toilette est l’une des principales sources de friction quotidienne sur la peau. Quelques adaptations simples permettent de réduire significativement les microtraumatismes :
Ne pas frotter en se lavant les mains — savonner doucement sans frotter, rincer à l’eau tiède
Éviter les gants de toilette rugueux sur les zones atteintes — préférer la main ou un gant doux
Sécher par tamponnement avec une serviette douce — jamais par frottement
Éviter les produits irritants sur les zones de vitiligo — savons très parfumés, gommages, lotions alcoolisées
Hydrater quotidiennement les zones atteintes avec un émollient doux — une peau bien hydratée résiste mieux aux microtraumatismes
Ne pas manipuler ni gratter les lésions, en particulier au niveau du visage — un geste anodin répété peut déclencher de nouvelles plaques
Vêtements, appuis et activités
Au-delà de la toilette, de nombreuses situations du quotidien génèrent des frictions ou des pressions répétées sur la peau :
Éviter l’appui répété sur les coudes ou les genoux s’ils sont atteints — s’ils ne sont pas encore touchés, la précaution reste valable pour prévenir l’apparition de nouvelles lésions
Préférer des vêtements amples en matières douces (coton) sur les zones de vitiligo — les vêtements trop serrés ou synthétiques frottent à chaque mouvement
Chaussures adaptées si le vitiligo touche les pieds — éviter tout ce qui frotte ou comprime
Activités sportives : les sports générant des contacts répétés (judo, rugby, cyclisme…) peuvent aggraver un vitiligo actif. Cela ne signifie pas arrêter toute activité physique — mais protéger les zones atteintes avec des vêtements couvrants et doux
Environnement professionnel : certains travaux manuels génèrent des frictions répétées sur les mains ou les avant-bras — des gants de protection adaptés peuvent limiter les traumatismes
Le soleil et les UV — bénéfice thérapeutique et précautions
Le soleil et les UV font partie intégrante du traitement du vitiligo — ils stimulent les cellules souches mélanocytaires des follicules pileux et favorisent la repigmentation. Mais cette médaille a un revers : les zones de vitiligo, dépourvues de mélanine protectrice, sont plus sensibles aux UV et ont plus tendance à développer des cancers de la peau en cas d’exposition excessive et non contrôlée.
Exposition solaire à visée thérapeutique — les règles
L’exposition solaire n’est pas contre-indiquée dans le vitiligo — elle est même souhaitée à dose thérapeutique sous contrôle médical
Elle doit être raisonnable et progressive — jamais une exposition prolongée sans protection des zones saines
Respecter strictement les conseils du dermatologue sur la durée et la fréquence d’exposition
Savoir s’arrêter en cas d’inefficacité — une exposition prolongée sans résultat ne fait qu’augmenter le risque cutané sans bénéfice
La photothérapie en cabine (UVB à spectre étroit) reste plus contrôlée et plus sûre que l’exposition solaire libre — elle est préférable pour les traitements prolongés
Après l’exposition thérapeutique
Une fois la séance d’exposition solaire à visée thérapeutique terminée, l’application d’une protection solaire est indispensable sur l’ensemble des zones exposées — et en particulier sur les plaques de vitiligo qui restent vulnérables aux UV supplémentaires.
Protection solaire des zones de vitiligo
Les zones dépigmentées du vitiligo ne contiennent plus de mélanine — elles sont donc privées de leur protection naturelle contre les UV. Le risque de coup de soleil y est beaucoup plus élevé, et le risque de cancer cutané à long terme y est augmenté.
La protection solaire des zones de vitiligo répond à deux objectifs distincts :
Protéger la peau dépigmentée des coups de soleil et du risque carcinologique
Réduire le contraste entre zones claires et zones bronzées — une bonne photoprotection de la peau saine limite son bronzage et réduit visuellement l’aspect du vitiligo en été
Recommandations pratiques :
Crème solaire SPF 50+ sur les zones de vitiligo exposées — y compris par temps nuageux (80 % des UV passent à travers les nuages)
Vêtements couvrants sur les zones étendues — la protection vestimentaire est plus fiable que la crème seule
Chapeau et lunettes si le visage ou le cuir chevelu sont touchés
Éviter les expositions entre 11h et 16h l’été en dehors des séances thérapeutiques prescrites
Gant doux, savonnage délicat, séchage par tamponnement
Frottement, gant rugueux, produits irritants
Visage
Nettoyage doux, émollient, laisser les lésions tranquilles
Manipuler, gratter, frotter les lésions
Coudes / genoux
Protection par vêtements, coussin si nécessaire
Appui répété et prolongé sur les zones atteintes
Vêtements
Coton, matières douces, coupes amples
Synthétiques serrés, coutures abrasives sur zones atteintes
Soleil thérapeutique
Exposition progressive, durée prescrite, SPF 50+ après
Exposition prolongée non contrôlée, coups de soleil
Protection solaire
SPF 50+ sur les zones dépigmentées, vêtements couvrants
Oublier la protection des zones de vitiligo en été
Questions fréquentes
Les frictions peuvent-elles vraiment déclencher de nouvelles plaques de vitiligo ?
Oui — c’est le phénomène de Koebner, bien documenté dans le vitiligo. Un traumatisme cutané répété — friction, appui chronique, irritation — peut déclencher l’apparition de nouvelles plaques précisément à l’endroit du traumatisme, chez les personnes génétiquement prédisposées. Ce phénomène est variable d’une personne à l’autre — tous les patients vitiligo ne sont pas Koebner-positifs — mais la prudence s’impose dans tous les cas car on ne peut pas le tester simplement.
Dois-je éviter totalement le sport si j’ai du vitiligo ?
Non — l’activité physique est bénéfique pour la santé générale et ne doit pas être abandonnée. L’objectif est de limiter les frictions répétées sur les zones atteintes, pas d’arrêter toute activité. Des vêtements adaptés et couvrants protègent efficacement pendant le sport. En cas de vitiligo actif en phase d’extension rapide, il peut être judicieux de limiter temporairement les sports de contact — mais cette décision se prend en concertation avec votre dermatologue.
Le soleil est-il bon ou mauvais pour le vitiligo ?
Les deux à la fois. Le soleil stimule les mélanocytes et fait partie du traitement du vitiligo — une exposition raisonnée et progressive peut favoriser la repigmentation. Mais les zones dépigmentées sont dépourvues de protection naturelle contre les UV et sont plus vulnérables aux coups de soleil et aux cancers cutanés. La règle est simple : exposition thérapeutique contrôlée et prescrite par le médecin, suivie d’une protection solaire SPF 50+ systématique.
Faut-il mettre de la crème solaire sur les zones de vitiligo même en hiver ?
Une protection solaire quotidienne sur le visage est recommandée toute l’année pour les personnes atteintes de vitiligo facial — les UV sont présents même par temps nuageux (80 % des UV traversent les nuages) et en hiver. Pour les zones couvertes par les vêtements, la protection vestimentaire suffit en dehors de l’exposition solaire directe.
Comment réduire visuellement le contraste du vitiligo en été ?
Protéger les zones de peau saine du bronzage par une crème SPF 50+ réduit le contraste entre peau claire dépigmentée et peau bronzée. L’autobronzant appliqué sur les plaques peut aussi rapprocher leur teinte de la peau environnante. Le maquillage couvrant reste la solution la plus immédiate et la plus efficace pour les occasions particulières.
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Pour choisir une creme solaire, il faut controler plusieurs points importants qui vont déterminer la capacité de protection solaire de la crème et notamment :
IP ou SPF pour Sun Protection Factor : l’indice de protection de la creme solaire, au moins 30
L’indice de protection solaire doit etre de préférence supérieur à 30 (« protection haute »).
En effet, les tests effectués en laboratoire pour déterminer l’indice de protection d’une creme solaire, sont effectués avec des quantités de produit en général tres importantes (2mg/cm² de peau), en tout cas beaucoup plus importantes que celles que l’on s’applique habituellement sur la peau ! : on peut en pratique diviser l’indice de protection par 3 ou 4 en utilisation courante !!
Autant dire qu’une crème solaire ayant un indice inférieur à 30 (« protection haute ») protège très peu la peau du soleil en conditions d’utilisation « normales ».
Ne pas oublier les UVA
Il faut aussi savoir que cet indice de protection (IP ou SPF) concerne en général uniquement les Ultraviolets de type B (UVB), c’est-à-dire les UV qui sont responsables du coup de soleil. Or on sait que les UVA sont eux aussi néfastes pour la peau et qu’il faut aussi s’en protéger. Les UVA longs (pénétrant plus dans la peau) seraient responsables d’un tiers descancer de la peau
Vérifiez donc que la creme solaire protege aussi contre les UVA. L’idéal est que le sigle UVA soit entouré car il signifie alors que la protection UVA est conforme aux normes européennes
Creme solaire affichant le sigle UVA conforme aux normes européennes
Faites-vous plaisir!
Il existe dorénavant de nombreuse galéniques de produits solaires agréables à appliquer même dans les poils pour les hommes, non gras, ne donnant pas un aspect blanc et blafard… On peut citer parmi ceux ci les sprays, brumes sèches, laits, crèmes fluides, émulsions…
Une crème solaire quasiment invisible (photo de gauche enlumiere visible) peut quand même rendre opaque aux UV (photo de droite en ultra violet)
Attention à l’eau
Veillez à avoir un produit résistant à l’eau si vous vous baignez. Et n’omettez quand même pas d’en remettre apres chaque bain et toutes les deux heures
Il est judicieux pour les zones exposées car non protégées par les vêtements et l’ombre, de choisir des cremes solaires pour enfants car elles sont souvent moins riches en filtres chimiques et plus riches en filtres minéraux. De même, elles sont souvent exemptes de parfums pour éviter les allergies au parfum
On recommande parfois d’utiliser préférentiellement des crèmes minérales uniquement chez les enfants dans les premières années de vie pour limiter le risque d’allergie aux filtres chimiques notamment.
Il y a cependant de nombreuses controverses à ce sujet et la meilleure protection de l’enfant reste l’ombre et les vêtements couvrants. De plus un bébé de moins de 3 ans ne devrait jamais être exposé directement au soleil
Interview du Dr Christelle COMTE, dermatologue , Paris
On ne repetera jamais assez que les produits solaires ne devraient apparaître qu’en troisieme position dans les conseils de photoprotection, apres l’absence d’exposition entre 11h et 16h et la photoprotection externe (chercher l’ombre, porter des vêtements amples et couvrants… ). Quels conseils pouvez-vous donner pour le choix d’un produit solaire, en fonction du type d’exposition, du type de peau, du phototype…
J’aurais tendance à dire qu’il faut simplifier cette question des indices, afin que la photoprotection soit mieux respectée par tous. (La législation est d’ailleurs en train de changer cela, en instaurant, à la place des indices de protection, 4 grandes catégories: très haute protection, haute protection, protection moyenne, faible protection.) Pour simplifier, et compte-tenu de la quantité réellement appliquée par les patients (nettement inférieure à celle utilisée pour calculer les indices), ainsi que de leur rythme dapplication (rarement renouvelé), je préfère toujours recommander un indice maximal (SPF 50) pour tout le monde, en dehors des phototypes foncés (que l’on pourrait qualifier de « méditerranéen » et plus) qui peuvent se contenter de faibles indices de protection. En effet, le but du dermatologue n’est pas d’aider le public à se constituer un beau bronzage, mais à limiter au maximum l’irradiation solaire. Il n’y a jamais aucun inconvénient à appliquer un indice trop fort (à l’exception d’une personne d’origine africaine qui se mettrait un écran total toute l’année et qui pourrait être déficitaire en vitamine D… )
Pour les expositions extrêmes (marins, séjours en bateau, sports d’eau), et surtout chez les hommes, une photoprotection par voie interne peut être associée. La seule association de vitamines qui a fait la preuve de son efficacité (modérée) dans une étude publiée dans une revue scientifique est l’Oenobiol° solaire (NB: pas de conflit d’intérêt). Chez les femmes, il est préférable de déconseiller cette supplémentation orale de manière prolongée en raison d’un risque augmenté de développer un mélanome (HR = 4) (1)
On recommande le plus souvent l’utilisation de filtres minéraux chez les enfants. Quelles en sont les raisons? A partir de quel age peut-on utiliser des filtres chimiques ? Ces produits pénètrent-ils dans l’organisme? Quel est leur inocuité?
Ces « filtres » minéraux sont de manière plus précise appelés « écrans minéraux », pour la raison qu’ils ne transforment ou n’absorbent pas de rayonnement, mais se contentent de le réfléchir, à la manière de petits miroirs si vous préférez. Des miroirs dont le diamètre est de l’ordre du micron. Ils sont totalement inertes (ce sont des minéraux: du titane, du zinc… ), ce qui explique leur excellente tolérance et leur utilisation chez les enfants, et évite de les sensibiliser à une molécule chimique (filtre) potentiellement allergisante. Revers de la médaille: leur côté blanc, qui limite leur utilisation chez l’adulte.
Contrairement à ces écrans qui sont des bloqueurs physiques, qui protègent aussi bien des UVA que des UVB, et ne pénètrent pas dans la peau (tant qu’ils ne sont pas trop micronisés), il y a les absorbeurs chimiques (les filtres), qui sont des molécules absorbant spécifiquement dans une longueur d’onde donnée (UVA ou UVB), et qu’il faut souvent associer pour couvrir l’intégralité du spectre solaire. Les filtres chimiques sont des cosmétiques, et à ce titre peuvent s’utiliser à tout âge, et même chez la femme enceinte a priori. Toutefois, certaines questionnements se sont faits jour (en même temps que pour certains autres composants chimiques tels que les parabènes) concernant leur passage transcutané et leur inocuité. Le primum movens en a peut-être été l’observation d’une féminisation de certains poissons par conséquence de l’effet estrogénique de certains filtres solaires qui avaient contaminé leau. Chez l’homme, Il a été montré que la plupart de ces filtres ne passent pas la barrière cutanée, à l’exception de la benzophénone-3, que l’on a pu retrouver dans les urines (2). L’absorption dépend également du vecteur utilisé (les solutions alcooliques entrainent une absorption plus importante), et du site sur lequel le produit est appliqué (absorption plus importante sur le visage) (3) .
La relation melanome-crème solaire a fait l’objet de publications diverses. Que sait-on de cette relation aujourd’hui?
Il y a eu beaucoup d’études, mais certaines comportaient des biais évidents qui ont conduit à brouiller les pistes et complexifier un sujet déjà délicat.
En résumé, la suppression, par l’usage de crèmes solaires, du coup de soleil comme « sonnette d’alarme » d’une exposition trop importante, et comme facteur limitant l’exposition ultérieure, a pu être considérée comme une mauvaise chose. Cette constatation a engendré les nouvelles normes imposant un ratio entre les protections UVA et B dans les crèmes solaires : si on protège beaucoup des UVB (coup de soleil), alors il est indispensable de protéger aussi de manière puissante contre les UVA (cancérigènes à forte dose cumulée).
La conclusion de Diffey dans une méta-analyse récente (4) résume assez bien la situation à mon sens: bien que l’on n’ait pas réussi à démontrer que l’usage de crèmes solaires protège du mélanome, il serait irresponsable de ne pas encourager leur utilisation, associée au reste de l’arsenal de photoprotection, pour combattre l’augmentation croissante de l’incidence du mélanome.
De plus en plus de patients recourent aux produits solaires bio. Y a-t-il des études fiables concernant leur efficacité?
Il y a un vrai problème là-dessus, car elles n’ont effectivement pas fait la preuve de leur efficacité. Fabriquer une crème solaire est complexe et technique: il faut trouver des filtres qui couvrent l’ensemble du spectre, y compris les UVA les plus longs, il faut qu’ils soient photostables, rémanents, résistants à l’eau, compatibles ensemble et avec le vecteur, bien tolérés… et il faut que la formulation qui en résulte soit confortable, facilement étalable, transparente… C’est souvent un vrai casse-tête pour les industriels spécialistes de ces questions. Alors quand on voit par exemple une crème solaire bio se revendiquant « très haute protection » et « adaptée aux enfants », en se vantant de ne contenir que des algues, de la myrtille, de l’huile de riz et de l’amande douce, il y a de quoi bondir !!!
Meme question pour les produits solaires qui auraient une efficacité durant toute la journée?
Le seul filtre solaire à revendiquer cette propriété est le Daylong, du laboratoire SPIRIG. Là par contre, une étude sérieuse et prospective leur permet de revendiquer leur efficacité (5). J’ai pu par ailleurs constater dans mon expérience sa fiabilité chez plusieurs de mes patients lupiques ou photosensibles qui l’ont utilisé sans poussée au rythme prescrit (NB : pas de conflit d’intérêt).
Références :
1.Hercberg S et al, Antioxidant supplementation increases the risk of skin cancers in women but not in men, J Nutr. 2007 ;137:2098-105
2.Sarveiya V, Risk S, Benson HA Liquid chromatographic assay for common sunscreen agents: application to in vivo assessment of skin penetration and systemic absorption in human volunteers.J Chromatogr B Analyt Technol Biomed Life Sci. 2004 Apr 25;803(2):225-31
3.(Benson HA, Sarveiya V, Risk S, Roberts MS, Influence of anatomical site and topical formulation on skin penetration of sunscreens.Ther Clin Risk Manag. 2005 Sep;1(3):209-18
4.(Diffey BL, Sunscreens as a preventative measure in melanoma: an evidence-based approach or the precautionary principle?Br J Dermatol. 2009 Nov;161 Suppl 3:25-7.)
5.Ulrich C, Jürgensen JS, Degen A, Hackethal M, Ulrich M, Patel MJ, Eberle J, Terhorst D, Sterry W, Stockfleth E.Prevention of non-melanoma skin cancer in organ transplant patients by regular use of a sunscreen: a 24 months, prospective, case-control study. Br J Dermatol. 2009 Nov;161 Suppl 3:78-84.2010/1/13 )
L’escarre est une zone de souffrance de la peau et des tissus sous-cutanés, causée par la pression, le cisaillement et/ou le frottement sur la peau, engendrant dans un premier temps une rougeur puis une plaie de plus en plus torpide. Il s’agit d’une ischémie (manque de sang artériel) : les dommages occasionnés par l’ischémie atteignent en premier lieu les structures profondes comme le muscle, puis les tissus sous-cutanée qui sont plus sensibles à l’hypoxie que la peau elle même
Diagnostic de l’escarre
On regarde la peau particulièrement en regard des proéminences osseuses : une rougeur persistante de la peau à la vitropression traduit déjà une escarre de stade 1. De même, une décoloration de la peau, une chaleur localisée, œdème, induration plus ou moins importante, pouvant également être des indicateurs, en particulier chez les individus à peau foncée Stade 2 Ulcération superficielle : abrasion ou phlyctène Stade 3
Plaie ne dépassant pas le fascia des muscles sous-jacents Stade 4
Destruction touchant le muscle, l’os ou des structures sous-jacentes
Stades de l’escarre
Traitement de l’escarre
1/ Eviter d’autres escarres
Un patient qui a une escarre risque d’en faire d’autres. Il faut donc éviter que de nouvelles plaies apparaissent. Pour cela, les changements de position, l’utilisation de supports et la kinésithérapie sont très importants. Les règles de prévention sont dictées par la conférence de consensus :
Inspecter l’état de la peau quotidiennement au niveau des proéminences osseuses en fonction de la position du patient (sacrum, talon, trochanter, malléoles, coudes, occiput…) pour débuter tout début d’escarre
Éviter les massages sur les proéminences osseuses car il ne préviennent pas les escarres et peuvent, au contraire, entraîner des dégâts tissulaires supplémentaires. Effleurer le sacrum avec une huile peroxydée type Sanyrène®
Lit et un fauteuil adapté assortis d’un support diminuant les pressions d’appui (matelas, surmatelas, coussin) et pour éviter le contact direct des proéminences osseuses entre elles
Changer si possible de position régulièrement le patient
Trouver et éliminer les sources d’humidité excessive liées à l’incontinence, la transpiration ou les exsudats des plaies
Suppléments nutritionnels chez les patients dénutris
Rééducation en vue d’une reprise de l’autonomie et de la marche, lorsque l’état de santé du patient s’améliore et encourager ces patients à changer leurs positions eux-même s’ils le peuvent
2/ Traitement local de l’escarre
2/1/ NETTOYAGE DE LA PLAIE
Le nettoyage de la plaie se fait à l’eau du robinet (douche) ou avec du sérum physiologique. Les antiseptiques ne sont pas utilisés en routine pour nettoyer les escarres sauf si elles sont infectées pour de courtes périodes, jusqu’à ce que la plaie soit propre.
2/2/DÉTERSION
Eliminer tout le tissu mort de la plaie pour éliminer un milieu ayant tendance à s’infecter, aider à l’évaluation de la profondeur de la plaie et faciliter la cicatrisation, en utilisant ciseaux et scalpels par une infirmière compétente, ou un chirurgien. Parfois une détersion au pansement est réalisable (pansements humides).
2/3/PANSEMENTS
Maintenir un environnement humide au niveau de la plaie favorisant la cicatrisation. Les pansements varient en fonction de l’état de l’escarre
2/3/a/ L’escarre est noire et sèche :
Détersion chirurgicale / hydrogels recouverts d’un pansement occlusif ou semi-perméable comme un hydrocolloïde mince ou un film de polyuréthanne laissés en place 3 ou 4 jours, renouvelé à trois ou quatre reprises tant que la plaque noire n’est pas ramollie, puis utilisation de l’hydrocolloïde sans l’hydrogel ou si la plaie est fibrineuse et exsudative, remplacer l’hydrocolloïde par un alginate ou une hydrofibre plus absorbants.
2/3/b/ L’escarre est noire et humide ou recouverte de fibrine jaune :
Hydrocolloïde laissé en place plusieurs jours sauf si la plaie est trop exsudative et/ou infectée (placard inflammatoire autour de la plaie, augmentation de la douleur, apparition d’une lymphangite, d’une fièvre, d’un syndrome inflammatoire et d’une hyperleucocytose) : alginate ou hydrofibre ou pansement au charbon activé refaits tous les jours au début, puis tous les deux jours puis repasser à un hydrocolloïde.
2/3/c/ L’escarre est rouge et bourgeonnante :
Hydrocolloïdes ou hydrocellulaires pouvant être espacés de 5 à 7 jours. Si les bourgeons sont exubérants, friables, sensibles, saignant au contact et empêchant l’épithélialisation, il faut recourir quelques jours à la cortisone (Corticotulle®, Diprosone crème®).
Eczéma des mains : causes, formes cliniques, traitements et conseils pratiques
La main est en première ligne face aux agressions du quotidien et du travail : eau, détergents, solvants, allergènes professionnels, produits cosmétiques. Pas étonnant que l’eczéma des mains soit la première cause de consultation en dermato-allergologie, avec une prévalence estimée à 10 % de la population générale et jusqu’à 30 % dans certaines professions exposées.
Sa chronicité, ses multiples formes cliniques et l’intrication fréquente entre allergie, irritation et terrain atopique en font l’une des dermatoses les plus complexes à prendre en charge — et l’une de celles qui altèrent le plus profondément la qualité de vie professionnelle et personnelle.
Mains abîmées : eczéma ? La palpation oriente souvent vers le diagnostic avant la vue.
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— Les causes et les traitements…
L’eczéma des mains résulte le plus souvent de l’intrication de plusieurs mécanismes — allergie de contact, irritation chronique, terrain atopique — qui se potentialisent mutuellement. Identifier et hiérarchiser ces facteurs est l’enjeu clé de la consultation.
Allergie de contact :
Mécanisme d’hypersensibilité retardée de type IV : après une phase de sensibilisation silencieuse, tout nouveau contact avec l’allergène déclenche l’eczéma en 24 à 72 heures. La sensibilisation peut survenir après des années d’utilisation sans problème — ce qui déroute souvent les patients.
Irritation chronique :
L’eau, les détergents, les solvants, le froid et l’air sec altèrent la barrière cutanée et aggravent toute tendance à la peau sèche, facilitant la pénétration des allergènes. Un lavage des mains excessif peut, à lui seul, entretenir un eczéma chronique sans allergie documentée.
Terrain atopique :
Les personnes ayant un antécédent d’eczéma atopique, d’asthme ou de rhinite ont une barrière cutanée structurellement fragilisée, les rendant plus vulnérables aux irritants et aux sensibilisants — notamment sur des mains sèches.
Allergènes les plus fréquents
Caoutchoucs :
Les agents de vulcanisation (thiuram-mix, mercapto-mix, carbamates, mercaptobenzothiazole) touchent les professionnels utilisant des gants en caoutchouc (soignants, restauration, industrie agroalimentaire).
Métaux :
Le nickel est le chef de file (allergie au nickel — métallurgie, pièces de monnaie). Le chrome et le cobalt sont fréquents dans la métallurgie, le ciment (eczéma au ciment), les colorants textiles et le tannage des cuirs.
Biocides :
Isothiazolinones et dérivés dans les produits ménagers et hospitaliers (peintres, agents de nettoyage, soignants). Formaldéhyde, quaternium, glutaraldéhyde dans les antiseptiques hospitaliers — fréquence accrue lors des épidémies nécessitant une hygiène des mains renforcée, comme lors du coronavirus.
Produits de coiffure :
La paraphénylènediamine (PPD) des teintures reste l’une des grandes causes d’eczéma professionnel des mains chez les coiffeurs. S’y ajoutent les thioglycolates (permanentes), le persulfate d’ammonium (décoloration) et les acrylates (onglerie). Ces eczémas bruyants aboutissent dans la grande majorité des cas à un reclassement professionnel.
Végétaux :
Colophane, lactones sesquiterpéniques, baume du Pérou — fréquents chez les fleuristes, jardiniers, horticulteurs, agriculteurs et travailleurs du bois, mais aussi des bricoleurs amateurs.
Protéines :
Initialement décrits chez les professionnels de l’alimentation, les eczémas aux protéines se caractérisent par une rougeur et un gonflement immédiat de type urticaire, suivi 24 à 48 heures plus tard d’un eczéma vésiculeux évoluant vers un eczéma chronique du dos des mains et des doigts. Allergènes en cause : fruits et légumes, poissons, laitages, viandes.
Vésicules profondes « en grain de sagou », translucides, extrêmement prurigineuses, siégeant sur les bords des doigts, les paumes et les plantes. Elles évoluent par poussées, laissant une desquamation caractéristique.
Allergènes orienteurs : baume du Pérou, PPD, nickel et autres métaux (cobalt, chrome) — parfois même pris par voie orale.
Dyshidrose profuse : vésicules en grain de sagou sur les bords des doigts
Le pompholyx
Éruption vésiculeuse et/ou bulleuse d’apparition rapide, sans érythème de fond, suivie d’une desquamation durant 2 à 3 semaines. Le pompholyx survient par poussées distinctes et peut être déclenché par la chaleur, le stress ou l’ingestion d’allergènes (nickel alimentaire).
L’eczéma vésiculo-bulleux chronique
Forme de dyshidrose ne guérissant pas, évoluant souvent vers des fissures douloureuses et un épaississement progressif de la peau des mains.
La dermatose hyperkératosique des paumes
Plaques rouges épaisses et fissurées au centre des paumes, touchant surtout les hommes de 40 à 60 ans. Souvent multifactorielle : allergie de contact + irritation chronique + traumatismes répétés (bricolage). Diagnostic différentiel difficile avec un psoriasis des mains — la biopsie et la dermoscopie aident à trancher.
En dermoscopie, la plaque d’eczéma chronique lichénifié des mains montre des vaisseaux en points regroupés en amas sur fond rouge, et des squames jaunâtres.
Dermoscopie : vaisseaux en points et squames jaunes — eczéma chronique lichénifié
La pulpite fissuraire
Fissures douloureuses de la pulpe des doigts, extrêmement invalidantes. Deux orientations diagnostiques importantes :
– Pulpite de la main controlatérale chez un droitier → évoquer un eczéma à l’ail (manipulation d’ail cru avec la main non dominante),
– Pulpite de la main directrice → orienter vers la manipulation d’un objet allergisant ou une allergie au nickel.
Pulpite fissuraire : fissures douloureuses de la pulpe des doigts
Éruption vésiculeuse explosive, comme lors d’un eczéma au ciment ou d’une allergie brutale à un antiseptique appliqué sur une plaie.
Eczéma aigu de la mainEczéma aigu vésiculeux de la main autour d’une plaie : allergie de contact à un antiseptique ou un pansement ?
Diagnostic : interrogatoire, patch tests et dermoscopie
Il n’y a pas toujours d’allergie documentée dans l’eczéma des mains — c’est souvent la conjonction d’une peau sèche et de contacts répétés avec des irritants qui explique la situation. La consultation dermatologique est indispensable pour hiérarchiser les facteurs.
L’interrogatoire : les indices clés
– Date de début et évolution : un changement de poste ou de métier coïncidant avec le début de l’eczéma est très orienteur,
– amélioration pendant les vacances : argument le plus fort en faveur d’une origine professionnelle,
– localisation précise : dos des mains (gants), paumes (irritation ou psoriasis), pulpe des doigts (manipulation d’objets),
– loisirs, bricolage, jardinage, traitements topiques appliqués sur les mains,
– antécédent d’allergie aux bijoux (nickel), aux teintures capillaires (PPD),
– atteinte conjointe des paupières → évoquer des allergènes aéroportés.
Les patch tests (tests épicutanés)
En cas de poussées répétées sans cause évidente, le dermatologue propose des tests allergologiques épicutanés (patch tests) : application dans le dos de sparadraps contenant différents allergènes standardisés, retirés à 48 heures. Lecture à 48 h puis à 72-96 h — certains allergènes (corticoïdes, néomycine) ne positivent qu’à 7 jours : une relecture tardive peut être nécessaire.
La batterie standard européenne explore les allergènes les plus fréquents. Des batteries complémentaires (coiffure, acrylates, cosmétiques, végétaux) sont ajoutées selon le contexte professionnel.
Eczéma chronique des mains : reconnaître et prendre en charge
On définit l’eczéma chronique des mains comme une dermatose évoluant depuis plus de 3 mois consécutifs ou récidivant à raison d’au moins 2 épisodes par an, avec plusieurs facteurs intriqués :
– allergie de contact,
– irritation chronique,
– atopie,
– barrière cutanée fragilisée.
En phase aiguë, l’eczéma est souvent vésiculeux, suintant, prurigineux. En dehors des poussées, la peau est épaissie, fissurée, et les douleurs nocturnes peuvent altérer le sommeil.
Dermite irritative des mains
Peau sèche, squameuse, épaissie et fissurée, prédominant sur le dos des mains et les doigts. Fréquente en cas de manipulation de substances chimiques irritantes, de produits ménagers, de substances animales ou végétales.
Nouveaux traitements de l’eczéma chronique sévère des mains
Deux options thérapeutiques importantes ont enrichi l’arsenal depuis 2021-2023 :
Alitrétinoïne (Toctino®) : rétinoïde systémique disposant d’une AMM spécifique dans l’eczéma chronique sévère des mains résistant aux dermocorticoïdes chez l’adulte. Posologie habituelle : 30 mg/j pendant 12 à 24 semaines. Contraception obligatoire chez la femme en âge de procréer (tératogène). Surveillance lipidique et hépatique.
Delgocitinib topique (Anzupgo®) : premier inhibiteur pan-JAK topique disponible en accès direct en pharmacie hospitalière pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère, chez les adultes pour lesquels les dermocorticoïdes sont inadéquats ou inappropriés. 2 applications par jour. Éviter sur peau infectée.
Le traitement repose sur quatre axes complémentaires, à adapter selon la forme clinique et la sévérité.
Éviction de l’allergène ou de l’irritant :
Mesure la plus efficace et incontournable. Port de gants en coton sous les gants de protection. Substitution professionnelle si nécessaire. Sans éviction, aucun traitement ne permet une guérison durable.
Dermocorticoïdes :
Classe I (propionate de clobétasol) sur les paumes et les plantes. Classe II-III sur le dos des mains. En cure courte sur poussée aiguë. Sous occlusion nocturne (film plastique alimentaire) pour les formes hyperkératosiques très épaisses. Ne pas utiliser sur les zones infectées.
Antihistaminiques :
Cétirizine ou loratadine pour le prurit diurne. Hydroxyzine (Atarax®) le soir pour les formes très prurigineuses nocturnes. Ils ne traitent pas l’inflammation mais soulagent les démangeaisons.
Émollients :
Plusieurs applications quotidiennes, notamment après chaque lavage des mains sur peau encore légèrement humide. Crèmes sans parfum ni conservateurs allergisants. Réduisent l’irritation et restaurent la barrière cutanée. Une simple crème hydratante, bien choisie et appliquée régulièrement, peut transformer l’évolution d’un eczéma irritatif.
Conseils pratiques quotidiens :
Limiter les lavages des mains au strict nécessaire. Un rinçage à l’eau claire suffit dans de nombreux cas. Utiliser un savon surgras sans parfum. Sécher par tamponnement, jamais par friction. Éviter les gants en latex (caoutchouc allergisant) — préférer les gants en nitrile ou vinyl avec sous-gant en coton.
Questions fréquentes
J’ai de l’eczéma sur le dos des mains et les jointures, pas du tout sur la paume. Je me lave souvent les mains pour mon travail. Que faire ?
Ce tableau oriente fortement vers une dermite irritative par lavages excessifs plutôt qu’une allergie vraie — le dos des mains étant plus exposé que les paumes. La piste à explorer : réduire les lavages au strict nécessaire (un rinçage à l’eau claire suffit souvent), utiliser un savon surgras sans parfum, appliquer un émollient après chaque lavage. Si pas d’amélioration après 3 à 4 semaines malgré ces mesures, des patch tests s’imposent pour exclure une allergie surajoutée.
Mon eczéma des mains disparaît pendant les vacances mais revient dès la reprise du travail. Est-ce forcément une allergie professionnelle ?
L’amélioration systématique pendant les congés est l’argument le plus fort en faveur d’une origine professionnelle — allergie ou irritation chronique liée aux conditions de travail. Ce constat justifie une consultation dermatologique avec patch tests incluant les produits manipulés au travail. Un eczéma professionnel reconnu peut être déclaré en maladie professionnelle (tableaux 65 et 66 du régime général) avec prise en charge spécifique.
Quelle différence entre eczéma et psoriasis des mains ?
La distinction peut être difficile cliniquement. L’eczéma est plus prurigineux, vésiculeux en phase aiguë, avec desquamation fine. Le psoriasis des mains donne des plaques bien délimitées avec squames blanches sèches, souvent associées à des ongles ponctués ou déformés et à d’autres localisations psoriasiques. La dermoscopie et la biopsie cutanée tranchent en cas de doute persistant.
L’alitrétinoïne est-elle réservée aux cas très graves ?
L’alitrétinoïne (Toctino®) est indiquée dans les eczémas chroniques sévères des mains résistant aux dermocorticoïdes et ayant un retentissement significatif sur la vie quotidienne ou professionnelle. Elle n’est pas réservée aux cas extrêmes mais nécessite une contraception obligatoire chez la femme, une surveillance biologique régulière (bilan lipidique, hépatique) et une information sur les effets secondaires habituels des rétinoïdes.
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— Les routines quotidiennes
— Les facteurs de vie à améliorer
— Les causes et les traitements…
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HERPES
« Secrets de dermatologue » :
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– Les causes
– Les traitements…
Les Herpes viridae ont pour particularité de loger dans les nerfs qui innervent le site d’innoculation, dy » dormir » et de se » réveiller » lors de certaines situations.
On distingue de nombreux types d’Herpes viridae. Nous nous intéressons aux types » Virus Herpes Simplex » et » Virus Varicelle Zona »
Les Virus Herpes Simplex
se transmettent par contact direct. Ils donnent l’herpes à proprement parler. Celui-ci peut siéger :
Il est considéré comme une Maladie sexuellement Transmissible (MST). Il convient donc deffectuer un bilan de MST (examen complet, sérologies ).
Après la première contamination, pouvant passer inaperçue ou être au contraire douloureuse et donner un tableau dinfection profuse de la bouche ou de la zone génitale, ils peuvent récidiver (généralement lors d’une fatigue, dune exposition au soleil ) et sont souvent précédés de picotements.
Les Virus Zona Varicelle
Les virus Zona-Varicelle se transmettent par voie respiratoire. La première contamination, le plus souvent pendant lenfance donne la varicelle. Le virus » dort » ensuite dans les nerfs. Il peut récidiver en donnant un Zona, souvent très douloureux et grave au niveau des yeux. Voir la fiche sur le zona
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HERPES
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Une folliculite est une inflammation du follicule pileux — la structure cutanée qui produit le poil. Le plus souvent infectieuse, elle est causée par des bactéries (Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa) ou des champignons. Elle se manifeste par des petites pustules rouges centrées sur un poil, parfois douloureuses. Elle peut toucher toutes les zones poilues du corps : visage (barbe), paupières, cou, cuisses, cuir chevelu, dos, fesses. Elle a tendance à récidiver en cas de facteurs favorisants non corrigés (rasage, épilation, macération, frottement).
La folliculite typique se manifeste par des pustules jaune-verdâtre centrées sur un poil, entourées d’un halo rouge inflammatoire. Elles peuvent être isolées ou multiples, regroupées sur une zone ou dispersées.
La pustule évolue en 5 à 7 jours vers une croûte qui tombe sans laisser de cicatrice — sauf en cas de manipulation, qui peut transformer la folliculite superficielle en folliculite profonde (voir notre article sur le furoncle).
⚠️ Ne jamais manipuler ni percer les lésions de folliculite. La majorité des complications graves (furoncle, abcès, lymphangite) surviennent après manipulation. En cas de lésion douloureuse, chaude, qui grossit, ou de fièvre associée, consultez sans délai.
Formes particulières de folliculite
Folliculite du cuir chevelu
Pustules et croûtes douloureuses sur le cuir chevelu, provoquant des boutons dans le cuir chevelu. En cas de folliculite profonde (folliculite décalvante), une alopécie cicatricielle définitive peut survenir — une prise en charge spécialisée rapide est indispensable.
Folliculite de la barbe (sycosis)
Forme très fréquente, favorisée et aggravée par le rasage mécanique répété. Les pustules se regroupent en plaques dans la zone de barbe. Il est recommandé de passer à la tondeuse électrique (sans raser à ras) et d’utiliser des mousses à raser antiseptiques. Voir nos articles sur les rougeurs de la barbe et les boutons après rasage.
Folliculite des fesses
Forme fréquente siégeant sur la convexité des fesses, sous les sous-vêtements, favorisée par la macération et les frottements. Voir notre article dédié aux boutons et folliculites des fesses.
Folliculite du jacuzzi (Pseudomonas aeruginosa)
Forme épidémique observée après utilisation de jacuzzis, piscines contaminées ou combinaisons de surf/plongée mal entretenues. Se manifeste par de grosses pustules disséminées sur le dos et le tronc, apparaissant 8 à 48 heures après exposition. Les formes légères régressent souvent spontanément ; les formes étendues nécessitent des antibiotiques actifs contre Pseudomonas (ciprofloxacine).
Causes de la folliculite
Folliculite bactérienne
Les bactéries constituent la cause la plus fréquente. Le follicule pileux est un microenvironnement riche en sébum et pauvre en oxygène, très favorable au développement du Staphylococcus aureus (staphylocoque doré), responsable de la majorité des folliculites bactériennes. Elles sont souvent associées à d’autres infections staphylococciques : impétigo, panaris, perlèche. Les pansements occlusifs et la macération sont des facteurs favorisants reconnus.
Folliculite mycosique (champignons)
Trois types de champignons peuvent infecter le follicule. Les dermatophytes provoquent des folliculites de la barbe en plaques mal limitées, notamment après contact avec des bovins — un traitement antifongique oral est indispensable. Malassezia (pityrosporon) est responsable de folliculites prurigineuses du dos des hommes jeunes ou des jambes des femmes qui s’épilent (voir boutons après épilation). Enfin, Candida provoque des folliculites douloureuses, notamment du cuir chevelu, chez les sujets immunodéprimés — voir notre article sur les candidoses.
Folliculite aseptique (non infectieuse)
La folliculite à éosinophiles (maladie de Ofuji) est rare. Elle survient chez les patients immunodéprimés (VIH notamment), se manifeste par des papulopustules chroniques et récidivantes du visage et du tronc, et nécessite une prise en charge spécialisée.
Le traitement dépend de la cause identifiée par le dermatologue après examen clinique, et si nécessaire après prélèvement bactériologique ou mycologique.
Folliculite bactérienne à staphylocoque
Dans les formes peu étendues : antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 2 à 4 applications quotidiennes pendant 10 jours. Dans les formes étendues ou récidivantes : antibiotiques oraux (pristinamycine, clindamycine selon l’antibiogramme). Pour les porteurs chroniques, voir comment soigner le staphylocoque doré.
Folliculite mycosique
Antifongiques locaux (kétoconazole, ciclopirox) ou oraux (itraconazole, terbinafine) selon l’agent et l’étendue. Un prélèvement mycologique préalable est recommandé pour confirmer le diagnostic et guider le traitement — voir notre article sur les mycoses.
💡 Ne jamais appliquer de corticoïdes (cortisone) ni d’anti-inflammatoires non stéroïdiens sur une folliculite infectieuse. Ces médicaments masquent les signes d’aggravation et permettent à l’infection de s’étendre en profondeur silencieusement.
Le traitement des facteurs favorisants est aussi important que le traitement médicamenteux lui-même. Sans leur correction, les récidives sont inévitables.
Il convient de limiter la macération en portant des sous-vêtements en coton et en évitant les textiles synthétiques serrés, de sécher soigneusement les plis et les espaces inter-orteils après la douche.
Concernant le rasage et l’épilation, il faut raser dans le sens du poil, éviter de raser trop ras, exfolier avant l’épilation et utiliser des lames propres — voir notre article sur la prévention des poils incarnés. Les instruments (rasoirs, épilateurs, pinces) doivent être nettoyés et désinfectés régulièrement.
Pour les utilisateurs de jacuzzis, il est essentiel de vérifier régulièrement le taux de chlore et le pH pour prévenir la contamination à Pseudomonas.
Enfin, il ne faut jamais manipuler ni exprimer les lésions — la majorité des complications surviennent après manipulation. Voir aussi les infections des poils.
Penser à être à jour pour le vaccin antitétanique, car une plaie cutanée peut être la porte d’entrée du tétanos.
Le médecin peut prescrire en cas de folliculite à staphylocoque une « désinfection des gites de portage » par application d’une crème antibiotique dans le nez, lavage du corps et des mains à la solution antiseptique…
Comment distinguer une folliculite d’un bouton d’acné ?
Les deux donnent des pustules, mais la folliculite est centrée sur un poil visible et survient sur des zones poilues après rasage, épilation ou macération. L’acné touche préférentiellement le visage, le décolleté et le dos, comprend des comédons (points noirs/blancs) absents dans la folliculite, et survient indépendamment du rasage. Un dermatologue confirme le diagnostic.
La folliculite est-elle contagieuse ?
La folliculite à staphylocoque peut se transmettre par contact direct avec les lésions ou par des objets contaminés (serviettes, rasoirs partagés). Les folliculites mycosiques sont moins contagieuses. La folliculite du jacuzzi se transmet par l’eau contaminée — tout le groupe exposé peut être atteint simultanément.
Quand faut-il consulter un médecin ?
En cas de lésion douloureuse, chaude et qui grossit (furoncle en formation), de fièvre, de traînée rouge remontant depuis la lésion (lymphangite), de lésions multiples qui s’étendent rapidement, ou d’absence d’amélioration après 10 jours d’antiseptiques locaux. Une folliculite du visage, du cou ou du cuir chevelu justifie toujours une consultation rapide.
Peut-on soigner une folliculite sans antibiotiques ?
Oui, dans la majorité des cas. Les folliculites superficielles peu étendues guérissent avec des antiseptiques locaux (chlorhexidine, hexamidine) en 7 à 10 jours, sans antibiotiques. Ces derniers sont réservés aux formes étendues, profondes, récidivantes ou survenant chez les immunodéprimés.
Pourquoi ma folliculite récidive-t-elle ?
Les récidives sont souvent dues à des facteurs favorisants non corrigés (rasage traumatique, macération, textiles synthétiques), à un portage chronique de staphylocoque au niveau du nez, de la gorge ou de l’aine, ou à un terrain favorisant (diabète, immunodépression). Un bilan médical permettra d’identifier la cause. La recherche d’un portage de Staphylococcus aureus par prélèvements nasaux et une décontamination ciblée sont parfois nécessaires.
La folliculite peut-elle laisser des cicatrices ?
La folliculite superficielle non manipulée guérit sans séquelles. En revanche, les folliculites profondes (furoncle, folliculite décalvante) peuvent laisser des cicatrices déprimées, voire une alopécie cicatricielle définitive au niveau du cuir chevelu. C’est pourquoi il ne faut jamais manipuler les lésions.
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MELANOME
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
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– Les causes
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Le meilleur élément pronostique du mélanome est sa découverte précoce . Le médecin va évaluer les facteurs pronostiques qui conditionneront son traitement
Pronostic du mélanome
Le pronostic du melanome est determine par plusieurs elements parmi lesquels on peut citer :
L’epaisseur, determinee par les indices de Breslow et de Clark
L’ulceration
Les signes de regression…
Voir l’article sur le mélanome pour en savoir plus sur les éléments pronostics
J’ai un mélanome, que faire ?
Enlever le mélanome
Dans la très grande majorité des cas, son diagnostic nécessite de l’enlever en totalité et ceci permet d’établir un élément essentiel : la profondeur du melanome malin.
Stades de profondeur du mélanome
En fonction de celle-ci, on décide souvent de reprendre l’ablation, cest-à-dire d’enlever plus largement la cicatrice restante.
Marges d’exérèse selon l’épaisseur de Breslow :
Mélanome in situ = 0,5 cm
0-1 mm = 1 cm
1,01-2 mm = 1-2 cm
2 mm = 2 cm
Mélanome de Dubreuilh non invasif : Marge de 1 cm recommandée. En cas d’impossibilité, une marge de 0,5 cm est acceptable (nécessité dun contrôle histologique strict des berges )
Chercher d’autres mélanomes ou des métastases
On cherche ensuite des lésions ailleurs afin de déterminer l’extension du mélanome malin:
Un autre mélanome ou des lésions secondaires par un examen attentif de tout le corps
Souvent, on pratique des examens radiologiques (radiographie, échographie , recherche de ganglion sentinelle pour les mélanomes de plus de 1mm de Breslow, à discuter en Réunion de Consultation Pluridisciplinaire)
Et les traiter
On détermine ensuite en fonction de ces données si un traitement complémentaire est nécessaire: nécessité d’enlever un autre mélanome, une lésion secondaire cutanée, ganglionnaire / décision d’immunothérapie, de chimiothérapie …
Un élément essentiel est la surveillance régulière par un médecin et par soi-même qui se fait en général à vie.
Surveillance médicale
Suivi des mélanomes stades IA (T1a) et IB (T1b et T2a)
– Un suivi clinique complet (notamment de tout le tégument et des aires ganglionnaires) seul avec 2 visites par an pendant 3 ans, puis annuel à vie.
– Auto – dépistage d’un nouveau mélanome et à l’autodétection d’une récidive.
– Un rappel des conseils de photo protection.
Suivi des mélanomes de stades IIA (moins de 2mm avec ulcération) et IIB
– Un suivi clinique complet, notamment de tout le tégument et des aires ganglionnaires avec 2 à 4 visites par an pendant 3 ans, puis annuel à vie.
– Autodépistage d’un nouveau mélanome et autodétection d’une récidive. – Le rappel des conseils de photo protection
– Une échographie ganglionnaire de l’aire de drainage tous les 3 à 6 mois pendant 3 ans. Il n’y a pas d’indication à une autre imagerie en l’absence de point d’appel clinique.
Auto surveillance à vie
Pratiquez l’auto surveillance régulière (recherche de modification de grain de beauté, d’apparition de tache, de boule sur la peau… )
Examinez votre peau une fois par trimestre selon la méthode d’auto-examen cutané suivante (source : HAS 2006) :
Étape 1 : l’examen direct Examiner à l’il nu les paumes de ses mains et pieds, ses ongles, ses doigts et ses espaces entre les doigts des mains et des pieds, la face avant de ses bras et avant-bras, ses cuisses et ses jambes.
Étape 2 : l’examen avec miroir en pied Se placer devant un miroir en pied vertical et examiner sa peau de haut en bas. Puis tourner vers le miroir le côté gauche puis le côté droit de votre corps, les bras levés à la verticale.
Étape 3 : l’examen avec miroir à main Pour les zones de peau non accessibles à la vue, s’aider d’un miroir à main. Assis sur un tabouret, élevez chaque jambe pour examiner la face interne, externe et postérieure du mollet et de la cuisse. La face postérieure des bras, de la nuque, du dos, le cuir chevelu et la région génitale seront aussi examinées à l’aide du miroir à main. Vous pouvez également demander l’aide d’une personne de son entourage.
Points clés :
Le mélanome est un cancer de la peau formé à partir des mélanocytes (cellules qui pigmentent la peau)
Le facteur pronostique le plus important d’un mélanome est sa découverte précoce
En cas de diagnostic de mélanome, le médecin procède généralement à une reprise d’ablation plus au large, un examen de tout le corps et un bilan d’extension. en fonction de ces données, un traitement secondaire peut être proposé (immunothérapie, recherche de ganglion sentinelle, curage, chimiothérapie… )
Ensuite, une surveillance régulière est proposée au patient
En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau
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MELANOME
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Les poux et la gale sont des parasites de la peau dus à une infestation de l’homme par des parasites. Ils se transmettent par contact avec une personne atteinte. Ils sont principalement responsables de démangeaisons dans les zones infestées.
Les poux sont dus a des parasites appelés pediculus. Le traitement des poux est parfois difficile car de nombreux pediculus sont devenus resistants aux traitements anti-poux. Il est donc fréquent d’observer des récidives apres un traitement contre les poux.
La gale est due a un parasite appelé sarcoptes scabei. Le traitement de la gale est lui aussi fréquemment suivi de récidives dues à une réinfestation.
La couleur rouge-violacée qui caractérise souvent les vergetures lors de leur apparition disparaît progressivement en plusieurs mois — c’est l’évolution naturelle de la phase inflammatoire vers la phase cicatricielle.
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VERGETURES
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Un traitement simple et accessible consiste à masser les vergetures à la manière d’un « palper-rouler » — 5 minutes par jour.
Le but est de pétrir doucement la peau afin de stimuler la production des fibres collagènes et élastiques en profondeur. Cette technique donne souvent des résultats satisfaisants au bout de quelques mois — résultats visibles sur la texture, le relief et la coloration des vergetures récentes.
💡 Pour les techniques de prévention, les traitements médicaux (trétinoïne, laser, micro-needling) et le comparatif complet des options disponibles, voir la page vergetures — causes, prévention et traitements.
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VERGETURES
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Comment se protéger du soleil : les bons gestes pour protéger sa peau
Il suffit de très peu de soleil pour en tirer des bénéfices — synthèse de vitamine D, régulation de l’humeur — mais tout le reste des expositions est délétère pour la peau. Les effets du soleil sur la peau s’accumulent tout au long de la vie : vieillissement prématuré, taches, et surtout risque de cancer cutané dont le mélanome. La bonne nouvelle : une protection solaire bien conduite réduit drastiquement ces risques — à condition de connaître les pièges à éviter et les gestes qui protègent vraiment.
Tout le monde est concerné par la protection solaire, mais certains profils nécessitent une vigilance particulièrement stricte :
Les enfants et les adolescents
L’exposition au soleil avant 20-30 ans — et a fortiori les coups de soleil durant cette période — est l’un des facteurs de risque majeurs de cancer de la peau, y compris le mélanome qui peut survenir des décennies plus tard. La peau de l’enfant est plus fine et ses mécanismes de défense immatures. La protection doit être maximale et systématique dès le plus jeune âge. → Voir les conseils spécifiques pour protéger les enfants du soleil.
Les phototypes clairs
Les personnes à peau claire, cheveux roux ou blonds, yeux clairs, et qui font facilement des coups de soleil sans bronzer (phototypes I et II) disposent de moins de mélanine protectrice. Leur risque de mélanome et de cancers cutanés est significativement plus élevé — leur protection doit être particulièrement rigoureuse toute l’année.
Les porteurs de grains de beauté
Les personnes ayant de nombreux grains de beauté, ou des naevus atypiques, présentent un risque accru de mélanome. La protection solaire doit être très stricte sur l’ensemble du corps, et un suivi dermatologique annuel est indispensable.
Les pièges à éviter — idées reçues dangereuses
« Les nuages protègent du soleil »
Faux. Un ciel voilé laisse passer environ 80 % des UV. Les ultraviolets traversent les nuages, la brume et le voile atmosphérique. Il ne faut pas se fier à l’absence de soleil visible et se protéger autant par temps couvert que par grand soleil.
« Ce n’est pas chaud, donc ce n’est pas dangereux »
Faux. Ce ne sont pas les infrarouges (chaleur) qui brûlent la peau, mais bien les UV — présents même par temps froid, venteux ou lors d’activités en mouvement (vélo, randonnée, ski). En altitude, les UV sont encore plus intenses car filtrés sur une moindre épaisseur d’atmosphère.
« La réverbération, c’est surtout à la mer »
La réverbération — retransmission des UV par les surfaces claires — est significative dans de nombreux environnements :
Neige : réverbère jusqu’à 80 % des UV — risque de brûlure intense en montagne, même par ciel couvert
Sable : réverbère environ 20 % des UV
Eau : réverbération variable mais significative
Rester à l’ombre sous un parasol à la plage ne suffit pas — la réverbération du sable expose les zones non couvertes.
« L’ombre d’un arbre protège bien »
Insuffisamment. L’ombre d’un mur plein protège nettement mieux que l’ombre d’un arbre ou d’un parasol, qui filtrent incomplètement les UV directs et ne bloquent pas la réverbération.
Les bons gestes de protection solaire
Éviter l’exposition directe aux heures critiques
Éviter autant que possible toute exposition directe au soleil entre 11h et 16h l’été — la période où les UV sont les plus intenses. En dehors de ces heures, l’exposition reste à doser avec précaution.
Chercher l’ombre stratégique
Privilégier les zones ombragées pour toutes les activités de plein air. L’ombre d’un mur ou d’un bâtiment reste la meilleure protection physique contre les UV directs — supérieure à l’ombre végétale ou au parasol.
Les vêtements — première ligne de défense
Les vêtements constituent la protection solaire la plus efficace et la plus fiable. Quelques règles :
Chapeau à large bord — protège le visage, les oreilles, le cou et la nuque. Supérieur à la casquette qui ne couvre pas les côtés.
Vêtements amples et couvrants à manches longues — préférer le pantalon au short
Textiles anti-UV (UPF 50+) — particulièrement recommandés pour les activités de plein air prolongées et les sports nautiques
À la plage : lycra anti-UV SPF 50 — un t-shirt classique en coton mouillé voit ses mailles s’élargir et protège beaucoup moins
Protéger les yeux
Les yeux sont aussi vulnérables aux UV que la peau — cataracte, dégénérescence maculaire et cancers de la conjonctive sont liés aux expositions cumulatives. Porter des lunettes de soleil de classe de protection ≥ 3, enveloppantes pour protéger également les côtés.
La crème solaire — un complément, pas une solution unique
La crème solaire doit être considérée comme un complément aux protections physiques (vêtements, ombre, comportement) — et non comme une autorisation de s’exposer davantage. Elle ne couvre que les zones que les vêtements ne peuvent pas protéger.
Efficacité de la crème solaire en ultraviolet — la peau est opaque aux UV
Comment bien appliquer la crème solaire
Application 30 minutes avant l’exposition — pour laisser le temps aux filtres de se fixer sur la peau
Renouveler 30 minutes après le début de l’exposition — la première application est souvent insuffisante
Renouveler après chaque bain ou séchage à la serviette
Renouveler toutes les 2 heures en cas d’exposition prolongée
Ne pas oublier les zones souvent oubliées : oreilles, nuque, pieds, dessus des mains, lèvres
Protection physique la plus fiable — chapeau à larges bords
Textile anti-UV UPF 50+
⭐⭐⭐⭐⭐
Indispensable à la plage et sports nautiques
Ombre (mur)
⭐⭐⭐⭐
Supérieure à l’ombre d’un arbre ou parasol
Lunettes solaires classe ≥ 3
⭐⭐⭐⭐
Protection oculaire obligatoire
Crème solaire SPF 50+
⭐⭐⭐
Complément aux protections physiques — renouveler toutes les 2h
Questions fréquentes
Doit-on se protéger du soleil même en hiver ou par temps nuageux ?
Oui. Un ciel voilé laisse passer environ 80 % des UV — les ultraviolets sont présents toute l’année, indépendamment de la chaleur ressentie. En montagne enneigée, la réverbération de la neige (80 % des UV) associée à l’altitude rend le risque de brûlure encore plus élevé qu’à la plage. La protection solaire quotidienne sur le visage est recommandée toute l’année pour les phototypes clairs.
La crème solaire SPF 50 protège-t-elle vraiment à 100 % ?
Non. Un SPF 50 bloque environ 98 % des UVB — mais aucune crème ne bloque la totalité des UV, et son efficacité dépend d’une application correcte (quantité suffisante, renouvellement régulier). La crème solaire est un complément aux protections physiques, pas une autorisation de s’exposer davantage. Une fausse sécurité liée à la crème solaire est l’une des principales causes de surexposition.
À partir de quel âge les enfants peuvent-ils s’exposer au soleil ?
Les nourrissons de moins de 6 mois ne doivent pas être exposés directement au soleil. Pour les enfants plus grands, l’exposition doit rester courte, en dehors des heures critiques, avec protection vestimentaire maximale et crème solaire SPF 50+ sur les zones découvertes. Les coups de soleil dans l’enfance sont des facteurs de risque majeurs de mélanome à l’âge adulte.
Le bronzage est-il une protection contre le soleil ?
Très partielle. Le bronzage correspond à une réponse de défense de la peau face aux UV — mais il n’offre qu’une protection équivalente à un SPF 2 à 4, très insuffisant. De plus, le bronzage lui-même témoigne d’une agression UV déjà reçue. Il n’existe pas de bronzage « sain ».
Les cabines UV sont-elles moins dangereuses que le soleil naturel ?
Non — elles sont au moins aussi dangereuses. L’Organisation Mondiale de la Santé classe les cabines de bronzage dans le groupe 1 des cancérogènes certains pour l’homme. Leur utilisation avant 35 ans augmente le risque de mélanome de 59 %. Elles n’ont aucune indication médicale en dermatologie courante.
L’allergie de peau est une réaction anormale et excessive du système immunitaire au contact d’une substance étrangère — l’allergène. Elle peut prendre des formes très diverses selon le mécanisme impliqué et l’allergène en cause : urticaire, eczéma, œdème de Quincke… Elle nécessite toujours un avis médical et un traitement adapté.
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Allergie de peau
Qu’est-ce qu’une allergie de peau ?
Une allergie est une réaction anormale, inadaptée et excessive du système immunitaire lors du contact avec une substance étrangère appelée allergène. La personne est dite « sensibilisée » à cet allergène — on parle d’hypersensibilité cutanée.
La peau est particulièrement exposée aux allergies pour deux raisons : c’est un organe barrière en contact direct avec l’environnement, et elle est très riche en terminaisons nerveuses et en cellules immunitaires.
Les traitements visant à rendre l’organisme tolérant à l’allergène sont appelés désensibilisations (ou immunothérapies allergéniques).
Les deux types d’allergies cutanées
1. L’allergie immédiate (type I)
Réaction survenant dans les premières minutes à premières heures après le contact avec l’allergène. Elle est médiée par des anticorps (IgE). La principale manifestation est l’urticaire, pouvant s’accompagner d’un angiœdème (œdème de Quincke) ou, dans les formes sévères, d’une anaphylaxie.
2. L’allergie retardée (type IV)
Réaction survenant un ou plusieurs jours après le contact avec l’allergène. Elle est médiée par les lymphocytes T (immunité cellulaire). La principale manifestation est l’eczéma de contact allergique.
Les principaux allergènes responsables d’allergies cutanées
Les allergènes aériens (aéroallergènes)
Substances présentes dans l’air intérieur ou extérieur : acariens, pollens, moisissures, poils d’animaux. Ils provoquent surtout des signes ORL ou de l’asthme, mais peuvent aussi déclencher une urticaire de contact ou un eczéma des paupières.
Les allergènes alimentaires
Contenus dans l’alimentation, ils peuvent provoquer des réactions cutanées immédiates (urticaire, angiœdème) ou retardées. Voir l’article consacré à l’allergie alimentaire.
Les allergènes de contact
Produits chimiques entrant en contact direct avec la peau : parfums, conservateurs, métaux (nickel, chrome), extraits végétaux, cosmétiques. Ils peuvent provoquer :
Les molécules actives et leurs excipients peuvent être perçus comme des allergènes par le système immunitaire. Voir l’article consacré à l’allergie médicamenteuse.
Le soleil
Le soleil peut agir comme cofacteur ou déclencher directement une allergie cutanée. Voir l’article consacré à l’allergie au soleil.
Comment identifier l’allergène responsable ?
L’identification de l’allergène est indispensable pour éviter les récidives. Selon le type d’allergie suspecté, le médecin peut proposer :
Patch tests (tests épicutanés) — pour l’eczéma de contact allergique : des allergènes sont appliqués dans le dos pendant 48h, la lecture se fait à 48h et parfois à 72-96h (voire 7 jours pour certains allergènes)
Prick tests — pour les allergies immédiates (urticaire, alimentaire) : piqûres superficielles avec les allergènes suspects
Dosage des IgE spécifiques dans le sang
Traitement des allergies cutanées
Le traitement repose sur deux axes complémentaires :
Éviction de l’allergène — mesure la plus importante, seule capable de prévenir les récidives
Comment savoir si j’ai une allergie de peau ou une autre maladie cutanée ?
L’allergie de peau se caractérise par une réaction déclenchée par un allergène identifiable (cosmétique, aliment, médicament…). L’urticaire apparaît rapidement après le contact, l’eczéma de contact après 24-48h. Un dermatologue peut réaliser des tests pour identifier l’allergène et confirmer le diagnostic.
Peut-on devenir allergique à quelque chose qu’on utilisait sans problème depuis des années ?
Oui, c’est même très fréquent. La sensibilisation allergique peut prendre des années à se développer lors d’expositions répétées à un allergène. C’est pourquoi une allergie peut apparaître soudainement à un produit utilisé depuis longtemps — un cosmétique, un métal, un médicament.
L’allergie de peau peut-elle guérir ?
L’allergie de contact guérit si l’allergène est définitivement évité. L’urticaire chronique peut régresser spontanément après plusieurs années. La désensibilisation (immunothérapie) permet dans certains cas de rendre l’organisme tolérant à l’allergène, notamment pour les aéroallergènes.
Quelle est la différence entre allergie et intolérance cutanée ?
L’allergie implique une réaction du système immunitaire avec sensibilisation préalable — elle ne survient pas dès la première exposition. L’intolérance (ou irritation) est une réaction directe de la peau à une substance agressive, sans mécanisme immunologique — elle peut survenir chez n’importe qui dès le premier contact.
L’anetodermie est une perte localisée du tissu élastique non centree par un follicule pileux > herniation à la palpation
Si centré par follicule : atrophodermie périfolliculaire ou atrophie maculeuse périfolliculaire.
Secondaires, à des lésions de mastocytose, infectieuses (syphilis, lèpre lépromateuse, Lyme… ), voire tumorales (lymphocytome, mycosis
Associées à des anomalies osseuses ou ophtalmologiques : syndrome de Blegvad-Haxthausen (sclérotiques bleutées, ostéogenèse imparfaite).
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : a cheval entre peau saine et pathologique
Angiome : guide sur tous les types, causes et traitements
Le mot angiome désigne un ensemble hétérogène de lésions vasculaires cutanées — de la simple tache rouge bénigne à la malformation vasculaire complexe. Certains touchent exclusivement les nourrissons, d’autres apparaissent avec l’âge. Comprendre de quel type d’angiome il s’agit est essentiel car le pronostic et le traitement sont radicalement différents selon les formes.
Vous avez un angiome et souhaitez un avis spécialisé ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue-vénérologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Qu’est-ce qu’un angiome ?
Le terme « angiome » est utilisé depuis près de deux siècles pour désigner toute anomalie vasculaire superficielle de la peau. Depuis 1996, l’ISSVA (International Society for the Study of Vascular Anomalies) a établi une classification internationale distinguant deux grandes catégories :
Les tumeurs vasculaires : proliférations cellulaires apparaissant après la naissance, pouvant régresser spontanément
Les malformations vasculaires : toujours présentes dès la naissance, elles ne régressent jamais et s’étendent progressivement
Les angiomes fréquents de l’adulte
L’angiome rubis
L’angiome rubis (ou angiome sénile) est la lésion vasculaire la plus fréquente chez l’adulte. C’est une petite papule rouge vif, ronde, bombée, qui apparaît progressivement à partir de la cinquantaine sur le tronc, les épaules et les bras. Strictement bénin, il est directement lié au vieillissement cutané — 80% des adultes de plus de 70 ans en ont. Traitement si souhaité : électrocoagulation, laser vasculaire ou cryothérapie.
L’angiome stellaire (spider naevus) est un petit vaisseau central entouré de capillaires rayonnants en étoile, visible sur le visage ou le torse. Isolé, il est bénin. En grand nombre (plus de 3 à 5), il peut signaler une maladie du foie (cirrhose, hépatite chronique) ou une élévation des œstrogènes (grossesse, contraception). Traitement : laser vasculaire ou électrocoagulation.
L’hémangiome infantile ou « fraise » est la tumeur vasculaire bénigne la plus fréquente de la petite enfance (5 à 10% des nourrissons). Absent à la naissance, il apparaît dans les premières semaines, grossit rapidement jusqu’à 8 mois, puis régresse spontanément jusqu’à 5-7 ans. Dans 80% des cas, la surveillance suffit. En cas de localisation dangereuse (près de l’œil, de la gorge) ou d’ulcération, le propranolol est le traitement de première ligne — découvert par l’équipe bordelaise de dermatologie pédiatrique.
Beaucoup plus rare, l’hémangiome congénital est totalement développé à la naissance — souvent diagnostiqué lors d’une échographie anténatale. Il n’a jamais l’aspect de « fraise ». On distingue le RICH (rapidement involutif en quelques mois) et le NICH (non involutif). Il siège préférentiellement aux membres, près des articulations ou autour des oreilles.
Les malformations vasculaires
Contrairement aux tumeurs vasculaires, les malformations vasculaires sont toujours congénitales et ne régressent jamais spontanément. Elles se divisent en malformations à flux lent et à flux rapide.
Malformations à flux lent
L’angiome plan (tache de vin)
L’angiome plan est une tache rouge pâle à violet foncé, froide au toucher, présente dès la naissance. Il touche 0,5% des nouveau-nés et s’étend progressivement avec la croissance. Il ne régresse jamais spontanément (sauf les formes « baiser de l’ange » et « morsure de cigogne »). Certaines localisations (territoire du trijumeau, autour de l’œil) nécessitent une IRM pour éliminer un syndrome de Sturge-Weber. Traitement : laser à colorant pulsé, idéalement avant l’âge d’un an.
Tuméfactions bleues, froides, molles et dépressibles, présentes dès la naissance. Elles gonflent en position déclive et lors des efforts. Bilan par IRM (hypersignal T2 caractéristique). Traitement : sclérothérapie percutanée et/ou chirurgie.
Les malformations lymphatiques
Tuméfactions dures et rénitentes, macro ou micro kystiques. Traitement selon les cas : chirurgie d’excision ou sclérothérapie percutanée.
Malformations à flux rapide
Rares, ces malformations sont chaudes et pulsatiles (± thrill). Elles nécessitent un bilan complexe combinant écho-doppler, artériographie et IRM. Le traitement associe embolisation thérapeutique et chirurgie d’excision.
Traitement des angiomes au laser
Le laser vasculaire est le traitement de choix pour de nombreux angiomes : angiome plan, angiome rubis, angiome stellaire, télangiectasies résiduelles après hémangiome. Le laser à colorant pulsé cible spécifiquement l’hémoglobine des vaisseaux sans abîmer la peau environnante.
Interview du Dr Odile Enjolras — Avancées sur les angiomes
Le Dr Odile Enjolras, pionnière dans la classification et le traitement des anomalies vasculaires, résumait ainsi les grandes avancées dans ce domaine :
Sur les tumeurs vasculaires : la classification ISSVA a permis de distinguer clairement hémangiomes infantiles et congénitaux. L’hémangioendothéliome kaposiforme et l’angiome en touffes, associés au syndrome de Kasabach-Merritt (thrombopénie sévère), sont désormais bien individualisés. L’hémangiome « en barbe » impose une fibroscopie ORL systématique pour dépister une atteinte laryngée sous-glottique.
Sur les malformations vasculaires : les malformations à flux lent sont bien reconnues cliniquement et leur bilan repose sur l’IRM non invasive. Les malformations artério-veineuses à flux rapide restent complexes — leur traitement combine embolisation et chirurgie, avec des résultats souvent incomplets pour les formes diffuses.
Quelle est la différence entre un angiome et un hémangiome ?
L’hémangiome est un type d’angiome — c’est la tumeur vasculaire bénigne la plus fréquente du nourrisson (la « fraise »). Le terme angiome est plus large et désigne toutes les anomalies vasculaires cutanées, qu’il s’agisse de tumeurs vasculaires ou de malformations vasculaires.
Un angiome peut-il être dangereux ?
La grande majorité des angiomes sont bénins. Certaines localisations imposent cependant une vigilance : hémangiome près de l’œil ou de la gorge, angiome plan dans le territoire du trijumeau (risque de syndrome de Sturge-Weber), angiomes stellaires multiples (maladie du foie). Consultez un dermatologue en cas de doute.
Un angiome peut-il disparaître tout seul ?
Cela dépend du type. L’hémangiome infantile (fraise) régresse spontanément dans 90% des cas avant 4 ans. L’angiome stellaire peut régresser chez l’enfant et après une grossesse. En revanche, l’angiome plan, l’angiome rubis et les malformations vasculaires ne disparaissent jamais spontanément.
Comment savoir quel type d’angiome j’ai ?
Seul un dermatologue peut poser le diagnostic précis, parfois aidé d’une dermatoscopie, d’un écho-doppler ou d’une IRM. Le type d’angiome conditionne entièrement la prise en charge — une consultation est indispensable avant tout traitement.
Asymetrical Periflexural Exanthema of the Child Début axillaire ou au flanc, asymétrique, extension centrifuge hémicorporelle. Touche surtout l’enfant mais peut se voir chez l’adulte
Hyperkératose psoriasiforme des extrémités (doigts, orteils, arête nasale et oreilles) ou maladie de Bazex.
Hyperkératose sous-unguéale et matricielle. Cette éruption doit faire rechercher essentiellement une néoplasie du pharynx ou du carrefour aérien supérieur.
Dermoscopie
Recherche de néoplasie, notamment des voies aerodigestives supérieures
HLA B5
Bilan des autres atteintes
Aphtes: Dermocorticoïdes puissants, injections intra-lésionnelles de corticoïdes à la base des ulcérations. Thalidomide : 100 mg per os 2 par jour. Colchicine : 1 à 2 mg per os par jour. Disulone.
Complications systémiques : corticothérapie, azathioprime, cyclophosphamide, chlorambucil, ciclosporine.
Bouton de fièvre (herpès labial) : symptômes, contagion et traitement
Herpès de la lèvre chez l’enfant
Le bouton de fièvre est une récurrence de l’herpès labial, due au virus Herpes Simplex de type 1 (HSV-1). Très fréquent — environ 70 % des adultes français sont porteurs du virus — il se manifeste par des vésicules douloureuses sur le bord des lèvres, évoluant en croûtes en 8 à 10 jours. Il ne guérit pas définitivement mais se traite efficacement par antiviraux.
Récurrences fréquentes ou herpès atypique ?
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HERPES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le bouton de fièvre est dû au virus HSV-1 (Herpes Simplex Virus type 1). En France, environ 70 % des adultes ont été en contact avec HSV-1 — mais seulement 30 % développent des symptômes (poussées). Une fois contracté dans l’enfance, le virus reste à vie dans les ganglions nerveux et peut se réactiver à tout moment.
Transmission — ce qu’il faut savoir
Mode de transmission
Détail
Pendant les poussées
Risque maximal tant que les lésions sont humides et suintantes (vésicules). Transmission par baiser, couverts partagés, serviettes.
Sans symptôme visible
Le portage asymptomatique permet la transmission par la salive (baiser, pratiques oro-génitales). HSV-1 est responsable d’environ 20 % des cas d’herpès génital.
Auto-contamination
Se lécher les doigts ou gratter les lésions peut provoquer un herpès cutané (narine, pourtour du nez), une conjonctivite herpétique ou d’autres localisations.
⚠️ Enfants atopiques : ne jamais embrasser un enfant atteint d’eczéma atopique si vous avez un bouton de fièvre — risque de syndrome de Kaposi-Juliusberg, urgence dermatologique pédiatrique.
Primo-infection herpétique
La primo-infection (premier contact avec HSV-1) est asymptomatique dans 90 % des cas et survient habituellement dans l’enfance. Quand elle est symptomatique, elle provoque une gingivostomatite herpétique :
Caractéristique
Détail
Symptômes
Inflammation diffuse de la bouche — rougeurs, érosions, parfois hémorragies. Fièvre à 39°C, ganglions cervicaux.
Incubation
2 à 12 jours
Évolution
Guérison en 10 à 15 jours
Risque chez le nourrisson
Refus d’alimentation → déshydratation pouvant nécessiter une hospitalisation
Primo-infection herpétique chez l’enfantLésions des gencives et lèvres lors de la primo-infection
Évolution du bouton de fièvre — stades
Stade
Durée
Aspect
Contagiosité
Prodrome
12–24 h avant
Picotements, brûlures, démangeaisons sur le bord de la lèvre
Déjà contagieux
Vésicules
J1–J3
Rougeur gonflée puis vésicules groupées en bouquet remplies de liquide clair
Maximum — éviter tout contact
Érosion
J3–J5
Vésicules qui se rompent, plaie à vif douloureuse
Élevée
Croûtes
J5–J10
Croûtes jaunâtres sur le bord de la lèvre
Faible mais possible
Cicatrisation
J8–J10
Guérison sans cicatrice
Nulle
Herpès labial — stade vésiculaireHerpès labialHerpès labial au stade crouteux
Facteurs déclenchants des récurrences
Catégorie
Facteurs
Immunodépression
Fatigue, maladie infectieuse, fièvre, prise de cortisone, immunosuppresseurs, VIH
⚠️ Consultez en urgence ophtalmologique si vous suspectez une conjonctivite herpétique — œil rouge, douloureux, sensible à la lumière après un bouton de fièvre. Le virus herpès peut provoquer une kératite pouvant menacer la vision.
Situation
Conduite à tenir
Bouton de fièvre ne guérissant pas en 1 à 2 semaines
Consultation médicale
Fièvre ou symptômes très intenses
Consultation médicale
Récurrences fréquentes (> 6 par an)
Consultation — traitement préventif à discuter
Déficit immunitaire connu ou immunosuppresseurs
Consultation — traitement antiviral oral indiqué
Herpès chez un nourrisson ou un enfant atopique
Consultation urgente — risque de Kaposi-Juliusberg
Œil rouge, douloureux, photophobie
Urgence ophtalmologique
Traitement du bouton de fièvre
Traitements locaux (sans ordonnance)
Les crèmes antivirales à base d’aciclovir 5 % sont disponibles sans ordonnance. Efficaces si appliquées dès les premiers symptômes (stade prodromique — picotements), avant l’apparition des vésicules.
En cas de récurrences fréquentes (> 6 poussées par an), un traitement préventif continu par aciclovir ou valaciclovir peut être proposé (une seule prise par jour). Réévaluation à 6 mois.
Plus de 6 boutons de fièvre par an ?
Un traitement préventif continu existe et est très efficace. Une téléconsultation suffit pour obtenir une ordonnance et un suivi adapté. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Le bouton de fièvre est-il contagieux même sans lésion visible ?
Oui. Le virus HSV-1 peut être transmis par la salive même en l’absence de bouton visible — c’est le portage asymptomatique. Le risque est cependant nettement plus élevé pendant les poussées, notamment au stade vésiculaire. Évitez les baisers et le partage de couverts pendant toute la durée de la poussée.
Comment stopper un bouton de fièvre au stade des picotements ?
C’est le moment le plus efficace pour agir. Dès les premiers picotements ou brûlures sur le bord de la lèvre, appliquez immédiatement une crème antivirale à l’aciclovir 5 % (disponible sans ordonnance). Appliquée à ce stade prodromique, elle peut réduire significativement la durée et l’intensité de la poussée, voire l’empêcher de se développer complètement. Évitez de toucher la zone et de vous frotter les yeux.
Combien de temps dure un bouton de fièvre ?
Sans traitement, 8 à 10 jours : 1 à 3 jours de vésicules, puis érosion, puis croûtes, puis guérison sans cicatrice. Avec un traitement antiviral débuté précocement (dès les picotements), la durée peut être réduite à 5 à 7 jours.
Peut-on prévenir les récurrences de boutons de fièvre ?
Partiellement. Il est recommandé d’identifier et de limiter ses facteurs déclenchants personnels (soleil, stress, fatigue). Une crème solaire sur les lèvres en cas d’exposition est utile. En cas de récurrences très fréquentes (> 6 par an), un traitement antiviral préventif continu par valaciclovir peut être discuté avec un médecin.
Le bouton de fièvre peut-il se propager aux yeux ?
Oui — c’est une complication sérieuse mais évitable. En se touchant le bouton puis en se frottant les yeux (auto-contamination), le virus peut provoquer une kératite ou conjonctivite herpétique pouvant menacer la vision. Symptômes : œil rouge, douloureux, larmoiement, sensibilité à la lumière. Consultez en urgence ophtalmologique si ces symptômes apparaissent pendant ou après une poussée.
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Causes de l’eczema de l’enfant et du nourrisson ou eczema atopique
Quelles sont les causes de l’eczema de l’enfant et du nourrisson ?
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A-1/ Les facteurs génétiques dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson
Deux éléments plaident en faveur du rôle génétique dans le déclenchement de l’eczema atopique de l’enfant :
– 50 à 70% des parents d’enfants atopiques ont un signe d’atopie (eczéma dans l’enfance par exemple)
72% des vrais jumeaux font tous les deux de l’eczéma atopique
A-2/ Immunologie : hyper réactivité à l’environnement des enfants ayant de l’eczema
Les enfants atopiques sont hyper réactifs à leur environnement et font donc plus facilement des manifestations allergiques face aux allergènes qu’ils rencontrent (acariens, poussières… )
A-3/ Diminution du rôle barrière de la peau chez les enfants ayant de l’eczema atopique/ Mutation de la filaggrine
La barrière cutanée est une barrière étanche qui protège la peau contre la perte en eau et contre la pénétration de micro-organismes ou d’antigènes de l’environnement.
La filaggrine est une protéine impliquée dans le façonnement de la couche cornée et donc de la barrière cutanée. Le gène codant de la filaggrine (appelé FLG) se situe sur le chromosome 1q21. Il est le siège de nombreuses mutations associées de manière significative avec un risque augmenté de Dermatite Atopique. Parmi ces mutations, R501X et 2282del4 sont les plus importantes en Europe et elles provoquent une perte complète de l’expression de la filaggrine.
Les enfants ayant de l’eczema atopique ont une peau sèche qui laisse plus facilement pénétrer les allergènes et les micro organismes. Le gène de la filaggrine est muté chez 20 à 50% des patients atteints de Dermatite Atopique
Il faut donc lutter contre cette sécheresse de la peau en appliquant des crèmes hydratantes, en évitant les bains trop chauds et prolongés et en utilisant des savons doux (de type surgras par exemple)
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A-4/ La fréquence de l’eczéma atopique augmente depuis plusieurs décennies chez l’enfant.
L’eczema atopique touche actuellement 8 à 10% des enfants français.
A-5/ Le Staphylocoque doré joue un rôle…
La colonisation par Staphylococcus aureus (le « redoutable » staphylocoque doré , un germe pathogène dit opportuniste, qui est naturellement présent dans le microbiote humain) chez les enfants atopiques, semble important dans la génèse de la maladie, et semble être en relation avec les mutations de la filaggrine (voir A-3). La colonisation par staphylocoque précède l’apparition des poussées, avec un profil de germes différent selon qu’il y ait ou non des mutations de la filaggrine. Il semble aussi que les atopiques portent des staphylocoques différents des autres enfants et ces staphylocoques particuliers pourraient leurs avoir été transmis par l’entourage (notamment les parents)! Ceci expliquerait en plus de la génétique (voir A-1) les fréquents antécédents familiaux de dermatite atopique
B/ Les théories et les hypothèses dans l’eczema atopique de l’enfant et du nourrisson
B-1/ L’allaitement maternel (allaitement au sein) protège-t-il les enfants de l’eczema atopique?
Il est difficile de déterminer si l’allaitement maternel protège de l’eczema de l’enfant et du nourrisson. De nombreuses études sont en faveur de cette hypothèse mais d’autres la démentent. Il est probable en tout cas que si l’allaitement maternel protège de l’eczema de l’enfant et du nourrisson, cette protection soit de toutes façon temporaire.
B-2/ Faut-il changer de lait lorsqu’un bébé fait de l’eczema ?
Le changement de lait ne doit être décidé que par le médecin qui suit l’enfant, si ce dernier a un doute quant à une allergie au lait, ce qui reste assez rare.
B-3/ Il y a plus d’eczema de l’enfant dans les pays du Nord de l’Europe que dans les pays du Sud de l’Europe
On peut donc se demander s’il n’existe pas des facteurs pouvant entraîner un eczéma de l’enfant dans les pays du Nord : – l’hygiène méticuleuse des enfants en bas âge dans les pays du Nord est-elle responsable de l’augmentation de l’eczema de l’enfant dans ces pays? – les enfants des pays du Nord sont-ils plus soumis aux allergènes que dans le Sud? – le climat plus froid peut-il expliquer la plus grande fréquence d’eczema de l’enfant dans les pays du Nord
Il en découle l’hypothèse que la dermatite atopique est plus fréquente dans les classes sociales favorisées ou ayant un niveau socio-économique élevé. Une revue de la littérature a passé en revue les 88 publications et il a été trouvé que seulement 42 % des publications montraient une association positive entre un niveau socio-économique élevé et une dermatite atopique. La majorité des publications ne trouvait donc pas d’association.
B-4/ Rôle de la dureté de l’eau?
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une eau est dure lorsque la concentration de CaCO3 (carbonate de calcium) est supérieure à 200 mg/L, ce qui oblige à utiliser un excès de savon pour obtenir de la mousse et entraîne la formation d’un film de savon (stéarate de calcium) sur la peau et les vêtements. Le dépôt de détergents tels que le sodium lauryl sulfate (SLS) provoque une irritation de la peau et une altération de la barrière cutanée, dont l’importance est proportionnelle à la dureté de l’eau de lavage. Tout ceci abime la fonction de barrière cutanée, ce qui favorise une pénétration accrue des allergènes et une colonisation bactérienne de la peau, facteurs de risque d’apparition et de progression de l’eczéma.
Beaucoup d’études ont montré que l’existence d’une eau fortement minéralisée est un facteur de risque pour la dermatite atopique de l’enfant.
Ceci est vrai aussi dans une moindre mesure pour l’adulte
B-5/ Role de la pollution?
Les particules fines générées par la pollution atmosphérique pénètrent profondément dans le système respiratoire, et passent dans le sang, le système nerveux central et la peau.
Les polluants de l’air intérieur et extérieur sont considérés comme des facteurs de risque potentiels de dermatite atopoque, notamment les particules fines inférieures à 10 microns.
Il semblerait que l’exposition à long terme aux polluants atmosphériques a été significativement associée à un risque accru de développer une dermatite atopique dans la population générale et qu’ une exposition plus élevée à la pollution de l’air ambiant était associée à un risque accru d’eczéma chez les hommes plus que chez les femmes? Y aurait-il un rôle protecteur des cosmétiques que les femmes appliquent plus souvent que les hommes sur leur peau?
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« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
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La cytosteatonecrose est une pathologie de la peau du nouveau né
Adulte jeune (femme++) après une compression traumatisante : placards indurés assez bien limités, reproduisant plus ou moins la trace de la compression.
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Peau qui gratte : causes et traitements des démangeaisons (prurit)
Les démangeaisons de la peau (prurit) constituent un symptôme pénible pouvant survenir avec ou sans éruption cutanée. Leur diagnostic est souvent difficile et nécessite un interrogatoire précis et un examen attentif de la peau. Les causes les plus fréquentes de démangeaisons avec boutons sont la gale (démangeaisons nocturnes et dans l’entourage), l’eczéma, l’urticaire et les réactions médicamenteuses. On peut calmer les démangeaisons grâce à des crèmes et traitements médicaux, mais l’idéal reste d’en comprendre la cause pour la traiter.
Les démangeaisons de la peau sont médicalement appelées « prurit » (aux Antilles, on parle volontiers de gratelle ou gratel). Il s’agit d’une sensation particulière qui engendre le besoin de se gratter ou de se frotter la peau.
À ne pas confondre avec la dermatillomanie : envie compulsive de gratter sa peau et ses boutons jusqu’à se faire des plaies.
💡 Le saviez-vous ? Les démangeaisons ne sont ressenties qu’à la peau et aux semi-muqueuses (lèvres, sexe…), pas aux muqueuses (gencives…) ni aux viscères.
La perception du prurit est très variable d’une personne à l’autre, modulée par des facteurs psychologiques (anxiété, excitation, distraction…). Les démangeaisons intenses peuvent retentir sur les capacités intellectuelles, le sommeil (prurit insomniant) et devenir insupportables.
Les démangeaisons généralisées peuvent avoir un retentissement intense sur la qualité de vie, perturber le sommeil et devenir insupportables. On distingue deux cas : avec ou sans lésions cutanées visibles.
2.1 Avec boutons ou plaques : les dermatoses diffuses prurigineuses
Eczéma : la dermatite atopique peut donner des plaques très diffuses sur tout le corps Eczéma profus
Lichen plan : papules violacées prédominant sur les poignets ou les jambes → voir lichen plan Lichen plan
Urticaire : aspect de piqûres d’orties, très prurigineux → voir urticaire Urticaire
Gale : démangeaisons nocturnes, boutons sur les mains, poignets, sexe, seins → voir gale Boutons de gale
Prurigo : gros boutons prédominant sur les bras et le haut du dos → voir prurigo
Pemphigoïde bulleuse : peut débuter par des plaques rouges non bulleuses → voir pemphigoïde bulleuse
Pityriasis rosé de Gibert : éruption faisant suite à une plaque initiale → voir pityriasis rosé de Gibert Efflorescence de plaques autour du médaillon initial
Parasitoses : dermite des nageurs (étang ou mer), onchocercose, trypanosomiase, bilharziose, distomatose… De nombreuses parasitoses s’attrapent dans le sable et l’eau stagnante
Grossesse : pemphigoïde gravidique, prurigo gravidique ou PUPP
Insuffisance rénale chronique : mécanisme mal connu (rôle de l’hémodialyse, peau sèche, anomalies phosphocalciques…). Traitement difficile : cholestyramine, photothérapie UVB📚 Prurit urémique : revue et nouvelles thérapies — PubMed
Rétention biliaire (cholestase) : cirrhose biliaire primitive, hépatite, médicament, cancer des voies biliaires ou du pancréas. Traitement : cholestyramine, phénobarbital
Causes hématologiques :
Maladie de Vaquez → prurit aquagénique (démangeaisons au contact de l’eau chaude)
Maladie de Hodgkin et autres lymphomes → les démangeaisons peuvent précéder les ganglions
Grossesse : prurit gravidique sine materia lié à une cholestase, surtout au 3e trimestre, prédominant aux paumes et plantes. Traitement : cholestyramine ou acide ursodéoxycholique
Causes endocrinologiques :
Hyperthyroïdie (maladie de Basedow) ou hypothyroïdie
Dermatite auto-immune à la progestérone ou aux œstrogènes
Syndrome carcinoïde (tumeur digestive libérant de l’histamine)
Prurit sénile (sujet âgé) : diagnostic d’élimination, souvent dans un contexte de peau sèche
⚠️ Le bilan classique d’un prurit sine materia comprend : biopsie cutanée avec immunofluorescence directe (sujet âgé), NFS, VS, CRP, urée, créatinine, bilan hépatique, LDH, glycémie, ferritine, TSH, électrophorèse des protéines, sérologies VIH/VHA/VHB/VHC, examen parasitologique des selles, radiographie thoracique et échographie abdominale.
Les démangeaisons localisées peuvent être dues à des plaques qui grattent ou survenir sans lésion visible
Les démangeaisons diffuses peuvent être liées à des dermatoses (urticaire, eczéma…) ou être sans signe cutané (prurit sine materia)
Un prurit sine materia doit faire rechercher une cause interne, notamment un cancer ou une hémopathie
La détermination de la cause est souvent longue et difficile
Il est important d’éviter les facteurs aggravants et de suivre les prescriptions médicales
Questions fréquentes sur les démangeaisons
Pourquoi les démangeaisons sont-elles souvent plus intenses la nuit ?
La nuit, la température corporelle augmente légèrement et les distractions de la journée disparaissent, ce qui amplifie la perception du prurit. Des démangeaisons à prédominance nocturne sont un signe évocateur de gale.
Peut-on avoir des démangeaisons sans boutons ?
Oui, c’est le prurit sine materia. Il peut révéler une maladie interne (insuffisance rénale, cholestase, hémopathie, cancer, hypothyroïdie…) et nécessite un bilan médical complet.
Les démangeaisons peuvent-elles être liées à un cancer ?
Oui. Un prurit sine materia persistant doit faire évoquer un cancer du côlon, de l’estomac, de la prostate, du poumon, ou une hémopathie maligne (lymphome de Hodgkin, myélome…). Un bilan médical est indispensable. Voir la référence : PubMed — Prurit et cancers.
Comment calmer rapidement des démangeaisons ?
En attendant une consultation médicale : évitez l’eau chaude, les savons irritants et les vêtements en laine. Appliquez une crème hydratante apaisante. Les antihistaminiques peuvent soulager temporairement. Voir l’article calmer les démangeaisons.
Les démangeaisons sont-elles contagieuses ?
Les démangeaisons en elles-mêmes ne sont pas contagieuses. Mais leur cause peut l’être : la gale est hautement contagieuse, contrairement à l’eczéma .
Que faire si la peau gratte pendant la grossesse ?
Le prurit gravidique peut être lié à une cholestase hépatique gravidique (surtout au 3e trimestre, aux paumes et plantes) ou à des dermatoses spécifiques (pemphigoïde gravidique, PUPP). Consultez votre médecin sans tarder car certaines formes nécessitent une prise en charge urgente.
La maladie de Darier est de transmission autosomique dominante (chromosome 12q). Dyskératose dans laquelle les cellules de la couche de Malpighi se séparent des autres cellules.
Signes de la maladie
Les muqueuses peuvent être atteintes, et il existe de nombreuses formes cliniques atypiques.
Plantes et paumes: minuscules puits.
Muqueuses : papules plus ou moins ombiliquées et confluentes. Poussées vésiculo-bulleuses sont fréquentes.
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Demodex, l’ectoparasite responsable de la démodécidose
La démodécidose est une rougeur du visage due à un ectoparasite, le démodex, souvent sous-diagnostiquée, ressemblant souvent à la rosacée (un adage dermatologique parle de « rosacee qui ne guerit pas sous cyclines ») mais asymétrique, plus péri orificielle, avec moins d’inconforts (flushes, brulures, démangeaisons…) et peu ou pas d’érythrocouperose.
Cause
Les poils sont infestés par un parasite appelé démodex, le seul ectoparasite présent à l’état normal sur la peau humaine. Il vit dans les follicules pilo-sébacés, principalement au niveau de la tête, ainsi que les glandes de Meibomius (à la base des cils). Le portage cutané en demodex s’intensifie au cours de la vie, atteignant près de 100 % des individus après 70 ans.
Il existe deux types de démodex :
Demodex folliculorum est habituellement localisé au sein de l’infundibulum folliculaire, « dans le poil »
Demodex brevis vit quant à lui dans les glandes sébacées et des glandes de Meibomius (cils).
Demodex peut devenir pathogène en proliférant et en pénétrant notamment au sein du derme, entraînant une réaction inflammatoire : la démodécidose (ou démodécie). Normalement le système immunitaire empêche démodex de créer cette démodécidose, et cette dernière est plus fréquente chez des patients infectés par le VIH ou dans d’autres cas d’immunosuppression (leucémie…).
Les critères diagnostics de la démodécidose isolée (ou primaire) sont :
– absence certaine de dermatose préexistante (notamment rosacée, dermatite péri-orale, folliculite) ;
– densité accrue de Demodex au sein des lésions (> 5 demodex par cm²) ;
– guérison uniquement sous traitement acaricide (voie locale ou systémique) ;
– résistance aux traitements tels que les cyclines et les macrolides. « La démodécidose est une rosacée qui résiste aux cyclines«
La démodécidose touche principalement le visage, avec une prédilection pour les zones péri-orificielles :
péri-orale
péri-orbitaire (elle peut toucher l’intérieur des paupières donnant une blépharite chronique, des chalazions récidivants…)
péri-auriculaire (elle peut concerner aussi le conduit auditif externe)
voire plus rarement les zones de calvitie du cuir chevelu.
Les lésions sont mal limitées, irrégulières et de distribution asymétrique et il y a peu d’inconfort (brulûres, démangeaisons…).
Classification des démodécidoses
Il en existe de nombreuses formes décrites :
Pityriasis folliculorum
Il touche principalement les femmes utilisant régulièrement des crèmes grasses et fonds de teint occlusifs.
Sous forme rougeurs folliculaires avec au centre, des squames folliculaires fines donnant un aspect de papier de verre, ou givré, notamment des joues sont volontiers atteintes. Il peut y avoir une sensation de brulûre.
Démodécidose rosacée-like
Rougeur faciale généralement symétrique, avec papulo-pustules superficielles, évoquant une rosacée mais sans antécédent familial, sans flushes ni érythrocouperose
Sur le plan clinique, les lésions papulo-pustuleuses sont plus superficielles que dans la rosacée, et on note une desquamation folliculaire superficielle et des papulo-vésicules superficielles.
En cas de biopsie on voit un infiltrat inflammatoire mononucléé (avec quelques polynucléaires neutrophiles) périfolliculaire et périvasculaire et de nombreux demodex.
Elle peut évoluer ou apparaitre d’emblée sous forme de démodécidose gravis (ou forme rosacée granulomateuse-like) avec lésions papulo-pustuleuses plus profondes et douloureuses, évoquant les dermatoses papulo-nodulaires du visage (sarcoïdose, lupus tuberculeux, histiocytoses) ou folliculaires (folliculites à staphylocoque, à Pityrosporum, à éosinophiles …) voire d’une démodécidose nodulo-kystique (Demodex abscess), conséquence d’une réaction inflammatoire très intense, sous forme d’abces.
Démodécidose croûteuse
Elle est rare (se voit chez l’immunodéprimé ou l’enfant), sous forme de croûtes jaunâtres, évocatrices d’impétigo par leur couleur, mais sèches et chroniques notamment du nez et de son pourtour cours de l’infection par le VIH, mais aussi chez l’enfant immunocompétent [9].
Examen complémentaire diagnostique
Dermoscopie :
fil gélatineux blanchâtre au niveau de l’infundibulum, de 1 à 3 mm de long (signe spécifique révélant la présence du parasite dans l’ostium folliculaire) notamment en cas de pityriasis folliculorum.
orifices folliculaires rouges et dilatés avec bouchons grisâtres
Microscopie confocale
Les demodex apparaissent sous la forme de structures lumineuses arrondies avec un aspect de cônes.
Histologie
Il faut pour cela réaliser une biopsie : le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope : mise en evidence du parasite demodex folliculorum dans un poil
Traitement
Cromatiton (Eurax*) 2x/j 4 mois,
Crème à l’ivermectine, voire ivermectine per os 1 prise unique
Signes de la maladie
La dermatite herpetiforme est une dermatose bulleuse auto-immune qui démange.
Elle est due a une entéropathie par intolérance au gluten.
Au début les lésions ressemblent à de l’urticaire puis elles sont le plus souvent vésiculeuses.
Elles prédominent aux coudes, aux genoux et aux fesses…
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) + IFD
Biologie : hypereosinophilie / syndrome de malabsorption / Ac anti gliadine (évolution parallèle au régime), anti transglutaminase, anti reticulum, anti endomysium
Dosage ponédarl des Ig : baisse des IgA
Traitement
– régime sans gluten (difficile), mis en place et avec suivi par diététicienne > amélioration en 2-3j
– Disulone* 100 à 200 mg/j
La dermatose à iga lineaire est plutot rencontree chez l’enfant. Il s’agit d’une maladie donnent des bulles
Possibilité d’association à une entéropathie au gluten et au groupe HLA B8 DR3 (moins fréquente que dans la dermatite herpétiforme)
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : bulles sous épidermiques, microabces papillaires, IFD : dépôts fins et linéaire d’IgA à la jonction dermoépidermique
Disulone : 100mg/j chez l’adulte et 2 mg /kg enfant. Si échec : association d’une corticothérapie par voie générale.
Dermite séborrhéique : causes, symptômes et traitement
La dermite séborrhéique est une inflammation cutanée chronique liée à la prolifération d’une levure naturellement présente sur la peau, Malassezia. Elle provoque des rougeurs et des squames sur les zones grasses du visage (ailes du nez, sourcils, sillons naso-géniens), le cuir chevelu (pellicules) et parfois le torse. Elle touche 1 à 3 % de la population, principalement les hommes adultes, et évolue par poussées souvent déclenchées par le stress ou la fatigue.
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DERMITE SEBORRHEIQUE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La dermite séborrhéique est due à Malassezia, une levure lipophile vivant naturellement sur la peau depuis la naissance. Elle prolifère dans le sébum excrété par les glandes sébacées, ce qui explique sa prédilection pour les zones grasses. La dermite s’améliore au soleil et rechute volontiers en hiver.
Facteur favorisant
Mécanisme / remarque
Peau grasse
Facteur favorisant majeur — sébum = substrat de prolifération de Malassezia
Stress et fatigue
Déclencheurs fréquents de poussées
Psoriasis
Les deux pathologies sont souvent associées — formes frontières fréquentes (« sébopsoriasis »)
Déficit immunitaire (VIH notamment)
À rechercher systématiquement en cas de forme sévère ou profuse
Maladie de Parkinson et syndromes extrapyramidaux
Association fréquente — mécanisme neurologique
Alcoolisme chronique
Facteur aggravant
Cancer des voies aérodigestives supérieures
Association décrite — bilan médical si forme sévère inexpliquée
Reconnaître la dermite séborrhéique
C’est une dermatose chronique évoluant par poussées, donnant des plaques rouges avec desquamation dans les zones séborrhéiques. Les patients confondent souvent ces squames avec une simple sécheresse cutanée ou des dartres — c’est une erreur fréquente.
Sur le visage
Zone
Aspect clinique
Ailes du nez et sillons naso-géniens
Plaques rouges squameuses, finement desquamatives, prurigineuses ou avec sensation de brûlure
Sourcils et zone inter-sourcilière
Squames blanches ou grasses, érythème sous-jacent
Lisière du cuir chevelu
Squames adhérentes débordant sur le front
Oreille externe et conduit auditif
Desquamation, prurit — parfois confondu avec otite externe
Gouttière sternale
Atteinte du tronc dans les formes étendues
Dermite séborrhéique des côtés du nez et de la bouche
La dermite peut démanger, piquer ou provoquer des sensations de brûlure. Elle peut donner un aspect de rougeurs du visage avec de petites peaux sèches ou grasses.
Sur le cuir chevelu (pellicules)
Type de pellicules
Aspect
Page dédiée
Pellicules sèches
Fines, cuir chevelu non rouge, démangeaisons légères
Accompagnées de croûtes, démangeaisons plus intenses
💡 Chez le bébé, la dermite du cuir chevelu prend le nom de « croûtes de lait ». Elle peut s’accompagner d’une atteinte du siège et régresse spontanément vers 4 mois. → Voir notre article sur les croûtes de lait du bébé et sur les croûtes sur le cuir chevelu.
Traitement de la dermite séborrhéique
Le traitement est souvent suspensif — son effet tend à s’estomper à l’arrêt. L’objectif est de contrôler les poussées, pas de guérir définitivement.
Traitement de référence — limitent la prolifération de Malassezia. Crème sur le visage, shampooing sur le cuir chevelu (laisser poser 3 min).
Gluconate de lithium gel (Lithioderm®)
Visage
Alternative efficace aux antifongiques — action anti-inflammatoire et antifongique
Shampooing antipelliculaire
Cuir chevelu
2 fois par semaine en poussée. En dehors des poussées : shampooing doux pour lavage fréquent (quotidien possible). Ne pas utiliser un antipelliculaire au long cours.
Rinçage à l’eau vinaigrée
Cuir chevelu
Assainit le cuir chevelu entre les poussées
Mesures générales
Mesure
Détail
Éviter les facteurs déclenchants
Stress, manque de sommeil, alcool, eau chaude, expositions thermiques
Toilette du visage le matin
Eau froide sans savon
Toilette du visage le soir
Savon surgras ou gel nettoyant sans savon
Cosmétiques
Éviter les produits agressifs et parfumés — préférer les formules hypoallergéniques sans alcool
⚠️ Les dermocorticoïdes sont à éviter dans la dermite séborrhéique. Leur effet anti-inflammatoire est rapide mais très court, entraînant un effet rebond et une dépendance progressive. Utilisés au long cours, ils peuvent provoquer une acné cortisonique difficile à traiter.
Interview du Dr Catherine Oliveres Ghouti, dermatologue à Paris
« Je traite la dermite séborrhéique du visage avec des traitements topiques non agressifs et je n’utilise jamais de corticoïdes locaux. Nous voyons trop de patients qui deviennent dépendants de leur crème à la cortisone et finissent par développer une acné cortisonique difficile à traiter. »
Son conseil aux patients : éviter les cosmétiques agressifs, ne pas écouter les « remèdes miracles » de l’entourage (souvent des corticoïdes), et consulter un dermatologue.
Dermite séborrhéique résistante au traitement ou doute avec un psoriasis ?
Le Dr Rousseau peut adapter votre prise en charge en téléconsultation, souvent dès le lendemain. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
La dermite séborrhéique peut-elle guérir définitivement ?
Non, la dermite séborrhéique est une pathologie chronique qui évolue par poussées tout au long de la vie. Les traitements contrôlent efficacement les poussées mais leur effet s’estompe à l’arrêt. Une routine d’entretien régulière permet d’espacer les rechutes.
Quelle est la différence entre dermite séborrhéique et psoriasis du visage ?
Les deux pathologies sont proches et souvent associées — on parle parfois de « sébopsoriasis ». La dermite séborrhéique prédomine sur les zones grasses (ailes du nez, sillons naso-géniens) avec des squames fines et grasses, tandis que le psoriasis donne des plaques plus épaisses avec des squames blanches nacrées. Voir psoriasis du visage.
Peut-on se maquiller avec une dermite séborrhéique ?
Oui, mais avec des produits hypoallergéniques, sans parfum ni alcool. Évitez tout produit nouveau en période de poussée. Démaquillez soigneusement le soir avec un produit doux sans savon.
La dermite séborrhéique est-elle contagieuse ?
Non. La levure Malassezia est naturellement présente sur la peau de tout le monde — c’est sa prolifération excessive qui pose problème, pas sa transmission. La dermite séborrhéique ne se transmet pas par contact.
Les pellicules sont-elles toujours une dermite séborrhéique ?
Pas forcément. Les pellicules peuvent aussi être liées à un psoriasis du cuir chevelu ou à une simple sécheresse cutanée. En cas de pellicules abondantes, de plaques épaisses ou de démangeaisons intenses résistant aux shampooings antipelliculaires, consultez un dermatologue. → Voir notre article sur les pellicules et démangeaisons du cuir chevelu.
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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Anomalie du tissu élastique : peau (étirable sur plus de 10 cm), ligaments et capsules articulaires très élastiques (« hommes caoutchouc).
– plaies, lenteur de cicatrisation, cicatrisation pathologique, hematomes
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
L’erythrasma se rencontre surtout en période chaude dans les plis
Erythrasma de l’aisselle
Plaques chamois ou brunâtres à contours nets des plis (aisselles, aine…)
Erythrasma de l’aine : taches brunes de l’aine
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Traitement
Le traitement habituellement recommandé de l’érythrasma est l’érythromycine,250 mg, 4 fois par jour pendant 14 jours +/- clindamycine topique, 3 fois par jour poursuivi 14 jours après la fin du traitement antibiotique oral + nettoyage quotidien avec un savon antiseptique (Septivon, Cyteal), suivi d’un séchage minutieux, durant toute la période de traitement
port de vêtements larges, traitement du diabète, lutte contre le surpoids…
Atteinte de la quasi totalité du tégument : erythème, oedeme, squames…
Retentissement général Le malade se plaint davoir froid, rien ne peut le réchauffer. Le prurit est variable.
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
Recherche d’une etiologie :
– Sang : lymphome, leucemie…
– Infection : gale
– Dermato : eczema, psoriasis, lichen, ichtyose…
– Iatrogene : penicilline, AINS…
De la cause : le traitement dépendra de l’étiologie, à rechercher parmi : les eczémas, le psoriasis, les toxidermies (arsenic ou mercure, pénicilline, barbituriques), les dermo-hémopathies et les lymphomes, le lichen et lichtyose, les parasitoses, en particulier la gale, enfin très rarement le pemphigus foliacé.
L’erytheme polymorphe est une eruption assez frequente chez l’enfant et le jeune adulte. Il est caractérisé par des lésions en cocardes
Cocardes
Symptomes
Main
1/ ATTEINTE CUTANEE
Début sur la face dorsale des mains de façon symétrique+++ puis extension.
Grosse cocarde
Lésions en cocardes : 3 zones concentriques :
– disque central érythémateux ou violacé
– anneau intermédiaire plus pâle
– anneau externe érythémateux.
Main cocardes nécrotiques
2/ ATTEINTE MUQUEUSE
Lésions vésiculo-bulleuses, puis érosivex buccales, génitales et oculaires.
Examens paracliniques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope)
La fasciite eosinophile est une pathologie rare de la peau et des fascia, les zones d’interface des muscles sous la peau
Signes de la maladie
Début souvent brutal par oedème dur et douloureux des avant-bras ou des jambes.
Atteinte articulaire : retractions tendineuses
Examens complémentaires diagnostiques
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : biopsie profonde : fasciite a eodinophiles
Soins de l’acné au quotidien : 8 règles pratiques pour limiter les poussées
Les traitements médicamenteux de l’acné (rétinoïdes, antibiotiques, pilule, isotrétinoïne) sont détaillés dans la page traitement de l’acné. Cette page se concentre sur les règles d’hygiène et de vie au quotidien qui conditionnent l’efficacité de tout traitement — et qui réduisent les poussées indépendamment de toute prescription.
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ACNE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le nettoyage est utile mais l’excès aggrave l’acné. Un nettoyage matin et soir suffit — au-delà, on stimule la production de sébum en réponse à l’agression.
Produits à utiliser : savons surgras, syndets (pains dermatologiques sans savon) ou gels nettoyants sans alcool formulés pour peaux acnéiques. Rincer à l’eau tiède — pas chaude.
Produits à éviter : astringents, toniques alcoolisés, exfoliants agressifs, éponges ou brosses. Ces produits irritent la barrière cutanée et provoquent une surproduction sébacée réactionnelle.
Si vous êtes sous traitement topique irritant (trétinoïne, peroxyde de benzoyle, adapalène) : le savon surgras est d’autant plus important — il compense l’effet desséchant des traitements. Appliquer les crèmes de traitement sur peau propre et sèche, jamais sur peau humide.
2. Ne pas toucher — ne pas percer
C’est la règle la plus simple et la plus difficile à respecter. Toucher, presser ou percer les boutons aggrave systématiquement l’acné :
La pression diffuse les bactéries dans les tissus environnants, étend l’inflammation et transforme un bouton superficiel en lésion profonde. Les manipulations répétées laissent des cicatrices d’acné — macules pigmentées, dépressions en cupule ou cicatrices en pic à glace — qui persistent des mois à des années après la guérison de l’acné elle-même.
Règle pratique : ne pas toucher son visage pendant la journée. Si l’envie de percer est irrésistible, un dermatologue peut pratiquer une extraction instrumentale propre ou une injection intralésionnelle de corticoïde sur un kyste — résultat en 24–48 h sans cicatrice.
3. Soleil — faux-ami de l’acné
Le soleil semble améliorer l’acné pendant l’exposition — c’est une amélioration trompeuse et temporaire. Deux à quatre semaines après l’arrêt des expositions, une poussée de rebond survient souvent, parfois plus sévère que l’acné initiale.
Par ailleurs, la majorité des traitements de l’acné sont photosensibilisants — trétinoïne, doxycycline, isotrétinoïne : l’exposition solaire sous traitement expose à des coups de soleil sévères, une hyperpigmentation et une réduction d’efficacité du traitement. Protection SPF 50+ obligatoire sur les zones traitées.
L’exposition solaire aggrave également les cicatrices d’acné en les pigmentant — prolongeant leur durée visible de plusieurs mois.
4. Alimentation — ni régime strict ni liberté totale
L’alimentation a longtemps été accusée de provoquer l’acné (chocolat, friture…). La réalité est plus nuancée :
Ce qui est établi : les aliments à fort index glycémique (sucres rapides, pain blanc, sodas) et la consommation de lait écrémé en grande quantité sont associés à une aggravation de l’acné dans plusieurs études — via une élévation de l’IGF-1 qui stimule la sébogenèse. Ce n’est pas une relation dose-effet stricte ni universelle.
Ce qui n’est pas prouvé : le rôle du chocolat noir, des graisses ou des aliments épicés. Aucune étude ne justifie d’éliminer ces aliments.
Conclusion pratique : un régime anti-acné strict n’est pas justifié. Réduire les sucres rapides et le lait écrémé en excès est raisonnable si vous observez une corrélation personnelle — sans frustration alimentaire majeure qui aggraverait le stress (lui-même facteur de poussée).
5. Acné de la barbe — technique de rasage
Le rasage à lame coupe les boutons à leur base et les pérennise en disséminant les bactéries dans le follicule sectionné. Préférer le rasoir électrique à grille, qui rase sans contact direct avec les lésions.
Si le rasoir lame est incontournable : utiliser un gel de rasage non alcoolisé, raser dans le sens du poil, changer la lame fréquemment, ne jamais raser sur un bouton enflammé. Rincer à l’eau froide après le rasage pour fermer les pores.
6. Cosmétiques — non-comédogènes obligatoires
Crèmes hydratantes, fonds de teint, écrans solaires et produits coiffants peuvent colmater les follicules et aggraver l’acné. Choisir exclusivement des produits labellisés non comédogènes et sans huile (oil-free) pour les peaux acnéiques.
Le maquillage n’est pas interdit — certains fonds de teint minéraux ou dermatologiques permettent de couvrir les lésions sans les aggraver. Le démaquillage complet le soir est impératif.
Éviter les huiles capillaires et les produits coiffants gras qui coulent sur le front et les tempes — responsables fréquents de l’acné frontale.
7. Quand consulter un dermatologue
Situation
Pourquoi consulter
Acné laissant des cicatrices ou taches persistantes
Les cicatrices d’acné sont évitables avec un traitement adapté précoce
Traitements de pharmacie inefficaces après 6–8 semaines
Acné modérée à sévère nécessitant prescription
Acné ayant un impact sur l’estime de soi ou la vie sociale
Traitement efficace disponible — ne pas attendre
Acné persistante après 25 ans chez la femme
Bilan hormonal à envisager (hyperandrogénie, SOPK)
Nodules, kystes ou acné du tronc étendue
Formes sévères — isotrétinoïne à discuter
Aujourd’hui, pratiquement tous les cas d’acné peuvent être traités avec succès. Un dermatologue peut traiter l’acné existante, prévenir de nouvelles poussées et réduire significativement le risque de cicatrices.
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– Les traitements…
Faut-il arrêter le maquillage quand on a de l’acné ?
Non — le maquillage n’est pas contre-indiqué à condition de choisir des produits non comédogènes, oil-free, et de démaquiller complètement chaque soir. Certains fonds de teint dermatologiques contiennent même des actifs anti-acné (acide salicylique, niacinamide). L’interdiction systématique du maquillage est un mythe — le problème vient des formulations comédogènes, pas du maquillage en lui-même.
Le stress aggrave-t-il l’acné ?
Oui — c’est documenté. Le stress augmente la production de cortisol et d’androgènes qui stimulent les glandes sébacées. Les périodes d’examens, de surmenage ou d’anxiété chronique sont classiquement associées à des poussées. Ce mécanisme ne signifie pas qu’il faut se culpabiliser lors d’une poussée — mais la gestion du stress fait partie de la prise en charge globale de l’acné.
Combien de temps avant de voir les résultats d’un traitement ?
Aucun traitement topique ou général ne montre de résultats avant 6 à 8 semaines. C’est le délai de renouvellement folliculaire. Un traitement abandonné après 2–3 semaines faute de résultat est un traitement dont on n’a pas évalué l’efficacité. La constance d’application est le premier facteur d’échec des traitements topiques.
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ACNE
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