TACHES VIOLACEES DES AVANT-BRAS ET MAINS : purpura de Bateman des agés

Purpura sénile de Bateman

Les personnes agées ont souvent des larges nappes violacées sur les avant bras, il s’agit du purpura sénile de Bateman. Ceci est lié à la fragilisation des vaisseaux sanguins situés dans les profondeurs de la peau et il est d’autant plus fréquent que les séniors sont souvent sous anticoagulants.

De grandes taches violacées ou marron

Le purpura est lié à la présence de sang dans la peau. Il réalise donc des plaques, couleur lie de vin rouge, ne s’effaçant pas lorsqu’on appuie dessus avec le doigt. Dans le purpura sénile de Bateman, l’aspect est celui de grandes ecchymoses en nappes.

Le plus souvent chez une personne agée, sur les avants-bras et le dos des mains

Les personnes agées ont souvent une peau devenue très fine sur les avants-bras et le dos des mains. Ceci est le plus souvent lié au vieillissement de la peau, dont les couches profondes sont fragilisées, notamment les vaisseaux sanguins situés dans les profondeurs de la peau.

Ce phénomène est d’autant plus fréquent que les séniors sont souvent sous anticoagulants.

Les avant-bras et le dos des mains sont particulièrement exposés au soleil et se parcheminent par vieillissement accéléré par le soleil. On appelle cela la dermatoporose

Traitement du purpura sénile de Bateman

Le traitement du purpura sénile est peu efficace. Une étude part du principe que le purpura de Bateman serait un « scorbut » localisé, considérant qu’il existe un déficit en vitamine C dans la peau sénile et que l’exposition solaire diminue la concentration en vitamines anti-oxydantes, particulièrement la vitamine C.

Une crème cosmétique à la vitamine C à 5 % a permis d’améliorer 66% des patients de leurs lésions de purpura de Bateman contre 16% pour le placebo.

ALOE VERA : bienfaits de l’aloe, comment l’utiliser sur la peau

Aloe vera

L’aloe vera ou « plante du dermatologue », est utilisée depuis des millénaires pour soigner la peau. Son usage est encore d’actualité aujourd’hui.

Il existe 300 espèces d’aloès dont la plus utilisée est l’aloe vera, aussi appelé Aloe barbadensis, originaire d’Afrique du Sud. La feuille d’aloe Vera contient plus de 75 éléments nutritifs et 200 composants, parmi lesquels des minéraux, acides aminés et vitamines

L’aloe vera est cultivée principalement en Espagne pour ce qui est de l’Europe, mais on peut facilement en avoir en pot à la maison à la condition de la rentrer l’hiver en France.

Au bout de quatre à cinq ans, la plante atteint environ un mètre et on peut  alors commencer à prélever facilement ses feuilles.

Comment utiliser l’aloe vera sur la peau?

Le gel contenu dans les feuilles de l’aloe vera, posséde des propriétés cicatrisantes et adoucissante : le gel forme un pansement sur la peau et lui apporte des acides aminés aidant la régénération des cellules de la peau et des enzymes anti-inflammatoires.

Il suffit donc de couper une feuille dans le sens de la longueur, de prélever son gel et de l’appliquer sur la peau abimée.

Une manière simple de l’extraire consiste aussi à congeler une feuille d’aloès : il suffit alors d’ôter la partie verte externe pour ne garder que le cœur transparent qui sera frotté doucement sur la peau

Un usage millénaire

L’aloe vera est peut-être la plante la plus utilisée pour la peau à travers le monde et ce depuis des millénaires, de la Grèce Antique, à Rome, en passant par la Babylonie ou encore en Chine.

Plusieurs écrits historiques suggèrent que les feuilles et la pulpe étaient utilisées fréquemment pour traiter de nombreuses maladies de peau telles que le vieillissement cutané, l’acnee, le psoriasis (des études récentes ne confirment pas l’efficacité de l’aloe vera dans le psoriasis), pour soulager des démangeaisons, ou encore pour ses vertus cicatrisantes :

  • Dans l’Egypte Ancienne, Cléopâtre et Néfertiti utilisaient quotidiennement l’aloe vera pour leurs soins de beauté.
  • En Sanskrit, l’aloe vera est plus connue sous le nom de Ghrita-Kumari (Kumar signifie fille car la plante avait pour vertu de permettre une perpétuelle jeunesse féminine).
  • Les Maya l’appelaient  « la fontaine de jouvence » et la « source de jeunesse »
  • Alexandre le Grand utilisait l’aloe vera pour guérir les blessures de ses guerriers et s’en approvisionnait lors de ses nombreuses campagnes et grandes batailles. Il aurait même conquis l’île de Socotra pour en avoir assez.
  • Pendant le règne de l’Empereur Néron, autour de l’an 50, le médecin grec Dioscoride citait, dans son traité « De materia medica », l’aloe vera comme capable de soulager une irritation, un coup de soleil ou une acné. Ses écrits ont été repris par Pline l’Ancien dans son Encyclopédie « Histoire Naturelle ».

Effets sur la peau

Dans les études scientifiques, l’aloe vera a pour effet :

  • d’améliorer les rides et l’élasticité cutanée
  • d’augmenter la production de collagène
  • diminuer l’expression du gène MMP-1, qui contrôle la synthèse des métalloprotéases matricielles, elles-mêmes capables de dégrader tous les composants de la matrice extra-cellulaire, dont le collagène. Ainsi l’aloe vera améliore la cicatrisation.
  • stimuler la synthèse des glycosaminoglycanes jouant aussi un role dans la cicatrisation

Ainsi l’aloe vera peut être utilisée sous controle medical, dans la prise en charge :

Références

The efficacy of aloe vera used for burn wound healing: a systematic review

Aloe Vera in Dermatology-The Plant of Immortality

Aloe versus silver sulfadiazine creams for second-degree burns: a randomized controlled study

Aloe vera in dermatology: a brief review

Investigation of the anti-inflammatory potential of Aloe vera gel (97.5%) in the ultraviolet erythema test

EFFACER LES TACHES DE ROUSSEUR : enlever les taches de rousseur

Effacer les taches de rousseur : traitements et conseils du dermatologue

taches de rousseur
Taches de rousseur — image générée par IA

Pour estomper ou effacer les taches de rousseur, le dermatologue propose généralement trois axes : éviter le soleil, utiliser des crèmes dépigmentantes ou hypopigmentantes, ou recourir à des moyens de destruction physique (cryothérapie, laser, peeling, lumière pulsée). Le choix dépend du nombre de taches, de leur surface et du phototype du patient.

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Sommaire :
Diagnostic — éphélides |
1 — Éviter le soleil |
2 — Crèmes dépigmentantes |
Méquinol |
Trétinoïne |
Hydroquinone |
3 — Traitements physiques |
Pages associées |
Questions fréquentes

Diagnostic — qu’est-ce qu’une éphélide ?

Taches de rousseur
Caractéristique Détail
Nom médical Éphélides
Aspect Petites (quelques mm), brun clair à ocre — zones exposées au soleil : visage, dos des mains, décolleté, haut du dos
Évolution Apparaissent dans l’enfance — permanentes — nombre croissant avec l’âge — coloration s’accentue après exposition solaire
Mécanisme Hypermélaninose épidermique — mélanosomes arrondis à contenu granuleux
Population Prédominance chez les roux et blonds à phototype clair — possible chez les bruns — photosensibilité souvent associée
Génétique Transmission autosomique dominante — si un parent en a, l’enfant en a s’il hérite du gène
⚠️ Les taches de rousseur sont génétiquement déterminées — elles auront tendance à revenir dès les expositions solaires. Chercher à les supprimer définitivement est illusoire et expose au risque de cicatrices. Les traitements permettent de les estomper, pas de les éliminer définitivement.

1 — Éviter le soleil : priorité absolue

L’exposition solaire aggrave toutes les pigmentations et peut accélérer la récidive des taches de rousseur traitées. La protection solaire est indispensable pendant le traitement et après.

→ Voir comment se protéger du soleil

Tous les traitements exfoliants et dépigmentants se déroulent de préférence en hiver, à distance du soleil.

2 — Crèmes contre les taches de rousseur

Deux familles selon le mécanisme :

Type Mécanisme Risque
Dépigmentantes Estompent la pigmentation existante Risque d’éclaircissement des zones saines si application trop large — ne pas dépasser les taches
Hypopigmentantes Diminuent la formation de mélanine Moindre risque de dépigmentation des zones saines

2.1 — Méquinol

Monométhyléther d’hydroquinone (ester de l’hydroquinone). Agit par deux mécanismes : oxydation en radicaux libres toxiques pour les mélanocytes + inhibition de la tyrosinase.

Point Détail
Contre-indications Enfant < 12 ans — grossesse — allaitement
Effets secondaires Irritation — allergie de peau — pigmentations paradoxales — dépigmentations en confettis
Modalités d’application 2×/jour en début sur zones plus foncées uniquement — réduction progressive (soir seul à l’amélioration) — 1×/semaine en entretien
Durée maximale 4 mois — ne pas traiter plus de 10 % de la surface corporelle
Spécialités Leucodinine B® 10% — Any® 8% — Crème des trois fleurs d’Orient® 5 et 10% — Clairodermyl® 5 et 10%

2.2 — Trétinoïne

La trétinoïne (vitamine A acide) inhibe la mélanogenèse, est kératolytique et anti-acnéique. Son usage dans les taches de pigmentation est hors AMM.

Point Détail
Contre-indications Grossesse — allaitement
Effets secondaires Irritation — rougeurs — desquamations — photosensibilisation
Application 1 jour sur 2 en début, puis 1×/jour sur les taches si bonne tolérance
Résultats Premier éclaircissement visible après 3 mois — traitement d’attaque 6 mois — entretien 3×/semaine
Dosages disponibles 0,025% — 0,05% — 0,10% en crème, lotion ou gel
Spécialités Effederm®
Ketrel®
Locacid®
Retacnyl®
Retin A®
Roaccutane gel®

2.3 — Hydroquinone

L’hydroquinone (1,4-dihydroxybenzène) est le dépigmentant le plus utilisé dans le monde. Elle réduit l’oxydation de la tyrosine, inhibe la mélanogenèse et endommage mélanosomes et mélanocytes. Utilisée à des concentrations de 2 à 5%.

Point Détail
Effets indésirables Irritation — allergie de peau — ochronose exogène (usage prolongé à concentrations élevées)
Formule de Kligman (préparation magistrale) Hydroquinone 2–5% + acide rétinoïque 0,05–0,10% + acétate de dexaméthasone 0,10% + onguent hydrophile
Conservation Au frais et à l’abri de la lumière — couleur brune = oxydation — à renouveler après 1 mois
Application 2×/jour pendant au moins 3 mois — traitement d’entretien ensuite
Réglementation Depuis le 1er janvier 2001 — délivrance sous contrôle médical uniquement — directive européenne interdisant l’hydroquinone dans les cosmétiques dépigmentants

3 — Traitements exfoliants et dépigmentants physiques

Technique Mécanisme Particularité
Cryothérapie (azote liquide ou neige carbonique) Congélation légère — destruction des cellules mélaniques (très sensibles au froid) + exfoliation Risque de séquelles dyschromiques : taches blanches ou taches noires
Peeling Décapage épidermique — acide glycolique 20 à 70% ± acide kojique ± acide trichloracétique ± hydroquinone 4% Séances en hiver — suites : rougeurs et croûtes ~1 semaine
Laser Association laser pigmentaire + laser ablatif Indication pour taches isolées ou diffuses — voir fiche dédiée
Lampe flash (IPL) Lumière intense pulsée — photothermolyse sélective de la mélanine Particulièrement utile pour les grandes zones : visage entier, dos des mains
💡 Tous ces traitements physiques laissent des marques sur la peau pendant en moyenne une semaine (croûtes, rougeurs, peau à vif). Durant cette période : protection solaire stricte + crèmes grasses cicatrisantes.


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Pages associées

Taches et dyschromies associées
Taches blanches
Taches noires post-boutons
Trétinoïne — principe actif

Questions fréquentes

Peut-on enlever définitivement les taches de rousseur ?

Non — les éphélides sont génétiquement déterminées et récidivent dès les expositions solaires. Les traitements permettent de les estomper significativement, mais pas de les supprimer définitivement. Chercher à les éliminer à long terme expose à un risque de cicatrices sans garantie de résultat durable. La meilleure approche est de les atténuer et de les stabiliser par une protection solaire stricte au long cours.

La crème à l’hydroquinone est-elle dangereuse ?

L’hydroquinone est efficace mais peut provoquer une irritation, des allergies et, en cas d’usage prolongé à forte concentration, une ochronose exogène (pigmentation paradoxale grisâtre irréversible). C’est pourquoi elle est encadrée médicalement depuis 2001 en France et interdite dans les cosmétiques grand public par directive européenne. Elle ne doit être utilisée que sur prescription médicale et pour une durée limitée.

La lumière pulsée ou le laser — lequel choisir pour les taches de rousseur ?

La lumière pulsée (IPL) est particulièrement adaptée aux grandes zones (visage entier, dos des mains) avec de nombreuses taches diffuses — elle traite toute la surface en une séance. Le laser pigmentaire est plus précis et préférable pour des taches isolées ou rebelles. Les deux peuvent être associés pour les cas complexes. Le dermatologue détermine la meilleure approche selon la surface à traiter, le phototype et la nature des taches.

La formule de Kligman est-elle disponible en pharmacie ?

La formule de Kligman (hydroquinone + acide rétinoïque + dexaméthasone) est une préparation magistrale — elle n’est pas disponible en prêt-à-l’emploi. Elle doit être prescrite par un médecin et préparée par un pharmacien à la demande. Elle doit être conservée au frais et à l’abri de la lumière, et renouvelée après un mois car l’hydroquinone s’oxyde.

Voir aussi :
Laser taches brunes |
Lumière pulsée (IPL) |
Peelings |
Protection solaire |
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ROACCUTANE ® ET SUICIDE : dépression et suicide sous Roacutane ®?

Isotrétinoïne (Roaccutane) et dépression, suicide : que dit la science en 2025 ?

Boîte de Roaccutane isotrétinoïne - médicament contre l'acné sévère

Le Roaccutane® — nom commercial de l’isotrétinoïne, aujourd’hui remplacé en France par Curacné®, Contracné® et Procuta® — est un traitement remarquablement efficace contre l’acné sévère. Il fait cependant l’objet depuis des décennies d’une controverse sur un risque psychiatrique — dépression, idées suicidaires, voire passage à l’acte. Cette controverse a largement atteint le grand public, au point que la crainte de la dépression est aujourd’hui la première raison de refus du traitement par les patients. Voici un état des lieux complet et équilibré de ce que la science sait réellement en 2025.

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Sommaire :
Historique de la controverse |
Données neurobiologiques |
Ce que disent les études |
L’acné elle-même déprime |
Les deux périodes à risque |
Signes d’alarme |
Bilan objectif |
Questions fréquentes

Historique de la controverse

Depuis sa commercialisation en 1982, une controverse persiste autour des liens entre isotrétinoïne et troubles psychiatriques. En 2004, la FDA américaine a alerté sur un risque de dépression, de troubles bipolaires, d’agressivité et de psychose. En 2005, l’isotrétinoïne est apparue dans la liste européenne des médicaments potentiellement dépressogènes. Ces alertes réglementaires ont eu un retentissement médiatique considérable et ont profondément marqué la perception du médicament par le grand public — au-delà de ce que les données scientifiques disponibles justifiaient.

En France, l’ANSM (anciennement Afssaps) a réuni en 2008 un groupe d’experts dermatologues, psychiatres et épidémiologistes pour revoir l’ensemble des données disponibles. La conclusion de ce groupe d’experts, publiée en 2009, était claire : « À ce jour, le lien entre la prise d’isotrétinoïne et la survenue de troubles psychiatriques n’est pas établi au niveau d’une population de patients. »

Données neurobiologiques — ce qui a alimenté la controverse

Des études d’imagerie cérébrale ont mis en évidence chez certains patients traités par isotrétinoïne des modifications fonctionnelles cérébrales : dysfonction du striatum, de l’hippocampe et du cortex orbito-frontal (région associée à la régulation de l’humeur), modifications des systèmes dopaminergiques et sérotoninergiques, et un hypométabolisme du cortex orbito-frontal à la tomographie par émission de positons (TEP).

Ces données neurobiologiques sont réelles — elles ont contribué à alimenter l’hypothèse d’un lien causal entre isotrétinoïne et dépression. Cependant, leur signification clinique reste débattue : ces modifications sont-elles spécifiques à l’isotrétinoïne ou reflètent-elles l’effet de l’acné sévère elle-même sur le cerveau ? Des études récentes suggèrent que l’acné chronique sévère — par son retentissement sur l’estime de soi et la qualité de vie — induit elle-même des modifications neurobiologiques similaires, indépendamment du traitement.

Ce que disent les études épidémiologiques

Une étude publiée en 2008 montrait une augmentation significative des dépressions chez des patients traités par isotrétinoïne orale — mais les experts de l’ANSM ont jugé ses méthodes insuffisamment fiables pour en tirer une conclusion ferme.

Une étude plus récente publiée en 2019, portant sur les 17 829 effets indésirables psychiatriques signalés à l’Adverse Event Reporting System de la FDA entre janvier 1997 et décembre 2017, apporte des données importantes : troubles dépressifs 42,3 %, labilité émotionnelle 16,6 %, troubles anxieux 13,5 %. On notait 2 278 cas d’idées suicidaires, 602 tentatives de suicide et 368 décès par suicide. Étude complète sur PubMed (2019).

Ces chiffres paraissent alarmants hors contexte — mais rapportés au nombre total de patients traités par isotrétinoïne sur 20 ans (plusieurs millions), le taux de suicide est inférieur à celui de la population générale du même âge. Ce point méthodologique essentiel est systématiquement omis dans les rapports médiatiques sur ce sujet.

Les méta-analyses les plus récentes (2020-2024) convergent vers une conclusion nuancée : l’isotrétinoïne ne semble pas augmenter significativement le risque de dépression ou de suicide dans la population générale traitée, et plusieurs études montrent au contraire une amélioration de la qualité de vie et de l’état psychologique chez la majorité des patients dont l’acné s’améliore sous traitement.

L’acné elle-même est un facteur de risque de dépression

Le biais de confusion majeur dans toutes ces études est le suivant : les patients traités par isotrétinoïne ont — par définition — une acné sévère. Or l’acné sévère est elle-même un facteur de risque de dépression indépendant et bien documenté.

Selon le rapport de l’ANSM, « le taux de symptômes dépressifs est statistiquement significativement plus élevé chez les patients acnéiques que chez les non-acnéiques : 20 à 51 % versus 14 à 20 % ». Cette différence considérable reflète l’impact psychologique de l’acné sévère : altération de l’estime de soi, retrait social, honte, anxiété sociale, difficultés relationnelles et amoureuses.

Par ailleurs, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15-24 ans en France (7,6 pour 100 000 habitants), après les accidents de la route. Cette réalité démographique est indépendante de tout médicament — les patients traités par isotrétinoïne appartiennent précisément à ce groupe d’âge à risque. Attribuer causalement des suicides à l’isotrétinoïne sans contrôle de ce facteur est une erreur méthodologique majeure.

Les deux périodes cliniquement à risque

Si le lien causal direct entre isotrétinoïne et dépression n’est pas établi, le traitement expose cliniquement à deux périodes de vulnérabilité psychologique spécifiques que tout patient et tout entourage doit connaître — indépendamment de tout effet neurobiologique direct du médicament.

Période 1 — L’aggravation initiale (1 à 3 mois) : dans les premières semaines de traitement, l’acné peut s’aggraver transitoirement avant de s’améliorer. Le patient, qui attendait un mieux, voit son acné empirer. Cette déception peut déclencher un épisode dépressif chez un patient ayant un terrain psychologique fragile préexistant. Le médecin doit prévenir explicitement cette aggravation initiale avant de débuter le traitement pour que le patient ne l’interprète pas comme un échec.

Période 2 — La déception post-amélioration (4 à 6 mois) : paradoxalement, lorsque l’acné commence à disparaître, certains patients traversent une période difficile. Ils avaient fondé d’importants espoirs de mieux-être social et émotionnel sur la guérison de leur acné — et réalisent que la disparition des boutons ne résout pas tous leurs problèmes relationnels, amoureux ou d’estime de soi accumulés pendant des années d’acné sévère. Cette déception peut être source de dépression, particulièrement chez les patients ayant un fond dépressif préexistant qu’ils espéraient voir disparaître avec l’acné.

💡 Point important sur l’arrêt du traitement : si des signes dépressifs apparaissent, l’arrêt de l’isotrétinoïne ne fait pas disparaître immédiatement les symptômes. Des idées suicidaires et des symptômes dépressifs peuvent persister jusqu’à 6 mois après l’arrêt — la prise en charge psychiatrique est donc indispensable et ne doit pas se limiter à l’arrêt du médicament.

Signes d’alarme à surveiller pendant le traitement

Avant de prescrire, le dermatologue évalue le terrain psychologique du patient — tristesse, désintérêt, irritabilité, caractère désabusé — et peut utiliser des outils validés comme le score MADRS ou le score ADRS. En cas de terrain favorable à la dépression, une consultation psychiatrique préalable est demandée.

Pendant le traitement, les premiers signes évocateurs d’un épisode dépressif débutant sont des maux de tête inhabituels, des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie), une fatigue ou somnolence excessive, une irritabilité ou agressivité nouvelle, un retrait social ou une perte d’intérêt pour les activités habituelles.

Devant ces signes, consulter sans attendre le médecin prescripteur — ne pas attendre la prochaine consultation de suivi prévue. La décision d’arrêter le traitement doit être pesée individuellement : pour certains patients ayant fondé beaucoup d’espoirs sur l’isotrétinoïne, l’arrêt brutal peut lui-même être une source d’aggravation de la détresse. Cette décision appartient au médecin, après évaluation clinique.

Bilan objectif — ce qu’il faut retenir

La réalité scientifique sur isotrétinoïne et dépression peut se résumer en quatre points :

1. Le lien causal direct n’est pas établi — les grandes études épidémiologiques ne confirment pas que l’isotrétinoïne augmente significativement le risque de dépression ou de suicide dans la population traitée, une fois corrigé le biais de l’acné sévère elle-même.

2. Des données neurobiologiques existent mais restent à interpréter — des modifications cérébrales ont été observées, mais leur signification clinique et leur relation causale avec l’isotrétinoïne ne sont pas établies.

3. Le traitement expose à deux périodes de vulnérabilité psychologique clinique — non par effet pharmacologique direct, mais par les espoirs et déceptions qu’il génère. Cette réalité clinique justifie la surveillance.

4. Pour la majorité des patients, l’isotrétinoïne améliore la qualité de vie — les méta-analyses récentes montrent une amélioration de l’état psychologique chez la plupart des patients dont l’acné guérit sous traitement.

Questions fréquentes

Faut-il avoir peur de la dépression avec l’isotrétinoïne ?
La peur ne doit pas conduire à refuser un traitement efficace pour une acné sévère qui elle-même déprime et cicatrise. La surveillance est justifiée, la peur excessive n’est pas fondée sur les données scientifiques actuelles. En parler ouvertement avec le médecin prescripteur, signaler tout antécédent personnel ou familial de dépression, et connaître les deux périodes de vulnérabilité clinique suffit pour la grande majorité des patients.

Que faire si je me sens déprimé sous isotrétinoïne ?
Consulter le médecin prescripteur sans attendre la prochaine consultation prévue. Ne pas arrêter seul le traitement sans avis médical — la décision d’arrêt doit être concertée. Si les symptômes sont intenses (tristesse profonde, idées noires, isolement), une consultation psychiatrique urgente est recommandée en parallèle. Les symptômes peuvent persister jusqu’à 6 mois après l’arrêt — une prise en charge spécifique est nécessaire.

L’isotrétinoïne peut-elle provoquer de l’agressivité ?
Des cas d’irritabilité et d’agressivité ont été rapportés sous isotrétinoïne — ils font partie des effets indésirables psychiatriques listés dans le RCP du médicament. Comme pour la dépression, il est difficile de distinguer l’effet du médicament de l’effet de l’acné sévère et de l’adolescence sur l’humeur. En pratique, toute modification comportementale inhabituelle doit être signalée au médecin.

Le risque psychiatrique est-il le même pour tout le monde ?
Non — le risque est plus élevé chez les patients ayant un antécédent personnel ou familial de dépression, un terrain psychologique fragile identifié en consultation, ou des attentes très élevées vis-à-vis du traitement. Pour ces patients, un bilan psychiatrique préalable est recommandé et le suivi doit être plus rapproché.

L’isotrétinoïne a-t-elle été retirée du marché à cause de ces risques ?
Non. Le Roaccutane® a bien été retiré du marché français en 2013, mais pour des raisons industrielles et non sanitaires — d’autres spécialités à base d’isotrétinoïne (Curacné®, Contracné®, Procuta®) restent disponibles et prescrites. Au niveau mondial, l’isotrétinoïne reste prescrite dans plus de 100 pays avec un encadrement renforcé (programme de prévention grossesse, surveillance biologique) mais sans retrait lié au risque psychiatrique.

Pour aller plus loin : étude FDA 2019 sur les effets psychiatriques (PubMed) | recherche complète PubMed — isotrétinoïne et suicide | Guide complet de l’isotrétinoïne.


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ERUPTION CUTANEE : éruption de boutons ou de plaques sur la peau

Éruption de boutons sur la peau : causes et diagnostic

Il est fréquent de voir apparaître soudainement des plaques ou des boutons sur la peau. Leur cause est souvent difficile à identifier sans avis médical : une même apparence peut correspondre à des dizaines de diagnostics très différents. Le dermatologue oriente son diagnostic en fonction de l’aspect des lésions (papules, pustules, vésicules, plaques…), de leur localisation, de la présence ou non de démangeaisons, et des signes généraux associés (fièvre, fatigue…).

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Plaque rouge sur la peau — éruption cutanée

Sommaire :
Éruption localisée |
Éruption généralisée |
Éruption en lignes ou anneaux |
Questions fréquentes

1. Éruption localisée à une zone du corps

1.1 Éruption localisée qui démange

Des plaques ou boutons prurigineux (qui grattent) peuvent apparaître sur n’importe quelle zone du corps. Le diagnostic probable varie selon la localisation : plaques qui grattent sur les bras, les coudes, les plis des coudes, les jambes, derrière les genoux, le ventre, le dos, le visage.

Des boutons prurigineux peuvent aussi siéger sur le visage, le ventre, le dos, la jambe, les bras, la vulve, le pubis ou l’anus.

1.2 Éruption localisée sans démangeaison

1.2.1 Lésions gonflées contenant du liquide (bulle, vésicule, pustule)

Vésicules (petites bulles de quelques millimètres contenant un liquide clair) — les principales causes sont infectieuses : dermatophytie vésiculeuse (mycose), viroses comme l’herpès, le zona, les coxsackies ou la vaccine. Parmi les dermatoses non infectieuses : hidrocystome, maladie de Grover, incontinentia pigmenti. Parmi les dermatoses auto-immunes : dermatite herpétiforme, dermatose à IgA linéaire. Parmi les dermatoses inflammatoires : lichen vésiculobulleux, lupus érythémateux subaigu vésiculeux, pityriasis lichénoïde, prurigo strophulus.

Bulles (lésions de grande taille contenant du liquide) — les bulles intra-épidermiques avec signe de Nikolsky positif orientent vers un pemphigus, un impétigo bulleux ou un zona. Les bulles sous-épidermiques évoquent plutôt une dermatose bulleuse auto-immune comme la pemphigoïde bulleuse ou un érythème polymorphe.

Pustules (lésions contenant du pus) — les pustules folliculaires (centrées sur un poil) orientent vers une folliculite. Les pustules non folliculaires évoquent une pustulose à éosinophiles ou un psoriasis pustuleux.

1.2.2 Lésions surélevées sans contenu liquidien : papules

Une papule est une lésion solide, surélevée, de petite taille (inférieure à 1 cm). Elle peut être d’origine infectieuse (verrue, molluscum contagiosum), inflammatoire (lichen plan), auto-immune, ou tumorale bénigne. Sa couleur, sa surface et sa localisation orientent le diagnostic.

1.2.3 Lésions plates colorées : macules localisées

Macules rouges localisées — en cas d’infection : érythème migrant de Lyme, érysipèle, rouget du porc, trypanosomiase africaine, lèpre. En cas de dermatose : érythème pigmenté fixe, granulome annulaire. En cas de cause immunologique ou auto-immune : maladie de Behçet, maladie périodique, syndrome hyper-IgD, syndromes hyperéosinophiliques. En cas de cause traumatique : frottement, brûlure, coup de soleil.

Macules blanches — voir notre article sur les taches blanches.

Macules brunes — voir notre article sur les taches brunes.

Purpura (taches rouges ou violacées ne s’effaçant pas à la vitropression) — voir notre article sur le purpura.

2. Éruption sur tout le corps

2.1 Éruption généralisée qui démange

Une éruption prurigineuse touchant l’ensemble du corps évoque en premier lieu une urticaire généralisée, une gale, un eczéma atopique étendu ou une réaction médicamenteuse. Voir notre article complet sur les démangeaisons sur le corps.

2.2 Éruption généralisée sans démangeaison

Atteinte de la quasi-totalité de la surface cutanée : érythrodermie — voir notre article sur l’érythrodermie. Il s’agit d’une urgence dermatologique.

Macules rouges généralisées : exanthème (parfois maculopapuleux) — les exanthèmes sont très fréquents et leur cause est le plus souvent infectieuse ou médicamenteuse.

Parmi les causes infectieuses virales : adénovirus, arboviroses, CMV (cytomégalovirus), EBV (Epstein-Barr virus), entérovirus (échovirus, coxsackies), hépatite B, HHV6 (herpès humain 6), parvovirus B19 (mégalérythème épidémique), primo-infection VIH, rougeole, rubéole, virus respiratoire syncytial.

Parmi les causes infectieuses bactériennes (souvent fébriles) : leptospirose, scarlatine streptococcique et staphylococcique, toxic shock syndrome, érythème scarlatiniforme, fièvre après morsure de rat, fièvre récurrente, méningococcémie, rickettsiose, brucellose, salmonellose.

Parmi les causes iatrogéniques (médicaments) : antibiotiques, anticonvulsivants… Voir notre article sur l’allergie médicamenteuse.

Les maladies du sang peuvent aussi être responsables d’exanthèmes, notamment la réaction du greffon contre l’hôte (GVH).

Macules blanches généralisées — voir notre article sur les taches blanches.

Macules brunes généralisées — voir notre article sur les taches brunes.

3. Éruption formant des lignes, des anneaux ou des figures géométriques

On parle de dermatoses figurées lorsque les lésions dessinent des formes géométriques sur la peau. Elles constituent un groupe diagnostique à part entière.

Éruptions linéaires

Les principales causes d’éruption linéaire sont le lichen striatus, la blaschkite (éruption suivant les lignes de Blaschko — reflet de la mosaïque génétique cutanée) et le zona (éruption vésiculeuse unilatérale suivant un dermatome).

Éruptions annulaires (en anneaux)

Les éruptions annulaires peuvent être d’origine infectieuse : dermatophytie (mycose en couronne), lèpre tuberculoïde, maladie de Lyme (érythème chronique migrant — grande plaque annulaire centrifuge). Parmi les causes tumorales ou paranéoplasiques : érythème nécrolytique migrateur (associé à un glucagonome), érythema gyratum repens. Parmi les dermatoses inflammatoires : érythème polymorphe, granulome annulaire, pityriasis rosé de Gibert, sarcoïdose.

💡 Cette liste n’est pas exhaustive. Face à une éruption cutanée inexpliquée ou qui persiste au-delà de quelques jours, une consultation dermatologique est indispensable. La photo d’une lésion peut aider lors d’une téléconsultation — mais elle ne remplace pas l’examen clinique pour les lésions suspectes.

📚 Approche diagnostique des éruptions cutanées aiguës — revue PubMed

📚 Exanthèmes fébriles : démarche diagnostique et principales étiologies — PubMed

Questions fréquentes sur les éruptions cutanées

Comment savoir si une éruption est grave ou bénigne ?
Certains signes doivent conduire à consulter en urgence : fièvre élevée associée à l’éruption, purpura ne s’effaçant pas à la vitropression (peut indiquer une méningococcémie), bulles étendues ou décollements cutanés, atteinte des muqueuses (bouche, yeux, organes génitaux), difficultés à respirer ou à avaler. En dehors de ces signaux d’alarme, une éruption persistant plus de 5 à 7 jours sans cause évidente justifie une consultation.

Une éruption sans démangeaison est-elle moins grave ?
Pas nécessairement. Certaines éruptions graves (méningococcémie, érythrodermie, réaction médicamenteuse sévère de type DRESS) sont peu ou pas prurigineuses. À l’inverse, une urticaire très prurigineuse est souvent bénigne. C’est l’ensemble du tableau clinique — et non le prurit seul — qui guide l’évaluation.

Peut-on identifier la cause d’une éruption sur photo ?
Une photo de bonne qualité permet souvent d’orienter le diagnostic lors d’une téléconsultation, surtout pour les formes typiques (herpès, varicelle, urticaire, zona). Cependant, certaines lésions nécessitent un examen dermoscopique ou une biopsie que seule une consultation en cabinet permet de réaliser. La téléconsultation est un bon premier filtre, notamment pour les éruptions récentes et peu inquiétantes.

Quelle est la cause la plus fréquente d’éruption soudaine sur le corps ?
Chez l’adulte, les causes les plus fréquentes d’éruption soudaine sont l’urticaire aiguë (souvent allergique ou virale), les réactions médicamenteuses, les infections virales (dont beaucoup donnent un exanthème), et l’eczéma de contact. Chez l’enfant, les éruptions virales fébriles (rougeole, rubéole, roséole, mégalérythème) sont très fréquentes.

Faut-il arrêter un médicament en cas d’éruption ?
Ne jamais arrêter un médicament sans avis médical, surtout s’il s’agit d’un traitement de fond (anticoagulant, antidiabétique, antiépileptique). En revanche, signalez rapidement toute éruption apparaissant après l’introduction d’un nouveau médicament — le délai typique est de 7 à 21 jours. Voir notre article sur l’allergie médicamenteuse.


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VETEMENT NEUF : faut-il laver un habit neuf avant de le porter?

Peut-on porter un vêtement neuf sans le laver?

Vous venez d’acheter un t-shirt, une robe, une chemise? Faut-il le laver avant de le porter? Quels sont les risques si vous le portez sans le laver?

En voyant les vêtements pliés, emballés, neufs, vous pensez qu’il n’y a pas de risque à les porter. Mais est-ce bien le cas?

 

sarcopte de la gale
Sarcopte vu au microscope

Produits toxiques dans les vetements neufs

Si l’Union Européenne interdit l’usage de beaucoup de produits toxiques ce n’est pas le cas dans beaucoup d’autres pays et le T shirt made in Portugal peut juste avoir été fini au Portugal mais provenir de tissus chinois ou coloré dans d’autres pays…

Ainsi on peut trouver du plomb, du chrome, du nickel, des colorants azoïques, des résines formaldéhyde, des teintures toxiques interdites en Europe

Les points les plus sensibles du corps sont là où le vêtement est en contact et frotte contre la peau ainsi que dans les zones de transpiration : le ventre, le cou, les cuisses, les aisselles.

Ce risque concerne aussi les vêtements bio : la mention « bio » signifie simplement que les fibres utilisées sont biologiques. Cela ne garantit pas l’absence de traitement par des produits « chimiques » sur les fibres ensuite.

Deux types de manifestations peuvent se produire :

Allergie à un produit

Deux allergènes responsables d’allergie au contact des vêtements neufs sont les teintures et la résine formaldéhyde (qui empêche notamment le coton de plisser).

On peut alors avoir un aspect d’ eczema voire d’ urticaire

Eruption du tronc

Pénétration transcutanée

Elle est probablement très faible, mais la pénétration du plomb ou du chrome, notamment en cas de transpiration est un risque potentiel

Les agents biologiques : gale, poux, moisissures, virus…

Au-delà des produits chimiques, un produit textile peut avoir été essayé plusieurs fois, même s’il est emballé et plié, notamment en cas de vente par Internet. De même, un vêtement peut avoir été replié sur les présentoirs dans un magasin mais avoir été essayé peu de temps avant. Les vêtements empilés peuvent se contaminer entre eux…

On peut donc craindre une contamination par la gale, les poux (de cheveux ou de corps parfois)…

Par ailleurs, en cas d’humidité ambiante, des moisissures peuvent persister au sein des fibres textiles

Enfin, si un vêtement vient d’être essayé, il peut encore porter des virus et transmettre un rhume, une grippe…

Alors comment laver les vêtements?

Idéalement il faut les laver deux fois pour limiter le portage de substances chimiques notamment.

La gale et les poux quant à eux ne résistent pas au delà de 60°C

Enfin, pour éviter que le textile ne se décolore ou ternisse, il est possible de faire tremper le vêtement dans de l’eau froide avant la machine à laver.

DERMATILLOMANIE : se gratter, triturer et toucher peau et boutons tout le temps

La dermatillomanie

Acné légère du menton, excoriée et manipulée, engendrant des plaies et des croutes

La dermatillomanie (triturage pathologique de la peau) est caractérisée par le fait de se triturer la peau de manière répétitive aboutissant à des lésions cutanées et des tentatives répétées de diminuer ou arrêter de s’excorier. C’est un comportement répétitif centré sur le corps (CRCC) qui n’est pas déclenché par des obsessions ou des préoccupations; cependant ils peuvent être précédés ou accompagnés par différents états émotionnels, comme des sentiments d’anxiété ou d’ennui. Ils peuvent aussi être précédés par une sensation accrue de tension ou conduire à une gratification, du plaisir ou une sensation de soulagement quand la peau est excoriée. Les sujets souffrant de ce trouble peuvent avoir plus ou moins conscience de la survenue du comportement lorsqu’ils l’initient avec, pour certains, une attention plus focalisée sur le comportement (précédé de tension et suivi de soulagement), alors que, pour d’autres, il s’agit d’un comportement beaucoup plus automatique (les comportements semblant survenir sans qu’ils en aient pleinement conscience).

 

Diagnostic

La caractéristique essentielle de la dermatillomanie est un triturage répété de sa propre peau (critère A). Les sites les plus communément triturés sont le visage, les bras et les mains, mais de nombreuses personnes se triturent de multiples régions du corps. Les sujets peuvent triturer une peau saine, des irrégularités mineurs de la peau, des lésions telles que des boutons ou des callosités ou des croûtes provenant de triturais antérieurs. La plupart des personnes se triturent avec leurs ongles, bien que nombre d’entre elles utilisent des pinces à épiler, des épingles ou d’autres objets. Outre le triturage de la peau, il peut y avoir frottage de la peau, serrement, perforation et morsure. Les sujets présentant une dermatillomanie consacrent souvent un temps significatif à leur comportement de tritrurage, parfois plusieurs heures par jour, et certains triturages de la peau peuvent persister pendant des mois ou des années. Le critère A nécessite que le triturage de la peau aboutisse à des lésions de celle-ci, bien que des sujets présentant ce trouble tentent souvent de dissimuler ou de camoufler de telles lésions (p. ex. avec du maquillage ou des vêtements). Les sujets présentant une dermatillomanie ont fait des tentatives répétées pour diminuer ou arrêter le triturage de leur peau (critère B).

 

Caractéristiques et troubles associés

La dermatillomanie peut s’accompagner d’une série de gestes ou rituels touchant à la peau ou à des cicatrices. Ainsi, certains sujets peuvent se mettre à la recherche de types particuliers de croutes à ôter, les examiner, jouer avec, mâcher ou avaler la peau après l’avoir détachée. La dermatillomanie peut être précédée ou être accompagnée de différents états émotionnels. Le triturage de la peau peut être déclenché par des sentiments d’anxiété ou d’ennui, être précédé d’une sensation croissante de tension (soit immédiatement avant de triturer la peau, soit tandis que le sujet tente de résister au besoin pressant de triturer) et peut susciter de la gratification, du plaisir ou une sensation de soulagement lorsque la peau ou la croûte ont été ôtées. Certains sujets rapportent qu’ils se triturent en réponse à une petite irrégularité de la peau et pour soulager une sensation d’inconfort corporel. D’après ce qu’une disent les personnes qui en souffrent, la dermatillomanie n’est pas régulièrement accompagnée de douleur. Certains individus cèdent au triturage de la peau dans un contexte précis (p. ex. en raison d’un état de tension et avec un soulagement consécutif), tandis que d’autres s’y engagent de manière plus automatique (p. ex. lorsque ce triturage n’est précédé d’aucun état de tension et réalisé sans que le sujet en ait pleinement conscience). Nombre de sujets associent en fait les deux modes de comportement. La dermatillomanie ne survient habituellement pas en présence d’autres personnes, à l’exception des membres de la famille proche. Certains individus signalent triturer la peau des autres.

Prévalence

Dans la population générale, la prévalence sur la vie de la dermatillomanie chez les adultes est de 1,4% ou légèrement plus. Au moins trois quart des individus présentant ce trouble sont des femmes. Cela reflète vraisemblablement la véritable répartition en fonction du genre, quoique cela puisse aussi refléter des différences dans la recherche d’un traitement selon le genre ou des attitudes culturelles liées à l’apparence extérieure.

 

Evolution

Bien que la dermatillomanie puisse survenir à tout âge, le triturage de la peau apparaît le plus souvent durant l’adolescence, coïncidant fréquemment avec le début de la puberté, ou il suit le début de celle-ci. Le trouble commence fréquemment par une affection dermatologique, telle qu’une acné. Les sites de triturage de la peau peuvent varier dans le temps. L’évolution habituelle est chronique, avec des hauts et des bas en l’absence de traitement. Pour certains sujets, le trouble peut apparaître ou disparaître pendant des semaines, de mois ou des années entières.

Retentissement fonctionnel

La dermatillomanie est associée à une détresse ainsi qu’à une altération sociale et professionnelle. La majorité de sujets présentant cette affection passent au moins une heure par jour à se triturer, à penser au fait de se triturer et à résister aux fortes envies de se triturer. De nombreux individus rapportent des comportements d’évitement lors des événements sociaux ou des spectacles, ainsi que le fait d’éviter de s’afficher en public. Une majorité de personnes présentant le trouble rapportent également avoir été gênées dans leur travail par le triturage de la peau, au moins une fois par jour ou par semaine. Une proportion significative d’étudiants atteints de la dermatillomanie rapporte avoir manqué des cours, avoir eu des difficultés à gérer leurs responsabilités scolaires ou des difficultés à étudier en raison du triture de leur peau. Les complications médicales du triturage de la peau incluent des dommages causés aux tissus, des cicatrices et des infections pouvant mettre en danger la vie du sujet. On rapporte des cas rares de synovite des poignets due à un triturage chronique. Le triturage de la peau aboutit souvent à des lésions tissulaires significatives et à des cicatrices. Il requiert fréquemment un traitement antibiotique contre l’infection et, à l’occasion, il peut nécessiter une intervention chirurgicale.

Comorbidité

La dermatillomanie est souvent accompagnée par d’autres troubles mentaux. De tels troubles incluent le TOC et la trichotillomanie (arrachage compulsif de ses propres cheveux), aussi bien que le trouble dépressif caractérisé. Des symptômes répétitifs focalisés sur le corps autres que le triturage de la peau et l’arrachage des cheveux (p. ex. le fait de se ronger les ongles) surviennent chez de nombreux sujets présentant une dermatillomanie et peuvent justifier un diagnostic additionnel « autre trouble obsessionnel-compulsif ou apparenté spécifié » (c.-à-d. de comportements répétitifs centrés sur le corps).

Critères diagnostiques

A. Triturage répété de la peau aboutissant à des lésions cutanées.
B. Tentatives répétées pour diminuer ou arrêter le triturage de la peau.
C. Le triturage de la peau entraîne une détresse cliniquement significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou dans d’autres domaines importants.
D. Le triturage de la peau n’est pas imputable aux effets physiologiques d’une substance (p. ex. cocaïne) ou d’une autre affection médicale (p. ex. gale).
E. Le triturage de la peau n’est pas mieux expliqué par des symptômes d’un autre trouble mental (p. ex. idées délirantes ou hallucinations tactiles dans un trouble psychotique, tentatives d’atténuer un défaut ou une imperfection perçus dans l’obsession d’une dysmorphie corporelle, stéréotypies dans les mouvements stéréotypés, ou intention de se faire du mal dans les lésions auto-infligées non suicidaires).

ENFANT QUI DIT NON, BRUTAL, COLERIQUE, VIOLENT : Troubles du comportement

Troubles du comportement, des conduites et des impulsions

Trouble oppositionnel avec provocation

Diagnostic

La caractéristique essentielle du Trouble oppositionnel avec provocation est un ensemble récurrent de comportements négativistes, provocateurs, désobéissants et hostiles envers les personnes en position d’autorité, qui persiste pendant au moins 6 mois (Critère A) ; il se traduit par la survenue fréquente d’au moins quatre des
comportements suivants : le sujet se met en colère (Critère Al), conteste ce que disent les adultes (Critère A2), s’oppose activement ou refuse de se plier aux demandes ou aux règles des adultes (Critère A3), fait délibérément des choses qui ennuient les autres (Critère A4), fait porter à autrui la responsabilité de ses erreurs ou de sa mauvaise conduite (Critère A5), est susceptible ou facilement agacé par les autres(Critère A6), se fâche et manifeste du ressentiment (Critère A7), se montre méchant ou vindicatif (Critère A8).

Pour porter le diagnostic de Trouble oppositionnel avec provocation, il faut que ces comportements surviennent plus fréquemment qu’on ne les observe habituellement chez des sujets d’âge et de niveau de développement comparables,
et qu’ils entraînent une altération significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel (Critère B).

On ne fait pas ce diagnostic si les comportements pathologiques surviennent exclusivement au cours d’un Trouble psychotique ou d’un Trouble de l’humeur (Critère C), si les critères d’un Trouble des conduites sont présents
ou si le sujet (âgé de 18 ans ou plus) répond aux critères d’une Personnalité antisociale.

Les comportements négativistes et provocateurs sont durables et se manifestent par de l’obstination, par une résistance à suivre les consignes et par le refus de faire des compromis, de céder ou de transiger avec les adultes ou avec les pairs.

La provocation peut aussi se traduire par une attitude délibérée et permanente consistant à tester les limites d’autrui, à ignorer les ordres ou à les contester, et à refuser le blâme pour ses mauvaises actions. L’hostilité peut être dirigée envers les adultes ou envers les pairs, elle se traduit par une volonté délibérée d’embêter les autres ou par de l’agressivité verbale (sans toutefois, en général, d’agressivité physique comme dans le Trouble des conduites). Les manifestations du trouble sont presque invariablement présentes à la maison mais ne sont pas toujours visibles à l’école ou en collectivité. Typiquement, c’est dans les interactions avec les adultes ou avec les pairs que le sujet connaît bien que les symptômes sont manifestes, et on peut ne pas les remarquer au cours d’un examen clinique. Habituellement, les sujets ne se reconnaissent pas eux-mêmes comme hostiles ou provocateurs mais justifient leurs conduites comme des réponses à des demandes déraisonnables ou des circonstances injustes.

Caractéristiques et troubles associés

Les caractéristiques et troubles associés varient en fonction de l’âge du sujet et de la sévérité du Trouble oppositionnel avec provocation. Pour les garçons, on a montré que le trouble était plus fréquent chez ceux ayant présenté, à l’âge préscolaire, un tempérament difficile (p. ex., réactivité excessive, difficulté à se calmer) ou une hyperactivité motrice. A l’âge scolaire, on peut observer une mauvaise estime de soi (ou une estime de soi démesurée), une labilité de l’humeur, une faible tolérance à la frustration, un langage grossier, et une consommation précoce d’alcool, de tabac ou de drogues illicites.
L’enfant est souvent en conflit avec ses parents, ses professeurs ou ses camarades.
Cela peut engendrer un cercle vicieux, parents et enfant semblant faire naître le pire les uns des autres. Le Trouble oppositionnel avec provocation est plus fréquent dans les familles où la continuité de l’éducation a été interrompue à cause de la succession de personnes différentes, ou dans lesquelles les pratiques éducatives ont été dures, incohérentes ou négligentes. Un Déficit de l’attention/hyperactivité est fréquent chez les enfants ayant un Trouble oppositionnel avec provocation. Des Troubles des apprentissages et des Troubles de la communication peuvent également lui être associés.

Caractéristiques liées à la culture, à l’âge et au sexe

Du fait de la grande fréquence des comportements transitoires d’opposition à l’âge préscolaire et à l’adolescence, il faut être particulièrement prudent avant de faire le diagnostic de Trouble oppositionnel avec provocation pendant ces deux périodes du développement. Le nombre des symptômes du Trouble oppositionnel avec provocation
tend à augmenter avec l’âge. Avant la puberté, le trouble est plus fréquent chez les garçons que chez les filles ; après la puberté, les taux de prévalence semblent se rapprocher.
Les symptômes sont généralement similaires dans les deux sexes, si ce n’est que les garçons ont davantage de comportements de confrontation et, dans l’ensemble, des symptômes plus durables.

Prévalence

Selon les types de population étudiés et les méthodes d’investigation utilisées, le taux de prévalence du trouble varie de 2 % à 16 %.

Évolution

Le Trouble oppositionnel avec provocation se révèle habituellement avant l’âge de 8 ans, et généralement pas après le début de l’adolescence. Le plus souvent, les symptômes se manifestent d’abord à la maison et peuvent s’étendre, avec le temps, à d’autres environnements. Typiquement, le début des troubles est progressif, sur des mois, voire
des années. Dans un pourcentage important de cas, le Trouble oppositionnel avec provocation représente, dans le développement du sujet, un antécédent du Trouble des conduites. Bien que le Trouble des conduites à début dans l’enfance soit souvent précédé d’un Trouble oppositionnel avec provocation, beaucoup d’enfants ayant un
Trouble oppositionnel avec provocation ne présentent pas secondairement de Trouble des conduites.

Aspects familiaux

Le Trouble oppositionnel avec provocation semble plus fréquent dans les familles où au moins l’un des parents a des antécédents de Trouble de l’humeur, de Trouble oppositionnel avec provocation, de Trouble des conduites, de Déficit de l’attention/ hyperactivité, de Personnalité antisociale ou de Trouble lié à une substance. De plus, certaines études suggèrent que les mères ayant un Trouble dépressif ont plus de risques que les autres d’avoir un enfant présentant un comportement oppositionnel, mais on ne sait pas dans quelle mesure la dépression maternelle est la conséquence ou la cause du comportement de l’enfant. Le Trouble oppositionnel avec provocation est plus fréquent
dans les familles où existe un conflit conjugal grave.

 

Critères diagnostiques

A. Ensemble de comportements négativistes, hostiles ou provocateurs,
persistant pendant au moins 6 mois durant lesquels sont présentes
quatre des manifestations suivantes (ou plus) :
(1) se met souvent en colère
(2) conteste souvent ce que disent les adultes
(3) s’oppose souvent activement ou refuse de se plier aux demandes
ou aux règles des adultes
(4) embête souvent les autres délibérément
(5) fait souvent porter à autrui la responsabilité de ses erreurs ou de
sa mauvaise conduite
(6) est souvent susceptible ou facilement agacé par les autres
(7) est souvent fâché et plein de ressentiment
(8) se montre souvent méchant ou vindicatif
N.-B. : On ne considère qu’un critère est rempli que si le comportement survient plus
fréquemment qu’on ne l’observe habituellement chez des sujets d’âge et de niveau
de développement comparables.
B. La perturbation des conduites entraîne une altération cliniquement
significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel.
C. Les comportements décrits en A ne surviennent pas exclusivement au
cours d’un Trouble psychotique ou d’un Trouble de l’humeur.
D. Le trouble ne répond pas aux critères du Trouble des conduites ni,
si le sujet est âgé de 18 ans ou plus, à ceux de la Personnalité
antisociale.

Trouble des conduites

Diagnostic

La caractéristique essentielle du Trouble des conduites est un ensemble de conduites répétitives et persistantes, dans lequel sont bafoués les droits fondamentaux d’autrui ou les normes et règles sociales correspondant à l’âge du sujet (Critère A).
On peut classer ces conduites en quatre catégories principales :
– conduites agressives où des personnes ou des animaux sont blessés ou menacés dans leur intégrité physique (Critères Al-A7),
– conduites où des biens matériels sont endommagés ou détruits, sans agression physique (Critères A8-A9),
– fraudes ou vols (Critères A10-Al2),
– et violations graves de règles établies (Critères A13-A15).

Trois comportements caractéristiques (ou plus) doivent avoir été présents au cours des 12 derniers mois, et au moins un au cours des 6 derniers mois.

La perturbation du comportement entraîne une altération cliniquement significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel (Critère B).

On peut faire le diagnostic de Trouble des conduites chez des sujets âgés de 18 ans ou plus, mais seulement en l’ absence des critères de la Personnalité antisociale (Critère C).
Les comportements caractéristiques se produisent habituellement dans des contextes variés : à l’école, à la maison ou à l’extérieur. Les sujets atteints de Trouble des conduites avant tendance à minimiser leurs problèmes de comportement, le clinicien doit souvent s’informer également auprès de ses proches. Cependant ces derniers peuvent n’avoir qu’une connaissance limitée des problèmes, du fait d’un manque de surveillance ou parce que l’enfant ne leur dit pas ce qu’il fait.
Les enfants ou adolescents ayant un Trouble des conduites déclenchent souvent les hostilités ou réagissent agressivement envers les autres. Ils peuvent se montrer brutaux, menaçants ou avoir des comportements d’intimidation (Critère Al) ; commencer les bagarres (Critère A2) ; utiliser une arme susceptible de blesser sérieusement autrui (p. ex., un bâton, une brique, une bouteille cassée, un couteau, une arme à feu) (Critère A3) ; faire preuve de cruauté physique envers des personnes (Critère A4) ou des animaux (Critère A5) ; commettre un vol en affrontant la victime (p. ex., agression, vol de sac à main, extorsion d’argent, vol à main armée) (Critère A6) ; ou contraindre quelqu’un à avoir des relations sexuelles (Critère A7). La violence physique peut aller jusqu’au viol, aux coups et blessures et, dans de rares cas, jusqu’à l’homicide.

Un autre trait caractéristique du trouble est la destruction délibérée de biens appartenant à autrui ; il peut s’agir d’un incendie volontaire avec intention de provoquer des dégâts importants (Critère A8) ou de la destruction délibérée du bien d’autrui par d’autres moyens (p. ex., briser les carreaux d’une voiture, commettre des actes de vandalisme a l’école) (Critère A9).

Les actes frauduleux ou les vols possibles comprennent par exemple le fait de pénétrer par effraction dans une maison, un bâtiment ou une voiture appartenant à autrui (Critère A10) ; le fait de mentir ou de trahir des promesses afin d’obtenir des biens ou des faveurs ou pour échapper à des dettes ou à des obligations (p. ex., « arnaquer» les autres) (Critère Al 1) ; de voler des objets d’une certaine valeur sans affronter la victime
(p. ex., vol à l’étalage, contrefaçon) (Critère Al2).
On peut aussi observer des violations graves de règles établies (p. ex., règles scolaires ou parentales). Les enfants peuvent rester dehors tard la nuit en dépit des interdictions de leurs parents, avant l’âge de 13 ans (Critère A13). Ils peuvent régulierement fuguer et passer la nuit dehors (Critère A14). Pour constituer un symptôme du Trouble des conduites, la fugue doit s’être produite au moins à deux reprises (ou une seule fois sans revenir à la maison pendant une longue période). En revanche, les fugues qui sont la conséquence directe d’abus sexuels ou de sévices corporels n’entrent pas en ligne de compte pour ce critère. Les enfants font souvent l’école buissonnière,
avant l’âge de 13 ans (Critère A15). Chez les sujets plus âgés, ce sont des absences fréquentes du travail sans raison valable.

Sous-types

On a proposé deux sous-types pour le Trouble des conduites, en fonction de l’âge de début du trouble (c.-à-cl. type à début pendant l’enfance, type à début pendant l’adolescence).
Ces sous-types diffèrent par la nature des principaux problèmes de conduite, par l’évolution, par le pronostic et par la prévalence selon le sexe. Chaque sous-type peut se présenter sous une forme légère, modérée ou sévère. Pour déterminer l’âge de début du trouble, il faut obtenir des informations auprès du jeune mais aussi auprès
des personnes qui l’ont élevé. Étant donné que de nombreux comportements pathologiques peuvent rester cachés, les personnes responsables de l’enfant ne sont parfois pas à même de rapporter tous les symptômes et peuvent surestimer l’âge de leur survenue.

Type à début pendant l’enfance

Ce sous-type se définit par l’apparition d’au moins un critère caractéristique du Trouble des conduites avant l’âge de dix ans. Les sujets de cette catégorie sont généralement des garçons. Ils sont souvent agressifs physiquement et ont de mauvaises relations avec leurs pairs.
Ils peuvent avoir présenté pendant leur petite enfance un Trouble oppositionnel avec provocation et ont habituellement tous les symptômes du Trouble des conduites avant la puberté. De nombreux enfants ayant ce sous-type ont aussi un Déficit de l’attention/hyperactivité concomitant. Les sujets ayant le Type à début pendant l’enfance sont plus susceptibles de présenter un Trouble des conduites persistant et, à l’âge adulte, une Personnalité antisociale, que les sujets ayant un Type à début pendant l’adolescence.

Type à début pendant l’adolescence.

Ce sous-type se définit par l’absence de tout critère caractéristique du Trouble des conduites avant l’âge de 10 ans.
Comparés à ceux du type à début pendant l’enfance, les sujets de cette catégorie sont moins susceptibles d’avoir des comportements agressifs et ont en général de meilleures relations avec leurs pairs (quoiqu’ayant souvent des problèmes de conduite quand il se trouvent en groupe). Ils ont également moins de risques d’avoir un Trouble des conduites persistant et de développer une Personnalité antisociale à l’âge adulte. Le rapport garçon : fille pour le Trouble des conduites est moins élevé dans le type à début pendant l’adolescence que dans le type à
début pendant l’enfance.

Critères de sévérité
Léger.

Il n’existe que peu ou pas de problèmes de conduites dépassant en nombre ceux requis pour le diagnostic, et les problèmes de conduite n’occasionnent que peu de mal à autrui (p. ex., mensonges, école buissonnière, rester
dehors après la nuit tombée sans permission).

Moyen.

Le nombre de problèmes de conduites, ainsi que leurs effets sur autrui, sont intermédiaires entre « léger » et « sévère » (p. ex., vol sans affronter la victime, vandalisme).

Sévère.

Il existe de nombreux problèmes de conduites dépassant en nombre ceux requis pour le diagnostic, ou bien les problèmes de conduite occasionnent un dommage considérable à autrui (p. ex., actes sexuels forcés, cruauté physique, emploi d’une arme, vol en affrontant la victime, effraction).

Caractéristiques et troubles associés

Les sujets ayant un Trouble des conduites manifestent en général peu d’empathie et peu de sollicitude pour les sentiments, les désirs et le bien-être d’autrui. Surtout dans les situations ambiguës, ceux qui sont agressifs interprètent souvent à tort les intentions d’autrui comme hostiles et menaçantes, et réagissent avec une agressivité qu’ils considèrent comme justifiée. Ils peuvent être durs, ne ressentant ni culpabilité ni remords. Il est parfois difficile d’évaluer si un remords apparent est sincère, car certains de ces sujets ont appris que l’expression d’un remords peut réduire ou éviter la punition. Les personnes présentant un Trouble des conduites peuvent dénoncer leurs compagnons ou essayer d’attribuer à d’autres leurs méfaits. Leur estime de soi peut être mauvaise, bien qu’elle renvoie une image de « dur ». Chez d’autres sujets, l’évaluation de l’estime de soi peut paraître démesurée. Parmi les caractéristiques fréquemment associées, on note une faible tolérance
à la frustration, une irascibilité, des accès de colère et de l’imprudence. La fréquence des accidents semble élevée.
Le Trouble des conduites est souvent associé à une sexualité précoce, à la prise d’alcool et de tabac, à la consommation de substances illicites, à des actes imprudents et dangereux. La consommation de substances peut augmenter le risque de voir le Trouble des conduites perdurer. Les conduites pathologiques peuvent avoir pour
conséquences une exclusion scolaire provisoire ou définitive, des difficultés d’adaptation au travail, des problèmes avec la justice, des maladies sexuellement transmissibles, des grossesses non désirées, et des blessures résultant d’accidents ou de bagarres. Ces difficultés peuvent compromettre la scolarité et la vie de famille, dans la famille propre ou en famille d’accueil. Les idées de suicide, les tentatives de suicide et les suicides ont
un taux plus élevé que le taux attendu.
Le Trouble des conduites peut s’accompagner d’un niveau d’intelligence inférieur à la moyenne, particulièrement en ce qui concerne le QI verbal. Les réalisations scolaires, notamment dans le domaine de la lecture et des autres compétences verbales, sont souvent au-dessous du niveau correspondant à l’âge et au niveau d’intelligence,
ce qui peut justifier de porter un diagnostic additionnel de Trouble des apprentissages ou de Trouble de la communication. Un Déficit de l’attention/hyperactivité est fréquent chez les enfants ayant un Trouble des conduites. Le Trouble des conduites peut également être associé à un ou plusieurs des troubles mentaux suivants : Troubles des apprentissages, Troubles anxieux, Troubles de l’humeur, Trouble lié à une substance.
Parmi les facteurs prédisposant au développement d’un Trouble des conduites, on note : un rejet parental ou une carence de soins, un tempérament difficile pendant la prime enfance, des pratiques éducatives inadéquates avec discipline très dure, des sévices physiques ou sexuels, un manque de surveillance, un placement précoce en institution, des changements fréquents de nourrice ou de mode de garde, l’appartenance
à une famille nombreuse, un tabagisme maternel pendant la grossesse, le rejet par les pairs, la fréquentation de bandes de délinquants, l’exposition à un voisinage violent et certains types de psychopathologie familiale (p. ex., Personnalité antisociale, Dépendance ou Abus de substances).

Caractéristiques liées à la culture, à l’âge et au sexe

On a pu s’inquiéter d’un risque de diagnostic abusif de Trouble des conduites chez les sujets vivant dans des environnements où certains types de comportements indésirables peuvent être considérés comme nécessaires à la protection de l’individu (environnement dangereux, pauvre, à taux élevé de criminalité). En accord avec la définition du trouble mental dans le DSM-IV, le diagnostic de Trouble des conduites s’applique uniquement
si le comportement considéré est symptomatique d’un dysfonctionnement sous-jacent touchant l’individu et ne représente pas seulement une réaction directe au contexte social. Ainsi, de jeunes migrants venant de pays dévastés par la guerre qui ont eu des comportements agressifs peut-être nécessaires à leur survie dans pareil contexte,
ne relèvent pas obligatoirement du diagnostic de Trouble des conduites. Le clinicien doit prendre en considération le contexte social et économique dans lequel les comportements indésirables se produisent.
Les symptômes du Trouble des conduites varient au fur et à mesure que le sujet grandit, que sa force physique s’accroît, que ses capacités cognitives et sa maturité sexuelle se développent. Ce sont les comportements les moins graves (p. ex., mensonges, vol à l’étalage, bagarres) qui tendent à se produire les premiers, tandis que
d’autres surviennent plus tard (p. ex., vol avec effraction). Typiquement, les problèmes de conduite les plus sévères (p. ex., viol, vol en affrontant la victime) viennent en dernier.
Cependant, il y a de grandes différences entre les individus et certains commettent les actes les plus préjudiciables dès leur jeune âge (ce qui est prédictif d’un plus mauvais pronostic).
Le Trouble des conduites, surtout celui de type à début pendant l’enfance, est beaucoup plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Des différences selon le sexe existent également quant à la nature des problèmes de conduites observés. Chez les garçons, ce sont habituellement les bagarres, les vols, le vandalisme, les problèmes de discipline à l’école ; chez les filles, plutôt les mensonges, l’école buissonnière, les fugues, l’abus de substances et la prostitution. Les agressions avec affrontement de la victime sont plus fréquentes chez les garçons, les filles étant plus enclines aux comportements sans affrontement.

Prévalence

La prévalence du Trouble des conduites semble avoir augmenté au cours des dernières décennies, elle serait plus élevée en milieu urbain qu’en milieu rural. Les taux de prévalence varient beaucoup selon la nature des populations étudiées et les méthodes d’évaluation utilisées. Les études en population générale rapportent des taux allant de
moins de 1 % à plus de 10 %. Les taux de prévalence sont plus élevés chez les garçons que chez les filles. Le Trouble des conduites est un des diagnostics les plus fréquents dans les services d’hospitalisation et de consultation de santé mentale infantile.

Évolution

Le début du Trouble des conduites peut survenir dès les années de maternelle, mais les premiers symptômes significatifs apparaissent habituellement pendant la période qui va du milieu de l’enfance au milieu de l’adolescence. Le trouble oppositionnel avec provocation précède souvent l’apparition du Trouble des conduites à début pendant l’enfance. Le début est rare après l’âge de 16 ans. L’évolution est variable. Pour la majorité
des sujets, le trouble disparaît à l’âge adulte. Pourtant, un pourcentage substantiel d’individus continue à présenter à l’âge adulte des symptômes répondant aux critères de la Personnalité antisociale.
Beaucoup de sujets atteints de Trouble des conduites, surtout quand il s’agit du type à début pendant l’adolescence et quand les symptômes ont été peu sévères et peu nombreux, parviennent à une bonne adaptation sociale et professionnelle à l’âge adulte.
En revanche, un début précoce est de pronostic défavorable et augmente le risque d’évolution vers une Personnalité antisociale ou vers un Trouble lié à une substance.
Les sujets atteints de Trouble des conduites ont un risque accru de développement ultérieur de Troubles de l’humeur ou de Troubles anxieux, de Troubles somatoformes et de Trouble lié à une substance.

Aspects familiaux

Les résultats des études de jumeaux et des études d’adoption mettent en évidence, dans le Trouble des conduites, à la fois des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux.
Le risque de Trouble des conduites est accru chez les enfants dont un parent biologique ou un parent adoptif a une Personnalité antisociale, ou chez ceux dont un membre de la fratrie a lui-même un Trouble des conduites. Le trouble semble également plus fréquent chez les enfants dont les apparentés biologiques présentent une Dépendance à l’alcool, un Trouble de l’humeur, une Schizophrénie ou des antécédents de Déficit de l’attention/hyperactivité ou de Trouble des conduites.

Critères diagnostiques

A. Ensemble de conduites, répétitives et persistantes, dans lequel sont
bafoués les droits fondamentaux d’autrui ou les normes et règles
sociales correspondant à l’âge du sujet, comme en témoigne la présence
de trois des critères suivants (ou plus) au cours des 12 derniers
mois, et d’au moins un de ces critères au cours des 6 derniers mois :
Agressions envers des personnes ou des animaux
(1) brutalise, menace ou intimide souvent d’autres personnes
(2) commence souvent les bagarres
(3) a utilisé une arme pouvant blesser sérieusement autrui (p. ex., un
bâton, une brique, une bouteille cassée, un couteau, une arme
à feu)
(4) a fait preuve de cruauté physique envers des personnes
(5) a fait preuve de cruauté physique envers des animaux
(6) a commis un vol en affrontant la victime (p. ex., agression , vol de
sac à main, extorsion d’argent, vol à main armée)
(7) a contraint quelqu’un à avoir des relations sexuelles
Destruction de biens matériels
(8) a délibérément mis le feu avec l’intention de provoquer des
dégâts importants
(9 a délibérément détruit le bien d’autrui (autrement qu’en y mettant
le feu)
Fraude ou vol
(10) a pénétré par effraction dans une maison, un bâtiment ou une
voiture appartenant à autrui
(11) ment souvent pour obtenir des biens ou des faveurs ou pour
échapper à des obligations (p. ex., arnaque » les autres)
(12) a volé des objets d’une certaine valeur sans affronter la victime
(p. ex., vol à l’étalage sans destruction ou effraction ; contrefaçon)
Violations graves de règles établies
(13) reste dehors tard la nuit en dépit des interdictions de ses
parents, et cela a commencé avant l’âge de 13 ans
(14) a fugué et passé la nuit dehors au moins à deux reprises alors
qu’il vivait avec ses parents ou en placement familial (ou a fugué
une seule fois sans rentrer à la maison pendant une longue
période)
(15) fait souvent l’école buissonnière, et cela a commencé avant l’âge
de 13 ans
B. La perturbation du comportement entraîne une altération cliniquement
significative du fonctionnement social, scolaire ou professionnel.
C. Si le sujet est âgé de 18 ans ou plus, le trouble ne répond pas aux
critères de la Personnalité antisociale.
Code selon l’âge de début :

Spécifier le type, selon l’âge de début :
Trouble des conduites, Type à début pendant l’enfance :
présence d’au moins un critère caractéristique (lu Trouble des conduites
avant l’âge de 10 ans
Trouble des conduites, Type à début pendant l’adolescence
: absence de tout critère caractéristique du Trouble des conduites
avant l’âge de 10 ans
Trouble des conduites, à début non spécifié : l’âge de
début n’est pas connu

Spécifier, selon la sévérité :
Léger : il n’existe que peu ou pas de problèmes de conduite dépassant
en nombre ceux requis pour le diagnostic ; de plus, les problèmes de
conduite n’occasionnent que peu de mal à autrui
Moyen : le nombre de problèmes de conduite, ainsi que leurs effets sur
autrui, sont intermédiaires entre « léger » et « sévère »
Sévère : il existe de nombreux problèmes de conduite dépassant en
nombre ceux requis pour le diagnostic ; ou bien, les problèmes de
conduite occasionnent un dommage considérable à autrui

Trouble explosif intermittent

Diagnostic

Le trait essentiel du Trouble explosif intermittent est la survenue d’épisodes distincts où le sujet ne parvient pas à résister à des impulsions agressives, ce qui aboutit à des voies de fait graves ou à la destruction de biens (Critère A).
Des voies de fait graves sont par exemple l’action de frapper quelqu’un ou de lui faire mal d’une autre façon.
Des menaces verbales d’agression physique ont la même signification de geste agressif grave. On entend par la destruction de biens le bris volontaire d’un objet précieux. Des dégâts mineurs ou involontaires ne sont pas assez graves pour satisfaire ce critère.

Le degré d’agressivité exprimé pendant ces épisodes est sans commune mesure avec une quelconque provocation ou un facteur de stress psychosocial déclenchant (Critère B).

Le diagnostic de Trouble explosif intermittent n’est porté qu’après exclusion d’autres troubles mentaux susceptibles d’expliquer ces accès de comportement agressif (p. ex., une Personnalité antisociale ou borderline, un Trouble psychotique, un Épisode maniaque, un Trouble des conduites ou un Déficit de l’attention/hyperactivité)
(Critère C).
Les épisodes agressifs ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d’une substance (p. ex., une substance donnant lieu à abus, un médicament) ni à une affection médicale générale (p. ex., un Traumatisme crânien ou une maladie d’Alzheimer) (Critère C).
Le sujet décrit parfois les épisodes agressifs comme des « crises » ou des attaques » où le comportement explosif succède à une sensation de tension et d’excitation et est suivi immédiatement par un sentiment de soulagement. L’individu peut éprouver par la suite un malaise, des remords, des regrets ou de l’embarras à cause de
son comportement agressif.

Caractéristiques et troubles associés

Les individus souffrant d’un Trouble explosif intermittent disent parfois ressentir des pulsions agressives intenses avant de passer a l’acte. Les épisodes explosifs peuvent être associés à des symptômes émotionnels (irritabilité ou rage, augmentation de l’énergie, tachypsvchie) durant les pulsions et les gestes, et à la survenue rapide d’une humeur dépressive et d’une fatigue après l’acte. Certaines personnes peuvent aussi relater que leurs épisodes agressifs sont souvent précédés ou accompagnés par des symptômes tels que des bourdonnements, des tremblements, des palpitations, une oppression thoracique, une tension céphalique, ou la perception d’un écho. Il arrive que les sujets décrivent leurs impulsions agressives comme extrêmement pénibles. Ces troubles peuvent avoir pour conséquence des licenciements, des renvois de l’école, des divorces, des difficultés dans les
relations interpersonnelles ou d’autres désagréments sociaux ou professionnels, des accidents (en voiture par exemple), des hospitalisations (p. ex., à cause des blessures reçues dans des bagarres ou des accidents), des difficultés financières, des emprisonnements ou d’autres ennuis judiciaires.
Des signes d’impulsivité ou d’agressivité généralisée peuvent être présents entre les épisodes explosifs. Les individus souffrant d’un Trouble explosif intermittent rapportent parfois des difficultés en rapport avec un vécu chronique de colère et de fréquents épisodes agressifs « infraliminaux » dans lesquels ils ressentent des impulsions agressives tout en parvenant à ne pas passer à l’acte ou à se contenir dans des comportements agressifs moins destructeurs (p. ex., hurler, donner des coups dans un mur sans l’endommager).
Les personnes qui ont des traits narcissiques, obsessionnels, paranoïaques ou schizoïdes peuvent avoir une nette tendance à présenter des explosions de colère en situation de stress. Des données préliminaires suggèrent que des Troubles de l’humeur, des Troubles anxieux, des Troubles des conduites alimentaires, des Troubles liés à l’utilisation d’une substance et d’autres Troubles du contrôle des impulsions peuvent être liés au Trouble explosif intermittent. L’anamnèse peut révéler la survenue dans l’enfance d’accès de colère graves, d’une distractivité, d’une hyperactivité et d’autres comportements inadaptés comme voler ou mettre le feu.

Examens complémentaires.

Il peut y avoir des signes non spécifiques à l’EEG (un ralentissement p. ex.) ou des anomalies démontrables par des examens neuropsychologiques (p. ex., des difficultés à intervertir les lettres). Des signes d’altération du métabolisme sérotoninergique (p. ex., des concentrations moyennes diminuées d’acide hydroxyindoleacétique [5-HIAAD ont été observés dans le liquide céphalo-rachidien de certains sujets impulsifs ou coléreux mais les relations spécifiques qui pourraient exister entre ces anomalies biologiques et le Trouble explosif intermittent restent inconnues.

Examen physique et affections médicales générales associés.

Il peut y avoir des signes neurologiques mineurs ou non spécifiques (p. ex., une asymétrie des réflexes ou des syncinésies). On peut aussi observer des difficultés du développement qui indiquent un dysfonctionnement cérébral (p. ex., un retard du langage ou une mauvaise coordination). Des antécédents de troubles neurologiques sont possibles (p. ex., un traumatisme crânien, des pertes de connaissance ou des convulsions fébriles pendant
l’enfance). Toutefois, si le clinicien juge que le comportement agressif est la conséquence physiologique directe d’une affection médicale générale identifiable, le diagnostic porté doit alors être celui de Trouble mental dû à une affection médicale générale (p. ex., Modification de la personnalité due à un traumatisme crânien, type
agressif ; Démence de type Alzheimer, début précoce, non compliquée, avec des troubles du comportement).

Caractéristiques liées à la culture, à l’âge et au sexe

L’amok est caractérisé par un épisode aigu de violence incontrôlée dont le patient dit ne pas se souvenir. Bien que ce tableau soit traditionnellement vu en Asie du sud-est, des cas d’amok ont été signalés au Canada et aux États-Unis. A la différence du Trouble explosif intermittent, l’amok survient typiquement sous la forme d’un épisode unique, plutôt que comme un mode de comportement agressif, et il est souvent associé à des signes dissociatifs marqués. Un comportement violent épisodique est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes.

Prévalence

On ne dispose pas d’informations fiables. Le Trouble explosif intermittent semble être rare.

Évolution

Peu de données existent concernant l’âge de début du Trouble explosif intermittent, mais il semble se situer entre l’enfance et le début de la troisième décennie. Le début peut être soudain, sans période prodromique. L’évolution du Trouble explosif intermittent est variable, chronique chez certains et plus épisodique chez d’autres.

Aspects familiaux

Les Troubles de l’humeur, les Troubles liés à l’utilisation d’une substance, le Trouble explosif intermittent et les autres Troubles du contrôle des impulsions semblent être plus fréquents chez les parents du premier degré des individus présentant un Trouble explosif intermittent que dans la population générale.

 

Critères diagnostiques

A. Plusieurs épisodes distincts d’incapacité à résister à des impulsions
agressives, aboutissant à des voies de fait graves ou à la destruction
de biens.
B. Le degré d’agressivité exprimé durant les épisodes est sans commune
mesure avec un quelconque facteur de stress psychosocial
déclenchant.
C. Les épisodes agressifs ne sont pas mieux expliqués par un autre trouble
mental (p. ex., une Personnalité antisociale ou borderline, un Trouble
psychotique, un Épisode maniaque, un Trouble des conduites ou un
Déficit (le l’attention/hyperactivité) et ne sont pas dus aux effets physiologiques
directs d’une substance (p. ex., une substance donnant lieu
à abus, un médicament) ou une affection médicale générale (p. ex., un
traumatisme crânien ou une maladie d’Alzheimer).

Kleptomanie

Pyromanie

Jeu pathologique

PIQURE DE GUEPE : que faire après piqure de guêpe? allergie, soigner et soulager

Piqure de guêpe

Les guêpes piquent avec leur aiguillon situé à l’arrière du corps pour se défendre.

La guêpe est parfois confondue avec l’abeille, plus foncée, velue et plus ramassée, ou le frelon européen, plus grand.

Elle mesure environ un centimetre et demi et elle a un abdomen rayé noir et jaune

Elle est attirée par les aliments carnés et sucrés, c’est souvent le compagnon indésirable des repas extérieurs et pique niques.

Piqure de guêpe

Symptomes

La piqure est douloureuse. Contrairement à l’abeille, le dard ne reste pas dans la peau de la personne piquée (dans le cas d’une piqure d’abeille, il faut extraire le dard sans comprimer son sac à venin, ce qui en injecterait plus dans la peau, en frottant doucement de biais avec une carte bancaire ou l’ongle, en soulevant le dard de la peau).

Apparait ensuite une plaque gonflée rouge avec souvent la plaie de la piqure au centre

Piqure de guêpe

 

 

Allergie aux guêpes et abeilles (hyménoptères)

Entre 1 et 3% de la population est allergique au venin de guêpe et d’abeille, elles présentent alors un gonflement important autour de la piqure, suivi parfois de gonflements à distance à type d’urticaire géant ou d’oedeme de Quincke, voire de choc anaphylactique (malaise, hypotension…) nécessitant l’utilisation d’adrénaline I.M. (Anahelp®, Anapen® auto-injectable).

L’anaphylaxie débute environ 10 minutes après la piqûre de guêpe mais un deuxième épisode tardif peut survenir 12 heures après le premier.

La prise en charge allergologique se fait dans un service hospitalier spécialisé avec pratique de prick-tests sous surveillance médicale

La désensibilisation antivenimeuse est efficace dans 90% des cas de réactions urticariennes et générales. Elle dure trois à cinq ans.

Soigner les piqures de guêpes

Les piqûres peuvent entraîner une plaque rouge et gonflée. En cas de plaie infectieuse, de gonflement important, de piqures multiples, de bulles ou de nécrose il faut consulter en urgence. Si des symptômes généraux surviennent (éruption cutanée généralisée, gonflement du visage ou de la lèvre, difficultés respiratoires avec sifflement, voire malaise avec chute de tension), de même, en cas de piqûre sur le visage ou dans la bouche,  et enfin en cas de piqûres multiples, il faut appeler immédiatement le 15 en France.

Soigner une piqure bénigne

En cas de simple plaque gonflée de moins de 5 cms de diametre, le traitement est celui d’une plaie de la peau :

  • vérification que la vaccination antitétanique est à jour,
  • nettoyer les boutons à l’eau et au savon
  • désinfecter avec un antiseptique doux (chlorhexidine, hexamidine, polyvidone iodée)

Limiter l’action du venin

Si le dard est planté dans la peau, il s’agissait alors d’une abeille et non d’une guêpe, son sac a venin va se vider dans la peau en 1 minute, il faut donc enlever le dard sans comprimer le sac a venin, en le soulevant doucement avec l’ongle ou en raclant doucement avec une carte de crédit

On peut aussi utiliser

  • L’aspivenin permet d’enlever des fractions du venin et de diminuer la quantité de venin mais il ne permet pas de prévenir une éventuelle allergie
  • Placer une compresse imbibée d’eau chaude car le venin est thermolabile

Eviter les piqures de guêpes

Pour essayer d’éviter les piqûres de guepes, il faut :

1/ éviter de manipuler à l’extérieur des fleurs et des aliments

2/ Ne pas chasser les guepes avec la main car elles se sentent alors agressées et piquent

3/ eviter de marcher pieds nus dans l’herbe

 

PIQURE DE TAON : symptomes, que faire en cas de piqures de tan ?

Piqure de taon

Les taons ou mouches à chevaux, sont de grosses mouches plates, de couleur brun-gris foncé tirant parfois sur le jaune, vivant dans les champs et les forêts. Ce sont des insectes hématophages (qui mangent du sang), dont seule la femelle pique

Piqure de taon

Symptomes

La piqûre de taon provoque une douleur et il en résulte une tache ou un bouton rouge. Les taons sont rarement pourvoyeurs de maladies parasitaires des animaux. Certaines personnes peuvent être allergiques et le gonflement de la peau peut parfois atteindre plusieurs centimètres de diamètre accompagnés d’une chaleur, de douleurs mais aussi de démangeaisons. Il faut alors se méfier d’une surinfection, pouvant aussi prendre la forme de croutes jaunes comme du miel (impetigo). Enfin, ont été décrits exceptionnellement des manifestations à type d’urticaire géant, des difficultés respiratoires ou un œdème de Quincke

Soigner la piqure de taon

Le traitement est celui d’une plaie de la peau :

  • vérification que la vaccination antitétanique est à jour,
  • nettoyer les boutons à l’eau et au savon
  • désinfecter avec un antiseptique doux (chlorhexidine, hexamidine, polyvidone iodée)

Eviter les piqures de taons

1/ Eviter les zones infestées

Il faut éviter les endroits ou se trouvent des chevaux, des vaches… de mai à octobre, surtout losqu’il fait chaud

2/ Se protéger des taons

Porter des vêtements clairs, épais et couvrants

Les taons sont foncés, ils craignent donc parfois de se poser sur du clair car ils sont alors plus visibles. On trouve des produits permettant d’impregner les vetements, tels la perméthrine par pulvérisation ou trempage, et résistant à plusieurs lavages.

S’appliquer du repellent sur les zones non couvertes

Les répulsifs sont soumis à la réglementation européenne des « biocides ». Ils ne sont pas recommandés pour les enfants de moins de 30 mois.

Les plus efficaces sont :

– le diéthyltoluamide (DEET ou N, N-diéthyl-3-méthylbenzamide), efficace à la concentration de 50 p. 100 (uniquement chez l’adulte et l’enfant de plus de 12 ans), et à des concentrations inférieures (20 à 35%) chez l’enfant de 30 mois à 12 ans sauf en cas d’antécédent de convulsions. Sa durée moyenne de protection est de 5 heures. Il peut abimer les plastiques, les vernis, les verres de montre et lunettes ;

– l’hydroxyléthyl-isobutil pipéridine carboxylate (KBR 3023), efficace à la concentration de 25%, pour une durée moyenne de 5 heures. Il est également utilisable chez l’enfant > 30 mois ;

– l’éthyl-butyl-acétyl-amino-propionate (IR 35/35), aux concentrations de 20 à 35% pour une durée de protection moyenne de 2 heures. Il est utilisable dès l’âge de 30 mois et chez la femme enceinte

PIQURE ARAIGNEE : symptomes, que faire en cas de morsure d’araignée ?

Piqure ou morsure d’araignée

Les araignées font partie de la famille des arachnides comme les tiques et les acariens. Les araignées mordent pour se défendre (grâce à leurs mandibules en mordant). Si après une morsure d’araignée des symptômes généraux surviennent (éruption cutanée généralisée, gonflement du visage ou de la lèvre, difficultés respiratoires avec sifflement, voire malaise avec chute de tension), de même, en cas de piqûre sur le visage ou dans la bouche,  et enfin en cas de piqûres multiples, il faut appeler immédiatement le 15 en France. Il est cependant fréquent de se lever et de se trouver un bouton qu’on attribue à une araignée, en pratique, ce n’est que très rarement le cas, ce sont souvent d’autres piqures d’insectes qui sont en cause : contrairement à ce qu’on pense souvent, les araignées piquent peu durant notre sommeil.

Piqure d’araignee

Symptomes

Une morsure d’araignée laisse deux points au lieu d’un seul pour la plupart des autres insectes et elle est douloureuse. En effet l’araignée utilise ses deux mandibules pour mordre. Ces deux points sont sur un bouton gonflé de quelques millimètres généralement

En France

 

On dénombre une vingtaine de sortes d’araignées dans les maisons, cachées dans des endroits sombres (radiateurs, rideaux…), la plupart totalement inoffensives et s’intéressant peu à nous puisqu’elles chassent des insectes dans leur toile. Elle piquent donc peu la nuit et il faut les respecter car elles nous débarrassent des mouches, moustiques, guêpes…

Seules quelques araignées sont dangereuses en France et notamment :

La recluse brune

Loxosceles reclusa, ou recluse brune est une petite araignée (1,5 cm) originaire d’Amérique du Nord, importée en France depuis les années 2000, notamment dans le Languedoc-Roussillon. On trouve sa toile dans des endroits abrités : grenier, garage, placard…

Sa morsure peut provoquer des nécroses et des infections de la peau

 

Veuve noire

Fréquente en Australie, en Floride… on en trouve un peu, toujours dans le Languedoc Roussillon. Son venin est surtout neurotrope provoquant des contractures musculaires.

Ailleurs dans le Monde

La plupart des araignées dangereuses sont tropicales : mygales, araignée banane, veuve noire… provoquant des nécroses cutanées étendues nécessitant parfois des greffes de peau, des contractures musculaires, un  ictère hémolytique avec insuffisance rénale

 

Soigner les piqures d’araignées bénignes

Les morsures peuvent entraîner un bouton. En cas de plaie infectieuse, de bulles ou de nécrose il faut consulter un médecin

Sinon le traitement est celui d’une plaie de la peau :

  • vérification que la vaccination antitétanique est à jour,
  • nettoyer les boutons à l’eau et au savon
  • désinfecter avec un antiseptique doux (chlorhexidine, hexamidine, polyvidone iodée)

 

 

PIQURES DE MOUSTIQUES : gonflement des boutons, les soulager et les éviter

Piqûres de moustiques : boutons gonflés, démangeaisons et protection

Les piqûres de moustiques sont bénignes dans la grande majorité des cas, mais certaines personnes y réagissent fortement : boutons gonflés, démangeaisons intenses, risque de cicatrices à force de gratter. Quelques personnes développent des réactions allergiques sévères. Et en zone tropicale, le moustique peut transmettre des maladies graves (paludisme, dengue, chikungunya).

Réaction sévère aux piqûres de moustiques ? Boutons très gonflés ou surinfectés ?
Le Dr Rousseau, dermatologue, est disponible en téléconsultation vidéo — souvent le jour même ou le lendemain.
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Sommaire :
Les moustiques |
Boutons gonflés |
Soulager les démangeaisons |
Pourquoi certains se font plus piquer |
10 moyens de se protéger |
Pages associées |
Questions fréquentes

Les moustiques : espèces et comportement

Le moustique tigre transmet le Zika, la dengue et le chikungunya

On dénombre une soixantaine d’espèces de moustiques en Europe. Ce sont des insectes hématophages qui pompent notre sang au moyen d’un fin cathéter. Seules les femelles piquent — après l’accouplement, elles cherchent du sang pour nourrir leurs œufs. 48 heures après le repas sanguin, elles déposent leurs œufs à la surface d’une eau stagnante (mares, flaques, sous pots de fleurs, vieux pneus…). Ce cycle se reproduit deux fois par semaine.

Espèce Heures d’activité Maladies transmises Présence en France
Anophèle Aube, crépuscule, nuit Paludisme (Afrique) Présent mais non vecteur du paludisme en métropole
Culex Nuit uniquement Aucune en France (West Nile en zone endémique) Très commun — moustique urbain bruyant
Aedes / Moustique tigre Fin de journée + journée sous feuillages Dengue, chikungunya, Zika Présent dans toute la France métropolitaine depuis 2015 — y compris Bretagne et région parisienne
💡 Périodes critiques : de la fin d’après-midi au petit matin. Mais le moustique tigre peut aussi piquer en journée, notamment sous les feuillages qui constituent son habitat privilégié.

Pourquoi les piqûres de moustiques gonflent-elles ?

En piquant, le moustique injecte sa salive anticoagulante dans le derme. Celle-ci déclenche une dégranulation des mastocytes en histamine — le même mécanisme que dans l’urticaire. Il en résulte un gonflement cutané (papule) et des démangeaisons dont l’intensité varie selon la susceptibilité individuelle.

Type de réaction Aspect Conduite à tenir
Réaction normale Papule rouge < 1 cm, prurit modéré, disparaît en 24–48 h Soins locaux, ne pas gratter
Hyperergie (réaction exagérée) Papule > 2 cm, gonflement en relief de plusieurs mm, prurit intense. Fréquent chez l’enfant atopique. Évolue en prurigo si grattage répété. Dermocorticoïde topique + antihistaminique oral
Surinfection bactérienne Gonflement > 3 cm, chaleur, douleur, croûtes jaunes (aspect impétigo), parfois fièvre Consultation médicale — antibiotiques locaux ou oraux
Réaction allergique sévère Urticaire géant, difficultés respiratoires, œdème de Quincke 🔴 Urgences médicales — appeler le 15
💡 Hyperergie aux piqûres de moustiques chez l’enfant : particulièrement fréquente chez les enfants ayant un terrain atopique (eczéma, asthme, rhinite). Les lésions évoluent souvent en gros boutons qui s’excorient, cicatrisent mal et laissent des taches brunes. Un traitement précoce évite ce cercle vicieux.

Comment soulager les démangeaisons de piqûres de moustiques ?

1. Ne pas gratter

Gratter soulage temporairement mais constitue une porte d’entrée pour la surinfection et aggrave le prurit (la stimulation mécanique libère davantage d’histamine). Plus on gratte, plus ça démange — et plus le risque de cicatrice augmente.

2. Soins locaux immédiats

Méthode Mode d’action Efficacité
Compresse alcoolisée (alcool à 70°) Antiseptique + effet rafraîchissant ✓✓
Glaçon enveloppé dans un tissu Vasoconstriction + antalgie ✓✓
Bicarbonate de soude (3 c. à soupe dans 100 ml d’eau) Neutralise légèrement l’histamine locale
Déodorant en bille ou spray sur la piqûre Alcool + effet assèchant
Gel d’Aloe vera Anti-inflammatoire naturel

→ Plus de techniques : calmer les démangeaisons de la peau

3. Traitements médicaux

En cas de réaction marquée, le médecin prescrit :

  • Un dermocorticoïde topique (classe II–III) en application courte — réduit rapidement l’inflammation et le prurit
  • Des antihistaminiques oraux (cétirizine, loratadine) — surtout utiles en cas de réaction multiple ou chez l’enfant hyperergique

4. Soigner les boutons surinfectés

Si les piqûres sont excoriées ou surinfectées, traiter comme une plaie cutanée :

  • Vérifier que la vaccination antitétanique est à jour
  • Nettoyer à l’eau et au savon doux
  • Désinfecter avec un antiseptique doux : chlorhexidine, hexamidine ou polyvidone iodée
  • Si croûtes jaunes (impétigo) : consultation médicale pour antibiothérapie adaptée

Pourquoi certaines personnes se font-elles plus piquer que d’autres ?

Des études ont identifié plusieurs facteurs qui attirent davantage les moustiques vers certains individus :

Facteur Mécanisme
Groupe sanguin O Les moustiques piqueraient les personnes du groupe O deux fois plus souvent que celles du groupe A
Production élevée de CO₂ Détectable à 50 mètres — attire davantage les personnes corpulentes, les femmes enceintes, les sportifs en activité
Transpiration L’acide lactique, l’acide urique et l’ammoniaque de la sueur sont des attractifs puissants
Consommation d’alcool Même une seule bière augmente l’attractivité — mécanisme non entièrement élucidé
Vêtements foncés Noir, bleu foncé, rouge : les moustiques se repèrent visuellement sur les couleurs sombres
Chaleur corporelle Les infrarouge émis par la peau chaude guident le moustique à courte distance

10 moyens de se protéger des piqûres de moustiques

💡 Selon le Haut Conseil de la Santé Publique (BEH mai 2018), le classement d’efficacité est : 1. Moustiquaire imprégnée → 2. Répulsif cutané sur zones découvertes → 3. Vêtements imprégnés

1. Éliminer les gîtes larvaires

L’élimination des points d’eau stagnante dans le jardin et autour de la maison est la mesure la plus efficace à long terme : sous-pots de fleurs, vieux pneus, gouttières bouchées, toitures terrasse, bains à oiseaux. Tout point d’eau doit être filtré ou vidé régulièrement. Tailler la végétation basse élimine aussi les zones de repos et de reproduction des moustiques.

2. La moustiquaire

Premier moyen de protection selon le HCSP. Elle doit être :

  • Idéalement imprégnée de perméthrine ou deltaméthrine
  • Suffisamment longue pour toucher le sol de tous les côtés du lit
  • Sans trous et éviter de la toucher en dormant (les moustiques piquent au travers)

Des moustiquaires grillagées aux portes et fenêtres complètent efficacement la protection. Elles sont également disponibles pour berceaux et poussettes.

3. Les répulsifs cutanés

Les répulsifs cutanés (insectifuges / repellents) s’appliquent sur les parties découvertes — jamais sur le visage, ni sur les muqueuses. Durée de protection : 2 à 8 heures selon la substance. En cas d’utilisation concomitante d’une crème solaire, appliquer le solaire au moins 20 minutes avant le répulsif. Ils ne sont pas recommandés avant 30 mois.

Principe actif Sigle Concentration Durée Âge min.
Diéthyltoluamide DEET 50 % (tropiques) / 20–35 % (France) ~5 h 12 ans (50 %) / 30 mois (20–35 %)
Hydroxyéthyl-isobutyl pipéridine carboxylate KBR 3023 25 % (tropiques) ~5 h 30 mois
Éthyl-butyl-acétyl-amino-propionate IR 35/35 20–35 % ~2 h 30 mois — femme enceinte ✓
p-Menthane diol (Citriodiol) PMD 30–40 % ~4 h 30 mois
Citronnelle (Cymbopogon nardus) Variable ~1–2 h 2 ans — moins efficace que les synthétiques
⚠️ Ce qui ne marche pas : bracelets anti-insectes, huiles essentielles non standardisées, homéopathie, ultrasons, rubans sans insecticide, vitamine B1 — aucune efficacité prouvée selon le HCSP.

4. Vêtements clairs et couvrants

Porter des vêtements clairs, amples et couvrants réduit les zones d’accès. Les vêtements foncés (noir, bleu marine, rouge) attirent visuellement les moustiques. Des produits d’imprégnation à base de perméthrine (pulvérisation ou trempage) résistant à plusieurs lavages sont disponibles en pharmacie.

5. Limiter la transpiration et les parfums

Douche fraîche avant de sortir le soir, déodorant, vêtements respirants. Éviter les parfums floraux sucrés qui attirent les insectes piqueurs.

6. Éviter les heures critiques

Rester à l’intérieur de la fin d’après-midi jusqu’au petit matin. En zone tropicale ou en présence de moustique tigre, la protection diurne sous feuillages est également nécessaire.

7. Ventiler

L’air brassé par un ventilateur gêne le vol des moustiques et disperse le CO₂ et la chaleur corporelle qui les attirent. La climatisation réduit leur agressivité sans les empêcher de piquer.

8. Tortillons, diffuseurs et pièges

Les diffuseurs électriques (tablettes ou liquide) éliminent efficacement les moustiques d’une pièce fermée en moins d’une heure. Les aérosols insecticides (pyréthrinoïdes : deltaméthrine, perméthrine) sont efficaces mais à utiliser le moins possible pour préserver les insectes utiles. Les tortillons fumigènes sont peu efficaces selon le HCSP. Une assiette d’eau savonneuse peut piéger les moustiques à l’extérieur.

9. Plantes répulsives

Citronnelle, ail, géranium rosat, lavande, basilic — à planter autour de la terrasse. Effet modeste mais sans risque.

10. Éclairage LED

Les ampoules LED autour des entrées et fenêtres attirent moins les insectes que les ampoules à incandescence ou néon — les moustiques sont moins orientés par ce spectre lumineux.

Récapitulatif : efficacité comparée des moyens de protection

Moyen Efficacité (HCSP) Zone d’usage
Moustiquaire imprégnée ⭐⭐⭐⭐⭐ — Première recommandation Chambre, voyage tropical
Répulsif cutané (DEET, KBR) ⭐⭐⭐⭐⭐ Zones découvertes
Vêtements imprégnés perméthrine ⭐⭐⭐⭐ Zones couvertes
Diffuseur électrique ⭐⭐⭐⭐ — En intérieur fermé Pièce fermée
Vêtements clairs et couvrants ⭐⭐⭐ Partout
Ventilateur / climatisation ⭐⭐⭐ Intérieur
Citronnelle naturelle ⭐⭐ — Moins efficace que synthétiques Extérieur rapproché
Tortillons fumigènes ⭐⭐ Extérieur
Bracelets, ultrasons, vitamine B1, homéopathie ✗ — Aucune efficacité prouvée


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Pages associées

Questions fréquentes

Pourquoi certaines personnes réagissent-elles beaucoup aux piqûres de moustiques ?

La réaction dépend de la sensibilité individuelle aux protéines de la salive du moustique. Les personnes ayant un terrain atopique (eczéma, asthme, rhinite allergique) réagissent souvent avec une hyperergie — boutons très gonflés, prurit intense, évolution en prurigo. Les enfants atopiques sont particulièrement concernés, avec une tendance à s’améliorer en grandissant.

Faut-il consulter pour une piqûre de moustique ?

Une piqûre simple ne nécessite pas de consultation. Consultez si : gonflement dépassant 5 cm, chaleur et douleur locales persistantes (surinfection), fièvre dans les jours suivant un voyage en zone tropicale, apparition de signes généraux (malaise, difficultés respiratoires, urticaire diffus). En zone à risque paludisme, dengue ou Zika, une consultation est recommandée dès les premiers symptômes.

Le répulsif est-il compatible avec la crème solaire ?

Oui, mais dans l’ordre : crème solaire en premier, attendre au moins 20 minutes, puis appliquer le répulsif. L’ordre inverse réduit l’efficacité du solaire et peut augmenter l’absorption cutanée du répulsif. Ne jamais mélanger les deux dans la même application.

Peut-on mettre du répulsif sur un enfant ?

Les répulsifs chimiques (DEET, KBR, IR 35/35, PMD) sont utilisables à partir de 30 mois. Avant 30 mois, seule la moustiquaire imprégnée et les vêtements couvrants sont recommandés. La citronnelle est déconseillée avant 2 ans. Ne jamais appliquer de répulsif sur les mains d’un enfant (risque de contact avec les yeux et la bouche).

Le moustique tigre est-il dangereux en France ?

En France métropolitaine, la transmission de la dengue, chikungunya ou Zika par le moustique tigre reste exceptionnelle mais possible — des cas autochtones ont été documentés. Le risque principal est le retour de voyage en zone endémique. En cas de fièvre, douleurs articulaires ou éruption cutanée au retour d’un voyage tropical, une consultation est recommandée. Voir : dermatoses au retour de voyage.

Comment éviter les cicatrices dues aux piqûres de moustiques ?

Ne pas gratter — c’est la règle fondamentale. Si les lésions sont excoriées, traiter rapidement avec un antiseptique local et un dermocorticoïde pour stopper l’inflammation. Les taches brunes post-inflammatoires qui persistent après guérison s’estompent en quelques mois ; une crème dépigmentante à l’acide azélaïque ou à la niacinamide peut accélérer la disparition.

Références scientifiques

Voir aussi :
Piqûres d’insectes |
Aoutat |
Tiques |
Calmer les démangeaisons |
Retour de voyage |
Téléconsultation dermatologue

PIQURE DE PUCE : symptomes, les soulager, que faire en cas de bouton de puces ?

Piqure de puce

Les puces sont de petits insectes hématophages (qui mangent du sang) : elles vivent sur la peau de mammifères et rongeurs et se nourrissent de leur sang. Elles se déplacent en sautant, certaines espèces pouvant faire des bonds de 30 cm de haut.
Il est fréquent en cas de piqure, d’attribuer cela à la puce. En fait elle n’est pas très fréquemment en cause. De plus, on confond souvent la piqure de puce et la piqure de punaise de lit. On parle de puce de lit mais il s’agit en fait de punaises de lit. Pour savoir distinguer quel insecte a piqué, voir ce guide  quel insecte m’a piqué

La redoutable puce de l’homme (Pulex irritans) qui transmettait la peste après avoir piqué des rongeurs (rats) contaminés par Yersinia Pestis, est très rare de nos jours, on est dorénavant mordus par les espèces de puces des chiens et surtout des chats.

Piqures de puces de plancher

Symptomes

Les piqûres de puces sont plus souvent localisées dans le bas des jambes (chevilles et bas des mollets) : les boutons de puces sont situés dans la zone de contact avec l’animal domestique ou du parquet (pour les puces de parquet).

Les boutons de puces démangent et sont à type de prurigo (gros boutons gonflés)

Parfois les boutons peuvent donner des bulles.

Certains boutons de puces peuvent s’infecter, ils vont alors devenir crouteux comme de l’impetigo, douloureux…

Personnes à risques

Les enfants sont souvent piqués lors du contact avec un animal domestique (chat+++) ainsi que les personnes vivant dans les campagnes et ayant des contacts avec des animaux.

Infections et maladies transmises par les piqûres de puces

Les piqures de puces sont généralement bénignes pour l’homme et ne transmettent généralement pas de maladies. La peste est devenue extrêmement rare en Europe. Les puces transmettent rarement le typhus murin (puce du rat voire du chat) ou la tularémie

Traitement

Soigner les piqures de puces

Les morsures de puces peuvent entraîner une plaque comme une urticaire, une plaie infectée, des bulles… dans ces cas, il faut consulter un médecin

Le traitement des boutons de puce est celui d’une plaie de la peau :

  • vérification que la vaccination antitétanique est à jour,
  • nettoyer les boutons à l’eau et au savon
  • désinfecter avec un antiseptique doux (chlorhexidine, hexamidine, polyvidone iodée)

Lorsque les lésions provoquées par les piqûres sont très nombreuses il faut consulter un médecin.

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

Calmer les démangeaisons de piqures de puces

Le médecin peut prescrire un dermocorticoide voire des antihistaminiques

Il y a de nombreux « trucs » pour soulager les démangeaisons mais ils peuvent provoquer une irritation de la peau qui ne fera, à terme, qu’aggraver les démangeaisons de boutons de puces, voire une véritable allergie de peau :

  • compresses alcoolisées (alcool modifié à 70°),
  • mettre de la chaleur (compresse avec de l’eau chaude) ou un glaçon
  • compresses imbibées d’un mélange de 3 cuillères à soupe de bicarbonate dans 100 ml d’eau du robinet.
  • appliquer du gel d’Aloe vera
  • appliquer un peu de déodorant en spray ou en bille sur les boutons

Nous ne recommandons donc pas ces « trucs » que vous trouverez sur Internet (à part l’aloe vera). Si les lésions sont peu nombreuses, peu gonflées, non infectées, non accompagnées de réaction générale (fièvre, malaise…), on peut tenter d’autres soins pour calmer les démangeaisons :

  • Bains avec de l’amidon, des huiles de bain…

ces produits calment les démangeaisons en ayant un rôle emollient sur la peau

  • Talc

appliquer du talc officinal sur les zones qui démangent permet souvent de calmer les démangeaisons

avec des crèmes hydratantes

  • Limiter les facteurs aggravant les démangeaisons :

    Certains facteurs peuvent aggraver les démangeaisons et il convient de les éviter :

Agents irritants :

savon, eau chaude, toilette trop fréquente, port de vetements en laine…

Chauffage trop important, air sec.

  • Médicaments disponibles pour soigner la peau qui gratte sans ordonnance

Prudence, demandez avis au pharmacien! il pourra vous délivrer certains médicaments pour calmer les démangeaisons sans ordonnance en attendant la consultation du médecin

Eliminer les puces

Dans l’environnement

Il faut se lancer dans un grand nettoyage du domicile : laver fréquemment la literie et les vêtements, le sol avec un détergent, shampooiner les moquettes et tapis, laver les dessous de meubles et passer l’aspirateur, en insistant sur les endroits peu éclairés (sous les meubles car les larves de puces craignent la lumière)

Chez les animaux

Consulter un vétérinaire qui prescrira un collier anti-puces, ou l’application d’un insecticide sur le pelage du chat ou du chien si l’infestation a déjà eu lieu.

L’éradication de la puce chez le chien ou le chat suffit généralement à éliminer les puces et leurs piqures

SOIGNER UN COUP DE SOLEIL : apaiser les coups de soleil, que faire?

Soigner un coup de soleil

Le coup de soleil est une véritable brûlure de la peau provoquée par une exposition excessive aux rayonnements ultraviolets (UVA et UVB). Il se manifeste par une rougeur douloureuse strictement délimitée aux zones exposées sans protection.

Un ciel voilé laisse passer 80 % des UV : on se fait souvent surprendre par temps couvert, en présence d’un vent frais, en bateau ou en altitude, situations dans lesquelles la chaleur ressentie ne reflète pas l’intensité de l’irradiation réelle. Voir l’article sur le soleil et la peau.

Chaque coup de soleil génère des mutations génétiques sur les cellules cutanées pouvant s’accumuler et contribuer au développement d’un cancer de la peau. Il n’existe pas de coup de soleil anodin sur le plan biologique.

Cet article en vidéo

Coup de soleil : une brûlure réelle de la peau

1. Évaluer la gravité du coup de soleil

Classification par degré de brûlure

Le degré de brûlure reflète la profondeur de destruction du tissu cutané :

1er degré : rougeur simple
La peau est rouge, chaude, douloureuse au toucher, sans décollement ni cloque. C’est la forme la plus fréquente du coup de soleil, localisée au visage, au haut du dos ou aux épaules. Elle peut être prise en charge à domicile si les conditions ci-dessous sont réunies.

2e degré : gonflement, cloques ou bulles
La peau gonfle, des cloques ou bulles apparaissent par décollement de l’épiderme. Toute cloque ou bulle impose une consultation médicale. Ne jamais percer les cloques à domicile : elles constituent une barrière naturelle contre l’infection.

Signes de gravité imposant une consultation médicale en urgence

Consulter sans attendre en présence d’un seul des signes suivants :
– grande surface de peau atteinte,
– survenue chez un enfant, une personne âgée ou fragilisée (maladie chronique, immunodépression),
– maux de tête, vertiges,
– fièvre, frissons ou malaise général (risque d’insolation associée),
– nausées ou vomissements,
– absence d’amélioration après 12 à 24 heures de soins à domicile.

2. Soigner un coup de soleil bénin à domicile

Le seul coup de soleil pouvant être soigné à domicile est un coup de soleil du 1er degré, peu étendu, survenant chez un adulte en bonne santé, sans retentissement général.

Mettre la peau à l’abri du soleil

Éviter toute exposition solaire jusqu’à disparition complète des lésions, soit au moins 3 à 8 jours. Une peau brûlée exposée à nouveau au soleil aggrave les lésions et majore le risque de séquelles pigmentaires (lentigos solaires, taches brunes persistantes).

Refroidir la peau

Le coup de soleil est une accumulation de chaleur dans les tissus cutanés. Il faut la dissiper rapidement :
– prendre une douche ou un bain tiède (le plus frais supportable) pour apaiser la peau et éliminer le sable, le chlore et le sel, irritants supplémentaires,
– en cas de coup de soleil localisé (visage, épaules), appliquer des linges mouillés froids ou des compresses d’eau fraîche pendant 15 à 20 minutes,
– ne jamais appliquer de glace directement sur la peau brûlée : risque de brûlure par le froid.

Combattre la déshydratation

Toute brûlure entraîne une fuite liquidienne : le coup de soleil déshydrate à la fois la peau et l’organisme entier.

Hydrater l’organisme :
– boire davantage d’eau que d’habitude,
– consommer des fruits riches en eau (pastèque, concombre, melon) qui apportent également des antioxydants aidant la peau à réparer les dommages cellulaires induits par les UV.

Hydrater la peau :
– appliquer plusieurs fois par jour une crème hydratante douce, de préférence sans parfum, pour restaurer la barrière cutanée et accélérer le renouvellement cellulaire,
– les crèmes après-soleil enrichies en vitamines (C, E) et en antioxydants sont particulièrement adaptées : elles soutiennent la réparation cellulaire tout en apaisant l’inconfort,
– le gel d’aloe vera (extrait des feuilles fraîches ou en tube) est une option naturelle efficace : il forme un film apaisant sur la peau, apporte des acides aminés favorisant la régénération cellulaire et contient des enzymes anti-inflammatoires. Appliquer deux à trois fois par jour sur les zones brûlées.

Soulager la douleur

– Le paracétamol est l’antalgique de première intention pour calmer la douleur et faire baisser une fièvre modérée.
– Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène) peuvent réduire l’inflammation mais sont à éviter chez l’enfant sans avis médical et en cas d’antécédents digestifs.
– Éviter les vêtements synthétiques ou serrés sur les zones atteintes ; préférer des textiles amples en coton.

3. En l’absence d’amélioration après 12 à 24 heures

Consulter un médecin : il évaluera la profondeur et l’étendue des lésions et pourra prescrire des crèmes à base de cortisone pour accélérer la résolution de l’inflammation cutanée.

Séquelles possibles d’un coup de soleil

Un coup de soleil, même bénin en apparence, peut laisser des traces durables :
Taches brunes (lentigos solaires) : hyperpigmentation post-inflammatoire favorisée par une réexposition solaire précoce des zones brûlées,
Vieillissement cutané accéléré : les UV dégradent le collagène et l’élastine dermiques,
Mutations génétiques cumulatives : chaque coup de soleil contribue au capital mutagène des cellules cutanées, augmentant le risque de cancer de la peau (mélanome, carcinome basocellulaire, carcinome épidermoïde) sur le long terme.

Lentigos solaires après un coup de soleil
Lentigos solaires : séquelles fréquentes des coups de soleil répétés

La meilleure stratégie reste la prévention : consulter l’article protection solaire avant toute exposition.

ENLEVER TIQUE : retirer une tique de la peau

Enlever une tique : comment faire et que surveiller ?

La piqûre de tique expose au risque de maladie de Lyme, une infection bactérienne à Borrelia burgdorferi pouvant entraîner des complications cutanées, neurologiques, articulaires et cardiaques si elle n’est pas traitée rapidement.
Quatre points essentiels à retenir :
– le risque de contamination est très faible si la tique est retirée dans les 24 premières heures, mais devient quasi certain au-delà de 72 heures de fixation,
– plus la tique est grosse (tique adulte), plus elle risque d’être infectée par Borrelia,
– l’outil idéal est le tire-tique disponible en pharmacie ; à défaut, une pince à épiler à bouts recourbés tenue au ras de la peau,
– après retrait, désinfecter la plaie et surveiller l’apparition d’une rougeur extensible pendant un mois.

Piqûre de tique sur la peau

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Comprendre la tique : stades de maturation et niveau de risque

La tique est un acarien hématophage qui se nourrit du sang de son hôte.
Elle se contamine en piquant de petits rongeurs sauvages (mulots, campagnols) porteurs de Borrelia burgdorferi, puis transmet la bactérie à l’homme lors d’une piqûre ultérieure. Toutes les tiques ne sont pas infectées.

Il existe trois stades évolutifs après éclosion des œufs :
– la larve : très petite, quasi invisible, faible risque de transmission,
– la nymphe : point noir de quelques millimètres, risque intermédiaire,
– la tique adulte (mâle ou femelle) : plus volumineuse, ayant piqué davantage de rongeurs au cours de sa vie, donc plus susceptible d’être infectée.

Plus la tique découverte est grosse, plus le risque de contamination est élevé.

Cycle de la tique
Cycle évolutif de la tique : larve, nymphe, adulte
tique sur la peau
Tique fixée sur la peau

La tique peut également transmettre d’autres maladies que la maladie de Lyme : rickettsioses, autres borrélioses responsables de fièvres récurrentes, tularémie, encéphalite à tique (dans certaines régions d’Europe centrale et orientale).

Comment enlever une tique correctement

Le risque de contamination augmentant avec la durée de fixation, il faut retirer la tique le plus rapidement possible, sans précipitation pour éviter de laisser le rostre dans la peau.

Comprendre l’anatomie du rostre

Le rostre est la pièce buccale de la tique enfoncée dans la peau. Il est rainuré comme une mèche de perceuse : tirer la tique perpendiculairement à la peau sans rotation provoque sa rupture et laisse le rostre dans le derme, ce qui peut déclencher une réaction infectieuse ou inflammatoire locale.

tête de tique et rostre
Le rostre de la tique, pièce buccale enfoncée dans la peau

Technique de retrait

– Utiliser de préférence un tire-tique (disponible en pharmacie sans ordonnance) : glisser l’encoche au ras de la peau sous le corps de la tique et effectuer des rotations douces et continues jusqu’au détachement complet.
– À défaut, utiliser une pince à épiler à bouts recourbés : saisir la tique à sa base, au plus près de la peau, et effectuer de doux mouvements de rotation alternés tout en tirant progressivement vers l’extérieur.
– Ne jamais tirer perpendiculairement sans rotation : risque de rupture du rostre.
– Ne jamais écraser, brûler ou étouffer la tique avec de l’éther, de l’alcool, de la vaseline ou en approchant une cigarette : ces méthodes sont inefficaces et peuvent provoquer un stress de la tique entraînant une régurgitation de son contenu, augmentant le risque de transmission bactérienne.

Si le rostre reste dans la peau

Consulter un médecin sans tarder : le rostre devra être retiré sous anesthésie locale, le plus souvent à l’aide d’un bistouri circulaire, pour éliminer tout risque d’infection locale ou de transmission bactérienne résiduelle.

Après le retrait

– Désinfecter la zone de morsure avec un antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse).
– Se laver les mains soigneusement.
– Il est possible de tester la tique retirée en pharmacie : des kits de détection de Borrelia burgdorferi sont disponibles sans ordonnance pour déterminer si la tique était porteuse de la bactérie avant même l’apparition de tout symptôme.
Conserver la tique dans un flacon hermétique si un test ou une consultation médicale est envisagé.

Surveillance après piqûre de tique : que guetter pendant un mois ?

Dans les 4 semaines suivant la piqûre, surveiller attentivement l’apparition de :
– une rougeur circulaire extensible partant du point de morsure et s’étendant progressivement (érythème chronique migrant, ECM) : signe caractéristique de la maladie de Lyme,
– une fièvre modérée (≥ 38,5 °C),
– une fatigue inhabituelle,
– des maux de tête, des douleurs musculaires ou articulaires.

érythème migrant de la maladie de Lyme
Érythème migrant : rougeur annulaire extensible signant la maladie de Lyme

Attention : une simple petite rougeur de quelques millimètres autour du point de piqûre, réactionnelle et non extensible, est normale et ne signe pas un érythème chronique migrant.

Rougeur réactionnelle bénigne après morsure de tique

En cas d’apparition d’un érythème migrant, consulter un médecin sans attendre : le diagnostic est clinique et un traitement antibiotique doit être débuté rapidement, sans attendre les résultats d’une sérologie (souvent faussement négative à ce stade précoce).

Prévenir les piqûres de tique

La meilleure protection reste la prévention lors des activités en milieu naturel (forêt, jardinage, randonnée) :
– porter des vêtements couvrants à manches longues et pantalon rentré dans les chaussettes,
– utiliser des répulsifs cutanés anti-tiques adaptés à l’âge (DEET, icaridine),
– inspecter soigneusement tout le corps (cuir chevelu, derrière les oreilles, plis du genou, aisselles, aine) au retour d’une zone à risque,
– examiner également les animaux domestiques.

En savoir plus sur la piqûre de tique et sa prévention
et sur la maladie de Lyme : symptômes, diagnostic et traitement.

Références

Document de l’INPES (2016) sur les piqûres de tiques
Dépliant prévention des piqûres de tique et maladie de Lyme


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REGIME PSORIASIS : existe-t-il un régime qui améliore le psoriasis?

Régime et psoriasis : alimentation, poids et microbiote — ce que dit la science

Plaque de psoriasis

Le « régime psoriasis » est-il une réalité ou un mythe ? La réponse est nuancée : il n’existe pas de régime spécifique guérissant le psoriasis, mais les liens entre alimentation, métabolisme et inflammation cutanée sont désormais bien documentés. Comprendre ces liens permet d’agir concrètement sur l’évolution de la maladie — en complément, jamais à la place, des traitements prescrits.

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Sommaire :
Psoriasis et syndrome métabolique |
Ce que disent les études |
4 règles alimentaires |
Microbiote et psoriasis |
Questions fréquentes

Psoriasis et syndrome métabolique — pourquoi l’alimentation compte

Le psoriasis n’est pas uniquement une maladie de peau — c’est une maladie inflammatoire systémique dont la peau n’est que la fenêtre visible. Cette inflammation de fond explique les associations bien établies entre psoriasis et troubles métaboliques :

Comorbidité associée au psoriasis Implication pour l’alimentation
Diabète de type 2 Réduire les sucres rapides et aliments ultra-transformés
Dyslipidémie (cholestérol et triglycérides élevés) Régime méditerranéen, oméga-3, réduction graisses saturées
Obésité et stéatose hépatique (foie gras) Perte de poids — améliore directement la sévérité du psoriasis
Maladies cardiovasculaires Alimentation anti-inflammatoire, exercice physique
Maladies inflammatoires de l’intestin (MICI) Équilibre du microbiote intestinal, fibres, probiotiques

Le médecin peut demander un bilan biologique à jeun (glycémie, bilan lipidique, bilan hépatique) pour évaluer ces comorbidités. Agir sur elles via l’alimentation améliore à la fois la santé générale et, indirectement, le psoriasis.

Ce que disent les études sur alimentation et psoriasis

Les études dédiées restent peu nombreuses — les médecins considèrent classiquement que le régime améliore surtout les anomalies métaboliques associées, plutôt que le psoriasis directement. Deux études importantes permettent néanmoins de dégager des tendances.

Étude US National Psoriasis Foundation — 1200 patients (2017)

Une grande étude sur plus de 1200 patients psoriasiques a exploré les habitudes alimentaires et leur impact perçu sur la maladie. Près de 9 patients sur 10 avaient tenté un régime. Les améliorations des lésions cutanées observées :

Modification alimentaire % de patients améliorés
Réduction de l’alcool 53,8 %
Réduction du gluten 53,4 %
Augmentation des oméga-3 (poissons gras) 44,6 %
Augmentation des légumes 42,5 %

Ces données sont issues de questionnaires patients (perception subjective) et non d’essais cliniques contrôlés — elles sont indicatives, pas conclusives. Elles convergent néanmoins avec d’autres données biologiques.

Essai randomisé MEDIPSO — régime méditerranéen (2025)

L’étude MEDIPSO, essai randomisé monocentrique avec évaluateur en aveugle, a inclus 38 adultes atteints de psoriasis léger à modéré sous traitement local. Le bras intervention recevait des conseils de régime méditerranéen et de l’huile d’olive extra-vierge hebdomadaire. Résultat à 16 semaines : amélioration nette chez 47,4 % des patients du bras méditerranéen contre 0 % dans le groupe contrôle. Première preuve randomisée directe d’un bénéfice cutané du régime méditerranéen sur le psoriasis.

4 règles alimentaires recommandées

Position de la Société française de rhumatologie : les mesures diététiques sont un complément dont le niveau de preuve reste faible. Elles ne remplacent jamais un traitement de fond. Le patient s’implique ainsi activement dans le contrôle de sa maladie, en parallèle avec une activité physique régulière.

1. Éviter l’alcool et le tabac

La consommation régulière d’alcool aggrave le psoriasis : poussées plus fréquentes et plus difficiles à traiter. C’est la modification comportementale ayant le plus fort impact documenté. Le tabac est également considéré comme facteur aggravant. C’est la première règle d’hygiène de vie — avant tout régime alimentaire. Voir aussi traitement du psoriasis.

2. Adopter un régime de type méditerranéen

Ce n’est pas un régime restrictif — c’est une habitude alimentaire : riche en fruits, légumes, poissons gras, huile d’olive, légumineuses et fibres ; pauvre en viandes rouges, sucres et aliments ultra-transformés.

Ses bénéfices documentés sur les comorbidités du psoriasis : réduction du risque cardiovasculaire, amélioration des dyslipidémies, prévention du diabète de type 2, réduction du poids. L’essai MEDIPSO 2025 y ajoute désormais un bénéfice cutané direct. Les oméga-3 (saumon, maquereau, sardine, huiles de lin, colza, noix) sont le composant le plus actif sur l’inflammation.

3. Perdre le poids excédentaire

Depuis 2014, un IMC élevé est associé à un risque plus élevé de déclencher ou d’aggraver le psoriasis chez les personnes génétiquement prédisposées. La perte de poids améliore directement la sévérité des lésions et augmente l’efficacité des traitements systémiques (les biothérapies notamment sont dosées au poids). L’exercice physique a un effet propre sur l’inflammation, indépendant de la perte de poids. En cas de surpoids, consulter son médecin traitant pour des règles hygiéno-diététiques adaptées.

4. La question du gluten

La réduction du gluten arrive en deuxième position dans l’étude NPF (53,4 % d’améliorés), juste derrière l’alcool. Cela interpelle, mais des études complémentaires sont nécessaires avant de conclure.

Points à connaître : l’allergie vraie au gluten (maladie cœliaque) est responsable sur le plan cutané de la dermatite herpétiforme — dans ce cas précis, le régime sans gluten est indispensable. Pour les psoriasiques sans maladie cœliaque confirmée, le régime sans gluten strict n’est pas recommandé en routine : il est deux fois plus cher, entraîne des carences nutritionnelles multiples, dégrade la qualité de vie et la vie sociale. Si vous souhaitez tester une réduction du gluten, faites-le de façon progressive et encadrée médicalement.

⚠️ Régimes d’exclusion drastiques : la Société française de rhumatologie déconseille les régimes d’exclusion non justifiés biologiquement. Ils entraînent des carences, diminuent la qualité de vie et leur bénéfice sur le psoriasis n’est pas prouvé. Ne jamais arrêter un traitement de fond pour les remplacer par un régime.

Microbiote intestinal et psoriasis

La recherche des dernières années a mis en évidence un déséquilibre du microbiote intestinal chez les patients psoriasiques, similaire à celui observé dans l’obésité, le diabète et les maladies cardio-métaboliques :

— Diminution d’Akkermansia muciniphila (bactérie protectrice de la paroi intestinale)
— Augmentation des Firmicutes et Actinobacteria
— Diminution de Faecalibacterium prausnitzii, qui produit du butyrate — un inhibiteur de la voie inflammatoire NF-κB

Ces dysbioses intestinale et cutanée favoriseraient la translocation bactérienne de lipopolysaccharides (LPS) dans le sang, entretenant une inflammation systémique de bas grade qui aggrave le psoriasis. C’est un des mécanismes qui explique pourquoi les aliments fermentés, les fibres et les oméga-3 — qui nourrissent un microbiote sain — ont un intérêt théorique dans le psoriasis.

Par ailleurs, l’association fréquente entre psoriasis et maladies inflammatoires de l’intestin (MICI : Crohn, rectocolite hémorragique) confirme le lien étroit entre inflammation intestinale et cutanée — ce qu’on appelle l’axe intestin-peau.

Questions fréquentes

Le régime peut-il remplacer le traitement médicamenteux du psoriasis ?

Non — c’est un complément, jamais un substitut. Les traitements de fond (dermocorticoïdes, immunosuppresseurs, biothérapies) restent indispensables dans les formes modérées à sévères. Le régime agit sur l’inflammation de fond et les comorbidités, ce qui peut améliorer la réponse aux traitements et réduire les poussées — mais il ne contrôle pas la maladie seul. Ne jamais arrêter un traitement de fond pour le remplacer par un régime.

Faut-il faire un bilan sanguin avant de modifier son alimentation ?

C’est recommandé, surtout si vous n’avez pas eu de bilan récent. Le médecin peut rechercher un diabète de type 2, une dyslipidémie ou une stéatose hépatique — comorbidités fréquentes dans le psoriasis — et adapter les conseils diététiques en conséquence. Un bilan à jeun (glycémie, bilan lipidique, bilan hépatique) suffit dans la plupart des cas.

Les compléments alimentaires oméga-3 sont-ils utiles dans le psoriasis ?

Les oméga-3 ont un effet anti-inflammatoire documenté et figurent parmi les modifications alimentaires les plus associées à une amélioration dans les études. L’apport via l’alimentation (poissons gras 2 à 3 fois par semaine, huiles de lin, colza, noix) est préférable à la supplémentation isolée. Si la complémentation est envisagée, elle doit être discutée avec le médecin — les doses élevées peuvent interagir avec certains traitements anticoagulants.

Voir aussi :
Psoriasis — causes et mécanismes /
Traitements du psoriasis /
Causes du psoriasis /
Dermatite herpétiforme


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« Secrets de dermatologue » :

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– Les causes
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LASER CICATRICE : le laser pour les cicatrices

Laser et cicatrice

laser dermatologue
Dermatologue effectuant du laser

Le laser est une machine émettant un faisceau de photons de même longueur d’onde

On peut utiliser plusieurs lasers pour atténuer les cicatrices

Ils ont fait l’objet de quelques publications. Leur maniement nécessite des précautions et un opérateur entraîné.

On utilise principalement deux types de lasers

Lasers non ablatifs

Il s’agit de lasers qui ne carbonisent pas la peau pour en enlever des couches

Laser vasculaire

On peut utiliser le laser vasculaire (visant les vaisseaux), notamment dans les cicatrices encore rouges c’est à dire assez récentes. Les cicatrices anciennes, blanches, sont plus difficiles à traiter.

Parmi les lasers vasculaires, le laser à colorant pulsé permet parfois une amélioration de l’aspect, de la texture, et de la rougeur des cicatrice

Laser excimer

Le laser excimer aurait quant à lui plus d’effet sur les cicatrices blanches

Laser pigmentaire

Il a un intéret en cas de cicatrice ayant bruni au soleil (pigmentation post inflammatoire)

Lasers ablatifs

Ce sont des lasers carbonisant les couches superficielles de la peau afin de les exfolier

Le mode de fonctionnement de ces lasers est d’exfolier les couches superficielles de la peau afin de les lisser et de stimuler la régénérescence des fibres profondes.
Ils présentent un risque de taches brunes réactionnelles particulièrement sur les peaux mates.

Autres types de « lasers »

Lumière Pulsée Intense (IPL)

La lumière intense pulsée n’est pas à proprement parler un laser, mais une lampe flash sur laquelle on applique des filtres
La lumière intense pulsée aiderait à restructurer les fibres collagènes au fil des séances.

Radiofréquence

La radiofréquence, fréquemment utilisée dans le traitement de la cellulite augmenterait la production de collagène par effet thermique.

Lasers fractionnels

Les lasers fractionnels dispensent leur faisceau laser de manière fractionnée
Ils peuvent être ablatifs et non ablatifs.
Les laser non ablatifs et fractionnels semblent diminuer l’importance des cicatrices.

Autres traitements des cicatrices

il existe de nombreuses autres techniques de soin des cicatrices

 

CICATRICE DE CESARIENNE : comment en prendre soin?

Soin de cicatrice de césarienne

Après une césarienne, le processus de cicatrisation va réparer et régénérer les tissus cutanés et sous cutanés. Comment avoir une belle cicatrice de césarienne ?

Comment la peau cicatrise ?

Le processus de cicatrisation de la peau est complexe et il met en jeu de nombreux acteurs du derme et de l’épiderme

Voir l’article comment la peau cicatrise

Je cicatrise mal

Voir pourquoi la peau met longtemps à cicatriser

Voir que faire si je fais des cicatrices épaisses (chéloides)

Comment soigner une plaie après césarienne ?

Voir comment soigner une plaie

Comment prendre soin d’une cicatrice de césarienne pour qu’elle soit moins visible?

Une fois que vous avez correctement soigné votre plaie (voir comment soigner une plaie) et qu’elle a cicatrisé, quelles sont les précaautions à prendre pour estomper une cicatrice?

Jamais de soleil tant qu’elle est rose

Les cicatrices tendent à se pigmenter au soleil : « tout ce qui est rose evient marron au soleil ». Il ne faut donc pas exposer la cicatrice tant qu’elle n’a pas la couleur de la peau alentour, c’est à dire pendant plusieurs mois, sinon on risque des taches brunes de pigmentation post inflammatoire

Laver la cicatrice tous les jours

Il faut laver la cicatrice avec un savon doux tous les jours surtout si elle suinte encore un peu, sans trop frotter, puis sécher en tamponnant avec une serviette de toilette dédiée à cette cicatrice. Il existe en effet souvent des zones de la cicatrice encore fragiles et promptes à s’infecter.

La cicatrisation dure environ 8 jours pour le visage et entre 2 et 3 semaines pour le reste du corps. Tant que la cicatrisation complète de toute la cicatrice n’est pas obtenue, il faut être très soigneux et hygiénique.

Après la cicatrisation complète, des massages

Une fois que la cicatrice ne suinte plus et a un aspect bien fermé, on peut la masser doucement afin de l’assouplir et d’éviter les adhérences profondes. Il suffit de 5 minutes matin et soir, en faisant des petits massages en rond avec les doigts enduits de crème hydratante.

Ces massages sont à effectuer jusqu’à ce que l’aspect s’améliore et qu ela cicatrice devienne bien souple et lisse. Si ce n’est pas le cas au bout d’un mois, il faut consulter un médecin (gare aux cicatrices chéloides) qui conseillera peut etre des soins de « rouler-palper« , 5 minutes tous les jours. Le but est de « pétrir » doucement la peau afin de régénérer la production des fibres collagènes et élastiques de la profondeur et de décoller les adhérences en profondeur. Ces séances peuvent être effectuées par un kiné pendant les séances de rééducation abdominale ou en plus, et peuvent donner un début de résultat au bout de 2 à 3 séances

On prévoit généralement une dizaine de séances.

Favoriser le drainage lymphatique de la cicatrice de césarienne

Il faut éviter que l’élastique des culottes n’appuie au dessus ou en dessous de la cicatrice, car cela entraine la formation d’un bourrelet lymphatique. Il faut donc privilégier des culottes taille haute et des vêtements amples

Vilaine cicatrice de césarienne ?

Vous n’avez pas fait les soins adéquats ou avez une vilaine cicatrice de césarienne.

Il existe plusieurs techniques pour améliorer une cicatrice de césarienne :

CICATRICE : effacer et traiter les cicatrices

Cicatrice : cicatrisation, soins et traitements pour atténuer les cicatrices

Après une coupure ou une blessure de la peau, le processus de cicatrisation répare et régénère les tissus cutanés et sous-cutanés. Comment la peau cicatrise-t-elle ? Comment favoriser une belle cicatrice ? Quels soins apporter pour limiter l’aspect inesthétique ? Comment atténuer les cicatrices existantes ? Ce guide fait le point sur toutes les étapes, du soin de la plaie fraîche au traitement des cicatrices installées.

Cicatrice inesthétique, chéloïde ou cicatrice d’acné ? Le Dr Rousseau, dermatologue, peut vous conseiller sur le traitement adapté en téléconsultation.

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Cicatrice — soins et traitements
Cicatrice

Sommaire :
Comment la peau cicatrise |
Cicatrisation difficile |
Types de cicatrices |
Soigner la plaie fraîche |
Atténuer une cicatrice |
Traitements techniques |
Pages associées |
Questions fréquentes

⚠️ Important : il existe de nombreux soins permettant d’atténuer l’aspect d’une cicatrice, mais aucun ne permet de la faire disparaître complètement. L’objectif réaliste est l’amélioration, pas l’effacement total.

Comment la peau cicatrise ?

Le processus de cicatrisation cutanée est complexe et met en jeu de nombreux acteurs du derme et de l’épiderme. Il se déroule en quatre phases successives et partiellement superposées.

Phase Durée Ce qui se passe
1. Hémostase Minutes Vasoconstriction et formation du caillot plaquettaire — arrêt du saignement
2. Inflammation J1 à J4 Afflux de cellules immunitaires (neutrophiles, macrophages) — nettoyage de la plaie, libération de facteurs de croissance
3. Prolifération J4 à J21 Formation du tissu de granulation, synthèse de collagène par les fibroblastes, re-épithélialisation — la plaie se ferme
4. Remodelage 3 mois à 2 ans Réorganisation du collagène — la cicatrice s’affine, pâlit et s’assouplit progressivement. C’est pendant cette phase que les traitements sont les plus efficaces

→ Article détaillé : comment la peau cicatrise

Pourquoi cicatrise-t-on parfois mal ?

Il arrive que la peau cicatrise mal ou mette du temps à cicatriser. Ce phénomène courant a de nombreuses causes — générales ou locales.

Cause Mécanisme
Diabète Microangiopathie + neuropathie + immunodépression relative — cicatrisation très ralentie, risque d’ulcère chronique
Insuffisance veineuse Stase veineuse, œdème chronique — ulcères veineux des jambes difficiles à cicatriser
Corticothérapie prolongée Amincissement cutané, inhibition de la synthèse de collagène
Dénutrition / carence en zinc et vitamine C Cofacteurs essentiels à la synthèse de collagène
Tabac Vasoconstriction, hypoxie tissulaire — cicatrisation ralentie et cicatrice de moins bonne qualité
Infection de la plaie Colonisation bactérienne — entretient l’inflammation et bloque la phase de prolifération
Terrain génétique Prédisposition aux chéloïdes ou cicatrices hypertrophiques (peaux foncées plus à risque)

→ Article détaillé : pourquoi la peau met longtemps à cicatriser

Types de cicatrices et leur traitement spécifique

Type de cicatrice Aspect Traitement de référence
Cicatrice normotrophique Fine, plane, légèrement rosée puis blanche — cicatrisation normale Soins de base : massage, écran solaire, gel silicone
Cicatrice hypertrophique Épaisse, rouge, en relief — reste dans les limites de la plaie initiale Gel/feuilles silicone, corticoïdes intralésionnels, laser vasculaire
Chéloïde Très épaisse, déborde largement la plaie initiale — prurigineuse et douloureuse Corticoïdes intralésionnels, cryothérapie, laser, chirurgie + radiothérapie
Cicatrice atrophique En creux, déprimée — typique des cicatrices d’acné et de la varicelle Peeling, laser fractionné, microneedling, comblement par acide hyaluronique
Cicatrice pigmentée Tache brune (hyperchromie) ou blanche (dépigmentation) résiduelle Dépigmentants topiques, peeling, laser, protection solaire stricte
Cicatrice de césarienne Cicatrice horizontale sus-pubienne — peut être hypertrophique, adhérente ou douloureuse Massage dès J21, gel silicone, laser si nécessaire après 6 mois

Comment soigner une plaie pour obtenir une belle cicatrice ?

La qualité finale de la cicatrice se joue en grande partie dans les premiers jours — la prise en charge de la plaie fraîche est déterminante.

Étape Conseil pratique
Nettoyage Eau et savon doux (ou sérum physiologique) — éviter l’alcool et l’eau oxygénée qui retardent la cicatrisation
Milieu humide Maintenir la plaie en milieu légèrement humide (pansement hydrocolloïde) — accélère la cicatrisation et réduit la douleur
Protection mécanique Recouvrir la plaie jusqu’à épithélialisation complète — évite le dessèchement et la contamination
Pas de grattage Ne jamais arracher les croûtes — elles protègent la re-épithélialisation en cours
Protection solaire stricte Toute cicatrice récente exposée au soleil peut brunir définitivement (hyperchromie post-inflammatoire) — SPF 50+ pendant 1 an minimum

→ Article détaillé : comment soigner une plaieprendre soin d’une cicatrice pour qu’elle soit belle

Atténuer une cicatrice installée : les soins de base

Soin Mécanisme Quand commencer
Gel ou feuilles de silicone Hydratation, régulation de la synthèse de collagène — 1re ligne pour cicatrices hypertrophiques et chéloïdes débutantes Dès fermeture complète de la plaie
Massage de la cicatrice Assouplissement des adhérences, amélioration de la vascularisation, aplatissement Dès J21 post-opératoire (après avis médical)
Crème hydratante riche Prévient le dessèchement, améliore l’élasticité, réduit les démangeaisons En continu
Protection solaire SPF 50+ Prévient l’hyperchromie post-inflammatoire — essentiel pendant la phase de remodelage Pendant 12 à 24 mois

→ Article détaillé : effacer les cicatrices — ce qui fonctionne vraiment

Chéloïde douloureuse ou cicatrice d’acné sévère ? Certaines cicatrices nécessitent un traitement médical (injections de corticoïdes, laser) que seul un dermatologue peut réaliser. Le Dr Rousseau peut évaluer votre cicatrice et proposer le protocole adapté.

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Traitements techniques pour atténuer les cicatrices

Traitement Indication principale Page dédiée
Laser fractionné CO2 ou Erbium Cicatrices atrophiques (acné), cicatrices hypertrophiques, amélioration de texture Laser cicatrice
Laser vasculaire (KTP, Nd:YAG) Cicatrices rouges, hypertrophiques, chéloïdes — réduit la vascularisation Laser cicatrice
Microneedling (micro-aiguilles) Cicatrices atrophiques d’acné, amélioration de texture et de teint Micro-aiguilles — needling
Peeling chimique Cicatrices superficielles, taches post-acné, amélioration globale du grain de peau Peelings dermatologiques
Dermabrasion Cicatrices irrégulières en relief ou en creux, cicatrices post-chirurgicales Dermabrasion
PRP (plasma riche en plaquettes) Amélioration de la qualité cutanée, cicatrices atrophiques — en combinaison avec laser ou needling PRP dermatologie
Injections de corticoïdes intralésionnels Chéloïdes et cicatrices hypertrophiques — aplatissement et démangeaison Chéloïdes — traitement

Pages associées

Questions fréquentes

Peut-on faire disparaître complètement une cicatrice ?

Non — aucun traitement ne fait disparaître une cicatrice complètement. L’objectif réaliste est l’atténuation : réduire le relief, améliorer la couleur, assouplir la texture. Les meilleurs résultats s’obtiennent en associant plusieurs techniques (laser + microneedling + soins quotidiens) et en commençant le traitement pendant la phase de remodelage (3 mois à 2 ans après la blessure).

Quand commencer à traiter une cicatrice ?

Les soins de base (gel silicone, massage, protection solaire) peuvent démarrer dès la fermeture complète de la plaie, généralement 3 à 4 semaines après la blessure. Les traitements techniques (laser, peeling, injections) se font en général à partir de 3 à 6 mois, une fois la cicatrice stabilisée — les agir trop tôt sur une cicatrice encore active peut l’aggraver.

Quelle différence entre chéloïde et cicatrice hypertrophique ?

La cicatrice hypertrophique est épaisse et rouge, mais reste dans les limites de la plaie initiale — elle s’améliore souvent spontanément en 12 à 18 mois. La chéloïde déborde largement les bords de la plaie, continue de grossir, est souvent prurigineuse et douloureuse, et ne régresse pas sans traitement. Les peaux foncées (phototypes IV à VI) sont plus à risque de chéloïdes.

Le laser est-il efficace sur toutes les cicatrices ?

Non — le choix du laser dépend du type de cicatrice. Le laser fractionné est très efficace sur les cicatrices atrophiques (acné, varicelle). Le laser vasculaire cible les cicatrices rouges et hypertrophiques. Aucun laser ne convient aux cicatrices très claires (dépigmentées) ou très anciennes fibrosées. Une évaluation par un dermatologue est indispensable avant tout traitement.

La cicatrice de césarienne peut-elle être traitée ?

Oui — la cicatrice de césarienne répond bien au massage quotidien (dès J21), au gel silicone et à la protection solaire. En cas de cicatrice hypertrophique ou adhérente gênante, les injections de corticoïdes ou le laser donnent de bons résultats à partir de 6 mois post-opératoire.


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PRENDRE SOIN D’UNE CICATRICE : avoir une belle cicatrice

Soin de cicatrice

Cicatrice

Après une coupure de la peau, le processus de cicatrisation va réparer et régénérer les tissus cutanés et sous cutanés. Comment avoir une belle cicatrice ?

Comment la peau cicatrise ?

Le processus de cicatrisation de la peau est complexe et il met en jeu de nombreux acteurs du derme et de l’épiderme

Voir l’article comment la peau cicatrise

Je cicatrise mal

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Comment soigner une plaie pour avoir une belle cicatrice ?

Voir comment soigner une plaie

Comment prendre soin d’une cicatrice pour qu’elle soit moins visible?

Une fois que vous avez correctement soigné votre plaie (voir comment soigner une plaie) et qu’elle a cicatrisé, quelles sont les précaautions à prendre pour estomper une cicatrice?

Jamais de soleil tant qu’elle est rose

Les cicatrices tendent à se pigmenter au soleil : « tout ce qui est rose evient marron au soleil ». Il ne faut donc pas exposer la cicatrice tant qu’elle n’a pas la couleur de la peau alentour, c’est à dire pendant plusieurs mois, sinon on risque des taches brunes de pigmentation post inflammatoire

Laver la cicatrice tous les jours

Il faut laver la cicatrice avec un savon doux tous les jours surtout si elle suinte encore un peu, sans trop frotter, puis sécher en tamponnant avec une serviette de toilette dédiée à cette cicatrice. Il existe en effet souvent des zones de la cicatrice encore fragiles et promptes à s’infecter.

La cicatrisation dure environ 8 jours pour le visage et entre 2 et 3 semaines pour le reste du corps. Tant que la cicatrisation complète de toute la cicatrice n’est pas obtenue, il faut être très soigneux et hygiénique.

Après la cicatrisation complète, des massages

Une fois que la cicatrice ne suinte plus et a un aspect bien fermé, on peut la masser doucement afin de l’assouplir et d’éviter les adhérences profondes. Il suffit de 5 minutes matin et soir, en faisant des petits massages en rond avec les doigts enduits de crème hydratante.

Ces massages sont à effectuer jusqu’à ce que l’aspect s’améliore et que la cicatrice devienne bien souple et lisse. Si ce n’est pas le cas au bout d’un mois, il faut consulter un médecin (gare aux cicatrices chéloides) qui conseillera peut etre des soins de palper rouler comme pour les vergetures

POURQUOI JE CICATRISE MAL ET LENTEMENT? Comment améliorer ma cicatrice

Je cicatrise mal

Cicatrice

Après une coupure de la peau, le processus de cicatrisation va réparer et régénérer les tissus cutanés et sous cutanés. Comment la peau cicatrise ? Comment avoir une belle cicatrice ou effacer des cicatrices ?

Comment la peau cicatrise ?

Le processus de cicatrisation de la peau est complexe et il met en jeu de nombreux acteurs du derme et de l’épiderme

Voir l’article comment la peau cicatrise

Je cicatrise mal

Il existe plusieurs dérèglements de la cicatrisation jouant un rôle dans les problèmes de cicatrisation

Tout d’abord, les interactions cellulaires compliquées mises en route dans la phase initiale de cicatrisation appelée phase hémorragique et inflammatoire, peuvent perdurer et retarder voire inhiber les phases
finales de la cicatrisation : elles sont responsables d’un retard de cicatrisation

Elles peuvent aussi induire une fibrose cicatricielle excessive,
responsable des cicatrices hypertrophiques et les
chéloïdes.

Retard de cicatrisation

Les problèmes de cicatrisation peuvnet être des retards de cicatrisation : la peau cicatrise lentement et la cicatrice met du temps à se faire. Il existe de nombreuses causes possibles à ces retards de cicatrisation :

Causes générales

Vieillissement

Plus son vieillit moins bien on cicatrise

Dénutrition, malnutrition

Présence de déficits protéiques, carences vitaminiques et en zinc

Causes endocriniennes

Telles que le diabète, l’hypercorticisme

Causes médicamenteuses

Traitement par corticothérapie générale, chimiothérapie anticancéreuse, anticoagulants, colchicine…

Maladies du tissu conjonctif

Syndrome d’Ehlers-Danlos, élastopathies, déficit en prolidase

Problèmes cardiovasculaires ou respiratoires chroniques

Ils sont responsables d’une diminution de l’oxygénation tissulaire

Troubles de la coagulation

Thrombopénie, déficit en facteurs de la coagulation

Causes locales

Insuffisance artérielle et/ou veineuse des membres inférieurs
Pression : escarre
Surinfection de la plaie
Eczema de contact
Neuropathie périphérique

Cicatrice trop épaisse

Les interactions cellulaires compliquées peuvent se dérégler et induire une fibrose cicatricielle excessive, responsable des cicatrices trop épaisses appelées hypertrophiques ou chéloïdes.

 

COMMENT LA PEAU CICATRISE ? la cicatrisation de la peau

Cicatrisation de la peau

Cicatrice

Après une coupure de la peau, le processus de cicatrisation va réparer et régénérer les tissus cutanés et sous cutanés. Comment la peau cicatrise ?

Structure de la peau :

Peau en coupe

La peau est constituée de trois couches :

Epiderme

Le plus superficiel, constitué principalement de kératinocytes (cellules produisant de la kératine, une protéine entrant dans la constitution des ongles et des cheveux. L’épaisseur de l’épiderme varie de 1/10 mm (peau des paupières) à 1 mm (peau des paumes et des plantes)

Derme 

Il est beaucoup plus épais que l’épiderme puisqu’il peut atteindre une épaisseur de 4 mm, notamment au niveau de la peau du dos. Le derme renferme les vaisseaux (qui contiennent 10% du sang de l’organisme), les bulbes des poils et des cheveux, les glandes sudoripares etc. Il contient des fibroblastes, cellules produisant des fibres élastiques et collagènes (le derme adulte normal contient 90 % de collagène de type I pour 10 % de collagène de type III).

Hypoderme

C’est la graisse sous cutanée, qui contient surtout des adipocytes

 

>>> en savoir plus sur la peau

Comment la peau cicatrise ?

Le processus de cicatrisation de la peau est complexe et il met en jeu de nombreux acteurs du derme et de l’épiderme

On peut schématiquement diviser la cicatrisation d’une plaie cutanée
en quatre phases :
– la phase hémorragique et inflammatoire ;
– la granulation (cicatrisation dermique) ;
– la réépidermisation (cicatrisation épidermique) ;
– le « remodelage » de la cicatrice.

1/ Phase hémorragique et inflammatoire

On voit plusieurs acteurs du sang entre en scène :

Plaquettes

Le traumatisme (coupure, plaie…) produit des coupures vasculaires responsables de l’afflux de plaquettes. Le contact de ces plaquettes avec le collagène dermique déclenche une agrégation plaquettaire et la formation d’un caillot de sang et de fibrine.

Les plaquettes libèrent des molécules telles que les Tumor Growth Factor α et β et le PDGF qui attirent les monocytes et les fibroblastes et stimulent leur prolifération et leur activité de synthèse.

Globules blancs

Les polynucléaires neutrophiles, une sorte de globules blancs, participent à la détersion de la plaie. En l’absence de contamination bactérienne, ils disparaissent en quelques jours.

Les polynucléaires éosinophiles participent au recrutement des cellules qui vont former le tissu de granulation.

Les monocytes, sous l’action du PDGF, se transforment en macrophages qui participent aussi à la détersion de la plaie et à la lutte anti-infectieuse mais sont surtout les coordinateurs du processus de cicatrisation : ils sécrètent de nombreux facteurs de croissance et médiateurs chimiotactiques qui vont stimuler l’angiogenèse, l’activité fibroblastique et le remodelage dermique.

2/ Granulation, la phase de cicatrisation dermique

On voir se développer le tissu de granulation, qui est constitué d’une

  • matrice extracellulaire (essentiellement constituée de fibronectine, d’abord d’origine plasmatique, puis synthétisée par les fibroblastes)
  • et de néovaisseaux (ces néovaisseaux permettent l’apport d’oxygène et de nutriments pour les fibroblastes).

formant un « néoderme » sous l’action de facteurs de croissance tels que le b-FGF, le TGF-β, le VEGF…

Ensuite on assiste à la synthèse de néocollagène, tout d’abord surtout de type III (alors que nous avons vu qu’il ne représentait que 10% du collagène de la peau adulte)

En même temps, on assiste à un processus de contraction de la plaie qui contribue
à rapprocher les berges de la plaie par transformation des fibroblastes en myofibroblastes sous l’action du b-FGF, riches en une protéine contractile, l’α-actine, sorte de « muscle lisse »…

3/ Réépidermisation ou phase de cicatrisation épidermique

Elle se déroule en trois phases, de migration, prolifération et différentiation des kératinocytes.

La migration des kératinocytes

Elle débute dès la 12e heure, à partir de l’épiderme des bords de la plaie, des canaux des glandes sudoripares et des follicules pileux.

La prolifération des kératinocytes

Les kératinocytes se multiplient dès la 2e heure avec un pic à 2 jours sous l’action de l’EGF synthétisé par les kératinocytes et du KGF synthétisé par les fibroblastes et les kératinocytes.

La maturation ou différenciation des kératinocytes

Les nouveaux kératinocytes se différencient et acquièrent une fonction de kératinisation.

Les mélanocytes recolonisent l’épiderme après un délai parfois prolongé par rapport à la migration kératinocytaire, ce qui explique que la pigmentation des cicatrices est souvent tardive.

4/ Remodelage

Ce processus dure plusieurs mois. Le collagène III est progressivement remplacé par du collagène I, de résistance mécanique supérieure et s’orientant parallèlement aux lignes de tension cutanée et qui supplante l’acide hyaluronique, les protéoglycanes ou la fibronectine, qui étaiet richement présents dans le tissu de granulation
Les vaisseaux diminuent ainsi que la densité en fibroblastes et myofibroblastes, remplacés par une fibrose.

 

PAPILLOMAVIRUS : les papilloma virus humains (HPV), s’en débarrasser

Infection à papillomavirus

Les papillomavirus sont des virus a ADN (acide desoxyribonucléique) : ils contiennent de l’ADN qu’ils integrent au sein de l’ADN de la cellule qu’ils infectent. Le but de cette infection est de faire produire d’autres virus par la cellule infectée : cette dernière produit des cellules-filles qui « fourmillent » de virus. Ce phénomène s’appelle la réplication du virus. L’ensemble de ces cellules forme unepetite tumeur bénigne, la verrue sur le plan cutané, ou le condylome sur le plan génital.

verrues genitales
Verrues génitales

Cet article en vidéo:

Il existe approximativement une centaine de papilloma virus dans la nature, qu’on peut en effet classer en 2 catégories selon leur tropisme : la peau ou les muqueuses.

Les papilloma virus ayant un tropisme pour la peau :

papilloma virus 2, 4, 5, 8, 12, 14, 29, 36, 46, 47… responsables des verrues. L’infection de la peau a lieu generalement lors d’un contact entre la peau lésée (petite plaie, eczema… ) avec une autre des squames infectee par le papillomavirus.

Par exemple, la contamination par le papillomavirus sur les plantes de pieds comportant de petites plaies est fréquente dans les zones fréquentées par d’autres personnes marchant pieds nus et laissant des squames infectées (piscines, les salles de sport, vestiaires… ).

Les papillomavirus ayant un tropisme pour les muqueuses, responsables des condylomes :

On distingue parmi ceux-ci les papilloma virus à haut risque de provoquer un cancer du col de l’utérus et les condylomes à faible risque carcinologique :

papillomavirus à faible risque de cancer du col de l’utérus, de la vulve, de l’anus, du penis… :

papillomavirus 6, 11, 42, 43, 44…

papillomavirus à haut risque de provoquer un cancer du col de l’uterus, de l’anus, de la vulve, du penis… :

papillomavirus 16, 18, 31…

Atteinte du col de l’uterus par papillomavirus

Comment se contamine-t-on des papilloma virus?

L’infection de la muqueuse a généralement lieu lors d’un rapport sexuel.

La transmission de papillomavirus lors des préliminaires amoureux sans préservatif est fréquente et explique certaines contaminations. Le degré de contagiosité est élevé en casde condylomes acuminés, plus faible en cas de lésions dysplasiques ou cancéreuses.

Il existe de nombreuses formes asymptomatiques, expliquant des modes révélations retardées ou la négativité du bilan chez l’un des partenaires.

La sensibilité à ces virus varie d’un individu à l’autre et la contamination nest pas obligatoire à leur contact : on peut être en contact avec une personne infectée et ne pas être contaminé.
De même, lorsqu’il y a infection, le papillomavirus peut ne pas s’exprimer et rester à l’état latent dans la cellule. Enfin, même lorsque le virus s’exprime et donne des lésions cutanées ou génitales, une disparition spontanée est possible (on estime que 80% des verrues régressent spontanément en quelques années / il est aussi possible de voir disparaître spontanément une dysplasie cervicale du col de l’utérus d’un contrôle à l’autre). On appelle cela la clairance virale. On estime que la disparition à 1 an pur les HPV du col de l’utérus sont de  70% et de 90% à 2 ans. Malheureusement, les séroypes à risque de cancer persistent souvent plus longtemps que les autres

Les différentes formes d’atteinte par papillomavirus : verrues et condylomes

L’atteinte de la peau

peut avoir plusieurs formes. Parmi les plus fréquentes :

  • Les verrues des paumes et des plantes (Verrues plantaires ) : elles s’attrapent le plus souvent dans les collectivités ( gymnase, piscine…).
  • Les papillomes verruqueux et verrues vulgaires : on les trouve principalement sur les dos des mains, le visage, le cuir chevelu, les genoux…
  • Les verrues planes : comme leur nom l’indique, elles sont moins surélevées que les précédentes et réalisent de petites surélévations couleur rosé. Elles ont peuvent se trouver dans les mêmes sièges que les verrues du corps.

>>> Plus d’informations sur les verrues et le traitement des verrues

L’atteinte de la sphère génitale : les condylomes :

L’infection par condylomes est le plus souvent le fait d’une contagion sexuelle (Maladie Sexuellement Transmissible ou MST). Il faut donc devant des verrues anogénitales effectuer un bilan de MST (examen complet, sérologies…).

>>> Plus d’informations sur les condylomes

L’atteinte de la sphère ORL

Le sexe oral a favorisé la dissémination du papillomavirus dans la sphere ORL. Ainsi, L’incidence du cancer de l’oropharynx est actuellement à la hausse et le risque augmente avec certaines habitudes sexuelles. Une majorité des cancers de l’amygdale et de la base de la langue est liée à l’infection à papillomavirus. Les patients concernés sont plus jeunes et souvent non fumeurs et non buveurs (alors que le tabac et l’alcool sont les facteurs « classiques » de cancers ORL).

Peut-on avoir une infection au papillomavirus sans verrues ou condylomes?

L’infection génitale par les papillomavirus est une maladie très fréquente puisqu’on estime qu’environ 30 à 50 % de la population adulte sera contaminée sur le plan génital pendant une période de leur vie par le papillomavirus Cependant, l’ensemble de la population infectée par le papilloma virus sur le plan génital n’exprime pas le virus sur le plan clinique : on estime que seuls 10 à 20% de la population adulte présente des condylomes (le pourcentage de porteurs sains varie de 20 à 30 %). Les autres personnes infectées sont appelées porteurs asymptomatiques de papillomavirus. On peut ainsi porter de façon asymptomatique le papillomavirus pendant des années et se mettre à l’exprimer sous forme de condylomes sans raison apparente ou au décours d’une fatigue, d’un stress, d’une maladie intercurrente (grippe… ). Il est important de savoir lorsqu’on consulte pour des condylomes que la contamination par le papillomavirus peut être ancienne et n’est pas nécessairement contemporaine de l’apparition des condylomes.

De même, sur le plan cutané, il est fréquent de trouver des papillomavirus sur la peau sans pour autant qu’il y ait de verrues

Traitement

L’objectif d’une éradication virale étant illusoire, le traitement vise à faire disparaître les lésions visibles. Le traitement des lésions externes est le plus souvent basé sur la simple destruction locale au laser, à l’azote liquide et/ ou à l’aide d’un traitement chimique. La difficulté principale réside dansle caractère souvent multifocal des lésions et leur taux élevé de récidive. La méthode employée dépend de la localisation, du type lésionnel

Le traitement des papillomavirus dépend de leur zone d’atteinte : voir le traitement des verrues et des condylomes

ZYRTECSET : le médicament zyrtec set en comprimés

Zyrtecset

Zyrtecset est un médicament antihistaminique, utilisé en dermatologie notamment dans l’urticaire

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptome très pénible…

Qu’est-ce que c’est ?

Le Zyrtecset est un médicament antiallergique utilisé dans le traitement de l’allergie de peau et des démangeaisons de la peau en vue de calmer les démangeaisons.

Il est utilisé en dermatologie, notamment sous forme de médicaments appelés Zyrtec *  ou Virlix * dans le traitement de l’urticaire

On peut l’avoir en pharmacie sans ordonnance sur les conseils du pharmacien pour calmer les démangeaisons sans ordonnance

Cette molécule nécessite des précautions d’emploi :

Contre indications

  • Allergie au produit ou à l’un des composants
  • Insuffisance rénale
  • Enfant de moins de 2 ans

Conseils d’utilisation

  • Respecter la prescription du médecin
  • Il expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise de Zyrtecset
  • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
  • En cas de grossesse, consulter le médecin. Zyrtecset est déconseillé en cas d’allaitement

En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

CETIRIZINE : le médicament cétirizine en comprimés

Cetirizine

La cetirizine est un médicament antihistaminique utilisé dans le traitement de l’allergie de peau et des démangeaisons de la peau en vue de calmer les démangeaisons.

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptome très pénible…

Elle est utilisé en dermatologie, notamment sous forme de médicaments appelés Zyrtec * ou Virlix * dans le traitement de l’urticaire

On peut l’acheter ou ?

On peut l’avoir en pharmacie sans ordonnance sous la dénomination Cetirizine ou Zyrtecset, sur les conseils du pharmacien pour calmer les démangeaisons sans ordonnance

Cette molécule nécessite des précautions d’emploi :

Contre indications

  • Allergie au produit ou à l’un des composants
  • Insuffisance rénale
  • Enfant de moins de 2 ans

Conseils d’utilisation

  • Respecter la prescription du médecin
  • Cetirizine expose au risque de somnolence : les conducteurs de véhicules doivent etre avertis des risques de somnolence au volant lors de la prise de Cetirizine
  • Eviter la consommation d’alcool durant le traitement
  • En cas de grossesse, consulter le médecin. Cetirizine est déconseillé en cas d’allaitement

En cas d’aggravation de l’éruption ou d’apparition d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, maux de tete, nausées, vomissements, palpitations… ), consulter un médecin pour connaitre la conduite à tenir

DESLORATADINE : le médicament desloratidine en comprimés

Desloratadine : principe actif antihistaminique non sédatif

demangeaisons
La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

La desloratadine est la molécule active (principe actif) de l’Aerius®. C’est un antihistaminique de 2e génération non sédatif indiqué dans le traitement de l’allergie de peau, des démangeaisons de la peau et de l’urticaire. Elle est le métabolite actif de la loratadine (Clarityne®).

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Mode d’action — ce qui différencie la desloratadine

La desloratadine possède un double mécanisme d’action qui la distingue des antihistaminiques plus anciens :

Mécanisme Conséquence clinique
Antagoniste sélectif des récepteurs H1 périphériques — ne diffuse pas dans le système nerveux central Pas de sédation, pas d’effet anticholinergique — conduite automobile autorisée
Inhibition des cytokines pro-inflammatoires (IL-4, IL-6, IL-8, IL-13) par les mastocytes et basophiles Action anti-inflammatoire au-delà du simple blocage H1 — utile dans l’urticaire chronique
💡 Cette inhibition des cytokines est un avantage pharmacologique de la desloratadine par rapport à la loratadine (molécule mère) — elle explique son efficacité dans l’urticaire chronique au-delà du simple prurit aigu. Pour les informations pratiques (posologie, conseils d’utilisation, contre-indications), voir la page Aerius®.

Contre-indications et conseils d’utilisation

La contre-indication principale est l’allergie à la desloratadine ou à l’un des composants. Desloratadine n’est pas recommandée en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin. En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, nausées, palpitations…), consulter un médecin.

→ Pour le détail complet : posologie, précautions, interactions, populations particulières : voir Aerius® (desloratadine) — guide pratique complet.

Pages associées

Voir aussi :
Aerius® |
Clarityne® |
Antihistaminiques |
Urticaire

LORATADINE : médicament loratidine en comprimés

Loratadine : principe actif antihistaminique non sédatif

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La peau qui gratte, un symptôme très pénible…

La loratadine est le principe actif de Clarityne® et de ses génériques. C’est un antihistaminique de 2e génération non sédatif indiqué dans le traitement de l’allergie de peau, des démangeaisons de la peau et de l’urticaire. Elle est disponible en pharmacie sans ordonnance sur les conseils du pharmacien (voir calmer les démangeaisons sans ordonnance). Dans l’organisme, la loratadine est transformée en son métabolite actif, la desloratadine (Aerius®).

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Mode d’action et comparatif loratadine / desloratadine

La loratadine inhibe les récepteurs H1 périphériques et limite la dégranulation des mastocytes. Elle ne diffuse pas dans le système nerveux central — d’où l’absence de sédation.

Loratadine (Clarityne®) Desloratadine (Aerius®)
Nature Molécule mère — prodrogue Métabolite actif de la loratadine
Mécanisme Blocage H1 périphérique + limitation dégranulation mastocytes Blocage H1 + inhibition cytokines IL-4, IL-6, IL-8, IL-13
Sédation Non sédatif Non sédatif
Délivrance Sans ordonnance Sur ordonnance
Générique disponible Oui — loratadine générique Oui — desloratadine générique
💡 Pour les informations pratiques sur le médicament (posologie, grossesse, précautions), voir la page Clarityne® (loratadine) — guide pratique.

Contre-indications et conseils d’utilisation

La contre-indication principale est l’allergie à la loratadine ou à l’un des composants. Loratadine n’est pas recommandée en cas de grossesse ou d’allaitement — consulter le médecin. En cas d’aggravation de l’éruption ou d’effets secondaires (malaises, somnolence, fatigue, vertiges, nausées, palpitations…), consulter un médecin.

→ Pour le détail complet : Clarityne® — guide pratique complet.

Pages associées

Voir aussi :
Clarityne® |
Desloratadine |
Aerius® |
Urticaire

ROUGEUR AISSELLE : rougeurs et boutons rouges sous les aisselles

Rougeur et boutons des aisselles

Cet article en vidéo :


La rougeur des aisselles et l’apparition de boutons rouge qui démangent dans l’aisselle (sous les bras) est fréquente

Allergie au déodorant sous les aisselles
Allergie au déodorant sous les aisselles

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La zone située sous les bras comporte un risque de macération, de frottement et de chaleur qui favorisant les irritations et la pullulation microbienne qu’elle soit mycosique ou bactérienne.

En cas de rougeur des aisselles, il faut consulter un médecin et si possible un dermatologue

Symptomes

L’aisselle est rouge, peut démanger, être douloureuse , suinter… Le médecin va s’orienter vers une ou plusieurs causes en fonction des symptomes : rougeur bilatérale et symétrique ou unilatérale, présence d’une sécheresse ou au contraire d’un suintement, extension centrifuge, limites nettes ou contours émiettés, présence de vésicules, de pustules, fissuration au fond du pli…

Il fait parfois réaliser un prélèvement mycologique (pour examen direct et mise en culture) voire bactériologique et parfois une biopsie cutanée (il prend un petit bout de peau sous anesthésie locale pour analyse au microscope).

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Ce médecin évoquera les causes possibles de rougeur sous les bras et dans les aisselles :

Causes

Mycose

Dermatophytes

La dermatophytie forme des plaques sèches à extension progressive. Elle est assez rare dans l’aisselle, sauf si elle est associée à une mycose de la peau avoisinante (tronc, bras…)

Traitement de la mycose à dermatophytes des aisselles
Lutter contre les facteurs favorisants

Le traitement des facteurs locaux favorisants de la mycose est prépondérant. Les facteurs locaux favorisants de la mycose sont entre autres :

  • la macération (éviter le port de sous vetements synthetiques et de vetements serrés)
  • l’humidité (sécher soigneusement les aisselles apres la toilette… )
  • l’irritation de la peau (traiter les symptomes irritatifs de la peau car ils peuvent constituer un facteur de développement de la mycose)
Antifongiques

Le médecin utilise des antifongiques disponibles sur ordonnance

Ils sont appliqués en crème, spray, lait, poudre… en général deux fois par jour pendant 3 semaines

En cas de résistance au traitement, le médecin peut prescrire des antifongiques par voie orale telles la terbinafine ou la grisefuline. On évite généralement le ketoconazole compte tenu de sa toxicité hépatique potentielle.

Candida : candidose de l’aisselle

L’acidité des plis, l’obésité, les déficits immunitaires, la grossesse, le diabète et certains médicaments (corticothérapie générale, antibiotiques) favorisent les candidoses des plis.

La candidose des aisselles donne une rougeur souvent suintante, rouge à fond blanc crémeux.

Candidose des aisselles
Candidose des aisselles

On observe souvent des pustules en périphérie de la rougeur

Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Pustules blanches dispersées sur fond rouge et luisant, évocateur de candidose du pli
Traitement de la candidose de l’aisselle
A/ Lutter contre les facteurs favorisants et le terrain

Lutte contre l’humidité, la macération, les traumatismes chimiques ou mécaniques, traitement d’un diabete et soins d’une candidose muqueuse, digestive ou génitale associée.

B/ Traitement local
Savons appropriés

Les savons surgras ou alcalins (savon Hydralin®), la désacidification de l’eau (par le bicarbonate de sodium, sachets d’Hydralin®) utilisés pour la toilette de la peau ou des muqueuses ont un effet apaisant.

En cas de surinfection bactérienne ou de suintement

Si les lésions sont suintantes ou surinfectées, des antiseptiques locaux doux peuvent être utilisés : dérivés iodés (Bétadine® solution dermique), chlorexidine aqueuse…

Antifongiques

On utilise des antifongiques locaux dont les formes (lait, poudre, gel, lotion…) ne favorisent pas la macération. Il sont appliqués deux fois par j pendant 3 semaines

C/ Traitement par voie orale

Le kétoconazole (Nizoral®) peut être prescrit dans les candidoses cutanées ; il existe sous forme de gélules et de suspension orale.

La surveillance du traitement par Nizoral® comporte une surveillance régulière du bilan hépatique, en pratique avant traitement, au 15e jour, puis toutes les 4 semaines jusqu’à la fin du traitement.

Pour plus d’informations, voir l’article candidose

Eczema des aisselles

L’eczema allergique résulte d’un contact avec un allergène provoquant un exema, le plus souvent des déodorants, antitranspirants, cremes, crèmes dépilatoires, mousses à raser, parfums…

Voir l’article eczema des aisselles

Irritation

Elle est souvent le fait d’une toilette trop méticuleuse, de l’application d’antiseptiques irritants (Dakin*…), de frottements, de bains de mer répétés, de cosmétiques ou par le contact accidentel avec une substance caustique (eau de Javel…). L’irritation est souvent rouge brillant, fripé avec parfois des vésicules voire des plaies et accompagné d’ une sensation de brulure

Autres diagnostics plus rares dans les aisselles :

dermite séborrhéique

psoriasis

herpes

impetigo

Maladie de Verneuil ou hidradenite

Maladie de peau rares

La maladie de Hailey-Hailey

est une dermatose héréditaire rare autosomique dominante, provoquant de façon récurrente des vésicules voire de bulles sur le cou, les creux axillaires et l’aine groupées en placards bien limités, parcourus de fissures en rhagades parallèles très caractéristiques. Le traitement passe par unassèchement des plis pour limiter les poussées et le risque d’infections bactériennes, mycosiques et virales. L’excision chirurgicale des plis atteints suivie de greffe de peau est souvent le seul traitement efficace.

Le pemphigus végétant

forme rare de pemphigus touchant les grands plis, y donnant des rougeurs végétantes et bourgeonnantes.

Syphilis

La syphilis dans sa phase secondaire peut donner des plaques multiples, gonflées et érosives, parfois végétantes dans les plis, les syphilides.

Histiocytose langerhansienne

maladie liée à une accumulation dans la peau de cellules de Langerhans. Elle donne des surélévations de peau croûteuses et purpuriques, prédominant derrière les oreilles, voire de fesses et de l’aine.

Erythème nécrolytique migrateur

atteinte cutanée due au glucagonome, une tumeur maligne du pancréas. Il donne des plaques rouges surélevées et squameuses d’extension centrifuge dont la bordure est croûteuse ou érosive et laissant une cicatrice pigmentée.

pustulose sous cornée de Sneddon Wilkinson

est une dermatose neutrophilique, caractérisée par la présence de globules blancs appelés polynucléaires neutrophiles dans la peau. Elle donne des pustules ou des bulles superficielles, flasques pouvant comporter un niveau liquidien caractéristique appelé pustule à hypopion. Les pustules et bulles sont groupées en dessinant des arcs ou des anneaux ou circinés principalement sur le tronc, à la racine des membres et dans les aisselles, l’aine…

 

etc.


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BRULURE : soigner une brulure de la peau

Brulure : que faire, comment soigner?

La brûlure est une destruction plus ou moins profonde de la peau, suite au contact avec une substance caustique, de l’électricité, de la chaleur… Que faire en cas de brulure ? :

  1. Définir le type de brûlure : il y a 4 grands types de brûlures en fonction de l’agent en cause déterminant pour la gravité de la brulure : chaleur, électrique, chimique, radiations…
  2. Classer la brulure en degrés
    1. 1er degré : rougeur
    2. 2ème degré superficiel: derme rouge / 2ème degré profond : derme blanc
    3. 3ème degré
  3. En fonction de ces éléments, puis-je soigner une brulure?

En cas de brulure chimique ou électrique il faut toujours demander un avis médical
La seule brulure qu’on peut prendre en charge à la maison est le 1er degré de petite étendue, toutes les autres nécessitent un avis médical : rincer la brulure à l’eau froide pour la refroidir. Paracétamol pour la douleur et pansements gras (Jelonet®, Adaptic®, Tulle gras…) sous une bande. Le pansement est enlevé au bout de 2-3j et on constate une guérison avec desquamation, sinon, consultation du médecin.

Brulure du 1er degré peu étendue, la seule qu’on peut soigner à la maison

1/ Définir le type de brûlure

Il y a 4 grands types de brûlures en fonction de l’agent en cause. Le type de brulure détermine déjà en partie la conduite à tenir et la gravité de la brulure

Brulure à la chaleur

Ce sont les brulures les plus fréquentes, pouvant être superficielles ou profondes, suite au contact de la peau avec une flamme, un liquide chaud ou un métal brûlant. Dans ces deux derniers cas, le liquide et le métal tendent à coller à la peau et provoquer donc des brulures plus graves.

Brulure par l’électricité

On distingue deux types de brulures électriques :

Brûlures par arc électrique: CATENAIRE…

L’exemple le plus fréquent est une personne montant sur des wagons de train : il existe une différence de potentiel extrêmement importante entre les wagons et la caténaire entre lesquels la personne se place, déclenchant un arc électrique (sorte d’éclair entre les 2 points) qui passe par le corps de cette personne, en cheminant par la peau. Elles correspondent en fait à des brûlures thermiques de la peau.

Brûlures électriques vraies : PRISE ELECTRIQUE…

Passage intra-corporel d’un courant électrique qui chemine pour des raisons de conduction électrique prioritairement le long des vaisseaux et des nerfs, en passant toujours par le coeur : risques de trouble du rythme (fibrillation ventriculaire), de destruction nerveuse ou de thrombose vasculaire souvent responsables de d’amputations…

Brulures chimiques

Elles sont souvent graves car le produit chimique peut pénétrer dans le corps, y être rémanent et y créer des dégâts.

Les acides (acide sulfurique, chlorhydrique…)

Brûlures extrêmement douloureuses / destruction se propageant rapidement de la superficie de la peau vers la profondeur .

Les bases (soude caustique…)

Souvent moins douloureuses mais plus sournoises : destruction décalée dans le temps car les lésions superficielles n’apparaissent que secondairement, parfois après la destruction profonde.

Radiations : coup de soleil, radiodermites après radiothérapie.

 

2/ Classification en degrés

Les trois degrés correspondent au niveau de destruction du tissu cutané.

1er degré : rougeur

Brulure du 1er degré

Plaque rouge, chaude et douloureuse, type « coup de soleil« , guérissant en 2 à 3 jours. Brulure grave que si elles est étendue, chez le petit enfant notamment (risque de déshydratation).

2ème degré : phlyctène ou bulle.

 

2ème degré superficiel: derme rouge

Le derme sous la phlyctène est rouge car il reste vascularisé

Elle guérit le plus souvent spontanément en une semaine à 10jours

Brulure du 2eme degre

 

2ème degré profond : derme blanc

 

Le derme est dévascularisé (mort) et nécessite une détersion chirurgicale.

3ème degré

Plaques dures et indolores. Plaies plus ou moins profondes

Brulure du 3eme degre

3/ En fonction de ces éléments, puis-je soigner une brulure?

En cas de brulure chimique ou électrique il faut toujours demander un avis médical

1er degré de petite étendue

Retrait des bagues, montres, bracelets

Rincer la brulure à l’eau froide pour la refroidir : règle des 15, laver dans les 15 minutes, avec de l’eau à 15 degrés, à 15 cm de la peau, pendant au moins 15 minutes.

Paracétamol pour la douleur et pansements gras (Jelonet®, Adaptic®, Tulle gras…) sous une bande. Le pansement est enlevé au bout de 2-3j et on constate une guérison avec desquamation, sinon, consultation du médecin.

De nombreuses personnes recourent aux « magnétiseurs » et autres « coupeurs de feu » ou « barreurs de feu », sensés soulager rapidement les douleurs du zona et des brulures

On utilise parfois en physiothérapie, la magnétothérapie, consistant à placer des aimants au sein desquels on fait passer un courant électrique, notamment en rééducation fonctionnelle pour soulager les douleurs de l’appareil locomoteur. Ce traitement est basé sur l’hypothèse que les ions des tissus et le fer contenu dans le sang réagissent au champ magnétique, mais l’effet sur la douleur n’est pas clairement expliqué à notre connaissance. Nous avons trouvé une étude de petite ampleur (40 patients), sans étude contre placébo, d’origine cubaine, trouvant une efficacité de la magnétothérapie basse fréquence dans les brulures liées au zona

Par ailleurs, nous n’avons trouvé aucune étude scientifique étayant l’efficacité de traitements par « magnétisme humain ». Tout au plus une thèse en Médecine de 2007 relate leur recourt dans le cadre des brulures en milieu hospitalier sans étudier véritablement leur efficacité en les testant contre placébo ou contre traitement médical.

Il semble donc ne pas y avoir de fondement scientifique à ce jour pour la pratique du magnétisme des coupeurs de feu dans la prise en charge des brulures. On ne peut donc scientifiquement recommander ce type de pratique pour prendre en charge des brulures du 1er degré peu étendues et encore moins pour des brulures de plus grande étendue ou gravité.

1er degré étendue ou mal supportée

En cas de brulure du 1er degré étendue, notamment chez un enfant, de sensations de malaise, de maux de tête, consulter un médecin sans tarder

2ème degré : avis médicochirurgical

Le médecin procède  à l’excision de la phlyctène et un rinçage au sérum physiologique ou aux antiseptiques non alcooliques (Chlorexidine…)

Il applique un pansement gras (Jelonet®, Adaptic®, Tulle gras…) sous une bande, à renouveler toutes les 48 à 72 heures

Toute brûlure n’ayant pas cicatrisé au delà du 21ème jour doit être prise en charge de façon chirurgicale.

3ème degré : urgence chirurgicale

La prise en charge est chirurgicale : détersion suivie de greffes de peau saine prélevée chez le brulé en zone non touchée.

BOUTONS CUIR CHEVELU : folliculite dans les cheveux

Bouton sur le cuir chevelu : causes, traitement et quand consulter

Un bouton sur le cuir chevelu est fréquent et peut avoir de nombreuses causes : infection bactérienne, fongique, acariens, ou maladie plus rare. Certains boutons du cuir chevelu sont bénins et passagers, d’autres peuvent faire tomber les cheveux de façon définitive s’ils ne sont pas traités à temps. Voici comment les reconnaître et les traiter.

Boutons persistants ou chute de cheveux associée ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Cet article en vidéo

boutons cuir chevelu folliculite du cuir chevelu
Folliculite du cuir chevelu

La clé du diagnostic : bouton cicatriciel ou non cicatriciel ?

Face à des boutons sur le cuir chevelu, la première question à se poser est : y a-t-il une perte de cheveux associée ? Et si oui, est-elle réversible ou définitive ?

  • Folliculite non cicatricielle — les cheveux peuvent repousser après traitement. C’est la forme la plus fréquente.
  • Folliculite cicatricielle — les follicules pileux sont détruits progressivement, entraînant une alopécie définitive si non traitée. Consultez rapidement.

Boutons du cuir chevelu sans cicatrice (folliculites non cicatricielles)

Ce sont les plus fréquents. Il s’agit d’infections des follicules pileux qui récidivent parfois depuis plusieurs mois malgré les traitements. Les patients sont souvent des adultes de sexe masculin.

1. Folliculite à Malassezia (levures)

C’est la cause la plus fréquente. La levure Malassezia colonise normalement le cuir chevelu, mais peut proliférer et provoquer des pustules. Elle survient souvent dans le cadre d’une dermite séborrhéique — on observe fréquemment des pellicules associées et une irritation du cuir chevelu. Plus fréquente chez les immunodéprimés.

Traitement : shampooing et crèmes antifongiques (kétoconazole, ciclopirox). Traitement d’entretien souvent nécessaire.

2. Folliculite à Cutibacterium acnes

folliculite cuir chevelu Cutibacterium acnes boutons
Folliculite du cuir chevelu assimilée à de l’acné

C. acnes est la bactérie de l’acné. Cette folliculite touche surtout les personnes acnéiques (visage, dos, thorax) traitées au long cours par cyclines. Les pustules récidivent rapidement à l’arrêt des antibiotiques.

Traitement : peroxyde de benzoyle, antibiotiques locaux et oraux. La solution la plus durable est l’isotrétinoïne à faible dose (5 à 10 mg/j — hors AMM dans cette indication), qui apporte une amélioration plus prolongée.

3. Folliculite à Demodex

Le Demodex est un acarien microscopique normalement présent dans les follicules pileux. Son infestation augmente avec l’âge et peut provoquer des boutons du cuir chevelu. Le traitement est identique à celui de la démodécidose (ivermectine orale ou topique, métronidazole).

4. Folliculite à bactéries Gram négatives

Plus rare. Caractérisée par des pustules récidivantes du cuir chevelu sans atteinte du visage. La bactérie la plus fréquemment en cause est Citrobacter koseri. Le diagnostic nécessite un prélèvement bactériologique.

💡 Diagnostic : face à des boutons persistants du cuir chevelu, le dermatologue réalisera un prélèvement mycologique et bactériologique, voire une biopsie, pour identifier précisément l’agent responsable et adapter le traitement.

Boutons du cuir chevelu avec chute de cheveux définitive (folliculites cicatricielles)

Ces formes sont plus rares mais plus graves — elles détruisent progressivement les follicules pileux. Un diagnostic et un traitement précoces sont essentiels pour limiter la perte de cheveux.

Folliculite décalvante de Quinquaud

Folliculite chronique progressive caractérisée par des pustules folliculaires évoluant vers des croûtes, puis une alopécie cicatricielle. Elle touche principalement les hommes, souvent de race noire, débutant au vertex. La bordure des zones alopéciques est blanc nacré avec des pustules lors des poussées. Un signe évocateur est la folliculite en touffes (polytrichie) : plusieurs poils sortant du même follicule.

Traitement : antibiotiques locaux + doxycycline 100-200 mg/j pendant 6 à 12 mois minimum (effet suspensif). En cas d’échec : rifampicine seule ou en association (avec clindamycine ou acide fusidique), gluconate de zinc, isotrétinoïne, dapsone, anti-TNFα.

Cellulite disséquante du cuir chevelu

Pathologie touchant surtout les hommes de 20 à 40 ans. Elle débute par des nodules fermes qui évoluent vers des abcès intercommunicants douloureux, réalisant un aspect cérébriforme du cuir chevelu. Peut s’associer à une acné conglobata et une hidrosadénite suppurative (triade acnéique).

Traitement : incision et drainage des abcès, antibiotiques antistaphylococciques. Isotrétinoïne 0,5 à 1 mg/kg/j. Infiltrations de corticoïdes, anti-TNFα, laser Nd:YAG dans les formes sévères.

Folliculite fibrosante de la nuque (acné chéloïdienne)

Se développe principalement chez les hommes jeunes de race noire. Voir l’article dédié : acné chéloïdienne de la nuque.

Pustulose érosive du cuir chevelu

Touche surtout les femmes âgées, souvent après un traumatisme local (traitement de kératoses actiniques). Pustules superficielles au vertex évoluant vers des plaques érosives et croûteuses, puis alopécie cicatricielle.

Traitement : dermocorticoïdes de niveau I (Dermoval*) ou II en 1re intention. Isotrétinoïne, dapsone ou gluconate de zinc en 2e intention.

Autres causes de boutons sur le cuir chevelu

Les folliculites ne sont pas les seules causes. D’autres affections peuvent donner des boutons sur le cuir chevelu :

  • Psoriasis du cuir chevelu — plaques rouges squameuses prurigineuses, souvent associées à des plaques sur le corps
  • Dermite séborrhéiquedermite du visage associée, pellicules grasses
  • Teigne (tinea capitis) — chez l’enfant surtout, plaques alopéciques avec brisure des cheveux
  • Zona du cuir chevelu — vésicules douloureuses unilatérales suivant un dermatome
  • Molluscum contagiosum — petites papules ombiliquées, surtout chez l’enfant
  • Kyste épidermoïde — bosse ferme sous-cutanée mobile, sans inflammation initiale, qu’on appelle loupe du cuir chevelu

Quand consulter en urgence ?

🚨 Consultez rapidement un dermatologue si :

— Les boutons persistent malgré un traitement bien conduit depuis plus de 4 semaines

— Vous constatez une perte de cheveux dans la zone des boutons

— Les zones alopéciques s’étendent progressivement

— Les abcès sont douloureux, fluctuants ou accompagnés de fièvre

— Les lésions évoluent vers des cicatrices ou des plaques lisses sans repousse

Sources

Questions fréquentes sur les boutons du cuir chevelu

Pourquoi ai-je des boutons qui grattent sur le cuir chevelu ?

Les causes les plus fréquentes de boutons prurigineux du cuir chevelu sont la folliculite à Malassezia (souvent associée à des pellicules), la dermite séborrhéique, le psoriasis ou une folliculite bactérienne. Si les boutons récidivent régulièrement, un avis dermatologique est recommandé pour identifier l’agent responsable et adapter le traitement.

Les boutons du cuir chevelu peuvent-ils faire tomber les cheveux ?

Oui. Les folliculites cicatricielles (folliculite décalvante, cellulite disséquante) détruisent progressivement les follicules pileux et provoquent une alopécie définitive si elles ne sont pas traitées. À l’inverse, les folliculites non cicatricielles (à Malassezia, à C. acnes) n’entraînent pas de chute définitive une fois traitées.

Comment traiter des boutons sur le cuir chevelu à la maison ?

Un shampooing antifongique (kétoconazole 2% en vente en pharmacie) peut aider en cas de folliculite à Malassezia suspectée. Évitez de percer les boutons. Si les lésions persistent plus de 3 semaines ou s’accompagnent d’une chute de cheveux, consultez un dermatologue — un prélèvement bactériologique peut être nécessaire pour cibler le traitement.

Quelle est la différence entre folliculite décalvante et cellulite disséquante ?

La folliculite décalvante de Quinquaud se manifeste par des pustules folliculaires évoluant vers une alopécie cicatricielle au vertex, et un aspect de cheveux en touffes. La cellulite disséquante donne plutôt des abcès intercommunicants douloureux avec un aspect cérébriforme du cuir chevelu. Les deux nécessitent un traitement antibiotique prolongé et un suivi dermatologique régulier.

Les boutons du cuir chevelu sont-ils contagieux ?

Cela dépend de la cause. La teigne (tinea capitis) est contagieuse. Les folliculites bactériennes et fongiques ne se transmettent généralement pas directement. En revanche, une hygiène rigoureuse du matériel de coiffure (ciseaux, tondeuse) est recommandée pour éviter la dissémination des germes.


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CREME SOLAIRE ET CANCER DE LA PEAU : la crème solaire protège-t-elle du cancer cutané?

La crème solaire protège-t-elle du cancer de la peau?

Il faut appliquer de grandes quantités de creme solaire pour se protéger du cancer de la peau

L’interrogation d’un patient m’a interpelé : « dites docteur, c’est vrai que la creme solaire augmente le risque de cancer de la peau? ». J’ai décidé de me pencher sur le sujet…

Soleil et cancer de la peau

La peau est constituée de cellules (kératinocytes, mélanocytes… ), ayant toutes un rôle précis.

Ces cellules se renouvellent, se différencient harmonieusement mais ce processus peut les rendre plus sensible à des modifications de leur ADN (mutations), sous l’effet notamment des rayons solaires.

Habituellement, ces mutations sont réparées par l’organisme (processus de réparation de l’ADN par exemple). Lorsque la cellule cutanée devient cancéreuse, elle perd ses capacités de réparation. Elle se met alors à se multiplier de façon anarchique et à aboutir à une masse de cellules appelée tumeur maligne.

Pour faire simple, les kératinocytes donnent le carcinome, les mélanocytes le mélanome

Il y a de nombreuses causes possibles au développement du cancer de la peau, mais il faut connaitre le role du soleil (en particulier pour le cancer spinocellulaire et le melanome). La majorité des cancers de la peau surviennent d’ailleurs sur les zones exposées au soleil (visage, cou).

Les cancers spinocellulaires se développent généralement chez les personnes qui ont été exposées au soleil de faéon chronique et prolongée tout au long de leur vie (personnes travaillant à l’extérieuré).
Les carcinomes basocellulaires, se développent quant à eux plutot en cas d’ expositions solaires brutales et répétées, notamment dans l’enfance (voyages dans des pays chauds… )
La protection solaire est donc le meilleur moyen de prévenir les cancers de la peau. Les mélanomes quant à eux ont une relation avec les expositions solaires plus complexe mais globalement il semble que le facteur solaire soit surtout constitué comme pour le cancer basocellulaire par les expositions intermittentes et brutales (vacances et coups de soleil).

Le risque de mélanome est 10 fois moins important chez un noir que chez un blanc. Et au sein des blancs, les roux-bloncs sont le plus à risque.

La protection solaire est donc un des seuls éléments préventifs efficaces contre le cancer de la peau.

Epidémiologie des cancers de la peau

Le vieillissement de la population et les habitudes solaires excessives sont autant de facteurs entrant en ligne de compte dans l’augmentation du nombre de cancer de la peau depuis plusieurs années.

Le nombre de nouveaux cas de cancers de la peau a triplé entre 1980 et 2012.

Parmi ceux ci les plus fréquents sont les carcinomes (90% des cancers de la peau) avec en tête le basocellulaire qui est le cancer humain le plus fréquent chez l’homme, tous types de cancers et tous organes confondus : on estime que sont dépistés en France environ 80 nouveaux cas / 100 000 habitants / an, soit environ 50000 nouveaux cancers basocellulaires/an en France

Le mélanome est redoutable par son risque métastatique supérieur aux carcinomes. C’est l’un un des cancers dont l’incidence comme la mortalité ont significativement augmenté sur la période 1980-2012 (source : Les cancers en France, avril 2016).

On note donc une augmentation notable des cancers de la peau depuis plusieurs décennies, probablement à cause des expositions solaires accrues notamment

Les crèmes solaires et le cancer de la peau

On dispose de crèmes, gels, sprays… solaires d’indice plus ou moins important et fonctionnant sur le modèle de la réflexion des UV (filtres minéraux) ou de leur absorption (filtres chimiques). Elles ne sont pas dénuées d’effets sur l’environnement notamment.

> en savoir plus sur les crèmes solaires et les risques des crèmes solaires

Les seules études sur l’application régulière de crème solaire et leur protection vis-à-vis du cancer de la peau sont australiennes, montrant une diminution significative du risque de carcinome épidermoide et de mélanome à la condition de les appliquer quotidiennement à la dose de 2mg/cm² de peau, soit les quantités appliquées par les fabriquants pour mesurer leur indice de protection

Or, ce n’est jamais fait dans la vraie vie : la quantité moyenne appliquée à la plage est de 0,5mg/cm² soit 4 fois moins que les doses recommandées. Autant dire qu’’une crème solaire ayant un indice inférieur à 30 (« protection haute ») protège très peu la peau du soleil en conditions d’’utilisation « normales ».

Pire, l’application d’une crème solaire tend à désinhiber les personnes qui, ne prenant plus de coup de soleil, s’exposent plus et plus longtemps au soleil!

Au total, l’utilisation de crème solaire seule, à la dose couramment utilisée, a des effets pervers

Conclusion

Nous avons vu que le nombre de cancers de la peau augmentait depuis plusieurs décennies et que la protection solaire était le meilleur moyen de les éviter

Or l’utilisation de crème solaire n’a d’effet protecteur qu’à des doses 4 fois supérieures à celles appliquées couramment par les usagers et à la condition de les utiliser tous les jours

On ne répétera donc jamais assez que dans la stratégie de protection solaire, les cremes solaires arrivent en derniere position, derriere la recherche de l’ombre, l’absence d’exposition entre 11H et 16h l’été et le port de vetements couvrants, et qu’il n’est pas recommandé d’utiliser uniquement les cremes solaires pour se protéger du soleil, en dehors des zones non couvertes par les vetements (voir un article sur la protection solaire)

Les cremes solaires n’ont vraiment d’interet que lorsqu’on respecte les autres règles de protection solaire

Et ceci est d’autant plus prégnant chez l’enfant, car on estime que 90% du risque solaire (vieillissement de la peau, rides, taches, cancer de la peau) est constitué avant 18 ans et notamment durant l’enfance

Voir un article sur la protection solaire de l’enfant

En savoir plus sur la protection solaire

En savoir plus sur le traitement des cancers de la peau

ZIKA : symptomes, fièvre et éruption de boutons du zyka sur la peau

Zika

Le moustique tigre transmet le Zika

Le virus Zika est présent en Amérique (Sud, Centrale et un peu au Nord), aux Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint Martin, Saint Barth… ) et en Polynésie (Tahiti).

Le virus Zyka est un arbovirus, qui fait partie du même groupe de virus que la dengue et le chikungunya. Il tire son nom de la forêt Zika en Ouganda.

Il est transmis par le moustique tigre (le « moustique de l’apéro » qui pique surtout en fin de journée)

Les signes cutanés sont souvent présents (90% des cas).

Symptomes

Symptomes du Zika

Fièvre avec maux de tête, douleurs articulaires et musculaires

Eruption de plaques et boutons rouges qui démangent le plus souvent, survenant au début au visage puis sur le reste du corps. Elles sont souvent groupées en paquets de plaques et boutons

Eruption au début sur le visage et le haut du tronc
Eruption de Zika

Yeux rouges dans environ la moitié des cas

Gonflement distal dans 20% des cas

Le Zyka guérit le plus souvent en une semaine

Traitement

Symptomatique à base de paracétamol (éviter l’aspirine par risque hémorragique et les anti inflammatoires)

Le virus est présent dans toutes les sécrétions, notamment sexuelles, ce qui conduit à recommander l’usage du préservatif pour les personnes
infectées (cas de transmission par le sperme) durant 3 mois.

Un cas décrit de transmission du Zyka chez une personne ayant rendu visite à un malade, donc y penser aussi chez des personnes n’ayant pas fait de voyage dans les zones d’endémie

En cas de Zika pendant la grossesse, le risque de microcéphalie du bébé est de 1%

Microcéphalie du nouveau-né en cas de Zika durant la grossesse

RUBEOLE : la rubéole, symptomes et traitement

Rubéole : symptômes, complications et vaccination

La rubéole est une maladie infectieuse virale due à un togavirus, généralement bénigne chez l’enfant (4 à 10 jours). Elle devient en revanche dangereuse pendant la grossesse — une infection avant la 11e semaine peut provoquer de graves malformations chez le bébé. La vaccination ROR reste la meilleure protection.

Éruption cutanée et doute sur le diagnostic ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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rubéole éruption taches rosées enfant
Rubéole — taches rosées caractéristiques

Qu’est-ce que la rubéole ?

La rubéole est une infection virale contagieuse due au Rubivirus (famille des Togaviridae). Elle survient surtout au printemps et touche principalement les enfants non vaccinés. Depuis la généralisation du vaccin ROR en France, elle est devenue rare — mais pas éradiquée.

⚠️ De nombreux autres virus (coxsackie, échovirus, adénovirus, Epstein-Barr) peuvent provoquer des éruptions ressemblant à la rubéole. Inversement, la rubéole peut parfois comporter peu d’éruption. Le diagnostic clinique seul est donc souvent difficile — la sérologie le confirme.

Symptômes de la rubéole

Incubation et contagiosité

L’incubation est totalement silencieuse et dure environ 2 semaines. La contamination se fait par voie aérienne (écoulements nasaux, éternuements). L’enfant est contagieux 2 jours avant l’éruption et jusqu’à 1 semaine après — ce qui rend la prévention des contacts avec les femmes enceintes particulièrement difficile.

L’éruption cutanée

Dans un contexte de fièvre légère et de douleurs musculaires, apparaissent des taches rosées sur le visage (pommettes et menton surtout), puis sur l’ensemble du corps en une seule journée — c’est le signe distinctif de la rubéole. Les taches prédominent sur le thorax, le ventre, les fesses et la racine des membres. Elles sont séparées par des espaces de peau saine, parfois confluentes.

Les taches disparaissent en 3 à 4 jours en desquamant finement.

Signes extra-cutanés

  • Taches de Forschheimer : taches rosées du palais — signe évocateur mais inconstant
  • Adénopathies (ganglions) : caractéristiquement dans la nuque, derrière les oreilles et dans la partie postérieure du cou
  • Fièvre légère : souvent < 38,5°C chez l’enfant

Rubéole chez l’adulte et l’adolescent

La rubéole est plus sévère chez l’adulte :

  • Fièvre atteignant 39°C
  • Arthrite (douleurs articulaires) fréquente
  • Éruption plus rouge et plus étendue
  • Taches dans la bouche plus fréquentes
  • Ganglions profus
  • Possible splénomégalie (rate gonflée) avec, exceptionnellement, risque de rupture spontanée

Diagnostic de la rubéole

Le diagnostic clinique est souvent incertain (nombreux diagnostics différentiels). La confirmation repose sur :

  • NFS : hyperlymphocytose avec plasmocytes quelques jours après l’éruption
  • Sérologie rubéole : élévation significative des IgM (multipliée par 4) — confirme le diagnostic

Complications de la rubéole

Elles sont rares mais à connaître :

  • Purpura thrombopénique
  • Arthrite réactionnelle
  • Méningoencéphalite (exceptionnelle)

⚠️ Consultez rapidement si : difficultés respiratoires, fièvre durant plus de 3 jours ou remontée de fièvre après l’éruption, apparition de taches violacées (purpura).

Rubéole et grossesse — danger majeur

C’est la complication la plus redoutée. Une rubéole contractée pendant la grossesse peut provoquer de graves séquelles chez le bébé, appelées rubéole congénitale :

  • Retard de croissance intra-utérin
  • Microcéphalie et retard mental
  • Malformations oculaires (cataracte, glaucome)
  • Malformations auditives (surdité)
  • Malformations cardiaques

Le risque est maximal lors d’une infection avant la 11e semaine de grossesse (quasi 90% de séquelles). Il diminue progressivement au 2e trimestre et devient négligeable après 20 semaines.

Règles de prévention :

  • Ne jamais mettre en contact un enfant atteint de rubéole avec une femme enceinte séronégative
  • La sérologie rubéole est obligatoire lors de la déclaration de grossesse
  • Elle est conseillée lors de l’examen prénuptial
  • ⚠️ Même une vaccination ancienne ne garantit pas la protection : environ 10% des adultes vaccinés dans l’enfance n’ont plus d’anticorps

Traitement de la rubéole

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la rubéole. La prise en charge est symptomatique :

  • Paracétamol pour diminuer la fièvre et les douleurs
  • Les antibiotiques sont inefficaces (infection virale)
  • Repos pendant la période fébrile

La rubéole n’est pas une cause d’éviction scolaire obligatoire — mais il faut prévenir l’école pour vérifier la vaccination des élèves et identifier les contacts à risque (femmes enceintes non immunisées).

Vaccination contre la rubéole (ROR)

Le vaccin rubéole est administré en France dans le cadre du vaccin combiné ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) :

  • 1re dose : à 12 mois
  • 2e dose : à 18 mois (rappel recommandé)
  • Femmes en âge de procréer séronégatives : vaccination recommandée, suivie d’une contraception efficace pendant au moins 3 mois

⚠️ Le vaccin ROR est contre-indiqué en cas de déficit immunitaire (virus vivant atténué) et pendant la grossesse.

Effets indésirables possibles du vaccin ROR

  • Fièvre avec rash fugace dans 10% des cas, survenant 5 à 12 jours après la vaccination
  • Convulsions hyperthermiques
  • Méningite aseptique (rare)
  • Purpura thrombopénique (rare)
  • Chez l’adulte : risque d’arthrite chronique réactionnelle apparaissant une dizaine de jours après la vaccination et pouvant persister plus d’un an

Sources

Questions fréquentes sur la rubéole

Comment savoir si mon enfant a la rubéole ou une autre maladie ?

La rubéole est difficile à distinguer cliniquement de nombreuses autres infections virales (roséole, rougeole, scarlatine, mégalérythème épidémique). Les signes évocateurs sont : taches rosées apparaissant en une journée du visage vers le corps, ganglions dans la nuque, fièvre légère. La sérologie confirme le diagnostic en cas de doute, notamment si une femme enceinte a été en contact.

La rubéole est-elle encore fréquente en France ?

Non. Grâce à la vaccination ROR généralisée, la rubéole est devenue très rare en France. Quelques dizaines de cas sont déclarés chaque année, principalement chez des personnes non vaccinées ou dont la vaccination est incomplète. Elle reste cependant endémique dans de nombreux pays.

Mon enfant vacciné peut-il quand même attraper la rubéole ?

C’est très rare mais possible. Le vaccin ROR est efficace à plus de 95% après 2 doses. Cependant, environ 10% des adultes vaccinés dans l’enfance perdent leur immunité avec le temps — d’où l’importance de vérifier sa sérologie avant ou en début de grossesse.

Une femme enceinte peut-elle être vaccinée contre la rubéole ?

Non. Le vaccin ROR est contre-indiqué pendant la grossesse car il contient des virus vivants atténués. Si une femme enceinte séronégative est exposée à la rubéole, une surveillance sérologique rapprochée est organisée. La vaccination sera proposée en post-partum immédiat avec contraception efficace pendant 3 mois.

Quelle est la différence entre rubéole et rougeole ?

La rougeole est une maladie bien plus grave, avec fièvre élevée, toux, conjonctivite et éruption précédée de taches de Koplik (taches blanches dans la bouche). La rubéole est plus bénigne, avec fièvre légère et ganglions cervicaux postérieurs caractéristiques. Les deux sont prévenues par le vaccin ROR.


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ROUGEOLE : la rougeole, symptomes et traitement

La rougeole

Eruption de rougeole
Eruption de rougeole

La rougeole est une maladie infectieuse virale due à un paramyxovirus qui guérit d’elle-même en une dizaine de jours, dans la majorité des cas

En France, elle est habituellement bénigne mais des complications graves à type d’encéphalite (inflammation du cerveau) sont possibles. L’aversion récente pour la vaccination rend la rougeole de plus en plus fréquente et plusieurs centaines de cas d’encéphalite liée à la rougeole sont rapportés chaque année…

Symptomes

La rougeole survient généralement vers 5-6 ans.

Incubation, contamination

L’éruption apparaît 2 semaines après la contamination

La rougeole se transmet par les écoulements du nez, les éternuements, les postillons…

Le patient est contagieux dès le 6e jour après la contamination (soit un à deux jours avant la phase d’invasion), durant sa période d’incubation, puis jusqu’à 4 jours après l’éruption.

Phase d’invasion :

malaise général avec fièvre à 39-40°C

troubles digestifs,

catarrhe oculonasal (nez et yeux qui coulent et qui craignent la lumière)

Catarrhe oculo nasal dans la rougeole
Catarrhe oculo nasal dans la rougeole

Signe de KOPLICK : semis de points blancs à la face interne des joues en regard des prémolaires.

Signe de Koplick de la rougeole
Signe de Koplick de la rougeole

Eruption

L’éruption apparaît 3 ou 4 jours après le début de la fièvre, alors que la fièvre culmine et que les symptomes ORL s’atténuent.
Ce sont des taches rouges confluentes mais laissant quelques espaces de peau saine, qui commencent généralement sur le visage, à la lisière du cuir chevelu, derrière les oreilles, puis descendent sur le cou, le thorax, les membres supérieurs puis inférieurs

Puis l’éruption disparaît et desquame

Complications

Liées soit au virus

encéphalite

Elle peut survenir en fin d’éruption, pouvant évoluer vers une panencéphalite subaiguë sclérosante mortelle apparaissant quelques années après

hémorragies…

Liées à une surinfection bactérienne,

otite, laryngite, bronchopneumopathie…

Vaccination

La vaccination est réalisée chez les enfants de plus d’un an (12 mois) n’ayant pas deja fait la rougeole

Cette vaccination est associée en France aux vaccinations anti rubéole et oreillons (R O R)

Un rappel autour de 4 mois après la première injection (vers 16 mois) est recommandé.
Elle est contre-indiquée en cas de déficit immunitaire car elle est à base de virus vivant atténué

Effets indésirables de la vaccination

fièvre avec rash fugace dans 10 % des cas, survenant 5 à 12 jours après le vaccin

convulsions hyperthermiques,

méningite aseptique

purpura thrombopénique

Soigner la rougeole

Les antibiotiques sont inefficaces car il s’agit d’une infection virale.

Traitement symptomatique

Pour diminuer la fièvre :

On utilise généralement du paracétamol

Pour soigner le catarrhe :

On rince les yeux avec un coton humide et on rince le nez avec un soluté nasal pour enfants.

On garde généralement l’enfant dans la pénombre car la lumière est gênante.

Pour soigner les boutons :

Les boutons ne démangent pas. Ils ne nécessitent pas de traitement particulier.

Eviction scolaire

L’eviction scolaire commence 5 jours à partir du début de la maladie

Il faut avertir l’école et l’entourage

Si une personne a été proche de l’enfant rougeoleux sans avoir eu la rougeole ou le vaccin auparavant, elle doit consulter pour évaluer si une vaccination rapide est envisageable car une vaccination administrée peu de temps après le contact avec la rougeole peut protéger

Consulter le médecin dans tous les cas, voire le reconsulter

Toute rougeole nécessite une consultation du médecin

Il faut reconsulter son médecin après la consultation de diagnostic :

  • en cas de difficultés respiratoires (difficulté à respirer, toux qui s’intensifie ou devient plus grasse) ou cognitives (enfant groggi, difficile à reveiller… )
  • maux de tete
  • suspicion d’otite
  • remontée de la fièvre après l’éruption

VALACICLOVIR : Zelitrex comprimés dans l’herpes

Valaciclovir (Zélitrex®) : indications, posologie et effets secondaires


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Le valaciclovir (Zélitrex®) est le traitement antiviral de référence contre l’herpès — labial, génital et zona. Prodrogued de l’aciclovir, il offre une meilleure biodisponibilité et une posologie simplifiée (2 prises par jour au lieu de 5). Voici le guide complet de son utilisation.

Herpès récidivant ou zona ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation :
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Qu’est-ce que le valaciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir — après ingestion, il est rapidement converti dans le tube digestif et le foie en aciclovir actif. Cette conversion explique sa supériorité pharmacologique :

Valaciclovir (Zélitrex®) Aciclovir comprimés
Biodisponibilité orale 54–55% 15–20%
Prises par jour 2 prises 5 prises
Voie d’administration Orale uniquement Orale ou IV
Diffusion Excellente — salive, sécrétions vaginales, LCR Bonne par voie IV
Élimination Urinaire — adaptation si insuffisance rénale Urinaire

Indications et posologies

Indication Posologie Durée
Herpès labial (bouton de fièvre) — récurrence 2 g × 2/j (matin et soir) 1 jour (débuté dès les prodromes)
Herpès génital — premier épisode 500 mg × 2/j 10 jours
Herpès génital — récurrences 500 mg × 2/j ou 1 g × 1/j 5 jours
Herpès génital — prévention (> 6 récurrences/an) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois
Zona (sujet immunocompétent) 1 g × 3/j 7 jours — débuté dans les 72h de l’éruption
Bouton de fièvre — prévention (> 6/an, hors AMM) 500 mg × 1/j Continu, réévalué à 6 mois

💡 Conseil pratique : boire abondamment de l’eau pendant le traitement pour faciliter l’élimination rénale de l’aciclovir. En cas d’insuffisance rénale, une adaptation des doses est obligatoire — consultez votre médecin.

Effets secondaires

La tolérance du valaciclovir est globalement excellente. Les effets secondaires rapportés sont :

  • Fréquents : troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhée légère), maux de tête
  • Rares : éruptions cutanées
  • Très rares : manifestations neurologiques (confusion, hallucinations) — surtout en cas d’insuffisance rénale non prise en compte

Grossesse et allaitement

L’aciclovir (forme active du valaciclovir) passe dans le lait maternel et traverse le placenta. Les données disponibles sur le valaciclovir pendant la grossesse sont rassurantes — il est utilisé sans signalement d’effets tératogènes — mais son utilisation doit être discutée avec un médecin, notamment pour le premier trimestre. Il n’est pas contre-indiqué formellement mais doit être prescrit uniquement si le bénéfice justifie le risque. Voir Valaciclovir Grossesse et Valaciclovir allaitement

Sources

Questions fréquentes sur le valaciclovir

Quelle est la différence entre valaciclovir et aciclovir ?

Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir — il se transforme en aciclovir actif après ingestion. Sa biodisponibilité est 3 à 5 fois supérieure, ce qui permet de réduire les prises à 2 par jour au lieu de 5 pour l’aciclovir. En pratique, le valaciclovir est plus efficace par voie orale et beaucoup plus pratique à utiliser au quotidien.

Peut-on prendre du valaciclovir enceinte ?

Les données disponibles sont rassurantes — aucun effet tératogène n’a été signalé — mais l’utilisation pendant la grossesse doit être discutée au cas par cas avec un médecin. L’aciclovir, sa forme active, est le mieux documenté pendant la grossesse et reste la référence en cas de nécessité absolue. Ne prenez jamais ce médicament pendant la grossesse sans avis médical préalable.

Le valaciclovir guérit-il définitivement l’herpès ?

Non. Le valaciclovir traite et prévient les poussées d’herpès mais ne peut pas éliminer le virus HSV de l’organisme — il reste latent à vie dans les ganglions nerveux. Le traitement préventif continu réduit significativement la fréquence des récurrences et le risque de transmission, mais à l’arrêt du traitement, les poussées peuvent reprendre.

Faut-il une ordonnance pour acheter du valaciclovir ?

Oui, le valaciclovir (Zélitrex®) est un médicament sur ordonnance — il n’est pas disponible sans prescription. En revanche, les crèmes à l’aciclovir 5% pour l’herpès labial sont disponibles sans ordonnance en pharmacie. Pour les formes orales de traitement ou de prévention, consultez votre médecin traitant ou un dermatologue.


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ACICLOVIR : Zovirax crème et comprimés d’aciclovir (herpes)

Aciclovir crème et comprimés

Herpes de la lèvre chez l'enfant
Herpes labial

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L’aciclovir date de 1974 et a pour noms commerciaux Zovirax®, Activir®, A. GNR®, A. RPG®… Il peut être utilisé par voie orale, intraveineuse et en crème.

Son activité antivirale est limitée aux virus du groupe herpès. L’herpès simplex virus (responsable de l’herpes labial et de l’herpes génital) y est très sensible

Aciclovir crème

En cas d’application locale en creme, le passage systémique est faible.

On trouve l’aciclovir sur ordonnance (Zovirax®) et sans ordonnance :

ACICLOVIR 5% crème, HERPESEDERMYL 5%, crème, HERPEVIR 5%, crème, KENDIX 5 POUR CENT, crème, REMEX 5%, crème

Contre indications de la creme

Antécédents d’hypersensibilité à l’aciclovir ou au propylèneglycol.
Application oculaire, intrabuccale ou intravaginale

Effets secondaires de la creme

Peu fréquent : des sensations de picotements ou de brûlures transitoires pouvant suivre l’application de la crème, sécheresse cutanée, demangeaisons.
Rare : érythème, eczéma de contact.
Très rare : cas d’urticaire et d’œdème de Quincke

Aciclovir comprimés et intraveineux

En cas de prise orale ou intraveineuse, la diffusion dans les organes et tissus est bonne, notamment dans la salive, les sécrétions vaginales et le liquide céphalorachidien qui baigne le cerveau.

L’aciclovir passe également dans le lait maternel.

Il s’élimine par voie urinaire et une adaptation des doses doit être réalisée chez l’insuffisant rénal.

Effets secondaires

Globalement, la tolérance de l’aciclovir est bonne.

Ont signale pour

les comprimés

des troubles gastro-intestinaux,

des maux de tete

et des éruptions cutanées rares

la voie intraveineuse

veinites aux sites d’injections,

des néphropathies réversibles lors de l’utilisation par voie intraveineuse à fortes doses,voire des encéphalopathies chez l’insuffisant rénal

des troubles gastro-intestinaux,

des maux de tete

et des éruptions cutanées rares


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PIEDS QUI PELENT ENFANT : la dermatose plantaire juvénile

Pieds qui pèlent chez l’enfant

Les pieds de mon enfant pèlent, cela peut être la dermatose plantaire juvénile

Aspect sec et qui pele sur les orteils et les pieds : c'est peut être une dermatose plantaire juvénile
Aspect sec et qui pele sur les orteils et les pieds : c’est peut être une dermatose plantaire juvénile

Dermatose plantaire juvénile

Il s’agit d’une dermatose bénigne semblant plus fréquente chez les enfants ayant un eczema atopique, notamment entre 3 et 8 ans

L’évolution est souvent chronique ce qui inquiète les parents

Le dermatologue posera le diagnostic apres avoir éliminé un eczema, une mycose des pieds, un psoriasis

Traitement

Emollients voire dermocorticoides

Besoin de l’avis d’un spécialiste ? d’un traitement ? Délais de rdv trop longs ? Vous pouvez effectuer une téléconsultation avec le dermatologue

CAUSES ECZEMA : cause de l’eczema

Causes d’eczema

On dit souvent qu’il n’y a pas un mais des eczemas car il y a de nombreuses causes d’eczema


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L’eczema atopique

C’est un eczema qui commence souvent dans l’enfance par le visage puis touche les plis des coudes et des genoux. Il peut perdurer à l’age adulte. Voir l’eczema atopique

L’eczema de contact

Il s’agit d’une allergie de peau à un produit appliqué sur la peau. Voir l’article consacré à l’eczema de contact

Exemple : allergie à un pansement, à une creme, allergie au béton

Allergie de contact au pansement
Allergie de contact au pansement

L’eczéma nummulaire

La numismatique est la collection des pièces de monnaie. L’eczema nummulaire (ou eczéma discoïde) se caractérise donc par des plaques d’eczema rondes ou ovalaires, bien délimitées, de quelques centimetres, ressemblant à des pieces de monnaie.

Eczema nummulaire 'en pièces de monnaie'
Eczema nummulaire ‘en pièces de monnaie’

L’eczema nummulaire commence le plus souvent sur les jambes puis s’étend sur le dos des mains et des pieds, voire le tronc et il s’épaissit à force de gratter.

Eczema nummulaire chronique
Eczema nummulaire chronique

Les tests allergiques épicutanés sont le plus souvent négatifs

La cause de l’eczema nummulaire pourrait être bactérienne (présence d’un foyer infectieux dentaire, ORL… ) mais ceci n’est pas formellement prouvé. De meme, l’alcool et le tabac pourraient l’aggraver.

En dermatoscopie, la plaque d’eczema nummulaire comporte des éléments évocateurs:

  • vaisseaux en points, le plus souvent regroupés en groupes et fond assez rouge
  • squames jaunes
Plaque d’eczema : vaisseaux en points et squames jaunes

L’eczéma « microbien »

L’eczéma dit « microbien » est le plus souvent provoqué par des bactéries (notammen staphylocoque doré) et prédomine donc dans les zones de pullulation bactérienne : les plis, les orifices naturels (oreilles, nez, anus… ) ou au pourtour de plaies (ulcère de jambe, stomies… ). Cet eczema est souvent suintant et macéré, et la macération aggrave l’exema. Il faut donc lutter contre la macération (assécher les zones atteintes avec des pates a l’eau, des lotions asséchantes… )

L’eczéma de stase : eczema variqueux

Voir l’article consacré à l’eczema variqueux


L’eczéma craquelé (astéatotique)

L’eczéma craquelé (ou eczéma « astéatotique ») est un eczema sec, fréquent chez la personne agee, notamment sur les faces dextension des membres (jambes++) voire les convexités du tronc.

Eczema craquelé de la jambe
Eczema craquelé de la jambe

Cet eczema survient dans un contexte de xérose (peau sèche) sénile; certains médicaments (cimétidine, hypolipémiants, diurétiques… ) pourraient le favoriser.

Le traitement passe par la correction de la xérose (produits de toilette doux, émollients, éviction des vêtements enlaine et préférence au coton.

Traitement de l’eczema

Voir l’article traitement de l’eczema


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URTICAIRE AU STRESS : le stress peut-il déclencher une urticaire?

Urticaire et stress : mécanismes, diagnostic et traitement

L’urticaire est souvent mise sur le compte du stress — mais la réalité est plus précise et plus utile que cette étiquette générale. Le stress est un facteur aggravant réel et documenté de l’urticaire, mais rarement la cause unique. Comprendre pourquoi — et dans quels types d’urticaire — permet de mieux cibler le traitement.

Urticaire persistante ou récidivante ? Bilan et traitement adaptés :
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Sommaire :
Stress et urticaire — le mécanisme |
Formes cliniques |
Bilan d’urticaire chronique |
Facteurs aggravants |
Traitement |
Questions fréquentes

Démangeaisons urticaire

Comment le stress déclenche-t-il l’urticaire ?

L’urticaire résulte de la dégranulation des mastocytes dermiques — des cellules qui libèrent de l’histamine, provoquant la dilatation aiguë des vaisseaux cutanés et le gonflement caractéristique des papules.

Habituellement, cette dégranulation est déclenchée par un allergène via les IgE. Mais les mastocytes possèdent aussi des récepteurs directs à plusieurs médiateurs du stress :

Médiateur du stress Effet sur les mastocytes Conséquence cutanée
Substance P (fibres nerveuses C) Dégranulation directe sans IgE Urticaire neurogène, prurit
CRH cutané (hormone du stress local) Activation mastocytaire directe Poussée sans allergène identifiable
Noradrénaline (système nerveux sympathique) Abaisse le seuil de dégranulation Urticaire sur déclencheur mineur habituellement toléré
Cortisol chronique Désensibilise les récepteurs anti-inflammatoires des mastocytes Perte du frein glucocorticoïde → poussées plus fréquentes

Résultat : sous stress, un aliment ou un médicament habituellement toléré peut déclencher une urticaire. Le stress abaisse le seuil de réactivité mastocytaire — il ne crée pas l’urticaire seul, mais facilite et amplifie toutes ses formes.

💡 Urticaire et stress : une relation bidirectionnelle. L’urticaire chronique perturbe significativement la qualité de vie — démangeaisons nocturnes, aspect visible des lésions, imprévisibilité. Elle génère elle-même anxiété et symptômes dépressifs, qui aggravent à leur tour les poussées. Briser ce cercle est un objectif thérapeutique à part entière. Voir aussi stress et peau — axe neuro-immun.

Formes cliniques de l’urticaire

Papules d'urticaire ressemblant à des piqûres d'ortie

Le terme « urticaire » désigne un syndrome — un signe cutané pouvant avoir de nombreuses causes — et non une maladie unique. Les papules ressemblent à des piqûres d’ortie (du latin urtica) : rondes, surélevées, fugaces, mobiles, prurigineuses.

Forme Durée Cause fréquente Rôle du stress
Urticaire aiguë < 6 semaines — régresse souvent seule Médicament, aliment, piqûre d’insecte — identifiable à l’interrogatoire Facteur aggravant et abaisse le seuil de déclenchement
Urticaire chronique spontanée (UCS) > 6 semaines — dure en moyenne 3 à 5 ans Cause identifiée dans seulement 20–30 % des cas après bilan complet Facteur déclencheur et d’entretien — mécanisme mastocytaire direct
Urticaires physiques Variable selon le déclencheur physique Pression, froid, chaleur, soleil, eau, effort Amplifie la réactivité physique — seuil abaissé sous stress
Œdème de Quincke (angio-œdème) Episodes — voir œdème de Quincke Héréditaire (déficit C1-inhibiteur) ou médicamenteux (IEC) Peut précipiter les crises

⚠️ Signes d’anaphylaxie — urgence médicale : si l’urticaire s’accompagne de difficultés respiratoires, tachycardie, hypotension, gonflement de la gorge ou troubles digestifs intenses → appeler le 15 immédiatement. Les urticaires se compliquant d’anaphylaxie débutent souvent par le cuir chevelu, les paumes ou les plantes.

Si l’urticaire dure plus de 6 mois, 40 % des patients en ont encore 10 ans plus tard et 20 % à 20 ans. Une investigation rigoureuse est indispensable. Voir les causes de l’urticaire.

Bilan d’urticaire chronique — que recherche-t-on ?

Le stress n’est retenu comme facteur principal qu’après élimination des autres causes par bilan. Ce bilan est recommandé par la conférence de consensus française.

Bilan sanguin standard

Examen Ce que l’on cherche
Hémogramme (NFS) Éosinophilie (allergie, parasitose), anomalie hématologique
VS, CRP Syndrome inflammatoire (vascularite, infection chronique)
Transaminases, GGT Atteinte hépatique (hépatite, stéatose)
TSH, anticorps anti-TPO, anti-thyroglobuline Thyroïdite auto-immune — association fréquente avec UCS
Anticorps antinucléaires, C3, C4, CH50 Maladies auto-immunes (lupus, vascularite urticarienne)
Sérologie toxocarose Parasitose (transmission chien-chat fréquente)

Bilans complémentaires selon le contexte

Urticaire au froid : cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse des protéines. Prévenir les patients du risque d’anaphylaxie lors d’une immersion en eau froide ou de la consommation d’aliments glacés.

Symptômes digestifs hauts : fibroscopie avec recherche d’Helicobacter pylori — traitement éradicateur si positif.

Angio-œdème facial récidivant : dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase. Bilan dentaire et ORL à la recherche d’un foyer infectieux.

Suspicion de vascularite urticarienne (lésions fixes > 24 h, peu prurigineuses, purpura) : bilan de vascularite et biopsie cutanée.

Prick tests : réalisés en cas de suspicion d’allergie de contact ou alimentaire vraie — piqûres superficielles dans l’avant-bras avec les allergènes suspectés.

Prick tests — test allergologique urticaire

Facteurs aggravants à éviter

Aliments histaminolibérateurs

Ces aliments ne provoquent pas une allergie vraie mais libèrent directement de l’histamine ou stimulent les mastocytes à le faire. Leur éviction est recommandée en première intention dans l’urticaire chronique d’origine alimentaire suspectée :

Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, œufs de poisson, conserves, poissons fumés ou surgelés
Charcuterie : saucisson, viande bovine, foie de porc, gibier, charcuterie emballée
Fromages fermentés : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère, cheddar
Légumes : épinards, tomate, choux, choucroute, concombre
Fruits : fraise, banane, raisin, agrumes, noix, noisette
Autres : blanc d’œuf, chocolat et cacao, bière, vin

Médicaments aggravants

Aspirine et AINS — aggravent ou déclenchent un tiers à la moitié des urticaires, toutes formes confondues
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) — peuvent induire des angio-œdèmes de la face et du cou. Tout antécédent d’angio-œdème est une contre-indication formelle aux IEC
Bêtabloquants — rendent difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

⚠️ Cortisone à éviter en dehors des urgences : les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de fond de l’urticaire — ils exposent à un rebond à l’arrêt qui aggrave souvent la situation. En cas de signes de gravité uniquement, voir le traitement de l’urticaire avec signes de gravité.

Traitement de l’urticaire

Urticaire aiguë

Les antihistaminiques de 2e génération (non sédatifs) sont le traitement de référence. Ils font régresser la crise en quelques jours à quelques semaines dans la majorité des cas :

Aerius®Clarityne®Kestin®Telfast®Virlix®Xyzall®Zyrtec®
Antihistaminiques de 1re génération (sédatifs, utiles le soir) : Atarax®Polaramine®Primalan®

Certains antihistaminiques de 1re génération provoquent somnolence, sécheresse buccale et troubles visuels — précautions requises pour la conduite automobile.

Urticaire chronique — stratégie par paliers

Ligne thérapeutique Traitement Modalité
1re ligne Antihistaminique H1 de 2e génération 1 comprimé/jour en continu — réévaluation à 6 semaines
2e ligne Montée en dose antihistaminique Jusqu’à 4× la dose normale, sous contrôle médical
3e ligne Omalizumab (Xolair®) — anticorps anti-IgE Injection sous-cutanée mensuelle — voir piqûres contre l’urticaire

En cas de rémission complète et durable sous antihistaminiques, un arrêt progressif est proposé. En l’absence de rémission : association d’un antihistaminique de 2e génération le matin et d’un antihistaminique sédatif (1re génération) le soir.

Prise en charge du stress dans l’urticaire chronique

Les guidelines européennes (EAACI 2022) reconnaissent la prise en charge psychologique comme composante du traitement de l’urticaire chronique spontanée. Les interventions à efficacité documentée :

Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) — réduction du cycle anxiété-prurit-poussées
MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction) — réduction du score d’activité UAS7
Relaxation et biofeedback — réduction de l’activité sympathique cutanée
Prise en charge du sommeil — la privation de sommeil augmente la réactivité mastocytaire en moins de 48 heures

Urticaires physiques spécifiques

Urticaire au froid : protection vestimentaire, antihistaminiques. Désensibilisation progressive : exposition quotidienne à une surface cutanée croissante à 8–15 °C pendant 5 minutes, jusqu’à tolérance aux épaules à 15 °C. Entretien par deux douches à 15 °C par jour.

Urticaire cholinergique : voir urticaire cholinergique.

Urticaire solaire : voir allergie au soleil.

Urticaire aquagénique : crème hydratante avant les bains, douches brèves, bicarbonate dans l’eau du bain, antihistaminiques.

Questions fréquentes

L’urticaire est-elle une maladie psychosomatique ?

Non — l’urticaire est une maladie d’origine multifactorielle (allergique, physique, auto-immune, médicamenteuse, infectieuse…). Le stress est un facteur aggravant réel via un mécanisme biologique précis (activation mastocytaire par la substance P et le CRH cutané) — mais rarement la cause unique. Le qualifier de « psychosomatique » sous-estime sa complexité et retarde souvent un bilan qui permettrait d’identifier une cause traitable.

Pourquoi mon urticaire s’aggrave-t-elle quand je suis stressé alors qu’il n’y a pas d’allergie ?

Le stress abaisse le seuil de dégranulation des mastocytes — ces cellules cutanées libèrent de l’histamine sous l’effet direct des neuropeptides du stress (substance P, CRH cutané), sans nécessiter d’allergène ni d’IgE. Un aliment ou une situation habituellement tolérés peuvent dès lors déclencher une poussée. Ce n’est pas une allergie nouvelle — c’est une réactivité mastocytaire augmentée.

Combien de temps dure une urticaire chronique ?

La durée moyenne est de 3 à 5 ans. Si l’urticaire persiste plus de 6 mois, 40 % des patients en ont encore 10 ans plus tard et 20 % à 20 ans. Ces chiffres ne doivent pas décourager — les traitements disponibles (antihistaminiques, omalizumab) permettent dans la grande majorité des cas un contrôle satisfaisant des poussées, même en l’absence de cause identifiée.

L’omalizumab (Xolair®) fonctionne-t-il sur l’urticaire liée au stress ?

Oui — l’omalizumab est efficace dans l’urticaire chronique spontanée indépendamment de la cause identifiée, y compris dans les formes où le stress est un facteur déclenchant majeur. Son mécanisme d’action (anticorps anti-IgE libre) réduit la sensibilité des mastocytes à tous les stimuli, y compris les neuropeptides du stress. Il est réservé aux formes résistantes aux antihistaminiques à doses optimales.

Voir aussi :
Urticaire — présentation complète /
Causes de l’urticaire /
Xolair® contre l’urticaire /
Œdème de Quincke /
Stress et peau — axe neuro-immun


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URTICAIRE GEANT : traitement de l’urticaire géante

Urticaire géant

L’urticaire est donc une sorte d’ allergie de la peau : l’aspect gonflé des papules d’urticaire (enflures de la peau) est due à une dilatation aiguë des vaisseaux de la peau, secondaire à la libération d’histamine par les mastocytes.


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Atteinte du visage dans une urticaire géante
Atteinte du visage dans une urticaire géante

La crise d’ urticaire géant

Boutons d’urticaire

Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

Atteinte d'une grande partie du corps : urticaire géant
Atteinte d’une grande partie du corps : urticaire géant

Elle a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Monomorphes, la lésion élémentaire est une papule oedémateuse (gonflée) rouge ou rosée (comme des piqures d’orties), isolée ou confluant en des plaques bien délimitées.

Plaque d'urtcaire
Plaque d’urtcaire

Démangeaisons : elle démange constamment sauf en cas d’urticaire systémique ou profonde, parfois féroce. Elle donne donc des plaques qui grattent.

Fugaces, les lésions persistent quelques minutes ou quelques heures avant de disparaître sans laisser de traces.

Evolutifs, l’urticaire est faite d’éléments qui disparaissent, alors que d’autres apparaissent ailleurs, donnant une illusion de mobilité.

boutons d'urticaire
Boutons d’urticaire, la peau est comme gonflée

La peau est donc gonflée par endroit (en cas d’urticaire physique, sur la zone où s’est produit le contact physique, par exemple les zones de grattage en cas de dermographisme, la zone récemment exposée au soleil en cas d’urticaire solaire… ).

Les papules peuvent prendre un aspect en anneaux.

Urticaire en anneaux
Urticaire en anneaux
ronds sur la peau qui grattent
Urticaire formant des anneaux ou des ronds sur la peau (urticaire annulaire)
Urticaire geant annulaire
Urticaire geant annulaire

L’urticaire peut auss etre assez rouge

Urticaire rouge
Urticaire rouge

On distingue deux cas de figure:

  • La crise isolée ou aigue,

qui régresse souvent spontanément en quelques heures, jours ou semaines, est le plus souvent allergique.

On trouve parfois une cause à l’interrogatoire puisqu’elle survient souvent quelques minutes à quelques heures après celle-ci (prise d’un médicament, d’un aliment inhabituel, piqûre d’insecte… …).

On ne pratique habituellement pas de bilan sanguin à la recherche d’une cause sauf en cas d’urticaire grave.

Cette crise d’urticaire géante touche une grande partie du corps

  • L’urticaire chronique,

durant plus 6 semaines, elle peut durer plusieurs années, en moyenne 3 à 5 ans.

Il faut savoir que si l’urticaire dure plus de 6 mois, 40% des patients en ont encore 10 ans plus tard, et 20 % 20 ans plus tard

Une enquête détaillée est donc nécessaire ainsi qu’un bilan complet (voir plus loin).

Il faut cependant noter que ce bilan n’aboutit à la découverte dune cause que dans 20 à 30% des cas

En cas d’urticaire géante, chercher des signes de gravité

L’oedeme de Quincke ou angio oedème ou urticaire profonde

Il s’agit d’une atteinte cutanéomuqueuse profonde donnant un gonglement de la lèvre, de la langue…

Voir l’article oedeme de Quincke

 Anaphylaxie

Une autre complication de l’urticaire peut être le choc anaphylactique

La crise d’urticaire est associée à des troubles hémodynamiques (tachycardie et hypotension jusqu’au choc), respiratoires (toux, difficulté à respirer et sifflements) ou digestifs (douleurs abdominales, nausées et vomissements, diarrhée).

Classiquement, les urticaires se compliquant d’anaphylaxie débutent par le cuir chevelu, les paumes ou les plantes.

Causes de l’urticaire géante

Les causes sont très nombreuses, voir l’article causes de l’urticaire

Bilan d’une urticaire géante chronique (durant plus de 6 semaines)

Le bilan sanguin recommandé par la conférence de consensus : prise en charge de l’urticaire chronique

Bilan standard d’urticaire chronique

Hemogramme : etude des globules rouges, blancs, plaquettes…

VS (vitesse de sédimentation), CRP (C Réactive Protéine) : recherche d’une inflammation

Transaminases, Gamma GT : bilan hépatique

Anticorps anti thyroperoxydase (anticorps tournés contre la thyroide), TSH (Thyreo Stimulating Hormon) : bilan thyroidien

Anticorps anti nucleaires, Complément : C3, C4, CH50 (marqueurs de maladies auto immunes)

Sérologie de la toxocarose (parasitose souvent transmise par les chiens) Monomorphes

En cas de symptomes digestifs hauts (douleurs digestives hautes) :

fibroscopie

Urticaire au froid :

cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse et immunoélectrophorèse des protéines

Angio­œdème :

Voir oedeme de Quincke

Urticaire chronique de contact :

pricktests ; éviction de l’allergène.

Urticaire solaire :

phototests.

Urticaire chronique d’origine alimentaire :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Urticaire médicamenteuse :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Signes évocateurs de vascularite urticarienne

fixité des lésions, absence ou faible démangeaison, purpura, nodules, livedo suspendu… :

bilan de vascularite et biopsie de peau

Prick tests

Le médecin peut proposer de réaliser des piqures dans l’avant bras après y avoir disposé des gouttes de différents allergenes afin de les faire pénétrer dans la couche superficielle de la peau et déclencher une papule d’urticaire en cas d’allergie

prick tests
Piqures dans l’avant bras en cas d’urticaire : prick tests

Traitement de l’urticaire géant

Nous avons vu dans l’article consacré à l’urticaire, qu’il existait des facteurs aggravants ou favorisants

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Traitement de l’urticaire avec signes de gravité

En cas de détresse respiratoire, de malaise avec tachycardie
et hypotension… il repose sur l’adrénaline administrée
par voie intramusculaire à une dose de 0,3 à 0,5 mg, associée
dès que possible à une oxygénothérapie, à de la cortisone et la pose d’une voie veineuse pour remplissage vasculaire.

Ces formes graves d’urticaire sont parfois précédées de signes prémonitoires : une voix nasonnée, gêne à la déglutition, sensation d’oppression thoracique voire une difficulté à respirer, des
nausées et des douleurs abdominales, une diarrhée. Ces signes
nécessitent un traitement immédiat par un antihistaminique et cortisone, une hospitalisation en urgence et une surveillance de
24 heures.

Le médecin délivrera une trousse d’urgence contenant un kit d’adrénaline auto-injectable aux personnes à risque de réaction anaphylactique grave et une conduite à tenir en cas de survenue de crise évocatrice :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Soigner l’urticaire géante aigue sans signes de gravité (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

Traitement de l’urticaire géante chronique (urticaire durant plus de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire chronique nécessite souvent un traitement de l’allergie par antihistaminiques au long cours, de plusieurs mois.

1/Recherche et éviction de la cause de l’urticaire chronique

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’urticaire :

  • Angio-œoedème :

dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase. Administration d’inhibiteur de la C1 esterase en voie veineuse, acide transexamique…

En cas d’angio-œoedème facial, localisé et inexpliqué :

bilan dentaire et ORL à la recherche d’un foyer infectieux => traitement du foyer infectieux

En cas d’angio-œdème du visage récidivant chez l’enfant :

pricktests cutanés à la recherche d’une allergie alimentaire vraie et éviction de l’aliment suspect pendant 3 semaines.

En cas d’amélioration : réalisation d’un test de provocation orale, qui s’il est positif entraine une éviction de l’aliment et de ceux contenant le même allergène ou suspects d’allergies croisées.

  • Urticaires physiques :

éviction de certaines situations déclenchantes associée à un traitement antihistaminique non anticholinergique

Urticaire à la pression

Eviter les facteurs déclenchants (port de charges, agenouillement prolongé… ). Anti histaminiques

Urticaire cholinergique

Voir urticaire cholinergique

Urticaire au froid

Rechercher cryoglobulines, cryofibrinogène, agglutinines froides, électrophorèse et immunoélectrophorèse des protéines.

Prévenir les patients du risque qu’ils courent lors d’une immersion en eau froide (anaphylaxie) ou de la consommation d’aliments glacés (oedeme laryngé).

Protection vestimentaire contre le froid

Antihistaminiques
Désensibilisation au froid? : exposer jour après jour une surface cutanée croissante pendant 5 minutes par jour à une eau de 8 à 15 °C. La désensibilisation est obtenue lorsqu’on supporte l’exposition jusqu’aux épaules à une eau à 15 °C sans urticaire. L’entretien de la désensibilisation se fait en prenant deux douches par jour à 15 °C, de 5 minutes chacune.

Urticaire solaire

Voir l’allergie au soleil

Urticaire aquagénique

Son diagnostic repose sur la positivité du test réalisé avec une compresse humide mais parfois il faut, sous stricte surveillance hospitalière, immerger un membre ou d’une partie plus importante du corps durant plus de 15 minutes.

Prendre des douches de durée brève, de ne jamais se baigner sans surveillance.

Anti histaminiques et creme hydratante avant les bains et douches

Une pincée de bicarbonate dans l’eau du bain

  • Urticaire de contact :

pricktests et éviction de l’allergène. Antihistaminique

  • Urticaire alimentaire :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

Il s’agit en effet le plus souvent de fausse allergie alimentaire par consommation d’aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs (fraises, crustacés… ), ainsi, on recommande dans un premier temps l’éviction des aliments riches en amines biogènes :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

En l’absence d’amélioration de ce régime, ou en cas de doute d’une allergie alimentaire vraie (l’urticaire alimentaire est alors parfois précédée par des démangeaisons ou des picotements voire un gonflement des lèvres et de la muqueuse dans la bouche rapidement après la prise alimentaire (poissons et les crustacés, l’arachide, le soja, les céréales, l’oeuf, le lait de vache, des fruits exotiques… ) et elle peut être associée à des douleurs digestives. On peut alors doser les IgE spécifiques alimentaires dans le sang, voire réaliser prudemment des prick tests

  • Urticaire médicamenteuse :

aucun examen complémentaire spécifique n’est nécessaire.

En fait un tiers à la moitié environ des urticaires de tous types seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les Anti inflammatoires non stéroidiens. De même, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angioœdèmes de la face et du coup, tout antécédent d’angio-œdème est une contre-indication aux Inhibiteurs de l’Enzyme de Conversion.

  • Signes évocateurs de vascularite urticarienne

fixité des lésions, absence ou faible démangeaison, purpura, nodules, livedo suspendu… :

bilan de vascularite et biopsie de peau

  • Doutes sur la fonction thyroidienne :

la fréquence des thyroïdites auto-immunes est augmentée chez les sujets présentant une Urticaire chronique : bilan thyroidien et recherche d’Anticorps anti thyroglobuline et thyroperoxydase.

  • Doute d’ulcere gastroduodenal :

réalisation d’une fibroscopie avec recherche d’Helicobacter pylori. Le cas échéant, traitement par inhibiteurs de pompe à proton + antibiothérapie

2/Psychologie

L’urticaire chronique ayant souvent un substrat psychologique (stress… ) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie… ), une prise en charge psychologique peut être proposée (relaxation, thérapies cognitivo-comportementales… ).

3/ les médicaments contre l’urticaire géante chronique

3.1/ Anti histaminiques

Traitement de 1ère ligne

On privilégie l’utilisation d’anti-Histaminiques non anticholinergiques (dits de 2e génération), qui entraînent moins d’effets secondaires (somnolence, glaucome, troubles urinaires en cas d’hypertrophie de la prostate.

En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif du traitement est proposé, sinon, on utilise alors une association d’un anti-H1 non anticholinergique (dit de 2e génération) le matin et un anti-H1 anticholinergique (dit de 1re génération) sédatif le soir.

En l’absence d’amélioration avec les antihistaminiques à dose normale, le médecin peut choisir de passer à la

Seconde ligne thérapeutique

Le médecin peut décider de monter les doses des antihistaminiques jusqu’à 4 fois la dose normale pour voir si cela permet une rémission, sous controle médical et en l’absence de contre indication

3.2/ Des piqures contre l’urticaire chronique : XOLAIR*

Voir l’article sur les piqures contre l’urticaire


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– Les causes
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URTICAIRE CHOLINERGIQUE : l’urticaire colinergique (sport, chaleur)

Urticaire cholinergique

L’urticaire cholinergique est provoquée par une élévation de la température de la peau, par exemple lors d’un sauna, de bains ou de douches chaudes, d’un effort physique…


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Urticaire cholinergique
Urticaire cholinergique

Symptomes

Elle est généralement composée de lésions d’urticaire de petite taille, en « tetes d’epingles« , le plus souvent à la partie supérieure du tronc (zone qui a transpiré) ou sur la zone qui a été chauffée (bas du corps en cas de jacuzzi par exemple)

Ptites papules en tetes d'epingles qui démangent : urticaire colinergique
Ptites papules en tetes d’epingles qui démangent : urticaire colinergique

Cette urticaire démange le plus souvent

Traitement de l’urticaire cholinergique

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Traitement de l’urticaire cholinergique avec signes de gravité

En cas de détresse respiratoire, de malaise avec tachycardie
et hypotension… il repose sur l’adrénaline administrée
par voie intramusculaire à une dose de 0,3 à 0,5 mg, associée
dès que possible à une oxygénothérapie, à de la cortisone et la pose d’une voie veineuse pour remplissage vasculaire.

Ces formes graves d’urticaire sont parfois précédées de signes prémonitoires : une voix nasonnée, gêne à la déglutition, sensation d’oppression thoracique voire une difficulté à respirer, des
nausées et des douleurs abdominales, une diarrhée. Ces signes
nécessitent un traitement immédiat par un antihistaminique et cortisone, une hospitalisation en urgence et une surveillance de
24 heures.

Le médecin délivrera une trousse d’urgence contenant un kit d’adrénaline auto-injectable aux personnes à risque de réaction anaphylactique grave et une conduite à tenir en cas de survenue de crise évocatrice :

1/ Prendre immédiatement dès le début de la réaction allergique (notamment démangeaisons, urticaire) 2 comprimés d’antihistaminique type desloratadine (Aerius*)

et

tenir prête la seringue d’adrénaline en autoinjecteur

2/ En cas de symptômes allergiques sévères (ceux­ ci surviennent en règle générale en l’espace de quelques minutes à 1 heure et se manifestent par une forte gêne respiratoire, des troubles digestifs, une transpiration abondante, des vertiges, une sensation de faiblesse, un serrement dans la poitrine, plus rarement une perte de connaissance), appliquer sur la cuisse la seringue d’adrénaline prête à l’emploi et faire une injection d’adrénaline en face antérolatérale de la cuisse, rester allongé les jambes surélevées jusqu’à l’arrivée du médecin (appeler un médecin dès que possible ou appeler le 15).

3/ Si vous vous trouvez dans un endroit isolé, prendre par précaution un corticoïde (1 mg/kg équivalent Prednisolone : si poids 60kgs, prendre 3 cp de Solupred* 20 orodispersible). Ce médicament n’agit qu’après 2 heures environ, mais il protège d’une récidive durant 24 heures.

NB : conditions de conservation de l’adrénaline en seringue auto injectable :

Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler.

Vérifier périodiquement que l’aspect de la solution est toujours limpide et incolore dans la fenêtre de contrôle du stylo. Jeter ou remplacer l’auto­injecteur si la solution a changé de couleur ou contient un précipité, et au plus tard à la date de péremption.

Soigner l’urticaire cholinergique aigue sans signe de gravité

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®

Traitement de l’urticaire cholinergique chronique (cises depuis plus de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire chronique nécessite souvent un traitement de l’allergie par antihistaminiques au long cours, de plusieurs mois.

1/Recherche et éviction de la cause de l’urticaire cholinergique

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’urticaire

Eviter l’augmentation de la température centrale du corps (après un exercice physique ou bain chaud par exemple).

Un antihistaminique peut être proposée avant la pratique du sport.

Bêta-bloquants ?

 

2/Psychologie

L’urticaire chronique ayant souvent un substrat psychologique (stress… ) et un fort retentissement sur la qualité de vie (insomnie… ), une prise en charge psychologique peut être proposée (relaxation, thérapies cognitivo-comportementales… ).

3/ les médicaments contre l’urticaire cholinergique

3.1/ Anti histaminiques

Traitement de 1ère ligne

On privilégie l’utilisation d’anti-Histaminiques non anticholinergiques (dits de 2e génération), qui entraînent moins d’effets secondaires (somnolence, glaucome, troubles urinaires en cas d’hypertrophie de la prostate.

En cas de rémission complète et durable, un arrêt progressif du traitement est proposé, sinon, on utilise alors une association d’un anti-H1 non anticholinergique (dit de 2e génération) le matin et un anti-H1 anticholinergique (dit de 1re génération) sédatif le soir.

En l’absence d’amélioration avec les antihistaminiques à dose normale, le médecin peut choisir de passer à la

Seconde ligne thérapeutique

Le médecin peut décider de monter les doses des antihistaminiques jusqu’à 4 fois la dose normale pour voir si cela permet une rémission, sous controle médical et en l’absence de contre indication


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URTICAIRE VIRAL : l’urticaire virale

Urticaire viral

Urticaire viral (plus fréquent chez l'enfant)
Urticaire viral (plus fréquent chez l’enfant)

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Le mot urticaire provient du latin « urtica » qui signifie ortie.

Elle a generalement l’aspect de boutons monomorphes ressemblant à des piqûres d’ortie qui très souvent démangent (démangeaisons), fugaces et évolutifs.

Les causes de l’urticaire sont nombreuses et parmi celles ci l’urticaire virale est assez peu fréquente, sauf chez l’enfant

Urticaire viral de l’enfant

De nombreuses infections virales peuvent provoquer une urticaire aigue, notamment chez l’enfant. On les suspecte notamment en cas de fièvre, de rhinopharyngite…

Urticaire viral de l’adulte

Chez l’adulte, les virus les plus fréquemment en cause sont ceux de l’hépatite (exemple : triade de Caroli (urticaire, arthralgies, maux de tete) prémonitoire d’une hépatite B), mais l’hépatite donne plutot des aspects d’urticaires de type systémique ou d’une urticaire au froid par cryoglobulinemie. (voir ces types d’urticaire)

Traitement de l’urticaire viral

Recherche de la cause

Le médecin va chercher la cause de l’urticaire et notamment la cause virale, surtout si l’urticaire dure plus de 6 semaines, par des sérologies sanguines

Eviter les facteurs favorisant l’urticaire

Les facteurs aggravant l’urticaire doivent être évités :

aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs :

  • Poissons et crustacés : thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, oeufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
  • Charcuterie : viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie
    emballée, gibier
  • Blanc d’oeuf
  • Fromages : camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère,
    cheddar
  • Légumes : epinards, tomate, choux, choucroute, concombre
  • Fruits :fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
  • Boissons alcoolisées : bière, vin
  • Chocolat et cacao

aspirine ou anti-inflammatoires non stéroïdiens

Certains antihypertenseurs :

Inhibiteurs de l’enzyme de conversion

pouvant engendrer des angioedemes et

bétabloquants

pouvant rendre difficile la prise en charge d’une anaphylaxie

Eviter la cortisone s’il n’y a pas de signes de gravité (anaphylaxie… )

Les corticoïdes par voie générale ne sont pas indiqués dans le traitement de l’urticaire car ils exposent à un risque de rebond à l’arret.

Soigner l’urticaire virale aigue (crise depuis moins de 6 semaines)

Le traitement de l’urticaire non compliquée requiert généralement des antihistaminiques (traitement de l’allergie).

Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier déviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius ®
Atarax ®
Clarityne ®
Kestin ®
Polaramine ®
Primalan ®
Telfast ®
Tinset ®
Virlix ®
Xyzall ®
Zyrtec ®


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OEDEME DE QUINCKE : l’angio edeme de Quinck (quick)

Œdème de Quincke (angio-œdème) : symptômes, traitement, urgence

Il faut savoir reconnaître l’œdème de Quincke (souvent appelé à tort œdème de Quick), qui peut être une complication d’une poussée d’urticaire. Il s’agit de son extension à la muqueuse buccale et ORL, d’où un risque d’asphyxie par gonflement de ces muqueuses : une dysphonie (difficulté à parler) ou des troubles de la déglutition peuvent en effet précéder une détresse respiratoire.

L’urticaire profonde touche les zones où le tissu sous-cutané est lâche : région génitale, extrémités et surtout le visage (paupières et lèvres).

🚨 URGENCE — Toute crise qui se complique d’un gonflement de la lèvre, de la langue ou des paupières et/ou de picotements et démangeaisons de la gorge doit amener à consulter en urgence (appeler le 15 ou se rendre aux urgences) pour une injection de cortisone voire d’adrénaline.
Besoin de l’avis d’un spécialiste ? Délais de rdv trop longs ?
📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Sommaire :
Symptômes |
Traitement d’urgence |
Facteurs déclenchants à éviter |
Relais par antihistaminiques |
Bilan et éviction de la cause |
Angio-œdème héréditaire |
Pages associées |
Questions fréquentes

Symptômes de l’œdème de Quincke

oedeme de Quinck
Gonflement des lèvres, voire des paupières, picotements dans la bouche… attention à l’œdème de Quincke
Oedeme de Quincke
Gonflement des lèvres : attention à l’angio-œdème ou œdème de Quincke !
Angioedeme
La langue peut gonfler dans l’œdème de Quincke, engendrant un risque d’asphyxie
Le risque majeur de l’angio-œdème : un gonflement des cordes vocales (vues ici en endoscopie), provoquant une asphyxie
Signe clinique Signification Urgence
Gonflement des lèvres ou des paupières Angio-œdème cutané superficiel 🟡 Consulter rapidement
Gonflement de la langue Extension à la cavité buccale — risque d’obstruction 🔴 Urgences immédiates
Picotements ou démangeaisons de la gorge Extension ORL — précède souvent la détresse respiratoire 🔴 Urgences immédiates — appeler le 15
Dysphonie (voix rauque, difficulté à parler) Œdème laryngé débutant 🔴 Urgences immédiates — appeler le 15
Troubles de la déglutition Extension pharyngée 🔴 Urgences immédiates — appeler le 15
Détresse respiratoire, stridor Œdème des cordes vocales — risque d’asphyxie 🔴🔴 SAMU — adrénaline en urgence
⚠️ Toute crise d’urticaire doit amener à consulter son médecin sans tarder — même sans signe d’extension ORL, pour évaluer le risque et adapter le traitement de fond.

Traitement de l’œdème de Quincke

La prise en charge de l’œdème de Quincke est une urgence hospitalière ou de clinique (service d’urgences).

Traitement Indications Voie
Cortisone intraveineuse Traitement de première intention — réduit l’inflammation et limite l’extension Perfusion IV — urgences
Adrénaline (épinéphrine) Signes inquiétants : dysphonie, stridor, détresse respiratoire, choc anaphylactique IM (cuisse) ou IV selon gravité
Antihistaminiques IV En complément de la corticothérapie pour réduire le prurit et l’urticaire associée IV ou IM

Facteurs déclenchants à éviter

Aliments riches en histamine ou histaminolibérateurs

Catégorie Aliments à éviter
Poissons et crustacés Thon, sardine, saumon, anchois, maquereau, œufs de poissons, conserves de poissons, poissons séchés, fumés ou surgelés
Charcuterie et viandes Viande bovine, foie de porc, saucisson, charcuterie emballée, gibier
Œuf Blanc d’œuf
Fromages Camembert, roquefort, parmesan, emmental, gruyère, cheddar
Légumes Épinards, tomate, choux, choucroute, concombre
Fruits Fraise, banane, raisin, agrumes, noix et noisette
Boissons Bière, vin et boissons alcoolisées
Autres Chocolat et cacao

Médicaments déclenchants

Médicament Mécanisme Conduite à tenir
Aspirine et AINS Inhibition des prostaglandines → dégranulation mastocytaire Contre-indiqués en cas d’urticaire/angio-œdème — utiliser paracétamol
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) — ex. énalapril, ramipril Accumulation de bradykinine → angio-œdème sans urticaire Tout angio-œdème contre-indique la prise ultérieure d’IEC — signaler à tout médecin prescripteur
Bêtabloquants Bloquent l’action de l’adrénaline en cas d’anaphylaxie → rendent difficile la prise en charge À signaler au médecin urgentiste — peuvent nécessiter du glucagon IV

Relais par antihistaminiques

Lorsque le patient a dégonflé, les médecins prescrivent des antihistaminiques (traitement de l’allergie). Certains d’entre eux provoquent une somnolence et nécessitent des précautions, en particulier d’éviter la conduite automobile.

Exemples de médicaments de l’allergie :
Aerius®
Atarax®
Clarityne®
Kestin®
Polaramine®
Primalan®
Telfast®
Tinset®
Virlix®
Xyzall®
Zyrtec®

Recherche et éviction de la cause

Il est toujours recommandé de détecter et d’éviter le facteur déclencheur de l’angio-œdème. En l’absence d’urticaire associée, le bilan comprend :

💡 Dosage de l’inhibiteur de la C1 estérase — son déficit (ou plus rarement son augmentation en cas de trouble fonctionnel) est responsable de l’œdème angioneurotique héréditaire ou acquis.

Angio-œdème héréditaire (déficit en C1 inhibiteur)

Héréditaire Acquis
Fréquence Rare — transmission autosomique dominante, ~30 % de mutations spontanées Beaucoup plus rare
Début Habituellement durant l’enfance À tout âge
Déclencheurs Traumatisme, émotions, règles, œstrogènes, IEC Cancer, infection
Localisation Prédominance sur les extrémités + risque d’œdème laryngé + douleurs abdominales sévères Variable
Traitement de crise sévère Concentré d’inhibiteur de la C1 estérase IV (dérivé du sang) ; icatibant si déficit confirmé (non trouble fonctionnel) Selon la cause
Traitement des crises modérées Antifibrinolytiques (acide tranexamique)
Traitement préventif Si poussées fréquentes ou graves : stéroïde anabolisant (danazol) ou acide tranexamique

Bilan selon la présentation clinique

Présentation Bilan à réaliser
Angio-œdème facial localisé et inexpliqué (non médicamenteux) Bilan stomatologique et ORL à la recherche d’un foyer infectieux
Angio-œdème du visage récidivant chez l’enfant Tests cutanés à la recherche d’une allergie alimentaire vraie + éviction de l’aliment suspect 3 semaines → test de provocation orale → si positif : éviction définitive de l’aliment et de ceux contenant le même allergène

Pages associées

Démangeaisons et réactions cutanées
Calmer les démangeaisons
Eczéma atopique
Dr Ludovic Rousseau — dermatologue

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre urticaire et œdème de Quincke ?

L’urticaire classique atteint le derme superficiel : plaques rouges et gonflées qui démangent, disparaissant en moins de 24 heures. L’œdème de Quincke (angio-œdème) atteint le derme profond et l’hypoderme : gonflement ferme, peu prurigineux, prédominant sur les lèvres, paupières, langue et organes génitaux. Les deux peuvent coexister. Seul l’angio-œdème fait courir un risque d’asphyxie lorsqu’il touche les voies aériennes supérieures.

Les médicaments contre la tension peuvent-ils provoquer un œdème de Quincke ?

Oui. Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC — ex. ramipril, énalapril, périndopril) provoquent des angio-œdèmes par accumulation de bradykinine, souvent sans urticaire associée. Ces angio-œdèmes peuvent survenir des mois ou années après le début du traitement. Tout angio-œdème contre-indique définitivement la prise ultérieure d’IEC — les sartans (autre classe d’antihypertenseurs) sont généralement proposés en remplacement mais peuvent aussi, dans de rares cas, provoquer le même effet.

Faut-il avoir une seringue d’adrénaline à domicile après un œdème de Quincke ?

Cette décision appartient au médecin spécialiste (allergologue, dermatologue) selon la cause et la gravité de l’épisode. Un stylo auto-injecteur d’adrénaline (Anapen®, EpiPen®) est prescrit en cas de risque d’anaphylaxie avéré — allergie alimentaire grave, venin d’hyménoptères. Il est accompagné d’une formation du patient et de l’entourage à son utilisation.

L’œdème de Quincke héréditaire est-il différent de l’urticaire habituelle ?

Oui. L’angio-œdème héréditaire (déficit en C1 inhibiteur) est une maladie génétique rare, distincte de l’urticaire allergique. Il survient sans urticaire, ne répond pas aux antihistaminiques ni aux corticoïdes habituels, et nécessite des traitements spécifiques (concentré de C1 inhibiteur, icatibant, acide tranexamique). Son diagnostic repose sur le dosage du C1 inhibiteur et du complément C4.

Voir aussi :
Urticaire |
Antihistaminiques |
Calmer les démangeaisons |
Téléconsultation dermatologue

URTICAIRE CAUSES : quelle sont les causes de l’urticaire?

Causes de l’urticaire

Les causes de l’urticaire sont très nombreuses, on distingue les urticaires liées à des agents physiques (froid, pression du la peau… ), des médicaments, une allergie alimentaire, une infection, le contact de la peau avec une substance urticante ou allergisante…


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Urticaire physique

L’urticaire physique est lié à une action physique sur la peau engendrant une hyperréactivité de celle-ci (voir le mécanisme de l’urticaire)

  • Dermographisme

Le dermographisme est généralement caractérisé par l’apparition d’une urticaire sur une zone de la peau qui a ete légèrement traumatisée (tenue du volant sur les mains, grattage de la peau, meme le frottement minime d’un vetement parfois!). Ainsi, l’eruption peut prend la forme du tracé effectué par l’objet ou l’ongle sur la peau en cas de grattage.

dermographisme
Le dermographisme : on peut écrire ou dessiner sur la peau, provoquant une urticaire figurée
  • Urticaire retardée à la pression

Il s’agit d’une forme souvent sensible ou douloureuse qui apparait apres une pression forte et prolongée (épaules apres le port d’un sac à dos… ). L’urticaire retardee a la pression peut etre accompagnee d’autres signes : maux de tete, douleurs articulaires, malaises, fatigue,…

Urticaire retardé à la pression
Urticaire retardé à la pression
  • Urticaire vibratoire

Urticaire puis oedème après une stimulation vibratoire (rasoir, perceuse, sport sur terrain irrégulier… )

  • Urticaire cholinergique

Voir urticaire cholinergique

  • Urticaire de contact au froid

L’urticaire de contact au froid apparaît sur les zones de la peau ayant ete mises en contact avec le froid, que ce soit un objet froid, l’air froid, l’eau froide… ). Elle doit amener a consulter un medecin car elle peut etre associee a des anomalies sanguines (cryoglobulines, maladie des agglutinines froides, présence d’anticorps antinucleaires dans le sang… )

On prouve l’urticaire eu froid par un test au glaçon

Test au glaçon dans l'urticaire au froid
Test au glaçon dans l’urticaire au froid
  • Urticaire aquagénique (urticaire à l’eau)

L’urticaire aquagénique (urticaire a l’eau) apparait apres un contact avec l’eau (douche, bain ou meme eau de mer… ). Il est tres important de consulter en cas d’urticaire aquagenique car l’urticaire a l’eau peut se compliquer d’un choc anaphylactique.

Elle necessite donc imperativement la consultation d’un medecin.

On recommande generalement l’application de cremes hydratantes avant les bains voire l’ajout de bicarbonate de sodium dans l’eau du bain dans l’urticaire a l’eau.

  • Urticaire solaire (urticaire au soleil)

Urticaire solaire
Urticaire solaire

Voir l’article consacré à l’urticaire au soleil

Urticaire médicamenteuse

Allergie au médicament ou à un excipient

Quasiment tous les médicaments sont susceptibles d’etre impliques dans la crise d’urticaire (allergie au médicament). Les médicaments les plus incrimines dans l’urticaire sont les antibiotiques (penicilline… ) les produits de contraste iodés hyperosmolaires, les anesthésiques généraux, les antipyrétiques, les sérums, les vaccins et les antalgiques (aspirine… )

Parfois l’urticaire medicamenteuse n’est pas due a la molécule de medicament mais a un conservateur (sulfites) ou a un excipient.

Dans tous les cas une consultation chez un medecin est indispensable afin d’etre sur qu’une urticaire est liee a un medicament (ce qui permettra son eviction ulterieure) et d’obtenir un traitement adequat.

Le médecin se basera sur le délai de survenue de l’urticaire pour établir s’il s’agit d’une allergie immédiate vraie :

  • en faveur d’une hypersensibilité immédiate à IgE : rapidité de survenue de l’urticaire, dans les minutes qui suivent la prise du médicament, et association à d’autres manifestations d’anaphylaxie en plus de l’urticaire
  • dans une urticaire médicamenteuse sans allergie immédiate à IgE, délai de survenue plus long de quelques heures à 10 jours après la prise médicamenteuse

Aggravation de l’urticaire par un médicament

25 à 55 % des urticaires chroniques seraient aggravées, voire déclenchées, par l’aspirine ou les anti inflammatoires par un mécanisme pharmacologique non allergique.

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs) peuvent entraîner des angio­œdèmes de la face, sans lésion urticarienne.

Tout antécédent d’angio­œdème est une contre ­indication aux inhibiteurs de l’enzyme de conversion (anti hypertenseurs).

Urticaire alimentaire

Voir l’allergie alimentaire

Urticaire infectieuse

Urticaire virale

Voir urticaire viral

Parasites

De nombreuses infections parasitaires ont une phase d’invasion

dans les tissus cutanéomuqueux, provoquant une urticaire souvent associée à une éosinophilie sanguine.

  • En cas de voyage tropical, on recherche une infestation de type anguillulose, ankylostomiase, filariose, bilharziose…
  • Si la personne n’a pas quitté la Metropole, on recherche plutot une ascaridiose, une toxocarose (toxocara canis), une distomatose ou une trichinose.

Bactérie

Helicobacter pylori, bactérie infestant l’estomac et incriminée dans le déclenchement d’ulcère gastrique, pourrait jouer un role dans certains urticaires chroniques.

Un simple infection urinaire basse (cystite) peut aussi être à l’origine d’urticaire aigue

Urticaire de contact

  • Il s’agit d’une urticaire localisée à une zone de contact avec une substance, survenant rapidement après le contact. Les lésions d’urticaire peuvent rester localisées à la zone de contact, ou s’étendre à distance et se généraliser. Elles sont parfois associées à des manifestations d’anaphylaxie.

Ces urticaires sont regroupées en deux catégories, en

fonction de leur mécanisme :

Les urticaires de contact immunologiques :

Elles semblent plus fréquentes chez les atopiques car ces personnes ont une peau sèche et préalablement irritée qui facilite la pénétration des allergènes et sont souvent professionnelles : personnel

de santé, professions de l’agroalimentaire… par allergie (elles requièrent une sensibilisation préalable (1er contact avec l’allergène sans réaction urticarienne)) à

  • latex: concernerait 1 à 2% de la population / plutot atopiques, les professionnels de santé et les sujets multiopérés(spina bifida) / Gants, matériel médical, préservatif, bonnet de bain… /L’utilisation de gants en latex poudrés, souventd’amidon de maïs, augmente le risque car l’amidon favorise ladispersion aérienne des protéines allergisantes du latex / + possibilité d’allergie croisée avec kiwi, banane, avocat, mangue, fruit de la passion, châtaigne…
  • fruits et légumes
  • Poissons et crustacés
  • Produits capillaires : persulfate d’ammonium, para-phénylènediamine
  • Cosmétiques : hydrolysats de protéines de blé, amidon de blé, sésame,menthol, parabens, benzophénones…
  • Médicaments : chlorhexidine, polyvidone iodée (Betadine*), antibiotiques (pénicillines, céphalosporines, aminosides, etc.), lidocaïne…
  • Animaux : chats, rongeurs (souris, rats), asticots…
  • Viandes

    Les urticaires de contact non immunologiques

Elles peuvent se produire chez la plupart des sujets exposés, sans sensibilisation préalable car elles sont le fait de substances urticantes auxquelles la plupart des gens réagissent :

  • végétaux (orties),
  • animaux (fourmis, coraux, méduses, chenilles processionnaires, papillons exotiques… )
  • substances chimiques (formaldéhyde, acide sorbique,acide benzoïque, baume du Pérou, alcool, aldéhyde et acide cinnamique, benzaldéhyde, eugénol et géraniol).

En l’absence de cause d’urticaire chronique retrouvée (70% des cas)

On parle alors d’urticaire chronique spontanée

L’urticaire chronique est une urticaire durant depuis plus de 6 semaines.

Le médecin effectue alors des recherches (examen clinique, bilans sanguins… ) à la recherche d’une cause mais n’en trouve pas dans 70 à 80% des cas.

Il traite son patient par antihistaminiques dont il peut augmenter les doses mais cela peut ne pas aboutir à une rémission

En cas de résistance aux anti histaminiques à forte dose (traitement de seconde ligne) et n’ayant pas trouvé de cause traitable à l’urticaire, le médecin diagnostiquera alors peut être cette urticaire sous l’item « urticaire chronique spontanée » et il peut demander l’avis d’un confrère hospitalier. Ce dernier pourra s’il ne juge utile prescrire des piqures contre l’urticaire en plus des anti histaminiques


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– Les erreurs à éviter
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IVERMECTINE : l’ivermectine dans la gale

Ivermectine

L’ivermectine contenue dans l’ivermectine est un antiparasitaire. Il est utilisé en dermatologie, notamment en traitement par voie orale dans le traitement de la gale .


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L’ivermectine se présente sous la forme de comprimés à 3 mgs

Contre indications de l’ivermectine

Allergie au produit ou à l’un de ses constituants de l’ivermectine

Enfant de moins de 15kgs

Grossesse et allaitement

Conseils d’utilisation de l’ivermectine

L’ivermectine est prise à la dose de 200 µg par kg de poids corporel en prise unique par voie orale, à distance des repas (au moins deux heures avant et apres un repas). La posologie varie donc en fonction du poids :

15 à 24 kgs 1 cp prise unique

25 à 35 kgs 2 cp prise unique

36 à 50 kgs 3 cp prise unique

51 à 65 kgs 4 cp prise unique

66 à 79 kgs 5 cp prise unique

Puis porter des vêtements propres ou traités et dormir dans des

draps propres

Il faut reprendre la meme dose unique 8 à 14j plus tard

En cas de gale profuse et crouteuse, l’association à un traitement local (Ascabiol ®, Spregal ®, Topiscab®) peuvent être proposés.

Soins d’accompagment de l’ivermectine

La prise d’ivermectine est nécessairement associée à des soins de prise en charge de la gale, pour le patient atteint de la gale et son entourage :

  • Traitement de l’environnement : procéder au nettoyage classique des locaux et à une désinfection par un acaricide tel qu’ Apar, de la literie (matelas, sommier), de la moquette et autres mobiliers adsorbants.

  • Traitement des vêtements et du linge : rassembler le linge utilisé jusqu’à ce jour (y compris serviettes de toilette, draps, taies…) et le laver en machine à laver à 60 °C ou le désinfecter avec un acaricide tel qu’ Apar

(stockage en sac plastique fermé pendant au moins trois heures) ou par mise en quarantaine de cinq jours dans un sac plastique fermé qui sera gardé à température supérieure à 20 °C.

  • Ne pas oublier de traiter les objets qui peuvent avoir été en contact avec le corps tels que : brassard de tensiomètre, chaussures, peluches, housse de siège auto…

  • Passer l’aspirateur énergiquement sur les tapis et les coussins.

  • Idéalement il faut changer de vêtements, de draps et de serviettes tous les jours et les laver à au moins 60 °C pendant une période de 14 jours

Voir le traitement de la gale


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RISQUE TATOUAGE : les risques du tatouage

Risques du tatouage : infections, allergies, cancer — ce que dit la science

Le tatouage constitue une effraction de la barrière cutanée et l’introduction de corps étrangers (pigments, colorants, liants) dans le derme de manière définitive. Cette page recense l’ensemble des risques médicaux documentés — infectieux, allergiques, oncologiques et dermatologiques — pour permettre une décision éclairée avant de se faire tatouer.

Complication sur un tatouage existant (rougeur, boutons, allergie) ?
→ Voir l’article dédié : Problèmes après un tatouage
📅 Téléconsultation avec le dermatologue

Sommaire :
Infections |
Maladies de peau |
Grains de beauté |
Vitiligo |
Cicatrices chéloïdes |
Cancer et lymphome |
Contre-indications |
Questions fréquentes

Risques infectieux

Conditions d'hygiène indispensables pour un tatouage sans risque

Le tatouage constitue une porte d’entrée pour les agents infectieux — virus et bactéries peuvent être introduits simultanément aux pigments si les règles d’hygiène ne sont pas respectées. Ces règles ont été formalisées par l’arrêté du 20 mars 2009 publié au Journal Officiel. Voir les précautions pour la réalisation d’un tatouage.

Risques viraux

Hépatites B et C, VIH : le tatouage provoque un saignement qui expose à la contamination par ces virus si le matériel n’est pas stérile ou est réutilisé. Ce risque est aujourd’hui quasi nul chez les professionnels agréés utilisant du matériel à usage unique. Il persiste pour les tatouages réalisés hors structures professionnelles : vacances à l’étranger, pratique amateur. Se faire vacciner contre l’hépatite B avant un tatouage est recommandé si la vaccination n’est pas à jour.

Verrues virales : des verrues préexistantes et non détectées par le tatoueur peuvent être disséminées par les passages de l’aiguille, entraînant une prolifération étendue sur la zone tatouée.

Risques bactériens

Infections classiques (staphylocoque, streptocoque) : surviennent J1–J10 par contamination lors du tatouage ou par défaut de soins post-tatouage. Rougeur chaude douloureuse, peau tendue, parfois fièvre. Antibiothérapie locale ou générale. Voir les soins du tatouage pour prévenir ces infections.

Infections à mycobactéries atypiques : bien plus problématiques. Liées à une dilution de l’encre avec de l’eau non stérile. Tableau caractéristique : pustules sur les zones grises et diluées avec respect des zones noires intenses (l’encre noire pure est bactériostatique). Apparition 2 à 8 semaines après le tatouage. Ne répondent pas aux pénicillines — antibiothérapie spécifique par macrolides ou quinolones sur 3 à 6 semaines. Voir le détail dans l’article problèmes sur tatouage.

Aggravation de maladies de peau — phénomène de Koebner

Certaines maladies dermatologiques se développent ou s’aggravent au site d’un traumatisme cutané : c’est le phénomène de Koebner. Le tatouage, traumatisme cutané délibéré et répété, peut déclencher ou révéler ces affections chez les sujets prédisposés — y compris des années après le tatouage.

Maladies concernées :

Maladie Présentation sur tatouage À savoir
Psoriasis Plaques squameuses sur le tracé Peut révéler un psoriasis méconnu
Lichen plan Papules violacées prurigineuses sur le tracé Koebner classique
Sarcoïdose Nodules brunâtres fermes pouvant mimer une allergie Biopsie indispensable — bilan systémique requis
Acné / folliculite Aggravation d’une acné ou folliculite préexistante sur la zone tatouée Ne pas tatouer sur une zone acnéique active
Kératoacanthomes Tumeurs épidermiques éruptives sur le site Rare — exérèse + histologie nécessaires

Grains de beauté et tatouage

Les tatoueurs doivent éviter de tatouer sur un grain de beauté pour deux raisons majeures :

Transformation du nævus : la réaction inflammatoire provoquée par le tatouage peut modifier l’aspect du grain de beauté, rendant difficile la distinction entre une transformation bénigne et un début de mélanome. Si le nævus doit ensuite être excisé, l’analyse histologique peut être compromise.

Surveillance impossible : les pigments du tatouage masquent les critères de surveillance dermoscopique du grain de beauté — asymétrie, bords, couleur, diamètre. Tout tatouage sur ou à proximité d’un nævus rend le suivi dermatologique ininterprétable et contre-indique la surveillance non invasive.

Règle pratique : si un grain de beauté se trouve dans la zone à tatouer, il doit être préalablement examiné par un dermatologue — et si possible excisé — avant d’envisager le tatouage.

Tatouage et vitiligo

Tatouer une plaque de vitiligo est déconseillé pour deux raisons cumulatives : les pigments ont tendance à virer de couleur sur la peau dépigmentée, et le traumatisme cutané du tatouage peut aggraver le vitiligo par phénomène de Koebner — étendant les plaques de dépigmentation au-delà de la zone tatouée.

Cicatrices hypertrophiques et chéloïdes

Le tatouage provoquant une effraction cutanée, il génère une cicatrice. Chez les sujets prédisposés, cette cicatrisation peut être pathologique avec formation de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes — bourrelets cicatriciels épais, prurigineux, dépassant les limites de la plaie initiale et d’évolution progressive.

Contre-indication formelle : tout antécédent personnel de cicatrice hypertrophique ou chéloïde constitue une contre-indication au tatouage. Les phototypes foncés (IV–VI) sont statistiquement plus à risque.

Risque de cancer de la peau et de lymphome

Risque de cancer de la peau et lymphome chez les tatoués

C’est la question émergente en dermatologie préventive. Les encres de tatouage contiennent des substances potentiellement cancérigènes :

Les encres colorées peuvent renfermer des amines aromatiques primaires ; les encres noires des hydrocarbures aromatiques polycycliques (dont le benzopyrène, classé cancérigène) ; toutes les encres peuvent contenir des métaux lourds — arsenic, cobalt, plomb, nickel. Ces substances sont drainées par le système lymphatique et s’accumulent dans les ganglions régionaux puis dans d’autres organes.

Données scientifiques récentes

Étude 2024 (PubMed) : une étude avait imputé un surrisque de lymphome de 20 % chez les tatoués. La méthodologie a été fortement critiquée (biais de confusion, absence de groupe contrôle appariés).

Étude 2025 sur 2 300 paires de jumeaux (PubMed) : une étude à meilleure méthodologie — comparant des jumeaux tatoués et non tatoués pour contrôler les facteurs génétiques et environnementaux — retrouve :

Risque Résultat Condition
Cancer cutané (hors carcinome basocellulaire) +62 % Tout tatouage
Cancer cutané (hors carcinome basocellulaire) ×4 (cohorte jumeaux) Tout tatouage vs absence
Lymphome Surrisque significatif Tatouage > taille d’une main
Cancer cutané Risque plus élevé Tatouage > taille d’une main

Ce que ces données ne prouvent pas : un lien de causalité direct. Il peut exister des facteurs confondants non contrôlés (comportements à risque, exposition solaire, tabac). La taille du tatouage étant corrélée au risque, la quantité de pigments injectés semble un facteur clé. Ces résultats justifient la prudence et la surveillance dermatologique régulière des sujets tatoués, sans constituer une contre-indication absolue au tatouage — mais ils méritent d’être connus avant toute décision.

Contre-indications au tatouage

Situation Type Raison
Antécédent de cicatrice chéloïde ou hypertrophique Formelle Risque élevé de chéloïde sur le tatouage
Grossesse et allaitement Formelle Risques infectieux pour le fœtus / nourrisson, déformation possible
Troubles de la coagulation / anticoagulants Formelle Risque hémorragique et cicatrisation compromise
Mineur sans autorisation parentale Légale Interdit en France avant 18 ans
Immunodépression (VIH, chimiothérapie, corticoïdes au long cours) Relative Risque infectieux majoré, cicatrisation altérée
Psoriasis, lichen plan, vitiligo actifs Relative Phénomène de Koebner — aggravation possible
Grain de beauté dans la zone à tatouer Relative Surveillance dermatologique compromise — examen préalable obligatoire
Allergie connue aux pigments de tatouage ou à la PPD Relative Risque de réaction allergique sévère

Questions fréquentes

Le tatouage augmente-t-il vraiment le risque de cancer ?

Les données les plus récentes (étude sur 2 300 paires de jumeaux, 2025) montrent une augmentation significative du risque de cancer cutané — hors carcinome basocellulaire — et de lymphome pour les tatouages de grande taille. Ce lien est biologiquement plausible (substances cancérigènes dans les encres, accumulation ganglionnaire). Il ne constitue pas une preuve de causalité absolue, mais justifie une surveillance dermatologique régulière et une réflexion sur la surface tatouée.

Y a-t-il des risques à tatouer sur un grain de beauté ?

Oui, et c’est déconseillé par tous les dermatologues. Les pigments masquent les critères de surveillance du nævus, rendant impossible le dépistage précoce d’un mélanome. Si un grain de beauté se trouve dans la zone souhaitée, une consultation dermatologique préalable est indispensable — et une exérèse peut être envisagée avant le tatouage.

Un tatouage aggrave-t-il le psoriasis ?

Potentiellement, par phénomène de Koebner : le traumatisme cutané peut déclencher des plaques psoriasiques sur le site du tatouage. Ce phénomène n’est pas systématique mais est documenté. Un psoriasis bien contrôlé est une contre-indication relative (pas absolue) — à discuter avec un dermatologue. Éviter formellement de se faire tatouer lors d’une poussée.

Peut-on se faire tatouer si l’on a des antécédents de chéloïdes ?

Non — c’est une contre-indication formelle. La prédisposition aux cicatrices chéloïdes est génétique et se reproduit de manière prévisible à chaque effraction cutanée. Un tatouage se transformerait en bourrelet chéloïdien épais, prurigineux et définitif, difficile à traiter.

Quelles précautions prendre pour minimiser les risques infectieux ?

Se faire tatouer exclusivement par un tatoueur professionnel agréé respectant l’arrêté du 20 mars 2009 : matériel à usage unique, aiguilles stériles en emballage scellé ouvert devant vous, surfaces désinfectées, tatoueur ganté. Éviter les tatouages en voyage à l’étranger hors structures professionnelles certifiées. Mettre à jour la vaccination hépatite B. Suivre scrupuleusement les soins post-tatouage.

Voir aussi :
Tatouage — guide complet |
Problèmes sur tatouage |
Soins du tatouage |
Détatouage au laser |
Précautions avant de se faire tatouer


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ZONA TRAITEMENT : traitement du zona

Traitement du zona

Traitement zona

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– Les routines quotidiennes
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Le zona typique guérissant spontanément en quelques semaines, le traitement du zona a pour objectif principal d’éviter les complications

Il comporte des soins locaux et parfois des traitements par voie orale qui doivent être donnés dans les 3 1ers jours de l’éruption

On distingue dans le traitement du zona les soins locaux et généraux :

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une douche quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux,
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations :

  • zona ophtalmologique, quel que soit l’âge du patient, voir zona opthalmique
  • En prévention des douleurs post zona, notamment de façon systématique apres 50 ans. Voir les douleurs post zona
  • patient immunodéprimé (en intraveineuse)

 


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SYMPTOMES DU ZONA : les symptomes et boutons du zona

Symptomes du zona

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Le zona évolue généralement en deux phases : la douleur puis l’éruption secondaire à l’apparition de la douleur. Ce signe est très important pour diagnostiquer le zona. Son diagnostic et son traitement nécessitent un avis médical

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Autre signe très important, ces douleurs et éruptions sont cantonnées à un territoire bien précis de la peau, correspondant à l’innervation du nerf concerné (voir l’article sur le zona)

Deux phases caractéristiques du zona

On observe donc deux phases :

La phase douloureuse du zona

Il s’agit de douleurs voire de brûlures localisées dans une région du corps. Elle correspond à la zone innervée par le nerfs dans lequel les virus de zona migrent vers la peau. Cette phase des prodromes est associée en général à une hypoesthésie (baisse de la sensibilité) ou une anesthésie dans la zone atteinte.

La phase éruptive du zona

Apparaissent après quelques jours dans la zone douloureuse des rougeurs voire des plaques surélevées rouges qui se couvrent au bout de 24h de vésicules (comme des gouttelettes d’eau dans la peau), groupées en
bouquet, confluant parfois en bulles.

Vésicules en bouquet
Vésicules en bouquet
Zona
Zona

Ces vésicules vont se troubler vers le 5e jour puis former des croûtes brunâtres vers le 7e jour. Ces croûtes tomberont vers le 10e jour et laisseront place à des cicatrices dépigmentées le plus souvent indélébiles.

Cicatrices pigmentées après zona
Cicatrices pigmentées après zona

L’élément caractéristique de cette éruption est sa topographie unilatérale et sa localisation à une zone d’innervation nerveuse, pouvant déborder sur les nerfs contigus. Cet élément topographique permet de poser le diagnostic vers le zona dès le début de la maladie meme avec une éruption discrète ou absente

Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona
Simplement quelques rougeurs mais une douleur caractéristique au début du zona

Le zona typique est donc une maladie de peau éruptive marquée par des éruptions localisées le plus souvent à une zone du corps et à un coté du corps ;

On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique
On voit bien ici la distribution des lesions le long du nerf sciatique

L’éruption est douloureuse avec des poussées accompagnées de troubles de la sensibilité.

Il n’y a généralement pas de fièvre et d’altération de l’état général. Il arrive qu’il y ait un ganglion dans la zone de drainage.

Un second épisode de zona est rare, il concerne environ 1% des cas. En effet, on acquiert une immunité à médiation cellulaire persistant plusieurs années.

Formes typiques de zona

Les formes typiques de zona sont :

– le zona intercostal

en hémi-ceinture thoracique. Voir l’article sur le zona intercostal

– le zona ophtalmique

touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face. Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Voir l’article sur le zona ophtalmique

Autres formes de zona

Il existe beaucoup de formes de zona et de complications ; les plus fréquentes sont :

Le zona trigéminé

il s’agit d’un zona touchant le nerf VII bis. L’éruption du zona touche l’ oreille et peut être associée à une atteinte de la langue du même côté, voire d’une paralysie faciale (généralement régressive)

Zona trigeminé de l'oreille
Zona trigeminé de l’oreille

Formes graves de zona

On peut observer des formes graves de zona, notamment chez les personnes immunodéprimées :

zona généralisé

c’est à dire touchant de nombreux nerfs. Il s’agit alors le plus souvent d’une éruption de zona très profuse, hémorragique et nécrotique. Le zona généralisé encore appelé zona-varicelle est donc caractérisé par :

  1. la présence de plus de 20 vésicules à distance de l’éruption linéaire de zona
  2. une atteinte des organes profonds (poumons, foie, cerveau) avec de possibles complications
  3. un terrain fragile : le zona varicelle survient le plus souvent sur un terrain immunodéprimé, un cancer sous jacent…

    zona viscéral

dans lequel il existe une atteinte d’organes profonds tels que les poumons, le foie, le cerveau…

Les douleurs post zostériennes (douleurs persistantes après zona)

Il s’agit de douleurs persistant un mois apres le zona

Voir l’article sur les douleurs post zona

>>Suite : le traitement du zona

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ZONA OPHTALMIQUE : le zona de l’oeil

Zona ophtalmique

Il s’agit d’un zona touchant la première branche (ou branche ophtalmique) du nerf Trijumeau, qui innerve la face.


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Zona ophtalmique crouteux
Zona ophtalmique crouteux

Le zona ophtalmique expose au risque de lésions ophtalmologiques, notamment lorsqu’il existe une éruption de l’aile du nez et de la narine.

Tout zona ophtalmique nécessite donc une consultation médicale urgente et la mise en place d’un traitement par voie orale sans tarder.

Avis ophtalmologique

Le médecin pourra demander une consultation ophtalmologique en urgence s’il existe des signes ou des doutes d’atteinte ophtalmologique :

  • si le zona intéresse l’aile du nez,
Atteinte de l'aile du nez : attention au zona ophtalmique
Zona ophtalmique
  • en cas d’œoedème des paupières gênant l’ouverture de l’oeil,
  • en cas de baisse de l’acuité visuelle,
  • en cas d’oeil rouge
  • et systématiquement chez l’immunodéprimé (en Intra veineuse)

    Les complications ophtalmologiques du zona ophtalmique:

Le zona ophtalmique expose à des risques d’atteinte de l’oeil (sclérite, kératite, rétinite… ) ou de la paupière pouvant donner des séquelles telles que des des rétractions ou une paralysie de la paupière supérieure (appelée « ptosis »). Tout zona ophtalmique, notamment s’il est accompagné d’atteinte de l’aile du nez et de la narine nécessite un avis ophtalmologique urgent.

Traitement du zona ophtalmique

Les soins locaux du zona

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une toilette quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux, en évitant d’en mettre dans les yeux
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona ophtalmique

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué dans le zona ophtalmologique, quel que soit l’âge :

– soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
– soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours


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ZONA INTERCOSTAL : le zona du ventre, du dos et des cotes

Zona intercostal, du dos et du ventre ou des cotes

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C’est la forme la plus fréquente de zona (50 % des cas). Son diagnostic nécessite un avis médical, permettant aussi d’obtenir le traitement

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Zona intercostal
Zona intercostal

Le zona est la manifestation clinique de la récurrence du virus de la Varicelle (Virus Varicelle Zona ou VZV).

Le zona évolue généralement en deux phases : la douleur puis l’éruption secondaire à l’apparition de la douleur. Ce signe est très important pour diagnostiquer le zona

Autre signe très important, ces douleurs et éruptions sont cantonnées à un territoire bien précis de la peau, correspondant à l’innervation du nerf concerné (voir l’article sur le zona)

Phase douloureuse

Le zona intercostal débute pendant 3 ou 4 jours par une douleur thoracique unilatérale, à type de brûlure avec parfois des ganglions dans l’aisselle

Phase d’éruption du zona intercostal

Il s’agit d’une éruption unilatérale, en bande, s’arrêtant à la ligne médiane. Elle s’étend sur une ligne en hémiceinture qui part des vertebres vers l’abdomen ou le thorax antérieur

Zona sur le ventre
Zona sur le ventre

Elle commence par des rougeurs puis des cloques d’eau en bouquet, confluant parfois en bulles.
Quelques lésions peuvent survenir du côté opposé.
Après 2 à 3 jours, les cloques se troublent, se flétrissent puis se
dessèchent en croûtes qui tombent une dizaine de jours plus
tard.

Zona du dos
Zona du dos

Evolution du zona intercostal

La guérison survient en 2 à 4 semaines en donnant des cicatrices parfois hyposensibles parfois hypersenvibles (voir les douleurs post zona)

Traitement du zona intercostal

Le zona typique guérissant spontanément en quelques semaines, le traitement du zona a pour objectif principal d’éviter les complications

Il comporte des soins locaux et parfois des traitements par voie orale qui doivent être donnés dans les 3 1ers jours de l’éruption

Les soins locaux du zona intercostal

ils sont surtout pour but d’éviter la surinfection bactérienne des lésions.

On recommande généralement

  • une douche quotidienne avec savon dermatologique,
  • l’application d’antiseptiques locaux doux,
  • voire l’application d’une crème antibiotique telle que Fucidine ® 3 fois par jour pendant une semaine lorsqu’il existe un doute de surinfection cutanée bactérienne des lésions de zona de moins de 2% de la surface corporelle (en cas de surinfection > à 2% de la surf corporelle, ou d’extension rapide de l’infection bactérienne, on utilise alors des antibiotiques par voie orale)

    Les soins généraux du zona intercostal

  • Soins contre la douleur lors de la poussée : antalgiques par voie orale

  • Traitements antiviraux :

on prescrit le plus souvent des molécules antivirales par voie orale (la voie intraveineuse est le plus souvent réservée au patient immunodéprimé et aux formes graves de zona), telles que l’aciclovir ou le valaciclovir. Le traitement par voie orale doit idéalement être débuté dans les 72 premières heures après l’éruption du zona, et il est pris en géréral pendant une semaine à 10 j.

Le traitement zona par voie orale est indiqué notamment dans ces situations :

  • Patient de plus de 50 ans en prévention des algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours
    – soit aciclovir, 800 mg cinq fois par jour per os pendant 7 jours
  • Patient de moins de 50 ans s’il existe des facteurs prédictifs d’algies post-zostériennes :
    – soit valaciclovir, 1 g trois fois par jour per os pendant 7 jours
    – soit famciclovir, 500 mg trois fois par jour pendant 7 jours

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« Secrets de dermatologue » :

– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…


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