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On appelle boutons de chaleur une éruption de petits boutons comme des tetes d’épingles, liés à la rétention sudoro-sébacée durant les périodes de forte chaleur, sur les zones de contact prolongé avec les draps ou les vetements (dos++)
Les boutons de chaleur portent aussi le nom de miliaire sudorale ou de bourbouille
La bourbouille est très fréquente chez les enfants, notamment à peau claire, supportant mal la chaleur et la transpiration en été en Métropole et sous les climats tropicaux
Cause
La miliaire ou bourbouile est une rétention sudorales due à une obstruction des canaux sudoraux.
L’obstruction du canal sudoral est due à du matériel associé ou non à un bouchon de kératine due à une
hyperhydration de la couche cornée par la sueur (riche en sel),
délipidation des cellules de la peau (kératinocytes) du pourtour des pores sudoraux
voire une inflammation à Staphylococcus epidermidis un germe saprophyte de la peau
Les facteurs favorisant la miliaire sont notamment :
Le sport faisant transpirer
Les habits trop serrés et imperméables (tissus synthétiques)
l’application de cremes grasses sur la peau
Les bains fréquents, surtout en eau salée (piscine au sel, mer….)
Symptomes
Eruption de petites vésicules ou cloques d’eau comme des têtes d’épingles, en nappes, sur des zones ou la peau a transpiré et a macéré : dos, ventre, cou…
Selon le niveau d’obstruction, on distingue la miliaire cristalline, la miliaire rouge et la miliaire profonde :
1/ Miliaire ou bourbouille cristalline
Ces boutons de chaleurs surviennent généralement lors des fièvres aiguës avec hypersudation brutale, une hypersudation nocturne (bébé couvert pendant la nuit), un coup de soleil…
Les boutons de chaleur sont de petites vésicules superficielles à contenu clair, comme des gouttes de rosée reposant sur une peau saine
La zone de prédilection des boutons de chaleurs cristallins est sur le tronc et l’abdomen, mais également sur le visage chez l’enfant.
La miliaire cristalline guérit spontanément en quelques heures en laissant une desquamation fine.
2/ Miliaire ou bourbouille rouge
C’est la bourbouille classique, qui survient au cours des expositions prolongées aux atmosphères chaudes, humides (tropicales) ou sèches.
Les boutons de chaleurs sont non folliculaires, rouges, en relief voires sous forme de vésicules, sur une peau rougie. Ils peuvent démanger voire bruler.
Les boutons de chaleur de la bourbouille touchent surtout les faces latérales du tronc, le dos, le cou et les zones de friction (aisselles, aine…).
Les lésions s’accentuent à la chaleur et à la transpiration.
Eczématisation (développement d’un eczema sur bourbouille : les démangeaisons et rougeurs augmentent)
Evolution vers une miliaire profonde après plusieurs épisodes
3/ Miliaire ou bourbouille profonde
Elle est rare et survient en général après plusieurs accès de miliaire rouge et elle se voit essentiellement en milieu tropical.
Les boutons de chaleur ressemblent à la miliaire rouge mais :
ils touchent aussi les extrémités
la peau est plutot seche
On peut noter des signes généraux : ganglions, voire l’ « asthénie anhidrotique tropicale », qui est la phase ultime de ce trouble majeur de la sécrétion sudorale : fatigue, malaises, vomissements… pouvant conduire à une hyperthermie maligne parfois mortelle
Traitement des boutons de chaleur
Le diagnostic nécessite l’avis d’un médecin
Il convient de supprimer les facteurs favorisants, crèmes grasses, vêtements synthétiques ou trop chauds
Sous les tropiques ou en été on recommande généralement l’air conditionné et/ou le brasseur d’air
Curacné® (isotrétinoïne) : indications, contre-indications et conseils d’utilisation
Curacné® est un médicament contenant de l’isotrétinoïne, un dérivé de synthèse de la vitamine A (rétinoïde). C’est l’un des noms commerciaux de l’isotrétinoïne disponibles en France, avec Contracné®, Procuta® et les génériques. Il est prescrit dans le traitement de l’acné sévère — formes nodulo-kystiques, acné cicatrisante ou résistante aux antibiotiques. Sa prescription initiale est réservée au dermatologue ou au spécialiste.
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ISOTRETINOINE « ROACCUTANE® »
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Curacné® est indiqué dans le traitement de l’acné sévère (nodulo-kystique, acné à risque cicatriciel élevé, acné résistante après 3 mois d’antibiothérapie orale bien conduite associée à un traitement topique). La dose habituelle est de 0,5 à 1 mg/kg/jour, jusqu’à une dose cumulée totale de 120 à 150 mg/kg. C’est le seul traitement anti-acné potentiellement curatif — il réduit durablement la taille et l’activité des glandes sébacées.
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ACNE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Tératogénicité majeure — malformations fœtales graves dans 25 % des grossesses exposées
Femme en âge de procréer sans contraception efficace ⚠️
Contraception obligatoire 1 mois avant, pendant et 2 mois après le traitement
Association aux cyclines
Risque d’hypertension intracrânienne bénigne
Insuffisance hépatique ou rénale sévère
Risque d’accumulation du médicament
Hyperlipidémie non contrôlée
L’isotrétinoïne élève les triglycérides — risque de pancréatite
Hypervitaminose A ou supplémentation en vitamine A
Risque d’effets toxiques cumulatifs
Conseils pratiques pour le traitement par Curacné®
Lèvres et peau sèche — la chéilite (lèvres sèches et gercées) et la sécheresse cutanée sont quasi constantes sous Curacné® et témoignent de l’efficacité du traitement. Appliquer un baume labial dès le début du traitement (Homéoplasmine®, Bepanthen®) et un émollient riche non comédogène matin et soir.
Soleil et UV — protection solaire indice 50 obligatoire pendant toute la durée du traitement. Les UV sont contre-indiqués (photosensibilité augmentée sous isotrétinoïne).
Crèmes irritantes — interrompre les rétinoïdes topiques, acides (AHA, BHA), exfoliants et peroxyde de benzoyle pendant le traitement — inutiles et irritants sur peau déjà fragilisée par Curacné®.
Épilations à la cire — formellement contre-indiquées pendant le traitement et dans les 6 mois suivant l’arrêt (risque de décollement épidermique). Utiliser le rasoir ou la crème dépilatoire.
Lentilles de contact — la sécheresse oculaire induite par Curacné® rend le port de lentilles inconfortable voire douloureux. Préférer les lunettes pendant toute la durée du traitement.
Sport de haut niveau — à éviter pendant le traitement (risque de myalgies et de rhabdomyolyse à l’effort intense sous isotrétinoïne).
Alcool — à éviter pendant le traitement (interaction avec le bilan hépatique et élévation des triglycérides).
Aggravation initiale — une exacerbation des boutons dans les 4 à 8 premières semaines est fréquente et fait partie du mécanisme d’action de l’isotrétinoïne. Ne pas interrompre le traitement sans en parler au médecin.
💡 Surveillance biologique — avant traitement puis toutes les 4 à 6 semaines : transaminases (ASAT, ALAT) et bilan lipidique complet (triglycérides, cholestérol). Une élévation des triglycérides impose de réduire les graisses alimentaires et l’alcool. Taux très élevé = réduction de dose ou arrêt.
Curacné® et risque psychiatrique — dépression, suicide
Une controverse existe depuis la commercialisation de l’isotrétinoïne en 1982 sur un possible lien avec la dépression et les idées suicidaires. La conclusion des autorités sanitaires françaises (ANSM) après révision complète des données disponibles est que « le lien entre la prise d’isotrétinoïne et la survenue de troubles psychiatriques n’est pas établi au niveau d’une population de patients. »
Pour une analyse complète et actualisée de cette question — données neurobiologiques, études épidémiologiques, biais de confusion avec l’acné sévère elle-même, et périodes cliniquement à risque — voir notre article dédié : Isotrétinoïne (Roaccutane®) et dépression — ce que dit la science.
En pratique : évaluer le terrain psychologique avant de débuter Curacné®, informer le patient des deux périodes de vulnérabilité clinique, et signaler sans délai tout changement d’humeur au médecin prescripteur pendant le traitement.
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« Secrets de dermatologue » :
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Le syndrome de Marfan est une maladie héréditaire du tissu conjonctif provoquant une dilatation de la racine de l’aorte et un risque de dissection aortique, une ectopie du cristallin et une croissance exagérée du squelette. Le premier signe peut etre des vergetures extensives, notamment horizontales siégeant dans la région lombaire à la suite d’une croissance rapide.
Le syndrome de Marfan est de transmission autosomique dominant avec une grande variabilité.
Diagnostic
Le Général De Gaulle avait un syndrome de Marfan
Système osseux
Croissance exagérée des os longs : personne grande avec bras et jambes relativement longs par rapport à la taille, arachnodactylie (doigts longs et hyperlaxes) et déformation du thorax (pectus carinatum ou pectus excavatum, résultant d’une croissance excessive des côtes).
Caractéristiques crânio-faciales : obliquité vers le bas des fentes palpébrales, hypoplasie malaire, palais ogival avec chevauchement des dents et micrognathie.
Système ligamentaire
Hyperlaxité ligamentaire : hypermobilité articulaire, pied plat et scoliose.
Oeil
Myopie, luxation (ou subluxation) du cristallin,
Système cardiovasculaire
Dilatation de la racine de l’aorte, dissection aortique
Poumons
Emphysème, bulles sous-pleurales apicales et pneumothorax
Peau
Vergetures, souvent horizontales dans la région lombaire, des épaules et de l’aine par croissance rapide durant la puberté.
Traitement
-échocardiographie aortique et intervention lorsque son diametre est proche de 5 cms
-bêta-bloquants pour limiter la pression sanguine sur l’aorte
Le lupus est une maladie auto immune (dans laquelle des cellules et anticorps du système immunitaire sensé nous protéger, se tournent contre nos propres cellules) pouvant toucher la peau et les cheveux (lupus cutané), donnant des plaques, notamment sur les zones exposées au soleil, des zones sans cheveux… et les organes profonds (lupus systémique) : coeur, reins, articulations…
L’aspect classique est en masque de loup (rougeur des joues et du nez), d’où le nom de « lupus » mais il existe de nombreuses autres manifestations cutanées
Le légendaire lupus du Dr House…
Symptomes
Il y a donc plusieurs types de lupus :
1/ L aigu, encore appelé l erythemateux systemique
Il peut être grave car il concerne les organes internes (les reins notamment). C’est alors l’atteinte des organes (reins++) en dehors de la peau qui peut être préoccupante voire grave dans le lupus systémique.
Il prend la forme du classique d’une rougeur des joues parfois gonflée, épargnant les ailes du nez et la lèvre cutanée supérieure, ainsi que les zones photo-protégées. Il ne laisse pas de séquelles cicatricielles sur la peau.
Lupus aigu
2/ L cutané
Il s’agit d’ une forme le plus souvent isolée à la peau, donc n’ayant pas de manifestations systémiques, notamment lorsqu’il comporte peu de lésions cutanées.
Alopécie de lupus
Il est parfois associé à un lupus systémique mais dans ce cas il existe souvent plusieurs plaques et il est alors le plus souvent évolutif (apparition de nouvelles plaques) même si l’évolution du lupus cutané est généralement dissociée des poussées de lupus systémique.
Lupus du dos
Le lupus cutané revêt deux formes classiques,
2.1/ L subaigu
Forme rarement associée à un lupus systémique sévère ( moins de 10% des cas) donnant des plaques eruptives en relief le plus souvent sur les zones exposées au soleil du haut du corps : décolleté, haut du dos, bras…
On distingue deux formes cliniques :
annulaire: en anneaux
psoriasiforme, ayant la forme de plaques parfois sèches sur le dessus
Lupus subaigu
Il peut exister une atteinte du visage plus infiltrée que dans le lupus aigu et touchant souvent les ailes du nez. Cette forme doit faire rechercher un facteur déclenchant : un médicament (terbinafine, anti acides gastriques de type Inhibiteur de la Pompe à Protons, anti-TNFα, antihypertenseur, hypolipémiant, vaccin.. voir les médicaments pouvant provoquer un lupus), une radiothérapie, un cancer…
Lupus
Le lupus subaigu est généralement de bon pronostic
Le lupus subaigu de la femme enceinte peut être transmis à l’enfant et il faut alors chercher une atteinte cardiaque, rénale ou hépatique.
2.2/ L cutané chronique
Forme donnant des plaques stables le plus souvent sur les zones exposées au soleil du visage. Elles on un aspect discoide associant trois lésions élémentaires :
– bordure rouge et gonflée, parcourue de fines télangiectasies ;
– squames plus ou moins épaisses s’enfonçant en clou dans les orifices folliculaires pouvant donner un aspect de piqueté blanc, râpeux au toucher ;
– atrophie cicatricielle surtout au centre des lésions, souvent dépigmenté, parfois tatoué de télangiectasies et de tâches pigmentées.
Lupus débutant du nezLupus
Les plaques ont donc tendance à laisser des cicatrices claires ou pigmentées
Il est très rarement associé à une atteinte systémique (moins de 10% des cas) mais comme il expose au risque de cicatrices, il doit être pris en charge tôt.
2.3/ Formes rares de l cutanés
L tumidus
Il donne des placards principalement localisées au visage, et sur la partie supérieure du tronc avec une distribution prédominante sur les zones photoexposées, témoignant d’une grande photosensibilité. Ces placards sont gonflés, arrondis ou ovalaires, violacés, à bords nets comme tracés au compas, sans croute centrale. Certaines lésions peuvent prendre un aspect annulaire. Elles disparaissent habituellement sans cicatrice.
Lupus tumidus
L engelure
Il ressemble cliniquement à des engelures mais elle prédominent sur la face dorsale des mains, elles ne s’améliorent pas en été et avec le réchauffement et en cas de biopsie on met en évidence une histologie de type lupus. Contrairement aux lésions de lupus discoïde des extrémités, le lupus engelure ne s’accompagne pas de déformations des doigts ni d’atteinte unguéale.
Il ne faut pas les confondre avec une vascularite du doigt du à un lupus
Panniculite lupique
La panniculite lupique ou L érythémateux profond se manifeste par des nodules ou des plaques gonflées en profondeur, parfois douloureuses, des bras (face postéro-interne), des joues ou des cuisses. La peau en regard est normale ou rouge, parfois le siège de lésions de lupus chronique de type discoïde. Les plaque s’ulcèrent dans 30% des cas et peuvent se calcifier.
3/ Dermatoses neutrophiliques associées
Elles sont souvent méconnues et ont des signes peu classiques de L, mais peuvent être mélangées à d’authentiques lésions de lupus, les faisont passer « inaperçues ». Il peut s’agir par exemple de plaques rouges du décolleté. La biopsie permet le diagnostic en montrant un infiltrat dermique riche en neutrophiles. Il ne faut donc pas hésiter à biopsier des lésions moins typiques de lupus
Diagnostic biologique
Bilan standard :
Numération Formule Sanguine, Plaquettes, ionogramme, urée, créatininémie, bilan hépatique, bilan lipidique
Recherche de protéinurie de 24h et de cylindres hématiques urinaires
Bilan auto-immun :
Anticorps antinucléaires et Anticorps anti DNA natifs
Complément (CH50, C3 C4)
Recherche d’antiphospholipides.
En cas de suspicion d’anémie hémolytique (normocytaire)
Réticulocytes
Haptoglobine
Bilirubine libre
LDH
G6PD
En l’absence d’atteinte particulière, une surveillance annuelle est classique.
Traitement
1/ Règles hygiéno diététiques
1.1/ Protection solaire
Le L est déclenché par les UV dans la plupart des cas au plan cutané. Il faut donc se protéger du soleil et porter un indice 50+ sur les zones exposées
En raison de cette photoprotection, il peut etre utile de réaliser une supplémentation vitamino-calcique (vitamine D et calcium)
1.2/ Pas de tabac
Le tabac est un cofacteur de risque cardiovasculaire
Il existe un plus grand pourcentage de fumeurs chez les patients atteints de lupus cutané notamment en cas de lupus discoïde (plus de 80% de ces patients sont fumeurs!).
Enfin, les L cutanés des patients fumeurs sont moins sensibles à tous les traitements médicamenteux
L’effet de l’arrêt du tabac sur le L cutané est très variable d’un malade à l’autre mais on peut parfois observer une nette amélioration des lésions à l’arrêt du tabac avec même récidive du lupus cutané lors de la reprise du tabac
1.3/ Contrôle des facteurs de risque cardio-vasculaires
Lutte contre l’hypertension artérielle, régime méditerranéen, lutte contre les troubles métaboliques, activité physique
Le L expose en effet à un risque accru de maladie cardiovasculaire, notamment en cas de
rougeur réticulée des extrémités des pulpes des doigts ou des orteils (à risque de vasculopathie thrombosante),
Vasculite du doigt due a un lupus
livedo racemosa (risque d’AVC et d’épilepsie),
atrophie blanche et papules atrophiques au pourtour érythémateux (« Degos-like »)
anétodermie.
Ces signes doivent faire redouter une atteinte artérielle associée à risque thrombo-embolique qui serait la première cause de décès dans le lupus (26% à 5 ans). Cela justifie alors la mise en route d’un traitement anti-plaquettaire (aspirine…).
1.4/ Mise à jour des vaccins (notamment contre le papillomavirus)
Il faut noter que la pilule contraceptive oestro-progestative n’est pas contre-indiquée comme on l’a longtemps cru, en l’absence d’antécédent de thrombose ou de syndrome des antiphospholipides.
1.5/ Arrêt d’un médicament potentiellement en cause si cela est possible
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine : Captopril, Cilazalapril
Béta-bloquants : Oxprénolol, Acébutolol
Antiacides
Ranitidine, Omeprazole…
Anti-inflammatoires non stéroïdiens
Naproxène, Piroxicam…
Hypolipémiants
Pravastatine, Simvastatine…
Antimycosiques
Griséofulvine, Terbinafine
Antihistaminiques
Cinnarazine/triéthylpérazine
Chimiothérapie
Docetaxel (Taxotère)
Autres
Antiepileptiques, Interféron alpha, Procainamide, D-Pénicillamine, Anti-TNF, Tiotropium en inhalation, Insecticides…
2/ Médicaments
2.1/ Anti paludéens de synthèse
Les antipaludéens de synthèse sont la pierre angulaire de la prise en charge du L : Plaquenil* 200mg x2 par jour, pendant le repas sans attendre la consultation ophtalmologique de vision des couleurs (en l’absence d’antécédent ophtalmologique bien sûr)
Ce traitement nécessite un bilan annuel avec ECG et controle ophtalmologique.
En absence de réponse à 4-6 mois, il faut doser le Plaquenil* sinon augmenter la posologie.
Il y a la possibilité d’ajouter de la quinacrine (100-200mg/j) ou alors de changer pour la Nivaquine* (100mg x 2-3 fois par jour).
2.2/ Autres traitements
En absence de réponse des antipaludéens de synthèse, les alternatives sont : dapsone, méthotrexate, thalidomide (hors AMM), Ig IV, corticoïdes, belimumab.
En cas de dermatose neutrophilique associée, le traitement repose sur la dapsone ou la colchicine.
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La lucite polymorphe est une allergie au soleil (sensibilité aux UV) sans cause connue. Elle touche des adultes jeunes sans prédominance de sexe et apparaît le lendemain d’une exposition solaire modérée et elle perdure généralement du début du printemps jusqu’à l’automne, contrairement à la lucite estivale bénigne qui guérit durant l’été.
Symptomes
Les lesions apparaissent un à deux jours après une exposition solaire, même faible et même à travers des vitres de voiture. Elle est en effet due aux UVB qui passent à travers les vitres (alors que ce sont les UVA pour la lucite estivale bénigne).
On ne note pas d’amélioration des lésions au fil des expositions comme c’est le cas dans la lucite estivale bénigne.
La lucite polymorphe récidive à chaque periode ensoleillée, et tend meme à s’aggraver progressivement.
Le terme polymorphe provient du fait que coexistent de nombreux types de lésions : ressemblant au lupus à l’eczema au soleil ou au lichen plan, cocardes ressemblant à l’erythème polymorphe, aspect d’urticaire solaire, nodules de prurigo…
Examens complémentaires diagnostiques
Phototest polychromatique, permettant de reproduire des lésions
Histologie (le dermatologue prélève un petit morceau de peau sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope) : aspécifique, IFD négative (diagnostic différentiel du lupus).
Biologie : AcAN negatifs éliminant un lupus
Traitement
Eviter la lucite
Il faut éviter les expositions intenses sur peau non bronzée, il faut donc appliquer les règles de protection du soleil :
Protection solaire externe
Chercher l’ombre, s’exposer progressivement jour après jour, éviter le soleil entre 12 et 16 h, porter des vêtements protecteurs et appliquer toutes les deux heures des produits solaires 50+ sur les zones exposées,
Photoprotection interne (ANTIPALUDEENS)
On peut associer à la protection externe des antipaludéens de synthèse (Nivaquine®, Plaquenil®) débutés 10-15 jours avant le début de l’exposition et poursuivis pendant la durée de la photosensibilité soit généralement d’avril à septembre sous contrôle ophtalmologique (car cette molécule tend à se déposer au bout de 3 mois dans la rétine et peut du coup y gêner la vision des couleurs).
Photothérapie
En cas d’échec des traitements photoprotecteurs, le médecin peut réaliser des séances 2 à 3 fois par semaine, d’ultraviolets A (car les UVB sont pourvoyeurs de poussées) au cabinet durant les deux mois précédant la date de début des expositions. Cette photothérapie progressive a pour but de tenter de « désensibiliser » la peau
Traitement de la poussée de lucite
En cas de crise de lucite, le médecin prescrit des cremes à la cortisone et des antihistaminiques, le plus souvent du Zyrtec* à la dose de 2/j
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Laser contre les taches brunes : lentigos, mélasma, tatouages — guide complet
Le laser est aujourd’hui l’un des traitements les plus efficaces des taches brunes du visage et du corps — mais son indication dépend entièrement du type de tache. Un laser Q-switched donne des résultats excellents sur les lentigos solaires en une séance, et peut aggraver un mélasma. La même machine ne convient pas à toutes les hyperpigmentations. Ce guide détaille les différentes technologies disponibles, leurs indications, leurs contre-indications et ce qu’il faut attendre de chaque traitement.
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TACHES BRUNES
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Principe du laser pigmentaire — photothermolyse sélective
Les lasers pigmentaires agissent par photothermolyse sélective : ils émettent une longueur d’onde précisément absorbée par la mélanine (pigment endogène) ou par les pigments de tatouage (pigments exogènes), sans dommage aux tissus environnants. L’énergie laser est absorbée par les mélanosomes ou les particules de pigment, qui éclatent par choc thermomécanique — les débris sont ensuite éliminés par les macrophages cutanés.
Les lasers utilisés en dermatologie pigmentaire sont dits Q-switched (ou « déclenchés ») — ils délivrent des impulsions ultra-courtes (nanosecondes) à très haute énergie de crête, ce qui maximise l’effet mécanique sur les mélanosomes sans surchauffer les tissus environnants. La technologie picoseconde (impulsions encore plus courtes) représente la génération la plus récente.
Les différentes technologies laser
Laser
Longueur d’onde
Indications principales
Particularités
Rubis Q-switched
694 nm
Lentigos, taches de rousseur, tatouages noirs/bleus
Très sélectif mélanine — déconseillé peaux foncées
Les lasers CO2 et erbium sont plus destructeurs (ablatifs) — ils carbonisent superficiellement la peau et laissent plus de traces. Ils sont utilisés en combinaison pour traiter simultanément taches et qualité de peau : laser CO2 pour détruire les mélanocytes, puis alexandrite pour éliminer la mélanine dermique résiduelle.
Laser sur les lentigos solaires — indication de référence
Les lentigos solaires (taches de vieillesse, taches solaires) sont l’indication de choix des lasers Q-switched — c’est là que les résultats sont les meilleurs et les plus constants. Le laser rubis (694 nm) et l’alexandrite (755 nm) sont les plus utilisés pour cette indication.
Résultats : excellents sur les lentigos solaires superficiels — disparition complète ou quasi-complète en 1 à 2 séances dans la grande majorité des cas. Les kératoses séborrhéiques débutantes et planes répondent également très bien.
Suites : formation d’une croûtelle brunâtre qui s’élimine spontanément en 8 à 12 jours. La peau sous-jacente est rose pendant 2 à 4 semaines. Protection solaire SPF 50+ obligatoire le mois suivant la séance — une exposition solaire prématurée provoque une hyperpigmentation post-inflammatoire qui peut reproduire la tache traitée.
Précautions sur peaux foncées : sur les phototypes IV à VI (peaux méditerranéennes, asiatiques, africaines), le risque de dépigmentation blanche persistante ou d’hyperpigmentation post-inflammatoire est plus élevé. Une zone test sur une petite surface est impérative avant tout traitement étendu. Le Nd:YAG 1064 nm est préféré sur les peaux foncées car il pénètre plus profondément avec moins de risque de dommage épidermique superficiel.
Autres lésions traitables : taches de rousseur (éphélides), taches café-au-lait (résultats plus aléatoires, récidives fréquentes — zone test indispensable), nævus de Becker, nævus d’Ota, taches mongoliques, pigmentations induites par l’amiodarone.
Laser sur le mélasma — indications limitées et précautions
Le mélasma (masque de grossesse) est une contre-indication relative aux lasers Q-switched à haute fluence — le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire est élevé, particulièrement sur les phototypes intermédiaires. Un traitement laser agressif sur un mélasma actif peut aggraver significativement la pigmentation.
Cependant, le Nd:YAG 1064 nm en mode « toning » (low fluence) — impulsions à très basse énergie répétées — est utilisé avec prudence dans certains mélasmas réfractaires. Ce mode d’utilisation réduit progressivement la charge en mélanine sans provoquer l’inflammation responsable de l’HPi. Résultats variables : amélioration partielle dans 50 à 70 % des cas, récidive fréquente à la réexposition solaire. Ce traitement ne remplace pas les topiques dépigmentants et la protection solaire — il s’y associe.
⚠️ Le laser n’est pas le traitement de première intention du mélasma. Les préparations magistrales dépigmentantes (formule de Kligman) et l’acide tranexamique associés à une protection solaire stricte sont plus sûrs et souvent plus efficaces sur les formes épidermiques. Méfiez-vous des cliniques esthétiques proposant du laser en première intention pour le mélasma.
Détatouage au laser
Les tatouages sont des inclusions de pigment exogène dans le derme ou l’hypoderme. Le laser Q-switched fragmente ces particules de pigment en débris microscopiques éliminés par les macrophages cutanés. C’est le seul traitement efficace pour enlever un tatouage sans cicatrice — la chirurgie et la dermabrasion laissent des séquelles cicatricielles.
Résultats selon le type de tatouage :
Les tatouages ornementaux professionnels noirs donnent les meilleurs résultats — 1 à 5 séances espacées d’au minimum 2 mois pour une disparition complète. Les tatouages noirs absorbent toutes les longueurs d’onde — rubis, alexandrite et Nd:YAG y sont tous efficaces.
Les tatouages amateurs sont paradoxalement souvent plus difficiles à enlever : le pigment est en quantité importante, profondément situé, et les particules sont de grande taille — nécessitant plus de séances et des énergies plus élevées.
Les tatouages colorés posent des défis spécifiques selon la couleur : le rouge et l’orange répondent au laser 532 nm ; le bleu et le vert sont les plus résistants (alexandrite 755 nm ou picoseconde) ; le jaune et le blanc sont très difficiles à traiter. Les résultats sur les tatouages polychromes sont souvent décevants — une zone test est indispensable avant traitement.
Les tatouages cosmétiques (maquillage permanent — sourcils, eye-liner, lèvres) peuvent être résistants au laser et provoquer un virage paradoxal du pigment (noircissement immédiat après la séance). Une zone test sur une petite surface est impérative avant tout traitement d’un tatouage cosmétique.
La crème anesthésiante EMLA® appliquée 1h30 avant la séance réduit significativement la douleur des séances de détatouage. Voir l’article complet sur le détatouage au laser.
Suites et récupération après laser pigmentaire
Les suites varient selon la technique utilisée et l’énergie délivrée, mais le schéma général est le suivant :
Jours 1-3 : rougeur, légère tuméfaction, formation de croûtelles brunâtres sur les zones traitées. Ne pas gratter les croûtes — risque de cicatrice et d’HPi.
Jours 4-12 : les croûtelles se détachent spontanément. Appliquer une crème cicatrisante grasse (Cicaplast®, Cicalfate®, vaseline) pour accélérer la cicatrisation et limiter le prurit.
Semaines 2-4 : la peau est rose et hypersensible au soleil. Protection SPF 50+ obligatoire — toute exposition solaire à ce stade peut provoquer une hyperpigmentation post-inflammatoire qui reproduit ou aggrave la tache initiale.
Résultat final : évalué à 2-3 mois après la séance. Si la tache n’est pas complètement effacée, une 2e séance peut être proposée après ce délai.
Complications : rares si l’opérateur est expérimenté et les indications correctes. Cicatrices en cas de puissance trop élevée, hypochromie (tache blanche) ou hyperpigmentation résiduelles généralement régressives en quelques mois.
Questions fréquentes
Combien coûte une séance de laser pour les taches brunes — est-ce remboursé ?
Le traitement laser des taches brunes esthétiques (lentigos solaires, mélasma) n’est pas remboursé par l’Assurance Maladie — acte esthétique. Le tarif est de 150 à 400 € par séance selon la surface traitée et la technologie. Le détatouage est également non remboursé : 100 à 300 € par séance selon la taille du tatouage. Un devis préalable est obligatoire.
Le laser efface-t-il définitivement les taches brunes ?
Pour les lentigos solaires : oui dans la grande majorité des cas — une tache traitée efficacement ne revient pas à l’identique. Cependant, de nouvelles taches peuvent apparaître sur les zones exposées sans protection solaire. Pour le mélasma : non — la récidive est fréquente à la réexposition solaire car le mécanisme hormonal et l’hypersensibilité des mélanocytes persistent. La protection solaire permanente est indispensable après tout traitement.
Peut-on faire du laser en été ?
Non — le laser pigmentaire est contre-indiqué sur peau bronzée ou en période d’exposition solaire intense. Les traitements se programment idéalement en automne-hiver. En cas de séance en toute saison, il faut s’assurer que la peau n’est pas bronzée et éviter toute exposition solaire dans le mois suivant la séance.
Combien de séances faut-il pour enlever un tatouage au laser ?
Variable selon le tatouage : 1 à 5 séances pour les tatouages professionnels noirs, parfois 8 à 15 séances pour les tatouages amateurs ou polychromes. Les séances sont espacées de 2 mois minimum pour permettre l’élimination des débris de pigment par les macrophages. La technologie picoseconde réduit le nombre de séances par rapport aux lasers nanosecondes classiques.
Le laser est-il douloureux ?
Les lasers Q-switched provoquent une sensation de picotement vif, comparable à un élastique claquant sur la peau — peu douloureux sur les petites surfaces. Pour les surfaces étendues ou les séances de détatouage, la crème anesthésiante EMLA® appliquée 1h30 avant réduit significativement l’inconfort. Les lasers ablatifs (CO2, erbium) sont plus douloureux et nécessitent souvent une anesthésie locale.
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TACHES BRUNES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Plaques rouges entre les cuisses, dans l’aine ou sur les testicules : causes et traitements
Les rougeurs qui démangent entre les cuisses, dans les plis de l’aine ou sur les testicules sont fréquentes et souvent angoissantes. La zone inguinale présente un environnement favorable à la macération, à la chaleur et au frottement — conditions qui favorisent aussi bien les mycoses que les irritations ou certaines maladies de peau. Un diagnostic précis est indispensable car les traitements sont radicalement différents selon la cause.
Rougeurs persistantes ou qui reviennent malgré le traitement ?
Un examen dermatologique — y compris en téléconsultation avec photos — permet d’identifier la cause exacte et d’éviter les récidives. 📅 Téléconsultation avec le Dr Rousseau
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INTERTRIGO – ROUGEURS DES PLIS
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– Les causes
– Les traitements…
Symétrie — bilatérale et symétrique vs unilatérale
Mycose à dermatophytes souvent bilatérale et symétrique
Lampe de Wood (UV)
Fluorescence caractéristique pour certaines mycoses et érythrasme bactérien
Prélèvement mycologique et/ou bactériologique
Confirmation du champignon (dermatophyte vs Candida) ou de la bactérie
Biopsie cutanée
Indispensable si suspicion de maladie de Paget ou d’une dermatose rare
⚠️ Ne pas s’automédiquer sans diagnostic : appliquer une crème antifongique sur un eczéma, ou une cortisone sur une mycose, aggrave souvent la situation. Le diagnostic précis est la première étape indispensable.
1. Mycose à dermatophytes (tinea cruris)
C’est la cause la plus fréquente de rougeurs prurigineuses dans les plis de l’aine. Pour le détail des mycoses cutanées, voir la page mycoses de la peau.
Dermatophytie (mycose) entre les cuisses et sur les boursesBordure caractéristique de la mycose de l’aine à dermatophytesMycose entre les fesses
Caractéristique
Description
Aspect typique
Rougeurs sèches et squameuses, centre rosé — bilatérales et symétriques — démangeaisons
Bordure
Nette, polycyclique, vésiculeuse et squameuse — zone d’extension centrifuge active du champignon
Extension possible
Fesses, face interne des cuisses, parfois périnée
Facteur de récidive fréquent
Contamination depuis une mycose des pieds non traitée — lors de l’enfilage des sous-vêtements
Traitement
Mesure
Détail
Facteurs favorisants
Éviter sous-vêtements synthétiques et serrés — sécher soigneusement les plis après la toilette — traiter la mycose des pieds simultanément
Antifongiques locaux
Antifongiques en crème, spray ou poudre — 2 fois par jour pendant 3 semaines — sur ordonnance
Antifongiques oraux
En cas de résistance : terbinafine ou griséofulvine — le kétoconazole est évité en raison de sa toxicité hépatique
💡 Piège classique des récidives : traiter la mycose de l’aine sans traiter simultanément la mycose des pieds aboutit systématiquement à la récidive — la contamination se fait lors de l’enfilage des sous-vêtements qui passent sur les pieds infectés.
2. Candidose cutanée des plis
Caractéristique
Description
Aspect typique
Rouge vernissé, luisant, humide — parfois fissuré dans le fond du pli — parfois enduit blanc crémeux
Bordure
Émiettée avec collerette blanchâtre — pustules blanches périphériques caractéristiques
Matière des sous-vêtements (élastiques, colorants), produits de lavage, antiseptiques, antifongiques, latex des préservatifs
Contact indirect — portage manuel
Produits chimiques, vernis à ongles, cosmétiques transférés par les mains
Contact indirect — rapports sexuels
Lubrifiants intimes, spermicides, produits cosmétiques du partenaire
💡 Le diagnostic de l’eczéma de contact est confirmé par des patch tests (tests épicutanés) qui identifient l’allergène en cause. Le traitement repose sur les crèmes à la cortisone et l’éviction stricte de l’allergène identifié.
4. Psoriasis inversé
Le psoriasis peut toucher les plis de l’aine et la région inter-fessière, donnant des plaques rouges bien délimitées, peu squameuses dans les plis (car l’humidité de la zone atténue les squames habituelles). Il est souvent associé à d’autres localisations psoriasiques (coudes, genoux, cuir chevelu, ongles).
Adénocarcinome in situ de l’épiderme — peut évoluer en carcinome invasif — associé dans ¼ des cas à un cancer sous-jacent (urinaire…) — biopsie indispensable
Plaque rouge ou brunâtre récidivant exactement au même endroit à chaque prise du médicament responsable
Maladie de Hailey-Hailey
Dermatose héréditaire rare autosomique dominante — vésicules et bulles récidivantes dans les plis — fissures en rhagades parallèles caractéristiques — traitement : assèchement des plis, excision chirurgicale avec greffe en cas de formes sévères
Pemphigus végétant
Forme rare de pemphigus — rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
Syphilides — plaques multiples, gonflées, érosives, parfois végétantes dans les plis — sérologie TPHA-VDRL indispensable
Maladie de Crohn
Fissures, ulcérations linéaires profondes « en coup de couteau », abcès et fistules entre les fesses et dans l’aine — peuvent précéder les manifestations digestives de plusieurs mois
Histiocytose langerhansienne
Accumulation de cellules de Langerhans — surélévations croûteuses et purpuriques — derrière les oreilles, fesses, aine
Érythème nécrolytique migrateur
Atteinte cutanée liée au glucagonome (tumeur maligne du pancréas) — plaques rouges d’extension centrifuge à bordure croûteuse ou érosive
Pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson
Dermatose neutrophilique — pustules ou bulles flasques avec niveau liquidien (pustule à hypopion) — tronc, racine des membres, aine
⚠️ Maladie de Paget : toute plaque rouge de l’aine ou de la région génitale résistant au traitement antifongique ou à la cortisone doit faire évoquer une maladie de Paget et justifie une biopsie cutanée urgente.
Comment distinguer une mycose d’une candidose dans l’aine ?
Les deux sont des mycoses mais dues à des champignons différents. La mycose à dermatophytes (la plus fréquente) donne des rougeurs sèches et squameuses avec une bordure nette, polycyclique, en extension centrifuge — souvent bilatérale et symétrique. La candidose donne des rougeurs luisantes, humides, à bordure émiettée avec des pustules blanches périphériques caractéristiques — et survient plutôt chez les personnes diabétiques, obèses ou sous antibiotiques. Le traitement antifongique est similaire mais la prise en charge des facteurs favorisants diffère.
Pourquoi la mycose de l’aine récidive-t-elle sans cesse ?
La cause de récidive la plus fréquente est une mycose des pieds non traitée simultanément. Lors de l’enfilage des sous-vêtements, ceux-ci passent sur les pieds contaminés et transportent les dermatophytes vers l’aine. Sans traitement des pieds, la récidive est inévitable. Les autres facteurs de récidive sont le maintien de la macération (sous-vêtements synthétiques, séchage insuffisant) et l’interruption prématurée du traitement antifongique.
Peut-on appliquer de la cortisone sur une rougeur entre les cuisses ?
Seulement si la cause est un eczéma ou un psoriasis — et après confirmation médicale. Appliquer de la cortisone sur une mycose non diagnostiquée supprime temporairement les démangeaisons mais aggrave l’infection fongique en inhibant les défenses locales — on parle de « tinea incognita ». Ce tableau trompeur est difficile à diagnostiquer ensuite. Un avis médical avant toute application de cortisone sur les plis est indispensable.
Une rougeur de l’aine qui ne guérit pas peut-elle être un cancer ?
Oui — la maladie de Paget est un adénocarcinome in situ qui se présente comme une plaque rouge persistante de l’aine ou des organes génitaux, résistant aux traitements habituels. C’est rare mais à ne pas manquer. Toute plaque qui ne répond pas au traitement antifongique ou antiinflammatoire après 4 à 6 semaines doit faire l’objet d’une biopsie cutanée pour éliminer ce diagnostic.
Les rougeurs entre les cuisses peuvent-elles être liées à la maladie de Crohn ?
Oui — la maladie de Crohn peut se manifester par des fissures, des ulcérations profondes « en coup de couteau » et des abcès fistuleux entre les fesses et dans l’aine. Ces manifestations cutanées peuvent précéder les symptômes digestifs de plusieurs mois — elles doivent alerter vers une consultation gastroentérologique.
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On entend généralement par infection une atteinte bactérienne de la peau glabre ou des poils. Cependant la peau peut aussi être contaminée par des virus, des parasites…
Infection bactérienne de la peau
Une bactérie est un organisme vivant unicellulaire qui existait sur terre bien avant l’apparition de l’Homme.
Stérile à la naissance, la peau se recouvre ensuite de bactéries » normales » dites saprophytes (jusqu’à un million de germes par cm², beaucoup moins cependant que la bouche, le tube digestif ou le vagin).
Comme la Terre, la peau est recouverte de niches écologiques très diverses (type et nombre de bactéries très divers), avec des régions comparables à des forêts tropicales (orifices, aisselles) et d’autres à des déserts (avant-bras, dos).
Cette flore appelée microbiote cutané se modifie tout au long de l’existence, sous l’influence du lieu de vie (Tropiques, montagne, mer… ), de la prise de médicaments (immunosuppresseurs, antibiotiques… ) ou de l’utilisation de cremes cortisonées, antibiotiques… , de changements
hormonaux (puberté, grossesse… ) ou de maladies (diabète, insuffisance
rénale, SIDA… ).
Certaines de ces bactéries peuvent se reproduire en trop grand nombre et donner une infection.
D’autres ne sont pas » normalement » présentes sur la peau sauf en certains endroits (autour du nez ou périnée) et peuvent la coloniser pour diverses raisons (présence dune plaie par exemple ) et provoquer une infection.
C’est le cas par exemple dustaphylocoque doré ou de certains streptocoques qui sont la cause de la majorité des infections cutanées bactériennes.
Peau glabre
L’infection de la peau glabre est le plus souvent responsable d’impetigo, de panaris, d’érysipèle…
Les soins des cheveux peuvent être purement cosmétiques (coloration ou décoloration des cheveux, shampoing des cheveux et choix d’un shampoing… ). Ces soins cosmétiques sont le plus souvent réalisés à la maison.
En savoir plus sur la chirurgie de la calvitie
Les soins apportés par le dermatologue sont le traitement des cheveux gras, le traitement des pellicules, les cheveux fins et plats, les cheveux secs, traitement des cheveux cassants, traitement de la chute de cheveux, greffe de cheveux…
L’eczema du bebe ou eczema atopique, comment le reconnaître ?
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ECZEMA
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La forme typique de dermatite atopique débute vers 3 mois.
Dans 50 à 70% des cas, un parent au 1er degré est atopique (antécédents d’eczéma atopique chez le papa par exemple)
La première manifestation d’eczema atopique du bébé est souvent la sécheresse cutanée. Ensuite surviennent un ecéma des convexités du visage (joues notamment) et des membres.
Environ un eczema atopique du bébé sur deux guérit vers 2 ans.
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Consulter un dermatologue : en cabinet ou en téléconsultation
Le dermatologue est le médecin spécialiste de la peau, des cheveux, des ongles, des poils et des muqueuses. Il prend en charge l’ensemble des maladies cutanées — des plus courantes (acné, eczéma, mycoses) aux plus graves (mélanome, cancers cutanés) — ainsi que la dermatologie esthétique et les infections sexuellement transmissibles.
Délais de rendez-vous trop longs en cabinet ? Souvent 3 à 6 mois d’attente.
Le Dr Rousseau, dermatologue et vénérologue depuis plus de 25 ans, est disponible souvent dès le lendemain en téléconsultation vidéo.
Dermatoscope et dermatologue — image générée par IA
💡 Ce qu’il faut apporter à la consultation : liste des médicaments en cours, carnet de santé ou résumé des antécédents dermatologiques, photos des lésions si elles sont intermittentes (urticaire, eczéma en crise…), résultats d’examens antérieurs (biopsies, bilans allergologiques).
Faut-il une ordonnance de son médecin traitant pour consulter un dermatologue ?
En France, la Sécurité Sociale recommande de passer par son médecin traitant avant de consulter un spécialiste (parcours de soins coordonnés). Sans orientation par le médecin traitant, la consultation reste possible mais est moins bien remboursée. En téléconsultation, la consultation est facturée comme avis ponctuel de consultant et n’est pas remboursée par l’Assurance Maladie — l’orientation préalable n’est donc pas obligatoire.
Combien coûte une consultation de dermatologue ?
En cabinet secteur 1, la consultation est au tarif conventionnel de la Sécurité Sociale, partiellement remboursée. En téléconsultation avec le Dr Rousseau, la consultation est facturée au tarif d’un avis ponctuel de consultant — non remboursée par l’Assurance Maladie, renseignez-vous auprès de votre mutuelle.
Quels problèmes de peau peut-on soigner en téléconsultation ?
La très grande majorité des dermatoses courantes : acné, eczéma, psoriasis, urticaire, rosacée, gale, herpès, zona, mycoses, chute de cheveux, taches, vitiligo, IST à manifestations cutanées. La téléconsultation ne remplace pas l’examen physique pour les actes techniques (dermoscopie des lésions pigmentées suspectes, chirurgie, injections).
Le dermatologue peut-il prescrire des médicaments en téléconsultation ?
Oui — si un traitement est nécessaire, le Dr Rousseau transmet une ordonnance électronique par email à l’issue de la consultation. Elle est valable dans toute pharmacie en France comme une ordonnance classique, y compris pour les médicaments à prescription restreinte (isotrétinoïne, biothérapies) dans le respect des règles habituelles.
Dermite péri-orale : causes, symptômes et traitement des boutons autour de la bouche
La dermite péri-orale (ou dermatite péri-orale) est une dermatose inflammatoire fréquente caractérisée par des rougeurs, papules et pustules localisées autour de la bouche, parfois autour du nez et des yeux. Elle touche principalement les femmes entre 15 et 45 ans, souvent sur terrain de dermatite atopique modérée. Bien qu’elle ressemble à l’acné ou à la rosacée, elle en est distincte et ne répond pas aux mêmes traitements — voire s’aggrave avec certains d’entre eux.
La dermite péri-orale se présente typiquement comme un semis de papules et pustules érythémateuses de petite taille (1 à 3 mm), sans comédons (points noirs) — c’est le signe distinctif par rapport à l’acné. Les lésions forment un halo autour de la bouche, avec classiquement un liseré de peau saine respectant la zone immédiatement péri-labiale (la peau au contact direct des lèvres est épargnée).
La localisation est péri-buccale dans la grande majorité des cas — voir boutons autour de la bouche — mais une extension péri-nasale (ailes du nez, sillon naso-génien) et péri-oculaire est fréquente, réalisant parfois une atteinte diffuse du visage dans les formes importantes. Des plaques infiltrées peuvent se former dans les plis du visage lors des poussées sévères.
Les patients décrivent souvent un cortège de symptômes fonctionnels : démangeaisons, picotements, dysesthésies, sensation de peau irritable. Une colonisation secondaire bactérienne (staphylocoque) ou par Demodex folliculorum (démodécidose) est possible et peut compliquer le tableau.
Causes et facteurs déclenchants
La cause exacte de la dermite péri-orale reste débattue — elle serait liée à une perturbation de la barrière cutanée péri-orale sur terrain prédisposé, associée à une réponse inflammatoire dysrégulée. Plusieurs facteurs déclenchants ou aggravants sont bien documentés :
Dermocorticoïdes — premier facteur causal identifié : l’application répétée de crèmes cortisonées sur le visage (même en dehors de la zone péri-orale) est le facteur déclenchant le plus fréquent. Le paradoxe de la dermite péri-orale est que les dermocorticoïdes la soulagent à court terme mais l’entretiennent et l’aggravent à long terme — créant un cercle vicieux où le patient applique plus de cortisone pour soulager la dermite causée par la cortisone.
Cosmétiques occlusifs et crèmes riches : les crèmes grasses occlusives, certains fonds de teint, les baumes lèvres épais favorisent la macération péri-orale et déclenchent ou entretiennent la dermite.
Dentifrice fluoré : plusieurs cas de dermite péri-orale déclenchée par les dentifrices fluorés ont été publiés. Le mécanisme n’est pas élucidé. En cas de dermite péri-orale résistante, tester un dentifrice sans fluor pendant 4 semaines est une démarche diagnostique légitime.
Nettoyage excessif : le sur-nettoyage du visage avec des savons agressifs ou des démaquillants alcoolisés altère la barrière cutanée et favorise les poussées.
Exposition solaire : le soleil est un facteur aggravant reconnu — protéger la zone péri-orale en été est recommandé.
Diagnostic différentiel — comment ne pas confondre
Dermatose
Points communs
Différence clé
Acné
Papulo-pustules, péri-oral
Comédons (points noirs) présents dans l’acné — absents dans la dermite
⚠️ Erreur à ne pas faire : appliquer des dermocorticoïdes sur une dermite péri-orale — même si cela soulage transitoirement — entretient et aggrave la maladie. C’est la cause la plus fréquente de formes chroniques difficiles à traiter.
Traitement de la dermite péri-orale
Le traitement repose sur trois piliers indissociables, à conduire simultanément pendant 3 mois minimum — durée indispensable pour obtenir une rémission durable.
1. Arrêt de tous les dermocorticoïdes — mesure la plus importante, souvent la plus difficile car une aggravation transitoire (rebond) survient dans les 2 à 4 semaines suivant l’arrêt. Il faut prévenir le patient de cet effet rebond pour éviter qu’il ne reprenne la cortisone. L’arrêt doit être total — y compris les formulations légères.
2. Antibiothérapie orale — la doxycycline 100 mg/j pendant 1 mois est le traitement de référence de première intention. En cas de contre-indication (femme enceinte, enfant < 8 ans, allergie), l’érythromycine ou le métronidazole per os sont les alternatives. Des cycles peuvent être répétés en cas de rechute.
3. Traitement topique — le métronidazole topique (gel à 0,75 % ou 1 %) appliqué matin et soir en complément de l’antibiothérapie orale. L’érythromycine topique ou l’ivermectine topique sont des alternatives. À poursuivre 3 mois.
Mesures associées indispensables : simplifier au maximum la routine cosmétique (supprimer les crèmes grasses et les fonds de teint occlusifs), nettoyer le visage avec un pain dermatologique doux sans savon, protéger la zone péri-orale du soleil, changer de dentifrice si suspicion de lien avec un dentifrice fluoré.
La réponse au traitement est habituellement bonne mais lente — ne pas s’attendre à une amélioration avant 4 à 6 semaines. Les rechutes sont possibles, notamment à la reprise des corticoïdes topiques ou lors d’un changement cosmétique.
Dermite péri-orale chez l’enfant
La dermite péri-orale existe aussi chez le jeune enfant, souvent dès 6 mois et surtout avant 5-6 ans, plus fréquemment chez les petites filles. Les facteurs spécifiques à l’enfant sont la sucette (tétine) — le contact répété fragilise la peau péri-orale — et le tic de léchage des lèvres — la salive acide macère et entretient la dermite. Le traitement chez l’enfant adapte les antibiotiques oraux à l’âge (érythromycine plutôt que doxycycline avant 8 ans) et insiste sur l’arrêt de la sucette et la correction du tic de léchage. Voir l’article complet sur les boutons autour de la bouche chez l’enfant.
Questions fréquentes sur la dermite péri-orale
Combien de temps dure le traitement de la dermite péri-orale ?
Le traitement complet dure 3 mois minimum. La doxycycline orale est prescrite 1 mois, le métronidazole topique est poursuivi 3 mois. Une amélioration visible ne se constate généralement pas avant 4 à 6 semaines. Les formes chroniques entretenues par des années de dermocorticoïdes peuvent nécessiter des cycles répétés d’antibiothérapie.
La dermite péri-orale récidive-t-elle après traitement ?
Oui — les récidives sont fréquentes, surtout si les facteurs déclenchants ne sont pas corrigés (reprise de dermocorticoïdes, cosmétiques occlusifs, dentifrice fluoré). Après un premier épisode traité, éviter toute corticothérapie topique sur le visage et maintenir une routine cosmétique simplifiée réduit significativement le risque de récidive.
Peut-on se maquiller pendant le traitement de la dermite péri-orale ?
Oui, mais avec des produits non comédogènes et non occlusifs. Éviter les fonds de teint couvrants épais, les BB creams grasses et les baumes lèvres riches pendant la phase de traitement. Préférer les fonds de teint fluides non occlusifs. Démaquiller avec de l’eau micellaire douce sans rinçage pour éviter de frotter la zone péri-orale.
La dermite péri-orale est-elle contagieuse ?
Non — la dermite péri-orale n’est pas une infection et n’est pas contagieuse. Elle n’est pas transmissible par contact direct. En revanche, si une surinfection bactérienne secondaire (staphylocoque) est présente, les soins d’hygiène habituels suffisent à éviter toute propagation.
Quelle différence entre dermite péri-orale et rosacée ?
La rosacée s’accompagne de rougeurs diffuses permanentes du visage (érythrose), de télangiectasies (petits vaisseaux visibles) et est aggravée par la chaleur, l’alcool et les épices. La dermite péri-orale est strictement localisée autour de la bouche (et parfois du nez et des yeux), sans érythrose de fond ni télangiectasies. Les deux peuvent coexister. Le traitement par tétracyclines (doxycycline) est commun aux deux maladies.
Le cutis laxa est une maladie rare caractérisée par une perte de l’élasticité de la peau donnant un aspect de vieillard, généralement présent dès la naissance.
Il existe une transmission variable, récessive ou dominante
Cause
Déficit en lysine oxydase > absence presque totale de tissu élastique : « peau trop grande ».
Diagnostic
Peau trop grande, aspect de vieillard souvent dès la naissance
Atteintes viscérales : pulmonaire+++ ( emphysème, hernie diaphragmatique, bronchectasies et infections respiratoires récidivantes ), cardiaovasculaires (coarctation aortique, sténose de l’artère pulmonaire, valvulopathies mitrales ou aortiques, ectasie aortique, communication interventriculaire ou interauriculaire), digestives (hernies inguinales, ombilicales, diverticules intestinaux ou oesophagiens, prolapsus rectal)…
Traitement
Il n’existe pas de traitement
— on recherche, surveille et traite les manifestations extracutanées associées
— on identifie le mode de transmission > conseil génétique ;
Irritation sous la poitrine : causes, photos et traitements
Une irritation sous la poitrine — rougeur, boutons, démangeaisons ou suintement sous les seins — est un problème fréquent. La zone sous-mammaire est particulièrement exposée à la macération, la chaleur et les frottements, ce qui favorise les infections et les irritations. Voici comment identifier la cause et trouver le bon traitement.
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Pourquoi la zone sous la poitrine est-elle si sensible ?
Le pli sous-mammaire cumule plusieurs facteurs favorisant les irritations et les infections :
Macération — la transpiration stagne dans le pli, surtout par chaleur
Frottements — les baleines du soutien-gorge irritent répétitivement la peau
Chaleur et humidité — terrain idéal pour la prolifération fongique et bactérienne
pH acide des plis — favorise le développement des levures (Candida)
Ces facteurs expliquent pourquoi une même zone peut présenter plusieurs problèmes superposés. Le diagnostic précis oriente le traitement.
Les causes les plus fréquentes
1. Candidose sous les seins (mycose à Candida) — la cause n°1
Candidose sous les seins — fond rouge luisant avec pustules blanches en périphérie
La candidose est la cause la plus fréquente d’irritation sous la poitrine. Elle se reconnaît à :
Rougeur souvent suintante, à fond blanc crémeux
Pustules satellites en périphérie de la rougeur — signe très évocateur
Limites nettes, parfois avec une collerette squameuse
Démangeaisons et sensation de brûlure
Facteurs favorisants : surpoids, diabète, grossesse, immunodépression, traitement par antibiotiques ou corticoïdes, chaleur.
Traitement :
Lutter contre la macération : sécher soigneusement le pli après la toilette, éviter les sous-vêtements synthétiques serrés
Antifongiques locaux (éconazole, miconazole, ciclopirox) en crème, lait ou poudre — 2 fois/jour pendant 3 semaines, sur ordonnance
En cas de suintement : antiseptique doux (chlorhexidine aqueuse) avant l’antifongique
En cas d’échec ou de formes étendues : antifongique oral (fluconazole)
2. Dermatophytose (mycose à dermatophytes)
Moins fréquente que la candidose sous les seins. Elle donne des plaques sèches à extension centrifuge progressive, avec une bordure active légèrement surélevée et un centre qui se normalise. Elle est souvent associée à une mycose du tronc ou des bras environnants.
Traitement : antifongiques locaux (terbinafine, éconazole) pendant 3 semaines. En cas d’échec : terbinafine orale.
3. Irritation mécanique et de contact
L’irritation pure se reconnaît à une rougeur brillante, fripée, parfois avec de petites vésicules et une sensation de brûlure (plus que de démangeaison). Elle est souvent due à :
Frottements répétés des baleines ou du tissu du soutien-gorge
Toilette trop méticuleuse avec des antiseptiques irritants (Dakin*, eau de Javel)
Traitement : suppression du facteur irritant, crème émolliente douce, éventuellement dermocorticoïde léger de courte durée.
4. Eczéma de contact allergique
L’eczéma allergique sous les seins résulte d’une sensibilisation à un allergène — le plus souvent les parfums, conservateurs des crèmes de soins, ou les composants du soutien-gorge (nickel des agrafes, élastiques, teintures). Il se distingue par des vésicules prurigineuses et une évolution qui récidive à chaque contact avec l’allergène.
Traitement : identification et éviction de l’allergène (bilan allergologique avec patch-tests), dermocorticoïdes locaux.
5. Psoriasis inversé
Le psoriasis dans les plis (psoriasis inversé) se présente différemment du psoriasis classique : les plaques sont rouges, lisses et brillantes, sans les squames habituelles (éliminées par la macération). Il peut être isolé aux plis ou s’associer à des plaques typiques ailleurs sur le corps.
Traitement : dermocorticoïdes, inhibiteurs de la calcineurine (tacrolimus), antifongiques si surinfection associée.
6. Dermite séborrhéique
La dermite séborrhéique peut toucher les grands plis. Elle donne des plaques rouges légèrement squameuses. Souvent associée à des pellicules et une dermite du visage.
7. Maladies plus rares sous les seins
Dans de rares cas, une rougeur persistante sous les seins peut révéler :
Maladie de Hailey-Hailey — dermatose héréditaire avec vésicules et fissures en rhagades caractéristiques. Traitement : assèchement des plis, parfois chirurgie
Pemphigus végétant — rougeurs végétantes et bourgeonnantes dans les grands plis
Syphilis secondaire — plaques érosives végétantes dans les plis (syphilides) à évoquer devant une IST
Pustulose sous-cornée de Sneddon-Wilkinson — pustules en arcs ou anneaux sur le tronc et les plis
Impétigo, herpès — voir articles dédiés
Comment distinguer les causes ? Le tableau récapitulatif
Cause
Aspect caractéristique
Signe clé
Candidose
Rouge luisant, fond blanc crémeux
Pustules satellites en périphérie
Dermatophytose
Plaque sèche, bordure active
Extension centrifuge, centre qui se normalise
Irritation
Rouge brillant, fripé
Brûlure > démangeaison, cause évidente
Eczéma allergique
Vésicules prurigineuses
Récidive au contact du même produit
Psoriasis inversé
Rouge lisse et brillant, sans squames
Antécédents de psoriasis, plaques ailleurs
Conseils pratiques pour prévenir l’irritation sous la poitrine
Séchez soigneusement le pli sous-mammaire après la douche, sans frotter
Préférez les soutiens-gorge en coton, sans baleine ou avec baleines souples
Évitez les sous-vêtements synthétiques serrés qui favorisent la macération
En cas de transpiration excessive, une légère couche de poudre de talc peut aider à absorber l’humidité
Évitez les savons parfumés et les antiseptiques sur cette zone
En cas de surpoids, perdre du poids réduit significativement la macération des plis
Quand consulter en urgence ?
🚨 Consultez rapidement si :
— La rougeur s’étend rapidement ou s’accompagne de fièvre
— Des plaies ouvertes ou des décollements cutanés apparaissent
— La rougeur est unilatérale (sous un seul sein) et ne disparaît pas — à ne pas confondre avec une mastite ou une pathologie mammaire
— Aucune amélioration après 2 semaines de traitement bien conduit
Questions fréquentes sur l’irritation sous la poitrine
Comment savoir si j’ai une mycose ou une irritation sous les seins ?
La mycose à Candida se distingue par des pustules blanches en périphérie de la rougeur et un fond blanc crémeux. L’irritation simple donne une rougeur brillante sans pustules avec une sensation de brûlure. Un prélèvement mycologique réalisé par le médecin confirme le diagnostic en cas de doute.
Que mettre sous les seins pour soulager rapidement l’irritation ?
En attendant la consultation : séchez bien le pli, appliquez une crème émolliente douce sans parfum ou une crème cicatrisante au zinc. Évitez les antiseptiques irritants comme le Dakin. Si vous suspectez une mycose, une crème antifongique comme l’éconazole (disponible sans ordonnance) peut être essayée, mais un avis médical reste préférable pour adapter le traitement à la cause exacte.
L’irritation sous les seins peut-elle revenir souvent ?
Oui, les récidives sont fréquentes, surtout en cas de candidose, car les facteurs favorisants (chaleur, humidité, surpoids) persistent. Un traitement d’entretien et des mesures d’hygiène adaptées réduisent significativement les rechutes. Si les récidives sont très fréquentes, un bilan (diabète, immunodépression) est recommandé.
Une rougeur sous un seul sein est-elle inquiétante ?
Une rougeur unilatérale (sous un seul sein) mérite une attention particulière car elle peut correspondre à une cause locale spécifique, mais aussi plus rarement à une mastite ou une pathologie mammaire. Consultez un médecin si la rougeur unilatérale persiste plus de 10 jours malgré un traitement.
Peut-on prévenir les mycoses sous les seins en été ?
Oui. En été ou lors d’activités sportives, privilégiez les soutiens-gorge en coton respirant, séchez soigneusement le pli après la transpiration, et évitez de rester dans des vêtements humides. Une poudre antifongique préventive peut être utilisée en période à risque sur avis médical.
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Traitement de l’acné : guide complet par grade, médicaments et conseils pratiques
L’acné touche 6 millions de personnes en France et génère 5,4 millions de prescriptions médicales annuelles. C’est la première maladie dermatologique en fréquence. Si 85 % des adolescents en sont atteints, plus de 30 % des femmes adultes présentent une acné tardive persistante après 25 ans. Il existe des traitements très efficaces — mais le bon traitement dépend du grade de sévérité et du profil du patient. Ce guide présente les traitements classés par grade selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS 2015, actualisées 2024), les erreurs à éviter, et les options récentes comme la spironolactone.
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Avant tout traitement, il faut identifier et corriger les facteurs aggravants — les négliger rend tout traitement insuffisant.
Le soleil est un faux ami — il améliore parfois l’acné à court terme par effet anti-inflammatoire, mais cette amélioration est toujours transitoire. À l’arrêt de l’exposition, l’acné revient souvent plus forte. Le soleil aggrave en outre les taches post-acné et est contre-indiqué avec la plupart des traitements (cyclines, rétinoïdes).
Ne jamais triturer ses boutons — chaque manipulation d’un bouton d’acné multiplie par 3 à 5 le risque de cicatrice définitive. Elle diffuse les bactéries dans le derme et approfondit l’inflammation. C’est le conseil le plus important et le moins suivi.
Les frottements et contacts prolongés — mèche de cheveux sur le front ou les joues, casque, casquette, appui du menton sur la main — entretiennent et aggravent l’acné des zones de contact.
Chez la femme — certains contraceptifs peuvent aggraver l’acné, notamment ceux contenant du lévonorgestrel (Adepal®, Minidril®, Stérilet Mirena®, Trinordiol®…), du désogestrel, du gestodène ou du norgestrel. À l’inverse, certains contraceptifs peuvent améliorer l’acné : ceux à base d’acétate de cyprotérone (Diane®, Holgyeme®…), de drospérinone (Jasmine®, Jasminelle®, Yaz®…) ou de norgestimate (Tricilest®, Trafemi®…). Un bilan hormonal est recommandé en cas de règles irrégulières ou de pilosité du visage associée.
💡 Les résultats prennent du temps — tout traitement anti-acné nécessite au minimum 6 à 8 semaines avant de montrer son efficacité. Une aggravation transitoire dans les premières semaines est fréquente et ne doit pas faire interrompre le traitement.
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ACNE
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Le peroxyde de benzoyle est l’agent antibactérien topique de référence contre Cutibacterium acnes. Il a l’avantage majeur de ne pas induire de résistances bactériennes — contrairement aux antibiotiques topiques. Il est disponible à différentes concentrations (2,5 %, 5 %, 10 %) et sans ordonnance à 5 % (Curaspot®, Papclair®). Attention : il décolore les vêtements et les draps — appliquer de préférence le soir avec des textiles blancs. En cas d’irritation ou sécheresse, espacer les applications.
Rétinoïdes topiques (vitamine A acide) — traitement des comédons
La trétinoïne, l’adapalène et le trifarotène (Aklief®) constituent la classe des rétinoïdes topiques — traitement de référence des lésions rétentionnelles (points noirs, microkystes). Ils accélèrent le renouvellement cellulaire épidermique et désquament les follicules bouchés. Ils sont souvent irritants : appliquer le soir sur peau nettoyée et sèche, en petite quantité, et espacer les applications en cas d’irritation. Contraception obligatoire chez la femme.
Antibiotiques locaux — à associer systématiquement au peroxyde de benzoyle
La clindamycine et l’érythromycine topiques réduisent la colonisation folliculaire par C. acnes. Ils ne doivent jamais être utilisés en monothérapie — le risque de résistance bactérienne est élevé. Ils sont toujours prescrits en association avec le peroxyde de benzoyle, qui prévient l’émergence de résistances. Certains peuvent être irritants en raison de la présence d’alcool dans la formulation.
L’acide azélaïque (Skinoren® 20 % crème) est un agent kératolytique et antibactérien avec une action sur la pigmentation post-inflammatoire — utile chez les peaux foncées où les taches post-acné sont problématiques. Alternative aux rétinoïdes en cas d’intolérance ou pendant la grossesse (innocuité démontrée).
Traitements oraux contre l’acné
Cyclines (antibiotiques oraux)
La doxycycline (100 mg/j) et la lymécycline sont les antibiotiques oraux de référence dans l’acné inflammatoire modérée. Prendre de préférence le soir pendant le repas avec un grand verre d’eau. Durée maximale : 3 mois — au-delà, le risque de résistances bactériennes est trop élevé. Contre-indiqués chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 8 ans (en cas d’allergie ou contre-indication : érythromycine ou azithromycine). Contre-indication soleil et UV.
Isotrétinoïne (vitamine A acide orale) — traitement de référence des formes sévères
L’isotrétinoïne (Contracné®, Curacné®, Procuta®, Roaccutane®) est le seul traitement potentiellement curatif de l’acné — elle réduit durablement la taille et l’activité des glandes sébacées. Prescrite à 0,5-1 mg/kg/jour jusqu’à une dose cumulée de 120-150 mg/kg. Règles absolues :
Contraception obligatoire chez la femme, débutée 1 mois avant et poursuivie 2 mois après l’arrêt. Éviter le soleil et les UV. Ne pas associer aux cyclines (risque d’hypertension intracrânienne). Ne pas donner son sang pendant et 1 mois après le traitement. Évaluation du risque dépressif avant prescription (score ADRS recommandé).
Selon le Pr Brigitte Dréno (Hôtel-Dieu, Nantes) : « L’isotrétinoïne ne doit être prescrite qu’après un traitement antibiotique associé à un traitement topique bien mené. Néanmoins, lorsqu’elle semble indiquée en première ligne notamment devant une acné nodulo-kystique avec risque cicatriciel, sa prescription doit être discutée d’emblée. »
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Spironolactone — option pour les femmes (hors AMM)
La spironolactone est un diurétique épargnant le potassium avec une action anti-androgénique (inhibition de la 5α-réductase) particulièrement intéressante dans l’acné de la femme adulte. Elle est prescrite hors AMM en France mais fait l’objet de données solides. Dose habituelle : 100 mg/j (débutée à 50 mg/j pendant 6 semaines) ; 150 mg/j en cas de SOPK associé.
Critères prédictifs de bonne réponse : fluctuations de l’acné au cours du cycle menstruel, localisation mandibulaire et menton prédominante.
Un essai randomisé multicentrique publié dans le BMJ portant sur 410 femmes confirme une amélioration significative de l’acné à 24 semaines vs placebo, avec une bonne tolérance chez plus de 95 % des participantes passant à 100 mg/j. La spironolactone est à proposer en deuxième intention après les traitements locaux chez les adolescentes pour limiter le recours aux antibiotiques per os. En cas d’échec après 6 mois, l’isotrétinoïne peut être discutée. Une contraception est recommandée par précaution.
Traitement de l’acné par grade — recommandations HAS
La HAS (Haute Autorité de Santé) classe l’acné en 5 grades de sévérité avec un algorithme thérapeutique spécifique à chaque grade. Les recommandations de la SFD (Société Française de Dermatologie) datent de 2015 et ont été actualisées en 2024. Réévaluation systématique à 3 mois après chaque ligne de traitement.
Grade
Description
Traitement 1ère intention
Si échec à 3 mois
Grade 1
Très légère
Rares comédons et/ou papules
PBO ou rétinoïde topique
Intensification ou association
Grade 2
Légère
Comédons et/ou papules < ½ visage
PBO + rétinoïde topique
Rétinoïde + acide azélaïque + antibiotique local ou oral
Grade 3
Moyenne
Comédons et/ou papules > ½ visage
PBO + rétinoïde ± cycline orale
Isotrétinoïne 0,5 mg/kg/j
Grade 4
Sévère
Tout le visage atteint
PBO + rétinoïde + cycline orale
Isotrétinoïne (ou d’emblée si risque cicatriciel)
Grade 5
Très sévère
Acné nodulo-kystique très inflammatoire
Isotrétinoïne en 1ère intention
Débutée à faible dose (0,2-0,3 mg/kg/j) pour éviter l’acné fulminans
Résistances aux antibiotiques dans l’acné — un enjeu majeur
La résistance de Cutibacterium acnes aux antibiotiques est un problème croissant en dermatologie française, ralentissant la réponse au traitement et favorisant les rechutes. Les recommandations actuelles imposent de limiter strictement l’utilisation des antibiotiques dans l’acné — oraux à 3 mois maximum, topiques jamais en monothérapie.
Les trois règles anti-résistances à respecter absolument : limiter les antibiotiques topiques et oraux à leur indication stricte, ne jamais prescrire d’antibiothérapie orale seule sans traitement topique associé (monoantibiothérapie), et toujours associer le peroxyde de benzoyle aux antibiotiques topiques — il prévient l’émergence de résistances par son mécanisme non spécifique (oxydation des membranes bactériennes).
Traitement particulier de l’acné du dos
L’acné du dos (acné du tronc) répond à des règles thérapeutiques spécifiques. En se basant sur l’échelle de gravité TRASS (PubMed), le Groupe Étude de l’Acné a proposé en 2024 un algorithme thérapeutique dédié. Les formes sévères d’acné du dos sont souvent under-traitées car moins visibles socialement — elles peuvent pourtant être cicatricielles et justifient une prise en charge aussi rigoureuse que l’acné du visage.
Pour les traitements innovants incluant le laser : voir notre article acné et laser. Pour le nettoyage de peau (extraction des comédons en cabinet) : indiqué avant l’instauration de l’isotrétinoïne pour diminuer le risque de poussée inflammatoire initiale.
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ACNE DU DOS ET DU BUSTE
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Combien de temps faut-il pour que le traitement de l’acné soit efficace ?
Tout traitement anti-acné nécessite au minimum 6 à 8 semaines avant de montrer son efficacité. Une aggravation transitoire dans les premières semaines est fréquente et normale — elle ne doit pas faire interrompre le traitement. La réévaluation par le médecin est recommandée à 3 mois. Si aucune amélioration n’est constatée à 3 mois avec un traitement bien conduit, le médecin passe à la ligne thérapeutique suivante.
Peut-on traiter l’acné sans ordonnance ?
Pour les formes légères (grade 1-2), certains traitements sont disponibles sans ordonnance : peroxyde de benzoyle 5 % (Curaspot®, Papclair®) et adapalène 0,1 % (Differine® sans ordonnance depuis 2021). Ils peuvent être utilisés en attendant la consultation médicale. Pour toute acné modérée à sévère, la consultation chez le médecin ou le dermatologue est indispensable. Le pharmacien peut conseiller des produits adaptés et orienter vers une consultation rapide.
La spironolactone est-elle remboursée pour l’acné ?
Non — la spironolactone n’a pas l’AMM pour l’acné en France et est prescrite hors AMM. Elle n’est donc pas remboursée dans cette indication. Son coût est cependant modeste (médicament générique peu onéreux). Elle est prescrite uniquement chez la femme, avec une contraception recommandée par précaution.
L’acné peut-elle revenir après l’isotrétinoïne ?
Dans environ 20 à 30 % des cas, une rechute partielle survient après un premier traitement par isotrétinoïne, notamment si la dose cumulée totale était insuffisante (objectif : 120-150 mg/kg). Un deuxième cycle d’isotrétinoïne est alors souvent efficace. Les formes d’acné tardive de la femme récidivent plus souvent et peuvent nécessiter un traitement d’entretien (spironolactone, contraceptif anti-androgénique) après l’isotrétinoïne.
Isotrétinoïne et dépression — quel est le vrai risque ?
Le lien entre isotrétinoïne et dépression est débattu dans la littérature. Les études de grande envergure ne montrent pas d’augmentation significative du risque de dépression sous isotrétinoïne par rapport à la population générale acnéique. Néanmoins, par précaution, le score ADRS d’évaluation du risque dépressif est recommandé avant toute prescription. Tout changement de l’humeur pendant le traitement doit être signalé au médecin prescripteur.
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Laser anti-cellulite : endo-lipolyse, exo-lipolyse et radiofréquence
Le laser anti-cellulite agit par effet thermique infrarouge sur les adipocytes et les fibres de collagène. Il existe deux modalités fondamentalement différentes : l’endo-lipolyse, où la fibre laser est introduite sous la peau via une canule, et l’exo-lipolyse, appliquée directement sur la surface cutanée. Ces deux approches ont des cibles, des résultats et des délais d’action distincts — que cette page détaille en exclusivité dans le cluster.
Laser, radiofréquence ou ultrasons — quelle technique pour votre cellulite ?
Un bilan dermatologique permet d’identifier le type et le stade de la lipodystrophie pour orienter le choix thérapeutique. 📅 Téléconsultation avec le Dr Rousseau
Traitement de la cellulite
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CELLULITE
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Un laser émet un rayonnement monochromatique et cohérent à une longueur d’onde unique. Dans le traitement de la cellulite, ce sont les lasers émettant dans le domaine infrarouge proche qui sont utilisés — leur longueur d’onde leur permet de pénétrer jusqu’à l’hypoderme et d’y déposer une énergie thermique suffisante pour agir sur les adipocytes.
Propriété
Intérêt dans la cellulite
Longueur d’onde unique (IR proche)
Pénétration sélective jusqu’à l’hypoderme — ciblage précis des adipocytes
Effet thermique contrôlé
Les adipocytes « fondent » à partir d’environ 55 °C — température atteinte sans brûler les tissus sus-jacents si bien contrôlée
Action sur le collagène
La chaleur provoque la rétraction des fibres collagènes existantes et stimule la néocollagenèse — raffermissement cutané progressif
Effet coagulant vasculaire
Le laser coagule les petits vaisseaux au contact du faisceau — limite les saignements per-procédure
💡 Le même principe thermique infrarouge est utilisé dans le laser anti-rides pour la stimulation du collagène dermique. Dans le traitement de la cellulite, la cible est plus profonde — l’hypoderme — et la modalité d’application diffère selon la technique choisie.
Endo-lipolyse laser : action sous-cutanée directe
L’endo-lipolyse laser est la modalité la plus puissante : la fibre optique laser est introduite sous la peau via une fine canule, directement dans la masse graisseuse — comparable au principe de la liposuccion, mais avec une action thermique en plus de l’aspiration mécanique.
Caractéristique
Endo-lipolyse laser
Modalité
Mini-invasive — canule introduite sous la peau par une petite incision
Action principale
Fonte directe des adipocytes par chaleur (≈ 55 °C) — lipolyse thermique in situ
Action secondaire
Rétraction des fibres collagènes — limite la laxité cutanée post-procédure
Rétraction cutanée observable à partir de 4 mois après la séance
📌 Point clé : la lipolyse thermique ne produit pas un résultat immédiat comme l’aspiration mécanique de la liposuccion. Les graisses liquéfiées sont éliminées progressivement par le système lymphatique sur plusieurs semaines. La patience est indispensable — les résultats finaux s’évaluent à 4–6 mois.
Exo-lipolyse laser : action transcutanée
L’exo-lipolyse laser applique le faisceau directement sur la surface de la peau, sans introduction sous-cutanée. L’action est comparable à celle recherchée dans le traitement des rides : remodelage des couches profondes et amélioration de la tonicité cutanée.
Caractéristique
Exo-lipolyse laser
Modalité
Non invasive — application externe sur la peau
Action principale
Remodelage du derme profond — amélioration de la densité et de l’élasticité cutanée — atténuation de la peau d’orange
Appareils typiques
Lasers basse énergie associés à succion, refroidissement de contact et massage — 2 séances par semaine pendant 6 semaines
Effets secondaires
Ecchymoses possibles — rougeur transitoire — risque d’endommagement des tissus cutanés superficiels si énergie mal calibrée
Limite principale
Action moins profonde que l’endo-lipolyse — effet sur la graisse plus modéré
⚠️ L’exo-lipolyse laser peut endommager les tissus cutanés superficiels si l’énergie délivrée est trop élevée. Elle doit être réalisée par un médecin formé à la technique, avec des paramètres adaptés au phototype et à l’épaisseur du tissu traité.
Radiofréquence : une alternative au laser avec moins d’effets secondaires
La radiofréquence (RF) est souvent présentée comme une évolution du laser thermique, avec un profil de tolérance amélioré. Elle repose sur un mécanisme différent pour produire la même chaleur thérapeutique dans les tissus.
Paramètre
Laser IR
Radiofréquence
Mécanisme de chauffage
Absorption de photons par les tissus
Résistance des tissus au champ électrique alternatif (millions de Hz) → friction moléculaire → chaleur
Profondeur d’action
Liée à la longueur d’onde et à la puissance
Réglable selon la fréquence et les électrodes utilisées
Effets secondaires
Ecchymoses, rougeurs, risque de brûlure si mal calibré
Succion, refroidissement, massage — IR associés fréquents
Avantage RF vs laser
—
Moins d’effets secondaires — pas d’interaction avec les chromophores cutanés — utilisable sur tous les phototypes
💡 Les appareils combinant RF + IR + aspiration + massage (type Velashape®, Reaction®…) tirent parti des avantages des deux énergies : l’IR chauffe le derme superficiel, la RF atteint l’hypoderme profond, et l’aspiration mécanique potentialise le drainage lymphatique. Voir aussi la page infrarouges anti-cellulite.
Chronologie des effets : à quoi s’attendre et quand ?
La lipolyse thermique (laser ou RF) ne produit pas de résultats immédiats — c’est un point capital à comprendre avant de débuter un traitement. Les graisses liquéfiées sont éliminées progressivement par le système lymphatique et métabolique.
Délai post-séance
Ce qui se passe
Ce qui est visible
J0 à J7
Inflammation locale, vasodilatation, début d’élimination des adipocytes lysés
Rougeur, légère sensibilité — pas de résultat esthétique encore
1 à 2 mois
Élimination progressive des triglycérides libérés — réduction du volume adipeux
🟡 Premières améliorations de la silhouette visibles (endo-lipolyse)
3 à 4 mois
Synthèse de nouveau collagène — rétraction des fibres existantes
🟢 Raffermissement cutané progressif — réduction de la peau d’orange
4 à 6 mois
Maturation du remodelage conjonctif
🟢 Résultat final évaluable — tonicité cutanée améliorée
💡 L’endo-lipolyse laser est la seule technique qui combine réduction graisseuse ET rétraction simultanée du collagène en un seul acte — ce qui en fait une alternative intéressante à la liposuccion chez les patientes présentant une laxité cutanée modérée. Pour les cas sévères avec excès cutané important, la chirurgie avec plastie reste indiquée.
Quelle est la différence entre endo-lipolyse et exo-lipolyse laser ?
L’endo-lipolyse introduit la fibre laser sous la peau via une canule — action directe et puissante sur les adipocytes à environ 55 °C, avec rétraction simultanée du collagène. L’exo-lipolyse applique le faisceau sur la surface cutanée — action plus superficielle, orientée vers le remodelage du derme et l’amélioration de la tonicité, sans effraction de la peau. Les deux ont des délais de résultat différents et des indications distinctes.
Pourquoi les résultats du laser anti-cellulite ne sont-ils pas immédiats ?
Contrairement à la liposuccion qui aspire mécaniquement la graisse, le laser lyse les adipocytes par la chaleur. Les lipides libérés sont ensuite éliminés progressivement par le système lymphatique et métabolique — un processus qui prend plusieurs semaines. L’effet sur le collagène est encore plus tardif : la synthèse de nouvelles fibres et leur maturation demandent 3 à 6 mois. C’est pourquoi le résultat final n’est évaluable qu’à 4–6 mois après la séance.
Le laser anti-cellulite risque-t-il d’abîmer la peau ?
Un risque existe, notamment en exo-lipolyse, si l’énergie délivrée est trop élevée ou mal calibrée au phototype — brûlures superficielles, dyschromies. Pour l’endo-lipolyse, le risque est limité car le faisceau agit directement dans le tissu graisseux, loin des couches cutanées. Dans les deux cas, la procédure doit être réalisée par un médecin formé, avec des paramètres adaptés à chaque patiente.
Peut-on combiner laser et liposuccion lors d’une même intervention ?
Oui — certains protocoles chirurgicaux associent l’endo-lipolyse laser (pour la lipolyse thermique et la rétraction cutanée) à une lipoaspiration pour retirer la graisse liquéfiée. Cette combinaison, connue sous le nom de liposuccion assistée par laser (LAL), est décrite plus en détail dans la page chirurgie de la cellulite.
La radiofréquence peut-elle remplacer le laser anti-cellulite ?
La radiofréquence produit la même chaleur thérapeutique dans les tissus, mais par un mécanisme différent (résistance électrique au lieu d’absorption de photons). Ses effets secondaires sont globalement moindres que ceux du laser externe, et elle est utilisable sur tous les phototypes. Elle constitue une alternative sérieuse à l’exo-lipolyse laser pour le remodelage cutané, mais ne remplace pas l’endo-lipolyse pour les cas nécessitant une action profonde puissante sur la graisse.
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Laser CO2 fractionné : rides, cicatrices et resurfacing — guide patient
Traitement des rides et cicatrices au laser CO2 fractionné
Le laser CO2 fractionné est aujourd’hui la technique de référence pour le traitement des rides, des cicatrices d’acné et du vieillissement cutané. Il combine l’efficacité du laser CO2 ablatif classique avec une récupération beaucoup plus rapide, grâce à sa technologie fractionnée qui ménage des îlots de peau saine entre chaque impact laser.
Question sur le laser CO2 fractionné ou cicatrices d’acné ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Qu’est-ce que le laser CO2 fractionné ?
Le laser CO2 émet un faisceau infrarouge à 10 600 nm dont la cible est l’eau contenue dans les cellules cutanées. Il provoque une vaporisation contrôlée des tissus — c’est un laser ablatif : il enlève de la matière.
La technologie fractionnée est une évolution majeure : au lieu de traiter toute la surface de la peau d’un seul tenant (resurfacing complet), le laser tire des milliers de micro-impacts en grille, séparés par des zones de peau intacte. Ces zones saines accélèrent la cicatrisation et réduisent considérablement les suites opératoires, tout en stimulant une néoformation de collagène en profondeur.
Laser CO2 fractionné vs autres techniques — comparatif
Arrêt de l’isotrétinoïne (Roaccutane®) depuis au moins 6 mois — cicatrisation retardée
Traitement antiviral préventif (valaciclovir) prescrit systématiquement — le laser peut réactiver l’herpès labial
Pas d’exposition solaire dans le mois précédant
Pendant la séance
Le dermatologue applique le laser sur la zone à traiter en grille. La séance dure 20 à 45 minutes selon la surface. Des lunettes de protection sont portées par le patient et le praticien. Une sensation de chaleur intense et de picotements est ressentie — atténuée par la crème anesthésiante.
Suites opératoires semaine par semaine
Période
Ce qu’on observe
Soins à réaliser
J0 — quelques heures après
Rougeur intense, œdème, sensation de brûlure, chaleur
Antécédent de cicatrices chéloïdes ou hypertrophiques
Immunodépression sévère
💡 Peaux mates et phototypes IV–VI : le laser CO2 fractionné est possible mais doit être réalisé avec des paramètres adaptés et une préparation préalable de la peau (acide azélaïque, acide kojique) pour réduire le risque de taches pigmentaires post-laser. Informez toujours votre dermatologue de votre phototype.
Le laser CO2 fractionné à visée esthétique (rides, cicatrices d’acné cosmétiques, texture) n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. Aucun arrêt de travail ne peut être prescrit pour cet acte à visée esthétique. En revanche, le traitement de kératoses actiniques (lésions précancéreuses) par laser peut faire l’objet d’une prise en charge partielle.
Combien de séances faut-il pour traiter des cicatrices d’acné au laser CO2 fractionné ?
Pour des cicatrices d’acné atrophiques (en creux), il faut généralement 3 à 5 séances espacées de 2 à 3 mois. L’amélioration est progressive — les résultats se voient à partir de la 2e séance et continuent de s’améliorer pendant 6 mois après chaque séance, le temps que le nouveau collagène se forme. Les cicatrices « ice pick » (très profondes et étroites) répondent moins bien que les cicatrices « rolling » ou « boxcar » — une évaluation préalable par le dermatologue précise le pronostic.
Peut-on travailler la semaine suivant le laser CO2 fractionné ?
La majorité des patients peuvent reprendre le travail à partir de J5–J7 — quand la desquamation est terminée et que la peau neuve est visible, même si une rougeur rosée subsiste. Pour un travail en présentiel avec contact public ou événement important, prévoir 10 à 14 jours. Le télétravail est envisageable dès J3–J4 selon le confort. Il est important de prévoir cet évitement social à l’avance — les suites ne sont pas douloureuses mais l’aspect peut surprendre l’entourage.
Le laser CO2 fractionné est-il douloureux ?
Avec une crème anesthésiante appliquée 1 à 2 heures avant, la séance est très bien tolérée — sensation de chaleur et de picotements plutôt que de vraie douleur. Dans les heures qui suivent, une sensation de brûlure solaire intense est normale et régresse en quelques heures avec des compresses froides. Des antalgiques simples (paracétamol) suffisent si besoin. Certains praticiens proposent une sédation orale légère pour les patients anxieux.
Peut-on faire un laser CO2 fractionné en été ?
Non — c’est déconseillé. Le laser CO2 fractionné se réalise idéalement en automne ou en hiver, à distance de toute exposition solaire. La peau traitée est hypersensible aux UV pendant 6 mois après la séance — une exposition solaire pendant cette période peut provoquer des taches pigmentaires brunes (hyperpigmentation post-inflammatoire) persistantes. Si la séance a lieu au printemps, une protection solaire SPF 50+ stricte et le port d’un chapeau sont absolument indispensables.
Il est important de différencier le nettoyage dermatologique du nettoyage réalisé par une esthéticienne : le nettoyage de peau réalisé par le dermatologue est généralement plus profond. Le nettoyage de peau consiste à inciser et ouvrir les points noirs, micro kystes et comédons et d’en extraire le sébum.
Comment se passe un nettoyage de peau par un dermatologue
Le dermatologue nettoie tout d’abord minutieusement la zone à traiter Il incise ensuite les boutons, microkystes, comédons et points noirs avec un petit instrument (aiguille, lancette… ) Il extrait ensuite le contenu généralement à l’aide d’une curette percée, d’un « tire-comédon » ou en pressant avec une compresse. Parfois, le dermatologue applique un acide (acide trichloroacetique) sur le bouton (notamment lorsqu’il s’agit de gros boutons inflammatoires) afin stopper le saignement, de détruire la glande sebacee qui produit le sébum et de favoriser la cicatrisation
Le nettoyage de peau est donc source de rougeurs sur le visage et il vaut mieux l’éviter lorsqu’on doit assurer des fonctions sociales (travail, sorties… ) durant les jours qui suivent.
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POINTS NOIRS ET PORES DILATES
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Traitement de l’eczéma atopique : dermocorticoïdes, biothérapies et recommandations 2025
Le traitement de la dermatite atopique dépend de la sévérité des poussées et de l’âge du patient. Il repose sur plusieurs niveaux : soins de la peau sèche, dermocorticoïdes pour les poussées, et pour les formes sévères, des biothérapies ou inhibiteurs de JAK. Voici le point complet incluant les recommandations françaises 2025-2026.
Eczéma résistant aux traitements locaux ? Besoin d’un avis spécialisé ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
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ECZEMA
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Inhibiteurs de JAK (baricitinib, abrocitinib, upadacitinib)
≥ 2 ans (baricitinib), ≥ 12 ans (autres)
1. Lutter contre la peau sèche — traitement de fond
La sécheresse cutanée est le terrain de l’eczéma atopique — la corriger réduit la fréquence et la sévérité des poussées.
Bain ou douche à l’eau tiède, pas chaude, avec une huile bain ou syndet doux — pas plus de 10 minutes
Sécher en tamponnant (ne pas frotter) puis appliquer l’émollient sur peau encore légèrement humide
Émollient quotidien sur tout le corps, même en dehors des poussées
Vêtements en coton — éviter laine et fibres synthétiques
Cosmétiques sans parfum
Ongles coupés courts pour limiter les lésions de grattage
Éviter la chaleur excessive, la transpiration et le froid intense
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PEAU SECHE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Les crèmes à la cortisone sont le traitement de référence des poussées d’eczéma. Les parents craignent souvent leur utilisation — cette crainte est compréhensible mais ne doit pas conduire à sous-traiter : un enfant qui se gratte la nuit souffre, et les lésions de grattage favorisent les surinfections.
Comment bien les utiliser :
Appliquer uniquement sur les zones d’eczéma, sur peau propre
Dermocorticoïde de force adaptée à l’âge et à la localisation (faible sur visage et plis, modéré sur corps)
Durée : 4 à 7 jours par poussée, puis décroissance progressive
Quantité indicative : 1 tube (30g) par poussée pour un enfant de 4-5 ans — au-delà, reconsulter
3. Tacrolimus (Protopic®) — alternative aux dermocorticoïdes
Le tacrolimus est un immunosuppresseur local indiqué quand les dermocorticoïdes sont insuffisants ou contre-indiqués (visage, paupières, plis). Il réduit l’activité des lymphocytes T et inhibe la libération des médiateurs inflammatoires.
Protopic® 0,03% — enfant de 2 à 15 ans
Protopic® 0,1% — adulte et adolescent ≥ 16 ans
Application en couche mince sur toutes les zones atteintes, y compris visage et plis — éviter les muqueuses
4. Probiotiques
Des altérations du microbiote intestinal ont été observées chez les enfants atopiques. Des souches comme Bifidobacterium lactis, B. longum et Lactobacillus caseisemblent réduire la sévérité de la dermatite atopique et le recours aux dermocorticoïdes chez les enfants de plus d’un an. Les données restent préliminaires mais le rapport bénéfice/risque est favorable.
5. Formes sévères — recommandations françaises 2025-2026
💡 Ces recommandations sont issues des groupes de travail GREAT (Groupe de Recherche sur l’Eczéma ATopique) et de la HAS 2025. Tout traitement systémique nécessite une prescription initiale hospitalière et un suivi spécialisé.
1re ligne — Ciclosporine (≥ 16 ans)
La ciclosporine reste le traitement systémique de première intention selon la HAS pour l’adulte. Elle agit rapidement et peut être utilisée pendant la grossesse et l’allaitement.
Dose : 4 à 5 mg/kg/j
Durée idéale : moins de 12 mois (cure courte)
Le groupe GREAT estime qu’un accès remboursé en première ligne aux biothérapies serait souhaitable compte tenu du rapport bénéfice/risque
2e ligne — Biothérapies
⚠️ Vaccins vivants contre-indiqués pendant le traitement par biothérapies. Mettre à jour le calendrier vaccinal avant d’initier le traitement.
💡 Effet secondaire notable du dupilumab : une « head and neck dermatitis » (dermatite atopique tête et cou) est observée chez environ 10% des patients — probablement liée à des IgE anti-Malassezia élevées. Signaler au dermatologue si elle apparaît.
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DUPILUMAB ET BIOTHERAPIES
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⚠️ Populations à risque : selon les recommandations ANSM 2023, les JAKi doivent être utilisés avec prudence chez les patients ≥ 65 ans, fumeurs, ou présentant des facteurs de risque cardiovasculaire ou de tumeur maligne. Bilan préthérapeutique obligatoire.
JAKi
Cible
Âge minimum
Posologie
Baricitinib
Anti-JAK1/2
≥ 2 ans (non remb. enfant)
4 mg/j ou 2 mg/j (populations à risque)
Abrocitinib
Anti-JAK1
≥ 12 ans
200 mg/j ou 100 mg/j
Upadacitinib
Anti-JAK1
≥ 12 ans
30 mg/j ou 15 mg/j
6. Situations particulières
Eczéma chronique des mains
Alitrétinoïne — AMM uniquement chez l’adulte pour les formes sévères prédominant sur les mains
Delgocitinib topique (inhibiteur pan-JAK topique) — disponible en accès direct en pharmacie hospitalière pour l’eczéma chronique des mains modéré à sévère chez l’adulte (2 applications/jour)
Femme enceinte
Autorisés : ciclosporine, photothérapie UVB à spectre étroit
À discuter au cas par cas : dupilumab (peu de données)
Contre-indiqués : inhibiteurs de JAK (nécessitent une contraception efficace jusqu’à 1 mois après l’arrêt)
Allègement thérapeutique en cas de rémission (recommandations 2025)
Questions fréquentes sur le traitement de l’eczéma
Les crèmes à la cortisone sont-elles dangereuses pour un enfant ?
Non, utilisées correctement, elles sont sûres et indispensables. Le risque d’effets secondaires (atrophie cutanée, vergetures) n’existe qu’en cas d’utilisation prolongée, excessive ou sur des zones inappropriées. Appliquées en cure courte (4-7 jours) sur les zones enflammées, à la concentration adaptée à l’âge, elles ne présentent pas de risque. Sous-traiter une poussée est souvent plus dommageable pour l’enfant que de traiter correctement.
Quelle est la différence entre dupilumab et les inhibiteurs de JAK ?
Le dupilumab est une biothérapie injectable (anticorps monoclonal) qui cible deux cytokines spécifiques (IL-4 et IL-13). Les inhibiteurs de JAK sont des médicaments oraux qui bloquent une voie de signalisation inflammatoire plus large. Les deux sont efficaces dans les formes sévères, mais les JAKi nécessitent plus de précautions (bilan préthérapeutique, contre-indications cardiovasculaires) et sont soumis à des restrictions chez certaines populations à risque.
Le dupilumab peut-il être utilisé chez un nourrisson ?
Oui. Depuis l’avis ANSM de 2022 et son extension d’AMM, le dupilumab (Dupixent®) est autorisé dès 6 mois pour les formes sévères de dermatite atopique nécessitant un traitement systémique. C’est la seule biothérapie disponible pour cette tranche d’âge en France.
Peut-on arrêter le dupilumab quand l’eczéma est guéri ?
L’eczéma atopique sévère est une maladie chronique — le dupilumab contrôle la maladie mais ne la guérit pas définitivement. En cas de rémission prolongée (6 mois), les recommandations 2025 suggèrent d’espacer les injections plutôt que d’arrêter brutalement. L’arrêt complet doit être discuté avec le dermatologue car les rechutes sont fréquentes.
La photothérapie peut-elle traiter l’eczéma sévère ?
Oui. La photothérapie UVB à spectre étroit est une alternative aux traitements systémiques pour les formes modérées à sévères. Elle est réalisée en séances de 2-3 fois par semaine en milieu hospitalier ou dermatologique. Elle est autorisée pendant la grossesse. Son efficacité est bien établie mais elle est moins pratique que les traitements injectables ou oraux.
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ECZEMA
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La présence de grains de beauté est un des facteurs prédominant pour le risque de développer un mélanome, qui est un cancer de la peau
Il faut donc montrer et faire surveiller ses grains de beauté.
Il faut aussi consulter devant toute apparition ou modification d’un grain de beauté.
Changement de grain de beauté : danger de mélanome!
Il ne faut pas oublier que les grains de beauté peuvent aussi toucher les muqueuses et les ongles et que toute lésion à ce niveau doit être montrée au médecin.
A qui monter ses grains de beauté?
Les grains de beauté doivent être surveillés par un dermatologue car ils peuvent se transformer en mélanome et à l’inverse, un mélanome débutant peut facilement être pris pour un grain de beauté. Il est donc important d’enlever tout grain de beauté suspect.
Le dermatologue peut s’aider de la dermoscopie, une technique de visualisation agrandie des grains de beauté en immersion, permettant d’objectiver la structure d’un grain de beauté, afin de le distinguer d’un mélanome
Dermatoscope à immersionAutre type de dermatoscopeVue du grain de beauté à l’oeil nuVue du grain de beauté au dermoscope
Le dermatoscope a permis d’affiner le diagnostic des grains de beauté depuis son avènement et de diagnostiquer de façon plus sure et plus précoce les mélanomes
Montrer ses grains de beauté, est-ce remboursé par la Sécurité Sociale?
La Sécurité Sociale en France a mis en place une consultation spécifique de dépistage du mélanome pris en charge sans besoin de s’inscrire dans le parcours de soin (pas besoin de passer par le médecin traitant) chez le dermatologue une fois par an pour les patients à risque de mélanome définis par les recommandations de la Haute Autorité de Santé :
antécédent personnel ou familial de mélanome ;
phototype cutané de type I (peau claire, yeux bleus, cheveux clairs) ;
nombre élevé de nævus, de nævus de grande taille, de nævus atypiques ;
antécédents ou mode de vie avec expositions solaires intenses.
Lorsquon a des grains de beauté, a fortiori en grand nombre, on est plus a risque de développer un mélanome sur lensemble de la peau et pas seulement à l’endroit des grains de beauté. Il est donc inutile de les enlever tous.
Un autre facteur prédominant dans le risque de développer un mélanomeest l’exposition aux UV.
Il faut donc se protéger du soleil sur lensemble du corps lorsquon a des grains de beauté.
Le dermatologue, lors du controle des grains de beauté, peut décider d’enlever un grain de beauté en raison de son risque de degenerescence en melanome
Comment se faire enlever un grain de beauté ?
Lorsque le dermatologue enleve un grain de beaute, il prevoit generalement un rendez-vous de chirurgie
Le dermatologue realise une anesthesie de la zone située autour du grain de beaute (anesthesie locale).
En general, le grain de beaute est enleve au moyen d’un bistouri, et le dermatologue effectue des points de suture pour refermer la plaie
Le medecin effectue ensuite un pansement et donne des conseils pour les soins de la plaie
En general, les points doivent etre enleves par un medecin quelques jours ou quelques semaines apres l’intervention de chirurgie.
Le grain de beaute enleve est envoye dans un laboratoire d’anatomopathologie afin d’etre analysé.
Mauvais grain de beauté : comment reconnaître un grain de beauté qui change ou devient dangereux ?
Un grain de beauté qui change — qui grossit, change de couleur, de forme ou de relief — est le signal d’alarme le plus important du mélanome, le cancer de la peau le plus grave. Pourtant, tous les grains de beauté qui évoluent ne sont pas dangereux, et tous les mélanomes ne ressemblent pas à un « mauvais grain de beauté » classique. Savoir reconnaître les signes qui doivent alerter — et consulter rapidement — est le geste qui peut faire la différence entre un diagnostic précoce et une prise en charge tardive.
La règle ABCDE — reconnaître un grain de beauté suspect
La règle ABCDE est un outil de dépistage permettant d’identifier les grains de beauté présentant des caractéristiques suspectes. Elle ne s’applique pas à tous les types de lésions pigmentées — certains mélanomes dangereux n’ont pas ces caractéristiques, et certains grains de beauté atypiques ne sont pas cancéreux. Elle reste cependant le repère le plus utile pour l’autoexamen.
A — Asymétrie
Si l’on trace un trait imaginaire au milieu du grain de beauté, les deux moitiés n’ont pas la même forme. Un grain de beauté normal est symétrique. Une asymétrie notable est un signe d’alerte.
B — Bords irréguliers
Les bords d’un grain de beauté normal sont nets et réguliers. Des bords flous, dentelés, en carte de géographie ou qui s’effacent progressivement dans la peau environnante sont suspects.
C — Couleurs multiples
Un grain de beauté bénin est d’une couleur homogène (brun uniforme). La présence de plusieurs teintes au sein d’une même lésion — brun clair, brun foncé, noir, rosé, rouge, blanc, bleuté — est un signe d’alerte majeur.
D — Diamètre supérieur à 6 mm
La taille approximative d’une gomme de crayon. Tout grain de beauté dépassant 6 mm de diamètre mérite une surveillance rapprochée — même si de nombreux mélanomes débutants sont plus petits, et que certains grands grains de beauté sont bénins.
E — Évolution
C’est le critère le plus important — valable pour tout naevus, quelle que soit sa forme. Toute modification d’un grain de beauté existant doit conduire à consulter : changement de taille, de couleur, de forme, de relief, apparition de démangeaisons, saignement, croûte.
Changement de grain de beauté : danger de mélanome !
Grain de beauté qui change — quels changements doivent alerter ?
Un grain de beauté peut évoluer de plusieurs façons. Toutes ne sont pas dangereuses — mais aucune ne doit être ignorée.
Grain de beauté qui grossit
Une augmentation de taille progressive est le signe le plus fréquemment rapporté dans les mélanomes débutants. Elle peut être lente — sur plusieurs mois ou années — ou rapide sur quelques semaines. Toute croissance notable d’un grain de beauté stable jusque-là justifie une consultation sans délai. Un naevus qui double de taille en quelques semaines est une urgence dermatologique.
Grain de beauté qui change de couleur
L’apparition d’une nouvelle teinte au sein d’un grain de beauté jusque-là uniforme est particulièrement suspecte : une zone noire, une plage bleutée, une tache rosée ou une zone blanche (dépigmentation) au sein d’un grain de beauté brun sont des signes à prendre très au sérieux.
Grain de beauté qui saigne ou suinte
Un grain de beauté qui saigne spontanément ou au moindre frottement, qui forme une croûte ou qui suinte sans traumatisme apparent doit être montré en urgence à un dermatologue. Ce signe peut correspondre à un mélanome ulcéré ou à un carcinome basocellulaire.
Grain de beauté qui démange ou fait mal
Un naevus bénin est indolore et ne gratte pas. Des démangeaisons persistantes, une sensation de brûlure ou une douleur localisée sur un grain de beauté sont des signaux d’alarme à ne pas négliger.
Grain de beauté qui s’élève ou change de relief
Un grain de beauté plat qui devient surélevé, nodulaire ou qui développe une zone en relief au sein d’une lésion plane peut indiquer une transformation en mélanome nodulaire — forme particulièrement agressive à croissance rapide.
L’autoexamen cutané régulier est recommandé à tous, en complément du suivi dermatologique. Voici comment le pratiquer efficacement :
Fréquence : une fois par mois, après la douche, devant un grand miroir avec un miroir à main pour les zones difficiles d’accès
Zones à ne pas oublier : cuir chevelu (utiliser un sèche-cheveux pour écarter les cheveux), dos, plantes des pieds, espaces entre les orteils, ongles, zones génitales
Photographier ses grains de beauté avec un smartphone — une photo datée permet de détecter une évolution sur plusieurs mois
Consulter dès qu’un grain de beauté vous semble différent de ce qu’il était — même si vous n’êtes pas certain
⚠️ L’autoexamen ne remplace pas le suivi dermatologique annuel — certains mélanomes débutants sont invisibles à l’œil nu et ne sont détectables qu’à la dermoscopie.
Le rôle du dermatologue — dermoscopie et photographie
Le dermatologue dispose d’outils que l’œil nu ne peut pas remplacer :
La dermoscopie
La dermoscopie permet d’examiner les structures internes d’un grain de beauté inaccessibles à l’œil nu — réseaux pigmentaires, vaisseaux, globules, voile bleu-blanc — et de distinguer un naevus bénin d’un mélanome débutant avec une précision bien supérieure à l’examen clinique seul.
La photographie comparative
La réalisation de photographies standardisées de l’ensemble des grains de beauté permet une comparaison dans le temps — toute modification entre deux consultations est immédiatement visible, même minime. C’est particulièrement utile pour les patients porteurs de nombreux naevus atypiques.
L’exérèse
Tout grain de beauté jugé suspect à l’examen clinique et dermoscopique est enlevé chirurgicalement et analysé en anatomopathologie. C’est le seul moyen d’affirmer ou d’infirmer un mélanome avec certitude. Voir enlever un grain de beauté.
Naevus atypiques et risque de mélanome
Un naevus atypique (ou dysplasique) est un grain de beauté présentant un ou plusieurs critères ABCDE sans pour autant être un mélanome. Pris isolément, il n’est pas dangereux — mais sa présence en grand nombre augmente significativement le risque de développer un mélanome.
Les facteurs de risque cumulatifs sont :
Présence de nombreux naevus atypiques (plus de 5 à 10)
Expositions solaires intenses — coups de soleil dans l’enfance, UV artificiels
Immunodépression
En cas de naevus atypiques multiples, il est impératif de respecter scrupuleusement les règles de protection solaire et d’assurer un suivi dermatologique annuel avec photographie comparative.
Tableau récapitulatif — signes d’alerte du grain de beauté
Signe
Ce qu’il faut observer
Conduite à tenir
A — Asymétrie
Les deux moitiés ne se superposent pas
Consultation dermatologique
B — Bords
Bords flous, dentelés, irréguliers
Consultation dermatologique
C — Couleurs
Plusieurs teintes (noir, rosé, blanc, bleuté)
Consultation dermatologique
D — Diamètre
Supérieur à 6 mm
Surveillance rapprochée ou exérèse
E — Évolution
Toute modification (taille, couleur, relief, démangeaisons, saignement)
Consultation sans délai
Saignement / croûte
Spontané ou au moindre frottement
Urgence dermatologique
Questions fréquentes
Mon grain de beauté a grossi en quelques semaines — est-ce forcément un mélanome ?
Pas nécessairement — certains naevus bénins peuvent croître rapidement, notamment chez les jeunes ou pendant la grossesse. Mais une croissance rapide sur quelques semaines est un signal d’alarme qui justifie une consultation dermatologique urgente. Seul l’examen dermoscopique — et si nécessaire l’exérèse avec analyse anatomopathologique — permet de trancher avec certitude. Ne tardez pas : un mélanome diagnostiqué précocement (stade fin) est guérissable dans la grande majorité des cas.
Mon grain de beauté gratte depuis quelques jours — dois-je m’inquiéter ?
Des démangeaisons persistantes sur un grain de beauté sont un signe à ne pas ignorer. Une irritation passagère après un frottement peut expliquer une démangeaison transitoire — mais si elle persiste plusieurs jours ou si elle s’accompagne d’un changement d’aspect, consultez rapidement. Les démangeaisons figurent parmi les premiers symptômes signalés dans certains mélanomes débutants.
Quelle est la différence entre un grain de beauté atypique et un mélanome ?
Un naevus atypique (ou dysplasique) présente des irrégularités de forme, de bords ou de couleur sans pour autant être malin. Il est considéré comme un facteur de risque et non comme un cancer. Un mélanome est une tumeur maligne des cellules pigmentaires — il envahit les tissus et peut métastaser. Seule l’analyse anatomopathologique après exérèse permet de distinguer formellement un naevus atypique sévère d’un mélanome débutant.
À quelle fréquence faire contrôler ses grains de beauté ?
Pour une personne sans facteur de risque particulier, un contrôle dermatologique annuel est recommandé. En cas de naevus atypiques multiples, d’antécédents personnels ou familiaux de mélanome, ou de phototype très clair, la surveillance peut être semestrielle avec photographie comparative. Entre les consultations, l’autoexamen mensuel reste indispensable.
Un grain de beauté enlevé peut-il récidiver ?
Un naevus enlevé avec des marges saines ne récidive pas. Si l’exérèse est incomplète (berges atteintes), une ré-excision est nécessaire. Dans le cas d’un mélanome, des marges d’exérèse plus larges sont requises selon l’épaisseur de la tumeur (indice de Breslow), et un suivi oncologique est mis en place.
Il faut aider le retour veineux des jambes vers le coeur et éviter la stase veineuse dans les jambes
Aidez le retour veineux :
Dormez avec les jambes discrètement surélevées (5 à 6 cm suffisent)
. Vous pouvez utiliser une cale sous les pieds du lit ou sous le matelas, ou un dispositif d’allongement des pieds du lit.
Ayez les jambes allongées le plus souvent possible (lorsque vous regardez la TV, lisez )
Faites des sports doux : marche, natation, vélo
A la plage, marchez dans leau
Portez des collants ou bas de contention médicaux le plus souvent possible la journée (ils ne doivent pas être portés lors du repos allongé). Il existe des bas et collants tout à fait esthétiques, ressemblant à des bas-nylon classiques et pouvant être portés avec une jupe.
Evitez la stase : les bains trop chaud, les positions debout prolongée, le chauffage par le sol, les expositions des jambes au soleil, les sports violents ou augmentant la stase (tennis, equitation, athlétisme )
Traitement des varices et varicosités : sclérothérapie, laser et chirurgie
Le traitement des varices et varicosités dépend du bilan veineux initial — il ne faut pas traiter les varicosités sans avoir d’abord recherché et traité un reflux veineux sous-jacent. Cette page présente les différentes options thérapeutiques, leurs indications et leurs limites.
Les varices sont des dilatations molles des veines profondes (saphènes, collatérales), visibles en relief sous la peau. Les varicosités sont de petits vaisseaux superficiels dilatés, violacés ou rougeâtres, de 0,1 à 2 mm de diamètre — appelées aussi télangiectasies ou veinectasies selon leur taille. Les deux s’inscrivent dans la même maladie veineuse chronique et relèvent d’approches thérapeutiques différentes.
Meilleur contact avec les parois — risque de microbulles
Laser Nd:YAG 1064 nm
Varicosités, veines réticulaires
❌ Non
Excellent résultat — plus douloureux, plus coûteux
Laser endoveineux
Varices des saphènes
✅ Remboursé si indication médicale
Alternative au stripping — même efficacité
Phlébectomie ambulatoire (Müller)
Varices collatérales moyennes
✅ Remboursé
Petites incisions — sans suture
Stripping
Grosses varices saphènes
✅ Remboursé
Chirurgie sous anesthésie — résultats durables
Contention veineuse seule
Reflux discret, sujet jeune
✅ Partiellement remboursé
Peut reculer l’échéance chirurgicale de 10 ans
La sclérothérapie — traitement de référence des varicosités
La sclérothérapie consiste à injecter un produit sclérosant (Aetoxysclérol®, glycérine chromée/Sclérémo®) directement dans la varicosité à l’aide d’une aiguille très fine. Le produit irrite la paroi du vaisseau, qui se fibrose et se ferme définitivement.
Deux formes de sclérothérapie
Sclérothérapie liquide — pour les télangiectasies fines (0,1 à 1 mm). La concentration du sclérosant est adaptée au diamètre du vaisseau (ex : Aetoxysclérol dilué à 0,5–1%)
Sclérothérapie à la mousse — le produit est émulsifié pour former une mousse qui améliore le contact avec les parois. Utilisée pour les veines réticulaires et les varices de taille moyenne. Attention aux microbulles pouvant migrer dans la circulation profonde
Incidents possibles de la sclérothérapie
Pigmentations brunes — dépôts de fer et d’hémosidérine, fréquentes, surtout sur peaux mates (phototypes IV–VI). Peuvent persister des années, aggravées par l’exposition solaire. Éviter le soleil dans les semaines suivant la sclérose
Thrombus intra-variceux — la varice noircit après injection (signe d’efficacité) ; les caillots doivent être évacués à la séance suivante par micro-incisions à l’aiguille
Nécrose cutanée — exceptionnelle, par surdosage ou passage dans une artériole ; laisse une petite cicatrice
Phlébite superficielle — très rare avec les produits actuels
Matting — apparition de nouvelles varicosités fines autour des zones traitées, liée à une déviation du flux
⚠️ Peaux mates et foncées (phototypes IV–VI) : risque de pigmentation séquellaire significativement plus élevé, même en dehors de toute exposition solaire. Informez votre médecin de votre phototype avant tout traitement.
Les lasers pour les varicosités
Laser
Efficacité varicosités
Remarque
Nd:YAG 1064 nm
✅✅ Excellente
Référence pour les veinectasies bleutées (1–2 mm) — plus douloureux
KTP, colorant pulsé, IPL
⚠️ Peu ou pas efficace
Non recommandés pour les varicosités des jambes
Laser endoveineux
✅✅ Très efficace
Pour les varices des troncs saphènes — sous guidage échographique
La chirurgie des varices
La chirurgie est indiquée pour les varices de grande taille avec reflux saphène confirmé à l’écho-Doppler. Elle ne concerne pas les simples varicosités.
Stripping — ablation du tronc saphène sous anesthésie locale ou générale. Stripping court (saphène interne tronculaire) ou long. Résultats durables
Phlébectomie ambulatoire de Müller — ablation des varices collatérales par micro-incisions de 2 mm sans suture, sous anesthésie locale. Souvent associée au stripping
Laser endoveineux / radiofréquence — alternatives mini-invasives au stripping. Même efficacité dans des mains expérimentées, récupération plus rapide
💡 Reflux discret chez un sujet jeune : la contention veineuse de classe 2 est souvent préférable à la chirurgie — elle peut reculer l’échéance opératoire de plus de 10 ans. La récidive est fréquente après chirurgie, quelle que soit la technique.
Quel est le prix d’une séance de sclérothérapie ?
La sclérothérapie des varicosités est un acte esthétique non remboursé par l’Assurance Maladie. Le tarif varie selon le praticien, la région et la durée de la séance :
Microsclérose simple (15–20 min, province) : 30 à 50 €
Séance avec repérage écho-Doppler ou sclérose-laser : le double environ
Paris et grandes villes : tarifs généralement plus élevés
De nombreuses séances sont souvent nécessaires — certains praticiens pratiquent des forfaits. Demandez un devis avant de commencer.
Questions fréquentes sur le traitement des varices
La sclérothérapie est-elle douloureuse ?
Les injections sont réalisées avec des aiguilles très fines — la douleur est généralement légère et bien tolérée. Certains produits (glycérine chromée) peuvent être légèrement plus irritants. Le laser Nd:YAG 1064 nm est plus douloureux que la sclérothérapie mais son efficacité sur les veinectasies bleutées est excellente. La douleur reste dans tous les cas très inférieure à ce que les patientes anticipent souvent.
Combien de séances faut-il pour traiter des varicosités ?
Le nombre de séances varie selon l’étendue des lésions et leur réponse au traitement. En général, 2 à 5 séances espacées de 4 à 8 semaines sont nécessaires pour un traitement complet. Des séances de retouche peuvent être utiles 6 à 12 mois après. La récidive à long terme est possible — l’insuffisance veineuse étant une maladie chronique.
Peut-on traiter les varicosités enceinte ?
Non — la sclérothérapie et le laser sont contre-indiqués pendant la grossesse. La contention veineuse (bas de compression) reste le seul traitement recommandé pendant la grossesse. Le traitement des varicosités doit être reporté après l’accouchement et la fin de l’allaitement, idéalement 3 à 6 mois après.
Faut-il voir un dermatologue ou un phlébologue pour une sclérothérapie ?
Les deux spécialistes sont formés à la sclérothérapie. Le dermatologue est particulièrement compétent pour les varicosités superficielles et la sclérothérapie esthétique. Le phlébologue (angiologue) est spécialisé dans le bilan écho-Doppler et la prise en charge des varices profondes. Pour les varicosités isolées sans varices, le dermatologue est un choix tout à fait adapté.
Un virus est un organisme infectieux de très petite taille. Il est tellement petit qu’il peut pénétrer dans les cellules de la peau. Sa caractéristique est qu’il se reproduit en utilisant le matériel d’un hôte (la cellule) : il l’infecte et lui fait » fabriquer » d’autres virus. Quels sont les interactions virus et peau ?
Lors d’une contamination virale de la peau, le virus loge donc généralement dans les cellules de la peau ou dans les nerfs qui en dépendent pour les virus du groupe Herpes.
De nombreux virus peuvent infecter la peau humaine. Parmi ceux-ci on peut citer :
Le parapsoriasis est une affection ) distinguer du psoriasis. Il existe globalement deux types de parapsoriasis, le parapsoriasis en gouttes et le parapsoriasis en plaques.
1/ Parapsoriasis en gouttes
Le parapsoriasis en gouttes est une maladie d’origine inconnue : différentes infections ont été incriminées (brucellose, toxoplasmose, staphylocoque, streptocoque, Adénovirus de type 11, EBV et VIH, spirochètes…
Elle est rare : 1 cas pour 1 000 à 1 500 personnes.
Le parapsoriasis en gouttes est une maladie bénigne, mais de longue durée, évoluant sur quelques mois ou quelques années selon les formes, évoluant par poussées mais cette maladie est habituellement uniquement cutanée.
Diagnostic
Le parapsoriasis en gouttes est généralement décrit sous deux formes :
forme aiguë
Il s’agit du parapsoriasis varioliforme, maladie de Mucha-Haberman, pityriasis lichénoïde et varioliforme
Certains auteurs l’assimilent à la papulose lymphomatoide, une pathologie pouvant évoluer en lymphome
Elle est caractérisée par des boutons roses, orange ou violacés, entourées d’un halo rouge, qui peuvent se transformer en vésicules, puis donnant des croûtes hémorragiques noirâtres, qui peuvent s’ulcérer et donner des cicatrices
L’éruption peut s’accompagner de fièvre et de malaise et elle dure quelques semaines à plusieurs mois.
Une forme plus sévère appelée forme fébrile ulcéro-nécrotique de Mucha-Habermann comporte une fièvre élevée (40 à 41 °C), des signes neurologiques, une altération de l’état général, des douleurs abdominales, une pneumopathie interstitielle, une myocardite lymphocytaire, des manifestations rhumatologiques et elle peut mener au décès.
forme chronique
Il s’agit du parapsoriasis en gouttes de Juliusberg.
Elle est caractérisée par des boutons rouge-brun avec une squame adhérente centrale qui tend à se décoller spontanément. Les lésions guérissent sans cicatrice, mais peuvent laisser des troubles de la pigmentation souvent régressifs.
Pour etre sur du siagnostic le dermatologue fait le plus souvent une biopsie
Traitement
Le parapsoriasis en gouttes est une maladie d’origine inconnue pour laquelle aucun traitement n’est spécifiquement efficace. Le médecin essaie plusieurs médicaments souvent successivement pour tenter de contrôler la maladie.
Enfant
Héliothérapie et/ou un traitement par antibiotiques (tétracyclines si plus de 8 ans ou érythromycine/ azithromycine) +/- corticoïdes locaux et antiH1
Adulte
PUVAthérapie voire héliothérapie ou UVB.
Corticoides
La corticothérapie par voie générale s’utilise surtout dans les formes aiguës, ulcéro-nécrotiques et suraiguës
Disulone®, méthotrexate…
2/ Parapsoriasis en plaques
On distingues deux formes :
2.1/ Parapsoriasis en grandes plaques
Il s’agit du premier stade du mycosis fongoide, un lymphome de la peau. On le considere comme mycosis fongoide de de grade 0. Cependant l’ évolution vers le stade tumoral du Mycosis ne survient que chez moins de 10% des patients.
Il donne des taches rouges, souvent finement squameuses, bien circonscrites et persistantes.
On le traite par PUVATherapie et surveillance pour éviter la transformation en lymphome
2.2/ Parapsoriasis en petites plaques, digitiforme
Le parapsoriasis en petites plaques digitiformes est caractérisé par des taches de forme ovalaire, rouges avec souvent une teinte jaunâtre, dont le grand axe est orienté parallèlement aux côtes et à l’axe des membres.
L’abstention thérapeutique voire l’héliothérapie ou la PUVA therapie sont les traitements classiques
Quand faire des tests allergologiques (tests à la recherche d’une allergie) dans l’eczema de l’enfant et du nourrisson ?
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– Les traitements…
A/ Quand est-il utile de réaliser des tests allergologiques dans l’eczema de l’enfant et du bébé ?
Trois cas de figures indiquent de réaliser des tests à la recherche d’une allergie dans l’eczema de l’enfant :
– En cas de résistance de l’eczema de l’enfant à un traitement bien conduit, ou de récidives rapprochées.
– en cas de retard de croissance et de cassure des courbes staturo-pondérales
– en cas de manifestations autres que l’eczema de l’enfant : déclenchement de rougeurs autour de la bouche lors de l’ingestion de certains aliments (syndrome oral), d’urticaire ou d’angio oedeme, d’asthme, de rhino conjonctivite…
B/ Quels tests allergologiques peuvent être proposés dans l’eczema de l’enfant et du bébé ?
Les recherches d’allergie dans l’eczema de l’enfant et du bébé sont prescrites par le médecin qui s’orientera en fonction des doutes cliniques d’allergie. Il peut proposer de doser dans le sang :
Les IgE Totales (Anticorps responsables de l’allergie) et spécifiques
des tests aux pneumallergènes (allergies « respiratoires ») et trophallergènes (allergies « alimentaires »)
des tests cutanés
voire un test de provocation orale, en milieu hospitalier
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ECZEMA
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– Les causes
– Les traitements…
Maladie de Bowen : carcinome épidermoïde in situ — diagnostic et traitement
La maladie de Bowen est un carcinome épidermoïde in situ — un cancer de la peau strictement limité à l’épiderme, sans franchissement de la membrane basale. À ce stade, il ne métastase pas, mais sans traitement il peut évoluer vers un carcinome invasif. Le diagnostic et le traitement précoce sont curatifs dans la grande majorité des cas.
⚠️ Plaque rouge persistante, résistante aux crèmes, sur la jambe, les organes génitaux ou le doigt ?
Consulter rapidement un dermatologue — la maladie de Bowen est souvent méconnue plusieurs mois avant le diagnostic.
La présentation typique est une plaque rouge, bien délimitée, légèrement surélevée, parfois croûteuse ou squameuse, à surface irrégulière. Elle est indolore, d’évolution très lente sur des mois à des années, et résiste aux crèmes courantes — ce dernier point est souvent le signe d’alerte qui pousse à consulter.
Localisation la plus fréquente : jambe de la femme (forme classique), zones photoexposées en général.
Formes cliniques — présentations trompeuses
Localisation
Aspect caractéristique
Particularité
Jambe (femme)
Plaque rouge croûteuse, squameuse
Forme la plus fréquente — souvent confondue avec eczéma ou psoriasis
Muqueuses génitales et anales
Plaque rouge vif, lisse, luisante, indolore, bien limitée
Appelée érythroplasie de Queyrat — même histologie
Doigt / péri-unguéal
Lésion kératosique péri-unguéale ou sous-unguéale
Forme trompeuse — souvent confondue avec verrue ou onyxis
Forme pigmentée
Plaque brunâtre ou noire, irrégulière
Forme trompeuse — diagnostic différentiel avec mélanome in situ
Causes et facteurs de risque
Facteur
Mécanisme
Exposition solaire cumulée (UV)
Principal facteur — mutations de l’ADN kératinocytaire. Zones photoexposées prédominantes.
Arsenic
Arsenicisme chronique : viticulture, anciens herbicides arsenicaux, liqueur de Fowler, tannage du cuir. Forme multifocale caractéristique.
Papillomavirus (HPV16)
Impliqué dans les formes muqueuses génitales et anales — et dans certaines formes péri-unguéales (condylomes)
Immunodépression
Transplantés, VIH, immunosuppresseurs au long cours — risque multiplié et formes multiples
Diagnostic
Dermoscopie
La dermoscopie est l’examen de première intention. Signes caractéristiques :
— Vaisseaux glomérulaires (en points) disposés en agrégats — le plus évocateur
— Vaisseaux organisés en lignes dans les formes étendues
— Squames de surface
— Dans les formes pigmentées : vaisseaux en lignes entourés de pigment brun
Biopsie cutanée
Indiquée en cas de doute diagnostique clinique ou dermoscopique, et systématiquement avant tout traitement destructif pour confirmer l’absence d’invasion dermique (carcinome in situ vs carcinome invasif). La biopsie confirme la dysplasie épidermique sur toute l’épaisseur de l’épiderme avec respect de la membrane basale.
Diagnostic différentiel principal : psoriasis en plaque (squames épaisses argentées, dermoscopie différente), eczéma nummulaire (prurigineux, répond aux dermocorticoïdes), kératose actinique (plus fine, rugueuse, photoexposée), mélanome in situ pour les formes pigmentées.
Traitement
Le traitement est curatif à ce stade in situ. Le choix dépend de la taille, la localisation et l’état général du patient. Plusieurs options ont fait l’objet d’une revue Cochrane (Cochrane CD007281).
Traitement
Modalité
Indications préférentielles
Exérèse chirurgicale
Marge de sécurité 5 mm + histologie
Lésion localisée, forme pigmentée ou doute diagnostique — seul traitement permettant la confirmation histologique
Alternative aux lésions non chirurgicales, zones à risque cicatriciel
Cryochirurgie
Azote liquide — cycles de congélation
Lésions petites, bien délimitées
Laser CO2
Vaporisation
Formes muqueuses génitales, péri-unguéales rebelles
Surveillance après traitement : suivi clinique régulier pour détecter une récidive locale ou l’apparition de nouvelles lésions — en particulier chez les patients à risque (immunodéprimés, arsenicisme, exposition solaire cumulée importante).
Questions fréquentes
La maladie de Bowen est-elle un cancer dangereux ?
À son stade actuel — in situ — elle ne métastase pas. Traitée correctement, la guérison est la règle. Sans traitement, elle peut évoluer en carcinome épidermoïde invasif en quelques années, qui lui peut être agressif localement et métastaser dans environ 2 % des cas. L’enjeu est donc de la diagnostiquer et traiter avant cette évolution.
Comment distinguer la maladie de Bowen d’un eczéma ou d’un psoriasis ?
Trois éléments orientent : l’absence de réponse aux dermocorticoïdes après plusieurs semaines (une plaque d’eczéma ou de psoriasis répond au traitement), les bords très nets et réguliers de la lésion de Bowen, et l’aspect dermoscopique avec vaisseaux glomérulaires. En cas de doute persistant, la biopsie tranche définitivement — c’est toujours la bonne décision face à une lésion qui résiste aux traitements habituels.
La maladie de Bowen génitale est-elle contagieuse ?
Les formes génitales (verge, vulve, région anale) sont associées au HPV16 — virus sexuellement transmissible. Le partenaire doit être informé et bénéficier d’un examen par un dermatologue ou gynécologue. La vaccination anti-HPV chez les personnes non encore exposées reste protectrice contre les souches oncogènes.
Peut-on récidiver après traitement de la maladie de Bowen ?
Oui — le taux de récidive locale varie selon le traitement : il est plus faible après exérèse chirurgicale avec marges saines qu’après traitements topiques ou destructifs. De nouvelles lésions peuvent également apparaître à distance chez les patients à risque (immunodéprimés, arsenicisme). Une surveillance annuelle est recommandée.
Creme anesthesiante a la lidocaine et la prilocaine :
Il existe une creme anesthesiante permettant d’endormir la peau
Cremes à la lidocaine et prilocaine, qu’est-ce que c’est ?
La lidocaine et la prilocaine sont des anesthésiques locaux utilisés en dermatologie, notamment en applications locales afin d’obtenir une anesthésie de la peau avant un acte de chirurgie ou de laser
Appliquer la creme en couche epaisse sur la zone à anesthésier
La creme doit etre laissée sur la peau environ une heure avant l’intervention et environ 15 minutes sur la muqueuse du pénis
Pour l’anesthesie de la peau, il faut recouvrir la creme anesthesiante avec un pansement plastifié (fourni dans la boite le plus souvent). Si le pansement est trop petit, il est possible d’utiliser du cellophane alimentaire (plastique transparent en rouleau) pour recouvrir la creme
Ne pas appliquer de creme sur l’oeil ou a proximite des yeux
Une dartre est une zone souvent plus claire que la peau environnante, en raison de sa desquamation. En terme médical on parle d’eczematide. Il s’agit d’un problème fréquent chez les enfants et les jeunes adultes à peau mate, notamment sur les joues et les bras en fin d’été. Pour lutter contre les dartres, on utilise souvent des crèmes hydratantes et parfois des dermocorticoides.
Dartre
Les eczématides achromiantes, également appelées dartres ou pityriasis alba donnent des taches rosées qui peuvent démanger, évoluant en taches blanches, le plus souvent chez les enfants entre 3 et 16 ans mais se voient aussi chez l’adulte.
Dartres
Symptomes
Elles sont fréquentes en hiver et en fin d’été.
Elles touchent préférentiellement la face d’extension des bras, et surtout les joues, formant des taches blanches d’environ 0.5 à 2 cm sur les joues des enfants.
Chaque dartre évolue en deux phases et on a souvent une coexistence des deux phases chez un meme enfant :
Tache rosée
Au début elles sont rosées, et desquament (la surface peut être finement squameuse, rugueuses ou crouteuse. Elles peuvent être entourées d’une bordure rouge et crouteuse. Elles peuvent démanger
Tache blanche
Ensuite, elles forment une tache blanche et lisse ou finement squameuse, qui peut se repigmenter au soleil. Elles sont alors très visibles en été ou sur peau foncée (visibilité de la dépigmentation sur les peaux mates+++).
Chez l’enfant elles prédominent sur le visage, essentiellement sur les joues, autour de la bouche. Chez les adolescents et les adultes, on les retrouve plutôt sur les racines des bras, des cuisses, les épaules…
La durée d’évolution est très variable. Chez l’enfant, elles récidivent pendant plusieurs années, jusqu’à la puberté.
Dartres de joues
Causes
Il peut s’agir d’un signe mineur d’atopie. Elles existent cependant chez les enfants non atopiquesIl s’agit de plaques résultant de la desquamation de la peau bronzée (le bronzage ne concerne en effet que la couche superficielle de la peau, la perte de cette dernière engendre donc une perte locale du bronzage, doù un aspect de tache blanche).
Parfois les dartres sont entourées d’un liseré rouge qui peut démanger. On les traite alors avec des crèmes cortisonées et émolientes. Il faut cependant re-bronzer afin de faire disparaître ensuite les taches blanches.
Traitement
Eviter les taches blanches des joues et bras en été
Lutte contre les facteurs de risque :
-Protection solaire (le soleil accentue le renouvellement cutané) : éviter l’exposition entre 11 et 16h, chercher l’ombre, porter des vêtements amples et couvrants, appliquer de la crème solaire d’indice élevé sur les zones exposées.
– Protection contre la sécheresse de la peau (eau pas trop chaude et pains surgras ou sans savon pour la toilette, émollients, rincer la peau à l’au claire peu chaude après les bains de mer ou de piscine).
Soigner les taches blanches des joues et bras
Emollients, protection solaire, dermocorticoides à la phase erythemateuse
Lorsqu’il existe une dépigmentation il faut tenter de rebronzer grâce à une exposition solaire modérée, toujours associée aux conseils de protection solaire
Le meilleur traitement des dartres est donc préventif
Afin d’éviter de voir apparaitre des dartres :
Il faut appliquer des crèmes hydratantes avant et pendant l’été, afin de protéger et renforcer la couche superficielle de la peau.
et se protéger des expositions solaires intenses (voir la fiche consacrée à la protection solaire) car l’exposition au soleil agresse la peau et tend à la faire desquamer, ce qui encourage la formation des dartres.
Acné : causes, symptômes, traitements et conseils du dermatologue
Acné — image générée par IA
L’acné se manifeste par des points noirs, petits kystes blancs et boutons rouges sur le visage, le décolleté ou le haut du dos, souvent associés à une peau grasse et luisante. Elle touche 80% des adolescents mais peut persister à l’âge adulte, notamment chez la femme. Il existe de nombreux traitements efficaces permettant d’atténuer les boutons et de réduire le risque de cicatrices.
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ACNE
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– Les erreurs à éviter
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– Les causes
– Les traitements…
L’acné n’est pas due à un défaut d’hygiène, mais à une sensibilité hormonale
Elle ne guérit pas lors du mariage — elle s’atténue le plus souvent spontanément vers 18-20 ans
Manipuler ses boutons ne les améliore pas, bien au contraire
L’acné n’est pas contagieuse
C’est une maladie de la glande sébacée : sous l’influence des hormones sexuelles, la peau produit un excès de sébum qui obstrue les glandes sébacées, formant des points noirs et kystes blancs. La bactérie Cutibacterium acnes (anciennement Propionibacterium acnes) peut infecter ces lésions, les transformant en boutons rouges purulents (pustules).
Qui est concerné par l’acné ?
L’acné concerne 1/4 de la population française, soit environ 15 millions de personnes, dont 6 millions consultent — générant plus de 5 millions de prescriptions. C’est la pathologie cutanée qui motive le plus de consultations chez le dermatologue.
Acné — image générée par IA
Elle touche environ 80% des adolescents (dont 15% sous forme sévère) et près de 25% des adultes. En particulier, 20% des femmes adultes souffrent d’acné tardive.
Comment reconnaître l’acné ?
L’acné siège sur le visage et le haut du tronc. La peau est souvent grasse et luisante (séborrhée), notamment sur le front, le nez et le menton.
Glande bouchée sous la peau, sébum blanc par transparence
Faible
Bouton rouge
Papule
Boursouflure rouge, parfois douloureuse
Modéré
Bouton avec pus
Pustule
Papule avec point blanc central contenant du pus
Modéré
Boule rouge profonde
Nodule
Lésion inflammatoire profonde et douloureuse
Élevé
Gros kyste
Kyste
Lésion de quelques mm à cm, fréquente dans le dos
Élevé
Points noirs (comédons) vus de près — voir notre article sur les points noirs
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POINTS NOIRS ET PORES DILATES
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Acné inflammatoire avec pustulesPustule — bouton blanc contenant du pus
Pourquoi a-t-on de l’acné ?
L’hérédité
L’acné est plus fréquente et plus grave en cas d’antécédents familiaux. Des études sur les jumeaux confirment une base génétique. Une méta-analyse de 2022 identifie des gènes impliqués dans la réponse inflammatoire (TNF) et l’activité des glandes sébacées (CYP17A1, FST).
Le stress
Le stress est un facteur déclencheur de poussées d’acné : il stimule la libération de substance P par les cellules nerveuses, ce qui augmente la production de sébum. Une étude cas-témoins confirme une corrélation significative entre niveau de stress et taux de substance P chez les patients acnéiques.
Les hormones
Les hormones mâles (androgènes) jouent un rôle prépondérant dans l’acné, aussi bien chez l’homme que chez la femme. C’est pourquoi le traitement de l’acné chez la femme requiert parfois l’emploi d’une contraception adaptée ou de médicaments agissant sur les hormones.
Autres facteurs de risque
Une étude de 2020 identifie comme facteurs de risque : surpoids, peau grasse, règles irrégulières, alimentation sucrée et grasse, tabac, cosmétiques inadaptés, troubles du sommeil, stress, chaleur, pollution et hydrocarbures halogénés. Voir aussi notre article sur le régime et l’acné.
Formes particulières d’acné
Acné due aux médicaments ou aux cosmétiques
Certains médicaments (corticoïdes, lithium, vitamine B12…) et cosmétiques gras peuvent déclencher de l’acné. Signalez toujours vos traitements en cours à votre médecin.
Elle peut apparaître dès 6-7 ans et évoluer vers une acné sévère à l’adolescence. Un bilan hormonal peut être nécessaire en cas de signes d’hyperandrogénie. À noter : l’acné prépubertaire n’est pas en soi un signe de puberté précoce (définie par l’augmentation du volume des seins avant 8 ans chez la fille et du volume testiculaire avant 9 ans chez le garçon).
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ACNE DE LA FEMME
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L’acné excoriée est une acné manipulée, provoquant des plaies et un risque important de cicatrices. Elle nécessite une consultation médicale. Voir aussi notre article sur la dermatillomanie.
Acné et grossesse
La grossesse peut améliorer ou aggraver l’acné. Le traitement est difficile car de nombreux médicaments sont contre-indiqués pendant la grossesse. Consultez impérativement votre médecin.
Acné grave ou sévère
Acné fulminans — accompagnée de fièvre, fatigue et parfois de rhumatismes
Acné conglobata — acné débutant à l’adolescence avec grands comédons, kystes confluents et fistules purulentes sur le tronc, les épaules et les fesses
Acné nodulaire kystique — prédominance de kystes inflammatoires profonds
Hygiène du visage — nettoyage doux le soir avec un produit spécifique peaux acnéiques. Le matin, eau froide sans savon. En cas d’irritation, appliquer une crème hydratante
Évitez le soleil — c’est un faux ami : il améliore transitoirement l’acné mais provoque une poussée à l’arrêt (classique « poussée de la rentrée »). De plus, de nombreux traitements anti-acné sont photosensibilisants. Si exposition inévitable, utilisez une crème solaire non comédogène
Maquillage — privilégiez les fonds de teint en poudre ou texture non grasse, toujours non comédogènes
Rasage — préférez le rasoir électrique. Si vous utilisez une lame, changez-la souvent et assouplissez la barbe avec eau et savon doux avant. Évitez les lotions après-rasage contenant de l’alcool
Coiffure — évitez les mèches sur le front — les cheveux gras favorisent les boutons
Conséquences de l’acné
Sur le plan psychologique et social — l’acné est une dermatose affichante, touchant des zones visibles (visage, décolleté, dos), souvent à l’adolescence — période de fragilité émotionnelle. Il est essentiel de la traiter rapidement pour éviter son aggravation
Sur le plan physique — l’acné peut engendrer des cicatrices en creux ou en relief, dont le traitement (peeling, laser ablatif, chirurgie) est parfois difficile
Points clés
L’acné n’est pas due à un défaut d’hygiène mais à un problème hormonal — l’hygiène reste néanmoins importante
Elle touche surtout les adolescents mais aussi les adultes, avec de lourdes répercussions psychologiques
Ne touchez pas vos boutons : risque de cicatrices et taches brunes
Évitez le soleil : amélioration transitoire suivie d’une poussée
Y a-t-il une relation entre acné et alimentation ?
Le rapport est controversé mais des études récentes suggèrent que les sucres à assimilation rapide (index glycémique élevé) et certains produits laitiers écrémés pourraient jouer un rôle indirect en stimulant la production d’insuline, elle-même favorisant les androgènes et le sébum. Voir notre article régime et acné.
Mon acné s’améliore au soleil, dois-je m’exposer ?
Non. Le soleil est un faux ami : il améliore transitoirement l’acné mais provoque ensuite une résurgence des lésions (accélération de la comédogénèse). De plus, de nombreux traitements anti-acné sont photosensibilisants (cyclines, peroxyde de benzoyle, rétinoïdes). Utilisez une crème solaire non comédogène si vous vous exposez.
L’hygiène est-elle importante dans l’acné ?
L’acné n’est pas liée à un manque d’hygiène, mais un nettoyage doux du visage une fois par jour avec un produit spécifique peaux acnéiques est recommandé pour éliminer l’excès de sébum et limiter la prolifération bactérienne. Un nettoyage trop agressif ou trop fréquent peut au contraire aggraver l’acné en irritant la peau.
Quelle pilule contraceptive choisir en cas d’acné ?
Selon les recommandations HAS, le norgestimate (Triafemi, Tricilest) est la pilule avec AMM pour l’acné et est recommandée en deuxième intention. La drospérinone (Jasmine, Yaz) est souvent bien tolérée sur l’acné. Les pilules au lévonorgestrel sont plutôt acnéigènes mais restent recommandées en première intention. Discutez toujours du choix de votre contraception avec votre médecin en tenant compte de votre acné.
L’acné peut-elle laisser des cicatrices ?
Oui, notamment les nodules et kystes peuvent laisser des cicatrices en creux ou en relief. C’est pourquoi il est important de traiter rapidement l’acné, de ne pas manipuler les boutons, et de consulter un dermatologue dès que des lésions profondes apparaissent. Voir notre article sur les cicatrices d’acné.
L’acné de l’adulte est-elle différente de celle de l’adolescent ?
Oui. L’acné tardive de la femme adulte (après 25 ans) touche environ 20% des femmes. Elle est souvent liée à des facteurs hormonaux (cycle, grossesse, ménopause), au stress et à l’environnement. Elle répond parfois moins bien aux traitements classiques et nécessite souvent une approche hormonale. Voir notre article sur l’acné de la femme.
Qu’est-ce que le laser anti-acné ?
Il existe deux types de lasers : les lasers non ablatifs peuvent améliorer les lésions inflammatoires superficielles avec des effets transitoires, et les lasers ablatifs interviennent dans le traitement des cicatrices d’acné. Voir notre article laser et acné.
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ACNE
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Le carcinome spinocellulaire ou épidermoïde représente environ 1/3 des carcinomes cutanés.
Carcinome épidermoide débutant
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CARCINOMES CUTANES
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Pourquoi ai-je un carcinome épidermoide ou spinocellulaire?
Le soleil pris de façon régulière
Le cancer spinocellulaire ou epidermoide survient surtout sur les zones exposées au soleil car il résulte le plus souvent d’une irradiation solaire chronique, on l’observe donc préférentiellement sur les zones photo-exposées (visage, bras, jambes… ), chez les personnes de plus de 60 ans et dans certaines professions particulièrement exposées (agriculteurs, marins ouvriers du bâtiment…).
Les peaux claires
Les personnes ayant la peau claire (blonds, roux, yeux bleux… ) sont plus sensibles au soleil et ont donc plus de risque de développer un spino
Le papillomavirus dans certains cas
Les papillomavirus, responsables notamment des verrues génitales ou condylomes sont retrouvés dans la plupart des carcinomes epidermoides ano-génitaux et dans quelques carcinomes cutanés (du doigt en particulier), notamment chez la personne immunodéprimée
Qu’est-ce qu’un carcinome épidermoide ou spino?
Le spino peut prendre de nombreuses formes que seul un médecin pourra diagnostiquer
Il » pousse » et peut augmenter de taille, se creuser mais aussi il peut donner des métastases (localisations du cancer à distance dans les ganglions surtout, mais aussi parfois les organes… ). Ce risque métastatique est évalué à environ 0,5 à 10 % pour les carcinomes spinocellulaires classiques des zones photoexposées. La survie à 5 ans de ces formes métastatiques n’est que de 30%.
Il faut donc consulter devant toute apparition de tache ou bouton, a fortiori s’il se modifie.
Forme classique de spinocellulaire
Sa localisation en zone photo-exposée (visage, bras… ) et très souvent sur une lésion pré-existante en particulier une kératose solaire , Maladie de Bowen (ou carcinome épidermoide in situ), les cicatrices de brûlure, les radiodermites, les ulcères chroniques… et sur un fond de vieillissement de la peau sont évocateurs.
Le spinocellulaire a le plus souvent un aspect ulcéro-bourgeonnant : tumeur dure, avec aspect bourgonneant et souvent ulcéré sur le dessus.
Keratoacanthome, une forme de cancer spinocellulaire bien différenciéCarcinome epidermoide de l’oreilleCarcinome épidermoide débutant de la tempe
Formes plus rares
Corne cutanée
Corne cutanée : à considérer comme un carcinome épidermoide
Carcinome VERRUQUEUX
Il s’agit d’une forme en choux-fleur, siégeant le plus souvent sur les parties génitales ou les membres inférieurs (il est alors appelé carcinome cunniculatum et survient souvent sur des plaies chroniques de la jambe (ulcère) ou du pied.
Carcinomes épidermoides PÉRI-UNGUÉAUX
Il est souvent lié à la présence d’un papillomavirus oncogène (généralement de type HPV16), qui évoque une possible transmission sexuelle dans cette localisation. On recherche donc une localisation ano-génitale (vulve, pénis, col, anus) à type de carcinome epidermoide, de papulose bowenoide ou de maladie de Bowen.
Il ressemble le plus souvent à une verrue du doigt qui ne guérit pas sous traitement.
Formes muqueuses
Le cancer spinocellulaire peut survenir sur une muqueuse
bouche, lèvre :
souvent précédé d’une leucoplasie ou d’une kératose actinique de la lèvre
Carcinome épidermoide sur lichen scléreux chronique
Diagnostic du spinocellulaire
Le diagnostic du spinocellulaire est un acte médical qui nécessite donc impérativement une consultation médicale
Le médecin va avoir des éléments cliniques, topographiques, d’évolution évoquant un basocellulaire et le dermatologue utilisera très probablement un dermatoscope pour objectiver son impression clinique, il va regarder la lésion à travers cette sorte de loupe pour voir s’il existe des signes évocateurs de spinocellulaire :
Vaisseaux polymorphes (en points, glomérulaires, épingles à cheveux, linéaires irréguliers…) sur fond blanchâtre, avec des squames ou des croûtes de kératine vers le centre
Dermatoscope
Le médecin pratiquera ensuite une biopsie de peau : il prélève un bout du basocellulaire sous anesthésie locale et l’envoie en analyse.
Cette étape est essentielle car elle permet de prouver qu’il s’agit bien d’un spinocellulaire, pas une autre tumeur, qu’elle soit bénigne ou maligne et de quel type de spino il s’agit. Ceci déterminera la conduite à tenir pour le traitement
Traitement du cancer épidermoide
Il faut donc traiter rapidement un cancer spinocellulaire.
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CARCINOMES CUTANES
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La gale : symptômes, causes, diagnostic et traitement
La gale est une infestation parasitaire par un acarien appelé sarcopte, qui s’introduit sous la peau, y pond ses œufs et se développe. Souvent considérée comme une infection sexuellement transmissible chez l’adulte, elle se contracte par contact prolongé avec la peau ou les textiles d’une personne contaminée. Plusieurs membres d’une même famille sont souvent touchés simultanément.
Le traitement de la gale impose de soigner toutes les personnes de l’entourage susceptibles d’être contaminées, de laver les textiles à 60 °C (ou de les stériliser avec un acaricide dans un sac fermé 48 h), et doit être renouvelé 8 à 14 jours plus tard.
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GALE
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La gale est en constante augmentation depuis une vingtaine d’années. Elle touche environ 300 personnes pour 100 000 habitants, tous milieux sociaux et tous âges confondus. Son diagnostic peut être difficile, et le retard diagnostique rend le traitement long et complexe.
Cause de la gale : le sarcopte
La gale est due à un parasite invisible à l’œil nu : l’acarien Sarcoptes scabiei, mesurant environ 0,4 mm. La gale humaine est une maladie interhumaine — elle ne provient pas des animaux et ne leur est pas transmissible. Il existe des sarcoptes propres aux animaux (chats, chiens, porcs), dont la transmission à l’homme est possible mais exceptionnelle et se résout spontanément en quelques jours.
Caractéristique biologique
Données
Survie hors hôte
Quelques jours maximum (une semaine)
Mobilité optimale
Entre 25 et 30 °C — immobile sous 20 °C, tué en quelques minutes au-dessus de 55 °C
Ponte de la femelle
2 à 5 œufs par jour dans la couche superficielle de la peau, pendant 1 à 3 mois
Cycle de développement
Éclosion en 4–5 jours ; larve → adulte en 2–3 semaines
Progression sous la peau
Sillons visibles à l’œil nu (1 à 2 mm/jour)
Nombre de sarcoptes (gale commune)
1 à quelques dizaines d’adultes
Nombre de sarcoptes (gale profuse)
Plusieurs millions — forme très contagieuse (sujets âgés ou immunodéprimés)
Sarcopte vu au microscope
Cycle de vie du sarcopte
La dissémination est favorisée par la vie en collectivité : maisons de retraite, casernes, internats, crèches, écoles.
Les signes de la gale sont avant tout les manifestations de la réaction immunologique de la peau vis-à-vis du sarcopte, et non des effets directs du parasite.
D’autres membres de l’entourage sont simultanément atteints
Topographie des lésions
Espaces interdigitaux, emmanchures des aisselles, mamelons, nombril, fourreau de la verge, face interne des cuisses — dos, visage et cuir chevelu généralement épargnés (sauf nourrisson)
Sillons
Traînées sinueuses visibles sur les mains et entre les doigts — signent le trajet du sarcopte
Nodules scabieux
Boules rouges sur les organes génitaux externes (adulte) ou en zone axillaire (enfant)
Vésicules
Mains et pieds — presque exclusivement chez l’enfant
Le diagnostic est avant tout clinique. Le dermatologue dispose de plusieurs outils :
Outil diagnostique
Principe
Prélèvement parasitologique
Affirme la présence du sarcopte — rarement réalisé hors hôpital
Test à l’encre
Coloration des doigts et de la paume avec un feutre, puis lavage — l’encre reste dans les sillons et les révèle
Dermoscopie
Visualisation du sarcopte au fond d’un sillon (signe du deltaplane)
💡 « Toute démangeaison n’ayant pas les critères d’un eczéma ou d’une urticaire est une gale jusqu’à preuve du contraire. » — adage dermatologique classique. Le diagnostic peut être difficile : les lésions sont parfois très discrètes (« gale des gens propres »).
Cas particuliers
Forme
Caractéristiques
Page dédiée
Gale du nourrisson
Contorsions et reptations pour se frotter sur les draps. Vésicules des mains et des pieds. Atteinte possible du visage et du dos.
Connotation « maladie sexuelle » ou « maladie honteuse » — obligation d’informer partenaires, crèche, école, famille
Anxiété et isolement
Sentiment de honte, mise à l’écart sociale, difficultés relationnelles pendant le traitement
Traitement de la gale
On ne guérit pas spontanément de la gale. Le traitement repose sur des crèmes, lotions et/ou comprimés acaricides, et doit impérativement être renouvelé 8 à 14 jours plus tard.
Règle
Pourquoi
Traiter tout l’entourage simultanément
Un seul sujet non traité recontamine tous les autres
Renouveler le traitement à J8–J14
Les œufs résistent au traitement initial — la 2e application élimine les larves écloses
Laver les textiles à 60 °C
Tuer les sarcoptes dans les draps, vêtements, serviettes
Textiles non lavables
Sac fermé avec acaricide pendant 48 h (le sarcopte survit moins d’une semaine hors hôte)
Prurit résiduel après traitement
Normal pendant 2 à 4 semaines — réaction immunologique, pas signe d’échec
Doute sur le diagnostic ? Traitement qui semble inefficace ?
Le Dr Rousseau est disponible en téléconsultation pour confirmer le diagnostic et prescrire le traitement adapté. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
La gale nécessite un contact prolongé avec la peau ou les textiles d’une personne infectée. Un simple contact bref (poignée de mains) est généralement insuffisant. Dormir dans le même lit ou partager des vêtements représente un risque réel.
Peut-on confondre la gale avec l’eczéma ?
Oui, c’est fréquent. Un vieux dicton de dermatologie dit qu’il n’y a « rien de plus eczématiforme qu’une gale ». Des démangeaisons apparues après contact avec une personne présentant des boutons qui démangent doivent faire évoquer la gale. Seul un médecin peut établir le diagnostic.
La gale peut-elle venir des animaux ?
La gale humaine est une maladie interhumaine — elle ne provient pas des animaux et ne se transmet pas à eux. Il existe des sarcoptes spécifiques aux animaux (chats, chiens) qui peuvent exceptionnellement infecter l’homme, mais cette contamination se résout spontanément en quelques jours.
Combien de temps dure le traitement de la gale ?
Le traitement doit être appliqué une première fois puis renouvelé obligatoirement à J8–J14. Il faut traiter toutes les personnes de l’entourage et désinfecter les textiles (lavage à 60 °C ou acaricide en sac fermé 48 h). Voir notre article complet sur le traitement de la gale.
La gale provoque-t-elle des démangeaisons uniquement la nuit ?
Les démangeaisons prédominent la nuit mais peuvent aussi survenir la journée. La prédominance nocturne est un signe évocateur important pour le diagnostic.
Peut-on avoir la gale sans le savoir ?
Oui. La forme dite « gale des gens propres » présente des lésions très discrètes qui peuvent passer inaperçues. Un traitement d’épreuve est parfois prescrit chez une personne avec démangeaisons profuses sans diagnostic évident.
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GALE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Mélanome : symptômes, photos, diagnostic et traitement
Le mélanome est un des cancers de la peau les plus dangereux. Il se développe à partir des mélanocytes — les cellules responsables de la pigmentation — et peut ressembler à un simple grain de beauté. Détecté tôt, son taux de survie à 5 ans dépasse 90 %. Détecté tardivement avec métastases, il tombe à 20 %. Le dépistage précoce est donc l’enjeu essentiel.
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MELANOME
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
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– Les causes
– Les traitements…
Le mélanome est un cancer de la peau issu des mélanocytes. Dans plus de 90 % des cas il est cutané, mais il peut aussi se développer sur les muqueuses, sous les ongles ou dans les yeux. Il représente 3 % de l’ensemble des cancers mais c’est le cancer dont l’incidence augmente le plus vite : +10 % de nouveaux cas par an depuis 50 ans. En France, environ 10 000 nouveaux mélanomes sont diagnostiqués chaque année.
Sur le plan cutané, le mélanome peut prendre des formes très variées : tache marron, bouton, tache noire, nodule… Seul un médecin peut diagnostiquer un mélanome.
Plus de 50 grains de beauté, ou grains de beauté atypiques
🔴 Élevé
Exposition aux UV en cabine de bronzage
🟠 Très significatif
Immunodépression
🟠 Significatif
⚠️ Cabines de bronzage : une seule séance délivre 10 à 15 fois la dose d’UVA d’une exposition au soleil de midi. Commencer avant 35 ans augmente le risque de mélanome de 75 %. L’OMS a classé les appareils de bronzage parmi les cancérogènes certains.
Une étude de 2019 montre qu’avoir plus de 20 grains de beauté avant 20 ans, des cheveux clairs et une faible capacité à bronzer augmente le risque de mélanome par 3 à 4 par rapport à la population générale.
Mélanome épais — stade avancé
Comment reconnaître un mélanome ? La règle ABCDE
Le diagnostic clinique d’un mélanome repose sur la règle ABCDE — à appliquer sur tout grain de beauté suspect :
Lettre
Critère
Ce qu’il faut observer
A
Asymétrie
Les deux moitiés du grain de beauté ne se superposent pas
B
Bords irréguliers
Contours déchiquetés, en carte de géographie (non ronds ni ovales)
C
Couleurs multiples
Présence de plusieurs teintes : noir, marron, rouge, blanc dans la même lésion
D
Diamètre > 6 mm
Plus grand que la gomme d’un crayon (6 mm). Attention : certains mélanomes sont plus petits
E
Évolution
Tout changement récent de taille, forme, couleur — ou grain de beauté qui saigne, croûte, démange
💡 Le critère E (Évolution) est le plus important. Tout grain de beauté qui change doit être montré à un dermatologue sans délai.
Règle ABCDE — différencier grain de beauté et mélanomeChangement d’un grain de beauté — signe d’alerte
Les 4 types principaux de mélanome — photos
1. Mélanome à extension superficielle (SSM) — le plus fréquent
Le SSM représente environ 70 % des mélanomes. Il s’étend d’abord horizontalement pendant plusieurs mois ou années (phase intra-épidermique de bon pronostic), avant d’envahir en profondeur le derme. Il se présente comme une tache de contour irrégulier, de couleurs inhomogènes (noir, marron, rouge, blanc), d’abord non palpable puis en relief.
Le SSM peut régresser par endroits, laissant une zone blanche cicatricielle. Cette régression n’est pas un bon signe — elle témoigne de l’ancienneté du mélanome.
Régression centrale d’un mélanome SSM
2. Mélanome nodulaire
Le mélanome nodulaire évolue d’emblée en profondeur — sans phase superficielle préalable. Il se présente comme un nodule bleu-noir ou chair, qui grossit rapidement en quelques semaines à quelques mois, peut saigner ou s’ulcérer. C’est une forme de moins bon pronostic car souvent diagnostiquée tardivement.
Mélanome nodulaireMélanome nodulaire achromique — bouton rouge qui saigne
⚠️ Tout bouton rouge qui grossit rapidement doit être montré à un dermatologue — même sans pigmentation, il peut s’agir d’un mélanome nodulaire achromique.
3. Mélanome de Dubreuilh (lentigo malin)
Le mélanome de Dubreuilh se développe sur le visage des personnes âgées sous forme d’une tache brune inhomogène à plusieurs teintes. Il évolue lentement mais peut se transformer en mélanome invasif nodulaire.
Lentigo malin de Dubreuilh — tache brune du visageLentigo malin du nezMélanome de Dubreuilh évolué en nodule invasif
4. Mélanome acrolentigineux (mélanome acral)
Le mélanome acral siège sur les paumes, les plantes, les doigts et les orteils. Forme prédominante sur les peaux noires et asiatiques. Toute lésion évolutive de ces zones doit être montrée à un médecin.
Mélanome de la jambe — zone fréquente chez la femme
Mélanome vs grain de beauté — comment faire la différence ?
La différence entre un grain de beauté bénin (nævus) et un mélanome est parfois très difficile à l’œil nu — même pour un médecin expérimenté. Le dermatologue utilise la dermatoscopie pour analyser la structure interne de la lésion, invisible à l’œil nu.
La différence entre grain de beauté et mélanome est parfois difficile à voir
En cas de doute, le dermatologue pratique une ablation sous anesthésie locale avec des marges de 1 à 2 mm, suivie d’une analyse anatomopathologique. C’est le seul moyen de diagnostic certain.
Analyse anatomopathologique et classification
Indice de Breslow — épaisseur de la tumeur
C’est le principal facteur pronostique :
Épaisseur (Breslow)
Pronostic
Survie à 5 ans (approx.)
< 0,75 mm
Très favorable
> 95 %
0,75 à 2 mm
Intermédiaire
80–90 %
> 2 mm
Moins favorable — surveillance renforcée
Variable selon ulcération et ganglions
Stades de profondeur du mélanome — indice de Breslow
Classification AJCC en 4 stades
Stade
Définition
Survie relative à 5 ans
Stade I
Mélanome localisé ≤ 2 mm, sans ulcération ni ganglion
> 90 %
Stade II
Mélanome localisé > 2 mm ou ulcéré, sans ganglion
70–85 %
Stade III
Métastases ganglionnaires régionales
40–70 %
Stade IV
Métastases à distance
20–30 % (en amélioration avec immunothérapie)
💡 En cas de mélanome métastatique, une recherche de mutations BRAF, NRAS, c-Kit est réalisée pour adapter le traitement ciblé. L’immunothérapie a transformé le pronostic des stades IV ces dernières années, avec des rémissions complètes possibles.
Dépistage du mélanome
La Sécurité Sociale prend en charge une consultation annuelle chez le dermatologue sans passer par le médecin traitant pour les patients à risque (HAS) : antécédent personnel ou familial de mélanome, phototype I, nombre élevé de nævus ou nævus atypiques, expositions solaires intenses répétées.
Auto-examen cutané — méthode HAS (tous les 3 mois)
Étape
Zones à examiner
Étape 1 — examen direct
Paumes, plantes, ongles, doigts et espaces interdigitaux, face avant des bras, cuisses et jambes
Étape 2 — miroir en pied
Corps de haut en bas, puis de profil gauche et droit, bras levés
Étape 3 — miroir à main
Face interne et postérieure des jambes, dos des bras, nuque, dos, cuir chevelu, région génitale. Aide d’un proche si besoin.
Traitement du mélanome
Le traitement dépend du stade et est décidé en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP).
Traitement
Indication
Reprise chirurgicale (marges élargies selon Breslow)
Grain de beauté suspect ? Ne tardez pas.
Pour les lésions comme le mélanome, le délai de consultation est un facteur pronostique direct. Le Dr Rousseau est disponible rapidement en téléconsultation. 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Surveillance après mélanome
Point de surveillance
Détail
Risque de second mélanome
Consultez sans délai en cas de lésion nouvelle ou évolutive
Auto-examen cutané
Tous les 3 mois — méthode HAS décrite ci-dessus
Protection solaire
SPF 30 minimum en hiver, 50+ en été. Vêtements couvrants, chapeau, lunettes entre 12h et 16h. Voir protection solaire
Entourage familial
Parents, enfants, fratrie doivent se faire dépister annuellement
Rythme des consultations
Défini par votre dermatologue selon le stade — typiquement tous les 3 à 6 mois les 5 premières années
Pages spécialisées du cluster mélanome et cancers cutanés
Comment savoir si un grain de beauté est un mélanome ?
Appliquez la règle ABCDE : Asymétrie, Bords irréguliers, Couleurs multiples, Diamètre supérieur à 6 mm, Évolution récente. Le critère le plus important est l’évolution — tout grain de beauté qui change ou qui saigne doit être montré à un dermatologue sans attendre. Seul un dermatologue avec dermatoscope peut établir un diagnostic fiable.
Quelle différence entre une tache brune bénigne et un mélanome ?
Les taches brunes bénignes (lentigos solaires) sont uniformes, bien délimitées, de couleur homogène et stables dans le temps. Un mélanome est asymétrique, aux bords irréguliers, de plusieurs couleurs, et évolue. La distinction est parfois impossible à l’œil nu — c’est la dermatoscopie qui permet de trancher. En cas de doute, consultez toujours.
Peut-on guérir d’un mélanome ?
Oui, si détecté tôt. Le taux de survie relative à 5 ans dépasse 90 % pour les mélanomes de stade I. En cas de métastases au diagnostic, ce taux tombe à 20 %. L’immunothérapie a transformé le pronostic des formes avancées ces dernières années, avec des rémissions complètes possibles même à des stades métastatiques.
Les cabines de bronzage provoquent-elles le mélanome ?
Oui. Une séance en cabine délivre 10 à 15 fois la dose d’UVA d’une exposition au soleil de midi. Commencer avant 35 ans augmente le risque de mélanome de 75 %. L’OMS a classé les appareils de bronzage dans la catégorie des cancérogènes certains. Il n’existe aucune dose « sûre » d’UV artificiels.
Dois-je me faire dépister si ma famille a eu un mélanome ?
Oui. Les parents, enfants et frères et sœurs d’une personne ayant eu un mélanome doivent se faire examiner l’ensemble de la peau une fois par an chez un dermatologue. Cette consultation de dépistage est prise en charge par la Sécurité Sociale sans passer par le médecin traitant pour les patients à risque.
Comment se protéger du mélanome au quotidien ?
Appliquez une crème solaire SPF 50+ en été sur les zones exposées. Portez un chapeau à larges bords, des lunettes UV et des vêtements couvrants entre 12h et 16h. Évitez absolument les coups de soleil — un seul coup de soleil sévère double le risque de mélanome. N’utilisez jamais les cabines de bronzage. Pratiquez l’auto-examen cutané tous les 3 mois.
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Molluscum contagiosum : causes, symptômes et traitements
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MOLLUSCUM CONTAGIOSUM
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Le molluscum contagiosum est une infection virale bénigne de la peau due au Molluscum Contagiosum Virus (MCV), un poxvirus à ADN double brin.
Très fréquente chez l’enfant entre 2 et 10 ans, elle se manifeste par de petites tuméfactions rondes, nacrées et ombiliquées, apparaissant en nombre variable sur le tronc, les membres et les plis cutanés.
La transmission se fait par contact cutané direct entre enfants, par manuportage (grattage puis contact avec la peau saine) ou par objets partagés (serviettes, vêtements).
Dans la grande majorité des cas, l’évolution est spontanément favorable en quelques mois à deux ans, sans traitement. Cependant, la tendance à l’extension par auto-inoculation et le retentissement psychologique sur l’enfant et les parents justifient souvent une prise en charge active.
Chez l’adulte, le molluscum contagiosum de localisation génitale est une infection sexuellement transmissible (IST) pouvant révéler une immunodépression sous-jacente.
Molluscum contagiosum du pli axillaire chez un bébé
Causes : pourquoi mon enfant a-t-il des molluscums ?
Le MCV appartient à la famille des Poxviridae et comporte quatre génotypes (MCV-1 à MCV-4) :
– le MCV-1 est responsable de la quasi-totalité des cas chez l’enfant,
– le MCV-2 est plus fréquent chez l’adulte, notamment dans les formes de transmission sexuelle.
Le virus se transmet par :
– contact cutané direct entre enfants lors du jeu, des bains partagés,
– objets intermédiaires : serviettes de bain, vêtements, jouets,
– auto-inoculation : l’enfant se gratte les lésions puis touche une zone de peau saine,
– la fréquentation des piscines est suspectée comme facteur favorisant, mais non formellement prouvé.
Le délai d’incubation est de 10 à 50 jours après le contact contaminant.
L’âge le plus propice à la contamination se situe entre 2 et 4 ans.
Les climats chauds et humides favorisent la transmission, probablement en raison d’une peau moins couverte et d’une fragilité cutanée accrue.
Facteur de risque majeur : la dermatite atopique (eczéma).
Les enfants atteints d’eczéma atopique présentent une peau sèche et une barrière cutanée altérée, les rendant beaucoup plus vulnérables à la pénétration du MCV. Les molluscums sont souvent plus nombreux et plus étendus chez ces enfants.
Molluscums sur une plaque d’eczéma atopique du coude
Symptômes : à quoi ressemble un molluscum contagiosum ?
Les lésions apparaissent préférentiellement sur les convexités du tronc, les fesses, les zones génitales, la racine des membres, les plis des coudes et des genoux et parfois le visage.
Chaque molluscum se présente comme une petite tuméfaction ferme de 1 à 5 mm de diamètre, de couleur chair, rosée ou blanc nacré, avec une dépression centrale caractéristique en ombilic (petit « trou » sur le dessus).
En pressant doucement la lésion, il s’en échappe un contenu blanc nacré caséeux correspondant aux cellules épidermiques infectées par le virus.
Mollusca contagiosa : petites tuméfactions ombiliquées caractéristiquesMolluscum isolé de la joue chez un enfant
Évolution naturelle :
La guérison spontanée est la règle, le plus souvent après une phase inflammatoire locale (rougeur autour du molluscum) qui signe le début de l’élimination immune du virus. Cette phase peut précéder la guérison de plusieurs semaines.
On observe souvent simultanément chez le même enfant des zones rouges séquellaires de molluscums en voie de guérison et de nouvelles lésions par auto-inoculation, parfois plusieurs dizaines.
La durée totale d’évolution sans traitement est généralement de 6 mois à 2 ans.
Signes d’alerte à surveiller :
– lésions devenant rouges, douloureuses et chaudes : surinfection bactérienne secondaire,
– extension rapide et massive chez un enfant habituellement en bonne santé : évoquer une dermatite atopique sous-jacente ou un déficit immunitaire,
– lésions très nombreuses et atypiques : immunodépression à rechercher.
Molluscum contagiosum chez l’adulte
Chez l’adulte, le molluscum contagiosum présente des caractéristiques et une signification différentes de celles de l’enfant.
Transmission sexuelle :
La localisation génitale, pubienne ou péri-anale chez l’adulte est considérée comme une IST (infection sexuellement transmissible). Un bilan complet d’IST est recommandé : sérologies VIH, syphilis, chlamydia, gonococcie.
Transmission non sexuelle chez l’adulte :
– rasage (prêt de rasoir entre adultes),
– épilation à la cire en institut (partage d’instruments),
– tatouage.
Molluscum et VIH :
La présence de molluscums contagiosa profus, étendus ou atypiques chez un adulte peut être le signe révélateur d’une infection à VIH ou d’une autre immunodépression (chimiothérapie, corticothérapie prolongée, hémopathie). Le médecin peut demander une sérologie VIH devant des molluscums extensifs inexpliqués chez l’adulte immunocompétent a priori.
Traitement du molluscum contagiosum
Mesures préventives : limiter la contagion et l’auto-inoculation
– Ne pas gratter les lésions : l’auto-inoculation par grattage est la principale cause de multiplication des molluscums,
– éviter le partage de serviettes de bain, vêtements et objets de toilette,
– éviter les bains en commun avec les frères, sœurs ou amis tant que les lésions sont présentes,
– couvrir les lésions accessibles avec un pansement si l’enfant fréquente une piscine,
– en cas de dermatite atopique associée : traiter l’eczéma activement pour restaurer la barrière cutanée et limiter l’extension des molluscums.
Abstention thérapeutique : une option légitime
En cas de molluscums peu nombreux, non évolutifs et bien tolérés, une surveillance sans traitement est possible en attendant la guérison spontanée.
Cette option est souvent préférable chez le très jeune enfant pour qui les traitements destructeurs sont douloureux et traumatisants.
Elle doit être discutée avec les parents en leur expliquant la durée d’évolution naturelle prévisible.
Traitements destructeurs locaux
Hydroxyde de potassium (KOH) — traitement à domicile :
Solution kératolytique (Poxkare®, Molutrex®, Molusderm®) appliquée par les parents sur chaque molluscum jusqu’à obtention d’une rougeur locale signant la destruction de la lésion.
Disponible sur ordonnance. Traitement de première intention dans de nombreux cas car applicable à domicile sans douleur initiale.
Nécessite une application régulière et rigoureuse sur chaque lésion individuellement, en évitant la peau saine environnante.
Curetage :
Le dermatologue retire chaque molluscum à la curette après application préalable d’une crème anesthésiante (EMLA® à poser 60 à 90 minutes avant la consultation).
Technique efficace en une seule séance, mais le saignement punctiforme sur chaque lésion peut être impressionnant pour l’enfant et les parents.
En cas de molluscums très nombreux chez un jeune enfant, une anesthésie générale courte peut être discutée.
Vidange du contenu (expression) :
Après application de crème anesthésiante, le dermatologue incise et vide le noyau nacré de chaque molluscum manuellement ou à la pince. Technique simple et efficace pour les lésions isolées.
Cryothérapie à l’azote liquide :
Congélation de chaque molluscum provoquant la destruction cellulaire par formation de cristaux de glace.
Technique rapide mais douloureuse (la crème anesthésiante ne protège que partiellement du froid).
Risque de séquelles pigmentaires : taches blanches (hypopigmentation) ou taches brunes (hyperpigmentation post-inflammatoire), à prendre en compte notamment sur les peaux foncées.
Traitements laser
Laser CO2 :
Détruit les lésions par vaporisation. Efficace mais risque de cicatrices, réservé aux formes résistantes ou nombreuses.
Laser à colorant pulsé (PDL) :
Coagule les vaisseaux nourriciers du molluscum, entraînant sa nécrose progressive. Technique bien tolérée, efficace, mais coûteuse car non remboursée. Laisse une ecchymose locale transitoire.
Traitements émergents
Imiquimod (Aldara® 5 %) :
Immunomodulateur topique stimulant l’immunité innée. Utilisé hors AMM dans les molluscums résistants, notamment chez l’adulte immunodéprimé ou en cas de molluscums génitaux étendus. Résultats variables.
Acide trichloracétique (ATA) :
Application chimique destructrice utilisée par le dermatologue dans les formes résistantes, en alternative à la cryothérapie.
Questions fréquentes des parents
Mon enfant peut-il aller à l’école ou à la piscine avec des molluscums ?
L’éviction scolaire n’est pas recommandée : le molluscum contagiosum ne justifie pas d’arrêt de scolarité.
Pour la piscine, il est conseillé de couvrir les lésions accessibles avec un pansement imperméable et d’éviter le partage de matériel de bain. L’éviction de la piscine n’est pas obligatoire mais peut être proposée en cas de lésions très nombreuses ou évolutives.
Combien de temps durent les molluscums sans traitement ?
La guérison spontanée survient en général entre 6 mois et 2 ans. Certaines formes extensives chez l’enfant atopique peuvent persister plus longtemps.
Les molluscums laissent-ils des cicatrices ?
La guérison spontanée est généralement sans cicatrice. Les traitements destructeurs (cryothérapie, laser CO2, curetage) peuvent laisser de petites cicatrices ou des modifications pigmentaires transitoires, surtout sur les peaux foncées.
Mon enfant a des molluscums et de l’eczéma : que faire ?
Traiter activement l’eczéma atopique en priorité pour restaurer la barrière cutanée : cela limite significativement l’extension des molluscums. Les dermocorticoïdes appliqués sur les plaques d’eczéma n’aggravent pas les molluscums eux-mêmes.
Faire une recherche scientifique sur cette pathologie sur PubMed.
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MOLLUSCUM CONTAGIOSUM
« Secrets de dermatologue » :
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Grain de beauté : surveillance, types et signes d’alerte
Un grain de beauté (ou nævus) est un amas de cellules pigmentaires — les mélanocytes — dans la peau. Bénins dans leur grande majorité, les grains de beauté doivent être surveillés régulièrement car ils peuvent parfois évoluer vers un mélanome. Savoir les reconnaître, les surveiller et détecter les signes d’alerte est essentiel pour un dépistage précoce.
Un grain de beauté qui change, qui saigne ou qui vous inquiète ? Le Dr Rousseau, dermatologue depuis plus de 25 ans, peut analyser vos photos en téléconsultation — souvent disponible dès le lendemain.
Les mélanocytes sont les cellules responsables du bronzage et de la pigmentation naturelle de la peau. Un grain de beauté se forme lorsque ces cellules s’accumulent en amas localisé, formant une tache ou un relief de couleur brune, rosée ou bleutée. Le terme médical est nævus pigmentaire (pluriel : nævi).
Les nævi peuvent siéger sur la peau, mais aussi sous les ongles — donnant des bandes foncées longitudinales — ou sur les muqueuses.
Grain de beauté dans les cheveux
Caractéristique
Grain de beauté bénin typique
Taille
Inférieure à 5–6 mm
Couleur
Uniforme — brun clair à brun foncé, parfois couleur chair
Bords
Réguliers, nets, arrondis
Symétrie
Symétrique — les deux moitiés se superposent
Évolution
Stable dans le temps — pas de changement récent
Nombre moyen
20 à 30 chez un adulte jeune à peau blanche
Pourquoi a-t-on des grains de beauté ?
Les premiers nævi acquis apparaissent généralement entre 6 mois et 1 an et se multiplient durant l’enfance et l’adolescence. Un adulte jeune à peau blanche en possède en moyenne 20 à 30.
Les expositions solaires dans l’enfance influencent directement le nombre, la taille et le potentiel de transformation des grains de beauté. C’est pourquoi protéger les enfants du soleil est une mesure préventive essentielle contre le mélanome. Le phototype (peau claire, taches de rousseur, cheveux roux) est également un facteur de risque indépendant.
⚠️ Avoir plus de 50 grains de beauté constitue un facteur de risque de mélanome. Une surveillance annuelle chez le dermatologue est recommandée dès ce seuil.
Nombreux grains de beauté — syndrome du nævus dysplasique, facteur de risque de mélanome
Comment surveiller ses grains de beauté ? La règle ABCDE
Le dépistage clinique du mélanome repose sur la règle ABCDE, à appliquer sur chaque grain de beauté :
Lettre
Critère
Grain de beauté bénin
Signe suspect
A
Asymétrie
Symétrique — les deux moitiés se superposent
Asymétrique — les deux moitiés sont différentes
B
Bords
Réguliers, nets, arrondis
Irréguliers, déchiquetés, en carte de géographie
C
Couleur
Couleur uniforme, homogène
Plusieurs couleurs : noir, marron foncé, rouge, blanc
D
Diamètre
Inférieur à 6 mm
Supérieur à 6 mm (taille d’une gomme de crayon)
E
Évolution
Stable dans le temps
Tout changement récent de taille, forme, couleur, saignement ou croûte
Le critère E est le plus important. Tout grain de beauté qui change — même s’il vérifie les critères A, B, C, D — doit être montré à un dermatologue sans attendre.
Règle ABCDE — à gauche mélanomes, à droite grains de beauté bénins
La règle du « vilain petit canard »
La règle du vilain petit canard
La règle ABCDE est complétée par la règle du vilain petit canard : tout nævus qui ne ressemble pas aux autres grains de beauté présents sur votre peau (plus foncé, plus clair, plus rosé, plus grand) doit être montré à un médecin. Cette règle est particulièrement utile pour les patients qui ont de nombreux nævi atypiques.
Changement d’un grain de beauté — signe d’alerte à ne pas ignorer
Les principaux types de grains de beauté
Les nævi se classent selon leur origine (acquis ou congénitaux), leur structure histologique et leur aspect clinique. Voici un résumé des principaux types — pour une description détaillée, voir la fiche complète sur les nævi.
Nævi acquis bénins
Type
Aspect clinique
Point de vigilance
Nævus jonctionnel
Plat ou légèrement surélevé, brun foncé — mélanocytes à la jonction dermo-épidermique
Potentiel de transformation en mélanome chez l’adulte si non surveillé
Nævus dermique
En relief, souvent clair voire couleur chair — peut contenir des poils
Folliculite sous-nævique possible (grain rouge et gonflé) — consulter si modification
Nævus composé
Légèrement surélevé, brun — mélanocytes à la jonction et dans le derme
Surveiller selon la règle ABCDE
Nævus congénital
Présent à la naissance — peut être de petite à très grande taille
Nævi >20 cm : risque de transformation 2–8 % — exérèse ou surveillance rapprochée. Voir nævus congénital
Nævus de Sutton (halonaevus)
Grain de beauté entouré d’un halo blanc dépigmenté — fréquent avant 20 ans
Association avec vitiligo dans ~25 % des cas — mécanisme auto-immun
Nævus bleu
Couleur bleu ardoise (mélanine profondément située dans le derme)
Bénin mais à surveiller — aspect particulier peut inquiéter
Nævus de Spitz
Souvent rosé, peu ressemblant à un grain de beauté classique — fréquent chez l’enfant
Ablation chirurgicale recommandée au-delà de 12 ans (risque de confusion avec mélanome)
Nævus de Reed
Petit point noir bien délimité
Ablation recommandée au-delà de 12 ans
Nævus spilus
Nappe lentigineuse claire avec petits nævi plus foncés disposés dessus
Nævus dermique (en relief)Nævus de Sutton — halo blanc autour du grain de beautéHalonaevus de SuttonNævus spilusNævus de SpitzNævus congénital
Surveillance des grains de beauté par le dermatologue
Le dermatologue utilise la dermatoscopie pour analyser la structure interne des nævi — invisible à l’œil nu. Cet examen permet de distinguer un nævus bénin d’un mélanome débutant avec une précision nettement supérieure à l’examen clinique seul.
Profil
Fréquence de surveillance recommandée
Plus de 50 nævi, nævi atypiques, antécédents personnels ou familiaux de mélanome
1 fois par an chez le dermatologue
Modification d’un grain de beauté existant (taille, forme, couleur, saignement)
Sans délai — ne pas attendre le contrôle annuel suivant
Adulte sans facteur de risque particulier
Tous les 2–3 ans, ou sur avis médical
Nævus congénital de grande taille (>20 cm)
Surveillance rapprochée dès l’enfance — discussion d’exérèse chirurgicale
Contrôle annuel de vos grains de beauté ? Le Dr Rousseau réalise le bilan dermatoscopique complet en téléconsultation avec envoi de photos haute résolution — ou en cabinet.
Comment savoir si un grain de beauté est dangereux ?
Appliquez la règle ABCDE : Asymétrie, Bords irréguliers, Couleurs multiples, Diamètre supérieur à 6 mm, Évolution récente. Tout grain de beauté présentant un ou plusieurs de ces critères doit être montré à un dermatologue sans délai. La règle du « vilain petit canard » complète cette surveillance : tout nævus qui ne ressemble pas aux autres doit être contrôlé, même s’il est petit et régulier.
Un grain de beauté peut-il se transformer en mélanome ?
Oui, mais la majorité des mélanomes (70 %) apparaissent de novo sur une peau saine, sans nævus préexistant. Certains nævi — jonctionnels, atypiques, congénitaux de grande taille, ou présents en grand nombre — présentent un risque de transformation plus élevé. C’est pourquoi une surveillance dermatologique régulière est recommandée. Voir : mélanome malin — diagnostic.
Peut-on enlever un grain de beauté sans laisser de cicatrice ?
Tout acte atteignant le derme peut laisser une cicatrice — au bistouri comme au laser. Le laser présente l’inconvénient de détruire le tissu (impossible d’analyser la lésion ensuite) et ne garantit pas l’exérèse complète. L’ablation au bistouri reste la technique de référence pour toute lésion douteuse. Voir : enlever un grain de beauté au laser.
Peut-on épiler les poils d’un grain de beauté ?
Oui, l’épilation des poils d’un nævus dermique ne présente pas de risque pour le grain de beauté lui-même. Une hygiène rigoureuse s’impose — mains lavées, pince désinfectée, nettoyage du grain de beauté après. Un manque d’hygiène peut provoquer une folliculite sous-nævique (grain rouge, gonflé, sensible) qui nécessite une consultation médicale.
Mon bébé a un grain de beauté à la naissance, est-ce normal ?
Oui — il s’agit d’un nævus congénital. Les nævi congénitaux de petite taille sont bénins et surveillés régulièrement. Les nævi de grande taille (> 20 cm) peuvent présenter un risque de transformation en mélanome de 2 à 8 % selon les études — exérèse ou surveillance étroite selon localisation et taille. Toute tache pigmentaire du bébé doit être montrée à un médecin.
Combien de grains de beauté est-ce normal d’avoir ?
Un adulte jeune à peau blanche possède en moyenne 20 à 30 nævi. Avoir plus de 50 grains de beauté est un facteur de risque supplémentaire de mélanome — une surveillance annuelle chez le dermatologue est alors recommandée. Le nombre est influencé par les expositions solaires dans l’enfance et par des facteurs génétiques.
Psoriasis : symptômes, causes, photos et traitements
Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique de la peau touchant plus de 1 million de Français (2 à 5% de la population). Il se manifeste par des plaques rouges recouvertes de squames blanches, localisées sur les coudes, les genoux, le cuir chevelu ou d’autres zones. Non contagieux, il évolue par poussées et rémissions. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ses causes, ses formes, ses complications et ses traitements.
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– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
Le psoriasis est une maladie inflammatoire plurifactorielle — génétique, immunitaire et environnementale. Au niveau cutané, il se caractérise par une prolifération excessive et accélérée des kératinocytes (cellules de l’épiderme) : la peau se renouvelle trop rapidement, provoquant l’accumulation de squames.
Deux mécanismes principaux sont impliqués :
Une prolifération épidermique excessive
Une inflammation chronique médiée par les lymphocytes T et les cytokines qu’ils produisent (TNFα, interleukine 17 notamment)
On considère de plus en plus que le psoriasis est une maladie globale de l’organisme dont la peau n’est que la « fenêtre » — avec des répercussions cardiovasculaires, métaboliques et articulaires importantes.
Plaque de psoriasis typique — bords nets, squames blanches adhérentes
Causes et facteurs déclencheurs des poussées
Le psoriasis évolue par poussées dont la chronologie est souvent imprévisible. Les principaux facteurs déclencheurs sont :
Stress et fatigue — impliqués dans 30 à 40% des poussées, surtout quand le psoriasis a débuté tôt dans la vie
Infections ORL — une angine peut déclencher une poussée, notamment un psoriasis en gouttes chez l’adulte comme chez l’enfant
Traumatismes cutanés — phénomène de Köbner : les plaques apparaissent ou s’aggravent sur les zones de frottement chronique (coudes, genoux, cicatrices récentes). Il faut être doux avec ses plaques et éviter de les gratter
Médicaments — bêtabloquants, IEC, lithium, interféron, imiquimod, anti-TNF (paradoxalement), AINS, antipaludéens. Toujours signaler son psoriasis à son médecin
Alcool — aggrave les poussées et rend le psoriasis plus difficile à traiter. Certains patients font une poussée dès le lendemain d’une consommation même modérée
Tabac — aggrave l’inflammation sans déclencher de poussée directement
Cycle féminin — les règles peuvent être un moment de poussée chez certaines femmes
Soleil à fortes doses — bénéfique à petites doses, un coup de soleil peut déclencher une poussée
💡 Le psoriasis est non contagieux. Il existe des formes familiales mais ce n’est pas une maladie héréditaire à proprement parler — des facteurs environnementaux sont nécessaires pour déclencher la maladie sur un terrain génétique prédisposé.
Les différentes formes de psoriasis
Forme
Fréquence
Aspect et localisation
Psoriasis en plaques
80% des cas
Plaques rouges squameuses aux coudes, genoux, haut des fesses
Psoriasis inversé
Fréquent
Plis (interfessier, inguinal, sous-mammaire) — rouge brillant et lisse sans squames
Psoriasis du cuir chevelu
Très fréquent
Squames épaisses, plaques rouges, souvent confondu avec les pellicules
Psoriasis du visage
Moins fréquent
Sébopsoriasis — forme grave de dermite séborrhéique
Psoriasis des ongles
Fréquent
Ongles piqués, décollés, épaissis, jaunâtres
Psoriasis des mains et pieds
Fréquent
Paumes et plantes — plaques épaisses ou pustules
Psoriasis en gouttes
Moins fréquent
Petites plaques disséminées sur le corps après une infection ORL
Psoriasis pustuleux
Rare
Pustules sur paumes/plantes ou forme généralisée grave
Psoriasis en plaques — photos
Psoriasis en plaques — la forme la plus fréquenteDermatoscopie d’une plaque de psoriasis — vaisseaux en points et squames blanches
Le rhumatisme psoriasique
Le psoriasis peut s’accompagner de douleurs articulaires inflammatoires dans 20 à 40% des cas selon les études. Ce rhumatisme psoriasique touche préférentiellement les mains, les pieds, le bas du dos et les tendons. Les signes évocateurs sont :
Douleurs articulaires prédominant la nuit
Raideur matinale des doigts pendant plus de 30 minutes
Gonflement d’un doigt pendant plus de 3 jours (« doigt en saucisse »)
Douleur du tendon d’Achille ou des pieds
Douleurs du bas du dos de tonalité inflammatoire
Ces symptômes doivent être signalés au médecin — le rhumatisme psoriasique nécessite un traitement spécifique et peut être traité efficacement par biothérapies.
Psoriasis et maladies associées (comorbidités)
On considère de plus en plus le psoriasis comme une maladie systémique dépassant la seule atteinte cutanée. Des examens biologiques (glycémie, bilan lipidique, bilan hépatique) et une surveillance tensionnelle sont recommandés, surtout en cas de surpoids.
Les principales comorbidités associées :
Syndrome métabolique — diabète de type 2, dyslipidémie (cholestérol, triglycérides), hypertension artérielle, obésité
Maladies cardiovasculaires — infarctus, AVC (risque augmenté, surtout dans les formes sévères)
Maladies digestives — maladie de Crohn, stéatose hépatique
Troubles de l’humeur — dépression et anxiété (environ 90% des patients craignent le rejet social)
Apnées du sommeil, troubles respiratoires
Une étude de 2019 montre que les patients psoriasiques ont une mortalité plus élevée que la population générale, notamment cardiovasculaire, hépatique et rénale en cas de psoriasis sévère.
Retentissement psychologique
Le psoriasis est une maladie affichante (plaques visibles, pellicules, ongles atteints) qui provoque une souffrance psychologique réelle. Environ la moitié de la population générale craint à tort la contagion, ce qui expose les patients à un rejet social difficile à vivre. Le psoriasis est fréquemment associé à des troubles anxieux et dépressifs — cet aspect doit être pris en charge au même titre que les lésions cutanées.
Régime et hygiène de vie
Si la science ne valide pas un « régime anti-psoriasis » universel, certaines mesures sont clairement bénéfiques :
Éviter l’alcool — aggrave les poussées et réduit l’efficacité des traitements
Arrêter le tabac — aggrave l’inflammation
Maintenir un poids normal — l’obésité aggrave le psoriasis et réduit la réponse aux biothérapies
Être doux avec ses plaques — ne pas gratter, hydrater régulièrement, éviter les frottements (phénomène de Köbner)
Expositions solaires modérées — bénéfiques à petite dose, nocives en cas de coup de soleil
Le traitement varie selon l’étendue des lésions, le retentissement sur la qualité de vie et la résistance aux traitements antérieurs. Il est souvent suspensif — il blanchit les lésions mais ne guérit pas définitivement la maladie.
Les principales options disponibles :
Traitements locaux — dermocorticoïdes, analogues de la vitamine D (calcipotriol), rétinoïdes topiques, nouveaux gels combinant 2 principes actifs
Photothérapie — UVB à spectre étroit, PUVA-thérapie
Biothérapies — anti-TNFα, anti-IL17, anti-IL23, anti-IL12/23. Elles ont transformé la prise en charge des formes sévères, permettant des rémissions complètes chez des patients réfractaires aux traitements classiques
Non. Le psoriasis n’est absolument pas contagieux. C’est une maladie inflammatoire d’origine génétique et immunitaire — il est impossible de l’attraper par contact avec une personne atteinte. Cette idée reçue cause beaucoup de souffrance sociale aux patients.
J’ai des croûtes dans les cheveux, est-ce du psoriasis ?
Les croûtes dans les cheveux sont le plus souvent dues à une dermite séborrhéique (pellicules). Cependant, si vous présentez des croûtes épaisses, coalescentes sur des plaques rouges bien délimitées, il peut s’agir d’un psoriasis du cuir chevelu. Seul un dermatologue peut faire la distinction avec certitude.
Existe-t-il un traitement qui guérit définitivement le psoriasis ?
Non. Les traitements actuels permettent de « blanchir » les lésions (les faire disparaître) mais le psoriasis peut récidiver à l’arrêt. Les biothérapies modernes permettent d’obtenir des rémissions très longues chez les patients atteints de formes sévères. Le psoriasis peut aussi disparaître spontanément pendant des années.
Le psoriasis va-t-il se transmettre à mes enfants ?
Pas inéluctablement. On retrouve des antécédents familiaux de psoriasis dans environ un tiers des cas, mais la transmission est complexe. Le psoriasis nécessite à la fois un terrain génétique prédisposé et des facteurs environnementaux déclencheurs. Avoir un parent psoriasique augmente le risque sans le rendre certain.
Le stress peut-il déclencher une poussée de psoriasis ?
Oui, c’est l’un des facteurs déclencheurs les mieux documentés, impliqué dans 30 à 40% des poussées. Le stress perturbe le système immunitaire et peut activer les cascades inflammatoires responsables du psoriasis. Une prise en charge du stress (relaxation, thérapie cognitivo-comportementale) peut aider à espacer les poussées.
Faut-il faire des analyses de sang quand on a du psoriasis ?
Pas systématiquement, mais c’est recommandé en cas de surpoids ou de formes sévères. Le médecin peut prescrire une glycémie à jeun, un bilan lipidique et un bilan hépatique pour dépister un syndrome métabolique associé. Une surveillance de la tension artérielle est également conseillée.
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Taches brunes : causes, diagnostic et comment les enlever
On appelle communément tache brune la tache de vieillesse liée au soleil — plus précisément aux UV reçus par la peau. Son nom scientifique est lentigo. Il s’agit d’une pigmentation révélant une exposition trop importante aux UV sur la zone concernée, commune sur le visage et le dos des mains. Avoir des taches brunes signifie que la peau doit être encore mieux protégée des UV à l’avenir. Les habitudes d’exposition solaire dès l’enfance provoquent des taches brunes chez des individus de plus en plus jeunes — le terme de « tache de vieillesse » est donc inexact.
⚠️ Toute tache brune n’est pas forcément bénigne. Un mélanome, un grain de beauté atypique ou une kératose séborrhéique peuvent ressembler à un simple lentigo. Seul un dermatologue peut poser le diagnostic avec certitude — ne pas hésiter à consulter.
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TACHES BRUNES
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Toute tache brune n’est pas un lentigo : comment le dermatologue fait-il le diagnostic ?
Les taches brunes visibles sur la peau peuvent correspondre à de nombreuses lésions très différentes : un simple lentigo solaire bénin, mais aussi un grain de beauté (nævus), un mélanome, une kératose séborrhéique, un masque de grossesse (mélasma), ou encore une lésion d’origine vasculaire ou médicamenteuse. Seule une consultation médicale permet de les distinguer.
Exemples de taches brunes malignes : lentigos malins ou mélanomes de Dubreuilh. On voit ici que les taches sont irrégulières, foncées, de couleurs différentes, mais la différence entre le lentigo malin et bénin n’est pas toujours évidente, consultez toujours un dermatologue devant l’apparition d’une tache brune
Lentigo malin (cancer de la peau de type mélanome)
Lentigo malin ou mélanome de Dubreuilh
Le dermatologue s’appuie sur plusieurs éléments. Les circonstances de survenue (profession, activités de plein air, expositions solaires) et la localisation (visage, mains, zones exposées) orientent vers un lentigo bénin. Il examine les limites des taches et leur disposition. La dermoscopie permet d’analyser les structures pigmentaires en détail et d’écarter un mélanome.
La lampe de Wood (lampe à UV) est particulièrement utile : elle accentue la pigmentation lorsque le pigment est épidermique (superficiel, accessible aux traitements), et l’estompe lorsque le pigment est dermique (plus profond, résistant aux dépigmentants classiques). On distingue ainsi trois types : le type épidermique (pigmentation accentuée), le type dermique (pigmentation estompée), et le type mixte.
Une biopsie cutanée est parfois nécessaire pour éliminer un mélanome. En cas de taches brunes profuses, un bilan sanguin peut être demandé : cortisolémie, ACTH, TSH, bilan martial (fer, ferritine, coefficient de saturation), cuprémie, profil des porphyrines, sérologie VIH.
La mélanine est le pigment naturel de la peau. Sa teinte va du brun clair au noir lorsqu’elle est épidermique (superficielle), et prend un aspect bleuté lorsqu’elle est dermique (profonde).
Parmi les pigmentations mélaniques épidermiques, on distingue les hypermélanocytoses (augmentation du nombre de mélanocytes, comme dans les lentigos solaires) et les hypermélaninoses (production accrue de mélanine, comme dans les taches de rousseur — éphélides — et les taches café-au-lait).
Parmi les pigmentations mélaniques dermiques, on retrouve les hypermélanocytoses dermiques (mélanocytes bloqués dans le derme lors de la migration embryonnaire, comme dans le nævus d’Ota et les taches mongoloïdes) et les hypermélaninoses dermiques par incontinence pigmentaire, comme les taches noires après les boutons.
2. Pigmentations d’origine sanguine
Il peut s’agir d’un purpura (hémosidérose), de taches brunes après scléroses de varices, ou d’une dermite ocre — taches brunes des chevilles remontant lentement sur les jambes en cas d’insuffisance veineuse et de varices — par accumulation de dépôts de fer et augmentation de la mélanine.
3. Pigmentations exogènes
Les tatouages (volontaires ou accidentels — mineurs de fond, accident de bitume) constituent la cause exogène la plus évidente. Les photosensibilisations représentent un groupe important : elles peuvent être d’origine externe (végétaux comme dans la dermite au citron, la dermite des prés, les parfums au soleil, ou produits industriels) ou d’origine interne via des médicaments photosensibilisants (cyclines, bléomycine, antipaludéens, amiodarone, or, argent, bismuth…). Les agents physiques comme l’abus de UV, la radiothérapie ou la dermite des chaufferettes (plaques violacées après contact prolongé avec une bouillotte ou un ordinateur portable sur les cuisses) entrent également dans cette catégorie.
4. Pigmentations endogènes (maladies générales)
Certaines maladies générales se manifestent par des pigmentations cutanées. Les modifications hormonales de la grossesse provoquent la pigmentation de la ligne brune, des mamelons et le masque de grossesse (mélasma).
D’autres causes endogènes comprennent l’ictère (jaunisse par accumulation de bilirubine), la maladie de Wilson (accumulation de cuivre, pigmentations des membres inférieurs), la porphyrie cutanée tardive, l’hémochromatose (accumulation de fer), la maladie d’Addison (insuffisance surrénalienne chronique — défaut de sécrétion de cortisol et d’aldostérone, donnant une pigmentation diffuse et accentuée des zones de frottement) et le syndrome de Cushing (hypercortisolisme chronique).
5. Pigmentations d’origine infectieuse
Certaines mycoses (notamment le pityriasis versicolor à Malassezia) peuvent provoquer des taches hypo- ou hyperpigmentées.
Le lentigo solaire : qu’est-ce qu’une « tache de vieillesse » ?
Le lentigo solaire est une augmentation localisée du nombre de mélanocytes dans l’épiderme, réactionnelle à des expositions prolongées ou répétées aux UV. Il se présente comme une tache plate, bien limitée, de couleur uniforme allant du brun clair au brun foncé, à bords nets et réguliers.
Les lentigos prédominent sur les zones photoexposées : visage, cou, décolleté, avant-bras et dos des mains. Ils peuvent apparaître dès 25–30 ans chez les personnes ayant eu une forte exposition solaire dans l’enfance et l’adolescence.
💡 Les lentigos solaires sont des marqueurs d’exposition UV cumulée. Leur apparition signifie que la protection solaire doit être renforcée : SPF 50+ sur les zones concernées toute l’année, pas uniquement l’été. Voir notre article sur la peau et le soleil.
Plusieurs techniques permettent de faire régresser ou d’éliminer les taches brunes, à condition que le diagnostic de lentigo bénin ait été confirmé par un dermatologue. Les différentes options (cryothérapie à l’azote liquide, laser pigmentaire, dépigmentants topiques, peeling chimique) sont décrites en détail dans notre article dédié : comment enlever les taches brunes.
⚠️ Aucun traitement dépigmentant n’est efficace sans protection solaire stricte. Sans SPF 50+ quotidien sur les zones traitées, toutes les taches réapparaîtront dans les semaines suivant le traitement. La photoprotection est la base indispensable de toute prise en charge.
Une tache brune peut-elle être un mélanome ?
Oui, c’est pourquoi toute tache brune doit être évaluée par un dermatologue. Les signes qui doivent alerter : bords irréguliers ou flous, couleur inhomogène (mélange de brun, noir, rouge ou blanc), diamètre supérieur à 6 mm, évolution récente (agrandissement, changement de couleur). Le dermatologue utilise la dermoscopie pour analyser les structures pigmentaires invisibles à l’œil nu. En cas de doute, une biopsie est réalisée.
Quelle est la différence entre un lentigo et une tache de rousseur ?
Les taches de rousseur (éphélides) résultent d’une surproduction de mélanine dans les mélanocytes existants, et sont fréquentes dès l’enfance chez les personnes à peau claire. Elles s’estompent en hiver et s’intensifient au soleil. Les lentigos (taches brunes solaires) résultent en revanche d’une augmentation du nombre de mélanocytes, persistent toute l’année et s’accumulent avec l’âge et les expositions UV répétées.
Peut-on faire disparaître les taches brunes avec de la crème ?
Les crèmes dépigmentantes (acide kojique, vitamine C, rétinoïdes, arbutine, niacinamide) peuvent atténuer les taches brunes superficielles épidermiques, mais leurs résultats sont modestes et lents (plusieurs mois). Elles sont plus efficaces en association avec une protection solaire quotidienne SPF 50+. Pour des résultats plus rapides et plus marqués, les traitements médicaux (cryothérapie, laser) sont plus efficaces — voir notre article comment enlever les taches brunes.
Pourquoi les taches brunes reviennent-elles après traitement ?
Les traitements (cryothérapie, laser) éliminent les mélanocytes responsables de la tache traitée, mais n’empêchent pas l’apparition de nouvelles taches sur les zones exposées si la protection solaire n’est pas renforcée. Sans SPF 50+ quotidien, les taches réapparaissent en quelques semaines à quelques mois. La photoprotection stricte est indispensable avant, pendant et après tout traitement.
À partir de quel âge consulter pour des taches brunes ?
Dès qu’une tache brune apparaît, quel que soit l’âge — notamment si elle est d’apparition récente, si elle change, ou si vous n’êtes pas sûr qu’il s’agit d’un lentigo bénin. L’apparition de lentigos avant 40 ans signale une exposition solaire excessive et doit conduire à renforcer la protection UV pour éviter une aggravation et réduire le risque de cancers cutanés.
Le masque de grossesse disparaît-il spontanément ?
Le mélasma (masque de grossesse) peut s’atténuer spontanément après l’accouchement et l’arrêt de la contraception orale, mais il persiste souvent et peut être aggravé par toute nouvelle exposition solaire sans protection. Un suivi dermatologique est recommandé — voir notre article sur le masque de grossesse.
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Comment soigner le psoriasis? Traitement du psoriasis, des crèmes aux biothérapies
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Le psoriasis est une maladie inflammatoire chronique touchant 2 à 5 % de la population française. Son traitement n’est pas curatif mais les options disponibles en 2026 permettent d’obtenir une peau quasi-nette chez la très grande majorité des patients, y compris dans les formes sévères. Le choix dépend de la sévérité, de la localisation, du retentissement sur la qualité de vie (score DLQI) et des comorbidités.
Psoriasis difficile à contrôler ?
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L’évaluation repose sur deux scores complémentaires : le PASI (surface et intensité des lésions) et le DLQI (impact sur la qualité de vie). Un psoriasis peu étendu mais touchant les mains, le visage ou les ongles peut justifier un traitement systémique même si la surface atteinte est faible.
Traitement spécifique selon siège (voir section 6)
Traitements locaux (topiques)
Les topiques sont la base du traitement dans les formes légères à modérées et le complément indispensable des traitements généraux. Ils agissent directement sur la plaque sans effets systémiques significatifs aux doses habituelles.
Classe
Exemples
Précautions
Dermocorticoïdes
Betnéval®, Diprosone®, Dermoval®
Éviter visage et plis en traitement prolongé. Risque d’atrophie cutanée.
Analogues vitamine D
Daivonex® (calcipotriol), Silkis® (calcitriol)
Irritants sur visage et plis. Ne pas dépasser 100 g/semaine.
Association DC + vit. D ⭐
Daivobet® gel, Enstilar® mousse
Référence actuelle pour les plaques du corps. Gel crânien pour le cuir chevelu.
Inhibiteurs calcineurine
Tacrolimus (Protopic®) — hors AMM
Réservé au visage et aux plis. Voir : page Protopic.
Tazarotène
Zorac® gel 0,05 % et 0,1 %
Irritant fréquent. Associer un émollient. Contre-indiqué grossesse.
💡 Règle des 2 semaines (proactive therapy) : pour les dermocorticoïdes puissants, un schéma d’entretien de 2 applications par semaine sur les zones habituellement atteintes réduit significativement la fréquence des poussées sans augmenter le risque d’effets secondaires.
Photothérapie UVB et PUVA
La photothérapie reproduit l’effet bénéfique du soleil de façon contrôlée. Elle est proposée en cas de psoriasis modéré à sévère étendu, avant d’envisager un traitement systémique.
Modalité
Efficacité
Contraintes
UVB spectre étroit (TL01)
Blanchiment chez 70–80 % après 30 séances (3×/semaine)
Déplacements en centre équipé. Capital solaire limité.
PUVA thérapie
Blanchiment chez 85–90 % — plus carcinogène que UVB
Max 150–200 séances à vie. Protection oculaire 24 h après prise.
Balnéo-PUVA
Équivalent PUVA oral, moins d’effets digestifs
Indiqué notamment dans le psoriasis palmoplantaire.
Traitements généraux classiques
Indiqués en cas de PASI ≥ 10 ou DLQI ≥ 10, ou de résistance aux topiques et à la photothérapie. Ils nécessitent un bilan préthérapeutique et une surveillance biologique régulière.
HTA non contrôlée, insuffisance rénale, immunodépression
Acitrétine (Soriatane®)
25 à 50 mg/j
Bilan lipidique, transaminases mensuels
Grossesse absolue (tératogène 3 ans après arrêt)
Aprémilast (Otezla®)
30 mg × 2/j après titration
Poids (risque perte pondérale), humeur
Peu de CI absolues. Option sans injection.
💡 Méthotrexate — voie SC préférable au-delà de 15 mg/semaine : meilleure biodisponibilité, moins d’effets digestifs. Supplémenter systématiquement en acide folique 5 mg/semaine (la veille ou le lendemain de la prise) pour réduire les effets secondaires hématologiques sans diminuer l’efficacité.
Biothérapies et petites molécules
Les biothérapies ciblent les cytokines clés de l’inflammation psoriasique. Réservées aux formes modérées à sévères en échec des traitements conventionnels. En 2026, les anti-IL23 représentent le standard thérapeutique dans les formes sévères — efficacité supérieure avec une injection toutes les 8 à 12 semaines après induction.
Cible
DCI
Spécialité
Efficacité / rythme
Anti-TNF-α
Étanercept, adalimumab, infliximab
Enbrel®, Humira®, Remicade®
Hebdomadaire à trimestriel. PASI 75 chez 50–60 %.
Anti-IL17A
Sécukinumab, ixékizumab, bimékizumab
Cosentyx®, Taltz®, Bimzelx®
Mensuel après induction. PASI 90 chez 60–70 %.
Anti-IL23 ⭐ standard 2026
Guselkumab, risankizumab, tildrakizumab
Tremfya®, Skyrizi®, Ilumetri®
Toutes les 8–12 sem. PASI 90 chez 70–80 %.
Anti-IL12/23
Ustékinumab
Stelara® + biosimilaires 2024
Toutes les 12 semaines.
Inhibiteur TYK2
Déucravacitinib
Sotyktu® (AMM 2023)
Comprimé oral 1×/j. Option sans injection.
⚠️ Rhumatisme psoriasique associé : en cas d’atteinte articulaire (présente chez 20–30 % des patients), les anti-IL17 et anti-TNF sont préférés aux anti-IL23. Décision en collaboration dermatologie-rhumatologie. Voir : inhibiteurs JAK en dermatologie.
Non, il n’existe pas de traitement curatif du psoriasis. Les traitements actuels contrôlent la maladie — parfois avec une peau totalement nette — mais le psoriasis tend à récidiver à l’arrêt. L’objectif thérapeutique est d’obtenir un PASI 90 (peau nette à 90 %) durablement.
À partir de quand faut-il envisager une biothérapie ?
En cas de PASI ≥ 10 ou DLQI ≥ 10 après échec ou contre-indication à au moins deux traitements conventionnels (méthotrexate, ciclosporine, acitrétine) ou à la photothérapie. Elle peut être proposée en première ligne si les traitements conventionnels sont contre-indiqués.
Les biothérapies contre le psoriasis sont-elles remboursées en France ?
Oui, à 100 % dans le cadre d’une ALD 30 (affection longue durée). La prescription initiale est réservée aux dermatologues. Le suivi peut ensuite être partagé avec le médecin traitant.
Quels médicaments peuvent aggraver le psoriasis ?
Les bêtabloquants, le lithium, les antipaludéens (chloroquine, hydroxychloroquine), les AINS, l’interféron et les inhibiteurs de l’ECA peuvent déclencher ou aggraver un psoriasis. Signalez toute aggravation à votre dermatologue sans jamais arrêter un traitement sans avis médical.
Le soleil améliore-t-il le psoriasis ?
Oui chez 70–80 % des patients — c’est le principe de la photothérapie UVB. Cependant, un coup de soleil peut déclencher une poussée par phénomène de Koebner. L’exposition solaire raisonnée est bénéfique sans remplacer le traitement prescrit.
Faut-il arrêter la biothérapie en cas de chirurgie ou d’infection ?
Oui en général. Les biothérapies doivent être interrompues avant une intervention chirurgicale programmée (délai variable selon la molécule) et en cas d’infection active. Votre dermatologue vous indiquera le délai précis selon la biothérapie concernée.
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Varices : causes, symptômes, complications cutanées et prévention
Les varices sont des veines des jambes dilatées et tortueuses, visibles sous la peau, s’inscrivant dans le cadre de l’insuffisance veineuse chronique. Environ 20% de la population française en souffre — les femmes sont 3 fois plus touchées que les hommes. Les varices ne guérissent pas spontanément : prévention et traitement précoce sont essentiels pour éviter les complications.
Complications cutanées des varices (eczéma, dermite ocre, plaie chronique) ? Consultez le Dr Rousseau, dermatologue, en téléconsultation : 📅 Téléconsultation avec le dermatologue
Classification de l’insuffisance veineuse — du plus léger au plus grave
Stade
Manifestation
Description
1 — Fonctionnel
Jambes lourdes, fourmillements
Douleurs en fin de journée, œdème des chevilles — pas encore de lésion visible
2 — Varicosités
Petits capillaires violacés fins
Télangectasies superficielles, aspect rougeâtre ou bleuté — traitables par sclérothérapie
3 — Veines réticulaires
Veines bleutées sous la peau
Veines peu dilatées, bleutées, visibles mais non saillantes
4 — Varices constituées
Cordons sinueux bleutés saillants
Dilatation des veines saphènes et leurs collatérales — traitement chirurgical ou endoveineux
Stade le plus grave — plaie difficile à cicatriser, nécessite suivi spécialisé
Pourquoi a-t-on des varices ?
Le sang veineux remonte des jambes vers le cœur grâce à des valvules qui agissent comme des clapets anti-retour. Si ces valvules sont endommagées, le sang stagne dans les jambes (stase veineuse), la pression augmente et les veines se dilatent progressivement.
Facteurs de risque principaux :
Hérédité — antécédents familiaux de varices dans la majorité des cas
Hormones féminines — grossesse, contraception orale provoquent une vasodilatation
Surpoids — augmente la pression abdomino-périnéale sur les veines
Station debout prolongée — métiers à risque (coiffeurs, chirurgiens, caissiers…)
Sédentarité — les muscles des jambes agissent comme une pompe pour le retour veineux
Chaleur — dilate les veines : chauffage par le sol, bains chauds, soleil, sauna
Traumatismes veineux — blessures des valvules
Complications cutanées des varices — rôle du dermatologue
Complication
Description
Prise en charge
Dermite ocre
Dépôts d’hémosidérine (fer) donnant un aspect brun-violacé en bas des jambes
Contention veineuse — la coloration peut être irréversible
Plaie chronique souvent au-dessus de la malléole interne, difficile à cicatriser
Soins de plaie + contention forte — suivi dermatologue ou angiologue
⚠️ Phlébite profonde — urgence médicale. Une douleur du mollet avec gonflement et rougeur, ou une dyspnée soudaine, peut signer une phlébite des troncs veineux profonds exposant au risque d’embolie pulmonaire. Consultez en urgence — ne confondez pas avec une périphlébite superficielle bénigne.
Prévention des varices
Sports conseillés et déconseillés
✅ Sports favorables au retour veineux
❌ Sports à éviter
Natation (position horizontale + eau froide)
Tennis, jogging intense
Vélo (pompe musculaire sans impact)
Équitation, athlétisme
Marche en eau (beach-walking)
Step, aérobic à impact élevé
Marche nordique à allure modérée
Musculation avec charges lourdes
Règles hygiéno-diététiques
Surélever les pieds du lit de 5 cm — favorise le retour veineux nocturne
Jambes allongées au repos — ne pas croiser les jambes
Douche froide sur les jambes en rentrant le soir
Bas ou collants de contention médicaux — à porter en journée (pas au repos allongé). Il en existe des modèles esthétiques ressemblant aux bas nylon classiques
Éviter la chaleur — soleil direct sur les jambes, bains très chauds, sauna, hammam, chauffage par le sol
Maintenir un poids santé — le surpoids augmente la pression abdominale sur les veines
Éviter les vêtements serrés à la taille ou aux cuisses, et les talons trop hauts
En grossesse — port de collants de contention dès le premier trimestre
>>> Suite : Traitement des varices — sclérothérapie, laser, chirurgie, traitement endoveineux
Le sauna et le hammam sont-ils contre-indiqués avec des varices ?
Oui — la chaleur intense dilate les veines et aggrave la stase veineuse. Le sauna, le hammam, les bains très chauds, le chauffage par le sol et l’exposition prolongée des jambes au soleil sont tous déconseillés. Ils ne provoquent pas les varices mais accélèrent leur évolution. En cas d’envie de détente, préférez la piscine froide ou les bains tièdes courts.
Varicosités vs varices — quelle différence et comment les traiter ?
Les varicosités sont de petits capillaires superficiels dilatés, fins et violacés — un stade précoce de l’insuffisance veineuse. Les varices sont des veines plus profondes, sinueuses et saillantes. Les varicosités se traitent par sclérothérapie esthétique (injection d’un produit sclérosant) réalisée par un dermatologue ou un phlébologue — non remboursée par la Sécurité Sociale. Les varices constituées relèvent de traitements plus lourds : sclérothérapie écho-guidée, laser endoveineux ou chirurgie.
Vaut-il mieux voir un dermatologue ou un phlébologue pour des varices ?
Les deux spécialistes peuvent prendre en charge les varicosités. Le dermatologue est particulièrement indiqué pour les complications cutanées (eczéma de stase, dermite ocre, ulcère de jambe) et la sclérothérapie des varicosités. Le phlébologue (ou angiologue) est spécialisé dans le bilan vasculaire complet par écho-Doppler et la prise en charge des varices profondes. En pratique, les deux peuvent vous orienter selon la gravité.
Les varices peuvent-elles provoquer des démangeaisons sur les jambes ?
Oui — c’est l’eczéma de stase, une complication cutanée fréquente de l’insuffisance veineuse avancée. Il se manifeste par des plaques rouges qui démangent, souvent autour des chevilles et des mollets. Il est lié à l’accumulation de sang veineux dans les tissus. Le traitement repose sur des dermocorticoïdes pour calmer l’inflammation, combinés à une contention veineuse qui traite la cause.
Les varices disparaissent-elles après l’accouchement ?
Les varices apparues pendant la grossesse s’améliorent souvent dans les mois suivant l’accouchement, mais ne disparaissent pas toujours complètement. La grossesse multiplie les facteurs de risque veineux : augmentation du volume sanguin, compression de la veine cave par l’utérus, hormones vasodilatantes. Il est recommandé de porter des bas de contention pendant toute la grossesse et de consulter un phlébologue après l’accouchement si les varices persistent.
Herpès génital : symptômes, contagion, traitement et grossesse
Herpès génital de l’homme
L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) due au virus Herpes Simplex, le plus souvent de type 2 (HSV-2). Il touche environ 20% de la population sexuellement active — et 80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont, ce qui en fait l’une des IST les plus méconnues. Il ne guérit pas définitivement mais se contrôle efficacement par antiviraux.
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HERPES
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
L’herpès génital est causé par HSV-2 dans 60 à 80% des cas, et par HSV-1 dans 20 à 40% des cas — ce dernier transmis par voie oro-génitale (pratiques bucco-génitales). En France :
À 50 ans, 60% de la population est séropositive pour HSV-1 et 15% pour HSV-2
20% des personnes sexuellement actives sont infectées par HSV génital
80% des personnes infectées ne savent pas qu’elles le sont — et peuvent transmettre le virus
💡 Point important : l’apparition d’un herpès génital au sein d’un couple n’est pas forcément le signe d’une infidélité récente — le virus peut rester en sommeil pendant des années avant de se réactiver.
Comment se transmet l’herpès génital ?
Par contact direct peau à peau ou muqueuse à muqueuse lors de rapports sexuels vaginaux, anaux ou oro-génitaux
Le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque — des particules virales présentes sur le pubis ou les muqueuses adjacentes peuvent être transmises
La transmission est possible sans lésion visible — par excrétion virale asymptomatique, qui représente en réalité la majorité des transmissions
Le virus est fragile hors du corps humain — le risque de contamination via une cuvette de toilettes ou un linge est quasi nul
Les 3 phases de l’infection herpétique
Phase
Description
Contagiosité
Primo-infection
Premier contact avec HSV — asymptomatique dans 90% des cas. Quand symptomatique : vésicules douloureuses, ganglions de l’aine, fièvre possible. Incubation 2 à 12 jours
Élevée
Infection initiale
Premier contact avec HSV-1 ou HSV-2 chez une personne déjà infectée par l’autre type. Symptômes souvent moins sévères
Élevée
Réactivation (récurrence)
Le virus se « réveille » dans le ganglion sacré et migre vers la peau. Lésions souvent moins intenses que la primo-infection. Peut être asymptomatique (excrétion virale silencieuse)
Possible même sans lésion
Symptômes de l’herpès génital
Herpès génital de la femmeHerpès génital — vésicules
Les symptômes de la primo-infection (quand elle est symptomatique) :
Vésicules sensibles ou douloureuses sur fond rouge gonflé, apparaissant 5 à 10 jours après le rapport contaminant
Les vésicules se rompent et forment des érosions (exulcérations) très douloureuses — guérison en environ une semaine
Ganglions de l’aine
Chez la femme : gonflement vulvaire important, brûlures lors de la miction
Les récurrences sont généralement moins intenses — précédées de prodromes (picotements, brûlures) puis vésicules groupées en bouquet dans la même zone que la primo-infection.
Facteurs déclenchants des récurrences : stress psychologique ou physique, fatigue, infection (grippe), règles, chirurgie, immunodépression.
Diagnostic de l’herpès génital
En cas de doute diagnostique, le médecin peut :
Prélèvement de cellules au niveau des lésions — mise en culture ou PCR (recherche de l’ADN viral) — résultat en 48h
Sérologie herpétique (prise de sang) — confirme le contact avec HSV mais ne localise pas les lésions. Peu utilisée seule car le taux de positivité est très élevé dans la population générale
Bilan IST complet systématiquement recommandé — sérologie VIH, syphilis, recherche de Chlamydia trachomatis
Soins locaux : nettoyer la zone génitale une fois par jour avec un produit doux, sans frotter, bien sécher.
⚠️ Herpès génital et grossesse — risque néonatal
⚠️ Mentionnez toujours vos antécédents d’herpès génital à votre obstétricien. Si le virus est actif sur les muqueuses vaginales lors de l’accouchement, il peut être transmis au nouveau-né et provoquer une encéphalopathie herpétique néonatale — risque de cécité, retard psychomoteur, voire décès.
Contamination avant la grossesse : risque faible — la mère transmet ses anticorps au fœtus
Contamination pendant la grossesse (notamment en fin de grossesse) : risque élevé — pas encore d’anticorps protecteurs, virus potentiellement actif à l’accouchement
Mesures préventives : traitement antiviral en fin de grossesse (valaciclovir), voire césarienne en cas de primo-infection en fin de grossesse ou de récurrence lors de l’accouchement
Précautions à prendre
Informer ses partenaires — l’herpès est contagieux même sans symptômes
Utiliser un préservatif — réduit le risque sans l’éliminer totalement
En cas d’herpès génital après un rapport non protégé : bilan IST complet chez le médecin
Éviter tout rapport sexuel pendant les poussées et jusqu’à cicatrisation complète
Peut-on transmettre l’herpès génital sans avoir de lésions visibles ?
Oui — c’est même la principale voie de transmission. L’excrétion virale asymptomatique est possible à tout moment, même en l’absence de vésicules ou de lésions. On estime que la majorité des contaminations se font ainsi, par des personnes qui ne savent pas qu’elles sont infectées. C’est pourquoi 80% des personnes porteuses du virus HSV-2 l’ignorent.
L’herpès génital dans un couple signifie-t-il une infidélité ?
Pas nécessairement. Le virus HSV peut rester en sommeil dans les ganglions nerveux pendant des années, voire des décennies, avant de se réactiver. Une première poussée d’herpès génital peut survenir longtemps après la contamination initiale. Ce n’est donc pas automatiquement le signe d’une contamination récente — sauf en cas de primo-infection symptomatique clairement identifiable.
Le préservatif protège-t-il contre l’herpès génital ?
Le préservatif réduit significativement le risque de transmission mais ne l’élimine pas complètement. Des particules virales peuvent être présentes sur des zones non couvertes (pubis, lèvres, peau environnante) et se transmettre par contact peau à peau. La transmission est possible même sans pénétration.
Herpès génital et grossesse — que faire ?
Informez systématiquement votre gynécologue ou obstétricien de tout antécédent d’herpès génital. Si vous avez contracté l’herpès avant la grossesse, le risque pour le bébé est faible (anticorps protecteurs transmis). Si la contamination survient en cours de grossesse — surtout en fin — le risque est plus élevé et nécessite une prise en charge spécifique : traitement antiviral préventif et surveillance obstétricale renforcée.
Comment savoir si on a de l’herpès génital sans symptômes ?
Un test sérologique dans le sang peut détecter les anticorps anti-HSV-1 et HSV-2 — confirmant un contact passé avec le virus. Cependant ce test est peu prescrit en routine car sa positivité est très répandue dans la population et ne prédit pas l’apparition de symptômes. En cas de doute ou de comportement à risque, parlez-en à votre médecin qui pourra décider d’un bilan IST adapté.
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Herpès : causes, contamination, types et traitement — guide complet
L’herpès est une infection virale par le virus Herpes Simplex (HSV) qui touche la peau et les muqueuses. C’est l’une des infections virales humaines les plus fréquentes au monde — en France, environ 70 % de la population est porteuse de HSV1 à l’âge adulte. Une fois contracté, le virus ne disparaît jamais : il reste latent dans les ganglions sensitifs et se réactive périodiquement, provoquant des poussées récurrentes. Des traitements efficaces permettent de réduire la durée et la fréquence des crises, et de prévenir les récidives.
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L’herpès est causé par deux virus de la famille Herpesviridae : HSV1 (Herpes Simplex Virus de type 1) et HSV2. Ces virus sont strictement humains — non transmissibles à l’animal.
HSV1 est le virus le plus répandu : il infecte environ 70 % de la population française et est responsable de la grande majorité des herpès labiaux (boutons de fièvre). HSV2 est classiquement associé à l’herpès génital et concerne environ 20 % de la population. À l’âge de 50 ans, environ 60 % de la population est séropositive pour HSV1 et 15 % pour HSV2.
La distinction HSV1/HSV2 n’est toutefois pas absolue : 20 à 40 % des herpès génitaux sont dus à HSV1 par transmission oro-génitale (pratiques bucco-génitales). Et HSV1 peut provoquer un herpès génital cliniquement identique à un herpès à HSV2.
Contamination, latence et réactivation
Les virus HSV se transmettent par contact direct avec la peau ou les muqueuses infectées — même en l’absence de lésion visible. C’est le point le plus important à comprendre sur la contagiosité de l’herpès : une personne peut transmettre le virus sans avoir de bouton apparent, par excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales.
L’incubation dure entre 2 et 12 jours après la contamination. Lors de la primo-infection, le virus pénètre dans la peau ou la muqueuse et « remonte » le long des nerfs sensitifs pour se réfugier dans les ganglions sensitifs — le ganglion trigéminé pour l’herpès labial, le ganglion sacré pour l’herpès génital. Une fois dans les ganglions, le virus est hors d’atteinte du système immunitaire et des antiviraux.
La réactivation survient lors de situations favorisantes : fatigue, fièvre, stress, règles, exposition solaire, immunodépression, prise de cortisone, rapport sexuel, chirurgie, actes dermo-esthétiques (injections de filler, laser cutané, dermabrasion). Les particules virales « descendent » alors le long des nerfs et se répliquent sur la peau, toujours au même endroit d’une poussée à l’autre.
Les trois types d’infections herpétiques
Primo-infection : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2. Elle peut être totalement asymptomatique (60 à 70 % des cas) ou, au contraire, très sévère — gingivostomatite herpétique fébrile avec lésions buccales douloureuses chez l’enfant, vulvovaginite herpétique chez la femme.
Infection initiale : premier contact infectant avec HSV1 ou HSV2 chez une personne déjà infectée par l’autre sérotype. Les symptômes sont souvent moins sévères que lors d’une primo-infection vraie, car l’immunité croisée partielle entre les deux types modère la réponse.
Réactivation (récurrence) : réplication virale après latence. Elle peut être clinique (éruption visible) ou asymptomatique (excrétion virale sans lésion — la personne est contagieuse sans le savoir). C’est pourquoi chacune des phases peut n’avoir aucun signe clinique apparent.
Les différentes formes d’herpès
Herpès labial — bouton de fièvre
L’herpès labial est dû à HSV1 dans la grande majorité des cas. La primo-infection survient souvent dans l’enfance (baiser d’un proche porteur). Les récurrences se manifestent par des vésicules groupées en bouquet, précédées de picotements ou de brûlures caractéristiques, toujours au même endroit (coin de la lèvre, vermillon). Évolution en 5 à 7 jours : vésicules → pustules → croûtes → cicatrisation. Déclencheurs classiques : soleil, fièvre, fatigue, stress.
Herpès génital
L’herpès génital est une infection sexuellement transmissible (IST) — un bilan IST complet est recommandé lors du diagnostic. Il est dû à HSV2 dans 60-80 % des cas, mais HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux par transmission oro-génitale. La primo-infection génitale peut être très sévère (ulcérations douloureuses, fièvre, adénopathies inguinales). Les récurrences sont souvent moins sévères. La transmission est possible même sans lésion visible — le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque.
Herpès cutané — vésicules en bouquet
L’herpès peut surgir sur d’autres zones cutanées initialement contaminées — fesses, dos, cuisses — sous forme de vésicules groupées en bouquet érythémateux, récurrentes toujours au même endroit. À distinguer du zona qui est strictement unilatéral et ne récidive quasiment jamais.
Panaris herpétique
Le panaris herpétique est une infection herpétique du doigt — souvent une primo-contamination par contact avec une lésion herpétique active (professionnel de santé, enfant se suçant le pouce porteur d’herpès buccal). Vésicules douloureuses péri-unguéales, pouvant mimer un panaris bactérien. Ne jamais inciser — la lésion est virale et non bactérienne.
Formes graves et situations d’urgence
Herpès oculaire — urgence ophtalmologique
L’herpès oculaire (kératite herpétique) donne un œil rouge, douloureux et flou — urgence ophtalmologique. Non traité, il peut provoquer des séquelles cornéennes irréversibles. Le traitement repose sur les antiviraux locaux : ganciclovir gel ophtalmique 0,15 % (Virgan®), idoxuridine (Iduviran® collyre), trifluridine 1 % (Triherpine®, Virophta® collyre), en association ou non avec l’aciclovir oral. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné seul sur un œil rouge sans diagnostic ophtalmologique.
Syndrome de Kaposi-Juliusberg — urgence pédiatrique
Chez les enfants atteints d’eczéma atopique, le contact avec le virus herpétique peut déclencher une poussée herpétique disséminée — le syndrome de Kaposi-Juliusberg (ou eczéma herpéticum). Vésicules et érosions disséminées sur tout le corps, fièvre élevée, altération de l’état général. C’est une urgence pédiatrique nécessitant une hospitalisation et un traitement par aciclovir IV. Les parents d’enfants atopiques doivent être informés de ne pas embrasser leur enfant lors d’une poussée d’herpès labial actif.
Herpès et grossesse
L’herpès néonatal — contamination du nouveau-né lors de l’accouchement par une mère excrétant le virus — est une urgence médicale grave (mortalité élevée sans traitement, séquelles neurologiques). Une femme enceinte avec antécédent d’herpès génital doit en informer son obstétricien. Un traitement suppressif par valaciclovir est souvent prescrit à partir de 36 semaines d’aménorrhée pour prévenir une récurrence à l’accouchement. Une lésion herpétique génitale active au moment du travail peut conduire à une césarienne.
Traitement de l’herpès
Il n’existe pas de traitement éradicateur — le virus reste à vie dans les ganglions. Les antiviraux disponibles réduisent la durée et la sévérité des poussées et peuvent prévenir les récidives.
Traitement de la crise (curatif) : aciclovir topique (crème 5 %) appliqué dès les premiers picotements — raccourcit la durée si débuté précocement. Pour les formes modérées à sévères ou l’herpès génital : valaciclovir oral (500 mg × 2/j pendant 5 jours pour l’herpès labial, 1 g × 2/j pour l’herpès génital). L’efficacité est maximale si le traitement est débuté dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes — idéalement dès les prodromes (picotements).
Traitement suppressif (préventif) : pour les patients avec récurrences fréquentes (plus de 6 épisodes par an) ou herpès génital avec retentissement important — valaciclovir 500 mg/j en continu pendant 6 à 12 mois. Réduit la fréquence des poussées de 70 à 80 % et diminue (sans éliminer) le risque de transmission au partenaire. À discuter avec le médecin.
L’herpès a un impact psychologique souvent sous-estimé. L’herpès labial affecte l’image de soi et les interactions sociales lors des poussées. L’herpès génital perturbe plus profondément la sexualité et les relations intimes — la crainte de la transmission au partenaire, la stigmatisation associée aux IST et l’annonce au partenaire sont des sources d’anxiété importantes. Le traitement suppressif, en réduisant la fréquence des poussées, améliore significativement la qualité de vie et diminue l’anxiété liée à la transmission.
Questions fréquentes
J’ai un bouton de fièvre dès que je suis fatigué — est-ce normal ?
Oui, c’est le mécanisme classique de l’herpès labial. Le virus HSV1 reste latent dans le ganglion trigéminé et se réactive lors de situations qui fragilisent l’immunité locale — fatigue, stress, fièvre, exposition solaire, règles. Il n’est pas possible d’éradiquer le virus. En revanche, appliquer de l’aciclovir crème dès les premiers picotements raccourcit la durée de la poussée. En cas de poussées fréquentes (plus de 6/an), un traitement préventif oral par valaciclovir peut être prescrit par le médecin.
Peut-on transmettre l’herpès sans avoir de bouton visible ?
Oui — c’est le point le plus important sur la contagiosité de l’herpès. L’excrétion virale asymptomatique dans la salive ou les sécrétions génitales est responsable de la majorité des transmissions. Une personne porteuse d’HSV1 peut contaminer un partenaire par un baiser même en l’absence total de lésion visible. Pour l’herpès génital, le préservatif réduit mais n’élimine pas le risque de transmission asymptomatique.
L’herpès génital et l’herpès labial sont-ils le même virus ?
Non exactement — HSV1 cause classiquement l’herpès labial et HSV2 l’herpès génital, mais cette distinction n’est pas absolue. HSV1 représente 20 à 40 % des herpès génitaux, transmis par voie oro-génitale. Un herpès génital à HSV1 récidive généralement moins fréquemment qu’un herpès génital à HSV2.
L’herpès peut-il affecter les yeux ?
Oui — l’herpès oculaire (kératite herpétique) est une urgence ophtalmologique. Tout œil rouge et douloureux chez un porteur d’herpès doit être examiné en urgence par un ophtalmologue. Ne jamais utiliser de collyre cortisoné sans diagnostic précis — les corticoïdes aggravent massivement l’herpès oculaire.
Mon enfant a de l’eczéma — quel risque avec l’herpès ?
Risque important : les enfants atopiques peuvent développer un eczéma herpéticum (syndrome de Kaposi-Juliusberg) — herpès disséminé grave nécessitant une hospitalisation. Ne jamais embrasser un enfant atopique lors d’une poussée d’herpès labial actif. Informer tous les proches porteurs d’herpès labial de cette précaution.
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Le kerato acanthome est une tumeur en corbeille ou en tomate farcie, qui se développe rapidement et dont la guérison est souvent spontanée en quelques mois.
Keratoacanthome
Diagnostic
Le kérato-acanthome est une tumeur épithéliale qui dépendrait d’un follicule pilo-sébacé. Sa survenue est brutale, en quelques jours, sur une plaque rouge passant souvent inaperçue, donnant une tumeur nodulaire violacée ronde, bien limitée, comme posée sur la peau en « tomate farcie » puisqu’il existe un bourrelet périphérique revêtu d’une peau lisse et rouge violacée, qui circonscrit un cratère central rempli de matériel corné.
Evolution
Le kérato-acanthome régresse le plus souvent spontanément en 2 à 12 semaines en laissant une cicatrice parfois ulcéreuse notamment au niveau des lèvres, du nez et des paupières.
Formes cliniques
Plusieurs variétés de kérato-acanthomes sont décrites
La forme unique ou solitaire, la plus fréquente, plus fréquente chez l’homme après 50 ans, sur les zones découvertes pileuses, de moins de 3 cms (au dela il s’agit d’une forme géante, souvent le fruit de la confluence de plusieurs KA) : visage, avant bras, jambes…
Les kérato-acanthomes multiples:
— KA familiaux : génodermatose de transmission autosomique dominante (mutations du gène TGFB1) touchant des jeunes qui verront se développer des KA sur tout le corps, régressifs
— KA éruptifs et sporadiques en cas de déficit de l’immunité cellulaire (lymphome…) : centaines de KA de petite taille cutanéomuqueux
— syndrome de Muir-Torre, génodermatose associant de multiples kérato-acanthomes à des tumeurs cutanées sébacées avec risque de carcinomes viscéraux primitifs (colon++) ou du larynx.
Cause
La cause est mal connue, on estime qu’il y a plusieurs facteurs :
— génétiques notamment dans les formes familiales ;
— exposition au soleil : ils prédominent sur les zones exposées et coexistent souvent avec des kératoses actiniques
Est-ce un cancer?
Le kérato-acanthome est pour de nombreux auteurs considéré comme une forme particulière de carcinome épidermoïde bien différencé et régressif, et doit donc être traité comme un cancer. D’après les recommandations de prise en charge du carcinome épidermoïde cutané « le kérato-acanthome et le carcinome épidermoïde ont en commun les facteurs épidémiologiques, l’âge d’apparition et la topographie. De plus, un petit nombre de tumeurs, d’abord considérées comme des kérato-acanthomes, ont évolué par la suite comme des carcinomes épidermoïdes, alors que leur aspect de départ semblait caractéristique »
Histologie
Le dermatologue prélève un petit morceau de peau ou l’ensemble de la lésion sous anesthésie locale et l’envoie en analyse à un confrère anatomopathologiste qui l’examine au microscope : le diagnostic est en effet plus facile avec l’ensemble de la lésion. L’image est celle d’un cratère central rempli de kératine, bordé latéralement et en profondeur par une prolifération kératinocytaire ayant les désordres architecturaux voire les atypies et les mitoses parfois très proches d’un carcinome épidermoïde.
Traitement
Exerese complète car il est considéré comme une forme de carcinome spinocellulaire bien différencié, notamment en l’absence de régression au bout de 2 à 3 mois d’évolution ou si son diamètre est d’emblée supérieur à 2 cm
Kératose actinique (kératose solaire) : causes, symptômes et traitements
La kératose actinique, également appelée kératose solaire, est une lésion cutanée précancéreuse directement causée par l’accumulation des rayonnements UV sur la peau au fil des années.
Elle se présente comme une tache rosée à brunâtre, rugueuse au toucher, sur les zones photo-exposées : visage, crâne dégarni, mains, avant-bras.
Il s’agit de la forme la plus précoce du carcinome épidermoïde (cancer cutané) : sans traitement, environ 10 % des kératoses actiniques multiples évoluent vers un cancer invasif, et 70 % des carcinomes épidermoïdes ont débuté sous la forme d’une kératose actinique.
La bonne nouvelle : traitée à temps, la kératose actinique se guérit dans la grande majorité des cas. L’enjeu est donc de la reconnaître tôt et de consulter sans attendre.
Kératoses actiniques de la main : taches rugueuses persistantes
La cause principale est l’accumulation des expositions solaires aux UV tout au long de la vie, en particulier chez les sujets à peau claire.
Données épidémiologiques :
– 60 % des patients de plus de 40 ans ayant eu des expositions solaires intenses avec une peau claire présentent des kératoses actiniques,
– 90 % des cas surviennent chez des patients de plus de 50 ans,
– les hommes sont plus touchés que les femmes (ratio 1,35 homme pour 1 femme en France),
– prévalence considérablement plus élevée dans les pays très ensoleillés : 1 adulte sur 4 dans l’hémisphère Nord contre 1 adulte sur 2 en Australie,
– en France : environ 754 cas pour 100 000 habitants.
Facteurs de risque principaux :
– Phototype clair (phototypes I et II) : peau ivoire ou claire, taches de rousseur, yeux bleus ou verts, cheveux blonds ou roux,
– expositions solaires professionnelles cumulées (agriculteurs, marins, travailleurs du BTP, moniteurs de ski),
– exposition aux cabines UV (bronzage artificiel),
– immunodépression (transplantés d’organes, patients sous immunosuppresseurs, infection VIH) : risque multiplié par 50 à 100,
– expositions répétées aux rayonnements ionisants,
– tabagisme actif (cofacteur pour la chéilite actinique de la lèvre).
Reconnaître une kératose actinique
Localisation
Les kératoses actiniques siègent exclusivement sur les zones photo-exposées :
– Visage : nez, joues, front, tempes, oreilles (hélix et lobe) — 70 % des cas,
– Crâne dégarni (calvitie) : croûtes sur le cuir chevelu chauve,
– Mains et avant-bras : face dorsale,
– Lèvre inférieure (chéilite actinique) : la plus exposée au soleil.
Phase initiale :
Tache rosée de quelques millimètres, lisse et bien limitée, parfois à peine visible à l’œil nu. Le diagnostic se fait alors à la palpation : un aspect rugueux au toucher, « comme du papier de verre », sur une zone photo-exposée chez un sujet âgé est très évocateur.
Certaines lésions sont douloureuses ou sensibles à l’effleurement avant d’être visibles.
Kératose actinique débutante : simple tache rosée à peine rugueuse
Phase constituée :
La tache s’épaissit progressivement, devient rugueuse, squameuse, crouteuse, et peut prendre une teinte rosée, rouge vif ou brune.
Kératose actinique du nez constituée
Forme hyperkératosique (corne cutanée) :
Dans certains cas, la kératine s’accumule en une saillie dure et cornée. Toute corne cutanée doit être considérée comme un carcinome épidermoïde jusqu’à preuve du contraire et nécessite une biopsie.
Corne cutanée : biopsiée systématiquement
Chéilite actinique :
Atteinte de la lèvre inférieure, se manifestant par une lèvre sèche, squameuse, dépigmentée, parfois érosive. Risque de dégénérescence en carcinome épidermoïde plus élevé qu’au niveau cutané.
Chéilite actinique de la lèvre inférieure
Atteinte du crâne dégarni :
Kératoses actiniques du crâne dégarni : croûtes récidivantes
Trois évolutions possibles
Sans traitement, une kératose actinique peut évoluer selon trois scénarios :
– Régression spontanée : rare, survenant surtout en cas d’arrêt total des expositions solaires,
– Persistance en l’état avec extension progressive,
– Évolution vers un carcinome épidermoïde invasif : risque d’environ 10 % en présence de plus de 8 kératoses actiniques. 70 % des carcinomes épidermoïdes invasifs ont débuté sur une kératose actinique.
⚠️ Signes devant faire suspecter une transformation en carcinome épidermoïde invasif :
– inflammation et rougeur périlésionnelle,
– induration (durcissement palpable) : signe le plus important,
– diamètre > 1 cm,
– croissance rapide en quelques semaines,
– saignement au contact,
– ulcération (perte de substance).
Tout signe d’induration ou d’ulcération impose une consultation dermatologique urgente et une biopsie.
Diagnostic : dermoscopie et histologie
Dermoscopie :
La dermoscopie est l’outil de référence du dermatologue pour évaluer les kératoses actiniques.
Au niveau du visage, l’aspect dermatoscopique caractéristique est celui d’une « fraise » : vaisseaux et rougeurs distribués en pseudo-réseau autour d’ostiums folliculaires kératinisés jaunâtres.
Aspect « fraise » en dermoscopie : réseau vasculaire rouge autour des ostiums folliculaires kératinisésKératose actinique en dermoscopieKératose actinique du nez : vue clinique et dermoscopiqueDermoscopie : squames blanches et nappe rouge constellée de points chair-jaune
Biopsie cutanée :
Indiquée en cas de doute diagnostique, de forme hyperkératosique, d’induration ou de suspicion de transformation. Le dermatologue prélève un petit fragment de peau sous anesthésie locale, adressé à l’anatomopathologiste pour examen histologique.
Traitement des kératoses actiniques
L’objectif du traitement est double : éliminer les lésions existantes et traiter le champ de cancérisation — l’ensemble de la zone photo-endommagée susceptible de développer de nouvelles kératoses.
Cryothérapie à l’azote liquide
C’est le traitement de référence pour les lésions isolées ou peu nombreuses, réalisé au cabinet du dermatologue.
L’azote liquide (-196 °C) est appliqué directement sur chaque kératose, provoquant la destruction cellulaire par formation de cristaux de glace.
Cryothérapie d’une kératose actinique
– Séance de 1 à 2 minutes par lésion,
– formation d’une cloque dans les 24 heures, cicatrisation en 1 à 3 semaines,
– efficacité : 70 à 90 % selon la profondeur de la lésion,
– effets secondaires : douleur, cloque, croûte, risque de tache blanche (hypopigmentation) sur peaux foncées.
Traitements topiques locaux (crèmes prescrites sur ordonnance)
Ces traitements sont appliqués par le patient à domicile sur prescription médicale. Ils sont particulièrement adaptés aux lésions multiples ou aux champs de cancérisation étendus. Ils sont réservés aux kératoses non hyperkératosiques (non induréees).
5-Fluorouracile crème (Efudix® 5 %) :
Agent cytostatique inhibant la synthèse de l’ADN des cellules tumorales. Application quotidienne pendant 3 à 4 semaines. Réaction inflammatoire locale intense (rougeur, croûtes, érosions) pendant le traitement, signe d’efficacité. Plusieurs études récentes (dont une publiée dans le NEJM) montrent une efficacité supérieure à l’imiquimod dans la prévention des récidives à court terme.
Imiquimod crème (Aldara® 5 %, Zyclara® 3,75 %) :
Immunomodulateur topique stimulant la production d’interférons et de cytokines anti-tumorales par les cellules immunitaires cutanées. Application 3 fois par semaine pendant 4 semaines (Aldara®) ou quotidienne pendant 2 cycles de 2 semaines (Zyclara®). Réaction inflammatoire locale fréquente.
Diclofénac gel (Solaraze® 3 %) :
Anti-inflammatoire non stéroïdien topique à action antitumorale via l’inhibition des cyclo-oxygénases. Application biquotidienne pendant 60 à 90 jours. Tolérance locale meilleure que les autres topiques. Traitement de choix pour les patients ne supportant pas l’irritation des autres crèmes.
Ingenol mébutate (Picato®) :
Traitement très court (2 à 3 jours) à base d’un extrait de plante (Euphorbia peplus). À noter : ce traitement est suspendu en Europe depuis 2020 en raison d’un signal de pharmacovigilance concernant un risque potentiel de carcinome épidermoïde cutané — son utilisation n’est plus recommandée dans l’attente de données complémentaires.
Photothérapie dynamique (PTD)
La photothérapie dynamique consiste à appliquer un produit photosensibilisant (acide aminolévulinique, méthylaminolévulinate) sur les kératoses, qui s’accumule sélectivement dans les cellules tumorales, puis à irradier la zone par une source lumineuse (lumière rouge ou soleil artificiel) activant la destruction photo-oxydative des cellules cibles.
Indications privilégiées :
– Kératoses actiniques multiples sur des zones étendues (visage entier, cuir chevelu),
– formes peu hyperkératosiques,
– patients pour lesquels la cryothérapie ou les crèmes entraîneraient trop de contraintes (grand nombre de lésions, zones sensibles).
Avantages : traitement de champ, résultat esthétique souvent très satisfaisant (amélioration globale de l’aspect du visage photovieilli), possible en ambulatoire ou avec la lumière du jour (PTD-lumière du jour).
Inconvénients : douleur pendant la séance, réaction locale inflammatoire post-traitement pendant quelques jours.
Nouveaux traitements : tirbanibuline (Klisyri®)
La tirbanibuline crème à 1 % (Klisyri®) est un inhibiteur de la tubuline et de la tyrosine kinase Src, dont l’AMM européenne a été obtenue en 2021 pour le traitement des kératoses actiniques non hyperkératosiques du visage et du cuir chevelu.
Application quotidienne pendant 5 jours seulement — durée de traitement significativement plus courte que les autres topiques.
Efficacité à 1 mois : clearance complète des lésions chez 44 % des patients dans les études de phase III, avec un profil de tolérance favorable (réaction locale modérée).
Choisir le bon traitement selon la situation
– 1 à 3 kératoses isolées : cryothérapie à l’azote liquide au cabinet — traitement rapide et efficace.
– Kératoses multiples (> 5-8 lésions) sur une zone étendue : traitement de champ par crème (5-FU, imiquimod, diclofénac) ou photothérapie dynamique.
– Patient ne tolérant pas l’irritation des crèmes classiques : diclofénac gel (tolérance locale meilleure) ou tirbanibuline (durée de traitement courte).
– Forme hyperkératosique ou corne cutanée : biopsie systématique d’abord, puis traitement adapté au résultat histologique.
– Chéilite actinique : prise en charge spécialisée (dermatologue ou chirurgien maxillo-facial) en raison du risque de dégénérescence.
Surveillance après traitement
La surveillance régulière après traitement est indispensable pour trois raisons :
– de nouvelles kératoses apparaissent fréquemment dans la même zone (champ de cancérisation persistant),
– une récidive locale après traitement est possible,
– un carcinome épidermoïde peut survenir sur une lésion insuffisamment traitée ou adjacente.
Rythme de surveillance recommandé :
Consultation dermatologique tous les 6 à 12 mois selon le nombre de lésions traitées et les facteurs de risque individuels.
Protection solaire permanente :
La photoprotection solaire quotidienne (SPF 50+ large spectre) est indispensable à vie pour tous les patients ayant eu des kératoses actiniques :
– elle réduit l’apparition de nouvelles lésions,
– elle ralentit l’évolution du champ de cancérisation,
– des études montrent qu’une photoprotection régulière pendant 2 ans peut induire une régression spontanée de lésions existantes.
Questions fréquentes sur les kératoses actiniques
Une kératose actinique est-elle un cancer ?
La kératose actinique est considérée comme la forme la plus précoce du carcinome épidermoïde — certains auteurs la classent directement comme un carcinome épidermoïde in situ (non invasif). Elle n’est pas encore un cancer invasif dans la plupart des cas, mais son potentiel de transformation justifie un traitement systématique, surtout lorsque les lésions sont multiples ou de longue date.
Comment distinguer une kératose actinique d’une tache de vieillesse ?
Les taches solaires (lentigos) sont des taches brunes, plates et lisses au toucher, sans rugosité.
Les kératoses actiniques sont rosées à brunâtres et rugueuses au toucher — c’est cette rugosité perçue à la palpation qui fait la différence. En cas de doute, consulter un dermatologue.
La cryothérapie est-elle douloureuse ?
La cryothérapie provoque une sensation de brûlure froide intense pendant quelques secondes à une minute. La douleur est généralement supportable sans anesthésie. Dans les 24 à 48 heures suivantes, une cloque peut se former, suivie d’une croûte qui tombe en 1 à 3 semaines. Un traitement antalgique simple (paracétamol) peut être pris si nécessaire.
Peut-on prévenir les kératoses actiniques ?
Oui, partiellement. Les kératoses actiniques résultent de l’accumulation de mutations UV sur de nombreuses années. Commencer une photoprotection rigoureuse (SPF 50+, vêtements couvrants, évitement des heures de forte insolation) réduit significativement le risque d’apparition de nouvelles lésions, même après 50 ans. Il n’est jamais trop tard pour commencer à se protéger du soleil.
Kératose pilaire : petits boutons sur les bras et les cuisses — causes et traitement
La kératose pilaire touche 40 % de la population — dont 70 % des adolescents. Ces petites élevures rugueuses, couleur chair ou grisâtres, donnant un aspect « peau de poule » sur les bras et les cuisses, sont bénignes et s’améliorent souvent spontanément à l’âge adulte. Elles sont néanmoins gênantes sur le plan esthétique et des traitements permettent de les atténuer.
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KERATOSE PILAIRE
« Secrets de dermatologue » :
– Les erreurs à éviter
– Les routines quotidiennes
– Les facteurs de vie à améliorer
– Les causes
– Les traitements…
La kératose pilaire est due à un épaississement de la couche cornée au niveau de l’orifice des follicules pileux — de petits bouchons de kératine se forment à l’abouchement des poils, provoquant des papules adhérentes qui donnent à la peau son aspect râpeux caractéristique.
Localisation : faces postérieures des bras (zone la plus fréquente), cuisses, et parfois joues chez les enfants.
Évolution temporelle : apparition dans l’enfance (avant 10 ans dans 50 % des cas, entre 11 et 20 ans dans 35 %), aggravation à l’adolescence, amélioration fréquente après 20–25 ans. Amélioration estivale dans environ 50 % des cas — l’exposition solaire modérée et l’humidité améliorent la texture cutanée.
Complications locales : la manipulation des boutons (grattage, pression) provoque des rougeurs, des croûtes, voire des folliculites et des taches pigmentaires séquellaires persistantes — à éviter absolument.
Causes
La kératose pilaire est une maladie génétique de transmission autosomique dominante à pénétrance variable : porter le gène implique de l’exprimer, mais l’intensité des lésions varie d’un porteur à l’autre.
Elle est plus fréquente chez la femme et fréquemment associée à l’atopie (terrain allergique, eczéma atopique) et à l’ichtyose vulgaire. Les patients atopiques présentent souvent simultanément kératose pilaire et dartres.
Formes cliniques
Forme
Aspect
Évolution possible
Forme blanche
Papules grisâtres sans rougeur, peau sèche et rugueuse
Amélioration progressive à l’âge adulte
Forme rouge (rubra)
Papules rouges, inflammatoires, surtout sur les joues
Risque d’atrophodermie vermiculée (aspect de pores dilatés sur le visage) — traitement précoce recommandé
Diagnostics différentiels
Plusieurs affections peuvent mimer la kératose pilaire — un avis dermatologique s’impose en cas de doute :
Lichen plan pilaire — psoriasis folliculaire — eczéma folliculaire — mucinose folliculaire — carence en vitamines A ou C — syphilis secondaire spinulosique — lichen nitidus.
Traitement : se débarrasser de la kératose pilaire
L’objectif est d’éliminer en douceur les bouchons cornés et d’éviter leur reformation. Aucun traitement n’est curatif — mais une routine adaptée permet une amélioration significative et durable.
Règles d’hygiène — base du traitement
Règle
Pourquoi
Pas plus d’1 lavage par jour sur les zones atteintes
Les lavages fréquents assèchent la peau et aggravent les bouchons
Eau tiède plutôt que chaude
L’eau chaude altère le film hydrolipidique cutané
Savon surgras, syndet ou aucun savon sur la zone
Les savons classiques sont trop décapants
Appliquer la crème sur peau encore humide
Optimise la pénétration des actifs hydratants
Ne pas gratter ni manipuler les boutons
Risque de folliculite et de taches pigmentaires séquellaires
Émollients et hydratants
Application quotidienne d’une crème à base de paraffine, glycérol ou glycérine sur les zones atteintes — à masser doucement avec une éponge de bain. L’hydratation seule améliore l’aspect dans les formes légères.
Kératolytiques — traitement de fond
Produits exfoliants qui dissolvent les bouchons cornés : urée 5 à 20 %, acide salicylique 2 %, alpha-hydroxyacides (AHA). Exemples : Kératosane®, Xérial®, Propy-Lacticare®, Akérat crème®. Application 1 à 2 fois par jour sur les zones atteintes, en cure prolongée.
Trétinoïne (vitamine A acide)
Prescrite par le médecin en cure courte, hors AMM pour cette indication. Accélère le renouvellement épidermique et réduit les bouchons folliculaires. Peut irriter — introduire progressivement. Voir trétinoïne.
Dermocorticoïdes
Dermocorticoïdes en cure courte uniquement pour réduire l’inflammation dans les formes rouges actives — pas en traitement de fond, pas en présence d’infection folliculaire.
Questions fréquentes
La kératose pilaire disparaît-elle avec l’âge ?
Souvent, oui. Une amélioration spontanée est fréquente après l’adolescence — la plupart des adultes voient leurs lésions s’atténuer significativement après 25 ans. Certaines formes persistent cependant à l’âge adulte, notamment chez les femmes et les personnes atopiques. L’évolution reste imprévisible individuellement.
Peut-on confondre une kératose pilaire avec de l’acné ?
La confusion est fréquente, surtout sur les bras. Les boutons de kératose pilaire ne contiennent pas de sébum — ils ne forment pas de points noirs ni de points blancs (comédons). Ils sont kératosiques (bouchon de corne dur) et non inflammatoires à l’état basal. L’acné prédomine sur les zones séborrhéiques (visage, dos, poitrine), pas sur les faces postérieures des bras.
Pourquoi la kératose pilaire s’améliore-t-elle l’été ?
Dans environ 50 % des cas. L’exposition solaire modérée a un léger effet kératolytique naturel, et l’humidité ambiante améliore l’hydratation cutanée. Ce n’est pas une raison de s’exposer sans protection solaire — une surexposition aggraverait l’inflammation dans les formes rouges.
La kératose pilaire est-elle contagieuse ou dangereuse ?
Non à aucun des deux. C’est une anomalie génétique du renouvellement cutané — non infectieuse, non transmissible par contact, et sans risque de transformation. Le seul risque réel est la surinfection folliculaire par grattage répété.
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La larva migrans cutanée ankylostomienne est une maladie parasitaire due à des larves d’ankylostome provenant de déjections de chiens, parmi lesquels Ancylostoma braziliense est le plus fréquent. Elle est la conséquence de la migration sous-cutanée de ces larves en impasse parasitaire chez l’homme.
Les larves contaminent généralement lors de vacances à la plage, notamment en zone tropicale ou tempérée car elles passent a travers le maillot ou la serviette de bain puis a travers la peau. Il faut donc éviter les plages ou l’on voit des chiens errants et se poser plutot à l’endroit ou le sable a été mouillé par la mer en cas de marées (zone de marnage) car l’eau de mer peut tuer les larves.
Diagnostic
Apres l’infestation apparait sur le site de contamination (pied, fesses) une eruption qui démange beaucoup, au sein de laquelle on voit parfois le sillon de migration de la larve , pathognomonique
On note parfois une guerison spontanee car l’homme est une impasse parasitaire : la mort des larves survient en 2 à 3 mois
Il s’agit d’une éruption cutanée transitoire secondaire à l’exposition aux Ultra Violets, faite de boutons qui démangent sur les zones exposées au soleil.
On distingue en France deux types de lucites regroupées sous le terme anglo-saxon ‘polymorphous light eruption’ : la lucite estivale bénigne, touchant 20% de la population, dont nous allons parler ici, et la lucite polymorphe, plus rare.
Causes
Les causes de la lucite sont mal connues, on suspecte le rôle d’un chromophore interne qui reste non identifié
On sait qu’il existe plusieurs pistes :
Immunologique
La lucite est une réaction d’hypersensibilité retardée dont l’antigène est inconnu
Génétique?
On note de rares cas familiaux chez des jumeaux
Lucite estivale bénigne
La lucite estivale bénigne est une allergie au soleil qui concerne 20% de la population!
Elle touche notamment les femmes jeunes (25-35 ans).
Elle est plus fréquente en pays tempéré qu’en zone tropicale
Elle touche tous les phototypes
Elle serait associée mais cela reste controversé avec le lupus? la maladie de Jessner et Kanof ? des maladies auto immunes (thyroïdite, vitiligo, etc.)?
Symptomes
Lucite bénigne
Elle apparait entre moins de 12h jusqu’ au 2e ou 3e jour de la première exposition solaire intense et prolongée de l’année, d’où son nom d’estivale, mais on peut l’observer aussi lors des premiers beaux week-ends (avril à juin…), mais aussi vacances hivernales sous les Tropiques, séance d’UVA en cabine de bronzage… sur une peau n’ayant pas vu le soleil depuis plusieurs mois.
La lucite estivale est en effet due aux UVA (alors que ce sont les UVB pour la lucite polymorphe).
L’eruption est limitée aux zones exposées au soleil notamment sur le haut du tronc (décolleté, bras, haut du dos, avant bras, épaules, face antérieure des cuisses, dos des pieds…), sans toucher le visage, composée de boutons rouges-rosés qui démangent beaucoup : les zones atteintes sont
Les boutons de lucite sont rouge-rosés, souvent petits et surélevés (micropapuleux). Ils démangent beaucoup et s’atténuent avec l’acquisition du bronzage (hâle protecteur)
Atteinte des bras dans une lucite
Ainsi, elle guérit le plus souvent spontanément en une à deux semaines.
Cependant, la lucite tend à récidiver les années suivantes lors des expositions solaires, souvent en s’aggravant :
elle apparaît de plus en plus tôt dans la saison,
elle apparait pour des expositions de plus en plus modérées,
elle guérit moins vite durant l’été
et elle concerne des surfaces de peau de plus en plus importantes, dépassant le décolleté, les bras et les épaules.
Diagnostic
Si le diagnostic clinique n’est pas évident le dermatologue peut réaliser des tests photobiologiques en irradiant la peau avec des UV :
La Dose Erythémateuse Minimale (DEM) est normale
Le Phototest itératif localisé (5DEM) est habituellement négatif
Alors que le Phototest itératif UVA (3 x 20 J/cm²) est positif ainsi que le Phototest corps total
Traitement de la lucite
Eviter la lucite
Il faut éviter les expositions intenses sur peau non bronzée, il faut donc appliquer les règles de protection du soleil :
Protection solaire externe
Chercher l’ombre, s’exposer progressivement jour après jour, éviter le soleil entre 12 et 16 h, porter des vêtements protecteurs et appliquer toutes les deux heures des produits solaires 50+ sur les zones exposées, de coefficient protecteur élevé en UVA (le sigle UVA est entouré)
Creme solaire affichant le sigle UVA conforme aux normes européennes
On peut associer à la protection externe des produits photoprotecteurs internes, pris par voie orale, voir gélules pour le soleil
Ces photoprotecteurs internes, le plus souvent à base de caroténoides, sont pris environ 1 mois soit 15j avant et 15j après le début des expositions.
Leur efficacité est de 66% contre placebo
Photothérapie
En cas d’échec des traitements photoprotecteurs, le médecin peut réaliser des séances 2 à 3 fois par semaine, d’ultraviolets B (car les UVA sont pourvoyeurs de poussées) au cabinet durant les deux mois précédant la date de début des expositions. Cette photothérapie progressive a pour but de tenter de « désensibiliser » la peau
Traitement de la poussée de lucite
En cas de crise de lucite, le médecin prescrit des cremes à la cortisone et des antihistaminiques, le plus souvent du Zyrtec* à la dose de 2/j
Un bouton blanc sur la peau est une lésion très fréquente qui peut avoir de nombreuses origines. Selon qu’il est dur ou mou, isolé ou multiple, douloureux ou indolore, les causes sont très différentes. Voici comment les distinguer et quand consulter un dermatologue.
La première question à se poser face à un bouton blanc est simple : est-il dur ou contient-il du pus ? Cette distinction oriente immédiatement vers les bons diagnostics.
Un bouton blanc dur, sans pus, peut correspondre à de nombreuses affections cutanées bénignes ou plus rarement malignes. Voici les principales causes :
1.1/ Acné
L’acné sous sa forme rétentionnelle donne des microkystes et des points blancs (comédons fermés). C’est l’une des causes les plus fréquentes de boutons blancs chez l’adolescent et l’adulte. Voir acné.
1.2/ Adénome sébacé
Adénome sébacé
Petite formation blanche fréquente sur le front, prenant souvent un aspect ombiliqué (creux central). Bénigne, elle touche surtout les adultes d’âge mûr. Voir adénome sébacé.
Petit bouton blanc dur sur la paupière ou autour des yeux, très fréquent. Le grain de milium est un petit kyste kératinique bénin. Voir milium.
1.5/ Kyste sébacé
Kyste sébacé
Le kyste forme une boule blanche sous la peau, mobile et indolore. Il peut grossir progressivement et parfois s’infecter. Voir kyste sébacé.
1.6/ Kératose pilaire
Petits boutons blancs ou rosés sur les bras, parfois sur les cuisses ou les fesses. La kératose pilaire est une affection bénigne très fréquente, souvent héréditaire. Voir kératose pilaire.
1.7/ Lichen nitidus
Petits boutons blancs brillants (nitidus signifie brillant en latin), regroupés en dizaines d’éléments de 1 à 2 mm, en têtes d’épingle. Maladie assez rare touchant préférentiellement les enfants, adolescents et adultes jeunes, habituellement sur le tronc, les membres et les organes génitaux. Il régresse spontanément en 1 à 2 ans dans la majorité des cas.
1.8/ Molluscum contagiosum
Molluscum contagiosum
Petites tuméfactions blanches ombiliquées, très fréquentes chez l’enfant, contagieuses. Voir molluscum contagiosum.
1.9/ Tophus goutteux
Localisation cutanée de la goutte donnant des tuméfactions blanches dures, s’ouvrant parfois et laissant sourdre un matériel crayeux blanchâtre. Souvent situés au niveau des articulations (coudes, orteils).
1.10/ Verrue
Une verrue peut prendre un aspect blanc, surtout sur les zones de frottement. Voir verrue.
1.11/ Cancer de la peau
Cancer de la peau
⚠️ Il faut toujours évoquer le cancer de la peau face à un bouton blanc qui grossit, saigne ou ne cicatrise pas, notamment le carcinome basocellulaire. Consultez rapidement un dermatologue dans ce cas.
2/ Bouton blanc avec du pus (pustule)
Un bouton blanc mou contenant du pus est appelé pustule. Il faut distinguer deux types selon qu’il est centré ou non par un poil.
2.1/ Centré par un poil : pustule folliculaire
La folliculite est une inflammation du follicule pileux donnant un bouton blanc avec un poil en son centre. Elle est souvent d’origine bactérienne.
Folliculite
Voir folliculite. L’abcès est une forme plus profonde et inflammatoire.
Certaines pustules ne sont pas centrées par un poil : c’est le cas de la pustulose à éosinophiles, du psoriasis pustuleux ou encore de certaines formes d’acné. Ces formes nécessitent un avis dermatologique.
Quand faut-il consulter pour un bouton blanc ?
Consultez rapidement un dermatologue si votre bouton blanc :
Grossit progressivement sans raison apparente
Saigne spontanément ou au moindre contact
Est présent depuis plus de 3 semaines sans évoluer
Les boutons blancs sur le visage sont le plus souvent des microkystes d’acné, des grains de milium (autour des yeux) ou des adénomes sébacés (sur le front). Un dermatologue peut poser le diagnostic précis et proposer un traitement adapté.
Comment faire disparaître un bouton blanc ?
Cela dépend de la cause. Les microkystes d’acné répondent aux traitements locaux (rétinoïdes, peroxyde de benzoyle). Les grains de milium peuvent être retirés par un dermatologue. Il ne faut jamais percer soi-même un bouton blanc, au risque d’infecter la zone.
Un bouton blanc dur sous la peau est-il dangereux ?
La plupart du temps non — kyste sébacé, grain de milium ou molluscum sont bénins. Cependant, tout bouton blanc qui grossit, saigne ou persiste plus de 3 semaines doit être examiné par un dermatologue pour éliminer un cancer cutané.
Bouton blanc ou bouton de fièvre : quelle différence ?
Le bouton de fièvre est une infection à virus Herpès simplex, qui donne des vésicules groupées en bouquet, souvent sur les lèvres, précédées d’une sensation de brûlure. Il est différent d’un simple bouton blanc et se traite avec des antiviraux spécifiques.